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"Au bonheur d'Elise"
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scolarisation
2 juillet 2015

Bar-le-Duc : un jeune autiste suit la classe aux côtés d'une accompagnatrice passionnée

photo est républicain

À LA MATERNELLE Bugnon-Rostand, c’est Guillaume, un petit garçon de 6 ans, qui bénéficie du soutien d’une AESH. À l’heure de la récréation, entouré de ses camarades, rien ne laisse supposer que cet adorable bout de chou souffre de troubles autistiques.

Mais, de retour en classe, cet élève de grande section est accompagné par Gaëlle Sirguey. Une maman de deux enfants qui s’investit avec bonheur dans son rôle d’accompagnatrice depuis six ans. « Je m’occupe de Guillaume depuis la rentrée », confie dans une voix douce, celle qui, en plus de sa formation initiale, continue à suivre des cours sur l’autisme.

Un regard tendre vers Guillaume, l’AESH, confie : « Il faut le solliciter tout le temps : quand il veut un objet et qu’il montre du doigt, il sait qu’il n’obtiendra ce qu’il veut à condition de parler. Mais, bien évidemment, tout ceci se fait en douceur et en plusieurs étapes ». Une explication qui génère chez l’élève une étincelle dans ses beaux yeux marron. Et un petit sourire complice avec Gaëlle Sirguey.

« Ma mission consiste à amener Guillaume vers l’autonomie et la socialisation. Aussi bien avec les enfants qu’avec les adultes. Toujours en concertation avec le directeur. Le milieu scolaire permet à Guillaume d’intégrer les acquisitions de base, comme l’accomplissement des gestes de la vie quotidienne ou encore la manipulation ou l’installation de matériel, par exemple. »

L’accompagnatrice évoque également la relation indispensable qu’elle entretient avec les parents de l’élève et avec les éducatrices qui s’occupent de lui trois demi-journées par semaine à l’hôpital de jour.

« Adapter mon intervention »

« Avant l’entrée en classe, je me renseigne auprès de ses parents sur l’état de fatigue de Guillaume ou sur des changements qui ont pu survenir, afin d’adapter mon intervention », révèle Gaëlle Sirguey.

Un soutien que la maman de Guillaume juge « très bénéfique : sans ce soutien, il ne pourrait pas être scolarisé. Cela représente aussi une grande aide pour les enseignants et une façon de ne pas considérer l’intégration de Guillaume comme un poids. Nous avons beaucoup de chance. D’autant qu’il aime beaucoup aller à l’école. »

À la veille d’une année scolaire qui s’achève, Gaëlle Sirguey se réjouit de l’évolution de Guillaume : « Il a beaucoup évolué », citant notamment des gestes quotidiens comme l’habillage, les chaussures, la fermeture éclair… Ou encore la notion des couleurs.

Joignant le geste à la parole, Gaëlle Sirguey débute un exercice de construction. Sans jamais se départir de son sourire, l’accompagnatrice ajoute : « Il faut reformuler et répéter souvent la même consigne pour permettre à Guillaume de parvenir à ce qui lui est demandé ». L’occasion de citer les qualités et compétences nécessaires, mais tellement évidentes en observant ce duo : « Discrétion, dynamisme, patience, tolérance, partage et faculté d’adaptation ».

Sans oublier une valeur qui semble commune à tous les AESH : la passion !

M.S.

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26 juin 2015

Une classe pour enfants souffrant d'autisme ouverte au coeur d'une école à Toulon

article publié sur le site de France trois côte d'Azur

Publié le 23 juin 2015 à 10h53, mis à jour le 23 juin 2015 à 10h57

classe autistes
© f3 | 5 élèves sont ici scolarisés depuis le mois de février.
Anne Le Hars

C'est une première à l'échelle de la région PACA; une classe pour enfants souffrant d'autisme vient d'être inaugurée dans une école maternelle à Toulon : 5 élèves y sont scolarisés depuis le mois de février. Les résultats y sont déjà positifs.

Cette création a été confiée à l’association AIDERA Var en partenariat avec l’Education nationale, l’ARS PACA pour le budget de fonctionnement, et la mairie de Toulon qui fournit les locaux.
L'objectif de ce projet novateur est d’améliorer l’intégration en milieu scolaire des enfants de 3 à 6 ans ayant des troubles trop importants pour être scolarisés en classe ordinaire.
Les enfants, comme leurs petits copains sont accueillis à l’école maternelle de Camille Saint Saens, quartier du Mourillon à Toulon. Pour assurer leur scolarité et accompagnement, l’encadrement est assuré par une équipe réunissant enseignants spécialisé et professionnels médico-sociaux. 

Reportage RAMIREZ Nathalie, DANGER Virginie, MALET Eric :

Ecole pour enfants autistes - Var

Intervenants : Anne Cerdan - Directrice de l'école maternelle Camille Saint-Saëns, Emilie Casman - Orthophoniste et Anne-Laure Sabran - Directrice de l'Unité d'enseignement en maternelle pour enfant autiste "Canot Major".

26 juin 2015

Nortkerque : un enfant autiste privé de centre aéré ?

Publié le

DSC_2117.JPG

Les vacances d’été auront-elles un goût amer pour Théo Leprince, 13 ans ? Le jeune Nortkerquois souffre d’un trouble envahissant du développement non spécifié ; une forme d’autisme qui entraîne une déficience intellectuelle. L’enfant suit une scolarité quasi normale dans une classe pour l’inclusion scolaire (Clis) de l’école Franklin-Stéphenson de Calais et son travail est très satisfaisant pour ses parents, Anne et Bruno : « L’équipe d’enseignants qui l’encadre est excellente, explique la maman. Elle a su le mettre en confiance, le motiver… Il est bien plus calme qu’il y a deux ans ».

Le handicap de Théo nécessite un encadrement spécialisé dont ne dipose pas pour le moment le centre de loisirs communal. Avant 2012 était mise en place l’opération Défi loisirs, qui permettait au jeune garçon de bénéficier d’un encadrant formé et de pouvoir s’amuser avec ses petits camarades et faire des activités originales comme du laser game ou du sport. Mais la Caisse d’allocations familiales a décidé de supprimer son financement il y a deux ans. Le début des problèmes pour Théo et sa famille. « L’année dernière, nous n’avions pas pu inscrire Théo au centre de loisirs de Nortkerque, faute d’encadrants spécialisés pour s’occuper de lui. Nous n’avons rien dit car la municipalité n’avait pas pu réagir à temps à la décision de la CAF et s’est trouvée devant le fait accompli. »

Deux solutions trouvées par la mairie

Mais cette année, Anne et Guy Leprince craignent qu’on prive une fois de plus leur enfant de centre de loisirs. La mère de famille nortkerquoise a prévenu Frédéric Melchior, aussitôt qu’il a endossé son nouveau rôle de maire, pour l’informer de la situation de son fils. Mais elle n’a rien vu venir jusqu’à ces derniers jours. « Il m’avait dit qu’il prendrait avec son équipe les mesures nécessaires pour pouvoir accueillir Théo cet été. Finalement, rien n’a été fait et mon fils n’ira pas s’amuser cet été avec ses copains ».

Récemment, Amandine Montuy, adjointe en charge de l’éducation et des centres de loisirs, a rencontré le couple. L’élue réfute le terme « exclusion » lâché par les parents de Théo pour qualifier l’éventualité que ce dernier ne puisse faire partie des inscrits du centre de loisirs communal : « Nous n’avons jamais refusé de l’inscrire. Notre équipe d’animation était même prête à s’adapter en fonction de ses besoins. Mais nous devions prendre des responsabilités vis-à-vis de sa sécurité et aussi de notre direction et de son équipe d’encadrants. »

L’adjointe explique que « des contacts ont été pris avec le Sessad, les institutrices de Théo et le Pôle résonance Départemental pour trouver un animateur formé pour cet été » pour s’occuper du jeune garçon. Mais pour l’instant, rien de concret même si, de l’aveu d’Amandine Montuy, « tous les interlocuteurs que j’ai rencontrés ou contactés sont très coopérants et souhaitent vivement trouver une solution. J’attends la confirmation ». Pour l’instant, une association de Calais et le Sessad de Guînes ont proposé les services d’un de leurs animateurs. Une fois le problème réglé, un comité de pilotage prendra ensuite le relais.

