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"Au bonheur d'Elise"
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formation
29 septembre 2019

Vidéo -> JR Rabanel, psychiatre, psychanalyste parle d'autisme

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24 septembre 2019

Discours de clôture de Danièle Langloys, présidente d'Autisme France - Congrès international d'Autisme-Europe

Extrait que je mets en évidence :

"Si j’avais un souhait pour le prochain congrès d’Autisme Europe, ce serait de susciter davantage de recherches, malgré la très grande difficulté du sujet, sur ceux qui en restent massivement absents: les enfants et adultes qui ont des troubles sévères, des comorbidités, un trouble du développement intellectuel (mais s’il faut en croire Ami Klin, le trouble du développement intellectuel est une conséquence de l’autisme, pas un trouble associé), un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, une épilepsie associés. Je remercie chaleureusement James Cusack d’avoir aussi insisté sur ce point. Ces troubles associés mettent en difficulté les personnes concernées. Il faut donc redoubler d’efforts et d’imagination pour aider massivement les plus vulnérables, et définir pour eux, les formes d’intervention, de scolarisation, de vie dans la communauté, qui leur permettent de développer leurs compétences et de s’épanouir sans subir de trop lourdes contraintes."

jjdupuis

 

18 septembre 2019

L’ABA, une méthode ! Une erreur française. L’ABA Analyse Appliquée du Comportement est une science ...

17 septembre 2019

Autisme-en-ligne -> plateforme d'autoformation d'accès gratuit et ouvert

 

Autisme-en-ligne

Fichier transcription de la vidéo " présentation du projet " (.pdf, 170 ko) Le projet autisme en ligne s'adresse à des professionnels, notamment des enseignants de classe ordinaire de l'école élémentaire, et vise à mettre à leur disposition une plateforme d'autoformation d'accès gratuit et ouvert.

https://www.autisme-en-ligne.eu

 

5 septembre 2019

Accompagnement sexuel: Nuss, les adieux d'un président amer

Un coup de gueule en guise d'adieu. Marcel Nuss, militant de la 1ère heure en faveur de l'accompagnement sexuel des personnes handicapées, renonce à la présidence de l'Appas. Il déplore le manque d'adhérents et ceux à qui tout est dû.

4 septembre 2019 • Par

Illustration article

Une page se tourne. Marcel Nuss quitte la présidence de l'Appas, association qu'il a créée afin de militer en faveur de l'accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap. Il démissionne, souhaitant céder sa place « à une nouvelle équipe et une nouvelle dynamique ». Même s'il en tire un bilan « positif », il livre les mots d'un homme lassé par le milieu associatif, un peu usé par 20 ans passés sur le front. Son propos est âpre…

Au cœur de la polémique

Il affirme avoir « tout donné » pendant des années pour que soit un jour reconnu l'accompagnement sexuel. Il a tout encaissé… Un engagement à temps plein, particulièrement chronophage, les limites du bénévolat qui se heurte aux « susceptibilités des uns et des autres », un « turn-over régulier et décourageant ». Durant six ans, l'Appas a bravé la justice, fait face aux remous, aux polémiques, parfois violentes, notamment des anti-prostitution, des « associations profondément hypocrites et lâches », selon Marcel Nuss, à l'inertie des politiques qui « se voilent courageusement la face ». « Elle est en effet l'unique association à oser être en infraction avec la loi sur le proxénétisme, en mettant en relation, en toute transparence -nous disons ce que nous faisons et nous l'assumons-, des accompagnants sexuels et des personnes en situation de handicap », explique-t-il. En mars 2015, en dépit des controverses, l'Appas obtient en référé la reconnaissance officielle de sa formation. Plus de soixante personnes ont ainsi été formées à l'accompagnement sexuel pour répondre aux 1 800 demandes reçues de personnes handicapées, débouchant sur 500 mises en relation. 

Question taboue

Ce travail colossal et pionnier a permis à cette question éminemment taboue d'émerger dans les medias -que Marcel remercie de s'être mouillés-, mais aussi, plus timidement, dans le débat sociétal et politique. Un engagement payant selon Marcel Nuss qui constate, à sa grande satisfaction, que « de plus en plus d'associations et de foyers de vie nous sollicitent, pour des formations mais aussi des mises en relation à l'intérieur de l'établissement, chose impensable auparavant ! ». Pour aller plus loin dans cette démarche, des négociations sont en cours avec une grande école de formation en vue d'un partenariat qui devrait voir le jour à la rentrée 2020. Derrière les victoires, il y a aussi des regrets… Tout d'abord celui de n'avoir jamais reçu ni soutien financier ni subventions ni sponsor.

Un milieu où tout est dû

« Mais le plus grand, c'est de m'être heurté au manque d'adhérents, alors même que c'est le nerf de la guerre pour une association qui ne vit et ne peut se développer sans eux », déplore Marcel Nuss. Sur près de 2 000 personnes en situation de handicap qui ont fait une demande d'accompagnement sexuel depuis 2015, seules 15 % ont adhéré alors que l'adhésion n'est que de 10 euros par an. Pas davantage de « remerciements » ! « Est-ce surprenant ? Non, poursuit-il. Pas dans ce milieu où règne l'assistanat et où, pour beaucoup, tout est dû. » C'est oublier que, sans ce soutien, l'Appas risque de péricliter, entraînant, de fait, la question de l'accompagnement sexuel en France dans l'oubli et réduisant à néant les chances de le voir un jour reconnu légalement. Avant de tirer sa révérence en tant que président -il reste malgré tout dans le conseil d'administration et poursuivra les formations, la sensibilisation et les conférences-, Marcel lance un dernier appel : « J'invite les personnes handicapées, même si elles ne bénéficient pas pour le moment d'un accompagnement sexuel, par manque d'accompagnant(e) dans leur secteur, les accompagnant(e)s sexuel(le) et bien d'autres à rejoindre notre association (en lien ci-dessous) ».

