Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
"Au bonheur d'Elise"
Publicité
medias
5 septembre 2012

article publié dans l'express.fr le 5 septembre 2012

Quand un film délivre les parents… 

Le film « Le mur ; la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » a été mis en ligne sur le site de l’association « Autistes Sans Frontières » le 07 Septembre 2011.

Dans ce documentaire, 11 psychanalystes renommés dévoilent leurs vision de l’autisme, qui serait selon eux la conséquence d’une mauvaise relation maternelle. Le traitement : attendre que l’enfant ait le désir de sortir de lui-même du monde dans lequel il s’est réfugié.

Lors de la première projection à Paris le 07 Septembre, tous les parents venus y assister ont acclamé ce documentaire, déclarant reconnaître leur propre parcours.

La réalisatrice Sophie Robert a reçu immédiatement après des centaines de témoignages de parents la remerciant pour avoir su montrer ce qu’il se passait réellement en France au sujet de la prise en charge de l’autisme. Ce film les a libérés et encouragés à parler.

Quand on est  témoin de tout cela, quand on reçoit ces témoignages de détresse, peut-on faire comme si tout cela n’existait pas ? Peut-on tourner la tête de l’autre coté ?

 

Quand des professionnels n’assument pas leurs propos…

Sophie Robert n’a pas pu ignorer et continuer tranquillement sa carrière. De toute façon, c’était impossible, puisque elle a été attaquée en justice en Octobre 2011 par trois des psychanalystes du film. Sous prétexte de dénaturation de leurs propos, ils ont demandé à ce que ce film soit censuré. Les plaignants ont obtenu gain de cause, malgré la présence dans le dossier du juge d’une séquence vidéo qui démontre que ces propos non seulement n’ont pas été dénaturés, mais plutôt atténués.

Le film a été, contre toute justice, censuré, le 26 Janvier 2012. Vous pouvez cependant voir des extraits de ce film, sans les propos des plaignants ici.

Les parents, choqués par cette censure injuste, soutiennent très activement la diffusion de ce film, par exemple par diverses parodies et  actions, par une page de soutien facebook, un site web. Ils alertent les pays étrangers, qui se disent scandalisés par la situation française. Un article est même publié dans le International Herald Tribune. Les professionnels compétents rejoignent les parents, et créent un réseau.

 

Cliquez sur l'image pour comprendre ce que veut dire "maman crocodile"

Le buzz provoqué par ce film a joué beaucoup dans le fait que l’autisme est la Grande Cause Nationale cette année.

Il a également ouvert les yeux à plusieurs journalistes, qui avaient une image faussée de la prise en charge de l’autisme en France.

Pour la première fois les parents ont un réel espoir de changement.

 

Un témoignage classique d’une maman d’enfant autiste

Entre 2003 et 2006, mon fils a été suivi par le Centre Médico Psychologique (CMP) de R.

Des consultations obligatoires avaient lieu tous les mois, elles sont devenues des cauchemars très vite.

J’avais en face de moi quelqu’un qui écrivait tout ce que je disais. Certaines fois, je ne voyais que son crâne, d’autres fois j’avais l’impression d’être testée jusqu’à ce que je craque.

Il me répétait que nous n’étions « pas là pour nous entendre » plusieurs fois par rendez-vous. Il disait aussi que mon fils souffrait d’une psychose infantile. Je lui ai dit que, moi, je voyais de l’autisme à travers le comportement de mon garçon mais lui me disait « non, il s’agit d’une psychose infantile. De toute façon, tant qu’il n’a pas trois ans, il a une psychose infantile, et s’il est autiste il sera autiste sévère. »

Il m’a demandé quels rapports j’avais avec ma mère. Une fois que je lui ai dit les rapports que j’entretenais avec elle, il a commencé à me questionner et à me dire que j’avais un problème, que j’étais une maman malade. « Vous vous voyez ? » me disait il. Il me provoquait et ensuite me demandait si je me voyais.

Tous les rendez vous se ressemblaient : lancinants et douloureux.

J’ai commencé à me sentir mal, et à redouter les séances, à douter de moi, à me dire qu’effectivement, je n’étais pas une bonne mère… Chaque mois, il ne s’agissait que de moi. Son regard me fixait. Mon fils, lui, jouait seul sur le côté pendant que le pédopsychiatre me fermait toutes les portes.

Pendant ce suivi de 3 ans, j’ai dû faire face à ce pédopsychiatre, le dr D, qui passait le clair de son temps à me démontrer que quoi que je dise, quoi que je fasse, je ne serais pas entendue, mais bien plus encore je me suis sentie dévalorisée, non soutenue dans l’épreuve que je devais accepter et transformer. Je n’avais aucune issue, et j’ai même pensé au pire.

Grâce à une aide extérieure, un psychiatre, que j’ai été chercher, j’ai pu considérer que l’aide de ce psychanalyste et du CMP qu’il gérait, devenait poison.

Cette aide extérieure, m’a elle-même proposé d’écrire, à l’Ordre des Médecins pour signifier le mal que ce médecin ‘soignant’ me faisait.

Je me suis « enfuie » en mai 2006, laissant une lettre qui ne le remerciait en rien de son suivi.

J’étais terrifiée car j’avais peur qu’il me fasse enlever la garde de mon fils.

J’ai contacté une autre structure de la même ville où j’ai eu un accueil humain, enfin.

Aujourd’hui, mon fils va au collège, en milieu ordinaire, avec une Auxiliaire de Vie Scolaire, il est toujours suivi par la même structure, le diagnostic vient d’être posé : il est autiste de haut niveau sans retard mental.

J’espère que mon témoignage sera entendu.

Publicité
4 septembre 2012

article publié dans localtis.info le 3 septembre 2012

Scolarisation des enfants handicapés : le gouvernement maintient le cap

HandicapPublié le lundi 3 septembre 2012

Sur l'enjeu de la scolarisation des enfants handicapés, le gouvernement s'inscrit dans le prolongement direct de la loi Handicap du 11 février 2005 et des dispositifs mis en place ces dernières années.

210.400 élèves en situation de handicap étaient scolarisés dans les écoles et établissements (publics et privés) relevant du ministère de l'Education nationale : 130.517 dans le premier degré et 79.878 dans le second degré. Ce chiffre est en hausse de 4,5% par rapport à la rentrée 2011 et de 33% depuis 2006.
Vincent Peillon estimait néanmoins, à l'issue du Conseil des ministres du 29 août où la rentrée scolaire 2012-2013 était à l'ordre du jour, que "si l'intégration de plus en plus fréquente des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire constitue un progrès, encore faut-il leur permettre de suivre la meilleure scolarité possible". Le ministère a donc prévu plusieurs mesures "afin d'améliorer leur accompagnement".

Mille cinq cent AVS-i supplémentaires

La première consiste à recruter, dès cette rentrée, 1.500 auxiliaires de vie scolaire individuels (AVS-i) supplémentaires. A ces créations d'emplois s'ajouteront la transformation de plus de 4.000 contrats uniques d'insertion (CUI) en 2.300 emplois d'auxiliaires de vie scolaire mutualisés (voir notre article ci-contre du 14 novembre 2011), "afin de répondre au besoin d'une meilleure formation et d'un engagement potentiellement plus long auprès des élèves en situation de handicap". Le ministère annonce par ailleurs que l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale de l'Education nationale (Igen) vont procéder à "un état des lieux des modalités d'attribution des AVS-i". Ce rapport, attendu pour la fin de l'année, permettra notamment "d'analyser les critères utilisés d'une MDPH [maison départementale des personnes handicapées, NDLR] à l'autre pour décider de l'attribution ou non d'un AVS-i".

Vers un référentiel de l'accompagnement des élèves handicapés

La seconde mesure consiste en la mise en place de l'aide mutualisée prévue par le décret du 23 juillet 2012 relatif à l'aide individuelle et à l'aide mutualisée. Ce nouveau dispositif, qui complète l'aide individuelle, "est destiné à répondre aux besoins d'accompagnement d'élèves qui ne requièrent pas une attention soutenue et continue". Sa mise en place est décidée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), après instruction par les équipes pluridisciplinaires de la MDPH. Ces dernières bénéficient pour cela d'un outil d'évaluation partagé mis au point par le ministère - le GEVA-Sco - qui va être diffusé à chaque enseignant référent dans les établissements et à chaque MDPH.
Enfin, le ministère annonce le lancement, dès le mois de septembre, d'une réflexion en vue de "repenser la fonction d'accompagnement des élèves en situation de handicap et notamment sa professionnalisation à travers l'élaboration d'un référentiel métier". Cette concertation - organisée en liaison avec le ministère délégué aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l'exclusion - associera "tous les acteurs de la communauté éducative, du handicap et du médicosocial".

Jean-Noël Escudié / PCA

3 septembre 2012

article publié dans l'express.fr le 3 septembre 2012

Lundi 03 Septembre, rentrée des classes, ah bon ?

