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"Au bonheur d'Elise"
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inclusion
2 avril 2017

Autisme. Owen à l'école de l'inclusion

Publié le 02 avril 2017 à 00h00
Modifié le 02 avril 2017 à 08h27

 

En classe comme dans la cour, Owen (en rouge) joue un rôle fédérateur dans la conscience et l'acceptation des différences au sein d'un groupe. En classe comme dans la cour, Owen (en rouge) joue un rôle fédérateur dans la conscience et l'acceptation des différences au sein d'un groupe.

Question, en cette Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme : l'enfant autiste doit-il s'intégrer, c'est-à-dire s'adapter à la classe ? À l'école de Trémaouézan (29), près de Landerneau, on applique le contraire : l'inclusion. Méthode probante dans le cas d'Owen, enfant différent... comme les autres.

Owen avait trois ans et demi lorsqu'un médecin l'a diagnostiqué autiste. Peut-être finira-t-il par parler. En attendant, il s'exprime. Et pas qu'un peu. « Il m'épate », commente Jannick Delchambre, alors que le garçon, désormais âgé de sept ans, vient d'empiler des cubes par ordre de volume décroissant. L'assistante de vie scolaire suit Owen à l'école publique de Trémaouézan depuis trois années. « Avec l'objectif de le rendre le plus autonome possible. Au début, c'est à peine si on pouvait l'approcher. Aujourd'hui, il sait utiliser les toilettes, prendre ses repas, s'habiller ».

École pionnière

Les bénéfices ordinaires des sollicitations quotidiennes avec les copains, dont les gestes sont repris par mimétisme. « À la cantine, au moins, il prend sa cuillère », sourient Sandrine et David Gourlay, parents légitimement fiers du moindre petit exploit. Parents, maillons essentiels de cette démarche inclusive d'une efficacité remarquable, si tout le monde y contribue. À commencer, bien entendu, par les enseignants. En la matière, l'école de Trémaouézan s'inscrit à la pointe. Désormais en poste à Brest, dans la première unité d'enseignement en maternelle pour les enfants avec troubles autistiques, Frédérique Baron a impulsé le mouvement dans la petite mais dynamique école (*) du bassin landernéen lorsqu'elle la dirigeait.

C'est l'adulte qui s'adapte

« Ici, c'est l'adulte, l'enseignant, qui s'adapte aux difficultés d'apprentissage. Avec Owen, nous travaillons sur des étiquettes. Jannick tient un rôle fondamental. Nous réfléchissons ensemble à la meilleure façon de le faire progresser. À son rythme. Comme n'importe quel enfant. Professionnellement, c'est très motivant », témoigne Corinne Lalande, maîtresse des GS-CP. Dans la classe, Owen s'occupe de la distribution des photos. Ses camarades lui répondent merci en langue des signes. La maîtresse leur a montré le geste. Sa copine Elsa aime bien jouer avec lui. Les autres ne sont pas en reste. Dans la cour, les grands l'enlacent. Owen adore ça.

« Ils ont beaucoup à nous apprendre »

« Il y a beaucoup d'attention entre enfants. Pour eux, le groupe ne se constitue pas d'une somme de concurrences mais de différences qui ont toutes leur place. Dans cette conscience civique, Owen, comme Augustin (autre enfant autiste de l'école), jouent un rôle fédérateur », rapporte Corinne Lalande. « Ils ont beaucoup à nous apprendre ». L'école de campagne de Trémaouézan aussi : « Inclure un enfant autiste n'a rien d'insurmontable, pour peu qu'on y accorde beaucoup de motivation ». Y compris pour se payer les formations que ne couvre pas l'Éducation nationale. L'enseignante et l'assistante de vie scolaire, ancienne éducatrice spécialisée en institut médico-éducatif, continuent d'autofinancer leurs stages de perfectionnement. Tout comme Sandrine et David Gourlay ont décidé de prendre sur leurs économies (elle de se mettre à mi-temps) pour régler les notes des spécialistes privés et accélérer la prise en charge médicale : « Le but a toujours été d'emmener Owen le plus vite possible à l'école. Aujourd'hui, il bénéficie d'un environnement exceptionnel ». Un fragile « privilège ». Il suffirait d'un refus d'agrément, d'un enseignant moins convaincu, pour qu'il vole en éclats. L'inclusion d'Owen ne devrait-elle pas, au contraire, figurer la norme ? Une question à poser, aujourd'hui, en cette Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. * Près de 100 élèves dans une commune de 550 habitants.


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1 avril 2017

Ianis, autiste, au pays de cocagne de l'inclusion - Une décision du TCI favorable

the-autist, publié le 31/03/2017 à 16:48

Vous aviez peut-être lu l’article de  Christine Philip sur le succès de la scolarisation d’IANIS dans un collège du milieu ordinaire malgré une manœuvre au combien classique de la MDPH pour le priver d’Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) …

IANIS (à gauche) en sixième au collège le jour de la remise du premier prix au Big Challenge

IANIS (à gauche) en sixième au collège le jour de la remise du premier prix au Big Challenge

Septembre 2014 – Auto-décision d’orientation de la MPDH

IANIS passait alors en 6ème.

La Commission des droits et de l’autonomie de la MDPH s’était auto-saisie d’une demande d’orientation ULIS (Unité localisée d’inclusion scolaire, classe « spécialisée » dans laquelle les élèves n’ont pas d’Auxiliaire de Vie Scolaire individuelle), donc contre l’avis et l’accord du père, Guy COSLADO (1). Il ne lui a donc pas été notifié d’Auxiliaire de vie scolaire (AVS) .

Son père a de suite engagé un recours contre cette décision au Tribunal du contentieux de l’incapacité (TCI) ; ce recours est suspensif (c’est à dire qu’il suspend cette décision d’orientation en ULIS jusqu’à ce que le tribunal statue dessus). Or, l’inspectrice académique a refusé de prendre en compte le caractère suspensif du recours, alors même qu’une  délibération de la HALDE du 07/07/2008 rappelait à un inspecteur d’académie ses obligations dans une affaire similaire.

IANIS a donc été privé d’AVS (Auxiliaire de vie scolaire) employée et financée par l’Education nationale.

Depuis septembre 2014, en sus du coût de la sanctuarisation de la scolarisation de IANIS en collège privé, son père emploie et assume le financement d’une AVS et le transport scolaire avec l’aide de l’association INCLURE.

 

La stratégie dilatoire classique utilisée par les MDPH pour priver les enfants d’AVS

La MDPH a attendu presque deux ans pour donner au tribunal les pièces nécessaires au démarrage de la procédure alors même que les textes précisent qu’elle doit fournir les pièces dans les 10 jours.

Avec ce type de manœuvre, une décision favorable du tribunal ne sert généralement à rien.

En avril 2016, Guy Coslado a signalé au Rectorat l’anormalité de la situation. Il n’y a pas eu d’effet visible immédiat et l’AVS est restée à la charge du papa.

À la rentrée de septembre 2016, le site internet de l’académie affichait une réorganisation de l’organigramme de l’académie et le poste de l’IEN-ASH était vacant.

En octobre le poste de l’IEN-ASH était enfin pourvu.

 

Décembre 2016 – Décision du Tribunal octroyant 34h30 d’AVS par semaine

Aujourd’hui, IANIS est en quatrième et son père, après plus de deux ans, a obtenu en décembre 2016 une décision (2) du Tribunal du Contentieux de l’Incapacité (TCI) indiquant la pertinence de la scolarisation en milieu ordinaire et un temps d’accompagnement au collège de 34h30 par semaine.

Il y a quelques jours, l’AVS a signé un contrat avec l’académie lui permettant d’assurer l’accompagnement à plein temps de IANIS à partir du 1er avril 2017.

 

Demande de remboursement du financement de l’AVS privée durant deux ans et demi

Guy COSLADO a donc écrit au Délégué ministériel (3) (qui part à la retraite sans remplaçant) et à Madame la Ministre de l’Education natioanle pour demander un règlement amiable du contentieux qui concerne principalement le financement de l’accompagnement au collège pendant plus de deux ans et demi.

