Déployer les recommandations, on l’a vu, cela demande beaucoup d’énergie, cela suppose aussi de former les professionnels, certes, mais cela nécessite surtout une organisation au cordeau, un management dynamique. La conduite du changement, c’est le cheval de bataille de Séverine Recordon-Gaboriaud. Et cette directrice de la Maison pour l’autisme dans les Deux-Sèvres d’expliquer en quoi la formation ne doit pas être sans supervision éducative annuelle, en quoi la lisibilité des enjeux et des risques est capitale pour les équipes.
« Faire bouger les lignes », c’est l’injonction que s’est donnée Yann Zenatti, directeur général de l’Adapei du Morbihan, qui a raconté non sans humour comment il a fallu avancer pas à pas pour « rompre avec les représentations psychanalytiques », convaincre l’association de l’urgence à rattraper un « très lourd retard » dans l’autisme, synonyme de maltraitance. Parce que les stratégies éducatives sont exigeantes en temps comme en méthode de travail, elles bousculent des habitudes confortables. D’où l’idée de commencer par convaincre les cadres pour lever les résistances et créer un « effet d’entraînement ».
Tina, une jeune autiste privée d'école sur décision administrative
Pour occuper sa fille Tina, déscolarisée, Lucia (à gauche), prend des cours de dessin quotidiens. - JB Dos Ramos
Alors que le président de la République François Hollande était hier en déplacement à Angoulême pour dresser un bilan sur le Plan autisme, Tina, 16 ans, était chez elle. Comme chaque jour depuis la rentrée. Cette jeune Amilloise atteinte d'autisme est pour la première fois de sa vie, écartée du circuit scolaire classique. Le verdict de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH*) est tombé en avril dernier, froid comme une lame, sur la tête de ses parents : la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a rejeté la demande de Tina pour intégrer un ULIS dans un lycée professionnel et renouveler son accompagnement par une auxiliaire de vie scolaire (AVS).
Évincée, malgré des évaluations positivesC'est l'incompréhension dans la famille : « Elle a toujours été en milieu ordinaire, d'abord à l'école de Viroy, puis au collège Schuman (à deux pas de chez elle) », témoigne Lucia, sa maman. Une évaluation de suivi de scolarisation, réalisée par l'équipe éducative de sa classe de SEGPA et le Service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD), dresse un bilan positif de la scolarité de la jeune fille.
Un stage de probation à l'établissement régional d'enseignement adapté (EREA) d'Amilly avait également été concluant, à condition que la jeune fille soit encadrée. Tous les voyants semblaient au vert pour Tina, avant d'intégrer son CAP Maintien et hygiène des locaux. Mais la commission en a décidé autrement (voir ci-dessous).
De recours en réclamations, de passages en commission en appels téléphoniques, Lucia n'a eu de cesse de plaider la cause de sa fille jusqu'à la rentrée. « On ne voulait pas qu'elle se retrouve sans rien à la maison, sans accompagnement. Et c'est ce qui se passe. Les gens qui ont pris cette décision n'ont même pas pris la peine de rencontrer Tina ! Ils ne savent pas ce que c'est qu'une jeune autiste coupée de l'école. Tina a de plus en plus de troubles du comportement, elle devient "sauvage" », se lamente Lucia.
La MDPH a préconisé un placement dans un Institut médico-professionnel (IMPro). Ce type d'établissement donne aux adolescents handicapés un complément de formation générale et une formation professionnelle adaptée.
Si la famille aurait préféré un milieu plus « ordinaire », elle s'est fait une raison. Seul souci : plus une place n'est disponible à l'IMPro de Montargis. Lucia n'envisage pas une seconde d'éloigner Tina de sa famille en l'envoyant dans n'importe quelle structure en France.
Elle a suivi plusieurs formations autour du trouble mental de sa fille et en connaît les enjeux. « Toute ma vie tourne autour de Tina », explique celle qui ne travaille pas pour s'occuper de sa fille. « Ce n'est pas un choix. C'est obligatoire. Il faut comprendre ce que c'est que de vivre avec un enfant autiste. C'est une cécité de la communication. Tina souffre en plus d'hyperacousie : elle ne supporte pas le moindre bruit ».
Un devis de 19.000 € pour un suivi psychologiqueHormis deux heures hebdomadaires avec le SESSAD, Tina est laissée à la charge de ses parents : « On lui fait prendre des cours de dessin pour compenser, mais tous les jours, c'est 900 euros par mois. On a fait faire un devis auprès d'un cabinet de psychologues à Paris : 19.000 € pour 10 mois. Qui peut se permettre ça ? Le handicap, c'est pour les riches ! », lance sa maman avec amertume.
(*) La MDPH est une structure au service des personnes handicapées du Loiret. Elle est notamment chargée de leur proposer un plan personnalisé de compensation du handicap, d'attribuer les demandes de droits et prestations.
Jean-Baptiste Dos Ramos
jean-baptiste.dosramos@centrefrance.com
Journée UNAPEI "Relever le défi des bonnes pratiques professionnelles pour accompagner au mieux les personnes autistes"
information publiée sur le site de l'unapei
Le 25 septembre, à Paris, l’Unapei organise une journée nationale qui réunira de nombreux spécialistes. Des exemples concrets permettront d’illustrer la mise en œuvre au quotidien des recommandations de l’HAS et de l’ANESM.
L’avancée des connaissances scientifiques et médicales issues de la recherche sur les troubles du spectre de l’autisme ont permis ces dernières années un meilleur accompagnement des personnes, ainsi que de leurs familles. Des interventions globales investissent ainsi les établissements et services tout en modifiant en profondeur les pratiques professionnelles.
Cette journée donnera la parole à des professionnels du terrain de différentes disciplines qui ont fait le choix d’accueillir des personnes avec autisme et de mettre en place ou d’améliorer un accompagnement spécifique au regard des recommandations de bonnes pratiques professionnelles de l’HAS et de l’ANESM dont l’application sont au cœur du troisième plan autisme.
EN PRATIQUE
- A savoir : la participation des professionnels peut être financée au titre de la formation continue.
- Lieu : Espace Saint-Martin, 119 bis, rue Saint-Martin Paris 3e
- Télécharger le programme et le bulletin d’inscription
Autisme : ce qui change avec le numérique - conférence ITASD 2014 Paris - 3 & 4 octobre 2014
article publié sur le site de la Fondation Orange
les inscriptions sont ouvertes
La 2ème conférence internationale sur les technologies innovantes au service de l’autisme se déroulera à Paris les 3 et 4 octobre 2014 à l’Institut Pasteur. Cette année, la conférence abordera la manière dont les outils numériques peuvent améliorer le quotidien des personnes avec autisme. Des experts présenteront des solutions concrètes pour relever les défis auxquels doivent faire face les autistes et leur entourage. Le but de cette conférence internationale est de rassembler des personnes avec autisme, des scientifiques, des éducateurs, des professionnels, des aidants et des familles : il s’agit de créer un espace de dialogue et d’échange des meilleures pratiques.
