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"Au bonheur d'Elise"

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31 janvier 2014

Mensonges lacaniens, par Jacques Van Rillaer

jacques van rillaer professeur émérite

[Jacques Van Rillaer (photo de gauche) m’a donné son accord pour que ce texte soit publié sur ce blog : c’est chose faite. JLR]

« Notre pratique est une escroquerie : bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué — à savoir ce que Joyce désignait par ces mots plus ou moins gonflés — d’où nous vient tout le mal. »

Jacques Lacan, 26 février 1977 [1]

Le fondement essentiel des pratiques de ceux qui se nomment « psychanalystes » sont des textes de Freud et de quelques disciples. Il est donc crucial de connaître le degré de fiabilité des affirmations contenues dans ces publications. Des milliers de personnes croient que Freud, Bettelheim ou Lacan sont des savants parfaitement intègres, qui ont observé méthodiquement des faits, qu’ils ont ensuite mis par écrit sans les déformer. Ces personnes ignorent ou refusent d’admettre les inévitables processus de distorsion du traitement des informations et la pratique du mensonge chez une large proportion des êtres humains, y compris chez les hommes de science.


DES MENSONGES DÈS LE DÉPART DU FREUDISME
 

Le voile sur les mensonges de Freud a commencé à être levé par son disciple Ernest Jones. Dans sa célèbre biographie, Jones signale que le traitement d’Anna O., le cas princeps de la psychanalyse, ne s’était pas terminé comme c’est écrit dans les Etudes sur l’hystérie. Alors qu’on y lisait qu’Anna O. avait été délivrée de tous ses symptômes, Jones signalait qu’après un an et demi de « cure par la parole » la malade avait dû être placée dans un institut psychiatrique. Il ajoutait : « Un an après qu’il eût cessé de la soigner, Breuer confia à Freud qu’elle était tout à fait détraquée, et qu’il lui souhaitait de mourir et d’être ainsi délivrée de ses souffrances [2]».

D’autres révélations ont également été faites par des disciples. Ainsi Oskar Pfister, pasteur suisse devenu analyste freudien, a confié à Henri Ellenberger, qui avait fait une analyse didactique sous sa direction, que l’ouvrage de Jones contenait des « légendes », notamment la légende que Freud aurait été constamment attaqué de façon malhonnête [3].

C’est sans doute Ellenberger, le plus célèbre des historiens de la psychiatrie, qui a porté des coups décisifs aux légendes relatives à l’intégrité scientifique de Freud. Chargé du cours d’histoire de la psychiatrie à la Fondation Menninger (Etats-Unis), il s’est donné la peine de faire une enquête sur le cas d’Anna O qui lui fit découvrir son dossier médical dans la clinique suisse où elle avait été placée, faute d’être aidée par la psychanalyse. On y lisait que la patiente — dont Freud a écrit à plusieurs reprises qu’elle avait été guérie detous ses symptômes [4] — présentait nettement plus de troubles après le traitement qu’avant et qu’elle était même devenue morphinomane durant la cure. Ellenberger a publié ces faits en 1972 [5] et y a consacré quelques pages dans l’édition française de sa monumentale histoire de la psychothérapie [6]. Il a également montré que Freud avait beaucoup plagié et était beaucoup moins original que le grand public ne le croit.

Peu après, Frank Cioffi a publié l’article « Freud était-il un menteur ? » [7]. Rapprochant simplement des textes de 1896 et de 1924, il montrait que Freud avait menti sur un point capital de sa doctrine. En 1896, Freud écrivait que l’hystérie de toutes ses patientes sans exception s’expliquait par « des séductions subies dans la première enfance  ». Il ajoutait : « Les malades ne racontent jamais ces histoires spontanément. On ne réussit à réveiller la trace psychique de l’événement sexuel précoce que sous la pression la plus énergique du procédé analyseur et contre une résistance énorme, aussi faut-il leur arracher le souvenir morceau par morceau. […] Dans la plupart des cas, les souvenirs n’étaient retrouvés qu’après plus de cent heures de travail [8] ». A partir des années 1910, Freud a raconté qu’il avait été trompé par ses patientes, qui lui racontaient spontanément des histoires d’inceste qu’il avait pris naïvement, à l’époque, pour des récits d’événements réels. Freud dit avoir compris ensuite qu’il s’agissait seulement de fantasmes produits par les désirs œdipiens. Il n’a jamais reconnu qu’il avait conditionné ses patientes à inventer ce qui était conforme à sa théorie.

Par la suite, des historiens du freudisme, à mesure que des archives se publiaient, ont découvert de plus en plus de mensonges et de légendes. Les ouvrages de Crews, Bénesteau, Borch-Jacobsen et Shamdasani, parmi bien d’autres, montrent l’ampleur des mystifications [9].

Aux mensonges de Freud s’ajoutent ceux de disciples célèbres, à telle enseigne que Cioffi, trente ans après son célèbre article, conclut le bilan des tromperies de Freud et de freudiens par ces mots : « Le mouvement psychanalytique dans son ensemble est l’un des mouvements intellectuels les plus corrompus de l’Histoire [10] ». On pourrait évoquer par exemple les impostures de Bruno Bettelheim [11] ou le Journal d’une adolescente, que Hermina Hug-Hellmut — la première analyste d’enfants — , publia comme le récit d’une adolescente alors qu’elle l’avait entièrement inventé [12]. Nous nous limitons ici aux cas de Jacques Lacan et de son beau-fils Jacques-Alain Miller, son héritier au sens matériel et figuré du terme.

 

POURQUOI AVOIR CRÉÉ L’ÉCOLE FREUDIENNE DE PARIS ?  

En 1962, au moment de choisir des études universitaires, la lecture d’ouvrages vantant les prodigieuses victoires de la psychanalyse m’ont incité à opter pour la psychologie [13] . Dès ma 2e année d’études, je me suis adressé à la Société Belge de Psychanalyse, affiliée à l’International Psychoanalytical Association (IPA), pour entamer une didactique freudienne. La présidente m’a répondu qu’il fallait être diplômé médecin ou psychologue avant de pouvoir commencer ce type d’analyse. L’année suivante, j’apprenais par Jacques Schotte, professeur de mon université, qu’il allait fonder, avec quatre autres psychanalystes, l’Ecole belge de psychanalyse (EBP), qui se rattacherait à l’Ecole freudienne de Paris (EFP), que venait de créer Jacques Lacan. Il m’expliqua que, dans l’association lacanienne, les règles étaient moins « obsessionnelles » [14] que dans la corporation « annafreudienne ». En effet, la porte était grande ouverte aux étudiants en psychologie, aux philosophes, aux théologiens, aux prêtres qui quittaient l’Eglise, etc. Je pus ainsi commencer une analyse didactique dès ma 3e année de psychologie, chez Winfried Huber, qui avait effectué la sienne à Paris, chez Juliette Favez-Boutonnier. Celle-ci avait été analysée par René Laforgue, qui l’avait été par Eugénie Sokolnika, qui l’avait été par Freud. J’évoque cette « filiation » parce que, selon la doctrine freudienne, le pouvoir d’être analyste se transmet de la même façon que le pouvoir d’être prêtre catholique : le sacrement autorisant la pratique sacrée est conféré par quelqu’un qui a lui-même reçu cette grâce au terme d’une lignée qui remonte jusqu’au Christ.

Pendant les quatorze années de mon adhésion à l’EBP, je n’ai jamais entendu parler de lavéritable raison pour laquelle Lacan avait fondé l’EFP en 1964. Le lecteur qui douterait de cette ignorance peut lire d’un bout à l’autre les 420 pages de mon livre Les illusions de la psychanalyse, publié en 1981. La raison essentielle de la création de l’EFP n’y apparaît nulle part, malgré d’abondantes critiques de Lacan. Ce n’est qu’en 1985 que j’en ai été informé par la lecture du livre de François Perrier Voyages extraordinaires en Translacanie [15] . Dans l’EBP, il s’agissait d’une information qui avait été soigneusement dissimulée. Dans l’EFP, elle avait été progressivement occultée. Voici les faits.

Au début des années 50, les autorités de la Société Française de Psychanalyse (SFP) ont constaté que Lacan menait un nombre considérable d’analyses didactiques. Elles ont également appris que la durée des séances était largement inférieure à la durée réglementaire de 45 minutes. Pire : cette durée diminuait d’année en année pour ne plus être que de quelques minutes. Les autorités psychanalytiques internationales ont alors mené plusieurs enquêtes sur la durée des séances chez Lacan. A partir de 1953, les dirigeants de l’IPA ont, à plusieurs reprises, rappelé Lacan à l’ordre. Chaque fois, il y avait « promesses de Lacan, non tenues, bien sûr, puis colères, amabilités, injures, rapprochements, ruptures  » [16] . En juillet 1963, après dix années de mises en garde répétées, l’IPA retirait définitivement à Lacan le titre de didacticien. Le document, intitulé la « Directive de Stockholm » (du nom du congrès où cette décision fut prise), précisait : « Le Dr. Lacan n’est plus désormais reconnu comme analyste didacticien. Cette notification devra être effective le 31 novembre 1963 au plus tard. Tous les candidats en formation avec le Dr. Lacan sont priés d’informer la Commission des études s’ils désirent ou non poursuivre leur formation, étant entendu qu’il sera exigé d’eux une tranche supplémentaire d’analyse didactique avec un analyste agréé par la Commission des études. Cette notification devra être effective le 31 décembre 1963 au plus tard [17]  ».

Soulignons que Lacan gardait le titre de « psychanalyste » de la SFP et de l’IPA. Il pouvait continuer à analyser des patients, il pouvait même continuer ses cours et séminaires, mais il fulminait et préparait sa riposte : la création de sa propre Ecole de psychanalyse.

 

« L’EXCOMMUNICATION MAJEURE »  

Le 20 novembre, devant l’amphithéâtre bondé de l’hôpital Ste-Anne, Lacan tenait un Séminaire au cours duquel il allait se dire victime d’une excommunication comparable à celle infligée par les autorités rabbiniques à Baruch Spinoza :

« Mon enseignement, désigné comme tel, subit, de la part d’un organisme qui s’appelle le Comité exécutif d’une organisation internationale qui s’appelle l’International Psychoanalytical Association, une censure qui n’est point ordinaire, puisqu’il ne s’agit de rien de moins que de proscrire cet enseignement — qui doit être considéré comme nul, en tout ce qui peut en venir quant à l’habilitation d’un psychanalyste, et de faire de cette proscription la condition de l’affiliation internationale de la société psychanalytique à laquelle j’appartiens.

Cela encore n’est pas suffisant. Il est formulé que cette affiliation ne sera acceptée que si l’on donne des garanties pour que, à jamais, mon enseignement ne puisse, par cette société, rentrer en activité pour la formation des analystes.

Il s’agit donc là de quelque chose qui est proprement comparable à ce qu’on appelle en d’autres lieux l’excommunication majeure. Encore celle-ci, dans les lieux où ce terme est employé, n’est-elle jamais prononcée sans possibilité de retour.

Elle n’existe sous cette forme que dans une communauté religieuse désignée par le terme indicatif, symbolique, de la synagogue, et c’est proprement ce dont Spinoza fut l’objet. Le 27 juillet 1656 d’abord — singulier bicentenaire puisqu’il correspond à celui de Freud — Spinoza fut l’objet du kherem, excommunication qui répond bien à l’excommunication majeure, puis il attendit quelque temps pour être l’objet du chammata, lequel consiste à y ajouter cette condition de l’impossibilité d’un retour.

Je ne suis pas en train de dire — mais ce ne serait pas impossible — que la communauté psychanalytique est une Église. Cependant, incontestablement, la question surgit de savoir ce qui en elle peut bien faire ici écho à une pratique religieuse [18]  ».

Sept mois plus tard, le 21 juin 1964, c’est le grand coup de théâtre autocratique. Lacan proclame dans son séminaire la création de sa propre société de psychanalyse en ces termes :

« Je fonde — aussi seul que je l’ai toujours été dans ma relation à la cause psychanalytique — l’Ecole Française de Psychanalyse, dont j’assurerai, pour les quatre ans à venir dont rien dans le présent ne m’interdit de répondre, personnellement la direction [19]  ».

