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"Au bonheur d'Elise"
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inclusion
15 décembre 2016

Le restaurant extra-ordinaire Le Reflet ouvre ses portes

Un restaurant employant des personnels trisomiques : c’était le projet de fin d’études d’une jeune architecte d’intérieur nantaise, c’est aujourd’hui une nouvelle table dans le centre-ville de Nantes !

De grands sourires, de l’émotion, un peu d’appréhension aussi… C’est le menu quotidien de l’équipe du restaurant Le Reflet Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre, qui ouvre en cette mi-décembre dans la rue des Trois-Croissants, à Nantes. Une équipe véritablement « extra-ordinaire » : aux côtés du gérant et de la chef de cuisine, l’établissement emploie deux cuisiniers et quatre serveurs trisomiques.

« Mon grand frère est trisomique et de fait, on est confronté au regard des autres, on voit que beaucoup reste à faire, explique Flore Lelièvre, qui a imaginé ce projet dès 2013, pour achever sa formation d’architecte d’intérieur. Mon idée était donc de créer un lieu qui leur permette de s’intégrer dans la société ».

« Banaliser la différence, dans un lieu ordinaire »

Le projet de fin d’études de la jeune Nantaise a soulevé l’enthousiasme. Son professeur à l’école Pivaud, Jérôme Nicot, s’y est associé très tôt. Un réseau de compétences diverses s’est mis en place puis s’est constitué en association, Trinôme. A l’été 2016, elle a conduit une levée de fonds qui a dépassé toutes les espérances en rapportant 400 000 €. Le financement participatif a également été sollicité. « Nous avons ainsi pu acheter plus facilement les murs et le fonds de commerce », explique Flore, qui parle d’une « aventure humaine très forte ».
Recrutés pour leur motivation, les six employés porteurs de trisomie 21 vont donner une visibilité à toute une catégorie de la population. « Il faut banaliser la différence et pour cela, il faut un lieu où se rencontrer. Un lieu ordinaire, comme un restaurant », insiste la jeune femme.

Projet de partenariats avec des chefs locaux

De lourds travaux d’accessibilité ont été réalisés pour transformer l’ancienne Table des Roys, nom de la précédente enseigne. « On leur demande toujours de s’adapter. Ici, c’est le lieu qui s’adapte », souligne Flore. Une gamme d’assiettes a été imaginée et permet une prise en main plus facile. Un système spécifique de prise et de transmission des commandes a été mis au point, tous les employés ne maîtrisant pas l’écrit. Une salle de repos a été aménagée, pour surmonter les coups de fatigue.
Le lieu totalise 36 couverts. Ce qu’on trouve dans les assiettes ? « Une cuisine française et du monde, avec des produits de saison ! » précise Flore, qui imagine à terme des partenariats avec des chefs locaux pour apporter de nouvelles saveurs. A vous de goûter cette cuisine où différence rime avec solidarité !

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14 décembre 2016

La Présidente de l'Unapei, Christel Prado, vers un avenir encore trop incertain ...

Christel PRADO lors de son intervention face aux responsables et elus politiques pour le congre de Unapei a ToulouseSix ans après son arrivée a la tête de l'Unapei et que l'Unapei fête cette année son cinquante sixieme anniversaire de sa création, Christel PRADO, et à six mois des présidentielle. La présidente nous dresse un nouvelle aparcue de la situation des personnes en situation de handicap a mobilité intellectuelle, face à des responsable politique qui font beaucoup de promesse. Pour la présidente de l'Unapei les«réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux. A une vaste problématique sociétale, on répond par de la bricolothérapie».

FHI --- L’Unapei a fête cette année son 56é anniversaire, plus d’un demi-siècle plus tard et six ans après votre prise de fonction en juin 2010, quel regard portez-vous sur votre action et le bilan dressez-vous sur celui de l’association ?

Christel PRADO --- Je pense que l’Unapei a réussi à atteindre beaucoup de ses objectifs : donner de la visibilité à la problématique des personnes handicapées qui restent sans solution ou à celles qui sont déplacées contre leur gré loin de leur famille, voire en Belgique.

L’Unapei a réussi à démontrer que l’avenir de notre société était d’être inclusive et solidaire, c’est-à-dire qu’il n’était plus supportable pour personne de voir émerger des politiques catégorielles qui ne répondent pas à l’universalité de ce que constitue une société. Pour autant, les moyens n’ont jamais été à la hauteur des annonces faites par les responsables politiques. Pour gouverner, avoir bon cœur ne suffit pas. Il faut faire des choix et donc des arbitrages budgétaires. Ils n’ont clairement pas été ces dernières années à la hauteur des ambitions politiques et surtout des besoins des personnes en situation de handicap et de leur famille.

Nous entrons dans une nouvelle phase associative : celui de nouveaux portages politiques. Les associations ont totalement conscience que lorsque la pénurie est là, il ne faut pas se contenter de la gérer. Il faut contraindre les décideurs à agir par notre mobilisation.

FHI --- Comme je préfère personnellement le terme d’inclusion plutôt que celui d’intégration, vous-même préféré le terme personnes à mobilité intellectuelle réduite que celui personnes handicapées mentales. Mais quelle est la différence, pouvez-vous nous l’expliquer ?

Christel PRADO --- L’Unapei milite pour une société inclusive et solidaire, c’est-à-dire qui lutte contre toutes les formes persistantes d’exclusivité. Nous souhaitons que le droit commun s’applique à tous et que le médico-social ne vienne que renforcer les politiques de droit commun en terme de compensation des conséquences du handicap.

Nous ne souhaitons pas utiliser l’anglicisme inclusion parce que c’est un mot statique. Il ne permet pas aux acteurs de se mettre tous en mouvement au service de la citoyenneté de tous. Nous préférons utiliser l’adjectif inclusif qui est adjoint à une terminologie partagée par tous.

FHI --- J’ai eu l’occasion plusieurs fois de vous entendre lors de vos discours, comme a Toulouse lors du congrès de l’Unapei, exprimant parfois une certaine de forme de colère. Quelles sont les raisons qui freinent leurs inclusions aujourd’hui ?

Christel PRADO --- Les freins sont de plusieurs natures : beaucoup de nos concitoyens considèrent encore que les personnes en situation de handicap sont contagieuses voire dangereuses, mais les freins majeurs sont ceux des frontières que constituent chaque culture institutionnelle. Chacun travaille entre soi et il est très difficile de travailler ensemble pour répondre aux besoins de la personne sans essayer d’en faire un faire-valoir pour l’Etat, les collectivités ou les associations.

FHI --- Vous m’aviez confié lors d’une précédente interview il y a quelques mois, et notamment lors du début quinquennat attendre beaucoup du gouvernement actuel face au retard accumuler depuis plusieurs décennies. Avez-vous pu trouver les réponses à vos questions et demandes ? 

Christel PRADO --- Les réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux. A une vaste problématique sociétale, on répond par de la bricolothérapie. C’est indigne. Nous avions de l’espoir parce que nous étions compris et les objectifs étaient partagés. Le passage du gouvernement Ayrault au gouvernement Valls a constitué une fracture dans les engagements.

FHI --- Vous parler d’Éducation, d’emploi, la vieillesse et depuis quelques années aussi comme celle de la sexualité même si un certain tabou demeure sur la question, sont des questions prioritaires pour l’Unapei, comme vous l’indiquez dans ma première question. Pouvez-vous me dire ce que le Gouvernement de François HOLLANDE aura permis d’améliorer ou aura ignoré ?

Christel PRADO --- Tout a été en trompe l’œil. Si communiquer sur ce qu’on fait sans le faire, c’est répondre aux besoins, alors ce gouvernement a été performant. Quand je vois le nombre de nos concitoyens handicapés sans réponse ou vivant la pauvreté augmenter, je suis très amère, sans pour cela douter de la sincérité de mes interlocuteurs.

FHI --- L’Unapei sera telle présente dans cette campagne présidentielle ?

Christel PRADO --- Oui. Nous nous engageons dans une campagne sociétale qui vise à faire bouger l’ensemble des acteurs de la société et pas seulement les pouvoirs publics et les associations. Nous souhaitons que notre société devienne inclusive et solidaire. C’était le thème de notre dernier congrès à Colmar. Le prochain, à Nancy sera sur l’habitat inclusif.

FHI --- Le polyhandicap demeure aujourd’hui l’une des nombreuses problématiques, une question parfois aborder par les politiques et parfois quelques promesses qui non jamais trouvé de mise en œuvre, des associations réclame aujourd’hui un plan similaire a l’autisme, cela est-il vraiment une nécessité selon vous et quel niveau ?

