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"Au bonheur d'Elise"
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17 octobre 2018

La Première Dame de la République de Corée accompagnée de Sophie Cluzel visite l'IME Notre Ecole

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16 octobre 2018

L'autisme, une intelligence atypique - La tête au carré France inter 10.10.2018

 

L'autisme, une intelligence atypique

Quelles sont les forces et les faiblesses du cerveau autistique ? De nombreuses personnes autistes souffrent à l'école, en entreprise, dans leur famille, de l' incompréhension de leur fonctionnement. Les personnes autistes ont en effet une façon de penser et d'envisager le monde qui les entoure différente.

https://www.franceinter.fr

 

14 octobre 2018

Je ne suis pas snob... je suis Asperger

 

Je ne suis pas snob... je suis Asperger

Voilà maintenant quatre mois que j'ai fait mon coming-out d'autiste Asperger. Je suis un Aspie! J'ai reçu mon diagnostic à l'âge de 35 ans et j'ai choisi de l'annoncer publiquement à l'âge de 41 ans. Rebonjour à toi, cousin humain. J'ai besoin de t'expliquer pourquoi je ne suis pas allé aux fêtes de Noël auxquelles tu m'as invité.

https://www.huffingtonpost.fr

 

14 octobre 2018

Retour sur la conférence de Laurent Mottron - journée mondiale de la Neurodiversité - La neurodiversité

 

Retour sur la conférence de Laurent Mottron - journée mondiale de la Neurodiversité - La neurodiversité

Le 30 septembre dernier, lors de la journée mondiale de la Neurodiversité, Laurent Mottron donnait une conférence sur les enjeux scientifiques, mais également sociétaux, moraux, légaux qui peuvent découler d'une prise de position en faveur d'une humanité neurodiverse. La neurodiversité est un concept en constante évolution.

http://neurodiversite.com

 

11 octobre 2018

Ouverture d'une maison de répit à Lyon : Les familles éprouvées par la maladie ont désormais un endroit où se reposer

article publié sur Vivre FM

9 oct. 2018 à 10:51

C’est une première en France! Les personnes aidées et leurs proches aidants disposent désormais d’un lieu de répit, à dix minutes du centre de Lyon. La maison de répit de la Métropole de Lyon est le 1er établissement dédié au répit pour les familles éprouvées par la maladie, le handicap ou la dépendance à domicile. Un lieu de vie pensé pour offrir un temps de répit dans un quotidien souvent éprouvant. 


En France on compte 11 millions d'aidants familiaux. Ce sont des personnes qui s'occupent de proches en situation de handicap, de personnes âgées ou malades.
Un aidant sur deux est salarié, ce qui rend leur quotidien éprouvant. Lorsqu'ils rentrent du travail, ils doivent s'occuper de leurs proches, bien qu'ils ne soient pas des professionnels de santé.
Pour remédier à ce problème, et permettre aux aidants de lâcher prise, la première maison de répit de France a ouvert ses portes le 1er octobre. Elle se trouve à dix minutes du centre de Lyon, sur la commune de Tassin la Demi-Lune. C'est la Fondation France Répit qui est à l'origine du projet, en partenariat avec la fondation OVE.

Un cadre agréable pour se sentir chez soi

L'établissement comporte 21 chambres. Il accueille toute l'année sept jours sur sept des enfants et des adultes malades ou handicapés, ainsi que leurs proches aidants. Les créateurs de ce lieu sont même allés chercher des meubles anciens pour habiller l'intérieur, afin de donner un touche d’authenticité et de vie à l’établissement. On sort du cadre austère et médical habituellement qui rappellent le parcours de soin, l’aidant et l’aidé doivent se sentir chez eux.
Après une semaine d'ouverture, Henri de Rohan-Chabot, délégué général de la fondation France Répit, constate déjà l'effet positif sur les premiers arrivants.

Objectif, une maison de répit dans chaque région

Les patients ainsi que les aidants sont accompagnés par une équipe spécialisée. Une équipe mobile de répit se rend au domicile des aidants pour évaluer la situation en amont. Ensuite elle les dirige vers la maison de répit ou un autre établissement plus spécialisé.
Pour être accueilli dans cette maison, il faut remplir quelques critères, avoir jusqu’à 60 ans, être malade ou en situation de handicap et résider dans la métropole de Lyon.
La Fondation France Répit et la fondation OVE  envisagent d'ouvrir d'autres maisons de répit dans toutes les régions dans les cinq ans à venir. Deux projets sont d’ailleurs en cours de réalisation à Paris et à Nice.

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10 octobre 2018

Autisme : Interventions précoces, explications

10 oct. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Une revue des principales interventions précoces dans l'autisme, du temps nécessaire, des preuves existantes, du début du traitement, de l'évolution de ces programmes, des recherches en cours.
Par Jean Monnier / 4 octobre 2018

Traduction de Early interventions, explained | Spectrum News

 © Laurène Boglio - Spectrum News
© Laurène Boglio - Spectrum News

En 1987, le psychologue Ole Ivar Lovaas a annoncé qu'il avait créé une thérapie qui rendrait le comportement de certains enfants autistes impossible à distinguer de celui des enfants typiques à 7 ans 1 . Son approche, l’analyse comportementale appliquée (ABA), consiste en des exercices quotidiens, au cours desquels les enfants sont récompensés pour certains comportements et découragés pour d'autres.

Mais Lovaas avait exagéré sa cause: sur les 19 enfants traités dans son étude, 9 seulement ont atteint des étapes importantes du développement typique.

Néanmoins, étant donné le manque de traitements pour l'autisme, l'ABA est rapidement devenue populaire et constitue désormais la thérapie comportementale la plus courante pour l'autisme - mais cela ne va pas sans controverse . L'ABA constitue également la base de la plupart des interventions effectuées tôt dans l'enfance. La prudence admise dans la recherche sur l'autisme soutient que l'intervention précoce offre la meilleure promesse pour le bien-être d'un enfant autiste. Mais quelle est l'efficacité de ces thérapies?

Voici ce que les chercheurs savent sur l'intervention précoce.

Quels sont les principaux types d'intervention précoce?

