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"Au bonheur d'Elise"
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medias
9 juillet 2018

Autisme virtuel

 

Autisme virtuel - Wikipédia

La théorie de l' autisme virtuel désigne une hypothèse non scientifique avec des éléments de pseudo-science, qui se base sur des obervations empiriques et non vérifiées pour postuler une conception originale des troubles du spectre de l'autisme (TSA).

http://wikipedia.org

 

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8 juillet 2018

Écrans et autisme : l'alerte virale et sans fondement scientifique

 

Écrans et autisme : l'alerte virale et sans fondement scientifique

Depuis plus d'un an, Anne-Lise Ducanda, médecin dans une PMI (protection maternelle infantile) de l'Essonne, répand partout où cela est possible une alerte devenue virale sur les troubles liés à la surexposition aux écrans chez le petit enfant et cela a pris des proportions démesurées. E

https://psychologiescientifique.org

 

8 juillet 2018

Tribune de Caroline Fel - Les enfants sont menacés par la surexposition aux écrans ...

article publié dans Destimed

Tribune de Caroline Fel - Les enfants sont menacés par la surexposition aux écrans : l’urgence d’une prise de conscience politique !

 

samedi 7 juillet 2018

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Caroline Fel (Agir) dénonce des enfants menacés par la surexposition aux écrans (Photo D.R.)

Il est temps de protéger nos enfants, en informant les parents.

Oui, la consommation excessive d’écrans est dangereuse. Et tout particulièrement dans les premières années de vie. Au-delà d’une simple affirmation de bon sens, fondée sur la connaissance des besoins de l’enfant (interaction avec les adultes, jeux qui lui permettent de découvrir et de comprendre le monde), c’est un constat partagé par l’ensemble des professionnels, qu’il s’agisse de petite enfance, d’éducation ou de santé. En 2017, les chiffres de la Direction générale de l’enseignement scolaire identifient (Dgesco) d’ailleurs très clairement une augmentation constante des troubles du langage, du psychisme et des troubles cognitifs depuis 2010, année à partir de laquelle les écrans mobiles (téléphones, tablettes, se sont largement répandus dans tous les foyers) alors que les autres difficultés restent stables (cf. tableau ci-dessous).

Ces troubles du comportement, que l’on peut qualifier de « faux autismes » -car ils en ont l’apparence-, sont aujourd’hui décrits par des centaines de professionnels de terrain, médecins de ville, médecins de PMI, psychologues, professionnels de la petite enfance, et enseignants ; ils deviennent un véritable enjeu de santé publique, avant même la prise en compte de leurs possibles retentissements en termes d’éducation. Les élus locaux en charge de l’enfance et de l’éducation sont tous confrontés aux mêmes difficultés, partout en France : demandes d’AVS (Auxiliaires de vie scolaire) qui ne cessent d’augmenter, suspension de scolarisation de plus en plus fréquentes, groupes de plus en plus difficiles à encadrer, renoncement à certaines activités en raison des risques d’incidents, dès la crèche, etc. Mais la prise de conscience des pouvoirs publics est constamment retardée, en particulier par les positions de certains commentateurs ou acteurs du dossier, qui semblent plus soucieux de défendre un pré carré universitaire ou la qualité de leurs relations avec les industries du numérique. Ils déclarent donc à qui veut les entendre que tout cela n’est pas si grave, ou que les troubles en question ne dépendent pas autant qu’on le dit des écrans… Les mêmes se proclament porte-paroles des parents d’enfants autistes pour dénoncer une soi-disant confusion des diagnostics. Pourtant, dire que les troubles comportementaux constatés chez les enfants surexposés aux écrans ressemblent au tableau clinique de l’autisme, comme le fait le Dr Anne-Lise Ducanda, n’est pas un scandale, et ne doit pas être un tabou.
Au contraire, le combat mené par celles et ceux qui dénoncent les risques liés à l’excès d’écrans est le même que celui des parents d’enfants diagnostiqués autistes : offrir à ceux qui sont véritablement porteurs d’autisme des cadres, des soins et des accompagnements adaptés. Si leur intégration est devenue si difficile aujourd’hui dans nos écoles, c’est bien parce que les demandes d’accompagnement (AVS notamment) explosent littéralement depuis quelques années. Et comme personne n’envisage raisonnablement une « épidémie d’autisme », il faut bien chercher ailleurs la raison de la multiplication de ces troubles, qui, même s’ils sont multifactoriels, semblent très fortement corrélés à une surexposition aux écrans. Il est donc de la responsabilité de chacun, et particulièrement des responsables politiques, de se saisir de cette question rapidement et surtout, efficacement. Car la conséquence de tout cela est une perte de chance, pour ces enfants, mais aussi pour ceux qui partagent leur quotidien. Si nous voulons lutter contre les inégalités et offrir à tous les enfants les meilleures chances, comme le triptyque républicain nous y oblige, c’est une large action de prévention en direction des parents, encore très peu informés de ce danger, qui doit être mise en œuvre. Certaines villes, et c’est le cas d’Angers, ont décidé de ne pas attendre et de se saisir du sujet, en associant à leur démarche tous les partenaires concernés : CAF, PMI, CHU, associations, professionnels de l’enfance et services de la Ville, pour construire à la fois une campagne de sensibilisation du grand public, qui se déroule à la veille des grandes vacances, période clé des relations parents-enfants, dans le deuxième quinzaine de juin, et un réseau de soutien et d’accompagnement des familles. Mais l’engagement d’une ville, ou de quelques-unes, ne saurait être une réponse à la hauteur de l’enjeu. Dans un pays qui compte aujourd’hui 2,3 millions d’enfants de 0 à 3 ans, c’est évidemment au Gouvernement de mettre en place les campagnes d’information sanitaire indispensables pour préserver les générations à venir, et de soutenir les études scientifiques indispensables pour objectiver ces constats. Il a fallu plusieurs décennies avant de voir apparaitre les premières campagnes de lutte contre le tabagisme passif dans les familles. Contre ce nouveau fléau, n’attendons pas autant !

