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"Au bonheur d'Elise"
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scolarisation
23 septembre 2014

Autisme, une maman s'enchaîne au portail du collège de son fils - vidéo

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21 septembre 2014

DIJON -> La nouvelle classe pour autistes a ouvert ses portes

le 19/09/2014 à 05:00 
Tous les intervenants ont bénéficié d’une formation de dix jours dans la nouvelle unité d’enseignement. Photo F. J.

Tous les intervenants ont bénéficié d’une formation de dix jours dans la nouvelle unité d’enseignement. Photo F. J.

La nouvelle unité d’enseignement pour jeunes enfants autistes a ouvert ce jeudi à Quetigny, après une formation dynamisante

La nouvelle unité d’enseignement pour jeunes enfants autistes a ouvert, ce jeudi, à l’école maternelle La Fontaine-aux-jardins de Quetigny (voir nos éditions du 11 septembre). Une volonté forte, portée par le rectorat de Dijon, avec de nombreux partenaires dont l’Agence régionale de santé (ARS), la Ville de Quetigny ou encore le Service d’éducation spécialisée et de soins à domicile (Sessad) Centre Aurore de l’Acodège. Pendant dix jours, ces partenaires, ainsi que les familles des élèves scolarisés dans cette unité d’enseignement (1), ont suivi une formation commune menée par l’association ABA Côte-d’Or, avec Déborah Esmail et Diane Fraser, analystes du comportement. Une initiative dont tous soulignent le dynamisme, « car elle permet un vrai dialogue entre tous ceux qui interviendront auprès des enfants ». « Grâce aux parents, nous avons pu travailler sur des petits films présentant leurs enfants », ajoute Déborah Esmail. « Nous ne travaillons donc pas globalement sur de futurs élèves, mais précisément autour d’Ismaël, Dany et Tinny. Cela nous permet de préparer très concrètement leur futur accompagnement personnalisé. » Un comité de suivi de la nouvelle unité d’enseignement sera également mis en place. Avec la fois une évaluation interne, mais aussi des regards extérieurs. De cette expérience novatrice, l’association ABA espère faire « un moteur pour l’avenir ».

(1) La nouvelle unité d’enseignement pourra accueillir sept jeunes enfants autistes. Trois sont d’ores et déjà inscrits.

19 septembre 2014

Le plan autisme commence à la maternelle

article publié sur clicanoo Le journal de l'île de la Réunion

  • publié le 19 septembre 2014
  • 05h56

L’enseignante de l’unité d’enseignement maternelle pour enfants autistes, Amandine Delhelle, a fait visiter sa classe au recteur de l’académie de La Réunion, Thierry Terret (photo Jean-Claude François).

Pour la première fois sur l’île, une classe de maternelle accueillant des enfants atteints de troubles envahissants du développement ou plus communément autisme a été inaugurée hier à l’école Louise-Michel de Saint-Pierre. Le plan autisme 2013-2017 commence.

Éducation

Il y a des petites chaises autour d’une table ronde, un coin lecture avec deux bancs, un tableau noir et un autre blanc, des dessins d’enfants, de la pâte à modeler… Au niveau du matériel, on se trouve dans une classe comme il en existe tant d’autres. À une exception près, dans cette classe, il y a une enseignante, deux Atsem et deux éducatrices spécialisées sans oublier les deux Atsem pour la pause déjeuner pour… sept enfants. « On a vraiment besoin d’être un pour un avec ces enfants, indique Amandine Delhelle, l’enseignante de la première unité d’enseignement maternelle pour enfants autistes inaugurée hier matin à l’école Louise-Michel de Saint-Pierre. Ce n’est pas la première fois que j’encadre ces enfants. J’en ai suivi dans le cadre d’enfant intégré dans une classe ordinaire. Aujourd’hui, on doit gérer sept enfants. Ils ont besoin d’attention et d’intentions particulières, et à chaque instant. »

Cette unité spécialisée a été mise en place grâce à un groupe de partenaires composé du rectorat, de la mairie saint-pierroise, de l’ARS (Agence régionale de la santé), de l’institut Père Favron et du conseil général qui ont signé hier une convention. « C’est le travail d’une année, indique Nicolas Durand, le directeur général adjoint de l’ARS. Ce plan régional, c’est plus de 8 millions pour La Réunion. Nous accusons, comme en France en général, un retard énorme sur la scolarisation des enfants autistes, mais notre problème majeur est de poser un diagnostic rapide et sur des enfants très jeunes. »

Dans ce plan, il est prévu l’ouverture d’autres unités spécialisées, la création d’un véritable réseau de détection pour les tout-petits, de formation pour les ados et les adultes aussi. À La Réunion, il y a environ 1 830 enfants autistes, aujourd’hui, seulement 450 sont diagnostiqués. Ils se retrouvent intégrés dans une classe ou dans une unité « CLIS » (classe pour l’inclusion scolaire). « On sait qu’il y a d’autres besoins ailleurs sur l’île, indique le recteur, Thierry Terret. Nous avons dorénavant trente enfants TED qui sont pris en charge. Cette unité est une première expérimentation qui en appellera certainement d’autres. »

Véronique Tournier vtournier@jir.fr

19 septembre 2014

Nouvelle galère pour Yann et sa famille

19/09/2014 05:46
Fabienne, maman de Yann et son accompagnatrice, Amandine, attendent une réponse. - Fabienne, maman de Yann et son accompagnatrice, Amandine, attendent une réponse.Fabienne, maman de Yann et son accompagnatrice, Amandine, attendent une réponse.

Malgré l’engagement pris par l’inspecteur de circonscription, Yann, adolescent autiste, s’est vu refuser l’entrée en 4 e au collège de Touvent.

Pour une fois, Yann, adolescent autiste, devait faire une rentrée scolaire sans problème. Sa famille avait pris les devants en juin, pour demander le renouvellement de son orientation scolaire au collège Touvent qu'il fréquente depuis deux ans. « A trois jours de la rentrée, nous avons appelé le collège pour connaître les horaires. La principale, Mme Azema, nous a alors informés qu'elle refusait d'accueillir Yann, pour des raisons de sureffectifs dans les classes Ulis. » Pour les parents de Yann, c'est l'incompréhension la plus totale.

 " C'est épuisant "

« En juin, en présence de Mme de Gouville, directrice de la Maison du handicap, et de notre avocate, Sophie Janois, Noël Ravat, adjoint au directeur académique des services de l'Éducation nationale, avait pris l'engagement de son inclusion à Touvent. Nous étions tous d'accord pour un mi-temps (douze heures) qu'il effectuait déjà en fin d'année scolaire. L'inspecteur revient sur la parole donnée. » Pour Fabienne Vedrenne, sa maman, et Amandine, son accompagnatrice de vie scolaire, le renvoyer à l'EME – dont il dépend et dont elle ne remet nullement en cause l'enseignement – serait le condamner à régresser. « Yann a fait beaucoup d'efforts pour intégrer le collège et avait surtout progressé dans la socialisation avec les autres élèves, condition majeure à la préparation de son projet professionnel. Le retour à l'EME, dans un milieu qui n'est plus adapté pour lui, serait le mettre en souffrance. Par respect pour lui, je ne peux pas faire marche arrière », lance la maman qui, dans un courrier qu'elle va adresser au rectorat et à la MDPH, demande une réorientation de son fils. « Si l'inspecteur ne pouvait nous assurer l'accueil de Yann au collège, nous aurions demandé une double orientation. »
Intégrer un enfant handicapé dans la société est plus qu'un parcours du combattant : un sacerdoce. « C'est épuisant, convient Fabienne Vedrenne. Je n'étais pas préparée à faire la guerre. Mais si j'y mets autant d'énergie, c'est pour mon fils mais aussi pour tous les autres parents et leurs enfants qui ne sont pas assez armés à faire valoir leur droit. »

réaction

Noël Ravat : " La porte du collège n'est pas fermée "

Noël Ravat, adjoint au Dasen, conteste s'être engagé sur un mi-temps au collège. « La porte du collège n'est pas fermée. Même si la réponse que j'ai bon espoir d'apporter, ne sera pas forcément à la hauteur de la demande de la famille. Je peux m'engager sur un temps de trois heures en espérant l'étendre progressivement, mais cela dépend de la situation des quatre enfants en attente d'établissements spécialisés que nous sommes tenus d'accueillir à Touvent, et qui sont arrivés en sureffectifs. En juin, une convention a effectivement été signée entre l'EME et le collège Touvent qui posait le cadre juridique de l'accueil de Yann dans ce collège. Mais il n'y a pas eu d'engagement sur le nombre d'heures ; l'inclusion de Yann ne pouvait se faire que dans la limite du temps disponible. Je demande à la famille de nous donner un peu de temps, un mois, pour trouver une solution. Une nouvelle rencontre entre les directions de l'EME, du collège et moi-même doit avoir lieu prochainement. »

Catherine Pelletier
16 septembre 2014

Val-d'Oise : une classe de maternelle pour enfants autistes vient d'ouvrir

article publié dans Le Parisien

L'école de La Challe va permettre, dès ce matin, à des autistes de 3 ans d'être scolarisés comme les autres enfants. Une première dans l'académie de Versailles. Christophe Lefevre | 15 sept. 2014, 07h00

Eragny-sur-Oise, vendredi. Enseignantes, éducatrices, psychologues, psychomotricienne… Les intervenantes sont prêtes pour accueillir les premiers élèves de cette classe innovante qui permet d’intégrer les enfants autistes au milieu scolaire ordinaire. (LP/C.L.)

