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"Au bonheur d'Elise"
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association
11 décembre 2012

La vidéo colloque sur l'autisme au Sénat du 6 décembre 2012

publiée sur le site de Public Sénat

SEANCE

Colloque sur l'autisme

Diffusée le 10/12/2012
Durée : 149 minutes

Dans le cadre de la Grande Cause Nationale 2012, le Sénat a organisé, le 6 décembre, une journée de colloque dédiée à l'autisme. En présence de Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, et de Marie-Arlette Carlotti, Ministre chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, la commission des Affaires sociales a souhaité dresser l'état des lieux de la politique menée en faveur des personnes atteintes d'autisme. Objectif : préparer un troisième "plan autisme" à l'échelle nationale. Table ronde n°2 : Quelles formations pour une prise en charge adaptée de l'autisme ? Table ronde n°4 : Mieux scolariser

Voir aussi => http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2012/12/09/25780177.html

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11 décembre 2012

Colloque Autisme : triste bilan d'une grande cause nationale

article publié sur le site caducee

VAINCRE L'AUTISME, le 07 déc. 2012

En décembre 2011, M. François FILLON, alors Premier ministre, nommait l’autisme Grande Cause nationale pour l’année 2012. C’est dans une ambiance tendue que se déroule aujourd’hui (le 06/12/12) au Sénat le Colloque Autisme, en vue de dresser le bilan de cette Grande Cause nationale. Alors que la détresse et la colère des personnes directement concernées par l’autisme se font entendre avec force, Mme CARLOTTI, Ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, brille par son absence en ouverture de séance.

En 2012, l’attente était forte de la part des personnes autistes et de leurs proches, plongés dans des situations dramatiques (mauvais et faux diagnostics, prises en charge inadaptées et maltraitantes, déscolarisation, psychiatrisation, allant jusqu’au décès). Avec un budget de 150 000 euros, l’Etat n’a attribué que très peu de moyens à la Grande Cause nationale. Les événements organisés (Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, campagne de sensibilisation, Rencontres régionales de l’autisme) n’ont été que peu mobilisateurs. Les bénéficiaires se félicitent aujourd’hui d’avoir contribué à sensibiliser le Grand Public... Pourtant, la situation des personnes concernées n’a pas avancé. Les facteurs de blocage dénoncés dans de nombreux rapports (dont le Rapport sur la situation des enfants autistes, novembre 2009 – VAINCRE L’AUTISME) subsistent et perdurent. Une question émerge : la Grande Cause nationale n’avait-elle vraiment  qu’un objectif de sensibilisation ?

3 rapports ont marqué 2012 : Evaluation de l’impact du plan autisme 2008-2010 (Sénatrice Valérie LETARD, janvier 2012 ; Recommandations de bonnes pratiques / Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent (HAS – ANESM, mars 2012) ; et
Rapport « Le coût économique et social de l’autisme » ( CESE, octobre 2012). Le gouvernement se félicite également de ces « avancées », qui resteront pourtant lettre morte sans mesures fermes et coercitives de sa part. A préciser qu’à l’issue de ce Colloque Autisme, un énième rapport sera présenté à l’ensemble des parlementaires de la Commission des affaires sociales du Sénat.

Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, VAINCRE L’AUTISME n’a cessé d’agir sur tous les fronts, notamment par son implication dans le Comité National Autisme (CNA) pour élaborer le 3e plan autisme.. Cependant, au fil des réunions du CNA se dessinent et se confirment des perspectives contraires à l’intérêt de l’autisme et des personnes concernées, visant à remettre à jour une politique « à l’ancienne », en train de se remettre en place avec les pouvoirs établis, allant à l’encontre des évolutions significatives menées par le gouvernement précédent (structures innovantes, socle de connaissance, recommandations, label Grande Cause nationale, etc.).

Dans sa Lettre ouverte à Mme Marisol TOURAINE et au gouvernement français, VAINCRE L'AUTISME soulève de sérieuses inquiétudes sur le tournant que va prendre le 3ème plan autisme.

9 décembre 2012

Autisme : Colloque au Sénat entre impatience et désespoir ... à la veille du 3ème plan autisme

J'ai fait partie des privilégiés qui ont pu assister au colloque de 6 décembre. Bon nombre de demandes n'ont pu avoir de suite favorable compte tenu de la capacité de la salle.

Un programme alléchant :

colloque_AUTISME_au_Sénat_6_décembre_2012

Je penses que ce fut un moment d'échange important.

Important car tous les participants ont pu entendre le message clair visant à la mise en oeuvre des recommandations HAS/ANESM de mars 2012 sur le terrain.

Important dans la mesure où "nos politiques" à l'origine de colloque ont pu mesurer l'impatience et le désespoir des familles palpables lors des échanges avec la salle ... c'était à chaque fois des dizaines de bras qui se levaient pour demander la parole et les situations décrites avaient de quoi faire réfléchir ou frémir.

MAIS, de fait, le choix de ne pas associer les associations de parents (Autisme France, Vaincre l'Autisme) à l'élaboration de ce troisième plan me semble pour le moins susciter des réserves voire des inquiétudes pour toutes les familles concernées.

Grâce à cette manifestation, Madame Marie-Arlette Carlotti ne pourra plus ignorer le cri de désespoir très bien résumé dans la tract d'Autisme France remis en séance.

J'ai personnellement beaucoup apprécié la qualité de l'intervention de M. Gwendal Rouillard, co-président du groupe études Autisme à l'Assemblée nationale le matin.

Standing ovation après l'intervention de Danièle Langloys, présidente d'Autisme France !!!

extraits du tract révélateur d'Autisme France :

"AUTISME : LE SCANDALE FRANCAIS

Quel changements concrets pour les familles ? AUCUN !

Seule une volonté politique au plus haut sommet de l'Etat

pourra mettre fin au gaspillage

et arrêter le "massacre" de nos enfants."

 

                                                                                                 Jean-Jacques Dupuis

Voir aussi : http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2012/12/07/25763273.html

7 décembre 2012

Innover pour traiter : l'autisme en débat au Sénat (jeudi 6 décembre 2012)

article publié sur le site PUBLIC SENAT

Zied Ounissi
Le 06.12.2012 à 19:30
Senat - AFP
© AFP

 « Les sourds ont des appareillages, les handicapés ont des sièges, nous avons besoin d’être accompagnés ».  A elle seule, cette harangue d’une des participantes du colloque résume parfaitement le ton de la journée. En présence de la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, plusieurs centaines de « victimes » sont venues exprimer leurs souffrances et réclamer leur droit.

On évalue à 440.000, le nombre d’autistes en France, dont près de 190.000 âgés de moins de 20 ans. Problème : seul 30% des enfants sont diagnostiqués et 10% des adultes. Pour la Présidente d’Autisme France, Danièle Langloys, la situation est, ni plus ni moins, que « dramatique ». « C’est totalement tragique : la plupart des SDF sont des autistes. Plusieurs d’entre eux se retrouvent en prison. Certains meurent dans les hôpitaux psychiatriques. C’est délirant ».

« Inacceptable » et « honteux » sont les mots qui reviennent le plus à la bouche des participants du colloque lorsqu’on les interroge sur le traitement et le diagnostique de l’autisme en France. Il faut dire qu’alors que se referme l’année de l’autisme, les résultats sont effectivement relativement accablants. Seuls deux départements pratiquent le diagnostic (le Calvados et les Pyrénées-Atlantiques). On compte un enfant diagnostiqué, sur cent-cinquante non diagnostiqués. Enfin, plus de la moitié des personnes en asile psychiatrique seraient des autistes.