Christel PRADO --- Nous avons publié un Livre Blanc sur le Polyhandicap qui appelle l’ensemble des parties prenantes territoriales à signer des engagements. Nous pensons qu’il ne faut pas segmenter les plans. Nous réclamons un plan pour les personnes souffrant de troubles du neuro-développement (déficience intellectuelle, autisme, polyhandicap, DYS, TDAH, IMC ...). En ce qui concerne le cancer, les plans sont globaux et pas différenciés selon le type de cancer, ce qui permet de dégager de véritables volumes financiers opérants. Pourquoi faire différemment pour le handicap ?

FHI ---Sur l’emploi, l’Unapei reste très active, comme l’indiquent de récentes conventions de partenariats, comme celle avec la banque alimentaire ? l UNAPEI signe une convention avec la banque alimentaire

L’emploi notamment dans les secteurs de la communication ou des médias en général restant très fermé aux personnes à mobilité intellectuelle réduite ou psychique pourtant des initiatives ici ou la prouve le contraire, comme l’affirme notre syndicat. Comment expliquez-vous cette situation ?

Christel PRADO --- Le taux de chômage des PH est le double de celui de la population ordinaire. C’est dû à la méconnaissance des situations de handicap par les employeurs, au manque de qualification des PH (qui je le rappelle ont rarement accès à l’école) et au manque d’accompagnement dans l’emploi.

FHI --- Six ans après votre élection, j’ai entendu dire que vous envisagiez de quitter la présidence de l’Unapei. Pourquoi une telle décision et quel serait vos prochains objectifs, la politique ?

Christel PRADO --- Je suis avant tout une femme et je dois assurer l’avenir de mes deux enfants. La présidence de l’Unapei est bénévole. J’ai reçu pendant un an une indemnité pour pouvoir continuer. J’estime ne pas devoir faire porter cette charge à mon association.

D’autre part, j’avais toujours dit que j’assumerais cette fonction pendant 8 ans maximum. C’est un véritable sacerdoce qui ne permet pas d’avoir de temps familiaux et de loisirs.
J’ai candidaté sur le poste de directrice générale adjointe cohésion sociale et territoires du département de la Manche et j’ai l’honneur d’avoir été retenue. Je suis fière de mettre mes compétences au service de cette collectivité et de ses habitants.

La politique ? Nous en faisons tous quand nous sommes engagés dans une association militante. Elle n’est pas associée à un parti politique c’est tout. Je ne suis pas membre d’un parti politique et cela semble être une condition en France pour faire de la politique. Je ne remplis donc pas les conditions.

Interview Réalisé par
Stéphane LAGOUTIERE

13 décembre 2016

Maisons partagées, de nouveaux projets dans toute la France

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Des maisons partagées, dans lesquelles vivent personnes valides et handicapées, vont ouvrir dans 10 nouvelles villes de France. Cette innovation sociale qui a fait ses preuves est menée depuis 2009 par la fédération Simon de Cyrène.

Par , le 24-04-2015

Solitude et isolement douloureux pour certaines personnes handicapées... Alors, parfois, on leur propose de vivre chez eux, sans pour autant être seuls. La Fédération Simon de Cyrène  a ouvert des « maisons partagées », expérience innovante entre personnes valides et handicapées (trauma crâniens, AVC, lésions cérébrales, handicap psychique, autisme…). Chacun dispose de son propre studio aménagé dans de grands appartements ou maisons. Leur force, c'est le binôme dans l'esprit des communautés de L'Arche de Jean Vanier : un résident et un assistant qui l'accompagne au quotidien (préparation des repas, déplacements, loisirs, vacances...) et agit sous la houlette d'un responsable de foyer. La première communauté a ouvert en 2009 à Vanves (92). Depuis, ces lieux de vie connaissent un bel essaimage. Entre 2015 et 2017, la Fédération ouvrira des maisons partagées dans 10 nouvelles villes de France !

600 logements en projet

Ainsi, la maison d'Angers a ouvert ses portes fin mars 2015. Elle reçoit 12 résidents handicapés, assistants professionnels et jeunes volontaires et 30 adultes handicapés en activités de jour. En avril 2015, la première pierre a été posée pour la construction de cinq nouvelles maisons à Rungis (Val de Marne) ; 70 personnes pourront vivre ensemble dans des appartements répartis sur 5 maisons situées au sein d'une ancienne ferme briarde (2 800 m² d'habitat partagé) au milieu d'un hectare de parc en centre-ville. En 2015, des permis de construire sont déposés dans 4 villes (Dijon, Nantes, Lyon, Ré) et trois autres groupes de compagnons sont créés (Marseille, Lille, Bordeaux). Au total, près de 600 logements et 400 emplois sont en cours de création.

Un vrai projet de société

L'expérience des maisons partagées Simon de Cyrène s'inscrit comme un projet de société fondé sur un « art du vivre ensemble ». Elle témoigne que la fragilité invite à la fraternité et à la confiance et propose une réponse à mi-chemin entre le domicile diffus, souvent désocialisant et l'institution. Selon une étude DDASS 92 de 2006, 95% des personnes veulent en effet quitter leur établissement !

12 décembre 2016

Expérience autisme : ils vivent et travaillent autrement !

article publié sur handicap.fr

Résumé : Une expérience en Eure-et-Loir est menée avec 7 jeunes autistes qui leur propose un travail dans un environnement adapté avant de rejoindre un lieu de vie autonome mais encadré. Du bénéfice pour tous, et des économies manifestes...

Par , le 11-12-2016

Par François Feuilleux

Sept jeunes atteints de troubles de l'autisme, de modéré à sévère, se mettent à table après leur matinée de travail à l'usine : une scène que l'association Vivre et travailler autrement souhaite voir se multiplier en France après une expérimentation en Eure-et-Loir. Jordan, Louis, Nicolas, Reinicaer et les autres bénéficient d'un nouveau dispositif d'insertion sociale par le travail en entreprise ordinaire, à Auneau-Bleury-Saint-Symphorien, une commune nouvelle d'Eure-et-Loir.

A l'origine : un papa

Jean-François Dufresne, président de l'association Vivre et travailler autrement, lui-même père d'un jeune adulte autiste et également directeur général d'Andros, est à l'initiative de cette innovation. Les jeunes travailleurs, dont son fils, sont ainsi employés à mi-temps en CDI par l'entreprise agro-alimentaire Novandie, filiale du groupe Andros. L'initiative bénéficie du soutien de l'État et des institutions locales et
régionales. Pour l'heure, c'est la pause déjeuner dans la salle-à-manger de la Maison du Parc, leur lieu de vie. Chacun a sa place autour de la table où sont servis des plats préparés par la cuisinière. Mais ce soir, ce seront eux qui cuisineront. « L'objectif de l'association est de prouver que l'insertion des personnes
autistes par le travail est possible et que c'est une source d'épanouissement pour eux, grâce à un accompagnement éducatif et social et à un hébergement », explique à l'AFP la responsable de l'association Yenni Gorce.

Des facultés de concentration exceptionnelles

Ils sont accompagnés à l'usine de moniteurs d'ESAT (établissement et service d'aide par le travail) mais aussi d'éducateurs spécialisés de la maison de l'autisme d'Eure-et-Loir. La plupart des personnes autistes engagées dans ce programme ne savent pas lire, ne communiquent pas ou peu avec des mots et ressentent des intérêts restreints. Ils peuvent aussi faire preuve de comportements répétitifs. « Ils éprouvent du mal à exprimer ce qu'ils ont à l'intérieur d'eux-mêmes. En revanche, tous possèdent des facultés de concentration exceptionnelles. Ils ont une excellente mémoire et comprennent parfaitement leur environnement de manière visuelle, lorsqu'il leur est adapté », souligne Yenni Gorce.

Environnement adapté

L'aménagement a été conçu par des spécialistes pour que la compréhension des salariés autistes soit parfaite : à l'usine tout est visuel, calibré, mesuré, structuré. « Les personnes autistes souffrent de l'imprévu et rencontrent des angoisses, voire subissent des crises lorsqu'un phénomène inattendu survient », souligne Mme Gorce. Ils changent aussi régulièrement de postes de travail, passant d'une ligne de production, où ils doivent insérer des couvercles sur des pots de yaourt, à la réalisation de panachages de produits finis, vendus en lots. Toutes les consignes de travail et de sécurité sont formalisées par des codes couleurs et des pictogrammes, étape après étape. « Ce sont des tâches qui étaient remplies auparavant par d'autres salariés de l'usine et par des intérimaires », explique Marie-Amélie Collas, directrice technique chez Novandie. « Quand ils ont une tâche à réaliser, ils la font à la perfection. Le travail qui leur est confié est bien mieux réalisé que par les autres salariés, et plus rapidement », estime Mme Collas.