Lacan préfèrera peu après le nom « Ecole Freudienne de Paris ». Il la présidera jusqu’à sa dissolution, par lui-même, en 1980, peu avant sa mort. Inutile d’insister sur le fait qu’il ne mit plus aucun frein à sa frénésie du commerce des didactiques, recevant jusqu’à 80 analysants par jour [20]. Ceux-ci étaient complices. Comme le note François Roustang, ancien jésuite devenu pour un temps analyste lacanien : « Devenir analyste, reconnu par Lacan, était une manière de titre de noblesse, qui ouvrait à la possibilité de se faire une clientèle. Sans lui, nombre d’entre nous n’auraient jamais accédé à ce statut et n’auraient pas eu les moyens d’en vivre. Après avoir donné l’existence à beaucoup, l’analyse devenait le moyen de leur subsistance [21] ». Jean-Guy Godin, qui restera toujours fidèle au gourou, ne dit pas autre chose : « Pour chacun de nous, Lacan était une société, une société par actions dont nous détenions chacun une part ; d’autant que, dans ce début des années soixante-dix, sa cote ne cessait de monter [22] ». Perrier, un des premiers lieutenants de Lacan, écrit : « Il était parfaitement conscient du pouvoir de son nom, de ce que signifiait, pour les gens, de dire : “Je suis sur le divan de Lacan.” D’ailleurs, les séances dites courtes consistaient en un véritable compostage : le sourire et la poignée de main du maître. [23] »

Durant ma formation à l’EBP, je n’ai entendu parler qu’une seule fois des « séances courtes ». C’était à l’occasion du séminaire d’Alphonse De Waelhens sur le texte « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse ». Lacan y justifie son innovation en disant qu’elle rejoint la technique zen, qu’elle « déconcerte la résistance du patient  », qu’elle « brise le discours pour accoucher la parole [24] ». Dans Ecrits, où ce texte de 1953 est réédité, Lacan a ajouté cette note en bas de page : « Pierre de rebut ou pierre d’angle, notre fort est de n’avoir pas cédé sur ce point (1966)  ». De Waelhens était passé rapidement sur ce passage, se contentant de dire que cette technique n’était pas en usage en Belgique. Il n’avait pas relevé la note infrapaginale. Il n’avait pas dit — ce que lui devait savoir — que les séances courtes étaient la « pierre » sur laquelle Lacan « n’avait pas cédé », la pierre sur laquelle est édifiée l’EFP et, secondairement, l’EBP à laquelle nous appartenions.

 

UNE ÉCOLE FREUDIENNE « OUVERTE »  

En fondant sa propre école, Lacan s’octroyait le moyen de continuer une pratique extrêmement lucrative, mais il allait en outre prendre dans ses filets ce qu’on appelle psychanalyse en France. En effet, tandis que les autres sociétés freudiennes exigeaient généralement une formation de psychologue ou de médecin avant d’entamer la formation analytique, Lacan ouvrait les bras à tout qui se voulait psychanalyste. Il se montrait particulièrement séducteur à l’endroit des philosophes, des mathématiciens et des agrégés de droit [25]. La distinction entre analyse didactique et analyse thérapeutique était abrogée. Sous prétexte de balayer la bureaucratie « ipéiste », la hiérarchie autoritaire et les règles rigides, Lacan déclarait qu’il n’était plus nécessaire d’être psychanalyste, ni même en analyse, pour pouvoir s’inscrire au titre de membre de son Ecole. Simplement il distinguait trois types de membres : les « analystes de l’Ecole » (AE), reconnus par un jury d’agrément, les « analystes membres de l’Ecole » (AME), garantis par l’Ecole, et les « analystes praticiens » (AP), qui s’autorisent d’eux-mêmes [26].

Jean Clavreul, fidèle lieutenant de Lacan jusqu’à la mort (celle de Lacan et la sienne), a bien décrit comment ce procédé a fait exploser le nombre de lacaniens : « Le prestige de l’Ecole freudienne fut tel qu’il y eut de plus en plus d’adhésions, à tel point que les demandes d’adhésion devinrent aussi importantes que le nombre d’adhérents, plus de six cents à ce moment-là. Cela était dû au fait que Lacan ne prononçait jamais d’exclusion. Pendant quinze années, l’Ecole freudienne n’a jamais exclu personne[27] ». En France,psychanalyse est alors devenu davantage synonyme de lacanisme que de freudisme(orthodoxe) [28]. Lacan était un champion du marketing psy.

Trois ans plus tard, Lacan sera poussé par ses camarades à formuler des règles plus strictes pour la reconnaissance du titre d’analyste de son Ecole (la « passe »), mais le « Freud français » aura réussi à noyer les analystes affiliés à l’IPA sous le nombre des siens. Son « ouverture » aux philosophes et aux lettrés lui aura permis de noyauter tous les médias et les hautes sphères du pouvoir [29]. Son beau-fils « jouit » encore pleinement de ce pouvoir.

LA DISSIMULATION CONTINUE  

A ma connaissance, il n’y a aucun écrit de Lacan qui mentionne la véritable raison du refus par l’IPA de continuer à agréer ses didactiques au-delà de 1963. La majorité de ses disciples ont dissimulé autant que lui ce motif et donc la véritable raison de la création de l’EFP. Ainsi Jacques-Alain Miller écrit-il en 2011 dans Vie de Lacan  : « Il [Lacan] n’a pas tellement pâli de la rétorsion de l’Autre. Oui, bien sûr, une Association internationale alors basée à Chicago l’a persécuté, chassé — ou plutôt a voulu l’émasculer comme analyste, en lui interdisant de former des gens. N’en faisons pas toute une histoire. En définitive, elle pouvait peu, sinon aider au rinforzando de la calomnie. Lacan, de son côté, avait de la ressource, ne se laissa pas intimider, et manœuvra comme un chef. C’est alors que je l’ai connu, janvier 1964, et je fus le témoin direct, et aussi l’un des instruments, de sa brillante contre-offensive. Il triompha en France, au prix d’y rester enfermé, car coupé du milieu international [30] ».

Elisabeth Roudinesco, qui détient le pouvoir d’informer les lecteurs du journal Le Mondedes matières psy, évoque le véritable motif, mais en l’édulcorant et en minimisant son importance. Dans Pourquoi la psychanalyse ?, elle écrit que la scission de 1963 se produisit « lorsque Lacan ne fut pas accepté comme didacticien dans les rangs de l’IPA du fait de son refus de se soumettre aux règles en vigueur concernant la durée des séances et la formation des analystes. Lacan refusait, en effet, de se plier à l’impératif de la séance de cinquante-cinq minutes et proposait de l’interrompre par des ponctuations significatives donnant un sens à la parole du patient. [...] Par ailleurs — et c’est sans doute la raison profonde de cette rupture —, Lacan restaurait, par son enseignement et par son style, la figure freudienne du maître socratique à une époque où celle-ci était jugée néfaste par l’IPA [31] » (souligné par J.V.R.)

 

LE POUVOIR CURATIF DES CURES FREUDIENNES ET LACANIENNES  

Depuis longtemps, la médiocrité des résultats que Freud obtenait par ses traitements est connue et bien documentée [32]. Ceci n’empêche nullement les frères Miller d’affirmer que Freud guérissait sans difficulté, comme par magie. Ils affirment ce fait, mais l’expliquent de façon tout à fait différente.

Jacques-Alain donne une explication freudienne classique : « Au départ, les cures analytiques avaient des résultats rapides et spectaculaires. Il suffisait de livrer à un patient la clé de l’Œdipe, c’était si révolutionnaire que cela le métamorphosait. Au fur et à mesure, la nouveauté se dissipait, les cures devenaient plus longues, plus complexes [33] ». Autrement dit : si les cures sont devenues si longues, voire interminables, c’est parce que tout le monde parle désormais du complexe d’Œdipe.

Gérard, lui, avance une explication typiquement lacanienne : « L’aliénation du sujet à la chaîne signifiante, c’est ce que la psychanalyse naissante avait mis au jour. Qu’est-ce que l’âge d’or de la découverte freudienne, sinon ce temps béni des dieux où les symptômes analysés cédaient comme par miracle ? Lecture émerveillée des premiers textes de Freud... La psychanalyse dévoilait le lien du sujet au langage, témoignait de l’emprise du signifiant sur le corps, réussissait à annuler la souffrance par la parole. [34] » Autrement dit : si les cures sont devenues si longues, c’est parce que tout le monde sait que le symptôme est langage et que sa disparition tient en une analyse de Signifiants.

Lacan a été pour le moins discret sur les effets de ses propres cures. Il s’est toujours plu à affirmer que la psychanalyse n’est pas une psychothérapie. Ainsi dans sa célèbre interview à la télévision, il déclare : « La psychothérapie, quelle qu’elle soit, tourne court, non qu’elle n’exerce pas quelque bien, mais qui ramène au pire [35] ». Même discours lors de l’ouverture de la section clinique de l’université Paris VIII : « La psychothérapie ramène au pire... Ce n’est pas la peine de thérapier [sic] le psychique. Freud aussi pensait ça. Il pensait qu’il ne fallait pas se presser de guérir [36] ». Les témoignages d’anciens lacanienssont accablants. Perrier par exemple écrit : « J’aurais aimé que Lacan publiât ses chiffres : c’est fou ce qu’on se suicidait chez lui ! Pour sa part, il avait horriblement peur de la mort. Une anecdote est restée célèbre : il avait foutu à la porte Diatkine, parce que ce dernier fantasmait sur la mort. Ça aussi, c’est très grave. Si Lacan a tué tout son monde, c’est parce que seul le cheminement de la pensée l’intéressait. Les êtres humains, il s’en foutait. Et la séduction qu’il exerçait sur eux dépouillait ses malades et ses clients de toute capacité d’autodéfense, ou peu s’en faut [37] ».

Freud a toujours écrit que la psychanalyse n’était pas en mesure de traiter les psychoses, qu’il appelait « névroses narcissiques » [38]. Dans les années 1920, il a essayé de traiter un adolescent psychotique, Carl Liebmann, qu’il a qualifié de « paranoïaque super-intelligent » et pour lequel, écrit-il, il s’est « donné beaucoup de mal  ». Il en parle dans sa correspondance avec Ferenczi [39], mais n’a jamais rien publié à ce sujet et pour cause : il n’a obtenu aucun résultat positif. Aujourd’hui des lacaniens prétendent, grâce à Lacan, faire mieux que Freud : ils affirment que l’autisme est une « psychose », qu’il leur revient de « traiter », et qu’il est de leur devoir de « combattre les thérapies cognitivo-comportementales  » [40]. On attend toujours la publication d’études empiriquement validées.

 

DE QUELQUES AUTRES MENSONGES  

Lacan s’est illustré par d’autres formes de tromperie, notamment le plagiat. Par exemple, il a repris à Henri Wallon — sans le citer — la description du stade du miroir. René Zazzo, parmi d’autres, a dénoncé cette malhonnêteté [41], ce qui n’empêche pas nombre delacaniens et d’autres d’enseigner qu’il s’agit d’une « découverte » de Lacan.

J.-A. Miller s’est fait une spécialité des fausses citations pour diaboliser les TCC et spécialement Skinner. Nous avons déjà eu l’occasion de montrer comment il a utilisé la formule d’un journaliste « We Can’t Afford Freedom  » (Nous ne pouvons nous payer le luxe d’être libre) placée sur la couverture d’un numéro du Time où il était question de Skinner, pour en faire une citation exprimant des intentions qui n’étaient absolument pas celles du célèbre professeur de Harvard [42]. Dans son récent « Lacan quotidien » (25-01-2012), on peut lire une autre citation attribuée à Skinner (« Je n’ai poursuivi dans ma vie qu’une idée — une véritable idée fixe. Le mot “contrôle” l’exprime  », etc.) qui est en réalité le propos d’un personnage du roman de Skinner Walden Two. C’est comme si attribuait à Camus des phrases d’un personnage de son Caligula. Chacun jugera du niveau éthique et épistémologique du procédé.

Peut-être le mensonge le plus nuisible de Lacan aura été de faire croire que sa logomachie recelait un sens profond, que seule une longue initiation permettait de comprendre. Cette « imposture intellectuelle » — pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Sokal et Bricmont — a égaré des milliers de personnes dans des exégèses ad infinitum et les a détournés d’activités réellement thérapeutiques. La tradition du mensonge, inaugurée par Freud, est plus que jamais vivante dans le lacanisme.

 

ANNEXE : L’ÉTHIQUE DE LACAN SELON JACQUES-ALAIN MILLER

 

Extraits de : Vie de Lacan écrite à l’intention de l’opinion éclairée.
Ed. Navarin, 2001, 24 p.

« Par beaucoup de traits, et même par un trait essentiel, Lacan n’était pas et ne se croyait pas un homme de bien. “Je n’ai pas de bonnes intentions”, dit-il une fois à son séminaire, moquant les préjugés de ceux qui pensent bien  » (p. 12).

« Il est clair que Lacan voulut être une exception, et s’assumait comme tel. [...] Il évoquait sa vie, écoutez bien, comme “une vie passée à vouloir être Autre malgré la loi”  » (p. 15).

« Que veut dire ce “malgré la loi”, à le prendre au sérieux ? Lacan s’avoue fièrement transgresseur, et joue au délinquant, au vaurien, au voyou. [...] Lacan est en effet quelqu’un qui bravait la loi, et dans les plus petites choses. » (p. 16)

« Certains se plaisent à lui prêter des passions basses, qui sont, j’en jurerais, les leurs : fortune, notoriété, pouvoir. Mais tout cela va de soi pour l’homme de désir, ce sont des moyens de son désir, ce n’est pas son désir. Lacan incarnait au contraire ce qu’il y a d’énigmatique, de peu rassurant, voire d’inhumain dans le désir  » (p. 19).

« “Tâcher toujours plutôt à changer mes désirs que l’ordre du monde”, la belle maxime cartésienne qui résume tout ce qui est sagesse antique et moderne, n’était pas pour Lacan. Il était du parti contraire. Il entendait, lui, changer autour de lui le train des choses, leur train-train, et avec une obstination, une persévérance, une constance, qui faisait mon admiration  » (p. 20).

