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21 septembre 2018

Santé mentale des enfants : «On est au bord de la catastrophe»

article publié dans Le Parisien

Société|Propos recueillis par Elsa Mari| 19 septembre 2018, 6h28 |3
La défenseure des enfants Geneviève Avenard alerte sur une pénurie importante de pédopsychiatres en France. LP/Sarah Alcalaypicto exclusif

Le réseau européen des Défenseurs des enfants s’est penché sur la santé mentale de ce public en France et en Europe. Il publie ce mercredi une enquête alarmante que nous avons pu consulter. Selon sa présidente Geneviève Avenard, «il y a urgence à agir».

Hyperactivité, autisme, troubles anxieux, anorexie, boulimie, schizophrénie. En France, près de 12, 5 % des enfants et ados sont en souffrance psychique. Si les chiffres restent vagues, trop peu réactualisés, le réseau européen des défenseurs des enfants, lui, s’est penché, cette année, sur la santé mentale de ce public en France et en Europe et publie ce mercredi une enquête alarmante que nous avons pu consulter.

Sa présidente, Geneviève Avenard, nous l’explique : la pédopsychiatrie est en grande difficulté. Et il y a, selon elle, urgence à agir.

Votre rapport pointe de nombreuses carences comme l’accompagnement des jeunes que vous jugez insuffisant. Comment l’expliquer ?

GENEVIÈVE AVENARD. Il y a en France une pénurie importante de pédopsychiatres, une profession très touchée par la réduction du numerus clausus (NDLR : système qui limite le nombre de futurs médecins et qui va être supprimé). C’est le cas dans les cabinets et surtout à l’hôpital. La densité moyenne n’est que de 15 pédopsychiatres pour 100 000 jeunes de moins de 20 ans avec une grande inégalité territoriale. Selon la direction générale de l’offre de soins, dix départements ne comptent aucun lit d’hospitalisation en psychiatrie pour les enfants et les adolescents ! Dans certaines zones, il n’y a même plus de spécialistes, ni d’enseignements chercheurs. Les futurs pédopsychiatres ne peuvent donc plus être formés.

 

Quelles sont les conséquences pour les enfants ?

Certains ne sont pas soignés à temps. A titre d’exemple, le délai pour obtenir un rendez-vous dans les centres médicaux psychopédagogiques, la première porte d’entrée des enfants, en situation de mal-être, est de plus de six mois. Cela crée de l’inquiétude et de l’insécurité pour des familles entières. On se rend compte aussi que certains adolescents de 15-16 ans qui ont besoin d’être hospitalisés en psychiatrie se retrouvent dans les mêmes services que les adultes ! On le dénonce. Ce n’est pas leur place. Cette situation, similaire dans les autres pays européens, peut aggraver leur anxiété. Quand aura-t-on un sursaut ? On est au bord de la catastrophe.

On a pourtant l’impression que les enfants consultent plus facilement des psychiatres qu’avant et que la demande a augmenté. Est-ce le cas ?

C’est compliqué de répondre, il n’existe pas de statistique. Sans doute que toute une série de troubles sont mieux repérés qu’avant. Il y a une prise de conscience sur l’importance d’écouter les enfants comme sur le harcèlement ou la phobie scolaire. Mais il faut pouvoir leur apporter une réponse rapide. S’ils ne sont pas soignés, leurs problèmes se renforceront une fois adultes.

Vous pointez également une augmentation de la prise de médicaments.

Oui, c’est un gros problème. Nous n’avons pas de chiffres mais des tendances. Leur consommation chez les enfants a fortement augmenté. Je ne suis pas contre, ils sont utiles pour calmer les angoisses, lutter contre la dépression, l’hyperactivité, les troubles mentaux. Mais c’est aussi la facilité. On ne veut pas que cette prise de médicaments se fasse au détriment d’une approche thérapeutique et éducative. Misons plutôt sur l’accompagnement. Cette hausse de prescription médicamenteuse doit être une alerte.

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21 septembre 2018

Le baluchonnage pour les aidants

 

Association Halte Pouce - Le baluchonnage pour les aidants

L'expérimentation de 'baluchonnage' sur trois ans a été inscrite dans le projet de loi sur le " droit à l'erreur ", a annoncé le 5 décembre 2017 Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé. Qu'est-ce que le baluchonnage ? (...)

http://www.halte-pouce.fr

 

21 septembre 2018

Hausse des gestes violents dans des résidences pour autistes et déficients intellectuels

 

Hausse des gestes violents dans des résidences pour autistes et déficients intellectuels

Un texte de Davide Gentile Ces maisons de quartiers résidentiels abritent chacune 3 à 10 personnes considérées comme des cas lourds d'autisme ou de déficience intellectuelle. Tant les groupes de défense des autistes que les syndicats des travailleurs estiment que ces résidences ne correspondent tout simplement pas aux besoins d'une clientèle qui a changé en 20 ans.

https://ici.radio-canada.ca

 

20 septembre 2018

Appel à volontariat : Expert-Usager Autisme

article publié sur le site d'Handéo

logo expert usager autisme caphandéoLe 12/09/2018 |

Qu'est-ce que la certification Cap'Handéo ?

Cette certification Cap’Handéo est une démarche qualité qui s’adresse aux établissements et services médico-sociaux accompagnant des personnes autistes. Ces structures doivent répondre aux exigences qualités définies par le cahier des charges Cap’Handéo. 

Pour obtenir la certification, la structure est évaluée par une équipe composée  de professionnels et  d’un représentant d’une association pour les personnes autistes (expert-usager).

Informations pratiques : rôle et profil de l'expert-usager

Vous avez pour mission d’accompagner les professionnels de la qualité dans leur mission d’audit, en apportant votre expertise de proche-aidant, de personne directement concernée.

  • Vous avez une bonne connaissance du secteur médico-social.
  • Vous êtes adhérent à une association représentant les personnes autistes et leurs familles.
  • Votre enfant ou l’un de vos proches a été ou est accompagné par un établissement ou un service médico-social.

Un expert-usager est sollicité en fonction du profil de la structure candidate :

- structures du secteur enfance : parent dont l’enfant a été ou est accompagné par un ESMS
- établissements du secteur adulte du type MAS, FAM : parent dont l’enfant adulte a été ou est accompagné par un ESMS
- services du secteur adulte du type SAMSAH, SAVS : auto-représentant, parent dont l’enfant a été ou est accompagné par ce type de structure, personne ayant siégé au sein d’un Conseil de la Vie Sociale

 

Informations complémentaires

  • Chaque expert-usager est sensibilisé aux obligations attendues de la part des structures candidates.
  • Chaque mission est rémunérée et les frais de déplacement sont pris en charge.
  • La durée de chaque mission est d’une  journée minimum.

 


20 septembre 2018

L'intelligence autistique

 

L'intelligence autistique

De nos jours, l'intelligence autistique est encore sous-estimée. Déficience intellectuelle et autisme sont largement associés dans la société en général comme si tous deux coexistaient quasi simultanément. Longtemps, les premières conclusions des mesures de l'intelligence autistique ont rapporté qu'une proportion de 75% des autistes était déficients intellectuels (QI inférieur à 70).

https://quebec.huffingtonpost.ca

 

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19 septembre 2018

Esat ou milieu ordinaire : la sous-traitance en danger ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Le quota de 6% ne pourra plus être atteint que par de l'emploi direct, la sous-traitance ne permettant que des déductions fiscales. Le secteur adapté est vent debout contre cette nouvelle réforme qui se fait au mépris des travailleurs d'Esat et EA.

Par , le 19-09-2018

La réforme de l'emploi risque de faire des mécontents dans le champ du handicap. En effet, au motif qu'il veut privilégier l'emploi direct de personnes handicapées, le gouvernement donne un coup de canif à la sous-traitance. Le problème se pose pour les travailleurs handicapés indépendants (articles en lien ci-dessous) mais également pour les travailleurs d'Esat (établissements d'aide et service par le travail) et d'EA (entreprises adaptées). On explique…

Pédale douce sur la sous-traitance

La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel prévoit un effet une réforme de l'OETH (obligation d'emploi de travailleurs handicapés) applicable au 1er janvier 2019. Jusque-là, les entreprises et donneurs d'ordres pouvaient s'acquitter de leur obligation d'emploi à hauteur de 50 % maximum en confiant, notamment, des prestations de services et de la sous-traitance au secteur du travail protégé et adapté (Esat-EA). Or cette nouvelle loi abroge cette possibilité avec un objectif prioritaire : favoriser l'emploi direct en entreprise. Sophie Cluzel, secrétaire d'État en charge du Handicap, avait à ce titre déclaré dans une interview accordée au Figaro le 31 juillet 2018 : « Nous voulons favoriser l'insertion des personnes handicapées dans l'emploi ordinaire. Car dès qu'une personne handicapée s'intègre dans une entreprise, ça marche ! ». Pour satisfaire à son obligation d'emploi, l'employeur n'aura donc maintenant que deux options : soit il respecte le taux d'emploi des travailleurs handicapés, soit il verse une contribution à l'Agefiph (fonds pour l'emploi des personnes handicapées dans le privé).