L'ABA est la plus populaire des thérapies proposées dans l'enfance. ABA fait maintenant référence à un large groupe de thérapies qui utilisent la récompense pour encourager et renforcer un ensemble de compétences.

L'un de ces traitements, le modèle de Denver (Early Start Denver Model ESDM), applique les techniques de l'ABA pendant le jeu pour aider un enfant à exprimer ses sentiments, à nouer des relations et à parler. En facilitant les interactions positives, la thérapie est conçue pour aider l'enfant à développer des compétences socio-émotionnelles aux côtés de la cognition et du langage.

Une autre intervention majeure basée sur l'ABA, appelée « traitement de réponse pivot » (ivotal response treatment PRP), est également appliquée pendant le jeu. Elle cible des domaines de développement essentiels, tels que la motivation et l'autogestion, plutôt que des compétences spécifiques. Cette approche enseigne à un enfant comment réagir aux signaux verbaux. Par exemple, lorsqu'un enfant demande un jouet, le thérapeute ou un parent lui demande de nommer le jouet ; l'enfant obtient le jouet une fois qu'il s'y conforme.

D'autres traitements basés sur l'ABA ciblent des compétences spécifiques. Par exemple, une thérapie appelée Attention Conjointe, Jeu symbolique, Engagement et Régulation [Joint Attention, Symbolic Play, Engagement, and Regulation (JASPER) ] se concentre sur les compétences de communication sociale; dans l’entraînement par essais discrets (Discrete Trial Training - DTT) , les thérapeutes décomposent les compétences cibles en étapes plus petites. Une autre approche, appelée Stratégies pour l’enseignement basée sur la recherche en autisme [Strategies for Teaching based on Autism Research - STAR], applique le PRT et le DTT aux classes.

Combien de temps faut-il pour qu'une intervention précoce soit efficace ?

Les enfants bénéficient d'une intervention précoce pouvant aller jusqu'à 40 heures par semaine. Les thérapies peuvent durer plusieurs années, devenant plus courtes et moins fréquentes vers l'âge de 5 ans.

À la lumière de cet engagement de temps, les parents sont souvent tentés d'essayer des thérapies moins établies, considérées comme des solutions miracles ou des remèdes miracles , explique Stephen Camarata , professeur de sciences de l'audition et de la parole et de psychiatrie et sciences du comportement à l'Université Vanderbilt de Nashville, au Tennessee. Aider les enfants à acquérir des compétences peut toutefois prendre beaucoup de temps. «Ce n'est pas un processus rapide et ce n'est pas un processus magique», dit-il.

Existe-t-il des preuves de l'efficacité de ces thérapies ?

Étonnamment peu. La plupart des interventions précoces n'ont pas fait l'objet d'essais contrôlés randomisés, explique Tony Charman , directeur de psychologie clinique au King's College de Londres. Par exemple, une seule des cinq études incluses dans une revue de l'année dernière a été randomisée. cette étude a suggéré que les enfants autistes qui reçoivent un traitement sont plus susceptibles que les enfants non traités d'être placés dans des classes ordinaires 2 .

Même lorsqu'il existe des essais contrôlés - comme c'est le cas pour JASPER et ESDM -, ils ont souvent trop peu de participants pour aboutir à des conclusions définitives quant à l'efficacité, dit Charman. Dans une vaste analyse publiée plus tôt cette année, des essais montrant des effets positifs ont eu des échantillons de petite taille et des tailles d'effet réduites 3 .

Et, comme dans d'autres domaines de la recherche sur l'autisme, les études d'intervention précoce posent un problème de diversité . De nombreuses études incluent principalement des enfants blancs, de sorte que les résultats peuvent ne pas s'appliquer à d'autres enfants autistes. Peu d'études comparent les traitements entre eux ou ne permettent pas de savoir si leurs effets durent.

«Nous n'avons pas beaucoup de preuves sur ce que font ces interventions après 20 ans», explique Sally Rogers , professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université de Californie à Davis.

Quand faut-il commencer le traitement ?

L'intervention précoce suit généralement un diagnostic d'autisme. Son début dépend donc de l'âge du diagnostic. Aux États-Unis, la plupart des enfants sont diagnostiqués après l'âge de 4 ans.

Il peut être possible et préférable de commencer le traitement encore plus tôt dans certains cas. Ceux qu'on appelle les « bébés frères », ou les enfants qui ont un frère aîné avec autisme , courent un risque plus élevé de développer cette condition. Une étude réalisée l'année dernière a montré qu'après cinq mois de thérapie par vidéo visant à améliorer la communication entre parents et enfants, les bébés frères ont présenté une amélioration de leurs compétences 4 .

Une étude menée en 2014 sur 11 nourrissons a montré que ceux qui avaient reçu une adaptation de l'ESDM entre 7 et 15 mois présentaient moins de caractéristiques de l'autisme à 3 ans que ceux qui n'avaient pas reçu de thérapie. L'année suivante, un examen de neuf études a révélé que les traitements comportementaux améliorent la communication sociale lorsqu'ils sont appliqués chez les enfants de moins de 2 ans 5 .

Comment les traitements comportementaux pour l'autisme ont-ils changé au fil du temps ?

Dans le passé, les thérapies comportementales impliquaient de placer un enfant à une table pendant des heures et de lui demander de nommer des objets représentés sur des cartes. Des exercices rigides comme celui-ci peuvent améliorer le langage, par exemple, ou atténuer les comportements répétitifs 6 .

Mais au cours des 20 dernières années, les thérapies ont évolué vers des environnements plus familiers, tels que la chambre à coucher ou la salle de jeux. Souvent, un enfant choisit l’activité - colorier à table ou jouer avec des camions, par exemple. L'intervention est souvent intégrée à d'autres aspects de la journée, les parents étant devenus des partenaires de plus en plus importants pour renforcer les comportements.

De nombreux chercheurs soulignent que les interventions les plus efficaces sont celles qui peuvent être adaptées à un enfant individuellement. Les enfants ont des objectifs de développement spécifiques - liés au langage, par exemple, ou aux compétences sociales - et commencent à différents niveaux de développement.

«Les interventions ne conviennent pas à tous», déclare Lynn Koegel , professeure clinicienne de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université Stanford en Californie, qui est l'un des créateurs de la PRT.