On attend la suite.

La ministre appréciera certainement d’apprendre que la scolarisation des enfants autistes a encore besoin d’être sanctuarisée en collège privé pour être hors de portée du torpillage de fonctionnaires qui privilégient leurs convictions personnelles aux instructions.

 

Un père optimiste

Guy COSLADO, bien que papa solo avec ses deux garçons (14 et 15 ans) est loin de perdre le moral même s’il doit toujours financer le transport scolaire et qu’il ne perçoit que l’AEEH de base, la MDPH bonne perdante lui ayant supprimé tous les compléments d’AEEH.

Et la raison de ce moral de fer est simple :

IANIS va au collège avec le plus grand plaisir, il apprend le piano et la batterie à l’école de musique municipale, il va au centre de loisirs organisé par la MJC locale qui d’ailleurs accueille l’été des enfants autistes qui viennent des quatre coins de France.

IANIS est un enfant heureux qui affiche sa joie de vivre sur son visage parce qu’au collège, à l’école musique, au centre de loisirs, les enfants et les personnels considèrent qu’avant tout c’est un enfant comme les autres.

Guy-Coslado-Inclure

 

(1) Guy COSLADO, papa de IANIS,  est aussi président de l’association INCLURE qui est une association qui agit concrètement pour l’inclusion

(2) Je vous invite à lire la décision du TCI qui indique que IANIS enfant non verbal est bien mieux au collège en milieu ordinaire avec une AVS qui lui sert de traductrice et où le tribunal conclut : « une orientation en ULIS ne semble pas correspondre à l’état de santé de l’enfant ».

Décision du TCI

(3) La note ci-dessous explique au délégué la prise en charge par l’association avec la demande ; cela intéressera éventuellement ceux qui recherchent des solutions pratiques pour l’inclusion quand le contexte institutionnel est difficile.

Note explicative de la situation au Délégué Ministériel avec la demande de règlement amiable

28 mars 2017

La stratégie handicap adoptée à l'unanimité au Conseil de Paris

article publié dans VIVRE FM

Lundi 27 Mars 2017 - 18h13

Paris

Les élus parisien ont voté la nouvelle stratégie Handicap, inclusion et accessibilité pour la période 2017-2021. Ce shéma prévoit des mesures pour l’accessibilité universelle, l’inclusion et des solutions pour toutes les personnes handicapées.


Paris veut devenir une ville plus accessible. Aujourd’hui la capitale compte seulement 500 lieux publics accessibles et il en reste 1 800 à mettre au normes. La ville prévoit l’adaptation 900 nouveaux établissements d’ici 2021. Pour ce faire la municipalité a déposé 9 Ad’ap, des agendas d’accessibilité programmée pour l'ensemble des lieux recevant du public relevant de la mairie de Paris.

En matière d’inclusion la stratégie la ville a validé l’accompagnement des jeunes actifs handicapés vers l’emploi et le renforcement de l’accès au logement individuel grâce à un accompagnement médico-social.

Former à l’autisme les professionnels de la petite enfance

Du côté des solutions, la capitale veut créer 370 places dans des établissements et 270 autres dans les services. La stratégie prévoit également une meilleure prise en charge de l’autisme, avec un diagnostic précoce dès 18 mois et une formation destinée aux professionnels de la petite enfance.

Cette stratégie Handicap, inclusion et accessibilité est dotée d’une enveloppe de 250 millions d'euros. Paris compte plus de 40 000 personnes accompagnées par la Maison départementale du handicap et un peu plus de 26 000 bénéficiaires de l’allocations aux adultes handicapés.

Photo de Philippe Capper sur Flickr, sous licence BY 2.0.

Rezki Mammar

28 mars 2017

Réunion de la commission scientifique internationale sur l'autisme

A la demande de Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, une commission scientifique internationale s’est réunie pour la première fois aujourd’hui au ministère des Affaires sociales et de la Santé dans le cadre de l’élaboration du 4ème Plan Autisme,

La commission scientifique internationale, qui regroupe également des spécialistes français, a pour mission de faire des propositions pour améliorer l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles du spectre de l’autisme (TSA) dans l’ensemble des dimensions de leur existence. La commission pourra ainsi proposer des visions d’avenir sur le diagnostic, l’accompagnement des personnes, l’inclusion sociale et citoyenne, le soutien aux familles ou la recherche.

La commission est composée des plus grands spécialistes internationaux en matière d’autisme, à savoir :

- Pr Tony CHARMAN, psychologue clinicien (King’s College - Royaume-Uni)
- Pr Jonathan GREEN, pédopsychiatre (Université de Manchester - Royaume Uni)
- Pr Christopher GILLBERG, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent (Université de Göteborg - Suède)
- Dr Francesco CUXART, Docteur en psychologie (Université de Barcelone - Espagne)
- Dr Pierre DEFRESNE, pédiatre, neuro-pédiatre, réadaptation fonctionnelle et professionnelle (Centre de Référence pour les Troubles du Spectre de l’Autisme "J-Ch Salmon" – Belgique)
- Pr Herbert ROEYERS, Ph.D, spécialiste en psychologie clinique (Université de Gand – Belgique)
- Pr Carmen DIONNE, Professeure psychologue (Université du Québec à Trois-Rivières - Canada)
- Dr Annalisa MONTI, neuropsychiatre (Italie)
- Pr Laurent MOTTRON, MD, Ph.D, psychiatre (Centre de Recherche en santé mentale de l’Université de Montréal – Canada)
- Pr Kerim MUNIR, psychiatre (Hôpital pour enfants de Boston - USA)
- Pr Fred VOLKMAR, psychologue (Université de Yale – USA)
- Pr Catherine BARTHELEMY, pédopsychiatre (INSERM – France)
- Pr Thomas BOURGERON, généticien (Université Paris Diderot / CNRS - France)
- Pr Marion LEBOYER, psychiatre (UPEC – France)
- Pr Nadia CHABANE, pédopsychiatre (Centre Cantonal Autisme – Suisse)
- Pr Bernadette ROGE, psychologue (Université Jean Jaurès, Toulouse – France)
- Pr Ghislain MAGEROTTE, psychologue (Université de Mons – Belgique)
- Pr Amaria BAGHDADLI, pédopsychiatre (Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier – France)
- Dr Amaia HERVAS ZUNIGA , Ph.D, pédopsychiatre (Espagne)
- Pr Francine JULIEN-GAUTHIER, Professeur de Sciences de l’Education (Québec, Canada)

La Commission se réunira à nouveau à Paris le 3 avril 2017 dans la continuité de la journée mondiale de l’Autisme (2 avril), et son contenu sera également rendu public, dans un souci de transparence vis-à-vis des personnes, des familles et des acteurs nationaux de référence.

Les grandes orientations issues de ces travaux pourront ensuite être travaillées dans le cadre de l’élaboration du 4ème Plan Autisme, lors de commissions réunissant les associations de personnes et leurs familles, les membres du comité de suivi du plan Autisme et l’ensemble des administrations et collectivités concernées, sous l’égide du Secrétariat général du CIH, et en lien avec l’INSERM. 

« Il est essentiel de faire appel à des spécialistes reconnus internationalement pour leurs travaux et leur contribution à la recherche en matière d’autisme, ainsi qu’à des praticiens et des cliniciens expérimentés venus du monde entier, afin de garantir que la science demeure au cœur des politiques publiques d’accompagnement des enfants et des adultes vivant avec des TSA. » déclare Ségolène Neuville.

 

 

24 mars 2017

Charles Lafortune, fier défenseur pour la cause de l'autisme

Par
Édition 2
23 mars, 2017
ÉVALUER: 

Animateur, comédien et producteur, Charles Lafortune est aussi la voix d’une cause qui touche de plus en plus de familles au Québec, incluant la sienne.  En ce mois de l’autisme, l’animateur et père d'un jeune autiste nous invite à passer à l'action. Après la sensibilisation, place à l’inclusion.

