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"Au bonheur d'Elise"
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17 novembre 2011

1ères rencontres parlementaires sur l'autisme le 12 janvier 2012 à l'Assemblée Nationale

A l'initiative de Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais et président du groupe d'études parlementaire sur l'autisme. Voir l'invitation ci-après :

invitation faire de l'autisme une priorité nationale

invitation autisme faire de l'autisme une priorité nationale 2

http://danielfasquelle.blogspot.com/2011/11/invitation-pour-les-1eres-rencontres.html

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17 novembre 2011

Pour rappel un article publié sur paperblog en 2008

Autisme: la psychanalyse mérite un Zéro Pointé selon le Comité d’Ethique

Publié le 08 avril 2008 par Frédéric Duval-Levesque

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Crédit photo: Jixue Yang/Stock Exchange

Le Pr Didier Sicard, président du comité consultatif national d’éthique (CCNE), a rendu les conclusions du groupe de travail sur la situation en France des 350000 à 600000 personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques.

Le Comité avait été saisi en juillet 2005 par plusieurs associations de familles qui s’élevaient avec force contre les conceptions actuelles de prise en charge en France des enfants et des personnes souffrant d’autisme et contre l’absence ou le défaut de prise en charge éducative des enfants et des adolescents.

“La France connaît, par rapport à de nombreux pays, en particulier anglosaxons et d’Europe du Nord, un déficit majeur”, affirme le rapport.

“Les personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques et leurs proches sont aujourd’hui encore victimes en France d’une errance diagnostique, conduisant à un diagnostic souvent tardif, de grandes difficultés d’accès à un accompagnement éducatif précoce et adapté, d’un manque de place dans des structures d’accueil adaptées, de l’impossibilité pour les familles de choisir les modalités de prise en charge des enfants, de la carence de soutien aux familles, et de la carence d’accompagnement, de soins, et d’insertion sociale des personnes adultes et âgées atteintes de ce handicap.”

“La France a été condamnée par le Conseil de l’Europe en 2004 pour non respect de ses obligations d’accès à l’éducation à l’égard des enfants souffrant d’autisme, mais cela n’a pas encore entraîné de changement significatif dans la prise en charge éducative de ces enfants”, relève le rapport.

Depuis la loi du 11 février 2005, leur inscription à l’école est devenue obligatoire. “Mais il s’agit souvent d’une scolarisation fictive, réduite à une simple inscription” critique le Comité.

Le rapport s’attarde notamment sur le tort qu’a causé (et continue de causer) l’approche psychanalytique dans cette cause.

“Le drame de l’autisme représente un exemple particulièrement douloureux des conséquences que peuvent avoir des théories sur les causes d’un handicap ou d’une maladie en termes de souffrance humaine et de respect de la personne. Les théories psychanalytiques de l’autisme – les théories psychodynamiques, dont le concept de « forteresse vide (1) » – proposées durant les années 1950 pour décrire et expliquer le monde intérieur des enfants souffrant d’autisme, ont conduit à une mise en cause du comportement des parents, et en particulier des mères, décrites comme des « mères frigidaires », « mères mortifères » dans le développement du handicap”.

“Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme “troubles envahissants du développement” a conduit à l’abandon de la théorie psychodynamique de l’autisme et de la notion de “psychose autistique” dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine (…)”.

“A cette opposition ancienne et marquée, dans notre pays, entre des conceptions et des approches de nature essentiellement psychanalytique par une grande proportion de psychiatres, et la demande pressante, de la part des associations de familles d’un accès aux approches éducatives et thérapeutiques développées au niveau international, commencent à se substituer, de manière encore trop minoritaire, des formes intéressantes de participation de psychanalystes à des modalités d’accompagnements et de prises en charge multidisciplinaires fondées sur les approches éducatives recommandées au niveau international – un changement dont on ne peut que souhaiter le développement.”

Pour l’heure, les familles sont confrontées à une absence de choix avec des listes d’attente de deux à quatre années.

“En France on a tendance à proposer des solutions d’enfermement, résume le Pr Jean Claude Ameisen, rapporteur de cet avis. “Pourtant ce qui est éthique et humain, ne coûte pas plus cher, comme l’a montré l’expérience de la Suède”, où les grands centres pour autistes ont été fermés, et remplacés par de petites structures plus humaines.”

Le rapport souligne aussi l’importance de soutenir la personne autiste tout au long de la vie. “L’enfant atteint de syndrome autistique deviendra un(e) adolescent(e), puis un(e) adulte, puis une personne vieillissante. Ces évolutions ne doivent pas constituer des périodes de rupture et d’abandon, et l’accompagnement, les apprentissages, le logement, l’insertion sociale et professionnelle doivent être adaptés aux différents âges de la vie.”

(1) Bruno Bettelheim. The Empty Fortress : Infantile Autism and the Birth of the Self. Free Press, 1967

Source: Comité consultatif national d’éthique (CCNE)

http://www.paperblog.fr/608490/autisme-la-psychanalyse-merite-un-zero-pointe-selon-le-comite-d-ethique/

17 novembre 2011

article publié sur le blog de Daniel Fasquelle, Président du groupe d'étude AUTISME à l'Assemblée Nationale

Autisme : Article de France Soir de ce 15 novembre

L’appel de Roselyne Bachelot : Le désespoir des parents d’enfant autiste


Il est à peine 19 heures samedi dernier lorsqu’un père de famille, habitant un quartier populaire de Martigues (Bouches-du-Rhône), quitte son domicile pour faire quelques courses. A son retour, il découvre avec effroi les corps sans vies de son épouse, âgée d’une quarantaine d’années, et de sa petite fille autiste, âgée de 7 ans. La fillette est retrouvée étranglée aux côtés de sa mère, qui s’est ensuite donnée la mort par pendaison. Selon une source proche de l’enquête, ce couple d’origine indienne rencontrait des problèmes, notamment « à cause d’un mariage traditionnel mal vécu » par l’épouse, qui était « dépressive ». Une version qui va pourtant à l’encontre de l’image que renvoyait la famille. « Je croisais le mari tous les soirs, un homme très poli. Je voyais rarement son épouse, confie un voisin. La petite fille avait une allure fragile, mais elle n’avait pas l’air malheureuse. » A l’école primaire où la petite fille était scolarisée en classe d’intégration scolaire depuis cette année, une cellule psychologique a été mise en place.

Isolement des parents

Une tragédie qui met en lumière l’extrême détresse et l’isolement des parents d’enfants autistes. Olivia Cattan préside l’association Paroles de femmes et a lancé hier un appel solennel au gouvernement pour que les enfants souffrant de troubles du développement ne soient plus victimes de discriminations. Elle connaît malheureusement bien cette situation car elle est elle-même maman d’un enfant malade de 5 ans. « Comme tous les autres enfants dans son cas, il est mis au ban de la société, même au sein du handicap : on ne parle que du handicap moteur. A l’école, ils ne sont acceptés que s’ils sont accompagnés d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS). Or ces AVS sont peu nombreux et souvent insuffisamment formés. Et sans AVS, pas d’école, mais une hospitalisation de jour, où l’enfant n’est absolument pas socialisé, et est traité comme un enfant psychotique. C’est dramatique. Les parents sont seuls, culpabilisés par les médecins qui ne comprennent pas toujours cette maladie, délaissés par l’éducation nationale qui n’a pas assez de moyens pour les aider. »

Ce que confirme M’Hammed Sagidi, président de Vaincre l’autisme, et père d’un garçon autiste de 21 ans. « Les parents sont dépourvus de toute vie sociale, de vie de couple et d’aides extérieures. J’ai rencontré des centaines de familles épuisées moralement et physiquement, et qui en arrivent à des extrémités. Mon fils a commencé à avoir des troubles à l’âge de 8 mois. Le diagnostic n’est arrivé que dix ans plus tard. Entre-temps, on l’a laissé sans soins adaptés, en pensant qu’il souffrait de psychose. Plus tard, on a refusé qu’il soit scolarisé plus de deux heures par semaine. Cela a été une vraie claque pour moi que l’on refuse qu’il soit instruit comme les autres. J’ai dû m’endetter pour faire venir des thérapeutes qui s’occupaient de lui. Aujourd’hui, les enfants autistes dont les parents ne savent pas se défendre ou n’ont pas les moyens se retrouvent soignés en psychiatrie, alors que leur maladie est physiologique. Comment est-ce possible ? »

Les politiques semblent petit à petit prendre conscience de la situation dramatique actuelle. Daniel Fasquelle, député UMP du Pas-de-Calais, avait milité l’an dernier pour que l’autisme devienne une grande cause nationale. Depuis, il a créé un groupe parlementaire d’études sur l’autisme et organise en janvier prochain les premières rencontres à l’Assemblée nationale sur le sujet. « La France est au Moyen Age sur cette question par rapport à d’autres pays. Je suis scandalisé par le dépistage précoce quasi inexistant et la prise en charge insuffisante. Il faut que les Français prennent conscience du gâchis humain que cela représente. Les autistes deviennent aujourd’hui des adultes internés toute leur vie en institution psychiatrique dans des conditions très dures, alors que s’ils avaient été pris en charge dès l’enfance, ils seraient devenus des adultes intégrés normalement dans la société… »

http://www.danielfasquelle.blogspot.com/

17 novembre 2011

composition du groupe d'études "AUTISME" à l'Assemblée Nationale

Groupe d'études Autisme

Président

M. Daniel Fasquelle

Vice-Présidents

M. Olivier Jardé

M. Jean Launay

Mme Annick Le Loch

M. Pierre Morange

Mme Martine Pinville

M. Frédéric Reiss

M. François Rochebloine

Mme Isabelle Vasseur

Membres

 

