Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
"Au bonheur d'Elise"
Publicité
recherche
26 septembre 2017

Autisme : le risque augmente après un premier enfant atteint

Les garçons avec une grande sœur autiste ont 17 % de risque de développer un trouble du spectre autistique à leur tour.

Autisme : le risque augmente après un premier enfant atteint
niki georgiev/Flickr
Publié le 25.09.2017 à 18h18

Les parents d’un enfant autiste peuvent se demander, au moment d’un second enfant, si celui-ci a des risques d’être autiste à son tour. Et s’il est prudent de faire un choix risqué.  Des études avaient déjà montré qu’ils étaient plus élevés dans les fratries déjà touchées, mais une grande étude réalisée à la fac de médecine d’Harvard les a tous objectivés, en différenciant les sexes.

Ils ont ainsi montré que les enfants les plus exposés sont les garçons qui ont une grande sœur atteinte de troubles du spectre autistique (TSA). Ils ont presque une chance sur cinq (17 %) de développer un TSA à leur tour. En comparaison, dans l’ensemble de la population, le risque d’autisme n’est que d’environ 1 % (1,5 % aux États-Unis).

Les garçons sont plus à risque

Ce chiffre a été extrait d’une base de données de mutuelles américaines, portant sur plus d’1,5 millions de familles avec au moins deux enfants, et sur 3,1 millions d’enfants. Parmi eux, 39 000 avaient reçu un diagnostic de TSA, soit environ 1,2 % (2 % des garçons, 0,5 % des filles).

Les garçons avec un grand frère autiste sont également très exposés : 13 % d’entre eux sont autistes. Les filles sont moins touchées. Celles avec une grande sœur souffrant de TSA ont un risque inférieur à 8 %. Avec un grand frère, le risque est « seulement » de 4 %.

En résumé, si le premier enfant, autiste, est une fille, les parents ont plus de risque d’avoir un deuxième enfant souffrant de TSA, surtout si c’est un garçon.


« Cette étude est un exemple probant de la manière dont le big data peut mettre la lumière sur des tendances, et nous donner des informations permettant d’accompagner les choix des parents et les informations fournies aux pédiatres », souligne Isaac Kohane, chef du département d’informatique biomédicale à la faculté de médecine d’Harvard, et auteur principal de l’étude.

Mais, même si le risque d’avoir un deuxième enfant autiste est très élevé, les chercheurs rappellent que ce n’est pas une fatalité. « Même pour le groupe le plus risqué – les garçons avec des grandes sœurs autistes – il reste plus de quatre chances sur cinq que l’enfant ne soit pas affecté, insiste Nathan Palmer, co-auteur de l’étude. Ce que nous proposons ici, c’est un contexte pour les familles qui ont déjà un enfant autiste ou souffrant d’un désordre similaire, afin qu’ils aient une perspective plus claire du risque. »

L’origine de l’autisme est encore mal comprise. Elle résulte d’une influence combinée de la génétique, ce que montre à nouveau cette étude, et de facteurs environnementaux. Elle se manifeste ensuite par un spectre de symptômes comportementaux qui se développent dans les premières années de vie des patients, et qui limitent les interactions sociales et les capacités de communication des enfants atteints.

Publicité
23 septembre 2017

Etude sur l'aluminium dans les vaccins

article publié sur France tv info

Etude sur l'aluminium dans les vaccins : "S'il y avait un lien, ce n'est pas quelques cas en France qu’il devrait y avoir, mais des dizaines de milliers"

"Le Parisien" publie, vendredi, les résultats d'un rapport sur la neurotoxicité de l'aluminium utilisé comme adjuvant dans certains vaccins. Décryptage avec Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique. 

Un homme se fait vacciner à Krasnodar (Russie), le 13 septembre 2017.Un homme se fait vacciner à Krasnodar (Russie), le 13 septembre 2017. (NIKOLAY HIZNYAK / SPUTNIK)

Propos recueillis par Juliette CampionfranceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 23/09/2017 | 16:40
publié le 23/09/2017 | 07:16

Le débat sur la vaccination va-t-il être relancé par la dernière une du Parisien ? Dans son édition du vendredi 22 septembre, le quotidien publie les grandes lignes d'un avis rendu en mars par le conseil scientifique de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cet avis concerne des recherches dirigées par le Pr Romain Gherardi et concluant à d'éventuels effets neurotoxiques liés à la présence d'aluminium dans les vaccins. L'ANSM a demandé des "approfondissements". Que faut-il en penser ? Franceinfo a interrogé Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique. Il a notamment présidé la Concertation citoyenne sur la vaccination en 2016.   

Franceinfo : Selon vous, faut-il s'inquiéter de ces travaux qui estiment que l'aluminium contenu dans les vaccins est dangereux pour la santé ?

Alain FischerNon, pas du tout. J’interprète ce qui se passe là comme une campagne de M. Gherardi, assez malin sur le plan médiatique. Ses données ne sont toujours pas publiées à ce jour et de toute façon, dans ce que je lis du rapport dans Le Parisien, je ne vois rien de nouveau. Il dit que l’aluminium est toxique à faible dose sur la souris, et uniquement sur la souris. Ce point est important. Mais cette toxicité n’établit en rien une relation entre l’aluminium et la maladie qu’il pense lui attribuer chez l’homme, à savoir la myofasciite à macrophages.

Cette maladie existe et certains malades pensent que c’est lié au vaccin, mais il n’y a aucune évidence scientifique de ce lien.

Alain Fischer

à franceinfo

D’autre part, cette discussion n’a lieu qu’en France et c’est un problème majeur. Les vaccins avec de l’aluminium sont utilisés depuis 1926, soit depuis bientôt cent ans, et ce, dans le monde entier. Des milliards de personnes ont reçu des vaccins contenant de l’aluminium. S'il y avait un lien entre ce vaccin contenant de l’aluminium et cette maladie, ce n'est pas quelques cas en France qu’il devrait y avoir, mais des dizaines de milliers de malades dans le monde entier. Or, il n’y en n’a pas. Des vérités scientifiques, c’est universel ou ça n’est pas.

Selon vous, ce dossier peut-il créer de la confusion chez les lecteurs ? 

Si je me mets dans la peau d'un lecteur qui n'a pas une culture scientifique particulière, je me dis en lisant une étude comme celle-là "Ouh là là, je ne vais plus me faire vacciner". M. Gherardi dit qu’il n’est pas anti-vaccin, mais il crée de la suspicion contre des vaccins qui sauvent des vies de façon majeure. On a une vraie difficulté de transmission d’informations. Il est beaucoup plus difficile de faire passer une information raisonnable et prudente face à des gens qui ont une parole très forte et parfois très violente, mais qui n’est pas scientifiquement fondée. 

Ce que je dis là n’est pas ma parole personnelle. Ses travaux ont été regardés de très près par les experts des organisations mondiales de la santé. Il y a des rapports en France, notamment de l’Académie de médecine, l’Académie de pharmacie qui ont étudié en détails tous les travaux de Romain Gherardi et qui concluent qu’il n’y a rien de tangible.

L'aluminium est souvent pointé du doigt quand il s'agit de s'interroger sur les vaccins. Ne pourrait-on pas tout simplement le remplacer ? 

Non, car c'est un composant indispensable des vaccins. L'aluminium est utilisé depuis presqu’un siècle parce qu’il est efficace et sûr. Il y a trois grands types de vaccins, dont l’un d’entre eux est fondé sur des protéines purifiées. Dans ce cas, il faut obligatoirement un adjuvant. Cela concerne les vaccins contre la coqueluche, la diphtérie, le tétanos, l’hépatite A et B. 

Mais cela ne veut pas dire qu’on ne pourra pas faire mieux demain. Il y a une énorme recherche sur les adjuvants. On a, par exemple, tenté d’utiliser les sels de calcium. Mais aujourd’hui, en 2017, les sels d'aluminium sont la meilleure combinaison entre l’efficacité et la sécurité. Ce n'est pas parfait, mais ces vaccins sauvent des millions de personnes chaque année : il n'y a pas de produit plus administré dans le monde parmi toute la pharmacopée existante. Selon moi, il faut donc continuer à les utiliser.

A lire aussi

16 septembre 2017

Autisme : un diagnostic cérébral dès l’âge de 6 mois

article publié dans Santé sur le Net

September 14, 2017 par

Quelles sont les régions cérébrales touchées précocement par l’autisme ? Pour répondre à cette question, des chercheurs canadiens ont mis au point récemment une méthode d’observation inédite repérant les connexions neurologiques inefficaces d’enfants autistes âgés seulement de 6 mois.

Déficit précoce des connexions cérébrales chez les enfants autistes

Confirmer le diagnostic de l’autisme très tôt avec des données biologiques

Repérer dès la première année les premiers symptômes de l’autisme chez un enfant reste très difficile. En effet, c’est en général vers l’âge de 2-3 ans, lorsque l’enfant présente des relations sociales altérées avec son entourage et une communication verbale restreinte, que les parents repèrent le trouble du développement et se dirigent vers un professionnel de santé spécialisé.

