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"Au bonheur d'Elise"
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diagnostic
2 mai 2014

Autisme, mythes et illusions par Bernard Dov Botturi

Par Dov Botturi, jeudi 1 mai 2014, 17:38

Que de bruits, de fureurs, de confusions, d'illusions, de passions au sujet de l'autisme, cristallisation sur les personnes porteuse d'autisme à hautes performances comme si elles étaient représentatives de l'ensemble des personnes porteuses de TSA ! c'est comme si pour les personnes atteintes de trisomie 21 on parlait que de la trisomie 21 en mosaïque, qui représente que... 3% des personnes atteintes de trisomie 21. Soyons réalistes, combien de personnes autistes parviendront à être polytechniciens, ingénieurs, etc ? 3% d'entre eux ! 

Revenons à des données scientifiques.... 60% des TSA ont divers troubles associés, troubles non pas étrangers à l'autisme, mais des formes d'autisme à l'expression génétique liée à des chaines génétiques. Selon les gènes concernés l'autisme est associé à divers syndromes tels que ceux de l'X fragile, de Williams & Beuren, Prader & Willi, d'Angelman, etc. Cette polypathologie invalide plus ou moins gravement le développement intellectuel de la personne. 

A cela, il faut ajouter des troubles anxieux généralisés, des troubles de l'attention, le syndrome de Gilles de la Tourette, divers dys, des formes d'épilepsie, des troubles obsessionnels compulsifs.... Tout cela sont des FAITS établis. 

Alors certes il y a des autistes à haute performance et que l'on sache valoriser leurs compétences, bravo, mais il n'y a pas qu'eux il y a les autres, qui sont des personnes humaines, qui ont droit au respect, à la dignité et aussi à la valorisation. Il y en a assez de ne parler que d'une catégorie de personnes porteuses de TSA, celles minoritaires qui ont pu faire science po, devenir professeurs d'université, qui sont devenus musiciens etc.... Sans compter les légendes urbaines qui font d'Einstein et de Bill Gates des autistes à haute performances, pourquoi pas Platon, Jésus, Bouddha, Shakespeare, Dante, Mozart, etc.... Je ne parlerai pas des francs délires qui font des autistes à hautes performances des annonciateurs de l'humanité nouvelle et des néo-nazis (je pèse mes termes) qui ont forgé cet immondice de "neurotypique". 

Je suis fatigué de la ségrégation que je peux découvrir ça et là ségrégation qui fait fi des personnes autistes qui malgré les prises en charge les plus volontaristes et les mieux adaptées n'iront pas plus loin dans les acquisitions scolaires que la 5° dans le meilleur des cas et le CE1 dans le pire. 

Je n'oublie pas non plus ces enfants autistes que j'ai pu rencontrer, polyhandicapés en coque qui n'accéderont jamais au langage car leur appareil phonatoire est à jamais déficient. C'est à ceux là que le pense plus particulièrement comment les inclure, comment leur donner une place digne et là je fais appel à l'imagination et à l'engagement, pas à de vains blabla pour salonnards.


Je ne peux que souscrire comme la majorité des parents ... (jjdupuis)

Sachant cela chacun appréciera différemment et surtout avec plus de lucidité la vidéo suivante publiée ici précédémment :

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1 mai 2014

La trousse de ressources pour les parents - Canada

tiret vert vivrefm top

Ministère des services à l'enfance et à la jeunesse de l'Ontario (Canada).

Trousse de ressources sur l'autisme pour les parents.

(Extrait page 14)
En savoir plus sur les TSA et sur les
caractéristiques propres à votre enfant

Comment sera mon enfant?
Le comportement de chaque individu atteint d’un TSA est particulier.
Les personnes ayant un TSA ont cependant tendance à partager trois
caractéristiques fondamentales.

Difficulté dans les interactions sociales réciproques
Les personnes ayant un TSA ont souvent des difficultés à interagir
ou à entrer en relation avec autrui. Elles sont souvent incapables
de saisir les signaux sociaux émis par autrui, par exemple les
gestes et les expressions du visage, si bien que le monde social est
pour eux source de confusion. Certains enfants atteints de TSA
ne comprennent pas que les autres puissent avoir des pensées, des
sentiments et des désirs différents et indépendants des leurs.

Troubles de la communication
Il arrive que les personnes qui présentent un TSA acquièrent le
langage tardivement, voire pas du tout. Elles tendent à utiliser
les mots sans leur donner leur sens habituel, et elles ont parfois
recours à des gestes plutôt qu’au langage parlé.

Comportements répétitifs et intérêts restreints
Bien souvent, les personnes atteintes de TSA ont des comportements
répétitifs et expriment des besoins et des intérêts spécifiques. Par
exemple, un enfant peut aligner des jouets ou des objets d’une
certaine manière au lieu de jouer à partir de simulacres. D’autres
individus expriment le besoin d’une régularité stricte et de routines
structurées autour d’eux, ainsi que des intérêts marqués.
28 avril 2014

L'autisme : trouble mental ou handicap ?

mercredi 29 août 2012

article publié sur FRblog - le blog de Franck Ramus

L'affirmation selon laquelle "l'autisme n'est pas un trouble mental, mais un handicap" émane le plus souvent des familles, pour des raisons qui peuvent inclure:
  • Mauvaise image, connotation péjorative des termes de trouble mental ou maladie mentale, assimilés à la "folie"; connotation relativement plus neutre du terme handicap;
  • Rejet de la psychiatrie secondaire aux mauvais traitements infligés par des psychiatres et d'autres personnels de santé incompétents;
  • L'idée selon laquelle l'autisme n'est pas une pathologie mais une simple différence;
  • Le fait que les prises en charge ayant une certaine efficacité pour l'autisme sont perçues comme étant purement éducatives, et donc étrangères au champ médical.
Toutes ces raisons sont compréhensibles mais discutables. Ici je veux surtout soulever le fait qu'il s'agit d'une fausse alternative: on ne peut pas substituer le terme de handicap à celui de trouble mental, à moins de méconnaître la notion même de handicap.
 
En France, le handicap est désormais officiellement défini par la loi du 11 février 2005, comme suit (Article L 114): 
"Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant."
 
Il ressort de cette définition deux points essentiels:
  • Le handicap n'est pas une caractéristique intrinsèque à la personne, c'est une situation résultant conjointement de caractéristiques de la personne (les altérations de certaines de ses fonctions) et de caractéristiques de son environnement. Pour donner l'exemple le plus courant, une personne ayant une déficience motrice la conduisant à se déplacer en fauteuil roulant peut voir ses activités restreintes (c'est-à-dire être en situation de handicap) si ces activités se déroulent dans un environnement inadapté à la circulation en fauteuil roulant. L'adaptation de l'environnement peut considérablement réduire le niveau de handicap, à déficience égale. Il en est de même lorsqu'un déficit cognitif entrave certains apprentissages scolaires, engendrant un handicap, qui peut être réduit par une adaptation des modalités d'enseignement. Il en résulte qu'on ne peut pas dire que l'autisme est un handicap. L'autisme engendre de nombreuses situations de handicap, dans la plupart des environnements usuels (particulièrement dans les environnements sociaux), à des degrés variables en fonction de la sévérité de l'autisme, du profil de l'individu, et de l'environnement considéré.
  • La notion de handicap ne peut pas être utilisée comme une alternative à la notion de pathologie (trouble, déficit, déficience, maladie), puisque la pathologie (appelée altération de fonction dans la loi) est l'un des deux éléments nécessaires à la génération du handicap.
Il est parfaitement légitime de revendiquer la notion de handicap à propos de l'autisme. C'est d'ailleurs légal depuis la loi Chossy de février 1996, et la loi de 2005 constitue une avancée considérable en offrant aux personnes autistes, au-delà de la reconnaissance de leurs situations de handicap, la possibilité de compensations leur permettant d'accéder à des activités essentielles (notamment l'éducation).
En revanche on ne peut revendiquer la reconnaissance des handicaps engendrés par l'autisme en niant que l'autisme soit un trouble (une altération de fonction).
 
Cette incohérence étant soulignée, faut-il ranger ce trouble dans la catégorie des troubles mentaux? C'est un point sémantique mais surtout symbolique. Il est important de se détacher de la perception éventuellement négative que l'on peut avoir du terme trouble mental, et de comprendre qu'il est utilisé dans l'acception la plus large possible: il recouvre tout trouble affectant l'esprit et le cerveau humain. Ce qui recouvre non seulement la schizophrénie, les troubles de la personnalité ou la déficience intellectuelle, mais aussi bien sûr l'autisme, ainsi que bien d'autres affections, certaines bien moins sévères, comme la dyslexie ou la dyspraxie, pour lesquelles l'appellation trouble mental peut sembler tout aussi incongrue, mais compréhensible dans cette acception maximaliste.
 
En dehors de la perception négative du terme de trouble mental, on comprend bien que revendiquer la sortie de l'autisme du champ de la maladie mentale est avant tout une stratégie de la part des associations pour parvenir à arracher les enfants autistes des griffes des pédopsychiatres incompétents. Mais cette stratégie, aussi respectable qu'elle soit, ne peut être qu'une réponse temporaire à une situation conjoncturelle. A terme, si quelque chose doit évoluer, ce ne sont pas les classifications internationales des troubles mentaux, ce sont les pédopsychiatres et les psychologues français qui doivent se former à diagnostiquer et prendre en charge l'autisme conformément à l'état de l'art des connaissances scientifiques et médicales. Moyennant quoi ce débat sur l'appartenance de l'autisme au champ des troubles mentaux et de la psychiatrie n'aura plus lieu d'être.
27 avril 2014

Question écrite de M. Gwendal Rouillard sur les efforts en matière de recherche sur l'autisme

14ème législature Question N° : 54119 de M. Gwendal Rouillard Socialiste, républicain et citoyen - Morbihan

Question écrite Ministère interrogé > Handicapés et lutte contre l'exclusion

Ministère attributaire > Handicapés et lutte contre l'exclusion
Rubrique > handicapés
Tête d'analyse > politique à l'égard des handicapés
Analyse > autistes. perspectives

Question publiée au JO le : 22/04/2014 page : 3419

Texte de la question

M. Gwendal Rouillard interroge Mme la secrétaire d'État, auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, sur les efforts qui doivent être entrepris en matière de recherche sur l'autisme. L'année 2013 a vu la mise en place du troisième plan autisme pour la période 2013-2017. Les causes de l'autisme sont encore mal connues. Poursuivre leur recherche demeure fondamental pour explorer notamment l'efficacité et l'amélioration des interventions, les troubles associés ou la remédiation cognitive. Quatre axes prioritaires ont été définis : développer la recherche sur les origines et les mécanismes de l'autisme, renforcer les capacités de diagnostic précoce, assurer le développement de prise en charge fondée sur l'évidence scientifique, favoriser l'inclusion sociale. Cela impliquera la mise en oeuvre de plusieurs actions relatives à la recherche, en termes de structuration (coordination de la recherche sur l'autisme et les troubles envahissants du développement) et une attention particulière doit être, également, portée au développement d'études épidémiologiques sur l'autisme. Elle lui demande donc s'il serait possible de préciser les mesures qui interviendront en 2014 dans le domaine de la recherche sur l'autisme.
22 avril 2014

information importante sur le diagnostic ... !!!