Quoi de neuf dans le domaine ?

Lorsqu'une intervention s'avère efficace, les chercheurs ignorent souvent quelles composantes de celle-ci ont conduit à l'amélioration, ce qui rend difficile son intégration dans de nouvelles thérapies. Certaines équipes essaient de déterminer les «ingrédients actifs» de traitements réussis.

En 2015, une équipe de recherche a testé trois composantes de la méthode STAR auprès de 119 écoliers 7 . Une composante, PRT, est associée à des améliorations dans les capacités cognitives des étudiants, a constaté l'équipe; les autres composants, le DTT et une méthode appelée «Enseignement en routines fonctionnelles» [‘teaching in functional routines’] ne le sont pas.

Une meilleure compréhension des composantes les plus importantes d'une thérapie peut fournir des indices sur la manière de l'améliorer. Cela aiderait également les cliniciens à personnaliser le traitement sans omettre par inadvertance l'ingrédient essentiel.

References:

  1. Lovaas O.I. J. Consult. Clin. Psychol. 55, 3-9 (1987) PubMed
  2. Reichow B. et al. Cochrane Database Syst. Rev. 5, CD009260 (2018) PubMed
  3. French L. and E.M.M. Kennedy J. Child Psychol. Psychiatry 59, 444-456 (2018) PubMed
  4. Green J. et al. J. Child Psychol. Psychiatry 58, 1330-1340 (2017) PubMed
  5. Bradshaw J. et al. J. Autism Dev. Disord. 45, 778-794 (2015) PubMed
  6. Lovaas O.I. et al. J. Appl. Behav. Anal. 6, 131-165 (1973) PubMed
  7. Pellecchia M. et al. J. Autism Dev. Disord. 45, 2917-2927 (2015) PubMed

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Autisme et ABA : le gouffre entre l’Amérique du Nord et l’Europe

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Autisme et ABA - Interview de la Pr Karola Dillenburger

Après le 2ème salon international de l'autisme (association RIAU), la Pr Karola Dillenburger, de Belfast, répond à quelques questions sur l'ABA. Elle explique les défauts des recommandations britanniques (NICE), rappelle la généralisation de l'ABA en Amérique du Nord sur des bases de consensus scientifique.

Des délais d’intervention plus courts dans l’autisme sont profitables pour tous

Des délais d’intervention (en intervention comportementale intensive) plus courts dans l’autisme sont profitables pour les enfants, les parents et les contribuables. Suite à une étude scientifique dans l'Ontario, l'avis de parents dans un éditorial de la revue JAMA Pediatrics.

David Mandell : Les restrictions du coût de l’autisme (USA)

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Le PACT (The Lancet) 1/3

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10 octobre 2018

Interview Autisme Julie Tuil - Chérie 25

Ajoutée le 30 oct. 2015

Invitée de Véronique Mounier sur Chérie 25 dans l'émission "Sans Tabou", Julie Tuil donne des éclaircissements sur l'autisme et montre le rôle primordial que les parents doivent jouer en se formant aux méthodes ABA.

9 octobre 2018

Un manuel pour comprendre l'autisme: carton de la rentrée ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : 11 000 exemplaires vendus pour le 1er, le 2ème tome fera-t-il aussi bien ? "Comment comprendre mon copain autiste" sort en librairie le 4 octobre 2018. Patfawl emploie, pour faire mouche auprès des enfants, un ton drôle et léger.

Par , le 04-10-2018

11 000 lecteurs pour le manuel illustré Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents (article en lien ci-dessous). Il s'adressait aux adultes à la demande des enseignants, des familles et des réseaux et associations qui soutiennent les enfants autistes. Fort de ce succès, son auteur, Patfawl (avec la contribution de Sandrine Guerard) revient à la charge avec un deuxième opus de ce petit manuel illustré sur l'autisme, qui a pour vocation d'expliquer ce trouble aux jeunes de cinq à quinze ans qui côtoient un frère ou un copain autiste à l'école -car c'est ici que tout se joue-.

Un propos cash et détonnant

Comment comprendre mon copain autiste sort en librairie le 4 octobre 2018 (La boite à Pandore édition), déjà en bonne place dans les rayonnages des libraires qui flairent un nouveau best-seller. Il est vrai que le propos est séduisant, souvent détonnant, cash, jamais larmoyant. « L'autisme, c'est comme si ton fils carburait sous mac pendant que le monde carbure sous Windows ! », explique Patfawl, l'objectif étant de rendre les deux logiciels compatibles. L'auteur rappelle que « les enfants n'ont pas d'appréhension face à la différence et sont très curieux » ; il propose donc, très tôt, de balayer les idées reçues et invite le jeune lecteur à s'affranchir de ses peurs. Cet ouvrage, qui raconte l'histoire de Sacha et de sa famille, donne des clés pour comprendre et partager avec l'enfant autiste, inspirées des méthodes comportementales. Il propose également des pictogrammes qui permettent d'aborder différentes situations.

Des clés pour comprendre

« Je sais que cet ouvrage ne contiendra pas toutes les clés, explique Patfawl, car le sujet est vaste mais j'espère qu'il sera lu à et par de nombreux bambins car c'est en sensibilisant dès le plus jeune âge que nous aurons le plus de chances de voir évoluer notre société vers la tolérance, l'acceptation et l'inclusion ! » Peter Patfwal, après des études à l'école supérieure d'arts graphiques, a fait son stage au sein de Charlie Hebdo puis a dessiné pour de nombreux médias. Aujourd'hui, c'est l'autisme et le handicap qui nourrissent sa plume, peut-être parce qu'il est directement concerné en tant que beau-papa d'un garçon autiste… Comme environ 700 000 familles estimées en France.

La préface est signée Domitille Cauet, auteur de Paul en Mongolie, professeure, maman d'un enfant autiste.


© Capture d'écran YouTube TV5 Monde

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

9 octobre 2018

Ecrans et "autisme virtuel" : voici ce qu'une fake news peut faire aux gens

article publié dans Le Nouvel Observateur

article Nouvel Obs

  Edwige et son fils (DR)

La théorie du Dr Ducanda a été relayée par de nombreux médias. En plus d'être farfelue, elle est néfaste.

