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"Au bonheur d'Elise"
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diagnostic
4 février 2018

Le combat d’une Tourquennoise pour une meilleure prise en charge de l’autisme

Mina Belacel est l’une des trois déléguées de SOS Autisme pour les Hauts-de-France.
Mina Belacel est l’une des trois déléguées de SOS Autisme pour les Hauts-de-France.

1 L’histoire

Vadim a dix-huit mois quand Mina Belacel, sa mère, prend conscience que l’attitude du petit garçon n’est pas comme les autres. «  J’ai rapidement compris que Vadim avait des signes autistiques. Je les ai décelés car j’ai un cousin de 25 ans qui a ce handicap.  » Mais les médecins sont sceptiques. «  J’avais beau expliquer, décrire… Personne ne m’écoutait. On m’a dit que c’était de ma faute, que je le couvais trop ! Au lieu de diaboliser les mères, on ferait mieux d’écouter ses doutes.  »

 

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. Photo archives Sami Belloumi

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. Photo archives Sami Belloumi

Finalement, à trois ans, Vadim est diagnostiqué autiste. La vie de la famille est chamboulée. Mina Belacel, cadre commerciale, arrête de travailler. «  J’ai fait l’école à mon fils et il faut de l’énergie pour remplir tous les dossiers, prendre rendez-vous avec la MDPH…  »

2 L’engagement

Comme tous les parents d’enfants autistes, Mina Belacel passe beaucoup de temps sur Internet à la recherche d’informations. «  Le premier réflexe est de chercher des gens qui nous ressemblent. On pose des questions sur les forums, on cherche des associations pour avoir de l’aide et du soutien.  » Finalement, la jeune femme rejoint SOS Autisme, une association fondée en 2014 à Paris. «  Récemment, l’association a décidé de créer des relais par région. Dialogue par Internet, c’est bien mais rencontrer les gens, c’est mieux. Voir quelqu’un, c’est se sentir moins seul.  » Mina Belacel est la déléguée pour Tourcoing-Roubaix et Lille. «  Je fais aussi un état des lieux dans les régions et notamment la situation avec la proximité de la Belgique et les structures qui sont des «boîtes à Français».  »

3 Le combat

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. «  Moi-même, j’ai dû sensibiliser les enseignants de l’école à ce qu’était l’autisme. Et je n’ai pas scolarisé mon enfant pour être à l’école mais parce qu’il est capable d’apprendre.  »

« L’autisme est un handicap invisible. Il existe des préjugés par méconnaissance »

Elle veut changer le regard sur l’autisme. «  L’autisme est un handicap invisible. Il existe des préjugés par méconnaissance.  » Mina Belacel raconte qu’elle ne peut emmener son fils ni au resto, ni au cinéma. «  Parce que personne ne comprendra qu’il se balade dans le restaurant. Mais le fait d’y renoncer est aussi dur pour ma fille de huit ans.  » Et les préjugés s’immiscent jusque dans le milieu médical. «  Mon fils ne supporte pas d’être ausculté. Comment faire dès lors pour aller chez le dentiste ? Une fois on m’a proposé de l’endormir et de lui arracher toutes les dents ! Je tiens à faire un répertoire des praticiens qui savent prendre en charge les autistes, notamment ceux qui ne peuvent pas parler.  » Mina Belacel sait que le combat sera long : selon SOS Autisme, la France a quarante ans de retard par rapport aux pays anglo-saxons.

 

SOS Autisme Hauts de France. minabelacel@hotmail.fr. Page Facebook.


 

Un quatrième plan autisme, le dernier ?

La France s’est déjà dotée de trois « plans autisme » en dix ans. Mais un rapport récent de la cour des Comptes pointe l’inefficacité des mesures alors que 7 milliards d’euros sont dépensés pour la prise en charge des personnes autistes. «  La connaissance des troubles du spectre de l’autisme, bien qu’en progrès, demeure toutefois lacunaire et doit être améliorée. Les progrès réalisés dans les prises en charge des enfants et surtout des adultes sont encore insuffisants  », souligne le rapport.

« On veut être écouté et entendu. Car avec l’échec de tous ces plans, il y a un risque de repli de chaque famille dans sa bulle et ce n’est pas bon »

La cour note le manque de places d’accueil, ce qui contraint beaucoup de familles à aller en Belgique. «  C’est flagrant dans notre région. Mais en Belgique aussi tout n’est pas rose. Il y a des structures adaptées qui nécessitent deux à trois ans d’attente pour avoir une place ; et des «boîtes à Français» où rien n’est adapté.  »

Mina Belacel dénonce aussi le coût pour les familles dont souvent un des parents a dû cesser le travail. «  On ne peut être qu’en colère quand vous voyez qu’il existe des solutions pour votre enfant mais qu’il faut de l’argent. C’est une véritable discrimination, notamment pour beaucoup de familles de la région.  »

Un quatrième plan autisme est en discussion. Les familles aimeraient que ce soit le dernier. «  On veut être écouté et entendu. Car avec l’échec de tous ces plans, il y a un risque de repli de chaque famille dans sa bulle et ce n’est pas bon.  »

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1 février 2018

Vidéo en replay ->La Maison des Maternelles saison 2 Autisme : une prise en charge insuffisante

 

La Maison des Maternelles Autisme : une prise en charge insuffisante

C'est un rapport choc, dévoilé il y a quelques jours par la Cour des comptes. La prise en charge de l'autisme serait, aujourd'hui en France, très insuffisante. En particulier pour les enfants. On en parle avec notre invitée; Maître Sophie Janois, avocate.

https://mobile.france.tv

 

31 janvier 2018

L'autisme mal soigné pour la Cour des Comptes

 

L'autisme mal soigné pour la Cour des Comptes

650 000 Français environ souffrent d'autisme. Ils sont 160 000 jeunes, d'après l'association Vaincre l'Autisme. Mais, malgré les plans pluriannuels, sa prise en charge est encore insuffisante. C'est ce qui ressort du rapport fourni par la Cour des Comptes.

http://www.parents.fr

 

29 janvier 2018

ARS Bretagne -> Diagnostic et prise en charge des troubles envahissants du développement en psychiatrie

 

Diagnostic et prise en charge des troubles envahissants du développement en psychiatrie : l'ARS Bretagne publie une étude

Dans le cadre du plan d'actions régional autisme 2014/2017, en concertation avec les membres du Comité Technique régional Autisme, l'ARS Bretagne a confié aux cabinets CEKOIA et Argo Santé, la réalisation d'une étude sur les modalités d'organisation du diagnostic et de la prise en charge des personnes avec troubles envahissants du développement (TED) dans les établissements de santé mentale en Bretagne.

https://www.bretagne.ars.sante.fr

 

28 janvier 2018

Magali Pignard, de l’Association Francophone de Femmes Autistes, participera samedi à la soirée « L’autisme au féminin

article publié sur Saint-Dié info

Magali Pignard, de l’Association Francophone de Femmes Autistes, participera samedi à la soirée « L’autisme au féminin » à la Maison Mosaïque

Interview_Magali_Pignard

(Crédit photographique page Facebook de Magali Pignard)

Magali Pignard est trésorière et co-fondatrice de l’Association Francophone de Femmes Autistes – AFFA. Ce samedi à partir de 18h, elle interviendra à la Maison Mosaïque avec d’autres femmes diagnostiquées autistes Asperger, dans le cadre d’une soirée intitulée « L’autisme au féminin » (voir ici). L’avant-veille de cette soirée ouverte à tous, elle s’est aimablement prêtée au jeu de nos questions.

  • Bonjour Magali, pouvez-vous brièvement vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis maman d’un enfant autiste typique, non verbal âgé de 12 ans. J’ai eu moi-même le diagnostic de syndrome d’Asperger lorsqu’il avait 6 ans.Je suis assistante d’édition au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance); sur le site de Grenoble, après avoir été prof de physique-chimie pendant 8 ans. Je suis active dans le milieu de l’autisme.

  • Comment avez-vous découvert votre propre autisme ?

Je ne suis jamais sentie à ma place, je sentais bien quelque chose clochait en moi. Les choses ont empiré lorsque Julien est né : entre sa naissance et ses 5 ans, j’ai fait plusieurs tentatives de suicide, avec des passages en urgences psychiatriques, puis clinique psychiatrique. Me sentant totalement inadaptée au monde, »sous-férieure », j’ai écrit une petite note sur Facebook pour décrire ce sentiment. Par la suite j’ai fait connaissance sur Facebook , via une page dédiée au syndrome d’Asperger avec une jeune femme qui était asperger. Je me suis reconnue dans son fonctionnement, j’ai pu enfin trouver des explications à tous mes déboires.