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21 avril 2014

ETRE UN ADULTE ASPERGER, UN MARI, et un PAPA, dont l'un des enfants est aussi Asperger

21 avril 2014, 18:56

Objet : Vous faire mieux connaître le ressenti de vos enfants

"Le monde n'est pas adapté à moi, ce n'est pas moi qui suis différent, c'est les autres que je ne comprends pas."

J'analyse toutes les situations, c'est comme si mon cerveau devait digérer chaque information (intellectualiser son ressenti et enregistrer la réponse sociale adaptée), parfois pendant une semaine, je peux recouper des données du passé et faire le rapprochement avec des données actuelles, des détails parfois insignifiant ( on appelle cela la mémoire à long terme évènementielle), ce qui semble difficile aux autres.

Enfant j'étais terrible jusqu'à 6 ans, après, j'ai tout intériorisé, on disait de moi il est sérieux et aime être seul, ce qui était faux (mais la relation est difficile) j'avais un besoin immense d'amour, le sport et la musique était mon équilibre.

Parfois on abuse de ma naïveté et de mon désir, et de mon besoin, de croire en l'amitié, et on se sert de moi.( Il est facile ensuite de dire que c'est la faute de l'asperger !)
Souvent mon cerveau s'emballe et le soir je ne peux pas dormir, car il fonctionne sans s'arrêter, il en est de même pour mon fils, qui au mot prêt exprime la même chose, à mon grand étonnement, on dirait un miroir !

J'ai une vision du monde manichéenne, tout est blanc ou noir, le gris je déteste !
Je conçois le monde comme une quête chevaleresque où l'on doit servir une cause juste, et je suis toujours déçu des autres, car toujours ils finissent par regarder leur intérêt personnel et projette sur moi leur arrivisme, ne pouvant comprendre mon désintéressement total ; je refuse d'ailleurs souvent des fonctions de prestige ou démissionne de celles que j'ai accepté, quand je me rencontre que mes objectifs puristes ne sont pas partagés !

J'ai des capacités supérieures aux autres dans certains domaines, mais je suis nul dans d'autres.
Mon fonctionnement est plus lent que les autres (uniquement) quand je dois décoder avant d'assimiler mes actions, mes paroles, mes pensées !

Sinon mon cerveau est plus rapide (un paradoxe) et il ne cesse jamais de fonctionner, les autres me paraissent des fois trop "mou", peu réactif.

Mon corps est rigide, et mes muscles se raidissent souvent parfois jusqu'à la blessure surtout la nuit.

Le changement est une source de perturbation, je dois me préparer pour chaque événement pour vaincre.
Je suis hypersensible et hyper-anxieux, mais les autres ne le voit pas, se montrer faible est une non maîtrise du monde et une mise en danger, surtout que ce monde se montre souvent impitoyable.

Je montre un visage adapté aux situations, ce n'est pas naturel, je dois être un comédien en permanence...(je pense que c'est ça la thérapie comportementale) et c'est épuisant, tout demande plus d'effort, car il y a la même difficulté que vous, mais se rajoute la difficulté cognitive.


Parfois mon enfant neurotypique a peur de mon visage dur ou inexpressif, et quand je vois dans ces yeux de l'inquiétude, je souris pour le rassurer.

On dirait qu'il essaye de lire mon âme (au fond des yeux) et qu'il cherche qui je suis vraiment.
Je compense en faisant un travail sur moi-même pour lui dire que je l'aime.
J'ai besoin d'être performant sinon je me sens un moins que rien.

Je n'interprète pas toujours correctement mes relations avec les autres, mais j'ai une perception des choses non verbales très poussée et un sens du devoir inné.
Je ressens le négatif des gens et les choses que l'on pense parfois même si la personne est très loin.

J'identifie les choses qui échappent aux regards des autres, par un regard analytique de ce que je vois.
Je peux me forcer à regarder dans les yeux mais c'est difficile, je préfère généralement regarder de côté (je sais maintenant que l'on appelle cela la vision périphérique), pourquoi ?

C'est simple, c'est d'une intensité trop forte, et puis on a peur qu'on lise en nous, mais aussi il est difficile de se concentrer sur la conversation et le regard en même temps, ce qui me vaut en général « mais tu m'écoutes ? », et là surprise de l'interlocuteur car je peux lui répéter mot à mot ce qu'il a dit.

Parfois je suis trop absorbé dans une tâche et là oui je ne vous ai même pas vu, ni même compris, je ne peux faire deux choses en même temps.

 

Il y a des moments d'absence, une mise en retrait face à une surstimulation ou face à un environnement hostile (le bruit, la lumière, le stress etc..), cela nécessite un moment d'isolement pour restructurer tout cela.

L'adolescence est une période critique, car on se sent nul, et on ne comprend pas les « signaux » et les comportements féminins.

La séduction c'est subtil mais un asperger qui a fait un long cheminement sur lui-même apprend, et un homme d'apparence indifférent et fidèle cela séduit.
La moquerie nous « abîme », les comportements « gris » des autres si on leur a donné notre confiance nous détruit.
Ma femme me comprend et à toujours sut que j'étais différent, c'est la seule qui ne m'a jamais trahit, pas de gris !!! ( message d'espoir aux autres aspergers !)
Il est à noter que lorsqu'un asperger a un enfant asperger c'est dur car cela rajoute un stress et une anxiété supplémentaire, et une peur de l'avenir pour son enfant (d'où imprévisibilité si néfaste pour nous).

Sur une vie le travail c'est difficile, car parfois dans certaines fonctions on peut être plus performant que les autres, mais les problèmes relationnels sont inévitables sur la durée, les vérités ne sont pas bonne à dire, et faire le comédien pour être conforme et même parfois avec prestige aux attentes du milieu professionnel est épuisant.

J'ai fait moi-même mon diagnostic « asperger « mais me demandant si je me faisais des idées et projetait le handicap de mon fils sur moi, j'ai demandé l'avis d'un professionnel du sujet pédopsychiatre (j'avais 35 ans), qui a confirmé sans détour, surpris de ma lucidité j'étais le 2° père qu'il rencontrait ayant fait ce cheminement, et il trouvait tellement que le fait que je sois asperger était une évidence alors que personne n'en avait jamais eu l'idée, que je fus surpris !

 

Puis plus tard (09 ans après), très tard j'ai fais confirmé (mon diagnostic initial) mon Syndrome d'Asperger avec la mention "Intelligence normale supérieure" par un expert reconnu et j'ai décidé de révéler ma différence, pour témoigner.

J'ai remarqué aussi que les aspergers Hypo ( et non Hyper comme moi) son totalement différent de moi, les femmes aspergers n'en parlons même pas, elles sont très différentes de nous et encore plus compliquées dans leurs fonctionnements que les femmes neurotypiques.
Je ne pense pas que le Monde deviendra aussi beau de sentiment que je le conçois dans ma tête, d'ailleurs je me crée souvent un monde parallèle.

Que les aspergers qui n'arrivent pas à comprendre où exprimer leur ressenti se rassurent, j'ai dû me livrer à une introspection de plusieurs années et mettre mes capacités intellectuelles totalement aux services de cette action pour comprendre !
Comprendre c'est le maître mot et ce sera le mot de la fin.

L'auteur : Jean-Marc Bonifay-Adulte Asperger- Papa d'un adolescent Asperger et d'un enfant "classique" et Président fondateur de l'association Autisme PACA et Administrateur de l'ONG Vaincre l'Autisme

Jean-Marc Bonifay Adulte Asperger Père d'un adolescent Asperger et Président fondateur d'Autisme PACA

Jean-Marc Bonifay Adulte Asperger
Père d'un adolescent Asperger
et Président fondateur d'Autisme PACA

 

 

16 avril 2014

voir ou revoir -> La comédie de la normalité : Joseph Shovanec at TEDxAlsace

"Comme me l'a dit un de mes amis : La souffrance de l'autiste, c'est une nécessité vitale pour le psychiatre" (12'15 environ)

tiret vert vivrefm topPubliée le 27 nov. 2013

Il dit en badinant être 'né le même jour que Britney Spears'... intrigant. Pourquoi nous dit-il cela ? Josef Schovenec est un peu 'ailleurs', alors il aime à nous parler de ce qui nous est familier. Il souffre d'un « trouble envahissant du développement », entendez « autisme Asperger ».

Aller à la rencontre de Josef Schovenec, c'est entrer en contact avec un monde aux contours abscons pour nous autres, animaux sociaux. Bien qu'auréolé de prestigieux diplômes, voici quelqu'un dont le plus grand combat est d'interagir avec les autres. « Pour éviter le rejet, il faut mettre en place tout un tas de petites stratégies d'intégration sociale ». Mêlant des tonnes d'humour à quelques grammes de tristesse, il se qualifie d'« intermittent du spectacle », tant son personnage 'visible' est construit et conditionné.

Il milite pour que le trouble dont il souffre soit mieux connu en France, notamment au travers de son livre « Je suis à l'Est ! ». On devine derrière son témoignage, une vie mâtinée d'incompréhensions et du haut de laquelle il nous parle aujourd'hui avec sincérité et générosité.

bibliographie :
Je suis à l'est !, Editions Plon, 2012

16 avril 2014

Une grande soirée consacrée à l'autisme le 26 avril pour informer et donner à comprendre

article publié dans Le Populaire

Les organisateurs de cette soirée ont bien l’intention d’attirer la foule à l’occasion du débat pour mobiliser le plus grand nombre de personnes.? - Laurent borderie

Les organisateurs de cette soirée ont bien l’intention d’attirer la foule à l’occasion du débat pour mobiliser le plus grand nombre de personnes.? - Laurent borderie

 

Un enfant sur 100 qui naît en France est autiste. Pour mieux parler de cette affection il est important de lever les tabous, parler, soutenir les parents et leurs enfants et ne plus se voiler la face. À Saint-Junien une grande mobilisation aura lieu le 26 avril au ciné bourse.

L'autisme est un problème de santé majeur en France qui touche près de 600.000 individus et dont l'on estime que seuls 10 % des personnes atteintes seraient diagnostiquées.

En France, la prise en charge de l'autisme a pris un retard conséquent à cause de nombreuses querelles de cour qui n'ont fait que des victimes innocentes et supplémentaires.

« L'autisme doit être pris en charge autrement, une véritable révolution doit s'enclencher »

Aujourd'hui, une vraie volonté publique s'est enfin développée et vise à combler l'incroyable retard accumulé au fil des décennies à cause de ceux qui pensaient que l'on pouvait guérir de l'autisme, que tout venait de la relation de la mère et l'enfant. Ces théories dangereuses sont enfin balayées et une vraie prise en charge est en cours aujourd'hui grâce notamment au fort engagement des ARS et notamment de celle du Limousin qui s'implique avec soin dans cette voie. Mais beaucoup de travail reste encore à faire et il faut compter désormais sur les parents d'enfants autistes pour fédérer toutes les forces vives, informer et accompagner des actions menées par des associations. Aude Vallageas mère de deux jeunes garçons autistes et 4 et 5 ans et demi et Aurélia Denis, mère d'une petite fille de 8 ans, vivent sur le territoire et leurs témoignages doivent être entendus. « Avant qu'un diagnostic ne soit posé sur les troubles de ma fille et que l'on comprenne qu'elle était vraiment autiste elle était en hôpital de jour où elle n'était pas prise en charge pour sa pathologie. Il faut communiquer, apprendre à établir un vrai diagnostic, dialoguer pour faire avancer la prise en charge de ces enfants sans les troubler plus encore en se trompant à leur sujet ».