Sous la lumière orange de la salle des fêtes de Breuillet (Essonne) dont les flics surveillent les portes, le smartphone d'Edwige tremble et son souffle est court quand elle lit le texte qu'elle a rédigé dans ses notes.
En 2016, son fils a été décrété "autiste virtuel" par le Dr Anne-Lise Ducanda, qui pensait que ses symptômes étaient produits par son exposition aux écrans. Résultat pour lui, dont les troubles du spectre autistique sont avérés : un défaut de soins d'un an et demi. Fin septembre, Edwige a rejoint deux mères d'enfants autistes ayant déjà porté plainte devant le Conseil de l’ordre des médecins de l'Essonne.
Ce jeudi 27 septembre, Edwige a repéré que la secrétaire d'Etat au handicap organisait une réunion publique tout près de chez elle. Elle est venue lui demander d'agir, après avoir tweeté. En mars dernier, dans un tweet adressé à BFM TV, Sophie Cluzel avait exprimé l'insupportabilité de la "fake news" Ducanda qui fait un lien entre l'exposition aux écrans et les symptômes autistiques. Dans la salle des fêtes, la membre du gouvernement a encore chargé les journalistes :
"Je l'ai dénoncé haut et fort, mais je ne peux pas dire aux médias 'Arrêtez'. Les médias sont libres, et vous les connaissez mieux que moi, ils véhiculent ce qu'ils veulent et on ne peut pas les censurer."

Enfants au liquide

Ces deux dernières années, le Dr Anne-Lise Ducanda, dont on vous a beaucoup parlé (ici et ici), a fait le bonheur des médias et des conférences de quartier. Il faut dire qu'on ne s'ennuie pas quand elle parle. Elle dit qu'à cause des écrans, la propreté des enfants est retardée et qu'ils ne savent plus mastiquer puisqu'ils "oublient leur corps" ("J'ai de plus en plus d’enfants dans les écoles qui en sont encore au liquide ou à la purée"). Ou qu'ils ont du mal à grimper, courir, sauter ou tenir des crayons. Ce genre de choses.
(Rappelons ici que la télé existe dans les foyers depuis les années 50, ce sont donc les mini-tablettes lumineuses et les smartphones des parents qui auraient provoqué ce basculement sanitaire.)
Partout, Ducanda défend aussi une théorie personnelle. "Sur le terrain", à la Protection maternelle et infantile (PMI) de Viry-Châtillon (dont elle vient de démissionner), elle croit s'être rendue compte d'une erreur mondiale. Depuis des années, les spécialistes font entrer dans la "case autiste" des enfants qui sont en fait lobotomisés par les écrans.
Ce sont des faux positifs, des "autistes virtuels" et il suffit d'arrêter les écrans pour assister à des guérisons "spectaculaires".

"Je l'ai vue comme un Dieu"

C'est une guérison spectaculaire qui a été promise au fils d'Edwige, qui a eu la "malchance" d'habiter Viry-Châtillon. Nous sommes en octobre 2016, un mois après la rentrée scolaire en maternelle. La maîtresse de son fils Jahden, 3 ans, qui a remarqué un retard de langage et d’autres choses, conseille à Edwige de prendre rendez-vous avec le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin de la PMI la plus proche.
Edwige accepte : elle a elle-même constaté des comportements bizarres. Jahden est captivé par les portes et la lumière et court, de façon répétitive, d'un point A à un point B.
Lors de cette première consultation, sous les yeux de sa mère, le Dr Ducanda réalise des petits tests sur Jahden (nommer une image, répondre à une consigne). Cela dure environ 30 minutes, et c'est difficilement supportable. Le fils d’Edwige pleure et perd ses moyens. Il ne parle au médecin qu’en écholalie. "Tu peux allumer la lumière ?", lui demande-t-elle. "La lumière", répond-il.
Pour Edwige, qui ne comprend pas ce que le Dr Ducanda veut démontrer de façon aussi expérimentale, le moment est pénible.

Autiste virtuel

La série de tests achevée, Jahden est décrété "autiste virtuel". Edwige se souvient que le Dr Ducanda lui a expliqué qu'il s'agissait d'un véritable fléau dont souffrirait des centaines d’enfants, mais de ne surtout pas s'inquiéter : une diète d'écrans remettrait tout en ordre. Comme Jahden regarde la télévision 2 heures par jour, Edwige achète la théorie.
"Sur le moment, je l’ai considérée comme un Dieu. Elle m’a dit 'dans un mois, il y aura de nettes améliorations et dans six mois, il aura rattrapé tout son retard'."
En sortant de là, Edwige impose la fin des écrans à tous les proches qui gardent son fils. Sa mère s’insurge. "Mais vous êtes des enfants de la télé, toi et tes frères ! Et tes cousins, regarde tes cousins ! Qu’est ce que c’est que cette lubie ?" Edwige persiste et fait la police.
"Cela m'embêtait qu'on lui enlève des choses qui n'avaient rien à voir avec sa maladie", nous a dit par téléphone la grand-mère de Jahden, qui a assisté impuissante au "bourrage de crâne" de sa fille. C’est seulement au bout de quelques semaines, ne voyant "même pas l’ombre d’une amélioration chez son fils", qu’Edwige a assoupli les règles.

