Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
"Au bonheur d'Elise"
Publicité
association
9 août 2015

Autisme : une maman accusée de provoquer les troubles de ses enfants

Une réaction qui fait suite à une décision de placement en Isère. Une mère est accusée de provoquer les troubles de ses enfants pour toucher « les allocations handicap ».

Autisme : une maman accusée de provoquer les troubles de ses enfants PELE GWENDAL/SIPA
Publié le 09.08.2015 à 17h13

Les associations de familles de personnes autistes sont en colère. Dans un communiqué commun, 127 associations dénoncent une décision de justice « destructrice pour les enfants », en Isère. Le Conseil départemental « s’apprête à séparer et placer une fratrie de 3 enfants atteints de troubles envahissant du développement (une forme d’autisme, ndlr) ». D’après ces associations, dont Autisme France, Collectif Egalited, Sésame Autisme ou Collectif Autisme, le juge nie les diagnostics et accuse la mère de provoquer les troubles de ses enfants pour « toucher les allocations handicap » et « attirer l’attention sur elle ».

Pour les enfants, les conséquences de cette séparation pourraient être très graves. Le Dr Sandrine Sonié, médecin coordonnateur du Centre Ressources Autisme Rhône Alpes citée dans le communiqué, alertent contre le « risque de traumatisme psychique et d'une aggravation des troubles du développement dans une structure collective et non spécialisée ».

« Des dérapages » dénoncés depuis 15 ans

La famille a fait appel de cette décision et a proposé un placement familial chez les grands-parents. Mais le conseil départemental n’a pas donné suite à cette requête, indiquent les associations.

Pour celles-ci, cette situation est liée « aux dysfonctionnements de l’Aide Sociale à l’Enfance », dénoncés par Autisme France dans un rapport en juillet dernier dans lequel elle rappelait que « ces dérapages font pourtant l’objet de rapports officiels depuis 15 ans ». Magré ces derniers, les familles ne constatent aucune évolution. De l'aveu même de la secrétaire d'état chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, la France accuse un retard dans la prise en charge de l'autisme. Un retard que l'Etat paye cher. En effet, fin juillet, la justice l'a condamné à verser 240 000 euros de dommages et intérêts à 7 familles pour « défaut de prise en charge adaptée » pour leurs enfants autistes privées de scolarisation. 

LIENS SUR LE MÊME THÈME
Publicité
9 août 2015

La justice française acharnée à détruire les familles d'enfants autistes ou le bal des faux-cul

La justice française acharnée à détruire les familles d’enfants autistes ou le bal des faux-cul

Trois enfants volés à leur mère

Demain, trois enfants seront arrachés, volés à leur mère, en Isère, pour être enfermés en foyer. La cruauté du système n’ayant pas de bornes en France, c’est leur mère qui est priée d’être leur bourreau en les remettant elle-même à l’Aide Sociale à l’Enfance.

Leurs diagnostics sont en cours ou établis : mais qui veut faire l’effort en France de se documenter sur l’autisme ? 30 ans que les associations prêchent dans le désert, car, bien sûr, il ne faut pas mécontenter les psychanalystes qui continuent à faire la loi avec leurs croyances arriérées. La maman n’a commis d’autre faute que de chercher à avoir un diagnostic et un suivi corrects pour ses enfants. Mais en France, les services sociaux et le Juge des Enfants considèrent que c’est une preuve de maladie mentale que de vouloir un diagnostic et une évaluation corrects. La mère invente donc, disent les services sociaux, tous les symptômes de ses enfants, et il faut donc la séparer d’eux, pour que des travailleurs sociaux les remettent dans le droit chemin. Elle est donc accusée d’une pathologie qui n’existe dans aucune classification : le syndrome de Münchhausen par procuration. Pensez donc : des médecins l’ont alertée sur les troubles des enfants, mais non, elle les a fabriqués. En France, on est tellement préhistorique et manipulé par la dictature psychanalytique, qu’on pense encore que les symptômes d’autisme se fabriquent. Que l’Organisation Mondiale de la Santé dise le contraire depuis 1980 n’est jamais pris en compte. La psychanalyse est le nombril et la religion d’Etat de la France.

Un Conseil Départemental irresponsable

Le Conseil Départemental a violé la loi : la mère n’a jamais été écoutée, les enfants non plus, aucun projet pour les enfants n’a été construit pour les enfants, signé par les parents. Il s’acharne contre la maman depuis deux ans sans avoir mis la moindre aide en place : on dénonce, on accuse de diagnostics imaginaires, on harcèle, on agresse, on menace, on terrorise, et pour finir, on arrache les enfants pour les enfermer en foyers.

Des travailleurs sociaux incompétents, animés par leur toute-puissance arrogante, et l’image haineuse des femmes que leur formation psychanalytique leur a transmise, ont instruit un dossier à charge contre la maman, dont elle n’a jamais eu connaissance. Il est portant inscrit dans la déontologie des assistants sociaux que c’est interdit de ne pas transmettre les documents. La responsabilité du Conseil Départemental est totale.

Une justice dévoyée

Le juge a violé sa propre déontologie : aucun débat contradictoire, pièces à décharge non lues, aucun respect des mises en garde médicales du médecin coordonnateur du Centre de Ressources Autisme, alertant contre le danger d’aggravation des troubles des enfants. Il a interdit à la mère l’accès aux pièces du dossier à charge contre elle et rendu l’appel non suspensif pour obliger à l’exécution immédiate du placement. Il relaie un diagnostic psychiatrique inexistant.

Un expert judiciaire incompétent, a instruit, supposons-nous, un rapport à charge, dont la maman n’a jamais eu connaissance. Bien qu’innocente, elle n’a jamais eu droit à la présomption d’innocence et ne sait même pas de quoi on l’accuse. Bien qu’innocente, elle a dû prendre une avocate à ses frais. Nous remercions cette avocate pour son travail exemplaire et son engagement.

Un bal des faux-cul magnifique

Le Conseil Départemental dit : ce n’est pas moi, c’est le juge. Le juge dit sûrement : moi, je fais ce que me disent de faire les services sociaux, les travailleurs sociaux, en récitant leur formation obscurantiste, s’abritent derrière leur pseudo-devoir, les services de l’Etat, contactés, s’abritent derrière la décision judiciaire.

Et quand il y a une erreur judiciaire, tout le monde se défile ? Mais c’est quoi, ce pays de lâches ?

Demain, trois enfants vulnérables, seront volés à leur mère, qui n’est coupable que de vouloir les protéger. Demain la pseudo-Protection de l’Enfance, dont dix rapports dénoncent depuis 15 ans, l’incompétence, la lâcheté, les erreurs, et la toute-puissance aveugle et incontrôlée, va mettre en danger sciemment ces trois enfants pour satisfaire un système imbécile et totalement dévoyé.

Honte à vous tous, de droite comme de gauche, qui avez le pouvoir dans ce pays : il n’y a plus que des militants associatifs et une courageuse pédopsychiatre que nous remercions chaleureusement, pour avoir la dignité de défendre les victimes.

