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"Au bonheur d'Elise"
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31 janvier 2012

article publié sur le blog de la COPPA le 31 JANVIER 2012

Numérologie de la vie quotidienne

Bienvenue à mon troisième colloque virtuelo-télépathique de psychanalyse antéro-post-freudienne.

J’aimerai attirer votre attention sur le symbolisme judaïquo-psychanalytique des chiffres en psychanalyse, voie royale à l’inconscient ouverte par notre mètre à penser, le toujours dissident Sigmund Freud dans ses échanges kabbalistiquo-psychanalytiques avec Wilhelm Fliess.

Vous n’êtes pas, disciples sans savoir, que la lobbyiste Sophie Robert aura finalement essuyé d’un hystéro-anal revers de derrière, la fessée tant méritée. Comme le suggérait déjà Jung (qu’on ne peut citer que lorsque ses propos ne blasphèment pas le Saint Père, barbu entouré de fumée) :

Tout ce qui ne parvient pas à la conscience revient sous la forme de destin

Le subconscient féroce de la documentariste ne l’aura pas exemptée de notre toute-puissance paternelle, ici imagée par une fessée, elle-même ici imagée dans le conscient collectif sous forme de procès équitable.

Sensible aux excellentes recherches scientifiques déjà établies dans ce domaine, je me baserai sur les études sérieuses qui ont été entreprises par psychanalysemagazine.com (source 1) (source 2) pour expliquer pourquoi nous psychanalystes sommes restés sereins à propos de ce verdict.

Ce procès eu lieu le 26 janvier.

26 :  le 2 représente la dualité, le conflit de la femme pécheresse contre les hommes abusé. Entre le 2 et le 6, c’est le 4, ou la matière, soit le monde des hommes qui refoule ce conflit à travers un procès, mais jusque 6, la création.

Nous savons depuis Freud que les nombres qu’on pourrait croire aléatoire sont en réalité la représentation d’un déterminisme inconscient absolu (Psychopathologie de la vie quotidienne), et si la création marque la fin de cette suite, c’est parce qu’elle est précédée par le 5 (l’étoile, le météore, les comportementalistes étendus au sol), représentant ici l’Apocalypse tant attendue par nous croyants.

Le verdict a été rendu vers 16 heures, un hasard ? Le 1 représentant l’unité (ici renouvelée dans la clinique française), le 6, l’harmonie recouvrée entre les différents courants de la psychanalyse.

Nous savons aussi que depuis la numération hébraïque, les nombres et chiffres peuvent être abordés de différentes manières. Ainsi, 16, alphanumériquement 1-6 ou S-F (voir source 1), Sophie-Fessée est lourd de sens.

CQFD (Ce Que Freud Démontra)

http://crocoppa.wordpress.com/2012/01/31/numerologie-de-la-vie-quotidienne/

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31 janvier 2012

Interview Daniel Fasquelle 25 janvier 2012

Daniel Fasquelle, Député du Pas-de-Calais, s'exprime au sujet de la situation de l'autisme en France et nous explique les avancées passées et à venir autour de ce handicap notamment grâce au label "cause nationale 2012". (25 janvier 2012)

31 janvier 2012

Pour une prise en charge adaptée des personnes avec autisme !

Communiqué de presse collectif – 31 janvier 2012

Ce jeudi 26 janvier, le tribunal de Lille a rendu son verdict au sujet de la plainte déposée par trois psychanalystes dans le cadre du film documentaire de la réalisatrice française Sophie Robert : « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». En résumé, les plaignants, interviewés dans le cadre du film, estimaient leur propos dénaturés. Le tribunal leur a donné raison et le film ne pourra plus être diffusé en l’état.

Nous ne rentrons pas ici dans le bien fondé de la plainte et du jugement, mais nous signalons que, dénaturés ou pas, les propos des quelques vingt psychanalystes qui ont participé au tournage du film ressemblent fort, sinon mot pour mot, à ceux que nous entendons encore régulièrement dans la bouche de nombreux « professionnels » de la santé, aussi bien belges que français.

C’est pour cela que le débat se déplace sur la question de la prise en charge de l’autisme et que nous intervenons aujourd’hui :

* pour soutenir la réalisatrice Sophie Robert et les associations de parents qui dénoncent la mauvaise prise en charge de l’autisme en France ;
* pour tirer la sonnette d’alerte dans notre pays, et plus particulièrement en Belgique francophone, car nous subissons encore l’influence de conceptions de l’autisme révolues et nuisibles pour l’évolution de nos enfants.

L’autisme est généralement vu par la psychanalyse comme un trouble de la relation précoce entre l’enfant et sa mère dont l’adulte est tenu « responsable » (mère pas assez bonne, mère dévoratrice et fusionnelle ou mère trop distante et froide, …). Cette vision n’est pas corroborée par les milieux scientifiques ni par des études rigoureuses. Quelques « études de cas » ne suffisent pas à la cautionner. La communauté scientifique internationale s’accorde sur l’origine biologique et génétique de l’autisme et la recherche scientifique a permis de mettre en évidence toute une série d’anomalies neurologiques dans le cerveau des personnes autistes. Qui plus est, les témoignages des « autistes de haut niveau » (comme le Pr. Temple Grandin) font état d’un fonctionnement cérébral et mental très différent du nôtre (des personnes dites « normales ») dont il faut tenir compte lorsque l’on intervient auprès des enfants et adultes concernés. L’autisme ne se guérit donc pas mais les méthodes éducatives, développées depuis plus de trente ans dans le monde entier, ont prouvé leur efficacité en matière d’amélioration des symptômes, permettant aux personnes autistes de s’adapter à notre monde et d’y évoluer au mieux de leurs possibilités.

Les associations de parents français dénoncent et luttent contre la quasi omniprésence de la psychanalyse dans les centres et services français destinés à la prise en charge de l’autisme. Ce même combat a été porté en Belgique il y a vingt ans par nos associations de parents ainsi que par certains professionnels avisés, ce qui a permis d’introduire dans les écoles belges des programmes d’apprentissage basés sur des méthodes éducatives adaptées et de créer des Centres de Référence de l’Autisme en 2005. C’est ainsi que depuis plusieurs années, nous observons dans notre pays un véritable exode d’enfants, adolescents et surtout adultes autistes français, venus chercher chez nous des milieux d’accueil adaptés.

Mais plusieurs professionnels belges, se réclamant entre autres de la psychanalyse lacanienne, n’ont pas rebroussé chemin et poursuivent leurs interventions inadaptées dans le cadre de centres subsidiés par l’État belge, aussi bien au niveau fédéral que régional. Pire, ils commencent à y introduire des pratiques douteuses importées de France comme le « packing », une version moderne de la douche froide et de la camisole de contention (pratique prétendant réduire les angoisses par l’enveloppement de la personne dans des draps mouillés très froids, et censée apporter un apaisement). Ces prises en charge inadaptées, voire maltraitantes, causent des conséquences lourdes au niveau humain et financier. Le défaut d’éducation cause chez les personnes autistes des dégâts immenses, notamment des sur-handicaps et des comportements inadaptés et dangereux. Nombreux sont les adultes qui, non éduqués pendant l’âge scolaire, se voient exclus des centres pour personnes handicapées. Leurs seules possibilités d’accueil sont dès lors la maison de leurs parents ou hôpital psychiatrique !

Ce que nous affirmons est documenté et peut être vérifié. Dans les mois qui viennent, nous susciterons le débat en Belgique car nous exigeons pour nos enfants autistes des prises en charge adaptées et respectueuses de leurs droits fondamentaux d’êtres humains, et refusons le retour des méthodes d’un autre âge !