Pour Isabelle Kerebel, inspectrice de l'Education nationale pour la scolarisation des élèves handicapés, c'est une «révolution». A l'école maternelle de La Challe à Eragny (Val-d'Oise), une classe pour l'inclusion scolaire (Clis) des troubles envahissants du développement accueille dès ce lundi trois enfants autistes de 3 ans, originaires de Cergy, Saint-Ouen-l'Aumône et Eragny-sur-Oise. Quatre autres enfants arriveront bientôt. C'est la première classe de ce type dans l'académie de Versailles (Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Val-d'Oise). Trente doivent voir le jour dans l'Hexagone lors de cette rentrée.

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11 septembre 2014

Le bras de fer entre la maman d'un adolescent autiste et son école

Le Monde.fr | 11.09.2014 à 16h05 • Mis à jour le 11.09.2014 à 16h06 | Par

Capture d'écran d'une vidéo Youtube montrant Timothée, 15 ans, se voir refuser l'accès au collège dans lequel il est inscrit, le 3 septembre.
« Mon fils est inscrit dans cet établissement, c’est un droit fondamental d’être scolarisé, vous n’avez pas le droit de le refuser ! », tempête une mère devant les grilles du collège de la Tourette de Lyon (1er arrondissement), tandis que le proviseur, devant elle, affirme qu’il ne peut pas faire entrer l'adolescent. La scène, filmée par Maryna Zholud, la mère de Timothée, 15 ans, se déroule mercredi 3 septembre, jour de la rentrée en 4e de son fils autiste. Postée le lendemain sur Youtube, la vidéo comptabilisait plus de 175 000 vues jeudi 11 septembre. Et suscitait de vives réactions sur les réseaux sociaux. « C’est indigne », « scandaleux », « une honte », « ras le bol de ces injustices », peut-on ainsi lire sur la page Facebook créée par une amie de la mère de Timothée, qui avait récolté près de 3 000 soutiens le 11 septembre.

Derrière le buzz et l’émotion, l’histoire complexe. Depuis 2011, Timothée est scolarisé au collège public de la Tourette, en milieu ordinaire, alors que la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) chargée d’émettre des recommandations sur son orientation préconise pour lui un établissement spécialisé. « La mère de Timothée veut que son fils vive en société, qu’il ne soit pas marginalisé ou parqué dans une garderie », justifie l’avocate de Mme Zholud, Sophie Janois. D’ailleurs, il n’y a aucune classe réellement adaptée aux besoins spécifiques des autistes dans l’académie [de Lyon] », assure-t-elle.

Selon cette avocate spécialiste de l’autisme, la loi de 2005 impose à l’établissement de la Tourette d'ouvrir ses portes au plus vite à Timothée. Mais son cas est complexe : le jeune garçon a besoin de l’accompagnement d’un assistant de vie scolaire (AVS), que le collège ne peut pas obtenir car la MDPH n’en a pas fait la demande, puisqu’elle préconise une scolarisation en milieu spécialisé.

Lire aussi : Le troisième plan autisme se fait attendre

La fin d’année 2013 a été particulièrement difficile pour Timothée. Selon sa mère, il aurait été déstabilisé par un important « turn-over de cinq AVS en trois semaines », la situation s’étant soldée par un incident avec l’un d’eux, le dernier jour de classe. L’équipe enseignante réunie en conseil de discipline s’était alors déclaré incompétente, explique la conseillère principale d’éducation du collège, qui ne souhaite pas communiquer son identité : « Nous n’avons ni la formation ni l’encadrement pour l’amener vers la réussite. » Fin août, la MDPH émettait une nouvelle recommandation en faveur d’un établissement spécialisé pour la rentrée 2014. Après avoir déposé un nouveau recours, la mère de Timothée a tout de même amené son fils au collège de la Tourette, le jour de la rentrée, en filmant la scène.

Le père de Timothée, séparé de sa femme depuis 2007, ne partage pas l’opinion de son ex-conjointe concernant l’orientation de leur fils. « Je suis favorable au placement de Timothée dans un établissement spécialisé, explique le père de l’adolescent, il a besoin d’une prise en charge globale, avec un suivi psychologique, de l’orthophonie… » Cet avis rejoint celui du personnel de l’établissement de la Tourette, qui s’appuie notamment sur les résultats scolaires de l’adolescent. En 2013, une évaluation effectuée par le service spécialisé handicap de l’Académie de Lyon attribuait à Timothée un niveau scolaire de CE1. « Si mon fils était réellement capable de rentrer en 4e dans un établissement normal, je serais le premier à être ravi », soupire son père, qui préfère conserver l'anonymat.

« LE SEUL DOSSIER SUR LEQUEL ON NE TROUVE PAS D'ACCORD »

Le 11 septembre, Timothée n’avait toujours pas effectué sa rentrée. Mardi 9 septembre, la mère de Timothée avait pourtant été conviée par le recteur adjoint de l’académie de Lyon, Jean-Marie Krosnicki, à une discussion au collège de la Tourette afin de trouver une solution, une invitation que Mme Zholud a déclinée. D’après Jean-Marie Krosnicki, ce blocage parental est toutefois très rare. « C’est aujourd’hui le seul dossier, sur les 10 000 élèves handicapés scolarisés dans l’académie, pour lequel on ne trouve pas d’accord et où le dialogue est aussi difficile », assure-t-il. 

Ce cas révèlerait plutôt, d'après lui, les limites de la loi de 2005 sur le handicap, qui vise à associer les parents aux décisions concernant le parcours scolaire de leur enfant : « C’est la démonstration que, lorsqu’il n’y a pas de construction partagée entre la famille et les institutions, on se trouve dans une impasse que seul le juge peut démêler. » Le dernier recours de la mère contre les recommandations de la MDPH devait être jugé par le tribunal du contentieux et de l’incapacité (TCI) dans les quinze prochains jours. C’est cette juridiction qui aura le dernier mot sur la scolarité de Timothée et déterminera s’il réintégrera son collège public ou s’il sera placé dans un établissement spécialisé.

Lucile Berland

Marine Haag


 

Des pétitions et lettres pour rappeler au gouvernement ses engagements

Le buzz suscité par la vidéo de Timothée intervient au moment où les problèmes de scolarisation des autistes font l’objet de plusieurs pétitions qui ont récolté plusieurs milliers de signatures sur internet. Plusieurs lettres ouvertes ont également été adressées à la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem et au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, pour alerter sur la situation des autistes.

Le « 3ème plan autisme » de 2013-2017 promettait des avancées en la matière. Selon des données du ministère de l’éducation nationale, 20% des enfants autistes inscrits à l'école étaient scolarisés en milieu ordinaire en 2012, 37% étaient accueillis en institut médico-éducatif (IME) ou en hôpital de jour, et les 40 000 enfants restants n’étaient pas scolarisé du tout. Dans ce dernier groupe, certains n'allaient pas à l'école parce que leurs parents en avaient fait le choix, mais aucune statistique précise sur les enfants autistes hors système n'est disponible.

10 septembre 2014

Vidéo : Interview de Christine PHILIPP sur la scolarisation des enfants autistes

article publié sur le site Autismes & Discriminations

Publié le 10/09/2014

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer il y a quelques semaines celle qui est surnommée dans le milieu de l’autisme “l’ayatollah de l’inclusion” : Mme Christine Philip! Christine Philip est Maître de conférences honoraire de l’INS HEA en Science de l’Education et travaille notamment sur le thème de la scolarisation des enfants autistes. Je la remercie chaleureusement du temps qu’elle m’a accordé et vous livre sans plus attendre le contenu de notre échange. Bon visionnage!

 

10 septembre 2014

Autisme : l'école inclusive, c'est maintenant ?

La loi handicap votée en 2005 est censée garantir l’accès à l’école en milieu ordinaire préférentiellement au milieu spécialisé. Nous avons déjà traité ces questions, montrant comment dans de nombreux pays on parvenait à scolariser avec succès 80% des enfants autistes, là où la France peine à dépasser 20%. Or, 9 ans après, les progrès sont bien longs à se faire sentir et force est de constater que sur le terrain les résistances au changement frisent la crispation et que la loi est régulièrement bafouée. Pour de nombreuses familles touchées par l’autisme, la rentrée 2014 tourne au cauchemar. Tour d’horizon des témoignages de cette rentrée 2014.

La gabegie des AVS

Les Auxiliaires de Vie Scolaires sont bien souvent une pièce essentielle du dispositif de scolarisation des enfants handicapés en général, autistes en particulier. De nombreuses évolutions ont eu lieu, avec un récent décret permettant (enfin) de les pérenniser en CDI. Mais leurs effectifs n’augmentent pas au rythme des besoins, crise budgétaire oblige. En bout de chaîne, ce sont toujours les enfants qui trinquent.

D’abord, c’est classiquement la MDPH qui n’en attribue pas à l’enfant malgré des besoins actés en équipe de suivi de scolarisation, tant par les parents que par les enseignants. Ou qui rabote le nombre d’heures d’accompagnement sous des prétextes fallacieux comme « il faut qu’il apprenne à s’en passer ». Ensuite, c’est le rectorat qui ne respecte pas la décision de la MDPH, en diminuant encore le nombre d’heures. Ou même en ne recrutant personne du tout pour accompagner l’enfant, le privant bien souvent de scolarisation. Ou encore en affectant une AVS collective à plusieurs enfants censés avoir chacun leur AVS individuelle – et pas toujours dans la même classe, ni la même école !

Encore pire, on voit des situations de gabegie administrative au détriment des enfants. Ainsi, des AVS recrutées mais non affectées, alors même que des enfants en sont privés dans leur secteur géographique. Ou encore deux AVS positionnées sur le même poste tandis qu’un autre enfant n’en a pas. Quand ce n’est pas le directeur de l’école ou l’enseignant qui décide en toute illégalité, d’utiliser l’AVS au profit de toute la classe, ou même d’un autre enfant que celui qu’elle est censée aider,… ou à des tâches de secrétariat !