  • Quelles sont aujourd’hui vos principales préconisations quant à la prise en charge d’un enfant autiste ?

Dans l’idéal, je pense qu‘il faudrait que les enfants autistes puissent être scolarisés en milieu ordinaire, avec aménagements : un accompagnant formé à l’autisme et à la gestion de troubles du comportement, un enseignant adaptant les contenus et devoirs, un petit groupe d’élèves « coachés“ , ayant pour mission de le stimuler, car les référents d’un enfant autiste, ce ne sont pas des professionnels, mais ses pairs. Un lieu avant-tout bienveillant. Il faudrait que ces enfants aient la possibilité de faire également des activités sportives dans les centres sportifs, et soient accueillis dans les centres de loisirs.

Mais ce que je décris n’est pas possible, car l’environnement actuel est hostile : l’Education Nationale dans son ensemble accepte les enfants autistes à condition qu’ils se comportent comme des enfants non autistes et dans le moule. La loi 2005 d’égalité des chances est vu comme une contrainte et les enfants handicapés comme des boulets. Les parents voulant leur scolarisation en milieu ordinaire considérés comme « dans le déni du handicap“. Les enseignants, psys scolaires, etc considérant que leur place est dans une institution « spécialisée“. Si les parents refusent d’accepter d’institutionnaliser leur enfant, ils sont menacés de signalement au procureur de la république pour défaut de soin. Cette société est hostile aux personnes handicapés. Donc pour moi les préconisations c’est selon moi un changement de la société.

Une solution pour moi, serait d’avoir des personnes jouant le rôle d' »assistant d’inclusion » : personnes faisant le lien entre la famille, l’école (et l’accompagnant), les centres de loisirs, pour permettre une scolarisation dans de bonnes conditions. 

  • Quand a été créée l’Association Francophone de Femmes Autistes – (AFFA) – et quelles en sont les principales missions ?

L’AFFA a été créée en octobre 2016 (environ 70 membres diagnostiquées aujourd’hui). Sa mission principale est de donner de la visibilité aux femmes autistes, quel que soit leur âge, contexte de vie (y compris les filles/femmes en institution), niveau de fonctionnement.

Nos objectifs sont de :

  1. sensibiliser les pouvoirs publics et les divers acteurs aux spécificités des femmes autistes afin que leur condition soit prise en compte pour permettre un diagnostic et un accompagnement adapté ;
  2. inciter les pouvoirs publics à créer et à développer une campagne de prévention concernant les abus sexuels des filles et femmes autistes, de tous niveaux ;
  3. favoriser l’entraide et la pair-émulation entre les femmes ayant un TSA, que ce soit pour la démarche diagnostique, les problèmes reliés à l’emploi, la maternité, les abus de toutes sorte.
  • Pourquoi avoir souhaité organiser une soirée consacrée aux femmes Asperger à la Maison Mosaïque de Saint-Dié-des-Vosges ?

J’avais participé en 2011 à une conférence de personnes autistes, à la Maison Mosaique. J’ai alors fait connaissance avec Alberto Szwarcer et je suis restée en lien avec lui.

Je suis allée le voir l’été dernier, avec une amie proche (Cynthia Ruiz), je lui ai parlé de mon association, et c’est tout naturellement qu’il m’a proposé que l’on fasse une conférence sur l’autisme au féminin. C’est une des premières conférences en France sur ce thème, j’espère que cela va « faire des petits ».

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26 janvier 2018

Prise en charge de l'autisme : la France peut beaucoup mieux faire

article publié dans Le Point

DOCUMENT. La France accuse un grand retard sur les pays étrangers les plus efficaces dans la prise en charge de l'autisme. Comment y rémédier ?

Par

Publié le 25/01/2018 à 18:39 | Le Point.fr
Approximativement 700 000 personnes souffrent de troubles du spectre autistique dans le pays. Illustration

Approximativement 700 000 personnes souffrent de troubles du spectre autistique dans le pays. Illustration

© Sebastian Gollnow / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP

Depuis 2005, les plans sur l'autisme se succèdent, quelques progrès sont enregistrés au fil des années, mais la situation reste globalement déplorable. À plusieurs reprises, l'État a été condamné pour manquement à ses obligations légales en matière éducative, thérapeutique ou sociale vis-à-vis de ces personnes. Le gouvernement s'apprête à lancer un quatrième plan.« La France accuse toujours un retard de 20 à 30 ans sur des pays étrangers modèles », s'alarme Adrien Taquet, un député devant lequel le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a dévoilé mercredi le rapport de son institution sur l'évaluation des politiques publiques de la prise en charge de l'autisme (voir document complet ci-dessous).

Approximativement 700 000 personnes, dont plus de 100 000 enfants et jeunes de moins de 20 ans, 600 000 adultes dont seulement 75 000 sont identifiés, souffrent de troubles du spectre autistique dans le pays. Il n'est possible de les dénombrer plus précisément faute d'enquête épidémiologique d'envergure nationale. Le coût de leur prise en charge médicale, médico-sociale et psychiatrique, frise les 4 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent au moins 2,5 milliards de prestations, de dépenses fiscales et pour les aidants à la scolarisation.

Carences

Les premières carences relevées par les inspecteurs de la Cour des comptes touchent aux connaissances des troubles autistiques qui « demeurent trop lacunaires, même si elles ont progressées », déplore Didier Migaud. En conséquence, le risque de sous-diagnostic est encore substantiel, de même que celui de surdiagnostic. Le recours à des équipes pluridisciplinaires sous la responsabilité de spécialistes pour l'établissement des diagnostics n'en est que plus nécessaire. Longtemps sujet de polémiques très fortes et de guerres entre spécialistes, la diversité des approches de soins demeure.

Toutefois, un consensus s'est enfin dégagé en faveur d'interventions individualisées, précoces, relayées par les familles. En outre, il a été démontré que ce mode d'intervention, sans être miraculeux, permet de diminuer les troubles et de rendre possible l'inclusion dans la société des patients. À l'inverse, en l'absence de soins pertinents, le risque de « surhandicap » est élevé, ce qui induit ensuite des prises en charge très lourdes dans la durée. Malheureusement, beaucoup de lacunes subsistent.

Structures engorgées et manque de moyens

Chez les enfants, deuxième point noir, le nécessaire programme de repérage, de diagnostic et d'intervention précoces demeure appliqué de façon hétérogène. Il a progressé dans les centres de ressource autisme déployés sur tout le territoire, dans chaque région. Mais ces structures sont engorgées. Les délais d'attente moyens entre la réception de la demande de consultation et le premier rendez-vous varient de 16 à 309 jours, notent les enquêteurs. Il se passe entre ce premier rendez-vous et l'engagement d'un bilan diagnostic ou fonctionnel entre 18 et 735 jours. Enfin, 2 à 260 jours s'égrènent encore entre le début et la fin de ce bilan, avec sa restitution à la famille et aux professionnels concernés. Au total, il faut compter entre 265 jours et 975 jours pour bénéficier d'un diagnostic précis de troubles ou d'absence de trouble, soit entre 22 mois et près de 7 ans.

LIRE aussi Autisme : l'édifiante histoire d'un centre en pointe

« Certaines ambitions des plans précédents sont laissées lettre morte, regrette Didier Migaud. Le repérage systématique au 24e mois n'est pas rentré en vigueur. » L'offre de prise en charge infantile et les résultats sont contrastés. L'effort de rattrapage et de création de places en écoles ordinaires ou collectives ainsi qu'en établissements et services médico-sociaux a été réel, mais reste très insuffisant. Ainsi pour les interventions elles-mêmes, le développement d'unités d'enseignement maternel autisme et des services d'éducation spéciale et de soins à domicile ne permet de répondre qu'à 15 % des besoins.

« Globalement, l'inclusion des autistes dans le système éducatif est encore difficile »

Les listes d'attente sont longues, beaucoup d'enfants placés en Belgique il y a quelques années y demeurent, beaucoup y partent encore. La scolarisation des élèves présentant des troubles de l'autisme est certes meilleure qu'auparavant, quelques réalisations régionales sont exemplaires comme autour de Limoges, mais globalement leur inclusion dans le système éducatif est encore difficile. En conséquence, le niveau atteint par les élèves autistes progresse moins vite que pour ceux atteints d'autres handicaps : seulement 6,6 % des premiers ont rejoint le niveau secondaire, contre au lieu de 16,3 % pour les autres.