En janvier dernier,  la grande famille de la Chambre de commerce et de l'industrie de Laval s'est rassemblée au Centre de congrès Palace pour discuter d’un enjeu d'actualité : l’embauche des personnes autistes en entreprise. L'objectif ? Découvrir comment mettre fin à l'exclusion, et bénéficier du potentiel encore inexploité des travailleurs autistes. Personnellement impliqué dans cette cause, Charles Lafortune a animé avec énergie cette rencontre mettant en vedette Randy Lewis, vice-président de la division logistique chez Walgreens qui emploie actuellement plus de 900 employés en situation de handicap dans ses centres de distribution. Randy Lewis et Charles Lafortune ont un point commun : ils sont tous les deux le père d’un jeune homme touché par le spectre de l’autisme.

L’animateur de La Voix était donc heureux de prendre part à cet événement qu’il considère très important : « Il n'y a pas de conférence comme celle-ci dans le paysage québécois où on a un Randy Lewis qui nous propose un programme d'intégration de personnes handicapées dans une grande entreprise. Il faut faire ça de la bonne façon, les intégrer de manière à ce qu’ils puissent réussir, vivre des petites victoires tous les jours. Il faut trouver un travail dans lequel leur talent spécifique est mis en valeur pour aider l’entreprise. Tout le monde y gagne ».

C'est à l'âge de deux ans que Mathis, le fils de Charles Lafortune, reçoit son diagnostic. Il est d’abord observé par une audiologiste, mais la réalité devient de plus en plus évidente au fil des différents examens : « Il ne se retournait pas vers nous quand on l'appelait, donc on a fait des tests en audiologie pour voir s'il était sourd. Quand l'audiologiste nous a dit : "Il entend très bien", je me souviens en voyant son visage que ce n'était pas une bonne nouvelle. Généralement, tu le sais, tu t'en doutes, mais tu ne veux pas l'entendre, au début. »

Aujourd’hui âgé de 15 ans, Mathis fréquente l’école À pas de géant. Charles Lafortune devient porte-parole de cette école adaptée aux personnes atteintes d’autisme dès que son fils y fait son entrée : « Je suis chanceux. Je gagne bien ma vie, j'ai un métier qui me permet d'avoir un horaire organisé et de revendiquer des choses, de parler d'un sujet que je connais. Le public québécois du côté francophone sait que mon fils est autiste et les gens vont avoir un certain respect. Alors que d'autres parents d'enfants autistes, eux, entrent dans un restaurant et on leur dit que leur enfant est mal élevé parce qu'il fait du bruit ».

Si certains préjugés perdurent, Charles Lafortune souligne toutefois les améliorations dans les ressources et services aux familles d’enfants autistes : « C'est vraiment bien qu'on ait permis à des familles d’avoir accès au divertissement, explique-t-il. Par exemple, il y a des cinémas qui offrent des séances pour les autistes, ce qui fait que les personnes dans la salle sont au courant et que si quelqu’un crie pendant le film, on n'est pas étonné ou surpris ».

L’animateur de La Voix mentionne d'ailleurs la vision novatrice de Laval, la première ville au Québec à s'adapter concrètement à la réalité des autistes et de leur famille. Les intervenants d’urgence, par exemple, y sont formés pour agir adéquatement dans une situation impliquant une personne autiste : « On peut inscrire sur une liste, de manière volontaire, les gens qui vivent avec l’autisme. Ça fait en sorte que les policiers savent que si une personne crie dans la rue, elle n’est pas sous l’effet de l'alcool ou de la drogue, par exemple, et ils peuvent faire une intervention adaptée. Même chose pour les pompiers. Ils peuvent savoir que dans telle maison, il y a une personne autiste et que s’il y a un incendie, cette personne-là ne comprendra peut-être pas les indications et ne pourra pas sortir. C’est très bien pour la sécurité », souligne Charles Lafortune.

Au-delà de cette ouverture positive, il reste du travail au Québec. Selon M. Lafortune, il faut maintenant passer à des actions concrètes et que d'autres villes suivent l'exemple de Laval dans l'inclusion des personnes autistes et la création de ressources : « Il faut que les municipalités s'impliquent. C’est beau d'illuminer l’hôtel de ville en bleu (la couleur symbolisant la cause de l'autisme) au mois d’avril, mais à part ça, il y a plein de choses à faire. »

Les parents d'enfants autistes vivent de grands défis lorsque celui-ci sort de l'adolescence. C'est d'ailleurs une préoccupation de Charles Lafortune, dont le fils se rapproche de l'âge adulte : « En ce moment, il n’y a pas de transition entre le milieu scolaire et le moment où l’enfant atteint l’âge adulte. Il y a des programmes qui vont jusqu’à 21 ans, mais après ça, ils sont rejetés à la vie.  Et ils ne deviennent pas "moins autistes" en grandissant », explique l'animateur. Le domaine de la santé en est un bon exemple.  Des visites médicales qui nous semblent banales peuvent représenter une expérience complètement différente pour une personne autiste. M. Lafortune nous explique que son fils Mathis, par exemple, doit être anesthésié lors de ses examens dentaires : « On ne peut pas jouer dans la bouche, il va se débattre. Il faut donc l'endormir. Pour l’instant, ça se passe à Ste-Justine, parce qu’il a 15 ans. Le médecin nous a prévenus : il faut enlever ses dents de sagesse avant 18 ans parce qu'après, Mathis devra aller dans le système régulier et ça va devenir hyper compliqué. Comme parent, on ne comprend pas pourquoi le "hyper compliqué" arrive. Pourquoi n'y a-t-il pas de suivi dans un dossier adulte ? »

Si la société a des efforts à faire en terme d'inclusion, il demeure toutefois possible de poser des petits gestes quotidiens concrets pour appuyer les personnes autistes. Charles Lafortune nous encourage à échanger, à dialoguer : « N'ayez pas peur de nous parler, poser des questions, tendre la main. Il ne faut pas être mal à aise : parlez à la personne autiste. Des fois, on me parle de mon fils alors qu'il est juste à côté de moi. Vous pouvez lui parler. Il ne va peut-être pas vous regarder dans les yeux, mais il comprend ».   Selon l'animateur, cet esprit d'ouverture est aussi une clé pour vaincre l'isolement que vivent les parents d'enfants autistes. Pas toujours facile de développer des liens entre parents lorsque notre enfant ne joue pas avec les autres au parc, ne pratique pas un sport ou une activité parascolaire, comme l'explique M. Lafortune : « C'est sûr que ça isole, et les parents se retournent sur eux-mêmes. Ça fait qu'on vit un peu en dehors du monde. »

De son côté, étant une personnalité publique, Charles Lafortune n'hésite pas à ouvrir le dialogue avec les familles d'enfants neurotypiques et voit la vie positivement. La résilience est une valeur importante pour sa conjointe et lui, mais le rire fait aussi partie de l'attirail de l'animateur : « L’humour aide beaucoup. Des fois, je fais des jokes en lien avec notre situation. Ça peut provoquer des petits malaises, mais les malaises n'appartiennent pas à Martin Matte (rires). Le rire et l'humour aident à relativiser les choses », explique celui qui a d'ailleurs présenté un monologue à Juste pour rire sur cette idée reçue voulant que tous les autistes aient un don surhumain. Mathis a bel et bien un talent particulier et il ne manque pas d'impressionner son entourage avec sa mémoire photographique. Son père lui souhaite cependant, avec le soutien adéquat, de pouvoir communiquer davantage : « Pas nécessairement pour nous, explique Charles Lafortune, mais on espère que pour lui, il puisse s'exprimer plus. Des fois, je sens qu'il voudrait pouvoir communiquer pour obtenir ce qu'il veut. Vivre avec un mot sur le bout de la langue toute ta vie, c'est très frustrant. »

Malgré les défis, l'animateur de La Voix reste positif et les pistes vers une société plus inclusive sont encourageantes : « Il faut trouver des intérêts aux jeunes autistes pour qu'ils puissent se développer. L'important, je crois, c'est que la personne autiste puisse avoir une vie où elle est intégrée dans la société, où elle se sent désirée et importante », conclut-il. Comme le dit sa conjointe, la comédienne Sophie Prégent : « Un autiste ne prendra peut-être jamais l'autoroute, mais ce serait le fun qu'il puisse rouler sur la voie de service ». 

