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"Au bonheur d'Elise"
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1 janvier 2018

Développement «L'important, c'est de détecter l'autisme le plus tôt possible»

article publié dans Le Matin

L’autisme touche environ un enfant sur cent. Si ce handicap ne se guérit pas, des traitements existent pour aider les personnes atteintes à mieux vivre, explique le Pr Nadia Chabane.

Le Pr Nadia Chabane se consacre à comprendre l’autisme depuis plus de vingt ans.

Le Pr Nadia Chabane se consacre à comprendre l’autisme depuis plus de vingt ans. Image: Vanessa Cardoso/LMD

Les personnes avec un trouble du spectre autistique doivent être suivies tout au long de leur vie. Une prise en charge précoce et une société accueillante sont indispensables à leur intégration. Le professeur Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme, à Lausanne, fait le point sur cette pathologie complexe, entourée de beaucoup de mystères.

En tant que pédopsychiatre, vous êtes spécialisée dans la prise en charge d’enfants affectés par un trouble du spectre autistique. De quoi parle-t-on exactement?

C’est un trouble du développement cérébral, qui s’installe avant la naissance et se caractérise par des problèmes de communication sociale. Il entraîne, par exemple, des difficultés à communiquer avec l’autre, à interagir avec son entourage ou globalement à entretenir des relations sociales harmonieuses. D’autre part, un TSA peut se traduire par des mouvements moteurs répétitifs, des rituels et un intérêt très marqué pour un domaine particulier. Un intérêt tellement envahissant qu’il empêche la personne de se concentrer sur d’autres activités et d’aller vers les autres. Ces symptômes varient bien sûr en intensité d’une personne à l’autre, raison pour laquelle on parle de spectre.

Une thématique à laquelle vous vous consacrez depuis plus de vingt ans. Qu’est-ce qui vous y a amenée?

Au départ, j’ai entrepris des études de médecine pour pouvoir travailler sur le développement du cerveau. Or, il y a vingt ans, l’autisme était déjà la maladie énigmatique par excellence. Au cours de mon cursus, j’ai pu constater que les enfants autistes étaient tous très différents. Les explications que l’on donnait à leurs symptômes ne me semblaient pas coller à la réalité. J’ai eu envie d’en savoir plus, de mieux les comprendre. Un travail qui m’accapare au quotidien puisque aujourd’hui encore, il y a beaucoup d’aspects liés à ce trouble que nous ne comprenons pas. Et pourtant, ce n’est pas une maladie rare puisqu’elle concernerait environ un enfant sur cent!

Un sur cent, un chiffre étonnamment élevé…

Quand j’ai commencé mes études, on parlait de 4 ou 5 enfants autistes sur 10 000. Mais aujourd’hui, on sait beaucoup mieux définir les critères de ce trouble, qui peut parfois être d’intensité très légère. Le diagnostic tend donc à devenir de plus en plus fin et, par conséquent, le nombre de personnes diagnostiquées augmente.

Connaissons-nous aujourd’hui les causes du développement d’un trouble du spectre autistique?

Non. On sait cependant qu’il s’agit d’un trouble multifactoriel et que le terrain génétique est un élément très important. Mais il n’existe pas un gène spécifique de l’autisme. C’est plutôt l’implication de différents gènes qui serait en cause. De plus, des facteurs environnementaux jouent un rôle important: une infection ou une prise de médicament pendant la grossesse, une souffrance fœtale ou encore une grande prématurité peuvent favoriser le développement du trouble.

Pour que la prise en charge soit le plus efficace possible, est-il important de détecter la maladie très tôt?

Oui, une détection précoce ne peut qu’être bénéfique. La plasticité cérébrale est particulièrement élevée entre 2 et 4 ans. C’est à ce moment-là que l’enfant sera le plus apte à intégrer de nouvelles attitudes. Par conséquent, plus nous mettons en place des interventions précoces, plus nous pouvons espérer changer la trajectoire de développement d’un enfant.

Quels signes doivent donc alerter chez un bébé?

Durant les douze premiers mois, il est très compliqué d’en repérer les signes, car il y a encore énormément de variations dans le développement cérébral. En revanche, à partir de 18 mois, certains signes éloquents peuvent alarmer et orienter vers un diagnostic. Il s’agit par exemple d’un mauvais contact oculaire, de peu ou pas de «sourires réponses» ou de babillages, d’un manque de réponse au prénom, d’un intérêt plus marqué pour des éléments non sociaux (des objets, par exemple) que pour le contact avec les adultes.

Quel traitement semble-t-il être le plus efficace?

On ne peut pas parler d’un traitement unique. Ce sont surtout les stratégies développementales et comportementales qui semblent être les plus efficaces. Il faut bien sûr adapter l’accompagnement et les traitements en fonction du profil de chaque enfant: au niveau comportemental, psychologique et cognitif, mais aussi en fonction des capacités de communication, d’autonomie, etc. Un enfant qui ne communique pas a besoin d’un outil spécifique pour y parvenir. On pourra, dans un premier temps, lui apprendre à communiquer à l’aide d’images. Globalement, instaurer des outils de communication et des stratégies d’apprentissage de la socialisation pourra apporter de nettes améliorations. On ne guérit pas de l’autisme, mais on peut considérablement aider un enfant à mieux s’adapter à notre environnement social. Cette aide peut même lui permettre d’évoluer dans un environnement naturel tel que l’école.

Dans notre société basée sur la productivité, que faut-il faire pour intégrer au mieux une personne souffrant d’autisme dans le milieu professionnel?

Avant tout, il faut dire que ce sont souvent des personnes performantes, honnêtes, scrupuleuses et soucieuses de bien faire! Il est en revanche nécessaire d’adapter leur environnement professionnel selon leurs besoins. Les personnes autistes souffrent, par exemple, de troubles sensoriels: elles supportent parfois mal certains bruits ou lumières, qu’on peut essayer d’atténuer sur le lieu de travail. On doit également dialoguer avec les employeurs et les collègues, leur expliquer ce qu’est un TSA avec ses particularités. Si chacun fait un effort d’ouverture et de compréhension, l’intégration dans un environnement bienveillant est tout à fait possible. (Le Matin)

Créé: 31.12.2017, 09h35


Nadia ChabaneLe Pr. Nadia Chabane en dates

1995-Doctorat

En médecine psychiatrique à l’Université de Lille III, en France.

2002-Paris

Médecin responsable du département des troubles du spectre autistique dans le service
de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert-Debré. En 2011, elle y sera cheffe du Centre de référence pour le diagnostic précoce et l’intervention dans les TSA.

2009-Centre spécialisé

Création d’un Centre d’excellence sur l’autisme à l’hôpital Robert-Debré, Paris.