Une soirée film et débat
le 26 avril

Jean-Louis Moulin qui représente à Saint-Junien l'association Autisme 87 est de cet avis : « Il faut que les médecins soient mieux informés et sachent établir un vrai diagnostic, mais nous devons aussi informer l'ensemble des travailleurs médicaux et paramédicaux qui peuvent se trouver désarmés devant un enfant autiste. Notre mission est de poursuivre cette information. L'autisme doit être pris en charge autrement, une véritable révolution doit s'enclencher. Je remercie Marc Riffaud, directeur du ciné bourse de nous avoir proposé de nous retrouver tous pour dialoguer autour de ce problème le 26 avril prochain. Après la projection de deux films documentaire nous pourrons engager un débat de qualité avec Sophie Robert, réalisatrice du film "le mur" et "quelque chose en plus", Sophie Janois, avocate et auteur du guide juridique "les droits des enfants autistes", le docteur Brosset, responsable du RAPCEAL, Le docteur Geneviève Macé, conseillère scientifique auprès de l'ARS et présidente du SERFA et Soizic Guilloteau présidente d'Autisme 87. Tout le monde est invité à cette soirée dont l'objectif est d'informer, accompagner soutenir et diriger tous ceux qui se sentent concernés par ce problème ».

L'organisation de la soirée du 26 avril. La soirée débutera à 17 heures avec la projection du documentaire "Mission to Lars" qui évoque la passion d'un jeune autiste américain pour le bassiste de Métallica, (4,8 euros). Après une pause de 18 heures 30 à 20 heures projection du film "quelque chose en plus" puis débat avec les interlocuteurs cités à partir de 21 heures 30.

Laurent Borderie

16 avril 2014

Définitions de l'Autisme

article publié sur le site d'autisme 28 (l'autisme en Eure et Loir)

Voici quelques définitions de l'Autisme selon différents auteurs reconnus :

LES PREMIÈRES DESCRIPTIONS DE L'AUTISME L'AUTISME DE KANNER

Léo Kanner a décrit l'autisme pour la première fois en 1943 (Kanner, 1943). À partir de ses observations,il a présenté les signes caractéristiques des enfants porteurs de cette pathologie.

La plupart de ces signes restent encore valables et constituent le tableau d'autisme dans sa forme la plus classique. La description initiale de Kanner reposait sur une population de onze enfants et les caractéristiques relevées étaient les suivantes : l'enfant manifeste une incapacité à développer des relations. Il a des difficultés à interagir avec les personnes et manifeste un intérêt plus grand pour les objets que pour les personnes. On enregistre un retard dans l'acquisition du langage. Certains enfants restent sans langage, d'autres l'acquièrent, mais toujours avec du retard. Lorsqu'il apparaît, le langage est utilisé de manière non sociale. Les enfants autistes ont des difficultés à parler de manière adaptée dans une conversation, même lorsqu'ils développent des structures de langage correctes. Le langage comporte des éléments d'écholalie, l'enfant répétant des mots et des phrases. L'inversion pronominale est fréquente, l'enfant utilisant le « tu » à la place du « je » par exemple. Les jeux sont répétitifs et stéréotypés : l'activité ludique est pauvre, dénuée de créativité et d'imagination. Elle se limite à des manipulations d'objets sur un mode répétitif. Il existe un désir d'immuabilité : l'enfant autiste manifeste une grande résistance au changement dans sa vie quotidienne et dans son environnement. La mémoire par coeur est bonne. L'apparence physique est normale et Kanner en avait fait un argument pour soutenir l'idée que ces enfants avaient une intelligence normale, ce qui a par la suite été remis en question. Plus tard, Kanner a réduit ces signes à deux éléments principaux : la recherche d'immuabilité au travers de routines répétitives et l'isolement extrême, avec début des troubles dans les deux premières années.

La réduction à ces deux signes principaux a posé problème car ces critères ne retiennent qu'une forme très particulière d'autisme et ne permettent pas de faire le diagnostic pour toutes les autres formes appartenant pourtant au spectre autistique. Bien que la première description des comportements autistiques reste valable pour la majorité des signes, certaines affirmations de Kanner peuvent être critiquées, soit parce qu'il a généralisé ses données à toute la population alors que ses observations ne concernaient que onze cas, soit parce qu'il a échafaudé des hypothèses que les connaissances actuelles permettent de remettre en question :

  •  L'absence de stigmates physiques dans son échantillon a conduit Kanner à considérer que ces enfants avaient un visage reflétant l'intelligence. Leur côté souvent sérieux a été considéré comme l'indice d'une puissance intellectuelle qui ne s'est pas confirmée par la suite. Ce mythe de l'enfant génial qui n'exprime pas son intelligence a eu des conséquences négatives pour bon nombre de familles qui ont longtemps cherché la clé susceptible de débloquer l'enfant. La plupart des recherches ont montré par la suite que 75 % des personnes avec autisme avaient un déficit intellectuel et que les autres avaient des déficits sociaux tels, que leurs capacités d'adaptation se trouvaient aussi limitées.
  • Même si Kanner avait souligné que l'autisme était présent dès le début de la vie et qu'il s'agissait d'un déficit inné à entrer en communication, il avait observé que dans son échantillon, les parents étaient issus de milieux aisés, qu'ils étaient plutôt des intellectuels et qu'ils se comportaient de manière froide à l'égard de leurs enfants. Kanner avait simplement oublié que son groupe, composé de onze familles était forcément biaisé dans son recrutement. Seule une famille relativement aisée et de bon niveau culturel pouvait en effet le consulter à l'époque. Les observations de Kanner sur les familles ont été à l'origine des thèses mettant en cause les parents, même s'il ne les a lui-même jamais vraiment adoptées et s'il s'en est même démarqué clairement par la suite. Le terme d'autisme de Kanner est encore parfois utilisé pour la forme dite « pure », c'est-à-dire sans maladie neurologique associée. Mais ce concept d'autisme pur appelle la plus grande circonspection car pour certaines personnes qui l'emploient sans discernement, il renvoie parfois à la notion d'autisme sans base biologique. L'évolution des connaissances nous amène à penser qu'il n'existe pas d'autisme sans atteinte au niveau cérébral.

Simplement, il y a des formes dans lesquelles une maladie neurologique est associée de manière évidente à l'autisme, comme c'est le cas dans la sclérose tubéreuse de Bourneville, alors que dans d'autres formes, les anomalies sont liées à des dysfonctionnements que les techniques actuelles ne sont pas véritablement en mesure d'objectiver. De ce point de vue cependant, les progrès de l'imagerie cérébrale ont permis de mettre en évidence de tels dysfonctionnements.

 

LA PUBLICATION D'ASPERGER SORTIE DE L'OUBLI PAR LORNA WING

En 1944, Hans Asperger, psychiatre autrichien publie Les Psychopathes autistiques pendant l'enfance. Ce texte sera méconnu pendant de nombreuses années car il est rédigé en Allemand, langue peu accessible pour la communauté scientifique internationale et sa parution intervient pendant la seconde guerre mondiale. Le travail d' Asperger restera donc peu diffusé jusqu'à ce que Lorna Wing avec sa publication de 1981 le fasse sortir de l'oubli. L'intérêt pour le syndrome d' Asperger se confirmera avec la traduction du texte original en langue anglaise par Uta Frith en 1991. Dans ce texte de 1944, Asperger décrit la symptomatologie de quatre enfants dont il relate les cas de manière détaillée. La description d' Asperger présente de nombreuses similitudes avec celle de Kanner parue en 1943. Ces deux médecins ne se connaissaient pourtant pas et ont travaillé indépendamment l'un de l'autre. Asperger décrit chez ses jeunes patients une pauvreté des relations sociales, des anomalies de la communication et le développement d'intérêts particuliers. Asperger note que ces enfants, bien que présentant des déficits sociaux, étaient capables d'atteindre un certain niveau de réussite et d'être intégrés socialement. Mais les enfants qu'il décrit avaient de bonnes possibilités intellectuelles et avaient une expression moins sévère de l'autisme que ceux décrits par Kanner. Lorna Wing avait été frappée par certains enfants qui présentaient les caractéristiques autistiques en étant très jeunes mais qui développaient ensuite un langage courant et un désir d'aller vers les autres. Ils gardaient cependant des difficultés pour ce qui concerne les aspects les plus subtils de l'interaction sociale et de la conversation. Elle a fait le rapprochement avec la description fournie par Asperger. Elle décrit les principaux traits du syndrome d'Asperger en ces termes : il s'agit d'enfants qui manquent d'empathie, font preuve de naïveté, d'inadaptation sociale dans la mesure où les interactions dans lesquelles ils s'engagent sont univoques. Leurs capacités à établir des relations d'amitié sont peu développées et même parfois inexistantes. Ils présentent un langage pédant, répétitif. Leurs communications non verbales sont pauvres. Ils manifestent un intérêt marqué pour certains sujets sur lesquels ils reviennent avec insistance. Ils présentent en outre une maladresse motrice, un défaut de coordination et des postures bizarres. Dans les années 1990, et surtout sous l'influence des travaux de Lorna Wing, il est admis que le syndrome d'Asperger est une variante de l'autisme et qu'il appartient au spectre des désordres autistiques. Les personnes regroupées dans cette catégorie seraient en fait des personnes autistes de bon niveau intellectuel. Cette position reste cependant discutée et bien que la validité nosologique du syndrome d'Asperger soit jugée incertaine dans la CIM- 10 (OMS, 1993), cette classification fait du syndrome d'Asperger l'un des diagnostics différentiels de l'autisme. De la même manière, le syndrome est considéré comme un sous-groupe spécifique ayant ses propres critères de diagnostic dans le DSM-IV (APA, 1996) et le DSM-IV-TR (APA, 2000). d'aprés "Autisme, comprendre et agir" ; Bernadette ROGE

16 avril 2014

Autisme infantile

article publié dans futura sciences

L’autisme infantile est un trouble envahissant du développement (TED). Défini en 1943 par Leo Kanner, il se caractérise selon les termes de la classification internationale des maladies par « la présence d'un développement anormal ou déficient qui se manifeste avant l'âge de 3 ans ; une perturbation caractéristique du fonctionnement dans chacun des trois domaines suivants de la psychopathologie : interactions sociales, communication, comportement au caractère restreint, stéréotypé et répétitif ». Souvent associé à un déficit mental, on y classe aussi ceux que l’on appelle les autistes de haut niveau, à ne pas confondre avec les personnes sujettes au syndrome d’Asperger.