Troisième faille, abyssale celle-ci, l'accompagnement pour les adolescents et les adultes autistes émerge à peine. Outre qu'ils ne sont que marginalement dénombrés, que les connaissances sur cette population importante sont très faibles, leurs parcours de soins et d'aide sont heurtés, entre des institutions et des professionnels très divers. La Cour des comptes, qui a réalisé un sondage d'envergure auprès de personnes autistes et de leurs familles, relève que près de la moitié des répondants (46,5 %) ont fait état de périodes de rupture dans leur accompagnement, bref ont été abandonnées à elles-mêmes. Plusieurs réponses d'adultes autistes eux-mêmes notent avec amertume qu'il ne peut pas y avoir de rupture puisque pour eux il n'y a pas eu de parcours.

Les 11 propositions de la Cour

Partant de ce constat assez accablant, la Cour formule onze propositions (voir le rapport complet ci-dessous) dans trois directions différentes. Pour commencer, les connaissances doivent être renforcées. À cette fin, les magistrats-inspecteurs préconisent notamment de créer un institut de recherche du neuro-développement. Il associerait des compétences qui existent déjà sur le territoire en recherche fondamentale, clinique et en sciences humaines qui sont aujourd'hui isolées et dispersées. Au lieu de créer un énième « bidule », cet institut serait adossé à un organisme déjà existant, par exemple l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Ensuite, la Cour recommande de mieux articuler les interventions des différents partenaires, innombrables (départements, régions, caisses d'allocations familiales, tribunaux, association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées, etc.), au service d'un objectif renforcé d'inclusion dans la société des personnes autistes. Un exemple, les rectorats et les agences régionales de santé devraient décliner dans tous les départements les partenariats réussis entre l'Éducation nationale et le secteur médico-sanitaire et intégrer des établissements et services médico-sociaux dans un très grand nombre d'écoles ordinaires.

Dans plusieurs pays visités par la Cour pour cette enquête, l'inclusion scolaire des élèves autistes en classe ordinaire est beaucoup plus développée qu'en France, voire systématique. On y note d'ailleurs l'absence complète ou quasi complète d'institution spécialisée. C'est possible en Suède, en Norvège, en Italie, au Pays basque espagnol, alors pourquoi pas dans notre pays ?

Mieux repérer les enfants

Enfin, insiste la Cour, il est urgent de mieux assurer des prises en charge de qualité dans l'ensemble des territoires pour développer et systématiser le repérage des enfants en âge préscolaire par les médecins de première ligne et les professionnels de la petite enfance. Ou pour mettre en place dans chaque bassin de santé un service d'éducation spéciale et de soins à domicile précoces.

Pour ce faire, le niveau de formation des généralistes doit être considérablement augmenté : sondés par la Cour, un échantillon représentatif de ceux-ci a reconnu à une très forte majorité (62 %) que leur connaissance de l'autisme était faible à insuffisante. De même, seule une minorité d'universités proposent une formation des psychologues conforme à l'état des savoirs actuels. Enfin, il semble prioritaire que les membres du personnel de l'Éducation nationale soient formés à cette maladie et ce handicap, afin d'accepter de prendre ces personnes dans leurs classes et leurs établissements. Beaucoup de questions auxquelles va devoir répondre le prochain plan du gouvernement Philippe.

24 janvier 2018

Position d'Ado'tiste pour un quatrième plan ambitieux - Blog de Tristan YVON

 

Position d'Ado'tiste pour un quatrième plan ambitieux - Blog de Tristan YVON

Deux représentants d'Ado'tiste ont participé à la consultation nationale pour la préparation du quatrième plan autisme. A l'heure où elle s'achève, nous tenons à clarifier les revendications que nous avons défendues pendant ces longues semaines de consultation, ainsi que notre position pour un plan autisme enfin conforme aux énormes besoins des personnes concernées et aux Recommandations de Bonne Pratique Professionnelles.

http://tristanyvon.over-blog.com

 

19 janvier 2018

Val-d’Oise : elles veulent pallier l’absence de centre pour enfants autistes

article publié dans Le Parisien


Maïram Guissé| 18 janvier 2018, 19h23 |0
Montlignon. L’association 1 2 3 Tremplin accueille des enfants autistes. Ici Aaron, 7 ans, joue avec les éducatrices Marine Le Drogo et Candice Robin (au 2e plan), anciennement du centre pédiatrique de Sarcelles. LP/C.L.

A Sarcelles, des mères d’enfants atteints de troubles autistiques sont à l’initiative d’un centre de soins, qui vient d’ouvrir. La demande est telle qu’à peine lancée, la structure a attiré une quinzaine de familles.

C’est « une révolution ». Avenue du 8-Mai-1945, à Sarcelles, s’ouvre la maison pour Leah, un centre de soins pour enfants porteurs de handicap, plus spécifiquement autistes. A l’origine de ce projet, une mère. Stéphanie Valentini, présidente de l’association et maman d’une adolescente 15 ans, autiste, a réuni autour d’elle une dizaine d’autres mères, qui s’activent dans les locaux en ce jour de rentrée. « Toutes ont un enfant autiste, on est toutes bénévoles », précise-t-elle. Dans l’est du département, comme au niveau national, « il y a un vrai manque de structures ». D’ailleurs, à peine ouverte, la maison pour Leah est déjà assaillie par les demandes. Quinze familles sont entrées en contact. Le lieu doit accueillir trente enfants cette année.

Pourquoi s’installer à Sarcelles ? « J’ai rencontré une maman de deux enfants autistes, élue à la ville [Fabienne Sroussi], au détour d’un cabinet professionnel de santé. Elle m’a parlé des besoins dans le 95 », détaille Stéphanie Valentini. Cette dernière est à la tête de Cap handi cap, une structure d’accompagnement des familles d’enfants autistes dans les Hauts-de-Seine. Très vite, le projet sarcellois est créé et soutenu par la municipalité. « Dans une ville de plus de 60 000 habitants, c’est une nécessité d’avoir une infrastructure comme ça, réagit Nicolas Maccioni, le maire (PS). Il y a une demande très forte des habitants. »

 

Des prédiagnostics pour identifier le handicap

En quoi ce centre est-il inédit ? Des prédiagnostics sont réalisés pour identifier le handicap. « Dans les hôpitaux, c’est gratuit mais il faut attendre deux ans en moyenne. Ici, ça prend entre un et trois mois. Le coût peut aller de 200 € à plus de 1 000 € », précise Stéphanie Valentini. Psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, éducateurs… Tous les spécialistes, libéraux, nécessaires à la prise en charge d’un enfant autiste sont répartis dans les onze salles. « C’est un plus pour les familles et moi, explique Virginie Cloud, psychologue. Entre professionnels, nous allons pouvoir échanger et travailler ensemble autour d’un projet constructif pour l’enfant. »

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LP/C.L.

Au-delà de la prise en charge médicale, la maison pour Leah, c’est aussi un accompagnement dans les longues démarches administratives. Et, surtout, un accompagnement humain. « Lorsqu’une famille est suivie, elle adhère à un projet, reprend Stéphanie Valentini. Nous allons organiser des formations de parents pour assurer une continuité du travail fait au centre une fois l’enfant rentré à la maison. » Une convention avec l’Education nationale a également été signée afin de former des auxiliaires de vie scolaire (AVS). « Nous accordons une grande importance à la scolarisation. Ils ont le droit à l’éducation, répète Stéphanie Valentini. Notre but c’est de rendre les enfants le plus autonome possible. »

« Quelque part, on pallie l’absence de l’Etat, souffle Fabienne Sroussi. Nous avons fait une demande de subvention auprès de la région, mais nous n’avons encore eu aucun retour. » A terme, les bénévoles de l’association espèrent ouvrir d’autres centres de soins comme la maison de Leah. Pour que les familles d’enfants autistes ne soient plus démunies.


« J’attends beaucoup de ce centre »Anna*, mère d’un enfant autiste âgé de 8 ans.

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De gauche à droite : Camille, Bernadette (chapeau), Magaly, Josy et Stéphanie (présidente de l’association) sont toutes mères bénévoles qui accueillent au sein du nouveau centre la maison pour Leah les familles. LP/M.G.

