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"Au bonheur d'Elise"
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15 décembre 2012

Rafaël, autiste, accompagné de ses parents, est invité à l'arbre de Noël de l'Elysée

article publié dans Sud Ouest

Publié le 14/12/2012 à 06h00
Par Philippe Brégowy

L'étonnant Noël de Rafaël

santé Rafaël, accompagné de ses parents, est invité à l'arbre de Noël de l'Élysée demain. Le diagnostic de sa maladie (autisme sans déficience intellectuelle) est tombé en août

Rafaël, entre ses parents, Cédric et Sophie Touboul, sera à l'arbre de Noël de l'Élysée demain.

Rafaël, entre ses parents, Cédric et Sophie Touboul, sera à l'arbre de Noël de l'Élysée demain. (Photo Philippe Brégowy)

A quelques jours près (il est né le 19 décembre), Rafaël aurait pu fêter ses 6 ans au palais de l'Élysée. Demain, avec Sophie, sa maman, et Cédric, son papa, il assistera (avec neuf autres enfants atteints du même handicap) à un spectacle probablement inoubliable. Il tentera de profiter du moment mais il n'est pas sûr qu'il reste bien en place longtemps. Car avec sa bouille ronde et ses cheveux courts, Rafaël n'est pas vraiment un enfant comme les autres.

Le diagnostic (autisme sans déficience intellectuelle) est tombé officiellement fin août. Cédric, le papa, a accusé le coup (sa mère est en fauteuil roulant depuis qu'il a 10 ans). Comme souvent, Sophie, la maman, a affronté la nouvelle avec courage, elle s'était préparée à cette révélation.

Éléments troublants

« À 3 ans, Rafaël avait un gros retard de langage et puis on se rendait bien compte de certains éléments troublants. Tous les enfants aiment jouer avec les interrupteurs ; Rafaël, lui, était capable d'allumer et d'éteindre 40 fois de suite », révèle le papa. « Mais personne (médecins, enseignants, personnel de crèche) n'a percuté, ne nous a alertés à ce moment-là. »

Rafaël grandit et les parents acceptent de l'emmener à l'hôpital de jour, la structure officielle. « On va l'observer », nous a-t-on martelé, ajoute Cédric, « mais on voyait bien que, malgré ces trois demi-journées par semaine à l'hôpital de jour, Rafaël ne progressait pas ».

Cédric et Sophie Touboul décident alors de se documenter, de lire les forums sur Internet. « Le problème, c'est que la France est le dernier pays à considérer l'autisme comme un trouble psychotique. » Et, de fait, les parents, impuissants et démunis, ont l'impression d'avoir à arbitrer un match entre psychanalystes et comportementalistes.

Une semaine bien occupée

« C'est depuis qu'il ne va plus à l'hôpital de jour que Rafaël progresse, », affirment en chœur les époux Touboul. La semaine se découpe ainsi pour le garçonnet : lundi, c'est une journée de soins avec un orthophoniste, un orthoptiste et un ergothérapeute. Rafaël est en CP du mardi au vendredi et il bénéficie de l'aide précieuse d'une assistante de vie scolaire (AVS). Le mercredi, séance d'orthophonie et une autre de psychomotricité. Enfin, le mercredi et le samedi, Rafaël prend des cours de natation avec le NCA (Nautic-Club Angérien), « car nous tenons à sa socialisation ».

Sur la quantité de soins dispensés au petit bonhomme, seuls deux sont pris en charge par l'Assurance-maladie. « Pour ces différents soins, nous déboursons plus de 1 000 euros par mois. Comment peuvent faire les parents qui n'ont pas d'argent ? », questionne Cédric. « Est-il normal que cela soit les familles qui forment l'AVS ? La jeune femme, qui s'occupe très bien de notre fils, travaillait au préalable dans les assurances et l'Éducation nationale ne l'a pas formée à l'autisme… pas plus que son enseignante, heureusement de bonne volonté. »

Le nouveau plan très attendu

Cédric et Sophie Touboul attendent beaucoup du nouveau plan autisme, que le gouvernement devrait dévoiler en 2013, « et surtout que l'on ne nous parle pas du coût de la mise en place de structures de la méthode ABA (lire ci-contre) ! Pour un enfant, une année en hôpital de jour psychiatrique revient à 100 000 euros minimum. En Belgique, où l'autisme est traité différemment, cela revient à 14 000 euros ou encore à 25 000 euros pour un suivi libéral global en France », argumentent Sophie et Cédric.

Un diagnostic plus précoce

L'enjeu est d'importance puisque l'on dénombre près de 500 000 autistes en France (et une naissance sur 150 tous les ans). « Pourquoi garderions-nous le silence ? Nous avons envie que notre expérience serve à d'autres, nous n'avons pas envie de nous taire. Et puis, surtout, il faut détecter l'autisme plus tôt, beaucoup plus tôt. Car certains d'entre eux recèlent d'importants potentiels que l'on peut révéler s'ils sont stimulés dès le plus jeune âge ».

Glenn Gould (inoubliable interprète de Bach), Steve Jobs, Michel-Ange ou encore Albert Einstein présentaient des troubles autistiques.

Sophie, commerçante, passe tous ses moments libres à stimuler Rafaël et rêve à voix haute d'une structure « où tout le monde travaillerait main dans la main : personnel soignant, enseignants, les AVS et les parents… Et d'autres enfants pourraient bénéficier de cet établissement : les hyperactifs, ceux qui souffrent de dyspraxie, dyscalculie… » Cédric et Sophie tenteront samedi d'en toucher un mot au président de la République. Pour Rafaël, bien sûr, mais aussi pour tous ses compagnons d'infortune.

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22 novembre 2012

Colloque AUTISME 2012 au sénat - le jeudi 6 décembre 2012

information publiée sur le site de Madame Françoise Laborde, sénatrice de Haute Garonne
autisme senat colloque 061212
Le 6 décembre 2012, au Sénat
Un colloque pour une grande cause nationale sur laquelle je suis souvent sollicitée, l'autisme sera à l'honneur, durant ces débats.

En savoir plus sur le programme et l'invitation

Organisé avec Mme Annie David, Présidente de la Commission des lois du Sénat, Mme Valérie LETARD, Sénatrice du Nord, et moi-même, ce colloque sera largement ouvert aux associations, aux familles, aux personnes autistes, aux responsables des établissements d’accueil, au corps médical,…

Après avoir dressé un constat de la situation, les échanges seront consacrés aux axes suivants de réflexion :
  • Un meilleur dépistage à tous les âges.
  • Une meilleure intégration : école, secteur médicosocial,SESSAD, IME, quels accompagnements ?
  • Emploi, logement, autonomie,vieillissement ? Les initiativesdes associations foisonnent, comment la collectivité peut-elle les accompagner et prendre le relais ?
  • La souffrance des proches et sa reconnaissance …
Cette journée se tiendra le jeudi 6 décembre 2012, au Sénat, salle Clemenceau.
Inscriptions :
par mail       colloque-autisme@senat.fr
par fax         01 42 34 37 63

En savoir plus sur le programme et l'invitation
21 novembre 2012

Vivre Avec l'Autisme, quel Avenir ? par Scania de Schonen

Scania de Schonen

AUTISME France 17 novembre 2012

Vivre Avec l’Autisme, quel Avenir ?