Diagnostic de l’autisme infantile

L’autisme infantile étant un trouble du développement de l’enfant, les parents sont toujours en première ligne pour détecter des signes. Malheureusement, ils sont très difficiles à déceler durant les premiers mois de la vie. Aux alentours de la première année et des mois suivants, l’absence de certains comportements peut attirer l’attention. Par exemple, un bébé qui ne babille pas, incapable de fixer son attention sur un objet qu’un adulte lui montre ou qui ne sourit pas lorsque sa mère s’approche sont autant d’indices avant-coureurs qui doivent alerter les parents.

Seul un professionnel peut poser le diagnostic, après des tests, selon l’observation de symptômes bien spécifiques et clairement décrits. L’intérêt est de le diagnostiquer de la façon la plus précoce possible car une prise en charge plus rapide produit de meilleurs résultats. Mais avant l’âge de 2 ans, il est encore difficile d’affirmer avec certitude le trouble du développement.

Solutions contre l’autisme infantile

Les thérapies pour tenter d’améliorer l’état de l’enfant autiste sont diverses et variées, mais aucune d’entre elles ne fonctionne systématiquement. Différentes méthodes comportementales, comme l’ABA ou le TEACCH figurent parmi les solutions proposées. Inspirées du behaviorisme, elles reposent sur le conditionnement skinerrien : un comportement intéressant va être favorisé, une attitude inadaptée sera peu à peu effacée.

La France est aussi adepte de la psychothérapie. Mais ces pratiques sont contestées par une partie des professionnels et des associatifs. La psychanalyse et le très controversé packing ne sont d’ailleurs plus préconisés par la Haute autorité de santé (HAS) dans un rapport publié en mars 2012. Les psychiatres, eux, défendent l’efficacité de leurs pratiques.

Enfin, l’intégration des enfants autistes dans les cursus scolaires est une solution préconisée dans la plupart des pays du monde (100 % des autistes britanniques vont à l’école), tandis qu’à ce niveau la France semble afficher un retard puisque seules 20 % des personnes touchées suivent des cours quelques heures par semaine et 2 % seulement connaissent une scolarité que l’on qualifiera de normale.

Cas particulier des autistes de haut niveau

Dans la classification récente de ce TED a été intégrée la notion d'autisme de haut niveau. Plutôt rare, elle concerne des individus atteints d'autisme infantile capables d'interactions sociales et de communication. Le trouble est toujours présent, mais son expression n'est pas totale, à tel point que ces patients évoluent très favorablement. Certains sont même capables de prouesses intellectuelles.

L'autisme infantile, souvent regroupé sous le terme générique d'autisme, se diagnostique avant 3 ans. Grâce aux thérapies proposées, l'enfant peut améliorer son état. Mais c'est un trouble dont on ne guérit pas encore. © cindy47452, Flickr, cc by nc sa 2.0

L'autisme infantile, souvent regroupé sous le terme générique d'autisme, se diagnostique avant 3 ans. Grâce aux thérapies proposées, l'enfant peut améliorer son état. Mais c'est un trouble dont on ne guérit pas encore. © cindy47452, Flickr, cc by nc sa 2.0

16 avril 2014

Il y a une vie après le diagnostic déclare le papa de Justin

article publié dans Hebdo Rive Nord

Olivia
Olivia Nguonly
Publié le 15 avril 2014

Les parents, David et Isabelle, sont en compagnie de leurs enfants, Justin et Jeanie-Rose.

Avril, mois de l’autisme

Justin avait 18 mois quand ses parents ont remarqué qu’il n’était pas au même stade de développement que d’autres enfants de son âge. « Il ne marchait pas encore seul et ne se retournait pas lorsqu’on l’appelait par son nom », se souvient David Vaillancourt. Après des mois d’attente et de doute se succèdent les visites chez différents spécialistes, jusqu’à ce que le verdict tombe : Justin est un enfant autiste.

 

« J’ai pleuré, j’étais déçue. Tu te demandes si ton enfant va parler, tu penses au futur et au long terme », exprime Isabelle Boucher, émotive. Le couple de L’Assomption est unanime : « À la suite du diagnostic, nous avons vécu un choc. Ç’a été un deuil de la “normalité” ». Mais les parents du petit Justin sont loin de se laisser abattre et passent rapidement à l’action. « Nous ne nous sommes pas mis la tête dans le sable. Plus vite un enfant est suivi, plus vite il cheminera », s’entendent-ils.

Depuis, Justin, aujourd’hui âgé de cinq ans, a été suivi par plusieurs spécialistes et les progrès ne se sont pas fait attendre bien longtemps : « Son langage a débloqué du jour au lendemain, tout comme la propreté, acquise en 24 heures », relate sa mère.

Les pictogrammes

Les systèmes de pictogrammes ont été bénéfiques à la famille Boucher-Vaillancourt, particulièrement pour intégrer une nouvelle routine. « Nous nous servions par exemple de la trousse Ideo pour travailler au niveau des transitions, mais une fois que c’était présenté, nous n’en avions plus besoin », explique Mme Boucher en spécifiant que tout dépend du degré d’autisme de l’enfant.

"Nous ne nous sommes pas mis la tête dans le sable" David Vaillancourt

La peur de l’inconnu était un aspect sur lequel le couple a dû travailler avec son fils et aujourd’hui, tout va pour le mieux. « Nous ne nous sommes jamais empêchés de sortir de la maison avec Justin. » Isabelle et David ont eu la chance de trouver un CPE de la région qui est conscientisé par la condition du petit garçon et qui travaille au quotidien avec un système de pictogrammes pour le soutenir dans ses apprentissages.

Justin se développe à la vitesse grand V, selon ses parents, et possède plusieurs forces dont les chiffres, les lettres et l’électronique. « Il y a une vie avant le diagnostic et il y a une vie après, et celle d’après n’est pas si différente de l’autre. Il faut défoncer des portes pour le bien-être de son enfant », conclut David Vaillancourt.

16 avril 2014

Autisme : les associations ariégeoises tirent la sonnette d'alarme

article publié dans ariegenews

© midinews - GP

Il y a quelques semaines, Estelle Ast, mère d’un enfant autiste de 8 ans est montée en haut d’une grue à Toulouse pour manifester contre le manque de prise en charge.

Les médias ont beaucoup parlé de l’autisme le 2 avril, à l’occasion de la journée mondiale de l’autisme mais les associations et les parents qui les constituent regrettent un peu que les 364 jours restants on joue la politique de l’autruche.

Ce trouble neuro-développemental toucherait 600 000 personnes en France soit 1% de la population et malgré les grandes déclarations (l’autisme devait être la grande cause nationale de l’année 2012) nous en sommes aujourd’hui au 3ème plan national autisme, les mesures tant attendues par les parents ont des difficultés à se concrétiser.

Reconnu comme handicap en 1996, la définition de l’autisme a été élargie et englobe aussi bien des enfants atteints de la maladie sous sa forme la plus grave que ceux qui ont du mal à entrer en relation avec les autres (ces derniers souffriraient de «troubles du spectre autistique»). Résultat: l’autisme concernait un enfant pour dix mille dans les années cinquante contre un enfant sur cent actuellement.

A cette véritable explosion, s’ajoute pour les parents la douloureuse question de la prise en charge de leur enfant. Qui consulter: un psychanalyste? Un comportementaliste? Un cognitiviste? Un psychiatre? Etc. Les parents de plus en plus désemparés ne savent pas à quel saint se vouer. Sans oublier le manque de structures en France pour accueillir ces enfants.

Dans le département de l’Ariège comme un peu partout dans l’hexagone les parents se mobilisent à travers des associations, on assiste à un véritable esprit d’entre-aide pour monter les dossiers, partager les expériences (comment s’organiser, utiliser certains outils, mettre en place des groupes d’échange…). Tel est le quotidien d’Abel Fernandès et de Nicole Mouchague co-présidents d’Austisme Ariège qui vient de tenir son assemblée générale.
L’inégalité des territoires subsistent«Nous sommes une association de familles et d’usagers, nous ne sommes pas des gestionnaires, on a donc l’esprit plus libre pour faire entendre la voix des parents et rétablir les droits des usagers, pose d’emblée Nicole acquise à la cause depuis de longues années. L’égalité des territoires n’existe pas et penser que tel est le cas c’est d’ores et déjà faire fausse route»

L’association ariégeoise milite en faveur de la reconnaissance des droits des personnes autistes et pour une prise en charge adaptée notamment en milieu scolaire. Le troisième plan autisme a beau en faire une priorité, seules 175 nouvelles places en maternelle sont prévues par an, alors que 80% des enfants autistes ne sont pas scolarisés, déplore le conseil de l’Europe qui a d’ailleurs condamné la France en février 2014, évoquant «une violation des droits de l’Homme»

«Depuis la loi de 2005 c’est une obligation, actuellement trop peu d’enfants sont scolarisés ou de manière partielle. Il faut instaurer un climat de confiance avec le corps enseignant, former des AVS en nombre suffisant… La scolarité est loin d’être à la hauteur de ce que demande les familles alors que c’est un droit pour tous»

Beaucoup de mamans sont obligées de mettre leur carrière professionnelle entre parenthèse ou renoncent à chercher du travail pour s’occuper de leur enfant autiste car le dispositif de prise en charge leur parait insuffisant dans le département.

«Mon fils de 6 ans a atterrit dans un Institut médico-éducatif (IME), là où tous les handicaps sont confondus», résume la mère de ce petit garçon qui évoque en aparté la culpabilisation par la psychanalyse, l’enfermement en HP de son fils, les neuroleptiques, l’impossibilité de trouver une assistante de vie scolaire faute de budget»

D’autres sont obligées d’aller à Toulouse pour poser un diagnostic (cela à un coût) ou pire encore de faire le choix de la Belgique où dès la maternelle on intègre des pédagogies comportementalistes Teacch ou ABA car la recherche avance, il y a des outils mais certains territoires semblent oubliés et les moyens mis en place saupoudrés sur des structures sans résultats concrets.
Il ne faut pas brader l’accompagnement des enfants autistesLes responsables d’Autisme Ariège demandent la mise en place d’un service spécifique dans les territoires ruraux: «Ce service innovant ne va pas combler toutes les attentes du fait de l’éclatement des bassins de vie mais ce CESAD ou cette plate-forme mobile doit venir en ressource des équipes existantes. L’ARS veut accorder quelques places avec des moyens constants et pas de moyens supplémentaires… c’est du saupoudrage. Il faut favoriser la mise en place d’un réseau de professionnels formés car si les familles ariégeoises ne le trouvent pas en Ariège elles iront le chercher ailleurs et ce sont des frais qui ne sont pas pris en charge par la MDPH» regrette la co-présidente.

