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"Au bonheur d'Elise"

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5 juillet 2015

Des mamans d'enfants autistes et des professionnels du bassin se mobilisent pour leurs enfants

article publié dans Le Populaire Haute-Vienne

Des familles d’enfants autistes souhaitent faire avancer les prises en charges sur le territoire.? - L b.

Des familles d’enfants autistes souhaitent faire avancer les prises en charges sur le territoire.? - L b.

Parce qu’avoir un enfant autiste est aussi une charge de tous les instants, des mamans ont décidé de se mobiliser pour soutenir toutes les familles touchées et peut-être, à terme, bénéficier d’un mini-centre de soins adaptés sur le territoire.

Elles s'appellent Aurélia, Nathalie, Lauryanne et Natacha, sont les mères d'enfants autistes et ont décidé d'unir leurs forces et l'ensemble des compétences qu'elles ont acquises en suivant leurs progénitures pour en faire profiter le plus grand nombre et mutualiser leur expérience.

« Un enfant qui fait 7.000 kilomètres par an pour ses prises en charge, c'est trop »

« Nous regroupons aujourd'hui une quinzaine de familles sur le bassin de Saint-junien qui va jusqu'à Rochechouart et même en Charente-Limousine et nous souhaitons créer un véritable réseau qui pourra attirer des familles d'enfants atteints d'autismes qui se sentent isolées et ne se font pas nécessairement connaître, soulignent-elles. Nous souhaitons profiter de notre expérience, la faire partager, faire aussi connaître nos problèmes et créer peut-être, sur Saint-Junien, un espace qui puisse accueillir nos enfants pour des séances de soins notamment ».

Les mamans qui ont créé l'association LESPAS (pour Loisirs, Entraide et Sensibilisation en faveur des Personnes avec Autisme) ont pu compter sur l'engagement de Valérie Moriau, orthophoniste disposant d'une formation d'accompagnement des enfants atteints d'autisme qui a décidé de les rassembler sous la même bannière. « Un enfant atteint d'autisme nécessite beaucoup de soins, de séances d'orthophonie, de psychomotricité, éducation spécialisée, toutes ses séances se déroulent à Limoges et si nous pouvons compter sur le dévouement des associations comme ALISEA et Autisme 87, cela représente beaucoup de temps pour les familles. Il faut savoir qu'un enfant fait environ 7.000 kilomètres par an pour ses différentes prises en charge. Si notre association a pour objectif de fédérer les familles et de passer des moments de loisirs entre nous avec nos enfants, nous souhaitons aussi avoir des interlocuteurs sur le territoire pour pouvoir être accompagnés dans l'organisation de soins destinés à nos enfants ». L'association se veut surtout un lieu de rencontres qui permettent aux familles de se retrouver autour de projets différents, pédagogiques et ludiques vécus par les enfants.

Premiers rendez-vous dans quelques semaines

« Les écoles accueillent nos enfants, mais nous savons aussi combien il est difficile pour eux de s'adapter dans des situations ordinaires. Des simples sorties au cinéma peuvent être compliquées à gérer dans la mesure où il leur faut des séances avec une intensité lumineuse et sonore atténuée. Nous avons besoin d'être nombreux pour être prs en compte. Nous souhaitons mettre en place des ateliers de loisirs, des activités de plein air à vivre avec nos enfants et pour cette raison nous lançons un appel à tous ceux qui sont concernés. Un enfant sur 100 est concerné par ces troubles et nous pouvons être plus efficaces ensemble ».

Dans un premier temps, l'association LESPAS organisera un projet alpage qui permettra grâce à Valérie Moriau et avec la coordination d'ALISEA à quatre familles (soit 9 enfants) de partir en vacances à Abondance en août. L'association souhaite prendre un nouvel envol dès le mois de septembre et ne manquera pas de se faire connaître à ce moment-là.

LESPAS. Présidente Aurélia Denis, vice-présidente Lauryanne Maurelet, contact 14 rue de la gare 87.420 Saint-victurnien, 06.63.05.21.81\06.46.79.74.61. Courriel : lespas87200@gmail.com

Laurent Borderie

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5 juillet 2015

Service jeunes autistes - SESSAD -> la ville de LONGWY retenue

article publié sur le Républicain Lorrain

Le suspense a pris fin concernant le projet de service pour jeunes autistes en Meurthe-et-Moselle Nord. À l’AEIM de Briey, l’Agence régionale de santé a préféré la copie présentée par Vivre avec l’autisme sur le secteur de Longwy.

04/07/2015 à 09:00 , actualisé à 09:04

Le bassin de Longwy l’a emporté : le nouveau Service d’éducation spéciale, de soins et d’aide à domicile (Sessad) de Meurthe-et-Moselle Nord s’implantera dans la cité des Émaux. La décision de l’Agence régionale de santé (ARS), financeur du projet ( lire ci-contre ), est tombée fin juin.

Elle a été accueillie avec satisfaction par l’association Vivre avec l’autisme en Meurthe-et-Moselle, auteur de la copie retenue. « Nous avions monté un projet rationnel, avec une priorité absolue donnée à l’inclusion des jeunes autistes dans la société , fait valoir Jean-Marie Othelet, président de la structure. De plus, nous avons une expérience longue de sept ans à Malzéville, où nous accompagnons aujourd’hui 38 jeunes. »

30 km de rayonnement

De son côté, l’antenne du Pays-Haut accueillera 10 enfants, adolescents et jeunes adultes. La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est chargée de passer en revue les dossiers des candidats.

Ces derniers devront notamment être âgés de 2 à 20 ans et habiter dans un rayon de 30 km autour du futur établissement. Ce dernier critère exclut par conséquent les résidents du bassin de Briey, où l’AEIM (Adultes et enfants inadaptés mentaux) avait également répondu à l’appel de l’ARS. « Cette règle est une norme économique par rapport au personnel , renseigne Jean-Marie Othelet. Comme les intervenants se déplacent à domicile, cela évite qu’ils ne passent plus de temps sur la route qu’à prendre en charge les jeunes autistes. »

En cas de dépassement…

Les dossiers validés par la MDPH seront assortis d’une notification. « Mais cela ne suffira pas à être accepté si le nombre final est supérieur à dix », prévient Ninon Legendre, responsable de Vivre avec l’autisme dans le Pays-Haut. Or ce dépassement risque fort de devenir une réalité. Et pour cause, Jean-Marie Othelet évalue le ratio « de personnes autistes à une sur 150, même si ce chiffre varie selon les sources, les cas d’autisme étant de mieux en mieux diagnostiqués ».

Les candidats ne pouvant être pris directement en charge seront placés sur liste d’attente. « Cela va être un grand soulagement pour les familles qui auront la chance d’avoir une place, ainsi qu’une déception pour les autres , reconnaît Ninon Legendre. Mais la bataille n’est pas finie ! »

La bénévole et le président songent déjà à une future extension… En raison de la taille de sa liste d’attente, la structure de Malzéville, dirigée par Lucien Lazzarotto, en avait obtenu une en juillet 2014, avec 8 nouvelles places accordées par l’ARS.

Ouverture à l’automne ?

Pour l’heure, l’équipe basée à Longwy comptera « deux postes et demi d’éducateur, un de psychologue, un d’orthophoniste et un demi d’ergothérapeute », rappelle Ninon Legendre. Le recrutement de ces intervenants s’est accéléré depuis cette semaine.

Leur formation aux spécificités des Troubles du spectre autistique (TSA) devrait être assurée durant l’été. « Nous espérons toujours une ouverture aux enfants fin septembre, début octobre », maintient Ninon Legendre. Ceci même si le choix de l’ARS, attendu fin mai, s’est fait attendre pendant un mois de plus ( RL du 26/05 ). Si tout se passe pour le mieux, les différents intervenants devraient donc être installés pour l’automne au n° 38, rue de Boismont à Longwy-Haut. Moyennant un loyer, le local sera mis à disposition par la Ville, soutien de la candidature longovicienne.

X. J.

5 juillet 2015

Handicapé mais debout

5 juillet 2015

Victoire pour Swann !

article publié sur change.org
Swann, une enfant porteuse de trisomie 21 risque...

swann

par Bayeux MARIE-SOPHIE · 3 295 soutiens
Mise à jour sur la pétition
Bayeux MARIE-SOPHIE
aix en Pce, France

3 juil. 2015 — Swann vient de se voir attribuer une AVS!

La MDPH 13 vient d'examiner le dossier en appel et la commission a statué en faveur d'une attribution d'une AVS à raison de 12h par semaine conformément à la demande des parents et de l'équipe éducative.

C'est une immense victoire pour Swann, pour sa famille, pour notre école et pour les droits des enfants handicapés.

Merci pour votre soutien, vos signatures, vos partages. Votre mobilisation a été immédiate et spectaculaire, Swann n'était plus seule.

C'est victoire est aussi la vôtre!

Profite bien de tes vacances Swann, une belle rentrée t'attend!

4 juillet 2015

Je suis comme je suis ! - Le respect des différences

Publié le 04-06-2015 - Mis à jour le 19-06-2015

je-suis-comme-je-suis-le-respect-des-differences-1

Ce programme court aborde la notion du respect des différences et du fait qu'il ne faut pas se moquer des autres.  A travers deux personnages, Lentille et Pois Chiche, qui pensent qu'ils ont un problème car l'un ne voit pas bien et l'autre a trop de poids, on explique aux enfants que ce n'est pas un problème mais une différence et qu'il faut s'accepter tel qu'on est.

Réalisateur(s) : Joyce Colson
Producteur(s) : CNCDH, Canopé-CNDP, La générale de Production
Auteur(s) : Olivier Blond

Année : 2014

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4 juillet 2015

L'histoire d'un enfant autiste racontée dans un clip

article publié sur le site de France 3 Corse

Les enfants autistes peuvent vivre normalement, comme les autres enfants. C'est le message délivré par l'association Espoir Autisme Corse qui réalise un clip musical avec le concours de bénévoles et de jeunes acteurs amateurs.

  • France 3 Corse ViaStella
  • Publié le 02/07/2015 | 18:57, mis à jour le 02/07/2015 | 18:57
Le tournage est réalisé presque exclusivement par des bénévoles. © France 3 Corse ViaStella

© France 3 Corse ViaStella Le tournage est réalisé presque exclusivement par des bénévoles.

"Qu'ont-ils fait de sa vie ?", c'est le titre d'un clip réalisé par un groupe de bénévoles. Son objectif : montrer que les enfants autistes peuvent vivre comme les autres enfants. 

L'idée du clip a germé dans la tête de Jean-Christophe Pietri, directeur de l'association Espoir Autisme Corse, papa d'un adolescent autiste. 