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé

Scania de Schonen, Laboratoire de Psychologie de la Perception, CNRS-Université Paris-Descartes

 

 

Accès au document très intéressant : ICI

et pour les pressés :

"CONCLUSIONS

le mieux qu’on puisse faire :


1. Pour commencer avant 4 ans : type Early Start Denver Model (ABA contemporain adapté au développement avec réponses pivots et essais discrets). Y compris analyse fonctionnelle pour comportements problèmes.

Pour commencer à 5 - 6 ans : ABA contemporain avec ou sans réponses pivots. Y compris analyse fonctionnelle pour comportements problèmes.

La scolarisation composée avec l’ABA contemporain est bénéfique. Les études montrent que l’organisation des interventions en milieu scolaire est possible et bénéfique.

2 . Selon l’âge, le diagnostic et le bilan: interventions spécifiques y compris les thérapies cognitivo –comportementales -TCC -(ex : anxiété ), et analyse fonctionnelle pour comportements problèmes.

3. Nécessité de formation universitaire du superviseur , des spécialistes et des intervenants qui doivent être formés aussi à l’intervention qu’ils utilisent.

4. Surveiller régulièrement tous les aspects médicaux, dentaires et ophtalmologiques avec des praticiens qui sachent examiner ces enfants."

21 novembre 2012

Guide de scolarisation : enfant TED ou autiste publié par l'association Vaincre L'Autisme

Ce guide - développé par VAINCRE L’AUTISME grâce à la générosité du public, de ses partenaires, de ses adhérents et des familles concernées - a pour objectif de vous aiguiller et de vous soutenir dans les démarches de scolarisation de votre enfant TED ou autiste. Afin de faire respecter les droits de vos enfants, ce document vous renseigne également sur les démarches à suivre en cas de déscolarisation.

  Guide de scolarisation

 
10 novembre 2012

vidéo TEDxParis - Lydie LAURENT - Les stratégies cognitivo-comportementales face à l'autisme

 

FORMATRICE ET ENSEIGNANTE SPÉCIALISÉE - TROUBLES COGNITIFS ET AUTISME

Lydie Laurent est Professeur de Physique-Chimie dans l'Éducation Nationale lorsqu'elle tombe enceinte de son premier enfant, Aymeric. Le cas de son petit garçon, diagnostiqué autiste sévère à l'âge de trois ans, la conduit à s'intéresser à de nouvelles stratégies éducatives et méthodologies cognitivo-comportementales; son but étant de donner à son fils les moyens d'accéder à la scolarité et l'apprentissage. Devant l'efficacité des résultats obtenus en mixant les outils de la pédagogie Montessori à l'ABA, elle décide de se professionnaliser dans le soutien scolaire pour aider d'autres enfants présentant des troubles cognitifs et des difficultés d'apprentissage.

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8 novembre 2012

Le collectif d'associations de parents d'enfants handicapés Handik toujours en conflit avec l'Etat

article publié dans Sud Ouest

Publié le 02/11/2012 à 06h00

Handik continue le combat contre l'État

Le collectif d'associations de parents d'enfants handicapés toujours en conflit avec l'État.
 
Patrice Lagisquet et Ladix Lamouguere-Arrosagaray, deux des responsables du collectif Handik.

Patrice Lagisquet et Ladix Lamouguere-Arrosagaray, deux des responsables du collectif Handik. (photo dr)

Déjà victorieux de l'État en première instance dès l'année scolaire 2009-2010, puis en appel il y a quelques semaines, le collectif Handik qui réunit des associations de parents d'enfants handicapés doit poursuivre son combat judiciaire pour parvenir enfin à un encadrement professionnalisé pour leurs enfants immergés en milieu scolaire.

L'État s'est en effet pourvu en cassation d'une décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux, datant de juillet dernier, qui, une nouvelle fois, leur donnait raison. Et confirmait que les enfants handicapés doivent bénéficier du soutien d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS), personne qualifiée ayant suivi une période de formation, et non pas d'un emploi vie scolaire (EVS), des emplois précaires non qualifiés.

Usine à gaz

Les responsables d'Handik, Patrice Lagisquet et Ladix Lamouguere-Arrosagaray, dénoncent cet acharnement judiciaire de l'État qu'ils ont du mal à comprendre. « Nous voici repartis pour une saison 4 du feuilleton David contre Goliath. S'agit-il d'un manque de cohérence ou d'une absence de sincérité ? », interrogent-ils. « D'une part le ministère attaque les décisions qui nous sont favorables et d'autre part, il donne l'impression de vouloir résoudre le problème ».

Aujourd'hui dans le département des Pyrénées-Atlantiques, quelque 250 enfants handicapés scolarisés sont aidés par des EVS, plus nombreux que les AVS.

« Nous menons ce combat pour pousser à la professionnalisation des gens chargés d'accompagner nos enfants », note Patrice Lagisquet qui souligne toutefois la bonne volonté manifestée dans le dossier par l'académie de Bordeaux. « Mais on peut également s'interroger sur l'usine à gaz et la complexité du dispositif qui mélange les statuts des accompagnants et multiplie les types de contrats et d'employeurs. »

7 novembre 2012

l'intervention "incontournable" du professeur Jean-claude Ameisen, président du Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE)


La situation actuelle de la scolarisation en... par INSHEA

Voir article publié en octobre 2012 => ICI

30 octobre 2012

Un site intéressant : Autisme et pédagogie

Autisme et pédagogie


Extrait du site :
 
"Sous la direction de Christine Philip, une équipe de l'INS HEA de Suresnes travaille depuis plusieurs années à la collecte et à l'analyse de situations pédagogiques concernant de jeunes autistes. Ce site présente pour un certain nombre de disciplines le fruit de ces travaux.

Aymeric au travail

 

Le site

   

Si la preuve a été faite que les enfants avec autisme étaient « éducables » et si l’on dispose désormais d’outils et de méthodes pour les éduquer, il n’en est pas de même pour ce qui est de la scolarisation de ceux qu’il convient de considérer désormais comme des « élèves », comme la Loi du 11 février 2005 nous y engage. Force est de constater que la littérature est pour l’heure peu abondante sur ce sujet. Il existe en effet très peu de recherches dans le domaine proprement pédagogique susceptibles de donner aux enseignants des pistes de travail.