Caroline Fel (Agir) est adjointe au maire d’Angers en charge de la Famille et de l’Éducation

5 juillet 2018

Un film sur l'autisme par les réalisateurs d'Intouchables

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Après le succès planétaire d'Intouchables, le duo Nakache/Toledano aborde à nouveau le handicap dans son prochain film. Dans Hors norme, c'est l'autisme qui est au cœur de l'intrigue. Vincent Cassel et Reda Kateb y jouent deux éduc spé.

Par , le 05-07-2018

On en parlait depuis des mois. Le duo Nakache/Toledano, réalisateur du Sens de la fête (2017) et surtout du mythique Intouchables (2011), mise à nouveau sur  le handicap. Selon une info révélée par Le Parisien, le titre de leur prochain long-métrage serait « Hors norme ». Le tournage doit débuter en septembre 2018 avec, à l'affiche, Vincent Cassel (La Haine) et Reda Kateb (Django) dans le rôle de deux éducateurs spécialisés qui s'occupent d'enfants et adolescents autistes.

Des cas lourds

Dans une interview accordée au Monde fin février 2018, les deux réalisateurs se confiaient sur ce nouveau projet : « Le film retracera le parcours initiatique de deux personnes qui prennent en charge des enfants et adolescents autistes qualifiés de 'cas lourds'. On est fascinés par ce que cela dit de notre société dans cette période d'hypertrophie de la communication. Comment des êtres à la marge nous éclairent sur la définition de la norme… ».

Ceux qui sont oubliés

Dans ce projet, ils s'intéresseront une nouvelle fois à ceux qui sont oubliés, en abordant un sujet de société avec légèreté et sensibilité, « sans que ce ne soit une comédie », prévient Éric Toledano. « On fera à notre façon. Dans les situations extrêmes, les rires nous sauveront peut-être, comme des bouffées d'air et de légèreté », confiait-il en mars dans Le Monde. En 2015, Nakache et Toledano ont déjà réalisé un court-métrage sur ce trouble, Il faudrait en faire un film, pour soutenir l'association Le silence des justes qui accompagne des personnes avec autisme.

© Wikipédia et Facebook


 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

5 juillet 2018

Venez vibrer avec les Bleus vendredi 6 juillet 2018 à 16h00 à l'ILVM Saint Mandé

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4 juillet 2018

Grâce aux chiens sauveteurs aquatiques, trois petits garçons autistes s’épanouissent

C’est au point d’eau municipal d’Angres que les enfants ont profité de leurs derniers moments avec les chiens sauveteurs.
C’est au point d’eau municipal d’Angres que les enfants ont profité de leurs derniers moments avec les chiens sauveteurs.

Pour le plus grand bonheur de leurs accompagnatrices, les éclats de rire des enfants ont résonné au plan d’eau municipal d’Angres pour leur dernière séance de médiation animale sous le soleil. Depuis le mois de septembre, les membres de l’association Chiens sauveteurs aquatiques (CSA) se sont lancés dans l’aventure avec trois petits garçons atteints d’autisme et suivis à l’hôpital de jour d’Hénin-Beaumont. Thierry Cichocki, le président de l’asso, exprime sa volonté de «  valoriser et promouvoir le sauvetage aquatique à l’aide de Terre-Neuves  », une race de chiens puissants, capables de tracter de lourdes charges et parfaitement adaptés à l’eau grâce à leurs pattes palmées et à leur double couche de poils.

Lien entre l’enfant et le chien

L’association souhaitait travailler avec les handicapés et les encadrantes de l’hôpital voulaient se lancer dans la médiation animale. Cathy Druelle, adjointe à la maire d’Angres, les a mis en relation, et la belle histoire a démarré. Avec les trois petits garçons, âgés de 5 à 7 ans, le lien s’est créé au fil des séances. «  Ils ont parfois du mal à entrer en relation avec des humains, c’est formidable de voir celle qu’ils ont tissée avec les chiens  », se réjouit l’une des encadrantes.

À raison de deux sessions par mois, les enfants ont appris à apprivoiser ces gros toutous, qui leur ont d’abord été présentés à l’aide de pictogrammes, puis de peluches, avant que n’eût lieu la rencontre en chair et en os.

 

Accrochés au harnais d’Ina et sous la surveillance de Thierry, ils ont pu découvrir de nouvelles sensations.

Une évolution visible

«  C’était un challenge plutôt osé car ce sont de gros chiens. Petit à petit, nous leur avons montré comment les balader, les nourrir, faire leur toilette… Comme ce sont des chiens d’eau, on tenait vraiment à faire cette dernière séance autour de l’eau pour montrer aux enfants de quoi nos chiens sont capables, explique Thierry Cichocki. Les séances ont été bénéfiques et l’évolution est visible.  »

D’abord tractés par Ina, la chienne de Thierry, dans un bateau pneumatique, les enfants sont finalement allés jusqu’à se baigner dans le plan d’eau, avant d’être ramenés au bord accrochés au harnais de leur sauveteuse à poils, et le tout avec le sourire ! «  On espérait que la séance se termine comme ça, mais on n’était pas sûr d’y parvenir  », admet le président de l’asso, aux anges.

Après cette première expérience pleine de succès, tous espèrent réitérer l’aventure l’année prochaine. Reste à trouver les financements nécessaires…

4 juillet 2018

La thérapie avec le cheval pour des enfants atteints de troubles psychiques

 

La thérapie avec le cheval pour des enfants atteints de troubles psychiques | Le Blog de la Médiation Animale

Vous trouverez ci-dessous l'intervention à deux voix de la FENTAC au Salon du Bien-être avec le Cheval, qui s'est tenu du 1er au juin derniers, avec Brigitte Martin et Agnès Molard! Bonne lecture! Agnès : Pourquoi la médiation du cheval auprès des enfants présentant des handicaps psychiques ?

https://www.mediation-animale.org

 

4 juillet 2018

" Les parents d'enfants handicapés ont un stress équivalent à un soldat "

 

" Les parents d'enfants handicapés ont un stress équivalent à un soldat "

Des mots face au handicap. Des paroles de colère, de découragement, de solitude aussi, souvent. Des témoignages de parents qui racontent la vie de leur enfant. Des appels au secours ou à la bienveillance. Des mots parfois teintés d'un humour un peu amer.

https://www.la-croix.com

 

4 juillet 2018

Le comité de pilotage de la stratégie nationale pour l'autisme est officiellement installé

article publié sur Hospimédia

29/06/18 - 17h11

Le comité de pilotage de la stratégie nationale est officiellement installé.