35 000 euros contre 80 000

Une fois leur demi-journée de travail terminée, les personnes autistes bénéficient l'après-midi d'activités de vie et de socialisation, toujours très cadrées : cours de médiation artistique, sport, musique, mais aussi des
activités plus banales comme le jardinage, les courses au supermarché, la préparation des repas... Si leurs postes de travail à l'usine sont précisément calibrés, il en est de même sur leur lieu de vie. Le soir, la plupart dorment dans leur studio tandis que deux jeunes adultes rentrent dans leur famille. Les résidents payent sur leur salaire (le Smic) une participation financière à l'association. « L'objectif de Vivre et travailler autrement est d'essaimer partout sur le territoire ce que l'on est en train de réaliser ici. On veut montrer aux
entreprises, collectivités locales et autres qu'il est possible et bénéfique de faire travailler des personnes autistes », explique Mme Gorce. Selon l'association, ce type de prise en charge coûterait environ 35 000 euros par an et par personne, contre 80 000 euros dans des structures d'accueil classique type établissement médico-social.

© Vivre et travailler autrement

11 décembre 2016

Je suis musicien autiste

06.12.2016
Portrait sonore d'un autiste musicien

Mon Objectif est d'inciter les autistes à ne pas mettre toute leur énergie à essayer d'être "normal" mais à s'autoriser à assumer leur différence

Car ils sont nombreux les musiciens autistes. Certains n'ont d'ailleurs pas toujours mis de mot sur leur différence. De Glen Gould à Bela Bartok en passant par Nico des Velvet Underground, la musique est pourtant un langage privilégié pour les autistes.

Moi je suis un miraculé parce que mes parents ont tenu bon malgré mes bizarreries, ils ne m'ont pas placé en institution, ne m'ont pas confié à un psychiatre, ce qui m'aurait sans doute empêché à tout jamais de parler. J'ai eu de la chance!

Ce qu'il faut comprendre avec l'autisme c'est que la communication verbale n'est pas instinctive, donc l'implicite n'est souvent pas perçu par les autistes. En revanche, à l'intérieur de leur tête il y a une foule de connexions.

Moi comme beaucoup d'autistes, j'ai l'oreille absolue et je fais de l'hyperacousie. Alors quand je suis dans la rue c'est show time dans ma tête: le brouhaha qui m'inquiète devient partition.

Ce Fol Ensemble fait déjà beaucoup parler de lui sur les réseaux sociaux où les personnes autistes trouvent souvent aussi un mode de communication à l'autre plus facile puisqu'il ne passe pas par l'oral. Les musiciens de renommée internationale côtoient ainsi le temps d'un concert des autistes non verbaux mais aussi des spécialistes de l'autisme, médecins ou accompagnants, qui se retrouveront tous pour un concert exceptionnel au mois de mai dans la grande salle de l'Unesco.

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10 décembre 2016

Josef Schovanec, autiste, entre autres

article publié dans le magazine DECLIC

6 décembre 2016

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Un homme brillant, docteur en philosophie, diplômé de Sciences-Po Paris, polyglotte… et autiste Asperger. Mais le super-héros aime bien remettre les pendules à l’heure… Du tac au tac : Déclic / Josef Schovanec

Peut-on être 0 % autiste ?

(Rires) C’est difficile. C’est comme ne pas aimer du tout le chocolat.  Ça peut exister, mais c’est rare.

Si l’autisme était un point cardinal ?

Le zénith.

L’exclusion des autistes, c’est une forme de racisme ?

Remplacez certains mots par d’autres, et vous aurez la réponse. J’ai plein d’amis autistes qui ont réussi les concours administratifs avec brio, et qui pourtant ont été éliminés à la visite médicale.

Quel est le synonyme d’autisme ?

Humanité.

L’antonyme ?

Exclusion.

Si l’autisme était un code social ?

Comment dire bonjour, combien de courbettes vous devez faire.

Quel est le geste le plus autiste que vous ayez fait ?

(Rires) J’hésite, il y en a plein… En 2e année après le bac, l’une de mes camarades de classe m’a demandé de la regarder fixement dans les yeux. C’est là que j’ai compris qu’elle avait des lentilles. Avec le recul, je pense que l’objectif n’était pas de constater qu’elle avait des lentilles…

Si l’autisme était un sport ?

Pas de sport, non non non ! Je suis anti-sportif au possible, et la plupart des autistes le sont aussi. En tout cas ce serait un sport individuel comme la marche, ou en lien avec les animaux comme l’équitation.

Si demain il existait un médicament pour guérir l’autisme,vous le prendriez ?

Non. C’est comme si on me demandait « vous prendriez un médicament pour avoir telle couleur des yeux ou telle taille ». Le fait d’être autiste n’est pas une déficience ou une maladie, c’est une forme de fonctionnement qui n’est ni plus ni moins pathologique que le fait d’être Japonais ou Coréen. On devrait être content qu’il y ait une diversité dans l’être humain !

Si l’autisme était une langue ?

Ce serait une langue en images, avec une écriture semblable au chinois, et une grammaire très compliquée à la japonaise. Une langue complexe à apprendre, c’est tellement plus intéressant !

L’autisme, en tant que qualité romantique et exceptionnelle à la Rain Man, vous en pensez quoi ?

À l’échelle de l’histoire de l’autisme, Rain Man relève de la préhistoire. Ce côté supposément génial, en apparence flatteur, n’est pas une porte ouverte à l’inclusion. Aussi brillant qu’il soit, le porteur d’autisme n’est pas la personne avec qui les employeurs voudront travailler.

Dans la société actuelle, est-il facile d’être porteur d’autisme ?

Il y a un lien très fort entre le statut social des parents et le devenir de leurs enfants. Quand un autiste naît, neuf fois sur dix les parents se séparent. L’enfant reste alors avec sa mère qui doit arrêter de travailler, et perçoit donc moins d’argent. C’est très mal parti pour lui. Une famille riche, elle, trouvera de bons professionnels ou émigrera au Canada ou aux USA. Ce qui ne veut pas dire que les familles riches n’ont aucun problème, bien évidemment. Il y a aussi le fait que dans un milieu défavorisé, votre enfant a de grandes chances de ne pas être diagnostiqué correctement. Si certains disent que l’autisme de leur enfant est bien accepté, tant mieux. Mais il faut être réaliste. Un enfant âgé de 3 ou 4 ans, qui donne des petites tapes à tout le monde, c’est mignon. Mais à 25 ans ? Quand ses parents ne seront plus là, qui le protégera ? Il ne faut pas oublier que l’enfant autiste devient un adulte, qu’en grandissant son handicap ne disparaît pas dans la nature.

Le côté invisible du handicap n’est-il pas un frein à l’inclusion ?

Le comble de l’autisme est cette absence d’indices physiques. Les parents d’enfants autistes subissent alors souvent un harcèlement de la part de leur entourage. J’ai déjà entendu des remarques telles que « Si on ne sait pas éduquer un enfant, on n’en fait pas ! », ou encore « Donnez-le moi un week-end, je vais le guérir ». Rien de nouveau sous le soleil. Pour que l’autisme soit perçu différemment, il faut faire en sorte que le grand public ait une vraie connaissance de ce handicap. On en est très loin en France…

Et vous, vous vous sentez autiste ?

Chaque être humain a une multitude de dimensions. L’une de mes facettes est d’être porteur d’autisme. J’ai aussi d’autres caractéristiques, comme ma taille, mon milieu familial. L’autisme n’épuise pas toute l’identité d’une personne. Pour ma part, je suis depuis longtemps dans le petit monde de l’autisme. Je suis devenu une sorte de rat de laboratoire.

Quel rôle aimeriez-vous jouer dans ce milieu ?

Je n’ai pas d’attente particulière. L’autisme n’était pas censé être mon métier. J’avais d’autres projets et j’en ai toujours. Les choses se sont faites par nécessité. J’ai dû abandonner un poste de professeur à l’université de Téhéran, refuser les propositions du gouvernement indien. Il y a quelques années, quand j’étais plongé dans ce monde-là, il n’y avait rien ni personne pour en parler. Aujourd’hui, je ne me sens pas le culot d’abandonner l’autisme en France.

Vous avez conscience d’être un modèle de réussite ?

