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"Au bonheur d'Elise"
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10 janvier 2012

article publié sur le site Soutenons Le Mur

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Un email reçu par l’un de nos membres d’une source universitaire nous a signalé la présence d’une nouvelle vidéo mettant en scène Bernard Golse, Pédopsychiatre, Psychanalyste et Chef de service à l’Hôpital Necker de Paris. Le lien vers ce document a été posté anonymement sur le site russe Rutube.

Cette vidéo, à priori datée de 1998 (source : CNAM), serait utilisée pour la formation de nouveaux praticiens. On y découvre que les pratiques culpabilisantes ont bien lieu dans la pratique et dans l’intimité des consultations, comme Sophie Robert l’avait mis en avant dans son documentaire. Jusqu’à présent, il n’y avait que la parole des parents pour le dénoncer et le documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » de Sophie Robert. Il y a quelques jours encore, Alexandre Stevens, l’un des psychanalystes plaignant, continuait de traiter le documentaire d’ « escroquerie intellectuelle » dans une lettre à une blogueuse.

Ce nouveau document nous éclaire sur les compétences scientifiques de Monsieur Golse. En effet, en regardant cette vidéo, on peut s’étonner : Où sont les neurosciences ? Où sont les techniques ré-éducatives ? Où est l’évaluation de l’enfant ? Pire, le psychanalyste, qui harcèle ici un papa, estime dès les premières minutes de la consultation que les troubles de l’enfant proviennent … du père !

La CIPPA, dont Monsieur Bernard Golse est membre, cherche donc bien à manipuler l’opinion !

En effet, les psychanalystes présents dans le film se défendent haut et fort de pratiquer des séances de thérapie qui culpabilisent les parents depuis la sortie du Film le Mur de Sophie Robert en septembre 2011.

Ainsi, la CIPPA, prenant partie des psychanalystes qui s’expriment dans le Mur, soutenait dans un communiqué repris par Rue89 que « les pratiques telles que ses membres les proposent dans un esprit de constante articulation avec les autres approches : stratégies éducatives, scolarité et approches ré-éducatives telles que l’orthophonie, la psychomotricité, l’ergothérapie etc.. Nous y insistons également sur le travail de jonction effectué entre nos propres recherches, celles des sciences cognitives, des neurosciences, et de la génétique. Nous insistons sur le fait que nous ne nous reconnaissons en aucune façon dans les dénaturations des rushes apportées au montage et particulièrement en ce qui concerne la culpabilisation des mères ».

Découvrez et jugez-vous-même !

Cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo de Bernard Golse sur Rutube

 

http://www.soutenonslemur.org/2012/01/09/prise-de-position-explosif-la-cippa-manipule-lopinion-la-preuve-avec-une-video-inedite-de-bernard-golse-chef-de-service-a-lhopital-necker-diffusee-sur-un-site-russe/

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9 janvier 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 7 janvier 2012

La poudre aux yeux des activités en structures

La poudre aux yeux des activités en structures

horse therapy (photo: pawpaw67)

Dessin, musique, natation, équitation, papouilles avec les dauphins. On dirait que certaines structures se décarcassent et essayent de rivaliser avec les autres styles de prise en charge, pour proposer aux parents plein d’activités aux enfants autistes et rameuter les parents qui vont voir ailleurs.

Moi, je ne dis qu’une chose: ATTENTION!

Certes, faire faire des activités aux enfants autistes, c’est chouette. Si c’est, en plus, fait avec une personne qui a une compréhension même basique du handicap, encore mieux.

Par contre, ces activités ne doivent pas masquer la pauvreté des prises en charge thérapeutiques, celles qui sont essentielles: l’orthophonie, la psychomotricité, le côté éducatif, assaisonné d’une bonne dose de comportemental à la clef.

Les enfants inscrits dans les structures ne sont pas là pour faire des ateliers pâte à modeler ou tourner en rond et stéréotyper toute la journée. Les structures ne sont pas des garderies glorifiées où on fait raquer les contribuables pour que les enfants handicapés passent un bon moment.

Les enfants handicapés en structure sont là pour APPRENDRE. Ils doivent progresser sur les points qui leur font défaut, être encadrés et entourés de personnes compétentes, si possible en un pour un, qui vont leur enseigner l’autonomie mais aussi la compliance, et vont leur donner des outils pour apprendre à communiquer, à lire, à écrire, à compter… Bref, ils doivent remplacer l’école et prendre le relai des parents pour tout ce qui est pas rigolo: la continuité de l’apprentissage de la propreté, de l’habillage, de l’hygiène, des codes sociaux, des règles de vie, etc.

Pour ma part, je pense que les structures devraient plutôt insister sur la qualité de leur prise en charge, et faire de ça leur argument numéro un dans leurs tentatives de trouver des patients, plutôt que de faire miroiter un genre de parc d’attraction pour autistes. Le reste des activités doit être un plus, pas le principal.

Bref, si vous demandez ce que fera votre enfant en structure, priez pour qu’on ne vous dise pas PONEY.

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/la-poudre-aux-yeux-des-activites-en-structures/#comment-16474

9 janvier 2012

l'émission Allô Docteur - le magazine de la santé du 10 janvier 2011 sera consacré à l'autisme (sur France 5)

Vous pouvez poser vos questions sur le site de l'émission :

http://www.france5.fr/sante/index.php?mid=5748

9 janvier 2012

article publié dans ouest-france.fr le 7 janvier 2012

La difficulté de scolariser les enfants handicapés

samedi 07 janvier 2012
 

Près de 300 enfants devraient bénéficier d'une place en structure spécialisée selon la maison départementale des personnes handicapées. 370 seront créées d'ici à 2013, dont 70 pour enfants.

« La situation est dramatique. Des centaines d'enfants sont déscolarisés dans notre département. » C'est en ces termes que Marie-Luce Le Guen, directrice de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) d'Ille-et-Vilaine, qualifie la situation des enfants en situation de handicaps. À la MDPH, « on oriente, on ouvre des droits mais nous ne sommes pas responsables de l'admission ! »

Elle estime à 165 le nombre d'enfants qui devraient avoir une place en Institut médicaux éducatif (IME) et à 134 ceux qui devraient être en Instituts éducatifs, thérapeutiques et pédagogiques (Itep). Soit près de 300 enfants handicapés psychiques qui n'ont aujourd'hui pas de places adaptées à leur handicap.

A côté de la Petite Ourse

Si certains, du coup, restent à la charge des parents ce qui oblige l'un des deux à ne pas travailler, d'autres sont acceptés dans des écoles « classiques ». « Au titre de la loi de 2005, il est normal pour nous d'accueillir ces enfants », souligne Didier Dédelot, directeur de l'école Oscar-Leroux à Rennes. L'école est d'ailleurs spécialisée dans ce type d'accueil puisqu'elle travaille avec le centre d'aide aux enfants en difficulté, la Petite Ourse, située juste de l'autre côté de la route.

Seulement, dernièrement, une des institutrices a fini par se demander si le fait d'avoir accueilli l'un d'eux ne lui avait pas fait plus de bien que de mal. Et c'est bien là la question. Comment intégrer dans une classe un enfant qui ne tolère pas la vie en groupe, réclame l'attention exclusive de son institutrice et ne peut absolument pas suivre le programme de cette classe ?... « Il a besoin d'un accompagnement individualisé », souligne-t-elle. Du type de ceux qui sont dispensés à l'école du Bois-Perrin de l'hôpital psychiatrique Guillaume-Régnier.

Pour l'Agence régionale de santé (ARS), responsable des écoles spécialisées, le retard est difficile à rattraper même si elle s'y emploie depuis 2009. « En 2011, l'ARS Bretagne a consacré un budget de 386 millions d'euros à cette problématique, soit une progression de 1,45 % par rapport à 2010 », explique l'agence. Mais quelle est la part consacrée à l'Ille-et-Vilaine ? « Le programme 2011-2013 prévoit la création de 318 places, dont 70 pour enfants handicapés. »

La grande difficulté des structures spécialisées aujourd'hui, c'est d'accueillir des personnes handicapées plus longtemps et, du coup, de voir leurs capacités d'accueil saturées.

 

Alexandra BOURCIER.
 