Ce jour-là mon fils, qui pourtant aime être avec des enfants, ne se mêlera pas aux autres… « Une rentrée en CP n’est pas envisageable », voila ce que le personnel de l’Éducation Nationale m’a répondu.

Il restera donc à la maison. Avec moi, qui ai du coup arrêté mon métier… d’enseignante. Euh oui, qui s’en occupe, si il n’est pris nulle part ? L’établissement spécialisé, avec approche psychanalytique, sans stimulation, sans éducation ? Non merci, je n’ai pas trop envie de voir des troubles du comportement s’installer !

Pas d’école pour lui donc, parce qu’il est autiste. Parce que pour l’intégrer en classe, il devrait se comporter comme un élève ordinaire, ce qu’il n’est pas.

Bon, c’est l’exception française hein…  Dans les autres pays développés, les autistes vont à l’école, et je sais que les étrangers sont choqués  par notre technique d’inclusion, à croire que ce mot est tabou chez nous.

 

 

 

Où sont les autistes ?

Une des raisons pour lesquelles c’est difficile de scolariser un enfant différent est que, pour la majorité des français, leur place doit être dans un établissement spécialisé. C’est normal qu’ils pensent cela, car c’est effectivement là qu’ils sont… Bonjour l’inclusion. Je sais bien qu’il en faut, des institutions, mais pas de façon systématique, du genre enfant autiste = établissement spécialisé, sans réellement passer par la case « école ».

Mais au fait, qui a intérêt à ce que les enfants autistes soient inclus en société ? Surement pas les associations gestionnaires d’établissement : c’est que c’est toute une économie, les institutions psychiatriques… Une immense source d’emplois, avec en matière première des enfants handicapés orientés vers eux par des Maisons Départementales des Personnes Handicapées complaisantes. Et un financement assuré par le gouvernement, qui débourse tellement d’argent que personne n’ose faire les comptes !

Evidemment, les personnes impliquées dans cette économie pourraient quand même avoir un travail, si on avait une politique inclusive. Ils travailleraient différemment, c’est tout. Malheureusement, la résistance au changement n’est pas propre qu’aux personnes autistes !

Tout, sauf changer !

 

Mais bon,attention hein, certains professionnels sont malgré tout pour l’inclusion, comme ce psychiatre breton, Eric Lemonnier.

 

 

L’homme qui en faisait trop.

Eric Lemonnier, psychiatre au Centre Ressource Autisme de Bretagne est menacé dans sa liberté d’exercice de son métier.

Le docteur Lemonnier, soutenu par des mamans.

 

Son « délit » ? Orienter les enfants à l’école. Et du coup, à cause de sa façon de faire, il prive les institutions de nombreux « patients » qui sont, à cause de lui, à l’école. Quel manque à gagner pour l’économie des institutions !

Alors voila, il a de grosses chances de sauter… Heureusement, les parents réagissent et le soutiennent, avec cette pétition par exemple.

Bon si il saute ce ne sera pas le premier hein… Il y a par exemple cette psychologue de Nantes qui a démissionné, suite à du harcèlement moral de la part de ses confrères psychanalystes…

 

Ce qui serait chouette, c’est que les personnalités et autres « people » soutiennent les autistes en France, parce que quand même il y a une personne sur 150 qui est autiste, et qu’ils sont exclus encore plus vite que les sans-papiers ! Mais c’est vrai qu’ils n’ont pas l’occasion de les voir, vu qu’on les cache.

2 septembre 2012

article publié dans le blog de chronimed le 2 septembre 2012

Qu'y a t-il sous le Mediator ? Quelles logiques des relations entre recherche publique et laboratoires privés, quels dysfonctionnements du système scientifique, quelle responsabilité des industriels de la pharmacie.

Le texte que je publie ci-dessous aborde ces questions. Il a été envoyé par la sociologue Brigitte Chamak et le journaliste Laurent Lefèvre.

 Si les médicaments inventés au 20ème siècle ont joué un rôle important dans le recul des maladies et le progrès de l'espérance de vie en bonne santé, l'industrie qui a surgi de la biologie moderne s'est coulée dans le moule du profit capitaliste. Elle a développé des pratiques néfastes, comme l'expliquent les deux auteurs.

Voici leur texte:

«Dans le premier procès du Mediator qui a été reporté à décembre dès son ouverture à Nanterre, le groupe Servier et son fondateur seront jugés pour des faits de « tromperie aggravée ». Alors que Servier est soupçonné d’avoir dissimulé les effets secondaires d’un autre médicament, le Protelos (1), ces pratiques se révèlent très répandues, au point de faire partie du modus operandi des laboratoires. Comment les entreprises pharmaceutiques réussissent-elles à promouvoir leurs médicaments malgré des effets secondaires nocifs ? Comment les médecins sont-ils influencés ?
Gonfler le facteur d’impact
Pour apparaître en premier lorsqu’un scientifique ou un médecin effectue une recherche sur une base de données bibliographique comme Pub Med, les entreprises pharmaceutiques sollicitent les services de sociétés d’informations médicales, afin de diffuser les articles scientifiques qui vont dans le sens de leurs intérêts. Créées à New York au début des années 1990, ces sociétés s’appuient sur un système de distribution très efficace. Elles rédigent des articles scientifiques, conduisent des méta-analyses et organisent des conférences de consensus qui permettent à leurs clients d’atteindre leurs objectifs stratégiques (2). Les auteurs d’articles produits par ce type d’agences sont trois fois plus cités et les résultats sont publiés dans des revues à facteur d’impact supérieur.
Positiver les résultats
Pour donner l’impression de résultats encore plus positifs, les labos pharmaceutiques omettent de publier les données négatives. C’est notamment le cas des trois quarts des articles produits par les agences. Cette sélection de publication des essais cliniques a été mise au jour en 2008 par le New England Journal of Medicine (3), qui a analysé les 74 études sur des antidépresseurs enregistrées par la Food and Drug Administration (FDA). La quasi-totalité des études produisant un résultat positif ont été publiées (37 sur 38), alors que seulement 8 % de celles qui présentent des résultats négatifs l’ont été (3 sur 36). Les articles affichent un score presque parfait (94 % d’essais avec un résultat positif), alors que la FDA montre que seulement 51 % d’entre eux sont effectivement positifs. Selon une analyse suédoise sur les inhibiteurs de recapture de la sérotonine, les essais positifs ont trois fois plus de chance d’être publiés que les résultats négatifs, ce qui induit un biais majeur dans l’évaluation de l’efficacité d’un agent thérapeutique (4).
Freiner l’innovation et stimuler les prix
La FDA a estimé que 76 % des nouveaux agents thérapeutiques, homologués entre 1989 et 2000, présentent de très modestes innovations par rapport aux traitements déjà existants, alors que leur prix moyen était deux fois plus élevé (5). Cette panne de l’innovation associée à un dérapage des prix a été confirmée en France par la revue Prescrire, en janvier 2008, à partir d’un bilan des médicaments psychotropes sur cinq ans.
Minimiser les effets secondaires
En 1998, une méta-analyse du Journal of the American Medical Association estimait que 106 000 patients américains hospitalisés seraient morts en 1994 suite aux effets secondaires des médicaments (6). En France, le nombre de décès dus aux médicaments se situe entre 8 000 et 13 000 par an et le nombre d’hospitalisations imputables aux médicaments s’élève à plus de 130 000 (7). Les exemples de sous-estimation des effets secondaires se multiplient dans le domaine de la psychiatrie et les affaires du Médiator, de la cérivastatine, et du Viox ont défrayé la chronique.
Influencer les médecins
Pour influencer les prescripteurs, l’industrie pharmaceutique compte sur la force de persuasion des visiteurs médicaux et sur les journaux scientifiques et médicaux qu’elle finance. En Angleterre, une étude a établi que les médecins généralistes qui voient des visiteurs médicaux au moins une fois par semaine ont davantage tendance à prescrire de nouvelles molécules. Pas toujours adaptés à la situation, ces médicaments accroissent le coût des dépenses de santé (8).
Bien que la plupart des médecins ne pensent pas être influencés par les visiteurs médicaux et les cadeaux des entreprises pharmaceutiques, ils estiment que leurs collègues le sont ! Une étude réalisée en 2000 confirme que ces cadeaux augmentent le taux et les coûts des prescriptions, ce qui se traduit par les effets négatifs sur la santé des patients (9).
Dès leur formation, les étudiants en médecine sont en contact avec les visiteurs médicaux et subissent la pression de l’industrie pharmaceutique, sans en prendre réellement conscience : moins de la moitié (46 %) d’entre eux trouve inacceptable de recevoir des cadeaux des laboratoires pharmaceutiques, alors que 85 % jugent inadmissible que des politiciens acceptent des cadeaux de la part des entreprises (10).
Pénétrer au cœur des agences
Un autre mode d’influence de l’industrie pharmaceutique consiste à pénétrer au cœur même des agences comme la FDA. Certains de ses employés ont intégré l’agence, après avoir commencé leur carrière dans l’industrie. Puis ils y retournent pour finir leur parcours à un poste supérieur à celui occupé précédemment. Dénommé revolving door, ce va-et-vient est une porte ouverte à bien des abus ! En France, le professeur Jean-Michel Alexandre, consultant pour l’industrie depuis 2001, a été président de la commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM) de 1985 à 1993 puis responsable de l'Agence du médicament (devenue Afssaps en 1999) de 1993 à 2000. Entre 2001 et 2009, il a reçu près de 1,2 million d’euros de la part des laboratoires Servier (Le Figaro, 19 décembre 2011). Dans le dossier du Médiator, la responsabilité de cet expert a été pointée par le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales en janvier 2011.
Cibler les associations de patients
Les associations de patients constituent des cibles de choix pour les entreprises qui souhaitent développer les ventes de leur nouvel agent thérapeutique. Financées par l’industrie, les campagnes d’éducation aux patients se développent, et certaines associations reçoivent des sommes importantes, notamment aux Etats-Unis. Entre 1989 et 1995, l’association américaine de parents d’enfants présentant hyperactivité et déficit d’attention (CHADD) a perçu plus de 800 000 dollars de Ciba-Geigy qui commercialisait la Ritalin®. En 2000, CHADD, Novartis (issu de la fusion en 1996 de Ciba-Geigy et de Sandoz) et l’American Psychiatry Association (APA) ont été accusés de faire la promotion du diagnostic d’hyperactivité et de son traitement par la Ritalin®, un psychostimulant amphétaminique (11).
Financer la recherche biomédicale
Financer et promouvoir des recherches qui vont dans leur sens constitue la règle du jeu fixée par les entreprises pharmaceutiques. Par exemple, un laboratoire de neuropharmacologie qui analyse les troubles mentaux comme des dysfonctionnements du cerveau, défini comme un système régulé par des neurotransmetteurs, aura davantage de chance d’être financé. Envisager un problème de santé mentale en termes de molécules revient, de fait, à le traiter par des médicaments. Financer de préférence ces laboratoires et les associations qui adoptent ce point de vue consolide un phénomène auto-entretenu qui relègue au second plan les composantes sociales, économiques et culturelles.
Aux États-Unis, l’industrie pharmaceutique finance près des deux tiers de la recherche biomédicale. Sa contribution a pratiquement doublé entre 1980 et 2000 (de 32 à 62 %), alors que celle du gouvernement fédéral a fortement diminué. Les chercheurs qui reçoivent des financements des entreprises ont 5 fois plus tendance à trouver des résultats positifs, surtout lorsqu’il s’agit d’essais cliniques (12). « Quand les entreprises pharmaceutiques financent la recherche et le développement dans le secteur de la santé aux États-Unis, elles ont clairement le pouvoir, non seulement, de déterminer les nouveaux produits de développement mais aussi de façonner les modes de pensée qui organisent les réponses apportées à la santé mentale et aux maladies mentales », souligne le sociologue Nikolas Rose.
Fabriquer des maladies et des malades
En se focalisant sur les comportements et en élargissant les critères diagnostiques du syndrome bipolaire, de l’autisme, de l’hyperactivité, des phobies sociales…, les nouvelles classifications américaines et internationales des maladies (DSM-IV et CIM-10) ont modifié la façon de penser les pathologies mentales. Publiées au milieu des années 1990, ces classifications ouvrent ainsi des débouchés aux médicaments psychotropes. Pour l’industrie pharmaceutique, cette fabrication de maladie (disease mongering) est un bon moyen de récupérer de nouveaux clients (13).
Pour assurer la promotion en Australie de son antidépresseur censé traiter la phobie sociale, le service de relations publiques de Roche a affirmé que plus d’un million d’Australiens en souffraient – pratiquement trois fois moins selon les données gouvernementales disponibles en 1997. Affirmant que beaucoup n’étaient pas encore diagnostiqués, cette campagne marketing a impliqué un travail avec un groupe de patients et le financement d’une grande conférence sur la phobie sociale (14). Aux États-Unis, son taux de prévalence a pratiquement triplé entre 1980 et 1994 (de moins de 5 à plus de 13 %). Les dernières statistiques annoncent que plus d’un Américain sur huit serait touché.
Alimenter des conflits d’intérêts
En juin 2008, une enquête du Congrès américain a révélé les liens entre chercheurs et entreprises pharmaceutiques. Joseph Biederman, Timothy Wilens et Thomas Spencer, trois pédopsychiatres de Harvard, ont été soupçonnés de ne pas avoir déclaré toutes les sommes qu’ils ont reçues de l’industrie. Impliquant des psychiatres qui ont participé à la redéfinition des pathologies mentales et aux essais cliniques favorables aux antipsychotiques de seconde génération, ces conflits d’intérêts remettent en cause les essais publiés entre 2001 et 2006.
Des travaux en sciences sociales ont confirmé que lorsque les individus tentent d’être objectifs, leur jugement est soumis à des biais inconscients et non intentionnels (15). Les incitations financières altèrent le jugement, et les petits avantages ne sont pas moins susceptibles d’influencer les individus. Quand un chercheur a intérêt à trouver des résultats positifs, le poids des arguments est biaisé sans qu’il en soit généralement conscient. Et les incitations sont nombreuses pour les médecins et les scientifiques : invitations à des repas et des colloques, distribution d’échantillons gratuits, financements des essais cliniques, rétributions en tant que consultants, intervenants ou conseillers, visibilité médiatique et reconnaissance institutionnelle accrue.
Indépendance à reconquérir
Voté en 1980 pour favoriser la collaboration entre chercheurs et industrie, le Bayh-Dole Act a précédé de près de vingt ans la loi française sur l’innovation. Les conditions de croissance économiques associées aux Trente Glorieuses ont permis à la recherche de prôner son indépendance vis-à-vis du monde des « affaires ». Depuis le début des années 1980, les crises économiques et les déficits publics ont remis la question des relations entre les chercheurs et l’industrie à l’ordre du jour.
Que les compagnies pharmaceutiques cherchent à réaliser des profits n’étonne personne. Elles veulent vendre leurs produits en grande quantité et étendre leurs marchés et leur clientèle pour maximiser leurs gains. Ce qui pose problème, ce sont les conséquences en termes de santé publique et le manque de laboratoires indépendants pour vérifier les résultats produits par les entreprises et pour réaliser des essais cliniques – pas seulement pour des molécules avec brevet. Cette indépendance des laboratoires passe aussi par celle de la recherche publique.
La loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé propose la prévention des conflits d’intérêts, la création d’une nouvelle agence du médicament et le renforcement de la pharmacovigilance. Réussira-t-elle à rétablir un équilibre entre intérêt général et intérêts privés ?»
Brigitte Chamak, Sociologue au Centre de recherche CERMES3 Inserm, U988 ; CNRS, UMR 8211 ; Université Paris Descartes: et Laurent Lefèvre Journaliste, La Vie de la recherche scientifique (VRS)
Notes:
1. L’Agence européenne du médicament, qui a demandé à l’Afssaps d’enquêter, soupçonne Servier d’avoir dissimulé les effets secondaires de ce médicament utilisé chez la femme ménopausée dans le traitement de l’ostéoporose.
2. David Healy, “Shaping the intimate: influences on the experience of everyday nerves”, Social Studies of Science, 2004, vol. 34, n°2, p. 219-245.
3. Eric Turner et al., “Selective Publication of Antidepressant Trials and its Influence on Apparent Efficacy”, The New England Journal of Medicine, 2008, vol. 358, n°3, p. 252-260.
4. Hans Melander et al. “Evidence b(i)ased medicine”, British Medical Journal, 2003, vol. 326, p.1171-1173.
5. Elizabeth Koller et al. “associated with antipsychotics: from the Food and Drug Administration’s MedWatch surveillance system and published reports”, Pharmacotherapy, 2003, vol. 23, n°9, p.1123-1130.
6. Jason Lazarou et al. “Incidence of adverse drug reactions in hospitalized patients”, JAMA 1998, vol. 279, n°15, p. 1200-1205.
7. Sauveur Boukris, Ces médicaments qui nous rendent malades, éditions Le Cherche Midi, 2009.
8. Chris Watkins et al. “Characteristics of general practitioners who frequently see drug industry representatives: national cross sectional study”, British Medical Journal, 2003, vol. 326, p. 1178-1179.
9. Ashley Wazana, “Physicians and the pharmaceutical industry. Is a gift ever just a gift?” JAMA 2000, vol. 283, n°3, p. 373-380.
10. Daniella Zipkin & Michael Steinman, “Interactions between pharmaceutical representatives and doctors in training”, Journal of General Internal Medicine, 2005, vol. 20, p. 777-786.
11. Finn Bowring, Science, seeds and cyborgs: Biotechnology and the appropriation of life. New York: Verso, 2003, 338p.
12. Frank Van Kolfschooten, “Can you believe what you read?” Nature, 2002, vol. 416, p. 360-363.
13. Lynn Payer, Disease-mongers: how doctors, drug companies, and insurers are making you feel sick. New York: John Wiley & Sons, 1992.
14. Ray Moynihan, Iona Heath, David Henry, “Selling sickness: the pharmaceutical industry and disease mongering”, British Medical Journal, 2002, vol. 324, p. 886-890.
15. Jason Dana & George Loewenstein, “A social science perspective on gifts to physicians from industry”, JAMA, 2003, vol. 290, n°2, p.252-255.
 