Le clip sera diffusé lors du congrès national sur l'autisme en novembre prochain.

 

Dans les coulisses du clip

Reportage : Adèle Desachy, Philippe Villaret et Jacques Antomarchi. Intervenants : Marc Geoffroy, Réalisateur ; Christophe Sarti, Chanteur ; Jean-Christophe Pietri, Directeur de l'association Espoir autisme corse.

3 juillet 2015

Pr Nadia Chabane confirme : Une prise en charge précoce de l'autisme donne des résultats

SantéUnique en Suisse, le Centre cantonal de l’autisme ouvre à la rentrée. Il doit combler de graves lacunes. Rencontre avec sa directrice.

La professeure Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme et responsable de la Chaire d’excellence Hoffmann dans le domaine des troubles du spectre de l’autisme.

La professeure Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme et responsable de la Chaire d’excellence Hoffmann dans le domaine des troubles du spectre de l’autisme. Image: VANESSA CARDOSO

La Suisse doit absolument améliorer sa prise en charge des troubles du spectre autistique (TSA), qui touchent une personne sur cent. C’est la conclusion d’un rapport commandé par le Conseil fédéral, rendu public la semaine dernière («24 heures» du 27 juin). «Un excellent point pour mettre en avant les changements nécessaires à initier dans l’accompagnement des personnes autistes», relève la professeure Nadia Chabane. Cette pédopsychiatre parisienne nommée l’an dernier à la tête de la chaire autisme CHUV-UNIL a participé à la mise en œuvre du 3e Plan autisme en France. Elle milite depuis plus de vingt ans pour une détection précoce et un suivi intensif; deux aspects défendus par le rapport. Dès la fin du mois de septembre, le Centre cantonal de l’autisme prendra en charge enfants et adultes avec des stratégies thérapeutiques alignées sur les standards internationaux.

Vous défendez une approche comportementale de l’autisme. Ici, comme en France, c’est l’approche psychanalytique qui a longtemps prévalu.
Il n’y a plus de raison de débattre aujourd’hui. Il a été reconnu que l’autisme est un trouble du développement cérébral et non un trouble de la relation entre la mère et l’enfant. Vous pouvez être le meil­­leur parent du monde et avoir un enfant autiste. C’est parfois difficile à faire admettre sur le terrain. Il y a dix ans, c’était la guerre ouverte en France. Il n’était pas question d’envisager le recours à une vision plus neurobiologique de l’origine du trouble. Aujour­d’hui, les professionnels sont plutôt demandeurs de pratiques plus modernes. J’ai le même sentiment en Suisse romande.

Il y a encore du travail, à en croire les familles qui dénoncent une psychiatrisation de l’autisme et des diagnostics tardifs.
La réalité est très hétérogène. Des choses excellentes se font mais il y a encore un manque de formation. Le défi est de créer un réseau formé: pédiatres en premier lieu, pédopsychiatres, psychiatres, neuropédiatres, généticiens, généralistes, mais aussi éducateurs, personnel de crèche, enseignants en enfantine, maîtres professionnels…

Les causes sont-elles exclusivement génétiques?
Il y a un terrain de vulnérabilité génétique, oui. Entre 30 et 100 gènes interviennent dans l’autisme, ce qui explique que l’on ait des cas si différents.

Qu’en est-il des facteurs environnementaux, souvent pointés du doigt?
Pour l’instant, rien n’est scientifiquement prouvé, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Il faut encore étudier l’impact environnemental. Seules la grande prénatalité, les infections virales ou la prise d’antiépileptiques pendant la grossesse ont été clairement identifiées comme risques environnementaux. L’âge du père à la conception est également une variable importante. Il a été démontré que plus il est âgé, plus il y a de risques pour l’enfant d’avoir un TSA.

Encouragez-vous la scolarisation de ces enfants?
Oui, et j’ai découvert ici une réelle volonté de les intégrer dans le milieu scolaire. Maintenant, il faut faire en sorte que les très jeunes enfants qui vont entrer à l’école aient le maximum d’outils pour affronter la situation. Pour cela, il faut qu’ils soient clairement accompagnés dans leur socialisation et que l’enseignant ait un minimum de compétences dans ce domaine. Tous les enfants autistes ne pourront pas faire une scolarité complète, mais nous souhaitons qu’ils acquièrent un savoir pratique leur permettant d’accéder à l’autonomie: compter la monnaie, lire un plan de métro…

Comment?
Grâce à une détection très précoce. Il faut démarrer la prise en charge entre 1 an et demi et 4 ans, quand la plasticité du cerveau est maximum. Si on stimule l’enfant pendant cette période cruciale, il y a alors une chance de diminuer le handicap et de maximiser les capacités de socialisation et d’apprentissage.

Quel traitement fonctionne le mieux?
Les approches dites comportementales et développementales sont aujourd’hui mises en avant dans les bonnes pratiques cliniques. C’est-à-dire travailler sur le comportement de l’enfant pour améliorer son autonomie, sa socialisation et sa communication. Le modèle d’excellence chez les très jeunes enfants est celui de Denver. Il intègre vingt à vingt-cinq heures de stimulation par semaine. Nous travaillons avec les enfants les premiers éléments de la communication et de l’interaction, par exemple regarder quelqu’un dans les yeux ou savoir faire une demande.

Quels sont les résultats?
Les travaux scientifiques menés sur ce modèle montrent son efficacité. Il y a une réelle amélioration sur la communication, les fonctions intellectuelles et la capacité d’apprentissage. A condition, bien sûr, d’avoir l’adhésion des parents, qui sont de véritables partenaires. Ce sont eux qui vont «travailler» à la maison avec l’enfant à l’aide de ces outils. Il faut donc les former à les utiliser.

Peut-on espérer des médicaments?
C’est une piste d’avenir. Aujour­d’hui, les médicaments sur le marché atténuent les symptômes liés aux troubles du comportement: agitation, agressivité, automutilation… On peut imaginer des médicaments qui travaillent sur les zones impliquées dans la socialisation et l’interaction. Mais la pharmacologie ne fera jamais tout. Une démarche d’accompagnement globale est nécessaire.

Les familles attendent beaucoup de vous.
Quand il y a beaucoup d’attente, il peut y avoir beaucoup de déception. Soyons clair: je n’ai pas de baguette magique. Nous parlons d’un travail de longue haleine, sur cinq à dix ans, pour modifier notre regard sur ces troubles et favoriser toute démarche scientifiquement prouvée améliorant le parcours de vie de ces personnes. (24 heures)

(Créé: 03.07.2015, 06h55)
3 juillet 2015

Thomas Bourgeron de l'Institut Pasteur, nouveau membre de l'académie des sciences

article publié sur le site de la Fondation Orange

Neuf nouveaux académiciens ont été reçus sous la coupole de l’institut de France. Une réception à l’académie est un grand honneur et une grande joie comme l’ont exprimé les nouveaux académiciens rassemblés ce mardi 23 juin, chacun à sa manière, avec intelligence, passion et modestie.
Mais c’est aussi un grand moment d’émotion, cette émotion et cette fierté que traduisait le discours de Thomas Bourgeron.

Crédits photos : Sébastien Toubon - Le quotidien du médecin.

 

Thomas Bourgeron qui a présenté ses travaux sur l’autisme, entre autres sur la vulnérabilité génétique à l’autisme, sur le cerveau social, sur comment comprendre les autismes, a aussi rappelé la situation de prise en charge insuffisante de l’autisme en France. Il a aussi insisté sur le but de ses recherches qui est avant tout de trouver un moyen d’améliorer la vie des personnes autistes et de leur famille. Pour lui la science, la recherche, doivent faire la place à la diversité, diversité humaine à prendre en compte tous les jours, rappelant que les personnes autistes n’était que peu admises à l’école.
Il a appelé aussi à une science plus ouverte, et insisté sur l’enjeu du partage des données.

Ce fut l’occasion pour Thomas Bourgeron de remercier tous ceux qui l’on aidé, entres autres les Fondations dont la Fondation Orange qui soutient ses travaux depuis 2005.

Les nouveaux académiciens ont tous exprimé leur gratitude envers ceux sans qui ils ne seraient pas là, leurs professeurs à l’école, à l’université, les rencontres internationales, d’autres chercheurs… Un bel éloge de la transmission. Tous ont aussi rappelé l’importance du soutien familial dans un métier très prenant avec beaucoup d’incertitudes, leur famille présente ce beau jour et qui a été un point d’ancrage et de stabilité dans les aléas de la recherche.

 

A propos de l’académie des sciences (extrait de la présentation de l’institut) :
Lors de sa création en décembre 1666, le Roi Louis XIV donne à l’Académie des sciences mission d’entrer en commerce de découvertes avec les académies étrangères. Au fil des siècle, le rayonnement de l’Académie ne s’est pas démenti : elle est aujourd’hui l’une des cinq académies les plus réputées au niveau mondial.
Elle fêtera en 2016 son 350ème anniversaire.

3 juillet 2015

Autisme -> Mon univers à part - clip de Sophie Robert


Mon univers a part (clip autisme de Sophie Robert) par dragonbleutv

Un enfant sur 100 nait autiste, mais ce trouble neuro-développemental n'est pas inscrit sur son visage. C'est pourquoi les personnes avec autisme sont victimes d'une double discrimination : le rejet de la différence, et le rejet du fait que cette différence ne se voit pas. C'est pourquoi je les ai peint en bleu. Je vous invite à ouvrir les yeux sur ces personnes extra ordinaires qui sont partout, tout autour de nous. Sophie ROBERT

2 juillet 2015

Quelques rappels de l'histoire de l'autisme

article publié dans SCIENCE ... & Pseudos-sciences

L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (2)

par Brigitte Axelrad - Mis à jour le 23-05-2009 - SPS n° 286, juillet-septembre 2009
Encadré paru dans SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

 

Quelques rappels de l’histoire de l’autisme

L’autisme a été décrit en 1943 par Léo Kanner, psychiatre américain, qui montra, à partir de 11 cas d’enfants suivis depuis 1938, que plusieurs troubles, auparavant dispersés sous des appellations variables, formaient une forme de psychopathologie distincte1. Kanner décrivit l’autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n’atteignant pas l’intelligence. Il s’agissait selon lui d’un trouble inné, dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. Cependant, selon Kanner les parents de ces enfants autistes étaient généralement froids et rigides. La mère fut décrite comme une « mère frigidaire ». Les parents étaient souvent des psychiatres ou des psychologues, et leurs enfants manifestaient des performances jugées exceptionnelles, surtout sur le plan de la mémoire : « Ces enfants étaient des sortes de cobayes car le souci de performance était le moteur des parents plutôt que la chaleur humaine et le plaisir d’être ensemble. Ils étaient comme gardés dans des frigidaires qui ne se décongelaient jamais. »2

Cette forme d’autisme prit le nom d’« autisme de Kanner ».
En 1944, le psychiatre autrichien Hans Asperger décrivait des enfants atteints de « psychopathie autistique », caractérisés par des bizarreries et des aptitudes intellectuelles pouvant aller « de la débilité au génie. »3 Asperger était convaincu d’une origine organique de l’autisme, mais lui aussi décrivait des parents particuliers, originaux, ayant certains traits autistiques, ce qui confirmait ses vues sur l’hérédité de la maladie. L’autisme qu’il décrivit prit le nom d’« autisme d’Asperger ». D’après la littérature, les enfants de cette catégorie ont souvent une forme très élaborée et très précoce de langage. Mais ils ne semblent pas se servir du langage comme d’un outil de communication sociale.

