« Il y a eu un avant et un après la loi de 2005, même si le chemin n'est pas terminé... Revalorisation de l'Allocation adulte handicapé (AAH), droit de vote accordé aux majeurs sous tutelle, attribution des droits à vie, école inclusive, stratégie autisme... Toutes ces mesures participent à une philosophie nouvelle où l'on ne considère plus les personnes handicapées comme des figures d'altérités, eux, mais comme des citoyens à part entière, nous. Il n'y a pas, d'un côté, des personnes handicapées et, de l'autre, celles que le destin ou l'existence auraient épargné. » Quinze ans, jour pour jour, après la loi du 11 février 2005, qui a reconnu, pour la première fois, l'égalité des droits et des chances et la participation des personnes handicapées, Emmanuel Macron se veut rassurant et optimiste en matière d'inclusion. Après avoir dressé un bilan des mesures « phares » mises en œuvre à mi-mandat, le président de la République dévoile 12 nouveaux engagements pour l'acte deux du quinquennat. « L'AAH demeurera. Jamais l'Allocation adulte handicapé ne sera transformée, diluée ni supprimée au bénéfice du revenu universel d'activité », assure-t-il en préambule.
Premier engagement : réussir l'école inclusive. « En septembre 2020, aucun enfant ne doit se retrouver sans solution de scolarisation », exige Macron. Et de rappeler le numéro de téléphone de la cellule nationale aide handicap école (0800 730 123) qui informe les familles sur les dispositifs existants. Fin 2020, tous les nouveaux enseignants seront formés pour mieux prendre en compte les besoins éducatifs particuliers des élèves handicapés, via un module obligatoire en formation initiale. D'autre part, 45 unités d'enseignement autisme, en plus de celles déjà prévues dans la stratégie nationale, seront créées. Un livret numérique de parcours inclusif , regroupant l'ensemble des adaptations nécessaires aux enfants handicapés, sera également proposé. Pour améliorer les conditions d'emploi des accompagnants, une instance dédiée et un agenda social programmé seront mis en place au premier trimestre 2020. Dès le 1er janvier 2021, le forfait d'intervention précoce sera étendu à 12 ans pour les enfants ayant des troubles du neuro-développement (actuellement limité à 6 ans) et aux enfants « dys ». Par ailleurs, 11 000 postes d'AESH (accompagnant de l'élève en situation de handicap) supplémentaires seront créés en 2020.
Deuxième engagement : gagner le pari de la qualification et de l'emploi. Pour ce faire, l'Etat se fixe notamment un objectif de 10 000 apprentis en situation de handicap d'ici fin 2021 et au moins 6 % accueillis dans la fonction publique. En 2017, 24 000 étudiants étaient handicapés, contre 35 000 en 2020. « Un bond historique », estime Macron. Pour continuer à progresser dans ce sens, un Comité national de suivi de la politique inclusive de l'enseignement supérieur, décliné en territoire par un conseil académique dédié, sera mis en place « à court terme ». Afin de lever les freins à l'activité professionnelle, le gouvernement souhaite définir, avant l'été, les modalités du relèvement du seuil de 17,5 heures pour le cumul de l'AAH avec un contrat de travail à temps partiel. Pour simplifier l'accès aux emplois passerelles vers le milieu ordinaire, à compter du 1er mars 2020, il suffira seulement d'être reconnu travailleur handicapé pour avoir accès aux CDD « tremplin » dans les entreprises adaptées.
Troisième engagement : prendre en compte le handicap dans le système universel de retraite. Pour prendre en compte leur spécificité, certains travailleurs handicapés pourront bénéficier d'une retraite progressive dès 55 ans ou encore d'un départ anticipé sans décote. Le gouvernement s'engage également à garantir des droits à la retraite pour les aidants, pour toutes les périodes, indemnisées ou non, pendant lesquelles l'assuré accompagne une personne handicapée.
