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"Au bonheur d'Elise"
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27 avril 2019

Recommandations favorisant une inclusion réussie des autistes comme co-chercheurs 1/2

 

Recommandations favorisant une inclusion réussie des autistes comme co-chercheurs 1/2

En ligne, une étude américaine visant à définir des recommandations pour l'inclusion des adultes autistes comme co-chercheurs ou comme participants. J'ai traduit le résumé, et lulamae les recommandations. Il y a des progrès à faire en France dans la participation des adultes autistes, mais aussi de leurs familles, tant dans la définition des priorités des recherches et les modalités de participation.

https://blogs.mediapart.fr

 

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26 avril 2019

Intox sur le vaccin ROR et l'autisme : d'où vient-elle ?

 

Intox sur le vaccin ROR et l'autisme : d'où vient-elle ?

À l'occasion de la Semaine européenne de la vaccination (24 au 30 avril 2019), Sud Ouest décrypte la peur des vaccins et revient sur plusieurs rumeurs. C'est une intox vieille de 20 ans qui avec les réseaux sociaux revit, au point de tuer.

https://www.sudouest.fr

 

24 avril 2019

Epilepsie, la mécanique des crises

 

Epilepsie, la mécanique des crises

Que sait-on de l'épilepsie ? Quelles sont les découvertes qui ont permis de mieux comprendre cette maladie ? Où en est-on de la recherche fondamentale sur l'épilepsie ? Quelles pistes thérapeutiques sont déjà développées et peut-on s'attendre à en découvrir de nouvelles ?

https://www.franceculture.fr

 

23 avril 2019

On voit de mieux en mieux le lien entre les micro-organismes de l’intestin et la santé humaine

 

ENTRETIEN. " On voit de mieux en mieux le lien entre les micro-organismes de l'intestin et la santé humaine "

Philippe Mauguin, président de l'Inra, revient sur l'avancée des recherches sur les microbiotes et particulièrement sur les micro-organismes du sol et de l'intestin. Dans un futur proche, ils pourraient nous permettre d'entrevoir des solutions dans le domaine de la santé humaine avec des perspectives positives sur les maladies inflammatoires intestinales.

https://saint-brieuc.maville.com

 

19 avril 2019

Nous allons ouvrir la 1re crèche pour enfant autiste en Île-de-France. Interview d'Aliénor de La Taille, asso Ebullescence

Alors que près de 100.000 enfants sont atteints d’autisme en France, la Région soutient les familles touchées en Île-de-France. Par exemple avec la création à la rentrée 2019 d'une crèche pour 15 à 20 enfants. Interview d'Aliénor de La Taille, cofondatrice de l’association Ebullescence, à l'origine du projet.

Pourquoi avoir créé Ebullescence ?
Aliénor de La Taille : Mon associée, art thérapeute, et moi-même, psychologue clinicienne, avons longtemps travaillé avec des enfants atteints de troubles du neuro-développement, et principalement des enfants autistes. Nous avons découvert l’importance d’un accompagnement anticipé, dès la crèche. Nous savons aussi que, même si le dépistage est de plus en plus fréquent, rien n’est proposé aux familles entre cette découverte et le réel diagnostic. C’est à elles seules de chercher une solution et de prendre du temps pour emmener leurs enfants chez l’orthophoniste, psychomotricien, etc. Souvent, l’un des 2 parents arrête de travailler pour se consacrer pleinement à son enfant, et cela revient très cher. La prise en charge n’est, quant à elle, pas forcément adéquate car chaque professionnel exerce à sa manière dans son cabinet. Il manque une prise en charge globalisée, notamment pour les tout-petits. C’est pour cela que nous avons créé Ebullescence.

Comment fonctionne une crèche Ebullescence ?
A. de La T. : La 1re crèche accueillera en septembre 2019 entre 15 et 20 enfants de 18 mois à 3 ans dans les Hauts-de-Seine (92). Tous les acteurs de l’épanouissement de l’enfant y seront réunis au même endroit. Nous travaillons avec une équipe éducative de crèche classique, et des professionnels paramédicaux qui ont la même approche de l’enfant par le jeu : c’est uniquement par ce biais que nous atteignons nos objectifs. Surtout par l’aspect sensoriel, car ces enfants ont souvent un système sensoriel parasité. Les familles sont orientées vers notre association par des structures officielles dont nous sommes partenaires. Si certaines nous contactent directement, un certificat médical ou un avis de professionnel extérieur est forcément demandé pour confirmer un retard de développement. Nous accueillons les enfants jusqu’à leur 6 ans. Au fur et à mesure de l'accompagnement, des temps d’inclusion progressifs en crèche ou maternelle soit prévus, afin de les intégrer petit à petit dans un milieu classique. Nous servons simplement de passerelle entre le dépistage et le milieu ordinaire pour que ça fonctionne bien.

Quels sont vos projets d’avenir pour Ebullescence ?
A. de La T. : Lors de l’ouverture de la 1re crèche, nous allons lancer une recherche scientifique, qui devrait durer 3 ans, pour attester que le programme développé ici fonctionne. Dans l’immédiat, l’objectif est d’ouvrir tout un réseau de crèches pour étendre l’offre à l’ensemble du territoire et ainsi à un maximum de familles. Cette 1re crèche sera une belle vitrine car nous sommes soutenus par de nombreux partenaires, dont le Département des Hauts-de-Seine, la Maison départementale des personnes handicapées et la Région, qui nous a permis de financer les travaux. En parallèle, comme nous accompagnons la famille dans sa globalité, nous proposons des ateliers thérapeutiques ou ludiques aux fratries et aux parents. Car, malgré sa place importante auprès de l'enfant, ce public se voit rarement proposer de tels programmes.

Photo : © Ebullescence

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19 avril 2019

Dossier génétique et autisme

18 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot


Liens vers différents articles sur le sujet des liens génétiques de l'autisme.

 

Comment les familles sont les moteurs de l'étude des gènes de l'autisme

17 avril 2019

Des parents sont à l'origine de groupes concernant des enfants ayant la même mutation. Les échanges d'information entre eux stimulent la recherche. Des chercheurs participent à des réunions de familles, qui leur permettent de rencontrer les personnes concernées.

spectrumnews.org   Traduction de "How families are driving the study of autism genes"

par Jessica Wright / 10 avril 2019

Eddy Boy © Luna TMG Eddy Boy © Luna TMG

Le séquençage prénatal de certains gènes de l'autisme pourrait bientôt être disponible

15 avr. 2019

A quoi va servir un séquençage prénatal des gènes de l'autisme ?

"Prenatal sequencing for some autism genes may soon be available"  [Jessica Wright / 10 avril 2019]

L'autisme intervient dans les familles ayant des antécédents de troubles cérébraux

15 avr. 2019

A partir d'études sur les familles, les liens génétiques avec différents troubles neuro-développementaux - certains reconnus, et d'autres encore considérés comme des troubles "psychiatriques".

"Autism runs in families with history of brain conditions" [Nicholette Zeliadt / 15 avril 2019]

Autisme - Le conseil peut atténuer le choc des résultats génétiques inattendus

Les examens génétiques peuvent révéler des risques. Dans quelle mesure les médecins doivent-ils les révéler aux personnes concernées ? Et de quelle façon ?

15 avr. 2019

"Counseling can ease shock of unexpected genetic results" [Eric Schadt / 23 octobre 2018]

Pucchinella Bella © Luna TMG Pucchinella Bella © Luna TMG

Les tests génétiques de dépistage de l'autisme, expliqués

Des mutations dans plus de 100 gènes sont à l'origine de l'autisme. Il existe quatre types de tests permettant de détecter ces mutations, ainsi que des variations structurelles pouvant mener à l'autisme.

11 avril 2019

"Genetic testing for autism, explained" [Jessica Wright / 10 avril 2019]

Expliquer la «résilience» de l'autisme peut mener à de nouvelles thérapies

7 août 2018

Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Cela devrait mener à des traitements plus efficaces et à des mesures préventives, mais aussi entraîner une détresse inutile. Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles routes pour maintenir les résultats cliniques sévères à distance.

Explaining ‘resilience’ in autism may seed new therapies (Spectrum News) [Thomas Bourgeron / 27 mars 2018]

Une révision de données confirme la prédominance génétique dans le risque d’autisme

Des chercheurs suédois ont révisé leur vaste étude sur l'héritabilité de l'autisme, qu'ils font passer de 50% à 85%.

2 novembre 2017

Data do-over backs dominance of genetics in autism risk [Ciara Curtin  /  19 Octobre 2017]

La génétique joue un rôle énorme dans l'autisme, selon une grande étude

Dans la famille,les frères et sœurs à part entière sont plus susceptibles que les demi-frères et sœurs de partager un diagnostic d'autisme. A partir de cette donnée, une étude évalue l'héritabilité à 64%

31 octobre 2018

"Genetics plays outsized role in autism, large study shows | Spectrum[Nicholette Zeliadt / 15 octobre 2018]

La course de l'Europe pour mettre en place des tests génétiques de l'autisme

Myrtille © Luna TMG Myrtille © Luna TMG

De nombreux pays d'Europe tiennent compte de la demande croissante de tests génétiques pour les personnes autistes - et des considérations éthiques et scientifiques qui l'accompagnent.

15 février

Europe’s race to ramp up genetic tests for autism  [Marta Zaraska - 13 février 2019]

Autisme - Partage des résultats génétiques : faire progresser la science et les soins

Il y a une explication génétique croissante de l'autisme. Le partage par les personnes concernées des données génétiques peut permettre d'ajuster les soins et de faire progresser la recherche.

13 avril

 "Sharing genetic results can advance autism science, medical care"[Christa Lese Martin, Juliann Savatt / 9 avril 2019]

Lien entre le syndrome de l'X fragile et l'autisme, explications

Le syndrome de l'X fragile est l'une des principales causes génétiques de l'autisme [5% des cas d'autisme.. Environ une personne sur trois atteinte du syndrome est également autiste. Mais même ceux qui ne sont pas autistes partagent souvent certains traits de l'autisme, tels que l'évitement du contact…

2 nov. 2018

"Fragile X syndrome's link to autism, explained | Spectrum" [Hannah Furfaro / 10 octobre 2018]

Le Bulletin scientifique de l'ARAPI n°40 : Autisme et environnements

Ce bulletin reprend les conférences de l'Université d'Automne de l'ARAPI, qui s'est tenue au Croisic en octobre 2017.

