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"Au bonheur d'Elise"
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diagnostic
4 mars 2014

Handicapés, de placements en déplacement

Marie PIQUEMAL 28 février 2014 à 17:06 (Mis à jour : 3 mars 2014 à 15:32)


 (Dessins Chloé Poizat)

ENQUÊTE

Accusant un retard considérable dans la prise en charge des personnes handicapées, la France se défausse sur la Belgique et ses lucratives «usines». C’est ce qu’a vécu Fabien, autiste ballotté des Yvelines à la Corrèze, puis en Wallonie, où il est mort, à 21 ans, loin de sa famille.

Sur le mur du salon, une immense photo de son fils Fabien. Un beau garçon de 21 ans, plein de tonus et de vie. «A la maison, c’était un petit garçon qui bougeait, qui avait une vraie joie de vivre. Il était très câlin, aussi. Un enfant comme les autres mais qui souffrait juste d’autisme», commence Sylvie, deux minuscules chiens blottis sur les genoux. Depuis le 2 novembre 2012, jour de la mort de Fabien, elle n’arrive plus à dormir. Elle refait le film dans sa tête, dans un sens, puis dans l’autre. «Je voudrais lui rendre sa dignité, qu’on reconnaisse qu’il est mort à cause d’une erreur.» L’histoire de Fabien est «compliquée», dit-elle, hors du commun, mais elle résume à elle seule tous les dysfonctionnements dans la prise en charge des personnes handicapées en France.

Fabien a 11 mois quand les médecins posent leur diagnostic : retard psychomoteur et mental important et troubles du comportement associés. Il grandit dans les Yvelines, avec ses quatre frères et sœurs. «Pour nous, il n’était pas différent. On lui parlait normalement, on s’amusait, il nous suivait partout», raconte Jessie, la cadette. Les autres vont à l’école, lui reste à la maison auprès de sa mère, avec quelques détours par le service de psychiatrie infantile de l’hôpital de Montesson. Puis, à 10 ans, «il a été envoyé en Corrèze, explique Sylvie, c’était le seul endroit où il restait de la place.»

La «terre d’accueil» corrézienne

La France est en retard dans la prise en charge du handicap, elle scolarise encore trop peu les enfants et manque de places dans les établissements spécialisés. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le ministère de la Santé ne sait pas combien la France compte de personnes handicapées. «C’est compliqué, cela supposerait de mettre les gens dans des cases», répond le cabinet de Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée en charge des personnes handicapées. Certains départements sont mieux dotés en structures que d’autres.

Fabien atterrit dans la fondation Jacques-Chirac, à Peyrelevade, au fin fond de la Corrèze. Ici, 60 à 70% des petits pensionnaires viennent de la région parisienne. «Historiquement, la Corrèze est une terre d’accueil pour les personnes handicapées. Pendant longtemps, on considérait qu’elles étaient mieux au vert, en milieu rural, loin des regards. C’est un peu trivial de le dire comme ça, mais c’est ainsi», explique Nathalie Marrien, en charge de l’autonomie au conseil général de Corrèze.

Fabien se retrouve en internat. «On ne le voyait plus beaucoup. C’est loin, la Corrèze. De toute façon, il n’avait le droit de sortir que trente-cinq jours par an.» Une affaire de gros sous. L’assurance maladie verse un forfait journalier par personne aux établissements, en majorité des structures associatives. Donc, moins les enfants rentrent chez leurs parents, mieux les finances des structures se portent. «De l’extérieur, cela peut surprendre, mais c’est une réalité économique incontournable. Vous imaginez, sinon ? Il faudrait mettre au chômage technique nos équipes», justifie Alain Wild, le directeur de l’institut médico-éducatif (IME) de Peyrelevade.

Faute de mieux, Sylvie appelle régulièrement pour prendre des nouvelles de son fils. «Bien sûr, comme toutes les mamans, il y avait parfois à redire mais, dans l’ensemble, ça allait. Il a appris des choses là-bas.» Il est devenu propre, par exemple, à 17 ans. «C’était un enfant relativement agréable, très souriant malgré un retard mental sévère. Il était heureux de vivre, verbalisait beaucoup, même si ce n’était pas compréhensible», se souvient Alain Wild. Fabien grandit. Il a 19 ans quand le centre avertit Sylvie : la limite d’âge, ici, c’est 20 ans, il va falloir songer à partir. Pour aller où ? Trouver une place dans une structure pour adultes relève du défi.

Face à cette pénurie, et plutôt que de construire suffisamment d’établissements, la France a trouvé la parade. Elle sous-traite depuis des années la prise en charge d’une partie de ses ressortissants handicapés à la Belgique. Certaines familles y vont d’elles-mêmes, épuisées d’attendre une hypothétique place en France. Ou attirées par des méthodes éducatives qui n’existent pas en France. Mais d’autres sont carrément mises à la porte par les autorités françaises. Plus le handicap est lourd et moins il existe de structures françaises prêtes à les accueillir. Combien sont-ils, ces parents, à s’être entendu dire un beau jour : «Il n’y a pas de place pour votre enfant ici. Tournez-vous vers la Belgique. Vous voulez des adresses ?»

Plus de 1 500 mineurs expatriés

En Wallonie, tout un business s’est développé depuis une vingtaine d’années. Isabelle Resplendino, secrétaire adjointe d’Autisme France, habite dans la province du Hainaut, près de la frontière. Elle voit pousser comme des champignons les centres pour handicapés. A côté des établissements agréés où sont accueillis essentiellement des Belges, on trouve des «usines à Français. Il n’y a aucun Belge à l’intérieur, si ce n’est le personnel… dépeint Isabelle Resplendino. Dans le coin, tout le monde a quelqu’un dans sa famille qui y travaille.» Des établissements privés, à but lucratif donc, qui font vivre toute une région. Le marché est juteux. «C’est plus rentable d’investir en ouvrant un centre pour les handicapés français que de placer votre argent à la banque», résume d’un sourire un directeur de centre sous couvert d’anonymat.

Les autorités françaises cautionnent ce système. Elles l’organisent et le financent même. La Sécu ou les conseils généraux, c’est selon, paient pour la prise en charge des ressortissants français. C’est tout bénef pour la France. Le tarif peut varier du simple au double. «Les prix fluctuent d’une structure à l’autre. Mais pour vous donner une idée, en France, le prix à la journée dans un foyer d’accueil médicalisé varie entre 200 et 400 euros. En Belgique, c’est plutôt entre 150 et 180 euros», détaille Isabelle Resplendino. Prix du bâti, normes moins contraignantes et coûts de personnel plus faibles qu’en France… Le calcul est vite fait.

Selon le ministère, plus de 1 500 mineurs sont ainsi expatriés en Belgique - on ne connaît pas les chiffres exacts pour les adultes : entre 3 000 et 5 000. «Que la France, cette République, se décharge ainsi de ses citoyens handicapés, c’est intolérable. Comment l’accepter ?» questionne, amer, Bernard Peyroles, président de la petite association Andephi, qui regroupe des parents de personnes handicapées. Il se bat depuis 2007 pour que la France prenne ses responsabilités et que cesse cet exil forcé. A défaut de se faire entendre, il compile sur Internet les témoignages de parents désespérés, au pied du mur. «Vous n’imaginez pas tous ces gens en grande détresse. Avoir un enfant handicapé, c’est difficile. On concentre toutes ses forces pour tenir bon. Alors, quand on vous dit : "C’est la Belgique ou rien", que pouvez-vous répondre ? Les familles sont dans une telle souffrance qu’elles n’ont pas le choix, mais portent la culpabilité quand ça se passe mal.»

«Il a passé la frontière sans que je le sache»

Quand l’établissement de Corrèze évoque un placement en Belgique pour Fabien, Sylvie acquiesce du bout des lèvres. «Si j’avais dit quoi que ce soit, ils m’auraient rendu mon fils. A l’époque, je ne pouvais pas le reprendre à la maison.» Le déménagement est prévu au début de l’été 2010. «Je pensais qu’avant, on me ferait visiter l’établissement pour que je rencontre le personnel et que je leur parle de mon fils.» Mais, début mai, elle reçoit un courrier par la poste de l’IME de Peyrelevade : «Fabien a été transféré en Belgique. Le centre dans lequel il se trouve vous contactera prochainement.» Sans donner le nom de la structure, ni une personne à contacter. La panique. «Dans la tête d’une maman, c’est terrible. Je me disais : "Ça y est, j’ai perdu mon fils." D’un coup, je n’avais plus ma lucidité, comme si mon cerveau s’était déconnecté de la réalité.» Elle reste prostrée à côté du téléphone, nuit et jour, incapable d’agir. «Je me disais que quelqu’un allait bien finir par me donner des nouvelles.» Les semaines passent. Rien.

Un soir, l’oncle de Fabien «pète un câble». Il tape «centres-handicapés-Belgique» sur Internet et se met frénétiquement à les appeler. Il en existe un paquet, 137, selon le dernier décompte officiel des autorités wallonnes. Le foyer des Mille et Une Nuits, du groupe Le Carrosse, lui répond à 23 heures. Fabien est bien l’un des 35 pensionnaires, envoyés par la France.