Émilie Zaoré-Vanié | Auteur

Émilie est diplômée de l’Université de Montréal en journalisme et de l’UQAM en communication. Après avoir travaillé comme recherchiste pour la télévision, elle est maintenant rédactrice et journaliste-pigiste. Elle s’intéresse à tout ce qui touche la santé, le mieux-être et l’art de vivre.

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18 mars 2017

Autiste et entrepreneur : sa passion pour l'horticulture le fait vivre

article publié dans Le Figaro
Par
Mis à jour le 17/03/2017 à 11:36
Publié le 17/03/2017 à 10:50

Alan Ripaud s'est créé son propre environnement de travail.

 

À 22 ans, Alan Ripaud a créé son entreprise horticole. Pour cet autiste Asperger, c'est l'occasion de vivre de sa passion et d'aider des jeunes dans son cas.

Alan Ripaud vit dans les Côtes d'Armor, il a 22 ans, il est chef d'une entreprise horticole et il est autiste Asperger. Après avoir suivi une formation en horticulture, le jeune homme n'a pas réussi à s'insérer professionnellement. Dès lors, Alan n'a plus qu'une solution: créer sa propre entreprise. Dans cette aventure il est accompagné et soutenu par sa mère, Anne Mével. «Nous nous sommes véritablement jetés à l'eau», raconte la mère de famille à Ouest France. Pour elle pas de doute, son fils a un «don».

Afin de réaliser leur projet, le duo a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank. «Nous avons eu des retours extraordinaires de particuliers, d'associations. Cela nous a permis de bien cerner notre projet et de réunir la somme nécessaire pour démarrer», explique Anne Mével. En 50 jours, la plateforme a collecté 12.420 euros auprès de 201 donateurs. L'objectif initial de 10.000 euros a donc été largement dépassé.

Cependant un problème persiste, la famille est en location et ne peut installer ses serres. Il a donc fallu acheter une maison et une parcelle de terre. Un autre élan de générosité a permis à ces deux entrepreneurs de transporter et d'installer les 1500 plantes d'Alan.

Objectifs à court terme

Dès le début de ce projet, nous avons posé un pied dans l'entrepreneuriat social et solidaire : une entreprise qui se veut un tremplin pour l'insertion professionnelle d'autres personnes avec autisme

Anne Mével

L'entreprise «Fleurs et ânes d'Armor» a ouvert ses portes en mars 2016. Depuis, Alan et sa mère travaillent ensemble dans les serres. Cette dernière gère également le côté administratif. Mais ils ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin et ont des objectifs à court terme très ciblés. Le premier est d'acquérir un véhicule utilitaire qui leur permettrait de participer aux foires aux plantes. Le second, plus personnel, est d'accueillir de jeunes stagiaires autistes. «Dès le début de ce projet, nous avons posé un pied dans l'entrepreneuriat social et solidaire: une entreprise qui se veut un tremplin pour l'insertion professionnelle d'autres personnes avec autisme. Ces personnes ont en effet des atouts méconnus, dans leur domaine de prédilection: mémoire, connaissances et compétences fiables, méticulosité, loyauté, persévérance, concentration, créativité...», explique Anne Mével. Les deux horticulteurs ont chiffré leurs besoins: 17.000 euros pour l'utilitaire et l'aménagement du terrain permettant aux jeunes autistes de venir se former auprès d'Alan.

Pour parvenir à leurs fins, Alan et Anne participent à un concours: la Fabrique Aviva. Les internautes peuvent voter pour eux, parmi 200 autres équipes, et ainsi faire en sorte que leurs projets se concrétisent.

L'initiative d'Alan et de sa mère souffle un vent de fraîcheur dans une France où le chantier de l'emploi des personnes autistes n'en est qu'à «ses premiers balbutiements». En effet, pour Josef Schovanec, 35 ans, diplômé de Sciences-Po Paris, docteur en philosophie, auteur de plusieurs livres, chroniqueur radio et atteint, lui aussi, du syndrome d'Asperger, «la situation actuelle de l'emploi des personnes autistes en France n'est pas bonne». Les autistes connaissent malheureusement bien souvent «de multiples interruptions de parcours et de longues périodes sans solution».


 

La rédaction vous conseille

17 mars 2017

4ème Plan autisme : une commission scientifique internationale

article publié sur Handicap.fr

Résumé : À la demande de la secrétaire d'Etat en charge du handicap, des experts de l'autisme venus du monde entier se sont réunis à Paris le 15 mars 2017. L'occasion de parler diagnostic, recherche et de trouver de nouveaux modes d'accompagnement ?

Par , le 16-03-2017

De grands spécialistes venus du monde entier pour parler accompagnement des personnes vivant avec des troubles autistiques ? Le concept a été testé le 15 mars 2017, à la demande de Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, dans le cadre de l'élaboration du 4e Plan autisme (à partir de 2018). Cette réunion inédite a réuni psychologues cliniciens, pédopsychiatres, généticiens, professeurs et experts en pédiatrie.

"Nouvelle vision d'avenir"

Venus de Suède, d'Espagne, du Québec, des États-Unis… ces spécialistes se sont réunis pour établir de nouvelles propositions d'amélioration de la prise en charge des personnes autistes. De quoi engager "une vision d'avenir sur le diagnostic, l'accompagnement, l'inclusion sociale et citoyenne, le soutien aux familles ou la recherche", selon un communiqué du gouvernement. Ces travaux font écho à la remise du rapport de Josef Schovanec le lendemain sur le thème "Autisme et emploi". Sa conclusion, en 76 pages, affirme que ce chantier n'en est qu'à ses "premiers balbutiements" et que la France pourrait s'inspirer de pays plus avancés, notamment anglo-saxons (article en lien ci-dessous).

En vue du 4ème plan autisme

Cette commission internationale se réunira à nouveau le 3 avril, à Paris, dans la continuité de la journée mondiale de l'autisme du 2 avril. Son contenu sera rendu public à cette occasion. Selon le ministère, les grandes orientations de ce rendez-vous inédit devraient ensuite être concrétisées dans le cadre du 4e Plan autisme, suite à plusieurs réunions d'associations, sous l'égide du CIH (Comité interministériel du handicap), en lien avec l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

17 mars 2017

Le rapport de Josef Schovanec sur l'emploi des personnes autistes

16 mars 2017
Par Jean Vinçot
Blog : Le blog de Jean Vinçot

Josef Schovanec "remettait" aujourd'hui son rapport sur l'emploi des personnes autistes à Ségolène Neuville. Un bon exemple de télétravail. Cinq axes principaux : combattre les représentations négatives de l’autisme, faciliter l’accès aux études secondaires et supérieures, adapter et réformer les stages et la formation professionnelle, faciliter l’inclusion professionnelle des personnes autistes,

Téléconférence 16 mars 2017
  • Téléconférence 16 mars 2017
Ségolène Neuville a tenu ce matin une conférence de presse pour présenter le rapport de Josef Schovanec sur l'emploi des personnes autistes.

Sa proposition a été présentée au Comité National Autisme du 21 avril 2016. Après l'acceptation de Josef, la mission a été confiée par le Président de la République à l'occasion de la Conférence Nationale du Handicap du 19 mai 2016. Ce rapport était destiné à une meilleure prise en compte des adultes autistes dans le 4ème plan.

Après une introduction d'Etienne Petitmengin du Comité Internmistériel du Handicap, Josef a présenté son rapport des antipodes, par visoconférence à partir des locaux de l'ambassade de Wellington (Nouvelle-Zélande) où il bronze actuellement. Un bel exemple de télétravail, sûrement apprécié de notre impétrant (pas de mondanités à gérer avant et après - et d'ailleurs, même à Paris, il n'y avait pas de sucreries).