Un mois après la parution du décret instaurant la fonction de délégué interministériel à la stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neurodéveloppement, et la nomination dans la foulée de Claire Compagnon à ce poste, un comité de pilotage opérationnel a officiellement été installé ce 27 juin. L'information a été signalée à l'agenda de Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées.

Le nouveau comité et sa déléguée marquent définitivement la volonté du Gouvernement d'inscrire la politique de prise en charge de l'autisme dans une démarche interministérielle. Le comité regroupe pour cela des représentants des différentes directions des administrations centrales, s'inscrivant dans la droite ligne de la délégation interministérielle dédiée à la stratégie. Parmi les missions de Claire Compagnon, fixées par décret (article 2) figure donc en premier celle qui consiste à "assurer le suivi de la mise en œuvre, au niveau interministériel, de la stratégie nationale et de sa prise en compte dans les politiques ministérielles associées".

Il est aussi question dans le décret (article 3) de la mise en place du conseil national qui doit réunir des représentants d'associations d'usagers et des familles, des professionnels, des représentants de l'État et des collectivités territoriales, des scientifiques et des personnalités qualifiées. Un arrêté détaillant ses membres devrait prochainement être publié au Journal officiel.

Le décret fixant le cadre des missions de Claire Compagnon prévoit également qu'elle sollicite les services notamment des ministères en charge des Solidarités, de la Santé, du Travail, de l'Éducation nationale, du Logement, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Justice, de l'Agriculture, de la Culture, des Sports, des Outre-mer, du Budget, des corps d'inspection, du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) ou encore des caisses et organismes de sécurité sociale. Toutes ces administrations et organisations devraient se retrouver dans le comité. Ce dernier doit se réunir tous les mois. À cette occasion, un reporting de la mise en œuvre par les différentes administrations centrales des mesures de la stratégie sera réalisé, explique Claire Compagnon. Pour suivre les 101 mesures au quotidien, des outils sont en cours d'élaboration. D'ores et déjà, certaines dispositions annoncées ont déjà démarré.

4 juillet 2018

Médias et handicap : Œuvrer pour une cité inclusive -

 

Médias et handicap : Œuvrer pour une cité inclusive -

Le 30 mai dernier avaient lieu à l'Université Lyon 2 un colloque sur le thème médias et handicap dans le cadre de la démarche inclusive des personnes handicapées. Une question sociétale et cruciale que de nombreux intervenants des médias ont abordé dans fausse barbe.

https://www.handirect.fr

 

30 juin 2018

Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes en situation de handicap, nous explique !

29 juin 2018

En finir avec la psychanalyse ? – Entretien avec Jacques Van Rillaer - 1re partie -

Lumières !

Ajoutée le 28 juin 2018

Première partie de notre entretien avec le psychologue Jacques Van Rillaer, réalisé le 17 avril 2018 à Bruxelles. Professeur émérite de psychologie, « déconverti » de la psychanalyse, Jacques Van Rillaer est l’un des critiques majeurs de la discipline fondée par Freud. Il est notamment l’auteur du livre « Les Illusions de la psychanalyse » (Mardaga, 1981) et fait partie des principaux contributeurs du « Livre noir de la psychanalyse » (Les Arènes, 2005).

Dans ce segment, nous abordons les sujets suivants : origines et originalité de la théorie freudienne ; pertinence des concepts de la psychanalyse (inconscient, refoulement, transfert, etc.) ; les « cas princeps » (le petit Hans, Anna O., Dora, l’Homme aux rats, l’Homme aux loups...). Il est également question de l’interprétation des rêves et des lapsus.

Blog de Jacques Van Rillaer sur le site Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/jacques-va...

Site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS), où l’on trouve de nombreux articles de Jacques Van Rillaer (issus de la revue « Science & pseudo-sciences ») : http://www.pseudo-sciences.org/

26 juin 2018

Marie, autiste de 23 ans, vit isolée et oubliée selon sa maman ->Il est temps d'ouvrir des centres de jours adaptés à l'autisme!

Marie, autiste de 23 ans, vit isolée et oubliée selon sa maman:

Patricia et sa fille Marie vivent ensemble à Andrimont en province de Liège. La jeune femme se sent bien dans l’appartement de sa maman mais elle n’a pas vraiment d’autre endroit où aller pour le moment. Patricia n’ayant pas de voiture, leurs sorties se limitent souvent à des promenades dans les environs. Elle aimerait que sa fille puisse s’épanouir, tisser des liens sociaux, avoir des activités plus variées. Marie pourrait progresser, gagner en autonomie, acquérir des compétences pour s’insérer socialement. Mais pour les adultes autistes, il n’y a rien, déplore sa maman. "À cause du manque de structure, Marie reste à la maison, sans soutien et isolée, oubliée par la société", dénonce-t-elle via notre bouton orange Alertez-nous.


Des battements de mains et des balancements révélateurs

À 18 mois, Marie a été diagnostiquée "autiste sévère", raconte sa maman. Ses balancements avant-arrière, parfois très violents, ainsi que ses battements de mains (flapping) ont été les premiers signes qui ont poussé les parents à consulter. "Les signes cliniques apparaissent très tôt dans la vie de l’enfant, soit dès sa naissance, soit entre la première et la seconde année de vie", indique le Pr Anne Wintgens, responsable du Centre de référence pour les troubles du spectre autistique des Cliniques Saint-Luc. La spécialiste cite quelques signes qui doivent alerter : "L’enfant ne fixe pas le regard. Il ne pointe pas pour demander ou marquer leur intérêt. Il ne répond pas au sourire et n’initie pas de relation par le sourire ou le regard. Il ne répond pas au bruit ou à l’appel de son prénom."


