Trisomie 21, le cri d'une mère : «Le droit à la normalité de ma fille»
Par
Olivier Clavé
Publié le 22 novembre 2010 à 04h00
Mis à jour à 11h44
RéagirImprimerEnvoyer
Partager

L'avenir de sa fille, Madeleine
Soulagnet le voit « longtemps dans le milieu ordinaire » : « Je suis
fière de ma fille, de ce qu'elle est ». © olivier clavé
Au lendemain de la journée nationale de la trisomie, une mère de famille béarnaise témoigne de son quotidien.

Madeleine Soulagnet est mère de trois enfants dont la dernière,
Leslie, est trisomique. Cette femme se bat pour le droit à la normalité
de sa fille. Récit d'un quotidien pas comme les autres. « Je fais ce que
je dois faire pour mes enfants. Donc non, je ne suis pas une
battante », lance, directe, Madeleine Soulagnet. « La trisomie, pour
moi, ce n'est pas une maladie, c'est un état ».
« Je suis tombée enceinte de mon troisième enfant à 40 ans »,
raconte Madeleine. Les premiers tests s'avèrent mauvais. On lui
conseille alors l'amiosynthèse, test pouvant confirmer les soupçons de
trisomie mais pouvant également comporter des risques pour l'enfant.
Elle le refuse, ne voulant prendre aucun risque pour l'enfant.
« On m'a présenté la trisomie comme une catastrophe », relate la mère
de Leslie. D'où certaines angoisses avant la naissance. « Je ne savais
pas quelle serait ma réaction », explique celle qui aujourd'hui dit
avoir accueilli cet enfant comme les deux premiers. Dans sa famille, à
l'annonce du handicap de Leslie, c'est un « raz-de-marée ». Elle avait
gardé sous silence pendant des mois ce lourd secret. « Mes parents ne
savaient pas. Mon fils, le plus grand des trois, n'a pas accepté de la
voir immédiatement. Il disait : Ce n'est pas ma soeur ! », raconte non
sans émotions Madeleine. Aujourd'hui, le grand frère, âgé de 14 ans, a
totalement accepté sa petite soeur. Après quelques mois, Leslie est
placée en crèche à Nousty. « Ils ont été compréhensifs et tolérants.
Ils ont su m'écouter et m'accompagner dans la stimulation de Leslie. On a
travaillé en équipe », explique la mère. Un quotidien qui a été
possible également grâce à la participation de professionnels qui font
de la stimulation précoce. « Ce qui paye avec les enfants handicapés,
c'est d'anticiper. Mais également un travail quotidien où l'on répète
énormément les choses », explique Madeleine.
« Je consacre ma vie à mes enfants »
Madeleine veut que Leslie parte à l'école dès ces 2 ans. Toujours
dans un souci d'anticipation. « Il fallait que Leslie soit dans le bain
du langage », explique sa maman. Plus par intuition et par instinct que
par élimination, Madeleine choisit l'école du Joyeux Béarn à Pau. « J'ai
choisi cette école car elle me paraît adaptée de part sa petite
structure, mais aussi parce qu'elle prône l'intégration des enfants
handicapés », détaille Madeleine. Leslie aime l'école. De deux matinées
par semaine, planning initialement prévu, la petite y va désormais tous
les matins. L'après-midi étant consacré aux exercices de rééducation.
« Je consacre ma vie à mes enfants », lance cette mère courage. En
congé maternité jusqu'aux 3 ans de Leslie, Madeleine avoue ne pas savoir
quoi faire à la reprise du travail. Aide soignante de métier, elle
reconnaît avoir de nombreux projets pour s'occuper d'enfants handicapés.
« Mais à mi-temps, je veux continuer à m'occuper de Leslie ! ».
L'avenir de sa fille, Madeleine le voit « le plus longtemps dans le
milieu ordinaire ». Aujourd'hui acceptée de tous, les gens sont souvent
surpris par les progrès de Leslie. « Je suis fière de ma fille, de ce
qu'elle est ».
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2010/11/22/le-cri-d-une-mere-le-droit-a-la-normalite-de-ma-fille,167063.php