M. Jean-Pierre Abelin

Mme Patricia Adam

M. Yves Albarello

Mme Michèle Alliot-Marie

M. Abdoulatifou Aly

Mme Nicole Ameline

Mme Edwige Antier

Mme Marie-Noëlle Battistel

M. Georges Colombier

M. Bernard Debré

M. Lucien Degauchy

M. Stéphane Demilly

M. Jean-Pierre Dupont

M. Nicolas Dupont-Aignan

M. Albert Facon

M. Daniel Fasquelle

M. Yannick Favennec

M. André Flajolet

M. Jean-Claude Flory

Mme Geneviève Gaillard

M. Sauveur Gandolfi-Scheit

M. Hervé Gaymard

Mme Pascale Gruny

Mme Françoise Hostalier

Mme Françoise Imbert

M. Denis Jacquat

M. Olivier Jardé

M. Jacques Kossowski

M. Jean-Pierre Kucheida

M. Yvan Lachaud

M. Jérôme Lambert

Mme Marguerite Lamour

M. Jean Lassalle

M. Jean Launay

M. Marc Le Fur

Mme Annick Le Loch

Mme Martine Lignières-Cassou

Mme Jacqueline Maquet

M. Alain Marleix

M. Philippe Armand Martin

Mme Henriette Martinez

M. Damien Meslot

M. Philippe Meunier

M. Pierre Morange

M. Philippe Morenvillier

M. Henri Nayrou

M. Yves Nicolin

M. Hervé Novelli

Mme Marie-Renée Oget

M. Jean-Luc Pérat

M. Bernard Perrut

Mme Martine Pinville

M. Michel Piron

M. Didier Quentin

M. Éric Raoult

M. Frédéric Reiss

M. Jacques Remiller

M. Simon Renucci

Mme Marie-Line Reynaud

M. François Rochebloine

Mme Valérie Rosso-Debord

M. Gwendal Rouillard

M. Rudy Salles

M. Jean-Marie Sermier

M. Michel Sordi

M. Lionel Tardy

M. Jean-Charles Taugourdeau

M. Pascal Terrasse

M. Philippe Tourtelier

M. Jean-Jacques Urvoas

Mme Isabelle Vasseur

M. Alain Vidalies

M. Philippe Vitel

M. Éric Woerth

M. André Wojciechowski

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/xml/organe.asp?id_organe=/13/tribun/xml/xml/organes/428150.xml

17 novembre 2011

article publié dans Agora Vox le 16 novembre 2011

Un docu sur l’autisme menacé d’interdiction

Trois lacaniens qui s'étaient prêtés à une séance d'interviews sur l'autisme viennent d'assigner leur auteur, Sophie Robert, en interdiction de diffuser son travail. En cause : le montage, délibérément entrecoupé de témoignages contredisant leur propos, d'où sortirait "ridiculisée" la psychanalyse.

Pour qui l'ignorerait encore, les théories d'un Bettelheim ou d'un Winnicott sur l'origine du syndrome et son traitement occupent encore en France tout l'espace thérapeutique, privant par leur captation des subventions publiques la plupart des autistes de toute autre approche, cependant qu'aux Etats-Unis et dans les pays nordiques des apprentissages adaptés parviennent à les sortir de leur détresse, de leur ghetto, et bien souvent à leur faire accéder à cette quasi-normalité mise en question par les docteurs, parce qu'imposée en dépit de l'éthique.

"Abdiquer l'idée d'une progression"

Le documentaire, qu'on peut encore voir sur le site d'Autistes sans frontières, au moins jusqu'au 29 novembre où pourrait tomber le couperet, ne fait pourtant que montrer le discours entendu et réentendu par tout parent au long de sa démarche, sans nuire à l'image personnelle d'intervenants intelligents et sympathiques, dont le mérite est justement de véhiculer sans caricature un postulat d'ailleurs défendable : la mère "toxique", qui par ses excès fusionnels réduit le rôle du père et, frôlant inconsciemment l'inceste, met à mal le processus de l'Oedipe, ou qui par son obsession de mort crée chez le nouveau-né le "vide relationnel" qui constituera l'essentiel de son handicap.

Cette version de l'enfant auto-'congelé' en réaction à un traitement abusif in ou ex-utero n'a rien en soi d'insensé, et plus d'une mère se reconnaîtra dans le rétroviseur qu'on lui tend. Ne l'infirment pas même les anomalies récemment détectées sur une importante proportion de cerveaux d'autistes, un traumatisme psychique ayant pu les générer comme il arrive qu'une douleur génère un cancer.

 Idéologie contre pragmatisme

Le bât commence à blesser quand se pose, de façon prosaïque, l'utilité d'une psychanalyse pour des gosses amputés de la parole ou du flux verbal, et qu'on trimballe d'institution en cabinet de psychothérapeute, dans l'espoir qu'en émerge une "bulle de savon" évoquée par l'un des intervenants du film. Ces années perdues pour l'apprentissage, parce que l'éthique interdirait qu'on l'inculque, comme disait Maud Mannoni, manu militari, c'est à l'omniprésencee de la psychanalyse qu'il faut les imputer : à ce système qui ne tolère d'autre choix et condamne, faute des outils indispensables au moindre échange, des êtres perfectibles en demande d'affection à une solitude désespérante. Qui n'a pas vu dans un coin de campagne retiré un de ces ghettos de zombies surmédicalisés ne comprendra peut-être pas l'urgence du changement d'une politique dont les seuls bénéficiaires sont jusqu'à présent ceux qui tiennent la place prestigieuse et lucrative, et n'entendent pas la partager.

"Le Mur", l'autisme à l'épreuve de la psychanalyse
 

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/un-docu-sur-l-autisme-menace-d-104379?mid=52

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16 novembre 2011

article publié sur le parisien.fr le 15 novembre 2011

Publié le 15.11.2011, 19h33

Trois psychanalystes ont assigné une documentariste lilloise, auteur d'un film militant opposant leur conception sur l'autisme à celle de scientifiques et d'associations de familles, en demandant l'interdiction de sa diffusion.
"Sophie Robert est assignée en interdiction de diffusion du film "Le Mur", actuellement sur internet et déjà projeté dans quelques cinémas, a indiqué mardi Me Benoît Titran.
 

L'affaire sera jugée sur le fond par le tribunal de grande instance de Lille le 8 décembre, a-t-il précisé.
Les trois psychanalystes - Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens - appartiennent à l'Ecole de la cause freudienne. Ils estiment, selon leurs défenseurs, que le documentaire soutenu par l'association Autistes sans frontières constitue un "sabotage" qui a pour objectif de "ridiculiser" la psychanalyse.
Dans ce documentaire, des psychanalystes expliquent que l'autisme pourrait être la conséquence d'une dépression maternelle, d'une mauvaise relation avec l'enfant, voire d'un refus de l'apport masculin pour la conception. Certains parlent de mère "psychogène", de "stade de folie transitoire" de la mère, voire de "désir incestueux".
Cette vision est présentée par le film en opposition à des méthodes éducatives et comportementales, appliquées par certaines familles.
"Le tribunal devra trancher la question de savoir si Sophie Robert est sortie des autorisations de tournage" signées par les trois psychanalystes préalablement à leur interview, comme ils l'affirment, a expliqué Me Titran.
Ces autorisations, consultées par l'AFP, décrivent la réalisation d'un documentaire en trois volets sur la psychanalyse, dont l'un serait consacré à l'approche psychanalytique de l'autisme.
Par ailleurs, les trois psychanalystes demandent à être considérés comme auteurs et doivent donc pouvoir empêcher la diffusion de leurs propos, ce que conteste également Me Titran.
Le tribunal des référés de Lille statuera d'abord le 29 novembre sur la demande de saisie de l'intégralité des rushes de Mme Robert pour sa série de documentaires, celle-ci ayant jusqu'ici uniquement transmis la copie des entretiens incriminés.

http://www.leparisien.fr/lille-59000/des-psychanalystes-veulent-interdire-un-documentaire-sur-l-autisme-15-11-2011-1722618.php

16 novembre 2011

article publié dans la Voix du Nord le 15 novembre 2011

Bras de fer juridique autour d'un film sur psychanalyse et autisme

mercredi 16.11.2011, 05:25- La Voix du Nord

|  CONTROVERSE |

La démarche est trop rare pour passer inaperçue. ...

 

D'un côté, Sophie Robert, une Lilloise se décrivant elle-même comme une « anthropologue de la psychanalyse ». De l'autre, des psychanalystes réputés, reconnus par leurs pairs, y compris sur le plan international. Au centre, un documentaire consacré au traitement de l'autisme par la psychanalyse.