C’est en partant de ce constat qu’un groupe de travail s’est mis en place depuis quelques années à l’INS HEA (Ex CNEFEI) pour développer des recherches action dans ce domaine. En effet en tant que Centre de Formation et de Recherche de l’Education nationale devenu depuis peu Universitaire, chargé de former des enseignants spécialisés travaillant dans le champ du handicap et de promouvoir des adaptations pédagogiques, il nous a semblé que ce travail était de notre ressort. Ce groupe s’est d’abord mobilisé pour répondre à une commande du Ministère de l’Education nationale de constituer un « guide handiscol » pour les enseignants. Ce guide devrait voir le jour à l’automne prochain. Mais nous nous sommes dits qu’il ne fallait pas en rester là et se contenter de recommandations générales mais essayer de mettre à disposition des enseignants des outils de travail, des analyses de situations, des témoignages de praticiens et de personnes directement concernées par ce handicap. C’est ce à quoi nous nous engageons dans ce site à travers les différentes rubriques proposées.


Pour constituer ce groupe de travail, il a été fait appel à des professeurs de discipline, c'est-à-dire à des professionnels compétents dans un champ disciplinaire donné car il nous a semblé que pour construire des adaptations pédagogiques, il fallait à la fois avoir la maîtrise de sa discipline et aussi bien comprendre le fonctionnement autistique. C’est le cas des collègues qui font partie de ce groupe :

  • Thierry Bourgoin, Professeur d’EPS à l’INS HEA
  • Geneviève Dutillieux, Professeur de Mathématiques à l’IUFM de Basse Normandie
  • Daniel Jacquet, Enseignant spécialisé en Informatique à l’INS HEA
  • Patrice Renaud, Professeur de Technologie, Economie et Gestion à l’INS HEA, qui est aussi notre webmestre
  • Patricia Sigwalt, Professeur d’Arts plastiques à l’INS HEA
  • Magali Viallefond, Professeur de Musique à l’INS HEA"

Accéder au site ICI

29 octobre 2012

Enfants autistes : "Je ne trouve pas que je suis différente"

Ergué-Gabéric (article publié dans Ouest France)

vendredi 26 octobre 2012


Zanna, Nathalie et Noëlle Saux, de l'association Autisme Cornouaille, à l'initiative de la semaine de l'autisme à Ergué-Gabéric. Un handicap social encore peu connu du grand public.

La semaine de l'autisme se tient jusqu'à demain à Ergué-Gabéric. L'occasion de découvrir, de l'intérieur, la vie de certains enfants autistes.

Est-ce difficile de vivre auprès des autres ? Se sentent-ils différents ? Ils répondent à ces questions, accompagnés de leurs mamans.

Adrien, 10 ans, « Je vais à l'école comme les autres. Je suis seulement un petit peu différent. Les autres enfants arrivent à rester plus calmes que moi. Une auxiliaire de vie scolaire m'accompagne. C'est la maîtresse qui a expliqué à la classe que j'étais autiste et ce que ça voulait dire.

« Quand un nouvel élève handicapé est arrivé à l'école, j'ai tout de suite dit que moi aussi j'étais handicapé. Moi, ça ne me dérange pas que les autres le savent. Mes copains, ça leur est égal. J'ai un peu plus de mal à l'écrit, je préfère l'oral. »

Zanna, maman d'Adrien

« Nous avons appris l'autisme d'Adrien assez tard. Il avait déjà 7 ans. Avant, on ne savait pas ce qu'il avait.

On se posait beaucoup de questions : pourquoi il n'obéit jamais ? Qu'est-ce que l'on fait mal ? Une fois que le diagnostic a été posé, au moins on savait comment travailler, les règles qu'il fallait respecter...

L'autisme est un nom qui effraie, il faut alors appréhender le handicap. Ce n'est pas toujours facile car c'est invisible. La famille ne nous croit pas, ne comprend pas. »

Gabriella (1), 13 ans« Je suis scolarisée normalement et je ne trouve pas que je suis différente. J'ai une vraie bande de copains mais je n'ai pas envie de le leur dire. Car les autres ne comprennent pas et c'est compliqué à expliquer. Je l'ai dit une fois, mais on m'a dit que je mentais car, pour eux, les autistes ne parlent pas. Avant d'être diagnostiquée, je pleurais tous les soirs, je ne voulais pas aller à l'école. Aujourd'hui, tout va mieux. »

Marie (1), maman de Gabriella

« La cour de récré, c'est parfois le champ de foire. C'est en se faisant des amis que les autistes apprennent les relations sociales mais ils ont parfois des réactions différentes, les autres enfants ne comprennent pas toujours.

« En tant que parent, on a besoin de savoir ce qu'ils ont. Il faut tomber sur les bonnes personnes, qui osent dire le mot autiste. Après, il faut continuer sa vie, assumer ses responsabilités. Pour les frères et soeurs, aussi, ce n'est pas évident. Ils en ont marre qu'on parle tout le temps d'autisme. »

Mario, 11 ans, et Nathalie, sa maman

« Mario est né aveugle. Nous avons appris plus tard que c'était une des conséquences de l'autisme et aujourd'hui il voit correctement. Il a fallu tout lui apprendre, la motricité, la parole... Le matin, il est scolarisé normalement avec un éducateur. Il apprend seulement les mathématiques et le français. L'après-midi, il est au centre expérimental Aba. Mario aime beaucoup qu'on s'intéresse à lui, qu'on lui pose des questions... Il y a encore quelques années, je n'aurai jamais pu croire qu'il puisse parler et même compter. Il progresse énormément. »

Elodie RABÉ.

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Recueilli par

29 octobre 2012

Dossier - HANDICAP : entre avancées et immobilisme

Véritable tournant dans l’approche du handicap, la loi du 11 février 2005 a été unanimement saluée. mais sept ans plus tard, force est de constater que ses objectifs, notamment en matière d’emploi, d’accessibilité et de scolarité, sont loin d’être atteints.

Extrait du dossier :

"Le texte a séduit lorsqu’il a été voté, en 2005. Et séduit toujours. « On n’en pense que du bien, il suffit qu’il soit appliqué », plaide Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France. La loi du 11 février 2005 a en effet marqué un changement dans l’approche du handicap. « Elle reconnaît que la personne n’est pas intrinsèquement handicapée, mais que son handicap est accru ou non par l’environnement dans lequel elle vit », salue Christel Prado, présidente de l’Unapei, qui représente les personnes handicapées mentales. A l’environnement, donc, de s’adapter à la personne handicapée, et non l’inverse. « On sortait d’une loi sur le handicap pour en faire une loi sur la citoyenneté, la participation et l’égalité des chances des personnes handicapées. Cette loi leur reconnaissait un statut de citoyen et permettait de sortir d’un prisme compassionnel », ajoute-t-elle.

