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"Au bonheur d'Elise"

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10 juin 2014

Les vacances continuent ... Elise apprécie la piscine

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10 juin 2014

Teaser du film "Dans l'antre de la mère crocodile" ... Bientôt en salles de cinéma

Cinq psychanalystes de renom parlent de la pratique de la psychanalyse dans l'espace du soin psychique.
-Jacqueline Schaeffer est psychanalyste freudienne, membre de la SPP, psychologue clinicienne et enseignante à l'université Paris 7.
-Jean-Pierre Winter est psychanalyste lacanien, pédagogue de Françoise Dolto, essayiste, formateur et fondateur du "Mouvement du coût freudien".
-Geneviève Loison est psychanalyste lacanienne, pédopsychiatre référente de la métropole lilloise pour l'éducation nationale et formatrice pour les psychologues.
-Esthela Solano est psychanalyste lacanienne membre formateur de l'Ecole de la Cause Freudienne, et psychologue clinicienne.
-Alexandre Stevens est psychanalyste membre formateur de l'Ecole de la Cause Freudienne, pédopsychiatre chef de l'institution belge le Courti qui accueille 250 enfants.

Ces extraits sont le teaser d'un documentaire de long métrage sur la théorie et la pratique psychanalytique dans le champ de la santé mentale "Dans l'antre de la mère crocodile". Bientôt en salles de cinéma.


La psychanalyse dévoilée: Dans l'antre de la... par dragonbleutv

9 juin 2014

Autisme : mettre fin au gaspillage de milliards d'euros d'argent public

 

J’ai assisté à la projection du film Quelque chose en plus, le jeudi 5 juin à Grenoble aux 6 Rex : 300 personnes présentes, avec applaudissements avant même la fin du film ! En espérant que des représentants des Agences régionales de santé viendront aussi voir le documentaire…
Voici le début du débat, avec des psychanalystes se sentant agressés, alors que ce film ne parle absolument pas de psychanalyse….
(les 15 premières secondes inaudibles mais cela ne dure pas)

Mes impressions sur ce film

Quel parent n’a pas pensé en voyant ce film :  Si seulement mon enfant avait pu/pouvait bénéficier de tout cela  !!  ?

En voyant sur l’écran les extraordinaires résultats (pour les enfants) d’années de travail des parents et professionnels, je me suis rappelée mes terribles débuts dans l’ABA en 2008 (voir cet article ) ; au final je réalise que Julien n’a jamais pu bénéficier d’une prise en charge réellement adaptée intensive et précoce. Durant toutes ces années, il a été sacrifié.

Pour en revenir au présent et surtout à l’avenir, et bien, comme l’a dit une psychologue à la fin du débat : « La situation est terrible car ces parents qui font tout pour que leur enfant progresse, qui se débattent pour ouvrir des structures sur fonds privés, qui financent les formations continues des pros qu’ils emploient, et bien lorsque ces enfants sont à l’âge adulte, ils se retrouvent devant d’autres pros absolument démunis et doivent à nouveau tout refaire, sinon c’est le foyer médicalisé sans stimulation, ou l’hôpital psychiatrique, le tout sous neuroleptiques. » (Comme dans le film Solutions d’espoir)

 

Terreur pure en imaginant cet avenir

Je n’arrive pas à imaginer Julien à 18 ans dans un Foyer d’accueil médicalisé (FAM) non stimulé, ou dans un Hôpital Psychiatrique, sous neuroleptiques…

Pourtant, cela se rapproche, de jours en jours : c’est dans 10 ans….

J’ai un peu le sentiment d’avoir un enfant qui a le cancer détecté précocement mais non traité alors qu’on l’on sait quoi faire mais que cela lui est refusé : on sait que ses compétences vont diminuer, que tout ce que l’on s’est acharné à lui apprendre, il va le désapprendre si cet avenir lui est promis. On sait que ses troubles du comportement augmenteront, s’installeront, et plus ça s’installe dans la durée, plus c’est difficile à réduire. On sait que rien ne sera fait pour réduire les chances de ce futur sinistre mais hautement probable. On veut éviter le pire, qu’il souffre atrocement toute sa vie, à la merci de tous, attaché peut-être toute la journée… Est-ce seulement imaginable ?

Je me raccroche à ce que je souhaite pour lui dans un autre futur : vivre par exemple dans un appartement partagé avec d’autres personnes handicapées, avec des personnes pour l’aider dans le quotidien, et éventuellement un petit travail…

 

L’évolution en France grâce à l’éducation structurée : une goutte d’eau dans l’océan

En voyant des reportages sur l’ABA, les français pensent que les choses ont évolué… En réalité si on compte le nombre d’enfants en France qui bénéficient d’une prise en charge éducative intensive, précoce, réellement adaptée, avec des pros formés et expérimentés, et bien ce nombre est inférieur à 500 pour toute la France, alors qu’il y a plus de 80 000 enfants autistes (impossible de connaître les chiffres en France vu le retard/refus de diagnostic).

Pourtant, il y a tant d’argent public dépensé pour ces enfants…. une journée en hôpital de jour psychiatrique coûte 800 à 1000 € par jour à la sécu. Une journée en institution fourre-tout typique coûte 200 €, pour du gardiennage, donc du défaut d’éducation (ou défaut de soin puisque le soin pour ces enfants doit être de l’éducatif ).

 

La négociation : nécessaire mais pas suffisant

Les parents sont indignés ou résignés, ou bien endormis parce qu’ils font confiance aux pouvoirs publics. Ils ont peur et/ou sont révoltés, mais se révoltent entre eux car leur enfant peut leur être enlevé pour un rien, le pire peut se produire à tout moment…

Tous sont épuisés, beaucoup pensent que la négociation avec le gouvernement suffira pour leur faire prendre les bonnes décisions. C’est nécessaire mais est-ce suffisant ?

Est-ce suffisant face à ces pros d’obédience psychanalytique qui, avec leurs gros moyens financiers, leurs appuis, infiltrations dans toutes les administrations de l’Etat, peuvent faire pression là où il le faut, dès qu’ils se sentent en danger ?

L’autisme est avant-tout pour beaucoup une manne financière, une façon de bien gagner sa vie sans faire grand chose, et l’argent est une puissante motivation, comme l’explique clairement la réalisatrice Sophie Robert sur le plateau de France 3.

Plus de 10 milliards d’euros financés par la sécurité sociale gaspillés : argent public pouvant servir à d’autres pathologies

Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont deux députés qui ont fait le calcul.

Je pense que c’est à nous de faire en sorte que les décideurs prennent les bonnes décisions.

À nous de faire pression pour que ce rapport de force si déséquilibré tourne en faveur de nos enfants, et non plus des professionnels qui en profitent.