AFrAHM - Association Francophone d’Aide aux Handicapés Mentaux
APEPA - Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec
Autisme
Autiproches
Grandir Ensemble
Inforautisme
Ligue des Droits de l’Enfant
Ligue des Droits des Personnes Handicapées

Le Collectif des Démocrates Handicapés - France

Personne de contact pour les associations belges :
Cinzia Agoni-Tolfo – 0476 / 94 65 18 – cinzia@tolfo.com

Personne de contact pour le Collectif des Démocrates Handicapés :
Isabelle Mostien-Resplendino - +32 65 78 31 01 - +32 473 52 07 92
secretariat-adjoint@cdh-politique.org

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0B7s8QJ-76JxVZmUxMmRiNDItN2FlMC00NzRmLWE4NDYtZmI4MzQ1ZWJkYzRm&hl=en_US

31 janvier 2012

article publié dans la Gazette SantéSocial.fr le 26 janvier 2012

Scolarisation des enfants handicapés : les parents dénoncent le manque de volonté politique

Réunies à Paris mercredi 25 janvier 2012 à l'occasion du «Grenelle de la scolarisation et de la formation professionnelle des jeunes handicapés», les associations de parents demandent la mise en place d'un véritable métier d'accompagnant, et pointent du doigt les disparités de traitement d'un département à l'autre.

Organisée à l'initiative de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph) la journée du 25 janvier avait pour objectif de dresser un état des lieux de la loi «handicap» de 2005, et de proposer des solutions pour une application réelle des textes en vigueur.

Car pour Sylvie Moscillo, présidente de l'association Défis 74, les chiffres ne veulent rien dire. «Oui, le nombre d'enfants handicapés scolarisés a bien augmenté : 200 000 enfants étaient scolarisés en 2012, contre seulement 133 000 en 2004. Mais les rentrées scolaires sont toujours aussi difficiles ! Si nos enfants entrent à l'école, c'est pour suivre une scolarité de qualité. Et sur ce point, il reste du chemin à parcourir.»

Emplois précaires
La Fnaseph dénonce en effet le manque de compétences des personnes recrutées en tant qu'emplois vie scolaire (EVS) avec une mission d'auxiliaire de vie scolaire (AVS). Recrutées sous contrat unique d'insertion (CUI : un contrat aidé de 6 mois à 2 ans), «ces personnes ne sont ni qualifiées, ni diplômées», dénonce Sophie Cluzel, présidente de la Fnaseph.
Tout AVS est bien tenu de suivre 60 heures de formation, mais cette dernière n'a pas toujours lieu avant la prise de poste, et surtout, n'est pas obligatoire pour les EVS.

Or ces derniers représentent la moitié des personnes chargées d'accompagner les enfants en milieu scolaire. Comme le rappelle Jean-François Chossy, ancien parlementaire et auteur d'un rapport sur les personnes handicapées remis au gouvernement en novembre 2011, «pour accompagner un enfant porteur de handicap, la seule bonne volonté ne suffit pas. Il faut des compétences !»

Ironie du sort, les personnes qui, elles, avaient développé des compétences, et travaillaient depuis 2003 sous un contrat d'assistant d'éducation pour l'Education nationale (contrat de 3 ans renouvelable une fois), ont dû abandonner ce métier, faute de perspectives d'évolution.

Car malgré le travail acharné des associations, aucun référentiel métier ni aucun diplôme n'ont jamais été validés, aucun cadre d'emplois défini. «Un véritable gâchis ! s'emporte Sophie Cluzel. Sur les quelques 3 500 personnes dont le contrat d'assistant d'éducation arrivait à échéance en 2009, le secteur associatif, qui s'était positionné comme repreneur de ces contrats, n'a pu en réembaucher que 180.»
Un échec dû aux contraintes administratives liées à cette délégation de service public, où seule l'Education nationale mettait la main au portefeuille.

Services d'accompagnement départementaux - Pour Sophie Cluzel, qui réclame une implication interministérielle, «il y a un manque criant de volonté politique sur ce dossier». «Autant de personnes remplacées ensuite dans les établissements scolaires par des EVS sans formation et recrutés de manière précaire. Il faut sortir de cette hémorragie de compétences !» exige Joël Derrien, président de la Fédération générale des PEP, qui propose de créer, au sein de chaque département, un service d'«accompagnement scolaire, social et professionnel», pour garantir une continuité des parcours et une réponse de qualité aux besoins des enfants.

Autre cheval de bataille des parents d'enfants handicapés : l'évaluation des besoins des enfants. «Trop souvent, les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) préconisent l'accompagnement par un AVS, a priori, parce que les enseignants ne sont pas formés à l'accueil d'un enfant handicapé, alors qu'il faudrait faire un diagnostic préalable», analyse Sophie Cluzel.

Inégalités territoriales
Car c'est ce diagnostic qui conduit à la rédaction d'un projet personnalisé de scolarisation (PPS). «Tous les départements ne mettent pas en oeuvre le PPS de la même manière, dénonce Sylvie Moscillo, quand celui-ci est mis en oeuvre ! Et dans certains départements, où le PPS n'existe pas, les parents n'ont aucun recours en cas de désaccord avec la MDPH !»
Marie-Hélène Audier, mère d'un enfant autiste, et qui se bat aux côtés d'autres familles, témoigne ainsi de sa difficulté à faire reconnaître le handicap de son fils par la MDPH de la Drôme : «Il n'y a aucun dialogue possible, pas de PPS et des directeurs d'écoles qui disent encore non à l'intégration car cela «va déranger la classe» !»
Outils statistiques - Patrick Ségal inspecteur général à l'Inspection générale des affaires sociales, admet que des progrès restent à faire pour mutualiser les connaissances et les pratiques des MDPH. «Il faudrait créer un tableau de bord national !»

«C'est une de nos revendications premières», confirme Sophie Cluzel, qui réclame à corps et à cris des outils statistiques nationaux, pour que les disparités territoriales cessent enfin.
«Sept ans après leur création, l'architecture informatique des MDPH ne permet toujours pas de requêtes au niveau national. Il n'y a aucun suivi de cohortes de jeunes, aucun suivi des enfants sans solution», dénonce-t-elle.

Principale accusée : la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, sensée garantir une égalité de traitement sur tout le territoire. Une de ses représentantes, présente dans la salle, avance une explication : «Les MDPH sont indépendantes, il n'est pas simple de les harmoniser.»
Et de lâcher : «Il existe un lourd passif d'inégalités territoriales en matière médicosociale. Ce n'est pas en 7 ans qu'on va les gommer !» Un aveu d'impuissance dont les parents d'enfants handicapés ne sauraient se contenter.

Les recommandations issues du Grenelle
Pour créer un vrai métier d'accompagnant :

  • Aboutir à la définition d'un cadre d'emplois pour un métier d'accompagnant ;
  • Mettre en place les 60 heures de formation avant toute prise de fonction ;
  • Compléter ces 60 heures de formation par des temps d'analyse des pratiques ;
  • Formaliser une évaluation des compétences au terme de chaque contrat ;
  • Développer une formation en alternance avec certification de l'Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (Inshea) ;
  • Créer, au sein de chaque département, un service d'«accompagnement scolaire, social et professionnel» porté par les associations, pour garantir une continuité des parcours, une réponse de qualité aux besoins.
Pour lutter contre les inégalités territoriales :
  • Elaborer des documents communs pour tout le territoire : projet personnalisé de scolarisation (PPS), fiche de synthèse de commission des droits et de l'autonomie (CDA), fiches de mise en oeuvre, grilles d'observation et d'évaluation...
  • Mutualiser et harmoniser les pratiques des MDPH sur l'ensemble du territoire ;
  • Réaliser un guide national des bonnes pratiques.

Michèle Foin

http://www.gazette-sante-social.fr/actualite/actualite-generale-scolarisation-des-enfants-handicapes-les-parents-denoncent-le-manque-de-volonte-politique-31371.html

31 janvier 2012

Synergie et tout un symbole

Faire part d'une naissance : Associations ASPERGER AMITIE et Autisme PACA SONT SOEURS !

partenariat-asperger autisme paca

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31 janvier 2012

article publié dans ouest-france.fr le 31 janvier 2012

États-Unis

Le centre de la parole n’est pas là où on le pensait !

Sciences et techniques mardi 31 janvier 2012

Il va falloir réécrire tous les manuels de médecine. Le centre de la parole n’est pas là où on le croyait dans le cerveau. Une découverte capitale.

