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"Au bonheur d'Elise"
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23 mars 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 23 mars 2012

Le chant des Non-Psykktisans

 

Le chant des Non-Psykktisans

Hervé Bokobza, psychanalyste avant d’être psychiatre, fondateur du Collectif des 39,dont je vous laisse admirer la prose sur le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, a publié dans l’Express un article profondément révoltant: Autisme: « Les psychanalystes vont entrer en résistance ».

Je n’entrerai pas dans les détails, cet article me donne envie de vomir.

Je dirais simplement à ce monsieur que c’est fantastique d’avoir un enfant autiste quand on peut l’éduquer et lui donner les clés comportementales pour se développer, différent parmis les autres.

Ce n’est pas l’horreur, certainement pas. L’horreur c’est de laisser, lorsque l’on est médecin psychiatre, des enfants sans prise en charge efficace de leur autisme, des familles croire que l’on est le docteur, celui qui sait, alors que l’on est un ignorant, incapable de remise en question, et qui ne prend pas la peine de se tenir au courant des approches, pourtant diverses, utilisées mondialement hors des frontières hexagonales. Par simple dogmatisme psychanalytique.

Monsieur Bokobza dit que nous ne sommes qu’une petite vingtaine de forcenés à passer notre vie sur internet pour contester la psychanalyse, mais engage malgré tout ses collègues à entrer en résistance (quelle bravoure!).

Nous voudrions par cet action d’une part le soutenir dans sa guerre contre les familles d’enfants autistes, mais aussi lui signifier que, systématiquement, une armée de crocobics se lèvera et dira son mécontentement dès lors que nous serons bafoués.

Nous ne défendons ni un dogme ni un bifsteack, nous défendons les vies de nos enfants, de leurs fratries, de nos familles. C’est pour cela que nous sommes invincibles.

Voici donc un chant de Résistants (les vrais, ceux-là), remis à la sauce autistique. Nous nous sommes bien amusés à le faire (comme quoi, nous ne vivons pas dans le Rocky Horror Picture Show).

Opération Autisme Infantile

Nous vous invitons à l’envoyer au Centre Psychologique où Monsieur Bokobza est médecin directeur, le Centre Psychologique de St Martin de Vigognoul, en passant par leur formulaire de contact que vous trouverez ici:

http://www.centrepsychotherapique.com/contactnf.htm

Nous vous invitons aussi à ajouter en commentaire ce lien sur l’article de l’Express ici:

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/autisme-les-psychanalystes-vont-entrer-en-resistance_1094612.html

Enfin, les commentaires sont souvent fermés sur le blog Collectif des 39, mais j’en ai trouvé un ouvert ici (il faudra vous connecter pour laisser un commentaire en donnant un mot de passe et une adresse e-mail):

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3153&cpage=1#comment-3816

Bref, il y a de quoi s’amuser.

Pour les amateurs de karaoké, voici les paroles:

Le chant des Non-Psykktisans

Psykk, entends-tu la fin de ta profession qu’on piétine?
Psykk, entends-tu les cris de joie de nos gosses qu’on libère?
Ohé! Les parents, et tous les intervenants, c’est la fête.
Ce soir, les psykk sauront que c’est là l’heure de leur retraite.

Assaillez sans relâche de dossiers toutes les MDPH!
Insistez, exigez, que votre enfant à l’école ait sa place!
Ohé! Les orthos, plastifiez vite vos pictos, pour le PECS!
Ohé! Psykk, vraiment on s’en contrefiche si on vous vexe!

C’est nous qui ôtons les draps froids du packing sur nos gosses!
Les ateliers contes et la pataugeoire qui les cabossent!
Il est des pays où les enfants autistes sont intégrés!
Mais ici, eux vois-tu, ils sont enfermés, drogués, et brimés.

Ici les parents savent ce qu’ils veulent pour leurs gosses.
Psykk, toi qui tombes, on ne veut plus personne pour prendre ta place.
Demain, ABA, TEACCH et PECS seront légion, car on milite.
Foncez, les parents, le bonheur de vos enfants est en route.

Ami, entends-tu les cris rauques des psykk que l’on jette?
Ami, entends-tu les progrès de ton enfant qu’on éduque?

Et surtout, n’oubliez pas les paroles!

http://autismeinfantile.com/prise-en-charge/equipe-therapeutique/psychanalyse/le-chant-des-non-psykktisans/#comment-22780

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23 mars 2012

article publié dans Médiapart le 23 mars 2012

LE MONDE ET L’AUTISME : INFORMER OU MANIPULER ?

 

Ce billet a été écrit suite à plusieurs articles du journal Le Monde sur le thème de l’autisme et des récentes recommandations de la HAS sur le sujet. Suite, en particulier au plus récent d’entre eux « Moi, autiste, face à la guerre des lobbies », paru le 21 mars.

 

ENTRE PARTI-PRIS ET CONTRE-VÉRITÉS

Ce dernier article est, comme l’indique son titre, l’œuvre d’une personne qui se présente comme « autiste ». En l’ayant publié, Le Monde en rend la critique d’autant plus pénible ; mais au-delà de la gêne éprouvée face au style très « auto-centré » et à la fatuité un peu ridicule de certaines formulations [1], on ne peut manquer d’y relever un grand nombre de contre-vérités et d’affirmations péremptoires.

Intéressons-nous par exemple seulement à ce paragraphe : « La Haute Autorité de santé (HAS) a publié le 8 mars un texte influencé par le lobby anti-psychanalyse, qui affirme impossible notre réussite en visant à imposer des "interventions globales précoces" aux enfants comme ceux que nous étions. En réalité, derrière une façade d'"approche éclectique et diversifiée", ces interventions consistent en un conditionnement comportemental intensif de l'enfant à mimer des compétences. Un postulat incontournable du comportementalisme est la non-pertinence des phénomènes mentaux : il refuse donc de stimuler les compétences intellectuelles de l'enfant, lui fermant la porte d'un avenir décent. »

Si tant est que la première phrase ait un sens, le rapport, consultable ici, n’affirme nulle part « impossible (la) réussite (des autistes) ».

Quant aux deux autres phrases, elles trahissent surtout l’ignorance crasse de l’auteur à propos des TCC, sur lesquelles il n’a visiblement que des idées reçues [2]. Comment affirmer, en effet, que les interventions se réclamant de ces méthodes consistent à « mimer des compétences » et qu’un de leurs « postulat(s) » est la « non-pertinence des phénomènes mentaux » (si tant est, là encore, que cette expression ait un sens) ?

On pourrait aisément objecter à l’auteur qu’au-delà de ses jugements personnels, le dossier des études portant sur l’efficacité des TCC dans le domaine de l’autisme est étoffé (voir par exemple les deux revues Cochrane ici et ), alors que celui de la psychanalyse reste désespérément vide [3]. Et que l’efficacité des interventions TCC est donc un fait, même si, un peu à la manière d’un « expert » qui nous expliquerait que le Titanic n’a pas coulé parce que « c’était impossible », notre auteur cherche à nous expliquer pourquoi elles ne devraient pas « marcher ».
On pourrait, en d’autres termes, lui rappeler qu’en science, le monde des faits prime sur le monde des idées.

Mais surtout, si, comme moi, Le Monde avait pensé à l’interroger, le Pr. Scania de Schonen aurait répondu ceci (en majuscules : souligné par moi) : « Les techniques comportementales ne sont efficaces que PARCE QUE LES ACTIVITES MENTALES DE L'ENFANT AVEC AUTISME SONT MOBILISABLES. Par exemple quand on enseigne à un enfant avec autisme à faire une action en réponse à une situation, on veille à ce que cette action SE GENERALISE A D'AUTRES SITUATIONS PERTINENTES ET S'ADAPTE EN FONCTION DES VARIATIONS DE CES SITUATIONS. Concrètement, on change donc une ou deux fois la situation (parfois plus), on aide à adapter l'action, puis on fournit d'autres situations plus ou moins semblables, et on vérifie que l'enfant généralise ce qu'il a appris aux situations pertinentes et ne généralise pas aux situations non pertinentes. Cette généralisation IMPLIQUE QUE L'ENFANT RECONNAIT LES DIVERSES SITUATIONS COMME AYANT DES POINTS COMMUNS et qu'il détecte les aspects de son action qu'il faut modifier pour s'adapter. Cela s'appelle de la catégorisation et peut se faire a des niveaux DE PLUS EN PLUS ABSTRAITS. Autrement dit, L'INTERVENTION COMPORTEMENTALE S'APPUIE SUR LES ACTIVITES MENTALES sinon elle n'aurait jamais obtenu aucun résultat. Penser aussi à ce qu'il faut que le très jeune enfant comprenne dans les situations où on lui enseigne a diriger son attention vers autrui. IL NE SERVIRAIT A RIEN D'ENSEIGNER A FAIRE ATTENTION DANS UNE SEULE SITUATION ET A UNE SEULE PERSONNE (cela serait du dressage).
Il me semble que ces processus de généralisation déclenchés, mais non créés (car le processus de généralisation fait partie des facultés de l'enfant), par la technique d'enseignement montre bien qu'il ne s'agit pas d'un dressage. »

La position choisie par Le Monde relève donc largement du parti-pris.

TOUS LES AUTISTES SONT TITULAIRES D’UNE THÈSE DE DOCTORAT !

TOUS ? NON : SEULEMENT CEUX QUI ONT EU LA CHANCE D’ÉCHAPPER À ABA !

C’est d’autant plus préoccupant que le journal n’en est pas à son coup d’essai. Le Monde, qui a toujours défendu la psychanalyse au-delà de toute raison, se trouve sans doute aujourd’hui, face aux remises en cause « multimodales » [4] dont elle est l’objet et que, tout à son aveuglement, il n’a pas du tout anticipées, dans une situation classique de dissonance cognitive. Il est naturel qu’il cherche à la réduire, mais les lecteurs doivent savoir que ceci a lieu au détriment de la qualité de l’information.

Comment par exemple ne pas être interloquéspar la façon dont Le Monde avait, quelques jours auparavant, instrumentalisé les positions de Laurent Mottron ? Le journal avait en effet titré « Autisme : une mise en garde contre la méthode ABA » un article du chercheur canadien. Le Monde ayant choisi de traiter le problème de la controverse actuelle (à propos de l’autisme) avec une grille de lecture « guerre des psys – comportementalistes vs. psychanalystes », un tel titre laissait penser que Laurent Mottron était favorable à l’approche psychanalytique… alors qu’il n’en était rien, ce que l’intéressé précisait… dans l’article lui-même ! On a beau se dire qu’en matière de « tromperie par le titre », les défenseurs de la psychanalyse avaient de « glorieux » précédents [5], il est à craindre qu’avec de tels procédés, le lecteur pressé ait tôt fait de penser que tous les autistes sont (ou pourraient, que dis-je, devraient être) tous titulaires d’une thèse de doctorat… à l’exception bien sûr de ceux qui ont eu la malchance d’avoir des parents qui leur ont imposé des méthodes comportementales ! 

Comme si cela ne suffisait pas, l’article en rajoute encore dans la culpabilisation des parents en accusant ceux qui recherchent ces méthodes (au prix, faut-il le rappeler, d’un véritable parcours du combattant dans notre pays) de vouloir des « enfants parfaits ».  On trouve ainsi cette phrase où l’auteur semble content de lui en comparant la situation des autistes à celles des sourds : « Les implants cochléaires, outre qu'ils répondent au « désir d'enfant parfait » des parents d'enfants sourds, favorisent les intérêts des chirurgiens ORL ». Notre autiste thésard devrait réfléchir au fait que dans une société fondée sur le profit, des intérêts vont forcément être « favorisés », quelle que soit la valeur de la méthode utilisée. Si des parents (parce qu’ils veulent un enfant « imparfait » ?) consultent un psychanalyste, ils vont « favoriser son intérêt » : en quoi ceci nous dit-il quelque chose sur la validité de telle ou telle méthode ?

Le jour où Le Monde décidera, sur ce sujet, d’informer ses lecteurs au lieu de les manipuler, il lui sera loisible d’interroger quelques parents incriminés. Voici quelques réactions, glanés sur un célèbre « réseau social », qu’il pourrait alors recueillir, permettant ainsi aux lecteurs en question de percevoir d’autres enjeux :

« C'est toujours blessant de lire que chercher à éduquer avec des méthodes qui nous semblent adaptées, c'est dresser ! »

« C'est la dialectique habituelle de certains Asperger qui ne se rendent pas compte que beaucoup d'autistes n'ont pas la chance de pouvoir s'exprimer verbalement dès le plus jeune âge... »

« Oui il est très blessant cet article. Enfin, c'est ainsi que je le ressens et mon petit Martin est loin d'avoir la capacité verbale et l'autonomie qu'a sûrement cette personne et que je souhaite à tous. C'est très dur d'être égoïste comme ça ! »

« Il me semble en plus que nous sommes plus dans le "désir" d'apporter le mieux possible à nos enfants plutôt que des parents dans un désir d'enfant parfait" (sic). D'autant que je n'entends pas bien cette expression, qui est pour moi pur fantasme... »

« Le Monde a déniché un gars pour mettre dos à dos les psychanalystes et les parents, comme si nous étions en présence de deux forces équivalentes. »

« Et si je suis né avec une jambe trop courte, une prothèse qui m’aide à marcher fait de mes parents des frustrés de l’enfant rêvé parfait et les complices des orthopédistes qui en vivent ? »

Que dire de plus ? Rien. Ou plutôt si, une dernière chose « avec Internet, nous pouvons tout à fait nous passer du Monde pour avoir une information de qualité. Et c’est tant mieux ! »

 

NOTES :

[1] comme par exemple « notre expérience montre » ou ces « théories dont nous avons démontré l'invalidité » : on peut se demander sérieusement qui est ce mystérieux « nous » et dans quelle revue scientifique à comité de lecture on peut trouver ce qu’il a « démontré » ; 

[2] Il est vrai qu’il en est de même de la collaboratrice (et, pour ainsi dire, responsable de la rubrique « psychanalyse ») du journal,  Elisabeth Roudinesco ; ainsi, dans un article où elle se réjouissait de la mise à l’index du rapport de l’Inserm (de 2004, sur l’évaluation des psychothérapies, rapport qui concluait, pour faire court, à l’inefficacité de la psychanalyse) par le ministre Douste-Blazy, on pouvait lire : « A vouloir médicaliser à outrance l’existence humaine, on tombe dans le ridicule comme le font certains comportementalistes qui prétendent guérir des phobies en trois semaines en obligeant un patient qui redoute les araignées à plonger sa main dans un bocal rempli d’inoffensives mygales » !!!

[3] Sans compter, on l’oublie trop souvent, qu’un élément est déterminant dans l'évaluation d'un traitement : l'acceptabilité. Manifestement les familles n’acceptent pas (ou plus) la psychanalyse.

[4] au sens où ces remises en cause viennent de champs aussi divers que la psychologie, la neurologie, l’histoire, la sociologie, l’ethnologie…

[5] Les décideurs culturels hexagonaux sont, pour la plupart, dans un tel état de sidération lorsque la psychanalyse est l’objet de critiques qu’ils essaient par tous les moyens de les cacher. Ainsi, lorsqu’ils ne peuvent empêcher la parution en français d’un ouvrage étranger critique sur la psychanalyse, certains tentent parfois d’en atténuer la portée en modifiant considérablement son titre. C’est comme cela que l’ouvrage Freud, Biologist of the Mind, Beyond the Psychoanalytic Legend de Frank Sulloway* est devenu Freud, biologiste de l’esprit**. La mention « au delà de la légende psychanalytique » a mystérieusement disparu. Quant à Why Freud Was Wrong : Sin, Science and Psychoanalysis de Richard Webster***, il s’est mué en Le Freud inconnu, l’invention de la psychanalyse****. Pas question de laisser celui qui ne verrait que les titres associer « psychanalyse » et « légende » ou imaginer que Freud a pu se tromper !
C’était en tous cas la situation qui a longtemps prévalu, même si, dans les 10 dernières années, elle a un peu évolué, la psychanalyse perdant inexorablement de son pouvoir (voir « 10 ans de science et de liberté d'expression face à la psychanalyse »).

* New York, Basic Books, 1979.

** Fayard, 1981.

*** New York, Harper Collins / Basic Books, 1995.

**** Exergue, 1998.

http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-racca/230312/le-monde-et-l-autisme-informer-ou-manipuler

23 mars 2012

information publiée sur le portail du gouvernement

Le 2 avril a lieu la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Elle vise à informer le grand public sur ce trouble envahissant du développement (TED). À cette occasion, zoom sur le plan Autisme 2008-2011 mis en place par le Gouvernement.



L'autisme est une réalité, le handicap touche 1 personne sur 150 dans le monde. En dix ans, le taux de prévalence des naissances est passé de 1 pour 2000 à 1 pour 150. La France compte 430 000 personnes atteintes d'autisme, dont 108 000 enfants. Le plan Autisme 2008-2011, mis en place par le Gouvernement, met l'accent sur l'augmentation des capacités d'accueil en établissements et services, sur la diversification des méthodes de prise en charge et sur le dépistage précoce.

La Journée internationale de l'autisme, via ses nombreuses manifestations, est l'occasion de mettre en lumière ce trouble envahissant du développement (TED) dont le grand public n'a qu'une connaissance approximative.

Un sondage pour Autisme France et Autistes sans frontières sur la "Connaissance et la perception de l'autisme" révèle que cette maladie d'origine neurobiologique est encore largement associée à un handicap mental tant auprès du grand public que des médecins alors que le document sur l'état de connaissance de l'autisme et des TED, publié en janvier 2010 par la Haute Autorité de santé (HAS), souligne "le consensus de plus en plus large sur la nature neurodéveloppementale des TED."

Autre enseignement du sondage, pour une majorité de personnes, "le repli sur soi et l'impossibilité de communiquer avec son entourage" constituent les principaux symptômes des personnes autistiques. Cette vision partielle du handicap est préjudiciable à un dépistage fiable permettant de garantir aux enfants autistes une prise en charge adaptée et efficace. Dépister, c'est le thème de la campagne lancée, ce 2 avril, par Autisme France et Autisme sans frontières.

 

Photo : Philippe Huguen/AFP
Photo : Philippe Huguen/AFP

La Haute Autorité de santé (HAS) a insisté sur l'importance de la précocité du dépistage et du diagnostic. L'amélioration du diagnostic est la pierre angulaire du plan Autisme 2008-2011.
Lire l'article


Photo : Béatrice Bolling
Photo : Béatrice Bolling

Intégrer les enfants autistes en milieu scolaire ordinaire reste un objectif prioritaire des pouvoirs publics, toutefois le large spectre des troubles des enfants atteints par la maladie ne permet pas d’établir une unique solution éducative pour tous. Des structures adaptées existent.
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Photo : Philippe Huguen/AFP
Photo : Philippe Huguen/AFP

Aba, Teacch, Pecs, autant de sigles pour autant d'approches de prise en charge de l'autisme. Mais si les méthodes diffèrent, l'objectif est commun : donner toutes les chances à l'enfant d'acquérir les comportements relationnels et sociaux. Une volonté des familles et des associations prise en compte dans le plan Autisme 2008-2011.
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http://www.gouvernement.fr/gouvernement/journee-internationale-de-sensibilisation-a-l-autisme-mieux-connaitre-la-maladie

23 mars 2012

article publié dans La dépêche.fr le 21 mars 2012

Publié le 21/03/2012 09:11 | La Dépêche du Midi

Agen. Deux journées pour changer le regard sur l'autisme

santé

Depuis sa création, l'association « Planète Autisme », présidée par la sympathique Laurence Franzoni, s'emploie à faire connaître précisément l'autisme et ses troubles apparentés en organisant de nombreuses conférences et différentes formations. L'association s'occupe aujourd'hui de plus de 30 enfants et propose au quotidien une prise en charge « psycho-éducative », qui reste selon la vice-présidente Nathalie Bongibault « le cœur de son activité ».

L'année 2012 est une année particulière pour l'association puisque le gouvernement a attribué à l'autisme le label de « grande cause nationale». Une bonne nouvelle pour «Planète autisme» qui veut en profiter pour sensibiliser l'opinion.

Recevoir pour agir

Plusieurs manifestations sont prévues à la fin du mois. Le 30 mars, à 20 h 30, une table ronde « Quand la science dépasse les pratiques » est ouverte au public à la faculté du Pin. Plusieurs intervenants de qualité comme la sénatrice Valéry Létard, la neuropsychologue Evelyne Arti, le vice-président de l'ARAPI Patrick Chambres ou le psychologue du CERESA Jean-Baptiste Debray livreront leurs analyses éclairées.

Le lendemain, de nombreuses animations seront proposées. Une tombola est organisée au Géant Casino de Boé tandis que de nombreux ateliers de cirque et de maquillage prendront, de 14h à 17h, leurs quartiers place Wilson. Une bonne occasion de soutenir l'association, «qui lutte en permanence pour trouver des fonds» .

Tous concernés

Dans la soirée, un magnifique spectacle intitulé « Le Bal des pompiers » est organisé au théâtre Ducourneau par le Rotary Club Agen Garenne. L'humoriste Laurent Savard y présentera dès 20h30 un one-man-show « rempli d'humour et d'émotion» sur l'autisme, étant lui-même père d'un enfant atteint de ce handicap. Le spectacle, encensé par la critique, vise à interroger le public sur le concept de «différence» tout en mettant le feu à certains préjugés qui n'ont pas lieu d'être.

Laurence Franzoni espère que ces différents événements aideront à changer le regard sur l'autisme « qui est un handicap et non pas une maladie ». Aujourd'hui, « plus d'un enfant sur 100 est atteint d'autisme, c'est énorme. Il faut faire évoluer les mentalités ». Un avis partagé par Jean-Paul Nouhaud, le président du Rotary Club, qui attend des Agenais qu'ils se déplacent en nombre pour montrer leur soutien, «car nous sommes tous un jour ou l'autre touchés par la différence». C.G

http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/21/1311389-deux-journees-pour-changer-le-regard-sur-l-autisme.html

23 mars 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 18 mars 2012

Quid des AVS? Réflexions sur la façon de valoriser leur métier

S’il y a un métier essentiel à la scolarisation de nos enfants autistes, c’est bien le métier d’Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS).