Bref, il faut selon moi, quelque chose en plus dans nos actions pour que les choses basculent.

9 juin 2014

TDAH : l'origine neurobiologique confirmée

article publié dans Sciences & Avenir

Hugo Jalinière Publié le 11-04-2014 à 12h32

Des chercheurs ont mis en évidence le rôle d’une structure cérébrale dans l’apparition des troubles du déficit de l'attention : le colliculus supérieur.

Sur cette image un marquage permet de voir les axones des neurones de la rétine (en rouge) qui innervent le colliculus supérieur (en bleu) chez une souris
Sur cette image un marquage permet de voir les axones des neurones de la rétine (en rouge) qui innervent le colliculus supérieur (en bleu) chez une souris "normale". Michael Reber / Institut des neurosciences cellulaires et intégratives

 

COLLICULUS. Les scientifiques s’en doutaient. Cette fois c’est confirmé : les troubles du déficit de l’attention (TDA) proviennent bien d’une anomalie neurobiologique.

Une équipe de chercheurs du CNRS, de l’université de Strtasbourg et de l’Inserm ont mis en évidence le rôle d’une structure cérébrale bien précise dans l’apparition des TDA : le colliculus supérieur.

Celui-ci fait partie d’une structure cérébrale appelée tubercules quadrijumeaux un ensemble de quatre éminences arrondies situées à la partie supérieure du tronc cérébral, entre le cerveau et le cervelet.

Une plaque tournante sensorielle

Le colliculus supérieur est une plaque tournante sensorielle impliquée dans le contrôle de l'attention et de l'orientation visuelle et spatiale.  Il est fortement impliqué dans la sélection des centres d'intérêt, l'orientation de la tête et des yeux vers ces centres d'intérêt, la coordination tête-œil et l'initiation des saccades oculomotrices.

L’étude publiée dans la revue Brain Structure and Function s’est concentrée sur le comportement de souris dont le développement du colliculus supérieur a été perturbé par manipulation génétique. Cette anomalie a provoqué une hyperstimulation visuelle du colliculus supérieur qui provoquait chez les souris des modifications du comportement similaires à celles de certains patient souffrant de TDA.

Des changements comportementaux significatifs

Les chercheurs se sont également aperçu que cette anomalie provoquait un excès de noradrénaline, une variété d’hormone qui joue le rôle de neuromédiateur permettant le passage de l’influx nerveux d’une cellule vers une autre cellule nerveuse.

Ce déséquilibre en noradrénaline a été associé à des changements comportementaux significatifs chez les souris porteuses de la mutation génétique.

Utiliser ces nouveaux modèles permettrait de développer une approche plus globale du TDA, en élargissant le périmètre classique des recherches sur ses causes. Et caractériser plus précisément les effets de la noradrénaline sur le colliculus supérieur pourrait donc ouvrir la voie à des stratégies thérapeutiques innovantes.

Le trouble du déficit de l’attention touche entre 4% et 8% des enfants. Il se manifeste principalement par une perturbation de l'attention, une impulsivité verbale et motrice, parfois accompagnés d'hyperactivité. Environ 60% de ces enfants présenteront encore des symptômes à l'âge adulte.

Il n'existe à ce jour aucun traitement curatif. Seule l'administration de psychostimulants améliore l'état des patients, avec cependant des effets secondaires importants. Une controverse persistante autour de l'origine neurobiologique de ce trouble a freiné le développement de nouveaux traitements.

8 juin 2014

L'autisme mis en lien avec des taux élevés d'hormones masculines

article publié dans RTS CH Info

05.06.2014 16:46

Une étude publiée mardi établit le lien entre l'exposition d'un foetus à des taux élevés d'hormones masculines et l'autisme. Il s'agit de l'un des marqueurs les plus précoce de l'autisme.

 

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8 juin 2014

Sophie Robert, réalisatrice du film sur l'autisme et l'ABA. France 3

Ajoutée le 8 juin 2014

Invitée sur le plateau du 12/13 de France 3 Alpes le vendredi 6 juin, pour la projection de son film "Quelque chose en plus" aux 6 REX à Grenoble (4 au 18 juin 2014)
http://www.dragonbleutv.com/documenta...

7 juin 2014

Débat du film "Quelque chose en plus" -> question sur la psychanalyse - vidéo

5 juin 2014

Un premier centre pour autistes adultes à Bruxelles

article publié sur DH.be

Julien Thomas Publié le samedi 17 mai 2014 à 06h33 - Mis à jour le samedi 17 mai 2014 à 13h15

Bruxelles Ce sont plusieurs parents qui ont porté le projet à bout de bras : "On comble un vide politique ."

"L’autisme, c’est un manque total de repères au niveau du temps et de l’espace" . C’est ainsi que Marie-Christine, maman de Catherine, une autiste de 33 ans, résume une maladie finalement peu connue du grand public. "Un enfant autiste demande de l’attention 24h sur 24. Chaque nuit, ma fille Yolande s’endort vers 3h du matin et se réveille dès 8h" , témoigne également Brigitte. "J’ai dû souvent renoncer à travailler."

Tous les parents concernés vous le diront : avoir un enfant autiste lourdement atteint demande d’immenses sacrifices au quotidien.

Voilà pourquoi l’ouverture, dès ce lundi, du premier centre d’accueil adapté aux autistes adultes en Région bruxelloise est une excellente nouvelle.

"On est soulagé car notre fille était dans un centre wallon près de la frontière française. Elle va pouvoir enfin être à Bruxelles " , s’est en thousiasmé un papa lors de l’inauguration des bâtiments mercredi.

Le centre d’accueil et d’hébergement se trouve à Jette, rue Esseghem. Quelque 15 personnes handicapées adultes gravement dépendantes intégreront progressivement les lieux. Le centre de jour, accolé, leur proposera diverses activités qui viseront à augmenter leur autonomie au quotidien.

Ce premier centre comble un vide énorme à Bruxelles. Il est pourtant exclusivement le fruit d’un combat acharné qu’ont livré plusieurs parents. Un combat de… 12 ans ! "Le modèle actuel n’est pas tenable. Les politiques doivent davantage prendre leurs responsabilités", souligne François-Xavier Ullens, de l’ASBL Coupole bruxelloise de l’autisme. Certes, il est reconnaissant à la Cocof d’avoir financé 70 % des frais de construction et d’équipement. Oui, il se réjouit que la commune de Jette et son bourgmestre Hervé Doyen (CDH) aient cédé les terrains contre un franc symbolique, mais François-Xavier Ullens prévient : "Même si aujourd’hui 15 places ont été créées, ce sont plus de 200 personnes lourdement handicapées qui attendent encore une place à Bruxelles".