Une maigre contrepartie

Toutefois, le texte offre une contrepartie et stipule que le montant des contrats passés avec les ESAT et les EA sera pris en compte dans le calcul de sa contribution annuelle (lorsqu'il ne respecte pas son OETH) et en sera donc déduit. Les modalités de ces déductions seront fixées ultérieurement par décret. Le hic, c'est que la plupart des entreprises ne visent qu'un objectif : le sésame tant convoité, le fameux taux de 6 % d'emploi de travailleurs handicapés. Certes une bonne nouvelle pour l'emploi direct (peut-être ?) mais pourquoi cela doit-il se faire au mépris de toute une frange de travailleurs qui, pour la plupart, n'ont pas les capacités à accéder au milieu ordinaire quels que soient les aménagements effectués ?

Esat, responsables de la non-inclusion ?

Dans ce contexte, le secteur s'interroge : « Une inclusion sans emploi pour les travailleurs handicapés ? ». Pour Andicat, qui représente 90 % des Esat, cette réforme de l'OETH « ne reconnaît pas le rôle des structures spécialisées dans la mise en œuvre d'un droit au travail et à la citoyenneté sociale ». Elle considère que cette façon de présenter les choses est biaisée. Cette réforme « suppose que (…) l'entreprise recrutera 'tout naturellement', avec des contrats directs, les travailleurs handicapés ». Et de questionner : « Les Esat et les EA seraient donc les responsables de la non-inclusion en milieu dit ordinaire ? ».

Renflouer les caisses de l'Agefiph

L'association rappelle que de nombreux dispositifs européens font, dans les pays comparables à la France, une place importante au travail protégé dans les politiques d'emploi. Selon une étude de l'OCDE, lorsque les structures spécialisées n'existent pas, la très grande majorité des personnes handicapées mentales et psychiques n'ont pas d'activité professionnelle. Or, 93 % des travailleurs d'ESAT sont dans ce cas. Le secteur redoute que la réforme en cours ne « mette en difficulté » un certain nombre d'établissements pour lesquels l'ancien dispositif apportait une compensation (prévue dans la loi de 2005) par rapport à la concurrence d'entreprises ordinaires. « Elle mettra en danger l'emploi des personnes handicapées et n'aura pour effet que de renflouer les caisses de l'Agefiph dont l'insuffisance et l'inefficacité sont soulignées dans plusieurs rapports officiels », concluent Gérard Zribi et Dominique Clément, délégué national et président d'Andicat (articles en lien ci-dessous).

N'y-aurait-il pas dans le droit au travail la place pour des « modalités d'emploi diversifiées, fluides et complémentaires » ? Pour faire valoir les atouts du secteur, Andicat réclame une concertation rapide avec les principales associations et fédérations concernées.

 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

19 septembre 2018

En Limousin, 50% des enfants autistes de moins de six ans vont être privés de prise en charge

 

En Limousin, 50% des enfants autistes de moins de six ans vont être privés de prise en charge

En Limousin, la moitié des enfants autistes de moins de six ans vont être privés de prise en charge

http://9nw5.mjt.lu

 

19 septembre 2018

Macron An I : le handicap, priorité oubliée ?

article publié dans Faire-Face

Lors de son élection en 2017, Emmanuel Macron s'était engagé à faire du handicap une priorité. Un an après, les espoirs sont déçus, voire bafoués. © Présidence de la République

Lire aussi

Le bilan de la première année du quinquennat Macron est décevant pour les personnes handicapées. Certaines mesures vont même à l’encontre de leurs besoins. Alors, heureusement que le président de la République a fait du handicap une priorité de son mandat. Sinon…

Les Français l’ont entendu sur tous les tons : le handicap sera « une priorité du quinquennat ». « Le président de la République a voulu que la politique du handicap constitue la priorité du quinquennat », a même précisé Édouard Philippe, lors du premier Comité interministériel du handicap, le 20 septembre 2017.

De quoi susciter beaucoup d’espoirs. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la tête du pays, les attentes sont globalement déçues. Voire bafouées.

Emmanuel Macron au tennis-fauteuilEmmanuel Macron a joué au tennis-fauteuil, en juin 2017, pour soutenir la candidature de Paris aux Jeux olympiques 2024.

Ressources : une hausse, oui…

C’est le nerf de la guerre pour les personnes dont le handicap restreint les possibilités de travailler. Plus d’un million touchent l’allocation adulte handicapé (AAH). Et près d’un million perçoivent une pension d’invalidité.

Emmanuel Macron s’était engagé, durant la campagne présidentielle, à faire passer l’allocation adulte handicapé, de 810 € à « au-delà de 900 € ». La promesse sera tenue. Un plan de revalorisation a été annoncé : le montant sera porté à 860 €, en novembre 2018, puis à 900 € un an plus tard. Les traditionnels coups de pouce annuels, calés sur l’inflation de l’année précédente, permettront effectivement de dépasser la barre des 900 € d’ici la fin du quinquennat.

… mais pas pour tous

Mais tous les allocataires ne bénéficieront pas d’un gain de pouvoir d’achat de 90 €. Car cette augmentation s’accompagne de deux mesures qui en restreignent la portée. Pour les quelque 250 000 allocataires de l’AAH en couple, notamment. Le plafond de ressources ouvrant droit à l’AAH pour les personnes mariées, concubines ou pacsées va en effet être gelé. Mécaniquement, 20 000 d’entre elles verront donc le montant de leur AAH inchangé. Et 80 000 ne bénéficieront que d’une revalorisation partielle.

De plus, les deux allocations complémentaires à l’AAH vont être fusionnées. 65 000 personnes, les plus sévèrement handicapées, bénéficient, sous conditions, du complément de ressources (179,31 €) ou de la majoration pour la vie autonome (104,77 €). En 2019, seule devrait subsister la moins élevée des deux. Soit une perte de 75 €.

Le gouvernement a certes assuré que les actuels bénéficiaires du complément de ressources continueront à le percevoir. Mais jusqu’à quand ? Et il n’y aura plus de nouveaux entrants.

Quant aux pensions d’invalidité, elles n’ont augmenté que d’1 % en avril. Un gain minime plus qu’absorbé par la hausse de la CSG – +1,7 point – pour les pensionnés y étant soumis.

 

Les associations de personnes handicapées demandent au gouvernement « d’abandonner toute notion de quota de logements accessibles ».

Accessibilité : dynamitage en vue

Difficile de faire pire. La seule mesure envisagée par le gouvernement sur ce dossier aboutirait à faire reculer l’accessibilité. Des logements en l’occurrence. Le projet de loi Élan prévoit d’abaisser de 100 % à 10 % la part de logements accessibles aux personnes handicapées dans les immeubles neufs. Les autres 90% devront simplement être évolutifs. C’est-à-dire qu’ils pourront être rendus accessibles en déplaçant une cloison, par exemple.

Objectif affiché : contribuer à faire baisser le prix de la construction. Contestable pour certains experts. Et surtout inacceptable pour les associations de personnes handicapées. Elles demandent le retrait de cet article. « Les dispositions actuelles du projet de loi remettent en cause le principe d’accessibilité universelle (…) inscrit dans la loi », estime d’ailleurs le Défenseur des droits.

 

École : faire mieux plus vite

Pas encore les félicitations, mais au moins les encouragements. Malgré les promesses, la rentrée a connu son lot de ratés : tous les enfants dont le besoin d’assistance avait été reconnu par la Maison départementale des personnes handicapées n’avaient pas leur auxiliaire de vie scolaire (AVS) début septembre 2017. Mais, tant que l’accompagnement des élèves en situation de handicap reposera sur des contrats aidés, il continuera à y avoir des milliers d’enfants sans AVS le jour J.

La transformation de ces 50 000 contrats précaires en emplois durables avait été engagée sous le mandat de François Hollande. Le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé d’accélérer franchement le mouvement, avec 11 000 créations de postes au lieu des 6 400 programmés.

