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"Au bonheur d'Elise"
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29 septembre 2015

La psychanalyse en France : entretien avec Sophie Robert

article publié dans le blog Cygnification

Xavier Ristat

sophie robert le mur

La France est, avec l’Argentine, l’un des seuls pays où la psychanalyse a un telle importance dans les milieux psychologiques et psychiatriques. Pourtant, elle est loin de faire le consensus scientifique.

Malgré cela, la psychanalyse est enseignée dans beaucoup d’universités françaises et est considérée comme une expertise dans les affaires médicales ou judiciaires. Avec le temps, les pays voisins ont su se démarquer de cette discipline, mais en France, depuis Jacques Lacan, la psychanalyse est quasi-hégémonique dans les domaines psychologiques et psychiatriques. Pour beaucoup, la psychologie, la psychiatrie et la psychanalyse sont une seule et même discipline.
Avec Sophie Robert, nous reviendrons sur la place et la validité de la psychanalyse en France à travers son expérience et son enquête lors de ses documentaires, notamment lors de son aventure judiciaire avec « Le mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ».

 

 

Sophie Robert nous parle aussi de ses deux prochaines émissions qui sortirons le 10 octobre 2015 via son site Dragon Bleu TV : « Les déconvertis de la psychanalyse » et « Les fondamentaux de la psychiatrie », dont vous pourrez voir deux extraits exclusifs dans l’entretien ci-dessus.

 

Liens utiles :

Dragon Bleu TV, le site où vous pouvez voir les documentaires de Sophie Robert

Le dossier de l’AFIS sur la psychanalyse

Le groupe Facebook « Psychologie et Scepticisme Scientifique »

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29 septembre 2015

Un diurétique fait disparaître l'autisme d'un Valaisan - Suissse

article publié dans Le Nouvelliste

28.09.2015, 06:30

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Lionel Murisier et son papa Jean, dans la maison familiale d'Orsières.

HANDICAP - Après vingt-cinq ans d’autisme, Lionel Murisier, d'Orsières, retrouve une vie «normale» grâce à un médicament pour les reins. Son père en a fait un livre pour aider les parents d’enfants autistes.

Lionel Murisier, 27 ans, ne cache pas qu’il revient de loin. Atteint d’autisme, cet Orserain a vécu jusqu’à 25 ans dans son monde – «Il pouvait passer des heures derrière la fenêtre», note son papa – et avec des douleurs paroxystiques. Il ne voyait aucune perspective d'avenir. "Je me souviens avoir eu des pensées très noires", confie-t-il pudiquement.

La découverte qui a tout changé

Sa vie est un enfer jusqu'au jour où Lionel Murisier et son père entendent parler des recherches du professeur Yehezkel Ben Ari, chercheur neurobiologiste de réputation mondiale. Ce spécialiste a découvert qu’un diurétique contenant de la bumétanide fait baisser la concentration de chlore intracellulaire et permet ainsi de supprimer les symptômes autistiques.

Résultats spectaculaires en quelques jours

Lionel Murisier décide alors d'essayer le traitement. Les résultats sont spectaculaires. "Mes symptômes autistiques disparaissaient jour après jour", raconte le Valaisan. Huit mois après le début du traitement, il passe même son permis de conduire, trouve un travail dans une entreprise d'horlogerie et prend un studio. "Une nouvelle vie commence pour moi!", se réjouit-il.

Un livre, écrit par son papa, raconte tout

Un parcours hors du commun que son papa raconte dans un livre "Le cri de Lionel-Autisme, thérapie chlorure" (éditions A la carte) qui sortira à la fin du mois d'octobre.

10 septembre 2015

Vers de nouvelles techniques de dépistage des troubles de l'autisme ?


Des scientifiques canadiens ont découvert de nouveaux marqueurs génétiques des troubles de l’autisme. C’est l’équipe du docteur Stephen Scherer de l’Hôpital des Enfants Malades de Toronto qui est à l’origine de ces découvertes. Les recherches ont été menées sur 258 enfants souffrant de troubles de l’autisme.

Le Dr Scherer et son équipe ont étudié l’ADN de ces enfants à l’aide de deux tests génétiques précis. En plus de ces tests, les enfants ont aussi été sujets à un examen physique détaillé.

Les résultats de l’étude suggèrent que le diagnostic génétique des troubles de l’autisme pourrait s’améliorer si les deux tests génétiques étaient utilisés conjointement. Un résultat que confirme l’un des docteurs ayant participé à ces recherches : « Il est possible que d’ici peu de temps les recommandations incluent la combinaison des deux tests dans le diagnostic de l’autisme ».

Sources: 

Bionews (07/09/2015)

20 août 2015

Explosion du nombre de cas d'autisme : épidémie ou diagnostic plus performant ?

Sciences et Avenir avec AFP
Publié le 27-07-2015 à 11h30

Entre 1975 et 2012, la prévalence des troubles du spectre autistique a connu une croissance fulgurante conduisant parfois à parler "d'épidémie". Faux selon des chercheurs qui pointent l'importance des modifications du diagnostic.

Un enfant atteint de troubles du spectre autistique soumis à un test de magnétoencéphalographie. ©Joseph Kaczmarek/AP/SIPA
Un enfant atteint de troubles du spectre autistique soumis à un test de magnétoencéphalographie. ©Joseph Kaczmarek/AP/SIPA
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AUTISME. La manière de diagnostiquer l’autisme aux États-Unis expliquerait l’apparent triplement des cas ces dernières années. Celui-ci ne correspond pas, de ce fait, à un accroissement réel de la fréquence de ce syndrome, selon des chercheurs dont l’étude a été publiée mercredi 22 juillet 2015. Les dernières statistiques des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) montrent en effet une envolée de la prévalence des cas d’autisme dans le pays, passée de 1 pour 5.000 en 1975 à 1 pour 150 en 2002 et à 1 pour 68 en 2012, soit un triplement dans cette dernière période de dix ans. En réalité, cette forte progression aurait résulté d’un reclassement d’un grand nombre d’enfants dans le spectre autistique qui avaient été initialement diagnostiqués d’autres formes de déficiences intellectuelles et de troubles du développement, ont déterminé ces chercheurs dont les travaux paraissent dans l’American Journal of Medical Genetics.

Un accroissement dû à la reclassification du diagnostic

"Cette nouvelle recherche fournit la première preuve directe que cet accroissement pourrait être attribué à une reclassification du diagnostic des troubles neurologiques de la plupart des enfants plutôt qu’à une explosion réelle des nouveaux cas d’autisme", soulignent ces chercheurs de Penn State University qui ont analysé des données d’enfants enregistrés dans des programmes d’éducation spécialisée pendant 11 ans, soit en moyenne 6,2 millions d’enfants par an. Ils n’ont constaté "aucune augmentation du nombre d’élèves autistes inscrits dans ces programmes" pendant cette période. Ainsi pour les enfants de huit ans, environ 59 % de l’augmentation des cas d’autisme correspond à une reclassification du diagnostic. À 15 ans, la reclassification compte pour 97 % de l’accroissement des cas d’autisme, ont déterminé les chercheurs. Mais les troubles du spectre autistique sont très complexes, avec de nombreux degrés de gravité, et peuvent coexister avec d’autres problèmes neurologiques et du développement, précisent-ils.

"Le taux élevé de co-occurrences de l’autisme avec d’autres handicaps intellectuels qui a conduit à ces reclassifications des diagnostics s’explique probablement par un grand nombre de facteurs génétiques similaires dans de nombreux troubles du développement neurologique", explique Santhosh Girirajan, professeur adjoint de biologie moléculaire à Penn University, principal auteur de cette étude.

12 août 2015

MOCOS : l'enzyme qui permet de mieux comprendre l'autisme

rédaction | Le 11 août 2015 à 12:00
MOCOS autisme troubles du spectre autistique CNRS

Une étude menée conjointement par le CNRS et les chercheurs du Salk Institute à San Diego a permis de mieux comprendre l’implication de l'enzyme MOCOS dans les troubles du spectre autistique (TSA).

Découverte d’une nouvelle fonction de MOCOS

On connaissait déjà le rôle de l’enzyme MOCOS dans la production d'acide urique. Elle semblait également avoir une fonction dans les processus d'immunité et d'inflammation et dans la destruction des radicaux libres (éléments chimiques participant à l’élimination des cellules anciennes). Aujourd’hui, les chercheurs ont compris que MOCOS avait également une influence au niveau cérébral. Ainsi, ils ont retrouvé des traces de l’enzyme dans des cellules du cerveau et dans les intestins de différentes espèces, notamment des mammifères.

Les équipes du CNRS et du Salk Institute ont pu étudier les conséquences de la sous-expression de l’enzyme MOCOS. Ils ont conclu que, lorsque celle-ci est moins présente dans l’organisme, elle induit un stress oxydatif. C’est-à-dire une agression des constituants de la cellule par des radicaux, impliquant un état pathologique. Les chercheurs ont également observé un nombre moins important de synapses et une transmission neuronale défaillante en cas de dysfonctionnement de l’enzyme.

En étudiant de près les cellules souches de différents adultes atteints par des troubles du spectre autistique, les chercheurs ont remarqué que neuf adultes sur onze étaient touchés par la sous-expression de l’enzyme MOCOS. La diversité des rôles de MOCOS dans l’organisme, autant au niveau biologique que neurobiologique, pourrait donc expliquer les causes des multiples symptômes des TSA en cas de sous-expression de l’enzyme dans le corps.

Les troubles du spectre autistique

Les troubles du spectre autistique se caractérisent par une diversité de comportements et de symptômes comme des difficultés au niveau des interactions sociales, des actes répétitifs mais également des problèmes du système gastro-intestinal ou encore des allergies. Selon l’OMS, environ 1 enfant sur 160 présente un trouble du spectre autistique dans le monde. En France, ce sont 650 000 personnes qui en sont atteintes.

