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"Au bonheur d'Elise"
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11 décembre 2014

Handicap : Hollande réaffirme la mobilisation, sans convaincre

article publié dans La Croix

11/12/14 - 05 H 55 - Mis à jour le 11/12/14 - 17 H 30

Le président de la République française François Hollande visite une exposition en marge de la Co...

Pool/AFP

Le président de la République française François Hollande visite une exposition en marge de la Conférence nationale sur le handicap au palais de l'Elysée, à Paris, le 11 décembre 2014

François Hollande a promis jeudi un point désormais annuel sur la politique en faveur des personnes handicapées, égrenant une série de mesures pratiques mais sans donner le coup d'accélérateur tant attendu par les associations, qui dénoncent année après année des retards criants.

"La politique du handicap est plus qu'une politique (...), c'est une ambition pour une société qui se grandit à mesure qu'elle se révèle accueillante, innovante et bienveillante", a souligné le chef de l'Etat en clôturant la 3e édition de la Conférence nationale du handicap, réunie sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée.

Et "cette ambition-là, je veux qu'elle soit portée par la conférence chaque année et pas simplement tous les trois ans", a-t-il enchaîné, précisant qu'il s'agirait "à la fois (de) juger des actions qui ont été menées et (de) porter de nouvelles initiatives".

François Hollande s'exprimait devant les partenaires sociaux ainsi que des responsables d'associations, d'établissements d'accueil ou de services départementaux.

La Fnath, association des accidentés de la vie, a aussitôt exprimé sa déception. "Au final, il n'en ressort que peu de mesures concrètes pour les personnes handicapées, qui attendent depuis des décennies que leur quotidien évolue", a-t-elle déploré, parlant d'"une impression de déjà-vu".

Déjà à la veille de ce rendez-vous jusqu'ici triennal, un collectif regroupant six associations de personnes handicapées avait donné le ton, exprimant son mécontentement en saisissant le Conseil d'Etat. Ce collectif juge "inacceptables" les nouveaux délais (3 à 9 ans de plus) accordés par le gouvernement pour rendre accessibles aux handicapés lieux publics et transports.

Le constat fait en 2012 était qu'"il n'y avait ni méthode, ni moyens, ni échéancier" pour être au rendez-vous de 2015, a cependant plaidé le chef de l'Etat.

Entre autres progrès, François Hollande a souligné que les villes accueillant les Euro 2015 et 2016 de basket et de football ont "fait en sorte que ces compétitions puissent être totalement accessibles aux personnes en situation de handicap". Il a par ailleurs mis en exergue l'accessibilité numérique, annonçant que pour l'élection présidentielle de 2017, le matériel de "propagande électorale" devrait être "accessible pour tout citoyen quel que soit son handicap".

- 'Garder le rythme' -

Sur un autre sujet ultra-sensible, le manque de prise en charge adaptée pour des milliers d'enfants et adultes handicapés, le président de la République a assuré que "l'objectif est qu'aucune famille, aucune personne ne se retrouve sans solution" ou "ne soit entravée dans son projet de vie".

Il s'est engagé à "au moins garder le rythme" des créations de places dans les établissements spécialisés (+4.000 par an).

Evoquant la scolarisation des enfants handicapés, il a annoncé qu'"à la rentrée 2015, au moins une unité supplémentaire d'enseignement en milieu ordinaire sera ouverte dans chaque département", leur nombre étant "ainsi porté de 200 à 300".

Un effort sera fait aussi selon lui pour l'accès des jeunes handicapés aux études supérieures: "d'ici trois ans, la totalité des universités devra avoir adopté un schéma directeur handicap", a déclaré M. Hollande, alors que seulement 10% des universités l'ont fait jusqu'à présent.

Il a également préconisé un accès des jeunes handicapés au service civique "facilité et étendu jusqu'à 30 ans", au lieu de 25 ans.

François Hollande a par ailleurs promis une "simplification" des prestations liées au handicap. Ainsi, "à partir de l'année prochaine", les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), pourront selon lui "décider d'accorder l'Allocation adulte handicapé pour une durée plus longue, jusqu'à cinq ans".

Le chef de l'Etat a également annoncé la création d'une "carte mobilité inclusion" pour remplacer à termes les deux cartes dites de "stationnement" et de "priorité".

Pour améliorer l'accès aux soins (dentaires, gynécologiques...) des personnes handicapées, "des objectifs spécifiques" seront fixés dans les contrats passés entre les Agences régionales de santé (ARS) et les maisons de santé pluridisciplinaires.

Concernant l'emploi, le président Hollande a fixé l'objectif de "triplement" du nombre d'accords relatif au handicap dans les entreprises "d'ici à trois ans" (10% actuellement).

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11 décembre 2014

Conférence du handicap à l'Elysée : quel programme le 11 décembre ?

Résumé : Le palais de l'Elysée reçoit la 3ème Conférence nationale du handicap. 200 invités se pressent pour entendre les déclarations de François Hollande et de ses ministres. Programme de cette matinée qui se prolongera en direct sur Vivre FM à 14h.

Par , le 10-12-2014

Le 11 décembre 2014, le « handicap » entre à l'Elysée une nouvelle fois. Après la remise de la légion d'honneur à une personne handicapée mentale le 8 décembre, c'est au tour des associations de personnes handicapées d'être accueillies sous les ors du palais présidentiel pour la clôture de la Conférence nationale du handicap, 3ème du genre. Cinq rendez-vous en région ont déjà permis, depuis fin novembre, de faire un tour de France de la question en quatre grandes thématiques, en présence des ministres concernés. C'est donc François Hollande qui présidera ce pont d'orgue, où sont conviées environ 200 personnes.

Au programme

Ouverture à 9h30 par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, et Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion. A 9h40 : 4 tables rondes successives sur les thèmes de l'accessibilité, l'emploi, la prévention, l'accompagnement médico-social et l'accès aux soins, et enfin la jeunesse. Quelques ministres ont répondu présent : Najat Vallaud-Belkacem (Education nationale), Sylvia Pinel (Logement), Patrick Kanner (Ville et jeunesse et sports) et Axelle Lemaire (Numérique). A 11h20, François Hollande rejoindra l'assemblée pour assister à la table ronde qui a pour thème « Inclusion : une société innovante et bienveillante ». Il s'entretiendra ensuite avec 3 représentants de la « société civile » : une jeune sportive qui poursuit ses études en parallèle de sa carrière de championne, un entrepreneur qui organise des job-datings pour les personnes handicapées et le représentant du musée du Quai Branly qui viendra expliquer comment cette institution public a pu mettre en place une politique d'accessibilité. A 11h50, l'allocution du chef de l'Etat clôturera cette troisième CNH.

A 14h : la ministre en direct sur Vivre FM

De 14h à 14h30, la radio Vivre FM (FM 93.9) invite Ségolène Neuville pour passer au crible et décrypter les annonces ou déclarations du matin. Handicap.fr est associé à ce direct puisque l'une de ses journalistes, Emmanuelle Dal'Secco, sera aux côtés de Vincent Lochmann, rédacteur en chef de la station, pour s'entretenir à deux voix avec la ministre. L'occasion d'aborder, dans un contexte moins solennel, les attentes des personnes handicapées et des associations.

3 décembre 2014

Des centaines de milliers d'autistes privés d'école dans le monde

Publié le 03-12-2014 Modifié le 03-12-2014 à 02:12

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Des enfants autistes pris en charge par des éducatrices à Paris. AFP PHOTO FRANCK FIFE

À l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées de l'ONU, RFI.fr se penche sur la situation des enfants autistes et des conditions difficiles de leur scolarisation. L'autisme ou trouble envahissant du développement, qui touche des millions de personnes dans le monde, continue d'être largement ignoré. Dans certains pays, des politiques publiques continuent même d'encourager des méthodes dépassées, alors que d'autres procédés permettent de vaincre ce handicap.

L'autisme reste un bien étrange ensemble de pathologies sur lesquelles on ne sait pas encore tout. Elles ont en commun, sans constituer un retard mental, de manifester d'importants troubles du développement qui peuvent prendre la forme de problèmes de communication, de comportements physiques répétitifs (un peu comme des tic) ou encore de blocages sociaux plus ou moins graves (notamment chez les autistes dits aspergers). Pendant une bonne partie du XXe siècle, la médecine voyait dans ces handicaps les signes de problèmes psychiatriques, puisant des références et des pistes dans le traitement de la schizophrénie ou de la psychose.

Il faudra attendre la fin du XXe siècle et le début du XXIe pour voir se répandre une autre logique. Alors que la recherche tend à identifier les sources de l'autisme dans des dysfonctionnements cérébraux, plusieurs pays entament un changement d'approche. On commence à sortir les autistes des institutions médicales pour les réintroduire dans un système éducatif, reposant sur l’utilisation de procédés stimulants le développement. Les résultats de ces méthodes (A.B.A, Teach, notamment) se révèlent souvent spectaculaires.

