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"Au bonheur d'Elise"
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diagnostic
27 mars 2016

Autisme : l'incroyable retard français

article publié dans Le Figaro

Patrick Gaillardin/Look at Sciences

Un jeune autiste, atteint du syndrôme d'Asperger, avec une éducatrice dans un centre d'accueil de Saint-Vincent-sur-Jard (Vendée).


Par figaro icondamien Mascret - le 27/03/2016

L'état des lieux de la prise en charge de ces troubles est accablant pour la France.

Au premier regard, on se dit que la prise en charge de l'autisme n'est pas si mauvaise en France. Après tout, il y eut un rapport de l'Inserm, des recommandations de bonnes pratiques en 2012, et même un troisième «plan autisme», lancé en 2013. L'enquête menée ces deux dernières années par Florent Chapel, porte-parole du Collectif autisme, avec l'anthropologue Sophie Le Callenec, montre que l'on est loin du compte. Intitulé Autisme, la grande enquête, le livre aurait peut-être dû s'appeler «Les Sacrifiés de la République», tant le tableau brossé par les auteurs est accablant.

«D'abord il y a le problème du diagnostic , explique au Figaro Florent Chapel.  Certains parents doivent attendre cinq ou dix ans pour avoir un diagnostic, donc une prise en charge adaptée.» Car s'agissant d'un trouble où les interactions sociales sont perturbées, il y a bien nécessité d'une prise en charge précoce et intensive. Sinon, c'est la régression! Heureusement, des centres experts, comme ceux du réseau Fondamental mis en place par le Pr Marion Leboyer, ont ouvert la voie à une psychiatrie basée sur la science.

À la veille de la Journée mondiale de l'autisme le 2 avril, Ségolène Neuville va-t-elle rompre avec des années d'approximations dans la prise en charge des autistes en France? La secrétaire d'État chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion aura sous peu toutes les cartes en main pour faire vraiment bouger la prise en charge de l'autisme en France. Aux rapports qui se sont succédé ces dernières années (Comité national d'éthique, Conseil économique et social, rapport Léotard) viendra s'ajouter celui de l'Igas, «dans les toutes prochaines semaines », assure-t-on dans l'entourage de sa ministre de tutelle, Marisol Touraine.

Mais a-t-on réellement pris la mesure des besoins? Florent Chapel ne le pense pas: «Le plan autisme 2013-2017 fait de la scolarisation un objectif prioritaire mais ne prévoit la création que de 700 places supplémentaires en unité d'enseignement en maternelle, soit 175 par an alors que 8000 enfants autistes naissent chaque année.» Sans parler de l'absence de remboursement des soins éducatifs et comportementaux nécessaires pour les autistes.

Et puis surtout, il reste le problème de fond des fondements psychiatriques et pyschanalytiques de la prise en charge. La prédécesseur de Mme Neuville, en charge du handicap, Marie-Arlette Carlotti, l'avait annoncé: «En France, depuis quarante ans, l'approche psychanalytique est partout, elle concentre tous les moyens. Il est temps de laisser la place à d'autres méthodes pour une raison simple: ce sont celles qui marchent et elles sont recommandées par la Haute Autorité de santé.» Sans la résistance des psychiatres français (lire ci-dessous), les recommandations de la HAS auraient dû faire basculer la situation.

Il suffit pourtant d'aller sur le site de l'Inserm où le Pr Catherine Barthélémy, chef de service honoraire du service de pédopsychiatrie au CHU Bretonneau de Tours, l'explique: «L'imagerie médicale a permis de mettre en évidence des anomalies cérébrales chez certains patients, notamment dans les régions du cerveau impliquées dans le langage et la cognition sociale. La biologie moléculaire a quant à elle conduit à l'identification de nombreux gènes dont l'altération semble conduire à une plus grande susceptibilité à l'autisme.»

«Le problème, explique Florent Chapel, c'est qu'il reste des grands pontes, la vieille garde prétorienne freudienne, qui sont encore empreints de l'idée qu'il s'agit d'une psychose infantile même s'ils n'osent plus dire que l'autisme est la faute de la mère.» Or, pour les parents qui n'ont pas les ressources nécessaires, il n'y a pas d'autre choix que de laisser leurs enfants dans les centres où la prise en charge est remboursée. Tant pis si les recommandations de la HAS n'y sont pas suivies. «C'est la loterie, si votre enfant est pris en charge dans des centres comme Robert Debré (Paris) ou CHU de Montpellier ça va, mais 80 % des CHU sont maltraitants pas par plaisir mais par incompétence », accuse Florent Chapel. Ségolène Neuville l'a confirmé le 23 janvier dernier à Bordeaux, lors du congrès Autisme France, membre du Collectif autisme, «les hôpitaux de jour de pédopsychiatrie feront bien l'objet d'inspections par les Agences régionales de santé en 2016. Au centre de ces inspections, le respect des recommandations, de toutes les recommandations de la HAS (du diagnostic aux interventions)». «Les inspecteurs des ARS auront-ils les compétences pour juger de la validité du jugement clinique à l'appui des pratiques examinées », s'inquiète le syndicat des psychiatres des hôpitaux dans un courrier adressé le 7 mars dernier à la ministre de la Santé. Ambiance!

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27 mars 2016

Autisme : SOS d'une maman en détresse

article publié sur VIVRE FM

Mardi 22 Mars 2016 - 06h30

Un sondage révèle que plus de 80% des Français sont conscients des discriminations que subissent quotidiennement les autistes, mais que seuls 25% d'entre eux sont capables de comprendre la richesse que ceux-ci peuvent apporter. Une campagne de sensibilisation de l'association SOS autisme, débutée hier, pointe du doigt ces préjugés.

Campagne de sensibilisation SOS autisme 2016
Campagne de sensibilisation SOS autisme 2016

 

Olivia Cattan est la maman d'un petit garçon , Ruben 10 ans, autiste. Ancienne journaliste, elle a du mettre sa carrière entre parenthèse afin de se consacrer pleinement à l'éuducation de son fils, étant donné notamment le peu de prises en charge des soins dont bénéficient les autistes dans notre société française. Olivia Cattan est présidente de l'association SOS autisme, et de plus en plus effarée par le système absurde et inique administratif, social, médical qui régit indirectement ou directement la vie des familles dont l'un des membres est autiste, elle a décidé de lancer une campagne de sensibilisation qui a débuté lundi, et qui s'intitule "je suis autiste. Et alors?". 

une maman et son fils tête contre tête

Une société civile prête à intégrer les autistes mais...

Le sondage IFOP/Fondation Jaurès/SOS autisme révèle que dans leur très grande majorité (81%) les Français sont prêts à accepter les autistes et à les intégrer dans leur paysage quotidien dont leur lieu de travail, et qu'ils  sont conscients que ces derniers  subissent de lourdes discriminations. Cependant si les Français semblent se situer dans une démarche volontariste, moins d'un quart d'entre eux ont à l'esprit le potentiel et la richesse dont les autistes sont porteurs, et reconnaissent ainsi ne pas être bien informés en matière d'autisme en particulier et du handicap en général (74%). En revanche, l'utilisation insultante du mot autiste est bien perçue et les Français en ont assez d'entendre ce terme proféré à tort et à travers. Rappelez vous du journaliste Pujadas qui déplorant l'annulation de Marine Le Pen dans son émission "Des paroles et des actes" déclarait "nous l'avons entendue, nous ne sommes pas autistes",  Alain Mainc parlant de "patrons autistes", ou encore José Bové  qualifiant "l'actuel gouvernement d'autiste"... 