En 1950, Bruno Bettelheim rompit avec cette conception d’un autisme organique, et imposa une conception psychanalytique issue de son expérience des camps de Dachau et de Buchenwald. Il compara le repli autistique de l’enfant à celui de certains déportés, plongés dans l’environnement hostile du camp de concentration : « Dans les camps de concentration allemands, je fus le témoin incrédule de la non-réaction de certains prisonniers aux expériences les plus cruelles. Je ne savais pas alors, et ne l’aurais pas cru, que j’observerais, chez des enfants, dans l’environnement thérapeutique le plus favorable, un semblable comportement engendré par ce que ces enfants avaient vécu dans le passé. »4

Cette explication de l’autisme, « magique » et dramatique, tombée du ciel, ou plutôt surgie de l’enfer, nous fascina quand nous étions étudiants, puis jeunes professeurs de philosophie. Nous prîmes plaisir à l’enseigner à nos élèves, car non seulement elle donnait enfin réponse à cette grande interrogation que représentent les bizarreries de cette maladie, mais encore elle rendait limpides les comportements les plus aberrants et leur donnait un « sens », que nous découvrions peu à peu. De plus, la source de cette théorie, puisée dans l’expérience des camps de Bettelheim, lui apportait une caution absolue et forçait notre respect.

Reportant le schéma de la « situation extrême » des camps sur la famille, Bettelheim pensait que l’enfant autiste avait reçu de ses parents, de sa mère essentiellement, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait beaucoup mieux, s’il n’existait pas. En réponse à ce message, l’enfant « choisissait » de s’enfermer dans « une forteresse vide », un monde intérieur privé de vie, et coupait ainsi tout contact et toute communication avec son entourage. Bettelheim reprendra à son compte le terme de « mère frigidaire », que Kanner avait retiré dans un discours devant les parents en 1969. Les trois principaux cas rapportés par Bettelheim dans La forteresse vide, Marcia, Laurie et Joe, bien que très différents les uns des autres, reçurent tous la même interprétation théorique. Dans son école orthogénique5 de Chicago, Bettelheim prétendra recréer un environnement favorable se substituant à l’environnement parental, destructeur, mettant ainsi en pratique cette conviction : « Si un milieu néfaste peut conduire à la destruction de la personnalité, il doit être possible de reconstruire la personnalité grâce à un milieu particulièrement favorable. »

En octobre 1974, la première chaîne de télévision française présenta une série d’émissions, réalisées par Daniel Karlin, sur Bruno Bettelheim, émissions qui contribuèrent à diffuser largement la conception de celui-ci dans l’opinion. Ces émissions trouvèrent une place de choix dans les centres de documentation des lycées et furent montrées à loisir aux élèves en cours de philosophie. Bettelheim prétendait avoir guéri des dizaines d’enfants autistes.

Autisme : ce que prétendait Bettelheim

« Tout au long de ce livre, je soutiens que le facteur qui précipite l’enfant dans l’autisme infantile est le désir de ses parents qu’il n’existe pas. »

Bruno Bettelheim, La Forteresse vide, p. 171.

Bruno Bettelheim était convaincu, alors même que les preuves s’accumulaient contre sa théorie, que l’autisme n’avait pas de bases organiques, mais qu’il était dû à un environnement affectif et familial pathologique, comparable à la « situation extrême » du camp de concentration. Dans Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe, Richard Pollak met en lumière les bases sur lesquelles s’est fondé le « mythe Bettelheim ». Dans le chapitre « Bettelheim l’imposteur », du Livre Noir de la Psychanalyse, il précise que, née aux États-Unis, la théorie de Bettelheim y a été complètement discréditée, ainsi qu’en Grande-Bretagne, au Japon et presque dans tous les autres pays, sauf en France où elle continue à sévir. « En France, cependant, écrit Pollack, Bettelheim reste encore une sorte de héros, et bon nombre de psychiatres et de psychanalystes français semblent continuer de penser que les parents ont une part de responsabilité dans la pathologie de leurs enfants, qu’ils demeurent toujours coupables pour une raison ou une autre, même si ce n’est plus aussi crûment dit. Que la psychiatrie psychanalysante d’un pays aussi développé reste si en retard dans la prise en charge thérapeutique de l’autisme est proprement scandaleux. » (p. 685)

Voici quelques citations extraites de La Forteresse vide :

(p. 24) « Certaines victimes des camps de concentration avaient perdu leur humanité en réaction à des situations extrêmes. Les enfants autistiques se retirent du monde avant même que leur humanité se développe vraiment. Y aurait-il un lien, me demandai-je, entre l’impact de ces deux sortes d’inhumanité que j’avais connues : l’une infligée pour des raisons politiques aux victimes d’un système social, l’autre un état de déshumanisation résultant d’un choix délibéré (si l’on peut parler de choix à propos de la réaction d’un nourrisson) ? En tout cas, ayant écrit un livre sur la déshumanisation dans les camps de concentration allemands, ce qui me préoccupa ensuite fut ce livre sur l’autisme infantile. » (p. 86) « Dans les camps de concentration allemands, je fus le témoin incrédule de la non-réaction de certains prisonniers aux expériences les plus cruelles. Je ne savais pas alors, et ne l’aurais pas cru, que j’observerais, chez des enfants, dans l’environnement thérapeutique le plus favorable, un semblable comportement engendré par ce que les enfants avaient vécu dans le passé. »

(p. 97) « Quant au reste, ce qui pour le prisonnier était la réalité extérieure, est pour l’enfant autistique sa réalité intérieure. Chacun d’eux, pour des raisons différentes, aboutit à une expérience analogue du monde. L’enfant autistique, parce que les réalités intérieure et extérieure ne sont pas séparées et sont vécues comme étant plus ou moins identiques, prend son expérience intérieure pour une représentation vraie du monde. Le « musulman » qui se laissait dominer par les S.S., non seulement physiquement mais affectivement, se mettait à intérioriser l’attitude des S.S. qui considéraient qu’il était moins qu’un homme, qu’il ne devait pas agir de lui-même, qu’il n’avait pas de volonté personnelle. Mais, ayant transformé son expérience intérieure jusqu’à l’accorder avec sa réalité extérieure, il finissait, bien que pour des motifs entièrement différents, par avoir une vue de lui-même et du monde ressemblant fort à celle de l’enfant autistique. »

(p. 101) « Nous proposons de considérer l’autisme comme un état mental se développant en réaction au sentiment de vivre dans une situation extrême et entièrement sans espoir. »

Références

Bruno Bettelheim, La Forteresse vide, l’autisme des enfants et la naissance du moi, Gallimard, 1969.
Richard Pollack, Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe, Les Empêcheurs de penser en rond, 2003 et Le Livre Noir de la psychanalyse, « Bettelheim l’imposteur », 2005, Les Arènes, pp. 665-685.

Éléments rassemblés par Brigitte Axelrad

Pierre Debray-Ritzen, directeur du service de pédopsychiatrie à l’Hôpital des Enfants Malades de Paris, réagit très fortement à cet événement médiatique par un article publié dans Le Figaro, rapporté par la revue Éléments6, et intitulé « Bettelheim est-il un charlatan ? ». Interviewé par Yves Christen, médecin, il répondit : « Je n’aurais sans doute pas réagi aussi sévèrement si la télévision n’avait pas accordé cinq heures – quatre fois une heure un quart –- au fondateur de l’école orthogénique. Cinq heures sans aucune contrepartie, comme si Bettelheim représentait l’état actuel des connaissances en pédopsychiatrie, comme si l’on avait affaire à un Prix Nobel ou à une personnalité indiscutable. […] Bettelheim prétend guérir les psychoses infantiles à 80 %.... Cette prétention est aussi monstrueuse que celle d’un médecin qui affirmerait avoir guéri des leucémies aigues dans les mêmes proportions. […] Seules les recherches biochimiques, génétiques et psychopharmacologiques nous permettront de progresser. Je regrette que certains se fourvoient encore dans des directions erronées, comme celle de Bettelheim. Ce n’est pas en bannissant les médicaments et en ayant recours à la seule psychothérapie, que l’on obtiendra des résultats positifs. »

Après Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… déclineront de diverses façons la théorie psychanalytique sur l’autisme. Comme toutes les difficultés psychiques rencontrées par l’enfant, l’autisme prendra sens dans LA THÉORIE de la cause unique et universelle, à savoir dans le lien défavorable à la mère, et, sur ce sujet, cette interprétation sera poussée à son paroxysme, la mère devenant « mortifère ». Pour « aider » l’enfant autiste, il faudra donc lui retirer sa mère naturelle et lui en substituer une autre, représentée par le thérapeute. L’enfant autiste, déjà coupé par sa maladie de son environnement, sera privé pour son bien de ses parents.

En novembre 2007, le rapport du CCNE7 sur « La situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme », a pointé la nécessité d’abandonner l’explication unique, qui rend la mère responsable de l’autisme de son enfant. Cette théorie ne peut que bloquer la progression de la connaissance de l’autisme et désespérer les parents, déjà impuissants devant les difficultés extrêmes de leur enfant : « Considérer la mère comme coupable du handicap de son enfant, couper les liens de l’enfant avec sa mère, attendre que l’enfant exprime un désir de contact avec le thérapeute, alors qu’il a une peur panique de ce qui l’entoure, font mesurer la violence qu’a pu avoir une telle attitude, les souffrances qu’elle a pu causer, et l’impasse à laquelle cette théorie a pu conduire ».