Tout faux depuis le XIXe siècle

Le centre de la parole dans le cerveau ne se situe pas à l’endroit où la science le plaçait depuis la fin du XIXe siècle, révèle une recherche publiée lundi aux États-Unis et qui pourrait entraîner la réécriture des manuels de neurologie.

Jusqu’alors les neurologues pensaient que le siège de la parole était situé sur l’arrière du cortex cérébral, près du cortex auditif où tous les sons sont reçus. Ce centre de la parole était appelé « Aire de Wernicke », du nom du neurologue allemand qui avait proposé cette partie du cerveau fin 1 800 d’après ses recherches sur les traumatismes cérébraux et leurs impacts sur la capacité à parler ou à comprendre quelqu’un qui parle.

Trois centimètres qui changent tout…

Mais selon une nouvelle recherche publiée en ligne dans les Annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), et ayant analysé plus de cent études d’images du cerveau, le centre de la parole de Wernicke se trouve au mauvais endroit.

Le centre de la parole se situerait en fait environ trois centimètres plus près de l’avant du cerveau et de l’autre côté du cortex auditif, soit, en termes d’architecture et de fonctions cérébrales, très loin de l’endroit retenu par Wernicke.

Cette conclusion signifie que « tous les manuels de neurologie et de médecine devront être réécrits », insiste le Dr Josef Rauschecker, professeur au département de sciences neurologiques de la Faculté de médecine Georgetown (GUMC) à Washington D.C.

Et l’on reparle des singes…

Pour le professeur Rauschecker, cette découverte est d’une importance capitale car ce nouvel emplacement du centre de la parole chez les humains se trouve au même endroit qu’une zone récemment découverte chez des primates qui joue un rôle similaire pour émettre ou comprendre des sons.

Ceci laisse penser que « les origines de la parole chez les humains et les singes sont plus proches qu’on ne le pensait », souligne ce chercheur.

Les scientifiques font valoir depuis longtemps que la parole est l’apanage des humains. Ils expliquent que les singes communiquent en émettant des sons mais qu’ils ne possèdent pas un langage aussi élaboré que celui des hommes, en raison « de structures cérébrales moins développées pour traiter la parole », explique le professeur Rauschecker.

Selon lui, « cette avancée laisse penser que l’architecture cérébrale et le traitement de la parole entre les deux espèces sont plus similaires que ce que beaucoup de personnes pensent ».

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Le-centre-de-la-parole-n-est-pas-la-ou-on-le-pensait-_39382-2038544_actu.Htm

31 janvier 2012

article publié dans Nord Eclair le 29 janvier 2012

A Davos, une machine pour décoder le génome individuel en quelques heures

Photo AFP Photo AFP

C'est la révélation de Davos, une lueur d'espoir dans un océan de morosité: une machine miracle qui permet de décrypter le génome humain en quelques heures et pourrait révolutionner les soins.


Au Forum économique mondial, le Ion Proton a été présentée pour la première fois en Europe par son créateur l'Américain Jonathan Rothberg, un biotechnicien de 48 ans, directeur général de Ion Torrent Systems, propriété de la société américaine Life Technologies qui produit le Ion Proton.

Grâce à cette machine permettant de décoder rapidement l'ADN d'un individu grâce à des puces à semi-conducteurs, les malades n'auront plus besoin d'attendre des semaines pour savoir s'ils ont un cancer et les médecins sauront immédiatement de quelles maladies ils souffrent, ce qui leur permettra de choisir le type de thérapie adaptée, d'éviter des retards préjudiciables ou, pire, des erreurs, et de sauver des vies.

Plus tard, des chercheurs dans les pays en développement pourront grâce à cette machine identifier de nouveaux virus ou vérifier la qualité de l'eau.

Et la police scientifique pourra rechercher le profil ADN d'un suspect aussi rapidement que dans les séries policières télévisées et les militaires sur le terrain pourront identifier les corps de leurs compagnons d'armes ou de leurs ennemis.

A Davos où la finance internationale fait grise mine, Rothberg a été accueilli comme une rock star de la science.

"C'est un génie. Je veux acheter ses machines", s'enthousiasme Sami Sagol, un neuroscientifique israélien qui soutient la recherche.

"J'étais assis à côté de lui lors du dîner. Il est époustouflant", dit un jeune banquier qui a trouvé les débats scientifiques du Forum plus attrayants que les sujets économiques.

Rothberg, bonnet de ski sur la tête et chemise rayée aux couleurs vives, explique que sa trouvaille permet de passer de la tâche laborieuse du séquençage du génome humain à l'ère des puces à semi-conducteurs.

Sans fausse modestie, il compare cette révolution à celle qui a permis de passer du gros ordinateur occupant toute une salle au PC à usage domestique. Il prédit qu'un jour, le Ion Proton actuellement de la taille d'une photocopieuse, pourra être réduit et transporté à la main comme les ordinateurs portables.

"C'est la première machine qui permet de séquencer le génome entier d'un individu pour moins de 1.000 dollars et en deux heures", a-t-il dit dans une interview à l'AFP à Davos.

"Auparavant, elles pouvaient coûter plus d'un demi-million de dollars et cela prenait des semaines pour avoir les informations sur votre génome", dit-il. Le génome d'un individu est l'ensemble du matériel génétique codé dans son ADN. Chaque individu a un génome unique.

"Le Ion Proton est destiné à la recherche pour découvrir de nouveaux gènes dans les maladies du cancer, de l'autisme ou des diabètes", explique-t-il encore.

"Mais il est aussi destiné à la médecine clinique pour être certain que l'on donne le bon traitement à la bonne personne et pour aider à diagnostiquer les maladies chez les nouveaux-nés", ajoute Jonathan Rothberg.

Les échantillons d'ADN sont introduits dans une puce de 2,5 cm, puis dans le Ion Proton, à l'instar d'une carte SIM dans un téléphone portable, et deux heures plus tard, le code génétique peut être déchiffré dans sa totalité.

"Quand mon fils Noah est né, il a été immédiatement emmené aux soins intensifs car il avait des difficultés à respirer. J'ai réalisé alors que j'étais moins intéressé par le génome humain en tant que concept abstrait que par celui de mon propre fils", raconte-t-il. "Il me fallait une technologie adaptée. Et pendant qu'il était en soins intensifs, j'ai eu l'idée des puces à semi-conducteurs".

Noah s'est rétabli. Il n'avait pas une maladie génétique en fin de compte. Mais une fois que le Ion Proton sera utilisé communément dans les hôpitaux, d'autres parents attendront moins longtemps d'être fixés sur le sort de leur enfant.

http://www.nordeclair.fr/France-Monde/Breves/2012/01/29/a-davos-une-machine-pour-decoder-le-geno.shtml

30 janvier 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 30 janvier 2012

2012, fin de la loose?

Avant que ma psychomotricité fine et ma coordination oculo-manuelle ne soit perturbées par les quelques coupettes que j’ai été forcée de boire pour oublier toute la pourrititude de l’an 2011, je voudrais formuler ici quelques bonne résolutions de mère crocochonne, dont vous pourrez compléter la liste (faites attention, je contrôlerai l’an prochain – si le calendrier Maya me le permet – qu’elle ont bien été tenues):