Sur la jaquette du DVD, on peut lire : « Sophie Robert a réalisé une longue enquête auprès d'une trentaine de pédopsychiatres-psychanalystes, dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français de l'autisme, afin de démontrer par l'absurde - de la bouche même des psychanalystes - de l'inefficacité de la prise en charge psychanalytique de l'autisme. » « En France, les psychanalystes ont quarante ans de retard sur le traitement de l'autisme, précise la documentariste dont c'est le premier film.

Ils s'opposent à des méthodes éducatives et comportementales. » Insistant : « Je les ai filmés en train d'exprimer leur opinion. C'est choquant. Ça nuit à leur image. » S'estimant piégés, trois des experts interviewés réclament l'interdiction du film. Un juge lillois leur a déjà accordé l'autorisation de disposer des rushes. Contre-attaque, hier, de Sophie Robert et de Benoît Titran, son avocat. En référé, ils réclament l'annulation de cette décision « non contradictoire ». But, entre autres, « la protection des sources, argumente Me Titran. Certaines des personnes interrogées pour ce qui sera une série de documents ont réclamé l'anonymat. Elles ne veulent pas être reconnues. »

« Travail de sabotage »

« Il n'a jamais été question de récupérer toutes les images, rétorque Me Charrière-Bournazel, l'avocat des psychanalystes. L'une a été interrogée pendant trois heures, un autre durant deux heures et le troisième, une heure. Leurs propos ont été rendus incompréhensibles. Des questions ont été plaquées après coup sur les déclarations de mes clients. » Il veut donc comparer ces six heures de matériel brut avec le documentaire de 52 minutes déjà diffusé la semaine dernière au cinéma l'Univers de Lille. La question du secret des sources ne tient donc pas pour ce que l'avocat qualifie de « travail de sabotage destiné à une oeuvre polémique ». « On a le droit de penser que la psychanalyse est une absurdité, assène-t-il. Là, on veut juste tourner mes clients en ridicule. » Décision le 29 novembre. Une autre action a été lancée pour faire interdire le film. •

LAKHDAR BELAÏD

http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/11/16/article_bras-de-fer-juridique-autour-d-un-film-s.shtml?mid=52

16 novembre 2011

article publié sur TF1 news le 15 novembre 2011

19h11

Des psychanalystes veulent interdire un documentaire sur l'autisme

Trois psychanalystes ont assigné une documentariste lilloise, auteur d'un film militant opposant leur conception sur l'autisme à celle de scientifiques et d'associations de familles, en demandant l'interdiction de sa diffusion. "Sophie Robert est assignée en interdiction de diffusion du film "Le Mur", actuellement sur internet et déjà projeté dans quelques cinémas, a indiqué mardi Me Benoît Titran.

L'affaire sera jugée sur le fond par le tribunal de grande instance de Lille le 8 décembre, a-t-il précisé. Les trois psychanalystes - Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens - appartiennent à l'Ecole de la cause freudienne. Ils estiment, selon leurs défenseurs, que le documentaire soutenu par l'association Autistes sans frontières constitue un "sabotage" qui a pour objectif de "ridiculiser" la psychanalyse.

http://lci.tf1.fr/filnews/culture/des-psychanalystes-veulent-interdire-un-documentaire-sur-l-6821830.html

16 novembre 2011

article publié dans locatis.info le 14 novembre 2011

Un nouvel accompagnement mutualisé des élèves handicapés

PLF 2012Publié le lundi 14 novembre 2011

Comme Localtis l'indiquait dans son édition du 10 novembre, l'Assemblée nationale, examinant les crédits de la mission Enseignement scolaire du PLF 2012, a adopté ce jour-là un amendement surprise du gouvernement relatif à l'accompagnement scolaire des enfants handicapés (article 51 septies de la version provisoire du PLF). Cette disposition entend répondre aux observations de la conférence nationale sur le handicap, réunie le 8 juin dernier (voir notre article ci-contre du 9 juin 2011). Finalité de la mesure : mettre en place une solution intermédiaire entre l'intégration scolaire assurée directement par les enseignants (pour les handicaps les plus légers) et l'accompagnement individuel pour les enfants scolarisés en milieu ordinaire présentant les handicaps les plus lourds.
Pour cela, l'amendement du gouvernement complète l'article L.351-3 du Code de l'éducation - relatif à l'accompagnement scolaire des enfants handicapés -, en prévoyant que "si cette scolarisation n'implique pas une aide individuelle mais que les besoins de l'élève justifient qu'il bénéficie d'une aide mutualisée, la commission mentionnée à l'article L.146-9 du Code de l'action sociale et des familles [la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, Ndlr] en arrête le principe. Cette aide mutualisée est apportée par un assistant d'éducation recruté dans les conditions fixées par le premier alinéa de l'article L.916-1 du Code de l'éducation". L'amendement précise également que "si l'aide nécessaire à l'élève handicapé ne comporte pas de soutien pédagogique, ces assistants d'éducation mentionnés aux deux premiers alinéas peuvent être recrutés sans condition de diplôme". Un décret viendra préciser les modalités de mise en œuvre de cette nouvelle disposition.
Cette mesure - qui devrait se retrouver dans le texte final - permettra ainsi aux CDAPH de disposer d'une solution intermédiaire pour l'accompagnement scolaire et aux inspecteurs d'académie - déjà compétents pour recruter des assistants d'éducation sur des missions d'aide individualisée - de recruter désormais des assistants d'éducation sur des missions d'aide mutualisée. Pour leur part, les établissements publics locaux d'enseignement conservent la compétence de principe en matière de recrutement des assistants d'éducation, mais la réforme leur permet de procéder, dorénavant, aux mêmes recrutements que les inspecteurs d'académie, sous réserve de l'accord préalable de ces derniers. Enfin, l'amendement étend cette possibilité aux établissements scolaires privés sous contrat.
La commission des finances - pas plus que la celle de la culture et de l'éducation - n'a pu examiner cet amendement, "qui ne lui a été transmis que très peu de temps avant le début de cette séance". Néanmoins, les rapporteurs concernés se sont déclarés favorables à titre personnel. Valérie Pécresse, la ministre du Budget, a indiqué que la mesure était proposée "sur préconisation des maisons départementales des personnes handicapées" (afin de donner davantage de marges de manœuvre aux CDAPH). Elle a également précisé que cet accompagnement sera "assuré par le recrutement de plus de 2.000 assistants de scolarisation", dont le financement est prévu par ailleurs dans le PLF 2012. L'amendement a finalement été adopté à l'unanimité.

Jean-Noël Escudié / PCA

16 novembre 2011

article publié dans locatis.info le 14 novembre 2011

Emploi des personnes handicapées : hausse ou trompe-l'oeil ?

HandicapPublié le lundi 14 novembre 2011

Alors que se tient, du 14 au 20 novembre, la 15e édition de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées, la direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère de l'Emploi publie une étude sur "L'Emploi de travailleurs handicapés dans les établissements de 20 salariés ou plus du secteur privé : bilan de l'année 2009". Ce seuil de 20 salariés correspond au plancher d'assujettissement à l'obligation d'emploi de travailleurs salariés (OETH) ou, à défaut, de versement d'une taxe à l'Agefiph.
Les chiffres publiés laissent un peu songeurs, dans la mesure où ils sont difficiles à comparer. En 2009, 322.300 travailleurs handicapés ont ainsi été employés dans les 128.400 établissements assujettis à l'OETH, ce qui représente - en équivalents temps plein sur l'année - 2,7% des effectifs des établissements assujettis n'ayant pas signé d'accord spécifique sur l'emploi de personnes handicapées. Ce taux est donc encore loin de l'obligation de 6%. En revanche, en termes de progression, l'année 2009 enregistre un bond spectaculaire, puisque le nombre des travailleurs handicapés employés dans les entreprises assujetties croît de 13,5% (322.300) et celui des nouveaux bénéficiaires de l'OETH de 29,8% ! De plus, 65% des entreprises assujetties emploient au moins une personne handicapée. Si l'on ajoute les 9% d'établissements - essentiellement des grandes entreprises - couverts par un accord en faveur de l'emploi des personnes handicapées, il ne reste donc qu'environ 25% d'établissements - contre 34% en 2008 - non couverts par un accord spécifique ou n'employant aucun travailleur handicapé (ils peuvent cependant sous-traiter des activités à des établissements et services d'aide par le travail).

