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13 novembre 2017

L’autisme en mouvement

13 nov. 2017
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Les enfants avec autisme sont souvent maladroits, physiquement malhabiles ou manquent de coordination. Cette caractéristique peu étudiée et omniprésente a mené les chercheurs à envisager cette nouvelle question : les problèmes moteurs pourraient-ils être à l’origine des difficultés sociales de l’autisme ?

 motion par Nicholette Zeliadt le 31 mai 2017

Introduction

Vélo © Luna TMG Vélo © Luna TMG

Pour la jeune Macey, 6 ans, le déjeuner à l’école n’est pas vraiment une pause dans l’étude de la lecture ou des maths. C’est plutôt une heure de frustrations.

Voici comment la mère de Macey, Victoria, décrit la pause-déjeuner type de sa fille : dans sa classe d’éducation spéciale, à une heure de San Francisco, les camarades de Macey s’assemblent autour d’une grande table carrée, chahutant et se piquant la nourriture. Pendant ce temps, Macey est à part, devant une petite table blanche, dans un coin, face à une étagère. Elle tient le manche d’une cuillère dans la paume de sa main droite, la remplit maladroitement de riz, qu’elle renverse sur ses genoux. Elle voudrait être avec les autres, à la grande table, mais elle est accompagnée d’un soignant, éloignée des autres enfants pour minimiser les distractions pendant son repas. (Victoria nous a demandé de n’utiliser que son prénom et celui de Macey, pour protéger leur vie privée.)

Après le déjeuner, les enfants se dispersent dans la cour. Macey, qui porte un casque, se traîne derrière en tenant la main de son aide. Elle peut marcher, mais elle trébuche et chute souvent sur les sols irréguliers. Elle a tendance à mal estimer les hauteurs, et s’est déchiré un muscle en grimpant sur un équipement d’aire de jeux. Quand elle avait trois ans, elle a trébuché et est tombée la tête la première dans un bac à sable, s’écorchant le visage, se fêlant une dent et en délogeant une autre.

Macey a des difficultés à se déplacer dans la maison, parce qu’il y a des escaliers. Sa mère ne modifie jamais l’organisation des pièces. La plus grande crainte de Victoria est que les difficultés de déplacement de Macey n’interfèrent dans sa vie sociale.

Macey est naturellement sociable : elle aime interagir avec les adultes mais est parfois frustrée quand ils ne la comprennent pas. C’est même encore plus difficile avec ses camarades. L’an dernier, un après-midi, Macey a vu son grand frère et ses cousins faire du vélo devant la maison. Quand son frère s’est arrêté et a posé son vélo, Macey s’est approchée et a essayé de monter sur le vélo. « Mais ce n’était pas possible, » se souvient Victoria. « Elle chancelait, j’avais peur qu’elle tombe et se blesse. » Victoria a doucement éloigné sa fille du vélo. Des larmes ont commencé à couler sur son visage quand elle a crié, « je veux vélo ! »

Macey connaîtra probablement ces problèmes moteurs pendant toute sa vie. Ils sont une caractéristique de son trouble : une copie supplémentaire d’une petite partie d’ADN sur le chromosome 15, ce qui est à l’origine d’une maladie appelée le syndrome dup15q. Comme la plupart des enfants avec ce syndrome, Macey a aussi un autisme.

Environ 80% des personnes avec autisme ont un problème moteur d’une forme ou d’une autre, depuis la maladresse ou une façon de marcher mécanique à des difficultés plus profondes, comme celles de Macey. « Il est très très courant pour les enfants avec autisme d’avoir des déficiences claires de leur contrôle moteur, » dit Stewart Mostofsky, directeur du Center for Neurodevetlopmental and Imaging Research de l’institut Kennedy Krieger de Baltimore, dans le Maryland.

En dépit de cette prévalence, les problèmes moteurs ne sont pas considérés comme une caractéristique principale de l’autisme — c’est à dire qu’ils ne sont pas requis pour un diagnostic d’autisme. Et ils sont sous-étudiés en comparaison des difficultés sociales et des comportements répétitifs qui définissent le trouble. « Pendant de nombreuses années, cela n’a pas été considéré comme une difficulté rencontrée par les enfants avec autisme, » dit Nicole Rinehart, directrice du Deakin Child Study Centre de l’université Deakin de Melbourne, en Australie.

Quelques scientifiques, dont Rinehart et Mostofsky, mesurent précisément les mouvements d’enfants comme Macey pour découvrir des caractéristiques du cerveau pouvant causer les difficultés motrices. Parce que les problèmes moteurs se révèlent souvent pendant la petite enfance, bien avant les autres caractéristiques de l’autisme, quelques chercheurs défendent cette idée provocante : les problèmes moteurs pourraient être une source des difficultés sociales des personnes avec autisme.

La théorie se présente ainsi : les enfants ayant des difficultés à explorer leur environnement ratent des opportunités d’interactions sociales, ce qui leur rend difficile l’apprentissage des compétences sociales et de communication. Plus tard dans l’enfance, leur maladresse les empêche de participer à des activités collectives, ce qui aggrave leurs problèmes sociaux. C’est une idée controversée, mais si elle est vraie, cela veut dire que les thérapies qui apprennent aux personnes avec autisme à se mouvoir plus aisément pourraient aussi les aider à interagir avec les autres.

Des forces vives

En 1943, Leo Kanner a décrit les antécédents médicaux des 11 enfants ayant reçu les premiers un diagnostic d’autisme. Certains de leurs parents lui ont dit que leurs enfants avaient appris à marcher tardivement. Et que quand ils s’approchaient de leur bébé pour le prendre dans leurs bras, l’enfant ne levait pas les bras ou ne repliait pas ses jambes — comme le font (typiquement) les enfants quand on les soulève. Un an plus tard, le pédiatre autrichien Hans Asperger a décrit lui aussi des mouvements et des postures étranges chez quatre garçons avec autisme. Il a décrit un d’eux, Fritz, comme n’ayant « pas de contrôle de son corps » et une écriture manuscrite « atroce », selon une traduction en anglais de son rapport écrit. À propos d’un autre garçon, Asperger a écrit, « il ne peut pas attraper un ballon, quelle que soit la manière dont on essayait de lui faciliter la chose. »

Dans les décennies suivantes, les scientifiques se sont concentrés sur d’autres caractéristiques de l’autisme, plus uniformes et préoccupantes, comme les problèmes sociaux et les difficultés de communication. Mais dans les années 80, des tests standardisés des capacités motrices ont commencé à confirmer ces observations initiales.

Les problèmes moteurs varient d’une personne à l’autre, mais la plupart des personnes avec autisme ont des difficultés à coordonner leurs mouvements — comme le fait de tourner la tête en cherchant à atteindre un objet — mais aussi des troubles de l’équilibre. C’est peut-être la raison pour laquelle ils ont aussi des difficultés dans de nombreuses tâches quotidiennes, des tâches de motricité fine, comme le boutonnage d’une chemise, aux mouvements globaux, comme la course, le saut ou la saisie d’un ballon.

La recherche disponible suggère que ces difficultés commencent tôt dans l’enfance. L’analyse de vidéos familiales révèle que les enfants diagnostiqués plus tard autistes tendent à avoir des difficultés à se tourner et à s’asseoir dans la petite enfance, et apprennent tardivement à ramper. Souvent leurs mouvements sont aussi asymétriques : quand ils marchent ou rampent, les membres d’un côté ne reflètent pas ceux de l’autre. Les parents confirment ces observations : ils disent aux médecins que leur enfant est en retard sur ses pairs dans l’apprentissage de la marche, ou a des difficultés à apprendre des mouvements complexes, coordonnés, comme le pédalage sur un tricycle. « Si vous posez la question à un parent d’enfant autiste, vous obtenez une quasi-unanimité sur le fait que c’est un problème, » dit Mostofsky.

Victoria a su que quelque chose n’allait pas quand Macey n’a pas appris à marcher avant deux ans. Même après qu’elle ait appris à marcher, elle restait instable. « Elle ressemblait à un marin saoul, » dit Victoria.

La raison pour laquelle les enfants autistes ont ces difficultés n’est pas claire, mais une recherche émergente commence à fournir quelques clefs. Une étude non publiée de plus de 2 400 enfants avec autisme suggère que, en comparaison d’autres enfants dans le spectre, ceux portant certaines mutations rares fortement liées à l’autisme sont plus susceptibles de connaître des problèmes moteurs. Cela suggère que quelques problèmes moteurs des personnes avec autisme ont une origine génétique.

