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"Au bonheur d'Elise"
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formation
29 août 2016

Autisme, la thérapie précoce qui change la donne

article publié dans LE TEMPS.ch

thérapie précoce

Une des stratégies de l'Early Start Denver Model consiste à susciter et renforcer les comportements sociaux de l'enfant autiste, comme le fait ce père auprès de son fils à l'Université Davis en Californie, d'où est parti ce programme.

 

Sandrine Cabut (Le Monde)
Publié jeudi 15 octobre 2015 à 09:15, modifié jeudi 15 octobre 2015 à 12:53.

 

Un programme de prise en charge précoce des troubles du spectre autistique obtient d'encourageants résultats auprès des plus jeunes patients. Genève en est une des pionnières européennes

Pong, pong. Dans une petite pièce au décor dépouillé, un enfant et une jeune femme se lancent un ballon de baudruche. Au bout de quelques passes, Jules (son prénom a été changé), 2 ans et demi, part dans un coin. «Fini», bredouille-t-il. Immédiatement, Carolina, l’adulte, range le ballon et lui propose un livre. Puis un puzzle. Sans succès. Alors elle embraye, se dissimule sous une couverture. Jules vient la chercher. D’une voix enjouée, la jeune femme l’incite à se cacher à son tour. Pas de réaction. Alliant le geste à la parole, elle tente «la petite bête qui monte».

Dès qu’un enfant émet un comportement social, on le renforce. Et dans cette démarche, trouver son sourire est un élément essentiel

Cette fois, l’enfant sourit, son regard s’éclaire. Elle recommence encore et encore. Jules éclate de rire, cherche le contact physique avec Carolina. Un joli moment de complicité, mais pas seulement. «C’est une RSS, une routine ­sociale sensorielle, et c’est exactement ce que nous cherchons à obtenir, explique la jeune femme. Dès qu’un enfant émet un comportement social, on le renforce. Et dans cette démarche, trouver son sourire est un élément essentiel.»

Carolina Villiot est psychologue. Jules, atteint d’autisme. Depuis près d’un an, ce petit bonhomme vient ainsi passer cinq demi-journées par semaine au Centre d’intervention précoce en autisme (CIPA), en plein centre de Genève. Il participe à un programme de prise en charge précoce et intensive de l’autisme né il y a un peu plus de cinq ans aux Etats-Unis et en plein essor dans le monde : l’Early Start Denver Model (ESDM).

Obtenir des résultats moins «robotiques»

En pratique, tout est très codifié, à commencer par la formation et la certification des intervenants, dispensée par le Mind Institute de l’Université Davis (Californie), à l’origine de cette approche destinée aux enfants de 1 à 3 ans. L’ESDM est programmé sur une durée de deux ans, à raison de quinze à dix-huit heures par semaine, principalement sous forme de séances individuelles.

Lire aussi: Les antidépresseurs pendant la grossesse augmenteraient de 87% le risque d’autisme

«Tous les trois mois, en présence des parents, nous réalisons une évaluation très complète des forces et des faiblesses du patient, précise Hilary Wood, psychologue responsable du programme à Genève. Puis nous définissons ensemble une vingtaine d’objectifs, portant par exemple sur les interactions sociales, les comportements d’imitation, la motricité globale, l’autonomie… Pour chacun, nous détaillons des étapes intermédiaires, avec des paliers de quinze jours. C’est une approche chaleureuse, qui donne des résultats naturels, moins “robotiques” que les autres méthodes. Mais tout ce que l’on fait est quantifié, avec des données rigoureuses.»

«Pendant les séances, on joue et dès que c’est possible, on inclut un objectif. Au fur et à mesure, on coche les items réussis et on note les observations sur nos fiches. Les interventions peuvent être filmées», ajoute Carolina Villiot.

C’est une approche chaleureuse, qui donne des résultats naturels, moins “robotiques” que les autres méthodes

Dans la floraison de méthodes comportementales, développementales et éducatives proposées dans les troubles du spectre autistique – qui touchent désormais plus d’un enfant sur cent –, rarement une approche a suscité une telle vague d’enthousiasme chez les spécialistes hospitalo-universitaires. C’est en janvier 2010 que Sally Rogers et Geraldine Dawson, les deux psychologues américaines qui ont conçu cette thérapie, publient leur première étude, randomisée, dans la revue Pediatrics. Parmi 48 jeunes patients, âgés de 18 mois à 30 mois, la moitié sont pris en charge par ESDM, les autres ont un suivi classique dans des centres médico-sociaux. Au bout de deux ans, le niveau de langage, les comportements sociaux et le QI sont significativement améliorés dans le groupe ESDM, comparativement au groupe contrôle. Et les scores d’autisme ont diminué, de façon plus ou moins marquée selon les enfants.

Un travail issu du «modèle de Denver»

L’ESDM est en fait issu du modèle de Denver, mis au point dans les années 1980, notamment par Sally Rogers, pour des autistes de 2 à 5 ans. Son principe fondateur était d’élaborer des relations proches avec ces enfants, pour développer les habiletés sociales et communicatives leur faisant défaut. La version «early start» emprunte aussi à des méthodes d’apprentissage comme l’ABA (analyse appliquée du comportement). En juin, la même équipe a publié un nouvel article scientifique, montrant que les bons résultats de l’ESDM se maintiennent deux ans après la fin de la prise en charge. Deux des enfants n’ont d’ailleurs plus les critères de l’autisme, ce qui n’a pas été retrouvé dans le groupe contrôle, soulignent les auteurs.

Aucun spécialiste ne se risque à employer le terme de guérison, gardant la prudence de mise face à une méthode récente et qui n’a été évaluée que sur un nombre encore modeste de patients. Mais beaucoup se disent impressionnés par les publications de Rogers et Dawson, et leurs présentations dans les congrès internationaux.

«On sait depuis les années 1990 qu’une intervention précoce est favorable dans les troubles autistiques, mais il n’y avait pas de méthode aussi structurée que l’ESDM. Les résultats sont inédits en termes de communication et surtout de socialisation, et ces petits patients peuvent gagner jusqu’à 20 points de QI», souligne ainsi le professeur Stephan Eliez (directeur de l’Office médico-pédagogique à Genève), l’un des pionniers de l’ESDM dans les pays francophones.

Une Suissesse formée aux Etats-Unis

En 2009, ­séduit par une communication de Sally Rogers, le pédopsychiatre suisse a ­envoyé une de ses psychologues se former aux Etats-Unis. Puis il a convaincu les autorités suisses de miser sur cette ­approche, et d’autoriser une étude pilote. Stephan Eliez a également créé une ­fondation, Pôle Autisme, pour soutenir financièrement le projet. Fin 2010, un premier centre a ouvert ses portes à ­Genève, pour accueillir six patients ; puis un deuxième en 2014, avec la même capacité. La Suisse dispose aujourd’hui de six centres nationaux agréés avec des intervenants formés à l’ESDM.

Lire aussi: Qui peut dire le destin d’un enfant handicapé?

Le nombre de places va encore augmenter, prévoit Stephan Eliez, qui n’en revient pas de ses résultats préliminaires. « Parmi nos cinq premiers enfants pris en charge, quatre ont rejoint un cursus scolaire ordinaire, alors qu’ils étaient au départ non verbaux et avec un score d’autisme élevé. Habituellement, avec un tel profil, seulement un sur quatre intègre une école maternelle », se réjouit le spécialiste. Une étude de plus grande ampleur (180 patients) est en cours, en collaboration avec d’autres centres européens, et notamment français.

« Ce qui est essentiel et unique dans ­notre organisation, c’est le dialogue ­constant entre le dispositif de soins et la dynamique de recherche », souligne ­Stephan Eliez. De fait, les deux centres d’ESDM genevois sont adossés à un programme de recherche et à une consultation spécialisée, qui permet de recruter les jeunes patients. «La question du repérage précoce se pose différemment en population générale et dans les familles à risque, note-t-il. En population générale, les premiers signes évocateurs d’autisme – difficultés de communication et des interactions sociales – apparaissent au plus tôt à 12 mois, et la plupart du temps vers 18 mois. D’où l’importance de sensibiliser les pédiatres et les crèches, pour qu’en cas de doute ils nous adressent rapidement ces enfants, en sachant que l’on peut leur proposer une intervention.» L’idéal, selon lui, est de la démarrer avant 2 ans, quand la plasticité cérébrale est maximale. «Dans les familles où il y a déjà des cas d’autisme, le repérage peut être effectué encore plus tôt, entre 6 mois et 12 mois, et l’ESDM ­débutée dès 1 an», poursuit M. Eliez.

«Eye-tracking»

Pour poser le diagnostic, et suivre concrètement les progrès des patients pendant leur thérapie, l’équipe genevoise a recours à des examens comme l’«eye-tracking», qui mesure la motivation sociale. « Pendant que des scènes sont projetées sur un écran d’ordinateur, un récepteur infrarouge capte sur le reflet de la cornée la zone précise que regarde l’enfant. On peut ainsi observer et quantifier ses préférences pour des personnages ou des objets», explique le docteur Marie Schaer (universités de Genève et de Stanford).

Ce qui est essentiel et unique dans ­notre organisation, c’est le dialogue ­constant entre le dispositif de soins et la dynamique de recherche

Au-delà du suivi individuel, elle constitue une cohorte à laquelle participent déjà une cinquantaine de jeunes autistes, quelques frères et sœurs de ces derniers, et 30 enfants atteints d’autres troubles du développement. Pendant douze ans, ils seront suivis régulièrement, avec des tests cliniques et tout une batterie d’examens : eye-tracking, électroencéphalogramme à haute résolution, tests épigénétiques…

«L’hypothèse que nous explorons est celle d’un déficit de la motivation sociale, qui entraîne une privation d’expériences sociales, d’où un défaut d’apprentissage dans ce domaine et finalement une atteinte des régions cérébrales impliquées dans le traitement des informations sociales, détaille Marie Schaer. Grâce à cette cohorte, nous espérons élucider les origines de ce manque de motivation sociale ; comprendre à quel niveau de la cascade agit l’ESDM ; et identifier les petits patients qui ont le plus de chances d’en bénéficier.»

«Un fort investissement humain»

« Formellement, le diagnostic d’autisme ne peut être porté avant 36 mois, car cela nécessite une stabilité des symptômes, tempère le professeur Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), à Paris. Or, l’évolution est très variable. Certains ­enfants ont des troubles évocateurs vers 18 mois qui peuvent s’amender quelques mois plus tard. Même parmi les cas les plus sévères, 10 % évoluent spontanément vers la normalité. » En outre, poursuit-il, « les stratégies d’intervention précoce intensives comme l’ESDM nécessitent un fort ­investissement humain. Quant aux méthodes plus souples, leurs bénéfices sont difficiles à mettre en évidence. Ainsi, une étude internationale – publiée en 2015 dans The Lancet – n’a pas pu démontrer qu’une prise en charge avant 1 an des bébés à haut risque, par simple guidance parentale, prévient l’autisme ».

En ce qui concerne l’ESDM, Stephan Eliez et ses collaborateurs insistent en tout cas sur le rôle crucial des parents. «Le partenariat avec eux est l’une des valeurs primordiales. Il faut leur donner des outils, car nous, professionnels, ne sommes que de passage», soutient Carolina Villiot.

«J’ai des rapports constants avec l’équipe, de visu et au téléphone. On se sent soutenus moralement, et plus aptes à aider notre enfant », confirme de son côté Lucia, maman d’un garçon autiste de 5 ans suivi à Genève. Une perception d’autant plus rassurante que la famille a traversé une rude épreuve. «A 2 ans, mon fils ne prononçait pas trois mots. Je ne pouvais pas entrer en contact avec lui. Il avait une alimentation restreinte, et le bruit le dérangeait, se souvient Lucia. La première équipe que j’ai vue ne nous a proposé qu’une heure de musicothérapie hebdomadaire. Ici, il a été pris en charge dix-huit heures par semaine. L’autisme est un marathon, mais grâce à cela nous avons passé une étape. Aujourd’hui, mon fils va à l’école avec un accompagnant, il parle, mange presque seul et de tout. On peut même ­recommencer à sortir, à voir des amis.»

Face à un coût de 70 000 francs par an, la recherche d'alternatives

Face au coût élevé de l’ESDM (environ 70 000 francs par an et par patient en Suisse), qui limite sa diffusion, l’équipe de Stephan Eliez envisage des modèles alternatifs, avec une participation encore plus active des familles, préalablement formées. C’est aussi le cas à Lyon. «Nous prenons en charge douze patients en ESDM, douze heures par semaine, grâce à un financement de l’Agence régionale de santé, mais il faudrait trois fois plus de places, explique Marie-Maude Geoffray (hôpital du Vinatier, à Bron, près de Lyon), première professionnelle en France à être allée se former aux Etats-Unis pour dispenser l’enseignement aux familles. Du coup, nous développons – avec les moyens existants – et évaluons des formations auprès des parents (douze sessions d’une heure et demie), pour qu’ils puissent intervenir le plus tôt possible auprès de leur très jeune enfant.» Et la pédopsychiatre d’insister : «Les parents peuvent améliorer le développement de leur enfant, en utilisant les principes de l’ESDM dans les activités du quotidien, ou sous forme de séances. La formation doit être pratique, en présence du petit patient, et individualisée.»

Première à avoir expérimenté le modèle ESDM en France, à partir de 2010, le professeur Bernadette Rogé (Toulouse) s’engage dans la formation des professionnels, pour mieux diffuser cette approche dans notre pays. «Je suis assaillie de demandes», souligne la psychologue, qui a par ailleurs assuré la traduction française des deux manuels de Rogers et Dawson, l’un destiné aux professionnels (L’Intervention précoce en autisme, Dunod, 2013), l’autre aux familles (à paraître en 2016). Mais, en dépit de l’expertise de l’équipe toulousaine, les moyens manquent encore pour les prises en charge des petits patients. Pourtant, plaide Bernadette Rogé, «aujourd’hui, la question principale n’est plus celle de l’efficacité de l’ESDM, spectaculaire dans certains cas, mais celle des modalités d’application».