Comment un enfant a-t-il pu être transféré sans que sa famille ne soit au courant ? «C’est vrai qu’aujourd’hui, quand je raconte ça aux gens, moi-même, j’ai du mal à le croire. Il a quand même passé la frontière sans que je le sache…» Le directeur du centre de Peyrelevade assure avoir fait les choses dans l’ordre. «Nous avons aidé cette famille à trouver une solution de prise en charge, on l’a assistée dans les démarches administratives, mais ensuite le dossier a été transmis à la maison départementale des personnes handicapées [MDPH]. C’est elle qui valide les demandes. S’il y a eu dysfonctionnement, ce n’est pas chez nous.»

Interrogée, la MDPH de Corrèze renvoie illico la balle aux Yvelines, département de résidence de la famille de Fabien. «Depuis un changement de réglementation en 2011, les dossiers sont désormais gérés par la MDPH du lieu de vie de la famille, et non de l’enfant.» Au siège des Yvelines, on farfouille dans les archives, dans un souci de «totale transparence» : «Il y a bien eu une décision d’orientation de la MDPH datant du 28 juillet 2010, autorisant la prise en charge en Belgique.» Sauf que, vérification faite auprès du centre des Mille et Une Nuits, Fabien a été transféré le 18 mai, soit plus de deux mois avant. «II peut arriver que certaines MDPH régularisent des situations a posteriori, reconnaît le directeur des Yvelines, Philippe Quentin. Mais il est techniquement impossible qu’une décision ait été prise sans l’accord de la famille. Il faut qu’une demande ait été faite.»

La mère de Fabien est formelle : elle n’a signé aucun document. Si ce n’est pas elle, qui donc a déposé cette demande (datée, au passage, du 20 mai, deux jours après son transfert) ? Mystère. La MDPH des Yvelines dépêche l’un de ses «collaborateurs» pour retrouver la trace du document dans les archives. Après une semaine de recherche, bingo, il met la main dessus. «Mais désolé, on ne peut pas vous dire, c’est confidentiel.» Reste cette hypothèse, faite spontanément par deux fonctionnaires : «Fabien était déjà majeur à l’époque. Pour peu que la procédure de mise sous tutelle n’ait pas abouti [ce qui était le cas], on demande l’avis à la personne majeure, considérée comme responsable.» Fabien, donc, qui ne parle pas et ne sait ni lire ni écrire.

Quatorze médicaments par jour

«Quand j’ai retrouvé mon fils, j’ai gueulé. Je voulais le voir», poursuit Sylvie. Pas question. En Belgique, le centre lui répond poliment qu’il va falloir patienter. La date de la prochaine sortie est fixée aux vacances de la Toussaint… Toujours pour la même raison : permission au compte-gouttes, pour ne pas perdre d’argent. «Cinq mois sans le voir. Je me souviendrai toujours de ce week-end-là. On a récupéré Fabien sur une aire d’autoroute près de Paris. Un bus les raccompagnait. Il y avait des parents comme moi qui attendaient. J’en connaissais certains, leurs enfants étaient en Corrèze avec Fabien. Ils ont été éparpillés dans plusieurs centres qui appartiennent au même groupe.» Le Petit Poucet, la Boule de cristal, la Souris verte, les Trois Fées… Le groupe le Carrosse compte seize centres, dont un qui vient d’ouvrir en France, à Troyes, dans l’Aube.

«Quand il est monté dans la voiture, j’ai tout de suite vu que quelque chose n’allait pas. Vous vous souvenez ?» Elle se tourne vers ses enfants, affalés sur le canapé. Depuis le début de la conversion, aucun n’a bougé. Ils tapotent sur leur téléphone, impassibles et impuissants face à la douleur de leur mère. Seule Jessie, 20 ans, lève un sourcil de temps à autre, recadre la conversation quand sa mère s’emmêle les pinceaux. «Je n’ai pas reconnu mon fils, s’agite Sylvie, le souffle court. Fabien n’était plus le même. Il bavait, alors qu’il n’avait jamais fait ça. Il ne bougeait pas, la tête baissée.»Tous pensent d’abord à la fatigue du voyage. Mais en arrivant à la maison, Jessie ouvre le sac de son frère, trouve «une espèce de livre avec les jours de la semaine» : le pilulier rempli à ras bord. Quatorze médicaments à avaler chaque jour. «Fabien n’était pas malade, ni agressif. Pourquoi tout ça ? Il était complètement shooté. Il marchait comme un mort vivant.»

Elle raconte ensuite cet épisode, pendant les vacances d’été, quelques mois avant sa mort. «On venait de rentrer à la maison. Et là, d’un coup, il se met à hurler, les yeux révulsés en arrière, comme s’il était absent de son corps.» Paniquée, elle appelle le centre, qui la rassure : «Crise d’autisme. Donnez-lui la pilule jaune, ça va passer.» Elle s’exécute, Fabien semble se calmer. Et recommence trente minutes plus tard. Sylvie appelle les pompiers. «En fait, c’était des crises d’épilepsie, provoquées par le Loxapac», un antipsychotique indiqué pour les schizophrénies, délires paranoïaques et psychoses hallucinatoires. «J’ai écrit en énorme et en rouge dans le carnet de liaison de ne plus jamais lui donner ce truc. Quelque temps après, l’infirmière m’a rappelée en me demandant si je n’avais pas changé d’avis parce que Fabien était soi-disant un enfant difficile.»

Interrogée, la direction du groupe le Carrosse réfute en bloc. «Non, nous ne mettons jamais personne sous camisole chimique, un terme épouvantable d’ailleurs», répond illico Benoît Duplat, l’administrateur. Puis, prenant le temps de la discussion : «Certains centres méritent d’être fermés, il y a des moutons noirs comme dans toutes les professions. Mais pas chez nous, je peux vous l’assurer. Je défie quiconque de prouver qu’il se passe ce genre de chose dans mes établissements. Je connais mes équipes, ce sont des gens admirables qui font leur métier avec passion. Je connais mes structures, je sais ce qui s’y passe.» Benoît Duplat vante alors son système informatique ultraperfectionné permettant de connaître en temps réel les activités dans chacun de ses centres. «Je peux vous dire qui fait quoi à tel moment et sous la surveillance de tel éducateur.» Il casera une bonne dizaine de fois dans la conversation être «hyper transparent» et dans «une démarche d’autocontrôle», car «bien entendu, nous gardons toutes les données pour permettre les audits».

Pour l’instant, seule l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées, l’Awiph, peut contrôler ces établissements. «Nous réalisons une visite tous les deux ans en prévenant à l’avance, ensuite nous faisons des contrôles inopinés dès que l’on reçoit une plainte. Il y en a eu quinze en 2012», indique Alice Baudine, l’administratrice générale de l’Awiph, vexée que l’on puisse douter de la qualité des établissements.

Des centres «autorisés» mais pas «agréés»

Pourtant, la question est régulièrement mise sur le tapis, et les choses évoluent à pas de fourmi. Un premier rapport de l’Inspection générale des affaires sociales pointait le problème dès 1995. Puis un deuxième, en 2005 : «Le système wallon possède deux types de reconnaissance des établissements pour handicapés : l’agrément (qui garantit, par des contrôles, la qualité du fonctionnement et des prestations) et l’autorisation (qui atteste seulement de l’existence de conditions de sécurité). Or, l’autorisation est souvent interprétée, à tort, notamment par les conseils généraux français, comme un label de qualité.» Depuis, les normes, notamment d’encadrement, ont été un peu rehaussées dans ces centres simplement «autorisés», mais les compétences de l’Awiph restent limitées. Par exemple, elle ne peut pas contrôler les traitements médicaux. «Ce sont d’abord des centres de vie, et pas de soins», répond l’administratrice, qui se dit cependant favorable à améliorer les contrôles et la réglementation en collaboration avec la France.

Depuis des années, en effet, les autorités wallonnes réclament plus d’implication de la France puisque, après tout, ces centres n’accueillent que des Français… Interrogée,Marie-Arlette Carlotti promet que «tout va changer», grâce à un accord franco-wallon de 2011 qui serait, enfin, sur le point de rentrer en application. Sur le papier, ce texte permettra à des inspecteurs de l’agence régionale de santé du Nord de contrôler les centres belges… Encore faut-il qu’ils aient les moyens de le faire. Questionnée sur les effectifs, la ministre nous a indiqué fin janvier, lors d’un point presse, qu’elle n’avait pas prévu de renforcer le bataillon d’inspecteurs.

Par moments, Sylvie regarde le portrait de Fabien au mur. Depuis une heure, elle caresse ses petits chiens. «J’aurais dû le reprendre à la maison. J’avais prévu de ne pas le renvoyer dans ce centre après les vacances de Noël.» Elle repense à cette chute dans l’escalier. «Le centre m’appelle pour me dire que Fabien est hospitalisé mais de ne pas m’inquiéter, tout va bien.» Il a les deux pommettes cassées, le nez en miette, une arcade et la lèvre ouvertes. Le reste du corps est indemne. «Sur le moment, je n’avais pas d’arrière-pensée. Cela peut arriver à tout le monde. C’est après que j’ai commencé à douter.» Quand, quelques semaines plus tard, elle apprend la mort de son fils.

Le 2 novembre, coup de fil de la directrice du centre. Fabien s’est étouffé avec un gâteau après le goûter. Il a été retrouvé «inanimé, au sol, dans les toilettes. […] Il ne respirait pas, le visage cyanosé», écrit la directrice du centre dans son rapport quelques heures plus tard. Son supérieur ajoute : «Le travail de notre équipe et notre organisation sont a priori irréprochables.» Que faisait-il avec des gâteaux sans surveillance alors qu’il était écrit partout que Fabien avait des problèmes de déglutition ? Comment a-t-il pu accéder aux toilettes sans surveillance ? Pourquoi personne n’a pu intervenir pour le sauver ? Dans la tête de Sylvie, les questions se mélangent et se bousculent. Elle a besoin de réponses. Elle a déposé plainte en Belgique.