"C’était presque notre faute"

Après un rendez-vous chez un neuropédiatre, un généticien a confirmé le diagnostic de Marie. Un verdict qui a marqué le commencement de plusieurs "années de galère" pour Patricia. "Il n’y avait pas internet. On ne pouvait pas partager, on restait chez soi, on était culpabilisé par les gens autour de nous. C’était presque notre faute", se souvient-elle.

Dans les années 90, l’autisme était encore abordé sous le prisme de la psychanalyse. Certains praticiens affirmaient alors que ce trouble était causé par un comportement inapproprié de la mère, trop froide ou trop possessive. Puis les méthodes comportementales ont pris le pas sur l’approche psychanalytique. Aujourd’hui, les professionnels évoquent des facteurs multiples (neurologiques, génétiques, environnementaux et psychologiques) et préfèrent parler de Troubles du Spectre Autistique (TSA) plutôt que d’"autisme".

"À l’heure actuelle, le diagnostic reste un diagnostic clinique qui repose sur la présence d’un ensemble de symptômes dans le domaine de la communication et des interactions sociales et dans le domaine des comportements stéréotypés, des intérêts restreints et des sensibilités sensorielles particulières", explique le Pr Anne Wintgens, qui souligne l’importance l’un diagnostic précoce pour une prise en charge la plus précoce possible.


Accaparée par les besoins de sa fille, Patricia a "perdu l’espoir de travailler"

Les troubles du spectre autistique touchent une personne sur cent – plutôt des garçons. "Ça s’abat sur une famille, détruit la famille. On ne sort pas indemne : le frère, la sœur, le père la maman, la grand-mère, les tantes… Il y a quelque chose qui part, qui s’en va", confie Patricia. "Soit, ça soude la famille très fort, soit la famille éclate", raconte Flora Arrabito, présidente de l’asbl Autisme en action. Mais il y a une majorité de familles éclatées, constate-elle.

Mère de 7 enfants, 5 garçons et deux filles. Patricia a dû canaliser son attention sur Marie. "Je me suis dit que j’allais être aidée", se souvient-t-elle. "Mais je me trompais, je me trompais, c’était fou", constate-t-elle avec le recul. Elle a été contrainte de quitter son travail de secrétaire pour se focaliser sur les besoins de sa fille. "J’ai perdu l’espoir de travailler un jour", confie-t-elle. Pour Marie, Patricia s’est faite tour à tour infirmière, assistante sociale, docteur, pédicure, couturière, clown, kiné, coiffeur, institutrice… "La maman n’est plus une maman. Elle tient toutes les casquettes", raconte également Flora Arrabito, elle-même mère d’une jeune femme de 26 ans autiste.


Après ses 15 ans, Marie n’a plus trouvé de structure adaptée

Suite à son divorce, Patricia s’est rapidement retrouvée seule avec Marie, alors que la fillette avait 4 ou 5 ans. "Le père ne se sentait pas capable de faire avancer Marie", résume-t-elle. Heureusement, Patricia a trouvé une place adéquate pour sa fille à La Court’Echelle, un institut d’enseignement spécialisé de la communauté française. "Là, Marie évoluait, était heureuse, très encadrée", raconte-t-elle. La jeune fille a fréquenté cet établissement jusqu’à ses 14,15 ans. Ensuite, elle a rejoint l’Athénée Verdi de Verviers, où elle est restée deux ans, puis a intégré un centre d'enseignement secondaire spécialisé de Cerexhe. Deux établissements qui n’ont pas apporté à Marie ce dont elle avait besoin. Le personnel, certes attentif, n’était pas formé à l’autisme. "Elle n’apprenait plus rien", regrette la maman.

Si Marie a beaucoup évolué jusqu’à ses 15 ans, il n’y a plus eu de structures adaptées pour qu’elle continue sur cette pente ascendante. Aujourd’hui, elle vit en retrait de la société, ne côtoyant presque que sa maman, seule personne qui se charge de la faire progresser. "Il est temps d'ouvrir, de créer des centres de jours adaptés à l'autisme !", tonne Patricia.

"Marie est intelligente, douce, gentille mais elle fait partie des "oubliés" de notre société ce qui est d'une grande violence pour moi sa maman"

De rares centres adaptés à l’autisme, et très peu de places dans les autres

Les infrastructures réellement adaptées à l’autisme se comptent sur les doigts d’une main, indique Cinzia Agoni, porte-parole du GAMP (Groupe d'Action qui dénonce le Manque de Places pour personnes handicapées de grande dépendance) et présidente de l’asbl Inforautisme. Pour obtenir une place dans un de ces centres, il y a des listes d’attente "pour plusieurs années", regrette-t-elle, citant par exemple le centre "Les Jacinthes", saturé.

Les personnes autistes sont donc dispatchées dans des centres qui accueillent différents publics, explique Flora Arrabito, d’Autisme en action. "À la fin du mois de juin, vous prenez toutes les écoles d’enseignement spécial, ils ont chacun des dizaines et des dizaines de jeunes qui rentrent dans l’âge adulte. La moitié ou les ¾ vont rester sur le carreau, sans solution", déclare-t-elle.

Car les places dans les établissements qui accueillent différents types de handicap (polyhandicap, autisme, et autre handicap de grande dépendance) sont aussi très convoitées. Et la sélection faite à l’entrée ne joue pas en faveur des personnes autistes. "Ils préfèrent prendre les éléments les moins perturbateurs pour les équipes", dit Flora Arrabito. Puisque le personnel de ces centres est rarement formé à la prise en charge de l’autisme.