Faire de l’autisme une cause nationale

Pourtant, les parents, les familles ne réclament qu’une chose : bénéficier d’un accompagnement adéquat et qu’on applique leur droit. « Cela fait quarante ans que les familles attendent », analyse Jean-Christophe Pietri, père d’un enfant autiste et auteur d’un livre sur le sujet. « Certaines familles et certaines associations s’exaspèrent parce qu’elles ne réclament que ce qui leur est dû. C’est pour cela que certaines finissent par saisir les tribunaux. Cette situation est intenable ».

La ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, l’a bien compris. Elle s’est donc engagée à faire de l’autisme « une cause nationale ». « La France est la 5e puissance mondiale et on ne sait pas qui et où sont les autistes, et ce qu’ils vivent (…) il faut donc faire avancer la connaissance sur le sujet ». Un troisième plan autisme sera déposé en janvier prochain. « L’autisme sera le premier sujet à bénéficier d’une action publique concertée et coordonnée », puisque le plan en question sera « interministériel » a-t-elle affirmé. Elle s’est par ailleurs engagée à « évaluer les bénéfices des différentes méthodes sans tabous (…) il y a des réticences partout mais nous n’hésiterons pas à faire appel à toutes les gammes de méthodes possibles pour faire en sorte que nos enfants soient heureux (…) quitte à changer de regard et de pratique ».

Rompre avec la mainmise de la psychanalyse sur le traitement de l’autisme

Car le nerf de la guerre est bel et bien là. Il réside dans le traitement et le suivi de l’autisme, noyauté depuis l’origine par la psychanalyse. Pour Dominique Yvon, enseignant-chercheur en physique, membre du « kollectif du 7 janvier », et père de trois enfants atteints d’autisme, il faut impérativement rompre avec la « mainmise organisée » de la psychanalyse sur le traitement de l’autisme. « Nos enfants souffrent d’handicaps neurologiques, ils ont besoin d’être rééduqués ; le recours aux méthodes éducatives de la neuropsychologie est le seul protocole adapté au traitement de l’autisme (…) la France fait partie des deux derniers pays dans le monde à avoir recours à des méthodes dépassées et dogmatiques qui relèvent, ni plus ni moins, que de la dérive sectaire ».

Le traitement psychanalytique de l’autisme et la mainmise de la psychanalyse sur la formation des éducateurs et sur l’université a d’ailleurs été dénoncés de manière unanime par les participants. Gwendal Rouillard, député socialiste du Morbihan, et co-président du groupe d’étude sur l’autisme à l’Assemblée nationale, s’est d’ailleurs engagé à soutenir une véritable « révolution, rien ne nous fera flancher : dans le cadre de la préparation du troisième plan autisme, nous ferons le maximum pour faire en sorte de réorienter les crédits (…) et soutenir les méthodes neuropsychologiques et éducatives ».

Mieux intégrer les autistes à l’école

Autre sujet de débat et d’exacerbation : la place des enfants autistes à l’école. Ce sujet sera au cœur du dispositif du 3e plan autisme. La loi du 11 février 2005 fait peser sur l’éducation nationale une obligation de résultats, mais ceux-ci sont encore insuffisants. Danièle Langloys, Présidente d’Autisme France, souhaite une meilleure prise en charge des enfants autistes et la reconnaissance du statut d’éducateur des parents : « Nous en avons marre de mendier le droit à la scolarité de nos enfants, la prise en charge par l’école doit être inclusive ; il faut accompagner les professeurs et les instituteurs, cela se fait depuis 30 ans en Belgique et 40 ans aux Etats-Unis, pourquoi n’y arriverions-nous pas ? » « Une chose est sûre, la place de nos enfants n’est certainement pas à l’hôpital psychiatrique », ajoute-t-elle.

En attendant le projet de loi sur l’autisme, cette journée de rencontre aura permis aux différents acteurs d’échanger. « J’ai entendu votre souffrance » et « j’ai besoin de vous » a dit la ministre.

5 décembre 2012

Le cri d'alarme d'Autisme France => AUTISME : LE SCANDALE FRANCAIS

A la veille du colloque au Sénat un texte court et signifiant à lire attentivement :

http://blogs.lexpress.fr/the-autist/files/2012/12/communication-senat-V4-1.pdf

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5 décembre 2012

Autisme en France (2/3) : l'échec du gouvernement français (Autism Rights Watch)

article publié sur le site de Autism Rights Watch

 

Nous vous proposons ici le deuxième volet de notre analyse sur la situation de l’autisme en France. Après le premier volet sur le packing, nous nous concentrons cette fois sur le volet politique.

Nous faisons le bilan mitigé d’une année symbolique où l’autisme a été désigné Grande Cause Nationale par le Gouvernement français et a connu la multiplication des rapports : rapport Létard en janvier, recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) en mars, avis du Conseil Economique, Social et Environnemental en octobre.

Au final, nous observons surtout une frustration grandissante entre les professionnels, l’Etat et les associations, avec une cristallisation autour du plan autisme III.

La politique publique de l’autisme en France apparaît malmenée avec un gouvernement sous influence, incapable de prendre les mesures nécessaires pour mettre la France en conformité avec les prescriptions du Conseil de l’Europe.


Introduction : La ségrégation persiste en France

L’autisme reste l’objet d’un combat incessant entre, d’un coté, les personnes autistes, leurs parents, les associations d’usagers, et, de l’autre, le gouvernement Français, certaines associations de professionnels psychanalystes et psychiatres, ainsi que les associations gestionnaires d’institutions.

Dès 2004, une résolution du Conseil des Ministres du Conseil de l’Europe été rendue contre la France pour sa ségrégation des enfants autistes, suite à une réclamation collective d’Autisme Europe. Depuis, plusieurs résolutions sur l’autisme ont été émises par le Conseil de l’Europe (2007 et 2009).

La France n’a jamais changé significativement ses pratiques malgré deux « plan autisme ». Elle continue d’organiser la ségrégation des enfants autistes. Elle dispose toujours d’un système médical et médico-social (Hôpitaux de Jour, IME) séparé qui n’inclut pas les enfants dans une scolarité ordinaire. Au contraire, elle emploie toujours des méthodes psychanalytiques et des pratiques inadmissibles comme le Packing. Ce système produit des adultes non-autonomes et incapables de s’insérer dans la société. De plus, les parents d’enfants scolarisés se plaignent de devoir effectuer un parcours du combattant, semé d’embûches. Nombre d’enfants restent non scolarisés. Ceux qui le sont, ne sont scolarisés que quelques heures par semaines, parfois avec des Auxiliaires de Vie Scolaire partagées.

 

La Grand Cause utilisée pour faire oublier « Le Mur » et l’échec du plan autisme II

A l’automne 2011, la sortie du documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’Autisme » de Sophie Robert, en lien avec Autistes Sans Frontières, met le feu aux poudres.

Il montre la poursuite en France de l’utilisation de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme. En réponse, à la procédure judiciaire intentée par trois psychanalystes interviewés, une campagne de parents et de personnes autistes se met en place pour soutenir Sophie Robert et aboutit à la création du « Collectif Soutenons Le Mur ».

L’autisme s’embrase alors d’autant plus que de nombreux responsables associatifs constatent l’échec du plan autisme II 2008-2010.

Souhaitant probablement éteindre l’incendie ou donner le change, le Premier Ministre François Fillon annonce le 10 décembre 2011 à l’Assemblée Nationale l’octroi du label « Grande Cause Nationale 2012 » à l’autisme. Certaines fédérations et associations françaises, regroupées autour du label « Ensemble pour l’autisme » organisent alors des manifestations, ainsi qu’une campagne de sensibilisation, avec le soutien de l’Etat.