Une lisibilité brouillée

Des résultats qui pourraient passer pour exceptionnels, surtout dans une année qui a vu l'apogée de la crise économique mondiale. Malheureusement, ces chiffres n'ont pas vraiment de signification. Comme le reconnaît d'ailleurs la Dares, "le nombre et les caractéristiques des bénéficiaires 2009 ne peuvent être directement rapprochés de ceux des années antérieures. La loi du 1er décembre 2008 a en effet modifié le mode de décompte des bénéficiaires de l'OETH (suppression de la règle des six mois de présence minimum pour prise en compte des bénéficiaires en CDI ou CDD notamment) et élargi la liste des stagiaires pouvant en bénéficier". Ce changement de périmètre explique, à lui seul, 43% de la hausse de 13,5% constatée en 2009.
Faut-il pour autant considérer que ces chiffres ne sont qu'un trompe-l'œil ? La réponse est plus subtile. A périmètre constant - autrement dit sans tenir compte de l'impact de la loi du 1er décembre 2008 - le nombre de personnes handicapées employées dans les établissements assujettis a tout de même progressé de 7,9% en 2009, soit un chiffre équivalent à celui de 2008 (8%), ce qui est loin d'être négligeable pour deux années marquées par une crise économique sévère. Mais la qualité de l'emploi s'est néanmoins dégradée. Parmi les 32.700 bénéficiaires supplémentaires de l'OETH en 2009, 33% ont été embauchés en CDD, contre 13% en 2008. Si le CDI reste le contrat le plus courant, sa part est passée en un an de 49 à 44%. La part de l'intérim a également reculé (de 38 à 23%), mais sous l'effet de la progression des CDD et non par la création d'emplois pérennes.
Plus récents, les chiffres publiés dans le cadre de la préparation de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées confirment ces difficultés. Ainsi, à la fin du mois de mars 2011, le nombre de demandeurs d'emploi handicapés recensés par l'Agefiph s'élevait à 269.369, soit une hausse de 13,1% en un an, contre +4,2% pour l'ensemble des demandeurs d'emploi.

Jean-Noël Escudié / PCA

16 novembre 2011

La revue scientifique internationale NATURE publie un numéro spécial consacré à l’autisme

The Autism Enigma (03.11.2011) en anglais seulement :

http://www.nature.com/news/specials/autism/index.html

15 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 15 novembre 2011

De petits progrès, en petits échecs, en grande victoire

Cela pourrait presque être notre quotidien…

C’est vrai que, des fois, me traverse l’esprit la question « Pourquoi nous, pourquoi elle? », mais finalement, avec du recul, Maëlys ne serait pas Maëlys si elle n’était pas autiste. Et maintenant, changerais-je quelque chose? Pas sûr… Je l’aime tellement, mon rayon de soleil, telle qu’elle est.

Pourtant, le quotidien est loin d’être rose tous les jours.

La vie de tous les jours, c’est ressasser, stimuler, aider, ne pas céder, aimer, détester, ne rien comprendre à son propre enfant, la chair de sa chair.

Mais dans tout ça, un jour pas comme un autre, tout à coup émerge une victoire, qui semblerait futile pour n’importe quel autre enfant, mais qui en est une ÉNORME pour nos enfants…

De petits progrès, en petits échecs, en grande victoire

Maëlys n’est jamais là où on l’attend.

Et ces petites victoires du quotidien redonnent de l’espoir, du bonheur, de l’émotion.

Car finalement, comment sera son avenir? On ne le sait pas.

Mais son présent ? Il est fait de difficultés, mais de tellement de petits bonheurs de la vie, de batailles gagnées, de nouvelles choses acquises, comprises, intégrées par une si petite fille, à qui l’on demande tellement de choses, finalement.

Une petite fille de notre planète sans l’être vraiment, regardant dans une autre direction que la nôtre, qui est là sans être là, qui voit le monde à sa façon, et nous le fait découvrir chaque jour un peu plus.

Des fois je pleurerais de rage, mais finalement, tout le bonheur qu’elle m’apporte, malgré sa façon unique de voir le monde, vaut tout les coups de gueule, de nerfs, de folie, passés pour elle, et qui ne finiront pas de sitôt, dans ce pays où l’autisme est une maladie qui fait fuir, et ne provoque qu’incompréhension.

Oui, en tant que maman, mon cœur est brisé plusieurs fois par semaine par les gens autour, les professionnels qui ne veulent pas évoluer.

Mais je sais aussi, en tant que maman, que ma fille, Maëlys, est unique, sait faire des choses propres à elle, est heureuse, et nous apporte un bonheur indescriptible.

Et pour elle, et pour toute les autres enfants de son monde, je voudrais que les gens comprennent à quel point ces enfants sont précieux et méritent qu’on se batte pour eux.

La France peut ne PAS être fière de sa prise en charge et de son entêtement.

Mais les parents d’enfants autistes, PEUVENT être fiers d’eux, ainsi que tous ceux qui nous soutiennent derrière.

MERCI, à toute notre famille, et entourage, collègues, amis, maitresse, école, tous ceux qui nous soutiennent. Sans vous Maëlys n’avancerait pas.

MERCI de vous battre avec nous.

http://autismeinfantile.com/temoignages/julie-et-maelys/de-petits-progres-en-petits-echecs-en-grande-victoire/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

15 novembre 2011

article publié dans France Soir.fr le 15 novembre 2011

L’appel de Roselyne Bachelot : Le désespoir des parents d’enfant autiste

Une mère de famille a étranglé sa fille de 7 ans, atteinte d’une forme d’autisme, avant de se donner la mort.

Il y a plus de 600 mille autistes en France, dont 180 mille enfants
Il y a plus de 600 mille autistes en France, dont 180 mille enfants SIPA

Il est à peine 19 heures samedi dernier lorsqu’un père de famille, habitant un quartier populaire de Martigues (Bouches-du-Rhône), quitte son domicile pour faire quelques courses. A son retour, il découvre avec effroi les corps sans vies de son épouse, âgée d’une quarantaine d’années, et de sa petite fille autiste, âgée de 7 ans. La fillette est retrouvée étranglée aux côtés de sa mère, qui s’est ensuite donnée la mort par pendaison. Selon une source proche de l’enquête, ce couple d’origine indienne rencontrait des problèmes, notamment « à cause d’un mariage traditionnel mal vécu » par l’épouse, qui était « dépressive ». Une version qui va pourtant à l’encontre de l’image que renvoyait la famille. « Je croisais le mari tous les soirs, un homme très poli. Je voyais rarement son épouse, confie un voisin. La petite fille avait une allure fragile, mais elle n’avait pas l’air malheureuse. » A l’école primaire où la petite fille était scolarisée en classe d’intégration scolaire depuis cette année, une cellule psychologique a été mise en place.

Isolement des parents

Une tragédie qui met en lumière l’extrême détresse et l’isolement des parents d’enfants autistes. Olivia Cattan préside l’association Paroles de femmes et a lancé hier un appel solennel au gouvernement pour que les enfants souffrant de troubles du développement ne soient plus victimes de discriminations. Elle connaît malheureusement bien cette situation car elle est elle-même maman d’un enfant malade de 5 ans. « Comme tous les autres enfants dans son cas, il est mis au ban de la société, même au sein du handicap : on ne parle que du handicap moteur. A l’école, ils ne sont acceptés que s’ils sont accompagnés d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS). Or ces AVS sont peu nombreux et souvent insuffisamment formés. Et sans AVS, pas d’école, mais une hospitalisation de jour, où l’enfant n’est absolument pas socialisé, et est traité comme un enfant psychotique. C’est dramatique. Les parents sont seuls, culpabilisés par les médecins qui ne comprennent pas toujours cette maladie, délaissés par l’éducation nationale qui n’a pas assez de moyens pour les aider. »

Ce que confirme M’Hammed Sagidi, président de Vaincre l’autisme, et père d’un garçon autiste de 21 ans. « Les parents sont dépourvus de toute vie sociale, de vie de couple et d’aides extérieures. J’ai rencontré des centaines de familles épuisées moralement et physiquement, et qui en arrivent à des extrémités. Mon fils a commencé à avoir des troubles à l’âge de 8 mois. Le diagnostic n’est arrivé que dix ans plus tard. Entre-temps, on l’a laissé sans soins adaptés, en pensant qu’il souffrait de psychose. Plus tard, on a refusé qu’il soit scolarisé plus de deux heures par semaine. Cela a été une vraie claque pour moi que l’on refuse qu’il soit instruit comme les autres. J’ai dû m’endetter pour faire venir des thérapeutes qui s’occupaient de lui. Aujourd’hui, les enfants autistes dont les parents ne savent pas se défendre ou n’ont pas les moyens se retrouvent soignés en psychiatrie, alors que leur maladie est physiologique. Comment est-ce possible ? »

Les politiques semblent petit à petit prendre conscience de la situation dramatique actuelle. Daniel Fasquelle, député UMP du Pas-de-Calais, avait milité l’an dernier pour que l’autisme devienne une grande cause nationale. Depuis, il a créé un groupe parlementaire d’études sur l’autisme et organise en janvier prochain les premières rencontres à l’Assemblée nationale sur le sujet. « La France est au Moyen Age sur cette question par rapport à d’autres pays. Je suis scandalisé par le dépistage précoce quasi inexistant et la prise en charge insuffisante. Il faut que les Français prennent conscience du gâchis humain que cela représente. Les autistes deviennent aujourd’hui des adultes internés toute leur vie en institution psychiatrique dans des conditions très dures, alors que s’ils avaient été pris en charge dès l’enfance, ils seraient devenus des adultes intégrés normalement dans la société… »


14 novembre 2011

cellule de crise autisme Belgique

13 novembre 2011

article publié sur le site de l'AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique) le 13 novembre 2011

Autisme : les délires des psychanalystes

À propos du film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »

par Brigitte Axelrad

« La psychanalyse n’est pas une science. Elle n’a pas son statut de science, elle ne peut que l’attendre, l’espérer. C’est un délire — un délire dont on attend qu’il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n’y a pas de progrès, et ce qu’on attend ce n’est pas forcément ce qu’on recueille. C’est un délire scientifique. »

Jacques Lacan, Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.