Quatrième engagement : accélérer la mise en accessibilité universelle. Pour vivre dans une ville accessible, 1 000 « ambassadeurs » du service civique seront chargés d'accompagner les commerçants, les gares etc. pour renforcer l'accès aux services du quotidien. Autre promesse : accéder aux campagnes électorales, quel que soit son handicap. D'autre part, le projet de loi audiovisuel renforcera l'accessibilité des programmes essentiels, tels que les campagnes électorales et autres évènements « d'importance majeure », tandis que l'accessibilité de la communication gouvernementale et de l'Elysée sera également améliorée. « A compter de la fin du premier trimestre 2020, les principaux discours du président de la République seront intégralement accessibles et ceux du Premier ministre sous-titrés sous 24h et traduit en langue des signes française (LSF) », précise Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement.
Cinquième engagement : sensibiliser pour mobiliser. A ce titre, une grande campagne nationale de sensibilisation sera lancée prochainement pour « accélérer le changement de représentations associées au handicap ».
Sixième engagement : organiser l'inconditionnalité de l'accompagnement et rompre l'isolement des familles, via la mise en place du numéro d'appel unique (le 360), dès le 1er janvier 2021, dédié à l'accompagnement et à l'accès aux droits des personnes handicapées. « Quand on est en situation de handicap, on devient recordman du nombre d'administrations interpellées et champion de l'acronyme », déplore Emmanuel Macron.
Septième engagement : accélérer le déploiement des solutions adaptées aux personnes ayant les besoins les plus soutenus et stopper l'exil en Belgique. Le plan de prévention des départs en Belgique permettra notamment la création de 1 000 places supplémentaires dans trois régions prioritaires (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est), en plus des 2 500 places déjà programmées sur tout le territoire pour 2021-2022.
Huitième engagement : accompagner les projets de vie en créant 2 500 places supplémentaires, en établissements ou en services, pour accompagner les transitions et garantir le retour vers le milieu spécialisé si nécessaire. Des travaux sur le « logement inclusif » seront également engagés, à travers la mission confiée à Denis Piveteau et Jacques Wolfrom pour identifier les freins juridiques et financier à lever pour pouvoir « vivre en autonomie mais sans isolement ».
Neuvième engagement : engager une réflexion devant aboutir, avant 2022, à une meilleure prise en charge par l'Assurance maladie des parcours de soin de rééducation, sans reste à charge pour les familles.
Dixième engagement : étendre la compensation individuelle des besoins et reconnaître les personnes handicapées dans leur rôle de parents. Pour ce faire, les besoins attachés à la parentalité seront intégrés en 2021 dans la prestation de compensation du handicap (PCH), avec un plan d'aide gradué selon les besoins. 184 millions d'euros seront mis sur la table d'ici 2022 pour financer ce nouveau droit. Le gouvernement annonce également deux lancements, tout d'abord, celui de travaux pour une adaptation effective de la PCH au handicap psychique et aux troubles du neuro-développement et celui d'un débat sur l'accompagnement à la vie intime et sexuelle, « qui ne doit pas être un tabou », souligne le président de la République.
Onzième engagement : lancer un grand programme national pour l'innovation technologique au service de la vie quotidienne et de l'autonomie des personnes. Et d'annoncer la mobilisation d'un plan d'investissement d'avenir, à hauteur de 30 millions d'euros pour communiquer, apprendre, se déplacer et vivre chez soi.
Douzième et ultime engagement : mettre en place une « garantie de délai » pour l'octroi des prestations. « Aujourd'hui, une demande d'AAH peut par exemple être traitée en deux mois dans certains départements et en huit mois dans d'autres », déplore le gouvernement. Pour changer la donne, il entend mobiliser les MDPH pour favoriser une « équité » sur tout le territoire. Pour concrétiser les engagements réciproques de l'Etat et des départements, différents acteurs ont signé un accord de méthode qui prévoit notamment la transparence sur la qualité du service rendu aux personnes. 25 millions d'euros sont prévus chaque année, en 2021 et 20222, dont 10 millions pour résorber les retards les plus importants dans le traitement des demandes. « Au 1er janvier 2021, aucune demande d'AAH ne devra être traitée en plus de trois mois, dans aucun département », exige Macron.