Ce rapport indique que, depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme « troubles envahissants du développement » a conduit à « l’abandon de la théorie psychodynamique (psychanalytique) de l’autisme et de la notion de “psychose autistique” dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique. » Michel Lemay exprime ainsi son point de vue sur l’erreur de la psychanalyse : « Dans le cas de l’autisme, je crois que la psychanalyse s’est trompée. […] Le message de la psychanalyse, qui a longtemps été de dire, et encore hélas chez beaucoup d’auteurs français, français de France, que l’autisme peut être créé par des désirs inconscients, mortifères, des parents, par des troubles où le parent maintient l’enfant dans une symbiose de telle sorte qu’il ne peut pas se tourner vers le père, et de là qu’il ne peut pas naître à une vie psychique, ces hypothèses-là, je suis très sévère à leur égard. Elles culpabilisent les parents, elles ne collent absolument pas avec les observations que nous avons pu faire sur maintenant près de 600 enfants, et oui, sur ce plan là je suis très sévère en disant : il faut tourner cette page et aller vers ailleurs. »
Pourtant en France, cette page est difficile à tourner. La théorie psychanalytique, encore très puissante, freine la connaissance des causes de l’autisme. La théorie de Bettelheim n’a apporté aucune lumière sur les causes de la maladie et a contribué à éviter le dialogue entre les différentes parties concernées, parents, thérapeutes et chercheurs.

Conclusion

La connaissance de l’autisme progresse pas à pas grâce aux études en neurosciences par IRM et aux recherches en génétique. Les chercheurs savent qu’ils sont encore très éloignés d’une explication globale des causes de l’autisme, mais les résultats déjà obtenus montrent que les voies suivies sont les bonnes.

De nombreuses thérapies éducatives et comportementales telles que les méthodes ABA8, TEACCH9, TED10… semblent obtenir des résultats sur certains patients. Selon Paul Tréhin, Secrétaire Général de L’Organisation Mondiale de l’Autisme : « Ce qui est mauvais, c’est de croire qu’il existe "la solution" au problème de l’autisme. L’illusion qu’un jour il y aura une "baguette magique" qui fera disparaître l’autisme, est une des croyances tenaces parmi les parents aussi bien que parmi certains professionnels. »

Cependant, la théorie psychanalytique exerce toujours en France une fascination sur les médias, une partie des psychologues, du corps médical et de l’opinion publique, malgré les souffrances et les échecs qu’elle a engendré11. Éric Kandel12, neurobiologiste américain, prix Nobel de médecine en 2000 pour ses recherches sur la mémoire, en tire cette conclusion : « Si la psychanalyse reste figée sur son passé, elle restera une philosophie de l’esprit, une poétique, mais certainement pas une science. »

Je remercie le professeur Jacques Van Rillaer, qui a relu les deux parties de cet article et proposé des améliorations, avec la gentillesse et l’intérêt qui le caractérisent.

1 Léo Kanner (1943) Autistic disturbances of affective contact. Nervous Child, 2, p. 217-250.

2 Léo Kanner (1952) Emotional interference with intellectual functioning. American Journal of Mental Deficiency, 56, p. 701-707.

3 Hans Asperger (1944) Die « Autistischen Psychopathen » im Kindesalter. Archive für Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 117, p. 76-136.

4 Bruno Bettelheim (1967) The Empty Fortress. New York, Free Press. Trad., La forteresse vide, Paris, Gallimard, 1969, p. 86.

5 Établissement thérapeutique consacré à l’autisme infantile précoce, dirigé par Bruno Bettelheim, exclusivement selon des principes psychanalytiques.

6 Éléments n° 8-9 (novembre 1974) du Groupement de Recherches et d’Études pour la Civilisation Européenne.

7 Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et la Santé. Avis N° 102, « Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme ».

8 Applied Behavior Analysis, qui signifie : analyse comportementale appliquée.

9 Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped Children.

10 Thérapie d’échange et de développement. Elle s’appuie sur une conception neurodéveloppementale de l’autisme. Voir Catherine Barthélémy (2005) Comprendre et soigner autrement : à propos de l’autisme. In C. Meyer et al., Le Livre noir de la psychanalyse. Paris, Les arènes, p. 549-557. Ed. 10/18, 2007, p. 686-696.

11 Lire à cet égard l’ouvrage de Richard Pollack Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe (Paris, Les empêcheurs de penser en rond, 2003) ou son chapitre « Bettelheim l’imposteur » dans le Livre noir de la psychanalyse (Les arènes, 2005, p. 533-548 ; Ed. 10/18, 2007, p. 667-685).

12 La Recherche, mai 2006, n° 397.

2 juillet 2015

Bar-le-Duc : un jeune autiste suit la classe aux côtés d'une accompagnatrice passionnée

photo est républicain

À LA MATERNELLE Bugnon-Rostand, c’est Guillaume, un petit garçon de 6 ans, qui bénéficie du soutien d’une AESH. À l’heure de la récréation, entouré de ses camarades, rien ne laisse supposer que cet adorable bout de chou souffre de troubles autistiques.

Mais, de retour en classe, cet élève de grande section est accompagné par Gaëlle Sirguey. Une maman de deux enfants qui s’investit avec bonheur dans son rôle d’accompagnatrice depuis six ans. « Je m’occupe de Guillaume depuis la rentrée », confie dans une voix douce, celle qui, en plus de sa formation initiale, continue à suivre des cours sur l’autisme.

Un regard tendre vers Guillaume, l’AESH, confie : « Il faut le solliciter tout le temps : quand il veut un objet et qu’il montre du doigt, il sait qu’il n’obtiendra ce qu’il veut à condition de parler. Mais, bien évidemment, tout ceci se fait en douceur et en plusieurs étapes ». Une explication qui génère chez l’élève une étincelle dans ses beaux yeux marron. Et un petit sourire complice avec Gaëlle Sirguey.

« Ma mission consiste à amener Guillaume vers l’autonomie et la socialisation. Aussi bien avec les enfants qu’avec les adultes. Toujours en concertation avec le directeur. Le milieu scolaire permet à Guillaume d’intégrer les acquisitions de base, comme l’accomplissement des gestes de la vie quotidienne ou encore la manipulation ou l’installation de matériel, par exemple. »

L’accompagnatrice évoque également la relation indispensable qu’elle entretient avec les parents de l’élève et avec les éducatrices qui s’occupent de lui trois demi-journées par semaine à l’hôpital de jour.

« Adapter mon intervention »

« Avant l’entrée en classe, je me renseigne auprès de ses parents sur l’état de fatigue de Guillaume ou sur des changements qui ont pu survenir, afin d’adapter mon intervention », révèle Gaëlle Sirguey.

Un soutien que la maman de Guillaume juge « très bénéfique : sans ce soutien, il ne pourrait pas être scolarisé. Cela représente aussi une grande aide pour les enseignants et une façon de ne pas considérer l’intégration de Guillaume comme un poids. Nous avons beaucoup de chance. D’autant qu’il aime beaucoup aller à l’école. »

À la veille d’une année scolaire qui s’achève, Gaëlle Sirguey se réjouit de l’évolution de Guillaume : « Il a beaucoup évolué », citant notamment des gestes quotidiens comme l’habillage, les chaussures, la fermeture éclair… Ou encore la notion des couleurs.

Joignant le geste à la parole, Gaëlle Sirguey débute un exercice de construction. Sans jamais se départir de son sourire, l’accompagnatrice ajoute : « Il faut reformuler et répéter souvent la même consigne pour permettre à Guillaume de parvenir à ce qui lui est demandé ». L’occasion de citer les qualités et compétences nécessaires, mais tellement évidentes en observant ce duo : « Discrétion, dynamisme, patience, tolérance, partage et faculté d’adaptation ».

Sans oublier une valeur qui semble commune à tous les AESH : la passion !

M.S.

2 juillet 2015

Ils souhaitent le meilleur pour leur fils autiste de 22 ans

02/07/2015 05:38
Raphaël, autiste mutique de 22 ans, a intégré le foyer d'accueil médicalisé Dialogue Autisme, à Saran, il y a un an. - Raphaël, autiste mutique de 22 ans, a intégré le foyer d'accueil médicalisé Dialogue Autisme, à Saran, il y a un an. - (Photo Armand Amar)
Raphaël, autiste mutique de 22 ans, a intégré le foyer d'accueil médicalisé Dialogue Autisme, à Saran, il y a un an. - (Photo Armand Amar)

Raphaël a intégré le foyer d’accueil médicalisé Dialogue Autisme à Saran (Loiret), l’an dernier. Pour ses parents, de Binas, ce centre est perfectible.

Armand et Véronique sont conscients de la chance qu'ils ont eue d'obtenir une place pour leur fils autiste dans ce foyer d'accueil médicalisé flambant neuf, situé à Saran, en Loiret. Ils savent aussi que cette structure est désormais la maison de Raphaël. C'est pourquoi ses parents veulent qu'il s'y sente bien.

Membres de l'association régionale Dialogue Autisme, Armand et Véronique se sont lancés, il y a près de dix ans, avec d'autres parents, dans une réflexion de création d'un lieu de vie pour leurs enfants. Avec les autres parents de l'association, ils ont conçu ce foyer à leur image, le plus idéalement possible. « Ce centre est destiné à de jeunes adultes sortant d'un institut médico-éducatif, avec des dérogations pour des adolescents de 16 ans. » Ils ont fini par monter une structure à Saran, sur un terrain disponible et offert par la commune. Après quelques tractations, le lieu a ouvert ses portes le 27 janvier 2014. Raphaël a eu l'autorisation d'intégrer cet endroit. La mise en route fut difficile pour le jeune homme. Aujourd'hui, il semble avoir trouvé sa place, « grâce à des éducateurs merveilleux et dévoués », se réjouit Armand. Le principal problème qui préoccupe les parents de Raphaël reste la nuit : « Seules deux aides-soignantes sont présentes pour 24 résidants, soit une professionnelle par bâtiment. Seules, elles ne peuvent pas gérer les crises des résidants. Et pendant ce temps-là, le foyer n'est plus sous contrôle. Un accident, une fausse route tout peut arriver. »
Étant mutiques, les autistes du foyer sont dans l'incapacité d'exprimer ce qu'il se passe dans ce centre. Pour les parents de Raphaël, l'établissement échappe à l'association Dialogue Autisme. Celle-ci, de par sa petite taille, ne pouvait pas gérer cet équipement. Elle a donc adhéré à Autisme France, qui possède une société de gestion contrôlant plusieurs structures, dont celle du Loiret.
Le foyer est scindé en deux bâtiments distincts, comprenant chacun deux ailes de six logements chacune. Vingt-quatre résidants y vivent.

