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"Au bonheur d'Elise"
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12 mars 2019

Paris : des personnes handicapées manifestent pour leurs droits

article publié sur France info

Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi 9 mars à Paris pour faire entendre leur voix. La France ne respecte que très peu la convention de l'ONU sur les personnes handicapées.

Franceinfo

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franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 11/03/2019 | 18:01
publié le 11/03/2019 | 17:59

 

Les personnes à mobilité réduite de toute la France se sont réunies à Paris, samedi 9 mars, pour dénoncer la loi Elan et le non-respect de la convention de l'ONU sur les personnes handicapées. Celle-ci date de 2010, mais est loin d'être appliquée en France. Alors qu'elle impose entre autres le respect de l'autonomie individuelle, la non-discrimination et l'égalité des chances. 

Dénonciation d'une France "hypocrite"

"La France se vante d'être la patrie des droits de l'homme, mais si elle pouvait tous nous supprimer, elle le ferait avec bonheur", lâche en tête de cortège Odile Morin, présidente de Handi-Social, face à la foule. "En attendant, par hypocrisie, elle se contente de nous faire laver les fesses très, très vite, les dents 2 minutes, nous faire dormir et nous faire bouffer un petit peu, mais faut pas choisir ce qu'on bouffe. Et puis, elle nous enferme dans des institutions en faisant croire à l'ensemble du pays qu'il n'y a pas d'alternative", ajoute-t-elle. En question aussi, la loi Elan de 2017 annonçait l'accessibilité pour 100% des nouveaux logements construits à partir de 2018. Les députés l'ont redescendue à 10% en avril dernier.

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10 mars 2019

Création d'une mission d'information à l'Assemblée sur l'aide sociale à l'enfance

AFP
Publié le 05/03/2019 à 15:04 | AFP
Création d'une mission d'information à l'Assemblée sur l'aide sociale à l'enfance
Création d'une mission d'information à l'Assemblée sur l'aide sociale à l'enfance © AFP/Archives / JOEL SAGET

Alors que le gouvernement s'emploie à améliorer la protection de l'enfance, une mission d'information sur l'aide sociale à l'enfance, qui est chargée de suivre les enfants placés, a été créée mardi à l'Assemblée nationale, a-t-on appris de source parlementaire.

Cette mission d'information, qui comprendra 23 députés, a été validée en conférence des présidents de l'Assemblée, sur proposition du titulaire du "perchoir", Richard Ferrand (LREM).

Elle devrait travailler sur les sujets de répartition des compétences entre l'Etat et les départements, de formation des personnels, et encore sur l'application des mesures éducatives.

Durant plusieurs mois voire jusqu'au bout de la législature, la mission pourra conduire des auditions ou se déplacer en France et à l'étranger.

En janvier, des députés LREM emmenés par Perrine Goulet, elle-même ancienne enfant placée, avaient plaidé pour la création d'une commission d'enquête sur le fonctionnement de l'aide sociale à l'enfance, dans la foulée d'un documentaire accablant diffusé sur France 3.

Ce documentaire retransmis dans "Pièces à conviction" le 16 janvier montrait des lacunes alarmantes du circuit de protection de l'enfance: jeunes ballotés de familles d'accueil en foyer, éducateurs sans formation, maltraitances dans les foyers...

341.000 mineurs font l'objet d'une mesure de protection de l'enfance en France (fin 2017), dont plus de la moitié sont placés en institution ou dans des familles d'accueil.

Le gouvernement a esquissé fin janvier les grandes lignes d'un plan visant à améliorer la protection de l'enfance, des mesures qui devront être "finalisées" d'ici l'été. Y figurent la prise en charge par l'ASE, le gouvernement souhaitant mettre l'accent sur la formation des professionnels, et réfléchir aux conditions de leur recrutement. Il s'agit aussi d'assurer une "exécution plus rapide" des mesures judiciaires de placement, selon le secrétaire d'État Adrien Taquet.

En outre, pour aider les jeunes qui, à 18 ans, subissent une "sortie sèche" des services de protection de l'enfance, et doivent soudain voler de leurs propres ailes, le gouvernement propose "d'établir un référentiel de bonnes pratiques, et d'inciter les départements à les mettre en oeuvre".

Les députés ont adopté en commission en juillet 2018 une proposition de loi de Brigitte Bourguignon (LREM) visant à renforcer l'accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l'autonomie. Elle devrait être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée début mai, a-t-on appris de source parlementaire LREM.

05/03/2019 15:01:27 -          Paris (AFP) -          © 2019 AFP

8 mars 2019

Handicap, un rapport de l’ONU appelle la France à fermer les établissements spécialisés

article publié sur Vivre FM

7 mars 2019 à 07:20

Accessibilité des lieux publics, scolarisation des élèves handicapés ou encore accès à la citoyenneté… la rapporteure des Nations unies sur les droits des personnes handicapées pointe les « lacunes » de la France. Le rapport publié fin février confirme les mises en garde de Catalina Devandas Agular qui avait effectué une visite de dix jours dans l’Hexagone en octobre 2017.

100 000 enfants et 200 000 adultes environ, c’est le nombre de personnes handicapées qui vivent dans des établissements spécialisés. Pour la rapporteure des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, il faut purement et simplement fermer ces structures d’accueil. Catalina Devandas Agular propose de transformer les établissements en services de proximité et de créer des lieux de vie autonomes. Cette « désinstitutionnalisation » permettrait aux personnes handicapées de vivre de façon autonome et dans la société. Le rapport se base sur une visite de dix jours de la rapporteure de l’Onu en France. C’était en octobre 2017 et à l'époque la Costa ricaine rappelait déjà qu' « il n'existe pas de bons établissements ». Le texte est au programme de la 40e session du Conseil des droits de l'homme qui se déroule à Genève depuis le 25 février.

Accessibilité universelle, la loi remise en cause

Le rapport pointe le retard de la France en matière d’accessibilité universelle. Normalement tous les lieux publics devaient être mis aux normes en janvier 2015. Mais voilà les gouvernements de Manuel Valls et d’Edouard Philippe ont adopté des amendements et des lois pour retarder cela et créer des exceptions. En 2018 la loi ELAN a ainsi limité l’obligation en matière d’accessibilité des logements à 20 % des constructions. Autre secteur défaillant, la scolarisation des élèves handicapés : Le rapport dénombre 12 000 enfants sans solution et 40 000 jeunes autistes déscolarisés. La rapporteure de l’Onu critique même la loi handicap de 2005. Selon Catalina Devandas Agular, ce texte ne se fonde pas suffisamment sur les droits humains et l’élimination des obstacles pour y accéder. Le rapport rappelle que notre pays est signataire de la Convention des Nations unies sur les droits des personnes handicapées, en 2010 et il précise que ce texte prime sur le droit français.

Le rapport de la rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées

Sur le même thème

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Désinstitutionnaliser au nom de l'inclusion : réactions aux propositions de la rapporteure des Nations unies

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7 mars 2019

Des facs Aspie-Friendly pour accompagner les jeunes autistes

 

Des facs 'Aspie-Friendly' pour accompagner les jeunes autistes

On les appelle les "Aspies". Un nom inspiré par le syndrome d'Asperger, pour désigner les personnes autistes sans déficit intellectuel. Aujourd'hui, en France, 1 % de la population serait concernée, et pourtant moins de 500 étudiants porteurs de ce trouble du spectre autistique sont inscrits dans l'enseignement supérieur.

https://www.letudiant.fr

 

13 février 2019

Projet de loi École : le gouvernement ajoute des mesures en faveur des élèves en situation de handicap

 

Projet de loi École : le gouvernement ajoute des mesures en faveur des élèves en situation de handicap

La date n'a pas été laissée au hasard : alors que, le 11 février 2005, le gouvernement Raffarin instaurait le droit à la scolarisation pour les enfants et adolescents handicapés, le gouvernement a présenté, lundi, les résultats de la concertation " pour une école inclusive " qui vise à améliorer la scolarisation des 380 000 élèves en situation de handicap en France ainsi que la situation de leurs encadrants dès la rentrée 2019.

http://www.lcp.fr

 

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16 février 2019

Epileptique exclue de sa crèche : contre-attaque des parents

article publié sur Handicap.fr

Après avoir porté plainte contre la crèche de leur fille, exclue à cause de son épilepsie, les parents de Rose ont fait appel de la décision du tribunal. La justice sera-t-elle de leur côté cette fois-ci ? Verdict le 26 février 2019.

15 février 2019 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr

 

Illustration article

Les établissements d'accueil du jeune enfant pourront-ils bientôt refuser d'accueillir, en toute impunité, des enfants pour cause de maladie ? Tout commence en janvier 2016… Rose Augustin, 2 ans, est exclue de sa micro-crèche en raison de son épilepsie. Ses parents portent plainte, un premier procès les déboute, ils font alors appel, espérant enfin obtenir justice. Réponse le 26 février 2019, à Nîmes… En attendant, ils peuvent compter sur le soutien de l'association Epilepsie-France, qui se porte partie civile « pour la première fois de son histoire ». Ensemble, ils mènent le combat de l'inclusion.

Rappel des faits

Emilie et Fabrice Augustin sont à la tête d'une tribu de cinq enfants. En septembre 2014, ils apprennent que Rose, la benjamine, souffre d'une forme d'épilepsie qui réagit à la fièvre. A 5 mois, ils l'inscrivent dans la micro-crèche de Meyrannes, une petite commune située dans le Gard. Un Projet d'accueil individualisé (PAI), signé entre la directrice de la crèche (infirmière-puéricultrice), le médecin de la PMI (Protection maternelle et infantile), le médecin traitant de Rose et sa famille, lui permet d'aller à la crèche, comme n'importe quel autre enfant. L'équipe est alors formée pour réagir en cas de crise et lui administrer le traitement adéquat, à savoir une pipette de Buccolam pré-dosée à placer entre la bouche et la gencive. « Un geste loin d'être technique », selon Epilepsie-France. En presque 18 mois, Rose ne fait qu'une crise « gérée sans problème par l'équipe et la famille », explique-t-elle.

Une mauvaise surprise

En janvier 2016, la micro-crèche change de directrice. Mme Duval, éducatrice de jeunes enfants, signe, à son tour, le PAI avant de changer « brusquement » d'avis. Selon elle, c'est trop « risqué » d'accueillir Rose sans personnel médical disponible pour lui administrer son médicament. Dès le lendemain, les parents reçoivent un e-mail qui les informe que leur fille est exclue, « sans pour autant proposer de solution alternative », indique Epilepsie-France. « Pour faire court, le message était : 'Débrouillez-vous', en assurant que la place de Rose était dans un établissement médico-social », ajoute l'association. Cette décision révolte les parents qui décident de porter plainte pour discrimination contre la directrice, le gestionnaire de l'établissement et l'élu local pour complicité.

Un flou juridique ?

Lors du procès, la direction « joue sur le flou juridique qui entoure le statut des micro-crèches », explique Epilepsie-France. Sa ligne de défense : l'ancienne directrice, qui avait accepté Rose, avait une formation d'infirmière et pouvait donc administrer le traitement d'urgence. Or elle n'était pas présente tous les jours et cela n'avait jamais posé de problème aux gestionnaires de la crèche… « En réalité, que l'enfant soit en crèche, en micro-crèche ou à l'école, il ne peut pas bénéficier de la présence d'un personnel médical 24/24 », poursuit Epilepsie-France. Autre argument avancé par la micro-crèche : elle ne veut pas être attaquée pour exercice illégal de la médecine. Un réquisitoire injustifié, pour l'association, pour plusieurs raisons : « Le traitement n'est pas complexe, son administration est autorisée dans le cadre du PAI et une formation du personnel peut être dispensée à l'ensemble du personnel avec l'accord du  médecin de la PMI » pour maîtriser les premiers secours et en savoir davantage sur la procédure à adopter en cas de crise.