Pour le moment, les connaissances sur les troubles du spectre autistique sont encore limitées. De nombreux centres de recherche tentent de trouver les causes en étudiant différentes pistes comme les facteurs environnementaux, les prédispositions génétiques, les problèmes liés au système immunitaire… Aujourd’hui, l’étude menée par le CNRS et le Salk Institute est donc une avancée importante grâce à ses résultats qui ouvrent de nouvelles voies de recherche. Le rôle de l’enzyme MOCOS doit encore être étudié pour approfondir les connaissances et confirmer son influence dans les troubles du spectre autistique. De nouveaux travaux sont d’ailleurs prévus et devraient permettre de favoriser « le développement d’outils thérapeutiques mais aussi de méthodes de diagnostic » selon le CNRS.

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4 août 2015

Découverte d'une pièce manquante dans le puzzle des troubles autistiques

article publié dans sciences & avenir

Lise Loumé Publié le 04-08-2015 à 11h00

Une équipe française a découvert une enzyme responsable de certains traits autistiques. Sciences et Avenir a interrogé François Féron, neurobiologiste et co-auteur de ces travaux.

Images à faible grossissement de neurones matures (rouge), au sein de la couche CA1 de l’hippocampe, exprimant la protéine MOCOS (vert), une enzyme impliquée dans le métabolisme des purines, le stress oxydatif et la formation des synapses. © François Féron
Images à faible grossissement de neurones matures (rouge), au sein de la couche CA1 de l’hippocampe, exprimant la protéine MOCOS (vert), une enzyme impliquée dans le métabolisme des purines, le stress oxydatif et la formation des synapses. © François Féron

AUTISME. Bien que des centaines de gènes aient déjà été identifiés pour leurs rôles présumés dans les troubles du spectre autistique (TSA), ils n'expliquent au mieux que... 1 % des cas. C'est pourquoi les biologistes sont à la recherche de ceux qui permettraient d'expliquer un plus grand nombre de cas. Une équipe française a récemment découvert qu'un gène jouant un rôle majeur au cours du développement précoce de l’individu est sous-exprimé dans la majorité des cellules souches issues de patients et serait responsable de certains traits autistiques. Ses travaux sont publiés le 4 août 2015 dans la prestigieuse revue Molecular Psychiatry. Sciences et Avenir a interrogé François Féron, l'un des auteurs de ces travaux. Il dirige l'équipe "Plasticité olfactive et réparation du système nerveux" dans le laboratoire Neurobiologie des interactions cellulaires et neurophysiopathologie (NICN), de la faculté de médecine de Marseille et affilié au CNRS.

Sciences et Avenir : Quelle est cette enzyme responsable de certains traits autistiques ?

François Féron : Il s'agit de l'enzyme MOCOS, connue pour sa fonction dans le métabolisme des purines, avec notamment la production finale d'acide urique (voir en vert ci-dessous). Nous nous sommes aperçus qu'elle était sous-exprimée chez la majorité des patients de notre cohorte (9 patients sur 11), atteints d'autisme à des degrés divers (6 patients atteints d'autisme sévère, 2 d'une forme très sévère, 1 d'une forme modérée ; 2 sont des autistes de haut niveau, également appelés "autistes Asperger"). Or ces personnes ne souffraient pas d'une production réduite d'acide urique. C'est une première surprise. La seconde, c'est que nous avons constaté que l'enzyme MOCOS a aussi un rôle dans le cerveau, puisqu'elle est exprimée dans les cellules de l'encéphale, au cours du développement et chez l'adulte.

ACIDE URIQUE. L'ADN et l'ARN (acides nucléiques) issus du renouvellement cellulaire se transforment dans l'organisme : on parle de métabolisme des purines. L'acide urique est leur produit métabolique final. Il provient aussi de l'alimentation et est produit dans l'organisme par le foie. Lorsque le taux d'acide urique sanguin s'élève trop, il précipite, en particulier au niveau des articulations, et est responsable de la maladie de la goutte.

Quels sont les traits autistiques touchés par la sous-expression de l'enzyme MOCOS ?

La sous-expression de cette enzyme induit une hypersensibilité au stress oxydatif, des synapses en moins grand nombre et une neurotransmission anormale. Nous soupçonnons donc que sa sous-expression conduit au développement cérébral anormal observé chez les patients autistes. Elle semble également être impliquée dans l’absorption intestinale et pourrait en partie expliquer les troubles gastro-intestinaux observés chez les patients autistes. Une hypothèse qui valide la théorie étudiée depuis quelques années par plusieurs équipes de recherche dans le monde et selon laquelle le microbiote jouerait un rôle dans l'autisme.

Comment avez-vous découvert le rôle de l'enzyme MOCOS dans les TSA ?

En étudiant des cellules souches olfactives adultes, témoins des premiers stades du développement de l'homme. Elles résident dans un tissu nerveux, sont facilement accessibles et avaient déjà prouvé leur utilité lors d’études sur des troubles du cerveau. Mais ces cellules souches n'avaient jamais servi d'outil pour détecter la dérégulation d'un gène dans l'autisme. Pour mener ce type d'études, les chercheurs utilisent plutôt des cellules sanguines ou de la peau.

La découverte de l'implication de l'enzyme MOCOS dans l'autisme permettra-t-elle d'ouvrir des perspectives thérapeutiques nouvelles ?

Nous espérons que cette découverte nous permettra de développer de nouveaux outils de diagnostic et de découvrir des molécules thérapeutiques destinés aux patients atteints de TSA. Cependant, entre la partie fondamentale et les essais cliniques, nous ne nous attendons pas à ce que cela soit possible avant plusieurs années. Nous allons également vérifier nos résultats sur une cohorte plus large : nous souhaitons vérifier la sous expression de MOCOS au sein d'une cohorte comprenant 50 patients atteints de TSA et 50 patients "contrôles".

4 août 2015

Rôle et fonctionnement des neurones miroirs

article publié sur Papa positive !

Jeff | juin 25, 2015 |

2 août 2015

Selon une chercheuse du MIT, la moitié des enfants seront diagnostiqués autistes à cause du glyphosate d'ici 2025

 

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La moitié des enfants seront autistes d’ici 2025, met en garde la chercheuse principale du MIT (Massachussetts Institute of Technology)

Pourquoi ? Des preuves démontrent la toxicité du glyphosate provenant de la sur-utilisation de l’herbicide Roundup de Monsanto sur notre alimentation.

Pendant plus de trois décennies, le Docteur Stephanie Seneff a étudié la biologie et la technologie, publiant au fil des ans plus de 170 articles revus par des pairs scientifiques. Au cours des dernières années, elle s’est concentrée sur la relation entre l’alimentation et la santé, abordant des sujets tels que la maladie d’Alzheimer, l’autisme et les maladies cardiovasculaires, ainsi que l’impact des carences nutritionnelles et des toxines environnementales sur la santé humaine.

Lors d’une conférence à Groton (Massachussetts) sur les OGM, elle a pris le public par surprise lorsqu’elle a déclaré « à ce rythme, d’ici 2025, un enfant sur deux sera autiste. » Elle a noté que les effets secondaires de l’autisme ressemblent de près à ceux provoqués par la toxicité du glyphosate, et a montré des résultats indiquant une corrélation remarquablement cohérente entre l’utilisation de l’herbicide Roundup sur les cultures (et la création de Roundup-Ready pour les semences OGM) et le développement de l’autisme. Chez les enfants autistes on a détecté un niveau élevé de glyphosate, des carences en zinc et en fer, des convulsions, ou encore des maladies mitochondriales.

diagnostiqués autistes

Diagnostiqués autistes

Ses collègues on rapporté que, après la présentation du Dr Seneff « Les 70 personnes présentes étaient contrariées, probablement parce qu’elles avaient désormais de sérieux doutes concernant ce qu’elles servaient à leurs enfants, tout ce qui contient du maïs ou du soja, qui sont presque tous génétiquement modifiés et donc pulvérisés de Roundup et de son glyphosate. »

Le Dr Seneff a noté l’omniprésence de l’utilisation du glyphosate.

Comme on le pulvérise sur le maïs et le soja, toutes les boissons gazeuses et les bonbons sucrés avec du sirop de maïs et toutes les chips et les céréales qui contiennent des additifs au soja contiennent de petites quantités de glyphosate, quant au bœuf et à la volaille, ils sont nourris au maïs ou au soja OGM. Le blé est souvent traité au Roundup avant d’être récolté, ce qui signifie que tous les pains au blé et les produits à base de blé non biologique contiennent aussi du glyphosate. La quantité de glyphosate dans chaque produit n’est peut-être pas importante, mais l’effet cumulatif pourrait être dévastateur. Une étude récente montre que les femmes enceintes qui vivent près des fermes où l’on pulvérise des pesticides, ont une augmentation du risque de 60% d’avoir un enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

D’autres substances toxiques peuvent également augmenter le risque d’autisme.

Vous vous souvenez peut-être de l’histoire de l’informateur des CDC qui a révélé la dissimulation délibérée du gouvernement du lien entre le vaccin ROR (contre la rougeole, les oreillons et la rubéole) et une forte augmentation du risque d’autisme, en particulier chez les garçons afro-américains. D’autres études montrent désormais un lien entre l’exposition des enfants aux pesticides et l’autisme. Les enfants qui vivent dans des maisons avec des sols vinyle, qui peuvent dégager des phtalates (produits chimiques) sont plus susceptibles de souffrir d’autisme. Les enfants dont les mères fumaient étaient également deux fois plus susceptibles d’être atteints d’autisme. Des recherches reconnaissent désormais que les contaminants environnementaux tels que les PCB, les PBDE et le mercure peuvent altérer le fonctionnement des neurones du système nerveux avant même qu’un enfant soit né.