Certains croient que je suis un modèle de réussite. Pourtant quand les personnes me rencontrent, elles se rendent compte que j’ai beaucoup moins d’aptitudes qu’elles croyaient, que leur enfant se débrouille beaucoup mieux que moi. Parfois, les réactions sont presque moqueuses, voire (rarement) condescendantes. On ne peut pas comparer tous les autistes. Cette histoire de degré d’autisme devrait être formulée en termes de degrés d’apprentissage, offerts ou non à la personne ou à la famille. Un enfant privé d’école et d’éducation a simplement moins de chances qu’un autre.

L’autisme n’est donc pas qu’une caractéristique, mais un vrai handicap.

Dans une classe peuplée uniquement d’enfants autistes, un enfant non autiste sera considéré comme handicapé. Prenez l’exemple du restaurant Dans le noir [Ndlr : les clients dînent dans l’obscurité absolue, guidés par un personnel non-voyant], le handicap s’inverse. Il faut inviter les gens au voyage, découvrir le pays des personnes autistes, ne pas croire ce qu’on peut entendre, mais s’intéresser aux individus eux-mêmes. C’est le cadre qui est handicapant, pas l’autisme. Un pays entièrement peuplé de gens autistes serait fonctionnel. Si la société veut avoir un avenir, elle devra s’appuyer sur ces personnes.

Propos recueillis par Vanessa Cornier

 

Ressources

  • Voyages en Autistan : Chroniques des Carnets du monde, Josef Schovanec, Plon, 2016, 14,90 €.
  • De l’amour en Austistan, Josef Schovanec, Plon, 2015, 17,90 €.
  • Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, Josef Schovanec, Plon, 2014, 18,50 €.
  • Je suis à l’est, Josef Schovanec, Plon, 2012, 18,50 €.
9 décembre 2016

A Chambourcy, les adolescents autistes se familiarisent avec le monde réel

article publié dans Le Parisien

Élisabeth Gardet|08 décembre 2016, 16h52|0
LP/EG. Géré par l’association Agir et vivre l’autisme (AVA), l’institut médico-éducatif de Chambourcy accueille des adolescents depuis un an, à titre expérimental. Chambourcy.

Ombeline, 16 ans, pianote sur un clavier d’ordinateur, à l’institut médico-éducatif (IME) de Chambourcy. Cette adolescente atteinte d’autisme adore chanter. Ce jour-là, sous le regard bienveillant de David, son éducateur, elle effectue des recherches sur Internet pour trouver la chanson sur laquelle elle a jeté son dévolu. « Ah, ça ne marche pas », glisse-t-elle. C’était voulu. David intervient immédiatement : « Qu’est ce que tu pourrais vérifier ? » « Ah oui, le clavier n’est pas branché », commente Ombeline, large sourire aux lèvres. Tout en s’adonnant à une activité qu’elle aime — le chant — la jeune fille apprend à gérer la frustration. « C’est son point faible : la frustration la met très en colère. Alors on travaille sur cet aspect avec elle, en douceur », explique Ana Bibay, directrice clinique de l’association Agir et vivre l’autisme (AVA), qui gère l’IME.

Cette association créée dans le cadre du Plan autisme 2008 chapeaute neufs établissement en France, dont quatre en Ile-de-France : Chambourcy, Suresnes (Hauts-de-Seine) et deux à Paris (XIXe et XXe). « Cela répondait à une demande des familles. Il s’agissait de faire en sorte que l’éducatif prenne le pas sur l’orientation psychanalytique, c’est-à-dire la prise en charge des personnes atteintes d’autisme dans les services psychiatriques et les hôpitaux de jour », explique Ana Bibay. Depuis un an, l’IME de Chambourcy fait figure de pionnier au sein de l’association AVA : il est le seul à accueillir des adolescents, alors que la prise en charge concerne majoritairement des enfants âgés de 3 à 14 ans. Huit jeunes y apprennent progressivement à « intégrer la communauté des adultes », d’abord « dans le contexte artificiel de l’IME » puis dans le « monde réel ». « Nous gommons progressivement le côté artificiel, en adaptant notre stratégie d’apprentissage à chaque adolescent », explique Denis Ogee, directeur général de l’association.

L’année écoulée a porté ses fruits : les patients de l’IME commencent à voler de leurs propres ailes dans la « vraie vie », après une succession de « défis ». Certains ont appris à faire des courses, dans le cadre d’un partenariat avec le Carrefour Express voisin. « Ça n’a l’air de rien, mais ça peut prendre des mois », insiste Ana Bibay. Deux jeunes ont même franchi un cap : quelques heures par semaine, ils effectuent la mise en rayon des produits dans ce magasin. A partir de ce lundi, Violette, 17 ans, qui a appris le repassage à l’IME, va travailler deux fois par semaine dans la lingerie d’une crèche. Un de ses camarades, âgé de 13 ans, est en poste à la bibliothèque municipale pour gérer l’étiquetage des livres. Un projet est aussi en cours avec le lycée agricole de Saint-Germain-en-Laye : à partir de mars, des jeunes de l’IME devraient travailler ponctuellement dans le jardin pédagogique de cet établissement.

Contact : 01.30.74.73.28.ou contact@agir-vivre-autisme.org

  leparisien.fr

21 novembre 2016

Chef d'entreprise, je n'embauche que des personnes handicapées déclare Serge DESSAY, fondateur et PDG de Hotravail

article publié dans FAIRE FACE

« Chef d’entreprise, je n’embauche que des personnes handicapées. »
« J’embauche et je vends d'abord des compétences. Nullement du handicap. Notre but ? Un travail bien fait. » Tel est le leitmotiv de Serge Dessay, fondateur et PDG de Hotravail.

Publié le 19 novembre 2016

« Je me suis retrouvé en fauteuil à 24 ans après un accident dans l’armée. Fracture des jambes, du bassin, coma… J’en suis sorti entièrement paralysé du côté gauche. Les médecins étaient catégoriques : je ne remarcherais jamais. Six ans plus tard, j’étais debout.

Je suis la preuve que la médecine, science très précise, dit souvent des bêtises. Et j’en parle aisément : je me destinais à être psychiatre. Mais cet accident a changé le cours de ma vie. Je suis devenu patron en  lançant mon entreprise de service aux particuliers en 1990.

Recruter et vendre d’abord des compétences

Hotravail  emploie 380 salariés, à 96 % des travailleurs handicapés, au sein de quatorze structures du grand Sud-Ouest, de Saintes à Avignon. Nous assurons l’entretien de plateformes logistiques d’Auchan, la maintenance de vélos de La Poste, la pose des futurs compteurs Linky d’EDF…

J’embauche et je vends d’abord des compétences. Nullement du handicap. Notre but ? Un travail bien fait. Pour cela, nous pensons l’organisation du travail en intégrant les handicaps de chacun. C’est sans doute la principale différence avec une entreprise lambda.

Favoriser l’émulation grâce à la diversité

Quand un chantier se présente, seule la capacité du salarié à pouvoir réaliser une partie du boulot en complément des autres est jaugée. C’est efficace et beaucoup plus productif. Chacun apporte sa compétence au groupe et tire les autres vers le haut. La diversité favorise l’émulation.

Penser l’adaptation du travail nous donne aussi parfois une longueur d’avance. Comme l’un de nos jardiniers maniait difficilement les tondeuses thermiques, nous avons fait venir des États-Unis une machine électrique télécommandée. Un fort coût mais elle fait le travail de cinq personnes !

Un autre salarié, atteint par la maladie de Friedreich, ne pouvant plus écrire, nous avons mis en place un numéro vert pour qu’il dicte, depuis un téléphone dans sa voiture, ses devis à une secrétaire de production. Résultat ? Ses devis partaient le lendemain alors qu’ils mettaient trois ou quatre jours dans les autres services. Évidemment, le numéro vert a été étendu à tout le groupe.

Créer le plus de postes possible

Nous avons le statut d’entreprise adaptée. À ceux qui disent que nous réussissons grâce aux subventions publiques, aux aides aux postes, je réponds que nous faisons gagner de l’argent à tout le monde. Quand l’État donne 1 € à une entreprise adaptée, il récupère 1,40 €. Une étude de KPMG (réseau international de cabinets d’audit et de conseil exerçant dans 155 pays, NDLR) le confirme.