Marie PIQUEMAL
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2 mars 2014

France info : Olivia Cattan dénonce l'autismophobie en France

le Dimanche 2 Mars 2014 à 09:45
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Olivia Cattan est la "Femme d'exception" de ce dimanche. Maman d'un petit garçon autiste, elle dénonce dans un livre les 40 ans de retard de la France dans la prise en charge de ces enfants. 

"D'un monde à l'autre" d'Olivia Cattan © Max Milo

"J'accuse l'Etat français de négligence et de maltraitance vis à vis des enfants autistes", écrit Olivia Cattan dans son livre D'un monde à l'autre. Elle y raconte son combat de mère pour que son petit garçon vive normalement. Rubens a été diagnostiqué autiste à l'âge de cinq ans, il en a aujourd'hui huit : "Il va bien parce qu'il est à l'école, parce qu'il est bien pris en charge."

"Nous ne vivions plus, nous survivions"

Rubens est le troisième enfant d'Olivia Cattan, déjà maman de deux grandes filles. Le petit dernier vu comme un cadeau. Un peu trop calme dans son berceau. Mais les doutes sont venus bien plus tard. A quatre ans, Rubens ne parlait pas. Il ne dormait pas la nuit. Il refusait de manger de la nourriture solide. Il n'allait pas à l'école. Olivia Cattan consulte alors tous les pédopsychiatres et orthophonistes de Paris sans arriver à déterminer de quoi il souffre. Dans le noir total, dans le néant, perdu face à son fils devenue une énigme, la jeune femme décrit son isolement face à la situation, l'éloignement des proches, une vie familiale difficile. "Nous ne vivions plus, nous survivions" explique l'auteur.

Pour Rubens, le déclic a été la méthode Feurstein, une méthode comportementale, pratiquée dans un centre de Jérusalem en Israël. Après un séjour d'un mois, Rubens parle, apprend et s'ouvre enfin à la vie. C'est un nouveau départ, mais aussi le début  d'un nouveau combat pour faire scolariser Rubens. "Les familles n'en peuvent plus, on est prêt à tout, on est prêt à aller manifester dans les rues, à aller bloquer des rectorats. On est prêt à tout parce qu'on n'en peut plus. On refuse que nos enfants ne soient pas considérés comme des citoyens. Ces discriminations dont sont victimes nos enfants, que ce soit à l'école, que ce soit au sport, que ce soit dans des conservatoires, on ne le supporte plus. Ce sont des citoyens français, ils ont le droit à l'éducation", déclare Olivia Cattan.

Seuls 20% des enfants autistes sont scolarisés en France

Seuls 20% des enfants autistes sont scolarisés en France. Alors qu'une loi de 2005 impose que tout enfant souffrant d'un handicap puisse être inscrit dans l'école de son quartier. La France a d'ailleurs été condamnée par le conseil de l'Europe le 5 février dernier, pour ce manquement. En cause notamment, le manque d'AVS, les auxiliaires de vie scolaire qui accompagnent ces enfants pour les aider en classe. Olivia Cattan a d'ailleurs mis entre parenthèse son métier de journaliste pour devenir l'AVS de Rubens.

Même combat pour que le jeune garçon fasse du piano ou du tennis. Impossible. Les fédérations refusent. A l'exception de celle d'athlétisme qui s'est engagée à les accueillir. C'est donc pour dénoncer tous ces manquements qu'Olivia Catalan a écrit ce livre et a lancé ce "j'accuse". Elle parle d'autismophobie de la France et elle critique l'inaction du gouvernement et l'ignorance de Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion.

27 février 2014

Autisme. Des parents contre la psychanalyse

article publié dans Ouest France

Brest - 12h07

Ce jeudi, à Brest, une quinzaine de parents d’enfants autistes du collectif d’associations Autisme Bretagne a manifesté lors d’un colloque.

« Nos enfants ne sont pas des Golem, ni des ordinateurs laissés à eux-mêmes ! Et les mères ne sont pas responsables de l’autisme de leur enfant ! » Ce jeudi matin, à Brest, à la faculté de médecine, à Brest, à l’appel du collectif d’associations Autisme Bretagne, une quinzaine de parents d’enfants autistes se sont bruyamment fait entendre lors d’un colloque. « L’autisme n’a rien à voir avec la psychanalyse. C’est un trouble neuro-développemental dont l’origine est génétique ! » 

Ce séminaire était organisé par le Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent Saint-Pol-Roux, sur le thème « Interventions précoces auprès des bébés à haut risque de troubles développementaux ». Parmi la centaine de professionnels se trouvent des psychanalystes. Une intervenante devait parler du « traitement précocissime d’un bébé à haut risque d’autisme ». « Dans la lignée des positions développées récemment par Charles Melman », dénoncent les parents.

Récemment, dans un quotidien régional, Charles Melman, psychanalyste de l’association lacanienne internationale, a décrit des « enfants autistes vides comme un Golem […] Ils ont des capacités de calcul souvent stériles, comme un ordinateur laissé libre à lui-même ». Il a aussi mis en cause les mères qui n’ont « pas pu transmettre le sentiment de cadeau qu’il était (N.D.L.R. leur enfant) pour elle ». Des propos considérés comme injurieux par ces parents.

Les parents mettent en cause cette approche psychologique  « complètement inefficace » qui règnerait sur le système soignant français. Ils veulent que soient appliquées des méthodes comportementales à base d’orthophonie, d’éducation, de scolarisation et "qui ont fait leurs preuves". Ils demandent que les centres de ressources sur l’autisme ne dépendant plus des services de psychiatrie.

Ils ont quitté l'amphithéâtre vers 10h.

26 février 2014

NOUVEAU : Contrat de protection juridique inclus dans l'adhésion à Autisme France.

article publié sur le site d'Autisme France

Autisme France est une association nationale créée en 1989 et composée essentiellement de bénévoles qui agit pour que chaque personne autiste puisse avoir un diagnostic le plus précoce possible et un accompagnement conforme aux recommandations de bonnes pratiques de la HAS et de l’ANESM.

L'autisme et les TED concernent au minimum 500 000 personnes en France, majoritairement sans diagnostic surtout si ce sont des adultes.

En adhérant à Autisme France :

     - vous montrez que l'autisme et les TED constituent un problème majeur de santé publique.

    - vous donnez encore plus de poids à notre association nationale et lui permettez de renforcer sa représentation au niveau local, régional et national.

   - vous nous donnez les moyens de travailler encore plus pour défendre les droits des personnes avec TED et leurs familles : brochures d’information, développement du service juridique.

 

 

       CONTRAT PROTECTION JURIDIQUE AUTISME FRANCE

       Inclus dans l'adhésion

 

Autisme France a souscrit auprès de CFDP Assurances un contrat d’assurance de groupe de protection juridique de particuliers pour le compte de ses adhérents.

Ce contrat permet à chaque adhérent de bénéficier dès la date de son adhésion (et dès le 1er janvier 2014 pour les adhérents à jour de leur cotisation en 2013), pour lui-même et pour ses enfants ou parents autistes ou souffrant de trouble envahissant du développement :

          - D’une protection juridique offrant des garanties classiques              

          - D’une protection juridique offrant des garanties adaptées à la protection des personnes autistes ou TED

CFDP Assurances, spécialiste de l’accompagnement juridique, pourra vous informer, vous assister sur le plan amiable pour la défense de vos intérêts et prendre en charge les honoraires de votre avocat en cas de procédure judiciaire.

Présentation du contrat de protection juridique

Notice d'information : Contrat Groupe Protection Juridique AUTISME FRANCE

Adhérer en ligne par carte bancaire

Télécharger le bulletin d'adhésion  et retournez-nous par courrier le bulletin d’adhésion rempli et accompagné d’un chèque du montant de la cotisation choisie, à l’ordre d'Autisme France - 1175 Avenue de la République – 06550 La Roquette sur Siagne.

 

N’attendez pas d’être en situation de litige pour adhérer à Autisme France et bénéficier de la protection juridique de CFDP Assurances. Comme tout contrat d’assurance, la protection juridique Autisme France ne peut en effet, pas prendre en charge les litiges déjà initiés ou pressentis de façon certaine, avant la date d’adhésion de l’assuré.

 
23 février 2014

Anne Marchand, du collectif familles et parents d'enfants avec autisme de la Loire

Mercredi 19 février 2014 à 08h10
"Il faut prendre les décisions uniquement dans l'intérêt de l'enfant". C'était ce mercredi le cri du coeur d'Anne Marchand, une des portes-parole du collectif parents d'enfants avec autisme dans la Loire.
L'invité de France Bleu Saint Etienne Loire Matin par francebleu-stetienneloire

 

L'invité de France Bleu Saint Etienne Loire Matin francebleu-stetienneloire

Le collectif est effaré par la décision de l'agence régionale de santé fin décembre de retoquer le projet d'institut médico éducatif innovant à Saint-André-le-Puy, projet en marche depuis 2009 et largement soutenu pourtant par la ministre de la santé  de l'époque Roselyne Bachelot. "Il y a des points de blocage" sur le plan autisme reconnaissait mardi le gouvernement et notamment sur les méthodes de prise en charge.

