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"Au bonheur d'Elise"
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formation
13 octobre 2015

Diplôme Universitaire TDA/H : Diagnostic et Prise en charge - Université Paris-Descartes

Formation au TDA/H
Diplôme Universitaire : Diagnostic et Prise en Charge du TDA/H

L’Université Paris-Descartes, Faculté de médecine, entreprend de délivrer un Diplome Universitaire (Formation Continue) consacré au « Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité (TDA/H) : Diagnostic et Prise en charge ».

Il s’adresse aux professionnels du monde de la santé, de l’enseignement et de l’éducation, susceptibles d’avoir à prendre en charge ou aider un enfant ou un adulte souffrant du syndrome.

La liste d’inscription pour y participer est ouverte depuis peu.

L’enseignement démarre mi janvier 2016. Le programme se déroule sur deux ans et comprend quatre semaines de cours et de TD : en janvier et octobre 2016 et 2017.

D’autres DU sont plus largement consacrés aux troubles des apprentissages chez l’enfant.
Ce DU est le premier en France entièrement dédié au TDA/H, chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte.
Ce DU est le seul à envisager la persistance et les conséquences du syndrome chez l’adulte.

La Haute Autorité de Santé a publié en décembre 2014 ses recommandations de bonne pratique sur le syndrome. Elle constate que le TDA/H atteint 5 % des enfants de 6 à 12 ans et que la moitié de ceux-ci continueront à présenter des symptômes significatifs à l’âge adulte, souvent non diagnostiqués.
La Haute Autorité de Santé constate également que « les professionnels de santé sont peu ou pas formés à ce trouble » et que « cette méconnaissance peut entraîner un retard diagnostique et/ou une absence de prise en charge, conduisant au fil du temps à une aggravation des conséquences psychologiques, scolaires et sociales chez l’enfant ».

Les objectifs de ce DU sont de former les professionnels de la santé, de l’éducation et de la rééducation à ce trouble : à repérer les plaintes et les comportements évocateurs du trouble, à mener un examen clinique et rassembler les différents éléments visant à établir un diagnostic de TDA/H, à en évaluer la sévérité et le retentissement, à connaître les différents traitements et modalités de prise en charge, et les différentes filières de soins.
Ce DU permettra à ces professionnels de s’identifier clairement auprès des parents et des patients adultes eux-mêmes, qui souvent ne savent vers qui s’orienter lorsqu’un TDA/H est évoqué.

Le public concerné par ce DU est large :
Psychiatres, pédopsychiatres, pédiatres, neurologues, neuropédiatres, médecins généralistes, médecins scolaires, médecins de PMI, médecins du travail, psychologues, psychologues scolaires, psychologues du travail, infirmières, infirmières scolaires, infirmières du travail, orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, éducateurs spécialisés, rééducateurs fonctionnels, enseignants des MDPH, enseignants du primaire, des collèges et lycées. Cette liste n’est pas limitative, bien sûr.

 
Programme du DU Diagnostic et Prise en Charge du TDA/H

Le DU est articulé en 6 modules :
1. Clinique ; 2. Diagnostic et évaluation ; 3. Étiopathogénie ; 4. Retentissement ; 5. Troubles comorbides ; 6. Prise en charge.

Les enseignants viennent du monde universitaire, mais aussi de structures de soin au plus près du terrain et de l’exercice libéral. Ceci afin de délivrer des connaissances théoriques mais de faire bénéficier également les auditeurs des expériences concrètes du « terrain ».

Pr Christine Philip (1),  Pr Diane Purper-Ouakil (2), Pr Lucia Romo (3), Pr Franck Baylé (4), Pr Patrick Berquin (5), Pr Manuel Bouvard (6), Pr Pierre Castelnau (7), Pr Roland Dardennes (4), Pr Pierre Fourneret (8), Pr Laurent Galineau (7), Pr Philip Gorwood (4), Pr Cédric Lemogne (4), Pr Jérome Sackur (9), Pr Mario Speranza (10), Dr Isabelle Amado (11), Mme Frédérique Amsellem (12), Dr Muriel Asch (12), Dr Stéphanie Bioulac (13), Mme Corinne Boutard (14), Mme Antonia Boyadgian (14), Dr Renée Cheminal (15), Mme Claudie Duhamel (14), Dr Véronique Gaillac (11), Dr Marie-Claude Saiag (12), Dr Valérie Vantalon (12), Mme Karine Tricaud (14), Mme Céline Vermande (14), Mme Mia Vieyra (14), Dr Eric Acquaviva (12), Dr François Bange (11, 12), Dr Jacques Bouchez (16), Dr Hervé Caci (17), Dr Benoit Dutray (18), Dr Cedric Galera (13), M. Jérôme Marquet-Doléac (19), Dr François Pinabel (14), Dr Louis Vera (14).
Le Pr Marie-Christine Mouren (20) et le Pr Richard Delorme (20) participent également au Comité pédagogique.

(1) INS HEA Suresnes ; (2) Univ. Montpellier-1 ; (3) Univ. Paris-Ouest Nanterre ; (4) Univ. Paris-Descartes ; (5) Univ. Amiens-Picardie ; (6) Univ. Bordeaux-2 ; (7) Univ. François-Rabelais Tours ; (8) Univ. Claude-Bernard Lyon-1 ; (9) École Normale Supérieure, Paris ; (10) Univ. Versailles-Saint-Quentin ; (11) Hôpital Sainte-Anne, Paris ; (12) Hôpital Robert-Debré, Paris ; (13) Centre Hospitalier Charles-Perrens, Bordeaux ; (14) Exercice libéral ; (15) Hôpital Gui de Chauliac, (16) Hôpital Paul-Guiraud, Villejuif ; (17) Hôpitaux pédiatriques de Nice ; (18) Centre Hospitalier de Rouffach ; (19) Université Paul-Sabatier, Toulouse ; (20) Univ. Paris-Diderot.


L’enseignement se déroule à l’hôpital Sainte-Anne à la CMME.