Le 12 janvier 2012, la sénatrice Valérie Létard remet son rapport d’évaluation du plan autisme II 2008-2010, à l’occasion des premières journées parlementaires sur l’autisme (Le rapport Létard est disponible ici). Le Quotidien du Médecin considère le bilan du second plan autisme comme « en demi-teinte » et note que « sur les 30 mesures du plan autisme 2008-2010, beaucoup n’auront été que très partiellement engagées ». Pour 20 minutes, le rapport « pointe le manque de places et un «retard important» dans la mise en place de méthodes adaptées ». L’article donne la parole à Valérie Létard qui observe que « l’opposition entre des conceptions de nature essentiellement psychanalytique, portées par une large proportion de psychiatres, et la demande pressante exprimée par les associations de familles, d’un recours aux approches éducatives et thérapeutiques» n’est pas encore surmontée ».

Le 20 janvier 2012, le Député UMP Daniel Fasquelle dépose une « proposition de loi visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes ». L’UNAPEI exige son retrait immédiat. Europe Ecologie Les Verts s’y oppose. L’ANCRA « s’inquiète » de la proposition de loi Fasquelle.

Le 26 janvier 2012, le Tribunal de Grande Instance de Lille condamne Sophie Robert et interdit le documentaire (toujours interdit à ce jour, et sans date de procès en appel connue). Le jour même, une conférence de presse est organisée à New York en signe de défiance. Une version modifiée du documentaire est présentée au congrès de l’ABAI à Philadelphie le lendemain. Autism Rights Watch est alors créée par Alex Plank et David Heurtevent pour continuer la défense des droits et l’inclusion des personnes avec autisme à travers le monde.

Le 9 février, le Premier Ministre François Fillon réunit les représentants du mouvement “Ensemble pour l’autisme” et lance officiellement l’année « Autisme Grande Cause Nationale 2012 ». A cette occasion il prononce un discours devant la presse. Un nouveau plan autisme III est annoncé, ainsi que la réactivation du Conseil National de l’Autisme.

 

Les vives tensions autour des recommandations de la HAS

Le 13 février 2012, le quotidien Libération fuite une version de travail des recommandations de la Haute Autorité de Santé sur l’autisme, déclenchant aussitôt une fureur générale. Libération écrit : « L’air de rien, c’est une véritable bombe clinique. La plus haute instance sanitaire française ferme la porte à la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme ». L’article déclenche aussitôt une mobilisation générale des professionnels de la pédopsychiatrie universitaire et de la psychanalyse. Le 28 février, le député Daniel Fasquelle fait état de pressions sur la HAS. Le 4 mars, l’Ecole de la Cause Freudienne organise une conférence au Lutétia, relayée par le site « la règle du jeu » de Bernard Henri Levy. Jacques Alain Miller y évoque « une atmosphère de « croisade » et de « chasse aux sorcières » ».

La HAS rend ses recommandations sur l’autisme le 8 mars 2012. Suite aux pressions, elle revient quelque peu sur sa version de travail. Elle s’abstient sur les interventions psychanalytiques ou de psychothérapie institutionnelle, et s’oppose formellement au packing, sauf dans le cadre de programmes de recherche. La HAS met en avant la mise en place du projet individuel de l’enfant et recommande les méthodes comportementales et éducatives (ABA, TEAACH, PECS, etc.).

Pourtant, certaines organisations professionnelles de la psychiatrie et de la psychanalyse promettent aussitôt de lutter contre la mise en place des recommandations. Dès le 18 mars, Hervé Bokobza, psychiatre et fondateur du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire prévenait dans l’Express : “les psychanalystes vont entrer en résistance“.

En mai, l’Association Lacanienne Internationale exige le retrait des recommandations de la Haute Autorité de Santé, et essuie une fin de  non recevoir.

Les élections présidentielles, puis législatives, et la mise en place du gouvernement conduisent à une période de calme pendant l’été.

Courant août, ARW attire l’attention de la Ministre de  la Santé sur un cas de maltraitance institutionnelle supposée, sans résultat. La proposition faite à une conseillère de François Hollande de  la rencontrer pour discuter de la situation de l’autisme et lui remettre la pétition de 10 000 signatures lancée par ARW en janvier reste également sans réponse.

En revanche, le Dr. Paul Matcho, psychiatre des hôpitaux et psychanalyste (Collectif des 39) est reçu le 13 septembre  au Ministère de la Santé par Laurent Chambaud, coordonnateur du pôle “Santé publique et sécurité sanitaire” au cabinet de la Ministre Marisol Touraine. Il lui rappelle leur opposition aux recommandations.

 

Un avis du CESE partial

Mi-septembre, le KOllectif du 7 janvier jette un doute sur la volonté réelle des professionnels d’appliquer les recommandations de la HAS. Franck Ramus, directeur de  recherche au CNRS, observe la sortie d’une  5ème édition de la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA) et pose ouvertement la question : « Peut-il y avoir une exception française en médecine ? » Le KOllectif du 7 janvier publie également une liste noire des formations sur l’autisme prévues en 2012 et 2013. On y observe que près des deux tiers des formations sont soit non conformes, soit partiellement conformes aux recommandations de la HAS.

En parallèle, Autism Rights Watch observe que l’Association Nationale des Centres Ressource Autisme (ANCRA) invite à Caen Pierre Delion, le promoteur du packing, ainsi que Christel Prado, rapporteur du CESE, et présidente de l’UNAPEI. ARW décide donc manifester à Caen le 29 septembre 2012 pour dénoncer ces invitations, la politique du gouvernement et les conflits d’intérêts. Le 3 octobre 2012, ARW obtient également l’annulation d’une action de formation sur le packing à l’université de Toulouse, déclenchant des injures de la part du docteur Alain Gillis, du professeur Pierre Delion et du Collectif des 39.

Le 6 et 7 octobre 2012, soit quelques jours avant la sortie de  l’avis du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE), l’Ecole de la Cause Freudienne se réunit en congrès à Paris sur la « politique de la psychanalyse », rebaptisé journées « autisme et psychanalyse ». Au préalable, ils expédient un livre « Autisme ; nouveaux spectres ; nouveaux marchés » aux parlementaires, comme en atteste une lettre du député PS Gwendal Rouillard.

Ce même jour, les associations apprennent par voie de presse que le cabinet de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée auprès du ministère de la Santé, en charge des Personnes handicapées a annoncé « lors d’une rencontre de presse » que « le nouveau plan Autisme ne devrait pas voir le jour avant le début de l’année prochaine ». Marie-Arlette Carlotti confirme ce report et appelle à la concertation le 9 octobre devant le CESE.

Le 9 octobre 2012, le Conseil Economique Social et Environnemental adopte à l’unanimité un avis sur l’autisme : « l’approfondissement et la large diffusion des connaissances est une exigence première qui suppose de former les acteurs, de financer la recherche, de collecter des données relatives au nombre et aux besoins des personnes autistes ».

En réalité, cet avis est inutile, puisqu’il refuse de remplir sa mission d’évaluation du coût économique et social de l’autisme. Le rapporteur indique être dans l’incapacité de chiffrer le nombre de personnes autistes et le coût de l’autisme. En réalité, l’avis est entaché d’un profond conflit d’intérêt du fait du rôle direct de Christel Prado, présidente de l’UNAPEI, dans la gestion des institutions pour personnes handicapées. Pourtant, de nombreux orateurs saluent le fait que cet avis évite toute polémique.