 

Emploi : des premières mesures insuffisantes

Le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap continue de battre des records. Pôle Emploi en comptait plus de 510 000 en décembre 2017. En un an, leur nombre a augmenté deux fois plus vite que celui de l’ensemble des chômeurs.

Le gouvernement a engagé une réforme de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Le quota de 6 %, applicable dans tous les établissements d’au moins 20 salariés, demeure. Mais le dispositif réglementaire va être simplifié. Cela ne suffira toutefois pas à inverser la tendance. D’autres mesures sont nécessaires et attendues. Notamment pour pérenniser les ressources, en chute libre, des fonds chargés de l’insertion des personnes handicapées.

 

 

 

 

Sophie Cluzel : « Il faut arrêter de financer, par exemple, des murs qui coûtent très cher et financer des services d’accompagnement. »

Compensation du handicap : cruciale mais oubliée

C’est la grande absente de cette première année de mandat. Pas un mot, ou si peu, sur la compensation du handicap. Pour vivre de manière autonome à domicile, de nombreuses personnes handicapées ont besoin d’aide humaine, d’aides techniques, etc. Près de 300 000 perçoivent ainsi une prestation de compensation du handicap. Mais cette PCH est loin de couvrir l’intégralité de leurs besoins. Or, aucune mesure corrective n’a été mise en œuvre ou n’est même envisagée. « Les droits accordés par les Maisons départementales des personnes handicapées ont tendance à diminuer », a même souligné le Défenseur des droits, dans un entretien accordé à Faire-face.fr.

En revanche, Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, s’est montrée plus prolixe sur la nécessité de faire évoluer l’offre médico-sociale. Elle veut moins d’établissements dans lesquels les résidents vivent à l’écart de la société et davantage de services qui les aident à vivre au milieu des autres. Un objectif louable. Mais il n’est réalisable que si les moyens dédiés à la compensation augmentent. Le prix du respect des droits humains.

18 septembre 2018

Son combat pour l’autisme l’amène à l’Assemblée nationale

article publié dans Le Dauphiné

Marie Rabatel [au centre] avait notamment été invitée à l’Élysée,  en juillet 2017, pour le lancement de la concertation du 4 e plan national autisme. Elle était avec Magali Pignard, cofondatrice (avec la Nord-Iséroise) de l’association francophone de femmes autistes. Elles avaient rencontré Brigitte Macron, Première dame de France.  Photo DR Marie Rabatel [au centre] avait notamment été invitée à l’Élysée, en juillet 2017, pour le lancement de la concertation du 4 e plan national autisme. Elle était avec Magali Pignard, cofondatrice (avec la Nord-Iséroise) de l’association francophone de femmes autistes. Elles avaient rencontré Brigitte Macron, Première dame de France. Photo DR


Nouvelles étapes pour Marie Rabatel dans son combat pour les personnes autistes. Avec deux rendez-vous pour « tenter de faire bouger les choses pour les autistes et les handicapés ».

Cette habitante de Saint-André-le-Gaz, atteinte du syndrome d’Asperger, est attendue aujourd’hui à Paris, à la direction du ministère des Solidarités et la Santé. À 43 ans, celle qui est aussi présidente de l’Association francophone de femmes autistes (Affa), fait partie d’un groupe de travail de la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des humains).

« Le but de cette réunion est d’élaborer des outils, à destination des professionnels qui peuvent être en charge ou en contact avec des personnes handicapées victimes de violences », détaille-t-elle. Cela peut concerner, par exemple, des maîtresses de maison, des éducateurs dans un foyer, etc.

« Des victimes souvent mises de côté quand elles sont autistes »

« Il faut sensibiliser ces personnes pour poser les bonnes questions et accompagner les victimes qui, souvent, sont mises de côté quand elles sont autistes. Les premiers mots sont importants. »

Demain, c’est à l’Assemblée nationale – une première pour elle – que Marie Rabatel est attendue, aux côtés de Valérie Duez-Ruff, une avocate du barreau de Paris. Elle aussi est autiste. Toutes deux sont invitées par Marie-Pierre Rixain, entre autres présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, dans le cadre des Mercredis de l’égalité. Pendant ce petit-déjeuner/débat, les questions tourneront autour de sujets relatifs aux droits des femmes et à l’égalité hommes/femmes. « Une femme autiste Asperger peut faire carrière et rencontrer de grandes difficultés dans la société pour trouver sa place ou un travail. Mais il n’y a pas que les autistes Asperger concernées, toutes les femmes le sont. »

18 septembre 2018

Accessibilité des handicapés : les députés proposent un label pour les entreprises vertueuses

09h51, le 15 septembre 2018

Accessibilité des handicapés : les députés proposent un label pour les entreprises vertueuses
Les députés ont proposer de créer un label pour les entreprises qui ont une politique vertueuse envers les personnes handicapées@ SEBASTIEN BOZON / AFP

Les députés ont proposé vendredi la création d'un label, destiné aux entreprises, ayant pour base une norme AFNOR qui contient 62 recommandations pour améliorer l'accessibilité et l'inclusion des personnes handicapées.

Les députés ont proposé vendredi un label pour les entreprises ayant mis en place une politique d'accessibilité et d'inclusion des personnes handicapées, via un amendement au projet de loi Pacte.

Un label basé sur la norme AFNOR. Un amendement LREM, porté par le député des Hauts-de-Seine Adrien Taquet et adopté en commission spéciale, prévoit la mise en place d'un tel label, les modalités d'application de la disposition étant renvoyées à un décret. Les auteurs de l'amendement prônent la mise en place d'un label ayant pour base une norme AFNOR qui contient "62 recommandations qui balayent l'ensemble des problématiques liées au handicap comme le recrutement des personnes handicapées, l'aménagement du poste de travail, l'évolution de carrière ou encore l'accessibilité des locaux".

"Être handicapé en France "cela signifie avoir trois fois moins de chances d'être en emploi"

Plus de difficultés à trouver un emploi. Ils rappellent qu'être handicapé en France "cela signifie avoir trois fois moins de chances d'être en emploi, deux fois plus de chance d'être au chômage et de subir une durée de recherche d'emploi supérieur d'au moins un an".  Actuellement plus de 500.000 travailleurs handicapés sont en recherche d'emploi et le taux de chômage des personnes handicapées est de 19%. Le projet de loi Pacte sera examiné dans l'hémicycle à compter du 25 septembre.

17 septembre 2018

Vers la certification des services et établissements accompagnant les personnes autistes

17 septembre 2018

La démarche « Une réponse accompagnée pour tous » au 1er janvier 2018

Publié le : 02 janvier 2018-Mis à jour le : 23 mai 2018

Depuis 2015, l’ensemble des territoires s’est engagé progressivement dans la démarche « Une réponse accompagnée pour tous ». Au cœur de la démarche, le droit pour les personnes de demander l’élaboration d’un plan d’accompagnement global (PAG), introduit par l’article 89 de la loi de modernisation de notre système de santé, entre pleinement en vigueur au 1er janvier 2018.

L’engagement des territoires dans la démarche « Une réponse accompagnée pour tous » est porté en particulier par les MDPH, les conseils départementaux, les agences régionales de santé et les représentants de l’Éducation nationale. La conduite de la démarche impulse de nouvelles façons de travailler entre acteurs institutionnels, mais surtout avec les personnes en situation de handicap et leur entourage.

Au cœur de la démarche, un droit nouveau introduit par l’article 89 de la loi de modernisation de notre système de santé entre pleinement en vigueur au 1er janvier 2018. Il s’agit du droit pour les personnes de demander l’élaboration d’un plan d’accompagnement global (PAG) dès lors que la décision prise en CDAPH ne peut se concrétiser de manière satisfaisante. L’élaboration de plan d’accompagnement global peut également être proposée par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH en charge de l’évaluation de la situation et des besoins de la personne.

C’est une étape importante pour les droits des personnes en situation de handicap. Il ne s’agit pas pour la personne de prétendre à une prestation nouvelle parmi d’autres prestations, mais de susciter un accompagnement permettant la co-construction d’une réponse réaliste et adaptée à sa situation.

En effet, toute demande de plan d’accompagnement global (PAG) ne donnera pas forcément lieu à la signature d’un PAG si une réponse accompagnée peut être proposée sans cette formalisation.

L’enjeu est en effet d’apporter une réponse accompagnée véritablement élaborée avec la personne et son entourage. 