Lire aussi: Quand le génie et le handicap se tutoient à la tête des entreprises

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29 août 2016

La Ferme Nos Pilifs lance un projet d'insertion professionnelle pour jeunes autistes

article publié sur la Libre.be

BELGA Publié le vendredi 26 août 2016 à 15h25 - Mis à jour le vendredi 26 août 2016 à 15h26

La Ferme Nos Pilifs localisée à Neder-Over-Heembeek a inauguré vendredi son nouveau pôle de production de plantes indigènes et sa filière de formation destinée prioritairement aux jeunes autistes, en présence de la ministre fédérale du Budget Sophie Wilmès, de la ministre bruxelloise Céline Fremault, membre du Collège de la Commission communautaire française (Cocof) chargée des Personnes handicapées, et de l'administrateur délégué de Cap 48 Renault Tockert. La Ferme Nos Pilifs est une association qui emploie 140 personnes pourvues de handicaps de différents types, encadrées par une trentaine de personnes supplémentaires. Elle est active dans les secteurs de l'aménagement des jardins et de la production de légumes. Elle dispose sur ses 5 hectares d'une jardinerie ainsi que d'une boulangerie, d'un restaurant et d'une épicerie bio. Elle distribue également des paniers bio.

"La crise économique aidant, certains secteurs sont plus en difficulté et on a décidé d'internaliser la production de plantes, rejoignant ainsi les réseaux d'économie circulaire", a relaté Benoît Ceysens, directeur de la ferme. Ce projet ouvre l'association à la production de plantes condimentaires comme la ciboulette ou l'estragon et de plantes pour toitures vertes.

Pour cette nouvelle orientation, la ferme a construit des installations spécifiques et développé une filière de formation et de mise à l'emploi destinée prioritairement aux jeunes autistes qui sortent de l'école Ados Pilifs. Jusque 4 jeunes peuvent être formés simultanément de manière individualisée.

"Avec ce projet, on met un focus sur les jeunes autistes, car c'est un métier qui peut a priori convenir à ce type de handicap. Reproduire les plantes implique en effet d'effectuer des gestes assez répétitifs. La formation est totalement individualisée. Certains ne mettront que 6 mois à un an pour être formés. D'autres auront peut-être besoin de 3 ans en formation avant d'être assez productifs pour bénéficier d'un contrat de travail à la ferme", a expliqué Benoît Ceysens.

Ce nouveau projet de production de plantes indigènes et d'insertion professionnelle est soutenu à hauteur de 180.000 euros par la Cocof, Cap 48 et la Loterie nationale.

=> Voir aussi http://bx1.be/news/la-ferme-nos-pilifs-lance-un-projet-dinsertion-professionnelle-pour-jeunes-autistes/

27 août 2016

Information CRAIF - Centre de Ressources Autisme en Ile-de-France

Informations et inscription sur www.aidants-craif.org

Depuis le 16 avril et jusqu’au 26 novembre 2016, le Centre de Ressources Autisme en Île-de-France organise avec ses partenaires des sessions de formation en Ile-de-France à destination des aidants.

Se former pour mieux comprendre

Les actions de niveau 1 se sont terminées en juin 2016. Les actions de niveau 2 (cycle enfant et cycle adulte) démarrent au mois de septembre.

A ce jour, il nous reste des places pour le cycle adulte sur les 8 départements !

L’objectif ? Offrir aux aidants les connaissances et les outils pour disposer de repères et d’informations fiables et en connaissant les droits et démarches à effectuer. Les formations sont dispensées par des professionnels et des parents témoins. 

Vous pouvez retrouver les supports de formation ainsi que diverses ressources à destination des aidants sur notre site, onglet « ressources pédagogiques ».

Qui sont les aidants ?

Parents, fratries et grands-parents ou personnes de confiance...Les aidants sont tous ceux et toutes celles qui apportent une aide dans le cadre familial et la vie quotidienne. Ils jouent un rôle majeur dans l’accompagnement de l’enfant et dans l’apprentissage de son autonomie.

Aidez-nous à relayer les formations 

N’hésitez pas à relayer cette information.

Attention, le cycle enfant est complet mais les pré-inscriptions sont ouvertes pour 2017, de même pour les actions de niveau 1.

 

Informations et inscription sur www.aidants-craif.org

22 août 2016

Il y a près de 50 ans, L. Kanner acquittait les parents d'enfants autistes

article publié dans Médiapart

21 août 2016
Par Jean VinçotBlog : Le blog de Jean Vinçot

Il croyait enterrer le mythe de la mère-réfrigérateur. Aujourd'hui, en France, des associations professionnelles continuent à considérer les parents comme des adversaires à « contrôler » ou à écarter. Des extraits de « IN A DIFFERENT KEY - The Story of Autism » par John Donvan et Caren Zucker : "La mère réfrigérateur" et "La faute de Kanner"

 

On pourrait croire que personne ne véhicule encore le mythe de la « mère-réfrigérateur », que Bettelheim est bien oublié. Et pourtant, « La Forteresse Vide » peut encore être le seul livre publié par une école d’éducateurs. L'année dernière, sous prétexte de pluralisme des idées, une école a fait intervenir un spécialiste expliquant que toutes les mères d'enfants autistes avaient voulu tuer leur enfant, alors qu'un autre professeur ne trouvait comme exemple de causes environnementales que la dépression des mères (il avait signé un article sur le sujet il y a … 35 ans) et explosait se déclarant persécuté par les associations de parents.

Jacques Hochmann prétend expliquer les relations parents-professionnels par le « fantasme de vol d'enfants » et la « contagion de l'autisme » [chez les parents] (dans Revue française de psychanalyse 1/2013 ). 

« Le bébé autiste a souffert d'une chose très simple. Sa maman, qui peut être fort aimante au demeurant, n'a pas pu transmettre le sentiment du cadeau qu'il était pour elle et qui dès lors lui donnait sa place dans le discours qu'elle lui adressait, voire qu'elle lui chantait. Car la prosodie du discours maternel joue un rôle dans le développement de l'autisme. » Charles Melman – Le Télégramme de Brest – février 2014

« Les parents sont très souvent aux prises avec des difficultés psychopathologiques, soit parce que la maladie de leur enfant les rend malades dans leur parentalité, soit parce qu'ils sont eux mêmes en difficultés psychopathologiques. (ce dernier point est toutefois de plus en plus difficile à aborder, voire même interdit!) «  Pierre Delion - 9 mars 2013

Certains de ces professeurs sont devenus « émérites », mais ils enseignent et publient toujours.

« votre fils est autiste et il ne fera jamais rien de sa vie » © Asperansa « votre fils est autiste et il ne fera jamais rien de sa vie » © Asperansa

En examinant la liste des intervenants d'une formation universitaire sur l'autisme, une maman se crispe. « C'est à cause de lui [l'intervenant sur la psychanalyse] que nous avons dû déménager de Nantes. C'est lui qui nous a dit : « Puisque vous tenez à le savoir, oui, votre fils est autiste

Son fils a suivi des études en primaire et au collège, et cherche désormais sa voie professionnelle.  et il ne fera jamais rien de sa vie » et il nous a mis dehors en disant : « J'ai un autre rendez-vous ». »

Le Président du Collège National des Universitaires de pédo-psychiatrie éditioralise  :

  • « Autisme France et Europe ont continué leur travail de sape, de désinformation et d’activisme judiciaire/administratif puisque personne dans les administrations et au gouvernement ne cherche à contrôler leur activisme. « 
  • « Je regrette aussi que sur son initiative [Dr S. Neuville] soit discuté un statut spécial pour la formation continue des médecins dans l’autisme laissant une large part aux associations de parents. » 

Une attitude diamétralement opposée à d'Eric Schopler il y a 32 ans ou à celle de Léo Kanner il y a 52 ans, préfaçant le livre de Bernard Rimland, père d'un enfant autiste  .

Ou de celle de Laurent Mottron, travaillant avec Michelle Dawson, elle-même autiste. 

Laurent Mottron et Michelle Dawson Laurent Mottron et Michelle Dawson

 


Le déni va jusqu'à donner crédit à un groupuscule tel que le RAA »HP » - au sigle si évocateur -, se présentant comme « association de parents et de personnes autistes ».

Dans les structures médico-sociales pour adultes, il y a beaucoup plus de personnes avec un diagnostic de « psychose infantile » que de Troubles envahissants du développement – et en plus forte proportion que chez les enfants. Ils sont les témoins permanents de l'histoire encore récente du traitement psychiatrique de l'autisme. Et les associations professionnelles se mobilisent d'un bel élan unanime (en public) uniquement pour lutter contre l'influence excessive des personnes intéressées à travers leurs associations représentatives ? Alors qu'il y a tant à faire dans le secteur médico-social et le secteur sanitaire (public) ?

Seule réaction publique : celle du président de l'ARAPI, le Dr René Cassou de Saint-Mathurin 

La mobilisation des dirigeants des sociétés professionnelles contre les parents démontre une volonté de jouer un match retour contre les recommandations de la HAS et de l'ANESM de 2012, pendant la phase de finalisation des Recommandations pour les adultes autistes des mêmes organismes.


Extraits de "IN A DIFFERENT KEY - The Story of Autism" - John Donvan et Caren Zucker

 

"In a different key"

Fin du chapitre 7 - The Refrigerator Mother

pp.79-80

MÈRE RÉFRIGÉRATEUR. Ce fut le terme. Et ce fut une insulte - la première graine a été plantée dans le premier article due magazine Time sur le sujet de l'autisme, qui a paru le 26 Avril 1948, sous le titre «Médecine: enfants givrés." Le point principal de ce morceau était de présenter aux lecteurs l'existence de ces rares «schizoïdes de l'âge des couches », qui étaient «plus heureux lorsqu'ils étaient laissés seuls." Mais tout cela a été écrit avec un penchant empreint de blâme, résumé en une question rhétorique du magazine: "étaient-ce les parents froids qui ont gelé leurs enfants» dans l'autisme? Dans tous les cas documentés, selon le Time, les mères et les pères étaient d'un type particulier. Ce sont des parents qui «connaissaient à peine leurs enfants," qui étaient "froids" et "non démonstratifs." Pour parler franchement, «il y avait quelque chose de mal avec chacun d'eux."

Un expert cité à la fin de l'histoire offrait l'image qui définirait la discussion la plus publique de l'autisme pour les deux prochaines décennies. Ce fut sa métaphore du destin rencontré par ces jeunes, « pathétiques patients», comme le Time les a appelés, aux mains de leurs, mères et pères glacials, défectueux. Ces enfants, dit l'expert, ont été "gardés soigneusement dans un réfrigérateur qui n'a pas de dégivrage. "


Mère-réfrigérateur exceptionnellement chaleureuse Mère-réfrigérateur exceptionnellement chaleureuse
Au fil du temps, la discussion sur le blâme commencerait à regarder au-delà du rôle des pères et de se concentrera presque exclusivement sur les mères. La métaphore"réfrigérateur» collée à elles, la transformation de la sympathie pour leurs difficultés en mépris. Presque tout l'appareil de la psychiatrie américaine a participé à cette ostracisante et débilitante représentation de la mère en refrigérateur. Un expert en particulier, cependant, a pris le concept à un tel extrême que son nom est devenu synonyme du blâme de la mère: Bruno Bettelheim.

 Chapitre 9 -LA FAUTE DE KANNER

pp.89-94

EN 1949, LÉO KANNER A PUBLIÉ SON TROISIÈME ARTICLE PRINCIPAL sur ce qu'il a continué à appeler l'autisme infantile précoce, basé sur son traitement d'une cinquantaine d'enfants avec ce trouble. Dans ce document, il n'a jamais mentionné Mary, ou la famille Triplett, par son nom, aussi elle n'a presque certainement jamais appris le portrait qu'il peint d'elle là. Il était étonnamment peu flatteur.

Ce n'était pas seulement Mary qui bénéficiait d'un traitement sévère dans l'article. Les autres parents des enfants qu'il traitait ont également été jugés et condamnés. "Impossible d'ignorer,» écrivait-il, qu'il y avait un ensemble de caractéristiques observées dans «la grande majorité»: «froideur», «sérieux», «obsession», «détachement». Il a continué sur le «type mécanique d'attention» qu'ils accordaient à leurs enfants et le «manque maternel omniprésent de chaleur authentique" - si prononcé qu'il pouvait le voir en quelques secondes lorsque de nouvelles familles arrivaient à sa clinique. "Quand ils montent les escaliers, » écrivait-il,« l'enfant se tient tristement derrière la mère, qui ne prend même pas la peine de regarder en arrière ".

À un moment donné, son article de journal de 1949 arriva à une scène du ménage Triplett. Lui et Mary parlait alors que Donald, pas tout à fait douze ans, était dans la salle. Dans son article, Kanner a enregistré la scène qui a eu lieu:.. "Donald, le patient, assis à côté de sa mère sur le canapé. Elle a continué à se déplacer loin de lui, comme si elle ne pouvait pas affronter sa proximité physique. Lorsque Donald s'est déplacé avec elle, elle lui a finalement dit froidement d'aller s'asseoir sur une chaise ".

Les mêmes yeux qui avaient été en mesure de «voir» l'autisme avant tout le monde en étaient venus à voir le rejet parental comme un élément central du phénomène, très probablement une cause de celui-ci.

Kanner a suggéré ensuite que Mary et Beamon étalonnaient leur affection en se basant sur la capacité de Donald à effectuer des tâches. Il a écrit en termes cinglants sur le fait qu'ils poussaient le jeune garçon à des réalisations précoces inutiles, comme la mémorisation de listes de noms. Beaucoup de parents se sont rendus coupables de cela, a-t-il écrit. "Incapable de profiter de leurs enfants comme ils sont," ils se sont concentrés sur arriver à obtenir des enfants l'atteinte de certains buts objectifs: «la réalisation de la bonté, l'obéissance, le calme, bien manger, le contrôle de l'élimination le plus tôt possible, le vocabulaire le plus étendu, des exploits de mémoire " » 
Les enfants glacés en dehors répondaient à ces exigences de performance, suggérait Kanner, dans « une imploration de l'approbation des parents "Et quand ils explosaient dans des crises de colère, cela " servait d'opportunité - leur seule possibilité – pour des représailles ".

En résumé, il a conclu que les enfants atteints d'autisme «semblent se comporter comme s'ils se détournaient de la situation [leur maison] pour chercher un réconfort dans la solitude." C'était une protestation contre leur emprisonnement à l'intérieur des «réfrigérateurs émotionnels» de leur vie familiale.

BLAMER LES PARENTS était un changement important pour Kanner. Après tout, l'un de ses idées clés sur l'autisme en 1943 avait été que «la solitude des enfants" était évidente "dès le début de la vie», et que leur nature autiste ne pouvait être attribuée exclusivement - ou peut-être pas du tout - aux rapports parentaux précoces. Au contraire, Kanner avait déjà dessiné un trait important entre l'autisme et la schizophrénie en insistant que l'autisme était inné. Dans la phrase de clôture de son article repère de 1943 papier, il a utilisé le mot "inné" pour y mettre l'accent: «Car ici nous semblons avoir des exemples purs de troubles autistiques innés ».