L’autisme de son fils de 8 ans, Anna* l’a découvert il y a un an. Cette habitante de Sarcelles de 34 ans, mère de quatre enfants, est alors désemparée. « Je ne savais pas ce que je devais faire, quel spécialiste voir. Je n’avais personne pour m’orienter, c’est hyper compliqué », confie-t-elle, assise dans la salle d’attente de la maison pour Leah. L’ouverture à Sarcelles de cette nouvelle infrastructure, c’est pour elle « une très bonne chose, c’est à côté de chez moi. » « J’attends beaucoup de ce centre, poursuit la jeune femme. Je veux que les professionnels aident mon fils, qu’ils lui apprennent à être dans une autonomie maximum. »

Terminé les allers-retours entre Sarcelles, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et Maisons-Alfort (Val-de-Marne) pour que son garçon bénéficie de soins adaptés. Ce jeudi matin, elle est accueillie par les souriantes bénévoles de l’association. « J’ai rendez-vous avec une psychologue et une éducatrice, détaille-t-elle. C’est un soulagement d’être ici. »

« Je n’ai pas les moyens de tout payer »

Ce jeudi, c’est le troisième dépistage pour le fils d’Anna. « L’année dernière, un psychologue de Maisons-Alfort me l’a fait. Ça m’a coûté 650 €. Il m’a dit que mon fils était autiste Asperger [NDLR : sans déficience intellectuelle mais avec des troubles de l’empathie]. » Quelques mois après, lors d’un nouveau diagnostic à « 650 € », précise-t-elle, Anna apprend que son fils est bien autiste mais « avec un retard intellectuel, ce n’est pas du tout la même chose ». « Je me suis fait arnaquer financièrement, souffle-t-elle. Aujourd’hui, pour le bilan je dois régler 250 €. Toutes ces sommes ne sont pas remboursées. J’ai quatre enfants, je n’ai pas les moyens de tout payer moi-même. Je ne comprends pas que la sécurité sociale ne prenne pas en charge ces symptômes. » Anna espère une aide de la de la maison départementale du handicap (MDPH). Elle constitue actuellement le dossier.

M.G.

*Le prénom a été modifié


Des anciennes de Sarcelles créent un « tremplin » vers l’école à Montlignon

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L’association 1 2 3 Tremplin accueille des enfants autistes. Ici ses créatrices Marine Le Drogo, Nola Reine-Adélaïde, Candice Robin et Lise Engels (de gauche à droite). LP/C.L.

Walid, 3 ans, accroche sur son classeur un pictogramme représentant un objet. Nola Reine-Adélaïde, éducatrice spécialisée, lui tend. Comme le petit garçon, ils sont neuf enfants, âgés de 25 mois à 10 ans et porteurs de troubles autistiques, à bénéficier depuis octobre dernier du travail de l’association 1 2 3 tremplin, basée à Montlignon, et hébergée dans les locaux de la « Mutuelle la Mayotte ». Une organisation créée par quatre éducatrices spécialisées, auparavant employées dans les classes dites « Mésanges » du centre pédiatrique de Sarcelles, qui ont fermé fin 2016 pour cause de financement.

« Quand les classes ont fermé, dix familles se sont trouvées sans solution du jour au lendemain, explique Lise Engels, l’une des fondatrices de l’association. Nous avons voulu faire perdurer notre savoir-faire et notre expérience. » Ces professionnelles, qui ne se dégagent pas encore de salaires, travaillent à travers des méthodes comportementales, et notamment la méthode ABA. « C’est encore très méconnu en France, souffle Candice Robin, autre fondatrice de la structure. Même dans les écoles de formation, nous ne sommes pas sensibilisées aux méthodes comportementales. »

L’objectif est d’aider les enfants à s’intégrer dans les milieux ordinaires. « L’idée est de compléter ce qui existe déjà, reprend Lise Engels. Nous travaillons en lien avec l’école et les familles. Ces enfants ne sont pas préparés au milieu scolaire et les enseignants ne sont pas sensibilisés à l’autisme. Il faut notamment qu’il y ait une communication. On leur apprend des compétences fonctionnelles pour le quotidien de l’enfant. »

18 enfants accueillis à terme

Tout juste lauréate du concours créatrices d’avenir dans la catégorie « entreprise responsable », 1 2 3 Tremplin pourrait accueillir 18 enfants à terme, sur des temps de trois heures répartis du lundi au vendredi. Et les candidats sont nombreux, même si l’allocation délivrée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ne suffit pas à combler les frais. Car il faut compter 70 € la séance collective, avec deux éducatrices pour cinq enfants ou 75 € la séance en binôme, avec une éducatrice pour deux enfants.

Les résultats, eux, ne tardent pas, comme en témoigne Aurore Decque, maman du petit Mathys, 4 ans. « Il évolue à vitesse grand V grâce à 1 2 3 Tremplin, souffle cette habitante de Domont. Ils nous ont donné des vraies clés, pour que les attitudes négatives soient transformées en attitudes positives. » Des propos confirmés par Sandrine Rusek, habitante de Crépy-en-Valois (Oise) et maman de Joshua, 10 ans. « Son comportement a complètement changé, assure-t-elle. Il est plus apaisé, plus patient, plus souriant. Il était déscolarisé et maintenant, il retourne même à l’école. »

Christophe Lefèvre


Seules 66 places dédiées dans les écoles

Dans le Val-d’Oise, l’Agence régionale de santé (ARS) compte, pour les enfants, 120 places d’IME (Institut médico-éducatif) et 73 de Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile), explique le conseil départemental.

On compte aussi « deux unités d’enseignement maternel accompagnées chacune par un Sessad, deux Ulis [NDLR : unités localisées pour l’inclusion scolaire] maternelles, une en élémentaire et une en collège. Soit 66 places dédiées aux enfants avec trouble du spectre autistique. Ce qui mobilise 14 auxiliaires de vie scolaire, des enseignants spécialisés et des services de soins.

Un pôle de compétences et de prestations externalisées vient aussi d’être créé. Il doit accompagner les personnes sans prise en charge, enfants et adultes confondus, dont une grande partie concerne les personnes avec troubles du spectre autistique. Cette année, est également prévue la création d’« une plate-forme de proximité de diagnostic autisme, qui a pour objectif de permettre un dépistage et un diagnostic précoces », détaille le département.


Des diagnostics et des soins coûteux

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LP/C.L.

Il est difficile de donner le coût moyen d’un diagnostic pour déterminer si un enfant est autiste. Le montant dépend en effet de nombreux paramètres liés au degré d’autisme. Car selon les cas, les professionnels de santé sollicités ne sont pas les mêmes. A la maison pour Leah de Sarcelles, un prédiagnostic peut coûter entre 200 et 1 000 €.

Suivent les soins, eux aussi très coûteux. Là encore, le coût d’une prise en charge varie selon chaque enfant, exige un programme adapté. Cela peut aller de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par mois. « J’ai payé 3 000 € mensuellement pour les soins de ma fille autiste pendant plusieurs années », atteste ainsi Stéphanie Valentini, présidente de l’association la maison pour Leah.

A noter qu’il est possible d’obtenir une allocation de 1 200 € par mois auprès de la Maison départementale des personnes handicapées. A condition de remplir certaines conditions. La maison pour Leah, elle, a pu bénéficier d’une subvention de la municipalité de Sarcelles d’un montant de 12 000 €.

18 janvier 2018

Personnes « Asperger »: « Ils apprennent par imitation et décodage »

article publié dans Le Figaro

Par  Pascale Senk Publié le 16/12/2017 à 10:00

personne asperger figaro

INTERVIEW - Au Québec, le syndrome d’Asperger est considéré comme un trouble du développement et non pas une psychopathologie relevant de la santé mentale.

Le docteur Isabelle Hénault, sexologue, psychologue et directrice de la clinique Autisme et Asperger de Montréal, est marraine de l’association Actions pour l’autisme Asperger. Elle a publié Le syndrome d’Asperger et la sexualité: de la puberté à l’âge adulte (Jessica Kingsley Publisher, London).

LE FIGARO. - Au Québec, votre pays d’origine, quelle est la situation concernant la prise en charge des personnes «Asperger»?

Isabelle HÉNAULT. - Depuis environ quarante ans, la recherche et la formation des professionnels en contact avec ces personnes TSA (trouble du spectre de l’autisme), qu’il s’agisse de psychiatres, éducateurs sociaux ou enseignants…, ne cesse de se développer, ainsi que les stratégies éducatives très concrètes. Nous, psychologues, collaborons à la formation, les psychiatres, comme les professionnels du soin, à reconnaître ce syndrome. Et de plus en plus, c’est dans le domaine clinique que nous avançons: moi-même je reçois en psychothérapie ou en consultation de sexologie des adolescents, des couples dont l’un des partenaires au moins est Asperger ; nous accompagnons aussi des enfants dans leur parcours scolaire ou académique… Toute cette prise en charge cognitivo-comportementale s’est mise en place avec la reconnaissance du syndrome d’Asperger comme un trouble du développement et non pas une psychopathologie relevant de la santé mentale. Plus question ici d’interner ces patients ou de leur prescrire une médication… À moins, bien sûr, qu’ils n’en aient besoin, par exemple en cas de dépression ou autre condition associée au TSA.