Le statut même des AVS, précaire et mal payé, fait office de repoussoir à tel point que les candidats potentiels ne sont pas assez nombreux même quand le rectorat a les budgets pour en embaucher. Il arrive souvent qu’ils démissionnent à peine embauché, ou après quelques semaines. Alors que des parents trouvent la perle rare, formée à l’autisme et prête à aider leur enfant, que le rectorat refusera d’embaucher. C’est ce genre de situations ridicules, ubuesques et préjudiciables à l’enfant, qui mène à des gestes désespérés des parents à bout de nerfs et de patience. Telle cette mère d’enfant autiste montée en haut d’une grue il y a quelques mois à Toulouse, ou ce père d’une petite fille dysphasique monté sur le toit de la mairie de Fontenilles.

Ce genre d’actes désespérés débouche d’ailleurs souvent sur un succès amer. En effet le rectorat, devant l’évidence d’une impasse juridique et le scandale médiatique, finit souvent par donner gain de cause aux familles. Mais en déshabillant Pierre pour habiller Paul : un autre enfant, aux parents moins bien informés, plus épuisés ou moins combattifs, sera privé de son AVS au profit du premier. Et aussi, parfois, en faisant preuve de mesquinerie rancunière pendant des années après l’évènement, en accumulant les brimades administratives sur la famille concernée.

 

La mauvaise volonté des enseignants

Le Ministère de l’Education Nationale a réalisé de gros efforts ces dernières années pour mieux inclure les enfants porteurs de handicaps, particulièrement les enfants autistes. Ainsi, des modules de formation à distance ont été mis en ligne, et des guides pour les enseignants comme pour les AVS sont disponibles sur les sites internet de l’INSHEA comme de la plupart des académies. On constate un changement de discours au niveau des Inspections Académiques. L’inclusion scolaire des autistes, jusqu’alors vécue comme une agression, semble maintenant acceptée comme un fait inévitable auquel il convient de faire face le mieux possible, même si c’est avec plus de résignation que d’enthousiasme.

De même, sur le terrain, on trouve nombre d’enseignants motivés et de bonne volonté, prêts à accueillir les enfants handicapés et à les aider du mieux qu’ils peuvent. Cependant, on ne peut que constater qu’une part non négligeable reste farouchement opposé à l’inclusion scolaire en milieu ordinaire des autistes, et ne recule devant rien, y compris l’illégalité, pour exclure ces enfants de l’école de la République.

Par exemple, on a vu cette année (comme les précédentes) des enfants refusés à l’école lorsque l’AVS est absente, ce qui est illégal. Des enfants privés d’AVS parce que l’enseignant prétend qu’il n’a rien (et que c’est un problème d’éducation), malgré le diagnostic posé par un service hospitalier réputé. Des enseignants qui refusent d’adapter leur pédagogie ou les exercices demandés aux spécificités des autistes, refusent de structurer l’environnement, d’utiliser quelques pictogrammes, refusent d’écouter les conseils des professionnels qui suivent les enfants, sous prétexte qu’ils sont maîtres dans leurs classes. D’autres qui n’acceptent l’enfant qu’une ou deux heures de temps en temps dans la semaine, au mépris de la notification de la MDPH et du droit à la scolarisation.

Certains enseignants, encore, refusent d’accepter la réalité d’un trouble comme la dyspraxie ; on va taxer l’enfant de fainéantise et sanctionner par des punitions. D’autres refusent de recevoir des intervenants extérieurs non « institutionnels », alors même que les familles n’ont trouvé des spécialistes compétents qu’en libéral, ou encore interdisent tout contact entre les parents et l’AVS, même répondre à un simple « alors comment ça s’est passé aujourd’hui »…

Beaucoup de familles prennent de plein fouet des phrases lapidaires comme « cet enfant n’a pas sa place à l’école, il serait bien mieux en milieu spécialisé » : nombre d’adolescents autistes viennent cette année d’obtenir leur brevet des collèges, après que leurs parents aient subi ce type de discours pendant des années… On tente aussi d’orienter en CLIS des enfants de haut niveau cognitif (avec des QI parfois bien supérieurs à ceux des enseignants) juste pour se débarrasser des "perturbateurs ». CLIS ou ULIS, d’ailleurs, dans lesquels l’inclusion se résume à une participation aux cours de sports et de musique, les autres enseignants de l’école ou du collège refusant les élèves handicapés dans leurs classes.

Certaines familles apprennent a posteriori qu'il il y a eu une sortie scolaire ou une fête à l'école et que leur enfant était le seul à ne pas avoir été prévenu. D’autres enfants handicapés se font moquer voire harceler par leurs camarades, sans que l’encadrement de l’école réagisse ; en revanche s’ils se rebiffent contre leurs tourmenteurs, la réaction est immédiate : « cet enfant est violent, il est dangereux pour ses camarades, il n’a pas sa place à l’école ».

Grande nouveauté du cru 2014, certains enfants sont refoulés de l’école ou du collège au motif de « manque de place ». A-t’on déjà vu des enfants entre 6 et 16 ans, non handicapés, refusés pour un tel motif ? Du coup, découragés, de plus en plus de parents se tournent vers le CNED et l’enseignement à domicile, contraints et forcés – au prix d’une perte de salaire d’un des parents.

Pour terminer ce tour d’horizon, nous décernons le « prix Liberté-Egalité-Fraternité » à l’équipe du collège qui, ce mois de septembre 2014, a cadenassé ses grilles au nez d’un enfant autiste et de sa mère plutôt que le laisser rentrer rejoindre ses camarades.

 

Les Unités d’Enseignement en Maternelle du Plan Autisme

Une autre nouveauté de cette rentrée, ce sont les Unités d’Enseignement du 3è Plan Autisme prévues pour les écoles maternelles. Il s’agit de classes spéciales, devant inclure 7 enfants autistes « trop lourdement atteints pour aller en classe ordinaire avec AVS ». Les enfants y recevront à la fois l’enseignement scolaire de maternelle, et des prises en charges éducatives conformes aux recommandations de la HAS de 2012 (type Denver, ABA ou TEACCH), ainsi que des prises en charges thérapeutiques comme l’orthophonie ou la psychomotricité. Le but affiché de ces classes est que progressivement l’enfant passe de plus en plus de temps dans une classe ordinaire de son école, pour à terme suivre une scolarité à 100% en milieu ordinaire.

Un cahier des charges particulièrement exemplaire a été établi par les services de Ministère de la Santé pour ces unités, conformément aux recommandations de la HAS. Ce cahier des charges devra être appliqué lors des appels à projets à émettre par les Agences Régionales de Santé pour l’ouverture des classes prévues en septembre 2015. En attendant, pour aller vite, certaines régions pilotes vont voir l’ouverture d’une trentaine de classes dès la rentrée 2014. Pour ce faire les ARS concernées ont été autorisées à attribuer les unités d’enseignements sans appel à projet, par extension de services existants. Le budget à la place étant très conséquent (environ 40000€ par an et par enfant), il y avait de quoi attirer les candidats.

Le processus de sélection pour cette première tranche, qui va être opérationnelle dès cette rentrée, est donc plutôt opaque et propre à autoriser n’importe quelle dérive, puisqu’il n’y a pas d’appel à projets permettant de s’assurer de l’adéquation au cahier des charges établi par le Gouvernement. Nous avons pu prendre connaissance des attributions des UE de la rentrée 2014 ; heureusement le tableau d’ensemble est plutôt rassurant. Une grosse moitié des projets sont en effet attribués à des gestionnaires associatifs connaissant les prises en charges éducatives recommandées, et sont réputés pour les appliquer. Plusieurs autres sont attribués à des gestionnaires non formés dans ce domaine mais de bonne volonté, aucune association en place dans le département concerné n’étant de toute façon à la fois capable de porter le projet tout en étant formé aux méthodes recommandées. Subsistent malgré tout quelques points noirs.

Certains projets ont été attribués à des organismes connus des associations de familles pour ne pas appliquer les recommandations de la HAS et s’inscrire dans une vision psychanalytique obsolète de l’autisme. Dans d’autres cas, le milieu pédopsychiatrique local, opposé au plan autisme, tente de dissuader les familles d’inscrire leur enfant dans ces unités, ou plus simplement pose des diagnostics obsolètes de « psychose infantile », ce qui fait que les MDPH sont étrangement incapables de trouver suffisamment d’enfants à y orienter. Heureusement les réseaux sociaux se sont révélés une aide inappréciable : l’information sur les places disponibles a pu être diffusée rapidement ce qui a permis de trouver des enfants au profil adéquat.

Une UE en particulier pose un problème épineux, celle du Val d’Oise. D’après nos informations elle a été attribuée par l’ARS d’Ile de France à un établissement appelé « la Clé pour l’Autisme » de la Fondation John Bost. Cette association n’est pas connue comme spécialiste des prises en charge recommandées par la HAS telle qu’ABA ou TEACCH, contrairement par exemple à l’AFG, qui va gérer l’UE de Paris, mais on peut supposer que des formations adaptées seront mises en place. En revanche il a été décidé que la supervision technique de cette UE serait assurée par l’association PreAut. PreAut rassemble des praticiens se revendiquant de la psychanalyse, tout en mettant en œuvre des diagnostics et interventions précoces à la fois psychanalytiques et à visée éducative voire développementales. On peut considérer que PreAut tente de réaliser une certaine synthèse entre les prises en charges développementales et la vision psychanalytique de l’autisme, ou d’adapter à cette vision psychanalytique les pratiques comportementalistes venues d’outre-Atlantique.