ITASD 2014 Paris sera l’occasion de parler des dernières découvertes en terme de recherche dans le domaine du numérique et de l’autisme. Les familles ainsi que les professionnels pourront y partager leurs besoins et leurs expériences. L’objectif est de fournir des solutions concrètes aux personnes avec autisme, aux familles et aux éducateurs dans le domaine du numérique. Des ateliers pratiques seront proposés aux participants afin de les aider à choisir les outils numériques les plus adaptés aux besoins de leurs enfants.
Cette conférence est organisée par la Fondation Orange, la Fondation Adapta, Autism Speaks et l’Institut Pasteur.
=> LE PROGRAMME
Cette conférence est offerte par les organisateurs, afin de permettre aux familles d’y participer gratuitement.
Ile de la Réunion -> "Quelque chose de plus" : pour la cause de l'autisme
article publié dans Témoignages
Projection à 17 heures à la médiathèque de Sainte-Suzanne
jeudi 3 juillet 2014, par
Le film ’Quelque chose de plus’ est projeté en présence de sa réalisatrice, Sophie Robert, cet après-midi à l’IRTS de Saint-Benoît et à la médiathèque de Sainte-Suzanne. C´est une initiative de l’association Autisme Bel Avenir présidée par Gélita Hoarau. Ce documentaire montre les avancées concrètes d’une prise en charge de l’autisme, l’ABA. A La Réunion, le taux de prévalence de l’autisme et des troubles envahissant du développement est de 7,5 pour 10.000, et de 17,3 pour 10.000 chez les moins de 19 ans.

- Gélita Hoarau, présidente de Autisme Bel Avenir
- et Sophie Robert, réalisatrice.
Selon une étude de l’Agence régionale de Santé publiée l’année dernière, le taux de prévalence de l’autisme et des troubles envahissant du développement est de 7,5 pour 10.000 à La Réunion, soit environ 700 personnes. Chez les moins de 19 ans, le taux atteint 17,3 pour 10.000.
L’ABA est une prise en charge éducative, comportementale et développementale de l’autisme. A l’initiative de l’association Autisme Bel Avenir présidée par Gélita Hoarau, Sophie Robert présente actuellement dans notre île un documentaire qui permet de découvrir cette pédagogie. Des enfants sont filmés en situation, et chacun peut constater des progrès spectaculaires. Hier, c’était la première projection à La Réunion. La salle du Moulin à Café de la Ravine des Cabris était pleine, avec plus de 100 personnes, toutes très intéressées par le film et le débat qui a suivi.
"Quelque chose de plus" bouleverse en effet les dogmes en vigueur dans la prise en charge de l’autisme. Cela ne fait que quelques années que l’ABA a vraiment droit de cité, avec les établissements mis en place grâce au 2e Plan autisme. Le SACS géré par l’association Autisme Bel Avenir en fait partie.
Traditionnellement, c’est l’approche psychanalytique et une certaine psychiatrie qui étaient hégémoniques, avec comme effet un cloisonnement à vie dans des centres.
Dans un film précédent, "le Mur", Sophie robert avait pu lever le voile sur les raisons fondamentales de cette méthode de traitement. Dans ce documentaire, des psychanalystes ont pu exposer leur théorie selon laquelle l’autisme serait une psychose, résultat d’une mauvaise relation entre la mère et l’enfant. Sur la base de cette théorie, la vie dans une institution psychiatrique est la meilleure solution.
Trois psychanalystes avaient alors tenté d’empêcher la diffusion du film. En première instance, la justice avait décidé de censurer plusieurs passages du film. Mais en appel, les juges ont décidé de lever la censure, autorisant la diffusion intégrale du film. C’est par "le Mur" que Sophie Robert s’est intéressée à l’autisme.
L’ABA est une approche totalement différente. Elle permet aux enfants d’entrer dans la communication et même d’aller à l’école. Depuis l’année dernière, l’ABA est devenue obligatoire avec la mise en œuvre du 3e Plan autisme. "Quelque chose de plus" permet de faire connaître à un plus large public cette prise en charge qui donne des résultats positifs.
M.M.
25 septembre à Paris Autisme -> Journée UNAPEI "Relever le défi des bonnes pratiques professionnelles ..."
information publiée sur le site de l'UNAPEI
Journée Unapei « Relever le défi des bonnes pratiques professionnelles pour accompagner au mieux les personnes autistes »
Le 25 septembre, à Paris, l’Unapei organise une journée nationale qui réunira de nombreux spécialistes. Des exemples concrets permettront d’illustrer la mise en œuvre au quotidien des recommandations de l’HAS et de l’ANESM.
L’avancée des connaissances scientifiques et médicales issues de la recherche sur les troubles du spectre de l’autisme ont permis ces dernières années un meilleur accompagnement des personnes, ainsi que de leurs familles. Des interventions globales investissent ainsi les établissements et services tout en modifiant en profondeur les pratiques professionnelles.
Cette journée donnera la parole à des professionnels du terrain de différentes disciplines qui ont fait le choix d’accueillir des personnes avec autisme et de mettre en place ou d’améliorer un accompagnement spécifique au regard des recommandations de bonnes pratiques professionnelles de l’HAS et de l’ANESM dont l’application sont au cœur du troisième plan autisme.
EN PRATIQUE
- A savoir : la participation des professionnels peut être financée au titre de la formation continue.
- Lieu : Espace Saint-Martin, 119 bis, rue Saint-Martin Paris 3e
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Six Fours évènement Halle du Verger - Colloque Autime PACA
Le 25. juin 2014 à 22h54
C'est salle Scarantino, à la halle du Verger de Six-Fours que vient de se dérouler le colloque Autisme PACA, avec cette année pour partenaire l'association des Anysetiers, commanderie de Toulon.
Le président d'Autisme PACA, le président des Anysetiers et tous les intervenants
Aujourd'hui, les Anysetiers actifs sont près de 4500 dans le monde, répartis dans une centaine de Commanderies à travers une dizaine de pays principalement en Europe et dans les DOM TOM. Les nouveaux membres de l’Ordre sont parrainés sans distinction de race, de sexe de religion, de catégorie sociale ou d’appartenance politique. Toutes les branches d’activités professionnelles y sont représentées.