De plus, il avait auparavant eu que des choses les plus positives à dire à propos de Mary Triplett. Il avait parlé à des collègues comment elle était capable en tant que mère. Et dans leur correspondance, il avait indiqué à plusieurs reprises qu'il l'admirait.

Kanner n'a jamais expliqué pourquoi, à la fin des années 1940, il a décidé de d'examiner Mary d'un regard impitoyable, ou pourquoi il a peint les parents en général comment étant au moins en partie à blâmer pour les comportements autistes de leurs enfants. En effet, de nombreuses années plus tard, il devait nier qu'il ait jamais tenu de tels points de vue sur les parents à blâmer et insister qu'il avait été mal cité. Mais cela n'était pas vrai.

Ce qui est certain: avant que Kanner ne commence à utiliser l'image du réfrigérateur, sa découverte de l'autisme était largement ignorée. Dans les premières années après son article de 1943, où figurait "Donald T," on parlait à peine de sa description des enfants avec "autisme infantile" inné dans la littérature médicale. Elle a attiré, au plus, une poignée de citations. La presse populaire n'y a prêté aucune attention. Pas un seul article de journal ou de magazine n'a fait mention de la condition que Kanner décrivait. Plus révélateur, personne ne confirmait ce qu'il avait vu nulle part ailleurs dans le monde. Jusqu'à 1950 ou plus, pratiquement tous les cas d'autisme ont été diagnostiqués à Baltimore, Maryland, par Léo Kanner lui-même. En bref,Kanner ne recevait pas de validation de ses collègues qu'il avait découvert quoi que ce soit.
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Au contraire, les gens que Kanner respectait lui ont dit qu'il n'a, en fait, rien découvert. Louise Despert, une psychiatre de New York que Kanner tenait en haute estime, lui a écrit que tout dans son article à propos de Donald s'interprétait "presque mot pour mot" comme une histoire de cas de schizophrénie. Ils ont eu une vive correspondance à ce sujet, au cours de laquelle Kanner a commencé clairement à vaciller dans ses convictions sur l'importance de ses propres conclusions. Il a même révisé son manuel au cours de cette période, en déplaçant l'autisme infantile dans la catégorie de la schizophrénie. Mais, comme s'il avait encore du mal à fixer son esprit, il lui a donné un sous-titre propre.

Peut-être quelque chose de semblable se trouve derrière son accent retrouvé sur le rôle des parents dans l'apparition de l'autisme. Appeler l'autisme inné allait contre le courant principal de la réflexion sur la maladie mentale. De l'avis de la psychiatrie, la maladie mentale a toujours été causée par des expériences émotionnelles traumatiques, et les mères ont presque toujours été considérées comme ayant joué un rôle dans le problème. Avec la schizophrénie, il y avait même un terme pour cela: la «mère schizophrénogenique." Si l'autisme appartenait à la catégorie de la schizophrénie après tout, il est facile de voir comment Kanner pouvait commencer à réfléchir à ce que les mères avaient fait pour apporter l'autisme chez leurs enfants.

Fait révélateur, ce fut seulement après que Kanner ait commencé à parler des enfants coincés "dans des réfrigérateurs émotionnels» que le magazine Time a voulu écrire sur l'autisme, et que le reste du champ psychiatrique a commencé à prendre connaissance. Comme son ancien assistant Léon Eisenberg l'a observé plus tard: «Quand Kanner a inventé le terme « mère réfrigérateur », 'son point de vue de l'autisme est devenu plus à la mode. " Kanner a appelé lui-même 1951, comme point de départ pour la réputation de l'autisme comme concept. Cette année-là, a-t-il dit plus tard, c'était quand «la situation a brusquement changé» et que ses conclusions ont commencé à acquérir de la crédibilité. Quelques cinquante-deux articles et un livre axé spécifiquement sur le sujet entre cette date et 1959, et l'autisme a commencé à être diagnostiqué chez enfants à l'étranger - d'abord en Hollande, puis ailleurs.

Kanner, au lieu de s'en tenir à sa conviction initiale sur l'autisme comme étant inné, avait hésité. Et ainsi le diagnostic qu'il avait inventé a commencé à prendre de l'ampleur et de la notoriété, et le mythe de la mère-réfrigérateur a été lâché dans le monde pour de nombreuses années à venir.

mere-frigo


En 1966, quand tout psychiatre ou travailleur social disait à Rita Tepper [*] et à d'autres mères que l'autisme de leur enfant était leur faute, Kanner était tranquillement retourné à penser qu'il avait eu raison la première fois - que l'autisme était quelque chose avec lesquels les enfants sont nés, et que l'amour d'une mère, ou la négligence, n'a rien à voir avec cela. Kanner peut avoir lu certaines des premières études démontrant des modèles distincts de réception sensorielle chez les enfants, ce qui suggère une composante neurologique à l'autisme. Il a également été le mentor d' un jeune chercheur du nom de Bernard Rimland, qui démontrait de manière convaincante que la condition était organique. Impressionné, Kanner a exhorté Rimland à continuer.

Quelque chose d'autre a peut-être poussé Kanner loin du camp du blâme de la mère. Il avait seulement du dédain pour Bruno Bettelheim. Sans doute, c'était exaspérant que le livre le plus lu sur l'autisme dans les années 1960 avait le nom de Bettelheim sur la couverture plutôt que le sien, mais ce ne fut pas seulement cela. Quand il regardait le travail de Bettelheim, il ne vit la plupart du temps que grandiloquence et assertions non vérifiées. En 1969, il a ouvertement ridiculisé le livre et l'homme devant une assemblée de parents, à Washington, DC.

"Inutile de vous mentionner le livre," Kanner dit-il, se confiant à ses auditeurs, presque tous des mères et des pères d'enfants autistes, qui savaient qu'il parlait de « La forteresse vide ». "Un livre vide, je l'appelle," a-t-il ajouté, au cas où quelqu'un ait raté la référence.

Kanner dit aux parents qu'il avait personnellement passé au peigne fin un chapitre de quarante-six pages, ligne par ligne. "Sur ces quarante-six pages," a-t-il déclaré, "j'ai compté environ cent cinquante fois où l'auteur dit« il se peut »,« peut-être », et « ce peut juste être une simple spéculation ». Cent cinquante fois!

"S'il vous plaît," implora-t-il son auditoire. «Méfiez-vous de ce type de gens qui vous disent dictatorialement 'Ceci est ce qu'il est parce que je le dis." Nous devons encore être très prudents ".

Puisque l'audience de Kanner était mieux informée que la plupart, il a également pris quelques instants pour répondre sur son propre rôle dans le fiasco du blâme de la mère. Son approche était directe: il a simplement nié toute responsabilité. "De la première publication à la dernière," a-t-il insisté, "j'ai parlés de cette condition en termes non équivoques comme« innée. »Quant au mythe réfrigérateur-mère, c'était un malentendu. «J'ai été mal cité souvent comme ayant dit que« c'est tout de la faute des parents, " dit-il aux mères et aux pères. «Je n'ai jamais dit cela." Cela était techniquement vrai, mais il a soigneusement évité son rôle dans la propagation de cette idée.

Puis il prononça ces sept mots, dont l'effet a été électrisant: "Herewith I acquit you people as parents » ["Par la présente, je vous acquitte en tant que parents"], dit-il.

Tout le monde a compris ce qu'il voulait dire. Il racontait à toutes les mères présentes, ainsi qu'à celles non présentes, que l'état de leurs enfants n'était en aucune façon leur faute.

Les applaudissements ont ricoché sur les murs et au-delà - un élan de reconnaissance et de soulagement, venant d'abord des mères. Debout, applaudissant, certains étaient en larmes. Les pères aussi. Un parent plus tard a décrit le moment comme «passionnant», car c'était non seulement une phrase de leur appréciation partagée remontant et se répandant au-delà de la salle de bal. C'était la phrase libérant de la honte refoulée. Plus tard, un bulletin d'information de parents parla de lui comme «Notre bien-aimé Dr Kanner." Léo Kanner avait changé d'avis sur l'autisme pour la dernière fois.


BRUNO BETTELHEIM JAMAIS n'a changé d'avis. À l'été 1971, Bettelheim est apparu en tant qu'invité sur l'émission de Dick Cavett. La théorie réfrigérateur-mère était toujours debout dans une grande partie du paysage psychiatrique, mais elle reculait de plus en plus . Beaucoup plus avait été écrit alors au sujet de Bettelheim lui-même, qui était encore à l'université de Chicago diregeant l'École orthogénique et la prise en charge des enfants atteints d'autisme. Il avait été rapporté que les parents étaient bannis de l'école, et qu'il y avait en vedette une sculpture de jardin d'une figure de mère couchée, sur laquelle les enfants étaient encouragés à tirer comme ils allaient et venaient. Pourtant, Bettelheim était encore une figure importante, et ses pensées sur l'autisme façonnaient encore la pensée populaire sur la condition.

Cette nuit-là, probablement des millions regardaient quand Cavett a demandé à Bettelheim d'expliquer l'autisme. C'était, dit Cavett, "la perturbation psychotique la plus grave de l'enfance connue de l'homme." Cavett voulait en savoir plus, donc Bettelheim a commencé à expliquer, en douceur et avec émotion, ce que l'autisme chez un enfant vraiment représentait: une forme de désespoir.

"
Pour survivre," Bettelheim dit, "vous devez sentir que vous êtes terriblement important pour quelqu'un."

Cavett a sauté dessus: "
Que quelqu'un s'en soucie."

Oui, c'était tout, a convenu Bettelheim. "
Dans le cas de ces enfants extrêmement perturbés, non seulement personne ne s'en souciait, mais il y avait un souhait que ce serait beaucoup mieux si l'enfant ne vive pas."

Le lendemain matin, à travers l'Amérique, les mères d'enfants avec autisme seraient perçues différemment par tous ceux qui avaient regardé l'émission de la veille, et pas en mieux. Médecins, enseignants spécialisés, diplômés en psychologie, belles-mères, voisins, ils en avaient tous entendu parler de la même façon. Lorsque les enfants étaient autistes, c'était parce que leurs mères voulaient leur mort.

[*] La découverte par Rita Tepper en 1966 de l'autisme de son fils fait l'objet du chapitre 7 de « In a different key », qui se termine par l'extrait précédent.

Lire aussi :

Donald Triplett, le premier enfant autiste (The Atlantic - 2010)

Un homme heureux (In a different key - chapitre 46 - 2015)

Hans Asperger a découvert l'autisme avant Kanner

25 juillet 2016

Formation du personnel en autisme : Le One-Eyed Wo / Man ...

24 juillet 2016

article publié sur le blog Autisme Information Science

Traduction: G.M.
 
Une attention toute particulière pour cet article qui est le 2000ème paru sur le blog Autisme Information Science, qui a démarré grâce à José Klingbeil !

Un article d'actualité puisqu'il est question de formation du personnel dans l'autisme. En toute logique, la formation des équipes devrait être le point clé des prochains "plan autisme" et des recommandations pour les adultes, à moins qu'elles ne soient phagocytées par les psychanalystes de service, qui prônent les formations fondées sur l'absence de preuves... et le modèle pseudo-scientifique du début du XXème siècle...
 
 
 
Int J Environ Res Public Health. 2016 Jul 16;13(7). pii: E716. doi: 10.3390/ijerph13070716.
Staff Training in Autism: The One-Eyed Wo/Man….
Author information
  • 1Centre for Behaviour Analysis, Queen's University Belfast, Belfast BT7 1NN, UK. k.dillenburger@qub.ac.uk
  • 2Centre for Behaviour Analysis, Queen's University Belfast, Belfast BT7 1NN, UK. l.mckerr@qub.ac.uk
  • 3Centre for Behaviour Analysis, Queen's University Belfast, Belfast BT7 1NN, UK. ja.jordan@qub.ac.uk
  • 4School of Psychology, Ulster University at Coleraine, Londonderry BT52 1SA, UK. m.keenan@ulster.ac.uk
Abstract
Having well-trained staff is key to ensuring good quality autism services, especially since people affected with autism generally tend to have higher support needs than other populations in terms of daily living, as well as their mental and physical health. Poorly-trained staff can have detrimental effects on service provision and staff morale and can lead to staff burn-out, as well as increased service user anxiety and stress. This paper reports on a survey with health, social care, and education staff who work within the statutory autism services sector in the UK that explored their knowledge and training with regards to autism. Interview data obtained from staff and service users offer qualitative illustrations of survey findings. Overall, the findings expose an acute lack of autism-specific training that has detrimental impacts. At best, this training was based on brief and very basic awareness raising rather than on in-depth understanding of issues related to autism or skills for evidence-based practice. Service users were concerned with the effects that the lack of staff training had on the services they received. The paper concludes with a discussion of policy routes to achieving quality staff training based on international best practice. The focus is on improving the quality of life and mental health for services users and staff, as well as making potentially significant cost-savings for governments. 
Avoir un personnel bien formé est essentiel pour assurer des services de bonne qualité dans l'autisme, d'autant plus que les personnes avec autisme ont généralement tendance à avoir des besoins de soutien plus importants que d'autres populations en termes de la vie quotidienne, ainsi que pour leur santé mentale et physique. Le personnel mal formé peut avoir des effets néfastes sur la prestation de services et le moral du personnel et peut conduire le personnel au burn-out, ainsi que de l'anxiété et du stress accru pour l'utilisateur du service . Ce document rend compte d'une enquête avec du personnel de santé, des services sociaux, et de l'éducation qui travaillent dans le secteur légal des services de l'autisme au Royaume-Uni, qui a exploré leurs connaissances et la formation en ce qui concerne l'autisme. Les données des entrevues obtenues auprès du personnel et des services utilisateurs offrent des illustrations qualitatives des résultats de l'enquête. Dans l'ensemble, les conclusions montrent un manque aigu de formation spécifique à l'autisme qui a des effets néfastes. Au mieux, cette formation a été basée sur une sensibilisation brève et très basique plutôt que sur la compréhension approfondie des questions liées à l'autisme ou des compétences pour la pratique fondée sur des preuves. Les utilisateurs de services ont été concernés par les effets que le manque de formation du personnel avait sur les services qu'ils ont reçus. Le document se termine par une discussion sur les chemins politiques de la politique vers la réalisation de la formation de qualité du personnel , fondée sur les meilleures pratiques internationales. L'accent est mis sur l'amélioration de la qualité de vie et de santé mentale pour les usagers des services et du personnel, ainsi que sur la réalisation d'économies potentiellement importantes pour les gouvernements.
PMID: 27438846

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1 juillet 2016

La justice face à l'autisme : une formation s'impose !

article publié sur handicap.fr

Résumé : Placements abusifs d'enfants autistes, parents accusés de maltraitance... La justice a parfois la main lourde lorsqu'elle est face à ces troubles méconnus. Le Gouvernement annexe donc au plan autisme des dispositifs pour former ses magistrats.