En attendant, Théo a bien saisi la situation et il est triste à l’idée de penser qu’il n’aura pas droit à des vacances comme n’importe quel enfant : « Il ne se sent pas bien. Il est plus énervé que d’habitude », confie Anne. Le jeune Nortkerquois passera peut-être son été à la maison, avec ses parents : « On l’emmênera au parc ou faire des balades. On ne pourra pas lui offrir les nombreuses activités qu’il aurait pu faire au centre de loisirs. C’est dommage ».

A travers ses inquiétudes et ce coup de colère, le couple nortkerquois souhaite que ce qui arrive à leur fils n’arrive plus aux autres familles vivant avec un enfant autiste : « Il y a une vraie prise de conscience à prendre et aussi une lutte permanente à mener sur les préjugés concernant l’autisme. Mon fils n’est pas agressif et ne représente un danger pour personne. Ses enseignantes qui le suivent le décrivent comme quelqu’un de calme. Théo est un garçon comme un autre, sauf qu’on lui colle une étiquette ». Un jeune garçon qui n’espère qu’une seule chose : passer des vacances agréables avec ses copains.

Vincent PIHEN

25 juin 2015

Nantes : Gabin, mon enfant autrement, le cri du coeur d'une mère qui enflamme Facebook

article publié sur France 3 Loire Atlantique

Publié le 24 juin 2015 à 15h55, mis à jour le 24 juin 2015 à 18h15

Astrid Willemet et Gabin
© DR | Le cri du coeur d'Astrid Willemet pour son fils Gabin
Fabienne Béranger

Parce qu'elle est fatiguée de l' "attente perpétuelle, de toujours devoir justifier la maladie de (son) fils", Astrid a décidé de prendre la plume sur sa page Facebook, pour savoir si "quelqu'un a un main à me tendre" nous dit-elle. En quelques jours 86000 internautes ont relayé son cri du coeur.

"26 ans, vous êtes enceinte tout va bien, vous êtes heureuse. Votre bébé naît, l'accouchement se passe bien, votre bébé est en forme, tout le monde est heureux. Et puis 15 jours après c'est le début de la fin d'une partie de votre vie"... C'est avec ces mots qu'Astrid, la maman de Gabin, 6 ans, raconte sur Facebook les débuts de sa vie avec son enfant "autrement" comme elle dit.

Car la jeune mère de famille n'a pas de nom à mettre sur la maladie de Gabin : "Il a un retard global du développement, non diagnostiqué, donc il ne rentre pas dans les cases en l'absence de ce diagnostic. On doit donc constamment justifier son état" explique Astrid.

"Ce n'est pas un enfant différent, c'est un enfant "autrement"​

"Pas de diagnostic précis, ça tombe bien, mettre les gens dans des cases, c’est pas mon truc… Même si là, franchement, ça aiderait parfois… Sauf que Gabin a 6 ans. Et 6 ans c’est l’école obligatoire. Et comment fait-on quand votre enfant ne peut pas rester à l’école, qu’il n’y a pas de structure pour l’accueillir et que vous ne pouvez (financièrement) ni ne voulez (psychologiquement) arrêter de travailler ?" écrit Astrid dans son cri du coeur sur Facebook.

Depuis trois ans, Gabin suit sa scolarité en maternelle assisté dans son quotidien scolaire par une assistante de vie scolaire. Mais ses progrès ne sont pas suffisants pour le faire scolariser à l'école primaire. A 6 ans, Gabin connait en effet des "troubles de la sphère autistique, il est "non verbal", il marche, très socialisé. Il comprend tout mais a du retard au niveau des acquisitions. Il est pourtant très intelligent. Ce n'est pas un enfant différent, c'est un enfant "autrement" " nous raconte Astrid.

"Si vous saviez comme j’aimerais n’avoir jamais eu besoin de faire ces demandes​"

La solution ? Qu'un IME, un institut médical éducatif, accueille Gabin à la rentrée prochaine pour "l'amener à l'autonomie car nous ne serons pas toujours là avec son papa"mais il n'y a "pas de place, il y a deux ans d'attente" se désole Astrid qui, avec le père de son enfant, a fait toutes les démarches nécessaires  : "vous montez des dossiers administratifs et là, vous commencez à être rôdé car ça fait 6 ans que vous en remplissez… Et vous expliquez, re-expliquez, re-re-expliquez votre quotidien avec votre enfant, juste pour justifier pourquoi vous avez besoin d’aides ou d’une structure pour l’accompagner au quotidien dans ses apprentissages… Mais franchement si vous saviez comme j’aimerais n’avoir jamais eu besoin de faire ces demandes…" écrit-elle sur Facebook. "Mais il n'y a pas de place, les structures pas adaptées, pas de solution" nous explique Astrid.

La MDPH, la maison départementale des personnes handicapées, qui gère le dossier, n'a pu répondre favorablement à la demande des parents de Gabin.
"Aujourd’hui je suis fatiguée de me battre, j’en ai marre et j’aimerai capituler et connaitre un peu de sérénité et de normalité. Mais je ne peux pas, je ne veux pas, car devant les deux grandes billes bleues de mon petit garçon je ne peux pas abandonner et encore moins capituler…" poursuit-elle.

"Une bouteille jetée à la mer"

C'est pourquoi elle a pris, une nouvelle fois, sa plume comme "une bouteille jetée à la mer". Elle a envoyé un mail à Ségolène Neuville, la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion. Elle a aussi contacté des élus locaux, Michelle Meunier, sénatrice de Loire Atlantique et Dominique Raimbourg, député de Loire-Atlantique : "Il faudrait que les élus accordent une vraie place à cette question du handicap et de l’accompagnement de nos enfants. Et plus, nous, parents, expliquerons notre quotidien et plus nous pourrons sensibiliser autour de ce sujet qui fait peur et peut-être ainsi faire bouger les choses…"

Et puis surtout la maman de Gabin a écrit ce texte qu'elle a fait lire à une amie qui a aussitôt eu envie de le partager via les réseaux sociaux.
C'est ainsi qu'en quelques jours 86 000 internautes ont partagé son post et lui ont laissé de nombreux messages de soutien.

Pour la rentrée, Astrid n'a pour l'heure pas de solution pour Gabin et elle ne veut pas démissionner de son boulot car dit-elle son "boulot c'est une bouffée d'oxygène, une vie normale".

21 juin 2015

Les combats des parents d'enfants autistes

Article publié dans le Huffington Post Québec

Emmanuelle Assor Headshot
Publication: 19/06/2015 08:49 EDT Mis à jour: 19/06/2015 09:55 EDT

La plupart des gens n'ont aucune idée de ce que représente le quotidien avec un enfant autiste. En résumé, c'est une série de batailles, certaines ayant de l'importance, d'autres moins.

Cela commence par la longue bataille pour recevoir un diagnostic de TSA (trouble du spectre de l'autisme). Tous vous diront, l'ayant vécu péniblement, que cela prend presque 2 ans avant que des portes s'ouvrent. Ensuite, vient le moment des services: là, débute la chasse aux orthophonistes, ergothérapeutes, psychoéducatrices, nutritionistes compétentes... et surtout disponibles!

Au quotidien, il faut aussi gérer les changements de routine, les crises, celles de notre enfant, celles du couple, celles de la vie... À cela s'ajoute le regard des autres, qui ne savent pas ce qui affecte notre enfant. Il n'est pas physiquement handicapé et on m'a même déjà dit «qu'il n'a pas l'air autiste».

L'école pour les autistes, pas un choix!

Cette année, notre plus grande bataille a bien été celle de l'école. Une bataille dont on ne parle pas assez alors que celle-là, c'est l'une des plus importantes. Saviez-vous qu'un parent d'enfant handicapé ne peut pas choisir l'école qu'il désire pour son enfant? Sauf si vous êtes anglophone, car la Commission scolaire English-Montreal a pour mission d'intégrer les enfants aux besoins spéciaux dans leurs écoles de quartier.

