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"Au bonheur d'Elise"

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10 mars 2019

Handicap et protection de l’enfance : des placements abusifs

article publié dans l'Express

the-autist, publié le 09/03/2019 à 13:16

L’Association Francophone de Femmes Autistes dresse un état des lieux des mécanismes amenant l’aide sociale à l’enfance à la pratique de placements abusifs, notamment dans les familles les plus vulnérables, incomprises de part leur handicap.

Par Phan tom, membre de l’AFFA, 05 mars 2019

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Ce jour (05 mars 2019), Maître Sophie Janois, avocate experte en droit de la santé et particulièrement attachée au respect des droits des personnes avec autisme alerte les familles sur le besoin de faire connaître leur histoire au plus haut sommet de l’État.

« Mesdames, Messieurs, si, parent d’un enfant autiste ou TDAH, vous avez fait l’objet d’une IP ou d’un signalement au cours de ces dernières années :

Madame la « déléguée interministérielle à la stratégie nationale pour l’autisme », Claire COMPAGNON, manquerait de témoignages pour attester de la réalité des informations préoccupantes et signalements dont les parents d’enfant autiste ou TDAH font l’objet.

En effet, un parent d’enfant autiste ou TDAH, souhaitant défendre les droits fondamentaux de son enfant, peut être la cible des institutions et devenir l’objet d’une information préoccupante (IP). Les services de l’aide sociale à l’enfance, ignorant les problématiques liées à autisme, rendent des rapports à charge, souvent contre les mères, niant les diagnostics et estimant que les troubles des enfants sont liés à une carence éducative.

Au cours de ces dernières années, vous avez pu m’accorder votre confiance pour vous défendre devant un juge des enfants ou simplement vous conseiller dans le cadre d’une IP. Etant soumise au secret professionnel, je ne suis pas en mesure de témoigner pour vous. Il me semble néanmoins nécessaire et urgent que vous puissiez vous mobiliser pour lui écrire un mail et relater même brièvement votre histoire, de sorte que cette injustice soit reconnue par le gouvernement comme une des priorités de la stratégie autisme.

Comptant sur votre mobilisation, je vous prie de recevoir mes meilleurs sentiments. »

1. Le fonctionnement de la protection de l’enfance

En France le système de protection de l’enfance est dual : il concerne dans un premier temps l’autorité administrative représentée par les Conseils Départementaux et dans un second temps l’autorité judiciaire représentée par le procureur et le juge des enfants.

Il y a une priorité d’intervention des Conseils Départementaux en matière de protection de l’enfance, l’intervention de l’autorité judiciaire n’est normalement requise qu’en dernier recourt, si les services du Conseil Départemental n’ont pu remédier à une situation de danger pour l’enfant.

Selon l’article article L. 226-4 du CASF la saisie du juge des enfants ne se fait que selon trois cas de figures :

  • Si la protection administrative n’est pas efficace.

  • Si les parents refusent les mesures d’aide proposées.

  • Si l’évaluation de la situation n’a pas été possible.

Au début du processus de protection de l’enfance, il y a une alerte qui concerne un enfant potentiellement en danger, qui émane généralement de l’Éducation Nationale (un professeur, CPE, directeur d’établissement…) , de l’hôpital, hôpital de jour, des CMP, des médecins libéraux mais qui peut aussi être fait par un particulier.

Cette alerte donne lieu à une Information préoccupante (IP) qui est définit par le décret du 7 novembre 2013 : «L’information préoccupante est une information transmise à la cellule départementale pour alerter le président du conseil général sur la situation d’un mineur, bénéficiant ou non d’un accompagnement, pouvant laisser craindre que sa santé, sa sécurité ou sa moralité sont en danger ou en risque de l’être ou que les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises ou en risquent de l’être. La finalité de cette transmission est d’évaluer la situation d’un mineur et de déterminer les actions de protection et d’aide dont ce mineur et sa famille peuvent bénéficier.»

La cellule de signalement a pour mission de :

  • Recueillir l’ensemble des IP du département.

  • Analyser le contenu de ces IP.

  • Demander une enquête pour avoir davantage d’éléments permettant d’apprécier la situation;

  • La cellule départementale transmet des données «anonymisées» à l’observatoire départemental, ainsi qu’à l’Observatoire national de l’enfance en danger.

À la suite de l’enquête trois options sont possibles pour la cellule de signalement :

  • Classer l’affaire sans suite s’il n’y a aucune preuve de mise en danger de l’enfant.

  • Proposer une protection administrative : la proposition de la mise en place ou le maintien d’un accompagnement et d’un soutien dans le cadre de la prévention socio-éducative, médico-sociale ou sanitaire (par exemple, accompagnement social, soutien à la parentalité, suivi par la PMI, etc.)

  • En cas de danger pour l’enfant, l’article 12 de la loi réformant la protection de l’enfance s’applique et Le président du conseil général avise sans délai le procureur de la République. Celui-ci peut ordonner le placement des enfants en foyer.

En théorie, ce système a été mis en place pour protéger les enfants et devrait permettre une meilleure détection des enfants concernés et des mesures rapides et efficaces en cas de danger avéré.

Malheureusement, le système décrit ci-dessus s’est transformé en machine à broyer des familles bienveillantes car il comporte un nombre important de failles, permettant à différents acteurs de ce processus de s’appuyer sur des preuves peu tangibles de danger.

Cela abouti à des situations dramatiques ou des enfants sont retirés de leur famille aimante pour être placés dans des lieux inadaptés.

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2. Les personnes autistes davantage fragilisées par ce système

Le cas des enfants autistes

Selon la note de la [simple_tooltip content=’Fédération Nationale des Associations au Service des Élèves Présentant une Situation de Handicap‘]FNASEPH[/simple_tooltip] les enfants handicapés sont sept fois plus souvent victimes d’une IP. Parmi les enfants en situation de handicap, les enfants autistes sont particulièrement à risque pour diverses raisons :

a) Parce que les professionnels de l’[simple_tooltip content=’Aide sociale à l’enfance‘]ASE[/simple_tooltip] ne connaissent pas ou peu les manifestations de l’autisme. Ainsi, les troubles du comportement des enfants sont trop souvent interprétés comme un défaut d’autorité parentale, voir comme des maltraitances.

C’est le cas notamment lorsque les enfants refusent de s’habiller ou de s’alimenter ou le font de manière particulière. Les enfants autistes peuvent aussi se blesser par maladresse ou s’automutiler pour essayer de réguler leurs angoisses. Ils peuvent être réticents aux soins d’hygiène quotidiens, comme la douche, le brossage des dents ou le fait de se coiffer.

Les services sociaux y verront des enfants capricieux, colériques et/ou des parents négligents ou dangereux. Les professionnels ne reconnaissent pas l’autisme de l’enfant et accusent le parent (souvent la mère) d’un syndrome de Münchhausen par procuration (trouble psychiatrique théorique qui conduirait les parents à maltraiter leur enfant afin de susciter l’attention du corps médical).

b) Parce que les professionnels de l’ASE ne connaissent pas ou peu les causes de l’autisme. Ils sont souvent imprégnés des théories psychanalytiques qui sont encore enseignées dans les Instituts de Travailleurs Sociaux. Les assistants de services sociaux ou éducateurs chargés de l’enquête pourront être d’emblée suspicieux envers les parents, surtout la mère.

Dans les théories psychanalytiques, le comportement de la mère à l’égard de l’enfant est perçu comme trop distant (mère frigidaire) ou trop proche (mère fusionnelle) et empêche le développement « normal » de l’enfant.

La décision de « placer » l’enfant est ainsi justifiée et cette mise à distance devrait permettre de résoudre les problèmes de comportement observés lors de l’enquête.

c) Parce qu’en premier lieu, les professionnels de santé eux-mêmes ne connaissent pas bien l’autisme. Les enfants peuvent en présenter toutes les caractéristiques (difficultés de communication et d’interaction sociale ainsi que les comportements répétitifs et restreints), il est néanmoins compliqué d’obtenir un diagnostic.

Les CRA étant désormais réservés au diagnostic des cas jugés « complexes » depuis le décret de 2016, ce sont les CMP, CMPP, CAMSP qui sont en première ligne pour établir un diagnostic. Les professionnels de santé qui travaillent dans ces institutions sont formés aux mêmes théories psychanalytiques que les travailleurs sociaux et ont donc les mêmes travers : accusation des parents, refus de diagnostic, manque de compétence pour déceler les premiers signes de l’autisme.