Aujourd'hui, un nombre conséquent d'organismes s'entendent sur le fait qu'il est important de détecter le plus tôt possible les enfants souffrant d'autisme. C'est au plus jeune âge, jusqu'à 7 ans, qu'ils peuvent faire le plus de progrès, grâce à une éducation encadrée et spécialisée. Certains peuvent poursuivre des efforts conséquents jusque 9-10 ans. Après, les progrès sont plus difficiles à obtenir, estiment les spécialistes. Une logique qui implique de poser des diagnostics très tôt et de proposer des solutions réactives aux familles concernées.

La question de l'autisme est en effet urgente : dans les pays ayant mené de telles études, on constate qu’une à deux personnes sur 1 000 sont touchées. Soit environ 600 000 personnes rien qu'en France. En avril 2014, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, le secrétaire général des Nations unies avait notamment appelé à « inclure les enfants avec différentes capacités d'apprentissage au sein d'écoles classiques ou spécialisées, pour changer les attitudes et promouvoir le respect ». Ban Ki-moon avait cependant regretté que « dans de nombreuses parties du monde, les autistes se voient nier leurs droits humains les plus fondamentaux ». De fait, rien qu'en France, des milliers d'enfants autistes sont exclus du système scolaire. « Sans accompagnement adéquat, ces enfants stagnent et sont condamnés à l'exclusion sociale, alors que les méthodes adaptées permettent à des personnes souffrant de troubles envahissant du développement de mener une vie presque normale à l'âge adulte », confie le père d'une jeune autiste.

Des retards dramatiques, presque systématiques

Dans les faits, rares sont les pays qui font de l'autisme une préoccupation de santé publique. « En Afrique, le handicap est très mal vu, explique Vincent Gerhard, du réseau Autistes sans frontières. On a de temps en temps des gens qui nous appellent, désespérés. Ils pensent que leurs enfants sont autistes, mais ne peuvent même pas le vérifier, faute de pouvoir faire un diagnostic. »

Les initiatives sont en général locales, faute d'un intérêt des pouvoirs publics. « Au Maroc, il y a quelques années, cette pathologie n'était pas connue », explique Fouad Ben el-Kaid. Cet habitant de Casablanca s'est organisé depuis 2003 avec trois autres familles pour faire scolariser leurs enfants dans une classe dédiée à leurs besoins spécifiques. Pas question pour lui de laisser son fils dans l'un des centres spécialisés qui font office de « garderies » pour autistes. À l'échelle nationale, ce sont des familles, en général urbaines, qui entreprennent ce genre de démarches. « Dans les milieux ruraux, c'est plus compliqué, craint Fouad Ben el-Kaid. En ville, les gens savent un peu plus. » Et encore : « Quand vous demandez de l'aide, on ne sait pas de quoi vous parlez lorsque vous évoquez l'autisme : “vous avez mal à l'oreille ?“ Tout cela coûte cher. Le pays a d'autres priorités. »

En Tunisie, dans l'extrême nord du pays, le Dr. Ayari Choukri tente d'organiser les familles. En tout, une centaine d'enfants serait concernée. Ils sont, pour l'instant, suivis à l'hôpital régional, en orthophonie. « En tant que médecin, j'ai décidé de créer une association pour aider les parents. La procédure est en cours, mais il faut du temps à l'administration. » Il se dit pourtant optimiste quant au déblocage de moyens pour aider les enfants.

Les pays en développement sont loin d'être les seuls à avoir du retard sur la question. Parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l'Argentine et la France sont considérées comme de très mauvais élèves. « On est au niveau de l'Afrique, estime Florent Chapel, du Collectif-Autisme. Le meilleur endroit pour éduquer, ça reste l'école ! » En France, l’approche psychiatrique reste très répandue, malgré la lutte acharnée des associations et des familles pour imposer les démarches comportementales. Ce parent d'enfant autiste assure de plus que le coût pour la société est totalement démesuré : selon lui, une journée d'école encadrée coûte environ une centaine d'euros... contre un millier pour une journée d'hôpital.

Les pays en pointe

Les bons exemples, on peut aller les chercher ailleurs en Europe. En Grande-Bretagne, où 100 % des enfants autistes sont scolarisés. Ou encore en Suède, citée en exemple par Autistes sans frontières : Stockholm met en œuvre un parcours complet assurant l'accompagnement de l'enfant à l'âge adulte, puis dans les différentes étapes de sa vie. La Belgique fait également partie des bons élèves, au point que de nombreux parents français y scolarisent leurs enfants.

De l'autre côté des océans, l'Australie, le Canada ou les États-Unis sont en pointe. Chez les Américains, c'est notamment la pression des assureurs qui aurait participé à faire sortir les enfants autistes des officines psychiatriques. Aujourd'hui, les techniques restent très différentes et pas toujours idéales. Mais là aussi, on a décidé d'investir principalement dans des méthodes comportementales destinées à stimuler les autistes dès le plus jeune âge.

Autre exemple fin : celui du Québec. Riche d'une expérience associative dans les deux pays, Edith Roy, de Autistes sans frontières, note ainsi que « les enfants ont été sortis des institutions pour les réintroduire à l'école ». « Dès 0 à 5 ans, on met en place des méthodes de stimulation comportementale, poursuit-elle. C'est le meilleur moment pour agir ! » Sans faire l'éloge du Québec, elle admet des difficultés aussi là-bas. Mais elle constate que la prise de conscience et les efforts mis en œuvre sont largement plus avancés que ce qui se fait en France. Elle salue par exemple la mise en place d'un « répit parental ». Il permet aux familles de confier, un week-end, leur enfant à une association. L'occasion de prendre un peu de temps pour soi, son couple et ses autres enfants, avant de reprendre leur éprouvante lutte quotidienne contre le handicap.


« Ces enfants sont nos enfants à tous, collectivement »

Mercredi, Sedef Erken va faire un sit-in devant la Cour européenne des droits de l'homme. Cette mère de famille turque se plaint de ne pas pouvoir faire scolariser son fils de 8 ans, Ozan, au prétexte qu'il est autiste. Un droit pourtant garanti par la Constitution turque.

RFI : Quelle est la situation exacte d'Ozan, votre fils ?

Sedef Erken : Mon fils Ozan a huit ans. Il a un trouble envahissant du développement non spécifié (PDD-NOS). On peut parler d'une forme d' « autisme modéré ». Il fonctionne globalement bien. Les principaux symptômes de l'autisme sont des difficultés dans certains domaines comme le développement linguistique, les interactions sociales, une communication limitée. Il fait des fixations, a des mouvements répétés, ce genre de choses.

Pourquoi l'avez-vous envoyé dans une école privée ?

Nous avons choisi cette école privée parce que c'est la plus proche de chez nous et que nous avons pensé qu'une école publique aurait des classes avec trop d'enfants. La direction de l'école publique nous a dit : « Nous n'acceptons pas d'enfant autiste, nous ne l'avons jamais fait. »

Vous avez entamé une procédure en justice. Quelles réponses avez-vous obtenues par ce biais ?

Au début, tout simplement aucune. Nous avons fait face à un mur bureaucratique. Ni l'école, ni l'État ne se sont expliqués sur la raison pour laquelle notre enfant n'était pas accepté, malgré les lois de l'éducation et selon la Constitution turque qui garantissent l'école. Nous n'avons eu qu'un silence embarrassé. Dans les fichiers de la Cour européenne des droits de l'homme, nous avons découvert que le ministère de la Justice turc défend simplement l'attitude de l'école...

Comment l'autisme est-il pris en compte en Turquie ?

L'éducation spécialisée est un vrai problème pour les familles, dès le départ. Après le diagnostic, vous avez deux sessions de thérapie par semaine en guise de support éducatif. Avant d'être scolarisés, il n'y a aucun soutien public pour nos enfants. Ensuite, à l'école, il reste de gros soucis pour les faire accepter. Dans la plupart des pays d'Europe, aux États-Unis ou au Canada, la norme est de 30 à 40 heures de soutien par semaine !

Existe-t-il malgré tout un moyen de trouver de l'aide ? À travers des réseaux associatifs par exemple ?

Depuis cinq ans, je suis volontaire dans des projets d'éveil. J'aide aussi d'autres familles en ce qui concerne leurs droits à l'éducation. L'année dernière, nous avons mis en place une fédération des associations autiste. Elle regroupe dix organisations de la société civile qui travaillent ensemble. Elle poursuit son activité grâce à 14 membres actifs. Mais en même temps, chacun a ses propres difficultés, a besoin de temps pour sa famille... et il est n'est pas toujours facile de trouver du temps. Nous faisons de notre mieux, mais nous avons besoin d'un support international et de transferts d'expérience.

Voyez-vous, en Turquie ou ailleurs, des signes d'un possible progrès ?

Au Canada, en Australie, aux États-Unis. En Europe, la Suède et le Royaume-Uni ont des systèmes développés pour nos enfants et pour les individus souffrant d'autisme. Ainsi que pour les parents. Si la famille n'est pas soutenue, l'enfant n'est pas soutenu non plus. Ce que je veux dire, c'est que le soutien aux familles est très important. Au-delà de la famille, la société est une grande famille : ces enfants sont nos enfants à tous, collectivement.

30 novembre 2014

Autisme : A peu près tout reste à faire déclare Josef Schovanec

article publié dans La Dépêche

Publié le 30/11/2014 à 03:45

Auch (32) - Conférence

Josef Schovanec, d'abord diagnostiqué schizophrène, a été placé trois ans sous camisole chimique. /PhotoDR.