Le communiqué du Ministère

Le rapport (76 pages)

Des extraits, par Sylvain Briant, d'ASPERtise

Quelques notes au hasard de l'intervention de Josef : "La vie d'adulte de qualité ne doit pas être réservée à une minorité". "Tenir compte de la diversité des profils, des personnes autistes." "La plupart des personnes autistes ne s'intéressent pas à l'informatique." "Il faut faire oeuvrer ensemble les assocations spécialisées dans l'autisme et celles oeuvrant dans le champ du handicap, surmonter la méfiance bilatérale." "Dépression, paranoïa, diverses formes de retrait du monde sont engendrées par la brutale mise à l'écart de la société." "Question des suicides et des décès bien trop prématurés". "Personnes autistes à la rue, SDF." "L'accessibilité, c'est un processus dynamique, cela implique un travail en commun". En conclusion "Albert Jacquard, de mémoire : mon objectif n'est pas de bâtir une société, mais plutôt de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à la situation actuelle;".

Ségolène Neuville : "le rapport se lit avec plaisir, comme un livre, pas comme un rapport. Il est dense, il est à lire en entier (par exemple dans le train)."

" Il servira pour le 4ème plan :

  • faciliter l'inclusion
  • soutenir la pairaidance, en créant par exemple des GEM (groupes d'entraide mutuelle) Autisme
  • aménagements nécessaires pour les personnes autistes dans les entreprises. Exemple d'une entreprise visitée en Eure-et-Loir [Andros]
  • VAE (validation des acquis de l'expérience) pour faire reconnaître les compétences des autodidactes
  • développement des stages à tous les niveaux
  • Crér un pôle universitaire spécialisé."

La présidente du CNCPH (comité consultatif national des personnes handicapées) a mentionné à ce sujet le groupe de travail au niveau du Ministère de l'Enseignement Supérieur. (1)

Le journaliste de TSA (Travail Social Actualités) a essayé de recueillir des anecdotes sur la vie d'un autiste dans un cabinet ministériel. Josef s'est prudemment contenté dans sa réponse de parler de sa vie professionnelle antérieure.

En réponse à l'intervention de l'ARAPI au sujet de la recherche, Josef a souligné l'absence de recherches en sciences humaines, par exemple sur les violences subies ou le mal logement des personnes autistes.

Une association a souligné le fait que les services de l'Emploi ne savaient pas comment renseigner les compétences des pesonnes autistes dans le code ROME. Comme a répondu Josef, "un autiste qu'on veut mettre dans une case, il ne rentre pas dans les cases".

Ségolène Neuville en a profité pour insister sur la nécessité que tous les ministères participent à la conception du 4ème plan autisme, pour y être ensuite pleinement impliqués dans la mise en oeuvre.

La représentante de la FFP (fédération française de psychiatrie) a rebondi sur les propos de Josef concernant dépression, suicides etc... qu'il y avait une souffrance psychique, pour laquelle la qualité des soins doit être fortement améliorée.

Josef a répondu qu'il y avait une "méconnaissance bilatérale"(2) . Il a cité le travail fait par le Dr Djéa Saravane. Il insiste sur la mise en accessibilité des médecins (ne pas obliger à prendre un rendez-vous par téléphone, par exemple). Ignorance des codes de fonctionnement des personnes autistes dans un cabinet médical.

Pour Josef, la thérapie la plus puissante est un cadre de vie correct. Quand on est dépourvu de revenu, de toit, de tout ce qui constitue la dignité humaine ...

Il incite à voir au Canada quelles sont les différences de pratiques.

Isabelle Radier, du CCNAF (Comité Consultatif National des Autistes en France), aborde la question du rôle de la Médecine du Travail, dans le privé comme dans le public.

Josef répond que c'est le parcours du combattant, sur l'emploi comme sur le bridage professionnel : et pourtant l'autisme ne signifie pas incapacité professionnelle. Il faudrait envisager que cet entretien médical se fasse avec une personne ressource. Il se demande quelles seront les incidences de la loi travail. Et il avoue qu'il a toujours pu éviter les rendez-vous avec le médecin du travail ! Innocent

Ségolène Neuville  indique qu'elle a demandé à Djéa Saravane un cahier des charges pour implanter un centre de soins spécialisé dans chaque région de France. Elle rappelle que les CRA doivent se préoccuper de la formation professionnelle des médecins et des MDPH. Lors de la Conférence Nationale du Handicap de 2014, 10 millions € ont été prévus pour des consultations médicales dédiées (pour tous handicaps).

Je ne me rappelle plus de la question de l'AFP, sinon que, d'après mes notes, Josef a parlé des entretiens d'embauche qui ne permettent pas de connaître les compétences réelles des personnes autistes.

J'ai abordé la question des GEM, en rappelant que des GEM refusent l'adhésion de personnes autistes et qu'une ARS [Rhône-Alpes-Auvergne] a reusé un GEM Autisme [à Grenoble]. Ainsi que la question du permis de conduire, important en province notamment, des ESAT qui emploient peu de personnes autistes parce que l'évaluation les considére comme peu adaptés au travail de groupe (sic), et la nécessité, tant pour les étudiants que pour les adultes dans l'emploi, de SAVS (services d'accompagnement à la vie sociale) pour leur permettre de gérer leur vie quotidienne.

Sur les GEM, Josef a dit que c'était un rêve, qu'il avait déjà essayé timidement il y a 10 ans d'en obtenir auprès de la DASS de l'époque. Dans son rapport, il aborde la question du permis , des ESAT.

Patrick Gohet, représentant du Défenseur des Droits, a rappelé que le handicap était la deuxième source de discrimination. Il a indiqué qu'il y avait de plus en plus de plaintes liées à l'autisme, et a invité Josef à venir informer les équipes du Défenseur des Droits.

Josef, toujours prêt (a-t-il été scout ?), a accepté, se réservant quand même le temps de finir sa résidence en Nouvelle-Zélande. Il souligne que souvent les situations de non-droit, les injustices ne sont pas soulevées, et qu'il faut "amener le micro, la parole".

Josef nous livre enfin un scoop : "puisque personne ne me l'a demandé, il est 22h16 à Wellington".Cool

Ségolène Neuville indique qu'une conférence scientifique internationale s'est tenue la veille au Ministère, par visioconférence, et qu'elle sera suivie d'une nouvelle conférence, le 3 avril, pour préparer le 4ème plan autisme, sur le thème de la recherche et de l'inclusion. Josef allie, selon elle, recherche/expertise avec la représentation des personnes autistes elles-mêmes.

A noter d'ailleurs que malgré la politesse de Josef (3), qui proposait de temps en temps à la ministre de répondre, celle-ci lui a systématiquement donné la parole en premier.


Sur le sujet du rapport de Josef, voir aussi l'article du Figaro.

Sur la conférence de presse, l'article de France Soir.

(1) Voir la conférence de Patrick Chambres aux Aspies Days

(2) bel euphémisme pour dire une méfiance justifiée des personnes autistes devant l'incompétence de la psychiatre adulte. Voir pp.51-53 de l'enquête sur les besoins des adultes autistes.

(3) Combien de fois ne commence-t-il pas une réponse par : "Je vous remercie d'avoir posé cette quesion"

16 mars 2017

Rapport sur le devenir professionnel des personnes autistes remis par Josef Schovanec à S

LOGO autisme franceinformation publiée sur le site d'Autisme France

Remise du rapport de Josef Schovanec à Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion

 

Rapport sur le devenir professionnel des personnes autistes

 

 

16 mars 2017

VIDEO - Record d'audience pour la météo présentée par Mélanie Ségard, atteinte de trisomie 21

article publié sur le site de France Bleu

Par Géraldine Houdayer, France Bleu mardi 14 mars 2017 à 21:00 Mis à jour le mercredi 15 mars 2017 à 17:28

Mélanie a présenté la météo sur France 2 en duo avec Anaïs Baydemir Mélanie a présenté la météo sur France 2 en duo avec Anaïs Baydemir - Capture d'écran France 2

Mélanie l'a fait. La jeune femme de 21 ans, atteinte de trisomie 21, a présenté le bulletin météo sur France 2 mardi soir. La prestation de Mélanie a été regardée par plus de 5,3 millions de téléspectateurs, un record pour la chaîne. Retrouvez sa météo en vidéo.