A savoir ! Il n’existe pas de test biologique permettant de dépister l’autisme. Son diagnostic clinique, réalisé par une équipe pluridisciplinaire supervisée par un neuropédiatre ou un psychiatre, se focalise essentiellement sur des critères de développement et de comportement de l’enfant entre 0 et 3 ans.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Biological Psychiatry et réalisée par l’équipe de John Lewis de l’institut et hôpital neurologique de l’université McGill, vient de prouver qu’il est désormais possible d’observer, chez des enfants autistes âgés seulement de 6 mois, des connexions cérébrales dysfonctionnelles entre plusieurs régions du cerveau.

Pour accéder en profondeur aux 260 cerveaux de nourrissons âgés de 6 à 24 mois, les scientifiques de Montréal ont utilisé un outil spécifique d’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) appelée IRM de diffusion.

A savoir ! L’IRM est une technique qui permet d’obtenir, de manière non invasive, des vues en 2D ou 3D à l’intérieur du corps avec une résolution très contrastée. L’IRM de diffusion, dont le signal dépend de la direction de diffusion des molécules d’eau contenues dans le corps, permet d’obtenir des informations sur l’orientation, la taille et la densité des structures fibreuses et notamment celle des faisceaux des neurones contenus dans le cerveau.

Avec cette technique d’imagerie fonctionnelle innovante et des modèles mathématiques associés, les chercheurs ont réussi à mesurer la longueur et la force des connexions neuronales entre différentes régions du cerveau pour en déduire, au final, l’efficacité de ces réseaux de neurones.

A savoir ! Les réseaux formés par les neurones permettent de connecter des régions cérébrales entre elles et de réaliser des fonctions spécifiques comme l’apprentissage, la locomotion ou la vision. Quand le plan de construction d’un réseau est modifié, des troubles psychiatriques peuvent apparaître.

Zones cérébrales concernées et conséquences

Les chercheurs ont retrouvé, chez les enfants autistes âgés de 6 mois, une faible efficacité des réseaux neuronaux impliquant les régions cérébrales dédiées au langage. Cette caractéristique avait déjà été observée dans une étude précédente, réalisée par les mêmes auteurs, chez des enfants autistes âgés, cette fois-ci, de 24 mois.

Autre découverte importante : l’ampleur des altérations des connexions neuronales, présentes à 6 et 12 mois, permet de prédire la gravité des symptômes autistiques retrouvés chez l’enfant âgé de 24 mois.

Plus les déficits de connectivité dans les régions cérébrales responsables de la vision, de l’audition, du langage et des intégrations sensorielles étaient importantes à 6 mois, plus la gravité des symptômes retrouvés à 2 ans était grande.

Ces travaux viennent montrer, une fois de plus, que les zones cérébrales dédiées aux fonctions cognitives supérieures (mémoire, apprentissage etc.) ne sont pas touchées précocement chez un enfant qui développera un trouble autistique. Leurs dysfonctionnements retrouvés à l’âge adulte découlent probablement des premières anomalies de connectivité observée dès le plus jeune âge.

Cependant, les données restent insuffisantes aujourd’hui et d’autres études sont encore nécessaires pour montrer si ce lien existe.

Les nouvelles perspectives de soin et de recherche

En révélant une fragilité de ces connexions neuronales dès l’âge de 6 mois chez les enfants autistes, les chercheurs concluent sur les faits suivants:

  1. Il sera possible d’identifier l’autisme avant l’apparition des symptômes liés au trouble du développement et détectables, en général, seulement à partir de 24 mois ;
  2. Une prise en charge thérapeutique adaptée et très précoce, dès 6 mois, pourra éventuellement endiguer la cascade d’anomalies dans les réseaux de neurones ;
  3. Les recherches futures doivent s’orienter à étudier le lien entre les gènes liés à l’autisme et le type de dysfonctionnement neurologique retrouvé dès l’âge de 6 mois ;
  4. Les recherches futures doivent se focaliser davantage sur l’identification des éventuelles causes environnementales à l’origine de la survenue de l’autisme sur la période antérieure aux 6 premiers mois de vie extra-utérine de l’enfant.

Julie P., Journaliste scientifique

Julie P.
Journaliste scientifique.
Spécialiste de l'information médicale.
Passionnée par l'actualité scientifique et les nouvelles technologies.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.
14 septembre 2017

Des robots pour mieux comprendre l’autisme

article publié sur le site de l'université de Cergy-Pontoise

Quand le robot devient un outil de diagnostic innovant

11.09.2017

Quel rôle peut jouer l’intelligence artificielle dans le diagnostic des troubles autistiques ? Sofiane Boucenna, chercheur en robotique développementale du laboratoire ETIS, a conçu et mis en oeuvre une expérimentation avec des autistes dans le cadre d’un projet européen. Une expérience qui laisse entrevoir une possibilité inattendue : les robots pourraient devenir un outil plus efficient que l’homme dans le diagnostic personnalisé de l’autisme.

Robotique développementale

Ils sont psychiatres, cliniciens, psychologues, spécialistes en intelligence artificielle ou encore informaticiens. Leur approche est singulière dans le monde de la robotique développementale. Ils ne cherchent pas à utiliser les robots comme outil thérapeutique, mais comme outil d’analyse et de compréhension des caractéristiques et mécanismes du handicap. Ce groupe de chercheurs a pu éprouver comment le robot devient un observateur aguerri des comportements autistiques et leur permet d’affiner les connaissances sur les difficultés que rencontrent les autistes.

Leurs expériences scientifiques visent à comprendre comment un robot apprend face à un humain et comment un humain apprend face à un robot. Il s’agit de développer la connaissance des mécanismes de l’intelligence artificielle et d’en savoir plus sur l’apprentissage des humains.

Ce que le robot qui apprend nous enseigne

Lors d’une expérimentation, Sofiane Boucenna et ses collègues ont placé un robot « vierge » successivement face à des adultes, des enfants sans handicap et des enfants autistes. La consigne : l’humain devait imiter les mouvements aléatoires du robot. Le robot apprenait à son tour de l’imitation faite et la reproduisait. Après analyse des résultats, les chercheurs se sont aperçus que le robot a beaucoup plus de difficultés à apprendre face aux enfants, en particulier face aux enfants autistes. Dans ce dernier cas, le robot devait utiliser une quantité très supérieure de neurones artificiels pour réussir l’imitation.

Petite filla face au robot qui l'imite.Un robot humanoide apprend avec des enfants typiques, autistes et des adultes.

Le robot plus performant que les cliniciens

L’œil humain ne fait pas de différence entre les imitations faites par les enfants bien portants et les autistes. Au contraire, les résultats observés chez le robot montrent qu’il est bien plus à même de distinguer une signature sociale motrice chez des autistes car il est équipé de caméras bien plus sensibles que nos yeux. Cette expérience a appris aux cliniciens que les mouvements des autistes, même si nous ne pouvons pas les percevoir, comportent un grand nombre de micromouvements. Leur motricité est bien plus saccadée que celle d’une personne sans handicap.

Le projet Michelangelo : développer  de nouveaux outils de diagnostic

Cette expérience a été réalisée dans le cadre du projet européen MICHELANGELO. Ce projet a pour objectif de développer des méthodes d’intervention centrées sur le patient et à domicile, en sortant l’évaluation et la conduite des soins de l’autisme hors de l’environnement clinique habituel. Les robots, en montrant de telle possibilités d’analyse des comportements autistiques pourraient bien être un nouvel outil de diagnostic non invasif. Les différentes formes d’autisme sont aussi nombreuses que les personnes autistes. In fine, l’utilisation de robots pourrait permettre de personnaliser les diagnostics et les accompagnements thérapeutiques.

Pour aller plus loin
L'article scientifique à propos de cette expérience :  Learning of social signatures through imitation game between a robot and a human partner
Une synthèse de travaux scientifiques en relation avec l'expérience : Autisme, jeux sérieux et robotique : réalité tangible ou abus de langage ?
Portrait : Sofiane Boucenna, le défi de la robotique

11 septembre 2017

Troubles du langage : où en sont les recherches ? Entretien avec Franck Ramus

article publié dans le cercle psy

Propos recueillis par Sophie Viguier-Vinson
Article modifié le 29/08/2017

Innés, acquis ? Isolés, ou responsables d'autres troubles ? Qu'a-t-on appris de nouveau sur les troubles du langage… et pourquoi l'information passe-t-elle souvent très mal ?

Consultez le sommaire du magazine Les étapes du langage

Franck Ramus

Franck Ramus est directeur de recherche au CNRS, professeur attaché à l'École normale supérieure et chargé de recherche au Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique (LSCP). Son blog : Ramus Méninges (http://www.scilogs.fr/ramus-meninges)


Vous avez commencé vos recherches sur le langage en étudiant le rythme de la parole. En quoi cet aspect est toujours considéré comme déterminant dans les processus d'acquisition ?