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21 février 2014

Autisme : un plan catastrophique - dixit le psychanalyste Charles Melman

tiret vert vivrefm topAvertissement : inutile de préciser que je ne souscris pas aux thèses de ce personnage !!! 

Comme nous en avons l'habitude avec ce genre de personne -> Il sort un nouveau lapin de son chapeau et adapte quelque peu la théorie s'arrogeant tout les pouvoirs et capacités tout en piétinant les travaux de la HAS. Somme toute assez minable ! (Jean-Jacques Dupuis)

article publié dans Le Télégramme

21 février 2014

« Ce plan condamne des milliers d'autistes à être méconnus dans leur première enfance et à ne pas être traités. ». Photo DR

 

Le troisième plan autisme, lancé par la ministre des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti, suscite l'impatience des familles qui dénoncent l'absence de changements sur le terrain. Pour le psychanalyste Charles Melman, ce plan va dans le mauvais sens.



Pourquoi partez-vous en guerre contre le dernier plan consacré à l'autisme ?
C'est le troisième plan (2014-2017) contre l'autisme qui dispose d'un budget de 205 millions d'euros, ce qui n'est pas rien. Or, il a été confié à la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti. Cela répond à l'idée que l'autisme est lié à une malformation congénitale et que l'on ne peut y répondre que par l'assistance. Il n'y a aucun argument scientifique probant ni médical sûr à l'appui de cette thèse. Il n'y a pas de causes génétiques. Ni l'imagerie médicale ni la recherche génétique ne permettront de confirmer un supposé vice de forme originel. C'est donc un plan catastrophique puisqu'il condamne des milliers d'autistes (six pour 10.000 naissances) à être méconnus dans leur première enfance, à ne pas être traités et ça les destine à un assistanat à vie.

Alors qui ce plan satisfait-il ?
Le corps médical qui s'approprie ce domaine et de nombreuses familles qui se sentent heurtées par une mise en cause du comportement maternel. Peut-on se satisfaire d'un plan dont la visée est corporatiste ou électorale ? Cela condamne des milliers de bébés handicapés à l'assistance à vie. S'il relevait du ministère de la Santé, il serait facile de demander au pédiatre de vérifier l'éveil, la motricité, le regard, le sourire, la communication avec l'entourage de manière à confier, quand il y a doute, ce bébé à des spécialistes qui sont souvent des psychanalystes. Lesquels sont susceptibles de traiter le bébé de 3 à 18 mois avant que le développement neuronal vienne fixer le défaut de croissance de circuits qui n'ont pas encore été établis.

Le dépistage doit donc intervenir très tôt ?
Il y a précocement une fenêtre ouverte dont le dépistage ne coûte rien à l'État. D'autant que le personnel est en place et susceptible d'intervenir avec succès. Le bébé autiste a souffert d'une chose très simple.Sa maman, qui peut être fort aimante au demeurant, n'a pas pu transmettre le sentiment du cadeau qu'il était pour elle et qui dès lors lui donnait sa place dans le discours qu'elle lui adressait, voire qu'elle lui chantait. Car la prosodie du discours maternel joue un rôle dans le développement de l'autisme. Si cette naissance se fait par exemple sous le signe d'un deuil (du père par exemple), elle ne pourra pas transmettre le bonheur de l'événement. Après vingt ans de pratique, une succession de travaux récents aux USA montre que l'approche comportementaliste qui vise à la rééducation tardive des fonctions de l'enfant ne marche pas. Et c'est précisément maintenant que nous investissons dans cette direction. Ces enfants autistes sont vides comme un golem au sens où leur capacité combinatoire n'a pas de maître ni de limites. Ils ont des capacités de calcul souvent stériles, comme un ordinateur laissé à lui-même. Il n'y a pas d'instance morale ni réflexive venant leur donner une identité.

18 février 2014

Autisme : les familles s'impatientent, huit mois après la présentation du 3e plan

article publié dans Le Point

Publié le 18/02/2014 à 20:08

La ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, a dit mardi vouloir lever les "points de blocage" concernant la mise en oeuvre du 3e plan autisme, face à l'impatience des familles qui dénoncent l'absence de changements concrets sur le terrain.

Ce plan doté de 205 millions d'euros, annoncé le 2 mai 2013, prévoit notamment la création de 3.400 places d'accueil supplémentaires d'ici 2017 et préconise un dépistage précoce, dès l'âge de 18 mois.

"Nous avons porté et soutenu ce plan, mais il est impossible à mettre en oeuvre en raison de résistances de terrain incroyables", a dit la présidente de l'association de parents Autisme France, Danielle Langloys. "Les familles sont très en colère", a-t-elle ajouté.

- Blocages administratifs des ARS -

A l'issue d'une rencontre avec des familles au Centre de ressources autisme d'Ile-de-France, à Paris, Mme Carlotti a pourtant identifié devant la presse des "évolutions positives".

Elle a cité notamment la formation des aidants familiaux, en cours dans "sept régions pilotes" et, côté professionnels, la formation de 1.000 personnes en 2013 dans le secteur médico-social.

Elle a aussi précisé que les financements avaient été notifiés aux Agences régionales de santé (ARS) qui vont pouvoir lancer "en avril" de nouveaux appels à projet pour les créations de places.

Elle a promis pour la "rentrée prochaine" les premières des 700 nouvelles places prévues en école maternelle pour les enfants dépistés précocement.

Mme Carlotti a cependant reconnu un "point de blocage" concernant des appels à projets lancés par les ARS pour des créations de places découlant du précédent plan autisme.

"En 2013, les ARS n'ont pas suffisamment tenu compte des recommandations de la Haute Autorité de Santé comme critère principal d'évaluation des appels à projets" alors que ces recommandations sont "au coeur" du 3e plan, a-t-elle regretté.

- Manque de méthodes éducatives -

En 2012, la Haute autorité de santé (HAS) avait mis pour la première fois sur la touche les approches psychanalytiques, qui considèrent que ce handicap est causé par un trouble de la relation entre la mère et l'enfant, au profit des méthodes éducatives et comportementales, qui travaillent sur les apprentissages.

"Il y a une incompréhension de la part des familles, disant +vous avez lancé le 3e plan autisme en disant que l'on allait développer des méthodes comportementales, et les appels à projet ne correspondent pas à ça+", a souligné la ministre, estimant qu'il faut "que toutes les formes d'accompagnement soient ouvertes, et que les parents choisissent".

"Je ne chasse pas la psychanalyse de la France, mais quand la HAS fait des préconisations, il faut les suivre", a-t-elle insisté. "Je n'admettrai pas qu'on prenne des décisions au plus haut niveau, et que sur le terrain on ne s'y retrouve pas".

La ministre prévoit donc de faire avec ses collaborateurs un "Tour de France de l'autisme" pour "sensibiliser" les ARS et va leur adresser une circulaire comportant une proposition de cahier des charges type.

Très critique, Mme Langloys a estimé que le plan n'a pas produit "d'avancées sur le terrain, sauf à doses homéopathiques. Les médecins refusent le diagnostic précoce et l'Education nationale ne scolarise pas nos enfants", a-t-elle affirmé.

"Un diagnostic précoce de l'autisme est sûr à 50% avant l'âge de deux ans", a dit Dominique Ridoux, directeur de l'Institut Médico-Educatif (IME) Alphée à Guyancourt (Yvelines). "Certains médecins préfèrent ne pas alarmer les familles, alors que tout le monde s'accorde à dire que le diagnostic doit être fait le plus précocement possible, afin de mettre en place une prise en charge intensive à un âge où le cerveau est le plus réceptif".

Christine Meignien, présidente de l'association de familles Sésame, a regretté pour sa part que des créations de places soient prévues pour enfants et adultes, mais "pas pour les adolescents". "On a des ados qui partent en hôpital psychiatrique ou en Belgique" où les établissements n'ont pas la même réglementation qu'en France, a-t-elle déclaré.

Un nouveau-né sur 150 serait atteint d'autisme ou autres troubles envahissants du développement, estime-t-on sur la base d'études internationales.

17 février 2014

Autisme :les enfants au ban de l'école - dans La Nouvelle Edition sur canal + le 17 février 2014

16 février 2014

Des scientifiques Belges découvrent l'un des gènes de l'autisme

article publié dans Le Vif

Source: Belga
dimanche 16 février 2014 à 19h11

A l'aide des nouvelles technologies et grâce à une collaboration internationale, des scientifiques du Centrum Medische Genetica d'Anvers ont découvert un nouveau gène dont les mutations peuvent causer l'autisme ou une limitation des capacités mentales.

© Thinkstock

 

L'étude relative à leurs travaux a été publiée dimanche sur Nature Genetics Online, indique l'université d'Anvers (UAntwerpen) dimanche.
Environ 1% de la population souffre d'un trouble du spectre autistique, qui mène à différents problèmes de comportement et peut parfois aller de pair avec une déficience intellectuelle. On sait encore peu de choses sur les différentes causes de l'autisme, bien qu'il existe des preuves que les facteurs génétiques jouent un rôle important dans son développement.