Par , le 23-06-2016

Depuis des mois, le cas de Rachel défraye la chronique et agite les tribunaux (article en lien ci-dessous). Cette maman s'est vu retirer la garde de ses trois enfants autistes sur décision de justice sous prétexte qu'elle provoquait leurs symptômes. Dès août 2015, la  situation de cette famille mobilise le milieu associatif (127 associations au total) qui y voit un cas emblématique de placement abusif dû à une méconnaissance de ce handicap.

Maltraités ou Asperger ?

Depuis, les trois enfants ont été diagnostiqués autistes Asperger par le Centre de ressources autisme Rhône-Alpes. Or, en janvier 2016, lors de l'audience d'appel, le ministère public a demandé le maintien du placement et de la séparation de la fratrie. Décision renouvelée le 24 juin. Les associations dénoncent les « dysfonctionnements » de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et une « vision préhistorique de l'autisme » basée sur une approche psychanalytique. Et, plus globalement, des « dérapages qui ont déjà fait l'objet de plusieurs rapports officiels depuis 15 ans », et qui touchent souvent des mamans seules. Comment, dans ce contexte, aider la justice à faire la différence entre des troubles neurologiques et la maltraitance parentale, voire les conséquences d'un syndrome de Münchhausen par procuration -ce dont des experts psychiatres continuent d'accuser Rachel- ? Ces suspicions ne concernent d'ailleurs pas seulement l'autisme ; certains parents d'enfants atteints par exemple de la maladie des os de verre (les os se brisent en morceaux) sont parfois suspectés de mauvais traitements. D'autres handicaps encore...

Des connaissances insuffisantes

Pour éviter ce genre de « malaise», en avril 2016, le gouvernement a souhaité ajouter au Plan autisme 2013-2017 une « Fiche nouvelle action » qui porte le N°38. Elle vise à prendre en compte les spécificités des troubles du spectre de l'autisme dans le processus de décisions en protection de l'enfance. En d'autres termes, à sensibiliser les magistrats et les professionnels concernés à ce type de troubles visiblement encore méconnus. Le texte affirme en effet « qu'ils ne disposent pas tous de la formation et des informations actualisées sur les troubles du spectre de l'autisme (TSA), ni des contacts, relais et ressources spécialisés et compétentes sur le territoire leur permettant de prendre en compte de façon éclairée les spécificités des TSA dans le cadre de leurs missions ». Cette situation peut alors conduire à des décisions en contradiction avec l'intérêt de l'enfant et générer des informations préoccupantes ou des signalements qui ne tiennent pas compte de son handicap et des difficultés rencontrées par les familles. Certains comportements peuvent en effet être interprétés comme la conséquence de maltraitance alors qu'ils sont spécifiques aux troubles du spectre de l'autisme. Comment faire la part des choses ?

Une carence dans l'offre d'accompagnement

Le texte constate également que les difficultés de comportement repérées peuvent s'expliquer par une carence de l'offre d'accompagnement adapté aux TSA, notamment les interventions recommandées par la Haute autorité de santé et l'ANESM en mars 2012, l'état des connaissances scientifiques en 2010 et les recommandations portant sur le diagnostic d'autisme chez l'enfant de 2005. L'objectif de cette annexe est donc, par ailleurs, de proposer pour l'ensemble des professionnels de la protection de l'enfance et de la justice des outils pour pouvoir soutenir les parents et répondre aux demandes éventuelles d'accompagnement de leur enfant avec TSA, tout en exerçant de façon éclairée leur mission d'identification de danger ou de danger potentiel. Tous les professionnels sont concernés par cette question : ceux impliqués dans le premier niveau d'informations préoccupantes, les services qui conduisent les mesures judiciaires, les magistrats, les enseignants, les experts judiciaires.

Onze actions au programme

Onze actions au total doivent être menées, notamment des programmes de formation continue sur l'autisme et le développement des connaissances des magistrats et juges pour enfants en matière de handicap et de santé. Pour ce faire, l'annexe prévoit d'organiser régulièrement une conférence sur l'autisme au sein des écoles de la magistrature. Les professionnels devront également pouvoir s'appuyer sur des outils communs, comme des grilles de signaux d'alerte ou un guide, qui permettront de faciliter le repérage de l'autisme et rendront ainsi plus fiables les signalements. Enfin, le texte prévoit la désignation d'un médecin référent protection de l'enfance au sein du département pour une meilleure prise en compte des besoins de l'enfant ; les parents pourront exprimer leur point de vue lors de l'évaluation et être assistés d'un tiers.

Un comité spécifique, interministériel, a été installé dès le mois de mai pour 2016 décliner ce plan et en assurer le suivi opérationnel. Le comité de suivi s'est réuni le 15 juin. Le Défenseur des droits a été associé à l'élaboration de cette annexe et peut, lui aussi, suivre sa mise en œuvre.

© Maria B./Fotolia


 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

10 juin 2016

Rachel, dont les trois enfants ont été placés en foyer, est-elle victime d'une incroyable erreur judiciaire ?

Mis à jour : 07-06-2016 17:18
- Créé : 07-06-2016 16:59

DROITS DE L’ENFANCE - Une jeune maman de 30 ans est séparée depuis plus d’un an de ses trois enfants, après avoir indiqué au corps médical qu’elle les pensait atteints d’autisme. Alors qu’on lui reproche d’avoir inventé ces troubles autistiques, elle se bat aujourd’hui pour récupérer son droit de garde. Une affaire complexe à nouveau examinée par le juge des enfants ce mercredi 8 juin au tribunal de Grenoble.
On reproche à Rachel, maman de 30 ans, d'avoir inventé les troubles autistiques de ses enfants. 

On reproche à Rachel, maman de 30 ans, d'avoir inventé les troubles autistiques de ses enfants. 

Photo d'illustration / Sipa Press

 

4 juin 2016

L'auteure du Royaume de Tristan nous parle de l'autisme en France

article publié dans le blog de Hop Toys


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Publié le 21 avril 2016 / par Amandine / Temps de lecture estimé 5 min.

Partie 3 : L’auteure du Royaume de Tristan nous parle de l’autisme en France

Chez Hop’Toys nous avons récemment lu le livre d’Anne-Sophie Ferry, Le Royaume de Tristan. Nous l’avons lu avec beaucoup de compréhension et d’empathie. Suite à cette lecture, nous avons souhaité partir à sa rencontre afin d’en savoir plus sur son histoire mais aussi les méthodes comportementalistes pour sensibiliser mais aussi apporter des réponses à notre communauté.

Pour approfondir un maximum ces sujets intéressants nous avons décidé de couper l’interview en 3 parties distinctes qui correspondront à 3 articles sur notre blog. Voici la dernière partie !

Avant de débuter cet article nous souhaitons remercier Anne-Sophie Ferry qui a pris le temps de répondre à toutes nos questions de la manière la plus complète possible. :) Encore Merci !

Qu’en est-il aujourd’hui en France concernant l’autisme ? Il y a-t-il des évolutions ? Les méthodes comportementales sont-elles reconnues ?

Il existe une dichotomie absurde unique dans notre pays.

Pour résumer car le chantier est très, très vaste, la Haute Autorité de Santé proscrit la psychanalyse comme traitement de l’autisme, et préconise les approches comportementales. C’est donc plus que reconnu, d’ailleurs  l’ONU a épinglé 5 fois la France à ce sujet. C’est ici qu’apparaît le paradoxe: la France croule sous les plaintes du conseil européen, se ridiculise au niveau mondial, mais si vous entrez dans un hôpital de jour et posez la question au chef de service: personne n’est au courant, tout va bien, l’autisme en France c’est super…

J’ai reçu un grand nombre de messages après la sortie du livre, de professionnels « de terrain » – éducateurs, psychologues,  infirmiers, AVS, etc ….ils se battent pour recevoir ces formations, afin de faire mieux vivre les enfants en instituts, afin d’avoir les techniques pour leur transmettre des apprentissages. Mais une hiérarchie et des collègues réfractaires préfèrent travailler « à l’ancienne mode », ce qui paralyse toute évolution possible des prises en charges. Il y aurait tant à dire sur ce propos, que  je recommande la lecture du livre, « AUTIME: LA GRANDE ENQUETE », de Florent Chapel, où tout est expliqué.

Heureusement, il y a une évolution  » parallèle » avec beaucoup d’instituts aux « normes » qui ouvrent et qu’on appelle  « expérimentaux » alors que ces pratiques existent depuis 50 ans dans le monde (!) , mais il n’y a pas assez de place : des centaines de milliers d’enfants attendent encore, ballottés entre des diagnostics contradictoires et des prises en charges sans effet. A part ces exceptions, on ne constate aucune formation correcte ni pratiques adaptées dans les instituts  » traditionnels » du secteur public. Hélas, au lieu d’y avoir une cohérence interprofessionnelle et dans toute la France, des familles se perdent dans le labyrinthe : le secteur public avec le clan psychanalytique et pluridisciplinaire qui tentent timidement quelques approches de tous bords- sans résultats probants – et le comportemental, non remboursé, donc parfois inaccessible.

Quels conseils donneriez-vous aux parents d’enfants porteurs de troubles autistiques ?

D’abord je leur conseillerais de se rapprocher très rapidement des CRA ( centres ressource autisme ), car c’est ici qu’ils auront accès aux protocoles aux normes pour les diagnostics corrects. C’est là qu’ils seront conseillés:  par exemple c’est le CRA de Bordeaux qui m’a conseillé les approches comportementales. Ensuite, je conseille qu’ils prennent contact avec une association Autisme de leur région, normalement ils seront guidés. Il pourront être aidés pour effectuer des démarches auprès de la MDPH afin d’ avoir des financements, puisque l’ABA n’est toujours pas remboursé. Et s’ils le peuvent, s’ils sont dans une région qui le permet, s’entourer de professionnels qualifiés.

Je leur conseille ensuite de suivre des formations ABA ( idéalement à Lille 3, mais sinon auprès de professionnels certifiés ) comme je le disais précédemment, afin de comprendre mieux leur enfant et sa prise en charge.

Par contre, je ne conseille à personne de faire comme moi: être seule thérapeute est juste un pis aller. De plus, l’enfant ne généralise pas ce qu’il a appris, mais bien sûr si on n’a aucun financement pour les prises en charges en libéral, on n’a pas le choix, c’est mieux que rien.

En priorité, je donnerai le meilleur conseil que l’on nous a transmis à Lille 3: toujours croire dans les capacités de l’enfant aussi handicapé soit il. Avec un très bon travail, on découvre souvent des ressources surprenantes. Donc, toujours travailler en gardant à l’esprit les progrès qu’il va faire et en ayant confiance dans l’enfant.

Une question nous brûle les lèvres : aujourd’hui comment va Tristan ?

Aujourd’hui Tristan va bien, mais il pourrait aller mieux s’il n’avait pas si peu d’heures de prise en charge faute de moyens ( 2h/semaine et  4h de trajet);  il progresse lentement, au niveau du langage il échange parfois très bien, il commence à lire et à comprendre de plus en plus de concepts abstraits et de situations entre les personnes. Mais avec son père nous rêvons qu’un jour il bénéficie d’une équipe tous les jours pour me relayer et lui apprendre à vivre, faire du sport, retourner à l’école, etc…

Reste à espérer que la France nous donnera un jour les moyens de faire progresser Tristan.

Je vous remercie beaucoup de m’avoir permis de parler de Tristan et de la situation de l’autisme en France. Merci à toute l’équipe de Hop Toys 🙂

Lire la Partie 1

Lire la Partie 2

28 mai 2016

Rappel -> La gestion des comportements agressifs ITCA - intervenant Jocelyn BOURDEAU - par EDI Formation

22 mai 2016

Vidéo -> Intervention de Ségolène Neuville lors du 56ème congrès de l'UNAPEI - 20 mai 2016

Intervention de Ségolène Neuville, Secrétaire d'Etat aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion lors du 56 e congrès de l'Unapei à Colmar (20 mai 2016)


56e Congrès de l'Unapei - Ségolène Neuville... par Unapei

7 mai 2016

Enfants handicapés en crèches : des pros mieux formés !

article publié sur Handicap.fr

Résumé : La Croix rouge souhaite accueillir plus d'enfants handicapés dans ses crèches. Comme point de départ, l'association lance un programme de formation à destination de ses professionnels pour une meilleure prise en charge de l'autisme.

Par , le 07-05-2016

Des jeux pour s'éveiller, de l'interaction pour se socialiser, des ateliers pour créer… Dans les crèches, les activités des tout-petits sont autant d'occasions de se découvrir et de se faire confiance, de s'ouvrir au monde. Ce cadre a priori bienveillant n'est pourtant pas toujours adapté aux enfants autistes lorsque les troubles qui les affectent n'ont pas encore été repérés. Pour faciliter leur inclusion et diriger les familles vers les bons interlocuteurs, la Croix rouge organise des formations auprès des 800 salariés que comptent ses soixante crèches.

Un pas vers d'autres handicaps

Ce projet ambitieux s'inscrit dans une volonté plus globale : mieux accueillir et accompagner les enfants en situation de handicap. « Cette démarche nous est parue intéressante parce qu'elle comprend beaucoup d'outils utilisables pour d'autres formes de handicaps, telles que les déficiences intellectuelles. Nous comptons aussi améliorer l'accompagnement des petits en situation de handicap sensoriel et physique », précise Céline Poulet, déléguée nationale à la Croix rouge, en charge du handicap.

Premier maillon de la chaîne

Face à une mauvaise orientation, les parents d'enfants autistes peuvent se sentir dépassés. Tentés de « tout arrêter ». L'engagement de la Croix rouge est une réponse aux demandes d'accompagnement formulées par ces familles, suite à la journée mondiale de l'autisme du 2 avril 2016. Dans le processus de prise en charge, la crèche, nouveau lieu d'interactions sociales, apparaît en effet comme le premier maillon de la chaîne. « C'est là qu'il est possible de détecter des troubles autistiques dans le comportement d'un enfant. Nous voulons dédramatiser les situations et repérer ces troubles rapidement, pour, ensuite, accélérer les démarches de diagnostic », ajoute la déléguée.