4 juin 2014

Vacances à Saint Aygulf

Saint Aygulf 2014 002

Petite carte postale de Saint Aygulf où nous passons quelques jours avec Elise dans un lieu qu'elle connaît ... Au programme ballades, courses, restos ... Hier, nous avons été faire un tour à Saint Tropez ... Mais pas trop longtemps car beaucoup (trop) de rencontres et trop chaud ... d'autant que le matin nous avions fait 2 heures de ballade jusqu'au pied du massif des Maures !

Saint Aygulf 2014 010

 

 

 

 

 

 

Saint Aygulf 2014 038

 

 

Et ce matin premier bain dans la piscine ... reportage à venir !

4 juin 2014

Autisme : à propos d'un "itinéraire institutionnel d'un sujet en devenir"

par EgaliTED (son site) mercredi 4 juin 2014 - 

Le magazine PsychoMedia, dans son n°46 de mars/avril 2014, nous fait bénéficier sur 3 doubles pages d’un long récit intitulé « Entre soins et apprentissages : itinéraire institutionnel d’un sujet en devenir  ». Cet article retrace plus de dix ans de suivi d’un adolescent dans un service de « psychopathologie de l’enfant », dans un grand hôpital parisien. A priori aucun rapport avec l’autisme ?... Cela reste à voir.

 D’emblée, le cadre est posé par les premières lignes de l’article : « quels sont les aménagements et les effets possibles du travail institutionnel dans le traitement de la psychose chez l’enfant ? » On va parler de psychose de l’enfant pendant 6 pages, alors même que ce terme a été abandonné par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 30 ans, et n’est plus utilisé qu’en France. Ce n’est en effet plus que dans notre pays qu’on considère encore que les enfants peuvent devenir « fous ». Alors que partout ailleurs dans le monde on réfléchit en termes de troubles du développement neurologiques et de rééducations précoces, chez nous on pense en termes de « soins psychiques », malgré les preuves scientifiques, malgré les préconisations de la Haute Autorité de Santé.

 

Qu’est-ce qui peut donc rendre nos enfants fous, selon les psychiatres et psychologues de cette institution ? Il n’y a pas à chercher bien loin dans l’article pour trouver le coupable : la mère, bien entendu. Car l’enfant, « dans la psychose, (est) imbriqué dans le fantasme de la mère, (…) il devient l’objet de la mère » ; on trouve encore « l’emprise de la mère toute-puissante », « c’est la mère qui lui tient lieu de prothèse désirante – et aliénante ». C’est donc bien sa mère qu’on accuse directement d’avoir rendu son fils « psychotique ». On est dans la pure théorie psychanalytique lacanienne, complètement invalidée et abandonnée partout ailleurs qu’en France, et que même en France la Haute Autorité de la Santé récuse.

Faisons une parenthèse : dans le même hôpital parisien, un service voisin fait partie des centres de diagnostic d’autisme agréé par le Centre Ressource Autisme d’Ile de France. Devant un tableau qualifié de « psychose infantile » tout psychiatre aujourd’hui sait très bien que la HAS et l’OMS préconisent de parler de trouble du développement et qu’il est indiqué de mettre en œuvre les bilans de recherche de diagnostic de l’autisme. Il aurait été facile d’adresser cet enfant aux collègues du même hôpital pour affiner le diagnostic et rechercher un trouble du spectre autistique ; pourquoi donc cela n’a-t’il pas été fait ?...

 

Revenons à notre « sujet en devenir » ; quels sont ses symptômes exactement ? Le motif de consultation initial est mentionné comme étant la « dyslexie associée à l’hyperactivité ». L’enfant a été agité dès la maternelle, a redoublé la grande section et le CP, et a fait plusieurs années d’orthophonie en libéral sans trop d’effet avant de passer au CMPP qui l’a adressé à ce service. « J. parle sans cesse, remue », « impossibilité de s’engager dans un savoir quel qu’il soit ». On est bien dans un tableau classique de déficit d’attention avec hyperactivité, sachant que ce trouble est fréquemment associé à l’autisme dans l’enfance.

On note aussi des « phrases toutes faites » interprétées comme « écran protecteur contre une menace de désorganisation psychotique » ( !), alors qu’il peut très bien s’agir d’écholalies là encore quasi systématiques dans un autisme. On retrouve plus loin dans le texte la mention de « phrase qui revient comme une ritournelle », de « locutions (avec) énonciation bouclée sur elle-même, parole vide »… C’est pourtant caractéristique des écholalies, ce mot n’apparait nulle part.

J. manifeste par ailleurs un intérêt marqué pour l’armée, disant dès les premières consultations qu’il veut devenir soldat. Il se décrit lui-même d’ailleurs comme « un vrai petit soldat » et se dit « aux ordres ». Cet intérêt reste intact tout au long du suivi pendant plus de 10 ans ; rappelons que les centres d’intérêts restreints sont une des caractéristiques de l’autisme.

Socialement, on nous dit qu’à 16 ans « aucune relation privilégiée avec un pair n’émerge », c’est sa fiancée « qui le sollicite, lui-même restant passif ». On note aussi qu’il lui arrive de caresser les cheveux de son père pendant les consultations. Et aussi « la passivité domine, (…) le dialogue doit être relancé, réanimé par l’autre ». J se plaint constamment de sa « fatigue » qui est interprétée comme venant « nommer un rapport au désir caractérisé par la difficulté à s’y faire sujet ». Plus simplement, les collègues du centre ressources autisme y auraient peut-être, eux, vu plutôt l’effet des efforts que doit fournir une personne autiste pour tenter de comprendre les codes sociaux et s’y conformer à longueur de journée. Car on voit bien se dégager de cette description un déficit certain des capacités sociales.

 

Bref, au moins deux traits de la « triade autistique » apparaissent clairement chez cet enfant, les troubles de la communication et ceux des interactions sociales. L’intérêt pour l’armée et les écholalies pourraient faire penser au troisième élément, les « intérêts stéréotypés ou restreints ». Rien qu’à la lecture de cet article, on se dit qu’en plus de 10 ans de suivi, on aurait pu penser à un possible trouble apparenté à l’autisme, comme le syndrome d’Asperger, et faire appel aux collègues du bâtiment voisin pour préciser le diagnostic. Cela n’a donc pas été fait, mais c’est une situation très fréquente en France, dénoncée par les associations de familles comme Autisme France ou Vaincre l’Autisme : l’errance diagnostique et les diagnostics obsolètes de « dysharmonie » ou de « psychose infantile » (souvent reprochée encore et toujours à la mère), avec le risque de conduire à des prises en charges non appropriées.