9 janvier 2012

article publié sur le site Les Vendredis intellos le 22 décembre 2011

Les mères, coupables d’être… mères [mini debrief]

La mère porte son enfant durant quelques mois puis l’élève durant des années. Le contrat qu’elle signe avec lui est un CDI à vie. Il comporte malheureusement une clause sur le regard des autres. Cette clause est la source de nombre de sentiments de culpabilité, qui nuisent au bon déroulement du contrat. Les jugements vont bon train face à des mères qui ne font pas comme nous, comme notre modèle, comme ce que nous estimons être l’idéal, comme ce que les derniers livres de puériculture que l’on a lus disent de faire. Le sentiment de culpabilité qui nous envahit détruit bien souvent un peu d’estime de soi que l’on a durement réussi, un jour ou l’autre, à conquérir en sentant que notre enfant était heureux avec nous.

Les mères sont culpabilisées pour tout et quoi qu’elles décident de faire. Pourtant, chaque mère bientraitante est la meilleure mère qui puisse exister pour ses enfants. Chacune de ces mères est la seule mère parfaite qui existe pour ses enfants.

Clem la matriochka aborde ce mythe de la mère parfaite. Celui qui est la cause de la plupart, si ce n’est toutes, les culpabilisations. Une mère n’assure pas à 3h19 du matin parce qu’elle a déjà passé toute la journée et une partie de la nuit à assurer seule ? C’est qu’elle est mal organisée, elle n’avait qu’à faire des siestes (mais comment faire si elle est salariée ou si son bébé n’en fait pas ?). Une mère a fait la sieste ce matin parce qu’elle avait mal dormi la nuit dernière ? Mais quelle honte, elle aurait mieux fait de faire le ménage / la lessive / le repassage / le repas du midi pour son mari qui, lui, a un emploi salarié. En fait, la mère parfaite ne devrait jamais se plaindre et, surtout, elle devrait faire tout ce qu’elle ne fait pas. Ou presque. Alors on l’accuse de ne pas savoir tout faire en moins de 24 heures sans être fatiguée. Elle s’accuse elle-même d’être mauvaise mère parce que les hurlements de son bébé qui durent depuis deux heures quarante deux lui tapent sur le système.

Ne faudrait-il pas plutôt en finir avec le mythe de la mère parfaite ? Ou bien le redéfinir : une mère parfaite est d’abord une mère qui aime son enfant et qui reste un être humain (elle est fatiguée, elle pleure, elle a besoin de dormir, elle est parfois énervée, elle ne peut pas tout faire). Une mère parfaite est tout sauf un robot. Donc tout sauf ce qu’on attend d’elle. Ou presque. Heureusement, comme le souligne Clem la matriochka, des livres, des voix s’élèvent aujourd’hui pour le dire.

Kiki the mum aborde la culpabilité que l’on peut ressentir avant même d’être officiellement propulsée mère. Quand nous, femmes enceintes, nous savons déjà que nous le sommes mais que la vie, en vrai, ne nous dit que “futures” mères. La culpabilité que l’on peut ressentir est pourtant déjà tellement là… sans doute parce que nous nous sentons déjà investies de nos missions de mères, de nos devoirs de mères, de notre devoir de sembler déjà si parfaites aux yeux de tous. Parfois, il y a le devoir d’être heureuse. Comme si la grossesse devait effacer tout ce qui ne nous rend pas heureuse. On culpabilise si on ressent une seule émotion négative, alors que l’on doit au contraire l’exprimer pour mieux la laisser passer et moins la laisser impacter notre relation au bébé qui grandit en nous.

Parfois, il y a le devoir de garder le bébé dans notre ventre. Ce devoir qui n’en est pas un. Car en la matière, seule la nature peut décider. Aucune mère ne peut être rendue responsable d’une fausse couche, d’un col raccourci voire ouvert avant le terme, d’un bébé né prématurément. Aucune mère n’en a envie. Pourquoi, combien se sentent coupables quand cela leur arrive ? Beaucoup trop. Cette culpabilité-là ronge de l’intérieur, alors même qu’elle ne doit pas exister. Quand la nature faillit à son devoir, quand la nature impose une douloureuse épreuve, les femmes, mères, doivent être soutenues et doivent entendre que rien n’est de leur faute.

Kawine s’est penchée sur l’autisme. Depuis toute petite, j’ai toujours entendu cette terrible idée reçue selon laquelle un enfant autiste l’est uniquement parce que sa mère – et seulement sa mère – s’est mal comportée avec lui depuis sa naissance. L’autisme serait une maladie, une névrose. Alors qu’ailleurs, souligne Kawine, il est établi depuis un moment que l’autisme est un handicap. C’est à dire que la mère ne peut pas en être la seule, l’unique et la grande responsable. Bien d’autres facteurs entrent en jeu. Dirions-nous d’un enfant né sourd qu’il l’est parce que sa mère a trop dormi sur le côté droit pendant la grossesse ? Pourquoi donc l’autisme, un autre handicap, trouverait son origine dans le comportement maternel ? Dans notre société, il est courant d’attribuer bien des maux de nos enfants aux comportements de leur mère. Pourtant, quoi qu’elles fassent, les mères ne font jamais assez bien. Alors, si c’était de leur faute, il y aurait depuis longtemps une solution toute trouvée pour qu’elles ne nuisent plus à leurs bébés, non ?

Vert Citrouille aborde la délicate question du sevrage de l’allaitement au sein. Délicate car qui ne se pose pas de question à ce sujet (à part les mères qui donnent le biberon, bien entendu) ? Délicate car qui n’a pas lu qu’un sevrage avant deux ans est un sevrage imposé par la mère ? Délicate car qui n’a pas de mal à se sevrer des tétées données à son enfant ? Délicate car qui ne s’interroge pas sur les signes qu’il faudra interpréter comme le moment où l’enfant ne veut plus téter ? L’allaitement au sein est souvent source de culpabilisation maternelle : au début on a peur de la prise de poids, ensuite de la croissance globale, parfois de la diversification, ensuite des tétées en public car l’enfant a plus de 6 mois (ou 3 mois selon les milieux), ensuite du sevrage.

Et de l’âge du sevrage. Mais alors pourquoi l’âge du sevrage est-il source d’autant de culpabilisations ? Trop tôt, trop tard, trop ceci et passe assez cela… Un sevrage doit intervenir idéalement quand les deux acteurs de l’allaitement sont prêts. Le souci étant bien celui d’identifier ce moment. Le bébé peut envoyer des signes que la mère ne sait pas interpréter car elle n’est pas prête. La mère peut vouloir sevrer quand le bébé ne veut pas. Cette dernière est-elle coupable de l’une ou l’autre situation ? Non, bien sûr. Quand le sevrage est subi, n’est-ce pas d’abord parce que la mère a le sentiment d’avoir échoué par rapport aux recommandations officielles ? C’est là que le soutien est important. Une mère culpabilise vite, très vite, trop vite. Alors, quel que soit le jour du sevrage, quelle que soit la raison du sevrage, il est important de lui dire qu’elle a fait le bon choix car il correspondait aux désirs de son enfant et/ou aux siens et qu’il fallait donc qu’elle écoute ces désirs.

http://lesvendredisintellos.com/2011/12/22/les-meres-coupables-detre-meres-mini-debrief/

 

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9 janvier 2012

Réponse à une question de M. Pierre Bernard-Reymond

Désinstitutionnalisation des enfants handicapés

13 ème législature

Question orale sans débat n° 1432S de M. Pierre Bernard-Reymond (Hautes-Alpes - NI)

publiée dans le JO Sénat du 20/10/2011 - page 2668

M. Pierre Bernard-Reymond interroge M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur la recommandation du Conseil de l'Europe relative à la désinstitutionnalisation de la prise en charge des enfants handicapés. Il lui apparaît que cette recommandation ne prend pas suffisamment en compte le fait que l'intérêt de l'enfant est parfois mieux sauvegardé dans une institution que dans la famille.

>Transmise au Ministère des solidarités et de la cohésion sociale.

Réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale

publiée dans le JO Sénat du 23/11/2011 - page 8213

M. Pierre Bernard-Reymond. Monsieur le président, madame et monsieur les secrétaires d'État, mes chers collègues, le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe a adopté une recommandation qui semble condamner à terme l'existence des institutions accueillant des enfants handicapé;s, au profit d'un accueil dans les familles ou dans des services de proximité aux contours encore mal définis.