...Un gouvernement et des politiques incapables de faire face à l'autisme

Mauvaise volonté? Incompréhension de la réalité de l'autisme? D'autres chats à fouetter? Comme l'a très clairement exprimé Olivia Cattan dans une interview qu'elle nous a consacrée "moi qui suis de gauche et ce n'est pas un secret,  je suis triste de ne trouver personne à gauche pour appuyer nos actions, et je dois reconnaître que ce sont les gouvernements de droite qui ont en matière d'autisme fait un peu bouger les choses. Du côté des intellectuels, c'est le même silence, aucun de nos intellectuels ne défend la cause de l'autisme, eux si prêts à s'emparer des sujets de société." Quant aux recommandations de la Haute Autorité de Santé, en matière d'autisme, elles sont rarement appliquées . La prise en charge des enfants autistes qui pour la majorité d'entre eux nécessite des séances de psychomotricité, de thérapies comportementalistes, d'ergothérapie ne sont pas du tout remboursées par la sécurité sociale. Quant aux programmes d'intervention intensifs, ( ABA, TEACCS, PECS), ils demandent un engagement financier et  une formation individuelle que peu de familles peuvent s'offrir alors même que la HAS prône l'utilisation de méthodes de ce type-là "contre" la psychanalyse. Olivia Cattan estime que les dépenses liées à la prise en charge d'un enfant autisme sont de l'ordre de 3000 euros mensuels...alors que certaines familles vivent avec à peine 1300/1500 euros par mois, et souvent l'un des deux parents est obligé de mettre son activité professionnelle entre parenthèse ou de la suspendre définitivement lorsque l'autisme paraît.

un dessin d'une autruche qui se cache la tête dans le sable

Des situations ubuesques et le désepoir de plus en plus perceptible des associations 

Des grèves de la faim, des actions spectaculaires , lenteur du diagnostic,  exil obligatoire en Belgique,   la surdité de certaines instances,  le combat permanent que mènent les parents d'enfants autistes, et les autistes eux-mêmes  pour simplement "avoir le droit de vivre, le quotidien qui se transforme en véritable parcours du combattant... "Comment expliquer qu'il faille se déplacer à l'étranger pour faire diagnostique son enfant, ou  pour faire soigner une simple carie, comment expliquer que dans un pays comme la France qui nourrit en son sein  les meilleurs chercheurs au monde, personne n'est capable de s'emparer du dossier autisme...pourquoi? ". Olivia Cattan nous expliquait dans un cri du coeur "Je suis triste que nous associations ne puissions malheureusement pas en faire plus, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aides les parents en détresse, nous leur communiquons des adresses de bons spécialistes, nous les écoutons, nous essayons de les orienter, mais nous ne pouvons pas palier tous les défauts de l'Etat, il doit aussi faire sa part de travail, ... la plupart des parents d'enfants d'autistes qui s'adressent  à nous sont à bout". 

 

enfant fille seule recroquevillée sur la plage   Une campagne, des personnalités  et un manifeste 

SOS autisme a lancé cette campagne de sensibilisation dont l'un des objectifs principaux est de réduire les préjugés à l'encontre des personnes  autistes.  Des personnalités des médias, du monde du spectacle,  telles que Anggun, Pascal Elbé, Michel Cymès, Lambert Wilson, Juliette Binoche, Nelson Monfort, Chrisophe Barbier, Arié Elmaleh  ou encore Jean-Luc Moreau ont accepté de participer à cette campagne intitulée "je suis autiste. Et alors?", en prêtant leur concours à la réalisation de petits clips. En parallèle à cette diffusion, et suite aux résultats du  sondage, Olivia Cattan et SOS autisme vont rendre  au Président François Hollande, ainsi qu'aux Ministres de la Santé, de la Famille et du Handicap, un manifeste et dix propositions parmi lesquelles   l'accès gratuit de la prise en charge indispensable pour les enfants autistes (rappelons que  l'autisme ne se soigne pas, et n'est pas une maladie, ni une psychose mais un trouble développemental  et qu'un  un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée à ce trouble permettra à l'enfant une vie quasi "normale"), la spécialisation des médecins, et l'implication de l'Education Nationale principalement à travers la formation des AVS et leur pérénisation. 

Alyzée Van der Elst

25 mars 2016

Autisme : comment mieux comprendre cette maladie ?

Vidéo publié sur Europe 1 diffusée le lundi 21 mars 2016

 
Autisme : comment mieux comprendre cette maladie ? par Europe1fr

Europe 1 sante est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1

Le docteur Gérald Kierzek nous explique comment définir l'autisme dont les malades sont malheureusement très souvent victimes de discrimination.

24 mars 2016

Autisme : un appel à rattrapper le retard français

article publié dans Le Figaro

SOS Autisme France lance également une campagne de communication visant à lutter contre les clichés qui entourent l'autisme. De nombreuses personnalités ont participé à cette manifestation en portant un tee-shirt «Je suis autiste et alors?»


Par figaro iconCécile Thibert - le 24/03/2016
L'association SOS Autisme France s'apprête à remettre aux autorités de santé un manifeste comprenant dix propositions visant à combler «des décennies» de retard.

Des parcours de soin hors de prix, un temps de scolarisation limité et un personnel médical non formé: le manifeste rendu public cette semaine par l'association SOS Autisme France est un véritable brûlot contre l'inertie des pouvoirs publics français concernant la prise en charge des 30 000 enfants autistes et de leurs familles. Mais loin d'être une seule critique du système actuel, ce manifeste intitulé «un autiste dans la Cité» et porté par Olivia Cattan, présidente de l'association et mère d'un petit garçon autiste, présente également dix propositions originales. Elaborées lors d'un Tour de France de l'autisme auquel s'est consacrée Olivia Cattan pendant deux ans, elles sont le fruit d'une concertation entre familles, professionnels de santé, auxiliaires de vie scolaire (AVS), enseignants et directeurs d'établissement.

2000 à 3000 euros par mois

Les acteurs qui accompagnent le parcours d'un enfant autiste sont nombreux: pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens ou encore ergothérapeutes. Or seules les séances d'orthophonie sont remboursées par la Sécurité sociale. «La psychomotricité fine est essentielle, explique Olivia Cattan. Pour ma part, cela fait deux ans que je n'ai plus les moyens de payer la séance à 80 euros pour mon fils». Dans l'appel de SOS autisme, la prise en charge correcte d'un enfant autiste est estimée entre 2000 et 3000 euros par mois. Des dépenses qualifiées d'«impossibles» pour la grande majorité des familles, et dont le remboursement partiel est réclamé. «Toutes les familles rencontrent des difficultés, en particulier les familles monoparentales qui se trouvent plongées dans des situations extrêmement précaires», raconte la présidente de SOS autisme France.

«Une journée en hôpital de jour coûte 800 euros à la Sécurité sociale, or la prise en charge n'y est pas adaptée, souligne Olivia Cattan. Dans l'attente d'une amélioration, les séances avec les psychologues et les psychomotriciens devraient être remboursés aux familles». Le manifeste fait en particulier le constat d'une absence de suivi des recommandations de la Haute Autorité de santé, qui préconise en outre l'utilisation d'approches comme l'analyse appliquée du comportement (ABA) ou le programme TEACCH .

Pour les auteurs du manifeste, le problème relève en partie de l'insuffisance de personnel formé à ces programmes. Ils proposent donc de créer des filières universitaires plus nombreuses, afin de former les psychologues aux différentes méthodes éducatives. Ils appellent également au recrutement pérenne d'auxiliaires de vie scolaire, sans qui la scolarisation de ces enfants est impossible. Côté médical, ils suggèrent de mettre en place des formations approfondies pour les médecins généralistes et les spécialistes (dentistes, radiologues, gastro-entérologues,
) afin d'améliorer le dépistage précoce et l'accès aux soins.

Une économie souterraine

Autre question soulevée: l'absence d'un organisme de surveillance du travail des psychologues, comme il en existe pour les médecins avec le Conseil de l'Ordre. «En tant que parents, nous sommes dans une telle situation de désespoir que nous pouvons croire n'importe quoi, confie Olivia Cattan. Je me suis faite avoir plusieurs fois par de faux psychologues ou de fausses formations. Il faut que l'État reprenne la main sur l'autisme».

La clé de voûte du manifeste se trouve sans doute dans la neuvième proposition, qui demande la réalisation d'un «grand audit». Celui-ci permettrait d'établir «un état des lieux clair et précis de tous les secteurs concernés (petite enfance, soins, école,
)» dans tout le pays. «Le problème est qu'on ne connaît même pas le nombre de personnes autistes en France, s'exclame Olivia Cattan. On ne sait pas combien de structures et de places existent, ni si elles respectent les recommandations de la HAS». Ces données, essentielles pour adapter l'offre aux besoins, pourraient éviter dans l'avenir les déménagements forcés de certaines familles. «Beaucoup partent en Belgique. Mais nous voulons des solutions dans notre pays», déclare Olivia Cattan.

Tandis que la France a été condamnée en février 2014 par le Conseil de l'Europe pour ne pas avoir respecté le droit à la scolarisation des enfants autistes et que le troisième plan autisme, débuté en 2013, touche à sa fin, le chantier reste important. Le 2 avril aura lieu la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. D'ici là, il est prévu que les porteurs du manifeste rencontrent Ségolène Neuville, la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, à la fin du mois, afin de lui remettre le manifeste en main propre.

En parallèle de son manifeste, SOS Autisme France a également lancé une campagne de communication visant à lutter contre les clichés qui entourent l'autisme. De nombreuses personnalités ont participé à cette manifestation en portant un tee-shirt «Je suis autiste et alors?».