9 sept. 2018

"But des études génétiques : aider les personnes autistes et non les éliminer"

Il y a des craintes que la recherche génétique sur l'autisme conduise à l'eugénisme et à l'éradication de la maladie. Cela ne doit jamais arriver, dit Simon Baron-Cohen. Les études génétiques impliquant des dizaines de milliers de personnes pourraient élargir nos connaissances sur de nombreuses conditions.

19 sept. 2018

Genetic studies intend to help people with autism, not wipe them out [Simon Baron-Cohen New Scientist 10 septembre 2018]

Pourquoi est-ce si difficile de développer des traitements pharmaceutiques de l’autisme ?

Dans un post du 16 avril 2019, Yezhekel Ben-Ari explique son point de vue sur les voies thérapeutiques :

  • "Sur le plan conceptuel, la compréhension et le traitement des TSAs, nécessitent aussi de changer de paradigme conceptuel et mettre tous nos efforts dans la compréhension de la maturation cérébrale plutôt que comme c’est encore à l’heure actuelle sur l’identification de nouvelles mutations génétiques qui n’ont pas autant d’impacts sur le plan thérapeutique."

Du mauvais usage des tests génétiques

Science et Pseudo-Sciences - n° 269, octobre 2005 - Bertrand Jordan

Avis du Comité Consultatif National d'Ethique sur la loi bioéthique

pages 62-78

Articles de presse à ce sujet : Science et Avenir - 20 minutes -

Le déséquilibre démographique se chiffre à 23 millions de femmes manquantes depuis 1970

Sur les conséquences d'un progrès scientifique et technique : "Les démographes montrent que les distorsions nettes apparaissent à partir des années 1970, lorsque les technologies de détermination prénatale du sexe de l’enfant commencent à devenir facilement accessibles. La généralisation de l’échographie va se traduire par le développement des avortements sélectifs, plusieurs au besoin, jusqu’à obtenir l’héritier tant désiré."

Mais ce n'est pas automatique : le déficit de filles concerne 12 pays, Chine, Inde, Vietnam et Corée du Sud surtout. Les aspects culturels de préférence des fils ont un grand poids.


Note sur les photos de chats :

  1. Elles sont belles:
  2. Certain.e.s lisent un blog à cause la photo;
  3. Il paraît que tous les chats sont autistes;
  4. Luna TMG fait du cat-sitting.
18 avril 2019

La singulière intelligence des enfants autistes | Les éclaireurs

 

La singulière intelligence des enfants autistes | Les éclaireurs

" On a longtemps sous-estimé l'intelligence des personnes autistes, et je pense qu'il est temps d'apprécier les forces qu'elles ont et d'essayer de les valoriser dans notre société ", dit Isabelle Soulières, professeure au Département de psychologie et titulaire de la Chaire de recherche pour l'optimisation du potentiel cognitif des personnes autistes à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

https://ici.radio-canada.ca

 

18 avril 2019

La mélatonine aide les enfants autistes et améliore la qualité de vie des parents

17 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Résultats d'un large essai sur l'utilisation de mélatonine à libération prolongée chez des enfants autistes. Selon la Pr Carmen Schroder, elle "est efficace non seulement à court terme, mais maintient son effet à long terme chez les enfants et les adolescents atteints de TSA et a des effets positifs sur leurs aidants naturels."

 

Traduction de : Melatonin Benefits Kids With Autism, Ups Parents' Quality of Life - Medscape - Apr 15, 2019.
medscape.com
Liam Davenport

Big Eddy is sleeping © Luna TMG
Big Eddy is sleeping © Luna TMG


Varsovie, Pologne - La mélatonine à libération prolongée améliore la qualité du sommeil chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA) et est associée non seulement à une amélioration des comportements extériorisés des enfants, mais également une meilleure qualité de vie des parents, résultats d'une étude de phase 3 et suivi étendu de la recherche.

Ici, au congrès 2019 de l'Association européenne de psychiatrie (EPA), les chercheurs ont présenté les résultats de deux études sur la mélatonine pédiatrique à libération prolongée (pedPRM ; Slenyto, Neurim Pharmaceuticals).

Athanasios Maras, MD, PhD, Yulius Academy, Yulius Mental Health Organization, Barendrecht, Pays-Bas, a présenté les résultats initiaux de l'étude de phase 3 qui ont montré que le pedPRM était associé à une amélioration significative du sommeil par rapport au placebo.

Le médicament a également été associé à une triple amélioration des scores de comportement extériorisé chez les enfants, ainsi qu'à une amélioration significative de la qualité de vie des parents et de la satisfaction à l'égard du sommeil de leurs enfants.

Présentant les données de suivi ouvertes, Carmen Schroder, MD, PhD, Département de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Hôpital universitaire de Strasbourg, France, a déclaré que les enfants traités en continu avec le pedPRM ont dormi beaucoup plus longtemps, se sont endormis plus rapidement et ont dormi plus longtemps sans interruption par rapport au départ.

L'amélioration de la qualité de vie des parents et de la satisfaction à l'égard du sommeil de l'enfant s'est également poursuivie après l'essai de phase 3 et dans l'étude de suivi ouverte.

Mme Schroder a déclaré que les deux présentations ont démontré que " la mélatonine pédiatrique à libération prolongée est efficace non seulement à court terme, mais maintient son effet à long terme chez les enfants et les adolescents atteints de TSA et a des effets positifs sur leurs aidants naturels ".

Maras a commencé son exposé en soulignant que les comportements extériorisés comme l'hyperactivité et l'agressivité sont corrélés de façon significative et négative à la détérioration de la qualité du sommeil chez les enfants autistes.

Afin d'examiner l'innocuité et l'efficacité du médicament, les chercheurs ont mené un essai multicentrique de phase 3 randomisé chez des enfants atteints de TSA et d'autres troubles neurodéveloppementaux et de troubles du sommeil qui ont comparé le médicament actif au placebo.

Tous les participants sont passés à la mélatonine pendant une phase ouverte de 9 mois en utilisant trois doses différentes du médicament.

Les troubles du sommeil ont été définis comme étant 6 heures ou moins de sommeil continu et/ou une latence du sommeil d'une demi-heure ou plus en 60 nuits ou plus pendant plus de 3 mois, n'ayant pas réussi à s'améliorer avec des interventions comportementales et d'hygiène du sommeil de base.

Après une phase de rodage de deux semaines, 125 enfants de 24 sites aux États-Unis et dans l'Union européenne ont été assignés au hasard, à raison de 1 pour 1, à la dose de 2 mg de pedPRM pendant 3 semaines, suivie de 2 mg ou 5 mg de pedPRM pendant 10 semaines, ou un placebo équivalent.

Les enfants du groupe actif et du groupe témoin ont ensuite été orientés vers un suivi ouvert, au cours duquel ils ont reçu 2 mg ou 5 mg de pedPRM pendant 18 semaines, puis 78 autres semaines d'intervention à des doses de 2 mg, 5 mg ou 10 mg.
Enfin, tous les participants sont entrés dans une phase de sevrage de deux semaines.

En présentant les résultats de la phase initiale de traitement de 13 semaines, Maras a déclaré que les enfants recevant le pedPRM avaient obtenu des améliorations significatives par rapport à la période de sommeil totale de référence dans le questionnaire d'auto-évaluation de la force et des difficultés (SDQ) par rapport au placebo.

Les différences étaient significatives aux évaluations de 3 semaines (P = 0,006) et de 13 semaines (P = 0,034).

De plus, les enfants traités par le pedPRM présentaient des améliorations significatives sur l'échelle du comportement d'extériorisation de l'enfant du SDQ par rapport aux enfants ayant reçu le placebo à 13 semaines (P = 0,021), mais pas à 3 semaines au départ.

Cela s'est traduit par une proportion beaucoup plus élevée d'enfants ayant signalé une diminution des scores d'extériorisation du SDQ de l'unité ≥1 parmi ceux qui ont reçu du pedPRM par rapport à ceux du groupe placebo, soit 53,7 % contre 27,7 % (rapport de cotes, 3,03 ; P = .008).

Impact sur les parents

Pour évaluer l'impact sur les parents, les chercheurs ont utilisé l'indice de bien-être de l'Organisation mondiale de la santé (OMS-5).

Cette étude a montré que les parents d'enfants ayant reçu du pedPRM avaient significativement amélioré leur qualité de vie par rapport au départ par rapport à ceux dont les enfants avaient reçu le placebo, à la fois à 3 semaines (P = .03) et à 13 semaines (P =.01).

Les parents d'enfants traités par le pedPRM ont également signalé une satisfaction significativement plus grande à l'égard des habitudes de sommeil de leur enfant selon l'Indice composite des troubles du sommeil (CSDI) que les parents d'enfants recevant le placebo. Cela a été observé à la fois à 3 semaines (P = 0,004) et à 13 semaines (P = 0,005).

Maras a dit que les parents étaient tellement satisfaits du sommeil de leurs enfants que " même après l'étude, ils nous ont demandé : " Pourrions-nous continuer avec les médicaments ? Comment pouvons-nous l'obtenir ? "

Dans une présentation par poster, Mme Schroder a présenté les résultats du suivi ouvert de 9 mois, indiquant que l'amélioration de la qualité du sommeil observée dans la phase à double insu et contrôlée par placebo se poursuivait.

Elle a dit que les 41 enfants traités par le pedPRM de façon continue pendant 52 semaines ont dormi en moyenne 62,08 minutes de plus qu'au départ (P = 0,007).

Ils se sont endormis en moyenne 48,6 minutes plus rapidement qu'au début de l'étude (P < 0,001) et ont eu une durée moyenne plus longue de sommeil interrompu, soit 89,1 minutes de plus qu'au départ (P = 0,001).

Schroder a signalé que la qualité du sommeil des enfants s'était considérablement améliorée (P < 0,001) par rapport au départ, et que le nombre de réveils nocturnes avait diminué de plus de 50 % (P = 0,001).

De plus, en examinant les 79 enfants des groupes initiaux du pedPRM et du placebo qui ont complété la phase ouverte, l'équipe a constaté que les résultats des parents se sont améliorés de façon significative.

Plus précisément, les parents ont signalé une amélioration de la satisfaction à l'égard du sommeil de leur enfant à l'IDCS (P < 0,001), une meilleure qualité de vie à l'OMS-5 (P = 0,001) et une amélioration de l'indice Pittsburgh Sleep Quality (P < 0,001).

Mme Schroder a également déclaré que le pedPRM était généralement sans danger, les effets indésirables liés au traitement les plus fréquents étant la fatigue (5,3 %) et les sautes d'humeur (3,2 %).