Ainsi, les professionnels de santé souvent à l’origine des IP, ou chargés d’une expertise psychiatrique des parents, et les professionnels des services sociaux chargés de l’enquête, sont synchronisés sur une vision archaïque de l’autisme que la science a depuis longtemps révoqué.

En témoigne les recommandation de la HAS qui en 2012 a désavoué les théories psychanalytiques dans sa publication des Recommandations des Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP) sur l’Autisme et autres troubles envahissants du développement, interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent.

Le cas des parents autistes

Face à l’organisation de ce système, les parents autistes plus que les autres sont victimes d’une discrimination liée à leur handicap car le fait d’être autiste renforce les suspicions et les jugements des travailleurs sociaux et des juges.

L’autisme se caractérisant par des troubles de la communication et des interactions, les parents autistes ne peuvent pas toujours se défendre correctement face à certaines accusations où ils peuvent donner une « mauvaise impression » :

a) Concernant l’usage des moyens de communication non verbaux :

  • L’utilisation du regard pour amorcer ou réguler les interactions est absent ou diffère de l’utilisation qu’en font les personnes non autiste : regard périphérique (la personne regarde de côté au lieu de regarder son interlocuteur dans les yeux), regard qui ne se fixe pas sur les personnes ou non coordonné avec les autres signaux sociaux.

  • Les expressions du visage peuvent être incohérentes avec la situation (sourire lorsqu’une personne pleure), elles peuvent être atténuées ou inexistantes (donner l’impression que le visage est figé comme déconnecté du contexte) ou au contraire les expressions peuvent être exagérées.

  • L’intonation peut être monocorde avec peu de variation dans le ton de la voix de manière générale et des difficultés à adapter le ton au contexte : avoir une voix triste ou joyeuse selon les interactions immédiates.

  • Les parents autistes peuvent dire certaines choses sans détour au travailleur social au moment de l’enquête « vous ne connaissez rien à l’autisme », « les professionnels du CMP ne sont pas compétents » ou se positionner en expert « selon le CASF, article n°… je sais que vous n’avez pas le droit de… », « la dernière recommandation de la HAS en matière d’autisme préconise que… ». Dans les deux cas, ça ne sera que rarement apprécié comme une qualité par les travailleurs sociaux.

b) Concernant les interactions sociales :

  • Les personnes autistes peuvent avoir des difficultés à identifier les rôles d’émetteur et de récepteur lors d’une conversation avec autrui. C’est ainsi que parfois, elles ne répondent pas à une question qui leur est adressée car elles n’ont pas compris qu’elles en étaient l’interlocuteur principal et qu’il était attendu qu’elles parlent en retour. Cela peut donner l’impression qu’elles ne sont pas intéressées par la conversation alors que ça n’est pas le cas : elles n’ont simplement pas compris que la phrase s’adressait à elles.

  • Les personnes autistes font aussi peu de commentaires sur les propos tenus par leur interlocuteur. Elles ne donnent pas d’information sur leur niveau de compréhension ou d’incompréhension d’un message et appuient peu les propos des autres par des relances ou des phrases de confirmation. La communication et les interactions sociales donnent alors l’impression d’être à sens unique et la personne autiste semble être un récepteur passif.

  • Elles peuvent rencontrer des difficultés à sélectionner l’information pertinente parmi plusieurs proposées dans une conversation et ont tendance de ce fait à trop développer un sujet alors que le contexte ne s’y prête pas ou au contraire pas assez. Elles peuvent répéter plusieurs fois une même information.

Ce mode particulier de communication propre aux personnes autistes est à l’origine d’incompréhension entre les parents autistes et les services sociaux qui vont interpréter cette communication différente au regard des codes de communication de la norme et conclure que le parent n’a pas ou peu d’affect et de sentiments, qu’il ne comprend pas les propos qui lui sont tenus ou qu’il est fuyant dans l’interaction.

De plus, l’autisme est vu comme une déficience et les compétences des parents ne sont pas reconnues du fait de leur handicap. Les mères autistes (mais également les pères) doivent composer avec leurs spécificités dans une société peu adaptée, peu ouverte à la différence et où l’étiquette d’autisme fait peur.

Pourtant, les personnes autistes ne sont pas un conglomérat d’incapacités et de déficits : elles ont un sens du détail très développé, un souci de la perfection, des compétences ultra spécialisées dans un ou des domaines particuliers, elles ont des valeurs fortes (tolérance, ouverture d’esprit, loyauté…), elles ont une très bonne mémoire, aiment suivre les règles, sont ponctuelles, etc.

Ces compétences, qui commencent seulement à être vues comme des atouts dans le monde professionnel, sont complètement ignorées dans le secteur de l’enfance et de la famille.

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3. Quis custodiet ipsos custodes ?

« Mais qui gardera ces gardiens ? », autrement dit, qui veille sur les personnes quand le système ne fonctionne pas ? Qui veille sur les parents autistes et leurs enfants autistes quand ceux qui sont sensés les accompagner et les protéger sont eux-mêmes les auteurs de telles discriminations ?

Le système permet les failles décrites ci-dessus pour différentes raisons :

  • Parce que les textes de lois sont vagues, ils laissent la place à l’interprétation. C’est le cas par exemple de la définition de la notion de danger ou de risque de l’enfant. L’ANAS (Association Nationale des Assistants de Service Social) a vivement critiqué cette définition de l’information préoccupante : « La définition mentionne une information « pouvant laisser craindre que sa santé, sa sécurité ou sa moralité sont en danger…». Cette notion de crainte fait appel au registre de l’émotion comme critère de décision de transmission (…) ».

  • Parce que les juges des enfants ont une forte tendance à se ranger aux conclusions des services sociaux car ils ne seront jamais inquiétés s’ils ont placé un enfant qui ne nécessitait pas cette mesure, mais ils pourraient être accusés de n’avoir pas protégé un enfant en cas de maltraitance avérée.

En premier lieu ce sont les associations qui se sont inquiétées de ce phénomène de placement abusif des enfants en situation de handicap (et autistes en particulier) et qui ont rendu cela visible auprès du grand public.

Le défenseur des droits, alerté par plusieurs situations, a consacré son rapport de 2015 « handicap et protection de l’enfance, des droits pour des enfants invisibles » à la thématique du non respect du droit pour les enfants handicapés.

L’ONU a invité la France à s’expliquer sur ses manquements au respect des droits de l’enfant autiste. Depuis 2004, notre pays a en outre été condamné cinq fois par le Conseil de l’Europe, notamment pour «  discrimination à l’égard des enfants autistes, défaut d’éducation, de scolarisation et de formation professionnelle  ».

Pour autant, aujourd’hui, la protection de l’enfance n’a toujours pas été réformée alors même qu’elle systémise des discriminations inacceptables dans notre société. Les erreurs judiciaires en la matière ne sont malheureusement pas des cas isolés, mais un risque quasi inhérent à toute famille ayant un enfant autiste.

psychanalyse, protection de l'enfance, autisme, placements abusifs, information préoccupante

Sources 

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10 mars 2019

Grilles d'observation pour l'aide à l'accompagnement éducatif en milieu scolaire pour des élèves présentant un TSA...

 

Grilles d'observation pour l'aide à l'accompagnement éducatif en milieu scolaire pour des élèves présentant un TSA, en école maternelle et primaire | CRA

Depuis plusieurs années, des professionnels de différents SESSAD des départements du Nord et du Pas de Calais accompagnant des enfants présentant un TSA se réunissent au CRA. Leurs réflexions et leurs expériences les ont amenés à la nécessité de disposer d'un outil permettant d'observer les compétences et les difficultés de ces enfants scolarisés en milieu ordinaire, et dans un premier temps, en maternelle.

http://www.cra-npdc.fr

 

8 mars 2019

Handicap, un rapport de l’ONU appelle la France à fermer les établissements spécialisés

article publié sur Vivre FM

7 mars 2019 à 07:20

Accessibilité des lieux publics, scolarisation des élèves handicapés ou encore accès à la citoyenneté… la rapporteure des Nations unies sur les droits des personnes handicapées pointe les « lacunes » de la France. Le rapport publié fin février confirme les mises en garde de Catalina Devandas Agular qui avait effectué une visite de dix jours dans l’Hexagone en octobre 2017.