Cette recommandation préconise que soit découragée la construction de nouveaux établissements en s'abstenant de les autoriser ou de les financer. Il est même déclaré de façon très militante que « le passage des services en Institution aux services de proximité devrait être géré en anticipant les résistances au changement, en combattant les préjugés ».

S'il est effectivement préférable, autant que possible, que les enfants handicapé;s soient élevés dans leur famille et scolarisés dans l'école de leur quartier, il ne peut être nié, me semble-t-il, que dans de nombreux cas l'accueil en institution, qui reste la plupart du temps en relation étroite avec la famille, s'avère la seule solution possible. (Mme la secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale opine.)

Cette recommandation du Conseil de l'Europe m'apparaît donc trop brutale. Elle ne prend pas en compte le fait que l'intérêt de l'enfant est parfois mieux sauvegardé dans une institution que dans une famille qui ne dispose pas, à certains moments ou dans certaines circonstances, de la possibilité d'assurer à son enfant handicapé;, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et 365 jours par an, les moyens de son éducation, les soins particuliers qu'il réclame et les conditions de son épanouissement.

J'aimerais, madame la secrétaire d'État, que vous puissiez nous rassurer sur l'avenir de ces institutions en France, qui sont au demeurant animées et gérées par des personnels de grande qualité, au dévouement exemplaire et auxquels je tiens à rendre hommage. (M. Alain Bertrand applaudit.)

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.

Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Monsieur le sénateur, je vous remercie de l'attention que vous portez à la politique du handicap, priorité; du Président de la République et du Gouvernement, rappelée lors de la Conférence nationale du handicap le 8 juin dernier.

Vous appelez notre attention sur la recommandation adoptée le 3 février 2010 par le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe relative à la désinstitutionnalisation des enfants handicapés.

De votre point de vue, monsieur le sénateur, cette recommandation ne prendrait pas suffisamment en compte l'intérêt de l'enfant, qui exigerait, dans certaines situations, un accueil en structure adaptée.

Cette recommandation s'inscrit dans le cadre de principes fondamentaux, juridiquement consacrés, au rang desquels figure le droit de tous les enfants à la vie de famille, à l'éducation, à la formation, à la santé et à la protection sociale. Elle ne s'affranchit pas du principe selon lequel, dans les décisions qui concernent l'enfant, son intérêt supérieur prime sur toute autre considération.

C'est pourquoi le Conseil rappelait la nécessité, pour l'État, d'organiser l'accompagnement de l'enfant en dehors de sa famille par des structures de petite dimension lorsque cette solution lui est la plus favorable.

Par ailleurs, cette recommandation prend tout son sens au regard des élargissements intervenus dans l'Union européenne au cours des vingt dernières années. En effet, dans certains pays, le handicap a pu être traité sur un mode asilaire qui impose aujourd'hui une reconversion des établissements.

Dans le respect de la loi du 11 février 2005 et en réponse aux attentes des enfants handicapé;s et de leurs familles, la politique du Gouvernement en matière d'accompagnement médico-social des personnes handicapé;es met d'abord, et avant tout, l'accent sur l'adaptation et l'individualisation de l'accompagnement. Dans ce cadre, l'essentiel est que le lieu de vie retenu soit adapté à la personne et corresponde à son libre choix ou, dans le cas des enfants, à son intérêt supérieur.

Le plan pluriannuel de création de places entre 2008 et 2012, qui témoigne de la forte volonté du Gouvernement de prévoir un accompagnement suffisant et soutenu, prévoit la création, à l'horizon de 2015, de 12 000 places supplémentaires pour les enfants et adolescents, dont 1 000 places en services d'éducation spécialisée et de soins à domicile, ou SESSAD, auxquelles s'ajoutent des places en services issus de la transformation d'établissements.

Je souligne l'effet positif de la loi du 11 février 2005 sur le rôle des établissements et services médico-sociaux. Un accompagnement de qualité se reconnaît en effet aujourd'hui, de plus en plus, à la capacité de la structure à être ouverte sur l'extérieur notamment du fait de la scolarisation des enfants.

Je ne doute pas que la mission que Roselyne Bachelot-Narquin et moi-même avons confiée à Jean-Yves Hocquet sur le rôle et la place des établissements et services médico-sociaux depuis les lois de 2002 et 2005 permettra de faire avancer la réflexion.

Monsieur le sénateur, vous avez raison, c'est sur cette piste de la complémentarité des réponses qu'il faut évidemment avancer, dans l'intérêt supérieur de l'enfant.

M. le président. La parole est à M. Pierre Bernard-Reymond.

M. Pierre Bernard-Reymond. Madame la secrétaire d'État, je vous remercie infiniment d'avoir bien voulu préciser l'interprétation que donne de la recommandation du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe le gouvernement français, et d'avoir rappelé que ce dernier devra encore créer un nombre très important d'établissements destinés à accueillir des enfants handicapés.

Il est vrai que les situations en Europe sont très différentes d'un pays à l'autre. Cela explique vraisemblablement le contenu de cette recommandation du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, qui s'applique peut-être plus à certains de nos partenaires qu'à notre propre pays.

Je vous remercie d'avoir rassuré toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la permanence, à la pérennité et à l'expansion d'une telle formule d'accueil des enfants handicapés.

http://www2.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ11101432S&idtable=q246145&_c=handicap&rch=qs&de=20101101&au=20111201&dp=3+ans&radio=deau&aff=ar&tri=da&off=80&afd=cvn&rx=true

8 janvier 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 8 janvier 2010

L’immuabilité

Les enfants autistes ont très souvent une grande résistance au changement. C’est un des signes de l’autisme, et pas un des moindres, car cette peur/horreur du changement est très handicapante dans la vie de tous les jours pour l’enfant et ses parents et accompagnants.

Cela peut aller de la simple organisation d’une pièce, où les objets doivent absolument rester au même endroit, aux hurlements parce que sur le trajet de retour de l’école, on ne passe pas par la même rue que d’habitude.

Quelles sont les solutions?

À vrai dire, il y en a peu. Tout dépend du degré de tolérance de votre enfant, et selon moi c’est quelque chose qui se travaille, mais il faut y mettre du temps et de la patience.

Difficultés à sortir de ses habitudes (spatial)

Quand Matthieu a commencé à devenir trop exigeant avec l’emplacement des jouets dans les étagères, j’ai commencé à les déplacer quand il n’était pas devant, me forçant moi-même à ne pas toujours les reposer à la même place. Petit à petit, Matthieu a accepté de ne pas retrouver ses jouets là où il pensait les trouver. Même s’il a tendance à parfois les reposer à un endroit habituel des premiers temps, généralement il les repose juste là où il les a trouvés.

Difficultés à sortir de ses habitudes (organisation)

Après avoir fait manger son frère et l’avoir mis à la sieste, c’est le moment où Matthieu et moi cuisinons pour le déjeuner. Lorsque nous ne cuisinons pas (parce que nous avons prévu de manger dehors, ou bien parce que je n’ai qu’un plat à faire réchauffer au four), Matthieu a du mal à le supporter, et tente de me sortir les ustensiles habituels (généralement pour faire des pâtes, ses préférées).

Avec le temps, il a commencé à comprendre qu’il faut m’écouter quand je lui explique qu’on fait différemment, et fait moins de crises, mais elles arrivent encore occasionnellement. Dans ces cas-là, je suis intraitable et je ne cède pas, et je revois avec lui les étapes du changement du jour.

Difficultés à changer d’activité

Parfois, Matthieu hurlait quand on voulait qu’il change d’activité, en particulier quand c’était une de ses activités ludiques favorites. Sur ce coup-là, je pense qu’on ne pouvait pas faire plus que de lui réexpliquer qu’il fallait s’arrêter maintenant, changer d’activité (comme venir manger, par exemple, qui est pourtant une autre activité qu’il apprécie), et qu’il pourrait y revenir par la suite. Avec patience et tenacité, il a fini par accepter plus facilement les passages d’une activité à l’autre.

Difficulté à laisser tomber une activité annulée de manière inattendue

Il nous est arrivé de mettre les chaussures pour aller, par exemple, voir le pédopsychiatre, pour avoir un coup de fil la minute d’après pour reporter le rendez-vous. Matthieu, évidemment, a beaucoup de mal à accepter d’enlever les chaussures et de revenir à l’étape précédente: rester à la maison.