En réaction, les députés PS Gwendal Rouillard et UMP Daniel Fasquelle expédient une lettre à leurs collègues indiquant : « Nous allons présenter une proposition de résolution sur les pratiques psychanalytiques en matière d’autisme et nous allons saisir les autorités compétentes (Inspection Générale des Finances, Cour des Comptes,…) sur le coût et le financement de l’autisme en France ». Ils mettent en avant les pressions : « Ces pratiques d’inspiration psychanalytique perdurent grâce à une forte mobilisation d’associations professionnelles, au premier lieu desquelles l’Ecole de la Cause Freudienne, dont l’envoi de ce livre à l’ensemble des parlementaires n’est qu’une manifestation parmi d’autres. »

Un malaise est perceptible dans la presse qui publie très peu sur le sujet. On observe également une passe d’armes sur la réalité de l’absence de chiffrage entre Danièle Langloys, Présidente d’Autisme France et Christel Prado, Présidente de l’UNAPEI.


Du blocage du Plan Autisme III aux huées

Le 15 octobre, Paul Matcho écrit à Laurent Chambaud pour se plaindre des actions menées par Autism Rights Watch à Caen, puis à Toulouse. Il accuse, à tort, Autisme France d’être responsable des actions de Caen. Il écrit : « Je souhaite au nom du Collectif des 39 vous alerter sur ces faits qui nous apparaissent intolérables sur le plan des échanges et débats sur les pratiques cliniques, faits qui relèves d’une sorte de terrorisme. » (dixit).

Ce même jour, Agnès Marie-Egyptienne, Secrétaire Générale du Comité Interministériel du Handicap (CIH), et Martine Pinville, député PS, désignée par le Gouvernement comme présidente du Conseil National de l’Autisme, chargé de l’élaboration du troisième plan autisme, organisent une réunion de concertation pour fixer le cadre de la concertation du plan Autisme III. Le plan autisme III est présenté autour de trois axes : la recherche, le développement de l’offre et la formation/sensibilisation. Le 19 octobre, le gouvernement confirme la désignation de Martine Pinville et les grands axes du plan prévu début 2013.

Danièle Langloys, Président d’Autisme France, demande à ce que les associations participent aux groupes de travail. La proposition est rejetée par le Gouvernement. Il préfère mettre en place, d’un côté des commissions d’experts qui devront émettre des propositions et de l’autre des groupes de concertation qui en débattront. En privé, les rumeurs circulent selon lesquelles Agnès Marie-Egyptienne aurait indiqué que les parents devraient être patients et qu’il n’y aurait pas d’argent pour financer le plan Autisme III. Le groupe d’expert « Recherche » se réunit les 13 et 15 novembre 2012, sans accord sur les propositions, qui restent vagues.

En parallèle, Autism Rights Watch rend le 11 novembre 2012 une position officielle sur la psychanalyse qui assimile les mouvements psychanalytiques français à des mouvements sectaires. Le 12 novembre 2012, ARW adresse à la MIVILUDES, organisme rattaché au Premier Ministre, des propositions pour lutter contre les dérives sectaires dans la santé et les universités à l’occasion d’un débat au Sénat sur les pratiques sectaires dans la santé.

Les tensions explosent au grand jour lors du Congrès d’Autisme France du 17 novembre 2012, qui doit marquer la clôture officielle de la Grande Cause Nationale. En introduction, Danièle Langloys y appelle les parents à « résister ». Ensuite, le discours de Mme Agnès-Marie Egyptienne, secrétaire Générale du Comité Interministériel du Handicap est hué par de nombreux parents. Mme Egyptienne doit alors interrompre son discours sous les quolibets. Certains parents, proche d’Autism Rights Watch, font parti des chahuteurs. ARW est la première organisation à faire officiellement état de l’incident.

Pourtant des tensions apparaissent au sein des associations. Par exemple, Mohammed Sajidi, Président de Vaincre l’Autisme, répond aussitôt à Danièle Langloys dans un billet intitulé « résister ou agir ? » : «VAINCRE L’AUTISME gère à ce jour 2 FuturoSchool, 1 à Paris et 1 à Toulouse, chacune de ces structures expérimentales et innovantes pour enfants et adolescents autistes pouvant accueillir 12 enfants. La perspective est de 60 FuturoSchool à l’horizon 2021 pour 720 enfants au total. […] Ma conviction et mon engagement c’est de résister et continuer d’agir en même temps jusqu’à atteindre nos objectifs et obtenir nos revendications ».

Pour sa part, ARW décide de tirer la sonnette d’alarme au niveau européen et de rappeler la France à ses obligations en matière d’inclusion en prenant part fin novembre au premier séminaire du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la ségrégation scolaire et périscolaire en Europe.

 

Conclusion : l’échec annoncé

La situation de l’autisme est aujourd’hui critique en France.

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sont extrêmement fragiles. Elles n’ont pas force de loi et font face à l’opposition d’un certain nombre d’organisations professionnelles de la pédopsychiatrie et de la psychanalyse.

Le Plan Autisme III est lui-même en grande difficulté. Les parents et leurs associations se sentent lésés. Les experts s’affrontent. L’Etat, qui n’a pas rempli les promesses du plan autisme II, est d’autant moins crédible qu’il refuse de s’attaquer aux problèmes de fond de la ségrégation éducative et de financer réellement le plan autisme III.

Les chances sont donc faibles de voir la France utiliser le plan Autisme III pour se mettre en conformité avec la résolution de 2004 du Conseil de l’Europe.

Autism Rights Watch soutiendra donc la nouvelle réclamation collective de l’association Vaincre l’Autisme, portée par l’Action Européenne des Handicapés (AEH), et déclarée recevable par le comité Européen des Droits Sociaux le 12 septembre 2012.

La France n’a toujours pas compris le message, pourtant clair, qui lui est envoyé depuis bientôt dix ans au niveau européen !

5 décembre 2012

Un nouveau site intéressant : SSDA Autisme Droits ONG

SDDA Autisme Droits ONG

Si vous rencontrez le problème :

Notice : Les recours en cas de conflit avec un professionnel du secteur médico-social ou avec un établissement

Pour citer : http://sdda.fr/41
Document du dimanche 2 décembre 2012
Article mis à jour le 4 décembre 2012
par  • Magali Pignard, • SDDA

 

Que peuvent faire concrètement les parents face aux abus de pouvoir des établissements, professionnels, ou quand ceux-ci ne respectent pas leurs droits ?

Que peuvent faire les parents lorsque dans un établissement la prise en charge de leur enfant n’est pas adaptée ?

Situations dans lesquels les parents peuvent exercer un recours  

Votre enfant est dans un établissement, et sa prise en charge est fantaisiste, inadaptée, vous ne savez pas vraiment comment votre enfant occupe ses journées.

Le projet personnalisé n’a pas été co-élaboré. Les objectifs ciblés dans ce projet ne sont pas évalués annuellement comme ils devraient l’être, et ne sont pas revus.

Un établissement ou professionnel impose à votre enfant une orientation dans un hôpital psychiatrique.

Un professionnel vous menace de ne plus prendre votre enfant dans son établissement.

Un professionnel prescrit des psychotropes à votre enfant sans vous en informer.

On vous refuse l’accès au dossier médical de votre enfant.

La MDPH vous baisse les compléments sans réelle justification légitime ?

Premier recours : recours à une personne qualifiée, qui intervient à titre gratuit  

Ce recours est expliqué ici par Bernard Dov Botturi, consultant en matière médico-sociale.