Ne pas se complaire dans son handicap

« L'existence m'a appris que la vie n'est pas une question de chance ou de malchance, ni une fatalité comme je l'entends souvent, hélas, mais qu'elle est ce qu'on en fait, avec les moyens qu'on se donne. Brandir son handicap, son AAH (allocation adulte handicapé), la faute à pas de chance ou que sais-je d'autre, est une erreur fatale. Car, handicapé ou non, personne ne peut avoir tout ce qu'il veut dans la vie ; croire le contraire est une illusion dévastatrice. Rien n'est pire à mes yeux que de se complaire dans son handicap. », conclut celui qui se bat depuis 40 ans en faveur de l'autonomie des personnes handicapées. Fort d'avancées irréfutables et majeures, il passe le relais à ceux qui voudront -ils ne sont pas nombreux à se presser au portillon-, laissant le soin à la relève de « revendiquer ses droits et de se soulever contre les injustices ». Celui qui se dit « heureux d'avoir osé » espère avoir fait naître des vocations et apporté un peu de courage…

La deuxième formation 2019 à l'accompagnement sexuel, réunissant 11 stagiaires, aura lieu du 18 au 21 septembre, à Castelnau-le-Lez (Hérault).

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30 juillet 2019

Initiation à la technique du packing

Avertissement : le packing est à ma connaissance interdit par circulaire du 22 avril 2016 (extrait ci-joint cf. page 6 de la circulaire)
"Enfin, la signature des CPOM avec des gestionnaires d’établissements et services accueillant les personnes avec des troubles du spectre de l’autisme est strictement subordonnée au respect d'engagements de lutte contre la maltraitance, et donc à l’absence totale de pratique du « packing » au sein des établissements et services médico-sociaux couverts par le CPOM. Le comité des droits de l’enfant de l’ONU rappelle en effet, dans ses observations finales à la suite de la cinquième audition de la France en février 2016 (observation 40), sa « préoccupation concernant la technique du « packing » (consistant à l’enveloppement d’un enfant avec des linges humides et froids) qui constitue une maltraitance (...) ». Aussi, cette pratique doit être considérée comme une mise en danger de la santé, de la sécurité et du bien-être moral et physique des personnes accompagnées par ces établissements et doit donc faire l’objet des mesures appropriées et prévues dans le code de l’action sociale et des familles (articles L. 331-5 et suivants)."
Et cependant on continue les formations sans doute sur deniers publics !
(Voir ci-après)
Cherchez l'erreur
Jean-Jacques Dupuis


OBJECTIFS

La prise en charge des personnes, enfants ou adultes, présentant des troubles envahissants du développement (TED) nécessite l'utilisation de dispositifs cliniques élaborés. Les travaux autour des notions d’enveloppes psychiques et corporelles, de représentations du corps, ont permis le développement d’une technique de soin spécifique : le packing. Cette technique aujourd'hui remise en cause, reste pourtant un des rares recours dans les situations d'impasses thérapeutiques, de grands troubles du comportement psychomoteur, de fortes agitations ou d'auto-agressivité. Introduite en France en 1966 par un psychiatre psychanalyste américain M.A. Woodbury, ses travaux en collaboration avec P.C. Racamier apporteront d’importantes contributions sur la symbolisation primaire et le lien psyché-soma des autismes et psychoses. Depuis, les travaux de P. Delion notamment, ont permis de consolider un cadre thérapeutique exigeant mais indispensable à la mise en place du packing. Cette pratique n'a pas de valeur seule et doit être le fruit d'une réelle élaboration théorique et collective au sein de l'ensemble de l'équipe soignante. 

À travers ce stage il s'agira de permettre aux participants :

  • d’acquérir les repères théorico-pratiques concernant cette technique ;
  • de présenter le dispositif et ses modalités de fonctionnement ;
  • de travailler sur la dimension nécessairement institutionnelle de cette pratique.

CONTENU
apports théoriques

Histoire et processus thérapeutique des packs ou enveloppements humides.
La particularité de cette technique repose sur la mise en jeu du corps, contenu, stimulé, rendu disposnible aux formes archaïques de la symbolisation primaire.
Ces notions seront abordées à partir des travaux de M-A. Woodbury, P. Bovier etM. Brandli, N. Coulon et P. Delion.
Rappels sur les expressions de la vie psychique.
Les enveloppes psychiques, le moi-peau, le schéma corporel et l’image du corps, la dialectique dedans/dehors, contenant/contenu, les fonctions précoces du regard, les rassemblements, les fonctions contenantes, etc.
Ces notions seront abordées à partir des travaux de : D. Anzieu, G. Haag, B. Golse, R. Roussillon, D. Winnicott, W. Bion, etc.

approches pratiques

Les indications : impasses thérapeutiques, trouble du comportement psychomoteur, agitation ou auto-agressivité.
La nécessaire adhésion familiale.
Le dispositif : description du cadre.
La méthodologie et la technique.
Les principes d’intervention : rôle et place des soignants.
La mise en lien des perceptions, des sonorités, des attitudes, des mouvements, des regards et les verbalisations proposées.
L’indispensable travail de reprise et de supervision.
Les conditions institutionnelles nécessaires pour une bonne mise en place de cette technique.

modalités pédagogiques

L'abord des questions théoriques alternera avec des temps d'analyses des pratiques professionnelles réalisés à partir de présentations de séances et d'études de situations.

personnels concernés

L'ensemble des professionnels des secteurs sanitaire et médico-social, du travail social et de l'éducation.

NOMBRE DE PARTICIPANTS
15 personnes maximum

formatrice
Anne Yvonne Lenfant, pédopsychiatre

 

Cette formation pourra être animée in situ pour l'ensemble d'une équipe désireuse de mettre en place des packings. La formatrice peut également superviser des équipes qui utilisent déjà cette technique.


durée :
1 cycle de 2 jours
(1 session de 2 jours)

nombre d'heures : 14 h
dates :
27-28 juin 2019
lieu : Bordeaux Métropole

coût pédagogique : 350 €

Hébergement non assuré par la SOFOR. Une liste d'hôtels sera fournie à l'inscription

S'inscrire/Se préinscrire à cette formation

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29 juillet 2019

Création du diplôme universitaire -> Personnes expertes en situation de handicap (PESH)

 

Création du diplôme universitaire "Personnes expertes en situation de handicap"

Cette formation s'adresse aux personnes en situation de handicap, aux accompagnants et aux professionnels travaillant dans les domaines médico-sociaux, sanitaires, sociaux et de l'éducation. Ils pourraient occuper des fonctions telles qu'enseignant des cours de PESH médiateur de santé spécialisé dans le handicap, éducateur thérapeutique en santé, salarié d'une association de défense des personnes en situation de handicap, accompagnant tierce-personne...