Responsable du diplôme : Professeur Roland Dardennes

Coordinateur pédagogique : Docteur François Bange

Secrétariat pédagogique
Madame Laurence Bertinet
Téléphone :
+33 (0) 1 45 65 85 72
Fax : +33 (0) 1 45 65 89 43
Courriel :
dutdah.parisdescartes@gmail.com
Adresse postale : CMME 100 rue de la Santé  75674 PARIS CEDEX 14

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7 octobre 2015

Des règles plus strictes pour les institutions qui accueillent des handicapés en Wallonie

Illustration
Illustration - © Flickr - Mario Flores

Il y a plus d'un an, le quotidien français Libération mettait le feu aux poudres. "Le scandale des handicapés" titrait le journal après avoir visité une structure située à Celles en province de Hainaut. Photos à l'appui, Libération dénonçait le manque de soins, l'isolement des patients et l'insalubrité du bâtiment.

Le business des handicapés français

Des conditions de vie épouvantables. Dans le même article, le journal dénonçait aussi la marchandisation des handicapés français. Faute de place chez eux, ils sont plus de six mille aujourd'hui à fréquenter un lieu d'accueil pour handicapés en Belgique. Pour chaque patient, l'institution reçoit 185 euros par jour de l’État français. Or certaines structures proposent des conditions d'hébergement indignes pour la dignité humaine "Ce type d'abus est marginal" explique Simon Bode, le directeur des contrôles à l'AWIPH, l'Agence wallonne pour l'intégration de la personne handicapée. "Mais c'est pour cela que nous effectuons des contrôles. A la fois dans les 700 institutions subventionnées en Région Wallonne. Mais également dans les 130 établissements privés agréés, qui accueillent eux une majorité de Français".

Limiter à 40 le nombre d'handicapés par établissement

Pour éviter les abus, une réunion est prévue jeudi 7 octobre en présence des acteurs de terrain et du ministre wallon de l'Action sociale, le cdH Maxime Prévot. L'objectif, c'est d'édicter un certain nombre de règles plus strictes. Mesure principale : limiter à 40 le nombre d'handicapés par institution. "Personne n'a envie de se retrouver dans une structure où l'on se retrouve en rang d'oignons" explique l'AWIPH". "Personne n'a envie d'être noyé dans un groupe où l'on ne se soucie pas de nos préoccupations".

Plus de formations pour les acteurs de terrain

Actuellement, il faut 0,6 accompagnant par handicapé pour respecter la loi. Mais le personnel manque parfois de formation. Il faut pouvoir l'épauler tout au long de sa carrière. "Le public accueilli n'est pas toujours facile à gérer. Avec le raccourcissement des séjours en hôpital psychiatrique, le personnel a parfois affaire à des gens qui sont en crise. Et qu'il faut pouvoir maîtriser sans tomber dans une contention exagérée. Dans ce type de cas, des formations pour le personnel soignant et le personnel éducatif sont les bienvenues" ajoute l'AWIPH.

7 octobre 2015

Formation animée par Agnès WOIMANT le 21 novembre 2015 à PARIS

 

 

6 octobre 2015

Autisme : une méthode prometteuse pour agir dès le plus jeune âge

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 05.10.2015 à 16h41 

Mis à jour le 05.10.2015 à 19h25 | Par

Une psychologue en séance avec un enfant, au Centre d'intervention précoce en autisme, à Genève, en juillet 2015.

Pong, pong. Dans une petite pièce au décor dépouillé, un enfant et une jeune femme se lancent un ballon de baudruche. Au bout de quelques passes, Jules (son prénom a été changé), 2 ans et demi, part dans un coin. « Fini », bredouille-t-il. Immédiatement, Carolina, l’adulte, range le ballon et lui propose un livre. Puis un puzzle. Sans succès. Alors elle embraye, se dissimule sous une couverture. Jules vient la chercher. D’une voix enjouée, la jeune femme l’incite à se cacher à son tour. Pas de réaction. Alliant le geste à la parole, elle tente « la petite bête qui monte ». Cette fois, l’enfant sourit, son regard s’éclaire. Elle recommence encore et encore. Jules éclate de rire, cherche le contact physique avec Carolina. Un joli moment de complicité, mais pas seulement. « C’est une RSS, une routine ­sociale sensorielle, et c’est exactement ce que nous cherchons à obtenir, explique la jeune femme. Dès qu’un enfant émet un comportement social, on le renforce. Et dans cette démarche, trouver son sourire est un élément essentiel. »

Carolina Villiot est psychologue. Jules, atteint d’autisme. Depuis près d’un an, ce petit bonhomme vient ainsi passer cinq demi-journées par semaine au Centre d’intervention précoce en autisme (CIPA), en plein centre de Genève. Il participe à un programme de prise en charge précoce et intensive de l’autisme né il y a un peu plus de cinq ans aux Etats-Unis et en plein essor dans le monde : l’Early Start Denver Model (ESDM).

Tout est codifié

En pratique, tout est très codifié, à commencer par la formation et la certification des intervenants, dispensée par le Mind Institute de l’université de Davis (Californie), à l’origine de cette approche destinée aux enfants de 1 à 3 ans. L’ESDM est programmé sur une durée de deux ans, à raison de quinze à dix-huit heures par semaine, principalement sous forme de séances individuelles. « Tous les trois mois, en présence des parents, nous réalisons une évaluation très complète des forces et des faiblesses du patient, précise Hilary Wood, psychologue responsable du programme à Genève. Puis nous définissons ensemble une vingtaine d’objectifs, portant par exemple sur les interactions sociales, les comportements d’imitation, la motricité globale, l’autonomie… Pour chacun, nous détaillons des étapes intermédiaires, avec des paliers de quinze jours. C’est une approche chaleureuse, qui donne des résultats naturels, moins “robotiques” que les autres méthodes. Mais tout ce que l’on fait est quantifié, avec des données rigoureuses. »

« Pendant les séances, on joue et dès que c’est possible, on inclut un objectif. Au fur et à mesure, on coche les items réussis et on note les observations sur nos fiches. Les interventions peuvent être filmées », ajoute Carolina Villiot.