En discutant des différentes doses utilisées dans la phase ouverte, Maras a dit que les enfants se répartissaient en trois groupes en ce qui concerne la quantité de pedPRM dont ils ont besoin pour avoir un effet.

"Nous avons environ un tiers des enfants qui réagissent suffisamment à la dose de 2 mg, soit la dose la plus faible de cette étude, ce qui était suffisant pour un groupe d'enfants ", dit-il.

"Le groupe le plus important, environ 50 %, avait besoin d'environ 5 mg de mélatonine par jour, et il y a aussi un groupe plus petit, environ 20 % à 22 %, qui avait besoin de même 10 mg par jour pour obtenir des effets thérapeutiques suffisants ", a noté Maras.

Effets à long terme inconnus

Commentant les résultats du Medscape Medical News, Haviva Veler, MD, directrice du Pediatric Sleep and Breathing Disorders Center du New York-Presbyterian Hospital et de Weill Cornell Medicine, New York City, a déclaré que l'étude est "opportune et bien faite".

"En tant que médecin du sommeil s'occupant d'enfants autistes, je suis heureux que cette étude ait été réalisée et montre ce que nous savions depuis un certain temps, à savoir que l'utilisation de la mélatonine améliore l'insomnie associée à l'autisme ", a déclaré Veler, qui ne participait pas aux études actuelles.

Cependant, Mme Veler a noté une cause potentielle de préoccupation quant à l'utilisation à long terme du médicament.

"Nous savons que la mélatonine est un puissant inducteur du sommeil, mais moins actif dans le maintien du sommeil. En suivant les niveaux internes de mélatonine, nous constatons une augmentation des niveaux vers l'heure du coucher et quelques heures après l'endormissement, avec une lente diminution à la fin du sommeil et une chute drastique vers le lever du jour.

"Maintenir des niveaux plus élevés de mélatonine tout au long de la nuit, ce qui n'est pas physiologique, a des effets inconnus qui doivent être évalués. De plus, même si la mélatonine est considérée comme sûre à utiliser, elle a des effets secondaires inconnus, qui n'ont pas été évalués dans l'étude présentée ", ajoute Mme Veler.

Elle a également noté que l'utilisation de questionnaires pour évaluer l'effet de la mélatonine sur le sommeil et le bien-être est sujette à un biais de rappel.

"L'utilisation d'un groupe placebo réduit la probabilité de ce biais, dit-elle, mais il n'y avait pas de tests objectifs sur ces enfants pour évaluer l'amélioration de la fonction diurne.

Néanmoins, Mme Veler a déclaré qu'elle " recommandera certainement l'utilisation de la mélatonine à action prolongée chez ce groupe difficile de patients ". Cependant, a-t-elle ajouté, elle attendra "d'en savoir plus dans ce groupe sur les effets secondaires de la mélatonine à longue durée d'action qu'ils ont pu trouver ".

Les études ont été financées par Neurim Pharmaceuticals. Maras rapporte les honoraires des conférenciers d'InfectoPharm, Lilly et Neurim ; les bourses d'études de Lilly ; les bourses de recherche de Janssen-Cilag, EU FP7, et Dutch ZonMw ; les honoraires des consultants de Janssen-Cilag et Shire. Veler n'a révélé aucune relation financière pertinente.

Congrès 2019 de l'Association européenne de psychiatrie (EPA) : Résumé OC-0030 - présenté le 7 avril 2019 ; affiche EPA19-0180 - présentée le 9 avril 2019.


J Child Adolesc Psychopharmacol. 2018 Dec 1; 28(10): 699–710.

Published online 2018 Dec 10. doi: 10.1089/cap.2018.0020 PMCID: PMC6306655 PMID: 30132686

Long-Term Efficacy and Safety of Pediatric Prolonged-Release Melatonin for Insomnia in Children with Autism Spectrum Disorder

Athanasios Maras, MD,1Carmen M. Schroder, MD, PhD,2,,3Beth A. Malow, MD, MS,4Robert L. Findling, MD, MBA,5John Breddy, MSc,6Tali Nir, DVM,7Shiri Shahmoon, PhD,7Nava Zisapel, PhD,7 and Paul Gringras, MD, MRCPCH8

Voir aussi Sommeil : une version pédiatrique de la mélatonine en cours d'autorisation [Slenyto]

Dossier sommeil et autisme

NB : la Pr Carmen Schroder travaille au CRA d'Alsace. Voir Congrès du sommeil - Marseille - novembre 2017

17 avril 2019

Comment les familles sont les moteurs de l'étude des gènes de l'autisme

17 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Des parents sont à l'origine de groupes concernant des enfants ayant la même mutation. Les échanges d'information entre eux stimulent la recherche. Des chercheurs participent à des réunions de familles, qui leur permettent de rencontrer les personnes concernées.

 

spectrumnews.org   Traduction de "How families are driving the study of autism genes"

par Jessica Wright / 10 avril 2019

Amis rapides : deux enfants porteurs de la mutation PACS1, Finley et Bridget, se lient lors de la réunion familiale. © Spectrum News
Amis rapides : deux enfants porteurs de la mutation PACS1, Finley et Bridget, se lient lors de la réunion familiale. © Spectrum News


Cela ressemble à première vue à tous les autres vendredis du Legoland Discovery Center à Grapevine, au Texas : une demi-douzaine d'enfants environ font la queue pour les manèges colorés ou posent avec des figures Lego grandeur nature. Ils se ressemblent étrangement - avec des franges de cheveux bouclés, des yeux écarquillés et des sourires aux lèvres larges et minces. Certains sont venus d'aussi loin que l'Australie, et leurs parents s'embrassent chaleureusement lorsqu'ils se voient.

Lorsque le groupe se dirige vers le déjeuner au Rainforest Café tout proche, Jasey Miller, 12 ans, se met à se balancer à l'entrée : le restaurant est décoré de fausses vignes et d'animaux robots gesticulants et bruyants. Constatant son hésitation, Abby Ames, 15 ans, la prend par le bras et l'inaugure.

Seulement, ce n'est pas une réunion de famille - Jasey et Abby ne se sont rencontrés qu'une seule fois auparavant, il y a deux ans. Mais les liens qui les unissent sont plus profonds que ceux qui unissent de nombreux parents par le sang. Jasey, la sœur d'Abby, Bridget, 10 ans, et un enfant dans chacune des 19 familles portent une mutation dans un gène appelé PACS1.

"Je suis avec mon peuple ", dit Paulette Torres-Chase, dont la fille, Alondra, 5 ans, a aussi la mutation. "Tous ceux qui viennent ici sont de la famille : Peu importe si votre enfant crie, peu importe s'il est assis seul dans un coin - nous sommes ensemble."

Les enfants présentant la mutation dans PACS1 présentent tous une certaine forme de retard de développement et des traits autistiques ; environ la moitié d'entre eux ont un diagnostic d'autisme. Bon nombre d'entre eux ont également des convulsions, des problèmes moteurs et des sensibilités sensorielles.

Seulement 110 personnes dans le monde sont connues pour avoir le syndrome PACS1 au 4 avril - ou du moins sont connues de ce groupe, PACS1 Smiles. Le groupe s'est créé à partir d'une page Facebook qui a commencé en 2014 avec seulement cinq familles. Il y a deux ans, deux familles ont décidé de partir en vacances ensemble en Virginie. Elles ont suggéré, à moitié en plaisantant, que les autres se joignent à elles : cela a mené à la première rencontre avec 14 familles en Virginie. Celui de Legoland en ce week-end de mars est le deuxième rassemblement du groupe et comprend 81 personnes.

Des douzaines de groupes similaires ont été formés par des familles de personnes qui ont des mutations dans une constellation alphabétique de gènes de l'autisme : SYNGAP1, DYRK1A, SCN2A et ADNP. Les membres du groupe se soutiennent les uns les autres, partageant des idées durement acquises sur la façon de vivre avec les conditions causées par les mutations. En cours de route, ils sont aussi le fer de lance de projets de recherche et fournissent aux scientifiques une mine d'informations.

Parfois, cette information équivaut à une curiosité partagée - comme le fait que de nombreux enfants porteurs d'une mutation DYRK1A sont assis de la même façon, les mains derrière la tête. À d'autres moments, elle a mené à des progrès importants, notamment à la découverte que les mutations du SYNGAP1 ont un effet d'atténuation sur les neurones sensoriels.

Les scientifiques co-organisent parfois ces réunions pour effectuer des évaluations sur place et recruter des participants à l'étude. L'observation simultanée d'un grand nombre d'enfants atteints de la même maladie génétique permet aux chercheurs de repérer des choses qu'ils ne remarqueraient pas d'ordinaire, explique Stephan Sanders, professeur adjoint de psychiatrie à l'Université de Californie, à San Francisco. "Rester assis dans une pièce pendant deux jours à ne penser qu'à ces enfants et à leurs parents et aux problèmes qu'ils ont, et les voir de première main, vous donne un aperçu que vous ne pouvez pas obtenir autrement."

Les groupes familiaux, à leur tour, sensibilisent les gens et recueillent des fonds pour soutenir la recherche et permettre aux scientifiques d'avoir accès à des personnes atteintes de mutations rares. "Nous pouvons tendre la main à tous les patients, de sorte que nous avons tous les patients dans la même pièce ", dit Sandra Sermone, qui a fondé un groupe familial pour le syndrome de l'ADNP après que son fils Tony ait été diagnostiqué. "C'est la partie que j'apprends qui est la plus importante : rassembler toutes ces familles, les motiver et aider collectivement la recherche."


    "Il y a beaucoup plus de confiance dans ces organisations parce qu'elles ont toutes une expérience commune." Evan Eichler

Odyssée génétique

Au moment où la plupart des familles arrivent à une réunion, elles ont enduré une lourde odyssée diagnostique. Les histoires sont souvent similaires : des années à consulter des médecins et des spécialistes, sans réponses claires ou solutions à leurs problèmes. La plupart des gens finissent par obtenir un diagnostic par séquençage de l'ensemble de l'exome - une technique qui lit tous les gènes du génome d'une personne. La méthode est rarement couverte par l'assurance aux États-Unis, cependant, beaucoup de familles s'inscrivent à des études pour y avoir accès. Kerri Ames, la mère de Bridget, a parcouru plus d'un millier de kilomètres depuis son domicile du Massachusetts jusqu'à un médecin géorgien qui a accepté de faire passer le test. Une famille australienne a expédié le sang de leur fils en Allemagne et a payé 3 000 dollars australiens (environ 2 000 $) ; un laboratoire du Texas les aurait facturés quatre fois plus.