24 mars 2016

Florent CHAPEL est l'homme du jour - Autisme : Enquête en France - C à vous 23.3.2016

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21 mars 2016

Explosif > 600 000 autistes privé de leurs droits : Le retard français

600 000 autistes privé de leurs droits

20 mars 2016

Autisme : le cri d'alarme de parents auprès de François Hollande

12h25, le 20 mars 2016

Autisme : le cri d'alarme de parents auprès de François Hollande © AFP

Le manifeste demande aussi que l'accueil des enfants autistes dans les écoles publiques soit généralisé, réclame des recrutements et une formation spécialisée des AVS.

Des chiffres sur l'autisme "qui explosent", et "plusieurs décennies" de retard dans la prise en charge de ce handicap en France: l'association de parents SOS Autisme fait dix propositions dans un manifeste devant être remis à François Hollande avant la journée de l'autisme du 2 avril.

250.000 enfants concernés en France. Un nouveau-né sur 100 serait atteint de troubles du spectre de l'autisme (TSA), et "650.000 personnes, dont 250.000 enfants", seraient concernés en France, selon SOS Autisme. "On ne guérit pas de l'autisme, mais la précocité du diagnostic, associée à une prise en charge adaptée, suivant les préconisations de la Haute autorité de santé (HAS), permettent de faire progresser l'enfant au point d'avoir une vie +normale+", souligne l'association dans son manifeste.

Dix propositions soumises à Hollande. La HAS a estimé en 2012 que l'approche psychanalytique, "non consensuelle", n'avait pas fait la preuve de sa pertinence, et a recommandé, dès le plus jeune âge, des méthodes éducatives et comportementales, telles la méthode ABA (Applied Behavior Analysis), qui travaillent sur les apprentissages à l'aide de jeux ou pictogrammes. Parmi les dix propositions qui doivent être remises au chef de l'Etat, ainsi qu'à plusieurs ministres (Santé, Famille, Handicap) et élus, l'association demande une prise en charge par la Sécurité sociale de soins prescrits par les médecins mais non remboursés (psychologues spécialisés en méthode ABA, psychomotriciens, ergothérapeutes). Seules les séances d'orthophonie sont remboursées.

Entre 2.000 et 3.000 euros par mois. "La prise en charge correcte d'un enfant autiste se situe entre 2.000 et 3.000 euros par mois, dépenses impossibles pour la grande majorité des familles", souligne le manifeste. "Mon fils Ruben, 10 ans, est aujourd'hui scolarisé en CM1, avec une AVS (ndlr: auxiliaire de vie scolaire) privée", témoigne la présidente de SOS Autisme, Olivia Cattan, ancienne journaliste. "Il parle avec un vocabulaire élaboré, a 16 de moyenne, mais fait toujours des crises de violence. Il n'a plus de prise en charge psychologique car je n'ai plus les moyens".

18 mars 2016

Formation sur l'autisme pour les aidants en Ile-de-France

 

Formation sur l'autisme pour les aidants en Ile-de-France

Des mamans et proches d'enfants avec #Autisme ont fait une vidéo, en collaboration avec le #CRAIF pour vous inviter à participer à la formation des aidants.

Posté par CRAIF Centre de Ressources Autisme Ile de France sur jeudi 17 mars 2016
16 mars 2016

Vidéo de soutien à Rachel et ses trois enfants !!!

Ajoutée le 16 mars 2016

Vidéo de soutien à Rachel Rachel s’est vu retirer ses trois enfants par la Justice via l’Aide sociale à l’enfance de l’Isère, au motif qu’elle donnait de ses enfants une vision invalidante et alarmiste.

En effet, Rachel a osé dire que ses enfants étaient autistes, ce qui a été confirmé par les diagnostics effectués par la suite.

Néanmoins, la Justice refuse toujours de lui rendre ses enfants.

Cette situation est symptomatique des difficultés rencontrées par les familles touchées par l’autisme, qui non seulement doivent se battre pour obtenir des diagnostics fiables et des prises en charges adaptées, mais qui, de plus, peuvent se voir retirer abusivement leur enfant, en raison de la méconnaissance de l’autisme par les professionnels de l’enfance.

15 mars 2016

Presque comme les autres - Mercredi 30 mars 20h55 sur France 2

Presque comme les autres


Résumé

Séverine et Christophe, comédiens, sont de jeunes parents amoureux. Ils ont un fils, Tom. A 3 ans, le petit garçon ne parle pas, crie souvent, dort difficilement, a des comportements étranges. Leur vie professionnelle et sociale devient difficile. Aucune baby-sitter ne consent à revenir garder Tom, la crèche le renvoie, les grands-parents sont dépassés. Séverine, exténuée par les nuits sans sommeil, met sa carrière en sourdine, Christophe se réfugie dans le travail, l’alcool et les églises. Les amis s’éloignent. Pédiatres, ORL, psychiatres : tous ont un discours culpabilisateur, surtout pour la mère, aucun ne se risque à présenter un diagnostic. Ils cherchent une maladie, pas un handicap et minimisent le problème. Pourtant, Tom est autiste. Quand le diagnostic tombe enfin, la famille peut commencer à avancer...

Acteurs / Rôles
  • Julie-Marie Parmentier / Séverine
  • Marie-Anne Chazel / Liliane
  • Bernard Campan / Christophe
  • Michaël Bier / le directeur de casting
  • Côme Rossignol de la Ronde / Tom
  • Charlie Dupont / Acteur
11 mars 2016

Autisme. Le centre breton repart

11 mars 2016 à 17h01

Morgane Phelep, directrice, Sophie Guivarch, secrétaire, Dr Claire Chevreuil,...
Morgane Phelep, directrice, Sophie Guivarch, secrétaire, Dr Claire Chevreuil, médecin chargé de mission, Sylvie Lamoot, assistante de direction, Sébastien Mirault, neuropsychologue et Lila Vinçot, documentaliste.

Le centre de ressources autisme de Bretagne est sorti de l’hôpital psychiatrique de Bohars (29), avec la volonté de retrouver un climat de sérénité. Ses nouveaux locaux sont à Guipavas (29), près de Brest.

" L’objectif est de retrouver un climat de sérénité autour de l’autisme en Bretagne. L’impression que l’on a, est que ce pari-là est en passe d’être gagné. Pas une des nombreuses réunions que nous avons déjà organisées ne s’est mal passée. On sent des personnes, familles comme professionnels, qui ont envie de travailler ensemble ", témoigne Yannick Arzel, directeur des établissements des Genêts d’Or, l’association qui s’est vu confier par l’Agence régionale de santé (ARS) la relance du centre de ressources autisme (CRA) de Bretagne. À partir de 2013, le CRA de Bretagne qui était installé dans l’enceinte de l’hôpital psychiatrique de Bohars au CHRU de Brest, a été secoué par des conflits opposants les psychiatres, tandis que les familles souhaitaient que le centre quitte le secteur hospitalier.

Au travail depuis janvier 

"Ce n’est pas le centre de ressources autisme (CRA) des Genêts d’Or, mais celui de la Bretagne ", prévient d’emblée le directeur général des Genêts d’Or, Joël Goron. La partie médico-sociale est portée par l’association qui a installé son unité d’appui et de coordination (UAC) du CRA près de Brest, à Guipavas, proche de voie express et de l’aéroport. La partie sanitaire est répartie sur trois centres hospitaliers : Rennes, Vannes et Brest (Finistère et Côtes-d’Armor) qui portent les quatre unités d’évaluation diagnostique des enfants. La seule unité régionale d’évaluation des adultes est au CHRU de Brest et son responsable a changé : il s’agit désormais du Dr Christian Plassard. 

Le nouveau CRA de Bretagne est au travail depuis janvier et l’UAC est installée à Guipavas depuis le 20février. L’équipe est presque au complet, le psychiatre coordinateur est en cours de recrutement. 

Formation d’aide aux aidants

Seul le centre de documentation a déménagé et les équipes, notamment les psychologues, sont réparties dans toute la Bretagne. Le CRA dispose d’un comité scientifique auquel participe un spécialiste reconnu de l’autisme, le Pr Bruno Gepner, pédopsychiatre, chercheur CNRS et enseignant à l’université de Marseille. Les usagers, familles et autistes, sont associés à la gouvernance du CRA. Le centre commence à être connu et l’équipe a eu la surprise de constater que beaucoup d’autistes adultes ont appelé le centre pour des conseils. Parmi les actions à venir, 800 personnes vont bénéficier d’une formation d’aide aux aidants en mai et juin. Le budget d’un million d'euros alloué par l’ARS est réparti entre l’UAC et les hôpitaux. 