Le personnel des centres d’accueil n’est pas suffisamment formé à la prise en charge de l’autisme

L’autisme a été reconnu comme handicap en Belgique, dans la partie francophone du pays, seulement en 2004, rappelle la responsable du GAMP. "Mais les formations n’ont pas suivi", indique-t-elle. S’il existe des méthodes qui ont fait leurs preuves (TEACCH, ABA), les éducateurs ne les connaissent pas forcément. "Dans les écoles pour éducateurs, on aborde parfois l’autisme mais pas nécessairement avec les connaissances actuelles", regrette Cinzia Agoni

En conséquence, dans certaines institutions, les personnes autistes sont "parquées et bourrées de médicaments", rapporte Cinzia Agoni. Un traitement qui les transforme en vrais "zombies", dénonce-t-elle. "C’est un peu notre combat par rapport à l’autisme, le combat des bonnes pratiques dans les centres qui accueillent les personnes handicapées", explique-t-elle.


Des parents "pris en otages"

De son côté, Patricia se bat pour trouver des soins adaptés et des activités de jour pour sa fille. "Il n'est pas possible de la faire régresser en la mettant n'importe où !", martèle-t-elle. De nombreux parents d’enfants autistes se voient proposer du "all inclusive, 24 heures sur 24", alors qu’ils ne cherchent que des activités de jour, explique Cinzia Agoni. "Ils sont pris en otages", s’indigne-t-elle. "Ou bien vous prenez cette place-là, ou bien tant pis, votre personne handicapée, vous la gardez chez vous."


"La création de structures de répit est fondamentale pour les familles"

Patricia plaide pour la création de "points-relais", où les adultes atteints de TSA pourraient poursuivre leur apprentissage — pas des garderies, insiste-t-elle. "Les mamans sont pros pour ça", dit-elle. Flora Arrabito, d’Autisme en action, revendique également, depuis des années, l’ouverture de ce qu’elle appelle des "haltes répits". L’idée est plus ou moins la même : un local où une personne compétente pourrait, quelques heures par semaine proposer des activités en vue de faciliter l’insertion sociale, voire professionnelle, des adultes atteints de TSA.

"La création de structures de répit est fondamentale pour que les parents et les familles puissent tenir le coup. Il en existe encore beaucoup trop peu à l'heure actuelle", déclare le Pr. Anne Wintgens. La Wallonie compte en effet quelques rares services de répit en: "Souffle un peu" dans le Namurois, la 2eme base à Gembloux… tous saturés de demande.

Pourquoi en existe-t-il si peu ? D’abord à cause du manque de budget, le nerf de la guerre pour les associations. Le cadre législatif actuel ne convient pas au développement de ce genre de structures. "Vous avez des gens différents qui arrivent à des moments différents et il faut faire des comptes d’apothicaire pour recevoir les subsides", explique Cinzia Agoni. "C’est plus facile d’ouvrir un centre résidentiel tout compris plutôt que se casser la tête avec un centre de répit", constate-t-elle.


Des pouvoirs publics inertes devant l’urgence de la situation ?

En désespoir de cause, une vingtaine d’associations représentatives du secteur du handicap en Belgique a emprunté la voie judiciaire. En 2013, la Belgique a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour carence de solutions pour les adultes de grande dépendance. Les pouvoirs régionaux et communautaires ont mis en place le Plan Grande Dépendance 2014-2017 pour entrer en conformité avec la Charte sociale européenne.

En avril 2016, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et Bruxelles ont présenté conjointement un plan transversal Autisme, dans le but d’améliorer la prise en charge et les conditions de vie des personnes concernées. "Ce plan Autisme a permis, en Wallonie, la création de 81 places dans des dispositifs spécialisés (35 chez les enfants, 41 pour les adultes) ainsi que 12 places en unité de crise réparties de façon équitable entre le secteur jeunes et adultes. De même, 39 nouvelles places de répit (dont 25 pour les adultes) ont également été programmées", fait valoir Caroline Jauniaux, porte-parole de la ministre wallonne en charge de l'action sociale, Alda Greoli.

Cinzia Agoni met sérieusement en doute ces chiffres et compte bien demander des comptes au cabinet de la ministre en question. "Ce sont des places de crises, pas des solutions", note-t-elle par ailleurs. "Il y a une demande énorme, ce sont de centaines de personnes qui n’ont rien (…) C’est tout à fait dérisoire", réagit-elle également. Son sentiment par rapport à ce plan Autisme ? "Lamentable ! Ce plan n’existe quasiment pas, ne veut rien dire, c’est une coquille vide", tempête-t-elle.

"On nous a promis plein de choses. Mais aujourd’hui, si vous parlez à un parent, et vous dites ‘le plan autisme est sorti il y a plus d’un an. Est-ce que vous sentez des améliorations ?’ Ils vont vous dire non", raconte la responsable d’Autisme en action. "Concrètement dans la vie de tous les jours, ce n’est pas visible", ajoute-t-elle.


Patricia dénonce certaines idées reçues sur l’autisme

Si le personnel formé à l’autisme est encore rare, le grand public a également des connaissances très faibles en la matière, constate Patricia. "Soit on va dans le cliché du surdoué : le ‘Rainman’, qui est magique, ou alors la personne qu’on véhicule partout et qui ne comprend rien à rien", déplore-t-elle. Plus agaçant encore, les questions sur l’agressivité de sa fille Marie, alors que celle-ci est au contraire d’une grande douceur.

"Les personnes avec autisme ne sont pas plus agressives que les autres mais elles peuvent présenter des troubles de comportement", explique le professeur Wintgens. "Ces troubles peuvent être liés à une difficulté de communication, un manque de compréhension d’une situation, une rigidité de la pensée". "Certains changements, mêmes minimes, peuvent générer un stress", ajoute la spécialiste.

Patricia dénonce aussi le cliché de la "débilité". Si sa fille n’est pas "Rainman", elle est très intelligente, assure-t-elle. "Marie va comprendre un tas de choses que je ne vais pas sentir directement", raconte-t-elle. "Eux ont comme un autre sens, beaucoup plus parfait que nous, plus subtil, beaucoup plus développé", estime-t-elle. "Leur intelligence a souvent un profil hétérogène avec des forces dans les domaines visuels, dans le raisonnement perceptif par rapport au domaine langagier", explique le Pr. Anne Wintgens.

"Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met, de ces lieux retranchés de la vie, pour les inclure dans la vie, dans la société, avec nous"

"Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met"

Patricia et Flora souffrent du regard des gens sur leur fille. "Combien de fois m’est-il arrivé de sortir d’un magasin avec elle parce que les regards se posaient sur nous", raconte la présidente d’Autisme en action. "C’était extrêmement gênant", confie-t-elle. Patricia rapporte des expériences similaires, évoquant notamment des groupes de jeunes qui regardent Marie "de la tête aux pieds".

Pourquoi ces regards pesants ? "Parce que le public belge n’est pas confronté à la différence", déplore Flora Arrabito. "Où sont les adultes autistes ?", interroge Patricia. "Je n’en vois aucun", s’étonne-t-elle. "Ni dans la rue, ni dans les médias." "C’est incroyable, le peu de visibilité qu’ils ont. C’est comme s’ils n’existaient pas", renchérit Flora Arrabito. "Il faut sortir les autistes des coins oubliés où on les met, de ces lieux retranchés de la vie, pour les inclure dans la vie, dans la société, avec nous", adjure-t-elle. "Il faut mettre l’autiste avec des personnes comme vous et moi", dit également Patricia.

"Les autistes adultes qui ont des gros troubles du comportement, on ne veut pas les voir parce qu’ils dérangent"

Les adultes atteints de TSA pas assez représentés dans les médias

Quand il s’agit d’aborder l’autisme, les médias feraient la part belle aux enfants, au détriment des adultes. "L’enfant avec de grands yeux mignon, même s’il ne vous regarde pas, passe beaucoup plus facilement que l’adulte qui peut montrer des signes de handicap", note Cinzia Agoni. Contrairement aux plus jeunes, l’adulte ne touche pas, n’intéresse pas les gens, regrettent-elles. Cinzia Agoni note tout de même la médiatisation de certains adultes, comme Josef Schovanec, philosophe, ou Hugo Horiot, écrivain et comédien. "On veut voir les autistes adultes qui sont bien élevés, qui savent bien parler, ça oui. En revanche, les autistes adultes qui ont des gros troubles du comportement, on ne veut pas les voir parce qu’ils dérangent", dit-elle. Pourtant, le rôle des médias est "primordial", souligne Cinzia Agoni, qui se réjouit tout de même d’un regain d’intérêt de leur part ces trois dernières années.

"Ce qu’on se demande avec un enfant autiste, c’est ‘qu’est-ce qu’il deviendra quand moi je ne serai plus là ?"

Décloisonner les enseignements ordinaire et spécialisé pour favoriser l’inclusion

La scolarisation d’élèves handicapés au sein de classes ordinaires est un autre levier pour encourager l’ouverture à la différence. Il est évoqué dans le plan transversal autisme, mais ces classes dites "inclusives" n'en sont qu’à leur début en Belgique. Des expériences pilotes sont menées par le Cabinet de la Ministre Marie Martine Schyns sur un total de 8 classes pour l’année scolaire 2017-2018. "C’est une goutte dans l’océan", note Florra Arrabito. "Nous profiterons de la prochaine année scolaire pour proposer des modifications de décret facilitant la création ou la pérennisation des classes inclusives", assure Paul-André Leblanc, conseiller auprès de la Ministre Schyns.

Pour se changer les idées, sortir de la problématique de l’autisme, Patricia fait de longues marches dans Verviers. C’est sa "thérapie", dit-elle. Si elle a tant besoin de ces moment-là, c’est aussi parce qu’elle ressent une certaine angoisse concernant l’avenir de Marie. "Ce qu’on se demande avec un enfant autiste, c’est ‘qu’est-ce qu’il deviendra quand moi je ne serai plus là ?’", confie-t-elle. "On ne peut pas, en tant que parents, imposer leur sœur à nos enfants qui sont bien, qui ont une petite famille", ajoute-t-elle.

Se sentant abandonnée, Patricia broie parfois du noir : "Il y a quelques années, j'avais encore un peu d'espoir mais depuis je m'isole, et je finis par ne plus croire en rien", confie-t-elle. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de gens bienveillants, qui connaissent une peine comme la sienne. Elle tient à leur rendre hommage. "Si je n’avais pas la maman de Wael, la maman de Jessica, de Dylan, Nolwen, Lilia, David ou Gabriel, je ne sais pas ce que je ferais."

23 juin 2018

Quatre surveillants suspendus pour avoir humilié un collégien autiste

13h53, le 22 juin 2018, modifié à 13h58, le 22 juin 2018

Quatre surveillants suspendus pour avoir humilié un collégien autiste

Les surveillants sont soupçonnés d'avoir diffusé la scène sur les réseaux sociaux. Image d'illustration. @ AFP

Les quatre employés d'un collège d'Aulnay-sous-Bois sont soupçonnés de s'être moqué d'un élève et d'avoir filmé la scène avant de la diffuser sur Snapchat, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.  

Quatre surveillants affectés dans un collège d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ont été suspendus jeudi, soupçonnés de s'être moqués d'un élève autiste, d'avoir filmé la scène et de l'avoir diffusée sur les réseaux sociaux, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Le rectorat a émis un signalement au parquet. Ces quatre assistants d'éducation ont fait l'objet d'une suspension à titre conservatoire dans l'attente des résultats de l'enquête administrative, a expliqué le rectorat, qui a également émis un signalement en direction du parquet.

D'après les premiers éléments, révélés par Le Parisien, les faits se sont produits mercredi après-midi. La victime, un enfant autiste, avait empli son sac de pain. "Les surveillants ont voulu le punir d'avoir pris du pain et ils se sont moqués de lui", a expliqué une source proche du dossier. L'un d'eux a filmé la scène qui s'est ensuite retrouvée sur Snapchat, mais la vidéo n'était plus visible vendredi. 