Pourtant, Hotravail n’a pas été facile à créer. Administrativement, une galère. Deux ans à convaincre les services de l’État de l’intérêt du projet et à obtenir l’agrément d’atelier protégé. En pratique, une réussite. Je suis passé de deux salariés à quinze en six mois. Cinq ans plus tard, une cinquantaine et une ouverture à de nouveaux métiers en fonction des demandes des clients. De grands groupes travaillent avec nous : Orange, Airbus, Safran…

L’emploi des personnes handicapées rapporte ! C’est pour raison qu’il faut créer le plus possible de postes. Ce que je fais depuis un quart de siècle. Et c’est une aventure passionnante alors que, dans une autre vie, j’aurai peut-être été un psychiatre ennuyeux ! » Propos recueillis par Aurélia Sevestre

19 novembre 2016

Portrait croisé de deux jeunes autistes entrepreneurs à Rouen

Rencontre. Une table ronde sera organisée jeudi 24 novembre sur le thème « Le handicap invisible en milieu professionnel ». Portrait croisé de deux jeunes entrepreneurs autistes - Anne Charrier, écrivaine et Romain Brifault, créateur styliste - dont les parcours n’ont pas forcément été simples. Ils se sont accrochés pour réaliser leurs rêves.



Romain, styliste et autiste

Romain Brifault (23 ans) est styliste. Son atelier privé est installé rue Alsace-Lorraine, où il crée des robes de mariée, des robes de soirée et taille entièrement sur mesure. Après ses années de maternelle en milieu normalisé, Romain a été déscolarisé après le CP. Diagnostiqué autiste Asperger, il a ensuite été suivi pendant plusieurs années à l’institut de jour Alfred-Binet (Darnétal). « Les Asperger ont une façon particulière de penser », explique Romain. « Nous marchons beaucoup au sensoriel. Nous sommes obligés de passer par la vie réelle pour apprendre. » Romain décrit avec ses mots : « Avant,je ne pouvais pas décrypter les visages humains, le sens des émotions des autres : la surprise, la peur, un sourire narquois ou bienveillant...Le monde du travail est un milieu en effervescence permanente. Il y a une partie comportementale pas évidente pour nous ».

À 14 ans, Romain intègre le collège Jean-Baptiste-de-La-Salle, avec l’aide d’une auxiliaire de vie scolaire à plein-temps. Puis il entre en bac pro « métiers de la mode et vêtement » à la Providence, près de la préfecture. « À l’origine, je voulais être designer, créer des objets du quotidien, mais toutes les écoles étaient à Paris. Ma singularité réside dans l’envie permanente de créer. » Pendant son cursus, les enseignants le soutiennent. Plusieurs stages étaient obligatoires et « se sont bien déroulés, sauf celui pour lequel je n’avais volontairement pas voulu préciser que j’étais autiste. Je voulais savoir si je pouvais conquérir le monde, savoir si mon handicap serait une barrière pour les autres ». Romain raconte avec le sourire le début de son stage catastrophe, mais l’échec a été sérieux. Son stage de terminale - chez Gérard-Darel - s’est, en revanche, révélé « incroyable, un changement radical dans ma vie ». Sa créativité est alors reconnue par les professionnels.

Avec son frère Alexandre (étudiant à Neoma Business school) - et le soutien de son grand-père - Romain monte son entreprise dès la sortie du lycée, son bac pro en poche. « C’est important d’être entouré, sans la famille on n’est rien. Je dis toujours que mes parents sont le bateau, moi le moteur, et que nous faisons un très beau voyage... », confie Romain qui aimerait - comme Anne Charrier - « sensibiliser sur la différence, Asperger est un handicap invisible. Le handicap ce n’est pas seulement les fauteuils roulants ». Dans deux ans, Romain a prévu de lancer sa marque de vêtements pour hommes.

Dossier réalisé par Patricia Buffet
et Stéphanie Péron

Maison de couture Romain Brifault, tél. 06 52 38 58 56.

Anne Charrier, écrivaine

Aujourd’hui âgée de 22 ans, Anne Charrier a été diagnostiquée autiste Asperger à l’âge de 10 ans « grâce à la maman de Romain, qui a vu des similitudes entre nous deux ». Une scolarité dans les normes et « la chance énorme d’échapper à l’hôpital de jour », Anne a su qu’elle voulait écrire depuis le CM1. Inscrite à l’institution Rey (Bois-Guillaume), la lycéenne a obtenu son bac L. « La particularité d’Asperger n’était pas reconnue. Quand ma mère exprimait des doutes face à l’autisme, on lui répondait, mais non, ce n’est pas ça, ta fille parle ! ».
Les autistes Asperger ont tendance à prendre tout au pied de la lettre. Pas de second degré. « Enfant, à la traditionnelle question : « Elle est de quelle couleur ta chatte ? », j’ai donné la couleur de notre chatte. Insultes, moqueries, c’était difficile. Aujourd’hui, quand je ne comprends pas, je demande qu’on m’explique ».
Hypersensibilité tactile
Souvent, les personnes Asperger développent une hypersensibilité dans une ou plusieurs matières. « La mienne est tactile, explique Anne. Quand je souffre physiquement, c’est décuplé par rapport aux autres. »
Une excellente mémoire et un sens aigu du détail font aussi partie de ses autres qualités.

Après un DUT « métiers du livre » au Havre, puis un bac + 3 à Grenoble « littérature et documentation », Anne Charrier a écrit deux ouvrages en littérature jeunesse : les aventures de Mira et Perle (en 2015), puis celles de Mira et Angel (en juillet 2016). Le troisième tome est en cours d’écriture. « Pendant ces années d’études supérieures, j’ai vécu en autonomie », précise fièrement la jeune femme.

Quand elle regarde en arrière, Anne évoque des souvenirs de scolarité difficile, d’incompréhension avec ses camarades ou certains enseignants. « À l’université, il y a eu une grosse différence : tout le monde se respectait. J’avais de l’aide pour la prise des notes, car je souffre de difficultés en motricité fine. »

Anne ne vit pas (encore) de son métier d’écrivaine, elle cherche actuellement un emploi de bibliothécaire en littérature jeunesse.

Table ronde
Dans le cadre du mois de l’économie sociale et solidaire, une table ronde sera organisée sur le thème « Le handicap invisible en milieu professionnel ». L’entreprise Griss - basée à Seine Innopolis - qui intègre des autistes (notre édition du 5 mai 2016) propose ce rendez-vous en partenariat avec l’entreprise Romain Brifault. Ont été invitées des personnes autistes, des familles, des entreprises, des institutions et collectivités. L’objectif des organisateurs est de « présenter la question du handicap invisible en milieu professionnel et la singularité de leur modèle économique, fondé sur la valorisation des talents des personnes
autistes
 ».
Table ronde jeudi 24 novembre, de 9 h 30 à 11 h 30, 72 rue de la République au Petit-Quevilly (Seine Innopolis). Entrée libre et gratuite, sur inscription : griss@griss.tech ou 06 88 11 83 97.
17 novembre 2016

Bailleul : Bel Attitudes, un quartier adapté aux personnes handicapées

articautonomiele publié sur France 3 Nord Pas-de-Calais

 

Bailleul (Nord) accueille depuis juin un quartier nommé Bel'Attitudes dans lequel une trentaine d'handicapés mentaux habitent aux côtés d'autres locataires. Un accompagnement personnalisé a été mis en place pour ces personnes qui retrouvent petit à petit leur autonomie.

Lucas Hobé
Publié le 15/11/2016 à 16:37


Bailleul : Bel'Attitudes, un quartier adapté aux personnes handicapées

Bailleul (Nord) accueille depuis juin un quartier nommé Bel'Attitudes dans lequel une trentaine d'handicapés mentaux habitent aux côtés d'autres locataires. Un accompagnement personnalisé a été mis en place pour ces personnes qui retrouvent petit à petit leur autonomie. Intervenants : Guy Wallyn, 58 ans, habitant de Bel'Attitudes - Cédric Drocourt, 38 ans, habitant de Bel'Attitudes - Fabrice Bacle, 20 ans, habitant de Bel'Attitudes - Aude Piroux, Aide médico-psychologique - Karine Van-Lierde, Directrice de Bel'Attitudes


Il aura fallu huit années pour mener à bien ce projet unique en France sur la commune de Bailleul (Nord) : Bel'Attitudes est un quartier de 60 logements dont la moitié sont réservés à des personnes souffrant de déficiences intellectuelles. 80 % des vivaient auparavant dans un établissement spécialisé, les autres dans leurs familles. 

"C'est une nouvelle vie qui commenceÇa a été dur au début mais maintenant je peux me faire mon café seul ou la vaisselle. Ça me fait plaisir" explique Guy Wallyn, 58 ans, qui n'avait jamais en habité seul auparavant.

Un accompagnement personnalisé

Au milieu de ce quartier de Bailleul, une structure comprenant une trentaine de salariés propose des ateliers pour aider les personnes handicapées à gagner en autonomie. 

"Ce qui est très agréable, c'est qu'on voit le changement chez les personnes et la satisfaction qu'elles en retirent aussi" raconte Cédric Drocourt, 38 ans, habitant de Bel'Attitudes.