Dans la floraison de méthodes comportementales, développementales et éducatives proposées dans les troubles du spectre autistique – qui touchent désormais plus d’un enfant sur cent –, rarement une approche a suscité une telle vague d’enthousiasme chez les spécialistes hospitalo-universitaires. C’est en janvier 2010 que Sally Rogers et Geraldine Dawson, les deux psychologues américaines qui ont conçu cette thérapie, publient leur première étude, randomisée, dans la revue Pediatrics. Parmi 48 jeunes patients, âgés de 18 mois à 30 mois, la moitié sont pris en charge par ESDM, les autres ont un suivi classique dans des centres médico-sociaux. Au bout de deux ans, le niveau de langage, les comportements sociaux et le QI sont significativement améliorés dans le groupe ESDM, comparativement au groupe contrôle. Et les scores d’autisme ont diminué, de façon plus ou moins marquée selon les enfants.

article le monde

A la Fondation Pôle autisme, à Genève, en juillet 2015 A la Fondation Pôle autisme, à Genève, en juillet 2015 Christian Lutz/Vu pour "Le Monde"


L’ESDM est en fait issu du modèle de Denver, mis au point dans les années 1980, notamment par Sally Rogers, pour des autistes de 2 à 5 ans. Son principe fondateur était d’élaborer des relations proches avec ces enfants, pour développer les habiletés sociales et communicatives leur faisant défaut. La version « early start » emprunte aussi à des méthodes d’apprentissage comme l’ABA (analyse appliquée du comportement). En juin, la même équipe a publié un nouvel article scientifique, montrant que les bons résultats de l’ESDM se maintiennent deux ans après la fin de la prise en charge. Deux des enfants n’ont d’ailleurs plus les critères de l’autisme, ce qui n’a pas été retrouvé dans le groupe contrôle, soulignent les auteurs.

Beaucoup se disent impressionnés
Aucun spécialiste ne se risque à employer le terme de guérison, gardant la prudence de mise face à une méthode récente et qui n’a été évaluée que sur un nombre encore modeste de patients. Mais beaucoup se disent impressionnés par les publications de Rogers et Dawson, et leurs présentations dans les congrès internationaux.

« On sait depuis les années 1990 qu’une intervention précoce est favorable dans les troubles autistiques, mais il n’y avait pas de méthode aussi structurée que l’ESDM. Les résultats sont inédits en termes de communication et surtout de socialisation, et ces petits patients peuvent gagner jusqu’à 20 points de QI », souligne ainsi le professeur Stephan Eliez (directeur de l’Office médico-pédagogique à Genève), l’un des pionniers de l’ESDM dans les pays francophones. En 2009, ­séduit par une communication de Sally Rogers, le pédopsychiatre suisse a ­envoyé une de ses psychologues se former aux Etats-Unis. Puis il a convaincu les autorités suisses de miser sur cette ­approche, et d’autoriser une étude pilote. Stephan Eliez a également créé une ­fondation, Pôle Autisme, pour soutenir financièrement le projet. Fin 2010, un premier centre a ouvert ses portes à ­Genève, pour accueillir six patients ; puis un deuxième en 2014, avec la même capacité. La Suisse dispose aujourd’hui de six centres nationaux agréés avec des intervenants formés à l’ESDM. Le nombre de places va encore augmenter, prévoit Stephan Eliez, qui n’en revient pas de ses résultats préliminaires. « Parmi nos cinq premiers enfants pris en charge, quatre ont rejoint un cursus scolaire ordinaire, alors qu’ils étaient au départ non verbaux et avec un score d’autisme élevé. Habituellement, avec un tel profil, seulement un sur quatre intègre une école maternelle », se réjouit le spécialiste. Une étude de plus grande ampleur (180 patients) est en cours, en collaboration avec d’autres centres européens, et notamment français.

« Ce qui est essentiel et unique dans ­notre organisation, c’est le dialogue ­constant entre le dispositif de soins et la dynamique de recherche », souligne ­Stephan Eliez. De fait, les deux centres d’ESDM genevois sont adossés à un programme de recherche et à une consultation spécialisée, qui permet de recruter les jeunes patients. « La question du repérage précoce se pose différemment en population générale et dans les familles à risque, note-t-il. En population générale, les premiers signes évocateurs d’autisme – difficultés de communication et des interactions sociales – apparaissent au plus tôt à 12 mois, et la plupart du temps vers 18 mois. D’où l’importance de sensibiliser les pédiatres et les crèches, pour qu’en cas de doute ils nous adressent rapidement ces enfants, en sachant que l’on peut leur proposer une intervention. » L’idéal, selon lui, est de la démarrer avant 2 ans, quand la plasticité cérébrale est maximale. « Dans les familles où il y a déjà des cas d’autisme, le repérage peut être effectué encore plus tôt, entre 6 mois et 12 mois, et l’ESDM ­débutée dès 1 an », poursuit M. Eliez.

« Eye-tracking »
Pour poser le diagnostic, et suivre concrètement les progrès des patients pendant leur thérapie, l’équipe genevoise a recours à des examens comme l’« eye-tracking », qui mesure la motivation sociale. « Pendant que des scènes sont projetées sur un écran d’ordinateur, un récepteur infrarouge capte sur le reflet de la cornée la zone précise que regarde l’enfant. On peut ainsi observer et quantifier ses préférences pour des personnages ou des objets », explique le docteur Marie Schaer (universités de Genève et de Stanford).