« Les anecdotes lacaniennes sont toutes vraies, même celles qui sont fausses, car, en saine doctrine, la vérité se distingue de l’exactitude, et elle a structure de fiction. Tout ce qui court sur le personnage de Lacan, de vu, d’entendu, ou de forgé, inventé, ou simplement de mal entendu, qui le diffame ou qui l’encense, converge à peindre l’homme de désir, et même de pulsion, qu’il était.  » (p. 21).

 

NOTES :

 

[1] Conférence de Jacques Lacan à Bruxelles. Publié dans Quarto (Supplément belge à La lettre mensuelle de l’École de la cause freudienne), 1981, n° 2. Extraits réédités dans Le Nouvel Observateur, 1981, n° 880, p. 88.

 

[2] La Vie et l’œuvre de Sigmund Freud, trad., PUF, t. 1, 1958, p. 248. En fait, le mensonge avait déjà été révélé, mais sans faire de vagues. En 1925, Jung avait déclaré, dans un séminaire donné à Zurich, que Freud lui avait confié que la malade n’avait pas été guérie. Le 2 juin 1935, Freud écrivait à son ami Stéphane Zweig que Breuer avait abandonné le traitement d’Anna O. alors que la patiente allait encore très mal et qu’« elle lutta encore pendant des mois, dans un sanatorium, avant de recouvrer la santé ».

 

[3] Andrée Yanacopoulo (2009) Henri F. Ellenberger. Une vie. Montréal : Liber, p. 167. Pour une présentation de cette biographie, voir SPS, 2010, 293 : 137-139.

 

[4] Par exemple dans Selbstdarstellung (1925) : « En extériorisant librement l’affect, le symptôme était balayé et ne reparaissait plus. Grâce à ce procédé, Breuer réussit après un long et pénible travail à libérer sa malade de tous ses symptômes  » (G.W., XIV 45).

 

[5] « The story of “Anna O.” : A critical review with new data », Journal of the History of the Behavioral Sciences, 1972, 8 : 267-279 — « L’histoire d’“Anna O.” Étude critique avec documents nouveaux », L’Évolution psychiatrique, 1972, 37 : 693-717.

 

[6] A la découverte de l’inconscient. Histoire de la psychiatrie dynamique. Villeurbanne : Ed. Simep, 1974, 780 p. Rééd. : Histoire de la découverte de l’inconscient. Fayard, 1994, 976 p.

 

[7] F. Cioffi (1974) Was Freud a liar ? The Listener, Febr. 7, p. 172-174. Réédité in F. Cioffi, Freud and the question of pseudoscience. Chicago : Open Court, 1998, p. 199-204.

 

[8] Œuvres complètes. PUF, III, pp. 117, 180.

 

[9] F. Crews (1998) Unauthorized Freud. Doubters confront a legend. N.Y., London : Viking, 301 p. – J. Bénesteau (2002) Mensonges freudiens : Histoire d’une désinformation séculaire. Mardaga, 400 p. – M. Borch-Jacobsen & S. Shamdasani (2006) Le dossier Freud. Enquête sur l’histoire de la psychanalyse. Paris : Les Empêcheurs de penser en rond, 510 p.

 

[10] F. Cioffi & A. Esterson (2005) Freud était-il un menteur ? Rééd. In C. Meyer et al., Le livre noir de la psychanalyse. Paris : Les Arènes, p. 45.

 

[11] Voir R. Pollak (2003) Bruno Bettelheim ou la fabrication d’un mythe. Trad., Paris : Les empêcheurs de penser en rond / Seuil, 2003, 528 p. — R. Pollak, Bettelheim l’imposteur. In C. Meyer et al. (2005) Le livre noir de la psychanalyse. Paris : Les Arènes, p. 533-548 - Coll. 10/18, p. 667-685.

[12] Han Israëls (2001) Le Journal d’une adolescente du Dr Hug-Hellmuth. Science et pseudo-sciences, 2001, n° 246, p. 34-38. Rééd. In C. Meyer et al., Le livre noir de la psychanalyse. Les Arènes, 2005, p. 121-125. Rééd. 10/18, p. 154-162.

 

[13] Les prodigieuses victoires de la psychologie moderne, du psychanalyste Pierre Daco, et La guérison par l’esprit, de Stéphane Zweig, un ami de Freud.

 

[14] Expression de Lacan (visant l’IPA présidée par Anna Freud) dans « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » (1953), rééd. in Ecrits, Seuil, 1966, p. 312.

 

[15] Ed. Lieu Commun.

 

[16] Alain de Mijolla, « La psychanalyse en France », In : R. Jaccard, éd., Histoire de la psychanalyse, Paris, Hachette, 1982, p. 84.

 

[17] Ibidem.

 

[18] Reproduit dans Le Séminaire XI. Ed. du Seuil, 1973, p. 9.

 

[19] « Acte de fondation  ». Premier annuaire de l’École Freudienne de Paris (1965).

 

[20] Pour des témoignages d’anciens analysés de Lacan sur les séances quotidiennes ultra-courtes (une poignée de main, le paiement et la célèbre formule « à demain »), voir « Comment Lacan psychanalysait », SPS, 293 : 96-106.

 

[21] F. Roustang (1986) Lacan. De l’équivoque à l’impasse. Paris : Minuit, p. 20.

 

[22] Godin, p. 109.

 

[23] Op. cit., p. 63.

 

[24] Texte réédité dans Ecrits (Seuil, 1966), p. 315s.

 

[25] Roustang, F. , op. cit., p. 12.

 

[26] Pour des détails, voir F. Perrier, op. cit., p. 56. — S. Turkle, La France freudienne. Paris : Grasset, 1982, p. 160s. — J. Clavreul, L’homme qui marche sous la pluie. Un psychanalyste avec Lacan. Odile Jacob, 2007, p. 82.

 

[27] Clavreul, J., op. cit., p. 79.

 

[28] Durant les années 1950, Lacan a proclamé la nécessité d’un « retour à Freud » et s’est appliqué à faire (re)lire les textes de Freud. Dans les décennies qui ont suivi, il s’est détaché du freudisme pour se nourrir de plus en plus de philosophie, principalement celles de Hegel, Kojève et Heidegger. Cf. M. Borch-Jacobson (2005) Lacan ventriloque. In : C. Meyer et al., Le livre noir de la psychanalyse. Paris : Les Arènes, p. 264-268.

 

[29] Freixa i Baqué, E. (2010) Le pouvoir (pas le moins du monde occulte) des psychanalystes Science et pseudo-sciences, 239 : 120-132.

 

[30] Vie de Lacan écrite à l’intention de l’opinion éclairée. Paris : Navarin, p. 21.

 

[31] Ed. Fayard, 1999, p. 184. Signalons deux erreurs : au lieu de « Lacan ne fut pas accepté », il fallait écrire « ne fut plus accepté » ; l’IPA recommandait des séances de 45 minutes et non de 55. Soulignons que pour Roudinesco c’est « sans doute  » l’enseignement et le style de Lacan qui sont « la raison profonde » de sa radiation de la liste des didacticiens. C’est faux. Par exemple, le très lacanien Clavreul écrit que « la seule question qui intéressait la commission d’enquête de l’IPA était la durée des séances  » (op. cit., p. 51, souligné par J.V.R).

 

[32] La pauvreté des effets thérapeutiques apparaît tout au long de la correspondance de Freud avec ses amis, collègues et disciples : Fliess, Jung, Ferenczi et al. Pour un exposé des traitements de tous les patients de Freud identifiés à ce jour, voir M. Borch-Jacobsen : Les patients de Freud. Ed. Sciences Humaines, 2011, 224 p.

 

[33] J.-A. Miller, Débat avec M. Onfray « En finir avec Freud ? », Philosophie magazine, 2010, n° 36, p. 13.

 

[34] D. et G. Miller (1991) Psychanalyse 6 heures ¼. Paris : Seuil, Coll. Champ freudien, p. 56.

 

[35] Télévision. Seuil, 1974. Rééd. in : Autres écrits. Seuil, 2001, p. 514.

 

[36] Ouverture de la section clinique, Ornicar ?, 1977, 9 : 13.

 

[37] Op. cit., p. 120.

 

[38] Voir par exemple Leçons d’introduction à la psychanalyse (1917), Œuvres complètes, Paris, P.U.F., 2000, XIV, p. 463s.

 

[39] Voir p.ex. la lettre du 2 août 1927.

 

[40] Voir p.ex. Feuillets du Courtil, janvier 2008 (http://www.courtil.be/feuillets/F29.html) : « Il y a un traitement possible de l’autisme et de la schizophrénie. Le dernier enseignement de Lacan s’ouvre, dans la pratique, sur un traitement de la jouissance autre que le père, sur un traitement par l’objet, par le maniement de la lettre et le dialogue comme sortie de l’autisme. […] La clinique de l’autisme est certes à distinguer de la clinique de la schizophrénie et de celle de la paranoïa mais elle fait partie intégrante de la clinique différentielle des psychoses. Elle est incluse dans la forclusion généralisée, point ultime où tout le symbolique est réel, où la jouissance est entièrement localisée dans le signifiant S1 qui le véhicule ».

 

[41] Voir Psychologie de la connaissance de soi (publié par l’Association de psychologie scientifique de la langue française), PUF, 1975, p. 174s.

 

[42] Voir notre article « Jacques-Alain Miller, Frédéric Skinner et la liberté », paru dans Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive (2007, 16 : 1-5).

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30 janvier 2014

NEURO : Découverte d'une zone cérébrale unique à l'Homme

article publié dans Sante Log

le 29 janvier 2014

Neuron

Cette étude de chercheurs de l’Université d'Oxford identifie une de nos spécificités, à nous autres humains, une zone du cerveau unique liée à nos capacités cognitives supérieures, et qui n’apparaît pas chez nos plus proches parents.

Cette étude par IRM du cerveau de 25 volontaires adultes âgés de 20 ans, a d’abord identifié des zones clés dans la région ventro-latérale du cortex frontal du cerveau humain puis la façon dont ces zones sont connectées aux autres zones du cerveau. Puis l’équipe a comparé ces résultats aux données IRM équivalentes de 25 macaques.

La zone du cortex frontal du cerveau est impliquée dans certains processus de prise de décision et de planification et dans d’autres fonctions complexes de la cognition et du langage, et n'est présente que chez les humains et certains primates, explique le professeur Matthew Rushworth du département de psychologie expérimentale de l'Université d'Oxford.

 

Une zone du cortex frontal humain n'a pas son équivalent chez le macaque : Grâce aux données IRM, les chercheurs ont réussi ensuite à diviser le cortex frontal en 12 zones qui ont chacune leur propre modèle de connexions avec le reste du cerveau puis ont comparé cette organisation cérébrale humaine à celle du singe. 11 des 12 zones sont retrouvées à l’identique chez les deux espèces et apparaissent connectées aux autres zones du cerveau de manière très similaire.

Cependant, une zone du cortex frontal humain n'a pas son équivalent chez le macaque, une zone nommée le « lateral frontal pole prefrontal cortex »  qui semble impliquée dans la planification stratégique, la prise de décision et le multi-tâches.

Enfin, les zones d’audition dans le cerveau sont très bien connectées avec le cortex préfrontal humain, mais beaucoup moins chez le macaque, une différence qui peut expliquer notre capacité à comprendre et à générer un discours.

En conclusion, un degré surprenant de similitude dans l'organisation des régions du cerveau qui contrôlent la langue et les processus de pensée complexes chez les humains et les singes mais également des différences importantes.

Source: Neuron 28 January 2013 via Oxford University Comparison of human ventral frontal cortex areas for cognitive control and language with areas in monkey frontal (Visuel@ Neuron, Neubert et al.)

Lire aussi: DÉVELOPPEMENT: Bébés singes et bébés humains, pas si différents ?

CONSCIENCE de SOI: Des neurones très spéciaux découverts chez le singe -

 

30 janvier 2014

Florian : un défi contre l'autisme - vendredi 31 janvier à 20h40 sur France 3

article publié sur France 3 Corse ViaStella

Angélina Risterucci et Gérôme Bouda ont suivi Florian, autiste,et le parcours de sa famille pour le maintenir dans un système scolaire classique.

  • Par Laetitia Salis
  • Publié le 09/01/2014 | 16:37 , mis à jour le 30/01/2014 | 11:50
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Ghjenti : "Florian, un défi contre l'autisme"


En 1999, Florian vient au monde mais le regard vide d’expression de l’enfant pousse ses parents à consulter. Le diagnostic tombe comme un couperet : « Florian est autiste ». C’est un choc pour Jean-Christophe Pietri, son père, qui croyait avoir laissé derrière lui les drames de son existence...
Jean-Christophe Pietri est né dans une famille modeste de rapatriés d’Algérie sur laquelle l’autisme s’acharne. La génétique ne l’a également pas épargné. Depuis l’enfance, il se bat contre sa dyslexie, contre un système qui ne sait pas intégrer les enfants différents....
Et voilà que le sort s’acharne encore sur ceux qu’il aime. Son fils, Florian a deux passions : ses pinceaux et sa drôle de collection d’images. Mais les autres apprentissages de la vie lui posent problème. Malgré la loi qui oblige l’Education Nationale à intégrer les personnes handicapées, l’école veut le rejeter. Au nom des 650 000 autistes de France, Jean-Christophe mène un combat, celui de maintenir son fils dans un milieu scolaire normal.
Cette année, Florian a fait sa rentrée en sixième au collège Jeanne d’Arc de Bastia. La caméra d’Angélina Risterucci et Gérôme Bouda a suivi cette victoire sur un système trop fataliste. Pour ses parents, la conclusion sonne comme une évidence : la société ne doit pas seulement admettre les autistes, elle doit les inclure !