«Ils ne souffrent pas de déficience intellectuelle et beaucoup d’entre eux montrent des habiletés spéciales, une manière originale de voir le monde.»

Isabelle Hénault

Quelles sont les caractéristiques de ces patients?

Sur le spectre de l’autisme, ils sont à un niveau extrême, celui du «haut niveau cognitif». Ils ne souffrent pas de déficience intellectuelle et beaucoup d’entre eux montrent des habiletés spéciales, une manière originale de voir le monde. Ainsi, nous avons ici beaucoup d’artistes, d’informaticiens et nous nous appliquons à chercher le potentiel de chacun. Ce qui les caractérise est sans doute l’importance qu’ils attachent aux détails, leur vocabulaire élaboré et pourtant leur difficulté dans la conversation et la gestion émotionnelle… Mais ces détails ne suffisent pas à les repérer comme le croient trop de psychiatres. Seuls les questionnaires rigoureux, à près de cent entrées, permettent évaluation et diagnostic.

C’est-à-dire?

Imaginons qu’une patiente vienne consulter un psychiatre. Elle se montre capable de le regarder dans les yeux et si, à sa question «vous préparez les fêtes de Noël en famille?», elle acquiesce, ce psychiatre pensera «elle ne peut être Asperger», elle est capable de sociabilité. En réalité, s’il lui avait demandé, «Pourquoi et comment organiser un repas de Noël chez vous?», elle lui aurait peut-être appris qu’elle fait cela non pas pour un quelconque plaisir, mais parce qu’elle imite ses collègues de travail, elle voit que «tout le monde fait ça». Ce type de comportement est caractéristique des Asperger: pour fonctionner dans notre société, ils ont besoin d’un script précis. Les habiletés sociales ne sont pas spontanées. Ils apprennent par imitation et décodage. Aussi est-il essentiel de leur faire passer des tests très précis pour les reconnaître.

Ce qui paraît incroyable, c’est le nombre de personnes qui viennent vous consulter en demandant «Suis-je Asperger?». Comment expliquez-vous cela?

Chez les Asperger adultes, des formes plus légères de leur profil sont courantes. Souvent ces personnes ont un conjoint, un travail et vivent avec des traits «camouflés». Mais au moment d’une crise de vie, d’une transition notamment, elles vacillent sous la résurgence de certains traits. L’étudiante qui, à la vingtaine, doit rentrer dans la vie professionnelle, ou la quadra qui vient de divorcer connaissent une flambée d’anxiété ou de dépression. Nous recevons donc de plus en plus de ces femmes notamment qui, diagnostiquées comme bipolaires ou ayant un trouble de la personnalité, souhaitent se faire évaluer.

8 janvier 2018

La prévalence de l'autisme aux États-Unis reste stable, suivant de nouvelles données

8 janv. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot


La dernière étude publiée indique une stabilisation de la prévalence de l'autisme aux USA, à un niveau cependant élevé. Explications sur les méthodes utilisées.

Prevalence of autism in U.S. remains steady, new data suggest

par Jessica Wright / 8 janvier 2018 / Spectrum News

La prévalence de l'autisme aux États-Unis est restée relativement stable de 2014 à 2016, selon une nouvelle analyse. Les résultats ont été publiés le 2 janvier dans le Journal of the American Medical Association 1 .

Les chercheurs rapportent que la fréquence de l'autisme aux États-Unis était de 2.24 % en 2014, 2.41 % en 2015 et 2.76 % en 2016, respectivement. Les nouvelles données proviennent du National Health Interview Survey - un entretien annuel au cours duquel des travailleurs du recensement formés interrogent des dizaines de milliers de parents sur la santé de leurs enfants. Parmi ces questions, il y avait celle de savoir si un professionnel de la santé leur a déjà dit que leur enfant était atteint d'autisme.

Les nouveaux chiffres, publiés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis, représentent la plus forte prévalence de l'autisme aux États-Unis signalée par l'agence à ce jour.

«Nous ne pouvons pas considérer l'autisme comme une maladie aussi rare que les gens le pensaient auparavant», explique Wei Bao , chercheur principal et professeur adjoint d'épidémiologie à l'Université de l'Iowa.

Le pic est susceptible de résulter du fait que les données sont basées sur les rapports des parents. Ces rapports peuvent mieux capter les enfants avec des caractéristiques d'autisme relativement légères que les approches qui s'appuient sur les dossiers médicaux, dit Bao.

La prévalence rapportée pour l'autisme aux États-Unis a augmenté régulièrement au cours des dernières décennies. Les chercheurs attribuent la majeure partie de cette augmentation aux changements dans la façon dont la prévalence est mesurée , à la sensibilisation accrue à la maladie et aux changements dans les critères de diagnostic de l'autisme.

Selon Young Shin Kim , professeur agrégé de psychiatrie à l'Université de Californie à San Francisco, qui ne participait pas à l'étude, les rapports sur la prévalence de l'autisme dans le monde semblent converger entre 2 et 3%.

Les nouveaux taux coïncident avec ceux qui ont émergé d'une étude de prévalence de 2011 en Corée du Sud . Cette étude a montré qu'environ 2,64% des enfants d'un district scolaire sont autistes.

"Je pense que nous sommes en train de saturer", dit Kim, qui a dirigé cette étude. "Quelle que soit la méthode d'étude que vous utilisez, elle se stabilisera à ce moment-là."

Récente augmentation

Les nouveaux chiffres proviennent d'une enquête de santé représentative à l'échelle nationale de 30 502 enfants âgés de 3 à 17 ans à travers les États-Unis, dont 711 enfants autistes.

Statistiques stables : Selon les nouvelles données, il n'y a pas eu d'augmentation statistiquement significative de la prévalence de l'autisme entre 2014 et 2016. © Nigel Hawtin
Statistiques stables : Selon les nouvelles données, il n'y a pas eu d'augmentation statistiquement significative de la prévalence de l'autisme entre 2014 et 2016.
© Nigel Hawtin

Avant 2014, le questionnaire incluait l'autisme seulement comme une réponse possible à une question sur 10 autres problèmes de santé. L'entretien mis à jour aborde l'autisme dans une question autonome. Le nouveau sondage demande aux parents: «Est-ce qu'un médecin ou un professionnel de la santé vous a déjà dit que [votre enfant] avait de l'autisme, un syndrome d'Asperger, un trouble envahissant du développement ou un trouble du spectre autistique? »

La mention du syndrome d' Asperger et du trouble envahissant du développement - non spécifié ailleurs est également une première. Ces formes relativement légères d'autisme ont été intégrées à l'autisme dans l'édition actuelle du «Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux» ( DSM-5 ).

Peut-être à la suite de cette nouvelle question, la prévalence de l'autisme entre 2014 et 2016 a presque doublé par rapport à 2011-2013, passant de 1,25 à 2,47.

Les résultats d'une enquête CDC différente, publiée en 2016, ont abaissé la prévalence à 1,46% . Dans cette enquête, les experts ont passé en revue les dossiers médicaux et d'éducation spécialisée de 2012 de plus de 38 000 enfants, âgés de 8 ans, dans 11 États.

Conclusions prudentes

Bien que les chiffres pour les deux enquêtes semblent se stabiliser, le plateau (= stabilisation) pourrait être bref.

Les estimations basées sur les dossiers médicaux ont révélé des taux constants d'autisme en 2010 et 2012. Mais la même méthode a également montré un plateau entre 2000 et 2002, après quoi les taux ont encore augmenté, dit Maureen Durkin , professeur en sciences de la santé des populations et pédiatrie à l'Université du Wisconsin. Madison. Durkin dirige l'un des sites du CDC qui évalue la prévalence en utilisant des dossiers médicaux.

Bao convient que les dernières données sont insuffisantes pour être concluantes. "Nous avons vraiment besoin de plus de temps pour voir la tendance à long terme. Il est trop tôt pour dire que les taux se sont stabilisés ", dit-il.

La nouvelle étude et l'étude de Kim en Corée du Sud en 2011 ont toutes deux trouvé un sex/ratio similaire pour l'autisme: environ trois garçons pour chaque fille. Les estimations basées sur les dossiers médicaux indiquent un écart plus important: environ cinq garçons pour chaque fille. Les résultats suggèrent que les filles autistes sont parfois négligées, dit Kim.