2014-Lausanne

Directrice du Centre cantonal de l’autisme et professeur à l’Université de Lausanne.

Le Centre cantonal de l'autisme, un pôle de soin et de recherche

Pôle de référence dans le canton de Vaud, le Centre cantonal de l’autisme assure la prise en charge de nombreux patients touchés par un trouble du spectre autistique (TSA).

L’objectif principal du centre est de leur offrir le meilleur suivi possible, en étroite collaboration avec le personnel médical qui les accompagne sur le terrain.

En tant que directrice du centre, le Pr Nadia Chabane coordonne également les nombreuses recherches cliniques.

Actuellement, la spécialiste s’intéresse entre autres aux marqueurs précoces de ces troubles et aux anomalies de perception sensorielle (par exemple des lumières ou des bruits ressentis de manière différente, parfois intense et désagréable, par les personnes souffrant d’un TSA).

À l’aide de d’outils d’évaluation en cours de développement et d’un accompagnement précoce, elle espère pouvoir améliorer l’évolution et la qualité de vie des personnes atteintes.

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1 janvier 2018

Sarah, 9 ans, avec trisomie : une scolarité heureuse !

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Il y a, à l'école, des parcours d'enfants handicapés réussis et heureux. Sarah, 9 ans, porteuse de trisomie 21, suit une scolarité en CM1. Sa présence enseigne à ses camarades la tolérance. Une belle histoire qui devrait être la norme...

Par , le 30-12-2017

Des centaines d'enfants handicapés laissés chaque année à la porte des écoles françaises ? La colère des parents est légitime et immense. Pourtant, derrière ces déraillements, ces « dysfonctionnements », d'autres s'épanouissent sans encombre dans des établissements qui respectent la loi et se montrent surtout bienveillants. C'est l'histoire de Sarah… Pas un conte de Noël, une réalité.

L'école qu'elle aime tant

Sarah a 9 ans. Elle habite Nancy. Porteuse de trisomie 21, elle fréquente une classe ordinaire en CM1. « A l'heure où tant de parents ont des difficultés à faire scolariser leur enfant porteur de handicap, elle est la preuve que l'inclusion est possible, avec l'aide de tous », explique Hélène, sa maman. Comme tous ses copains, Sarah a fait sa rentrée le 1er septembre 2017. « Elle est partie, son cartable sur le dos, rejoindre l'école qu'elle aime tant, poursuit-elle. Elle était attendue et on pouvait entendre dans son sillage des : « Chouette, Sarah est là ! ». » La fillette a distribué quelques bisous avant de rejoindre sa classe.

Des progrès énormes

Son AVS (Auxiliaire de vie scolaire), Rosine, l'attendait avec impatience. Avec le soutien de l'enseignante, elle adapte les cours, une habitude prise depuis un an puisqu'elle suivait déjà Sarah en CE2. Elle transcrit ainsi certains cours en FALC (Facile à lire et à comprendre), une méthode adaptée aux personnes ayant des difficultés cognitives qui consiste à alléger la quantité d'informations sur une page, elle prépare les manipulations en maths… Rosine atteste que son élève fait d'énormes progrès dans cette « classe ordinaire », aussi bien en termes de comportement et de socialisation que d'acquis scolaires.

L'école de la tolérance

Selon sa maman, la présence de Sarah dans la classe apporte une réelle richesse : « Elle prépare ses camarades à une société plus inclusive, plus ouverte à l'autre dans ses différences ». Sarah travaille à l'école, bien sûr, mais met aussi les autres « au travail », en interpellant leurs capacités de tolérance. « C'est aussi, et beaucoup, grâce au travail et à l'adaptabilité de sa professeure qui est très présente auprès de Sarah et des autres enfants, et un peu plus lorsque l'AVS n'est pas là, poursuit Hélène. Plus l'inclusion sera importante au sein de l'école de la République plus la société intégrera nos enfants porteurs d'un handicap. C'est possible, et Sarah en est la preuve. » En s'épanouissant au milieu de tous, la fillette, comme tant d'autres, peut espérer mener une vie sociale, professionnelle et citoyenne pleine et entière. « Elle devra, certes, apprendre à vivre avec ses limites et son potentiel, et la société aura le devoir de s'adapter à elle également », consent sa maman.

Pour tous les enfants

Généraliser ce type de parcours est l'un des objectifs de l'association Grandir à l'école et en société que préside Nathalie Gerrier. Malgré des progrès, elle observe que certaines écoles sont encore peu enclines à accueillir les enfants porteurs de trisomie 21, imposant sans négociation possible la présence de l'AVS aux familles. Sarah, elle, va à l'école même lorsque son AVS est absente. « J'espère que l'histoire de Sarah leur donnera l'envie et la volonté de changer de regard, conclut Hélène. La loi va dans le sens de l'inclusion des enfants handicapés ; merci aux enseignants et directeurs de l'appliquer avec bienveillance et intelligence. » Et Nathalie Gerrier de conclure : « Les enseignants sont comme un relais qui accueillent et font progresser l'enfant porteur de trisomie 21. Certes, la vitesse d'apprentissage est différente de leurs camarades mais les progrès et le bénéfice de l'école ordinaire se font bien ressentir même dix ans après. A la fin de l'année, l'enseignant passe le relais au professeur suivant comme lors d'une course. C'est dans la durée que l'on voit les progrès et pas seulement sur une année. ».

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

 

21 décembre 2017

Handicap et enfants: la grande loterie des auxiliaires de vie scolaire

article publié dans l'express
Actualité
SociétéPar , publié le 21/12/2017 à 07:15 , mis à jour à 14:04

Dans une salle de classe d'une école primaire à Marseille, le 4 septembre 2017.

Dans une salle de classe d'une école primaire à Marseille, le 4 septembre 2017.

afp.com/BORIS HORVAT

Les auxiliaires de vie scolaire (AVS) permettent à certains enfants handicapés de gagner en automonie et de suivre une scolarité dans un cadre "classique". Mais encore faut-il en avoir une.

Depuis que son fils est scolarisé, Christophe Frérot s'inquiète à chaque rentrée. Il y a deux ans, Thomas s'est retrouvé sans auxiliaire de vie scolaire (AVS): elle s'était blessée alors qu'elle animait une colonie de vacances pendant l'été et n'a pas été remplacée. L'adolescent atteint de troubles autistique a donc pris sur lui en classe. "Mais il pétait un câble lorsqu'il rentrait le soir", raconte le père de famille, militant au sein du Collectif citoyen handicap

LIRE AUSSI >> Plus de 3000 élèves handicapés ont fait leur rentrée sans accompagnant 

Chaque année, les parents d'élèves en situation de handicap dont la condition requiert l'assistance d'un ou d'une AVS -en très grande majorité des femmes- angoissent. Leur attribuera-t-on une AVS à la rentrée? Si tel est le cas, combien d'heures sera-t-elle présente chaque semaine? Et s'il lui arrive quelque chose avant la fin de l'année, sera-t-elle remplacée? C'est que le problème est structurel depuis des années, malgré les engagements des différents gouvernements: quelque 122 000 enfants sont concernés en 2016 pour seulement 70 000 accompagnants (45.000 AVS et 25.000 emplois à temps plein d'AESH -accompagnants des élèves en situation de handicap). 