Droit à l’école ordinaire pour tous, pénalités renforcées pour les entreprises qui emploient moins de 6 % de travailleurs handicapés, création d’un droit à la compensation, qui permet la prise en charge par la collectivité des dépenses liées au handicap, mise en accessibilité des bâtiments recevant du public d’ici à 2015… La loi a ratissé large. « Jamais une loi n’aura à ce point structuré l’ensemble d’une politique publique. De l’avis de tous, la loi du 11 février 2005 est “une très belle loi” », ont même écrit les sénatrices Claire-Lise Campion (PS) et Isabelle Debré (Ump) dans un rapport paru en juillet. Toutefois, ces mêmes sénatrices sont réservées : « Le bilan reste, sept ans après, en deçà des espoirs initialement soulevés. » « Il y a la loi, et après il y a les moyens que l’on consacre à sa mise en oeuvre. Pour le coup, il y a vraiment très loin de la coupe aux lèvres », confirme Christel Prado.

Si quelques-uns dénoncent des moyens insuffisants, c’est surtout le manque de volonté qui pose problème : certains réclament des dérogations pour la mise en accessibilité de bâtiments neufs, d’autres prétextent la nécessité de mieux connaître les besoins pour éviter de passer à l’action, des employeurs rechignent à embaucher des personnes handicapées, etc. Finalement, malgré le principe de non-discrimination énoncé dans la loi, le handicap et l’état de santé sont la deuxième cause de discrimination enregistrée par le défenseur des droits. « Si les gens surmontaient leur peur du handicap, ils n’auraient pas le même comportement avec les personnes handicapées », assure Vincent Michel, président de la Fédération des aveugles et handicapés visuels de France. D’autre part, souligne-t-il, « quand vous rendez un bâtiment accessible, ça sert à tout le monde : la maman avec sa poussette, la personne âgée… ».

Christel Prado est plus directe : « A partir du moment où on laisse vivre des personnes qui n’ont pas de prise personnelle sur leur vie, il faut qu’on leur donne le meilleur. Il y a pas mal d’infanticides, de parents d’enfants handicapés qui se suicident, il y a un grand désespoir parce qu’il n’y a pas d’accompagnement. » D’autant que, plus on tardera à prendre en compte les besoins des personnes handicapées, plus les solutions à mettre en place seront lourdes et coûteuses. Pour les personnes handicapées et leurs famillescomme pour la société.

 Elsa Maudet"

23 octobre 2012

L'Education nationale vue par Grand Corps Malade ... BRAVO !

L'Education nationale vue par Grand Corps Malade

article publié dans le Nouvel Observateur

Créé le 22-10-2012 à 12h41 - Mis à jour à 22h35

Alors qu'une nouvelle loi sur l'école se prépare en haut lieu, le slammeur décrit l'inégalité des chances sur le terrain.

Grand Corps Malade, le 17 octobre 2012, lors de l'enregistrement de l'émission "Au Field de la nuit", sur TF1. (PMG/SIPA)

Grand Corps Malade, le 17 octobre 2012, lors de l'enregistrement de l'émission "Au Field de la nuit", sur TF1. (PMG/SIPA)

"J’m’appelle Moussa, j’ai 10 ans, j’suis en CM2 à Epinay…" Alors qu’il poursuit ses consultations avec les organisations syndicales et les différents ministères concernés, pour préparer la rédaction de sa future loi de programmation et d’orientation pour l’école, Vincent Peillon peut se passer en boucle " Education nationale " de Grand Corps Malade, le slammeur à la voix de contrebasse. Histoire de garder en bouche les mots tout simples d’un enfant des quartiers de Seine-Saint-Denis qui raconte son école de pauvre, et "les moyens de survie locaux". Une chanson qui commence à hauteur de gamin, classe trop bruyante, maîtresse en détresse, et qui embraye avec les mots martelés par le chanteur : "Ne laissons pas s’creuser l’fossé d’un enseignement à deux vitesses".

En juillet dernier, la Cour des Comptes a envoyé un référé au Premier Ministre où elle rappelle, elle aussi, cette injustice : en France plus qu'ailleurs, les inégalités scolaires sont corrélées aux inégalités sociales. Et les moyens ne sont pas alloués en fonction des besoins réels. Quand il a fallu quatre mois de concertations savantes pour en accoucher, en quelques phrases l’artiste énonce les priorités : "Faut rajouter des profs et des autres métiers qui prennent la relève/Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves…". Sans vitupérer, sans se départir de son calme, le chanteur met le ministre en demeure d’agir. Pour qu’au plus vite, naître à Epinay ou naître à Neuilly cesse d’être le marqueur de la réussite scolaire. Pour que Moussa ne puisse plus dire "C’est pas d’ma faute à mois si j’ai moins de chance d’avoir le bac/C’est simplement parce que j’vis là, que mon avenir est un cul de sac".

21 octobre 2012

Le Gouvernement prépare la professionnalisation des AVS

article publié dans le café pédagogique le 17 octobre 2012

Les enfants handicapés seront-ils enfin accompagnés par des professionnels formés et reconnus ? Cette vieille revendication des associations de parents avance d'un pas avec la mise en place, mardi 16 octobre, d'un groupe de travail. Il est chargé de préparer la professionnalisation des AVS en réfléchissant à leur formation et leur statut. Mais la création de ce nouveau métier va devoir trouver son financement...

Deux ministres pour un groupe de travail

Silence poli des invités quand les deux ministres, George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite éducative et Marie Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, visitent le lycée professionnel Deprez le 16 octobre. Situé près de la Bastille, le lycée Deprez est un petit établissement (500 élèves) préparant aux métiers de l'électricité. Surtout il fait partie des rares lycées qui accueillent une ULIS ce qui justifie la présence des ministres. Mais la classe de bac pro électrotechnique que visitent les deux ministres ne compte aucune fille. Presque tous les élèves et leurs enseignants font partie des "minorités visibles" comme on dit en jargon éducation nationale. Pourtant c'est d'intégration qu'il s'agit. Les deux ministres viennent installer le Groupe de travail "Professionnaliser les accompagnants pour la réussite des enfants et adolescents en situation de handicap".

Le groupe de travail est piloté par Pénélope Komites, adjointe au maire de Paris en charge des personnes handicapées. Il comprend des représentants de l'administration (Dgesco, Dgefp, Direction générale de la cohésion sociale), les principales associations de parents (Fcpe, Peep, Apel) et de parents d'enfants handicapés (Fnaseph, Unapei, FFDys, Autisme France, Apajh, etc.), la Pep, l'Unaisse er l'Unaevs, les syndicats enseignants, les inspecteurs généraux auteurs du rapport de septembre 2012. Un certain nombre de grandes institutions et grandes entreprises (Casino, Sncf, Thalès, etc.) sont aussi représentés ainsi que des élus (l'Adf par exemple).

Quelle formation ?