D’autres chercheurs utilisent des méthodes de calcul révélant les parties du corps ne se déplaçant pas correctement pendant certaines tâches. Quand les personnes avec autisme accomplissent ces tâches, ils ont des difficultés caractéristiques qui suggèrent que des aires du cerveau ou des circuits sont atteints — une information que les chercheurs peuvent utiliser pour identifier exactement ce qui ne va pas.

Des corps en mouvement

Dans un petit laboratoire sombre de Melbourne, un matin de décembre, Rinehart observe Catherine, douze ans, suivre en marchant un tapis de sol marron traversant la diagonale de la pièce.

Des capteurs de pression dans le tapis détectent les pas de la jeune fille. Des cordons relient le tapis à un ordinateur, dans un coin, qui enregistre en direct les données et calcule la vitesse de marche de Catherine, la longueur de ses foulées et la distance entre ses pieds. Rinehart utilise ce système automatisé pour comparer l’allure des enfants avec autisme à celle de leurs camarades typiques. (Catherine est la fille de Rinehart, et n’a pas d’autisme ; Rinehart l’a enrôlée pour une démonstration de la technologie.)

La longueur et la largeur des pas de Catherine sont très régulières. Par contraste, dit Rinehart, les enfants avec autisme tendent à présenter une position large, la longueur et la largeur de leurs pas varie d’un pas à l’autre. Ces modèles peuvent expliquer pourquoi quelques personnes avec autisme semblent avoir une démarche inhabituelle — même si il est difficile de désigner exactement ce qui est étrange dans leurs mouvements.

La collègue de Rinehart, Jennifer McGinley, guide Catherine dans une série de tâches de plus en plus complexes. La jeune fille marche doucement le long d’une ligne noire fine sur le tapis, comme si elle marchait sur un fil, plaçant à chaque pas le talon de son pied levé directement devant les orteils de l’autre. Les enfants avec autisme pourraient dévier de la ligne ou la suivre sans aligner leurs pieds comme demandé — un signe classique de problèmes dans le cervelet, une région du cerveau qui coordonne les mouvements.

Il est alors demandé à Catherine de marcher le plus rapidement possible tout en énonçant des noms d’animaux de compagnie ou du mobilier que l’on trouve dans une maison. Ce test révèle si des tâches multiples peuvent être à l’origine des difficultés. « Quand vous regardez une aire de jeux, vous ne voyez pas souvent des enfants marcher seuls, lentement et en silence, » dit McGinley. « Donc nous devons voir aussi comment ils se débrouillent quand ils doivent faire d’autres choses. » Dans cette tâche, Catherine marche un peu plus lentement que quand on ne lui demandait pas de répondre à des questions. Les personnes avec autisme marchent encore plus lentement ou sont plus bancals que d’habitude, ce qui suggère que les problèmes d’attention peuvent aussi avoir une part dans leurs difficultés de mouvements.

Pour obtenir une illustration plus complète de la démarche, l’équipe de Rinehart utilise un système de suivi en 3D, qui se trouve à la clinique Kingston Centre toute proche, pour mesurer les mouvements du torse et des membres. La chercheur Anna Murphy fait la démonstration de son fonctionnement avec son fils de 7 ans, Liam, qui n’a pas d’autisme. « Maman va me transformer en squelette, » dit Liam quand sa mère retire sa chemise et attache de petits réflecteurs à ses épaules, coudes, poitrines et dos, comme à ses hanches, cuisses, mollets et chevilles. Murphy enfile un bandeau élastique muni de quatre capteurs supplémentaires sur sa tête, deux autres plus petits, avec deux capteurs, à chacun de ses poignets.

Comme Liam marche le long d’une ligne de plastique noir sur le sol, une série de huit caméras infrarouge connectées à un ordinateur dans le fond de la pièce suit les mouvements des capteurs. Le corps de Liam apparaît comme un squelette vert-néon se pavanant sur l’écran de l’ordinateur. Le système mesure des paramètres comme l’angle du torse et celui du bassin, comme le degré général de mouvement du haut du corps. Les données non publiées de Murphy indiquent que le haut du corps des personnes avec autisme tend à se pencher vers l’avant quand elles marchent, et que leurs pas rebondissent plus que chez leurs pairs typiques. Ces observations correspondent aux résultats de l’analyse en deux dimensions des pas. « Si vous avez plus de mouvements dans le tronc, vous tendez à être moins stable en bas, ce que vous compensez en allongeant le pas, » dit Murphy.

De ce type d’études, Rinehart et ses collègues espèrent pouvoir finalement identifier les modèles de mouvements qui distinguent l’autisme d’autres troubles. L’équipe recrute des enfants avec autisme à partir de l’âge de deux ans pour observer si les mêmes modèles de démarche altérée se présentent chez les nourrissons.

« Ce qu’a fait ce groupe est remarquable, » dit Shafali Jeste, professeur associé de psychiatrie et de neurologie à l’université de Californie, Los Angeles. « Nombre d’entre nous voyons que les enfants avec autisme ont des difficultés motrices, mais c’est resté une observation clinique ; ils prennent cette observation clinique et en font une chose mesurable, quantifiable. »

Avancer

Les bébés apprennent à parler en bougeant d’abord leurs corps — selon une des théories principales. Quand les bébés vont vers leurs parents ou leur apportent un jeu, les parents peuvent répondre verbalement, ce qui aide les bébés à apprendre à communiquer. Les jeunes enfants moins explorateurs « ne connaissent pas les mots de la même façon, » dit Anjana Bhat, professeur associée de physiothérapie à l’université du Delaware, à Newark.

Chez les bébés avec autisme, les problèmes moteurs apparaissent très tôt — bien avant les difficultés sociales et de communication, qui ne sont pas visibles avant le premier anniversaire de l’enfant. Ces observations proviennent d’études des dénommés baby sibs, les jeunes frères et soeurs d’enfants avec autisme, qui présentent un risque accru d’avoir le trouble. Dès l’âge de 3 ou 6 mois, les enfants qui seront diagnostiqués plus tard d’autisme présentent des retards dans les roulades et le maintien de la tête. Ils n’atteignent pas aussi souvent que les bébés typiques les objets les entourant, et ont des difficultés à prendre et manipuler les jouets.

Bien que les enfants puissent finalement acquérir ces capacités, « il n’est pas indifférent qu’un bébé ait ces difficultés de contrôle postural et de prise » dit Rebecca Landa, directrice du Center for Autism and Related Disorders de l’institut Kennedy Krieger, qui a mené certaines de ces études. Des retards ou des perturbations dans l’apprentissage de la position debout et de la marche limitent la capacité d’un enfant à explorer son environnement et à interagir avec les autres. « Ces petites choses pouvant sembler sans conséquences peuvent s’accumuler avec le temps, et faire risquer à l’enfant d’autres retards, comme dans le langage ou l’interaction sociale, » dit Landa.

Quelques études ont montré que les ’baby sibs’ avec des retards moteurs dans la petite enfance ont des difficultés dans l’apprentissage de la parole et la compréhension des mots. La sévérité des difficultés motrices prédit aussi le développement de leurs problèmes sociaux. Bhat et d’autres disent que les problèmes moteurs dans la petite enfance ont des effets en cascade sur le développement social et de la communication.

Mais tout le monde ne soutient pas cette hypothèse. Les problèmes moteurs peuvent se développer avant les problèmes sociaux, mais cela ne veut pas dire qu’il y a une causalité, argumente Mostofsky : « Je ne pense pas que cet argument résiste à l’examen. » Pour lui, les problèmes de mouvement semblent précéder les difficultés sociales parce que les capacités motrices se développent plus tôt que les compétences sociales. « Le développement moteur est bien plus important dans la première année de la vie, » dit-il. À ce moment précoce, « vous pourriez ne pas détecter de signes du développement communicatif et social, parce qu’il n’y en a pas beaucoup à détecter. »

Plutôt, dit Mostofsky, les déficits moteurs et sociaux sont tous deux des manifestations d’un problème plus profond : des connexions défectueuses entre certaines régions du cerveau. Les connexions interrompues rendent difficile pour les personnes avec autisme l’incorporation de l’information visuelle quand ils projettent des mouvements. Pouvoir le faire est un élément clef dans les interactions sociales — par exemple, faire les gestes et les expressions faciales appropriées en réponse aux paroles ou aux actes d’une autre personne.

Pour soutenir cette idée, son équipe a signalé en 2009 que quand les enfants avec autisme apprennent à contrôler un bras robotisé, ils se basent principalement sur la proprioception — c’est à dire, les sensations obtenues de leurs propres muscles — plutôt que sur l’information visuelle, comme le font les enfants se développant typiquement. Moins les enfants dépendent de l’information visuelle, plus leurs difficultés de compétences sociales sont sévères. Il a aussi signalé en 2015 que les enfants avec autisme ont plus de difficultés à attraper un ballon que les enfants avec un trouble du déficit de l’attention. « C’est une tâche dans laquelle un projectile se dirige vers vous, et vous devez rapidement ajuster vos mouvements selon cette information visuelle, » dit-il.