Les références: 1 Xu G. et al. JAMA 319 , 81-82 (2018) PubMed

5 janvier 2018

Nouvel outil pour un diagnostic rapide des adultes autistes

 

Un nouvel outil permet un diagnostic rapide chez les adultes autistes

par Abigail Fagan / 5 janvier 2018 Spectrum News - New measure yields rapid diagnosis in adults with autism Un outil abrégé permet aux cliniciens de déterminer rapidement si un adulte est autiste, suggère une nouvelle étude . Le test pourrait être utilisé soit dans le cadre d'une évaluation complète de l'autisme soit comme un repérage de l'autisme.

https://blogs.mediapart.fr

 

5 janvier 2018

New measure yields rapid diagnosis in adults with autism

article publié sur Spectrum News

by  /  5 January 2018

 

Team effort: Information from family members helps clinicians determine whether an individual has autism.

sturti / iStock

An abbreviated tool enables clinicians to quickly determine whether an adult has autism, a new study suggests1. The test could be used either as part of a comprehensive autism assessment or as an autism screen.

Clinicians can diagnose a person with autism by observing her, asking her to complete a self-assessment or interviewing her caregiver. An ideal assessment involves all three components.

The new tool, called the Developmental, Dimensional and Diagnostic Interview-Adult Version (3Di-Adult), involves a caregiver report. It is similar to a standard test called the Autism Diagnostic Interview-Revised (ADI-R). But the ADI-R takes about two hours to administer and, unlike the 3Di-Adult, does not reflect the updated criteria in the latest edition of the “Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders.”

The 3Di-Adult comprises 69 questions for the parent or sibling of a person with autism, compared with the ADI-R’s 93 questions. Another common interview scale, the Diagnostic Interview for Social and Communication Disorders (DISCO), has more than 300 questions.

The team tested the 3Di-Adult on 39 adults with autism, 29 typical adults and 20 adults with other conditions, such as anxiety, depression or psychosis.

The interview took 38 minutes, on average, for all participants and 50 minutes for those with autism. The test correctly diagnosed 37 of the 39 individuals with autism and incorrectly arrived at an autism diagnosis for 4 of the 20 people with other conditions. None of the typical adults erroneously received an autism diagnosis. The results were published in November in the Journal of Autism and Developmental Disorders.

The work suggests that the test is about as accurate as the ADI-R in diagnosing autism, but needs to be validated further.

The researchers recorded 44 of the interview sessions and asked a second researcher to review the recordings and assess the adults using the new tool. Both raters’ scores are similar across the sample, suggesting that the 3Di-Adult is a reliable measure, the researchers say.

The team is evaluating the test in undiagnosed adults referred for autism assessment. They plan to compare it with the standard observational test, the Autism Diagnostic Observation Schedule, in conjunction with either the ADI-R or DISCO.


References:

Mandy W. et al. J. Autism Dev. Disord. Epub ahead of print (2017) PubMed

5 janvier 2018

Plans autisme en France sur Wikipédia

Historique intéressant ... Manque de mon point de vue la référence à un outil majeur pour la prise de décision Le Mur "la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme" réalisé par Sophie ROBERT (cliquez sur le lien pour voir ou revoir) permettant de se rendre compte de la futilité des théories qui soutiennent encore de nombreuses prises en charge dans l'hexagone (Jean-Jacques Dupuis)

Plans autisme en France - Wikipédia

Les plans autisme en France sont des programmes comportant un ensemble de mesures définies et financées par le gouvernement français pour améliorer l'accompagnement des personnes autistes et de leur famille. Depuis 2005, ces plans sont au nombre de quatre. Leur champ d'application est au niveau national.

https://fr.wikipedia.org

 

2 janvier 2018

Etats-Unis: la fréquence de l'autisme paraît se stabiliser, selon une étude

le 02/01/2018 à 19:42
La musicothérapie "ne peut pas résoudre tous les problèmes" des enfants autistes, même si ça peut être un "petit plus" ( AFP/Archives / TORU YAMANAKA )

Après une forte augmentation depuis le début des années 2000, la fréquence du trouble du spectre de l'autisme (TSA) parmi les enfants et adolescents aux Etats-Unis paraît s'être stabilisée ces trois dernières années, selon une enquête menée au niveau national publiée mardi.

Les études précédentes avaient révélé une hausse de ce trouble entre 2000 et 2010, période durant laquelle le taux avait plus que doublé pour passer de 0,67% à 1,47%.

Les estimations du réseau "Autism and Developmental Disabilities Monitoring"(ADDM), avaient indiqué un plafonnement en 2012 à 1,46%.

Selon cette dernière étude menée de 2014 à 2016 auprès des parents de 30.502 enfants et adolescents de trois à 17 ans, le taux du trouble autistique a été de 2,24% en 2014, 2,41% en 2015 et 2,58% en 2016, ce qui se traduit en moyenne par un enfant sur 47 souffrant d'autisme aux Etats-Unis.

Mais les auteurs de l'étude de l'Université d'Iowa pointent les limites de leur recherche qui "n'est pas fondée sur des diagnostics médicaux" mais sur des observations.

Cette étude est parue dans la dernière édition du Journal of the American Medical Association (JAMA), Pediatrics.

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) avaient également constaté un plafonnement du taux d'autisme aux Etats-Unis en 2016 tout en jugeant qu'il "était trop tôt pour déterminer si la prévalence de l'autisme commençait ou pas à se stabiliser".

1 janvier 2018

Développement «L'important, c'est de détecter l'autisme le plus tôt possible»

article publié dans Le Matin

L’autisme touche environ un enfant sur cent. Si ce handicap ne se guérit pas, des traitements existent pour aider les personnes atteintes à mieux vivre, explique le Pr Nadia Chabane.

Le Pr Nadia Chabane se consacre à comprendre l’autisme depuis plus de vingt ans.

Le Pr Nadia Chabane se consacre à comprendre l’autisme depuis plus de vingt ans. Image: Vanessa Cardoso/LMD

Les personnes avec un trouble du spectre autistique doivent être suivies tout au long de leur vie. Une prise en charge précoce et une société accueillante sont indispensables à leur intégration. Le professeur Nadia Chabane, directrice du Centre cantonal de l’autisme, à Lausanne, fait le point sur cette pathologie complexe, entourée de beaucoup de mystères.

En tant que pédopsychiatre, vous êtes spécialisée dans la prise en charge d’enfants affectés par un trouble du spectre autistique. De quoi parle-t-on exactement?

C’est un trouble du développement cérébral, qui s’installe avant la naissance et se caractérise par des problèmes de communication sociale. Il entraîne, par exemple, des difficultés à communiquer avec l’autre, à interagir avec son entourage ou globalement à entretenir des relations sociales harmonieuses. D’autre part, un TSA peut se traduire par des mouvements moteurs répétitifs, des rituels et un intérêt très marqué pour un domaine particulier. Un intérêt tellement envahissant qu’il empêche la personne de se concentrer sur d’autres activités et d’aller vers les autres. Ces symptômes varient bien sûr en intensité d’une personne à l’autre, raison pour laquelle on parle de spectre.

Une thématique à laquelle vous vous consacrez depuis plus de vingt ans. Qu’est-ce qui vous y a amenée?

Au départ, j’ai entrepris des études de médecine pour pouvoir travailler sur le développement du cerveau. Or, il y a vingt ans, l’autisme était déjà la maladie énigmatique par excellence. Au cours de mon cursus, j’ai pu constater que les enfants autistes étaient tous très différents. Les explications que l’on donnait à leurs symptômes ne me semblaient pas coller à la réalité. J’ai eu envie d’en savoir plus, de mieux les comprendre. Un travail qui m’accapare au quotidien puisque aujourd’hui encore, il y a beaucoup d’aspects liés à ce trouble que nous ne comprenons pas. Et pourtant, ce n’est pas une maladie rare puisqu’elle concernerait environ un enfant sur cent!

Un sur cent, un chiffre étonnamment élevé…

Quand j’ai commencé mes études, on parlait de 4 ou 5 enfants autistes sur 10 000. Mais aujourd’hui, on sait beaucoup mieux définir les critères de ce trouble, qui peut parfois être d’intensité très légère. Le diagnostic tend donc à devenir de plus en plus fin et, par conséquent, le nombre de personnes diagnostiquées augmente.

Connaissons-nous aujourd’hui les causes du développement d’un trouble du spectre autistique?

Non. On sait cependant qu’il s’agit d’un trouble multifactoriel et que le terrain génétique est un élément très important. Mais il n’existe pas un gène spécifique de l’autisme. C’est plutôt l’implication de différents gènes qui serait en cause. De plus, des facteurs environnementaux jouent un rôle important: une infection ou une prise de médicament pendant la grossesse, une souffrance fœtale ou encore une grande prématurité peuvent favoriser le développement du trouble.

