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"Au bonheur d'Elise"

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13 février 2016

Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés

article publié dans Faire-face
Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés
La professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire va dans le bon sens mais le niveau de ce diplôme n'est pas suffisamment élevé, selon les associations. © Franck Seuret
Publié le 12 février 2016

L’une des trois spécialités du tout nouveau Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) porte sur l’accompagnement des élèves handicapés. Jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Attention, message codé  : pas d’AESH sans DEAES. Traduction : les candidats à un poste d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) devront désormais être titulaire d’un Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Ils ne pourront toutefois postuler à un emploi d’AESH que s’ils ont choisi, parmi les trois spécialités proposées dans le cadre de ce cursus (voir encadré), l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Ce tout nouveau diplôme, créé par un décret et un arrêté du ministère des Affaires sociales en date du 29 janvier 2016, comble un vide : jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Un diplôme ne répondant pas aux besoins de tous les élèves handicapés

« Il est effectivement important de professionnaliser les personnes accompagnant les élèves handicapés, note Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF. Mais ce diplôme est seulement de niveau V, comme un CAP ou un BEP. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. »

« L’un des grands enjeux pour l’Éducation nationale est de parvenir à ce que les jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études aussi loin que possible, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, complète Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph. Comment y parvenir avec des accompagnants ayant un diplôme d’un niveau inférieur au bac ? »

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Peu de recrutements pour ces diplômés

Plus fondamentalement encore, le nombre de diplômés en fonction risque d’être très réduit. Aujourd’hui, sur les 76 000 auxiliaires de vie scolaire en exercice, seuls 28 000 (un tiers) ont le statut d’AESH, les 48 000 autres étant en contrats aidés. « Et seuls quelques dizaines d’AESH ont été embauchés cette année, souligne Sophie Cluzel. La plupart des autres recrutements se font sous contrats aidés, pour lesquels les seuls critères sont l’éligibilité à ce type de contrat. Rien n’indique que la tendance va s’inverser. » Autrement dit, l’État vient de créer un diplôme permettant d’accéder à des postes qu’il ne crée qu’en nombre insuffisant… Franck Seuret

Un diplôme, trois spécialités

Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social fusionne les Diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’Aide médico-psychologique (DEAMP). Le tronc commun centré sur l’intervention auprès des personnes (378 heures) sera complété par l’une de ces trois spécialisations (147 heures) : accompagnement à la vie à domicile (ex-DEAVS), à la vie en structure collective (ex-DEAMP) ou à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. La formation, comprenant également 840 heures de stages, s’étalera sur un à deux an(s), selon le profil des candidats.

La création d’un diplôme unique d’accompagnement vise à faciliter les passerelles entre ces trois secteurs d’activité. Les professionnels pourraient donc évoluer plus facilement au cours de leur carrière, en passant les spécialisations correspondantes.

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11 février 2016

Samedi 5 mars 2016 > Le Garçon et la bête au Kosmos à Fontenay-sous-Bois

article publié sur le site de l'association Envol Loisirs

logo envol loisirs

 

à partir de 9 ans -

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes... C'est l'histoire d'un garçon solitaire et d'une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d'une aventure qui dépasse l'imaginaire...

 

 

Critiques des spectateurs : 

Chef-d'oeuvre • Publiée le 13/01/2016

Après La Traversée du temps et Les Enfants Loups signés Mamoru Hosoda, celui-ci remet le couvert avec Le garçon et la bête. Je suis allée le voir aujourd'hui au cinéma (en français malheureusement vu que la vostfr n'était pas disponible, mais le doublage français n'est pas trop mauvais pour le coup) et autant dire que j'ai littéralement adoré ! C'est un film rempli de sensibilité, de parallèles, de reflets, de poésie, de sagesse, d'action, d'amitié, d'amour et d'humour. C'est aussi un incroyable parcours initiatique où se mêlent plongée dans un monde fantastique, apprentissage, doutes, tiraillement entre deux mondes, crises d'identité, importance ou non des liens du sang, tolérance ou non, critique de la société et j'en passe. La construction d'ensemble est très bien pensée et chaque petit élément s'emboîte au fur et à mesure que le film progresse avec une belle fluidité Spoiler:. Niveau musiques rien à redire, comme toujours elle emporte le spectateur et laisse parfois même courir quelques frissons. Les dessins, eux, regorgent de couleurs et de vie. En bref, Le garçon et la bête est un petit bijou que je ne peux que vous recommander d'aller voir. Vous en prendrez à la fois plein les yeux et le cœur pour peu que vous soyez un peu sensibles.

11 février 2016

Mobilisation pour l'asso SOS Autisme France >Fauve Hautot, Juliette Binoche, AnnaMouglalis... Les stars répondent à l'appel

article publié dans Pure people

je suis autiste et alors

Exclusif - Yann-Alrick Mortreuil et Fauve Hautot - Mobilisation pour l'association SOS Autisme France lors d'un shooting au studio Invisu à Paris, le 7 et 8 février 2016. ©Rachid Bellak/Bestimage
De nombreuses personnalités se sont mobilisées pour SOS Autisme France.
-> voir le diaporama

"La France a quarante ans de retard concernant la prise en charge de l'autisme", peut-on lire sur le portail web de SOS Autisme France. L'association s'est donné pour mission de faire reconnaître les discriminations dont sont victimes les 600 000 personnes autistes vivant en France. En 2014, un numéro indigo était lancé pour recenser les cas d'"autismophobie". En ce début d'année 2016, de nombreuses stars se mobilisent aux côtés de la journaliste Olivia Cattan, maman d'un garçon autiste et porte-parole de SOS Autisme France.

Le message est simple et s'affiche fièrement en blanc sur un T-shirt noir : "Je suis autiste, et alors ?" Les 7 et 8 février, au studio Invisu à Paris, des personnalités telles que Juliette Binoche (qui était à Madrid le 7 au soir pour la cérémonie des prix Goya et a enregistré sa contribution le 8), Fauve Hautot et Frédéric Michalak ont arboré fièrement ce T-shirt et le message de SOS Autisme en France, le temps du tournage de la nouvelle campagne de l'organisme. "Deux jours de bonheur avec les enfants, les familles et de merveilleux artistes", s'est réjouie Olivia Cattan au terme de cet exceptionnel rassemblement.

Elle peut se féliciter d'avoir réuni pour ce combat un casting quatre étoiles. On y retrouve des comédiens, des personnalités du petit écran, mais aussi du sport. Fauve Hautot fait par exemple équipe avec son collègue de Danse avec les stars Yann-Alrick Mortreuil. Fabienne Carat, qui a fait un beau parcours cet hiver dans la compétition de danse de TF1, les a rejoints. Juliette Binoche, on l'a dit, mais aussi Anna Mouglalis (actuellement dans Baron Noir, série politique événement de Canal+), ont pris la pose aux côtés de Fanny Cottençon, Cyrielle Clair, Catherine Marchal, Arié Elmaleh, Amélie Etasse, Pascal Elbé et Frédéric Diefenthal. À leurs côtés, deux jeunes talents du cinéma français : Ahmed Dramé et Karidja Touré, César du meilleur espoir féminin 2015 pour Bande de filles.

 

Le regard n'a pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits

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La bande de SOS Autisme France s'agrandit avec la mobilisation de Francis Perrin, dans l'aventure avec son épouse Gersende et leur fils Louis, qui est autiste, des comédiens Bernard Campan, Olivier Sitruk, Alain Sachs, Samuel Le Bihan et Philippe Bas, des journalistes Ariane Massenet, Céline Géraud, Sophie Brafman et Nelson Monfort, ainsi que des chefs Luana Belmondo et Frédéric Vardon, du coiffeur Franck Provost, de la ravissante Anggun et du guitariste Jean-Félix Lalanne.