Il y a peu de solutions. Une solution facile serait de céder et d’aller faire un tour dehors deux minutes, mais c’est renforcer un comportement qui va être pénible très vite. Dans ces cas-là, je choisis donc de faire diversion en lui présentant un jouet auquel il a rarement accès (j’en ai quelques uns en hauteur exprès pour ces cas-là). Cela marche relativement bien dans le cas de Matthieu.

Difficultés à supporter un changement de trajet

Pendant quelques mois, nous sommes allés voir une orthophoniste à un autre cabinet que celui que nous fréquentons maintenant. Du coup, Matthieu ne supportait pas qu’on passe en voiture dans cette rue sans s’y arrêter pour aller à la séance d’orthophonie. Pareil pour la halte-garderie: ne pas s’arrêter signifiait une crise, ce qui, en voiture, peut être dangereux.

Sur ce coup-là, je ne pouvais pas la jouer fine, car Matthieu, quand il est dans cet état-là, n’écoute pas ce qu’on veut lui expliquer. J’ai donc décidé de le gronder pour son comportement, en lui interdisant de hurler et de se jeter de son siège réhausseur (heureusement, ce n’est pas moi qui conduis, sinon je n’aurais jamais pu régler ce problème) et en lui ordonnant le silence. Plus tard, je lui réexpliquais pourquoi on n’y allait pas, et que parfois on pouvait passer par la même rue sans forcément s’y rendre.

Combattre l’immuabilité pour éviter que les comportements ne deviennent trop lourds au jour le jour est plutôt difficile. Comment faites-vous? Est-ce que vous cédez et essayez de composer avec, ou est-ce que vous vous battez pour que ces troubles diminuent?

http://autismeinfantile.com/observation/problemes-dus-a-lautisme/limmuabilite/

8 janvier 2012

Un bon dimanche à tous ...

8 janvier 2012

article publié sur le site Des mots grattent le 3 janvier 2012

Autisme et psychomotricité : appel à communications

Bonjour,

Autisme France, association de parents reconnue d’utilité publique, représente environ 15000 familles au sein de son mouvement associatif, composé de plus de 130 associations membres, partenaires et affiliées.
 
Voici ce qu'on peut lire à la page 3 du document intitulé "Plan autisme 2008-2012 : Bilan 2011" et consultable sur le lien
 
 
"La formation des psychomotriciens est entièrement psychanalytique et le packing est intégré à leur catalogue de formations"
 
En effet, malgré une condamnation scientifique internationale :
(cf.http://autismeinfantile.com/informations/actualites/tous-unis-pour-dire-non-a-la-formation-packing-organisee-par-le-syndicat-national-dunion-des-psychomotriciens/), l'apprentissage du Packing sera proposé en 2012 en stage de formation continue par le Syndicat National d'Union des Psychomotriciens (cf. document intitulé "Stage Packing 2012" consultable sur le lien http://www.snup.fr/download/2012-Stages-S30.pdf).
 
Afin de promouvoir une autre image de la psychomotricité, la revue "Développements" souhaite publier des écrits de psychomotriciens intégrant conceptions scientifiques des troubles du spectre autistique et pratiques cliniques fondées sur les preuves.
 
L'intégralité du premier numéro de cette nouvelle revue est consultable sur le lien suivant :
 
 
Je vous invite à soumettre à publication vos manuscrits en les envoyant par courriel simultanément aux trois adresses suivantes :
 
albaret@cict.fr (Jean-Michel Albaret)
 
 
regis.soppelsa@free.fr (Régis Soppelsa)
 
 
Cordialement,
 
James Rivière
Membre du comité rédactionnel de "Développements"
 
------------------
 
James Rivière
 
Maître de conférences en psychologie du développement Psychomotricien DE (Pitié-Salpêtrière, 1990) Laboratoire de Psychologie et Neurosciences de la Cognition et de l'Affectivité (EA 4306) Université de Rouen
 
 
Thèmes de recherche et publications :
 
 
8 janvier 2012

article publié sur Vivre FM le 6 janvier 2012

Josef Schovanec : Le représentant des personnes autistes

Josef Schovanec

L’autisme est déclaré grande cause nationale cette année. Josef Schovanec est atteint du syndrome d’Asperger, il est le représentant  français des autistes de haut niveau.

« Je ne me considère pas comme digne de faire parti des personnalités de l’année 2012», voilà ce que Josef Schovanec nous a répondu. Autiste atteint du syndrome d’asperger, il reste un garçon modeste. Et pourtant, il est sans doute « l’Asperger » le plus connu et le plus médiatique de France. Tout comme l’anglais Daniel Tammet, autiste de haut niveau et auteur de « Je suis né un jour bleu », il a la particularité d’avoir développé des capacités de communication prodigieuse. Il reste donc le meilleur représentant des autistes en France.

Il a traduit plusieurs livres sur l’autisme et participe à ne nombreux colloque sur ce sujet. Il déplore le manque de donnée sur l’autisme. Son expertise du syndrome d’Asperger est reconnu en France et à l’étranger.

Un autiste de haut niveau

En tant que Rainman et Temple Grandin français, il a lui aussi ses sujets de prédilections. Passionnés de langues étrangères, il décide d’apprendre plusieurs langues latines, le finnois et l’hébreu, pour aujourd’hui se concentrer sur les langues orientales. Actuellement, il se spécialise dans les recherches comparatives entre les différentes traditions culturelles et religieuses présentes au sein de l’espace européen, sémitique et indien, notamment du point de vue de leurs influences sur le monde contemporain.

Il a été, comme beaucoup d’autres autistes, diagnostiqué à tort schizophrène étant enfant et gavé d’antipsychotique. Il a eu la rare chance d’avoir échappé aux hôpitaux de jour psychiatrique. Diplômé de Sciences Po Paris en 2003 à l’âge de 21 ans, il termine par la suite un doctorat de philosophie allemande. Son doctorat se porte sur les origines de la pensée d’Heidegger. Josef Schovanec travaille maintenant comme rédacteur, traducteur et séminariste sur l’autisme. Il est aussi consultant pour la mairie de Paris sur les questions de handicap.

L’autisme est un trouble du développement caractérisé par une impossibilité à comprendre les codes sociaux qui s’acquièrent de façon naturelle chez la plupart des jeunes enfants. Josef Schovanec possède une intelligence qui influe de façon étrange sur sa vie quotidienne. Il ne perçoit pas les émotions de la même façon qu’une personne valide.

L’autisme qui touche une personne sur 150 en France est déclaré grande cause nationale 2012. Josef Schovanec pourrait bien être sollicité cette année.

Arthur Didier

http://www.vivrefm.com/podcast/2012/01/06/josef-schovanec-le-representant-des-personnes-autistes/

7 janvier 2012

intervention de Daniel Fasquelle et réponse de François Fillon à l'Assemblée Nationale

5 janvier 2012

article publié dans SCIENCE & pseudo-sciences

Autisme : les « délires scientifiques » des psychanalystes

À propos du film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »

par Brigitte Axelrad

« La psychanalyse n’est pas une science. Elle n’a pas son statut de science, elle ne peut que l’attendre, l’espérer. C’est un délire — un délire dont on attend qu’il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n’y a pas de progrès, et ce qu’on attend ce n’est pas forcément ce qu’on recueille. C’est un délire scientifique. »

Jacques Lacan, Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.

« Le point fondamental de mon attitude en tant qu’analyste c’est le fait d’abdiquer l’idée d’une progression »

Un psychanalyste dans « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »

Dans un reportage de 52 minutes intitulé « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (Océan Invisible Productions) [1], destiné à faire le point sur la conception psychanalytique de l’autisme, Sophie Robert recueille les conceptions de dix pédopsychiatres et psychanalystes [2], dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français.

