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18 janvier 2016

Audition de la France par le Comité des droits de l'enfant - ONU 13&14 janvier 2016

article publié sur le blog parents-autisme-droits

dimanche 17 janvier 2016

Audition de la France, CDE ONU : questions et réponses sur le handicap

 
Audition de la France les 13-14 janvier 2016 par le Comité des droits de l'enfant, dans le cadre du 5ème rapport périodique de la France. 
Recommandations du comité : 04 février 2016
Audition de la France par le comité des droits de l'enfant de l'ONU


Sur la violence en institution et traitements inhumains et dégradants (voir vidéo)


Mr Cardona, rapporteur du Comité

Je félicite la France pour la circulaire du 20/02/14 qui vise à constituer les mesures visant à éradiquer les maltraitances commises contre des personnes handicapées Le DDD (Défenseur des droits) continue de dénoncer ces traitements et surtout l'impunité face à ce type d'agissements. Quels sont les mécanismes existant pour veiller à l'application de la circulaire ? Qui mène à bien les inspections ? Avec quelle fréquence, comment ? Quels sont les systèmes de recours, les mécanismes prévus pour éviter l'impunité comme celle qui a eu lien dans le cadre de l'institut Moussaron ? Enfin, quand la technique du packing va-t-elle être interdite par loi ? Pratique qui consiste à envelopper dans des draps froids et humides, qui continue à être appliquée à des enfants autistes, qui a été dénoncé à maintes reprises par des instances internationales en tant que traitement inhumain et dégradant tout en étant en outre inefficace et préjudiciable.


Mr Vinquant, directeur général de la cohésion sociale

La politique de bientraitance des personnes au sein des ESSMS (établissements et services sociaux et médico-sociaux) est une priorité du gouvernement. Il anime une politique visant à diffuser recommandations et guides de bonnes pratiques. Pour cela il s'appuie sur l'Anesm (agence nationale d'évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux), qui associe les parties prenante à l'établissement de référentiels et guides à disposition des établissements et des pros. Etablissements soumis à obligation d'évaluation interne, transmises aux autorités d'autorisation et contrôle (auto-évaluation), et périodiquement à des éval. externes par des sociétés (cabinets d'audit) habilitées par l'Anesm.

La politique de contrôle se fait :

• par les agents assermentés des ARS pour les ESSMS,

• par les services des conseils départementaux pour les établissements de l'ASE

La priorité dans le cadre du plan national de contrôle, coordonné par l'IGAS, a été portée sur la mise en oeuvre effective des recos de bientraitance au sein des ESSMS et les plans d'inspection des ARS ont consacré une part importante de leur ressource au contrôle sur place au sein des ESSMS de ces règles et référentiels de bientraitance.

Par ailleurs, un dispositif de signalement de tous les cas de maltraitance est organisé pour une remontée au niveau national. Cette remontée sera aussi au niveau départemental via le préfet pour les établissements étant sous l'autorité et le contrôle du président du conseil départemental.


Mr Cardona, rapporteur du Comité

Il y a une évaluation extérieure périodique : quelle est la fréquence ? Une fois par an, par trimestre ? Est-ce que l'évaluation est annoncée ou inopinée ? Est-elle fondée sur des protocoles fournis par le centre, ou bien est-ce inopiné, sur place, qui peut varier d'une fois sur l'autre ? Est-ce que le système est confidentiel ? Ou est-ce qu'il peut arriver que quelqu'un pose plainte et finit par être lui-même inculpé ? Est-ce qu'il est possible de déposer une plainte, de demander l'intervention.. ?


Mr Vinquant, directeur général de la cohésion sociale

Le dispositif d'éval externe est obligatoire avant la date d'échéance du renouvellement de l'autorisation (donnée par l'autorité publique compétente) , soit de l'État et des ARS, soit du conseil départemental. Cette réforme a été mise en oeuvre à compter de 2007 et les établissements, en fonction de l'ancienneté de leur date d'agrément avaient plusieurs années pour choisir le moment où elles allaient réaliser leur éval externe, mais elles doivent le transmettre avant la date de renouvellement de leur autorisation d'agrément : c'est donc progressif et étalé dans le temps.

Sur le dispositif de traitement des plaintes, elles peuvent être exprimées au sein de la Commission Vie Sociale au sein des établissements (présidée par un représentant des personnes prises en charge dans l'établissement), et les plaintes sont publiques; quand elles sont adressées à l'autorité de contrôle (ARS ou conseil départemental), il appartient à l'autorité de vérifie la réalité des éléments joints à la plainte avant d'engager une procédure qui peut conduire au retrait de l'agrément ou, si la plainte peut passer par des mesures de correction (il n'y a pas de mise en danger des personnes), cela passe par un rapport d'observation que l'établissement doit suivre et respecter pour pouvoir continuer son activité.


Mr Acef, conseiller en charge aux personnes handicapées

Concernant le packing, la politique de la France depuis 2008 est constante. Dès 2008 la France a demandé avis au haut conseil à la santé publique pour émettre 1er avis sur cette technique. En 2012, la HAS, dans le cadre des recos de bonnes pratiques, a émis avis très précis et très clair sur le fait qu'en dehors du cadre d'un seul programme de recherche clinique et autorisée, cette pratique était non recommandée : c'est le cadre de la politique publique de la France concernant cette technique lorsqu'elle est appliquée à l'autisme. Très concrètement, afin de faire progresser la mise en oeuvre des recos, le plan autisme prévoit un certain nombre de mesures.
Dès 2014, une instruction a été donnée aux ARS pour que la formation en autisme conforme aux recos soit un axe prioritaire de la formation des personnels de santé. Cette instruction a été renouvelée en 2015 et elle perdure depuis .
En 2015 (travail en cours), une révision des programmes de DPC (développement professionnel continu), par un cahier des charges spécifique sur l'autisme et les recos, est en cours d'élaboration. Il va être mis en oeuvre courant 2016 avec procédure spécifique d'appel d'offre pour sélectionner les organismes habilités qui respecteront les recos.

Il a été décidé en avril 2015, avec mise en oeuvre dès le 1er janvier 2016 une procédure d'inspection faite par les ARS au sein des hôpitaux de jour lorsqu'ils accompagnent durablement des enfants autistes pour vérifier la bonne mise en oeuvre des recos (diagnostic, 2005 et bonnes pratiques, 2012)



Mr Cardona, rapporteur du Comité

D'après ce que vous dites, je comprends qu'il y a une recommandation qui consiste à dire "ne procédez pas à cette pratique, c'est un traitement inhumain et dégradant, et formez-vous", mais ce n'est pas une interdiction. Il n'y a pas une mesure juridique. Ensuite, pour en revenir à la surmédication qui a été considérée par le rapporteur spécial comme traitement inhumain et dégradant, il n'y a que des recos, pas d'obligation juridique qui interdit ces pratiques, j'ai bien compris ?


Mr Acef conseiller en charge aux personnes handicapées

Votre interrogation pose la question de l'opposabilité des recos. Il n''y a pas d'opposabilité juridique des recos dans le domaine de l'autisme, mais il n'y en a pas non plus quel que soit le champ concerné. C'est bien pour cela que nous y répondons par voie d'instructions, de mesures et d'actions de formations : c'est augmenter le niveau d'obligation et de contrainte sur la qualité des services rendus et non pas sur une opposabilité juridique posée par la loi.

Sur la scolarisation (voir vidéos sur les questions du rapporteur et la réponse de la France)

Mr Cardona, rapporteur du Comité

La réalité française fait état d'une contradiction considérable : d'un coté il y a des lois, de 2005 et 2013 qui proposent un point de vue ainsi que des politiques tout à fait adaptées mais il semblerait que dans la pratique, la situation serait totalement inverse malheureusement.

La perspective du point de vue médical prévaut largement sur l'aspect social du handicap, je vous donne un exemple : il est question de désinstitutionnalisation dans la législation mais pourtant on constate qu'un grand nombre d'enfants handicapés sont encore placés en institutions et la proportion d'enfants handicapés placés en institution est bien plus élevée que la proportion d'enfants qui n'ont pas de handicap.

En outre j'ai cru comprendre que plutôt que de financer des programmes d'éducation inclusive on a tendance à placer les enfants dans des écoles spécialisées, et c'est un concept qui prévaut largement en France, notamment au sein des écoles primaires..et même à la maternelle il semblerait qu'il y ait des classes spécialisées pour enfants handicapés, ce qui n'est pas sans nous poser de problèmes puisque notre objectif est justement de promouvoir autant que faire se peut l'inclusion de ces enfants dans les écoles ordinaires.

Je sais que vous avez beaucoup avancé dans la promotion de l'éducation inclusive, c'est d'ailleurs aussi le cas de l'Italie, du Danemark ou encore de la Suède, et qui peuvent se targuer de pratiques optimales en la matière. Alors j'aimerais savoir si vous vous êtes un peu penchés sur ce qui se fait dans les États voisins de l'UE qui sont véritablement à l'avant-garde de l'éducation inclusive : est-ce que vous avez essayé disons, d'y trouver une source d'inspiration ?

Et puis je crois savoir que vous avez débloqué beaucoup de moyens à la question du handicap mais malheureusement ça ne fait pas tout : il faut également envisager, pour reprendre ce qui est dit dans votre rapport, veiller à ce que les enfants puissent être scolarisés dans des écoles ordinaires, et non pas isolés afin qu'ils ne soient pas victimes d'une ségrégation, il faut justement adapter l'école à toutes les diversités qui peuvent être celles d'un enfant, non seulement la diversité physique et intellectuelle mais aussi la diversité culturelle, linguistique parce que .. pour prendre l'exemple de l'université, il n'y a pas d'un coté les enfants normaux et les autres de l'autre coté .. et justement, pour promouvoir l'égalité, il faut au 1er chef, accepter les différences, c'est ça le maître mot.

Ce que j'aimerais savoir donc, c'est quelles mesures vous envisagez d'adopter pour passer de la théorie à la pratique et pour véritablement éliminer ce système de classes spécialisées qui constituent une véritable ségrégation pour ces enfants : comment envisagez-vous de promouvoir un modèle d'inclusion ? D'après ce que je comprends, les enfants autistes sont véritablement isolés : vous avez mis en place un plan d'action en la matière, ce qui me parait tout à fait louable, je crois savoir aussi que la HAS a publié une circulaire à ce sujet, mais malgré les différents plans et autres programmes, et bien vous avez été condamnés à 5 reprises par le conseil de l'Europe pour vos pratiques à l'adresse des enfants autistes : seuls 20 % des enfants autistes sembleraient-il sont intégrés au système scolaire ordinaire. et au sein de ces 20 % d'enfants, un petit % d'entre eux vont à l'école seulement 1h par jour.

