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"Au bonheur d'Elise"
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10 novembre 2011

article publié sur le site de l'université de Montréal

L'intelligence des autistes au service de la science

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L’article est un plaidoyer pour «l’intelligence différente» des autistes, un concept que Laurent Mottron défend depuis 20 ans. (Illustration: iStockphoto)

L’article est un plaidoyer pour «l’intelligence différente» des autistes, un concept que Laurent Mottron défend depuis 20 ans. (Illustration: iStockphoto)Diagnostiquée autiste en 1990, Michelle Dawson s'est beaucoup intéressée à la recherche sur sa condition au point d'être aujourd'hui considérée comme une sommité mondiale... sans le moindre diplôme universitaire. «Elle est l'une des chercheuses les plus citées actuellement dans la recherche sur l'autisme», mentionne le Dr Laurent Mottron, psychiatre à l'Hôpital Rivière-des-Prairies et professeur à l'Université de Montréal, qui a signé avec elle 13 articles et d'innombrables chapitres de livres.

Le chercheur présente cette semaine dans Nature un article inspiré de sa collaboration avec son ancienne patiente, intégrée depuis 2004 dans son équipe de recherche. «Michelle Dawson a démontré que l'autisme, lorsqu'il est combiné avec une intelligence extrême et un intérêt pour la science, peut s'avérer une bénédiction (incredible boon) dans un laboratoire», écrit-il dans ce texte intitulé «The Power of Autism» (Nature, vol. 479, p. 33).

L'article, qui pourrait marquer un tournant dans la perception de l'autisme, est un plaidoyer pour «l'intelligence différente» des autistes, un concept que le chercheur défend depuis 20 ans. «L'une des choses que je me suis fait reprocher, notamment par Michelle, c'est que les gens “normaux” veulent évaluer les autistes selon leurs échelles de quotient intellectuel. Cela ne pourra jamais fonctionner», dit-il.

Laurent Mottron

Laurent Mottron

Il ne viendrait plus à l'idée des auteurs du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentauxd'y aborder l'homosexualité comme une maladie, illustre-t-il. Pourtant, cette condition y a longtemps figuré. L'autisme pourrait un jour sortir de cet ouvrage. «Je ne crois plus que la déficience intellectuelle soit une part intrinsèque de l'autisme», affirme le professeur Mottron dans le texte qui occupe trois pages de la revue savante.

Mme Dawson, ainsi que la dizaine d'autistes avec qui il a travaillé de façon soutenue dans le Laboratoire de neurosciences cognitives des troubles envahissants du développement, lui a ouvert les yeux sur l'attitude «normocentrique» du personnel entourant les autistes. «Seulement 10 % des autistes souffrent d'un désordre neurobiologique qui altère leur intelligence», indique-t-il dans l'article.

Blogueuse et militante

Dans son blogue scientifique The Autism Crisis, Michelle Dawson publie ses analyses de l'évolution de la recherche, ce qui lui vaut des débats avec certains des plus grands spécialistes de l'heure. Pour alimenter son site, elle peut lire trois ou quatre articles par jour. «Elle en a accumulé environ 5000 dans le disque dur de son cerveau, relate le Dr Mottron. C'est plus que n'importe quel expert. Elle peut vous réciter de mémoire des extraits d'un article lu il y a deux ans.»

Au début de leur collaboration, Laurent Mottron s'étonnait de voir les habiletés presque surnaturelles de sa patiente, qui commentait la progression de ses travaux. Avec une justesse saisissante, elle soulignait les forces de telle ou telle étude et s'avérait intraitable sur les faiblesses des autres. Elle passait à la moulinette les plus grands noms de la discipline... sans oublier son propre patron. «C'est de loin la meilleure reviewer que je connaisse. Quand je lui fais lire mes articles, je m'attends à être traité de façon impitoyable.»

Avec Michelle, tous les chiffres sont passés au peigne fin. Une révision compte jusqu'à 12 pages de notes et 70 annotations. Sont-elles toutes pertinentes? «À des degrés divers, oui. Avec elle, quand on est paresseux ou quand on manque de rigueur, on en prend plein la figure», confesse le chercheur.

C'est par respect de la propriété intellectuelle que le professeur Mottron a ajouté son nom parmi les auteurs des articles produits par son groupe de recherche, qui compte 18 collaborateurs attitrés. «Trop souvent, les employeurs ne réalisent pas ce dont les autistes sont capables et les confinent dans des tâches répétitives ou subalternes, déclare-t-il dans Nature. Mais je suis convaincu que la plupart d'entre eux sont capables de contributions significatives à la société.»

Certains ont sourcillé à l'idée qu'une autodidacte participe aux recherches d'un groupe établi. Mais Laurent Mottron n'a aucun mal à défendre cette idée. Aurait-elle pu réussir un parcours scolaire qui l'aurait menée à des diplômes universitaires? Son patron en doute. «Elle en convient elle-même, elle ne comprend pas certaines questions à double sens dans des examens qui semblent élémentaires. Non, franchement, il s'agit d'une intelligence différente que nous avons pour responsabilité, collectivement, de mieux comprendre.»

En marge de ses activités de recherche, Mme Dawson milite activement pour une meilleure perception de la communauté qu'elle représente. Elle a d'ailleurs créé le blogue No Autistics Allowed, qui porte sur la discrimination envers les personnes autistes. Le logo: une image de papillon en négatif.

Mathieu-Robert Sauvé

http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-de-la-sante/20111107-lintelligence-des-autistes-au-service-de-la-science.html 

Sur le Web

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9 novembre 2011

article publié sur le site santé log le 9 novembre 2011

L'AUTISME associé à une surprolifération de neurones dans le cortex
JAMA

Cette étude neuroanatomique des National Institutes of Health américains (NIH) a pu identifier pourquoi les enfants autistes ont des cerveaux plus lourds par rapport aux autres enfants. Les chercheurs concluent que les enfants autistes ont 67% de neurones en plus dans la région du cerveau appelée cortex préfrontal, site de diverses fonctions telles que la communication, le comportement social, l'humeur et l'attention. Publiées dans l’édition du 9 novembre du Journal of American Medical Association (JAMA), cette étude suggère différentes causes prénatales de l'autisme.

Cette étude montre que des problèmes de croissance du cerveau, intervenant avant la naissance, pourraient expliquer le développement de l’autisme. «Des études antérieures portant sur la circonférence de la tête et un développement précoce du cerveau ont déjà orienté les médecins dans cette direction, mais il n’y a eu que peu d'études neuro-anatomiques quantitatives en raison de l'absence de tissus post-mortem d’enfants atteints d'autisme», explique le Dr. Thomas R. Insel, directeur de l'Institut National de Santé Mentale (NIMH- NIH).

Cette zone critique du cerveau dans l'autisme : Il s’agit du cortex préfrontal impliqué dans différentes fonctions telles que la langue, la communication, le comportement social, l'humeur et l'attention. Les enfants atteints d'autisme montrent des déficits dans ces fonctions. Le Pr. Eric Courchesne du Centre d'excellence de l'autisme de l'Université de San Diego a pu effectuer le dénombrement direct des cellules du cerveau dans ces régions spécifiques du cortex préfrontal dans le cerveau post-mortem de 7 garçons atteints d'autisme et 6 garçons au développement normal, âgés de 2-16 ans. La plupart des participants avaient péri dans des accidents. Les chercheurs ont utilisé un système informatisé d'analyse des tissus développé pour cette recherche, pour comptabiliser les neurones dans cette région.

Les chercheurs constatent que les enfants atteints d'autisme ont 67% de neurones en plus dans le cortex préfrontal et un cerveau plus lourds que celui des autres enfants de leur âge. En moyenne, les enfants atteints d’autisme ont 1,94 milliards de neurones dans cette région vs 1,16 milliards de neurones chez les enfants à développement normal. Le poids du cerveau dans les cas d’enfants autistes diffère de de 17,6% (IC : 95%, de 10,2% à 25,0%).