"Avec une nouvelle technologie appelée 'Next Generation Sequencing', il est possible de percer le code ADN de nos 20.000 gènes en une seule expérience", expliquent les scientifiques. "Grâce à cette technique, de nombreuses mutations, erreurs dans l'ADN, sont découvertes chez les patients souffrant d'autisme. Il est toutefois encore très difficile de comprendre quel est l'effet de ces mutations et (de savoir avec certitude) si celles-ci sont ou non la cause de l'autisme." Les scientifiques du Centrum Medische Genetica, au sein duquel collaborent l'UAntwerpen et l'hôpital universitaire d'Anvers (UZA), ont analysé les gènes d'un petit nombre de personnes. Chez un patient, ils ont découvert une mutation du gène ADNP (protéine neuroprotectrice dépendante de l'activité) qui le neutralise.

Jamais encore, le lien n'avait été établi entre les mutations de ce gène et l'autisme. Elargissant la recherche sur davantage de personnes atteintes d'autisme, les scientifiques ont découvert des mutations du même gène chez neuf autres patients. "Les mutations de l'ADNP peuvent être à la base de l'autisme chez 0,17% des patients, ce qui en fait l'une des origines génétiques les plus connues de ce trouble.

Lorsqu'une telle mutation est à nouveau découverte, le médecin peut maintenant directement poser un diagnostic", concluent les scientifiques.

16 février 2014

La personne épileptique n'est pas folle

tiret vert vivrefm topen sachant que de nombreuses personnes avec autisme sont touchées par l'épilepsie ... (jjdupuis)


article publié dans lalibre.be

Laurence Dardenne Publié le lundi 10 février 2014 à 00h00 - Mis à jour le lundi 10 février 2014 à 12h26

Sciences - Santé De nombreuses fausses croyances circulent encore de nos jours sur cette maladie neurologique. Cette affection, dont c’est la journée européenne, ce lundi, touche pourtant quelque 200 millions de personnes dans le monde. Témoignage du vécu de l’une d’elles. Et preuve que "l’épilepsie, c’est davantage que les crises".

Seule à la maison, Florence (*) est en train de faire "tout bêtement" du repassage quand survient ce qu’elle n’a pas encore identifié alors comme étant sa première crise d’épilepsie. Âgée aujourd’hui de 41 ans, la jeune femme avait à l’époque 26 ans. "J’ai ressenti comme une douleur au niveau de la cage thoracique, nous confie-t-elle. Comme si mon cœur se nouait, comme si j’allais étouffer et rejeter du gaz. Je ne peux pas l’exprimer autrement".

Une "panique totale" l’envahit. "Le fait d’avoir perdu mon papa d’un infarctus foudroyant alors qu’il n’avait que 38 ans m’a fait paniquer. Sans connaître quoi que ce soit de l’épilepsie à l’époque, j’ai évidemment tout de suite pensé au décès brutal de mon père".

Assez naturellement, la jeune femme consulte son médecin. "Il ne m’a vraiment pas prise au sérieux quand j’ai tenté de lui décrire mon malaise et les symptômes qui se sont manifestés. Il m’a prescrit un traitement pour des problèmes musculaires, ce qui m’a fait perdre énormément de temps", regrette-t-elle amèrement aujourd’hui.

Quatre années pour poser le diagnostic

Il faudra en effet attendre quatre ans pour que soit posé le bon diagnostic : épileptique "petit mal".

Quatre longues années, de très nombreuses crises, deux accidents de voiture, et bien d’autres choses à endurer. "Je souffrais alors de maux de tête récurrents, qui duraient toujours 48 heures et de troubles de l’expression. Les crises pouvaient me prendre deux ou trois fois par nuit; ne durer que quelques secondes ou deux à trois minutes; je n’arrivais pas à les contrôler."

Quand survient le second accident de voiture, elle décide de changer de médecin. C’est alors qu’elle consulte, en avril 2005, à Godinne le spécialiste qui la prendra enfin sérieusement en charge. "Ce médecin m’a donné un traitement efficace et m’a appris à sentir mes crises arriver. Cela se traduit par la main droite qui se fige, l’impression d’étouffer et la sensation de ‘rejet de gaz’. Je sais alors que je dois m’asseoir et toujours avoir de l’eau à portée de main. Ensuite, il faut attendre que la crise passe".

Une maladie considérée comme honteuse

Mariée depuis 20 ans, maman d’une jeune fille de 15 ans et d’un adolescent de 13 ans, Florence a malheureusement dû subir, il y a quatre ans, une interruption de grossesse thérapeutique, en raison de son problème d’épilepsie. "Je n’ai jamais accepté d’être épileptique, nous avoue-t-elle. C’est ce qui a été ma plus grande douleur. Je n’avais aucun soutien à l’extérieur, car c’est une maladie qui est très mal reconnue, qui est considérée comme honteuse au point que certaines personnes vous rejettent. Des collègues, des amis ou même la famille. Ma maman, par exemple, n’a jamais accepté d’avoir une fille qui, selon elle, est folle. Pour beaucoup de gens, une personne épileptique est une malade mentale, c’est quelqu’un sur qui on ne peut plus compter. Nous sommes des laissés pour compte".

Et Florence d’énumérer les nombreuses conséquences négatives liées à sa maladie. "À cause de l’épilepsie, j’ai des problèmes relationnels avec ma fille, des soucis conjugaux. Je n’ai plus pu conduire et, dans la foulée, j’ai perdu mon emploi. Certains sports comme la natation, que j’aime beaucoup, me sont interdits ou alors à pratiquer sous surveillance. Puis aussi, j’ai dû faire une interruption de grossesse thérapeutique…" Autant de choses qui ont aggravé le problème.

"Moins que la maladie, qui n’est finalement pas si grave pour moi, ce sont toutes ces conséquences au quotidien qui sont lourdes. Et le regard des gens, aussi".

"L’épilepsie, c’est davantage que les crises" est précisément le thème de la journée européenne qui se déroule ce lundi 10 février. À cette occasion, la Ligue francophone belge contre l’épilepsie a dévoilé trois études réalisées en Belgique, portant sur la (mé) connaissance et la perception de cette affection neurologique. Il en ressort (voir les chiffres ci-contre) de nombreux préjugés sur cette maladie et la forte stigmatisation qui en découle avec toutes les conséquences psycho-sociales, comme nous l’a expliqué Florence, fort heureusement débarrassée de ses crises depuis plus d’un an et demi.

 

(*) Prénom d’emprunt

14 février 2014

Petit compte rendu de la conférence de Saint-Thibault le Vignes - jeudi 13 février 2014 - organisée par AURA 77

On parle beaucoup des enfants mais il y a trois fois plus d'adultes avec autisme !

Carton plein : 260 personnes, pour la plupart des professionnels dont 3 équipes belges !

Le thème "l'accompagnement des adultes avec autisme sévère en institutions médico-sociales et sanitaires"

Voir le programme ICI

J'ai appris énormément : notamment sur le travail d'AURA 77 qui accompagne 350 personnes en Seine-et-Marne  ...

L'autisme se traduit ou touche -> langage non fonctionnel, déficience intellectuelle, compréhension, autonomie, troubles sensoriels, troubles somatiques, communication, déficit de motivation pour les apprentissages etc. la liste n'est pas exhaustive et les personnes ont chacunes leurs particularités => des facteurs comportements problèmes.

Concernant les adultes : manque de places/recherche/moyens etc.

Les recommandations des bonnes pratiques HAS/ANESM -> pas avant 2015

Le paysage actuel : quelques FAM spécialisées, le reste des adultes avec autisme en structures non spécialisées (MAS, FAM, foyer de vie, hôpital psychiatrique) ou sans solution à la charge des familles.

=> donc en clair un énorme effort reste à faire

Tout d'abord concernant le diagnostic (parent ou établissement) dès la suspicion du handicap. Diagnostic bien évidemment actualisé ... qui permettra de mettre en place un accompagnement de qualité.

Nécessité d'une prise de conscience au niveau de l'établissement du besoin de formation du personnel

En cas de comportement problème : éliminer d'abord les problèmes somatiques possibles : gynéco, examen dentaire, douleurs abdominales, épilepsie ... les personnes avec autismes sont contrairement aux idées reçues hypersensibles mais ne l'expriment pas de façon classique ...

Le Docteur Djéa Saravane, praticien hospitalier spécialiste de la douleur, du Centre Régional Douleur et Soins Somatiques en Santé Mentale établit au sein  de l'Etablissement Public de Santé (EPS) Barthélemy Durand à Etampes (91) présent dans la salle nous l'a confirmé de façon admirable.

dominique fiardJ'ai beaucoup apprécié l'intervention du Dr Dominique FIARD, psychiatre, responsable du Centre d'Expertise Autisme Adultes (CEAA), centre hospitalier de Niort (79) qui lors des questions nous a fait part de son expérience concernant les psychotropes => "j'en prescris ou en réintroduit une fois sur dix ... pour des cas très particuliers" -> mais inutiles en général -> bien sûr il faut pour cela un accompagnement structuré sinon cela ne peut pas marcher...!!!

Les psychotropes ont un "rendement" très faible même sur des crises.

Comment faire face à la demande de l'équipe -> la communication/transparence
et il nous raconte deux anecdotes :

  • Crise d'un résident -> SAMU -> le toubib du Samu veut prescrire des psychotropes -> l'AMP lui demande s'il ne peut pas prescrire plutôt un antidouleur -> ok -> et ça a marché ! (comme quoi la culture ....)
  • Traitement d'un résident avec des piqûres d'eau ... pendant plusieurs semaines ... (avec la complicité de l'infirmière) -> figurez vous que cela a marché ! -> jusqu'à ce que l'information soit connue !!! (dommage)

 

olivier masson nouveau président de l'ancra

 

 

 

Pour finir quelques mots que je retiens de l'intervention d'Olivier MASSON, président de l'ANCRA & directeur du CRA Nord-Pas-de-Calais :

  • Vie collective avec des personnes qu'elles n'ont pas choisies (ce qui pose quelque part un problème éthique ...)
  • Impact des troubles sensoriels
  • Apprendre à l'âge adultes c'est possible
  • Dynamique institutionnelle essentielle
  • Trouble du comportement pas lié à la personne MAIS résultat inadéquation entre le besoin de la personne et de l'environnement
  • Penser en terme de projet de vie : 40 ans dans un même établissement ? -> ne pas avoir peur du changement (même si etc.)