Il n’en reste pas moins que pour nombre de familles et d’associations concernées par l’autisme, PreAut reste avant tout une officine psychanalytique, alors même que la psychanalyse a été maintes fois discréditée dans la prise en charge de l’autisme et ne figure pas dans les interventions recommandées par la HAS en 2012. Du coup, plusieurs familles potentiellement candidates pour que leur enfant intègre l’UE du Val d’Oise ont préféré y renoncer. La situation est très gênante pour l’ARS d’Ile de France, désavouée par les familles des enfants qu’elle a pour rôle d’aider. A ce jour, toujours selon nos informations, l’Unité d’Enseignement du Val d’Oise devrait ouvrir avec seulement deux ou trois enfants au lieu des 7 prévus. L’ARS a tout pouvoir pour régler cette situation, y compris attribuer l’UE ou sa supervision a quelqu’un d’autre ; que fera-t’elle ?...

 

Conclusion : l’école inclusive c’est pour quand ?

La loi de 2005 aura bientôt 10 ans. Le scandale français de l’exclusion scolaire des autistes est dénoncé depuis bien plus longtemps par les associations, et a fait l’objet d’une n-ième condamnation par le Conseil de l’Europe début 2014. Le nombre d’enfants autistes scolarisés en milieu ordinaire progresse, mais trop lentement. On peine à décoller des 20%, contre 80% dans la plupart des pays civilisés ; on comprend pourquoi.

Des progrès sont indéniables. La volonté politique est enfin là, le plan autisme en atteste, ainsi que la création des Unités d’Enseignement de maternelle, première action concrète en faveur des autistes impliquant également le Ministère de l’Education Nationale. Les AVS font partie maintenant du paysage, même si leur statut reste perfectible et leur nombre insuffisant.

Mais ce sont aujourd’hui les mentalités qu’il faut changer. Il faut que les enseignants encore réfractaires comprennent qu’ils sont là aussi pour aider les enfants autistes, en prenant en compte leurs différences. On ne peut exiger d’un enfant autiste qu’il soit comme les autres, mais on peut faire en sorte qu’il trouve sa place parmi les autres. L’école française doit sortir de sa tendance normative qu’on lui reproche souvent et parvenir à aider tous les enfants avec leurs particularités. Pas seulement les autistes d’ailleurs, ni même les handicapés en général : tous les enfants, avec leurs spécificités et leurs façons différentes d’apprendre.

Il faut aussi prévoir les moyens nécessaires pour que cette inclusion se passe dans de bonnes conditions, en commençant par cesser de surcharger les classes. On pourrait prendre exemple sur l’Italie, ou la présence d’un élève handicapé dans une classe conduit automatiquement à diviser son effectif par 2. Ce serait une façon de motiver plus d’enseignants à accepter les élèves différents. Avec les 60000 postes en cours de création dans l’Education Nationale et la priorité affichée pour le primaire, c’est peut-être le bon moment pour mettre en œuvre une telle mesure.

Finalement c’est peut-être cette inclusion scolaire des autistes, si difficile à vivre pour tout le monde tant elle remet en cause l’ordre établi, qui fera éclater la sclérose actuelle de notre école, qui l’obligera à évoluer vers un nouveau modèle plus souple et équitable, et qui permettra à notre pays de remonter dans le classement PISA de l’OCDE. Les autistes sont peut-être la chance de l’école de la République.

 


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10 septembre 2014

Un jeune autiste refusé à l'entrée de son collège : la scène filmée fait polémique

mardi 9 septembre 2014


Ado autiste collège Lyon
Timothée, adolescent autiste de 15 ans, devant les grilles de son collège à Lyon © Capture d'écran de la vidéo Youtube

La vidéo filmée à l'insu du proviseur vue plus de 130.000 fois sur Youtube

Figurant dans le top 20 des vidéos les plus populaires sur Youtube, la vidéo d'un collégien autiste de 15 ans refoulé le jour de la rentrée devant son établissement a été filmée en caméra cachée par sa mère.

Soucieuse d'avoir une preuve en cas d'une éventuelle procédure judiciaire, elle refuse d'inscrire Timothée dans un établissement spécialisé, une solution préconisée à deux reprises par la Maison départementale des handicapés. Fin août, elle dépose un recours pour continuer à scolariser son fils dans le même établissement lyonnais où Timothée vient d'effectuer sa 5ème. "En guerre psychologique avec l'Education nationale", Marina Zholud estime qu'"elle ne peut pas attendre la décision du recours". "Un enfant, ça n'attend pas. On ne peut pas le mettre dans le frigo. Il veut aller dans son collège, il veut être comme les autres".

Contacté par France Info, Jean-Marie Krosnicki, directeur académique adjoint dans le Rhône, a rencontré la famille de Timothée, deux jours après la rentrée. Il dénie toute discrimination. "Ce qui est en cause dans cette situation, ce n'est pas que l'enfant soit porteur d'un handicap, c'est l'écart qui existe entre les possibilités d'apprentissage et le niveau scolaire qui est envisagé", explique-t-il. L'académie de Lyon recommande l'inscription de l'enfant dans une unité spécialisée d'un établissement ordinaire avant la décision du Tribunal de contentieux de l'incapacité qui examinera le recours de la mère.

9 septembre 2014

AESH : les conditions de recrutement et d'exercice

08 sept. 2014

AESH : les conditions de recrutement et d’exercice

Une circulaire précise les modalités de mise en œuvre du nouveau dispositif des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Elle présente également le processus de « passage » des actuels AVS dans la catégorie AESH.

Tous les AESH sont des agents contractuels engagés par contrat de droit public à durée déterminée, sous réserve de l'autorisation du Dasen et de l’accord préalable du conseil d’administration de l’EPLE. Le CDD est conclu pour trois ans maximum. Il peut être renouvelé dans la limite maximale de six ans. Un temps complet équivaut à 1 607 h annuelles, sur la base d'un nombre de semaines compris entre 39 et 45.

Une qualification spécifique aux postulants est exigée, à travers la détention d'un diplôme professionnel dans le domaine de l'aide à la personne (dans un futur proche, les diplômes d'État d'auxiliaire de vie sociale, d'aide médico-psychologique ou de mention complémentaire aide à domicile seront remplacés par un diplôme professionnel unique), sauf si ces derniers peuvent justifier d’exercice professionnel antérieur d’au moins deux ans sur des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap.

Selon les missions exercées par l’AESH, le recruteur est :

  • l'État via le recteur d'académie ou le Dasen qui en reçoit la délégation, pour exercer des fonctions d'aide individuelle ;
  • l'État via le recteur d'académie ou le Dasen qui en reçoit la délégation ou bien un établissement « en fonction des supports disponibles », pour exercer les fonctions d'aide mutualisée ou d'appui à des dispositifs collectifs de scolarisation.

Les AESH peuvent également être mis à la disposition des collectivités territoriales, sous conditions.

Désormais, la perspective d’une CDIsation est possible. Elle peut intervenir à l'issue de six années d'exercice effectif des fonctions. Sous quelles conditions ? Uniquement la durée d'exercice des fonctions (à apprécier au cas par cas, selon la quotité exercée, la continuité ou non des services accomplis…). Le texte ministériel précise que « la possession du diplôme professionnel ou l'engagement dans une démarche de validation des acquis de l'expérience en vue de son obtention ne sont pas obligatoires ».

L’AESH doit intervenir auprès de l’élève en situation de handicap, mais il doit également participer au suivi et à la mise en œuvre du projet personnalisé de l'élève à travers une présence aux réunions, aux dispositifs École ouverte et stages de remise à niveau…

Pour en savoir plus :

9 septembre 2014

Les chiffres de l'autisme - tableau synthétique ... pour comprendre les enjeux

chiffres autisme tableau explicite

9 septembre 2014

Le site du collectif EGALITED ? Une mine d'or pour les familles touchées par l'autisme !

Bienvenue - Que faire en cas d'autisme ? - Actualités, cliquez ici


Bienvenue sur le site du collectif EGALITED. Notre collectif a pour ambition de défendre les droits des personnes porteuses d'autisme et des autres Troubles Envahissants du Développement. Nous entendons oeuvrer pour l'égalité des personnes autistes, la défense de leurs droits, et leur inclusion sociale, sur le modèle des meilleures pratiques en vigueur dans le monde. Ce site rassemble des informations et des ressources pour toutes les familles touchées par l'autisme.

Gardez en tête qu'à partir du moment où vous êtes confrontés à l'autisme, votre vie va être bouleversée. Compte tenu de l'incompétence notoire de nombreux professionnels médicaux et paramédicaux dans ce domaine, vous ne pourrez pas faire aveuglément confiance au "docteur en blouse blanche". Il vous faudra vous informer par vous même, vous former, faire preuve de recul et d'esprit critique. Le meilleur spécialiste de votre enfant, c'est vous, le parent, pas le médecin. Le meilleur allié de votre enfant, c'est encore vous. La seule personne apte à décider de ce qui est bon ou pas pour lui, c'est toujours vous et personne d'autre. Nul ne défendra les droits de votre enfant à votre place.

Le meilleur professionnel, c'est celui qui vous donne un libre accès à l'information, qui vous dit son point de vue, qui vous explique clairement son action, ses buts et ses moyens, et qui ensuite vous laisse libre de décider en toute connaissance de cause sans tenter de vous forcer la main.

Que faire en cas d'autisme ?

1- dépister et diagnostiquer selon les recommandations en vigueur: voir Autisme Infos  
2- mettre en place une prise en charge éducative: voir 
Prises en charge
3- la financer: voir 
Administratif
4- mettre en place une aide à l'école: voir 
Ecole, AVS
5- vous préserver pour votre bien et celui de votre enfant, gérer le quotidien, vous former: voir 
Quotidien, aide, outils

6- fuire la psychanalyse et les psychanalystes qui n'apportent rien aux autistes ni à leurs familles
7- faire de votre mieux tous les jours et écouter votre coeur de parent avant tout
8- ne pas rester isolés: rejoindre une association ou un collectif comme EgaliTED.