Le couperet tombe

Le 10 mars 2016, après quatre heures de débats et un mois et demi d'attente, le tribunal correctionnel d'Alès prononce la relaxe des prévenus. Il estime obligatoire la présence d'un personnel médical et justifie ainsi l'exclusion de Rose. Déterminés, les parents font appel. Pour Epilepsie France, cette décision en première instance « équivaut à nier purement et simplement la nature et l'utilité des PAI qui encadrent l'accueil de tout enfant 'différent' en milieu ordinaire et autorisent le personnel formé à administrer le traitement adapté ». En France, près de 100 000 enfants bénéficient de ce dispositif pour cause d'allergie, de diabète, de maladies chroniques ou d'épilepsie.

La crainte d'une jurisprudence

Epilepsie-France craint un effet « boule de neige » si la justice décide une nouvelle fois de relaxer la micro-crèche. « Cette décision pourrait impacter tous les enfants et faire régresser, de manière phénoménale, leur inclusion. » D'autant qu'ils ne seraient pas tous logés à la même enseigne… « Les enfants allergiques sont en quelques sortes immunisés car ils ont pu bénéficier, par le Conseil de l'ordre des médecins, d'un avis qui indique que, dans le cadre d'un PAI, l'administration du traitement d'urgence avec le stylo-injecteur d'adrénaline n'est pas considéré comme un acte médical. C'est deux poids deux mesures… », regrette l'association. Les enfants épileptiques n'ont, pour l'heure, pas cette chance. Le tribunal peut donc considérer que l'administration du Buccolam est un geste médical, « malgré l'avis des médecins et notamment du neuropédiatre de Rose, et malgré le fait que les parents, non issus du secteur médical, puissent eux-mêmes réaliser ce geste », poursuit-elle.

Campagne de soutien

« A Besançon, tous les personnels des crèches publiques sont formés au traitement d'urgence de l'épilepsie, en lien avec le Samu, pour la simple et bonne raison que n'importe quel enfant peut faire sa première crise au sein de sa structure d'accueil, constate Dr Khayat, neurologue épileptologue. Il est impensable d'imaginer de telles disparités au niveau national. » Ce geste permet seulement de parer à l'urgence en attendant l'arrivée du Samu qui est appelé onligatoirement.

Epilepsie -France lancera une campagne de soutien digitale la semaine du 26 février. Les internautes pourront alors changer leur bannière Facebook et mettre la photo de Rose avec le slogan : « La vie en rose », une déclinaison du slogan de l'association « La vie d'abord ».

4 février 2019

Le centre pour adultes autistes est ouvert…et complet

article publié sur l'essor 38

le 02 février 2019 -

Le centre pour adultes autistes est ouvert…et complet
Brigitte Paris
- Le centre pour adultes autistes a ouvert en novembre dernier

Ouvert depuis à peine deux mois, le centre d'accueil et d'hébergement pour adultes autistes du pays voironnais est déjà complet. Si pour une trentaine de famille, il est vécu comme un soulagement, sa saturation et le trop grand nombre de candidatures refusées témoignent de la carence de solutions pour ces patients, passé l'âge de 20 ans. Explications avec Brigitte Paris, conseillère municipale à Voiron, déléguée au handicap, à l'accessibilité et à la petite enfance.

Le centre d'accueil pour adultes atteints d'autisme du pays voironnais a ouvert le 26 novembre dernier. « Le projet remonte à 2014, suite à l'appel à projet de l'Agence régionale de santé (ARS), d'ouvrir un centre dans la région de l'est grenoblois. » A partir de là, l'élue voironnaise, personnellement touchée par la question, et qui a pu constater le « manque crucial de structure en France pour les adultes autistes » prend les choses en main. Elle met en relation l'antenne voironnaise de l'association AFG autisme (qui gère plusieurs établissements en France), avec les services de la municipalité voironnaise. Finalement le projet séduit l'ARS.

« Il a ensuite fallu trouver le terrain, et c'est le pays voironnais qui nous a aidé et qui a signé un bail emphytéotique avec AFG autisme, qui gère désormais l'établissement. »

La première pierre a été posée en mars 2017 pour ouvrir 20 mois plus tard. Aujourd'hui, 30 places sont disponibles en hébergement permanent (trois unités de 10 résidents) et 10 en accueil de jour. « Les entrées se font progressivement, afin de ne pas perturber trop rapidement le quotidien des patients, et pour permettre la mise en route progressive pour les professionnels. Aujourd'hui, sept patients sont accueillis ». Parmi eux, la fille de Brigitte Paris. « Quand je parle du soulagement de trouver une solution, je le dis pour le vivre de l'intérieur. Savoir que nos enfants sont accueillis avec bienveillance et professionnalisme, ça soulage le quotidien, mais ça soulage surtout pour l'avenir. »

30 places. Un mieux, mais encore insuffisant au vu des centaines de candidatures reçues et refusées…faute de place. A peine ouvert, le centre est déjà complet. « Il n'y a que 5 % des adultes qui ont une prise en charge correcte. Passé 18 ans, la situation est complexe, voire catastrophique, surtout pour les patients qui ont une grande dépendance. Les centres sont très peu nombreux. Et pour les adultes qui n'ont pas de place ? Ils restent dans leur famille, parfois ils vont en hôpital psychiatrique, ou dans des structures à l'étranger. »

Une cinquantaine de praticiens travaillent dans l'établissement situé à cheval sur les communes de Voiron et de Coublevie : éducateurs, médecins, infirmiers, personnels administratifs et d'entretien. « On compte trois à quatre éducateurs et un infirmier pour 10 résidents ».

 

Caroline Thermoz-Liaudy

 

Les chiffres du projet

Le Pays voironnais a acheté le terrain à la Région (car situé sur le terrain du lycée Ferdinand Buisson) pour 1,4 M€. La collectivité a pris en charge les travaux d'aménagements routiers, paysagers et piétonniers pour 800 000€ (dont 320 000 € financés par la Région et 40 000€ par le Département). Les travaux ont été financés par l'Etat via la sécurité sociale.

29 janvier 2019

Guide pour scolariser les élèves en situation de handicap

 

Guide pour scolariser les élèves en situation de handicap

La scolarisation des élèves en situation de handicap constitue une priorité nationale. Dans ce domaine, des progrès considérables ont été accomplis depuis la publication de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

http://eduscol.education.fr

 

29 janvier 2019

Autisme : des places bientôt disponibles à l’école de Vannes

article publié dans Ouest France

L’école de La Rabine accueille depuis la rentrée 2015 une unité d’enseignement maternelle pour les enfants présentant des troubles envahissants du développement.
L’école de La Rabine accueille depuis la rentrée 2015 une unité d’enseignement maternelle pour les enfants présentant des troubles envahissants du développement. | OUEST-FRANCE

L’unité d’enseignement maternelle du Morbihan dispose de sept places à l’école de La Rabine, à Vannes. Cinq se libéreront à la rentrée 2019.

C’est une école dans laquelle les enfants différents peuvent prendre leur temps… La Rabine est le seul établissement scolaire du Morbihan à disposer d’une unité d’enseignement maternelle pour les enfants présentant des troubles envahissants du développement.

« Elle a été créée dans le cadre du plan national « autisme », qui insiste sur la nécessité de porter un diagnostic et de proposer une prise en charge de façon précoce » , rappelle Caroline Abel, directrice de l’EPSMS Vallée du Loch, qui a porté le projet.

30 km autour de Vannes

Depuis quatre ans, les sept enfants - qui viennent d’un rayon de 30 km autour de Vannes (les transports se font en taxi) - sont encadrés par une équipe pluridisciplinaire, à savoir un enseignant spécialisé, un éducateur spécialisé, des aides médico-psychologiques, un psychologue, un orthophoniste et un psychomotricien.

Ici, le défi de tous ces professionnels est de permettre à ces enfants différents de trouver leur place dans une école ordinaire.

A La Rabine, si les écoliers présentant des troubles du spectre autistique ont leur propre classe, ils partagent la récré, les repas, tout comme la sieste, avec leurs autres camarades… Les enfants de petite et moyenne sections passent aussi des moments d’échanges avec eux en classe.

Au bout de trois ans maximum, soit ils rejoignent une grande section classique avec une Auxiliaire de vie scolaire (AVS), soit ils intègrent une Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) ou un Institut médico-éducatif. A la rentrée de septembre 2019, cinq des sept places se libéreront permettant l’accueil de nouveaux enfants.

Contact : EPSMS Vallée du Loch, tél. 02 97 63 08 56 ou 02 97 66 76 22. Mail : accueil@epsmsvalleeduloch.fr.

29 janvier 2019

A Colletot, une mère de famille se bat pour scolariser son fils autiste

article publié dans actu.fr

Cindy Noël habite à Colletot (Eure), travaille à Pont-Audemer et recherche désespérément une école adaptée qui pourrait accueillir son fils Thibault, diagnostiqué autiste.

Cindy Noël ne parvient pas à trouver une école dotée du dispositif ULIS pour accueillir son fils Thibault. Devant cette situation, elle envisage de cesser son activité professionnelle.Cindy Noël ne parvient pas à trouver une école dotée du dispositif ULIS pour accueillir son fils Thibault. Devant cette situation, elle envisage de cesser son activité professionnelle.

Cindy Noël habite Colletot (Eure). Elle dirige l’auto-école CM Formation à Pont-Audemer et Bourg-Achard. Depuis le début de l’année, son fils Thibault, âgé de 11 ans, n’est plus scolarisé. Diagnostiqué autiste en 2014, l’enfant souffre de troubles des apprentissages et du comportement.

Son parcours scolaire a débuté à l’école du Sacré-Cœur de Pont-Audemer, en grande section jusqu’au CM1. Une Assistante de vie scolaire (AVS) était mise à sa disposition. « Les enseignants réussissaient à s’adapter à Thibault. Mais en CM1 sont survenus les premiers problèmes de comportement », se souvient Cindy Noël. L’an dernier, sur les recommandations de l’école, la mère de famille est contrainte de retirer son fils de la cantine scolaire. « La situation est alors devenue difficile. Thibault était obligé de déjeuner sur mon lieu de travail. C’était très compliqué à gérer. »

L’espoir de l’école démocratique

Entre octobre 2017 et juin 2018, Thibault bénéficie en CM1 du dispositif ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) créé au sein de l’école Sacré-Cœur. Il permet de scolariser des élèves en situation de handicap dans un établissement ordinaire. Quelques heures par jour, les enfants concernés sont regroupés dans une classe spécialisée de 12 élèves maximum. Malheureusement les problèmes comportementaux de Thibault persistent.

En septembre 2018, Cindy Noël apprend qu’une école démocratique baptisée « Champ libre » vient d’ouvrir ses portes à Saint-Sulpice-de-Grimbouville (Eure). Un établissement aux méthodes pédagogiques alternatives, où l’enfant est libre de choisir ses activités, d’apprendre à son rythme, sans professeur ni cours obligatoires. « Je me suis dit que cette école pouvait être une solution pour Thibault », avoue Cindy Noël.

Aucune place disponible

Mais là encore, l’enfant ne parvient pas à s’adapter. Il est jugé trop perturbateur. Fin décembre, la mère de famille reçoit un SMS de la directrice de l’école qui l’informe de l’exclusion de Thibault. « Nous n’avons pas les moyens actuellement de pouvoir répondre à ses besoins. Il lui faudrait un aménagement horaire, une AVS ou que nous soyons plus nombreux pour nous occuper de lui », écrit la directrice.

Pour éviter la déscolarisation de son fils, malgré sa décision initiale de retirer Thibault de l’école Sacré-Cœur, la mère de famille recontacte l’établissement pour que son fils réintègre le dispositif ULIS. Le Sacré-Cœur refuse, indiquant qu’il n’y a plus de place disponible. Selon un agent de l’académie scolaire de Rouen, contacté par nos soins, toutes les ULIS créées dans les écoles de l’Eure sont aujourd’hui saturées. Les élèves sont placés sur liste d’attente.

« Pour ne pas être hors la loi, j’ai inscrit administrativement mon fils à l’école de Corneville-sur-Risle (Eure), mais il ne s’y rend pas car il ne peut se débrouiller seul. L’inspection académique n’a pas de solution. »

Face à ce chemin sans issue, Cindy Noël se sent aujourd’hui démunie. Seul espoir : qu’une place en ULIS se libère avant la fin de l’année ou à la rentrée prochaine pour l’entrée de Thibault au collège.