Alors que la recherche avance partout, le problème du diagnostic reste encore entier en Ariège et ce malgré les recommandations de 2005 et les mesures annoncées l’an dernier par la ministre Arlette Carlotti (un dépistage dès 18 mois), laissant les familles et leurs enfants dans des situations souvent inextricables «la pose du diagnostic permet une meilleure prise en charge du handicap, poursuit Nicole Mouchague. Et plus on retarde l’accompagnement, moins on laisse à l’enfant le choix de l’autonomie, moins il a de chance de se développer... Non il ne faut pas brader la prise en charge de l’autisme. Tous estiment qu’une place à l’année représente pour un enfant en CESAD entre 30 à 40 000€ aujourd’hui les appels d’offres tournent autour de 19 000 euros»
Une représentativité des associations dans les instancesL’association ariégeoise entend faire étendre sa voix en siégeant dans les instances (le comité technique régional de l’autisme ou le conseil des usagers au CRA)… le bénévolat et la bonne volonté ne suffisent plus.

«Quand un territoire ne dispose plus de services adaptés, les gens s’en vont, on le voit avec les services publics, poursuit Abel Fernandès. Ce sont souvent les couches les plus vulnérables de la population qui sont touchées... Nous défendons un plan qui correspond à la gouvernance nationale en demandant la mise en place de structures adaptées, le renforcement du réseau de professionnels, la formation des aidants (professionnels et ouverture sur les familles dont les enfants sont en établissement)… nous sommes conscients que c’est une période transitoire, le plan n’est pas encore décliné mais nous sommes inquiets car il ne faut pas laisser tomber les familles.

Car qui dit absence de diagnostic dit prise en charge inadaptée et plus tard à l’âge adulte, pas d’insertion professionnelle. Il y aura bientôt nous l’espérons un référentiel sur lequel on espère pouvoir d’appuyer pour monter un projet de vie et de handicap
»

En attendant l’association continue à exercer une vigilance de tous les instants pour faire remonter satisfactions et mécontentements des familles, mais un regret demeure en creux, celui du manque de souplesse dans la création, de redéploiement ou la transformation des lieux existants: «Notre système est très institutionnel, peu enclin à travailler en milieu ouvert ou en relation avec les associations. Il faudrait un accompagnement plus concret, passer le cap des bonnes intentions mais est-ce que les moyens suivront... c’est un autre débat»

Laurence Cabrol | 15/04/2014 - 19:08 | Lu: 2485 fois
13 avril 2014

Lettre aux doyens sur l'autisme à l'Université

Le 4 mars 2014,

A M. Christian Berthou et M. Mathieu Gallou

Au-delà de la provocation inqualifiable qu'a constitué l'interview de M. Melman dans "Le Télégramme", le rôle de l'Université de Bretagne Occidentale face aux personnes concernées par l'autisme nous interroge.

Sous la direction du Pr Lazartigues, le Service Universitaire de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent a organisé de nombreuses journées scientifiques, sous la forme de "Regards Croisés". Les personnes autistes ou leur famille pouvaient y assister, participer aux débats. Depuis 2011, la fermeture est progressive : tarif payant réduit, absence de tarif réduit, puis interdiction de participation.

Lors de la conférence du 27 février, Mme Laznik a fait état d'un prétexte technique : elle n'avait pas demandé l’autorisation aux parents du bébé pour la projection de la vidéo  à des non-professionnels. Mais le chef de service a ensuite indiqué, quand nous étions sortis, que dorénavant, les colloques seraient réservés aux professionnels.

Pourtant, « L’autisme est unique parmi tous les domaines de la médecine par les contributions majeures que les parents y ont apportée » - Mary Coleman (cité dans « A History of Autism. Conversations with the Pioneers » Adam Feinstein) Bulletin scientifique de l’Arapi – n°31 – printemps 2013 – p.74

On peut ajouter que les témoignages et analyses des personnes autistes elles-mêmes sont décisives : Temple Grandin, mais aussi Georges Huard, de l'Université de Montréal, qui a participé à plusieurs conférences à l'Université de Bretagne Occidentale. Des personnes autistes sont intervenues dans le DU autisme qui avait été mis en place. Emmanuel Dubrulle a travaillé avec le Pr Lazartigues et le Dr Lemonnier sur le profil sensoriel et cognitif des personnes autistes. Josef Schovanec témoigne dans de nombreuses conférences et dans son livre "Je suis à l'Est" (Presses-Pocket).

L'autisme n'est pas un domaine de la vie où les professionnels peuvent se passer des usagers. Les usagers ne veulent pas se passer des professionnels, mais un - lourd :) -  passé continue à peser toujours.

Nous ressentons donc vivement l'exclusion organisée actuellement envers les usagers. Cette exclusion n'est pas anecdotique et semble destinée à devenir systématique.

De même, des étudiants nous rapportent fréquemment que les cours en psychologie continuent à définir l'autisme comme une psychose infantile, ce qui témoigne d'un retard dans la mise à jour des connaissances particulièrement flagrant. La Société Française de Psychiatrie, sous l'égide de la Haute Autorité de Santé, recommande depuis 2005 d'utiliser la CIM-10 (classification internationale des maladies).

La loi précise également : "Article L246-1 du Code de l'action Sociale et des Familles  - Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques.

Adaptée à l'état et à l'âge de la personne, cette prise en charge peut être d'ordre éducatif, pédagogique, thérapeutique et social.

Il en est de même des personnes atteintes de polyhandicap."

Le développement à l'Université de théories identiques aux propos de M. Melman, complètement obsolètes (au point que Mme Laznik et M. Botbol les ont désavoués publiquement, parlant de plus de 30 ans de retard) augure mal d'une prise en charge pluridisciplinaire adaptée.

Bien des responsables d'établissements médico-sociaux font état d'un aveuglement idéologique des jeunes professionnels sortant de l'Université (intervention à la conférence à Lorient de l’Ecole de la Cause Freudienne du 26 janvier 2013, débats sur le 4ème schéma finistérien pour les personnes handicapées), mais aussi des professionnels plus âgés dont la formation initiale obsolète n’a pas été réactualisée sur la base des découvertes scientifiques  récentes ni sur les recommandations de bonnes pratiques professionnelles ou le plan autisme. 

Dans une étude en cours de publication commanditée par l'ARS et les 4 conseils généraux de Bretagne sur la prise en charge des personnes autistes dans les établissements médico-sociaux, la résistance au changement des jeunes en sortie de formation initiale est relevée.

Le 3ème plan autisme (période 2013-2017) prévoit le développement de formations pour améliorer la prise en compte des personnes autistes, sur la base des cinq recommandations de bonnes pratiques diffusées depuis 2005 par la HAS et l'ANESM.

Les Universités bretonnes  - au sens large, et pas spécifiquement votre Université - sont pleinement responsables dans la diffusion de connaissances non actualisées. Cela nous porte préjudice, en tant qu'usagers, mais cela portera également préjudice aux étudiants à leur sortie de formation.

Le samedi 1er février 2014, a eu lieu à la fac de lettres une autre conférence intitulée « DSM, Plan Autisme…Imposer une clinique sans sujet dans les institutions » et présentée ainsi : "Nous avons choisi d’interroger la présence de la psychanalyse dans la cité en ces deux lieux, l’institution et l’université, la présence encore possible d’une pratique et d’un discours.(...)." Cette conférence était destinée à un certain nombre d'étudiants, qui devaient attester de leur présence. Encore une fois, cela a été l'occasion de promouvoir la théorie des mères froides comme origines de l'autisme, de critiquer le diagnostic précoce, le recours à l'orthophonie, de refuser l'accès à des soins adaptés (comme la mélatonine en cas de difficulté d’endormissement). Il est paradoxal de prétendre investir "la cité" en prônant des méthodes qui conduisent à l'exclusion d'une fraction non négligeable de la population (une personne sur 150).

Le site de la fac dans son programme de manifestations scientifiques [sic] prévoit le 21 mars une journée d'étude intitulée Psychanalyse, institution et prise en compte du sujet : quels enjeux pour le psychologue clinicien ?  : "la question de l’intérêt de la psychanalyse comme orientation pour le psychologue clinicien dans sa mission d’aide au sujet souffrant dans un contexte institutionnel se verra confronter au quotidien d’une pratique clinique." Encore une conférence pour lutter contre la mise en œuvre du 3ème plan autisme, comme toutes les conférences organisées à l'université de Bretagne Occidentale depuis quelques mois !

L'ignorance conduit à l'incompétence, et en matière d'autisme, elle provoque la mal-traitance.

Il suffit de lire les témoignages de maltraitance rassemblés par une association de parents et remis cette semaine à Mr Gautron , directeur de l’ARS et à Madame Carlotti, ministre, pour se rendre compte que cette emprise de la psychanalyse sur les professionnels du médico-social est responsable de nombreux cas de maltraitance. 

La progression de la scolarisation en milieu ordinaire, comme un meilleur diagnostic des jeunes adultes ont été favorisés par l'action du CRA (Centre de Ressources Autisme) de Bohars, action qui a été particulièrement sensible dans la population finistérienne [46% des personnes autistes recensées en Bretagne seraient dans le Finistère].  De ce fait, il y a  et il y aura de plus en plus de jeunes étudiants autistes. La mission Handicap de l'Université assure sa fonction d'accueil.

Mais l'Université devrait également assurer un environnement favorable, qui passe par la lutte contre les préjugés et les idées reçues sur l'autisme. Ces préjugés se sont déjà traduits par l’exclusion à Brest d’un étudiant soupçonné d’autisme. Il y a 40 ans, les psychiatres américains, sous la pression des militants gays, décidait que l’homosexualité n’était plus une perversion sexuelle. Penseriez-vous que l’université serait accueillante à des étudiants homosexuels si l’enseignement dispensé niait le droit à la différence sexuelle et s’appuierait sur l’édition antérieure du DSM ? La diffusion des théories assimilant l’autisme à une psychose, alors qu’il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental, dont les bases génétiques et épigénétiques sont de plus en plus connues, est une violence morale envers les étudiants autistes.

Nous vous proposons donc d’organiser avec vous une ou des conférences sur l'autisme. Nous faisons intervenir Josef Schovanec à Quimper le 22 avril, et il serait disponible pour des conférences à Brest le 18 ou 19 avril. Il captive son auditoire, en donnant beaucoup d'exemples concrets et avec humour. Une information scientifique actualisée sur l'autisme pourrait être faite en même temps.

Nous sommes prêts à vous donner plus d'explications sur ces différents points. Veuillez agréer, Messieurs les doyens, l'expression de nos sentiments distingués.

Pour le Collectif Bretagne Autisme :

Audrey Piaux et Jean Vinçot (Asperansa) Bérengère Guénanen (Autisme Breizh Autonomie), Noëlle Chevance et Nathalie Jamier (Autisme Cornouaille), Carine Gloanec et Christelle Le Mérour (Lud’Autisme).


Professeur Eric Schopler, 1984, extrait d’une intervention lors d’un congrès au sujet du rôle des parents. Créateur du dispositif TEACCH, en Caroline du Nord (depuis 1972)

"Ils ont été les meilleurs enseignants que j’ai connus.

Ils avaient suivi eux-mêmes un cours accéléré sur l’autisme pendant des jours, des nuits, des semaines et des années.

Si leur enfant ne parlait pas et ne comprenait pas, certains de ces parents-professeurs ont soulevé le fardeau d’anticiper ce que l’enfant cherchait à communiquer.