 

Justement, quelle prise en charge est-elle proposée pour aider cet enfant ? Au début du suivi, J a 8 ans et sort de plusieurs années d’orthophonie peu efficaces. On lui propose « des entretiens familiaux et une remédiation de la langue écrite avec une psychologue, (…) thérapie individuelle qui utilise l’écrit comme support pour introduire la question du symbolique ». Pour quels résultats ? Au bout de deux ans ( !) de suivi, J « commence à s’apaiser » et « un accès à la lettre se fait jour dans l’espace contenant de la feuille » (on retrouve la notion de contenance chère aux adeptes de la théorie du « moi-peau » d’Anzieu). Hélas, les parents décident alors de se séparer, J le vit très mal, et cela « met fin à son évolution ». On note donc en fait peu d’amélioration concrète en deux ans de thérapie, ce qui n’amène nullement l’équipe à remettre en question la pertinence de celle-ci, préférant rejeter la faute sur la séparation des parents.

Le suivi est interrompu puis l’enfant revient à 16 ans, sa mère se posant des questions pour son orientation scolaire et demandant de l’aide. Il est noté que « mère et fils insistent sur l’inefficacité du précédent suivi », « Madame souligne ses relations conflictuelles avec la consultante » -évidemment, si on lui a fait sentir qu’on pensait qu’elle avait rendu son fils fou, cela n’a pas dû aider. D’ailleurs la mère n’a pas de « demande de soin » pour son fils, et elle-même comme son fils refusent de revoir les « soignants qui les ont reçus par le passé ».

Cette fois-ci, on propose un test de quotient intellectuel (le WISC-IV) ainsi qu’un bilan orthophonique. Mais tout d’abord on cherche à prendre J « par le bout du symptôme » car pour cette équipe, « notre travail consiste à solliciter le sujet par-delà le trouble qui l’amène »… On commence donc par des « consultations espacées » avec un médecin et un psychologue, afin (en résumé) « d’aider la mère à céder quelque chose de sa toute-puissance ». Tout de même, quelque temps après, une rééducation orthophonique est mise en place pour travailler sur les « difficultés massives » de J en lecture – à 16 ans, il est grand temps en effet de s’en occuper.

Quelques années plus tard, à 19 ans ( !), un « travail thérapeutique à médiation logico-mathématique » est mis en place. On note que « alors qu’il refuse une prise en charge psychothérapique traditionnelle, J accepte sans difficulté la remédiation ». Apparemment ces séances lui permettent de progresser dans ce domaine. Mais là encore, ce type de prise en charge aurait pu être proposé beaucoup plus tôt, dès les premières consultations, à 8 ans et non à 19 ans !

 

A l’issue de ces longues années de suivi institutionnel par une équipe manifestement d’inspiration psychanalytique lacanienne, quels ont été les progrès de cet enfant dont les progrès ont été dépistés très tôt, dès la maternelle ? « J est entré dans la lecture » et « a trouvé un moyen de s’inscrire dans les apprentissages ». Mais le principal pour cette équipe est que « (leur) travail aura consisté à désigner une place – initialement vide – au sujet, tout en le recevant là où il était possible pour lui de s’inscrire, c’est-à-dire étayé sur le discours maternel, dans l’idée qu’un dégagement s’opère ». Comprenne qui pourra. Concrètement, J va passer un BEP et reste sur son idée à terme d’intégrer l’armée.

 

Alors que retenir de tout cela ? Il est évidemment impossible de faire un diagnostic de J à la seule lecture d’un tel texte, et il est toujours facile de critiquer a posteriori le travail des autres. Néanmoins, le cas de J nous interpelle parce qu’il évoque assez fortement des traits typiques d’un trouble tel que le syndrome d’Asperger.

La première chose qu’il aurait été intéressant de proposer à J aurait été de le bilanter au centre diagnostic d’autisme du même hôpital, à son arrivée dans ce service, à 8 ans. S’il s’était agi d’un syndrome d’Asperger, la prise en charge proposée aurait pu être adaptée en fonction des pratiques internationalement reconnues, et que la HAS recommande depuis 2012 : de l’orthophonie intensive avec un gros travail sur la pragmatique du langage, et par exemple des thérapies cognitivo-comportementales axées sur l’apprentissage des habiletés sociales.

Une rééducation psychomotrice aurait aussi pu être mise ne place pour mieux gérer l’hyperactivité. De plus, si le trouble de déficit d’attention associé avait été confirmé, un traitement médicamenteux spécifique aurait pu être proposé, pour faciliter les apprentissages notamment à l’école.

Tout ceci était, il est vrai, peu répandu il y a 10 ans, mais l’histoire se passe à Paris, et il y aurait été plus facile qu’ailleurs de trouver ce type de prise en charge. Il est regrettable de voir que tous les éléments cliniques sont fort bien décrits dans l’article, ce qui est à mettre au crédit du clinicien concerné, mais que malgré ces éléments très clairs, on préfère chercher « par-delà le symptôme » d’hypothétiques causes psychiques (qu’on reproche à la mère et dans une moindre mesure au père), alors qu’il aurait été possible dès le départ de proposer des rééducations et peut-être un traitement médicamenteux adaptés aux difficultés de J.

 

Cette démarche reste caractéristique de la psychanalyse d’inspiration lacanienne qui est très répandue, et revendiquée, chez encore beaucoup de psychiatres et de psychologues travaillant dans les institutions françaises. Elle est fortement contestée voire rejetée en bloc par maintenant la plupart des associations de familles d’enfants autistes. Ces associations demandent depuis des décennies l’utilisation des méthodes éducatives précoces et intensives utilisées dès avant 3 ans dans la plupart des pays (ABA, TEACCH, PECS) et recommandées maintenant par la HAS. Ces méthodes ont pour but de travailler les déficits de l’enfant en s’appuyant sur ses compétences déjà acquises et sur ses goûts et aspirations propres, en prenant avantage de la plasticité cérébrale permettant de maximiser les progrès en débutant le plus tôt possible. Ce sont ces méthodes qui sont développées en ce moment dans le cadre du 3è plan autisme – et rejetées par les professionnels d’inspiration lacanienne.

Quand nous lisons l’histoire de J, nous en gardons un goût amer. Les progrès accomplis semblent bien modestes. Tant d’autres choses auraient pu être tentées pour faire progresser cet enfant…

On ne peut s’empêcher de faire des suppositions : et si sa mère était allée deux bâtiments plus loin ? Et si on avait tenu compte de leur insatisfaction sur la thérapie proposée ? Et si cet enfant était « tout simplement » atteint du syndrome d’Asperger ? Dans ce dernier cas, la thérapie imposée, contre l’avis de la famille, par le « grand hôpital » parisien, ne constituerait-elle pas une grave perte de chance pour ce jeune ?