Trois des psychanalystes interviewés, appartenant à l’Association de la Cause Freudienne, assignent à présent Sophie Robert en justice et demandent de faire interdire la diffusion du film [3]. Serait-ce qu’ils ne peuvent supporter de se voir à l’écran et de s’entendre sur ce sujet ? Un article paru dans Rue89, le 4 novembre, analyse les termes de l’assignation et met en évidence les manquements à la loi auxquels se sont livrés les plaignants, comme de demander par l’intermédiaire de leur avocat les rushes, ce qui est une « atteinte au secret des sources des journalistes » protégé par la loi du 4 janvier 2010. [4]

Si Jacques Lacan est lucide lorsqu’il affirme que la psychanalyse est un « délire scientifique », comment se fait-il que, 33 ans plus tard, les psychanalystes refusent encore d’abandonner leur vision pseudo-scientifique de l’autisme ? Comment se fait-il qu’ils refusent de reconnaître, avec la communauté scientifique internationale, que l’autisme est un trouble neurologique d’origine probablement génétique, qui entraîne un handicap dans la relation sociale, qu’il y a des autismes et non pas « un » autisme, qu’il faut parler plutôt de « troubles envahissants du développement » et non pas, comme ils le soutiennent, de « psychose », résultant d’une prétendue « toxicité maternelle » et relevant de la psychiatrie ?

Le documentaire de Sophie Robert tente d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur le discours des psychanalystes eux-mêmes.

Avant Bruno Bettelheim et sa théorie psychanalytique de l’autisme, Kanner et Asperger s’étaient interrogés sur la possible origine organique de l’autisme.

En 1943, Léo Kanner avait décrit l’autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n’atteignant pas l’intelligence. Il avait reconnu qu’il s’agissait d’un trouble inné dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. En 1944, Hans Asperger, convaincu d’une origine organique de l’autisme, avait émis l’hypothèse que les troubles autistiques sont des « psychopathies » pouvant aller « de la débilité au génie ».

Bruno Bettelheim rompit avec cette conception organique et imposa une conception psychanalytique de l’autisme. Se fondant sur son expérience des camps de concentration, il avait établi une analogie entre les prisonniers des camps et l’enfant autiste. Celui-ci aurait, selon lui, reçu de ses parents, et principalement de sa mère, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait mieux, s’il n’existait pas. En réponse à ce message, l’enfant « choisissait » de s’enfermer dans une « forteresse vide », titre de son ouvrage « La forteresse vide », 1967, consacré à ce problème. [5]

À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde mais, en France, elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l’influence d’un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l’expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l’analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d’après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d’elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste ! Un psychanalyste précise : « La fonction paternelle consiste à intervenir de deux façons, d’une part à dire non à la fusion de la mère et de l’enfant et le père est celui qui interdit la mère. […] Celui qui interdit la jouissance, c’est-à-dire, qui interdit aussi bien que l’enfant jouisse exclusivement de la mère que le fait que la mère jouisse exclusivement de l’enfant. »

L’autisme et les ravages de la psychanalyse

Les théories psychanalytiques ne sont pas sans conséquence. Cixi, dans son Blog sur Mediapart, parlant des théories psychanalytiques, écrit : « Théories qui ne sont pas sans conséquences. Sûr(e)s de leurs bons droits, avec des poses de résistants à l’envahisseur anglo-saxon et ses théories cognitives comportementales (qu’ils apparentent à du dressage), les voilà qui isolent les enfants autistes de leurs parents, s’opposent à leur socialisation et scolarisation, culpabilisent les parents et instillent le doute d’une potentielle maltraitance de la part des parents et en particulier de la mère. » [1]

Voici ce que dit de son côté le Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé à propos des approches psychanalytiques de prise en charge des enfants autistes (extraits de l’avis n°102, 6 décembre 2007 [2], « Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme » :

Les années 1940-1960 : quand une théorie scientifique qui vise à comprendre la souffrance de l’enfant provoque la souffrance des parents et des enfants.

Le drame de l’autisme représente un exemple particulièrement douloureux des conséquences que peuvent avoir des théories sur les causes d’un handicap ou d’une maladie en termes de souffrance humaine et de respect de la personne. Les théories psychanalytiques de l’autisme – les théories psychodynamiques, dont le concept de « forteresse vide » – proposées durant les années 1950 pour décrire et expliquer le monde intérieur des enfants souffrant d’autisme, ont conduit à une mise en cause du comportement des parents, et en particulier des mères, décrites comme des « mères frigidaires », « mères mortifères » dans le développement du handicap (voir Annexe 3). Considérer la mère comme coupable du handicap de son enfant, couper les liens de l’enfant avec sa mère, attendre que l’enfant exprime un désir de contact avec le thérapeute, alors qu’il a une peur panique de ce qui l’entoure font mesurer la violence qu’a pu avoir une telle attitude, les souffrances qu’elle a pu causer, et l’impasse à laquelle cette théorie a pu conduire en matière d’accompagnement, de traitement et d’insertion sociale.

La révolution des années 1980 : l’émergence du concept de « trouble envahissant du développement ».

L’émergence durant les années 1970 d’une nouvelle conception organique, neurobiologique de l’autisme, considéré comme un « trouble envahissant du développement » a conduit, en particulier dans les pays anglo-saxons et les pays d’Europe du Nord, au développement de méthodes radicalement nouvelles d’accompagnement, d’insertion sociale, de « désinstitutionalisation », et de prise en charge précoce, éducative, psychologique et thérapeutique des enfants dans le cadre d’une participation active des parents et des familles. Elles ont aussi conduit à une attention particulière à la souffrance des familles, et à l’accompagnement des familles, contribuant ainsi à atténuer leur détresse. Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme « troubles envahissants du développement » a conduit à l’abandon de la théorie psychodynamique de l’autisme et de la notion de « psychose autistique » dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique.

[1] « Autisme : quand les psychanalystes font mur ». http://blogs.mediapart.fr/blog/cixi...
[2] Membres du Groupe de travail : Jean-Claude Ameisen (rapporteur), Chantal Deschamps, Claude Kordon, Haïm Korsia, Chantal Lebatard, Philippe Rouvillois.
http://www.legislation-psy. com/IM...

Lorsqu’on leur demande comment ils conçoivent l’attitude psychanalytique auprès de l’enfant autiste dont on sait qu’elle est fondée sur la parole, l’un d’entre eux ne craint pas de dire : « Disons que quand on reçoit un enfant autiste, on pratique une psychanalyse qui est une pure invention. On se trouve en face d’un sujet qui, la plupart du temps, ne dispose pas du langage. ». Un autre : « […] avec un enfant autiste, j’en fais très peu. Très peu, ça veut dire quoi ? Que je pose mes fesses, que je me mets à côté de lui et j’attends qu’il se passe quelque chose, et j’oublie, j’essaie d’oublier tout. […] Et quand on les interroge sur les résultats qu’ils attendent de la psychanalyse, l’un répond : « Je ne peux pas répondre à ça. Ce n’est pas une question de psychanalyste, ça ! » Et un autre : « En attendre ? Le plaisir de s’intéresser à une bulle de savon. Je ne peux pas vous répondre autre chose. »

En contrepoint de ce discours psychanalytique, Sophie Robert a interrogé, dans deux vidéos « Bonus », Monica Zilbovicius, psychiatre, directrice de recherches à l’INSERM (Unité INSERM 1000, Hôpital Necker, Paris). Avec une grande sobriété, celle-ci décrit les avancées de la connaissance scientifique dans ce domaine à l’aide des outils tels que les mesures de flux sanguin dans le cerveau, l’« Eye Tracking » ou « tracé du regard » et l’IRM, qui permet de détecter l’anomalie de structure dans le cerveau des enfants autistes dans la région temporale supérieure : le sillon temporal. Elle dit :  » Nous sommes donc dans la recherche sur le cerveau. »

Monica Zilbovicius confirme donc que l’autisme n’est pas une psychose, que le tableau de psychose est très spécifique de rupture de la réalité avec des hallucinations et des idées délirantes. Cela, dit-elle, ne concerne pas du tout la problématique de l’autisme.

Dans le film « Le Mur », le discours des psychanalystes s’interrompt par moments pour laisser place aux témoignages de familles touchées par l’autisme de leur enfant, comment elles ont organisé leurs vies pour donner à leur enfant les moyens de progresser grâce aux programmes TEACCH, PECS et ABA, qui s’appuient sur les sciences cognitives et comportementales. Ces programmes ont été mis au point depuis plus de 30 ans aux États-Unis mais sont très peu développés en France, essentiellement à cause du combat que les psychanalystes mènent contre eux. L’un d’entre eux dit : « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent, actuellement. La Psychanalyse se bat contre cet envahissement. »

Les psychanalystes, pour la plupart, refusent de reconnaître l’avancée des connaissances scientifiques sur l’autisme et empêchent les programmes fondés sur les neurosciences de se développer en France.