Au-delà du suivi individuel, elle constitue une cohorte à laquelle participent déjà une cinquantaine de jeunes autistes, quelques frères et sœurs de ces derniers, et 30 enfants atteints d’autres troubles du développement. Pendant douze ans, ils seront suivis régulièrement, avec des tests cliniques et tout une batterie d’examens : eye-tracking, électroencéphalogramme à haute résolution, tests épigénétiques…

« L’hypothèse que nous explorons est celle d’un déficit de la motivation sociale, qui entraîne une privation d’expériences sociales, d’où un défaut d’apprentissage dans ce domaine et finalement une atteinte des régions cérébrales impliquées dans le traitement des informations sociales, détaille Marie Schaer. Grâce à cette cohorte, nous espérons élucider les origines de ce manque de motivation sociale ; comprendre à quel niveau de la cascade agit l’ESDM ; et identifier les petits patients qui ont le plus de chances d’en bénéficier. »

« Un fort investissement humain »
« Formellement, le diagnostic d’autisme ne peut être porté avant 36 mois, car cela nécessite une stabilité des symptômes, tempère le professeur Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), à Paris. Or, l’évolution est très variable. Certains ­enfants ont des troubles évocateurs vers 18 mois qui peuvent s’amender quelques mois plus tard. Même parmi les cas les plus sévères, 10 % évoluent spontanément vers la normalité. » En outre, poursuit-il, « les stratégies d’intervention précoce intensives comme l’ESDM nécessitent un fort ­investissement humain. Quant aux méthodes plus souples, leurs bénéfices sont difficiles à mettre en évidence. Ainsi, une étude internationale – publiée en 2015 dans The Lancet – n’a pas pu démontrer qu’une prise en charge avant 1 an des bébés à haut risque, par simple guidance parentale, prévient l’autisme ».

En ce qui concerne l’ESDM, Stephan Eliez et ses collaborateurs insistent en tout cas sur le rôle crucial des parents. « Le partenariat avec eux est l’une des valeurs primordiales. Il faut leur donner des outils, car nous, professionnels, ne sommes que de passage », soutient Carolina Villiot.

« J’ai des rapports constants avec l’équipe, de visu et au téléphone. On se sent soutenus moralement, et plus aptes à aider notre enfant », confirme de son côté Lucia, maman d’un garçon autiste de 5 ans suivi à Genève. Une perception d’autant plus rassurante que la famille a traversé une rude épreuve. « A 2 ans, mon fils ne prononçait pas trois mots. Je ne pouvais pas entrer en contact avec lui. Il avait une alimentation restreinte, et le bruit le dérangeait, se souvient Lucia. La première équipe que j’ai vue ne nous a proposé qu’une heure de musicothérapie hebdomadaire. Ici, il a été pris en charge dix-huit heures par semaine. L’autisme est un marathon, mais grâce à cela nous avons passé une étape. Aujourd’hui, mon fils va à l’école avec un accompagnant, il parle, mange presque seul et de tout. On peut même ­recommencer à sortir, à voir des amis. »

Face au coût élevé de l’ESDM (environ 65 000 euros par an et par patient en Suisse), qui limite sa diffusion, l’équipe de Stephan Eliez envisage des modèles alternatifs, avec une participation encore plus active des familles, préalablement formées. C’est aussi le cas à Lyon. « Nous prenons en charge douze patients en ESDM, douze heures par semaine, grâce à un financement de l’Agence régionale de santé, mais il faudrait trois fois plus de places, explique Marie-Maude Geoffray (hôpital du Vinatier, à Bron, près de Lyon), première professionnelle en France à être allée se former aux Etats-Unis pour dispenser l’enseignement aux familles. Du coup, nous développons – avec les moyens existants – et évaluons des formations auprès des parents (douze sessions d’une heure et demie), pour qu’ils puissent intervenir le plus tôt possible auprès de leur très jeune enfant. » Et la pédopsychiatre d’insister : « Les parents peuvent améliorer le développement de leur enfant, en utilisant les principes de l’ESDM dans les activités du quotidien, ou sous forme de séances. La formation doit être pratique, en présence du petit patient, et individualisée. »

Première à avoir expérimenté le modèle ESDM en France, à partir de 2010, le professeur Bernadette Rogé (Toulouse) s’engage dans la formation des professionnels, pour mieux diffuser cette approche dans notre pays. « Je suis assaillie de demandes », souligne la psychologue, qui a par ailleurs assuré la traduction française des deux manuels de Rogers et Dawson, l’un destiné aux professionnels (L’Intervention précoce en autisme, Dunod, 2013), l’autre aux familles (à paraître en 2016). Mais, en dépit de l’expertise de l’équipe toulousaine, les moyens manquent encore pour les prises en charge des petits patients. Pourtant, plaide Bernadette Rogé, « aujourd’hui, la question principale n’est plus celle de l’efficacité de l’ESDM, spectaculaire dans certains cas, mais celle des modalités d’application ».

6 octobre 2015

Autisme : Dans deux ans, le paysage aura complètement changé déclare Ségolène Neuville

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 05.10.2015 à 19h19

Mis à jour le 05.10.2015 à 19h20 | Propos recueillis par

Ségolène Neuville, médecin, est secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. Elle détaille les axes du troisième plan Autisme.

Les stratégies d’intervention précoce, dont le modèle de Denver pour les très jeunes enfants (ESDM), ont démontré leurs bénéfices. Où en est leur développement en France ?

Les interventions précoces et leur préalable, le diagnostic précoce, sont inscrits dans les recommandations de la Haute Autorité de santé de 2005 et de 2012, et font partie des axes forts du troisième plan Autisme 2013-2017. Les professionnels d’excellence, soit une dizaine d’équipes en France, doivent maintenant diffuser ces nouvelles approches, former leurs pairs… Fin octobre, je vais les réunir, ainsi que des spécialistes européens, car je souhaite que nous devenions leader dans ce domaine de l’intervention précoce. Pour cela, il faut aussi encourager la recherche, montrer que la France a pris le ­virage, que nos chercheurs et professionnels peuvent innover en matière d’interventions. Ceux qui publient ­seront ainsi reconnus internationalement et dans notre pays. Des études épidémiologiques sont aussi nécessaires. En France, les données manquent dans le domaine de l’autisme, comme du handicap en général. Or, c’est un prérequis pour la mise en place des politiques publiques. Une cohorte de 1 600 enfants et adolescents avec des troubles autistiques, en cours de recrutement en Languedoc-Roussillon, permettra d’en savoir plus sur leur trajectoire.
Je comprends l’impatience des parents pour accéder aux interventions précoces, dont les résultats suscitent d’énormes espoirs pour leurs enfants. La révolution est en marche dans l’autisme, mais prend du temps. D’ici deux ans, le paysage aura déjà complètement changé.