Sans elles (ou eux, mais la plupart sont des femmes), l’intégration de nos enfants dans la classe est peu probable.

Quel est le travail d’une AVS? Le site d’Asperansa nous en donne une bonne description:

  • Rassurer l’enfant, le tranquilliser en cas de panique ou de crise d’angoisse. Le valoriser quand il réussit, et dédramatiser ses échecs.
  • L’aider dans l’organisation de son travail (rangement, méthode), le recentrer sur sa tâche lorsque les stimulis extérieurs l’empêchent de se concentrer, ou que l’enfant est a-contextuel dans son discours.
  • Décomposer les consignes trop longues, reformuler les consignes orales (par exemple lorsque l’instituteur s’adresse au groupe).
  • Prendre des notes à la place de l’enfant quand il est fatigué ou quand il a des difficultés graphiques importantes, surtout dans les petites classes (CP, CE1…).
  • Prévenir l’enfant des changements à venir.
  • L’accompagner à la bibliothèque ou dans un lieu calme lorsqu’il est fatigué, saturé, ou que la récréation est bruyante.
  • Le mettre en lien avec d’autres enfants, l’enfant Asperger ayant souvent envie d’avoir des amis, mais ne sachant pas comment procéder, garder un oeil « bienveillant » sur lui afin qu’il ne soit pas un souffre-douleur pendant les récréations.

L’AVS ne doit bien évidemment pas faire le travail de l’enfant à sa place, mais l’assurer de son indéfectible soutien. Un enfant autiste ou Asperger qui se sent en sécurité, apprécié et valorisé à toutes les chances de bien réussir à l’école.

Nous sommes tous conscients du fait qu’elles sont essentielles et irremplaçables. Malheureusement, la plupart ne sont ni formées, ni valorisées par un salaire correct, et leur emploi est précaire car soumis à des renouvellements.

Quand on sait qu’une AVS qui fait bien son travail est un véritable tremplin pour nos enfants autistes, c’est inadmissible qu’on ne leur fournisse pas:

  • la sécurité de l’emploi: mon enfant ne cessera pas d’être autiste à la fin de l’année, il aura probablement besoin d’être accompagnée pendant toute sa scolarité,
  • un véritable salaire: le métier d’AVS est difficile, il faut de la motivation, de l’énergie, de l’ingéniosité, pour réussir à suivre nos enfants durant la journée,
  • des formations: évidemment, elles ne peuvent pas se former à tous les handicaps à la fois, mais une fois qu’elles sont attribuées à un enfant, il faudrait qu’on leur permette d’en apprendre plus sur son handicap. Les CRA font des formations, les parents cherchent à aider les AVS le plus possible, mais cela reste du bricolage, fait la plupart du temps sur leur temps personnel.

Après avoir été un peu mécontente lorsque Matthieu avait été suivi par une EVS (voir ici l’article très vrai de Béatrice: EVS, AVS, et pourquoi il faut faire respecter à la lettre les notifications MDPH), je vois ce qu’une AVS motivée et engagée peut apporter à mes enfants.

Nous en discutions l’autre jour, et il est vrai qu’à part quelques pétitions par-ci par-là, on ne voit pas beaucoup de mouvement pour aider à valoriser le métier d’AVS.

Alors, chère communauté d’Autisme Infantile, dites-nous tout! Que faites-vous pour l’AVS de votre enfant? Voici quelques idées:

  • Évidemment, militer auprès de la MDPH pour avoir un maximum d’heures d’AVS pour que votre enfant soit scolarisé – à temps plein quand c’est possible.
  • Se mettre en contact chaque année avant les vacances d’été avec l’Inspection Académique et demander à ce que l’AVS avec qui votre enfant s’entend bien et progresse soit celle qui soit embauchée et mise à nouveau avec lui pour l’année suivante.
  • Contacter vous-même le CRA le plus près de chez vous (attention: tous les CRA ne se valent pas, renseignez-vous avant) pour qu’une formation et un suivi (gratuits) soient proposés à l’école.
  • Très important aussi: lui dire que vous appréciez le temps passé et le travail fourni pour faire progresser votre enfant. Je ne manque pas une occasion de dire aux AVS de mes enfants qu’elles sont formidables.

Et ensuite, on fait quoi? D’ici la fin de l’année scolaire, cela doit faire partie de nos opérations Autisme Infantile, alors réfléchissez tous et proposez dans les commentaires de l’article des pistes d’action qui pourraient être intéressantes.

http://autismeinfantile.com/prise-en-charge/scolarite/quid-des-avs-reflexions-sur-la-facon-de-valoriser-leur-metier/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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23 mars 2012

interview du Dr RAYMOND en date du 28 septembre 2011

Dr Philippe RAYMOND– médecin généraliste, membre du groupe « Chronimed »
mené par le prix Nobel Luc Montagnier.
Date : 28 septembre 2011

http://association-autisme.e-monsite.com/medias/files/interview-collectif-autisme-dr-ph-raymond.pdf

23 mars 2012

article publié sur la page facebook de Jean Cottraux le 22 mars 2012

La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme. Douze idées reçues séduisantes…mais sans preuves

par Jean Cottraux, jeudi 22 mars 2012, 20:07 ·

  

KOllectif du 7 Janvier

Ont participé à l’élaboration de ce document (par ordre alphabétique)

  • Jean Cottraux | Psychiatre honoraire des hôpitaux, HDR, ancien chargé de cours Université Lyon 1
  • Nicolas Gauvrit | Cognitiviste, Université Paris VII
  • Franck Ramus | Directeur de recherche, CNRS
  • Scania de Schonen | Directeur de recherché émérite, CNRS
  • Jacques Van Rillaer | Professeur émérite de Psychologie

 

La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme.  

Douze idées reçues séduisantes…mais sans preuves

 

Idée reçue numéro 1 : « Une approche non psychanalytique ne permet pas de prendre en compte la singularité du sujet. »

Agnès Aflalo, Questionnaire et scientisme.

➛Les TCC ont publié des milliers d’études de cas (où des sujets singuliers sont décrits avec précision), montrant leur intérêt pour le sujet particulier.

➛La requête Google Scholar "cognitive behavioral therapy" +"case study" donne 6730 résultats depuis 2000. À titre de comparaison, la requête +"psychoanalytic therapy" +"case study" donne 1010 résultats sur la même période.

➛Les psychanalystes ont souvent une vision caricaturale des méthodes thérapeutiques non-psychanalytiques, pensant qu’il s’agit de protocoles figés déroulés indépendamment du sujet.

 

Idée reçue numéro 2 : « Dans l'autisme, rien n'est validé, tout fonctionne si on met le paquet. » Bernard Golse, cité par Eric Favereau dans Libération du 13/2/12

1. Il existe des méthodes validées 

➛De nombreuses études cliniques ont montré l’efficacité des méthodes ABA, TEACCH, ainsi que d’autres méthodes apparentées.

➛Elles ont été synthétisée récemment par la Haut Autorité de Santé (HAS, 2012)

Certains psychanalystes refusent de considérer ces publications comme valides, affirmant que les méthodes testées n’améliorent que les « symptômes » alors que la psychanalyse traiterait les « causes profondes »

2. Travaux sur les TCC dans l’autisme

  • 28 études publiées à date de 2010
  • Une méta analyse récente positive sur l’ABA. Ortega (Clinical Psychology Review, 2010): 22 études dont 14 avec groupe contrôle et 8 intra groupe.
  • Validation par agences d’évaluation
  1. HTA Health Technology Assessment. Alberta Heritage Foundation for Medical Research (UK,2001)
  2. Cochrane Collaboration (UK, 2002)
  3. Rapport INSERM Trois psychothérapies évaluées (France, 2004)
  4. Institut de Santé San Carlos III (Espagne, 2006)
  5. NHS : National Health service; Scottish Intercollegiate Guidelines Network  (UK, 2007)
  6. Pediatrics ( USA, 2007)
  7. NAC : National Autism Center (USA, 2009)
  8. HAS (France,2012)

3. Sélection d’études de haute qualité sur les TCC dans l’autisme : HAS (2012)

  • Dix-huit études: UK, Irlande, Norvège, USA
  • Publiées entre 2000 et 2010
  • Tester l'efficacité et la sécurité d'interventions comportementales globales
  • 305 enfants versus 315 pour les groupes de comparaison
  • âgés entre 22 mois et 9 ans selon les études
  • troubles autistiques, avec un Quotient de développement faible ou un QI inférieur à 75 (très souvent
  • 15 études montrent un progrès significatif, cliniquement identifiable chez au moins 45% des cas.

4.Rapport HAS 2012 : preuves d’efficacité

  • Le programme ABA: Applied Behavioral Analysis (grade B)
  • Le programme développemental de Denver (grade B)
  • Le programme « traitement et éducation pour enfants avec autisme ou handicap de la communication » : TEACCH (grade C).
  • Prises en charge intégratives de type thérapie d’échanges et de développement (TED) jugées appropriées selon un accord d’experts
  • Intervention fondée sur une approche développementale, intégrant des principes neurophysiologiques et de rééducation

5. Toutes les méthodes ne sont pas validées

  • De nombreuses méthodes ne sont pas scientifiquement validées. On ne peut donc pas affirmer qu’elles sont toutes efficaces.
  • Pour l’autisme, la psychanalyse n’apporte aucune preuve d’efficacité clinique.
  • Les théories à la base de la pratique psychanalytique ne sont pas non plus validées.
  • De nombreux psychanalystes prétendent qu’ils n’ont pas besoin de publications scientifiques, puisque la pratique quotidienne leur « montre » l’efficacité de la psychanalyse.
  • Pourtant, on a montré que les cliniciens se leurrent souvent sur leurs pratiques. Par exemple, les médecins ont pratiqué la saignée pendant 2000 ans en croyant observer des effets bénéfiques.

 

Idée reçue numéro 3

« Seule la psychanalyse, grâce à la notion de (contre-)transfert, permet d'établir une véritable relation thérapeutique. »

La psychanalyse n’a pas le monpole de la relation

➛Les psychologues de toutes obédiences ont appris l’importance de l’alliance thérapeutique, de la collaboration et de la prise en compte de l’autre mais aussi de soi-même. Cela fait parti de tout cursus universitaire de psychologie.

➛En revanche, les notions de transfert et de contre-transfert sont proprement psychanalytiques. Il s’agit de spéculations sur la manière dont les fantasmes du patient influencent ceux du thérapeute et réciproquement au cours de la cure psychanalytique.

➛Les psychanalystes affirment que, parce que la théorie du (contre-)transfert  se fonde sur une grille d’interprétation freudienne, ceux qui rejettent cette grille rejettent aussi la prise en compte de la relation entre le patient et le thérapeute.

 

Idée recue numéro 4

Exemple : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3210

1. La psychanalyse n’a pas fait ses preuves

➛Les tentatives d’évaluation scientifique de la psychanalyse sont pour la plupart récentes, et se sont le plus souvent soldées par un échec. Pour l’autisme, aucune ne montre une efficacité de la psychanalyse supérieure à d’autres traitements.

➛sur PubMed (moteur de recherche scientifique) on trouve 38 articles de psychanalyse sur l'autisme publiés entre 1969 et 2011. Ces articles sont purement théoriques. Aucun ne présente une preuve d'efficacité.

➛Lorsque les psychanalystes disent que leur discipline a « fait ses preuves », ils veulent dire qu’elle a survécu pendant ce laps de temps ; mais croire qu’une théorie qui perdure (comme l’astrologie ou la voyance) est forcément juste est une erreur.

2. Les psychanalystes le savent

➛En 2002 l’Association Internationale de Psychanalyse reconnaissait dans son rapport que la psychanalyse n’avait pas encore fait ses preuves au sens scientifique du terme. 

➛Les auteurs (Fonagy et al., 2002, p. 311) écrivaient en effet ceci dans la conclusion du rapport : « Il n’y a pas d’étude qui permette de conclure sans équivoque que la psychanalyse soit efficace par rapport à un placebo actif ou à une autre forme de traitement. »

http://capa-sevilla.es/app/download/3506115302/open+door.pdf

➛Si les psychothérapies psychanalytiques ont pu produire des arguments d’efficacité pour les troubles de la personnalité, le dossier de la psychanalyse est vide lorsqu’on parle d’autisme.

 

Idée reçue numéro 5

« Seules les dictatures avaient osé interdire la psychanalyse. » « L’Allemagne nazie a interdit la psychanalyse. »

Exemple : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3210

 1.    Les nazis n’ont pas interdit la psychanalyse

Les Nazis n'ont pas interdit la psychanalyse mais l'ont « aryanisée » au sein de l’institut Göring. Ernest Jones, disciple anglais de Freud, et Carl Gustav Jung, participèrent à cette organisation.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_Göring

➛Ces faits historiques sont reconnus, y compris par les défenseurs de la psychanalyse comme Elisabeth Roudinesco.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung

➛Il est vrai que dans l’Allemagne nazie les juifs n’avaient pas le droit d’exercer la psychothérapie, et beaucoup durent s’exiler. Pourtant, la psychanalyse en tant que telle n’a pas été interdite.

2.    La Suède a prohibé la psychanalyse

➛En Suède,  la psychanalyse n’a plus sa place ni dans l’enseignement de la psychologie, ni dans les hôpitaux – notamment dans le suivi des enfants avec autisme.

➛En 2009, l’International Forum of Psychoanalysis publiait un éditorial mécontent sur cet état de fait.

http://www.pep-web.org/document.php?id=ifp.018.0131a

➛L'accusation d'antisémitisme ou d'alliance avec l'extrême droite n'est qu'une stratégie rhétorique employée par certains psychanalystes pour tenter de discréditer leurs détracteurs sans avoir à répondre sur le fond aux critiques.

 

Idée reçue numéro 5

« La psychanalyse n’est pas évaluable scientifiquement. »

Jacques-Alain Miller, 22/09/05, Le Point, p.80.

1. La psychanalyse est évaluable

➛La plupart des psychanalystes affirment que la psychanalyse est efficace, en se fiant à ce qu’ils voient chaque jour ou aux témoignages des patients.

➛Si cet argument est recevable, cela signifie qu’un psychologue, ou un patient, est capable de sentir, d’une manière ou d’une autre, s’il y a eu amélioration. Dans ce cas, l’évaluation de la psychanalyse est simple : il suffit de demander à plusieurs psychologues (ou patients) qui ne savent pas quelle thérapie a été utilisée si le patient va mieux.

➛Il y a donc une contradiction entre l’affirmation que l’on peut « voir » ou « sentir » l’efficacité de la psychanalyse et celle qu’elle n’est pas évaluable. Aussi certains psychanalystes considèrent-ils que le but de la psychanalyse n’est pas d’améliorer l’état du patient…

2. La psychanalyse est évaluée

➛Une des premières évaluations scientifiques de la psychanalyse date de 1941 – par Knight. Depuis, il y en a d’autres, mais aucune ne conclut à une efficacité supérieure de la psychanalyse ou de ses dérivés par rapport à une autre thérapie.

➛Depuis, de nombreux travaux ont abouti à des conclusions d’inefficacité, y compris le rapport de l'International Psychoanalytical Association. Les thérapies analytiques brèves ont pour indication seulement les troubles de la personnalité.

Cottraux, J. (2011). Choisir une psychothérapie efficace, Odile Jacob.

➛Beaucoup de psychanalystes considèrent que l’évaluation scientifique est complexe et inutile. Pour d’autres, l’affirmation que la psychanalyse n’est pas évaluable est une position de repli.

 

Idée reçue numéro 7

« Les neurosciences ont permis de confirmer scientifiquement la théorie freudienne de l’inconscient. »

Exemple : Emission La tête au carré du 25 février 2012, France Inter

L’inconscient des neurosciences n’est pas l’inconscient freudien

Les neurosciences confirment l’existence de processus inconscients, sur lesquels psychanalystes et psychologues scientifiques s’accordent.

➛Aucune publication scientifique ne démontre que l’inconscient provient au niveau individuel du refoulement par le complexe d’Œdipe, et au niveau phylogénétique d’un refoulement originaire lié au meurtre du père et au cannibalisme,  comme le soutient Freud dans Totem et Tabou (1912).

➛Les psychanalystes font souvent l’amalgame entre l’affirmation fausse que les neurosciences confirment la psychanalyse et l’affirmation vraie que les neurosciences valident la notion de processus inconscient.

 

Idée reçue numéro 8

La psychanalyse est une alternative aux psychotropes, alors que les TCC sont pilotées par l’industrie pharmaceutique. »

Exemple : Sophie Bialek et Pierre Sidon, « Le Figaro, porte parole des TCC »

 1.    Des psychanalystes prescrivent des psychotropes

➛Les psychanalystes psychiatres, en tant que médecins, ont la possibilité de prescrire des psychotropes, et ne s’en privent pas.

➛Dans la pratique, il s’avère que dans la plupart des cas, le psychanalyste-médecin préconise une prise de psychotropes en complément de la « cure », comme le montre une étude de Donovan et ses collègues (1995) sur le sujet.

http://www.bdsp.ehesp.fr/Base/114443/

➛Le rejet des psychotropes par les psychanalystes est théorique ; ils savent s’adapter dans la pratique, et n’hésitent pas à prescrire un antidépresseur lorsque le besoin s’en fait sentir.

2.    Les TCC permettent d’éviter la prise de psychotropes

➛Les praticiens TCC, loin d’être des prescripteurs systématiques de psychotropes, proposent souvent des thérapies qui sont des alternatives aux drogues. La Haute Autorité de la Santé préconise ainsi dans le cas des trouble anxieux généralisé, les TCC pour éviter la prise de médicaments.

➛On peut lire page 12 du guide des psychotropes : Les psychothérapies structurées, en particulier les TCC […] doivent être, […] privilégiées par rapport aux traitements médicamenteux.

http://www.reseau-pic.info/medicaments/Guide/guide.pdf

➛Certains psychanalystes utilisent la mauvaise image de l’industrie pharmaceutique pour tenter de décrédibiliser tous leurs opposants en les accusant d’être asservis à cette industrie.

 

Idée reçue numéro 9

« La psychanalyse est complémentaire des autres approches,

il faut une approche intégrative. »

Exemple : Marie-Noëlle Clément, Le Monde, 6/3/2012

 1.    Le dossier de l’approche intégrative est vide

➛Les thérapies familiales, la thérapie interpersonnelle, ou les TCC ont scientifiquement montré une efficacité durable. Dans aucun des mille essais analysés dans le rapport  INSERM (2004) la psychothérapie analytique n’apparaît supérieure aux autres formes de thérapie.

➛Les études de combinaison psychanalyse avec une autre thérapie n’existent tout simplement pas. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’une approche intégrative soit meilleure que les thérapies efficaces connues.

Les psychanalystes s’appuient ici sur le « sophisme du juste milieu », cette idée fausse que nous avons souvent que la bonne solution est toujours une position intermédiaire entre les points de vue opposés.

2.    Les approches sont contradictoires

➛Les approches psychanalytiques et les autres formes de psychothérapie ne pourraient être complémentaires que si elles n’étaient pas contradictoires.

➛L’approche psychanalytique considère que l’enfant autiste comprend, mais refuse la relation. Aussi doit-on lui parler normalement, pour mettre des mots sur son refus.

➛Les approches modernes considèrent que l’enfant ne refuse pas la communication, mais n’arrive pas à communiquer. On ne peut donc pas lui parler normalement : il faut lui apprendre à communiquer.

➛En préconisant aujourd’hui une approche intégrative, les psychanalystes veulent « sauver les meubles » par quelques concessions à la science, mais deux approches contradictoires ne peuvent être « complémentaires ».

 

Idée reçue numéro 10

« La fin de la psychanalyse serait la fin de la psychologie et de la psychiatrie clinique. »

(propos souvent posté sur le site lacanien Œdipe.org)

  •  La psychologie  et la psychiatrie cliniques n’ont pas besoin des hypothèses de la psychanalyse pour établir une psychopathologie articulée à des psychothérapies efficaces.
  • Les travaux de Charcot et Pierre Janet précédent Freud de six ans au moins et explorent les relations entre l’inconscient et les souvenirs traumatiques. Janet inventera  des méthodes proches des TCC et appliquées aux phobies, aux obsessions compulsions et à la réhabilitation des dystonies musculaires. 

Pierre Janet : L’automatisme psychologique (1889) et les Médications psychologiques (1919)

•A partir de 1980 le Manuel Statistique Américain du DSM élabore une clinique sans référence théorique qui permet de rénover la psychiatrie et la psychologie clinique.

•Les TCC ont établi une autre grille de lecture de la psychopathologie en se fondant sur les modèles expérimentaux de l’apprentissage et du traitement de l’information.

  • La grille de lecture de la psychanalyse  ne repose que sur une trentaine d’observations souvent erronées et parfois falsifiées, comme l’ont montré les travaux patients des historiens.

Mikkel Borch Jacobsen : Les patients de Freud, Editions sciences humaines,  2012.

 

Idés reçues numéro 11

« La culpabilisation des parents n'est que le fait des mauvais psychanalystes ou de l'histoire ancienne. »

Ces propos sont ceux en particulier de la CIPPA

http://old.psynem.org/Cippa/PointsDeVue/Items/13.htm

 

-Les psychanalystes continuent de culpabiliser les  parents d’enfant autiste

Depuis Bruno Bettelheim et « La forteresse vide » (1967) les mères d’enfants autistes, à un moindre degré les pères, sont tenus pour responsables de l’état de leurs enfants : mères crocodiles, mères concentrationnaires, pères absents, désir d’inceste de la mère, et enfant-phallus-de- la-mère.