Mostofsky a aussi des données d’imagerie qui soutiennent sa théorie : les enfants typiques avec le plus de synchronisation entre les régions visuelles et motrices du cerveau tendent à avoir les meilleures compétences d’imitation. Ces régions sont souvent en décalage chez les enfants avec autisme ; ceux avec les plus forts décalages ont les caractéristiques les plus sévères de l’autisme.

Sur le terrain

Même des chercheurs comme Mostofsky, qui ne pensent pas généralement que les problèmes moteurs perturbent les compétences sociales, disent que les traitements améliorant les compétences motrices peuvent aider socialement les personnes avec le trouble. Plusieurs études suggèrent que les thérapies basées sur le mouvement améliorent les compétences sociales, les capacités de communication, l’attention et le comportement.

Les parents d’enfants avec autisme se dirigent vers des programmes qui promettent l’apprentissage de compétences physiques. Par exemple, les réservations pour un programme estival d’apprentissage aux enfants avec autisme à monter à bicyclette ont été complétés en quelques jours, dit la directrice du programme, Megan MacDonald, professeur assistante à l’université d’État de l’Oregon, à Corvallis. « Cela nous a montré clairement un besoin d’opportunités de ce genre, » dit-elle.

D’autres chercheurs ont aussi lancé des programmes similaires. L’équipe de Mostofsky développe un jeu vidéo qui aide les enfants avec autisme à apprendre à danser par l’imitation d’un avatar, avec l’objectif de renforcer des connexions entre les aires visuelles et motrices du cerveau. Mostofsky prédit que le jeu augmentera à la fois les capacités motrices et les compétences sociales. Il scanne les cerveaux d’enfants avec autisme avant et après leur séances de jeu pour évaluer les résultats.

Quelques programmes combinent plus ouvertement les formations physiques et sociales. Le programme ACEing Autism de Shafali Jeste, qui enseigne des compétences de tennis basiques, a été lancé en 2008. Les moniteurs apprennent aux enfants avec autisme des indices sociaux, dont la façon de suivre et d’interpréter les gestes d’un partenaire pour prédire son prochain mouvement. Jeste lance une étude pilote, devant inclure au moins 20 enfants avec autisme, qui utilisera des tests standardisés et d’autres mesures quantitatives pour évaluer l’amélioration par le programme des compétences motrices, du contact oculaire et d’autres comportements.

Suivant la même ligne, Rinehart et ses collègues se sont associés à la ligue de Football australienne pour créer AllPlay, un programme qui enseigne le football à des enfants avec autisme ou d’autres troubles du développement. Les moniteurs adaptent les activités et les exercices : un moniteur peut, par exemple, placer l’enfant plus près du but ou utiliser un ballon plus léger. Le programme combine naturellement l’éducation physique à la formation sociale, les parents et les enfants ayant l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes, de jouer collectivement, d’apprendre à supporter les foules et à se préparer au contact physique avec les autres. L’équipe de Rinehart envisage de mesurer les modèles de marche et les compétences sociales des enfants avec autisme avant et après le programme.

Victoria aimerait bien inscrire Macey à une activité de ce type, mais sa fille est trop jeune. « Elle a 6 ans, mais a la mentalité d’un enfant de 3 ans, » dit Victoria. Jusqu’à l’âge de trois ans, Macey suivait un programme d’école du dimanche pour les nourrissons, où elle pouvait interagir avec des enfants de son âge émotionnel et intellectuel. Mais l’église a décidé que Macey est trop grande pour jouer avec des enfants plus jeunes qu’elle de plusieurs années. « Les autres parents craignaient qu’elle ne tombe sur eux et les blesse, quelque chose comme ça, » dit Victoria.

Pour l’instant, elle et son mari font du mieux qu’ils peuvent par eux-mêmes. Ils pensent faire l’acquisition d’un vélo adapté, un tricycle qui ne demande pas d’équilibre. Cela assurerait la sécurité de Macey — et lui permettrait de continuer à jouer avec les autres enfants.

Syndication Cet article a été repris par Scientific American. Traduction PY

 

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13 novembre 2017

Les cellules souches pluripotentes induites montrent l'impact des astrocytes (neurones) sur la pathologie cérébrale de l'autisme

Les cellules souches pluripotentes induites montrent l'impact des astrocytes (neurones) sur la pathologie cérébrale de l'autisme

Une étude utilise des cellules souches pour explorer les causes de l'autisme

9 novembre 2017

En utilisant des cellules souches pluripotentes induites humaines pour modéliser le trouble du spectre autistique, les chercheurs ont révélé pour la première fois que des anomalies dans les cellules de soutien du cerveau, appelées astrocytes, peuvent contribuer à la cause du trouble.

En utilisant des cellules souches pluripotentes induites (CSPi) pour modéliser le trouble du spectre autistique (TSA), des chercheurs de l'Université de São Paulo au Brésil et de l'Université de Californie à San Diego ont révélé pour la première fois des anomalies dans les cellules du cerveau. appelés astrocytes, peuvent contribuer à la cause du trouble.

Les résultats, publiés dans Biological Psychiatry, aident à expliquer ce qui se passe à un niveau biologique pour produire un comportement de TSA, et peuvent aider les chercheurs à identifier de nouveaux traitements pour les patients atteints du trouble.

Les astrocytes jouent un rôle important dans le développement et la fonction du système nerveux.

Mais jusqu'à présent, les modèles d'autisme de l'iPSC ont négligé leur contribution.

La nouvelle étude, dirigée par le Dr Patricia Beltrão-Braga et le Dr Alysson Muotri, a utilisé les CSPi pour générer des neurones et des astrocytes pour modéliser l'interaction entre ces cellules cérébrales et mieux comprendre comment le cerveau se forme dans le trouble.

"Cette nouvelle utilisation des cellules souches pluripotentes suggère que les approches neurobiologiques de l'autisme basées uniquement sur le développement neuronal anormal pourraient ne pas tenir compte de l'interaction complexe des neurones et des astrocytes qui pourrait être une composante sous-estimée de la biologie de cette maladie".

Éditeur de Biological Psychiatry.

La technologie des cellules souches pluripotentes induites permet aux chercheurs de reprogrammer les cellules humaines dans n'importe quelle cellule du corps.

Dans l'étude, les premiers auteurs, le Dr Fabiele Russo et Beatriz Freitas et ses collègues ont utilisé des cellules provenant de trois patients diagnostiqués avec un TSA et de trois individus en bonne santé pour générer des neurones et des astrocytes.

Les neurones dérivés des patients ASD avaient une structure moins complexe que les neurones sains, mais l'ajout d'astrocytes en bonne santé aux neurones ASD a amélioré leur structure peu développée.

En sens inverse, l'association d'astrocytes ASD avec des neurones sains interférait avec leur développement, les faisant ressembler davantage aux neurones des patients atteints de TSA.

"L'article met en évidence pour la première fois l'influence des astrocytes dans les TSA, révélant que les astrocytes jouent un rôle fondamental dans la structure et la fonction neuronale", a déclaré Beltrão-Braga.

Les chercheurs ont également étudié la manière dont les astrocytes exercent leur influence, et ont attiré une substance que les astrocytes produisent, appelée IL-6, déjà suggérée en tant que joueur dans les TSA, comme le coupable des défauts.

Les astrocytes provenant des patients atteints de TSA semblaient produire une trop grande quantité de la substance, et les résultats suggèrent que la réduction de l'IL-6 pourrait être un traitement bénéfique pour les neurones dans les TSA.

Fait important, la TSA a été une maladie difficile à modéliser en utilisant des CSPi en raison de sa complexité.

Plusieurs gènes ont été liés aux TSA, mais leurs contributions restent inconnues, et les différences génétiques entre les patients ont rendu difficile la compréhension de la cause et le développement de traitements pour le trouble.

Mais dans cette étude, les sujets ASD ont été sélectionnés parce qu'ils partageaient des comportements similaires, plutôt que des gènes similaires.

Selon Beltrão-Braga, cela signifie que les résultats pourraient fournir une nouvelle stratégie alternative pour traiter les symptômes de TSA, indépendamment du génotype du patient.

Elsevier. "Les cellules souches pluripotentes induites montrent l'impact des neurones astrocytaires sur la pathologie cérébrale dans l'autisme: une étude utilise des cellules souches pour explorer les causes de l'autisme." ScienceDaily. ScienceDaily, 9 novembre 2017. .

Elsevier. "Induced pluripotent stem cells show astrocyte-neuron impact on brain pathology in autism: Study uses stem cells to explore the causes of autism." ScienceDaily. ScienceDaily, 9 November 2017. .