A l'instar des Rotarys et autres Kiwanis, cet ordre est un club service qui s’inscrit dans la capacité à rassembler des femmes et des hommes de bonne volonté, possédant au plus haut point les qualités de fraternité envers leurs pairs, de solidarité et de charité envers les plus démunis..
La commanderie de Toulon La Royale participe, tous les ans, à des dons ou matériels. Ces instants, souvent émouvants, permettent de découvrir et d’aider une ou plusieurs associations.
Et justement, en ce 25 juin, salle Scarantino, halle du Verger à Six-Fours, elle était partenaire d'une manifestation annuelle organisée par l'association Autisme PACA qu'a créé et préside Jean-Marc Bonifay, administrateur de l'ONG "Vaincre l'autisme". Il sait de quoi il parle puisque son grand-père était autiste, il est autiste lui-même et son fils est également atteint d'autisme.
L'autisme, un trouble du comportement encore mal connu
"Il faut savoir qu'il y a de multiples formes d'autisme. Je suis, moi, ce qu'on appelle un autiste Asperger (du nom du pédiatre autrichien Hans Asperger) avec un haut potentiel intellectuel, qui est une forme mieux intégrée que d'autres. La preuve, nombre de grands chercheurs et scientifiques américains sont autistes. Mon fils l'est aussi mais sous une forme plus dure.
Beaucoup de gens ont ce syndrome, quelquefois sans le savoir car il est mal connu et il y a encore trop de diagnostics erronés. Souvent, les gens pensent que ces gosses sont turbulents, mal élevés ou encore débiles et c'est quelquefois dur à entendre. Par exemple lorsque mon grand-père est revenu de la guerre, longtemps on a pensé qu'il était traumatisé par ce qu'il avait vécu. Aujourd'hui bien sûr, il y a eu des progrès mais l'autisme est encore très mal connu.
Il y a partout des autistes et vous en avez certainement autour de vous mais comme il y a de nombreuses formes, tous ne sont pas égaux devant cette maladie . Une naissance sur 1000 est concernée par l'autisme, 50% vient de prédispositions génétiques mais il y a aussi beaucoup d'autistes qui n'ont pas d'antécédents familiaux. En région PACA 30.000 cas ont été diagnostiqués.
C'est pour cela que, tous les ans, nous organisons un colloque sur un thème différent relié à l'autisme, avec des conférenciers, des intervenants, des autistes qui parlent de leur vécu et qui montrent que malgré le handicap, on peut s'intégrer dans la vie ".
A preuve Valentin Mérou qui est violoniste, Marie Bertaina, passionnée de philosophie, Nicolas Turquet de Beauregard, peintre et sculpteur qui étaient invités.
Nombre d'intervenants, psychiatres, chercheurs, maîtres de conférences, ostéopathe, neuro-psychiatres, psychologues sont intervenus durant cette journée ainsi que des adultes atteints d'Aspergers, parrainés par Mme Christine Philip, responsable de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INS HEA)
Un chèque pour aider l'association
A la coupure de midi, l'association des Anysetiers, Commanderie de Toulon la Royale, présidée par Serge Sapino, a remis à Jean-Marc Bonifay un chèque de 1000€ pour l'association, afin qu'elle se fasse mieux connaître en organisant des manifestations comme celle de ce jour
Un petit livret a été conçu, texte et dessins, par des autistes Asperger de Six-Fours, édité par l'association : "Je m'appelle Léo. Je suis un élève autiste de CM1". Il est distribué dans le cadre de "la cellule soutien à la scolarisation des élèves autistes et Aspergers".
Aujourd'hui, peu de structures peuvent encore recevoir les enfants et tout est à la charge des parents qui ont beaucoup de difficultés morales, physiques et financières. On ne peut donc que soutenir de telles associations et de telles manifestations qui font mieux connaître les tenants et les aboutissants et permettent aussi de faire avancer la recherche.
jacques brachet, le 25 juin 2014
Personne avec autisme : Hypersensible ou Hyposensible ?
article publié sur le site Participate !
L'hypersensibilité et l'hyposensibilité sont souvent présentes chez les personnes avec autisme. Une personne hypersensible réagira de manière excessive aux stimuli sensoriels ‘ordinaires'. Celle qui est hyposensible réagira peu ou pas du tout aux stimuli. Cette sensibilité peut toucher différents sens. Il est également possible que l'hyper et l'hyposensibilité s'alternent et que cette fluctuation ne touche qu'un seul sens.
L'hypersensibilité peut mener à deux types d'expériences différentes :
- la confusion provoquée par certains stimuli sensoriels;
- la fascination causée par certains stimuli.
Dans certains cas, parler de confusion comme conséquence à l'hypersensibilité est un terme faible. Un sifflotement peut, par exemple, être pénible pour une personne avec autisme. Il est, par conséquent, facile de comprendre que l'hypersensibilité puisse provoquer des crises de colère ou des réactions très angoissantes.
L'hyper et l'hyposensibilité peuvent concerner tous les sens et varier d'une personne à l'autre. Voici quelques exemples de comportements qui indiquent certaines sensibilités sensorielles :
| Sens | Hypersensible | Hyposensible |
| Vue | Ne supporter aucune lumière vive | Être très attiré par les objets brillants |
| Ouïe | Se couvrir les oreilles quand les gens parlent entre eux |
Aimer le bruit des sirènes |
| Toucher | Ne pas aimer être touché | Être ou paraître insensible à la douleur |
| Odorat | Ne pas vouloir manger un aliment parce que l'odeur est ressentie comme insupportable | Aimer les odeurs fortes et désagréables |
| Goût | Sélectionner la nourriture | Ingurgiter des choses non comestibles ou au goût très prononcé |
| Sens de l'équilibre | Assis en hauteur, être angoissé de ne pas sentir ses pieds toucher le sol | Tournoyer longtemps sans être pris de vertige |
| Proprioception | Adopter des postures corporelles étranges | Ne pas être conscient de certains signes corporels comme la soif |
Pas de filtre ?
Dans les récits autobiographiques de personnes avec autisme, nous trouvons la plupart du temps la même explication aux expériences sensorielles. Elles ont l'impression de ne pouvoir contenir les stimuli de leur environnement. Autrement dit : le filtre capable de réprimer certains stimuli dans leur cerveau semble ne pas fonctionner correctement.