La « Personne qualifiée » a pour mission d’aider à faire valoir les droits de l’usager ou de son représentant l’égal : elle défend l’usager.
Elle est indépendante des collectivités publiques et des structures d’accueil, elle a une bonne connaissance du secteur social et médico-social.
Elle est nommée conjointement par le président du Conseil général, le
préfet du département, et le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS).

Pour la saisir : envoyer en courrier recommandé avec « demande d’avis de réception postal » au Conseil général et à la direction de votre ARS ou de sa délégation départementale.

Une fois saisie, la personne qualifiée organise une rencontre avec vous dans un délai de un à deux mois, pour étudier votre dossier.
Ensuite elle contacte l’établissement ou le service et se rend sur place afin d’interroger les différents responsables à propos de l’objet de ou de vos litige(s).

Recours au Défenseur des droits  

Ce recours est expliqué ici par Bernard Dov Botturi.

Vous pouvez présenter ce recours lorsque le département ne dispose pas de personne qualifiée, ou lorsque vos courriers envoyés aux personnes sources du litige restent sans réponse depuis plus de deux mois.

Le Défenseur des droits est en quelque sorte votre avocat, payé par l’État. Il a pour mission de défendre les droits et libertés de celui qui le saisit, dans le cadre de litiges avec les administrations de l’État (MDPH), les établissements publics et les organismes investis d’une mission de service public (service social, médical…).

Pour le saisir, vous pouvez le contacter sur son site sur l’Internet.

Si vous estimez avoir suffisamment de documents en votre possession, vous pouvez effectuer votre saisine directement sur le site du Défenseur en suivant la procédure indiquée, dans la rubrique « Comment ».

 

Défenseur des droits
4 décembre 2012

Autisme : une pétition remise jeudi au Sénat

journal magali pignard

3 décembre 2012

La Fédération Sésame Autisme réaffirme ses positions dans ce communiqué

article publié sur le site de la Fédération Sésame Autisme

Suite à l'article de Monsieur SADOUN dans Médiapart qui a provoqué de nombreuses réactions la Fédération réaffirme ses positions :   

 

La Fédération Française Sésame Autisme ne cautionne en aucun cas les propos de monsieur Patrick SADOUN.

La Fédération ne reconnaît pas la psychanalyse comme thérapie pour la personne avec autisme.

Les établissements gérés par les Associations Sésame respectent les recommandations de la HAS et appliquent les prises en charge recommandées.

Bernadette MAILLARD-FLORENS

Lire l'article de M. Sadoun ici

3 décembre 2012

A quelque jours du colloque Autisme au Sénat le 6 décembre 2012

Je me dois de faire connaître mon opinion qui rejoins je pense celles de nombreux parents pas forcémment "encartés" mais lucides. Les propositions d'Autisme France me paraissent être un socle commun intéressant pour pouvoir peser sur les décisions à venir => voir ICI

Le bon sens, les connaissances actuelles concernant ce handicap sur les bases des recommandations de la HAS & de l'ANESM me semble pouvoir largement aider à la mise en oeuvre de mesures adaptées. Il faut donc avancer sur cette base. Nous ne sommes plus au temps ou l'autisme était une énigme que l'on pouvait interpréter avec les dérives que l'on connaît ... La médecine a-t-elle persistée dans la saignée ?


Voir le programme du colloque ICI

Et pour ceux qui veulent aller plus loin, j'ai déjà publié un article concernant mon soutien à l'action de Madame Danièle Langloys, présidente d'Autisme France :

http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2012/11/25/25662523.html

Le chantier est immense et les familles sont parfois exaspérées ... on peut l'admettre !

Jean-Jacques Dupuis

3 décembre 2012

Association Sortir Divya & ses Amis de l'Autisme (Lesigny 77)

A.S.D.A.A : une association à connaître. Le parrain est Laurent Savard (dessin trouvé sur le site) ...
Clique sur l'image :

association pour sortir dyvia et ses amis

30 novembre 2012

Mise au point sur le parti pris du film le cerveau d'Hugo ... Intéressant !

article publié dans Libération

Internote : en novembre, fuite des cerveaux

29 novembre 2012

Pylone

«Le cerveau d'Hugo…» (1)

Les images défilent. Portées par Beethoven. Avec l'histoire reconstituée d'un Hugo autiste pianiste asperger en fil conducteur ; empathique. Et des interviews ponctuant la fiction, alimentant la fiction, toutes filmées en plan fixe ; témoignages d'autistes verbaux, forcément, « aspies » pour la plupart, comme les aspergers aiment à ne nommer eux-mêmes (2) ; chaque témoin filmé assis sur un divan, de face, sur fond de tenture neutre, comme pour prendre déjà position en contrepied du psychanalyste et de son divan ; sur lequel on se couche.

Je me laisse aller, bercé par ce subterfuge que je connais bien : le recours à l'histoire, la narration, le storytelling, en jargon communicant, pour faciliter l'adhésion et l'attention d'un public de plus en plus saturé d'images, d'informations, de causes, de sollicitations. En délicatesse avec son affectif.

Ça fonctionne plutôt bien : l'émotion est là, forcément, et, pour ce qui nous concerne, il est étrange de se prendre au jeu de reconnaître Émilien dans quelques-uns des comportements, des habitudes, des réactions, des troubles confiés par chacun de ces témoins. Et le choc de cette verbalisation soudaine de ce que l'on croit qu'Émilen pense depuis longtemps.

Comme il doit être facile de s'approprier cette cause pour le quidam tombé là par hasard, par compassion, par curiosité sur ce docu-fiction en prime time. Je me surprends à penser que l'autisme vaut bien cela, avec une prévalence atteignant les 1 % de la population mondiale en dessous de 20 ans (3).

À grands traits, le monde de l'autisme, de l'autiste, se dessine bien. Histoire, génétique, neurologie, physiologie, perspectives, vulgarisation sur base de témoignages, gages d'authenticité. Mais, au fil des séquences, je sens venir la fin de cette fiction comme une apothéose ridicule de bons sentiments, je vois se mettre en place une apologie sans nuance des « nouvelles méthodes », et je ressens d'un coup les défauts du message proposé et de sa forme.

En reprenant systématiquement des éléments des témoignages réels, la fiction s'alourdit : elle retraduit ce qui est dit, didactique, comme si ces paroles d'autistes, mâchées, difficiles, d'une syntaxe particulière, n'exprimaient pas assez d'émotion et de violence ; comme si les larmes rentrées de certains parents n'étaient pas assez réelles pour un spectateur blasé.
Alors la fiction surenchérit, proprement, certes, mais crispante après l'heure de jeu. On le sait, on le sent : ce que joue l'acteur sera validé ensuite, et à l’inverse ce qui est proposé par le témoignage sera rejoué derrière.

Et si Hugo est poignant, souvent, son personnage perd sa crédibilité, se délite progressivement sur de petits détails ; pourquoi par exemple, l'avoir affublé d'une frange si laide ? N'a-t-on pu trouver que cela comme signes pour suggérer qu'il est différent ? Pourquoi stigmatiser artificiellement sa différence ? Le beau jeune homme asperger sur le plateau du débat prouve par lui-même que cette surenchère n'était pas nécessaire. Et Joseph, autiste docteur en philosophie, le dit : « Un journaliste m'a dit un jour que si je reste immobile, je peux passer pour normal… Si je bouge un petit peu, on peut avoir des doutes et si je prends la parole, c'est fini... » La différence, pour l'aspie, se joue là, sur ce détail-là. L'autisme est accepté tant qu'il ne se révèle pas.