LIRE AUSSI : Une maman de Port-Jérôme en grève de la faim pour scolariser son fils autiste

26 janvier 2019

Les écoles québécoises ne répondent pas aux besoins des enfants autistes

article publié dans le Huffingtonpost

L’aide apportée aux enfants autistes dans les écoles du Québec n’a pas beaucoup évoluée depuis les 20 dernières années.

Où vont donc les enfants atteints d'autisme, s’ils ne peuvent pas fréquenter une école spécialisée avec du personnel formé aux meilleures pratiques éducatives et thérapeutiques pour l’autisme?
Juanmonino via Getty Images


Où vont donc les enfants atteints d'autisme, s’ils ne peuvent pas fréquenter une école spécialisée avec du personnel formé aux meilleures pratiques éducatives et thérapeutiques pour l’autisme?

Avant 2005, je n'étais pas très au fait en ce qui concerne le système d'éducation public et des différentes options offertes aux parents d'enfants handicapés. Lorsque mon deuxième enfant a reçu un diagnostic d'autisme, un trouble neurodéveloppemental incluant entre autres des troubles de la communication et du comportement, j'ai constaté que les options en matière d'éducation étaient très limitées.

Malheureusement, c'est encore le cas aujourd'hui, mais un enfant autiste d'âge scolaire peut s'épanouir s'il reçoit le bon soutien. Or, l'aide apportée aux enfants autistes dans les écoles du Québec n'a pas beaucoup évolué depuis les 20 dernières années.

En 2007, j'ai fait une demande pour que mon fils puisse fréquenter l'une des deux écoles spécialisées accueillant des enfants autistes à Montréal. La première, À pas de géants, est une école privée, la seule qui est dédiée uniquement aux enfants autistes. Elle offre à l'heure actuelle 90 places, dont la moitié pour les élèves francophones et l'autre pour les élèves anglophones, pour l'ensemble du territoire de l'île de Montréal.

Et la deuxième, aussi privée, l'école Le Sommet, de langue anglaise uniquement ne compte qu'environ 30% des 600 places pour les enfants atteints d'autisme. Les deux écoles sont reconnues et subventionnées par le ministère de l'Éducation. Malheureusement, mon fils qui avait cinq ans à l'époque, a été refusé par les deux écoles spécialisées en raison du nombre restreint de places et de l'absence de correspondance avec leur profil spécifique tel que le niveau de langage, le fonctionnement dans les activités de vie quotidienne, etc.

Quelle place pour les enfants autistes?

Où vont donc les enfants atteints d'autisme, s'ils ne peuvent pas fréquenter une école spécialisée avec du personnel formé aux meilleures pratiques éducatives et thérapeutiques pour l'autisme? Ils vont dans le système scolaire public.

Selon un récent rapport, le ministère de l'Éducation considère fournir davantage de spécialistes en classe pour aider les élèves ayant un trouble du spectre de l'autisme, mais nous n'avons pas plus de précisions. Je garde espoir, mais je crains aussi que ce ne soit qu'une solution bien partielle à un problème beaucoup plus complexe.

"La plupart des jeunes enfants atteints d'autisme arrivent sans intervention adéquate et sont intégrés dans une salle de classe régulière comprenant de 20 à 28 élèves et ne reçoivent pas le soutien adéquat pour s'épanouir."

Les enfants au Québec ayant un trouble du spectre de l'autisme sont diagnostiqués trop tardivement et attendent des années avant toute intervention, même si, selon les meilleures preuves, une intervention précoce est essentielle. Seuls les rares parents qui peuvent se permettre des thérapies privées rigoureuses sont réellement capables de préparer leurs très jeunes enfants autistes à entrer dans le système scolaire public. La réalité est que la plupart des jeunes enfants atteints d'autisme arrivent sans intervention adéquate et sont intégrés dans une salle de classe régulière comprenant de 20 à 28 élèves et ne reçoivent pas le soutient adéquat pour s'épanouir.

Actuellement à Montréal, une aide ou un éducateur spécialisé est affecté à un élève autiste 13 heures par semaine en classe régulière. La moitié de ce qui avait été prévu au budget de 2009-2010, soit 26 heures par semaine. De plus, les enseignants ne sont pas obligés d'avoir une formation spéciale sur l'autisme pour avoir des enfants autistes dans leur classe.

En général, dans le système d'éducation public, les enfants autistes qui ont ou qui développent des comportements difficiles sont placés dans des classes plus petites, à raison d'environs 10 élèves pour un enseignant et un éducateur spécialisé dans les écoles des commissions scolaires francophones et d'un enseignant pour quatre élèves dans les commissions scolaires anglophones. On souhaite que ces élèves puissent éventuellement être intégrés aux classes régulières, mais ce n'est pas toujours possible.

"L'idée voulant qu'on augmente le budget de l'éducation pour compenser le manque de soins spécialisés, qui devrait relever du ministère de la Santé, démontre un sérieux échec."

Aussi bien disposé que puisse être le système scolaire public, les enseignants ne peuvent pas se substituer à des soins offerts par des professionnels de la santé ou thérapeutes spécialisés pour aider les enfants handicapés à bien fonctionner. L'idée voulant qu'on augmente le budget de l'éducation pour compenser le manque de soins spécialisés, qui devrait relever du ministère de la Santé, démontre un sérieux échec.

Une réunion avec les trois ministres, celui responsable de la Santé, celui de la Famille et celui de l'Éducation s'impose pour retracer l'origine du problème et apporter les correctifs nécessaires.

19 janvier 2019

Quel est le rôle de l'AVS ?

 

Quel est le rôle de l'AVS ?

Présent dans la classe aux côtés de l'enfant en situation de handicap, l'auxiliaire de vie scolaire effectue plusieurs tâches avec un seul et même objectif : faciliter le quotidien de l'élève et lui garantir la meilleure scolarité possible. Zoom sur 10 actions-clés de l'AVS.

https://hizy.org

 

17 janvier 2019

Prestations sociales et PCH "Aide Humaine" : incohérences à la pelle

16 janv. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Il y a des incohérences sur la façon dont est prise en compte la PCH "Aide Humaine" aux Impôts, à la CAF, à l'URSSAF, au Conseil Départemental. Une clarification, puis une information facilitant notamment le choix entre complément et PCH, est nécessaire.

 

Au départ, quand le RMI a été créé en 1988, il était prévu que les prestations familiales étaient prises en compte dans les ressources, à l’exception de certaines. Parmi les ressources exclues, il y avait le complément d'AEEH (AES à l'époque), complément déterminé en fonction des dépenses et de la réduction d'activité des parents liées au handicap.

En 2008, les parents ont pu choisir entre le complément d'AEEH et la PCH : logiquement, la PCH avait été exclue par la loi des ressources prises en compte pour le calcul du RMI.

Il avait fallu le préciser puisque la PCH Aide Humaine versée pour un adulte à un membre du foyer familial était prise en compte pour le calcul du RSA. Cette règle était celle qui était traditionnellement suivie pour les prestations de même nature.

En général, la PCH Aide Humaine est versée parce qu'une personne n'a pas d'activité professionnelle (ou a une activité réduite) du fait du handicap d'un membre de sa famille. Aussi, comme les règles pour le RSA devaient prendre en compte ceux qui exerçaient une activité, en les favorisant (prise en compte partielle des revenus d'activité, ce qu'on appelle la pente de 62%), la PCH aide humaine versée pour un adulte membre du groupe familial a été assimilée à un revenu d'activité professionnelle, auquel est appliquée la fameuse pente de 62 % (61% aujourd'hui).

Cette interprétation était favorable, et facilitait le droit au RSA.

Elle est indépendante des règles fiscales, puisque le RSA est calculé en fonction des ressources, imposables ou non (les autres prestations familiales sont alignées pour l'essentiel sur les revenus imposables).

Chat hésitant entre PCH Aide Humaine et complément d'AEEH © Luna TMG
Chat hésitant entre PCH Aide Humaine et complément d'AEEH © Luna TMG

PCH aide humaine et impôts

D'un autre côté, la loi avait prévu que la PCH n'était pas imposable. Mais l'administration des Impôts a considéré que si cela était vrai pour le bénéficiaire, cela n'était pas vrai pour l'aidant familial qui serait susceptible d'être indemnisé par le bénéficiaire ... C'est une construction de l'esprit lorsqu'un parent perçoit la PCH en tant qu'aidant familial de son enfant, enfant qui l'indemniserait donc, transformant une PCH Aide Humaine non imposable en ... bénéfice.

L’administration des Impôts considère qu'il s'agit d'un bénéfice non commercial non professionnel. La PCH non imposable devient donc imposable (après un abattement forfaitaire de 34 %) et soumise aux contributions CSG et CRDS des revenus sur le patrimoine !

Non imposable, non commercial non professionnel, revenu du patrimoine, revenu d'activité si adulte pour application de la pente, revenu exclu si enfant ... Cela n'est donc pas simple ni cohérent.

Et depuis 2018, les contributions sociales (CSG, CRDS) ne correspondent plus aux revenus du patrimoine, mais aux salaires.

Il faut un certain acharnement pour trouver dans la déclaration d'impôts la zone à renseigner. Mais aussi un certain don de voyance pour déterminer la somme perçue au titre du dédommagement de l'aidant familial pendant l'année concernée. En général, le Conseil départemental ne donne pas d'office le montant imposable.

PCH aide humaine et RSA

Pour rendre la pratique plus cohérente, mais sans se soucier de la loi (Code de l'Action Sociale et Familiale - CASF), la CNAF et la CCMSA (organismes centraux des CAF et MSA) décident en août 2012 de prendre en compte dans le calcul du RSA la PCH aide humaine concernant les enfants. Cela se fait discrètement, sans que cette décision soit annoncée publiquement, ni même signalée aux conseils départementaux et aux organismes qui étudient les demandes.

Les bénéficiaires de l'AEEH avec PCH sont connus des organismes payeurs, CAF ou MSA, car il y a des codes spécifiques pour ces droits. Rien ne sera plus facile que de faire remonter des "indus" par une requête. Génial pour démontrer que l'organisme fait "correctement" des contrôles.

Lorsque les tribunaux administratifs sont saisis, ils confirment que le dédommagement familial résultant de la PCH Aide Humaine pour un enfant n'a pas à être pris en compte pour le calcul du RSA. Voir dernier arrêt. Certains conseils départementaux tiennent compte de cette jurisprudence, mais cela semble plus dur du côté des organismes payeurs (CAF/MSA).

PCH aide humaine et autres prestations - AVPF

Cette PCH aide humaine ne permet pas, entre autres, d'avoir le droit à une retraite. Il n'y a pas de cotisations versées.

Cependant, les parents bénéficiaires de la PCH peuvent être affiliés à l'AVPF (Assurance Vieillesse des Parents au Foyer) si la personne handicapée (enfant ou adulte) a au moins 80% de handicap. Pour les adultes (plus de 20 ans), il faut que la CDAPH ait donné un avis favorable.

Il y avait deux autres conditions à l'AVPF : revenus du ménage (faibles) et absence totale d'affiliation à l'assurance vieillesse du parent. Aujourd'hui, il n'y a plus de conditions de ressources du ménage, et l'affiliation est modulée en fonction des revenus professionnels.

Compte tenu de la transmission par les impôts d'un bénéfice non commercial non professionnel, les CAF assurent l'affiliation à l'AVPF.

Ce n'est pas le cas des MSA qui assimilent cette PCH à un revenu professionnel.

PCH et prime d'activité

Pour le RSA, il y a une différence légale entre la PCH aide humaine pour un enfant et pour un adulte. CNAF et CCMSA ont prétendu la régler en alignant les droits de façon défavorable.

Aussi, quand la prime d'activité a été créée, le dédommagement de l'aidant familial résultant de la PCH aide humaine - qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un adulte - a été indiqué par décret comme une ressource faisant l'objet d'un abattement (pente de 62%).

C'était au moins clair sur ce plan.

Les modalités ne sont par contre pas précisées : montant brut ou montant imposable (après abattement forfaitaire de 34%) ?