Sans AVS, la situation "peut se transformer en cauchemar"

"Quand on a gagné une année, ça ne veut pas dire qu'on va gagner la suivante", résume Danièle Langloys, présidente de la Fondation autisme et mère d'un autiste aujourd'hui adulte. Tous les ans, des familles font appel à sa Fondation parce qu'elles n'ont pas d'AVS, que les heures notifiées ne sont pas effectives ou que l'AVS a abandonné son poste, "laissant alors l'enfant sans auxiliaire en milieu d'année scolaire". Une part d'aléa terrifiante pour les familles dont la situation, déjà complexe, "peut se transformer en cauchemar sans nom".  

Une majorité d'établissements scolaires n'acceptent les enfants qu'en présence de ces contractuelles de l'Éducation nationale, dont les contrats sont le plus souvent à mi-temps. Sans cette aide, beaucoup d'enfants peinent à suivre en classe. "Ils ne maîtrisent pas les consignes qu'on leur donne, ne comprennent pas comment il faut se conduire, quand et comment intervenir, ni à quelle allure ils doivent travailler", développe la présidente de la Fondation. "Avec des hyperactifs [30% des enfants autistes], la situation peut vite devenir ingérable." 

TÉMOIGNAGE >> "Sans auxiliaire de vie scolaire, mon fils handicapé n'ira pas au CP" 

"Mon fils ne comprend pas les notions de groupe", avance par exemple Christophe Frérot, dont le fils de 16 ans est aujourd'hui en 3e. "Nous ne voulons pas d'AVS pour le plaisir mais pour pousser nos enfants au niveau de la scolarisation. Lorsqu'elles ne sont plus là, ils régressent. Et lorsque ça arrive, l'Éducation nationale nous dit qu'ils ne sont plus aptes à être scolarisés en milieu ordinaire" et sont orientés vers des structurées spécialisées. 

Cette proposition, Christophe l'a balayée d'un revers de main lorsque Thomas était encore petit. Il ne veut pas de ce type d'établissement, qu'il juge inadapté pour son fils. Comme le lui permet la loi, il demande donc une AVS. "Selon les professionnels, Thomas n'avait pas sa place à l'école. Ils disaient qu'il fallait le placer en institut, qu'il ne saurait jamais lire, écrire, parler. Mais nous nous sommes rendu compte qu'il pouvait tout à fait intégrer le milieu ordinaire avec l'aide d'une auxiliaire." 

"Les familles les plus défavorisées trinquent"

Aujourd'hui, Thomas parle, lit, écrit et compte. L'école lui a permis de gagner en autonomie. Il pourra ainsi "moins vivre au crochet de la société", selon son père. Cette solution serait même bien moins coûteuse pour l'État. "L'hôpital de jour coûte 180 000 euros à l'année, contre 700 euros par mois pour une AVS à temps partiel", calcule le papa, pour qui cette scolarisation a aussi un prix. Pour s'occuper de son fils lorsqu'il n'est pas à l'école, Christophe a arrêté de travailler. Il a donc décidé d'attaquer l'État pour "absence de prise en charge".  

"Nous ne regrettons pas ce choix, mais les frais de psychologues à nos frais et la perte de mon salaire nous a forcé à revoir nos projets".Il s'estime cependant chanceux, car son fils bénéficie d'une AVS pendant 24 heures par semaine, un quasi temps plein, une situation rare. "Ce sont les familles les plus défavorisées qui trinquent. Elles se retrouvent dans des situation de précarité parce que les parents doivent s'occuper de leurs enfants scolarisé à temps partiel", assure Danièle Langloys. 

TRIBUNE >> Emploi: "Il faut des contrats adaptés pour les parents d'enfants différents" 

En cas d'absence d'AVS ou de non-respect des heures notifiées, la Fondation Autisme propose aux parents des documents de référence pour mettre en demeure la direction académique de l'Éducation nationale. "La loi impose de mettre des AVS à disposition des enfants qui en ont besoin. Une notification d'AVS est une décision d'Etat. La direction académique peut donc rapidement être mise en référé", développe la présidente de l'association. Elle précise: "les familles gagnent systématiquement". Sur le fond, en tout cas, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'une AVS soit notifiée à leur enfant dans la foulée. 

Un emploi précaire qui n'attire pas de candidat

Mais si l'Éducation nationale peine à respecter ses engagements, c'est aussi parce qu'il existe un réel problème de recrutement chez les AVS. Majoritairement à temps partiel, en contrat à durée déterminée et payé au lance-pierres, le métier n'attire pas les foules. "Ce n'est pourtant pas faute d'avoir réclamé la titularisation de tous les postes de salariés précaires de l'Éducation nationale", s'énerve Élisabeth Boussion, présidente du Collectif 49 Précaires de l'Éducation nationale.  

"Les AVS ne peuvent pas vivre correctement. Elles sont obligées de chercher un poste ailleurs pour subvenir à leurs besoins, alors qu'une titularisation serait bénéfique pour elles comme pour les enfants." Danièle Langloys confirme: "On se sert des personnes en situation de précarité sociale comme variable d'ajustement au handicap. Leurs contrats ne durent que 18 mois, trois ans dans certaines Maison départementale des personnes handicapées (Mdph). Ce n'est pas respectueux". 

D'autant que, si l'on en croit Élisabeth Boussion, les formations dispensées par l'Éducation nationale ne sont ni sérieuses, ni adaptées, et les conditions de travail laissent cruellement à désirer. "Les AVS sont maltraitées, astreintes à des heures de travail non-rémunérées, elles sont mal payées, mises au fond de la classe pour ne pas déranger." 

La baisse des emplois aidés impacte directement les AVS

Début décembre, la secrétaire d'État en charge des Personnes handicapées Sophie Cluzel annonçait la création de 11 200 postes d'AVS, en contrat avec l'Éducation nationale, pour pallier le manque dès la rentrée 2018. Sa déclaration a cependant laissé les parents perplexes. "On prend les parents pour des cons", souffle Christophe Frérot. "Le nombre d'AVS a diminué récemment, notamment parce que les contrats aidés [la moitié des accompagnants actuels] ont été massivement sabrés par le gouvernement. Nous voulons donc savoir quel sera le véritable nombre d'AVS supplémentaires." 