  1. Je soutiendrai par ma présence – physique – les évènements clés qui vont jalonner l’année. Par exemple, lorqu’une manifestation est programmée le jeudi 14 février à 15H30 à Lille, devant le Conseil de l’Ordre des médecins, au 2 rue de la Collégiale, pour soutenir VLA qui colle un packeur devant le Conseil de l’Ordre, je ne dirai pas « non, je suis désolée, le jeudi j’ai piscine ». Je bougerai mon popotin pour organiser la garde des nains entre copines, je me renseignerai sur les tarif de groupe SNCF, ou je chargerai ma voiture de quelques kilos de mamans d’enfant autiste supplémentaires, et je foncerai à Lille. Dire sur Facebook « Le packing c’est pas bien », c’est parfait. Le dire en face, à haute voix, dans la vraie vie, c’est encore mieux, et c’est notre responsabilité de parents d’enfants autistes.
  2. Je lirai en profondeur et dans le détail les recommandations de prise en charge que la Haute Autorité de la Santé va publier en février. Mieux que je ne l’ai fait avec le socle commun. Même si c’est 380 pages écrites en tout petit, même si je vais perdre en glamour power, au lit, avec mes lunettes double foyer. Parce que c’est à nous, parents, de diffuser l’info. Largement, en détail et en nuances, partout où l’on passe, et de réclamer l’application sans concession de ce qui s’y trouve.
  3. Je penserai solidarité, coup de main, partage, mais aussi merci, renvoi d’ascenceur quand je bénéficie du partage d’expérience. La solidarité et l’échange, c’est le bien le plus précieux de notre combat. C’est parce que des plateformes comme Autisme Infantile existent que de plus en plus de familles évitent les chausses-trappes de la prise en charge à la française, et se sentent assez fortes pour faire respecter leur droits.
  4. Je me rappelerai chaque jour, et surtout les mauvais, que nous éduquons de futurs adultes dignes, autonomes, et indépendants. Que demain est un autre jour, celui où les autistes français adultes pourront enfin prendre la parole, et faire leur propre advocacy. Je me rappellerai que c’est mon devoir de mère de préparer le terrain pour mon enfant, pour qu’ils puisse, à son tour, définir la place de la personne autiste en France. Je me rappelerai que j’éduque mon enfant AHN, non pas pour qu’il planque son autisme, mais pour qu’il en soit fier et heureux.
  5. Je penserai à moi, à mon mec, à mes autres enfants si j’en ai, à ma vie, mon oeuvre, mon régime, mes fringues, la qualité de ma peau, mes kilos en trop, le film que je n’ai pas vu depuis trois ans et qu’il faut quand même que je voie, le roman qui n’est pas terminé car j’ai lu dix bouquins sur l’autisme entre temps, bref, je penserai à la vie qui court et continue, parce que ce dont nos enfants différents ont besoin, c’est aussi d’une maman relax, et de leur papa, parce que l’année de l’autisme, chez nous, ça fait cinq ans qu’elle dure, et elle ne va vraisemblablement pas s’arrêter tout de suite.

Et vous, quelles résolutions prenez-vous en cette année de l’autisme, grande cause nationale? Partagez dans les commentaires de l’article.

http://autismeinfantile.com/temoignages/beatrice-et-stanislas/2012-fin-de-la-loose/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=2012-fin-de-la-loose

30 janvier 2012

article publié dans le blog de médiapart le 29 janvier 2012

Procès Sophie Robert : le droit au montage en ligne de mire

 

Le jugement dans le procès qui opposait Sophie Robert, réalisatrice du film Le Mur (un film consacré à la prise en charge hexagonale de l'autisme par la psychanalyse ) à trois psychanalystes lacaniens cités dans le documentaire, a été rendu. Le verdict est globalement favorable aux plaignants : Sophie Robert, qui a immédiatement fait appel, devrait, entre autres, verser de lourdes sommes aux plaignants et retirer de son film toutes les séquences faisant apparaître les plaignants.

J'ai vu le film dès sa sortie, et j'en ai organisé une projection publique dans ma ville. Lorsque j'ai appris la plainte, je me suis dit que celle-ci n'avait aucune chance d'aboutir [comme quoi, on peut se tromper] et ne pouvait avoir comme seul effet que de créer le buzz autour du film [ce qu'elle a fait]. Lorsque j'ai revu celui-ci, en étant particulièrement attentif aux effets de montage, je n'ai pas vu sur cette base sur quoi pouvait se fonder la plainte. Et pourtant, elle a abouti. Et lorsque j'ai pris connaissance du jugement via les médias, je me suis demandé sur quoi il pouvait bien se fonder. On l'a su un peu plus tard en voyant les attendus, que je vais essayer d'analyser dans la suite de ce billet, et qui sont disponibles ICI

 

LIRE LA SUITE : http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/290112/proces-sophie-robert-le-droit-au-montage-en-ligne-de-mire

30 janvier 2012

article publié dans caducee.net le 29 janvier 2012

Autisme : les patients et leurs familles ont droit à une prise en charge par des méthodes et traitements validés

Association française pour l’information scientifique, le 29/1/2012
Publié par Caducee.net

L'AFIS a pris connaissance d'une proposition de loi relative à la prise en charge de l'autisme déposée le 20 janvier 2012 par le député du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle. Cette proposition vise à « réaffecter l’ensemble des moyens existants sur les traitements opérants », en même temps qu’elle prône l’« [abandon] des pratiques psychanalytiques, sous toutes leurs formes ».

La connaissance des causes de l'autisme a beaucoup progressé ces dernières années (identification de composantes génétiques, etc.) rendant caduque l’explication psychanalytique incriminant le comportement et l’attitude des parents.
De même, à travers le monde, les méthodes de prise en charge et de traitement ont été initiées et, surtout, évaluées. Celles qui ont fait leurs preuves ont été retenues et les thérapies d’inspiration psychanalytique ne font pas partie de l'arsenal thérapeutique mis en œuvre dans la plupart des pays et ne figurent dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d’autisme. La France fait figure d'exception : les thérapies d’inspiration psychanalytique y sont toujours largement dominantes, avec des conceptions dépassées, des discours et des explications d'un autre âge, culpabilisant les familles et, tout particulièrement, les mères. C’est ainsi que perdurent des pratiques inadéquates, quand elles ne sont pas, tout simplement, scandaleuses (comme le packing, où les enfants autistes sont enveloppés de draps humides et froids (10°C), méthode dont on n’a jamais prouvé la moindre efficacité, malgré plus de trente ans d’utilisation).
Si le rôle des autorités publiques n'est pas de dire le vrai et le faux en matière scientifique ou médicale, celles-ci sont dans leur droit et, pensons-nous, honorent leur devoir en faisant en sorte qu'en matière de santé publique, les seules pratiques reconnues et mises en œuvre dans le système de soins soient celles validées et reconnues par la communauté scientifique et médicale.
La proposition de loi pose une question légitime : au nom de quoi, en France, les enfants autistes et leurs familles ne pourraient-ils pas bénéficier des pratiques efficaces, validées et mises en œuvre avec succès dans la plupart des pays du monde ? L’autisme est un trouble qui touche environ 1 enfant sur 150. La situation des familles concernées est dramatique en France, car elles n’ont que très difficilement accès aux soins efficaces et doivent souvent s’expatrier à l’étranger pour offrir aux enfants touchés la chance de bénéficier des traitements adaptés. Le législateur est dans son devoir en demandant que les moyens financiers soient réaffectés vers les pratiques efficaces et validées.
Nul doute que la proposition de loi soulèvera des polémiques et que certains la présenteront comme une ingérence dans un débat scientifique. Ce qui ne devrait pas être le cas. Le débat scientifique sur l’apport des théories psychanalytiques à la prise en charge et au traitement de l’autisme est largement clos. Des pratiques non validées s’inspirant de ces théories peuvent relever de choix individuels et privés mais n’ont pas leur place dans le système de santé publique. À l’heure actuelle, il s’agit bien de patients et de leurs familles qui sont privés des soins adaptés, au nom d’un positionnement idéologique et au mépris des connaissances acquises sur l'autisme et sa prise en charge.
Le premier ministre a accordé le label « grande cause nationale » à l’autisme. Souhaitons que ce soit l’année où la France rattrape son retard et se tourne enfin vers des approches dont l’efficacité est démontrée.

Paris, le 22 janvier 2012

Texte de la proposition de loi :


http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idb=10848&mots=all

28 janvier 2012

"Sur les bancs de l'école" un site à découvrir ...

Association loi 1901, propose un concept novateur "La maison de TED"

Un lieu où les familles trouvent aide et soutien pour affronter leurs difficultés

Je vous laisse découvrir http://www.surlesbancsdelecole.org/#/la-maison-de-ted/3843544

27 janvier 2012

article publié dans France Soir.fr le 27 janvier 2012

L'autisme bientôt décelé chez les bébés ?

Une étude publiée ce vendredi dans la revue médicale américaine Current Biology révèle que des signes d'autisme ont pu être détectés chez des bébés entre 6 et 10 mois, en mesurant leur activité cérébrale. Une découverte qui pourrait faciliter la prise en charge de la maladie.