Par Sylvestre Huet, le 4 juin 2012

2 septembre 2012

article publié dans Charente Libre le 30 août 2012

Sandrine Bonnaire continue son combat face à l'autisme

L'actrice et réalisatrice a inauguré et baptisé l'IME de Ma Campagne, hier. Cette structure accueille des enfants autistes.

Dans les salles de travail et de jeux, les enfants se sociabilisent.  Photo Majid Bouzzit

Dans les salles de travail et de jeux, les enfants se sociabilisent. Photo Majid Bouzzit

Comme un clin d'oeil du calendrier, Sandrine Bonnaire a inauguré l'IME de Ma Campagne hier... jour de la sainte Sabine. Sabine, le prénom de sa soeur cadette atteinte d'autisme, à qui elle a consacré un documentaire réalisé en Charente il y a quatre ans. Depuis, l'actrice est devenue «une sorte de porte-drapeau» de ce handicap.

C'est à ce titre que Sandrine Bonnaire a été choisie comme marraine de l'Institut médico-éducatif (IME), qui accueille dix enfants autistes, âgés de 4 à 14 ans. En hommage au défunt directeur de l'institut de Montmoreau, où séjourne la soeur de l'actrice, le centre a été baptisé «Joseph Desbrosse». Une plaque à son nom a été dévoilée en présence de la famille Desbrosse et de Philippe Lavaud. Sandrine Bonnaire a ensuite visité les lieux, des salle de travail au centre de psychomotricité.

Des enfants comme les autres

Basé sur la méthode dite ABA (Analyse appliquée du comportement), le centre est unique en province. Il est ouvert depuis octobre 2010 à titre expérimental. Ici, les petits autistes sont avant tout considérés des enfants comme les autres. «On respecte leur intelligence», défend Shannon Murray, administrateur de l'association Agir et vivre l'autisme et père d'un garçonnet touché par ce trouble du comportement. La prise en charge est individualisée et intensive, le personnel nombreux.

C'était la philosophie de Joseph Desbrosse, explique Sandrine Bonnaire: «Il s'est énormément battu pour faire comprendre et accepter l'autisme. J'ai accepté d'être marraine parce que l'IME de Ma Campagne prend le relais de son travail. Grâce à son humanisme, on a trouvé une solution pour Sabine. Mais je reçois beaucoup de lettres de familles dans le désarroi, à la recherche d'une place dans un centre. Je me sens inutile, tout est complet. Trop peu de moyens sont dédiés à l'autisme.»

Le centre espère ouvrir de nouvelles places pour le troisième plan autisme. La demande est sur le bureau la ministre déléguée en charge des personnes handicapées. L'autisme a été fait grande cause nationale pour 2012. Une opportunité de parler du handicap, un travail d'information auquel participe Sandrine Bonnaire.

Publicité
2 septembre 2012

article publié sur le blog de Franck Ramus FRblog le 29 août 2012

L'autisme: trouble mental ou handicap ?

L'affirmation selon laquelle "l'autisme n'est pas un trouble mental, mais un handicap" émane le plus souvent des familles, pour des raisons qui peuvent inclure:
  • Mauvaise image, connotation péjorative des termes de trouble mental ou maladie mentale, assimilés à la "folie"; connotation relativement plus neutre du terme handicap;
  • Rejet de la psychiatrie secondaire aux mauvais traitements infligés par des psychiatres et d'autres personnels de santé incompétents;
  • L'idée selon laquelle l'autisme n'est pas une pathologie mais une simple différence;
  • Le fait que les prises en charge ayant une certaine efficacité pour l'autisme sont perçues comme étant purement éducatives, et donc étrangères au champ médical.
Toutes ces raisons sont compréhensibles mais discutables. Ici je veux surtout soulever le fait qu'il s'agit d'une fausse alternative: on ne peut pas substituer le terme de handicap à celui de trouble mental, à moins de méconnaître la notion même de handicap.
 
En France, le handicap est désormais officiellement défini par la loi du 11 février 2005, comme suit (Article L 114): 
"Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant."
 
Il ressort de cette définition deux points essentiels:
  • Le handicap n'est pas une caractéristique intrinsèque à la personne, c'est une situation résultant conjointement de caractéristiques de la personne (les altérations de certaines de ses fonctions) et de caractéristiques de son environnement. Pour donner l'exemple le plus courant, une personne ayant une déficience motrice la conduisant à se déplacer en fauteuil roulant peut voir ses activités restreintes (c'est-à-dire être en situation de handicap) si ces activités se déroulent dans un environnement inadapté à la circulation en fauteuil roulant. L'adaptation de l'environnement peut considérablement réduire le niveau de handicap, à déficience égale. Il en est de même lorsqu'un déficit cognitif entrave certains apprentissages scolaires, engendrant un handicap, qui peut être réduit par une adaptation des modalités d'enseignement. Il en résulte qu'on ne peut pas dire que l'autisme est un handicap. L'autisme engendre de nombreuses situations de handicap, dans la plupart des environnements usuels (particulièrement dans les environnements sociaux), à des degrés variables en fonction de la sévérité de l'autisme, du profil de l'individu, et de l'environnement considéré.
  • La notion de handicap ne peut pas être utilisée comme une alternative à la notion de pathologie (trouble, déficit, déficience, maladie), puisque la pathologie (appelée altération de fonction dans la loi) est l'un des deux éléments nécessaires à la génération du handicap.
Il est parfaitement légitime de revendiquer la notion de handicap à propos de l'autisme. C'est d'ailleurs légal depuis la loi Chossy de février 1996, et la loi de 2005 constitue une avancée considérable en offrant aux personnes autistes, au-delà de la reconnaissance de leurs situations de handicap, la possibilité de compensations leur permettant d'accéder à des activités essentielles (notamment l'éducation).
En revanche on ne peut revendiquer la reconnaissance des handicaps engendrés par l'autisme en niant que l'autisme soit un trouble (une altération de fonction).
 
Cette incohérence étant soulignée, faut-il ranger ce trouble dans la catégorie des troubles mentaux? C'est un point sémantique mais surtout symbolique. Il est important de se détacher de la perception éventuellement négative que l'on peut avoir du terme trouble mental, et de comprendre qu'il est utilisé dans l'acception la plus large possible: il recouvre tout trouble affectant l'esprit et le cerveau humain. Ce qui recouvre non seulement la schizophrénie, les troubles de la personnalité ou la déficience intellectuelle, mais aussi bien sûr l'autisme, ainsi que bien d'autres affections, certaines bien moins sévères, comme la dyslexie ou la dyspraxie, pour lesquelles l'appellation trouble mental peut sembler tout aussi incongrue, mais compréhensible dans cette acception maximaliste.
 
En dehors de la perception négative du terme de trouble mental, on comprend bien que revendiquer la sortie de l'autisme du champ de la maladie mentale est avant tout une stratégie de la part des associations pour parvenir à arracher les enfants autistes des griffes des pédopsychiatres incompétents. Mais cette stratégie, aussi respectable qu'elle soit, ne peut être qu'une réponse temporaire à une situation conjoncturelle. A terme, si quelque chose doit évoluer, ce ne sont pas les classifications internationales des troubles mentaux, ce sont les pédopsychiatres et les psychologues français qui doivent se former à diagnostiquer et prendre en charge l'autisme conformément à l'état de l'art des connaissances scientifiques et médicales. Moyennant quoi ce débat sur l'appartenance de l'autisme au champ des troubles mentaux et de la psychiatrie n'aura plus lieu d'être.
2 septembre 2012

information sur le site du Sénat

logo sénat

Éducation et scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire

14 ème législature

Question écrite n° 01641 de M. Marcel Rainaud (Aude - SOC)
 
publiée dans le JO Sénat du 23/08/2012 - page 1857

M. Marcel Rainaud attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la question de l'éducation et de la scolarisation en milieu ordinaire des enfants et jeunes en situation de handicap.

Près de 20 000 enfants handicapés sont actuellement non scolarisés, et, pour ceux qui le sont, la scolarisation s'effectue souvent à temps partiel voire très partiel, dans des conditions d'accueil qui ne répondent pas toujours aux besoins (accessibilité de l'école, adaptation des enseignements et du rythme scolaire, formation des enseignants et du personnel non enseignant, financement des aides techniques, présence d'une aide humaine formée, coopération avec le secteur médico-social…).