Jusqu'à ces dernières années, cependant, un résultat génétique n'apportait pas beaucoup de réponses. Monica Weldon a contracté un prêt de 13 000 $ en 2012 pour payer le test, qui a révélé que son fils Beckett a une mutation du SYNGAP1. Mais les médecins lui ont dit que parce que Beckett n'était que la sixième personne connue dans le monde avec une mutation de ce gène, ils ne savaient presque rien à son sujet. Alors que Weldon était assise dans les embouteillages sur le chemin du retour, elle se souvient : "Je ne me suis jamais sentie aussi seule et impuissante de toute ma vie". Elle a mis sur pied un groupe Facebook pour les parents dans la même situation, que les généticiens recommandent maintenant à d'autres familles.

Frédérique Smeets, qui a lancé le groupe Facebook PACS1, a vécu une expérience similaire. Son fils, Siebe, 17 ans, a été diagnostiqué en 2011 dans un centre aux Pays-Bas. Les médecins ont remarqué une ressemblance frappante entre lui et un garçon belge qui avait fréquenté la clinique. Les médecins ont séquencé les exomes des deux garçons et ont constaté que les deux portent la même mutation dans PACS1.

La famille belge n'était pas intéressée à partager ses informations avec d'autres familles. Mais deux ans plus tard, Smeets a reçu un appel téléphonique. Des médecins de Cincinnati, dans l'Ohio, avaient découvert un autre enfant qui porte la même mutation : Jasey. "Je me souviens du jour où le docteur m'a appelé pour Jasey. Je pleurais ; c'était tellement émouvant de parler avec une autre mère ", dit Smeets. Elle a commencé à accueillir des familles du monde entier dans sa maison.

Lors de la réunion au Texas, les badges d'identification révèlent l'ordre dans lequel les enfants ont été diagnostiqués. Siebe, qui est numéro un, n'a pas pu être présent ; Jasey est numéro quatre. Comme les tests d'exome sont de plus en plus courants, le nombre de badges d'identification a rapidement augmenté. Plus de 60 familles ont rejoint le groupe Facebook au cours des deux dernières années. Les parents échangent des histoires et des conseils, discutent de la façon de gérer les crises ou de naviguer dans le système d'éducation. "Il n'y a pas que le soleil et les licornes, il y a des choses effrayantes ", dit Ames.

Lorsque Alondra a reçu un diagnostic de mutation PACS1 il y a trois ans, sa famille a consulté le groupe avant leur rendez-vous de suivi. "Grâce à ce groupe, nous sommes arrivés à notre rendez-vous de génétique avec plus d'information que notre généticien n'en avait ", dit son père, Philip Chase.

Jeu de chiffres

Certains groupes familiaux, dont celui de DYRK1A, se comptent par centaines. Amy Clugston a fondé ce groupe après le diagnostic de sa fille Lorna, après 18 ans de recherche de réponses. En 2009, Clugston avait inscrit Lorna à une étude des National Institutes of Health (NIH) qui séquençait les exomes pour identifier des conditions génétiques inconnues.

Elle n'a eu aucune nouvelle des chercheurs des NIH pendant quatre ans. Mais alors une alerte Google qu'elle avait mise pour l'étude est arrivée avec un lien vers un tableau dense destiné uniquement aux scientifiques. Le tableau dressait la liste des caractéristiques de quelques participants sans nom et des mutations qu'ils portent. Une rangée de 25 mots médicaux multisyllabiques décrivait parfaitement sa fille ; cette fille, selon le tableau, avait une mutation dans un gène appelé DYRK1A. Clugston a contacté les chercheurs et leur a dit que cette fille devait être sa fille.

Quelques jours plus tard, elle a assisté à une réunion scientifique, où elle a vu une affiche avec des photos d'enfants qui ont des mutations du même gène. Elle s'est arrêtée : 10 versions de Lorna l'ont regardée fixement. "J'étais vraiment sous le choc", dit-elle. "Je lisais et voyais exactement ce que ma fille avait vécu." Peu de temps après, les chercheurs ont répondu : la fille dans le tableau était bien Lorna. Clugston a trouvé deux autres familles en ligne qui ont des enfants avec des mutations DYRK1A, et a créé le groupe Facebook. Deux ans plus tard, elle a fait en sorte que le groupe rencontre un chercheur qui étudiait l'affection.

M. Clugston a mis sur pied un sondage informel épinglé en haut de la page Facebook, interrogeant les parents sur les traits de caractère de leurs enfants. L'enquête a révélé que 88 des 204 enfants sont autistes et que la plupart ont des retards d'élocution et de développement, de petites têtes et des difficultés à manger. Elle a également permis de mettre au jour des tendances qui n'avaient pas été étudiées auparavant : 145 parents ont dit que leur enfant est fasciné par l'eau - une propension qui peut devenir dangereuse si l'enfant vagabonde. Et un certain nombre d'enfants se sont retournés les épaules et ont tardé à percer ou à perdre leurs dents de lait.

Clugston est devenue une telle experte sur ce gène qu'elle peut identifier d'autres personnes qui ont la mutation à partir de photos. Krista Furgala, qui a posté une photo de son fils Jameson dans un groupe Facebook pour enfants avec des têtes exceptionnellement petites, se souvient du message de Clugston l'année dernière : "Je pense que tu es l'un des nôtres", avait écrit Clugston. Furgala a transmis cette information au généticien de Jameson et lui a demandé de séquencer le gène. Le généticien était sceptique, mais les résultats ont donné raison à Clugston et ont permis à Furgala d'économiser des milliers de dollars.

Quelques mois plus tard, Furgala a trouvé sa "maison" lors d'une réunion de famille, où elle a découvert des informations plus précieuses sur Jameson, 6. Par exemple, le neurologue de Jameson avait écarté les craintes de Furgala que le garçon ait des crises, malgré ses épisodes où il fixait l'espace et ses chutes soudaines. Mais d'autres parents présents à la réunion ont confirmé que les crises sont fréquentes chez les enfants atteints de mutations. Ils ont également conseillé Furgala sur les médicaments efficaces contre les convulsions et lui ont déconseillé d'utiliser de l'huile de cannabidiol pour aider son fils à dormir. Elle avait fait des expériences avec l'huile, mais s'est arrêtée sur leur recommandation.

Ces parents en savent souvent plus sur l'état de santé de leur enfant que n'importe quel chercheur ou clinicien, dit Evan Eichler, professeur de sciences génomiques à l'Université de Washington à Seattle. "Il y a beaucoup plus de confiance dans ces organisations parce qu'elles ont toutes une expérience commune ", dit-il. Eichler a collaboré à la plus grande étude du gène, qui était environ un quart de la taille du sondage Facebook de Clugston. Les groupes de parents ont accès à des gens auxquels les chercheurs n'ont pas accès, dit-il.

Ces chiffres s'accompagnent d'observations qui peuvent servir de base à la recherche. Sermone, par exemple, a remarqué que son fils Tony avait un nombre remarquable de dents pour son âge : un ensemble complet avant son premier anniversaire. Lorsqu'elle a posé la question à d'autres membres du groupe Facebook de l'ADNP, parents après parents ont dit qu'ils avaient vu le même phénomène chez leurs enfants. Sermone a ensuite contacté une équipe belge, l'une des rares qu'elle a pu trouver en train d'étudier ce gène. Elle dit qu'ils n'ont pas pris au sérieux son observation au sujet des dents jusqu'à ce que 44 des 54 parents du groupe l'aient confirmée.

À l'aide des données de Sermone, les chercheurs ont ensuite découvert un lien chez la souris entre le gène et une voie impliquée dans la formation osseuse. Sermone est l'auteur de l'article et a depuis collaboré avec une autre équipe qui étudie les problèmes sociaux chez les enfants avec les mutations.

Weldon a également contacté directement les scientifiques. Après avoir découvert la mutation SYNGAP1 de son fils, elle a contacté le neuroscientifique Gavin Rumbaugh du Scripps Research Institute à Jupiter, en Floride. En 2016, Rumbaugh et Weldon ont organisé la première réunion du SYNGAP1, au cours de laquelle Rumbaugh a été frappé par des histoires d'enfants présentant une tolérance à la douleur exceptionnellement élevée, par exemple lors de prises de sang. Il a découvert que les neurones des régions sensorielles des souris sont lents à se déclencher, mais que ceux de nombreuses autres régions du cerveau sont trop excitables.

Cette étude comprend des données provenant de 48 personnes présentant des mutations dans le gène, recueillies par le biais d'un registre que Weldon a lancé peu après la réunion. Le registre compte maintenant 209 personnes porteuses d'une mutation, plus leurs rapports médicaux ; les scientifiques approuvés peuvent accéder à l'information et essayer de les recruter pour des études. "Lorsque quelques centaines de patients sont dispersés dans le monde, il est clair qu'ils ont des points communs, ce qui aide vraiment à stimuler la recherche ", explique M. Rumbaugh. "La seule façon de vraiment comprendre ces phénotypes communs est de créer un registre de patients."

    "C'est la partie que j'apprends qui est la plus importante : réunir toutes ces familles." Sandra Sermone

Recherche sur la conduite automobile

Les grands registres peuvent suggérer des tendances que les chercheurs ne verraient peut-être pas autrement. Mais pour suivre ces tendances, les chercheurs assistent souvent aux réunions familiales.

Au cours des 10 dernières années, le généticien clinicien Bert de Vries a assisté à trois réunions familiales pour le syndrome de Koolen-de Vries, nommé en partie en son honneur. En 2006, M. de Vries a décrit la suppression d'une région génétique appelée 17q21.31 chez trois personnes ; lors de réunions familiales depuis, il a rencontré des douzaines d'autres " kool kids ", comme on les appelle. Il a recruté des participants et recueilli des données pour trois études - sur le retard de la parole, les crises et les traits caractéristiques du visage.

Raphael Bernier et ses collègues organisent conjointement des rencontres familiales à Seattle pour les personnes présentant des mutations du DYRK1A ou du SCN2A - en partie pour stimuler le recrutement dans le cadre de leur étude TIGER, qui vise à caractériser les caractéristiques de 16 formes génétiques de l'autisme. L'équipe invite les familles à leur clinique pour une série d'évaluations d'une journée, y compris une évaluation de l'autisme, un suivi oculaire et une imagerie cérébrale. Déjà, 10 familles ont accepté de participer à l'étude lors de leur visite à Seattle, ce qui a permis d'augmenter de près d'un tiers le nombre de participants présentant une mutation DYRK1A.