"Le regard na pas beaucoup évolué et nous, familles, nous battons chaque jour pour que notre enfant accède à ses droits : celui d'aller à l'école, de faire du sport, de pratiquer l'instrument qu'il aime, écrit Olivia Cattan dans son édito sur le site de SOS Autisme France. Nous sommes confrontés au quotidien par ceux qui, par ignorance, détournent encore les yeux... Il est urgent que la France évolue, que nos regards sur l'autisme évoluent, parce qu'une société qui ne protège pas ses citoyens les plus fragiles n'est pas une société juste et égalitaire." Changer le regard sur les autistes, c'est tout l'objet de cette grande campagne, à découvrir bientôt.

Pour plus d'informations et pour vous procurer le T-shirt pour soutenir l'association, rendez-vous sur le site SOS Autisme France.

Le 10 Février 2016 - 12h57
10 février 2016

Une école adaptée pour des enfants handicapés

article publié sur le site de ulule

 

Notre philosophie

"On ne subit pas l'avenir, on le fait" - Georges Bernanos

 

Notre ambition pour Septembre 2017 dans le secteur Marne la Vallée (77) - France

Notre association Learn Hand Progress vise la création d'une école privée destinée à des enfants en situation de handicap mental pour la rentrée de Septembre 2017.

L’objectif étant d’accueillir, dans un premier temps, 8 enfants, âgés de 6 à 14 ans, en situation de handicap mental pour lesquels l'orientation ne serait pas envisagée en CLIS (Classe d'Inclusion Scolaire) après la maternelle , ni en IME (Institut Médico Educatif) faute de place,ou inadapté.

Des convictions fondatrices

  • Une mise en évidence des compétences de l’enfant plutôt que son incapacité
  • La formation et compétences d’une équipe pédagogique
  • Des méthodes et du matériel adapté
  • "Le vivre ensemble" en faveur de l’inclusion

Nos objectifs

Donner aux enfants le goût d’apprendre, le sens de l’effort, dans le respect du rythme de l’enfant et de son environnement. Ce projet vise à favoriser l’autonomie, l’éveil, la socialisation et l’épanouissement des enfants.

Des moyens mis en oeuvre:

  • Une équipe pédagogique impliquée et formée: Educateur Montessori, Educateur spécialisé, ATSEM.
  • Des ateliers éducatifs et pédagogiques:
    • Atelier vie pratique et Autonomie, visant à développer plus d'autonomie dans la vie quotidienne
    • Atelier sensoriel et éveil musical
    • Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS et Makaton)
    • Atelier Mathématiques, du concret à l'abstrait
  • Des méthodes: Nous utiliserons la méthode Montessori comme base de travail 
    • Le but de la méthode : Le Développement du potentiel humain
    • Les objectifs éducationnels : l’attention, la concentration, l’autodiscipline, l’indépendance
    • L’objectif social : créer une possibilité d’entraide entre les enfants
  • La mise en place d'outils de communication : PECS, Makaton:

Chez un enfant « non verbal », il va être essentiel de mettre en place des moyens de communication augmentée (favorise le développement du langage) et alternative (remplace le langage quand il ne se développe pas) afin d’augmenter ses capacités communicatives en lui offrant une possibilité d’expression mais aussi un étayage de la compréhension. Ces moyens peuvent être visuels (des objets, photos, images, pictogrammes) mais aussi gestuels (signes).

 

 

A quoi va servir le financement ?

L'objectif de cette collecte

Financer l'achat de matériel Educatif et Pédagogique dans le but d'animer des ateliers spécifiques au travers d'un programme adapté à l'enfant.

Nos besoins

   Matériel Pédagogique et Educatif + Coût de la campagne sur la plateforme Ulule + Gestion des contreparties)
= 6 500€ au total

Les ateliers

Atelier de vie pratique visant à développer plus d’autonomie dans la vie quotidienne

Favoriser le développement moteur et la maîtrise du mouvement au travers d’activité «mouvement pour la vie », la leçon du silence, se prendre en charge, prendre soin de son environnement, maîtrise plus fine du mouvement (coordination œil et main), les habiletés sociales (apprendre à saluer, dire s’il te plait…)

Atelier vie sensorielle et éveil musical

Apprentissage des tailles, des formes, des couleurs, développement des sens comme le toucher et l'ouïe, des températures ou des poids. Un atelier favorisant l’enfant à organiser sa pensée, à travailler en répétant grâce à un matériel aux multiples possibilités, et des exercices graduels. Il va rendre des concepts abstraits plus concrets : il va passer de l'objet à sa représentation, puis de sa représentation à son concept. Le contrôle de l’erreur favorise le travaille seul, sans crainte de l’échec ou d’une erreur, car les erreurs l’aident dans son processus d’apprentissage.

Atelier langage oral et écrit avec les outils de communication (PECS, MAKATON)

L'enfant apprend également que les mots sont composés de sons, et que l'on peut les traduire et les représenter par des symboles écrits. : Favorisant l’enfant à faire des mots, éduquant sa main à réaliser des tracés avec du matériel pour certains proches du domaine sensoriel comme les lettres rugueuses.

Les outils de communication (PECS et MAKATON) lorsque l’enfant ne verbalise pas, ou peu seront au cœur de cet atelier. Langage oral, et/ou au travers d’images, de pictogrammes, ainsi que le langage des signes simplifié.

Atelier Mathématiques, du concret à l’abstrait

Favorise le développement d'une pensée logique et séquentielle, emmenant l’enfant dans un domaine d’abstraction. Il apporte à l'enfant une véritable expérience sensorielle dans les concepts abstraits représentés par les mathématiques.

Tous ces ateliers seront menés de manière adaptée aux besoins spécifiques de l'enfant. 

L’enfant ordinaire nous observe et apprend par imitation.

L’enfant avec handicap a besoin d’être guidé et renforcé pour réussir son activité; il a parfois besoin de guidance physique en plus de la guidance visuelle ou verbale pour éviter les troubles de comportement. Il a besoin parfois d’être renforcé positivement (renforcement alimentaire, renforcement sensoriel, renforcement social..)

 

A propos du porteur de projet

L’association LEARN Hand PROGRESS

LEARN Hand PROGRESS est une jeune association créée par une équipe passionnée et déterminée avec pour objectif de démontrer, au travers de la création d’une « école » pour enfants en situation de handicap mental, la force et la richesse que peut susciter “la différence”.

 

Nous suivre:

Site: http://learnhandprogress.fr/

Facebook: https://www.facebook.com/Learn-hand-Progress-1682905865272113/

Notre participation à une émission de radio : http://www.vivrefm.com/podcasts/fiche/11241/learn-hand-progress-pour-une-education-adaptee

10 février 2016

Hans Asperger et les nazis

article publié sur le forum Asperansa
The Doctor and the Nazis
http://www.tabletmag.com/jewish-life-an ... -the-nazis

Le Docteur et les nazis

Le pédiatre Hans Asperger est mondialement connu pour le syndrome qu’il a d'abord diagnostiqué. Le reste de son histoire, à Vienne lors de la Seconde Guerre mondiale, a récemment été mis en lumière.

Par John Donvan et Caren Zucker
Le 19 janvier 2016
Image
Hans Asperger à l’hôpital de Vienne, vers 1940

Lorsque la question a été posée à Lorna Wing en 1993, dans un appel téléphonique transatlantique, elle l’a choquée.
Est-ce que Hans Asperger, jeune homme, était nazi?

La question se référait au pédiatre autrichien dont le travail a donné lieu au groupe bien connu des caractéristiques humaines connu comme le syndrome d'Asperger. Lorna Wing était l'influente pédopsychiatre, basée à Londres, reconnue mondialement comme un des principaux experts sur l'autisme, qui avait apporté une reconnaissance internationale du syndrome d'Asperger.