Quand notre cerveau ne fait aucune sélection par rapport à ce que nous observons, cela peut avoir toutes sortes de conséquences, par exemple :
- être plus vite surchargé et fatigué ;
- ressentir le monde comme très chaotique ;
- voir des détails que les autres ne remarquent pas ;
- remarquer immédiatement des changements dans l'environnement ;
- ne plus reconnaître l'environnement parce qu'un détail a changé ;
- ne pas pouvoir suivre une conversation parce que le bruit de fond ne peut être ‘éliminé'.
Sourire retrouvé au Centre pour adultes avec autisme
Il n'était pas acquis en mars quand les personnels et les parents manifestaient devant la préfecture qu'on se retrouverait en juin dans une ambiance festive pour le rendez-vous annuel du Centre pour adultes avec autisme de Vouneuil-sous-Biard. Le ciel s'est éclairci et ce vendredi, le CAAP a pu fêter son 9 anniversaire. Christiane de Pasquale, l'une des chevilles ouvrières, a indiqué que les discussions ont pu se nouer avec l'Agence régionale de santé et ont permis de lever les ambiguïtés. « Nous avons répondu aux questions, envoyé de la documentation supplémentaire et nous avons le sentiment d'être écoutés. »
L'accueil des autistes adultes - ils sont 24 de 21 à 61 ans - encadrés par 42 professionnels, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Avec des pratiques éducatives faisant appel à l'écoute et qui commencent tout juste à être reconnues en France. Laurent Petit, le directeur a dit combien il est important « d'être respectueux des familles et des résidants. » Il a souligné la qualité professionnelle des personnels qui bénéficient de formations régulières. Ainsi, un ancien salarié de l'industrie (il a travaillé dix-sept ans chez Federal Mogul) anime-t-il aujourd'hui des ateliers de menuiserie, de serrurerie et d'entretien d'espaces verts, après avoir suivi plusieurs formations.
La volonté du CAAP est aussi d'ouvrir l'établissement vers l'extérieur. Mercredi dernier, un groupe de cinq résidants a fait une randonnée à vélo de douze kilomètres sur des chemins de Vouneuil, encadrés par deux professionnels, deux parents et deux bénévoles. « Tout le monde s'est bien débrouillé, même si le groupe appréhendait un peu les côtes et les descentes », analysait Vincent Faure, éducateur.
à suivre"Admiratif de la patience du personnel"A chaque rendez-vous, les élus sont présents. Catherine Coutelle, députée, se fait la porte-parole du CAAP à l'Assemblée nationale: elle participe au groupe qui se préoccupe de l'autisme. Liliane Fayolle, la nouvelle adjointe au maire de Vouneuil-sous-Biard pour les questions sociales et de la santé, après avoir régulièrement relaté l'actualité du CAAP quand elle était correspondante à Centre Presse.
Hugues de Durand, parent d'un résidant et président du conseil de vie sociale, s'est dit « admiratif de la capacité du personnel à s'adapter. Admiratif aussi de sa rigueur et de sa patience. Ici, ce n'est jamais la routine. » Il a formulé le voeu que « l'atmosphère d'écoute, de dialogue et de respect reste la règle. »
Christiane de Pasquale, en élargissant son propos à toute la France - elle fait partie du Groupement de coopération sociale et médico-sociale Autisme France - a fait le point sur les interventions auprès des autres centres: six en gestion directe et douze en convention de coopération.
Comment comprendre l'univers d'un autiste
article publié sur le huffingtonpost
Le blogue d'Emmanuelle Assor est publié dans le cadre de l'opération Voyez les choses à ma façon, une initiative de la Fondation Miriam. Cette campagne rappelle l'importance de faire preuve d'empathie envers les personnes atteintes d'un TSA et met en évidence le caractère unique de leurs besoins en termes de traitement, de soutien, de sensibilisation et de mobilisation. Visitez voyezleschosesamafacon.org pour vous joindre au mouvement.
Depuis que notre fils a reçu un diagnostic de trouble du spectre autistique (TSA) il y a plus d'un an, j'ai cherché en vain comment altérer le cours des choses, comment le sauver, faire en sorte qu'il nous regarde, qu'il parle, qu'il ait des amis, qu'il soit «normal». Puis, j'ai consulté tous les professionnels de la santé possibles et imaginables. Par la force des choses, je suis devenue «activiste» : je participe à des marches pour l'autisme, j'habille mon fils en bleu le 2 avril (journée internationale de l'autisme), je m'implique auprès de parents d'enfants autistes, je lis tout ce que je trouve sur le sujet, j'écris des articles là-dessus, je me questionne sur ce qui a causé ce trouble chez notre enfant, je reste éveillée tard la nuit à penser à ça... Je suis en quête de réponses et d'espoir.
Récemment, une nouvelle porte s'est ouverte. Lors d'un échange sur internet avec la brillante blogueuse autiste Asperger Marie Josée Cordeau, j'ai compris qu'il me manquait quelques clés pour entrer dans l'univers de mon enfant et pour accepter sa différence.
Pour pousser plus loin cette conversation, j'ai décidé de faire une entrevue avec Marie Josée. En voici les grandes lignes.
Selon Marie Josée, les autistes sont des êtres très intelligents et sensibles. Ils voient et ressentent les choses différemment de nous, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont déconnectés comme certains le pensent. Marie Josée s'est rendu compte de son «handicap» très tôt, mais a dû se battre pour avoir un diagnostic de TSA à l'âge adulte.
«J'ai toujours pensé que j'étais différente. Depuis mon jeune âge, j'aimais jouer toute seule. Je n'aimais pas les sports d'équipe ni la récréation. À l'adolescence, je n'avais pas une grande maturité émotionnelle, j'étais décalée face aux autres. En grandissant, j'ai vite remarqué que quand il y avait trop de gens, de bruit, de lumière, cela devenait stressant pour moi et je n'arrivais plus à parler comme si je n'avais plus accès à mon cerveau. Je me sentais épuisée, la pile à plat, faible. Il fallait que je m'isole. Souvent, je sentais le jugement des autres sans savoir pourquoi, sans pouvoir le nommer».
Lorsqu'on lui demande si les autistes ressentent les émotions comme nous, elle répond avec beaucoup d'introspection : «Il y a beaucoup de choses qui me font pleurer, mais certaines émotions sont difficiles à nommer pour moi. Par exemple, je ressens de l'empathie, mais je ne l'exprime pas de la même manière qu'une personne «neurotypique», alors parfois les gens vont penser que je ne ressens rien, ce qui est faux. Lorsque je vis de l'anxiété face à des situations sociales, je gère cela en cherchant des solutions. Je dis souvent à la blague que c'est comme si j'avais un cerveau masculin! Avec le temps, j'ai appris à décoder ce que les gens disent sans les prendre au pied de la lettre. Avant, les mots étaient mon seul code. Je croyais ce que les gens me disaient même si leur langage corporel ou leur visage me disait l'inverse.»