L’USDA a publié une étude concluant que bien qu’il n’y ait pas de niveaux détectables de résidus de pesticides dans plus de la moitié des aliments testés par l’agence, 99% des échantillons prélevés avaient une teneur jugée acceptable par le gouvernement, et on a découvert que 40% des échantillons n’avaient aucune trace détectable de pesticides. Néanmoins, l’USDA a ajouté qu’en raison des « problèmes de coûts », il n’y a pas de test pour les résidus de glyphosate. Répétons-le encore une fois : ils n’ont jamais testé l’ingrédient actif de l’herbicide le plus utilisé au monde. « Des problèmes de coûts ? » C’est absurde, à moins qu’ils signifient que cela leur coûtera en termes de relation spéciale entre l’USDA et Monsanto.

De plus, comme nous l’avons précédemment indiqué, le nombre d’effets indésirables des vaccins peut être également en corrélations avec l’autisme, bien que Seneff indique qu’il ne coïncide pas autant qu’avec le Roundup. Ces mêmes corrélations entre l’application du glyphosate et l’autisme apparaissent dans les décès dus à la sénilité.

Bien sûr, l’autisme est un problème complexe avec de nombreuses causes possibles. Cependant, les données du Dr Seneff sont particulièrement importantes compte tenu de la forte corrélation, et parce que cela vient d’une scientifique avec des références impeccables. Elle a parlé à la conférence sur l’autisme et présenté un grand nombre de ces mêmes faits ;

 

Monsanto affirme que le Roundup est inoffensif pour les humains.

Les bactéries, les champignons, les algues, les parasites et les plantes utilisent une voie métabolique en sept étapes connue sous le nom de voie de synthèse du shikimate pour la biosynthèse des acides aminés aromatiques ; le glyphosate inhibe cette voie, entraînant la mort de la plante, c’est pourquoi il est si efficace comme herbicide. Monsanto affirme que les humains n’ont pas cette voie de synthèse du shikimate, par conséquent, c’est parfaitement sans danger.

La moitié des enfants seront diagnostiqués autistes à cause du glyphosate d’ici 2025

Le Dr Seneff souligne néanmoins que nos bactéries intestinales ont cette voie, et elle est cruciale car ces bactéries fournissent des acides aminés essentiels à notre organisme. Le Roundup tue donc les bactéries intestinales bénéfiques, permettant aux agents pathogènes de se développer. Il perturbe la synthèse des acides aminés y compris la méthionine, ce qui entraîne des pénuries de neurotransmetteurs essentiels et d’acide folique ; il supprime des minéraux importants comme le fer, le cobalt, le manganèse et bien plus encore.

Pire encore, elle note que des substances chimiques présentes dans le Roundup ne sont pas testées parce qu’elles sont classées comme « inertes », mais selon une étude de 2014 de BioMed Research International, ces produits chimiques sont capables d’amplifier les effets toxiques du Roundup de plusieurs centaines de fois.

Le glyphosate est présent en quantités anormalement élevées dans le lait des mères américaines allant de 760 à 1600 fois la limite autorisée dans l’eau potable en Europe. Des tests d’urine montrent que les américains ont une accumulation de glyphosate dix fois plus élevée que les européens.

« À mon avis, la situation est presque irréparable », a déclaré le Dr Seneff après sa présentation. « Nous devons prendre des mesures draconiennes. »

Sources: Selon une chercheuse du MIT, la moitié des enfants seront diagnostiqués autistes à cause du glyphosate d’ici 2025

http://people.csail.mit.edu/seneff/glyphosate/Groton_Seneff.pdf

www.anh-usa.org

http://articles.mercola.com/sites/articles/archive/2013/06/09/monsanto-roundup-herbicide.aspx

Claire C.

 

29 juillet 2015

Autisme : Des coût de 500 milliards de dollars pour atteindre 1 trillion de dollars en 2025


Autisme : Des coûts de 500 milliards de dollars pour atteindre 1 trillion de dollars en 2025
Des chercheurs de l’UC Davis ont créé des prévisions sur les couts de l’autisme aux États-Unis. Les chiffres sur 10 ans montrent que l’autisme va couter près de 500 milliards de dollars si on ne trouve pas rapidement de nouvelles méthodes de prévention et d’accompagnement.

Ces prévisions incluent les impacts médicaux, mais également professionnels ainsi que sur la productivité. Les pertes sont de 268 milliards de dollars pour 2015 et 461 milliards de dollars pour 2025. Les chercheurs ajoutent que ces prévisions ont été faites sur un taux minimum, mais que les couts pourraient atteindre 1 trillion de dollars en 2025. Cette étude a été publiée dans la revue Journal of Autism and Developmental Disorders.

Les couts actuels de l’autisme sont le double des couts combiné des AVC et de l’hypertension et on peut ajouter une partie des couts du diabète selon Paul Leigh, auteur de l’étude et professeur en science dans la santé publique du Center for Healthcare Policy and Research à l’UC Davis. Ces chiffres devraient nous terrifier et on doit donner l’alerte au plus haut lieu, car les impacts seront catastrophiques sans l’adoption de mesures rapides et efficaces. Leigh espère que ces travaux vont inciter à un changement de politique et que les entreprises vont créer plus de programmes de recrutement pour les personnes autistes.

Leigh a travaillé avec le co-auteur de l’étude, Juan Du, qui a reçu son doctorat de l’UC Davis. Ils ont déterminé les couts de l’autisme par personne en se basant sur les données des services médicaux, des soins résidentiels, de l’éducation spéciale, des soins domestiques, des aides à l’emploi et pour le transport ainsi que la perte de productivité. Leurs données proviennent de plusieurs sources incluant la documentation disponible sur l’autisme, le CDC et l’office du travail aux États-Unis. Les prévisions ont inclus des variations sur l’âge puisque les vieux et les jeunes nécessitent des soins différents pour traiter leur autisme. Il faut ajouter la présence ou non du retard mental qui augmente les soins et les couts par la même occasion.

L’équipe a trouvé que les couts allaient de 162 à 367 milliards de dollars pour 2015 (les prévisions les plus optimistes des chercheurs sont de 268 milliards de dollars). Et pour 2025, les chercheurs tablent sur 276 milliards en étant le plus économe et le plus optimiste possible et près de 1 trillion de dollars dans le pire des scénarios. Le problème est que la prise en charge actuelle de l’autisme suit plutôt le pire des scénarios dans la mesure où les pouvoirs publics ont délaissé ce trouble. Si les couts de l’autisme atteignent vraiment 1 trillion de dollars, alors ce sera supérieur aux couts cumulés des soins pour l’AVC, l’hypertension et le diabète. Pour réduire les couts, le professeur Leign préconise de lancer un investissement dans la recherche avec un financement qui est équivalent à celui du diabète.

On doit investir pour comprendre les causes et l’évolution de l’autisme. On doit financer davantage les programmes d’aide pour les enfants autistes ainsi que les aides à l’emploi pour les personnes souffrantes d’autisme. N’oublions pas que ces couts seront supportés par les contribuables et une inaction sur l’autisme revient à pénaliser les générations futures dans de nombreux domaines de la société.

Source

12 juillet 2015

Découverte => Le cerveau est connecté au système immunitaire

article publié dans Sciences & Avenir

Lise Loumé Publié le 16-06-2015 à 16h35

Contre toute attente, des scientifiques ont découvert la présence de vaisseaux lymphatiques dans le cerveau. Un pas majeur vers une meilleure compréhension des maladies neurodégénératives.

Élément majeur du système immunitaire, le système lymphatique constitue un vaste ensemble de vaisseaux qui drainent un liquide appelé lymphe vers des structures particulières (les organes lymphoïdes) et vers le cœur. © Inserm/Eichmann, Anne-Christine
Élément majeur du système immunitaire, le système lymphatique constitue un vaste ensemble de vaisseaux qui drainent un liquide appelé lymphe vers des structures particulières (les organes lymphoïdes) et vers le cœur. © Inserm/Eichmann, Anne-Christine

C'est tout simplement incroyable. Des chercheurs de l'université de Virginie (États-Unis) expliquent dans la revue Nature avoir découvert l'existence de vaisseaux lymphatiques dans le cerveau de souris, le reliant ainsi au système immunitaire. Or jusqu'à présent, les scientifiques étaient convaincus que le cerveau n'avait "aucun lien anatomique direct" avec le système immunitaire. La présence de vaisseaux lymphatiques avaient donc échappé à toutes les dissections réalisées jusqu'à présent. Et c'est la preuve qu'en 2015, il est encore possible de découvrir des structures anatomiques majeurs, que devront prendre en compte les prochaines éditions des livres d'anatomie.

Une découverte liée à... un changement de méthodologie

IMMUNITÉ. Élément majeur du système immunitaire, le système lymphatique constitue un vaste ensemble de vaisseaux qui drainent un liquide appelé lymphe vers des structures particulières (les organes lymphoïdes) et vers le cœur (voir la vidéo ci-dessous). Ce système a de nombreuses fonctions dont la principale est la circulation des cellules immunitaires dans tout le corps et l’activation de la réponse immunitaire lors d’une infection. Il contribue également à la circulation des hormones et des nutriments et permet le drainage des excès de liquide au niveau des tissus. 