De surcroît, il remarque, suite à une enquête menée par l'Association des paralysés de France, que 95 % des jeunes enseignants estiment qu'ils ne sont pas formés à l'accueil des enfants handicapés. Ou encore, que 55 % des principaux de collège et 52 % des directeurs d'école considèrent que la mise en place de formations particulières en direction de l'équipe éducative constitue une priorité pour améliorer la scolarisation effective des élèves dans leur collège ou école.

C'est pourquoi, attentif à ces questions, il souhaite connaître les projets concernant les auxiliaires de vie scolaire et, plus précisément, les éventuelles perspectives concernant le renforcement de la formation, la définition d'un cadre d'emploi, l'offre d'une stabilité du contrat, d'une rémunération non précaire. En outre, il souhaite savoir si ce dispositif de formation peut être ouvert aux instituteurs ès qualités.



En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

2 septembre 2012

Guide à destination des parents publié par The National Autism Center (NAC)

Traduction du Guide pour parents sur les interventions en autisme fondées sur la preuve :


PDF - Télécharger le fichier     [DOWNLOAD]    Aperçu du fichier     Télécharger  (PDF, 2699 Ko)

 

29 août 2012

communiqué de presse de l'UNAPEI en date du 29 août 2012

Scolarisation des enfants handicapés :

Des enfants qui ne comptent pas !

 

5 000 enfants handicapés à domicile, 20 000 enfants handicapés non scolarisés, 13 000 enfants handicapés sans solution, ...

Des sources différentes, des chiffres recoupés et imprécis, aucune statistique claire, en France les enfants handicapés privés de leur droit à l'éducation ne comptent pas.

 

L'Unapei appelle les familles à se manifester et saisir les tribunaux

 

Selon le rapport des sénatrices Claire-Lise Campion et Isabelle Debré sur la loi handicap de 2005 paru en juillet 2012, Il y aurait environ 5 000 enfants handicapés de 6 à 16 ans vivant à domicile et non scolarisés. Au total, en regroupant domicile et établissement, 20 000 enfants handicapés soumis à l'obligation scolaire seraient non scolarisés, les trois quarts étant cependant accueillis en établissements spécialisés et bénéficiant du soutien d'un éducateur, les autres vivant avec leurs parents et étant pour l'essentiel en attente d'une solution adaptée à leurs besoins éducatifs.

En 2008, la CNSA [1] dévoilait le nombre de 13 000 enfants handicapés privés de leur droit à l'éducation, contraints à rester à la maison faute de place en établissement adapté.

 

Combien d'enfants handicapés compte la France ? Combien sont-ils en âge d'être scolarisés ? Combien d'entre eux ne sont pas scolarisés ? Qui et où sont-ils ? Ils sont très nombreux, mais il est impossible de le quantifier.

De rapports en rapports, de plan autisme en plan autisme, tous alertent sur le manque de statistiques et préconisent des études pour proposer des solutions à la hauteur des besoins réels. Comment mener une politique d'éducation et du handicap efficace sans connaitre les besoins réels ?

 

Dans son réseau, l'Unapei recense 5000 enfants handicapés mentaux sur liste d'attente des IME [2] gérés par ses associations, qui sont donc à la maison sans aucune solution éducative. Où sont-ils dans les chiffres officiels ? 12% [3] des IME de l'Unapei ne sont pas dotés en enseignant de l'Education nationale, donc les enfants accueillis ne reçoivent pas d'éducation scolaire. Où sont-ils dans les chiffres officiels ?

 

« Quel avenir propose-t-on à un enfant qui est dès le plus jeune âge privé d'un droit fondamental ? Un très grand nombre d'enfants handicapés n'a pour seul horizon le regard de ses parents, sans lien avec l'extérieur. Accepterait-on qu'un enfant reste chez lui parce qu'il n'y a pas de place au collège ? Le fait qu'il n'y ait pas de chiffre, qu'on ne les recense pas, c'est dire aux familles que leurs enfants ne comptent pas. C'est intolérable » s'indigne Christel Prado, présidente de l'Unapei.

 

L'Unapei appelle les familles à saisir les tribunaux afin que cette injustice et ce manque de considération cessent.

 

L'Unapei demande au gouvernement une étude statistique sur le handicap en France.

Elle demande que le 3ème plan autisme soit à la hauteur des besoins réels.

La refondation de l'école devra prendre en compte les besoins singuliers de ces élèves particuliers et enfin considérer la nécessité absolue de se rapprocher de l'éducation adaptée pour éradiquer une fois pour toute cette injustice.

L'Unapei rappelle que l'éducation est un droit fondamental que l'Etat doit garantir à tous les enfants de la République.

 

À propos de l'Unapei

Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis :

Créé en 1960, l'Unapei est le premier mouvement associatif français œuvrant pour la représentation et la défense des intérêts des personnes handicapées mentales. Les associations affiliées à l'Unapei agissent pour répondre aux besoins et aux attentes des personnes handicapées mentales, favoriser leur insertion et leur permettre de vivre dignement avec et parmi les autres.

L'Unapei est un mouvement national qui fédère 600 associations présentes au niveau local (Apei, Papillons Blancs, Chrysalide, Envol...), départemental (Adapei, Udapei, Association tutélaire) et régional (Urapei).

L'Unapei en chiffres :

·         180 000 personnes handicapées accueillies

·         60 000 familles adhérentes des associations affiliées

·         3 000 établissements et services spécialisés

·         75 000 professionnels employés dans les associations et les établissements

 

Plus d'informations sur : www.unapei.org

 

Contact presse : Coralie Langlais : 01 44 85 50 50 / c.langlais@unapei.org

              1


[1] Caisse nationale de solidarité pour  l'autonomie

[2] IME = Institut médico-éducatif

[3] Enquête de l'Unapei - juin 2011 - la collaboration entre IME, SESSAD et l'Education nationale réalisée sur un échantillon représentatif de 162 établissements répartis sur toute la France gérés par les associations de l'Unapei

27 août 2012

article publié sur le site de la fédération québécoise de l'autisme

Recherche des causes de l'autisme

L'étiologie de l'autisme est encore mal connue mais il semble y avoir consensus dans la communauté médicale pour admettre la multiplicité de ses causes et son origine organique (par opposition à l’hypothèse psychogénétique). L'évidence d'une prédisposition génétique a été prouvée. Les recherches se poursuivent actuellement pour déterminer l'existence et les causes d'anomalies qui pourraient expliquer l'apparition de troubles envahissants du développement. Précisons qu'il s'agit probablement d'une combinaison de différents facteurs encore mal définis.

Il se dégage trois approches scientifiques associées au déclenchement de l'autisme:

=> lire la suite ICI

 

27 août 2012

article publié dans le blog Autisme Information Science le 6 décembre 2011

Prozac May Lessen Autism Symptom in Adults

Traduction: G.M.

Le Prozac pourrait atténuer les symptômes d'autisme chez les adultes
L'étude montre que la moitié des patients traités ont eu une réduction dans les comportements répétitifs
Par Salynn Boyles
WebMD Health Nouvelles
Revu par Laura J. Martin, MD
pilules dans la main

2 décembre 2011 - L'antidépresseur Prozac semble être utile pour traiter un symptôme déterminant de troubles du spectre autistique - un comportement répétitif et compulsif.

Dans une étude récemment publiée portant sur des adultes autistes, la moitié de ceux qui ont pris du Prozac (fluoxétine) ont connu des baisses significatives dans les comportements répétitifs.

Des études antérieures réalisées par les mêmes chercheurs ont montré que l'antidépresseur était efficace pour réduire les comportements répétitifs chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA), même si une étude d'une autre équipe de recherche a échoué à montrer un effet avec l'antidépresseur Celexa (citalopram).
Le Prozac et le Celexa sont deux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
La dernière étude montre que le traitement avec un ISRS peut avoir un impact positif sur un comportement répétitif et compulsif chez les adultes autistes, tout comme il le peut, chez les enfants, selon une étude chercheur Eric Hollander, MD, de l'Albert Einstein College of Medicine et Montefiore Medical Center à Bronx, NY

"Ce médicament améliore l'un des principaux symptômes de l'autisme chez les adultes, et cela peut faire une grande différence dans leur vie et celle de leurs familles», dit-il à WebMD.

Traiter un comportement répétitif
Les troubles du spectre autistique sont définis par les principaux symptômes : la difficulté à communiquer et dans les rapports avec les autres, des comportements répétitifs et des intérêts restreints.
Les routines ou les rituels rigides, et les mouvements répétitifs tels que le balancement ou de torsion des mains, sont communément observés chez les enfants et adultes atteints d'autisme.
Les antidépresseurs, en particulier les ISRS, sont parfois utilisés dans le traitement des adultes atteints d'autisme. Mais ils n'ont pas été largement étudiés et leur impact sur les comportements répétitifs n'avait pas été étudié du tout.
L'étude de 12 semaines par Hollander et ses collègues ont porté sur 37 adultes autistes avec des symptômes de comportement répétitif qui ont pris soit le Prozac ou un placebo.
Les dosages du Prozac ont été progressivement augmenté, selon la tolérance, à partir de 10 milligrammes jusqu'à 80 milligrammes par jour. Les comportements répétitifs ont été évalués en utilisant des mesures largement acceptées.
Par une telle mesure, 50% des participants à l'étude qui ont pris du Prozac ont montré une amélioration significative des symptômes répétitifs à la semaine 12, comparativement à 8% de ceux du groupe placebo.
L'étude est publiée en ligne le 2 décembre dans The American Journal of Psychiatry.