Fiche d'information de la Haute Autorité de Santé à destination des médecins: cliquez ici


Vous pouvez nous contacter ou nous rejoindre:
- par e-mail: 
col.egalited@gmail.com
- notre forum: 
http://collectif-egalited.fr-bb.com/
- notre page Facebook: 
EgaliTED

Gardez en tête qu'à partir du moment où vous êtes confrontés à l'autisme, votre vie va être bouleversée. Compte tenu de l'incompétence notoire de nombreux professionnels médicaux et paramédicaux dans ce domaine, vous ne pourrez pas faire aveuglément confiance au "docteur en blouse blanche". Il vous faudra vous informer par vous même, vous former, faire preuve de recul et d'esprit critique. Le meilleur spécialiste de votre enfant, c'est vous, le parent, pas le médecin. Le meilleur allié de votre enfant, c'est encore vous. La seule personne apte à décider de ce qui est bon ou pas pour lui, c'est toujours vous et personne d'autre. Nul ne défendra les droits de votre enfant à votre place.

Le meilleur professionnel, c'est celui qui vous donne un libre accès à l'information, qui vous dit son point de vue, qui vous explique clairement son action, ses buts et ses moyens, et qui ensuite vous laisse libre de décider en toute connaissance de cause sans tenter de vous forcer la main.
 

 


Actualités

Depuis cette page d'accueil, vous aurez accès sur la gauche à des pages décrivant nos actions passées et en cours.


18 aout 2014 - EgaliTED écrit au Ministère des Finances pour demander la non-fiscalisation de la PCH

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) constitue pour beaucoup de familles la seule façon de financer la prise en charge éducative de leur enfant. Or celle-ci peut subir une imposition, voire une demande de paiement de CSG et RDS, ce qui se traduit par une charge financière insupportable et inéquitable pour les familles concernées. Afin de remédier à cette situation nous avons écrit au Ministre des Finances, ainsi qu'au Défenseur des Droits.







18 juillet 2014 - Instruction ministérielle sur le repérage, diagnostic et intervention précoce dans le cadre du plan autisme

La présente instruction porte sur la mise en œuvre de l’action du plan autisme 2013-2017 relative à la mise en place d’une organisation régionale coordonnée et graduée favorisant le repérage, le diagnostic et les interventions précoces, avant l’âge de 6 ans, pour les enfants avec autisme ou autres troubles envahissants du développement.

Cliquez ci-dessous pour le texte complet:




3 juin 2014 - A propos d’un « itinéraire institutionnel d’un sujet en devenir »

Analyse d'un suivi "typique" dans un service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, à Paris, relaté dans le magazine "PsychoMedia" n°46.

Notre nouvel article sur Agoravox:




26 mai 2014 - Le point sur les causes de l'autisme

Une récente étude scientifique apporte un éclairage nouveau sur les causes de l’autisme, concernant le rôle de la génétique. Cette étude relance le débat sur ce sujet, pomme de discorde récurrente entre psychiatres, familles, et associations. Faisons le point.

Notre nouvel article sur Agoravox:



 


20 mars 2014 - L'association TOUPI conteste une décision de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France

La gestion par les Agences Régionales de Santé de l'argent public pour l'autisme fait depuis quelques mois l'objet de polémiques grandissantes de la part des associations d'usagers. La polémique prend une nouvelle tournure avec le recours en justice que viens de déposer l'association Toupi contre une décision de l'ARS d'Ile de France qui attribue un service d'éducation spéciale pour autistes à une association jugée "quasi-exclusivement psychanalytique". L'association Toupi n'est pas directement partie prenante à l'appel à projets, mais a choisi de déposer un recours dans l'intéret des usagers de ce futur service éducatif. (Cliquez sur l'image ci-dessous)





5 février 2014 - Education des enfants autistes: la France condamnée


5 février 2014
 - "Le Conseil de l'Europe vient de condamner la France pour ne pas avoir respecté le droit des enfants autistes à recevoir une éducation. Le pays avait en effet ratifié, il y a quinze ans, la Charte sociale européenne, qui le garantit. Dans la décision, que L'Express a pu consulter, les 13 experts indépendants réunis par cette instance de défense des droits de l'homme ont conclu à l'unanimité que, en France, "il y a violation de la Charte sociale européenne révisée en ce qui concerne le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans les établissements de droit commun, et l'absence de prédominance d'un caractère éducatif au sein des institutions spécialisées".

Merci à 
Vaincre l'Autisme d'avoir initié cette action, dont on espère qu'elle génèrera un électrochoc tant au Gouvernement que dans les institutions.

Lire la résolution du Conseil de l'Europe en cliquant ci-dessous


Lire l'article de l'Express en cliquant sur l'image



 

8 septembre 2014

Dispositif pour l'Insertion Sociale et Professionnelle des Elèves Handicapés - DISPEH


Espace DISPEH : tous les documents

 
Le DISPEH est un dispositif visant à favoriser l'insertion sociale et professionnelle des élèves handicapés.

Il permet de favoriser l'élaboration et la concrétisation d'un véritable projet de vie - incluant notamment le projet professionnel - en adaptant et en rendant accessibles les dispositifs de formation existants
(loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées).

Il s'adresse prioritairement aux élèves handicapés âgés de 14 à 20 ans, quel que soit leur lieu de scolarisation (les Unités Localisées pour l'Inclusion Scolaire -ULIS-, les EPLE, les instituts médico-professionnels -SIFPRO-, etc...).


Objectif : Dépasser l'effet filière et créer un parcours de formation le plus souple possible, au bénéfice de l'élève handicapé.

A cet effet, le DISPEH met en place des passerelles entre les dispositifs de formation de droit commun et les structures médico-sociales afin de permettre aux élèves en situation de handicap de :

  • découvrir des champs professionnels ou des métiers
  • se former

en prenant en compte leurs goûts , le développement de leurs compétences tout en respectant leurs besoins.



>  Une démarche intégrant quatre objectifs complémentaires :

  • L'éducation au choix
  • La préparation à la formation professionnelle
  • La reconnaissance des acquis
  • L'insertion


>  Deux modules :

  • La découverte de champs professionnels et de métiers (mise en réseau des plateaux techniques des lycées professionnels, EGPA , SIFPRO, CFA), suivant des modalités concertées (notamment en terme d'accompagnement éducatif).
  • La formation professionnelle adaptée (modalités de formation, contenus et accompagnement).


>  Des partenaires impliqués dans ce dispositif :

  • la Direction Départementale des Services de l'Education Nationale (DSDEN) de Seine-et-Marne et le Rectorat de Créteil,
  • les structures médico-sociales et leurs associations gestionnaires,
  • les CFA et les chambres de commerce et d'industries, les chambres des métiers et de l'artisanat,
  • le ministère de l'agriculture, l'ARS,
  • le CRIF, le Conseil Général et la MDPH,
  • la DDTEFP, les entreprises.

L'organisation générale de ce dispositif, fortement ancré sur le partenariat, repose sur un ensemble de commissions qui, à des niveaux divers, construisent et inventent, pour que les jeunes handicapés puissent parvenir à une insertion sociale et professionnelle réussie.


La mise en œuvre du DISPEH


-  Dès 14 ans... La découverte de champs professionnels et de métiers.
Dès lors que le projet professionnel se dessine avec la famille, en particulier en équipe de suivi de la scolarisation (ESS), et que la situation médicale du jeune l’autorise,  les stages (individuels ou collectifs) peuvent être envisagés sur les plateaux techniques des lycées professionnels, des SEGPA , des SIFPRO ou des CFA.
Une convention de stage individuelle est alors rédigée. Elle est obligatoirement signée par les établissements (établissement d'origine du jeune et établissement d'accueil en stage) et la famille ou le jeune majeur.
Un passeport (livret de suivi du stage) est confié au jeune à chacun des stages.
L'utilisation des transports en commun (lorsqu’ils existent et que l'autonomie du jeune le permet) est privilégiée.

- Dès 16 ans... La formation professionnelle et la formation professionnelle adaptée
La formation professionnelle se déroule soit en EPLE, soit en pôle de formation adaptée (association d'un CFA ou d'un EREA et d'un SIFPRO (tête de réseau formation).

- Les formations actuellement en cours :

  • Cuisine : IMED de Claye-Souilly / CFA Alexis Tingaud (Congis sur Thérouanne) / IME la Sapinière ( Ecuelles) / CFA Avon??, EPMS de Fontenay-Trésigny / UTEC Emerainville Lycée Antonin Carême (Savigny le Temple)
  • Service en salle : IMED de Claye-Souilly / CFA Alexis Tingaud (Congis sur Thérouanne)
  • Boulangerie : IME Gabrielle / IMA de Meaux??Bâtiment (maçonnerie, peinture, métallerie) : EREA Léopold Bellan (Chamigny)
  • Maintenance des Bâtiments de collectivité : Lycée Benjamin Francklin  (La Rochette) Lycée des Pannevelles (Provins)
  • Mosaïque –Carrellage : Lycée des Pannevelles (Provins)
  • Maçonnerie : IME la Sapinière / CFA de Nangis??Peinture : EPMS du Provinois / CFA de Nangis
  • Service en milieu rural : IME Villers (Aulnoy) / CFA de la Bretonnière (Chailly en Brie)
  • Travaux paysagers : EPMS de Fontenay-Trésigny / CFA de la Bretonnière? IME l'Envolée (Dammarie les Lys) / CFA de la Bretonnière (Chailly en Brie).

Les élèves bénéficient, selon les pôles de formation, de 2000 heures de formation (accord de la région Ile de France) sur les plateaux techniques des CFA, des SIFPRO ou de l'EREA et en entreprise.

Dès la première année de ce module, des stages en entreprise complètent la formation.

Les lieux de stage sont identifiés et organisés par les établissements d'origine et la famille (ou du jeune majeur).

En fin de formation, une évaluation permet de délivrer officiellement une attestation de compétences professionnelles acquises dans le cadre de la formation préparant à un CAP.