Pour répondre à cet objectif, les MDPH doivent notamment faire évoluer leurs pratiques d’évaluation en équipe pluridisciplinaire de manière à ce qu’elles permettent :

  • la prise en compte du projet de vie (souhaits et possibilités de chacun) ;
  • la centralisation des informations nécessaires à la description des situations et à l’évaluation des besoins ;
  • une orientation adaptée vers une solution mobilisable rapidement ;
  • l’implication des personnes tout au long du processus.

C’est le dispositif d’orientation permanent.

La démarche « Une réponse accompagnée pour tous » implique un important travail de concertation pour permettre la mobilisation, mais aussi l’évolution des réponses proposées à l’échelle du département et de la région, notamment par le développement de réponses modulaires. Ces objectifs de diversification et de modularité sont portés par les programmes régionaux de santé que pilotent les agences régionales de santé, mais aussi par les schémas départementaux de l’autonomie ou des solidarités des conseils départementaux. Ils peuvent être déclinés dans les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) passés avec les établissements et services médico-sociaux. Ils trouvent également un appui dans l’action menée par les représentants de l’Éducation nationale au sein des groupes techniques départementaux, par exemple en matière d’accompagnement à la scolarisation en milieu dit ordinaire ou en établissement médico-social.

La démarche « réponse accompagnée pour tous » est par ailleurs renforcée par la mise en place de nouveaux outils, en particulier les systèmes d’information de suivi des orientations permettant de connaître en temps réel les capacités et les modalités d’accueil et d’accompagnement disponibles sur les territoires et leurs éventuelles spécificités en termes de ressources.

Le projet « Une réponse accompagnée pour tous » est une mise en mouvement progressive et concertée de l’ensemble des acteurs d’un territoire. Elle se généralise ainsi dans une dynamique de co-responsabilité des acteurs afin d’être au rendez-vous de la réponse aux situations sans solution.  

Documents à télécharger

Rapport de capitalisation. Déployer la démarche « Une réponse accompagnée pour tous » ( PDF, 3.67 Mo )

Mémo n° 30 - L’action de la CNSA dans le cadre de la démarche « Une réponse accompagnée pour tous » - mai 2018 ( PDF, 306.65 Ko )
16 septembre 2018

Un dispositif pilote pour les jeunes autistes

Agathe Simeon et son fils Paul, lundi matin, à l'école élémentaire Pierre-Menanteau.
Agathe Simeon et son fils Paul, lundi matin, à l'école élémentaire Pierre-Menanteau. | 

 

Depuis la rentrée, l'école élémentaire Pierre-Menanteau accueille une « classe » d'autorégulation pour les autistes. Un dispositif unique dans les Pays de la Loire.

L'initiative

Il est 8 h 30, ce lundi matin. Suzanne Trepté dépose son fils James à l'école. Il y a quelques jours, ce petit garçon, âgé de 9 ans et autiste, a fait sa rentrée, en CE1. Un scénario inespéré pour sa mère. Déscolarisé en avril 2017, James a ensuite suivi durant quelques mois des cours à la maison.

Une solution de repli, faute de mieux. « Il a besoin d'avoir des copains, comme tous les enfants de son âge. Depuis qu'il est à Pierre-Menanteau, il est heureux de venir en classe », explique cette trentenaire, présidente de l'association Autistes sans frontières Vendée.

Un soulagement partagé par Agathe Simeon, 34 ans. Son fils, Paul, 6 ans et demi, est également autiste et élève dans l'établissement. « Avant, il avait une assistante de vie scolaire (AVS). Mais il a fini par se sentir stigmatisé et par refuser d'aller en cours ». Des jours sombres, qui font désormais partie du passé. « Aujourd'hui, il parle à tout le monde de sa nouvelle école. »

Une inclusion totale

Depuis la rentrée scolaire, l'école élémentaire publique dompierroise a été choisie pour accueillir un dispositif peu répandu dans le pays et unique dans la région (voir ci-dessous). L'idée ? Apporter une solution aux familles, pour qui réussir à scolariser un enfant autiste relève trop souvent du casse-tête.

« Dans la plupart des Ulis (Unités localisées pour l'inclusion scolaire), les écoliers ne suivent les cours avec leurs camarades que pour certaines matières, comme la musique et le dessin. L'inclusion n'est pas totale », observe Bruno Lezeau, directeur adjoint du SESSAD (Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) de l'AREAMS, l'Association ressources pour l'accompagnement médico-social et social, qui pilote le système.

Autre possibilité : faire appel à une AVS. « Mais il faut avoir une notification de la Maison départementale des personnes handicapées, et trouver une personne formée. Il existe aussi un risque de dépendance, à terme, par rapport à l'adulte. »

Dix enfants en 2021

L'autorégulation constitue désormais une troisième piste, en Vendée. « Le but, c'est de permettre à l'enfant de suivre la totalité des matières, au sein d'une classe normale, en adéquation avec son âge. Lorsqu'il a du mal à comprendre ou que son comportement pose souci, il peut se mettre à l'écart au sein d'un petit groupe », précise Bruno Lezeau. Une parenthèse et un « sas émotionnel », qui lui permet d'apprendre à gérer au mieux ses crises et son stress.

Une enseignante, une éducatrice spécialisée, une psychomotricienne et une psychologue interviennent également au sein de l'établissement. « Leur lieu de travail, c'est l'école, ce qui favorise les échanges et évite les déplacements aux enfants. »

Trois jeunes autistes bénéficient aujourd'hui du dispositif, en CE1 et CM2, à Dompierre. La formule devrait bientôt être mise en place, à l'école primaire Rémondet, à Chantonnay. « L'idée, c'est d'accueillir dix élèves du CP au CM2 à Pierre-Menanteau, d'ici la rentrée 2021. On espère également que l'initiative fera tache d'huile, dans d'autres élémentaires, et au collège et lycée. »

15 septembre 2018

VIDEO. Quand l'école prend soin de Paul, un enfant autiste de 9 ans

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Mis à jour le 15/09/2018 | 07:11 – publié le 14/09/2018 | 12:27

Paul, 9 ans, autiste et malentendant, fait chaque jour des progrès au sein de sa classe. Il est encouragé au quotidien par sa maîtresse et tous ses petits camarades attentifs et chaleureux. Extrait du reportage "La rentrée de Paul, comme les autres" diffusé dans "13h15 le samedi" du 15 septembre 2018, après le journal de 13 heures sur France 2. 

Le magazine "13h15 le samedi" (Facebook, Twitter, #13h15) a suivi Paul, autiste et malentendant, dans sa classe de CE1. L'enfant avance et tous ses camarades de classe participent à ses progrès. Ce jour-là, l'exercice demandé consiste à acheter "pour de faux" des bonbons à ses petits congénères.

Le jeu s'engage entre les enfants très présents et attentifs au cours de cette activité éducative pour apprendre à calculer. Paul parvient à acheter une friandise : "Tu vois, c'est simple. On peut te dire bravo", le félicite un copain sous les applaudissements de la classe. L'exercice une fois terminé, la maîtresse réunit tous les enfants, assis par terre en face de Paul.

C'est Paul qui fait la lecture à la classe

"On t'écoute… et tu fais fort. Attention, tu mets bien le ton. Allez, à toi", lui demande-t-elle en montrant un petit livre illustré. Un rituel a en effet été instauré : c'est Paul qui fait la lecture à la classe. Très appliqué et concentré, Paul commence à parler, soutenu par la maîtresse qui l'encourage dans l'énonciation de ses phrases.

Le petit garçon se lance d'un coup : "Oh non, mon camion préféré ! Attends, je vais le réparer. Et toi, gros nul, disparais ! Tu as intérêt de te faire tout petit." Paul salue debout, sous les bravos de la petite assemblée. Le petit garçon de 9 ans a fait sa rentrée des classes la semaine dernière en CE2, à l’école publique de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.

Extrait du reportage "La rentrée de Paul, comme les autres" diffusé dans "13h15 le samedi" du 15 septembre 2018, après le journal de 13 heures sur France 2. 

14 septembre 2018

Stratégie pauvreté Macron : et pour le handicap ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : 8,5 milliards d'euros pour "Faire plus pour ceux qui ont moins". Emmanuel Macron a dévoilé le 13 septembre 2018 sa stratégie contre la pauvreté. Quel impact pour les personnes handicapées ? Quelques mesures, qui avaient déjà été annoncées.