On s'est aperçu que le rythme était l'un des premiers indices sur la parole et sur la nature de la langue que percevait le nouveau-né. En observant les réactions du bébé, nous avons pu montrer qu'il était capable de déterminer très précocement s'il s'agit de sa langue maternelle, et si elle était plutôt accentuelle (quand les accents toniques rythment la phrase comme pour l’anglais ou l’allemand), ou bien syllabique (lorsque ce sont les syllabes qui le font comme pour le français, l'espagnol, le finnois…) ou encore moraïque (la more, plus petite unité syllabique, rythme la phrase, comme pour le japonais). L'enfant vient au monde avec cette boussole linguistique qui lui permet donc de repérer certaines propriétés de sa langue, d'en acquérir la grammaire en séquençant les phrases en unités de sens et en saisissant les règles d'organisation. Les travaux menés au Laboratoire de sciences gognitives et psycholinguistique (LSCP) de l'ENS, de l’EHESS et du CNRS depuis les années 1990 ont donc mis le rythme au centre des débats sur l'acquisition du langage, et ont relancé les travaux à son sujet en linguistique, ainsi qu'en informatique dans les recherches sur le traitement automatique de la parole.

C'est ce qui a permis de dégager la spécificité du langage humain ?

Notamment, en comparant le modèle humain avec le modèle animal. Les études comparatives ont démontré assez vite la limite des capacités d'acquisitions du vocabulaire et de la grammaire chez les chimpanzés, au-delà même de leurs caractéristiques physiologiques qui entravent l'expression et la prononciation. La maîtrise d'une ou de plusieurs langues reste donc bien le propre de l'homme. Mais ces recherches ont aussi révélé que les capacités auditives humaines sont très largement partagées avec les autres primates, ceux-ci étant, par exemple, également capables de différencier les langues sur la base de leur rythme. Elles se poursuivent encore de nos jours pour analyser des aspects plus sémantiques : en effet, on a longtemps pensé que les vocalisations des singes étaient assez pauvres de sens. Aujourd'hui, des linguistes collaborant avec des primatologues découvrent que, non seulement les vocalisations de certaines espèces de singes peuvent prendre des sens assez élaborés (des « mots »), mais qu'elles peuvent aussi se combiner, selon une syntaxe rudimentaire, pour former des messages plus complexes (des « phrases » élémentaires). Tous ces travaux comparant de multiples espèces tendent à réduire la discontinuité perçue entre le langage humain et les autres systèmes de communication animale. Le langage humain a sans aucun doute des propriétés très spécifiques et une puissance expressive inégalée, mais il n'est pas apparu dans le vide : il a évolué sur la base de capacités perceptives et conceptuelles déjà présentes chez nos ancêtres communs avec les singes.

Comment les recherches sur les troubles du langage contribuent-elles aussi à mieux comprendre cette fonction cognitive ?

L'étude d'une pathologie renseigne toujours sur les spécificités d'un organe ou d'une fonction qu'elle touche. C'est clairement ce qui m'a amené, au départ, à étudier les troubles du langage pour mieux comprendre les mécanismes cognitifs impliqués dans les processus d'acquisition. Mais cette démarche n'est pas nouvelle. On se souvient des travaux de Paul Broca, au XIXe siècle, sur les cerveaux de patients aphasiques, qui ont permis de cerner le « centre de la parole » auquel on a donné le nom du chirurgien, « l'aire de Broca ». Ce fut le point de départ de nouvelles découvertes sur d'autres zones impliquées dans le langage, comme l'aire de Wernicke pour la compréhension. Pour ma part, j'ai initialement choisi de me pencher sur la dyslexie. J'ai vite été confronté à des hypothèses contradictoires sur la cause de ce trouble. Les unes défendaient une origine purement phonologique de la dyslexie, impliquant donc un trouble spécifique de la parole. Les autres mettaient en cause de manière plus globale le rôle de la perception (auditive ou visuelle) et de la motricité. Une étude comparative des données existantes et les résultats de mes propres tests ont confirmé mon hypothèse de départ : les personnes souffrant de dyslexie présentent des profils cognitifs complexes avec un déficit phonologique prédominant. Cela n'empêche pas l'existence de sous-groupes plus ou moins impactés par d'autres troubles auditifs, visuels et moteurs associés mais secondaires, la co-morbidité étant importante. Et comme pour l'autisme, les facteurs biologiques sous-jacents, comme les facteurs environnementaux, sont multiples et varient d'un individu à l'autre. On ne peut donc pas évoquer une cause unique.

Les pathologies du langage pourraient-elles être le dénominateur commun à d'autres troubles des apprentissages ?

Cela n'a rien de systématique, car la dyspraxie ou la dyscalculie, par exemple, ont leurs mécanismes propres. Tout ne part pas d'un problème initial de langage, et à l'inverse, des difficultés de langage peuvent être secondaires à d'autres troubles cognitifs, comme l'autisme. Le niveau de langage peut également être affecté par des facteurs environnementaux, familiaux ou sociaux. Nous venons ainsi de reconfirmer le rôle du niveau d'études des parents, ainsi que de leurs revenus, sur le développement du langage. Toutefois, il est vrai que cette fonction cognitive est centrale et en impacte beaucoup d'autres. C'est ce que vient de nous révéler une récente étude sur le lien entre les troubles du langage et le trouble de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Nous sommes partis du constat d'une co-morbidité entre les deux. Celle-ci était déjà bien documentée mais nous voulions savoir s'il y avait un lien de causalité entre les deux, et si oui dans quel sens. Et c'est le trouble du langage à trois ans qui prédit le plus sûrement un TDAH apparaissant à cinq ou six ans, plutôt que l'inverse. L'analyse des tests montre bien que le langage fournit un moyen de réguler son comportement. Un enfant qui dispose de moindres capacités de compréhension de phrases, utiles pour raconter un événement et le digérer, ou pour intégrer des règles de vie, développe plus de problèmes de comportement.

Tout fonder sur des preuves scientifiques, c’est votre leitmotiv…

Je ne connais pas d'autre méthode pour parvenir à une connaissance fiable. Cette rigueur intellectuelle, à laquelle nous invitent utilement les sciences cognitives, est fondamentale à plus d'un titre. D'abord pour que notre compréhension du langage et du développement de l'enfant repose sur ces résultats solides, plutôt que sur de simples opinions ou sur des philosophies abstraites. Ensuite, pour pouvoir offrir aux enfants présentant des troubles, des stratégies de remédiation reposant sur une bonne compréhension des problèmes et ayant une efficacité éprouvée. Le respect de ces principes aurait d'ailleurs permis de gagner de nombreuses années pour une prise en charge adaptée de l'autisme, comme des autres troubles du développement, plutôt que de rester arc-boutés sur des croyances et des pratiques psychanalytiques sans fondement. La même rigueur devrait nous guider pour ne pas stigmatiser les surdoués dont la précocité n'est pas une maladie, ou pour garder la tête froide face à l'usage des écrans chez les enfants qui seraient selon certains responsables de tous les maux. Et bien sûr, elle doit nous faire avancer pour proposer une aide ciblée aux enfants touchés par un trouble du langage afin de limiter l'impact sur les apprentissages scolaires et l'acquisition de la lecture, en particulier pour les élèves dyslexiques. On sait, par exemple, que toutes les méthodes ne se valent pas. Celles qui s'appuient sur une conception erronée de l'origine de la dyslexie et proposent une rééducation sensorielle ou motrice, n'ont pas d'efficacité établie. Mais là aussi, les résistances sont importantes, même si elles sont moins idéologiques que pour les écrans ou l'autisme…

Ces résistances sont de quelle nature ?

Elles semblent être en partie institutionnelles. Alors que les mécanismes cognitifs impliqués dans la dyslexie sont bien connus depuis les années 70-80 dans la littérature scientifique internationale, il a fallu attendre le rapport de Jean-Charles Ringard en 2000 pour mettre en place un plan d'action pour les troubles du langage et des apprentissages à l'école. En 2007, une circulaire de l'Éducation nationale a aussi encouragé les recteurs d'académie à repérer les élèves présentant des difficultés de langage. De fait, de plus en plus d'enfants sont diagnostiqués et pris en charge, très souvent à l'extérieur par une orthophoniste, d'où l'explosion de la demande de consultation chez ces professionnels de santé. Tant mieux, mais il existe d'autres approches à des moments clé du parcours scolaire et dans le cadre de l'école, pour faciliter le passage au langage écrit et à la lecture. Cela peut se faire en petits groupes constitués d'enfants présentant les mêmes difficultés. Le programme de recherche-action « Paris Santé Réussite » (PSR), mené par la neuropédiatre Catherine Billard, a montré que les résultats positifs étaient au rendez-vous… à condition de mettre vraiment en place les mesures proposées dans les écoles, au tournant du CP et du CE1. C'est là, précisément, que le bât blesse au sein du corps enseignant, faute de temps, de disponibilité dans des classes surchargées, mais aussi de formation solide pour apprendre à mettre en œuvre les interventions pédagogiques qui ont prouvé leur efficacité. Or la formation est indigente dans bien des cas. Dommage, car il est possible d'aider la plupart des enfants en difficulté de lecture, en classe, sans préjuger d'aucun diagnostic et sans faire appel à des professionnels de santé.

Quels sont les enjeux de vos recherches actuelles sur le langage et ses troubles ?