« Le point fondamental de mon attitude en tant qu’analyste c’est le fait d’abdiquer l’idée d’une progression »

Un psychanalyste dans « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme »

Dans un reportage de 52 minutes intitulé « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » (Océan Invisible Productions) [1], destiné à faire le point sur la conception psychanalytique de l’autisme, Sophie Robert recueille les conceptions de dix pédopsychiatres et psychanalystes [2], dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français.

Trois des psychanalystes interviewés, appartenant à l’Association de la Cause Freudienne, assignent à présent Sophie Robert en justice et demandent de faire interdire la diffusion du film [3]. Serait-ce qu’ils ne peuvent supporter de se voir à l’écran et de s’entendre sur ce sujet ? Un article paru dans Rue89, le 4 novembre, analyse les termes de l’assignation et met en évidence les manquements à la loi auxquels se sont livrés les plaignants, comme de demander par l’intermédiaire de leur avocat les rushes, ce qui est une « atteinte au secret des sources des journalistes » protégé par la loi du 4 janvier 2010. [4]

Si Jacques Lacan est lucide lorsqu’il affirme que la psychanalyse est un « délire scientifique », comment se fait-il que, 33 ans plus tard, les psychanalystes refusent encore d’abandonner leur vision pseudo-scientifique de l’autisme ? Comment se fait-il qu’ils refusent de reconnaître, avec la communauté scientifique internationale, que l’autisme est un trouble neurologique d’origine probablement génétique, qui entraîne un handicap dans la relation sociale, qu’il y a des autismes et non pas « un » autisme, qu’il faut parler plutôt de « troubles envahissants du développement » et non pas, comme ils le soutiennent, de « psychose », résultant d’une prétendue « toxicité maternelle » et relevant de la psychiatrie ?

Le documentaire de Sophie Robert tente d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur le discours des psychanalystes eux-mêmes.

Avant Bruno Bettelheim et sa théorie psychanalytique de l’autisme, Kanner et Asperger s’étaient interrogés sur la possible origine organique de l’autisme.

En 1943, Léo Kanner avait décrit l’autisme comme un trouble affectif de la communication et de la relation n’atteignant pas l’intelligence. Il avait reconnu qu’il s’agissait d’un trouble inné dont les parents ne pouvaient être jugés responsables. En 1944, Hans Asperger, convaincu d’une origine organique de l’autisme, avait émis l’hypothèse que les troubles autistiques sont des « psychopathies » pouvant aller « de la débilité au génie ».

Bruno Bettelheim rompit avec cette conception organique et imposa une conception psychanalytique de l’autisme. Se fondant sur son expérience des camps de concentration, il avait établi une analogie entre les prisonniers des camps et l’enfant autiste. Celui-ci aurait, selon lui, reçu de ses parents, et principalement de sa mère, le message inconscient selon lequel tout le monde se porterait mieux, s’il n’existait pas. En réponse à ce message, l’enfant « choisissait » de s’enfermer dans une « forteresse vide », titre de son ouvrage « La forteresse vide », 1967, consacré à ce problème. [5]

À la fin des années 60, la psychanalyse perd sa suprématie un peu partout dans le monde mais, en France, elle trouve paradoxalement un nouveau souffle sous l’influence d’un psychiatre charismatique, Jacques Lacan.

Les psychanalystes interviewés par Sophie Robert confirment la survivance de cette conception. Répondant à ses questions, ils reprennent en chœur les grands thèmes chers à Bettelheim, Lacan, Klein, Dolto… Ils développent, pour rendre compte des troubles du langage, de la communication et de l’expertise sociale de la personne autiste, les thèmes psychanalytiques de la « mère frigidaire », de la « toxicité maternelle », de la « mère vorace et castratrice » (cf. l’analogie avec le crocodile au début du film qui symbolise le « ventre de la mère », les « dents de la mère ») de la « folie maternelle », de la « mère incestueuse », de la « mère mortifère », etc. La mère est d’après eux toujours « trop » : trop froide, trop chaude, trop vide. Pour résumer, la maternité est psychogène par nature. En face d’elle se dresse « la loi du père » qui lui interdit jouissance et inceste ! Un psychanalyste précise : « La fonction paternelle consiste à intervenir de deux façons, d’une part à dire non à la fusion de la mère et de l’enfant et le père est celui qui interdit la mère. […] Celui qui interdit la jouissance, c’est-à-dire, qui interdit aussi bien que l’enfant jouisse exclusivement de la mère que le fait que la mère jouisse exclusivement de l’enfant. »

L’autisme et les ravages de la psychanalyse

Les théories psychanalytiques ne sont pas sans conséquence. Cixi, dans son Blog sur Mediapart, parlant des théories psychanalytiques, écrit : « Théories qui ne sont pas sans conséquences. Sûr(e)s de leurs bons droits, avec des poses de résistants à l’envahisseur anglo-saxon et ses théories cognitives comportementales (qu’ils apparentent à du dressage), les voilà qui isolent les enfants autistes de leurs parents, s’opposent à leur socialisation et scolarisation, culpabilisent les parents et instillent le doute d’une potentielle maltraitance de la part des parents et en particulier de la mère. » [1]

Voici ce que dit de son côté le Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé à propos des approches psychanalytiques de prise en charge des enfants autistes (extraits de l’avis n°102, 6 décembre 2007 [2], « Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme » :

Les années 1940-1960 : quand une théorie scientifique qui vise à comprendre la souffrance de l’enfant provoque la souffrance des parents et des enfants.

Le drame de l’autisme représente un exemple particulièrement douloureux des conséquences que peuvent avoir des théories sur les causes d’un handicap ou d’une maladie en termes de souffrance humaine et de respect de la personne. Les théories psychanalytiques de l’autisme – les théories psychodynamiques, dont le concept de « forteresse vide » – proposées durant les années 1950 pour décrire et expliquer le monde intérieur des enfants souffrant d’autisme, ont conduit à une mise en cause du comportement des parents, et en particulier des mères, décrites comme des « mères frigidaires », « mères mortifères » dans le développement du handicap (voir Annexe 3). Considérer la mère comme coupable du handicap de son enfant, couper les liens de l’enfant avec sa mère, attendre que l’enfant exprime un désir de contact avec le thérapeute, alors qu’il a une peur panique de ce qui l’entoure font mesurer la violence qu’a pu avoir une telle attitude, les souffrances qu’elle a pu causer, et l’impasse à laquelle cette théorie a pu conduire en matière d’accompagnement, de traitement et d’insertion sociale.

La révolution des années 1980 : l’émergence du concept de « trouble envahissant du développement ».

L’émergence durant les années 1970 d’une nouvelle conception organique, neurobiologique de l’autisme, considéré comme un « trouble envahissant du développement » a conduit, en particulier dans les pays anglo-saxons et les pays d’Europe du Nord, au développement de méthodes radicalement nouvelles d’accompagnement, d’insertion sociale, de « désinstitutionalisation », et de prise en charge précoce, éducative, psychologique et thérapeutique des enfants dans le cadre d’une participation active des parents et des familles. Elles ont aussi conduit à une attention particulière à la souffrance des familles, et à l’accompagnement des familles, contribuant ainsi à atténuer leur détresse. Depuis les années 1980, la classification internationale des syndromes autistiques comme « troubles envahissants du développement » a conduit à l’abandon de la théorie psychodynamique de l’autisme et de la notion de « psychose autistique » dans la quasi-totalité des pays, à l’exception de la France et de certains pays d’Amérique latine, où la culture psychanalytique exerce une influence particulièrement importante dans la pratique psychiatrique.

[1] « Autisme : quand les psychanalystes font mur ». http://blogs.mediapart.fr/blog/cixi...
[2] Membres du Groupe de travail : Jean-Claude Ameisen (rapporteur), Chantal Deschamps, Claude Kordon, Haïm Korsia, Chantal Lebatard, Philippe Rouvillois.
http://www.legislation-psy. com/IM...