Je le sentais venir, la fiction devient fausse, les acteurs ont de plus en plus de mal à vivre face aux témoignages qui montent en puissance. Et voici l'épilogue, attendu, vain, catastrophique. Pourquoi enfoncer le clou d'une réussite symbolique surjouée dans la fiction, alors que la réussite est éclatante là, sur le canapé noir, dans chacun des témoignages, yeux dans les yeux, d'autiste à spectateur. Dans l'expression de chacun de ses combats microscopiques pour avancer, apprendre, comprendre, se faire accepter, se faire aimer ; le tout dans un environnement définitivement hostile.

C'est là le danger, pour moi, et les limites de cela. Comment garder un soupçon de motivation, de compassion, quand l'histoire se termine si bien ? Qui se souviendra d'un récit qui finit si bien ? Qui va s'investir pour des êtres que l'on présente au final comme supérieurs aux autres ? Ces « énigmes vivantes », yeux brillants du présentateur émoustillé ? Qui aura envie de payer un piano à Hugo ?

Et d'imaginer, en guise de toute rémanence, le téléspectateur lambda regarder son fils en biais après l'émission et lui disant soudain avec dédain : «...Tu sais jouer du piano, toi, le neurotypique chanceux ? »

Et pour combien d'autistes l'histoire se termine-t-elle si bien ? Et qui parle là, au final ? Qui peut parler ?

Je pense à la dernière campagne de « Vaincre l'autisme » et à ce pourquoi elle m'avait déjà dérangé : c'est dit dans les intentions de campagne sur le propre site de l'asso : « C’est grâce à ce nouveau regard positif sur l’autisme de la part de la société française que la politique de santé publique évoluera profondément et que des décisions réellement impactantes seront prises. » 
Aïe ! Il faut donc donner une image positive, ébarbée, édulcorée, pour faire avancer les choses ? L'autre est-il si insensible, aussi égotique et surfait qu'il faille rendre les choses si belles pour que le don se fasse ? Pour que nos élites et concitoyens se bougent ?

Deviennent plus claires d'un coup les intentions de ces médiatisations : on focalise sur l'asperger, son monde, ses hypercompétences, parce que c'est le plus valorisant pour l'image de l'autisme, le plus « beau », le plus émouvant, là où le pire est masqué. Différents, mais si près, handicapés, mais si forts, asociaux, mais si capables.
Je voyais à l'époque se révéler la partie de slogan qui manque sur chacune des affiches:
- AUTISTE ET EN CM1,  [et en proie quotidienne à la méchanceté naturelle de l'enfant normal et au manque de moyens des structures éducatives… ]
- AUTISTE ET DIPLÔMÉ,  [et reclus, isolé, mis à l'index, dans un monde social inadapté, hostile.]
- AUTISTE ET BIBLIOTHÉCAIRE, [ et exhibée chaque jour comme un animal curieux qui connaît par coeur tous titres d'ouvrages disponibles, les auteurs, les années d'édition et quels livres sont en prêts…]
Ceci en en comprenant les intentions. Et la sincérité.

Ce cas de conscience, France Alzheimer l'a eu. Après une campagne cynique décriée, ils ont trouvé le ton juste avec une des plus belles campagnes Presse de début 2012, incitant à retourner la revue pour transformer le signe d'accompagnement en un signe de victoire. Dans une synecdoque pudique.

Je veux bien admettre et je sais que l'on n'a souvent pas d'autres choix pour faire avancer les choses que de masquer une partie du problème, d'édulcorer en appliquant une couche de communication cosmétique. Mais ce subterfuge, s'il devient monnaie courante, révèle deux failles au moins : on en oublie que le premier problème d'image est lié à un manque d'éducation de l'autre à la tolérance, ici, du handicap, de la différence. Béatifier les choses n'arrangera rien sur ce plan-là.
Et si l’on peut penser que les aspies se retrouveront dans ces tentatives médiatiques, qu’ils s’investiront, c'est sûr, dans ce rôle de faire-valoir d'une « Grande Cause », ce qui est magnifique pour eux, il ne faudra pas oublier, en tenant compte de la prévalence du syndrome d'asperger, le nombre extrêmement supérieur de familles qui resteront le bec dans leur eau trouble devant ce documentaire. Pire, qui se sentiront encore une fois mises à l'écart, encore une fois marginalisées avec leur autiste à elles, atypique, sans langage, mutique, dysphasique, dyspraxique, dysmorphique, voire épileptique, trisomique, psychotique, handicapé physique...  Les yeux écarquillés devant toutes ces méthodes suggérées miraculeuses qu'on ne leur a jamais proposé, parce que chaque autiste a son parcours, unique parce que chaque autiste est unique dans son développement et ses atteintes propres et chaque méthode spécifique.
Atterrées devant leur seule perspective : une prise en charge médicalisée, dans un lieu adapté. Au mieux, pour échapper au pire.
Alors qu'on leur serine par ailleurs qu'elles font partie d'une grande famille unifiée sous la bannière intégrative du Spectre autistique.

Il suffit de prendre en compte quelques chiffres (3) pour ressentir tout ce que l'équation autisme = asperger a de réducteur, de spécieux, voire de dangereux. La réalité, celle de 94 % d'autistes et de familles se trouve ailleurs que dans les problématiques liées au syndrome d'Asperger. J'engage les mêmes productions à repartir filmer un Centre, un Foyer, du même style que celui d'Émilien, où cohabitent 30 autistes de toutes latitudes, et une quarantaine d'encadrants de divers horizons. Sans doute n'auront-ils pas besoin d'une trame scénaristique pour traduire la détresse de ces humanités-là, la dureté des heures qui passent, la puissance des déflagrations de l'esprit, la profondeur de l'abîme de ce qu'est l'autisme au quotidien. L'autisme de base, vu du sol. Dans l'absolue majorité des cas.

Reste que tout cri est un signal fort, ceux qui ont affaire à des autistes non verbaux le savent. C'est tout le mérite de ce genre de communications ; alors, prenons-le comme tel. Louons le « Cerveau d'Hugo » et ses témoignages poignants, louons les avancées comportementalistes, organisons le plus bel enterrement à ceux qui ont maintenu pendant des décennies les mères dans leur culpabilité de maman-réfrigérateur et refaisons le monde, imaginons les mêmes tentatives d'exaltation affective avec des non-aspergers, sur les TED, les atypiques, les violents. Il y a forcément quelque part un cinéaste capable d'en tirer autant d'émotion et d'en attirer autant de compassion… et de promesses de don, l'argent restant ici aussi, par cumul de défaillances et d'hypocrisies étatiques, le nerf de la guerre.

Je repense à Sandrine Bonnaire et à son courage d'avoir filmé la vraie vie de sa vraie soeur, le trajet de sa vraie culpabilité de soeur « normale », d'avoir filmé là, sans fard, la réalité de structures bricolées, de bénévolats, de quotidiens tendus, de confrontations, de doutes, de rejet, d'ombres et de lumières. N'ayant eu besoin d'aucun scénario supplémentaire pour ouvrir de grands champs de compassion et de prise de conscience. D'aucune dorure. Un constat brut et néanmoins empathique.

Et je regarde ce blog, sa forme, ses périphrases, ses images, son audience, son rôle que j'ai toujours du mal à fixer.
Un témoignage, une histoire, vraie. Mais sans paroles. Sans sa parole. Sans son langage. C'est notre lot.