Mais pas pour nous, qui sommes francophones. Nous, qui devrions plus que quiconque être responsables de ce choix, nous les seuls vrais spécialistes de nos enfants, nous sommes bafoués. C'est à peine si on nous donne les noms des écoles possibles à fréquenter. Et quand on les appelle, ils refusent de nous recevoir tant que nous ne sommes pas inscrits dans leur établissement. «Bienvenue à HandicapLand», disait Fabien Toulmé, bédéiste français, père d'une petite fille trisomique.

Pour l'orientation scolaire de notre enfant, un comité s'occupe de tout cela pour nous. Certes, ce comité spécialisé en la matière choisit l'école selon les besoins de l'enfant mais tient peu compte des besoins des parents. De plus, les quelques écoles avec classes TSA sont loin, faute de ressources, mais ce sont ces rares écoles qui acceptent de prendre et d'éduquer nos enfants. Ainsi, mon enfant n'ira probablement jamais à l'école que je convoitais pour lui. Un deuil s'inscrivant dans une série de deuils, allant de celui de l'enfant «parfait», à celui d'une «vie normale», pour en finir avec de minces rêves de paix intérieure.

Depuis quelques semaines et après des mois d'acharnement, j'ai réussi à inscrire mon fils dans une école à quelques minutes en voiture de chez moi. Apparemment, il pourra intégrer des classes «régulières» d'ici 2 ans. Au lieu d'être remplie d'espoir, je suis plutôt sceptique, m'étant fait dire par certaines éducatrices spécialisées que presque aucun enfant avec un TSA ne passait d'une classe spéciale à une classe «normale».

Je ne compte plus les gens qui m'ont dit des choses négatives, sans espoir et j'essaie de les écouter très peu. À ce que je sache, personne ne peut prédire l'avenir.

Que dire aussi du système des commissions scolaires intransigeantes? Il faut constamment se battre pour avoir des dérogations de territoire, il faut pouvoir démontrer que «notre territoire» ne peut offrir les services nécessaires puis arriver avec des lettres d'appui, des documents officiels, des rapports de toutes sortes. Un processus épuisant et totalement décourageant pour un parent déjà à bout de souffle.

J'ai lu quelque part qu'être parent d'un enfant différent, c'est comme avoir été lancé dans une piscine profonde, qui semble sans fond, et de ne pas savoir comment nager. Après, on apprend. On se calme, on ne coule plus, on respire, on ravale sa salive, et puis on se dit que de pires choses pourraient nous arriver. Plusieurs enfants autistes souffrent d'épilepsie sévère, d'autres ont des problèmes de défience intellectuelle et sont envoyés dans des écoles spécialisées, eux aussi, sans amis, sans repères, loin de chez eux et de leurs parents, les seules personnes qui les aiment plus que tout au monde.

Je pourrais faire une liste très longue des combats que nous menons depuis la naissance du petit (le langage, la propreté, le sommeil, la nourriture, etc.) mais je m'en tiendrai à celles qui sont essentielles, car elles concernent son avenir. Le choix d'une école appropriée est définitif pour le reste de sa vie. Aucun parent d'enfant «neurotypique» n'accepterait de laisser cette décision entre les mains de professionnels, quels qu'ils soient.

Par ailleurs, nous avons eu la chance de rencontrer de merveilleuses personnes sur notre chemin. Des gens qui nous ont aidé à avancer. Certains ont eu la gentillesse de nous inviter à des activités comme à l'Orchestre symphonique de Montréal, ce qui a totalement enchanté notre enfant. D'autres ont été patients, sont venus chez nous à plusieurs reprises avec leurs enfants et ont accepté que le nôtre s'enferme parfois dans sa chambre. Jusqu'à ce qu'il en sorte et dise bonjour. Un «bonjour» si mignon quand il sort de sa bouche. D'autres nous ont tenu la main quand nous sommes revenus désespérés de nos «vacances» ratées de 3 jours car notre enfant était si mal loin de chez lui que nous avons dû rebrousser chemin et accepter de passer l'été, puis l'hiver, à Montréal, au parc du coin.

La vie de tous les jours

La semaine dernière, nous avons été invités pour le première fois en trois ans à l'anniversaire d'un enfant (neurotypique) du CPE. Une grande première pour nous, un événement banal en soi, mais comme pour tout événement nouveau, un stress immense pour notre petite famille car nous craignons toujours que notre enfant soit anxieux ou énervé par trop de nouveauté. Par ailleurs, trois ans d'isolement social ont fini par nous miner et nous préférons nous mettre en zone d'inconfort plutôt que de rester tous seuls chez nous, toutes les fins de semaine. «Qui ne risque rien n'a rien», disait le proverbe.

Lors d'une fête d'enfant, alors que tous les autres parents socialisent, nous passons tout notre temps à surveiller notre enfant, à s'assurer qu'il va bien, qu'il ne fasse pas de crise, à vérifier s'il mange ou pas, s'il se comporte de façon adéquate, s'il regarde ou joue avec les autres enfants. Nous ne savons pas non plus quoi dire exactement à ces autres parents qui ne suspectent pas ce que nous vivons et qui n'osent pas demander, par délicatesse, ce qui nous stresse.

Malaise, vous dites? Mais comment raconter sa vie à de purs étrangers vaguement croisés dans les couloirs de la garderie? Que dire aussi de ces parents qui font comme si nous sommes invisibles? Ceux qui nous dévisagent, mais qui ne nous sourient jamais. Ceux qui savent quelque chose, mais ne nous saluent pas. À ceux là, je dis «tant pis pour vous. Vous ne saurez jamais comment mon fils est pur et attachant». Aux autres, à ceux qui nous regardent avec amabilité, je prends le temps d'expliquer ce qui nous arrive. Une personne à la fois, quand le moment me semble opportun.

Au quotidien, nous avons fait le deuil d'être sollicités pour des après-midis de jeux entre enfants, puisque notre fils semble peu intéressé par ce genre d'activité, mais nous avons découvert le plaisir de jouer à le prendre comme un sac de patates sur le dos, ce qui le fait rire aux éclats. Souvent le soir, on saute sur notre lit en s'esclaffant, puis on se cache sous les couvertures en faisant semblant d'être dans un bateau. Dans la vie, on peut toujours compter sur des plaisirs simples. On ne s'ennuie jamais.

Depuis une semaine, je me bats pour ne pas me faire enlever l'accompagnatrice de mon fils au CPE, faute soi-disant de personnel l'été, alors que nous avons une subvention à cet effet. Pour l'instant, c'est là que nous en sommes. La vie est longue et chaque combat pour nous est aussi pour les autres. En espérant qu'un jour, tous les parents rencontrés salueront les «autres parents» comme nous, pour que l'on puisse enfin vivre ensemble avec l'autisme.

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21 juin 2015

Belfort : le combat d'un père pour trouver un accueil pour son enfant autiste

20/06/2015 à 11:54

Père d’une enfant autiste, Fabrice Pellegrini se heurte au manque de structures d’accueil dans le Territoire de Belfort.

Pour Fabrice Pellegrini, son épouse et leur fille, une solution semble se dessiner à l’IME de Grand-Charmont. Photo Xavier GORAU

Pour Fabrice Pellegrini, son épouse et leur fille, une solution semble se dessiner à l’IME de Grand-Charmont. Photo Xavier GORAU

«On est à bout de forces, mon épouse et moi. La vie au quotidien est devenue un enfer » résume Fabrice Pellegrini, salarié chez GE installé à Cunelières.

Le couple n’a qu’une enfant, Annaëlle, actuellement âgée de 7 ans et demi. « À l’âge de 3 ans et demi, elle a été diagnostiquée autiste sévère. Depuis, son état n’a fait qu’empirer. Elle est souvent en état de stress, fait des crises de nerfs, casse des objets ou même des meubles, frappe les gens. Elle est devenue totalement ingérable » raconte son père, dont l’épouse a quitté son emploi d’assistante sociale à Delle pour se consacrer exclusivement à sa fille.