Formation interactive

Comme le jeu sert l'apprentissage, des outils pédagogiques ludiques sont utilisés pour former les équipes éducatives. Le serious game Tsara (article en lien ci-dessous), développé par le CRA (Centre de ressources autisme) d'Ile de France, facilite les recommandations de bonne pratique (RBPP) grâce à un jeu vidéo riche en mises en scène. « Pour adopter les bons réflexes, nous sommes aussi partis d'un recensement. Dans les crèches de notre réseau où l'accompagnement des enfants autistes se passe bien, nous avons demandé conseil aux professionnels afin de connaître leurs démarches et les obstacles qu'ils peuvent rencontrer », précise Céline Poulet.

Inscrire les parents dans ce réseau

Élaboré avec des professionnels et avec des familles d'enfants autistes, le programme inclut aussi un module de formation à des gestes en prolongement d'un travail thérapeutique spécifique. Sur demande, des professionnels issus de centres spécialisés pourront intervenir temporairement dans les crèches. « Nous voulons développer un véritable réseau puisque notre association compte des intervenants du secteur médico-social et sanitaire, ajoute la déléguée. La priorité étant d'inscrire les parents dans ce réseau et de ne pas les laisser seuls avec leurs questions. » Le pilote d'essai de cette formation débutera en juin 2016, à Paris.

26 avril 2016

Le guide autisme pour les MDPH

25 avr. 2016
Par Jean VinçotBlog : Le blog de Jean Vinçot
La CNSA vient enfin de publier un guide à destination essentiellement des MDPH concernant l'autisme. En prendre connaissance peut permettre de mieux présenter les demandes. Cela permet de comprendre le raisonnement des équipes pluridisciplinaires des MDPH. Des extraits et remarques, à partir des problèmes rencontrés par l’association ou au sein d'une CDAPH.
Guide MDPH autisme Guide MDPH autisme
Le guide (138 pages) commence par une description du diagnostic et du fonctionnement des personnes avec TSA.

Le diagnostic doit se faire avec la CIM-10

Utile rappel page 10: «Tout diagnostic figurant en classification CFTMEA doit être mentionné en équivalent CIM-10 « 

Ce n'est pas tellement difficile : pour le RIMP (relevé informatisé médical en psychiatrie), les éditeurs de la CFTMEA fournissent un logiciel de conversion automatisé du diagnostic CFTMEA en CIM-10. A la MDPH, cela devrait être pareil : « psychose infantile » dans un certificat médical doit se traduire par « TED »= F84 et doit être introduit dans le système informatique.

P.13 : "C’est parmi les diagnostics de syndrome d’Asperger et de TED non spécifié (TED NOS) du DSM-IV que se trouvent le plus de cas non retenus par les critères DSM-5. "  Pas vraiment pour le Syndrome d'Asperger (SA) : 95% restent en TSA.[à revoir : note et 05.2014)

P.16 : l'explication sur les particularités sensorielles est intéressante. Elle signale bien qu'il ne s'agit pas de déficits, mais que cela peut représenter un handicap, exemples à l'appui.

P.19, il est rappelé que " 1 à 10 % ont un travail à temps complet " . Autant dire que les personnes autistes ont une restriction durable et substantielle pour l'accès à l'emploi en général (condition pour obtenir l'AAH si le taux est inférieur à 80%).

Ne pas attendre – ne pas attendre – ne pas attendre un diagnostic par le CRA !!!!

P.21, point essentiel, rappel p.23, p.47, p. 48 :

« Il n’est pas nécessaire d’attendre l’établissement d’un diagnostic formel (aussi bien nosologique que fonctionnel complet) pour préconiser une orientation vers des interventions personnalisées ou pour proposer et mettre en œuvre des mesures de compensation. Dès que des limitations d’activités sont identifiées et décrites, avec leurs répercussions dans la vie quotidienne de la personne, même si elles ne sont pas encore toutes connues, l’évaluation de la situation individuelle doit être enclenchée pour identifier des besoins et mettre en place des réponses adaptées.

Néanmoins, une suspicion de TSA peut ne pas être suffisante pour envisager la mise en œuvre de toutes les réponses de compensation proposées par les MDPH pour les personnes avec TSA. La démarche diagnostique nécessite ainsi d’être poursuivie et finalisée. « 

P.22 : « le Modified Cheklist for Autism in Toddlers (M-CHAT – Robins, Fein, Barton and Green, 2001) est un court questionnaire qui peut être donné aux parents d’enfants âgés de seize à trente mois et renseigné dans la salle d’attente « 

Version officielle : http://www.asperansa.org/m-chat/

P.26 : « Un diagnostic posé par un médecin libéral, utilisant des outils standardisés recommandés, est valide. Il est souhaitable qu’y soient joints plusieurs bilans fonctionnels. Il n’y a aucune nécessité à exiger une confirmation ou une nouvelle batterie d’examens par le CRA ou toute autre équipe pluridisciplinaire. « 

Il est également noté : « Le rôle des MDPH n’est pas de confirmer ou d’infirmer le diagnostic et les évaluations du fonctionnement. Elles peuvent néanmoins, en cas de diagnostic non conforme à la classification internationale, le « questionner » pour aider la personne et sa famille à s’orienter vers des équipes pluridisciplinaires en capacité de réviser/compléter le diagnostic tout en enclenchant des premières réponses au regard des altérations de fonctions identifiées. « 

En face d'un diagnostic de « psychose infantile », les équipes de MDPH devraient donc signaler à la personne ou à sa famille qu'il est nécessaire de s'adresser à des équipes qualifiées.

Je vois ce conseil essentiel pour le cas particulier des ITEP. Il y a 131 enfants avec un diagnostic de « psychose infantile » dans les ITEP de Bretagne, alors que les ITEP, prévus pour les troubles du comportement, sont officiellement déconseillés pour les TED. 35% des enfants en ITEP sont dans cette situation. Remettre en cause cet état de fait inacceptable aura des conséquences économiques : il y aura résistance au changement. Ce sont en général des enfants dont l'Education Nationale ne veut plus. Mais qui doivent y trouver leur place.

Les habiletés sociales et autres

P.36 : « Parmi les interventions proposées pour aider l’enfant/adolescent à développer ses habiletés sociales, sont recommandées : (...) •les interventions en séances individuelles et/ou en petit groupepermettant d’expérimenter des situations de partage, tour de rôle, attention à l’autre, reconnaissance et prise en compte des émotions, pensées et intentions de l’autre (théorie de l’esprit) afin d’aider l’enfant/adolescent à anticiper, prévoir, comprendre l’autre, généraliser et apprendre. "

P.39 : "Des programmes spécifiques et adaptés (groupes de compétences sociales, ateliers portant sur la vie affective et sociale), animés par des professionnels formés, peuvent également être proposés par les équipes d’interventions aux adolescent(e)s. "« 

Difficulté dans une MDPH : elle exige que les groupes d'habiletés sociales organisés par les associations respectent les règles concernant le regroupement des mineurs. Mais quelles règles ? Il ne s'agit pas d'activités de vacances ou de loisirs, il y a moins de 15 séances de deux heures par an, il n'y a pas plus de 7 personnes ...

P. 37 : « Les activités physiques et sportives, les activités musicales et les activités réalisées avec les animaux ne peuvent être considérées en l’état des connaissances comme thérapeutiques, mais constituent des pratiques pouvant participer à l’épanouissement personnel et social de certains enfants/adolescents avec TSA, selon leurs centres d’intérêt, s’ils bénéficient d’un accompagnement spécifique. »

Interventions recommandées

« La troisième partie présente les interventions personnalisées, globales et coordonnées visant le développement du fonctionnement d’une personne avec TSA et l’acquisition de comportements adaptés. Cette description des interventions est, en quelque sorte, une synthèse des recommandations de bonnes pratiques professionnelles publiées en 2012 par la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM). Par ailleurs, l’accompagnement par le job coaching pour l’accès et le maintien dans l’emploi ainsi que la guidance parentale pour un soutien aux parents et aux proches, dans le cadre de la mise en place d’interventions personnalisées par exemple, sont également décrits dans ce chapitre.

P 40 le job coaching.

P41 Guidance parentale, dont :

« favoriser des espaces de parole (individuels ou collectifs) pour les membres de la famille (parents, fratrie, autres membres…) qui en expriment le souhait et le besoin. "  Je note amèrement que c'est ce que faisait le CRA de Bretagne, et qui a été supprimé en janvier 2013 (cf. p.6).

Avec ce chapitre sur la guidance parentale, cela justifie les demandes de financement de formation des parents ou de guidance parentale à domicile. Ce qui est rappelé page 45.

PP 45-46 "Les autres dispositifs (de formation, de répit) susceptibles d’apporter un soutien aux familles font l’objet de la quatrième partie du guide. "

L'appréciation des besoins par la MDPH

p.52 : Vous trouverez la description des éléments qui permettront à l'équipe de la MDPH d'apprécier les besoins. L'entourage peut donner des informations : ce recueil d'informations a été organisé pour le handicap psychique dans certaines MDPH. Cette méthode pourrait aussi être utilisée pour des adultes TED, avec leur accord.

p.56 sont précisés les domaines des besoins. Puis " Cette démarche de mise en évidence des besoins par les équipes des MDPH doit être faite « hors contrainte de l’offre », sans présupposer les réponses possibles. C’est ce qui permettra l’élaboration d’un plan personnalisé de compensation mobilisant les solutions les plus adéquates, non seulement au regard des besoins de la personne, mais également au regard de ses attentes sans se limiter obligatoirement aux demandes explicitement formulées par la personne ou ceux qui l’accompagnent. La démarche d’évaluation n’est pas une finalité en soi : elle n’a de sens que dans l’objectif d’élaborer des réponses personnalisées de compensation du handicap. " La réponse de la MDPH se limite trop souvent aux demandes faites, alors qu'elle pourrait aussi indiquer les solutions qui ne dépendent pas d'elle.

P. 60 à 84, sont déroulées de nombreuses activités. Savoir bien répondre sur ces activités pourra notamment permettre d'accéder à la PCH.

P.99 : "Quand la CDAPH se prononce sur l’attribution de MPA [matériel pédagogique adapté], la description doit porter sur les caractéristiques et les fonctionnalités de l’outil en lien avec les besoins de l’enfant et non sur sa marque ou son modèle précis. " Le poids de l'appareil est souvent un problème : il faut donc faire attention à le préciser dans la demande.

Pour le complément de l'AEEH

Essentiel, p.101 :

« Les compléments de l’AEEH peuvent venir couvrir plus ou moins partiellement le financement de ces interventions. Lorsque les professionnels (éducateurs, psychomotriciens, enseignants…) ou autres tierces personnes interviennent auprès des jeunes, à domicile ou dans d’autres lieux de vie, sans prodiguer de soins médicaux ou paramédicaux, ces interventions doivent être prises en compte pour leur quotité d’ETP en tierce personne et non en frais. Les aspects relatifs aux soins médicaux ou paramédicaux seront pris en compte en frais puisque l’AEEH et les compléments peuvent couvrir plus ou moins complètement des soins non ou mal remboursés par la Sécurité sociale dès lors qu’ils sont en lien avec le handicap (frais de transport, consultation de certains professionnels libéraux non remboursée par la Sécurité sociale : psychologues, ergothérapeutes, psychomotriciens). Il est également possible de contribuer à financer une formation destinée aux parents qui en font la demande pour mieux connaître les TSA, mieux accompagner leur proche afin d’améliorer son bien-être et la qualité de vie familiale. « Distinction difficile entre l'embauche pour "tierce personne" et pour soins.

Sur (p.101) « De ce fait, lorsque le taux d’incapacité est inférieur à 50 %, en application des critères indiqués ci-dessus, l’AEEH ne peut être attribuée ; les frais ou répercussions professionnelles ne peuvent donc pas être pris en compte au titre d’un complément de l’AEEH « Cette phrase me pose un problème. D'abord, en cas de troubles autistiques, j'ai du mal à croire que le taux est inférieur à 50%. D'autre part, il existe une circulaire pour les troubles dys (29 mars 2004), qui permet d'attribuer un taux provisoire de 50% pendant un an pour tenir compte des frais occasionnés par des soins non remboursés.

Page 103, il est fait référence à un arbre de décision élaboré au niveau de la région Languedoc-Roussillon, réunissant le CRA, les MDPH et

actes colloque CNSA - CRA - MDPH actes colloque CNSA - CRA - MDPH
l’ARS, mais il n'est pas reproduit. On peut se référer cependant aux actes du 2ème colloque CNSA - CRA - MDPH, pp. 37-39. Extrait :

"Aujourd’hui, trois types d’équipe sont à disposition des familles. Premièrement, nous retrouvons des intervenants éducatifs qui disposent d’une formation globale sur l’autisme et, à des degrés divers, d’une formation spécialisée en matière d’interventions recommandées. Leur offre s’oriente généralement vers des interventions directes à domicile et leurs tarifs varient, pour les aides médico-psychologiques, de 15 euros à 30-45 euros. Deuxièmement, nous disposons d’une offre de psychologues plus variée que celle des intervenants éducatifs en Languedoc-Roussillon. Certains d’entre eux réalisent à la fois des bilans psychométriques, participent aux équipes éducatives et effectuent une guidance parentale. Leurs tarifs varient de 50 euros pour une visite à domicile à 200-250 euros pour un bilan psychométrique.Troisièmement, notre région compte des intervenants offrant des services généralistes d’aide à la personne. Ces intervenants affirment être spécialisés dans l’autisme, mais il est encore impossible de le vérifier. Aussi, la CNSA mène un projet Handéo pour essayer d’aboutir à une labellisation des services d’aide à la personne en matière d’autisme. Par ailleurs, les parents souhaitent parfois réaliser les interventions eux-mêmes."(09/2014)

Le guide s'appuie à juste titre sur les recommandations de la HAS, mais il ne tient pas compte de la jurisprudence.

PP. 104-105 est analysé l'accès à l'AAH en fonction des capacités d'accès à l'emploi. Les personnes autistes ont très peu accès à l'emploi à temps complet (de 1 à 10%). A mon avis, cela ne tient pas seulement à leur capacité, mais à la disponibilité de la société à leur permettre d'accéder à l'emploi. EDF et ERDF ne trouveraient aucun emploi compatible avec sa qualification à Eric, jeune avec syndrome d'Asperger licencié ? Ce n'est pas une restriction substantielle ? Nous luttons pour que les entreprises acceptent d'accueillir ces candidats : elles apprendront à utiliser leurs compétences particulières. En attendant, elles les rejettent : il ne faudrait pas en plus que les MDPH refusent l'attribution de l'AAH.