Josef Schovanec, d'abord diagnostiqué schizophrène, a été placé trois ans sous camisole chimique. /PhotoDR.

Josef Schovanec, autiste, diplômé de Sciences Po et docteur en philosophie, anime à 16 h 30 une conférence au Mouzon. Son intitulé : «Être autiste, nos différences, nos difficultés, nos talents.»

Quelle est la situation des autistes en France, aujourd'hui ? Pensez-vous que la société fait le nécessaire pour vous accueillir ?

la situation actuelle des personnes autistes n'est pas brillante, c'est le moins que l'on puisse dire. Certes, les autistes ont de la chance par rapport par exemple aux personnes trisomiques 21, qui sont liquidées à 97 % : heureusement que dans le cas de l'autisme il n'y ait pas de test de dépistage prénatal fonctionnel. Sinon, à peu près tout reste à faire.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face… et les avancées récentes ?

Assurément, il y a eu quelques avancées, mais elles sont fort timides par rapport aux impératifs, et surtout elles ne portent que sur certains domaines ponctuels, et ce dans certaines régions de France seulement. Ainsi, on a un peu commencé à s'intéresser à la question du diagnostic précoce et correct, il y a eu une certaine, quoique faible, mobilisation pour la scolarisation des enfants et plusieurs établissements qui pratiquaient des formes particulièrement barbares de maltraitance ont été dénoncés. Sur le reste, depuis l'emploi des adultes jusqu'au logement en passant par les loisirs et l'autisme chez les personnes âgées, c'est le silence radio.

Votre vie le montre, être autiste ne veut pas dire être «enfermé dans son monde».

L'autisme n'a jamais voulu dire être enfermé dans son monde. Ça, ce sont les hommes politiques. En revanche, trop souvent on a enfermé les autistes dans divers établissements, souvent d'ailleurs avec les meilleures intentions au monde, par exemple de les «guérir». Tout l'enjeu est précisément de permettre aux personnes autistes d'acquérir les compétences sociales requises pour pouvoir mener une vie autonome et digne.

Que conseilleriez-vous à une personne non-autiste qui rencontre une personne autiste ?

Plus que de conseiller, je ne ferais que souhaiter : souhaiter beaucoup de bons moments et découvertes mutuelles. Une fois qu'on a franchi le cap de la rencontre, j'allais dire que le plus dur est fait. Certes, il faudra connaître ou apprendre des petits trucs pour éviter les gaffes, parfois gênantes, mais cela est le plus souvent du même ordre d'apprentissage que quand on rencontre un Japonais, par exemple.

Conférence à 16 h 30 à la salle du Mouzon. Prix : 5 et 10 €. Renseignements : 05-62-62-67-02


1 800 autistes dans le Gers
«Une personne sur cent est autiste, donc on peut estimer que 1 800 Gersois sont autistes, souligne la présidente d'Autisme Gers, Joëlle Rabier. Leur situation n'est pas brillante car on ne retrouve pas forcément, dans les établissements, les personnels formés et les équipements adaptés. Mais notre objectif est de faire en sorte que les autistes aient accès au milieu ordinaire, à la vie la plus normale possible.» Josef Schovanec, lui, ne tarit pas d'éloge sur l'action d'Autisme Gers : «Dans le Gers, il y a au moins une association formidable. Une association qui donne la parole à nombre de jeunes et moins jeunes avec autisme. Une association qui, en osant briser des tabous, offre à tous tant de moments d'émerveillement.»

Recueilli par C. Z.

29 novembre 2014

Ado autiste expulsé de son collège : mon soutien au personnel en souffrance psychique ...

Le jour de la rentrée scolaire T., autiste a été empêché physiquement de rentrer dans son collège de secteur. Par la suite la direction a refusé de l’accueillir dans une classe (voir cette vidéo-buzz)

Une émission de radio nationale très écoutée a osé pénétrer dans ce prestigieux collège pour démêler cette affaire (voir l’émission dans cette vidéo).

Suite à cela  le principal a porté plainte à la police.

Dans sa plainte, il indique que plusieurs dizaines de membres du personnel du collège ont demandé une cellule psychologique suite à cette émission.

Je veux apporter tout mon plus sincère et profond soutien au personnel du collège, en grande souffrance psychique face à cette mère qui ose s’indigner parce que son fils n’a plus le droit d’être accueilli en classe.

Certains se demandent si je suis vraiment pleine de compassion pour ce personnel ou bien si c’est ironique.

Bien sur c’est ironique..

Le seul fait que des personnes  approuvent entièrement ce que je dis, c’est bien la preuve que dans ce pays, on considère la discrimination et la ségrégation des enfants handicapés comme quelque chose de nécessaire.

« Chacun a sa place » :  beaucoup de français qui n’ont jamais côtoyé de personnes handicapés trouvent que c’est la chose à faire.

 

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26 novembre 2014

Autisme en entreprise : chacun y trouve son compte

24/11/2014 05:46
Sven, bien entouré par ses responsables et accompagnateurs, à son poste de travail. - (Photo NR)

Une entreprise d’expertise-comptable de Saint-Avertin mène une expérience unique en France avec deux employés atteints d’autisme.

Sven, 33 ans, de Tours, n'a su que très tard, il y a deux ans seulement, qu'il était atteint d'autisme. D'un coup, tout s'est dérobé sous ses pieds, mais tout a trouvé une explication aussi : ses difficultés relationnelles, son parcours scolaire chaotique, ses souffrances rentrées. Se sachant autiste, il a dû assumer puis s'organiser, mener de front sa vie personnelle et sa vie professionnelle. Pour la première, ce n'est pas encore gagné, dit-il sans se voiler la face. Pour la seconde, le plus dur est fait, semble-t-il, et de ce succès dépendra sans doute tout le reste par la suite.

" Tout est fait avec bienveillance "

Sven a trouvé la perle rare, unique même : Socia3 à Saint-Avertin, une entreprise adaptée, filiale du groupe national Soregor de conseils aux entreprises. Il est opérateur en saisie comptable depuis deux mois, en alternance, guidé par Cap emploi à Saint-Cyr-sur-Loire. « Mon rêve était d'être dans un métier scientifique, dans un parc animalier. » Finalement, il a trouvé une « stabilité professionnelle » dans la comptabilité et devrait décrocher son CDD en décembre, son CDI en 2015. Ce que confirme Amélie Bonétat, manager de Socia3 Tours. C'est d'elle que tout est parti, une femme très sensibilisée par le sujet car elle a un neveu autiste. Elle a créé le projet « Hors les murs », pris contact avec le Pr Frédérique Bonnet-Brilhault, du Centre de ressources autisme du CHU de Tours, et suivi une formation spéciale « autisme ». L'objectif affiché : « décloisonner » l'espace de travail. Avoir dans ses services un, deux collaborateurs autistes, « c'est aussi épuisant qu'enrichissant, positif qu'envahissant parfois » dit-elle. Au final, chacun y trouve son compte.
A Saint-Avertin, Sven et Sylvain, tous deux autistes, sont épaulés chacun par un accompagnateur, un « facilitateur d'intégration », en interne et sur la base du volontariat. « Tout est fait avec beaucoup de bienveillance », explique Amélie Bonetat. Les codes sociaux et comportements sont compris et partagés par tous.
Socia3, à Saint-Avertin, serait la seule entreprise adaptée en France dans son domaine à intégrer ainsi le handicap : 11 travailleurs handicapés, dont deux autistes sur 40 salariés. Tous ont au minimum le bac, bac + 2. « La difficulté peut venir des clients parfois. Il faut qu'ils adhèrent à ce projet. » Sans doute, mais « Hors les murs » a ouvert des portes et n'est qu'au début de cette belle aventure humaine.

La France compte 750 entreprises adaptées (dans le nettoyage, les espaces verts, un peu le bâtiment), soit 24.000 emplois, et plus de 600.000 personnes atteintes d'autisme, un enfant sur 100.

Olivier Pouvreau
17 novembre 2014

Un jeune trisomique embauché dans les cuisines de l'Elysée

article publié sur le site d'Europe 1

Publié à 17h28, le 17 novembre 2014, Modifié à 17h39, le 17 novembre 2014

 Un jeune trisomique embauché dans les cuisines de l'Elysée
Pierre-Henri Masson, 23 ans, a remporté samedi le concours "l'assiette Gourm'hand" qui récompense des personnes porteuses d’un handicap mental dans le milieu de la restauration.


Pierre-Henri Masson, un jeune cuisinier trisomique de 23 ans, aura bientôt la chance de passer une semaine dans les cuisines de l'Elysée.
Le jeune homme formé au métier de cuisinier aux Ateliers Pifaudais à Dinan, dans les Côtes-d'Armor, a en effet remporté samedi la douzième édition de "l'assiette Gourm'hand".

L'assiette Gourm'hand vise à mettre en valeur les personnes atteintes de handicap mental travaillant dans le milieu de la restauration dans les Etablissements et Services d'Aide par le Travail (ESAT) ou encore les Instituts médico-éducatifs (IME). Cette année, 17 équipes issues d'établissements d’accueil venant de toute la France étaient en lice. Le jury qui comptait sept meilleurs ouvriers de France (MOF) a été séduit par le menu breton proposé par Pierre-Henri Masson : "rolladenn de poulet et sa sauce paimpolaise, dolmen de Bretagne au Bord'eau, taboulé de Breizh et oeuf miroir".