Cette prolifération des neurones chez les enfants atteints d’autisme, produits avant la naissance, suggère que des cellules défectueuses avant la naissance sont impliquées dans le développement de l'autisme. Un autre facteur possible qui peut contribuer à l'excès de neurones est une réduction de l'apoptose, ou mort cellulaire programmée, ce qui se produit normalement durant le troisième trimestre de grossesse et au début de la vie postnatale.

Source: National Institute of Mental Health (NIMH) “NIH-funded study shows pre-birth brain growth problems linked to autism” et JAMA. 2011 Nov 9;306(18) “Neuron Number and Size in Prefrontal Cortex of Children with Autism”. (Vignette NIH “Altered axons in autism »)

http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-lautisme-associeacute-agrave-une-surprolifeacuteration-de-neurones-dans-le-cortex_6740.htm?mid=5244

Lire aussi: AUTISME: Et si les personnes autistes étaient bien plus douées?

9 novembre 2011

article publié dans Marianne2.fr le 8 novembre 2011

Aider tous les enfants en souffrance, une véritable priorité

La mise en place d'un repérage précoce de la difficulté scolaire, annoncée par le ministère de l'Education, a suscité l'émoi. Au-delà des querelles, la pédiatre Anne Tursz et le député socialiste Jean-Marie Le Guen plaident en faveur d'un trainde mesures permettant à l'école de rester un lieu d’éducation, d’épanouissement et d’accompagnement dans la socialisation.

 

Après les houleuses controverses qui ont accompagné la gestation de la loi de prévention de la délinquance, une annonce émanant du ministère de l’Éducation nationale jette à nouveau l’émoi parmi les enseignants, les parents d’élèves et au-delà. Il s’agit de la demande faite aux enseignants d’assurer un repérage, en grande section d’école maternelle, des élèves présentant des risques pour les apprentissages. Les amalgames faits entre troubles du comportement et des apprentissages font craindre qu’on cherche à repérer des enfants potentiels « futurs délinquants » et une telle instrumentalisation sécuritaire serait inacceptable.
 
Cependant, il faut aussi éviter un autre écueil : la condamnation excessive, voire la diabolisation, de toute forme de repérage ou de dépistage scientifiques. Afin que les enfants ne soient pas encore les grands perdants de querelles entre professionnels, il importe en effet de ne pas méconnaître certaines situations de souffrance qui pourraient bénéficier d’une prise en charge adaptée.
 
Ne peut-on examiner sereinement le problème posé ? Et disséquer ces « troubles du comportement » qui font l’objet d’un tel intérêt de la part des pouvoirs publics ? Au-delà des problèmes sociétaux et pédagogiques qu’ils posent, il faut s’interroger sur leur signification chez le jeune enfant. A un âge où ses capacités d’abstraction et de verbalisation ne lui permettent pas d’alerter facilement son entourage, la manière d’être est le langage qu’il utilise pour signaler une souffrance. Les troubles du comportement, très banals et fréquents, sont aussi extraordinairement peu spécifiques et peuvent recouvrir des réalités pour le moins hétérogènes. Sous un même trouble peuvent se dissimuler un déficit sensoriel (l’enfant s’agite et devient agressif car il ne comprend pas et ne peut « suivre » du fait d’un problème visuel ou auditif), une maladie mentale sévère et non diagnostiquée (l’autisme par exemple), une maltraitance, un manque de sommeil du fait de conditions de logement difficiles… et cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. Y figurent notamment les troubles des apprentissages, suffisamment angoissants pour entraîner des troubles du comportement, lesquels peuvent aussi être générateurs de difficultés d’apprentissages.
 

mesures nouvelles et ambitieuses

 

Les enseignants savent, au quotidien, observer et repérer leurs élèves en difficulté mais ils sont légitimement mécontents qu’on leur demande d’effectuer une nouvelle tâche pour laquelle ils n’ont pas reçu la formation adéquate et qui va empiéter sur leur temps d’enseignement. Ils devraient en fait pouvoir se reposer sur des équipes de médecins et de psychologues scolaires, astreints au secret professionnel, et suffisamment étoffées pour pratiquer des dépistages approfondis et assurer une orientation et une prise en charge adaptée en aval. Une telle collaboration entre équipes pédagogiques et équipes de santé scolaire serait garante que les discussions sur les cas individuels se fassent dans le respect des règles élémentaires d’éthique et de confidentialité et impliquent les parents.
 
Le projet présenté par le ministère est d’autant moins acceptable que le même gouvernement réduit, depuis plusieurs années, les moyens alloués à l’accompagnement des élèves en difficulté, et que les services de santé dédiés à l’enfant, notamment la médecine scolaire, connaissent eux aussi une dégradation constante.
 
Souhaitons, que ce nouveau débat soit l’occasion d’une prise de conscience que des mesures nouvelles et ambitieuses doivent être prises pour permettre à l’école de rester un lieu d’éducation, d’épanouissement et d’accompagnement dans la socialisation et pour remettre l’enfant à la place qui est la sienne : celle de l’avenir de notre société.
 


Anne Tursz est pédiatre, épidémiologiste et directeur de recherche
Jean-Marie Le Guen est député socialiste de Paris

http://www.marianne2.fr/Aider-tous-les-enfants-en-souffrance-une-veritable-priorite_a212272.html

9 novembre 2011

interview sur Vivre fm de Sophie Robert à Propos de son film "Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme"

Le film de Sophie Robert est intéressant puisqu'il montre clairement les psychanalystes qui s'expriment librement devant la caméra.
Ses réponses, lors de l'interview, sont intelligentes et pertinentes. Elle a le mérite d'apporter un éclairage supplémentaire sur sa démarche.
En effet, ce qu'elle montre dans son film ce ne sont pas des aveux mais des déclarations d'éminents spécialistes. L'aboutissement très souvent d'une quête personnelle, d'une formation elle-même à base d'analyse là encore personnelle (fait avec un autre analyste) semblable à un rite initiatique ... dont il est prouvé par ailleurs qu'il est difficile d'en sortir (Jean-Jacques Dupuis)

http://www.vivrefm.com/podcast/2011-12/OCTOBRE/121011/INV.mp3

9 novembre 2011

article publié dans Le Matin le 7 novembre 2011

Le cerveau a-t-il un sexe ?

07. novembre 2011, 20h49

Pascale Bieri | Le Matin

Garçons et filles ne sont pas programmés pour agir différemment. Ils l’apprennent.

brain.jpg

© DR

Les femmes sont naturellement bavardes, sensibles et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes sont nés bons en maths, bagarreurs et compétitifs. Vraiment? Catherine Vidal, neurobiologiste à l’Institut Pasteur et spécialisée dans le fonctionnement du cerveau et son développement, répondra à ces idées préconçues, ce jeudi, lors d’une conférence-débat à Genève.

Alors, le cerveau a-t-il un sexe?
La réponse est oui et non. Oui, parce que le cerveau contrôle les fonctions associées à la reproduction sexuée, qui sont évidemment différentes chez les femmes et chez les hommes. En revanche, concernant les fonctions cognitives – raisonnement, mémoire, attention, langage – on a pu démonter que les différences entre les individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles dépassent les différences entre les deux sexes.

A quoi sont dues ces différences?
A la naissance, notre cerveau compte 100 milliards de neurones, qui cessent alors de se multiplier. Mais sa fabrication est loin d’être terminée, car les connexions entre les neurones, les synapses, se construisent progressivement au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la société. Par exemple, chez les pianistes, on observe un épaississement de la région du cortex cérébral spécialisé dans la motricité des doigts et de l’audition. Par ailleurs, si l’entraînement cesse, les zones épaissies régressent.