> Pratique 

Le CRA dispose d’un numéro unique ouvert aux familles et aux professionnels le 02.98.89.47.70. Un site internet sera en place à la mi-avril. Contact@cra.bzh


9 mars 2016

De l'oxygène pour Planète Autisme

article publié dans LA DEPECHE

Publié le 09/03/2016 à 08:22

La députée porteuse d'une excellente nouvelle hier. / Photo J.-M. Mazet
La députée porteuse d'une excellente nouvelle hier. / Photo J.-M. Mazet

C'est un juste retour des choses après des années d'investissement pour cette poignée de parents épuisés qui se sont battus et ont déployé beaucoup d'énergie à rechercher des subventions, à multiplier les animations, pour une meilleure prise en charge de leurs enfants atteints d'autisme.

Les membres de l'association Planète Autisme, présidée par Laurence Franzoni, malgré sa reconnaissance, les services précieux rendus aux familles, se débattaient avec les difficultés financières et un déficit récurrent à la fin de chaque exercice. La députée Lucette Lousteau, sensible à cette cause, avait dans un premier temps offert une partie de sa réserve parlementaire à cette association dont le combat quotidien l'avait touchée. Elle s'en était ouverte à Ségolène Neuville, secrétaire d'État auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapée. Ses arguments ont été reçus. Lucette Lousteau a révélé hier dans les locaux de l'association, qu'une aide pérenne de 120 000 euros allait être versée à Planète Autisme rapidement avec l'aval de l'ARS. Une bonne nouvelle permettant le financement de 6 places supplémentaires de SESSAD (services et soins) après les deux places débloquées en décembre dernier par le plan Autisme. Soit huit places. Laurence Franzoni a évoqué une bouffée d'oxygène pour l'association qui va pouvoir ainsi baisser le coût facturé aux parents : 270 euros par mois pour 1 h 30 par semaine. La députée a insisté sur la notion de dépistage précoce par des méthodes scientifiquement reconnues aujourd'hui. 51 enfants et adultes (de 2 ans à 36 ans) sont suivis par l'association et par trois psychologues, un moniteur éducateur et une éducatrice tous embauchés à plein-temps.

 

4 mars 2016

L'autisme, un handicap pas comme les autres

L'autisme, un handicap pas comme les autres
L'autisme, un handicap pas comme les autres - © Tous droits réservés
Publié le jeudi 03 mars 2016 à 17h44

Il s'appelle Alexis. Il a 20 ans. Il est autiste. L'autisme a été diagnostiqué tardivement alors qu'il avait déjà 5 ans. Le parcours scolaire d'Alexis a été semé d'embûches, d'exclusions d'écoles, d'encadrement inapproprié.

Scolarité chaotique

Aujourd'hui, Alexis est pris en charge par un centre de jour créé par des parents, une institution qui ne bénéficie d'aucun subsides et qui vit de dons : Les Héliotropes à Incourt dans le Brabant wallon. Alexis évolue bien, selon sa maman, Natacha Verstraeten. Mais pour elle, cette prise en charge adéquate arrive un peu tard.

Déjà à la crèche il s'est retrouvé exclu à 2 ans.

Natacha Verstraeten plonge dans des souvenirs douloureux. "On nous a bien fait comprendre qu'on ne s'en sortait plus avec lui et que ce n'était plus possible. Il est donc resté pendant 6 mois à la maison. On a finalement trouvé une petite école de 13 enfants, rurale, qui a accepté de le prendre en charge. Mais qui au bout de quelques mois nous a dit 'non, à temps plein, on est désolé, vous devez trouver une solution pour l'autre mi-temps'. On s'est alors tourné vers l'enseignement spécialisé où il est resté jusque 16, 17 ans. Mais là aussi on a terminé sur une exclusion parce qu'ils ne s'en sortaient pas avec lui, il devenait de plus en plus violent. Et donc ça a été un parcours d'exclusion et de rejet finalement.

Alexis était capable de lire

Son parcours scolaire n'a pas vraiment été serein. Cela implique clairement des ratés pour la mère d'Alexis. "On n'a pas vu qu'Alexis était capable de lire, raconte Natacha Verstraeten, on aurait pu développer d'autres compétences, ça n'a pas été possible. On le voit ici il est plus âgé et le travail qui a été commencé ici, il avait 18, 19 ans, donc c'est déjà âgé pour commencer quelque chose et néanmoins on est arrivé à l'apaiser, à lui apprendre certaines choses". La recherche désespérée d'une place, le poids qui pèse sur toute la famille sont épuisants. "Je crois que ce n'est pas suffisamment perçu à quel point c'est une situation difficile, épuisante, énergivore pour les familles.

Il faut absolument soutenir ces familles parce qu'il peut s'y passer des drames.

"C'est quelque chose qui met toute la famille à mal, toute la famille en difficulté. Je pense que ça ce n'est pas assez perçu." Du coup, des parents arrêtent parfois de travailler faute de places, d'autres créent des structures à leurs frais, comme c'est le cas pour le centre de jour Héliotropes.

Prise en charge adaptée ?

Qu'il s'agisse de l'enseignement ordinaire ou des institutions spécialisées, les enseignants et éducateurs sont trop rarement formés à cette pathologie très particulière. Natacha Verstraeten n'a cessé de se battre pour son fils, pour lui trouver une place dans un lieu adapté. 

Alexis a une mémoire phénoménale mais il ne parle pas. Et pour communiquer -en particulier s'il est angoissé- il peut se comporter violemment. "Ils ne comprenaient pas, ils ne savaient pas par quel bout le prendre, explique cette maman. Ils essayaient le même comportement qu'avec d'autres handicaps mentaux en disant soyez plus structurants, soyez plus exigeants. Et en fait, on ne faisait qu'empirer les choses, on était violent avec lui et lui était de plus en plus violent." Une prise en charge adéquate est donc indispensable. C'était ce qui a guidé les parents d'Alexis dans leur recherche d'une structure et d'une place disponible pour leur fils. Des parents effarés par le traitement auquel certains enfants "difficiles" pouvait être soumis.

Natacha Verstraeten s'en souvient très bien. "Quand on a cherché une solution pour Alexis, on nous avait dit "allez voir toutes les pièces" parce qu'il y a encore des pièces de contention. Dans certains endroits, il y a effectivement des espèces de cages, oui des endroits où les jeunes sont enfermés. Encore aujourd'hui. Je connais des établissements qui le pratiquent oui".

Des structures inadaptées et un manque de places criant c'est ce qu'elles dénoncent. Ces familles vivent une situation difficile, épuisante... Elles réclament une prise de conscience des autorités pour Alexis et tous les autres.

2 mars 2016

Placement d'enfants autistes : la défense ira jusqu'au bout !

article publié dans place grenet

DROIT DE SUITE – La cour d’appel de Grenoble a confirmé le placement des enfants de Rachel en structure et famille d’accueil, ce vendredi 26 février. La justice estime leur mère responsable de leurs troubles du comportement et réfute tout diagnostic d’autisme. Inacceptable pour la défense qui dénonce une erreur judiciaire et entend bien poursuivre le combat.

« Nous allons saisir la Cour européenne des droits de l’homme et rendre compte du jugement en appel au Comité sur les droits de l’enfant de l’Organisation des Nations unis (ONU) qui est déjà au courant de l’affaire », prévient maître Sophie Janois, l’avocate de Rachel, loin de s’avouer vaincue.

Maître Sophie Janois à la sortie de l'audience d'appel le 22 janvier 2016. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Maître Sophie Janois à la sortie de l’audience d’appel le 22 janvier 2016. © Véronique Magnin – Place Gre’net

C’est malgré tout d’une voix blême qu’elle nous annonce la confirmation du premier jugement dans toutes ses dispositions.

Le placement des trois enfants de Rachel, déjà séparés de leur mère depuis sept mois, a donc bel et bien été confirmé vendredi 26 février par la cour d’appel de Grenoble.

« On s’y attendait un peu », lâche-t-elle après un silence. Il est vrai que l’audience en appel du 22 janvier dernier avait été particulièrement éprouvante selon l’avocate qui l’avait comparée à une audience d’assises.