3 juin 2014

Grenoble, du 4 au 10 juin : projection du film "Quelque chose en plus" sur l'autisme

 

Le film « Quelque chose en plus : autisme et ABA » sera projeté  du 4 au 10 juin au cinéma 6 REX à Grenoble, avec une séance exceptionnelle le jeudi 05 juin en présence de la réalisatrice .

 

 

Bande annonce

Ce film montre le quotidien d’enfants autistes qui partagent leur temps entre un établissement spécialisé  basé sur des interventions éducative, développementale et comportementale, et l’école.

 

 Tous unis pour cet événement !

Cet événement est organisé par 6 associations de parents, qui unissent leurs efforts, c’est significatif.

Cela veut dire que les parents en très large majorité souhaitent que les établissements spécialisés où sont orientés leur enfant mettent en place ce type d’approche, qui est une méthode d’apprentissage par objectifs basée sur la motivation de l’enfant.

Bon, avant tout ils souhaitent que leur enfant soit inclus prioritairement à l’école puis en société, mais en France c’est juste le plus souvent un rêve irréalisable.

 

Pourquoi les parents veulent-ils ce type d’interventions ?

Une méthode d’apprentissage par objectifs, c’est ce qu’il faut pour les enfants autistes, car ils n’apprennent pas spontanément et facilement ce que les enfants ordinaires apprennent vite, ou intuitivement.

Par exemple si vous voulez apprendre le piano, il vaut mieux ne pas commencer par essayer de jouer la sonate au clair de Lune de Beethoven !  Pour débuter et progresser, vous allez d’abord vous entraîner à lire une partition, démarrer par un morceau très simple, l’apprendre par petits bouts et essayer de les enchaîner une fois qu’ils sont plus ou moins acquis. Attention, il ne faut pas non plus que cela devienne une corvée, il faut que vous associez la leçon de piano à quelque chose de plaisant, une séance agréable avec le professeur. Il faut aussi jouer du piano régulièrement, être assidu, répéter, répéter pour avoir une bonne technique. Il faut que le professeur adapte aussi son cours en fonction du niveau de l’enfant, travaille ses points faibles.

On a vu que certains enfants autistes doués en musique n’ont pas besoin de toutes ces étapes, ils entendent un morceau, et hop, ils le rejouent instantanément au piano ! Il y a des choses faciles pour les uns, évidentes, mais qui sont très complexes et pas du tout évidentes pour les autres (et qui ne le seront jamais…)

Apprendre à jouer du piano, étapes par étapes...

Apprendre à jouer du piano, étapes par étapes…

Se laver les dents par exemple, engager et maintenir une conversation, s’insérer dans un groupe et y participer, savoir quoi dire à quel moment, faire des petites courses dans un magasin, pour une personne ordinaire ça s’apprend vite ou bien c’est intuitif. Mais pour une personne autiste, c’est peut-être parfois aussi dur que de jouer directement la sonate de Beethoven ! Alors on décompose ce que l’on veut que l’enfant apprenne en plusieurs séquences, on travaille chaque séquence et on on enchaîne. 

Ainsi on peut développer son autonomie, lui apprendre à faire des demandes d’objets/loisirs qu’il désire, autrement qu’en pleurant ou criant, apprendre le chacun son tour, à faire des jeux collectifs, apprendre les compétences de base indispensables comme la lecture, l’écriture, etc…En tenant compte de ses compétences et spécificités bien sur ! C’est très possible si l’enfant est motivé, et si les intervenants sont formés et expérimentés.

Alors on comprend pourquoi les parents s’unissent. On comprend aussi, quand on voit aussi comment les enfants évoluent dans le film, quand on les voit contents d’apprendre, heureux d’être en relation avec l’éducateur…

 

Une pratique individualisée basée sur l’observation et le bon sens, et destinée à tous 

Cette façon d’apprendre, qui relève pour moi du simple bon sens, est loin de l’association traditionnelle :  « Apprendre est laborieux, c’est un effort, il faut souffrir. »

Non, apprendre dans ces conditions, je trouve que c’est une chance. Personnellement, j’aurais adoré apprendre à l’école de cette manière, et je pense que les profs devraient également être formés à cette pédagogie, où la motivation de l’élève est le moteur d’apprentissage.

On a tous besoin de reconnaissance, que notre travail, notre attitude soit valorisés, remarqués, et on se rend bien compte que c’est parfois l’inverse qui se produit : par exemple, dans une classe, ce sont les élèves agités, perturbateurs (dont le but souvent est d’attirer l’attention) qui obtiennent l’attention de l’enseignant, au détriment de ceux qui ne se font pas entendre et qui écoutent attentivement…

Pourquoi ça n’est pas comme cela dans les établissements ?

Ce n’est pas comme cela car en général nos enfants sont considérés comme malades mentaux, donc nécessitant plutôt du soin (c’est à dire thérapie psychanalytique, psychotropes si troubles du comportement) que de l’éducation.

 

Pourquoi je n’arrive pas à me projeter dans le futur ? 

Tous les parents ont terriblement peur de ce qui arrivera à leur enfant quand ils ne seront plus là : leur enfant (qu’il soit enfant ou adulte) est vulnérable, très peu autonome, son quotidien est entre les mains d’autres personnes, ce n’est pas lui qui décide de sa vie, a le choix d’où il veux être, quand, avec qui, comment…

J’ai peur car :

- Actuellement, dans ces établissements, les parents sont tenus à l’écart. Ce sont des endroits fermés, on ne sait pas ce qu’il se passe. Julien ne peut pas s’exprimer pour raconter ses journées. C’est une des raisons pour lesquelles je suis contre l’institutionnalisation.

- Il n’y a pas de réel contrôle de la part des organismes qui financent et donnent leur accord à ce type établissements. Les budgets sont reconduits d’une année à l’autre, sans contre partie concrète. Qui ira contrôler que dans les établissements, les enfants bénéficient réellement d’interventions recommandées par la Haute autorité de santé ? Moi ?

Dans une école, on attend bien des enseignants qu’ils apprennent telle ou telle compétence aux élèves, ils ont bien un programme pédagogique. Mais pour les professionnels qui s’occupent de nos enfants, qu’est ce qui est attendu ? Ce n’est pas du gardiennage que je veux pour lui….

- La plupart des pros dans ces institutions ont une méconnaissance totale de l’autisme, et pire, ils ont des idées fausses.. Comme par exemple pour nombre de pros, penser que les autistes ne ressentent pas la douleur, n’ont pas d’émotions, sont une coquille vide… ça me pétrifie, surtout quand je pense à Julien, si sensible, certainement beaucoup plus que la moyenne des gens…. Je l’imagine entre leurs mains, probablement maltraité. Car avec ces croyances, où est la limite de la maltraitance ?

 

 Mon souhait pour l’avenir de Julien

Mon souhait aurait été que Julien soit inclut à l’école, parmi les autres enfants. C’est le souhait de beaucoup de parents, mais l’inclusion n’existe pratiquement pas en France.