Les cellules souches pluripotentes induites montrent l'impact des astrocytes (neurones) sur la pathologie cérébrale de l'autisme.
10 novembre 2017

"Demain, tous crétins?" de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, samedi 11 novembre à 22h30 sur Arte

 

Demain, tous crétins ou les dégâts des perturbateurs endocriniens sur le cerveau

Tout autour de nous, des polluants intoxiquent le cerveau des enfants dès leur conception. Un documentaire diffusé sur Arte samedi 11 novembre dresse un constat très inquiétant : l'intelligence décline et les troubles du comportement se multiplient. C'est un véritable fléau qui se produit silencieusement partout où les scientifiques posent leur regard.

https://www.science-et-vie.com

 

9 novembre 2017

AUTISME X FRAGILE : Un nouveau traitement prometteur sur les symptômes

Actualité publiée il y a 2 heures 59 min 39 sec
Scientific Reports

Chez les patients « X fragile », le gène FMR1, présent sur le chromosome X, est complètement désactivé

Cette nouvelle molécule, un inhibiteur sélectif de PDE4D, une protéine  clé dans la cognition et une cible thérapeutique déjà évoquée, montre ses promesses dans la prise en charge des troubles du spectre autistique (TSA) liés à l’X fragile. Dans les Scientific Reports, les chercheurs de l'Université de Washington (St. Louis) montrent qu’un traitement quotidien par ce candidat permet chez la souris modèle de X fragile une réduction de l'hyperactivité, des interactions sociales et des comportements naturels améliorés, ainsi que des modifications positives de la structure des dendrites neuronales.

Le syndrome de l'X fragile est une cause héréditaire de l'autisme. Chez les patients « X fragile », le gène FMR1, présent sur le chromosome X, est complètement désactivé, ce qui prive le cerveau d'une protéine clé, FMRP qui régule des signaux électriques dans le cerveau. Cette anomalie entraîne un grand nombre de symptômes comportementaux, neurologiques et physiques. Ainsi, la perte de ce seul gène peut conduire à toute une série de symptômes différents. Certains patients sont profondément handicapés mentaux, incapables de communiquer. D'autres ne sont que légèrement touchés. Les patients éprouvent souvent des convulsions, l'anxiété et une impulsivité. Le syndrome entraine également des symptômes physiques dont la tête élargie, les pieds plats et des traits du visage bien particuliers. Enfin, près d'un tiers des patients atteints de syndrome X fragile présentent également des symptômes de troubles du spectre autistique (TSA).

Le candidat, BPN14770, développé par la biotech Tetra Discovery Partners est toujours en cours de développement pour le traitement des troubles cognitifs et de la mémoire associés à la maladie d'Alzheimer, le syndrome du X fragile et d'autres troubles du spectre autistique fait ici ses preuves d’efficacité chez la souris modèle de X fragile.

Des preuves d’efficacité chez la souris modèle : un traitement quotidien durant 14 jours permet en effet de réduire les troubles de l’interaction sociale et de rétablir les comportements naturels, vs placebo. De plus ces avantages comportementaux chez les souris modèles et traitées perdurent durant 2 semaines après la fin du traitement.

Aucun effet secondaire : il n’est constaté aucun effet délétère sur les comportements de souris normales traitées également avec BPN14770. De plus, une précédente étude avait déjà démontré l'innocuité et la tolérabilité de BPN14770 chez des volontaires jeunes et âgés en bonne santé et suggéré également son intérêt dans le traitement de l’X fragile. Enfin, si d'autres classes de médicaments étudiés comme traitements possibles du syndrome du X fragile ont entrainé des problèmes de tolérance, aucun problème de ce type n’est observé dans les études menées sur BPN14770.

Une amélioration de la structure des dendrites neuronales : l'analyse microscopique des neurones dans le cortex préfrontal de souris modèles et traitées constate une amélioration de la morphologie de la colonne vertébrale dendritique.

Cette étude préclinique soutient donc fortement PDE4D en tant que cible thérapeutique pour le traitement de l’X fragile et les promesses de ce candidat BPN14770. « L'inhibition de PDE4 a été validée comme une stratégie de traitement par de nombreux groupes de recherche sur l’X fragile. Notre étude démontre le potentiel thérapeutique de l'inhibition de PDE4D par BPN14770 », confirme le Dr Michael Tranfaglia, directeur médical et scientifique de la FRAXA Research Foundation.

On retiendra donc l’efficacité -à ce stade chez l’animal- d’un traitement quotidien par BPN14770 sur la réduction de l'hyperactivité, l’amélioration des interactions sociales et des comportements naturels et des changements bénéfiques dans la structure des dendrites neuronales, avec un bénéfice persistant ainsi qu’une innocuité et une tolérance humaine. 

Accueil

Source: Scientific Reports 07 November 2017 doi:10.1038/s41598-017-15028-x Multiple Behavior Phenotypes of the Fragile-X Syndrome Mouse Model Respond to Chronic Inhibition of Phosphodiesterase-4D (PDE4D)

Plus d’études sur l’Autisme et X Fragile sur Neuro Blog

6 novembre 2017

Le cerveau est capable de fabriquer des neurones tout au long de sa vie explique le neurologue Pierre-Marie Lledo

article publié sur le site de Sciences & Avenir

Cerveau et neurones : "L'Etincelle" de Pierre-Marie Lledo

Les neurones peuvent "pousser" tout au long de la vie ! C'est ce que confie le chercheur Pierre-Marie Lledo dans cette "Etincelle". Voici la séquence diffusée par France 3 et sa version longue, d'environ 7 mn.

Pierre-Marie Lledo

Le neurologue Pierre-Marie Lledo dans la série "L'Etincelle".

© Heliox Films / France 3

Le professeur Pierre-Marie Lledo (CNRS-Institut Pasteur) est l'un des scientifiques ayant confié son "Etincelle" pour l'émission de France 3, et dont Sciences et Avenir est partenaire. Il profite de cette occasion pour battre en brèche un dogme : non, la disparition des neurones n'est pas une fatalité, et oui, il est capable d'en fabriquer tout au long de sa vie. "Les découvertes les plus récentes en neurobiologie montrent en effet que quelque soit notre âge, notre statut social ou professionnel, notre cerveau garde la possibilité de régénérer tout au long de sa vie certains de ses circuits. Mon étincelle a été de dénicher dans certaines régions du cerveau une véritable fontaine de Jouvence d'où migrent de nouveaux neurones pour venir rajeunir des circuits nerveux. Le cerveau n'est donc pas un organe figé ; au contraire c'est un chantier permanent, jamais achevé". La suite, c'est Pierre-Marie Lledo qui le raconte dans ce nouvel épisode de la série "L'Etincelle".

La version longue de "L'Etincelle" de Pierre-Marie Lledo

L'émission L'Etincelle a été diffusée quotidiennement sur France 3 à l'occasion de la fête de la science 2017. Sciences et Avenir est partenaire de ce programme produit par Linda Dehbi et Pierre-François Decouflé pour Héliox Films et réalisé par Jean-Christophe de Revière. L'Etincelle est conçue sur une idée originale de Gilles Moisset ; elle est co-écrite par Olivier Lascar, rédacteur en chef du pôle digital de Sciences et Avenir. Tous les épisodes de "L'Etincelle", comme leurs versions longues, sont désormais disponibles sur le site de Sciences et Avenir.

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2 novembre 2017

Une révision de données confirme la prédominance génétique dans le risque d’autisme

Des chercheurs suédois ont révisé leur vaste étude sur l'héritabilité de l'autisme, qu'ils font passer de 50% à 85%.

Data do-over backs dominance of genetics in autism risk

SpectrumNews Par Ciara Curtin  /  19 Octobre 2017

Une nouvelle analyse de données concernant plus de 2 millions d’enfants en Suède suggère que les facteurs génétiques héréditaires sont responsables à 83% du risque d’autisme.

Une étude de 2014 qui se basait sur les mêmes données concluait que la génétique et l’environnement y contribuaient à part égale, mais les experts dans le domaine avaient critiqué les conclusions de cette étude et pointaient des failles dans la méthode d’analyse.

À leur plus grande surprise, les chercheurs ont trouvé une estimation d’héritabilité de 85% en recoupant les données de près de 800 000 enfants suédois. Ce résultat les a incités à réexaminer leur étude précédente.

Dans les deux études, les facteurs génétiques non héréditaires appelés mutations « de novo » sont inclus dans les 17% de risques d’autisme étiquetés comme « environnementaux ». Les mutations « de novo » sont considérées comme jouant un rôle majeur dans l’autisme.