Une coproduction France 3 Corse ViaStella / GB Prod
30 janvier 2014

Education. Cinq enfants autistes sont privés d'institutrice

article publié dans Sud Ouest

Saint-Brieuc - 24 Janvier


Cinq enfants autistes privés d'école par OuestFranceFR

Depuis septembre, cinq enfants pris en charge à l’hôpital de jour n’ont plus de maîtresse. Leur parents ne savent plus quoi faire.

" Pourquoi je ne vais pas à l’école ? ", la maman de Morand, 9 ans, qui souffre d’autisme, ne sait plus quoi lui répondre. Depuis la rentrée de septembre, lui et quatre autres enfants autistes, pris en charge charge en hôpital à la Maison du jour et des petits de Saint-Brieuc, n’ont plus d’institutrice. Ils doivent pourtant suivre 30 minutes de cours particuliers chacun trois fois par semaine.

Aucun professeur volontaire

Depuis 2012, la Maison du jour a pourtant le droit à une institutrice supplémentaire à mi-temps. L'académie a lancé trois appel à candidatures dans tout le département mais aucun volontaire ne s'est manifesté. "Et nous ne voulons pas imposer à un professeur une mission aussi spécifique", justifie Agnès Bizouarn, l’inspectrice d'académie en charge de la scolarisation des élèves handicapés.

30 janvier 2014

Autisme : carences dans la prise en charge -> 2007 ... 2014 le changement est en marche mais à quel rythme ?

article publié dans Le Figaro le 7 décembre 2007
Par Catherine PetitnicolasMis à jour le 07/12/2007 à 18:37
Publié le 07/12/2007 à 18:36

Le Comité d’éthique dresse un réquisitoire contre la situation déplorable des 350000 à 600000 personnes atteintes de troubles autistiques en France.

«Ce ne sera pas un avis langue de bois mais c’est un avis volontairement engagé», a lancé le Pr Didier Sicard, le président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en rendant les conclusions du groupe de travail sur la situation déplorable en France des 350000 à 600000 personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques. Le Comité avait été saisi en juillet 2005 par plusieurs associations de familles qui s’élevaient avec force contre l’absence ou le défaut de prise en charge éducative des enfants et des adolescents. Très hétérogènes tant au niveau de leur cause que de leur évolution, ces troubles en augmentation croissante entraînent dans la moitié des cas un déficit profond de communication verbale, voire non verbale. La plupart des personnes atteintes ne peuvent vivre de manière autonome à l’âge adulte.

«Les conditions sociales proposées à ces personnes sont humiliantes tant et si bien qu’on est obligé de “délocaliser” la prise en charge de nombreux enfants en Belgique avec l’aval de la caisse nationale d’assurance-maladie», dénonce le Pr Sicard, dans cet avis. «Les enfants et les adultes sont aujourd’hui encore victimes d’une errance diagnostique conduisant à un diagnostic souvent tardif, soulignent les rapporteurs. Elles éprouvent de grandes difficultés d’accès à un accompagnement éducatif précoce et adapté.»

Les Sages énumèrent le manque de place dans des structures d’accueil, l’impossibilité pour les familles de choisir les modalités de prise en charge de leurs enfants, la carence de soutien aux familles, mais aussi d’accompagnement, de soins et d’insertion sociale des personnes adultes ou âgées atteintes de ce handicap. Et ce en dépit d’une noria de rapports, de recommandations, de circulaires et de lois diverses et variées depuis plus de dix ans. Certes depuis la loi du 11 février 2005, leur inscription à l’école est devenue obligatoire. «Mais il s’agit souvent d’une scolarisation fictive, réduite à une simple inscription» critique le Comité. Il met aussi l’accent sur un indispensable effort de formation pour les enseignants et les auxiliaires de vie scolaire : «Sinon on condamne les patients, leurs familles et les professionnels à l’échec et à l’épuisement.»

Les familles confrontées à l’absence de choix

L’émergence dans les années 1970 d’une autre conception de l’autisme considéré comme un trouble envahissant du développement, et non plus comme des perturbations de la communication mère-enfant (théorie longtemps proposée par le courant psychanalytique en France mais qui a fait beaucoup de mal aux familles) a conduit à la mise en œuvre de méthodes radicalement nouvelles, notamment dans les pays d’Europe du Nord. Des méthodes qui passent par une prise en charge précoce éducative et psychologique des enfants dans le cadre d’une participation active des parents.

Mais étant donné la diversité des méthodes de prise en charge et les « certitudes souvent antagonistes de nombreuses équipes, le Comité estime que seule une médiation, par des personnes indépendantes est à même de proposer aux familles d’exercer un choix libre et informé. Tout en soulignant que pour l’heure, elles sont plutôt confrontées à une absence de choix avec des listes d’attente de deux à quatre années. «Plus globalement, en France on a tendance à proposer des solutions “caserne”, des solutions d’enfermement, résume le Pr Jean Claude Ameisen, rapporteur de cet avis. Pourtant ce qui est éthique et humain, ne coûte pas plus cher, comme l’a montré l’expérience de la Suède», où les grands centres pour autistes ont été fermés, et remplacés par de petites structures plus humaines.

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Avis du CCNE N° 102 :
Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme
Avis
08/11/07

Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme (2007-11-08)

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29 janvier 2014

Mes débuts dans l'ABA suite et fin ...

article publié dans l'Express

Voici la suite de la première partie qui relate mes débuts dans l’ABA.

 

Juin 09 : au bord du gouffre

C’est la catastrophe : le programme est inhumain : on le savait, mais on ne s ‘est pas écoutés.

Julien crie de plus en plus, nous n’arrivons pas à ignorer ses cris. À l’école c’est de pire en pire. Je vais le chercher à chaque fois avec une énorme boule au plexus, je suis pliée en deux devant le portail : je sais bien que l’AVS (Auxiliaire de vie scolaire) répondra qu’il a passé son temps dehors ou dans le couloir car il crie et dérange les autres. Julien a compris qu’en criant, il avait immédiatement ce qu’il voulait : la paix, courir dehors. En conséquence, il crie de plus en plus. Pratiquement tout le temps,  pour tout, même en mangeant. Moi, M., les intervenantes n’arrivons pas du tout à nous rendre attractifs, alors que c’est l’objectif principal visé dans le programme ! Mais c’était couru d’avance, comment se rendre attrayant quand on met toute notre spontanéité à la poubelle, quand tout est soigneusement calculé ? Julien est très sensible et se bien rend compte que nous ne sommes pas naturels !

À bout, nous supplions de l’aide à L., qui répond à nos messages par la phrase : « La réponse à ce message vous sera facturée XX £, le coût téléphonique sera de xx £. »

Nous avons sans cesse des factures de sa part, complètement incompréhensibles, tournant autour de 50, 100 £.

Nous devons payer (par pay pal) si nous voulons une réponse à nos questions.

Je n’en peux plus, d’autant que je suis déjà plus qu’extrêmement sensible aux bruits. Chaque cri me fait mal dans le corps, comme si on m’enfonçait une épine dans la peau. Je suis désespérée car je ne sais pas du tout comment réagir, comment faire pour qu’il comprenne qu’il faut qu’il arrête de crier.

Ce mois-ci, nous suivons une formation en suisse sur le comportement verbal, à nos frais. Épuisée, je n’arrive pas à tenir les deux jours de formation. Nous repartons avec des outils théoriques que nous connaissions déjà et qui ne nous serviront pas.

 

Juillet 2009 : mise en place d’un accompagnement VB, 2ème tentative

Cherchant désespérément de l’aide sur internet, je finis par trouver grâce à une autre maman, via un yahoogroupe francophone, une analyste en VB : elle est américaine mais parle très bien français et vient de s’installer en France, à Rouen. Je lui saute littéralement dessus. Elle démarre juste et n’a pas encore beaucoup de travail et a donc du temps libre : elle me donne des conseils presque chaque soir sur skype, gratuitement. Pour moi c’est le bonheur, je lui suis tellement reconnaissante de son dévouement, on sent que son seul but est que Julien aille mieux.

On décide alors d’arrêter le programme avec L. et de continuer avec C. en septembre, qui nous propose le même genre de contrat mais avec une vraie possibilité de communiquer sans que chaque mail, appel téléphonique ne soit payant, et une transparence totale dans les factures.

C., habitant Rouen, se déplacera tous les 3 mois pour superviser l’équipe que nous devrons refaire. Nous recruterons en septembre deux nouvelles intervenantes, employées par nous et formées « sur le tas ». Nous sommes partie prenante du programme, assurons nous-mêmes des séances, faisons le lien entre les intervenantes et l’analyste, remplissons les données, filmons les séances pour les montrer à C.

 

 

Et Julien dans tout cela ? (Août 2009)

En attendant, Julien a toujours de gros troubles du comportement (hurlements…) Nous les comptons, il y en a 200 par heure à certaines heures.

Je commande sur conseil de Maria le livre « Educate toward recovery » , qui décrit le VB. Il est écrit en anglais. Peu importe, je le dévore, c’est pour moi un mode d’emploi rempli de bon sens pour savoir comment gérer Julien, changer la donne. Je décide immédiatement d’en traduire quelques chapitres sauvagement (je suis bien loin d’être anglophone), pour mon entourage. Je colle même un résumé de chapitre sur une porte : « Les 7 étapes du contrôle instructionnel » et nous tentons de les appliquer.

Je réalise que tout ce qui est décrit dans ce livre est exactement ce qu’a tenté de nous enseigner L.. Seulement, nous avions tous été complètement sonnés par la quantité d’informations, par tout ce que nous devions remettre en question, désapprendre, le tout en une journée, que nous avons perdu tous nos repères.

Je tiens à ce que le livre soit traduit en français : il faut que tout le monde sache ce livre est nécessaire, vital… Je prends contact avec une maison d’édition spécialisée et l’auteur. Il faut trouver maintenant un traducteur : c’est chose faite après bien des péripéties, et finalement sa diffusion en français est annoncée pour cette année 2014.

 

Un livre très clair, plein de bon sens et écrit avec beaucoup d’humilité

Fin août, Julien crie toujours autant ! C’est bientôt la rentrée on ne sait vraiment pas comment on va faire… Un jour où nous faisons les courses dans un grand magasin, Julien se met à hurler, hurler… Nous savons qu’il faut ignorer et, ne sachant que faire, finalement nous nous cachons derrière un rayon, jusqu’à ce qu’il se calme. Au retour, je suis au bout du bout.. je dis à M.que je vais partir, n’importe où, mais seule.

Heureusement, avec cette crise nous venons, sans le savoir encore, de dépasser le moment où Julien comprend enfin, enfin, que crier ne sert à rien. Ses cris diminueront fortement par la suite. Ouf…

Mais tout n’est pas encore rose, et nous mettrons bien un an pour récupérer Julien, pour qu’il accepte simplement de rester avec nous au lieu de nous fuir en permanence.

 

Et en 2014 ?

Sur le plan personnel ma situation a évolué, je me suis séparée de M. (pas pour des raisons reliées à l’autisme de Julien).

Sur le plan de sa prise en charge aussi, il y a eu beaucoup de changements, enfin la routine quoi.

Ces deux articles ne concernent que les débuts dans l’ABA qui s’étalent sur un an, et ne retrace que la partie ABA de ce que nous devons faire sans arrêt pour que Julien bénéficie d’un accompagnement adapté. Il faut y ajouter en plus la partie administrative remplir chaque année, les dossiers MDPH, contester éventuellement les décisions, faire les contrats de travail des intervenants, et gérer tout ce qui est relatif à l’école (PPS, relations avec le personnel de l’école, faire respecter ses droits), anticiper ce que Julien fera l’année suivante.

Tout est à construire, sans cesse.

Je pense à ces mères qui ont sacrifiées leur vie, leur santé, carrière, couple, pour trouver, créer des solutions adaptées tout en se battant contre ce que veut nous imposer l’Education Nationale, le médico-social, contre ces absurdités administratives, contre ce système d’une hypocrisie sans nom, voire pervers… Et qui aujourd’hui sont épuisées, isolées, et désespérées par le futur, réellement en danger et absolument non assistées par l’Etat : Eglantine Emeyé a 10000000000 fois raison sur ce point.

29 janvier 2014

Mon documentaire sur l'autisme - Le Mur - libre de diffusion

Publiée le 29/01/2014 |
Révélée par ROBERT Sophie

Photo de la Vérité

Après deux ans de censure, mon documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est à nouveau autorisé à la diffusion.
Le 16 janvier, la cour d’appel de Douai a de nouveau autorisé la diffusion de mon documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». Cette décision est intervenue après deux ans de censure, conséquence d’un procès intenté par trois psychanalystes qui m’ont accusée d’avoir manipulé leur discours pour rendre leurs propos ridicules et dogmatiques.
 