Intolérance et incompréhension

Au fil des années, le couple a touché du doigt l’intolérance, l’incompréhension, la méfiance qui entourent parfois les personnes handicapées. « Les amis ne viennent plus nous voir, la famille non plus mais c’est parce qu’ils ont peur pour leurs propres enfants. Seuls mon père et mon beau-père continuent à nous rendre visite ». Malgré tout, le couple essaie de vivre le plus normalement possible : « Je ne veux pas cacher ma fille, je l’emmène avec moi en ville, dans les magasins. Tant pis si elle fait une crise et si je croise parfois certains mauvais regards ! »

Voici deux ans, le couple a voulu inscrire Annaëlle dans un club de danse dans un village du Territoire : « Ca n’a pas été possible. Les parents ont menacé la monitrice de faire une pétition et de retirer leurs enfants si elle l’inscrivait ! »

Depuis l’âge de trois ans, Annaëlle est scolarisée en demi-journées à l’ APEI (association de parents d’enfants inadaptés) du Sundgau à Dannemarie (68). « Mais depuis quelques mois son état s’est dégradé. Nous avons dû nous résoudre depuis le début du mois de juin à rechercher une structure en internat. C’est la meilleure solution pour elle et pour nous, mais c’est quasiment impossible dans le Territoire de Belfort ».

L’inventaire dans le département est en effet rapide à faire. Seul le centre Kaléido, l’Institut médico-éducatif de Roppe, géré par l’ADAPEI 90 « Les Papillons Blancs », est spécialisé dans l’autisme et les troubles envahissants du comportement. Il accueille des enfants adolescents et jeunes adultes de 5 à 20 ans. Mais les places sont peu nombreuses : dix-neuf en semi-internat (le matin et l’après-midi) et cinq en internat de semaine (du lundi au vendredi).

« L’internat est toujours complet » confirme Marie-Christine Guillemin, directrice adjointe de la structure. Fabrice Pellegrini indique toutefois que la structure a proposé au couple d’accueillir leur fille « pour des séjours de rupture ». Au passage, il salue « la compétence et la qualité d’écoute » de ses différents interlocuteurs, à Roppe comme à Belfort.

Une solution à Grand-Charmont

Par bonheur, une solution correspondant davantage à sa demande a commencé à se dessiner vendredi matin. « J’ai reçu un appel m’indiquant qu’une place pourrait être disponible à l’IME de Grand-Charmont (25) à partir du 26 août » indique le papa. Pour le couple, cette possibilité d’accueil de leur fille à 30 km de chez eux est une perspective rassurante mais aussi la promesse d’un peu de répit.

Cette pénurie de structures d’accueil concerne aussi les autistes handicapés. Patrick Bonnet, président de l’ADAPEI 90, l’a déjà souligné auprès de l’Agence régionale de santé (ARS) de Franche-Comté, et l’a rappelé jeudi lors de l’assemblée générale de l’association.

Didier PLANADEVALL

20 juin 2015

Toul : une jeune autiste sans solution de prise en charge

20/06/2015 à 12:40 Vu 2034 fois

IME souvent complets, écoles pas toujours accessibles : les jeunes autistes doivent parfois rester à la maison. À l’instar de la petite Léonie, 8 ans, de Manoncourt-en-Woëvre.

Faute de place, Léonie n’est suivie, depuis novembre, par aucun centre spécialisé.   Photo ER

Faute de place, Léonie n’est suivie, depuis novembre, par aucun centre spécialisé. Photo ER

Manoncourt-en-Woëvre. Elle reste avec maman, dans la maison de Manoncourt-en-Woëvre, dans le Toulois. Pendant que ses deux frères et sa sœur sont à l’école, comme il se doit. À 8 ans, Léonie Moulart aurait pourtant besoin de vivre au contact des enfants de son âge pour se sociabiliser, et progresser. Pour apprendre -enfin- à s’exprimer, à manger seule, à être propre. Des apprentissages tout simples, basiques même, mais que la petite fille, diagnostiquée autiste en 2012, n’a toujours pas pu acquérir. Il faut dire que son parcours, comme celui d’autres jeunes souffrant de cette pathologie, n’a rien de la voie toute tracée.

D’abord suivie en hôpital de jour à Toul, en séances individualisées, la petite fille a ensuite bénéficié du Sessad (Service d’Éducation spéciale et de Soins A Domicile) de Laxou, service médico-social basé sur l’intervention de médecins et éducateurs. « Cela lui a permis d’être suivie par divers spécialistes », confirme sa maman Marylène.

Neurologue, orthophoniste ou psychomotricien : à leur contact, Léonie a tenté d’évoluer. Et, à 6 ans, elle fait son entrée en moyenne section à l’école de Tremblecourt, village voisin de Manoncourt. « Cette tentative d’intégration en milieu scolaire ne s’est pas bien passée, malgré la présence d’une assistante de vie scolaire », déplore son papa Cédric. « Nous avons ensuite tenté l’IME (institut médico-éducatif, N.D.L.R.) de Toul, mais là encore, il était évident que, au contact d’enfants souffrant d’autres pathologies et ayant besoin d’autres soins, cela n’était pas adapté », avancent ses parents. « On la voyait stressée, avant d’y aller et en revenant, et elle ne progressait pas. À ce jour, elle n’est toujours pas propre, ne sait pas manger avec des couverts, et elle ne dit quasiment rien, à part ‘’papa’’ et ‘’maman’’. »

Centres d’accueil saturés

Depuis novembre dernier, c’est donc chez elle et avec sa mère que Léonie passe la plupart de son temps, les deux structures les plus proches, à savoir les IME Claude-Monnet de Pont-à-Mousson et J.-B. Thiery de Maxéville, étant complets. Une situation qui n’a malheureusement rien de rare. « Les structures sont saturées partout ; et encore, la Lorraine est une région plutôt bien pourvue par rapport à d’autres », note-t-on au siège de la MDPH, la Maison départementale des personnes handicapées, entité qui suit les autistes et les oriente, sur dossier, vers les établissements ad-hoc.

« Selon les chiffres de l’INSEE, en France, une personne sur 150 souffre d’autisme, il n’est donc pas toujours simple de trouver une place dans une structure adaptée », confirme Jean-Marie Othelet, président de « Autisme 54 », association qui a également ouvert un service Sessad (38 places). « Mais rester à la maison n’est jamais la solution : d’abord parce que c’est très difficile à vivre pour les parents, ensuite parce que ça ne permet pas au malade de progresser. »

Pour Léonie, comme pour d’autres jeunes dans son cas, l’avenir s’avance donc, pour l’heure, en forme de gros point d’interrogation. « Si elle n’évolue pas, comme va-t-elle grandir ? Que va-t-elle devenir ? », s’interroge sa maman. « Concrètement, pour elle les journées sont longues, elle tourne un peu en rond. Et pour moi, c’est difficile de l’occuper, alors qu’elle demande une attention de tous les instants. »

Avec toutes les répercutions que l’on imagine sur la vie d’une famille plongée dans une situation complexe, et qu’elle espère transitoire. Mais qui, pour elle, dure chaque jour depuis trop longtemps.

Stéphanie CHEFFER :

20 juin 2015

Scolarisation des enfants handicapés : la France avertie

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Alors que la loi de 2005 était supposée améliorer l'accès à l'école des enfants handicapés, l'UNICEF dresse un constat alarmant dans un rapport paru le 9 juin 2015. Parmi les carences signalées: la non-scolarisation obligatoire de 20 000 jeunes.

Par , le 11-06-2015

Dépistage du handicap trop tardif, manque d'équité entre territoires, insuffisance des lieux d'accueil, temps de scolarisation partiel… L'UNICEF n'est pas tendre avec la France concernant les jeunes handicapés et l'accès à l'école. Dans un rapport paru le 9 juin 2015 (lien ci-dessous), plusieurs éléments sont reprochés à l'État français. D'une part, les conditions d'accès à l'éducation demeurent difficilement quantifiables faute d'indicateurs statistiques solides. Par exemple, un rapport parlementaire de mai 2011 dénonce le fait que 20 000 enfants handicapés ne sont pas scolarisés malgré l'obligation alors que le mouvement « Ensemble pour l'autisme » met en avant, en 2012, le chiffre de 70 000 jeunes autistes qui ne vont pas à l'école. D'autre part, l'UNICEF mentionne les différentes condamnations auxquelles la France a été soumise en février 2014 : « le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, le droit à la formation professionnelle des jeunes autistes et l'absence de prédominance d'un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées prenant en charge les enfants et les adolescents autistes ». Sans oublier de faire part des nombreuses décisions du Conseil d'État entre 2009 et 2013 qui ont souligné les manquements de la France concernant l'obligation de scolarisation en invoquant des « atteintes graves à une liberté fondamentale ».