Lorsque l’enfant ne savait exprimer son amour ou son attachement, ils ont appris à s’en occuper sans attendre le partage

Ils ont adapté les habitudes alimentaires de la famille pour tenir compte de ses préférences bizarres

Ils ont poursuivi l’apprentissage de la propreté de longues années bien au-delà du temps nécessaire pour leurs autres enfants et ont lavé patiemment les traces de ce lent apprentissage dans des lessives sans fin.

Ils ont appris à leurs autres enfants à protéger leurs possessions des ravages de leur frère ou sœur handicapé.

Ils leur ont appris, par l’exemple, à prendre plus que leur part de responsabilité pour cet enfant et ils leur ont montré la compassion même lorsqu’ils étaient à court de patience.

Leurs études se poursuivaient tous les jours bien au-delà de l’heure du coucher et ils ont consacré bien des nuits sans sommeil à la compréhension de l’autisme.

Ils m’ont appris à remettre en cause ma conception de l’évaluation et de la psychothérapie, à évoluer de l’expression des sentiments à la résolution de problèmes.

Contrairement aux chercheurs, ces parents ne pouvaient pas laisser de côté des questions pour lesquelles aucune méthodologie n’avait été établie.

Contrairement aux cliniciens, ils ne pouvaient pas transférer l’enfant ailleurs parce qu’ils n’étaient pas formés pour gérer de tels problèmes

C’est parce qu’ils ont poursuivi leurs études malgré leurs échecs, leurs frustrations et leurs défaites qu’ils sont devenus de si bons enseignants.

Les parents m’ont appris qu’il est possible qu’une attente ordinaire (comme de faire venir au monde un enfant et de l’élever) soit contrariée sans raison apparente et qu’il est possible de vivre au quotidien avec cette déception.

Qu’il n’existe pas une façon unique d’élever convenablement un enfant, même avec un handicap sévère, mais toute une palette de différences

Celles-ci dépendent de la nature et de la sévérité du handicap de l’enfant, des ressources et des aspirations de la famille où il est né.

Il y a de la place pour d’importantes variations individuelles dans l’éducation des enfants.

Ces leçons sont précieuses pour nous tous qui n’avons pas d’enfant handicapé.

A tous les parents qui me les ont données, je serai éternellement reconnaissant."

Traduit et présenté par Sophie Biette (ARAPI) lors de la journée régionale du 10 mai 2012 à Rennes, organisée par Autisme France Bretagne Pays de Loire.

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11 avril 2014

A l'occasion de la journée de l'autisme, une maman résidant dans le canton d'Eu témoigne

article publié dans l'informateur-eclaireur

"La France a 40 ans de retard"

A l’occasion de la journée de l’autisme, une maman résidant dans le canton d’Eu a souhaité témoigner de ses difficultés.

Dernière mise à jour : 04/04/2014 à 11:37

Esteban et sa mère. Celle-ci témoigne des difficultés rencontrés par les parents d’enfants autistes.

Esteban et sa mère. Celle-ci témoigne des difficultés rencontrés par les parents d’enfants autistes.

Le 2 avril avait lieu la journée mondiale de l’autisme. Un handicap peu ou mal connu. Habitant dans le canton d’Eu, Esteban, 6 ans, a été diagnostiqué “autiste typique sévère”. Sa mère a souhaité alerter sur les difficultés que rencontrent les parents. “Beaucoup d’entre eux rencontrent les mêmes problématiques mais d’autant plus dans notre région”. Et elle affirme : “Nous parents, nous aimerions informer et sensibiliser un maximum de personnes à la situation de l’autisme, la France ayant 40 ans de retard dans ce domaine par rapport à certains pays étrangers notamment la Belgique et le Canada”.

Un diagnostic tardif

L’autisme est un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant. Les conséquences sont importantes : l’isolement de l’enfant, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale et un besoin de routine, d’activités stéréotypées.
“Le diagnostic a été tardif et difficile à obtenir. C’est un vrai parcours du combattant. Sans compter la lourdeur administrative pour obtenir des aides humaines, techniques ou matérielles, liées au handicap. On se sent démunis, pas impliqués et pas assez informés“.
La famille compte trois enfants. ”Nous avons évidemment beaucoup de bons moments. Mais la vie de famille est forcément chamboulée. J’ai dû réduire mon contrat de travail. Car il faut s’occuper d’Esteban mais il faut aussi l’accompagner aux différents soins“. Le manque de soutien, le regard des autres sont d’autres difficultés.

La scolarisation

Mais le principal point noir reste la scolarisation. Sans compter la grande difficulté pour intégrer les enfants à des clubs sportifs, des centres aérés ou à tout atelier.
”La prise en charge n’est pas adaptée. Il n’existe que trop peu d’intervenants pratiquant des méthodes d’apprentissage efficaces comme PECS, ABA ou TEACCH“. Ces méthodes développées dans les pays anglo-saxons ne font pas l’unanimité en France. Les structures sont souvent portées par des associations de parents.
Esteban est actuellement scolarisé en grande section de maternelle, dans une école de la vallée de l’Yères, avec la présence d’une auxiliaire de vie scolaire. Mais se pose le problème de la rentrée prochaine. ”Le CP n’est pas adapté“, explique sa maman. ”Et là nous sommes devant une impasse. Il n’existe que très peu de structures spécialisées. Nous avons fait une demande pour l’Institut Médico Educatif (IME) d’Arques-la-Bataille“. Cet IME a une section dédiée à l’autisme mais le nombre de places est limité. Une autre solution est l’hôpital de jour pour enfants (pédopsychiatrie). ”Mais nous sommes contre cette solution. Esteban a besoin d’être scolarisé, pour continuer à progresser“.
La famille espère donc que la situation va pouvoir se débloquer rapidement. ”Nous ne sommes pas les seuls à rencontrer ces difficultés. Je sais qu’Esteban peut encore progresser. Il nous surprend tous les jours“.

Le bleu est la couleur choisie pour la journée mondiale de l’autisme. Une sensibilisation a été faite au sein de l’école où est scolarisé Esteban pour que les élèves arborent cette couleur, jeudi matin. “Je remercie sincèrement les enseignants, parents et enfants du groupe scolaire de Canehan, Saint-Martin-le-Gaillard, Touffreville-sur-Eu pour leur participation et implication lors de cette journée”, souligne la mère d’Esteban.

Eu, 76
7 avril 2014

Souffrance et déni ...

Souffrance et déni de psychanalys(t)e

Par • 15 mars 2014

Un éminent confrère et Professeur s’est récemment exprimé au sujet de la souffrance des enfants autistes qui lui semble "niée et déniée au fil des polémiques haineuses et ravageuses qui ont eu lieu ces dernières années, et qui ont amené la disqualification que l’on sait du soin psychique, de la psychanalyse et des psychothérapies dans le champ de l’autisme infantile".

Cette énième posture victimaire (pauvres de nous) et démagogique (pauvres enfants), révélatrice de cet incroyable égocentrisme psychanalytique, semble surtout révéler la souffrance de celui qui ne sait plus aborder celle des autres sans avoir préalablement mis en avant la sienne. Les coupables sont logiquement désignés sans avoir vérifié le postulat de départ : ce sont bien évidemment les parents "qui n’aiment guère qu’on le leur rappelle tant ils souffrent eux-mêmes de la souffrance de leur enfant" et bien sûr ces fameuses "polémiques haineuses et ravageuses", à savoir les critiques de la psychanalyse. Nous assistons donc à la nouvelle éclosion d’un délire désormais bien connu, au sein duquel des persécuteurs instrumentalisent des parents fragilisés dans le but de nuire à la psychanalyse.

Déni de souffrance? Où es-tu? D’où viens-tu?

Cela fait maintenant quelques années que je côtoie plus ou moins directement des parents d’enfants autistes, à travers des échanges, des lectures de témoignages ou dans le cadre professionnel. Je n’ai encore jamais vu un parent refuser d’admettre la souffrance de son enfant autiste, ni même la sienne sous prétexte qu’elle serait moindre ou non prioritaire. Il s’agit évidemment de mon point de vue, celui d’un psychiatre, psychothérapeute et non psychanalyste, celui d’un critique catalogué plus haut comme haineux et ravageur mais qui, curieusement, n’a lui non plus jamais nié ou dénié cette fameuse souffrance. Ce déni ne pourrait il donc pas provenir des fantasmes de ceux-là mêmes qui le dénoncent, des interprétations sauvages effectuées sur la base d’un refus de diagnostic, de prise en charge ou à partir d’une simple réticence parentale?

Déni de souffrance? Où vas-tu? Que veux-tu?

La souffrance doit conduire au soin, le soin doit conduire à la psychanalyse (plus ou moins cachée derrière la psychiatrie et la psychothérapie) : cette croyance a été bien enracinée dans le pays par la communauté psychanalytique. Dans ce contexte, il n’est pas aberrant d’imaginer que refuser la psychanalyse implique de refuser les soins, de refuser la souffrance. Il s’agit d’une croyance que j’estime au moins partiellement responsable de la situation catastrophique en France, ce fameux retard de 40 ans. Le soin ne peut et ne doit pas être la réponse à toutes les souffrances. Le soin ne peut et ne doit pas être qu’un synonyme ou un dérivé de psychanalyse. Il est essentiel de dissocier la psychanalyse de ce qu’elle prétend être seulement quand ça l’arrange : une psychothérapie ou une médecine.

Mais pourquoi les parents refuseraient-ils de confier leur souffrance et celle de leur enfant autiste à la psychanalyse?

Cet article en est la parfaite réponse tant il illustre ce qu’un psychanalyste peut faire et ne peut pas faire de cette souffrance.