« Le juge reproche à la mère de dire que ses enfants sont autistes »

L’arrêt de la cour de Grenoble est ubuesque selon Sophie Janois : « Le juge reproche à la mère de dire que ses enfants sont autistes alors que d’après lui, ils sont atteints de troubles envahissants du développement (TED). C’est fou ! C’est comme si vous déclariez : il ne faut pas dire que le ciel est gris mais qu’il est anthracite. » Et ce n’est pas la seule allégation a l’avoir indignée : « Il est aussi indiqué que Rachel ne peut pas récupérer ses enfants parce qu’elle leur renvoie une image handicapée d’eux-mêmes ! »

 

Palais de justice de Grenoble avec des skaters Tribunal instance grande instance Prud'hommes Photo Chloé Ponset

Palais de justice de Grenoble. © Chloé Ponset

Autant dire que la confusion règne car les TED sont effectivement un handicap. « C’est complètement fou ! », répète-t-elle. D’autant plus que « les trois enfants de Rachel vont tout prochainement bénéficier d’un suivi particulier de leur handicap mis en place par l’Aide sociale à l’enfance de l’Isère (Ase38*) ».

Cette prise en charge adaptée est le résultat de la réunion, la semaine dernière, entre cette dernière et l’Agence régionale de santé (ARS).

« La cour est imprégnée d’une culture d’obédience psychanalytique »

Pour autant, la situation reste inchangée pour Rachel. Depuis sept mois, elle voit ses enfants une heure tous les quinze jours en visite médiatisée. « Rachel est accompagnée d’une psychologue et d’une assistante sociale qui notent tout ce qu’elle dit, tout ce qu’elle fait, tout ce que les enfants disent, tout ce que les enfants font. Et la moindre petite chose peut être analysée », précise l’avocate.

Ainsi, « que les enfants aient encouragé leur mère pendant un jeu de société, cela veut dire qu’ils ont une place d’adulte. La maman a demandé trois fois de suite à ses enfants comment ils vont, cela veut dire qu’elle veut qu’ils aillent mal. C’est de cette façon que ce fut analysé pour Rachel », déplore Me Sophie Janois.

Salle des pas perdus au premier étage du palais de justice de Grenoble. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Salle des pas perdus au premier étage du palais de justice de Grenoble. © Véronique Magnin – Place Gre’net

Pour que la cour ait pris en compte de tels arguments, nul doute pour l’avocate : « Elle est à mon avis profondément imprégnée par une culture d’obédience psychanalytique. »

« J’espérais beaucoup de l’appel… »

Sophie Janois ne cache pas sa déception : « J’espérais beaucoup de l’appel tellement on avait de pièces au dossier », lâche-t-elle. Trente-cinq pièces médicales au total, « avec des diagnostics conformes aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) à savoir, établis par des équipes pluridisciplinaires de l’hôpital : des orthophonistes, des psychomotriciens et des psychologues ».

À cela s’ajoute la consultation « des meilleurs pédopsychiatres de l’enfance et de l’adolescence au plan européen, comme le docteur Joaquin Fuentes », qui attestent que la mère ne peut pas être atteinte d’un syndrome de Münchhausen par procuration comme l’a déclaré l’experte judiciaire dans son rapport. « Ce n’est pas possible dans le cas de l’autisme ! », s’insurge-t-elle.

Et de poursuivre, non sans une feinte naïveté : « J’ai bêtement pensé que la justice grenobloise s’emparerait de toutes ces pièces et qu’elle nous donnerait raison. Je n’ai pas imaginé une seconde qu’on nous lirait par dessus la jambe, qu’on continuerait de croire l’avis d’une seule experte, qui plus est, emploie le subjonctif dans son rapport et qui n’a vu les enfants que deux fois un quart d’heure ! »

« On va aussi attaquer l’experte judiciaire… »

Mais Me Sophie Janois n’est pas du genre à baisser les bras : « On va aussi attaquer l’experte judiciaire devant le Conseil de l’ordre des médecins parce que, d’une part, elle a expertisé des adultes alors qu’elle est pédopsychiatre et que, d’autre part, elle a émis seule un avis sur un diagnostic d’autisme. » Or, l’HAS recommande clairement que ce type de diagnostic soit réalisé par une équipe pluridisciplinaire. « Elle aurait dû renvoyer vers une personne plus compétente à savoir un sachant », assène-t-elle.

Ségolène Neuville, secrétaire d’État auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. – DR

Ségolène Neuville, secrétaire d’État auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. – DR

Prévenue de ce cas isérois par les nombreuses associations de parents d’enfants autistes, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Ségolène Neuville, a clairement pris parti pour Rachel dans son discours au congrès Autisme France, le 25 janvier dernier. Cela n’aura manifestement pas porté ses fruits.

« Une lettre ouverte à François Hollande »

Désireuse de tout tenter pour sa cliente face à une justice « qui ne connaît pas le handicap de l’autisme », maître Sophie Janois n’abandonne pas pour autant la piste politique.

Ainsi prévoit-elle d’écrire une lettre ouverte à François Hollande et à Manuel Valls, d’autant que ce dernier serait particulièrement sensible à la cause de l’autisme selon l’avocate. « On gracie bien des criminels, je ne vois pas pourquoi on ne rendrait pas ses enfants à Rachel », lance-t-elle.

Combien de familles d’enfants autistes seraient concernées en France par un risque de placement abusif ? Impossible de répondre et pour cause : « L’ONU vient précisément de rendre un avis reprochant à la France le déficit de chiffres et de statistiques sur le sujet, précise Sophie Janois. C’est vraiment un scandale ! »

Véronique Magnin

 

* Sollicité à plusieurs reprises, le conseil départemental, dont dépend l’Ase, n’a pas souhaité s’exprimer.

 

Prise en charge de l’autisme : la France à la traîne

 

Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, le 2 avril 2016. - DR

Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le 2 avril 2016. – DR

L’avocate l’affirme : « Tous les autres pays de notre niveau économique prennent en charge correctement l’autisme ».  Ainsi, par exemple, est-il hors de question aux États-Unis ou dans les pays nordiques, de remettre en cause une mère parce qu’elle a des enfants autistes, selon Sophie Janois.

« Au contraire, tout se met en place dès le diagnostic qui arrive vers 18 mois ou 2 ans*. Les prises en charge sont adaptées – cognitivo-comportementales voire développementales – les enfants progressent et continuent d’aller à l’école ».

Et selon elle, c’est très efficace : « On voit même des enfants autistes sévères devenir des autistes plus légers, ce qui leur permet de prendre une place dans la société et de l’enrichir en terme de diversité ».

* En France, le diagnostic est généralement établi vers 6 ou 7 ans.

1 mars 2016

Série vidéos réalisées par l'APEPA ...

http://www2.ulg.ac.be/apepa/

Autisme [2] Observation et dépistage

Série - Autisme [1] Historique et conception

28 février 2016

Vieux autistes, de la nécessité du diagnostic à la reconnaissance et réintégration dans la dignité.

article publié dans ze-tribe

autisme-asperger-diagnostic

Article rédigé par Blandine Messager

Selon une représentante de l’Association Autisme France, près de 90% des adultes autistes ne sont pas diagnostiqués. Ces autistes, improprement diagnostiqués sous diverses pathologies plus ou moins fantaisistes, ou trop proches des limites supérieures du spectre pour avoir pu accéder à un diagnostic, vivent dans l’ombre, souvent exclus, rejetés, relégués, oubliés.

 

 

Certains, les plus âgés, n’ont sans doute jamais entendu le mot « autisme » de leur vie, et pour plus encore d’entre eux, le mot « autisme » n’a jamais été évoqué les concernant. Certains ont pu vivre à l’abri, protégés par leur environnement familial (femmes pour la plupart), intégrés dans des entreprises (hommes pour la plupart), retraités « heureux » issus des trente glorieuses, époque où il était encore possible de travailler et prospérer malgré des difficultés dans les interactions sociales. Mais ce sont des privilégiés.
 
Pour ceux nés à partir de la fin des années 50, c’est beaucoup, beaucoup plus compliqué : la vie économique, le délitement social global, la férocité croissante du marché du travail, la dislocation des liens conjugaux et familiaux aussi… ne leur ont pas fait de cadeaux. Ils ont dû tout subir de plein fouet. Parmi eux, certains, les plus curieux, les plus nantis d’outils intellectuels et informatifs et/ou les plus obstinés à vouloir comprendre en quoi ils ont traversé leur vie comme des survivants de leur différence, ont réussi à s’informer. Parfois durant des années de recherches effrénées sur l’autisme : centres d’intérêts intenses dits « restreints » obligent !
 
 
AspergersEt dans leur quête de compréhension de leur histoire, de l’histoire de leur famille aussi, ils ont dû traverser des années d’interrogations, de psychothérapies diverses et souvent vaines, pour finir par relever la tête et demander reconnaissance.  J’emploie le mot « reconnaissance », mais d’autres mots pourraient convenir aussi : réparation, restitution, justice…
 
  
Reconnaissance : être reconnu tel qu’on est, de la façon la plus juste qui soit. 
Restitution : chacun nécessitant qu’on lui restitue sa dignité, en lui rendant le déterminant « interdit », refusé, sa vie durant : autisme (incluant syndrome d’Asperger). 
Justice : parce qu’il y a eu injustice de la part de la communauté vis à vis d’eux.
 