Mais là n'est pas le problème, pour la présidente du Collectif 49: "Sans titularisation et sans formation professionnelle qualifiante, on continuera à faire du bricolage avec ces enfants. Les recrutements sont impossibles sans changement". Au micro de RTL, Sophie Cluzel a promis la mise en place d'un contrat "plus pérenne", dans le cadre d'une "professionnalisation des accompagnants". Et de dénoncer en choeur avec les premiers concernés: "Certains élèves n'ont pas d'AVS parce que tant que l'on sera sur un système précaire avec des contrats aidés, il manquera toujours des AVS". Un constat sur lequel les parents concernés l'attendent désormais.  

21 décembre 2017

"Handicap: les solutions doivent être dans l'école inclusive" (S. Cluzel à i24NEWS)

La secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel
i24NEWS
"Il faut que le milieu ordinaire qui prime avant tout dans le parcours", a indiqué la secrétaire d'Etat

"Beaucoup d'enfants handicapés peuvent réussir si l'école et la société deviennent inclusives", a soutenu mercredi soir la secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, dans l'émission "Conversations avec Anna Cabana" sur i24NEWS.

Alors que le handicap qui concerne 12 millions de Français, la secrétaire d'Etat a expliqué vouloir placer son action sous le signe de l'accompagnement des jeunes handicapés sur des parcours d'insertion professionnelle "pour qu'ils puissent réussir leur vie".

Mère de Julie, jeune femme de 21 ans, atteinte de trisomie 21, Sophie Cluzel a expliqué avoir renoncé à sa carrière à la naissance de sa fille afin de se consacrer entièrement à son évolution et à son insertion dans la société.

Prenant l'exemple de sa fille, stagaire depuis 2015 au service de l'intendance de l'Elysée, Sophie Cluzel a loué un dispositif qui permet à Julie de suivre "un apprentissage adapté à son rythme".

"Elle peut vivre de son travail, et c'est ce que recherche tout parent qui accompagne un enfant handicapé", a-t-elle affirmé.

"Elle a réussi comme beaucoup d'enfants peuvent réussir si l'école et la société deviennent inclusives, c'est-à-dire si elles portent le parcours de ces jeunes handicapés qui sont souvent autrement capables", a ajouté Sophie Cluzel.

La secrétaire d'Etat a raconté avoir arrêté sa carrière pour devenir militante associative. "C'est le militantisme des familles qui fait avancer les pouvoirs publics, en proposant des solutions, en avançant leurs forces et en ouvrant leurs portes", a-t-il indiqué.

"Il faut maintenant qu'on accompagne ces jeunes sur des parcours d'insertion professionnelle pour qu'ils puissent réussir leur vie", a-t-il réitéré.

Sophie Cluzel a également fait la promotion de l'inclusion dans la société, notamment l'école inclusive, "c'est-à-dire l'école pour tous, quelle que soit la situation de handicap".

"On veut que la règle de base soit le parcours en milieu ordinaire et que les services spécialisés se mettent au service de ce parcours", a expliqué la secrétaire d'Etat avant de développer : 

"Les solutions ne doivent plus être hors écoles, elles doivent être dans l'école. Il faut une école qui s'arme pour faire ces adaptations pédagogiques, pour mettre des compensations en place, pour porter le parcours de ces jeunes le plus loin possible en enseignement supérieur".

Le fait qu'elle soit rattachée au Premier ministre est un signe fort qui doit permettre "d'irriguer toutes les politiques publiques pour que tous les ministres prennent en compte dans leur politique publique la place des personnes handicapées, leur besoin, et puisse répondre à cette notion de parcours".

La secrétaire d'Etat prône pour que dorénavant, ce soit le personnel spécialisé d'accompagnement qui vient voir les handicapés dans les écoles et plus l'inverse.

"L'idée est que l'enfant reste dans son milieu ordinaire et que l'aide vienne à lui. Il faut maintenant que ce soit le milieu ordinaire qui prime avant tout dans le parcours", a-t-il expliqué.

"Il faut transformer notre société avec l'école (...) avant d'aborder le deuxième challenge : l'ouverture vers l'entreprise", a souligné la secrétaire d'Etat.

20 décembre 2017

Rennes. Dans ce coffee-shop, tous les salariés sont handicapés

L'équipe du Joyeux avec Yann Bucaille Lanrezac à droite.
L'équipe du Joyeux avec Yann Bucaille Lanrezac à droite. | Ouest-France

Samuel Nohra.

Demain mercredi ouvrira, rue Vasselot à Rennes, un coffee-shop original. Vous pourrez y déguster de très bons cafés et viennoiseries, mais surtout découvrir un service joyeux assuré par des gens différents! Tous les employés (ées) sont handicapés (ées) et sont particulièrement heureux de vous accueillir.

« Ils ont vraiment hâte de vivre cette ouverture. Pour eux, c'est le début d'une aventure qui s'annonce fantastique », assure Yann Bucaille Lanrezac. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c'est notamment grâce à lui et à sa fondation, Émeraude solidaire, que va ouvrir, mercredi, au 14, rue Vasselot, dans le centre-ville, un coffee-shop baptisé Le Joyeux.

« Il s'agit d'abord d'un établissement où vous pourrez boire un excellent café et déguster de très bonnes pâtisseries. Mais surtout, vous serez accueillis par des gens un peu différent, pour qui ce coffee-shop représente beaucoup. »

Lire aussi : Restauration. A Nantes, bientôt un resto tenu par des trisomiques

Une belle histoire

Il y a Vianney, Fabian, Brandon, Mathilde, Lucie, Cécile, Thérèse et Eliza. Ils sont un peu différents, car ils sont handicapés. Certains sont trisomiques, d'autres autistes. « Pour eux, c'est l'occasion de travailler dans un commerce comme un autre, au coeur du centre et non pas dans une structure spécialisée éloignée de tout. » Mine de rien, ça change tout.

« Le but est aussi d'abolir ses différences et de ne plus en tenir compte. Que tout le monde passe un bon moment dans un cadre agréable. » Les clients ne seront d'ailleurs pas déçus sur ce dernier point. La décoration est chaleureuse et originale. À l'image, par exemple, de ces petites tasses anglaises transformées en lampes...

Mais comment est venue cette idée? Retour quelques années en arrière. Yann Bucaille Lanrezac est un patron qui a fondé une entreprise spécialisée dans l'énergie solaire. Ses affaires tournent bien et comme il le dit, « j'ai été gâté par la vie ».

Mais c'est aussi un homme qui veut agir pour les autres. Il acquiert, en 2012, un beau catamaran de 18 m dont le port d'attache est Dinard.

Le chef cuistot et Yann Bucaille Lanrezac.
Le chef cuistot et Yann Bucaille Lanrezac. | Ouest-France.