« Nous avons travaillé sur ce point en utilisant des données plus récentes, et ce faisant, nous avons alors constaté que l’héritabilité était plus importante que ce que nous pensions auparavant », confirme le chercheur principal de l’étude, Sven Sandin, professeur assistant de psychiatrie à l’école de médecine Icahan de Mont Sinai, New York.

Ces nouvelles estimations concordent avec les résultats d’une étude de 2010 qui évaluait la contribution des facteurs génétiques héréditaires dans le risque d’autisme à 80%. Cette étude incluait elle aussi les mutations « de novo » dans la catégorie environnementale.

Des similitudes dans les fratries

Dans leur étude de 2014, Sandin et son équipe avaient analysé les données de 2,6 millions paires de frères ou soeurs qui n’étaient pas jumeaux, 37 570 paires de frères ou soeurs jumeaux et 877812 paires de demi-frères et sœurs, tous nés en Suède entre 1982 et 2006. 14 516 d’entre eux avaient un diagnostic d’autisme. Les données provenaient des registres du service de santé publique suédois.

Les chercheurs cherchaient des fratries « concordant » avec l’autisme, dans le sens où chacun des deux enfants était autiste. Ils avaient suivi un des enfants de chaque paire de la naissance jusqu’au diagnostic ou jusqu’à la fin de l’étude en 2009 (celui des deux événements qui arrivait en premier). Si l’enfant était diagnostiqué, ils vérifiaient alors si son frère ou sa sœur avait aussi reçu un diagnostic.

Or, cette façon de faire passait à côté des enfants qui ne recevaient un diagnostic qu’une fois que le frère ou la sœur suivis par les chercheurs avait été diagnostiqué.

« Des frères et sœurs « concordants » pouvaient être considérés comme non « concordants » lors de la première analyse des données par les chercheurs », admet Qian (Kenny) Ye, professeur associé d’épidémiologie et de santé publique à l’université de médecine Albert Einstein, New York, qui n’a pas participé à l’étude.

Dans la seconde analyse, les chercheurs ont étudié les données des deux membres de la fratrie jusqu’en 2009. A ce moment-là, les enfants les plus jeunes avaient 4 ans et étaient donc assez vieux pour recevoir un diagnostic d’autisme. Si les deux membres de la fratrie avaient reçu un diagnostic d’autisme, quelque soit le moment de l’étude, les chercheurs les considéraient « concordants ».

Des chiffres doublés

En utilisant cette approche, les chercheurs ont quasiment doublé le nombre de fratries “concordantes” dans leur étude. Ils ont aussi fait monter leur estimation d’héritabilité de l’autisme de 50% à 83%. Les résultats ont été publiés en septembre dans le « Journal of the American Medical Association ».

« Je trouve que c’est tout à l’honneur de cette équipe de chercheurs d’avoir pris la peine de reconnaître publiquement que leur précédente publication pouvait être sous-optimale », dit Dorret Boomsma, professeur de psychologie biologique à Vrije Universiteit, Amsterdam, qui n’a pas participé à l’étude.

Dans leur autre étude, publiée en septembre dans « Biological Psychiatry », les chercheurs se sont de nouveau appuyés sur les données du registre de santé suédois, mais se sont concentrés cette fois-ci sur une période comprise entre 1998 et 2007. Cet échantillon inclut 776 212 enfants dont 11 231déjà diagnostiqués autistes. Ils se sont aussi intéressés aux diagnostics d’autisme dans la famille des enfants concernés, incluant les frères ou sœurs et les cousins.

Ils ont utilisé des modèles statistiques qui comptabilisent les liens de parenté pour estimer l’héritabilité de l’autisme. Les chiffres ont montré que la génétique contribue pour 84.8% au risque d’autisme.

Cela a été répété plusieurs fois maintenant et nous convergeons toujours vers ce nombre », dit Sandin.

Ses collègues et lui utilisent aussi les registres suédois pour étudier la récurrence de l’autisme dans les familles, c’est-à-dire la probabilité que le frère ou la sœur d’un enfant autiste soit lui aussi concerné.

References:

  1. Sandin S. et al. JAMA 318, 1182-1184 (2017) PubMed
  2. Yip B. et al. Biol. Psychiatry Epub ahead of print (2017) Full text
  3. Lichtenstein P. et al. Am. J. Psychiatry 167, 1357-1363 (2010) PubMed

Traduction par Isabelle Besnier-Pachot

Lors de l'Université d’Automne de l'ARAPI, le 2 octobre, le Pr Jean-Louis Mandel (Strasbourg) a fait un vaste tour sur le thème "Les troubles neuro-développementaux : la génétique explique-t-elle tout ?". Parmi les informations intéressantes : actuellement, il est possible d'identifier un gène responsable dans 40 à 60% des cas d'autisme avec épilepsie et/ou déficience intellectuelle, alors que ce n'est le cas que dans moins de 5% dans les autres cas d'autisme. Il est important d'identifier un gène, car cela permet d'identifier un sous-type d'autisme avec des caractéristiques particulières (par exemple une sensibilité aux sons).

Le fait de ne pas avoir identifié un gène actuellement ne veut pas dire que l'origine n'est pas génétique -héréditaire ou non (mutations de novo). Il est possible que ce soit la combinaison de plusieurs gènes qui provoque des modifications du fonctionnement cérébral.

1 novembre 2017

Surveillance du trouble du spectre de l'autisme au Québec | INSPQ

 

Surveillance du trouble du spectre de l'autisme au Québec | INSPQ

Ce rapport présente la prévalence et le taux d'incidence du trouble du spectre de l'autisme (TSA). Il démontre également la capacité du Système intégré de surveillance des maladies chroniques du Québec (SISMACQ) à identifier les comorbidités associées au TSA et le profil d'utilisation des services médicaux.

https://www.inspq.qc.ca

 

28 octobre 2017

Mortalité précoce des personnes autistes

27 oct. 2017

Par
Cet article d'Amélie Tsaag Varlen fait le point sur cette question, notamment du fait du suicide et de l'épilepsie, ce qui se traduit par une réduction de l'espérance de vie. Dans son article, elle formule des propositions pour une société plus inclusive.

Données-clé :

  • 17 ans de réduction d'espérance de vie en moyenne ; 30 ans chez les personnes non-verbales ou jugées « déficitaires ».

  • Autisme + épilepsie = espérance de vie 39 ans (Hirkivoski et al. 2016).

  • Forte mortalité par maladies et attaques cardio-circulatoires

  • Suicide = première cause de mortalité précoce chez les personnes autistes « à haut niveau de fonctionnement », sous-entendu, fonctionnelles dans la société. Taux de suicide environ 9 fois supérieur à la moyenne. La discrimination est la première cause citée (Segers et Rawana 2014)

  • Pistes d'évolution proposées : renforcer l’évolution vers une société inclusive ; former les accompagnants et familles des personnes autistes concernées à la gestion de la crise d'épilepsie ; créer une boite mail et (éventuellement) une ligne téléphonique dédiée à l'écoute (sans jugement) des problèmes des personnes autistes ; améliorer l'accès aux soins somatiques ; encourager les personnes autistes à adopter un mode de vie moins sédentaire.

Il n'existe pas une étude en langue française pour fournir des clés de prévention du suicide des personnes autistes, ni de statistiques de mortalité. Ces études sont essentiellement menées aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède et au Danemark, ces deux derniers pays figurant parmi les plus avancés en matière de société inclusive, et utilisant pleinement les classifications scientifiques internationales de l'autisme, la CIM et le DSM.

Une initiative mérite d’être soulignée, celle du Dr Djéa Saravane, qui a insisté sur l’importance d’un accès aux soins somatiques. Cette initiative est, à notre connaissance, la seule engagée en France pour tenter de réduire cette mortalité précoce.

De quoi meurent les personnes autistes ?

Les études cohorte sur le sujet, entre autres celle des Suédois Hirkivoski et al. publiée en 2016, citent :

  • Les maladies cardiaques et circulatoires (dues notamment au mode de vie sédentaire et à la détérioration des artères par l’anxiété chronique)

  • Les tentatives de suicide réussies (représentant la première cause de mortalité précoce)

  • Les crises d’épilepsie

  • Les maladies respiratoires (pneumonie, asthme)

  • Les néoplasmes (cancers)

  • Les blessures que des personnes autistes s’infligent elles-mêmes, en particulier à la tête.

 © adaptation de Spectrum News © adaptation de Spectrum News

Personne ne « meurt de l’autisme ». L’autisme, le trouble du spectre de l’autisme, le trouble envahissant du développement, le syndrome d’Asperger (catégorie en passe de disparaître des classifications internationales l'an prochain) ne sont pas des « altérations transitoires de la santé susceptibles d’une guérison », mais des conditions générant une situation de handicap plus ou moins importante, et perdurant toute une vie. Les études suggèrent que l'autisme n'est pas en lui-même une cause de mortalité (Bilder et al. 2013), en accord avec la perception de la plupart des personnes autistes.