100 000 enfants et 200 000 adultes environ, c’est le nombre de personnes handicapées qui vivent dans des établissements spécialisés. Pour la rapporteure des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, il faut purement et simplement fermer ces structures d’accueil. Catalina Devandas Agular propose de transformer les établissements en services de proximité et de créer des lieux de vie autonomes. Cette « désinstitutionnalisation » permettrait aux personnes handicapées de vivre de façon autonome et dans la société. Le rapport se base sur une visite de dix jours de la rapporteure de l’Onu en France. C’était en octobre 2017 et à l'époque la Costa ricaine rappelait déjà qu' « il n'existe pas de bons établissements ». Le texte est au programme de la 40e session du Conseil des droits de l'homme qui se déroule à Genève depuis le 25 février.

Accessibilité universelle, la loi remise en cause

Le rapport pointe le retard de la France en matière d’accessibilité universelle. Normalement tous les lieux publics devaient être mis aux normes en janvier 2015. Mais voilà les gouvernements de Manuel Valls et d’Edouard Philippe ont adopté des amendements et des lois pour retarder cela et créer des exceptions. En 2018 la loi ELAN a ainsi limité l’obligation en matière d’accessibilité des logements à 20 % des constructions. Autre secteur défaillant, la scolarisation des élèves handicapés : Le rapport dénombre 12 000 enfants sans solution et 40 000 jeunes autistes déscolarisés. La rapporteure de l’Onu critique même la loi handicap de 2005. Selon Catalina Devandas Agular, ce texte ne se fonde pas suffisamment sur les droits humains et l’élimination des obstacles pour y accéder. Le rapport rappelle que notre pays est signataire de la Convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, en 2010 et il précise que ce texte prime sur le droit français.

Le rapport de la rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées

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La rapporteure de l'ONU sur le handicap : « Il n'existe pas de bons établissements »

Désinstitutionnaliser au nom de l'inclusion : réactions aux propositions de la rapporteure des Nations unies

Faut-il fermer les établissements en France ?

8 mars 2019

"J'ai offert la mort à mon fils" handicapé : le témoignage d'une mère ne passe pas

 

"J'ai offert la mort à mon fils" handicapé : le témoignage d'une mère ne passe pas

"Je m'appelle Anne Ratier et je vais vous expliquer pourquoi j'ai décidé d'offrir la mort à mon fils Frédéric." Les yeux droits dans l'objectif, le visage impassible, Anne Ratier, mère d'un enfant lourdement handicapé depuis la naissance, s'apprête à raconter comment, à l'aide de médicaments, elle a provoqué la mort de son fils de trois ans, en 1987.

https://www.lexpress.fr

 

8 mars 2019

"Regarde-moi" : un drame émouvant sur l'autisme

 

"Regarde-moi" : un drame émouvant sur l'autisme

L'émouvant film tunisien "Regarde-moi", de Nejib Belkadhi, présenté le 1er mars 2019 en compétition au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), explore l'acceptation de la différence, celle d'un enfant autiste. 1 mars 2019 * Par L'AFP pour Handicap.fr Lofti, quadragénaire tunisien, a abandonné son épouse et son bébé autiste pour refaire sa vie en France.

https://informations.handicap.fr

 

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7 mars 2019

Des facs Aspie-Friendly pour accompagner les jeunes autistes

 

Des facs 'Aspie-Friendly' pour accompagner les jeunes autistes

On les appelle les "Aspies". Un nom inspiré par le syndrome d'Asperger, pour désigner les personnes autistes sans déficit intellectuel. Aujourd'hui, en France, 1 % de la population serait concernée, et pourtant moins de 500 étudiants porteurs de ce trouble du spectre autistique sont inscrits dans l'enseignement supérieur.

https://www.letudiant.fr

 

7 mars 2019

L'illusion d'élitisme en autisme

 

BLOGUE L'illusion d'élitisme en autisme

L'autisme est un diagnostic en constant essor depuis les dernières années tant chez les enfants que chez les adultes. Tristement, par méconnaissance, jugements et craintes de stigmatisation, une certaine forme de hiérarchisation s'est installée au fil des années en matière d'autisme.

https://quebec.huffingtonpost.ca

 

7 mars 2019

Les majeurs sous tutelle peuvent désormais voter sans exception

article publié dans Faire Face

Les majeurs sous tutelle récupèrent immédiatement leur droit de vote. Ils pourront donc déposer leur bulletin dans l'urne dès les élections européennes le 26 mai prochain.

Lire aussi

Les majeurs protégés ne pourront plus se voir supprimer leur droit de vote par le juge des tutelles. Ils auront aussi la possibilité de décider seul(e)s de se marier,  conclure un Pacs ou consentir à divorcer.

Aux urnes citoyens sous tutelle ! Tous les majeurs protégés sont désormais autorisés à voter, comme Emmanuel Macron s’y était engagé. Sans aucune exception. Jusqu’à présent, lorsqu’il ouvrait ou renouvelait une mesure de tutelle, le juge statuait sur le maintien ou la suppression de leur droit de vote.

Plus de 350 000 Français étaient ainsi soumis à une évaluation de leur capacité électorale. Un quart à un tiers d’entre eux étaient privés de leur voix. La loi de réforme pour la justice, adoptée par le Parlement le 18 février, a supprimé cette disposition du code électoral.

Jusqu’au 16 mai pour s’inscrire sur les listes électorales

Les majeurs sous tutelle récupèrent immédiatement leur droit de vote. Ils pourront donc déposer leur bulletin dans l’urne dès les élections européennes sous réserve de s’inscrire sur les listes électorales.

La date limite d’inscription est fixée au 31 mars 2019. Les majeurs protégés bénéficient toutefois d’un délai supplémentaire. Ils ont jusqu’au 16 mai 2019, au titre de la dérogation édictée au 5e point de l’article L30 du code électoral.

Pas de procuration pour les travailleurs à leur service

Pour prévenir d’éventuels abus, la loi encadre toutefois les procurations. Elles ne pourront être établies au nom des personnes accueillant, intervenant ou prenant en charge les majeurs en tutelle dans les établissements sociaux, médico-sociaux et sanitaires. Ni à celles travaillant à leur service. Pas plus qu’aux aux mandataires judiciaires à la protection des majeurs.

Des droits pour la vie privée

Le tuteur ou curateur ne pourra s’opposer au mariage qu’en cas de suspicion d’abus.

La loi introduit également des avancées pour les droits matrimoniaux des personnes protégés. Elles pourront désormais prendre seules la décision de se marier, de conclure un pacte civil de solidarité (Pacs) ou de consentir à divorcer.

Leur tuteur ou curateur a toutefois le droit de former opposition au mariage s’il apparaît que le majeur sous sa protection est victime d’un abus. Et c’est à lui que revient le choix du régime matrimonial.

Pour le divorce, la personne protégée peut accepter seule le principe de la rupture du mariage. Le majeur en curatelle exercera lui-même l’action en divorce, avec l’assistance de son curateur. Le majeur sous tutelle sera, lui, représenté par son tuteur.

7 mars 2019

Handicap - Le droit à la scolarisation en milieu ordinaire n'est pas sans limites

5 mar 2019
Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

 

Une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) donne raison à une CDAPH qui avait refusé un accueil en milieu ordinaire (en l'occurrence dans une Clis) au profit d'un accueil en institut médico-éducatif (IME).

Dans une décision du 24 janvier 2019, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) apporte des précisions importantes sur les limites qui peuvent être posées à la scolarisation des enfants handicapées en milieu ordinaire, même avec le soutien de dispositifs d'accompagnement. Si la Cour ne remet évidemment pas en cause le principe de l'école inclusive, elle admet néanmoins que celle-ci n'est pas forcément adaptée à tous les cas de figure et qu'un accueil en structure spécialisée - en l'occurrence un institut médico-éducatif (IME) - peut être proposé sans porter atteinte pour autant aux droits de l'enfant et de ses parents.

Le refus de la CDAPH d'une scolarisation en milieu ordinaire est-il légitime ?

En l'espèce, la mère d'un enfant autiste né en septembre 2002 demande, en avril 2011, à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) d'Ille-et-Vilaine que son enfant bénéficie d'un parcours de scolarisation et soit orienté en classe pour l'inclusion scolaire (Clis), avec un accompagnement en service d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad). Après instruction par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), la CDAPH rejette cette demande et préconise une orientation en IME avec accompagnement d'une auxiliaire de vie scolaire (AVS) et mise en œuvre de différents dispositifs éducatifs. Dans l'attente qu'une place se libère, l'enfant est pris en charge en hôpital de jour.