Le père de l'enfant reçu lundi au collège. "L'enfant n'a pas compris qu'on se moquait de lui, il va bien", a ajouté cette source. Selon le rectorat, le principal a tout de suite appelé le père de l'enfant pour l'informer et le recevra lundi.

22 juin 2018

Autisme -> Vidéo sur une journée exceptionnelle organisée par l'association A.I.M.E 77 d'Eric Ticana - 16.6.2018

 

22 juin 2018

Handicaps et travail. « Apprendre à mieux cerner l’autisme »

Publié le 21 juin 2018 à 10h17 Modifié le 21 juin 2018 à 12h18
Atteinte du syndrome d’Asperger, Danielle Dave est devenue consultante sur l’autisme.
Atteinte du syndrome d’Asperger, Danielle Dave est devenue consultante sur l’autisme. (Photo Anthony Berthou)

Venue de Belgique, la scientifique Danielle Dave participe au colloque « Handicaps et travail », qui se tient ce jeudi et ce vendredi au Quartz, à Brest. Elle témoigne de sa propre expérience familiale liée à l’autisme, un syndrome souvent difficile à identifier.


Quel est votre rapport à l’autisme ?

« Je suis directement concernée, puisqu’on m’a diagnostiqué le syndrome d’Asperger à l’âge de 37 ans. J’en ai aujourd’hui 53 et j’ai appris à vivre avec. J’ai découvert cette affection tardivement, à la suite de l’autisme sévère dont est atteinte ma seconde fille. Dans mon cas, cela se manifeste par une difficulté relationnelle et émotionnelle dans la vie de tous les jours, malgré un quotient intellectuel élevé : 155. Sur le moment, j’ai accueilli ce diagnostic avec soulagement. Les troubles dont je souffre depuis l’enfance ont longtemps été masqués par cette forme d’intelligence que je qualifie d’anormale. »


Comment avez-vous surmonté les obstacles ?

« Issue d’un milieu ouvrier, j’ai eu la chance de réussir de brillantes études universitaires, dans les sciences dures, avant de m’intéresser aux sciences humaines par le biais de l’autisme. J’ai notamment collaboré avec des associations de parents chez moi, à Liège, et aussi obtenu un diplôme spécifique à Toulouse, afin de crédibiliser ma démarche. Après une période de remise en question, j’ai ouvert un cabinet de coaching, Consultance Autisme & TED, il y a deux ans. Dans ce cadre, je rencontre toutes sortes de publics pour les sensibiliser à l’autisme, et je participe volontiers à des rassemblements comme celui-ci, dans toute l’Europe, pour apporter mon point de vue sur cette affection encore méconnue dans nos sociétés. »


Comment s’y prendre ?

« En Belgique comme en France, des structures existent pour accompagner les autistes lorsqu’ils ont besoin d’un cadre adapté. Mais il reste beaucoup à faire pour mieux cerner tous les syndromes liés à cette maladie, qui n’est pas forcément génétique. Le gouvernement Macron vient de lancer un Plan Autisme 2018-2022, ce qui prouve bien qu’il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique. En France, cela concerne 700 000 personnes, dont 600 000 adultes. »

 
Pratique

Colloque « Handicaps et travail : regards croisés européens », ce jeudi et ce vendredi, de 9 h à 17 h, au Quartz, à Brest. Renseignements complémentaires et contact via le site www.handicaps-et-travail.bzh

18 juin 2018

Adoption par les couples homosexuels : "Uniquement pour des enfants atypiques" en Seine-Maritime

article publié sur France Bleu

lundi 18 juin 2018 à 7:08 Par Coralie Moreau, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Depuis la loi sur le mariage pour tous, les couples homosexuels peuvent adopter, en théorie. Mais dans la réalité, le parcours est très compliqué. En Seine-Maritime, ces couples ne sont pas exclus... s'ils sont "ouverts aux profils d'enfants atypiques".

En Seine-Maritime, les dossiers d'adoption des couples homosexuels ont très peu de chances d'aboutir

En Seine-Maritime, les dossiers d'adoption des couples homosexuels ont très peu de chances d'aboutir © Radio France - Radio France

Seine-Maritime, France

Le mariage pour tous devait donner aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels. C'est en partie le cas mais des discriminations persistent, notamment en ce qui concerne l'adoption, en Seine-Maritime.

Les témoignages sont nombreux, de couples homosexuels désireux d'adopter et découragés, souvent, durant leurs démarches pour obtenir l'agrément. Le parcours est le même pour tous les postulants, seuls ou en couple. Il faut passer par le département qui accorde ou non l'agrément après plusieurs rencontres, avec des psychologues notamment. Les dossiers sont ensuite soumis au Conseil de famille, instance constituée de personnes de la société civile, qui choisit la famille qui pourra accueillir l'enfant en attente d'adoption.

Pour les couples homosexuels, obtenir un agrément n'est pas compliqué mais c'est après que ça se corse. Selon Pascale Lemare, responsable du service adoption au département de Seine-Maritime, 

"Les couples homosexuels ne sont pas exclus mais ils ne sont pas prioritaires"

Pour les couples homosexuels, "des enfants dont personne ne veut"

Ce que confirment des couples homosexuels, candidats à l'adoption. "On nous a dit que, pour avoir une chance, nous devions nous préparer à accueillir _un enfant à besoins spécifiques, c'est-à-dire grand ou avec un problème de santé, un handicap_", témoigne une jeune femme.  Des propos confirmés par la responsable de l'adoption au département : "Eux-mêmes sont un peu atypiques par rapport à la norme sociale mais aussi la norme biologique [donc il faut que] leur projet supporte des profils d'enfants atypiques".

Un discours qui choque. Pour cette autre femme qui a choisi d'abandonner les démarches, l'homosexualité souffre encore de fortes discriminations au sein même des institutions et des collectivités.

"On a un peu l'impression que autant les parents homosexuels que les enfants à besoins spécifiques sont un peu des sous-citoyens aux yeux des institutions"

En Seine-Maritime, selon le service de l'adoption, un couple d'hommes a accueilli un enfant... à besoins spécifiques.