Pour que la prise en charge soit le plus efficace possible, est-il important de détecter la maladie très tôt?

Oui, une détection précoce ne peut qu’être bénéfique. La plasticité cérébrale est particulièrement élevée entre 2 et 4 ans. C’est à ce moment-là que l’enfant sera le plus apte à intégrer de nouvelles attitudes. Par conséquent, plus nous mettons en place des interventions précoces, plus nous pouvons espérer changer la trajectoire de développement d’un enfant.

Quels signes doivent donc alerter chez un bébé?

Durant les douze premiers mois, il est très compliqué d’en repérer les signes, car il y a encore énormément de variations dans le développement cérébral. En revanche, à partir de 18 mois, certains signes éloquents peuvent alarmer et orienter vers un diagnostic. Il s’agit par exemple d’un mauvais contact oculaire, de peu ou pas de «sourires réponses» ou de babillages, d’un manque de réponse au prénom, d’un intérêt plus marqué pour des éléments non sociaux (des objets, par exemple) que pour le contact avec les adultes.

Quel traitement semble-t-il être le plus efficace?

On ne peut pas parler d’un traitement unique. Ce sont surtout les stratégies développementales et comportementales qui semblent être les plus efficaces. Il faut bien sûr adapter l’accompagnement et les traitements en fonction du profil de chaque enfant: au niveau comportemental, psychologique et cognitif, mais aussi en fonction des capacités de communication, d’autonomie, etc. Un enfant qui ne communique pas a besoin d’un outil spécifique pour y parvenir. On pourra, dans un premier temps, lui apprendre à communiquer à l’aide d’images. Globalement, instaurer des outils de communication et des stratégies d’apprentissage de la socialisation pourra apporter de nettes améliorations. On ne guérit pas de l’autisme, mais on peut considérablement aider un enfant à mieux s’adapter à notre environnement social. Cette aide peut même lui permettre d’évoluer dans un environnement naturel tel que l’école.

Dans notre société basée sur la productivité, que faut-il faire pour intégrer au mieux une personne souffrant d’autisme dans le milieu professionnel?

Avant tout, il faut dire que ce sont souvent des personnes performantes, honnêtes, scrupuleuses et soucieuses de bien faire! Il est en revanche nécessaire d’adapter leur environnement professionnel selon leurs besoins. Les personnes autistes souffrent, par exemple, de troubles sensoriels: elles supportent parfois mal certains bruits ou lumières, qu’on peut essayer d’atténuer sur le lieu de travail. On doit également dialoguer avec les employeurs et les collègues, leur expliquer ce qu’est un TSA avec ses particularités. Si chacun fait un effort d’ouverture et de compréhension, l’intégration dans un environnement bienveillant est tout à fait possible. (Le Matin)

Créé: 31.12.2017, 09h35


Nadia ChabaneLe Pr. Nadia Chabane en dates

1995-Doctorat

En médecine psychiatrique à l’Université de Lille III, en France.

2002-Paris

Médecin responsable du département des troubles du spectre autistique dans le service
de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert-Debré. En 2011, elle y sera cheffe du Centre de référence pour le diagnostic précoce et l’intervention dans les TSA.

2009-Centre spécialisé

Création d’un Centre d’excellence sur l’autisme à l’hôpital Robert-Debré, Paris.

2014-Lausanne

Directrice du Centre cantonal de l’autisme et professeur à l’Université de Lausanne.

Le Centre cantonal de l'autisme, un pôle de soin et de recherche

Pôle de référence dans le canton de Vaud, le Centre cantonal de l’autisme assure la prise en charge de nombreux patients touchés par un trouble du spectre autistique (TSA).

L’objectif principal du centre est de leur offrir le meilleur suivi possible, en étroite collaboration avec le personnel médical qui les accompagne sur le terrain.

En tant que directrice du centre, le Pr Nadia Chabane coordonne également les nombreuses recherches cliniques.

Actuellement, la spécialiste s’intéresse entre autres aux marqueurs précoces de ces troubles et aux anomalies de perception sensorielle (par exemple des lumières ou des bruits ressentis de manière différente, parfois intense et désagréable, par les personnes souffrant d’un TSA).

À l’aide de d’outils d’évaluation en cours de développement et d’un accompagnement précoce, elle espère pouvoir améliorer l’évolution et la qualité de vie des personnes atteintes.

28 décembre 2017

Le combat d’une mère dans la Somme pour aider son fils autiste

Aurélia a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour se consacrer à plein-temps à Le’o, 11 ans, atteint du syndrome X Fragile à trouble autistique.
Aurélia a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour se consacrer à plein-temps à Le’o, 11 ans, atteint du syndrome X Fragile à trouble autistique.

Le courrier, signé du chef du cabinet du président de la République, est arrivé début décembre dans la boîte aux lettres de la famille Emonnot. Comme un petit avant-goût de Noël : « Croyez bien que le chef de l’État mesure les difficultés quotidiennes auxquelles les familles d’enfants en situation de handicap peuvent être confrontées et il est déterminé à mener une action volontaire sur leur prise en charge », écrit-il, précisant que leur courrier avait été transmis au préfet de la Somme afin que soient recherchés les moyens de les aider.

La famille a écrit à Brigitte Macron

Aurélia Emonnot a aussi écrit à la première dame Brigitte Macron après avoir frappé à toutes les portes dans la région.

Elle espère qu’une solution pourra enfin être trouvée pour son fils Le’o, 11 ans, diagnostiqué à l’âge de 4 ans X Fragile à trouble autistique. Une maladie génétique qui entraîne des troubles du comportement et un retard du développement. « Il est suivi à tiers-temps à l’hôpital de jour La Grande Ours d’Amiens mais sa prise en charge s’arrêtera à ses 12 ans, ce qui veut dire que dans six mois, Le’o sera en fin de parcours et n’aura plus le droit à rien », alerte la jeune femme qui a cessé son activité professionnelle il y a six ans pour lui consacrer tout son temps. « Aujourd’hui, il ne parle toujours pas mais arrive à faire des progrès grâce à ses séances d’orthophonie, d’équithérapie, de ciniothérapie et de psychomotricité auxquelles il a droit quatre matinées par semaine. Mais pour que ses progrès soient vraiment notables, il faudrait que ces séances soient quotidiennes. »

C’est tout le combat de cette famille qui cherche aujourd’hui désespérément une place dans un institut médico-éducatif (IME) spécialisé dans l’accompagnement des enfants autistes.

En vain. Il est depuis six ans sur liste d’attente à l’IME au Fil du Temps d’Amiens. « J’appelle tous les quatre mois la MDPH (Ndlr : la Maison départementale des personnes handicapées) pour savoir où en est son dossier. J’ai toujours la même réponse : il n’y a pas de sortie pour l’instant. On me dit qu’il faut compter dix ans d’attente en général, mais dans 5 ans, Le’o aura 16 ans, et sera donc bien trop grand pour l’IME. »

La famille a bien eu une proposition pour un établissement situé à Bussy-les-Daours mais il ne correspondait pas à ses attentes : « Non seulement il n’est pas adapté à la situation de Le’o mais en plus, nous avons besoin qu’il reste à Amiens où habite sa grand-mère dont il est très proche. »

C’est en effet elle qui épaule au quotidien la famille qui habite près de Roye et multiplie les allers-retours à Amiens. « Il dort au moins une fois par semaine à la maison et je l’ai régulièrement pendant les vacances pour les soulager un peu car ce n’est pas facile pour eux, la vie de famille en prend forcément un coup », témoigne Francine.

Contactée, la MDPH indique que le cas de Le’o n’est pas considéré comme une situation critique dans la mesure où il bénéficie actuellement d’une prise en charge quatre matinées par semaine. « Mais nous travaillons pour qu’il ne se retrouve pas en situation de rupture de parcours en septembre prochain », assure Brigitte Godart, la directrice qui reconnaît le chiffre de 25 cas d’enfants en situation critique chaque année. « Mais nous sommes confiants sur la possibilité de Le’o d’intégrer un établissement en septembre 2018 », précise-t-elle.