Wing, qui avait aussi une fille autiste, avait écrit sur le travail d'Asperger seulement en 1981, après qu’Asperger lui-même soit déjà mort, quand son mari, qui savait l'allemand, traduisit un article clinique autrichien publié en 1944. Il contenait ses observations de comportements « autistes » - il a utilisé ce mot - chez plusieurs garçons qu'il traitait au cours des années où son pays a été annexé par le Troisième Reich. Au cours de cette période troublée, et pendant des décennies après, Asperger a vécu et travaillé presque exclusivement dans son pays d'origine, et en premier lieu à Vienne, à l'Hôpital pour enfants de l'Université, où il a finalement eu la chaire de pédiatrie. Asperger a écrit en allemand, en créant d'un ensemble de travaux publiés qui, à sa mort en 1980, à 74 ans, était encore presque entièrement inconnu aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les pays où l'autisme a ensuite été plus reconnu et le plus étudié. En une décennie, cependant, grâce à l'attention que Lorna Wing lui a apporté, le syndrome d'Asperger, sinon l'homme lui-même, était en voie de renommée mondiale, à la fois comme un diagnostic, et comme une source d'identité personnelle pour beaucoup de ceux à qui il a été donné.

Mais maintenant, en 1993, cet appel téléphonique. Et la question spécifiquement sur l'homme lui-même.
Hans Asperger ... un nazi?
***
Fred Volkmar du Yale Child Study Center se sentait mal à l'aise même en le demandant ce jour-là en 1993. Mais il a cru qu'il le devait, en raison des doutes soulevés sur le caractère d'Asperger. Et une décision devait être prise rapidement sur l'opportunité de rendre hommage à titre posthume à Asperger en nommant une condition d’après lui dans le DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, la «bible» de la psychiatrie.

Pendant des mois, les experts dirigés par Volkmar se sont intéressés aux études, ont mené des essais sur le terrain, et débattu les uns avec les autres, dans des salles de conférence, par téléphone et par télécopieur, pour savoir si le syndrome d'Asperger méritait une reconnaissance formelle.

Ce serait quelque chose de «nouveau», en ce que çà reconnaîtrait des déficits dans les inter-actions sociales chez des personnes qui, auparavant, avaient été négligées comme ayant besoin d'un soutien ou d'un traitement, en raison de leur bon niveau d’intelligence -même supérieur, ainsi que de leur utilisation du langage souvent précoce et sophistiquée. Certains des garçons Asperger, par exemple, étaient super intelligents, ainsi que créatifs. Dans le même temps, les défis de ces garçons pour se lier socialement étaient profonds. Ils étaient régulièrement victimes d'intimidation, sans amis, et compris à tort comme grossiers ou hostiles, car ils étaient un peu bizarres dans leur intonation (souvent plate ou chantante), qu’ils ne pouvaient maintenir un contact visuel avec d'autres personnes, ou avaient tendance à s’intéresser très profondément à des sujets restreints, souvent tout ce dont ils voulaient parler. Lorna Wing, qui voulait aider les enfants qu'elle soignait à Londres pendant les années 1970 et 1980 qui se comportaient ainsi, a vu un chevauchement important entre ces traits de comportement si préjudiciables aux interactions sociales - traits qu’Asperger avait décrits avec l'adjectif «autiste» - et ceux des enfants avec autisme «classique»: les garçons et les filles, à qui est plus facilement donné le diagnostic d'autisme, qui manifestaient un usage de la parole extrêmement limité, et avaient un QI souvent bien inférieur à la moyenne. Wing a commencé à promouvoir le point de vue, plus populaire de nos jours, que tous les problèmes de ces enfants représentent plusieurs manifestations d'un seul "spectre" de l’autisme. C’était à cette fin qu'elle a ressuscité le travail d'Asperger - moins pour introduire une nouvelle étiquette de diagnostic, que pour illustrer l'étendue et la profondeur de ce spectre.
En 1993, cependant, le syndrome d'Asperger est un candidat sérieux pour être inclus comme diagnostic autonome dans la prochaine révision du DSM. Devant sortir l’année suivante - le livre reconnaîtrait le syndrome d’Asperger comme l'un des «troubles envahissants du développement» - ou non - en attente des conclusions du groupe de travail de Volkmar.

***

Le Yale Child Study Center de Volkmar a été le chef de file de la recherche sur le SA aux Etats-Unis. À un moment donné, une demande de recherche pour des bénévoles avec SA avait donné à Yale une liste de plus de 800 familles et de personnes à travers le pays. À Yale et ailleurs, les cliniciens qui ont trouvé le concept utile et pertinent avaient diagnostiqué le syndrome d'Asperger chez des patients, sans attendre que le DSM vienne sanctionner son utilisation.

Pourtant, il y avait encore de vifs désaccords sur la validité du concept. C’était difficile de savoir si les individus avec ce diagnostic étaient vraiment différents au regard de ceux décrits comme «autiste de haut niveau de fonctionnement», un concept déjà familier et très utilisé. Au-delà de cela, il était évident que les cliniques avaient peaufiné les critères indépendamment, ce qui conduisait à une incohérence répandue dans la façon dont l'étiquette de syndrome d'Asperger était appliquée. Compte tenu de cela, beaucoup ont fait valoir que le syndrome d'Asperger n’était pas un complément nécessaire ou utile dans le lexique des diagnostics.

D'autre part, l'Organisation mondiale de la Santé venait d’approuver le syndrome d’Asperger comme une maladie autonome. D'une plus grande pertinence, Volkmar lui-même était parmi ceux qui étaient convaincus de sa validité, en ayant vu beaucoup de gens à la Child Study Center de Yale dont les symptômes apparaissaient comme justifiant un diagnostic de syndrome d'Asperger. Volkmar, charismatique, convaincant, et consciencieux, serait l'un des arbitres finaux pour savoir si la maladie serait inscrite dans le DSM. Donc, c’était important quand, quelques mois seulement avant que le nouveau manuel sorte, il a décidé d'enquêter sur la question de savoir si Hans Asperger avait été un nazi.
***


Eric Schopler, pour sa part, en était convaincu. Psychologue basé à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, il a été directeur et concepteur en chef de la Division TEACCH, premier programme des écoles publiques à l’échelle d’un État de la nation consacré à l'éducation des enfants atteints d'autisme, lancé en 1971. En tant que tel, il a été pendant de nombreuses années l'autorité la plus respectée d'Amérique sur l'autisme, certainement parmi ses collègues. Il était aussi parmi ceux qui considéraient les idées d'Asperger superflues pour la compréhension de l'autisme, pour ne pas les mentionner comme conçues de façon bâclée. Ses attaques contre le travail d'Asperger dans les années 1990 étaient sensiblement personnelles, ce qui reflète une antipathie non justifiée par un simple désaccord professionnel. "Les graines pour notre confusion d’un syndrome existant ont été semées dans le riche sol de ses quelques publications," a-t-il écrit une fois. De l'avis de Schopler, Asperger n’avait jamais "réussi à identifier un syndrome psychiatrique reproductible."

L'antipathie de Schopler peut être comprise comme l'amertume d'un homme qui, enfant, a dû fuir l'Allemagne avec le reste de sa famille juive, et qui est resté soupçonneux de tout adulte - allemand ou autrichien -, dont la carrière en tant que professionnel de la santé avait prospérée pendant l'ère nazie. Il n’y avait pas plus que cela; c’était la culpabilité par association. Mais cela ne l'a pas empêché de lancer une campagne de rumeurs ciblée sur le fait qu’Asperger avait probablement été un sympathisant nazi, sinon un collaborateur ou un membre réel du parti. Plus d'une fois, Schopler a lâché ces insinuations dans la presse, dans les publications qu’il a supervisées, comme le « Journal of Autism and Developmental Disorders ». Là ou ailleurs ¬ il fait ostensiblement référence à l’"intérêt de longue date dans le mouvement de la jeunesse allemande" d'Asperger, faisant allusion à un lien entre Asperger et les Jeunesses hitlériennes. Pourtant, peut-être parce que Schopler a gardé ses allusions subtiles, la plupart des gens qui connaissaient le syndrome d'Asperger dans les années 1990 n’étaient au courant d'aucune controverse sur le passé d'Asperger.