Marie Josée explique qu'il y a une grande pureté chez les autistes. «L'autiste ne cherche pas à manipuler pour qu'on ait une bonne opinion de lui. Il n'a pas de malice non plus, il ne sait pas jouer la comédie. Moi je dis ce dont j'ai besoin et je ne passe pas par quatre chemins! Mon conjoint peut en témoigner. Il sait que je suis différente, que j'aime parler des vraies choses et il m'accepte telle que je suis», dit-elle avec confiance.
Celle qui a étudié en droit puis en cinéma, vit en couple depuis des années, a un travail dans une commission scolaire en Montérégie, est blogueuse, conférencière et a déjà écrit un livre sur le harcèlement au travail. Selon nos critères, Marie Josée a une vie plutôt «normale», mais elle se fait souvent accuser de ne pas être une vraie autiste, car elle souffre du syndrome d'Asperger et s'exprime très bien. «On m'accuse souvent de ne pas représenter les autres autistes, car mon autisme est de «haut niveau», mais je pense bien parler pour tous ceux qui n'ont pas de voix. Nous souffrons tous de la même manière même si aucun autiste ne se ressemble. Mon point de vue en tant qu'Asperger est que nous pouvons aider le monde à comprendre les autres autistes. Même si nous avons une image comme étant plus «fonctionnels et savants», nous nous percevons comme faisant partie du même groupe. Je m'identifie aux autistes, à leur univers et je pense que l'on doit s'entraider.»
Marie Josée confirme qu'on ne doit pas penser que les autistes forment un groupe homogène. Il y a autant d'autistes que de formes d'autisme. Chaque autiste évolue à sa façon, au meilleur de ses capacités. Dans son cas, elle dit s'être familiarisée avec les difficultés de socialisation associée à son trouble : «Être autiste, c'est comme aller au Japon, mais personne ne t'a expliqué les coutumes, les codes sociaux, ni la langue!» s'exclame-t-elle. Avec le temps, elle a su développer des habiletés sociales, mais cela lui demande toujours un effort conscient. «Avec un diagnostic, j'ai su accepter mes limites même si j'essaie de les repousser pour mieux vivre en société. Il faut apprendre à ne pas s'apitoyer sur son sort et surtout ne pas s'en vouloir. Chaque pas est un progrès. Je ne vis plus mes difficultés comme un échec comme avant. Je découvre le plaisir d'aller vers les gens, de les connaître, de recevoir leur énergie. J'aime beaucoup aider les autres, cela me permet d'avancer».
Deuxième message de Marie Josée : il faut apprendre à respecter le rythme et la façon d'être un autiste. «Un enfant autiste va suivre son rythme et va s'acclimater à sa vie de tous les jours. Inutile de le forcer à socialiser dans des grands groupes de gens si cela l'agresse. Lui proposer plutôt de sortir et de socialiser par étape, en petit groupe. Lui permettre de s'isoler si c'est ce qu'il souhaite. Il ne souffre pas quand il joue tout seul. Moi, quand je suis seule, je me ressource. J'aime méditer aussi, prendre conscience de mon corps pour le calmer, arrêter d'être dans l'anticipation de la vie, apprendre à m'adapter à la nouveauté. J'essaie de ne plus avoir peur de ce qui va arriver. Je peux même donner une conférence sur l'autisme devant 75 personnes, mais l'autisme c'est mon sujet d'intérêt particulier!» ajoute-t-elle avec humour.
Que dire des ressources offertes aux autistes au Québec actuellement?
«Pour les adultes, c'est un désastre. Il n'y a aucun service après l'âge de 21 ans. Nous sommes laissés pour compte, livrés à nous-mêmes dans un univers qui nous semble hostile ou étranger. Il faut absolument que cela change. Il faut faire des pressions politiques et sociales pour acquérir des droits et des services. Pour ma part, je milite auprès de mes députés, je conscientise les gens en écrivant, en donnant des conférences sur l'autisme et je prépare un livre sur les codes sociaux adressés aux autistes et à tous ceux qui les entourent.»
Quel avenir pour les autistes actuels?
«Je pense qu'il est important de prendre du temps pour expliquer aux autistes les codes sociaux ; aux autres, il faut expliquer la différence de l'univers des autistes et ne pas être intolérant face à eux. Il faut toucher les gens qui n'ont aucune connaissance ou qui ont des idées préconçues sur le sujet. Trop de gens ont peur et associent encore cela à la déficience intellectuelle et à la maladie mentale. À l'avenir, on se doit de penser à l'intégration des autistes dans le marché de l'emploi, les préparer à faire face à des entrevues difficiles, sensibiliser les employeurs. Les autistes peuvent faire d'excellents employés très motivés par le travail choisi! Ils ont, entre autres, des talents en informatique et dans plusieurs domaines. Peut-être seront-ils moins sociables, mais plus productifs?! Quant à moi, lorsque j'ai fait mon coming out au travail en août 2013, cela c'est plutôt bien passé. J'avoue que certaines personnes sont restées figées, mais finalement, elles sont plus tolérantes avec moi face à certains de mes comportements. J'aime mon travail et la belle équipe que je côtoie tous les jours. Je pense même à monter une association de parrainage d'autistes adultes comme les Grands Frères et les Grandes Sœurs du Grand Montréal, pour les accompagner dans leur vie de tous les jours. J'aimerais aussi, dans un avenir proche, organiser des cafés-rencontres pour personnes sur le spectre autistique et leur entourage. En avril, je viens d'écrire le dernier texte pour mon blogue «52 semaines avec une autiste asperger», une expérience très touchante. Des projets, ce n'est pas ce qui me manque!» conclut-elle.
Pour visiter le blogues de Marie Josée Cordeau: 52 semaines avec une autiste asperger et sur le HuffPost Québec
Directive concernant la mise en oeuvre de la mesure 34 du plan Autisme
Handicap mental. L'Unapei en congrès à Nantes pendant deux jours
article publié dans Ouest France
Créée en 1960, l'Unapei rassemble aujourd'hui 550 associations en France. Avec de nombreuses antennes régionales et départementales, cette union d'associations a pour but de "défendre les droits des personnes déficientes intellectuelles, autistes, polyhandicapées et handicapées psychiques", comme le rappelle sa présidente Christel Prado. L'Unapei emploie 85 000 professionnels, dans les secteurs de l'éducation, la rééducation, le sanitaire, et s'appuie sur 75 000 bénévoles. Cette année, le thème du congrès qui a lieu à Nantes est axé autour du travail et de la formation professionnelle.