Les causes de mortalité citées ci-dessus sont propres aux pays dans lesquels ont été menées ces études. En France, où nous détenons le triste record du plus haut taux d’enfants et d’adolescents institutionnalisés du monde occidental (108 000 personnes concernées en 2007 d’après l’étude de Eyal 2010, p.62, soit le double de la moyenne de l’Union Européenne), le nombre de morts par surdoses de neuroleptiques est sans doute très élevé. Il n’est guère besoin de chercher longtemps pour constater que des établissements de soins, même réputés, cachent pudiquement les morts par neuroleptiques ou par blessures auto-infligées sous le tapis, s’abritant derrière l’explication d’une « folie » supposée ou celle, plus légitime, d’un manque de moyens financiers. Un recueil de témoignages ainsi que d'articles de la presse française est en constitution.

Comment la mort des personnes autistes est-elle perçue ?

La mort et les tentatives de meurtres sur des personnes autistes en institution rejoignent la rubrique des « faits divers ». Dans le cas de cet adulte empoisonné par une soignante en juin 2017 pour faire accuser l’une de ses collègues (http://www.courrier-picard.fr/38035/article/2017-06-17/le-patient-autiste-t-il-ete-empoisonne ), l’article se focalise sur la rivalité entre deux femmes, et ne dit rien du « patient » victime d’une tentative d’assassinat. Sinon qu’« il ne peut rien exprimer mais refuse désormais d’ouvrir la bouche, il a la mémoire de ce traumatisme  ». Quel est son centre d’intérêt ? Quels sont ses rêves ? A peine est-il considéré comme un être humain... Comme le soulignent de nombreuses études sociologiques, plus une personne est considérée comme en situation de handicap « lourd », comme un « cas désespéré », plus sont favorisés sa déshumanisation et l'usage de violence à son encontre.

Lorsqu’en 1996, une mère infanticide fut acquittée par un tribunal français, le rapporteur de la loi Chossy eut cette phrase lapidaire : « Chacun comprendra que lorsqu’on est seul et désespéré, c’est quelquefois la mort de l’être cher qui apparaît comme la solution la plus douce ».

Au motif qu’un être humain n’use pas de parole, son droit à la vie peut être nié, son meurtre faire l’objet d’une exception judiciaire. La vision du meurtre comme « solution » est directement corrélée aux difficultés que rencontrent les parents pour faire progresser leurs enfants autistes vers l'autonomie.

Causes de suicide

Le suicide est la seconde cause de mortalité chez les personnes autistes considérées comme fonctionnelles (souvent des personnes diagnostiquées « Asperger » ou « haut niveau de fonctionnement »), après les maladies et attaques cardio-circulatoires. C'est la première cause de mortalité précoce. C’est aussi la seule qui soit plus élevée chez la population autiste vivant en société que chez les personnes moins fonctionnelles. Ce taux de suicide est environ 9 fois supérieur à la moyenne (Autistica, 2016).

En tant qu’adultes autistes vivant en France, nous apprenons régulièrement le suicide d’amis ou de connaissances, souvent au terme d’une longue série de violences et d’exclusions.

Les facteurs de suicide sont en cours d’étude, aussi, les données restent peu nombreuses. La revue de littérature scientifique effectuée par Magali Segers cite, dans l'ordre :

  • La discrimination par les pairs

  • Les problèmes de comportement

  • L’appartenance à une minorité ethnique

  • Le statut socio-économique inférieur

  • Le niveau d’éducation inférieur.

La notion de « souffrance psychique » n'est jamais évoquée dans ces études. La condition de personne autiste ne génère pas per se de « souffrance psychique », et donc d'envies suicidaires. En revanche, la discrimination régulière dont les personnes autistes sont victimes en génère. L'absence de prise en compte de la situation de handicap générée par un environnement difficile ou hostile (modèle social du handicap), qui est pourtant la réalité quotidienne des personnes autistes hors institution, est extrêmement dommageable. Ainsi, il n'est jamais précisé que le haut niveau d'anxiété sociale, considéré comme une « comorbidité de l'autisme » d'ordre psychiatrique, puisse être le résultat de ces situations de harcèlement et d'exclusion.

L'institutionnalisation préventive n'est en aucun cas une mesure de protection acceptable pour la prévention des suicides, mais plutôt une négation supplémentaire des droits fondamentaux des personnes autistes : toutes les personnes autistes consultées pour la rédaction de ce document rejettent le placement forcé en institution.

Les études déjà menées n’explorent pas les facteurs d’intersectionnalité. Par exemple, nous savons que les personnes homosexuelles, particulièrement à l’adolescence, ont entre 4 et 7 fois plus de risques de tenter de se suicider que les hétérosexuelles. On peut être autiste et homosexuel. On peut même être autiste, homosexuel, épileptique, et issu d’une minorité ethnique. Les parcours de vie des personnes se situant à l'intersection d'une pluralité de minorités doivent être étudiés et mis en lumière, ainsi que les facteurs de risque du suicide.

Les rares informations recueillies en France (Schovanec, 2017) tendent à indiquer que le risque suicidaire est le plus élevé au début de l'âge adulte. Un autre moment délicat est celui du décès des parents de la personne autiste, qui trop souvent se retrouve alors sans solution.

Pistes d'évolution

Il n'existe actuellement rien, ou presque, pour réduire la mortalité des personnes autistes, en dehors des contributions publiques du Dr Djéa Saravane. De plus, les facteurs de protection contre le suicide restent méconnus, et pourraient être très différents de ceux de la population générale. Nous préconisons cinq mesures à plus ou moins long terme, dont certaines très simples à mettre en place :

  1. Accélération de l'évolution vers une société inclusive, dans laquelle les comportements des personnes autistes seront jugés plus favorablement, réduisant de fait les situations génératrices de pensées suicidaires. Cela commence dès l’accueil scolaire, et justifie donc pleinement le rôle des assistantes de vie scolaire (AVS) qui, en sensibilisant les classes au handicap, contribuent à l'émergence de cette société inclusive.

  2. L'épilepsie devrait faire l'objet d'une attention particulière, du fait de sa fréquence (un tiers des personnes autistes) et de la possibilité de diffuser des consignes de gestion de la crise épileptique (formation pouvant être assurée, par exemple, par la Croix-Rouge). Ces gestes sont relativement simples à acquérir.

  3. Les témoignages de personnes autistes qui reviennent sur les réseaux sociaux et les forums font état soit d'un manque / d'une absence d'écoute neutre (c'est à dire sans jugement), d'une réduction à la condition d' « autiste » réduisant l'accès aux soins somatiques, et du sentiment que leurs droits fondamentaux sont bafoués (jusqu'au droit à un accès aux soins somatiques ou à un lieu public tel qu'une école, une salle de sport, ou une bibliothèque). Les situations d'exclusion des lieux publics et des soins somatiques ne devraient plus être tolérées.

  4. Création puis officialisation d'une boîte mail (et, éventuellement, d'une ligne téléphonique) dédiée à la réception des messages de personnes autistes qui rencontrent des problèmes médico-sociaux graves, associée ou non à la diffusion de conseils, permettant à la fois d'aider ces personnes et d'agir pour réduire les tentatives de suicide (TS).

  5. Encouragement auprès de personnes autistes à adopter un mode de vie moins sédentaire, et à pratiquer notamment la marche à pieds (par exemple sur le modèle de la campagne 10 000 pas par jour, qui s'adresse à tous ?), pour réduire la mortalité cardio-vasculaire. Cela ne pourra se faire que dans un environnement dont les sources de stress seront réduites au maximum. Un recensement ou une création de lieux sans surcharges sensorielles (moins de lumières vives, de bruits, etc.) est à ce titre nécessaire. Il est possible également de privilégier des marches dans des lieux calmes et sécurisants (forêts aménagées, jardins, etc).

L'écoute d'un professionnel de santé seul n'est pas suffisante. Les personnes autistes expriment et concrétisent souvent le besoin d'échanger sur leurs expériences avec d'autres personnes au vécu similaire. Le succès des forums et groupes de discussion sur les réseaux sociaux en témoigne. Cette réalité ne devrait pas leur valoir d'accusation de « communautarisme », et encore moins de la part de professionnels de la santé. Comme l'exprime la sociologue Sylvie Tissot à ce sujet : « Le discours anticommunautariste tend ainsi à réduire tout phénomène de repli ou d’entre-soi, parmi les groupes minoritaires, à une manifestation, socialement inexplicable et moralement inacceptable, de fermeture, d’asocialité, voire de racisme ! Or ces comportements peuvent tout simplement être analysés comme des manières de s’adapter ou de résister face à une situation difficile ou un déni de droit ».