Concrètement, comment se réorganise le système pour favoriser les prises en charge précoces ?

Le diagnostic précoce nécessite d’abord une formation des professionnels de santé, et pas seulement des hyperspécialistes, car cela créerait un effet entonnoir. Il faut que les professionnels de la petite enfance et du social bénéficient d’un minimum d’enseignements, pour repérer les premiers signes de l’autisme chez de jeunes enfants. Des formations initiales et continues dans ces métiers sont prévues dans le plan Autisme, et nous nous assurons que le programme est respecté dans les écoles, les universités…
Quant aux centres ressources autisme (CRA), qui sont en quelque sorte des centres experts, notamment pour le diagnostic, ils semblent hétérogènes dans leur fonctionnement. Ils font l’objet d’une évaluation par l’Inspection générale des affaires sociales, et un nouveau décret va préciser leur organisation et leurs missions.
Les équipes de soins en pédopsychiatrie ont aussi un rôle à jouer. Mais elles doivent s’adapter aux nouvelles recommandations. Des inspections sont d’ailleurs prévues par les agences régionales de santé. Le plan Autisme prévoit d’ouvrir de nouveaux services d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) pour les jeunes enfants, sur tout le territoire. Jusqu’ici, ces dispositifs étaient réservés aux plus de 6 ans.
Pour le volet scolaire, l’objectif est d’une unité d’enseignement de sept places en école maternelle dans chaque département, pour des formes d’autisme sévère. Soixante ont déjà ouvert. Ce dispositif complète l’ensemble des modalités de scolarisation existantes pour des enfants autistes.
Enfin, nous souhaitons développer des plates-formes où des professionnels libéraux (psychologues, psychomotriciens…) viendront faire des vacations, sans coût pour les familles. Actuellement, faute d’autre solution, beaucoup d’enfants sont accompagnés par des professionnels libéraux. Mais les prestations sont à la charge des familles, ce qui est une énorme injustice.


Les interventions précoces sont coûteuses en personnel. La France peut-elle faire face aux besoins ?

Le facteur financier ne devrait pas être bloquant. Sur les 205 millions d’euros alloués au troisième plan Autisme, 71,4 millions ont été prévus pour des ¬interventions précoces, et 25 millions engagés. En ce qui concerne les Sessad, seulement 3 des 25 millions fléchés pour leur développement ont été dépensés. Il reste donc des budgets pour financer des projets. Le problème récurrent auquel on se heurte pour ouvrir de nouveaux services est plutôt celui de la formation des professionnels.
Tous les enfants autistes n’ont pas besoin d’un accompagnement de vingt heures par semaine, notamment après un premier programme d’intervention précoce intensif. Les besoins sont très variables, quelques heures hebdomadaires peuvent suffire. Dans tous les cas, la guidance parentale fait partie intégrante des interventions précoces. Les professionnels sont là pour montrer la voie, mais les parents ont un rôle essentiel.

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2 octobre 2015

Mieux connaître le le Professeur Jean-Louis Adrien

 

Jean-Louis Adrien / Membres titulaires / Membres / LPPS / Recherche - LPPS

Jean-Louis Adrien Identification des dysfonctionnements et du développement précoces dans l'autisme (films familiaux) Evaluation des troubles autistiques et de la dysrégulation des activités Evaluation du développement cognitif et socio-émotionnel des enfants et adultes avec autisme Etudes de l'efficacité des interventions psychologiques et identification des trajectoires développementales des enfants avec autisme

http://recherche.parisdescartes.fr

 

2 octobre 2015

Formation accompagnant personnes avec autisme -> Licence professionnelle Paris Descartes dir. Pr Jean-Louis Adrien

 

LICENCE PROFESSIONNELLE Intervention sociale: Accompagnant de personnes avec autisme et troubles apparentés
Responsable(s) du diplôme
Monsieur Jean-Louis Adrien

jean-louis.adrien@parisdescartes.fr

+(0) 1 55 20 59 71

Institut de Psychologie de l'Université Paris Descartes

Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé (LPPS, EA 4057)

71, avenue Edouard Vaillant

92100 Boulogne-Billancourt
Responsable SCFC
Gwénola Cadeville

lp.autisme@scfc.parisdescartes.fr

+33 (0) 1 42 86 33 14

Secrétariat pédagogique
Madame Nadia Charles

nadia.charles@parisdescartes.fr

+(0) 1 55 20 59 01

Assistant(e) de formation SCFC
Elodie Golfier

lp.autisme@scfc.parisdescartes.fr

01 42 86 22 97

+33 (0) 1 42 86 21 59

Service commun de formation continue

45, rue des Saints-Pères

8e étage

75006 Paris

Renseignements concernant la formation continue (devis, demande de prise en charge, etc.)
2 octobre 2015

formation SNUP PARIS => PACKING toujours d'actualité à 2440 euros !!!

 

 

28 septembre 2015

Connaissez-vous EDI FORMATION ?

 

Notre organisme - EDI FORMATION

Danièle ARTUSO, Fondatrice et Directrice d'EDI Formation depuis 1988, est auteure d'un ouvrage " L'aide au très jeune enfant atteint d'autisme " (2001) elle a participé en 1990 à la création d'un IME (06) Spécialisé en autisme, puis d'un SESSAD spécialisé en autisme en 2002, et a représenté les familles d'enfants handicapés pendant près de dix ans à la CDES des Alpes Maritimes, elle a également participé à la création d'un FAM spécialisé en autisme (06) en 2010.

http://ediformation.fr

 

28 septembre 2015

Hommage à Aymeric Woimant et à Agnès, sa mère ... par Christine Philip

 

 

22 septembre 2015

Conférence-débat le 10 novembre 2015 à LANGON traitant de l'ABA avec Mme Karina Alt

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21 septembre 2015

LearnEnjoy : une entreprise pour aider les enfants autistes

article publié dans LA TRIBUNE

Confrontée à l’autisme de son fils, Gaele Regnault a fondé LearnEnjoy. Une entreprise sociale qui propose des outils pédagogiques et interactifs pour aider les enfants autistes dans leurs apprentissages.

