La carte de visite de Laure Lechatellier est en braille. Tout un symbole ! Laure est vice-présidente en charge de l'action sociale, de la santé et du handicap au sein du Conseil régional d'Ile de France. Alors que l'APF appelle à la mobilisation à Paris le 13 mai 2014 pour protester contre le rapport d'accessibilité, au sein du Conseil régional d'Ile de France on tente de jouer une toute autre partition. Elle s'intitule « Agenda 22 : Plan régional pour l'égalité entre personnes en situations de handicap(s) et valides ». Selon Laure, « la mise en place de cet agenda était une promesse de campagne en 2010, elle a été tenue. »
Agenda 22, c'est quoi ?
Il s'agit du nom donné aux « 22 règles standard sur l'égalité des chances des personnes handicapées » adoptées par l'ONU en 1993. Une référence à l'Agenda 21 relatif aux questions de développement durable. L'Agenda 22 est un cadre stratégique visant à l'accessibilité des personnes handicapées à tous les domaines de la vie. Plus que des discours, des réalisations concrètes ! Il propose un changement total d'approche, avec le passage d'une vision sectorielle du sujet (lycées et handicap, transports et handicap, sports et handicap) à une vision globale qui permet de penser l'accessibilité universelle tout au long de la vie. Avec l'explosion des maladies chroniques et le vieillissement de la population, cette nécessité ne concerne plus seulement les personnes en situation de handicap mais l'ensemble de la population.
3 millions de Franciliens handicapés
Pour relever ce défi, la Région Ile-de-France se dit donc engagée en faveur des 3 millions de Franciliens handicapés. Dans l'esprit du CIH, (Comité interministériel du handicap) qui s'est réuni pour la première fois en septembre 2013, elle a promis que toutes ses politiques seraient impactées par la question du handicap. L'Ile-de-France est la deuxième région après le Poitou-Charentes à avoir mis cet agenda en œuvre. Aujourd'hui, cinq d'entre elles se sont dotées d'un tel outil.
75 fiches-actions
Au terme d'un travail de mutualisation de deux ans, l'Agenda 22, structuré autour de 6 grandes priorités, dresse, en 75 fiches-actions et 200 pages, un panorama de l'action régionale sur le handicap : faciliter la formation et l'accès à l'emploi, l'accessibilité dans les transports, les lycées, les bases de loisirs ou les parcs naturels régionaux, l'insertion professionnelle, l'adaptation des logements, l'accès aux droits et aux soins... L'efficacité de ces actions est évaluée chaque année pour améliorer l'action publique régionale.
Quelques exemples ?
Un programme dédié d'opérations de mise en accessibilité handicap de 122 lycées franciliens. L'intégralité des logements prévus à la Maison de l'Ile-de-
France, qui sera construite à la Cité universitaire de Paris, accessibles aux personnes à mobilité réduite. Un « coup de pouce » de 350 millions d'euros pour la mise en accessibilité des gares franciliennes. Des investissements pour la création d'ESAT et d'entreprises adaptées. Le financement de projets de soutien aux aidants familiaux. La région s'implique également à l'étranger, par exemple dans un centre pour malvoyants au Vietnam ou un institut pour jeunes sourds au Congo.
Entre obligations et petits plus
Les régions ont des obligations bien spécifiques dans 5 domaines comme les lycées, les transports, la formation mais d'autres comme le sport, les loisirs, la culture ou la santé relèvent de la responsabilité de l'Etat. « Nous ne sommes pas « obligés » d'apporter notre soutien à la FFH (Fédération française handisport) mais nous le faisons parce que nous visons l'excellence dans ce domaine, poursuit Laure. »
Un bilan qui fait l'unanimité
Le bilan de l'Agenda 22 a été adopté le 13 février 2014 par l'ensemble des élus régionaux. « Un sujet qui fait l'unanimité, selon Annie Mendez, chef de ce projet ! C'est un rapport important car structurant pour la région, qui est attendu par les acteurs du monde du handicap (et notamment le Conseil consultatif du handicap), mais aussi économiques et de la formation professionnelle qui travaillent avec la vice-présidence sur ce thème ». Cet outil « vivant » se construit peu à peu et s'enrichit en permanence des contributions des partenaires, des expériences réalisées sur les territoires, de l'évaluation des actions proposées, des innovations techniques et technologiques, de l'évolution de la loi.