Tous ces résidents bénéficient également d'un accompagnement à domicile. "Il y a un passage au moins le matin et le soir. Certains sont beaucoup moins autonomes notamment au moment de la toilette ou pour la préparation du repas. Chaque personne a son propre accompagnement" indique Aude Piroux, aide médico-psychologique.

"Si une personne perd en capacité, c'est l'accompagnement qui va s'adapter. La personne va rester dans son domicile et va conserver l'ensemble de ses repères" ajoute Karine Van-Lierde, directrice de Bel'Attitudes

Le projet reste expérimental pour 5 ans, mais une quarantaine de personnes sont déjà sur liste d'attente.

8 novembre 2016

Une initiative privée pour aider les jeunes autistes

article publié dans 24heures.ch

Nyon

Grâce à deux mamans d’adolescents atteints du syndrome d’Asperger, la Côte dispose désormais d’un Groupe de compétences sociales.

Catherine Pitton (à g.) et Natalie Boudou ne se sont jamais découragées.

Catherine Pitton (à g.) et Natalie Boudou ne se sont jamais découragées. Image: Vanessa Cardoso


L’appellation est rebutante mais la fonction est primordiale. A l’heure où l’autisme touche une personne sur 100, selon les statistiques de l’OMS, mais plus vraisemblablement une personne sur 70 ou 80, les Groupes de compétences sociales sont une structure qui permet aux participants souffrant de troubles du spectre autistique (TSA) de développer, voire carrément d’acquérir, la capacité d’interagir avec autrui.

Il faut savoir que l’un des principaux problèmes des adolescents atteints du syndrome d’Asperger, également appelé autisme de haut niveau de fonctionnement, est leur incapacité à communiquer avec leur entourage de façon sereine et constante.

Il est donc indispensable de les prendre par la main pour les mettre en confiance, leur apprendre à reconnaître leurs émotions et les conduire sur le chemin de l’échange et de l’amitié. Début novembre, à l’initiative de deux mamans d’adolescents atteints du syndrome d’Asperger, un Groupe de compétences sociales est ainsi né à Nyon.

Diagnostic difficile

Catherine Pitton et Natalie Boudou ne sont pas du genre à se lamenter en attendant que l’on vienne (peut-être) à leur aide. Natalie, l’an dernier, avait révélé dans nos colonnes le chemin de croix enduré par sa fille Elise, livrée à l’impéritie des psychiatres qui ont mis 15 ans à diagnostiquer son autisme (24 heures du 16 mars 2015).

Nous avions alors rencontré Elise à son retour de l’école. Un regard, un bonjour murmuré du bout de lèvres, puis la porte de sa chambre s’était définitivement refermée. A peine plus d’un an plus tard, dans la nouvelle maison des Boudou, à Crans-près-Céligny, Elise rentre une fois encore de l’école, sourire aux lèvres, vous tend la main en disant qu’elle vous reconnaît, puis attaque joyeusement tant un paquet de biscuits au chocolat qu’une belle conversation dans laquelle elle finira par lâcher, avec une pointe de malice, qu’elle se sent réellement beaucoup mieux.

Elise, bientôt 20 ans, fréquente depuis moins d’un an un Groupe de compétences sociales à Lausanne. «Les progrès de notre fille sont absolument considérables, souligne Natalie Boudou. Elle a rencontré des gens qui lui ressemblent, a noué des amitiés et commence même à organiser des sorties. Pour nous, pour la famille, c’est un nouveau jour qui se lève.»

Don généreux

Mais Lausanne n’est pas la porte à côté. Sachant que les besoins sur La Côte sont importants et que toutes les familles n’ont pas la possibilité d’emmener leur enfant à Genève ou à Lausanne, Natalie Boudou et Catherine Pitton, maman d’un garçon souffrant du syndrome d’Asperger diagnostiqué précocement, ont pris le taureau par les cornes en 2015.

En toute logique, elles se sont d’abord adressées au Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation (SESAF), qui dépend du Département de la formation et de la jeunesse. On les a félicitées mais pas aidées, au prétexte que l’argent fait défaut.

Le découragement n’étant pas le genre de la maison, elles ont sonné à d’autres portes et au bout du compte, grâce au soutien de la Fondation de Vernand, qui fournit un appui logistique, et surtout à un don généreux de la Fondation Pélichet, à Nyon, elles ont finalement atteint leur but.

Groupe mis sur place

Jeudi 3 novembre dernier, en fin d’après-midi, un Groupe de compétences sociales a réuni pour la première fois six adolescents entre 14 et 17 ans, tous volontaires, dans les locaux de la Fondation de Vernand, à Nyon. Pendant une année, sous la conduite d’une enseignante spécialisée et d’un psychologue, ils apprendront notamment, une fois par semaine, à se connaître, à interpréter leurs émotions et celles des autres, à comprendre le langage non verbal, le deuxième degré et à gérer leur stress et leurs frustrations. A vivre harmonieusement en société, en somme, en intégrant des codes qui leur sont, au départ, étrangers.

Tout cela à un prix, bien sûr. La mise en œuvre d’un tel groupe coûte de 30 000 à 35 000 francs par an, il faudrait en créer d’autres, pour d’autres tranches d’âge, et les deux mamans ne disposent pour l’heure que d’une seule année de financement.

Qu’à cela ne tienne: avec une volonté et un optimisme roboratifs, elles sont convaincues qu’elles trouveront un ou plusieurs donateurs qui leur permettront de pérenniser leur épatante initiative. Qui pourrait en douter? (24 heures)

(Créé: 07.11.2016, 07h48)

Directrice du Centre cantonal de l’autisme du CHUV depuis 2014, la pédopsychiatre Nadia Chabane ne cache pas son admiration pour l’action de Natalie Boudou et de Catherine Pitton. «Ce que ces deux mamans ont fait est formidable, parce que la création de groupes de compétences sociales fait partie des stratégies phares de notre combat contre l’autisme, souligne celle qui est aussi professeure à l’UNIL, responsable de la chaire Hoffmann dédiée aux troubles du spectre de l’autisme (TAS).

L’un des principaux problèmes des personnes atteintes de ce syndrome est précisément leur incapacité à comprendre leur environnement social et à adopter les codes que nous apprenons intuitivement. Il est donc très important de les prendre en charge, poursuit-elle, d’adapter le groupe au niveau des personnes qui le composent, à leurs besoins et à leur âge, et il n’est jamais trop tard, pour un autiste, pour y participer.»

Natalie Boudou et Catherine Pitton avaient pourtant tenté d’entrer en contact avec le Centre cantonal de l’autisme, qui ne leur avait toutefois jamais répondu. «J’en suis profondément désolée, mais je dois avouer que nous sommes complètement débordés. Le centre, qui a créé un appel d’air considérable dans le canton, ne compte que trois psychologues, un logopédiste et deux médecins, dont moi».

«Il ne peut pas être le seul recours, confie Nadia Chabane. Quand j’ai été nommée, j’ai immédiatement précisé que tous les problèmes ne se régleraient pas d’un coup de baguette magique. Notre mission principale, aujourd’hui, est de former les professionnels à une approche comportementale de l’autisme, et de créer un véritable réseau. Nous avons donc besoin de temps, mais je sais que nous y arriverons.»

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7 novembre 2016

Une vidéo destinée à porter un regard neuf sur le handicap ... enjoy !

Ajoutée le 1 nov. 2016

image fille gardien parc

Cette vidéo est destinée à avoir un regard neuf sur le handicap, qui fais passer un message de plus vers la compréhension et l'intégration.
A chacun ses compétences propres, à chacun son talent.
Du bonheur à écouter et à regarder...

 

29 octobre 2016

Bry-sur-Marne : Les rendez-vous du handicap 2016 - 12 au 26 novembre 2016

Article publié sur le site de la Ville de Bry-sur-Marne

Comment s’intégrer au quotidien ? Comment bien vivre lorsque l’on est porteur d’un handicap ? Comment accompagner les personnes handicapées ? Comment les accueillir au mieux dans les activités du quotidien ?… autant de questions auxquelles ces rendez vous vont tenter d’apporter des réponses et surtout aider à porter un autre regard sur le handicap en général. Tout au long de ces deux semaines d’animations, plusieurs actions seront menées.
Du samedi 12 au samedi 26 novembre

Programme des rendez-vous du handicap 2016
Programme des rendez-vous du handicap 2016
pdf - 58.4 ko
20 octobre 2016

Restauration. A Nantes, bientôt un resto tenu par des personnes trisomiques

article publié sur Le handicap en région Bretagne

18 Octobre 2016, 16:34pm

Publié par Association Barrez la Différence

Au Reflet, les salariés seront extra-ordinaires ! Une première en France.