De la part de la collectivité, du pays, des institutions… la moindre des choses serait de leur demander PARDON. Et pour réparer le préjudice, la moindre des choses serait de leur donner accès à des évaluations neurologiques sérieuses quand ils les demandent.
 
On ne demande pas ce genre de chose par extravagance, pas plus que sur un coup de tête, ni par opportunisme déplacé, ni par fourvoiement. En général, quand on fait ce genre de demande à plus de quarante ans, c’est après en avoir étudié les tenants et les aboutissants, méticuleusement, consciencieusement, et je dirais même : avec tout le sérieux inhérent à la précision autistique ! Sans parler de la maturité, de l’expérience, de tout le bagage accumulé sur plusieurs décennies, qui ne peuvent qu’éloigner de l’excentricité.
 
La moindre des choses aussi, serait de leur épargner l’humiliation du refus de diagnostic, sous le prétexte imbécile que les témoins de leur enfance ne sont plus là : ils sont adultes, âgés, retraités, vieillards… et on les traite ainsi comme des mineurs !
 
Je n’ai pas autorité pour le faire collectivement, mais je demande réparation. Non, pas de « dommage intérêts », ce serait trop improbable vu le nombre de mes compagnons d’infortune, mais juste un accès facilité et adapté au dépistage pour les adultes matures, les personnes âgées, suivi d’un diagnostic dressé « en bonne et due forme », et donc d’une reconnaissance. Être reconnu dans ses particularités, non pas avec une étiquette, mais avec un nom, une identification de ces différences.
 
Beaucoup d’entre-nous ont non seulement dû subir des pressions sociales iniques, mais vivent dans le dénuement le plus total, écartés malgré tous leurs efforts d’une vie digne, du minimum matériel vital, sans perspective autre que d’échouer un jour dans des « mouroirs à vieux », des collectivités toxiques, mortelles pour ces gens qui ne supportent aucune promiscuité.
 
autisme-asperger-déni-médecinCertains d’entre-nous ont accumulé des connaissances encyclopédiques en maints domaines utiles. Beaucoup d’entre-nous ont développé des trésors de stratégies pour surmonter leur handicap dans un monde où il était ignoré. Certains d’entre-nous ont des enfants, des petits enfants, comptant parmi eux d’autres autistes. Nos connaissances et nos expériences sont une richesse à ne pas négliger, pour les générations futures comme pour tous les professionnels en contact avec des enfants et jeunes autistes. Ne pas nous demander nos avis est une perte pure, un déni intolérable, un devoir de mémoire censuré… 
 
Nous sommes une manne, nous sommes légions, nous ne devons pas nous laisser intimider ni écarter.
 
Il est temps que les centres experts en diagnostic d’autisme (CRA1 et autres) cessent de procéder à des opérations de sélection arbitraires sur l’âge, « recalant » quasi systématiquement les adultes trop « vieux », qui mettent à mal leurs (in)compétences. Le plus souvent sous maints prétextes fallacieux, voire fantaisistes. Il serait temps que ces professionnels arrêtent de se défiler en niant les diagnostics adultes, en ne les évaluant pas, en les éludant d’un revers de main trop souvent arrogant.
 
Mesdames et Messieurs les professionnels : vous êtes payés pour travailler. Faites votre travail ! Car nous, les adultes autistes oubliés, laissés en rade et niés dans notre propre différence, n’avons pas eu cette chance de pouvoir être payés pour tout le travail accompli durant nos vies, à tenter de vivre parmi la communauté des humains.
 
On ne décrète pas qu’un adulte est autiste ou pas sur la simple base d’entretiens bâclés, non plus. Trop d’entre-nous sont passés par cette épreuve médiocre, indigne pour des professionnels censés se comporter en professionnels.
Nous traiter dignement, c’est nous donner accès à des cessions de tests d’évaluation sérieux et adaptés. Nous avons travaillé nos vies entières à apprendre à vivre parmi les autres, à tenter de nous intégrer, à analyser nos propres comportements, à élaborer des stratégies de survie (certains n’ont pas survécu, rappelons-le), à fournir des efforts constants pour tenter de nous intégrer dans un monde qui nous était étranger… Tout ce boulot, nous l’avons fait. Sans jamais recevoir rémunération ni reconnaissance.
 
La formation continue est un devoir déontologique pour les médecins. Alors, Mesdames et Messieurs… à vous de faire votre travail : informez-vous, formez-vous…
… Et prévenez-nous quand vous aurez décidé de vraiment travailler avec nous !
Merci.
 

Article rédigé par Blandine Messager – Janvier 2016
(1) CRA : Centre Ressources Autisme

28 février 2016

En baie de Seine, un nouveau service pour accompagner des personnes autistes vers l'autonomie

article publié sur FR3 Régions

Le service d'accompagnement médico-social est basé à Harfleur depuis septembre. Il apporte un soutien très concret à de jeunes adultes souffrant de troubles autistiques

  • Par Sylvie Callier
  • Publié le 27/02/2016 | 12:11, mis à jour le 27/02/2016 | 12:11
A Harfleur, une jeune fille autiste fait ses courses © France 3 Baie de Seine

© France 3 Baie de Seine A Harfleur, une jeune fille autiste fait ses courses



Faire seul ses courses, vivre dans son logement. Ce sont des étapes qui ouvrent de belles perspectives pour les personnes autistes et leurs familles.

Pour les jeunes âgés de plus de 18 ans, vivant dans le secteur du Havre et Fécamp, le SAMSAH (service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés) propose un soutien précieux.

Ce service est financé par le département de Seine-Maritime et l'agence régionale de santé.

Reportage de Karima Saidi et Anne-Lise Havard

Intervenants :
Juliette Fringant, psychologue du SAMSAH
Pauline Savalle, adhérente du SAMSAH
Paul Corbet, adhérent du SAMSAH


Le Havre : le SAMSAH, service d'accompagnement pour personnes autistes

27 février 2016

Autisme. La cour d'appel de Grenoble confirme le placement des enfants de Rachel

article publié sur le site de France 3 régions

Publié le 26 février 2016 à 19h13, mis à jour le 26 février 2016 à 20h42

Cour d'appel de Grenoble
© France 3 Alpes | Cour d'appel de Grenoble
Franck Grassaud

Rachel D., privée de ses trois enfants autistes depuis l'été dernier, a vu cette décison de placement confirmée, ce vendredi 26 février, par la cour d'appel de Grenoble. 

La cour a donc décidé de ne pas revenir sur le placement, séparément, des trois enfants de Rachel D., âgés de 4, 6 et 9 ans, en famille d'accueil et en pouponnière. Ils auraient des troubles autistiques. Depuis le mois d'août, cette mère, elle-même Asperger (une forme d'autisme), ne les voit plus.

"Rachel est pourtant tout à fait apte à s'occuper de ses enfants", estime Me Sophie Janois, "elle aurait juste besoin d'un peu d'aide."

Dans son arrêt, la cour estime cependant que les enfants ne sont pas autistes mais atteints d'un trouble envahissant du développement (TED). "Ils jouent sur les mots: quand on dit autiste, c'est un terme du langage courant. Le TED, avant ça s'appelait autisme, c'est un terme générique", explique l'avocate. En conclusion, la cour estime que "les mineurs doivent être protégés de la représentation invalidante et alarmiste que la mère a de ses enfants", selon un extrait de l'arrêt cité par l'avocate.

Reportage Maxence Regnault et Cédric Lepoittevin


Rachel privée de ses 3 enfants autistes

Rachel privée de ses 3 enfants autistes
Intervenantes: Maître Sophie Janois, avocate de la mère de famille; Ghislaine Lubart, présidente de Envol Isère Autisme

 

Le rapport d'une pédo-psychiatre

Une pédo-psychiatre, mandatée dans le cadre d'une expertise judiciaire, "a nié l'autisme de ses enfants en disant que c'était la mère qui provoquait leurs symptômes", explique Me Sophie Janois. "Comme si on pouvait simuler un trouble du développement! Il faut être d'une incompétence crasse pour raisonner comme ça", s'énerve Danièle Langloys, présidente de l'association Autisme France

Le juge des enfants a suivi l'avis de l'experte, estimant que Rachel créait "une représentation invalidante et alarmiste de ses enfants sans aucun fondement médical, ce qui leur est préjudiciable", selon un extrait du jugement de première instance cité par Me Janois, qui dénonce une "erreur judiciaire".