 

INVERSION. Si l'équipe américaine a pu faire cette découverte, c'est grâce à... un changement de méthodologie dans la dissection des cerveaux de souris. En effet, la procédure habituelle prévoit en premier lieu l'ablation des méninges (les membranes recouvrant le cerveau), puis leur "fixation" (c'est-à-dire l'immobilisation des cellules dans l’état dans lequel elles étaient juste avant la dissection). Cette équipe a tout simplement inversé ces deux étapes : ils ont donc d’abord fixé les méninges alors qu’elles étaient toujours présentes dans le cerveau, puis ils les ont extraites avant de les analyser en microscopie. Une méthode qu'ils voulaient réaliser dans le seul but de pouvoir conserver beaucoup plus efficacement les méninges dans leur état d’origine. Mais grâce à elle, les chercheurs ont décelé la présence de vaisseaux lymphatiques au sein des méninges… "Ils sont très bien cachés, car ils suivent un vaisseau sanguin majeur dans une zone difficile à visualiser au microscope", souligne dans un communiqué Jonathan Kipnis, doctorant et principal auteur de l'étude.

LireLes voies d'accès au cerveau s'entrouvrent "Maintenant nous savons que le cerveau est comme tous les autres organes, c'est-à-dire connecté au système immunitaire via des vaisseaux lymphatiques", ajoute-t-il. Selon lui, cette découverte pourrait améliorer la compréhension de nombreuses maladies affectant le système nerveux central et le système immunitaire. Par exemple, la sclérose en plaques, cette maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central, ou encore la maladie d’Alzheimer. "Cette dernière implique l'accumulation massive de protéines dans le cerveau, les protéines bêta-amyloïdes. Or nous pensons que l’accumulation de ces protéines pourrait provenir d’une mauvaise évacuation de ces dernières par les vaisseaux lymphatiques", commente Jonathan Kipnis. Il a même remarqué que l'aspect des vaisseaux lymphatiques dans le cerveau diffère avec l'âge. "Le rôle qu'ils jouent dans le vieillissement nous est inconnu", conclut-il. Voilà donc de nouvelles pistes à explorer pour cette équipe de recherche.

12 juillet 2015

Après l'épilepsie, SynapCell s'ouvre à d'autres pathologies

Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général de SynapCell. La société compte conquérir 5 à 10 % du marché mondial pour la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie dans les trois ans. Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général de SynapCell. La société compte conquérir 5 à 10 % du marché mondial pour la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie dans les trois ans.
Leader sur le marché mondial de l’épilepsie, la société ouvre sa technologie prédictive de l’efficacité des médicaments à trois autres pathologies du cerveau : Parkinson, autisme et schizophrénie. En jeu : réduire les échecs de mise sur le marché des traitements. Un gain considérable pour les laboratoires pharmaceutiques.

Après 10 ans de recherche sur les pathologies du cerveau, développant des solutions prédictives pour optimiser le développement de médicaments, SynapCell a développé une technologie qui lui a permis de s’imposer au premier rang mondial sur le marché de l’épilepsie (60 % de parts de marché).

Aujourd’hui applicable à toutes les maladies neuropsychiatriques, cette technologie doit permettre à SynapCell de conquérir de nouveaux secteurs thérapeutiques, à commencer par la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie. « Après deux années de développement, nos nouvelles solutions sortent ce mois de juin », expliquent ensemble Corinne Roucard, présidente, et Yann Roche, directeur général.

Il faut savoir que l’on constate 80 % d’échecs en phase d’essais cliniques (soit après 6 à 8 ans de R&D), et les médicaments mis sur le marché sont très controversés car encore trop peu efficaces et générateurs d’effets secondaires lourds pour les patients.

Trouver de nouvelles molécules plus performantes et diminuer de façon significative les échecs de mise sur le marché des traitements est essentiel…

Créée en avril 2005, SynapCell (11 personnes, pépinière Biopolis dédiée à la santé à La Tronche), jouit de la proximité du Grenoble Institut des Neurosciences, berceau des neurosciences en France. Grâce à sa technologie, SynapCell est inscrite dans plusieurs projets collaboratifs nationaux et européens.

Experte de l’activité électrique du cerveau, SynapCell a la capacité de lire, enregistrer et interpréter l’activité cérébrale, afin de prédire l’efficacité ou non d’une molécule.

« Mettre une nouvelle molécule sur le marché, estime Yann Roche, coûte environ 4 milliards d’euros. D’où l’intérêt pour l’entreprise de trouver la bonne molécule dès le départ… C’est ce que nous faisons. SynapCell reçoit des molécules de ses clients, réalise ses expériences et identifie la bonne molécule. » « Nous nous adressons, précise Corinne Roucard, à tout développeur de médicament, grandes entreprises pharmaceutiques comme petites structures de quelques personnes. »

En 10 ans, plus de 100 molécules ont été qualifiées par SynapCell, au profit de 25 industriels pharmaceutiques implantés dans le monde, États-Unis, Canada, Japon… SynapCell espère gagner 5 à 10 % de parts de marché sur les secteurs liés à la maladie de Parkinson, l’autisme et la schizophrénie d’ici à 3 ans.

SYNAPCELL en bref
ACTIVITE : biotech
CREATION : 2005
IMPLANTATION: Biopolis à La Tronche
CA: 890 000 €
EFFECTIFS: 11 salariés
RESULTAT NET : NC
REPARTITION DU CAPITAL : fondateurs et fonds d’investissement : Rhône-Alpes Création, Grenoble Angels Participations 1 et 2, Viaduc8, Expansinvest, business angels

8 juillet 2015

DIU 2015-2017 : Données actuelles sur l'autisme et les troubles envahissants du développement

Information communiquée par le CRAIF (Centre de Ressources Autisme Ile de France)

DIU Données actuelles sur l’Autisme et les troubles envahissants du développement : diagnostic, prise en charge, recherche
organisé par les universités Pierre et Marie Curie, Paris Descartes et Paris Diderot


Diplôme en 2 années universitaires (2015-2016 et 2016-2017) à raison de 5 sessions de 2 jours par année (vendredi et samedi)
Cette formation est ancrée dans l’expérience des différents centres d’évaluation hospitaliers ou hospitalo-universitaires rattachés au Centre de Ressources Autisme Ile-de-France. Elle aborde tous les aspects de la clinique, de l’évaluation aux diverses approches thérapeutiques, mais aussi ceux de la recherche, en particulier dans le domaine de la génétique et de la cognition. La formation laisse une large part au partage d’expériences, à la présentation de vignettes cliniques et d’échanges en présence d’acteurs de terrain.


Public et prérequis : tous les professionnels concernés par les troubles du spectre autistique (Niveau de diplôme requis BAC +2)


Pour renseignements et inscription : Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Dr. Didier Périsse - Secrétariat du DIU : Mme Le Mené – 01 42 16 23 32, catherine.lemene@psl.aphp

6 juillet 2015

Autisme : On parlait d'enfants arriérés - Entretien avec le Pr Catherine Barthélémy

04/07/2015 05:38
Catherine Barthélémy est professeur émérite à la faculté de médecine de l'université François-Rabelais de Tours et chef de service honoraire au CHU du centre de pédopsychiatrie, dirigé aujourd'hui par le Pr Frédérique Bonnet-Brilhault. - Catherine Barthélémy est professeur émérite à la faculté de médecine de l'université François-Rabelais de Tours et chef de service honoraire au CHU du centre de pédopsychiatrie, dirigé aujourd'hui par le Pr Frédérique Bonnet-Brilhault. - (Photo NR) 
Catherine Barthélémy est professeur émérite à la faculté de médecine de l'université François-Rabelais de Tours et chef de service honoraire au CHU du centre de pédopsychiatrie, dirigé aujourd'hui par le Pr Frédérique Bonnet-Brilhault. - (Photo NR)

Pour un peu, la vie de Catherine Barthélémy se confondrait avec l’histoire de l’autisme. Depuis Tours, elle a mené la fronde pour faire connaître et reconnaître ces enfants “exceptionnels”.

Ne parlons pas de moi : ce qui compte, ce sont les familles. Histoire de ne pas vous laisser croire que ce n'est que fausse modestie, Catherine Barthélémy donne rendez-vous dans les locaux de l'association mixte Arapi(*) à Tours. On la trouve avalant un taboulé sur un coin de table, conversant avec la maman d'un garçon autiste qu'elle a suivi de longues années. Il est 14 h 30, la professeure de médecine a été retenue au Centre de ressources sur l'autisme au CHU de Tours, qu'elle dirigeait encore il y a peu. Elle n'a « officiellement plus de fonction à l'hôpital ». D'autres, emmenés par le Pr Frédérique Bonnet-Brilhault, continuent les recherches sur ces enfants « exceptionnels », s'efface-t-elle encore.

"Pour beaucoup, il fallait soigner la mère"

Le fil rouge de cette rencontre ne sera donc pas celui qu'elle porte au revers depuis 2007 : ce seront ces enfants « si beaux » auxquels cette fille de psychopédagogue a dédié sa vie. En effet, si un plan autisme existe aujourd'hui – sa troisième édition court jusqu'en 2017 –, Catherine Barthélémy y est un peu pour quelque chose : lorsqu'elle est entrée pour la première fois dans le service de pédopsychiatrie de l'hôpital Bretonneau, le mot autisme n'était pas encore employé en France. On était à l'aube des années 80, le monde médical parlait d'enfants « arriérés » ou « psychotiques ». Main dans la main avec le psychiatre Gilbert Lelord, au sein de l'unité Inserm de Tours, l'étudiante en médecine va se consacrer à « faire grandir » ces enfants. « Nous étions les seuls à nous intéresser au système nerveux des enfants autistes. Les autres préféraient soigner la mère… », se rappelle son « père » professionnel. Ces deux « combattants » sont depuis peu à nouveau réunis à l'Académie de médecine, où Catherine Barthélémy vient d'être élue.