En revanche, nous ne sommes pas «programmés» à la naissance, pour avoir des comportements et des aptitudes de garçon ou de fille?
Effectivement. L’enfant prend conscience de sa propre identité et de son appartenance au genre masculin ou féminin tardivement, à partir de l’âge de 2 ans. En revanche, dès sa naissance, on sexue son environnement par la décoration de sa chambre, ses vêtements, ses jouets. C’est l’interaction avec l’environnement familial, social et culturel qui va orienter le développement de certaines aptitudes et contribuer à forger les traits de la personnalité.

Autrement dit, il est faux de prétendre, par exemple, que les garçons sont plus doués pour les maths que les filles?
Absolument, c’est une idée préconçue, comme beaucoup d’autres. En 1990, aux Etats-Unis, une étude statistique sur 10 millions d’élèves avait montré que les garçons réussissaient mieux que les filles dans des tests mathématiques. La même étude, réalisée en 2008, montre cette fois que les filles obtiennent des résultats aussi bons que ceux des garçons. Difficile d’imaginer qu’il y ait eu, en deux décennies, une mutation génétique du cerveau des filles qui les rende plus matheuses! Ces résultats sont en fait dus aux développements de l’enseignement des sciences et à la présence croissante des filles dans ces filières.

Et les hormones, quel rôle jouent-elles dans notre personnalité?
L’être humain a un cerveau unique en son genre, qui fait que ses comportements sont régis d’abord par des stratégies intelligentes et non par l’action des hormones sur notre cerveau, comme c’est le cas chez les animaux. La raison tient à son cortex cérébral. Ce dernier s’est tellement développé au cours de l’évolution qu’il a dû se plisser pour arriver à tenir dans la boîte crânienne en formant des circonvolutions. On sait aujourd’hui que, déployé, il mesure 2 mètres carrés de surface sur 3 millimètres d’épaisseur. C’est dix fois plus que chez le singe. Et c’est grâce à ce cortex cérébral que l’Homo sapiens a pu développer toutes ses capacités de langage, de conscience, de raisonnement, d’imagination, pour finalement acquérir la liberté de choix dans ses comportements.

«Le sexe du cerveau: de la science aux idées reçues», Uni Dufour (Auditoire 300) à Genève, jeudi 10 novembre à 18 h.

http://www.lematin.ch/loisirs/culture/le-cerveau-t-il-un-sexe-2011-11-07

NB Quand on rapporte cet article à l'autisme et que l'on imagine les effets que la stimulation de l'enfant dès son plus jeune âge on se demande dès lors pourquoi freiner ... d'autant que la différenciation entre l'animal et l'homme sont clairement mis en évidence. Dès lors les reproches (bien théoriques et peu étayés) de dressage etc. attribués à certaines méthodes comportementales tombent naturellement. (jean-Jacques Dupuis)

Rappelons que : De manière pratique, des études scientifiques ont à ce jour permis de démontrer l'efficacité d'une prise en charge précoce à l'aide de méthodes éducatives comportementales (ABA), cognitives (TEACCH) ou développementales. La littérature scientifique est unanime sur ce point : il faut que l'intervention éducative soit précoce, massive et structurée. (source : Wikipédia)

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9 novembre 2011

article publié sur le site Ma classe d'ados autistes

La structuration du temps et de l'espace.

Structurer le temps et l'espace permet aux élèves de prévoir ce à quoi ils vont être confrontés, ils sont alors plus disponibles pour les apprentissages...
Structurer, cela veut dire, pour être rapide : utiliser un emploi du temps journalier imagé et faire toujours les mêmes activités dans les mêmes endroits.
Tout cela n'est pas nouveau, et même mes élèves ont souvent été dans des environnements structurés pendant leur enfance (cela fait des années que la méthode TEACCH a fait des émules en France, même si c'est un des seuls pays où il y a encore tant de détracteurs... mais nous ne sommes pas là pour polémiquer...)
Des explications sur la structuration dans les classes pour élèves autistes, on en trouve partout, il existe déjà plein d'exemples à suivre sur d'autres liens...

Voici néanmoins une photo de l'emploi du temps utilisé dans ma classe quand c'est nécessaire :
P1200082Ici, F. met l'item de l'activité qu'il vient de finir dans l'enveloppe, ce qui veut dire que "c'est fait".

La particularité sur laquelle je préfère m'arrêter en ce qui concerne ma classe concerne le fait que mes élèves ont entre 15 et 20 ans... et à cet âge, il faut prendre en compte une chose importante : il vont bientôt quitter l'établissement !

Il faut donc que j'adapte leurs habitudes, si c'est possible, et d'une façon progressive.

Evidemment, les 2 autres classes de la section TED de l'établissement sont très structurées ! Jusque 15 ans, nous considérons que l'objectif principal doit être l'apprentissage, et structurer l'environnement permet vraiment d'obtenir de très bons résultats !
Mais pour les adolescents, une partie importante du travail consiste à diminuer, voire annuler complètement, l'utilisation des emplois du temps journalier... en fait nous essayons, quand cela ne créé pas trop de problèmes de comportement, d'habituer les jeunes aux changements...
Attention ! Nous ne nous amusons pas à angoisser nos élèves ! Mais il faut qu'ils réussissent, quand c'est possible encore une fois, à gérer des imprévus.
Si j'insiste tant sur "quand c'est possible", c'est que pour P., par exemple, c'est encore loin d'être possible !!
Dès que quelque chose est trop différent, il devient très violent... envers lui pour commencer (il se mord), puis envers les choses (il est très fort, et il lui arrive souvent de casser des meubles, des fenêtres...), et parfois même envers nous (il commence à se rendre compte qu'il nous domine...)

http://enseignant-ados-autistes.over-blog.com/pages/La_structuration_du_temps_et_de_lespace-2225977.html

9 novembre 2011

article publié dans Le Point.fr le 21 octobre 2011

QI : rien n'est joué jusqu'à 20 ans

Des chercheurs viennent d'établir qu'en fonction des stimulations, le QI peut gagner ou perdre jusqu'à 20 points chez les jeunes avant 20 ans.

QI : rien n'est joué jusqu'à 20 ans

L'IRM montre une relation directe entre l'activité de certaines zones cérébrales et l'évolution du QI. © Patrick Iafrate / Sipa

"Le travail publié dans la revue scientifique Nature est extrêmement intéressant et il remet en cause les croyances antérieures selon lesquelles tout devait se jouer avant l'âge de 6 ans." Patrick Lemaire, professeur en psychologie, spécialiste du développement et du vieillissement (CNRS & université de Provence), est enthousiaste lorsqu'il évoque les résultats de l'équipe dirigée par le Pr Cathy Price (University College of London). Ces derniers prouvent que le QI n'est pas stable au cours de la vie (en l'absence de lésion cérébrale et de maladies neurodégénératives) et qu'il ne faudrait plus se baser sur le score du test de QI d'un enfant pour prédire ses performances scolaires et professionnelles ultérieures.

En pratique, les chercheurs ont examiné 33 adolescents en bonne santé, une première fois en 2004 lorsqu'ils étaient âgés de 12 à 16 ans (14 ans en moyenne) puis une seconde fois en 2007-2008 lorsqu'ils avaient entre 15 et 20 ans (18 ans en moyenne). Leur QI verbal et non verbal a été mesuré grâce à différents tests et ces jeunes ont subi un scanner cérébral structurel et fonctionnel par IRM lors de chaque examen. Les différents QI des participants allaient de 77 à 135 points au premier test et de 87 à 143 points au second, ce qui a confirmé le large éventail des aptitudes intellectuelles chez ces personnes.