➛Preuve en est :

Les  écrits des psychanalystes d’enfant sur un demi siècle.

 Une bande vidéo de 1998 où l’on voit le Pr  Serge Lebovici en consultation avec une famille, commenté par le Pr Bernard Golse

http://rutube.ru/tracks/5180041.html

Son contenu confirme les interviews effectuées par Sophie Robert dans le film : « Le mur » (2011).

➛Pourquoi ?

La grille psychanalytique constitue toujours une heuristique d’ancrage chez certains psychanalystes radicaux. Ils ignorent tout ce qui va contre la théorie psychanalytique et sélectionnent ou inventent tout ce qui peut aller dans son sens. Ainsi le Dr Hervé Bokobza taxe les mères d’enfant autiste de ne pas avoir  désiré leur enfant, et ceci sans la moindre preuve ( L’Express du 18/03/12)

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/autisme-les-psychanalystes-vont-entrer-en-resistance_1094612.html

 

Idée reçue numéro 12

« L’autisme est un trouble essentiellement psychique, et non biologique. »

Exemple : Françoise Zannier, « Autisme: Le haro sur la psychanalyse continue »

 1.    L’opposition psychique/biologique  n'a pas de sens

➛Pour les scientifiques, la « pensée » est une propriété du cerveau. Il n’y a pas lieu d’opposer ce qui serait biologique et ce qui serait psychique.

➛Un trouble d’origine « purement biologique », comme la trisomie 21, a des répercussions psychiques. Un fait « purement psychique » comme le fait d’écouter de la musique, modifie la structure du cerveau.

➛Opposer le biologique et le psychique, c’est faire du « dualisme », une erreur souvent dénoncée (cf. L’erreur de Descartes, de Damasio).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dualisme_(philosophie_de_l%27esprit)

2. L’opposition génétique/environnement n’est pas scientifique

  • Les études de jumeaux monozygotes ou dizygotes ont montré que l’héritabilité de l’autisme est importante, mais qu’elle peut varier de  37% à 90 % selon les études. Hallmayer:  Archives of General  Psychiatry, 2011
  • Il est possible que certains facteurs environnementaux participent à l’expression des gènes et programment le fœtus :  l’âge des parents, la FIV,  le génotype maternel, une réaction immunitaire foeto maternelle, l’ingestion maternelle de drogues ou de toxiques environnementaux,  le diabète et les infections durant la grossesse. Satzmari: Archives of General  Psychiatry, 2011
  • En revanche aucune donnée publiée n’a permis de confirmer l’hypothèse  psychanalytique selon laquelle l’attitude de la mère (ou la dépression maternelle) représenterait un facteur d’autisme.

https://www.facebook.com/notes/jean-cottraux/la-psychanalyse-%C3%A0-l%C3%A9preuve-de-lautisme-douze-id%C3%A9es-re%C3%A7ues-s%C3%A9duisantesmais-sans-p/117220561741683

22 mars 2012

Information publié sur le site du Kollectif du 7 janvier

Manifeste pour une psychiatrie et une psychologie basées sur des preuves scientifiques

L’autisme a été déclaré "grande cause nationale" pour 2012. Partout dans le monde, ce handicap est pris en charge par des méthodes éducatives qui ont fait leurs preuves, à la fois sur un plan scientifique et dans la vie des enfants qui en sont atteints, que ce soit en Europe du Nord, en Grande Bretagne, aux  Etats-Unis, en Australie, au Japon (et dans la plupart des pays d'Asie) en Espagne, au Canada, en Belgique.

Partout… Sauf en France où les familles se heurtent à la résistance de pédopsychiatres et d’autres professionnels d’obédience psychanalytique qui récusent ces méthodes d’inspiration cognitivo-comportementale.

Un récent documentaire, Le Mur, réalisé par Sophie Robert avec l’association Autistes Sans Frontières a dénoncé cette situation unique au monde en interviewant des psychanalystes reconnus sur leur approche de l’autisme. Cette démarche lui a valu d’être attaquée par trois des psychanalystes qui estimaient avoir été piégés. Elle a été condamnée à leur verser 34 000 € pour "atteinte à l’image et la réputation" et à retirer les interviews concernées. Elle a depuis fait appel de ce jugement.

Ce procès a soulevé un vent de révolte du côté des parents et de nombreux psys qui réprouvent cette forme de censure et déplorent qu’aucune discussion ne soit possible. La presse a relayé cette atteinte à la liberté d’expression. Au fil des jours, un comité de soutien puis un groupe de dialogue se sont constitués, rassemblant des psychiatres, des psychologues, des parents, des patients, des scientifiques, des professeurs de collège, de lycée, d’université, et une femme politique.

Ils partagent :
- Une indignation certaine devant la prédominance de l’approche psychanalytique au sein de la psychiatrie et de la psychologie françaises
- L'aspiration à une psychiatrie moderne, ouverte sur le monde, appuyée sur des recherches scientifiquement validées, qui concernerait aussi bien les personnes avec autisme que tous les autres patients.
 

Cette psychiatrie se reconnaîtrait dans les énoncés suivants :

1. La psychiatrie est une discipline médicale

Pour être humaniste, elle doit obéir aux mêmes exigences que l’ensemble des disciplines médicales :
- Etre capable de nouer une alliance thérapeutique entre le patient, et éventuellement sa famille et les soignants
- Son enseignement et sa pratique doivent être fondés sur des preuves, avec réactualisation continue des connaissances.
- Elle doit respecter la déontologie médicale, avec au premier chef le souci de la qualité du service rendu au patient
Elle doit mettre en jeu l’ensemble des moyens pertinents et une information loyale et contradictoire du patient et le cas échéant de ses représentants légaux sur les troubles et sur les prises en charge.
 

2. Les psychothérapies sont les pratiques du soin psychologique

- Elles doivent s’appuyer sur des modèles psychologiques compatibles avec l’état des connaissances sur les troubles qu’elles entendent soigner.
- Au même titre que les autres modalités de soins, leurs effets doivent être évaluées en terme de service rendu : bénéfice/risque/coût.
- Elles doivent non seulement atténuer la souffrance qui s’exprime dans les symptômes, mais aussi améliorer la qualité de vie.
- Elles doivent faire appel à des professionnels spécialement formés, et à même de mettre à jour leur pratique avec l’évolution des connaissances.
- La formation initiale et continue des psychothérapeutes comme celle de tous les soignants doit être obligatoire : ce qui implique un dispositif de contrôle de sa qualité et de son suivi par les intéressés, tout comme à l’étranger.
 

3. Les personnes en situation de handicap psychique ont droit à la promotion de leur développement et de leur qualité de vie,

intégrant leur insertion sociale, familiale, scolaire et professionnelle selon les situations. Le soin n’est qu’un aspect de la réponse à la détresse. Le monde de l’enseignement et celui du travail sont aussi impliqués dans la promotion du bien-être et de la qualité de vie de chacun.

4. Les données concernant l’autisme infantile sont maintenant parfaitement claires

Les enfants autistes ont besoin de soins efficaces fondés sur des preuves qui leur permettent une scolarisation en milieu habituel. L'élément qui choque le plus les étrangers réside en ce que 80% des autistes ne soient pas scolarisés en France et que nombre de familles doivent emmener leurs enfants en Belgique pour avoir enfin des soins conformes à l’état des connaissances scientifiques.

Or il existe 27 études, trois méta-analyses et des recommandations publiées par des agences officielles : françaises, américaines, anglaises et espagnoles qui affirment que les seules méthodes ayant prouvé leur capacité à atteindre cet objectif dans environ 50% des cas sont des méthodes comportementales et cognitives. Aucune autre méthode n’a jusqu'à présent fait preuve de son efficacité (cf. références).

Bien entendu, cet état des lieux est provisoire et devra être révisé en fonction du progrès des connaissances scientifiques. Pour cela, plus de recherches sont nécessaires, sans exclusivité théorique,  à la fois sur les facteurs biologiques et psychosociaux sous-jacents aux troubles, et sur l’amélioration et l’évaluation des approches psychothérapiques et éducatives.

Accéder au site et voir la liste des signataires etc. : http://kollectifdu7janvier.org/

 

22 mars 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur le 21 mars 2012

Les propos du Dr. Hervé Bokobza, fondateur du Collectif des 39 dans l’Express ont provoqué un véritable tollé dans le monde de l’autisme en France. De nombreuses voix se sont élevées le 20 mars 2012 pour condamner avec la plus grande fermeté ces propos et les rectifier. Outre Olivia Cattan et Sophie Robert dans l’Express, des membres et amis de notre collectif nous ont transmis leurs réactions individuelles. Nous disons tous halte aux insultes des psychanalystes ! Qu’ils s’en aillent !

Jean Cottraux, Psychiatre Honoraire des Hôpitaux, Ancien chargé de cours à l’université Lyon 1, HDR; Directeur scientifique de l’Ifforthecc

Cher monsieur Bokobza,
Si je prends un temps précieux pour vous écrire, c’est que vous avez dépassé les bornes de la décence dans votre calomnie des parents d’enfant autistes et des TCC. Que vous soyez d’une ignorance crasse, passe encore, mais que vous en tiriez gloire pour sonner partout de l’Hélicon avec vos trente huit chasseurs, est franchement ridicule. Vous vous mettez en danger en montrant à tous ce qu’est une certaine psychiatrie psychanalytique française : pompeuse, verbeuse et prétentieuse. Personne à l’étranger ne nous l’envie.
Vous ne savez même pas de quoi vous parlez et faite allusion à un Pr de Lyon qui n’est autre que le Pr Delion de Lille : dont les « packings » aversifs pour les enfants autistes viennent d’être sérieusement limités par l’HAS. L’humanism…e dont vous réclamez est un vitrine commode pour masquer votre incapacité à évoluer et à comprendre le devenir de la psychiatrie. Quant à votre invocation de la Résistance pour défendre votre « bon beurre », ceux qui ont eu dans leur famille d’authentiques résistants l’apprécieront à sa juste valeur.
Je me permets de vous donner deux conseils amicaux:
1. Demander des excuses aux familles d’enfant autiste
2. Prendre le chemin d’une formation continue qui vous mettra à niveau et vous expliquera ce que sont les TCC et les neurosciences cognitives.
Je sais que l’humilité n’est pas votre vertu principale, mais on ne sait jamais.
Bien cordialement à vous et aux 38 autres

Gerard Mercuriali , parent d’enfant TED, professeur d’EPS

D’un coté une corporation attaque en justice Sophie Robert parce qu’elle a démasque leur discours ésotérique sur l’autisme . De l’autre cote, cette même corporation peut sans risque, insulter les représentants d’associations en remettant en cause leur légitimité et ce sans aucune considération pour le travail fait par ces parents investis bénévolement . C’est tellement injuste qu’on aimerait que l’affaire soit portée devant les tribunaux pour être jugée sur le fond. C’est encore plus injuste parce que c’est l’existence en France de cette corporation de médecins qui exercent en se référant a une pseudo-science surannée que nous, parents , sommes obliges de mobiliser notre énergiedans un combat que nous ne devrions pas mener si les pouvoirs publics savaient tirer les conséquences des études menées par ailleurs. Maintenant que l’HAS a tranche et que l’argumentaire établie clairement que les psychanalystes , médecins utilisent des interventions qui n’ont jamais apporte la moindre preuve de leur efficacité ( malgré des dizaines d’années d’expérimentation pendant lesquels nos enfants ont fait les frais de leurs croyances) , , voila que des représentants de cette corporation ne trouvent pas d’autres moyens de défense que de discréditer tout ce qui s’oppose a eux : l’HAS, les parents, les associations, les professionnels mieux formes qu’eux . C’est une attitude scandaleuse. Dans quel autre domaine médical accepterait-on un tel positionnement ?
Que l’Etat mette enfin son nez dans ce panier de crabes et qu’il cesse de financer des services inefficaces. Qu’il distribue ses moyens aux professionnels qui suivent les recommandations et qu’il arrête de financer les services qui s’en écartent et nuisent donc a nos enfants. Cela coûtera moins cher aux contribuables et nos enfants se verront enfin proposer des interventions efficaces. Le reste c’est à dire le discours qui tente de de-légitimiser les associations de parents et leurs représentants n’est que du vent ! il cherche a masquer l’essentiel : En France en 2012, des médecins s’autorisent a utiliser des pratiques quasi-religieuses sur des patients vulnérables et cela en dépit de toutes les données dont ils disposent sur les interventions qui ont démontre leur efficacité. Scandaleux !
Les associations ne nous représenteraient pas et les pseudo représentants seraient en fait manipulés par des comportementalistes. Comme d’habitude avec les psychanalystes on va attendre longtemps que Mr Bokobza apporte des preuves de ce qu’il avance . En attendant il dénigre sur un média le travail des associations. Je suis adhérent a Autisme France et je me sens parfaitement représenté par Daniel Langloys, la présidente qui a n’en pas douter, au regard des décisions courageuses qu’elle a du prendre ces dernières semaines, a du être soutenue par son conseil d’administration, lui même composé de dangereux comportementalistes.
Magali Pignard, maman d’enfant autiste , membre active du collectif soutenons le mur
« Je suis choquée par les propos du fondateur du collectif des 39″.
Jean Marie De Lacan

Sa réaction satirique sur son blog : http://crocoppa.wordpress.com/2012/03/19/y-a-beaucoup-de-ca-herve/

Hilde Garde, consultante, mère de famille et citoyenne

Voici son commentaire de texte :

Comment expliquez-vous l’unanimité des associations de parents contre le traitement psychanalytique de l’autisme?

Ces opposants sont en réalité très minoritaires et extrêmement militants. Ils ne sont pas représentatifs de l’ensemble des parents d’enfants autistes.

Il serait intéressant de savoir sur quelles statistiques s’appuie M. Bokobza pour affirmer de façon péremptoire son « très minoritaires ». Puisque le journaliste rappelle avec raison plus loin dans l’article la représentativité du collectif autisme. Et sachant qu’il n’existe aucun recensement formel du nombre de personnes autistes en France.

Sans parler du sous diagnostic largement orchestré par ses collègues qui continuent à ne pas vouloir « mettre d’étiquettes » et à préférer les termes de « psychose » ou « dysharmonie ».

Parfois, leur rejet de la psychanalyse peut être fondé: il existe des psychanalystes totalement délirants. Comme dans tous les métiers, il y a des bons et des mauvais psys.

Entre « totalement délirant » et « mauvais professionnels » il y a tout de même de la marge… Connaissez vous beaucoup de professions où il y a tellement de personnes « totalement délirantes » qu’on arrive à monter une vingtaine de leurs propos délirants dans un documentaire et qui donnent lieu à des centaines de témoignages différents ??

Mais la véritable explication, c’est qu’ils sont manipulés par le lobby des comportementalistes.

Les parents remercient M. Bokobza pour le grand cas qu’il accorde à leur intelligence. Et souhaiteraient avoir plus d’explications sur ce mystérieux lobby, si difficile à trouver dans notre beau pays. Car pour l’instant, ceux qui bloquent, monopolisent la parole dans les médias et orchestrent des « fuites » restent vos camarades !

On leur fait croire que l’approche comportementale peut sauver leurs enfants…

Mais qui parle de les « sauver » ? Non M. Bokobza, comme tout parent, les parents d’enfants autistes veulent avant tout leur apporter une éducation, un maximum d’autonomie, un avenir le meilleur possible. Quand on a un enfant autiste, on perd vite ses illusions M. Bokobza, encore faut-il vivre avec et l’élever au quotidien pour pouvoir en parler !!

Et pourquoi ne pas mentionner également les approches développementales, cognitives ?

Si c’était vrai, je l’utiliserais!

N’êtes-vous pas directeur d’un centre pour adultes « névrotiques et psychotiques » ? Si c’était vrai que vous vous occupiez d’enfants autistes, vous auriez surement dit moins de sottises !

En réalité, il s’agit de méthodes extrêmement violentes, importées des Etats-Unis.

La « méthode extrêmement violente » ici, c’est le mensonge sur les méthodes que visiblement vous ne connaissez pas. Enrouler un enfant autiste (c’est-à-dire qui a une grande peine à comprendre son environnement, et souvent des troubles sensitifs importants) dans des draps mouillés et glacés, sortant du frigidaire, ça c’est « une méthode extrêmement violente ». Nous attendons des preuves de la violence supposée des méthodes que vous dénoncez, sans d’ailleurs citer ces méthodes.

Elles coûtent 30 000 euros par an et par enfant.

Rappelez donc au lecteur combien coute à la sécurité sociale le merveilleux traitement psychanalytique en hôpital de jour français ? Entre 800 et 1000€ par jour selon notre dernière enquête, et encore parfois les enfants n’y passent pas la journée entière (2h facturées ½ ou 1 journée…). Pour 200 jours par an à 800€ ça fait… 160 000€. Aux frais de la sécu. Les parents qui demandent 2000€ par mois pour appliquer une prise en charge telle que recommandée par la HAS n’obtiennent pas les financements…

Il y a derrière tout ça un immense enjeu financier.

Là nous sommes bien d’accord ! Où est l’argent aujourd’hui, qui en bénéficie ? Et qui risque de le perdre ?

Et même si elles marchent parfois, cela reste du dressage!

Ça veut dire quoi « marcher » pour vous ?

Quelle différence faites-vous entre « éduquer » et « dresser » ?

C’est comme la peur du flic, certes efficace, mais à quel prix?

Bon alors, c’est efficace ou ça n’est pas efficace ? Il faudrait savoir !

Pour le reste, après avoir insulté les parents, leur intelligence, les praticiens cognitivo-comportementalistes vous vous en prenez à la maréchaussée. Je n’ose penser à la façon dont les parents membres des forces de l’ordre sont reçus chez vous…

On est également très surpris par l’efficacité que vous, professionnel, prêtez à la « peur du flic »…

 

Pourquoi les parents voudraient-ils confier leurs enfants à des professionnels qui pratiquent le dressage?

C’est plus facile de dire à un parent « vous n’y êtes pour rien dans l’autisme de votre enfant, c’est génétique ».

Euh, parce que ça n’est pas le cas selon vous ?

Ces professionnels jouent sur l’illusion.

Quelle illusion ? Le consensus de la communauté scientifique internationale est une illusion ?

Je comprends très bien que ce soit plus reposant pour les parents.

Reposant !??? ce qui est reposant c’est de mieux comprendre le fonctionnement de son enfant. En outre mettre en place une thérapie cognitivo-comportementale est plutôt très exigeant pour la famille !

C’est tellement l’horreur absolue d’avoir un enfant autiste.

!!?? C’est souvent difficile d’avoir un enfant autiste, mais « l’horreur absolue » c’est de lire ce que vous osez dire et prétendre, en toute impunité !

L’horreur absolue c’est de se dire qu’ils seront entre des mains comme les vôtres quand on ne sera plus là !

L’horreur absolue c’est de réaliser que les « médecins », les « soignants » supposés vous aider considèrent que votre enfant est « l’horreur absolue ».

 

Quels sont les arguments que les comportementalistes utilisent pour convaincre les parents?

Les comportementalistes disent que la psychanalyse n’est pas scientifique, qu’il n’y a pas de preuve de son efficacité.

Encore faux ! Les « comportamentalistes » comme vous les appelez ont autre chose à faire que de parler de la psychanalyse. Ils expliquent ce qu’ils font, ce qui va être fait ensemble, pour quels objectifs. Ils interrogent sur le fonctionnement de l’enfant, ses centres d’intérêts. Priorisent, en fonction des besoins de l’enfant et les priorités de la famille. Réadaptent à mesure des évolutions. Bref, ils font leur job de « soignants » au lieu de faire des procès d’intention aux autres disciplines…

Nous ne répondons pas à leurs critères d’évaluation donc, pour eux, nous ne sommes pas crédibles.

Il n’y a pas que pour « eux » que vous n’êtes pas crédibles ! (Par exemple, les experts de la HAS ne sont pas des « comportamentalistes », pas plus que ceux de l’INSERM ou les personnes qui ont constitué le rapport Fuentes en Espagne…).

Mais le principe d’évaluation à partir de normes est radicalement opposé à notre démarche! La relation avec le patient, on ne peut pas l’évaluer.

On ne peut même pas évaluer ses résultats dans l’évolution ou le bien être du « patient » ? Il faut donc vous faire confiance aveuglément ? Vous feriez ça vous si un de vos enfants a un cancer ?

Soigner, en psychiatrie, demande une éthique du doute, une prise de risque.

C’est quoi « l’éthique du doute » ? Celle de savoir remettre en cause ses croyances dans sa pratique professionnelle peut-être ?

Quand vous parlez de « prise de risque », qui prend le risque ? Et ce risque quel est-il ? Ca me rappelle étrangement la « prise de risque » avec ce jeune garçon ayant déjà un lourd crime à son actif balancé dans un pensionnat mixte sans autre forme de précautions. Qui a assumé le risque pris ? Le psychiatre ou la jeune fille sauvagement assassinée ?

On ne peut pas mettre des croix dans des cases.

Sauf dans celle des formulaires qui permettent de toucher les prises en charge sécu…

 

Vous allez même beaucoup plus loin, si l’on en croit votre site Internet: vous y dénoncez la « folie évaluatrice et normative » des autorités de santé. Pourtant, la HAS souhaite seulement développer la recherche clinique afin d’évaluer l’efficacité des pratiques psychanalytiques. Peut-on imaginer d’évaluer ces traitements autrement qu’avec des statistiques?

Cela se fait déjà, par un professeur de Lyon.

Ou sont les résultats ? Quelle recherche effectue-t-il (mise à part le packing, qui n’est pas éducatif, loin s’en faut, mais que le Professeur Delion décrit comme n’étant PAS psychanalytique, il faudrait vous entendre…)

C’est l’universitaire le plus ouvert dans le domaine.