17/09/2015 12:45

LearnEnjoy : une entreprise pour aider les enfants autistes

« L’objectif est de concevoir, de fabriquer en France puis de distribuer des manuels interactifs appropriés aux besoins des enfants autistes » Gaele Regnault

Décideurs en région : Parlez-nous de LearnEnjoy. Comment est né ce projet ?

Gaele Regnault : J’étais cadre supérieur dans un grand groupe, je m’occupais de marketing et de direction de projets. En 2007, un de mes enfants a été diagnostiqué avec une forme très sévère d’autisme. Face à ce challenge personnel, j’ai dû, comme des milliers d’autres parents en France, trouver des solutions pour l’aider dans son quotidien, mais aussi dans ses apprentissages. J’ai d’abord pris le temps de mettre en place, avec mes moyens personnels, une prise en charge adaptée, respectueuse de ses besoins spécifiques, de sa personnalité et de son niveau de développement. Mais, très vite, j’ai constaté qu’il y avait une pénurie d’outils pédagogiques adaptés à l’éveil de ces enfants. La France accuse un vrai retard en la matière.

 

Qu’est-ce que cela impliquait pour vous ?

Il fallait que je m’investisse. J’ai donc pris la décision de quitter mes fonctions pour me consacrer au lancement du projet « LearnEnjoy », dont l’objectif est de concevoir, de fabriquer en France puis de distribuer des manuels interactifs appropriés aux besoins des enfants autistes. J’ai regroupé, fédéré, les talents d’une équipe pluridisciplinaire expérimentée, composée d’enseignants, de psychomotriciens, d’orthophonistes, de psychologues. Je me suis également tournée vers un partenaire technologique, la société Happy Blue Fish, start-up membre de la French Tech Rennes Saint Malo pour réaliser nos outils numériques adaptés. Et en 2012, LearnEnjoy est né.

 

Que propose LearnEnjoy aujourd’hui ?

Nos équipes consacrent l’essentiel de leur énergie à former et à outiller des aidants familiaux, des professionnels en établissements spécialisés ou à l’école. Nous proposons des supports pédagogiques complets et abordables sur tablettes tactiles. Ces applications sont disponibles sur l’AppStore ou sur GooglePlay, pour que tous y accèdent indépendamment des barrières géographiques, intellectuelles ou économiques.

Notre deuxième pôle d’activité, essentiel au développement des bons usages, c’est la formation via notre organisme dédié. Nous dispensons des modules théoriques et offrons un accompagnement pratique en présentiel ou à distance par le partage de vidéos sécurisées.

Enfin, notre troisième pôle de compétences, c’est la recherche. Depuis les débuts de LearnEnjoy nous construisons et consolidons des partenariats avec des universités, avec des laboratoires. Nous travaillons notamment en partenariat avec l’Université de Paris Descartes et l’INS HEA.

 

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Avec plus de 30 000 utilisateurs, nous avons la nécessité de développer sans cesse de nouveaux modules. Nous travaillons en ce début d’été sur la solution de pédagogie différenciée du primaire, utile aux élèves autistes, mais à bien d’autres encore. Le développement produit passera aussi par la fourniture d’une application dédiée aux adultes avec handicap mental, trop souvent privés d’accès à l’éducation, à la citoyenneté. C’est un sujet qui nous tient à cœur. Enfin, nous avons le souhait de créer des emplois utiles, en France et de nous développer à l’international. La levée de fonds réalisée en janvier dernier pour financer l’investissement et le soutien des pouvoirs publics sont autant d’atouts pour que dans cinq ans nous puissions envisager la création d’une cinquantaine d'emplois directs, tout en apportant une innovation technologique majeure, avec un impact social majeur : l’accès à l’éducation pour tous, sans exception !

www.learnenjoy.com

20 septembre 2015

AURA 77 organise une journée sur l'insertion professionnelle des adultes avec autisme - 13 octobre Saint Thibault des vignes 77

logo aura 77 réseau de santé

13-10-2015 L' insertion professionnelle des adultes avec autisme en milieu protége et ordinaire Les particularités des personnes présentant des Troubles du Spectre de l Autisme (TSA) dans différents domaines comme les relations sociales, la communication, les comportements, la sensorialité, etc. constituent le plus souvent un frein pour leur intégration dans le milieu professionnel qu' il soit protégé ou ordinaire. Pourtant, les expériences montrent que les personnes avec TSA présentent des atouts indéniables pour une entreprise. Cette conférence, organisée par le Réseau de Santé AURA 77, vise à soulever les problématiques liées à l’accès à la formation et à l' emploi des personnes avec TSA ainsi que des pistes pour adapter l' environnement professionnel. Elle abordera les enjeux et les obstacles de la professionnalisation en milieu spécialisé et en milieu ordinaire en favorisant le partage d' expériences des dispositifs, entreprises et des personnes avec autisme ayant relevé le défi de l' insertion professionnelle.

 

 

19 septembre 2015

Formation eLeSI : e-Learning pour une société inclusive

 

 

13 septembre 2015

Chiens Mira pour autistes : un record à l'horizon

Valerie Banville Valerie Banville / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – La Fondation Mira attribue désormais plus de 100 chiens par année à des enfants vivant avec un trouble du spectre de l’autisme et devrait atteindre un record de 125 guides canins en 2015.

Réorientant sa mission, l’organisme attribue de moins en moins de chiens à des personnes aveugles, puisque le besoin diminue. Par contre, les demandes de parents d’enfants autistes ne cessent d’augmenter.

Et pour cause: les chiens, souvent de gros toutous labernois, aident énormément les enfants, selon ceux qui participent au programme de la «Schola Mira», fait sur mesure pour les jeunes qui vivent avec un trouble de l’autisme.

«Le chien a aidé à surmonter bien des difficultés», estime Valérie Banville, dont le fils Jules a un chien Mira depuis six ans.

Mais surtout, «il est plus joyeux», constate sa mère, qui renouvellerait l’expérience sans aucune hésitation.