Je poursuis les investigations sur la dyslexie pour comprendre en quoi le cerveau des personnes touchées est organisé différemment d'un point de vue anatomique, et en quoi il fonctionne différemment quand il est exposé à la parole. Nous étudions en particulier le fonctionnement des neurones situés dans le cortex auditif et leur manière spécifique de se synchroniser avec les différentes fréquences présentes dans la parole. Cela peut permettre de comprendre pourquoi l'accès à certaines unités de la parole est plus difficile pour les personnes dyslexiques. Finalement, nous en revenons toujours à chercher la part d'inné et la part d'acquis. Le bébé naît avec un bagage cognitif qui lui permet de repérer et d'acquérir les caractéristiques de sa langue et d'apprendre à parler. Mais quels sont les gènes impliqués, de quelle manière participent-ils à la mise en place de structures cérébrales qui permettent ces apprentissages, et de quelle manière ces processus développementaux dévient-ils chez certains enfants, conduisant à l'apparition de troubles du langage ou des apprentissages ? Et comment l'environnement interagit-il avec les facteurs biologiques, que ce soit au niveau de l'expression des gènes, de la construction du cerveau ou comme source des apprentissages ? Ce sont ces grandes questions qui guident toutes les recherches que nous menons.

Des différences de poids et de structures entre le cerveau des garçons et des filles sont bien connues et régulièrement étudiées : on compte un peu plus de matière blanche pour les premiers, qui ont en outre un cerveau légèrement plus volumineux à la naissance (entre 1 et 4 % si on le rapporte à la taille du corps) ; et un peu plus de matière grise pour les secondes. La cause et l'importance de ces particularités font encore débat, mais des différences ont aussi été observées en cas de dyslexie. C'est ce qu'a révélé une étude menée dans le cadre du projet de recherche Genedys sur les origines cognitives, cérébrales et génétiques des troubles développementaux du langage, comme le rapporte Franck Ramus dans une récente synthèse. 32 enfants dyslexiques et 32 enfants contrôles ont passé une IRM pour permettre l'observation de leur anatomie cérébrale. Surprise… L'épaisseur du cortex temporal des filles dyslexiques s'avère moins importante que chez les autres filles témoins, et cette différence n'a pas été observée chez les garçons. À l’inverse, les garçons dyslexiques présentent une asymétrie du planum temporale par rapport aux garçons contrôles, ce que l'on n'observe pas chez l'ensemble des filles. Des pistes pour mieux comprendre un jour les différences dans l'expression de la dyslexie qui touche plus les garçons ? Ces recherches permettent aussi de mieux analyser les différences neuroanatomiques générales entre dyslexiques et non dyslexiques, touchant par exemple les faisceaux de matière blanche, le volume de matière grise concernant une partie du thalamus gauche, ou la morphologie de certains sillons. Les techniques d'observation progressent, les chercheurs croisent leurs données. Et quelle interaction entre ces données et les paramètres environnementaux, le contexte socio-culturel et l'éducation, elle aussi genrée ? Bientôt, peut-être la clé de ce mystère…

Sophie Viguier-Vinson
Publicité
6 septembre 2017

Retracer les origines de l'autisme


Cette image illustre quelques-unes des connexions cérébrales d'un nourrisson de six mois au développement normal ayant participé à l'étude. Dans le cadre de cette dernière, des connexions entre toutes les régions du cerveau ont été créées, puis la force et la longueur combinées de ces connexions ont été mesurées afin de déterminer l'efficacité des réseaux dans chacune de ces régions.


Les origines de l'autisme demeurent un mystère. Quelles sont les régions du cerveau touchées par le désordre et à quel moment les premiers signes de cette dernière se manifestent-ils ? Les résultats d'une nouvelle étude publiée dans la revue Biological Psychiatry permettent maintenant aux scientifiques de mieux comprendre les mécanismes pathologiques de l'autisme et le moment où le désordre commence à prendre forme dans le cerveau humain. Forts de ces nouvelles connaissances, les spécialistes pourront intervenir plus rapidement et obtenir de meilleurs résultats chez les enfants autistes.

Les scientifiques ont eu recours à un type d'imagerie par résonance magnétique (IRM) appelé "IRM de diffusion" afin de mesurer la connectivité cérébrale chez 260 nourrissons à l'âge de 6 et de 12 mois. Ces enfants étaient exposés à un risque faible ou élevé d'autisme. En mesurant la longueur et la force des connexions entre diverses régions du cerveau, les chercheurs ont estimé l'efficacité des réseaux, paramètre qui permet de déterminer dans quelle mesure chaque région est connectée aux autres. Les résultats d'une étude précédente réalisée chez des enfants de 24 mois avaient permis de conclure que l'efficacité des réseaux chez les enfants autistes était plus faible dans les régions du cerveau intervenant dans le langage et d'autres comportements liés à l'autisme. La présente étude visait à déterminer la précocité de l'apparition de ces anomalies.

John Lewis, auteur principal de l'étude et chercheur à l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal de l'Université McGill et au Centre Ludmer en neuroinformatique et santé mentale, a découvert que des altérations de l'efficacité des réseaux existaient déjà chez des nourrissons de six mois chez qui un diagnostic d'autisme avait par la suite été posé. Ces altérations touchaient le cortex auditif. Il a également découvert que l'importance des altérations observées à six mois était corrélée à la gravité des symptômes autistiques à 24 mois. Lorsque les enfants vieillissaient, l'importance des altérations de l'efficacité observées dans les régions cérébrales responsables de la vision et du toucher ainsi que dans un plus grand nombre de régions intervenant dans l'audition et le langage était également corrélée à la gravité des symptômes.

Il est important de déceler les tout premiers signes de l'autisme, car le diagnostic peut alors être posé avant l'apparition des modifications du comportement, ce qui permet d'intervenir plus rapidement et d'accroître les chances d'obtenir de meilleurs résultats. Le fait d'avoir découvert que les dysfonctionnements neuronaux liés à l'autisme surviennent d'abord dans les régions du cerveau qui participent au traitement des informations sensorielles permet aux chercheurs de restreindre le nombre de facteurs et de mécanismes génétiques susceptibles de causer le désordre. La présence de signes neurologiques dès l'âge de six mois permet également d'exclure certains facteurs environnementaux des causes possibles de le désordre.

"Notre objectif était de déterminer le moment et l'endroit où les altérations de l'efficacité des réseaux cérébraux se manifestent en premier lieu", souligne John Lewis. "Les résultats que nous avons obtenus indiquent qu'il existe des anomalies dès l'âge de six mois dans le cerveau des nourrissons qui présenteront plus tard un trouble du spectre de l'autisme, et que ces anomalies précoces touchent les régions participant au traitement des informations sensorielles et non dans les régions intervenant dans les fonctions cognitives supérieures. Nous espérons que les résultats de notre étude permettront de mieux comprendre les mécanismes à l'origine du trouble du spectre de l'autisme et de mettre au point des interventions efficaces."

Ces travaux ont été réalisés dans la foulée de l'Infant Brain Imaging Study (IBIS), une initiative conjointe coordonnée par des chercheurs de l'Institut neurologique de Montréal et de quatre établissements cliniques situés aux États-Unis visant à réaliser une étude longitudinale reposant sur l'analyse de données comportementales et d'imagerie cérébrale obtenues chez des nourrissons exposés à un risque élevé d'autisme. Ces travaux ont été financés par une subvention des Instituts nationaux de la santé des États-Unis, par le Programme de recherche en neurodéveloppement de la Fondation Azrieli en partenariat avec l'Initiative de recherche regroupant plusieurs chercheurs de la Fondation Brain Canada ainsi que par des subventions d'Autism Speaks, de la Simons Foundation, de la Fondation canadienne pour l'innovation, du gouvernement du Québec, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies et de la Fondation Marcelle et Jean Coutu.

Source: Université McGill
5 septembre 2017

Autisme : où et quand se manifestent les premiers signes ? Des chercheurs trouvent la réponse

article publié dans Parents

31/08/2017

En étudiant de près le cerveau de nourrissons, des chercheurs ont voulu déterminer la précocité de l'apparition des premiers signes d'autisme au niveau du cerveau. Ils affirment qu'ils apparaissent d’abord dans les réseaux cérébraux intervenant dans le traitement des informations sensorielles.

Autisme : où et quand se manifestent les premiers signes ? Des chercheurs trouvent la réponse © iStock

L’autisme est un trouble neuro-développemental précoce qui dure toute la vie et pour lequel il n’existe pas, à l’heure actuelle, de médicament spécifique. Par ailleurs, si l’état des connaissances progresse continuellement, il ne permet pas encore de comprendre précisément toutes ses causes. Quelles sont les régions du cerveau touchées et à quel moment les premiers signes se manifestent-ils ? Des chercheurs de l'université McGill (Canada) ont voulu « retracer » les origines de l'autisme dans une étude, pour permettre aux scientifiques de mieux comprendre les mécanismes pathologiques de ce trouble, et le moment où il commence à prendre forme dans le cerveau humain.

Pour cela, ils ont eu recours à un type d’imagerie par résonance magnétique (IRM) appelé “IRM de diffusion” afin de mesurer la connectivité cérébrale chez 260 nourrissons à l’âge de 6 et de 12 mois, exposés à un risque faible ou élevé d’autisme. En mesurant la longueur et la force des connexions entre diverses régions du cerveau, ils ont estimé l’efficacité de ses “réseaux”. Un paramètre qui permet de déterminer dans quelle mesure chaque région est connectée aux autres. Les chercheurs ont mis en lumière que des altérations de l’efficacité des réseaux existaient déjà au niveau du cortex auditif chez des nourrissons de 6 mois, chez qui un diagnostic d’autisme a par la suite été posé.