260 000 élèves handicapés en milieu ordinaire selon le ministère

Le rapport précise néanmoins qu'une « dynamique s'amplifie en faveur des enfants en situation de handicap ». Selon le ministère de l'Éducation nationale, 260 000 élèves handicapés étaient inscrits dans un établissement classique à la rentrée 2014, soit le double par rapport à 2006. La création, en 2013, du Plan d'accompagnement personnalisé (PAP) visant à aider les élèves présentant des difficultés scolaires en lien avec des troubles de l'apprentissage est mise en valeur, tout comme la meilleure définition du Projet personnalisé de scolarisation (PPS). Cependant, aux yeux de l'UNICEF, l'évolution n'est pas suffisante. Elle préconise ainsi plusieurs pistes à approfondir. Parmi elles, celle « d'instaurer des passerelles entre les différents systèmes de prise en charge et d'accompagnement des enfants en situation de handicap afin d'introduire plus de souplesse administrative et de fluidité dans les parcours » ou encore de « reconnaître, par des mesures concrètes, un droit au répit pour les familles ». En somme, il est recommandé à l'État « de prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que la législation prévoyant l'accès à l'éducation soit mise en œuvre ». Ce carton jaune adressé à la France n'est qu'un avertissement mais la réaction est attendue.


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16 juin 2015

Autisme, un combat au quotidien pour Alan et sa famille

article publié dans l'impartial

L'ado avait bien failli ne jamais pouvoir partir en voyage scolaire. Pour un motif qui révolte sa famille : diagnostiqué autiste, il n’avait pas trouvé de famille d'accueil...

15/06/2015 à 07:59 par jpgoss

 

Les époux Begot ont décidé de se battre pour offrir à leur fils Alan une vie la plus heureuse, la plus normale possible.

Les époux Begot ont décidé de se battre pour offrir à leur fils Alan une vie la plus heureuse, la plus normale possible.

Alan Begot a des souvenirs plein la tête. Et des photos qui remplissent les tiroirs, ou plutôt les cartes mémoires de son appareil numérique. Pourtant, son voyage scolaire en Allemagne a bien failli ne jamais voir le jour. Jusqu’aux deux derniers jours avant le départ de sa classe de 4e du collège Victor Hugo, cet adolescent de 15 ans diagnostiqué autiste depuis l’âge de 9 ans n’avait pas trouvé de famille d’accueil, contrairement à ses camarades. Révoltés, lui et sa famille avaient alors contacté la presse pour rendre publique cette situation vécue comme une injustice. Nous avions rencontré chez eux en avril dernier à Gisors Alan et ses deux parents David et Laëtitia, en attente d’un dénouement qui sera finalement heureux. Un professeur d’allemand acceptera en effet à la dernière minute de prendre chez lui Alan le temps du voyage. C’est un jeune homme et des parents très combatifs qui nous ouvraient alors leur porte. « C’est inacceptable. Je veux que ça se sache, ce n’est pas une maladie ! » lançait alors Alan Begot face aux refus des familles d’accueil de le prendre chez eux en raison de son autisme.

Une lettre à Nicolas Sarkozy

Un caractère bien trempé, hérité de ses deux parents, pas tout à fait du genre à rester passifs face aux épreuves. Et des épreuves, David et Laëtitia vont pourtant en connaître après le diagnostic posé par un premier médecin… Il y a d’abord ce premier risque de fermeture de la classe CLIS (classe pour l’inclusion scolaire) dans laquelle était scolarisé Alan à l’école primaire Jean Moulin. « Elle comprenait 12 élèves, et était menacée de fermeture. J’ai donc directement écrit au président de la République de l’époque, Monsieur Nicolas Sarkozy. Nous avions reçu en retour un courrier du cabinet qui indiquait que le président avait été sensible à cette lettre et que le préfet serait averti. Finalement, la classe avait été maintenue », explique le père d’Alan.

Deuxième obstacle plus difficile à surmonter : l’absence de véritable structure prenant en charge les cas d’autisme au niveau local. « Il faut savoir qu’une fois le diagnostic posé, on se retrouve un peu seuls. Il y a bien une structure dédiée au niveau régional, la maison départementale du handicap. Mais pour ce qui concerne le suivi du handicap, il n’y a rien dans le coin… » La famille aura donc dû se battre une fois encore pour obtenir une aide personnalisée à la vie scolaire à temps complet pour l’entrée au collège.

Seul soutien : le corps enseignant

« La plupart des enfants dans le même cas n’obtiennent que 10 à 12 h par semaine. Il a fallu remuer ciel et terre pour obtenir un temps complet. À force de détermination, nous l’avons obtenu, on nous appelait même le « dossier sensible », se souvient David Begot. La famille peut en revanche compter sur le soutien des équipes enseignantes de l’école Jean Moulin et du collège Victor Hugo de Gisors. Et le père d’Alan d’ajouter : « C’est même grâce à la directrice de l’école Jean Moulin que nous avons pu conserver à temps complet l’aide à la vie scolaire qui suivait Alan depuis plusieurs années déjà, grâce à un article de loi qu’elle a retrouvé et qui lui permettait d’obtenir l’autorisation d’exercer à temps complet sans avoir à passer de nouveaux diplômes ». Grâce à sa détermination et à celle de sa famille, Alan a pu suivre une scolarité classique et épanouie. Mais la famille Begot envoie aujourd’hui un signal d’alarme : « Ce n’est pas normal d’avoir à se battre à ce point au quotidien pour obtenir simplement des droits normalement acquis. Il faut plus de communication sur l’autisme ». Le message est passé.

Gisors, 27
16 juin 2015

Des parents craignent une déscolarisation forcée de leurs enfants handicapés

article publié dans Le Figaro
Par Mis à jour le 16/06/2015 à 07:54
Publié le 15/06/2015 à 18:58
En France, au moins 13.000 enfants sont sans solution éducative, selon un chiffre officiel de 2008, dernier en date.

Un collectif de parents d'enfants en situation de handicap alerte sur le manque de places dans les établissements spécialisés de Seine-Saint-Denis, et plus gobalement sur l'ensemble du pays. Ils ont alerté François Hollande.

 

Ils ont écrit à François Hollande, au défenseur des droits et lancé plusieurs pétitions. En Seine-Saint-Denis, des parents se battent depuis plusieurs mois pour que leurs enfants en situation de handicap puissent poursuivre leur scolarité. Inscrits à l'EMP Henri-Wallon à Stains, un établissement qui accueille une cinquantaine d'enfants souffrant d'un handicap mental, une dizaine d'adolescents vont se retrouver sans solution dans les deux prochaines années, faute de place dans des établissements spécialisés dans l'apprentissage (les Impro ou institut médico-professionnel). Leurs parents ont beau envoyer des demandes d'inscription, les réponses sont souvent les mêmes: «Faute de place, votre enfant ne peut être accueilli», «votre enfant est placé sur liste d'attente».

Des courriers de ce type, Ouarda Loxa en a déjà reçu cinq. Sa fille Méline, âgée de 16 ans, devait intégrer en 2014 un Impro, une structure qui accompagne les adolescents de 14 à 20 ans pour leur apprendre un métier. Faute de place, elle a été maintenue à l'EMP Henri-Wallon, qui ne peut pas accueillir d'enfants au-delà de l'âge de 17 ans. «Du coup, sans réponse positive d'ici l'année prochaine, Méline se retrouvera sans structure adaptée à la rentrée 2016», regrette Ouarda Loxa, employée de mairie. «Elle devra rester à la maison et je devrais arrêter mon activité professionnelle, c'est insupportable... Nous avons bien pensé à déménager, mais ce n'est pas possible. Nous sommes en France, le gouvernement devrait être capable de créer suffisamment de structures adaptées».