D'après ce que j'ai compris, les professionnels de la santé obligent les parents de ces enfants à débourser des sommes considérables pour que ces enfants puissent aller à l'école malgré ce que dit la circulaire, si j'ai bien compris.


Et parfois, lorsque les enfants ne peuvent pas être placés en institution, il y a parfois des représailles, je ne reviendrai pas sur l'affaire Timothée D. qui apparemment est quand même un cas flagrant de discrimination et de dysfonctionnement patents en France.

L'article 21 de la loi sur la santé a été réformé semble-t-il et, d'après ce que je sais, un enfant handicapé peut avoir besoin d'un traitement, mais malheureusement lorsqu'il n'y a pas les moyens pour lui proposer ce traitement on trouvera une autre solution. Alors, pour le 6 ème pays le plus riche du monde, le fait de ne pas soigner ou intégrer un enfant handicapé faute de moyens, ça me parait quand même un petit peu invraisemblable !

Ici on parle simplement de politique sociale et d'inclusion. Ce que j'aimerais savoir c'est si vous avez envisagé de rendre opposable d'un point de vue technique la ou les circulaires rédigée par la HAS. Avez-vous envisagé de procéder à la vérification des garanties, et qu'allez-vous faire pour veiller à ce que l'article 21 bis n'ait pas pour conséquence la privation de toutes les voies de développement et d'émancipation pour ces enfants sur un principe d'égalité ?



Mme Petreault, sous directrice de la vie scolaire et des établissements de l'Education Nationale


Cette évolution de concept d'école inclusive dans le cadre de la scolarisation des élèves handicapés a donné quelques éléments chiffrés.

Actuellement dans le 1er degré nous avons

- en milieu ordinaire (scol. individuelle) 151 412 élèves

- en établissement spécialisé 65 567 élèves

pour un total 103 908 élèves (note personnelle : 151 412 + 65 567 = 216 979)


Ce qui est important de voir c'est que la scolarisation individuellement se développe.
Pour le 2nd degré (collège et lycée) 108 529 élèves scolarisés à titre individuel et 8 771 scolarisés en établissements spécialisés : même tendance, même évolution.

Je voudrais donner un élément chiffré pour la scolarisation des enfants autistes : 26 347 enfants : évolution de 30 % en 4 ans.

La scolarisation des élèves handicapés nécessite un accompagnement, et donc sur l'accompagnement, des efforts sont faits, tant au titre des personnes AESH (assistants de scolarisation) qui vont pouvoir bénéficier dans le cadre de la loi de finances à 28 000 personnes, et, autre aspect, la CDIsation des personnes qui accompagnent au bout de 6 ans de contrat, et près de 5000 personnes sont concernées.

Très brièvement, ce que je voudrais dire c'est que nous sommes sur une forte dynamique ; pour autant nous pensons que cette dynamique doit se poursuivre ; nous sommes aussi sur une évolution des modalités pédagogiques et celles-ci doivent certainement encore être réinterrogées d'où la volonté de former, et une question avait été posée sur les relations avec l'Europe : je voudrais dire que par rapport au centre national de formation à Suresnes (INS-HEA) nous avons des contacts avec l'Europe sur les questions d’inclusion et l'analyse des besoins des élèves.


Mr Acef, conseiller en charge du handicap

Concernant le comité des recommandations qui avaient été faites antérieurement, sur la désinstitutionnalisation, très concrètement, effectivement il y a des progrès à faire.. Je vais donner des tendances, des chiffres, des %tages non pas pour s'en satisfaire mais pour dire quelle est la dynamique et quelles sont les marges de progression, d'amélioration sur lesquelles nous travaillons.

Effectivement en France on a un système marqué par l'institutionnalisation (c'est historique) de la réponse aux besoins des enfants en situation de handicap et nous sommes dans une transition de système : ce qu'au niveau de l'ONU et des instances internationales on appelle désinstitutionnalisation, nous le traduisons en France, et ce n'est pas juste de l'élément de langage, par l'inclusion accompagnée, qui est le fait qu'on puisse garantir dans une logique inclusive et de participation sociale le fait que les enfants aient les accompagnements adaptés compte tenu de la spécificité de leur handicap.

Je vais essayer de faire la bascule à chaque fois entre globalité des enfants en situation de handicap et focus sur l'autisme puisque vous aviez ces 2 interrogations.

Si on regarde du coté du médico-social : la tendance de réponse en services inclusifs augmente puisqu'on a progressé de 9 % entre 2008 et 2014 et ça représente aujourd'hui 42 % de l'offre d'accompagnement. 42 %, cela signifie qu'on n'a pas passé la bascule d'au moins 50 % d'enfants en situation de handicap accompagnés par des services. Si on regarde la globalité de l'offre on a 48 000 réponses en services versus 68 000 "places" en établissements. La tendance est vers la création de services de façon spécifique.

Si on regarde l'autisme sur cette bascule vers l'inclusion, vous connaissez le plan autisme 2013-2017, il y a des créations de "places" et de services. Concernant les services d'accompagnement pour enfant, ce sont 800 réponses supplémentaires qui seront développées d'ici le terme du plan en 2017.

Il y a des créations de places et de services mais aussi, parce qu'on est marqués par l'histoire, il y a aussi la transformation de ce qui existe, et là si on regarde nos chiffres, toujours entre 2008 et 2014 nous avons 15 % de l'offre médico-sociale (établissements + services) qui a été transformée (de 2 façons : parce que le type de handicap change, et transformer des places d'établissements en services) : 15 % de l'offre. On pourrait dire que c'est beaucoup, mais en réalité, on sait que là on a un effort majeur à faire pour poursuivre cette transition vers un système beaucoup plus inclusif.

Pour autant il y a un certain nombre de situations qui nécessitent, ne serait-ce que de façon temporaire et de répit, de l'accueil institutionnel notamment vers les adolescents, pour qu'il y ait du répit et pour pouvoir fournir un certain nombre de services que les services inclusifs ne peuvent pas forcément produire à un moment donné : mais voyez la tendance et les marges de progression.

Vous avez aussi interrogé sur les classes dites spécialisées qui existent dans le domaine de l'autisme, mais plus globalement pour l'ensemble des enfants en situation de handicap. Ces classes spécialisées (UE) sont historiquement implantées dans les établissements (79 000 enfants et ados). 56 % d'entre eux ont un enseignement dans ces classes d'au moins 12h, et la décision qui a été prise par le PR lors de la dernière conférence nationale sur le handicap (déc 2014) est de sortir physiquement ces classes qui se trouvent dans les établissements spécialisés pour les relocaliser dans des écoles ordinaires, avec un objectif quantifié de 100 de ces classes qui doivent être dans des écoles ordinaire dès la rentrée 2015 : nous en aurons donc 100 pour la prochaine rentrée (on était à 89 pour cette rentrée) et ce processus continuera.

Concernant l'autisme il y a la mise en place des UE maternelles, et dans la logique ONUsienne, cela peut paraître comme un dispositif séparé , non totalement inclusif. Ce sont des petites classes : 7 élèves de 3 ans, avec un accompagnement de 1/1, des interventions conformes aux recos de la HAS, qui permettent des interventions intensives, en milieu scolaire, avec des temps d'inclusion dans des classes d'autres élèves. Il y avait un objectif de 100 UE , soit 700 enfants, et cet objectif a été monté de 10 : il y en aura 110 UE à la rentrée 2016.

Vous aviez interrogé sur la surmédicalisation : je voudrais y répondre.. 2 leviers.

Vous donner les chiffres des enfants autistes suivis par des services de santé et services de psychiatrie de l'enfant et ado. Sur le nombre d'enfants actuellement suivis dans les hôpitaux de jour il y a au total 9 987 enfants (8 239 garçons, 1748 filles).

Pour les enfants et ados hospitalisés à temps plein : il y en a 1 392 (1 119 garçons, 273 filles). Et 153 enfants hospitalisés à temps plein pour une durée de plus de 6 mois.


Mr Cardona, rapporteur du Comité

Les chiffres ne correspondent pas entre les enfants qui fréquentent les écoles secondaires dans les écoles ordinaires, il me semble que ces chiffres sont très bas : où sont les autres ? Que deviennent-ils lorsqu'ils terminent l'éducation primaire ?

Que faudrait-il modifier dans les programmes scolaires pour que ça soit l'école qui s'adapte aux différences des enfants plutôt que les enfants ne doivent s'adapter au système.

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13 janvier 2016

Avec HabiTED à Roncq, une grand pas vers l'autonomie des autistes adultes

article publié dans Nord Eclair

Publié le

Jean René Lecerf, Gérald Darmanin, Vincent Ledoux inaugurent la résidenceVDN

Jean René Lecerf, Gérald Darmanin, Vincent Ledoux inaugurent la résidence

Samedi après-midi a eu lieu l’inauguration de la résidence HabiTED, rue Montagne. La résidence construite par Notre Logis comprend dix logements pour les adultes autistes, plus un onzième pour des rencontres fraternelles entre les résidants.

L’association ISRAA (Innover, Sensibiliser, Réagir Pour l’Avenir des Personnes Autistes) a porté le projet en partenariat avec les Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing, de Béthel Hébergement et de l’AMFT (Accompagnement Social Multi-Service à domicile), le bailleur social Notre Logis et le Département. Fabienne De Oliviera, fondatrice de l’ISRAA a précisé : «  C’est un grand jour pour nous, c’est l’aboutissement de quatre ans de travail qui voit le jour. C’est une première en France. Nous inaugurons HabiTED, lieu de résidence de jeunes adultes autistes.  » Trois personnes de l’AMFT seront sur place à temps plein pour accompagner et soutenir les résidants dans les gestes de la vie quotidienne (courses, linge, etc.).

Didier Motte, président de Notre Logis et Arnaud Delannay, directeur général ont investi de 2,7 millions d’euros € dont 1,4 million d’€ pour le bâtiment qui héberge les jeunes autistes. La ville de Roncq a apporté 20 000 € pour agrémenter le site et le député Gérald Damarnin a réussi à débloquer 20 000 € euros pour soutenir l’action de l’ISRAA. Le Département a lui investi 140 000 €.