  • Ce qu’il peut faire dans un premier temps, c’est la romancer avec une imagination sans limites et un jargon qui ne l’est pas moins. Des "angoisses de chutes sans fond, angoisses de chute sans fin, angoisses de vidange, angoisses de liquéfaction, agonies primitives, angoisses catastrophiques ou encore des angoisses de perte d’objet sur le plan des relations qui se jouent en atmosphère triadique ou triangulée" (sans désigner directement les organes sexuels et les parents, c’est toujours mieux), mais aussi des "angoisses d’arrachage ou de dé-fusion sur le plan des liens primitifs qui se jouent en atmosphère dyadique, et des angoisses dites archaïques sur le plan des enveloppes qui se jouent en atmosphère principalement monadique" (l’angoisse est partout, dans toutes les situations).
  • Ce qu’il peut faire dans un deuxième temps, c’est bricoler une explication et surtout la verrouiller par l’irréfutabilité. Les autistes échoueraient donc à creuser un écart intersubjectif, ou pas : "Certains enfants autistes échouent à creuser l’écart intersubjectif et, pour eux, l’objet demeure, en quelque sorte, une question sans objet (autisme typique), tandis que d’autres, ou les mêmes après un certain temps d’évolution, sont capables de prendre en compte cet écart intersubjectif […]". Si l’autiste ne l’est pas, ou ne l’est plus, il l’est quand même, mais sous une forme atypique.
  • Ce qu’il peut faire dans un troisième temps (du rebours intuitivo-interprétatif), c’est poursuivre l’édification de son mythe des profondeurs, remonter la seule et unique trajectoire qui soit compatible avec ses croyances de psychanalyste : celle qui mène à l’origine, à la source, à la coupable que nous connaissons tous. Ce grand professeur fait partie de ceux qui ont osé proclamer qu’il en était fini du temps où les psychanalystes culpabilisaient les mères, mais que resterait-il de la psychanalyse sans les mères toxiques, insuffisamment bonnes, phalliquement lourdes, mal censurées en tant qu’amantes de leur enfant ou pour qui quelque chose fait faillite au niveau de l’amour? Pour la cuvée 2014, la mère d’un enfant autiste sera donc qualifiée d’insuffisamment "synchronisante" et l’autiste restera considéré comme un être humain qui n’est pas né "psychiquement".
  • Ce qu’il ne peut pas faire, c’est avant tout, et comme les lignes précédentes l’illustrent, faire évoluer ses idées et donc ses pratiques en fonction des progrès des autres, qu’il s’agisse des progrès de la science, des autres "courants" mais aussi de ceux des parents et des autistes eux-mêmes. Il existe certes plusieurs "écoles", plusieurs "vagues" de psychanalyse mais celles-ci ne diffèrent que par ce qu’elles ont à perdre, et donc par leurs méthodes de communication. Le brouhaha global qui s’en échappe mêle donc logiquement des propos ouvertement méprisants et d’autres plus rassurants : le double langage à l’échelle de la communauté psychanalytique. Mais il suffit de gratter très légèrement la croute de la frange la plus conciliante (incarnée par ce cher Professeur) pour constater que dans le fond, tous restent soudés à leurs convictions les plus délirantes.
  • Ce qu’il ne peut pas faire, c’est sortir d’un attentisme thérapeutique. La croyance dominante et terriblement ancrée demeure celle que quelque chose doit se débloquer, mais qu’il ne peut y contribuer de façon active (d’où la fameuse attente de "l’émergence du désir"). Il s’agit d’un mode de pensée typiquement superstitieux au sein duquel toute intervention trop directe du psychanalyste rendrait des progrès moins réels, moins valables, moins durables. Les bénéfices secondaires et hautement renforçateurs de cette croyance sont évidents : la psychanalyste ne peut pas se considérer responsable d’une absence de progrès à partir du moment ou ce fameux "déclic" ne doit pas venir de lui.
  • Ce qu’il ne peut toujours pas faire, c’est partager l’offre de soins avec d’autres modes de pensée ou d’autres approches qui ne valideraient pas ses principales croyances. La préservation de celles-ci reste la priorité absolue, un phénomène illustré d’un coté par les innombrables scissions effectuées dans l’histoire de la psychanalyse et de l’autre par ces approches "pluridisciplinaires" ou "intégratives", mais toujours très sélectives…

Que conclure et qui culpabiliser?

Je vous livre donc la conclusion de l’éminent Professeur concernant ce déni de souffrance :

C’est ce que j’ai voulu montrer ici pour dire que le déni de leur souffrance a, bien entendu, valeur de défense et de protection des adultes qui les côtoient, mais qu’il se retourne en dernier ressort contre les enfants et leur reconnaissance en tant que sujets en devenir.

Puis vous offre la mienne, qui diffère en un point :

C’est ce que j’ai voulu montrer ici pour dire que le déni de leur souffrance a, bien entendu, valeur de défense et de protection des adultes qui les côtoient, mais qu’il se retourne en dernier ressort contre les psychanalystes et leur reconnaissance en tant que sujets en devenir.

Mais finalement qui est donc dans le déni?

7 avril 2014

Le CNDH se joint à la cause des autistes au Maroc

article publié dans aujourd'hui Maroc

Venir en aide aux enfants autistes est, certes, une initiative salutaire, mais encore faut-il qu’un travail soit fait sur les mentalités !
Aujourdhui.ma | 3-04-2014 à 04:54:09
Par Salima Guisser

Venir en aide aux enfants autistes est, certes, une initiative salutaire, mais encore faut-il qu’un travail soit fait sur les mentalités ! D’aucuns parents de cette tranche sociale préfèrent sombrer dans la honte au lieu de se prononcer sur la maladie de leurs enfants.

D’où l’intérêt des caravanes régionales qui seront organisées, dès ce mois d’avril, dans le cadre de la campagne nationale de communication sur l’autisme lancée, mardi à Rabat, par le Collectif Autisme Maroc (CAM), la jeune Chambre internationale de Rabat et le Collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap au Maroc.

Pour organiser cette manifestation coïncidant avec la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme célébrée le 2 avril, le CAM a trouvé un bon appui chez le CNDH qui veut faire de la situation des autistes une cause nationale en l’abordant d’un angle de droits humains. Son président, Driss El Yazami, a dans ce sens mis l’accent, lors d’une conférence de presse organisée le même jour, sur «la nécessité d’adopter une vision politique considérant la personne autiste en tant que sujet de droit».

Cependant, les efforts ne devraient pas se limiter à l’élaboration d’une approche stratégique. Un travail doit être fait sur plusieurs niveaux.

A commencer par les ressources humaines qualifiées pour dispenser les thérapies adéquates aux autistes. A ce propos, Amina Maâd, présidente du CAM, a cité une étude menée en 2010, dont il ressort un manque en matière de RH dédiées à ces personnes à l’égard desquelles le collectif mène un plaidoyer pour sensibiliser à leur situation.

Outre ces compétences, l’institutionnalisation des droits de ces personnes à travers les systèmes de l’éducation et la santé s’avère nécessaire. Chose qui a été demandée par le président du Collectif pour la promotion des droits des personnes en situation de handicap au Maroc. «Nos institutions devraient considérer les enfants autistes en tant que citoyens», a martelé Mohamed El Khadiri. De quoi préserver leur dignité !

Ceci étant, les caravanes régionales précitées seront marquées, entre autres, par des actions de communication diverses avec les commissions régionales des droits humains et les associations membres du CAM et les partenaires locaux. Cette campagne, organisée sous le thème : «Je suis différent comme toi», sera également marquée, samedi prochain, par le Light it up Blue event qu’abritera la Bibliothèque nationale du Royaume. De surcroît, un premier congrès international sera dédié, les 29 et 30 avril à Rabat, à l’autisme.

Un événement qui sera organisé en partenariat avec le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social. Pour information, une convention relative à cette campagne a été signée, lors de cette conférence de presse, entre le CNDH et le CAM. Pour rappel, aucune donnée n’est disponible sur le taux de prévalence au niveau national.

Mais si on part du taux  mondial estimé à 1 naissance sur 100, il y aurait au moins 300.000 personnes autistes au Maroc. Un chiffre alarmant !

7 avril 2014

Autisme : entre polémique et espoir de nouveaux traitements

article publié sur handicap.fr

Résumé : Le nombre d'enfants atteints de troubles autistiques ne cesse d'augmenter. Mais, dans un même temps, la recherche avance et permet de mieux en cerner les causes tandis que de nouvelles méthodes de prise en charge offrent des pistes intéressantes
 
Par le 07-04-2014

"Votre enfant est autiste". Lorsque le diagnostic tombe, les parents se trouvent confrontés à la délicate question de la prise en charge de cette maladie sur fond de polémiques et d'espoirs de nouveaux traitements. « A la violence du diagnostic succède la violence d'avoir à trouver comment soigner son enfant", souligne Catherine Vanier, auteur du livre "Autisme : comment rendre les parents fous" (Albin Michel). Maladie d'origine multifactorielle et largement génétique, l'autisme est un trouble envahissant du développement qui se manifeste notamment par des difficultés à établir des interactions sociales et à communiquer. Il apparaît dans la petite enfance et persiste à l'âge adulte.

En pleine expansion

Le nombre des enfants atteints n'a cessé d'augmenter, passant d'un enfant sur 10 000 dans les années 50 à un sur 100 en France, voire un sur 68 aux Etats-Unis, selon les dernières estimations. Un phénomène que Catherine Vanier, docteur en psychologie, attribue à un élargissement de la définition de l'autisme. On ne parle plus aujourd'hui d'autisme mais de troubles du spectre autistique (TSA), d'une gravité très variable allant de l'autiste sans langage, totalement replié sur lui-même, à l'enfant timide qui a du mal à établir le contact avec les autres, explique-t-elle. Grâce au film américain Rain Man et à de nombreux livres témoignages, le grand public connaît surtout le syndrome d'Asperger, une forme de TSA associée à un très bon développement intellectuel. Mais comme on ignore la cause exacte de l'autisme et qu'il n'existe toujours pas à ce jour de traitement permettant de le guérir, les parents se trouvent pris en tenaille entre des prises en charge très éclectiques, des plus sérieuses aux plus farfelues, et des structures très insuffisantes pour accueillir leurs enfants.

Les méthodes comportementales

En France, la Haute Autorité de santé (HAS) s'est prononcée en 2012 sur les deux grandes approches. Les approches psychanalytiques, dominantes dans le passé et qui avaient tendance à culpabiliser la mère: elles ont été jugées "non consensuelles" alors que les approches éducatives et comportementales, qui ont fait la preuve de leur efficacité "à moyen terme" sur le quotient intellectuel, les compétences de communication et le langage, sont désormais recommandées, mais pas de manière exclusive. Les méthodes comportementales très en vogue dans le monde anglo-saxon incluent la méthode ABA (Applied Behavior Analysis) popularisée en France par l'acteur Jacques Perrin qui l'a utilisée avec succès sur son fils. Elle vise à des apprentissages "conditionnés" de compétences élémentaires (s'asseoir, regarder) et à diminuer les comportements d'autostimulation et de d'automutilation. Mais la méthode n'est pas efficace sur tous les enfants et des voix commencent à s'élever, y compris aux Etats-Unis, contre ces conditionnements.

Combinaison de divers traitements

"Nous sommes pour la pluridisciplinarité avec des prises en charge combinant divers traitements, orthophoniques, psychomoteurs et comportementaux", affirme Laurent Danon Boileau, un psychanalyste qui travaille avec des enfants autistes. Il est également l'un  des coordinateurs d'"Autismes, la clinique au-delà des polémiques" (Edition in press), un ouvrage collectif de réflexion sur l'autisme qui vient de sortir. "L'important, c'est que les parents se sentent à l'aise et que l'enfant accepte" ajoute-t-il. Mais pour les autistes et leurs familles, l'espoir réside aussi dans les recherches qui ont déjà permis quelques avancées dans la compréhension des mécanismes.

De nouvelles pistes

Selon une étude américaine, l'autisme résulterait d'anomalies dans le développement de certaines structures cérébrales du foetus, une découverte qui pourrait contribuer à détecter le syndrome de manière plus précoce et non plus à 3 ou 4 ans. La biologie moléculaire a quant à elle conduit à l'identification de nombreux gènes dont l'altération semble conduire à une plus grande susceptibilité à l'autisme. Parmi ces gènes, certains interviennent dans la synthèse de substances chimiques indispensables au bon fonctionnement du cerveau. C'est ainsi que les chercheurs ont abouti à la piste du chlore et à l'utilisation d'un traitement diurétique visant à réduire la concentration du chlore dans les neurones afin de diminuer la sévérité des troubles autistiques. La stratégie, déjà testée avec succès sur une cinquantaine d'enfants, a été validée par une étude sur l'animal publiée en février. Autre piste: celle de l'ocytocine, hormone connue pour son rôle dans l'attachement maternel et le lien social et qui semble améliorer la capacité des autistes à interagir avec d'autres personnes.