Depuis leur placement, les trois enfants auraient toutefois été diagnostiqués autistes par l'équipe du Dr Sonié, médecin coordinateur du Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes, selon les associations.

Près de deux cents associations soutiennent le combat "emblématique" de Rachel. Et le 25 janvier, devant le congrès d'Autisme France, la secrétaire d'État aux personnes handicapées Ségolène Neuville s'est elle aussi dite "totalement mobilisée pour que cette maman puisse le plus rapidement possible retrouver ses trois enfants".

19 février 2016

Témoignage. Guillaume, 29 ans, autiste aujourd'hui en fac d'histoire

19 février 2016 à 08h32

Brest. Autistes Asperger : après la galère... par Letelegramme

Depuis deux ans, la vie de Guillaume a été bouleversée. Diagnostiqué autiste Asperger, il brille aujourd’hui en faculté d’histoire après plusieurs années de galère et il aide d’autres autistes à sortir de leur isolement.
Dans la salle du magasin Croc’jeux, un petit groupe que rien ne distingue des autres joueurs vient de s’installer ce mardi après-midi. Alexandre, Vincent et Guillaume ont rejoint un second Guillaume, qui a créé un groupe de rencontre au sein de l’association Asperansa avec l’aide de Sandrine, bénévole.

Handicap social

L’association Asperansa a été créée à Brest en 2005 par des parents d’enfants autistes Asperger, un syndrome qui s’exprime par des déficiences importantes dans les rapports sociaux, dans la communication verbale ou non verbale et surtout par des centres d’intérêts restreints, mais où souvent l’autiste excelle. Les autistes peuvent passer pour mal élevés, anticonformistes ou caractériels parce qu’ils ne connaissent pas les codes sociaux implicites. Intelligents, ces jeunes sont handicapés par leurs difficultés dans les interactions sociales. « Il y a un an, j’ai intégré le conseil d’administration d’Asperansa et j’ai créé ce groupe pour aider les Asperger à sortir de chez eux », raconte Guillaume Alemany. Âgé de 29 ans, il est étudiant en deuxième année d’histoire. Un étudiant brillant, mais qui a connu des années de galère. S’il est aujourd’hui reconnu adulte handicapé, c’est pour s’être abîmé le dos en travaillant dans l’agroalimentaire.

Domaines d’excellence

« Dans la cour d’école j’étais tout seul. Je restais dans ma bulle. Puis au collège et au lycée je suis devenu la tête de Turc. Mes parents, eux, ne me voyaient pas différent. J’ai un jeune frère qui a été diagnostiqué autiste très tôt avec un handicap important, il ne parle pas ». Malgré deux redoublements, Guillaume a obtenu son Bac STT gestion. « Les Asperger ont une ou deux matières où ils excellent, pour moi c’est l’histoire et la géopolitique ». Après un échec en première année de droit, les troubles de la concentration font partie du syndrome, Guillaume a commencé à travailler pour gagner sa vie. « Comme tous les Asperger je suis pragmatique, ouvrier dans l’agroalimentaire, je ne pouvais pas m’empêcher de réfléchir à la logique de la chaîne dans sa totalité et j’avais du mal à acquérir des automatismes et à analyser vitesse et distance en temps réel ». Les contrats d’intérim se sont succédé, mais un mal de dos l’a rendu inapte et contraint au RSA.

Village autisme le 28 avril

« Je me sentais différent depuis trop longtemps, j’ai décidé d’aller au centre de ressources autisme où j’ai passé de nombreux tests. C’est là, à 27 ans, que j’ai été diagnostiqué Asperger, cela a été un soulagement, j’avais peur d’avoir une maladie mentale ». Hier, avait lieu la journée nationale du syndrome Asperger, mais c’est jeudi 28 avril que plusieurs événements sont programmés : en soirée, le Rotary Club de Landerneau, organise un concert de Didier Squiban au Quartz, au profit d’Asperansa. Un village de l’autisme se tiendra à l’hôtel de ville de Brest, salle Colbert, de 10 h 30 à 19 h et rassemblera, en un même lieu, les principaux acteurs de l’autisme en Finistère en présence de Josef Schovanec, autiste, philosophe et écrivain militant.

16 février 2016

Reynald, papa d'un enfant autiste, répond à Charlie Hebdo.

article publié par l'association petit bonheur

humour de malade psychanalyse

Lecteur de Charlie Hebdo depuis le tout début, et parent d’enfant autiste, j’ai été révolté par l’article titré « La Haute Autorité de Santé envoie les psychanalystes à la douche froide » parue dans Charlie Hebdo n° 1227 le 27 janvier 2016.

Charlie prétend dénoncer les abus de toutes les religions. Manifestement, l’une d’elle échappe à son œil critique au point de publier sans vérification aucune, un article dans lequel Yann Diener fait des amalgames éhontés et qui se caractérise par la mauvaise foi, la manipulation et les approximations.

Mais est-ce surprenant de la part d’un membre éminent d’une organisation sectaire ?

Comme tous les psychanalystes, Yann Diener caricature les thérapies cognitives comportementales (TCC) comme des méthodes « pavloviennes », oubliant de dire que, contrairement à la pseudoscience psychanalytique, elles donnent très rapidement des résultats évaluables et même visibles par une personne aussi méprisable qu’un simple parent d’enfant autiste. Alors que jamais un enfant autiste n’a été amélioré par la psychanalyse, bien au contraire ! Quant au « résultat à long terme » la psychanalyse ne vérifie qu’une partie de la proposition : le long terme, parce ce que de résultat, pas…  A moins peut-être de considérer qu’une rente à vie pour le thérapeute est un « résultat » ?

J’assiste à toutes les séances – qui n’ont rien de barbares – de TCC de mon fils qui fait, depuis qu’il les pratique, des progrès considérables. Laisser entendre qu’un enfant va devenir un animal domestique, ou un robot, parce qu’on utilise des méthodes répétitives et qu’on le motive avec des encouragements – pas des « su-sucres » (quel mépris!) relève soit d’une méconnaissance crasse de ces thérapies et du fonctionnement neurologique soit de la volonté de les dénigrer à tout prix, pour mieux vendre sa soupe pseudoscientifique.

Qu’un psychanalyste qualifie quoi que ce soit d’ « église » ou de « religion » pour le critiquer est plutôt « culotté », car s’il y a une obédience qui a tout de la structure sectaire c’est bien justement la psychanalyse. Aucune des thèses du « Dieu » Freud et de son « prophète » Lacan n’ont été validées, il donc s’agit clairement de croyance non pas de science. La psychanalyse impose à ses adeptes et même aux patients un véritable formatage de l’esprit. Sa pratique nécessite une intronisation par des pères spirituels, ses patriciens refusent toute évaluation et critique scientifiques et on exclut les « hérétiques » qui osent mettre en doute les dogmes… Quant au jargon hermétique façon Diafoirus reproché à la « technoscience », c’est tout simplement « l’hôpital qui se fout de charité » !   

Parler de « rationalité » au sujet de la psychanalyse est une curieuse distorsion du langage ! Voilà plutôt où se niche la véritable « novlangue », à l’instar de celle dans le roman « 1984 » d’Orwell qui imaginait que le ministère de l’intérieur était renommé « Ministère de l’Amour » puis « Miniamour » !

On ne peut reprocher à un système de santé de vouloir que les seuls soins évalués et reconnus efficaces, soient remboursés par la sécurité sociale et enseignés dans les facultés, car le coût de la psychanalyse a été et reste colossal au vu des résultats obtenus, sans parler des internements abusifs et des personnes obligées de subir des soins lourds faute d’une prise en charge correcte et précoce. Sinon, pourquoi ne pas rembourser aussi les séances des magnétiseurs adeptes des théories fumeuses de Mesmer ou les confessions des curés de l’église catholique?

En France, pendant près de 50 ans, la secte psychanalytique n’a au aucune vergogne à empêcher l’essor de toutes les thérapies alternatives, elle en a bloqué l’enseignement et provoqué un retard considérable de la France en psychiatrie infantile et des adultes. Tous les experts auprès des tribunaux sont issus de ses rangs et font fréquemment les titres des journaux pour des placements abusifs, des familles détruites, il y même des cas, comme aux États-Unis, de faux souvenirs d’agressions sexuelles durant l’enfance induits par ces prétendus experts ! (Je ne peux ici faire la liste exhaustive des dégâts collatéraux de l’omniprésence des élucubrations issues de la théorie freudienne, vous trouverez des références bibliographiques et vidéographiques au pied de cet article).