Il effraie, il rebute. Qu'il soit visible ou non, le handicap freine bien des employeurs. Pourtant, sans un premier échange avec une entreprise, un handicapé ne peut pas espérer décrocher un poste. Ainsi Philippe Le Dault, coordonnateur départemental apprentissage pour les personnes en situation de handicap, une mission donnée par le conseil régional et l'Agefiph (1), le répète : « Les services de ressources humaines doivent oser la rencontre car c'est elle qui fait tomber les préjugés. »
Il en veut pour preuve l'exemple d'un jeune qui avait un bras en moins. « Il souhaitait devenir boulanger et a eu du mal à trouver un contrat d'apprentissage en raison de son handicap, raconte-t-il. Une petite entreprise a finalement accepté de le rencontrer et a vite constaté qu'il était tout à fait capable d'accomplir les tâches requises. »
Cette problématique est nationale. « Dans les secteurs privé et public », fait remarquer Philippe Le Dault. Il indique que les entreprises contraintes de recruter des travailleurs handicapés ne le font pas forcément. À l'inverse, celles qui ne sont pas obligées d'en embaucher sont celles qui en recrutent le plus.De nombreuses structures viennent en aide aux entreprises désireuses de recruter ces travailleurs. Il s'agit principalement d'Agefiph, FIPHFH, Cap emploi et Sameth (1). « On peut faire appel à des experts en mesure de concevoir un aménagement de poste spécifique », précise Philippe Le Dault. Selon lui, les entreprises ont tout intérêt à adopter une mode de recrutement plus inclusif car nous sommes tous vulnérables face au handicap. Personne n'est à l'abri.
(1) Agefiph : Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées. FIPHFH : Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique. Sameth : services d'appui au maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés.
Autisme au quotidien : Caroline partage son expérience
article publié dans Ouest France
L'association Autisme écoute et partage organisaient, samedi, une formation consacrée à la gestion de l'autisme au quotidien. Cette formation destinée aux familles et professionnels se déroulait dans les locaux du lycée Notre-Dame-de-la-Paix était assurée par Caroline Belliton, consultante et formatrice : « Maman d'un jeune autiste de 19 ans, qui est aujourd'hui agent de restauration, je fais part de mon expérience. L'objectif de cette formation est de donner des clés aux personnes qui entourent les autistes. En France, les mentalités évoluent mais encore trop lentement ; les familles sont notamment souvent démunies face aux troubles de leur enfant. Je leur transmets de l'enthousiasme pour qu'elles puissent avancer et découvrir tout le potentiel de leur enfant ».
Plus de 80 personnes ont assisté à chaque journée de formation.
Le mot Danièle Langloys, présidente d'Autisme France
article publié sur le site d'Autisme France
Chers adhérents et partenaires d’Autisme France,

En effet, il n’existe dans l’immédiat aucun des outils qui permettraient d’avancer efficacement : il faudrait d’urgence un référentiel national opposable pour définir les critères de qualité qu’on est en droit d’attendre d’un établissement ou service accueillant des personnes autistes, la formation des ARS aux connaissances actuelles en autisme est un préalable absolu, tant, pour le moment, les dérives de certaines sont inquiétantes ; il faut outiller par ailleurs les ARS avec un cahier des charges spécifiques pour les appels à projets, afin d’éviter les dévoiements qui se sont déjà produits : l’argent public doit aller à la mise en œuvre des politiques de santé publique et donc, en l’occurrence, au respect des lignes directrices du plan autisme 3 à savoir prioritairement la conformité aux recommandations de la Haute Autorité de Santé et de l’ANESM.
Il est inacceptable que l’argent public aille à des associations gestionnaires qui mettent en avant leur projet associatif, surtout psychanalytique, à l’opposé du respect des politiques publiques définies par un projet interministériel. Ces mœurs typiquement françaises, où chacun s’autorise de son identité propre, dans le champ associatif, pour faire ce dont il a envie, sans aucune évaluation des pratiques, ni respect des besoins des personnes autistes, sont devenues franchement scandaleuses. Nous apporterons bien sûr toute notre expertise à la naissance de ces nouveaux outils indispensables.
A vrai dire, c’est une mobilisation générale qui s’impose : le plan n’est pas celui de la seule Mme Carlotti.
Nous attendons donc que l’Education Nationale améliore sensiblement son analyse de la scolarisation des enfants et adolescents autistes. Elle a commencé mais il reste beaucoup à faire : les dispositifs adaptés manquent, les aménagements pédagogiques en sont aux balbutiements, la formation des enseignants reste anecdotique, et nous attendons toujours que l’argent du sanitaire et du médico-social soit réorienté vers l’enseignement, pour y inscrire définitivement le soutien éducatif nécessaire, dans l’école, et avec les moyens donnés à l’école.
Les Unités d’Enseignement sont un pari, mais constituent encore une bien timide ébauche de l’école inclusive que nous n’avons cessé de demander depuis 25 ans.
Nous attendons que le Ministère de la Santé mobilise les personnels de santé massivement : leur refus de diagnostiquer, leur maintien par la force contre les familles de définitions de l’autisme et des pratiques délirantes qui vont avec, sont une honte nationale. Quand on est payé avec de l’argent public, on respecte les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
Nous attendons enfin que la CNSA donne des consignes claires aux MDPH pour soutenir les familles : fin de l’acharnement contre les parents, reconnaissance des besoins éducatifs non pourvus, financement des interventions éducatives non mises à disposition des familles par absence de structures adaptées, dans le cadre de la PCH, puisqu’elles sont recommandées par la HAS et l’ANESM.
Ces interventions s’imposent aux parents, aux professionnels, aux MDPH, aux ARS, et conformément à l’article L 246-1 du Code de l’Action Sociale et des familles, elles doivent être financées sur fonds publics.
Danièle Langloys, Présidente
et le conseil d’administration d’Autisme France
Le coup de gueule d'une mère d'enfant autiste contre les personnes censées l'accompagner
J’entends souvent :« Vous avez du courage, ça ne doit pas être facile, cela doit être dur à gérer au quotidien. »
Ce n’est pas du courage que nous avons-nous maman mais beaucoup d’amour, de patience et de compréhension, par contre du courage il en faut pour accepter ce que fait subir notre pays et les institutions à nos enfants et nous parents.