Danièle Langloys

8 août 2015

Image forte ! Clic sur l'image pour voir l'article de Libé !

justice ase

8 août 2015

Plus de 100 associations dénoncent le placement abusif d'enfants autistes

AFP 8 août 2015 à 11:18

Un mère d'enfant autiste lors d'un «happening» dans le centre de Toulouse en mars.

Une mère d'enfant autiste lors d'un «happening» dans le centre de Toulouse en mars. (Photo Pascal Pavani. AFP)

Elles prennent l'exemple d'une mère accusée, malgré les diagnostics médicaux, de provoquer les troubles de ses enfants pour «toucher les allocations handicap» et «attirer l’attention sur elle».

Une centaine d’associations dénoncent «des placements abusifs» de jeunes autistes par décision de justice, suite à une procédure de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Elles citent en exemple le cas d’une mère à qui ses trois enfants doivent être retirés.

Sur le même sujet : Décryptage => Autisme : la condamnation de l'Etat va-t-elle changer les choses ? Par Marie Piquemal et Marine Le Gohébel

Le conseil départemental de l’Isère «s’apprête à séparer et placer une fratrie de trois enfants atteints de troubles envahissants du développement (une forme d’autisme)», selon le communiqué de ces 127 associations de familles de personnes autistes, dont Autisme France, Collectif Egalited, Sésame Autisme ou Collectif Autisme. Le juge, d’après le communiqué, nie les diagnostics et la mère est accusée de provoquer les troubles de ses enfants pour «toucher les allocations handicap» et «attirer l’attention sur elle».

Pour sa part, le médecin coordonnateur du centre de ressources autisme Rhône-Alpes, le Dr Sandrine Sonié, citée dans le communiqué, met en garde contre «les risques de traumatisme psychique et d’aggravation des troubles du développement dans une structure collective et non spécialisée». Il s’agit là, s’insurgent les associations, «de l’application d’une mesure dont tout le monde sait qu’elle sera destructrice pour les enfants».

En attendant l’appel, une solution provisoire existe pourtant, souligne le communiqué : un placement familial chez les grands-parents. Mais le conseil départemental n’a pas donné suite à cette requête.

Autisme France a réalisé récemment un rapport pour dénoncer les «dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance, portant atteinte aux libertés et aux droits de l’enfant et de sa famille», des «dérapages qui ont déjà fait l’objet de plusieurs rapports officiels depuis 15 ans». D’après les associations, 67% des parents d’enfants «menacés d’un enfermement injustifié» déclarent avoir subi des pressions en raison de leur refus de voir des traitements inadaptés appliqués à leurs enfants.

8 août 2015

Une image éloquente ... un clic sur l'image pour aller plus loin

autistanic

Publicité
7 août 2015

Placements abusifs d'enfants autistes : 127 associations dénoncent

tiret vert vivrefm topVoir le Communiqué

 

 

Communiqué de presse de 127 associations pour dénoncer les placements abusifs

 

Communiqué de presse de 127 associations pour dénoncer les placements abusifs

Lire le pdf

 

6 août 2015

Rémelfing et Bitche : bientôt un service d'accompagnement des enfants autistes

article publié dans Le Républicain Lorrain

En septembre, un nouveau service d’éducation spéciale et de soins à domicile ouvrira sur Rémelfing et Bitche. D’une capacité de 20 places, son but est d’accompagner les enfants autistes dans différents apprentissages.

05/08/2015 à 17:00 , actualisé à 18:00

Michèle Franoz, présidente d’Envol Lorraine, et Florence Varrasso, directrice du futur Essad mettent beaucoup d’espoirs dans les structures qui ouvriront à la rentrée à Bitche et à Rémelfing. Photo RL Michèle Franoz, présidente d’Envol Lorraine, et Florence Varrasso, directrice du futur Essad mettent beaucoup d’espoirs dans les structures qui ouvriront à la rentrée à Bitche et à Rémelfing. Photo RL

Le combat militant mené par l’association Envol Lorraine a fini par porter ses fruits. En septembre prochain, les familles d’enfants autistes du bassin de Sarreguemines-Sarralbe-Bitche auront enfin un interlocuteur en face d’elles. Pour accompagner leurs enfants et les aider à trouver les bonnes méthodes d’apprentissage. Plusieurs Essad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) de ce type existent en Moselle, mais le plus proche est actuellement à Saint-Avold. Et accuse déjà une liste d’attente d’une cinquantaine de noms. Le nouveau service permettra de prendre en charge des enfants de 2 à 20 ans. Deux pôles accueilleront ce service, avec le soutien des deux municipalités concernées ainsi que des Rotary du secteur : Bitche (à l’école baron de Guntzer) et Rémelfing (à l’ancienne mairie). Le point avec Michèle Franoz, présidente d’Envol Lorraine, et Florence Varrasso, directrice de cet Essad.

L’INTERVIEW

• A qui est destiné ce centre, opérationnel dès septembre ?

« Il est ouvert aux enfants de 2 à 20 ans souffrant d’autisme ou de troubles du spectre autistique, c’est-à-dire de troubles envahissants du comportement. »

• Mais l’autisme, c’est quoi exactement ? Une maladie ?

« On ne devient pas autiste, on naît autiste. Il y a des signes précoces. Il n’y a pas les mêmes interactions avec un bébé autiste, les gazouillis ou les échanges de sourires. Aujourd’hui, il existe des examens qui permettent de détecter l’autisme. Mais les médecins généralistes ou les PMI (protection maternelle infantile) ne sont pas toujours informés. Il ne s’agit pas d’un problème psychiatrique mais d’une question neuro-développementale. »

• Quelle différence entre un autiste et une personne "normale" ?

« Physiquement, rien ne les différencie. Mais le cerveau de l’autiste fonctionne autrement. Les connexions cérébrales sont activées différemment. Les enfants par exemple n’apprennent pas par eux-mêmes. Il faut beaucoup conceptualiser. Et la moindre nouveauté dans leur environnement peut donner lieu à des crises. Les gens qui ne connaissent pas l’autisme peuvent alors se dire qu’il s’agit de crise d’enfant mal élevé. Mais non. C’est quelque chose qu’ils ne maîtrisent pas, comme on ne maîtrise pas une crise d’épilepsie. Pour imager, nous notre cerveau fonctionne automatiquement, comme un ordinateur. Eux, c’est comme s’ils étaient constamment en mode manuel. »

• Comment vont fonctionner les centres de Rémelfing et Bitche ?

« Il n’y a pas d’accueil prévu sur place, sauf pour les bilans ou les consultations avec des spécialistes : psychologue, orthophoniste… Nous allons établir un programme personnalisé pour chaque enfant, car aucun ne fonctionne de la même manière. Notre mission est de les accompagner dans la famille, à l’école ou dans leurs loisirs pour les faire progresser et mettre en place un système de fonctionnement. Le but est de les amener à vivre au mieux dans un milieu ordinaire. Pour certains, un suivi pendant un ou deux ans suffira. Pour d’autres, ce sera plus long. »

• C’est vraiment du travail au cas par cas…

« Oui. C’est du cousu main. Car c’est un travail qui demande une remise en cause constante des équipes. Ce qui est acquis un jour par l’enfant peut ne plus l’être la semaine d’après. Il faut donc revenir en arrière, reconstruire les bases, retravailler avec tous les partenaires (famille, médecins, instituteurs…). »

• Dans les services qui fonctionnent déjà, l’opération porte ses fruits ?