https://handicap.paris.fr

 

27 juillet 2019

Pour la rentrée, l’académie de Versailles recrute des accompagnants d’élèves en situation de handicap

article publié dans Le Parisien

L’académie de Versailles recrute pour arriver à 5 077 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) à la rentrée, soit 157 postes supplémentaires. On peut postuler dès le niveau bac et une formation de 60 heures est prévue.

article le parisien charline avenel

Charline Avenel, rectrice de l’académie de Versailles (ici au lycée Paul-Emile Victor d’Osny, en juin dernier, au début des épreuves du baccalauréat), entend opérer un « changement radical d’organisation » concernant les accompagnants d’élèves handicapés.  LP/Antoine Guitteny



Le 25 juillet 2019 à 15h58

Fini les rentrées où les élèves en situation de handicap attendent désespérément leurs accompagnants pendant des jours voire des semaines. C'est en tout cas l'objectif de l'académie de Versailles. Dès la prochaine rentrée, ce sera désormais aux accompagnants d'attendre leurs élèves et plus l'inverse.

« C'est un changement radical d'organisation pour nous, admet la rectrice, Charline Avenel. Nous menons une action en profondeur autour du métier d'accompagnant. L'important c'est de gagner en rapidité. »

Jusqu'à présent l'école, via le médecin scolaire, transmettait à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) les besoins spécifiques de l'élève. Ensuite seulement était lancé le recrutement d'un accompagnant.

LIRE AUSSI > Essonne : trois enfants handicapés pourraient être privés de cantine à la rentrée

Le contrat de ces personnels va également changer. Désormais, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) se verront proposer un contrat de trois ans renouvelable , au lieu d'un an jusqu'à présent. Une formation de 60 heures, qui devient obligatoire, leur sera proposée tout au long de l'année.

« À ce stade, nous n'avons pas encore fait le plein et je m'en inquiète »

Au cœur de l'été, le recrutement est en cours et il va se poursuivre au-delà de la rentrée. Car les effectifs sont loin d'être bouclés.

« On a toujours besoin de recruter et la situation est particulièrement critique dans le Val-d'Oise, où la démographie scolaire est la plus importante et le vivier moindre, décrit la rectrice. À ce stade, nous n'avons pas encore fait le plein et je m'en inquiète. » Il y a en tout 5 077 postes dont 157 créations.

 

LIRE AUSSI > Etampois : dans le quotidien précaire d'une auxiliaire de vie scolaire

Malgré ces efforts, y a-t-il des élèves handicapés qui restent sur le carreau ? « Ce que je peux vous dire, c'est que nous répondons aux besoins transmis par les Maisons départementales des personnes handicapées », répond la rectrice. Avec des tensions à certains endroits comme à Grigny dans l'Essonne où il n'y a aucun orthophoniste et où les besoins en médico-social sont donc peu pris en charge.

L'académie, qui regroupe les départements de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, du Val-d'Oise et des Yvelines, accueille 31 000 élèves en situation de handicap. 25 000 sont pris en charge en milieu ordinaire et 6 000 en milieu spécialisé.

« Nous créons également une plateforme Cap école inclusive afin que tous les enseignants aient les outils pour prendre en charge les élèves en situation de handicap, explique Charline Avenel. On y explique notamment la façon dont les autistes perçoivent le monde extérieur. Ou que le fait d'entendre beaucoup de bruit dans la classe peut les incommoder fortement, par exemple ».

Les AESH sont recrutés au niveau bac, ou avec diplôme professionnel dans l'aide à la personne ou une expérience d'au moins neuf mois dans l'accompagnement de personne en situation de handicap.

Les dossiers de candidature doivent comporter : CV, lettre de motivation et une photocopie du diplôme d'État obtenu et peuvent être envoyés par mail à ce.ia78.coordavs@ac-versailles.fr

« C'EST UN MÉTIER TRÈS ENRICHISSANT »

Murielle, a été confrontée au manque d'accompagnant scolaire pour son fils handicapé. « Il n'avait pas eu d'aide et nous avons dû nous débrouiller seul » raconte-elle. Il y a 8 ans, elle décide de devenir elle-même AESH à Levallois. En reconversion professionnelle, elle a pu bénéficier d'une formation.

« C'est un métier très enrichissant, où les élèves m'apportent beaucoup, raconte-elle. Avec un contrat de 20 heures par semaine, j'ai pu avoir trois élèves à suivre sur un même établissement tant la demande est forte ». Des élèves qui présentent à chaque fois des troubles différents, que ce soit un handicap moteur, un trouble autistique ou un trouble de l'attention.

À 48 ans, Murielle vient de signer un CDI et se réjouit de la réforme à venir, même si elle regrette qu'il n'y ait pas un coup de pouce sur le salaire, toujours au smic. Nathalie, 45 ans, qui est AESH dans une école élémentaire de Courbevoie, s'est spécialisée dans le suivi d'enfants autistes. « Avoir un enfant différent dans une classe de 28 élèves, c'est très compliqué pour l'instituteur. Nous sommes là pour les accompagner vers l'autonomie », décrit-elle.

20 juillet 2019

Comprendre l'autisme : Les troubles et les problèmes associés

 

Participate!

Les personnes ayant reçu le diagnostic d'autisme peuvent aussi montrer d'autres troubles associés : une déficience intellectuelle, de l'épilepsie, un trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, une dépression, etc.

https://www.participate-autisme.be

 

19 juillet 2019

Rapport d'évaluation sur l’évaluation de la prise en charge de l’autisme - de Daniel Fasquelle & Nathalie Sarles

19 juillet 2019

Un an après le lancement de la stratégie autisme, des députés appellent à sortir les adultes des institutions psychiatriques

article publié dans Le Quotidien du Médecin

Par Coline Garré
- Mis à jour le 18/07/2019

La situation des adultes autistes, longtemps négligée, reste source de vive inquiétude, ont alerté les députés Daniel Fasquelle (LR, Pas-de-Calais) et Nathalie Sarles (LREM, Loire), ce 17 juillet, en présentant devant le comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques de l'Assemblée nationale, le suivi de leur mission. En juin 2018, soit deux mois après le lancement de la « stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neuro-développement », les deux députés avaient présenté 31 mesures

 

 

Crédit photo : S. Toubon

Si un tiers a commencé à être mis en œuvre, « il y a très peu d'avancées pour les adultes : nous soulignons la nécessité de transformer en profondeur leur prise en charge », a déclaré Nathalie Sarles, appelant à la « désinstitutionnalisation des personnes qui n'ont rien à faire en institution psychiatrique ». « Nous avons besoin d'un choc culturel, par rapport à la façon dont nous voyons le séjour à l'hôpital », a-t-elle poursuivi. La députée propose en particulier de développer des équipes mobiles, qui puissent intervenir sur les lieux de vie des personnes, à leur domicile ou dans la rue.