Une décision aussitôt contestée devant le tribunal du contentieux de l'incapacité (TCI) de Rennes, puis devant la Cour nationale de l'incapacité et de la tarification de l'assurance des accidents du travail (CNITAAT) et, enfin, devant la Cour de cassation, qui rejette le pourvoi par un arrêt du 7 juillet 2016. L'arrêt considère notamment qu'une orientation vers un IME, avec l'accompagnement d'une assistante de vie scolaire (AVS) sur le temps de vie scolaire et avec la mise en place prioritaire de méthodes éducatives, reflète la synthèse des préconisations des différents experts intervenus au cours de la procédure et correspond à l'intérêt de l'enfant.

Pas de "négation systémique" du droit à l'instruction

Dans sa décision, la CEDH se range aux conclusions précédentes. Elle observe d'abord, "à titre liminaire, que le droit français garantit le droit à l'éducation des enfants en situation de handicap". La législation prévoit en priorité une scolarisation des enfants et adolescents autistes dans des établissements de droit commun, grâce à l'assistance d'auxiliaires de vie, ou une scolarisation en classe spécifique comme les Clis. Le droit français prévoit également la mise en place de structures et de mécanismes permettant d'assurer un enseignement spécialisé. La CEDH estime donc que "le droit d'accès à l'instruction des enfants en situation de handicap est ainsi garanti de jure par le système éducatif français, que ce soit sous la forme d'une éducation spéciale dans des établissements spéciaux comme les IME ou d'une éducation inclusive au sein des écoles ordinaires".

Dans le cas d'espèce, la CEDH constate que, s'appuyant sur plusieurs expertises, "les juridictions nationales ont opté, s'agissant du fils de la requérante, pour une scolarisation en milieu spécialisé au sein d'un IME avec des méthodes adaptées à son handicap, telles que celles préconisées par les experts". Elle constate aussi que "l'orientation ainsi retenue permet à cet adolescent de bénéficier d'une prise en charge adaptée à ses troubles autistiques, comprenant un temps de scolarité".

Dans ces conditions, "la Cour estime que le refus d'admettre le fils de la requérante en milieu scolaire ordinaire ne saurait constituer un manquement de l'Etat à ses obligations au titre de l'article 2 du Protocole n°1 ni une négation systémique de son droit à l'instruction en raison de son handicap".

Références : Cour européenne des droits de l'Homme, décision n°2282/17 du 24 janvier 2019, Dupin c/ la France.

7 mars 2019

Une étude sur 650.000 enfants confirme (de nouveau) que le vaccin ROR ne cause pas l'autisme

article publié dans Le Nouvel Observateur  

vaccin contre la rougeole

Vaccin contre la rougeole en Colombie, le 21 mars 2018 (photo d'illustration). (Schneyder Mendoza / AFP)

L'étude a pris en compte les données de l'ensemble des enfants danois nés de 1999 à 2010, suivis jusqu'en 2013.

Une très grande étude portant sur plus de 650.000 enfants danois suivis sur plus d'une décennie est parvenue à la même conclusion que plusieurs études précédentes : le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) n'augmente pas le risque d'autisme.

L'étude a pris en compte les données de l'ensemble des enfants danois nés de 1999 à 2010, suivis jusqu'en 2013. Les chercheurs ont comparé le nombre d'enfants ayant reçu un diagnostic d'autisme parmi les vaccinés et les non-vaccinés, et n'ont trouvé aucune différence.

"L'étude soutient fortement le fait que le vaccin MMR [Measles-Mumps-Rubeolus, le nom utilisé dans les pays anglo-saxons notamment, NDRL] n'augmente pas le risque d'autisme, ne déclenche pas l'autisme chez les enfants susceptibles [ayant des facteurs de risque, NDLR], et n'est pas associé avec un regroupement de cas d'autisme après la vaccination", écrivent les chercheurs, dans l'étude publiée dans les Annales de Médecine interne aux Etats-Unis.

Les auteurs soulignent que leurs travaux renforcent notamment une étude de 2002 portant sur 537.000 enfants danois. Ils citent aussi dix études menées sur les vaccins sur les enfants, dont six spécifiquement sur le vaccin MMR, qui n'ont trouvé aucun lien.

Les centaines de milliers d'enfants ainsi étudiés, sur des années, sont à comparer à la petite étude de 1998 souvent citée par les anti-vaccins comme montrant un lien entre MMR et autisme, et qui ne portait que sur 12 enfants. Cette étude a été rétractée par la revue médicale qui l'avait publiée, l'auteur, qui avait falsifié les résultats, a perdu sa licence médicale, mais elle continue d'être citée par les militants anti-vaccins.

Flambée de rougeoles

Cette étude intervient alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment alerté sur une flambée de rougeole dans le monde en 2018, avec un bond d'environ 50% des cas signalés par rapport à 2017.

La rougeole est une maladie grave et très contagieuse, qui peut être prévenue par deux doses d'un vaccin "sûr et efficace", selon l'OMS, qui déplore la diffusion de fausses informations sur le vaccin, notamment dans les pays riches.

Vendredi dernier, l'Unicef a à son tour tiré la sonnette d'alarme devant la recrudescence de la rougeole dans le monde, avec 98 pays ayant signalé un plus grand nombre de cas en 2018 par rapport à 2017.

6 mars 2019

Handicap et éducation dans l’Eure : un colloque pour une école inclusive

article publié sur actu.fr

Le Réseau école inclusive 27 organise un colloque sur l'école inclusive à Évreux. Comme Théo à Courbépine, ils sont des milliers d'enfants à être scolarisés, non sans difficultés.

77% des élèves en situation de handicap scolarisés, le sont en milieu ordinaire (© Pixabay).77% des élèves en situation de handicap scolarisés, le sont en milieu ordinaire (© Pixabay).

Ils étaient 13 000 élèves normands, à la rentrée 2018, inscrits à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et scolarisés dans les écoles ordinaires. Le colloque organisé par le Réseau école inclusive 27 vise à débattre des meilleurs moyens d’action pour améliorer leur quotidien.

Parcours du combattant

Et pour certains, le simple fait de rester au sein d’un établissement classique ressemble fort à un parcours du combattant. Manque d’assistants de vie scolaire (AVS), démarches administratives longues et complexes, manque de formation d’enseignants déjà très sollicités…

Mère du jeune Théo, Émilie doit ainsi constamment se battre pour que son fils bénéficie d’un suivi adapté :

C’est usant. Comme son handicap n’est pas physique, il est difficile à voir, à comprendre et à faire reconnaître.

Habitant de Courbépine dans l’Eure, le garçon de 11 ans présente un trouble déficitaire de la concentration, associé à ce qu’on appelle un « multi-dys » : dyslexie, dysorthographie ou encore troubles du langage. Diagnostiqué à 7 ans, Théo bénéficie de l’accompagnement d’une AVS à raison de 12 heures par semaine, pour l’aider à comprendre les consignes, noter ses devoirs ou faire ses rédactions.

Lire aussi : La Normandie manque d’AVS : qui sont ces femmes pour lesquelles des parents sont prêts à s’enchaîner ?

Des AVS peu nombreux et précaires

Sa mère, aide-soignante, travaille à temps partiel pour pouvoir accompagner son fils à ses rendez-vous médicaux. Elle a fait des pieds et des mains pour que Théo puisse intégrer l’école traditionnelle dans de bonnes conditions. « Je me suis battue et j’ai eu l’AVS, mais certaines mamans n’ont pas eu cette chance. »

« Lors de la dernière rentrée scolaire, des dizaines de parents ont dénoncé l’absence de l’AVS attendue pour accompagner à l’école leur enfant en situation de handicap, confirme Michel Miklarz, de l’Apajh.

L’académie de Rouen a connu une rentrée 2018 chaotique en la matière : en septembre dernier, 20 % des accompagnants étaient encore en attente d’affectation au lendemain de la rentrée.

Des AVS qui protestent régulièrement contre la précarité de leur métier, malgré des annonces du gouvernement censées les apaiser : « les AESH [accompagnant d’élèves en situation de handicap, ndlr] sont maintenus dans une précarisation de laquelle toute revalorisation salariale, tout statut, toute titularisation, toute reconnaissance et amélioration des conditions de travail sont éludées », dénonçait la CGT dans un communiqué du 11 février.

Lire aussi : Affectation des accompagnants des élèves handicapés : une rentrée chaotique dans l’académie de Rouen

Des pistes de solutions

« Mais rendre l’école inclusive va au-delà de la présence des AVS », rappelle l’Apajh.