Donc puisqu’il est voué à vivre dans une institution, hors de la société et privé de ses droits (même si il y a une réglementation, on sait qu’elle n’est jamais respectée), je serais plus sereine si les professionnels étaient (bien) formés, expérimentés, et, tout comme ceux que l’on voit dans le film, si investis pour ces enfants, se donnant à fond, et croyant en eux.

29 mai 2014

Documentaire sur l'autisme au Ciné Breiz

article publié dans Ouest France

L'association Autisme Breizh Autonomie organise en partenariat avec le Ciné Breiz de Paimpol, la projection du documentaire de Sophie Robert : « Quelque chose en plus », le mardi 3 juin, à 20 h. Ce film, tourné dans deux établissements médicaux, témoigne en images de ce qui se passe concrètement lorsque l'on utilise la méthode ABA, c'est-à-dire une prise en charge éducative, comportementale et developpementale précoce de l'autisme.

Méthode qui est enfin préconisée depuis mars 2012 par la Haute Autorité de Santé. Mais la rareté de sa mise en place fait que peu de personnes savent réellement de quoi il s'agit. Cette projection a pour objectif de faire évoluer la prise en charge des autistes.

Mardi 3 juin, à 20 h, au Ciné Breiz. « Quelque chose en plus », Autisme et ABA ; le bonheur d'apprendre.

28 mai 2014

Mobilisation pour Maxence ! Pétition adressée à Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Pétition en ligne de Vaincre l'Autisme

Faute de prises en charge adaptées à l’autisme en France, les parents de Maxence, 11 ans, décident il y a quelques mois et à contre cœur d’installer leur fils en Belgique, loin du domicile familial situé en région parisienne, afin qu’il puisse être scolarisé dans l’établissement « Les Co-Kain ». Il est d’abord hébergé pour la nuit au sein d’un internat de qualité, « Les Tournesols ». Cependant, celui-ci ferme tous les week-ends, obligeant les parents à faire des allers retours hebdomadaires, et n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Contraints pour des motifs financiers de mettre un terme à cette situation, épuisés et découragés, les parents de Maxence optent pour un autre type d’hébergement conventionné par la Sécurité sociale : l’Esperanderie, où Maxence peut rester aussi le week-end.

L’Esperanderie, qui héberge 600 enfants et jeunes adultes français, marque le début d’un cauchemar pour le jeune enfant. Quelques mois plus tard après son arrivée, Maxence est méconnaissable : il est amaigri, s’automutile, crie, se cogne, met ses excréments sur les murs … Face à la détresse de leur fils, les parents de Maxence décident de le replacer au sein des « Tournesols ». Les allers retours reprennent de plus belle, plongeant la famille dans un véritable gouffre financier. Les parents du jeune autiste vivent aussi désormais avec un poids considérable : la profonde souffrance de leur fils.

Il est urgent d’intervenir pour apporter une solution à Maxence et sa famille pour les raisons suivantes :

- En 2014, il est inacceptable que Maxence, citoyen français, soit contraint à l’exil dans un pays étranger, loin de sa famille et de ses repères, pour recevoir des soins adaptés à son trouble en raison du manque d’action du gouvernement face à la situation de l’autisme en France

- Dans la mesure où le gouvernement français n’est pas capable de se doter de ses prérogatives pour développer des structures adaptées aux personnes atteintes d’autisme, il doit au moins assurer le remboursement des frais de transport de la famille de Maxence.

- En ce sens, le gouvernement français a également le devoir de rembourser la totalité des frais de transport de Maxence engendrés jusqu’à présent et de veiller à la qualité de sa prise en charge.

- Il n’est pas normal que la France, « patrie des Droits de l’Homme », participe au business des « usines à français », comme l’Esperanderie, via l’Assurance Maladie tandis qu’elle n’y exerce aucun contrôle sanitaire ou social. La France doit pouvoir garantir la qualité de la prise en charge et des soins.

Nous comptons sur votre mobilisation et vos signatures pour que le gouvernement, qui fait fi de l’urgence de cette situation malgré les saisines de VAINCRE L’AUTISME, mette en œuvre les mesures nécessaires pour mettre fin au désarroi d’un enfant autiste.

27 mai 2014

Nouveaux AVS : pas d'activités extra-scolaires !

Par le 27-05-2014

 

Résumé : Bientôt une vraie profession pour les AVS à travers le statut d'AESH. Mais quid de l'accompagnement des élèves handicapés lors des activités extra-scolaires qui seront généralisées lors de la prochaine rentrée ?
 

Adieu les AVS (Assistants de vie scolaire), bientôt les AESH (Accompagnants d'élèves en situation de handicap) ! Changement de nom pour ce nouveau dispositif d'accompagnant professionnalisé (un vrai CDI reconnu par un diplôme) qui fera sa rentrée le 1er septembre 2014. Un progrès, certes, mais qui ne fait pas l'unanimité chez certaines associations. Ou tout au moins pas à 100 % !

Elève handicapé exclu des activités ?

A 100 %, c'est justement ce qu'on voudrait pour eux car l'actuel projet de décret relatif à cette professionnalisation ne prévoit de les solliciter que pendant les temps de classe, excluant les activités périscolaires généralisées par la réforme des rythmes scolaires à toute la France dès la prochaine rentrée. Or les enfants en situation de handicap ont parfois besoin d'être accompagnés sur l'ensemble des temps éducatifs (scolaires, périscolaires et extrascolaires). Très concrètement, cela signifie que certains ne pourront pas participer à ces activités !

Déceptions et inquiétudes

La FGPEP et les CEMEA, tout comme le SNUipp (syndicat d'enseignants), demandent donc la modification du projet de décret afin de permettre un accompagnement global des jeunes sur l'ensemble de leurs temps et lieux de vie. Selon la FGPEP, « ce texte est loin d'être un aboutissement. Il ne peut être considéré que comme une première étape dans le processus de professionnalisation des AVS tant on reste encore loin des préconisations du rapport Komites, qui avait planché sur le sujet. » Ses partisans proposaient que l'AESH puisse envisager un complément d'activité sous la responsabilité d'une association partenaire.

Quelle évolution professionnelle ?

L'inclusion n'est pas circonscrite aux bancs de l'école et impose la nécessité d'un accompagnement global du jeune en situation de handicap. Les associations attendent également des précisions relatives au contenu de cette nouvelle formation diplômante en espérant que, malgré le choix de niveau V, des passerelles inhérentes aux diplômes européens mettront en place des perspectives permettant une évolution professionnelle.