L'autisme touche 1% de la population et est généralement décelé vers l'âge de 2 ans
L'autisme touche 1% de la population et est généralement décelé vers l'âge de 2 ans SIPA/SUPERSTOCK

Alors que le traitement de l'autisme est âprement critiqué en France, le dépistage, lui, vient de connaître une avancée notable.

En effet, une étude publiée ce vendredi dans la revue américaine spécialisée Current Biology révèle que des signes d'autisme ont pu être détectés chez des bébés entre 6 et 10 mois, en mesurant leur activité cérébrale. L'autisme est généralement diagnostiqué autour de l'âge de deux ans, mais un dépistage précoce aiderait à la prise en charge de la maladie, qui affecte environ 1% de la population et se traduit par des difficultés à communiquer avec le monde extérieur. L'étude s'est focalisée sur 104 bébés de 6 à 10 mois, dont la moitié présentaient un risque plus important de souffrir d'autisme parce qu'un ou plusieurs des frères ou sœurs aînés étaient déjà atteints du syndrome.

 
Des études complémentaires nécessaires

Sachant que les enfants autistes évitent souvent de regarder les gens dans les yeux, les chercheurs ont mesuré avec des capteurs l'activité cérébrale des bébés dans deux cas : lorsqu'on leur présentait des visages les regardant directement ou, au contraire, des visages évitant de les regarder. Résultat : les scientifiques ont noté une différence significative des ondes cérébrales chez les bébés à faible risque d'autisme, ou qui n'ont pas ensuite développé la maladie, en fonction de l'image présentée. En revanche, la réponse cérébrale des bébés qui ont ensuite été diagnostiqués comme autistes s'est révélée beaucoup plus neutre.

Le professeur Mark Johnson du Birkbeck College de l'Université de Londres, co-auteur de l'étude, souligne toutefois que le test n'a pas fonctionné « à 100% », certains enfants montrant des signes d'autisme alors qu'ils n'ont pas développé la maladie par la suite. Le chercheur en conclut donc que « des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer si des mesures de l'activité cérébrale comme celles utilisées dans l'étude peuvent jouer un rôle dans l'identification des enfants autistes à un stade précoce ».


27 janvier 2012

article publié sur le site du collectif EGALITED - le jugement intégral "Le Mur" de Sophie Robert 26 janvier 2012


LE MUR: le Tribunal de Grande Instance de Lille a rendu son jugement.

Sophie Robert est jugée coupable d'avoir modifié les propos des 3 psychanalystes plaignants au montage et sa société est condamnée à leur verser au total 25000€. Leurs interviews doivent être supprimées du "Mur" qui ne peut plus être diffusé en l'état. Cependant le film "Le Mur" n'est pas interdit, une fois que leurs interviews seront supprimées il pourra continuer d'être diffusé.
Par ailleurs:
- Autistes Sans Frontières est mis hors de cause, les 3 plaignants doivent lui verser 2000€
- les 3 plaignants sont déboutés de leur demande de publication du jugement sur le site web de ASF
- ils ne sont pas non plus considérés comme co-auteurs du film "Le Mur".

Le jugement intégral: cliquez ici

Sophie Robert a annoncé son intention de faire appel.

http://www.egalited.org/

27 janvier 2012

article publié dans l'express.fr le 27 janvier 2012

Un documentaire sur l'autisme interdit

Par Estelle Saget, publié le 27/01/2012 à 10:33, mis à jour à 11:19

Un documentaire sur l'autisme interdit

Un documentaire sur l'autisme interdit.

AFP/PHILIPPE HUGUEN

La justice a condamné la documentariste Sophie Robert qui dénonçait le traitement des enfants autistes par la psychanalyse. Mais la polémique a servi la cause du film. 

Le tribunal de grande instance de Lille a rendu sa décision, le 26 janvier, dans l'affaire du documentaire Le Mur, dénonçant le traitement de l'autisme par la psychanalyse. Il a donné raison à trois des psychanalystes interviewés. La justice a en effet estimé que les extraits des entretiens donnés par Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, membres de l'Ecole de la cause freudienne fondée par Jacques Lacan, "portent atteinte à leur image et à leur réputation en ce que le sens de leur propos est dénaturé". Le jugement, rendu selon une procédure d'urgence, demande que les passages incriminés soient supprimés du film de 52 mn. Cela implique que celui-ci soit retiré du site internet de l'association Autistes sans frontières, où on peut actuellement le visionner. La documentariste Sophie Robert est en outre condamnée par le tribunal à verser 34 000 euros au titre des dommages et intérêts et de différents frais. Me Benoît Titran, l'avocat de la documentariste, a annoncé son intention de faire appel du jugement, qui prend application immédiatement. 

La documentariste s'est exprimée depuis les Etats-Unis lors d'une conférence de presse diffusée sur internet peu après que le verdict ait été rendu. Elle a dénoncé "la dérive sectaire du mouvement psychanalytique français et son emprise sur la société française", précisant toutefois que "tous les psychanalystes ne sont pas concernés par cette dérive et que certains, au contraire, la dénoncent". Elle a annoncé qu'elle prépare actuellement un deuxième volet à sa série sur la psychanalyse. Celui-ci ne portera pas sur l'autisme mais sur la théorie sexuelle, a-t-elle expliqué, pour montrer "la vision très spécifique de la sexualité dans la psychanalyse, pour laquelle la sexualité explique tous les troubles psychiques". 

Le Mur intéresse au-delà des frontières

Par leur action en justice contre le documentaire, les trois plaignants ont largement contribué à faire connaître ce film, au départ confidentiel. A sa sortie au mois de septembre 2011, son audience se limitait au milieu associatif regroupant les parents d'enfants autistes. S'il est parfaitement visible par le grand public, le documentaire exige en effet du spectateur une certaine motivation, car les psychanalystes s'y expriment dans leur langage et manient des concepts souvent abscons. Mais les passions que Le Mur a déchaînées ont finalement suscité l'intérêt au-delà des frontières de l'Hexagone. Le quotidien américain The New York Times a consacré un long article à l'affaire le 19 janvier. Et une version courte de 30 mn du Mur, doublée en anglais mais non censurée, doit être projetée le 27 avril à Philadelphie, aux Etats-Unis, lors d'une conférence internationale sur l'autisme organisée par l'association promouvant la méthode comportementale ABA. 

En France, le député UMP Daniel Fasquelle a annoncé le 20 janvier son intention de déposer rapidement une proposition de loi visant à interdire l'accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales. 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/un-documentaire-sur-l-autisme-interdit_1076009.html

27 janvier 2012

article publié dans RUE89 le 26 janvier 2012

Autisme : le documentaire « Le Mur » condamné par la justice

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89



Maël en classe dans son école à Mons, le 17 novembre 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)

Les psychanalystes ont gagné une bataille contre les parents d'enfants autistes soutenant la réalisatrice du documentaire « Le Mur ». Mais la guerre n'est pas finie. Sophie Robert fait appel du jugement rendu ce jeudi 26 janvier par le tribunal de grande instance de Lille, annonce son avocat Benoît Titran.

Trois psychanalystes interrogés dans son film la poursuivaient pour « atteinte à l'image et à la réputation ». Ils estimaient que les propos qu'elle avait retenus dans son documentaire, une charge contre le traitement psychanalytique de l'autisme, avaient été « dénaturés ». Le juge leur a donné raison.

Sophie Robert est condamnée à leur verser un total de 19 000 euros, et à retirer les extraits des interviews du film, ce qui équivaut à une interdiction du film. La réalisatrice et productrice devra également payer 9 000 euros pour la publication du dispositif de la décision dans trois revues choisies par les plaignants, et 6 000 euros pour les frais de justice.

Remise en cause de tout travail documentaire

Me Benoît Titran, estomaqué par la décision du tribunal, estime cette décision de justice « dangereuse pour la liberté d'informer » :

« Ce qui est critiqué c'est le principe même du travail de montage, ça remet en question n'importe quel travail de documentaire. Les psychanalystes interviewés se sont piégés eux mêmes dans leurs réponses, elle ne les a pas piégés ».