« Un jour Théo m'a demandé... »

« Avec des amis, on proposait à des personnes handicapées de larguer leurs différences et de passer des journées en mer. On en a fait déjà près de 400. » Sa seule satisfaction, les sourires.

Puis en 2014, d'un retour d'une sortie en mer, il tombe sur Théo, un jeune de 20 ans souffrant de troubles autistiques. « Il m'a demandé si je pouvais lui trouver du travail. Je lui ai répondu que malheureusement non et il s'est mis en colère. Il m'a dit que ce n'était pas juste et que ce n'est parce qu'il était handicapé qu'il ne pouvait pas être utile. »

Un épisode qui le marque. « Je me suis alors demandé pourquoi ne pas créer une petite entreprise. Puis, ça a fait tilt ! Pourquoi pas quelque chose au coeur de la ville. » Le coffee-shop est né et va devenir réalité grâce à la fondation et un investissement financier non négligeable. « C'est à eux maintenant de jouer et de montrer ce qu'ils ont dans le ventre et dans le coeur. » Et surtout d'être « joyeux ».

L'établissement ouvrira ses portes mercredi, à partir de 9 h. Alors si vous avez envie d'un café et d'une sacrée dose de sourires...

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20 décembre 2017

Soins dentaires avec un handicap, accès facilité en 2018 ?

 

Résumé : L'Ordre national des chirurgiens-dentistes a publié, fin septembre 2017, son rapport sur l'accès aux soins buccodentaires, notamment en cas de handicap. Désignation d'un coordinateur régional, rôle du référent handicap départemental... Explication

Par , le 14-10-2017

 

« Soigner tout le monde sans exception ». Voici le mot d'ordre de Gilbert Bouteille, président de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) qui publie, fin septembre 2017, un rapport sur l'accès aux soins buccodentaires, notamment en cas de handicap. Mis à disposition des MDPH, des ARS (Agence régionale de santé) et d'autres organismes institutionnels, ce document vise à « créer une impulsion décisive permettant une multiplication des dispositifs pertinents mis en place sur le territoire », à « illustrer l'engagement de la profession » et à « faire prendre conscience de l'ampleur de la tâche à accomplir », selon l'organisme. Des pistes d'actions intéressantes pour faciliter l'accès aux soins en 2018 en cas de handicap.

Faciliter le parcours de soin

Un des axes de ce rapport consiste à recenser les actions, associations et réseaux de soins dédiés à la prise en charge des personnes handicapées. Parmi celles répertoriées, l'élaboration d'un questionnaire de recensement des actions départementales, qui est adressé à tous les référents handicap. Un coordinateur régional a également été désigné par l'organisme. Son rôle ? « Favoriser le parcours de soins, la création de réseaux et de structures spécifiques et harmoniser les travaux des référents handicap départementaux ».

Plus d'action dans les départements

Désigné par le conseil départemental, ce référent handicap doit pouvoir « établir un état des lieux précis de la demande et de l'offre de soins sur le territoire , identifier toutes les initiatives existantes mais souvent isolées et flécher le parcours de soins dans le département ou tendre vers la mise en place d'un réseau de soins. » Pour cela, il a à sa disposition un répertoire de chirurgiens-dentistes libéraux, de réseaux et d'associations investis dans la prise en charge de ces personnes. Une démarche pertinente pour faciliter la mise en relation des associations, des familles et des patients « pour qui il est parfois difficile de se retrouver dans l'offre de soins avec la structure la plus adaptée », souligne l'ONCD.

Une meilleure communication

Accessible à partir du site internet de l'organisme, un forum Accès aux soins buccodentaires a également été mis en place pour « permettre les échanges entre tous les acteurs et les associations impliqués dans l'offre de soins aux personnes en situation de handicap et aux populations précaires ». L'internaute doit cliquer sur l'une des quatre thématiques : « Handicap », « Dépendance », « Précarité » ou « Pôle Patients » pour publier ou commenter un article. De quoi créer davantage de liens entre patients et professionnels de santé.

© Stasique / Fotolia

20 décembre 2017

Pétition et vidéo de Mouna Rezgui Goubet pour défendre les droits de son fils autiste victime de discrimination

une enseignante référent de l'Education Nationale fait de la discrimination envers un élève autiste

Suite à une nouvelle équipe éducative du 15 décembre 2017 , une enseignante référente de l'Education Nationale s'est permise de faire de la discrimination sur le handicap de notre fils dit AUTISTE.En ses termes , elle s'est exclamé ainsi tout en pointant avec son doigt la chaise de notre enfant :

https://www.petitions24.net

Faut-il sauver le soldat Rayan ? La réponse en image :

"Regardez-le, votre enfant ne sait pas lire..." en le pointant du doigt.. C'est une enseignante qui s'exprime ainsi, face à une mère courageuse qui se bat au quotidien pour son fils Rayan, autiste. Une segrégation de la part de cette référente scolaire que Mouna nous explique dans cette vidéo. Soutenons-là activement pour que cette affaire monte dans les instances éducatives. pour contacter Mouna Rezgui Goubet: https://www.facebook.com/mouna.rezgui...

 

15 décembre 2017

Coloc'Autisme - Maison Inclusive pour Autistes

Publication sur la page Facebook de Coloc'Autisme

Une réalisation pour l'association Coloc'Autisme et son projet innovant de maison d'aide à la vie autonomes des personnes atteintes de troubles du spectre autistique

15 décembre 2017

VIDEO. Nantes: Un an après, ce resto qui emploie des personnes trisomiques a réussi son pari

article publié dans 20 Minutes

HANDICAP Ouvert en décembre 2016 à Nantes, Le Reflet a la particularité d'employer six personnes atteintes de trisomie 21...

Julie Urbach

Publié le 14/12/17 à 08h05 — Mis à jour le 14/12/17 à 10h05

L'équipe du restaurant Le Reflet

L'équipe du restaurant Le Reflet — J. Urbach/ 20 Minutes

  • Au Reflet, ouvert il y a un an en centre-ville de Nantes, cuisiniers et serveurs sont des personnes trisomiques.
  • On est retourné prendre des nouvelles de l'équipe, qui n'a (presque) pas changé.

Quand on les avait rencontrés, en décembre dernier, ils étaient tout sourire, dans le stress des derniers travaux et de l’ouverture. Au 4 rue des Trois-Croissants, un an après, la bonne humeur est toujours là mais cette fois pour servir au mieux les clients.