L'accès à la prestation de compensation du handicap (PCH)

 

Guide CNSA des éligibilités Guide CNSA des éligibilités
Sur la PCH, à noter p. 106 :

« Pour les situations relevant du champ des TSA, il ne faut pas négliger la prise en compte de la capacité de la personne à faire spontanément l’activité concernée :

si elle n’est jamais initiée sans aide (même s’il ne s’agit que d’une stimulation), la difficulté est absolue ;

si elle peut être spontanément initiée, mais que sa réalisation nécessite une présence humaine (stimulation ou surveillance) afin de finaliser l’activité et d’assurer un résultat satisfaisant, la difficulté est grave. »

L’attribution de la PCH nécessite, dans une liste de 19 activités, une difficulté absolue ou deux difficultés graves.

P. 109 : Charges spécifiques et/ou exceptionnelles « Concernant les interventions globales et coordonnées, cet élément peut permettre de prendre en charge les frais liés à la formation des parents, la supervision ou les interventions si les actes réalisés ne relèvent pas de l’élément aide humaine (actes essentiels, surveillance). "

Pour le taux de handicap, lire les pages 111 à 113.

22 avril 2016

La CNSA mobilisée pour accompagner les personnes présentant des troubles du spectre de l'autisme

Publié le : 01 avril 2016-Mis à jour le : 11 avril 2016

À l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, la CNSA fait le point sur les différents travaux qu’elle mène pour améliorer l’accompagnement des personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA).

La CNSA est engagée dans la mise en œuvre du plan Autisme 2013-2017 (pdf, 1.14 Mo). D’abord en matière de recherche. Les connaissances scientifiques progressent chaque jour, mais beaucoup de domaines restent à approfondir sur l’autisme, notamment les réponses mises en œuvre. Depuis 2014, la CNSA soutient un appel à projets de recherche coordonné par l’Institut de recherche en santé publique (IReSP) afin de documenter les modalités d’accompagnement en France sur la base des recommandations de la HAS et de l’ANESM. Les appels à projets 2014 et 2015 ont mis en avant deux grands axes thématiques : l’évaluation des limitations d’activités et de leurs conséquences sur la vie quotidienne des personnes avec troubles du spectre de l’autisme et les modes d’accompagnement (méthodes et structures). Ils ont conduit à la sélection de six projets.

Aider les professionnels à mieux évaluer les situations et besoins des personnes avec troubles du spectre de l'autisme

Pour bénéficier d’une réponse de compensation de leur situation de handicap, les personnes ou leur famille peuvent se tourner vers les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Les professionnels des MDPH sont alors chargés d’évaluer leur situation et d’identifier leurs besoins spécifiques, pour élaborer avec elles des propositions de réponses de compensation, en tenant compte de leurs attentes, des démarches mises en place et de leur environnement.

La complexité de l’évaluation des situations et des besoins de ce public nécessite de consolider la coopération entre les MDPH et leurs partenaires concernés par le diagnostic et l’accompagnement de ces personnes, mais aussi d’améliorer les connaissances de ces troubles par les équipes pluridisciplinaires des MDPH.

C’est dans cet objectif que la CNSA élabore, en collaboration avec le Secrétariat général du Comité interministériel du handicap (SG-CIH), un guide technique d’appui aux pratiques des professionnels. Destiné aux équipes des MDPH, mais également et à leurs partenaires (équipes de diagnostic, équipes d’intervention, associations représentant les personnes avec troubles du spectre de l’autisme ou leurs familles), ce guide permettra de partager les références et les connaissances sur les troubles du spectre de l’autisme et les besoins de compensation, d’éclairer et de mieux structurer les démarches et le processus d’évaluation (sur la base des éléments indispensables aux MDPH), ainsi que les modalités de réponses possibles. C’est en effet de l’étroite coopération de l’ensemble des acteurs intervenant dans le parcours des personnes que viendront les réponses aux objectifs fixés par le plan Autisme 2013-2017.
Des associations représentantes des usagers et de leurs familles, des MDPH, des équipes de proximité, d’accompagnement, des établissements et services médico-sociaux, des centres de ressources autisme et les administrations centrales (DGCS, DGESCO) ont été associés tout au long des travaux de rédaction et de relecture de ce guide qui paraîtra prochainement.

Former les professionnels aux bonnes pratiques et conduire le changement dans les établissements et services

Pour faire progresser l’appropriation des recommandations de la HAS et de l’ANESM par les professionnels des établissements et des services, la CNSA soutient les programmes de formation à l’accompagnement des troubles du spectre de l'autisme proposés par certains organismes paritaires collecteurs des fonds de formation professionnelle (Unifaf et ANFH). L’objectif est d’amener les équipes encadrantes ou éducatives, médicales et paramédicales des établissements et des services à questionner leurs pratiques en échangeant entre elles, et à s’approprier l’ensemble des modes d’accompagnement grâce à une meilleure connaissance des troubles, à des apports précis sur les modes de diagnostic, d’évaluation, de techniques éducatives et d’accompagnement.

Améliorer l’accueil en établissement et développer l’accompagnement en milieu ordinaire

Le développement de l’accompagnement en milieu ordinaire et l’amélioration de l’accueil en établissement sont des enjeux forts du plan Autisme 2013-2017, qui mobilisent la CNSA et les agences régionales de santé.
Les 3 400 nouvelles places prévues dans ce plan doivent bénéficier en priorité aux enfants âgés de 18 mois à 6 ans avec la création de places de services d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) et d’unités d’enseignement en maternelle. Les unités d’enseignement en maternelle sont implantées dans des écoles maternelles ordinaires. Elles associent enseignants et professionnels médico-sociaux et permettent de mobiliser les capacités d'inclusion et d'apprentissage des enfants avec troubles du spectre de l'autisme grâce à des approches éducatives, thérapeutiques et à des enseignements adaptés.
À ces nouvelles places s’ajouteront des moyens supplémentaires destinés notamment aux centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP).
Est priorisée également la création de réponses nouvelles pour les adultes sans solution, pour les jeunes adultes maintenus dans les structures pour enfants et pour les aidants avec des places d’accueil temporaire.

Le plan autisme 2013-2017 présente la spécificité de prévoir non seulement des crédits de création de places, mais également des crédits dits de renforcement. Ces crédits de renforcement ont vocation à soutenir l’évolution des organisations et des pratiques des établissements et services médico-sociaux existants selon les recommandations de bonnes pratiques de la HAS et de l’ANESM, dans une démarche d’amélioration continue de la qualité de l’accompagnement des personnes.
En décembre 2015, la CNSA et la DGCS ont diffusé un outil d’appui à l’évolution de l’offre médico-sociale destiné aux établissements et services médico-sociaux élaboré avec des représentants d’agences régionales de santé, d'associations de familles et des professionnels. Avec cet outil, les établissements et services médico-sociaux mesurent l’écart entre leurs pratiques d’accompagnement réelles et les pratiques attendues, en s’appuyant sur les recommandations de la HAS et de l’ANESM. Il leur permet ensuite d’identifier les domaines dans lesquels fournir des efforts (par exemple, la place de la personne et de sa famille, l’accès à la santé...) et de les consolider dans un « plan d’amélioration de la qualité du service rendu ». Ce plan est le préalable à l’allocation de crédits nouveaux de renforcement. L’utilisation des crédits de renforcement fait l’objet d’un suivi spécifique.

Soulager les aidants familiaux

La CNSA soutient deux solutions pour soulager les familles et les proches : la création de places d’accueil temporaire et le déploiement de formations.
Le plan autisme 2013-2017 prévoit 350 nouvelles places d’accueil temporaire (15 par région) pour soulager les aidants.

Depuis 2013, la Caisse soutient également le programme de formation des aidants familiaux déployé à terme dans chaque région par l’Association nationale des centres de ressources autisme (pdf, 754.9 Ko) en partenariat avec les associations représentatives des personnes et des familles. Ces formations ont pour objectifs de donner des clés aux proches pour les aider à faire face aux troubles du spectre de l'autisme au quotidien, leur donner les repères utiles et des informations fondées sur des connaissances actualisées. Elles les informent également sur leurs droits et les démarches à accomplir. En 2014, 44 sessions de formation ont été réalisées dans 7 régions, en 2015 83 sessions se sont tenues dans 17 régions. La montée en charge du dispositif se poursuit en 2016 dans 22 régions. Au total, à l’issue de ces trois exercices, ce sont près de cinq mille aidants familiaux qui auront bénéficié de ces actions. De nouvelles actions seront réalisées en 2017 avec pour objectif de couvrir l’ensemble des régions.

Sur le même thème

Plan Autisme 2013-2017

La CNSA est fortement impliquée dans le 3ème plan autisme (2013-2017) présenté le jeudi 2 mai 2013 par la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion.

21 avril 2016

Autisme : Réduire le délai de diagnostic est la priorité, pour Ségolène Neuville

article publié dans Le Monde

LE MONDE | 21.04.2016 à 14h42 • Mis à jour le 21.04.2016 à 16h13

Par Sandrine Cabut

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Ségolène Neuville, à l'Assemblée nationale, le 30 mars. | ERIC FEFERBERG / AFP
Le Comité national autisme, composé de représentants des associations, des professionnels, des institutions et des administrations, se réunit, jeudi 21 avril à Paris, pour faire le point sur la mise en œuvre du troisième plan autisme (2013-2017).

Dans un entretien au Monde, Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, dresse le bilan des actions entreprises et annonce de nouvelles mesures concrètes pour améliorer la prise en charge de ce handicap et soulager les familles.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) vient de vous rendre un rapport sur le fonctionnement des centres ressources autisme (CRA), sorte de centres experts régionaux, notamment pour le diagnostic des troubles autistiques. Quelles sont ses principales conclusions ?

L’IGAS a réalisé un gros travail, qui livre des constats bien documentés et fait des propositions. La mission confirme le manque de statistiques pertinentes en France dans le domaine de l’autisme, notamment sur le nombre de personnes concernées. Cette évaluation montre aussi l’hétérogénéité du fonctionnement des CRA, avec des disparités concernant la formation des professionnels, le respect des bonnes pratiques professionnelles… Surtout, elle pointe les difficultés pour aboutir au diagnostic, en particulier chez les enfants. Les équipes capables de diagnostiquer ces troubles neurodéveloppementaux que sont les troubles autistiques ne sont pas distribuées de façon homogène sur le territoire, et dans certaines régions, les familles ne savent pas vers qui se tourner.

Certes, le diagnostic et le bilan d’un autisme ne peuvent pas se faire d’un claquement de doigts. Cela nécessite les compétences de plusieurs types de professionnels, le recours à des échelles d’évaluation, et donc du temps… Mais les délais actuels sont vraiment problématiques : il s’écoule en moyenne plus d’un an entre la demande et la restitution du bilan, selon le rapport de l’IGAS.

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Réduire ce délai est la première de mes priorités, car les interventions précoces, qui sont inscrites dans le troisième plan autisme, ne peuvent pas être mises en œuvre si le diagnostic n’est pas fait ! C’est d’ailleurs dans ce même objectif qu’avec Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, nous avons demandé il y a plusieurs mois à la Haute Autorité de Santé d’actualiser les recommandations sur le diagnostic des troubles autistiques, qui datent de 2005.

Face à l’ampleur des dysfonctionnements pointés dans ce rapport, quelles actions prévoyez-vous ?

Sur le fond, l’état des lieux n’est pas très surprenant. Cette mission IGAS était d’ailleurs une demande forte des parents et des associations, qui percevaient d’importantes disparités selon les régions. Le rapport conforte ces impressions en apportant des éléments précis, et fiables.

Il va être mis en ligne, afin que chacun puisse l’étudier. Puis, je vais réunir toutes les parties prenantes autour d’une table, d’ici juin, pour discuter des propositions de l’IGAS, et des mesures à mettre en œuvre.

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Il nous faudra évidemment définir le délai raisonnable pour poser un diagnostic, et comment y parvenir. Les centres ressources autisme n’ont pas vocation à établir tous les diagnostics, mais ils devront s’organiser pour développer davantage de liens avec les équipes de proximité dans les départements. Il s’agira également de renforcer les échanges des CRA avec l’éducation nationale, et les maisons départementales des personnes handicapées…

Je suis convaincue que les personnes autistes, les familles et les associations ont une place active à prendre dans la réorganisation des CRA. Cela se fera en concertation, pas juste au ministère.

Beaucoup de familles et d’associations réclament des aides financières complémentaires, la prise en charge de leur enfant pouvant leur coûter plusieurs milliers d’euros par mois, non remboursés. Qu’allez-vous concrètement leur proposer ?

Un des problèmes auxquels les parents doivent faire face est effectivement l’insuffisante prise en charge des interventions de certains professionnels libéraux : psychologues, éducateurs, psychomotriciens…

Nous mettons en place un système très souple qui va permettre de faire venir travailler ces professionnels choisis avec les parents, qui passeront une convention ou un contrat avec des structures médico sociales. Ces contrats permettront donc d’organiser leur prestation au domicile, à l’école… et de les payer en fonction des prestations directement délivrées aux enfants ou adultes autistes, et aux parents. Les familles qui ont déjà recours à de tels professionnels pourront les proposer aux plates-formes, pour qu’elles conventionnent et elles n’auront plus rien à payer.

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Ce dispositif, appelé pôles externalisés de compétence, est inscrit dans les circulaires qui partent dans les Agences régionales de santé dans les jours à venir. Comme il va fonctionner avec un système d’appel à candidatures, sa mise en œuvre sera rapide. Certains projets sont déjà ficelés et devraient pouvoir commencer d’ici quelques semaines. Le financement a été prévu sur des budgets non encore dépensés du plan autisme. Les coûts pourront aussi être prélevés sur les 15 millions d’euros qui ont été distribués dans les Agences régionales de santé, afin de trouver des solutions pour éviter des départs de personnes autistes dans des établissements en Belgique.

Où en est-on de l’« exil » des personnes autistes et plus largement handicapées en Belgique, faute de structures en France ?

Leur nombre, jusqu’ici estimé à 6 000, serait en fait plutôt de l’ordre de 7 000, dont une majorité d’adultes, entre 4 500 et 5 000. Depuis que j’ai annoncé des mesures, il y a quelques mois, pour que plus aucune personne handicapée ne soit contrainte de quitter la France faute de solutions, le flux semble s’être tari. Une évaluation précise est en cours.

Actuellement, la France dispose de 490 000 places dans des établissements médico-sociaux, tous handicaps confondus, dont 158 000 pour des enfants. Sur ces 490 000 places, seulement 17 000 sont « étiquetées » autisme, c’est très peu, ce qui signifie que des personnes autistes sont accueillies à des places non spécifiques

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Il nous faut donc améliorer la qualité de l’offre, pour une meilleure adaptation aux besoins spécifiques des autistes. Les établissements médicosociaux sont en train de s’autoévaluer à partir d’un référentiel, et ils vont aller voir les Agences régionales de santé pour indiquer leurs besoins, en matériel et surtout en formation du personnel.