Le projet Simons Variations in Individuals, qui en est maintenant à sa neuvième année, recueille également des renseignements médicaux détaillés sur les personnes présentant des mutations dans l'un des 53 gènes liés à l'autisme, y compris PACS1 (le projet est financé par la Fondation Simons, l'organisation mère de Spectrum). Le personnel du projet a assisté à la réunion au Texas et a recueilli le sang de 27 personnes : 8 enfants porteurs d'une mutation du gène, leurs frères et sœurs et leurs parents. Ils prévoient mettre ces échantillons à la disposition des scientifiques intéressés à étudier le gène ou à transformer les cellules sanguines en neurones.

Une grande partie de la recherche sur ces formes rares d'autisme vise à comprendre comment les mutations affectent le cerveau. Beaucoup de familles, cependant, espèrent des traitements.

Par un froid matin de février, Sermone arrive à l'hôpital Mount Sinai, à New York, avec un chèque d'environ 3 pieds de long pour 175 000 $. Elle et les autres familles ont recueilli cet argent en grande partie grâce au groupe Facebook qu'elle a fondé. Elle l'apporte à Joseph Buxbaum, directeur du Seaver Autism Center for Research and Treatment.

L'étude qu'elle financera est une première étape pour convaincre une société pharmaceutique d'investir dans un médicament destiné au traitement des personnes présentant une mutation de l'ADNP. Les chercheurs doivent également démontrer qu'ils peuvent recruter suffisamment de participants à l'essai. Après que Sermone lui a donné le chèque, l'équipe de Buxbaum récapitule les données des neuf premières familles de l'étude et discute des plans pour tester de petites molécules dans les neurones faits à partir de personnes avec les mutations. Un groupe de familles PACS1 a également créé une fondation privée visant à développer des traitements, mais ils n'en sont pas encore là.

La réunion au Texas est axée sur les relations humaines, dit M. Ames. À la fin de la première journée, les frontières entre les familles se sont effacées. Les enfants sortent d'une salle de réception exiguë de l'hôtel et font la roue, dansent et se courent après à travers le hall. Les frères et sœurs s'agrippent par la main et courent dans les coins pour discuter. Chloee Pearson, 17 ans, la plus âgée des participantes atteintes du syndrome, montre un album photo à Finley Brown, 4 ans, qui la suit toute la nuit. Les parents s'assoient par terre dans des groupes restreints, discutant des obstacles et des échecs. Les discussions se poursuivent jusqu'aux petites heures de la nuit.

Pendant la réception, Angel Matthews arrive avec son fils, Dalton, 10 ans, qui a été diagnostiqué en août 2018. Matthews s'est joint au groupe il y a à peine un mois et il rencontre d'autres familles pour la première fois. Elle regarde Dalton s'asseoir dans une banquette du hall, battant des mains avec excitation pendant que les autres enfants passent en courant. Il connaît ses limites physiques, dit-elle, de sorte qu'il ne se joint généralement pas aux autres enfants qui jouent. Parce que la plupart des gens ne peuvent pas le comprendre, il ne parle généralement qu'à sa sœur ou à sa mère. Mais cette réunion est différente. Le lendemain, Dalton s'assoit à côté d'un étranger et bavarde sans arrêt pendant toute l'heure que dure le trajet en autobus.

17 avril 2019

L'autisme intervient dans les familles ayant des antécédents de troubles cérébraux

15 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

A partir d'études sur les familles, les liens génétiques avec différents troubles neuro-développementaux - certains reconnus, et d'autres encore considérés comme des troubles "psychiatriques".

 

spectrumnews.org - Traduction de "Autism runs in families with history of brain conditions"
par Nicholette Zeliadt / 15 avril 2019

Ce n'est pas un cerveau, c'est Rudy © Luna TMG
Ce n'est pas un cerveau, c'est Rudy © Luna TMG


Les enfants de familles ayant des antécédents de troubles cérébraux sont de plus en plus susceptibles d'être autistes, selon une vaste étude menée en Suède1. Plus les membres de la famille sont étroitement liés à ces conditions, plus les chances de l'enfant d'être autiste sont élevées.

D'autres études ont fait état de tendances similaires : les risques qu'un enfant soit autiste augmentent si son frère ou sa sœur est autiste, est atteint de trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) ou a une déficience intellectuelle, ou si un parent est schizophrène, déprimé, bipolaire ou anxieux2,3,4.

La nouvelle étude s'est penchée sur les antécédents familiaux de ces affections, ainsi que sur l'épilepsie et plus d'une douzaine d'autres affections, et a porté sur les grands-parents, les tantes, les oncles et les cousins.

Dans les études sur l'autisme, les scientifiques ont tendance à se concentrer sur les frères et sœurs plus âgés, " mais de nombreuses personnes autistes n'ont pas de frère ou de sœur plus âgé autiste ", explique le chercheur principal Brian Lee, professeur agrégé d'épidémiologie et de biostatistique à la Drexel University à Philadelphie. "Les antécédents familiaux, dans presque tous les aspects de la médecine, sont un déterminant incroyablement fort des résultats."

Lee et ses collègues ont examiné les dossiers de 10.920 enfants autistes et de 556.516 enfants types inscrits à la Stockholm Youth Cohort, une étude en cours sur les enfants nés dans cette ville. Les chercheurs ont utilisé les registres nationaux pour identifier les plus de 8 millions de parents des enfants et les diagnostics de ces parents.

Selon l'étude, les enfants qui ont un parent au premier degré - un frère, une sœur ou un parent - ayant une maladie du cerveau autre que l'autisme ont jusqu'à 4,7 fois plus de chances d'être autistes que d'habitude. Et ils ont jusqu'à 7,6 fois plus de chances d'être atteints à la fois d'autisme et de déficience intellectuelle.

Les résultats concordent avec les données probantes établissant un lien entre les facteurs de risque de l'autisme et ceux d'autres conditions, affirme James Crowley, professeur agrégé de génétique et de psychiatrie à l'Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill, qui n'a pas participé à l'étude. "Les gènes qui prédisposent à un trouble psychiatrique ou neurologique en prédisposent souvent à un autre ", dit-il.

Risque relatif

Le risque d'autisme - avec ou sans déficience intellectuelle - diminue à mesure que la distance génétique entre l'enfant et le membre de la famille touché augmente.

"Cela nous dit vraiment qu'il semble y avoir un facteur de responsabilité générale, qui est transmis génétiquement, dans le fait d'avoir une variété de troubles psychiatriques et neurologiques différents ", dit Alan Brown, professeur de psychiatrie et d'épidémiologie à l'Université Columbia, qui n'a pas participé à cette étude. Les résultats ont été publiés en mars dans JAMA Network Open.

L'étude a également révélé que les 8.354 enfants autistes seulement sont plus susceptibles d'avoir un parent atteint d'une de ces conditions que les 2.566 enfants autistes et ayant une déficience intellectuelle.

Les enfants dont un parent ou un frère ou une sœur est autiste sont 9 fois plus susceptibles d'être autistes et 4,1 fois plus susceptibles d'être autistes avec une déficience intellectuelle. Mais les enfants dont un parent ou un frère ou une sœur est à la fois autiste et atteint d'une déficience intellectuelle ont 14,2 fois plus de chances d'être atteints des deux conditions et 3,8 fois plus de chances d'être autistes seulement que normalement.

Ces résultats confirment l'idée que la génétique de l'autisme avec déficience intellectuelle diffère de celle de l'autisme seul, affirme Jakob Grove, professeur agrégé de biomédecine à l'Université d'Aarhus au Danemark, qui n'a pas participé à cette étude.

Lee et ses collègues analysent les dossiers des registres nationaux au Danemark afin d'examiner le lien entre l'autisme et les antécédents familiaux de maladies du cerveau et d'autres maladies.

Références:

  1. Xie S. et al. JAMA Netw. Open 2, e190154 (2019) PubMed
  2. Hansen S.N. et al. J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry Epub ahead of print (2019) PubMed
  3. Jokiranta-Olkoniemi E. et al. JAMA Psychiatry 73, 622-629 (2016) PubMed
  4. Jokiranta E. et al. Psychiatry Res. 207, 203-211 (2013) PubMed
16 avril 2019

Autisme : le transfert de microbiote intestinal montre son efficacité

Les personnes atteintes d'autisme présenteraient un microbiote intestinal anormal. Il y a deux ans, des chercheurs ont donc tenté de transplanter des microbiotes sains sur des enfants malades. Aujourd'hui, ils notent une nette amélioration de leur état de santé.

L'autisme place les personnes qui en souffrent dans une véritable situation de handicap social. Et sa prévalence semble aller croissante. Il y a dix ans, les spécialistes estimaient qu'une naissance sur 150 était concernée. Aujourd'hui, ils évoquent une naissance sur 80 en France et même une sur 60 aux États-Unis. Une augmentation qui est peut-être à imputer, au moins partiellement, à une définition plus large de la maladie sous le terme de troubles du spectre autistique (TSA) et à des diagnostics de l'autisme plus sûrs.

Toujours est-il que la question taraude les chercheurs. Ils proposent pour l'heure des traitements à base de thérapie comportementale, d'approches diététiques ou encore de médicaments psychiatriques. Des traitements qui demeurent peu efficaces. Mais des chercheurs de l'université de l’État d’Arizona (États-Unis) publient aujourd'hui les résultats encourageants des travaux qu'ils ont menés sur une thérapie nouvelle : le transfert de microbiote intestinal.

En effet, depuis quelque temps, de nombreuses équipes étudient le lien entre microbiote intestinal et diverses pathologies« Nous avons noté un lien fort entre les microbes qui vivent dans nos intestins et les signaux qui se propagent dans notre cerveau », explique Rosa Krajmalnik-Brown. De quoi faire penser à certains qu'une flore intestinale altérée pourrait induire des TSA.

Chez les enfants autistes, le microbiote intestinal semble moins diversifié que chez les autres enfants et même privé de certaines souches des bactéries les plus importantes. Or des travaux suggèrent que nos microbiomes intestinaux affectent la communication cérébrale et la santé neurologique. © Shireen Dooling, Université de l’État d’Arizona

Des symptômes de TSA en net recul

D'autant qu'entre 30 et 50 % des enfants atteints d'autisme présentent aussi des problèmes gastro-intestinaux à l'origine d'un inconfort et de douleurs chroniques. Alors les chercheurs américains ont fait subir à 18 petits patients, un traitement à base de transplantations de microbiote fécal. Comprenez que les selles d'un donneur sain ont été introduites dans le tube digestif de ces patients afin de rééquilibrer leur flore.