27 mai 2014

Les frais de transport pour les enfants handicapés remboursés intégralement

Par , publié le 27/05/2014 à 12:38

Le transport des enfants handicapés vers les établissements spécialisés seront désormais remboursés intégralement pour faciliter le quotidien des familles. 

Les frais de transport pour les enfants handicapés remboursés intégralement

Une personne en fauteuil roulant. Illustration.

afp.com/Joel Saget

Des déplacements gratuits pour faciliter la vie des enfants handicapés. Leurs frais de transport vers les établissements spécialisés les prenant en charge vont désormais être intégralement remboursés, selon un décret paru mardi au Journal officiel. 

Seulement les frais de déplacement vers les centres de soin

Ces frais liés aux soins ou traitements des enfants et adolescents dans les centres d'action médico-sociale précoce et les centres médico-psycho-pédagogiques, seront "pris en charge intégralement par l'Assurance-maladie", souligne le décret. 

Faciliter la vie des familles

"Cette mesure démontre la détermination du gouvernement à renforcer le suivi médical des enfants handicapés et à faciliter le quotidien de leur famille", ont réagi dans un communiqué la ministre de la Santé, Marisol Touraine et la secrétaire d'Etat chargée du Handicap, Ségolène Neuville. 

Avec

27 mai 2014

Enseignants face aux élèves handicapés : "On fait avec les moyens du bord"

article publié dans 20 Minutes

Créé le 27/05/2014 à 17h25 -- Mis à jour le 27/05/2014 à 19h12
Illustration d'un élève handicapé

Illustration d'un élève handicapé ATTILA KISBENEDEK / AFP

EDUCATION - Selon une étude du SNUipp publiée ce mardi, la majorité des enseignants du premier degré s'estiment mal formés à la prise en charge des élèves handicapés...

Plus de 90% des enseignants du primaire sont favorables à l’accès des élèves handicapés aux établissements ordinaires, mais ils ne s’estiment pas assez formés sur ce point, selon une enquête du SNUipp publiée ce mardi.

Un manque de préparation qu’ils jugent d’autant plus préjudiciable que depuis la loi 2005, les enseignants accueillent de plus en plus d’élèves handicapés, à l’instar de Maud*, qui exerce en maternelle en région parisienne: «Chaque année, j’ai au moins un élève handicapé dans ma classe de moyenne section». Idem pour Lucien*, instituteur en CE2 à Paris: «Une année j’ai même eu trois élèves handicapés: un dyslexique, un dyscalculique et un enfant qui souffrait d’un handicap moteur», raconte-t-il. 

«Des pathologies différentes»

«Le plus difficile, c’est qu’il s’agit à chaque fois de pathologies différentes», souligne Emilie, enseignante en maternelle dans le Var, qui a accueilli tour à tour un élève trisomique, un hyperactif, un déficient visuel et un élève qui présentait un trouble moteur. Pour couronner le tout, certains enseignants n’apprennent la venue d’un élève handicapé dans leur classe que le jour de la rentrée. «Comme je suis remplaçante, je n’ai connaissance de la situation qu’en septembre. Ca ne me laisse pas le temps de me préparer», raconte Emilie. Autre difficulté: «Chaque année, des élèves qui présentent un handicap n’ont pas été détectés auparavant. On doit alors essuyer les plâtres et faire intervenir une psychologue scolaire, chargé de faire le lien avec les familles», décrit Maud.

L’autoformation privilégiée

Avant d’accueillir ces élèves un peu particuliers, rares sont les profs qui ont eu le droit à une formation, ne serait-ce que générale sur le sujet. «En une dizaine d’années de carrière, je n’en ai eu aucune sur ce thème», s’offusque ainsi Lucien. Idem pour Emilie, qui a du s’autoformer sur le sujet en faisant des recherches sur Internet, en parlant avec les parents d’élèves et avec la psychologue scolaire. Quand à Maud, elle a obtenu quatre jours de formation en tannant l’inspection d’académie lorsqu’elle a accueilli un élève autiste dans sa classe. 

«C’était indispensable car au début il se jetait par terre et je ne pouvais pas l’approcher. Mais ce n’était pas suffisant, j’ai donc sollicité l’association nationale des centres de ressources autisme pour continuer à apprendre sur le sujet», confie-t-elle. Lucien a aussi puisé dans les bonnes pratiques de ses confrères pour s’adapter à ces élèves: «Grâce à leur expérience, j’ai pu mieux comprendre la nature du handicap de mes élèves et adapter ma pédagogie en fonction».

Individualiser sa pédagogie

Car enseigner à un élève handicapé requiert une approche sur mesure: «C’est de l’individualisation totale. Il faut faire progresser l’élève à son rythme en adaptant les exercices qu’on lui propose», explique Emilie. «Il faut à chaque fois créer des outils pédagogiques spécifiques. Pour un de mes élèves autistes, j’ai ainsi fabriqué des repères visuels avec des photos et j’ai conçu des jeux rien que pour lui», raconte Maud.

Mais même s’ils s’investissent à fond pour faire progresser ces élèves, les enseignants ont parfois le sentiment de ne pas en faire assez: «J’ai souvent l’impression de ne pas avoir assez de connaissances et de temps pour les aider au mieux, c’est frustrant», exprime Lucien. «On fait avec les moyens du bord, d’autant que certains élèves n’ont pas d’AVS (auxiliaires de vie scolaire)», souligne Emilie. «Si l’on pouvait bénéficier de formations sur le sujet avec des effectifs allégés dans les classe, on pourrait encore faire progresser davantage ces enfants. Il faudrait aussi créer une banque de données contenant de la documentation sur chaque type de handicap et des exemples d’exercices à concevoir. Ca nous permettrait vraiment mieux avancer», estime  Maud.

 

Delphine Bancaud

 

*Les prénoms ont été changés. Lucien est l'auteur d'un blog: «L'instit'humeurs».

27 mai 2014

Poursuivie pour des violences sur trois patients autistes

article publié dans le Dauphiné

SAINT-BALDOPH

Le tribunal correctionnel de Chambéry examinait hier une affaire très sensible. Une employée du centre spécialisé l’Orée de Sésame, situé à Saint-Baldoph, comparaissait pour des faits de violences sur personnes vulnérables, qui auraient été commis en novembre 2013 et février 2014.

En l’espèce, trois patients autistes auprès de qui la prévenue, maîtresse de maison, travaillait au quotidien. Les faits ont été dénoncés par le directeur en personne, suite aux déclarations de trois autres employées, témoins des maltraitances en question. À savoir des coups de pieds et une tête claquée contre un mur.

Un comité de soutien dans la salle d’audience

Entourée par des collègues venus la soutenir, la prévenue, âgée de 50 ans et qui travaillait depuis huit ans dans le centre, a nié les faits : « Je n’ai jamais donné de coups. Oui, j’ai poussé une patiente qui m’avait sauté dessus et, en reculant, elle s’est cognée la tête. Oui, j’ai dégagé mon pied de la main d’un patient qui m’agrippait la cheville. Mais c’est tout ».