« Oui. Ce sont de petites choses bien sûr, car ce ne sont pas ces enfants-là qui vont vous remercier. Mais quand on constate qu’un enfant hier agité est aujourd’hui apaisé, souriant, on sait que le travail a porté ses fruits. C’est une mission qui ramène vraiment aux choses essentielles ! »

Propos recueillis par Cécile CHAMBRU.

5 août 2015

Interview sur RMC BFM TV - Autisme - Un père se déclare satisfait de la condamnation de l'Etat

article publié sur RMC BFM TV

 


Autisme: "Nous sommes satisfaits de la... par rmc

Autisme: "Nous sommes satisfaits de la condamnation de l'Etat" Le tribunal administratif de Paris a condamné l'Etat à verser 240.000 euros à sept familles d'enfants autistes. Ce vendredi Yvan de Goulard d’Arsay, un des parents indemnisés, estime que cette condamnation va faire avancer les choses. Bourdin Direct est une émission d’information dans laquelle interviennent en direct les acteurs de l’actualité.

5 août 2015

La colère d'une mère courage

Maylis Haegel
Mardi, 4 Août, 2015
309139 Image 0
Francine Bajande
Laetitia a décidé d’attaquer en justice les carences de l’État 
dans la prise en charge du handicap mental de son fils Karl.

« Ne vous inquiétez pas, Madame, votre enfant rentrera en maternelle sans problème », lui disait-on. Elle, elle le voyait bien, pourtant, que Karl n’était pas comme les autres enfants de son âge. Mais les médecins n’en démordaient pas. Alors, à trois ans, son petit est allé à l’école. Son hyperactivité est rapidement ingérable pour la maîtresse, qui ne le tolère plus dans sa classe. Après avoir fait nombre de maternelles en Île-de-France, toutes refusant un enfant hyperactif, Laetitia jette l’éponge. Pour Karl, ce sera l’école à la maison. « Il sait lire, écrire et compter, dit-elle aujourd’hui. Il s’intéresse à énormément de choses, il aime les musées. » Mais Laetitia ne le doit qu’à son propre effort.

« Ils voulaient l’envoyer 
à l’hôpital en camisole de force »

Après quelques passages en hôpital de jour, Karl intégrera, entre six et treize ans, un institut médico-éducatif (IME). Une structure réservée aux enfants et adolescents atteints de handicap mental. Mais, là encore, la prise en charge, non spécifique à l’autisme, est totalement défaillante. Peu à peu, Laetitia voit la personnalité de Karl changer, il devient de plus en plus violent. Un jour, elle se rend discrètement aux abords de l’IME. Elle aperçoit Karl dans la cour, enfermé dans un carton avec cinq enfants assis dessus… « Pendant ce temps, les éducateurs, qui me répétaient ne pas comprendre pourquoi Karl devenait violent, buvaient tranquillement le café dans le réfectoire ! » se souvient Laetitia, en larmes. Elle finira par retirer Karl de l’IME en cours d’année : « Ils voulaient l’envoyer à l’hôpital en camisole de force si je ne le mettais pas sous Tercian, un neuroleptique de la catégorie des phénothiazines prescrit par le psychiatre de l’IME afin de l’assommer. »

À quinze ans, Karl rejoindra finalement l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique de Sevran (Seine-Saint-Denis). Une structure qui accueille enfants et adolescents présentant des difficultés psychologiques et des troubles du comportement. Une prise en charge à minima qui s’interrompt à la majorité de Karl. Sans solution, Laetitia décide de faire passer des tests à son fils dans un hôpital spécialisé dans l’hyperactivité à Bordeaux… qui les renvoie vers un médecin versaillais. Le diagnostic tombe enfin : « Madame, votre fils est autiste. » Il aura fallu attendre les dix-neuf ans de Karl pour savoir. Presque deux décennies perdues, sans traitement adéquat.

Aujourd’hui, Karl a vingt-six ans. Il passe quelques heures par jour dans un Centre d’initiation au travail et aux loisirs (CITL). « C’est un lieu d’accueil ouvert à toutes les personnes handicapées inaptes au travail, mais, encore une fois, pas spécialisé dans l’autisme, précise Laetitia. J’ai écumé toutes les structures pour dénicher celle qui correspond à mon fils, mais je n’ai toujours pas trouvé… » Et comme beaucoup de familles d’autistes, elle a dû arrêter de travailler. « J’ai besoin d’énormément de temps pour m’occuper de mon fils. Il n’est pas autonome. »

En février 2014, Laetitia a décidé de porter plainte contre l’État. Depuis deux ans, elle est aidée par l’association Vaincre l’autisme qui mène désormais le combat sur le terrain judiciaire. Avec un premier succès. Le 15 juillet, le tribunal administratif de Paris a condamné l’État français à verser des dédommagements allant de 13 164 euros à 70 000 euros à sept familles, dont deux ont dû envoyer leurs enfants en Belgique, faute de place en établissement spécialisé en France. Le verdict va faire boule de neige, espère M’Hammed Sajidi, le président de Vaincre l’autisme. « Une quarantaine de plaintes ont été engagées et plus d’une centaine de familles supplémentaires se sont manifestées. » Le gouvernement n’a pas fait appel, reconnaissant, par la voix de sa secrétaire d’État aux Personnes handicapées, Ségolène Neuville, le « retard historique » de la France en la matière. Malgré le troisième plan autisme, lancé il y a deux ans, il reste encore près de 6 300 places à créer.

Sur le fond, « il faut arrêter les lobbies de psychiatres, l’enfant n’est pas un porte-monnaie », s’insurge Laetitia. Son souhait ? Que son fils bénéficie de la méthode A.B.A., conformément aux recommandations de la Haute Autorité de santé qui défend les méthodes « comportementales ». Mis en place dès le plus jeune âge, ce traitement, qui consiste à habituer l’enfant à répéter des gestes, peut porter ses fruits, veut croire Laetitia. Mêler à du « job coaching », elle espère qu’un jour Karl « pourra travailler ». Mais le coût de toutes ces méthodes reste très élevé – quelque 2 500 euros par mois - et le remboursement est nul, l’État ne les reconnaissant pas. Pour Laetitia, une indemnisation en justice, palliant l’absence de prise en charge publique, est donc cruciale. Au bout de ces années de souffrance, elle garde pour Karl un souhait très simple : « Une auxiliaire spécialisée qui l’aiderait à intégrer un service où il travaillerait à temps partiel. » La seule manière, selon elle, « pour qu’il se sente enfin accepté et intégré ».