La psychanalyse domine encore très largement le champ de la pédopsychiatrie, et particulièrement celui de l’autisme. De nombreux parents d’enfants autistes dénoncent cette situation et privilégient les prises en charge éducatives, comportementales et développementales de l’autisme (ABA).
 
La genèse de mon projet : une enquête sur la psychanalyse
 
Au départ, mon travail n’avait rien à voir avec l’autisme, je me concentrais exclusivement sur la psychanalyse. Je voulais faire un état des lieux de la psychanalyse, de sa théorie, sa pratique et son évolution, par la bouche des psychanalystes, en réalisant un documentaire en trois volets de 90 minutes chacun. Mon approche était très large, je voulais faire un vrai panorama de la discipline en me penchant sur les différents courants, sur le travail à l’hôpital et en cabinet, etc. Pendant quatre ans, j’ai donc rencontré et interrogé 52 psychanalystes ; puis j’en ai filmé 27, pendant une à trois heures chacun. Je dispose aujourd’hui de 60 heures de rushs de ces entretiens. Le but était de leur faire résumer leurs théories, avec leurs mots à eux, mais dans un discours qui soit, pour une fois, accessible au profane.
 
Dès les premières interviews, j’ai été très choquée par ce que j’entendais – je m’attendais à réaliser un documentaire beaucoup plus nuancé ! Je savais qu’il existait des psychanalystes rétrogrades et vieux jeu dans le métier mais je pensais qu’ils étaient minoritaires. Je connaissais leur postulat sexuel de départ mais j’étais convaincue qu’ils avaient évolué par rapport à la théorie freudo-lacanienne. J’ai découvert au cours de mon enquête et au fil des interviews que l’immense majorité des psychanalystes restent très dogmatiques et rigides. Ceux qui ne le sont pas – ils sont rares – se taisent de peur d’être exclus. Paradoxalement, ce sont ces derniers qui ont été les premiers à m’alerter sur les dérives sectaires de leur mouvement, me disant qu’il fallait que leur milieu s’amende mais que le déclic devait venir de l’extérieur car eux-mêmes étaient incapables d’évoluer.
 
L’autisme pour les psychanalystes : la pire des psychoses
 
Ce sont les psychanalystes qui ont les premiers commencé à me parler de l’autisme : pour
eux, il constitue la pire des psychoses. L’autisme résulterait d’un problème relationnel. Dans tous les cas, c’est la mère qui est fautive : soit l’autisme provient d’un vœu de mort envers son enfant, soit elle est trop fusionnante et dans une position incestueuse envers lui (l’inceste fut-il sans passage à l’acte ou inconscient). Interloquée, j’ai commencé à faire des recherches et j’ai rencontré l’association « Autistes sans frontières » qui milite pour la scolarisation des enfants autistes. Ils m’ont appris que dans le secret des cabinets de consultation, les parents d’enfants autistes entendaient des propos extrêmement culpabilisants de la part de psychanalystes dont le discours officiel est complètement différent. C’est la raison pour laquelle ils ont soutenu mon travail. « Vous tombez du ciel » m’a dit Vincent Gerhards, président d’« Autistes Sans Frontières », « cela fait des années qu’on le dit, mais personne ne nous croit ».
 
Officiellement, nous devions mettre le film en ligne sur le site de l’association le 7 septembre 2011, au moment même où il serait projeté en avant-première au cinéma L’Entrepôt, à Paris. A la suite d’un bug informatique, le film a été diffusé dès le 1er septembre sur le site d’« Autistes Sans Frontières ». D’emblée, ce fut l’explosion : le film s’est répandu de blog en site sur tous les réseaux de l’autisme, comme une trainée de poudre. Les parents d’enfants autistes m’ont contactée pour m’exprimer leur soulagement, même si pour eux le film est très difficile à voir, ils allaient enfin être crus. Du matin au soir, week-end compris, j’ai été assaillie de messages et d’appels de gens qui voulaient me remercier et me raconter « la double peine » : avoir un enfant autiste dans un pays où la psychiatrie est dominée par la psychanalyse.
 
Après avoir vu mon film, beaucoup de parents ont pris la décision de retirer leur enfant des institutions psychiatro-psychanalytiques pour se tourner vers une prise en charge éducative, comportementale et développementale, quitte à s’endetter pour des années, lorsqu’ils arrivent à trouver des professionnels qualifiés en libéral, parce que c’est la seule chance pour leur enfant de progresser. En effet, à part 24 établissements en France (pour environ 400 enfants, alors que 8 000 enfants autistes naissent par an), aucun hôpital psychiatrique ne prend en charge cet accompagnement. En revanche la sécurité sociale rembourse au prix fort l’institutionnalisation à vie des autistes qualifiés de « fous ». Dans les institutions, un électrochoc s’est produit. Pendant des mois, dans les hôpitaux de jour et les institutions psychiatriques, les professionnels ont fait des réunions pour parler du Mur.
 
Accusée d’avoir réalisé un « montage tendancieux »
 
Un mois après la diffusion du « Mur », j’ai reçu un post-it jaune dans ma boîte aux lettres qui disait simplement : « Contactez Maître D…. » avec son numéro de téléphone. L’huissier est venu chez moi quelques jours après pour me lire une décision d’un magistrat du Tribunal de Grande Instance de Lille, ordonnant de saisir mes rushs – que j’avais entre temps mis en sécurité chez mon avocat. Trois des psychanalystes apparaissant dans mon documentaire – Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, tous trois membres de l’Ecole de la Cause Freudienne, dirigée par Jacques-Alain Miller – avaient saisi le Tribunal pour préparer la censure de mon film.
 
Ils me reprochaient d’avoir réalisé un montage tendancieux qui, affirmaient-ils, rendait leurs propos ridicules et dogmatiques en escamotant des nuances de leur discours. Comme je ne voulais pas que l’on pense que j’avais quelque chose à cacher, j’ai quand même fourni à la cour les interviews des trois psychanalystes concernés utilisés dans mon film, pris dans leur contexte le plus large, soit six heures de rushs. Je suis convaincue que ces documents n’ont pas été examinés sérieusement en première instance.
 
Poursuivie pour atteinte à la réputation
 
Sur le fond, je trouve tout à fait possible d’attaquer un journaliste pour ce genre de griefs : il y a des coupes au montage qui peuvent réellement déformer les propos d’une personne et être préjudiciables. Mais j’avais les rushs pour me défendre et j’avais confiance en la justice. Il suffisait que les magistrats examinent la matière brute des interviews pour que la procédure tourne court.
 
La procédure s’est tenue en urgence, une assignation à jour fixe, le 8 décembre 2011, soit à peine un mois et demi après la réaction judiciaire des trois psychanalystes. Ce jour-là, je n’étais pas attaquée pour diffamation, mais pour atteinte à la réputation. Les conclusions des avocats des psychanalystes faisaient feu de tout bois : ils me reprochaient de ne pas être journaliste parce que je n’avais pas la carte de presse, ils ont voulu retirer leur droit à l’image et même se faire passer pour co-auteurs du film (et ainsi me reprocher de ne pas leur avoir soumis le documentaire avant sa diffusion, prétendant intervenir au montage, ce dont évidemment il n’avait jamais été question).
 
Le verdict a été rendu le 26 janvier 2012 : mon film a été censuré en l’état et moi et ma société avons été condamnées à payer 25 000 euros de dommages et intérêts aux trois plaignants, plus 9 000 euros de publications judiciaires. Plus 100 euros d’astreinte par jour tant que mon film serait visible, même s’il était diffusé sur un blog chinois ! Or ce film s’était répandu de façon virale sur le net, dans le monde entier ! A titre exceptionnel, le TGI de Lille a considéré que le jugement devait être à exécution immédiate bien que j’aie aussitôt fait appel (normalement un appel est suspensif). Pour les parents d’enfants autistes, ce verdict a été reçu comme un coup de poignard dans le dos, un déni de leur propre souffrance : ces propos stupéfiants tenus par les psychanalystes dans mon film, ils les entendent régulièrement et ceux-ci ont des conséquences très douloureuses dans la vie de plusieurs dizaines de milliers de personnes en France.
 
L’appel : une victoire partagée
 
Pour l’appel, j’ai changé d’avocat. Maître Stefan Squillaci, avocat au barreau de Lille et Maître Nicolas Benoit, spécialiste parisien du droit de la presse, ont accepté d’assurer ma défense en pro bono, pour la cause de l’autisme. Je leur en serai éternellement reconnaissante. Cette fois, nous avons fait constater les rushs par huissier. La première fois, donner des DVD à la cour avait été une erreur, elle ne les a pas regardés. A la demande de Maître Squillaci, j’ai donc fait une transcription écrite de toutes ces vidéos – au raclement de gorge près – qui a été validée par un huissier. C’est à partir de ces documents écrits que l’appel a été rendu, le 16 janvier, près de deux ans après le premier jugement.
 
Les magistrats de la troisième chambre de la cour d’appel de Douai auraient pu statuer sur la forme, mais ils ont choisi de juger sur le fond en répondant point par point au jugement de première instance et affirmant que je n’avais pas dénaturé ni ridiculisé les propos des trois psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne. Mon film n’est donc plus censuré et je suis réhabilitée en tant que réalisatrice. Les magistrats ont également reconnu que j’avais subi un préjudice qui devait obtenir réparation.
 
Le jour du jugement, ça a été le délire : ce n’était pas seulement mon procès qui était en jeu. D’une certaine façon c’était le procès de tous les parents d’enfants autistes. Cette victoire a été d’autant plus agréable que ma joie a été partagée en direct avec des centaines de familles, associations et professionnels de l’audiovisuels, éducateurs et psys sur les réseaux sociaux.
 
Deux ans et trois mois de procédure
 
Ces procédures ont eu un impact très lourd sur ma vie professionnelle – c’est traditionnellement le cas de tous les lanceurs d’alerte – un phénomène aggravé dans mon cas par le fait que ce procès et ses conséquences ont été extrêmement médiatisés. Une partie de la profession a pris au mot le jugement de première instance comme quoi j’avais triché en manipulant les rushes et m’a tourné le dos.
 
Les trois psychanalystes de l’ECF ne se sont pas cachés d’avoir agit de façon punitive, pour m’ôter l’envie de recommencer, c'est-à-dire la possibilité de poursuivre ma série sur la psychanalyse. Pendant deux ans, je n’ai vécu professionnellement que grâce aux dons de parents d’enfants autistes, d’associations et de chercheurs qui eux-mêmes ont payé très cher dans leur carrière l’hégémonie et le comportement totalitaire du mouvement psychanalytique.
 
De plus, les plaignants ont tout fait pour retarder l’appel au maximum. Au départ, nous pouvions espérer que l’audience ait lieu fin 2012 mais ils ont décidé au dernier moment de poursuivre l’association « Autistes sans frontières » qui avait été relaxée en première instance. Puis ils ont joué la montre pour gagner du temps, de conclusion en conclusion, au fil de longs mois pendant lesquels mon film restait censuré et mon travail dénigré. La procédure totale aura donc duré deux ans et trois mois.
 
Des documentaires en attente
 
Aujourd’hui, mon film « Le mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est de nouveau en ligne sur ma chaîne Dragon Bleu TV (lien disponible à droite de ce texte), disponible en VOD et en DVD chez AFD Editions. Il va également être diffusé sur Cinaps TV (le canal 31 de la TNT), dans des festivals et des cinémas indépendants (informations sur le site Dragon Bleu TV) dans toute la France. De mon côté, je prépare avec Maître Stefan Squillaci une nouvelle procédure pour obtenir réparation du préjudice subi par moi et par ma société.
 
Je suis en train de terminer un nouveau documentaire, au message positif, sur la prise en charge éducative, comportementale et développementale de l’autisme : « ABA et autisme : quelque chose en plus » dont vous pouvez découvrir le trailer sur mon site Dragon Bleu TV. Ce film, financé grâce aux subventions de particuliers, d’associations et de fondations, sortira le 2 avril, journée mondiale de l’autisme. Il va être diffusé par Vosges Télévisions et Cinaps TV ainsi qu'en salles dans toute la France, à l’initiative des associations dédiées à l’autisme. Mes projets pour 2014 : reprendre mon travail de productrice-réalisatrice dans des conditions enfin normalisées et surtout terminer ma série sur la psychanalyse, « La psychanalyse dévoilée », dont j’espère sortir les deux premiers volets en 2014 et le troisième en 2015, en parallèle à la version longue du « Mur ».
 
A une époque où je travaillais seule à la préparation de cette série et où j’ignorais encore les conséquences sanitaires et sociales des propos édifiants qui étaient tenus devant ma caméra, j’ai pris conscience que ce que je faisais allait bien au-delà d’un documentaire. C’était un travail de portée sociologique, un témoignage essentiel. La suite des événements n’a fait que me donner amplement raison. C’est pourquoi, lorsque ma série aura été réalisée et diffusée, je me suis engagée à mettre à la disposition du public l’intégralité de toutes les interviews brutes sur Internet. Le « Mur » a fait sauter un premier bouchon. Je souhaite que « La psychanalyse dévoilée » ouvre la voie d’un débat national, éclairé, sur les théories et la pratique psychanalytique, par son influence considérable sur la société française.
 