Alors je m'excuse de troubler le dithyrambe que suscite ce documentaire, sans doute suis-je désormais trop aigri.
Dans un grand doute amer, sincère, où notre seul luxe est de pouvoir allumer ou éteindre selon notre humeur, les quelques ampoules blafardes qui jalonnent notre parcours… dans les circonvolutions plastiques du cerveau d'Émilien.

Armand T.


****************


(1) Encore visible sur Pluzz ou sur YouTube

(2) C'est Liane Holliday Willey, éditrice de l'Autism Spectrum Quarterly et fondatrice de l'Asperger Society of Michigan, diagnostiquée Asperger à 40 ans qui utilise la première le terme d'aspie dans un de ses livres en 1999, "Pretending to be Normal".

(3) Rapport de la HAS - janvier 2010 - page 26

Chiffres 2009
Pour 10 000 personnes dans le monde, il y aurait : 63,7 TED (Troubles envahissants du développement),  37,1 Autistes atypiques et seulement 6 Aspergers.

30 novembre 2012

Autisme : le scandale français (débat suite au cerveau d'Hugo) sur youtube

Avec en bonus des infos sur l'action de l'une des invités : Marie-Lucile Calmettes, Présidente de l'association A Tire d'Aile (36)

Débat Présenté par : Benoît Duquesne Durée : 61mn

Résumé :
Pour faire suite à la diffusion du documentaire-fiction «Le Cerveau d'Hugo», qui raconte la vie et le parcours d'un jeune autiste et de sa famille, Benoît Duquesne propose de faire le bilan des connaissances sur cette maladie. Quelles sont les thérapies envisagées par la médecine ? Quelle prise en charge les familles peuvent-elles attendre, notamment sur le plan de l'accompagnement scolaire ? Que deviennent ces personnes une fois adultes, parfois livrées à elles-mêmes ? Sur le plateau, de nombreux spécialistes viennent éclairer cette question aux côtés d'invités qui livrent leur témoignage et leur vécu.

A voir aussi : Le cerveau d'hugo (Film de Sophie Révil) : http://youtu.be/5GORnhWzuVA

Tv express nous donne la liste des invités et pose les bonnes questions :

Autisme : Le scandale français

Réalisateur : Philippe Lallemant, Invité : Marie-Arlette Carlotti, Marie-Anne Montchamp, Frédérique Bonnet-Brilhault, Vincent Gerhards, Valentin Merou, Karina Alt, Lucile Calmettes, Présentateur : Benoît Duquesne, Société de Production : MFP

L'année 2012 serait-elle l'occasion d'entrer dans une nouvelle ère pour la cause de l'autisme en France ? C'est en tout cas ce qu'espèrent les associations de parents d'enfants atteints de troubles autistiques. Et pourquoi cette année en particulier ? Tout simplement parce qu'en 2012, ce trouble encore si mal connu a été déclaré «Grande Cause Nationale»
 
 
 
Marie-Lucile Calmettes, Présidente de l'association A Tire d'Aile (36), Référente du GPS Autisme

marie_lucile_calmettes

Tous les professionnels de l’autisme s’accordent pour constater que la formation à l’accompagnement des personnes avec autisme est soit inexistante, soit sans cohérence avec les particularités de l’autisme, soit dispensée par des organismes privés et onéreux. Le GPS a conçu un module d’une soixantaine d’heures, disponible depuis fin 2011, qui constitue le socle de compétences de base essentielles à un accompagnement approprié.

Le GPS a ensuite entrepris la rédaction d’un guide afin de définir et promouvoir les bonnes solutions d’accompagnement des adultes avec autisme, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année. Il se présentera sous forme de fiches thématiques reprenant les points clés essentiels à respecter tant sur le projet éducatif que managérial, pour un accompagnement de qualité. Ce guide est destiné à nos associations adhérentes, ainsi qu’aux ARS[1] et Conseils généraux dans la rédaction et les réponses pertinentes des futurs appels à projets. Le guide s’adaptera aussi bien aux créations nouvelles qu’aux réhabilitations de structures existantes. Il s’agit de suivre au plus près les recommandations de la HAS et de l’ANESM dans l’accompagnement des personnes avec autisme et d’éviter des solutions qui confinent parfois involontairement à une forme de maltraitance faute de moyens en adéquation avec les besoins.



[1] ARS : Agence régionale de santé

Inauguration de la Maison des Oiseaux
Discours de Marie-Lucile Calmettes, Présidente de l'association A Tire d'Aile
www.atiredaile.org

30 novembre 2012

Le cerveau d'Hugo est sur Youtube ! Look at

Docu-Fiction de Sophie Révil

Résumé :
Hugo est né avec cet handicap qu'on appelle l'autisme. Il aime se décrire comme un martien au pays des «neurotypiques», les être humains dits normaux. Ce petit garçon est une véritable énigme. Doué d'une intelligence remarquable, il est même un génie dans son domaine : le piano. Ce documentaire-fiction, avec la voix de Sophie Marceau, raconte son histoire depuis sa naissance jusqu'à ses 22 ans. C'est l'acteur Thomas Coumans qui endosse son rôle, et Arly Jover qui prend celui de sa mère. La fiction est complétée par des images d'archives, des témoignages d'enfants touchés par la maladie et ceux de leurs parents, pour retracer l'histoire de l'autisme.

La critique de Télé7 :
Ponctué de témoignages bouleversants et d'explications scientifiques passionnantes, ce docu-fiction met en lumière la difficulté pour les familles de lutter contre cette maladie. Mention spéciale au comédien Thomas Coumans, dont l'interprétation est parfaite.

A voir aussi : Autisme: Le Scandale français (débat) : http://youtu.be/Hlz55ssbwRg

29 novembre 2012

Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine

logo vaincre l'autisme

 

information publiée sur le site de Vaincre l'Autisme

Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, VAINCRE L’AUTISME n’a cessé d’agir sur tous les fronts et auprès de tous les ministères concernés par l’autisme, notamment par notre implication dans le Comité National Autisme (CNA) pour élaborer le 3e plan autisme. Nous avons à plusieurs reprises salué les initiatives et la réactivité du gouvernement à se saisir de la question épineuse de l’autisme en France. Cependant, au fil des réunions du CNA se dessinent et se confirment des perspectives contraires à l’intérêt de l’autisme et des personnes concernées.

Le gouvernement français a le devoir de se responsabiliser de la question de l’autisme et de prendre des mesures fermes. VAINCRE L’AUTISME se mobilisera en tant qu’association avant-gardiste et proactive pour l’innovation en matière d’autisme.

 

 Lettre ouverte a Mme Marisol TOURAINE et au gouvernement français

 

 CP 3eme PLAN AUTISME LE GOUVERNEMENT SE DERESPONSABILISE

 

28 novembre 2012

Autisme : le cerveau d'Hugo & débat ... signez la pétition si vous voulez que les choses changent

Une pétition pour changer les plans du plan autisme.

Conclusion du  débat télévisé : « Autisme, le scandale français »

 Aux parents qui veulent des prises en charge recommandées par la Haute Autorité de Santé, les ministres répondent  « La société n’est pas prête » : que vaut une personne autiste ?

Aucun gouvernement ne prendra « le taureau par les cornes ». Ils n’en voient pas l’intérêt  car, il faut bien le reconnaître, tout le monde se fiche bien pas mal des autistes même si ils sont 600 000, et donc le problème n’est pas un danger pour les gouvernements qui ne pensent qu’en terme d’électorat.

 

 

 

Pétition

Le prochain plan autisme est en cours de préparation : il s’annonce très mal pour les familles.