Les parents d’enfants autistes et les enfants autistes paient lourdement cette obstination.

Le film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est un bon moyen de faire connaître au grand public les obstacles, « le mur », auxquels se heurtent ceux qui sont concernés par l’autisme. Souhaitons que la plainte de ces trois psychanalystes ne freine pas une nouvelle fois les progrès dans la connaissance de l’autisme et dans le développement des structures nécessaires pour accueillir et socialiser les enfants qui en sont atteints.1

Références

[1] Les différentes parties du documentaire réalisé par Sophie Robert, en 2011, pour l’association Autistes sans Frontières : http://www.autistessansfrontieres.com/ sont téléchargeables sur vimeo : http://vimeo.com/28297548

[2] Dr Alexandre Stevens PsyK ECF – Psychiatre en chef de l’institution Le Courtil à Tournai. Prof Pierre Delion PsyK – Chef du service de Pédo-Psychiatrie du CHU de Lille. Dr Geneviève Loison PsyK lacanienne – Pédo-psychiatre référent – Lille. Prof Daniel Widlöcher PsyK – APF – Ancien chef du service de psychiatrie – Hôpital de la Pitié Salpêtrière – Paris. Dr Aldo Naouri Pédiatre – Analyste – Essayiste. Prof Bernard Golse PsyK APF – Chef de service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Necker de Paris. Esthela Solano PsyK ECF Psychologue clinicienne. Yann Bogopolsky PsyK Kleinienne. Laurent Danon-Boileau Linguiste MODYCO CNRS PsyK SPP Centre Alfred Binet Paris. Eric Laurent PsyK ECF Enseignant formateur en PsyK.

[3] Rue 89 : http://www.rue89.com/2011/11/04/aut...

[4] http://legifrance.gouv.fr/affichTex...

[5] SPS n° 286, juillet-septembre 2009
L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (1)
L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (2)
Le « packing », la camisole glacée des enfants autistes
Le « packing » confirmé par le Haut Conseil de la Santé Publique !

Observatoire zététique, 7 avril 2009, http://www.zetetique.fr/index.php/d...

1 Autisme.info a réalisé une interview de 23 min de Sophie Robert.

Article publié dans la revue Sciences et Pseudo Sciences n°299, vendue 5 euros en kiosque ou sur le net http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1744

5 janvier 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 5 janvier 2012

5 raisons pour lesquelles les parents d’enfants autistes refusent une prise en charge psychanalytique

Autisme Infantile se bat depuis quelques mois aux côtés de Sophie Robert pour que le documentaire Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme soit diffusé le plus largement possible. Nous avons déjà reçu de nombreux témoignages, sur nos articles, dans nos commentaires ou sur nos espaces de discussions, sur les déboires des parents confrontés à un milieu de prise en charge psychanalytique de l’autisme.

Je voudrais clarifier ici ma position, de manière très épurée et facile à comprendre, parce que je trouve que certains de nos propos sont dénaturés.

  1. Le point de vue psychanalytique de l’autisme est que le problème vient de la relation à la mère, qui est soit trop aimante (incestueuse), soit trop froide (frigidaire). L’autisme étant un handicap et non une psychose, dont il est maintenant prouvé qu’il n’est pas dû à un manquement de la mère, chercher à réparer cette relation n’apportera aucun changement, aucun progrès pour l’enfant. C’est une perte de temps, et cela culpabilise les mères, qui se sentent accusées, et qui sont blessées.
  2. Nous ne mettons pas tous les pédopsychiatres dans le même panier. Il y en a de très bons, je peux moi-même en témoigner, qui poussent à une prise en charge pluridisciplinaire, qui sont à l’écoute, encourageants, de bon conseil, qui ont nous intérêts à coeur. Ceux que j’ai rencontré sont soit très au courant de ce qui se fait outre-Atlantique, soit font partie de la nouvelle génération, qui a des moyens de trouver des informations que n’avaient pas les générations précédentes (je pense notamment à Internet).
  3. Nous avons compris que le comportemental, c’est avant tout de l’éducatif, ce n’est pas du dressage. Les enfants autistes peuvent être super doués pour faire des maths, de la musique, ou résoudre des énigmes complexes rapidement, et être complètement ineptes sur les choses les plus basiques. Ce n’est pas pour nous ennuyer, c’est dû à leur handicap. Nos enfants ont besoin d’être éduqués, comme les autres, mais parfois sur des problèmes différents, ou sur plus de difficultés que les autres. S’il faut en venir à la répétition d’une action pour que l’enfant puisse un jour réussir à devenir autonome sur cette action-là, s’il n’y a que cela qui fonctionne, eh bien nous préférons ça à devoir le voir dépendant des autres pour tout tout au long de sa vie.
  4. La prise en charge en hôpitaux de jour a bien montré ses limites depuis des années, voilà pourquoi nous avons peu de foi dans ces structures. On n’entend que peu les adultes autistes, parce que ceux qui ont un diagnostic (autisme moyen à sévère) sont tous dans des structures, bourrés de cachetons, bien cachés sinon ça fait désordre. Les autres, ceux qui étaient suffisamment légers pour passer plus ou moins inaperçus, n’ont pas de diagnostic officiel et donc n’ont pas autorité pour faire leur self-advocacy.
  5. Il y a des psychanalystes toxiques dans leurs façon d’aborder le handicap. Ceux qui pensent que c’est forcément dû à une faute de la mère, avant ou après la naissance, ceux qui pensent que les prises en charge comportementales doivent être à tout prix évitées, ce qui préfèrent « respecter le sujet » en ne lui apprenant rien et en attendant que l’émergence du désir arrive chez l’enfants, ceux qui entament des procédures pour retirer l’enfant à ses parents s’ils choisissent une prise en charge différente, ceux qui préfèrent ne pas donner de diagnostic… Il y en a, beaucoup, et on en voit une belle brochette dans le documentaire Le Mur.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons d’être vigilants et de bien choisir votre équipe. Une équipe pluridisciplinaire, thérapeutique, éducative, doit être encourageante, partager avec vous, vous écouter, vous soutenir… Pas vous faire culpabiliser, pas vous écarter, pas vous mentir.

http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/5-raisons-pour-lesquelles-les-parents-denfants-autistes-refusent-une-prise-en-charge-psychanalytique/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

5 janvier 2012

article publié sur le site de france culture le 4 janvier 2012

du lundi au vendredi de 7h30 à 7h36

Ecoutez l'émission 2 minutes
L'autisme, grande cause nationale, grand tracas parental

04.01.2012 - 07:30

Ce matin s'ouvrent à l'Assemblée nationale les premières rencontres parlementaires sur l'autisme. Quatre tables rondes qui servent de coup d'envoi à l'année de l'autisme en France. "Des autismes" devrait-on dire, qui touchent près de 600.000 personnes.

Des maladies élevées cette année au rang de "grande cause nationale".

Et il y a fort à faire, notamment en terme de prise en charge scolaire.

 

D'après les associations, 80.000 enfants français seraient mis à l'écart de l'école publique faute d'encadrements suffisants.

 

Choix de la rédaction proposé par Augustin Arrivé.

Thème(s) : Information| Gouvernement| Société| Santé| autisme

Lien(s)

Collectif AutismeIl est à l'origine du classement de la maladie comme grande cause nationale.
En France, si votre enfant est autiste, ne comptez sur personne. Rue89Témoignage de Laurent Alt, père d'audiste et secrétaire national de l'association Vaincre l'Autisme, à propos des défauts du système français en terme d'accompagnement des parents.
WallopolyUn exemple de service d'accompagnement proposé en Belgique.

"Le mur, la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme"Un documentaire de Sophie Robert (2011) sur les origines de la maladie.

 

http://www.franceculture.fr/emission-le-choix-de-la-redaction-l-autisme-grande-cause-nationale-grand-tracas-parental-2012-01-04

4 janvier 2012

Premières Rencontres Parlementaires sur l'Autisme avec le Collectif Autisme, le 12 janvier (rappel)

Premières Rencontres Parlementaires sur l'Autisme avec le Collectif Autisme, le 12 janvier.

Suivant la dynamique qui a initié la création d’un groupe d’études parlementaire sur l’autisme à l’Assemblée nationale (83 députés) en mai dernier, les premières rencontres parlementaires sur l’autisme se tiendront à l’Assemblée nationale pendant une journée entière, le 12 janvier 2012.