« Il n’est pas autiste, il a juste une psychose. » Ce discours, Laetitia l’a entendu pendant des années. Cette mère célibataire, qui a décidé de porter plainte contre l’État pour « carence » de prise en charge, a vécu le long calvaire des parents d’enfants autistes. Absence de structure adaptée, obligation de lâcher sa carrière… À cinquante et un ans, Laetitia a tout connu. À commencer par la difficulté de faire reconnaître le handicap mental de son garçon.

5 août 2015

Actions de défense -> Sauvons la prise en charge de qualité pour les enfants autistes

 

logo vaincre l'autisme

article publié sur le site de Vaincre l'Autisme

                                                          

Dans le cadre de notre action pour l'innovation en matière de prise en charge de l'autisme en France et suite :

1) aux condamnations de l'Etat français sur ses carences en matière de prise en charge, sur l'absence de priorités éducatives, sur l'exil en Belgique qui a pour conséquence l'éloignement des enfants autistes de leurs familles;

2) à la décision de l'ARS Midi-Pyrénées sous pression du Ministère de Tutelle de ne pas renouveler l'autorisation de FuturoSchool Toulouse (Unité d'évaluation, d'intervention et de guidance parentale en d'autisme);

Cette page est ouverte afin de centraliser toutes les informations liées à la naissance des structures innovantes en France, dont les FuturoSchool font partie, sur les difficultés rencontrées avec les administrations et sur l'absence de décision politique (pour faire évoluer le droit commun afin de permettre l'évolution du système pour faire place à des structures éducatives et comportementales "NON MEDICALISEES").

Les facteurs de blocage empêchent l'évolution de la prise en charge de l'autisme et épuisent les associations de familles porteuses de projets de qualité pour sauver leurs enfants. Etant la première à subir cette décision, la situation de FuturoSchool Toulouse est pilote en matière de défense pour la continuité des projets innovants en matière de prise en charge des enfants autistes en France. Ainsi, nous vous communiquons en premier lieu ci-dessous le rapport d'évaluation transversale de l'ensemble des structures expérimentales en France, financées dans le cadre du deuxième PLAN AUTISME 2008-2010. Ce rapport a été commandé par les organes de l'Etat et le Ministère de Tutelle par le biais de la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité et de l'Autonomie) ; le Ministère de Tutelle a choisi de ne pas tenir compte des résultats ni de diffuser le rapport afin de maintenir son système sanitaire et médico-social "inadapté" à la prise en charge de l'autisme et de ne pas ouvrir vers l'éducation dont dépend la santé des enfants autistes. Prenez connaissance de ce document.

NB : des documents, rapports, courriers, etc. seront ajoutés au fur et à mesure sur cette page pour informer sur le passé et les actions de défense menées face aux institutions pour défendre les structures innovantes et de qualité.

Les documents de référence : 

 Le rapport transversal

 Commentaires et propositions de VAINCRE L'AUTISME

 Courrier du 24/06/15 à Madame la Ministre

Les documents pour suivre les actions de défense :

 Courrier du 28/07/15 à la Directrice Générale de l'ARS Midi-Pyrennées

 FuturoSchool Toulouse : Décision collective des parents et professionnels 

3 août 2015

Elise au mois de juillet -> Séjour avec l'association A Bras Ouverts en Baie de Somme

Dans la période qui nous occupe ... heureusement que nous avons, notamment, la seconde famille d'Elise  ... !

Elise est partie avec A Bras Ouverts dans la baie de Somme du 25 au 30 juillet accompagnée par une jeune femme professeure ... qui au retour ne m'a fait que des compliments sur ma fille !

Je partage avec vous la carte postale reçu ce matin ... Elise a signé !

carte postale élise train baie de somme

carte postale élise mot baie de somme

1 août 2015

Accessibilité, le handicap mental aussi !

article publié sur le site de l'UNAPEI

Une vidéo qui vous explique en moins de 2 minutes tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’accessibilité pour les personnes handicapées sans jamais oser le demander.

Prenez le bus avec Maël et suivez le dans son parcours dans la cité : transports en commun, visite chez le médecin, démarches administratives… Notre vie de tous les jours peut être bien compliquée si rien n’est prévu pour faciliter l’orientation et la compréhension de tous.

Découvrez comment des aménagements simples, et peu coûteux, des informations courtes et compréhensibles facilitent la vie de Maël et de tous ceux qui ont des difficultés de compréhension, de repérage et d’orientation.

Une vidéo à consommer sans modération et à diffuser largement. Vous êtes sur Facebook ou sur Twitter ? Aimez la page Unapei, suivez le @Unapei_info ... et aidez Maël à convaincre d’autres personnes en partageant notre vidéo. Accessibilité et handicap mental, c’est possible.

Alors, vous commencez quand ?

31 juillet 2015

A quand, enfin, un Plan autisme en Belgique ?

article publié dans La Libre.be

Contribution externe Publié le jeudi 30 juillet 2015 à 20h51 - Mis à jour le jeudi 30 juillet 2015 à 20h51

La Wallonie lance son "plan autisme"

Qui veut parquer les personnes handicapées mentales ?

Opinions Une opinion de Cinzia Agoni-Tolfo, présidente de l’association Inforautisme. 
 

Juillet 2015 : le tribunal administratif de Paris condamne l’Etat français à verser près de 250 000 euros de dommages au profit de sept familles d’enfants autistes. Il reconnaît ainsi des graves carences dans la prise en charge de l’autisme dues à l’absence de services adaptés.

Depuis quelques années, aussi bien en France qu’en Belgique, la question de l’autisme défraie régulièrement la chronique judiciaire. La France essuie déjà plusieurs condamnations par des instances européennes en matière de violation des droits des personnes avec autisme. Bien que non contraignantes, ces condamnations ternissent l’image du pays des droits de l’homme. Mais la récente condamnation est un jugement interne qui représente un précédent aux lourdes conséquences. Des dizaines d’autres familles rejoignent la liste des plaignants pour des actions futures.

Prises en charge opposées

Sujet de débats parfois enflammés, l’autisme se révèle un véritable problème de santé publique dans le monde entier. Il est communément admis qu’un enfant sur 100 naît avec une forme plus ou moins grave d’autisme. Les statistiques américaines font actuellement état d’une naissance sur 68. Si les causes précises de l’autisme restent encore en partie non élucidées, il est accepté par la communauté scientifique internationale, ainsi que par l’OMS (Organisme mondial de la Santé), que l’autisme est un trouble précoce du développement de l’enfant, d’origine neurobiologie, affectant le cerveau et plus particulièrement les capacités de communication et de relation sociale. L’autisme résulte en un handicap permanent.

Si le consensus sur les causes et la définition de l’autisme est désormais acquis au niveau mondial, il existe néanmoins une exception française qui, sur base d’une différente interprétation de la maladie mentale, considère l’autisme comme un trouble résultant de traumatismes psychiques, archaïques, causés par des maltraitances parentales parfois aussi subtiles qu’inconscientes, voire par un retrait volontaire de l’enfant face à une situation de vie angoissante.