PCH et PREPARE

C'est vraiment la colle à laquelle je ne m'attendais pas. Une personne, bénéficiaire de la PCH aide humaine, a demandé la PREPARE, prestation indemnisant la cessation ou la diminution d'activité suite à la naissance d'un enfant.

Le Conseil départemental verse la PCH Aide Humaine au taux minoré (il considère qu'il n'y a pas de conséquence sur l’activité professionnelle du fait du handicap).

Bien qu'il n'y ait aucune activité professionnelle, la CAF ne veut plus verser la PREPARE à taux plein, mais seulement à taux partiel. A cause de la PCH Aide Humaine...

Rien n'interdit pourtant de cumuler PREPARE et PCH Aide Humaine.

Conclusion ?

Autrement dit :

  • pour les impôts, il n'y a pas d'activité professionnelle (bénéfice non commercial non professionnel);
  • pour l'URSSAF, idem;
  • pour les impôts avant 2018, revenus du patrimoine pour la CSG et CRDS;
  • pour les impôts depuis 2018, revenus d'activité pour la CSG et CRDS;
  • pour le Conseil Départemental, il y a activité à temps complet (pas de réduction d'activité du fait du handicap) dans le cas cité;
  • pour la CAF [ou MSA] RSA, il y a activité (mais la loi fait la différence entre enfant et adulte);
  • pour la CAF - prime d'activité, il y a activité;
  • pour la CAF - AVPF, il n'y a pas d'activité;
  • pour la CAF - PREPARE, il y a activité à temps partiel.

Il est bien temps qu'il y ait une mise à plat de la PCH Aide Humaine, en tenant compte de son faible niveau de rémunération.

La CSG a été augmentée : que la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) finance les droits sociaux liés à la PCH !

Quand tous ces problèmes seront réglés, il sera possible de donner une information correcte aux bénéficiaires.

A ma connaissance, il n'y a pas eu de mise à jour depuis juillet 2013 de la notice officielle sur le choix entre complément d'AEEH et PCH aide humaine.

Sans oublier la question des compléments d'AEEH en cas de chômage ou d'arrêt de travail ...

15 janvier 2019

RSA - la PCH Aide Humaine pour un enfant ne doit pas être prise en compte

14 janv. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Le Tribunal Administratif de Rennes, dans une décision du 19 décembre 2018, confirme que la PCH "aide humaine" pour un enfant ne doit pas être prise en compte pour le calcul du RSA.

 

En août 2012, les CAF et les MSA ont reçu des consignes tendant à faire prendre en compte la PCH (prestation de compensation de handicap) "Aide Humaine" versée à un allocataire du RSA (Revenu Social d'Activité) comme un revenu professionnel à prendre en compte dans le calcul de la prestation.

Ces consignes n'ont pas été publiées et sont contraires aux dispositions explicites de la législation.

Versailles © Luna TMG
Versailles © Luna TMG

C'est ce que vient de confirmer le Tribunal Administratif de Rennes dans une procédure concernant un demandeur du RSA des Côtes d'Armor :

  • "lorsque la prestation de compensation du handicap (PCH) est perçue en application de l’article 94 de la loi du 19 décembre 2007, qui a ouvert le droit à cette prestation au profit des enfants, en complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), il ne doit pas en être tenu compte pour le calcul des ressources déterminant le montant du revenu de solidarité active."

Il faudra revenir sur les différentes façons dont le volet "Aide Humaine" de la PCH est pris en compte.

Au départ, quand le RMI a été créé en 1988, il était prévu que les prestations familiales étaient prises en compte dans les ressources, à l’exception de certaines. Parmi les ressources exclues, il y avait le complément d'AEEH (AES à l'époque), complément déterminé en fonction des dépenses et de la réduction d'activité des parents liées au handicap.

En 2008, les parents ont pu choisir entre le complément d'AEEH et la PCH : logiquement, la PCH a été exclue par la loi des ressources prises en compte pour le calcul du RMI.

Je reviendrai sur les raisons qui ont pu amené à réviser le calcul du RSA. Mais cela s'est fait sans modification de la loi, et donc de façon illégale. Cette modification du point de vue des sous-traitants des conseils départementaux (ce sont les CAF et les MSA qui font en réalité le calcul du RSA) s'est faite sans information préalable des personnes concernées (alors que le choix entre le complément d'AEEH et la PCH aide humaine peut en dépendre) et surtout ... sans base légale.

Le Conseil Départemental des Côtes d'Armor, qui a beaucoup traîné à remettre ses conclusions, en était bien conscient, puisqu'il s'en remettait à "la sagesse du tribunal".

Le Secrétariat d'Etat aux Personnes Handicapées, du temps de Ségolène Neuville, avait aussi essayé de faire respecter cette disposition légale, mais l'administration concernée, de concert avec la CNAF, avait résisté à l'application de la loi. Dès février 2017, le Conseil d'Etat avait pourtant pris une décision de principe.  En théorie, le nouveau Secrétariat a plus de pouvoir, car il est rattaché au Premier Ministre. Il reste à voir s'il sera plus efficace.

Le Comité d'Entente Handicap Bretagne avait informé du problème le 4 avril 2016 conseils départementaux, CAF et MSA. Peu avaient répondu. Ces institutions seront-elles tenir compte de la jurisprudence ?

Où prendront-elles à la légère droit, handicap et pauvreté ?

Merci à l'association Toupi qui intervient sur le sujet et à Autisme France qui a financé le recours.


TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE RENNES

N° 1701509__

Mme T.__________

M. Michel Hoffmann Président-rapporteur ___________

Mme Marie Touret Rapporteur public ___________

 

Audience du 28 novembre 2018

Lecture du 19 décembre 2018 ___________

04-04 D

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mars 2017, Mme H. T., représentée par Maître Buors, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du président du conseil départemental des Côtes-d’Armor en date du 10 février 2017 portant rejet de ses recours préalables des 19 décembre 2016 et
18 janvier 2017 contestant l’existence d’un indu de revenu de solidarité active (RSA) et sollicitant le calcul et le versement, à compter du 1er décembre 2014, du RSA sans prise en compte au titre de ses revenus de la prestation de compensation du handicap (PCH) qu’elle perçoit pour son fils handicapé ;

2°) de la décharger du paiement de l’indu mis à sa charge ;

3°) d’enjoindre au président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, d’une part, de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement des indus engendrés par le mode de calcul erroné, d’autre part, de recalculer l’ensemble de ses droits au RSA à compter du 1er décembre 2014 et de lui verser en conséquence l’allocation à laquelle elle a droit, sous un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai en application des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

4°) d’enjoindre au président du conseil départemental des Côtes-d’Armor de procéder à une nouvelle instruction de ses recours administratifs, sous un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard passé ce délai en application des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge du département des Côtes-d’Armor la somme de 3 000 euros par application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-  le président du conseil départemental des Côtes-d’Armor n’a pas saisi la commission de recours amiable en violation des dispositions de l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles ;

- la décision attaquée ne comporte pas les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement ;

- Il n’apparait pas que le signataire de la décision attaquée disposait d’une délégation de signature régulière du président du conseil départemental et qu’elle ait été dûment publiée ;

- la décision attaquée est entachée d’erreur de droit dès lors que le président du conseil départemental a tenu compte, pour déterminer l’indu de RSA mis à sa charge et lui refuser par ailleurs l’ouverture de ses droits à cette allocation, de la prestation de compensation du handicap qu’elle perçoit pour son fils handicapé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2018, le département des Côtes-d’Armor déclare s’en remettre à la sagesse du tribunal.

Il fait valoir que :

- la commission de recours amiable n’avait pas à être saisie du recours présenté par Mme T. ;

- la décision attaquée comporte l’énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement ;

- le signataire de la décision attaquée avait compétence pour se faire ;

- il semble résulter de l’arrêt du Conseil d’État n° 395536 du 10 février 2017 que la part de la PCH servant à rémunérer l’aidant familial ne doive pas être prise en compte dans les ressources du foyer pour le calcul du RSA.

Par un mémoire, enregistré le 23 novembre 2016, la CAF des Côtes-d’Armor demande à être mise hors de cause.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l’action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Rennes a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :

- le rapport de M. Hoffmann, président-rapporteur,

-  et les observations de Mme Marzin, représentant le département des Côtes-d’Armor.

Les autres parties n’étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.   Par une décision du 8 décembre 2016, la CAF des Côtes-d’Armor a notifié à la requérante un trop-perçu de prestations sociales d’un montant total de 1 391,24, composé d’un indu de RSA « socle » référencé INL 002, d’un indu de RSA « activité » référencé INN 006, et de deux indus de prime d’activité référencés IM1 001 et IM3 001. Par une lettre du
19 décembre 2016, l’intéressée a contesté notamment les indus de RSA ainsi mis à sa charge. Par une décision du 16 janvier 2017, la CAF des Côtes-d’Armor a par ailleurs rejeté une nouvelle demande de Mme T. d’ouverture de droits au RSA, décision que cette dernière a contestée par une lettre du 18 janvier 2017. Par une décision du 10 février 2017, le département des
Côtes-d’Armor a rejeté les deux recours formés par la requérante, confirmant ainsi les indus de RSA et le refus d’ouverture de ses droits à cette même allocation, au motif d’une prise en compte rétroactive dans ses ressources de la prestation de compensation du handicap perçue au titre de son fils handicapé. Par sa requête, Mme T. demande au tribunal d’annuler cette dernière décision, de la décharger du paiement des indus de RSA litigieux, d’enjoindre au président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, d’une part, de lui rembourser les sommes indûment prélevées sur ses prestations en remboursement de ces indus, d’autre part, de recalculer ses droits au RSA à compter du 1er décembre 2014, et de lui verser à compter de cette date l’allocation à laquelle elle a droit en conséquence, et de procéder, enfin, à un nouvel examen de sa demande d’ouverture de droits.

Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision du 10 février 2017 :

En ce qui concerne le bien-fondé des indus litigieux :

2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d’un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l’office du juge d’apprécier, au regard de l’argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d’ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d’indu. Il lui appartient, s’il y a lieu, d’annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l’exercice de son office, de régler le litige.

3. Aux termes de l’article L. 262-3 du code de l’action sociale et des familles « L'ensemble des ressources du foyer (…) est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : (…) / 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière ». Aux termes de l’article R. 262-6 de ce code : « Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer (…) ». L’article R. 262-11 du même code précise toutefois que : « Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : (…) 6° De l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et de ses compléments mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale, de la majoration spécifique pour personne isolée mentionnée à l'article L. 541-4 du même code ainsi que de la prestation de compensation du handicap lorsqu'elle est perçue en application de l'article 94 de la loi n° 2007-1786 du 19 décembre 2007 de financement de la sécurité sociale pour 2008 ; (…) 9° De la prestation de compensation mentionnée à l'article L. 245-1 ou de l'allocation compensatrice prévue au chapitre V du titre IV du livre II du code de l'action sociale et des familles dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 (…), lorsque l'une ou l'autre sert à rémunérer un tiers ne faisant pas partie du foyer du bénéficiaire du revenu de solidarité active (…) » ;

4. Il résulte de ces dispositions, et en particulier du 6° de l’article R. 262-11 du code de l’action sociale et des familles, que lorsque la prestation de compensation du handicap (PCH) est perçue en application de l’article 94 de la loi du 19 décembre 2007, qui a ouvert le droit à cette prestation au profit des enfants, en complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), il ne doit pas en être tenu compte pour le calcul des ressources déterminant le montant du revenu de solidarité active. En revanche, lorsqu’elle est perçue sans être cumulée avec cette allocation, sont applicables les dispositions du 9° du même article, qui excluent sa prise en compte dans le seul cas où elle sert à rémunérer un tiers ne faisant pas partie du foyer du bénéficiaire du revenu de solidarité active.