Car Le Reflet, ce resto qui a fait le pari d’embaucher des personnes trisomiques au service et en cuisine, fait le plein. « On a démarré sur les chapeaux de roues et ça continue, se félicite Flore Lelièvre, cette architecte de 27 ans à l’origine de ce projet, le premier en France. La preuve, on n’a plus une table de libre le samedi soir jusqu’à fin janvier! »

Davantage d’autonomie

Si de nouveaux clients passent tous les jours la porte de ce « restaurant extraordinaire », l’équipe, elle, n’a (presque) pas changé. A l’exception d’une jeune femme qui a rendu son tablier, ne se sentant pas encore prête pour travailler, les autres employés, désormais en CDI (temps partiel), sont tous restés. « C’est beaucoup de boulot mais je suis content, ma famille est fière », sourit Maxime, l'un des serveurs.

« Ils ont fait beaucoup de progrès, continue Thomas Boulissière, le gérant. Avant, il fallait toujours être derrière eux. Désormais, ils savent faire: rincer et éplucher les légumes, dresser une table, ce sont devenus des automatismes.» Une autonomie que ces personnes trisomiques ont aussi gagnée dans leur vie privée. « Beaucoup savent maintenant prendre les transports tout seuls, note Flore. Certains pensent à partir de chez leurs parents, trouver un logement en foyer.»

De plus en plus d'habitués

Pour l’équipe du Reflet, le pari semble donc totalement réussi. Les astuces mises en place pour que l'expérience fonctionne (carte à tamponner par le client pour la prise de commande, assiettes avec empreintes préformées pour faciliter la prise en main...) feront bientôt l'objet d'un livre pour aider les porteurs de projet qui voudraient aussi se lancer.

Et s'il paraît que l’on vient spécialement de Belgique ou du Québec pour découvrir cette initiative singulière (Brigitte Macron a aussi fait le déplacement, il y a un mois et demi), de plus en plus d’habitués s’y retrouvent « parce qu’on mange bien, que l’accueil est chouette et que la déco est sympa. » « C’est super car ça se banalise, insiste le gérant. Ça montre que des personnes en situation de handicap ont tout à fait leur place dans notre quotidien. »

resto le reflet

.@lereflet merci pour ce délicieux déjeuner et ce service exceptionnel dans la bonne humeur

14 décembre 2017

L’habitat inclusif en pleine réforme de son financement

article publié dans VIVRE fm

Lundi 04 Décembre 2017 - 11h19

Logement

Le 30 novembre, c’était la première journée de l’habitat inclusif. Cette solution peu connue est pourtant une véritable alternative au placement en établissement pour des personnes dépendantes. L’une des sources du financement est la mutualisation de la prestation de compensation du handicap qui est en train d’être réformée.


Ce type de logements groupés  avec offres de services est encore expérimental en France. « Le Logis », un immeuble du 14ème arrondissement abrite 13 studios de 20m2, spécialement aménagés pour les besoins de chaque locataire. L’immeuble, construit en 2012 dans une dent creuse de la rue Vercingétorix, a coûté 2 millions d’euros, en grande partie financés par des investisseurs privés, et est un projet commun de l’Association française des traumatismes crâniens (AFTC)  et de l’association Aurore. Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées s’est rendue dans un de ces logements. Les locataires sont des traumatisés crâniens qui ont chacun leur appartement et vivent en toute autonomie.

Garder son autonomie

Les locataires sont principalement des traumatisés crâniens. Pour Dominique, 43 ans, cérébrolésée et paraplégique, être ici, lui offre la vie dont elle rêve. Arrivée en mars 2013 à l’ouverture du Logis, elle est consciente de ce que lui apporte cette autonomie. « Avant d’arriver ici, j’avais une prise en charge qui faisait que j’avais moins de responsabilités personnelles à prendre, maintenant je me retrouve plus dans une situation de citoyenne comme je l’tétais avant d’être cérébrolésée et paraplégique. Je ne rattraperai jamais ma situation d’avant où j’avais mon métier et mon logement mais je suis quand même dans un logement individuel, j’ai d’activités culturelles, je fais énormément de sorties au restau que je ne pouvais pas forcément faire avant et je suis championne d’escrime handisport Ile de France », confie Dominique à Vivre FM, avec un sourire fier.

Une surveillance dont le financement est à revoir

Cette autonomie est possible grâce à un encadrement 24h/24 opéré par des auxiliaires de vie. Une surveillance financée en partie par la mutualisation de la PCH, la prestation de compensation du handicap. Mais actuellement, des négociations sont en cours afin d’opérer une sortie de cette mutualisation de la PCH. Réforme  qui provoque quelques craintes. Du côté de la secrétaire d’Etat, on rassure.  

« Les financements sont là mais il faut  simplifier les aides. Il y a des financeurs qui sont différents, le Département, l’Etat et il faut qu’on arrive à débloquer tous ces verrous. Mais les financements ils sont là, il faut qu’on arrive à la pérenniser », explique Sophie Cluzel.

La PCH insuffisante

De son côté, l’AFTC confirme que le système actuel de mutualisation de la PCH n’est pas une solution parfaite puisque son obtention conditionne l’accès à ce type d’habitat inclusif.

« Beaucoup de gens qui pourraient être admis ne sont pas acceptés parce qu’ils n’ont pas la PCH. De plus, cette mutualisation de la prestation ne couvre même pas tous les frais de la surveillance », indique François Foret, administratrice de l’AFTC.

Aujourd’hui encore, trop de personnes qui pourraient être accueillies dans ce type d’habitat autonome ne le sont pas car non-bénéficiaires de la PCH. Parfois, des chambres restent vides par manque de personnes éligibles ce qui aggrave le déficit de ces structures. Le coût de l’habitat inclusif reste moins important que celui d’un placement en établissement médicalisé.

 

Stéphanie Sérac

13 décembre 2017

Le Jardin et le Domaine d’Astrid repris

article publié sur l'avenir.net

GAURAIN-RAMECROIX

09/11/2017 à 06:00 - - L'Avenir

Le Jardin  et le Domaine d’Astrid  repris

L’ancien home «Jardin d’Astrid» devrait accueillir 40 personnes déficientes mentales et «pas que d’origine française», précise la direction. EdA - 301056511922

Depuis quelques semaines, la SA EQSO est le nouveau gestionnaire de l’ASBL «Domaine d’Astrid» désormais rebaptisée «Le Patio».

En avril 2016, le home «Le Jardin d’Astrid», à Gaurain-Ramecroix, a défrayé la chronique après qu’il se soit vu signifier une ordonnance de fermeture de la part du ministre régional de l’Action sociale Maxime Prévot. Celui-ci appuyait sa décision sur base de rapports dressés par l’AVIQ évoquant des problèmes de prise en charge et d’hygiène. En décembre, le home se voyait retirer son agrément et l’on apprenait par la suite que les lits ainsi libérés ne profiteraient pas aux Tournaisis mais à la région d’Arlon. Restait toutefois sur le site gaurinois, le «Domaine d’Astrid», une résidence service, gérée indépendamment du home, et qui accueillait -et accueille toujours d’ailleurs - une vingtaine de personnes âgées.