Les chercheurs ont ainsi découvert que le QI verbal et non verbal avait considérablement varié chez les participants entre 2004 et 2008. Certains individus avaient amélioré leur performance par rapport aux jeunes de leur âge, avec une augmentation pouvant aller jusqu'à 20 points de leur QI global. Pour d'autres, en revanche, leur performance avait chuté, avec une baisse du QI pouvant atteindre également 20 points. Les chercheurs précisent que ces changements ne sont pas dus à une variation de la performance liée à l'humeur ou à la concentration ce jour-là, ils sont bien réels puisqu'ils sont corrélés à des changements de structure de certaines régions cérébrales.

Les examens du cerveau, effectivement, ont montré une relation directe entre l'activité de certaines zones cérébrales et l'évolution du QI. Les zones correspondant à la lecture, à la dénomination d'objets ou encore à la résolution de problèmes s'activaient davantage chez ceux dont le QI avait augmenté. Cela veut dire qu'un cerveau stimulé développe de nouvelles connexions entre les neurones.

Le Pr Lemaire tire trois conclusions de cette étude. "D'abord, il ne faut pas que les adolescents imaginent qu'ils sont destinés à rester imbéciles ou superintelligents quoi qu'ils fassent. Il faut qu'ils demeurent actifs, qu'ils continuent à apprendre et à croire en leurs capacités de développement. Ensuite, les adultes et la société doivent soigner l'éducation et le milieu de vie des jeunes puisque cela a une influence directe sur leurs capacités intellectuelles. Enfin, même dans les populations les plus défavorisées, il est indispensable de tout faire pour stimuler les adolescents pour qu'ils maintiennent voire qu'ils augmentent leur QI. Avoir la possibilité de gagner ou de perdre 20 points, c'est vraiment colossal."

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/qi-rien-n-est-joue-jusqu-a-20-ans-21-10-2011-1387688_57.php

A rapprocher des déclarations d'Albert Jacquard ICI

8 novembre 2011

article publié sur le site de la Mairie de Paris

Un Mois vraiment Extra-Ordinaire: place à la création !

crédits : Mairie de Paris par Anne Thomes
[07/11/2011]

Pour sa 3e édition, le Mois Extra-Ordinaire sera consacré aux créations des parisiens en situation de handicap. Ce fil conducteur « Handicap et créations : productions artisanales, activités et services » sera décliné du 8 au 30 novembre dans tout Paris sous forme d’expositions, concerts, débats, colloques…

 

Consultez tout le programme  et découvrez notre sélection de rendez vous dans l'agenda du mois Extra-Ordinaire 

 

L'esprit du Mois Extra-Ordinaire

 Mettre en avant les parisiens en situation de handicap, favoriser les échanges, les rencontres, autant d’objectifs pour le Mois-Extraordinaire impulsé par Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris en charge de la politique du handicap. Comme chaque année, la Mairie de Paris fait appel à la créativité des associations et de tous les acteurs locaux pour initier des événements qui animeront ce mois Extra-Ordinaire.

 

Quelques temps forts du Mois Extra-Ordinaire

Le Mois Extra-Ordinaire débutera les 8 et 9 novembre avec le Salon du secteur protégé et adapté pour "Osez nos compétences"  au 104 : plus de 40 établissements y seront présents pour faire découvrir les nombreux domaines d’activités de ce secteur. Cette année, la MDPH présentera un défilé de mode avec l'association "Mode et Handicap ... C'est possible". Le Mois Extra-Ordinaire s'achèvera avec le vernissage de l’exposition "Exil, l’art brut parisien"  au Réfectoire des Cordeliers (6e) et la remise des Trophées Extra-Ordinaires le 30 novembre.
 

Ces spectacles, concerts, conférences, projections… organisés par des associations et des acteurs locaux, soutenus par la ville, seront proposés dans des lieux marqués par leur volonté d’ouverture à tous les publics.

Pour Véronique Dubarry, « Le Mois Extra-Ordinaire est l’occasion pour la Ville de Paris, les parisien(nes), les arrondissements, et les associations de se mobiliser autour du handicap. C’est un mois pour dialoguer, échanger, pour continuer à faire de Paris une ville accessible à tous, Parisien(nes) ordinaires et Parisien(es) extra-ordinaires ! »

>> Accéder à tout l'agenda du Mois Extraordinaire

http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/un-mois-vraiment-extra-ordinaire-place-a-la-creation/rub_1_actu_105990_port_24329

8 novembre 2011

article publié sur le site autisme suisse romande le 7 novembre 2011

     
Lundi, 07 Novembre 2011 22:28

Sophie Robert, réalisatrice et productrice du film « Le Mur, ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » est aujourd’hui accusée par trois psychiatres français d’avoir manipulé leur pensée ; ils souhaitent l’interdiction de ce film qu’ils jugent « partisan ». Les associations de parents réagissent contre cette atteinte fondamentale à la liberté d’expression et invitent les parents à réagir.

Dossier complet : http://autisteenfrance.over-blog.com/pages/historique_autour_du_film_le_mur_de_Sophie_Robert-5965434.html



Découvrez davantage au sujet d'Le Mur, un film qui dérange les psychiatres sur www.autisme.ch

7 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 7 novembre 2011

Histoire de Nathan

Histoire de Nathan

À la plus grande joie de tout le monde, Nathan, tu es né le 10 avril 2000. Tu étais un très beau bébé, 3 kilos 800 pour 41 centimètres. Ma grossesse et mon accouchement s’étaient bien passés. Tu es un bébé comme tout les autres, tu pleures beaucoup mais ça passe avec le temps.

Papi Guy et Mamie Annie sont très heureux, en plus, ils peuvent te voir tous les jours car on vit à côté, ils nous aident beaucoup comme ils le font toujours aujourd’hui.

Nathan, tu es un enfant qui grandit bien, qui, comme tout le monde, fais les progrès qui vont avec ton âge… jusqu’à 15 mois, environ. Tu avais même commencé à parler, à être propre, à mieux dormir la nuit… comme tout les autres.

Depuis que tu es né, je prends toujours le temps de t’endormir, et cela même si ça dure longtemps. Cela sera toujours comme ça, même quand tu grandiras, car tu aimes beaucoup ce moment de câlins et de relaxation avant de dormir. Quelques fois, je m’endormirais presque en t’endormant, mais ce moment privilégié de câlins est tellement bon!

Histoire de NathanÀ un mois et demi, tu nous fais ton premier sourire. Moment de bonheur et de joie.

En septembre 2000, tu vas à la garderie pour la première fois. Tous nos essais se solderont par des échecs. On essaye même de te changer de garderie, pensant que tu n’aimes pas la première, mais impossible! Tu ne t’adaptes pas. C’est déjà un signe, mais tu es notre premier enfant, et on ne fait pas forcément le rapprochement qu’un problème est déjà entrain de prendre place en toi.

En Novembre 2000,  je te fais couper les cheveux pour la première fois. Tu n’aimes pas aller chez le coiffeur. Je fais néanmoins l’effort de toujours t’emmener chez le même (Samy), et au bout d’un long moment, tu commences à t’y habituer (vers six ans et demi), tu acceptes même de t’asseoir seul sur un fauteuil. Le coiffeur a été très patient (cinq ans de patience). Je me rappelle quand il te coupait les cheveux a quatre pattes pendant que tu hurlais par terre!

Tu commences à bredouiller pas mal, seras-tu un grand bavard? Malheureusement, tu ne le seras pas, puisqu’à 8 ans tu ne parles toujours pas.

À 11 mois, tu marchais, tu disais: « maman, papa, dodo, bébé ». Comme tous ceux de ton âge, ton développement était tout ce qu’il y avait de plus normal. Tu commences à boire seul au verre, vers un an tu manges seul avec les mains mais les efforts sont là, et on a tous commencé comme ça.