5. Il résulte de l’instruction que le département des Côtes-d’Armor a, par cinq décisions en date des 15 octobre 2012, 16 avril 2013, 17 octobre 2013, 20 janvier 2015 et 24 février 2016, accordé à Mme T., en sa qualité d’aidant familial de son fils handicapé, une PCH pour des montants mensuels arrêtés aux sommes respectives de 784,73 euros, 906,67 euros, 964,83 euros, 1 171,38 euros et 1 080,54 euros. Cette prestation, versée en complément de l’AEEH, a été renouvelée par une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées des Côtes-d’Armor en date du 8 novembre 2016 portant sur la période comprise entre le 1er octobre 2016 et le 31 octobre 2018. Dès lors, en application des dispositions précitées du code de l’action sociale et des familles, et conformément à ce que soutient la requérante à l’appui de sa requête et à ce qu’elle a fait valoir, à plusieurs reprises, auprès du président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, ces sommes devaient être exclues du calcul de ses ressources déterminant le montant de son RSA. Est ainsi sans incidence la circonstance que la circulaire de la caisse nationale d’allocations familiales C - n° 2012-014 du 27 juin 2012 prévoie que la PCH versée en complément de l’AEEH doive être prise en compte au titre de cette allocation, ladite circulaire étant dépourvue de toute portée impérative. Il suit de là qu’en confirmant par la décision contestée du 10 février 2017 les indus de RSA mis à la charge de Mme T. au motif que « l’attribution du dédommagement familial, dans le cadre du volet aide humaine de la PCH, est pris en compte pour les revenus imposables, mais également pour le calcul du droit au RSA », le département des Côtes-d’Armor a commis une erreur de droit. La décision du 10 février 2017 doit en conséquence être annulée.

En ce qui concerne le refus d’ouverture de droits au RSA :

6. Il résulte des points 3, 4 et 5 que la décision du 10 février 2017 doit être annulée en tant qu’il a été tenu compte pour le calcul des ressources déterminant le montant du revenu de solidarité active de Mme T. de la PCH perçue par cette dernière au titre de son fils handicapé.

7. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que Mme T. est fondée à demander l’annulation de la décision du 10 février 2017.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

8. L’annulation de la décision du 10 février 2017 implique nécessairement qu’il soit enjoint au président du conseil départemental des Côtes-d’Armor d’exclure des ressources de Mme T., au titre de son RSA, la PCH perçue au titre de son fils handicapé, de réexaminer ses droits en conséquence à compter du 1er décembre 2014, de déterminer le trop-perçu susceptible d’en résulter, de lui restituer les sommes qui lui ont été indûment prélevées en compensation des indus annulés par le présent jugement et, le cas échéant, de lui ouvrir à nouveau ses droits au RSA à la date de sa demande, dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il y ait lieu de prononcer une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l’application de l’article L. 761 du code de justice administrative :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du département des Côtes-d’Armor une somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 10 février 2017 par laquelle le département des Côtes-d’Armor a mis à la charge de la requérante un trop-perçu de RSA et a refusé de lui ouvrir les droits à cette allocation est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental des Côtes-d’Armor de réexaminer les droits au RSA de la requérante à compter du 1er décembre 2014, de déterminer le trop-perçu susceptible d’être mis à sa charge, de lui restituer les sommes qui lui ont été indûment prélevées en compensation des indus annulés par le présent jugement et, le cas échéant, de faire droit à sa demande d’ouverture de droits au RSA à compter de la date de sa demande, dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le département des Côtes-d’Armor versera à Mme T. la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H. T., au département des Côtes-d’Armor et à la caisse d’allocations familiales des Côtes-d’Armor.

Lu en audience publique le 19 décembre 2018.

Jugement du Tribula Administratif de Rennes 19 12 2018 (pdf, 1 B)

10 janvier 2019

Le cheval, ami des enfants handicapés

Mardi 8 Janvier 2019 - 05:00
équithérapie, écurie des Bels à Viviers-les-Montagnes, Annie Monarchie

Séance d'équithérapie à l'écurie des Bels à Viviers-les-Montagnes. (JDI/CB)

Infirmière pendant 40 ans, Annie Monarchie, Castraise de 63 ans, avait anticipé sa retraite en suivant une formation auprès de l'Institut de formation en équithérapie à Paris en 2015. Un an d'études exigeantes aura été nécessaire pour cette passionnée de cheval. Anne anime désormais Equi D'oc et intervient depuis septembre 2017 auprès de trois centres équestres: le Dicosa à Saïx, les Bels à Viviers-les-Montagnes et à Montfa.

À Viviers, elle reçoit six enfants du Centre d'éducation conductive de Labruguière. «Le cheval est un médiateur idéal. Ni intrusif, ni jugeant, il vit l'instant présent dans le partage», note Annie.

Cette prise en charge thérapeutique s'adresse aux personnes handicapées ou rencontrant des difficultés psychologiques passagères.

Julie Soulié, maman d'Émilie, un enfant du centre, constate: «Les objectifs du CEC sont similaires à ceux recherchés par Annie: développer l'autonomie, travailler la posture, l'équilibre, la manipulation gestuelle et relationnelle.»

Deux séances par semaine

Et de constater: «Émilie qui ne sait pas se déplacer toute seule devient une enfant en mouvement et c'est vraiment touchant à vivre. Elle aime les sensations vestibulaires qui lui procurent du plaisir et travaille son équilibre en même temps. Tel est le pouvoir de l'animal.»

À raison de deux séances par semaine, les enfants vivent une expérience différente et plus profonde qu'avec une thérapie classique. «Beaucoup de choses au niveau sensoriel se passent» et Annie reste épatée par ces enfants qui ne se plaignent jamais. «Ils sont une vraie leçon», conclut-elle, émue.

Le cheval est devenu pour ces enfants un ami qui leur fait du bien.

Cindy Bertrand
9 janvier 2019

L'association Espoir autisme corse ouvre un SAMSAH régional de 20 places

Rédigé par Philippe Jammes le Mardi 8 Janvier 2019 à 15:01 | Modifié le Mardi 8 Janvier 2019 - 18:18

Un SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés) Autisme régional a ouvert le 7 Décembre dernier à l'initiative de Espoir Autisme Corse. Il s’adresse à des adultes âgés de 20 à 59 ans (18 ans par dérogation), la capacité d’accueil est de 20 places pour toute la région.

L'association Espoir autisme corse ouvre un SAMSAH régional de 20 places

Depuis plus de 20 ans maintenant, l’Association Espoir Autisme Corse (EAC), créée par Jean-Baptiste De Nobili, son président, etNonce Giacomoni, son représentant, se bat pour faire valoir les droits des personnes avec autisme.
2012, à force de combats et d’investissements, l’association de parents devient une association gestionnaire et obtient l’ouverture d’un SESSAD (Service d’Education Spéciale et de Soins à Domicile) Autisme à Biguglia, et l’ouverture en 2015 d’une Unité d’Enseignement en maternelle à Toga.

Catherine Peretti-Geronimi, directrice de cet établissement, s’appuie sur une approche éducative et développementale adaptée au handicap spécifique qu’est l’autisme. Ce travail ne mettra pas longtemps à être reconnu puisque depuis 2016 les accompagnements proposés par Espoir Autisme Corse bénéficient d’un Label Qualité de la part d’Autisme France.  

Mais les projets ne s’arrêtent pas là. En effet, les jeunes adultes sortant du SESSAD se heurtent à un mur, que faire une fois l’âge requis d’accompagnement pour le SESSAD révolu ?
Fort de ce constat, l’association répond à un nouvel appel à projet de l’ARS et de la CDC et obtient l’ouverture d’un SAMSAH (Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés) Autisme régional au mois de décembre 2018.

Ce dernier a pour mission d’aider les personnes à la réalisation de leur projet de vie dans une dynamique d’insertion professionnelle et d’autonomie. Le SAMSAH Autisme s’adresse à des adultes âgés de 20 à 59 ans (18 ans par dérogation), la capacité d’accueil est de 20 places pour toute la région.


Toujours dans une démarche d’accompagnement et afin de répondre au rapport « zéro sans solution », un PCPE (Pôle de Compétences et de Prestations Externalisées) Autisme régional se greffe également à l’ouverture du SAMSAH afin d’éviter les ruptures brutales d’accompagnement, les situations de grande détresse pour les familles ou encore les déménagements vers la Belgique.

L’association Espoir Autisme Corse a encore la volonté de porter de nouveaux projets afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques des personnes avec Autisme tout en respectant les recommandations des bonnes pratiques professionnelles, garantes du label qualité qu’ils ont obtenu.

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Espoir Autisme Corse - Résidence la Citadelle - 20250 Corte. Tel : 04.95.46.31.39
SAMSAH PCPE TSA Cismonte - Espace Ceppe - 20620 Biguglia
e.pani@sessadeac.corsica . Tel : 04.95.47.37.11
SAMSAH PCPE TSA Pumonte - Lotissement 11B - Lieu-dit Baleone - 20167 Afa
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20 décembre 2018

Accueil de loisirs des enfants handicapés : ça va bouger ?

article publié sur Handicap.fr

Les enfants handicapés de 3 à 11 ans représentent 1,9% de leur classe d'âge mais seulement 0,28% fréquentent des accueils de loisirs. Une mission nationale sur ce thème dévoile 20 mesures phare et réclame une grande cause nationale.

15 décembre 2018 • Par L'AFP pour Handicap.fr

 

Illustration article

L'accès des enfants handicapés aux centres de loisirs devrait être érigé au rang de "grande cause nationale", a plaidé le 14 décembre 2018 la mission nationale chargée de cette question, remettant une vingtaine de propositions à la secrétaire d'État Sophie Cluzel et au Défenseur des droits Jacques Toubon.

Carence de l'offre

Les enfants en situation de handicap, âgés de 3 à 11 ans, représentent 1,9% de leur classe d'âge, mais seulement "0,28% de la fréquentation au sein des 33 000 accueils de loisirs périscolaires et extrascolaires", déplore la mission installée il y a un peu plus d'un an. "Cette carence de l'offre d'accueil entraîne de lourdes conséquences" pour les parents d'enfants handicapés, "notamment sur leurs capacités à maintenir leur emploi", en particulier les femmes. "En plus de quarante années de politiques en faveur des personnes handicapées", cette question n'a jamais fait l'objet "d'une réelle stratégie de nature à mettre en mouvement l'ensemble des acteurs concernés", relève la mission dans son rapport.

Des subventions pour leur accueil

En outre, "trois éléments principaux freinent les capacités d'adaptation des accueils de loisirs", à savoir "la qualification professionnelle, le turn-over des équipes et les taux d'encadrement", trop faibles au regard des "besoins d'accompagnement spécifiques" des enfants handicapés. Face à ces constats, la mission propose en premier lieu de lever les freins financiers, notamment en subventionnant davantage les structures accueillant des enfants handicapés, pour un coût supplémentaire de 24 millions d'euros en moyenne par an pour les caisses d'allocations familiales (Caf). Elle suggère également de déployer des "pôles d'appui et de ressources" mettant en relation parents et lieux d'accueil "en fonction des besoins identifiés sur les territoires".

20 mesures sur la table

Engager les organisateurs des centres à détailler, "dans leur projet éducatif, les modalités d'accueil des enfants" handicapés, "mettre en place un appel à projets dans chaque département" pour développer l'offre d'accueil "en direction des adolescents et jeunes" handicapés, ou encore "définir au niveau national une réelle stratégie de formation" font partie des 20 mesures mises sur la table. Dans un communiqué, le Défenseur des droits a salué "un rapport utile pour le quotidien des familles". "L'accès de tout enfant aux loisirs est un droit fondamental consacré par les conventions internationales (CIDE et CIDPH) et constitue une obligation nationale", a-t-il rappelé. "Refuser l'accès d'un enfant aux activités de loisirs en raison de son handicap peut être constitutif d'une discrimination", a-t-il insisté.

 

4 décembre 2018

Enfants handicapés : un taux de scolarisation et d’inclusion bien trop faible

article publié sur France TV Info

Les enfants handicapés de moins de six ans sont très peu pris en charge, estime le Défenseur des droits dans son dernier rapport sur les droits de l’enfant.