« Le handicap ne touche pas simplement 12 millions de Français, chacun d'entre nous peut y être confronté au cours de sa vie (...) Ils sont tous concernés et doivent tous se mobiliser », conclut le président de la République, en écho au slogan de cette 5e CNH : « Tous mobilisés, tous concernés ». On ne doit jamais être de ceux qui détournent le regard ou qui consistent à dire 'qu'il s'adaptent'. »
article publié dans l'express.fr le 20 mars 2012
Psychanalystes et parents d'enfants autistes: la guerre est-elle déclarée ?
Par LEXPRESS.fr, publié le 20/03/2012 à 15:27
En France, la méthode du "packing", qui consiste à enrouler les patients autistes dans des couvertures dans le but de les apaiser, est très contestée.
LEXPRESS/J.-P. Guilloteau
Après l'appel concernant l'autisme lancé par le psychanalyste Bokobza sur L'Express, réponse d'Olivia Cattan, maman d'un enfant TED et Présidente de Paroles de femmes, et Sophie Robert, réalisatrice du Mur.
Après avoir contrôlé les traitements concernant l'autisme pendant des années sans aucun résultat probant, les psychanalystes lancent un appel à la Résistance! D'après monsieur Bokobza, psychanalyste, cette profession serait attaquée par, je le cite, "des parents extrémistes et minoritaires" qui réclament que les méthodes comportementalistes soient employées en France pour aider à la stimulation des enfants autistes.
Tout d'abord, qualifier des parents "d'extrémistes" parce qu'ils réclament des méthodes adaptées pour aider leurs enfants à s'en sortir et à se socialiser, est tout simplement inqualifiable. D'autre part, c'est bien mal connaître l'autisme et les méthodes qui se pratiquent aux Etats-Unis, en Israël, au Canada et dans certains pays nordiques et anglo-saxon. Des méthodes comme Feurstein qui ont fait leurs preuves depuis des années en sortant les enfants littéralement de leur mutisme et en permettant à ces enfants d'avoir une vie sociale et professionnelle sont révolutionnaires.
Certains enfants de ce grand centre situé en Israël sont devenus professeurs dans des Universités, comptables, infirmiers, d'autres sont entrés dans l'Armée à des postes de haut gradés. Ils ont pour la plupart fondé une famille et sont autonomes.
"La psychanalyse institutionnelle ne coûte pas cher aux parents"
Monsieur Bokobza parle également de "méthodes violentes"! Les différentes méthodes (Sunirise, Feurstein, Padovan, Teacch, Pecs...) ne sont en rien violentes puisqu'elles utilisent le jeu pour stimuler ces enfants. Ces cours de stimulation sont accompagnés d'orthophonie et de psychomotricité. Tout est mis en oeuvre pour mettre en valeur les compétences de ces enfants et les valoriser.
Alors de quoi parle monsieur Bokobza? La seule méthode violente utilisée est le packing, méthode justement préconisée par certains psychanalystes qui, heureusement vient d'être interdite par madame Roselyne Bachelot.
Parlons maintenant de son autre argument. Il explique les tarifs pour ces méthodes qui seraient excessivement chers. Autre ineptie! En France, la psychanalyse institutionnelle ne coûte pas cher aux parents parce qu'elle est intégralement remboursée par la sécurité sociale mais coûte 600 euros par jour, soit 200 000 euros par an, par personne à vie! Son coût humain et financier pour la collectivité est énorme; tandis que le coût des méthodes éducatives et comportementales coûterait beaucoup moins cher à mettre en place (de 50 000 à 70 000 euros par enfant par an pour quelques années seulement). En conclusion, la psychanalyse institutionnelle coûte excessivement cher à la collectivité pour un résultant néant.