Les familles de quatre de ces résidents ont récemment reçu un courrier dans lequel il est expliquait que l’ASBL «Domaine d’Astrid» est, depuis le 4 octobre dernier, gérée par «Expertise et Qualité Sociales» et a été rebaptisée «Le Patio». Le courrier précise également que

«Mme X est hébergée au Patio depuis... À l’heure actuelle, Mme X nécessite une assistance à la vie journalière plus importante que ne peut lui en fournir un hébergement en résidence-service. Aussi, afin de garantir la sécurité de Mme X, je suis dans l’obligation de mettre fin à votre convention d’hébergement dont la résiliation sera effective dans trois mois au plus tard...»

La missive, signée par le responsable d’EQSO, indique également que la nouvelle asbl gestionnaire met tout en œuvre pour trouver une maison de repos de qualité afin d’accueillir les personnes âgées concernées.

Vous avez dit EQSO?

Comme nous l’a expliqué Benoît Duplat, représentant permanent d’EQSO (Expertise et Qualité Sociales), cette SA se définit comme étant une «plateforme de services pour des structures d’accueil médico-sociales, mettant à leur disposition des compétences en ressources humaines et formation, administration des usagers, comptabilité, informatique et gestion des bâtiments, hygiène et sécurité.

Cela représente un total de 22 experts au service de 16 foyers, dont un en France (les autres étant principalement situés en Wallonie et à Bruxelles) et un spécialisé dans l’accueil des enfants. Mis à part ce dernier, les autres accueillent des adultes déficients mentaux dont la moyenne d’âge tourne autour de 39 ans.

Chaque structure est autonome et la philosophie générale de chaque centre vise principalement à favoriser l’inclusion (soit les échanges avec le monde extérieur et plus spécifiquement associatif) des personnes accueillies…», toujours selon le responsable de la société

Une quarantaine de personnes handicapées devraient être accueillies au sein de quatre unités de vie sur le site gaurinois à partir du printemps prochain, les différentes démarches vis à vis des autorités de tutelle et de l’Aviq étant actuellement toujours en cours. Ce nouveau centre devrait être rebaptisé «la Lisière».

Quant à l’ancien «Domaine d’Astrid», désormais sous l’égide de l’ASBL «Le Patio», il continuera à jouer le rôle de résidence-service en accueillant des personnes âgées répondant aux critères imposés pour ce type d’accueil. Une partie du personnel de l’ancienne structure a été reprise; une directrice a été engagée ainsi qu’une aide-soignante qui assure une présence nocturne sur le site.

11 décembre 2017

Exposition "Je suis autiste et alors ?" à Paris sur les grilles de l'hôtel de ville

Organisée par l'association SOS Autisme France

7 décembre 2017

Autisme -> Donner des outils éducatifs aux parents

article publié dans L'Alsace

Céline Clément, professeur en psychologie des sciences de l’éducation à Strasbourg, travaille sur l’inclusion scolaire des élèves atteints d’autisme et a développé un programme de formation pour des parents d’enfants ayant des troubles neurologiques. Ce programme, qui a été exporté au Québec, fonctionne depuis deux ans.

Hier 05:00 par Geneviève Daune , actualisé le 05/12/2017 à 23:25 
Céline Clément, enseignante-chercheuse en psychologie des sciences de l’éducation à Strasbourg, a monté un programme de formation pour des parents d’enfants atteints de troubles neurologiques.Photo L’Alsace/ Dominique Gutekunst

« Les parents d’enfants avec des troubles autistiques ne sont pas équipés pour avoir un comportement parental adapté. Cela veut dire qu’il y a toute une gamme d’interventions possibles auprès des parents.  » Céline Clément, professeur de psychologie en sciences de l’éducation, dirige aussi une équipe de recherche au sein du laboratoire interuniversitaire des sciences de l’éducation et de la communication (Lisec) à Strasbourg.

Avec l’hôpital de Rouffach et une doctorante de son laboratoire, Jennifer Ilg, elle a développé un programme de formation aux habiletés parentales destiné aux parents d’enfants atteints de troubles neurologiques à partir des routines quotidiennes. « Dans le quotidien, les parents n’arrivent pas à faire face, ce qui provoque stress, dépression. On propose à ces parents des groupes de parole et des informations autour de ces troubles, des grandes étapes autour du développement de l’enfant et des stratégies à mettre en place, notamment dans les troubles autistiques. »

Une grande variété des atteintes

Car chaque enfant est différent dans l’expression des troubles autistiques en raison de la très grande variété des atteintes neurologiques. « L’environnement va aussi jouer pour exacerber certains comportements. Du coup, pour chaque famille, on va définir des objectifs, comme l’alimentation ou le brossage des dents. »

Outre améliorer la qualité de vie des parents, le programme vise aussi à généraliser les acquis de l’enfant à l’école ou à l’hôpital, au domicile. « Mais les parents n’avaient pas la méthodologie. Aujourd’hui, ils ont tendance à se renseigner sur internet. Mais ce qui marche pour un enfant X ne va pas forcément fonctionner pour un enfant Y. Un autre avantage du programme est qu’il est moins coûteux qu’une intervention individuelle à domicile. »

Mais la psychologue prévient : « L’idée n’est pas de transformer les parents en cothérapeures. On veut juste qu’ils retrouvent leur rôle de parent. » C’est ainsi qu’on va leur apprendre le chaînage, la suite de gestes qui permet à un enfant d’apprendre à lacer ses chaussures. « Chez l’enfant autiste, il va falloir apprendre ce chaînage pour s’habiller, se laver. On va d’abord montrer aux parents qu’ils ont su le faire avec leurs autres enfants. Et si des parents n’ont pas d’autres enfants, on va les faire se référer à leur propre expérience. »

Implication nécessaire

Les parents ont des exercices à faire chaque semaine. D’où l’importance pour eux de s’impliquer dans le programme. Toutes les familles ne font pas cette démarche. « Le programme implique aussi d’avoir une maîtrise de l’écrit français » , reprend Céline Clément.

Elle indique que dans le Haut-Rhin, le programme a été proposé à une famille de nomades sédentarisés. « Même si cette famille vivait en caravane, ça a très bien marché parce que la mère a très bien compris ce qu’on lui expliquait. »

4 décembre 2017

Handicap: 11.200 postes d'auxiliaires de vie scolaire vont être créés

04/12/2017 à 10h31

 

French Junior Minister in charge of Disabled People Sophie Cluzel speaks during a session of questions to the government at the National Assembly in Paris on November 14, 2017. 
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
 
Sophie Cluzel, la secrétaire d'Etat en charge du Handicap, à l'Assemblée nationale le 14 novembre 2017. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

De nombreux AVS manquent encore à l'appel pour accompagner les enfants en situation de handicap dans leur scolarité. 