 
Propos recueillis par Marine Périn
29 janvier 2014

Carton plein hier pour la présentation du plan 3 Autisme hier à l'espace REUILLY à Paris

Salle comble et  présentation claire faite par :

  • Marie-Françoise QUERNE, référente régionale autisme de l'ARS
  • Marianne MAROUZE, responsable département des établisssement médico-sociaux de l'ARS (94)
  • saïd ACEF, directeur du CRAIF (Centre de Ressources Autisme Ile de France)

De nombreux professionnels & familles venues se voir détailler les mesures arrêtées et les évolutions à venir ...

Débats avec la salle enrichissants permettant de mettre en évidence certaines réticences ... mais surtout d'apporter des réponses à des points particuliers.

Une journée enrichissante agrémentée de très belles rencontres ...

Présentation du plan 3 Autisme – L’Etat des connaissances et de Recommandation de bonne pratique concernant l’autisme et les troubles envahissants du développement (TED).

Cette journée est  organisée conjointement par l’ARS, la DT 94, le Conseil Général 94 et le CRAIF.

Cette rencontre doit être aussi une occasion pour l’ensemble des professionnels œuvrant auprès d’un public présentant des troubles autistiques de pouvoir se rencontrer et échanger, prolongeant ainsi la dynamique partenariale initiée dans le cadre de l’élaboration du troisième Schéma Départemental en faveur des Personnes Handicapées.

Cette journée d’information se déroulera le :

28 Janvier 2014

De 8h30 à 17h

« Espace Reuilly »

http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2014/01/06/28875526.html

28 janvier 2014

Handicap, autisme, maltraitance : lettre ouverte au Premier Ministre

Nous avons regardé le documentaire présenté à l’émission Zone Interdite sur M6, du dimanche 19 Janvier intitulé : « Enfants Handicapes : Révélations sur les centres qui les maltraitent ».

Nous avons, comme 2,9 millions de Français, été choqués par les images présentées.

Nous avons décidé de réagir par cette lettre ouverte.

Lettre ouverte
à
Jean-Marc AYRAULT, Premier Ministre.
Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires sociales et de la Santé
Marie-Arlette CARLOTTI, Ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de
la Lutte contre l'exclusion
Vincent PEILLON, Ministre de l'Education Nationale
George PAU-LANGEVIN, Ministre déléguée, chargée de la Réussite éducative
Mesdames, Messieurs les membres du Conseil National de Pilotage des ARS
Mesdames, Messieurs les membres du Conseil National de l'Ordre des Médecins
 
 
Mesdames, Messieurs,
 
Le collectif EgaliTED est un regroupement de parents d'enfants présentant des Troubles
Envahissants du Développement (TED) appelés aussi Troubles du Spectre Autistique (TSA), créé dans le but d'aider au mieux les parents découvrant le monde du handicap. Nous nous voulons indépendants de tout mouvement associatif, politique, syndical, professionnel et ne bénéficions d'aucun financement extérieur.
 
Nous avons regardé le documentaire présenté à l’émission Zone Interdite sur M6, du dimanche 19 Janvier intitulé : « Enfants Handicapes : Révélations sur les centres qui les maltraitent  ». Nous avons, comme 2,9 millions de Français, été choqués par les images présentées. Celles-ci étaient et resteront insoutenables, pour tout humain sain d’esprit.
 
Nous y avons vu :
• Un internement en clinique psychiatrique, ou l’enfant est assommé par camisole chimique, au
point de ne plus pouvoir déglutir, au détriment de sa santé et à prix d’or, au lieu d’être éduqué, et
accompagné vers une autonomie à l’âge adulte.
• Un pédopsychiatre jeune, diplômé français, ignorant les pratiques modernes en psychiatrie au point d’en être incompétent, soutenant la camisole chimique comme pratique généralisée des hôpitaux psychiatriques.
• Un directeur d’ARS, détendu, expliquant comment ses services organisent leur inefficacité,
dans le contrôle de la qualité des établissements qu’ils financent.
• Un état dit « moderne », fier de sa médecine, (la FRANCE) financer lourdement un état voisin, pour accueillir sa population de personnes handicapées qu’il est incapable d’accompagner, la encore sans aucun contrôle efficace sur la qualité des accompagnements pratiqués.
• Des actes de maltraitance, physique et morale, violents, exercés par des professionnels médicosociaux sur des enfants et adolescents particulièrement fragiles.
• L’omerta des professionnels médico-sociaux et de leur hiérarchie, au sein des établissements, lorsque des actes de maltraitance sont pratiqués.
• L’aveux de totale incompétence d’une professionnelle médico-sociale, pourtant diplômée, face à des enfants déficient mentaux et mutiques.
• Le cas d’un institut indigne, révoltant, signalé à trois reprise depuis 15 ans pour de multiples faits de grave maltraitance, au point que les conditions les plus élémentaires de la dignité humaine y sont refusées aux enfants et jeunes.
• Le démonstration que les autorités de contrôle, administratives et médicales, ont protégé les dirigeants de cet institut indigne, au point d’assumer, de justifier les maltraitances, et de faire condamner les professionnels courageux qui osaient les dénoncer.
• Comment ces actes de maltraitance impunis sont l’opportunité d’un enrichissement rapide et spectaculaire des dirigeants d’institution ou de cliniques psychiatriques, aux graves dépends des jeunes handicapés qu’ils sont sensés soutenir.
 
Face à une telle situation, consternante, indigne d’un pays civilisé, les déclarations de
fermeté ne suffisent plus. Lorsque l’administration démissionne de ses responsabilités de contrôle et d’expertise, que les professionnels assument leur incompétence et protègent leurs collègues maltraitants, que la faute enrichit rapidement ses auteurs, COMMENT ESPERER une amélioration de la situation par des déclarations, si solennelles soient-elles ?
 
Des ACTES forts sont devenus nécessaires :
Nous pensons indispensable :
• Que l’état se porte partie civile, pour établir les responsabilités non seulement des
professionnels des instituts maltraitants, mais aussi des organismes de contrôle, incluant les responsables des ARS et les experts du corps médical chargés de l’évaluation des établissements.
• Que en cas de maltraitances graves, des peines de prison ferme et des amendes permettant de récupérer les sommes escroquées s’imposent, pour dissuader les pervers et malveillants d’évoluer dans ce milieu particulièrement fragile.
• Que le fonctionnement des ARS soit réorganisé, pour permettre des contrôles inopinés, courts, mais fréquents des structures qu’ils financent. De mettre en oeuvre des procédures rapides et réellement contraignantes pour corriger les défauts constatés.
• D’imposer un enseignement des méthodes éducatives modernes et de la gestion du
comportement dans toutes les formations médico-sociales françaises.
• D’imposer un enseignement et des pratiques conformes au recommandations de la Haute
Autorité de Santé, dans toutes les universités de psychiatrie française. Si des recommandations françaises ne sont pas disponibles, l’enseignant peut se référer, par exemple, aux recommandations de American Psychiatric Association. Le contenu de ces enseignements doit être contrôlé. 
• D’organiser l’accueil et la protection des professionnels et des parents signalant des actes de maltraitance.
• D’imposer à l’éducation nationale la mise en pratique effective, par injonction, de la loi sur
l’inclusion scolaire de 2005, affirmant le droit à une scolarisation effective et adaptée de tous les enfants avec handicap. Ceci permettra de beaucoup limiter le recours à des établissements médico-sociaux ou aux hospitalisations.
 
Espérant des actions décisives de votre part, nous vous prions d'agréer, mesdames, messieurs,
l'expression de notre profond respect.
Le collectif EgaliTED
28 janvier 2014

Une relation entre l'autisme et un développement neuronal défectueux : le facteur de transcription TBR1

article publié dans Taiwan Info

Nature Neuroscience publie les découvertes déterminantes des travaux sur l’autisme menés par l’Academia Sinica

Mardi 28 janvier 2014

La prestigieuse revue scientifique Nature Neuroscience vient de publier un articles sur les recherches menées par l’Institut de biologie moléculaire de l’Academia Sinica sous la direction du professeur Hsueh Yi-ping [薛一蘋]. Ces dernières établissent, au bout de neuf ans de travaux, une relation entre l’autisme et un développement neuronal défectueux.

Selon l’article publié en anglais, le facteur de transcription TBR1 (T-box brain 1) régule le développement du cerveau, et des mutations de nature perturbante sur le gène de codage du TBR1 ont été régulièrement identifiées chez les patients dont le diagnostic établit des troubles du spectre autistique. Selon les recherches du professeur Hsueh Yi-ping, le TBR1 pourrait contrôler un groupe de gènes responsables de l’autisme, et c’est une perte de protéines spécifiques qui provoque une rupture de la connexion entre les deux moitiés du complexe amygdalien ainsi qu’au sein des circuits neuronaux.

Les scientifiques savaient que ce facteur de transcription était déterminant dans le développement du cortex cérébral et du complexe amygdalien, mais c’est seulement depuis deux ans que l’on soupçonnait le TBR1 d’être à l’origine de l’autisme.

Grâce à cette découverte, les patients pourront subir un examen par imagerie par résonance magnétique qui permettra de vérifier les anormalités. L’équipe du professeur a également établi qu’un traitement à base de cyclo-serine D pouvait remédier aux défauts des circuits neuronaux et offrait une possibilité de traitement de l’autisme chez la souris.

C’est la première fois qu’une relation est scientifiquement établie entre l’autisme et les circuits neuronaux.

28 janvier 2014

Papa artiste, enfant autiste

Publié le 27/01/2014 à 06h00 par Yoann Civel 

Laurent Savard présentera son one-man-show le 2 avril au Zénith de Pau pour la bonne cause.

« Papa artiste, enfant autiste » Le président de l’APB, Christian Sottou, entouré d’enfants autistes et de leurs parents. © Photo

Photo David Le Deodic / « Sud ouest »

L'association Autisme Pau Béarn fêtera ses 10 ans d'existence cette année. Déjà 10 ans à lutter pour l'autonomie des enfants autistes. L'association veut marquer le coup, « sourire un petit peu », comme le dit le président Christian Sottou. Quoi de mieux que de parler d'un sujet sensible sur un ton humoristique ? C'est ce que Laurent Savard, avec son one-man-show « Le Bal des pompiers », réussit à faire.

Un spectacle caritatif

Ce spectacle raconte la propre vie de Laurent Savard, père d'un enfant autiste. Un témoignage « touchant » sur ce qu'est l'autisme au quotidien. Sur scène, l'artiste qui est accompagné au piano par Anaïs Blin, tourne en dérision les professionnels rencontrés au cours de sa vie : psychologues, pédiatres, instituteurs… Ce one-man-show est « une vitrine, une façon d'informer le public, en passant un bon moment », rappelle le président.

La date de l'événement n'est pas anodine non plus. Le 2 avril étant la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Le one-man-show permettra d'exposer au grand public une maladie qui a été élue grande cause nationale en 2012, et d'en parler d'une manière différente. La Ville de Pau soutient cette initiative en mettant à disposition le Zénith gratuitement. Tous les fonds seront reversés intégralement à l'association, ce qui permettra à l'APB d'embaucher un psychologue.

La France à la traîne

Le succès du spectacle réside aussi dans le fait de pouvoir parler d'une maladie encore trop peu connue. L'autisme touche un enfant sur 150 et bien souvent la détection se fait trop tard, à cause de la méconnaissance des premiers signes particuliers à l'autisme.

Un comble, alors qu'une possibilité d'intervention, qui permet incontestablement d'améliorer leur capacité d'expression et de communication, peut se faire dès l'âge de 18 mois. Christian Sottou finit par conclure avec optimisme que le combat « n'est jamais trop tard ».

Yoann Civel

Spectacle « Le Bal des pompiers » au Zénith de Pau le 2 avril prochain à 20 h. Informations et réservations sur : www.fnac.com / www.zenith- pyrenees. com / www.carrefour.fr / www.francebillet.com / www.ticketnet. fr.

27 janvier 2014

La mère d'un adulte autiste appelle au secours

La mère d’un adulte autiste de 37 ans, a confié à Vivre FM ses difficultés de prise en charge de son fils. Agée, à la santé fragile, elle assure une présence quasi continue auprès de lui.

Hann Guyen avec son fils
Hann Guyen avec son fils

Les témoignages de désarroi, voire de détresse, de parents d’enfants autistes se multiplient et viennent confirmer l’existence de réelles difficultés, bien difficiles à surmonter.