26 octobre 2014

Accessibilité : les personnes en situation de handicap laissées-pour-compte !

Paris, le samedi 25 octobre 2014 – Un sondage réalisé sur notre site en février dernier a mis en évidence que seuls 31 % des professionnels de santé seraient en mesure d’offrir des locaux totalement accessibles aux personnes handicapées en janvier 2015, date initialement fixée par la loi du 11 février 2005 pour qu’une accessibilité entière soit enfin assurée en France. Face au retard observé dans tous les secteurs (et pas uniquement dans le monde médical), le gouvernement a mis en place un système permettant à tous d’obtenir des délais supplémentaires. En pratique, en vertu de cette ordonnance publiée le 27 septembre, les pharmacies et les cabinets médicaux non encore accessibles doivent tout d’abord faire part officiellement de leur situation et présenter une évaluation des travaux à réaliser pour se mettre aux normes ou évoquer les dérogations dont ils pourraient se prévaloir. L’acceptation de leur dossier leur permettra de disposer de trois ans pour réaliser les aménagements nécessaires. Ces nouvelles règles ainsi que le rappel de la possibilité de mettre en avant le caractère disproportionné du coût des travaux eu égard aux bénéfices attendus n’ont cependant pas été suffisants pour apaiser les réticences des professionnels de santé et notamment des médecins. Dès la présentation de l’ordonnance, l’Union française pour la médecine libre (UFML) appelait ainsi à la désobéissance, tandis que la semaine dernière, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) exigeait une aide financière.

Du côté des associations défendant les personnes handicapées, le ton est très différent. Ces nouveaux délais accordés à tous sont ressentis comme un véritable scandale, qui rappelle une nouvelle fois le retard français en la matière, par rapport à nombre de pays européens. Cependant, l’Association des paralysés de France (APF), qui n’a pas caché sa colère, veut croire par la voix de son président qui s’exprime aujourd’hui dans nos colonnes que ce sursis sera saisi par les professionnels de santé pour enfin prendre la mesure de l’importance de cet enjeu de santé publique.

Pas sûr, à la vue des messages de l’UFML ou encore de la CSMF que la révision proposée par le gouvernement ait été vécue comme telle.


Par Alain Rochon, président de l’APF (Association des paralysés de France)


Après deux lois inappliquées sur l’accessibilité en 40 ans, l’Association des paralysés de France (APF) est particulièrement révoltée par l’ordonnance relative à l’accessibilité du 27 septembre dernier. En effet, ce texte beaucoup trop souple ouvre la voie à de nouvelles dérogations et détricote entièrement la loi handicap du 11 février 2005, en abaissant drastiquement le niveau d’exigence légale en la matière.
C’est un retour en arrière considérable qu’impose le gouvernement aux millions de personnes en situation de handicap mais aussi aux personnes âgées, aux parents avec enfants en bas âge et poussettes et à tous les usagers du cadre de vie qui souhaitent circuler librement. Aucune personne valide n’accepterait d’attendre 3, 6 ou 9 ans de plus pour pouvoir se rendre en toute autonomie chez son commerçant ou son médecin traitant ; les personnes en situation de handicap ne l’acceptent pas non plus !
De plus, ce dispositif n'est pas conforme à l'esprit de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ratifiée par la France.

Pas de libre choix de son médecin pour les personnes handicapées

Si l’APF est mécontente de ce texte, elle espère, cependant, que la souplesse du dispositif permettra aux professionnels de santé de s’investir, enfin, dans une démarche d’accessibilité. En effet, il est regrettable de constater que la grande majorité des cabinets médicaux et paramédicaux ne sont pas accessibles aux personnes en situation de handicap. Un comble !
Alors que la France possède l’un des meilleurs systèmes de santé au monde, celui-ci demeure inaccessible aux personnes en situation de handicap.
Aujourd’hui, le libre choix de son médecin traitant, de son ophtalmologiste, de son gynécologue ou de son dentiste n’existe pas pour les personnes en situation de handicap ! Car le critère de choix s’effectue en fonction du degré d’accessibilité du cabinet et non en fonction des compétences du professionnel. A cette situation, vient s’ajouter l’augmentation des coûts que génèrent les frais de santé, auxquels il faut ajouter les franchises médicales.
Rappelons par exemple que le rapport Jacob sur l’accès aux soins des personnes handicapées a établi que le taux de prévalence des cancers du sein était deux fois plus important pour les femmes en situation de handicap que pour les femmes valides, faute de lieux de dépistage accessibles.

L’accessibilité, l’affaire de tous

Ainsi, il est aujourd’hui primordial, pour les professionnels de santé, de se mettre en conformité avec la loi en rendant leur cabinet accessible. Car il n’y a pas que les personnes en situation de handicap (10 à 15 % de la population) qui ont besoin d’accessibilité, mais aussi les personnes âgées qui représenteront un quart de la population dans une dizaine d’années, les parents avec poussette, les femmes enceintes, les blessés temporaires, etc.

L’APF rappelle que la liberté d’aller et venir est un droit fondamental et que 91 % des Français considèrent que l'accessibilité est un enjeu de société qui concerne tout le monde*.
Références
* Source : Sondage IFOP, 2011<
Les intertitres sont de la rédaction du JIM.
22 octobre 2014

Cette femme est extraordinaire

Une fois que vous aurez regardé cette vidéo Ted de la comédienne Maysoon Zayid, vous ne pourrez plus l’oublier. Elle est drôle, intelligente, talentueuse et courageuse. L’autre petit détail? Elle est atteinte de paralysie cérébrale.

Mais ne pensez pas que son invalidité définie ce qu’elle est. Elle a gagné une place unique dans le monde du divertissement et est en mesure de sensibiliser le public sur le handicap. Selon elle, les personnes handicapées sont la plus grande minorité dans le monde et ils sont sous-représentés dans le monde du divertissement. Dans son discours, elle raconte l’histoire d’une audition pour une pièce de théâtre dont le personnage principal est atteint de paralysie cérébrale. Étonnamment, elle a perdu le rôle au profit d’une fille valide. Quand elle est aller voir le directeur pour savoir pourquoi elle n’a pas eu le rôle, il lui a expliqué qu’elle ne serait pas capable de faire les cascades nécessaires pour le rôle. Sa réponse? « Si je ne peux pas le faire, alors personne ne peut le faire! »
C’est le genre de femme dont la nouvelle génération de jeunes femmes devrait s’inspirer, et non pas prendre exemple sur quelque chose que la société considère comme «parfait». Au lieu de voir toujours les mêmes images de femme clonée sur nos écrans de télévision, il est rafraîchissant de voir une femme qui embrasse ce qu’elle est vraiment.

 

16 octobre 2014

Autiste : la France a 50 ans de retard

article publié sur enfant.net

Si on compare la France à ses voisins européens, aux États-Unis ou au Canada, la France a 50 ans de retard pour aider les enfants autistes.

L’autiste n’est pas irréversible mais la France en reste convaincu et fait tout pour que les enfants ne s’en sortent pas. La solution la plus courante est de placer les enfants autistes dans des hôpitaux psychiatriques. Le nouveau plan du gouvernement prévoit de placer les enfants dans des classes spécialisés.
Pourtant la plus belle manière de prendre en charge ses enfants serait de les intégrer dans les classes normales avec en soutien des personnes auxiliaires.

Hugo Horiot est un rare cas en France qui démontre que l’autiste n’est pas irréversible. Autiste enfant, sa mère s’est battu contre les institutions.
 

Françoise Lefèvre, mère de Hugo Horiot :

«Pour apprendre à aimer et tenter de guérir un enfant autiste, c’est beaucoup plus simple de l’imaginer comme un Petit Prince.»

Aujourd’hui Hugo Horiot est comédien et vit normalement. Il est l’auteur de « L’empereur c’est moi », un autoportrait d’un enfant autiste devenu grand. Hurlements, obsessions, regard évasif,…il sait ce qu’est l’autiste

Extrait du livre L’Empereur c’est moi » :

« Quand je rêve, je vois une image, je bloque cette image et j’entre dans mon rêve. Ces images s’entrechoquent, disparaissent et reviennent. J’ai peur qu’elles ne s’échappent. Alors je les dessine. Et elles existent. À l’école, on me regarde en souriant et on me dit que je suis un « cerveau lent ». Ils ne savent pas comme les images défilent vite dans ma tête. Je leur réponds intérieurement, puisque « répondre » au professeur est interdit, que si je suis un « cerf-volant », qu’attendent-ils pour me lâcher ? Dans ma tête, je tâche d’y passer le plus de temps possible, et ça ne plaît pas vraiment aux autres. Je rêve endormi, je rêve éveillé. Je suis un rêveur, comme ils disent.
Le monde n’aime pas les rêveurs : ils doivent être surpuissants et beaucoup plus malins que la moyenne s’ils veulent y trouver leur place. Sinon ils n’auront aucune chance et finiront dans la benne à ordures. Voici le sort qui m’est réservé si je continue à rêver, ou du moins si cela se voit. Seulement, sans mes images et mon rêve, je suis mort. Un pantin mort. Dont les fils seront tirés par un manipulateur secret qui s’occupe de rêver pour les autres. C’est ça qu’ils veulent : détruire les images que j’ai dans la tête pour m’imposer leur « rêve » à eux. Leur sombre songe dont je ne veux pas faire partie. Figurant du rêve général et formaté, ça ne m’intéresse pas. Ce sera sans moi et moi sans vous. »

 

15 octobre 2014

Leïla Bekhti et Géraldine Nakache : Retrouvailles stylées pour un généreux moment

article publié sur pure people

News publiée Hier le Mardi 14 Octobre 2014 à 13:01

Leila Bekhti et Geraldine Nakache lors du diner de charité de l'association "Sur les bancs de l'Ecole" parainée par Leila Bekhti, au Pavillon Gabriel le Lundi 13 Octobre.