Restreindre le nombre de facteurs de risque

Ils ont également découvert que l’importance des altérations observées à 6 mois était corrélée à la gravité des symptômes autistiques à 24 mois. Et plus les enfants grandissaient, plus des altérations observées dans les régions responsables de la vision, du toucher ainsi que celles intervenant dans l’audition et le langage, étaient également corrélées à la gravité des symptômes. Selon les chercheurs, le fait de découvrir que les dysfonctionnements neuronaux liés à l’autisme surviennent d’abord dans les régions du cerveau qui participent au traitement des informations sensorielles, permet aux scientifiques de restreindre le nombre de mécanismes génétiques susceptibles de causer ce trouble.

La présence de signes neurologiques dès l’âge de 6 mois permet également d’exclure certains facteurs environnementaux en tant que causes possibles de l'autisme. « Les résultats indiquent qu’il existe des anomalies dès l’âge de 6 mois dans le cerveau des nourrissons qui présenteront un trouble du spectre de l’autisme, et que ces anomalies précoces touchent les régions participant au traitement des informations sensorielles, et non dans celles intervenant dans les fonctions cognitives supérieures », expliquent-ils. Les chercheurs espèrent que leur étude permettra de mieux comprendre les mécanismes à l’origine du trouble du spectre de l’autisme, et de mettre au point des interventions efficaces.

Auteur : Alexandra Bresson

5 septembre 2017

Un gène lié aux lésions cérébrales du prématuré identifié

05/09/2017

Des chercheurs ont identifié un gène qui pourrait être associé aux lésions cérébrales qui peuvent être induites par une naissance prématurée.

Un gène lié aux lésions cérébrales du prématuré identifié © iStock

Lors de l'accouchement, un travail prématuré est associé à des phénomènes inflammatoires chez la maman et/ou le bébé. Cette inflammation peut provoquer des lésions cérébrales pouvant entraîner des séquelles à vie, de type paralysie cérébrale, autisme ou troubles comportementaux chez environ 30% des bébés prématurés, selon l'Inserm*. Une équipe de cet institut, associée à plusieurs équipes internationales**, a publié une étude sur le rôle des cellules microgliales, qui contrôlent la réponse immunitaire dans le cerveau, en réponse à cette inflammation.

Les chercheurs ont montré l’expression d’un gène, connu sous le nom de DLG4, dans ces cellules qui contrôlent le processus inflammatoire. Leur étude parue dans la revue scientifique Nature Communications explique que le gène DLG4 se trouve sous différentes formes chez tous les êtres humains. Auparavant, les chercheurs pensaient qu’il ne jouait un rôle que dans le fonctionnement des neurones. Cette nouvelle découverte suggère qu'il est également impliqué dans le processus de lésions cérébrales de certains bébés prématurés .

Une piste contre plusieurs maladies

Cela peut ouvrir des perspectives originales pour la recherche de traitements plus efficaces de ces lésions. Pour en venir à cette conclusion, les chercheurs ont mené une expérience qui utilisait à la fois des modèles d'inflammation chez la souris, et une analyse génomique de plus de 500 examens cérébraux de nouveau-nés prématurés. Ils ont ainsi identifié des différences dans la façon dont DLG4 est exprimé dans la microglie des souris, un ensemble de cellules dispersées dans le système nerveux, et montré une association entre ce gène et les anomalies cérébrales des prématurés.

« Nous avons montré que DLG4 est exprimé différemment lorsque le cerveau a été endommagé par une inflammation », affirme Pierre Gressens, l'un des auteurs de l'étude. "En développant ce travail, nous espérons offrir une nouvelle voie pour étudier et comprendre comment cette inflammation et les dommages cérébraux ultérieurs sont causés, afin que les scientifiques puissent travailler à des traitements plus efficaces pour des maladies telles que l'autisme et la paralysie cérébrale, en arrêtant ou même en empêchant l’inflammation associée à la naissance prématurée. »

*Institut national de la santé et de la recherche médicale.

**Des chercheurs de l’Inserm, de l'Université Paris Diderot, du King’s College London, et de Duke-NUS Medical School à Singapour.

Auteur : Alexandra Bresson

4 septembre 2017

Congrès Autisme France 2017 - samedi 9 décembre 2017 - Palais des Congrès de Paris

information publié sur le site d'Autisme France

Palais des Congrès de Paris
Amphithéâtre Bleu (800 places)


Samedi 9 décembre 2017

 

Une société Inclusive,

C'est aussi pour les personnes avec autisme 

 

 

Le plan autisme 4 devrait mettre en avant l’école et la société inclusives pour les personnes autistes.

A l’heure où le commissaire européen aux Droits de l’Homme pointe les retards dans la désinstitutionnalisation des personnes handicapées, il serait souhaitable que la France donne l’exemple pour une fois.

Aussi avons-nous privilégié des expériences de scolarisation et de logement ou travail en milieu ordinaire qui sont des réussites à généraliser.

Nous avons souhaité aussi donner un éclairage scientifique à notre congrès avec un point sur les recherches en génétique et deux interventions sur les particularités motrices des personnes autistes, qu’il convient de traduire en activités physiques et sportives adaptées.

Les recommandations pour les adultes sont en cours de finalisation : une difficulté récurrente c’est l’identification des comportements-problèmes et surtout de la prévention à mettre en œuvre, surtout pour les troubles somatiques, rarement identifiés et soignés.

Merci aux deux personnes Asperger qui nous apporteront leur éclairage spécifique sur cette partie de la population autiste, pas mieux traitée que les autres.

 

 

 

► Programme détaillé du Congrès

 

 

 

Inscription
 

Paiement en ligne sécurisé, par CB 

 

► Paiement par chèque ou virement : Bulletin à télécharger, à nous retourner accompagné de son règlement à :

Autisme France

1175 avenue de la République - 06550 LA ROQUETTE-SUR-SIAGNE

 

 


Plans d'accès et visuel
  

Amphithéâtre Bleu
Palais des Congrès de Paris
Plan d'accès automobile
au Palais des Congrès de Paris


  Plan d'accès piéton

METRO
Ligne 1, station Porte Maillot - Palais des Congrès
 

RER

RER C, station Neuilly, Sortie Porte Maillot - Palais des Congrès
 

Consulter le plan interactif du réseau francilien de métro et RER.
 

BUS :
Lignes 43, 73, 82, 244, PC 1, PC 2 et PC 3, arrêt Porte Maillot.
Consulter le plan interactif du réseau francilien de bus.

 

Depuis les AEROPORTS FRANCILIENS :
Orly :

Navette Air France (toutes les 20 minutes), jusqu’à l’arrêt Etoile, puis aller à la station de métro Charles de Gaulle-Etoile, prendre la ligne 1, direction La Défense, et descendre à Porte Maillot.
Roissy - Charles de Gaulle :

Navette Air France (toutes les 20 minutes), jusqu’à l’arrêt Porte Maillot.

2 septembre 2017

Les Molières : la Ferme de la Lendemaine, un lieu d’accueil pour autistes unique en France

article publié dans Le Parisien

Elia Dahan|27 août 2017, 16h00|0



Les Molières, jeudi 17 août. Claire et Denis Chastenet ont créé la Ferme de la Lendemaine, un projet qui réunit un centre d’accueil pour adultes autistes, une ferme agricole et artisanale et nombre de projets scientifiques et naturels. (LP/ED)
Elia Dahan

La ferme de la Lendemaine accueille 24 adultes autistes à qui elle permet d’apprendre le jardinage, le maraîchage ou l’entretien des animaux. Un dispositif unique en France.

Derrière sa brouette, Tania avance en chantant dans les allées de la ferme de la Lendemaine. Elle accompagne Eric, horticulteur, et réceptionne les quelques mauvaises herbes qu’Oumou est en train de déterrer. A leurs côtés, une accompagnatrice, gouge en main, doit régulièrement leur venir en aide. Car Tania et Oumou sont toutes deux autistes.

Les deux jeunes femmes, à l’image des 22 autres résidents de la Ferme de la Lendemaine, aux Molières, sont atteintes de Troubles envahissants du développement (TSA). Le foyer d’accueil médicalisé, porté par l’association Sauge (Solidarité autisme gestion) a ouvert ses portes en 2013. Posé au milieu des champs, l’établissement - composé d’un bâtiment principal et de trois maisonnées dans lesquelles vivent les 24 adultes - est unique en son genre dans l’Hexagone.