Moins cher qu’un placement

Cet habitat offre de beaux symboles d’intégration sociale. Il permet aux autistes de se fondre aux habitants de ce quartier du Blanc-Four. Pour Jean-René Lecerf, président du conseil départemental du Nord, «  ce dispositif innovant d’inclusion de logement dans un milieu ordinaire, couplé avec des services d’accompagnement pour favoriser la socialisation des personnes et leur autonomie est une bonne chose. Ce choix est beaucoup moins cher qu’un placement dans une grande structure et nous envisageons, au Département, d’étendre ce système pour les personnes âgées, de même que pour la petite enfance.  »

Vianney, 22 ans, étudiant en physique fondamentale en 3e année, ne cachait pas sa satisfaction : «  J’habitais chez mes parents, je suis vraiment heureux d’être désormais locataire, il y a une bonne ambiance avec d’autres habitants. Je commence à faire des courses, je vais chercher mon pain. Mon projet est de faire de la recherche et j’envisage le doctorat. Un grand merci à tous.  »

Ouvert en décembre, le petit immeuble accueille actuellement cinq locataires. Il sera complet dans quelques semaines.

Jacques Leclercq (CLP)

11 janvier 2016

Handicapés et ceintures noires de karaté

article publié dans le journal de Montréal


La réussite de trois karatékas atteints d’un trouble physique ou mental est une première au Québec

 

Dimanche, 10 janvier 2016 22:00 MISE à JOUR Dimanche, 10 janvier 2016 22:00

Un jeune autiste, un Asperger et une femme en fauteuil roulant à la détermination sans faille ont réussi l’impensable en obtenant récemment leur ceinture noire de karaté, une première au Québec pour des personnes handicapées.

«Leur force, c’est leur détermination. Cette ceinture, ils l’ont obtenue par le mérite», souligne Mohamed Jelassi, l’entraîneur et cofondateur d’Adama, l’Association de développement des arts martiaux adaptés à Montréal (Adama).

Sophie Joanette, une athlète de 44 ans de Longueuil souffrant de la maladie de Steinert, Tommy Doan-Leduc, un Montréalais autiste de 19 ans, et Philippe Paré-Langevin, un jeune Asperger (une forme d’autisme) de 21 ans de L’Île-Perrot ont obtenu le plus haut grade du karaté.

«C’est une ceinture noire reconnue, pas honorifique», rappelle fièrement Mohamed Jelassi, qui entraîne les deux premiers.

Apprendre le style de son père décédé

karaté apprendre le style de son père décédé

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Le karaté a permis à Tommy Doan-Leduc de gagner beaucoup de force et de se défouler.

Un jeune karatéka autiste qui vient de décrocher sa ceinture noire rêve de maîtriser les techniques de karaté que lui enseignait son père, décédé d’un cancer il y a trois ans.

«Un jour, je veux retrouver le karaté que mon père m’a appris», lance Tommy Doan-Leduc, 19 ans, le regard déterminé.

Pour ce Montréalais, le karaté, enseigné par son père depuis qu’il a sept ans, est une affaire de famille.

La mort de son papa a donc été très difficile à vivre pour le jeune homme, en quête de stabilité comme la plupart des enfants autistes.

«Il a perdu un repère important. Il a eu du mal à comprendre pourquoi son père ne revenait pas», se souvient sa mère, Quynh Nhu Nguyen.

Mère stupéfaite

Mais au lieu de sombrer, le jeune s’est accroché au karaté, l’héritage de son père. Il lui avait appris les rudiments du Kyukoshinkai, un style de karaté axé sur l’efficacité au combat.

Toutefois, lorsqu’il s’est inscrit chez Adama, il y a trois ans, son entraîneur Mohamed Jelassi lui a plutôt enseigné le Shotokan, fondé sur le respect.

Il l’a maîtrisé jusqu’à obtenir une ceinture noire au début du mois.

Beaucoup n’y croyaient pas, y compris sa mère.

«Quand son entraîneur m’a dit il y a trois ans qu’il pouvait aller jusqu’à la ceinture noire, j’ai pensé ‘‘mais il ne peut pas, il est autiste’’. Mais Tommy m’a dit ‘‘oui maman, je peux!’’», se souvient Quynh Nhu Nguyen, émue.

Il imite son père

Maintenant qu’il a été au bout de ce chemin, il veut repren­dre la voie du Kyukoshinkai tracée par son père.

«Je veux apprendre le style, dans les règles», explique-t-il.

En attendant, il imite déjà son papa en enseignant le karaté pour Adama à des enfants d’une dizaine d’années.

«Les enfants peuvent améliorer leur équilibre avec le karaté. C’est important pour se tenir bien droit dans le métro», précise-t-il, faisant rire sa mère qui n’avait pas pensé à cet avantage.

Le karaté l’a transformé

philippe paré-langevin karaté

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Son syndrome d’Asperger n’empêche pas Philippe Paré-Langevin d’avoir une ceinture noire ni de pratiquer le tennis ou la course.

Le père de Philippe Paré-Langevin n’aurait jamais cru que le karaté pouvait changer la vie de son fils Asperger, désormais un brillant étudiant entouré d’amis.

«Quand il était petit, Philippe était non verbal, je ne pensais pas qu’il pourrait s’améliorer. J’ai pleuré pendant des mois quand j’ai réalisé l’impact qu’avait le karaté sur Philippe», se souvient André Langevin, de L’Île-Perrot.

À l’âge de quatre ans, non seulement son fils Philippe Paré-Langevin ne parlait pas, mais il avait des problèmes de motricité. Il a reçu un diag­nostic autiste.

«Il s’essuyait sur son chandail, qui était plein de crachats. Il avait de la difficulté à se faire des amis», raconte le père.

À 13 ans, Philippe Paré-Langevin a suivi des cours de kara­té. Il a aimé ça. À tel point que deux ans plus tard, il a aidé son père, lui-même professeur de karaté, à donner des cours à des enfants autistes.

Dès lors, tout a changé.

Réussite

«Il était obligé de s’impliquer. Et je le trouvais même meilleur que moi pour communiquer avec les enfants autis­tes», se souvient son père, André Langevin.

Le jeune a appris à communiquer, à échanger, bref, à socia­liser avec les autres.

Âgé de 21 ans, désormais Philippe Paré-Langevin a davan­tage le comportement d’un garçon Asperger, une forme d’autisme, mais avec beaucoup moins de problè­mes de communication. Il est le premier à reconnaître les bienfaits du karaté dans sa vie.

«Ç’a amélioré ma confiance, ce qui m’aide beaucoup pour socialiser. Avant, je m’ennuyais, je n’avais pas beaucoup d’amis», témoigne le jeune homme.

Maintenant bien intégré dans un groupe d’amis qui ne souffrent pas de maladie mentale, il sort avec eux, prati­que le tennis, la course et va au gym. Il est aussi étudiant en troisième année de physique à l’Université McGill et il est parfaitement bilin­gue.

Et il y a quelques semaines, il a obtenu sa ceinture noire de karaté.

«J’ai ressenti beaucoup de fierté. Le fait que je suis Asperger, ça ne m’est pas vraiment venu à l’esprit, parce qu’obtenir une ceinture noire, ce n’est évident pour personne», dit Philippe Paré-Langevin.

Karatéka en fauteuil roulant

sophie joanette karaté

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Sophie Joanette était ceinture brune depuis un an et huit mois, et a travaillé d’arrache-pied pour passer ceinture noire.

«Je vis pour ça. Ça faisait longtemps que je la voulais cette ceinture noire», lance Sophie Joanette, très fière de pouvoir exhiber sa ceinture noire de karaté alors qu’elle doit se déplacer en fauteuil roulant.

Cette athlète de Longueuil souffre de dystrophie myotonique de Steinert, une maladie dégénérative qui affaiblit ses muscles d’année en année. À tel point qu’aujourd’hui elle ne peut plus rester debout immobile sans perdre l’équilibre et doit se déplacer en fauteuil roulant pour ne pas tomber.

Mais trois fois par semaine, elle se rend à Montréal pour suivre des cours de karaté adapté avec l’Adama.

Là, après avoir enlevé ses chaussures, assise sur un banc en faisant attention à ses appuis, elle se lève, se tient droite et répète ses «katas» (enchaînements de karaté). Et tant pis si cela lui fait mal au dos.

Ses efforts ont été récompensés au début du mois, quand elle a réussi les katas exigés pour obtenir la ceinture noire.

«J’étais tellement stressée... Je savais que c’était la première fois (pour une personne handicapée au Québec). Après, j’étais fière, je souriais tout le temps», rit-elle.

Debout

Sophie Joanette a décroché sa ceinture marron il y a près de deux ans. Depuis, elle n’a jamais relâché ses efforts pour atteindre son but.

«Il y a des jours, j’avais des blessures, des petits bobos, mais j’allais quand même aux cours de karaté. [...] Si on veut et si on persévère, on peut», résume-t-elle.

Son entraîneur, Mohamed Jelassi, a été impressionné par cette volonté de fer.

«Sophie m’a dit “Senseï, avec ma maladie, il se peut que dans quelques mois je ne puisse plus me lever”. Et dimanche (le 6 décembre), elle a fini ses katas debout», se souvient-il.

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
10 janvier 2016

Israël va ouvrir sa 1ère université pour étudiants autistes

Résumé : En mars 2016, Israël ouvre sa 1ère université pour étudiants avec autisme, où ils bénéficieront d'un accompagnement adapté. A travers le monde, des entreprises ont décidé de miser sur le potentiel encore inexploité de ces jeunes. Et en France?

Par , le 09-01-2016

On voit, depuis quelques mois, de plus en plus d'entreprises se pencher sur le profil « atypique » des autistes de haut niveau, dits « Asperger », à l'instar du géant Microsoft (article en lien-ci-dessous). En avril 2015, à l'occasion de son 40e anniversaire, il annonce qu'il engage un programme pilote de recrutement de personnes avec autisme, informaticiens le plus souvent mais pas seulement. Des « talents » encore inexplorés...