"Leur intelligence on la voyait dans leurs yeux"

Propulsée « jeune dinosaure » – ce sont ses mots –, cette bientôt septuagénaire apparaît élégante, frêle, vive, souriante. « Alerte », comme la jeune étudiante repérée par son mentor au début des années 70 à la faculté de médecine de Tours. Alors que le reste de la France cherche encore un dysfonctionnement affectif entre la mère et son enfant, Catherine Barthélémy « a été d'emblée convaincue » d'une origine neuropsychiatrique, se félicite encore aujourd'hui Gilbert Lelord. « Lorsque je les ai vus pour la première fois, ils étaient dans une sorte d'enclos, dans le service de psychiatrie des femmes de Bretonneau », se rappelle-t-elle. Ils étaient différents des autres. « J'avais peut-être envie de les libérer, et de les aider à utiliser leur intelligence. On la voyait dans leurs yeux. »

Ses mots sont du miel pour Josiane Scicard, mère d'un jeune homme de 25 ans qui a grandi avec l'autisme. Sur son smartphone, une photo, une fierté. « C'est le professeur Lelord qui a dit que l'on devait faire entrer les familles dans le service », restitue Catherine Barthélémy. Une révolution. « Les parents étaient très intéressés de comprendre le comportement de leur enfant : qu'il ne s'agissait pas d'une violence intrinsèque ou d'un désintérêt pour les autres, mais que cela naissait d'une difficulté à traiter les informations », continue la chercheuse. « C'était important pour nous qu'un diagnostic soit posé, d'être pris en charge par une équipe pluridisciplinaire », note la maman. En retour, les familles ouvrent leur quotidien. Ensemble, ils créent l'Arapi, en 1983.

"Au congrès de Tours, je me suis fait huer"

Parmi les scènes fondatrices, celle où Vincent, un « grand adolescent », vient prendre le thé au salon avec les invités. « Il nous tournait le dos », se rappelle Catherine Barthélémy en riant. « Cette fois-là, j'ai compris beaucoup de choses… Si l'on reste à l'hôpital, on rate des choses. On peut découvrir que les enfants fonctionnent mieux chez eux, mais aussi à quel point tous les actes de la vie quotidienne peuvent être compliqués pour eux. » A son arrivée dans l'équipe du professeur Lelord, le terrain est presque vierge. Son premier travail de chercheuse sera de reconnaître, de décrire et de définir la maladie.

 « Au congrès de Tours, je me suis fait huer ,» lâche celle qui est devenue professeur émérite à l'université de Tours. 1985, les pédopsychiatres de toute la France sont réunis dans la capitale tourangelle. Catherine Barthélémy monte au front pour défendre la thèse développée au CHU de Tours, notamment grâce à l'imagerie cérébrale, qui défend que les troubles autistiques sont liés à une pathologie neurologique, et non à un trouble affectif de la mère. La jeune chercheuse avance aussi la première grille d'évaluation de l'autisme, qui sous-tend que ces enfants peuvent apprendre. « Dans ma carrière, je ne me suis jamais découragée… Mais j'ai pu être déstabilisée par l'ignorance, le manque d'ouverture d'esprit de quelques-uns », balaie-t-elle.

 « Aujourd'hui encore, nous avons besoin de gens comme elle pour défendre la cause », assène Josianne Scicard. Des « gens comme elle », que Catherine Barthélémy préférera dépeindre à travers sa fille, danseuse. Pour faire tomber les préjugés, comme pour toucher un public, « il faut du don de soi, de la rigueur, de la persévérance, une capacité à écouter ».« Nous avançons à petits pas, abonde Gilbert Lelord. Ce qui a vraiment changé, c'est le regard sur l'autisme. »

 (*) L'Arapi a été fondée en 1983 à l'initiative d'un groupe de parents et de professionnels afin de promouvoir les recherches sur l'autisme : www.arapi-autisme.fr

bio express

> 1946. Naissance le 21 mars, à Adriers, dans la Vienne.
> 1983. Membre fondateur de l'Arapi, Association pour la recherche sur l'autisme et la prévention des inadaptation, dont elle est aujourd'hui vice-présidente.
> 1965. Début de ses études de médecine à Caen, puis à Tours dès 1966.
> 1972. Premier poste de médecin titulaire dans l'équipe autisme du professeur Gilbert Lelord.
> 1995. Prend le relais de Gilbert Lelord à la tête de l'unité Inserm.
> 2007. Nommée chevalier de la Légion d'honneur.
> 2012. Elle passe les « clefs » du centre de pédopsychiatrie du CHU de Tours au Pr Frédérique Bonnet-Brilhault et en devient chef de service honoraire.
> 2015. Elue membre correspondant non-résidant à l'Académie de médecine le 14 avril. Elle rejoint ainsi Gilbert Lelord, fondateur de l'Unité Inserm autisme de Tours.

Mariella Esvant
3 juillet 2015

Pr Nadia Chabane confirme : Une prise en charge précoce de l'autisme donne des résultats

SantéUnique en Suisse, le Centre cantonal de l’autisme ouvre à la rentrée. Il doit combler de graves lacunes. Rencontre avec sa directrice.

La professeure Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme et responsable de la Chaire d’excellence Hoffmann dans le domaine des troubles du spectre de l’autisme.

La professeure Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme et responsable de la Chaire d’excellence Hoffmann dans le domaine des troubles du spectre de l’autisme. Image: VANESSA CARDOSO

La Suisse doit absolument améliorer sa prise en charge des troubles du spectre autistique (TSA), qui touchent une personne sur cent. C’est la conclusion d’un rapport commandé par le Conseil fédéral, rendu public la semaine dernière («24 heures» du 27 juin). «Un excellent point pour mettre en avant les changements nécessaires à initier dans l’accompagnement des personnes autistes», relève la professeure Nadia Chabane. Cette pédopsychiatre parisienne nommée l’an dernier à la tête de la chaire autisme CHUV-UNIL a participé à la mise en œuvre du 3e Plan autisme en France. Elle milite depuis plus de vingt ans pour une détection précoce et un suivi intensif; deux aspects défendus par le rapport. Dès la fin du mois de septembre, le Centre cantonal de l’autisme prendra en charge enfants et adultes avec des stratégies thérapeutiques alignées sur les standards internationaux.

Vous défendez une approche comportementale de l’autisme. Ici, comme en France, c’est l’approche psychanalytique qui a longtemps prévalu.
Il n’y a plus de raison de débattre aujourd’hui. Il a été reconnu que l’autisme est un trouble du développement cérébral et non un trouble de la relation entre la mère et l’enfant. Vous pouvez être le meil­­leur parent du monde et avoir un enfant autiste. C’est parfois difficile à faire admettre sur le terrain. Il y a dix ans, c’était la guerre ouverte en France. Il n’était pas question d’envisager le recours à une vision plus neurobiologique de l’origine du trouble. Aujour­d’hui, les professionnels sont plutôt demandeurs de pratiques plus modernes. J’ai le même sentiment en Suisse romande.

Il y a encore du travail, à en croire les familles qui dénoncent une psychiatrisation de l’autisme et des diagnostics tardifs.
La réalité est très hétérogène. Des choses excellentes se font mais il y a encore un manque de formation. Le défi est de créer un réseau formé: pédiatres en premier lieu, pédopsychiatres, psychiatres, neuropédiatres, généticiens, généralistes, mais aussi éducateurs, personnel de crèche, enseignants en enfantine, maîtres professionnels…

Les causes sont-elles exclusivement génétiques?
Il y a un terrain de vulnérabilité génétique, oui. Entre 30 et 100 gènes interviennent dans l’autisme, ce qui explique que l’on ait des cas si différents.

Qu’en est-il des facteurs environnementaux, souvent pointés du doigt?
Pour l’instant, rien n’est scientifiquement prouvé, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Il faut encore étudier l’impact environnemental. Seules la grande prénatalité, les infections virales ou la prise d’antiépileptiques pendant la grossesse ont été clairement identifiées comme risques environnementaux. L’âge du père à la conception est également une variable importante. Il a été démontré que plus il est âgé, plus il y a de risques pour l’enfant d’avoir un TSA.

Encouragez-vous la scolarisation de ces enfants?
Oui, et j’ai découvert ici une réelle volonté de les intégrer dans le milieu scolaire. Maintenant, il faut faire en sorte que les très jeunes enfants qui vont entrer à l’école aient le maximum d’outils pour affronter la situation. Pour cela, il faut qu’ils soient clairement accompagnés dans leur socialisation et que l’enseignant ait un minimum de compétences dans ce domaine. Tous les enfants autistes ne pourront pas faire une scolarité complète, mais nous souhaitons qu’ils acquièrent un savoir pratique leur permettant d’accéder à l’autonomie: compter la monnaie, lire un plan de métro…

Comment?
Grâce à une détection très précoce. Il faut démarrer la prise en charge entre 1 an et demi et 4 ans, quand la plasticité du cerveau est maximum. Si on stimule l’enfant pendant cette période cruciale, il y a alors une chance de diminuer le handicap et de maximiser les capacités de socialisation et d’apprentissage.

Quel traitement fonctionne le mieux?
Les approches dites comportementales et développementales sont aujourd’hui mises en avant dans les bonnes pratiques cliniques. C’est-à-dire travailler sur le comportement de l’enfant pour améliorer son autonomie, sa socialisation et sa communication. Le modèle d’excellence chez les très jeunes enfants est celui de Denver. Il intègre vingt à vingt-cinq heures de stimulation par semaine. Nous travaillons avec les enfants les premiers éléments de la communication et de l’interaction, par exemple regarder quelqu’un dans les yeux ou savoir faire une demande.