Côté enseignement, vous avez créé des classes spécifiques, les unités d’enseignement en maternelles (UEM), mais leur nombre semble bien dérisoire comparé aux besoins puisque l’autisme touche désormais environ un enfant sur cent…

Le troisième plan autisme prévoyait 100 UEM, une par département, avec 7 enfants chacune. Depuis deux ans, 60 ont été ouvertes, et 50 de plus seront fonctionnelles à la rentrée prochaine, soit 10 de plus que prévu. C’est un dispositif original, sans équivalent à l’étranger, destiné à accueillir des enfants avec une forme d’autisme sévère, dans l’objectif de leur faire ensuite réintégrer l’école ordinaire au CP.

Il est encore trop tôt pour disposer d’une évaluation puisque ces classes fonctionnent depuis moins de deux ans, mais les retours des parents et des professionnels sont très enthousiastes et encourageants. Certes, le nombre de places est limité, moins de 800 au total, mais avant elles n’existaient pas. Tous les enfants autistes n’ont pas besoin d’une UEM. Leurs besoins sont très variables, il faut donc s’appuyer sur plusieurs types de dispositifs : classes spécialisées de type UEM, classes ordinaires avec un accompagnement, services d’éducation spéciale et de soins à domicile…

Aujourd’hui, 26 000 autistes ont une forme de scolarité, c’est encore peu mais leur nombre a plus que doublé depuis 2008 (12 000). Et parmi les 260 000 enfants avec handicap accueillis à l’école, certains sont sans doute des autistes non reconnus comme tels. Un autre élément de progrès dans ce domaine est la formation et la déprécarisation des auxiliaires de vie scolaire, qui accompagnent les enfants handicapés. Actuellement, sur 80 000, 50 000 sont précaires. Mais leur situation évolue, des contrats en CDI sont désormais possibles (5 000 en bénéficient), et un diplôme d’Etat va démarrer en septembre pour une dizaine de métiers sociaux.

Vous vous prononcez sur l’interdiction du packing, cette pratique controversée qui consiste à envelopper les enfants dans des draps froids et humides pour les contenir.

L’organisation des Nations unies a estimé que le packing est une maltraitance, et c’est aussi notre position. Cette pratique ne doit donc plus être utilisée dans les établissements, et cela est écrit en toutes lettres dans la circulaire, qui va être envoyée aux Agences régionales de santé.

Concernant les autistes adultes, l’IGAS constate un retard considérable dans le diagnostic. Il y a aussi des difficultés pour leur insertion professionnelle, trouver des établissements adaptés… Allez-vous mener des actions spécifiques ?

Il y avait peu de mesures concernant les adultes dans le troisième plan autisme, alors qu’il s’agit effectivement d’un sujet majeur. En ce qui concerne l’insertion professionnelle, j’ai demandé à Josef Schovanec, qui vit lui-même avec une forme d’autisme de type Asperger, et qui connaît très bien cette problématique, de mener une mission au cabinet. J’espère qu’il va accepter.

Plus globalement, une conférence nationale du handicap va se tenir à l’Elysée avec le président de la République d’ici à fin mai, elle sera l’occasion d’autres annonces.

Par Sandrine Cabut

18 avril 2016

Paimpol > Au Sillon le 24 avril : Le point sur l'autisme

article publié dans La presse d'Armor

Le 24 avril, à la salle du Sillon, à Pleubian, Armelle Thomas qui fera un points sur "Autisme TED - TSA, où en sommes-nous ?".

14/04/2016 à 15:30 par Magali Lelchat

jths

Les deux dernières dates des ateliers de autisme Breizh Autonomie seront le samedi 21 mai et le samedi 25 juin. Attention les horaires seront changés ! l'atelier se déroulera de 10h à 13h.

Samedi 2 avril, l’atelier mensuel organisé par Autisme Breizh Autonomie (ABA) s’est déroulé autour de sa présidente Bérangère Guénanen.

Elle était aussi l’occasion de présenter la Journée Mondiale de l’Autisme qui passera par une conférence samedi 24 avril à la salle du Sillon à Pleubian.

La journée du 24 avril est organisée conjointement par l’ABA, “Autisme Ouest 22″ et “Autisme Trégor Goëlo”. Elle débutera par une conférence d’Armelle Thomas qui fera un points sur “Autisme TED – TSA, où en sommes-nous ?”.

Le nombre de places disponible s’élevant à 100, il est préférable de réserver avant le 20 avril après de autisme.breizh.autonomie22@orange.fr ou au 02 96 20 94 90 ou au 02 96 16 51 40. Cette conférence sera suivie d’un repas paëlla (12 € pour les adultes et 6 pour les enfants).

L’après-midi sera consacré à des animations musicales.

Il y aura aussi une pédagothèque, une librairie, des jeux pour enfants, une calèche, un atelier de maquillage, un goûter et des crêpes comme s’il en pleuvait.

Samedi 2 avril, qui était la date officielle de la Journée Mondiale de l’Autisme, les participants à la réunion étaient invité à venir habillé de bleu, couleur choisie pour cette journée.

Isabelle Dufrenoy, psychologue spécialisée, formatrice EDI a animé l’atelier mensuel sur le thème des particularités sensorielles, pour les parents et professionnels est ouvert à tous.

La première partie était consacrée à l’ aide et l’analyse d’une grille d’évaluation sensorielle et la deuxième à des questions diverses du quotidien en lien avec les particularités sensorielles.

Les deux dernières dates de ces ateliers particuliers seront le samedi 21 mai et le samedi 25 juin. Attention les horaires seront changés ! l’atelier se déroulera de 10h à 13h.

22500 Paimpol
14 avril 2016

Joëlle, maman d'un garçon autiste, devient son institutrice à la maison ...

article publié sur RTL INFO

Joëlle, maman d’un garçon autiste, devient son institutrice à la maison: "Nous sommes les oubliés de l’Etat, je suis désespérée"

Joëlle, maman d’un garçon autiste, devient son institutrice à la maison:
La journée mondiale de sensibilisation à l’autisme se tenait le 2 avril dernier. Ce handicap touche environ 60.000 personnes en Belgique. Joëlle, une maman d’un garçon autiste, dénonce un manque d’aide aux familles et de prise en charge des enfants autistes. Pour assurer à son fils un avenir plus prometteur, elle a décidé de devenir son institutrice à la maison.

"J’ai envie de le crier avec rage. Quand l’Etat va-t-il nous aider ? Réveillez-vous", lance Joëlle, une habitante de Rocourt (Liège). Cette maman âgée de 40 ans nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous pour exprimer son désarroi. Récemment, elle a décidé de s’occuper à temps plein de Logan, son fils de 13 ans. "Quand il était tout petit, il se tapait la tête, il criait. A l’époque, je ne savais pas qu’il était autiste", explique la quadragénaire.

Ce trouble grave du développement est un handicap qui touche les capacités de communication et de relations sociales. Il se caractérise par des gestes répétitifs, stéréotypés, des rituels et des intérêts restreints. "L’autisme est un trouble d’origine biologique et génétique qui apparaît avant l’âge de trois ans. Il y a différents types avec une intensité variable et il peut être associé à d’autres handicaps comme une déficience intellectuelle", explique Cinzia Agoni, présidente de l’association Inforautisme. Les personnes autistes sont donc très différentes les unes des autres. "Le cerveau des enfants autistes fonctionne différemment. Ce qui pose un problème dans la réalité qui est la nôtre. Il faut faire en sorte qu’ils nous comprennent, qu’ils puissent communiquer avec nous", ajoute-t-elle.


Environ 660 nouveaux cas détectés chaque année

En Belgique, environ 660 nouveaux cas seraient détectés chaque année. Il existe huit centres de référence où les parents peuvent se rendre pour obtenir un diagnostic, basé sur les comportements.

Pour Logan, il a fallu du temps avant que son autisme soit décelé. "En première maternelle, il a été scolarisé dans une école ordinaire. Mais il était différent des autres enfants. Il avait un retard manifeste. En deuxième année, on a donc décidé de l’inscrire dans une école spécialisée. Il avait 3-4 ans. En fait, on a mis du temps à faire notre deuil de l’enfant dit « normal », sans savoir ce dont il souffrait exactement", se souvient Joëlle. A cette époque, ni ses professeurs, ni son pédiatre ne reconnaît le trouble dont il est atteint. "L’autisme n’était pas aussi connu que maintenant. Et Logan était le premier enfant autiste pour notre pédiatre." 

Ce n’est qu’à l’âge de six ans que le diagnostic est finalement posé au centre spécialisé pour autistes du CHU de Liège (CRAL). "Je pense que c’est un médecin qui traitait son problème d’audition qui nous a aiguillés", pense Joëlle. "Le test prend du temps. Logan a rencontré plusieurs spécialistes et nous avons dû attendre quelques mois avant d’obtenir un résultat. Mais nous n’avons pas vraiment reçu de suivi", assure la maman.


 

"Je pleurais parce que je ne savais pas qu’il y avait d’autres enfants autistes"

Joëlle et son mari se retrouvent en effet assez démunis face à ce handicap. "Je pleurais parce que je ne savais pas qu’il y avait d’autres enfants autistes sur la Terre. Aujourd’hui, c’est différent, il existe pas mal de témoignages d’autres parents sur internet." La principale difficulté est de comprendre son enfant qui communique de façon différente. "Je me souviens qu’on était dans un magasin. Logan voulait un jouet mais ne pouvait pas l’exprimer. Il a commencé à se taper la tête par terre. J’essayais de déchiffrer ce qu’il voulait, mais je n’y arrivais pas", se souvient la Liégeoise. Et le problème, c’est que l’autisme n’est pas un handicap qui se marque physiquement, comme les trisomiques par exemple. Du coup, les gens qui ne comprennent pas font des réflexions méchantes car ils se disent que c’est un enfant mal élevé."

"La situation se complique quand les autistes n’arrivent pas à se faire comprendre. Cela engendre des troubles du comportement comme de l’agressivité, de l’automutilation, de la destruction, etc. Face à cela, si on n’est pas formé, c’est plus facile de les ligoter ou de leur donner des médicaments", regrette Cinzia Agoni.


Des services d’accompagnement submergés: "C’est hallucinant, mais c’est la réalité" 

La formation à ce handicap est effectivement essentielle, tant pour les parents que pour les professionnels. Depuis 2004, la Fédération Wallonie-Bruxelles a reconnu l’autisme comme handicap et plus comme maladie mentale. Les autorités ont alors dégagé des moyens pour assurer une meilleure prise en charge. En Flandre, cela avait déjà été fait dix ans plus tôt.

Pour soutenir, orienter et accompagner les personnes atteintes d’autisme et leur entourage, il existe donc plusieurs services et associations subsidiés. Basée à Mons et à Bruxelles, la fondation SUSA (service universitaire spécialisé pour personnes avec autisme) est notamment destinée aux autistes de tous les âges. En tant que centre de référence subsidié, le SUSA permet d’obtenir un diagnostic individuel qui détermine les besoins et les forces spécifiques de la personne présentant de l’autisme. Sa mission est également d’assurer un accompagnement psycho-éducatif aux autistes et à leur entourage familial, communautaire (scouts, club de sport,…) ou professionnel (professeurs, médecins, psychologues,…). "On leur donne des conseils ainsi que des outils spécifiques et pratiques à mettre en place. Le but est de permettre l’intégration des autistes en développant leurs compétences et leur autonomie", explique Eric Willaye, docteur en psychologie et directeur de SUSA. La fondation propose aussi des aides à l’emploi et au logement ainsi que des activités récréatives.

Le souci, c’est que ces services sont submergés par les demandes, surtout à certaines périodes de l’année. "Il existe des aides publiques, mais les services sont débordés. Parfois, il faut attendre deux ans avant de pouvoir être pris en charge. Après un diagnostic, les parents doivent attendre six mois avant d’obtenir un rendez-vous avec le service d’accompagnement. C’est hallucinant, mais c’est la réalité de terrain", soupire Cinzia Agoni. "A la rentrée, au mois de septembre, nous avons souvent beaucoup de demandes. Nous devons alors parfois fixer des priorités, en fonction de la gravité du trouble et de la souffrance vécue par la personne", admet le directeur de SUSA.


Un manque "cruel" d’écoles adaptées

Au-delà d’un manque d’une aide concrète, l’accès à un enseignement adéquat est aussi un problème soulevé par de nombreux parents. Lorsque le diagnostic est posé, Joëlle décide de changer Logan d’établissement scolaire. Elle l’inscrit dans une école spécialisée plus adaptée à son profil d’autiste atypique. "A ses six ans, je me suis battue pour qu’il change d’école pour lui apprendre la méthode TEACHH. Une méthode avec des pictogrammes que j’appliquais à la maison sans connaître le nom. J’avais juste mis cela en place pour l’aider à communiquer avec nous. Et un médecin m’a fait la remarque que j‘utilisais une méthode reconnue", explique la maman. Il s’agit en effet d’un programme de formation élaboré aux Etats-Unis pour les enfants autistes. Chez nous, le SUSA, qui développe une série de formations, est la référence en la matière. "A la demande des écoles, des professeurs suivent une formation pendant leurs heures de cours. Pour l’apprentissage de la méthode TEACHH, le module théorique dure 3 jours et le module pratique 2 jours", indique Eric Willaye. Il existe aussi d’autres formations destinées aux parents ou professionnels, comme les psychologues.


"On a vraiment transformé une pièce de la maison en classe"

En primaire, Logan n’éprouve pas trop de difficultés scolaires. Les choses se sont toutefois compliquées l’année dernière. "A ses 12 ans, mon fils devait passer en secondaire. J’ai cherché une école pas trop loin de chez nous, mais aucune n’était adaptée à ses compétences particulières. Les institutions adaptées manquent cruellement", déplore Joëlle. Les réactions du professeur de son fils l’inquiètent également. "Logan disait que le prof criait. Il était perturbé et cela n’allait plus en classe." La Liégeoise décide alors de scolariser elle-même son fils à domicile, à partir du mois de septembre. "Je suis devenue son institutrice. On a vraiment transformé une pièce de la maison en classe avec une bibliothèque, un coin jeu, un tableau. A la base je suis secrétaire, mais j’ai arrêté de travailler pour m’occuper de lui. Ce sont des choix difficiles que j’ai pris pour le bien-être de mon enfant." 