Ce mardi soir, Mélanie, 21 ans et atteinte de trisomie 21, a présenté la météo sur France 2. Encouragée par des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, après plusieurs heures d'entraînement, la jeune femme a relevé son défi.


Regardez la météo présentée par Mélanie Ségard... by francetvinfo

Record d'audience

La prestation de Mélanie Ségard a été regardée par plus de 5,3 millions de téléspectateurs, un record. "Cette météo exceptionnelle a réalisé un record de saison en rassemblant plus de 5,3 millions de téléspectateurs pour 20,7% de part d'audience. Elle a été également regardée plus de 3,3 millions de fois sur les réseaux sociaux", informe France 2 dans un communiqué.

Ça y est, je l'ai fait, je suis enfin une miss météo" - Mélanie

 

8 mars 2017

Ensemble, brisons les barrières pour l'autisme - Autism Europe - Boîte-à-outils de la campagne

7 mars 2017

BFMTV et France 2 confieront leur bulletin météo à une jeune femme trisomique le 27 mars

article publié dans pure médias

Mélanie avait demandé aux internautes de la soutenir pour réaliser son rêve : présenter un bulletin météo à la télévision.

Mélanie
Mélanie

Mélanie peut le faire, et elle le fera ! Depuis le 27 février, cette jeune femme de 21 ans s'est lancé un défi : celui de récolter 100.000 likes sur sa page Facebook, "Mélanie peut le faire ". Atteinte de trisomie 21, Mélanie a un rêve qu'elle souhaite réaliser à tout prix : celui de présenter un bulletin météo à la télévision. Dans une vidéo qui a été partagée à plus de 35.000 reprises sur le réseau social, la jeune femme précise qu'elle veut présenter son bulletin météo le 27 mars.

Derrière cette campagne se cache l'Unapei, une fédération d'associations qui représente et défend les intérêts des personnes handicapées mentales et leurs familles. "Nous savons qu'en attirant l'attention, en mobilisant des milliers de gens, les choses peuvent bouger" explique l'Unapei, interrogée par le Huffington Post. "Aujourd'hui, les personnes en situation de handicap sont indivisibles. Les 100.000 likes que nous demandons sont avant tout des soutiens, ils comptent plus que de simples pouces levés", ajoute la fédération, se réjouissant de la vitesse "impressionnante" à laquelle les likes ont été récoltés.

 

Le message de Mélanie n'a pas tardé à être entendu. Aidée par un relais médiatique important, la page "Mélanie peut le faire" est passée de 20.000 à 100.000 fans en l'espace de seulement vingt-quatre heures. Et, ce matin, alors que la barre fatidique n'avait pas encore été atteinte, la première proposition tant attendue par Mélanie est arrivée dans "Première Édition", la matinale de BFMTV. Alors que le chroniqueur Julien Mielcarek se faisait l'écho de l'initiative de la jeune femme, Pascale de la Tour du Pin a lancé "nous lui proposons le bulletin météo sur BFMTV", appuyée par son compère Christophe Delay. Et, comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, quelques heures plus tard, c'est France 2 qui a annoncé l'arrivée prochaine de la jeune femme sur son antenne.

4 mars 2017

Rodez : inauguration de la première unité d'enseignement pour enfants autistes

article publié sur le site de France 3

Les unités d'enseignement maternelle sont attachés à l'école / © maxPPPLes unités d'enseignement maternelle sont attachés à l'école / © maxPPP

L'unité accueille 7 enfants depuis la rentrée de septembre 2016. Elle était inaugurée en grande pompe le 3 mars 2017 par les institutions médicales et politiques de la ville. C'est la première structure de ce genre en Aveyron.

Par J.VPublié le 03/03/2017 à 15:10Mis à jour le 03/03/2017 à 18:46

L'école maternelle s'ouvre petit à petit aux enfants autistes. La première UEM (Unité d'enseignement maternelle) a été inaugurée à Rodez. Cette petite structure qui accueille 7 enfants âgés de 3 à 6 ans, est intégrée à l'école maternelle. Les enfants sont scolarisés à temps plein et bénéficient d'interventions pédagogiques, éducatives, rééducatives, thérapeutiques propres à leurs handicaps. Ils participent aux activités de l'école (récréation, cantine) et ont des temps d'inclusion en classe ordinaire. 

L'unités d'enseignement associe enseignants et professionnels médico-sociaux. Ces petits élèves sont entourés par une psychomotricienne, un professeur des écoles, 2 éducatrices, une monitrice d'éducation, une orthophoniste et une psychologue, soit un adulte par enfant.

L'accompagnement des enfants avec autisme dès le plus jeune âge permet de mobiliser leurs capacités d'inclusion et d'apprentissage grâce à des approches éducatives, thérapeutiques et des enseignements adaptés.

Une prise en charge précoce est essentielle pour leur épanouissement et pour pouvoir espérer intégrer le milieu scolaire classique.

Prévue par le troisième plan autisme, plusieurs unités d'enseignement ont ouvert leur porte en France depuis la rentrée 2014, soit une par académie. A terme, 700 places seront disponibles d'ici la fin de l'année 2017.

Vidéo : le reportage de Floréal Torralba et Dominique Cantrelle


Rodez :première unité d'enseignement pour enfants autistes

3 mars 2017

La proposition : Développer l'inclusion des enfants autistes en milieu scolaire.

Fouzia Bruzzi, présidente de l'association Ecolalies, une battante au coeur tendre !

Il s'agit de voter pour que sa proposition soit retenue pour être défendue auprès des élus par parents-professeurs-ensemble 

=>un clic sur le pouce vert.

 

La situation vécue à l’école : Fouzia, maman d’un enfant autiste, est fondatrice…

 

La situation vécue à l’école :
Fouzia, maman d’un enfant autiste, est fondatrice de l’association Ecolalies. Elle a créé cette association car les enfants autistes sont trop souvent exclus du système scolaire.
Elle constate que non seulement l’école apporte beaucoup aux enfants autistes mais qu’à leur tour ces enfants enrichissent les enseignants et les autres élèves, en leur apprenant à accepter toute personne avec ses différences. 
Elle voit les élèves de la classe de son fils qui l’ont complètement adopté, en ont fait leur copain. Grâce à lui, ils seront plus à l’aise avec le handicap et la différence dans leur vie d’adultes. Dans cette école, tout a été adapté pour permettre aux enfants autistes de participer à la récréation, à la cantine … ce qui au départ n’était pas simple et soulevait plein de questions de la part des autres enfants. Aujourd’hui, l’inclusion est réussie, les enfants se battent pour pouvoir jouer avec le fils de Fouzia ou pour déjeuner avec lui. Les enseignants ont été obligés de mettre en place une liste pour que 5 enfants puissent jouer à tour de rôle avec lui à la récréation !
Si on compare avec les autres pays européens, on voit qu’en Angleterre, c’est pratiquement 100 % des enfants autistes qui sont scolarisés alors qu’en France, on en est seulement à 20 % et encore à temps très partiel. 
Et aux États-Unis, des autistes se retrouvent en faculté. En France, ce serait de l’ordre du miracle …
La proposition en détail :
Fouzia propose de développer l’inclusion en France en regardant et en imitant ce qui se passe dans les pays où elle fonctionne bien. 
24 février 2017

Ploërdut. Autiste, Camille apprend son métier à la ferme

Dans l'étable, Camille est à l'aise avec les animaux dont elle connaît chaque trait de caractère.
Dans l'étable, Camille est à l'aise avec les animaux dont elle connaît chaque trait de caractère. | Ouest-France

Camille a le don avec les animaux.
Camille a le don avec les animaux. | Ouest-France

Impensable lors de son premier stage, Camille conduit désormais le tracteur.
Impensable lors de son premier stage, Camille conduit désormais le tracteur. | Ouest-France

Marie Carof-Gadel

Camille, 18 ans, est autiste Asperger. La jeune fille, élève en lycée agricole, réalise son stage dans une ferme pas comme les autres à Ploërdut.