Lorsqu’on leur demande comment ils conçoivent l’attitude psychanalytique auprès de l’enfant autiste dont on sait qu’elle est fondée sur la parole, l’un d’entre eux ne craint pas de dire : « Disons que quand on reçoit un enfant autiste, on pratique une psychanalyse qui est une pure invention. On se trouve en face d’un sujet qui, la plupart du temps, ne dispose pas du langage. ». Un autre : « […] avec un enfant autiste, j’en fais très peu. Très peu, ça veut dire quoi ? Que je pose mes fesses, que je me mets à côté de lui et j’attends qu’il se passe quelque chose, et j’oublie, j’essaie d’oublier tout. […] Et quand on les interroge sur les résultats qu’ils attendent de la psychanalyse, l’un répond : « Je ne peux pas répondre à ça. Ce n’est pas une question de psychanalyste, ça ! » Et un autre : « En attendre ? Le plaisir de s’intéresser à une bulle de savon. Je ne peux pas vous répondre autre chose. »

En contrepoint de ce discours psychanalytique, Sophie Robert a interrogé, dans deux vidéos « Bonus », Monica Zilbovicius, psychiatre, directrice de recherches à l’INSERM (Unité INSERM 1000, Hôpital Necker, Paris). Avec une grande sobriété, celle-ci décrit les avancées de la connaissance scientifique dans ce domaine à l’aide des outils tels que les mesures de flux sanguin dans le cerveau, l’« Eye Tracking » ou « tracé du regard » et l’IRM, qui permet de détecter l’anomalie de structure dans le cerveau des enfants autistes dans la région temporale supérieure : le sillon temporal. Elle dit :  » Nous sommes donc dans la recherche sur le cerveau. »

Monica Zilbovicius confirme donc que l’autisme n’est pas une psychose, que le tableau de psychose est très spécifique de rupture de la réalité avec des hallucinations et des idées délirantes. Cela, dit-elle, ne concerne pas du tout la problématique de l’autisme.

Dans le film « Le Mur », le discours des psychanalystes s’interrompt par moments pour laisser place aux témoignages de familles touchées par l’autisme de leur enfant, comment elles ont organisé leurs vies pour donner à leur enfant les moyens de progresser grâce aux programmes TEACCH, PECS et ABA, qui s’appuient sur les sciences cognitives et comportementales. Ces programmes ont été mis au point depuis plus de 30 ans aux États-Unis mais sont très peu développés en France, essentiellement à cause du combat que les psychanalystes mènent contre eux. L’un d’entre eux dit : « Dans le monde francophone, l’envahissement par les techniques cognitivo-comportementales est un envahissement nouveau, récent, mais très présent, actuellement. La Psychanalyse se bat contre cet envahissement. »

Les psychanalystes, pour la plupart, refusent de reconnaître l’avancée des connaissances scientifiques sur l’autisme et empêchent les programmes fondés sur les neurosciences de se développer en France.

Les parents d’enfants autistes et les enfants autistes paient lourdement leur obstination.

Le film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est un bon moyen de faire connaître au grand public les obstacles, « le mur », auxquels se heurtent ceux qui sont concernés par l’autisme. Souhaitons que la plainte de ces trois psychanalystes ne freine pas une nouvelle fois les progrès dans la connaissance de l’autisme et dans le développement des structures nécessaires pour accueillir et socialiser les enfants qui en sont atteints.


[1] Les différentes parties du documentaire réalisé par Sophie Robert, en 2011, pour l’association Autistes sans Frontières : http://www.autistessansfrontieres.com/ sont téléchargeables sur vimeo : http://vimeo.com/28297548

[2] Dr Alexandre Stevens PsyK ECF – Psychiatre en chef de l’institution Le Courtil à Tournai. Prof Pierre Delion PsyK – Chef du service de Pédo-Psychiatrie du CHU de Lille. Dr Geneviève Loison PsyK lacanienne – Pédo-psychiatre référent – Lille. Prof Daniel Widlöcher PsyK – APF – Ancien chef du service de psychiatrie – Hôpital de la Pitié Salpêtrière – Paris. Dr Aldo Naouri Pédiatre – Analyste – Essayiste. Prof Bernard Golse PsyK APF – Chef de service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Necker de Paris. Esthela Solano PsyK ECF Psychologue clinicienne. Yann Bogopolsky PsyK Kleinienne. Laurent Danon-Boileau Linguiste MODYCO CNRS PsyK SPP Centre Alfred Binet Paris. Eric Laurent PsyK ECF Enseignant formateur en PsyK.

[3] Rue 89 : http://www.rue89.com/2011/11/04/aut...

[4] http://legifrance.gouv.fr/affichTex...

[5] SPS n° 286, juillet-septembre 2009
L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (1)
L’autisme : un pas de plus vers sa connaissance (2)

Observatoire zététique, 7 avril 2009, http://www.zetetique.fr/index.php/d...

Mis en ligne le 13 novembre 2011
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11 novembre 2011

Desproges et la psychanalyse

11 novembre 2011

article publié sur Localtis.info le 10 novembre 2012

Education : diminution des crédits de 20 millions d'euros

PLF 2012Publié le jeudi 10 novembre 2011

L'Assemblée nationale a adopté le 10 novembre les crédits de la mission Enseignement scolaire dans le cadre de l'examen du PLF 2012. Trois amendements modifiant le projet de budget ont été adoptés par les députés. Le premier amendement, déposé par le gouvernement, réduit de vingt millions d'euros les crédits de la mission "au titre de la mise en oeuvre du plan d'économies supplémentaires annoncé par le Premier ministre le 24 août 2011". Cette diminution de crédits impacte les programmes suivants : vie de l'élève (- 13 millions d'euros), soutien de la politique éducative (- 6 millions d'euros) et enseignement technique agricole (- 1 million d'euros), hors titre 2 (dépenses de personnels).
Le second amendement présenté par le rapporteur spécial Yves Censi (UMP, Aveyron) "consolide au niveau législatif" le régime temporaire de retraite des maîtres des établissements d'enseignement privés.
Le troisième amendement a été déposé par Valérie Pécresse, ministre du Budget, au nom du gouvernement. Pour les enfants ne souffrant pas d'un handicap grave et dont la scolarisation en milieu ordinaire n'implique pas une aide individuelle, l'Assemblée a adopté la création d'un accompagnement complémentaire par un assistant d'éducation qui pourra s'occuper de plusieurs enfants. "Cette aide complémentaire, prescrite par les CDAPH [commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées], sera assurée par une personne désignée à cet effet, qui pourra ainsi s'occuper de plusieurs enfants handicapés et de toutes les tâches favorisant leur intégration" est-il précisé. Cette modification de l'article L.351-3 du Code de l'éducation doit ainsi "permettre de définir les modalités d'action des 2.000 emplois d''assistants de scolarisation' dont le financement est prévu par le projet de loi de finances pour 2012", indique le gouvernement.
Au total les crédits de la mission Enseignement scolaire, fixés initialement à 62,33 milliards d'euros, s'élèvent donc désormais à 62,13 millions d'euros. Soulignant que l'Education représente un quart du budget de l'Etat en dehors de la charge de la dette, la ministre du Budget a jugé "limité" l'effort de 20 millions.

Catherine Ficat

Education : diminution des crédits de 20 millions d'euros

PLF 2012Publié le jeudi 10 novembre 2011

L'Assemblée nationale a adopté le 10 novembre les crédits de la mission Enseignement scolaire dans le cadre de l'examen du PLF 2012. Trois amendements modifiant le projet de budget ont été adoptés par les députés. Le premier amendement, déposé par le gouvernement, réduit de vingt millions d'euros les crédits de la mission "au titre de la mise en oeuvre du plan d'économies supplémentaires annoncé par le Premier ministre le 24 août 2011". Cette diminution de crédits impacte les programmes suivants : vie de l'élève (- 13 millions d'euros), soutien de la politique éducative (- 6 millions d'euros) et enseignement technique agricole (- 1 million d'euros), hors titre 2 (dépenses de personnels).
Le second amendement présenté par le rapporteur spécial Yves Censi (UMP, Aveyron) "consolide au niveau législatif" le régime temporaire de retraite des maîtres des établissements d'enseignement privés.
Le troisième amendement a été déposé par Valérie Pécresse, ministre du Budget, au nom du gouvernement. Pour les enfants ne souffrant pas d'un handicap grave et dont la scolarisation en milieu ordinaire n'implique pas une aide individuelle, l'Assemblée a adopté la création d'un accompagnement complémentaire par un assistant d'éducation qui pourra s'occuper de plusieurs enfants. "Cette aide complémentaire, prescrite par les CDAPH [commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées], sera assurée par une personne désignée à cet effet, qui pourra ainsi s'occuper de plusieurs enfants handicapés et de toutes les tâches favorisant leur intégration" est-il précisé. Cette modification de l'article L.351-3 du Code de l'éducation doit ainsi "permettre de définir les modalités d'action des 2.000 emplois d''assistants de scolarisation' dont le financement est prévu par le projet de loi de finances pour 2012", indique le gouvernement.
Au total les crédits de la mission Enseignement scolaire, fixés initialement à 62,33 milliards d'euros, s'élèvent donc désormais à 62,13 millions d'euros. Soulignant que l'Education représente un quart du budget de l'Etat en dehors de la charge de la dette, la ministre du Budget a jugé "limité" l'effort de 20 millions.

Catherine Ficat

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250262712280&cid=1250262709505 

11 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 11 novembre 2011

Demande de fessez-le-feu

Jean-Marie De LacanChères et mères,

J’ose proclamer en ce jour que nous sommes partis du mauvais pied, le vôtre, celui que vous ne cessez de vouloir nous envoyer au poster-rieur.

Le Mur, l’affaire du cercueil fermé, celle des enfants empaquetés ou des bébés con-gelés, tout ceci n’est basé que sur un regrettable malentendu: celui de votre incompréhension d’un désir qui vous anime et que vous ne savez plus gérer autrement qu’en désymbolisant la sacro-sainteté du refoulement et de l’inconscient tout puissant.