 

Hann Guyen, mère d’un adulte autiste de 37 ans, se trouve dans cette situation. Cette femme de 72 ans se dit « éprouvée par la prise en charge à domicile de son fils, le rejet et la qualité inégale des rares services proposés ». Elle pointe également du doigt l’usage inapproprié dans certains cas de médicaments.« Mon fils a été « maltraité » dans la mesure où son traitement en institution spécialisée a été uniquement constitué de l’administration de neuroleptiques pendant 20 ans. Ajoutée à ses troubles du comportement, une telle médication l’a dégradé physiquement et mentalement, et l’a transformé en légume. »

« Un nombre de places libres quasi nul pour les adultes autistes en France »

Hann Guyen ajoute qu’en 2006, son fils a été renvoyé sans aucun préavis de son Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM). « Depuis cette date je n'ai pas pu lui trouver une place ailleurs. Les places libres sont quasi inexistantes dans les lieux de vie actuels pour adultes autistes en France. » Elle précise que la sélection est sévère, « aussi sévère que pour obtenir une place dans une grande Ecole Nationale ». Son fils a finalement été contraint de s'exiler en Belgique. Mais il y a un an, la direction de son nouveau centre d’accueil a demandé à Mme Guyen d'envoyer son fils vers un autre établissements. Elle dénonce « une décision arbitraire » de la part des centres français et belges.

« Mon fils et moi sommes dans une situation critique 

La septuagénaire a de « sérieux » problèmes de santé et n’ose se rendre à l’hôpital pour ses soins compte tenu de la présence continue qu’elle doit assurer auprès de son fils. Grâce à l'aide financière partielle apportée par la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), elle a maintenant des aidants mais « l'épreuve reste insurmontable face à l’importance des besoins spécifiques de soins à prodiguer. » La nuit, elle ne dispose d’aucune aide alors que son fils est extrêmement dépendant. Elle redoute de tomber malade et de ne pas pouvoir l’aider.

Malgré ses difficultés, Hann Guyen ne désespère pas de trouver pour son fils un lieu d'accueil décent, « ayant opté pour une prise en charge innovante et qui ne prétend pas guérir de l'autisme par l’usage de neuroleptiques ». Selon elle, l’urgence porte sur les séquelles lourdes et effets indésirables dus à une longue administration de psychotropes. 

Consciente que son cas est bien loin d’être isolé, Mme Guyen lance cet appel au secours au nom de tous les parents d’enfant ou d’adulte autiste en détresse. « J'espère qu'en lisant ce témoignage, des personnes réagiront face à ma détresse et à celle des autres parents d'enfant autiste. »

La ministre en charge du Handicap, Marie-Arlette Carlotti, a annoncé le 14 novembre 2013 le lancement d’un dispositif d’alerte pour aider les personnes handicapées, en situation "critique", et ne trouvant pas de place dans un établissement adapté

Yves Noël

27 janvier 2014

Maltraitance, dysfonctionnement, comment en sortir ? - Christel Prado, présidente de l'UNAPEI

Lundi 20 Janvier 2014

Invité : Christel Prado, Présidente de l'UNAPEI.

chrystel prado

01:01

Les documentaires diffusées ces jours ci par la télévision mettent en évidence de graves dysfonctionnement autour du handicap mental. Comment sortir de ces situations ?

27 janvier 2014

Des milliers de familles en situation intenable : le parents d'autistes rencontrent Onkelinx

Une délégation de parents d'autistes et de l'association Inforautisme rencontre la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx, pour lui faire part de la situation jugée "scandaleuse" de l'autisme en Belgique.

27 Janvier 2014 06h50

"Des milliers de familles d'autistes en Belgique vivent une situation intenable en raison, notamment, du dépistage tardif de certains troubles autistiques et du manque d'encadrement adapté des enfants", indique Valérie Waroquier, une des mères concernées, dont RTLinfo.be vous relatait le combat pour son fils Tristan en décembre dernier (lire l'article).

Les parents veulent que la Belgique gère l'autisme comme les meilleurs pays du monde en la matière

L'autisme, grave trouble de la communication et du comportement, affecte quelque 45.000 personnes en Fédération Wallonie-Bruxelles, selon les estimations disponibles. Or "la politique pour l'autisme et les mesures qui ont été prises jusqu'à présent sont insuffisantes", estime Mme Waroquier. "Les parents d'enfants autistes, et plus particulièrement les mères, doivent souvent arrêter de travailler pour encadrer leur enfant, faute de structures et d'accompagnements adaptés. Les familles concernées tombent pour la plupart dans la précarité et vivent dans une situation sociale dramatique", explique-t-elle.

La délégation de parents d'autistes déposera lundi des revendications sur la table de la ministre de la Santé, dont la principale vise à instaurer dès la prochaine législature un "Plan Autisme" à l'image de ceux qui ont vu le jour en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans certains pays scandinaves, précise Mme Waroquier. Dépistage précoce, hébergement, formation des acteurs médicaux et inclusion des enfants dans le système scolaire classique sont autant de défis que les familles d'autistes entendent ainsi inscrire à l'agenda politique.

La question RTL
125 votes

Les troubles de l’attention et d’hyperactivité chez les enfants sont-ils bien pris en charge selon vous ?

[ Ce sondage n'a aucun caractère scientifique et ne reflète que les opinions des internautes.]

Voir les résultats Voter

 

Articles en relation

25 janvier 2014

Le Mur met des psychanalystes au pilori

article publié sur le blog "Des mots grattent"

Magazine Knack, 22 janvier 2014, p. 20


Le documentaire “Le Mur” met des psychanalystes au pilori
Il y a encore des psychanalystes qui considèrent que l’éducation des autistes est un problème. C’est ce que démontre Le Mur, un documentaire français qui a finalement échappé à la censure.
Si vous voulez voir un documentaire choquant sur la santé mentale, vous devez chercher Le Mur sur l’internet. Ce reportage de la journaliste Sophie Robert a été interdit pendant deux ans. La censure a été levée la semaine passée.
Pour Le Mur, Robert avait interviewé quelques psychanalystes francophones, parmi lesquels le Belge Alexandre Stevens, sur la façon dont ils traitent les enfants autistiques. En totale contradiction avec les faits scientifiques, les descendants de Sigmund Freud en sont toujours à croire que c’est la distanciation de la mère vis-à-vis de son enfant qui rend celui-ci autiste. Dès lors, la façon dont ils traitent ces enfants — notamment en les isolant de leurs parents — est fortement contestée. Depuis des années, l’association française Autistes sans Frontières mène des actions contre des situations intolérables. Dans la plupart des pays, la psychanalyse est quelque peu dépassée, mais en France sa variante lacanienne — celle de feu Jacques Lacan — est encore très active. 
Les lacaniens qui ont la parole dans Le Mur produisent un verbiage devenu injustifiable en 2014 pour des psychiatres. En un mot : ils se ridiculisent. Lorsque le film est sorti, en 2011, il a provoqué de vives protestations. Trois psychanalystes interviewés par Robert lui intentèrent un procès : ils affirmaient que leurs propos avaient été présentés avec l’intention manifeste de leur nuire. 
Parmi eux : notre compatriote Alexandre Stevens, qui dirige dans le Hainaut Le Courtil, un centre pour enfants ayant des problèmes psychosociaux. Ensemble, lui et deux collègues réclamaient, fin de 2011, des dommages-intérêts d’un montant avoisinant les 300.000 euro. Étonnamment, le juge donna raison aux plaignants. Il avait regardé les rushes et avait estimé que Robert s’était rendue coupable d’un montage trompeur. Avec le soutien financier d’Autistes sans Frontières, Robert est allée en appel. Après deux années mouvementées, la cour d’appel de Douai, dans le Nord de la France, s’est prononcée la semaine dernière. Robert a été réhabilitée, son film peut à nouveau être montré et les trois plaignants doivent payer des dommages-intérêts, dont le montant doit encore être déterminé par le juge. 
Jacques Van Rillaer, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain se réjouit vivement. Van Rillaer a lui-même, autrefois, été freudien, mais s’occupe depuis des années à dire ce qu’est réellement la psychanalyse et cela sans mâcher ses mots. « C’est un soulagement pour Sophie Robert, mais ce l’est aussi pour les parents d’enfants atteints d’autisme », dit-il. « Je me souviens encore qu’il fut un temps où je considérais ces parents coupables de l’état de leur enfant. Je me réjouis de voir que chacun peut constater, en regardant Le Mur, que l’on colporte encore aujourd’hui ces dangereuses sottises. Ainsi, cela finira peut-être un jour par disparaître. »
 Joël De Ceulaer

 

Traduction : J. Van Rillaer

25 janvier 2014

EXCLUSIF : Prise de parole de Marie-Arlette Carlotti - Point sur le handicap et la maltraitance

24 janvier 2014

Que se passe t-il au Moussaron ?

article publié sur VIVRE FM

Jeudi 23 Janvier 2014

Que se passe t-il au Moussaron ?

Invité : Dans cet établissement du Gers, les dysfonctionnement avaient fait l'objet de signalements depuis plusieurs années. Parents, familles de personnes handicapées accueillies au Moussaron, professionnels de l’établissement dénoncent les conditions d'accueil.

Chris Tine · · Meilleur commentateur · Travaille chez Bénévole à Association l'Etage · 111 abonné(e)s

Cette directrice va rester en place dans l'établissement après le départ de l'agent de tutelle qui passe faire ses recommandations tous les quinze jours... C'est SCANDALEUX...!!!

Isabelle Resplendino · Meilleur commentateurBonjour,

J'ai été interviewée dans ce reportage pour le "chapitre belge". Je tiens tout de même à préciser car évidemment il y a eu des coupures au montage, que pas tous les établissements qui accueillent des Français sont des "usines". Il y a certes des dysfonctionnements, et des dérives commerciales mais en aucun cas il ne faut généraliser. L'accord-cadre qui vient d'être ratifié entre la France et la Wallonie devrait aussi permettre d'améliorer les contrôles.

Nos enfants sont envoyés en Belgique pour être scolarisés, et les centres alors les hébergent ; ils sont scolarisés dans les écoles spécialisées alentour, écoles qui dépendent de notre éducation nationale. Nous avons des pédagogies adaptées pour les élèves avec autisme, polyhandicap, aphasie-dysphasie et aussi pour les élèves avec handicap physique lourd nécessitant des moyens de nursing importants.

Le personnel de ces écoles, enseignants, éducateurs, paramédicaux... dépend aussi de notre éducation nationale. Nous considérons donc que l'enfant est d'abord un élève. En France, c'est le soin qui prime, ici c'est l'éducatif. Dois-je ajouter que nos pédagogies adaptées sont faites avec les méthodes scientifiquement éprouvées ? (Exemple parmi d'autres : TEACCH pour l'autisme, pédagogie conductive pour le polyhandicap...)

Je ne pense pas que la solution en France en ce qui concerne les enfants réside à ouvrir des places dans des établissements et à augmenter les contrôles. La solution doit se trouver à l'école. Heureusement que Mme Carlotti est là, mais que peut-elle faire ? Sa ministre de tutelle, Marisol Touraine, n'a rien dit au lendemain de l'émission ! Oh si, elle a parlé de l'Espagne ! Elle a déclaré que l'Espagne reculait en arrière avec sa loi sur l'IVG (et c'est vrai). Mais Mme Touraine sait-elle qu'en Espagne, l'inclusion scolaire est de grande qualité, et les méthodes éducatives de l'autisme bien appliquées ?

Sur ce sujet, on n'a pas entendu non plus Vincent Peillon, ni George Pau-Langevin. Ce sont des enfants dont on parle pourtant ! Ils ont droit à l'école ouverte sur la société, et non plus des établissements fonctionnant en vase clos, où le pire peut se produire. On n'a pas entendu M. Ayrault. On n'a pas entendu M. Hollande. Pourtant, un reportage vient de montrer ce que le "Pays des droits de l'Homme" fait à ses enfants les plus fragiles, et aucune réaction de ses dirigeants.

Mme Touraine, M. Peillon, Mme Pau-Langevin, M. Ayrault, inspirez-vous du courage de Mme Carlotti et venez parler aux familles. Venez annoncer ce que vous comptez faire pour que ces enfants soient scolarisés efficacement.

Donnez-leur la chance que mon fils Wolfgang, qui était lourdement handicapé, et qui est aujourd'hui un élève brillant, a reçue à l'école, simplement parce que les hasards de la vie ont fait que j'ai épousé un Belge et qu'il soit né en Belgique. Tous les enfants ont droit à cette chance-là. Même ceux qui sont nés en France.

24 janvier 2014

Autisme : Ne rien lâcher !

article publié sur le site de Gwendal Rouillard, député du Morbihan

& co-président du groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale

jeudi 23 janvier 2014, par Gwendal Rouillard.

Écœurement, révolte, indignation. Tels ont été les sentiments qui m’ont habité en découvrant les pratiques inacceptables de certains instituts et la maltraitance dont font l’objet certains enfants handicapés, dans l’émission "Zone Interdite" diffusée le 19 janvier dernier. Comment, au 21è siècle, de telles pratiques peuvent-elles encore perdurer ? Comment les structures visées ont pu oser traiter des enfants de la sorte ?

Ce documentaire nous rappelle ainsi, plus que jamais, que les familles, les enfants et toutes les personnes avec Autisme, ont besoin de nous, parlementaires. Ils ont besoin de notre mobilisation pour que ce genre de situations ne se reproduise plus.