 

Retrouvailles pour deux amies sincères. Hier, 13 octobre, Leïla Bekhti et Géraldine Nakache se sont réunies pour la bonne cause. Les deux pétillantes amies étaient les invitées d'un dîner de charité au profit de l'association Sur les bancs de l'école. Une organisation qui aide les enfants touchés par l'autisme et dont la sublime égérie L'Oréal Paris est la marraine.

C'est donc au pavillon Gabriel, à Paris, que Leïla, moulée dans une robe Victoria Beckham et perchée sur des escarpins Gianvito Rossi, a fait une apparition remarquée. Auprès de ses amis, dont la jolie Géraldine, l'héroïne de Maintenant ou jamais a fait sensation. Souriante, élégante, et généreuse, Leïla Bekhti a pu retrouver Camélia Jordana, avec qui elle vient de tourner Nous trois ou rien, premier film de Kheiron , dont le tournage s'est achevé fin septembre.

Et les deux complices de Tout ce qui brille ont aussi pu retrouver d'autres comédiens, dont l'humoriste et acteur Ary Abittan, très en forme. La joyeuse bande a pu animer la soirée avec humour et décontraction et a même fini la soirée en poussant la chansonnette.

Le comique Tony St Laurent a offert quelques minutes de show, tout comme Louis Delort et Camélia Jordana, qui ont pu se régaler avec un menu concocté par le chef Christian Constant. L'heureuse participante de Danse avec les stars Joyce Jonathan a aussi fait le déplacement pour soutenir l'association qui finance en partie La Maison de Ted, espace d'accueil et de vie offert aux malades et à leurs familles.

Une belle soirée glamour organisée autour d'Anne Buisson, présidente de l'association Sur les bancs de l'école, que l'on vous propose de redécouvrir sans plus tarder en photos.

12 octobre 2014

Rouen : Quand les enfants autistes sont intégrés dans une école ordinaire

article publié sur le site de France 3 Haute Normandie

Une classe expérimentale a ouvert lors de cette rentrée à l'école maternelle Graindor à Rouen. Sept enfants atteints de "Troubles envahissant du développement" sont intégrés dans cette école ordinaire.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 09/10/2014 | 19:24, mis à jour le 09/10/2014 | 19:24
© France 3 Haute-Normandie
© France 3 Haute-Normandie

Une première “classe autisme“ expérimentale accueille à Rouen sept enfants de trois ans lourdement handicapés. Le dispositif pourrait s’apparenter à un service “haut de gamme“ dans un contexte où le nombre de places traditionnelles d’accueil reste insuffisant en Haute-Normandie.Les enseignants et les accompagnants comme les familles, toutes volontaires, ont suivi une formation de deux semaines au Centre de Ressources pour l’Autisme de Haute Normandie (CRAN).

L’Institut Médico Educatif (IME) l’Escale relevant de l’association Autisme 76 a détaché sur place et à plein temps quatre de ses professionnels (enseignant, éducateurs, auxiliaire médico psychologique). A raison d’une demi-journée par semaine, des psychologues, rééducateurs orthophonistes viennent à la rencontre des enfants au cas par cas. Le coût de leurs interventions s’élève à 300.000 € par an.


VIDEO : voir le reportage de France 3 Haute-Normandie de Raphael Deh et François Pesquet

6 octobre 2014

l'Etat prélève 29 millios d'euros sur le budget de l'AGEFIPH

article publié sur VIVRE Fm

Vendredi 19 Septembre 2014 - 17h18

L’état prélève 29 millions d’euros sur les budgets du handicap pour renflouer ses caisses. Une décision qui sème la colère des associations et des syndicats

 

L'état prélève 29 millions d'euros sur le budget de l'AGEFIPH
L'état prélève 29 millions d'euros sur le budget de l'AGEFIPH

 

Le ministre du Travail François Rebsamen a annoncé une ponction de 29 millions sur le budget 2014 de l’association de gestion du fonds pour l’emploi des personnes handicapées. Sur un budget annuel d’environ 500 millions le chèque que devra faire l’association correspond à environ 6% des recettes. Ces fonds sont destinés à financer des emplois aidés dont bénéficient les personnes handicapées a justifié le ministère du Travail à l’AFP. Selon des sources syndicales, le gouvernement prévoirait de reconduire ce montant pour 2016 et 2017. Il faut dire que l’ AGEFIPH est un des rares organismes qui dispose encore d’un peu de trésorerie : fin 2013, sa réserve était de plus de 300 millions d’euros.

Les syndicats se mobilisent

Les syndicats montent au créneau et dénoncent cette ponction.  « La main basse de l’Etat sur l’argent du handicap » condamne ainsi la CFE/CGC dans un communiqué. « Inacceptable et scandaleux » s’alarme la CGT. Pour le représentant de la Centrale de Montreuil, Jacques Marek « Le gouvernement Valls fait pire que celui de François Fillon. Avec ces trois prélèvement sur 2015 2016 et 2017, on atteindra 87 millions d’euros explique-t-il. François Fillon n’avait prélevé, lui que 50 millions. Ce n’est pas la première fois que l’Etat utilise les fonds de l’AGEFIPH pour combler une partie des déficits.

Malvina Watkins

4 octobre 2014

Un CPE de Québec s'adapte aux autistes

article publié dans LA PRESSE.ca

Publié le 03 octobre 2014 à 05h00 | Mis à jour le 03 octobre 2014 à 07h29

Joaquim, quatre ans, ici en compagnie de l'éducatrice... (Le Soleil, Erick Labbé)

Joaquim, quatre ans, ici en compagnie de l'éducatrice spécialisée Marika Veillette, bénéficie du nouveau service pour enfants autistes du CPE Les Petits Murmures, un programme unique dans la capitale.

Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) Depuis le début de l'année, un groupe d'enfants autistes bénéficie d'un programme unique dans un centre de la petite enfance (CPE) de la capitale. Chaque jour de la semaine, six bambins se retrouvent dans un local de l'établissement du Vieux-Québec, où deux éducatrices spécialisées leur fournissent les outils de développement et une ambiance adaptés à leur condition.

«Une approche exclusive dans un milieu inclusif», illustre Chantal Cauchon, directrice générale du CPE Les Petits Murmures, situé rue Couillard. «Plutôt que l'enfant change son monde, nous entrons dans le sien.»

Aux Petits Murmures, le bruit et la lumière, éléments anxiogènes et déstabilisants pour ces enfants de trois à cinq ans, sont réduits à leur minimum. La quiétude règne. Aucun jouet à piles qui émet des sons, les fluorescents sont tamisés. Pas de longues conversations, les consignes sont formulées à l'aide de dessins et de pictogrammes.

Les enfants autistes possédant des goûts alimentaires sélectifs, l'offre est plus variée. Les éducatrices ne les obligent pas à manger un aliment en particulier. Pour les siestes, chaque jeune peut s'endormir selon son propre rituel.

«Dans un CPE régulier, explique la pédopsychiatre Francine Ouellet, on ne connaît pas les besoins de ces enfants. Ça bouge trop, ils ont du mal à comprendre les consignes. Ils arrivent épuisés à la maison.»

«Un enfant est ici depuis une semaine, après avoir été retiré de sa garderie parce que c'était devenu problématique, et tout de suite il s'est senti à l'aise parce qu'on répondait à ses besoins», renchérit Suzanne Pelletier, directrice adjointe à la pédagogie. «C'est magique, les parents n'en reviennent pas.»

Pas plus cher

C'est la Dre Francine Ouellet, dont les trois enfants ont fréquenté Les Petits Murmures, qui a eu l'idée de transposer dans ce CPE l'approche comportementale développée par deux spécialistes de l'autisme, Lise St-Charles et Brigitte Harrisson. Un projet pilote d'un an a été mis sur pied en janvier 2013. Une formation, avalisée par le conseil d'administration, a été donnée à tous les membres du personnel et aux parents, histoire d'obtenir une cohérence d'intervention.

Le CPE n'a pas eu à tout chambarder pour accueillir cette nouvelle clientèle. L'opération s'est effectuée sans frais supplémentaires. «Ça n'a pas coûté plus cher ni nécessité des investissements incroyables en matériel, explique Mme Cauchon. On a osé innover, on a jonglé différemment avec la subvention. On a regroupé de 8 à 10 heures d'intervention par jour dans le même groupe.»