De ces différentes interprétations de l’autisme découlent des prises en charge parfois opposées. La Belgique francophone a suivi la France à la trace. Historiquement, l’autisme relevait du domaine de la psychiatrie. Néanmoins, notre pays présente une différence de taille : le principe de la liberté thérapeutique et, en ligne générale, de la liberté de choix des familles, s’applique davantage chez nous que chez nos voisins.

Et pour les tout-petits ?

Ainsi, depuis 25 ans, des écoles spécialisées à pédagogie adaptée ont vu le jour dans nos contrées, de même que des services offrant une prise en charge éducative. Cela n’est hélas pas suffisant : le nombre de places spécialisées disponibles dans les écoles francophones ne couvre pas les besoins de notre population. En effet, pour 11 000 enfants autistes en âge scolaire, nous comptons seulement 1 200 places, dont plus de 300 sont occupées par des Français. Les écoles réputées pour la qualité de leur enseignement ont des listes d’attente interminables.

D’autre part, c’est en amont de l’école qu’il faut intervenir, afin de donner à nos enfants un maximum de chances de fréquenter un enseignement ordinaire. Or, dans notre pays, manquent cruellement les programmes de stimulation précoce et intensive (notamment l’A.B.A. - analyse du comportement appliquée) visant la rééducation des jeunes enfants en âge préscolaire (entre 2 et 6 ans). Ces programmes ont fait leurs preuves depuis 20 ans ailleurs dans le monde et leur efficacité est démontrée. Des études validées prouvent que pour près de la moitié des enfants avec autisme, il est possible de parvenir à une amélioration très significative des symptômes et à une autonomie pratiquement optimale. En outre, les approches éducatives permettent des progrès pour toutes les personnes autistes, même les plus déficitaires, et à n’importe quel âge de la vie.

Des parents livrés à eux-mêmes…

Ces informations sont disponibles et accessibles à tous. Nombre de parents confrontés à un diagnostic d’autisme s’informent très rapidement et savent ce qu’il faut mettre en place pour aider leur enfant. Ils savent qu’une éducation appropriée permet des progrès importants et une plus grande autonomie. Surtout, ils savent que l’on peut éviter l’institutionnalisation à l’âge adulte. Le drame est que ces parents sont pour la plupart laissés à eux-mêmes, les services d’accompagnement ne pouvant pas pallier les besoins d’interventions intensives. Alors que d’autres pays, en cas d’attente, proposent des programmes alternatifs impliquant la formation des parents aux méthodes d’apprentissages, en Belgique, les familles doivent se débrouiller avec leurs moyens propres.

… et sans soutien financier

Or, on peut trouver des éducateurs, logopèdes et psychologues formés aux bonnes pratiques, mais les séances ne sont pas remboursées par l’Inami. Certains parents y consacrent dès lors des sommes énormes. Il n’est pas rare de rencontrer des parents qui vendent des bics et des nounours, qui organisent des soirées boudin, des concours de pétanque pour ramasser quelques euros à investir dans des séances de rééducation ou de formation.

Depuis des années, nous revendiquons la mise en place d’un Plan Autisme national et transversal et des services adaptés. Face aux revendications légitimes des parents et à leur désespoir, l’Etat belge fait la sourde oreille et se limite à commanditer des études dont il ne suit pas les recommandations.

Des années de palabres

A des jeunes parents confrontés au temps qui passe inexorable, les entités fédérées répondent que nous sommes en période de terribles restrictions budgétaires et qu’aucune politique nouvelle ne peut se déployer sans un consensus préalable. Cela demande donc encore des années de palabres, discussions et concertations, alors que des centaines de nouveaux diagnostics viennent augmenter chaque année le nombre d’enfants autistes et de leurs familles laissés-pour-compte. Le temps des parents n’est pas le temps du politique.

Cette condamnation de la France ouvre une perspective nouvelle, celle du droit. La Belgique a aussi été condamnée en 2013 par le Comité européen des Droits sociaux pour carence de solutions d’accueil pour les adultes handicapés de grande dépendance. Parmi eux, une bonne partie sont autistes. A la suite de cette condamnation, trois actions individuelles ont été menées avec succès dans le cadre de tribunaux belges contre l’agence flamande des personnes handicapées. Un précédent aussi dans notre pays, que nos gouvernements francophones semblent, à tort, prendre à la légère.

Aujourd’hui plus que jamais, les parents sont déterminés à faire valoir les droits de leurs enfants, ainsi que leur liberté de choix thérapeutique, en s’appuyant sur les conventions internationales ratifiées par la Belgique. Puisse le monde politique entendre la détresse de ces parents mais aussi la voix de la raison. Notre système, défaillant en matière de prise en charge de l’autisme, a produit des générations entières d’adultes autistes surhandicapés, il est grand temps d’y remédier.

 

Titre, introduction et intertitres sont de la rédaction.

30 juillet 2015

Condamné pour carences dans la prise en charge d'enfants autistes, l'Etat ne fera pas appel

article publié dans Localtis

HandicapPublié le mercredi 29 juillet 2015

Dans huit jugements rendus le 15 juillet, le tribunal administratif de Paris a condamné l'Etat à un total de 240.000 euros de dommages-intérêts (de 13.164 à 70.000 euros selon les affaires), au profit de sept familles ayant un enfant autiste. Ces sommes leur ont été attribuées "en réparation des préjudices subis tant par eux-mêmes que par leurs enfants en raison des carences de l'Etat dans la prise en charge des troubles autistiques qu'ils présentaient".

Des "carences" dans la prise en charge

Les huit affaires concernaient différents départements sur l'ensemble du territoire, mais, conformément à l'article R.351-8 du Code de justice administrative, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a décidé - pour la "bonne administration de la justice" - de confier l'ensemble de ces affaires à un seul tribunal administratif.
Les affaires jugées concernent essentiellement la scolarisation des enfants autistes et l'accueil en établissement médicosocial, en internat ou semi-internat. Dans deux cas, les enfants avaient dû être placés dans un établissement en Belgique, faute de réponse adaptée en France.
Dans ses différents jugements, le tribunal reconnaît l'existence d'un préjudice moral pour les enfants et les parents - notamment du fait de l'éloignement, pour les enfants placés en Belgique -, ainsi que de "carences" dans la prise en charge qui aurait dû être assurée à ces enfants.
En revanche, les jugements exonèrent l'Etat de toute responsabilité sur les orientations, jugées inadaptées, prononcées par les commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ou sur la mauvaise application des décisions par les établissements et services médicosociaux.