 

En se basant sur des cours gratuits fournis par la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle lui enseigne le français et les mathématiques. Elle se débrouille également pour lui donner des cours d’éveil, de logopédie, de sport et diverses activités comme la cuisine et le bricolage. Très vite, Logan fait d’énormes progrès et semble heureux d’apprendre. "Je me suis rendu compte de ses compétences. Et là, j’ai compris que son enseignant s’est trompé à plusieurs reprises. Il me disait que mon garçon était fainéant, qu’il ne voulait pas écrire en minuscule et qu’il était incapable d’apprendre les tables de multiplication. En fait, il n’avait pas appris les bases. C’est pour ça. Aujourd’hui, je vois qu’il est capable de le faire. Pour moi, c’est un manque de formation de la part de son professeur, qui vient de l’enseignement traditionnel", estime la maman.


"Comment voulez-vous gérer une classe avec une formation de quelques jours ?"

La présidente de l’association Inforautisme déplore aussi cette méconnaissance professionnelle. "On vous dit que c’est un enseignement spécialisé mais ce ne l’est pas forcément. Les professeurs ne sont pas tous formés à enseigner à des enfants handicapés car ce n’est pas obligatoire", assure Cinzia Agoni. D’après elle, il existe cependant des écoles de qualité où les professeurs sont motivés pour fournir un enseignement performant, en suivant des formations mais aussi en échangeant des tuyaux pratiques. "Ce genre d’établissements n’est malheureusement pas suffisant en nombre. On a 1.200 places disponibles dans l'enseignement adapté pour les autistes. Or, il y a 11.000 enfants autistes en Fédération Wallonie-Bruxelles", indique la présidente.

Par ailleurs, elle estime que les formations disponibles sont trop courtes pour faire face à la réalité de terrain. "Chaque enfant autiste est différent et, à son handicap, peut s’ajouter parfois de l’épilepsie par exemple. Comment voulez-vous gérer une classe de plusieurs enfants avec une formation de quelques jours ? Je comprends la difficulté pour les enseignants. Dans le cadre de leurs études, ils devraient avoir la possibilité de choisir une formation plus longue et spécifique sur le handicap", préconise-t-elle.

Et les conséquences ne sont pas à sous-estimer. "Si un enfant n’est pas bien suivi à l’école, il ne va pas apprendre et risque de cumuler les handicaps. A l’âge adulte, il peut devenir ingérable. Il sera alors à la charge des parents ou interner dans un hôpital psychiatrique", regrette Cinzia Agoni.

Pour éviter un tel futur à son fils, Joëlle a donc décidé de le scolariser elle-même. "Je n’ai plus le temps de chercher une bonne école et de la tester car c’est du temps perdu par rapport à son apprentissage. Aujourd’hui, Logan lit, écrit, calcule. Il progresse tellement à la maison. J’essaye de lui donner toutes les armes pour qu’il soit autonome", explique l’ancienne secrétaire. Pour y arriver, elle ne peut cependant compter que sur le soutien moral et financier de son mari. "Je suis épuisée car cela ne me laisse plus de temps pour faire mon ménage, ni les repas. J’aimerais pouvoir bénéficier d’une aide bénévole pour me soulager. Mais nous sommes les oubliés de l’Etat. Je suis désespérée", souffle-t-elle. Pour espérer lui offrir notamment des séances de logopédie, qui ne sont pas remboursées pour les enfants autistes, elle récolte des fonds en vendant des crêpes et en organisant des soupers.


Les autorités réagissent: un "Plan autisme" bientôt présenté

Afin d’améliorer la situation et combler ces différentes lacunes, des associations de parents militent depuis de nombreuses années. Suite à leurs actions, l’Etat belge a d’ailleurs déjà été condamné au niveau européen pour manque de prise en charge des personnes handicapées de grande dépendance. Se disant conscient des difficultés rencontrées par les familles, Maxime Prévot, le ministre wallon de la Santé et de l’Action sociale, leur a promis la concrétisation du "Plan autisme", réalisé en collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés. Il sera présenté d’ici quelques semaines. 

De son côté, Joëlle veut rester positive, malgré les coups de déprime. "Je suis persuadée que, grâce à une bonne prise en charge, les autistes peuvent progresser. Ils sont loin d’être cons, c’est juste qu’ils voient le monde différemment. Ils le voient d’ailleurs peut-être de façon plus belle que nous."

3 avril 2016

Vidéo Le Figaro > En France, les autistes ont disparu, on les a parqués, déclare Florent Chapel

Vidéo publié sur Le Figaro.tv

«En France, les autistes ont disparu, on les a parqués» Réaction (11) Recommander1 Père d'un enfant autiste, Florent Chapel vient de publier un ouvrage qui dresse un constat accablant de l'autisme en France. Il y dénonce notre retard considérable dans le diagnostic et la prise en charge de ce handicap neurologique. Entretien. LIRE AUSSI : AUTISME, LA GRANDE ENQUÊTE aux Arènes

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1 avril 2016

Les campagnes sur l'autisme veulent toutes corriger les erreurs du passé et vaincre les préjugés

article publié sur le site d'HOSPIMEDIA


Publié le 31/03/16 - 18h33 - HOSPIMEDIA

À la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, le Gouvernement et les associations font campagne pour lutter contre les préjugés. Outre un changement de regard, les porte-parole des familles réclament une meilleure prise en charge des autistes enfants et adultes.

Ségolène Neuville, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, a présenté mardi 29 mars à la presse la campagne gouvernementale pour sensibiliser le grand public à l'autisme et surtout "dépasser les préjugés". Elle doit lancer le top départ de cette communication samedi 2 avril, date de la journée mondiale consacrée à cette cause. Elle a aussi annoncé pour septembre 2016, la création d'un site dédié à l'autisme. Cet espace doit permettre de "présenter une information officielle portée par le Gouvernement, validée et conforme aux recommandations de bonnes pratiques" professionnelles.

La campagne gouvernementale en quelques clics

Dans son dossier de presse consacré à la campagne d'information sur l'autisme, le ministère des Affaires sociales et de la Santé explique que la modification des représentations "participe à un meilleur accompagnement des personnes autistes et une meilleure prise en compte par la société des spécificités de l'autisme". Pour porter ce message un petit film Elliot a été réalisé par Nicolas Humbert. L'histoire est ainsi présentée : un enfant avec troubles du spectre autistique (TSA) participe à un stage de théâtre. Ses parents semblent s'inquiéter au sujet de son intégration... Deux versions de ce scénarios sont prévues, l'une pour le cinéma et la télévision et l'autre destinée à Internet. C'est aussi ce dernier média qui invite les internautes à une expérience digitale. Le site Dis-moi Elliot propose ainsi des cas pratiques avec ce petit garçon autiste. Une façon de découvrir les handicaps occasionnés par les TSA au quotidien.

En écho au Gouvernement, plusieurs associations font également campagne depuis plusieurs jours en prévision de la journée mondiale. Sauf que leur communication semble beaucoup plus musclée que celle du ministère. Même si la vision d'Elliot en crise, criant, pleurant, parce qu'il ne retrouve pas son livre ne peut laisser insensible. SOS Autisme joue également sur l'émotion et la mobilisation de tous. Sur son site Internet, l'association va jusqu'à évoquer une autismophobie ambiante. Et d'indiquer que "le regard n'a pas beaucoup évolué et nous, familles, nous nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits : celui d'aller à l'école, de faire du sport, de pratiquer l'instrument qu'il aime… Nous sommes confrontés au quotidien par ceux qui, par ignorance, détournent encore les yeux." Autistes et personnalités participent donc à un film poignant où un enfant autiste déclare : "Moi je comprends tout." La conclusion est efficace : il est autiste, et alors ?

L'affiche de campagne d'Autisme France appelle à l'état d'urgence.L'affiche de campagne d'Autisme France appelle à l'état d'urgence.

De son côté, l'association Autisme France surenchérit en clamant "l'état d'urgence" dans un communiqué "sanglant". Dans le même temps, elle salue dans un communiqué la "volonté de changement clairement affichée par un ministère engagé et un énorme travail pour modifier mentalités et pratiques". Elle épingle toutefois la situation. Pour elle, la France "ne prend pas suffisamment la mesure du drame national en matière d'autisme : diagnostic souvent impossible, familles épuisées, adultes abandonnés, familles menacées par les placements abusifs". Elle déplore cinq urgences.

Les cinq urgences d'Autisme France

L'association tire la sonnette d'alarme et déclare l'état d'urgence. Elle dégage cinq problématiques :
  • permettre un diagnostic rapide pour les enfants et les adultes ;
  • former tous les personnels concernés à l'autisme avec connaissances actualisées : la psychanalyse n'a pas sa place dans l'autisme ;
  • faire cesser immédiatement toutes les violences à l'égard des familles ;
  • soutenir massivement les familles ;
  • réorienter l'argent public de l'autisme.
Lydie Watremetz
29 mars 2016

Une campagne officielle pour changer le regard sur l'autisme

Mis à jour : 29-03-2016 16:28
- Créé : 29-03-2016 16:11

SANTÉ - Ségolène Neuville, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion présentait ce mardi matin sa campagne officielle pour sensibiliser l’opinion publique aux troubles autistiques. Au programme : court-métrage, site Internet immersif et collaborations avec les Youtubeurs pour “sensibiliser” et “changer le regard sur l’autisme”.
Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion.

Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion.

Photo:AFP

Un baise-main. C’est par ce geste, plutôt inhabituel, que Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, a été accueillie ce mardi matin lors de sa conférence de presse. Un baiser donné par un jeune musicien autiste du groupe de percussions des Chapiteaux Turbulents, composé de jeunes handicapés, chargés de lancer la manifestation. Un geste doux, avant une conférence qui n’a pas été exempte de reproches.

80 salles de cinéma

Ségolène Neuville a cependant réussi un tour de force : réunir autour d’elle bon nombre d’associations représentantes des familles d’autistes et élaborer une campagne conjointe. “Ce matin, ce n’est pas ‘ma’ campagne, souligne-t-elle d’emblée. C’est celle de l’ensemble des associations qui ont participé.” À ses côtés, Danièle Langloys, d’Autisme France, parle même de “petit miracle”. “C’est la première fois qu’une campagne officielle est lancée par les pouvoirs publics”, se félicite-elle.

Associations et institutions ont donc travaillé de concert pour lancer cette campagne, menée à  l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le 2 avril. Résultat : un spot sur la vie d’un jeune autiste qui sera, dès ce mercredi, diffusé dans plus de 80 salles de cinéma à travers la France. Il est aussi complété par un site Internet immersif, qui propose aux internautes de se mettre dans la peau d’un jeune autiste. “Le tout sera complété, en septembre 2016, par un portail officiel regroupant toutes les informations, à destination aussi bien des professionnels que du grand public, a précisé Ségolène Neuville. L’autisme est très mal connu. L’idée est de déconstruire les préjugés.” Son spot a pourtant déclenché la polémique avant même sa sortie, en raison de l’absence de comédien autiste lors du tournage.


Elliot par affairessociales-et-sante

Une révolution “irréversible”

Les associations n’ont d’ailleurs pas manqué de profiter de la tribune pour dénoncer le cruel retard de la France dans la prise en charge des troubles autistiques. “Un énorme saut qualitatif doit être fait, a réclamé Vincent Dennery, du collectif autisme. Les professionnels ont encore des préjugés beaucoup trop forts”, tandis que Danièle Langloys a insisté, entre autres, sur les lacunes de la formation. Olivia Cattan, de SOS Autisme, en a quant à elle profité pour remettre à la secrétaire d’Etat un manifeste de dix propositions “coup de poing”. “Il faut montrer à l’ensemble du monde que les autistes ont une parole”, a-t-elle souligné. “Evidemment il y a du débat, parfois même des polémiques, a reconnu la ministre. Mais nous entamons une révolution qui est irréversible”.

Pas sûr, là encore, que toutes les associations l’entendent de cette oreille. À l’extérieur de la salle, l’association Vaincre l’autisme, qui n’était pas conviée à la conférence de presse, organisait une contre-manifestation. L’association, qui a créé les structures innovantes Futuroschool, protestait notamment contre la menace imminente de la fermeture de l’un de ses établissements. “Ségolène Neuville n’est pas venue nous parler, regrette son président, M'Hammed Sajidi. Et pour parler d’autisme, c’est dommage que la ministre de l’Education nationale ou celle de la Santé ne se soient pas déplacées.” Manière de souligner qu’en matière d’autisme, les choses sont encore loin d’être réglées.

28 mars 2016

Parents d'enfants handicapés : financez votre formation !

article publié dans le magazine Déclic

18-03-2016

 Vous aimeriez apprendre à mieux communiquer avec votre enfant, savoir comment apaiser ses troubles du comportement, du sommeil ou de l’alimentation ? De nombreuses formations à destination des parents sont gratuites. Pour celles qui demandent une participation financière, on vous donne toutes les pistes pour alléger la facture.

Certains organismes, des associations ou des professionnels en libéral proposent des formations de quelques heures à plusieurs jours nécessitant parfois une participation financière pouvant aller de quelques dizaines à plusieurs centaines, voire milliers d’euros. Pour vous aider à financer votre projet, voici la marche à suivre.

On commence par

  • Solliciter la MDPH qui peut prendre en charge un partie du montant par le biais d’un complément d’AEEH ou par la PCH et son quatrième volet dédié aux « frais exceptionnels » (jusqu’à 75 % du montant total de la formation, dans la limite de 1 800 € sur trois ans).
  • Explorer d’autres pistes: mutuelles, assurances, fondations, Lions Clubs, Rotary, fonds social de votre entreprise, votre employeur, qui peut accepter que vous utilisiez votre compte personnel de formation (CPF), mairie de votre ville (CCAS).

 

Ce que vous devez fournir

Avant la formation

  • Tout ce qui peut présenter son contenu, ses objectifs, son coût (devis). Le plus: un certificat médical expliquant en quoi elle est complémentaire du suivi médical et paramédical déjà engagé.

Après la formation

  • Les justificatifs de toutes les dépenses engagées sur place (factures de péage, d’hôtel, de restauration, etc.). La MDPH prendra ou non en compte les frais de déplacement. Tout dépend de la politique du département.

 

Et si c’est refusé ?

  • Toutes les MDPH ne financent pas les formations à l’intention des parents (communication, stimulation sensorielle...).
  • Parmi les motifs de refus: la formation demandée n’est pas reconnue en France ou ses résultats n’ont pas été prouvés; la prise en charge médicosociale et paramédicale suffit; ce que vous demandez est proposé par les pros de l’établissement.
  • La MDPH doit dans tous les cas notifier son refus par écrit, et vous pouvez intenter un recours.
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