>  Contacts :


Laurence BOCQUILLON

Coordonnatrice DISPEH
Mission ASH
Courriel : Dispeh77@orange.fr .
Tél. : 06 37 78 97 85
6 septembre 2014

Arcachon : l'école s'ouvre aux enfants autistes

Publié le 04/09/2014 à 06h00 , modifié le 04/09/2014 à 08h34 par

Une unité d’enseignement pour les enfants autistes a été ouverte à l’école Osiris d’Arcachon. C’est la seule d’Aquitaine.

Arcachon : l’école s’ouvre aux enfants autistes

Les responsables académiques ont visité hier matin l’unité réservée aux enfants autistes. © Photo

photo d. p.
Voilà une rentrée particulière pour le personnel et les 72 élèves de l'école maternelle Osiris d'Arcachon. Cet établissement est le seul d'Aquitaine à héberger une unité d'enseignement destinée à favoriser la scolarisation d'enfants autistes selon les méthodes recommandées par la Haute autorité de santé. Disposant de sept places, l'unité fonctionne depuis la rentrée, avec quatre et bientôt cinq enfants domiciliés sur le Bassin, à Biganos, Arès, La Teste, Marcheprime et Mios.

Les quatre enfants sont dans la salle qui leur est réservée. Autour d'eux, cinq éducatrices spécialisées à temps plein employées par l'Adapei Gironde, une enseignante spécialisée de l'éducation nationale. Il y a aussi une psychologue motricienne, une orthophoniste à mi-temps et une autre psychologue.

Une éducatrice pour chaque enfant

Un des enfants joue à reconnaître les chiffres. Un autre semble chanter en jouant avec des cubes. Et puis sur une petite table, deux autres boivent de l'eau et mangent des gâteaux. Il y a autour d'eux ce matin beaucoup de gens. Des responsables de l'Éducation nationale, dont le recteur d'académie, des élus d'Arcachon, dont Yves Foulon, le député-maire UMP d'Arcachon, le directeur départemental de l'Adapei, tous conviés à visiter cette nouvelle unité.

Dans la salle, chaque enfant a une éducatrice à ses côtés. « C'est une attention de tous les instants, il n'y a jamais de pause. » Ils sont entre eux mais intégreront de temps à autre les classes correspondant à leur âge. Ils vont aussi dans la cour de récré avec les autres, plus souvent mais moins longtemps. Bref, ils sont à l'école, comme les autres.

Un projet individuel est construit pour chaque enfant, en association avec leurs parents. Ces petits ont de vraies capacités cognitives et il s'agit ici de leur fabriquer un vrai parcours scolaire.

« Ces enfants n'ont pas de moyens de communication innés, explique Magali Pascaud, l'enseignante affectée à cette unité. Ils veulent sortir de leur bulle mais n'y arrivent pas. Nous leur donnons des outils. Certains y arriveront mieux avec les images, d'autres avec des mots. Nous devons leur apprendre à parler, à demander des choses. Enfin, ils ont souvent du mal à entrer en interaction avec d'autres enfants. Ils ne savent pas quoi faire en présence d'autres personnes. »

"Une chance"

D'où l'intérêt de les intégrer dans des écoles ordinaires. « D'ailleurs, assure Françoise Coineau, la directrice d'Osiris, ce projet a été très bien accueilli et par l'équipe pédagogique et par les parents. Ceux-ci sont ravis que leurs enfants voient que le monde n'est pas toujours lisse, qu'ils se confrontent à la différence à Arcachon. Les autres élèves aussi semblent contents. »

Le choix d'Arcachon semble donc le bon pour implanter cette unique unité. « Nous avions cherché une école prête à accueillir ces enfants, raconte François Coux, l'inspecteur d'académie. Il y avait un cahier des charges. Il y avait un besoin sur le Bassin et à Osiris, non seulement des locaux étaient disponibles mais l'équipe pédagogique était prête à s'investir. » Yves Foulon confirme : « Nous avons évidemment saisi cette opportunité. C'est une chance. »

En Gironde, 687 enfants autistes sont repérés. « Tous sont pris en charge, précise Thierry Samzun, l'inspecteur de l'éducation nationale en charge du handicap sur la Gironde. Cette unité d'enseignement est une des solutions possibles pour ces enfants. »

5 septembre 2014

Assister les élèves ayant des troubles de comportement : défis de l'accompagnement scolaire individualisé, FRANCE

article publié sur Handiplanet echanges

  • Enfance : Intégration scolaire
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Malena Bastias le 30/07/2013

Une sociologue a été amenée à travailler en tant qu'AVS dans le cadre du programme national d'inclusion scolaire dans les classes « Ulis »: son expérience lui a permis de vivre les défis du soutien scolaire individualisé avec un élève de 6ème (collège).

1. Contexte : Le programme « Mission académique pour la scolarisation des élèves ayant un handicap »

L'an dernier, je faisais partie de la Mission programme académique à la scolarisation des élèves en situation de handicap, qui dépend du Rectorat de Paris. Mon rôle comme AVS [Assistante de Vie Scolaire] était d'accompagner un élève de 6ème [collège] ayant des « troubles de comportements ». Je l'accompagnais dans son collège de secteur dans le 13ème arrondissement (Paris) et dans un dispositif ULIS qui réunissait, dans une autre école, différents élèves ayant des caractéristiques similaires.
Sociologue et actuellement étudiante à Paris (Master patrimoine culturel), j'ai travaillé dans le domaine des politiques publiques. J'ai intégré ce programme suite aux conseils d'une amie qui avait fait le même travail l'année précédente. Ils m'ont appelé pour un entretien par le programme du Rectorat qui recrute chaque année des personnes différentes, d'origines distinctes pour accompagner, au cours de la journée scolaire, des élèves avec différents types de handicaps.

Le programme met l'accent sur les élèves en école primaire, au collège et au lycée, ayant différents types de handicap : psychique, moteur, d'apprentissage...
L'an dernier, ont été embauchées environ 150 personnes à Paris et beaucoup d'entre eux ont eu à accompagner plus d'un élève.
Le programme s'engage à offrir aux élèves ayant un handicap un accompagnement pour quelques heures ou la totalité des journées scolaires. Le nombre d'heures est décidé entre le programme, les familles et les écoles. L'idée est de créer les conditions pour intégrer dans des collèges « normaux » des élèves ayant un handicap. C'est, à mon avis, une double intégration : celle de l'élève en question, mais en même temps celle du reste de la classe qui a la possibilité de vivre avec différents types d'enfants et de jeunes.

2. L'objectif : adapter l'inclusion scolaire

L'objectif était d'intégrer au mieux l'élève aux différents espaces auxquels il participait. Il fréquentait le collège d'une part, un groupe de travail dans une autre école d'autre part, ainsi qu'un Centre de Soins (où je ne l'accompagnais pas). Dans cette variété d'espaces, mon rôle consistait à l'aider dans la continuité du contenu, la concentration sur les cours et la gestion de son comportement.
Fondamentalement, j'espérais établir une confiance avec l'élève qui me permettrait de le soutenir et d'aller de l'avant en ce qui concerne son intégration scolaire. Du côté de sa famille, il me semble que leurs attentes allaient davantage du côté de  la gestion des difficultés de concentration de l'élève, et de pouvoir établir un dialogue avec lui dans les heures où ils n'étaient pas présents. Et de la part de l'élève, il n'y avait pas beaucoup d'attentes, étant donné sa résistance initiale face à l'accompagnement, bien marquée au commencement.
Personnellement, celle-ci étant ma première expérience, mon objectif était de comprendre la dynamique qui existe entre l'élève, l'accompagnant et le milieu scolaire. Un point important a été également l'établissement d'un lien de confiance avec l'enfant, question dont je pense qu'elle était essentiel dans ce rôle.

Je pense que l'une des craintes centrales que j'ai eu avant que ce projet était qu'il était un enfant ayant des problèmes de concentration et de comportement à l'école, qui, depuis son enfance, avait une scolarité partielle de l'école, car il combinait ses jours entre l'école et le « centre de soins ». En ce sens, j'avais peur - et c'est ce qui est finalement arrivé en grande partie, que mon travail porterait plus sur le contrôle de son comportement que sur un soutien réel pédagogique et sur l'inclusion scolaire. J'ai senti que ceci a entravé notre relation, puisque, plus que l'établissement d'une relation de travail commun, l'élève m'a souvent vue comme un personnage qui était là pour le modérer et le contrôler.