Le « plus ouvert » à quoi au juste ? A l’interdisciplinarité entre freudiens et lacaniens ? Voyez dans cet article son degré d’ouverture

Et c’est lui qui est harcelé par les associations de parents. Il fait pourtant de la recherche et prône une approche intégrative de toutes les disciplines.

La seule recherche connue est celle du packing, où est l’approche intégrative là dedans ?

Personnellement, je ne refuse pas l’évaluation: je l’exige tous les jours de la part de mes équipes [NDLR: le centre psychotérapique Saint-Martin-du-Vignogoul, dans l'Hérault, pour adultes atteints de psychose ou de névrose].

Elles se basent sur quoi vos évaluations ? Comment peut-on évaluer « quotidiennement » un traitement au long cours de l’humain ?

Mais je suis opposé aux normes à base de statistiques et de chiffres que les comportementalistes tentent d’imposer.

Elles ne prennent pas en compte la singularité de chacun.

Affirmation péremptoire, sans fondement, et insultante pour les praticiens concernés.

 

Vous affirmez avoir de bons retours de la part des parents d’enfants fréquentant vos centres. Comment expliquez-vous leur silence dans le débat actuel?

Selon moi, si les parents satisfaits de la psychanalyse ne s’expriment pas, c’est qu’ils ont honte.

Ils apprécieront surement… Donc vous ne culpabilisez pas les familles mais elles ont quand même honte. Et n’osent pas faire entendre leur voix, on ne peut pas dire que vos traitements et prises en charge les aident à s’exprimer, c’est un peu dommage tout de même !

L’arrivée d’un enfant autiste bouleverse une famille. Cela renvoie les parents à leur histoire personnelle, à des choses extrêmement douloureuses.

En quoi l’arrivée d’un enfant autiste renverrait FORCEMENT à son histoire personnelle, et que celle-ci sera FORCEMENT remplie de « choses extrêmement douloureuses » ? Si l’on suit votre raisonnement l’autisme serait donc lié à une histoire personnelle remplie de ces choses extrêmement douloureuses ?

Cela touche à leur intimité, qu’ils n’ont pas envie de dévoiler.

Comment se fait-il alors que les centaines de parents qui témoignent depuis des années, et plus encore depuis la sortie du documentaire « Le Mur » de Sophie Robert n’aient pas honte ? En quoi témoigner de sa satisfaction quant à une prise en charge pour leur enfant les forcerait à « dévoiler leur intimité » ?

Compte-tenu du manque criant de structures d’accueil pour les enfants autistes en France, ont-ils vraiment la liberté de critiquer les services proposés?

Vous ne pensez quand même pas qu’on irait virer un enfant parce que ses parents discutent nos méthodes?

Non c’est plus simple que ça… Quand ils n’ont pas été démolis par vos « séances », quand les couples n’ont pas explosés devant vos interrogatoires soit ils essaient de discuter et de savoir, et on ne leur répond pas (ou mieux, on leur renvoit une question personnelle pour n’avoir pas à répondre et mieux déstabiliser), soit ils se sauvent en courant, en devant prendre moultes précautions pour ne pas être poursuivis par vos confrères pour « défaut de soin ».

Les associations de parents qui récusent aujourd’hui notre approche, c’est vingt personnes qui passent leur vie sur internet! [NDLR: 19 associations et fédérations de parents d'enfants autistes ont été sollicités par la HAS pour la rédaction de son dernier rapport].

Merci à la rédaction de l’Express pour ce FAIT… Sesame Autisme, Autisme France, Vaincre l’Autisme, Autistes Sans Frontières, Satedi ainsi que tous ceux qui ont été consultés apprécieront d’être « 20 personnes qui passent leur vie sur Internet »…

Ils font de l’envahissement paranoïaque.

Donc faire entendre une autre voix que la votre c’est être paranoïaque…

Ces gens-là ne se posent aucune question concernant leur enfant.

Avec un tel manque de respect, il faudrait en plus que les parents disent merci sans doute ?

Ils refusent, par exemple, qu’on leur demande s’ils l’ont vraiment désiré.

Cette question n’est pas habile, je vous l’accorde, mais elle est incontournable.

Ca veut dire quoi « vraiment désirer » un enfant ? En quoi cette question est elle incontournable ?

C’est quoi le lien avec l’autisme ? Ca va servir à quoi pour aider cet enfant à grandir ?

On est étonné de lire cela alors que des « experts » qui pronent la psychanalyse tels MC Laznik, B Golse, la CIPPA… crient haut et fort à longueur de médias que l’histoire des parents n’est pas en cause dans l’autisme de leurs enfants… Là encore il faudrait accorder vos violons !

Vous prétendez défendre une approche humaniste de la santé mentale, par opposition aux comportementalistes qui voudraient, selon vous, « normaliser » les comportements. N’est ce pas réducteur?

Parfois, je peux envoyer un patient consulter un comportementaliste, parce que sa phobie est indécrottable.

Le comportementalisme comme dernier recours quand la psychanalyse échoue, c’est quand même le plus bel argument contre cette pratique jamais lu sous la plume d’un psychanalyste !

On peut être comportementaliste et humaniste, à condition toutefois que la technique comportementaliste ne soit pas le coeur du soin. C’est dans la relation avec l’enfant qu’il se passe quelque chose. Or cette relation n’est possible qu’avec la psychanalyse.

Ceux qui pratiquent leur métier sans psychanalyse vont également apprécier ! Alors bon, l’enseignant, les rééducateurs, les AVS, sans oublier les parents, n’ont aucune relation avec l’enfant où il « se passe quelque chose » ? En quoi la psychanalyse est-elle indispensable pour établir une relation de qualité avec quelqu’un ? Vous avez besoin d’une « grille de lecture » pour entrer en relation avec quelqu’un ?

Sans elle, on devient des machines, des techniciens de la santé.

D’ailleurs c’est bien connu, il n’y a que les psychanalystes qui soient humains. Le reste du monde est constitué de robots car les psychiatres ne sont pas psychanalystes et ne savent donc pas rentrer en relation avec leurs patients…

Actuellement, la majorité des établissements accueillant les enfants autistes utilisent la psychanalyse. Mais que va-t-il se passer maintenant que la HAS a déclaré cette approche non pertinente ?

Nous allons rentrer en résistance, en continuant de défendre haut et fort ce que nous pensons.

Vous allez donc continuer d’utiliser de l’argent public pour « soigner » avec des méthodes non recommandées (pardon « non consensuelles »). Vous pensez que ça va marcher encore combien de temps ? A un moment donné, vos obligations de médecin ne vont-elles pas vous rattraper ?

La psychiatrie française, que le monde entier admire, ne doit pas être balayée par le moyen des critères d’évaluation.

Le monde entier admire la psychiatrie française ??!! Où ça où ça ? Où sont tous ces patients qui viennent se faire soigner ici car c’est tellement mieux qu’ailleurs ? Où sont tous ces autistes si brillamment pris en charge par vos institutions pour témoigner du bien qu’on leur a fait (ha bon ils ne parlent pas, n’écrivent pas et sont dans des centres avec des cocktails de médocs qui les abrutissent ?).

Mais nous allons réfléchir autour des recommandations de la HAS.

Vous prétendez vous substituer, sans apporter la moindre preuve de vos magnifiques résultats ni le support d’aucun praticien étranger ou société savante internationale – juste parce que vous savez que vous avez raison et que ce que vous faites c’est bien parce que vous le faites depuis longtemps ?

Nous prônons une refondation de la psychiatrie et nous prévoyons pour cela d’organiser des assises en septembre.

Mais pourquoi refonder ? Si l’on en croit ce discours et les écrits de vos camarades des 39 ce que vous faites est parfait et vous avez raison sur tout, en dépit de ce que peuvent dire des collèges d’experts indépendants, de ce qui se pratique partout ailleurs dans le monde et des centaines de milliers d’adultes autistes français hyper dépendants et hyper médicamentés… Alors non vraiment on ne comprend pas pourquoi vous voulez « refonder » cette psychiatrie que le monde entier nous envierait…

Nathalie Radosevic, parent d’un enfant TED et membre du Collectif Soutenons Le Mur

La Haute autorité de Santé n’a pas désavoué totalement la psychanalyse, elle l’a placée dans les traitements non consensuels et a recommandé les techniques comportementales et cognitives.

Depuis quand l’autisme est il un fléau ? Vous compareriez l’autisme à une nuée de sauterelles, par exemple ? L’autisme est une richesse et une spécificité ! Les comportementalistes, eux, prennent en compte les avancées et les études faites en génétique, notamment et c’est parce qu’il y a eu des découvertes ayant permis de comprendre la différence de fonctionnement d’un cerveau autistique, par rapport à un cerveau neurotypique, que les comportementalistes ont compris que cela n’avait pas à voir avec la psyché, mais avec un fonctionnement neurologique. Jusque là, on ne peut pas accuser les comportementalistes d’esprit sectaire, contrairement à la psychanalyse qui n’accepte pas d’être remise en question. Et je vais tenter d’en faire un commentaire linéaire en suivant les propos exprimés dans la publication.

Si le collectif de parents ne représente pas l’avis des parents, alors qui le représente ? Les parents ont mis du temps à pouvoir se rassembler autour de l’autisme de leur enfant. D’une part, internet a permis de mieux connaître l’autisme et de trouver des informations internationales et donc de comparer ce qui se faisait ailleurs qu’en France et ce qui fonctionnait en matière de soins. Et d’autre part, avec l’arrivée des réseaux sociaux et notamment Facebook, des parents ont pu comparer leur situation avec celle d’autres parents. Et se rendre compte que leur situation était loin d’être isolée et qu’à plusieurs nous pouvions être plus forts et nous opposer à l’Institution Française qui maltraite nos enfants depuis trop longtemps.

Alors que la question posée est : « Comment expliquez-vous l’unanimité des associations de parents contre le traitement psychanalytique de l’autisme? », vous, Docteur Bokobza, psychiatre psychanalyste répondez à coté de la plaque en parlant « d’opposants très minoritaires et extrêmement militants. » Militants, oui, nous irons au bout pour ne pas voir nos enfants placés en institution et pour qu’ils aient une vie digne de ce nom. Et minoritaire, je ne parierais pas sur le nombre, à votre place. Vous seriez largement perdant !

Dr Hervé Bokobza, vous dites que le rejet de la psychanalyse est dû à des délires de mauvais psychanalystes. A qui doit on demander de différencier un bon psy d’un mauvais ? Aux humoristes les Inconnus ? A Juan-David Nasio qui pense que c’est dans la décoration du Cabinet et la poignée de main du psychanalyste et la façon dont il dit « bonjour » au patient ? (je cite les propos tenus dans l’émission de la « Tête au carré » sur France Inter, reportage d’Antonio Fischetti) ? D’un coté, les parents en colère ne sont pas représentatifs et de l’autre, on parle de délires de certains psychanalystes…cela voudrait il dire que les parents qui ne sont pas représentés par le collectif autisme aiment le charlatanisme et les délires de ces mauvais psychanalystes ? Il faut savoir !

Donc finalement, Dr Bokobza, vous concluez : « Mais la véritable explication, c’est qu’ils sont manipulés par le lobby des comportementalistes. » Vous ne répondez pas au sujet des parents non représentés par le collectif autisme…eux, ils sont manipulés par qui ? « On leur fait croire que l’approche comportementale peut sauver leurs enfants… Si c’était vrai, je l’utiliserais! » Vous préférez abdiquer en posant vos fesses dans un fauteuil et somnoler vous aussi ?

Je ne pense pas que la plupart des parents cherchent à « sauver » leur enfant de l’autisme, mais de l’emprise de la psychanalyse qui empêche les enfants d’évoluer. D’ailleurs, à ce propos je tiens à citer une interview par Eve Roger,sur « Europe 1 »,  de Hugo Horiot, adulte asperger, qui nous raconte : « On me mettait en face de jouets, de jouets que je n’aimais pas, des peluches, des châteaux en plastique…J’ai donné un coup de pied dans le château en plastique. Je lui ai explosé son château en plastique qu’elle m’avait mis et elle me dit « Aaaaaaah tu donnes des coups de pied à ton papa, ce n’est pas bien ! » Imaginez, cela depuis des années ! Je ne vois pas comment faire émerger quelqu’un de son autisme. C’est une aberration. » En effet, s’il fallait attendre après la psychanalyse que Hugo Horiot soit sauvé, il serait encore à donner des coups de pieds dans son « papa » virtuel qui n’est autre qu’un château en plastique selon la grande théorie psychanalytique. C’est non seulement l’intelligence remarquable des personnes avec autisme qui est insultée, et n’imaginez pas que parce qu’il était enfant il n’avait pas compris que comparer un jouet à son papa est totalement absurde. Nous avions le Père Noël, pour Geneviève Loison, psychanalyste, il y a aussi le papa « stylo bic » et là, le Père-jouet ! Finalement, quand est ce qu’un père reste un père digne d’être respecté pour ce qu’il est réellement ?

Chez les comportementalistes. Le père n’est qu’un père et la mère une mère. Elle n’est ni crocodile dévoreuse d’enfant, ni croque mitaine, ni mère incestueuse… ! Pour les comportementalistes, les mères et les pères sont au cœur du projet de l’enfant, de véritables partenaires de la thérapie et c’est pour cela que les parents se détournent de la psychanalyse, qui maltraite et brise des familles, traite les pères de jouets ou d’objets et les mères de sadiques perverses pédophiles. Encore des doutes sur les raisons du rejet de la psychanalyse ? Personnellement, je n’en ai aucun.

Dr  Bokobza vous parlez de « méthodes extrêmement violentes importées des Etats-Unis » et du coût. Si c’est parce que ça vient des Etats-Unis que c’est violent, je peux comprendre l’affront pour la psychanalyse de n’avoir pas, au bout de 40 ans d’inefficacité et de torture des personnes autistes et de leur famille pensé à se remettre en question et chercher d’autres méthodes, elles efficaces. Mais je pense surtout que vous voulez parler de méthode radicale, et non de violence.

Oui, les parents qui ont essayé les méthodes comportementales ont pu se rendre compte de progrès déjà au bout de plusieurs jours pour certains enfants, voire semaines et mois pour d’autres. Dr  Bokobza vous devirez peut être penser à utiliser les mots appropriés, au lieu de délirer comme le font ses mauvais confrères psychanalystes ! Mais au fait, qui sont-ils ? Une liste noire des noms à nous déconseiller, Dr  Bokobza ? Au sujet des pratiques violentes, justement, le packing, ce n’est pourtant pas comportementaliste….

Vous dites « Pourquoi les parents voudraient-ils confier leurs enfants à des professionnels qui pratiquent le dressage ? »

Bizarre, soit vous n’avez jamais eu d’enfant, soit vous n’avez pas « dressé » vous mêmes vos enfants ! Pourquoi lorsqu’on parle d’autisme, c’est du dressage et lorsque l’on parle d’enfants neurotypiques, on parle d’éducation ? Nos enfants ont des besoins spécifiques et je connais un Autiste Asperger adulte qui dit « Je comprends vite, mais il faut m’expliquer longtemps ! » il en rit d’ailleurs. Il apparaît évident que vous ne savez pas de quoi vous parlez puisque votre vanité et votre orgueil démesuré vous pousse à casser ce qui fonctionne vraiment en reniant vos propres incapacités !

Pourquoi ce serait l’horreur pour un parent d’avoir un enfant autiste ? L’horreur vient de l’ignorance de ce pays qui condamne nos enfants comme s’ils étaient impropres à la vie et impropres à vivre dignement et à qui les droits ont été largement bafoués !

Aucun des parents que je connaisse ne voit en son enfant une « horreur ». Nous aimons profondément nos enfants et nous les respectons. Nous voulons en effet qu’ils réussissent mais quels parents dignes de ce nom ne veulent pas que leur enfant exerce un métier qui leur conviendra ? Pire, dans certains milieux les parents attendent de leur enfant neurotypique qu’il devienne avocat, médecin ou paysan, parce que c’est un métier qui se transmet de génération en génération et on ne s’offense pas à leur propos que les parents choisissent la destinée professionnelle, voire amoureuse de leur enfant (il n’est pas rare que dans certains milieux encore les parents choisissent l’épouse ou l’époux de leur enfant, alors que nous, nous serions simplement heureux qu’ils soient amoureux et qu’ils soient aimés en retour) !

Nous, nous souhaitons qu’ils épanouis, équilibrés, les plus autonomes possibles et qu’ils puissent choisir leur métier et cela fait de nous des parents criminels et responsables de l’autisme de leur enfant à vos yeux !

Vous ne comprenez toujours pas pourquoi les parents se détournent de la psychanalyse pour aller vers le comportementalisme qui ne juge pas le parent et tente de trouver avec lui les meilleures solutions pour aider son enfant ?

Ils n’ont pas besoin de « JOUER », comme vous dites…ils n’ont pas besoin de nous « CONVAINCRE » pour nous rallier à eux et même pas besoin de nous CONTRAINDRE, comme les psychanalystes l’ont fait dans le milieu institutionnel !

Nous nous opposons à vous et aussitôt, un signalement aux services de l’enfance et de la santé ! Ou des pressions. Si je n’avais pas moi-même eu en copie un courrier avertissant la MDPH (Maison départementale des Personnes Handicapées) que je mettais mon enfant en danger, selon la psychiatre psychanalyste du Centre de soins de mon enfant que je venais de faire quitter à mon enfant, l’aurais je cru moi-même ? Oui, parce que j’ai entendu et lu d’autres témoignages allant dans ce sens. En fait, je n’ai pas privé mon enfant de soins, mais je me suis tournée vers le libéral et cette psychanalyste voulait me punir d’avoir averti la MDPH des pressions que je subissais dans ce centre de soins, afin de l’exclure de la scolarité, car elle ne l’en croyait pas digne. Vous seriez étonné des résultats scolaires de ma fille, surtout depuis qu’elle a quitté ce centre de soins !

Pour moi c’est assez convainquant en soi ! Et si cela n’arrivait pas à vous convaincre, toutefois, pour en revenir à l’interview de Hugo Horiot, il disait au sujet des méthodes comportementalistes et de sa mère : «Je m’en suis sorti grâce au travail et au combat qu’à mené ma mère. Elle me stimulait par le corps, elle essayait de rentrer dans mon monde, de comprendre ma logique, de se glisser dedans et surtout, elle a mis un point d’honneur à faire en sorte que je n’aille jamais en institution spécialisée. Un autiste a besoin qu’on le mette dans le monde réel, le monde autour de lui. Parce qu’il a les compétences pour en faire partie. Mais, cela doit se faire avec un accompagnement. Et en effet, un accompagnement de type plus comportemental. ».

Les psychanalystes se basent sur des théories de la pensée (pour résumer et pour rester polie)  et refusent de composer avec les études scientifiques et portent la responsabilité de l’autisme sur la mère ! Les comportementalistes prennent en compte les avancées de la recherche scientifique pour l’intégrer à leur connaissance. Elle n’a pas besoin de diaboliser la mère et d’éloigner son enfant autiste loin d’elle.

Je vous cite à nouveau : « « Nous ne répondons pas à leurs critères d’évaluation donc, pour eux, nous ne sommes pas crédibles. » Prouvez nous que vous êtes crédibles, si toutefois vous le pouvez !

« Mais le principe d’évaluation à partir de normes est radicalement opposé à notre démarche! La relation avec le patient, on ne peut pas l’évaluer. Soigner, en psychiatrie, demande une éthique du doute, une prise de risque. On ne peut pas mettre des croix dans des cases. »

Pourtant mettre des croix dans des cases et inventer des diagnostics qui n’existent pas, les psychanalystes l’ont fait ! Nous pouvons vous en fournir des tonnes de documents allant dans ce sens !

L’un d’entre vous m’a même dit que « seul le tableau clinique comptait » ! alors, bon, si ça ce n’est pas « cocher dans les cases »….les thérapeutes non psychanalystes sont donc incapables de parler et de lier une relation avec leur patient ? Pourtant, la plupart d’entre eux ont suivi des cursus universitaires et ont pourtant choisi le comportementalisme, minoritaire en Université, contre la psychanalyse, majoritaire ! C’est d’ailleurs le problème majeur à l’heure actuelle, beaucoup d’entre les étudiants souhaitant modifier leur cursus ou aller directement en comportementalisme doivent d’abord supporter un long cursus dont la dominante est la psychanalyse, encore à l’heure actuelle. Si on peut parler de Lobby, ce n’est pas de comportementalisme, mais de la psychanalyse, qui s’impose et persiste à ne pas vouloir reconnaître ses limites et ses défaillances.

Je serais très heureuse de faire parvenir un courrier au Président de la HAS avec une copie de votre « mécontentement » publiée dans l’Express et particulièrement vos propos sur « la folie évaluatrice et normative » de la HAS.

En revanche, vous allez nous expliquer en quoi les parents satisfaits de la psychanalyse auraient honte. Honte de quoi ? Si cela fonctionnait ils n’auraient pas à avoir honte et se seraient manifestés et opposés au collectif de parents qui eux ont vu des progrès nets chez leur enfant grâce aux méthodes comportementales !

C’est votre propre incompétence en matière d’écoute et de compréhension des parents et des enfants qui fait honte à notre pays. Nous n’avons pas honte de nos enfants. Ceux qui ont pu avoir honte c’est parce que les psychanalystes leur ont farci le crâne en leur mettant des fausses informations, vous les avez culpabilisés en leur disant qu’ils sont mauvais pour leur enfant. Vous avez d’ailleurs souvent préconisé un éloignement maternel au sein de la psychanalyse, oui, vous pouvez en effet parler de délire paranoïaque, de folie meurtrière et de Honte, mais de la part de la psychanalyse ! Pas de la part des personnes autistes ni de leurs parents !