Tu manges un peu de tout: pizza, chocolat, brioches, croissants, girolles, que tu adorais mâchouiller et  recracher quand elles n’avaient plus de goût, mais… progressivement tes progrès ont stagné, et se sont mêmes arrêtés, et tu as régressé.

À un an et demi, on t’inscrit aux bébés nautiques. Tu n’iras que trois fois: tu paniques dès qu’il y a trop de monde, et j’arrête de t’y emmener car tes angoisses m’inquiètent un peu. Je pense que, peut-être, tu n’aimes pas l’eau. C’est une erreur, je comprendrai plus tard que c’est la foule que tu n’aimes pas (c’est déjà un signe de ton autisme, mais je ne le sais pas), mais que par contre tu adores l’eau. L’été, tu adores aller à la pataugeoire. Nous aurons également l’occasion de t’emmener a la mer, où tu te débrouilles très vite seul dans l’eau. Par contre, tu détestes le sable, tu as en horreur d’en avoir sur les pieds, et il faudra toujours te porter depuis l’eau jusqu’à ta serviette.

Tes cassettes préférées sont les Teletubbies et Oui-Oui – ça le restera toujours. Les sports mécaniques t’attireront par la suite: les courses de formule 1, les rallyes, et les motos surtout.

À 18 mois, je remarque et note dans un cahier la chose qui mettra tous les examens en route: tu ne parles plus. Par contre, chose positive, tu sais faire du vélo. Tu arrêteras d’en faire mais, à 4 ans, tu reprends très vite goût à cette activité, grâce au tricycle que Tonton Jean-Paul t’offre.

En octobre 2001, on commence le pot, et ça marche! Tu deviens propre, mais tu préféres aller directement aux toilettes, comme les grands. Tes efforts s’atténuent pour s’arrêter définitivement.

Histoire de Nathan

À tes deux ans, on te permet de réaliser un de tes rêves: on t’emmène au salon de la moto. Tes petits yeux sont tout ébahis de voir de si belles machines. Ton autre passion sera réalisée aussi: tu monteras dans une vrai Formule 1, rouge comme celle de Schumi, et là ton bonheur sera énorme. Une photo dans ta chambre le prouve.

On essaiera toujours, au cours de ta vie, de te faire faire des choses que tu adores et, si c’est possible bien sûr, de réaliser tes rêves.

La vie fera qu’on pourra en réaliser quelques uns, mais ce ne sera pas toujours facile car il faudra se confronter aux craintes et appréhensions de certaines personnes, qui, par ignorance, te refuseront, ou accepteront avec de grandes difficultés. Mais, au final, on y arrivera assez souvent.

À ce moment-là, nous ne savions pas encore que tu as un handicap – mais déjà, nous nous attelons à la tache qui va être la nôtre un peu plus tard: essayer de t’offrir les meilleures possibilités dans la vie de tous les jours, malgré les soucis et la vie difficile qui nous attend.

Tu es un enfant qui n’a pas trop d’exigences, et je dirais toujours, d’ailleurs, que tu es un enfant facile à vivre, et surtout très agréable. Ce qui nous facilitera les choses dans bien des cas et situations! Tu n’es pas du tout capricieux et ne réclames jamais rien. Quand on t’offre quelque chose, tu es heureux, mais c’est nous qui décidons de le faire, car en aucune circonstances tu ne réclameras quoi que ce soit.

En mars 2002, je remarque que tu es radin sur les mots pour ne pas dire mutique.

En octobre 2002, on déménage pour venir habiter au-dessus de chez Papi et Mamie. On s’inquiète de ta réaction, car, déjà à ce moment-là, tu ne supporte pas les changements. On ne va pas tarder à comprendre pourquoi.

Ce qu’on ignorait encore allait devenir notre réalité, plus vite qu’on ne le pensait. De parents d’enfant normal, nous allions passer au statut de parents d’enfants atteint d’un handicap: l’autisme.

http://autismeinfantile.com/temoignages/stephanie-et-nathan/histoire-de-nathan/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

7 novembre 2011

article publié sur le site de Vivre FM le 7 novembre 2011

Un film sur l’autisme menacé d’interdiction

Le documentaire « Le mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme », réalisé par l’association Autistes sans frontières et la société Océan Invisible Production fait l’objet de poursuites. Il pourrait en effet être retiré du site internet de l’association, où il est actuellement disponible, et interdit de diffusion à la télévision. Ce sont les psychanalystes interviewés dans ce documentaire qui demandent son interdiction, car ils estiment que leurs propos ont été dénaturés. Ils considèrent que ce documentaire ridiculise leur profession et demandent aux associations de parents de retirer le film du site internet sous peine d’amende : 15 000 euros par jour tant qu’il reste en ligne. L’assignation en justice des prévenus est prévue pour le jeudi 8 décembre, à 14h, au Tribunal de grande instance de Lille. Les associations de parents appellent donc à manifester ce jour là à Paris et à Lille.

Pour visionner ce documentaire, cliquez ici

http://www.vivrefm.com/podcast/2011/11/07/un-film-sur-l%E2%80%99autisme-menace-d%E2%80%99interdiction/
7 novembre 2011

article publié sur le site de l'AGF (Association Française de Gestion de services et établissements pour personnes autistes)

Le mur, où la conception de beaucoup de pédopsychiatres et psychanalystes français sur l’autisme s’oppose à celle de nombre de scientifiques et des associations de familles. Alors même que s’achève une consultation publique ouverte en juillet par la Haute autorité de santé, en vue de mettre au point des recommandations de bonne pratique de l’accompagnement et du suivi de l’autisme, un documentaire militant et poignant dénonce, expose.

Que découvre-t’on dans ce film ? Il s’agit en fait d’une succession d’interviews de pédopsychiatres de renom ou de psychologues, tous actuellement en activité dans divers centres hospitaliers ou cabinets de psychiatre. On y retrouve quelques noms dits prestigieux comme le Pr Pierre Delion, responsable du Centre Ressource Autisme du Nord-pas-de-Calais. Ces professionnels, qui sont amenés tous les jours à diagnostiquer et mettre en place des thérapies pour les enfants autistes que les familles leur amènent, nous expliquent en détail leurs conceptions théoriques de l’autisme à travers la vision psychanalytique qui est la leur. Dans le dernier tiers du documentaire, ils nous disent aussi ce que, selon eux, la psychanalyse peut apporter concrètement à un enfant autiste.

En contrepoint, quelques scènes de vie quotidienne de plusieurs familles touchées par l’autisme d’un enfant nous sont montrées. Dans ces scènes, les parents racontent leurs parcours et nous expliquent comment et pourquoi ils ont, eux, choisi pour leurs enfants des prises en charge éducatives, non psychanalytiques, et les enfants eux-mêmes nous montrent l’étendue de leurs progrès.

Il s’agit donc a première vue d’une nouvelle résurgence de la querelle entre psychanalystes et cognitivistes sur la question de l’autisme, ses causes et sa prise en charge. Sauf qu’ici, ces professionnels d’orientation psychanalytique, tous en activité, nous livrent le fond de leur pensée, sans détour. Et c’est là où l’on apprend déjà que selon ces professionnels, l’autisme est toujours une « psychose » c’est-à-dire une maladie mentale résultant d’un effondrement du psychisme, alors même que les recommandations françaises et internationales ont depuis des années énoncé qu’il n’en est rien et qu’il faut cesser d’entretenir la confusion entre ces deux types de troubles. Cette confusion autisme/psychose est en effet responsable en partie de l’utilisation de thérapies inadaptées toujours en application en France.

Mais pire, on apprend que toujours selon ces professionnels, la mère est reste la principale responsable de l’autisme de l’enfant (la « mère crocodile », « les dents de la mère ») de par ses pulsions psychiques incestueuses, et que c’est le « phallus du père » qui permet de l’en empêcher. Ou encore, que « mieux vaut un inceste paternel qu’un inceste maternel, parce qu’un père incestueux, ça donne une fille juste un peu débile, alors qu’une mère incestueuse ça fait un garçon psychotique »... On est à des années lumières des discours publics habituels des mêmes professionnels, qui repètent à qui veut les entendre que cela fait bien longtemps qu’on a abandonné l’idée de la culpabilité maternelle chère à Bettelheim et Mannoni.