En Israël : l'université et l'armée

Israël lui emboite le pas et mène elle aussi une action inédite en ouvrant sa première université spécialement dédiée aux étudiants avec troubles autistiques. Selon le Times of Israël, cette nouvelle institution, qui devrait voir le jour en mars 2016, sera hébergée sur le campus de Beit Ekstein, en banlieue de Tel Aviv. Les études pré-doctorales du BE Academic College prépareront également les personnes avec des troubles d'apprentissage complexes au monde du travail. L'une des caractéristiques de cette nouvelle université sera l'absence de critères d'admission, permettant aux personnes concernées de se lancer dans des études sans conditions préalables. Les étudiants pourront bénéficier d'un soutien par le biais d'un coaching adapté. Cette opportunité n'a pas non plus échappé à l'armée israélienne qui, à travers son programme Roim Rachok (« Voir loin »), assure le recrutement de soldats avec autisme ; ils seront incorporés dans les unités de renseignement où ils auront pour mission, notamment, de déchiffrer des photos de reconnaissance aérienne.

Et en France ?

En France, avec 18,45 de moyenne au bac S, c'est haut la main qu'Andrea Negro, le plus jeune bachelier de l'année 2015, a obtenu la mention très bien. Porteur du syndrome d'Asperger, ce passionné d'échec brigue désormais l'Ecole normale supérieure. Pour donner toutes leurs chances à ces lycéens encore trop souvent écartés de la scolarité, Handisup a mené le projet « Simon », du nom du premier étudiant suivi. Depuis 2012, il a pour objectif de permettre aux jeunes autistes (Asperger ou de haut niveau) de poursuivre des études supérieures (lien ci-dessous). Encore très peu identifiés et accompagnés, certains présentent néanmoins une grande capacité intellectuelle et poursuivent leurs études parfois brillamment. Cependant, leur insertion professionnelle reste problématique ; les difficultés sont telles que, sans une préparation adaptée, il leur est difficile, voire impossible, d'intégrer le milieu professionnel. Pour informer les entreprises et ainsi faciliter l'embauche, Handisup a édité un guide pratique.

© Photo d'illustration générale : danr13/Fotolia + Guide Simon

3 janvier 2016

Aude: un enfant de 3 ans, jugé insupportable, exclu de son école

02/01/2016 à 18h05
Des enfants le jour de la rentrée des classes, en septembre 2015. (photo d'illustration)
 
Des enfants le jour de la rentrée des classes, en septembre 2015. (photo d'illustration) - Lionel Bonaventure - AFP
Un enfant de trois ans a été exclu de l'école maternelle qu'il fréquentait, dans l'Aude, au motif qu'il "poussait à bout" le personnel éducatif de l'établissement. Sa mère a été contrainte de lui trouver une autre école. 
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2 janvier 2016

IME = CACA

Les IME, c’est CACA. Complètement Absurde et Carrément Aberrant. Qu’on puisse encore de nos jours y mettre des enfants autistes et espérer qu’ils en ressortent un minimum autonomes me sidère. On dirait qu’on n’a rien appris du présent catastrophique de nos autistes adultes en France.

Alors puisqu’il faut le faire, je vais présenter mon opinion sur ces instituts, et je sais que cela ne va pas plaire à beaucoup de gens mais il est important de marquer le chemin pour les générations futures. Alors Autisme Infantile se dévoue.

Ça va être long, alors accrochez-vous.

Les IME, c’est quoi?

Ce sont des établissements où l’ont met les enfants autistes qui n’ont pas l’air « normaux »: ceux qui ne parlent pas, ceux qui ont du mal à tenir assis en classe et qui dérangent trop la maîtresse, ceux qui n’ont pas encore été aidés pour apprendre un minimum d’autonomie.

Logiquement, les IME à la base sont fait pour accueillir les enfants présentant des retards mentaux. Seulement les autistes, s’ils n’ont pas d’autre handicap associé qui pourrait justifier une déficience intellectuelle, sont tout à fait capables d’apprendre à condition qu’on les mette dans un environnement adapté. Je reviendrai plus tard dans l’article sur la raison pour laquelle l’IME n’est pas adapté pour eux.

On y trouve des éducateurs, des orthophonistes, parfois des psychomotricien(ne)s, et généralement un psychologue ou un pédopsychiatre. Tous les IME n’ont pas de psychomotricien. Les pédopsychiatres qui voient les enfants ans les IME n’ont généralement pas l’occasion de les voir chaque semaine.

Pourquoi les IME c’est CACA pour les enfants autistes?

La première de toutes les raisons, c’est le manque de traitement adapté. La mauvaise prise en charge des enfants fait qu’il n’y a en majorité que deux débouchés pour les enfants en IME: soit ils doivent rester dans ce même genre de structure, à faire de l’occupationnel le reste de leur vie, soit ils vont aller vers un IMPro et auront un travail dans un milieu très protégé. C’est-à-dire, ils vivront leur vie loin du regard extérieur, quand ils ne seront pas condamnés à rentrer chez leurs parents vieillissants qui ne sauront pas les gérer.

Jusqu’à l’année dernière, on pratiquait le packing sur les enfants autistes en IME et hôpitaux de jour. On y pratique encore la pataugeoire. Ce sont des pratiques psychanalytiques barbares d’un autre siècle basées sur des impressions masturbatoires de demeurés qui se prenaient pour des gourous de l’autisme (pardon, de la psychose).

Qu’on m’explique comment ces pratiques monstrueuses aident les enfants autistes à progresser. Qu’on m’explique comment la pâte à modeler, les ateliers contes et le poney vont les rendre autonome dans leur vie future.

Les maltraitances dans les IME

Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de maltraitance dans les IME. C’est simple: prenez un endroit où les patients peuvent être difficiles et où la plupart d’entre eux ne parlent pas, et la probabilité de maltraitance augmente. Entre le packing et la pataugeoire, les attouchements sexuels, les violences sur les enfants, on se demande comment on va bien pouvoir faire pour s’en sortir.

Je m’entends souvent dire que je dis n’importe quoi à propos des IME. La plupart de ces protestations véhémentes viennent des éducateurs qui y travaillent et des parents qui ont leur enfant dans ces instituts. J’entends que je dis n’importe quoi, que les IME c’est trop bien, que c’est pas beau d’amalgammer.

Le 19 janvier 2014 à 20h50, un reportage de Zone Interdite sur le sujet sera diffusé: Enfants handicapés: révélations sur les centres qui les maltraitent. Je serai devant mon écran pour la regarder, et je vous recommande de faire de même afin de savoir ce à quoi vous risquez d’exposer votre enfant.

Depuis quelques semaines, un Institut Médico Éducatif accueillant des enfants handicapés défraye la chronique : des membres du personnel dénoncent de nombreux actes de maltraitance envers les enfants. Les caméras de Zone Interdite sont les seules à avoir pu pénétrer dans cette institution et filmer la maltraitance subie par les enfants. Des images chocs dans lesquelles on peut voir des enfants attachés, enfermés dans des cages de verre, lavés en groupe, garçons et filles mélangés sans aucune intimité.

En France aujourd’hui, près de 700 000 personnes sont porteuses d’un handicap mental. Autisme, trisomie 21, maladies génétiques : chaque année, il naît entre 6 000 et 8 500 enfants qui ne pourront jamais, pour la plupart, être totalement autonomes.

La France manque cruellement de structures adaptées. Une pénurie qui ne laisse souvent d’autre choix aux parents que de placer leurs enfants très loin du domicile familial, voire à l’étranger. Les parents ignorent bien souvent comment leurs enfants sont pris en charge. Un mystère qui laisse la porte ouverte à tous les abus : violences psychologiques, physiques ou même sexuelles. Des milliers d’enfants handicapés seraient ainsi victimes chaque année de maltraitance.

Pendant plus d’un an, les caméras de Zone Interdite ont enquêté sur la prise en charge de ces enfants pas comme les autres. Une enquête accablante. Maltraitance médicamenteuse dans certaines cliniques psychiatriques privées : des autistes y sont attachés et bourrés de neuroleptiques sans aucun accompagnement. Violences physiques et humiliations. Nous avons suivi le procès d’éducateurs violents confondus par des vidéos accablantes…

Brisant la loi du silence, ce film de 90 minutes met en lumière le quotidien d’enfants jusque-là ignorés.

Est-ce impossible de penser que, il y a quelques années, quand je tapais déjà sur les IME, les parents dont les enfants sont concernés par ce reportage m’ont dit, eux aussi, que « C’EST TROP N’IMPORTE QUOI CE QUE TU DIS, AUTISME INFANTILE, L’IME C’EST TROP BIEN KIKOULOL ». Excusez mon amertume, ce n’est pas un sujet amusant. Ce que je veux dire, c’est que VOUS NE SAVEZ PAS ce qui se passe lorsque vous n’êtes pas là.

Tous les IME sont-ils maltraitants? Oui.

Laissez-moi expliquer avant de sauter au plafond.

Non, tous les éducateurs dans les IME ne sont pas des monstres. Il y en a qui prennent leur travail à coeur, qui sont pleins de bonne volonté, qui vont se donner à fond et aiment sincèrement leur métier.

Cela dit, il ne faut pas laisser sa fierté entraver les progrès d’un enfant. Il y a beaucoup d’éducateurs dans les IME avec qui j’ai discuté qui ont confessé leur impuissance et méconnaissance de l’autisme. Toute la bonne volonté du monde ne suffit pas, sinon tous les enfants seraient sauvés ou presque. La bienveillance ne remplace pas la compétence.

Il y en a d’autres qui pensent encore que l’autisme et un souci de relation entre la mère et l’enfant. Oui, en 2014. Il suffit pour s’en persuader de regarder la liste des signataires de la pétition internationale pour l’abord clinique de l’autisme. Tous ces gens sont pro-packing, pro-pataugeoire, pro-séparation de l’enfant de sa maman, et pensent que l’autisme n’existe pas (non non, c’est pas de l’autisme, le reste du monde n’y connait rien: c’est une psychose).

Le fait de proposer une mauvaise prise en charge est une maltraitance. Quelque chose qui serait inacceptable envers un petit enfant cancéreux, par exemple, mais qui apparemment est totalement okay pour nos enfants autistes. Si on ne donnait pas le meilleur traitement possible à un enfant ayant le cancer, les parents feraient un tollé et se battraient pour la vie de leur enfant. Seulement nos enfants ne risquent pas de mourir eux. C’est seulement la perspective de leur vie future qu’on assassine.