4 décembre 2017

Handicap et accès aux soins : l'ARS Île-de-France signe la charte Romain Jacob

 

Handicap et accès aux soins : l'ARS Île-de-France signe la charte Romain Jacob

La signature a eu lieu au Centre Robert Doisneau* à Paris (Fondation OVE), en présence notamment de Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargé chargée du Handicap, et de M. Denis Piveteau, Conseiller d'Etat. L'accès aux soins des personnes en situation de handicap est un droit fondamental et de citoyenneté.

https://www.iledefrance.ars.sante.fr

 

4 décembre 2017

Guide de l'habitat inclusif - Novembre 2017

 

 

3 décembre 2017

"L'autisme ce n'est pas la CGT!", le coup de gueule de Josef Schovanec

2 décembre 2017

Habitat inclusif en cas de handicap : ça se précise ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : L'idée de permettre aux personnes handicapées de vivre où elles le souhaitent, et surtout au cœur de la cité, deviendrait-elle une affaire d'État ? Première piste le 30 novembre 2017 avec la 1ère Journée nationale de l'habitat inclusif.

Par , le 01-12-2017

Le 13 octobre 2017, la rapporteuse handicap de l'ONU, en conclusion de sa visite en France, assénait « Par définition, il n'y a pas de bon établissement », jetant un pavé dans la marre de l'institutionnalisation des personnes handicapées à grande échelle (article en lien ci-dessous). Les grandes associations gestionnaires, malgré nos sollicitations, n'ont pas daigné réagir à ce propos très engagé.

Engagement du gouvernement ?

Le gouvernement a pourtant souhaité mettre ce sujet sur la table. Rappelons d'ailleurs que l'un des premiers déplacements officiels d'Édouard Philippe quelques jours seulement après sa nomination s'est fait dans une maison partagée Simon de Cyrène à Rungis où personnes handicapées et valides vivent ensemble (article en lien ci-dessous). Lors de cette visite, le 21 mai 2017, Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge du handicap, avait expliqué : « L'idée est d'adapter ce modèle de vivre ensemble, ouvert sur la société à d'autres publics, et notamment les personnes avec autisme ». Elle plaidait pour une évolution du modèle médico-social vers des structures beaucoup plus souples.

Une première en France

Pour en débattre, la 1re Journée nationale de l'habitat inclusif pour les personnes handicapées et âgées s'est donc tenue le jeudi 30 novembre 2017 au ministère des Solidarités et de la santé, en sa présence. « Cette journée marque la volonté du gouvernement d'accélérer la dynamique de développement d'une offre d'habitat qui doit permettre aux personnes handicapées et aux personnes âgées qui le souhaitent de vivre en toute autonomie au cœur de la cité », précise son communiqué. Un nombre croissant souhaite en effet choisir son habitat et les personnes avec qui le partager. Ces personnes doivent, pour cela, pouvoir disposer d'un logement qui concilie inclusion sociale et vie autonome, au domicile, avec la possibilité de bénéficier d'accompagnements, de services et d'intervention des professionnels de l'aide.

Une demande croissante

Pour satisfaire cette demande croissante, une diversité d'offres d'habitat inclusif se développe en France dans le cadre de partenariats impliquant notamment des collectivités, des bailleurs sociaux, des associations, des mutuelles ou encore des gestionnaires d'établissements et de services sociaux et médico-sociaux. Plus de 300 sont recensées à ce jour. Cette première journée dédiée a donc permis de partager les expériences, les savoir-faire et les méthodes pour accélérer le développement de cette offre nouvelle. Un Guide de l'habitat inclusif, réalisé sous l'égide de l'Observatoire de l'habitat inclusif, est également en ligne depuis le 29 novembre 2017 (lien ci-dessous). En 65 pages, il couvre un vaste champ : comment monter un projet, le financer…

200 participants

Cette journée a réuni plus de 200 participants (représentants de départements, d'ARS, de MDPH, de bailleurs, d'associations gestionnaires…), confirmant, selon le secrétariat au handicap, « le très fort intérêt des parties prenantes ». Les ministères de la Cohésion des territoires et de la Santé, le secrétariat d'État aux personnes handicapées, ainsi que la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), se disent « pleinement mobilisés pour accompagner et faciliter ces démarches et lever les obstacles afin que les personnes handicapées et les personnes âgées puissent bénéficier des logements correspondant à leurs aspirations ».


 

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Sur Handicap.fr

Sur le web

"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

28 novembre 2017

Dans le Gard, l’association Sésame Autisme aide à l’insertion professionnelle des autistes

article publié sur France info

Cinq travailleurs de l'ESAT sont employées au restaurant de ce camping de Vauvert. / © FR3 OccitanieCinq travailleurs de l'ESAT sont employées au restaurant de ce camping de Vauvert. / © FR3 Occitanie

Par RDPublié le 25/11/2017 à 07:54

Une belle récompense pour son action. Il y a deux jours, l’association des maires de France (AMF) a remis son prix  "coup de cœur" de l’année à l’association Sésame Autisme Languedoc Roussillon.

Celle-ci offre l’opportunité aux travailleurs autistes de l’ESAT du Mas Templé, à Vauvert dans le Gard, de travailler au restaurant du camping Monte Cristo, que gère l’association.

Le reportage de Pascale Barbès et Pierre Trouillet :


Dans le Gard, l’association Sésame Autisme aide à l’insertion professionnelle des autistes

Dans le Gard, l’association Sésame Autisme aide à l’insertion professionnelle des autistes
Avec : Mélaine Houlier, monitrice de l'atelier cuisine ; Maxime, travailleur handicapé ; Roxane Auguste, monitrice de l'atelier service en salle ; Olivier Colas, établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT) - France 3 Occitanie - Reportage : Pascale Barbès et Pierre Trouillet

Passerelle

Maxime fait partie des personnes atteintes de troubles autistiques bénéficiant du programme. Pour lui, servir au restaurant est un défi, mais un défi excitant :

"J’aime être près du client, être disponible pour lui, veiller à ce qu’il ne manque de rien", explique-t-il.
Pour lui comme pour les autres, pas d’obligation de rendement. C’est avant tout une question d’épanouissement personnel, une façon de sortir de l’isolement.

Ce travail, qui complété aux allocations permet de toucher le SMIC, est un premier pas vers l’indépendance :

"Pour certains ce sera une passerelle qui leur permettra d’accéder au monde du travail ordinaire", note Olivier Colas, de l’ESAT.

26 novembre 2017

Comprendre le handicap pour mieux accompagner : Les enfants et adolescents autistes

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