Traiter les symptômes de l'autisme de base avec des médicaments
Dans certains cas, le médicament a fait une différence significative pour les patients et membres de la famille, explique Hollander.
"Il y a beaucoup de détresse et d'incapacité fonctionnelle associée à d'étroits intérêts et à des comportements restrictifs», dit-il. «La déviation de la routine peut causer une agitation extrême et les explosions qui peuvent rendre très difficiles des choses comme aller au restaurant, à cheval et dans les transports publics».

Le Risperdal (risperidone), un médicament utilisé pour la schizophrénie est approuvé pour le traitement de l'irritabilité et l'agitation chez les enfants et adolescents atteints d'autisme. Fred Volkmar, MD, et chercheur sur l'autisme, affirme que le médicament semble également améliorer les comportements répétitifs et d'autres symptômes principaux chez de nombreux patients.

Volkmar dirige le Child Study Center de l'Université Yale, où il est également professeur de psychiatrie.

"La question demeure:« Est-ce que fluoxétine est meilleure que la rispéridone pour ce symptôme? ". "Il serait intéressant de voir les études comparant ces deux médicaments tête à tête."
26 août 2012

article publié sur le site de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique)- Avril 2012

Chaque fois qu’il y a inquiétude ou détresse des patients ou de leurs familles, des explications charlatanesques fleurissent. Elles séduisent car elle nomment un responsable (l’environnement, l’alimentation, les vaccins, par exemple), ce qui peut rassurer, en laissant miroiter la possibilité d’un remède miracle, souvent aussi onéreux qu’inefficace. Voici ce que dit Bertrand Jordan de certaines de ces théories.

La « conspiration » des vaccins

Un lien entre vaccination et autisme a souvent été évoqué, et cette hypothèse se retrouve – présentée comme une vérité démontrée – sur nombre de sites Internet et d’ouvrages grand public à prétention médicale. Voici, par exemple, des extraits de la présentation d’un livre récent de Sylvie Simon, Autisme et vaccination : « L’autisme est devenu la nouvelle épidémie du siècle, mais les pouvoirs publics prétendent que son origine est génétique. Comment une maladie génétique peut-elle s’être multipliée par 12 en dix ans dans les pays développés, soit environ 1 cas sur 150 naissances ? » Notons l’argument de l’épidémie, dont nous avons vu la fragilité, et la conspiration censément ourdie par les « pouvoirs publics » en faveur d’une étiologie génétique. Un peu plus loin : « L’idée d’associer autisme et vaccins demeure encore impopulaire, cependant cette hypothèse gagne du terrain car environ 50 % des parents d’autistes signalent que le comportement de leur enfant a changé tout de suite après la vaccination. » On se réfère ici au vécu des parents, dont on connaît la fragilité en tant que donnée scientifique. De fait, la série initiale de vaccinations est pratiquée sur le nourrisson autour de l’âge de 12 mois, et les premiers symptômes de l’autisme sont repérables entre 12 et 18 mois : il peut donc bien y avoir des coïncidences, mais il ne faut pas confondre coïncidence et causalité.

Le gluten et la caséine : poisons pour le cerveau ?

Une autre hypothèse, qui a connu une vogue inversement proportionnelle à sa crédibilité scientifique, est celle d’un rôle de l’alimentation, notamment du gluten et de la caséine. Ces deux protéines seraient la source, à travers la digestion, de « peptides opioïdes » (présentant des analogies de structure avec des molécules psychoactives comme l’opium ou la morphine) qui passeraient dans le cerveau en raison d’une perméabilité intestinale accrue (peut-être favorisée par l’exposition aux métaux lourds comme, une fois encore, le mercure) et y exerceraient un effet toxique. En faveur, et sans doute à l’origine de cette théorie, le fait que l’intoxication à la morphine provoque souvent des comportements qui ressemblent à ceux de l’autisme. Mais, malgré les affirmations répétées de l’initiateur de cette théorie, le Norvégien Karl Reichelt, une analyse de l’ensemble des études menées ne démontre pas d’effet significatif d’un régime sans gluten et sans caséine. Celui-ci est par ailleurs très contraignant et dispendieux pour les familles, que ce soit pour des tests réguliers censés déceler la présence de peptides opioïdes dans les urines ou pour l’achat de produits alimentaires spéciaux vendus par des entreprises spécialisées. La croyance – assez répandue – en les bienfaits d’une telle approche risque aussi, bien sûr, de détourner les familles de s’engager dans des thérapies plus efficaces.

Bertrand Jordan, Autisme, le gène introuvable, Seuil 2012, page 57.
24 août 2012

campagne autisme PACA pour l'inclusion en société

21 août 2012

Scolariser les élèves autistes ou présentant des troubles envahissants du développements

Publié par le Ministère de l'Education Nationale, Direction générale de l'enseignement scolaire.

Le préambule est explicite :

"À partir de 19961, l’accès des personnes autistes et de leurs familles aux dispositifs du secteur médico-social, ainsi que la mise en place de synergies éducative, pédagogique, thérapeutique et sociale sont facilités. L’obligation de développer des ressources à la hauteur du besoin réel sera d’abord formalisée sur le plan général dans la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, puis sur le plan spécifiquement scolaire dans la circulaire interministérielle du 8 mars 2005 consacrée à l’autisme et aux troubles qui lui sont apparentés.


Les enfants et adolescents présentant de l’autisme ou un trouble envahissant du développement doivent être considérés comme des élèves à part entière.


Ce guide a pour objet de permettre aux enseignants de mieux connaître les caractéristiques de ces troubles et leurs conséquences en termes d’apprentissage, afin de les aider à mettre leurs capacités et leurs compétences professionnelles au service d’une pédagogie adaptée aux besoins de ces jeunes dans les meilleures conditions.
Il propose des repères, des ressources et des pistes d’adaptation pédagogiques.


Il constitue l’état provisoire des leçons tirées de l’expérience, et des discussions entre partenaires de travail – enseignants, éducateurs, orthophonistes, médecins, psychologues, chercheurs, familles, associations d’usagers… Destiné à faciliter la pratique pédagogique à l’écoute de l’usager, il devra nécessairement faire l’objet d’actualisations ou d’ajustements, en fonction des échos de son usage."

Lire le GUIDE => http://cache.media.eduscol.education.fr/file/ASH/57/5/guide_eleves_autistes_130575.pdf

20 août 2012

article publié sur le blog Théo m'a Lu Anne ! 20 août 2012

Handicap et regard des autres...

Tout d'abord un film:

Je n'avais pas prévu de m'installer devant le petit écran sauf que Anne avait déjà trusté la TV de notre bedroom donc je me suis résignée à regarder ceci en sa compagnie. Bien m'en a pris!


Le titre en français est simplement:"Gilbert Grape". Deux pointures du cinéma américain, tout jeunes et étonnants. Un Johnny Deep émouvant et tout à fait crédible en soutien de famille qui prend sur lui. Et quelle famille: une mère devenue obèse depuis que son mari s'est pendu dans la cave de leur maison, un jeune frère handicapé mental (joué par un Léonardo Di Caprio magistral et pourtant je ne suis pas fan), et deux soeurs (l'une qui entretient la maison depuis que la mère ne peut plus être délogée de son canapé et une autre qui a honte de sa famille).

Gilbert (Johnny Deep) veille sur son petit frère parce qu'il est sans défense et qu'entre les deux, s'est créée une relation très forte (trop?) qui empêche Gilbert de vivre totalement sa vie d'homme.


Jusqu'au jour où arrive Beky, tête brune et lèvres vermillon, tellement libre et compatissante.

Dans ce film, tout y est: le handicap, le regard des autres rarement indulgent, une famille qui se débat pour que cet enfant ne soit pas placé en institution, le quotidien d'une ville morne où tout le monde se connaît et se juge et un brin de poésie avec cette Becky, étoile filante dans la vie de Gilbert tiraillé entre son envie d'ailleurs et son amour pour ce frères si vulnérable et désarmant à la fois.

Donc à revoir ou à enregister lundi 20 août à 14h25 sur ARTE.

Si Becky manie avec naturel la compassion, un auteur, lui, a magnifiquement défini dans un récit poignant (devenu un classique) la frontière entre pitié et compassion. Là encore il est question de handicap.

Vous ne faites pas bien la différence alors lisez ceci:


Ne prêtez pas attention à la couverture du livre, elle n'a que peu de rapport avec l'histoire...