Je me permets de vous citer, Dr Bokobza « Compte-tenu du manque criant de structures d’accueil pour les enfants autistes en France, ont-ils vraiment la liberté de critiquer les services proposés ? »

C’est criant de vérité et d’horreur ! En effet, les parents ont ils la liberté de choix et ont ils encore le droit de s’opposer à vous ? Vous pensez qu’en créant un effet de manque de structures les parents se jetteront sur vos structures psychiatriques en remerciant le ciel et en baisant le sol sur lequel vous avez marché ? Si beaucoup de parents se sentent pris en otage, impossible pour eux de vivre décemment en gardant leur enfant à la maison, car selon les régions en France, beaucoup de ces régions sont sinistrées et n’ont qu’un hôpital de jour ou un IME (institut médico éducatif, ce qui revient au même que l’hôpital, car ce n’est pas le scolaire qui est privilégié) et encore, bon nombre d’entre elles attendent tellement avant d’avoir une place qu’elles sont presque soulagées pour les enfants dont l’autisme est particulièrement sévère surtout.

Elles n’ont pas d’autre choix que d’accepter ou de garder leur enfant et comme elles sont très peu aidées financièrement, voire pas du tout dans certains cas, c’est soit payer des formations pour s’auto-former en méthodes comportementales, acheter des livres et faire ses méthodes « maison »…avec un salaire (celui du conjoint), voire avec juste le RSA (dans les cas des familles monoparentales)…nous saisissons là toute la réalité de votre cynisme.

Vous amusez  vous du fait que les parents soient pris au piège et de l’autre coté s’endettent et lorsque les parents ont fait le choix, la mort dans l’âme, de l’institution et qu’ils le regrettent par la suite, les psychanalystes ne tardent pas à faire pression sur les parents en les intimidant, parfois allant jusqu’à saisir les services sociaux et les Juges pour enfants ? Des familles brisées et des enfants brutalisés….oui, vous pouvez parler de brutalité et de violence extrême, mais seulement coté psychanalyse !

Les comportementalistes n’ont pas besoin de procéder par le chantage et la pression puisque leur méthode est recherchée à tel point que souvent il n’y a pas assez de ces professionnels formés pour aider les familles en nombre suffisant. C’est peut être de ces statistiques là que vous auriez honte de vous justifier ! Et vous n’avez pas besoin de « virer » les familles et les enfants…vous les retenez contre leur gré ! Il n’y a qu’à voir la façon dont vous vous accrochez à nos enfants comme s’ils vous appartenaient !

En revanche, vous ne devez pas souvent aller sur internet pour lire les appréciations des parents ! Ou alors vous ne savez pas compter au delà de 20 ? Si vous voulez, je peux demander à ma fille de 14 ans autiste et hyperactive de vous apprendre à compter au delà, non seulement elle y arrive en français, mais elle y arrive en anglais et en espagnol et en serbo-croate. Et dire que les psychanalystes la disent « attardée mentale » et à quoi lui serviraient d’apprendre les langues étrangères…que diraient-ils de vous ?

De plus, vous parlez de parents comme « ces gens là » ! Quelle bienveillance ! Et nous parlons souvent en bien de nos enfants, dommage que là aussi vous ne sachiez pas lire sur les forums de parents, les petits progrès sont immédiatement annoncés sur nos forums et notamment sur Facebook. Nous triomphons et paradons d’un premier mot, d’une première syllabe, d’une bonne note à l’école…et des fêtes et goûters où ils invitent leurs camarades et leurs amis…mais j’oubliais, vous ne les considérez pas comme inaptes à la vie sociale et affective ?

Curieux, nous ignorions que nos enfants n’étaient pas aptes, car nous avons pu constater le contraire et grâce aux méthodes comportementales ! Mais c’est normal, vous n’avez pas essayé, vous ! Vous ne pouvez pas vous en rendre compte, puisque vous avez vu des parents inquiets, et dans les interrogations…venus poser un diagnostic et que lorsqu’ils vous quittent, soit c’est parce qu’ils n’ont constaté aucun progrès de leur enfant, soit c’est parce qu’il a même régressé.

En quoi demander à un parent s’il a désiré un enfant est « incontournable » ? En quoi cela a t il pu influencer le développement cérébral et moteur d’un enfant de l’avoir ou non désiré ? Je fais notamment référence au documentaire de Sophie Robert, « Le Mur » dans lequel est posée la question à Geneviève Loison, sur les conditions de vie en temps de guerre ou dans les ghettos et favelas, s’il y avait plus d’autistes dans les pays en voie de développement également….et la réponse est « Je ne sais pas ». Elle semblait même totalement décontenancée par la question. Et on ne peut pas dire que Geneviève Loison soit contre ce qui a été dit dans « Le Mur », puisqu’elle n’a pas été de ceux qui ont attaqué Sophie Robert au Tribunal. Au contraire, elle aurait même été très fière d’y avoir participé.

Comme il est élégant de parler d’un patient en disant qu’il a une « phobie indécrottable » ! C’est un diagnostic qui fait partie du DSM IV ou du CIM 10  paysan sûrement ? J’ai comme un doute….

Donc un comportementaliste n’est humain que s’il reste psychanalyste. Hum…comme pensée sectaire ça se pose là, non ?

En revanche, j’ignorais que le Monde entier admirait la psychanalyse et la situation critique de la France, face au soin psychiatrique en général et de l’autisme encore pire ! C’est même le contraire qui se produit. La France est montrée du doigt et huée par les pays non seulement européens mais également le Canada, où les techniques comportementales se sont développées, les Etats-Unis aussi…mais je sais, pour vous c’est un pays diabolique…un peu paranoïaque Dr  Bokobza ? Un petit neuroleptique et un packing vous tentent ? Une place en IME ou en Hôpital psychiatrique, peut être ?

Vous allez « réfléchir autour des recommandations de la HAS. »  et vous allez prôner « une refondation de la psychiatrie et nous prévoyons pour cela d’organiser des assises en septembre. » ?

Intéressant, vous nous invitez au banquet ? Ou serons nous jugés « en assises », nous, vilains parents réfractaires et opposants à la psychanalyse ? Comme vous avez réfléchi durant des siècles pratiquement, je ne m’affole pas trop de vous voir sortir vos petits drapeaux de « guerre », ainsi que vos jouets et peluches, vos châteaux en plastique et vos pataugeoires avant encore plusieurs siècles ? Il y en aura peut être parmi vous qui aura une idée pour vous sortir de là….qui sait…vous prévoyez un voyage à Lourdes ou un Pèlerinage à St Jacques de Compostelle ?

http://www.soutenonslemur.org/2012/03/21/halte-aux-insultes-des-psychanalystes-colere-apres-les-propos-du-dr-herve-bokobza/

22 mars 2012

article publié dans Médiapart le 20 mars 2012

Les freudiens veulent encore frapper

 

La haute autorité de la santé a pris une décision qui parait frappée au coin du bon sens. Elle met en doute l'efficacité et l'opportunité des "traitements" psychanalytiques en matière d'autisme. Cette décision a soulagé bien des familles et des associations de familles touchées par cette maladie, qui, depuis leur expérience qui vaut bien celle de spécialistes autoproclamés, le demandaient. La haute autorité a aussi suggéré que la psychanalyse procède à des évaluations de ses pratiques, autrement dit évalue l'efficacité réelle des cures psychanalytiques. Ce qui semble aussi non seulement de bon sens mais tout simplement rationnel.

Il va sans dire qu'on a entendu hurler les écoles freudiennes dont certaines usent volontiers du procès comme arme théorique dès qu'on met en cause un certain gourou salonnard homophobe et sexiste que je ne nommerai pas n'ayant ni l'envie ni les moyens d'un psychiatre pour me défendre en justice. Voilà qu'on se met à les contester, à leur demander des comptes, à vouloir qu'elles apportent un minimum sinon de preuves du moins d'étayage à leur arrogante prétention de n'en jamais donner. Elles qui s'arrogent le monopole du droit à l'élucidation de la parole

La gauche de la gauche, dont le NPA, s’est fendue de communiqués empressés en soutien de la psychanalyse, et ceci dans le cadre du débat autour du soin de l’autisme. Il était évident que cette "offensive" contre la spychanalyse était forcément de droite, orchestrée par les vilains comportementalistes anglo-saxons, et entrait tout entière dans les offensives contre la médecine conduite effectivement par les droite et gauche institutionnelles depuis quelques décennies. Il est évident sans doute que l'exorbitant devoir de vérification de l'efficacité de thérapies ayant pignon sur rue et régnant sur l'université comme sur les consciences, est un pur scandale. Sans parler plus trivialement de la vérification du service vendu, de la marchandise, puisque ce secteur (libéral) est passablement marchandisé.


On ne peut qu’être sidéré de ce soutien acritique qui ne tient pas compte de la parole ni de la colère des associations de parents d’enfants autistes mais plus globalement des rapports complexes entre la psychanalyse et des phénomènes d'oppression.
On ne peut qu’être sidéré de ce soutien acritique apporté de la sorte à des mandarins pontifiants et abscons bien souvent (il faudrait un Molière pour écrire à nouveau sur ces Diafoirius) dont l’arrogance s'illustre dans ce refus de toute évaluation. Il n'y a que les Chamans et les Diseurs de bonne aventure pour les rejoindre dans cette outrecuidance.

Bien plus grave encore pour cette gauche confite en psychanalyse, elle perd dès qu'on entre dans ce domaine, toutes ses valeurs historiques et tous ses repères.
Il faut rappeler que la psychanalyse a toujours eu bien du mal à intégrer l’oppression des femmes comme la domination masculine dans ses logiciels, ce dont la gauche de la gauche devrait quand même se souvenir. Une pensée qui fait reposer la construction de soi sur le duo terrible du refoulement et de l'interdit a quand même de quoi susciter le doute sur son indépendance avec "l'esprit du capitalisme", ou faire sopupçonner quelque proximité avec lui.
Les courants psychanalytiques freudiens ont été des fers de lance de l’homophobie jusqu’à aujourd’hui pour beaucoup, ce durant les décennies qui ont suivi la mort de Freud, jusqu'à exclure les homosexuels de la profession. Que cette homophobie ait été compationnelle, à visée thérapeutique radicale ou prétendant à l'objectivité du "constat neutre d'une déviance" (encore enseignée comme telle en Université, Aix Marseille et Toulouse par exemple), cette homophobie a durement frappé des générations de lesbiennes, gay, bi, trans depuis Freud (qui se montra plus pragmatique que ses successeurs) sans qu'il lui ait été demandé de compte sur ces violences ni sur l'escroquerie des thérapies en direction de ces publics.
En matière d’autisme on sait que, sans preuve ni expérience sérieuse, ce sont les mères qui ont été quasiment incriminées tandis que la « psychanalysation » de cette maladie a écarté d’autres approches par pur dogmatisme, en défense du pré carré freudien, pour la plus grande douleur des parents.
Bref, quoi qu’on pense de ce débat complexe, il est plus qu’aventureux et unilatéral de la part des partis d’émancipation de couvrir sans critique une pratique thérapeutique aussi contestée par des catégories en lutte pour la leur, et, quant à l’autisme, par les familles, les femmes en particulier. On comprend mal d'ailleurs que les féministes ne s'expriment pas.

Certes il ya des freudiens et des freudiennes qui se "repentent" quelque peu de ces pratiques qui poussèrent à la honte, au suicide, à la haine de soi et de ses semblables, à la perpétuation de l'oppression des femmes (et des enfants). Il y eut, disons-le un totalitarisme hétérocentré, sexiste et patriarcal diffusé par les écoles freudiennes (les jungiens n'ont pas grand chose à leur envier), où se confondaient le constat du "comment le monde fonctionne" avec la naturalisation apolitique de ce fonctionnement bien  politique lui, daté, orienté, oppressif. 

Bref, une vaste opération de remise en cause de cette dogmatique souvent logorrhéique et affabulatrice, serait salutaire. Comme les professionnels de ces courants se montrent incapables voire furieusement hostiles à cette tabula rasa, hé bien ce sont les pouvoirs publics, les associations, la colère légitime qui s'y mettent, et hier portés au pinacle les voici aujourd'hui montrés du doigt.

La roche tarpéienne est proche du capitole, voici une parole antique bien concrète que j'offre à leur méditation, en leur déniant tout droit de manipuler mes mots pour me trouver des maux.

 

NB. J'ai pris l'option de fermer les commentaires, ceux-ci se révélant trop souvent atteints de cette manie lapidaire (de lapidation) qui n'est même pas une caricature de dialogue et que le net suscite trop souvent. Mais je suis très réceptif aux mails et recevrai avec reconnaissance toute contribution.

http://blogs.mediapart.fr/blog/jacques-fortin/200312/les-freudiens-veulent-encore-frapper

21 mars 2012

article publié dans l'express.fr le 20 mars 2012

Psychanalystes et parents d'enfants autistes: la guerre est-elle déclarée ?

Par LEXPRESS.fr, publié le 20/03/2012 à 15:27

Psychanalystes et parents d'enfants autistes: la guerre est-elle déclarée ?

En France, la méthode du "packing", qui consiste à enrouler les patients autistes dans des couvertures dans le but de les apaiser, est très contestée.

LEXPRESS/J.-P. Guilloteau

Après l'appel concernant l'autisme lancé par le psychanalyste Bokobza sur L'Express, réponse d'Olivia Cattan, maman d'un enfant TED et Présidente de Paroles de femmes, et Sophie Robert, réalisatrice du Mur

Après avoir contrôlé les traitements concernant l'autisme pendant des années sans aucun résultat probant, les psychanalystes lancent un appel à la Résistance! D'après monsieur Bokobza, psychanalyste, cette profession serait attaquée par, je le cite, "des parents extrémistes et minoritaires" qui réclament que les méthodes comportementalistes soient employées en France pour aider à la stimulation des enfants autistes. 

"Les psychanalystes vont entrer en résistance"

Le 8 mars, la Haute autorité de santé désavouait la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. Furieux, un collectif de psychiatres a dénoncé le lobbying d'associations de parents "non représentatives". Le Dr Hervé Bokobza, psychiatre, s'en est expliqué sur L'Express.  

Tout d'abord, qualifier des parents "d'extrémistes" parce qu'ils réclament des méthodes adaptées pour aider leurs enfants à s'en sortir et à se socialiser, est tout simplement inqualifiable. D'autre part, c'est bien mal connaître l'autisme et les méthodes qui se pratiquent aux Etats-Unis, en Israël, au Canada et dans certains pays nordiques et anglo-saxon. Des méthodes comme Feurstein qui ont fait leurs preuves depuis des années en sortant les enfants littéralement de leur mutisme et en permettant à ces enfants d'avoir une vie sociale et professionnelle sont révolutionnaires. 

Certains enfants de ce grand centre situé en Israël sont devenus professeurs dans des Universités, comptables, infirmiers, d'autres sont entrés dans l'Armée à des postes de haut gradés. Ils ont pour la plupart fondé une famille et sont autonomes. 

"La psychanalyse institutionnelle ne coûte pas cher aux parents"

Monsieur Bokobza parle également de "méthodes violentes"! Les différentes méthodes (Sunirise, Feurstein, Padovan, Teacch, Pecs...) ne sont en rien violentes puisqu'elles utilisent le jeu pour stimuler ces enfants. Ces cours de stimulation sont accompagnés d'orthophonie et de psychomotricité. Tout est mis en oeuvre pour mettre en valeur les compétences de ces enfants et les valoriser. 

Alors de quoi parle monsieur Bokobza? La seule méthode violente utilisée est le packing, méthode justement préconisée par certains psychanalystes qui, heureusement vient d'être interdite par madame Roselyne Bachelot. 

Parlons maintenant de son autre argument. Il explique les tarifs pour ces méthodes qui seraient excessivement chers. Autre ineptie! En France, la psychanalyse institutionnelle ne coûte pas cher aux parents parce qu'elle est intégralement remboursée par la sécurité sociale mais coûte 600 euros par jour, soit 200 000 euros par an, par personne à vie! Son coût humain et financier pour la collectivité est énorme; tandis que le coût des méthodes éducatives et comportementales coûterait beaucoup moins cher à mettre en place (de 50 000 à 70 000 euros par enfant par an pour quelques années seulement). En conclusion, la psychanalyse institutionnelle coûte excessivement cher à la collectivité pour un résultant néant. 

"Un aveu d'échec des psychanalystes face à l'autisme"

Quand aux séances de psychanalyses dans le privé, les parents nous parlent de 100¤ la séance, non remboursée par la sécurité sociale. Des séances où les enfants jouent tout seul dans leur coin pendant que les malheureux parents sont obligés de parler de leur rapport à leur père et mère ou à leur sexualité de couple! 

les parents d'enfants autistes ne sont pas des extrémistes. Ils cherchent la meilleure façon de les aider!  

Je crois que cet appel grotesque et les indicibles arguments employés par monsieur Bokobza est un aveu d'échec des psychanalystes face à l'autisme. Il montre également leur ignorance flagrante. Non seulement ils ne connaissent pas la mise en pratique de ces méthodes ni les résultats formidables obtenus. Ils ne s'y intéressent pas par principe, sûrs de détenir la vérité suprême. Aucune remise en question n'est faite malgré le peu de résultat obtenu! 

Non, monsieur Bokobza, les parents d'enfants autistes ne sont pas "des extrémistes". Juste des parents d'enfants "différents" qui cherchent la meilleure façon d'aider leurs enfants à devenir autonomes et simplement heureux, ce qui est le devoir de chaque parent. L'objectif de ces parents n'est pas " d'entrer en guerre " avec qui que ce soit mais de permettre à leurs enfants d'avoir la vie la plus normale possible. Est-il normal que des parents s'expatrient en Belgique ou au Canada pour que leurs enfants puissent bénéficier de cette stimulation? 

"Combien d'enfants sont sauvés quotidiennement par ces méthodes?"

Peu importe le nom de ces méthodes, peu importe qu'elles soient ou non reconnues scientifiquement par ces "éminents spécialistes", l'important est de montrer que grâce à ces méthodes de nombreux enfants ont réussit à fonder une famille et à occuper un emploi. 

La vraie question que devrait se poser monsieur Bokobza est celle-ci: combien d'enfants ont été sortis de leur autisme par les psychanalystes? 

Mais la différence fondamentale entre ces comportementalistes et ces psychanalystes se situent également à un autre niveau. Les uns cherchent les compétences de ces enfants, en essayant peu à peu de diminuer tous les comportements hors norme, les autres ne voient que leur anormalité. Ils ne croient aucunement en ces enfants et c'est peut-être ce point-là qui leur est reproché par les parents. Le fait qu'aucun d'eux ne propose une solution concrète et un avenir pour ces enfants. Les enfants autistes développent souvent d'ailleurs certains dons que ces "spécialistes" choisissent d'ignorer, préférant les considérer comme perdus.  

La vraie question que devrait se poser monsieur Bokobza est celle-ci: combien d'enfants ont été sortis de leur autisme par les psychanalystes. Combien d'enfants sont sauvés quotidiennement par ces méthodes? Mais étrangement, monsieur Bokobza est plus occupé à stigmatiser les parents, notamment les mères à qui l'on fait porter le poids de la culpabilité, que de vouloir mettre tout en oeuvre pour sauver ces enfants. Drôle de posture pour un professionnel de la santé! 

"Ces enfants sont une richesse"

Mais j'aimerais finir cette tribune sur une phrase prononcée par monsieur Bokobza qui déclare que "c'est une horreur absolue d'avoir un enfant autiste". J'aimerais vous dire cher monsieur, à quel point votre inhumanité et votre mépris pour ces enfants me répugne! Vous ne faites, par cette remarque, que discriminer ces enfants et participer à la propagation de ces stupides préjugés dont ces enfants sont victimes et contre lesquels nous luttons quotidiennement. Votre phrase me rappelle un temps obscur où les enfants handicapés furent gazés les premiers parce que considérés comme inutiles et couteux à la société. 

Sachez, que ces enfants sont une richesse, qu'ils sont doués pour beaucoup de choses. Ils sont notamment doués pour donner, à qui veut recevoir, une affection peu commune et que beaucoup de parents ont aussi appris à grandir et à aimer grâce à leurs enfants autistes.

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/psychanalystes-et-parents-d-enfants-autistes-la-guerre-est-elle-declaree_1095625.html

19 mars 2012

article publié sur le blog autisme en France le 19 mars 2012

J'ai lu hier dans l'express un interview du Psychiatre Hervé Bokobza, fondateur du collectif des 39

     Extraits de réponses commentées

  • Ces ( parlant des associations de parents) opposants sont en réalité très minoritaires et extrêmement militants.

 Nous sommes 200 associations, regroupant 30 000 familles. Nous sommes militants car nous ne voulons pas que notre enfant ait le même avenir que les enfants d'hier qui sont passées dans les mains des psychanalystes, et qui sont aujourd'hui en HP sous neuroleptiques, dépendants de tout, vulnérables.

  • Ils sont manipulés par le lobby des comportementalistes.

 Quelles preuves avez vous, sur quoi vous basez vous ? C'est de la diffamation. 

  • ...des méthodes extrêmement violentes, importées des Etats-Unis[...] C'est du dressage.

Voila des propos extrêmement violents, et calomnieux. Allez voir des vidéos de cette méthode de jeux  dont vous parlez, et dites moi où est la violence ?

  • Ces professionnels jouent sur l'illusion.

 Ces professionnels apprennent aux enfants à être autonome, à ne pas se rouler par terre ou s'automutiler, à lire, à gérer leurs émotions...est ce que ces faits sont illusoires?

  • ...si les parents satisfaits de la psychanalyse ne s'expriment pas, c'est qu'ils ont honte

Honte d'avoir un enfant autiste ? Mais pourquoi auraient ils honte, ils n'en sont pas responsables. à moins que vous leur fassiez croire le contraire ? 

  •  Ces gens-là ne se posent aucune question concernant leur enfant. Ils refusent, par exemple, qu'on leur demande s'ils l'ont vraiment désiré.

 Encore de la calomnie, voire insulte....et pourquoi devrait on répondre à une question pareille ? Quel rapport avec le syndrome de l'autisme ?