Le repérage et le diagnostic des adultes sont toujours défaillants. Le Groupement national des centres ressources autisme (GNCRA) doit mener une concertation en vue d'élaborer un référentiel ; « mais cela ne démarrera qu'en 2020 », s'est impatientée Nathalie Sarles. Les plateformes de répit, réclamées par les familles, tardent à se déployer. L'accès au logement et à l'emploi des adultes avec troubles du spectre autistique est semé d'obstacle. Seul point positif, notent les députés : la stratégie autisme prévoit la fongibilité des crédits des agences régionales de santé, ce qui doit permettre « l'évolution du sanitaire vers le médico-social », et 40 millions d'euros pour les soins de réhabilitation psychosociale. 

Des moyens trop modestes pour la recherche 

Les députés ont déploré la faiblesse des moyens alloués à la recherche dans le champ des troubles du neuro-développement. La stratégie prévoit 14 millions d'euros. « Nous pensons qu'il faut quintupler ces fonds, pour atteindre 70 millions d'euros », considère-t-Daniel Fasquelle. Le député estime que leur proposition d'un institut national dédié aux TND, à l'image de l'INCa, reste d'actualité, même si le Groupement d'intérêt scientifique sur l'autisme et les TND prévu dans la stratégie nationale devrait voir le jour le 1er octobre prochain. « Ses moyens (300 000 euros par an jusqu'en 2022), sont trop modestes », pointe-t-il. 

Il a aussi reproché l'absence d'un véritable maillage territorial de centres d'excellence. Seuls trois ont été sélectionnés : InovAND, porté par l'hôpital Robert-Debré (AP-HP), Ceand, par le CHU de Montpellier, et Exac-T, par le CHU de Tours. « Un choix réducteur par rapport à l'excellence de la soixantaine d'équipes travaillant sur l'autisme », a commenté le député. 

Des bonnes pratiques à traduire sur le terrain  

Au chapitre des avancées, les parlementaires ont salué l'effort réalisé en faveur du dépistage précoce des enfants, avec la mise en place du forfait d'intervention précoce (des bilans réalisés par des psychologues, ergothérapeutes, orthophonistes et psychomotriciens libéraux, remboursés par l'Assurance-maladie – jusqu'à 1 500 euros par an pour un enfant), la sélection des plateformes d'orientation et de diagnostic (14 sont opérationnelles), et la mise à disposition des médecins de première ligne d'une grille de repérage facile d'utilisation. 

En termes de prise en charge, « les méthodes éducatives et comportementales ont été adoptées, les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé (HAS) de 2012 ne sont plus contestées », s'est félicité Daniel Fasquelle. « On est entré dans une deuxième phase, où ces bonnes pratiques doivent être enseignées et appliquées », dit-il. Si la sensibilisation des professionnels aujourd'hui en contact avec les enfants « laisse à désirer », selon ses mots, l'optimisme est permis, avec la réforme des maquettes en médecine, ou encore la création par la HAS d'une commission chargée d'évaluer l'impact de ses recommandations sur le terrain.

19 juillet 2019

Autisme. Un lieu d’accueil en projet dans le pays malouin

article publié dans Le Télégramme

Publié le 18 juillet 2019 à 16h21

De droite à gauche : Franck Morault, président du Rotary-club de Dinard ; Stéphane Gautier, Marie-Jeanne Aloë (protocole) et Gérard Callens (trésorier), avec une belle surprise pour les enfants et parents, un Hugbike Star prêté pour la journée par la maison du vélo transport de Rennes.
De droite à gauche : Franck Morault, président du Rotary-club de Dinard ; Stéphane Gautier, Marie-Jeanne Aloë (protocole) et Gérard Callens (trésorier), avec une belle surprise pour les enfants et parents, un Hugbike Star prêté pour la journée par la maison du vélo transport de Rennes.

Les adhérents de l’association Autisme Côte d’Émeraude ont adopté le bilan 2018, lors de l’assemblée générale du samedi 6 juillet. Mais ils ont également validé le projet urgent de créer un lieu de l’autisme dans le pays malouins.

Samedi 6 juillet, Autisme Côte d’Émeraude a tenu son assemblée générale au Grand Domaine, avant une journée conviviale et festive. Au service d’enfants et d’adultes atteints d’autisme et de leur famille depuis quinze ans, l’association voit se dessiner le projet de création d’un lieu pour l’autisme à Saint-Malo.

L’association qui apporte écoute, soutien, conseils et informations, favorisent les rencontres et les échanges entre les familles et amis de personnes autiste ou ayant d’autres troubles du spectre autistiques (TSA). L’accueil de nouvelles personnes et la formation (aide aux aidants, conférences, cafés rencontres…) ont pris beaucoup d’importance et demandent un grand investissement.

Créer un « lieu de l’autisme »

La trentaine de membres a adopté le bilan 2018 ainsi que le projet devenu urgent de créer un « lieu de l’autisme » en pays malouin pour développer ces actions et permettre un accueil familial des parents en formation et de l’accompagnement pour leurs enfants. Franck Morault, ancien président, a affirmé son engagement au sein du Rotary pour aider à la création d’un centre de l’autisme sur la Côte d’Émeraude, citant l’exemple de l’école parentale mise en place au Touquet. De quoi réjouir l’association et rajouter aux aides indispensables des municipalités de Saint-Malo, Dinard et Dol-de-Bretagne pour voir aboutir leur projet d’envergure.

Stéphane Gautier, nouveau président du Rotary-club de Dinard, a remis à l’association la somme des 2 500 € collectés lors de deux tournois de golf.