Un traitement relativement lourd qui comprend la prise préalable d'antibiotiques et d'un suppresseur d'acidité gastrique, un nettoyage des intestins et surtout, un transfert quotidien de microbiote pendant sept à huit semaines. Mais un traitement qui semble valoir le coup puisque la santé intestinale des enfants s'est améliorée. Et en prime, il a été constaté une réduction de 45 % des principaux symptômes de TSA. Une amélioration qui se poursuit deux ans après le traitement.

44 % des patients traités sont passés sous la barre des TSA « légers »

Ainsi au lancement de l'étude, 83 % des participants avaient été diagnostiqués autistes « graves ». Ils ne sont plus que 17 % aujourd'hui. 44 % sont même passés sous la barre des TSA « légers ». Reste désormais à mieux comprendre les mécanismes sous-jacents. Et à tempérer un peu les enthousiasmes, car « d'autres essais cliniques plus importants seront nécessaires avant que le traitement ne soit homologué ». Objectif : optimiser la posologie et la durée et déterminer si des doses de rappel peuvent être utiles.

  • Les traitements existants contre l’autisme manquent d’efficacité.
  • Des chercheurs ont mené une étude sur un nouveau traitement : le transfert de microbiote intestinal.
  • Celui-ci semble se montrer efficace, même deux ans après.
  • Des essais de plus grande ampleur seront toutefois nécessaires à confirmer la bonne nouvelle.


Pour en savoir plus

Une cure de bactéries intestinales pour soigner l’autisme ?

Les personnes autistes souffrent souvent de problèmes gastriques. Pourquoi ? En voulant répondre à cette question chez la souris, des chercheurs états-uniens ont incriminé la flore intestinale. Cette découverte prometteuse pourrait conduire au développement d'un traitement contre l'autisme à base de bactéries bénéfiques.

Article d'Agnès Roux paru le 09/12/2013

Les souris autistes sont moins sociables et plus anxieuses que les autres. Leur flore intestinale est également différente. © dullhunk, Flickr, CC by 2.0

Maladie complexe et mal comprise, l'autisme est un trouble du développement qui se traduit par des difficultés à communiquer avec les autres et à évoluer dans la société. Selon l'Inserm, elle toucherait plus de 100.000 personnes en France. Pour le moment, il n'existe pas de remède miracle. Certaines thérapies comportementales ont été mises en place mais leurs performances sont encore limitées. Très récemment, des chercheurs de l'université Yale à New Haven (États-Unis) ont obtenu des résultats encourageants avec l'ocytocine, une hormone connue pour favoriser les relations humaines.

Malgré les nombreuses recherches sur le sujet, les causes de l'autisme et plus généralement des troubles du spectre autistique (TSA) restent obscures, même si la génétique semble être le facteur de risque prédominant. Grâce aux techniques d'imagerie modernes, les spécialistes ont pu analyser en détail le cerveau des autistes et ont montré que son activité était différente de celle du reste de la population.

De nombreux probiotiques entrent dans la composition de certains produits lactés, comme les yaourts. Ils ont un effet bénéfique sur la santé physique et mentale. Pourraient-ils aider à lutter contre l'autisme ? © gyroscopio, Flickr, CC by 2.0

En plus de leurs troubles comportementaux, les autistes souffrent très souvent de problèmes gastriques, ce qui intrigue les spécialistes du domaine. Une équipe de l'institut de technologie en Californie (États-Unis) s'est penchée sur le sujet chez la souris. Ses résultats, publiés dans la revue Cell, révèlent à nouveau l'influence importante du microbiote intestinal sur la santé.

Une bactérie qui soigne l’autisme chez la souris

Dans une étude précédente, les chercheurs avaient fabriqué des souris présentant des symptômes autistiques. Pour réussir cette prouesse, ils avaient injecté des produits chimiques mimant une infection virale chez des souris enceintes. Leur expérience avait fonctionné puisque les petits étaient nés moins sociables et plus anxieux que les autres souriceaux.

Comme c'est le cas chez l'Homme, ces souris autistes présentaient des trous dans leurs intestins et étaient plus sujettes aux problèmes gastriques. Les scientifiques se sont alors demandé quel était le rôle du microbiote digestif dans le développement des symptômes autistiques. Pour répondre à cette question, ils ont récupéré les microbes intestinaux de souris autistes et les ont analysés par des technologies de génomique. Ils ont alors montré que les souris malades possédaient moins de bactéries de l'espèce Bacteroides fragilis dans leur système digestif que les animaux sains. 

Encore mieux : en nourrissant les rongeurs autistes avec la bactérie en question, les auteurs ont pu améliorer leurs comportements et leurs troubles digestifs ! « Il est étonnant de constater qu'en ajoutant uniquement cette bactérie on peut inverser les symptômes de l'autisme », commente John Cryan, un pharmacien de l'University College Cork en Irlande.

4EPS, la molécule qui rend autiste

Mais comment les bactéries du tube digestif peuvent-elles influencer l'activité du cerveau ? Ce n'est pas la première fois que de telles observations sont faites. Des expériences ont par exemple suggéré que la flore intestinale influençait les comportements des humains et des animaux. Une étude récente a même dévoilé les bénéfices des probiotiques dans le traitement de la dépression. Cependant, jusqu'ici personne n'avait vraiment creusé la question plus profondément.

Pour comprendre le phénomène, les chercheurs ont analysé des échantillons sanguins provenant de souris saines ou autistes. Ils ont découvert qu'une molécule appelée 4-éthylphénylsulphate (4EPS), était présente à des taux 46 fois plus élevés chez les animaux souffrant de troubles autistiques. Ils ont également montré que ce composé chimique possédait une structure similaire à celle du para-cresol, une molécule retrouvée en quantité importante chez les personnes autistes. Les scientifiques l'ont alors injectée dans les souris saines. Ce traitement a eu l'effet escompté puisque les souris ont commencé à se comporter comme les souris autistes, répétant plusieurs fois le même mouvement ou couinant de manière inhabituelle.

Ces travaux sont très encourageants et méritent d'être explorés plus en détail. « À mon avis, les résultats sont assez solides pour que l'on voit les probiotiques comme une nouvelle solution thérapeutique, indique Stephen Collins, chercheur à l'université McMaster en Ontario (Canada). La prochaine étape sera de comprendre comment les bactéries de la flore intestinale interagissent pour produire 4EPS et influencer le cerveau. »

Les causes de l’autisme ne seraient pas uniquement génétiques  L'autisme est aujourd'hui le trouble du comportement qui connaît le plus fort taux de croissance dans les pays occidentaux. Distribué par French Connection Films, ce documentaire nous explique le lien possible entre autisme et alimentation. 


 

Liens externes

16 avril 2019

Autisme - Le conseil peut atténuer le choc des résultats génétiques inattendus

Les examens génétiques peuvent révéler des risques. Dans quelle mesure les médecins doivent-ils les révéler aux personnes concernées ? Et de quelle façon ?

 

spectrumnews.org . Traduction de "Counseling can ease shock of unexpected genetic results"

par Eric Schadt - Professeur, École de médecine Icahn à Mount Sinai / 23 octobre 2018

Burning alive © Luna TMG
Burning alive © Luna TMG


L'autisme a une grande composante génétique et le nombre de variantes génétiques impliquées dans la condition augmente. Les personnes autistes peuvent voir leurs génomes séquencés dans le cadre d'une étude ou à des fins diagnostiques. Et ce processus peut révéler des variantes connues pour augmenter leur risque dans des conditions totalement différentes.

Ces renseignements supplémentaires, ou " découvertes fortuites ", peuvent avoir une valeur clinique s'ils renvoient à des traitements. De tels renseignements peuvent même être préjudiciables - par exemple, s'ils indiquent qu'une personne souffre d'une maladie incurable et dévastatrice ou si une compagnie d'assurance s'en sert comme motif pour en refuser la couverture.

En tant que société, nous devons établir des lignes directrices sur le moment où les cliniciens devraient partager les résultats de leurs observations fortuites, sur la question de savoir si une personne peut choisir d'entendre les résultats et sur la meilleure façon de soutenir ceux qui reçoivent l'information.

Dans l'une des premières études de ce type, nous avons exploité les réactions de 35 personnes à la révélation de l'ensemble de leur génome. Nous avons appris que la meilleure façon d'accroître les avantages et de réduire les méfaits des découvertes génétiques fortuites est de fournir une information et un soutien adéquats.

Le séquençage plus rapide et moins coûteux de l'ADN permet de transférer l'analyse génétique à l'extérieur de la clinique et au domicile des gens. L'explosion concomitante des outils d'interprétation des données génétiques a pour effet de démocratiser davantage l'accès à l'information génomique. En tant que société, nous avons l'obligation de trouver la meilleure façon de soutenir ce processus également.

Quand l'ignorance est un bonheur

Les découvertes fortuites ne sont pas uniques à la génétique ; de nombreux tests de routine les produisent aussi. Si vous avez des calculs rénaux et que vous faites une scintigraphie corporelle pour identifier leur emplacement, l'examen pourrait révéler des problèmes inattendus avec les organes voisins, comme la colonne vertébrale. En effet, des études montrent que les scans révèlent des découvertes fortuites aussi souvent que dans 70 % des cas1.

Les découvertes fortuites peuvent changer une vie. Par exemple, il y a quelques années, une femme enceinte de notre clinique a subi un dépistage génétique de routine qui a révélé une maladie génétique rare appelée maladie de Gaucher, dont elle ignorait qu'elle était atteinte. La femme reçoit maintenant un traitement qui a considérablement amélioré sa qualité de vie.

L'American College of Medical Genetics fournit des lignes directrices sur les découvertes génétiques fortuites qui devraient être signalées, en mettant l'accent sur celles qui peuvent donner lieu à une action médicale2. Par exemple, une femme qui sait qu'elle a une mutation BRCA1 qui augmente le risque de cancer du sein pourrait opter pour des mammographies fréquentes ou même une mastectomie. La connaissance des mutations qui mènent à un taux élevé de cholestérol pourrait inciter les gens à chercher des traitements pour réduire leur risque de maladie cardiaque.

Inversement, une partie importante des découvertes fortuites sont pertinentes sur le plan clinique, mais non signalées. Cela semble justifié dans les cas où il n'existe pas de traitements ou de mesures préventives pour le problème que les résultats mettent en lumière.