"Je bouscule les idées reçues"

Six mois plus tard, en février 2017, Jahden n'a pas changé et Edwige est convoquée par l'équipe éducative. A la dernière minute, elle est retenue au travail, mais la réunion se tient quand même en présence du Dr Ducanda et de la maîtresse. "Elles ont discuté de mon enfant sans moi", dit-elle aujourd’hui, indignée.
Après cette réunion, le Dr Ducanda lui annonce qu’une AVS va être sollicitée pour son fils et qu’elle va rédiger un certificat médical pour accompagner cette demande. Sur ce certificat médical, que nous avons pu consulter, le Dr Ducanda mentionne plusieurs comportements typiques des troubles du spectre autistique ("fait claquer la porte à répétition", "écholalie permanente") sans en tirer de conclusion.
Elle écrit simplement que Jahden souffre de "troubles envahissant du développement" (TED). Et dans la case "observations", ajoute que l’enfant a été "très exposé aux écrans". A l'oral, Edwige dit que le Dr Ducanda lui a assuré, à nouveau, que son fils n’était pas autiste. Il ne pouvait pas l'être puisqu'il la regardait "dans les yeux". Il n'y avait rien à faire, rien à enclencher, à part éteindre la télé.
A la suite de cette consultation, le Dr Ducanda a envoyé un mail à Edwige avec un lien vers sa première vidéo YouTube. Celle qui l’a rendue célèbre. Vue plus de 300.000 fois, la médecin y explique notamment que les séjours en Afrique font miraculeusement progresser les autistes virtuels (puisque, là-bas, il y a moins d'écrans...). Sous le lien de la vidéo, le Dr Ducanda écrit :
"Je bouscule les idées reçues… Certains psychiatres n’adhèrent pas à ma thèse, mais d’autres professionnels pensent la même chose que moi. J’obtiens des résultats spectaculaires pour des dizaines d’enfants par an. Vous jugerez…."

Fuir Viry-Châtillon

Cette année-là, Edwige a jugé que son fils était resté le même, et que l’intervention du Dr Ducanda avait même aggravé la situation.
Un soir, elle se souvient d'avoir retrouvé son fils sur une chaise collée à une baie vitrée gelée. C’était "la chaise à réfléchir" : Jahden avait gêné la lecture d’une histoire en classe. Aujourd'hui, Edwige pense que la théorie du Dr Ducanda a favorisé ces réactions punitives : l'école la percevait comme une mère défaillante et son fils comme un excité des écrans.
L’année d’après, un mois après la rentrée scolaire en moyenne section, Edwige a l'opportunité de déménager à 20 kilomètres. C'est un soulagement de quitter le secteur. Elle fuit le Dr Ducanda, dont elle est certaine de la bonne foi ("elle est persuadée de ce qu’elle raconte"), mais qui l'appelle régulièrement pour parler des écrans.

Des propos condamnables

C'est finalement, au cours de cette année 2017, 20 kilomètres plus loin, et en fréquentant un groupe Facebook sur le handicap qu’Edwige comprend que son fils est autiste. Elle déclenche alors toutes les prises en charge et lance le diagnostic qui est en cours. Le bilan neuropsychologique de Jahden montre un retard du développement au profil hétérogène (en fonction des domaines, les retards sont légers à sévères) et c'est la piste d'un autisme de haut niveau qui est pour le moment avancée.
"C’est cool de savoir précisément quoi faire pour l'aider. Tout va aller comme sur des roulettes."
Jahden a perdu du temps de prise en charge et du temps de communication avec sa mère : si elle avait su, Edwige aurait pu mettre en place la méthode ABA beaucoup plus tôt. Elle lui aurait peut-être dit moins de "arrête" et de "calme-toi".
Dans la salle des fêtes de l'Essonne, la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel ajoute qu'à cause de ces histoires, "beaucoup" d'enfants réellement autistes ont été privés de l'utilisation "de logiciels et de tablettes".
"Je le redis haut et fort, ces propos sont condamnables. Nous ne cautionnons pas du tout cette personne."

Super héros

Ce soir-là, Sophie Cluzel a également proposé à Edwige de poursuivre leur conversation plus tard. Edwige a donc confié à un membre de son cabinet son mail et sa plainte imprimée. Dans ce texte, elle explique que le Dr Ducanda n’a pas rempli son devoir son médecin.
"Quand il y a une suspicion d’autisme, un médecin doit diriger les parents vers des structures compétentes. Elle a fait l'inverse : elle m’a convaincue que mon fils n’avait besoin de rien."
Jahden avait besoin de pas mal de choses. Il sait lire et il a une mémoire incroyable. Mais il présente des stéréotypies, il a beaucoup recours à l’autostimulation (balancements, chansons murmurées) et il souffre de rigidités alimentaires : il n'accepte de manger que ce qui croustille.
Edwige a aussi porté plainte pour que tous les parents qui ont été désorientés par le Dr Ducanda le comprennent et se manifestent.
"Et puis, franchement, j’en ai ras-le-bol de la voir à la télé. Tout le monde la présente comme un super héros et personne ne dit ce qu’elle fait aux familles !"
Contactée ce lundi matin, le Dr Anne-Lise Ducanda n'a pas donné suite à notre demande d'entretien.
Le "petit Rayan" de France 2 Ce matin-là, le Dr Anne-Lise Ducanda entre dans un appartement de Viry-Châtillon (Essonne), où vit Rayan, un enfant de 3 ans rejeté par le système scolaire à cause de ses crises. L'avant-veille du tournage de l'émission "Envoyé Spécial, le Dr Ducanda avait demandé à la mère de Rayan d'arrêter tous les écrans. Devant les caméras de France 2, elle vient voir le résultat de sa requête sur le comportement de l'enfant et le trouve "spectaculaire". Rayan va maintenant aller de "progrès en progrès". Sa mère Leïla* en pleure : "Moi, j'ai cru que jamais je ne pourrais avoir un travail ou une vie normale." L'émission sur les dangers des écrans a été diffusée le 18 janvier dernier et Leïla attend toujours. En ce mois de septembre, elle nous dit que Rayan a finalement été vu par l'hôpital Robert Debré pour une heure de consultation, et que "par rapport à son comportements et aux signes qu'il faisait", le médecin a jugé qu'il était très probablement autiste. Une batterie de tests, programmée en décembre, confirmera ou non le handicap. Un an se sera donc écoulé entre le verdict médical et le tournage du reportage qui avait présenté le "petit Rayan" comme une victime des comptines sur smartphone.
Nolwenn Le Blevennec

Nolwenn Le Blevennec

Journaliste

8 octobre 2018

Colloque "Femme Avant Tout" à PARIS le samedi 8 Décembre 2018 de 8h30 à 17h.