Autriche-Hongrie en 1913. Un jeune officier de l'armée autrichienne s'ennuie dans sa caserne. Il est par un heureux hasard invité à déjeuner chez un des hommes les plus riches et les plus enviés de la région. Il fait alors connaissance avec la famille Kekesfalva. Après le repas, on danse au salon. Deux jeunes filles sont présentes: Ilona, la nièce de Kekesfalva, fraîche et attirante et Edith, la fille chérie de la maison, malingre mais cultivée. Notre Anton Hofmiller valse avec Ilona mais il veut respecter les usages et décide d'inviter Edith également avant de se retirer. Mais voilà qu'Edith ne se lève pas de son fauteuil, se crispe, pleure...Parce que ce que Hofmiller ne pouvait pas savoir, c'est qu'Edith est paralysée, handicapée et ne peut donc pas danser!

Nous allons par degré assister à la longue descente aux enfers de notre jeune gradé qui revient le lendemain s'excuser; offre des fleurs. Il ne sait plus de quelle manière racheter ce qu'il considère comme une faute. Edith interprête cette visite et toutes celles qui suivront comme la naissance puis la confirmation d'un sentiment amoureux chez le jeune homme. Or il n'en est rien...Hofmiller ne l'aime pas et ne l'aimera jamais même si le médecin de famille, le père de le jeune fille et la cousine le prient de faire "comme ci", juste pour qu'Edith continue d'avoir une raison de vivre. Pris en tenaille, il va naviguer entre pitié, haine, lâcheté, vanité avant de...

Il faudra que vous le lisiez pour en connaître la fin. A la fois, c'est du Zweig, vous ne prenez pas beaucoup de risque. C'est excellent, bien enetendu!

Pour finir, n'oubliez pas ceci:


Parceque ceux-là aussi, il faut les regarder:


Demandez le programme...

http://www.france-paralympique.fr/pages/france-televisions-renforce-son-dispositif-pour-les-paralympiques/

 

La liste des disciplines est ici...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_paralympiques

Pour le coup-là, tous ces sportifs ont besoin du regard des autres!

Merci

LaMaman

19 août 2012

article publié sur le site de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique)- Avril 2012

Actuellement, nous assistons à une vive dénonciation, de la part des associations de parents d’enfants autistes, de l’implication des psychomotriciens dans des pseudo-thérapies très controversées que sont le packing et la pataugeoire1. Mais que sont ces méthodes et qui sont les psychomotriciens ?

Les psychomotriciens sont des paramédicaux et bénéficient d’un statut d’auxiliaires de médecine. Ils prennent en charge les troubles psychomoteurs, c’est-à-dire des troubles neurodéveloppementaux affectant l’adaptation du sujet dans sa dimension perceptivo-motrice tels que le Trouble de l’Acquisition de la Coordination (TAC) ou le Trouble Déficitaire de l’Attention associée ou non à l’Hyperactivité (TDA/H).

Le packing une thérapie ?

En psychomotricité, de surprenantes « thérapies » peuvent parfois être proposées aux enfants atteints de troubles du spectre autistique. Il en est ainsi du packing, également dénommé « enveloppement humide thérapeutique ». Basée sur des concepts psychanalytiques tels que le « Moi-peau »2, cette « thérapie » consiste à envelopper des enfants autistes dans des linges humides et froids (à 10°C) au prétexte de renforcer la conscience des limites de leur corps. Les partisans de cette méthode considèrent en effet que les enfants autistes présentent un vécu corporel fragmenté et des angoisses de morcellement. Leur objectif affiché est de lutter contre ces angoisses archaïques en permettant, via le packing, la constitution chez ces enfants d’une enveloppe psychique sécurisante. La constitution de cette « peau psychique » restaurerait un sentiment de continuité d’existence, et par là-même, une identité psychique.

l'ange blesséDans une lettre ouverte publiée en février 2011 dans la prestigieuse revue Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry3, 18 scientifiques, dont l’autorité dans le domaine de l’autisme est internationalement reconnue, condamnent avec force le packing. Voici la traduction de la conclusion de cette lettre : « Nous sommes parvenus au consensus que les praticiens et les familles du monde entier doivent considérer cette approche comme contraire à l’éthique. En outre, cette "thérapie" ignore les connaissances actuelles concernant les troubles du spectre autistique ; va à l’encontre des paramètres de la pratique basée sur les preuves et les directives de traitement publiés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, en Hongrie et en Australie ; et, selon notre perspective, présente un risque d’empêcher ces enfants et adolescents d’accéder à leurs droits humains fondamentaux de santé et d’éducation ».

L’implication des psychomotriciens dans le packing est actuellement dénoncée par des associations de parents d’enfants autistes4.

Elle n’est guère étonnante lorsqu’on connaît l’emprise de la psychanalyse sur l’enseignement de la psychomotricité dans la plupart des instituts de formation. Ainsi, sur le site des étudiants d’un centre de formation en psychomotricité, 90 % des auteurs cités dans la liste des ouvrages proposés pour le contrôle continu sont des psychanalystes5.

La pataugeoire-thérapie...

D’autres « thérapies » étranges peuvent être proposées dans le cadre de la prise en charge en psychomotricité des enfants autistes. Il en est ainsi de la pataugeoire-thérapie qui consiste en des jeux d’eau dans un bassin peu profond et contenant divers objets tels que des récipients et des balles. Certains dispositifs comprennent un tuyau d’arrosage et un miroir au mur.

Là encore, il s’agirait de construire une peau psychique chez l’enfant autiste mais cette fois-ci par la médiation de l’eau.

La psychomotricienne Anne-Marie Latour fait l’apologie de cette prétendue thérapie dans un ouvrage intitulé La pataugeoire : contenir et transformer les processus autistiques paru aux éditions Eres en 2007. Il est conseillé aux étudiants en psychomotricité dans de nombreux instituts de formation et la pataugeoire-thérapie est présentée dans des journées d’étude organisées par des associations de psychomotriciens. Ce livre a fait l’objet d’une critique détaillée d’une mère d’un enfant porteur d’autisme6

Cette pratique est proposée en 2012 en stage de formation continue par le Syndicat National d’Union des Psychomotriciens7 au même titre que le packing8.

Il serait temps d’évoluer...

L’évolution des connaissances scientifiques dans le domaine des troubles neurodéveloppementaux doit conduire les psychomotriciens à en tirer les conséquences pour optimiser leurs interventions thérapeutiques et abandonner les pseudo-thérapies fondées sur des conceptions psychanalytiques obsolètes.

À l’heure de la rationalisation de notre système de santé et du souci d’une bonne utilisation des financements publics, il est demandé aux acteurs de soins de s’engager dans un processus intitulé « Pratiques cliniques basées sur les preuves ». Les psychomotriciens ne peuvent déroger à cette règle. Ils doivent prouver l’efficacité thérapeutique de leurs pratiques professionnelles s’ils souhaitent être recrutés en tant que paramédicaux experts de la prise en charge des troubles psychomoteurs.

19 août 2012

article publié sur le site Le Social Business.fr

Specialisterne ou comment transformer l’autisme en avantage compétitif

 

L’entreprise Specialisterne est une compagnie danoise qui utilise les caractéristiques des personnes souffrant d’autisme comme avantage compétitif sur le marché !

Cette entreprise innovante propose des services tels que le test de logiciels, le contrôle qualité ou encore la conversion de données aux plus grandes entreprises au Danemark.

De plus, Specialisterne accompagne et forme les personnes autistes à s’adapter au monde de l’entreprise et à se conformer aux exigences du milieu professionnel. Elle leur propose un environnement de travail où il est « normal » d’être autiste et où le rôle du management est de créer le meilleur environnement possible pour ces personnes.

Image 9

Specialisterne fut créée par le visionnaire Thorkil Sonne. Son fils étant lui-même atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, il connaît les particularités des personnes autistes mais également les difficultés qu’elles rencontrent face à l’emploi. Déterminé à trouver une solution aux problèmes que rencontrait son fils ainsi que près d’1% de la population, Sonne a décelé dans ces « dysfonctionnements » une formidable opportunité. C’est son expérience dans le secteur des nouvelles technologies qui lui a permis de prendre conscience de la valeur que les compétences spécifiques très poussées des personnes autistes – capacité à systématiser, propension aux routines répétitives, etc – pouvaient représenter pour un certain nombre d’activités.

Aujourd’hui, Specialisterne compte plus de 50 employés, dont environ 75% de personnes autistes, et travaille avec des entreprises danoises et internationales telles que Microsoft ou Oracle.

Mais Specialisterne ne se contente pas de fournir aux entreprises des services nécessitant une grande précision et une attention particulière aux détails au travers de son Business Centre. L’Enabling Centre propose aux employés des programmes d’entraînement leur permettant d’améliorer leurs capacités personnelles, sociales et professionnelles. Ces capacités sont en effet très peu développées chez les personnes autistes ce qui constitue une véritable barrière à leur intégration au sein de la société. Enfin, l’Academy Centre se concentre sur la diffusion du savoir inédit de Specialisterne : l’art de transformer les faiblesses en force grâce à une méthode de pensée positive.