Par exemple, l'analyse de l'ADN peut révéler qu'une personne développera la maladie de Huntington, un trouble neurologique dégénératif grave. Parce qu'il n'existe aucun traitement efficace contre la maladie de Huntington, il n'y a pas grand-chose de bon à savoir qu'un jour, vous en ressentirez les conséquences dévastatrices. Même dans des cas moins graves, les découvertes fortuites ne peuvent que renforcer l'anxiété et le stress, dont beaucoup de personnes autistes et leur famille en ont déjà assez.

Mais peut-être que les individus eux-mêmes devraient décider s'ils veulent en savoir plus sur les découvertes fortuites. Imaginez quelqu'un, pleinement informé des scénarios possibles, qui affirme qu'il renonce au traitement et qu'il préfère ne pas ressentir l'inquiétude qui accompagne la connaissance. Les individus ont-ils le droit de choisir cette voie ?

Ce sont là des questions éthiques complexes. Pour y répondre adéquatement, nous avons besoin de données sur la façon dont les gens réagissent à l'occasion de découvertes fortuites.

Appelez des conseillers

Nous avons mené une série d'études chez des personnes soi-disant en bonne santé afin d'évaluer l'impact psychologique et comportemental de la réception des résultats du séquençage 3,4,5. Nous avons recruté 35 personnes de la population générale à l'aide de dépliants et d'une campagne de bouche-à-oreille. Nous avons séquencé l'ensemble de leurs génomes, puis nous avons produit un rapport couvrant l'ascendance, les traits physiques, le métabolisme des médicaments et les conditions causées par un seul gène, ainsi que le risque de maladies plus complexes telles que la maladie d'Alzheimer.

Nous avons constaté que sur les 29 participants qui ont répondu à un sondage six mois plus tard, 20 étaient satisfaits ou soulagés de leurs résultats. Ils ont accueilli favorablement le fait de connaître leurs ancêtres, par exemple, ainsi que leur sensibilité aux médicaments et le risque de transmettre à leurs enfants des mutations potentiellement nuisibles. Ils n'étaient cependant pas complètement libérés de l'anxiété. La plupart des préoccupations portaient sur le risque de maladies effrayantes, les conséquences possibles pour l'assurance-maladie et la confusion quant à la signification des résultats. Quelques personnes ont manifesté une anxiété grave face à des résultats qui indiquaient un risque élevé de maladie génétique rare ou d'apparition précoce de la maladie d'Alzheimer.

Notre étude comprenait des rencontres en face-à-face avec des conseillers en génétique, au cours desquelles les participants pouvaient discuter de leurs préoccupations, recevoir du matériel éducatif et apprendre les implications de leurs résultats et le type de suivi clinique disponible. Les séances de conseil ont apaisé presque toutes leurs préoccupations. Certains participants ont demandé un suivi clinique et d'autres estimaient que le fichier de données brutes qu'ils avaient reçu pourrait leur être utile dans l'avenir.

Nos résultats suggèrent que le retour des découvertes fortuites est généralement neutre ou bénéfique, dans la mesure où il s'accompagne d'efforts pour aider les gens à comprendre leurs découvertes fortuites. Ces résultats concordent avec ceux d'autres études dans le cadre desquelles les chercheurs ont étudié les réactions des gens à la réception de résultats inattendus de tests génétiques 6.

Ressources limitées

Dans le monde réel, les ressources nécessaires pour le conseil seront probablement encore plus importantes qu'elles ne l'étaient dans notre étude. Nos participants sont plus instruits que la moyenne des gens, parce que nous les avons recrutés dans un quartier aisé de New York, où la main-d'œuvre est hautement qualifiée. Par conséquent, les personnes de notre échantillon peuvent comprendre leurs résultats génétiques relativement rapidement. De plus, parce qu'ils n'avaient pas besoin de tests génétiques - mais qu'ils l'ont choisi - ils peuvent être prédisposés à vouloir en connaître les résultats.

Le recours à des conseillers en génétique est essentiel parce que les médecins ne comprennent souvent pas les nuances de la génétique et, même s'ils les comprennent, ne sont pas formés pour les expliquer. Pourtant, il peut s'avérer difficile de doter les hôpitaux et les cliniques de conseillers. La demande pour ces experts augmente rapidement à mesure que de plus en plus de personnes reçoivent les résultats des données sur les séquences d'ADN et que ces données deviennent plus complètes et complexes. Toutefois, le bassin de conseillers en génétique s'accroît lentement et il est peu probable qu'il puisse suivre le rythme des besoins.

Le problème risque de s'aggraver avec l'augmentation de la demande de séquençage du génome ou de tests parmi les personnes qui optent pour des tests génétiques par curiosité. Nous pouvons également avoir besoin de spécialistes pour adapter le conseil aux personnes ayant des difficultés de communication ou des déficiences intellectuelles.

Ce n'est qu'avec de telles connaissances et ressources que nous pourrons nous assurer que l'expérience de chaque individu en matière de séquençage du génome est informative, positive et bénéfique.

Eric Schadt est professeur titulaire de la chaire Mount Sinai en santé prédictive et en biologie computationnelle à l'Icahn School of Medicine à New York. Il est également fondateur et directeur général de la société de santé prédictive Sema4.

Références:

  1. Wolf S.M. et al. J. Law Med. Ethics 36, 219-248 (2008) PubMed
  2. Kalia S.S. et al. Genet. Med. 19, 249-255 (2017) PubMed
  3. Sanderson S.C. et al. Eur. J. Hum. Genet. 24, 14-20 (2016) PubMed
  4. Suckiel S.A. et al. J. Genet. Couns. 25, 1044-1053 (2016) PubMed
  5. Sanderson S.C. et al. Eur. J. Hum. Genet. 25, 280-292 (2017) PubMed
  6. Linderman M.D. et al. J. Pers. Med. 6, E14 (2016) PubMed
15 avril 2019

Séquençage prénatal de certains gènes de l'autisme : bientôt disponible ?

15 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

A quoi va servir un séquençage prénatal des gènes de l'autisme ?

 

spectrumnews.org - Traduction de "Prenatal sequencing for some autism genes may soon be available"

Le séquençage prénatal de certains gènes de l'autisme pourrait bientôt être disponible

par Jessica Wright / 10 avril 2019

Mother Nature's Rules © Luna TMG
Mother Nature's Rules © Luna TMG


Le séquençage permet d'identifier les mutations liées à l'autisme avant même la naissance d'un enfant - surtout dans les cas où les médecins soupçonnent des problèmes, selon deux nouvelles études 1,2.

Dans les études, les scientifiques n'ont séquencé l'ADN fœtal que lorsque les ultrasons ont révélé un développement atypique des membres ou d'autres organes, et ils ont donné aux familles uniquement les résultats qui semblaient expliquer ces problèmes.

Mais il y a un risque réel que d'autres personnes utilisent cette technique pour tester les mutations chez n'importe quel fœtus - et pour transmettre tous les résultats aux parents - sans supervision adéquate, dit Ronald Wapner, professeur en obstétrique et gynécologie au Columbia Institute for Genomic Medicine, qui a dirigé une des études.

"Ce n'est pas n'importe qui qui devrait le faire ; cela devrait être entre les mains de gens qui sont experts ", dit-il.

D'autres types d'analyses détectent déjà des mutations chez le fœtus : certaines détectent les grands segments d'ADN qui sont échangés entre les chromosomes, tandis que d'autres peuvent détecter les copies manquantes ou dupliquées de fragments d'ADN.

Les nouvelles études sont parmi les premières à détecter les mutations dans l'exome fœtal - essentiellement, la collecte de gènes dans un génome.

Ce domaine est rempli de questions éthiques, notamment celle de savoir si les parents pourraient choisir d'interrompre une grossesse en fonction des résultats. Mais les chercheurs notent que la plupart des mutations qu'ils ont trouvées posent de graves risques pour la santé, qui pourraient être traités à la naissance ou in utero.

"Je pense que beaucoup de gens ont l'idée fausse que ces tests sont faits pour décider s'il faut ou non mettre fin à une grossesse ", dit Christa Lese Martin, directrice du Autism and Developmental Medicine Institute Geisinger à Lewisburg, en Pennsylvanie, qui ne participait pas aux études. "Pour moi, c'est donner de l'information aux familles et aux médecins pour qu'ils puissent planifier la grossesse, l'accouchement et mieux identifier les besoins de la famille et du bébé."

Résultat significatif

L'équipe de Wapner a étudié 234 fœtus présentant des anomalies détectables à l'échographie, comme des membres raccourcis, un excès de liquide cérébral ou un rein mal formé. Les tests génétiques standard n'avaient fourni aucune explication pour les résultats de l'échographie.

Dans la plupart des cas, les chercheurs ont séquencé les exomes fœtaux à partir des cellules du liquide amniotique, du sang du cordon ombilical ou du placenta ; dans d'autres cas, ils ont prélevé l'ADN après la naissance. Dans 24 cas, ils ont trouvé une mutation qui expliquait l'anomalie des ultrasons.

Dans la deuxième étude, les chercheurs ont recruté 610 femmes enceintes dans 34 cliniques du Royaume-Uni. Ils ont séquencé 1.628 gènes associés au retard du développement et ont mis en évidence des mutations liées aux résultats des ultrasons chez 52 fœtus. Ils n'ont communiqué ces résultats aux parents qu'après la naissance.

Ensemble, les deux études, parues en février dans The Lancet, ont identifié des mutations chez 15 fœtus dans l'un des neuf gènes de l'autisme, dont TSC2, ANKRD11 et SCN2A. Ils ont également découvert de nouveaux liens entre ces gènes et des problèmes anatomiques. Par exemple, l'équipe de Wapner a découvert une mutation nocive connue du SCN2A chez un fœtus présentant un excès de liquide cérébral, un lien signalé une fois auparavant.

Les deux études ont porté sur toutes les femmes qui ont fréquenté une clinique au cours d'une période donnée. Ensemble, ils impliquent que le séquençage peut identifier une cause génétique des anomalies de l'échographie dans environ 10 % des cas.

Les résultats suggèrent que le séquençage prénatal devrait être utilisé en clinique, dit Michael Talkowski, professeur agrégé de neurologie à l'Université Harvard, qui n'a pas participé aux études. Les études antérieures sur le séquençage prénatal étaient " aléatoires et n'ont pas été effectuées de façon identique ", dit-il, alors que les nouvelles études fournissent une référence plus fiable. Talkowski travaille sur le séquençage de l'ensemble du génome fœtal, ce qui pourrait donner de meilleurs résultats, mais ce travail est préliminaire.