Il s'appellera Le Reflet et ouvrira avant Noël dans le centre de Nantes. Un établissement presque comme un autre, sauf qu'il emploiera six personnes handicapées. Une première en France.

Entretien avec Flore Lelièvre, 26 ans, initiatrice du projet de restaurant Le Reflet à Nantes, architecte d'intérieur
Un restaurant où la majorité du personnel est atteinte de trisomie et qui ouvrira en décembre à Nantes : comment est né ce projet ?

C'était mon idée de travail de fin d'étude à l'école Pivaut où j'ai obtenu mon diplôme d'architecte d'intérieur. J'avais imaginé un lieu où les trisomiques puissent travailler et être intégrés dans la société, comme tout le monde. Mon grand frère est handicapé. Lors des portes ouvertes de l'école, beaucoup de gens m'ont dit : faut y aller ! L'idée a fait son chemin, mon prof est devenu mon associé. Un an et demi plus tard, on a créé l'association Trinôme 44 et puis la société anonyme Le Reflet, qui sera le nom du restaurant.

Comment fonctionnera cet établissement ?

Au début, il emploiera deux cuisiniers et quatre serveurs trisomiques. On les appelle nos salariés extra-ordinaires. Ils travailleront avec un chef cuisinier et un gérant, ordinaires. Ils ne feront pas plus d'un service par jour et auront un contrat de 24 heures par semaine, avec un salaire comme tout le monde, au minimum le Smic. Une fois par mois, un chef cuisinier de la région viendra créer son menu dans le restaurant, qui aura 36 couverts midi et soir.

Vous avez prévu tout de même quelques adaptations ?

J'ai inventé des assiettes où sont moulées des empreintes qui assurent une plus grande stabilité et une meilleure assurance au serveur avec une motricité fine peu développée. Sur les tables, des visuels avec des codes couleurs permettront aux clients de tamponner leur choix. Cela facilitera la prise de commande des employés qui ne savent pas forcément lire ou écrire. En cuisine, il y aura des postes aménagés assis et on prévoit aussi une salle de repos à l'arrière. Il faut qu'on prenne soin d'eux.

Comment comptez-vous gérer le stress ?

Le restaurant aura une carte réduite, trois entrées, trois plats, trois desserts. On privilégiera des cuissons à basse température pour préparer un maximum de choses en amont et réduire les gestes du personnel. L'équipe devra être patiente, à l'écoute.

Ça n'existe nulle part ailleurs ?

En France, non. Mais à Rome, une pizzeria qui emploie dix-huit personnes dont treize trisomiques fait un carton. En parlant de cet établissement, quelqu'un a dit c'est un resto comme les autres... sauf que tous les serveurs sont sympas !

17 octobre 2016

Plus de 300 enfants en situation de handicap sans solution depuis la rentrée

article publié dans LA DEPECHE

Publié le 17/10/2016 à 03:53, Mis à jour le 17/10/2016 à 07:58

 

Depuis 2014, les auxiliaires de vie scolaire réclament la revalorisation de leur métier./Photo DDM, Michel Viala

Depuis 2014, les auxiliaires de vie scolaire réclament la revalorisation de leur métier./Photo DDM, Michel Viala

Les syndicats enseignants et le collectif 31 AVS en colère ne cessent de dénoncer le manque criant d'accompagnants des élèves en situation de handicap dans l'académie.

«En début d'année, ça n'allait pas. La maîtresse lui criait dessus, il n'arrivait pas à se concentrer et il se plaint qu'il y a trop de bruit dans la classe. Pour l'instant, il est en grande section de maternelle et mon fils n'a toujours pas d'AESH. Il risque même de passer au cours préparatoire (CP) sans aide. Mon dossier est toujours en attente d'examen à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).»

À l'image de Sara, une jeune mère de famille toulousaine âgée de 28 ans, ils sont encore plus de 300 parents dans l'académie de Toulouse à attendre la nomination d'un accompagnant des élèves en situation de handicap (ÆSH) pour leur enfant, ce qu'on nommait auparavant les AVS (auxiliaire de vie scolaire). La pénurie est telle dans l'académie et le département de la Haute-Garonne qu'au rectorat de Toulouse, on assure que le dossier «mobilise tout un service en permanence, depuis la rentrée des classes».

Le problème, selon le rectorat qui travaille sur cette question en partenariat avec Pôle emploi, est de trouver du personnel à recruter. Le nouveau diplôme d'Etat d'Accompagnant éducatif et social (DEAES) avec une spécialité portant sur «l'accompagnement à l'éducation inclusive et à la vie ordinaire» n'existe que depuis janvier dernier. «Conformément au décret de juin 2014, qui reste en vigueur, l'accès aux postes d'AESH reste ouvert à celles et ceux ayant 2 années d'expérience d'AVS en contrat unique d'insertion (CUI)», rappelle le SNUipp-FSU 31, premier syndicat enseignant du premier degré. Mais l'administration académique peine manifestement à trouver suffisamment d'AESH.

«C'est très compliqué»

Les syndicats enseignants affirment même que, dans l'académie, ce sont «près de 600 enfants qui sont en cours mais qui n'ont toujours pas d'AESH» sur un total de 3 320 élèves en situation de handicap. Pour beaucoup de parents, c'est une «situation qui n'est pas tenable». Charlotte, mère d'un petit garçon de 3 ans dont «la maladie n'est pas encore diagnostiquée», explique son chemin de croix pour faire reconnaître son cas auprès de l'administration. «J'ai eu de fausses infos au départ, dit-elle. Personne ne m'avait dit qu'avant d'envoyer mon dossier à la MDPH, il fallait que j'en fasse un autre avant avec la directrice de l'école, l'institutrice et la psychologue scolaire. C'est très compliqué et je n'ai toujours pas de solution pour mon fils».

Gérald Camier

16 octobre 2016

Intervention de Jean-Claude Ameisen - Comité Consultatif National d'Ethique - toujours d'actualité ...

jean-claude Ameisen

Intervention de Jean-Claude Ameisen (Comité Consultatif National d’Ethique) lors du colloque « Autisme et TED : la scolarisation dans tous ses états… ».


Cet exposé s’exprime à propose de la façon dont le Comité Consultatif National d’Ethique (le CCNE) que Jean-Claude Ameisen représente, a rédigé il y a deux ans (en 2007), l’avis qui concernait la situation des personnes en situation d’autisme et en particulier les problèmes posés par la scolarisation et d’une façon encore plus générale, par l’intégration sociale à la fois des enfants et des personnes adultes.
J.-C. Ameisen insiste sur les droits des personnes handicapées qui ont beaucoup de mal à se concrétiser et du retard de la France dans ce domaine par rapport à d’autres pays, même européens. Il rappelle que le France a été condamnée en 2004 par le Conseil de l’Europe pour un manque d’accès à la scolarisation des enfants autistes et TED. Elle a répondu par la Loi de 2005, ce qui est une bonne chose. Mais il reste désormais à appliquer cette loi. Il rappelle tous les rapports qui ont été rédigés sur ce sujet dans la période récente. Pour lui ces rapports correspondent à une prise de conscience du problème. Néanmoins il fait remarquer que l’on ne s’est pas donné la peine de calculer le nombre de personnes avec autisme et TED en France (tout âge confondu), ce qui signifie que l’on n’a pas mesuré l’ampleur du problème. Si l’on se réfère aux chiffres dans les autres pays, malgré les progrès indéniables dans ce domaine, les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur du problème. La situation française reste en décalage avec les besoins réels des enfants mais aussi des adultes, compte tenu de leur nombre. Ce problème rencontré dans le champ de l’autisme traduit un problème plus général de regard porté sur le handicap comme déficit et non comme « différence ».


La situation actuelle de la scolarisation en... par INSHEA

12 octobre 2016

Coup de Coeur du Jury Trophées du Bien-être remis à Francis PERRIN pour l'association SOS Autisme France

Cette année, le Coup de Cœur du Jury des TBE a été remis à Francis PERRIN pour l'association SOS Autisme France dont il est le parrain.

Ce prix récompense les multiples combats que défend SOS Autisme France :

- La lutte contre toutes formes de discriminations, clichés et préjugés, faites à l’encontre des personnes autistes afin de les protéger et de faire respecter leurs droits.

- L'aide et l'assistance des familles adhérentes pour faciliter la scolarisation des enfants autistes en milieu ordinaire.

- L’insertion des personnes autistes dans le sport, les centres culturels et de loisirs.

- La mise en contact des familles avec un collectif d’avocats spécialisés.

- La création de campagnes de sensibilisation à grande échelle.