 

Femme-avant-tout

L'Association Francophone de Femmes Autistes (AFFA), en partenariat avec le CRAIF (Centre Ressources Autisme Ile de France) organise la première édition du colloque "Femme Avant Tout" le samedi 8 Décembre 2018 de 8h30 à 17h.

https://femme-avant-tout.webnode.fr

 

Infos et Contact :: Femme-avant-tout

Lieu de l'événement : Immeuble Chaban Delmas, Salle Victor Hugo

https://femme-avant-tout.webnode.fr



8 octobre 2018

Entretien avec Josef Schovanec - Vox pop

Vidéo Josef schovanec vidéo artepubliée sur le site d'ARTE

 

 

Vox Pop a invité cette semaine Josef Schovanec, autiste Asperger, docteur en philosophie et écrivain, qui milite pour que les autistes arrêtent d’être mis au ban de notre société.

 

Pays :

France

Année :

2018
7 octobre 2018

Catherine Barthélémy, membre de l'Académie de Médecine, a obtenu la modification de la définition de l'autisme

6 octobre 2018

Bande anonce du film LE PHALLUS ET LE NEANT, réalisé par Sophie Robert

Sophie Robert

 

 

 

 

Le nouveau film de Sophie Robert

 

5 octobre 2018

Gabin sans limites -> Prix littéraire Baudelot ?

5 octobre 2018

Sophie Cluzel veut plus de salariés handicapés en entreprise

 

Sophie Cluzel veut plus de salariés handicapés en entreprise

INTERVIEW VIDÉO - Invitée du Talk, la secrétaire d'État loue aussi "l'école inclusive", mise en place dans certains pays d'Europe du Nord qui ont fait leur "révolution culturelle". Le handicap fait partie des priorités du gouvernement. Pour preuve, le budget de la secrétaire d'État chargée du sujet, Sophie Cluzel, augmentera de 500 millions d'euros l'an prochain.

http://www.lefigaro.fr

 

3 octobre 2018

Concours Assiette Gourm'hand : ils cuisineront à l'Elysée

article publié sur Handicap.fr

Résumé : La 16è édition du concours Assiette Gourm'hand démarre le 13 octobre 2018.C'est le seul concours culinaire au monde à être réservé aux personnes en situation de handicap. À la clé, pour les vainqueurs, une semaine dans les cuisines de l'Élysée.

Par , le 02-10-2018

À vos toques, prêts ? Cuisinez ! Le concours international Assiette Gourm'hand reprend du service pour une nouvelle édition à compter du 13 octobre 2018. À l'occasion de cet événement, ils seront plusieurs apprentis cuisiniers,  travailleurs d'Esat, à s'affronter, par équipe. Face à un jury d'exception, ils devront mettre toutes leurs compétences à contribution pour séduire les papilles des plus grands noms de la cuisine française.

Un concours à taille humaine

À l'origine de ce projet, Benoît Flahaut, chef cuisinier qui a fait ses armes dans le Nord-Pas-de-Calais. Après sa victoire à un concours régional, il s'insurge qu'aucune compétition culinaire ne soit ouverte spécifiquement aux personnes en situation de handicap et que le métier soit si peu inclusif (article en lien ci-dessous). Enseignant au lycée Sainte-Marie de Bailleul, il décide, en 2003, de créer lui-même une compétition, l'Assiette Gourm'hand. Il se rend compte que le chemin est long et semé d'embûches : « Je me suis dit, des équipes, je vais pouvoir en trouver mais faire venir les meilleurs ouvriers de France ou des grands chefs un samedi dans le nord de la France, c'est mission impossible. ». Pour la première édition, l'organisation choisit le maroille, produit emblématique de la région et demande aux équipes de le cuisiner. Puis, au fur et à mesure, la machine s'emballe… « Un meilleur ouvrier de France a rejoint le jury puis un deuxième, explique Benoît. Et, au bout de la cinquième édition, on a eu la chance de rencontrer Guillaume Gomez ». Ce chef cuisinier, meilleur ouvrier de France, exerce dans les cuisines du palais de l'Élysée depuis 1997. À son arrivée, l'homme est conquis par le projet : « J'ai été vraiment bouleversé par ce que j'ai vu, par les gens que j'ai rencontrés, des passionnés, des gens qui vivent ça au quotidien. ».

Une dimension internationale

De fil en aiguille, le projet grandit et, avec l'arrivée de Guillaume Gomez dans le jury, les récompenses aussi puisqu'il invite les lauréats de chaque édition dans ses cuisines pour un stage d'une semaine. Les derniers vainqueurs ont ainsi pu rencontrer Emmanuel Macron et sa femme en personne, ainsi que la secrétaire d'État au Handicap, Sophie Cluzel. Le concours s'ouvre à l'Europe puis à l'international mais, pour Benoît Flahaut, ça reste avant tout un échange : « Quand on voit tout le chemin parcouru, je pense que c'est une belle réussite. Dans l'Assiette Gourm'hand, il n'y a aucun moment de découragement, tout se fait toujours avec simplicité et surtout le sourire. Sincèrement, je pense que ce n'est une charge pour personne. On ne se ferme pas, je pense même qu'on s'ouvre. ». L'Assiette Gourm'hand défend ses valeurs au fil des éditions, comme l'explique Marie Sauce, présidente des Toques françaises : « Nous ne sommes pas dans l'élitisme mais dans l'humilité, dans l'amitié, le partage, la transmission. On se sent grandit lorsqu'on sort d'un concours. ». Une belle opportunité pour tous les apprentis cuisiniers de France et d'ailleurs. La prochaine édition du concours aura lieu le samedi 13 octobre 2018, au lycée Sainte-Marie de Bailleul.

©Twitter @s_cluzel


 

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Sur Handicap.fr

Sur le web

3 octobre 2018

Julie Dachez, une incarnation de l'autisme au féminin

 

Julie Dachez, une incarnation de l'autisme au féminin

Diagnostiquée Asperger à 27 ans, elle est devenue spécialiste de sa condition. Mais elle voudrait passer à autre chose, se débarrasser de cette étiquette. LE MONDE | * Mis à jour le | Par Sandrine Cabut (Nantes, envoyée spéciale) Combien de personnes, et en particulier de femmes, ont découvert qu'elles étaient possiblement autistes Asperger en se plongeant dans son blog, ses vidéos sur ­YouTube ou ses écrits ?

https://www.lemonde.fr

 

2 octobre 2018

Un clip version Rap qui dénonce ...