" Pas un foyer perméable aux familles "

 « Quand on a imaginé ce centre, on y voulait une certaine harmonie dans les âges des autistes. Or, actuellement, des personnes de 60 ans s'y trouvent, regrette Armand, le papa de Raphaël. On souhaitait aussi que ce lieu soit perméable aux familles, qu'on puisse rendre visite à nos enfants et qu'on ait accès aux chambres. Mais l'encadrement nous dissuade de rentrer dans leurs pièces de vie. Au bout d'un mois, on nous a fermé les portes. Nous ne pouvons pas rendre visite à notre fils de peur que cela ne déclenche une crise chez Raphaël mais aussi chez les autres pensionnaires. » Il était aussi prévu que l'équipement soit réservé à des autistes de la région Centre-Val de Loire. « Or, les résidants viennent de toute la France. »
Jusqu'ici, Armand et Véronique ramenaient leur fils à Binas tous les week-ends. Ils vont désormais espacer les retours à la maison. « Ça fait mal au cœur, car notre fils est quelqu'un de tendre, d'affectueux, mais aussi de colérique. J'ai 75 ans et ma femme a 58 ans. Ça devient épuisant de prendre Raphaël. C'est important pour nous de savoir que ce foyer à Saran est sécurisé et qu'il s'y acclimate bien. »

repères

> Envoyé de structure en foyer, Raphaël est un autiste mutique.
> C'est par l'intermédiaire d'un psychiatre que le diagnostic a pu être posé sur son cas à l'âge de 2 ans. L'enfant passe entre les mains de psychiatre, de psychologue, de psychanalyste. Il intègre l'école maternelle, puis est pris en charge par le centre d'action médico-sociale précoce de Blois. Il rentre au Sessad de Blois, mais l'intégration ne se déroule pas bien.
> Entre 10 et 14 ans, c'est sa maman qui s'en occupe à la maison, avec l'intervention à domicile d'éducateurs.
> A ses 14 ans, il rentre à l'Institut médico-éducatif des Basses-Fontaines, à Crouy-sur-Cosson, où il y reste jusqu'à ses 20 ans, avant de rejoindre le foyer d'accueil médicalisé de Saran.

Claire Neilz
1 juillet 2015

Ballade à cheval au Haras de Maison Blanche à Lésigny en Seine-et-Marne - 77

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Aujourd'hui, nous sommes partis faire une petite ballade à poney (double) au Haras de Maison Blanche ... La vie de chateau ELise adore et un petit tour dans les bois avec "Jonquille" c'est le Must !

Inutile de dire qu'Elise depuis la veille était sur des charbons ardents et nous parlait de l'évènement à toutes les occasions ... !

Remerciements à Alexia & Véronique

1 juillet 2015

Aide Sociale à l'Enfance : la machine à broyer les mamans d'enfants autistes

Loin de moi l’idée de nier que certains enfants puissent avoir besoin d’être protégés de parents malfaisants. Cependant, depuis déjà plusieurs années, paraissent des articles, rapports (y compris de l’IGAS) et documents pour mettre en évidence les dysfonctionnements de l’Aide Sociale à l’Enfance, énorme business de 8 milliards d’euros : signalements abusifs, enfants enlevés à leurs familles, méconnaissance du handicap, familles détruites, enfants traumatisés…

Le Conseil de l’Europe a aussi fait un rapport. Un psychiatre vient même récemment de dénoncer une « machine à placer ». Le Défenseur des Droits s’est ému il y a peu de l’absence de projet pour l’enfant, pourtant réglementaire, dans toutes ces procédures. J’ai pour ma part dénoncé ces violences faites aux enfants et aux familles au Défenseur des Droits et dans un rapport alternatif au Comité ONU des Droits de l’Enfant. Rien n’y fait : la machine à broyer continue impitoyablement à saccager des familles.

Dans le cadre de l’autisme, c’est carrément une honte nationale, et encore l’expression est-elle faible. Les victimes sont essentiellement des femmes seules avec un ou plusieurs enfants autistes.

Jugez-en : en France, voilà ce qu’on peut observer en violation toujours impunie des droits des personnes :

- Une famille et le plus souvent une mère seule est dénoncée, et une information préoccupante  est enclenchée contre elle et envoyée au service départemental de l’Aide à l’Enfance : premier stade de l’engrenage infernal. Les PMI, CAMSP, CMP, Hôpitaux De Jour, le font, mais ce peut être aussi un enseignant, l’Education Nationale, un auxiliaire de vie scolaire, ou votre voisin. Les difficultés de comportement de certains enfants autistes, bien connues des parents, sont analysées par ceux qui ne se sont jamais donné la peine de s’informer, même a minima, sur les troubles du spectre de l’autisme, comme des carences éducatives. Ces services sont en général tous noyautés par une idéologie psychanalytique : les troubles de l’enfant viennent forcément de la mère, trop fusionnelle ou trop froide, selon l’humeur des professionnels, et si la mère souhaite obtenir un diagnostic de trouble neuro-développemental, c’est forcément qu’elle nie sa culpabilité : elle doit donc être dénoncée et sanctionnée. C’est à plus forte raison le cas, si, constatant que son enfant régresse dans les CAMSP ou hôpitaux de jour, elle souhaite en partir pour chercher en libéral des interventions efficaces et conformes aux recommandations de la Haute Autorité de Santé. En France, la psychanalyse est une dictature toute-puissante et impitoyable qui n’hésite pas à faire sanctionner ceux qui n’en veulent pas.

Cette information préoccupante vaut à la famille une intrusion dans sa vie privée, et l’assistante sociale a le droit de s’inviter partout, y compris à l’école, de faire des remarques, de porter des jugements. La famille ne connaîtra jamais les critères de jugement. L’assistante sociale fera un rapport dont la plupart du temps la famille n’aura jamais connaissance, sauf si elle prend un avocat, à ses frais, bien entendu. Il importe de rappeler que les travailleurs sociaux n’ont aucune formation au handicap, et que leur formation initiale est directement issue du catéchisme freudo-lacanien en vigueur dans quasiment toutes les formations initiales de ceux qui ont la prétention de s’occuper de nos enfants.

Vous croyez être dans une dictature totalitaire, mais non : c’est en France.

- Avec un peu de chance, le dossier sera classé sans suite, ce qui n’empêchera pas les mêmes qui ont déjà dénoncé de recommencer à dénoncer : des familles ont eu ainsi plusieurs informations préoccupantes à la suite.

Vous croyez être dans une dictature totalitaire, mais non : c’est en France.

- Malheureusement, les informations préoccupantes ont une suite le plus souvent : le signalement, et les familles entrent dans une procédure judiciaire où les dangers sont majeurs. Les mères seules sont les plus visées, et certaines sont elles-mêmes autistes. Elles se font imposer des expertises psychiatriques, dont bien sûr elles n’ont pas le droit de connaître le contenu, des enquêtes multiples, toujours à charge, qui sélectionnent ce qui va servir la thèse retenue a priori : la maladie de la mère qui veut à tout prix que ses enfants soient dans le champ du handicap. La formation des travailleurs sociaux est totalement noyautée par la psychanalyse et ils apprennent tous à raisonner en termes de culpabilité de la mère à la première difficulté de l’enfant. C’est ainsi que se développe en France, et seulement dans ce pays, une épidémie unique au monde de Syndrome de Münchhausen par procuration, dont sont accusées principalement des femmes seules : la littérature scientifique internationale n’a recensé que 277 cas dans le monde de personnes qui créent des troubles somatiques chez leurs enfants en les intoxiquant par exemple. En aucun cas il ne s’agit de troubles neuro-développementaux comme l’autisme, pour lesquels d’ailleurs la HAS explique clairement que les caractéristiques psychologiques des familles ne sont pas en cause dans leur survenue.

L’aboutissement de ces investigations lancées par la justice est le plus souvent dramatique : familles et mères montrées du doigt, calomnies qui tournent en boucle, engrenage monstrueux où tout ce que peut dire une personne se retourne systématiquement contre elle, enfants traumatisés, vie permanente sous la menace du placement des enfants. Les familles ou les mères ont six mois pour trouver un expert de l’autisme qui posera un diagnostic accepté par l’ASE, et les Centres de Ressources Autisme ont des délais d’attente de 2 ans en moyenne. La course contre la montre est donc perdue d’avance. Le pire est à venir : si la justice suit le rapport de l’assistante sociale et de l’expert psychiatre qui s’acharnent à accuser la mère de Syndrome de Münchhausen par procuration, et demande le placement des enfants, la mère seule, tenue d’amener ses enfants au tribunal, peut se les voir retirer à l’audience. De courageux avocats essaient d’éviter le pire aux familles : les victimes innocentes doivent donc payer pour faire valoir leur innocence.

Vous croyez être dans une dictature totalitaire, mais non : c’est en France.

Les familles concernées par l’autisme sont les Sans-Droits de notre République, dans l’indifférence la plus totale. France, tu me fais honte.

Danièle Langloys

Autisme France

1 juillet 2015

Comment expliquer ce que c'est l'autisme

Si l'un de vos proches ou vous-même est atteint d'autisme, il peut parfois s'avérer difficile d'expliquer ce qu'est cette pathologie. Avant de pouvoir bien l'expliquer aux autres, il peut être utile d'apprendre tout ce que l'on peut sur le sujet. Vous serez alors capable d'expliquer comment l'autisme affecte les compétences sociales des personnes affectées, leur empathie et leur comportement physique.