«Je ne sais plus quoi faire, c'est le trou noir»

Naéma Benouada, 52 ans, est également désemparée. Sa fille Karima, âgée de 17 ans, va devoir quitter l'EMP Henri-Wallon fin juin. «Elle va se retrouver sans école à la rentrée, c'est de la déscolarisation forcée, je ne sais plus quoi faire, c'est le trou noir», s'inquiète cette commerçante qui a envoyé plusieurs demandes. Pour l'heure, elle a reçu trois refus et attend deux réponses. «C'est vraiment stressant. Pour elle, comme pour nous. Elle se demande si elle va pouvoir continuer à voir ses camarades».

Nordigne Issaad, le responsable d'Henri-Wallon, déplore cette situation qui se répète chaque année. «Quand on travaille avec un enfant arrivé à l'âge de cinq ans et qu'on le voit partir à 16 ans, sans structure adaptée, c'est très difficile à vivre», confie-t-il. «S'il n'y pas de continuité dans la prise en charge, il peut y avoir une régression terrible des acquis». Y a-t-il des alternatives possibles? «Aller en Belgique, avec tous les risques que cela comporte», répond le directeur de l'établissement. En 2014, près de 2800 enfants étaient scolarisés dans des écoles spécialisées en Wallonie.

«Les Instituts médico-éducatifs sont très très engorgés à cause du manque général de place dans les structures spécialisées (Esat, foyers de vie, etc.)», explique Sophie Cluzel, présidente de la Fédération nationale des associations au services des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH). Faute de place dans les établissements pour adultes, «on maintient les jeunes dans des structures qui ne sont plus adaptées à leur âge, ce qui bloque l'entrée des nouveaux arrivants. En fait, le manque de place s'accumule, c'est un vrai cercle vicieux», résume la responsable associative.

Selon l'association Unapei, qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de familles, 6500 personnes seraient maintenues actuellement dans des établissements pour enfants, faute de place en milieu adulte. «C'est comme si vous disiez à tous les bacheliers: ‘Bravo, vous avez eu votre bac, mais il n'y a plus de place dans le supérieur pour vous, donc vous allez restés au lycée pendant trois ou quatre ans de plus'», explique sa présidente Christel Prado. «Qui accepterait ça? Personne. Mais quand vous êtes handicapés, vous n'avez pas le choix».

13.000 enfants sans solution éducative

Inquiets, une quarantaine de parents dont les enfants sont scolarisés à l'EMP Henri-Wallon sont réunis au sein d'un collectif «pour faire bouger les lignes». «Ces trois derniers mois, nous avons lancé des pétitions, écrit à François Hollande, à Ségolène Neuville, la secrétaire d'état chargée des personnes handicapées, mais nos courriers sont restés lettre morte», regrette Ouarda Loxa. D'autres élus locaux ont en revanche apporté leur soutien aux familles, à l'image de la député GDR Marie-George Buffet qui a alerté en mai dernier la ministre de la Santé Marisol Touraine, via une question écrite, restée à ce jour sans réponse. D'autres, avant elle, avaient déjà soulevé ce problème. La député PS du Finistère Chantal Guittet avait ainsi interrogé le gouvernement en 2013. L'élue avait indiqué, rapport à l'appui, qu'il manquait dans son département plus de 800 places, tout types d'établissement confondus.

En 2008, Nicolas Sarkozy avait lancé un plan de création de 50.000 places pour enfants et adultes sur cinq ans, répondant ainsi aux demandes des associations. Les objectifs n'étant pas atteints en 2013, le plan a été repoussé à 2016. «Pour le moment, seules deux tiers des places ont été créées. Il y a un manque de place criant dans ce pays. En plus de ce plan, il nous faudrait au moins 50.000 places supplémentaires pour satisfaire les demandes des familles», alerte Christel Prado qui rappelle qu'au moins 13.000 enfants handicapés sont sans solution éducative en France.

» LONG FORMAT - Face à l'autisme, des parents isolés

29 mai 2015

Sur les bancs de l'école recrute !

Photo de Sur les bancs de l'école.

à partager sans modération
Contact recrutement : http://www.surlesbancsdelecole.fr/agir…/devenir-accompagnant ou vanessa.lagardere@gmail.com

23 mai 2015

Un jugement qui place un jeune autiste de 16 ans en institution

article publié dans l'Express

 

Timothée,  vivant à Lyon avec sa mère, son beau-père et sa sœur, était jusque là scolarisé à son collège de secteur dans lequel cela se passait bien et où il voulait retourner cette année (2014-2015). Sa mère n’a pas voulu changer ce cadre de vie.  Elle  a souhaité comme l’année précédente, une scolarisation dans le même collège, avec une auxiliaire de vie scolaire.

Le jour de la rentrée 2014-2015, elle a refusé la déscolarisation forcée  et particulièrement violente de son fils par le principal du collège (voir la vidéo). Elle a fait des recours contre  les décisions administratives, judiciaires qui allaient toutes dans le sens d’une déscolarisation du milieu ordinaire en faveur d’un placement en institut médico éducatif n’offrant aucune possibilité de scolarisation effective.

Afin de protéger son fils elle a par la suite a déménagé  progressivement dans la maison de campagne dans laquelle Timothée avait l’habitude d’aller très régulièrement depuis des années, et l’a inscrit au CNED.

Voila son premier devoir corrigé.

1er devoir de Physique-Chimie de Timothée, inscrit en classe règlementée

1er devoir de Physique-Chimie de Timothée, inscrit en classe règlementée

L’arrêt du jugement d’appel du 19 mai a ordonné le placement de T. chez son père, ceci afin de le placer en institution.

 

Quelques extraits du jugement (disponible dans ce lien)

« Dans ces conditions d’insoumission de la mère aux différentes décisions judiciaires, administratives et scolaires prises à l’égard de son fils, ayant conduit notamment à la déscolarisation de Timothée pendant plus de 7 mois et à un changement radical de son cadre habituel de vie. »

(…)

«Le refus de scolarité opposé par la mère était constitutif d’un élément nouveau qui légitimait la compétence du juge des enfants
La mère était dans un combat viscéral contre tous, les instituts, le père etc. pour faire valoir ses droits et ceux de sa famille, qu’elle limite à son nouveau mari et à ses deux enfants, excluant ainsi Mr. D. de la place qui lui revient et que cette posture représente un véritable danger pour la stabilité et l’éducation de son fils.»

(…)

« Cet ensemble d’éléments nouveaux (..) a incontestablement entraîné un danger pour cet enfant qui s’est retrouvé dans un nouvel environnement sans solution scolaire et privé partiellement de son père chaque mercredi. »
(Éléments nouveaux : refus de Mme Z. de donner son accord pour l’autorisation d’inscription en IME, déménagement dans l’Ain.)

(…)

« Ainsi il est établi que les conflits et l’obstruction de Madame Z totalement irrespectueuse des décisions de justice ont abouti à un éloignement du mineur de son cadre de vie habituel et à une déscolarisation laquelle représente pour lui une perte de chance qui peut s’apparenter, comme l’expert le souligne, à de la maltraitance. »

(…)

« Le 1er juge s’est très opportunément interrogé sur le brusque déménagement de Mme Z. alors que l’ensemble des professionnels s’accordent sur la nécessité pour Timothée d’être préservé de tout changement dans son environnement quotidien. »

(…)

« L’importance de troubles constatés chez Timothée par les psychiatres impose une prise en charge globale, qu’il est nécessaire de centraliser dans un seul et même établissement afin de coordonner les différentes prises en charge, et ainsi éviter tout morcellement. »

23 mai 2015

Accueil périscolaire : la Caf soutient les enfants handicapés

article publié sur le site de la CAF
04 Mai 2015
Les activités périscolaires sont ouvertes à tous, mais des adaptations sont parfois nécessaires pour faciliter l’accueil des enfants en situation de handicap. Désormais, les Caf pourront apporter une aide financière aux communes.