Volkmar, par exemple, n'a rien entendu à ce sujet jusqu'à la fin du processus d'examen du DSM. Mais ce n’est pas Schopler qui l'a porté à son attention. Au cours des essais sur le terrain que Volkmar menait afin de tester les critères proposés pour le syndrome d'Asperger, deux collègues de Yale qu'il tenait en haute estime ont soulevé le sujet. L’un, Donald Cohen, directeur de longue date du Yale Child Study Center, a publié de nombreux ouvrages sur l'autisme. L'autre était une jeune étoile sur le terrain, un clinicien et chercheur nommé Ami Klin. En tant que candidat au doctorat en psychologie à Londres, Klin avait fait sensation avec une étude brillamment conçeu montrant les réponses des enfants touchés par l’autisme aux sons de la voix de leur mère. C’était Cohen qui avait personnellement recruté Klin à Yale en 1989. Les deux hommes formaient une relation étroite mentor-protégé sur la base à la fois d’une fascination pour l'autisme et d’un sens puissant de l'identité juive. Cohen était Juif pratiquant et un étudiant dévoué de l'Holocauste. Klin était né au Brésil, fils de survivants de l'Holocauste, et avait obtenu son diplôme de premier cycle en histoire et en sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

La question autour de laquelle que les deux hommes tournaient était de savoir si Asperger pouvait avoir été impliqué, d’une façon ou une autre, dans les atrocités médicales attribuées aux nazis qui ont gouverné Vienne. Tous deux savaient que la profession médicale avait déjà elle-même été gênée par son incapacité à poser cette question à propos de plusieurs médecins et chercheurs qui avaient pratiqué sous le Troisième Reich. Les manuels modernes portaient encore des références à des maladies désignées suivant des scientifiques de l'époque nazie dont l'éthique était répugnante, si ce n’est criminelle, comme des neurologues dont des découvertes importantes ont été apportées en disséquant le cerveau des enfants et des adultes assassinés par les nazis. Un Dr. Franz Seitelberger de Vienne avait été membre de la SS, tandis que le professeur Julius Hallervorden de Berlin était connu pour sélectionner ds patients vivants dont il avait l'intention d'étudier le cerveau après leur mort par «euthanasie». Le tristement célèbre Hallervorden dit , «Si vous allez tuer tous ces gens, au moins prenez leur cerveau de telle sorte que le matériau obtienne une certaine utilité. " Pourtant, les termes« maladie de Seitelberger » et « maladie de Hallervorden-Spatz " sont encore apparus dans des publications académiques.

En 1993, Asperger, mort depuis 13 ans, jamais d’une grande présence sur la scène mondiale, était resté une figure peu connue. Uta Frith avait publié un examen superficiel de sa vie et de son travail en 1991, pour accompagner sa traduction de son grand article de 1944. En outre, une conférence qu’Asperger avait donné en Suisse en 1977 était parue en traduction dans la revue d'une organisation de l'autisme britannique en 1979, mais n’avait pas été largement diffusé. En bref, Volkmar ne pouvait obtenir que peu d'information sur Asperger tout seul, et n’avait aucun véritable «expert Asperger" vers lequel se tourner. C’est dans ce contexte qu'il a appelé Lorna Wing, la seule personne qu'il connaissait qui avait rencontré Hans Asperger (une fois, autour d'un thé), et lui a posé la question : « Est-ce que Hans Asperger, jeune homme, était un nazi? »

Lorna Wing haletait. "Hans Asperger, un nazi?» Il pouvait entendre son indignation. Elle a parlé de sa foi catholique profonde et de sa dévotion à vie pour les jeunes.

"Un nazi? Non, "dit Wing. "Non non Non! C’était un homme très religieux. "

Ce fut une courte conversation, mais cela a réglé le problème.

Quelques mois plus tard, le DSM-IV est paru. Quatre-vingt-quatre nouveaux troubles mentaux avaient été proposés pour y être inclus, mais seulement deux l’avaient été. L'un était le trouble bipolaire II. L'autre était le syndrome d'Asperger.

***


En 1993, Wing et Volkmar ne savaient rien, bien sûr, des informations sur le syndrome d'Asperger qui seraient mises au jour dans les années à venir.

Le premier signe d'avertissement est venu en 1996. Cette année-là, Ami Klin, avec Volkmar et la psychologue Sarah Sparrow, a commencé à mettre sur pied un livre qu'ils prévoyaient de titrer « Le syndrome d'Asperger ». Pourtant Klin ne pouvait toujours pas se débarasser de ses doutes. Et, parce que son nom serait sur la couverture du livre, il a décidé que quelque chose de plus qu'un appel téléphonique à Lorna Wing était nécessaire afin d'établir que les mains d'Asperger étaient propres.

À la fin de 1996, Klin a commencé à écrire aux archives et instituts en Allemagne et en Autriche, à la recherche toute information documentaire ou autre sur le médecin autrichien. Cela a donné peu de choses. Mais alors un professeur à Cologne, en Allemagne, l'a renvoyé à l'historien autrichien Michael Hubenstorf, qui a enseigné à l'Institut d'histoire de la médecine à l'Université libre de Berlin. "Nous aimerions être en mesure d'écrire que c’était un médecin bienveillant dont la principale préoccupation était le bien-être de son patient [sic]," écrit Klin à Hubenstorf. "Mais nous ne sommes pas sûrs de cela."

Hubenstorf a répondu quelques semaines plus tard avec une lettre de quatre pages et un catalogue de cinq pages des affectations de carrière d'Asperger, des promotions et des publications qu'il avait réunis. Les préoccupations de Klin, écrit-il, étaient justifiées. Alors qu'il n’avait trouvé aucune trace de l'appartenance formelle au parti nazi, Hubenstorf a informé Klin que la "carrière médicale [d’Asperger]a été clairement définie dans l’environnement des nationalistes allemands et des nazis ", et qu'il a été régulièrement promu au sein de ce cadre. Il croyait que le médecin avait minimisé ses liens antérieurs aux nazis connus tels que le professeur Hamburger, son mentor ponctuel, dont Hubenstorf écrivait comme "le pédiatre nazi le plus carré de tous."

Aucun »pistolet fumant » n’avait été trouvé, aucune preuve qu’Asperger ait directement participé à des crimes médicaux nazis.
"On ne sait pas jusqu’à quel point c’était un compagnon de route", concluait Hubenstorf. Mais ses conseils à Klin étaient de pécher par excès de prudence. Il a recommandé de ne pas publier "quoi que ce soit avant que le plus grand effort ait été fait pour clarifier le passé du professeur Asperger."

En fin de compte, Klin a choisi de ne pas suivre les conseils de Hubenstorf. Tout bien pesé, il a reconnu qu’aucun « pistolet fumant » n’avait été trouvé, aucune preuve qu’Asperger ait directement participé à des crimes médicaux nazis. Dans l'intervalle, Klin avait reçu une copie de l'avis de décès d’Asperger qui le dépeignait comme un médecin doux, chaleureux, dévoué à la prise en charge des enfants. La fille d'Asperger, Maria Asperger Felder, s’est aussi portée garante de la réputation de son père quand Klin s’est adressé à elle. Elle-même psychiatre, elle a écrit que son père avait été en désaccord avec le déterminisme racial des nazis, qu'il avait été l'ennemi de la souffrance des enfants, et qu'il n'a jamais perdu "son intérêt à vie et sa curiosité pour toutes les créatures vivantes."
Ce fut l'histoire du médecin bienveillant que Klin espérait se révéler la vérité. En 2000, Klin, Volkmar, et Sparrow ont publié « Syndrome d'Asperger », avec un avant-propos de la fille d'Asperger.