Car le chien aide sur plusieurs plans, notamment à réduire l’anxiété chez les enfants mais aussi chez les parents, qui vivent souvent avec un stress très sévère, explique le psychologue et directeur de la recherche et du développement chez Mira, Noël Champagne.

«J’ai été assommé par les résultats», explique-t-il lorsque questionné sur l’efficacité des fidèles bêtes.

«Il y a une différence significative chez ceux qui ont un animal», affirme le psychologue qui a effectué des recherches en analysant la salive des membres de la famille, afin d’en mesurer les niveaux de stress.

Le sommeil est aussi un facteur important. Les enfants sont souvent aux prises avec des terreurs nocturnes et ont de la difficulté à dormir. Le chien les calme, et les mauvais rêves diminuent.

«Les enfants dorment mieux et donc les parents dorment mieux, fait valoir le psychologue. Certaines mères sont complètement épuisées, d’autres ne sortent plus de chez elles.»

Et parfois, des enfants qui ne parlaient pas du tout se mettent à le faire au contact de l’animal, pour l’apprivoiser.

L’autisme est caractérisé par des troubles persistants au niveau de la communication et de l’interaction sociale et se manifeste parfois par des comportements restreints ou répétitifs, d’intensité variable.

«Mais le chien n’est pas une panacée, ce n’est pas un remède miracle», prévient M. Champagne, notant que certains enfants n’ont pas de réaction particulière en présence d’un chien. Les bêtes ont toutefois changé la vie de bien des familles.

«Moi je trouve ça extraordinaire, ne serait-ce que pour travailler l’anxiété, juste de pouvoir apaiser l’enfant», commente Karine Martel, une orthopédagogue dont la spécialité est de travailler avec les enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Dans sa clinique Giraf à Longueuil, qui offre divers services aux familles, l’orthopédagogue a vu passer des petits aux prises avec des difficultés et a constaté des changements après l’arrivée des bêtes dans la vie de certains d’entre eux.

Jules, âgé de 15 ans, est l’un de ses élèves et il vient aux séances avec sa chienne Chaffee. «Il n’aimait pas quand les gens étaient trop proches de lui ou le touchaient. Je ne pouvais pas mettre mon bras autour du dossier de sa chaise quand on travaillait ensemble. Depuis qu’il a le chien, il accepte plus la présence des autres proche de lui», dit-elle.

Mme Martel explique aussi que les jeunes vont dans certains cas à l’école avec leur animal. Cela leur permet de socialiser avec les autres enfants, qui, curieux, viennent voir leur petit propriétaire à la récréation et bavardent avec eux, dit-elle.

La mère de Jules, l’écrivaine Valérie Banville, le décrit comme un jeune homme très charmant et de bonne humeur. Plus jeune, il faisait des crises, avait des difficultés de langage, tolérait difficilement le bruit, et a aussi vécu une phase de frustration, surtout quand il a commencé l’école: il allait se cacher dans les toilettes à la maternelle. Maintenant, les progrès sont tangibles, dit-elle, mais il n’a par contre pas vraiment de copain.

«C’est triste de voir un enfant qui n’a pas d’ami», souligne-t-elle doucement.

La plus grosse différence depuis l’arrivée de Chaffee? «Il est devenu vraiment plus joyeux, comme s’il trouvait un ami qui l’attendait après l’école», rapporte Mme Banville.

Mais aussi, «ça le rassure, le calme et diminue le stress», explique sa mère. Avant, il ne voulait même pas s’asseoir sur la chaise du dentiste, donne-t-elle en exemple.

Et puis, comme c’est Jules qui s’occupe du chien et le nourrit, «cela lui fait une responsabilité et ça le valorise. Et ça le fait se sentir spécial», ajoute-t-elle.

Chaffee, une labrador blonde, facilite les sorties en famille, au restaurant ou ailleurs, dit Mme Banville. «C’est comme si elle est la cheerleader.»

Les parents ont la garde partagée de l’adolescent. Il va de chez un à l’autre, avec Chaffee: «Le chien offre une stabilité, dans les deux endroits», ce qui est un plus pour ces enfants qui ont besoin de routine et de constance.

Mais tout n’est pas facile pour les parents. La formation du chien prend du temps et représente un grand engagement pour les familles. La fondation Mira les entraîne mais un parent doit passer au moins une semaine, 24 heures sur 24, à la «Schola Mira». Et après, le chien ne peut être laissé seul: si l’enfant ne peut l’amener à l’école, par exemple, il se retrouvera dans le bureau de papa ou de maman le jour!

Sans Chaffee, «quelque chose aurait manqué», dit spontanément la mère de Jules. Elle admet toutefois ne pouvoir départager à quoi le progrès de son fils est dû, entre le travail des parents, des spécialistes, les efforts de Jules lui-même et la présence réconfortante du chien.

Le programme pour les enfants autistes, qui existe depuis 2003, est encore méconnu malgré les efforts. Et des commerçants refusent l’accès aux familles avec le chien — pourtant bien identifié — car ils ne comprennent pas son rôle, ayant l’habitude de faire des exceptions pour les non-voyants uniquement.

Méconnu auprès de la population, le programme ne l’est pas auprès des parents: il y a une liste d’attente d’environ 18 mois.

Selon M. Champagne, le nombre de cas d’autisme a monté en flèche ces dernières années. «Une catastrophe, dit-il. Du jamais vu.»

Et il a ainsi deux fois plus de demandes que la capacité de Mira à former et attribuer des chiens. «On devrait pouvoir diminuer les délais», ajoute M. Champagne, confiant, précisant que le nombre de chiens donnés à de jeunes autistes a déjà doublé, n’étant que de 50 il y a quelques années.

13 septembre 2015

D.U. Troubles Envahissants du Développement et Autisme

article publié sur le site de l'université de Nantes

Nature :
Diplôme d'établissement
Lieu de formation :
Nantes
Niveau à l'obtention du diplôme :
Niveau II
Faculté de Psychologie
Accessible en :
Formation continue

Ce diplôme s'inscrit dans les recommandations de la Haute Autorité de Santé (3e plan autisme, mars 2012) visant la mise en œuvre d'interventions personnalisées globales et coordonnées  intégrant des approches éducatives, comportementales et développementales dont celles fondées sur l'analyse appliquée du comportement (ABA).
Il répond ainsi à une forte demande tant des familles que des structures d'accueil, et vise un public varié.