"Nous inventons un nouveau métier". C'est que depuis le vote de la loi de 2005 prescrivant le droit à la scolarisation des enfants handicapés, les accompagnants, auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou assistants de scolarisation, ont un statut précaire et ne sont pas formés pour leur métier malgré l'importance de leur mission.

Le groupe de travail devra d'abord définir un référentiel de formation. "La reconnaissance et la pérennisation de la fonction d’accompagnant doivent en passer par la définition d’un référentiel de compétences et d’activités. Ces professionnels seront appelés à intervenir dans des structures et sous des tutelles différentes. Un niveau de diplôme minimum validé par toutes les institutions concernées devra être envisagé". Ce sera au groupe de  définir si le diplôme de référence existe ou s'il faut en créer un. Il devra aussi recenser les besoins en AVS. "Il faut faire en sorte que les AVS puissent faire un travail de bonne qualité et qu'ils ne soient plus dans l'insécurité" a déclaré G Pau-Langevin.

Quel métier ?

"De 6 à 20 000 enfants ne sont pas scolarisés" a rappelé MA Carlotti. Un des enjeux de cette professionnalisation c'est aussi de scolariser l'ensemble des enfants qui y ont droit. Pour S Cluzel, présidente de la Fnaseph, la création de ce groupe de travail répond à  une revendication ancienne des associations qui chaque année bataillent pour que les enfants disposent des AVS dont ils ont besoin.

Reste que la création de ce nouveau métier, s'il voit le jour, aura un coût. Où trouver le financement de la formation et de vrais salaires pour les AVS alors que l'Etat s'engage dans une austérité renforcée ? François Hollande avait promis durant la campagne électorale qu'il créerait ce nouveau métier. L'Etat s'engage sur  cette voie. Ira-t-il au bout de la démarche ?

François Jarraud

19 octobre 2012

Elèves handicapés : des pistes pour le métier d'accompagnant - Information tion Handicap.fr

Elèves handicapés: des pistes pour le métier d'accompagnant - Information Handicap.fr

 

Elèves handicapés: des pistes pour le métier d'accompagnant Elèves handicapés: des pistes pour le métier d'accompagnant
Publié le : 17/10/2012
Auteur(s) : L'AFP pour Handicap.fr
Résumé : Un groupe de travail a été chargé de présenter en mars des propositions visant à "créer une véritable formation" pour les assistants accompagnant les enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire, une mesure très attendue par les parents.
 

PARIS, 16 oct 2012 (AFP) -
Le groupe de travail a été installé par la ministre déléguée à la Réussite éducative, George Pau-Langevin, et la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti.
"Nous attendons des propositions originales, ambitieuses", a déclaré Mme Carlotti, précisant que le rapport serait rendu à la mi-mars. "Alors il sera le temps de l'action", a-t-elle ajouté.
"Je ne peux pas vous assurer que dès la rentrée 2013 nous aurons recruté les auxiliaires de vie scolaire (AVS) nouvelle manière, mais nous avancerons le plus rapidement possible", a promis Mme Pau-Langevin.
Le travail des accompagnants est "un travail de qualité", "utile" et "pourtant on ne demande aucune qualification, aucun métier", a déploré Mme Carlotti, ajoutant que leur statut était "particulièrement précaire".
L'objectif est de "former au métier d'accompagnant soit par une formation qui existe déjà, soit par une formation qu'on pourrait inventer, spécifique et professionnalisante", a-t-elle poursuivi.

Les enfants handicapés doivent avoir une vie scolaire et sociale, "il faut donc recenser précisément leurs besoins et constituer un référentiel" qui aidera à la professionnalisation, a dit Mme Carlotti.
Mme Pau-Langevin s'est félicitée de ce que "chaque année de plus en plus d'enfants (handicapés) arrivent à être scolarisés". Ils étaient près de 227.000 cette rentrée.

Mais certains restent encore à la porte de l'école et leur nombre n'est pas connu. "Il y a une difficulté de repérage de ces enfants mais nous avons commencé à le faire", a dit Mme Pau-Langevin.
"Cela doit être plus près de 6.000 que de 20.000", a-t-elle ajouté, citant des chiffres évoqués par différentes associations.

Le groupe de travail est présidé par Pénélope Komites, notamment adjointe au maire du XIIe arrondissement de Paris chargée des affaires sociales et des personnes handicapées.
Il réunit une cinquantaine de personnes, représentant associations, parents d'élèves, élus et entreprises.


17 octobre 2012

Elèves handicapés : le changement... c'est pour demain ?

article publié dans Le Monde du 15 octobre 2012

Elèves handicapés : le changement… c’est pour demain ?

ministère de l'éducation nationale

Elle aimerait pouvoir dire le contraire. Mais le constat ne varie guère : "Les enfants en situation de handicap viennent de vivre une rentrée scolaire identique aux précédentes", assure Sophie Cluzel, présidente de la Fnaseph, fédération d’associations de parents d’enfants handicapés. "Comme chaque année, 10 % des enfants concernés, soit de 5 000 à 6 000 enfants, sont restés sans auxiliaire de vie scolaire, et n’ont donc pas pu faire leur rentrée, ou en tout cas pas correctement", explique-t-elle.

Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, le ministère de l'éducation nationale a promis le changement, avec le recrutement dès cette année de 1 500 auxiliaires de vie scolaire (AVS) supplémentaires, la mise en place d’une "aide mutualisée" - créée par décret du 23 juillet 2012 -, en complément de l’aide individuelle, ou encore la reconduction de plusieurs milliers de contrats aidés. "Mais en terme de formation des accompagnants, de statut, de stabilité, on n’a pas résolu les difficultés", pointe Mme Cluzel. "Pas encore", reconnaît-elle : une étape fondamentale se joue mardi 16 octobre, avec l’installation du groupe de travail sur la « professionnalisation des accompagnants » par la ministre déléguée chargée de la réussite éducative, George Pau-Langevin, et son homologue en charge des personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti.

Pas nécessairement « plus d’école », mais « mieux d’école »

Un accompagnement de qualité : c’est ce que ne cessent de réclamer les familles. Une demande réitérée lors du « Grenelle de la formation et de l’accès à la vie sociale des jeunes handicapés », convoqué à Paris le 25 janvier 2012 - alors boudé par le ministère de l’éducation nationale. A cette occasion, les associations ont reconnu les progrès accomplis, sur le plan quantitatif du moins, sept ans après la loi de 2005 qui a instauré un droit à la scolarisation pour tous les enfants et adolescents handicapés.

La preuve par les chiffres : en 2011-2012, 210 395 élèves en situation de handicap étaient scolarisés dans les écoles et établissements relevant de l’éducation nationale - en « milieu ordinaire », dit-on. 130 517 dans le premier degré, 79 878 dans le second degré. Ils n’étaient « que » 162 016 à l’école en 2007-2008. L’augmentation est importante. Le budget a suivi, passant, selon le ministère, de 754 millions d’euros à 1,3 milliard d’euros en sept ans.