30 septembre 2018

Le contrecoup des écrans est un problème d'handicap

29 sept. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Un post qui confirme que l’utilisation d'écrans est différente entre les personnes neurotypiques ... et les autres.

Traduction de Screen Backlash is a Disability Issue

2 octobre 2015 Sara Luterman

Sarah Luterman, personne autiste, est fondatrice de NOS magazine.

Il semble qu’il ne se passe presque pas une semaine sans que certains éléments de réflexion [ pearl-clutching?] ne déplorent la destruction par les médias sociaux d’interactions humaines significatives. Les gens regardent leurs écrans au lieu de regarder les yeux. Nous n'utilisons pas nos bouches pour nous parler. Au lieu de nous dire ce que nous ressentons en détail, nous cliquons sur le bouton "like" pour exprimer notre approbation. Nous sommes assis les uns à côté des autres dans des cafés et ne levons pas les yeux. Ce phénomène a été décrit comme la fin de l'intimité. Cependant, c'est exactement le contraire. En tant que personne autiste, je ne me suis jamais sentie plus comprise ou libre.

Je me suis toujours sentie plus à l'aise pour communiquer en texte. Au lycée, j'ai eu beaucoup de difficulté à me faire des amis. J'ai été victime de harcèlement. J'expliquais volontiers mes sujets favoris et j'étais confuse quand la réponse de mes pairs était moins que favorable. Ceci est une expérience assez courante pour les adolescents autistes dans les contextes traditionnels. L'avènement de la messagerie instantanée m'a permis de me connecter avec les gens avec moins de peur de rater quelque chose d'important. Je n'ai pas eu à sourire. Les forums de discussion m'ont permis de rencontrer d'autres personnes qui partageaient mes intérêts avec la même joie et la même intensité que je ressentais. Je pouvais parler de Star Trek avec quelqu'un à l'autre bout du monde, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, alors que la plupart des gens autour de moi s'en foutaient. J'ai noué des amitiés durables avec des personnes à qui je parle encore régulièrement, même dix ans plus tard. Soudain, j'étais moins seule.

Look Up Look Up

 

Look up [Lève les yeux]

 

Je préfère pas, merci.

 

 

Les médias sociaux et les smartphones ne sont qu'une forme de communication améliorée et alternative (CAA). En cliquant sur le bouton «J'aime» sur Facebook, ce n’est pas différent de cliquer sur le bouton «J'aime» d’un appareil de génération de la parole. La différence est combien de personnes peuvent entendre ce que vous avez à dire. Les personnes auparavant isolées en raison de problèmes de mobilité ou de langage peuvent trouver des amis partageant leurs expériences et leurs intérêts. Ils arrivent à être moins seuls.

Les personnes qui s'opposent à l'utilisation d'écrans ne cherchent pas à faire taire les personnes handicapées. Le problème est qu'elles ne pensent pas du tout à nous. Lorsqu'elles sont confrontées à ce que les smartphones peuvent faire pour les personnes handicapées, les anti-écrans vont prétendre qu'elles ne parlent pas de nous. En effet, quand elles regardent dans un café et voient des gens utiliser leur téléphone, il est impossible de faire la distinction entre ceux qui utilisent le téléphone comme aide au handicap et ceux qui trouvent que parler dans les médias sociaux est un mode parfaitement adapté, voire préférable. de communication. Une fausse hiérarchie est formée et, bien sûr, les façons dont certaines personnes handicapées parlent sont au fond des choses.

En idéalisant des définitions rigides et étroites de la communication, nous déshumanisons les personnes qui ne sont pas en contact visuel, les personnes qui ne parlent pas. Les médias sociaux nous offrent justement des options de communication socialement acceptables et normalisées. Un monde où les gens sont «collés à leurs écrans» est un monde où les autres et moi-même pouvons plus facilement exister, réussir et être heureux. Arrêtez de dire aux étrangers que vous rencontrez dans la rue de «lever les yeux».

29 septembre 2018

Lettre ouverte du beau-père de Timothée (autiste), au Président de la République

article publié dans l'Express
Timothée, ado autiste the-autist, publié le 29/09/2018 à 12:00 , mis à jour à 12:01:42

Jean-Francois Py


Irlande, 28 septembre 2018

à
Monsieur le Président de la République française
Lettre ouverte
Copies à
M. le Premier Ministre
Mmes Ministres
de la Justice, de la Santé, du Handicap
M. le défenseur des Droits
Mme Contrôleure générale des lieux de privation de liberté

 

Monsieur le Président,

Il y a trois ans aujourd’hui exactement, mon épouse Maryna quittait la France pour l’Irlande, avec son fils Timothée, âgé de 16 ans, atteint d’autisme. Ce dernier venait de subir une hospitalisation psychiatrique avec contention et fortes doses de neuroleptiques, à la demande de son père et indirectement, du directeur de l’IME où le père de l’enfant avait placé son fils quelques semaines auparavant. Mon épouse, qui avait la garde, avait dû accepter cette situation sous la contrainte d’un juge des enfants, à la suite de l’exclusion abrupte du collège ordinaire qu’il fréquentait, en septembre 2014. Ce n’est qu’après avoir essuyé un refus de ce même juge des enfants de considérer le danger que son fils encourait, et alors que son fils exprimait un refus catégorique de retourner en institution, qu’elle s’était résolue à quitter la France, en abandonnant tout.