Le terme à employer : Personne avec autisme  (et non autiste ou autre ...)

Merci à toute l'équipe d'AURA 77 et à son nouveau directeur Sébastien PAUTASSO-CHADOUTAUD pour cette journée magnifiquement organisée qui aura fait avancer la connaissance partagée.

Et très bientôt sur le site d'AURA 77 les différentes interventions seront mise en ligne donc restez vigilants.

Je tiens par avance à m'excuser de cette vue partielle ... mais impossible de rendre compte d'un tel évènement de façon exhaustive ...

 

 

11 février 2014

29 mars 2014 : Vaincre l'autisme organise la 11ème édition de la marche de l'espérance

la marche de l'espérance 2014

VAINCRE L'AUTISME se remet en route pour sa 11ème édition de la Marche de l'Espérance le samedi 29 Mars 2014 de 14h à 18h dans les rues de Paris. Nous appelons le plus grand nombre à se mobiliser pour cette cause qu'est l'autisme.

L'autisme touche aujourd'hui près d'un enfant sur 100. Ne baissons pas les bras, faisons nous entendre grâce à cette manifestations pacifiste et festive.

A travers la Marche de l'Espérance, VAINCRE L'AUTISME revendique une prévention et une protection pour les enfants autistes et leurs familles, un dépistage et un diagnostic précoce qui permettra, grâce à une éducation adaptée, d'intégrer ces enfants dans la société mais surtout, que des budgets publics consacrés à l'autisme puissent servir aux prises en charge adaptées tant attendues par les familles.

Nous comptons sur votre participation à cette Marche qui est primordiale si nous voulons que les choses évoluent pour les personnes atteintes d'autisme en France !

Nous vous invitons à vous inscrire pour participer la Marche de l'Espérance en envoyant un mail à info@vaincrelautisme.org

11 février 2014

Vidéo tournée à Robert Debré : Le dépistage précoce de l'autisme fait ses preuves

Le Dr Nadia Chabane nous dis pourquoi c'est possible :

11 février 2014

Autisme : Madame Carlotti, vous n'avez rien compris à la maladie de nos enfants

article pubié dans le nouvel observateur
Publié le 10-02-2014 à 15h04 - Modifié à 16h33

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

LE PLUS. Pour la cinquième fois, le Conseil de l'Europe a condamné la France pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes dans les écoles. Le plan autisme de Marie-Arlette Carlotti, présenté en mai dernier, sera-t-il suffisant pour combler ce retard ? Pour Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes et porte-parole de SOS autisme en France, il est à côté de la plaque.

Marie-Arlette Carlotti en visite à l'unité pour enfants autistes de l'hôpital Robert-Debré à Paris, le 5/06/2013 (W.ALIX/SIPA)

Madame, je vous écris aujourd’hui parce que votre invisibilité politique au sein de votre ministère, votre mépris affiché pour les familles françaises ordinaires ayant un enfant autiste comme la mienne, montre à quel point votre action politique n’est dictée que par une ambition personnelle et que vous n’avez pas, semble-t-il, compris le sens de votre haute fonction politique : venir en aide aux familles d’enfants handicapées qui se trouvent dans la détresse, recevoir toutes les associations et pas seulement celles qui vous arrangent ; faire avancer l’autisme en France ; être notre digne représentante au sein des hautes instances.

Vos dix mesures ne changeront rien

Nous passerons rapidement sur votre manque d’humanité pour ces enfants et personnes autistes : un petit garçon de 8 ans qui s’adresse au président aurait ému n’importe quel cœur normalement constitué mais apparemment pas le vôtre.

Il est vrai que ce n’est pas facile de se montrer à l’écoute lorsque le but de cette fonction ministérielle était au départ la victoire de la mairie de Marseille. Mais là aussi, vous avez échoué parce qu’il n’est pas facile de faire campagne trois jours à Marseille et s’occuper de ce vaste ministère deux jours par semaine.

Passons maintenant aux choses sérieuses. Nous possédons aujourd’hui des centaines de dossiers émanant de toute la France, les familles de Bretagne sont en colère, les familles des Dom-Tom sont à bout. Les familles du sud de la France, des Vosges, du Limousin…Que devons-nous répondre à toutes ces familles qui viennent à nous, parce que nous avons décidé de parler de ce scandale sanitaire dans les médias ?

Les dix mesures que vous proposez ne sont que de simples petites mesurettes, du saupoudrage, de la poudre de perlimpinpin pour avoir quelque chose à dire face aux médias. Et nous, parents ou personnes autistes, nous savons que cela ne changera rien.

Elles illustrent votre méconnaissance du sujet

Prenons les une par une : "le dépistage précoce". Le manque de formation des pédiatres et médecins généralistes est un véritable problème, la qualité du dépistage en France est très inégale selon les régions. Et vous ne proposez rien pour répondre à cela.

"Vos unités d’enseignement en maternelle" est l’exemple le plus flagrant de votre méconnaissance du sujet. L’inclusion scolaire dans une école ordinaire parmi d’autres enfants est le modèle qui marche aux Pays-Bas, en Italie, au Canada, en Israël, aux États-Unis. À la place, vous proposez de parquer nos enfants dès leur plus jeune âge dans des classes d’autistes !

Est-ce cela l’école pour tous ? Faire une ségrégation au sein de l’école de la République ? Allons-nous faire des classes d’enfants juifs, d’enfants noirs, d’enfants roms ? D’enfants qui ont 18 de moyenne ? Jusqu’où allez-vous donc aller dans l’exclusion de nos enfants ?

"Des places en Sessad" (Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) : quelle sorte de Sessad ? Un lieu où les enfants pourront bénéficier des méthodes comportementales, d’orthophonie, de psychomotricité ? Y aura-t-il un modèle répliqué dans toutes les Régions ? Avez-vous mis en place un système de contrôle pour ces organismes ?

"La formation de 5000 personnes du médico-social" : Madame Carlotti, il y a 600.000 personnes autistes, ceci est trop peu. De plus, cette formation doit concerner tous les acteurs du médico-social, des pédiatres et généralistes, des dentistes, de l’enseignement, des auxiliaires de vie scolaire, des éducateurs sportifs spécialisés…

Les autistes ne sont pas inaptes au travail, au contraire

Pensez-vous également, Madame Carlotti, que ces enfants autistes restent toujours petits et ne grandissent jamais ?

Où sont vos mesures concernant le suivi de leurs études supérieures ? L’emploi des jeunes autistes ?

Mais peut-être pensez-vous qu’ils n’ont pas de capacités et qu’ils sont inaptes au travail !

Savez-vous qu’il existe des chasseurs de tête au Danemark, des entreprises comme Microsoft qui recrutent spécifiquement des personnes autistes ayant pris conscience de leurs compétences en matière d’informatique ?

Qu’en est-il aussi de la culture et des sports ? Allez-vous remédier à lutter contre la discrimination dont nos enfants sont victimes dans certains clubs sportifs et conservatoires ?

Nous pouvons vous écrire des pages et des pages sur les besoins de nos enfants, petits et grands. Nous avons 20 propositions simples et concrètes rassemblées dans un manifeste qui viennent du terrain et qui permettraient non seulement de changer le quotidien des familles mais aussi de respecter et de donner un avenir à nos enfants en faisant faire des économies à l’État.

Nous sommes prêts à les donner au président de la république afin de faire évoluer les choses.

Un scandale sanitaire qui n'a que trop duré

Le Conseil de l’Europe a condamné la France, fait cinq mises en garde.

Alors nous ferons appel s’il le faut à nos amis européens, à l’ONU pour que l’État français nous entende et mette fin à ce scandale sanitaire qui n’a que trop duré.

Alors oui Madame, je suis journaliste et mon moyen d’expression est l’écriture de livres mais "ma promotion" est au service de la cause, au service des familles avec lesquelles nous partageons notre désespoir sur les réseaux sociaux.

Je n’ai pas de programme politique à vendre comme cela a été votre cas avec votre dernier ouvrage publié, dès votre entrée dans vos fonctions de ministre.

Alors je tenais à terminer cette lettre ouverte sur votre proposition concernant ces "centres de répit pour les parents" : sachez, Madame, que les parents d’enfants autistes n’auront de répit que lorsque le droit de leurs enfants, citoyens français, seront respectés. Et que le président aura choisi un successeur à la hauteur de l’attente des familles.

10 février 2014

Autisme : mais pourquoi la France est-elle aussi mauvaise élève ?

Le Lundi 10 Février 2014 à 06:20

tiret vert vivrefm top(Ré)écouter cette émission

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Pour la cinquième fois, le Conseil de l'Europe condamne la France pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes dans les écoles. Pire l'hexagone accuse un retard de 40 ans sur ses voisins européens et dans le monde. Les raisons d'un blocage à la française. 