Dans ce plan, les recommandations de bonnes pratiques, on s’en tape, elles seront probablement ignorées, quant à l’inclusion, n’en parlons pas… Mais le plus alarmant dans tout cela, c’est que le gouvernement évite soigneusement d’y faire participer les familles, sauf pour recevoir leurs plaintes…

Qu’est-ce qui me conforte dans mes inquiétudes ? Et bien, par exemple, le fait que des articles sur le site du gouvernement,  en faveur de thérapies recommandées, soient brusquement retirés. Bon, malgré cette censure, on peut les consulter ici :  « École innovante »(sans doute trop ?) et  « Apprendre à apprendre » par Karina Alt, justement invitée au débat d’hier, sympa de lui retirer son interview !

 

Parce que je ne veux pas rester impuissante, j’ai créé une pétition, qui sera présentée au Sénat, le jeudi 06 décembre à l’occasion d’un colloque sur le plan autisme, colloque qui promet une belle animation de la part des parents, ça va chauffer !

http://www.petitions24.net/autismele_gouvernement_doit_changer_ses_pratiques

27 novembre 2012

Dimanche 16 décembre 2012 - Concert avec "We are ENFANT TERRIBLE"

 

 
 
Le festival des Aventuriers - Fontenay sous bois
 
dimanche 16 décembre 2012 - Concert avec "We are ENFANT TERRIBLE"
 
Espace Gérard Philipe - rue Gérard Philipe - 94120 Fontenay sous bois - 16 heures

Concert jeune public à partir de 7 ans

Jouissive explosion dénergies positives, les délices musicaux du trio lillois We Are Enfant Terrible se positionnent clairement sur le territoire des sonorités tribales du brillant groupe canadien Crystal Castles.

Mais, encore plus électronique que le crew de Toronto, nos chérubins balancent avec malice mélodies 8-bits éclatantes et beats hyperpuissants. Cette musique euphorisante, qui agit directement sur l’activation du plaisir de nos neurones, redonne au genre humain le sens de la fête. Leurs concerts suscitent des moments uniques d’épanouissement et de liberté. Au programme de ce concert jeune public à partir de 7 ans : un concentré de bonne humeur qui sera l’occasion de danser, sauter, et hurler de rire sans modération pour petits (et grands) !

Un accueil attentif sera réservé aux familles d’ enfants présentant un handicap. Ainsi toutes les émotions, tous les mouvements et toutes les agitations y seront tolérés !

Des bénévoles seront sur place.

 

L'Espace Gérard Philipe est accessible aux personnes en fauteuil. Concert debout (on peut s'assoir par terre). Bouchons d'oreilles disponibles à l'acceuil. les familles ayant un enfant handicapé entrent en 1er. Les tarifs voir le site internet à "Billeterie". Réductions pour les personnes handicapées.

Inscriptions sur le site d'Envol Loisirs : http://www.envol-loisirs.org/actualit%C3%A9s-ev%C3%A9nements/

 

27 novembre 2012

communication de l'association "Autisme Besoin d'Apprendre Isère"



Voici une information qui pourrait vous intéresser :

Le 12 décembre à 19h. aura lieu à Seyssinet dans notre centre éducatif le tremplin situé au 44 avenue de la République une conférence sur les méthodes comportementales et l’autisme.

Sur réservation au 06 13 64 41 18 (ou à fgalletti@orange.fr)

Cordialement

Françoise  Galletti



Autisme Besoin d’Apprendre Isère
(Anciennement ABA Apprendre Autrement Isère)
12 bis place de la Liberté
38400 Saint-Martin d’Hères
04 76 44 65 58 et 06 13 64 41 18
www.aba-isere.org

 

26 novembre 2012

Gray : suspicion de maltraitance sur enfants autistes

 article publié dans l'Est républicain

24.11.12 à 10h31

Manifestation lundi devant le siège de l’Adapei. Motif : une suspicion de maltraitance sur enfant à Gray, dénoncée par la direction et contestée par les salariés incriminés.

C’est à l’IME de Gray que se sont déroulés les faitsreprochés à quatre salariés. Photo ER

C’est à l’IME de Gray que se sont déroulés les faitsreprochés à quatre salariés. Photo ER

Quatre salariés de l’IME (Institut médico-éducatif) de Gray sont accusés de maltraitance par la direction de l’Adapei 70 dont dépend la structure. Ce que rend public le syndicat CGT de l’Association départementale des parents et amis de personnes handicapées mentales ainsi que « CFDT Santé sociaux Haute-Saône ». Les deux syndicats disent « Non aux sanctions à l’encontre» de ces collègues de Gray ». Dans un communiqué, ils appellent à la grève lundi 26 novembre et à venir manifester devant le siège social de l’Adapei (*). C’est début octobre que les faits ont été dénoncés au cours d’une réunion. À la suite de quoi les quatre ont retrouvé leur poste.

Lundi, une des salariés a été convoquée à un entretien. A l’issue, elle a subi «une mise à pied conservatoire». Elle a reçu sa lettre de licenciement hier. Que lui a-t-il été reproché ? D’avoir entre autre, selon Olivier Messey, délégué syndical CGT, « jeté le contenu d’un fond de verre d’eau sur un enfant. Ce que la personne en question nie catégoriquement». Ou d’avoir privé un enfant d’un célèbre assaisonnement liquide aromatisé à la viande. Il s’agit, explique le délégué syndical, « d’un travail éducatif qui consistait à amener un enfant à retrouver le goût de la nourriture en utilisant moins de cette sauce. Ce qui avait commencé à porter ses fruits ».

Un autre salarié avait rendez-vous hier pour un entretien préalable à sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

« La direction porte des accusations en terme général sans donner de faits et de dates précis », dénonce le communiqué de la CGT. « Après des démarches bâclées et à charge contre eux, l’association a entamé une procédure qui peut aboutir à leur licenciement sans même attendre une décision de justice. Les démentis des principaux intéressés ne sont pas entendus par la direction ». Le délégué évoque par ailleurs un « climat délétère qui s’est installé petit à petit entre les salariés ». Le directeur de l’IME de Gray a d’ailleurs été licencié cette semaine. Ce que confirme M e Rousselin, l’avocat de l’Adapei 70.

Lequel assure qu’il n’y a pas eu de dépôt de plainte mais « un signalement à l’autorité de tutelle, en l’occurrence l’Agence régionale de santé, conformément à la réglementation en matière sanitaire et médico-sociale ».

Dans un communiqué de presse, cosigné par la présidente de l’Adapei et le directeur général, M e Rousselin fait savoir que « l’Adapei de Haute-Saône a été amenée à engager des procédures disciplinaires au sujet de faits qui se sont déroulés à l’IME de GRAY et mettent en cause des pratiques professionnelles d’un nombre très restreint de ses salariés lors de la prise en charge d’enfants présentant des troubles envahissants du développement (exemple : autisme)».

L’Agence Régionale de Santé de Franche-Comté, autorité de tutelle de l’établissement, «a été avisée de ces faits et partage l’analyse de l’association sur leur gravité ». Ajoutant que l’Adapei de Haute-Saône «a pour mission première d’assurer la protection des personnes déficientes qui lui sont confiées».

Si elle n’entend pas commenter l’exercice du droit de grève qui relève d’une liberté constitutionnelle garantie, l’Adapei de Haute-Saône « ne peut pas admettre qu’il faille faire prévaloir la solidarité d’une équipe sur la protection des personnes qui lui sont confiées ».

Catherine GAVAND

(*)Ancien site de l’hôpital, entrée rue Baron-Bouvier.

26 novembre 2012

document audio très intéressant sur le site de la MGEN

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