Participeront à cet événement inédit l'ensemble des instances représentatives du milieu de l'autisme. Outre les membres du groupe d’études parlementaire sur l’autisme, des représentants du Collectif Autisme, du secteur médical et médico-social ainsi que des milieux ministériels concernés par la question seront notamment présents. A titre d’exemple, monsieur Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental, nous a déjà confirmé sa présence, ainsi que Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale et madame Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat auprès de cette dernière. Ces rencontres parlementaires seront organisées autour de quatre tables rondes successives.

Ces rencontres permettront aux principaux acteurs clés du monde du handicap et de la réflexion sur l’autisme de se réunir et de débattre pour faire avancer la cause de l’autisme, et notamment sa prise en charge et l’inclusion des personnes autistes, ainsi que pour relancer la recherche sur l’autisme. Ce débat doit contribuer à susciter au sein des sphères décisionnaires et politiques (députés, sénateurs, ministres...) une réelle prise de conscience des lacunes du système français en termes de prise en charge, de la stagnation de la recherche scientifique sur les causes, le dépistage et la prise en charge, et du retard pris en matière d'inclusion des personnes autistes dans notre société. Il s'agit de relancer une dynamique nationale favorable à l’autisme, avec par exemple l’adoption d’un troisième Plan Autisme, encore plus ambitieux que celui de 2008-2011.

Au final, ce sont tous les autistes en France ainsi que leurs parents et proches qui pourront, de manière directe ou indirecte, bénéficier de cette réflexion nationale.

http://www.collectif-autisme.org/les-rencontres-parlementaires.html

4 janvier 2012

article publié sur handicap.fr le 4 janvier 2012

Accord avec la Belgique : polémique sur des exils forcés !
Publié le : 04/01/2012
Auteur(s) : Handicap.fr - E.Dal'Secco http://www.handicap.fr
Résumé : La récente signature d'un " accord cadre " entre la Wallonie et la France relatif à l'accueil des personnes handicapées a fait grincer quelques dents dans le milieu associatif. Certains dénoncent le principe de ces " usines à Français ".
 

Des langues bien déliées crient à la consternation. C'est notamment le cas de Jean-Louis Fontaine, président du Collectif des démocrates handicapés (CDH). Dans une lettre ouverte, il « condamne la contribution de la ministre à l'exil de milliers de citoyens français ».
Retour sur une visite qui crée la polémique... Le village de Neufvilles, en Wallonie, n'a pas été choisi au hasard. Il abrite un établissement spécialisé qui, depuis 1963, accueille des résidents handicapés. Comme de nombreuses communes voisines d'ailleurs. Pas moins de treize foyers où sont logées 450 personnes avec un handicap mental ou autistes. Jusque là, rien de répréhensible. Bien au contraire. Mais ce qu'il faut savoir c'est que 350 d'entre eux sont Français... Mais que diable allaient-ils faire au-delà de cette frontière ?

5 000 Français handicapés en Belgique


La France n'aurait-elle pas d'autres solutions que de confier ses citoyens les plus vulnérables aux bons soins de ses voisins Européens, et tout particulièrement belges. Face à cette recrudescence de placements hors de l'Hexagone, une association Apim HF (Aide aux personnes inadaptées mentales hors de France) a même été créée dès 1985. On estime entre 5000 et 6 500 le nombre d'enfants et adultes handicapés qui sont obligés de jouer les transfuges en Belgique pour espérer trouver une place en établissements spécialisés. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter puisqu'ils n'étaient que 1 500 en 1985. Près de la moitié d'entre eux sont originaires du département du Nord, donc limitrophe, mais que dire de ceux qui viennent de Toulouse, de Bordeaux ou de Lyon, faute de mieux ? Cette question épineuse alimente la polémique depuis longtemps déjà. Mais ce qui a mis le feu aux poudres en cette période de fêtes, d'ordinaire trêve bénie, c'est la signature d'un accord cadre entre Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux Solidarités en France, Rudy Demotte, Ministre-Président de la Wallonie et Eliane Tillieux, ministre wallonne de la Santé. Ce texte entend mieux réguler l'accompagnement des Français, grâce à un échange régulier d'informations entre les deux pays et la mise en place d'une inspection commune des établissements. Une fois encore qui s'en plaindrait ?

Signature en catimini


Avant de commenter les effets pervers d'une telle décision, Jean-Louis Fontaine déplore que ce déplacement ait été volontairement passé sous silence, la date du 21 décembre ayant été choisie, selon lui, « en catimini et dans l'opacité la plus totale ». Et d'ajouter, « même si madame Montchamp prétend que cet accord est le « fruit d'un processus de concertation », les principaux acteurs de la politique du handicap, tant belges que français, n'ont absolument pas été consultés, ni même avisés de cette visite ministérielle française. » Un petit agacement sur la forme mais une grosse colère sur le fond ! En premier lieu, il accuse la France de continuer à se dédouaner de ses responsabilités en matière de prise en charge de ses « enfants » handicapés. Cet « exil » forcé serait contraire à la loi du 11 février 2005, pourtant défendue âprement par madame Montchamp, ainsi qu'à la convention relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la France et la Belgique, et par l'Union européenne. D'autant que notre gouvernement ne cesse de réaffirmer son engagement à créer 51 000 places supplémentaires pour les personnes handicapées à l'horizon 2015. Mais quel horizon ? Celui d'une diaspora, à contrecœur ?

La promesse d'une meilleure coordination


Il est évident que ces conditions d'accueil à distance pénalisent les familles les plus éloignées de Belgique qui n'ont que rarement le temps et les moyens de traverser la France pour rendre visite à leur proche ou enfant. « Cette séparation est douloureuse pour les deux parties s'indigne Jean-Louis Fontaine, et cet accord ne fait qu'entériner une situation inacceptable ». Or, selon Marie-Anne Montchamp, pas question de rapatrier ses ressortissants. « Il s'agit seulement de pérenniser ce système en le contrôlant mieux. Car il existe deux sortes d'établissements en terre wallonne, ceux agréés par l'agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées, et les foyers privés dont certains ne sont presque jamais visités. » La coordination entre les autorités publiques des deux pays doit s'imposer, et c'est justement ce que ce nouvel accord propose de mettre en place.

Mais pour Jean-Louis Fontaine, c'est là que le bât blesse. « La Belgique est réputée pour la qualité de son accueil des personnes handicapées, notamment mentales, explique-t-il. Or il existe un dispositif qui permet aux équipes françaises de venir soigner les résidents français, exportant certaines méthodes archaïques et controversées comme le packing qui consiste à enrouler et contenir un enfant autiste nu dans des draps mouillés et froids pour, soit disant, l'aider à se détendre et prévenir les troubles du comportement. Nous redoutons que cette méthode, entre autres, n'imprègne peu à peu les « Français de Belgique » comme elle l'a fait en France. »

Question de gros sous


Un autre grief soulevé par le président du CDH, celui de la dilapidation des deniers publics, nous laisse néanmoins perplexes. Les placements sont évidemment financés par les Conseils généraux ou les caisses d'assurance maladie français, mais à un coût qui reste équivalent, parfois même inférieur, à ceux pratiqués en France. Une aubaine pour nos dépenses publiques ? Peut-être bien, comme en témoigne l'exemple du Conseil général de l'Oise qui, avec l'accord de l'ARS (Agence régionale de santé), envisage de rapatrier tous ses ressortissants d'ici 2017. Mais cette migration collective a évidemment un coût (exorbitant !) : 130 000 euros la première année par résident pour les frais d'installation et de déplacement. Or un hébergement en Belgique revient en moyenne à 150 € par jour. Le compte est bon ! Enfin pas pour tout le monde car l'effet pervers de cet afflux de Français, c'est le manque de place pour les résidents belges. Selon Jean-Louis Fontaine, « il y a une telle concurrence sur les places que certaines familles belges sont désormais obligées de garder leur enfant à domicile. » Aucune préférence nationale, ce qui fait hurler les associations locales !

A quand le retour des exilés ?


Le dernier point avancé par le président du CDH est l'impact en termes d'emplois. A la frontière belge, les foyers poussent comme des champignons et génèrent de nombreuses créations de postes qui font véritablement « vivre » cette zone frontalière. Il estime donc à 3 000 le nombre d'emplois dont sont privés les travailleurs du secteur médicosocial français.