Des autistes, j’en nez-gai-ris.
Combien? Des-antennes, mais cela n’a pas d’importance et je ne saurais vous faire l’affront de m’en « venter ».

Car l’importance, comme la vérité, est ailleurs: elle est dans notre capacité à traquer le mal dans sa profondeur toute maternelle, et à l’en extraire sur deux, voire trois générations.

Ce « manque du manque » dont souffrent ces petits d’Homme, selon notre prophète Lacan, ne saura trouver le troisième manque qui annule les deux premiers sans une intense et éprouvante cure maternelle, qui elle-même ne pourra aboutir qu’après la cure de la mère de la mère, et ainsi de suite.

Alors j’en conviens, à ce stade l’arrière-grand-mère est fréquemment décédée, mais ce n’est pas une raison pour amende-donner. En effet, comme l’écrivait un grand confrère psychanalyste dont je tairai le nom, dans son ouvrage Psychanalyse d’Outre-tombe:

Le cercueil n’est qu’un obstacle parmi tant d’autres que le transfert a su b®aver, père-c’est, pull-éviscérer, à commencer par celui de Leonard de Vinci que Freud a su « détairer » pour nous offrir un modèle d’analyse bien chantournée.

Voici donc enfin l’explication que vous attendiez « temps » en ce qui concerne l’étendue temporelle de nos soins que vous jugez interminables.

Or, il faut prendre le temps, si l’on veut gai-rire, il faut laisser évoluer l’enfant sans lui imposer l’intolérable pression de nos sociétés capitalistes et des nouvelles familles qui ne le sont pas moins. Et ne me dites pas que le temps, pour un enfant que vous ne lavez pas, vous ne l’avez pas!

Il convient maintenant de nous laisser travailler en paix avec vos chérubins, il est temps de les rempaqueter, disons plutôt respecter, alors sortez!

Non ne sortez pas! Je n’ai pas fini…

Car le manque d’efficacité est un autre de vos griefs, dicté là encore par le grand Autre social et mondialisé. Mais qu’est-ce donc que l’efficacité sinon une notion totalement impure et impalpable, dont nous avons su au préalable récuser la validité signe-y-fiente de la raison d’être? Avez-vous la moindre idée, dans vos petits esprits de mères malades, du désir, si ce n’est de la volonté, de vos enfants quant à leurs besoin d’évolution? Pourquoi systématiquement relier cette évolution fantasmatique à leurs circonvolutions, cérébrales j’entends? Quoiqu’ils puissent en dire, sachez que leur inconscient nous dira le contraire. Quoique vous puissiez nous en dire, sachez que votre inconscient ira forcément au contraire de ce contraire, tant il se plait à fuir la vérité humble et résignée.

Ce que ne veulent certainement pas vos mouflets, c’est faire les frais, que dis-je, faire les gros sous de l’école cognitivo-éducativo-fascisante nord-américaine, de ces méthodes tantôt ABA, tantôt TEACCH, qui ne consistent qu’à promouvoir le travail, que dis-je, l’esclavage forcé.

Ils contraignent vos enfants à travailler entre 40 et 50 heures par semaine pour rivaliser avec l’empire chinois, et à vous faire collaborer à cette entreprise de lobotomisation par le dressage tout en rentabilisant leurs usines de pipi-stop et autres gadgets démoniaques!

Nos méthodes demeurent bien plus nobles et saines: elles consistent à laisser votre enfant évoluer à son rythme, celui qu’il choisit, au travers de nos différents ateliers au sein des lieux de culte que sont nos hôpitaux de jour, sous le regard neutre et bienveillant de nos chambellans lacaniens. Ils sont libres de manger ou non, de dormir ou non, de parler ou non, de se faire dessus, tant que ceci leur permet de s’individualiser face aux robots conditionnés, dressés à anéantir leur âme et leur inconscient par les comportementotalitaires et manipulateurs de « gêne ».

Si, avec toute cette attention sécurisante, con-tenante comme nous aimons à le mentionner, si avec toutes ces merveilleuses peluches creuses, ces merveilleuses figurines phallisantes et autres petits animaux dentus, si avec tous ces soins défusionnants et antiliquéfiants votre bambin ne va pas mieux à vos yeux, c’est que vous avez mal aux yeux, ou c’est qu’il refuse de suivre votre voix ainsi que la voie que vous lui avez tracée. Alors dans ce cas j’ose le dire il vous faut l’empaqu’qu’qu’, le respecter!

Si vous n’êtes pas capable de respecter le choix de votre enfant, celui que nous avons su lui faire exprimer, et donc le nôtre, c’est que vous êtes trop rongées par la culpabilité pour vous en défusionner. Ne venez donc pas déverser cette culpabilité haineuse sur notre discipline! Livrez-la plutôt dans un contexte plus adapté, plus divanescent, plus propice à la communication des inconscients.

Nous respecterons le choix du patient, quel que soit son âge, et quel que soit ce choix, et ce en dépit de toute tyrannie de l’araignée mère. Tandis que d’autres dresseront, interneront, enfermeront, brandiront la camisole physico-chimique, nous enseignerons la technique de Martin Riggs, resterons garants des libertés individuelles et des droits de l’Homme. Si vous voulez nous faire renoncer à ces principes, il faudra nous passer sur le corps, et sur notre esprit, car on ne défie pas impunément le grand inconscient!

Tout ce que nous vous demandons, chères et mères, c’est de faire votre psychanalyse, d’accepter d’expectorer votre histoire personnelle face à notre large assistance éclairée, d’ouvrir vos inconscients, d’associer librement et de nous laisser tout reconstruire pour mieux vous faire digérer votre impuissance et votre envie du pénis.

Une fois quatre ou cinq générations analysées, lorsque le processus sera vraiment lancé, dites-vous bien que plus vous nous croirez, mieux vous irez, et alors, nous pourrons discuter sereinement.

Pour finir, n’allez certainement pas vous plonger dans les oeuvres complètes du prophète tant qu’il est impossible pour vous d’en saisir l’essence. Au vu de ce qu’un gredin de la pensée comme Onfray en a tiré, il semble évident que vous n’avez rien à gagner en souillant les textes sacrés.

En espérant avoir contribué au comblement de votre ignorance, vous avoir redonné espoir et foi en notre cause, je vous remercie de votre attention.

Veuillez sortir, retourner à votre quête du pénis ou à défaut, à votre tissage.

JMDL

PS: pour ceux qui s’étonnent de l’absence du père dans mon discours, sachez que celle-ci n’est que fantasmée, car le père est en chacun de nous, dans sa toute-puissance symbolique.


Jean-Marie de Lacan est psychanalyste. Il a côtoyé les plus grands, s’en est inspiré, les a inspirés, mais s’est à jamais juré de ne s’autoriser que de lui-même.

Avec dix-huit scissions à son actif (dont cinq au sein d’associations psychanalytiques reconnues d’utilité publique), le record intercontinental franco-argentin de la séance la plus courte (0.0066 secondes), et celui de la conférence la plus longue, il s’impose parmi les analystes les plus en vogue du nouveau millénaire.

Sa grande expérience acquise auprès des enfants en difficulté le hisse au sommet de la pointe du pic de la prise en charge des mères d’enfants psychotiques en France. Amateur d’opéra et de chants grégoriens, il préside le mouvement communiste non révolutionnaire depuis plus de vingt ans et anime régulièrement un colloque sur les bonnes pratiques du packing.

http://autismeinfantile.com/prise-en-charge/equipe-therapeutique/psychanalyse/demande-de-fessez-le-feu/#comment-12892

Je vous met le commentaire que j'ai laissé sur le site d'autisme infantile :

"Intéressant à plus d’un titre y compris par les réactions provoquées !

C’est un texte que je trouve jubilatoire !

Il n’est que de lire le blog pour comprendre que le propos est un pied de nez magistral à la psychanalyse … mais après tout ce n’est que mon avis.

Quel talent ! et Merci pour toutes les citations, extraits de correspondance etc. qui à priori sont exactes et montre la vision de la psychanalyse par les maîtres de la psychanalyse et leur jugement sur les patients.

Jean-Jacques Dupuis"



10 novembre 2011

article publié sur le blog de MEDIAPART le 10 novembre 2011

Autisme: quand les psychanalystes font mur

 
Par Cixi
Justiciaire masquée
Inscrit(e) depuis Jan. 2008

A n'en pas douter, Sophie Robert savait que son documentaire « Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme »n'allait pas être accueilli cordialement par la congrégation des psychanalystes français. Mais de là à tâcher d'en faire carrément interdire la diffusion..

Le film de 52 minutes traite donc de cette particularité de la psychiatrie française - sous l'emprise des théories psychanalytiques freudiennes et lacaniennes - de vouloir absolument faire de l'autisme une maladie psychique de l'ordre de la psychose là où le reste du monde diagnostique des "troubles du développement social humain" liés à des problèmes d'ordre neurologique.