Dans le jugement de douze pages, que Rue89, a pu consulter, le tribunal fonde sa décision sur une comparaison entre les rushes qui avaient été saisis, donc les interviews initiales, et le documentaire tel qu'il a été monté. Exemples :

  • Sur les causes de l'autisme, Sophie Robert « laisse faussement apparaître que pour Alexandre Stevens les parents sont désignés comme responsables ou fautifs ». Dans l'interview intégrale,le psychanalyste est plus nuancé :

« parfois, quand la mère est déprimée, enceinte, ou à la naissance, ça peut parfois [arriver], l'enfant peut être autiste et parfois pas ».

  • Sur l'apport des neurosciences, le tribunal estime que les propos d'Eric Laurent ont été tronqués. A un moment de l'interview, il déclare :

« la description de nous-mêmes comme mécanisme biologique se complexifie des hypothèses amenées par les neurosciences, par la biologie fondamentaler, par tel chercheur, telle équipe, etc, nous les commentons (...) ».

Le tribunal estime donc qu'« il ne peut être retenu de ces propos que le demandeur serait dans le refus des connaissances scientifiques actuelles ».

La réalisatrice est actuellement à Philadelphie, aux États-Unis, où elle a été invitée par l'association internationale ABAI, promoteur des méthodes cognitivo-comportementales, à présenter son film. Elle doit réagir lors d'une conférence de presse en direct sur internet, ce jeudi, à 21h heure française.

http://www.rue89.com/2012/01/26/autisme-le-documentaire-le-mur-condamne-par-la-justice-228785

27 janvier 2012

article publié sur le blog de Jean-Marie de Lacan (Critique raisonnée du Non psychanalytique)

Avertissement : CECI EST UNE PARODIE
                           JMDL N'EST PAS RÉEL MAIS SYMBOLIQUE


Sang sur le Mur, nettoyé…

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Chers disciples,

Notre victoire, grandiose et incontestable, marque l’avènement d’une nouvelle ère de prospérité pour l’empire franco-argentin. La sorcière scientiste est vaincue, et notre savoir ancestral demeurera bien sécurisé, au plus profond de notre inconscient.

Nous ne saurions pour autant faire étalage de notre jubilation sans préciser qu’il ne s’agit que d’un début, qu’il faudra poursuivre la lutte car si les principales instances demeurent acquises à notre cause, le coup d’état n’est jamais très loin comme le prouvent les derniers évènements ayant eu lieu au Maghreb. Voici pourquoi certaines mesures doivent être mises en place dès maintenant sans compter d’anticipatoire préalable ni de préavis.

Nos prochaines résolutions seront donc (dans le désordre) :

  • La fameuse société de production de la sorcière scientiste n’aura plus d’invisible que le nom. Il est essentiel d’obtenir sa liquidation judiciaire dans les plus brefs délais, sous peine de voir émerger un désir de renouer avec le sacrilège mural. Tous les enregistrements seront donc saisis par nos autorités dans les heures qui viennent.
  • Le scientisme et ses neurobiolos, de plus en plus galopants dans nos contrées, doivent être contenus. Le conseil suprême de la COPPA se saisira des principales recherches scientifiques en cours pour les mener à mal. Tout financement des travaux de recherche ayant un quelconque rapport avec la génétique, les neurosciences, la psychopharmacologie ou le développement de nouveaux psychotropes, sera suspendu, à moins que les résultats de ces études puissent venir confirmer nos théories, et que celles-ci puissent ainsi obtenir le label “neuropsychanalyse”.
  • Tout exemplaire du DSM situé à l’intérieur des frontières de l’empire franco-argentin devra être remis à nos autorités pour être brulé, si tant est qu’il s’agisse des versions ultérieures au DSM III. Les seuls diagnostics désormais autorisés sont les névroses et les psychoses, les seules causalités autorisées sont sexuelles et parentales. Le terme “autisme” ne devra plus être prononcé sous peine d’une amende fixée à 2 ADG (années de divan garanties)
  • Par mesure de sécurité, tout ce qui n’est pas d’obédience psychanalytique ne pourra pas être qualifié de psychothérapie. Les cognitivos et comportementalo-fachos seront tolérés à condition de ne pas supprimer plus d’un demi-symptôme par patient, et à condition d’entamer une analyse didactique qui sera rendue obligatoire pour tout thérapeute, tout psychiatre et tout pédiatre.
  • Le service civique, auparavant militaire, laissera la place au service analytique qui consistera à servir notre cause durant une ADG (année de divan garantie) et notamment à repousser hors de nos frontières toutes les tentatives d’invasion scientistes et/ou comportementalo-fascistes.
  • Toute œuvre ou démarche caricaturale dirigée vers les nôtres ou notre discipline sera prohibée, et sanctionnée d’une peine estimée entre 3 et 15 ADG. Toute représentation visuelle de nos prophètes sera également sanctionnée de façon similaire. Tout débat sur la psychanalyse ne pourra avoir lieu qu’avec des intervenants préalablement choisis par notre conseil suprême et nos cardinaux.
  • Jacques Van Rillaer est dorénavant interdit de séjour dans l’empire franco-argentin.
  • Estève Freixa i Baqué sera incarcéré dès ce soir dans le donjon de la COPPA.
  • Michel Onfray est condamné à 20 ADG ainsi qu’à des excuses publiques dans le média de notre choix.
  • Magali Pignard est condamnée à suivre un séminaire de trois ans intitulé : “Entre trou et quête du pénis, itinéraire d’une femme d’honneur et de sperme”.
  • Jean-Louis Racca est condamné aux travaux forcés, à savoir shampouiner les divans de tous les psychanalystes du nord-ouest de Paris.
  • Un couvre-feu est instauré dès ce soir pour les mères d’autistes qui seront parallèlement interdites de tout rassemblement, manifestation ou vie associative. Elles seront également soumises à notre repartage des tâches à domicile ainsi qu’à une base de 50 ADG.
  • Les associations de parents d’enfants autistes seront dissoutes dans les quinze jours et chaque président condamné à 15 ADG et 60 empaquetages avec sursis.
  • Le féminisme, l’homosexualité non refoulée et l’homoparentalité seront requalifiés en tant que psychoses et soumis à un minimum de 30 ADG.
  • Étant donné le peu de dégât qu’il occasionne, l’inceste paternel sera dépénalisé.
  • Toute tentative d’invasion comportementalo-fasciste sera reconduite à la frontière en bulle de savon.
  • Toute idée d’une progression devra être abdiquée.

N’hésitez pas, chers disciples, à me faire part de vos propositions si celles-ci peuvent améliorer nos conditions.

En attendant, sincères félicitations à tous ceux sans qui rien de tout cela ne serait arrivé.

Sans-surement vôtre,

http://jyaimedesailes.wordpress.com/2012/01/26/sang-sur-le-mur-nettoye/

26 janvier 2012

article publié sur le blog du documentaire le 26 janvier 2012

France Télévisions : Manifeste pour le documentaire

Extraits :

Poursuivant sa volonté d’aborder tous les genres documentaires, du cinéma d’auteur au docu-fiction en passant par les webdocumentaires et les nouvelles écritures web, Le Blog documentaire reproduit ici le “manifeste” publié par France Télévisions à l’occasion du FIPA 2012, à Biarritz."

*

"Le goût du documentaire

Le documentaire est le lieu où l’exigence d’un contenu fort rencontre une forme voulue par un auteur, l’un ne va pas sans l’autre. Le contenu d’un film documentaire ne peut être un cours magistral, il n’est pas un objet neutre totalement objectif, il est sublimé par une forme singulière. Le documentaire n’est pas un sujet, mais une œuvre qui marie une connaissance ou une expérience à une vision.

Un film documentaire existe par la rencontre avec le téléspectateur : il trouve son sens dans la volonté d’aimanter un autre que lui-même, par sa volonté de dire quelque chose du monde, de faire connaître, de partager, de faire évoluer les esprits. Il existe dans le documentaire une dimension de remise en cause des idées reçues, des pratiques sociales, des ordres établis. Il incarne le genre de programme le plus indépendant et le plus libre de la télévision."

(...)