Du courage oui, surtout pour faire respecter nos droits
Bien sur cela nous demande beaucoup d’énergie de s’occuper de nos enfants, énormément d’attention et de présence mais ce que beaucoup ignorent c’est que le plus gros de notre énergie passe dans notre combat pour que nos enfants bénéficient d’une prise en charge adaptée, pour que l’on entende nos enfants et nous parents.
Durant ce combat qui dure maintenant depuis quelques années déjà, ma fille va avoir 11 ans cette année, je ne me suis JAMAIS sentie soutenue, je n’ai JAMAIS eu aucun conseils, nous sommes seuls face au handicap de notre enfant.
Ils sont écartés, exclus de notre société, nous devons les cacher aux yeux de tous, ils ne sont pas acceptés dans les écoles « classiques », cantonnés dans des IME (Institut médico éducatif) ou hôpital psychiatrique de jour où on nous fait croire qu’on va les aider à évoluer, qu’ils sont là pour les aider. On s’attend dans ces endroits à avoir un minimum d’écoute, nous maman savons mieux que quiconque qui sont nos enfants, leur façon d’appréhender les choses, leur façon de réagir, chacun de nos enfants est différents.
Et bien NON !! figurez vous que là aussi visiblement nos enfants dérangent !! Ma fille était scolarisée 3 demi-journées par semaine dans une Classe spécialisée TED (troubles envahissants du développement) et récemment ils ont décidé qu’ils ne la prendrait plus car selon eux, elle faisait des crises d’angoisse, criait beaucoup et que cela perturbait les autres enfants, qu’elle n’était pas dans les apprentissages et qu’ils étaient arrivés au bout de leurs possibilités concernant ma fille et n’arrivaient plus à la gérer.
Et là hier suite à une réunion à l’IME ou est prise en charge ma fille les lundis soir, mardi matin, mercredi soir , jeudi et vendredi matin, on m’a dit que là aussi l’équipe éducative n’arrivait plus à la gérer et que leur prise en charge était limitée, la vie en collectivité n’étant pas adaptée pour notre enfant et que de ce fait à la prochaine rentrée de septembre , elle ne serait prise en charge plus que le lundi soir et mardi.
Harcelée par les équipes éducatives
Cela fait des mois qu’on nous harcèle, parce que c’est bien le mot, pour que l’on donne des neuroleptiques à notre fille, que ce soit l’IME ou la CLIS en essayant de nous faire culpabiliser, justifiant cela par le fait que cela l’apaiserait et qu’elle pourrait suivre l’école, apprendre et que les différentes équipes éducatives pourraient ainsi mieux la canaliser, on m’a même laissé sous-entendre que le refus de la mettre sous neuroleptique était limite de la maltraitance de la part de nous parents !!
Leur « deal » : nous parents devons accepter de mettre notre enfant sous neuroleptique pour le confort des équipes éducatives
Car pour moi c’est cela, plus facile de droguer une enfant que de prendre le temps de l’apaiser par des mots et de la patience tout simplement, parce que nous avons refusé cela notre fille a été exclu de sa classe TED, et le temps de prise en charge en IME sera réduit, la vie en collectivité ne lui convenant pas alors que le but justement était de l’aider à se sociabiliser et à s’intégrer à un groupe.
En les écoutant parler de ma fille j’avais l’impression qu’ils me décrivait un petit monstre sanguinaire, ingérable, la description qu’ils en font ne ressemble en rien à la petite fille que j’ai à la maison, une enfant qui est verbale et qui s’exprime très bien, très affectueuse, aucune crise de violence, souriante, drôle, blagueuse à ces heures, qui a besoin qu’on lui parle beaucoup, qu’on lui explique beaucoup les chose afin d’apaiser ses angoisses et ses peurs, qui n’a nul besoin de médicaments pour l’aider à passer les moments difficiles, dernièrement elle a même fait de beaux progrès, nous avons pu aller dans un supermarché, dans un magasin de vêtement et avons même fait un gros repas de famille avec près d’une cinquantaine de personne dans un restaurant, un lieu qu’elle ne connaissait pas, certaines personnes qu’elle ne connaissait pas non plus, repas qui a duré près de 5 heures et tout cela sans crises !!
Si moi en tant que maman je peux y arriver alors pourquoi des équipes éducatives soit disant formées pour cela n’y arrive pas ?!
On détruit nos enfants et on détruit une famille entière
j’aimerais pouvoir m’occuper de ma fille 24h sur 24 et 7 jours sur 7, j’aime profondément mon enfant mais comment tenir dans ces conditions, nous n’avons pas le droit de craquer et tomber à genoux pour eux, sachant que j’ai aussi 3 autres enfants encore à la maison dont un fils dyslexique, dysphasique, dyspraxique et si moi maman je m’écroule qui sera là pour ma fille et mes autres enfants?
Et pendant tout le temps ou je rédigeais mon pavé d’indignation, ma fille était en demande de chatouille et riait aux éclats, je t’aime ma puce !!
Laetitia Mettez
Des professionnels formés pour l'autisme : une action unique en France
article publié sur ma Commune info
Publié le 13 mai 2014 à 12:06Mis à jour le 14 mai 2014 à 09:17
Ce lundi 12 mai, l'Unifaf (Fonds d'assurance formation de la branche sanitaire sociale et médico-sociale, privée à but non lucratif) a organisé une conférence pour faire le bilan de la formation des professionnels dans le domaine de l'autisme. Reconnue en 2012 en tant que Grande cause nationale, ce handicap demande un perfectionnement du personnel médico-social. En un an, 1.300 personnes ont été formées.
Un dossier a été créée par l'Unifaf et envoyé au Fonds européen visant à former un millier de professionnels en Franche-Comté. Mais cette formation a un coût : 1.146.000 euros. Le Fond européen a participé au financement à hauteur de 500.000 euros. "On a pu réaliser entre 2012 et 2013, 110 sessions de formation pour environ 1.300 personnes formées dans la région" indique Gilles Valadont, secrétaire général de l'Unifaf. "C'est vraiment exceptionnel. A ma connaissance, c'est une opération de formation sans précédant sur le sujet de l'autisme et peut-être même au-délà" Ajoute-t-il.
Un programme de formation "sur mesure"L'Unifaf crée un programme de formation "sur mesure composé de sept modules" selon Gilles Valladont, "Les personnes pouvaient choisir le parcours complet (15 à 18 jours) ou le ou les modules en fonction de leurs besoins".
Les sept modules comprennent :
- l'initiation à l'autisme et autres troubles envahissants du développement (pendant deux jours),
- les bases du handicap, approche épidémiologique et dernières avancées scientifiques (deux ou trois jours),
- les démarches d'intervention et d'accompagnement (quatre jours), l'élaboration du projet personnalisé d'interventions (deux ou trois jours),
- les moyens de communication alternatifs (deux jours)
- la gestion des comportements problèmes (deux jours).