En décembre dernier, Thorkil Sonne a créé la Specialist People Foundation à laquelle il a attribué la totalité des parts de Specialisterne, dont une filiale devrait prochainement voir le jour à Glasgow.

Voilà un exemple de social business qui devrait en inspirer plus d’un à changer de perspective et voir des opportunités inouïes dans les plus sérieux problèmes de notre temps.

Specialisterne fait l’objet d’une étude de cas de la Harvard Business School.
Pour en savoir plus : http://specialisterne.com/index.html

18 août 2012

article publié sur le site de Vivre FM le 18 août 2012

"Shameful", la honte, le documentaire choc réalisé Alex Plank et Noah Trevino sur l'autisme en France

L’autisme en France à nouveau sous les projecteurs, mais américains cette fois-ci. A l’instar du « Mur » de Sophie Robert, « Shameful » relance le débat sur les conditions de traitement des autistes en France. Au programme ; images chocs et interviews de parents désespérés... En salle, cet automne.

Shameful, le documentaire choc sur l'autisme en France
Shameful, le documentaire choc sur l'autisme en France

C’est un bilan négatif sur le traitement de l'autisme en France que dressent les deux jeunes réalisateurs américains. Alex Plank et Noah Trevino n’en sont pas à leur coup d’essai dans la réalisation ; la trentaine tous les deux, ils ont déjà fait séparément des documentaires.

"Shameful", un documentaire choc

De celui-ci, seules quelques images ont été diffusées : des plans de Paris - des célèbres monuments à une rue lambda, tout en passant par le Pont des Arts - et des prises de vue sombres, presque moyenâgeuses. L’ensemble sur une musique lancinante.

 

Paris, sous un filtre sombre rappelant un passé malheureux

 

La bande annonce est présentée par une voix de femme, sur un mode narratif. C’est un extrait d’une interview, très poignante, entre les réalisateurs et la mère d’un enfant autiste. Un enfant qu’elle a perdu, confrontée au traitement de la  psychanalyse, au manque d’aide et de réponse des experts, « My son eventually commited suicide», dit-elle dans la bande annonce.

Wrongplanet.net

A l’inverse de Noah Trevino, qui traite pour la première fois de l'autisme dans ses films, Alex Plank n’en est pas à son coup d’essai. Wrong Planet est un site internet dont la thématique principale est l’autisme. Alex en est le fondateur, il est aussi l’un des experts américains sur l’autisme. Il est peut-être plus connu pour son travail sur WrongPlanet que pour ses films.

 

Alex Plank, l'un des deux réalisateurs et fondateur de Wrongplanet.netNoah Trevino, l'un des deux réalisateurs

Shameful, le résumé Les psychanalystes, en France, ont décidé que l’autisme est un maladie psychologique causée chez l’enfant par les choix sexuels de la mère. La France refuse de donner aux familles la moindre aide morale et financière. Les deux réalisateurs ont voyagé à travers notre pays, filmant de nombreuses familles qui se battent pour obtenir de l’aide pour leurs enfants autistes.

 

Shameful analyse les terribles situations auxquelles les familles se trouvent confrontées. En cause : le manque de soutien financier du gouvernement et la désinformation publique des experts français. Seule solution, de nombreux parents ont dû envoyer leur enfants en Belgique pour recevoir les soins adéquats.

 

Une étude estime à 80 % le taux d’enfants autistes, qui en France, n’ont pas l’autorisation d’aller à l’école. Le film sortira dans les salles françaises à l'automne 2012.

Arthur Didier

 
18 août 2012

article publié dans le blog de chronimed le 18 août 2012

Directrice d'un programme de recherches dans le domaine prometteur de la neuro-imagerie, le professeur Mary L. Phillips rappelle le « développement remarquable de ces techniques » qui permettent, depuis une vingtaine d'années, une « connaissance affinée » de certaines anomalies structurelles et fonctionnelles de la « circuiterie » neuronale, auparavant quasi inaccessible à toute investigation directe ou indirecte, et assimilable à une opaque « boîte noire » pour le praticien.

Bien sûr, rappelle l'auteur, il n'est pas question de contester la prédominance générale de la clinique ni la nécessité cruciale de « maintenir des niveaux élevés de compétences cliniques » pour garantir « l'excellence » des futurs psychiatres.

Mais, faute d'examens biologiques fournissant (comme dans d'autres spécialités médicales) des informations de nature objective et quantitative, l'apport complémentaire de la neuro-imagerie doit être considéré comme un « outil utile » pour contribuer à relever « les grands défis cliniques rencontrés en psychiatrie », en identifiant des contextes organiques reflétant vraisemblablement certains « mécanismes sous-jacents de la pathologie. »

On espère ainsi que l'essor de ces techniques novatrices (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, tomographie par émission de positons, tomographie d'émission monophotonique...) permettra d'opérer un diagnostic différentiel entre des affections proches ou difficiles à distinguer par la seule démarche clinique (comme des troubles unipolaires ou bipolaires, en l'absence d'antécédents de manie avérés).

Les données de la neuro-imagerie pourraient permettre aussi d'étayer un pronostic dans certains troubles évolutifs selon l'accentuation ou la stabilisation des anomalies, et pour des sujets dont les parents sont affectés par une maladie psychiatrique à composante génétique, telle la maladie bipolaire, en confirmant le contexte de risque, par exemple en cas d'anomalies objectives de la substance blanche touchant des zones engagées dans la régulation des émotions.

À terme enfin, le suivi de certains traitements (comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) pourrait bénéficier de la neuro-imagerie, dans la mesure où certains critères (concernant en l'occurrence l'imagerie des régions cérébrales impliquées dans la régulation des émotions) constitueraient des « éléments de prédiction précis de la réponse aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine dans la dépression unipolaire. »


Phillips ML : Neuroimaging in psychiatry: bringing neuroscience into clinical practice. Br J. Psychiatry 2012 ; 201 : 1-3.


16/08/12
Dr Alain Cohen

17 août 2012

article publié dans l'express le 17 août 2012

Être autiste, c’est pas un cadeau…

Je repense à un échange que j’ai eu avec mon mari, pendant les vacances passées en camping… Julien, pas bien, pleurant un peu, gémissant, n’arrivant pas à se poser… Mon mari sur le lit, et moi le rejoignant, tous deux nous sentant bien impuissants.

Mon mari finalement me dit : « C’est pas un cadeau d’être autiste. »

 

Que répondre ? Bien sur, j’approuve… C’est vrai que ce n’est pas drôle, malgré tout le bien que je dis parfois sur ce fonctionnement différent. C’est pas drôle de se sentir décalé, incapable, déficient… D’en voir des preuves à longueur de journée.

On dit que les autistes n’ont pas conscience des autres… C’est faux. Et être autiste ne signifie pas être asocial.

Alors oui, j’approuve ce que dit mon mari mais, comment dire… Pour moi tout ça, c’était prévisible, presque inévitable.

J’ai mis beaucoup d’énergie pour faire comme les autres. J’avais réussi à avoir de la stabilité, un équilibre avec le travail dans lequel je galérais, mais bon, le sport faisait tout évacuer. Un cercle d’amis, toujours dans le sport. Ce cercle dans lequel j’ai connu mon mari.

 

Mais, un soir, couchés tous les deux dans notre lit, un peu comme on était couchés dans le lit dans ce camping, il évoque l’idée d’avoir un enfant. Je me sens immédiatement paniquer, lui disant mentalement :

« Non, pas moi. C’est impossible, regarde moi Michel, tu ne vois pas que je ne peux pas ? »

 

Mais non, lui voyait une femme en bonne santé, équilibrée. Rien d’étonnant, j’avais laissé derrière moi toutes ces difficultés, que je pensais « normales », des étapes dures, mais que tout le monde connait. Mais cette difficulté- là, cette responsabilité,  gérer une autre personne que moi… Je savais que je n’arriverais pas à imiter ce fonctionnement, sans m’expliquer pourquoi.

Je n’avais pas conscience que beaucoup de choses normalement intuitives, je les avais apprises, sans vraiment comprendre, juste pour faire comme tout le monde. Et là, c’était comme si je devais tout recommencer, repartir à zéro…

Alors j’ai fait comme à chaque fois que je rencontre un obstacle : le regarder bien en face et l’affronter.

 

Pendant toute ma grossesse, j’ai eu de grosses crises d’angoisses. Bien avant que Julien naisse, je savais qu’il ne serait pas comme tous les bébés que je voyais, interagissant avec leurs mamans.

Mon mari sait tout cela, je lui ai raconté… Je suis désolée pour lui, même si la différence lui a fait complètement changer sa vision du monde.

Oui, c’est vrai, être autiste n’est pas un cadeau.

C’est à nous maintenant de faire en sorte que Julien soit un petit garçon heureux, et je sais qu’on est sur la bonne voie…

 

 

Publicité
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Visiteurs
Depuis la création 2 429 148
Newsletter
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Archives
Publicité