Contact
Autisme Côte d’Émeraude, 57, rue du Docteur Huet ; tél. 06 48 67 28 35 ; autisme.emeraude@free.fr ; autismeemeraude.canalblog
15 juillet 2019

L'autisme à l'épreuve de la protection de l'enfance - AFFA - Association Francophone de Femmes Autistes

 

L'autisme à l'épreuve de la protection de l'enfance - AFFA - Association Francophone de Femmes Autistes

Du fait de retard de diagnostic, de pros de 1ère ligne non formés à l'autisme, le parent devient spécialiste : il cherche de lui-même, et finit par développer ses connaissances en troubles divers. Il entre dans un processus de cheminement, de prise de conscience et de recherche de solutions.

https://femmesautistesfrancophones.com

 

5 juillet 2019

Assistant au parcours de vie : lancement du 1er diplôme !

 

Assistant au parcours de vie : lancement du 1er diplôme !

Rentrée innovante en perspective ! L'école universitaire de management de Limoges (IAE) proposera, dès septembre 2019, le premier diplôme " Assistant aux projet et parcours de vie " (APPV). Ce métier émergent est dédié à l'accompagnement des familles, des aidants et/ou des personnes en situation de handicap, dans une logique inclusive et de " renforcement du pouvoir d'agir " (article en lien ci-dessous).

https://informations.handicap.fr

 

3 juillet 2019

Aminata Niakaté : - Nous voudrions créer une obligation de formation au handicap des professionnels du droit.

article publié sur Handicap.fr

« Nous proposons, par exemple, la création d’un master dédié au droit du handicap. Parce qu’aujourd’hui, les avocats qui pratiquent le droit de la compensation ou des incapacités sont largement autodidactes. »

La présidente de la commission égalité du Conseil national des barreaux détaille les principales propositions de l’Ordre des avocats pour qu’enfin l’accès au droit des 12 millions de personnes handicapées soit facilité. Au premier rang d’entre elles : des formations encore à imaginer…

Faire-Face.fr : Quelles connaissances, informations, les avocats détiennent-ils en matière de handicap ?

« Nous ferons du lobbying comme nous en faisons déjà pour rendre plus accessible l’accès à notre profession, en aménageant les épreuves d’admission. »

Aminata Niakaté : Jusqu’à il y a deux ou trois ans, ils ont très peu été sensibilisés à la question. Par exemple, lors de notre formation initiale, nous ne recevons aucune information. Plus tard, dans notre carrière, peu d’initiatives sont encore prises par la profession.

Ici, au Conseil national des barreaux, nous nous sommes saisis du sujet lors de la mandature précédente. Nous avons organisé un premier colloque fin 2017 afin d’interpeller la profession et lancer ce Grenelle droit et handicap, qui a eu lieu vendredi 28 juin. Nous faisons de cette journée un marqueur politique de la volonté des avocats de se saisir de la question.

Création d’un master dédié au droit du handicap

F-F.fr : Comment pensez-vous concrétiser cette démarche ?

A.N : Différents ateliers tenus ce jour-là nous ont permis d’émettre des propositions pour, demain, mettre en place des mesures visant à faciliter l’accès aux droits des personnes handicapées. Nous proposons, par exemple, la création d’un master dédié au droit du handicap. Parce qu’aujourd’hui, les avocats qui pratiquent le droit de la compensation ou des incapacités sont largement autodidactes.

Autre proposition : comme les normes sont éparpillées partout au gré des évolutions législatives, nous estimons que publier un code du contentieux spécifique au handicap serait judicieux. En matière d’accessibilité, nous voudrions que les sites internet de nos confrères s’assurent de l’être. Idem pour leurs locaux.

Et lorsqu’ils ne le sont pas, nous recommandons que toutes les maisons des avocats, qui, elles, globalement, le sont, mettent une salle gratuitement à la disposition de nos confrères pour recevoir leurs clients en situation de handicap.

Nous planchons aussi déjà sur un programme de sensibilisation au handicap avec magistrats, huissiers, greffiers, conciliateurs… Nous voudrions même créer une obligation de formation au handicap des professionnels du droit, pas uniquement des avocats. À l’image de ce qui existe en matière de formation aux violences conjugales à destination des avocats.

Un kit de sensibilisation dans les écoles début 2020

F-F.fr : La prochaine étape consiste à faire adopter ces propositions à votre assemblée générale le week-end du 6 juillet. Comment allez-vous faire avancer le sujet en dehors de vos cercles professionnels ?

A.N : Nous ferons du lobbying. En matière de formation, par exemple, nous avons des entrées au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de l’innovation. Nous allons surveiller le calendrier législatif, tenter de trouver un véhicule législatif [une loi sur un sujet approchant pour faire passer la mesure dans l’un de ses articles, NDLR].

Nous faisons déjà du lobbying pour rendre plus accessible l’accès à notre profession, en aménageant les épreuves d’admission. Notre kit de sensibilisation devrait sortir au plus tard au début 2020, pour sensibiliser dans les écoles. Les personnes handicapées représentent 12 millions de justiciables, il était temps de nous en préoccuper.

23 juin 2019

Arrêté du 28 mai 2019 relatif au certificat national d'intervention en autisme | Legifrance

 

Arrêté du 28 mai 2019 relatif au certificat national d'intervention en autisme | Legifrance

Le certificat national d'intervention en autisme de premier degré ou le certificat national d'intervention en autisme de second degré sont délivrés au nom de l'Etat par les responsables des organismes prestataires d'actions concourant au développement des compétences habilités dans le cadre d'appels à projets.

https://www.legifrance.gouv.fr

 

8 juin 2019

À Amiens, l'unité d'enseignement autisme est une pépite à modéliser pour la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel

Jeudi 6 juin 2019 à 18:14 -
Par , France Bleu Picardie, France Bleu

La secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées a visité ce jeudi l'école Louise-Michel d'Amiens, où 17 enfants autistes sont scolarisés aux côtés d'élèves "ordinaires". Pour Sophie Cluzel, cette unité doit servir de modèle sur l'ensemble du territoire national.