  • C'est dans la relation avec l'enfant qu'il se passe quelque chose. Or cette relation n'est possible qu'avec la psychanalyse.

Relation du genre " poser ses fesses à coté de l'enfant et attendre qu'il se passe quelquechose." ? Du genre à attendre que l'enfant désire sortir du monde dans lequel il est ? Les psychothérapeutes non psychanalytiques ne peuvent pas avoir une relation avec l'enfant ? Et les parents, ils n'ont pas de relation ?  Vous affirmez des choses, en demandant qu'on vous croit. Vous vous prenez pour dieu ou quoi ? On vous a cru pendant des années, on voit ce que ça donne aujourd'hui en regardant les adultes.

  • Nous allons rentrer en résistance

Des personnes qui noyautent tout un système ( de santé ) et qui font pression régulièrement sur les parents, je n'appelle pas cela de la résistance, j'appelle cela de l'oppression. et nous, parents, continueront de résister, oui, résister, pour que notre enfant ait la possibilité de vous échapper.

  • La psychiatrie française, que le monde entier admire...

Alors là..il faut sortir de votre monde, il est temps.

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Nous, parents d'enfant autistes et membres d'association, en avons plus qu'assez que nos associations représentatives soient assimilées au regroupement d'une élite de parents militants à la solde de lobbies comportementalistes. C'est de la diffamation !

Nous en avons plus qu'assez qu'on assimile le travail éducatif que les professionnels et nous parents menons pour aider nos enfants (à parler, à être propre, à manger avec une cuiller, à s'habiller seuls), à du dressage et à une forme de maltraitance. !

Nous en avons plus qu'assez qu'on attribue notre "problème" de parent d'enfant autiste à notre refus de parler du fait d'avoir désiré ou non notre enfant. Nous nous sentons insultés.

Tous ces propos sont honteux, prononcés par le porte parole d'un collectif de "médecins", donc de formation scientifique. Des médecins qui refusent d'être évalues.

C'est contraire au code de déontologie médicale.

Si ces personnes refusent la science, qu'ils aillent faire autre chose.

En attendant je demande aux associations de porter plainte pour diffamation

http://autisteenfrance.over-blog.com/article-choquee-par-les-propos-du-fondateur-du-collectif-des-39-101869328.html

18 mars 2012

article publié dans l'express.fr le 18 mars 2012

Autisme : "Les psychanalystes vont entrer en résistance"

Manon Quinti, publié le 18/03/2012 à 11:14

Autisme : "Les psychanalystes vont entrer en résistance"

Les psychanalystes, convaincus de pouvoir déceler un traumatisme originel chez chaque enfant autiste.

AFP/PHILIPPE HUGUEN

Le 8 mars, la Haute autorité de santé désavouait la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. Les psychiatres incriminés ripostent. Entretien avec le Dr Hervé Bokobza, psychiatre et fondateur du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire. 

Face à l'autisme, deux écoles s'affrontent depuis des années en France. Celle des psychanalystes, convaincus de pouvoir déceler un traumatisme originel chez chaque enfant autiste. Et celle des comportementalistes, pour qui la cause de ce fléau est seulement biologique - un avis largement partagé par la communauté scientifique. Or le 8 mars, dans un rapport sur les troubles envahissants du développement chez les enfants et les adolescents, la Haute autorité de santé (HAS) désavouait publiquement la psychanalyse dans le traitement de l'autisme. Furieux, un collectif de psychiatres dénonce le lobbying d'associations de parents "non représentatives". Le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, en guerre depuis 2009 contre la politique du gouvernement en matière de santé mentale, compte remettre le sujet sur la table lors de son prochain meeting à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 17 mars. Entretien avec le Dr Hervé Bokobza, psychiatre et fondateur du mouvement. 

Comment expliquez-vous l'unanimité des associations de parents contre le traitement psychanalytique de l'autisme?

Ces opposants sont en réalité très minoritaires et extrêmement militants. Ils ne sont pas représentatifs de l'ensemble des parents d'enfants autistes. Parfois, leur rejet de la psychanalyse peut être fondé: il existe des psychanalystes totalement délirants. Comme dans tous les métiers, il y a des bons et des mauvais psys. Mais la véritable explication, c'est qu'ils sont manipulés par le lobby des comportementalistes. On leur fait croire que l'approche comportementale peut sauver leurs enfants... Si c'était vrai, je l'utiliserais! En réalité, il s'agit de méthodes extrêmement violentes, importées des Etats-Unis. Elles coûtent 30 000 euros par an et par enfant. Il y a derrière tout ça un immense enjeu financier. Et même si elles marchent parfois, cela reste du dressage! C'est comme la peur du flic, certes efficace, mais à quel prix? 

Pourquoi les parents voudraient-ils confier leurs enfants à des professionnels qui pratiquent le dressage?

C'est plus facile de dire à un parent "vous n'y êtes pour rien dans l'autisme de votre enfant, c'est génétique". Ces professionnels jouent sur l'illusion. Je comprends très bien que ce soit plus reposant pour les parents. C'est tellement l'horreur absolue d'avoir un enfant autiste. 

Quels sont les arguments que les comportementalistes utilisent pour convaincre les parents?

Les comportementalistes disent que la psychanalyse n'est pas scientifique, qu'il n'y a pas de preuve de son efficacité. Nous ne répondons pas à leurs critères d'évaluation donc, pour eux, nous ne sommes pas crédibles. Mais le principe d'évaluation à partir de normes est radicalement opposé à notre démarche! La relation avec le patient, on ne peut pas l'évaluer. Soigner, en psychiatrie, demande une éthique du doute, une prise de risque. On ne peut pas mettre des croix dans des cases. 

Vous allez même beaucoup plus loin, si l'on en croit votre site Internet: vous y dénoncez la "folie évaluatrice et normative" des autorités de santé. Pourtant, la HAS souhaite seulement développer la recherche clinique afin d'évaluer l'efficacité des pratiques psychanalytiques. Peut-on imaginer d'évaluer ces traitements autrement qu'avec des statistiques?

Cela se fait déjà, par un professeur de Lyon. C'est l'universitaire le plus ouvert dans le domaine. Et c'est lui qui est harcelé par les associations de parents. Il fait pourtant de la recherche et prône une approche intégrative de toutes les disciplines. Personnellement, je ne refuse pas l'évaluation: je l'exige tous les jours de la part de mes équipes [NDLR: le centre psychotérapique Saint-Martin-du-Vignogoul, dans l'Hérault, pour adultes atteints de psychose ou de névrose]. Mais je suis opposé aux normes à base de statistiques et de chiffres que les comportementalistes tentent d'imposer. Elles ne prennent pas en compte la singularité de chacun. 

Vous affirmez avoir de bons retours de la part des parents d'enfants fréquentant vos centres. Comment expliquez-vous leur silence dans le débat actuel?

Selon moi, si les parents satisfaits de la psychanalyse ne s'expriment pas, c'est qu'ils ont honte. L'arrivée d'un enfant autiste bouleverse une famille. Cela renvoie les parents à leur histoire personnelle, à des choses extrêmement douloureuses. Cela touche à leur intimité, qu'ils n'ont pas envie de dévoiler. 

Compte-tenu du manque criant de structures d'accueil pour les enfants autistes en France, ont-ils vraiment la liberté de critiquer les services proposés?

Vous ne pensez quand même pas qu'on irait virer un enfant parce que ses parents discutent nos méthodes? Les associations de parents qui récusent aujourd'hui notre approche, c'est vingt personnes qui passent leur vie sur internet! [NDLR: 19 associations et fédérations de parents d'enfants autistes ont été sollicités par la HAS pour la rédaction de son dernier rapport]. Ils font de l'envahissement paranoïaque. Ces gens-là ne se posent aucune question concernant leur enfant. Ils refusent, par exemple, qu'on leur demande s'ils l'ont vraiment désiré. Cette question n'est pas habile, je vous l'accorde, mais elle est incontournable. 

Vous prétendez défendre une approche humaniste de la santé mentale, par opposition aux comportementalistes qui voudraient, selon vous, "normaliser" les comportements. N'est ce pas réducteur?

Parfois, je peux envoyer un patient consulter un comportementaliste, parce que sa phobie est indécrottable. On peut être comportementaliste et humaniste, à condition toutefois que la technique comportementaliste ne soit pas le coeur du soin. C'est dans la relation avec l'enfant qu'il se passe quelque chose. Or cette relation n'est possible qu'avec la psychanalyse. Sans elle, on devient des machines, des techniciens de la santé. 

Actuellement, la majorité des établissements accueillant les enfants autistes utilisent la psychanalyse. Mais que va-t-il se passer maintenant que la HAS a déclaré cette approche non pertinente ?

Nous allons rentrer en résistance, en continuant de défendre haut et fort ce que nous pensons. La psychiatrie française, que le monde entier admire, ne doit pas être balayée par le moyen des critères d'évaluation. Mais nous allons réfléchir autour des recommandations de la HAS. Nous prônons une refondation de la psychiatrie et nous prévoyons pour cela d'organiser des assises en septembre.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/autisme-les-psychanalystes-vont-entrer-en-resistance_1094612.html#xtor=AL-447

18 mars 2012

article publié sur inforautisme-asbl le 15 mars 2012

Droit de réponse à l’article de La Libre du 13 mars 2012 : « Autisme : la psychanalyse est-elle hors jeu ? »

C’est avec beaucoup d’intérêt que nous avons pris connaissance de l’article de La Libre au sujet des prises en charge de l’autisme, suite à la diffusion du rapport de la HAS (Haute Autorité de Santé) en France. En tant que représentants de parents d’enfants autistes, et parents nous-mêmes d’un jeune homme adulte avec autisme, nous demandons un droit de réponse aux opinions présentées dans l’article par rapport à des pratiques qui nous concernent directement, ainsi que nos enfants.

Nous nous réjouissons des recommandations de la HAS qui, en ligne avec la communauté scientifique et médicale internationale, prône et cautionne les approches éducatives et comportementales, ainsi que les interventions précoces et intensives auprès des enfants autistes.

Nous parents, nous souhaitons pour nos enfants la meilleure adaptation possible au monde qui les entoure, afin qu’ils puissent s’y épanouir comme tout un chacun, surtout après que nous ne serons plus là. Les connaissances en matière de génétique, biologie, imagerie cérébrale ont avancé à pas de géant ces dernières années et définissent aujourd’hui l’autisme comme un trouble d’origine biologique et neurologique, avec un fonctionnement cérébral différent du nôtre. C’est pourquoi les enfants autistes nécessitent une éducation spécifique et adaptée en matière d’apprentissages à l’autonomie, à la communication, à la socialisation.

La psychanalyse est restée en marge de ces avancées. Il convient de rappeler que la psychanalyse n’a aucun fondement scientifique et qu’elle a construit son interprétation de la psyché humaine sur base de dogmes et d’affirmations non validées par aucune étude rigoureuse. Par ailleurs, quelques « études de cas » ne sont pas suffisantes pour décréter les bienfaits d’une approche thérapeutique, quelle qu’elle soit.

Mr. Stevens s’érige en défenseur de la singularité de l’enfant autiste et de son « désir » et targue les méthodes comportementales de « méthodes militaires », « américaines » de surcroit, comme si cela était une faute particulière. Eduquer un enfant autiste est effectivement une tâche ardue qui impose de nombreuses contraintes à l’enfant et à l’entourage. Mais Mr. Stevens semble oublier que la société toute entière soumet les enfants ordinaires aux affres de l’éducation et des apprentissages scolaires jusque 18 ans ! L’enfant autiste aurait-il donc le grand privilège de rester à l’état sauvage, dans l’attente d’une émergence hypothétique de son désir ? Pour quelle raison ?  

En attendant que ce désir arrive un jour, des années précieuses sont perdues. Voilà un incalculable gâchis humain dont les parents d’enfants autistes adultes, qui ont bénéficié des approches psychanalytiques, mesurent aujourd’hui toute l’étendue : impossible de leur faire une place dans la société ni de leur en trouver une dans des institutions spécialisées à cause des graves troubles du comportement qu’ils ont développés pendant des années de « non éducation » !

Que l’expérience des parents d’adultes autistes dont on a si « humainement » gâché le potentiel d’apprentissage serve à quelque chose, surtout à éviter les erreurs du passé ! Aujourd’hui, de nombreuses familles témoignent des beaux progrès de leurs enfants autistes dans des écoles adaptées, grâce à des méthodes éducatives comme TEACCH, ABA et PECS. Pas encore assez d’enfants, hélas, car les services spécialisés et bien formés sont toujours largement insuffisants… alors que les institutions à référence analytique continuent de produire des jeunes adultes inadaptés et sur-handicapés. 

Il ne s’agit pas ici d’une querelle d’écoles mais du devenir de nos enfants. De la psychanalyse, nous parents, nous n’en voulons plus !

Pour Inforautisme asbl, Cinzia Agoni-Tolfo

https://www.facebook.com/notes/inforautisme-asbl/droit-de-r%C3%A9ponse-%C3%A0-larticle-de-la-libre-du-13-mars-2012-autisme-la-psychanalyse-/353869744652032

18 mars 2012

information publiée sur le site du Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale

15 mars 2012

Ouverture du Comité national Autisme. Discours de Roselyne Bachelot-Narquin. 14 mars 2012

Je suis très heureuse d’être devant vous aujourd’hui pour ouvrir ce comité national autisme.

Il s’agit d’un rendez-vous important à plusieurs titres.

  • d’abord, parce que je sais que la mise en place de ce comité répond à une attente forte de votre part, une attente que vous avez exprimée de longue date et à laquelle le Gouvernement a voulu répondre.
  • ensuite, parce que ce comité rassemble tous les acteurs engagés sur le champ de l’autisme – et vous êtes nombreux.
  • enfin, parce que ce comité va se réunir dorénavant de manière régulière et pérenne pour que, ensemble, nous puissions continuer à avancer en matière de prise en charge et d’accompagnement des personnes autistes.
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Améliorer la prise en charge et l’accompagnement des personnes autistes : c’est une priorité pour le Gouvernement (I).

Vous le savez, le Premier ministre a choisi de faire de l’autisme la « grande cause nationale » pour 2012.

C’est un signe fort de notre engagement à apporter aux personnes autistes et à leurs familles des réponses concrètes pour améliorer leur qualité de vie.

A cet égard, je veux adresser l’expression de ma profonde gratitude à toutes les associations de parents qui ont transformé cette épreuve personnelle en combat au service de leurs concitoyens.

Grâce à eux, grâce à vous, notre société prend un visage plus humain !

C’est aussi grâce à vous, et au collectif que vous avez formé, que l’autisme fait cette année l’objet d’une attention toute particulière.

Une dynamique est en marche, et elle durera bien au-delà du 31 décembre 2012.

Plus largement, le Gouvernement a voulu, à travers le Plan Autisme 2008-2010, prendre le sujet à bras-le-corps, pour l’aborder enfin avec responsabilité, dans toutes ses dimensions, et ainsi apporter des réponses concrètes au désarroi des familles.

Vous le savez, ce plan représente un engagement financier conséquent.

Plus de 200 millions d’euros y sont consacrés et le rapport que m’a remis Valérie Létard, le souligne : il a permis des progrès sensibles sur la connaissance de la maladie, mais aussi sur le diagnostic – avec le renforcement des moyens alloués aux Centres de ressources autisme créés en 2005 et des équipes hospitalières de diagnostic.

Des progrès sensibles, enfin, sur la prise en charge de la maladie, en favorisant sa diversification, grâce au lancement des premiers établissements et services expérimentaux.

A mi parcours, soit au 31 décembre 2010, 88,5% des places pour enfants avaient d’ores et déjà été autorisées et 1 330 places avaient été ouvertes, ce qui représente près des deux tiers des prévisions du plan.

Pour les adultes, 50 % des places ont également été créées. Enfin, 24 structures expérimentales, mettant en œuvre les méthodes dites comportementalistes, encore peu implantées en France, ont été autorisées. Cela représente 381 places et un financement de 20,4 millions d’euros.

Je vous laisserai le soin, chère Valérie, d’y revenir dans le détail dans quelques instants et de répondre aux éventuelles questions.

Pour ma part, je voudrais saluer le remarquable travail mené conjointement par la Haute Autorité de Santé et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ANESM).

Il a permis d’élaborer des recommandations de bonnes pratiques sur les interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez les enfants et les adolescents atteints d’autisme ou d’autres troubles envahissant du développement.

En cela, ce travail de plus de 18 mois constitue un apport majeur à notre socle de connaissances sur l’autisme.

Nous disposons dorénavant, d’un travail scientifique concerté, mené de manière indépendante, dans le dialogue et la concertation. Il s’agit d’un acquis essentiel.

Il va permettre, comme l’a souhaité le Premier ministre, d’éclairer le débat en faisant en sorte que les modes de prises en charge qui ne sont pas respectueux des droits des personnes n’aient plus leur place dans nos établissements.

Bien évidemment, il s’agit de l’état des connaissances à la date d’aujourd’hui.

La recherche doit encore progresser et je souhaite d’ailleurs que le travail de la HAS puisse être actualisé régulièrement.

A présent, chacun doit pouvoir s’approprier ces recommandations, pour faire évoluer concrètement la prise en charge et l’accompagnement des jeunes autistes et des personnes autistes en général.

*************

Le Plan Autisme 2008-2012 a donc permis des progrès sensibles. Mais il nous faut aller encore plus loin.

Et c’est précisément la volonté du Gouvernement.

C’est dans cette perspective que le Premier ministre m’a chargée d’élaborer un nouveau plan autisme : il doit permettre à la France de poursuivre le rattrapage de son retard en matière de prise en charge.

Les travaux sont déjà lancés et je ne doute pas que le dialogue qui va s’ouvrir dans le cadre de ce comité national autisme pourra nourrir fructueusement la réflexion.

Dans le cadre d’une communication en Conseil des ministres, je présenterai début avril les propositions retenues pour ce plan autisme. Le Premier ministre a d’ores et déjà esquissé les priorités de travail qu’il souhaite voir mises en œuvre :

  • le déploiement de nouvelles structures de prise en charge ;
  • l’intensification de la recherche sur l’autisme, recherche en biologie et santé mais aussi en sciences humaines et sociales ;
  • la scolarisation des enfants autistes ou atteints de troubles envahissants du développement.
  • la défense des droits des personnes autistes ;
  • le renforcement du soutien aux aidants familiaux. Un volet sera également consacré à la formation, ainsi qu’à l’amélioration du diagnostic.
    ************
    Vous l’aurez compris, ce comité national autisme a vocation à accueillir l’ensemble des acteurs qui s’engagent au service des personnes autistes.

Ce n’est un secret pour personne : depuis toujours, je crois profondément aux vertus du dialogue, et notamment sur des sujets tels que le handicap, devant lequel les clivages partisans peuvent et doivent s’abolir.

Je me réjouis donc aujourd’hui de donner le coup d’envoi de cette belle instance de concertation et d’échanges, dont je sais que, toutes et tous, vous aurez à cœur de la faire vivre.

Je vous souhaite d’excellents travaux !

http://www.solidarite.gouv.fr/actualite-presse,42/discours,44/ouverture-du-comite-national,14595.html

18 mars 2012

Autisme et TED Propositions pour un troisième plan - FEGAPEI

Publié par la Fédération nationale des associations gestionnaires au service des personnes handicapées (FEGAPEI)

Prendre connaissance des propositions : http://www.fegapei.fr/images/stories/Communication/Presse/fegapei_propositions_3e_plan_autisme.pdf

Mon avis : Intéressant et concret pour que les recommandations de la HAS soient effectivement appliquées sur le terrain ... Ces propositions concernent les enfants, adolescents et adultes ... (jjdupuis)

17 mars 2012

compte rendu publié sur le site du Sénat - Audition de Mme Valérie Létard

Evaluation de l'impact du plan autisme 2008-2010 - Audition de Mme Valérie Létard

Mme Annie David, présidente. - Avant d'entendre Valérie Létard, je souhaite la bienvenue à notre collègue de la commission de la culture, Françoise Laborde, qui s'intéresse de très près au sujet de l'autisme et que j'ai invitée à assister à notre réunion.

Mme Valérie Létard. - La ministre des solidarités, Roselyne Bachelot-Narquin, m'a confié, au printemps dernier, une mission d'évaluation du troisième plan autisme, près de quatre ans après le début de sa mise en oeuvre. L'objectif était d'établir un premier point d'étape sur les différentes mesures préconisées en 2008. Ont-elles répondu aux attentes des familles en souffrance dans les domaines du diagnostic précoce ou de l'accompagnement des jeunes adultes ? Le rapprochement avec le handicap a été confirmé. Dans la perspective d'un prochain plan, faudra-t-il inventer de nouveaux dispositifs ou réactiver les outils en place ?

D'abord, le constat. Les chiffres parlent d'eux-mêmes sur la nécessité de donner un coup d'accélérateur à l'accompagnement de l'autisme. En effet, 5 000 à 8 000 enfants naissent chaque année atteints d'autisme ou de troubles envahissants du développement (TED). Aucune enquête épidémiologique poussée n'a jamais été menée en raison des difficultés à établir le diagnostic. On estime néanmoins que la France compte entre 350 000 et 600 000 autistes. A minima, le taux de prévalence est d'un enfant sur cent cinquante ; une fille pour quatre garçons serait atteinte d'autisme ou de TED. Comparable par son ampleur à la maladie d'Alzheimer, l'autisme représente une charge très lourde pour les familles.