Sauf que dans le même temps, on ne sait toujours pas précisément combien d’enfants restent sans solution de scolarisation. « Des enfants qui ne comptent pas », a titré l’association Unapei dans le communiqué qu’elle a publié le 29 août, à la veille de la rentrée des classes, rappelant l’absence de statistiques. Et d’interroger : "Comment mener une politique d’éducation et du handicap efficace sans connaître les besoins réels ?".

Deux rapports remis en juillet 2012 pointent les difficultés

Quelque 20 000 enfants handicapés ne seraient pas scolarisés, les trois quarts étant accueillis dans des établissements spécialisés, les autres vivant avec leurs parents, ont chiffré les sénatrices Claire‐Lise Campion et Isabelle Debré dans le rapport de la commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois remis le 4 juillet 2012 (lire le rapport ici en PDF).

Dans ce rapport, elles portent un regard inquiet sur l’intégration en collège et lycée, pointant "l’existence de ruptures dans les parcours de scolarisation du fait de la difficulté à poursuivre la scolarité en milieu ordinaire dans le second degré et d’un accès encore très limité à l’enseignement supérieur".

Ces ruptures tiennent notamment à "la persistance de stéréotypes" ou à une "politique d’orientation par défaut, dictée par le nombre de places disponibles dans les différentes structures – ULIS,  établissements médico-sociaux -, et non par les besoins de l’enfant". Autre constat des sénatrices : "Celui d’une extrême diversité des situations selon les départements".  Point central de la loi de 2005, les projets personnalisés de scolarisation (PPS) restent ignorés dans certaines régions.

Ces observations font écho à celles des Inspections générales de l'éducation nationale et de son administration, qui ont-elles aussi remis en juillet 2012 un rapport sur la mise en œuvre de la loi de 2005 (ici en PDF).

"La fragilité des données disponibles sur les itinéraires réels des élèves identifiés comme handicapés fait obstacle à un pilotage efficace de la mise en œuvre de la loi", écrivent-elle. "Aucun suivi de cohorte n’est installé. Il est certain qu’à tous les stades de la scolarité, des élèves quittent le système éducatif, entrent et sortent de la situation de "handicap reconnu". Mais aucune description, aucune quantification de ces flux n’est possible."

Vers un véritable métier d’accompagnant

Dans le cadre de la concertation pour la refondation de l’école, qui s’est achevée le 27 septembre, l’atelier consacré à la question a été "extrêmement contributif et efficace", a confié, à l’agence spécialisée AEF, Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer, qui a dirigé le groupe de travail sur "un système éducatif juste et efficace".

Un enthousiasme que pondère Sophie Cluzel, de la Fnaseph, inquiète d’une "vision sans beaucoup d’ambition". "On ne se bat pas pour que nos enfants aillent à l’école jusqu’à 16 ans, et basculent ensuite dans le médico-social. Il faut de la continuité dans la construction du parcours scolaire et professionnel", martèle-t-elle. "On sait que des régions novatrices, des rectorats comme ceux de Toulouse, Nantes ou Clermont-Ferrand, ont su s’emparer de la loi de 2005, en visant l’insertion professionnelle des jeunes. Ça existe, ça marche… Dommage qu’on ne soit pas capable d’étendre ces "bonnes pratiques" à l’échelle nationale!"

Le rapport issu de la concertation remis le 9 octobre a consacré aux élèves en situation de handicap… une demi-page. Et quatre propositions fortes, qui en disent long sur la mise en œuvre de la législation.  Proposition 1 : "Respecter les engagements pris devant la Nation par la mise en place des conditions d’accueil, tout particulièrement l’accessibilité des locaux, l’adaptation des matériels pédagogiques (…)." Proposition 2 : "Améliorer le projet personnalisé de scolarisation de chaque élève en définissant clairement, en étroite association avec les parents, les conditions de scolarisation." Proposition 3 :  "Doter les personnels auxiliaires de vie scolaire et emplois vie scolaire d’une formation préalable à leur prise de fonction, d’un statut et d’un cadre professionnel, en distinguant accompagnement scolaire (aide à l’élève dans son travail scolaire) et accompagnement de vie (aide liée à la nature même du handicap)." Proposition 4 : "Rendre obligatoire, dans la formation initiale et continue de tous les personnels de l’éducation nationale, un module sur la scolarisation des élèves en situation de handicap."

Le candidat Hollande avait promis un véritable métier d’accompagnant. Serait-ce pour demain ?

Mattea Battaglia

16 octobre 2012

Le Combat d'une maman au service de son fils autiste

Article publié dans la Voix du Nord

Le combat d'une maman au service de son fils autiste

Publié le 09/11/2011 à 04h33

L'Association Enguerrand vient de voir le jour à Villeneuve-d'Ascq. Son objet : permettre à une famille de soigner au mieux un enfant autiste dont l'accompagnement indispensable ne peut être pris en charge par la collectivité.

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La crise contraint les pouvoirs publics à limiter ses aides, y compris dans le domaine médical. Une famille villeneuvoise en fait les frais depuis la rentrée scolaire. « Jusqu'en 2004, avec mon mari et mes trois enfants. nous vivions à Nantes, raconte la maman, Caroline Pajot.

À l'âge de deux ans, il est apparu que mon petit garçon, Enguerrand, était autiste. Un placement dans un institut médico-éducatif décrété par les autorités médicales a fait pire que mieux. En cherchant sur Internet, j'ai découvert les nombreux témoignages vantant les mérites de la méthode ABA. J'ai voulu tenter l'expérience. Il a fallu patienter de longs mois car les places sont limitées et j'ai enfin réussi à obtenir une prise en charge à Villeneuve-d'Ascq, où l'association Pas à Pas, est l'une des rares en France à pratiquer cette thérapie... » Toute la famille a déménagé en 2008, non sans difficultés, car il a fallu dénicher et retaper complètement une vieille maison d'Annappes, retrouver du boulot. « Mais je ne regrette pas, explique Caroline, car très vite les progrès accomplis par Enguerrand se sont révélés spectaculaires. » Un succès rendu possible par la présence d'un intervenant à l'école et d'un autre à domicile, avec un programme supervisé par un psychologue.