La secrétaire d'Etat est allée à la rencontre des jeunes autistes dans leur salle de classe.
La secrétaire d'Etat est allée à la rencontre des jeunes autistes dans leur salle de classe.
© Radio France - Hélène Fromenty

Amiens, France

Pour le gouvernement, c'est un modèle dont il faudrait s'inspirer au niveau national. La secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, était ce jeudi à l'école Louise-Michel d'Amiens, un établissement du quartier Etouvie où des élèves autistes bénéficient d'un encadrement complet et côtoient des enfants "ordinaires". Dans cette école, 17 jeunes souffrant de troubles autistiques sont scolarisés : 10 dans une unité d'enseignement élémentaire autisme (UEEA), et 7 en unité d'enseignement maternel. 

"C'est une pépite, a estimé Sophie Cluzel à l'issue de la visite de l'établissement, par ailleurs classé REP+. Il est indéniable que ce système fonctionne, donc ça nous conforte qu'il faut développer ces unités." 

La plupart des enfants autistes scolarisés ici ont d'abord été dans des écoles classiques, avec l'accompagnement ponctuel d'une auxiliaire de vie scolaire (AVS), pas forcément apte à gérer les troubles autistiques. 

A Louise-Michel, les autistes passent une partie de leur journée - 50% pour certains - dans une classe spécialisée, accompagnés par des professionnels formés à l'autisme : des enseignants, des éducateurs spécialisés, ou encore des psychologues. 

"Le fait d'avoir une prise en charge globale, avec tous les professionnels dans un même lieu, c'est un vrai avantage, assure Alexia, la maman de Malo, un jeune autiste de 6 ans et demi. Avant, on devait jongler entre un suivi d'orthophonie quelque part, un suivi psychomoteur autre part." 

Dans la cour de récréation de l'école Louise-Michel, tous les enfants se côtoient, par-delà le handicap.  - Radio France
Dans la cour de récréation de l'école Louise-Michel, tous les enfants se côtoient, par-delà le handicap.
© Radio France - Hélène Fromenty

Le reste du temps, les jeunes autistes sont en classe "normale" avec des enfants "ordinaires" de leur âge. Ils se côtoient aussi à la cantine, ou pendant la récréation. Une inclusion essentielle, pour Dorothée, la mère de Sacha, 4 ans. "Le regard des autres est différent et malgré leur handicap, ils sont acceptés comme enfants classiques."

Des progrès quotidiens

Résultat, à en croire les parents et les professionnels, les progrès sont constants. "Ça peut paraître futile, mais récemment j'ai eu droit à mon premier 'bonne fête maman', reprend Alexia. Alors, certes, je suis certainement la seule à pouvoir comprendre ce que Malo a écrit, mais qu'importe. Son comportement a aussi changé, il communique mieux et arrive à se faire comprendre à l'aide d'un classeur à images."

Comme les enfants "normaux", ces jeunes handicapés vont à l'école toute la journée, ce qui permet aussi aux familles d'avoir un quotidien ordinaire. "J'ai par exemple repris une activité professionnelle, ce que je n'avais pas pu faire depuis sa naissance, explique Séverine, la maman de Lisa-Rose, 8 ans. On la dépose le matin, et on vient la chercher le soir, comme tous les parents !"

L'objectif, à terme, c'est que ces élèves handicapés réintègrent un milieu "ordinaire", éventuellement avec une auxiliaire de vie scolaire. Preuve que ça porte ses fruits : l'an prochain, Lisa-Rose va rentrer en CE2 à temps complet dans une classe ordinaire. Ce sera aussi le cas d'un autre élève à Louise-Michel. 

Dans le cadre du 4e plan autisme lancé l'an dernier - 340 millions d'euros sur 5 ans-  le gouvernement souhaite multiplier ce type d'unité. En 2022, il y en aura environ 350 en France, contre 120 actuellement.

15 mai 2019

Autisme : augmentation des diagnostics en Nord Irlande, mais manque de soutien

15 mai 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Aujourd'hui, entre 2,9 et 3,5 % des enfants d'Irlande du Nord sont considérés comme faisant partie du spectre. Chez les garçons, la prévalence est d'environ 4,5 %. Mais les interventions basées sur l'ABA ne sont pas financées par le système de santé. D'où obligation pour les parents de payer de leur poche.

 

spectrumnews.org Traduction de "Rise in autism diagnoses in Northern Ireland highlights lack of support"

L'augmentation des diagnostics d'autisme en Irlande du Nord souligne le manque de soutien

Pr Karola Dillenburger - Centre de l’analyse du comportement - Queens University - Belfast (UK) Pr Karola Dillenburger - Centre de l’analyse du comportement - Queens University - Belfast (UK)
par Karola Dillenburger / 14 mai 2019

Il y a seulement 10 ans, la prévalence de l'autisme en Irlande du Nord était d'environ 1 %. Aujourd'hui, entre 2,9 et 3,5 % des enfants d'Irlande du Nord sont considérés comme faisant partie du spectre 1,2. Chez les garçons, la prévalence est d'environ 4,5 %.

Il est vrai qu'au cours de la dernière décennie, la prévalence de l'autisme a augmenté presque partout. Par exemple, selon les dernières estimations des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, la prévalence aux États-Unis est d'environ 1,7 %.

L'augmentation spectaculaire du nombre de diagnostics d'autisme en Irlande du Nord pourrait découler, du moins en partie, de la loi nationale sur l'autisme, adoptée en 2011. La loi a ajouté l'autisme à une liste de conditions qui ne peuvent faire l'objet de discrimination. Elle a également entraîné une augmentation du financement visant à accélérer les évaluations de l'autisme. Par conséquent, il y a une plus grande sensibilisation à l'autisme et un meilleur accès aux services de diagnostic.

Ce qui est choquant, c'est à quel point le gouvernement de l'Irlande du Nord ne fait pas grand-chose pour soutenir le nombre croissant de personnes atteintes d'autisme.

Les interventions de référence pour l'autisme aux États-Unis sont fondées sur l'analyse comportementale appliquée (ABA). Dans ces interventions, les thérapeutes travaillent souvent avec l'enfant un à un, en décomposant les comportements cibles en étapes et en renforçant ensuite l'achèvement de chaque étape. Mais ces interventions fondées sur des données probantes ne sont pas financées par le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni.