Même les IME ABA n’arrivent pas à rendre les enfants autistes autonomes chez eux, la scolarisation est extrêmement réduite voir non-existante, on parque nos enfants dans des classes non-inclusives pour qu’ils restent entre eux.

L’IME, c’est pour les parents non informés

Ou pour ceux qui ont opté pour la solution de facilité. Mais c’est un mauvais calcul, parce que ceux qui espèrent ainsi se libérer aujourd’hui se retrouveront bien mal barrés dans une quinzaine d’année. Il y a très peu de places en Foyers d’Accueil Médicalisés (FAM). Les hôpitaux psychiatriques sont pleins. Même en décidant de « sacrifier » son enfant, ils ne s’accordent qu’un temps limité de répit, car quand leur enfant devenu adulte se retrouvera à la maison faute de place ailleurs, qu’il sera incontinent, aucunement autonome, ne parlera pas et tapera comme moyen de communication, ça sera coton.

Parce que non, l’enfant en IME n’en sortira très probablement pas sans souci. Il y a des séquelles à attribuer à la prise abusive de calmants, à l’absence d’enseignement adapté. Combien d’ados en IME ne sont-ils toujours pas continents? Combien d’entre eux parlent et s’expriment? Combien d’entre eux sont déjà une lourde charge pour leurs parents chaque week-end et pendant les vacances?

Est-ce vraiment à quarante ou cinquante ans que vous aurez le plus d’énergie pour aider votre enfant? Quand il faudra le laver à l’âge adulte? Quand il faudra lui essuyer les fesses? Le faire manger? Quand il fera le bazar la nuit parce qu’il ne dort pas?

Il faut investir dans l’avenir

L’investissement des parents fait toute la différence. Je sais que c’est dur, qu’il faut une énorme abnégation pour mettre sa vie en pause pour aider son enfant. Mais cela paiera quand, lorsque vous serez vieux, vous n’aurez plus à vous en inquiéter. Je sais que c’est difficile, parce que vous n’êtes pas cousus d’or, qu’il est difficile de trouver de bons intervenants, que l’absence de vrais professionnels n’est égalée que par le manque d’aides de la part de l’État.

  • Les enfants autistes ont leur place à l’école–même les enfants qui ont un autisme sévère. Battez-vous pour qu’ils y aillent le plus longtemps et le plus souvent possible. Il faut réclamer les AVSi, insister pour avoir un suivi du SESSAD à l’école, demander au CRA de venir parler aux enseignants.
  • Une prise en charge à la maison, avec une guidance parentale par des professionnels, sera plus efficace pour aider vos enfants que l’IME.
  • Il existe des aides financières (AEEH + complément ou PCH) pour les parents qui souhaitent cesser leur activité pour aider leur enfant. On peut vivre avec ces aides, même quand on est parent solo.

Alors, certes, vous êtes fatigués maintenant. Imaginez comment vous serez dans quinze ans, avec un adulte à gérer qui ne se laisse pas faire, qui se met en danger, et qui devient violent lorsqu’on le frustre.

Ne vous cachez pas les yeux.
C’est le moment.
C’est maintenant.
Faites les démarches pour avoir un soutien financier et sortez votre enfant de cette impasse.

Dans une vingtaine d’année, votre enfant sera-t-il enfermé dans un FAM, ou bien vivra-t-il différent parmi les autres? Tuerez-vous son potentiel pour un soulagement temporaire, ou lui donnerez-vous une solution à long terme? Quel sera votre choix pour l’avenir de votre enfant?

28 décembre 2015

Autisme : 2000 euros pour l'association Ted & Tsa vont à l'école

article publié dans La République des Pyrénées

Publié à 06h00
Mise à jour : 09h10

L’association a reçu un chèque de 2 000 € du Crédit Agricole de Nay.

L’association a reçu un chèque de 2 000 € du Crédit Agricole de Nay. (dr)

Créée en 2012 par des parents d’enfants autistes, l’association "Ted et Tsa vont à l’école" peut se féliciter des résultats obtenus : la convention signée entre l’association et l’Inspection académique, une première en France, permet le recrutement et la formation d’accompagnants à la scolarisation des enfants autistes en milieu ordinaire.

L’association a étoffé son équipe de professionnels avec l’intervention d’une spécialiste de l’analyse du comportement et de la méthode Aba qui assure la supervision des parents et des accompagnants et avec l’embauche d’une ergothérapeute et d’une psychologue comportementale spécialisée en autisme.

Un soutien aux familles

Ted et Tsa vont à l’école renforce également son soutien aux familles qui la contactent. Les bénévoles apportent une écoute aux parents, accompagnent les familles pour les démarches administratives, peuvent assister aux équipes de suivi de la scolarisation, réunion de bilan ou de programme pour l’année scolaire de l’enfant ou servir de médiateur.

Ces actions sont financées grâce à de multiples initiatives en direction du grand public, grâce à des partenariats noués avec des acteurs économiques du territoire : Emmaüs, la Fondation Orange, l’entreprise Terracycle, le Crédit Agricole, le Lion’s Club de Nay, grâce à la mobilisation des parents qui participent aux diverses animations du secteur, vide-greniers, marchés de Noël, opération paquets cadeaux à Lescar ou des spectacles tout au long de l’année, indéfectiblement motivés par la réussite de leur mission. 

Prochain rendez-vous de l’association : le Zumbathon le samedi 9 janvier à la Maison pour tous d’Artiguelouve.

23 décembre 2015

Passionné par la pâtisserie, Benjamin se cherche un emploi

Olivia
Olivia Nguonly
Publié le 22 décembre 2015

Publié le 21 décembre 2015
Benjamin pose en compagnie de la propriétaire de Douille Décor à Repentigny, Nathalie Brousseau.

Tout un défi pour un jeune autiste

DÉTERMINATION. Benjamin a 18 ans et se passionne pour la pâtisserie. Il a terminé ses études secondaires en août dernier et aujourd'hui, ce qu'il désire par-dessus tout est de se trouver un emploi. Il apprend vite, est respectueux et sérieux et suit les consignes à la lettre. Un employé modèle? Peut-être, mais lorsqu'il se retrouve en entrevue, Benjamin est gêné et a de la difficulté a effectué un contact visuel, ce qui laissent les employeurs perplexes. Ce qu'ils ne savent peut-être pas, c'est que le jeune homme qui se trouve devant eux n'est pas désintéressé par le travail proposé, comme il peut le sembler, il est autiste.

 

« Benjamin aime tout ce qui a trait à la pâtisserie et à l'alimentation. Il apprend super vite, puisqu'il a une mémoire phénoménale, mais il est certain que d'établir le contact avec la clientèle est plus difficile », explique son père, Marc-André Brouillard, qui précise que son fils cible justement des emplois en lien avec ses capacités.

Malgré sa timidité, le jeune homme de Repentigny continue à frapper aux portes d'employeurs potentiels. Sa détermination ne date pas d'hier. « Après son diagnostic, les médecins disaient que mon garçon ne pourrait pas faire de sports d'équipe et qu'il ne pourrait pas aller à l'école régulière. Il a tout de même réussi à faire le contraire et aujourd'hui il a complété sa cinquième secondaire à l'école régulière et joue au hockey dans une équipe junior », raconte M. Brouillard.

Déterminé

Victime d'intimidation à son ancienne école secondaire, située sur la Rive-Sud de Montréal, Benjamin a complété ses études au Collège Saint-Jean-Vianney, où il a récolté plusieurs Méritas au fil des ans. Résolu à œuvrer dans le domaine de la pâtisserie, le jeune homme a passé des tests d'admission pour être admis dans ce programme d'études au Centre de formation professionnelle Calixa-Lavallée.

« Il tenait à passer les tests réguliers, même s'il y en a spécifiquement pour les gens présentant des difficultés d'apprentissage, auxquels il est admissible, et aurait ainsi bénéficié de plus de temps. Benjamin n'a pas été admis la première fois et finalement, il les a complétés avec succès la seconde et débutera son DEP en pâtisserie en avril prochain », commente son père.

Le petit Benjamin avait cinq ans et demi quand le diagnostic est tombé. « Pour nous, ça été hyper difficile. On voyait qu'il était différent des autres. Comme il faisait souvent des otites, on se faisait dire que c'est à cause qu'il n'entendait pas bien qu'il ne parlait pas bien. Une fois qu'il a été opéré pour les oreilles, ça allait un peu mieux, mais il avait toujours différentes manies. »

Après plusieurs tests, les spécialistes concluent à un trouble du spectre de l'autisme léger.

Les parents de Benjamin ont aujourd'hui trois enfants, dont le plus jeune, âgé de 8 ans, est aussi autiste.

Quel type d'emploi recherche Benjamin? « J'aimerais placer des objets sur des tablettes, travailler en pâtisserie ou aider en cuisine. J'aimerais vraiment travailler dans le domaine de l'alimentation et plus tard, je voudrais m'ouvrir une pâtisserie, partage celui qui a déjà entamé des cours privés en lien avec la confection de gâteaux. Oui, j'ai une différence, mais je peux apprendre vite et j'écoute bien les consignes. »

Le jeune homme a un autre rêve, celui de rencontrer ses deux chefs préférés: Daniel Vézina et le chef pâtissier, Patrice Demers.

« On se demande toujours ce qu'il va arriver si on n'est pas là. C'est stressant si on ne réussit pas à lui trouver quelque chose. Il veut tellement travailler. Peu importe leur différence, j'aimerais que les employeurs laissent la chance à ces jeunes de montrer de quoi ils sont capables », lance comme cri du cœur M. Brouillard.

Société de l'Autisme région Lanaudière

« Il y a assurément un travail de conscientisation à faire dans la société, consent Marie-Ève Desmarais, directrice à la Société de l'Autisme région Lanaudière. Nous avons travaillé avec l'organisme Essor 2, qui a pour mission d'intégrer et d'accompagner à l'emploi les personnes ayant des limitations fonctionnelles qui éprouvent des difficultés à obtenir ou à conserver un emploi, afin de mettre en place un guide. »

La Société se déplace aussi chez les employeurs afin de les sensibiliser à l'autisme et favoriser l'intégration des personnes présentant cette condition. « Sur le marché du travail, les grandes forces des personnes autistes sont de respecter les règles, elles sont loyales, ponctuelles, très droites dans leur travail, justes et respectueuses, ce qui fait d'elles des employées remarquables », conclut Mme Desmarais qui invite les gens à découvrir et bénéficier de leurs services.