Ce n’est pas une « chasse aux sorcières » qui a commencé mais plutôt une lente « déstalinisation » de la profession psychiatrique.

La citation de l’Italie « post-berlusconnienne » comme exemple à ne pas suivre est une autre manipulation : Yann Diener suggère habilement – croit-il – que la psychanalyse serait « de gauche », écologiste, voire révolutionnaire, alors que ceux qui la remettent en question serait bien sûr des vilains fascistes. Pas mal de la part d’un adepte d’une théorie réactionnaire et misogyne qui a fait et fait encore de la femme, un homme castré, donc forcément une névrosée, de l’enfant « un pervers polymorphe », des homosexuels des malades tout aussi pervers, des enfants autistes des psychotiques infantiles irrécupérables, pauvres victimes de  mères qui les ont détestés inconsciemment ou pire, les ont trop aimés au point de provoquer leur enfermement dans une « forteresse vide » !

Il y a sûrement beaucoup à dire sur les économies faites au détriment de la qualité des soins et des personnels de santé, je ne suis pas le dernier à les dénoncer. Mais, de grâce, il n’y a aucun psychanalyste qui n’a tenté de se jeter par une fenêtre, sauf peut-être suite à un contrôle fiscal ! (Les consultations en libéral sont très chères et payées de préférence en espèce, il paraît que ça fait partie du traitement !) Jamais de services d’urgences, jamais de stress, jamais de remises en question, assis sur la chaise près du canapé, ils sont totalement à l’abri du surmenage professionnel et du burn-out!

Que les « Ricains » (l’ « Empire du Mal » apparemment) soient « revenus » des Thérapies Cognitives Comportementales est non seulement faux, mais au contraire, ces thérapies y ont démontré leur efficacité et ont même engendré d’autres thérapies plus évoluées, mais gardant leur caractère comportemental qui dérange tant les psychanalystes. C’est la psychanalyse qui est devenus très marginale dans tous les pays anglo-saxons car ce qui les caractérise c’est le pragmatisme. Et comment ne pas se poser de questions par exemple quand on voit Woody Allen, dont je ne nie pas le talent par ailleurs, en analyse depuis des décennies qui a fini par coucher avec sa fille adoptive provoquant  et lépouser l’ire parfaitement justifiée de la mère de cette dernière. Ce grand succès finira t-il au côté de celui du petit Hans et de « l’Homme aux Rats » dans les manuels de psychanalyse ?  Les psychanalystes refusent toujours de prendre en compte les récentes découvertes des neurosciences sur ce qu’est la façon d’apprendre et la construction de la personnalité. Tout simplement parce qu’elles invalident totalement les édifices intellectuels aberrants du devenu très riche « Herr Doctor » de Vienne et de tous ses successeurs et disciples, en particulier le très vénal Lacan qui effectivement fera un jour sourire tout autant les mages et autres astrologues des temps obscurs .  La comparaison vous choque peut-être, mais elle est bien plus justifiable – et justifiée – que le rapprochement entres les nouvelles pratiques neuropsychiatriques et Berlusconi.

Le Canada représente ce qui se fait de mieux en ce qui concerne l’inclusion scolaire et sociale des autistes et il pratique les TCC systématiquement et avec succès pour bien d’autres troubles neuropsychiatriques que l’autisme.

Les consultations de proximité, parlons-en ! Mon fils aîné présentant des « traits autistiques », car personne n’a encore réussi un diagnostic net à son sujet, a été suivi par le CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) de ma ville, pendant des années, chaque semaine, il a raconté ses exploits dans le jeu Minecraft devant une « pédopsy » au frais de la sécurité sociale (environ 100,00 € la séance quand même !) Ça l’a, certes, beaucoup amusé, mais s’il a progressé en sociabilité, ça n’est sûrement pas grâce à cette « thérapie » ! Mon second fils, lui, est diagnostiqué « autiste sévère » ou « avec troubles de spectre autistique » – franchement on s’en fout ! – C’est toujours mieux que le « psychotique infantile » qu’il n’aurait pas manqué d’être grâce aux coreligionnaires de M. Diener, il y a seulement quelques années – Mon second fils donc, a vu son sort scolaire en grande partie décidé par une infirmière scolaire totalement incompétente pour ce qui est de l’autisme, qui l’avait évalué une heure en tout et pour tout ! Alors si c’est sur ces « consultations de proximité » qu’il faut pleurer, je vais garder mes larmes pour d’autres problèmes bien plus préoccupants, comme le fait que la France soit à la traîne de tous les pays dits « avancés » en ce qui concerne l’inclusion des handicapés et des gens différents à tous les niveaux de la société. Problème dans lequel l’éducation nationale, le système de santé et l’État ont, certes, une lourde responsabilité, mais également la domination de la psychiatrie d’obédience psychanalytique, n’en déplaise à notre polémiste.

Il semble aussi vouloir signifier que la contention serait une méthode thérapeutique issue de l’influence de la Haute Autorité de la Santé (HAS). Or, les seuls cas que je connaisse de méthodes de contention appliquées aux autistes nommées « packing » ont été prescrit par des psychiatres d’obédience psychanalytique.  Quant à opposer usage des médicaments et psychanalyse, cela relève tout simplement de l’escroquerie et du mensonge éhonté, ainsi, ma mère qui est traitée pour des troubles bipolaires par un psychiatre psychanalyste, l’est grâce à un cocktail chimique qui, au dire d’un autre thérapeute, « tuerait un cheval »! 

Josef Schovanec raconte dans son livre « Je suis à l’Est » comment son psychiatre, très réputé sur la place de Paris, faisait prescrire des psychotropes par un confrère, sûrement pour pouvoir affirmer en société que jamais, au grand jamais, il ne prescrivait, lui, de médicaments !

Pour finir, on sent chez Yann Diener, une rage sourde, celle d’une « élite » déchue qui est en train de perdre son pouvoir sur les esprits… et les portefeuilles des patients.  La citation de Lacan « Vous verrez qu’on guérira l’humanité de la psychanalyse, tout se remettra à tourner rond, c’est-à-dire en réalité à être noyé sous les mêmes choses les plus dégueulasses parmi celles que nous avons connues depuis des siècles et qui naturellement se rétabliront. La religion, je vous dis, est faite pour ça, est faite pour guérir les hommes, c’est-à-dire qu’ils ne s’aperçoivent pas de ce qui ne va pas. » est le bouquet final, car le gourou du Café de Flore y stigmatise  les religions comme étant l’opium du peuple, alors que lui même s’est comporté comme le chef d’une secte, prononçant des sentences que lui-même ne comprenait pas et les jetant en pâture pour interprétation à des disciples ébahis.  Il reconnaîtra d’ailleurs lui-même l’inefficacité de la psychanalyse dans un autre discours public à Bruxelles le 26 février 1977 : « Notre pratique est une escroquerie, bluffer, faire ciller les gens, les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle d’habitude du chiqué. […] Du point de vue éthique, c’est intenable, notre profession ; c’est bien d’ailleurs pour ça que j’en suis malade, parce que j’ai un surmoi comme tout le monde. […] Il s’agit de savoir si Freud est oui ou non un événement historique.Je crois qu’il a raté son coup. C’est comme moi, dans très peu de temps, tout le monde s’en foutra de la psychanalyse. », mais évidemment, les psychanalystes de gardent bien de parler de ce sursaut de lucidité, car ce sont là des « souvenirs refoulés » qu’il ne faut surtout pas exhumer !


 

Quelques références pour le comité de  rédaction de Charlie afin qu’il ne laisse plus passer de telles énormités :

  1. Les questions posées à la France par l’ONU sur son non-respect des droits des enfants – Juin 2015
  2. Le livre noir de la psychanalyse – Collectif sous la direction de Catherine Meyer – Edition les Arènes – 2005  Ouvrage en forme de réquisitoire très documenté, évoque tous les faits et méfaits de la psychanalyse.
  3. Le Mur – La Psychanalyse à l’épreuve de l’autisme film de Sophie Robert, journaliste et mère d’enfant autiste, que les psychanalystes ont tenté de censurer. La psychanalyse racontée par les psychanalystes eux-mêmes…
  4. Voir aussi le site d’Autisme France, qui relate au jour le jour les scandales liés à l’attitude du système de santé, de l’éducation nationale et de la justice vis à vis des autistes et de leurs familles.
  5. Un nouveau document de l’ONU vient de « tomber » le 29 janvier 2016 condamnant à nouveau la France pour maltraitance envers les enfants handicapés ou différents.
  6. Merci à Humour De Malade pour son dessin et son article sur le sujet également.
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