3. Accompagnement pédagogique : une relation de confiance malgré le contrôle

L'accompagnement a commencé au début de l'année scolaire 2011 et a été prolongé jusqu'à fin juin 2012. Pendant cette année scolaire, le projet consistait à accompagner cet élève de 6ème présentant des troubles de comportement et de concentration pendant les cours.
Au début, je l'ai accompagné principalement à l'école, à laquelle il assistait seulement à certains cours ; nous allions ensemble aux classes et j'essayais qu'il suive le fil du contenu des cours et la dynamique de travail, c'est-à-dire que je lui expliquais les contenus qu'il ne comprenait pas, l'aidais à faire les devoirs donnés par l'enseignante, et une grande partie de mon travail consistait à tenter qu'il garde son calme et maintienne son intérêt pour le cours. Nous n'avions pas d'espace de travail en dehors de la salle de classe. Dans ce contexte, mon lien principal était la CPE [Conseillère principale d'éducation], avec qui nous effectuions des bilans périodiques de l'élève. Par la suite, l'élève s'est joint, deux demi-journées par semaine, au dispositif « Ulis »* dans une autre école, un programme également mis en place par le Rectorat, afin de réunir des enfants de conditions similaires afin qu'ils puissent effectuer un travail commun. Ce groupe était coordonné par une professeure référente avec qui nous organisions des activités et réalisions des bilans avec l'élève, les autres AVS et les familles. Bien que cet espace échappait aux conditions habituelles d'un collège, je pense que c'était un bon espace pour l'intégration et le travail pour tous.
["unités localisees pour l'inclusion scolaire", c'est-à-dire des unités situées pour l'inclusion scolaire, qui permettent d'accompagner, dans un collège ou un lycée général, un groupe de personnes ayant un handicap similaire]

Je dirais qu'il s'est agit d'un fonctionnement cyclique, c'est-à-dire qu'au départ il y avait beaucoup de résistances de la part de l'élève à être accompagné dans les classes, se sentant différent et surveillé. Mais avec le temps nous avons fait connaissance et établi certaines routines de travail ; il était régulier que l'étudiant souhaite se 'débarrasser' de ma présence et de mon assistance. Le travail d'intégration scolaire était encore plus difficile, étant donné que l'élève avait très peu d'heures de présence au sein de la routine générale de l'école, empêchant ainsi le suivi des cours et augmentant sa déconcentration. Cette fréquentation irrégulière était due au fait que les journées scolaires de l'élève étaient divisées entre le collège, un centre d'apprentissage, et l'Ulis ; ainsi, l'enfant fréquentait l'école seulement deux demi-journées par semaine, ce qui fait que son suivi du contenu des cours et de la dynamique de travail en classe était beaucoup plus difficile, favorisant sa décconcentration puisqu'il avait toujours du retard sur les contenus.

4. Les moyens : des formations particulières, un travail solitaire et des réunions

Du point de vue humain :
Le Rectorat a organisé une série de formations afin de faciliter notre travail. Cependant, ces formations étaient plus orientés sur le travail avec des personnes ayant un handicap physique ou mental, ce qui, dans mon cas, n'était pas du tout utile. C'était un travail en solitaire ; il y a eu quelques réunions de PPS (Programme personnel de scolarisation) où tous les professionnels présents autour de l'élève intervenaient. Puis, avec les travaux de l'Ulis, nous avons travaillé davantage en équipe.
Du point de vue financier :
C'était un CDI signé avec le rectorat à temps partiel au salaire minimum [au prorata des heures].
Du point de vue technique et matériel :
Ce sont toujours les possibilités techniques (salle) de l'école qui ont été utilisées pour l'accompagnement.

5. Évaluation : comprendre un système, permettre l'inclusion - un modèle plus ambitieux nécessaire

Cette expérience a signifié un grand apprentissage [me concernant] sur le milieu scolaire et la dynamique des élèves. Bien que je pense que nous avons avancé dans la relation avec l'élève, pour moi, il a été très difficile de lui apporter pour intégration scolaire véritable, en raison de sa présence limitée dans l'école. Dans cette première année, je pense que la réalisation des objectifs a été partielle.

Je pense que tant pour la famille que pour le collège, la satisfaction principale était de savoir que leur enfant/élève pouvait compter sur un soutien constant pendant ses heures de classe, et qu'au sein de son habitude limitée d'étudier et d'avoir une dynamique scolaire, il serait en mesure de développer certaines activités encadrées d'une meilleure façon dans le contexte. Pour le jeune en revanche, je pense que les satisfactions ont été plutôt réduites, sauf pour la possibilité de partager avec ses camarades, puisqu'être accompagné lui assurait de pouvoir fréquenter le Collège.

Je pense que le principal changement que j'ai pu voir a été qu'il comprenne que, à certains moments, la présence d'un accompagnant pouvait lui être utile, qu'il comprenne qu'il y avait certaines obligations, devoirs et droits à l'intérieur de la classe. Bien qu'il n'ait jamais complètement accepté le programme, les relations se sont améliorées. En considérant que l'objectif de ce programme est l'intégration de l'enfant en milieu scolaire, que l'enfant se sente, et que son entourage le voie capable de réaliser des journées scolaires dans sa totalité, il est très difficile d'obtenir un changement en ayant seulement une fréquentation partielle au Collège. Je pense que l'évolution souhaitable dans ce programme est que les enfants ayant des problèmes de comportement s'intègrent au collège pour un nombre d'heure maximal, ce qui leur permettrait un suivi plus large des contenus et surtout de s'intégrer davantage à l'expérience et la routine de la vie scolaire. Il est difficile pour eux de gérer, dans ce cas, trois lieux différents avec différentes méthodologies et différents contenus. Pour cette raison également, des heures de soutien renforcé à l'extérieur de la salle de classe pourraient être envisagées, pour permettre à ces enfants d'arriver mieux préparés au moment de la classe.

Langue d'origine : Espagnol

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4 septembre 2014

Scolarisation des autistes: l'affiche ... Au-delà de nos différences !

autistes scolarisation

4 septembre 2014

La rentrée des mamans d'enfants handicapés

article publié sur Vivre FM

Jeudi 04 Septembre 2014 - 17h47

Rentrée scolaire

Après le premier jour de classe de l’année, des auditrices de Vivre FM nous ont appelés pour nous raconter la rentrée de leur enfant en situation de handicap, et pour certains leur « non-rentrée » puisqu’il manquait des places ou des AVS pour les accueillir. Revue de rentrée


Virginie (Maine et Loire) a trois enfants autistes, l’ainé à cinq ans et les deux autres sont des jumeaux. L’ainé devait aller à l’école conformément à ce que l’Equipe de suivi de scolarisation avait décidé en février dernier. Mais en aout, surprise ! L’Education Nationale décide de changer les plannings de Matteo et patatras tout le programme bien réglé des rééducations s’effondre (il suit des rééducations via la méthode ABA).

 

A Lyon, une mère a voulu accompagner son fils au collège où il était scolarisé l’année dernière, mais le collège lui a refusé l’entrée. La MDPH a orienté le jeune vers un établissement spécialisé, mais la famille a déposé un recours contre cette orientation. Le jeune s’est donc présenté mardi matin devant son collège. Il a trouvé les grilles fermées et le principal du collège a refusé de le laisser entrer. Du coté de l’inspection académique on affirme que le recours n’a pas été dispensé et que le jeune doit aller en établissement. « Il a 15 ans et demi, il va bientôt atteindre la limite d’obligation scolaire, il faut penser à son avenir » explique le directeur adjoint de l’inspection académique du Rhône.

Voir notre vidéo :


 

Magali à Marseille raconte que son fils Yann (porteur d’une maladie génétique orpheline) n’a pas d’AVS pour la rentrée : le collège refuse. L’enfant a un corps fragilisé par un manque de collagène et doit être assisté au quotidien. Magali a alerté les politiques pour trouver une solution, elle a même réussi à trouver quelqu’un pour ce travail, mais l’établissement refuse de recruter. Yann est resté à la maison.

 

A Saint Denis (93) Lynda a une fille autiste de 8 ans. Elle avait trouvé elle aussi un AVS pour elle, mais l’auxiliaire est tombée malade pendant l’été. Pour pouvoir scolariser sa fille, Lynda a proposé d’être l’AVS de sa fille, mais l’éducation a refusé. Elle a trouvé une candidate, mais il faut maintenant attendre que Pole Emploi et L’Education Nationale finalise le recrutement. En attendant, l’enfant n’a pas fait que le premier jour de rentrée.

 

A Lyon, Isabelle a trois enfants. Elias l’ainé est atteint d’autisme et d’épilepsie. Il est accueilli dans un Centre éducatif médical. L’établissement accueille les enfants de 6 à 12 ans et a accepté de garder Elias qui a maintenant 13ans. Ses parents cherche un lieu pour accueillir leur fils devenu adolescent, mais dans la région lyonnaise il manque de place pour accueillir les enfants handicapés. La place qu’ont trouvée les parents est dans un établissement où il y a une file d’attente de 60 familles…

 

Vincent Lochmann

3 septembre 2014

Pas d'AVS : Mise en demeure de l'Inspection d'Académie de respecter la notification de la CDAPH

02/09/2014

article publié sur le site de la Délégation départementale APF de Vendée (85)

Si le jour de la rentrée l'AVS n'est pas présente auprès de votre enfant, agissez sans attendre !

La CDAPH (Commission des Droits et de l'Autonomie) a reconnu que votre enfant a besoin d'être accompagné d'un AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) pour sa scolarité en milieu ordinaire, mais l’Éducation Nationale ne respecte pas ou seulement partiellement la notification.

L’Etat est tenu d’une obligation d’offrir à l’ensemble des enfants une prise en charge éducative adaptée à leurs aptitudes et à leurs besoins, notamment par le biais d’aides humaines. Il s’agit d’une obligation de résultat comme le rappelle la circulaire du Ministère de l’Education nationale n°2009-135 du 5 octobre 2009 « l’Etat a, en matière de réponse aux besoins d’accompagnement scolaire des enfants handicapés, une obligation de résultat ».

C’est l’Etat, par le biais de son Ministère de l’Education Nationale et plus spécifiquement du Directeur Académique des services l’éducation nationale (DASEN), qui a l’obligation de recruter les auxiliaires de vie scolaire ou d'en autoriser le recrutement pour les établissements privés. Cela est d’ailleurs confirmé par la circulaire du ministère de l’éducation n° 2004-117 du 15 juillet 2004.

Aussi, en l'absence d'AVS, ou de présence partielle, vous pouvez mettre la DASEN en demeure d'appliquer la notification de la CDAPH. Celle-ci dispose de deux mois pour  exécuter la décision de la CDAPH, ou répondre par un refus d'appliquer la décision. 

En cas de refus, ou en cas de silence pendant deux mois valant refus, vous pourrez engager une procédure devant le tribunal administratif, via une requête en référé suspension. Bien entendu, nous pourrons vous accompagner dans cette démarche en vous proposant notamment la rédaction des requêtes, et une assistance pour plaider devant le tribunal.