23 décembre 2015

Autisme : l'appli qui aide les aidants

article publié par Bordeaux 7

Lundi, 21 Décembre 2015 05:00

tsara1

Comment se comporter face à une personne autiste ? Alors que les organismes de prise en charge et d’accompagnement font encore cruellement défaut en France, une équipe bordelaise vient de créer Tsara, un jeu video pédagogique («serious game») qui vise à donner quelques clés sur la façon de se comporter face à des personnes - enfants ou adultes - atteintes de troubles du spectre de l’autisme.

Alors qu’on estime aujourd’hui qu’un enfant sur 150 souffre de troubles autistiques, la question concerne bien plus que les seuls parents : Proches, enseignants, professionnels de santé non spécialistes, collègues de travail...

Entièrement gratuit
Tsara est en fait une appli disponible gratuitement pour le plus grand nombre (ou en version web). Sous la forme de scénarios animés, elle simule des situations courantes dans lesquelles il faut accompagner Adam, un jeune autiste : à l’école, chez le dentiste, dans un magasin... Le tout est présenté de façon ludique, avec des quizz sur les bonnes attitudes à adopter. « Notre objectif est de diffuser les recommandations de bonnes pratiques de manière ludique et facilement lisible. Selon les phases de sa vie, il va être confronté à différentes situations, et son trouble va aussi évoluer », explique Alexanda Struck, du CREAI (Centre Régional d’Etudes, d’Actions et d’Information, en faveur des personnes en situation de vulnérabilité). C’est elle qui est à l’origine du projet, né de son mémoire de Sciences Po Bordeaux consacré en 2012 aux politiques de l’autisme en France. Décidée à approfondir le sujet, elle rejoint le CREAI et propose le projet Tsara.
Les scénarios ont été élaborés avec des groupes d’experts, des centres spécialisés et des personnalités qualifiées. Le développement a été réalisé en partenariat avec deux écoles d’ingénieurs bordelaises. Quant au financement, il a d’abord été assuré par l’ARS (Agence régionale de santé) et le Conseil Régional d’Aquitaine dans le cadre d’un appel à projet sur les serious games. Et récemment, le projet Tsara a été choisi par la Fondation Orange, dont la cause de l’autisme est un des grands domaines d’intervention depuis 1991.

Mécène privé
« Nous soutenons des structures d’accueil, nous aidons à l’équipement, et depuis deux ans nous avons souhaité prendre aussi une inflexion sur le numérique, explique Bruno Aujard, délégué régional de la Fondation Orange. Ce projet nous a convaincu car il permet de s’adresser au plus grand nombre, avec une approche basée plus sur la différence que sur le handicap.»
Pour les porteurs du projet, le soutien de ce mécène privé à hauteur de 150 000€ est une chance immense. Car Tsara est entièrement gratuit pour tous et ne repose sur aucun modèle de rentabilité économique. Une fois lancé dans sa version finale, l’objectif est de le traduire pour pouvoir l’exporter ailleurs dans le monde. Ensuite il faudra le faire vivre, assurer la maintenance... Et pour cela sans doute trouver d’autres soutiens. Mais en attendant, Tsara espère aider le plus de personnes possibles : ses créateurs estiment à 3 millions le nombre d’aidants et personnes plus ou moins directement concernées. La version beta sera mise en ligne en toute fin d’année puis, après les derniers ajustements techniques, une version finale en mars.• S.L

www.tsara-autisme.com

10 décembre 2015

Des soldats autistes jouent des rôles clés dans l'armée israélienne

article publié dans The Times of Israel

Les participants au programme Roim Rakhok, dont beaucoup ont des compétences de concentration exceptionnelles, analysent des données visuelles, déchiffrent des photos satellites

9 décembre 2015, 14:31 Mis à jour : 9 décembre 2015, 19:27
Un soldat de Roim Rachok,

JTA – Assis devant un ordinateur au centre de la plus grande base militaire d’Israël, un soldat fixe l’écran, se déplaçant pixel par pixel sur une photo satellite, distinguant les détails et identifiant des schémas.

 

Il y a quelques années, N.S., qui est autiste, pensait que l’armée israélienne ne le prendrait pas. N.S., qui comme les autres soldats ne peut pas donner son nom à cause du protocole de l’armée, a passé son enfance dans des salles de classe normales, où il s’est concentré sur l’étude du cinéma et de l’arabe, mais s’attendait à manquer son incorporation – un rite de passage obligatoire pour la plupart des Israéliens de 18 ans.

Maintenant, après plus d’un an de service militaire, N.S. est un colonel qui passe huit heures par jour à faire ce que peu d’autres soldats peuvent faire : utiliser son attention exceptionnelle aux détails et sa concentration intense pour analyser des données visuelles en amont des missions.

Les soldats autistes peuvent exceller à cette tâche parce qu’ils sont souvent expert pour détecter des schémas et maintenir leurs concentrations pour de longues périodes de temps.

« Cela me donne l’opportunité d’aller à l’armée dans une position importante où je sens que je contribue, dit-il. Je suis vraiment débordé. Je suis perfectionniste. Je veux que tout soit parfait. »

N.S. fait partie des 50 soldats et stagiaires à Roim Rachok, « voir loin » en hébreu, un programme destiné à incorporer l’enfant israélien sur 100 qui est diagnostiqué comme autiste, selon les statistiques de la Société israélienne pour les enfants autistes.

Basé à l’unité de renseignements 9900 de l’armée israélienne, qui cartographie et analyse des données visuelles, les soldats de Roim Rakhok élucident les photos de reconnaissance aérienne pour fournir des informations aux soldats en amont des missions.

D’autres possibilités permettent d’entraîner les candidats à être des électriciens militaires, qui gèrent des outils comme des lunettes à vision nocturne, ou des techniciens optiques, qui travaillent avec des binoculaires.

« Il y a un agenda pour montrer que les personnes dans le spectre [autistique] ont des capacités et peuvent faire des choses », a déclaré T.V., un ancien fonctionnaire du ministère de la Défense qui a cofondé Roim Rakhok en 2012.

« Une grande partie [du travail] est de remarquer des changements et la répétition d’une certaine routine. »
Les diagnostiques d’autisme augmentent en Israël. Selon la Société israélienne pour les enfants autistes, il y a environ dix fois plus d’enfants autistes que d’adultes. Dans le passé, dit T.V., ces enfants seraient entrés à l’armée à 18 ans et auraient reçu des tâches subalternes, frustrantes.

Roim Rachok aide les personnes autistes à intégrer l'armée israélienne et leur permet de servir à des positions clés (Crédit : courtoisie de l'armée israélienne)

Roim Rachok aide les personnes autistes à intégrer l’armée israélienne et leur permet de servir à des positions clés (Crédit : courtoisie de l’armée israélienne)

Les participants de Roim Rakhok assistent à un cours de trois mois au collège académique Ono, près de Tel Aviv, où ils reçoivent une formation sur leur service militaire et une introduction à la vie dans l’armée.

En plus de l’analyse de photos ou de l’optique, les stagiaires apprennent à suivre des ordres, ne pas perdre de temps et travailler en équipe.

Rivital est la mère d’un soldat de Roim Rakhok qui est passionné par la guerre civile américaine.

« C’est un enfant avec une intelligence et des capacités vraiment extraordinaires, mais la compréhension sociale et l’obéissance à des règles sociales ont toujours été dures, dit-elle. Il a parcouru un long chemin. Cela lui va comme un gant ».

Après trois mois de plus d’entraînement à la base, les participants sont incorporés et placés dans l’unité 9900 – parfois en étant le seul soldat autiste de l’équipe.

Avant qu’ils n’arrivent, leurs camarades soldats et les commandants ont reçu une formation pour travailler avec des personnes autistes, et chaque équipe rencontre un conseiller toutes les semaines pour discuter de la dynamique du groupe.

N.C., un autre soldat autiste, dit qu’il sort régulièrement manger dehors avec ses camarades. D., un lieutenant en second qui commande à un autre soldat Roim Rachok, dit que son équipe travaille habituellement sans souci. Mais quand D. a commencé à remplacer le précédent commandant, le changement a posé problème à ce soldat et à causé un déclin dans son travail.

« Il était très proche de son ancien commandant, a dit D. Cela a été très dur pour lui, donc il a régressé. Je l’avais stressé, donc il était moins concentré, ne sachant pas de qui il devait prendre ses ordres. »

Après leur décharge, les soldats Roim Rakhok feront face à de nouveaux défis pour trouver un travail qui corresponde à leurs capacités. Mais le service militaire aura donné à ces soldats autistes une expérience à surmonter des obstacles, comme accepter un environnement changeant ou élaborer une stratégie pour achever une tâche complexe.

« Les compétences générales que les gens apprennent pendant leur service ne sont pas moins importantes que la profession elle-même », a déclaré Benjamin Hazmi, directeur académique de Beit Issie Shapiro, une organisation israélienne qui milite pour les droits des handicapés.

« L’armée est la première rencontre des gens avec l’autorité, avec un programme. »

N.S., le soldat de Roim Rachok, dit qu’il veut être monteur de films après l’armée. En attendant, il a déclaré se sentir privilégié de faire partie de ce que la plupart des Israéliens de son âge considèrent comme une obligation.

« Le jour où j’ai été enrôlé, j’étais très excité, a dit N.S. J’étais vraiment comme eux, je suis une part inséparable de la société israélienne. »

4 décembre 2015

Laval, ville inclusive pour les personnes autistes

Stéphane
Stéphane St-Amour

Publié le 03 décembre 2015

laval autisme

Publié le 03 décembre 2015Ville de Laval crée un précédent en devenant la première ville inclusive pour les personnes autistes au pays.Photo TC Media - Stéphane St-Amour

L'administration Demers vient de s'associer à l'école À pas de géant et son centre de ressources et de formation, seule institution d'éducation privée au Québec vouée aux jeunes âgés de 4 à 21 ans atteints des symptômes appartenant au spectre de l'autisme.

L'annonce coïncidait avec la Journée internationale des personnes handicapées, le 3 décembre, dont le thème cette année incite justement à «tendre vers une société inclusive».

Briser l'isolement

Cette nouvelle collaboration «vise à donner un meilleur accès aux personnes autistes et à leur famille à la vie de leur communauté, en favorisant la sensibilisation, l’acceptation et la valorisation de l'autisme», a indiqué le directeur général de l’école, Seiun Thomas Henderson.