À la suite des résultats concluants et de l'accueil enthousiaste des parents, la direction des Petits Murmures souhaite que le programme fasse boule de neige, même s'il est «embryonnaire». La recette est accessible, explique-t-on, et ne demande qu'à être partagée.

«L'idée, ce n'est pas de dire qu'il s'agit d'une solution pour tous les enfants autistes, précise la Dre Ouellet. Notre approche, qui s'inscrit à contre-courant de l'intégration [des enfants autistes dans un groupe normal], peut effrayer certains parents. Le but est d'offrir le choix [d'un programme] qui s'adapte aux besoins des enfants. On n'essaie pas de les changer ou de les rendre moins autistes.»

Planche de salut pour les parents

Pour Karine Breton, mère du petit Joaquim, quatre ans, l'intégration de son fils au groupe d'enfants autistes du CPE Les Petits Murmures a représenté une véritable planche de salut. Non seulement a-t-elle pu retourner sur le marché du travail, mais son enfant montre des progrès notables.

La jeune mère en a eu la plus belle preuve dès la deuxième journée, lorsqu'elle a conduit son bambin à ce CPE du Vieux-Québec. «Avant, c'était la crise tous les matins pour ne pas aller à la garderie. Au jour deux, ici, il s'est tout de suite senti mieux. Son anxiété avait diminué. Je le sens bien.»

Des progrès

L'amélioration s'est aussi fait sentir sur le comportement et les habiletés cognitives de Joaquim qui ne parlait pas à deux ans et demi. «Il est maintenant capable d'exprimer ses besoins de base, comme la faim et la soif. Il peut aussi dire qu'il est fatigué ou qu'il veut regarder la télé.»

Lorsque le diagnostic d'autisme est tombé, en décembre 2012, la jeune mère et son conjoint se sont frappés à «un mur» pour obtenir des services. Mme Breton a quitté son emploi et pris le problème «à deux mains». «J'étais désemparée, mal outillée. Il n'y avait aucune aide publique, seulement des services au privé.»

Jade, la soeur jumelle de Joaquim, qui n'est pas atteinte d'autisme, fréquente également Les Petits Murmures. «Elle s'aperçoit que son frère n'est pas unique, qu'il y a d'autres enfants comme lui. [...] Mon fils est autiste et je l'accepte. Ses signes d'autisme, je ne veux pas les cacher», explique-t-elle, par exemple, au sujet de son habitude de battre des bras, comme pour s'envoler, lorsqu'il est heureux...

Pour la suite des choses, au vu de ses progrès, Mme Breton croit Joaquim capable d'intégrer une classe normale au primaire, quitte à remplacer la maternelle par une année supplémentaire aux Petits Murmures. Deux autres élèves du groupe ont fait leur entrée à l'école cette année, ce qui la fait vivre d'espoir.

30 septembre 2014

30 septembre 2014 17h20 - A revoir sur Arte, l'inclusion scolaire des enfants handicapés ...

article publié sur le blog Théo m'a Lu Anne !

L'émission Xénius sur Arte parle d'inclusion scolaire, oppose deux scientifiques sur l'opportunité d'une intégration de ces enfants présentant parfois d'importants troubles des apprentissages et présente le cas de l'Italie, pionnière en matière d'accueil des enfants "différents".

L'émission est intéressante et même si les intervenants français prônent devant la caméra cette inclusion souhaitée par tant de familles, on sent bien en arrière-plan comme une sorte de "bidouillage", un truc pas très au point encore...

Les deux animateurs ont stationné leur camion devant une école innovante où l'engagement des équipes enseignantes est à saluer. Mais le retard de la France est pointé et sans doute à juste titre. 

Alors si vous voulez vous faire une idée de ce qu'est "l'inclusion scolaire" , c'est ici si vous êtes pressés (ou vous pouvez attendre sa rediffusion ce jour à 17h20):

L'école pour tous: un plus pour les élèves handicapés ?

Présentation de l'émission:

Le terme « inclusion scolaire » peut sembler hermétique, alors que le concept qui le sous-tend est en fait très simple : il s’agit de regrouper dans des salles de classe des élèves valides et handicapés. Les Nations Unies ont adopté en 2006 une convention relative aux droits des personnes handicapées qui garantit, entre autres, à chaque enfant présentant un handicap une place dans une école « normale ». Mais la mise en application de cette convention accuse des retards, autant en France qu’en Allemagne. X:enius examine les moyens de faire fonctionner l’inclusion scolaire.

A Clermont-Ferrand, les présentateurs de X:enius Dörthe Eickelberg et Pierre Girard font la connaissance d’une petite pionnière de l’inclusion, Alice qui aurait dû être scolarisée dans un établissement spécialisé. Mais ses parents et ses enseignants se sont battus pour qu’elle puisse suivre les cours dans une école ordinaire, aux côtés de ses camarades. Comment réussir l’inclusion? C’est ce que cherche à savoir X:enius lors d’un entretien avec Serge Thomazet, un spécialiste de la question.

L’inclusion pourrait bien chambouler le système éducatif. Elle suscite des attentes mais aussi des craintes : les enfants handicapés sont-ils en mesure de suivre les cours dans une école ordinaire ? Les classes inclusives comportent-elles un risque de nivellement vers le bas pour les meilleurs élèves ? Les scientifiques ont des avis partagés quant à la mise en application de l’inclusion : faut-il supprimer complètement les écoles spécialisées ? A quoi pourrait ressembler une école qui répond individuellement aux besoins de tous les enfants ?

Bonne journée.

LaMaman

27 septembre 2014

L'autisme le met hors jeu

article publié dans LOCAMIN

27 09 2014

images

http://www.sudouest.fr/2014/09/27/l-autisme-le-met-hors-jeu-1685173-2774.php

La Ville a exclu de l’Espace jeux un enfant autiste de cinq ans, à cause de son comportement. Ses parents, bouleversés, parlent de discrimination.

Comme si c’était arrivé hier, Christine Negrini et Christian Perchet, sont toujours sous le choc du rejet subi, en mars, par leur fils Enzo, 5 ans, exclu de l’Espace jeux de Blanquefort.

Les parents de ce jeune autiste ne parviennent pas à tourner la page. Ils vivent douloureusement cette décision prise par la municipalité, laquelle gère ce lieu où les enfants de 0 à 6 ans sont accueillis avec leurs parents, en présence d’une éducatrice de jeunes enfants et parfois d’une psychologue ; un lieu qui n’est pas vraiment un espace de garde, mais plutôt un endroit axé sur la parentalité.

Un courrier

En mars, Christine Negrini a reçu un courrier de la Ville. « Les professionnels ont dû intervenir afin que votre enfant ne se mette pas en danger ou ne mette pas les autres enfants présents en danger, par manque de vigilance de votre part », peut-on y lire.

Il est question d’un petit garçon qui met « du savon à la bouche », qui « tombe sur les autres sans avoir conscience de leur faire mal » et qui se serait « précipité sur l’extincteur » et aurait « enlevé la goupille de sécurité ». Ce que conteste fermement la maman : « Enzo n’est pas assez fort pour faire cela. »

La missive se termine plutôt sèchement : « Je vous informe de la décision de mettre fin à l’accueil à l’Espace jeux de la Ville pour vous et votre fils Enzo à compter du 26 mars 2014, date à laquelle vous pourrez vous rendre pour la dernière fois sur le site. »

La lettre fait également état d’une « réorganisation du service » et du non-remplacement, à cette période, de la psychologue, alors que sa présence est considérée comme « une condition requise » pour l’accueil d’Enzo.

Certes, cette fin de non-recevoir faisait suite à plusieurs discussions, mais elle a été très mal vécue par la mère de l’enfant. « Enzo n’a jamais fait de mal à personne. Il souffre en effet d’un syndrome autistique très sévère, de troubles envahissants du comportement, mais il n’est pas agressif », indiquent les parents, désemparés.

« Agents démunis »

« Ce sont ses gestes autistiques de balancement, d’hyperactivité qui dérangent, déstabilisent ; le fait aussi qu’il ne parle pas. Mais Enzo a besoin de jouer avec les autres enfants pour faire des progrès. C’est lamentable de l’avoir ainsi exclu », s’énerve la maman.

« Pour moi, c’est tout simplement de la discrimination, comme si on l’avait rejeté parce qu’il avait la peau noire. »

Christine Negrini précise que son fils fréquente au quotidien un centre adapté, jusqu’à 15 heures, mais qu’elle aimait se rendre avec lui, plusieurs fois par semaine et depuis plusieurs années, à l’Espace jeux.

Face au désarroi de cette famille, Matthias Swierzewski, conseiller délégué à la petite enfance et à la jeunesse, semble embarrassé. Mais il ne revient pas sur la décision prise avant qu’il n’accède à ces fonctions, au sein de la majorité conduite par la maire socialiste, Véronique Ferreira.

L’élu ne veut « stigmatiser personne » mais reste ferme. « Les derniers temps, les agents étaient démunis par rapport à cette situation et exprimaient beaucoup d’inquiétudes. Nous avons fait le maximum. À présent il faut réfléchir à un autre mode d’accueil, plus adapté. » Le conseiller municipal reconnaît tout au plus une certaine maladresse dans la façon de faire.