Grâce au plan 2008-2010, de réelles avancées ont eu lieu. Au niveau quantitatif, de nouveaux moyens ont été déployés : 187 millions d'euros, dont 173 affectés à la création de 4 100 places supplémentaires en établissements spécialisés. Si 1 672 places sont effectivement installées, toutes n'ont pas encore vu le jour en raison du délai entre l'obtention de l'autorisation et leur ouverture effective. Un effort particulier a aussi été porté sur l'accompagnement hors établissement, puisque 711 places de services d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) ont été autorisées en trois ans. Le plan n'en prévoyait que six cents en cinq ans. Les objectifs chiffrés ont donc été atteints. En outre, vingt-quatre structures expérimentales ont été mises en place, ce qui représente 381 places pour un coût global de 20 millions d'euros. Le montant par an et par enfant s'y élève à 50 000 euros. S'y exercent plusieurs méthodes, parmi lesquelles ABA, Teacch et Makaton, dans le but de fournir aux enfants un accompagnement spécifique. Nous sommes actuellement dans une phase d'expérimentation ; il faudra attendre plusieurs années pour dresser le bilan de ces centres.

Au niveau qualitatif, la Haute Autorité de santé (HAS) a validé, en mars 2010, le socle de connaissances partagé, qui donne pour la première fois une définition de l'autisme et des TED, en précisant les spécificités du fonctionnement d'une personne autiste et les outils de repérage, de diagnostic et de suivi de l'évolution de son état de santé. A la différence des Etats-Unis et des autres Etats européens, l'autisme était en France jusqu'alors assimilé à une psychose infantile, classée parmi les maladies mentales. La prise en charge était pilotée par la psychiatrie et la psychanalyse. La validation du socle de connaissances a constitué un point de départ pour un nouveau mode de suivi, qui utilise tous les outils disponibles pour accompagner individuellement les enfants et les adultes autistes. A la suite de mes auditions avec les différents acteurs, il m'est apparu nécessaire de nous inspirer des exemples étrangers pour cheminer vers un accompagnement individualisé, dit pluriméthode. Un autiste atteint d'un trouble sévère ne doit ainsi pas être pris en charge de la même façon qu'un enfant atteint du syndrome d'Asperger. Quand le premier devra être accueilli dans un établissement hospitalier spécialisé, le second pourra, avec l'aide d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS), bénéficier de méthodes comportementales à l'école et dans sa famille.

Cependant, les délais restent insupportables pour les familles. Dix mois sont nécessaires pour accéder au dépistage dans un centre de ressources autisme (CRA) et un an pour obtenir une place dans une structure spécialisée. Dans le Nord-Pas-de-Calais par exemple, ce délai est porté à deux ans et cent cinquante enfants attendent d'être dépistés. L'approche des CRA est conforme à la nouvelle définition de l'autisme. Très recherchés pour leur diagnostic, ils sont engorgés et s'écartent de leur mission fondamentale d'information et de diffusion des bonnes pratiques. Enfin, le délai d'examen des plans d'aide par les commissions d'accès aux droits varie de six à dix-huit mois.

En outre, le diagnostic n'est pas encore assez précoce, ce qui se traduit par une diminution des chances de l'enfant de gagner en autonomie. En moyenne, un enfant est dépisté vers l'âge de six ans, alors que des outils existent pour un dépistage dès l'âge de trois ans.

De plus, certaines mesures n'ont pas donné le résultat escompté. L'étude de l'épidémiologie de l'autisme n'en est qu'à ses balbutiements. En février 2010, l'institut national de veille sanitaire (InVS) et l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont lancé un programme d'élaboration d'un protocole d'études épidémiologiques. Mais on ne dispose pas encore d'outils épidémiologiques opérationnels. Or, le premier objectif du plan était de mieux connaître l'autisme.

La formation des professionnels est, quant à elle, encore insuffisante et le pilotage, au niveau national, de la politique de formation à l'autisme manque de cohérence.

Enfin, en raison du retard de la validation de la définition de l'autisme, d'autres mesures listées par le plan n'ont, jusqu'à présent, pas été suivies d'effet : l'évolution des métiers du médico-social, la prise en charge des adultes, l'accompagnement dans l'emploi et le logement ou l'accès aux soins somatiques.

Après l'élan du démarrage, le plan s'est progressivement essoufflé. Le comité national réunissant les représentants de la psychiatrie, du secteur médico-social, de l'éducation nationale et les associations familiales, ne se réunit plus depuis deux ans. Or, il constituait le lieu du dialogue et de l'évaluation entre les acteurs du secteur. Nous perdons du temps. Un travail supplémentaire de définition est nécessaire, notamment sur le contenu de la formation des AVS. Je vous propose de définir cinq champs de travail.

D'abord, il faut piloter, c'est-à-dire relancer une gouvernance dynamique et cohérente du plan. C'est en apaisant les différences d'approches que la nouvelle définition de l'autisme pourra servir de point de départ au suivi individualisé des enfants. Après le pilotage interministériel, le plan doit se décliner au niveau régional à travers les agences régionales de santé (ARS) et les CRA.

Deuxième axe, la connaissance. Il faut s'appuyer sur l'état des connaissances partagées pour mettre en place les prises en charge individualisées.

Il est nécessaire également de former, en se fondant sur la définition acceptée par la communauté internationale. Un groupe de travail dédié à la formation doit réunir tous les acteurs. Sans forcément déployer de nouveaux moyens, il convient d'adapter la formation continue à tous professionnels, de mieux encadrer l'agrément des formateurs et d'activer les formations en place.

Un autre champ d'action est celui de l'accompagnement dans le parcours de vie. En l'absence de diffusion des outils d'accompagnement sur le territoire national, aucun modèle national d'insertion professionnelle ni d'accès au logement adapté n'est disponible. C'est pourquoi il est important que l'autisme soit, cette année, élevé au rang de Grande cause nationale.

Enfin, le dernier axe consiste à diversifier la palette des solutions d'accueil et d'accompagnement. Les méthodes doivent être adaptées à la forme d'autisme et à l'environnement de l'individu.

En réactivant le comité national, nous serons en mesure de dépassionner le débat. En nous appuyant sur le socle de connaissances partagé, nous pourrons tourner la page des modes de prise en charge traditionnels, dans l'intérêt des personnes autistes.

Mme Annie David, présidente. - Votre rapport propose trente mesures et cinquante recommandations. Vous dites que la définition de l'autisme est fondamentale pour déterminer les modalités de prise en charge. Pouvez-vous nous préciser les dispositifs d'accompagnement des familles ?

M. Georges Labazée. - En tant que président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, je travaille actuellement sur le schéma départemental de l'autonomie, en partenariat avec l'ARS. Il concerne à la fois les personnes âgées, autistes et handicapées et sera adopté en juin prochain. Quels moyens seront donnés aux ARS pour la mise en oeuvre de ce schéma ?

A mesure que nous l'établissons, nous constatons le manque de porteurs de projets solides et de périmètre juridique clair. A la différence du handicap et de la dépendance, la compétence des collectivités territoriales en matière d'autisme est floue. Alors que les familles souhaitent sortir des grandes structures au profit d'établissements plus humains, quels types de personnel seront reconnus et validés par les ARS ?

Enfin, des programmes de formation sur l'autisme se développent, par exemple entre les universités de Bilbao et des pays de l'Adour. Comment encourager ce type de formation universitaire ?

M. Gilbert Barbier. - Quelles sont les parts respectives de l'autisme et des TED dans les statistiques que vous nous avez exposées ? La différence est de taille puisque des TED sont diagnostiqués comme de l'autisme, qualification dont on connaît les effets culpabilisants sur les parents. Je suis étonné que le dépistage mène à un classement des enfants dans une catégorie donnée. Il devrait être évolutif.

Le conflit relatif à la mainmise de la psychiatrie, en particulier de la psychanalyse, sur l'autisme a été porté sur la place publique. La décision de la HAS de mars 2010 constitue une avancée, mais doit être suivie d'autres publications scientifiques. Quelle est votre position sur l'approche comportementale, jusqu'à présent cantonnée à un rôle subalterne ?

Il me semble que la connaissance devrait figurer avant le pilotage dans le classement de vos axes d'action. On est loin de tout savoir : les recherches génétiques n'en sont qu'au stade du balbutiement.

Mme Catherine Génisson. - En France comme ailleurs, l'autisme doit être abordé de manière empirique. La recherche est la priorité et la condition pour mettre en oeuvre une démarche épidémiologique. Je me félicite du changement de définition de l'autisme. Mais il n'appartient pas aux politiques d'entrer dans le débat médical. La recherche doit se poursuivre : comment, par exemple, expliquer la différence de prévalence entre les filles et les garçons ?

Les autistes et leur famille vivent des drames. On a insisté sur l'importance de la diversification de la formation des professionnels. Il faut également donner des clés aux parents, qui se trouvent souvent dans un état d'incompréhension et de désespérance. Une approche diversifiée et adaptée à chaque catégorie sociale est donc également nécessaire.

Sans entrer dans un débat politicien, je pense que l'autisme est réellement une grande cause nationale. Il touche 600 000 personnes, sans que les moyens suffisants soient fournis pour améliorer le dépistage précoce et le suivi individuel. Ainsi, chaque année, des AVS sont contraints de quitter leur poste, quand la permanence du lien est en l'espèce si fondamentale. Comment traduire le plan national au niveau régional, puis individuel ? Peut-être pouvons-nous nous inspirer des lieux de vie communs qui, à Arras par exemple, fournissent à la fois un suivi médico-social et médical ainsi qu'un logement adapté ?

Mme Samia Ghali. - Certains AVS travaillent douze heures par semaine : ce n'est pas suffisant. Le contingent horaire des AVS doit être augmenté et leur emploi pérennisé.

L'enfant autiste est souvent renvoyé dans sa famille avant tout dépistage ou accompagnement. On a créé 4 100 places pour 600 000 personnes, avez-vous dit : l'écart est effrayant ! En outre, les vingt-quatre structures expérimentales se situent-elles exclusivement en région parisienne ? C'est une discrimination territoriale de plus.

Enfin, alors qu'une famille aisée trouvera toujours des solutions de prise en charge de l'enfant autiste, une famille défavorisée ou monoparentale sera totalement démunie.

Mme Valérie Létard. - Il est vrai que certaines familles sont contraintes de déménager pour se rapprocher des structures adaptées.

Mme Gisèle Printz. - Comment dépiste-t-on l'autisme ? Les enseignants et les médecins sont-ils formés pour identifier un enfant autiste ?

Mme Claire-Lise Campion. - Nous devons garder vos chiffres à l'esprit. Beaucoup de familles, désespérées, sont livrées à elles-mêmes. Certaines doivent en effet déménager, j'ai en mémoire l'exemple d'un couple de fonctionnaires, dont l'un a été contraint de demander sa mutation en zone frontalière, afin que leur enfant autiste puisse bénéficier des méthodes utilisées en Belgique.

La connaissance doit constituer la priorité. Je comprends la volonté de Valérie Létard de mettre l'accent sur le pilotage, qui est fondamental pour la recherche. La validation de la nouvelle définition de l'autisme par la HAS est un progrès. Mais il est regrettable que le comité national ne se réunisse plus depuis deux ans. Ce sont autant d'années perdues pour les autistes et leurs familles ! Une volonté politique nationale forte est indispensable pour que les moyens, notamment en matière de scolarisation, soient renforcés. Il est urgent de rattraper notre retard qui, malgré le plan autisme et la Grande cause nationale, continue de se creuser.

Au sein de la commission pour l'application des lois, nous étudions actuellement l'application de loi handicap votée en 2005. A l'époque, aucun distinguo n'avait été fait entre l'autisme et le handicap. En ma qualité de corapporteure, je veillerai à ce que l'autisme entre dans le champ de notre rapport.

Mme Patricia Schillinger. - Les chiffres annoncés sont effectivement inquiétants. Les parents sont souvent poussés au nomadisme : ils passent de médecin en médecin, parfois dans des territoires désertés par les pédiatres. Les charges peuvent s'élever à 3 000 euros par mois pour certaines familles, qui doivent chercher des financements par elles-mêmes. Nous devons leur donner des réponses sans attendre, en nous inspirant du modèle allemand par exemple.

M. René-Paul Savary. - N'oublions pas le rôle du conseil général : il assure souvent l'hébergement des personnes autistes via la prestation de compensation du handicap (PCH). Les plans de compensation du handicap vont jusqu'à 10 000 euros par personne et par mois, car les personnes autistes peuvent être polyhandicapés. Il est temps de reconnaître l'engagement du conseil général dans ce domaine.

Mme Catherine Génisson. - Il faut clarifier ce qui relève du conseil général, de la Grande cause nationale et des ARS. Ces dernières doivent davantage s'approprier cette mission.

Mme Michelle Meunier. - Certains mots ont un tel poids qu'il faut se garder de les extraire de leur contexte. C'est le cas de l'autisme. Il est pertinent d'appréhender chaque personne autiste en fonction de sa place au sein de la famille, de l'école et de la cité. Je suis également favorable à la démarche pluriméthode. Comme Gilbert Barbier, je pense qu'il est temps de mettre un terme aux trente ans de guerre qui oppose les comportementalistes aux psychanalystes. Mais comment appliquer de manière pragmatique cette décision politique ?

Deux pistes doivent être explorées : la sensibilisation des professionnels de la petite enfance au dépistage de l'autisme et la mise en place d'une véritable guidance parentale grâce au renforcement de l'information.

M. Yves Daudigny, rapporteur général. - Comme les autres présidents de conseil général, je m'interroge sur le financement du plan autisme. La contribution de la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) sera-t-elle déduite des crédits globaux de la PCH et de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) ?

Par ailleurs, la querelle entre les partisans de la psychanalyse et ceux des théories comportementales se poursuit-elle ? Le député Daniel Fasquelle a déposé, le mois dernier, une proposition de loi visant à mettre fin aux pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes. Qu'en pensez-vous ?

Enfin, comment soutenir les familles ? Dans l'Aisne, j'ai l'exemple d'un enfant autiste pris en charge par ses grands-parents, parce qu'il n'existe aucun centre spécialisé dans le département. Comment résoudre les difficultés juridiques et financières des familles ?

M. Jacky Le Menn. - Des structures spécifiques sont-elles dédiées aux personnes âgées autistes ? Des places leur sont-elles réservées dans les établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ephad) ? Quelles sont les parts prises en charge respectivement par le plan gérontologie et par le plan autisme dans le département ?

Mme Françoise Laborde. - Beaucoup d'AVS ne sont pas suffisamment formés et sont susceptibles d'être remplacés au bout de deux ans d'exercice, à tout moment de l'année scolaire. Il est indispensable de progresser sur cette question.

Je constate aussi qu'une véritable inégalité territoriale sévit dans la prise en charge de l'autisme. Il semble préférable pour une famille d'habiter non loin de la Belgique ! Le degré d'implication de l'ARS compte également, en particulier pour l'encadrement des appels à projet.

Par ailleurs, je suis étonnée que les professionnels continuent d'être formés à la méthode du packing. Un cadrage politique de cette pratique, qui relève de la maltraitance, s'impose.

Enfin, la nouvelle définition de l'autisme déculpabilise les parents. Merci de dire haut et fort que les mères ne sont pas responsables !

M. Claude Jeannerot. - Je diffuserai votre rapport, Madame Létard, dans le Doubs, où le dialogue entre les élus, les familles et les associations est permanent. En tant que président de conseil général, je ne ferai pas un plaidoyer en faveur de l'institution, mais il est vrai que le rôle du conseil général est cité trop tard dans le rapport. C'est bien à lui que les associations et les parents font appel. La responsabilité départementale doit être clarifiée et reconnue.

Je m'interroge également sur le choix de la méthode que vous avez adoptée. Vous avez privilégié, semble-t-il, l'étude des grandes régions urbanisées. J'ai l'intuition que les difficultés n'y sont pas les mêmes que dans les territoires ruraux...

Mme Annie David, présidente. - Quels enseignements tirez-vous des expériences belge et néerlandaise ? Sous quel délai pourrons-nous espérer être performants dans la prise en charge de l'autisme ?

Mme Valérie Létard. - Grâce à la Grande cause nationale, la société et les médias vont être mobilisés. Il faut avant tout expliquer au plus grand nombre ce qu'est l'autisme pour que les regards changent. A chaque niveau de la société et du territoire, tous les acteurs doivent faire évoluer l'image caricaturale et réductrice qui en est véhiculée.

Concernant les appels à projet, des structures associatives organisent des réseaux d'accompagnement des projets de qualité. En développant un maillage territorial, elles constituent une réponse aux difficultés de gestion connues par les porteurs de projet, en particulier dans les zones rurales.

Le nombre de places créées - 4 200 - peut paraître dérisoire, mais c'est un premier pas. Il est possible d'aller tellement plus loin ! Par exemple, dans les instituts médico-éducatifs (IME) généralistes, une dizaine de places pourrait être dédiée aux autistes, selon une accréditation et un budget définis par l'ARS. Sans se substituer aux places en établissement spécialisé, ce contingent pourrait être une solution complémentaire, parmi un panel de modes de prise en charge. En outre, grâce à des transferts de moyens du sanitaire vers le médicosocial, nous pourrions converger vers une prise en charge plus équilibrée. Cette fongibilité asymétrique dégagerait des marges de manoeuvre.

S'agissant des AVS, il est certain que l'enfant autiste a besoin d'un fil rouge entre le domicile et l'école. Mais la mise en place d'un AVS unique implique une formation plus étendue que les soixante heures dispensées actuellement et un contrat de plus longue durée. Peut-être faut-il envisager qu'une association reconnue, jouant le rôle de référent régional, emploie et forme les AVS ? Ces derniers ont indéniablement un rôle majeur à jouer dans la continuité territoriale et temporelle de l'accompagnement.

Evidemment, le conseil général a beaucoup contribué, en association avec les ARS, à la prise en charge, notamment financière, de l'autisme. Mais le plan handicap départemental n'est pas toujours adapté. Des problèmes de compensation demeurent.

Dans le domaine du diagnostic, mieux les professionnels de première intervention - médecins généralistes, orthophonistes - et les enseignants seront formés, plus le dépistage sera précoce. Une fois le diagnostic posé, l'accompagnement des familles doit débuter. Il ne s'agit pas de stigmatiser les enfants mais de leur fournir, le plus rapidement possible, un suivi médical adapté. Un maillage territorial resserré réduira les délais de diagnostic et le nomadisme des parents.

La connaissance était la première mesure du plan autisme. Mais elle dépend directement du pilotage : la recherche ne progressera que si tous les acteurs peuvent dialoguer au sein du comité national. En 2012, l'autisme est une Grande cause nationale. C'est l'année ou jamais d'agir pour lutter contre la souffrance des personnes concernées et les inégalités territoriales.

La proposition de loi de Daniel Fasquelle tend à supprimer le remboursement des soins psychanalytiques dans la prise en charge de l'autisme. Je pense que la définition validée par la HAS doit avant tout se traduire par la mise en place de bonnes pratiques d'accompagnement et de formation. Historiquement, tout a été organisé autour du sanitaire : il faut du temps pour que la prise en charge évolue.

Enfin, le packing ne peut désormais plus être utilisé sans lien avec une structure hospitalière et un suivi médical, sous peine de poursuites pour maltraitance. Les familles et les associations rejettent cette méthode. A partir de l'évaluation du professeur Delion à Lille, des décisions devront être prises avec sang-froid. Il faut faire cesser cette guerre et tourner la page.

Mme Annie David, présidente. - Il est en effet temps que cesse le conflit sur un sujet si important. Nous resterons vigilants sur les suites de votre rapport et les moyens à apporter pour rattraper notre retard en matière de prise en charge de l'autisme.

Je vous indique, pour finir, que j'ai sollicité la cellule de l'initiative parlementaire du Sénat, pour qu'elle nous fasse des propositions juridiques précises destinées à faire sortir les AVS de la précarité.

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20120220/soc.html#toc5

17 mars 2012

article publié dans le nouvel observateur le 17 mars 2012

Et si on évaluait les psychanalystes ?

Modifié le 17-03-2012 à 10h02

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LE PLUS. Un rapport de la Haute autorité de santé a mis les psychanalystes en défaut et désavoué leurs pratiques thérapeutiques dans le traitement de l'autisme. La colère des parents d'enfants autistes a fini par faire éclater une guerre jusqu'alors larvée. Pour Sébastien Smirou, psychanalyste et écrivain, il est tout à fait légitime de demander des comptes à ce corps de métier.

> Par Sébastien Smirou Ecrivain et psychanalyste

Edité par Amandine Schmitt  

Être un jeune psychanalyste français aujourd’hui n’est pas une sinécure. La récente polémique sur l’apport "non consensuel" de la discipline dans la prise en charge des patients autistes, dans la foulée d’autres mises en cause au cours des dernières années, semble avoir fait des analystes une espèce (presque nuisible) en voie de disparition – peut-être même à brève échéance.

 

Le centre pour jeunes autistes Albert Camus, à Villeneuve-d'Ascq, le 14 novembre 2008 (B.CHIBANE/SIPA).

Le centre pour jeunes autistes Albert Camus, à Villeneuve-d'Ascq, le 14 novembre 2008 (B.CHIBANE/SIPA).

 

La méfiance qui les entoure désormais est le prix que paie l’ensemble d’une profession pour l’arrogance d’une partie d’elle-même. À force de donner des leçons sur le monde, de rire des travaux d’autres disciplines, de refuser de rendre des comptes sur leur pratique, les "représentants" du monde psychanalytique français creusent non seulement leur propre tombe, mais entraînent avec eux ceux qui pourraient (devraient) encore faire avancer la psychanalyse.

Car oui, il existe aussi des analystes qui, dans l’intimité de leur cabinet ou en institution, travaillent encore avec une capacité d’étonnement et une disponibilité réelles pour les patients, qui ont le goût de la recherche que la clinique impose, et qui cultivent l’honnêteté intellectuelle que requiert toute grande aventure de pensée. Une bonne partie des psychanalystes qui exercent aujourd’hui ne se reconnaît probablement pas dans la posture de certains ténors, souvent marquée – contre ce que réclame l’expérience de la clinique – par un manque ahurissant d’humilité.