L'animateur Charles Lafortune, dont le fils de 13 ans est autiste, a vivement salué l'initiative de Marc Demers et invité, entre autres, les maires Denis Coderre et Régis Labeaume à lui emboîter le pas.

«Être parent d'un enfant autiste, c'est un peu vivre sur la voie d'évitement […] C'est aussi se sentir extrêmement seul», a-t-il témoigné.

M. Lafortune a aussi fait valoir que l'autisme affectait plus de personnes que le cancer, la fibrose kystique et la sclérose en plaques réunis.

À Laval, on évalue à 4000 le nombre de personnes souffrant d'un trouble du spectre de l'autisme.

Vaste projet

Si la première étape consiste à former les intervenants des services d’urgence à interagir correctement avec la clientèle autiste, ce partenariat entend également développer des projets liés au transport collectif, au logement, à l'employabilité, à l’enseignement, au tourisme ainsi qu'aux arts et autres formes de divertissement.

«Il faut couvrir un large spectre d’intervention allant de la formation des policiers à l’adaptation des transports publics jusqu’à la sensibilisation des employeurs de façon à répondre aux besoins particuliers des personnes autistes», a déclaré M. Henderson.

Formation

Déjà, les chefs aux opérations des pompiers et officiers ont reçu leur formation, informe le directeur du Service de sécurité incendie, Robert Séguin.

Ceux-ci verront à former au fil des prochaines semaines les 245 pompiers au combat. Idem pour l'état-major du Service de police de Laval.

Quant aux chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Laval (STL), leur tour viendra en 2016.

Finalement, le registre des personnes autistes sera intégré aux outils de travail des agents du 911.

28 novembre 2015

Supporter les enfants et leur famille de la région

Prisca
Prisca Benoit
Publié le 25 novembre 2015

Autisme Québec

ENTRAIDE. L'organisme Autisme Québec vient en aide aux familles dont un enfant souffre du trouble du spectre de l'autisme en leur offrant entre autres un moment de répit.

Autisme Québec, situé à Beauport, opère dans l'ensemble de la région de Québec. (Photo TC Media – Thaïs Martel)

 

Situé à Beauport, mais avec une action qui s'étend jusqu'à Portneuf, Autisme Québec existe depuis cinq ans. L'organisme offre des weekends d'hébergement où les familles peuvent faire garder leurs enfants. «Un enfant autiste a besoin de supervision 24 heures sur 24, explique la directrice générale des lieux, Lili Plourde. Les parents sont fatigués et ils ont besoin de temps pour se ressourcer.»

Plusieurs formules sont disponibles, dont 40 fins de semaine à leurs locaux de Beauport, 20 à Donnacona et 10 au camp Le Carrefour sur l'île d'Orléans. Une formule camp de vacances est aussi mise en place durant l'été.

Ces temps de répits servent aussi aux frères et sœurs de la famille, qui ont besoin de temps avec leurs parents. «Ces enfants vieillissent souvent plus vite, car ils sont habitués d'avoir moins d'attention, rappelle Lili Plourde. Les parents peuvent partager des moments plus intimes avec les autres frères et sœurs pendant ces weekends.»

Je me souviens d'une maman en pleur qui était venue nous voir après une crise de son enfant à l'épicerie. C'est dur de vivre avec le regard accusateur des autres. Lili Plourde

L'accompagnement se fait aussi individuellement chez Autisme Québec, avec un soutien auprès des parents dans les divers processus qui peuvent parfois s'éterniser. «C'est un combat de tous les jours, affirme Lili Plourde. Il faut attendre pour le diagnostic, pour l'école, pour les services adaptés, etc. Ce sont beaucoup de défis.»

Devant la nouvelle tuque de Marie Julie Paradis, membre de leur Conseil d'administration, Lili Plourde ne peut qu'encourager l'initiative qui sera selon elle une économie d'énergie pour les parents. «C'est chouette de voir une action qui y va dans le positif et dans l'humour, croit-elle. Ce n'est pas un trouble visible, alors ça permet aux parents de ne pas devoir toujours se justifier sur le comportement de leur enfant.»

Québec Hebdo

23 novembre 2015

Les Mureaux : les collégiens montent un projet avec des autistes

20 Nov. 2015, 16h56 | MAJ : 20 Nov. 2015, 16h56
Les Mureaux, ce vendredi matin. Les collégiens ont pu débattre avec deux éducatrices spécialisées au sujet de l’autisme.
Les Mureaux, ce vendredi matin. Les collégiens ont pu débattre avec deux éducatrices spécialisées au sujet de l’autisme. (LP/M. Fi.)

Vivre ensemble malgré les différences. Des élèves de 3e du collège Paul-Verlaine des Mureaux ont démarré ce vendredi un projet pédagogique en relation avec un établissement du Val-d’Oise qui accueille de jeunes autistes. Ils ont reçu la visite de deux éducatrices de cet établissement de Vauréal avec qui ils ont pu échanger au sujet de ce trouble du comportement.

« L’objectif est de fabriquer de petits objets qui permettront aux autistes de mieux communiquer », explique Olivier Ménard, un professeur du collège. Plusieurs rencontres sont également prévues entre les élèves des deux établissements d’ici à la fin de l’année scolaire.

22 novembre 2015

Inclusion scolaire : un syndicat d'enseignants riposte

article publié dans handicap.fr

Résumé : Vif débat autour de l'école inclusive. Après que FO ait fait paraître un tract sur la violence présumée de certains élèves handicapés, un autre syndicat d'enseignants riposte. Le SE-Unsa se dit choqué par cette cabale caricaturale.

Par , le 21-11-2015

Début novembre 2015, un tract publié par Snudi-FO 93 embrase le Net : un plaidoyer pour dénoncer un manque de moyens qui ressemble à une cabale contre les élèves handicapés (article en lien ci-dessous). Particulièrement caricatural et maladroit ! Snudi FO est l'une des trois grandes organisations syndicales d'enseignants, avec la FSU et le SE-Unsa.

Choqué mais malheureusement pas surpris

Ce dernier n'a pas tardé à réagir, rappelant son attachement à « l'école pour tous ». Gilles Laurent, son délégué national, se dit « choqué mais malheureusement pas surpris car la position de FO a toujours été très éloignée de la nôtre. Mais il ne faudrait pas que, dans la tête des parents, s'installe l'idée que c'est comme cela que fonctionne l'ensemble du corps enseignant. Le fait de s'appuyer sur quelques cas particuliers pour réaffirmer leur opposition à la loi de 2005 témoigne vraiment d'une incroyable mauvaise foi. » Et de poursuivre : « Certes, les difficultés de cette inclusion interpellent et bousculent nos pratiques. Et il arrive que certaines situations soient ingérables, par exemple lorsque nous n'avons pas d'accompagnants pendant des mois. Il y a des difficultés, c'est incontestable, mais on ne peut pas généraliser. L'école accueille environ 20 % d'élèves porteurs de troubles cognitifs et 15 % de troubles psychiques, les autres relevant d'autres types de handicaps très variés. On rencontre donc une diversité de situations que, le plus souvent, les enseignants sont en capacité de gérer. Les cas problématiques restent très minoritaires. »

La formation des enseignants : copie à revoir !

Selon Gilles Laurent, FO s'est toujours montré fondamentalement opposé à l'inclusion scolaire des élèves handicapés alors que la FSU et l'UNSA ont tous deux salué la loi de 2005, même s'ils sont aussi en mesure d'en dénoncer les carences. A cet égard, le SE-Unsa dit ne cesser d'interpeler son ministère sur la formation des accompagnants (il s'est notamment impliqué dans la création du statut d'AESH, les nouveaux AVS) mais aussi des enseignants qui fait manifestement défaut. Et malgré tout, si l'école inclusive évolue, « c'est aussi à mettre au crédit de ceux qui n'ont pas hésité à s'auto-former, sans attendre que l'Education nationale ne leur procure les bons outils. » D'autres semblent encore démunis car ils ne connaissent pas suffisamment les procédures, les aménagements pédagogiques ou encore la façon d'alerter les parents. Les dispositifs sont complexes, autant que le jargon : PPRE (Programme personnalisé de réussite éducative), PAI (Projet d'accueil individualisé), PPC (Plan personnalisé de compensation) ou encore le petit dernier, né en février 2015, le PAP (Plan d'accompagnement personnalisé).

Des solutions existent

Suite à la parution du tract polémique, le SE-Unsa s'est fendu d'un communiqué dans lequel il déplore que « FO tente d'entraîner les enseignants vers un rejet de l'autre, de celui qui a des besoins éducatifs particuliers, renvoyant ainsi au mythe d'une école de laquelle on pourrait faire disparaître celles et ceux qui en empêcheraient la bonne marche. » Ce syndicat valorise, quand la situation est complexe, des solutions plus équilibrées, notamment un système de passerelles qui permet de partager le temps entre un enseignement dans des unités au sein d'établissements médico-sociaux et une inclusion en milieu ordinaire. Il encourage une collaboration renforcée avec les professionnels de la santé. « Alors oui, conclut-Gilles Laurent, de nombreuses questions se posent à la profession pour réussir cette inclusion. Pour autant, nous ne la rejetons pas. » A Gilles, on le l'a fait pas : avant d'occuper le poste de délégué national, il a été, tour à tour, enseignant en classe ordinaire, en RASED, en IME et directeur de SEGPA. Il est en bonne place pour affirmer, plus que tout autre, que des solutions existent...

19 novembre 2015

Vidéo -> Quelle école pour les enfants extraordinaires ? - Gaele Regnault - TEDxChampsElyseesED

tedx champs Elysees Gaele RegnaultGaele Regnault nous rappelle que l'on ne peut pas faire l’économie de l’évaluation d’un enfant, qu’il soit ordinaire ou extraordinaire. Si certains enfants n'en ont pas, cherchons comment nous pouvons les évaluer car l’évaluation est tellement essentielle pour construire l’avenir de tous nos enfants.