"Tous les sujets, tous les genres, toutes les écritures, toutes les audaces ont leur place sur France Télévisions car ce qui fonde le documentaire c’est la curiosité, le besoin d’approcher, de rencontrer l’autre et, comme en miroir, son écriture se réinvente sans cesse."

(...)

"Sur France Télévisions, le documentaire est un véritable engagement. Il contribue à la vie citoyenne en créant les récits qui permettent d’appréhender, au delà de l’actualité, les mouvements qui traversent et agitent notre monde. Certains d’entre ces films nous permettent même de rêver qu’un autre monde est possible. D’autres encore, nous révèlent une face du monde que nous n’aurions pas imaginée."

(...)

"le documentaire est un genre qui porte en lui, de par sa plasticité, l’exigence de la diversité. Fondée sur la singularité d’une écriture, à chaque programme renouvelée, cette création est rétive aux discours convenus parce qu’elle est subjective.

Au sein du documentaire, toutes les écritures sont développées : enquêtes, portrait, unitaires, documentaires « feuilletonnants », immersions, enquêtes, décryptages, incarnations…"

*

"L’objet ne se laisse pas si facilement saisir, et c’est sans doute une chance pour nous tous, car c’est justement dans cette impossibilité à se « cadrer » qu’il trouve sa liberté, sa vitalité.

Le documentaire est une forme ouverte, qui se renouvelle sans cesse, en accueillant volontiers en son sein des modes d’écritures venus d’autres genres. Il s’enrichit par exemple de la fiction ou des apports de l’écriture du journalisme d’investigation ou même du magazine.

Cette porosité relative avec les autres genres n’est pas une faiblesse ou un danger, mais une force et un espoir. Le documentaire ne cesse de prendre des risques et de se remettre en cause.

Le désir de saisir le réel reste le cœur du documentaire : le saisir, avec rigueur, dans sa complexité et le transformer en récit.

Mais si le documentaire est cette alchimie, il ne doit jamais verser dans une posture professorale, condescendante. Si chaque programme est un objet de partage de connaissance, il n’est pas une leçon. Il propose autre chose : une expérience intime, faite d’émotion et de sens, une révision de nos perceptions par un récit personnel."

C’est d’abord la garantie d’une augmentation de la contribution au genre documentaire. Ensuite, la télévision publique s’est engagée par ces accords à un meilleur financement horaire des œuvres.

Les documentaires sont notre patrimoine commun, comme peu de programmes, ils gardent des réserves de puissance, au-delà du flux quotidien des images. Leur pérennité – leur valeur à long terme – est une fierté que nous revendiquons.

Fabrice Puchault, Dana Hastier, Caroline Behar, Yann Renoard,
directeurs des documentaires France 2, France 3, France 5, France 4.
Gilles Camouilly,
directeur de l’antenne et des programmes France Ô.
Boris Razon,
directeur du transmedia et des nouvelles écritures

LIRE L'ARTICLE DANS SON INTEGRALITE en cliquant sur le lien suivant :

http://cinemadocumentaire.wordpress.com/2012/01/26/france-televisions-manifeste-pour-le-documentaire/#comment-272

26 janvier 2012

article publié dans la Voix du Nord le 26 janvier 2012

Le Mur, documentaire sur l'autisme de Sophie Robert ne pourra être diffusé en l'état

jeudi 26.01.2012, 16:50- La Voix du Nord

Sophie Robert, realisatrice du documentaire Le Mur sur l'Autisme en France lors de la premiere projection au cinema l'Univers a Lille en novembre PHOTO ARCHIVES C. LEFEBVRE Sophie Robert, realisatrice du documentaire Le Mur sur l'Autisme en France lors de la premiere projection au cinema l'Univers a Lille en novembre PHOTO ARCHIVES C. LEFEBVRE

| Métropole lilloise |

La chambre civile du tribunal de Lille a rendu sa décision. Le Mur, le film de la documentariste Sophie Robert, au sujet de la prise en charge de l'autisme par la psychanalyse, ne pourra pas être diffusé en l'état.

Trois psychanalystes de renom l'accusaient d'avoir galvaudé leur propos. Ils ont été entendus : les passages contenant les extraits de leur interview devront être supprimés du film. Sophie Robert devra en outre payer la somme de 36 000 euros.

Le documentaire Le Mur avait été diffusé en septembre sur Internet. Les trois plaignants avaient demandé, en octobre, par voie de justice, d'accéder aux rushes du film, ce que l'auteur avait refusé, malgré une décision de justice. Une décision qui avait été confirmée en novembre.

En décembre, après avoir visionné les rushs et les avoir croisés avec la version disponible du Mur, Christian Charrière-Bournazel avait maintenu la demande des plaignants. Des parents d'autistes, des tenants des méthodes dites cognitivo-comportementales étaient venus soutenir Sophie Robert. (notre photo)

Le film de Sophie Robert sera présenté ce vendredi à une conférence internationale sur l'autisme, organisée à Philadelphie, aux États-Unis, par l'association internationale ABAI, promoteur des méthodes cognitivo-comportementales.

http://www.lavoixdunord.fr/actualite/L_info_en_continu/Metropole_Lilloise/2012/01/26/article_le-mur-documentaire-sur-l-autisme-de-sop.shtml

26 janvier 2012

article publié dans Nord Eclair le 26 janvier 2012

Autisme : « Il faut tourner la page de la psychanalyse »

Théo, six ans, atteint de troubles autistiques, est scolarisé. Théo, six ans, atteint de troubles autistiques, est scolarisé.

Alors que le tribunal de Lille doit se prononcer aujourd'hui sur l'interdiction d'un documentaire sur l'autisme, la sénatrice Valérie Létard parle de ce qu'il reste à faire.


La procédure judiciaire autour du film « le Mur » témoigne d'un débat très passionnel sur la prise en charge de l'autisme. Où en est-on ?

>> Une des mesures essentielles du plan autisme 2008/2010 était de demander à la Haute Autorité de Santé (HAS) de définir un socle commun de connaissances, de définir ce qu'est l'autisme. Contrairement au reste de la communauté internationale, on continuait à le considérer comme une psychose. Et, par conséquent, traitée comme telle par la psychanalyse. L'autisme de l'enfant, pour résumer, était lié à la maman. Cette définition de l'autisme a privilégié l'approche psychanalytique et nous n'avons pas développé, comme en Belgique ou au Canada par exemple, une prise en charge médicosociale de l'autisme avec des méthodes éducatives, comportementales, des outils qui n'étaient donc ni reconnus ni pris en charge ici.

Pourquoi cette particularité française ?

>> Les réticences fortes du monde de la psychiatrie. Sauf que les familles n'y trouvaient pas leur compte car les enfants pris en charge de cette façon n'ont pas progressé. Si beaucoup de familles envoient leurs enfants en Belgique, ce n'est pas uniquement faute de places, c'est surtout faute de structures en France qui prennent en charge les enfants avec ces autres outils qui existent.

L'autisme n'est pas uniforme ?

>> Non, on peut être plus ou moins sévèrement atteint, de la même façon qu'on peut avoir un autisme avec troubles psychiatriques associés. Il y a des autistes aveugles ou avec un retard mental ou encore les « Asperger », dotés d'une mémoire exceptionnelle... Il faut plutôt parler des autismes, des troubles envahissants du comportement (TED).

On a du mal à avoir, aussi, un consensus sur le nombre de personnes touchées ?

>> On n'a pas d'enquête épidémiologique fiable pour bien mesurer l'importance et les contours de la population à prendre en compte. On considère qu'il y a 5 à 8 000 enfants qui naissent, chaque année, atteints d'autisme ou de troubles envahissants du comportement. A minima, il y a une prévalence d'un enfant sur 150 atteint de TED.
Une fille pour 4 garçons et on considère qu'il y a entre 350 000 et 600 000 personnes en France.

C'est énorme comme fourchette !