En 2017, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés En 2017, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés (© horizontal.integration on Visual hunt  )

Mis à jour le 03/12/2018 | 17:37
publié le 03/12/2018 | 17:37

 

Aujourd’hui en France, seuls 30% des enfants présentant des troubles autistiques sont scolarisés en maternelle, selon les centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP). Ces mêmes enfants ne sont pris en charge par l’école, en moyenne, que deux jours par semaine. Partant de ce constat, le Défenseur des droits Jacques Toubon et la Défenseure des enfants Geneviève Avenard consacrent une large partie de leur dernier rapport annuel à la scolarisation et à l’inclusion des enfants en situation de handicap. A l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, Allodocteurs.fr fait le point. 

Peu d'accueil en activités périscolaires

Le 19 novembre, veille de la journée internationale des droits de l’enfant, Geneviève Avenard et Jacques Toubon ont donc remis leur rapport, intitulé "De la naissance à 6 ans : au commencement des droits", au président de la République. Parmi les 26 propositions listées dans ce document, quatre concernent directement les enfants en situation de handicap.

Tout d’abord, les auteurs insistent sur les difficultés d'accès aux activités périscolaires rencontrées par ces enfants, et affirment qu’ils ont reçu de "nombreuses saisines" à ce sujet. Ils rappellent que les premiers résultats de la mission nationale "Accueils de loisirs et handicap" indiquent que seuls 19% des parents demandant une prise en charge de leur enfant en dehors de l’école obtiennent gain de cause. "Ces résultats corroborent ceux obtenus par le Défenseur des droits en 2014", note le rapport. Pour Jacques Toubon, il faut donc "encourager une répartition plus homogène des lieux d'accueil périscolaire sur le territoire et assurer le respect de leur vocation inclusive".

Par ailleurs, la Défenseure des enfants et le Défenseur des droits mettent en lumière les inégalités persistantes en matière de scolarisation. S’ils constatent une amélioration en ce qui concerne l'inscription des enfants handicapés en école élémentaire, ils affirment que les chiffres restent alarmants en maternelle. En cause notamment, le fait que la scolarité ne soit pas encore obligatoire avant six ans (cette mesure entrera en vigueur à la rentrée 2019). Le rapport indique en outre que seuls 79% des enfants de plus de trois ans pris en charge par les CAMSP sont scolarisés, contre 94% des enfants non handicapés. Parmi ces 79%, seuls 55% sont scolarisés à temps plein.

Des enfants scolarisés une à cinq heures par semaine

En 2017, d'après le ministère de l'Education, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés en France. Même s’ils étaient 20.000 de plus en 2018, des milliers ne peuvent toujours pas aller à l'école, faute d’accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH). Aucun chiffre officiel sur le sujet n’est néanmoins disponible. Quelques semaines avant la remise de ce rapport par ailleurs, Lucie Michel, mère d’un fils autiste, avait interpellé Emmanuel Macron à ce sujet. A la rentrée scolaire 2018, son fils Malone n’avait pu être accueilli dans aucun établissement. Cette mère en difficulté avait alors écrit un rap, qu’elle avait posté sur YouTube. La vidéo cumule aujourd’hui plus de 40.000 vues.

La même semaine, on apprenait que trois mères d'enfants handicapés avaient grimpé en haut d'une grue, à Lille et à Strasbourg. Elles voulaient ainsi dénoncer "le manque d'auxiliaires de vie scolaire" et "la grande précarité des aidants familiaux". Nous avons contacté Meryem Duval, l'une d'entre elles. Cette mère de deux jumeaux autistes est restée plus de 11 heures sur une grue pour alerter l'opinion sur la situation des enfants handicapés. Une opération qu'elle a répétée à cinq reprises. Si ses deux garçons sont aujourd'hui soclarisés à mi-temps, elle continue les actions coup de poing. Pour elle, le rapport des Défenseurs "joue sur les mots". "On est bien loin des 79% d'enfants scolarisés ! Soit ils sont scolarisés une à cinq heures par semaine, soit ils sont inscrits dans des structures spécialisées", déplore-t-elle. Selon elle, moins de 20% d'entre eux sont scolarisés à temps plein, et ceux-ci sont la plupart du temps handicapés moteurs, et non psychiques.

De plus, Meryem Duval note que le rapport ne donne aucun chiffre sur les enfants handicapés qui ne bénéficient pas, à l'heure actuelle, d'AESH. "Ce n'est tellement pas important pour les pouvoirs publics qu'il n'y a aucun recensement", s'insurge-t-elle. D'après les associations, on estime le nombre d'enfants concernés à 3.500. "On se retrouve avec des AESH qui s'occupent de 4 ou cinq élèves !" constate-t-elle tristement.

De leur côté, les Défenseurs rappellent la mise en place de la stratégie nationale pour l'autisme 2018-2022, qui vise à améliorer le taux de scolarisation des enfants autistes. Ce plan prévoit, entre autres, le triplement du nombre d'unités d'enseignement maternelle autisme (UEMa). Mais cela n’est pas suffisant, comme l’indique Jacques Toubon : "De nombreux enfants en situation de handicap rencontrent encore des difficultés pour accéder à une scolarisation ordinaire et bénéficier des aménagements nécessaires." Pour lui, il est donc indispensable que ces élèves soient accompagnés d’un AESH, même si "cette solution ne constitue pas une réponse universelle".

Jacques Toubon souhaite "une mobilisation des pouvoirs publics"

Le document préconise également d’améliorer la formation à la prise en charge du handicap des enseignants et des professionnels de la petite enfance, qui reste très hétérogène. Pour Jacques Toubon et Geneviève Avenard, il incombe au ministère de l'Éducation nationale de "familiariser l'ensemble des enseignants aux processus d'évaluation des besoins des élèves handicapés et aux aménagements pouvant être mis en place pour y répondre".

La dernière recommandation concernant les enfants handicapés est plus radicale : Jacques Toubon en appelle directement aux collectivités publiques, et estime qu’"un changement de paradigme et une mobilisation des pouvoirs publics" sont indispensables. Pour lui, celles-ci n’ont en effet pas encore pris "toutes les mesures nécessaires pour permettre l'accès effectif de tous les enfants, sans aucune discrimination, aux modes d'accueil collectif de la petite enfance".

Dans un communiqué publié le 20 novembre, l’Elysée a réagi à la publication de ce rapport, annonçant qu’une "stratégie interministérielle" était "en cours de préparation afin de répondre aux défis de la protection de l'enfance". Cette stratégie est censée être révélée à la rentrée début 2019, année au cours de laquelle sera célébré le 30ème anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant.

par Maud Le Rest Twitter journaliste à la rédaction d'Allodocteurs.fr
7 janvier 2019

Autisme : l'école n’est pas adaptée aux enfants différents, déplore une spécialiste

article publié sur RTL

INTERVIEWS - Si la majorité des Français sont favorables à une intégration des enfants autistes dans les écoles publiques, les systèmes d’enseignements actuels ne sont pas adaptés à tous les élèves. Explications avec Christine Philip, spécialiste de cette problématique.

L'intégration des enfants autistes dans les écoles : le nouveau challenge du gouvernement.
L'intégration des enfants autistes dans les écoles : le nouveau challenge du gouvernement. Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Manon Labat Manon Labat Journaliste

Parler d'inclusion, et non d'intégration. C'est un point sur lequel insiste Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des élèves autistes. Selon elle, une différence cruciale existe dans ces deux termes, qui à elle seule résume le problème des écoles aujourd'hui. 

L'intégration consiste à rejoindre la norme. Ainsi, la personne doit faire l'effort de s'adapter aux autres, mais le milieu en lui-même ne bouge pas. Tandis que l'inclusion est le processus inverse. Ce n'est pas à la personne de s'adapter mais au milieu qui l'accueille d'être capable de répondre à ses besoins particuliers. Pour Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes, les écoles publiques françaises ne sont encore qu’au stade de l’intégration, et non de l’inclusion.

Le gouvernement, qui a dévoilé vendredi 6 avril un "plan autisme" à 344 millions d'euros, veut améliorer le dépistage, le suivi et la prise en charge des personnes autistes. En France, 700.000 personnes en sont atteintes, dont 160.000 enfants. Si la proportion d’enfants autistes scolarisés est difficile à évaluer, certaines associations l’évaluent à 20%.

Un système scolaire inadapté

Un pourcentage qui met en avant le désarroi des parents, qui sont souvent confrontés à un parcours du combattant pour obtenir un accompagnement adapté. Un problème qui n’est pas passé inaperçu aux yeux du Conseil de l’Europe qui a condamné la France cinq fois pour discrimination à l’égard des enfants autistes, pour un manque d’éducation, de scolarisation et de formation professionnelle. 

"On prône l’inclusion dans un système qui n’est pas inclusif"

Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes
 

Si la nouvelle enveloppe du gouvernement devrait changer la donne, le système reste inadapté pour Christine Philip. "On prône l’inclusion dans un système qui n’est pas inclusif" explique-t-elle. "Ce système est très normé" ajoute-t-elle, "il y a des niveaux à atteindre et des niveaux de base. Et ce principe n’est pas adapté aux enfants différents... il n’est pas favorable à n’importe quel enfant quel qu’il soit d’ailleurs. On ne leur permet pas d’apprendre à leur rythme". 

Selon elle, plus l’élève grandit, plus l’insertion est complexe dans une classe supérieure. "Et quand on atteint le secondaire, c’est carrément la catastrophe !" s’insurge Christine Philip. Effectivement, les parents se résolvent souvent à envoyer leurs enfants en Belgique , faute de programme adapté en France.

Une inclusion plus fluide dans la société de demain

L'appréhension que certains professeurs peuvent ressentir à l'idée d'accueillir un élève autiste dans leur classe est justifiée selon la spécialiste de la scolarisation des enfants autistes. Selon elle, ils ne seraient pas suffisamment formés et ne disposeraient pas des outils nécessaires.

"Faire de cette différence un atout et non un handicap"

Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes

Tandis qu'auprès des élèves, l'inclusion devrait se faire naturellement pour Olivier Paolini, président de l'association L'Inclusion En Marche. "La difficulté d'insertion existe seulement chez les adultes. Ce regard qui sépare les gens en plusieurs catégories n'existe pas naturellement, l'enfant démarre vierge de tout jugement."

"Avancer ensemble est tout à fait envisageable" ajoute-t-il. Cette inclusion dès la petite enfance "permettrait aux citoyens de demain de trouver cette inclusion des personnes autistes naturelle. De facilité leur arrivée dans les entreprises, en faisant de cette différence un atout, et non un handicap". 

Des solutions dans le reste de l'Europe

Si les enfants autistes sont souvent contraints de déménager en Belgique pour suivre une formation, des systèmes éducatifs dans le reste de l’Europe ont également fait leurs preuves. C’est notamment le cas en Italie comme le président de L’Inclusion En Marche. 

"Ne plus se focaliser sur les difficultés mais plutôt sur les compétences et les réussites"

Olivier Paolini, président de l'Inclusion En Marche

L’Italie mise sur une didactique inclusive. C’est à dire que ce système propose aux élèves des outils adaptés à chacun. Les supports, comme les manuels et le matériel sont adaptés en fonction des singularités de chaque élève. Un élève autiste a un manuel adapté aux caractéristiques de son trouble, il a par exemple le choix entre un puzzle, un texte à trous ou l'opportunité de dessiner au lieu d'écrire pour comprendre une leçon. 

Cet enseignement inclusif permet aux élèves d’apprendre en même temps, quels que soit leur rythme. Ce système permet "de ne plus se focaliser sur les difficultés mais plutôt sur les compétences et les réussites", conclue Olivier Paolini.

29 décembre 2018

Politique du handicap : 2018, la confiance détruite

article publié dans Faire-face

Globalement, le bilan de l'année 2018 n'est pas à la hauteur de l'engagement d'Emmanuel Macron de faire du handicap une priorité du quinquennat.

Comment avez-vous vécu cette année 2018 ? Faire-face.fr dresse le bilan des douze mois écoulés. Pour les personnes handicapées, ils ont été marqués par le recul de certains droits, quelques avancées et, globalement, le sentiment que le gouvernement ne respecte pas totalement ses engagements. Les liens dans l’article renvoient vers les articles parus sur chacun des sujets abordés afin d’en savoir plus.