Par conséquent, de nombreuses familles d'Irlande du Nord choisissent de payer de leur poche les interventions fondées sur l'ABA, mais, bien entendu, cela laisse ces services sans contrôle de qualité. Certains praticiens prétendent être formés en ABA après avoir suivi un cours d'une heure, et il est difficile pour les parents de faire la distinction entre les prestataires accrédités et ceux qui n'ont pas l'expertise appropriée 3,4.

Le NHS devrait appuyer les interventions éprouvées en matière d'autisme, comme celles fondées sur l'ABA, et exhorter les cliniciens à les offrir rapidement et de façon intensive.

Contraintes d'intervention

Certaines des interventions les plus connues en matière d'autisme fondées sur l'ABA sont le traitement de la réponse pivot [pivotal response training and discrete trial training], une procédure visant à décomposer une compétence en étapes, puis à enseigner une petite étape à la fois. Les jeunes enfants sont généralement ceux qui en bénéficient le plus, bon nombre d'entre eux montrant des améliorations significatives en matière de préparation à l'apprentissage et d'aptitudes à la communication 5,6. Cependant, les enfants plus âgés peuvent aussi s'améliorer sur les plans scolaire et social, et les adultes peuvent acquérir des aptitudes à la vie quotidienne et des compétences professionnelles.

Aux États-Unis, la plupart des assurances couvrent les thérapies fondées sur l'ABA, et les universités ont créé des programmes pour former des analystes du comportement professionnel. Ces professionnels sont équipés pour répondre aux besoins uniques de chaque personne et offrir un traitement personnalisé fondé sur des principes scientifiques.

Au Royaume-Uni, la situation est très différente. Je travaille à la Queens University Belfast, l'une des cinq universités du Royaume-Uni qui offrent des cours professionnels reconnus en analyse du comportement. Nos programmes de maîtrise et de doctorat en ligne attirent près de 100 étudiants par année de partout dans le monde, et certains de nos diplômés britanniques se spécialisent en thérapie de l'autisme malgré le manque de soutien du NSH. Pourtant, c'est loin d'être suffisant.

Traditionnellement, les services d'autisme financés par le NHS sont offerts par des pédiatres, des spécialistes en santé mentale, des ergothérapeutes ou des orthophonistes. Mais ces professionnels reçoivent peu de formation sur l'autisme - souvent pas plus d'une ou deux conférences pendant leurs cours de qualification 7. Certains suivent des cours de formation d'un ou deux jours sur l'autisme qui peuvent leur fournir une introduction à l'ABA, mais ces cours ne couvrent pas adéquatement la science de l'analyse comportementale. Il est essentiel de comprendre ce domaine pour que les thérapies soient efficaces.

Défaillance du système

Mes collègues et moi avons essayé de convaincre le NHS de la valeur des thérapies de l'autisme basées sur l'ABA, mais les responsables du NHS continuent de suivre les conseils des groupes d'experts qui n'ont pas d'analystes du comportement certifiés.

Les rapports de ces groupes sont truffés d'erreurs sur l'ABA. Par exemple, ils parlent de l'ABA comme d'une intervention unique commercialisée , alors qu'en fait, c'est la science qui sous-tend presque toutes les thérapies fondées sur des preuves pour l'autisme. Ils affirment aussi, à tort, qu'il n'y a pas suffisamment de preuves de l'efficacité de l'ABA alors qu'il y a, en fait, plus de 50 ans de preuves solides.

Par conséquent, le NHS ne finance les thérapies fondées sur l'ABA que lorsque les familles se battent pour elles. La plupart des familles restent mal informées sur l'impact et l'importance de la science de l'analyse du comportement pour le progrès de leurs enfants. Parmi les familles qui veulent des thérapies, beaucoup n'en ont pas les moyens.

Il est dommage que le NHS n'ait pas réagi à l'augmentation des diagnostics d'autisme en Irlande du Nord en améliorant l'accès à ces thérapies fondées sur des preuves. La seule façon d'améliorer les choses est de s'assurer que les organismes gouvernementaux sont à l'écoute des personnes qualifiées.

 Karola Dillenburger - Professeure, directrice du Centre for Behaviour Analysis at Queen’s University Belfast en Irlande du Nord.

References:

  1. Dillenburger K. et al. Dev. Neurorehabil. 18, 37-46 (2015) PubMed
  2. Waugh I. (2018) The prevalence of autism (including Asperger syndrome) in school age children in Northern Ireland 2018. Retrieved from https://www.health-ni.gov.uk/sites/default/files/publications/health/asd-children-ni-2018.pdf
  3. Dillenburger K. Res. Autism Spectr. Disord. 5, 1119– 1128 (2011) Full text
  4. Dillenburger K. et al. Int. J. Environ. Res. Public Health 13, E716 (2016) PubMed
  5. Reichow B. et al. Cochrane Database Syst. Rev. 10, CD009260 (2012) PubMed
  6. Virués-Ortega J. Clin. Psychol. Rev. 30, 387-399 (2010) PubMed
  7. Dillenburger K. et al. Aust. Educ. Dev. Psychol. 31, 97-112 (2014) Abstract

De la même auteure :

Autisme et ABA - Interview de la Pr Karola Dillenburger

  • 30 oct. 2017

Après le 2ème salon international de l'autisme (association RIAU), la Pr Karola Dillenburger, de Belfast, répond à quelques questions sur l'ABA. Elle explique les défauts des recommandations britanniques (NICE), rappelle la généralisation de l'ABA en Amérique du Nord sur des bases de consensus scientifique.

Autisme et ABA : le gouffre entre l’Amérique du Nord et l’Europe

  • 2 avr. 2017

Les interventions basées sur l’Analyse Comportementale Appliquée (ABA Applied Behaviour Analysis) sont significativement liées aux meilleurs résultats et sont largement considérées comme le ‘traitement habituel’ en Amérique du Nord. En Europe, ce n’est pas le cas, une approche ‘éclectique’ à la définition plutôt vague y est largement promue.

3 mai 2019

Autisme : l'accueil des centres spécialisés pointé du doigt

article publié sur Handicap.fr

"Votre fils n'est pas autiste, il est psychotique ". D'après l'enquête d'un collectif impliqué dans le champ de l'autisme, certains établissements ne respecteraient pas les recommandations de la Haute autorité de santé. Les familles témoignent.