L’intérêt de tout cela est que ces personnages nous confirment ainsi ce dont les familles d’enfants autistes témoignent régulièrement : les diagnostics inadaptés, les discours culpabilisants envers la mère, tout cela est subi aujourd’hui par beaucoup de familles désemparées en quète d’aide compétente pour leur enfant, et qui se tournent vers les professionnels de la pédopsychiatrie. Cette situation est dénoncée par les associations de parents depuis des années.

Par ailleurs, ces notions de « psychose infantile » et de culpabilité maternelle sont aujourd’hui abandonnées par la communauté scientifique internationale, depuis des décennies. On sait que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental d’origine principalement génétique avec l’influence de facteurs environnementaux physiologiques, on a démontré depuis 15 ans grâce à des études épidémiologiques que les parents n’étaient absolument pas en cause dans l’apparition de l’autisme de leurs enfants, on sait aussi que ces enfants ont avant tout besoin d’une prise en charge éducative cognitivo-comportementale. Ces résultats sont détaillés dans un Etat des Connaissances publié en 2010 par la Haute Autorité de Santé (lien ici) et par plusieurs guides de bonnes pratiques étrangers (un guide français est en cours d’élaboration par la HAS).

Mais le pire est montré dans le dernier tiers du film, où l’on demande à ces professionnels : « que peut attendre concrètement un autiste de la psychanalyse ». La meilleure réponse est sans conteste « le plaisir de regarder voler une bulle de savon ». Chacun se fera son idée en visionnant les réponses des divers protagonistes interrogés. Finalement, deux « bonus » permettent de faire un état des lieux (présenté par le Dr Zilbovicius) sur les dernières avancées des neurosciences dans le domaine de l’autisme. On a là une explication claire de ce que l’on a découvert récemment sur les véritables causes de l’autisme, ses racines neurophysiologiques, et leurs conséquences sur la perception du monde par les autistes, expliquant une bonne partie de leurs difficultés. Le contraste avec les propos tenus par les professionnels d’orientation psychanalytique du documentaire est saisissant.

En conclusion l’auteur de cet article ne peut que recommander à tout un chacun de visionner ce documentaire, car c’est la première fois qu’on peut découvrir ce que les pédopsychiatres et psychologues d’orientation psychanalytique pensent vraiment des parents - que leurs enfants soient autistes ou non.

L’espoir est plus que jamais présent.

http://www.afg-web.fr/LE-MUR-LA-PSYCHANALYSE-A-L-EPREUVE.html
7 novembre 2011

La vraie intelligence selon Albert Jacquard

Eclairant !

6 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 6 novembre 2011

L’affaire « Le MUR » VS les psychanalystes

À la suite de la diffusion du reportage « Le MUR: La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme« , réalisé par Sophie Robert et dont la publication a été permise par Autistes Sans Frontières, nous avons fait des opérations médiatiques pour que ce reportage soit diffusé à un maximum de familles avec un enfant autiste, mais aussi au reste de la population francophone, et plusieurs personnes se sont donné du mal pour le sous-titrer en anglais et en espagnol pour une diffusion mondiale.

Aujourd’hui, trois des psychanalystes qui ont participé à ce documentaire essaient de contrattaquer, car ils ne veulent plus qu’il soit diffusé. Ils ont essayé de faire confisquer les rushes et cherchent par tout les moyens de mettre un voile autour de toute cette affaire.

Vous retrouverez ici tous les documents relatifs à cette affaire au fur et à mesure qu’ils nous sont communiqués. En attendant, donnez votre soutien à Sophie en allant vous inscrire sur la page Soutien à Sophie Robert pour la diffusion de son film sur la psychanalyse.

http://autismeinfantile.com/informations/actualites/laffaire-le-mur-vs-les-psychanalystes/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

6 novembre 2011

dossier publié dans vies de famille - octobre 2011

Un dossier intitulé "Élever un enfant différent" par Isabelle Gravillon.

Des informations intéressantes :

http://www.unaf.fr/IMG/pdf/vdf_dossier_oct2011.pdf

6 novembre 2011

article publié sur le site Tanger Expérience le 1er novembre 2011

Pipoye à la Fiac

1 novembre 2011 par Paul  
Dans Evènements, Expositions 

Pipoye a eu les honneurs de la Fiac 2011.


Aujourd’hui, Pipoye, autodidacte, évolue dans l’art numérique. Il expose au Maroc mais aussi à l’étranger. Il a 14 ans.

Son travail a été sélectionné par la Fondation Orange et fut présenté dans le salon VIP Orange de la Fiac qui était réservé aux hôtes de marques et aux artistes.

Pipoye a conçu des oeuvres digitales pour décorer  les façades d’iPad et de MacBook Pro. Le responsable de la Fondation Orange a été particulièrement impressionné par le travail de Pipoye, artiste qu’il a découvert sur internet.

Vous trouverez un reportage sur cet événement sur le groupe Autisme en couleurs de Facebook :                http://www.facebook.com/groups/317813883975/ auquel nous vous recommandons de vous abonner.

Signalons que la Fondation Orange soutien l’autisme depuis 20 ans. Elle se mobilise dès 1991 auprès des associations de parents pour la mise en relation des différents acteurs, la reconnaissance de cet handicap par les pouvoir publics et pour la sensibilisation du grand public au travers des films, bandes-dessinées, évènements sportifs ou culturels.

Des toiles de Pipoye sont également présentées à partir du 27 octobre à New-York dans la “Soho Digital Art Gallery”

Le 14 décembre à Tanger à l’institut Cervantes, vous pourrez retrouver le travail de Pipoye pour la présentation de la nouvelle édition d’Autisme en Couleurs.

Bravo Pipoye.

Paul Brichet

http://www.tanger-experience.com/?tag=pipoye

5 novembre 2011

article publié dans Six-fours.net le 5 novembre 2011

Six Fours Handicap L'enfant handicapé a-t-il toujours sa place à l'école?

Les histoires se suivent et se ressemblent avec les enfants handicapés n'ayant pas à la rentrée ou en cours d'année leur auxiliaire de vie scolaire (AVS). Depuis la mi-octobre c'est le cas d'Arthur à l'école primaire de la Coudoulière.

Jean-Marc Bonifay, président d'APACA et la maman d'Arthur, Laurence.

Jean-Marc Bonifay, président d'APACA et la maman d'Arthur, Laurence.

Personne n'osera dire ouvertement : "on ne veut pas de votre enfant parce qu'il est handicapé", mais pourtant l'ensemble des faits rapportés par les parents suggèrent bien que les enfants handicapés présentant un handicap mental ou un trouble neuro-développemental sont orientés, ou du moins suggère-t-on aux parents de les mettre dans des établissements spécialisés, en dépit de la loi du 11 février 2005 censée protéger la scolarisation de ces enfants.