Je ne vois pas, par exemple, comment les psychanalystes pourraient faire fi des avancées des autres disciplines (il n’est pas question que des neurosciences, mais également de la littérature, par exemple) ou revendiquer le monopole de la vérité quant à telle ou telle pathologie. Comment aurions-nous fait si Freud n’avait pas été aussi un spécialiste des mythes et de Shakespeare, si Lacan n’était pas devenu aussi un fin connaisseur de la linguistique et du structuralisme, ou si Bion n'avait pas pris appui sur Poincaré ?

Sigmund Freud à côté de son fameux divan (Sigmund Freud Museum/SIPA)

Sigmund Freud à côté de son fameux divan (Sigmund Freud Museum/SIPA).

 

Je ne vois surtout pas au nom de quoi les psychanalystes n’auraient pas à faire la preuve de leur efficacité. Pas juste auprès d’une communauté de patients plus audible qu’une autre, mais auprès de tous ceux qui, en quête d’une solution à leur souffrance, chercheraient des explications quant à ce qu’on peut attendre d’un analyste.

Les parents d’autistes, parce qu’ils ont le plus fort souffert d’une forme de brutalité psychanalytique (d’ailleurs déniée par le milieu sur le mode de "seuls les mauvais psychanalystes disent ces horreurs"), ont été les premiers à se manifester. Demain, qui empêchera les parents d’enfants phobiques ou anorexiques de les imiter ?

Les associations d’hystériques, d’obsessionnels, de schizophrènes, etc. ? Pourquoi ces gens ne mettraient-ils pas en place ici, à l’image de ce qui se fait déjà ailleurs, des sites web comparatifs, par exemple – comme pour trouver les bons pédiatres, les bons garagistes, les bons kinés –, avec commentaires et notations, par "les usagers", des cliniciens de leur ville ? Et pourquoi pas si, à défaut d’autre chose, cela permettait à chacun de s’orienter dans le paysage ? Pour l’heure, la seule chose que les analystes organisent, c’est ce défaut lui-même.

Chacun est fondé à savoir comment nous pensons les demandes qui nous sont adressées, quelles finalités nous visons dans la cure (pourquoi faire l’économie de nouvelles explications sur la question de la "guérison" si tout le monde les réclame encore ?), comment nous fixons le cadre de notre travail (y compris le paiement de nos honoraires) et quels résultats nous obtenons.

Il ne s’agit pas de se plier, tête basse, à des critères d’évaluation qui nous seraient plaqués uniformément au nom de la science ; mais il ne s’agit pas non plus de rejeter toute forme d’évaluation au prétexte qu’il existe déjà des contrôles internes dans les associations de psychanalyse ou dans le dispositif analytique lui-même. L’enjeu est bien plutôt de pouvoir dialoguer collectivement avec les pouvoirs publics et les patients sans s’en remettre à la voix de tel ou tel leader plus ou moins éclairé.

Pourquoi refuser systématiquement de s’inclure dans des études contrôlées sur les psychothérapies, par exemple, si l’on est capable d’argumenter quant à ce qu’on fait en séance ? Pourquoi ne pas attirer l’attention sur des dimensions méconnues de ce qu’on appelle un "résultat", ou un "gain thérapeutique" ? Faute de tels efforts, nous nous exposons bel et bien à la disparition de la profession de psychanalyste en France.

Au lieu de s’indigner auprès des familles qui les montrent aujourd’hui du doigt, les "professionnels de la profession" devraient presque les remercier de tant de véhémence. Elle contraste avec ce qui nous attend de plus commun : la désaffection silencieuse de la psychanalyse. D’autres ont en effet déjà choisi de nous tourner le dos avec moins de fracas mais peut-être plus de conséquences. C’est notamment le cas d’une partie de la communauté homosexuelle. Face aux prises de position si péniblement normatives de certains d’entre nous, elle ne peut désormais plus faire confiance a priori à un analyste. Ne parlons pas des pseudo-cliniciens qui militent pour "le retour des pères sévères", contre "le fléau des jeux vidéo" ou autres balivernes du même type.

 

Un psychanalyste n’est ni une autorité morale ni un militant de quelque cause que ce soit. Il aide simplement ses patients à développer leurs capacités de penser ce qu’ils pensent et ce qui leur arrive, en s’appuyant entre autres sur l’analyse du transfert. Il ne peut travailler ni seul, ni contre, ni en surplomb – uniquement dans l’écho. Et on peut légitimement lui demander des comptes sur son travail.

À ce titre, évidemment, on se demande depuis combien de temps les plus "assis" de nos analystes n’ont plus fréquenté un divan. Plus sérieusement, on s’attellerait volontiers à la définition de critères d’évaluation valables pour ce métier, c’est-à-dire à la fois parlants pour tout un chacun, et fidèles à l’expérience de la cure.

A lire aussi sur Le Plus :

La psychanalyse est devenue dogmatique, c'est son erreur Par Boris Cyrulnik, psychanalyste

Autisme et psychanalyse : les véritables enjeux Par Eric Laurent, psychanalyste

Les psychanalystes, premières victimes de la psychanalyse ? Par Peggy Sastre

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/482532-et-si-on-evaluait-les-psychanalystes.html

17 mars 2012

"Chantons La Fontaine" au profit de l'association SUR LES BANCS DE L'ECOLE le 1er avril au Jardin d'Acclimatation

 

 
chantons la fontaineNicole Chirpaz, la Compagnie Internationale de Danse et le Jardin d'Acclimatation célèbrent la Journée Mondiale de l'Autisme, en donnant une représentation du spectacle "Chantons La Fontaine" au bénéfice de "Sur les bancs de l'école", association qui vient en aide aux familles d'enfants atteints d'autisme.

Représentation exceptionnelle le dimanche 1er avril à 15h30, la place au tarif unique de 13,50€, entrée du jardin comprise.
Réservation au 01 56 23 00 44

Venez nombreux soutenir l'association et savourez un avant goût de ce magnifique spectacle pour enfants en suivant le lien : http://www.chantonslafontaine.com/
Bois de Boulogne, 75016 Paris, France
 
Suivre l'évènement sur facebook https://www.facebook.com/event/205478839551981/
 
17 mars 2012

article publié sur Winckler’s Webzine Le site personnel de Martin Winckler

Je suis autiste et cela n’est pas « exactement » ce que vous croyez...
par Miss Titi, du réseau DEesCAa
Article du 16 mars 2012

Suite à un échange avec Martin Winckler - Médecin et écrivain (Montréal). sur 2 occurences d’utilisation inappropriée du mot « autiste », je lui ai promis d’écrire un article sur l’autisme vu de l’intérieur...

Je ne suis pas qu’autiste : je suis aussi une très jolie femme à l’aspect extérieur anormalement juvénile [1], avec un gros cerveau, tout plein de diplôme, en plus d’être une terrible pipelette...

Mais je suis autiste [2] et, donc, je n’ai pas écrit un article mais... Beaucoup !

Le gros cerveau est un cliché des autistes, il faut dire qu’en raison de l’indigence de l’éducation adaptée, seuls les plus pourvus de ce coté là ont une chance non nulle de s’en sortir autrement que par l’internement à vie ou un placement dans un environnement protégé et sous tutelle ad vitam aeternam...

Donc, étant française, si je ne l’avais pas, il est probable que je n’aurais jamais été capable d’écrire ce texte.

Qu’est ce que l’autisme ?

Bonne question...

Vous ne vous la posez jamais en fait. Pour l’écrasante majorité des français, l’autisme est une maladie ou un handicap mental...

Malheureusement, pour beaucoup de médecins français aussi...


 

Ailleurs, partout dans le monde sauf en France [3], c’est un trouble neurologique qui se situe au niveau du sillon temporal supérieur.

Malheureusement, partout sur Terre, le problème est abordé de l’extérieur. Par les conséquences de ce trouble neurologique mais jamais (ou presque) par sa nature.

Parce que nous ne sommes pas crédibles en tant que « fous », vous n’écoutez que les témoignages qui vont dans votre sens : comme « type de personnalité », ou « manière d’être » ou encore, pour les plus en retard d’entre vous « TOC », « dépression », « psychose infantile »...

Moi, il se trouve que je ne présente rien de tout cela [4]...

Pourtant, je suis autiste. Mais mes chances ont été :

  • mon gros cerveau
  • un papa à gros cerveau (et merveilleux, comme tous les Papas de petites filles)
  • la culture de mon merveilleux papa où les cotés différents d’un autiste peuvent passer pour de l’originalité...

Parce qu’en fait, de l’intérieur (et ceci est donc mon opinion personnelle issue de mon vécu personnel de la situation), l’autisme c’est de la malperception des signaux issus des êtres humains...

Un bébé autiste, car on est uniquement autiste de naissance, ne distingue pas le bruit d’une chaise de la voix de ses parents... Du moins pas sans le concevoir de façon consciente (ou quasi).

Du coup, seuls les plus intelligents y arrivent tout seuls [5]...

C’est comme si les être humains avaient 2 canaux de traitement des signaux...

Un canal pour le tout venant, un autre spécifique à l’humanité.

Un enfant autiste est donc obligé de traiter les signaux humains au milieu des bruits de chaises, les cris des autres enfants, le bruit de l’eau, du vent... Et je comprend que, souvent, les enfants autistes n’y arrivent pas....

Pour faire une analogie, c’est comme un ordinateur qui aurait 2 cartes d’acquisitions de données... Une spécialisée pour les traitements les plus complexes et une pour tout le reste.

Si la carte spécialisée est en panne, alors c’est l’autre qui prend le relais mais alors il faut faire le tri derrière.

Mais bien sur c’est très lent !

Dans l’autre sens, vous avez presque tous acheté un ordinateur et glosé à n’en plus finir sur la carte graphique... Sans cette carte impossible de visionner un DVD ou de jouer confortablement.

Et bien pour nous, c’est pareil : nous ne vous percevons pas bien... Vous êtes totalement « noyés » au milieu des bruits de tuyaux d’eau, celui du réfrigérateur, du congélateur, du four, de la musique, même lointaine, et aussi des couleurs qui vous environnent, des autres odeurs...

Être un bébé autiste, c’est être né et essayer de grandir dans un monde sans aucun être humain autours. Du moins, sans possibilité de les distinguer naturellement du reste du monde.

Je suis mal-voyante, mal-entendante, mal-percevante de naissance et c’est le cas de tous les autistes [6].

Conséquences de l’autisme et non symptômes

Avez vous vu des reportages sur des enfants sauvages ou séquestrés dans un placard ?

Ces enfants « normaux » élevés sans contacts humains suffisants en qualité et en quantité ?

Combien d’entre eux parlent ils ? Et s’ils parlent, ont ils une expression appropriée ?

N’ont ils pas des TOC ? Des balancements, destinés à compenser le stress de leur solitude ? Est qu’ils ne pratiquent pas l’auto-agression pour certains ?

Ne sont ils pas « agités » ? Voire égoïstes et anxieux ? N’ont ils pas des troubles relationnels ?

J’aimerais savoir pourquoi un bébé autiste qui n’a pas les moyens de percevoir son entourage humain ferait mieux qu’un bébé normal abandonné ou reclus hors de toutes interactions humaines ?

Pourquoi exigez vous cela alors que la situation est similaire du point de vue de l’enfant concerné ?

Est ce que vous vous rendez compte que de, mon point de vue, j’ai été un bébé solitaire pleurant jusqu’à l’évanouissement [7] sans qu’aucun être humain perceptible ne vienne s’occuper de moi ?

N’est ce pas que vous être encore en train de nous traiter comme les aveugles ou les sourds qui furent longtemps soupçonnés de déficience intellectuelle et de maladie mentale ?

Conséquences mal connues des non autistes

Compenser notre handicap sensoriel nous demande d’énormes efforts. Ceux qui ont de la chance ont bénéficié des méthodes comportementalistes suffisamment jeunes. Ces méthodes permettent de mettre en place des automatismes.

Ils sont appris, pas innés, mais ils ont l’immense intérêt de l’automatique et donc du « sans y penser » ce qui est similaire à la fonction naturelle... Même si loin d’être parfait c’est déjà ça.

Méthode de compensation lourde et effet sur la mesure de l’intelligence

Les autres et qui sont parvenus à apprendre à parler seuls se sont souvent débrouillés seuls.

C’est seuls qu’ils ont inventé leur méthode de compensation... C’est à dire avec trop peu de feed-back de personnes ayant leur sillon temporal supérieur parfaitement fonctionnel.

Du coup, le seuls automatisme c’est celui du « chantier » permanent : test, erreur objective, recherche d’explication, construction d’une nouvelle approche, test...

Et le résultat est à chaque fois une « usine à gaz ». Je trouve toujours étonnant l’émerveillement des personnes « normales » devant la complexité du mécanisme créé. À les entendre ce serait une marque de supériorité [8]...

Pourtant, les autistes ne peuvent bien souvent pas obtenir de cotation de leur QI valide [9].

Pourquoi ? Parce que les test de QI caractérisent différents item composants la mesure de l’intelligence et que si une personne normale a en général des notes proches sur ces différentes composantes, une personne autiste a des notes très différentes les unes des autres ce qui invalide le modèle de mesure.

Mon idée, là dessus, est que la création et le fonctionnement des méthodes « maison » et non automatiques de compensation « pompe » des ressources. Un peu comme un ordinateur doté d’une carte graphique faiblarde se reporte sur la mémoire vive de l’ordinateur et rame lamentablement même vis à vis d’un engin peut être moins puissant mais à la carte graphique « top ».

Donc, non ce n’est pas de la supériorité, c’est juste épuisant de ramer toute la journée et malheureusement c’est un automatisme : nous sommes 100% du temps préoccupés par comment percevoir vos signaux et c’est notre activité mentale principale quelle que soit notre contexte par ailleurs.

Du coup, même lorsque nous participons aux tests de QI, qui sont supposés être sans enjeux relationnels, nos ressources mentales sont dévorées par notre programme « maison », perpétuellement en redéveloppement...

Écoutez cette description d’une méthode de compensation « maison » parmi tant d’autres : http://www.inrees.com/podcasts/Auti....

Vous ne trouvez pas ÉPUISANT de faire cela TOUT LE TEMPS ?

J’utilise ma propre méthode. Elle est différente, mais je peux vous assurer qu’elle n’est pas moins prenante...

Se promener sans canne blanche au milieu d’un échangeur d’autoroute...

Ceci est l’image que j’ai employée pour faire comprendre à un ami aveugle le ressenti d’une réunion avec des inconnus pour un autiste.

Les autres envoient des signaux que nous ne percevons pas bien. Ils pensent que nous les interprétons aussi bien qu’eux même les perçoivent. Et ils attendent de notre part des signaux en retour.

Sauf que nous ne les voyons pas très clairement...

Donc nous n’y réagissons pas (ou de façon imparfaite).

Donc nous sommes des enfoiré(e)s / égoïstes / indifférent(e)s / salopard(e)s / je m’en foutistes / pas intéressé(e)s...

Donc nous faisons l’objet de réponses, voire de « mesures de rétorsion », totalement soudaines et incompréhensibles, vu que nous aurions dû savoir / voir / comprendre... Sauf que nous sommes autistes et que donc nous n’avons rien vu au propre comme au figuré.

Donc, nous appréhendons les personnes inconnues, parce qu’il y a toutes les chances que nous leur « marchions sur les pieds », relationnellement parlant, avant de les connaître assez pour moins mal interpréter leurs signaux...

Donc nous faisons tous, plus où moins, de la phobie sociale à force de se faire bouler sans arrêt et sans savoir pourquoi [10].

Le pire c’est qu’à force d’inhabileté sociale, les effets étant cumulatifs, nous avons souvent même des problèmes avec la lecture entre les lignes par écrit ! Lecture dont tous les autres sont de tels experts qu’ils ne se rendent même pas compte qu’ils la pratiquent.

On nous reproche souvent d’apprécier les environnements stables. Je ne pense pas que vous vous rendiez compte à quel point l’environnement est instable et imprévisible rien que parce que vous attendez de nous que nous devinions vos pensées et en particulier vos émotions sans vous percevoir clairement.

Hyper-sensibilité sensorielle

Nous traitons les informations par le même canal que tout le reste. Donc inconsciemment nous « tendons l’oreille » en permanence pour vous percevoir... Sauf que cela augmente le volume de tout ce que nous percevons. Donc nous sommes sensoriellement hyper-sensibles et c’est très pénible tout ce bruit, ces images, etc.

Merci de ne pas essayer de nous inviter dans un restaurant bondé sur une table en plein courant d’air... Nous risquons d’avoir du mal à cerner ce qui se passe et de ne pas trop apprécier même si c’est le meilleur du coin...

Burn-out

J’espère que vous avez compris qu’être autiste et se débrouiller tout(e) seul(e) c’est un énorme effort. Jeune parfois nous faisons illusion et puis nos erreurs peuvent passer pour de « l’adolescence ».

Plus âgé(e)s, les exigences sociales deviennent plus fortes et la tolérance moindre.

Cependant que nous vieillissons. Nous n’avons souvent plus la force d’accomplir les même prouesses.

Nous sommes donc épuisés avec la spirale de dé-socialisation que cela implique pour ceux et celles qui étaient parvenu(e)s jusque là.

Tous les autistes de ma classe d’âge que je connais sont fatigués.

Peur des soignants

Donc, je vis dans un pays qui considère largement mon handicap sensoriel comme, au mieux, un handicap mental [11] au pire une maladie mentale à guérir à tout prix et qui encore massivement applique :

  • la torture mentale, aka la psychanalyse pour tenter de me faire découvrir pourquoi j’aurais décidé de me fermer au monde alors que, si j’avais eu le choix, mon sillon temporal supérieur serait parfaitement irrigué...
  • la torture physique officiellement pour nous « soigner », en vrai pour maintenir un semblant d’ordre face à l’échec de la technique massivement employée...

Du coup, je me méfie des « soignants » et je ne suis pas la seule autiste dans le cas.

Un peu comme une aveugle qu’on tenterait constamment de psychanalyser pour lui faire découvrir comme elle a « décidé » d’être mal-voyante sous menace, en cas d’échec [12], de se retrouver fouettée à la cane à pêche [13], les douches froides, la tête plongée sous l’eau ou enveloppée dans des draps mouillés passés au congélateur [14].

Il faut dire que je ne suis pas du tout masochiste. Mais alors PAS DU TOUT !

Bien sûr, ce genre de perspective « thérapeutique » me file les jetons [15]... Et, comme je suis bilingue anglais, et ai une culture scientifique et que j’ai égoïstement lu l’état de la recherche sur l’autisme, j’ai aussi peur pour mes enfants, si j’en ai un jour, car l’autisme est d’origine génétique.

Dès que j’entends les mots « suivi psychologique [16] », je m’enfuie donc en courant... Et je suis étonnée que vous ne compreniez pas pourquoi [17].

Je dois aussi dire que je ne suis pas la seule.

Je connais des parents autistes qui s’appercevant qu’un ou plusieurs de leurs enfants le sont évitent soigneusement de les faire diagnostiquer ou de passer dans le système public de soin et de compensation du handicap, par peur de les voir placés, voire d’être eux-même internés en tant que mauvais parents transmettant leur pathologie par contact... Comme si les parents aveugles d’enfants aveugles étant particulièrement dangereux pour l’avenir de leurs enfants...

De même, je connais des autistes qui ont compris qu’ils l’étaient parce qu’un ou plusieurs de leurs enfants ont été diagnostiqués et qui ont expressément refusé de demander une ALD et-ou la reconnaissance de leur handicap afin de rendre impossible des actions de soins à la fois inadéquats et forcés et surtout aux conséquences tragiques pour eux-même et toute leur famille...

Parce qu’il n’y a AUCUN signal explicite comme quoi un tel enchaînement serait totalement impossible.

Par Miss Titi du réseau DÉesCAa

Pour commenter cet texte, rendez vous sur le fil dédié dans le réseau DÉesCAa.

L’inscription au forum est nécessaire pour intervenir. Tous les membres le peuvent y compris les non autistes.

La suite de mon témoignage sur mon autisme vu de l’intérieur : Dans 1 semaine !
Quelles techniques de compensation sont adaptées à mon autisme ?

[1] comme une majorité d’autistes, on m’attribue fréquemment entre 10 et 20 ans de moins que mon âge réel

[2] si si !

[3] j’exagère mais beaucoup de professionnels de l’autismes n’y croient pas... et les chercheurs sur cette pistes ont des financements ridicules

[4] du moins pas à un niveau « gênant »

[5] sauf si leur merveilleux Papa passe un temps fou à tout leur expliquer

[6] du moins, je le pense !

[7] c’est le spasme du nourrisson, un « symptôme » fréquent de l’autisme

[8] Parce que c’est bien souvent un exploit intellectuel... Juste pour savoir si on nous sourit ou nous « fait la gueule »

[9] au delà des querelles sur les méthodes de calcul, leur cohérence entre elles et leurs hypothèses d’applications

[10] parce que si « on » voulait bien nous dire pourquoi, nous on progresserait, mais non, nous devons nous « remettre en question » et deviner ce qui se passe sans qu’on ai à nous le dire

[11] cognitif pour ne fâcher personne en utilisant un mot rare qui au fond revient au même

[12] et je crois pas à la moindre réussite dans ce domaine

[13] ça ne se fait plus, mais j’ai plus de 40 ans et ce fut le cas, lorsque j’étais enfant

[14] en France, cela se pratique encore ! Et les équipes soignantes d’obédiences psychanalytiques se battent pour pouvoir continuer alors que l’influence d’Internet permet aux victimes ou à leurs parents de comprendre que nous sommes face à une exception culturelle française de justification perverse de la torture

[15] même si je sais que, du point de vue des gens normaux, ce « cheminement » n’est pas mis en œuvre consciemment de leur part

[16] souvent sous-entendu : psychanalyse

[17] pourtant, mon ouverture d’esprit typiquement autiste fait que je connais des gens qui m’ont dit être sadiques et qui, eux, savent parfaitement que tous le monde n’aime pas être torturé

http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=1083#nb6

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