7 avril 2014

Algérie -> Journée d'étude sur l'autisme : Deux cas diagnostiqués chaque jour

article publié dans El Watan

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	Le nombre de structures de prise en charge est très limité.

© D. R.
Le nombre de structures de prise en charge est très limité.

 

Les troubles de l’interaction et du contact, la fuite du regard,  l’indifférence aux autres, le retrait, l’isolement, la restriction des intérêts, le retard dans le langage, la marche et l’acquisition  de l’autonomie sphinctérienne sont autant de symptômes  classés parmi les troubles envahissants du développement d’un enfant autiste.

La difficulté de prise en charge pour les spécialistes relève du fait que les connaissances actuelles sur ce trouble relèvent d’équipes multidisciplinaires. A l’issue d’une journée d’étude organisée jeudi à  Alger, des psychiatres ont appelé à la création  d’un centre de référence pour le diagnostic et l’orientation sur l’autisme pour le suivi médical et psychologique des enfants autistes et l’orientation des parents. L’enquête qualitative et quantitative engagée par le ministère de la Solidarité nationale, comme cela a été annoncé il y a quelques mois par Mme Bendjaballah, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme sur le handicap, en vue de recueillir des informations et des données statistiques sera d’un grand apport pour justement mettre en place ce type de structure.

Il s’agira, selon la ministre, de mieux cerner les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes en situation de handicap en Algérie.
«L’autisme est une maladie courante en Algérie et très peu d’établissements de prise en charge de cette pathologie mentale sont recensés dans le pays», a souligné le chef de service de pédopsychiatrie de l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) de Chéraga, Asma Oussedik, appelant à la création d’un centre de référence pour le suivi des malades.

Le niveau de prise en charge de cette maladie est très insuffisant selon la spécialiste, qui déplore que quatre établissements hospitaliers seulement prennent en charge le diagnostic et le traitement de l’autisme à l’échelle nationale. Pour elle, il est aujourd’hui impératif de créer un centre pilote spécialisé dans le traitement de l’autisme et d’étendre cette expérience aux autres wilayas du pays. La formation de médecins généralistes dans le dépistage de cette maladie psychiatrique pour une prise en charge précoce de l’enfant autiste est aussi indispensable. Un  retard dans le suivi des enfants autistes  peut conduire à un retard mental se répercutant sur l’acquisition de l’autonomie sur le plan comportemental, alimentaire et sphinctérien a-t-elle averti, tout en signalant qu’à  l’EHS de Chéraga, qui diagnostique  en moyenne deux cas d’autisme par jour, 5000 enfants sont admis.

Le  président de la Société algérienne de psychiatrie, Pr Farid Kacha, a insisté sur l’importance de la mise en place d’un réseau national de l’autisme formé de psychiatres, psychologues, orthophonistes et éducateurs, afin d’orienter et d’informer les familles des malades.
Il a recommandé aux parents de consulter un spécialiste le plus précocement possible pour éviter les complications de la pathologie et de prêter davantage attention à leurs enfants pour détecter des anomalies comportementales.

Un suivi thérapeutique et éducatif doit être assuré, a-t-il souligné, en relevant que plusieurs programmes thérapeutiques étaient appliqués par le personnel soignant, à savoir le programme d’Eric Shopler et le programme ABA. Les parents doivent également, a ajouté le Pr Kacha, s’impliquer dans la stimulation des enfants à travers des activités pédagogiques pour booster l’enfant et améliorer son  état, d’autant qu’une prise en charge précoce de ces enfants leur permettra une meilleure évolution. «L’enfant peut être scolarisé et poursuivre des études supérieures», a-t-il indiqué.
 

 

Djamila Kourta
7 avril 2014

Vidéo 2005 : Bernard Golse, Francis Perrin & M'hammed Sajidi

émission du 12 octobre 2005

Intéressant de voir ou revoir cette émission de LCI -> On en parle : "l'autisme maltraité" (jjdupuis)

 

3 avril 2014

Epilepsie : vers un meilleur contrôle des crises

Epilepsie : Vers un meilleur contrôle des crises

FRM - Fondation pour la Recherche Médicale - 02/04/2014 16:00:00


- L'épilepsie touche 500 000 personnes en France, et se traduit par une hyperactivité d'un groupe plus ou moins large de neurones du cerveau.
- La fréquence et l'intensité des crises peuvent parfois altérer la qualité de vie des patients, et ce malgré les traitements existants.
- Les médicaments actuels sont inefficaces chez 30 à 40 % des patients, c'est pourquoi la recherche se bat sur tous les fronts pour améliorer la prise en charge de la pathologie.


Quelques données chiffrées

L'épilepsie est une pathologie neurologique très fréquente, qui touche environ 500 000 personnes en France. Elle se déclare dans 75 % des cas avant 18 ans, mais peut débuter à tout âge. L'Organisation Mondiale de la Santé estime que 50 millions de personnes en étaient atteintes en 2012 dans le monde, et que 5 % de la population mondiale serait susceptible de faire une crise au moins une fois dans sa vie.

Qu'est-ce que l'épilepsie ?

L'épilepsie se manifeste cliniquement par des « crises », les crises d'épilepsie. Ces dernières se déclenchent suite à une activité neuronale anormale dans le cerveau : les neurones « s'hyperactivent » et envoient des décharges électriques excessives dans les réseaux cérébraux auxquels ils sont connectés. Les zones cérébrales qui reçoivent l'impulsion sont alors surstimulées, provoquant les symptômes de la maladie.

Dans 6 cas sur 10, on ne retrouve pas l'origine de l'épilepsie : on parle alors d' « épilepsie idiopathique ». En revanche, diverses pathologies peuvent l'initier : lésions cérébrales relatives à une infection ou à un coup à la tête, accident vasculaire cérébral, infection ou tumeur atteignant le cerveau... L'épilepsie représente alors une manifestation de la pathologie sous-jacente.

Une susceptibilité génétique peut parfois être retrouvée au sein de certaines familles.

Quels sont les symptômes de la maladie ?

On distingue plusieurs grandes catégories de crises d'épilepsie.
Les crises dites « partielles » ou « focales » ne touchent qu'une zone cérébrale localisée. Les symptômes diffèrent alors selon le lieu où la décharge se produit : troubles moteurs, sensoriels, du comportement... Elles sont souvent la conséquence d'une lésion cérébrale sous-jacente.

A l'inverse, les crises dites « généralisées » correspondent à des décharges électriques qui s'étendent dans l'ensemble du cerveau. Elles peuvent dériver d'une crise focale primaire. On distingue alors :

- Les crises tonico-cloniques (ou « grand mal ») : elles se manifestent par des convulsions (contractions violentes et involontaires des membres ou de tout le corps), des raideurs, une chute, une contraction de la mâchoire... Il y a perte de conscience totale quasi immédiate du patient.
- Les « absences » (ou « petit mal ») : elles donnent lieu à des pertes de conscience allant de quelques secondes à quelques minutes et pouvant se répéter à plusieurs reprises dans la journée, sans convulsion. Ces formes atteignent plus volontiers les enfants.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic de l'épilepsie peut parfois prendre du temps, car il dépend grandement des symptômes et de leur bonne interprétation. Ainsi, en premier lieu, le médecin peut avancer le diagnostic après un entretien avec le patient et selon la présentation clinique.

Ensuite, des examens peuvent être prescrits, tel que l'électroencéphalogramme (EEG). Il permet d'observer l'activité électrique cérébrale par le biais d'électrodes posées à la surface du crâne. Cet examen peut parfois être effectué dans des conditions particulières visant à déclencher l'activité neuronale anormale. Il peut être répété plusieurs fois car la sensibilité augmente au fil des électroencéphalogrammes réalisés.

En complément, le médecin peut également avoir recours à l'imagerie par résonnance magnétique (IRM) ou au scanner afin de dépister les causes éventuelles de l'épilepsie ainsi que le retentissement des crises sur les structures cérébrales.

Quels sont les traitements existants ?

Le traitement des épilepsies est dans un premier temps médicamenteux. De nombreux antiépileptiques existent, variant selon le type d'épilepsie en cause (partielle ou généralisée). Ces derniers ont pour but de réduire la fréquence des crises ou leur intensité. Actuellement, on estime que 60 à 70 % des patients répondent bien aux anti-épileptiques. Ces derniers ne doivent pas nécessairement être pris à vie : en effet, les épilepsies peuvent parfois se guérir au cours du temps.

A l'inverse, certains patients ne répondent pas aux traitements. On parle alors d'épilepsie « pharmaco-résistante ». La solution qui peut alors être proposée pour les cas les plus graves est la chirurgie. Curative, elle consiste à retirer la zone du cerveau à l'origine de l'épilepsie, ou « zone épileptogène », sous réserve qu'elle soit accessible et que son ablation ne provoque pas de lésions neurologiques majeures.

Dans un but palliatif, c'est-à-dire visant à soulager le patient, l'implantation d'un stimulateur miniature visant à stimuler le nerf vague (long nerf ayant de nombreuses ramifications dans le corps) peut être proposée. Par ce biais, un signal est transmis jusqu'au cerveau afin de réduire la fréquence des crises.

Quelles sont les pistes de recherche ?

Les traitements de l'épilepsie génèrent de nombreux effets secondaires qui peuvent pénaliser le patient dans sa vie courante, tels que la somnolence, les nausées... De plus, les malades ne répondant pas aux traitements médicamenteux ne peuvent pas toujours avoir recours à la chirurgie. Enfin, lorsqu'elle est possible, cette approche ne donne pas toujours 100 % de résultats. Aussi, il est important que les recherches sur l'épilepsie se poursuivent. Mieux comprendre la maladie (facteurs déclenchants, mécanismes impliqués dans les crises...) permettra de développer de nouveaux traitements. Des résultats déjà prometteurs voient ainsi le jour.

Des chercheurs français ont récemment isolé un gène dont les mutations sont responsables d'un large spectre d'épilepsies et d'encéphalopathies (maladies qui touchent le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral) épileptiques chez l'enfant. Cette découverte laisse entrevoir la mise en place à l'avenir des stratégies thérapeutiques liées à ce gène.

En parallèle, plusieurs essais de thérapie génique sont en cours dans des modèles d'épilepsies pharmaco-résistantes. Ces essais sont basés sur l'apport de gènes spécifiques aux neurones, afin de contrôler les crises.

Un essai clinique a également été conduit avec succès pour évaluer une technique qui permet de prévoir à court terme la survenue d'une crise chez des patients atteints d'épilepsie réfractaire. Le dispositif nécessitant l'implantation d'électrodes intracérébrales, d'autres investigations sont encore requises pour que ce dispositif soit testé à plus large échelle.

Autant de projets porteurs d'espoir pour le développement de stratégies thérapeutiques précoces, cruciales pour le devenir des patients.

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