18 juin 2018

Journée de sensibilisation à l'autisme ville de Bussy-Saint-Georges

18 juin 2018

Prise en charge des enfants handicapés : des éducateurs du Puy-de-Dôme dénoncent un manque de moyens

Prise en charge des enfants handicapés : des éducateurs du Puy-de-Dôme dénoncent un manque de moyens
Saint-Eloy : les salariés de l'IME en grève depuis lundi matin. © Poulain Denis
Depuis ce lundi matin, les salariés de l'Institut médico-éducatif de Saint-Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme), spécialisé dans la prise en charge d'enfants autistes, sont en grève. Très remontés, ils dénoncent un manque de moyens et partagent leur frustration. 

Après le mouvement de grève initié par les salariés de l'Adapei 63 contre leur direction ce lundi, le personnel de l'Institut médico-éducatif de Saint-Eloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) a emboité le pas. Avec dans le viseur, la réduction du temps de travail annoncé par deux des leurs.

En grève depuis samedi, des salariés de l'Adapei 63 reprochent à leur direction « un climat de terreur »

" C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! On est dejà limite. On ne sort plus la tête de l'eau... alors si on réduit encore l'effectif... Cela deviendra injouable ", s'agace Etienne (*), éducateur spécialisé à l'IME La maison des couleurs de Saint-Eloy-les-Mines.

Comme lui, l'équipe a voté la grève. Frustrée de ne plus pouvoir exercer sa mission auprès des enfants handicapés. "Aujourd'hui, on fait de la garderie. On assure le confort mais les prises en charges spécifiques des autistes ont du mal à être réalisées."

"On ne sort plus la tête de l'eau... alors si on réduit encore l'effectif... Cela deviendra injouable"

Exemple à l'appui, le salarié enfonce le clou : " On a notamment une thérapie d'échange et de développement qui se déroule en individuel et qui est reconnue par l'Agence régionale de la santé. C'est simple, je n'ai pas pu en faire une seule cette année ! ".

Des familles inquiètes

Et si les salariés ont bien conscience des réalités économiques du système de santé, la récente création de poste dans la hiérarchie de l'Adapei, organisme qui les gère, passe mal. "Pendant que nous on tire la langue, des postes de cadres sont créés... Il serait bien que les moyens soient enfin déployés sur le terrain. L'Adapei nous traite comme une entreprise. Or, nous, on est dans l'humain. Dans la réalité, avec un public qui en a vraiment besoin."

"On pensait échapper au modèle de l'hôpital qui va de plus en plus mal... Mais on y vient."

Une situation que les familles vivent mal. A l'image de ce père de famille qui a quitté la Creuse pour offrir les meilleurs soins à son enfant autiste. "On s'est rapproché pour la qualité des soins. L'IME est réputé et le personnel dévoué. Aujourd'hui, on est inquiet. On pensait échapper au modèle de l'hôpital qui va de plus en plus mal... Mais on y vient."

Solidaires du mouvement de grève, certains parents commencent pourtant à trouver le temps long. Comme ce papa, qui a dû poser des jours pour veiller sur son petit garçon. "La prise en charge décousue se voit immédiatement sur le comportement des enfants comme les nôtres. Et à notre niveau, un caprice n'a pas les proportions d'un enfant normal. On espère que les choses vont s'améliorer vite. Le personnel mérite vraiment de la reconnaissance."

"Certaines familles ont été prévenues à la dernière minute lundi et ont dû improviser."

Guy mayet (Président de l'Adapei 63)

À l'IME de Vertaizon, la grève perturbe aussi le quotidien des familles. Didier « comprend » que les salariés fassent grève pour dénoncer leurs conditions de travail mais regrette d'être « prévenu au jour le jour ». « On nous a demandé d'aller chercher nos enfants lundi soir, alors qu'ils doivent y rester toute la semaine. Ces chamboulements, ça a aussi des conséquences sur nos enfants », s'inquiète le père de famille.

Du côté de la direction de l'Adapei 63, la colère semble être montée d'un cran. Guy Mayet, le président de l'association n'a pas mâché ses mots : "Les grévistes ne sont pas majoritaires. Vous trouvez normal de ne pas assurer de service minimum auprès de personnes handicapées ? Certaines familles ont été prévenues à la dernière minute lundi et ont dû improviser. Croyez-moi, la situation est déjà bien assez douloureuse pour eux."

Interrogé sur la baisse des effectifs, le chef de file de l'association renvoie la balle aux autorités compétentes en la matière : "Je ne me sens pas responsable de cet état de fait. Les effectifs sont définis par l'ARS et le Conseil départemental. L'Adapei traduit en effectifs les budgets alloués."

Carole Eon-Groslier
(*) Les prénoms ont été changés.

17 juin 2018

Le calendrier du collectif Autisme Val de Marne - Juin 2018


Mardi 26 juin : Le collectif est reçu par Mme Jeanvoine, vice-présidente au Conseil départemental en charge de la solidarité et l'autonomie des Personnes Handicapées et des Personnes Agées.


Lundi 25 juin : L’école de TED et ses amis, centre expérimental pour enfant autistes, et membre du collectif, reçoit la visite de M. le député Guillaume Gouffier Cha. Il fait parti du groupe de travail sur l'autisme et du groupe handicap-inclusion à l'assemblée nationale.  


Lundi 4 juin : Marilyne Lantrain, membre volontaire (mère) et Conseillère municipale à Bry sur-Marne a interpelé Mme Catherine Procaccia, sénatrice du Val de Marne sur le manque de structures pour les adultes autistes dans le département.  La ville de Bry sur Marne s’est par ailleurs positionnée pour accueillir un Foyer Accueil Médicalisé pour adultes autistes auprès du département. 


Jeudi 7 juin : réunion du Collectif. 14 membres volontaires. Après une lecture collective de la charte, un Plan d'action en direction des élus a été élaboré.


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