Le 1er mars, l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Normandie et l’Académie de Rouen ont lancé une démarche Pour une école accessible à tous. « Il s’agit d’accompagner les établissements médico-sociaux dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles, […] afin que 80 % des enfants scolarisés en établissement spécialisé bénéficient d’une modalité de scolarisation en milieu ordinaire d’ici 2022, conformément à la cible nationale. »

Pour Émilie, les solutions existent : « mieux former les enseignants », « simplifier les dossiers MDPH », s’assurer que les classes ne sont pas surchargées, ou encore valoriser le travail des accompagnants… autant de pistes qui seront explorées lors de ce colloque.

 

Colloque Ensemble construisons l’école inclusive dans l’Eure : mercredi 6 mars de 13 h 30 à 17 h, salle des conférences de l’Hôtel du Département. Infos : 06 07 01 03 88 ou sur Facebook.

6 mars 2019

Teaser #1 Vidéo de Handéo : Comment communiquer avec un enfant autiste ?

Ajoutée le 5 mars 2019
Teaser #1 🗨 Comment communiquer avec un enfant autiste ? Découvrez bientôt la vidéo animée de Handéo… 🎤 En attendant, visionner un extrait de la vidéo après l’interview de Danièle Langloys, experte-usager autisme ▶ Pour en savoir encore plus rendez-vous sur : http://www.handeo.fr/actualites/video...
6 mars 2019

Le phallus et le néant : le film d’utilité et de salubrité publique de Sophie Robert !

article publié sur inclusion à l'école

Le Phallus et le Neant Affichele phallus et le néant

 

5 mars 2019 · LECTURES ET FILMS

Ce documentaire devait être le premier d’une série sur la psychanalyse. Mais c’est « Le Mur » qui dénonçait le traitement psychanalytique de l’autisme qui a fait connaître Sophie Robert en donnant un coup de pied salutaire dans la fourmilière opaque et nocive d’une psychanalyse viscéralement sexiste. Une psychanalyse érigée en pseudo- science avec ses intégristes a été la cause d’un retard considérable dans prise en charge de l’autisme en France.

Pour ce second opus, Sophie ROBERT a retenu 18 psychanalystes freudiens et lacaniens orthodoxes, elle en avait interrogé 52 ! Elle décortique et met en avant les dérives sexistes/homophobes/pédophiles du discours freudien-lacanien orthodoxe. Elle dénonce pour la seconde fois un dogme, voire une religion fondamentaliste qui possède ses codes, son langage et ses prophètes

On découvre combien la psychanalyse peut s’apparenter à une secte, avec la même manipulation mentale.

Ce film démontre enfin parfaitement comme cette idéologie supplante hélas toute raison. Et cette démonstration nous est faite par ces praticiens eux-mêmes.

La salle rit aux premiers propos doctement infligés par ces mandarins

tant le ridicule le dispute à l’ahurissant.

Puis, peu à peu, les rires s’étranglent. Il devient impossible de rester protégé par le second degré tant les propos sont insupportables et scandaleux. Leurs affirmations seraient répréhensibles devant la loi s’ils n’étaient pas enrobés dans un jargon incompréhensible pseudo scientifique, et couverts par des textes sacrés (Freud et Lacan). Dans ce discours, arrive toujours le même salmigondis pornographique, sorte de soupe à la sorcière d’où surnage une haine féroce pour les femmes.

« La femme n’existe pas / la femme c’est un trou / il n’y a que du masculin dans l’inconscient / il n’y a pas de rapport sexuel possible entre un homme et une femme / les homosexuels sont des psychotiques qui s’ignorent / les enfants ont des pulsions sexuelles / seule la perversion permet le rapport sexuel / l’inceste ça ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles. »

Ils parlent ainsi tous d’une même voix dogmatique, solidaires, arc-boutés sur leurs textes sacrés.

Ce film démontre enfin parfaitement comme cette idéologie supplante hélas toute raison. Et cette démonstration nous est faite par ces praticiens eux-mêmes.

Ce serait en effet comique si les gourous qui témoignent n’avaient pas tous pignon sur rue, pédopsychiatres ou pédiatres reconnus, professeurs enseignant en faculté, d’autres intervenant dans des CMPP ou encore dans le système judiciaire. La plupart interviennent en tant que thérapeutes dans des établissements médico- sociaux auprès d’enfants différents/autistes, et/ou des personnes victimes de violences sexuelles.

Alors du rire, je suis passé à la nausée, et suis sortie avec la gueule de bois.

Leur discours vicié transforme les victimes en coupables, par un tour de passe-passe bien rodé. Ils dénigrent les faits, prennent constamment le contre-pied de ce que le patient leur dit, car ils sont déconnectés de la réalité. Les récits de victimes qui témoignent offrent un écho glaçant aux propos tenus.

Sophie Robert endosse le rôle naïf de Candide. Ses questions lancent des ponts entre les non-dits et la jubilation de ces pontes à s’exprimer qui crève l’écran.

Il faut se pincer, souvent, pour réaliser qu’il ne s’agit pas là d’une fiction. Sophie Robert nous livre posément ce scandale, comment nos semblables les plus fragiles, les plus meurtris, peuvent être les proies de ces pratiques et être ainsi définitivement détruits.

Les parents d’enfants autistes avaient ressenti émoi et la colère suite au « Mur ». La psychanalyse n’est pas seulement nuisible et inutile pour l’autisme, cette fois-ci il est clair que nous sommes tous concernés.

Alors, on a juste envie d’aider Sophie Robert à agrandir la brèche qu’elle a réussi avec courage à ouvrir, en solitaire et à mains nues, dans ce Mur en espérant qu’il chute enfin.

Sabine K.

5 mars 2019

Vitamines pendant la grossesse : risque d'autisme modifié ? Peut-être, peut-être pas

4 mars 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Selon une nouvelle étude, les femmes qui prennent des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse sont deux fois moins susceptibles que celles qui n'ont pas d'enfant autiste d'en avoir un.

 

L'utilisation de vitamines pendant la grossesse modifie-t-elle le risque d'autisme ? Peut-être, peut-être pas


par Nicholette Zeliadt / 4 mars 2019

Traduction de Spectrum News : Does vitamin use in pregnancy alter autism risk? Maybe, maybe not

Sweets © Luna TMG
Sweets © Luna TMG

Selon une nouvelle étude, les femmes qui prennent des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse sont deux fois moins susceptibles que celles qui n'ont pas d'enfant autiste d'en avoir un. Les résultats ont été publiés mercredi dans JAMA Psychiatry et repris rapidement par la presse grand public 1.

Mais la réalité, disent les experts, est plus nuancée : L'étude a trouvé une association entre les suppléments et l'autisme, mais elle est petite et n'a pas été conçue pour rechercher des relations de cause à effet.

Les vitamines prénatales sont importantes pour le développement du cerveau, et certaines études ont révélé une diminution des risques d'autisme chez les enfants nés de mères qui les ont prises en début de grossesse 2. La nouvelle étude a suivi les femmes enceintes qui ont déjà un enfant sur le spectre, de sorte que ses résultats suggèrent que les vitamines diminuent la récurrence de l'autisme dans une famille.

Mais les femmes qui prennent des vitamines prénatales au début de la grossesse peuvent adopter d'autres comportements, comme manger sainement, faire de l'exercice et éviter certaines substances nocives, qui pourraient réduire leurs risques d'avoir un enfant autiste.

Étant donné la petite taille de l'échantillon et les nombreux facteurs confusionnels possibles, " je ne conclurais pas que l'utilisation précoce de vitamines prénatales est susceptible de prévenir la récidive[de l'autisme] ", dit John Constantino, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l'Université Washington à St. Louis, qui n'a pas participé à cette étude. Néanmoins, dit-il, les résultats devraient faire l'objet d'un suivi.

Les organismes de santé recommandent déjà aux femmes enceintes de prendre des vitamines prénatales pour prévenir les anomalies congénitales. Mais les femmes ne devraient pas interpréter ces lignes directrices comme signifiant que prendre plus de vitamines prénatales est mieux, dit la chercheuse principale Rebecca Schmidt, professeure adjointe en sciences de la santé publique à l'Université de Californie, Davis MIND Institute.

"Suivez la recommandation, mais n'allez pas trop loin", dit-elle.

Évaluation d'admission

Schmidt et ses collègues ont analysé les données de l'étude MARBLES, qui suit les femmes enceintes qui ont déjà au moins un enfant autiste. Ces femmes sont jusqu'à 20 fois plus susceptibles que la population générale d'avoir un autre enfant atteint de cette condition. Au cours d'entrevues téléphoniques menées pendant la grossesse, 241 des femmes ont déclaré avoir consommé des vitamines prénatales au cours des six mois précédant la conception et tout au long de la grossesse.