***


La version "médecin bienveillant» d’Asperger avait un fort attrait, et informait de nombreuses évaluations de son travail. En effet, un récit extrêmement positif d’Asperger comme un homme avec rectitude morale a été mise au point dans le nouveau millénaire, l'élevant presque au statut de héros. De plus en plus, il était considéré comme un saboteur prudent même brave et rusé du projet nazi d'extermination des enfants handicapés mentaux. Cette image de lui a fait écho l'évaluation faite par lea psychologue Uta Frith, en 1991, qu’Asperger avait été un ardent défenseur des "marginaux" dont le programme eugéniste nazi avait conçu la destruction. "Loin de mépriser les inadaptés," écrit Frith dans l'introduction à sa traduction définitive de son article de 1944, "il se consacre à leur cause, et ce à un moment où l'allégeance aux inadaptés était rien moins que dangereuse."

L'image de héros a été amplifiée par le psychiatre de Berlin Brita Schirmer, qui en 2002 a attiré l'attention sur d'Asperger "l'humanité [d'Asperger ] et son engagement courageux pour les enfants qui lui avaient confiés à une époque où cela était loin d'être évident, ou sans danger."

En 2007, les psychologues de Dublin Viktoria Lyon et Michael Fitzgerald ont écrit une lettre au « Journal of Autism and Developmental Disorders » qui célébrait Asperger comme un homme qui "a essayé de protéger ces enfants pour qu’ils ne soient pas envoyés dans des camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale."

Et en 2010, l'historien britannique de l'autisme Adam Feinstein a publié les résultats de son propre reportage à Vienne pour enquêter sur les rumeurs selon lesquelles Asperger était favorable à Hitler. "C’est tout le contraire qui est le plus susceptible d'être le cas," a-t-il conclu.

Ce point de vue sur Asperger reposait sur un certain nombre d'histoires fascinantes. Il a été dit qu'il avait deux fois échappé de justesse à l'arrestation par la Gestapo alors qu'il travaillait à l'hôpital de Vienne, et qu'il avait risqué sa propre sécurité en omettant de déclarer les noms des enfants handicapés aux autorités. Une entrée dans son journal, écrit lors d'une visite en 1934 en Allemagne, semble frissonner à la tourmente nazie qui prend de la vitesse: "Une nation entière va dans une seule direction, fanatiquement, avec une vision rétrécie." Sa foi catholique, et son appartenance à l’organisation de jeunesse de l'Eglise catholique appelée Bund Neuland, ont également été cités comme preuve de son association avec une morale progressiste qui était en contradiction avec l'ordre du jour nazie.

Par-dessus tout, ce point de vue reposait sur des déclarations claires d'Asperger, dès le début de l'ère nazie, défendant le droit des enfants handicapés mentaux à l'appui de la société. Au cours de la conférence de 1938 pendant laquelle il a décrit ses cas autistes pour la première fois, il a déclaré: «Ce qui tombe hors de la ligne, et donc est« anormal », ne doit pas être considéré comme« inférieur ». "

De même, en conclusion de son article de 1944 mieux connu, celui qui a attiré plus tard l'attention de Lorna Wing, il saluait "le devoir [de la profession médicale] de défendre ces enfants avec toute la force de notre personnalité"

Ainsi, il y avait des arguments solides pour considérer Asperger comme un penseur humanitaire et libéral. Il était un portrait optimiste et enthousiasmant qui parlait à la sensibilité moderne. Et il se révélera être gravement compromis.

Traduction à suivre.

_________________
parent d'une fille SA de 32 ans
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9 février 2016

L'Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés

L’Onu presse la France de respecter les droits des enfants handicapés
Pour le comité, la France doit donner priorité à l'éducation en milieu ordinaire des élèves handicapés.
Publié le 9 février 2016

Le Comité des droits de l’enfant de l’Onu pointe les lacunes de la politique française du handicap. Elle demande au gouvernement de davantage lutter contre la maltraitance dans les établissements accueillant des enfants et de faire progresser l’éducation inclusive.

La France est loin d’être exemplaire pour le respect des droits de l’enfant. Des enfants handicapés, notamment. C’est ce qui ressort à la lecture des observations du Comité des droits de l’enfant de l’Onu sur la mise en œuvre de la convention du même nom, rendues publiques le 4 février. Le comité est « préoccupé par les mauvais traitements subis par des enfants en situation de handicap accueillis en établissements et par l’insuffisance des contrôles indépendants dans ces institutions ». Il s’inquiète également que « dans certains cas, le personnel dénonçant ces mauvais traitements aurait été accusé de diffamation et condamné tandis que les fautifs étaient rarement traduits en justice, en dépit de preuves vidéo. »

L’affaire Moussaron dans le viseur

Le Comité des droits de l’enfant fait sans doute référence, entre autres, à l’affaire de l’Institut médico-éducatif Moussaron dans le Gers. Lors des auditions de la délégation française, en janvier, un des membres du Comité, Jorge Cardona Llorens, avait été plus explicite (à 27.37, dans la vidéo) : « Quels sont les mécanismes prévus pour éviter l’impunité, comme celle qui a eu lieu dans le cas de l’Institut Moussaron ? », avait-il interrogé. Une inspection de l’Agence régionale de santé (ARS) Midi-Pyrénées, menée en juillet 2013, avait mis à jour « de graves dysfonctionnements » et « une situationde maltraitance institutionnelle » dans cet IME. Mais l’ARS n’avait pas saisi les autorités judiciaires.

Le défenseur des droits recommande de renforcer les contrôles

Dans le rapport qu’il avait remis au Comité, en février 2015, le Défenseur des droits se disait, lui aussi, préoccupé par les allégations de maltraitance au sein de certaines institutions. « Ces situations révèlent des carences en matière de prévention des actes de maltraitance et de contrôle des établissements », notait-il. Il recommandait de renforcer les contrôles.

Trop d’enfants en établissements ou dans des classes spéciales

Par ailleurs, le comité déplore la lenteur avec laquelle progresse l’éducation inclusive. Il s’inquiète que « la loi prévoit des classes spéciales au sein des écoles ordinaires pour les enfants, dès leur plus jeune âge ; que certains enfants en situation de handicap soient placés en établissements, que d’autres suivent les cours dans des classes qui leur sont réservées et que des élèves abandonnent, faute de bénéficier des aménagements et du soutien nécessaires. » Pour le comité, priorité doit être donnée à l’éducation en milieu ordinaire plutôt qu’au placement en institution ou dans des classes réservées. La leçon sera-t-elle retenue ?

Franck Seuret

9 février 2016

Cash Investigation et les pesticides : quand des contrvérités sont diffusées en prime time ...

L’émission Cash Investigation, diffusée le 2 février 2016, était intitulée « Produits chimiques : nos enfants en danger » [1]. Elle s’est attachée à montrer pendant 2h15 que les pesticides présentent un danger imminent pour la santé des agriculteurs, des consommateurs et des enfants. Tout au long de l’émission, la journaliste Elise Lucet a martelé, sur un ton inquiet et alarmiste, que 97 % des produits alimentaires contiendraient des résidus de pesticides.

L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) déplore qu’une chaîne publique de télévision ait transmis en prime time un tel message, trompeur et alarmiste, à plusieurs millions de téléspectateurs, et que ce message ait ensuite été relayé par l’ensemble des médias et des réseaux sociaux, sans le souci ni de la véracité des « informations » colportées, ni de l’inquiétude légitime mais injustifiée ainsi propagée dans la population. Sans prendre position pour ou contre les pesticides, l’AFIS entend rappeler, ici, plusieurs éléments qui ont été occultés pendant l’émission et qui donnent un tout autre éclairage au chiffre de 97 %.

L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a contrôlé la présence de 685 pesticides de synthèse sur 81 000 échantillons de fruits et légumes, d’aliments transformés et de vins, provenant des 27 états membres de l’UE, d’Islande et de Norvège. L’étude a fait l’objet d’un rapport paru en 2013 [2], une synthèse publiée en mars 2015 étant disponible en français [3].