De quoi étonner la présidente Claire Fevotte qui interrogeait la prévenue : « Comment expliquez-vous les témoignages de vos collègues qui n’ont pourtant aucun problème avec vous ? ». L’avocate de l’ancienne employée (elle a été licenciée pour faute grave suite aux plaintes) Me Martinez, y voyait la méconnaissance du métier pour au moins l’un des témoins qui venait d’être embauchée : « Il faut parfois être autoritaire car sinon, ce n’est pas possible. Mais ça n’était pas de la violence. Le problème, c’est qu’on demande beaucoup à ces maîtresses de maison qui ne sont pas formées pour tout cela. Pour moi, la responsabilité du directeur est aussi engagée ».

Représentant les intérêts d’une des parties civiles, Me Elsa Beltrami reconnaissait la difficulté du travail dans l’établissement. « Mais s’il y a pétage de plombs, ça ne doit pas se faire sur la fille de mes clients. »

Dans ses réquisitions, la représentante du ministère public, Aurélie Goutagny, rappelait : « Il est clair que nous avons une personne qui était en souffrance dans son travail. Il y a peut-être un problème de formation mais les violences sont caractérisées. Les victimes sont autistes, il est facile de dire qu’elles sont violentes et qu’elles s’automutilent. Mais ça, vous ne voulez pas l’entendre ». Le parquet a requis une peine de trois mois de prison avec sursis et mise à l ‘épreuve assortie d’une obligation de soins et d’une interdiction de travailler avec des personnes vulnérables.

Le délibéré sera rendu le 26 juin.

Par Stéphan DUDZINSKI | Publié le 27/05/2014 à 06:08 Vu 940 fois

27 mai 2014

Humour tendance et sympa !

chien obstiné

26 mai 2014

Un film sur l'autisme avec Esperansa

article publié dans Ouest France

Lors de l'assemblée générale de l'association pour la sensibilisation à la protection, l'éducation et la recherche sur l'autisme et notamment sur le syndrome d'Asperger (Asperansa), la ville a été désignée membre d'honneur pour son engagement au côté d'Asperansa. L'association a remis à Renaud Sarrabezolles, 1er adjoint, un tirage d'une photo de Luna TMG (The monn girl), artiste autiste, représentant le pont de l'Iroise.

L'année 2013 a été marquée par les actions du collectif Bretagne autisme, suite à la crise du CRA (centre de ressource autisme). Asperansa oeuvrera notamment à l'insertion professionnelle et sociale des adultes.

Le film Quelque chose en plus - autisme et Aba, le bonheur d'apprendre a été projeté devant une centaine de personnes, en présence de la réalisatrice, Sophie Robert. Ce nouveau film montre le fonctionnement de deux instituts médico éducatif (IME) utilisant les principes de l'Aba (Analyse appliquée du comportement). Le film a été suivi d'un débat.

Sophie Robert avait réalisé Le mur, documentaire reprenant les propos de psychanalystes concernant l'autisme.

26 mai 2014

Autisme. Le combat sans relâche des mamans

article publié dans Le Télégramme

24 mai 2014 à 10h09
Le documentaire de Sophie Robert sera projeté au ciné Breiz, le 3 juin.

Faire en sorte que leurs enfants soient inclus dans la société comme tous les autres. C'est le but légitime de plusieurs familles dans les Côtes-d'Armor. Bérengère Guénanen et Florence Bourel nous en parlent.

Vous organisez une soirée au ciné Breiz, à Paimpol, le 3 juin, avec un documentaire. Vous pouvez nous en dire plus ?
« Sophie Robert, la documentariste de "Quelque chose en plus", sera présente, avec un psychocomportementaliste, Mathieu Le Clec'h. Ce sont des gens proches de ce que nous vivons et ce sont de vrais experts. En France, au sujet de l'autisme, il y a encore tout à faire. Il s'agit d'un trouble neurobiologique et le cerveau des personnes atteintes s'est développé différemment de celui des autres. Alors qu'en 2014, on ose encore nous parler, à nous les mères, de problèmes liés à nos grossesses ou d'un manque d'amour accordé à nos enfants ».

À toutes les deux, vous avez trois enfants autistes. Quel est leur quotidien ?
« Brieuc et François, âgés de 14 et 18 ans, ont trouvé une place à Saint-Quihouët, pas loin de Plaintel ; Héloïse est en sixième à Saint-Joseph et a un parcours classique, accompagnée d'une assistante de vie scolaire. Les deux garçons ne sont pas du tout autonomes. Mais par exemple, Brieuc ne va à l'IME qu'à mi-temps. Sinon, il est à la maison avec le soutien de professionnels. On peut démontrer par là à quel point le spectre de l'autisme est large. Ce qui est commun dans leurs comportements, c'est que les codes sociaux sont atteints et qu'ils souffrent de troubles sensoriels même si le langage est acquis et que l'intelligence est intacte ».

Selon vous, que faudrait-il faire ?
« On va vous donner un exemple. Une journée en hôpital de jour revient à 500 €; c'est énorme. Or, nous, notre souhait serait que nos enfants soient intégrés en système scolaire classique mais avec des EVS ou AVS ; ces derniers gagnent parfois 500 ou 600 € par mois. S'ils étaient formés, mieux rémunérés, et employés en CDI, les résultats seraient bénéfiques pour tout le monde. Nos enfants sont différents mais ils devraient avoir toute leur place dans la société. L'Espagne comme l'Angleterre le font très bien ; pourquoi pas nous. En France, c'est un peu Néandertal à ce niveau-là ».

Vous déplorez les effets de la psychiatrie. Pourquoi ?
« Nos enfants ont la plupart du temps été shootés aux neuroleptiques. Mais ils ne devraient pas avoir recours à la psychiatrie. Le problème ne se situe pas là. Ils ont besoin d'être éduqués différemment car les choses pour eux ne sont pas spontanées ni évidentes. Ils ne se rendent pas compte par exemple qu'il faut faire ses lacets. Il faut les éduquer à cela. C'est juste un petit exemple car pour tout c'est comme ça. Dans le même temps, ils ont d'énormes dispositions pour des tas de choses. Ils ont juste besoin de vrais professionnels autour d'eux : éducateurs spécialisés et formés à l'autisme, psychologues comportementalistes, AVS et EVS formés. Le monde de la santé doit s'ouvrir et se remettre en question car on voit arriver de jeunes parents qui ne sont pas plus avancés que nous alors que nos enfants sont grands ».

Soirée débat et documentaire le mardi 3 juin, à 20 h, au ciné Breiz.
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