>> Oui parce que pour connaître exactement la situation, il faut qu'ils soient diagnostiqués. Il y a aujourd'hui des autistes adultes qui sont dans des hôpitaux psychiatriques mais qui ne sont pas définis comme autistes. Cela dit, pour faire une étude épidémiologique, il fallait déjà être d'accord sur la définition de l'autisme. C'est le travail qu'on a demandé à la HAS avec un comité scientifique. On a travaillé avec les associations de parents et médicosociales pour trouver un consensus et une définition scientifiquement validée. La conséquence, c'est que la psychanalyse n'a plus de justification à être le mode de prise en charge des autistes. Il faut aller vers une approche pluri-méthodes, avec une prise en charge médicosociale, des méthodes éducatives, comportementalistes et, pourquoi pas, avec un accompagnement psychiatrique quand il y a des troubles associés.

Vous dites bien psychiatrique et pas psychanalytique ?

>> La définition que donne l'HAS de l'autisme justifie qu'on tourne la page de la psychanalyse. Une fois qu'on a dit ça, le problème c'est comment on fait changer les comportements. Le plan 2008-2010 a autorisé 24 expérimentations de structures médicosociales utilisant des méthodes comportementalistes : ABA, PECS, etc.

Reste un cruel manque de places en centres spécialisés...

>> Sur les 4 100 places à créer dans le plan autisme 2008/2010, et qui ont été autorisées, seules 1 610 sont opérationnelles car construire des nouvelles structures, c'est long. Est-ce qu'on ne peut pas aussi, pour mailler le territoire, s'appuyer sur des Instituts médicaux éducatifs (IME) plus généralistes, dans un cadre bien défini ? En y créant des unités spécifiques d'une dizaine de places, avec un ratio d'encadrement plus fort et des professionnels formés ?

Les procédures n'expliquent pas tout dans ces retards ?

>> C'est un mélange de tout. On part de très loin. Il y avait peu de structures médicosociales organisées pour la prise en charge de l'autisme selon les nouvelles recommandations de la HAS. Des enfants et des adultes se retrouvent dans des structures et IME mais ça ne se passe pas bien car ils ne sont pas toujours adaptés pour les autistes. L'autisme suppose une prise en charge plus complexe, avec des professionnels formés à ces techniques très particulières pour lesquelles on a encore très peu de formation en France. On part de très loin. Je pense qu'une approche pluri-méthodes est essentielle. Certaines méthodes fonctionnent bien avec un enfant, d'autres pas. Ce qu'il faut, c'est individualiser la prise en charge, car l'autisme n'est pas uniforme. Et pour cela former tous nos professionnels afin que ça ne reste pas lettre morte : les psychiatres, les psychomotriciens, les généralistes, les enseignants, les travailleurs sociaux, etc.

Il y a des organismes de formation pour les professionnels du médicosocial mais combien est affecté à la prise en charge de l'autisme ? Il faut intégrer dans tous les cursus de formation, initiale et continue, ces nouvelles pratiques et cette évolution de la prise en charge de l'autisme. Il faut un véritable plan national de formation.

Valérie Létard vient de rendre un rapport sur l'impact du plan autisme 2008/2010.

http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/01/26/autisme-il-faut-tourner-la-page-de-la-p.shtml

26 janvier 2012

article publié dans JIM.fr le 13 janvier 2012

Autisme : la France n’a pas encore surmonté son immense retard

Publié le 13/01/2012      

 

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Paris, le vendredi 13 janvier 2012 –Les grandes failles de la prise en charge de l’autisme en France ont été l’objet de nombreuses dénonciations ces dernières années émanant de l’Europe, de plusieurs associations et du Comité consultatif national d’éthique (CCNE). En 2007, cette instance lançait en effet un cri d’alarme puisqu'elle estimait que la France avait littéralement abandonné ses enfants autistes. Dénonçant la trop forte prégnance de l’approche psychanalytique, la longue errance des familles avant l’établissement d’un diagnostic définitif ou encore l’accès très limité à une scolarisation adaptée, les sages avaient "sommé" le gouvernement d’agir. Les pouvoirs publics pourtant n’avaient pas attendu ce nouveau coup de semonce pour tenter de changer le cours des choses. Cependant, systématiquement, les promesses n’étaient pas suivies d’effets. Le symbole marquant du nombre de places d’accueil créées est à ce titre toujours riche d’enseignement : fin 2005, seuls 38 % des 801 places pour personnes atteintes d’autisme financées en 2005 étaient dûment ouvertes.

342 places sur 2000 créées pour les adultes

Qu’en est-il aujourd’hui alors que l’autisme a été déclarée grande cause nationale pour l’année 2012 et qu’un nouveau plan triennal a été déployé en 2008 ? Le sénateur UMP Valérie Létard dresse dans un rapport remis hier au ministre des Solidarités Roselyne Bachelot le bilan de ce programme. Une fois encore, les chiffres témoignent d’avancées insuffisantes. La création de 4 100 places avait été promise à l’horizon 2011, dont 2 000 dédiés aux adultes et 2 100 aux enfants. Aujourd’hui, seuls 342 places ont été réellement ouvertes pour les plus âgés et 1 330 pour les plus jeunes. Par ailleurs, 1 041 places supplémentaires pour les adultes et 1 859 pour les enfants ont bien été autorisées mais n’ont pas été installées dans les faits. Ainsi, on le voit, les objectifs sont loin d’avoir été remplis. Par ailleurs, Valérie Létard remarque que cet « effort nécessaire (…) ne sera pas suffisant pour faire face à l’ampleur des besoins », des besoins accrus par l’amélioration du dépistage et l’allongement de l’espérance de vie. Face à cette insuffisance de moyens, les parents doivent souvent déployer des solutions individuelles. Certains se tournent vers l’étranger : en 2008, 3 500 enfants français souffrant de troubles envahissant du développement (TED) avaient trouvé un accueil adapté en Belgique. D’autres choisissent d’arrêter de travailler pour prendre en charge seul leur enfant. « Nous sommes les parias des parias » regrettent parfois certaines de ces familles, selon une formule reprise par le Figaro.

La France n’a toujours pas rompu avec son approche psychanalytique de l’autisme

Outre l’augmentation de l’accueil, le plan autisme 2008-2010 avait eu le mérite pour la première fois d’accorder une véritable place aux approches comportementales, sans pourtant totalement trancher le débat franco-français marqué par une prégnance de l’approche psychanalytique qui n’a pratiquement plus cours dans les autres pays. Valérie Létard reconnaît que « l’un des acquis majeurs du plan 2008-2010 a été de lever les tabous sur » les approches comportementalistes. Néanmoins, elle remarque que les mesures allant dans ce sens paraissent être demeurées « en panne ». De fait, la polémique qui a suivi la diffusion par des associations de parents d’un film intitulé « Le Mur » qui faisait très durement la critique de la psychanalyse appliquée aux TED témoigne du fait que la France n’a toujours pas dépassé son débat interne en la matière. Le rapport de Valérie Létard pointe d’autres attentes non comblées concernant notamment la persistance d’un important retard au diagnostic.

Systématisation du dépistage

Son bilan n’est néanmoins pas uniquement négatif : elle se félicite du quasi achèvement de « l’élaboration et la validation scientifique par la Haute autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale pour le développement de l’évaluation médicale (ANDEM) d’un corpus commun des connaissances et de recommandations de bonnes pratiques ». Elle ne peut cependant que regretter qu’aujourd’hui « la dynamique du plan s’essouffle » en raison notamment d’une absence de pilotage. Aussi, elle formule une série de propositions pour donner un nouvel élan à ce programme. L’information et la sensibilisation du grand public, le développement de la recherche fondamentale et appliquée ou encore le renforcement du dépistage et du diagnostic précoce figurent parmi ses principales orientations. Concernant ce dernier objectif, elle appelle à une systématisation de la « formation au dépistage de l’autisme chez les médecins généralistes, les pédiatres, les médecins de PMI, les personnels de santé scolaires » et à l’expérimentation d’un examen systématique à l’âge de 18 mois. Selon le rapport de Valérie Létard, 400 000 personnes souffrent de syndrome autistique dans notre pays, tandis que 5 000 à 8 000 nouveau-nés par an développeraient un TED.

http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_mission_autisme_Valerie_Letard-1.pdf

Aurélie Haroche

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/F8/D0/document_actu_pro.phtml

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