Partie 1 sur 5: Comprendre l'autisme pour l'expliquer aux autres

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    1
    Familiarisez-vous avec la définition générale de l'autisme. L'Autisme est un trouble du développement qui conduit, dans la majorité des cas, à des troubles de la communication et des compétences sociales. C'est un trouble neurologique qui cause de nombreuses difficultés, mais qui a également quelques bons côtés.[1]
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    Apprenez ce qu'en disent ceux qui en sont atteints. Les autistes, vivant eux-mêmes leurs différences et leurs pulsions, peuvent fournir la meilleure compréhension possible sur le fonctionnement de ce trouble. Ils ont une vision plus complète que celle des associations gérées par leurs parents.[2]
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    Comprenez que l'autisme est en fait un trouble du large spectre autistique. Cela signifie que les symptômes varient d'une personne à l'autre. Il est impossible que deux autistes aient exactement les mêmes symptômes. L'un peut avoir des problèmes sensoriels sévères, possédant pourtant d'importantes compétences sociales et une bonne fonction exécutive, alors qu'un autre peut avoir peu de problèmes sensoriels et d'énormes difficultés avec chaque interaction sociale de base. Vu les différences de symptômes, toute généralisation est exclue lorsqu'il s'agit de l'autisme.
    • Prenez ce fait en compte lorsque vous expliquez l'autisme aux autres. Il est important de souligner que chaque personne affectée se comporte différemment, tout comme chaque personne neurotypique (non-autiste) se comporte différemment.
    • Quand vous décrivez une personne autiste, insistez sur ses besoins individuels.
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    Soyez conscient des troubles de la communication. Pour certains autistes, la communication sociale est très difficile. Nous en parlerons plus dans la Méthode 2, mais voici quelques troubles de la communication fréquents liés à l'autisme :
    • Une voix bizarre ou monocorde, un rythme et un ton bizarres
    • Une répétition de questions et de phrases (écholalie)
    • Une difficulté d'exprimer ses besoins et ses envies
    • Un traitement plus long des mots entendus, un manque de réaction rapide à des instructions, une confusion provoquée par beaucoup de mots prononcés trop vite
    • Une interprétation littérale du langage (confusion face au sarcasme, à l'ironie, à des figures de style)
  5. 5
    Comprenez que les autistes interagissent différemment avec le monde qui les entoure. En parlant avec une personne autiste, vous pouvez vous demander si elle fait attention à vous ou si elle se fiche complètement de votre présence. Ne soyez pas troublé par cela. Gardez à l'esprit que :
    • Il est plutôt habituel que les autistes donnent l'impression de ne pas s'intéresser à ce qui les entoure. Ils n'ont peut-être pas conscience ou ne sont pas intéressés par la présence de ceux qui les entourent. Cela rend la communication sociale difficile.
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    • Une personne autiste peut écouter différemment. Par exemple, le contact visuel peut être inconfortable ou distrayant pour les autistes et ils peuvent avoir besoin de s'agiter afin de se concentrer. Ainsi, ce qui peut ressembler à de l'inattention, est en fait une modification qu'ils opèrent pour mieux écouter.
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    • Un autiste peut donner l'impression de ne pas entendre la personne qui lui parle. Cela peut être dû à la lenteur du traitement des informations auditives ou à la présence de choses détournant son attention. Proposez de parler dans un endroit plus calme et faites des pauses afin de donner à l'autiste le temps de la réflexion.
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    • Pour les enfants autistes, jouer avec d'autres enfants peut être éprouvant, parce que cela implique des règles sociales difficiles et/ou des expériences sensorielles qui les dépassent. Ils peuvent choisir de s'abstenir.
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    6
    Les autistes aiment les structures. Ils peuvent créer des routines très structurées pour leur journée. C'est dû au fait que les autistes peuvent être facilement effrayés par un nouveau stimulus, alors qu'un programme établi leur donne plus de confort. Nous en parlerons plus dans la Méthode 4. Les autistes peuvent :
    • Suivre une routine très stricte.
    • Trouver des changements imprévus très stressants (par ex. changement d'environnement scolaire).
    • Utiliser des objets de réconfort pour combattre le stress.
    • Placer les choses en ordre (par ex. ordonner des jouets par couleur ou par taille).
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Partie 2 sur 5: Expliquer les compétences sociales des autistes à un adulte

  1. 1
    Expliquez à un adulte que les personnes autistes peuvent agir différemment et que cela ne devrait pas poser de problème. Les autistes doivent faire face à des barrières et des facteurs de stress qu'une personne non autiste ne comprend pas  [3], alors ils peuvent se comporter différemment ou présenter d'autres compétences sociales. Tout dépend des besoins et des forces de la personne affectée.
    • Les autistes avec de bonnes compétences sociales peuvent tout simplement paraître un peu étranges et maladroits. Il leur arrive de faire des remarques irréfléchies qui n'ont pas de rapport avec la conversation.
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    • Certains autistes ne sont pas capables d'interagir dans un cadre social normal.
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    Signalez qu'un autiste peut ne pas engager de contact visuel. Le contact visuel peut être pour lui extrêmement difficile. L'autiste peut être incapable de maintenir le contact visuel et d'écouter ce que l'on lui dit en même temps.[4]Expliquez que même si l'autiste ne regarde pas, cela ne veut pas dire qu'il n'écoute pas.
    • Par exemple, l'une des rédactrices de cet article a dû immédiatement regarder ailleurs en voyant cette image, parce que l'intensité du regard interférait avec sa capacité à lire l'article.
    • Ne forcez jamais le contact visuel. Vous pourriez effrayer la personne autiste,  [5] ce qui pourrait faire plonger ses compétences en conversation et provoquer une surcharge sensorielle.
    • Certains autistes sont capables d'engager le contact visuel sans trop d'efforts. Encore une fois, cela dépend de la personne.
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    Expliquez que la personne autiste ne l'ignore pas. Expliquez que l'autiste peut avoir besoin de s'agiter ou d'éviter le contact visuel pour pouvoir se concentrer. L'autiste peut également regarder la bouche de la personne qui lui parle, ses mains, ses pieds ou même regarder dans la direction opposée. Si vous vous énervez contre l'autiste, il commencera à vous éviter.
    • Rappelez que, en raison de troubles sensoriels et de troubles de l'attention, l'autiste peut peiner à se concentrer sur la conversation. L'autiste n'ignore pas les autres, il/elle peut lutter pour être capable de participer à l'interaction, ne serait-ce qu'un peu.
    • Expliquez qu'il faut s'exprimer clairement, si l'on a envie de parler avec la personne autiste. Pour être clair, mettez-vous à côté de l'autiste, appelez-le par son nom et soyez de préférence dans sa portée visuelle. Si la personne autiste ne répond pas quand on l'appelle, réessayez, parce qu'elle a pu ne pas entendre.
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    4
    Soulignez que certains autistes sont non-verbaux (incapable de parler). Ils peuvent communiquer à travers le langage des signes, des images, des textes écrits, le langage corporel ou le comportement. Expliquez que, même si la personne ne peut pas parler, elle peut néanmoins comprendre ce que l'on dit et avoir son mot à dire.
    • Rappelez que le dénigrement est toujours condescendant. Les autistes non verbaux devraient être traités comme toutes les personnes de leur âge.
    • Montrez les travaux des grands autistes non verbaux, comme l'écrivaine Amy Sequenzia.
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    5
    Soulignez que la personne autiste peut ne pas saisir le sarcasme, l'humour ou le changement de ton. Les autistes ont beaucoup de mal à comprendre les différents tons de la voix, surtout si les traits du visage de l'interlocuteur ne correspondent pas au ton de sa voix.
    • Quand vous l'expliquerez, vous pouvez le comparer à l'usage des émoticons dans des textos. Si quelqu'un vous écrivait « Bon, c'était très bien », vous pourriez comprendre qu'il est sincère. Pourtant, s'il ajoutait « : -P » à son message, ce qui représente quelqu'un qui tire la langue, vous interpréteriez le texte comme sarcastique.
    • Les autistes peuvent apprendre à comprendre le langage figuratif. Certains sont même bien familiarisés avec les nuances du sarcasme et de l'humour.
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Partie 3 sur 5: Expliquer les troubles de la conversation

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    1
    Aidez votre interlocuteur à comprendre que l'autiste se soucie vraiment des sentiments des autres. Les autistes ne comprennent pas toujours ce que les autres ressentent ou quelle est la meilleure façon de réagir. Rappelez-leur que les autistes manquent souvent de capacité d'empathie, ce qui fait qu'ils paraissent insensibles alors qu'ils ont tout simplement du mal à comprendre les émotions des autres.
    • Expliquez qu'il vaut mieux être le plus clair possible pour dire comment on va. Par exemple, une personne autiste peut ne pas comprendre pourquoi vous regardez vos pieds, mais si vous lui dites que vous êtes triste parce que votre père est fâché contre vous, elle saura mieux vous répondre.
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    Parlez des passions intenses qui accompagnent l'autisme. Plusieurs personnes autistes sont profondément passionnées par quelques sujets spécifiques et peuvent en parler longuement.
    • La population non autiste peut considérer quelque chose de dit ou de fait par un autiste comme malpoli, alors que généralement les autistes ne font pas fi des pensées et des sentiments des autres. Ils peuvent ne pas se rendre compte du fait que leur interlocuteur n'est pas intéressé par ce qu'ils ont à dire.
    • Certains autistes sont extrêmement prudents quand il s'agit de parler de leurs centres d'intérêt, de peur de se montrer malpoli. Si c'est le cas, il faut l'assurer que c'est bien de parler de ses passions de temps en temps, surtout si l'interlocuteur lui pose des questions sur le sujet.
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    Dites à votre interlocuteur que les autistes peuvent ne pas se rendre compte à quel point vous êtes intéressé. Si vous souhaitez changer de sujet ou terminer la conversation, ils peuvent ne pas saisir vos allusions. Il est mieux d'être direct.
    • Pour vous faciliter la tâche, préparez-vous quelques excuses pour partir, comme « Je dois y aller pour ne pas être en retard » ou « Je suis fatigué et j'ai besoin d'un peu de temps tout seul' (beaucoup d'autistes le comprendront très bien).
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    Faites comprendre à la personne que les autistes ont des émotions, comme tout le monde. Il est très important que tout le monde comprenne que les autistes ressentent l'amour, le bonheur et la douleur de la même manière que les autres. Même s'ils paraissent détachés de temps en temps, cela ne veut pas dire qu'ils sont dépourvus d'émotions. En fait, beaucoup d'autistes ressentent les choses très profondément.
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Partie 4 sur 5: Expliquer l'étiquette du comportement physique