C’est pour cela que, lors de la visite de l’IME « Cours de Venise », structure d’excellence située dans le 3e arrondissement de Paris, Marie Arlette Carlotti, Ministre chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, a annoncé différentes mesures d’urgence tendant à éradiquer ces terribles pratiques :

1- L’ensemble des établissements d’accueil doit être évalué d’ici à 2015 – Aujourd’hui, seulement un tiers le serait.
- Aucune dérogation ne sera faite aux établissements.
- Aucun renouvellement d’autorisation ne sera délivré aux établissements qui n’auront pas procédé à cette évaluation au cours de l’année. 100% des établissements devront justifier de leur bon fonctionnement pour pouvoir continuer à exercer.
2- Les ARS devront réaliser des contrôles inopinés des établissements sur leur territoire.
3- Les ARS devront créer en leur sein, des structures d’appui à la qualité des établissements médico-sociaux.
4- Une circulaire sera adressée très prochainement aux ARS pour les rappeler à leurs responsabilités éminentes en termes de contrôle, et les réponses appropriées qu’ils doivent apporter en cas de manquement d’un établissement.
5- L’Etat va proposer à l’ensemble des fédérations gestionnaires (UNAPEI, FEGAPEI, APAJH, FEHAP…) de signer une convention pour que tous les établissements aient l’obligation de faire la publicité des deux numéros d’alertes ( le 3977 - contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées adultes, le 119 pour les enfants) par voie d’affichage, dans les projets d’établissement, dans les livrets d’accueil, dans les contrats de séjour.
6- Le Projet de Loi sur l’Autonomie obligera les établissements à faire remonter automatiquement les signalements aux Conseils généraux, aux Présidents des Conseils généraux et aux ARS et les directeurs d’ARS devront en informer directement le cabinet de la ministre en charge.

Pour autant, nous devons éviter de faire de ces terribles situations, une généralité. Les professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux, compétents sont la norme et les structures adaptées, dans lesquelles le bien-être et la dignité des enfants, adolescents ou adultes avec autisme existent. Notre rôle est de faire en sorte qu’elles s’universalisent. C’est pourquoi, nous continuons quotidiennement le combat afin de faire appliquer le 3e Plan Autisme sur tout le territoire

C’est également en ce sens que le groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale recevra dès le début du mois de février, la Haute autorité de Santé afin qu’elle présente ses recommandations en matière de prise en charge de l’Autisme. En parallèle, nous axerons nos travaux du premier semestre sur l’Enseignement supérieur et plus précisément sur l’enseignement de l’Autisme dans les Universités françaises. Aujourd’hui encore, 121 sur 123 universités présentent l’Autisme comme un handicap mental alors qu’il s’agit d’un handicap cognitif. ça suffit, il faut que cela cesse.

Les personnes avec Autisme attendent de nous tous, que nous prenions nos responsabilités. Elles peuvent compter sur moi.

PDF - 3.1 Mo
Présentation de l’IME "Cours de Venise" - Paris 3ème arrondissement
PDF - 201.6 ko
Discours Mme la Ministre CARLOTTI - IME "Cours de Venise" 22.01.14
23 janvier 2014

Discours de Marie-Arlette Carlotti à l'IME Cour de Venise

article publié sur le site du Ministère des affaires Sociales et de la Santé

22 janvier 2014

Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Personne ne peut être insensible aux images d’enfants handicapés, violentés par ceux-là mêmes qui sont censés leur apporter attention, soin et réconfort. Je sais que de nombreux concitoyens ont été choqués ces images de maltraitance. Comment ne pas l’être ?

Face à l’intolérable, il faut agir avec fermeté. Face à l’émotion, il faut agir avec discernement.

La quasi-totalité des établissements français sont des établissements de qualité. Les critères d’obtention d’un agrément sont extrêmement rigoureux en France. Mais il est incontestable que certains accusent des dysfonctionnements graves, que certains passent à travers les mailles du filet des contrôles, des encadrements et des normes, et cela n’est pas acceptable.

C’était le cas de l’IME Moussaron. Dès que j’ai été alertée sur sa situation, j’ai placé l’établissement sous administration provisoire. Je le ferai à chaque fois que nécessaire ; je n’ai aucune indulgence avec les professionnels qui trahissent la confiance des parents et de l’Etat, en malmenant les enfants.

Pour protéger ces enfants, je veux que l’on respecte la loi car il existe des lois et des procédures. J’en suis la première garante et c’est en ce sens que je me suis sentie interpelée par ces terribles images. J’en suis la première garante et c’est pourquoi je veux réaffirmer avec force ce que sont ces lois et ces procédures.

L’ensemble des établissements créés avant 2002 doivent procéder à une évaluation externe réalisée par un organisme indépendant d’ici 2015. Aujourd’hui, pas même 30% s’y sont livrés. Qu’il n’y ait pas de malentendu : aucun renouvellement d’autorisation ne sera délivré aux établissements qui n’auront pas procédé à cette évaluation au cours de l’année. 100% des établissements devront justifier de leur bon fonctionnement pour pouvoir continuer à exercer.

Cela ne suffit pas ; j’irai plus loin.

Je demanderai que les ARS réalisent des contrôles inopinés, en priorité auprès d’établissements dont les évaluations externes auront laissé apparaître des failles. Les ARS connaissent leurs établissements et leur territoire. Je leur demanderai de créer en leur sein, des structures d’appui à la qualité des établissements médico-sociaux.

Avec la Ministre de la santé et des affaires sociales Marisol Touraine, nous allons rappeler dans une circulaire adressée aux ARS leurs responsabilités éminentes en termes de contrôle, et les réponses appropriées qu’ils doivent apporter en cas de manquement d’un établissement.

Par ailleurs, il existe deux numéros d’alerte, le 3977 contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées adultes, le 119 pour les enfants. Je vais demander à l’ensemble des fédérations gestionnaires (UNAPEI, FEGAPEI, APAJH, FEHAP…) de signer avec l’Etat une convention pour que tous les établissements aient l’obligation de faire la publicité de ces deux numéros, par voie d’affichage, dans les projets d’établissement, dans les livrets d’accueil, dans les contrats de séjour. Comme cela existe entre l’éducation nationale et les établissements scolaires, entre la direction « jeunesse et sport » et les centres de vacances.

Je veux libérer la parole et rompre l’omerta. Je veux que les parents sachent que la place de leur enfant ne sera jamais menacée parce qu’ils auront fait un signalement, quelle que soit la suite donnée à ce signalement. Je veux que les professionnels sachent que leur emploi ne sera jamais menacé parce qu’ils auront fait un signalement, quelle que soit la suite donnée à ce signalement. Je veux qu’à tous les échelons, des familles jusqu’à l’Etat, en passant par les établissements, les gestionnaires, les MDPH, les ARS, et les associations, le souci de la transparence soit omniprésent. Car les situations de maltraitance ne peuvent exister qu’en raison d’une chaîne de défaillances, voire plus grave, de complaisances.

La semaine prochaine se tient une réunion du Comité national pour la Bientraitance et les Droits des personnes âgées et des personnes handicapées. Je veux que l’on repense ses missions et son organisation.

Il faut que les établissements remontent systématiquement les cas de maltraitance aux conseils généraux et aux ARS. Nous l’exigerons par la loi, à l’occasion de la loi « autonomie » portée par ma collègue Michèle Delaunay. Tous les sujets sensibles doivent remonter à la Ministre. Les directeurs d’ARS auront désormais l’obligation d’informer mon cabinet ; je saurai prendre mes responsabilités.

Enfin, je tiens à rappeler que j’ai signé avec mon homologue belge, un accord-cadre afin d’échanger des informations et de mener des inspections communes aux établissements wallons et français. Il est désormais effectif.

Je vous parle là des actions urgentes, mais j’ai aussi agi et je continue résolument à agir dans le long terme, par des réformes structurelles.

Concernant la création de places, je crée entre 3000 et 4000 places par an. Nous en aurons créé 16 000 d’ici 2017. Ces places permettront en priorité de répondre aux carences dans la prise en charge du polyhandicap et des personnes handicapées vieillissantes.

J’ai fait un 3ème plan autisme avec la création de 3500 places, pour rattraper le retard considérable accumulé dans ce domaine.

A travers les recommandations de pratiques professionnelles et les appels à projets, je procède à la transformation de l’offre : il est violent d’envoyer en hôpital psychiatrique des enfants qui n’en ont pas besoin. Surtout, quand on les traite à grands renforts de médicaments…

J’ai mis en place un dispositif d’urgence pour les situations critiques, suite à l’affaire terrible de la jeune Amélie Loquet, avec une organisation nationale/régionale/départementale et un numéro d’urgence : le 3977.

J’ai engagé une réforme des règles d’admission et de sortie des établissements pour empêcher les ruptures brutales.

Et j’ai aussi engagé une réforme du fonctionnement des MDPH. Je veux que les démarches dans les MDPH soient à la fois simplifiées et que la qualité des réponses apportée en soit améliorée : par exemple, pour éviter l’absurdité de certaines procédures qui imposent aux usagers des rendez vous fréquents voire très fréquents alors qu’ils ne sont pas forcément utiles. A contrario, il faut permettre aux équipes de passer plus de temps sur certaines situations dés lors que c’est nécessaire.

Dans le cadre des états généraux du travail social, fin 2014, nous aborderons la formation des travailleurs sociaux aux spécificités du handicap. Les travailleurs sociaux font un travail remarquable, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le leur dire mais beaucoup d’entre eux connaissent mal le handicap.

Mesdames, Messieurs,

En venant visiter l’IME « Cour de Venise », je tenais saluer le professionnalisme et le dévouement qui honorent dans leur ensemble les acteurs du handicap, car je ne confonds pas les situations particulières et la situation globale, et je souhaite que chacun fasse de même. Pour autant, les situations particulières ne sont pas négligeables. Même peu, c’est trop. Chaque souffrance d’enfant, chaque brimade, chaque manquement à l’éthique est insupportable et inadmissible.

Vous pouvez compter sur ma vigilance et ma fermeté pour défendre les valeurs de solidarité, de fraternité, d’humanisme qui vous animent quotidiennement dans votre travail. Je veux d’abord protéger les enfants, mais en protégeant les enfants, je protège aussi ces valeurs qui nous lient et qui font notre force. Je vous remercie

Seul le prononcé fait foi

22 janvier 2014

Zone interdite sur la maltraitance d'enfants handicapés : Carlotti veut améliorer les dispositifs d'alerte

22/01/2014

article publié dans FAIREFACE

Capture d’écran 2014-01-22 à 12.43.26.pngLe documentaire sur les centres qui maltraitent les enfants handicapés, diffusé dimanche 19 janvier sur M6, continue de faire des vagues. Invitée de l’émission C à vous, sur France 5, mardi 21 janvier (à partir de 29.57 min sur le replay), la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, est revenue sur le cas de l’Institut médico-éducatif (IME) de Moussaron à Condom, dans le Gers. Suite à l’enquête de l’Agence régionale de santé qui avait révélé « une situation de maltraitance institutionnelle », et sous la pression d’un collectif d’associations et syndicat, elle a placé cet établissement sous administration provisoire, le 27 novembre. « Mais j’ai découvert après que c’était la troisième enquête » qui pointait les mêmes dysfonctionnements (la quatrième en fait, après celles de 1997, 2001 et 2002, NDLR).

Un tiers seulement des établissements se plient à une enquête externe et objective

« Il y a des dispositifs d’alerte et finalement on se rend compte que ça passe à travers, a déploré Marie-Arlette Carlotti.  Au-delà de l’émotion que [ce documentaire] a suscité, cela aura servi au fait que je remette les choses à plat. Un exemple : on demande aux établissements de fournir à l’ARS une enquête externe faite par une structure objective, et je constate que c’est un tiers des établissements qui le font. J’exigerai que la loi soit respectée. »

 

Ces images « ne sont pas les pires »

Lundi 20 janvier, toujours dans C est à vous, la présentatrice de Zone Interdite, Wendy Bouchard, avait précisé, à propos de la séquence du documentaire consacrée à Moussaron : « Les images que vous avez vues ne sont pas les pires. On a vraiment des moments indignes où les enfants font leurs excréments au milieu de chacun, prennent des douches nus, garçons et filles mélangés... »

2,9 millions de téléspectateurs ont regardé ce documentaire qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation, sur Twitter notamment. Mais aussi sur le site www.faire-face.fr.

 

Des familles divisées : certaines soutiennent la direction de Moussaron et vont créer une association

Quant aux familles de résidents, elles étaient divisées, avant même la diffusion de l’émission. Quelques-unes ont retiré leurs enfants de l’IME suite aux révélations du collectif d’associations et syndicat, mi-novembre : le documentaire les a confortées dans leur décision. D’autres soutenaient la direction. Brigitte et Jean-Luc Pflieger, dont la fille réside toujours à l’IME, regrettaient notamment dans une récente interview à Sud-Ouest qu’il y ait « un amalgame entre des maltraitances institutionnelles suspectées et des maltraitances ». Aujourd’hui, Jean-Luc Pflieger ne souhaite pas faire de commentaires sur le documentaire. « Les parents s’exprimeront dans le cadre d’une association qui devrait être prochainement créée », a-t-il précisé à La dépêche. Franck Seuret

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