Par , le 13-09-2018

Le 13 septembre 2018, c'est que sein du Musée de l'Homme à Paris qu'Emmanuel Macron a présenté la stratégie relative à la prévention et à la lutte contre la pauvreté (dossier de presse complet en lien ci-dessous). Derrière le chef de l'Etat, un slogan : « Faire plus pour ceux qui ont moins ». 8,5 milliards d'euros répartis sur quatre ans pour les 8,8 millions de personnes touchées par la pauvreté en France (1 000 euros par personne) seront ainsi dédiés à cette stratégie qui concerne, évidemment, également les personnes en situation de handicap « pour qui la précarité est une réalité », de l'aveu même du secrétariat d'Etat au handicap.

Sous le seuil de pauvreté

Rappelons en effet qu'un million de bénéficiaires de l'AAH vivent avec 819 euros par mois (montant au 1e avril 2018) alors que le seuil de pauvreté est, pour cette même année, fixé à 1 026 euros en France pour une personne seule. Il y a aussi les pensionnés d'invalidité, les contrats professionnels précaires, et bien d'autres… La moitié des personnes handicapées ont un niveau de vie inférieur à 1 540 euros par mois, soit près de 200 euros de moins qu'une personne valide. Plus le handicap est sévère, plus le revenu est faible et le niveau de pauvreté élevé. Le handicap constitue donc manifestement un facteur d'exclusion, pour les personnes concernées mais aussi pour les aidants.

Des aidants fragilisés

Pour ce public, le constat est en effet amer. Les chiffres d'une enquête menée par l'ARS (Agence régionale de santé) Limousin en 2015 auprès de 761 familles percevant l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé sont sans appel : 2/3 des mères d'enfant en situation de handicap arrêtent, réduisent ou aménagent leur temps de travail et 20% des pères modifient leur rythme de travail. La présence d'un enfant en situation de handicap fragilise le couple et expose plus fréquemment la famille à un risque de monoparentalité : entre 25 et 50% de plus de familles monoparentales que pour la population générale. Dans 50% des cas, le handicap est cité comme l'un des facteurs de séparation : certain pour 36%, déterminant pour 16%, aggravant pour 20%. Le « sentiment » (n'est-pas plutôt une réalité ?) d'isolement et d'effacement de soi-même génère des besoins immatériels : aide dans les démarches, lieux d'écoute dans un monde institutionnel très cloisonné dont ils ignorent tout avant l'arrivée du handicap. Quant aux bénéficiaires de l'AAH, ils sont très majoritairement isolés et sans enfant à plus de 70%.

Le handicap concerné

Selon le cabinet de Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat au handicap, cette nouvelle « stratégie pauvreté, investissement social global, prend notamment en compte la situation particulière des personnes en situation de handicap ». Le gouvernement entend présenter une « stratégie de long terme et des mesures très concrètes » qui seront mises en place dès 2019, autour de trois grands axes : investir dans la petite enfance, « pour que les enfants pauvres d'aujourd'hui ne soient pas les adultes pauvres de demain », renforcer l'accompagnement des jeunes sans solution et simplifier le système des prestations sociales pour lutter contre le non-recours et inciter davantage à la reprise d'activité.

Revalorisation AAH : déjà acté

En matière de handicap, quoi de neuf ? Des mesures concrètes ont déjà été prises, notamment la revalorisation de l'AAH conformément à l'engagement présidentiel. Elle sera réévaluée de 80 euros en deux temps : d'abord 860 euros au 1er novembre prochain, puis 900 euros au 1er novembre 2019. Mais cette décision a déjà été entérinée lors du Comité interministériel du handicap il y a tout juste un an, en septembre 2017.

Un bonus handicap pour les crèches

Décision également déjà annoncée en juillet 2018, dans le cadre de « l'investissement dans la petite enfance », la convention CNAF-État 2018-2022 prévoit un « bonus handicap » de 1 300 euros par place et par an pour tenir compte des surcoûts liés à l'accueil en crèche d'enfants handicapés (article en lien ci-dessous). « L'accès à un mode de garde collectif favorise en effet le développement social de l'enfant, son éveil et son autonomie, affirme l'Unicef dans un communiqué ; il constitue pour les parents un appui, favorisant les démarches d'accès aux droits ou de recherche d'emploi ». Mais les réactions ne se sont pas fait attendre. Tanguy Desandre, président de maplaceencrèche, estime que les mesures prises concernant la petite enfance sont une « tromperie ». « Apporter un soutien aux crèches qui accueillent davantage d'enfants de familles défavorisées ou en situation de handicap est insuffisant tant que le besoin de places en crèches ne sera pas comblé, précise-t-il. Aujourd'hui, la France compte 436 000 places de crèches pour 2,4 millions d'enfants de moins de 3 ans. L'objectif de la stratégie de lutte contre la pauvreté ne règlera pas le problème à l'échelle nationale. Au cours des 5 dernières années, à peine 80 000 places ont été créées et seulement 30 000 le seront dans les quatre prochaines. »

Un contrôle bucco-dentaire systématique

Par ailleurs, avec l'extension du programme M'T Dents, les enfants handicapés bénéficieront d'un contrôle buccodentaire systématique à leur entrée dans un établissement spécialisé.

L'ACS intégrée à la CMU-C

L'intégration de l'ACS (aide complémentaire pour permettre l'acquisition d'une mutuelle santé) dans la CMU-c (Couverture maladie universelle complémentaire) devrait également être favorable aux personnes handicapées très modestes, en particulier bénéficiaires de l'AAH ( qui peuvent bénéficier de l'ACS mais pas la CMU) ; elles se verront désormais ouvrir le droit à une prise en charge intégrale des dispositifs médicaux d'ores et déjà pris en charge dans le cadre de l'actuelle CMU-c (fauteuils roulants, sondes, pansements par exemple), alors qu'ils ne sont pas intégralement couverts par l'ACS aujourd'hui (article en lien ci-dessous).

600 appartements de coordination thérapeutiques

En outre, l'ONDAM médico-spécifique augmentera de +25% permettant notamment de financer 600 appartements de coordination thérapeutiques (ACT) supplémentaires en 2020 et 2021 : c'est la possibilité de disposer de solutions diversifiées, mêlant accès au logement et accès aux soins pour des personnes cumulant une situation d'exclusion et une lourde maladie invalidante ou handicapante.

D'autres mesures transversales

Il faut également souligner d'autres mesures « transversales » qui seront « particulièrement impactantes » pour les personnes en situation de handicap, selon le secrétariat d'Etat. Et de citer l'abaissement de la scolarité obligatoire à 3 ans favorable pour les tout-petits en situation de handicap (prévention des refus de scolarisation) ou encore la nouvelle obligation de formation jusqu'à 18 ans, associant les services de l'Etat et les collectivités, pour qu'aucun jeune ne se retrouve sans emploi, ni formation, qui permettra de s'assurer de la continuité de formation pour les 16-18 en situation de handicap particulièrement concernés par les ruptures de parcours à la sortie de la scolarité obligatoire. A l'identique, le secrétariat d'Etat mentionne la mobilisation renforcée de l'Etat pour accompagner les jeunes qui bénéficient de l'ASE (Aide sociale à l'enfance), afin qu'ils ne se retrouvent pas sans solution à l'âge de 18 ans, qui va bénéficier à des publics particulièrement fragiles, pour lequel la prévalence du handicap est plus grande que pour la population générale.

En vigueur le 1er janvier 2019

Selon l'Unicef, la lutte contre la pauvreté et les inégalités doit aussi « passer par l'école » : une meilleure formation des professeurs et personnels de l'éducation aux enjeux de la pauvreté, la réduction du non-recours aux aides scolaires (bourses, fonds sociaux) et l'accompagnement des parents en situation de fragilité doivent être renforcés. Cependant, selon cette ONG, cette stratégie « peine à s'inscrire dans une vision globale, en proposant plusieurs mesures ponctuelles, de caractère uniquement incitatif dans un contexte de forte tension entre les départements et l'Etat, et qui seront déployées sur un nombre limité de territoires, autant de facteurs qui vont nécessiter une vigilance particulière dans la phase de mise en œuvre des mesures prévues ». Elle doit entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Les réactions des associations du champ du handicap sont maintenant attendues…

© Twitter Sophie Cluzel


 

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Sur le web

Dossier de presse Stratégie pauvreté

13 septembre 2018

Rentrée sous tension pour des milliers d'élèves handicapés

article publié sur handicap.fr

Résumé : "Les mardis et jeudis, qui va leur couper la viande ?"A la rentrée, des centaines voire des milliers d'enfants handicapés ne sont pas accueillis correctement à l'école selon des associations de parents en colère que le gouvernement tente de rassurer.