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    Expliquez que certains autistes ne supportent pas le contact physique. Cela est lié à leurs troubles sensoriels. Les réactions au toucher varient d'une personne à l'autre, il est alors important de demander à l'autiste s'il veut être touché.
    • Certains autistes aiment bien le contact physique. Beaucoup d'entre eux vont prendre dans leur bras leurs amis proches ou les membres de leur famille avec plaisir.
    • Dans le doute, demandez. Dites : « Veux-tu que je te prenne dans mes bras ? » et bougez lentement, pour que la personne autiste puisse le remarquer et dire non. Ne la touchez pas sans l'avertir, car vous pouvez l'effrayer au point de paniquer.
    • Les préférences des autistes changent d'une journée à l'autre. Par exemple, un petit garçon autiste qui normalement adore les câlins, peut soudainement dire « non » quand vous les lui demanderez une autre fois. Cela est causé par ses troubles sensoriels ou par le fait qu'il est trop bouleversé. Ne le prenez pas personnellement.
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    Expliquez que de nombreux autistes ne peuvent pas supporter certains stimuli sensoriels. Un autiste peut avoir mal à la tête à cause de la lumière vive ou sursauter et se mettre à pleurer, si vous laissez tomber une assiette par terre. Rappelez aux autres la sensibilité de l'autiste, pour qu'ils puissent l'aider.
    • Expliquez qu'il est bien de demander quels sont les besoins d'une personne autiste pour pouvoir y répondre. Par exemple, « Est-ce que cette chambre est trop bruyante pour toi ? Devons-nous aller ailleurs ? »
    • Il n'est JAMAIS acceptable de taquiner l'autiste sur ses sensibilités (par ex. de claquer les portes des meubles pour le voir sursauter). C'est une agression qui peut provoquer une grande douleur, la peur et même une crise de panique.
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    Dites à votre interlocuteur que les autistes supportent mieux les stimuli lorsqu'ils ont été prévenus et pu se préparer.[6] En général, les autistes supportent mieux des situations quand ils savent à quoi s'attendre, alors conseillez de prévenir l'autiste avant de faire quelque chose qui pourrait l'effrayer.
    • Un exemple : « Je vais fermer la porte du garage maintenant. Si vous voulez sortir de la chambre ou vous boucher les oreilles, allez-y. »
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    Mentionnez qu'une personne autiste peut présenter certains comportements anormaux. Ce sont des comportements dits d'autostimulation, parce qu'ils stimulent les sens. Ils peuvent les aider à se calmer, à se concentrer [7], à communiquer [8] et à prévenir un effondrement [9] Expliquez que, bien que cela puisse paraître bizarre, il est inacceptable d'empêcher l'autiste de continuer.[10][11] Voici quelques exemples de comportements d'autostimulation :
    • Un balancement du corps
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    • Une répétition des mots et des bruits (écholalie).[12]
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    • Des battements de mains.
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    • Des claquements de doigts.
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    • Se cogner la tête (Parlez-en au thérapeute ou à un adulte responsable, si cela constitue un problème.) Comme ce comportement peut provoquer une douleur physique, il vaut mieux le remplacer par un autre, comme des hochements rapides de tête. Le thérapeute l'aidera à choisir un autre comportement d'autostimulation.
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    • Sauter partout et claquer des mains d'excitation
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    Expliquez que ces comportements sont souvent réconfortants, car ils produisent un effet sensoriel prévisible. Tout comme les routines, ils peuvent créer une sensation de sécurité et de prévisibilité. Par exemple, un autiste peut sautiller dans un endroit à répétition ou écouter la même chanson en boucle ou dessiner la même chose. Des comportements à répétition sont liés à leur niveau de confort.
    • Si vous essayez d'expliquer l'autisme de votre enfant à un ami, comparez comment vos enfants se préparent pour l'école. Se préparer pour l'école est une routine : on prend un petit-déjeuner, on se brosse les dents, on prépare nos affaires, etc. Même si c'est tous les jours pareil, parfois certaines de ces activités peuvent être perturbées. Un enfant neurotypique (non-autiste) ne sera pas dérangé s'il doit d'abord s'habiller et ensuite prendre son petit-déjeuner, ce qui ne fait pas partie de la routine. Pour un enfant autiste, ce type de changement peut être extrêmement désorientant. S'il est habitué à une certaine routine, il vaut mieux s'y tenir.
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Partie 5 sur 5: Expliquer l'autisme à votre enfant

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    Assurez-vous que l'enfant est prêt pour cette discussion. Il est important que vous soyez sincère avec votre enfant, particulièrement s'il est autiste ou l'ami d'un enfant autiste. Pourtant, il est également très important d'être persuadé que l'enfant est en âge de comprendre ce que vous lui dites et qu'il n'en deviendra pas confus ou effrayé. Chaque enfant est unique, alors il n'existe pas de limite d'âge. Le choix du moment opportun pour cette conversation ne dépend que de vous.
    • Si votre enfant est autiste, n'ayez pas peur de pécher en lui en parlant trop tôt. Se sentir différent peut être très stressant, si personne ne lui explique pourquoi il l'est. Les jeunes enfants peuvent entendre quelque chose d'aussi simple que : « Tu as un handicap appelé autisme. Cela signifie que ton cerveau fonctionne un peu différemment et c'est pourquoi tu as des thérapeutes pour t'aider. »
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    Expliquez à votre enfant que l'autisme n'est pas une raison pour être triste. Enseignez-lui que l'autisme est un handicap, non une maladie ou un fardeau et que c'est OK d'être autiste. Les enfants plus grands peuvent tirer bénéfice d'une présentation du concept de la neurodiversité et des mouvements pour les droits des handicapés.
    • Aidez votre enfant à comprendre que ses différences le rendent unique et spécial. Expliquez les forces de l'autisme : le sens aigu de la logique et de l'éthique, la compassion, des passions profondes, la concentration, la loyauté et l'envie d'aider (la responsabilité sociale).
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    Encouragez votre enfant. Soyez sûr de l'encourager, en lui disant que l'autisme le rend différent mais non pire. Votre enfant peut toujours participer à des activités diverses à l'école et à la maison et mener une vie heureuse.
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    Assurez-vous d'exprimer votre amour à votre enfant. Répétez-lui souvent comment vous l'aimez et tenez à lui. Il est essentiel de jouir d'un vrai soutien, surtout quand on vit avec un handicap et avec de l'aide votre enfant pourra vivre une vie heureuse et fructueuse.
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Conseils

  • Ne vous frustrez pas si la personne à qui vous expliquez l'autisme n'a pas l'air de comprendre. Restez calme et essayez de répondre aux questions qu'elle pose pour mieux cerner ce trouble.
  • Proposez de lui fournir quelques sites Internet sur le sujet. Consultez les références dans cet article pour des suggestions.
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Avertissements

  • N'essayez jamais d'empêcher l'autiste d'effectuer son comportement d'autostimulation.
  • Soyez très prudent quand vous suggérez à quelqu'un des sites Internet sur l'autisme. Certaines organisations (surtout celles dirigées par des parents) diabolisent l'autisme et se concentrent sur son calvaire au lieu de se concentrer sur le respect et l'intégration. Concentrez-vous plutôt sur des organisations dirigées par des autistes ou celles qui en comptent beaucoup dans leur direction.
    • Les sites Internet qui traitent de la neurodiversité, qui parlent de l'individu avant la maladie,  [13] qui promeuvent l'acceptation et parlent plutôt de comment s'accommoder de ce trouble et non de le soigner, sont généralement bons.

Sources et citations

  • Autism Self-Advocacy Network (ASAN)
  • Autism Women's Network
  • Parenting Autistic Children with Love and Acceptance
30 juin 2015

Le CeRESA Midi-Pyrénées fête ses dix ans

article publié dans LA DEPECHE

Publié le 30/06/2015 à 08:19

Société - Autisme

Les enfants posent avec les dirigeants de l'association devant les dessins du concours./ Photo DDM, Frédéric Charmeux

Les enfants posent avec les dirigeants de l'association devant les dessins du concours./ Photo DDM, Frédéric Charmeux

 

Le CeRESA (Centre Régional, d'Éducation et de Services pour l'Autisme en Midi-Pyrénées) organisait jeudi 25 juin dernier une grande réception à partir de 19 heures dans ses nouveaux locaux impasse de Lisieux pour fêter ses 10 ans d'existence. Acteur incontournable dans la prise en charge de l'autisme en région Midi-Pyrénées, cette association créée en juillet 2005 sous l'impulsion du Pr Bernadette Rogé propose une véritable plateforme innovante de services agissant auprès des personnes atteintes d'autisme et de leurs familles. Depuis 10 ans, le CeRESA a su relever plusieurs défis puisqu'il est aujourd'hui gestionnaire de 4 structures accompagnant près de 90 enfants âgés de 2 ans à 20 ans en accord avec les recommandations de la Haute Autorité de Santé. L'association a aussi reçu le soutien du ministère de la santé en la personne de Ségolène Neuville, Secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées qui a récemment adressé une lettre à leur attention pour souligner la qualité et le sérieux du travail qui y était mené (voir notre encadré). «Nous travaillons avec de nombreux professionnels, psychologues, éducateurs, orthophonistes ou encore enseignants» explique le Pr Bernadette Rogé. «L'objectif est de donner une éducation adaptée aux enfants atteints de troubles d'autisme afin de les aider à s'intégrer dans la société.». Une centaine de personnes étaient présentes lors de cette soirée anniversaire en présence de parents, enfants et proches de l'association, qui s'est conclue par un grand cocktail et un concert de la chorale de la fondation orange, partenaire de l'association depuis sa création. Cette soirée anniversaire était également l'occasion d'une remise de prix.

En effet un concours de dessin ouvert aux enfants des classes accueillant un enfant avec autisme avait été organisé il y a quelques semaines sur le thème du «vivre ensemble». Un jury composé de deux artistes toulousains était chargé de départager les 12 dessins en lice, et ce sont finalement cinq établissements toulousains qui se sont distingués par leur production.


Le Ceresa : «un site d'excellence»

Ségolène Neuville, Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion : «(…) je connais l'importance de votre dispositif et l'excellence des interventions et des projets qui s'y développent. Vous faites partie des centres pionniers sur les interventions précoces en autisme qui sont au cœur des priorités fixées par le Plan Autisme 2013-2017 et vous contribuez ainsi à diffuser les recommandations de la haute autorité en santé (HAS) et de l'agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et des services sociaux et médico-sociaux (ANESM). C'est aussi un lieu, une équipe auprès de laquelle les familles et les enfants se sentent en confiance. Et cette confiance est essentielle et se mérite lorsqu'il s'agit d'autisme. (…) Madame la Professeure Bernadette Rogé., vous faites partie de nos experts et professionnels les plus précieux. Vous œuvrez depuis de nombreuses années pour faire avancer la cause de l'autisme. Vous êtes aussi reconnue internationalement pour votre expertise et vos recherches. Pour toutes ces raisons, le CERESA est l'un des sites d'excellence, un site démonstrateur de ce que je souhaite voir se développer partout en France.»

L.A

29 juin 2015

Au-delà des différences

articlle publié dans Sud Ouest

Publié le 29/06/2015 à 03h44 , modifié le par

Deux associations du Créonnais œuvrent de concert pour intégrer des enfants autistes à travers des temps d’activités créatives partagées. Ambiance.

Au-delà des différences

Les enfants se sont appliqués à décorer des pots de miel, aidés des parents et des animatrices des deux associations. ©

PHOTO C.B.

CHRISTIAN BOISSON

c.boisson@sudouest.fr

Il n'est jamais simple de gérer un enfant autiste au quotidien. Les parents concernés sont les premiers à pouvoir en témoigner. Au-delà de toutes les contraintes que cette situation occasionne, il reste encore un élément qui échappe à la prise en charge médicale : c'est la place dans la société des enfants greffés de cette différence, souvent captée dans le regard des autres.

À Créon, l'association D'une rive à l'autre réunit six enfants frappés du syndrome d'autisme, non pas pour les confiner dans une bulle protectrice, mais bien au contraire pour les éveiller au monde extérieur et les aider à s'intégrer dans leur environnement, aussi bien matériel que relationnel. Une autre association sadiracaise, Les mots de Jossy, œuvre dans le même esprit mais avec des enfants dits « normaux », juste en difficulté scolaire, voire en mal de bases d'apprentissage des actes de la vie.