Arthur n'a plus d'AVS depuis octobre

Le cas d'Arthur est encore une fois là pour rappeler la réalité de ce que vivent les parents. Il est inscrit trois après-midi par semaine au Lieu d'accueil géré par Autisme Paca à Jaumard, et suit les cours en CM1 à l'école Eugène Montagne les matins et le mardi toute la journée. Atteint de troubles autistiques de type syndrome d'Asperger, associés à un trouble déficitaire de l'attention et hyperactivité, Arthur a toutes ses capacités intellectuelles préservées et parle sans aucun problème. Quant à son hyperactivité, elle est atténuée par les médicaments qu'on a suggéré à ses parents de lui administrer pour être plus calme, à savoir la fameuse Ritaline.
Sa maman nous raconte: "sincèrement je suis un peu démoralisée, et je vous avoue ne pas savoir quoi faire. Jusqu'à la mi-octobre, mon fils était suivi par son AVS avec qui tout se passait très bien; Mais son contrat se terminant, il n'était pas possible de le renouveler. Naïvement, je pensais qu'il allait en avoir une autre, mais en fait non, ça fait un mois qu'on bricole. L'école a mis à disposition une personne qui s'en occupe en partie, en attendant, mais quoi, je n'en sais rien, et je vous avoue une certaine fatigue. Et on se sent tellement impuissant". Et le président d'APACA, Jean-Marc Bonifay d'expliquer: "il faut bien comprendre une chose: dans le cas du syndrome d'Asperger l'enfant a besoin de repères, faute de quoi il peut connaître des troubles pouvant engendrer des problèmes de comportement et casser sa progression. Au lieu d'accueil, cela se passe super bien, il y a une pédagogie adaptée, et si cela pouvait suivre à l'école, l'enfant aurait vraiment toutes ses chances. Au lieu de ça, pour généraliser un peu, les enfants, qu'ils soient autistes, dyspraxiques ou trisomiques, sont mis dans des conditions telles qu'on pourrait croire qu'on préférerait les voir dans des centres spécialisées, qui ne sont en général pas adaptés. Ils ont besoin d'être dans un milieu ordinaire pour progresser, et on doit constamment se battre et répéter les mêmes choses. C'est usant et je ne compte plus le nombre de coup de fils de parents qui m'appellent suite à l'absence d'AVS".

L'incompréhension de la maman et l'agacement du président d'APACA

Et la maman d'ajouter: "depuis qu'il est au Lieu d'accueil, il a vraiment fait des progrès. Je le vois heureux et puis ça nous a soulagé de ne plus entendre les discours culpabilisants qu'on nous assénait avant comme si on était responsables de son trouble. Et je me dis qu'à l'école ça pourrait être pareil, il a juste besoin d'une AVS pour que cela fonctionne". Le président d'APACA, légèrement agacé ajoutait: "c'est toujours pareil, l'inspection d'académie devrait s'en occuper, l'école en elle-même ne peut rien faire, si ce n'est saisir l'inspection. Mais c'est toujours la même histoire: si on n'en parle pas, si on ne se bouge pas, rien ne se passe. C'est assez terrible, et je n'arriverai jamais à comprendre, c'est inhumain. On peut aider ces enfants, cela peut bien se passer si au moins on s'y intéresse. On formerait volontiers la prochaine AVS d'Arthur pour lui donner les clefs, tout simplement".
D'autant plus qu'il y a un inspecteur de l'éducation national ASH et un enseignant référent sur le secteur qui devraient normalement faciliter à résoudre ce type de problème: "il faut savoir qu'une circulaire du 6 septembre 2010 du ministère établit que l'inspecteur doit veiller à la qualité et à la mise en oeuvre des projets personnalisés de scolarisation au sein des écoles et des établissements. Et paradoxalement j'ai plus de témoignages, sur notre département, de parents me disant qu'on souhaite orienter leurs enfants vers des centres spécialisés... Allez comprendre! veut-on vraiment appliquer la loi de 2005 ? Je ne le crois pas, et je pense que ça gêne certaines personnes de voir nos enfants suivre une scolarité normale". Dans tous les cas, le président d'APACA compte ne pas laisser les semaines s'écouler sans que ce petit n'ait son AVS et il prévoit de prévenir les autorités compétentes si rien ne se passe.

D. D., le 05 novembre 2011

5 novembre 2011

revoir envoyé spécial sur france 2 "enfants handicapés privés d'école, trois après"

http://envoye-special.france2.fr/envoye-special-la-suite/enfants-handicapes-prives-d%E2%80%99ecole-trois-ans-apres-05-novembre-2011-3914.html
envoye-special.france2.fr
Ils avaient la loi pour eux. Pourtant, leur scolarisation n’allait pas de soi. Il y a trois ans, Envoyé spécial avait filmé les rentrées compliquées de Luca, 9 ans, et de Maxime, 14 ans.
5 novembre 2011

article publié dans Nature le 3 novembre 2011

Changing perceptions: The power of autism

Nature
479,
33–35
(03 November 2011)
doi:10.1038/479033a
Published online
02 November 2011

Recent data — and personal experience — suggest that autism can be an advantage in some spheres, including science, says Laurent Mottron.

THE AUTISM ENIGMA
Sorting fact from fiction
nature.com/autism

Most grant proposals, research papers and reviews on autism open with, “Autism is a devastating disorder”. Mine do not.

I am a researcher, clinician and lab director concentrating on the cognitive neuroscience of autism. Eight autistic people have been associated with my group: four research assistants, three students and one researcher.

Their roles have not been limited to sharing their life experiences or performing mindless data entry. They are there because of their intellectual and personal qualities. I believe that they contribute to science because of their autism, not in spite of it.

Everyone knows stories of autistics with extraordinary savant abilities, such as Stephen Wiltshire, who can draw exquisitely detailed urban landscapes from memory after a helicopter tour. None of my lab members is a savant. They are 'ordinary' autistics, who as a group, on average, often outperform non-autistics in a range of tasks, including measures of intelligence.

JESSICA DIMMOCK/VII

Working with autistic scientist Michelle Dawson (right) has helped Laurent Mottron (left) change his entire perception of the condition.

As a clinician, I also know all too well that autism is a disability that can make daily activities difficult. One out of ten autistics cannot speak, nine out of ten have no regular job and four out of five autistic adults are still dependent on their parents. Most face the harsh consequences of living in a world that has not been constructed around their priorities and interests.

But in my experience, autism can also be an advantage. In certain settings, autistic individuals can fare extremely well. One such setting is scientific research. For the past seven years, I have been a close collaborator of an autistic woman, Michelle Dawson. She has shown me that autism, when combined with extreme intelligence and an interest in science, can be an incredible boon to a research lab.

“Too often, employers don't realize what autistics are capable of, and assign them repetitive, almost menial tasks.”

I first met Dawson when we were interviewed together for a television documentary about autism. Some time later, after disclosing to her employers that she was autistic, she experienced problems in her job as a postal worker and so had learned everything about how the legal system deals with employees with disabilities. I recognized her skill for learning and asked her to become a research assistant in my lab. When she edited some of my papers, she gave exceptional feedback and it was clear that she had read the entire bibliography. The more she read, the more she learned about the field. Almost ten years ago, I offered her an affiliation to the lab. We've now co-authored 13 papers and several book chapters.

Testing assumptions

Since joining the lab, Dawson has helped the research team question many of our assumptions about and approaches to autism — including the perception that it is always a problem to be solved. Autism is defined by a suite of negative characteristics, such as language impairment, reduced interpersonal relationships, repetitive behaviours and restricted interests. Autism's many advantages are not part of the diagnostic criteria. Most educational programmes for autistic toddlers aim to suppress autistic behaviours, and to make children follow a typical developmental trajectory. None is grounded in the unique ways autistics learn.

In cases where autistic manifestations are harmful — when children bang their heads on the walls for hours, for example — it is unquestionably appropriate to intervene. But often, autistic behaviours, although atypical, are still adaptive.

For instance, one sign of autism is using another person's hand to ask for something, such as when a child places her mother's hand on the refrigerator to ask for food, or on the door knob to ask to go outside. This behaviour is unusual, but it lets children communicate without language.

Even researchers who study autism can display a negative bias against people with the condition. For instance, researchers performing functional magnetic resonance imaging (fMRI) scans systematically report changes in the activation of some brain regions as deficits in the autistic group — rather than evidence simply of their alternative, yet sometimes successful, brain organization.