How to promote the educational and social integration of children with autism? While this handicap affects 1 in 100 children is this crucial question that has dedicated Gaele Regnault. It created in 1992 a social enterprise that democratizes access to the best educational strategies and fight against exclusion. This talk was given at a TEDx event using the TED conference format but independently organized by a local community. Learn more at http://ted.com/tedx

Ajoutée le 16 nov. 2015

 

18 novembre 2015

Handipotins, la BD qui change le regard sur le handicap !

 article publié sur le site d'OPCALIA

« Handipotins » : l'intégration d'une personne en situation de handicap, abordée en BD

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« Handipotins » : l'intégration d'une personne en situation de handicap, abordée en BD
Date : 06.11.2015

L’humour : c’est la voie choisie par Opcalia pour sensibiliser les entreprises à l’emploi de personnes handicapées, un sujet encore trop souvent tabou. Découvrez Handipotins, la BD qui change le regard sur le handicap !

Une BD pour sensibiliser à l’intégration des personnes handicapées en entreprise

Dans la droite ligne de « La Valse à Mimille et une lettres »*, sur le thème de l’illettrisme (2013), Opcalia a choisi d'aborder, en partenariat avec l'AGEFIPH, le handicap sur un mode ludique en réalisant une deuxième bande dessinée : « Handipotins ».
Objectif ? Tordre le cou aux préjugés sur le handicap, à travers des planches humoristiques dévoilant des situations concrètes : accessibilité, recrutement, formation, stratégies de contournement… De quoi donner des clefs de compréhension au plus grand nombre : dirigeants, responsables RH/Formation, managers, représentants du personnel, salariés…

Accompagner les entreprises dans l’accueil d’un collaborateur en situation de handicap

Le handicap est un sujet de gêne, parfois de dissimulation. Il est souvent tabou au sein des entreprises. Sur le terrain, les responsables font part de leur volonté d’agir sur cette thématique mais ils ne savent pas forcément comment s’y prendre. C’est pour cette raison qu’Opcalia accompagne, depuis sa création, les entreprises en mettant en place des actions en faveur de l’intégration et du maintien dans l’emploi des salariés handicapés.
L’Opca récompensera d'ailleurs les entreprises (adhérentes ou non) qui ont développé des projets exemplaires en faveur de l'emploi des personnes handicapées, lors des Trophées F d'Or Handicap, le 14 janvier prochain.

En savoir +

Découvrez la BD « Handipotins ».
Participez aux Trophées F d'Or nationaux Handicap
*(Re)découvrez la BD « La Valse à Mimille et une Lettre »

Auteur : Elise F.

 

15 novembre 2015

ADAPTED : Agir pour le Développement d'un Avenir Professionnel pour les TED

 

QUI SOMMES NOUS? | ADAPTED

ADAPTED, Autisme, Yvelines, HAS, Professionalisation, TED, TSA, 78, agir, développement, avenir, professionnel, trouble, envahissant, education, inclusion, autonomie, apprentissage

http://www.adapted.fr

 

13 novembre 2015

L'emploi accompagné d'autistes en milieu ordinaire

article publié sur le site de Papé Papoul

Intégration de jeunes adultes autistes par « emploi accompagné »

La commercialisation des produit Papé Papoul doit permettre à moyen terme l’intégration au sein de l’activité de personnes autistes dont l’autonomie n’est pas tout à fait possible sans assistance et sans soutien quotidien.
L’expérience nous prouve que les difficultés d’intégration professionnelle des adultes autistes ne sont pas liées à leurs aptitudes professionnelles – la majorité est capable de travailler –, mais à leurs lacunes en termes de compétences sociales.
La démarche s’inscrit dans la continuité d’une prise en charge éducative individualisée de la personne atteinte d’autisme : c’est l’aboutissement du parcours d’un autiste de la petite enfance à l’âge adulte. Il est évident qu’un adulte autiste qui a pu bénéficier d’une prise en charge éducative adaptée a nettement plus de chance de s’intégrer au sein de l’entreprise avec l’aide d’un " emploi accompagné ".
C’est pour cette raison que nous travaillons avec les services expérimentaux éducatifs mis en place lors du dernier plan autisme afin que les enfants pris en charge puissent ainsi bénéficier d’une entrée dans le monde du travail.
L’emploi accompagné met ensemble un adulte autiste et un poste de travail en milieu ordinaire de la manière la plus adaptée et la plus harmonieuse possible. Sur le plan pratique cela implique un travail préalable avec l’adulte autiste pour évaluer ses compétences et ses difficultés. Il faut adapter bien sûr progressivement le jeune adulte autiste à sa tâche mais aussi adapter le poste de travail.
C’est le rôle de « l’accompagnant » ou chaperon : une fois l’embauche effective, le « chaperon » se rend sur le lieu de travail chaque jour pour aider la personne à apprendre ses responsabilités et assurer l’ajustement nécessaire à l’emploi occupé. Le chaperon aide également l’encadrement et les salariés non handicapés à comprendre la personne autiste et à travailler avec elle : il profitera aussi de cette période d’adaptation pour enseigner éventuellement aux collègues de travail de façon pratique la conduite à tenir en cas de troubles du comportement.
Ce modèle permet aux personnes autistes, dont l’autonomie n’est pas tout à fait possible sans assistance et sans soutien quotidien, de travailler dans un mileu ordinaire .

10 novembre 2015

Israël, un eldorado pour les autistes

article publié sur feminin israel

Accueil Actualité Israël, un eldorado pour les autistes
Alors que la France continue d’exporter nombre d’enfants et d’adultes autistes en Belgique, en Israël, les autistes font le bonheur des start-up qui vont à la conquête du reste du monde. Hamou Bouakkaz, président de l’association Paul Guinot, nous livre son point de vue.

 

Il est un pays où handicap et performance ne sont pas antagonistes ! un pays où on parie sur la plasticité et la capacité à progresser des personnes handicapées et où on a su créer le cercle vertueux grâce auquel, peu à peu,il est permis aux personnes les plus éloignées de l’emploi de contribuer positivement à la croissance du pays.

Ester Zabar, une pionnière

Spécialiste du testing de logiciels, Ester Zabar souhaitait conjuguer son talent avec la promotion d’une cause inclusive. Ses recherches l’ont amené au Danemark où elle a rencontré l’entreprise Special Eastern, spécialisée dans le recrutement, la formation et la mise en clientèle de consultants autistes. Special Eastern a développé des outils spécifiques de détection des potentiels, de formation aux habilités sociales et professionnelles des personnes autistes. De retour en Israël, Ester mobilise son réseau et adapte le modèle danois aux spécificités israéliennes. Elle crée l’entreprise AQA.
Elle s’adjoint le concours d’une experte en management des autistes et crée un module de formation au testing de logiciels.
Elle forme une première promotion de six personnes autistes qu’elle sélectionne sur la motivation, la maturité mais pas sur les diplômes antérieurs. Certains sont issus de l’enseignement spécialisé, d’autres de l’enseignement ordinaire. D’autres ne sont plus scolarisés.
Elle les fait embaucher par de grandes sociétés dont elle sensibilise le collectif de travail. Elle intervient beaucoup au moment de l’intégration mais s’efface très vite, ne revenant ponctuellement qu’à l’occasion d’un événement exceptionnel : changement de manager, changement de poste du collaborateur…
L’entreprise a 7 ans et ce sont près de cinquante personnes autistes qui travaillent dans ce secteur en croissance.

Des clients très satisfaits

Si l’abord n’est jamais facile, toutes les entreprises qui ont recruté les élèves d’Ester souhaitent en recruter d’autres. Les collaborateurs sont particulièrement concentrés sur leurs tâches, ne vont pas à la machine à café, ont une productivité hors du commun. Ils s’avèrent avoir des capacités de progression bornées le plus souvent par le manque d’audace des managers.
Tel collaborateur embauché pour tester une toute petite partie d’un logiciel, obligé suite à une compression de personnel de tester l’ensemble des modules du logiciel s’avère parfaitement capable de faire le travail dans des conditions exceptionnelles de performance.
Nombre d’autistes apprennent et se perfectionnent en auto-didactes depuis leur enfance au fur et à mesure que leurs intérêts spécifiques émergent. En principe, les personnes autistes n’aspirent ni aux responsabilités ni au commercial ! Plusieurs des élèves d’Ester ont pris tant d’assurance qu’ils managent désormais de petites équipes. L’un d’entre eux vient de prendre la tête du département commercial d’une start-up qui s’attaque au marché américain. Elle emploie trois autistes sur quatorze collaborateurs. Les managers sont unanimes à souligner l’impact positif sur leur équipe de l’arrivée d’un collaborateur différent.

Le problème est avant tout culturel

La phase d’adaptation est décisive. Le collectif de travail doit apprendre à expliciter l’implicite, à ne parler qu’au premier degré et à respecter les moments où le collaborateur autiste ne souhaite pas communiquer en face à face.
L’expérience montre que là aussi, les personnes autistes se « normalisent » au fur et à mesure qu’elles se sentent en confiance et valorisées par le collectif de travail. Par exemple, l’entreprise qui emploie l’un d’entre eux à exposer ses peintures et dessins dans ses locaux, montrant ainsi une autre facette du talent de ce collaborateur.

Et pourquoi pas en France ?

On l’oublie souvent mais la France a été pionnière dans l’éducation des enfants handicapées. Dès le dix-huitième siècle, elle créait la première école pour les aveugles et la première école pour les sourds. A la même époque, des médecins expérimentaient des thérapies comportementales sur des personnes souffrant de troubles du comportement.
Aujourd’hui, la plupart des enfants autistes fréquentent des hôpitaux de jour ou assimilés et la scolarisation en milieu ordinaire sort à peine des balbutiements. Quant à l’emploi, fort peu d’acteurs du milieu de l’autisme l’envisagent et les autistes réussissant professionnellement travaillent hors de France.
L’exemple israélien montre qu’il n’y a rien de fatal dans cette situation. Elle pourrait d’ailleurs prochainement évoluer sous l’impulsion du groupe Ethik-Connection et de la fondation Malakoff Mederic qui portent un projet de dynamisation de l’emploi des personnes autistes.
La première étape recensant l’ensemble des bonnes pratiques en France et dans le monde s’achève en ce moment et la seconde étape consistant à créer les outils et méthodes permettant l’inclusion professionnelle commencera dans la foulée.
D’ores et déjà, des entreprises sont candidates pour accueillir les premiers collaborateurs autistes issus de ce projet dans les mois qui viennent. A suivre.

Hamou Bouakkaz, consultant
Conseiller du 20e arrondissement de Paris
Président de l’association Paul Guinot

6 novembre 2015

Les guides UNAPEI -> La formation professionnelle continue des personnes handicapées mentales

 

 

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