D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère © Maxppp

Le constat est accablant pour la France... Elle s'est faite épinglée non pas une fois mais cinq fois pour ne pas avoir respecté ce droit des enfants autistes à recevoir une éducation. Selon les chiffres de l'association " Vaincre l'autisme " : 80% d'entre eux ne sont pas scolarisés. Un non-sens au regard de ce que font nos voisins européens.

Pourquoi un tel retard en France ?

C'est avant tout l'approche qui est remise en question par la plupart des associations qui lutte contre ce handicap. En France, l'autisme relève plus de la  " psychiatrie " que " du trouble du développement ". Pourtant l'OMS (L'Organisation Mondiale de la Santé) préconise que l'autisme doit se guérir par la voie éducative, hors des hôpitaux et sans médicament.

Approche différente à l'étranger

Et pourtant la Haute Autorité de Santé avait bien tenté de changer la donne. C'était en mars 2012. Dans un rapport de 60 pages, elle donnait la priorité aux "  interventions éducatives ". Les experts se sont accordés sur la nécessité d'une prise en charge personnalisée en milieu scolaire. Le Canada, les Etats-Unis, l'Espagne, la Suède, l'Angleterre et l'Italie ont pris ce virage là mais pas la France. C'est ce que déplore Olivia Cattan, porte-parole de " SOS Autisme " et auteure de " D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère"   

D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère © Maxppp

9 février 2014

Nous pourrions désormais dépister l'autisme beaucoup plus tôt

article publié dans Sciences et Avenir

Hugo Jalinière Publié le 07-02-2014 à 18h13

Yehezkel Ben-Ari, directeur de recherche émérite à l'Inserm, revient sur les espoirs et les inquiétudes que suscite la publication de ses travaux sur l'autisme.

Le centre Albert Camus pour jeunes autistes de Villeneuve-d'Ascq, en novembre 2008. (C.BAZIZ/SIPA)
Le centre Albert Camus pour jeunes autistes de Villeneuve-d'Ascq, en novembre 2008. (C.BAZIZ/SIPA)

ACCOUCHEMENT. En injectant un diurétique à des souris porteuses d’une forme d’autisme juste avant qu’elles n’accouchent, des chercheurs français sont parvenus à prévenir les comportements autistiques dans leur descendance. Ils ont ainsi mis en lumière le rôle prépondérant d'une hormone produite au moment de l'accouchement dans l'apparition de la maladie.

S&A : Vos recherche permettent-elles d'envisager un remède contre l'autisme ? 

Yehezkel Ben-Ari : Non, il n'est pas envisageable à l'heure actuelle de soigner l'autisme. Car prévoir que tel ou tel enfant à naître sera touché par l’autisme n’est pas possible. Le mécanisme d’apparition du syndrome autistique décrit dans notre étude permet de mieux comprendre la maladie, mais pas d’anticiper son apparition et encore moins de la traiter de façon préventive.

Il est vrai qu'on a réussi à prévenir l’apparition de l’autisme chez des souris en administrant des substances diurétiques à leur mère peu avant l’accouchement, mais parce qu’on savait que, sans ce traitement, ces souris à naître développeraient l'autisme. Chez l’homme cela reste impossible. Notamment car on ne peut pas mesurer le taux de chlore neuronal chez l’homme. Et on ne va pas administrer de diurétique à toutes les femmes enceintes avant qu’elles n’accouchent !

Prévenir l'apparition de la maladie avant la naissance serait éventuellement envisageable avec une pathologie comme la trisomie 21 (ndlr : ce n'est pas le cas), car son apparition peut être observée et confirmée très tôt.

LireAutisme: l'hormone de l'accouchement impliquée

S&A : Quel espoir cette découverte offre dans la lutte contre l'autisme ?

Yehezkel Ben-Ari : Notre étude permet d’envisager le développement d’outils de dépistage très précoce. Actuellement on est en mesure de diagnostiquer l’autisme chez l’enfant à partir de ses 2 ans. Certaines études montrent que des différences cérébrales sont identifiables dès 6 mois. Nous pouvons désormais espérer dépister l’autisme au bout de quelques mois. Or, on sait que dans ce type de maladie, plus on la repère vite plus les traitements envisagés seront efficaces.

Surtout, on peut désormais travailler sur certaines molécules comme les substances diurétiques utilisées dans notre études en sachant de façon certaine qu’elles peuvent être bénéfiques. Développer ce type de traitement en même temps que le dépistage très précoce permettrait d’améliorer considérablement la prise en charge de l'autisme.

Encore une fois, il n’est pas question de guérir l’autisme, mais de trouver des traitements qui réduisent le mieux possible le syndrome. L’autisme est aussi une maladie sociétale, et c’est à la société de se donner les moyens d’accompagner les malades par le biais de structures adaptées.

S&A : Votre étude montre l'importance de l'hormone de l'accouchement dans l'apparition du syndrome autistique. Ne pourrait-on pas agir au moment de l'accouchement pour réduire les risques d'apparition de la maladie ?

Yehezkel Ben-Ari : L’accouchement est un moment clé dans l’apparition du syndrome autistique. Pour autant, c’est un processus qui engage des mécanismes hormonaux très complexe et il n’est pas réaliste d’envisager qu’on puisse détecter et donc pallier le déficit d’ocytocine au moment de la naissance.

L’ocytocine est l’hormone que la mère (ou l’enfant on ne sait pas bien) déclenche au moment de l’accouchement. C’est elle qui provoque une baisse du taux de chlore et permet aux neurones de se développer normalement. On sait qu’une naissance prématurée favorise l’apparition de la maladie. C’est également vrai lorsque des problèmes de détresse respiratoires surgissent lors de l’accouchement.

Nos travaux doivent emmener la communauté scientifique à poursuivre et approfondir les études épidémiologiques sur le lien entre accouchement par césarienne et autisme. Car jusqu’à présent les études suggérant ce lien sont controversées. Ces recherches sont particulièrement urgentes en ce qui concerne les césariennes programmées, dites de confort. Si on me donnait demain un financement de 100 000 euros je le ferais tout de suite ! Je ne suis pas obstétricien et ne peux donc pas m’avancer, mais si ces études épidémiologiques étaient menées, nous pourrions avoir des surprises.

7 février 2014

Rappel sur les 10 mesures-phares du 3ème plan autisme

6 février 2014

logo ministère des affaires sociales et de la santé

Marie-Arlette Carlotti déplore que la journaliste Olivia Cattan enchaîne les contrevérités sur les plateaux avec pour seul but la promotion de son livre.

« J’ai rencontré pendant des mois des familles, des associations, des professionnels, en France et en Belgique, avant de proposer un 3ème plan autisme le 2 mai 2013. 205 millions d’euros ont été débloqués dans un contexte budgétaire que chacun sait extrêmement tendu. Nous en ferons justement la semaine prochaine un premier bilan. Dire que rien n’a été fait, que les grandes associations sont illégitimes et que règne un système mafieux, c’est céder au mensonge et au mépris. »

« Sur tous les sujets évoqués par Olivia Cattan et sur d’autres, nous avons agi. Avec le 3ème plan autisme, nous avons changé d’orientation et de braquet. Ce sont désormais les recommandations de la HAS qui sont la règle et un budget sans précédent a été dégagé. Diagnostic précoce, scolarisation, accompagnement tout au long de la vie, répit pour les parents, formation des professionnels en contact avec les enfants : toutes ces dimensions sont intégrées au 3ème plan autisme avec à chaque fois des moyens substantiels. »

Les dix mesures phares du 3ème plan autisme

1. Le dépistage précoce dès 18 mois 2. Un réseau de dépistage et diagnostic précoce de proximité 3. 700 places en unité d’enseignement en maternelle pour préparer les enfants à l’école ordinaire 4. 850 places de SESSAD pour les enfants 5. 1 500 places pour les adultes (Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) + Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) + Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapées (SAMSAH) 6. 1 173 postes créés pour transformer les structures existantes 7. 350 places de répit pour soulager les parents 8. L’harmonisation des pratiques et le renforcement des Centres Ressource Autisme 9. La formation de 5 000 professionnels du secteur médico-social 10. Une participation des familles à la gouvernance du plan, au niveau national et local

A ces mesures spécifiques au plan autisme viennent s’ajouter des actions plus générales en faveur de l’inclusion des personnes handicapées. Par exemple l’inclusion scolaire avec le recrutement de 10 000 AVS en deux ans et la CDIsation de 28 000 assistants d’éducation.

« J’ai associé les familles à l’élaboration du plan, à sa gouvernance et à son suivi. A toutes les étapes, je souhaite que les familles puissent s’exprimer, donner leur avis sur ce qu’elles jugent bon pour leur enfant. Je suis lucide ; je mesure le chemin qu’il reste à parcourir. Mais il n’est plus possible de dire que l’Etat se désintéresse de l’autisme. Au contraire, le 3ème plan autisme est un engagement fort du Gouvernement. »

5 février 2014

Marie-Arlette Carlotti : Un accueil adapté dès la maternelle pour les enfants autistes

Créé : 05-02-2014 07:45

INTERVIEW - La France se voit condamner ce mercredi par le Conseil de l'Europe pour sa mauvaise gestion et prise en charge des personnes autistes. Sur ce point, elle accuse en effet un terrible retard par rapport à ses voisins européens. Ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti s'est vu confier ce chantier colossal. Elle détaille pour metronews son plan d'action.