Amélie Tsaag Valren

Ont relu ce document et/ou contribué à son contenu :

  • Dr Fabienne Cazalis (CNRS, EHESS)
  • Dr Julie Dachez (Université de Nantes), sociologue et personne autiste
  • Adeline Lacroix, étudiante en master de recherche en neuropsychologie et neurosciences (Université Grenoble Alpes) et personne autiste
  • Dr Josef Schovanec (EHESS), philosophe et personne autiste
  • Jean Vinçot, co-président de l'association Asperansa

Publié sous licence Creative Commons by NC-SA 3.0 FR

Sources :

  • Gil Eyal, The Autism Matrix, Polity, 2010

  • Deborah Bilder, Elizabeth L. Botts, Ken R. Smith et Richard Pimentel, « Excess Mortality and Causes of Death in Autism Spectrum Disorders: A Follow up of the 1980s Utah/UCLA Autism Epidemiologic Study », Journal of Autism and Developmental Disorders, vol. 43, no 5,‎ 1er mai 2013, pp. 1196–1204

  • Christopher Gillberg, Eva Billstedt, Valter Sundh et I. Carina Gillberg, « Mortality in Autism: A Prospective Longitudinal Community-Based Study », Journal of Autism and Developmental Disorders, vol. 40, n°3,‎ 2010, pp. 352–357

  • Tatja Hirvikoski, Ellenor Mittendorfer-Rutz, Marcus Boman et Henrik Larsson, « Premature mortality in autism spectrum disorder », The British Journal of Psychiatry, vol. 208, n° 3,‎ 2016, pp. 232–238

  • Magali Segers et Jennine Rawana, « What Do We Know About Suicidality in Autism Spectrum Disorders? A Systematic Review », Autism Research, vol. 7,‎ 2014, pp. 507–521

  • Josef Schovanec, « Rapport présenté à la Secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion sur le devenir professionnel des personnes autistes », Ministère des affaires sociales et de la santé, mars 2017

  • « Personal tragedies, public crisis : The urgent need for a national response to early death in autism » [« Tragédies personnelles, crise publique : Le besoin urgent d'une réponse nationale aux morts précoces dans l'autisme »], Londres, Autistica, mars 2016. Traduction française par M. Jean Vinçot.

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Voir aussi : Wikipedia : mortalité des personnes autistes - Soins et douleur chez les personnes autistes - Djéa Saravane   -  Interview du Dr Djéa Saravane - Une grande étude suédoise relie l’autisme aux décès prématurés - Les personnes autistes meurent trop tôt

28 octobre 2017

Autisme recherche -> SCHANK Communiqué de presse du 4.9.2014 de l'Institut Pasteur

 

Autisme : SHANK, un gène indicateur de sévérité

Grâce à une vaste étude menée sur près de mille patients autistes, les chercheurs de l'Institut Pasteur, du CNRS, de l'université Paris Diderot et la Fondation FondaMental sont parvenus à cartographier l'incidence et l'impact clinique de certaines mutations génétiques sur les capacités cognitives et intellectuelles des patients.

https://www.pasteur.fr

 

18 octobre 2017

11 et 12 janvier 2018 à Paris - Etats généraux de la déficience intellectuelle organisés par l'UNAPEI

 

Actualités - Etats généraux de la déficience intellectuelle - Inscription - Unapei

Actualités - Etats généraux de la déficience intellectuelle - Inscription - Les Etats Généraux de la Déficience Intellectuelle se dérouleront les 11 et 12 janvier 2018 à la Maison de l'UNESCO à Paris. - Pour une société inclusive et solidaire

http://www.unapei.org

 

18 octobre 2017

Thèse sur L'évaluation du programme Prevent-Teach-Reinforce pour réduire les comportements problématiques

17 octobre 2017

Découverte et solution thérapeutique "Bumétanide" - Autisme et thérapie chlorure

 

Découverte et solution thérapeutique "Bumétanide" - Autisme et thérapie chlorure

D'origine fœtale, les protéines de transports chlorure immatures et l'ocytocine, hormone maternelle lors de la naissance, sont les éléments clefs de sa Découverte. Elle exprime un taux de chlore anormal dans le cerveau, exacerbant le système cognitif cérébral, d'où l'autisme. Cette thérapie est encore à l'état expérimental.

http://www.traiter-autisme-limoges.fr

 

15 octobre 2017

Hier, Autisme France au colloque sur le cerveau à Enghien-les-Bains

Kakémono AF colloque cerveau à Enghien-les-Bains

Le magnifique Kakemono au colloque sur le cerveau à Enghien-les-Bains sur le stand d'autisme France.

Merci Anne

émoticone yeux bleux

6 octobre 2017

AUTISME : 8 mutations coupables identifiées sur 1 même gène

article publié sur Santé Log

Nature Communications
Cette large analyse a permis d’identifier ces 8 mutations associées à l'autisme regroupées dans une si petite région de la protéine Trio.

Ces scientifiques de l’Université de Californie du sud (USC) écrivent avoir découvert un véritable « hot spot » de mutations associées à l’autisme. Précisément 8 dans un même gène 1, « du jamais vu » selon l’auteur, Bruce Herring, neurobiologiste à l'USC. Une concentration de mutations ou de « désordres », de nature à déclencher une réaction en chaîne qui perturbe l’organisation et la stabilité du développement du cerveau. Ces conclusions, présentées dans Nature Communications, révèlent avec cette découverte, le rôle très particulier du gène TRIO, qui code pour une protéine qui influence le développement et la force - ou la faiblesse des connexions entre les cellules du cerveau.

C’est l’étude de données des génomes de 4.890 patients atteints de troubles du spectre autistique (TSA) et de la recherche des mutations génétiques qui peuvent jouer un rôle important dans le développement de l'autisme. Cette large analyse a permis d’identifier ces 8 mutations associées à l'autisme regroupées dans une si petite région de la protéine Trio. Et les changements dans la fonction de la protéine au début du développement du cerveau de l’enfant sont bien de nature à déclencher une réaction en chaîne qui entrave les connexions du cerveau donc sa capacité à stocker et à traiter l'information. Un hot spot qui ne peut être le fruit du hasard, car la probabilité que ces mutations se produisent par hasard est d’environ de 1 sur 1,8 milliards de milliards, précisent les chercheurs.

TRIO un gène majeur sur la liste des facteurs : ces 8 mutations associées à l'autisme sont identifiées dans une petite région du gène TRIO, « GEF1 / DH1 », un domaine qui code pour une zone spécifique de la protéine Trio qui se lie et active une autre protéine, Rac1, qui participe à la construction des connexions du cerveau. Ainsi, dans un cerveau « normal », le domaine GEF1 / DH1 se lie et active Rac1, ce qui entraîne la croissance de filaments d'actine qui forment l'échafaudage des connexions cérébrales. Or ces mutations identifiées empêchent Trio d'activer Rac1, ce qui provoque la fragilité des échafaudages, ce qui affaiblit les connexions du cerveau. Les cellules du cerveau ont du mal à communiquer entre elles.

A contrario, une mutation de TRIO entraine trop de connexions : identifiée chez un patient autiste, cette mutation à l’effet contraire suggère que des connexions plus faibles ou plus fortes entre les cellules du cerveau peuvent être responsables du développement du TSA. « L'un ou l'autre des cas peut contribuer au développement de l'autisme », explique l’auteur : « les mutations qui poussent les connexions trop loin dans les deux sens sont susceptibles d'entraver la capacité de notre cerveau à s’adapter (plasticité) ».

Un lien possible entre l'autisme et la schizophrénie : TRIO a un gène sœur appelé KALRN, ces deux gènes sont très similaires et font partie de la même voie de signalisation dans les cellules du cerveau. Or certaines mutations de KALRN sont retrouvées chez des personnes atteintes de schizophrénie. Les mutations KALRN perturbent cette voie pendant l'adolescence, un moment où le cerveau est plus développé, ce qui explique que les symptômes de la schizophrénie apparaissent à l'adolescence.

 

Des données génétiques complexes qui permettent aux spécialistes d’avancer dans la compréhension de ces troubles.

Accueil

 

Source: Nature Communications 19 September 2017 doi:10.1038/s41467-017-00472-0 An autism spectrum disorder-related de novo mutation hotspot discovered in the GEF1 domain of Trio

Retrouvez toute l’actualité médicale et scientifique sur l’Autisme sur Neuro Blog

Cette actualité a été publiée le 6/10/2017 par Équipe de rédaction Santélog

5 octobre 2017

Neurologie : "Les pouvoirs publics se préoccupent plus des personnes âgées que des jeunes"

article publié dans Le Point

PrINTERVIEW. Pour le généticien Thomas Bourgeron, spécialiste de l'autisme, un enfant sur 10 est touché par des troubles du neuro-développement.