97 %. Les analyses de l’EFSA montrent que 97,4 % des 81 000 échantillons sont conformes à la réglementation, parmi lesquels 54,6 % ne contiennent aucun résidu détectable de pesticides. Sont considérés conformes à la réglementation, les aliments dans lesquels les pesticides sont retrouvés en quantité inférieure aux seuils fixés pour prévenir d’éventuels effets nocifs sur la santé.

L’EFSA a intitulé sa synthèse : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales ». Cash Investigation a transformé ce titre en : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides ». Chacun peut apprécier l’intoxication !

3 %. C’est le pourcentage (2,6 % précisément) des 81 000 échantillons qui, à l’opposé, dépassent les limites légales. Environ la moitié de ces échantillons (1,5 %) dépassent nettement ces limites.

Rien n’a été dit sur ces 3 % pendant l’émission Cash Investigation. Si 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides, alors les téléspectateurs pouvaient logiquement en déduire que seuls 3 % des aliments n’en contiennent pas. Lorsqu’il a été interrogé par un internaute sur ces 3 %, Martin Boudot, le journaliste qui a réalisé l’enquête, a d’ailleurs répondu : « les 3 % restants correspondent au bio ou aux aliments à très faible teneur en pesticide ». Chacun peut apprécier le contresens !

Le bio. L’étude de l’EFSA ne concernait que les pesticides de synthèse et ne portait donc pas sur les pesticides « naturels ». Rappelons que les aliments bio contiennent également des résidus de pesticides « naturels », que le « naturel » n’est pas, pour autant, vierge de tout risque et qu’il ne doit pas être dispensé d’une évaluation du risque. Ainsi, pour ces seuls pesticides de synthèse, l’étude montre que 15 % des échantillons « bio » contiennent des résidus, dont 0,8 % au-dessus des limites légales.

En résumé : Cash Investigation a fait implicitement passer le message que seulement 3 % des aliments seraient vierges de résidus de pesticides. C’est faux. Totalement faux.

Plus de la moitié des aliments (55 %), bio ou non, sont vierges de résidus de pesticides détectables. 42 %, bio ou non, contiennent des résidus détectables mais dans les limites légales et ne présentent pas de risque. Seuls 3 %, bio ou non, dépassent ces limites légales dont 1,5 % les dépassent nettement.

Au-delà de l’émission Cash Investigation et de ces manipulations de chiffres, l’AFIS invite celles et ceux qui souhaitent se forger une opinion éclairée et raisonnée sur les pesticides à se référer au dossier « Pesticides : ce qu’en dit la science », publié dans le numéro du 1er trimestre 2016 de sa revue Science et pseudo-sciences [4].

[1] – Cash Investigation, « Produits chimiques : nos enfants en danger », 2 février 2016
http://www.francetvinfo.fr/replay-m...

[2] – EFSA, The 2013 European Union report on pesticide residues in food
http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajo...

[3] – EFSA, communiqué de presse, 12 mars 2015 : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales »
http://www.efsa.europa.eu/fr/press/...

[4] – AFIS, « Pesticides : ce qu’en dit la science », revue SPS n°315, janvier 2016
http://www.pseudo-sciences.org/spip...

9 février 2016

Le Gala du Hérisson, le samedi 2 avril 2016 à Ozoir-la-Ferrière -Espace Horizon

Rendez-vous le samedi 2 avril 2016 à l'Espace Horizon à Ozoir-la-Ferrière !
Les places sont dès à présent disponibles sur les sites francebillet.com et www.ticketmaster.fr ou directement à l'association !
Les billets sont en vente à 25 € et les bénéfices sont au profit des personnes handicapées.
 
Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

 

9 février 2016

Un nouveau traitement contre l'X fragile ?

article publié dans LA DEPECHE.fr

Publié le 08/02/2016 à 16:42, Mis à jour

Un nouveau traitement contre l’X fragile ?

Un nouveau traitement contre l’X fragile ?

 

Une toute nouvelle molécule efficace dans le traitement du syndrome de l’X-fragile a reçu l’aval de la Food and Drug Administration (FDA). L’équivalent américain de l’agence du médicament en France. Une avancée dans la prise en charge de cette maladie rare qui ne dispose aujourd’hui d’aucun traitement spécifique.

Elle porte un nom barbare et serait efficace contre une maladie génétique rare. De qui parle-t-on ? De la molécule BMS-204652, candidat médicament pour le traitement du syndrome de l’X-fragile et qui vient d’être reconnue par la FDA. Cette autorisation va faciliter « le développement pharmaceutique de la molécule (dispense de frais, accords réglementaires…) et sa commercialisation (accès rapide au marché…) », explique le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). En France, une demande de brevet pour cette molécule a été déposée en 2011.

Qu’est-ce que le syndrome de l’X-fragile ?

Cette maladie génétique rare touche 1 nourrisson sur 4 000. Les principaux symptômes répertoriés sont un déficit intellectuel la plupart du temps associé à des troubles du comportement. Ils « peuvent être discrets (humeur instable) ou sévères, de type autisme (battements de mains, contact oculaire pauvre, évitement du regard, morsures de mains, défense tactile et désinhibition) ». Des signes physiques sont aussi caractéristiques du syndrome de l’X-fragile : « visage étroit et allongé, oreilles et front proéminents, hyperlaxité des doigts, pieds plats et macro-orchidie chez le garçon après la puberté ».

A ce jour les patients diagnostiqués ne bénéficient d’aucun traitement spécifique. Mais la molécule BMS-204652 est porteuse d’espoir. Son efficacité a été prouvée in vitro sur des cultures de neurones du syndrome de l’X-fragile. Résultat, elle active des canaux potassiques (sièges de la maladie). En poursuivant les essais in vivo sur un modèle de murin de la maladie, les chercheurs ont également obtenu de bons résultats. Au terme de l’étude, « les souris modèles du syndrome de l’X-fragile possèdent un comportement cognitif, émotionnel et social similaire à ceux des souris sauvages, témoins de l’étude ».

7 février 2016

Enquête sur les CMPP, CAMSP, CMP et CAPP de Paris

 

7 février 2016

Accompagner un enfant avec autisme

7 février 2016

Audition de la France à Genève : le Comité des droits de l'enfant de l'ONU rend ses observations

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article publié sur la page du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes


Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a examiné, mercredi 13 et jeudi 14 janvier 2016, le 5ème rapport de la France relatif à l’application de la Convention des droits de l’enfant. Il rend ses observations ce jeudi 4 février 2016.

Laurence Rossignol, Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie et cheffe de la délégation française, s’était rendue à Genève pour réaffirmer l’ambition du Gouvernement en faveur de la politique de l’enfance, avec une attention toute particulière aux enfants les plus vulnérables.

Au cours de l’audition, le comité avait souligné le haut niveau de la délégation et le sérieux des réponses de la France. C’est dans ce même esprit de dialogue constructif que les observations et recommandations sont rédigées. Le comité souligne les nombreuses évolutions positives, en particulier par l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies depuis 2012, notamment dans le domaine de la protection de l’enfance, de l’éducation et de la lutte contre la pauvreté.

Plus particulièrement, il accueille très positivement la ratification de plusieurs grands textes, comme le 3ème protocole à la convention des droits de l’enfant, et la promulgation d’importantes dispositions législatives, telles que la loi de modernisation du système de santé, la loi sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes ou encore la loi de refondation de l’école de la République. Le comité note également avec satisfaction les soixante mille créations de postes dans l’Éducation Nationale contribuant ainsi à une meilleure inclusion des enfants porteurs de handicap.

Bien que soulignant les efforts fournis, le comité relève des axes d’amélioration nécessaires dans les domainesde la prise en charge de l’autisme, de la justice des mineurs, de l’accueil des enfants étrangers ou encore de l’égalité des territoires, en particulier d’outre-mer.