Par , le 10-09-2018

Par Jessica Lopez, Arnaud Bouvier

Les difficultés surviennent quand les élèves "n'ont pas eu d'accompagnement adapté en cette rentrée, qu'ils ne bénéficient que de quelques heures hebdomadaires de scolarisation, ou qu'ils sont placés sur les interminables listes d'attente des établissements spécialisés", dénonce l'Unapei, qui regroupe des parents d'enfants porteurs d'un handicap mental.

1 400 cas toujours bloqués

Marie, 6 ans et polyhandicapée, doit en principe quitter bientôt la crèche pour intégrer un institut médico-éducatif (IME), mais n'a pas obtenu de place, comme environ 500 enfants sur liste d'attente dans son département de Loire-Atlantique. "Je n'ai aucune solution. Je vais devoir rester à la maison avec elle", enrage sa mère, Louise Compain. "Je ne comprends pas qu'on soit confronté à des problématiques comme ça dans un pays comme la France".  "A la date du 6 septembre, on nous avait signalé les cas d'environ 1 400 enfants dont la situation était toujours bloquée", a indiqué à l'AFP Jean-Louis Garcia, président de la Fédération APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés). Il évoque des cas où les accompagnants promis "se désistent au dernier moment", ou dont le contrat "n'a pas été signé à temps".

La douche froide

Des familles considèrent insuffisant l'accompagnement octroyé à leur enfant. C'est le cas d'Angélique, 39 ans, dont les jumeaux Gabriel et Raphaël, tous deux autistes, viennent de rentrer en CE2 dans une école rurale du Cantal. Le jour de la rentrée, c'était "la douche froide" pour leur maman : "On a appris par leur accompagnante qu'elle ne pourrait être avec eux que 12 heures par semaine", alors que l'an dernier elle était présente à temps plein. "Les mardis et jeudis, qui va leur couper la viande ? Qui va les aider à se concentrer ? Leur dire d'aller faire pipi car ils n'y pensent pas ?", s'alarme la mère, "en colère". Angélique a appelé la ligne téléphonique non-surtaxée (0800 730 123) mise en place par le gouvernement pour recenser les situations problématiques, mais "attend toujours qu'ils rappellent". "Nous n'avons pas beaucoup d'espoir, on sait bien qu'on va nous répondre qu'ils ne peuvent pas recruter".

Quelques tensions

Cette ligne a reçu quasiment deux fois moins d'appel en ces premiers jours de rentrée que l'an dernier à la même époque, se sont félicités dans un communiqué la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel et le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. Mme Cluzel affirme y voir le signe que le gouvernement "répond au mieux aux besoins" des 341 500 enfants handicapés scolarisés cette année, dont 175 000 qui ont besoin d'un accompagnement. "J'entends les attentes et les impatiences des familles", a assuré la ministre, qui reconnaît quelques "tensions" dans le recrutement des accompagnants pendant la rentrée, mais assure que l'échéance a été "anticipée au maximum". Cette année, 3 584 postes supplémentaires d'accompagnants d'enfant en situation de handicap (AESH) en équivalent temps-plein ont été créés, et au total quelque 110 000 accompagnants - certains à temps partiel, mutualisés entre plusieurs élèves - sont prévus dans les établissements.

Un problème tout au long de l'année

Malgré tout, les difficultés d'accès à l'école sont "dans les mêmes proportions que l'an dernier", voire même "se sont encore accrues un peu", indique à l'AFP Marion Aubry, vice-présidente de l'association TouPI, qui défend les droits des personnes handicapées. Sur la page Facebook de l'association, sur les 1 591 parents ayant pris part à une consultation, 539 parents ont déclaré que l'accompagnant promis n'était pas présent le jour J, et parmi eux, 99 ont précisé que cela avait "empêché leur enfant d'aller à l'école". Si ces chiffres ne sont pas "statistiquement représentatifs", ils "donnent une idée des manques, partout en France", déplore Mme Aubry, pour qui le manque d'accompagnants ne se pose d'ailleurs pas qu'à la rentrée, mais "toute l'année".

 

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13 septembre 2018

Parent d'enfant handicapé : que faire devant un signalement abusif ?

article publié sur hizy

Face au comportement d’un jeune autiste ou TDAH, l’incompréhension de l’école ou d’un professionnel peut amener à la suspicion de maltraitance de la part des parents sur leur enfant, avec ouverture d’une information préoccupante ou signalement abusif à la clé. Le début d’un chemin long et douloureux pour prouver sa non-culpabilité.

Signalement abusif : quand l’éducation est remise en cause

« Une fois que l’information préoccupante est ouverte, la machine infernale est lancée », explique Myriam, maman de trois enfants TDAH, dont deux victimes de signalement abusif aux services sociaux en primaire.  Même cas de figure pour Cathy, maman de Théo, autiste Asperger : « mon fils n’était pas encore diagnostiqué… ça été un vrai choc d’apprendre qu’il était considéré comme dangereux à l’école primaire. Et cela s’est répété lors d’un déménagement. Le Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) a ouvert une information préoccupante, en expliquant que le comportement de mon enfant handicapé était le fait d’un conflit parental ». Avec le début de l’enquête, deux grandes difficultés apparaissent pour les parents : la mécompréhension du comportement d'un enfant TDAH ou autiste et l’intrusion dans la vie familiale. « C’était un moment horrible où notre vie et l’éducation de nos enfants sont remises en question » raconte Myriam. L’enquête dure souvent plusieurs mois et débouche ensuite soit sur :

  • un non-lieu,
  • une AEMO (Action éducative en milieu ouvert),
  • un signalement au juge des enfants.

Les parents, présumés coupables de maltraitance

Les parents d’un enfant handicapé sont rarement préparés à un signalement abusif. Et ceux qui témoignent insistent sur l’importance de se « blinder » moralement. Certains mots font tellement mal… S’entourer de bons professionnels de santé est indispensable pour la crédibilité. « Il vaut mieux dire : «  le médecin spécialiste explique que le comportement de mon enfant est dû à… » plutôt que « mon enfant est TDAH », explique Olivier Revol, chef du service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent aux Hospices Civils de Lyon. Parfois, les propos très durs émanent de médecins eux-mêmes, faisant preuve de la maltraitance médicale selon Martin Winckler. En cas de mauvaise relation avec des professionnels de santé, et dans la mesure du possible, mieux vaut en changer.

Dialoguer avec l’école et les services sociaux : une clé fragile

Cathy et Myriam ont toutes les deux toujours beaucoup dialogué avec les enseignants de leur enfant lors du signalement abusif, mais cela n’a pas suffi. « Lors du passage chez le juge, même lui ne savait pas réellement ce qu’était l’autisme. C’est là que l’avocat est indispensable pour argumenter, poser les bonnes questions et démontrer qu’il est impossible de reprocher à un enfant handicapé de l’être, sans tomber dans la discrimination… », explique Cathy. Il faut aussi penser à signaler les éléments qui ont évolué depuis l’ouverture du signalement abusif aux services sociaux, comme le début de tel traitement, etc.

Comment protéger son enfant handicapé d’un signalement abusif ?

L’impact d’un signalement abusif sur l’enfant n’est pas négligeable. « Ces enfants sont souvent des « sentinelles », ils voient le danger avant tout le monde », explique fréquemment Olivier Revol. Il semble donc important de dialoguer avec son enfant handicapé, d’autant plus que des visites au domicile sont souvent programmées. Le tout, sans apporter une pression supplémentaire. « C’était difficile pour Théo, déjà victime de maltraitance scolaire en primaire, puis au collège. Comme si mon enfant subissait les doubles conséquences de son handicap », raconte Cathy.

S’entourer de proches suite à un signalement de maltraitance

Les deux mamans ont aussi dû protéger leurs enfants de ceux qui le considèrent comme fou ou mal éduqué. Le regard des proches ou d’autres parents d’élèves change souvent brutalement lorsqu’on est « sous le coup d’une information préoccupante », décrit Myriam. Mais il faut continuer à s’entourer, même si le cercle devient plus restreint. Sans oublier les réseaux sociaux, comme l’explique Cathy : « j’ai trouvé dans les groupes Facebook de la bienveillance et des conseils précieux : sur l’assistance juridique pour les frais de défense, sur les associations, sur les professionnels spécialistes en région ».