 

TÉRÉZINHA DIAS

Pour suivre le combat de Le’o : La vie de Le’o sur Facebook

27 décembre 2017

Robes noires et blouses blanches ou le problème préoccupant des signalements abusifs

placements abusifs

article publié dans JIM

Publié le 27/12/2017

Paris, le mercredi 27 décembre 2017 – « Il (le médecin) a fait une IP (information préoccupante) sans nous prévenir, pour carence de soins et nomadisme médical. Pourquoi n’a-t-il pas pris la peine de nous appeler ? On lui aurait expliqué nos réflexions, nos doutes... On a l’impression qu’il a coché des cases pour se protéger : enfant autiste, pas de suivi, signalement... Je n’ai plus confiance ». C’est par ce témoignage en forme de vignette clinique, que TSA (Travail Social Actualités) avait illustré le problème des signalements abusifs de parents d’enfants autistes à la protection de l’enfance (1). En fait, deux débats se superposent. D’une part, la question (plus générale) des confusions de diagnostics, dans ce cas entre autisme et maltraitance, ailleurs entre une suspicion de maltraitance et une autre situation médicale ou psychopathologique : maladie des os de verre, phénomène d’aliénation parentale (2), etc. Ces erreurs d’aiguillage conduisent à faire intervenir indûment les robes noires des magistrats là où les blouses blanches des médecins s’imposeraient en priorité. D’autre part, il existe une controverse, plus spécifique aux troubles du spectre autistique, sur les modes de prise en charge préconisés. Quand une famille s’oppose à une proposition d’intervention (thérapie, rééducation particulière...), il n’est pas rare qu’elle suscite des soupçons de maltraitance, au moins par carence de soins : voyant abusivement un contexte de maltraitance, des travailleurs sociaux, des médecins ou des enseignants signalent une situation préoccupante et la lourde machinerie judiciaire est alors actionnée.


Pourtant, « personne ne ressort indemne d’une procédure pour signalement abusif, des familles sont détruites », souligne M’Hammed Sajidi, auteur d’un Guide contre le signalement abusif (3). Présidente d’Autisme France et auteure d’un rapport sur les violations des droits et dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance » (publié en juillet 2015) (4), Danièle Langloys dénonce une « impitoyable machine à broyer les familles d’enfants autistes. » Et même un juge des enfants, Éric Bocciarelli, confirme la réalité de ce problème : « On est insuffisamment éclairé. On n’est pas très bon pour évaluer la maltraitance, l’autisme n’est pas toujours bien diagnostiqué en France, et les magistrats sont au degré zéro de la formation sur les troubles autistiques. »

Plusieurs moyens permettraient d’améliorer cette triste situation. Surtout, promouvoir une meilleure formation pour l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne des signalements et des IP, y compris les médecins de première ligne, auxquels on demande de plus en plus souvent de formuler un diagnostic incombant normalement aux Centres de ressources autisme (CRA), car ces structures dédiées sont engorgées par des « listes d’attente de 18 mois. » Il faut aussi rénover profondément la lecture archaïque de l’autisme qui prévaut encore souvent en France, une lecture imprégnée par la psychanalyse où la mère est forcément coupable : le juge Bocciarelli confirme que « certaines familles se heurtent à des professionnels obtus voulant imposer leurs préconisations et sont signalées, alors qu’il n’est nullement question de danger pour les enfants ». Rappelons que la loi (Art. 375 du code civil) (5) concerne pourtant les cas où l’un ou plusieurs de ces trois domaines, la santé, la sécurité ou la moralité, sont en danger.

Dr Alain Cohen

Références

(1) Iris Briand : À qui peuvent se vouer les familles d’enfants autistes ? TSA n°75 (2016) : 10–12.
(2) http://paulbensussan.fr/alienation-parentale/
(3) http://vaincrelautisme.org/sites/default/files/Guide%20contre%20le%20signalement%20abusif.pdf
(4) http://www.autisme-france.fr/offres/doc_inline_src/577/Rapport%2Bsur%2Bles%2Bdysfonctionnements%2Bde%2Bl5C27Aide%2BSociale%2BE0%2Bl5C27Enfance%2BAutisme%2BFrance%2B2%2Bversion%2Bpublique.pdf
(5) https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&idArticle=LEGIARTI000006426776

23 décembre 2017

Lamballe. Pour leur fils autiste, les parents montent au créneau

Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive.
Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive. | Ouest-France

 

Sonia TREMBLAIS.

Les parents de Quentin, un jeune homme de 21 ans, bataillent pour lui trouver une place définitive dans une Maison d’accueil spécialisée. Il est ballotté entre plusieurs structures. Les parents témoignent.

« Nous sommes en colère ! » Annick et Paul Tardivel habitent Saint-Aaron, à Lamballe. Elle est assistante maternelle, lui est à la retraite. Ils sont les heureux parents de six enfants, dont Quentin, âgé de 21 ans. Sa particularité ? Son handicap. C’est seulement en juin dernier que le diagnostic est tombé. « Notre fils est autiste typique associé à une déficience intellectuelle. Un diagnostic posé bien trop tard », s’agace la mère de famille.

Auparavant, il présentait un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité. « À l’époque, les professionnels manquaient de formation sur l’autisme. Depuis son tout jeune âge, nous savions que quelque chose n’allait pas ». Après le CP, il est dirigé en Clis (classe d’intégration scolaire). « Il décrochait vite. » Il est ensuite entré en IME, institut médico-éducatif.

« Le corps de Quentin a dit stop ! »

À 15 ans, « il a été dirigé vers un apprentissage en espace vert, s’indignent les parents. Cela l’a perturbé. Il a dû abandonner à cause de son comportement envers les autres ». En 2015, il consulte un psychiatre qui lui prescrit un traitement. En février 2016, Quentin fait une réaction médicamenteuse et tombe dans le coma. « Nous avons su ensuite que ce traitement n’était pas approprié. Le corps de Quentin a dit stop ! Pendant une semaine, son pronostic vital était engagé. »

La décision du corps médical tombe. Il est interné en hôpital psychiatrique à Saint-Brieuc. Stupeur dans la famille. « Les soins étaient inappropriés. » Quentin perd des forces. Les parents sont dévastés, ses frères et sœurs aussi. « Il a fallu lui réapprendre tous les gestes de la vie quotidienne. La vie à la maison, ce n’était plus comme avant. »

De plus en plus perturbé, Quentin retourne en IME et fait des allers-retours en MAS (maison d’accueil spécialisée) dans quatre villes différentes. Comme toute personne handicapée, il bénéficie de 90 jours d’accueil en MAS par an.

Pour les familles, c’est un répit pour souffler. « Mais, ce n’est que temporaire. À la fin de l’année, cela s’arrêtera. Nous craignons qu’il doive retourner en hôpital psychiatrique. Notre fils n’a pas sa place là-bas ! » Il y a un mois, Quentin s’est fait agresser par un patient. « Le personnel n’a pas eu le temps d’intervenir ! »

Lire aussi : Autisme. L’État condamné à trouver une structure adaptée à un enfant de 12 ans

Les parents dénoncent « le manque de moyens»

Une situation très compliquée. « Quentin ne veut plus aller à l’hôpital. Il est enfermé, alors qu’il a besoin d’air et d’espace. Il n’y a pas de place en MAS. » De démarche en démarche auprès des organismes de santé et d’élus, les parents dénoncent « le manque de moyens. L’État doit agir pour proposer des structures adaptées. Il y a de grands besoins pour l’accueil des autistes ainsi que pour former les soignants ».

Dans leur lutte, la famille est soutenue par l’association Autisme, ça suffit ! « Moralement, c’est important. Nous sommes aussi fatigués et parfois découragés. »

« Il vit dans sa bulle mais il adore la mécanique »

Ils parlent avec amour de leur grand garçon aux yeux bleus… « Il vit dans sa bulle mais il adore la mécanique, sourit Paul. Dès qu’il voit un tracteur ou une tondeuse, son regard s’illumine ». La famille persévère. « Quentin est en détresse, nous aussi. Mais nous nous battrons jusqu’au bout. Le pire, c’est qu’il doit rester à l’hôpital pour que le dossier avance. Aujourd’hui, il y a plus qu’urgence ! »Paul et Annick lancent un appel pour que leur fils, Quentin, puisse intégrer une MAS de façon définitive. Un combat qu’ils mènent non seulement pour eux mais pour toutes les familles touchées par le handicap. « Si ça peut servir aux autres… »

19 décembre 2017

Vidéo sur le fonctionnement du centre expert Autisme Limousin

collectif sauvetage centre expert autisme Limousin

Vidéo publié sur la page Facebook du

Collectif Sauvetage Centre Expert Autisme

 

 

13 décembre 2017

Autisme : quelles sont les interventions qui « marchent » ?

article publié sur france tv info - blog dans vos têtes

rodolfo

Publié par Jérome Lichtle / Catégories : Actu / Étiquettes : autisme, autiste, bonnes, HAS, interventions, pratiques, RBP, recommandations, TSA

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