SOURCE: REF. 4

For certain tasks, autistics use their brains differently: these fMRI images depict the perceptual regions of the brain activated more among autistics than non-autistics during a non-verbal intelligence test.

Similarly, variations in cortical volume have been ascribed to a deficit when they appear in autism, regardless of whether the cortex is thicker or thinner than expected1.

When autistics outperform others in certain tasks, their strengths are frequently viewed as compensatory of other deficits, even when no such deficit has been demonstrated empirically.

Without question, autistic brains operate differently. Most notably, they rely less on their verbal centres. When non-autistic people look at an image of a saw, for example, their brains are activated in regions that process both visual information and language.

In autistics, there is comparatively more activity in the visual-processing network than in the speech-processing one2, and this seems to be a robust characteristic of autism, across a wide array of tasks3. This redistribution of brain function may nonetheless be associated with superior performance4 (see fMRI images below).

These differences may also have downsides, such as difficulties with spoken language. But they can confer some advantages. A growing body of research is showing that autistics outperform neurologically typical children and adults in a wide range of perception tasks, such as spotting a pattern in a distracting environment5.

Other studies have shown that most autistic people outperform other individuals in auditory tasks (such as discriminating sound pitches6), detecting visual structures7 and mentally manipulating complex three-dimensional shapes. They also do better in Raven's Matrices, a classic intelligence test in which subjects use analytical skills to complete an ongoing visual pattern. In one of my group's experiments, autistics completed this test an average of 40% faster than did non-autistics4.

A changed mind

A few years ago, my colleagues and I decided to compare how well autistic and non-autistic adults and children performed in two different types of intelligence test: non-verbal ones, such as Raven's Matrices, that need no verbal instructions to complete, and tests that rely on verbal instructions and answers. We found that non-autistics as a group performed consistently in both types of test — if they scored in the 50th percentile in one, they tended to score around the 50th percentile in the other. However, autistics tended to score much higher in the non-verbal test than in the verbal one (see 'Autistic intelligence') — in some cases, as many as 90 percentile points higher8.

SOURCE: REF. 8

Despite autistics' success in Raven's Matrices, I, too, used to believe that verbal tests were the best measures of intelligence. It was Dawson who opened my eyes to this 'normocentric' attitude. She asked me: if autistics excel in a task that is used to measure intelligence in non-autistics, why is this not considered a sign of intelligence in autistics?

It is now amazing to me that scientists continue to use, as they have for decades, inappropriate tests to evaluate intellectual disability among autistics,which is routinely estimated to be about 75%. Only 10% of autistics have an accompanying neurological disease that affects intelligence, such as fragile-X syndrome, which renders them more likely to have an intellectual disability.

I no longer believe that intellectual disability is intrinsic to autism. To estimate the true rate, scientists should use only those tests that require no verbal explanation. In measuring the intelligence of a person with a hearing impairment, we wouldn't hesitate to eliminate components of the test that can't be explained using sign language; why shouldn't we do the same for autistics?

Of course, autism affects other functions, such as communication, social behaviour and motor abilities. These differences can render autistics more dependent on others, and make everyday life much more difficult. None of my arguments above is intended to minimize that.

Too often, employers don't realize what autistics are capable of, and assign them repetitive, almost menial tasks. But I believe that most are willing and capable of making sophisticated contributions to society, if they have the right environment. Sometimes the hardest part is finding the right job — but organizations are now arising to address this problem. For example, Aspiritech, a non-profit organization based in Highland Park, Illinois, places people who have autism (mainly Asperger's syndrome) in jobs testing software (http://www.aspiritech.org). The Danish company Specialisterne has helped more than 170 autistics obtain jobs since 2004. Its parent company, the Specialist People Foundation, aims to connect one million autistic people with meaningful work (http://www.specialistpeople.com).

Many autistics, I believe, are suited for academic science. From a young age, they may be interested in information and structures, such as numbers, letters, mechanisms and geometrical patterns — the basis of scientific thinking9. Their intense focus can lead them to become self-taught experts in scientific topics. Dawson, for example, does not have a scientific degree, but she has learned and produced enough in a few years of reading neuroscience papers to conduct certain types of research. At this point, she deserves a PhD.

Instant recall

Research has consistently shown that, on average, autistics present strengths that can be directly useful in research. They can simultaneously process large pieces of perceptual information, such as large data sets, better than non-autistics can10. They often have exceptional memories: most non-autistic people can't remember what they read ten days ago; for some autistics, that's an effortless task. Autistic people are also less likely to misremember data. This comes in handy in science: whereas the methodologies used in studies of face-perception in autism are for me terribly similar, Dawson can instantaneously recall them.

Many autistics are good at spotting recurrent patterns in large amounts of data, and instances in which those patterns have been broken. In my lab, Dawson noticed a discrepancy in the standards applied to various types of treatments: to develop a drug, researchers must conduct elaborate studies including randomized controlled trials, but this is not a requirement for behavioural interventions for autistics, despite the huge costs of such interventions (up to US$60,000 a year for each individual) and their potential negative consequences.

It is thus worrying that some countries, including France, have proposed mandatory interventions that aim to get autistics to adopt 'typical' learning and social behaviours, which have not been tested using the standards applied to other areas in science.

Dawson's keen viewpoint also keeps the lab focused on the most important aspect of science: data. She has a bottom-up heuristic, in which ideas come from the available facts, and from them only. As a result, her models never over-reach, and are almost infallibly accurate, but she does need a very large amount of data to draw conclusions.By contrast, I have a top-down approach: I grasp and manipulate general ideas from fewer sources, and, after expressing them in a model, go back to facts supporting or falsifying this model. Combining the two types of brains in the same research group is amazingly productive.

Because data and facts are paramount to autistic people, they tend not to get bogged down by the career politics that can sidetrack even the best scientists. They prefer not to seek popularity, promotions or vast numbers of papers; they may post their best ideas on the web rather than publish them.

In 2004, Dawson gained recognition within the autistic community and among autism researchers and clinicians after posting online an essay detailing the ethical shortcomings of the intensive behavioural therapies used with autistic children.

Of course, autistics will not thrive in all careers. Given their social differences, they will often struggle in people-oriented fields, such as retail or customer service. Ideally, autistic individuals would have mediators who could help settle situations that trigger anxiety in them — typically anything unscheduled or hostile, such as changes to an existing plan, computer problems or negative criticism.

Despite these caveats, Dawson and other autistic individuals have convinced me that, in many instances, people with autism need opportunities and support more than they need treatment. As a result, my research group and others believe that autism should be described and investigated as a variant within the human species. These variations in gene sequence or expression may have adaptive or maladaptive consequences, but they cannot be reduced to an error of nature that should be corrected.

The hallmark of an enlightened society is its inclusion of non-dominant behaviours and phenotypes, such as homosexuality, ethnic differences and disabilities. Governments have spent time and money to accommodate people with visual and hearing impairments, helping them to navigate public places and find employment, for instance — we should take the same steps for autistics.

Scientists, too, should do more than simply study autistic deficits. By emphasizing the abilities and strengths of people with autism, deciphering how autistics learn and succeed in natural settings, and avoiding language that frames autism as a defect to be corrected, they can help shape the entire discussion.

http://www.nature.com/nature/journal/v479/n7371/full/479033a.html

L'article est traduit sur le forum d'Asperansa :
http://forum.asperansa.org/viewtopic.php?p=68779#p68779

4 novembre 2011

assignation de Sophie Robert, productrice du MUR, publié sur le net

Trois psychanalystes de renom assignent la documentariste du "MUR" devant la justice.

Cette assignation est maintenant accessible sur le net :

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0B8BvJkQgAnsFZjdhYTFjYmMtYThlYS00OTFjLTg0Y2ItOWNlMjRiMWJlYjc1&hl=fr

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