Faire face à la phobie scolaire suite au signalement des parents

Les enfants dont les parents sont désignés comme « mauvais » se sentent souvent trahis. La fille de Myriam a ainsi développé une phobie scolaire. « Elle avait très bien compris que sa maitresse d’école avait émis des soupçons, et cela l’a traumatisé. La rupture de confiance nous a obligé à la changer d’école en urgence. Parfois, elle me confiait avoir peur qu’un jour je ne sois pas à la sortie de l’école pour l’attendre, à cause de la justice ». Pour affronter ces difficultés, mais aussi l’impact sur le temps, l’argent, l’énergie… pas de solution miracle, mais « la motivation de construire l’avenir et l’autonomie de mon enfant », explique Cathy.  Même regard du côté de Myriam : « notre seule arme est de maintenir la tête haute, d’essayer de ne pas trop penser au couperet et de cacher l’inquiétude à ses enfants ».

Se réparer en aidant d’autres parents victimes de signalement

Après un non-lieu, la reconstruction des deux mamans s’est faite grâce aux associations, aux réseaux sociaux et à l’aide qu’elles procurent maintenant aux autres. Leur engagement est une « façon de se réparer », raconte Myriam. Mais aussi d’éviter que cela n’arrive à d’autres en les incitant à dialoguer avec les écoles et établissements, à transmettre des fiches sur le handicap de l’enfant ou à les guider vers des spécialistes. Éviter l’engrenage d’une information préoccupante, en attendant d’autres évolutions…

Avis d’expert sur l’information préoccupante et signalement

Sophie Janois, Avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit de la santé (dont autisme/TDAH/DYS) et des établissements médico-sociaux.

J’aide régulièrement des parents victimes d’un signalement abusif. La règle n°1, c’est de répondre le plus sincèrement possible à l’enquête des services sociaux, mais sans être trop vindicatif, car cela peut être mal perçu et se retourner ensuite contre les parents. Il faut penser à adopter le principe de double réponse qui montre la nuance. À la question : « Que faites-vous quand votre enfant pleure ? », répondez par exemple, « ça dépend, soit c’est un caprice soit il a un problème et je vais chercher à l’aider ». En tant qu’avocate, je ne peux pas intervenir juridiquement au stade de l’information préoccupante. Je conseille aux parents d’enfants handicapés d’obtenir des attestations démontrant le caractère neurologique - et non éducatif - de son comportement, auprès de médecins. Si un signalement abusif est malgré tout déclenché, j’incite les parents à consulter le dossier auprès du greffier, au préalable. Pour connaitre les faits exacts reprochés et démentir certains faits. Lors du passage devant le juge, je conseille aux parents de ne pas nier la situation et de montrer ce qu’ils font pour le bien de l’enfant (dialogue avec l’école, association, consultations médicales). Et bien sûr, lorsque les parents sont séparés, il est important qu’ils se mettent d’accord au préalable et se soutiennent lors de l’audition !
12 septembre 2018

A Poses (27), une classe réservée aux enfants autistes fait sa rentrée

article publié sur France 3 Normandie

Thomas, Elyes et Cheyenne en plein jeu avec leurs accompagnants / © France 3 Normandie / Emmanuelle PartoucheThomas, Elyes et Cheyenne en plein jeu avec leurs accompagnants / © France 3 Normandie / Emmanuelle Partouche

Par Emmanuelle PartouchePublié le 11/09/2018 à 16:58

Manon, Thomas, Cheyenne et Elyes ont entre 7 et 10 ans. Tous sont réunis dans cette classe unique en France, qui a ouvert ses portes ce lundi 3 septembre.

Crée par l'association l'Oiseau bleu, cette structure est réservée aux enfants autistes avec des déficiences intellectuelles associées. Les quatre élèves éprouvent tous des difficultés à parler.

Nos équipes ont pu passer une journée dans cette classe pas comme les autres. Voyez leur reportage. 

"Dès qu'on est arrivé, les équipes m'ont parlé des capacités de Thomas, de ce qu'il savait faire. En milieu ordinaire, c'est l'inverse."

Karine Harnish, maman de Thomas, 10 ans, scolarisé en milieu ordinaire auparavant. Le garçon a eu 7 AVS en 6 ans.

A Poses (27), une classe réservée aux enfants autistes fait sa rentrée

Au delà de l'école

Structure privée, les Nids bleus - c'est le nom de la classe- n'ont pour l'heure pas de contrat avec l'Education nationale. Mais la classe est actuellement hébergée gratuitement par la municipalité de Poses (27) dans l'école communale. Elle peut accueillir jusqu'à 6 enfants.

Enseignant, éducateur spécialisé, AVS, aide médico-psychologiques... les professionnels sont nombreux aux côtés des enfants. Car l'objectif fixé va bien au-delà de l'enseignement.

Les temps pédagogiques le matin sont suivis de temps d'apprentissage pour acquérir davantage d'autonomie. Plusieurs matinées par semaine, les élèves sont aussi accompagnés par une orthophoniste et une psychologue formée à la méthode ABA. L'intérêt est d'éviter aux enfants de passer leurs journées sur les routes entre l'école et les établissements de soins.

Un financement pluriel

Le budget annuel de la classe s'élève à 110 000 euros.

Seule la communauté d'agglomération Seine-Eure, à laquelle appartient Poses, a accepté de participer au financement à hauteur de 40%. Le reste est financé par des actions de solidarité menées par l'association l'Oiseau bleu.

Pour les parents, le coût mensuel s'élève à 220 euros, cantine incluse. Un dossier peut être monté auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées pour prendre en charge une partie de ce coût.

Si le projet fonctionne, Georgio Loiseau, le président de l'association l'Oiseau bleu et le directeur des Nids bleus, espère ouvrir d'autres classes de ce type en France. Et pourquoi pas tisser davantage de lien avec l'Education nationale.
 

11 septembre 2018

Affaires sensibles sur France inter -> La bataille de l'autisme – L’histoire d’un mal français

AFFAIRES SENSIBLES

Fabrice Drouelle

mardi 11 septembre 2018

par Fabrice Drouelle

54 minutes

À chaque président sa grande cause. Après le « plan cancer » de Jacques Chirac en 2003, le « plan Alzheimer » de Nicolas Sarkozy en 2008 – Emmanuel Macron annonce en avril dernier son « plan autisme », le quatrième du nom. Invitée Julie Bertuccelli auteure d'un documentaire sur le quotidien d'un écrivain autiste.

C'est un immense défi dans un pays qui a accumulé un profond retard dans le diagnostic précoce et la prise en charge des personnes autistes. Ils seraient 700 000 dans notre pays et concernerait 1 naissance sur 160. Il était temps de se pencher sur le problème…

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’autisme est un trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales. Apparaissant avant l’âge de 3 ans, ces anomalies sont en partie génétiques, mais on soupçonne des facteurs environnementaux comme certains perturbateurs endocriniens. Il existe différentes formes et différents degrés d’autisme – le terme utilisé aujourd’hui est d’ailleurs « troubles du spectre de l’autisme » – qui se caractérisent par un isolement, une difficulté au langage et à la relation à autrui, ainsi que des comportements stéréotypés et répétitifs.

Pourtant cette définition n’a pas toujours fait consensus – loin s’en faut, et la France fait figure d’exception. Pendant des décennies, elle s’est obstinée à considérer l’autisme comme un problème psychologique, dus à une relation maternelle contrariée… Psychanalystes versus scientifiques : récit d’une bataille française aux conséquences désastreuses. 

Invitée Julie Bertuccelli 

La cinéaste Julie Bertuccelli a réalisé en 2016 Dernières nouvelles du cosmos : une immersion bouleversante dans le quotidien de Babouillec, écrivain autiste sans parole.

Reportage

A quoi ressemble le quotidien des parents d’enfants autistes aujourd’hui ?

Notre reporter Anaëlle Verzaux a passé une journée avec Noa un enfant autiste de 8 ans, et ses parents. Noa est le dernier d’une fratrie de trois enfants. Ils habitent une maison à Courtry, en Seine et Marne. Depuis la naissance de Noa, ses parents ont changé de ville, de maison, et la mère a dû arrêter de travailler.