Maladie, nature et recherche

Ici, contrairement à un centre médical classique pour adultes autistes, l’objectif est de permettre aux résidents d’accéder à un métier et évoluer dans la vie comme n’importe quelle personne. Le fruit d’années de travail pour Claire et Denis Chastenet, créateurs du lieu et parents de Lucie, 41 ans, atteinte d’autisme. « Notre fille a subi de nombreuses maltraitances et a été défenestrée dans une institution spécialisée, relate sa mère. Nous étions démunis face à cette situation et avons donc créé l’association Sauge en 2008, puis déposé notre projet de centre l’année suivante. »

 

La ferme a pu ouvrir ses portes en 2013 et accueillir ses résidents venus d’Essonne et de Paris, grâce à un partenariat des deux départements pour financer le centre. L’établissement se base sur trois piliers : maladie, nature et recherche. « Nous sommes à 10 km des plus grands centres de recherches sur le cerveau, tel que Neurospin (NDLR : à Gif-sur-Yvette), rappelle Denis Chastenet. Les résidents sont accompagnés, chaque jour, par une équipe d’une cinquantaine de professionnels et nous souhaitons coordonner ce travail avec des chercheurs. » Ce foyer d’accueil pourrait être alors un pilote dans la recherche et la compréhension de l’autisme.

La Lendemaine va bientôt vendre ses légumes bio

A quelques pas du foyer d’accueil médicalisé de la Lendemaine, un nouveau projet est en train de prendre forme. Une serre vient de sortir de terre et un potager bio a été mis en place il y a quelques semaines. « Nous avons comme projet de faire du maraîchage, indique Denis Chastenet, fondateur de La Lendemaine. Nous aimerions réussir à avoir une véritable production d’ici trois ans. »

Denis Chastenet va donc accueillir dès le mois de septembre deux jeunes hommes en BTS maraîchage, qui devront cultiver les 600 m2 de potager, entretenir la serre, et développer la production. « Nous leur laissons le terrain et à eux, ensuite, de s’autofinancer. » Pour cela, les deux agriculteurs pourront également compter sur le coup de main des 24 résidents du foyer d’accueil médicalisé qui ont déjà commencé à apprendre les bases du maraîchage.

  leparisien.fr
2 septembre 2017

Une étude la VUB jette un nouvel éclairage sur le rôle du cervelet

article publié sur LE VIF.be

01/09/17 à 14:11 - Mise à jour à 14:11

Source: Belga

Une étude dirigée par les Professeurs en neurosciences sociales Frank Van Overwalle et Peter Mariën jette un nouvel éclairage sur le fonctionnement du cervelet.

 

Une étude la VUB jette un nouvel éclairage sur le rôle du cervelet

© istockphoto

On savait jusqu'ici que le cervelet jouait un rôle important en tant que centre de commande des capacités motrices mais il apparaît qu'il a aussi une fonction cognitive plus développée que prévu. Il est clair à présent que le cervelet remplit aussi une fonction sociale.

Dans le cadre de cette étude, 11 patients atteints de maladies dégénératives du cervelet ont été soumis à une observation longue et minutieuse, en comparaison avec un groupe de contrôle de sujets sains. Ce sont surtout les fonctions sociales qui ont été testées.

"Nous pouvons à présent dire que le réseau de connections nerveuses entre le cerveau et le cervelet sont bien plus développées que ce qu'on pensait et que le cervelet joue un rôle jusque là sous-estimé dans la manière dont nous nous faisons une image sociale des autres", selon le Pr Van Overwalle.

Le cervelet fait en sorte que nous ayons à disposition des stratégies quasiment totalement automatiques qui nous permettent de réagir au comportement des autres. Ces nouvelles données pourraient s'avérer utiles dans la recherche des causes de l'autisme.

1 septembre 2017

Des images exceptionnelles des fibres nerveuses du cerveau

Des chercheurs de l'université de Cardiff ont établi la cartographie 3D la plus précise jamais réalisée des axones dans le cerveau humain, ces fibres nerveuses qui prolongent les neurones et les connectent entre eux. 

Cerveau : cartographie 3D des axones

L'image la plus détaillée jamais réalisée des axones du cerveau humain a été réalisée par des chercheurs de l'université de Cardiff (Royaume-Uni).

Cardiff University Brain Research Imaging Centre, Cardiff, UK

IMAGERIE CÉRÉBRALE. Les images sont fascinantes. Elles dévoilent l'ensemble des fibres nerveuses par lesquelles transitent les signaux électriques dans le cerveau : les axones. C'est par ces circuits que passent toutes les informations. La cartographie 3D réalisée par les chercheurs du Centre de recherche en imagerie cérébrale de l'université de Cardiff (Royaume-Uni) est la plus détaillée jamais produite jusqu'à présent. Un axone est en fait le prolongement du neurone. Il dispose de plusieurs terminaisons nerveuses qui le connectent à plusieurs autre neurones. C'est donc la cheville ouvrière de ce qu'on appelle les réseaux de neurones. 

Pour obtenir ces images d'une précision inégalées, neuroscientifiques et ingénieurs ont utilisé l'un des plus puissants appareils d'imagerie par résonance magnétique (IRM) au monde — après celui dont vient se doter la France. Puis ont établi la densité et l'orientation de chacune de ces fibres nerveuses à l'aide de modèles mathématiques. Enfin, pour rendre le tout visuel, ils ont employé une technique bien connue au cinéma : le rendu cinématographique, qui permet — notamment — créer de l'herbe ou de la fourrure réaliste. Pour mieux lire cette visualisation, notons enfin que les couleurs choisies correspondent au sens dans lequel transitent les influx nerveux. D'arrière en avant (vert), de gauche à droite (rouge) et de haut en bas (bleu).

31 août 2017

Les fausses nouvelles ciblent les parents d’autistes

Mercredi 30 août 2017

La capacité des réseaux sociaux à enfermer les gens dans des « bulles de filtres » et des « chambres d’échos » — où ils n’entendent plus que ceux qui pensent comme eux — ne concerne pas seulement la politique. Les parents d’enfants autistes commencent eux aussi à être ciblés.

Une enquête du magazine BuzzFeed révèle en effet que ces parents sont la cible d’un flot de fausses nouvelles — ou plus exactement, de nouvelles sur de faux traitements. Selon cette analyse, plus de la moitié (28 sur 50) des nouvelles soi-disant scientifiques les plus partagées sur l’autisme dans les cinq dernières années, faisaient la promotion de traitements bidon ou de prétendues causes.

« Le ciblage des parents dont des enfants ont été récemment diagnostiqués est très insistant », explique au magazine une mère et militante des droits des autistes, Sarah-Jayne Garner. « La première chose que n’importe qui va vous dire, c’est « mettez-les sur un régime sans gluten ». Ce n’est appuyé sur aucune sorte de science sérieuse, mais les parents qui sont novices devant l’autisme n’ont pas les outils et les connaissances pour évaluer ce qui leur est présenté. »

Qu’il existe des centaines de sites affirmant que les vaccins causent l’autisme n’étonnera pas quiconque a déjà fait une recherche Google sur le sujet. Mais que parmi les nouvelles les plus partagées se trouvent autant d’informations fausses ou trompeuses a de quoi décourager le meilleur des vulgarisateurs. En tête de liste (et en anglais) :

  • « Les tribunaux confirment que le vaccin RRO cause l’autisme » (c’est faux )
  • « Des chercheurs du MIT déclarent que l’herbicide glyphosate rendra la moitié des enfants autistes d’ici 2025 » (c’est faux )

En tout, sur le « Top 50 » de ces cinq années (d’août 2012 à août 2017), les « nouvelles » qui n’étaient appuyées sur aucune donnée probante ont été partagées 6,3 millions de fois, contre 4,5 millions pour les autres. À elle seule, celle sur les tribunaux a décroché la première place… et la cinquième, puisqu’elle a été abondamment partagée après sa publication sur un second site.

Le fait qu’elles soient aussi souvent partagées n’est pas uniquement le résultat de l’addition de milliers de petites mains devant leurs claviers. Des groupes Facebook bien organisés, dont certains font la promotion de livres ou de « traitements », contribuent à rendre virales ces « informations » — suivant les mêmes mécanismes qui ont permis de rendre virales des nouvelles pro-Trump l’an dernier.

Au moins un site web y contribue généreusement, Natural News, fourre-tout de nouvelles pseudo-scientifiques en santé.

Et en bout de ligne, souligne le journaliste de BuzzFeed, Tom Chivers, ceci nous ramène toujours aux algorithmes.

Les discussions autour de l’autisme peuvent être vues comme un exemple de la bulle de filtres en ligne, où les algorithmes et les contenus partagés par des gens bien intentionnés ont pour conséquence que beaucoup d’entre nous ne verront sans le savoir que des choses qui renforcent nos croyances, nous entraînant tous vers une vision polarisée du monde.

La croissance des réseaux sociaux a facilité la formation de ces bulles ces dernières années. Mais pour les parents d’enfants autistes, tout cela a commencé beaucoup plus tôt… Des parents partageaient des informations par courriel et par des babillards, spécialement une série de sites sur les groupes Yahoo Health qui s’étaient multipliés à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Le vent tourne toutefois dans l’autre direction : après des décennies passées à traiter l’autisme comme une maladie mentale, la prise de conscience qu’un autiste peut être fonctionnel gagne du terrain, et de plus en plus de parents refusent qu’on attribue à l’autisme le statut d’une « maladie », ce qui complique la tâche des mouvements anti-vaccins qui prétendent posséder un traitement-miracle.

29 août 2017

Une corrélation trouvée entre les ventes d’aliments bio et l’autisme (et ce que ça veut dire)

En bref:

  • Il existe une corrélation entre les ventes de nourriture bio et les cas d’autisme diagnostiqués.