Quels sont les résultats?
Les travaux scientifiques menés sur ce modèle montrent son efficacité. Il y a une réelle amélioration sur la communication, les fonctions intellectuelles et la capacité d’apprentissage. A condition, bien sûr, d’avoir l’adhésion des parents, qui sont de véritables partenaires. Ce sont eux qui vont «travailler» à la maison avec l’enfant à l’aide de ces outils. Il faut donc les former à les utiliser.

Peut-on espérer des médicaments?
C’est une piste d’avenir. Aujour­d’hui, les médicaments sur le marché atténuent les symptômes liés aux troubles du comportement: agitation, agressivité, automutilation… On peut imaginer des médicaments qui travaillent sur les zones impliquées dans la socialisation et l’interaction. Mais la pharmacologie ne fera jamais tout. Une démarche d’accompagnement globale est nécessaire.

Les familles attendent beaucoup de vous.
Quand il y a beaucoup d’attente, il peut y avoir beaucoup de déception. Soyons clair: je n’ai pas de baguette magique. Nous parlons d’un travail de longue haleine, sur cinq à dix ans, pour modifier notre regard sur ces troubles et favoriser toute démarche scientifiquement prouvée améliorant le parcours de vie de ces personnes. (24 heures)

(Créé: 03.07.2015, 06h55)
3 juillet 2015

Thomas Bourgeron de l'Institut Pasteur, nouveau membre de l'académie des sciences

article publié sur le site de la Fondation Orange

Neuf nouveaux académiciens ont été reçus sous la coupole de l’institut de France. Une réception à l’académie est un grand honneur et une grande joie comme l’ont exprimé les nouveaux académiciens rassemblés ce mardi 23 juin, chacun à sa manière, avec intelligence, passion et modestie.
Mais c’est aussi un grand moment d’émotion, cette émotion et cette fierté que traduisait le discours de Thomas Bourgeron.

Crédits photos : Sébastien Toubon - Le quotidien du médecin.

 

Thomas Bourgeron qui a présenté ses travaux sur l’autisme, entre autres sur la vulnérabilité génétique à l’autisme, sur le cerveau social, sur comment comprendre les autismes, a aussi rappelé la situation de prise en charge insuffisante de l’autisme en France. Il a aussi insisté sur le but de ses recherches qui est avant tout de trouver un moyen d’améliorer la vie des personnes autistes et de leur famille. Pour lui la science, la recherche, doivent faire la place à la diversité, diversité humaine à prendre en compte tous les jours, rappelant que les personnes autistes n’était que peu admises à l’école.
Il a appelé aussi à une science plus ouverte, et insisté sur l’enjeu du partage des données.

Ce fut l’occasion pour Thomas Bourgeron de remercier tous ceux qui l’on aidé, entres autres les Fondations dont la Fondation Orange qui soutient ses travaux depuis 2005.

Les nouveaux académiciens ont tous exprimé leur gratitude envers ceux sans qui ils ne seraient pas là, leurs professeurs à l’école, à l’université, les rencontres internationales, d’autres chercheurs… Un bel éloge de la transmission. Tous ont aussi rappelé l’importance du soutien familial dans un métier très prenant avec beaucoup d’incertitudes, leur famille présente ce beau jour et qui a été un point d’ancrage et de stabilité dans les aléas de la recherche.

 

A propos de l’académie des sciences (extrait de la présentation de l’institut) :
Lors de sa création en décembre 1666, le Roi Louis XIV donne à l’Académie des sciences mission d’entrer en commerce de découvertes avec les académies étrangères. Au fil des siècle, le rayonnement de l’Académie ne s’est pas démenti : elle est aujourd’hui l’une des cinq académies les plus réputées au niveau mondial.
Elle fêtera en 2016 son 350ème anniversaire.

2 juillet 2015

Quelques rappels de l'histoire de l'autisme

article publié dans SCIENCE ... & Pseudos-sciences

L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (2)

par Brigitte Axelrad - Mis à jour le 23-05-2009 - SPS n° 286, juillet-septembre 2009
Encadré paru dans SPS n° 293, hors-série Psychanalyse, décembre 2010

 

Quelques rappels de l’histoire de l’autisme

L’autisme a été décrit en 1943 par Léo Kanner, psychiatre américain, qui montra, à partir de 11 cas d’enfants suivis depuis 1938, que plusieurs troubles, auparavant dispersés sous des appellations variables, formaient une forme de psychopathologie distincte1. Kanner décrivit l’autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n’atteignant pas l’intelligence. Il s’agissait selon lui d’un trouble inné, dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. Cependant, selon Kanner les parents de ces enfants autistes étaient généralement froids et rigides. La mère fut décrite comme une « mère frigidaire ». Les parents étaient souvent des psychiatres ou des psychologues, et leurs enfants manifestaient des performances jugées exceptionnelles, surtout sur le plan de la mémoire : « Ces enfants étaient des sortes de cobayes car le souci de performance était le moteur des parents plutôt que la chaleur humaine et le plaisir d’être ensemble. Ils étaient comme gardés dans des frigidaires qui ne se décongelaient jamais. »2

Cette forme d’autisme prit le nom d’« autisme de Kanner ».
En 1944, le psychiatre autrichien Hans Asperger décrivait des enfants atteints de « psychopathie autistique », caractérisés par des bizarreries et des aptitudes intellectuelles pouvant aller « de la débilité au génie. »3 Asperger était convaincu d’une origine organique de l’autisme, mais lui aussi décrivait des parents particuliers, originaux, ayant certains traits autistiques, ce qui confirmait ses vues sur l’hérédité de la maladie. L’autisme qu’il décrivit prit le nom d’« autisme d’Asperger ». D’après la littérature, les enfants de cette catégorie ont souvent une forme très élaborée et très précoce de langage. Mais ils ne semblent pas se servir du langage comme d’un outil de communication sociale.

En 1950, Bruno Bettelheim rompit avec cette conception d’un autisme organique, et imposa une conception psychanalytique issue de son expérience des camps de Dachau et de Buchenwald. Il compara le repli autistique de l’enfant à celui de certains déportés, plongés dans l’environnement hostile du camp de concentration : « Dans les camps de concentration allemands, je fus le témoin incrédule de la non-réaction de certains prisonniers aux expériences les plus cruelles. Je ne savais pas alors, et ne l’aurais pas cru, que j’observerais, chez des enfants, dans l’environnement thérapeutique le plus favorable, un semblable comportement engendré par ce que ces enfants avaient vécu dans le passé. »4

Cette explication de l’autisme, « magique » et dramatique, tombée du ciel, ou plutôt surgie de l’enfer, nous fascina quand nous étions étudiants, puis jeunes professeurs de philosophie. Nous prîmes plaisir à l’enseigner à nos élèves, car non seulement elle donnait enfin réponse à cette grande interrogation que représentent les bizarreries de cette maladie, mais encore elle rendait limpides les comportements les plus aberrants et leur donnait un « sens », que nous découvrions peu à peu. De plus, la source de cette théorie, puisée dans l’expérience des camps de Bettelheim, lui apportait une caution absolue et forçait notre respect.

Reportant le schéma de la « situation extrême » des camps sur la famille, Bettelheim pensait que l’enfant autiste avait reçu de ses parents, de sa mère essentiellement, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait beaucoup mieux, s’il n’existait pas. En réponse à ce message, l’enfant « choisissait » de s’enfermer dans « une forteresse vide », un monde intérieur privé de vie, et coupait ainsi tout contact et toute communication avec son entourage. Bettelheim reprendra à son compte le terme de « mère frigidaire », que Kanner avait retiré dans un discours devant les parents en 1969. Les trois principaux cas rapportés par Bettelheim dans La forteresse vide, Marcia, Laurie et Joe, bien que très différents les uns des autres, reçurent tous la même interprétation théorique. Dans son école orthogénique5 de Chicago, Bettelheim prétendra recréer un environnement favorable se substituant à l’environnement parental, destructeur, mettant ainsi en pratique cette conviction : « Si un milieu néfaste peut conduire à la destruction de la personnalité, il doit être possible de reconstruire la personnalité grâce à un milieu particulièrement favorable. »

En octobre 1974, la première chaîne de télévision française présenta une série d’émissions, réalisées par Daniel Karlin, sur Bruno Bettelheim, émissions qui contribuèrent à diffuser largement la conception de celui-ci dans l’opinion. Ces émissions trouvèrent une place de choix dans les centres de documentation des lycées et furent montrées à loisir aux élèves en cours de philosophie. Bettelheim prétendait avoir guéri des dizaines d’enfants autistes.

Autisme : ce que prétendait Bettelheim

« Tout au long de ce livre, je soutiens que le facteur qui précipite l’enfant dans l’autisme infantile est le désir de ses parents qu’il n’existe pas. »

Bruno Bettelheim, La Forteresse vide, p. 171.