Ressources

Biblio : 

- La cause des autistes, de Sophie Janois (éditions Payot en 2018)
- L'empereur, c'est moi, de Hugo Horiot (éditions de l'Iconoclaste en 2013, puis livre de Poche en 2015)
- Le petit prince cannibale, de Françoise Lefèvre,(éditions Actes Sud en 1990)
- Algorithme éponymeet autres textes de Babouillec, chez Rivages-Payot , 2018
- Rouge de soi,Babouillec, Rivages-Payot, 2018

Documentaires :

- Le cerveau d'Hugo, de Sophie Révil, (2012) produit par Elzévir Films et Escazal Films.
- Un autre regard sur la folie, Daniel Karlin (1975)

Programmation musicale:

SOKO : I thought I was an alien
THE BEATLES : The fool on the hill
DOMINIQUE A : Enfants de la plage

Les invités
Julie Bertuccelli

Réalisatrice, scénariste, présidente de la Scam

L'équipe
Fabrice DrouelleJournaliste
Christophe BarreyreKhoi NguyenMargaux OpinelAnaëlle VerzauxReporter
Valérie PrioletAttachée de production
Murielle PerezProgrammatrice musicale
11 septembre 2018

Sophie Cluzel : sur le handicap, "il nous faut donner ​des preuves aux familles"

article publié sur la Nouvelle République

Publié le 10/09/2018 à 05:00 | Mis à jour le 10/09/2018 à 10:13

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées promet que des annonces fortes seront faites fin septembre.

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées promet que des annonces fortes seront faites fin septembre.
© (Photo PQR Ouest-France)

Issue du monde associatif oeuvrant sur les questions de handicap, Sophie Cluzel, secrétaire d’état chargée des personnes handicapées est en Touraine ce lundi. Avec un message de soutien à l'ensemble des structures travaillant dans ce domaine. 

En marge du séminaire de rentrée des députés La République en Marche à Tours,  la secrétaire d'Etat, auprès du premier ministre, chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, est en Touraine pour aller à la rencontre des équipes de l'Esat des Boisnières, à Château-Renault (Indre-et-Loire) puis celles du foyer de l'Adapei de Vouvray, touché en 2014 par le crash d'un avion.  Elle vient avec un message de soutien à ces structures promettant de prochaines évolutions dans l'accompagnement des encadrants, ainsi que dans la simplification des démarches. 

Une semaine après la rentrée quel bilan faites-vous de l’accueil des élèves handicapés ? 

Sophie Cluzel. "La rentrée bien anticipée s'est bien passée et je salue la communauté éducative. Pour autant, il y a encore des difficultés pour certaines familles (notamment l'absence d'auxiliaires de vie scolaire NDLR) mais nous ne sommes pas au courant de toutes les situations individuelles, c’est pour cela que j’engage les familles à appeler la cellule aide handicap à l’école au numéro non surtaxé – 0.800.730.123 – puisque dans ces cas-là, l’Éducation nationale peut agir localement et trouver des solutions individuelles."


175.000

C'est le nombre d'élèves, sur les 340.000 en situation de handicap scolariés en 2017-2018, qui ont besoin d'être accompagnés soit pour l'apprentissage, soit pour la socialisation, soit pour les gestes de la vie quotidienne. 


"Je tiens à dire aux familles, aussi, que pour 340.000 élèves qui ont pris le chemin de l’école cette année – 6 % de plus par rapport à l’an passé – nous avons voulu une école plus accueillante, avec des parcours plus personnalisés. 175.000 élèves ont besoin d’être accompagnés et sur des temps très variables soit pour l’apprentissage, soit pour la socialisation, soit pour les gestes de la vie quotidienne… L’école inclusive est une réalité dans beaucoup d’endroits en France mais nous devons l’accélérer."

Sur quels axes le gouvernement travaille-t-il pour améliorer cet accueil ? 

"Au sujet des besoins éducatifs, qui sont très variés, nous devons mettre en place une pédagogie adaptée. C’est le grand chantier de l’école inclusive cette année. Nous développons des pôles d’accompagnement de ressource au plus près des groupes scolaires, avec une plateforme de ressources numérique pour offrir aux enseignants les adaptations pédagogiques nécessaires, selon les troubles et les besoins des jeunes, mais aussi l’accès à des enseignants ressource spécialisés."

"Il y a aussi un maillage des classes Ulis sur le territoire à améliorer – 60 % des collèges, 60 % des lycées professionnels actuellement – pour éviter que l’élève handicapé doive sortir de sa zone de vie géographique et puisse aller à l’école avec ses frères et sœurs."

Votre première étape en Touraine se fait dans l’Esat des Boisnières, à Château-Renault. Avec quel message ? 

"On a maintenant des leviers aussi bien financiers que juridiques pour mieux accompagner les parcours des personnes en situation de handicap, mieux penser les services, l’habitat inclusif... C’est tout l’enjeu de ma feuille de route : travailler avec les associations gestionnaires pour aider les professionnels du médico-social à œuvrer différemment, à sortir des murs et accompagner la personne là où elle a envie d’être : à l’école, en entreprise, chez soi."

"Cet Esat qui fait partie du groupe SOS est en pleine restructuration. C’est un vrai changement de posture professionnelle. Je tenais à y aller pour leur dire que nous allons les accompagner et que l’Agence régionale de santé, les élus locaux sont tous mobilisés."

"Le handicap ne doit pas être un motif pour priver les personnes majeures sous tutelle du droit de vote"

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées

Comment faire, selon vous pour que les personnes handicapées soient mieux intégrées ? 

"D’abord, il faut qu’on change le regard des Français en général sur le handicap. Les personnes handicapées sont des citoyens qui font partie de la société. Il faut que les Français aient une présomption de compétence au sujet de ces personnes. Cela passe par de petits gestes du quotidien. S’ils sont plutôt dans l’empathie, les Français se sentent souvent impuissants face à la personne handicapée et se tournent vers l’État. Mais c’est aussi l’affaire de chacun d’avoir un regard bienveillant." 

"Nous avons activé des leviers budgétaires pour accompagner cette transformation, notamment en terme de formation professionnelle, nous travaillons aussi dans un projet de loi sur l’habitat inclusif, dans un autre sur l’accès aux crèches et aux centres de loisirs en bonifiant financièrement les structures accueillantes. On ne nie pas les problématiques d’accompagnement et les besoins spécifiques, au contraire, on accompagne et on travaille beaucoup plus dans le droit commun."

Et dans l’entreprise ? 

"Dans le projet de loi “ liberté de choisir son avenir professionnel “, élaboré avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud, nous avons enclenché pour les entreprises un grand mouvement de simplification sur les déclarations. Nous voulons les automatiser pour que ce ne soit plus un argument de lourdeur administrative derrière lequel se cachent les entreprises."

"On veut ouvrir des droits à vie et alléger administrativement le travail des équipes"

Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées

"Le deuxième enjeu est qu’on donne de la lisibilité et de la visibilité à tous les dispositifs qui existent sur un territoire. Ils sont extrêmement complexes pour le chef d’entreprise mais aussi pour le travailleur handicapé. Nous avons donc une deuxième série de concertations qui s’ouvre avec tous les acteurs : patronaux, syndicaux, les acteurs eux-mêmes, chefs d’entreprise pour simplifier l’accès et unifier ces dispositifs pour qu’ils soient plus complémentaires."

"Enfin, nous voulons rétablir une relation de confiance avec les institutions. Aujourd’hui toutes les familles nous disent que c’est trop compliqué notamment quand on doit refaire, tous les trois ans, un dossier à destination de sa maison départementale des personnes handicapées. Dire, tous les trois ans qu’on a une paralysie, une myopathie, une trisomie… alors que ce sont des handicaps qui ne peuvent évoluer positivement. On veut ouvrir des droits à vie et alléger administrativement le travail des équipes."

Un de vos combats est de rendre le droit de vote aux personnes handicapées sous tutelle. En quoi est-ce une priorité ?

"C’est un regard différent qu’on pose sur la personne. Une personne comme les autres. Pour vous comme pour moi, le plein exercice de la citoyenneté s’exprime dans le droit de vote. Donc le handicap ne doit pas être un motif pour priver ces personnes majeures sous tutelle du droit de vote. On est en train d’y travailler, sur le plan législatif, puisque le président Emmanuel Macron l’a annoncé lors du Congrès de Versailles."

Vous venez du monde associatif lié au handicap. Comprenez-vous mieux, aujourd’hui la frustration de familles qui vivent elles dans une urgence permanente et se heurtent au temps politique ? 

"J’en suis extrêmement consciente, l’ayant vécu et le vivant moi-même toujours. Donc il nous faut donner des preuves aux familles qui, je le sais, veulent des changements rapides. Des preuves que nous les entendons est que nous faisons ce qu’il faut pour changer la donne au plus près d’elles, à travers la simplification et l’accès aux droits, notamment."

"Nous allons avoir des annonces fortes avec le Premier ministre fin septembre qui vont vraiment changer la donne au quotidien. Ce que nous engageons c’est du moyen terme et du long terme pour améliorer la vie de tous les jours."

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