Reste à accomplir...
Evidemment, tout n'est pas aussi rose. Par exemple, seules 20% des entreprises franciliennes remplissent leur obligation d'emploi de 6% de travailleurs handicapés dans leurs effectifs, contre 31% en moyenne en France ! En termes d'accessibilité, le baromètre APF qui jauge chaque année l'accessibilité des grandes villes de France, ne semble pas rendre le même hommage à notre Capitale. A la 64ème place (sur 96) en 2013, Paris ne fait pas forcément figure de bon élève. Selon Annie Mendez, la ville n'a pas souhaité remplir le questionnaire car elle conteste les critères choisis par l'APF. « Même si cette politique est encore incomplète et imparfaite pour tous ceux qui vivent le handicap au quotidien, conclut Laure, nous n'avons pas à rougir des actions menées depuis 1999. Notre bilan a vocation à évoluer et nous continuons à travailler pour aller dans ce sens. Nous sommes dans une démarche très constructive même si tout ne pourra être accompli pour 2015. »

dont Stéphanie et "Lulu" ont associé au spectacle des enfants de l'association Autisme Paca qui viennent toute l'année, une attention très appréciée par le président Jean-Marc Bonifay. Lisa, Trisan et Louison ont ainsi effectué de la "voltige équestre", un moment magique pour ces enfants et beaucoup de fierté pour leurs parents qui vivent très rarement ce type de moment. Jean-Marc Bonifay expliquait les bienfaits de l'équitation pour les enfants autistes: "cela améliore la rlation à l'autre au sein d'un groupe et permet une meilleur confance en soi. La voltige équestre permet d'apprendre en plus à faire confiance à l'autre, lâcher prise." C'est une activité qui permet d'améliorer la coordination, la socialisation... Mais cette année l'association a dû se débrouiller avec les moyens du bord: "comme nous n'avons eu aucun partenaire pour ces séances d'équitation, nous les avons offert sur nos réserves. Mais on n'a pas pu faire notre fête du cheval, ou offrir des stages d'été". Un peu d'amerturme dans le discours de Jean-Marc Bonifay, qui a toujours oeuvré pour la gratuité et qui aide un grand nombre d'enfants et de familles dans le département, mais visiblement son association n'est plus à la "mode" pour recevoir des soutiens financiers et poser à ses côtés sur les photos. Un passage difficile pour Autisme Paca qui n'entend pas baisser les bras: "on cherche des solutions pour continuer à proposer des activités, des formations gratuites. Heureusement nous avons eu les Anystiers à nos côtés, la commune devrait aussi nous aider mais la période n'est pas simple".






contraire par de grandes capacités". Lui même atteint du Syndrome d'Asperger, Jean-Marc Bonfiay: "il faut bien avoir en tête qu'il n'y a pas de déficience mentale, et comme pour beaucoup de choses la France affiche un sérieux retard où on va mettre les Asperger à l'écart". La force de ce colloque qui a fait le plein (autour de 250 personnes) fut l'alternance entre expertises cliniques et témoignages poignants "d'Aspis" tels que Julie, Nicolas, Magalie Pignard, Valentin Mérou, Marie Bertena. Loin du pathos, certains ont fait part d'expériences douloureuses tandis que d'autres ont donné les clefs à l'assistance pour mieux les comprendre: "on ne maîtrise pas les codes sociaux, et du coup on se sent en complet décalage, les interactions sociales nous sont difficiles et on peut passer pour des égoïstes, des personnes mal éduquées". Beaucoup regrettèrent les diagnostics tardifs, faute au faible nombre de spécialiste compétent en France, Julie ajoutant: "j'ai été diagnostiquée à 25 ans et je peux vous dire que cela fut une libération pour moi, j'ai pu revenir sur mon passé, donner un sens, comprendre mes limites".
Plusieurs intervenants citèrent l'ouvrage de Temple Grandin "dans le cerveau des autistes" afin de donner des clefs de compréhension au public. Christine Philip parla des diagnostics, de la scolarisation: "mettre un enfant dans une CLIS est le début d'un parcours de l'exclusion car les enfants ne peuvent plus ensuite réintégrer une classe ordinaire". 