Conscient que cette affaire pose le problème de l’intégration des enfants handicapés, il souligne qu’un protocole les concernant existe à Blanquefort et que la réflexion sur le sujet reste engagée.

Christine Morice

10 septembre 2014

Vidéo : Interview de Christine PHILIPP sur la scolarisation des enfants autistes

article publié sur le site Autismes & Discriminations

Publié le 10/09/2014

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer il y a quelques semaines celle qui est surnommée dans le milieu de l’autisme “l’ayatollah de l’inclusion” : Mme Christine Philip! Christine Philip est Maître de conférences honoraire de l’INS HEA en Science de l’Education et travaille notamment sur le thème de la scolarisation des enfants autistes. Je la remercie chaleureusement du temps qu’elle m’a accordé et vous livre sans plus attendre le contenu de notre échange. Bon visionnage!

 

10 septembre 2014

Autisme : l'école inclusive, c'est maintenant ?

La loi handicap votée en 2005 est censée garantir l’accès à l’école en milieu ordinaire préférentiellement au milieu spécialisé. Nous avons déjà traité ces questions, montrant comment dans de nombreux pays on parvenait à scolariser avec succès 80% des enfants autistes, là où la France peine à dépasser 20%. Or, 9 ans après, les progrès sont bien longs à se faire sentir et force est de constater que sur le terrain les résistances au changement frisent la crispation et que la loi est régulièrement bafouée. Pour de nombreuses familles touchées par l’autisme, la rentrée 2014 tourne au cauchemar. Tour d’horizon des témoignages de cette rentrée 2014.

La gabegie des AVS

Les Auxiliaires de Vie Scolaires sont bien souvent une pièce essentielle du dispositif de scolarisation des enfants handicapés en général, autistes en particulier. De nombreuses évolutions ont eu lieu, avec un récent décret permettant (enfin) de les pérenniser en CDI. Mais leurs effectifs n’augmentent pas au rythme des besoins, crise budgétaire oblige. En bout de chaîne, ce sont toujours les enfants qui trinquent.

D’abord, c’est classiquement la MDPH qui n’en attribue pas à l’enfant malgré des besoins actés en équipe de suivi de scolarisation, tant par les parents que par les enseignants. Ou qui rabote le nombre d’heures d’accompagnement sous des prétextes fallacieux comme « il faut qu’il apprenne à s’en passer ». Ensuite, c’est le rectorat qui ne respecte pas la décision de la MDPH, en diminuant encore le nombre d’heures. Ou même en ne recrutant personne du tout pour accompagner l’enfant, le privant bien souvent de scolarisation. Ou encore en affectant une AVS collective à plusieurs enfants censés avoir chacun leur AVS individuelle – et pas toujours dans la même classe, ni la même école !

Encore pire, on voit des situations de gabegie administrative au détriment des enfants. Ainsi, des AVS recrutées mais non affectées, alors même que des enfants en sont privés dans leur secteur géographique. Ou encore deux AVS positionnées sur le même poste tandis qu’un autre enfant n’en a pas. Quand ce n’est pas le directeur de l’école ou l’enseignant qui décide en toute illégalité, d’utiliser l’AVS au profit de toute la classe, ou même d’un autre enfant que celui qu’elle est censée aider,… ou à des tâches de secrétariat !

Le statut même des AVS, précaire et mal payé, fait office de repoussoir à tel point que les candidats potentiels ne sont pas assez nombreux même quand le rectorat a les budgets pour en embaucher. Il arrive souvent qu’ils démissionnent à peine embauché, ou après quelques semaines. Alors que des parents trouvent la perle rare, formée à l’autisme et prête à aider leur enfant, que le rectorat refusera d’embaucher. C’est ce genre de situations ridicules, ubuesques et préjudiciables à l’enfant, qui mène à des gestes désespérés des parents à bout de nerfs et de patience. Telle cette mère d’enfant autiste montée en haut d’une grue il y a quelques mois à Toulouse, ou ce père d’une petite fille dysphasique monté sur le toit de la mairie de Fontenilles.

Ce genre d’actes désespérés débouche d’ailleurs souvent sur un succès amer. En effet le rectorat, devant l’évidence d’une impasse juridique et le scandale médiatique, finit souvent par donner gain de cause aux familles. Mais en déshabillant Pierre pour habiller Paul : un autre enfant, aux parents moins bien informés, plus épuisés ou moins combattifs, sera privé de son AVS au profit du premier. Et aussi, parfois, en faisant preuve de mesquinerie rancunière pendant des années après l’évènement, en accumulant les brimades administratives sur la famille concernée.

 

La mauvaise volonté des enseignants

Le Ministère de l’Education Nationale a réalisé de gros efforts ces dernières années pour mieux inclure les enfants porteurs de handicaps, particulièrement les enfants autistes. Ainsi, des modules de formation à distance ont été mis en ligne, et des guides pour les enseignants comme pour les AVS sont disponibles sur les sites internet de l’INSHEA comme de la plupart des académies. On constate un changement de discours au niveau des Inspections Académiques. L’inclusion scolaire des autistes, jusqu’alors vécue comme une agression, semble maintenant acceptée comme un fait inévitable auquel il convient de faire face le mieux possible, même si c’est avec plus de résignation que d’enthousiasme.

De même, sur le terrain, on trouve nombre d’enseignants motivés et de bonne volonté, prêts à accueillir les enfants handicapés et à les aider du mieux qu’ils peuvent. Cependant, on ne peut que constater qu’une part non négligeable reste farouchement opposé à l’inclusion scolaire en milieu ordinaire des autistes, et ne recule devant rien, y compris l’illégalité, pour exclure ces enfants de l’école de la République.

Par exemple, on a vu cette année (comme les précédentes) des enfants refusés à l’école lorsque l’AVS est absente, ce qui est illégal. Des enfants privés d’AVS parce que l’enseignant prétend qu’il n’a rien (et que c’est un problème d’éducation), malgré le diagnostic posé par un service hospitalier réputé. Des enseignants qui refusent d’adapter leur pédagogie ou les exercices demandés aux spécificités des autistes, refusent de structurer l’environnement, d’utiliser quelques pictogrammes, refusent d’écouter les conseils des professionnels qui suivent les enfants, sous prétexte qu’ils sont maîtres dans leurs classes. D’autres qui n’acceptent l’enfant qu’une ou deux heures de temps en temps dans la semaine, au mépris de la notification de la MDPH et du droit à la scolarisation.

Certains enseignants, encore, refusent d’accepter la réalité d’un trouble comme la dyspraxie ; on va taxer l’enfant de fainéantise et sanctionner par des punitions. D’autres refusent de recevoir des intervenants extérieurs non « institutionnels », alors même que les familles n’ont trouvé des spécialistes compétents qu’en libéral, ou encore interdisent tout contact entre les parents et l’AVS, même répondre à un simple « alors comment ça s’est passé aujourd’hui »…

Beaucoup de familles prennent de plein fouet des phrases lapidaires comme « cet enfant n’a pas sa place à l’école, il serait bien mieux en milieu spécialisé » : nombre d’adolescents autistes viennent cette année d’obtenir leur brevet des collèges, après que leurs parents aient subi ce type de discours pendant des années… On tente aussi d’orienter en CLIS des enfants de haut niveau cognitif (avec des QI parfois bien supérieurs à ceux des enseignants) juste pour se débarrasser des "perturbateurs ». CLIS ou ULIS, d’ailleurs, dans lesquels l’inclusion se résume à une participation aux cours de sports et de musique, les autres enseignants de l’école ou du collège refusant les élèves handicapés dans leurs classes.

Certaines familles apprennent a posteriori qu'il il y a eu une sortie scolaire ou une fête à l'école et que leur enfant était le seul à ne pas avoir été prévenu. D’autres enfants handicapés se font moquer voire harceler par leurs camarades, sans que l’encadrement de l’école réagisse ; en revanche s’ils se rebiffent contre leurs tourmenteurs, la réaction est immédiate : « cet enfant est violent, il est dangereux pour ses camarades, il n’a pas sa place à l’école ».

Grande nouveauté du cru 2014, certains enfants sont refoulés de l’école ou du collège au motif de « manque de place ». A-t’on déjà vu des enfants entre 6 et 16 ans, non handicapés, refusés pour un tel motif ? Du coup, découragés, de plus en plus de parents se tournent vers le CNED et l’enseignement à domicile, contraints et forcés – au prix d’une perte de salaire d’un des parents.

Pour terminer ce tour d’horizon, nous décernons le « prix Liberté-Egalité-Fraternité » à l’équipe du collège qui, ce mois de septembre 2014, a cadenassé ses grilles au nez d’un enfant autiste et de sa mère plutôt que le laisser rentrer rejoindre ses camarades.