"Les retours professionnels sont très bons" précise le secrétaire général de l'Unifaf. "Les stagiaires semblent très satisfaits du parcours que nous leur avons proposé par sa qualité, son ampleur, quatre organismes
Des méthodesAujourd'hui, le corps médical estime qu'une naissance sur 150 en France est autiste. Une croissance continue des personnes atteintes d'autisme est observée.
Canal Autisme le site à consommer sans modération
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Canal Autisme est une plateforme collaborative centralisant des ressources expertisées et pertinentes, et dont la vocation est d'informer et de former tous ceux qui accompagnent des personnes, des élèves avec autisme.
Dans ce cadre, Canal Autisme et ses experts vous proposent :
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Autisme ; cinq places de plus à l'IME de Ma Campagne
8 04 2014
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http://www.charentelibre.fr/2014/04/08/autisme-cinq-places-de-plus,1889406.php
L’IME de Ma Campagne pourra bientôt prendre en charge davantage d’enfants autistes, à l’intérieur et hors ses murs. Des formations pour les aidants familiaux sont aussi sur les rails.
IME Joseph-Desbrosse les attendait depuis 2012. C’est chose faite, en tout cas sur le papier. Cinq places supplémentaires viennent d’être accordées par le ministère de la Santé pour accueillir de nouveaux enfants autistes dans l’ancienne école Georges-Brassens à Ma Campagne. « Au plus tôt à la rentrée 2014, au plus tard en 2015″, précise Shannon Murray, le vice-président de l’association Agir et vaincre l’autisme, qui gère l’IME depuis son ouverture en 2010. Ils étaient jusque-là dix enfants de 2 à 14 ans pris en charge par autant d’éducateurs et deux psychologues. « On privilégie l’entrée d’enfants de 2 à 6 ans, reprend Shannon Murray. Quinze enfants, c’est un fonctionnement optimal. »
Cinq éducateurs et un psychologue vont être recrutés. Sachant qu’une partie des cinq places d’IME pourraient être transformées en places de Sessad, service d’éducation spéciale et de soins à domicile. « Une prise en charge externe, avec des professionnels qui interviennent à domicile, à l’école ou au centre de loisirs, partout où se trouve l’enfant », souligne Véronique Hubert, la directrice de l’IME. Une passerelle pour faciliter la transition entre l’Institut médico-éducatif, qui accueille les enfants 32 heures par semaine, et le milieu ordinaire.
Sur les dix enfants de Joseph-Desbrosse, six passent ainsi de quelques heures par semaine jusqu’à un mi-temps en école primaire classique. « L’intérêt est aussi de libérer des places d’IME, d’avoir un turn-over plus important », explique Shannon Murray. Alors qu’une place de Sessad coûte deux fois moins cher qu’une place d’IME, l’association pourrait profiter de l’enveloppe du ministère pour ouvrir encore plus de places de Sessad.
Une première formation fin avril
« Une reconnaissance du travail accompli », pour ce père d’un petit garçon autiste, qui veut aller plus loin en faisant de l’IME également un centre de formation. Autrisme, c’est le nom de la nouvelle association basée à la MJC Louis-Aragon, dont Shannon Murray est président, et qui réunit familles et professionnels (1). Objectif: promouvoir l’inclusion des personnes autistes au sein de la société en apportant notamment des formations aux professionnels et aidants familiaux.
Dans la droite ligne du 3e plan autisme 2014-2017, qui préconise une meilleure utilisation des structures existantes pour la prise en charge éducative et personnalisée des autistes. « On veut faire bénéficier les autres structures régionales de notre expérience », précise Shannon Murray, qui attend l’agrément de la Direction départementale des territoires et prévoit déjà une session de formation fin avril.
Heureux de voir que les choses bougent en Charente. La nouvelle est là encore toute fraîche. L’Agence régionale de santé a choisi l’agglomération angoumoisine pour accueillir la première unité régionale d’enseignement pour sept enfants autistes en école maternelle. « Une nouveauté et même une vraie révolution dans les rapports avec l’Éducation nationale », pour le président d’Autrisme, qui veut positionner l’association comme intervenante dans cette école dont le nom reste encore à connaître.
(1) Site internet: autrisme.org
Le coup de pouce d’Auchan
Auchan La Couronne a remis jeudi dernier un chèque de 5.000€ à Agir et vivre l’autisme, l’association gestionnaire de l’institut médicoéducatif Jean-Desbrosses de Ma Campagne, représentée par son vice-président Shannon Murray et sa directrice Véronique Hubert. «C’est une aide qui perdure depuis deux ans», souligne Christophe Nicolas, chef de secteur et animateur du comité de développement durable du magasin avec Aurélie Gaspalou et Line Groussard.
Via sa fondation Auchan jeunesse, l’hypermarché a apporté l’an passé une aide de 10.000€ à l’association. Complétée par 1.750€ de ventes du miel récolté sur les ruches installées sur le toit et de brioches et 400€ de participation du personnel aux Foulées d’Angoulême.
«Et le personnel s’est également aligné pour nous au départ de l’épreuve cette année», note Véronique Hubert qui met l’accent sur la démarche solidaire de la grande famille des employés de l’hypermarché couronnais. Financièrement, ce mécénat permet à l’IME d’acheter du matériel. «Depuis 2010, les budgets du ministère sont très serrés, il reste très peu de marges.
Très apprécié, cet apport est financièrement et humainement primordial en plus de la prise en charge dont nous sommes acteur dans la Région», précise Shannon Murray.
Cours de sensibilisation organisé par Autisme Genève
information publiée sur le site d'Autisme Suisse
| Actualités - Actualités Autisme | |
| Jeudi, 06 Mars 2014 15:04 | |
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Il reste des places au cours de sensibilisation qui aura lieu ce lundi 10 mars à Genève :"Mise en place d'un service de soutien scolaire au sein d'une structure expérimentale ABA" donné par Mme Lydie Laurent. Et également aux ateliers en lien avec ce cours : Atelier Montessori - ABA / Mathématiques niveau 5 P Harmos le samedi 22 mars et Atelier Montessori - ABA / Français niveau 5 P Harmos le dimanche 23 mars. Le cours de sensibilisation, gratuit, est obligatoire pour participer aux ateliers. Inscriptions par e-mail auprès du secrétariat d'Autisme Genève : secretariat@autisme-ge.ch Dvantage de détails dans les programmes en pièce jointe. |
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