Le troisième plan Autisme pour rattraper le retard

L'association "Vaincre l'autisme" - qui entretient des relations tendues avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé et qui soutenait les parents dans leurs recours - s'est réjouie de ces décisions, qui démontrent "la responsabilité de l'Etat à l'origine de situations d'inégalité intolérables" et "font office d'une nouvelle jurisprudence des préjudices subis par les personnes autistes exilées en Belgique". L'association rappelle également que quatorze autres affaires du même type sont pendantes devant le tribunal administratif de Paris et que "d'autres familles continuent à saisir Vaincre l'autisme pour intégrer cette 'plainte collective'".
De son côté, Ségolène Neuville a indiqué que le gouvernement ne fera pas appel de ces décisions du tribunal administratif de Paris, qui deviennent donc définitives. Interrogée par l'AFP, la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion a affirmé : "Je ne suis pas étonnée par ce jugement parce qu'en France, nous avons réellement un retard pour la prise en charge des enfants autistes, retard que je qualifierais d'historique, car ça fait très longtemps que c'est comme ça."
La ministre a notamment indiqué que le troisième plan Autisme 2013-2017 (voir nos articles ci-contre) avait précisément pour vocation de combler ce retard français, qui lui a déjà valu une condamnation européenne (voir notre article ci-contre du 7 février 2014). Ce plan prévoit notamment une enveloppe de 205 millions d'euros, qui financera, entre autres, la création de 3.400 places pour enfants et adultes atteints de troubles autistiques. 

Jean-Noël Escudié / PCA

28 juillet 2015

Rapport d'Autisme France sur l'Aide Sociale à l'Enfance - Danièle Langloys juillet 2015

logo Autisme France

L’AIDE SOCIALE A L’ENFANCE : UNE IMPITOYABLE MACHINE A BROYER

LES FAMILLES D’ENFANTS AUTISTES

RAPPORT DE L’ASSOCIATION AUTISME FRANCE

SUR LES VIOLATIONS DES DROITS ET DYSFONCTIONNEMENTS

DE L’AIDE SOCIALE A L’ENFANCE

                    Danièle Langloys

                       Juillet 2015

tiret vert vivrefm topLire le Rapport ICI

"Ce rapport est dédié à toutes les familles courageuses, souvent monoparentales, qui ont eu le courage de briser l’omerta sur les dérives de l’ASE, à la professionnelle qui a le cran d’expliquer ce qui se passe, et aux associations et collectifs qui les défendent.

L’acharnement récent des services de l’ASE contre une famille monoparentale, à laquelle un récent jugement retire ses trois enfants, pour syndrome de Münchhausen par procuration, a suscité une intense émotion dans le champ de l’autisme, avec une interrogation : comment a-t-on pu en arriver à un pareil stade de dysfonctionnement ?

La réponse est aussi simple que terrifiante : les services sociaux des départements sont des zones de non-droit, où l’on peut s’acharner contre des victimes innocentes, dont la défense est parfois impossible, sans contrôle. Les personnels n’y ont pas vraiment de formation adaptée, le handicap n’y est pas connu, l’autisme y relève encore souvent d’une vision psychanalytique de comptoir, on peut y accuser sans preuves des mères de pathologies inventées de toutes pièces, avec la complicité de l’appareil judiciaire, et des experts qu’il nomme.

Personne ne peut dire qu’il ignore le problème : de nombreux rapports existent qui dénoncent les dérives. Qu’on ne soit même pas capable dans ce pays de savoir combien d’enfants handicapés sont dans les services des ASE est proprement scandaleux. Personne n’a rien fait. On continue à menacer et terroriser des familles, à leur retirer leurs enfants, dans l’arbitraire le plus total. Cela s’appelle une dictature.

Personne n’en a pris la mesure, sauf les familles martyrisées. Le toilettage de la loi de 2007 en cours est indigne de notre république : les députés et le cabinet de la Ministre concernée semblent ne pas s’être documentés sur les dérives de la protection de l’enfance, et ne pas avoir lu le rapport public fait dans le cadre de la modernisation de l’Action Publique. Pourquoi n’a-t-on jamais auditionné d’associations d’usagers du champ du handicap, et surtout de l’autisme.

Les très graves dérives soulignées sont une honte nationale. Elles méritent une enquête urgente et sérieuse, avec la présence des associations qui les ont rendues publiques, et un travail interministériel pour remédier de manière rapide aux dysfonctionnements notés.

Les témoignages sont anonymés pour préserver les familles. La parole n’est malheureusement pas libre en France dans ce domaine. La version rendue publique de ce document ne comporte pas les témoignages, toujours pour protéger les familles."

24 juillet 2015

Vidéo -> A l'Ecole de TED et ses Amis année scolaire 2014 2015

Ajoutée le 24 juil. 2015

Autistes Enfants sans solution du 94 des parents disent non, se mobilisent et montent une école parentale : cette seconde année scolaire d'ouverture s'achève, en voici un condensé offert par l'équipe éducative de notre Association merci à la réalisatrice bénévole Margaux pour cette vidéo et merci à toute l'équipe pour ce joli cadeau

24 juillet 2015

Autisme : Il faut toucher l'Etat au portefeuille

article publié dans 20 MINUTES

Franck Fife afp.comLa France manque toujours de places d'accueil pour les personnes atteintes de troubles autistiques, surtout pour les adultes, les autorités ayant du mal à en créer à un rythme suffisant, relève un bilan du plan autisme 2008-2010 publié jeudi.

HANDICAP - Sept familles d'enfants autistes seront indemnisées par l'Etat, faute de prise en charge suffisante. Une initiative positive mais insuffisante pour les parents...

« On a le sentiment que nos enfants ne sont pas considérés comme citoyens Français », les mots d’Olivia Cattan, présidente de l’association SOS Autisme, témoignent du mal-être qui touche des milliers de parents d’enfants autistes.

Le 15 juillet dernier, a-t-on appris ce jeudi, l’Etat a été condamné à verser près de 240.000 euros de dommages à sept familles pour des carences de prise en charge. La décision rendue par le tribunal administratif de Paris fait office de jurisprudence puisque pour la première fois la France a été sanctionnée pour préjudice moral envers des enfants et jeunes autistes exilés en Belgique. La juridiction a reconnu la responsabilité de l’Etat dans l’éloignement de ces enfants de leur famille. « Il faut toucher l’Etat au portefeuille. C’est une victoire mais une victoire symbolique. C’est désolant de constater que le gouvernement préfère indemniser les proches au lieu d’instaurer une politique plus inclusive… », constate Olivia Cattan.

2000 à 3000 euros par mois

La France a été déjà condamnée dans un récent rapport rédigé par le Conseil de l’Europe et ce malgré le lancement en 2013 du troisième plan autisme prévoyant la création de 6.300 places supplémentaires pour prendre en charge les personnes autistes. Dans la décision rendue le 15 juillet, les montants versés aux familles visent à couvrir les frais de scolarisation, le remboursement ABA (un programme éducatif dédié aux autistes) ou l’indemnisation des parents dans l’impossibilité de reprendre une activité professionnelle. Pour Olivia Cattan, maman d’un petit garçon scolarisé en classe de CM1, le manque de soutien de l’Etat plonge les familles dans la précarité : « Il faut compter entre 2.000 et 3.000 euros par mois. Entre l’auxiliaire de vie scolaire (AVS), la psychomotricienne, les séances d’orthophonie, l’ergothérapeute, je ne sais pas comment font les mères célibataires pour s’en sortir ».