Ce dernier événement, et la polémique qui en découle, a au moins le mérite de maintenir la vigilance des personnes concernées et des associations. La solution belge a ses avantages et ses inconvénients, ses adeptes et ses détracteurs. Ni blanc ni noir ! Alors même si en 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat à l'élection présidentielle, promettait « le retour des exilés de Belgique », ce charter de reconduite à la frontière ne semble pas prêt de décoller...

http://informations.handicap.fr/art-infos-handicap-2012-811-4523.php

4 janvier 2012

Alexandre Stevens contre Jacques Van Rillaer ...

Déclaration du Psychiatre Alexandre Stevens sur le film ( l'un des trois plaignants pour l'interdiction du film)
Déclaration analysée par le Professeur Jacques Van Rillaer

Blog de Jacques Van Rillaer :
https://blogs.mediapart.fr/jacques-van-rillaer-0/blog
Il s’y trouve des dizains d’articles présentant les aberrations de la psychanalyse.

C'est assez savoureux ... (jjdupuis)

4 janvier 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 4 janvier 2012

Maman croco en colère !

Je suis rentrée dans le monde de l’autisme en 2005/2006. Je l’ai déjà dit (et écrit ici), mais je le redirai encore et encore: toutes les informations sur l’autisme, les troubles envahissants du développement et le handicap en général, mais aussi sur la prise en charge et la scolarité de mon fils, je les ai obtenues grâce à Internet, aux parents que j’ai pu y rencontrer, aux sites et aux blogs des associations, aux forums de discussions, etc.

Je n’ai jamais eu un seul conseil ni aucune aide de la psy du CMP qui a suivi mon fils pendant près de deux ans. Maintenant, mon fils a une prise en charge dont je suis satisfaite. Les personnes qui s’occupent de lui me conseillent, m’aident et me soutiennent comme elles le peuvent, mais au final les décisions d’orientation scolaire ou d’accompagnement m’appartiennent.

Alors, pour prendre ces décisions, je retourne sur le net, j’appelle à l’aide tout mon réseau, je poste partout, je demande des avis, je me renseigne sur ce qui existe, sur ce que font les parents d’enfant plus grand que mon fils…

Je pense que je fais mon maximum  pour mon fils, mais je n’y serai pas parvenue sans le réseau et la solidarité qui existent entre nous, parents. Étant donnée la situation en France concernant l’autisme, je crois que les parents ont le devoir d’informer toujours et encore.

Vous le savez bien – en tant que maman (célibataire, en plus!) d’enfant autiste, j’ai subi tous les discours culpabilisants des psykk.

Mon fils a eu un « mauvais » diagnostic, et a eu une prise en charge qui n’avait de prise en charge que le nom pendant deux ans. De plus, j’ai été victime d’une expertise médico-psychologique (demandée par le tribunal de grande instance de Paris pour la résidence de mon deuxième fils) scandaleuse, puisque j’y suis dénigrée en tant que mère, et tout cela parce que j’ai un enfant autiste!

Alors bien sûr que je suis à fond dans le mouvement pour contrer les théories psychanalytiques qui n’apportent rien à nos enfants. Bien sûr que j’ai visionné le documentaire de Sophie Robert et que j’ai fait en sorte qu’il soit vu par le plus grand nombre de personnes possibles. Bien sûr que j’ai imprimé des images de crocos. Bien sûr que j’ai envoyé mon témoignage à Autistes Maltraités. (Ceci dit, j’avais déjà envoyé mon témoignage à l’association Léa pour Samy – qui voulait porter plainte pour discrimination à l’égard des enfants autistes, c’était en 2006. La plainte a été jugée recevable en février 2007. Un juge d’instruction du pôle Santé Publique aurait dû convoquer les familles – nous étions une quarantaine. Je n’ai jamais été convoquée, et je n’ai plus jamais entendu parler de cette plainte. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir relancé l’association pour avoir des nouvelles!)

J’espère que les choses vont enfin changer pour nos enfants et pour nous, parents, mais cela va être long et compliqué, parce que nous nous battons contre des gens qui ont beaucoup de pouvoir, et qu’il y a beaucoup d’argent en jeu.

Bien sûr que je garde espoir et que je ne baisserai pas les bras, mais je m’occupe seule de Léonard et d’Ismaël (qui est avec nous une semaine sur deux), j’ai un appartement à tenir et un travail bientôt à chercher (mon congé parental s’arrête en été 2012), alors je ne pourrai pas être partout à la fois. Même si je meurs d’envie d’aller à la conférence des pyskk, qui ont inventé un nouveau mot pour faire « style, nous aussi, on est des scientifiques » – Neuro-psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent – je pense que je n’irai pas car c’est le soir, et que le soir je suis avec mes enfants.

Je crois que notre plus grande force, à nous parents, est notre solidarité. Continuons d’informer, de communiquer, de créer des associations. Boycottons leurs « prises en charge »!

Quand leurs hôpitaux de jour seront vides, quand ils n’auront plus personne à mettre dans leur pataugeoire, et que plus personne n’écoutera leur atelier conte, l’État leur demandera peut-être des comptes ?

http://autismeinfantile.com/temoignages/muriel-et-leonard/maman-croco-en-colere/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=maman-croco-en-colere

4 janvier 2012

"le téléphone sonne" sur France Inter du 4 janvier consacrée à l'autisme

Demain, France Inter consacrera son émission "le téléphone sonne" (de 19h20 à 20h) à l'autisme.

Pour ceux qui ne connaissant pas l'émission, on peut y participer en posant des questions soit par téléphone, soit par un formulaire (dispo en ligne).

Plus d'info ici : http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-questions-sur-l-autisme


IL y aura en studio :


- Marcel Hérault, Président de "Sésame Autisme"

- Docteur Jacques Constant, pédopsychiatre

- Professeur Catherine Barthélémy, pédopsychiatre au CHU de Tours

- Anne Gatectel, Directrice de l'Ecole de psycho-motricité de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière

3 janvier 2012

article publié dans 20 minutes.fr le 3 janvier 2012

Lutter contre les préjugés sur l'autisme

Créé le 03/01/2012 à 12h05 -- Mis à jour le 03/01/2012 à 13h09
Dans une école expérimentale pour autistes à Paris.

Dans une école expérimentale pour autistes à Paris. F. STEVENS / SIPA

INSERTION - Ce trouble neurologique qui touche 600 000 Français a été décrété grande cause nationale...

Un an pour faire tomber les barrières et améliorer la prise en charge. Les associations d’accompagnement de l’autisme ont de grandes espérances pour 2012, après l’obtention du label «Grande Cause nationale», qui va offrir, pendant douze mois, une exposition médiatique accrue à ce trouble neurologique, conjuguant des handicaps de communication, d’interaction sociale et de comportement.

«Pas une sentence à vie»

Malgré des progrès dans sa détection, l’autisme, qui touche en France 600000 personnes à des degrés divers, continue de susciter de la gêne, voire de la crainte. «Ce handicap surprend car il est purement mental, impossible à détecter sur quelqu’un dans la rue. Soudainement, on peut faire face à des réactions inattendues, bizarres, déconcertantes», rappelle Delphine Piloquet, déléguée générale de l’association Autistes sans frontières. A l’âge adulte, cette difficulté à suivre «un mode d’emploi social» ferme de nombreuses portes professionnelles aux autistes, «même lorsqu’ils sont bardés de diplômes», regrette Delphine Piloquet.

Ce trouble peut pourtant être en grande partie rééduqué, surtout s’il est pris en charge très tôt. «L’autisme n’est pas une fatalité, une sentence à vie, irrémédiable, assène Delphine Piloquet. Des autistes légers peuvent mener une vie sociale, amoureuse et professionnelle normale, même s’il restera toujours des traces de leur handicap.»

Pour améliorer leur insertion, les associations misent beaucoup sur l’école, un lieu de stimulation verbale, sociale et comportementale. Moins cher qu’un suivi en institution fermée (70000€ par an), l’accompagnement des autistes en «école normale» reste néanmoins coûteux (de 25000 à 30000€ par an). En cette année particulière, les associations espèrent que l’Education nationale mettra « les moyens nécessaires».

Gilles Wallon
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