 

Les Unités d’Enseignement en Maternelle du Plan Autisme

Une autre nouveauté de cette rentrée, ce sont les Unités d’Enseignement du 3è Plan Autisme prévues pour les écoles maternelles. Il s’agit de classes spéciales, devant inclure 7 enfants autistes « trop lourdement atteints pour aller en classe ordinaire avec AVS ». Les enfants y recevront à la fois l’enseignement scolaire de maternelle, et des prises en charges éducatives conformes aux recommandations de la HAS de 2012 (type Denver, ABA ou TEACCH), ainsi que des prises en charges thérapeutiques comme l’orthophonie ou la psychomotricité. Le but affiché de ces classes est que progressivement l’enfant passe de plus en plus de temps dans une classe ordinaire de son école, pour à terme suivre une scolarité à 100% en milieu ordinaire.

Un cahier des charges particulièrement exemplaire a été établi par les services de Ministère de la Santé pour ces unités, conformément aux recommandations de la HAS. Ce cahier des charges devra être appliqué lors des appels à projets à émettre par les Agences Régionales de Santé pour l’ouverture des classes prévues en septembre 2015. En attendant, pour aller vite, certaines régions pilotes vont voir l’ouverture d’une trentaine de classes dès la rentrée 2014. Pour ce faire les ARS concernées ont été autorisées à attribuer les unités d’enseignements sans appel à projet, par extension de services existants. Le budget à la place étant très conséquent (environ 40000€ par an et par enfant), il y avait de quoi attirer les candidats.

Le processus de sélection pour cette première tranche, qui va être opérationnelle dès cette rentrée, est donc plutôt opaque et propre à autoriser n’importe quelle dérive, puisqu’il n’y a pas d’appel à projets permettant de s’assurer de l’adéquation au cahier des charges établi par le Gouvernement. Nous avons pu prendre connaissance des attributions des UE de la rentrée 2014 ; heureusement le tableau d’ensemble est plutôt rassurant. Une grosse moitié des projets sont en effet attribués à des gestionnaires associatifs connaissant les prises en charges éducatives recommandées, et sont réputés pour les appliquer. Plusieurs autres sont attribués à des gestionnaires non formés dans ce domaine mais de bonne volonté, aucune association en place dans le département concerné n’étant de toute façon à la fois capable de porter le projet tout en étant formé aux méthodes recommandées. Subsistent malgré tout quelques points noirs.

Certains projets ont été attribués à des organismes connus des associations de familles pour ne pas appliquer les recommandations de la HAS et s’inscrire dans une vision psychanalytique obsolète de l’autisme. Dans d’autres cas, le milieu pédopsychiatrique local, opposé au plan autisme, tente de dissuader les familles d’inscrire leur enfant dans ces unités, ou plus simplement pose des diagnostics obsolètes de « psychose infantile », ce qui fait que les MDPH sont étrangement incapables de trouver suffisamment d’enfants à y orienter. Heureusement les réseaux sociaux se sont révélés une aide inappréciable : l’information sur les places disponibles a pu être diffusée rapidement ce qui a permis de trouver des enfants au profil adéquat.

Une UE en particulier pose un problème épineux, celle du Val d’Oise. D’après nos informations elle a été attribuée par l’ARS d’Ile de France à un établissement appelé « la Clé pour l’Autisme » de la Fondation John Bost. Cette association n’est pas connue comme spécialiste des prises en charge recommandées par la HAS telle qu’ABA ou TEACCH, contrairement par exemple à l’AFG, qui va gérer l’UE de Paris, mais on peut supposer que des formations adaptées seront mises en place. En revanche il a été décidé que la supervision technique de cette UE serait assurée par l’association PreAut. PreAut rassemble des praticiens se revendiquant de la psychanalyse, tout en mettant en œuvre des diagnostics et interventions précoces à la fois psychanalytiques et à visée éducative voire développementales. On peut considérer que PreAut tente de réaliser une certaine synthèse entre les prises en charges développementales et la vision psychanalytique de l’autisme, ou d’adapter à cette vision psychanalytique les pratiques comportementalistes venues d’outre-Atlantique.

Il n’en reste pas moins que pour nombre de familles et d’associations concernées par l’autisme, PreAut reste avant tout une officine psychanalytique, alors même que la psychanalyse a été maintes fois discréditée dans la prise en charge de l’autisme et ne figure pas dans les interventions recommandées par la HAS en 2012. Du coup, plusieurs familles potentiellement candidates pour que leur enfant intègre l’UE du Val d’Oise ont préféré y renoncer. La situation est très gênante pour l’ARS d’Ile de France, désavouée par les familles des enfants qu’elle a pour rôle d’aider. A ce jour, toujours selon nos informations, l’Unité d’Enseignement du Val d’Oise devrait ouvrir avec seulement deux ou trois enfants au lieu des 7 prévus. L’ARS a tout pouvoir pour régler cette situation, y compris attribuer l’UE ou sa supervision a quelqu’un d’autre ; que fera-t’elle ?...

 

Conclusion : l’école inclusive c’est pour quand ?

La loi de 2005 aura bientôt 10 ans. Le scandale français de l’exclusion scolaire des autistes est dénoncé depuis bien plus longtemps par les associations, et a fait l’objet d’une n-ième condamnation par le Conseil de l’Europe début 2014. Le nombre d’enfants autistes scolarisés en milieu ordinaire progresse, mais trop lentement. On peine à décoller des 20%, contre 80% dans la plupart des pays civilisés ; on comprend pourquoi.

Des progrès sont indéniables. La volonté politique est enfin là, le plan autisme en atteste, ainsi que la création des Unités d’Enseignement de maternelle, première action concrète en faveur des autistes impliquant également le Ministère de l’Education Nationale. Les AVS font partie maintenant du paysage, même si leur statut reste perfectible et leur nombre insuffisant.

Mais ce sont aujourd’hui les mentalités qu’il faut changer. Il faut que les enseignants encore réfractaires comprennent qu’ils sont là aussi pour aider les enfants autistes, en prenant en compte leurs différences. On ne peut exiger d’un enfant autiste qu’il soit comme les autres, mais on peut faire en sorte qu’il trouve sa place parmi les autres. L’école française doit sortir de sa tendance normative qu’on lui reproche souvent et parvenir à aider tous les enfants avec leurs particularités. Pas seulement les autistes d’ailleurs, ni même les handicapés en général : tous les enfants, avec leurs spécificités et leurs façons différentes d’apprendre.

Il faut aussi prévoir les moyens nécessaires pour que cette inclusion se passe dans de bonnes conditions, en commençant par cesser de surcharger les classes. On pourrait prendre exemple sur l’Italie, ou la présence d’un élève handicapé dans une classe conduit automatiquement à diviser son effectif par 2. Ce serait une façon de motiver plus d’enseignants à accepter les élèves différents. Avec les 60000 postes en cours de création dans l’Education Nationale et la priorité affichée pour le primaire, c’est peut-être le bon moment pour mettre en œuvre une telle mesure.

Finalement c’est peut-être cette inclusion scolaire des autistes, si difficile à vivre pour tout le monde tant elle remet en cause l’ordre établi, qui fera éclater la sclérose actuelle de notre école, qui l’obligera à évoluer vers un nouveau modèle plus souple et équitable, et qui permettra à notre pays de remonter dans le classement PISA de l’OCDE. Les autistes sont peut-être la chance de l’école de la République.

 


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7 septembre 2014

Une progression qui doit encore faire des progrès

dimanche 7 septembre 2014

Analyse de l’interview donnée par Ségolène Neuville, Secrétaire d’État aux personnes handicapées, au Midi Libre.

 
Si, comme le dit Mme Neuville, les lois sont là, si des décisions importantes ont été prises, les moyens d’application sur le terrain sont encore loin des besoins ; nous sommes au milieu du gué.
Il n’y a pas encore de politique générale d’inclusion scolaire, bien que des parties en soient construites.
 
Les chiffres qu’elle cite à propos des inscriptions sur liste d’attente de l’Hérault pour les instituts (IME) et les services d’accompagnement (SESSAD) parlent de tous les handicaps pour les enfants et adolescents ; or elle ne donne en réponse que les moyens accordés au plan autisme pour les places (adultes donc je suppose également). Il convient toutefois de souligner que cela change de la langue de bois habituelle qu’une ministre ose faire le recensement du manque de solutions ! Pourtant, pour engager une politique, il faut d’abord recenser les besoins et l’offre… C’est donc une attitude encourageante.
 
Mais le plan autisme s’étale sur 3 ans, donc cela fait moins de 1.7 millions d’euros/an pour l’Hérault. Il y a plus d’un million d’habitants dans l’Hérault.
Si nous prenons pour l’autisme une prévalence de 1%, généralement admise, au moins 10 000 personnes sont concernées. Il y a donc moins de 170 € par an pour elles. C’est bien sûr très insuffisant.
 
En réalité, ce ne sont pas de places en institutions que nos enfants et adultes ont besoin, mais d’un changement de mentalité. D’une société inclusive. Cela commence à la crèche, à l’école. C’est donner bien plus de chances aux personnes d’être autonomes. Et ça coûte moins cher que d’avoir une société ségrégative.
 
Ici, un autre point de vue sur ce qu’il faudrait faire. Puisse un gouvernement s’en inspirer.
 

Merci à Marie-José pour m’avoir signalé l’article.

4 septembre 2014

Scolarisation des autistes: l'affiche ... Au-delà de nos différences !

autistes scolarisation

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