Dans l’étable, la magie opère. Camille se libère, ne quitte plus son lumineux sourire, parle avec passion de son quotidien à la ferme. « Le matin, au réveil, on va nettoyer l’étable, on donne du foin aux bêtes. Je dois faire attention à ce que leurs cornes ne restent pas coincées. Et puis on fait attention aux veaux qui sont sortis de leurs paddocks et se baladent… »

Fière de montrer ses progrès

Au contact des bêtes, les bottes dans le foin, on sent la jeune fille de 18 ans aux anges. Fière de montrer ses progrès. « Je conduis le tracteur maintenant, avant je n’avais jamais été derrière un volant. Là, j’ai passé une journée à arracher toute seule de vieilles clôtures. » Il y a un an, ce geste aurait été impensable. " Cette année, je vais apprendre à conduire le gros tracteur de l'exploitation et le quad. "

 

Impensable lors de son premier stage, Camille conduit désormais le tracteur.

Une sacrée étape pour Camille, diagnostiquée autiste Asperger à l’âge de 2 ans. C’est la deuxième année que Camille vient en stage dans l’exploitation de David Guillemet à Ploërdut. Autiste lui-même, David a repris un élevage en 2014 sur ces plateaux du Centre Bretagne et est à la tête d’un cheptel d’une centaine de vaches Salers en bio. " C'est une race rustique avec un comportement placide, explique David. C'est la race idéale pour notre activité. " 

Apprentis et stagiaires handicapés physiques et mentaux

Particularité de la ferme ? David y accueille des apprentis et des stagiaires handicapés. « Il n’y a souvent pas de place pour eux dans les métiers de l’agriculture. Je leur offre la possibilité de se former. » Une évidence tant la ferme croule sous les demandes de familles. « On ne reçoit pas d’aides pour ce que l’on fait. Tous les aménagements, on les a financés nous-mêmes. Cet endroit est un tremplin. Mais il faudrait maintenant convaincre les différents organismes comme le conseil régional de nous aider. Ce n'est pas aux parents, aux familles de payer." 

Avec ses stagiares, David procède avec douceur. " Il y a toujours une période d'observations, dans les deux sens ! Je fais preuve de pédagogie mais je ne suis pas psy. J'élabore ensuite une stratégie, on repousse chaque jour un peu plus les barrières... "

 

Camille a le don avec les animaux.

Etre avec les autres

Pour Camille, élève dans un lycée agricole du Nivot à Lopérec dans le Finistère, l’expérience va au-delà de la simple formation professionnelle. « Avec les animaux, j’ai tout de suite été à l’aise. Le plus dur au début, c’est d’être hébergée en famille chez David. J’ai besoin de mon espace, cela me demande des efforts d’être avec les autres. A l'internat, c'est la même chose. J'adore mes amis mais j'ai besoin de temps pour m'isoler, d'une chambre à moi." 

Alors parfois, la jeune fille prend du temps pour elle. Dans les prés, elle souffle, se confie. " Ici, c’est calme, serein. Je me sens bien. Mais je sais que je dois travailler à aller vers les autres. Je veux devenir soigneuse animalière dans les zoos. Je serai confrontée au public. " David, lui, a déjà vu les progrès spectaculaires de la jeune femme. « Dans cinq ans, on ne se doutera plus qu’elle est autiste… »

21 février 2017

Intégration de jeunes adultes autistes par emploi accompagné

article publié sur le site de Papé Papoul

La commercialisation des produit Papé Papoul doit permettre à moyen terme l’intégration au sein de l’activité de personnes autistes dont l’autonomie n’est pas tout à fait possible sans assistance et sans soutien quotidien.
L’expérience nous prouve que les difficultés d’intégration professionnelle des adultes autistes ne sont pas liées à leurs aptitudes professionnelles – la majorité est capable de travailler –, mais à leurs lacunes en termes de compétences sociales.
La démarche s’inscrit dans la continuité d’une prise en charge éducative individualisée de la personne atteinte d’autisme : c’est l’aboutissement du parcours d’un autiste de la petite enfance à l’âge adulte. Il est évident qu’un adulte autiste qui a pu bénéficier d’une prise en charge éducative adaptée a nettement plus de chance de s’intégrer au sein de l’entreprise avec l’aide d’un " emploi accompagné ".
C’est pour cette raison que nous travaillons avec les services expérimentaux éducatifs mis en place lors du dernier plan autisme afin que les enfants pris en charge puissent ainsi bénéficier d’une entrée dans le monde du travail.
L’emploi accompagné met ensemble un adulte autiste et un poste de travail en milieu ordinaire de la manière la plus adaptée et la plus harmonieuse possible. Sur le plan pratique cela implique un travail préalable avec l’adulte autiste pour évaluer ses compétences et ses difficultés. Il faut adapter bien sûr progressivement le jeune adulte autiste à sa tâche mais aussi adapter le poste de travail.


Jeune autiste dans un travail d'agencement de rayon dans un supermarché. Elle est guidée dans ses tâches par son Coach.

C’est le rôle de « l’accompagnant » ou chaperon : une fois l’embauche effective, le « chaperon » se rend sur le lieu de travail chaque jour pour aider la personne à apprendre ses responsabilités et assurer l’ajustement nécessaire à l’emploi occupé. Le chaperon aide également l’encadrement et les salariés non handicapés à comprendre la personne autiste et à travailler avec elle : il profitera aussi de cette période d’adaptation pour enseigner éventuellement aux collègues de travail de façon pratique la conduite à tenir en cas de troubles du comportement.
Ce modèle permet aux personnes autistes, dont l’autonomie n’est pas tout à fait possible sans assistance et sans soutien quotidien, de travailler dans un mileu ordinaire .

17 février 2017

Autisme au quotidien - Série web animées par Patricia Paquin, mère d'un enfant touché par un TSA

Autisme au quotidien est une série web qui porte un regard différent sur l’autisme et les troubles du spectre de l’autisme (TSA) en général. Animées par Patricia Paquin, elle-même mère d’un enfant touché par un TSA, ces capsules consistent en une série d’entrevues avec des parents d’enfants autistes et des spécialistes en TSA du CHU Sainte-Justine.

Ces vidéos ont pour but de :

  • Démystifier certains aspects du TSA
  • Renseigner les parents
  • Présenter le point de vue du personnel soignant du CHU Sainte-Justine
  • Donner des trucs afin de pouvoir mieux vivre avec le TSA au quotidien

Autisme au quotidien est avant tout une vitrine qui donne un aperçu du contenu web que les plus curieux peuvent retrouver sur le site du CHU Sainte-Justine.


Ajoutée le 16 janv. 2017

Patricia Paquin, mère d’un enfant TSA, anime une série de courtes vidéos répondant aux questions les plus fréquentes en lien avec les troubles du spectre de l’autisme. Son but est d’accompagner les parents qui viennent de recevoir un diagnostic. En tout, environ deux heures de contenu livré et approuvé par les spécialistes du CHU Sainte-Justine, divisé en 15 courtes vidéos. Au fil des mois, du contenu Web sera également ajouté afin de bonifier l’offre d’information pour aider les parents et les enfants à mieux vivre avec l’autisme au quotidien. L’aventure Web se poursuit donc au www.chusj.org/TSA



Les termes abordés sont les suivants :

16 février 2017

Le handicap, grand oublié de la campagne présidentielle

article publié dans le Huffington Post

Le 11 février était le 12ème anniversaire de la loi promouvant l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Personne n'en a parlé.

14/02/2017 14:37 CET | Actualisé 14/02/2017 14:37 CET
nullplus via Getty Images
Le handicap, grand oublié de la campagne présidentielle.

Le 11 février était le 12ème anniversaire de la loi du 11/02/2005 promouvant l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

En connaissez-vous la devise ? "Mettons-la en place pour que chacun trouve sa place."