"Un aveu d'échec des psychanalystes face à l'autisme"
Quand aux séances de psychanalyses dans le privé, les parents nous parlent de 100¤ la séance, non remboursée par la sécurité sociale. Des séances où les enfants jouent tout seul dans leur coin pendant que les malheureux parents sont obligés de parler de leur rapport à leur père et mère ou à leur sexualité de couple!
les parents d'enfants autistes ne sont pas des extrémistes. Ils cherchent la meilleure façon de les aider!
Je crois que cet appel grotesque et les indicibles arguments employés par monsieur Bokobza est un aveu d'échec des psychanalystes face à l'autisme. Il montre également leur ignorance flagrante. Non seulement ils ne connaissent pas la mise en pratique de ces méthodes ni les résultats formidables obtenus. Ils ne s'y intéressent pas par principe, sûrs de détenir la vérité suprême. Aucune remise en question n'est faite malgré le peu de résultat obtenu!
Non, monsieur Bokobza, les parents d'enfants autistes ne sont pas "des extrémistes". Juste des parents d'enfants "différents" qui cherchent la meilleure façon d'aider leurs enfants à devenir autonomes et simplement heureux, ce qui est le devoir de chaque parent. L'objectif de ces parents n'est pas " d'entrer en guerre " avec qui que ce soit mais de permettre à leurs enfants d'avoir la vie la plus normale possible. Est-il normal que des parents s'expatrient en Belgique ou au Canada pour que leurs enfants puissent bénéficier de cette stimulation?
"Combien d'enfants sont sauvés quotidiennement par ces méthodes?"
Peu importe le nom de ces méthodes, peu importe qu'elles soient ou non reconnues scientifiquement par ces "éminents spécialistes", l'important est de montrer que grâce à ces méthodes de nombreux enfants ont réussit à fonder une famille et à occuper un emploi.
La vraie question que devrait se poser monsieur Bokobza est celle-ci: combien d'enfants ont été sortis de leur autisme par les psychanalystes?
Mais la différence fondamentale entre ces comportementalistes et ces psychanalystes se situent également à un autre niveau. Les uns cherchent les compétences de ces enfants, en essayant peu à peu de diminuer tous les comportements hors norme, les autres ne voient que leur anormalité. Ils ne croient aucunement en ces enfants et c'est peut-être ce point-là qui leur est reproché par les parents. Le fait qu'aucun d'eux ne propose une solution concrète et un avenir pour ces enfants. Les enfants autistes développent souvent d'ailleurs certains dons que ces "spécialistes" choisissent d'ignorer, préférant les considérer comme perdus.
La vraie question que devrait se poser monsieur Bokobza est celle-ci: combien d'enfants ont été sortis de leur autisme par les psychanalystes. Combien d'enfants sont sauvés quotidiennement par ces méthodes? Mais étrangement, monsieur Bokobza est plus occupé à stigmatiser les parents, notamment les mères à qui l'on fait porter le poids de la culpabilité, que de vouloir mettre tout en oeuvre pour sauver ces enfants. Drôle de posture pour un professionnel de la santé!
"Ces enfants sont une richesse"
Mais j'aimerais finir cette tribune sur une phrase prononcée par monsieur Bokobza qui déclare que "c'est une horreur absolue d'avoir un enfant autiste". J'aimerais vous dire cher monsieur, à quel point votre inhumanité et votre mépris pour ces enfants me répugne! Vous ne faites, par cette remarque, que discriminer ces enfants et participer à la propagation de ces stupides préjugés dont ces enfants sont victimes et contre lesquels nous luttons quotidiennement. Votre phrase me rappelle un temps obscur où les enfants handicapés furent gazés les premiers parce que considérés comme inutiles et couteux à la société.
Sachez, que ces enfants sont une richesse, qu'ils sont doués pour beaucoup de choses. Ils sont notamment doués pour donner, à qui veut recevoir, une affection peu commune et que beaucoup de parents ont aussi appris à grandir et à aimer grâce à leurs enfants autistes.















































Publié le14 janvier 2012 parAnne-Cécile Huwart