Nous vous proposons donc des modèles de mise en demeure :

- en cas d'absence totale d'AVS

- en cas d'absence partielle d'AVS quantifiée

- en cas d'absence partielle non quantifiée

- copie au Préfet, représentant de l’État

Parallèlement vous pouvez alerter différents acteurs :voir ici

N'hésitez pas à nous signaler la situation de votre enfant : nous déciderons ensemble des suites à donner (cliquez ici)

3 septembre 2014

Des enfants autistes privés d'école dès la rentrée

mercredi 3 septembre 2014

Les années se suivent et se ressemblent pour les enfants autistes et leurs parents. A chaque rentrée, un problème surgit, beaucoup n'en parlent pas, et d'autres se contentent de la petite musique étatique assurant que tout va bien. Mardi des parents se sont réunis à Bandol autour de l'association Autisme PACA pour évoquer la situation de leurs enfants.autisme Laurent et Magali Quercioli, parents de Sasha en grande section à l'école Octave Maurel à Bandol: "nous avons eu une notification de la MDPH* cet été nous donnant droit à une Auxiliaire de Vie Scolaire. On ne voyait rien venir, on appelle non sans mal l'inspection d'académie et on s'entend répondre qu'il n'y avait plus d'argent pour financer les AVS". En clair Sasha se retrouve dans l'impossibilité d'aller à l'école, car sans avs la scolarisation n'est pas possible: "on vit dans une société inhumaine. On devrait protéger les plus faibles, les plus vulnérables et on fait tout le contraire. Toutes les études démontrent qu'une scolarisation en milieu ordinaire est bénéfique pour les enfants autistes, pourquoi leur enlève-t-on cette chance? Que je sache on ne guérit pas tous les cancers mais on les soigne tous? Pourquoi ne pas laisser une chance à nos enfants?" Point de vue partagé par Géraldine Galvez, mère d'une petite Louison sans AVS à l'école Sainte Geneviève d'Ollioules: "le problème ne vient pas de l'établissement qui est totalement pour l'inclusion mais du mic-mac de l'administration. Tout le monde se renvoye la responsabilité. C'est pas la faute de l'éducation nationale, ni de la MDPH, mais de qui alors?" Même souci pour Béatrice Long, maman d'un petit Alexandre ou encore de Valérie Agostino qui a eu plus de chances puisque son cas a été résolu mardi en fin d'après-midi.
Jean-Marc Bonifay, président d'Autisme PACA rappelle que la scolarisation de tout enfant âgé de 6 à 16 ans est obligatoire en France quelque soit sa situation: "Le Conseil d'Etat reconnaît ainsi que la privation de toute formation scolaire adaptée pour un enfant, notamment s'il souffre d'un handicap constitue une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. De même la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées précise que l'enfant doit être scolarisé dans une école de son quartier". En septembre 2013 la France a ainsi été condamnée par le Conseil de l'Europe qui reproche au gouvernement d'avoir intégré trop peu d'enfants autistes dans les écoles.
Car la réalité est cruelle, les parents doivent batailler à chaque rentrée, et que leur reste-il: "si notre problème n'est pas résolu, nous déposerons un recours, et nous gagnerons automatiquement. Mais on aura perdu près de 2 mois, sans que nos enfants aient pu aller à l'école" déplore  Laurent Quercioli. Or ces enfants ont besoin de repères et de sécurité, et outre le retard accumulé avec le manque de ces semaines d'école, ils seront dans une situation délicate pour s'intégrer. Un sentiment d'injustice et de révolte animent les parents: "cela a des conséquences sur nos vies de familles", certains ont arrêté de travailler, d'autres doivent trouver des solutions dans l'urgence, mais aussi expliquer la situation à leur enfant: "comment inculquer des valeurs positives, d'intégration à nos enfants alors que tout laisse à penser qu'on ne veut  pas d'eux". Jean-Marc Bonifay ajoute: "on ne reproche rien à l'inspection d'académique du Var qui a montré une volonté d'inclusion ni aux établissements scolaires, car on sait la difficulté pour une enseignante d'accueillir et d'intégrer un enfant autiste sans AVS, c'est voué à l'échec. Mais qu'on avance ce manque de moyens montre que notre société tourne à l'envers, d'autant plus que chaque année on vit ce type de situation. Et l'absence d'AVS est une problématique plus large qui ne se limite pas aux seuls autistes".
L'autre cruelle réalité pour les parents réside aussi dans le manque de choix: "en clair si notre enfant n'est pas scolarisé, on n'a que les IME, les hôpitaux de jour qui ne proposent pas ou peu d'apprentissage, et qui mélangent les différents handicaps. Ces structures ne sont pas adaptés pour nos enfants, et on les condamne définitivement à ne plus jamais s'intégrer en milieu ordinaire". Car à la différence d'autres pays, la France reste dans un immobilisme coupable; Pour obtenir un diagnostic, il faut déjà attendre 1,5 à 2 ans, si on a de surcroît la chance d'être bien orienté.  Ensuite si les parents font le choix d'une prise en charge dans le libéral  comme la loi  le permet, la majeure partie des soins restent à leur charge. Jean-Marc Bonifay précise: "cela devrait être financé à partir du moment où on a des méthodes et professionels recommandés par la Haute Autorité de la Santé". Paradoxalement la psychiatrie étatique et médico-sociale qui coûte beaucoup plus cher est prise en charge "sur nos impôts alors qu'on trouve parfois des pratiques non recommandées par la Haute autorité de santé comme la psychanalyse et le packing". Bref, un constat peu glorieux pour notre société, loin des beaux principes d'égalité. Une réalité difficile à vivre et à accepter pour ces parents et ces enfants qui n'ont plus que le levier médiatique pour faire réagir les autorités compétentes, avant le tribunal... mais que de temps perdu et de combats inutiles pour ces enfants, Géraldine Galvez concluant: "on passe nos journées au téléphone et pour avoir un interlocuteur c'est une mission quasi impossible. C'est épuisant, tout cela ajoute de la douleur à notre quotidien qui n'est déjà pas simple".

A noter que l'association nationale Vaincre l'Autisme a lancé une pétition liée à la scolarisation et afin de dénoncer "la discrimination étatique et institutionnelle, l’exclusion sociale et les inégalités de traitements dont sont victimes les enfants autistes et leurs familles". Informations sur ce lien: http://www.change.org/p/claude-bartolone-ouvrons-leur-les-portes-de-l-%C3%A9cole-pour-l-adoption-d-une-l%C3%A9gislation-adapt%C3%A9e-pour-mettre-fin-aux-d%C3%A9fauts-de-soins-d-%C3%A9ducation-et-de-scolarisation-caract%C3%A9ris%C3%A9s#share

Une vidéo parlante sur le sujet: https://www.youtube.com/watch?v=co0OSa10efw&feature=youtu.be

D.D

*Maison départementale des personnes handicapées

3 septembre 2014

La Madeleine : auxiliaire de vie scolaire, elle ne sait toujours pas qui elle accompagnera

article publié dans La Voix du Nord

Publié le

AGATHE VILLEMAGNE

Corinne entame sa troisième rentrée au collège Saint-Jean. Il y a deux ans, voyant ses enfants déjà grands, elle a décidé de reprendre le chemin du travail, ou plutôt de l’école, en tant qu’auxiliaire de vie scolaire. À l’heure actuelle, Corinne ne connaît que le nom de son établissement.

Mais cette rentrée, elle ne l’attaque pas du bon pied. En effet, à la veille du jour J, elle ne connaît ni son emploi du temps, ni même l’élève avec qui elle passera les dix prochains mois...

« J’ai très mal dormi », lâche l’auxiliaire de vie. Sa rentrée et celle de ses enfants lui offraient déjà une dose de stress largement suffisante, pourtant elle devra se lancer à l’aveugle. « Les années précédentes, j’avais été avertie de qui j’allais m’occuper à l’avance. Il est essentiel de connaître le niveau de l’enfant et, bien sûr, son handicap. On ne gère pas de la même façon un élève autiste, handicapé moteur ou dysorthographique. »

Il se pourrait même que la surprise soit double, et que Corinne accompagne deux élèves… L’information est coincée quelque part : elle aurait dû être transmise à la direction par un enseignant référant actuellement en arrêt.

Improvisation

Puisque son contrat de 12 heures par semaines démarre en ce jour de rentrée, Corinne a décidé d’improviser : « Je vais accompagner la jeune fille que je suivais l’année dernière en attendant d’en savoir un peu plus. On s’entend très bien toutes les deux ! »

La jeune élève de quatrième ne sait pas non plus qui la suivra et souhaite à tout prix garder Corinne auprès d’elle. « Nous avons trouvé un équilibre, explique Corinne. C’est compliqué de trouver sa place, avec les copines, les professeurs… Bien sûr, en un an les liens se sont renforcés, d’autant plus que je fais parfois office de tampon face aux moqueries des camarades. »

Pas la meilleure période

Comme pour les élèves, la rentrée est difficile pour Corinne qui avoue sans détour retourner au collège à reculons. Les circonstances actuelles n’arrangent rien, mais n’expliquent pas tout. « Le collège n’a pas été la meilleure période pour moi. C’est toujours délicat d’y retourner. Je suis certaine que je serais beaucoup plus à l’aise avec des enfants plus petits, en école primaire ou maternelle. »

Mais le choix de son affectation ne lui appartient pas. Alors, en attendant de pouvoir changer d’établissement, entre la prise de notes, le soutien scolaire et moral, Corinne se consacrera pleinement à son ou ses élève(s). Lorsqu’elle en connaîtra le nom...

Qu’est-ce qu’un AVS-m ?

Depuis 2012, les AVS-m (mutualisés) comme Corinne interviennent auprès d’élèves qui ne nécessitent pas une attention permanente et soutenue. Ils ont été mis en place pour faciliter l’intégration d’enfants handicapés dans des établissements standards.

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