Consciente des progrès qu’il lui reste à accomplir à partir des recommandations du comité, la France orientera ses politiques publiques dans le respect des droits de l’enfant.

La formation enfance du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age, prévue dans la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, promulguée le 28 décembre, y veillera. Elle sera en effet chargée du suivi des observations du Comité et permettra un lien constant entre les associations et institutions de l’enfance et notamment de défense et de promotion des droits de l’enfant.

Il répondra ainsi dès le premier semestre 2016 à la recommandation du Comité d’avoir une instance garante de la cohérence et de l’ambition de la stratégie globale pour l’enfance.

pdf Télécharger le communiqué de presse au format PDF Téléchargement (171.5 ko)
7 février 2016

Vidéo -> Quest-ce que le TDAH ?

7 février 2016

C'est dimanche ... on danse !!!

Moment culte !Omar Sy, une des personnalités préférées des Français

Posté par Je ne peux pas vivre sans musique sur lundi 17 août 2015
5 février 2016

Une start-up niçoise crée un logiciel de lecture pour autistes

article publié sur France 3 région Côte d'Azur

Publié le 04 février 2016 à 11h39, mis à jour le 04 février 2016 à 11h40

Logiciel de lecture
© France 3 Côte d'Azur
Catherine Lioult

Apprendre à lire, à parler est compliqué pour les enfants autistes. La Fondation Lenval à Nice, utilise un logiciel imaginé par une start-up des Alpes-Maritimes. Les résultats sont spectaculaires.

 

Il s'appelle Sema-tic. Imaginé par une start-up niçoise, cet outil numérique permet d’apprendre  aux enfants autistes, qui ne parlent quasiment pas, de décoder les mots, et de les prononcer. Le  support est motivant, tout se fait sur ordinateur, et la fondation Lenval expérimente ce mode d'apprentissage, avec succès.
 

Logiciel de lecture
© France 3 Nice


Apprendre à lire, à parler, enfin, Luisa Usson en rêvait pour sa petite fille. Enfin, elle entend le son de sa voix.

Elle disait juste quelques mots, chaque fois que je l'entends, c'est une fierté.


Le logiciel est désormais en vente et disponible pour les écoles ou les particuliers.

Logiciel de lecture
© France 3 Nice


Logiciel lecture

5 février 2016

La rapporteuse spéciale handicap de l'ONU sollicite une visite en FRANCE

article publié dans l'Express

Mme Catalinas Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale de l’ONU aux droits des personnes handicapées, a sollicité en octobre 2015 une visite officielle en FRANCE (suite à une demande collective d’associations).

Elle n’a toujours pas reçu de réponse du gouvernement. Manque de temps ? Pourtant, 5 mois, c’est large pour répondre non ?

MMe Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées

MMe Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées

En attendant…Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU vient de rendre ses observations finales sur la mise en oeuvre par la France de la convention des droits de l’enfant, dans le cadre du 5ème rapport périodique de la France.

Alliance Autiste et Autisme France avaient rédigé un rapport alternatif au Comité concernant l’autisme.

Le Comité n’a pas été dupe des réponses technocratiques de la France lors son audition les 13 et 14 janvier, et il tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : il y a une violation généralisée des droits des enfants handicapés à l’éducation, à la scolarisation sans ségrégation,  à la participation à la collectivité, à recevoir des accompagnements conséquents et adaptés à leurs spécificités dans tous leurs lieux de vie, à ne pas subir d’actes maltraitants, à ne pas être discriminés….

Voici en détail les observations / recommandations concernant le handicap

Entre autres le Comité recommande à la France :

• de mettre en place des mécanismes de contrôle permettant de procéder à des inspections indépendantes, régulières et efficaces des institutions ;

• d’interdire légalement la pratique du packing,

• de rendre juridiquement contraignantes les recommandations autisme publiées par la HAS,

• de former les enseignants et professionnels de l’éducation à l’éducation inclusive,

• de prendre des mesures immédiates

– pour assurer que les droits des enfants autistes, en particulier leur droit à l’éducation inclusive, soient respectés,

–  pour que seules les thérapies et les programmes éducatifs qui sont conformes aux recommandations de la Haute autorité de santé soient autorisés et remboursés,

•  de veiller à ce que les enfants autistes ne soient pas soumis à l’institutionnalisation forcée ou au placement administratif et à ce que les parents ne soient plus soumis à des représailles lorsqu’ils refusent l’institutionnalisation de leurs enfants. (Commentaire personnel : on sent qu’ils ont pensé très fort à Timothée en écrivant cela)

 

Maintenant, on attend que le gouvernement mette en application ces recommandations.

Un signe de leur bonne volonté serait déjà de répondre à la rapporteuse spéciale aux droits des personnes handicapées.

5 février 2016

Bigot comme Charlie Hebdo

article publié dans FRblog, le blog de Franck Ramus

vendredi 5 février 2016


Qui aurait pu soupçonner Charlie Hebdo de bigoterie? Et pourtant dans son édition du 27 janvier 2016, Charlie nous sert une double page d'ode aux dogmes freudo-lacaniens, sous couvert d'attaque en règle de la Haute Autorité de Santé (HAS). L'hebdomadaire n'en est pas à son coup d'essai: infiltré par la psychanalyse de longue date, il semble avoir maintenant confié la chronique freudienne au lacanien Yann Diener qui avait déjà notamment commis deux articles débitant la même rengaine dans Charlie Hebdo en mars 2015 (voir le commentaire de Jean-Louis Racca).
C'est pourtant le même Yann Diener qui avait documenté le caractère sectaire de la psychanalyse, en produisant une cartographie des scissions ayant conduit aux multiples églises, chapelles et micro-sectes psychanalytiques, illustrant le fait qu'en psychanalyse, les débats rationnels fondés sur des faits observables étant exclus, les désaccords se résolvent nécessairement par des excommunications et des schismes.
Ce nouvel article
  • fustige toute la médecine fondée sur des preuves, et en particulier son application à la psychiatrie. Les catégories diagnostiques des classifications internationales sont moquées, alors que la psychanalyse regorge de catégories bien plus discutables encore. Tout ce qui pourrait améliorer l'offre de soins en santé mentale est systématiquement dénigré. La loi de 2005 sur le handicap, qui constitue un progrès phénoménal pour les patients, est dénoncée. De fait, l'intérêt des patients, notamment à être reçus par des professionnels ayant des connaissances à jour et à bénéficier de pratiques à l'efficacité prouvée, n'est jamais considéré.
  • fait des amalgames grossiers entre les recommandations de la HAS fondées sur des données scientifiques, et la mise en œuvre des différentes lois de santé en contexte de restrictions budgétaires; récupère de manière éhontée le suicide du Pr. Jean-Louis Megnien; relate des persécutions imaginaires de psychanalystes italiens, en lieu et place de faits sourcés et vérifiables.
  • déploie une rhétorique victimaire et outrancière calquée sur celle du collectif des 39, dépeignant les psychanalystes comme des résistants face à un pouvoir totalitaire, alors qu'ils ne font que défendre leurs intérêts catégoriels et financiers, s'insurgeant qu'on puisse leur demander de mettre à jour leurs connaissances et leurs pratiques, et de rendre des comptes sur la qualité des soins qu'ils offrent à leurs patients, bien qu'ils soient financés par l'argent public.
  • perpétue les légendes sur les alternatives à la psychanalyse, comme les méthodes issue de l'ABA (applied behavior analysis), manifestant au passage une méconnaissance totale du sujet.
  • ressasse les tartes à la crème les plus populaires du freudisme: la "découverte scandaleuse" de Freud, la "blessure narcissique pour l'humanité", qui expliquerait que les méchants scientistes rêvent de lui "tordre le cou".
Un encadré interrogeant une pédopsychiatre hospitalière illustre la rétention de diagnostic d'enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux, la préférence pour le "soin" (présumé) en institution hospitalière, au détriment de l'inclusion et de la scolarisation, pratiques malheureusement encore typiques de bien des services hospitaliers et de bien des médecins, au mépris même de leur code de déontologie.
Au final, cet article revendique l'ignorance, l'incompétence et l'impunité totale pour tous les psys de France.