"Il s'agit d'une étude bien conçue, en ce sens que l'information sur l'utilisation des vitamines prénatales a été recueillie de façon prospective ", explique Lonnie Zwaigenbaum, professeur de pédiatrie à l'Université de l'Alberta à Edmonton, Canada.

Seulement 87 des femmes ont déclaré avoir pris des vitamines prénatales avant la conception. Environ la moitié d'entre elles les ont prises au cours du premier mois de grossesse, et presque toutes les ont prises à partir du deuxième mois.

Lorsque les enfants avaient 3 ans, les chercheurs ont diagnostiqué 55 autistes sur 241. L'équipe a classé 60 autres personnes comme ayant un développement atypique, d'après leurs résultats à une évaluation de l'autisme ou à un test cognitif.

Sur les 128 femmes qui ont pris des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse, 18 ont eu un autre enfant autiste ; en revanche, 37 des 113 femmes qui n'ont pas pris de vitamines prénatales au cours de ce mois ont eu un autre enfant autiste.

Après avoir tenu compte du niveau de scolarité des femmes, les chercheurs ont calculé que celles qui n'avaient pas pris de vitamines pendant cette période étaient deux fois plus susceptibles d'avoir un enfant autiste que celles qui en avaient pris. Ils n'ont trouvé aucun lien entre le risque d'autisme et les vitamines prénatales à d'autres moments, et aucun lien entre le développement atypique et les vitamines prénatales pendant une période donnée.

Des facteurs de confusion

Comme presque toutes les femmes ont pris des vitamines prénatales au deuxième mois, les chercheurs n'ont pas été en mesure de chercher des liens significatifs entre l'autisme et les suppléments après ce mois. Mais d'autres études ont également observé que le lien est plus fort en début de grossesse - une période clé pour le développement du cerveau.

Les chercheurs ont recueilli de l'information sur divers facteurs qui pourraient expliquer l'utilisation des vitamines par les femmes. Celles qui ont pris les vitamines au cours du premier mois de la grossesse avaient tendance à avoir au moins une éducation universitaire, à être propriétaires de leur propre maison, à avoir une assurance maladie privée et à avoir eu une grossesse intentionnelle. L'analyse n'a pas tenu compte de tous ces facteurs, de sorte que certains d'entre eux peuvent avoir contribué à réduire le risque d'autisme.

On ne sait pas exactement comment les vitamines prénatales peuvent influencer le risque d'autisme. Il n'est pas clair non plus quel nutriment contenu dans les suppléments est le plus bénéfique.

Certaines études ont établi un lien entre un manque d'acide folique, de fer ou de vitamine D et l'autisme. Schmidt et ses collègues ont estimé l'apport en acide folique et en fer à partir des marques de suppléments que les femmes ont déclaré prendre, et ils ont constaté que les enfants nés de femmes ayant consommé le plus d'acide folique présentent la plus grande diminution du risque d'autisme.

L'équipe analyse le sang du placenta et du cordon ombilical de chaque grossesse. Ils visent à étudier certains marqueurs chimiques de l'ADN qui influencent l'expression des gènes, car l'acide folique est une riche source des atomes de carbone contenus dans ces marqueurs.

Références:

  1. Schmidt R.J. et al. JAMA Psychiatry Epub ahead of print (2019) PubMed
  2. DeVilbiss E.A. et al. BMJ 359, j4273 (2017) PubMed
4 mars 2019

Rapport Onu et handicap: la France en prend pour son grade!

article publié sur Handicap.fr

40 recommandations pour accorder aux personnes handicapées leur pleine citoyenneté. L'Onu rend son rapport sur la situation en France. Objectif : respect des droits et milieu ordinaire, quitte à fermer toutes les institutions. La leçon est sévère...

4 mars 2019 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

Illustration article

Le 13 octobre 2017, la rapporteure de l'Onu sur les droits des personnes handicapées, après une visite en France, rendait son verdict préliminaire sur leur situation dans notre pays (article en lien ci-dessous). Sans langue de bois, Catalina Devandas-Aguilar saluait les avancées mais faisait également part de ses vives inquiétudes, assurant que notre pays devait faire de gros efforts. Elle avait jeté quelques pavés dans la marre, en affirmant, entre autres, que « par définition, un bon établissement n'existe pas », nourrissant l'ensemble de son discours d'une volonté farouche d'accorder aux personnes handicapées leur pleine citoyenneté en milieu ordinaire, au risque d'ébranler un système français bien rodé où la vie en institution est le plus souvent la norme. Elle avait fâché certains très fort…

Fermer les institutions

Ce préambule un peu cinglant devait être complété par un rapport final promis en mars 2019. Il a été rendu public avec quelques jours d'avance, fin février. 22 pages au total qui passent en revue les « lacunes et les domaines dans lesquels des améliorations doivent être apportées » et « formule des recommandations pour aider le Gouvernement à transformer la société française ». Sa vigueur n'a pas flanché, réaffirmant sans nuance l'objectif de désinstitutionalisation. Elle recommande noir sur blanc de « fermer les institutions médico-éducatives existantes » et de « scolariser tous les enfants handicapés qui s'y trouvaient dans des établissement ordinaires », de les transformer « en services de proximité » avec des « logements adaptés à leur disposition, en suivant un plan assorti d'échéances », en envisageant « sérieusement d'établir un moratoire sur les nouvelles admissions ». L'école ordinaire est également passée au crible : manque d'infrastructures accessibles, absence de formation spécialisée des enseignants et des accompagnants, inadaptation des programmes scolaires et des salles de classe… Dans ce contexte, toutes les ressources et responsabilités en matière d'éducation des enfants handicapés, aujourd'hui dans le giron du ministère de la Santé, devraient être transférées à l'Education nationale.

Loi handicap de 2005 à revoir !

La rapporteure donne également un coup de canif à la loi handicap de 2005, pourtant présentée comme un texte fondateur, ne la jugeant pas « pleinement conforme à la Convention » de l'Onu et avec « une portée plus limitée », puisqu'elle ne fait pas « pas référence aux droits fondamentaux tels que les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne… ». Elle va jusqu'à affirmer que cette loi « devrait être revue dans sa totalité » et regrette que « les autorités publiques » n'aient pas « une bonne connaissance des nouveautés apportées par la Convention ». Elle salue malgré tout « l'adoption d'une feuille de route nationale sur le handicap le 20 septembre 2017 », reconnaissant là une « grande avancée ».

D'autres obstacles

Son rapport passe ensuite au crible les différents obstacles et possibilité relevés en France. Par exemple en matière d'accessibilité, elle constate le retard pris avec le report des échéances dans les bâtiments publics et les lacunes dans les transports à la demande, mentionne les carences d'interprètes en langue des signes, dans l'apprentissage du braille et la diffusion de documents en FALC (Facile à lire et à comprendre), ainsi que l'inaccessibilité des sites web des services publics malgré les obligations légales. Elle déplore également le fait que les personnes sous tutelles puissent être privées de leur droit de vote mais, entretemps, le gouvernement a mis fin à cette mesure (article en lien ci-dessous) et promet qu'elles pourront voter dès les élections européennes de mai 2019.

Des personnes handicapées sous-représentées

Catalina Devandas égratigne par ailleurs le CNCPH (Conseil national consultatif du handicap), observant la surreprésentation des « prestataires de service et les associations de parents », qui « continuent d'influencer la prise de décisions » alors que « des efforts plus importants sont nécessaires pour consulter en premier lieu les organisations de personnes handicapées et élargir leur représentation au sein du Conseil ». Et de citer les personnes autistes, présentant des handicaps psychosociaux, avec des handicaps intellectuels, sourdes et sourdes-aveugles. Elle se dit également « préoccupée par l'absence d'un budget de fonctionnement favorisant la bonne marche » de cette instance. Plus globalement, elle déplore que « dans les processus d'élaboration de politiques (…) les personnes handicapées n'ont généralement pas voix au chapitre et leurs opinions ne sont pas prises en compte », a fortiori lorsque ce sont des femmes. Et suggère, lors de la prochaine Conférence nationale du handicap qui doit être clôturée en juin 2019 par Emmanuel Macron, de « s'entretenir en priorité avec les différentes organisations de personnes handicapées plutôt que de consulter d'abord les prestataires de services ».