2 mai 2019 • Par

 

Illustration article

« L'autisme est une étiquette, une mode », « L'autisme n'existe pas », « C'est seulement un problème d'éducation / un trouble de l'attachement »… Des phrases qui font l'effet d'un coup de poignard pour les parents d'enfants porteurs de ce trouble. Les auteurs : des professionnels d'établissements spécialisés. Ces témoignages ont été recueillis dans le cadre d'une enquête initiée par un collectif d'usagers impliqués dans le champ de l'autisme, en collaboration avec l'Association francophone de femmes autistes (AFFA). L'objectif : déterminer si les centres sanitaires et médico-sociaux qui accueillent des enfants avec autisme respectent les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Entre le 2 février et le 2 mars 2019, 509 personnes ont répondu à un questionnaire en ligne concernant les suivis en CMP (centre médico-psychologique), CMPP (centre médico-psycho-pédagogique), CAMSP (centre d'action médico-sociale précoce) ou en hôpitaux de jour. Le résultat est accablant…

Cri d'alarme des usagers

Seules 24 % des personnes interrogées se disent satisfaites du suivi de leur enfant. 62 % déclarent être insatisfaites et 14 % le sont moyennement. D'autre part, « seules 18,1 % mentionnent des approches constituant le socle de base des interventions recommandées par la HAS (Haute autorité de santé) », analyse l'AFFA. Première cause de désaccord : la culpabilisation des mères et la dévalorisation du rôle parental, avec des phrases du type « Votre fils n'a rien, c'est vous qui devriez être suivie », « Il a des défenses autistiques car vous ne vous faites pas confiance »… De nombreuses familles dénoncent un abus de pouvoir des établissements. « A l'annonce de mon souhait d'arrêter le suivi, j'ai reçu des menaces de signalement et un refus de faire les certificats médicaux nécessaires à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) », explique l'une d'elles. Elles évoquent également des croyances obsolètes. De nombreux professionnels associeraient l'autisme aux écrans, à une psychose ou encore à de la déficience intellectuelle. « On m'a dit : 'Il parle donc il n'est pas autiste' », témoigne une mère. Dans ce contexte, les diagnostics se font rares. Plusieurs commentaires font état d'entrave à la démarche diagnostique « par dogmatisme », analyse l'AFFA. « Pourquoi voulez-vous que votre enfant soit malade ? », « Ne l'enfermez pas dans une étiquette ». Les familles déplorent également un refus de collaboration, « allant à l'encontre des recommandations de la HAS pour qui 'la réponse aux besoins (…) requiert une concertation des partenaires' », souligne l'association.

Préconisations de l'AFFA

Face à ce constat, l'AFFA émet plusieurs préconisations, à commencer par informer les personnes avec autisme et leurs familles de leurs droits, par le biais de « plaquettes mises à leur disposition et/ou de conférences », par exemple. Selon elle, il faut impliquer les usagers dans les contrôles qualités, prônés par la HAS, notamment avec « des questionnaires de satisfaction ». La formation « approfondie des professionnels aux pratiques constituant le fondement des recommandations de la HAS » parait également essentielle. Enfin, l'AFFA recommande de « conditionner l'obtention de financement », certains centres bénéficiant de fonds de l'Agence régionale de santé (ARS) pour le suivi des personnes avec autisme. Elle liste plusieurs modalités : une vérification des mises à jour des pratiques vis-à-vis des recommandations de la HAS, une évaluation systématique et régulière des besoins et des ressources et une mise en place de procédures d'évaluation diagnostique précoce d'autisme. « Nous sommes épuisés, endettés mais notre enfant a progressé depuis qu'il a quitté le CMP », concluent des parents.

1 mai 2019

Autisme : un dispositif d’accompagnement à l'emploi dans la Nièvre

article publié sur France 3 région

Hugo est titulaire d’un CAP cuisine. Il cherchait donc une expérience concrète. / © France 3 BourgogneHugo est titulaire d’un CAP cuisine. Il cherchait donc une expérience concrète. / © France 3 Bourgogne

L’insertion dans l’emploi est souvent difficile pour les personnes autistes. Dans la Nièvre, l’organisme Cap emploi a créé un dispositif pour les accompagner. Hugo, 21 ans, est atteint d’une forme d’autisme. Et a décroché un stage de deux mois en cuisine.

Par Valentin ChatelierPublié le 29/04/2019 à 12:30

A 21 ans, Hugo est atteint d’une forme d’autisme. Un trouble qui complique fortement l’insertion dans le monde professionnel des personnes qui en souffrent. Grâce au dispositif "Autisme avenir", mis en place par Cap emploi, dans la Nièvre, le jeune homme a pu obtenir un stage de deux mois. Il l’effectue dans la restauration, dans les cuisines d’un établissement de Nevers.

a me plait beaucoup. J'aime bien cuisiner, faire les services, nettoyer la cuisine, faire des desserts, des entrées, des plats", explique Hugo.
 

Continuer à se former


Hugo est titulaire d’un CAP cuisine. Il cherchait donc une expérience concrète. L’objectif : continuer à se former dans un environnement professionnel. Il a rapidement trouvé sa place auprès des autres salariés : "La première semaine, au bout de trois ou quatre jours je connaissais déjà pas mal de choses. Je savais à qui demander", ajoute Hugo.

Pour Cap emploi 58, ce dispositif est utile pour les personnes souffrant d’autisme. Il leur permet de faire un premier pas dans le monde professionnel. "L'idée, c'est que notre présence permet dans un premier temps de compenser ses difficultés. Il développe encore ses compétences professionnelles. Il est tout à fait en capacité de tenir un poste en milieu ordinaire. Après, à nous de présenter aux employeurs les aides qui existent, pour permettre une insertion", détaille Martine Chantome, conseillère emploi handicap à Cap emploi. 

Si le stage se passe bien pour Hugo, il tentera de convaincre de nouveaux employeurs. Car l’objectif, à terme, est de décrocher un contrat et pouvoir vivre de son métier.


Le reportage de Rémy CHIDAINE, Antoine ROYNIER et Guy MARLIER avec
Hugo, 21 ans
Christophe Dambrine, directeur du restaurant Agora
Martine Chantome, conseillère emploi handicap Cap emploi 58

 

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