Par Publié le 05/10/2017 à 16:56 | Le Point.fr

Pour la troisième année consécutive, la santé se met en scène samedi au théâtre de l'Odéon (Paris) pour S3Odéon (pour Sciences, santé et société). Chercheurs, médecins, sociologues, économistes et patients disposeront de 7 minutes pour aborder des sujets qui ont suscité le débat, l'espoir, l'emballement médiatique ou la critique. Parmi eux, le professeur Thomas Bourgeron, directeur de l'unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l'Institut Pasteur, dont les travaux sur l'autisme sont reconnus dans le monde entier.

 

Le Point : Pour commencer, combien de personnes souffrent d'autisme en France ?

Thomas Bourgeron : L'autisme touche entre 300 000 et 500 000 personnes, mais ce chiffre ne tient pas compte de tous ceux qui souffrent de troubles plus ou moins reliés à cette maladie comme l'hyperactivité, la déficience intellectuelle et les TOC… Les psychiatres ont créé des « silos » et pourtant il y a une vraie comorbidité entre l'autisme et l'hyperactivité ou la déficience intellectuelle. Au total, cela représente 10 % des enfants ! Il faut vraiment faire quelque chose pour eux et replacer l'autisme dans un continuum. Or les pouvoirs publics se préoccupent bien plus des personnes âgées et de neurodégénérescence que du sort de ces jeunes et des troubles du neuro-développement.

Des gènes impliqués dans l'autisme ont été découverts dès le début des années 2000 ; vous y avez largement contribué. Où en est-on aujourd'hui ?

Les avancées sont énormes puisque plus de 200 gènes ont déjà été identifiés. Il n'y a vraiment plus qu'en France où l'on nie encore leur rôle. Qui plus est, certains de ces gènes ont une causalité très forte. Presque tous les porteurs souffrent d'autisme…, mais seuls quelques-uns présentent une déficience intellectuelle. C'est d'ailleurs une raison de plus de sortir des « silos » dont je parlais auparavant. Il faut comprendre pourquoi, avec les mêmes gènes, les enfants ne développent pas les mêmes troubles.

Y a-t-il déjà des retombées thérapeutiques ?

On commence à comprendre ce que font ces gènes. Ils participent à la connectivité dans le cerveau. Quand j'ai découvert les premiers gènes impliqués dans l'autisme, on pensait déjà que les synapses (zones de communication entre les neurones, NDLR) jouaient un rôle. Cette hypothèse se confirme, notamment grâce à des modèles cellulaires. Les modèles animaux présentent des problèmes d'interaction sociale. Nous sommes en train de tester des molécules pour améliorer les fonctions cognitives, les aspects d'excès de sensorialité, comme chez les enfants hypersensibles aux sons (hyperacousiques). Des essais cliniques se mettent en place.

L'imagerie permet-elle désormais de faire le diagnostic d'autisme ?

Malheureusement, tout ce qui a été dit depuis 30 ans est faux. Depuis que les chercheurs mettent leurs images en commun pour avoir des cohortes importantes de patients et de témoins, il n'a pas été possible de confirmer le fait que le corps calleux (la structure qui relie les deux hémisphères cérébraux) ou le cervelet étaient plus petit chez les autistes. Le problème est que les équipes publient quand elles trouvent quelque chose, même chez un nombre restreint de patients, et pas quand l'anomalie recherchée n'est pas trouvée…

Comment voyez-vous l'avenir ?

Avec pessimisme face au manque de moyens dont nous disposons. Le 3e Plan autisme était doté de 500 000 euros sur 4 ans. C'est presque offensant. Pour le 4e, on ne sait pas encore. Sans l'aide de fondations privées et de certaines familles de patients, je ne pourrai pas continuer les recherches.

Mais aussi avec optimisme, car nous allons accueillir à l'Institut Pasteur la plus grande data base en Europe de patients autistes avec des données génétiques, d'imagerie… La mise en commun des données va permettre d'avancer plus vite.

REGARDER le programme de la journée S3Odéon :

 

1 octobre 2017

Reportage France 24 : Diagnostiquer, accompagner, soigner : les défis de l'autisme

Vidéo publiée sur le site de France 24

 

à 17h45.

Dernière modification : 29/09/2017

© France 24
L'autisme est un trouble du développement du cerveau qui touche entre 300 et 600 000 Français. Il se manifeste entre autres par un retard de langage, une faible attention à l'entourage ou encore des gestes répétitifs. Cette semaine, nous sommes à Neurospin, près de Paris, l'un des plus grands centres de recherche sur le cerveau, pour essayer de comprendre ce qu'est l'autisme, comment aider les patients qui en souffrent et comment le traiter.
30 septembre 2017

Les phtalates interfèrent sur le comportement des petits garçons

 

Les phtalates interfèrent sur le comportement des petits garçons

L'effet délétère des perturbateurs endocriniens sur le développement du système nerveux est connu. Il a notamment été montré par des recherches sur des animaux. Mais une étude de chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), rendue publique vendredi 29 septembre, va plus loin.

http://mobile.lemonde.fr

 

29 septembre 2017

Autisme et cancer : et s’ils avaient une origine génétique commune ?

Crédit : iStock

L’autisme est une maladie caractérisée par des troubles sociaux et comportementaux. D’origine neuronale, la maladie se révèle avant l’âge de trois ans et se caractérise par des comportements répétitifs et une certaine difficulté à communiquer et à se sociabiliser. De nombreuses études génétiques sont en cours afin d’identifier les gènes responsables de la maladie. L’une d’elles révélerait que certains gènes intervenant dans le développement de l’autisme seraient aussi responsables du développement de cancer !

Les gènes responsables du Trouble du spectre de l’autisme sont nombreux. D’après les scientifiques, les différences génétiques entre un malade et une personne saine seraient supérieures à mille. Le terrain d’investigation est donc extrêmement grand et les scientifiques se doivent de faire la différence entre de simples gènes de prédisposition et des gènes intervenant directement dans le développement de la maladie. Ces difficultés se renforcent, car les variabilités génétiques sont aussi présentes parmi les malades.

Pour comprendre cet étrange processus, il faut savoir que chaque gène s’exprime sous forme de protéines. Ces dernières ont des effets divers sur l’organisme, mais sont parfois aussi intégrées dans des processus communs, et ce, même si le gène est d’origine différente.

Crédits : Wikipédia

Face à cette grande quantité d’informations intraitables, les scientifiques ont développé de nouvelles méthodes mettant en relation l’intégralité des données génétiques découvertes. Une étude italienne publiée dans la revue scientifique Frontiers in Genetics nous informe de ses résultats. En mettant en corrélation l’ensemble des données protéiques des gènes incriminés dans le développement de l’autisme, Ettore Mosca et son équipe ont pu affilier leurs données à divers processus biologiques.

De ce fait, certains gènes responsables de l’autisme seraient aussi impliqués dans le maintien et fonctionnement du système cérébral. D’autres concerneraient le développement de troubles psychiatriques et épileptiques et même du cancer ! Certains traitements thérapeutiques visant les gènes responsables du cancer pourraient-ils soigner les troubles de l’autisme ? C’est ce que les chercheurs tentent d’élucider à l’heure d’aujourd’hui.

Source

29 septembre 2017

Éducateur à la Cour: Le rôle du témoin expert en cas de" trouble du spectre de l'autisme"

 

Éducateur à la Cour: Le rôle du témoin expert en cas de" trouble du spectre de l'autisme"

(2) influence les expériences personnelles des experts extérieurs, comme leurs opinions générales ou leurs observations concernant la TSA et sa relation avec le système de justice pénale. Psychol Crime Law. 2017;23(6):575-600. doi: 10.1080/1068316X.2017.1284218. Epub 2017 Jan 18. The role of the expert witness in legal contexts is to educate fact finders of the court who may have no background in the expert's area.

https://autisme-info.blogspot.fr

 

26 septembre 2017

Les faits alternatifs des psychanalystes sur le TDAH

 

Les faits alternatifs des psychanalystes sur le TDAH - Ramus méninges

Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS, professeur attaché à l'ENS René Cassou de Saint-Mathurin, psychiatre, médecin-directeur de CMPP (Version intégrale d'un article paru dans le Huffington Post.) L'article de Gorana Bulat-Manenti, Gérard Pommier et Elsa Godart, censé avertir les parents contre le diagnostic de Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), est un chef d'œuvre de désinformation et de construction d'une vérité alternative.

http://www.scilogs.fr

 

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