  • Bien sûr, les aliments bio ne causent pas l’autisme.

  • C’est un bel exemple de qui illustre bien pourquoi il faut faire attention à ce genre de raisonnement.

ATTENTION: TOUT CE QUI EST EN ITALIQUE EST À LIRE AU SECOND DEGRÉ!

Je me suis toujours méfié des aliments bio. Pourquoi cette industrie vient-elle chambouler notre système agroalimentaire? Pourquoi essaie-t-elle de changer les pratiques de l’agriculture que nous avons mise en place il y a plus d’un siècle?

Et encore plus important selon moi: Est-ce que les aliments bio sont sécuritaires?

Eh bien, en me promenant sur internet hier, j’ai trouvé la réponse: NON. Vous ne me croyez pas? Regardez ce graphique:

bio autisme

Dans ce graphique (produit par l’utilisateur Jasonp55 sur Reddit avec de véritables données), on peut voir en rouge l’évolution des ventes de produits bio depuis 1998; en bleu, celle du nombre de diagnostics d’autisme sur la même période. IL Y A UNE CORRÉLATION DIRECTE!

La science ne ment pas: plus nos enfants mangent de produits bio, plus les cas d’autisme explosent. Il n’y a qu’un constat à émettre: les aliments bio causent l’autisme. C’est clair et net.

Je n’ai jamais été convaincu que l’agriculture bio est sécuritaire pour les humains. Après tout, l’agriculture bio est une industrie massive, avec des ventes de 43,3 G$ en 2015 aux États-Unis seulement. C’est une machine à imprimer de l’argent. Croyez-vous vraiment qu’elle a votre bien-être et le bien-être de vos enfants à cœur?

Nous voulons des réponses! Dans sa tour d’ivoire, l’industrie bio nous cache la vérité, et tout ça pour faire de l’argent en mettant nos enfants en danger!

PARTAGEZ CET ARTICLE EN GRAND NOMBRE!

La leçon à en tirer

Vous voyez très bien que ce raisonnement n’a aucun bon sens. Bien sûr que les aliments bio ne causent pas l’autisme. Mais quand on prend des données sans contexte, on peut faire de beaux petits graphiques qui font peur.

C’est d’ailleurs ce que fait le mouvement anti-vaccin depuis des années, en faisant circuler des graphiques comme celui-ci, qui montrent supposément une évolution entre le nombre de diagnostics d’autisme et le nombre de vaccins:

ImmunizationGraph

Une corrélation claire comme celle-ci peut en effet faire peur, mais il faut savoir faire la différence entre la corrélation et la causation. Une corrélation, c’est quand deux variables semblent évoluer de la même façon, ou du moins donnent l’impression qu’une affecte l’autre. La causation, c’est quand il y a un lien clair, scientifiquement établi (dans des études), entre ces deux variables.

Dans le cas des vaccins et de l’autisme (et dans celui de la nourriture bio et de l’autisme), il y a une corrélation, mais aucun lien n’a été établi. Les deux variables donnent l’impression d’être liées, mais ça peut être dû à de nombreux facteurs. Par exemple, les taux de diagnostic de l’autisme ont augmenté ces dernières années à mesure que les pratiques pour déceler l’autisme ont évolué. Par coïncidence, la nourriture bio est devenue à la mode sur la même période. Cela ne veut pas dire que l’un cause l’autre.

On peut trouver des corrélations farfelues un peu partout. Le génial site Spurious correlations (corrélations douteuses) en a fait sa spécialité. Grâce au site, on apprend que:

Les dépenses en science aux États-Unis causent les suicides par pendaison:

chart

Le nombre de films de l’acteur Nicolas Cage cause des décès par noyade dans les piscines:

chart(1)

La consommation de margarine aux États-Unis affecte le nombre de divorces dans l’État du Maine:

chart(2)

Et ainsi de suite.

Des corrélations, il y en a partout. Ça ne veut pas dire qu’il y a un vrai lien. Laissons donc la science aux scientifiques.

Gardez cela en tête lorsqu’un de vos amis Facebook anti-vaccins publie un «graphique inquiétant».

28 août 2017

Appel à projet de recherche Autisme - année 2017

26 août 2017

A quoi sert le Plan Autisme 4 (partie 2) ?

20 août 2017

Le Ritaline danger pour la santé

article publié dans Topsanté

Ce célèbre médicament pour enfant causerait de graves dommages au cerveau

Le Ritaline®, un médicament à base de méthylphénidate prescrit contre les troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant et l’adolescent, a attiré l’attention des experts de la revue médicale indépendante Prescrire pour les mauvaises raisons.

 Selon eux, cet amphétaminique psychostimulant possède une efficacité modeste sur les symptômes, la qualité de vie et le comportement scolaire tout en exposant le jeune à des effets indésirables graves.

Par exemple, le médicament peut entraîner de l’agitation, un état de nervosité, de l’anxiété, des étourdissements, des modifications de l’humeur, des pensées suicidaires, des hallucinations ou encore des paralysies.

Prescrire suggère plutôt la thérapie comportementale pour gérer l’hyperactivité. Cette méthode a prouvé son efficacité pour réduire les symptômes. Les experts de la revue estiment que le Ritaline® devrait constituer une dernière option.

Source news-medical.net

18 août 2017

Une revue systématique de la qualité de vie des adultes sur le "spectre de l'autisme"

article publié sur le blog Autisme Information Science

18 août 2017

Aperçu: G.M.
Le " trouble du spectre de l'autisme" est associé à des conditions coexistantes qui peuvent nuire à la qualité de vie d'un individu. Aucune étude systématique de la qualité de vie des adultes sur le spectre de l'autisme n'a été menée.  
Les objectifs des chercheurs étaient les suivants: 
  1. examiner les preuves concernant la qualité de vie des adultes sur le spectre autistique; 
  2. évaluer de manière critique la pratique actuelle dans l'évaluation de la qualité de vie des adultes sur le spectre de l'autisme. 
Sur un total de 827 études identifiées; 14 ont été incluses.
Une seule mesure de qualité de vie conçue pour être utilisée avec la population générale du spectre autistique a été identifiée.  
La qualité de vie des adultes sur le spectre de l'autisme est inférieure à celle des adultes au développement typique, lorsqu'elle est mesurée avec des outils conçus pour la population générale.
Il n'existe pas d'outils de mesure de qualité de vie spécifiques au "trouble du spectre de l'autisme" validés pour être utilisés avec des échantillons représentatifs d'adultes sur le spectre de l'autisme.
Il est urgent de développer des mesures robustes de la qualité de vie des adultes autistes.
 
Autism. 2017 Aug 1:1362361317714988. doi: 10.1177/1362361317714988.

A systematic review of quality of life of adults on the autism spectrum

Author information

1
Newcastle University, UK.

Abstract

Autism spectrum disorder is associated with co-existing conditions that may adversely affect an individual's quality of life. No systematic review of quality of life of adults on the autism spectrum has been conducted. Our objectives were as follows: (1) review the evidence about quality of life for adults on the autism spectrum; (2) critically appraise current practice in assessing quality of life of adults on the autism spectrum. We searched bibliographic databases and other literature to identify studies using a direct measure of quality of life of adults on the autism spectrum. Hand searching of reference lists, citation searching and personal communication with field experts were also undertaken. In total, 827 studies were identified; 14 were included. Only one quality of life measure designed for use with the general autism spectrum population was identified. Quality of life of adults on the autism spectrum is lower than that of typically developing adults, when measured with tools designed for the general population. There are no comprehensive autism spectrum disorder-specific quality of life measurement tools validated for use with representative samples of adults on the autism spectrum. There is a pressing need to develop robust measures of quality of life of autistic adults.
 
PMID:28805071
DOI:10.1177/1362361317714988

16 août 2017

Autisme : le point avec la Pr Catherine Barthélémy

article publié sur essentiel santé magazine

Autisme : le point avec la Pr Catherine Barthélémy

Alors que le 4e plan autisme est à l’étude, Catherine Barthélémy, professeur émérite à la faculté de médecine de Tours, spécialiste de l’autisme, revient sur les causes, les signes et les recherches sur cette maladie.

Plusieurs pistes expliquent l’origine de l’autisme. Que sait-on vraiment aujourd’hui ?

La cause de l’autisme, on ne la connaît pas. Mais on comprend de plus en plus cette maladie. Les personnes qui en souffrent ont des difficultés à établir une relation sociale et à s’adapter aux changements. Ce n’est pas un problème psychologique. C’est un trouble, qui se situe dans le cerveau, lié probablement à un problème de connexions.

La piste génétique a été longtemps prioritaire. Le deuxième axe est neurophysiologique. Et le troisième environnemental. Il est aujourd’hui à l’étude. Le cerveau est toujours en interface avec l’extérieur, les produits que l’on respire ou que l’on avale ont peut-être un lien avec ce trouble ?

Quels sont les premiers signes de l’autisme ?

Dans les deux tiers des cas, ce sont les parents qui se rendent compte, entre 6 et 12 mois, que leur bébé semble dans son monde, que son regard est ailleurs, qu’il n’est pas sensible à la voix et qu’il est moins réactif qu’un autre enfant aux messages de ses parents. Les parents sont alors souvent déroutés. Donc un conseil : dès que l’on a des doutes, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin généraliste ou à son pédiatre. Plus le diagnostic est posé tôt, mieux c’est. Même s’il faut être très prudent avant de prononcer un diagnostic car les enfants n’évoluent pas tous à la même vitesse.