Bruno Bettelheim était convaincu, alors même que les preuves s’accumulaient contre sa théorie, que l’autisme n’avait pas de bases organiques, mais qu’il était dû à un environnement affectif et familial pathologique, comparable à la « situation extrême » du camp de concentration. Dans Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe, Richard Pollak met en lumière les bases sur lesquelles s’est fondé le « mythe Bettelheim ». Dans le chapitre « Bettelheim l’imposteur », du Livre Noir de la Psychanalyse, il précise que, née aux États-Unis, la théorie de Bettelheim y a été complètement discréditée, ainsi qu’en Grande-Bretagne, au Japon et presque dans tous les autres pays, sauf en France où elle continue à sévir. « En France, cependant, écrit Pollack, Bettelheim reste encore une sorte de héros, et bon nombre de psychiatres et de psychanalystes français semblent continuer de penser que les parents ont une part de responsabilité dans la pathologie de leurs enfants, qu’ils demeurent toujours coupables pour une raison ou une autre, même si ce n’est plus aussi crûment dit. Que la psychiatrie psychanalysante d’un pays aussi développé reste si en retard dans la prise en charge thérapeutique de l’autisme est proprement scandaleux. » (p. 685)

Voici quelques citations extraites de La Forteresse vide :

(p. 24) « Certaines victimes des camps de concentration avaient perdu leur humanité en réaction à des situations extrêmes. Les enfants autistiques se retirent du monde avant même que leur humanité se développe vraiment. Y aurait-il un lien, me demandai-je, entre l’impact de ces deux sortes d’inhumanité que j’avais connues : l’une infligée pour des raisons politiques aux victimes d’un système social, l’autre un état de déshumanisation résultant d’un choix délibéré (si l’on peut parler de choix à propos de la réaction d’un nourrisson) ? En tout cas, ayant écrit un livre sur la déshumanisation dans les camps de concentration allemands, ce qui me préoccupa ensuite fut ce livre sur l’autisme infantile. » (p. 86) « Dans les camps de concentration allemands, je fus le témoin incrédule de la non-réaction de certains prisonniers aux expériences les plus cruelles. Je ne savais pas alors, et ne l’aurais pas cru, que j’observerais, chez des enfants, dans l’environnement thérapeutique le plus favorable, un semblable comportement engendré par ce que les enfants avaient vécu dans le passé. »

(p. 97) « Quant au reste, ce qui pour le prisonnier était la réalité extérieure, est pour l’enfant autistique sa réalité intérieure. Chacun d’eux, pour des raisons différentes, aboutit à une expérience analogue du monde. L’enfant autistique, parce que les réalités intérieure et extérieure ne sont pas séparées et sont vécues comme étant plus ou moins identiques, prend son expérience intérieure pour une représentation vraie du monde. Le « musulman » qui se laissait dominer par les S.S., non seulement physiquement mais affectivement, se mettait à intérioriser l’attitude des S.S. qui considéraient qu’il était moins qu’un homme, qu’il ne devait pas agir de lui-même, qu’il n’avait pas de volonté personnelle. Mais, ayant transformé son expérience intérieure jusqu’à l’accorder avec sa réalité extérieure, il finissait, bien que pour des motifs entièrement différents, par avoir une vue de lui-même et du monde ressemblant fort à celle de l’enfant autistique. »

(p. 101) « Nous proposons de considérer l’autisme comme un état mental se développant en réaction au sentiment de vivre dans une situation extrême et entièrement sans espoir. »

Références

Bruno Bettelheim, La Forteresse vide, l’autisme des enfants et la naissance du moi, Gallimard, 1969.
Richard Pollack, Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe, Les Empêcheurs de penser en rond, 2003 et Le Livre Noir de la psychanalyse, « Bettelheim l’imposteur », 2005, Les Arènes, pp. 665-685.

Éléments rassemblés par Brigitte Axelrad

Pierre Debray-Ritzen, directeur du service de pédopsychiatrie à l’Hôpital des Enfants Malades de Paris, réagit très fortement à cet événement médiatique par un article publié dans Le Figaro, rapporté par la revue Éléments6, et intitulé « Bettelheim est-il un charlatan ? ». Interviewé par Yves Christen, médecin, il répondit : « Je n’aurais sans doute pas réagi aussi sévèrement si la télévision n’avait pas accordé cinq heures – quatre fois une heure un quart –- au fondateur de l’école orthogénique. Cinq heures sans aucune contrepartie, comme si Bettelheim représentait l’état actuel des connaissances en pédopsychiatrie, comme si l’on avait affaire à un Prix Nobel ou à une personnalité indiscutable. […] Bettelheim prétend guérir les psychoses infantiles à 80 %.... Cette prétention est aussi monstrueuse que celle d’un médecin qui affirmerait avoir guéri des leucémies aigues dans les mêmes proportions. […] Seules les recherches biochimiques, génétiques et psychopharmacologiques nous permettront de progresser. Je regrette que certains se fourvoient encore dans des directions erronées, comme celle de Bettelheim. Ce n’est pas en bannissant les médicaments et en ayant recours à la seule psychothérapie, que l’on obtiendra des résultats positifs. »

Après Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… déclineront de diverses façons la théorie psychanalytique sur l’autisme. Comme toutes les difficultés psychiques rencontrées par l’enfant, l’autisme prendra sens dans LA THÉORIE de la cause unique et universelle, à savoir dans le lien défavorable à la mère, et, sur ce sujet, cette interprétation sera poussée à son paroxysme, la mère devenant « mortifère ». Pour « aider » l’enfant autiste, il faudra donc lui retirer sa mère naturelle et lui en substituer une autre, représentée par le thérapeute. L’enfant autiste, déjà coupé par sa maladie de son environnement, sera privé pour son bien de ses parents.

En novembre 2007, le rapport du CCNE7 sur « La situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme », a pointé la nécessité d’abandonner l’explication unique, qui rend la mère responsable de l’autisme de son enfant. Cette théorie ne peut que bloquer la progression de la connaissance de l’autisme et désespérer les parents, déjà impuissants devant les difficultés extrêmes de leur enfant : « Considérer la mère comme coupable du handicap de son enfant, couper les liens de l’enfant avec sa mère, attendre que l’enfant exprime un désir de contact avec le thérapeute, alors qu’il a une peur panique de ce qui l’entoure, font mesurer la violence qu’a pu avoir une telle attitude, les souffrances qu’elle a pu causer, et l’impasse à laquelle cette théorie a pu conduire ».

Ce rapport indique que, depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme « troubles envahissants du développement » a conduit à « l’abandon de la théorie psychodynamique (psychanalytique) de l’autisme et de la notion de “psychose autistique” dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique. » Michel Lemay exprime ainsi son point de vue sur l’erreur de la psychanalyse : « Dans le cas de l’autisme, je crois que la psychanalyse s’est trompée. […] Le message de la psychanalyse, qui a longtemps été de dire, et encore hélas chez beaucoup d’auteurs français, français de France, que l’autisme peut être créé par des désirs inconscients, mortifères, des parents, par des troubles où le parent maintient l’enfant dans une symbiose de telle sorte qu’il ne peut pas se tourner vers le père, et de là qu’il ne peut pas naître à une vie psychique, ces hypothèses-là, je suis très sévère à leur égard. Elles culpabilisent les parents, elles ne collent absolument pas avec les observations que nous avons pu faire sur maintenant près de 600 enfants, et oui, sur ce plan là je suis très sévère en disant : il faut tourner cette page et aller vers ailleurs. »
Pourtant en France, cette page est difficile à tourner. La théorie psychanalytique, encore très puissante, freine la connaissance des causes de l’autisme. La théorie de Bettelheim n’a apporté aucune lumière sur les causes de la maladie et a contribué à éviter le dialogue entre les différentes parties concernées, parents, thérapeutes et chercheurs.

Conclusion

La connaissance de l’autisme progresse pas à pas grâce aux études en neurosciences par IRM et aux recherches en génétique. Les chercheurs savent qu’ils sont encore très éloignés d’une explication globale des causes de l’autisme, mais les résultats déjà obtenus montrent que les voies suivies sont les bonnes.

De nombreuses thérapies éducatives et comportementales telles que les méthodes ABA8, TEACCH9, TED10… semblent obtenir des résultats sur certains patients. Selon Paul Tréhin, Secrétaire Général de L’Organisation Mondiale de l’Autisme : « Ce qui est mauvais, c’est de croire qu’il existe "la solution" au problème de l’autisme. L’illusion qu’un jour il y aura une "baguette magique" qui fera disparaître l’autisme, est une des croyances tenaces parmi les parents aussi bien que parmi certains professionnels. »

Cependant, la théorie psychanalytique exerce toujours en France une fascination sur les médias, une partie des psychologues, du corps médical et de l’opinion publique, malgré les souffrances et les échecs qu’elle a engendré11. Éric Kandel12, neurobiologiste américain, prix Nobel de médecine en 2000 pour ses recherches sur la mémoire, en tire cette conclusion : « Si la psychanalyse reste figée sur son passé, elle restera une philosophie de l’esprit, une poétique, mais certainement pas une science. »

Je remercie le professeur Jacques Van Rillaer, qui a relu les deux parties de cet article et proposé des améliorations, avec la gentillesse et l’intérêt qui le caractérisent.

1 Léo Kanner (1943) Autistic disturbances of affective contact. Nervous Child, 2, p. 217-250.

2 Léo Kanner (1952) Emotional interference with intellectual functioning. American Journal of Mental Deficiency, 56, p. 701-707.

3 Hans Asperger (1944) Die « Autistischen Psychopathen » im Kindesalter. Archive für Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 117, p. 76-136.

4 Bruno Bettelheim (1967) The Empty Fortress. New York, Free Press. Trad., La forteresse vide, Paris, Gallimard, 1969, p. 86.

5 Établissement thérapeutique consacré à l’autisme infantile précoce, dirigé par Bruno Bettelheim, exclusivement selon des principes psychanalytiques.

6 Éléments n° 8-9 (novembre 1974) du Groupement de Recherches et d’Études pour la Civilisation Européenne.

7 Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et la Santé. Avis N° 102, « Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme ».

8 Applied Behavior Analysis, qui signifie : analyse comportementale appliquée.

9 Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped Children.

10 Thérapie d’échange et de développement. Elle s’appuie sur une conception neurodéveloppementale de l’autisme. Voir Catherine Barthélémy (2005) Comprendre et soigner autrement : à propos de l’autisme. In C. Meyer et al., Le Livre noir de la psychanalyse. Paris, Les arènes, p. 549-557. Ed. 10/18, 2007, p. 686-696.