Publics visés par cette formation :

  • Secteur médico-social : éducateurs, éducateurs de jeunes enfants, psychologues, psychomotriciens, ...
  • Secteur éducatif : enseignants, AVS, conseillers d'éducation et d'orientation, intervenants en périscolaire,...
  • Secteur de la petite enfance : directeurs de crèche, éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices, ...
  • Secteur santé : médecins, infirmiers,...
  • Collectivités territoriales : professionnels des services éducation, jeunesse, petite enfance,...
  • Intervenants en libéral : orthophonistes, psychomotriciens, psychologues, ...
  • Bénévoles exerçant au sein d'associations relevant du champ de l'autisme.
  • Parents
Objectifs
  • Connaître les grandes étapes du développement normal de l'enfant et de l'adolescent et les mécanismes impliqués dans  les troubles envahissants du développement.
  • Connaître les différents milieux professionnels (fonctionnement, objectifs poursuivis, etc...) accueillant les enfants et les adolescents avec TED
  • Connaître les différents types de prises en charges éducatives et développementales proposées aux enfants et  adolescents avec TED
  • Connaître la méthode d'analyse appliquée du comportement

 

Compétences attestées

 

Date de la formation

 

Partenariats


22 août 2015

Très intéressant -> Comment gérer les comportements autistes

9 parties =>Gérer un manque de réactivité - Gérer les problèmes de langage et de communication - Gérer les crises et les colères - Éviter les comportements autodestructeurs - Réduisez l'anxiété - Découragez les injures et autres mauvais comportements - Gérez l'autostimulation - Gérer la sensibilité nutritive - Inclure une thérapie nutritive

 

"Extrait"

Partie 3 sur 9: Gérer les crises et les colères

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    1
    Il faut comprendre la raison derrière les comportements autodestructeurs. Les raisons possibles sont :
    • La frustration liée à un manque de communication. Imaginez avoir quelque chose d'important à dire, sans avoir la capacité de l'exprimer par des mots ou des phrases cohérentes. Le résultat est une forte frustration qui peut expliquer quelques comportements.
    • La surcharge sensorielle. Les individus autistes peuvent se sentir hyperstimulés quand il se passe trop de choses dans une pièce. Les lumières intenses et les bruits forts peuvent être contrariants et douloureux. Le résultat peut être un meltdown (qui ressemble à une crise de colère, mais qui n'est pas intentionnel) ou un shutdown (l'enfant est passif ou se replie sur lui-même).
    • L'envie de ne rien faire. Lorsqu'il se retrouve poussé à faire quelque chose contre sa volonté, l'enfant peut faire une crise.
    • Le dernier recours. Si un enfant a l'impression que vous ne respecterez pas la communication verbale ou alternative, il ou elle peut piquer une crise en pensant que c'est sa seule arme pour se faire entendre.
20 août 2015

Changer le regard sur l'autisme doit passer par la formation des professionnels

article publié sur VIVRE FM

Jeudi 20 Août 2015 - 10h00

Une semaine après le placement de trois enfants autistes en Isère, les associations sont toujours sur le pied de guerre. Elles réclament le respect des recommandations de la Haute Autorité de Santé et de la loi, pour tous.

À l'image d'un des fils de Rachel, les enfants autistes peuvent rapidement s'isoler dans un environnement perturbant (illustration/Laclauz CC)
À l'image d'un des fils de Rachel, les enfants autistes peuvent rapidement s'isoler dans un environnement perturbant (illustration/Laclauz CC)

Cela fait une semaine déjà que les trois enfants de Rachel sont placés séparément en famille d'accueil et en pouponnière après décision de justice. Le problème, c'est que les enfants sont atteints de trouble du spectre de l'autisme. Alors que le placement chez les grands parents avait été envisagé, le juge pour enfant n'a pas préféré donner suite.

C'est un drame pour ces jeunes a expliqué le médecin responsable du Centre Ressource Autisme de la région qui craint une décompensation réelle chez ces enfants. L'aînée, le temps où elle a été placée en foyer  n'a pas eu le droit de sortir plus d'une heure par jour à cause des violences commises par d'autres jeunes. Elle est placée depuis vendredi dernier dans une famille d'accueil. Le second de la fratrie, dont le trouble envahissant du développement a été diagnostiqué  il y a plus de trois ans, est devenu mutique et s'isole un peu plus de jour en jour.

Une histoire trop courante selon les associations pour qu'il s'agisse d'une simple erreur. Elles dénoncent le non respect des recommandations de la Haute-Autorité de Santé et de la loi. Ghislaine Lubart, présidente de l'association Envol Isère Autisme s'explique sur notre antenne :

Car à l'origine de ces signalements hasardeux, il y a l'absence de réelle expertise dans le domaine de l'autisme. Les professionnels, qu'ils soient du côté de l'Aide Sociale à l'enfance ou du côté de la justice, ne sont pas formés pour comprendre et diagnostiquer les troubles envahissant du développement. Un défaut de formation mis en cause par Ghislaine Lubart :

À savoir, près de 1% de la population seraient atteint de ces troubles, soit 660 000 personnes aujourd'hui en France. 

Alexis Van Wittenberghe

24 juillet 2015

Découvrir eLeSI - e-learning pour une Société Inclusive

23 juillet 2015

Autisme : Formation innovante gratuite sur le web ... journée de lancement le 18 septembre à l'UNESCO

[Déficience intellectuelle – Formation – Aidants] Dès septembre, L’eLeSI propose une formation accessible gratuitement sur le web pour les familles & pros proches des personnes ayant une déficience intellectuelle. Intéressés ? Participez à la journée de lancement le 18/09 à l’UNESCO ! Toutes les infos : http://bit.ly/1SyT4lP

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