Une vie digne

Face aux difficultés quotidiennes des parents, l’action judiciaire apparaît comme l’ultime recours. M’Hammed Sajidi, président de Vaincre l’autisme, l’association à l’origine de la plainte, est déterminé à aller plus loin : « Nous allons continuer de centraliser les dossiers des familles, quarante plaintes devraient être déposées et notre objectif est de porter ce chiffre à deux-cent plaintes. La décision du 15 juillet recouvre une importance morale, pour nous c’est le seul moyen de faire prendre conscience à l’État de la gravité de la situation. En 2015 en France, les autistes n’ont pas de perspectives de vie digne ».

Si la secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées, Ségolène Neuville, a assuré ce 23 juillet que le gouvernement ne ferait pas appel de la décision du tribunal, M’Hammed Sajidi déplore n’avoir reçu aucun appel de la part de son cabinet. Le combat continue puisque l’association devrait plaider pour la réalisation d’une étude épidémiologique à l’échelle nationale. La France, qui reconnaît l’autisme comme handicap depuis 1995, ne dispose toujours pas de chiffres officiels.


Enfants handicapés: Un «sujet majeur» pour le... par 20Minutes

Helene Sergent
24 juillet 2015

Autisme : des centaines de parents devraient poursuivre l'Etat

Mis à jour : 24-07-2015 10:28
- Créé : 24-07-2015 09:10

HANDICAP - On a appris mercredi que l'Etat avait récemment été condamné à verser un total de plus de 240.000 euros de dédommagements à sept familles qui l'attaquaient pour "carences" de prise en charge de leurs enfants autistes. Une décision appelée à faire jurisprudence alors que selon l'association Vaincre l'autisme, beaucoup de parents constituent des dossiers pour faire reconnaître à leur tour le préjudice qu'ils subissent.

En 2012, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, seuls 20% des enfants autistes bénéficiaient d'une scolarisation en milieu scolaire.

En 2012, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, seuls 20% des enfants autistes bénéficiaient d'une scolarisation en milieu scolaire.

Plus de 240.000 euros, c'est la somme totale obtenue devant le tribunal administratif de Paris par sept familles d'enfants autistes, l'Etat ayant été jugé responsable de "carences" dans leur prise en charge. "Ces chiffres sont dérisoires par rapport aux conséquences subies par les parents et leurs enfants, souligne auprès de metronews M'Hammed Sajidi, président de l'association Vaincre l'autisme, qui les a épaulés dans leur combat. Mais ces premières condamnations représentent une vraie victoire et un véritable espoir : enfin, la justice administrative reconnaît les discriminations étatiques dont sont victimes les familles". Jeudi, la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées Ségolène Neuville a annoncé que le gouvernement ne ferait pas appel de ces décisions, reconnaissant le retard "historique" de la France dans la prise en charge des enfants autistes.

Sur les sept familles qui ont obtenu gain de cause dans ce jugement daté du 15 juillet, cinq ont été indemnisées pour les dépenses engagées, faute de place dans les établissements publics, pour la scolarisation de leurs enfants ou pour l'abandon par les parents de leur activité professionnelle. Les deux autres, qui ont obtenu les plus fortes sommes (les dédommagements vont de 13.164 euros à 70.000 euros), l'ont été car face à l'impossibilité de scolariser leur enfant en France, elles avaient été obligées de lui faire intégrer l'un des nombreux centres spécialisés de Belgique, ces "usines à Français" dont les associations dénoncent parfois la logique commerciale. Dans ces deux cas, ce sont moins les dépenses engagées pour l'exil - la prise en charge dans les structures étrangères est aux frais des conseils généraux et de l'assurance maladie - que "le préjudice moral" engendré par "l'éloignement de l'enfant" qui ont valu à l'Etat d'être condamné.

L'Etat a du souci à se faire

Selon M'Hammed Sajidi, cette décision est appelée à faire "jurisprudence pour toute personne française obligée de s'exiler à l'étranger par défaut de prise en charge dans le pays". L'Etat a donc du souci à se faire : selon l'Unapei, fédération de familles de personnes handicapées mentales, "13.000 enfants handicapés sont aujourd'hui sans solution éducative" en France, et "6.500 enfants et adultes sont exilés en Belgique" (aucun chiffre officiel spécifique n'est disponible sur le nombre d'enfants autistes pris en charge outre-Quiévrain ou dans d'autres pays comme la Suisse).

D'ores et déjà, des dossiers sont en cours de constitution. Vaincre l'autisme assure qu'en plus des sept familles qui sont parvenues à faire condamner l'Etat, une trentaine sont en train de finaliser le leur, quatorze étant attendues dès septembre prochain devant le tribunal administratif de Paris. Mais ce n'est pas tout. "Une centaine de familles se sont prononcées pour porter plainte à leur tour, et nous espérons que cette jurisprudence va encourager les parents d'autres associations à attaquer de leur côté devant les tribunaux", veut croire M'Hammed Sajidi. Regrettant que la majorité des 6.300 places d'accueil supplémentaires promises d'ici à 2018 par le plan autisme du gouvernement soient "inadaptées", beaucoup ne consistant selon lui qu'à "améliorer l'existant" dans le "vieux système" des instituts médico-éducatifs, il prévient : "Nous ne lâcherons pas tant que la législation ne reconnaîtra pas les besoins des enfants autistes."

24 juillet 2015

Lyon 2e. Des baby-sitters à domicile pour enfants en situation de handicap

Publié le 15/07/2015 à 05:00

Nouveauté. « Bulle d’R », une structure associative qui devrait pouvoir officier début octobre ou juste avant.

Domitille Coiffet, Anne Raquin et Lætitia Dumontet, l’équipe dirigeante de Bulle d’R.  Photo Michel Nielly

Domitille Coiffet, Anne Raquin et Lætitia Dumontet, l’équipe dirigeante de Bulle d’R.  Photo Michel Nielly

Avec la crèche associative « Eveil-mâtins » de la rue de Condé (2e ) et son extension « Bulle-d’Eveil », les principes fondamentaux d’accueil des jeunes enfants de cette association ont amené l’équipe dirigeante à une priorité : répondre aux besoins spécifiques des parents ayant des enfants handicapés.

Bulle d’R recrutera et formera ses baby-sitters

En créant « Bulle d’R », la présidente, Domitille Coiffet, secondée par Lætitia Dumontet et la directrice Anne Raquin, veut mettre à disposition, au domicile de ces familles, des baby-sitters soucieux des handicaps d’enfants de « 0 à 12 ans ».

Dans Bulle d’R, il y a « R », comme répit. Car il s’agit bien de permettre aux parents concernés de pouvoir souffler en prenant quelques heures de liberté. Le recrutement, la formation avec des professionnels de la santé, les stages en crèche avec du personnel référent et le suivi des baby-sitters sont donc prévus, grâce au soutien de la CAF, de partenaires sociaux et économiques, de la mairie centrale et celle du 2e.

Cette dernière a décidé d’accueillir, à partir de septembre, une permanence le mardi de 14 à 17 heures et le vendredi de 9 à 12 heures, la structure devant être opérationnelle pour cette rentrée 2015-2016.