Comment les enfants sont-ils pris en charge ?

Un suivi régulier est nécessaire par des équipes de pédiatrie spécialisée en pédopsychiatrie. Une prise en charge précoce et pluridisciplinaire (psychomotricien, orthophoniste…) est conseillée afin d’aider l’enfant à développer son langage, à communiquer, à gérer ses émotions. De nombreux progrès ont été réalisés. Il y a 25 ans, les deux tiers des enfants avec autisme n’accédaient pas au langage, aujourd’hui les proportions se sont inversées.

Que pensez-vous des unités d’enseignement pour enfants autistes ?

L’idée est excellente. On crée des petites unités à l’intérieur d’une école ordinaire. L’enfant fait comme ses frères et sœurs et comme ses camarades. C’est un projet d’école, l’enfant peut jouer dans la cour de récréation. Il peut également aller quelques heures en inclusion dans les autres classes. Mais il n’y a pas assez d’unités, il faut réfléchir pour conforter ce système. Avec un projet tout au long de l’enfance, pas uniquement jusqu’à 6 ans, que ce soit dans les ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire), en intégration en classe ordinaire, dans les IME (institut médico-éducatif). Il faut adapter le projet éducatif à l’enfant et non pas l’inverse.

Cécile FratelliniCrédit photo : MariaDubova/Istockphotos

mis en ligne le : 15/08/2017

16 août 2017

Et si l’intelligence artificielle était la réponse à la plus grande injustice en santé mentale?

article publié sur le Huffington Post

Il reste encore plein de mystères sur l’autisme, mais une chose est sûre : on peut aider les personnes autistes et leurs familles.

15/08/2017 09:00 EDT | Actualisé il y a 5 heures
Jirsak via Getty Images


Cette injustice est tellement importante que l’UNESCO a déterminé que l’information sur la santé fait partie des droits de l’homme.

Cela fait déjà longtemps qu'on prévoit que l'intelligence artificielle (IA) va révolutionner le domaine de la santé mentale. On sait qu'elle va nous aider à mieux détecter les difficultés de santé mentale des personnes, qu'elle va nous aider à offrir de meilleurs services. Mais aujourd'hui, je vais vous parler d'une autre révolution qu'elle entrainera et dont vous n'avez jamais entendu parler : L'IA va résoudre l'une des plus grandes injustices du domaine psychosocial !

Quelle est cette injustice ? Comment l'IA va nous aider ? On va y réfléchir ensemble en prenant un exemple : l'autisme.

Il reste encore plein de mystères sur l'autisme, mais une chose est sûre : on peut aider les personnes autistes et leurs familles.

L'autisme est un trouble neurodéveloppemental qui touche plus de 1% de la population. Il se manifeste principalement par des difficultés importantes dans la communication et les interactions sociales ainsi que par la présence de comportement, d'activité et d'intérêt restreint. Il reste encore plein de mystères sur l'autisme, mais une chose est sûre : on peut aider les personnes autistes et leurs familles. Mais on ne peut les aider qu'à une condition : qu'ils reçoivent des services efficaces et adaptés.

Selon vous, qu'est-ce qui fait que certains enfants autistes vont avoir accès à d'excellents services qui vont leur permettre d'aller mieux alors que d'autres vont se retrouver à suivre des soins totalement inefficaces, qui risquent même d'empirer la situation ?

Les services disponibles ? L'argent des parents ? Le pays de naissance ? Ce sont tous des facteurs importants, mais ils ne suffisent pas !

Prenons le cas de cet enfant autiste de 5 ans mort à la suite de l'administration d'une thérapie inutile (1 , 2 *) et inacceptable en autisme : la chélation. Ou prenons le cas de nombreux enfants autistes qui suivent une thérapie psychanalytique. Une thérapie qui non seulement a été démontrée depuis longtemps comme inefficace (ex : 3, 4), mais qui en plus ose souvent accuser les parents d'avoir causé l'autisme de leur enfant (exemple).

Ces tragédies ont eu lieu dans des pays avec beaucoup de ressources, les parents avaient de l'argent (ces thérapies sont extrêmement dispendieuses), des services de qualité existaient. Alors pourquoi cet enfant est mort et pourquoi des parents ont dû vivre le traumatisme de se croire coupables de la souffrance de leur enfant ?

On prend tous nos décisions en fonction de l'information que l'on a et si on nous prive de cette information on ne PEUT pas prendre une décision optimale.

La réponse la plus facile est de mettre la faute sur les parents : « Ils ne se sont pas bien informés », « ils sont trop crédules », etc. Je trouve ça inadmissible ! Je n'ai aucun doute que ces parents ont fait le mieux pour prendre les meilleures décisions possible. Je ne remets en doute ni leur intelligence, ni leur engagement, ni leur volonté d'aider leurs enfants, ni leur habileté. NON. Je pense qu'ils sont victimes d'une injustice majeure : en tant que société on ne leur a pas donné les informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées. On prend tous nos décisions en fonction de l'information que l'on a et si on nous prive de cette information on ne PEUT pas prendre une décision optimale.

C'est toujours cette injustice qui pousse les gens à faire confiance à des thérapies non démontrées ou dangereuses que ce soit la chélation, la psychanalyse, la communication facilitée, le packing, la holding thérapie, la sécrétine, etc.

Pour moi, ne pas donner à une personne accès aux meilleures informations sur des traitements revient à la laisser vulnérable à des thérapies dangereuses. On manque, en tant que société, à notre mission la plus basique : protéger les personnes les plus vulnérables.

Cette injustice est tellement importante que l'UNESCO a déterminé que l'information sur la santé fait partie des droits de l'homme.

Cette injustice est tellement importante que l'UNESCO a déterminé que l'information sur la santé fait partie des droits de l'homme. Pour être précis, il y est inscrit : « Tous les citoyens ont un droit d'accès à l'information qui concerne leur santé et la santé des membres de leur famille et de leur communauté. Il importe tout particulièrement d'insister sur la nécessaire protection des mères et des enfants inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, sur le droit des enfants d'accéder à l'information relative à leur santé inscrite dans la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant (article 26) et sur le droit de tout un chacun à une information suffisante pour pouvoir consentir en connaissance de cause à un traitement. »

Personnellement, je crois profondément à ce droit et je me bats pour lui. Je trouve inacceptable qu'aujourd'hui des gens souffrent et meurent simplement parce qu'on ne leur a pas donné accès à de l'information. L'information scientifique est un bien commun et elle doit être rendue accessible à tous !

Pourtant on est loin d'atteindre cet objectif. Et pas seulement dans le domaine de l'autisme. On a peu de chiffres à ce sujet, mais il semble qu'aujourd'hui seuls 14% de la recherche est utilisée et cela prend près de 17 ans pour qu'une recherche soit mise en application (5). Imaginez... 86% de notre recherche n'est pas utilisée... une recherche qui pourrait vous aider... que vous avez payé avec vos impôts. VOUS n'y avez pas accès !

Mais pourquoi une aussi faible circulation de l'information ? Il y a bien sûr des centaines de facteurs responsables, mais il y a déjà un facteur capital : on n'a pas la capacité de gérer la quantité de recherche scientifique et d'informations produites.

On estime plus de 3000 articles par jour en psychologie, encore beaucoup plus en médecine ! Comment voulez-vous pouvoir rester à jour ? De plus, certains auteurs estiment qu'en 2020 la quantité d'informations doublera tous les 73 jours (6). On ne sait pas comment trier, analyser, synthétiser une aussi grosse masse d'informations et on ne pourra jamais donner une information de qualité à tous sans régler ce problème.

Et c'est là que l'intelligence artificielle (I.A) peut jouer un rôle capital ! L'I.A est une experte pour traiter et analyser de grandes quantités d'informations. Elle peut donc scanner les recherches et ainsi vous donner accès instantanément à toutes les informations qui vous seront utiles pour prendre des décisions éclairées !

Le but est que chaque personne puisse venir sur l'application web, expliquer sa situation à l'I.A, poser une question et obtenir une réponse personnalisée et à jour !

Je sais que ça parait être de la science-fiction pourtant le premier prototype en autisme est en train d'être développé à Montréal : Myelin. Le but est que chaque personne puisse venir sur l'application web, expliquer sa situation à l'I.A, poser une question et obtenir une réponse personnalisée et à jour ! Si nous réussissons notre pari : tout le monde aura accès aux meilleures informations sur l'autisme et qu'enfin l'injustice du manque d'information soit une histoire du passé.

Une belle mission non ? Pour en savoir plus, regardez la vidéo de ma conférence de TEDx Laval où je parle un peu plus de cette situation : L'intelligence artificielle au service de la santé mentale.

* Les liens dans le texte vous renverront vers des vidéos, des pages d'associations ou des journaux. Les chiffres entre parenthèses vous renverront vers des articles scientifiques.

Publicité
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Visiteurs
Depuis la création 2 429 175
Newsletter
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Archives
Publicité