Une quarantaine de propositions

Ce rapport adresse une quarantaine de propositions au gouvernement. Parmi elles : mettre mise en place de données chiffrées sur les personnes handicapées lors des prochains recensements, revoir la feuille de route sur le handicap adoptée par le Comité interministériel du handicap en 2017, rendre la justice accessible à tous. D'autres domaines sont évoqués : la justice, l'accès à la santé, l'organisation de campagnes de sensibilisation grand public, la promotion d'une compensation sans reste à charge, le principe d'aménagement raisonnable dans l'emploi. Il évoque par ailleurs des situations de « privation de liberté » citant de manière très précise les « personnes autistes en hôpital ou en unité psychiatriques » et encourage à « mettre fin à leur traitement sans consentement » et à leur « stérilisation » forcée.

Mises à l'écart

Ce rapport conclut donc, qu'en France, les personnes handicapées sont « mises à l'écart » : « Bien que la France alloue des ressources financières et humaines considérables aux services aux personnes handicapées, les mesures qui sont prises actuellement pour répondre à leurs besoins sont extrêmement spécialisées et cloisonnées. En effet, l'accent est mis sur la prise en charge de l'incapacité alors que les efforts devraient converger vers une transformation de la société et du cadre de vie, de sorte que toutes bénéficient de services accessibles et inclusifs et d'un soutien de proximité ». Un « cloisonnement qui ne fait qu'entretenir une fausse image des personnes handicapées », à « prendre en charge plutôt que comme des sujets de droit. ».

4 mars 2019

Troubles de l’attention : moins de jeux vidéos, plus de sport pour éviter le Ritalin

Dans une deuxième lettre ouverte, soixante médecins et pédiatres québécois alertent une nouvelle fois sur la surconsommation de Ritalin pour traiter les troubles de l’attention, avec ou sans hyperactivité. Les professionnels de la santé font aussi le lien entre les troubles de l’attention et la surconsommation d’écrans.

Cette fois-ci, ce sont soixante nouveaux médecins et pédiatres qui ont publiés une lettre ouverte pour alerter sur les dangers de la trop grande prescription de Ritalin pour traiter les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Dans ce nouveau document, ces professionnels de la santé qui officient au Québec dressent une liste de six remèdes qui peuvent amener à diminuer les TDAH constatés chez les jeunes.

Opposition franche envers les écrans et les jeux vidéo

Parmi les propositions, les médecins expliquent que la pratique d’une activité sportive amène à « diminuer les symptômes d’inattention et d’hyperactivité chez les enfants. » Les médecins ont commandé plusieurs études afin d’apprécier les conséquences bénéfiques de 30 à 45 minutes d’activité physique quotidienne.

A l’inverse, les signataires de la lettre ouverte sont unanimes pour affirmer qu’il est urgent de « diminuer l’utilisation des jeux-vidéos » qui favoriseraient l’apparition des symptômes liés au TDAH ou d’en « aggraver la portée ».

Nous demandons qu’une campagne de sensibilisation soit faite auprès de la population pour les inciter à limiter l’utilisation des jeux vidéos et le temps d’écran en général. On pourrait aussi envisager, comme certaines écoles l’ont fait, d’interdire l’utilisation des téléphones cellulaires, et tablettes en milieu scolaire, hormis à des fins éducatives (surtout dans des écoles secondaires).

Signataire de la lettre ouverte

Seulement, les médecins risquent de voir une franche opposition s’élever. Une mère de famille dont ses deux enfants de 11 et 13 ans souffrent de TDAH, estime que les jeux vidéo aident, au contraire, à leur permettre de se défouler.

Elle concède néanmoins qu’ils sont de gros joueurs, consacrant plusieurs heures en rentrant de l’école. Néanmoins, cette mère de famille explique aussi être fatiguée des crises à répétition. Elle tente aussi de les amener à « faire des activités extérieures. »

En juin 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaissait la surconsommation de jeux vidéo comme étant une addiction avec des « similitudes dans la consommation de substances psychoactives. »

En 2013, l’enquête (PELLEAS) pour Programme d’étude sur les liens et l’impact des écrans sur l’adolescent scolarisé, estimait qu’un élève parisien sur huit avait un usage problématique des jeux vidéo. 

Malgré ces publications, il n’existe pas pour le moment un consensus total des professionnels de santé qui affirmerait avec certitude qu’une pratique intensive des jeux vidéo relève de l’addiction. Certains spécialistes estiment à peine que l’activité aurait tendance à augmenter les troubles déjà présents.

Plus d’accompagnement

Parallèlement, les spécialistes québécois de la question s’accordent à dire qu’il est important de prendre en charge les troubles de l’attention sans hyperactivité et de ne plus systématiquement les assimiler aux troubles de l’attention avec hyperactivité, conduisant à une surprescription de psychostimulants comme le Ritalin.

Les signataires de la tribune demandent aussi à ce que l’accès aux services psychosociaux soient améliorés. Si la demande n’a de valeur qu’au Nord des Etats-Unis, elle trouve aussi son écho en France.

Les médecins espèrent aussi que de nouveaux questionnaires d’évaluations soient approuvés et utilisés. Enfin, un comité d’études devrait aussi voir le jour afin d’appréhender la façon dont la consommation de psychostimulants a évolué. Elle serait en constante hausse depuis 1999. 

En 2014, 48.895 personnes étaient traitées par méthylphénidate en France. Mais d’après l’Agence nationale de sécurité du médicament, entre 190 000 et 480 000 enfants souffriraient de TDAH en 2017. Plusieurs centaines de milliers n’auraient donc pas accès au médicament.

4 mars 2019

Handicap : la Loire bientôt "Territoire 100% inclusif" ?

article publié sur France Bleu

vendredi 1 mars 2019 à 18:09 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Sophie Cluzel aux côtés du président du département de la Loire, Georges Ziegler. Sophie Cluzel aux côtés du président du département de la Loire, Georges Ziegler. © Radio France - DV

Sophie Cluzel, secrétaire d’État aux personnes handicapées, était en visite à Saint-Étienne (Loire) pour écouter les associations et travailler à l'amélioration du quotidien des handicapés. Elle a aussi répondu de manière cinglante à Gaël Perdriau sur la non-participation à un débat vendredi soir.

Elle était attendue Sophie Cluzel. Au programme : des échanges avec les associations et les usagers sur le fonctionnement de la Maison départementale des personnes handicapées. La visite d'un ESAT également, un établissement et service d'aide par le travail.  Mais pas de débat dans le quartier du Soleil comme cela avait été un temps évoqué par la mairie de Saint-Étienne. 

"Le maire se sert du handicap pour une basse vengeance politicienne"

Alors Sophie Cluzel a souhaité répondre au communiqué du maire Gaël Perdriau qui s'indignait que la secrétaire d’État ne participe pas à ce débat. Et la réponse est cinglante : "Le maire n'a pas souhaité m'inviter. J'avais fait part de mon désir d'avoir un débat à Saint-Etienne. Je vois que je n'étais pas la bienvenue. Il m'a fait une lettre en critiquant énormément la politique handicap. Il se sert du handicap pour une basse vengeance politicienne. Ce n'est pas un bon service qu'il rend aux personnes en situation de handicap, avec lesquelles j'étais prête à discuter. Ce matin (vendredi) j'ai fait un très beau débat à Lyon. J'adore ça. Mais quand on me dit que je suis pas la bienvenue, je ne viens pas"

"Remettre tous les acteurs autour de la table"

Au-delà de cet échange et au terme des échanges avec les associations une annonce : le département de la Loire pourra prétendre à devenir un "Territoire 100% inclusif". Un label auquel ont déjà candidaté une trentaine de départements français. La Loire ne l'avait pas fait car, suite à un certain malentendu, elle ne pensait pas pouvoir concourir. 

Mais le département peut bien sûr se mettre au travail assure Sophie Cluzel : "Nous allons remettre ensemble autour de la table tous les acteurs. Y compris ceux qui parfois ne sont pas tout à fait présents comme les bailleurs sociaux pour qu'on puisse construire des appartements inclusifs en cœur de ville pour permettre la pleine citoyenneté des personnes handicapées. Et accéder à tous les services du vivre ensemble : aller au sport, à la culture". Et adapter l'environnement à la personne handicapé et non pas l'inverse. Inclure le handicap comme un fonctionnement normal de la vie pour casser les barrières en tous genres et donc fluidifier les parcours de vie. 

Les associations ont accueillies cette perspective avec enthousiasme, car toutes ont en commun de travailler à l'amélioration de l'inclusion des handicapés.

La Gironde, la Manche et le Territoire de Belfort sont les trois départements tests qui ont déjà mis en place ce label.