gare_aux_gourous

Sur une page Charlie Hebdo bouffe du curé, sur la suivante il lèche du gourou. Où est la cohérence?
Pourtant la psychanalyse se prête merveilleusement à la satire, tant elle regorge d'énormités. Il est à peine besoin de les pasticher, il suffit de les citer pour en rire. On peut s'en convaincre en lisant les perles rassemblées sur le site Freud quotidien.
Mais on ne rit pas dans l'article de Yann Diener. Les énormités y sont énoncées avec solennité comme des articles de foi, sans même un sourire en coin: par exemple "le symptôme est une trouvaille du sujet, interprétable et mobilisable par la parole", l'idée que l'échec scolaire a nécessairement un "sens", qu'il faut chercher à décrypter "dans le contexte familial". Autant de conceptions jamais prouvées qui conduisent, aujourd'hui encore en France, à rendre les parents (et le plus souvent la mère) responsables du trouble de leur enfant (le symptôme étant immanquablement construit par l'enfant en réponse à une relation défaillante). Toutes ces freudaines sont discréditées depuis des décennies et n'ont plus cours dans les autres pays que la France. Mais visiblement, à Charlie Hebdo, on y croit dur comme fer.
On attendrait de Charlie Hebdo qu'il fasse preuve du même esprit critique à l'égard des pseudo-sciences et des médecines parallèles qu'à l'égard des religions. On attendrait qu'il se moque des dogmes psychanalytiques, comme de tous les autres. On attendrait qu'il ait une rubrique intitulée "la lacânerie de la semaine" puisant dans les innombrables perles publiées quotidiennement dans le reste de la presse. On attendrait même qu'il s'offre la plume du maitre pasticheur Jean-Marie de Lacan. Au lieu de cela, il choisit de servir la soupe aux gourous freudo-lacaniens. Pauvre Charlie.

Publié par à 14:51

5 février 2016

L'ONU dénonce la violation des Droits de l'Enfant par la France

 

LOGO autisme france

information publié sur le site d'Autisme France

 

Communiqué de presse d'Autisme France

5 février 2016

Replay de l'émission l'histoire continue Annabelle et Jean-Philippe conseillé par Hugo Horiot

Replay de l'émission "L'histoire continue" du 4 février  avec Hugo Horiot qui a conseillé Annabelle Bernard, la maman d'un petit garçon diagnostiqué TED, qui a témoigné.

L'histoire continue du 04-02-2016 à 15:10 en replay | Vidéo en streaming sur francetv pluzz

Les invités des saisons précédentes racontent le chemin parcouru depuis leur dernière venue. Leur nouvelle vie est évoquée par des ...

http://pluzz.francetv.fr

 

5 février 2016

Autisme : 40 ans de maltraitance, ça suffit !

article publié dans Le Monde par Danièle Langloys

 

hanoi

La France dénoncée par l’ONU pour sa violation des droits de l’enfant

La France a été auditionnée en janvier 2016 pour rendre des comptes sur son respect de la Convention ONU des Droits de l'Enfant, qu'elle a signée et ratifiée. L'ONU a rendu ses observations finales et sanctionne, après le Conseil de l'Europe, le Commissaire Européen aux Droits de l'Homme, les violations des droits des enfants par la France. Le constat est sévère, mais mérité, vu l'absence en France de politique nationale de l'enfance. Je relève ici ce qui concerne directement ou indirectement les enfants avec des troubles du spectre de l'autisme. Il est tout à fait exceptionnel que l'ONU consacre tout un paragraphe à une problématique précise : l'autisme, vu de l'ONU, est un scandale sans nom en France. Les deux rapports d'Alliance Autiste et d'Autisme France ont sidéré l'ONU.

L'ONU s'étonne des dysfonctionnements et maltraitances dans les établissements médico-sociaux et s'interroge sur l'absence de contrôle indépendant de ces institutions. Il souligne au passage que le packing (défini comme un mauvais traitement) est toujours utilisé en France sur des enfants autistes.
L'ONU prie donc instamment la France de lutter contre les maltraitances institutionnelles, de mettre en place des inspections régulières et indépendantes, de créer les outils nécessaires pour dénoncer les maltraitances, et d'interdire légalement le packing, pratique barbare et maltraitante qui fait honte à la France.
 
Malgré les efforts français pour faire avancer l'école inclusive, mais le Comité des droits de l'Enfant regrette la mise en œuvre inégale et lente de l'éducation inclusive pour les enfants handicapés : ils devraient être dans les écoles ordinaires plutôt que dans les hôpitaux ou les établissements médico-sociaux. Les unités d'enseignement en maternelle pour les enfants autistes inquiètent l'ONU parce que ce sont des classes spécialisées pour de très jeunes enfants, et les enfants handicapés déscolarisés n'ont pas échappé au Comité.
Le Comité des Droits de l'Enfant demande que les familles reçoivent l'aide nécessaire pour scolariser les enfants en situation de handicap, que les enseignants soient correctement formés, que les assistants soient recrutés existent en nombre suffisant et avec la formation nécessaire, que les programmes soient adaptés.
Il demande que la France adopte sans délai en matière de handicap, une approche fondée sur les droits, se donne les moyens d'avoir des statistiques dignes de ce nom, et organise les campagnes de sensibilisation indispensables. 
Les paragraphes 59 et 60 sont entièrement consacrés à l'autisme.
L'analyse est sans concessions : le Comité des Droits de l'Enfant est préoccupé qu'en dépit de trois successifs plans autisme, les enfants autistes continuent à être soumis à des violations généralisées de leurs droits. Le Comité est particulièrement préoccupé que la majorité des enfants autistes n'ait pas accès à l'éducation dans les écoles ordinaires, ou reçoive une éducation limitée sur une base à temps partiel sans un personnel spécialement formé pour soutenir leur inclusion.
L'ONU ne comprend pas que la mise en œuvre des recommandations de 2012 de la Haute autorité de santé ne soit pas obligatoire et qu'aux enfants autistes soient encore proposées des thérapies inefficaces psychanalytiques, la surconsommation de médicaments, et le placement dans les hôpitaux et institutions psychiatriques, y compris en Belgique ; il s'étonne que les professionnels formés dans les thérapies, les programmes de développement et
d'éducation de renommée internationale soient rares et ne soient pas couverts par le système d'assurance-maladie ; il s'indigne que c
ertains parents qui s'opposent à l'institutionnalisation de leurs enfants soient intimidés, menacés, et, dans certains cas, perdent la garde de leurs enfants, que des enfants soient institutionnalisés de force ou l'objet d'un placement administratif.
 
Le Comité prie donc instamment la France de veiller à ce que les
recommandations de 2012 de la Haute Autorité de Santé soient juridiquement
contraignantes pour les professionnels qui travaillent avec des enfants
l'autisme, et que seules les thérapies et les programmes éducatifs qui sont
conformes aux recommandations de la Haute autorité de santé soient autorisés et
remboursés. La France devrait également veiller à ce que les enfants
autistes ne soient pas soumis à l'institutionnalisation forcée ou au placement
administratif et que les parents ne soient plus soumis à des représailles en
refusant l'institutionnalisation de leurs enfants.
La France est donc de nouveau condamnée pour ses discriminations à l'égard des enfants autistes, ses pratiques préhistoriques en matière d'autisme, sa violence à l'égard des familles qui sont l'objet de vengeances de la part de professionnels incompétents mais tout-puissants, confortés par le système, son inertie et sa complicité avec la secte psychanalytique.
La France a encore bien du travail à accomplir pour mettre en œuvre une politique efficace et digne pour le soutien aux enfants autistes et à leurs familles.
Danièle Langloys
Autisme France
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