11 Lire à cet égard l’ouvrage de Richard Pollack Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe (Paris, Les empêcheurs de penser en rond, 2003) ou son chapitre « Bettelheim l’imposteur » dans le Livre noir de la psychanalyse (Les arènes, 2005, p. 533-548 ; Ed. 10/18, 2007, p. 667-685).

12 La Recherche, mai 2006, n° 397.

29 juin 2015

Autisme : de l'intérêt d'une approche intégrée pour son diagnostic

article publié sur le site de l'INSERM

18.06.2015 - Communiqué

Des chercheurs de l’Inserm (Unité Inserm 930  » Imagerie et cerveau « ) associés à l’Université François-Rabelais et au CHRU de Tours ont combiné trois approches clinique, neurophysiologique et génétique pour mieux comprendre des mécanismes cérébraux à l’origine de l’autisme. Testée sur deux familles, cette stratégie a permis aux chercheurs d’identifier des combinaisons de gènes spécifiques aux patients autistes les distinguant de patients souffrant de déficience intellectuelle.
Cette étude, publiée dans la revue Molecular Psychiatry, ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic et la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’autisme.

L’autisme est une pathologie qui se manifeste par une grande hétérogénéité à la fois sur le plan de ses manifestations cliniques et sur le plan génétique. On estime aujourd’hui que près de 400 gènes pourraient participer à ce trouble. Le diagnostic de cette maladie est d’autant plus complexe qu’elle est fréquemment associée à d’autres troubles développementaux mettant en jeu les mêmes gènes.

Pour améliorer le diagnostic, les chercheurs de l’Inserm ont utilisé une approche originale multi-modale combinant :

  • Une évaluation clinique
  • Une analyse génomique à haut débit pour le séquençage de l’ensemble des gènes
  • Des analyses de l’activité électrique cérébrale en réponse à la perception d’un changement (électroencéphalographie – EEG)


Deux familles incluant des sujets atteints d’autisme et/ou de déficience intellectuelle ont bénéficié de cette approche intégrée. Au sein de ces deux familles, toutes les personnes touchées par la maladie étaient porteuses d’une mutation dans le gène NLGN4X se traduisant au niveau du cerveau par des problèmes de transmission de l’information dans les neurones.

Grâce à l’EEG, les chercheurs remarquent en premier lieu une altération dans les ondes cérébrales, propre aux patients souffrant d’autisme. Le reste de leur famille, y compris ceux atteints de déficience intellectuelle, ne présentaient pas cette caractéristique.

Grâce à cette nouvelle approche, une deuxième mutation rare été caractérisée et associée à l’activité cérébrale atypique mesurée en EEG chez les patients autistes.

Pour Frédéric Laumonnier et Frédérique Bonnet-Brilhault, principaux auteurs de ce travail, « cette étude permet de comprendre qu’il n’existe pas de « gène de l’autisme »  mais des combinaisons de gènes impliqués dans le neurodéveloppement qui vont atteindre le développement des réseaux neuronaux cibles de cette pathologie ».

L’identification de ces combinaisons est une étape clé dans la compréhension de la physiopathologie et à terme dans le développement de molécules thérapeutiques ciblées.

L’autisme est un trouble envahissant du développement qui apparaît précocement au cours de l’enfance et persiste à l’âge adulte. Il se manifeste par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des troubles du comportement. Les personnes souffrant d’autisme semblent souvent isolées dans une sorte de monde intérieur.

Retrouver le dossier d’information « Autisme » sur le site Inserm.fr

Ces travaux ont reçu le soutien de la Fondation de France et de l’Union Européenne (projet FP7 Gencodys)

25 juin 2015

Comment savoir s'il a très mal ?

article publié dans le magazine Déclic

     
23-06-2015

Non, il n'est pas insensible à la douleur, mais il l'exprime autrement ! Avec des enfants atteints de Troubles du spectre autistique (TSA), il faut veiller à ne pas passer à côté d'un problème de santé important. Conseils du Dr Amaria Baghdadli.

 

Comment s’exprime la douleur chez les enfants autistes ?
Les enfants atteints d’autisme ont de grandes difficultés à exprimer la douleur et à la localiser. Nous manquons de connaissances sur le sujet, mais une étude réalisée en 2013 a permis d’observer de manière objective ce qui se passait lors d’un examen de santé avec piqûre. On a noté chez les enfants avec autisme une augmentation de la fréquence cardiaque, de la respiration, la présence de mimiques douloureuses, comme chez les enfants non autistes. Même si les signes étaient plus difficiles à observer, ils étaient bien présents. Contrairement à une idée encore répandue -y compris chez certains professionnels de santé- les enfants autistes ne sont pas insensibles à la douleur.

Quels sont les signes à observer ?
Un retrait, de l’irritabilité, des troubles du sommeil ou de l’alimentation, des comportements inhabituels, un changement dans la manière de se tenir. Lorsque les troubles du comportement augmentent, les médecins ont tendance à demander un avis psychologique, alors qu’il s’agit souvent d’un problème médical. J’invite les parents à noter toutes ces modifications dans le comportement de leur enfant et à insister pour obtenir un bilan médical complet permettant d’éliminer une cause somatique.

Et si mon enfant ne parle pas ?
On peut utiliser des pictogrammes, des gestes, apprendre à l’enfant à reconnaître sa douleur, à la situer et à en donner une intensité. Tout cela est long à mettre en place, mais aide à mieux comprendre et soulager son enfant. Il existe différentes échelles d’évaluation de la douleur utilisées avec des enfants, qui peuvent servir aussi à ceux qui ne parlent pas. Anticiper est important, en préparant par exemple une fiche descriptive sur la manière de communiquer avec l’enfant. Surtout s’il doit aller aux urgences avec des professionnels généralement peu formés à l’autisme et qui ne sauront pas forcément comment s’y prendre avec lui.

Amaria Baghdadli est Professeur au Centre de ressources autisme du Languedoc-Roussillon et au département universitaire de pédopsychiatrie du CHRU de Montpellier.

- Votre enfant doit subir un vaccin ou une piqure ?  

- Le CRA Bretagne propose une plaquette de sensibilisation aux problématiques liées à la douleur dans l’autisme, Changements de comportement, et si c’était une douleur ?   :

- Autisme et douleur, analyse bibliographique, Amandine Dubois, Cécile Rattaz, René Pry, et Amaria Baghdadli, revue Pain. 

13 juin 2015

Motricité, activité physique, sport, autisme, syndrome d'Asperger, etc.

I. « SPORT ET AUTISME » selon Jean Massion¹ :
 
Que peut apporter la pratique des activités physiques et sportives à l'enfant avec autisme, compte tenu de ses difficultés dans les domaines perceptifs, moteurs, de communication, de socialisation ? Il faut se rappeler ici que l'enfant avec autisme est un être en développement, qui apprend comme l'enfant normal, mais à un rythme plus lent et que les dysfonctionnements qu'il présente peuvent être compensés en tout ou en partie par l'exercice. L’activité physique et sportive constitue en fait un moyen privilégié pour l’enfant avec autisme de développer ses capacités dans toutes les fonctions qui demandent à être améliorées, aussi bien dans les domaines sensori-moteurs, que dans ceux de la communication et de la socialisation, parce qu’elle apporte un cadre motivant, lié au plaisir de la pratique sportive et à l’estime de soi qu’elle engendre. L’élément déterminant pour le succès de ces apprentissages est de disposer d’un encadrement par un expert des activités physiques adaptées.
 
13 juin 2015

AUTISME : Préserver la routine, c'est limiter l'hypersensibilité - Frontiers in Neuroscience


Les enfants autistes peuvent être hypersensibles aux changements. Cette étude, certes menée sur l’animal, tente d’expliquer cette constatation fréquente chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique. Les conclusions, présentées dans la revue Frontiers in Neuroscience appellent à prendre en compte au quotidien, et dans les thérapies, ces notions de stabilité et de routine.

 

Les chercheurs de l’Université de Yale, du Michigan et de Louisiane ont mené cette recherche sur le rat modèle d’autisme. L’animal va montrer des signes d’anxiété et de retrait lorsqu’il est placé dans des environnements imprévisibles : Les chercheurs ont comparé les comportements de l’animal quand il est élevé dans 3 environnements, une cage standard, 2 environnements différents avec des jouets et/ou des friandises et un environnement  » imprévisible « . L’équipe montre que globalement le comportement et la réponse émotionnelle sont plus proches de la normalité dans un environnement prévisible, enrichi avec des jouets ou des friandises qu’un environnement imprévisible quel qu’il soit.  

 

Certes l’étude a été menée chez l’animal et non chez l’enfant et le modèle animal est probablement peu représentatif des humains atteints d’autisme. Cependant les résultats soutiennent les observations cliniques dont une préférence générale des enfants atteints de TSA pour la stabilité et la cohérence de l’environnement de vie et une routine dans les activités quotidiennes.

 

La théorie du monde intense : Certains des auteurs de l’équipe avaient cependant travaillé une hypothèse nommée la « théorie du monde intense  » (The Intense World Theory). Cette théorie part du principe que les personnes atteintes de TSA ont des cerveaux qui génèrent plus d’informations au repos, entrainant une perception des environnements et des émotions beaucoup plus intense induisant le comportement de retrait. Ils expliquent qu’élever un enfant autiste dans un environnement prévisible empêche le développement de cette hyper-affectivité. Une conclusion qui peut également valoir pour les approches thérapeutiques qui pourront prendre en compte ces notions de stabilité et de routine.

 

Source: Frontiers in Neuroscience June 2 2015 DOI :10.3389/fnins.2015.00127 Predictable enriched environment prevents development of hyper-emotionality in the VPA rat model of autism

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