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La mesure a été annoncée par le président de la République le 11 décembre 2014, lors de la Conférence nationale du handicap. Les Caf jouent un rôle croissant dans le soutien aux activités périscolaires organisées par les communes, notamment dans le cadre de la récente réforme des rythmes scolaires.
Pour répondre à l'orientation fixée par le chef de l'Etat, les Caf vont dorénavant accompagner financièrement les communes qui souhaitent investir pour faciliter l’accès des enfants en situation de handicap à ces activités périscolaires. 
 

Adapter les activités proposées et renforcer l'encadrement

Ceci pourra se traduire, selon les cas, par une adaptation des locaux ou des activités proposées, ou encore par un renforcement de l'encadrement par des adultes. Au vu des projets, les Caf pourront participer au financement de ces adaptations, grâce à un « fonds publics et territoires » doté, pour l'ensemble de ses missions, de 380 millions d'euros pour la période 2013-2017.
Pour sa part, la ministre de l'Education nationale a demandé aux recteurs d’académies que chaque projet d'école - obligatoire pour tous les établissements scolaires - comporte un volet sur l'accueil et l'accompagnement des élèves handicapés.

21 mai 2015

Autisme : Israël a développé une méthode qui marche

article publié dans The Times of Israël

Changer le regard sur l’autisme s’avère être toujours un long parcours semé d’embûches pour les familles

6 février 2014, 17:30
Un enfant autiste travaille avec un psychomotricien dans un institut médico-éducatif à Paris (Crédit : AFP/Archives Franck Fife)
Journalistes

AFP – Les enfants autistes subissent en France une « discrimination quotidienne ». Peu ont accès à l’école, aux loisirs, aux mêmes droits que les autres en général, et changer le regard de la société est un parcours du combattant, témoignent les familles.

La quasi-totalité des Français (95%) accepteraient que leur enfant soit en classe avec un enfant autiste, révèle un sondage Ifop pour l’association SOS autisme en France publié mercredi 5 février.

Pourtant « seuls 20% des enfants autistes sont aujourd’hui scolarisés », déplore la porte-parole de l’association, Olivia Cattan. « Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles », lance-t-elle, dans un cri de colère.

Cette militante féministe, auteur du témoignage « Un monde à l’autre. Autisme : le combat d’une mère » aux éditions Max Milo, est la maman de Ruben, 8 ans, diagnostiqué autiste à 5 ans. Elle rend compte de leur combat pour le faire accepter à l’école.

Pour lui permettre de suivre, à mi-temps, une scolarité ordinaire, et « parce qu’aucune auxiliaire de vie scolaire (AVS) publique n’était disponible », Olivia Cattan, ancienne journaliste, a cessé toutes ses activités professionnelles et pris la décision d’accompagner elle-même son fils à l’école, pendant deux ans.

Aujourd’hui, la famille paie une AVS privée et des séances de psychologie comportementale. « Mais comment font les mères célibataires qui vivent avec le RSA? », s’insurge Olivia Cattan.

Elle y raconte aussi le quotidien de sa famille, confrontée au mutisme du petit garçon, jusqu’à ce qu’une méthode éducative en Israël parvienne à lui débloquer la parole.

En effet, le centre Feuerstein, emploie près de 160 personnes dans ses locaux de Jérusalem afin d’aider les personnes autistes. Il s’appuie sur une méthode élaborée dans les années 1970 par le professeur israélien, d’origine roumaine, Reuven Feuerstein.

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Reuven Feuerstein (Crédit : Wikimedia commons)

Celle-ci est destinée aux enfants handicapés, ou en situation traumatique. Selon Feuerstein, « toute personne est capable de changement quel que soient son âge, son handicap et la gravité de ce handicap. Les enfants différents ont simplement besoin d’un surcroit d’attention et d’investissement personnel ».

La méthode se fonde sur le principe de « médiation », à savoir une personne qui s’interpose entre l’enfant et le monde.

Selon le site de L’Express, « Des méthodes comme [celle de] Feurstein, qui ont fait leurs preuves depuis des années en sortant les enfants littéralement de leur mutisme et en permettant à ces enfants d’avoir une vie sociale et professionnelle, sont révolutionnaires. Certains enfants de ce grand centre situé en Israël sont devenus professeurs dans des universités, comptables, infirmiers, d’autres sont entrés dans l’armée à des postes de haut gradés. Ils ont pour la plupart fondé une famille et sont autonomes. »

« Il y a 600 000 autistes en France, mais ils restent invisibles »

Olivia Cattan

Malgré la loi handicap de 2005, qui voulait favoriser la scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire, les associations dressent un constat d’échec.

« De plus, à chaque étape de la scolarisation obligatoire, le nombre d’enfants atteints d’autisme scolarisés diminue », souligne M’Hammed Sajidi, président de Vaincre l’autisme.

« Ainsi, si 87% des enfants autistes qui sont scolarisés en milieu ordinaire le sont en école élémentaire, seulement 11% le sont au collège et 1,2% au lycée ».

Et le combat ne s’arrête pas aux portes de l’école. « Les enfants autistes n’ont pas non plus accès aux centres de loisirs, aux clubs de sport ou aux conservatoires », explique Olivia Cattan. « Quand j’ai voulu inscrire Ruben à un club de tennis, on m’a suggéré de lui faire faire plutôt du rugby ou du trampoline », soupire-t-elle.

« Il n’y a pas un jour sans que l’on soit confronté à une menace d’exclusion d’un lieu public », raconte aussi Laurent Savard, père de Gabin, 11 ans, autiste et hyperactif.

« Contrairement à la trisomie 21, l’autisme ne se voit pas, du coup, c’est un peu la double peine : votre enfant souffre d’un trouble du comportement et peut aussi provoquer le rejet ». Pour se battre, ce comédien a choisi l’arme de l’humour (noir), en abordant dans un spectacle, « Le bal des pompiers », la différence de son fils.

« On se figure généralement l’autiste comme le personnage de « Rain Man » mais il y a des tas de formes d’autisme, qui restent très méconnues et peuvent faire peur », souligne-t-il.

Pour mettre fin aux discriminations, l’association SOS autisme en France a fait appel à une équipe d’avocats, que pourront saisir les familles pour faire valoir leurs droits.

Un premier accord a été conclu avec la fédération d’athlétisme, qui s’est engagée à ne pas refuser d’enfants autistes dans ses clubs, se félicite l’avocat David Koubbi.

« Nous sommes dans une phase de sensibilisation mais, si dans une deuxième phase nous constatons qu’il y a violation des droits, nous engagerons des poursuites en justice », assure-t-il.

Dans une décision rendue publique mercredi 5 février, la France a été épinglée par le Conseil de l’Europe qui lui reproche de pas respecter l’accès à la formation professionnelle des autistes et leur droit à être scolarisés dans des établissements ordinaires.

Pour Vaincre l’autisme, à l’origine d’une réclamation collective contre l’Etat français, « cette condamnation apporte aux familles concernées « espoir et soulagement ». L’association a récemment publié son rapport, faisant un bilan des avancées ou non de l’année 2013.

20 mai 2015

Présentation -> Inclusion scolaire - Vidéo de Sophie Robert

19 mai 2015

Laurent Savard invité du jour des Maternelles -> Vous allez rire : mon fils est autiste !

18 mai 2015

Une classe pour sept enfants autistes ouvrira à Serris en septembre 2015

Thomas Poupeau | 17 Mai 2015, 19h32 | MAJ : 17 Mai 2015, 19h32
  Serris. C’est au groupe scolaire Robert-Doisneau, située dans le bourg de Serris, qu’ouvrira en septembre prochain une classe dédiée aux enfants atteints d’autisme.
Serris. C’est au groupe scolaire Robert-Doisneau, située dans le bourg de Serris, qu’ouvrira en septembre prochain une classe dédiée aux enfants atteints d’autisme. (DR.)

C’est une première dans le département. A la rentrée de septembre, une classe de maternelle réservée aux enfants atteints d’autisme ouvrira à l’école Robert-Doisneau de Serris. Ce projet entre dans le cadre du plan autisme 2013-2018, qui prévoit l’ouverture d’une structure par département.