Il y a un an, Jocelyne Garcia, la directrice des Mots de Jossy, a souhaité se rapprocher de l'association D'une rive à l'autre afin de se faire rencontrer les enfants entre eux et d'observer les comportements réciproques, pour en tirer des enseignements. « Je souhaitais me rendre compte s'il était possible que se crée une passerelle entre eux, évoque Jocelyne Garcia. Comment allaient-ils s'accepter les uns, les autres ? Je voulais voir comment les enfants autistes pouvaient apprendre au contact d'autres enfants. Cette passerelle, ils l'ont bien forgée et cela s'est fait naturellement. »

Un terrain de jeu champêtre

Depuis le mois de mars, Bernard Lafon, le propriétaire de la ferme Oh ! Légumes oubliés, prête gracieusement une parcelle de sa propriété aux deux associations qui se réunissent tous les mercredis après-midi. Le but est de réunir les enfants par binôme : un enfant autiste avec un enfant qui ne l'est pas. Chaque binôme s'attelle à une activité qui est commune pour tout le groupe.

À la ferme des légumes oubliés, toutes les activités tournent autour de la nature : jardinage avec plantations de fleurs et de légumes, vie des insectes (notamment abeilles et coccinelles), dégustations de produits de la ferme. On y organise aussi mais aussi des jeux, tels le parcours dans le labyrinthe végétal ou encore du petit bricolage. « Ces activités leur plaisent beaucoup, assure Virginie Gratiot, présidente d'Une rive à l'autre. « Les familles apprécient également beaucoup ces temps d'échanges, qui les sortent de leur quotidien, parfois éprouvant. Quant aux enfants, nous travaillons sur leur compréhension de la situation et leur acceptation de l'autre. Ces rencontres sont vraiment très constructives. »

Le regard de l'autre

Sous la grande bâche surplombant deux tables en bois, au milieu de la prairie, les douze enfants s'activent à décorer des pots de miel fournis par un apiculteur local. Il s'agit de confectionner des étiquettes originales où tous les enfants signeront. Pour remercier Bernard Lafon de sa gentillesse, deux binômes, encadrés également par les animatrices des deux associations et les parents, décorent une jolie boite à bijoux, en bois léger, en y collant des papiers de couleur. L'intérêt et l'application se lisent sur tous les visages et les parents sont ravis.

Véronique Marzin est la maman d'Alexandre, un enfant autiste de 10 ans. « Pour moi, la différence ne semble pas exister, dit-elle. C'est incroyable ! Ici, on a le sentiment de ne pas être jugé ni de subir le regard des autres. Nous vivons ici tous les mercredis des moments très intenses et très enrichissants. » Quant à Estelle Lagaronne, maman de Romane, 6 ans, non autiste, elle vient pour que sa fille comprenne la différence mais remarque aussi la ressemblance qu'il y a entre tous les enfants. Encore un mercredi avant l'été.

29 juin 2015

Autisme : de l'intérêt d'une approche intégrée pour son diagnostic

article publié sur le site de l'INSERM

18.06.2015 - Communiqué

Des chercheurs de l’Inserm (Unité Inserm 930  » Imagerie et cerveau « ) associés à l’Université François-Rabelais et au CHRU de Tours ont combiné trois approches clinique, neurophysiologique et génétique pour mieux comprendre des mécanismes cérébraux à l’origine de l’autisme. Testée sur deux familles, cette stratégie a permis aux chercheurs d’identifier des combinaisons de gènes spécifiques aux patients autistes les distinguant de patients souffrant de déficience intellectuelle.
Cette étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic et la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’autisme.

L’autisme est une pathologie qui se manifeste par une grande hétérogénéité à la fois sur le plan de ses manifestations cliniques et sur le plan génétique. On estime aujourd’hui que près de 400 gènes pourraient participer à ce trouble. Le diagnostic de cette maladie est d’autant plus complexe qu’elle est fréquemment associée à d’autres troubles développementaux mettant en jeu les mêmes gènes.

Pour améliorer le diagnostic, les chercheurs de l’Inserm ont utilisé une approche originale multi-modale combinant :

  • Une évaluation clinique
  • Une analyse génomique à haut débit pour le séquençage de l’ensemble des gènes
  • Des analyses de l’activité électrique cérébrale en réponse à la perception d’un changement (électroencéphalographie – EEG)


Deux familles incluant des sujets atteints d’autisme et/ou de déficience intellectuelle ont bénéficié de cette approche intégrée. Au sein de ces deux familles, toutes les personnes touchées par la maladie étaient porteuses d’une mutation dans le gène NLGN4X se traduisant au niveau du cerveau par des problèmes de transmission de l’information dans les neurones.

Grâce à l’EEG, les chercheurs remarquent en premier lieu une altération dans les ondes cérébrales, propre aux patients souffrant d’autisme. Le reste de leur famille, y compris ceux atteints de déficience intellectuelle, ne présentaient pas cette caractéristique.

Grâce à cette nouvelle approche, une deuxième mutation rare été caractérisée et associée à l’activité cérébrale atypique mesurée en EEG chez les patients autistes.

Pour Frédéric Laumonnier et Frédérique Bonnet-Brilhault, principaux auteurs de ce travail, « cette étude permet de comprendre qu’il n’existe pas de « gène de l’autisme »  mais des combinaisons de gènes impliqués dans le neurodéveloppement qui vont atteindre le développement des réseaux neuronaux cibles de cette pathologie ».

L’identification de ces combinaisons est une étape clé dans la compréhension de la physiopathologie et à terme dans le développement de molécules thérapeutiques ciblées.

L’autisme est un trouble envahissant du développement qui apparaît précocement au cours de l’enfance et persiste à l’âge adulte. Il se manifeste par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des troubles du comportement. Les personnes souffrant d’autisme semblent souvent isolées dans une sorte de monde intérieur.

Retrouver le dossier d’information « Autisme » sur le site Inserm.fr

Ces travaux ont reçu le soutien de la Fondation de France et de l’Union Européenne (projet FP7 Gencodys)

26 juin 2015

Une classe pour enfants souffrant d'autisme ouverte au coeur d'une école à Toulon

article publié sur le site de France trois côte d'Azur

Publié le 23 juin 2015 à 10h53, mis à jour le 23 juin 2015 à 10h57

classe autistes
© f3 | 5 élèves sont ici scolarisés depuis le mois de février.
Anne Le Hars

C'est une première à l'échelle de la région PACA; une classe pour enfants souffrant d'autisme vient d'être inaugurée dans une école maternelle à Toulon : 5 élèves y sont scolarisés depuis le mois de février. Les résultats y sont déjà positifs.

Cette création a été confiée à l’association AIDERA Var en partenariat avec l’Education nationale, l’ARS PACA pour le budget de fonctionnement, et la mairie de Toulon qui fournit les locaux.
L'objectif de ce projet novateur est d’améliorer l’intégration en milieu scolaire des enfants de 3 à 6 ans ayant des troubles trop importants pour être scolarisés en classe ordinaire.
Les enfants, comme leurs petits copains sont accueillis à l’école maternelle de Camille Saint Saens, quartier du Mourillon à Toulon. Pour assurer leur scolarité et accompagnement, l’encadrement est assuré par une équipe réunissant enseignants spécialisé et professionnels médico-sociaux. 

Reportage RAMIREZ Nathalie, DANGER Virginie, MALET Eric :

Ecole pour enfants autistes - Var

Intervenants : Anne Cerdan - Directrice de l'école maternelle Camille Saint-Saëns, Emilie Casman - Orthophoniste et Anne-Laure Sabran - Directrice de l'Unité d'enseignement en maternelle pour enfant autiste "Canot Major".

26 juin 2015

Un plan pour la prise en charge des autistes lancé en Gironde

Mercredi 17 juin 2015 à 19h05

Le plan régional pour l'autisme a été présenté ce mercredi. Au total, deux nouvelles classes de maternelles et 45 places pour enfants et adultes dans des établissements spécialisés seront créées à la rentrée.

Marie-Claude Leclerc, espère voire la fin du placement des autistes en service psychiatrique  

Le troisième plan régional pour l'autisme découle du plan national. Il s'étale sur quatre ans, de 2013 à 2017. La première version présentée avait divisé associations et partenaires. Ils sont désormais réconciliés et prêt à attaquer l'"énorme chantier". Ce sont plus de sept millions d'euros qui vont être investis sur la région Aquitaine. 

Un projet à trois volets

La grande priorité de l'Agence régionale de santé, c'est l'information.

"Un enfant autiste girondin est diagnostiqué à trois ans et demi, il faudrait qu'il le soit deux ans plus tôt."

— Manuel Bouvard, directeur du centre de ressources d'Autisme en Aquitaine

Une campagne d'information sera menée pour le grand public, mais aussi pour les professionnels. Des formations ont commencé depuis le mois de mars, pour médecins et pédiatres fonctionnaires et libéraux. Le but est aussi de créer des équipes diagnostic de proximité pour les enfants, et d'équipes mobiles pour les adultes. 

En septembre, deux nouvelles classes de maternelle devraient être ouvertes, et deux instituts médico-éducatifs labellisés par l'Éducation Nationale. 

Des évaluations fin 2015

Autisme France travaillait depuis 2003 sur des grilles d'évaluation de la qualités des établissements et des services proposés aux autistes. 

"Ce n'est pas pour sanctionner, mais pour améliorer les pratiques. Nous voulons le faire au niveau national."

— Marie-Claude Leclerc, présidente du groupe Aquitaine d'Autisme France. 

Dans son viseur, les hôpitaux psychiatrique.

"Les autistes n'ont rien à y faire, cela les sur-handicape, ce n'est pas adaptés. En Gironde, 235 personnes autistes sont actuellement dans des hôpitaux psychiatriques, et normalement pour toute leur vie si nous ne faisons rien."

Mais elle le reconnaît, "en Aquitaine, nous sommes bien entendus. Les institutions sont plutôt ouvertes aux nouvelles pratiques. Pour ce débat, nous avons été conviés en tant qu'association et que parents, ce n'est pas le cas partout."

Selon les parents d'enfants autistes, la région Aquitaine est bien équipée - l'une des mères a déménagé dans la région uniquement pour cette raison - mais "la France reste très en retard sur les moyens donnés aux personnes atteintes d'autisme, par rapport à ses voisins européens, et par rapport à la Corée, au Japon et aux États-Unis", explique Marie-Claude Leclerc. Elle s'est donné jusqu'en 2017, année d'échéance du plan, pour mieux acompagner les autistes tout au long de leur vie.

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