L’appel est lancé du côté des facs, des écoles post-bacs et de tous les jeunes ou moins jeunes cherchant à rendre service. Un peu d’argent de poche d’un côté et de l’autre, des frais déductibles pour les impôts.

Renseignements : Tél. 06 10 97 00 18 ou contact@bulledr.org

23 juillet 2015

La France doit réparation aux personnes autistes maltraitées

article publié dans l'Express

Article édité et mis en une par la rédaction


nombre-de-familles-sont-contraintes-a-de-lourds-sacrifices-pour-leurs-enfants-autistes-et-desesperent-de-voir-la-france-rattraper-son-retard-photo-prise-le-12-mars-2007_5311557

L'Etat vient d'être condamné à verser plus de 240.000 euros de dommages à des familles d'enfants autistes. C'est peu au regard des dégâts causés par "l'incurie nationale" pour Danièle Langloys, vice-présidente d'Autisme France.

Le tribunal administratif de Paris a récemment condamné l'Etat français à verser plus de 240.000 euros de dommages au profit de sept familles d'enfants autistes.  

C'est peu au regard de ce que ces familles ont dû débourser pour s'occuper de leurs enfants et des dommages causés par l'absence de soutien éducatif adapté. Peu par rapport au coût d'un établissement ou service correct: de 40.000 euros par an pour un SESSAD à 60 à 90.000 euros pour un IME aux compétences de haut niveau. Peu par rapport au gaspillage éhonté d'argent public en Hôpital de Jour pour 100 à 300.000 euros par an, à ne rien faire d'efficace sauf rares exceptions. 

Des enfants contraints à l'exil

Ce sont les motivations de la condamnation qui sont intéressantes. Pour l'exil en Belgique, qui touche plusieurs milliers de personnes autistes, avec la complicité collective de tout un système, le jugement reconnaît une faute de l'Etat et un "préjudice moral" à l'égard des familles "tenant à l'éloignement" de l'enfant. Rappelons qu'être privé de sa famille et contraint à l'exil est une violation inadmissible de la Convention ONU des Droits de l'Enfant que la France a signée et ratifiée. Il peut s'agir d'enfants qui sont scolarisés en Belgique pour échapper à la discrimination française qui les exclut majoritairement des établissements scolaires avec la complicité des MDPH. Le droit à la scolarisation est en effet un faux droit, soumis à une orientation en MDPH, avec la complicité de nombreuses grosses associations gestionnaires qui siègent souvent en CDAPH avec des directeurs d'établissements, et viennent faire la promotion de leurs structures, alors que les familles d'enfants autistes n'y sont souvent jamais représentés.  

Les familles vont aussi chercher en Belgique le droit pour leurs enfants d'avoir une scolarisation adaptée. Pour les adultes, il s'agit d'une absence d'offre d'accueil: l'exil est une contrainte, relayée souvent par les MDPH. Il n'est pas forcément plus cher d'ouvrir en France un établissement convenable, mais ce n'est pas le choix de la France. 

Pataugeoire, packing et gardiennage

Le jugement évoque aussi la responsabilité de l''Etat français dans les "carences" de prise en charge de l'autisme. Il est condamné à indemniser cinq familles pour les dépenses engagées pour la scolarisation de leurs enfants ou l'abandon par les parents de leur activité professionnelle et le remboursement des frais d'accompagnement ABA. 

C'est une première. La France est globalement incapable de scolariser les enfants autistes avec le soutien éducatif nécessaire, développemental et comportemental, conformément aux recommandations HAS/ANESM de 2012. Les prises en charge psychanalytiques tiennent encore le haut du pavé et mobilisent l'argent public pour faire de la pataugeoire, du "packing", de la pâte à modeler, de l'atelier terre, et dans beaucoup d'établissements et services, malgré un début de changement des pratiques, on s'en tient à faire du gardiennage. Il ne suffit pas d'emmener les enfants au marché ou de les mettre sur un poney pour qu'ils développent les compétences de communication et de socialisation que leur fonctionnement cérébral particulier ne leur permet pas d'apprendre spontanément. 

>>> A lire aussi: le blog de Magali Pignard, The Autist 

Les familles paient donc elles-mêmes souvent un auxiliaire de vie scolaire qu'elles ont formé à leurs frais, en lieu et place de l'Education Nationale. Elles paient aussi souvent des intervenants libéraux, souvent pour mettre en oeuvre un programme ABA, plébiscité par les familles pour sa rigueur et son efficacité dans un grand nombre de profils d'enfants autistes, en lieu et place des services financés avec l'argent du contribuable (hôpitaux de jour, CMP, CAMSP, CMPP, établissements et services médico-sociaux), qui sauf exceptions bien connues des familles, ne font pas le travail pour lequel ils sont payés. 

Ce scandale est dénoncé en vain depuis 30 ans. Le plan autisme va dans le bon sens mais deux ans après son lancement, sa concrétisation sur le terrain reste maigre, tellement sont vives les résistances au changement. 

De la destruction en grande série

Très majoritairement enfants et adultes restent donc victimes de maltraitances graves défaut de diagnostic en violation du Code de Santé Publique, défaut de soutien éducatif adapté, défaut de scolarisation, de socialisation en milieu ordinaire au sens large, perte de chance au sens juridique du terme, aggravation de leur état pour beaucoup, méconnaissance de leurs besoins, impossibilité d'accéder aux soins somatiques qui sont pourtant à l'origine de 80% au moins des difficultés de comportement, exclusion au premier problème des établissements et services.  

C'est de la destruction en grande série, ni plus ni moins. La tragédie des adultes, privés de tout, abandonnés, est dénoncée de partout. Alors cela suffit. Il ne coûterait pas forcément plus cher de faire ce qui est efficace et demandé par les familles. Les lois de 2002 mettent en leur centre les usagers dans le double sens du mot: résistance à la toute-puissance administrative et comportement participatif citoyen. Elles ne mettent pas au centre les professionnels qui se permettent de définir unilatéralement et en jouant les victimes, ce qui est conforme à leurs choix idéologiques ou leurs croyances. 

>>> A lire aussi, le témoignage de Laure, 33 ans: "On oublie que les enfants autistes deviennent des adultes" 

Merci aux professionnels courageux qui développent de vraies compétences, souvent en libéral: maintenant, il faut les financer. On n'a pas le droit de sacrifier 600.000 personnes autistes, par bêtise, flemme, incompétence, ou imposition par la force de fantasmes délirants. 

La France doit réparation aux personnes autistes maltraitées et à leurs familles pour les graves dégâts que l'incurie nationale en matière d'autisme a provoqués. 

Par Danièle Langloys, vice-présidente d'Autisme France. 


Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/l-etat-francais-condamne-pour-ses-scandaleuses-carences-en-matiere-d-accompagnement-des-personnes-autistes_1701328.html#BXQMRiZkld161yoS.99
Publicité
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Visiteurs
Depuis la création 2 429 128
Newsletter
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Archives
Publicité