Timothée avait rapidement été pris en charge de façon appropriée en Irlande, avec intégration dans le système scolaire local. En janvier 2017, il est rentré en France avec son père pour des vacances, ce dernier s’engageant à le ramener en Irlande dans un délai d’un mois. Au lieu de cela, Timothée a été de nouveau soumis à un traitement neuroleptique (dit par le médecin «anti psychotique double»), et réintégré dans l’IME qui l’avait brièvement accueilli en 2015. Comme il atteignait sa majorité en avril 2017, une demande de tutelle a été faite, et en novembre 2017, cette tutelle a été confiée à une association, au motif qu’il fallait tenir Timothée à l’écart du conflit opposant ses parents. Cependant il nous a été interdit, à sa mère et moi son beau-père, de le rencontrer, et l’association n’a fait qu’entériner les choix du père en terme de placement, alors que nous affirmions être disposés à préserver une vie familiale et ouverte en milieu ordinaire à Timothée. Cette décision de tutelle vient d’être confirmée en appel, alors que le père et l’association s’apprêtent à faire intégrer Timothée dans une Maison d’accueil spécialisé(e).

lettre-timothée-president-republique

Cette situation appelle plusieurs remarques :
1/ Au cours des procédures que j’ai brièvement évoquées, jamais il n’a été jugé utile d’entendre Timothée lui-même, par les moyens appropriés compte tenu de son handicap, y compris lorsqu’il était devenu majeur. Ses droits lui ont été constamment déniés. Un expert a certes été commis par la juge des tutelles pour préciser qu’il n’avait pas le discernement nécessaire pour être entendu relativement à sa mise sous tutelle. Mais cela ne signifie en rien qu’il ne saurait exprimer des choix, en particulier de voir la famille dans laquelle il a grandi (la nôtre, comprenant sa soeur cadette dont il est très proche), et de vivre avec elle. Nos demandes en ce sens ont été jusque là systématiquement ignorées. Or son statut de personne vulnérable et dépendante ne le prive nullement de ses droits, comme le stipule l’article 459-2 du Code civil.

2/ Les conventions internationales sur le droit des personnes handicapées, dont la France est signataire, et qui donc l’obligent, ont été purement et simplement ignorées, en particulier sur le point où elle stipulent que la personne handicapée ne saurait être contrainte à vivre dans un quelconque lieu «spécialisé». Ce qui me conduit à revenir sur la question du traitement neuroleptique. On parle de camisole chimique à ce sujet, ce n’est nullement excessif. De l’aveu même du directeur de l’institution que Timothée a été contraint de fréquenter, lorsqu’on n’arrive pas à gérer un «pensionnaire», on demande à ses (son) parent(s) de le présenter en hôpital psychiatrique. Situation codée qui engendre donc le «traitement». Or Timothée, durant les années passées sous notre toit, n’a jamais relevé d’aucun traitement de cet ordre. Et l’on sait que les excès de comportement, chez les personnes atteintes d’autisme, pallient la difficulté à exprimer frustrations et mécontentements. Ainsi lorsque Timothée a exprimé son rejet de l’institution, il fallait le «traiter» pour l’amener à résipiscence. La situation n’a pas été différente en 2017, lorsque j’ai constaté visuellement qu’il était transporté quotidiennement sanglé sur une civière à l’arrière d’une ambulance (ce pour quoi j’ai dû porter plainte pour maltraitance), au prétexte qu’il avait un comportement dangereux.

3/ La justice, ainsi que le père de Timothée, la MDPH en 2014, et l’association de tutelle, portent la responsabilité de la situation présente, où l’avenir d’un jeune adulte devrait se limiter à l’environnement d’une «maison spécialisée», en compagnie de 40 autres adultes atteints du même handicap. Timothée est un garçon très bien développé physiquement, d’une endurance remarquable (vélo en montagne, longues randonnées), il pratiquait le piano et fréquentait des concerts à l’Opéra, s’initiait à l’anglais autant qu’au russe, allait, à sa manière, au-devant des relations sociales. On ne peut croire que cette perspective d’enfermement corresponde, Monsieur le Président, en aucun point de ce que vous avez exprimé sur la question du handicap et de l’autisme en particulier, ni même aux perspectives dites stratégiques de la « stratégie nationale autisme » que votre gouvernement a présenté au printemps dernier.

4/ Cette perspective est d’autant plus insupportable qu’il y a une alternative, celle que la Cour d’appel a refusé de prendre en considération: nous sommes disposés, sa mère sa soeur et moi, à lui permettre cette vie dans le tissu social commun et l’aider à y trouver une place satisfaisante, sans pour autant le couper de sa famille paternelle. Mais sans doute que la stigmatisation judiciaire dont sa mère fait l’objet (et moi accessoirement) s’oppose à cette possibilité. Poursuivie par mandat d’arrêt européen en 2015 pour soustraction d’enfant, (mais l’Irlande a refusé son extradition), elle a été reconnue coupable, mais dispensée de peine, par le tribunal correctionnel le 2 juillet dernier. J’ai pour ma part été relaxé du chef de complicité. Cette décision était une porte ouverte pour un apaisement de la situation. Hélas, le Parquet s’est empressé de refermer cette porte en interjetant appel. Je ne peux que supposer, ne disposant pas des attendus de la décision de confirmation de tutelle, que ce statut judiciaire a pesé, implicitement au moins, dans la décision rendue. Toujours est-il, une fois encore, que la personne concernée au premier chef, Timothée, n’a pas été entendue.

Ainsi, Monsieur le Président, la France, à travers ce cas particulier, particulièrement douloureux, s’illustre une nouvelle fois par une décision de ségrégation et discrimination, à rebours de ce que nombre de pays, prenant le mal à bras le corps, ont décidé, dans les décennies passées, d’éradiquer. Si c’est moi qui me tourne vers vous, et votre gouvernement, c’est parce que mon épouse, qui avait enduré de longs combats pour maintenir son fils dans la scolarité ordinaire, qui a depuis 2015 subi une persécution soutenue de la justice française alors qu’elle ne faisait que tenter de protéger son fils, mon épouse non seulement est épuisée de ces batailles, mais elle a perdu toute confiance dans notre pays. Toutes les voies légales pour arracher Timothée à l’avenir étroit qui lui est promis, nous paraissent fermées. Je reste très mal à l’aise de devoir faire cette démarche dont je ne sais pas ce que nous pouvons en attendre (le temps des rois thaumaturges est loin, n’est-ce pas). Et pourtant ne rien faire serait insupportable. Il n’est pas dans mon goût d’escalader des grues, ni des toitures d’institutions de la République. Timothée n’est hélas pas le seul à subir ce genre de ségrégation, la France doit agir pour faire cesser cela, sans délai. C’est de vies humaines qu’il s’agit. C’est pourquoi également je souhaite donner un maximum de publicité à cette lettre.

Je vous prie d’accepter, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations respectueuses.

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