« Cette année, mon fils a eu 9 ans, l'âge de rentrer dans une classe d'intégration, une CLIS. Malheureusement, impossible de le scolariser dans l'une des deux CLIS de Villeneuve-d'Ascq, déjà complètes. En revanche, on a pu trouver une place à l'école Charles-Péguy de Marcq-en-Baroeul. » Caroline insiste sur l'accueil et le dévouement du directeur de cette école, M. Callens, qui a même accepté la présence en classe de l'accompagnant particulier d'Enguerrand alors que ce dispositif n'est pas prévu dans le règlement. Mais là où les difficultés reviennent en plein visage de la famille Pajot, c'est qu'il n'y a plus d'aide financière prévue pour rémunérer l'encadrement. « Or Enguerrand doit être pris en charge 34 heures par semaine, 11 mois sur 12 et les frais sont considérables », explique la maman en alignant les chiffres : coût d'un intervenant par mois, 1 247 E charges sociales, 1 060 E psychologue, 321 E... « En un an, cela représente plus de 30 000 E ! » Pour Caroline, il était hors de question à la rentrée de remettre en cause les progrès patiemment réalisés : « J'ai alors pensé à lancer cette association, créée le 5 octobre dernier, pour sensibiliser des donateurs, récolter des fonds et en profiter au passage pour promouvoir la méthode ABA, que j'estime la seule efficace pour les autistes. Toutes les personnes confrontées aux mêmes difficultés peuvent me rejoindre ».

Une décision bienvenue si l'on en juge par les premiers résultats : « J'ai été écoutée. La mairie de Villeneuve-d'Ascq et son service des associations m'ont donné un gros coup de main. J'ai déjà rencontré des interlocuteurs sensibles et intéressés à mon problème, des artistes acceptant de me parrainer, de consacrer des spectacles à Enguerrand comme la Ligue d'improvisation de Marcq-en-Baroeul. » Bien sûr, cette « aventure » associative toute jeune reste fragile. Enguerrand, qui souffrait de graves troubles envahissants du développement, a fait des progrès remarquables au niveau du comportement. Il est stabilisé, peut se concentrer près de deux heures d'affilée. Il s'est fait des copains et des copines, pratique des loisirs. Au niveau scolaire également, il « tient la route », apprend à lire et à écrire et se montre doué en maths et en géométrie, précise sa maman.

Mais tout cela au prix d'une observation rigoureuse de son programme de rééducation. « Voilà pourquoi il est ne faut pas relâcher les efforts mais je ne manque pas de courage », confie Caroline pour qui l'éducation et la préparation de l'avenir d'Enguerrand sont devenus « un travail à plein temps ».

En plus, Mme Pajot a accepté des responsabilités au bureau de l'association Pas à Pas Nord. « Ça m'a d'ailleurs permis de rencontrer les ministres Roselyne Bachelot et Xavier Bertrand. Ils sont très au fait du problème mais tant que la méthode ABA ne sera pas reconnue officiellement et prise en charge par l'État, comme en Belgique, par exemple, nous devrons nous débrouiller et nous battre. Ce que je compte bien faire, surtout quand je pense aux pédopsychiatres qui nous disaient, quand Enguerrand avait deux ans, il ne saura rien faire dans la vie, placez-le en hôpital psychiatrique... » •

Pour en savoir plus sur l'association ou devenir membre : Association Enguerrand, 11, allée du Bosquet, 59650 Villeneuve-d'Ascq.

Prix de la cotisation annuelle : 20 E, 03 20 56 27 34 ou 06 32 70 40 07, http://asso.enguerrand.free.fr

La Voix pour les Femmes


=>DERNIERE MINUTE :

Je recherche un(e) éducateur(trice) ABA pour travailler à domicile avec un enfant autiste de 10 ans (Villeneuve d'Ascq (59650)) le mercredi (journée complète) et/ou mardi (matinée) et/ou vendredi (matinée) . CDI payé en CESU.
Merci de me contacter par mail : asso.enguerrand@free.fr
ou par tél : 03.20.56.27.34 ou 06.32.704.007
URGENT

10 octobre 2012

article publié sur le site de Vivre FM le 9 octobre 2012

François Hollande : "le système éducatif doit être accueillant pour les élèves en situation de handicap"

A la Sorbonne ce mardi 9 octobre, le Président de la République a rappelé l’engagement de l'état pour l’accueil des enfants handicapés à l'école. Il a affirmé que les métiers de l'accompagnement (AVS) devaient être mieux valorisés.

François Hollande, ce matin à la Sorbonne.
François Hollande, ce matin à la Sorbonne.

François Hollande réaffirme le rôle de l’école dans l’accueil des jeunes en situation de handicap. A l’occasion de la remise officielle du rapport en vue de la refondation de l’école, le chef de l’Etat a également précisé que le rôle des auxiliaires de vie scolaire devaient être mieux valorisé : "Le système éducatif doit être accueillant pour les élèves en situation de handicap. Je mesure les avancées, elles sont significatives, mais aussi combien le chemin est encore long. La formation des enseignants intégrera cette dimension et je considère comme essentielle la valorisation des personnels non enseignants qui accompagnent les élèves handicapés souvent sans reconnaissance et avec des contrats de travail précaires".

 

Mardi 16 octobre, lancement d'un groupe de travail sur les auxiliaires de vie scolaire (AVS)

Dès la semaine prochaine, un groupe de travail va se pencher sur la question des statuts et des missions des auxiliaires de vie scolaire. Ce nouveau groupe de travail sera installé mardi 16 par Marie-Arlette Carlotti (ministre en charge du Handicap) et George Pau-Langevin (ministre déléguée à la Réussite éducative). Il sera piloté par une personnalité qualifiée.

 

Vincent Lochmann

8 octobre 2012

Quatre petites vidéos pour mieux comprendre l'inclusion à l'école

Questions posées à Mme Christine Philip Docteur en Sciences de l'éducation,
Journée « Autisme » mercredi 11 avril 2012 CREPS de Reims :

  • En quoi le comportement des élèves à troubles autistiques est-il spécifique ?
  • Quelles sont les conséquences de ces troubles sur les apprentissages ?
  • Quels aménagements matériels faut-il prévoir dans une classe pour accueillir un élève avec autisme ?
  • En quoi l’aménagement matériel de la classe pour l’élève autiste est-il au service des apprentissages de l’élève ?

Pour les visionner c'est ICI

5 octobre 2012

"Scolariser les élèves avec autisme" par Christine PHILIP professeur à l'INS HEA

Le projet personnalisé de scolarisation des élèves
avec autisme et les conditions de sa mise en oeuvre



Christine PHILIP
Professeur à l’INS HEA et responsable de formation

"Résumé : Après avoir rappelé l’histoire de la scolarisation de ces élèves, l’auteur définit six conditions pour la mise en place d’une scolarisation effective. En premier lieu comprendre le fonctionnement autistique, c’est une condition nécessaire mais non suffisante. Vient ensuite le partenariat avec tous les acteurs et en particulier les parents, qui peuvent transmettre la connaissance qu’ils ont de leur enfant. Puis il convient de déterminer le temps consacré à la scolarisation. Celui-ci doit être conséquent si l’on ne veut pas que cette scolarisation perde tout son sens. Quant aux savoir-faire spécifiques, difficile d’en faire l’économie même si on ne peut les imposer aux enseignants, ceux-ci se doivent de les connaître. Cela n’empêchera pas d’observer et évaluer l’enfant en situation d’apprentissage, de façon régulière. Enfin la recherche pédagogique est à promouvoir et c’est ce à quoi s’engage l’INS HEA dans les années qui viennent."