2018, l’année de la rupture. Un fossé s’est creusé entre le gouvernement et de nombreux citoyens en situation de handicap. L’adoption de la loi Élan, en octobre, a en effet été perçue comme une trahison. Elle consacre en effet un recul des droits, dénoncé par plusieurs autorités indépendantes. Le texte abaisse de 100 % à 20 % la part des logements devant être entièrement accessibles aux personnes en fauteuil roulant dans les immeubles neufs.

 


Rendre obligatoire les ascenseurs dans les immeubles d’au moins trois étages était une revendication de longue date des associations de personnes handicapées.

Un ascenseur obligatoire si et seulement si

Pour faire passer la pilule, Édouard Philippe s’engage alors à rendre obligatoires les ascenseurs dans les immeubles neufs d’au moins trois étages, contre quatre actuellement. Mais le projet de décret ne respecte pas l’engagement du Premier ministre.

Il limite en effet cette obligation aux constructions d’au moins douze logements en étages. Concrètement, un immeuble de trois étages avec quatre appartements au rez-de-chaussée, quatre au premier étage, quatre au deuxième et trois au troisième (soit quinze appartements au total, dont onze en étages) n’y sera pas soumis.

 


Le montant de l’AAH est passé de 810 € lors de l’élection d’Emmanuel Macron à 860 € en novembre 2018.

Le bond en avant de l’AAH mais pas pour tous

Ces reculs sur l’accessibilité font suite aux déceptions sur les ressources. Certes, le gouvernement a fait passer le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH) de 810 à 819 € en avril. Puis à 860 € en novembre. La première phase d’une revalorisation qui portera l’AAH à 900 € en novembre 2019. Un vrai bond en avant… dont tous les titulaires de l’AAH ne vont pas bénéficier.

Le recul du complément de ressources

Le gouvernement a ainsi décidé de geler le plafond de ressources y ouvrant droit pour les 250 000 personnes en couple. Plusieurs dizaines de milliers d’entre elles ne bénéficieront donc, au mieux, que d’une revalorisation partielle.

De plus, le complément de ressources – 179 € venant s’ajouter à l’AAH – va être supprimé. Enfin, en 2019 et 2020, la traditionnelle hausse de l’AAH, en avril, ne sera pas indexée sur l’inflation. Elle sera limitée à 0,3 % alors que les prix ont bondi d’1,9% sur les douze derniers mois.

 


Les pensions d’invalidité n’augmenteront que de 0,3 % en 2019 et 2020. Moins que l’inflation.

L’austérité pour les pensions

Les pensions d’invalidité seront au même régime sec – + 0,3 % – les deux prochaines années. La potion est d’autant plus amère que les pensionnés exerçant une activité professionnelle ont perdu, en juin, le bénéfice de la prime d’activité, réservée aux salariés modestes.

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Sous la pression, le gouvernement a finalement accepté de faire machine arrière… uniquement pour ceux qui l’avaient déjà perçue. Ceux qui commencent ou recommencent à travailler ne peuvent pas y prétendre. Une injustice d’autant plus grande que, suite au mouvement des gilets jaunes, le gouvernement a annoncé l’augmentation de cette prime.

La CSG baisse pour certains pensionnés

Par contre, les pensionnés d’invalidité vont bénéficier d’une autre mesure instaurée dans l’urgence du mois de décembre : la baisse de la CSG sur les pensions modestes. Le taux le plus élevé va ainsi repasser de 8,3 % à 6,6 %, le taux en vigueur jusque fin 2017. Sous réserve que leur revenu fiscal de référence soit inférieur à un certain plafond. Pour une personne seule, sans autres ressources, cela correspond à une pension d’environ 2 000 € par mois.

 

Le tweet de Sophie Cluzel du 20 décembre

L’AAH à vie à partir de 2019

Heureusement, 2018 aura également vu d’autres avancées. Comme l’annonce de l’instauration du droit de vote sans conditions pour les majeurs sous tutelle. La mise en place programmée de droits à vie pour l’AAH, l’ACTP, la CMI invalidité et la RQTH. L’extension de la CMU-complémentaire aux allocataires de l’AAH, sauf exceptions. Ou bien encore la mobilisation sur le front de l’emploi (voir encadré).

« Jamais un gouvernement n’en a fait autant pour les personnes handicapées », tweetait, récemment encore, Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée de ce pan de la politique sociale.

Promesses respectées a minima

Une analyse qui est loin de faire l’unanimité parmi les citoyens handicapés. Eux estiment plutôt que le gouvernement ne respecte sa parole qu’a minima. Il augmente l’AAH mais supprime le complément de ressources. Abaisse le nombre d’étages auquel un ascenseur devient obligatoire mais fixe un nombre d’appartements minimum. Introduit les droits à vie mais les limite, sauf pour la RQTH, aux personnes justifiant d’un taux d’incapacité au moins égal à 80 %.

 

Alexandre Ribeiro est mobilisé depuis le début du mouvement des gilets jaunes. © DR

Derrière les gilets jaunes

Globalement, le bilan n’est pas à la hauteur de l’engagement d’Emmanuel Macron de faire du handicap une priorité du quinquennat. Et cet écart entre les attentes suscitées et la réalité des décisions explique la déception ressentie par de nombreuses personnes en situation de handicap. Et leur soutien au mouvement des gilets jaunes. Une marque de défiance.

 


Plus de 510 000 demandeurs d’emploi en situation de handicap sont inscrits à Pôle emploi en 2018.

Des mesures contre le chômage

Le nombre de demandeurs d’emploi handicapés continue de battre des records. Il a atteint 513 000 en juillet 2018. Pour y faire face, le gouvernement a lancé plusieurs chantiers.

Dont celui de la réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH). Les employeurs sont toujours tenus d’en compter au moins 6 % dans leurs effectifs. Mais l’OETH a été toilettée pour devenir plus lisible et moins complexe à mettre en œuvre.

Il a également augmenté les moyens consacrés aux entreprises adaptées. Objectif : multiplier par deux leur nombre de salariés d’ici 2022.

15 décembre 2018

Accueils de loisirs et handicap : des propositions pour passer à l’action

article publié dans Faire-Face

Pour que leur présence corresponde à leur nombre réel, il faudrait pouvoir accueillir sept fois plus d'enfants handicapés en centres de loisirs.

La mission nationale Accueils de loisirs et handicap a rendu ses conclusions ce 14 décembre. Chiffres et exemples à l’appui, elle formule des propositions concrètes pour un droit d’accès effectif à ces structures pour les enfants handicapés.

Il faudrait mieux former les animateurs des centres de loisirs sans hébergement à l’accueil des enfants handicapés. Pourquoi pas en imaginant un passeport handicap ? À l’image des formations aux premiers secours, il garantirait un socle de compétences communes aux professionnels volontaires. Il conviendrait aussi de travailler la question des troubles de santé. Pour poser, notamment, les conditions d’intervention d’une infirmière sur prescription en cas d’épilepsie non stabilisée. Un renforcement du maillage territorial en centre d’accueils spécialisés, parallèlement, serait bienvenu. Il assurerait une liberté de choix et une complémentarité avec les structures générales.

Voici quelques-unes des 20 propositions concrètes formulées par les auteurs du rapport final de la Mission nationale accueils de loisirs et handicap. Un document présenté ce vendredi 14 décembre, à Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées et Jacques Toubon, le Défenseur des droits. La Caisse nationale des allocations familiales a créé cette Mission nationale en septembre dernier. Son délégué général, Laurent Thomas, résume son objectif : la garantie d’un accueil « effectif, universel, et inconditionnel » des enfants en situation de handicap dans les centres de loisirs sans hébergement.

Une infime part des effectifs

Le rapport pointe ainsi les efforts restant à accomplir. Les enfants bénéficiaires de l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) représentent 1,9 % de leur classe d’âge. Mais ils comptent seulement pour 0,30 % des inscrits dans les 33 000 centres de loisirs. Logique, aux yeux des auteurs du document. À la différence d’autres sujets, comme la scolarisation, aucune politique publique n’existe sur ce thème.

Ils appellent donc à une stratégie nationale et y voient un triple bénéfice. D’abord, favoriser le vivre ensemble. Ensuite, changer le regard porté sur le handicap dès le plus jeune âge. Enfin, autoriser les parents, les mères en particulier, à conserver leur activité professionnelle au lieu de se voir confinés à un rôle d’aidant pas toujours choisi.

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30 millions d’euros pour accueillir 7 fois plus d’enfants handicapés

La Mission nationale chiffre l’investissement nécessaire à l’inclusion des enfants handicapés dans les centres de loisirs. Il faudrait en accueillir sept fois plus qu’aujourd’hui pour que leur présence corresponde à leur nombre réel. Le coût d’une heure d’accompagnement spécifique s’établit selon eux à 9 €. L’enveloppe estimée atteint donc 30 millions d’euros. Un coût que les auteurs du rapport appellent à considérer comme un investissement sur l’avenir, et non comme une contrainte.

Une mission pour la diffusion des bonnes pratiques

La Mission nationale préconise aussi de prolonger son existence. Elle souhaite jouer le rôle d’un animateur de réseau, qui valorise et partage les bonnes pratiques. À ce jour, elle a déjà cartographié 375 lieux d’accueil et recensé 125 outils et supports permettant de diffuser les actions efficaces.

Bénédicte Kail, conseillère nationale éducation et familles à APF France handicap, estime que l’évaluation du nombre d’enfants à accueillir est juste et répond aux attentes. Mais elle invite, pour aller plus loin, à poursuivre le travail accompli. Selon elle, il convient en particulier d’interroger le simple critère du bénéfice de l’AEEH pour définir un enfant en situation de handicap : « Cela peut conduire à écarter des enfants, le plus souvent de moins de 3 ans, qui n’auraient pas été encore diagnostiqués. »

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20 décembre 2018

Les PIAL arrivent ! - Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés - Ecole et Handicap

 

Les PIAL arrivent ! - Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés - Ecole et Handicap

On ne sait pas encore très bien ce que c'est, mais ils arrivent ! Ce sont les PIAL, Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés. Comme leur nom l'indique, ils ont pour objet de favoriser l'inclusion scolaire des élèves handicapés en réorganisant les procédures d'accompagnement.

https://ecole-et-handicap.fr

 

19 décembre 2018

Emploi adapté. Julie, salariée « différente », décroche un CDI

Pas facile d'être embauché en CDI. Pour Julie, c’était même un véritable challenge… Qui a été relevé ! En situation de handicap, la jeune fille est ravie de faire désormais partie du personnel permanent du McDo d'Auray.

« Julie ? C’est notre rayon de soleil ». Rayonnante, souriante et volontaire, Julie a toutes les qualités pour travailler chez Mac Do, à en croire Nicolas Lendrino, le directeur du restaurant d’Auray, pour qui ce sacré tout bout de femme est une excellente recrue qui prouve qu’avec de la bonne volonté, un projet cohérent, et un travail adapté, tout est possible. Impliqué depuis plus de quinze ans dans l’intégration de « personnes extraordinaires » comme il aime à le préciser, le manager est habitué à l’accueil des personnes en situation de handicap. « Depuis que je travaille pour Mac Do, nous avons toujours eu à cœur d’ouvrir les portes de l’emploi à tous. Actuellement nous avons trois autres salariés "différents" qui bénéficient d’un poste de travail adapté ».

Un parcours exemplaire

Pour Julie, le parcours a été long, mais le résultat est une réussite, et son histoire un exemple à suivre. Titulaire d’un CAP agent polyvalent de restauration et d‘un CAP assistant technique en milieu familial et collectif, Julie est une jeune fille très entourée. « Si la signature de ce contrat a été possible, c’est d’abord parce qu’elle est soutenue depuis toujours par sa maman qui a eu à cœur de faciliter le plus souvent possible son intégration dans des formations avec des jeunes sans handicap. Mais aussi parce que cette jeune fille sait parfaitement ce qu’elle veut et que son parcours est exemplaire », souligne Johan Jegousse, conseiller en insertion professionnelle de l'association Ladapt Ouest.