Marie-Arlette Carlotti a lancé le troisième Plan Autisme en 2013.
Marie-Arlette Carlotti a lancé le troisième Plan Autisme en 2013. Photo : AFP
5 février 2014

Autisme : le lièvre et la tortue

article publié sur le blog théomaluanne

Pour commencer et parce que lu à l'instant, voici une définition de l'autisme débarrassée de ses oripeaux psychanalytiques et délirants. Si vous souhaitez lire l'intégralité de l'article, c'est ici chez Elise, bien sûr. Titre du billet :"Autisme: la France dans le mur". 

"L'autisme, c'est quoi ?

L’autisme est défini par l’OMS comme un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant apparaissant avant l’âge de 3 ans et qui serait lié à un défaut de maturation du système nerveux. Il se caractérise par des troubles du comportement (communication, sociabilisation, obsessions, gestes répétitifs) qui se manifestent de façon diverse et plus ou moins grave selon les enfants. Le plus connu est le syndrome d'Asperger. Il se caractérise pas des troubles de la communication et des interactions sociales, mais sans altérer le développement cognitif de l'enfant dont l'intelligence s'avère normale, voire supérieure à la moyenne. "

Cela dit, l'autisme n'est pas une "maladie" et on peut grandement améliorer les choses si on fait appel à des professionnels compétents.

Bref, en 2009, Théophile a six ans et demi lorsque le diagnostic tombe. Et franchement le compte-rendu n'est pas réjouissant ! Une lettre, un chiffre, la nuit, le jour, c'est quoi tout ça ? Il parle dans un charabia connu de lui seul. En clair, on était dans une belle galère...

Mais ô chance, le pédopsychiatre ne nous parle pas psychanalyse mais méthodes éducatives et scolarisation à domicile. Du sur-mesure quoi !

Nous sommes en 2014 et en 5 ans (presque!), nous nous sommes aperçus que non seulemnt notre fils n'était pas malade mais que si la prise en charge était ADAPTEE, les miracles peuvent se produire. Pas dans tous les domaines mais chaque jour, lorsque je me retrouve en face-à-face avec loustic (important le face-à-face et le "un pour un"), je suis ébahie par certaines de ses aptitudes (sur lesquelles franchement on aurait pas parié au départ). Pour les autres, je fais abstraction ! Ce n'est ni plus, ni moins l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide.

Petit exemple:

Théophile nous fait encore des phrases alambiquées ou utilisent des expressions un peu "personnalisées", on va dire. C'est souvent drôle, on l'initie à la métaphore mais ça reste encore approximatif. On continue, ça finira bien par venir; demain, il fera jour.

Mais là, où les progrès sont les plus évidents, c'est en calcul (et j'oserais même dire en résolution de problèmes, ce qui est une vraie difficulté pour les enfants autistes. Il leur faut décoder les énoncés et ils n'aiment pas trop ça).

Alors même en calcul, j'avais jusqu'alors bien pris la peine de prendre mon temps, de décomposer les opérations...Bref, un vrai rythme de tortue mais ça marche !!!

Lorsque je prépare des supports, il m'arrive de ne pas les vérifier, du moins de ne pas avoir la correction toute prête. Il adore, on fait les exercices ensemble (je ne suis pas avantagée parce que d'un jour sur l'autre, je ne me souviens plus du contenu des supports - enfin dans le détail). 

Lui travaille sur sa feuille et moi, sur l'ardoise (je préfère). Ce matin, il a décidé de travailler seul (c'est rès nouveau et je m'en réjouis),  je ne suis même pas autorisée à regarder sa feuille pendant qu'il oeuvre. Il a fini en un temps record (il calcule vite, très vite) et me dit: "c'est bon, tu peux corriger, je vais faire un petit tour...". Bon, il n'est jamais revenu mais j'étais si béatement satisfaite que je l'ai laissé grapillé quelques minutes de WII (bien méritées !). C'est bon de constater que ce que nous mettons en place durant des semaines parfois des mois portent ses fruits. 

Surprise, non seulement, tout est exact mais je n'arrive même pas à comprendre comment on peut, à son âge, effectuer ces calculs aussi vite et avec si peu d'étapes intermédiaires. Démonstration en photos :

DSC07602

DSC07600

           Là, c'est lui en quelques secondes...             Là, c'est moi avec toutes les étapes intermédiaires !

                         Le lièvre                                                                                  La tortue

Alors je lui ai fait remarquer que j'étais bluffée par sa rapidité, il a pouffé de rire. Il est essentiel de valoriser une telle compétence surtout chez un enfant autiste (en faire des tonnes, ça devient presque une habitude !).

Alors on ne saute pas de joie comme ça pour tout (la conjugaison reste du chinois mas pas grave, on remettra ça plus tard). Il faut savoir reconnaître les hyper-compétences et celle-ci en est une... Et compter vite le rend heureux en plus !

A bientôt.

LaMaman

5 février 2014

Autisme : la France dans le mur

Mis à jour : 05-02-2014 08:40
Le Conseil de l'Europe va condamner mercredi pour la cinquième fois la France pour sa mauvaise prise en charge des personnes autistes. L'association Vaincre l'Autisme tire la sonnette d'alarme et dresse un constat accablant de la situation de l'autisme en France, qui touche aujourd’hui près de 650.000 personnes.
En France, seuls 20% des enfants autistes seraient scolarisés.
En France, seuls 20% des enfants autistes seraient scolarisés. Photo : AFP

Dépistage, diagnostic, prise en charge, traitement... Sur l'autisme, la France a faux sur toute la ligne et accuse un retard de 40 ans sur ses voisins Européens et dans le monde. Ce terrible constat n'est pas seulement dressé par les associations, il l'est aussi par Bruxelles : selon nos informations, le Conseil de l'Europe devrait en effet condamner la France, mercredi, pour manquement à son devoir de prise en charge des personnes autistes. Un état d'urgence pour une "maladie" qui ne concerne pas moins d'un enfant sur cent à la naissance, soient environ 650.000 personnes en France.

"Face à un Etat aveugle, le recours juridique était la seule solution", nous explique le président de la fondation Vaincre l'autisme, M'Hammed Sajidi, à l'origine de la démarche. "Aujourd'hui, les autistes sont encore traités comme des malades mentaux et 80% des enfants ne sont pas du tout scolarisés". Un véritable paradoxe : l'Organisation mondiale de la santé considère en effet que l'autisme ne relève plus de la "psychiatrie" mais d'un "trouble du développement". Il ne se guérit donc ni à l’hôpital, ni avec des médicaments. Mais par la voie éducative.

La "pertinence" de la psychanalyse en question

Sauf que ce tournant, la France ne l'a toujours pas pris. "En Europe, presque tous les pays ont rattrapé leur retard et ont fermé leurs anciennes structures. Ici, on continue d'envoyer les enfants chez des psychanalystes qui vont expliquer que cela vient de la relation avec la mère", déplore le président de Vaincre l'autisme. Quand entre 90 et 100% des enfants autistes vont à l'école en Italie, Espagne, Suède ou Angleterre...

La Haute Autorité Sanitaire a tenté de changer la donne, en mars 2012. Dans un rapport de soixante pages, cette entité publique indépendante a publié ses recommandations. Verdict : donner la priorité aux "interventions éducatives". L'autisme ayant des symptômes très divers (on a coutume de dire qu'"il y a autant d'autisme que d'autistes"), les experts s'accordent sur la nécessité d'une prise en charge personnalisée, mais dans un milieu ordinaire, comme l'école. Preuve à l'appui : en quatre ans, le comportement des enfants, même gravement atteints, s'améliore dans 50% des cas. Elle balaye en revanche "l'approche psychanalytique", choisie dans la plupart des cas aujourd'hui : son efficacité n'est pas démontrée.

En sept ans de médecine, "deux heures de cours sur l'autisme"

Problème : face puissant "lobby des psychanalystes" avec des "centres spécialisés qui rechignent à bousculer leurs habitudes", "l'Etat continue de fermer les yeux", déplore le président de Vaincre l'autisme. Autre difficulté : une prise en charge personnalisée suppose un diagnostic précoce. "Ce qui est impossible aujourd'hui tant que les généralistes et les pédiatres ne sont pas formés pour", dénonce M'Hammed Sajidi, qui affirme en effet que "durant les sept années de leur cursus de médecine, seules deux heures sont consacrées à l'autisme".

Déjà condamnée dans le passé à quatre reprises par Bruxelles, la France a lancé, depuis 2005, trois "Plans Autisme" successifs, avec plus ou moins de succès. En mai 2013, la gauche a pris le relai en lançant le sien, sous la houlette de la ministre chargée des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti. L'accueil est mitigé : "un budget ridicule (250 millions d'euros) et pas de trace des structures expérimentales innovantes", souligne ainsi le président de l'association, qui regrette de voir la France "y aller à reculons" quand elle devrait sauter ce "mur qui nous sépare du reste du monde", une bonne fois pour toutes.

L'autisme, c'est quoi ?

L’autisme est défini par l’OMS comme un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant apparaissant avant l’âge de 3 ans et qui serait lié à un défaut de maturation du système nerveux. Il se caractérise par des troubles du comportement (communication, sociabilisation, obsessions, gestes répétitifs) qui se manifestent de façon diverse et plus ou moins grave selon les enfants. Le plus connu est le syndrome d'Asperger. Il se caractérise pas des troubles de la communication et des interactions sociales, mais sans altérer le développement cognitif de l'enfant dont l'intelligence s'avère normale, voire supérieure à la moyenne. 

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