3 mars 2019

Vienne : psychanalyse controversée, la riposte du professeur poitevin Pascal-Henri Keller

Où l'on apprend que la psychanalyse est « Une approche scientifique et rigoureuse de la vie psychique humaine. » ...

Pour ma part je préfère « Notre pratique est une escroquerie : bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué — à savoir ce que Joyce désignait par ces mots plus ou moins gonflés — d’où nous vient tout le mal. » Jacques Lacan, 26 février 1977 (Voir l'article de Médiapart de Jacques Van Rillaer)

Plus d'infos sur Le blog de Jacques Van Rillaer

Jean-Jacques Dupuis


03/03/2019 04:55 |
Vienne : psychanalyse controversée, la riposte du professeur poitevin
Accusée de secte, de fausse science, la psychanalyse essuie de violentes polémiques. La profession monte au créneau, portée par le Pr Pascal-Henri Keller. Rencontre.

Pascal-Henri Keller

Pascal-Henri Keller, professeur émérite, université de Poitiers.
 

C'est assez rare pour être souligné. Un mois plus tôt, une tribune parue dans le journal Libération réunissait les signatures de 17 associations et écoles de psychanalyse (1) dans une posture collective afin de défendre la nature même de la discipline. A l'heure du tout « fake », le professeur émérite de l'université de Poitiers, Pascal-Henri Keller, défend un métier centenaire, partie prenante de la vie sociale, professionnelle et privée de ses contemporains.

Comment percevez-vous la psychanalyse ?

« Une approche scientifique et rigoureuse de la vie psychique humaine. Freud a de suite décelé une seconde conscience ? l'inconscient ? chez l'être humain. On en connaît les effets : nos rêves, nos lapsus, nos pulsions, etc. Le psychanalyste est alors celui qui prend la parole au sérieux, qui permet aux patients de s'écouter parler. Longtemps, des approches similaires étaient réservées à la religion et parfois à la magie. Ce qui conférait à l'interprétation des paroles un caractère soit sublimé par une vue élevée de l'esprit, soit péjoratif. Il fallait un champ d'étude pour l'approcher. »

Certains la considèrent pourtant comme une mystification?

« On sous-estime le pouvoir de la parole dans une vie humaine. Elle doit être prise dans toute sa complexité car c'est l'acte fondateur de l'existence. Nous naissons avec un acte parlé, un nom, avec lequel nous commençons déjà à nous construire. Dès lors, elle constitue l'intégralité du rapport aux autres. Que font les Gilets jaunes, si ce n'est prendre la parole sur les ronds-points pour inventer une autre société ? La méfiance envers la psychanalyse vient du fait qu'il est décevant de se rendre compte que nous sommes seulement des êtres parlants et non des êtres de performances. Une médaille d'or ne nous dit rien d'une existence. »

Longtemps, l'interprétation des paroles était réservée à la religion et parfois à la magie. 

Pascal-Henri Keller, professeur émérite, université de Poitiers

Le film de Sophie Robert, « Le Phallus et le néant », a récemment créé la polémique. Il vise à décortiquer la théorie sexuelle et sa « dimension politiquement très incorrecte. »

« Contresens absolu. Chacun est confronté à l'énigme sexuelle, à son identité « psycho sexuelle », dans le sens de notre rapport au genre. Prenez l'exemple d'un petit garçon dont le père a disparu. Le premier réflexe est de confier au grand-père le soin de lui apprendre à « pisser debout ». Nous devons comprendre le pourquoi de ces réflexes. Le scandale vient plutôt du fait de ne pas se poser la question. C'est le film Billy Eliott, cet enfant à l'entourage masculin très présent dans l'Angleterre ouvrière des années 2000 et son envie de devenir danseur classique malgré les réprobations de ses pairs. Le sexuel construit notre identité. »

C'est toute la controverse nourrie à propos de l'autisme. Certains pointent des prises en charge visant à culpabiliser les parents.

« Les reproches fustigent les travaux de Bruno Bettelheim dans les années 1960. Je ne l'excuse pas mais il a eu le courage d'énoncer certaines hypothèses, dont celle de la responsabilité de la mère, à une époque où personne ne voulait s'intéresser à l'autisme. Pourtant la construction du terme ? « auto » et « érotisme » ? nous dit quelque chose : celui qui se suffit à lui-même, sans connotation sexuelle. Aujourd'hui la profession est dans une logique de recherche pour inventer d'autres prises en charge. Les travaux autour de Préaut (2) montrent bien les bénéfices de la profession sur l'autisme. Ce qui importe, c'est le respect de l'originalité. Et la discipline en est garante. »

Face à aux gestions managériales de nos vies, les individus ne s'en sortent pas

Nous traversons une période de violence, d'incertitude, où les gens n'arrivent plus à se parler. Est-elle encore compatible avec votre discipline ?

« Elle l'est d'autant plus que la parole est de nos jours disqualifiée. L'être humain n'est plus perçu que par les chiffres et les statistiques. Nous faisons nos courses et n'avons plus affaire à la caissière pour payer. Au moment de l'orientation, nos lycéens n'ont plus que des cases à remplir sur un logiciel. Nos hôpitaux sont davantage soumis au règne de la rentabilité que de l'écoute. On entend des formules comme « gérer son stress » ou « identifier des compétences » dans lesquelles on bannit la parole qui pourtant nous donne une raison d'exister. Face à ces gestions managériales de nos vies, les individus ne s'en sortent pas. Ils se retrouvent par ailleurs, sur les réseaux sociaux, dans un besoin de parler. A minima, c'est une bonne chose, mais il faut voir aussi à quel point la parole y est dévoyée. »

Le psychanalyste Michael Larivière rapproche d'ailleurs la pratique à celui du besoin de littérature?

« Littérature et psychanalyse ont en commun l'exploration de la conscience, le fait de mettre en récit la pensée. Le rêve est d'ailleurs une création pure, originale et spécifique. Dans la séance, on fait résonner deux subjectivités qui vont ainsi échanger. Dernièrement, l'entreprise de Philippe Lançon avec son roman Le Lambeau (NDLR, récit de la reconstruction physique et psychologique du journaliste victime des attentats de Charlie Hebdo) est un exemple saisissant de la relation complexe entre littérature et psychanalyse. Le praticien se nourrit de la littérature, aussi bien de ses histoires que du danger des mots. »

La psychanalyse ne permet pas d'expliquer mais donne les clefs pour penser le phénomène

Vous évoquez des phénomènes plus contemporains auxquels la psychanalyse contribue à faire évoluer la connaissance comme la radicalisation islamique.

« L'idée du psychanalyste Fethi Benslama est de pouvoir identifier chez l'individu la parole qui " donne envie d'adhérer ". La psychanalyse ne permet pas d'expliquer mais donne les clefs pour penser le phénomène. Celui de l'isolement des jeunes, que les Japonais nomment Hikkikomori, et le moment où le parent réagit dans le sens de l'isolement. On remonte ainsi le fil de la radicalité. Chaque phénomène comporte ce que l'on appelle une « narrativité ». Celle-ci doit permettre de se projeter. C'est le fondement de la discipline. Sa visée humaniste redonne à chacun le droit de rêver. Et qu'a réellement besoin la société de nos jours, si ce n'est de rêver ? »

(1) Dont trois portant la mention " reconnue d'utilité publique ".
(2) L'Association PRÉAUT prône une prise en charge de l'autisme par la dimension thérapeutique et pédagogique.
Henry GIRARD
3 mars 2019

Autisme : une consultation spéciale pour repérer les premiers signes

 

Autisme : une consultation spéciale pour repérer les premiers signes

Dans le cadre de la stratégie nationale sur l'autisme, une consultation longue et majorée est mise en place pour favoriser le repérage de l'autisme par les médecins généralistes et les pédiatres. Depuis le 11 février 2019, en cas de suspicion d'autisme chez un enfant, les médecins généralistes et les pédiatres peuvent réaliser une consultation longue, remboursée 60 €.

https://www.service-public.fr

 

3 mars 2019

Equipe de suivi : parents d'enfants handicapés à l'écart ?

 

Equipe de suivi : parents d'enfants handicapés à l'écart ?

Les parents d'enfants handicapés ne seraient pas toujours les bienvenus dans les équipes éducatives ou de suivi de scolarisation et certains subiraient même des pressions. Réaction de l'Education nationale qui assure le contraire. 1 mars 2019 * Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco Les parents d'enfants handicapés ne seraient-ils pas les bienvenus dans certaines écoles ?

https://informations.handicap.fr

 

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