La mise en place de ce projet ne s’est pas faite en un jour. Il a nécessité l’intervention de plusieurs organismes, et une collaboration étroite entre les différents intervenants. Il a fallu prendre en compte différents éléments, qui ont permis à Julie d’accéder à une plus grande autonomie. « Depuis plusieurs mois, elle s’est installée dans l’une des maisons partagée de l’association La belle porte, ce qui lui a permis dans un premier temps de quitter la maison familiale, tout en étant entourée. Cette démarche représente un grand pas vers l’autonomie. Ce que nous recherchons toujours pour nos protégés », explique Sandrine Guillemet, directrice de La belle porte. Ensuite, la Mission locale qui suivait Julie depuis plusieurs années, a travaillé en collaboration avec Pôle emploi pour trouver un emploi adapté, puisque la jeune femme porteuse de trisomie a désormais 26 ans.

Un travail adapté

« J’ai toujours voulu travailler dans la restauration parce que j’aime le contact et le service », souligne Julie tout sourire. Si l’objectif était clair, le projet professionnel, lui, impliquait plusieurs contraintes. Il fallait notamment tenir compte de la fragilité de la jeune fille, de sa fatigabilité, et lui réserver un rythme de travail adapté à son handicap. Après plusieurs stages dans la restauration, elle a prouvé qu’elle était parfaitement à l’aise dans ce secteur d’activité. Chez Mac Do, elle a trouvé une écoute et une véritable bienveillance. « Il fallait aussi que ce travail soit accessible par les transports en commun », ajoute Johan Jegousse. Depuis mardi, Julie a été embauchée en CDI pour un temps partiel adapté de douze heures par semaine. Elle sert en salle durant deux à trois heures par jour, sur quatre journées. Elle a tous ses week-ends, ne travaille pas durant la période estivale trop chargée, et peut continuer ses activités associatives nécessaires à son équilibre

9 décembre 2018

Handicap : colère noire en gilets jaunes

article publié dans Faire-face

Alexandre Ribeiro est mobilisé depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Ici, sur le Pont d'Aquitaine, à Bordeaux, le 17 novembre. © DR

De nombreuses personnes en situation de handicap soutiennent le mouvement des gilets jaunes et affichent leur mécontentement. Qu’elles soient condamnées à la précarité par la faiblesse de l’AAH ou de leur pension d’invalidité voire déçues que le handicap ne soit pas la priorité annoncée du quinquennat.

Ce samedi est une journée presque comme les autres pour Alexandre Ribeiro. Pour l’acte IV des gilets jaunes, ce Bordelais en fauteuil roulant électrique sera mobilisé. Comme tous les jours depuis près d’un mois. Pour une opération parking gratuit à l’Aéroport de Bordeaux, jeudi 6 décembre, ou pour un rassemblement dans le centre de Bordeaux, le 17 novembre. Une action dont il était à l’initiative sur Facebook.

« Depuis plusieurs années, je descends dans la rue chaque fois qu’une cause sociale me touche, explique-t-il. Pour manifester contre la loi travail et la loi asile et immigration. Ou pour soutenir les luttes des cheminots, des étudiants… » Alexandre Ribeiro a également organisé le blocage de l’usine Lafarge mi-septembre. Une manière de protester contre la loi Élan. Le texte adopté début octobre abaisse de 100 % à 20 % de la part des logements accessibles dans les immeubles neufs.

Hubert Nkandza a perdu la majoration pour la vie autonome. © Franck Seuret

« À 1 200 % » derrière les gilets jaunes

Peu de personnes en situation de handicap sont aussi actives que lui dans le mouvement des gilets jaunes qui secoue la France. Mais beaucoup soutiennent les manifestants.

« À 1 200 %, approuve Hubert Nkandza à Montélimar. Je me débats dans la merde depuis que mon taux d’incapacité a été réduit de 80 à 60 % alors que mon handicap s’aggrave. » Cette rétrogradation lui a fait perdre la majoration pour la vie autonome de 104 €. « Ces 104 € pour moi, c’était énorme. Cela me permettait d’équilibrer mon budget. Depuis, j’ai des dettes. »

 

Parce que son mari perçoit un salaire de 2 000 € par mois, Catherine Charat n’a pas le droit à l’AAH. © Franck Seuret

Pas d’AAH car en couple

Catherine Charat, elle aussi, est solidaire du mouvement. « Depuis le début », précise-t-elle. À 57 ans, cette Iséroise ne supporte plus l’idée que son époux soit « complètement usé » à force de devoir assumer seul les dépenses de la famille.

Parce que le salaire de son conjoint est pris en compte pour calculer le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH), cette quinquagénaire, atteinte d’une maladie invalidante, n’y a pas droit. « Il faut donc qu’on vive sur sa seule paie. Il touche 2 000 € nets après quarante-trois années à travailler derrière une machine. Vous trouvez ça juste ? »

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Patrick et Michelle Touchot veulent faire entendre leur colère. © DR

« Trop de reculs de nos droits. »

Patrick et Michelle Touchot viennent tout juste de trouver des gilets jaunes. « Il n’y en avait plus dans les commerces autour de chez nous, sourient les deux Niçois. Alors, on a pris le service de transport spécialisé pour aller en acheter chez Auchan. »

Un geste important pour ces deux allocataires de l’AAH, militants de l’accessibilité sur les réseaux sociaux. « C’est le peuple qui prend la parole. Le gouvernement doit enfin l’écouter. Entendre aussi la colère des personnes handicapées. Il y a eu trop de reculs de nos droits depuis l’élection de Macron. »

Une promesse de campagne, une grande déception

La popularité des gilets jaunes parmi les personnes handicapées n’a rien d’étonnant. Elles vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que les autres Français. La promesse de campagne d’Emmanuel Macron de faire du handicap une priorité du quinquennat avait donc suscité une forte attente. Fortement déçue.

Certaines décisions du gouvernement portent en effet atteinte aux droits des personnes handicapées. C’est notamment le cas de la loi Élan et de son quota de 20 % de logements accessibles dans les immeubles neufs. Ou encore de la réforme de la justice qui, en rendant obligatoire un avocat en appel, risque de pénaliser les plus précaires. Sur ces deux textes, le Défenseur des droits a tiré la sonnette d’alarme. En vain.

La hausse de l’AAH ne profite pas à tous

Certes, le gouvernement a fait passer le montant de l’AAH de 810 à 860 €. Mais il a assorti cette augmentation de mesures qui en limitent la portée : suppression du complément de ressources, désindexation de l’inflation, gel du plafond pour les allocataires en couple… « La hausse n’a rien changé pour moi », confirme Catherine Charat. Par ailleurs, certains pensionnés d’invalidité ont été pénalisés par la hausse de la CSG.

Davantage de pouvoir d’achat et de justice sociale

Enfin, l’évolution du mouvement des gilets jaunes a également entraîné une plus large adhésion. Alors qu’au commencement, la colère était cristallisée sur le prix du carburant, les revendications sur le pouvoir d’achat et la justice sociale se sont imposées. « En se retrouvant dans la rue, les Français se sont rassemblés, se félicite Alexandre Ribeiro. Ils ont compris qu’il fallait aller plus loin que la simple question du carburant. »

Lui-même ne se contente pas de porter les demandes des personnes en situation de handicap. « Moi, je me bats pour tout le monde. Je demande la justice fiscale et sociale. Et le recours au référendum. Si ces deux demandes sont satisfaites alors on résoudra les problèmes spécifiques de chaque Français. »

 

Alerte sur le pouvoir d’achat des plus démunis

Le collectif Alerte « demande au gouvernement de s’engager pour le pouvoir d’achat des plus démunis ».  Il réclame, entre autres, le dégel des allocations familiales et logement. De nombreux ménages pauvres ne bénéficieront en effet pas de la suppression de la taxe d’habitation car ils en sont déjà exonérés. Ni de la baisse des cotisations salariales car ils sont au chômage. Ce collectif rassemble trente-sept fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, dont APF France handicap et l’Unafam.

7 décembre 2018

MDPH : 4,5 millions de demandes, toujours en hausse

Résumé : 4,5 millions de demandes adressées aux MDPH en 2017, en hausse, avec encore trop de disparités selon les départements dans la gestion des demandes. Les grands chantiers en cours vont-ils simplifier leur fonctionnement ?

Par , le 06-12-2018

Toujours plus de demandes auprès des MDPH ? En 2017, les Maisons départementales des personnes handicapées connaissent à nouveau une augmentation de leur activité, selon le bilan de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) rendu public le 5 décembre 2018. Dans le détail, en 2017, 4,5 millions de demandes ont été adressées aux MDPH, contre 4,42 millions en 2016, soit +1,9 %. Si ce nombre reste en hausse, le rythme de l'augmentation est néanmoins moins soutenu que les années précédentes et touche de manière inégale les MDPH puisque près de la moitié d'entre elles en ont reçu moins.

En majorité : emploi et cartes

La répartition des demandes déposées en 2017 est similaire aux années précédentes, avec néanmoins une baisse de la part de celles relatives à l'emploi (RQTH, complément de ressource, AAH, orientation et formation professionnelle) qui passe à 38,9 % contre 41,6 % en 2016. Cette baisse concerne en particulier les demandes d'allocation aux adultes handicapés (AAH : 12,2 % contre 14 %). Le décret du 3 avril 2015 qui permet d'étendre, de 2 à 5 ans, la durée maximale d'attribution de la prestation semble ainsi produire ses effets. Un autre poste important est celui des « cartes » qu'elles soient d'invalidité, de priorité ou de stationnement, qui représentent 32 % des dossiers.

Quels taux d'accord ?

Les délais de traitement restent relativement « maîtrisés ». En moyenne, ils diminuent de 4 jours pour les demandes « adultes » (4 mois et 12 jours en moyenne) et augmentent de 3 jours pour les « enfants » (3 mois et 20 jours). Ces chiffres varient cependant fortement d'une maison à l'autre. L'évolution du taux d'accord varie lui aussi selon les prestations et reflète d'importantes disparités départementales. Si on observe une stabilité des taux d'accord sur la majorité des prestations et orientations, ils diminuent, toutefois, pour l'AAH, la prestation de compensation du handicap pour les moins de 20 ans et la CMI stationnement pour les moins de 20 ans. Malgré l'augmentation du nombre de décisions, le taux de recours (gracieux, contentieux) reste stable (2,4 %).

Vers une optimalisation des services ?

Le coût total de fonctionnement des MDPH en 2017 dépasse les 300 millions d'euros, financés en priorité par les départements mais également l'État, la CNSA et, dans une moindre proportion, les partenaires locaux. 5 000 personnes (équivalents temps plein) y sont employées, qui représentent 67 % de ces dépenses. Les mesures de simplification engagées par le gouvernement vont-elles permettre de fluidifier leur gestion, à la fois pour les usagers et les employés ? 2017, était, en effet, l'année de l'intensification d'un certain nombre de grands chantiers, notamment le déploiement de la démarche « une réponse accompagnée pour tous », la transformation numérique (dématérialisation des échanges et préfiguration du système d'information commun pour que toutes les MDPH disposent d'un même logiciel, article en lien ci-dessous) et l'initiation d'une démarche qualité.

Et les fonds de compensation ?

Quant aux fonds départementaux de compensation du handicap, ils sont destinés, en mobilisant différents financeurs, à accorder des aides financières extralégales aux personnes en situation de handicap pour leur permettre de supporter les frais de compensation restant à leur charge. En 2017, ces fonds ont financé des projets à hauteur de 16,13 millions d'euros, pour moitié dédiés aux aides techniques, un tiers aux projets d'aménagement du logement et 11 % à ceux du véhicule. Mais quel reste à charge pour le bénéficiaire ? Il représente en moyenne 16 % du coût total du projet, après notamment la PCH, qui en finance 33 %, et le fonds de compensation 19 %. Dans 22 fonds, le montant du reste à charge était inférieur à 10 % du coût des projets. Rappelons que le texte de loi de 2005 précise que ce reste à charge ne doit pas dépasser 10 % du revenu fiscal de référence du foyer du bénéficiaire (article en lien ci-dessous). Le hic, c'est que les décrets d'application définissant explicitement les conditions d'attribution de ce fonds ne sont jamais sortis, laissant chaque département faire selon son bon vouloir… Une synthèse sur ce sujet est attendue en février 2019.

 

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