- La formation des personnels liés au domaine éducatif, sportif et de santé.

- L'aide à l’insertion professionnelle.

Un combat d'exception qui sera mis en avant lors de la prochaine édition des Trophées du Bien être en 2017.

#sosautisme #autisme #francisperrin #lestropheesdubienetre #bienetre #coupdecoeur

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10 octobre 2016

Pourquoi embaucher une personne handicapée !

 

25 Avantages à embaucher une personne handicapée (pour l'entreprise)Dépasser son handicap | Dépasser son handicap

Bonjour à vous, Comme vous le savez peut-être, je suis en recherche d'emploi. J'ai décidé de faire un exercice qui m'aidera à renforcer ma crédibilité et convaincre les entreprises : lister tous les avantages de l'embauche d'une personne handicapée pour une entreprise.

http://www.depasser-son-handicap.fr

 

10 octobre 2016

La quatrième maison d'habitation de Sésame autisme ouverte

Éric van Wassenhove, représentant de l’Agence régionale d’hospitalisation, Jacques Martin, président de Sésame autisme Cher et Jacques Fleury, vice-président du conseil départemental du Cher (
					).?
Éric van Wassenhove, représentant de l’Agence régionale d’hospitalisation, Jacques Martin, président de Sésame autisme Cher et Jacques Fleury, vice-président du conseil départemental du Cher ( ).? © photo Benoît morin
Une quatrième maison pour autistes a été inaugurée avant-hier, dans le quartier du Creps. Elle offre sept places pour les résidents qui peuvent suivre leurs ateliers à Osmoy.

Sept autistes du Cher ont désormais leur chez-soi. La quatrième maison d'habitation de Sésame autisme Cher a été inaugurée, avant-hier, dans le quartier du Creps. Elle dispose de sept places, c'est-à-dire sept chambres avec salle de bains, dont deux peuvent être transformées en studio. Le montant des travaux s'élève à 870.000 euros. Le projet de création remontait à 2005.

Des activités sociales à Osmoy

L'objectif de cette maison est non seulement de permettre aux personnes autistes d'avoir un chez-soi mais aussi de pouvoir suivre des activités sociales valorisantes. En effet, la journée, les résidents partent à Osmoy pour suivre différents ateliers : maraîchage, espaces verts, restauration, sports… Il existe même une petite ferme avec des animaux du Berry, comme le grand noir du Berry.

Dans la maison, sept professionnels sont là pour les aider : moniteurs éducateurs, aides-soignants, veilleur de nuit… « Nous avons de l'ambition pour chacun des adultes autistes accompagnés », a insisté Jacques Martin, président de Sésame autisme Cher.

Christine Meignien, présidente de la fédération française Sésame autisme, a insisté sur la particularité de cette maison en France : « Ce qui est exceptionnel, c'est qu'ils ont réussi à dispatcher ce projet sur quatre lieux bien distincts plutôt que de faire un grand établissement où tout le monde est sur le même lieu. »

L'association Sésame Cher autisme Cher est propriétaire des locaux. Le conseil départemental et l'Agence régionale d'hospitalisation (ARS) financent la part des résidents. Ces derniers paient une petite partie des dépenses.

Avec l'ouverture de cette maison, trente places pour autistes sont désormais disponibles dans le Cher, dont trois places d'accueil de jour. Ces dernières sont destinées aux jeunes autistes qui vivent chez leurs parents.

Benoît Morin

8 octobre 2016

Autisme : une bataille menée chaque jour par les familles

Mardi, à la médiathèque : chacun a le droit d'exister dans sa différence.
Mardi, à la médiathèque : chacun a le droit d'exister dans sa différence.

«  Est-ce qu’il fera sa vie normale ?  » demande la maman de Sullyvan, 13 ans. Il est dans un établissement en Belgique et revient le week-end à la maison. Jeudi soir, elle est venue à la médiathèque avec ses parents et sa fille Marion qui est en CM2. C’était la première rencontre de la semaine de sensibilisation au handicap organisée par la commune. Sur le thème « autisme et troubles associés ».

Cédric Lecerf, président de l’antenne valenciennoise du « réseau Bulle », est venu avec son vice-président, Serge Kalicki. Ils parlent de leurs enfants, Jarod, qui a huit ans et qui parle, et Tibald, beaucoup plus âgé et qui ne parle pas. Ils expliquent : «  Il y a autant de formes d’autisme qu’il y a d’enfants avec autisme.  » Ils aident les vingt-cinq personnes présentes à exprimer leurs soucis, leurs fatigues mais aussi la force qui les anime.

« Ils savent faire plein de choses »

On regarde un petit film d’animation. On y voit un enfant qui perçoit de façon suraiguë les bruits tout simples de la vie quotidienne (une voiture qui passe, une bouilloire qui siffle, une conversation…) et qui se roule par terre de panique et de souffrance. «  Il se pense dans un monde de fous  », dit quelqu’un. «  Ils n’ont pas notre perception du monde  », ajoute une maman.

La parole circule. On parle des autres enfants de la famille. «  Ma fille, 13 ans, m’a dit : dis papa, quand tu seras mort qui va s’occuper de mon frère ?  » On parle des crises. Quand ça se passe dans un restaurant ou un centre commercial, ce n’est pas simple. «  On attend que ça se passe, ou on le plaque comme au rugby, ou on quitte le magasin. Il n’y a pas de recettes.  » Et il y a ce regard des autres qui juge, qui blesse, qui tue…

« C’est un combat »

Et après la crise ? «  Il a de la peine de voir que ses parents sont mal… Il vient devant nous… Il cherche notre regard. Il nous embrasse. C’est un geste d’amour. Il est dans le moment présent. Avant, c’était avant.  » Tous ont leur propre forme d’intelligence. Ils n’aiment pas qu’on change leurs habitudes. Souvent, ils mangent à part. « Ils savent faire plein de choses, ils se débrouillent sur internet… Ils apprennent mais à leur façon. » Avec eux on ne peut pas tricher : «  Ils sont vrais, dit Serge Kalicki. Entiers, sincères, vrais, réels. Ils ne mentent pas. »

Marion dit que son frère «  des fois, il traîne par terre  ». «  Elle défend Sullyvan, dit sa maman. Il ne faut pas dire quelque chose de méchant contre lui ! Elle va dans sa tirelire pour lui acheter des Mickeys. Moi, j’ai espoir qu’il fera sa vie comme tout le monde. » Les grands-parents sont au côté de leur fille : «  C’est un combat. Il y a des moments où elle craque. C’est un combat !  »

La semaine de sensibilisation au handicap se poursuit. Ce vendredi 7 octobre, à la médiathèque, de 10 à 12 h, « Échange sur le handicap » avec les créateurs de l’exposition « De mains et d’un autre jour » (visible à l’hôpital de jour de Bruay). Le samedi 8 octobre : au domaine de La guinguette, à 9 h 30, concours handipêche ; à 11 h 45, chorale et percussions. À la salle des sports G. Draux, à 14 h, démonstration de handikarate et de handirugby ; à 17 h, match de handibasket de Nationale 2 : Douai-Amiens ; 19 h, spectacle, atelier ludique ; 21 h, feu d’artifice, derrière la salle Jean Ferrat.

«Comme s’il avait une angine…»

«  Tous les parents ont vécu l’isolement  », dit Cédric Lecerf. C’est pour cela qu’il a voulu fonder une association. Pour vaincre la solitude des familles. Parce que l’autisme, ce n’est pas l’affaire d’une journée.

Il raconte l’« évaluation » des enfants. «  Le vôtre a trois ans et demi. On vous dit qu’il parle comme un enfant de quatorze mois et que sa motricité est celle d’un enfant de 22 mois. On vous annonce ça comme s’il avait une angine. »

Les familles ne sont pas prêtes. Alors forcément les parents pensent qu’on se trompe, que c’est une erreur. On vous dit : «  Soit il va progresser et rattraper son retard ; soit il va s’arrêter de progresser ; soit il va progresser puis régresser.  » Peu à peu, on ne va plus chez les autres et on ne les invite plus. Pour ne plus les gêner. Et pour ne plus s’entendre dire : «  À mon avis, vous l’avez laissé trop longtemps dans son parc. » Ou : «  Moi, mon enfant, il fait déjà ceci ou cela…  » Ou : «  Oh là, là, c’est terrible : il a la grippe !  »

L’association valenciennoise est une des dix antennes du Réseau Bulle, créé il y a deux ans et qui rassemble en France trois cent vingt adhérents.

Cédric Lecerf : 06 21 26 53 91 ; Serge Kalicki : 06 14 99 52 31. association@reseaubulle.fr

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