Et au fil du documentaire, les éminents pédopsychiatres / psychanalystes interrogé(e)s d'expliquer à longueur de scènes que tout le problème de l'autisme... vient de la mère ! Mère trop froide ou trop chaude, mère dépressive ou possessive (envieuse du pénis de l'homme et qui voit dans son enfant un substitut de pénis), mère incestueuse et abusive, mère dragon, mère crocodile, mère qui a mis en échec la mission sacrée du père de "couper le cordon" en s'interposant par la toute puissance de son pénis (symbolisé par la loi... mais un stylo bic fera tout aussi bien l'affaire) dans la relation mère/enfant...

Et à la base de ces affirmations, l'intuition de quelques grands penseurs de la psychanalyse (Freud bien sûr, Bettelheim et Lacan...), beaucoup de cures psychanalytiques... et pas l'ombre d'une expérimentation, d'une statistique ou d'un contrôle de résultat pour étayer leurs théories.

Théories qui ne sont pas sans conséquences. Sûr(e)s de leurs bons droits, avec des poses de résistants à l'envahisseur anglo-saxon et ses théories cognitives comportementales (qu'ils apparentent à du dressage), les voilà qui isolent les enfants autistes de leurs parents, s'opposent à leur socialisation et scolarisation, culpabilisent les parents et instillent le doute d'une potentiel maltraitance de la part des parents et en particulier de la mère.

Quant à leurs rapports avec la science (biologie, neurologie etc.)... c'est atterrant et relève de la pensée magique ! Il faut les entendre se lancer dans des explications sans queue ni tête sur le rejet biologique de la mère de la part génétique du père dans le fœtus, de la double négation biologique de la mère, du rôle paternel du placenta et j'en passe. Ces hommes et ces femmes officient à titre de soignants dans des hôpitaux psychiatriques en France et leurs connaissances en matière de biologie humaine sont à pleurer.

Je passe sur l'affirmation révoltante de cette pseudo psy pour qui l'inceste d'un père sur sa fille est nettement moins grave ("au pire, ça fait des filles débiles" dira-t-elle) que celui d'une mère sur son fils (qui en fera un psychotique).

Enfin, en filigrane, se dessine la vision erronée, négative et rétrograde (quasi biblique) de la Femme : envieuse, mauvaise, « nature » et coupable (forcément !). Mais également de l'Homme : puissant, chargé du symbolique et de la culture (opposé à l'état de nature de la mère bien sûr), de la loi, en charge de détacher les bébés de leurs mères (ces dévoreuses de bébés en puissance) et d'en faire de vrais humains...

Et maintenant, à vous de juger !

Ressources n°1 : le documentaire de Sophie Robert en trois partie.

LE MUR, La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme - Partie 1 from linkiz on Vimeo.

LE MUR - La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme - Partie 2 from linkiz on Vimeo.

LE MUR - La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme - Partie 3 from linkiz on Vimeo.

 

Ressources n°2 : L'interview du Professeur Monica Zilbovicius -

Psychiatre spécialisée dans les troubles du Développement de l'Enfant et de l'autisme infantile et travaillant à l'INSERM. Elle y explique l'état des connaissances de la communauté scientifique sur l'autisme.

LE MUR - La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme. Bonus Partie 1 from linkiz on Vimeo.

LE MUR - La psychanalyse à l'épreuve de l'autisme. Bonus Partie 2 from linkiz on Vimeo.

 

Ressources n°3 : L'interview de Sophie Robert, la réalisatrice du documentaire.

itw de Sophie Robert par autisme.info31 par autisme_info31

 

Ressources n°4 : Divers articles sur le documentaire et la problématique de traitement psychanalitique de l'autisme en France.

  • Le CorteX :

http://cortecs.org/index.php?option=com_content&view=article&id=471:psychologie-le-mur-ou-la-psychanalyse-a-lepreuve-de-lautisme&catid=41&Itemid=59

  • Rue89 et Psychomedia :

http://www.psychomedia.qc.ca/autisme/2011-1107/documentaire-le-mur-3-psychanalystes-saisissent-un-tribunal

http://www.rue89.com/2011/11/04/autisme-le-mur-docu-qui-derange-des-psys-francais-226195

  • Soutien à la documentaliste et pour la diffusion de ce documentaire :

http://autismeinfantile.com/ressources/reportages/le-mur-la-psychanalyse-a-lepreuve-de-lautisme/

http://www.facebook.com/psychanalyseautisme

Et en clin-d'oeil :

de52.jpg

10 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 10 novembre 2011

Projection-débat du MUR au Cinéma L’Univers de Lille: nous y étions!

 

Le documentaire de Sophie Robert fera date dans l’histoire de la prise en charge de l’autisme. Ça, c’est certain:

  • il y aura un avant: le temps où personne ne pouvait croire que les pédopsychiatres puissent tenir de tels discours,
  • et il y aura un après: le temps où les masques tombent et où la joyeuse clique lacanienne, se croyant « entre soi », se lâche et exprime en toute décontraction et sincérité, face à la caméra, et pendant des heures, toute l’ampleur de la vacuité de ses interprétations mal ficelées.

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de militer en faveur de la diffusion de ce film, et donc de faire les 400 kilomètres nécessaires en une soirée, avec mon mari, pour entourer Sophie Robert, la réalisatrice, dans la terre d’élection de l’ALEPH (Association pour L’Etude de la Psychanalyse et de son Histoire).

Dès mon arrivée, j’ai su que j’avais raison d’être venue, et que quelque chose était vraiment en train de bouger dans le chnord. D’abord, il y avait du monde, beaucoup de monde, la salle était pleine, et la constitution de l’assemblée était riche:

  • quatre pédopsychiatres psychanalystes (dont une personne qui avait été interrogée par Sophie pour d’autres aspects de son travail),
  • le Directeur du CRA de Lille,
  • des professionnels: orthophonistes, instituteurs spécialisés, éducateurs, psychologues, exerçant dans des structures locales,
  • des étudiants du master ABA de Lille 3 mais aussi du master psychanalyse (oui, ça existe) de la même université,
  • Vinca Rivière,
  • plusieurs psychologues ABA,
  • l’avocat de Sophie,
  • des parents, des mamans, des papas,
  • la star du film, Guillaume,
  • et pas mal de béotiens, habitués du cinéma, qui découvraient l’étendue du désastre.

Le débat a été de bonne tenue, il n’était pas trop émotionnel, puisque les intéressés avaient déjà vu le film et affuté leurs arguments. Vous pourrez l’écouter ici:

J’en retiens personnellement que:

  • la peur change de camp, et la stupéfaction du « camp d’en face » est grande. Je n’en comprends que davantage leur action judiciaire, totalement inconsidérée dans leur position,
  • la vieille garde de la prise en charge de l’autisme est comme un poulet sans tête, on les sent complètement paumés, ne comprenant pas très bien ce qui leur arrive,
  • les jeunes arrivent! Des jeunes motivés, qui ont bien compris qu’on les déforme totalement dès leur première année de fac de psy, et qui en ont marre d’être pris pour des lapins de trois jours. Des jeunes qui essaient de se former, et qui ruent dans les brancards face au dogmatisme de leurs aînés.
  • les jeunes motivés et conscients arrivent, mais ils ne sont pas formés: instituteurs spécialisés qui ne connaissent pas l’autisme, orthophonistes qui sortent de l’université sans avoir jamais eu un cours sur PECS ou Makaton, universités sclérosées où le master ABA doit être défendu devant un parterre d’humanistes, alors qu’ils devrait appartenir à la fac de sciences, et dont la survie ne tient qu’à la voix d’un président d’université qui peut changer demain.
  • la confusion est absolument totale pour beaucoup, qui pensent que Delion utilise PECS et TEACCH, et pour qui le packing est une technique de pointe.

Bref on a du boulot… Pas seulement pour défendre la promotion et la diffusion du MUR, pas seulement pour défendre les droits de nos enfants, pas seulement pour leur aménager des prises en charge valables et qui nous conviennent d’un point de vue éducatif de notre choix (comportemental, développemental, cognitif), mais surtout, surtout, pour informer, former, remettre d’aplomb le système et les professionnels qui doivent le faire tourner.

Ce qui m’a complètement abasourdie après ce débat, ce n’est pas le petit verre de rouge qui accompagnait nos discussions enflamées devant le ciné jusqu’à minuit, c’est de constater avec effroi que ce sont les parents  qui en savent davantage que les pros des structures institutionnelles, et que la voie alternative du libéral n’attire plus qu’un nombre très très limité de jeunes professionnels.

Lorsque le Mur tombera, un mur plus grand encore nous attend, qu’il faudra reconstruire. La psychanalyse et ses dogmes, qui influent les sphères décisionnelles de l’Etat, ont véritablement eu une action criminelle digne des plus grands scandales de santé: outre les mauvais traitements infligés à des générations complètes de personnes autistes, ils ont démoli la possibilité d’une évolution ou d’un changement de cap qui va affecter encore longtemps la prise en charge des autistes français.

Rien que pour cela il nous faut, nous, parents et professionnels conscients, protester toujours et encore plus pour que cesse la main mise de la psychanalyse sur l’autisme. Qu’ils aillent remplir leur tiroir caisse ailleurs, loin de nos enfants !

http://autismeinfantile.com/

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