« L’Education nationale nous a sollicités l’an dernier, raconte Philippe Descrouet, maire UDI. Nous avons donné notre accord, avec la volonté de faire de l’autisme une cause importante dans la commune. »

Située dans le bourg de Serris - où le nombre d’enfants décroît, la démographie s’étant déplacée vers les nouveaux quartiers - cette classe accueillera sept élèves, âgés de trois ans. Ils seront entourés d’un enseignant spécialisé et d’éducateurs. « Ils seront intégrés à la communauté éducative de l’école », précise l’édile.

L’aspect pédagogique est piloté par l’Institut médico-éducatif (IME) de Torcy. Pour la mairie, reste à » rassurer » les parents d’élèves de l’établissement. « J’ai prévu une réunion pour les informer des détails, poursuit Philippe Descrouet. Car quand on connaît mal ce handicap, on peut en avoir peur », estime Philippe Descrouet.

Plus globalement, à la rentrée prochaine, sept Ulis (NDLR : unités localisées pour l’inclusion scolaire, intégrées aux collèges) supplémentaires ouvriront en Seine-et-Marne à la rentrée, en plus des 50 déjà existantes. Par ailleurs, il existe 73 Clis, leur pendant à l’école élémentaire.

Frédéric Baboulaz des Amis de l’atelier : « L’objectif, c’est que les élèves intègrent l’école traditionnelle »

Troubles de la communication, altération des interactions avec les autres, absence de capacités d’imitation : autant de symptômes de l’autisme qui rendent très difficile la sociabilisation des enfants atteints de ce handicap.

« L’objectif de cette classe, c’est que les élèves intègrent l’école élémentaire traditionnelle », espère Frédéric Baboulaz, directeur du pôle enfance de la fondation les Amis de l’atelier, qui gère l’IME de Torcy, pilote du projet. L’idée est donc de sociabiliser les petits pensionnaires de cette maternelle. « Ils partageront certains temps avec les autres enfants, notamment la cantine et la récréation, poursuit-il. Il y aura également des temps d’inclusion dans les classes traditionnelles. »

Par ailleurs, en classe, des méthodes spécifiques seront appliquées : « C’est une approche qui vise à dispenser les apprentissages en s’appuyant sur ce que les enfants aiment bien, pour capter leur attention ». Outre un enseignant spécialisé, issu de l’Education nationale, les enfants seront entourés de quatre éducateurs, d’un psychologue et d’un orthophoniste, pour leur part affiliés à l’IME de Torcy.

Enfin, les sept places pour intégrer cette classe sont déjà prises. « La sélection a été faite en amont, les enfants ont été repérés dans des centres de diagnostic », indique Frédéric Baboulaz

T.P.

12 mai 2015

Education. Une unité d'enseignement adapté pour autistes à Vannes

Sept enfants seront accueillis en maternelle à la Rabine en septembre

Les choses bougent en ce qui concerne l’accueil des autistes à l’école. Une nouvelle unité d’enseignement maternelle leur sera dédiée à l’école La Rabine, à Vannes. À partir de la rentrée, sept enfants de 3 à 5 ans (3-4 ans au départ) présentant des troubles envahissants du développement y seront scolarisés, à plein temps, à côté des autres enfants.

2ème structure en Bretagne

Le projet, a été porté par l’Établissement public social et médico-social « Vallée du Loch » qui a répondu à un appel à projets de l’Agence régionale de santé. Ville de Vannes et Éducation nationale s’y sont associées. Ce sera la seconde structure du genre en Bretagne. La 1ère a ouvert en septembre dernier à Cesson-Sévigné.

5 mai 2015

Autisme : le Conseil d'Etat rejette l'excès de pouvoir

Résumé : Le Conseil d'État a rejeté la requête de l'association Vaincre l'autisme, qui lui demandait d'annuler "pour excès de pouvoir" une circulaire d'application du 3e plan autisme au motif qu'elle réservait trop de place aux structures de psychiatrie.

Par , le 05-05-2015

Le Conseil d'État a rejeté une requête de l'association Vaincre l'autisme, déposée en avril 2014, qui lui demandait d'annuler "pour excès de pouvoir" une circulaire d'application du 3e plan autisme (2013-2017), dans une décision rendue publique le 4 mai 2015 (article en lien ci-dessous). Vaincre l'autisme reprochait à la circulaire du 13 février 2014, signée par les ministères de l'Éducation nationale et des Affaires sociales, de réserver "une place prépondérante aux structures de psychiatrie dans le suivi des personnes avec autisme et autres troubles envahissants du développement". Cette circulaire adressée aux recteurs d'académie et directeurs des Agences régionales de santé (ARS) porte sur la mise en oeuvre des plans d'actions régionaux, sur les créations de places en établissements ou services médico-sociaux et sur les unités d'enseignement en maternelle prévus par le 3e plan autisme.

Tous les arguments écartés

Dans sa décision, le Conseil d'Etat a écarté tous les arguments soulevés par l'association, estimant notamment que le texte attaqué "se borne à souligner la nécessité d'une mobilisation de l'ensemble des acteurs responsables de la prise en charge de l'autisme et autres troubles envahissants du développement, aussi bien les structures de psychiatrie que tous les autres intervenants". La plus haute juridiction administrative a aussi estimé que les ministères n'ont pas méconnu l'obligation impartie à l'État de favoriser la scolarisation en milieu ordinaire, en confiant la gestion des nouvelles unités d'enseignement en école maternelle à des structures médico-sociales.

Les méthodes éducatives recommandées

Lors d'un bilan d'étape du 3e plan autisme le 16 avril 2015 (article en lien ci-dessous), le gouvernement a annoncé sa volonté d'améliorer la prise en charge des personnes atteintes d'autisme, en agissant sur la formation des professionnels de santé et d'accompagnement pour faire évoluer les méthodes. La Haute autorité de santé (HAS) avait jugé en 2012 que l'approche psychanalytique, qui domine depuis des décennies en France, n'avait pas fait la preuve de son efficacité et était "non consensuelle". Elle avait recommandé, dès le plus jeune âge, des méthodes éducatives et comportementales, qui travaillent sur les apprentissages.

4 mai 2015

Asperansa. Education et scolarisation repoussent les limites de l'autisme


29 avril 2015

Une quarantaine de personnes (parents, professionnels, enseignants, auxiliaires...
Une quarantaine de personnes (parents, professionnels, enseignants, auxiliaires de vie scolaire, éducateurs et psychologues) ont écouté attentivement Angèle Le Nardant, psychologue comportementale.

L'antenne lorientaise Asperansa proposait, samedi, à la Cité Allende, une rencontre-formation « Autisme et scolarisation ». L'intervenante était la psychologue comportementale, Angèle Le Nardant. Une quarantaine de personnes (parents, professionnels, enseignants, auxiliaires de vie scolaire, éducateurs et psychologues) y ont pris part.

« Optimiser les chances de progression de l'enfant »

Cette formation a permis de développer les aspects éducatifs et scolaires, qui permettent de repousser les limites du handicap qu'est l'autisme. « La personne porteuse d'autisme peut progresser et apprendre tout au long de sa vie. Une intervention éducative, ciblée et précoce, optimise les chances de progression de l'enfant », précise Angèle Le Nardant. « Un enfant autiste, immergé dans une classe ordinaire et bien encadré, évolue et progresse réellement et durablement, tant sur le plan des apprentissages que sur le plan relationnel, poursuit la psychologue. L'enseignant doit disposer d'un personnel formé à l'autisme (AVS, AVSI), qui puisse accompagner l'enfant, en favorisant son autonomie et sa participation aux activités du groupe, en l'aidant à s'exprimer, à faire face à des situations inattendues... Une formation aux méthodes comportementales (Teach, Pecs, Aba, Denver), à adapter au profil de chaque enfant, s'avère même indispensable ».

Pratique
Permanence et rencontre entre familles, samedi 9 mai, à la Cité Allende. Contacts : antenne Asperansa Lorient, au 02.97.65.59.94 ou antenne-asperansa.lorient @laposte.net


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