 

4 octobre 2012

article publié sur le site Radio Londres le 3 octobre 2012

Enfants autistes et scolarisation…

 

Enfants autistes et scolarisation…

Un enfant sur cent est actuellement touché par les Troubles Envahissants du Développement, plus communément appelés « autisme ». On est capable de déceler dès 18 mois les premiers signes de T.E.D. mais malheureusement, en France, l’autisme est un handicap peu connu des professionnels en lien direct avec les familles : peu de médecins, de pédiatres et a fortiori d’enseignants sont formés pour reconnaître et prendre en charge un enfant autiste. Et pourtant, un dépistage précoce est l’assurance d’une possibilité d’évolution et d’intégration dans la société pour ces enfants et adultes.

Rappelons que l’autisme affecte principalement les capacités de communication, entraîne des troubles du comportement et perturbe les relations sociales. Fort heureusement, grâce à une prise en charge adaptée, ces symptômes peuvent grandement s’améliorer. Mais ceci n’est possible que si on cesse de mettre systématiquement les enfants autistes hors du système scolaire.

En effet, l’école est un terrain d’apprentissage indispensable pour les autistes, qui expérimentent alors les relations humaines, la communication, l’imitation, et se frottent ainsi dès leur plus jeune âge à la vie, tout simplement. Or il s’agit bien de cela avant tout : pour aider les autistes à comprendre les interactions sociales et avoir un comportement adapté, il faut qu’ils soient en contact avec leurs pairs, qui leurs servent d’exemples. Et pourtant, 80% des enfants autistes ne sont pas scolarisés*.

Eloignez n’importe lequel d’entre nous de la société, privez-le de contact et il sera incapable ensuite de s’intégrer. Ne privons donc pas les enfants autistes de l’école, cessons de renvoyer les parents vers des institutions fermées, ouvrons la porte de l’école aux autistes !

Car l’école a des cadres prévus pour accueillir les enfants en situation de handicap, comme les CLIS (classes pour l’inclusion scolaire), de douze élèves maximum en situation de handicap. Mais aussi avant même un dépistage formalisé, dès la maternelle, une équipe éducative peut être mise en place avec la direction de l’école, l’enseignant, les parents et les professionnels de santé qui accompagnent l’enfant, ainsi qu’un référent de scolarité rattaché à l’académie. Cette équipe éducative peut demander une Assistance de Vie Scolaire, pour au moins quelques heures par semaine, permettant à l’enfant d’être accompagné par une personne chargée de l’aider au sein de la classe.

Les AVS soulagent alors le travail de l’enseignant et lui permettent de bien suivre l’ensemble des élèves de la classe sans avoir besoin de consacrer un temps plus important à l’élève en situation de handicap. L’AVS aide l’enfant à comprendre les consignes et à réaliser les tâches demandées, lui explique le déroulement de la classe et sont souvent indispensables au moment des récréations, les temps libres et informels étant souvent les moments qui sont le plus source d’angoisse chez les autistes, qui leur préfèrent des activités cadrées, dans le calme et le silence.

Malheureusement, peu d’AVS ont l’autorisation de déjeuner avec l’enfant et c’est au tour des ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) en maternelle ou du CLAE de s’occuper des enfants. Et ils sont souvent peu nombreux dans les écoles qui refusent alors la prise en charge des enfants autistes à la cantine.

Les AVS étant des emplois précaires et peu formés, le manque de postes disponibles font que c’est la loterie à chaque rentrée : les heures demandées par les équipes éducatives se trouvent réduites comme une peau de chagrin, les AVS promises arrivent avec deux mois de retard et on peut se retrouver dans des situations dramatiques pour l’enfant autiste confronté seul au milieu scolaire, se retrouvant dans une situation angoissante ou alors l’établissement refusant tout bonnement l’élève en classe tant qu’il n’aura pas d’accompagnant.

Pourquoi ce manque de coopération ? Parce que les enseignants ne reçoivent aucune formation pour l’intégration du handicap. Ils sont du coup 68%* à penser que les autistes devraient rejoindre les institutions spécialisées. Difficile de le leur reprocher, mais inconcevable sachant que le droit d’aller l’école est un droit fondamental défini par la Convention des droits de l’enfant de 1959.

Le manque de moyens mis en place par l’Education Nationale les empêchent d’accéder à l’enseignement et ainsi faisant marginalise les autistes. Espérons que le fait que l’autisme soit la Grande Cause Nationale 2012 fasse bouger les choses dans le bon sens.

30 septembre 2012

information publiée sur le portail du Gouvernement le 28 septembre 2012

Projet de loi de finances 2013
Dossier de presse - Vincent Peillon - George Pau-Langevin - 28/09/2012

Extrait :

"L’accompagnement des élèves en situation de handicap

On recensait 210 400 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu scolaire ordinaire public et privé à la rentrée 2011, contre 201 400 en 2010 et 187 500 en 2009.

Le ministère attribue des aides collectives ou individuelles. Des personnels sous statut d’assistant d’éducation ou des personnes titulaires d’un contrat aidé assurent l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Dans les établissements scolarisant des élèves en situation de handicap au sein de dispositifs collectifs, l’accompagnement est assuré par des auxiliaires de vie scolaire "collectifs" (AVS-co). La dotation consacrée aux auxiliaires de vie scolaire chargés d’un accompagnement collectif est revalorisée en 2013 et s’élève à 56 millions d'euros.

D’autres personnels ont pour mission exclusive l’aide individualisée auprès d’élèves en situation de handicap pour lesquels cette aide a été reconnue nécessaire par la commission des droits et de l’autonomie au sein de maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). À la rentrée 2012, 1 500 auxiliaires de vie scolaire individuels (AVS-i) supplémentaires ont été recrutés afin de couvrir les besoins d’accompagnement prescrits par les MDPH.

Par ailleurs, pour répondre aux besoins prévisibles en matière d’accompagnement et améliorer intégralement la qualité de la prise en charge des élèves, des auxiliaires de vie scolaire "mutualisés" (AVS-m, ex-assistants de scolarisation) ont été recrutés à la rentrée 2012. Les sommes consacrées à ce dispositif progressent considérablement pour s’établir à 110 millions d'euros en 2013.

Des subventions sont également allouées aux associations qui recrutent des auxiliaires de vie scolaire au terme de leur contrat avec l’éducation nationale, lorsque la continuité de l’accompagnement est nécessaire à l’élève en raison de la nature particulière de son handicap.

Enfin, les crédits dédiés à l’insertion des élèves handicapés sont également maintenus, à hauteur de 16 millions d'euros (ils financent le plan Handiscol et la formation des auxiliaires de vie scolaire)."

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