Les candidats à l'élection présidentielle et les médias généralistes ont occulté cet anniversaire. Bon à l'année prochaine avec plus d'espoir!

Je vous fais part de mon témoignage.

Force est de constater que chaque année les médias généralistes ne se font pas suffisamment l'écho de cette date anniversaire pourtant très symbolique du "Vivre ensemble" si prôné par les candidats à l'élection présidentielle.

Dans la sphère médiatique, la "thématique du handicap" devrait être traitée à la même hauteur et de façon équitable en comparaison aux sujets d'actualités prépondérants (les faits divers, l'insécurité, les dessous du sport et bien-sûr le tohu-bohu du monde politique...).

Il est vrai que "80 % des handicaps sont invisibles", le fauteuil étant l'arbre qui cache la forêt de la diversité des situations vécues par beaucoup de nos concitoyens...

Mais pour que notre légitimité sociale soit reconnue comme telle dans les médias, encore faudrait-il que l'on puisse y trouver la place qu'il lui revient de droit sans qu'il soit question ni de privilège ni de compassion.

Notre association "MÉDIAS HANDICAPS", créée dès 2004, a devancé d'un an la "loi handicap".

Elle s'inscrit pleinement dans cette dynamique d'action afin de promouvoir l'image de la personne handicapée dans notre société. Les principes fondateurs de notre association sont : Actions de sensibilisation, Interviews V.I.P et Communication.

12 ans après, et malgré d'indéniables avancées, le bilan de la loi concernant tous les domaines de la vie et de la citoyenneté n'est pas très satisfaisant.

Un texte instaurait une obligation d'accessibilité aux bâtiments et prévoyait une date butoir au 1er janvier 2015 pour leur mise en conformité. Actuellement, un tiers des établissements recevant du public (ERP) n'est toujours pas entré dans le dispositif, ce qui signifie qu'il n'y a aucun travaux d'aménagement en cours. En dépit des agendas d'accessibilité programmée, des dérogations multiples nuisent à la bonne application de la loi.

Dommage que les pouvoirs publics n'aient pas fait preuve du même volontarisme que pour le passage en force de loi travail avec l'arme ultime de l'article 49.3...

Sans oublier que le chômage des demandeurs d'emploi en situation de handicap a augmenté de 65% en 5 ans (2011-2015)!

Tous concernés par le handicap, changeons notre regard, luttons contre les incivilités, et osons faire valoir nos droits afin de revendiquer notre place pleine et entière dans une société plus humaine, responsable et solidaire.

Si vous vous retrouvez dans notre combat contre l'indifférence et dans nos actions bénévoles afin de faire évoluer l'image des personnes en situation handicap que l'opinion publique et les médias véhiculent, suivez nos actualités sur notre page Facebook.

Tous ensemble sur la même ligne de départ avec notre association "médias handicaps"!

14 février 2017

Madeline, trisomique, lance sa collection à New York

 

Résumé : Les tabous tombent à la Fashion Week de New York. Madeline Stuart, la jeune mannequin trisomique qui avait défilé à New York en septembre 2015, est revenue présenter sa première collection.

Par , le 13-02-2017

Une jeune mannequin trisomique qui lance sa ligne sportswear ou de la lingerie étudiée pour les femmes ayant eu un cancer du sein : la Fashion Week de New York a été l'occasion le 12 février 2017 de défier quelques canons de la mode. Madeline Stuart, la jeune mannequin trisomique qui avait défilé sous les bravos à New York en septembre 2015 (article en lien ci-dessous), est revenue présenter sa première collection.

Une Supermannequin

Pour les débuts de sa marque « 21 Reasons Why », cette Australienne de 20 ans a présenté une ligne sport et décontractée en lycra - avec collants, jupes et hauts barrés de messages comme « Supermannequin » ou « Je suis la Fashion Week ». « C'est (une ligne) dans laquelle tout le monde peut être confortable et se sentir bien dans sa peau », a expliqué à l'AFP Rosanne Stuart, la mère de Madeline. Le nom de la marque est une référence au 21e chromosome, dont l'anomalie est à l'origine de la trisomie, mais aussi à la volonté de voir le monde gagner en diversité, et au souhait d'avoir bientôt 21 ans, a-t-elle expliqué.

Entièrement créée par Madeline

Elle a souligné que la collection avait été entièrement créée par sa fille ainsi qu'elle-même. Madeline entend continuer à imprimer sa marque dans la mode : elle devait participer à un défilé lundi, travailler comme mannequin à Los Angeles et Londres, et espère montrer bientôt sa collection à Denver et à la Semaine de la mode de Paris. Madeline a aussi récemment obtenu un visa de travail américain, la « seule personne à souffrir d'un handicap mental » à avoir réussi à en obtenir un, a souligné sa mère. Le défilé de Madeline s'inscrivait dans une série de présentations originales organisées dans une galerie d'art du quartier de Lower East Side.

Des femmes atteintes de cancer

Avant « 21 reasons Why », les invités avaient assisté à un autre défilé fort en émotions, consacré à des femmes ayant été atteintes d'un cancer du sein. Seize femmes, d'âges et d'origines ethniques diverses, ont présenté de la lingerie et des tenues d'intérieur signées AnaOno, qui conçoit des vêtements spécialement pensés pour les femmes ayant eu une mastectomie ou une opération du sein. Certaines participantes ont dévoilé avec fierté leur poitrine reconstruite ou les doubles mastectomies subites, sous les encouragements du public, lors d'un défilé destiné à améliorer la connaissance de la maladie et à encourager la recherche.

11 février 2017

Jurisprudence : le complément 3 d'AEEH et l'ASS sont cumulables

article publié sur le site de Toupi

logo Toupi

Le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint-Brieuc a donné raison à la mère d’un enfant handicapé qui avait été privée par la CAF des Côtes d’Armor de son complément 3 d’AEEH (Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé).

La MDPH avait accordé le complément 3 d’AEEH parce que cette maman ne pouvait pas travailler à plus qu’à mi-temps du fait du handicap de son enfant. Elle percevait en outre l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) car elle était en recherche d’emploi. La CAF, prétendant que le complément 3 d’AEEH et l’ASS n’étaient pas cumulables, lui avait supprimé le complément 3 d’AEEH et réclamé un trop-perçu.

Le Tribunal a reconnu qu’il est parfaitement possible :

  • de rechercher un emploi à mi-temps et d’être indemnisé à ce titre via l’ASS
  • et, concomitamment, de percevoir le complément 3 d’AEEH car le handicap empêche d’envisager un temps de travail supérieur à un mi-temps

Cette jurisprudence est transposable à d’autres situations, notamment le cumul du complément d’AEEH avec une indemnité chômage.

Elle peut s’appliquer à tous les compléments qui ont été attribués en considération d’une réduction de temps de travail de 20% ou de 50% (ou seulement pour frais) : les compléments 1,2,3 mais aussi le complément 4 si celui-ci a été attribué pour une réduction du temps de travail de 20% ou de 50%, accompagnée de dépenses liées au handicap. En revanche, si le complément 4 a été attribué pour cessation de travail, le cumul ne pourra s’appliquer. Veillez donc à ce que la notification de la MDPH soit précise sur la raison exacte pour laquelle le complément a été accordé.

Le jugement n’a cependant pas reconnu qu’un travail à hauteur de 20 heures par semaine représentait un mi-temps au titre de l’AEEH. Sur l’un des mois de la période considérée, où la demanderesse travaillait 20h, il ne lui a donc été accordé qu’un complément 2, comme si elle travaillait à 80%. Cette interprétation nous semble néanmoins fragile dans la mesure où le complément 3 correspond soit à un mi-temps, soit à 20 heures de tierce-personne. Il y a donc dans les textes concernant le complément d’AEEH une équivalence entre 20 heures de tierce-personne et mi-temps.

 

Jugement complet du Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale de Saint-Brieuc, 26 janvier 2017

Nous tenons à remercier Maître David Taron, avocat au Barreau de Versailles ainsi que Maître Stéphane Baron, avocat au Barreau de Saint-Brieuc.

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