De l'ADN flottant

L'extraction des cellules fœtales comporte un léger risque de fausse couche. Une troisième étude décrit une approche moins invasive - le séquençage de l'ADN fœtal dans le sang de la mère3.

À l'aide de cet ADN " sans cellules ", les chercheurs ont séquencé 30 gènes associés à des maladies graves comme le syndrome de Noonan, qui est lié à l'autisme ; 14 de ces gènes ont des liens avec l'autisme. Certains problèmes associés à ces conditions, comme les malformations cardiaques, peuvent être traités avant ou juste après la naissance.

Les chercheurs ont identifié une mutation chez 32 des 422 fœtus ; six des mutations sont dans l'un des trois gènes liés à l'autisme. Ils ont jusqu'à présent confirmé la présence de la mutation dans 20 de ces cas après la naissance, ils l'ont rapporté en janvier dans Nature Medicine.

Ce test peut être effectué dès la neuvième semaine de grossesse, avant que la plupart des anomalies ne soient visibles à l'échographie, ce qui offre la possibilité d'une intervention précoce, explique Jinglan Zhang, qui a dirigé cette étude.

Les techniques d'analyse de l'ADN sans cellules ne détectent de façon fiable que trois anomalies chromosomiques ; le séquençage peut n'analyser que quelques dizaines de gènes et décourager les parents d'essayer d'autres tests qui pourraient donner des résultats plus instructifs.

L'American College of Medical Genetics and Genomics a établi des lignes directrices pour informer les femmes sur les limites des tests sans cellules4, mais selon une étude réalisée en avril, les organismes ne respectent pas tous ces lignes directrices5.

Références:

  1. Petrovski S. et al. Lancet 393, 758-767 (2019) PubMed
  2. Lord J. et al. Lancet 393, 747-757 (2019) PubMed
  3. Zhang J. et al. Nat. Med. Epub ahead of print (2019) PubMed
  4. Gregg A.R. et al. Genet Med. 15, 395-398 (2013) PubMed
  5. Skotko B.G. et al. Genet. Med. Epub ahead of print (2019) PubMed
14 avril 2019

Les cerveaux autistes présentent des différences de connectivité

14 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Les cerveaux des personnes autistes ont des connexions anormalement fortes dans certaines régions - cortex frontal et pariétal - et faibles dans d'autres - cortex sensorimoteur et temporal.

 

spectrumnews.org - Traduction de "Autism brains show connectivity differences that vary by region - Spectrum News"

Les cerveaux autistes présentent des différences de connectivité qui varient d'une région à l'autre
par Alla Katsnelson / 4 avril 2019

Le cerveau humain en quatre vues Des signaux tachetés : La communication dans le cerveau autiste peut être fréquente dans certaines parties (rouge) et intermittente dans d'autres (bleu). © Spectrum News Le cerveau humain en quatre vues Des signaux tachetés : La communication dans le cerveau autiste peut être fréquente dans certaines parties (rouge) et intermittente dans d'autres (bleu). © Spectrum News


Les cerveaux des personnes autistes ont des connexions anormalement fortes dans certaines régions et faibles dans d'autres, selon la plus vaste étude menée à ce jour pour explorer ces tendances1.

Depuis plus d'une décennie, les chercheurs postulent que le cerveau des personnes autistes a des connexions fonctionnelles atypiques - des modèles de communication entre les régions du cerveau. Mais on ne sait pas exactement quelles sont ces différences : certaines études ont fait état d'une plus grande connectivité des cerveaux autistes ; d'autres en ont vu moins. D'autres encore ont laissé entendre que la différence ne réside pas dans le degré de connectivité, mais dans la façon dont les connexions varient avec le temps.

La nouvelle étude visait à résoudre ces incohérences.

"Notre principal objectif était de trouver un terrain d'entente sur l'ensemble de la littérature existante ", explique Juergen Dukart, chercheur principal et chef de groupe au Jülich Research Center, en Allemagne, pour le développement de biomarqueurs. "Il n'y avait vraiment aucune uniformité dans la méthodologie appliquée ou dans les populations de patients."

En se basant sur les scanners de près de 2 000 personnes, les chercheurs ont découvert des modèles distincts de connectivité fonctionnelle dans le cerveau des personnes autistes.

Les résultats indiquent sans équivoque que les personnes autistes ont des différences biologiquement pertinentes dans leurs connexions cérébrales, dit Tal Kenet, instructeur en neurologie à la Harvard Medical School, qui n'a pas participé à cette étude.

"C'est un article fantastique", dit Kenet. "Dans toutes les cohortes, ils ont trouvé une différence significative entre les groupes, avec une ampleur de l'effet dans la grande fourchette pour plusieurs d'entre eux."

Comptage des connexions

L'équipe de Dukart a analysé les données provenant de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle du cerveau de 841 personnes autistes et de 984 témoins. Les participants provenaient de quatre grandes études en cours sur l'autisme. Les scintigraphies ont été faites pendant que les participants se reposaient, allant de l'activité dans le cerveau au repos.

Les chercheurs ont d'abord analysé les données de 394 participants (dont 202 autistes) d'une des études. Pour chaque petit volume, ou 'voxel,' sur un scan, ils comptaient le nombre de connexions fonctionnelles entre les neurones.


Les lobes externes du cerveau humain, le cervelet en bleu et le tronc cérébral en gris © Wikipedia
Les lobes externes du cerveau humain, le cervelet en bleu et le tronc cérébral en gris © Wikipedia


Les personnes autistes ont plus de connexions impliquant deux grandes parties de la surface du cerveau - le cortex frontal et pariétal - que les témoins, selon l'étude. Ces régions gouvernent divers aspects de la pensée complexe.


Vue latérale du lobe frontal © Wikipedia
Vue latérale du lobe frontal © Wikipedia


Par contre, le cortex sensorimoteur et frontal de ces personnes établissent moins de connexions avec d'autres parties du cerveau que chez les témoins. Les zones sensorimotrices traitent les stimuli sensoriels et régissent le mouvement, et le cortex temporel gère le traitement du son et du langage.

Le même schéma est apparu dans les scans de deux des autres études. La quatrième série de balayages a montré une augmentation de la connectivité dans les zones frontale et pariétale, mais pas une diminution dans les régions sensorimotrice et temporelle.

Ensemble, les résultats indiquent que le degré global de connectivité dans le cerveau est préservé dans le cas de l'autisme, mais le modèle de connectivité ne l'est pas, selon Dukart.

Liens de caractère

Ces schémas de connectivité ne dépendent pas de l'âge, du sexe ou de la consommation de médicaments. Dans deux des ensembles de données, ils ont des aptitudes limitées à la parole et à d'autres aptitudes à la communication, ainsi que des difficultés dans leurs aptitudes à la vie quotidienne, comme l'autogestion de la santé ou le maintien d'un emploi.

Cependant, les chercheurs n'ont trouvé aucun lien entre les différences de connectivité et les scores sur l'Autism Diagnostic Observation Schedule (ADOS), la méthode étalon-or pour évaluer les traits de l'autisme dans son ensemble.

Ces associations entre les schémas de connectivité et les caractéristiques de l'autisme sont encourageantes parce qu'elles font allusion à la pertinence clinique des résultats, déclare Leonard Schilbach, chef de la clinique externe et de la clinique de jour pour les troubles de l'interaction sociale à l'Institut Max Planck de psychiatrie à Munich, Allemagne, qui n'a pas participé à ces travaux. Toutefois, les associations signalées sont faibles, dit-il.

De plus, la mesure de connectivité utilisée par les chercheurs ne révèle pas la " force " de chaque connexion, c'est-à-dire la mesure dans laquelle elle est utilisée. Une façon de mesurer la force est d'évaluer dans quelle mesure des paires de régions du cerveau sont actives simultanément. Le résultat pourrait révéler des associations plus fortes avec les aspects comportementaux ou cliniques de l'autisme, dit Kenet.

Pour améliorer l'analyse des données, l'équipe de Dukart vise à utiliser des méthodes plus perfectionnées pour acquérir et analyser des données d'imagerie cérébrale et pour suivre l'évolution de la connectivité fonctionnelle sur un ou deux ans.

Références:

  1. Holiga Š. et al. Sci. Transl. Med. 11, eaat9223 (2019) PubMed

https://www.spectrumnews.org/news/autism-brains-show-connectivity-differences-vary-region/

13 avril 2019

Les Molières : la Ferme de la Lendemaine, un lieu d’accueil pour autistes unique en France

article publié dans Le Parisien

=> Voir aussi https://www.la-lendemaine.fr/

Elia Dahan| 27 août 2017, 16h00 |0
Les Molières, jeudi 17 août. Claire et Denis Chastenet ont créé la Ferme de la Lendemaine, un projet qui réunit un centre d’accueil pour adultes autistes, une ferme agricole et artisanale et nombre de projets scientifiques et naturels. (LP/ED)

La ferme de la Lendemaine accueille 24 adultes autistes à qui elle permet d’apprendre le jardinage, le maraîchage ou l’entretien des animaux. Un dispositif unique en France.

Derrière sa brouette, Tania avance en chantant dans les allées de la ferme de la Lendemaine. Elle accompagne Eric, horticulteur, et réceptionne les quelques mauvaises herbes qu’Oumou est en train de déterrer. A leurs côtés, une accompagnatrice, gouge en main, doit régulièrement leur venir en aide. Car Tania et Oumou sont toutes deux autistes.Les deux jeunes femmes, à l’image des 22 autres résidents de la Ferme de la Lendemaine, aux Molières, sont atteintes de Troubles envahissants du développement (TSA). Le foyer d’accueil médicalisé, porté par l’association Sauge (Solidarité autisme gestion) a ouvert ses portes en 2013. Posé au milieu des champs, l’établissement - composé d’un bâtiment principal et de trois maisonnées dans lesquelles vivent les 24 adultes - est unique en son genre dans l’Hexagone.

Maladie, nature et recherche

Ici, contrairement à un centre médical classique pour adultes autistes, l’objectif est de permettre aux résidents d’accéder à un métier et évoluer dans la vie comme n’importe quelle personne. Le fruit d’années de travail pour Claire et Denis Chastenet, créateurs du lieu et parents de Lucie, 41 ans, atteinte d’autisme. « Notre fille a subi de nombreuses maltraitances et a été défenestrée dans une institution spécialisée, relate sa mère. Nous étions démunis face à cette situation et avons donc créé l’association Sauge en 2008, puis déposé notre projet de centre l’année suivante. »

La ferme a pu ouvrir ses portes en 2013 et accueillir ses résidents venus d’Essonne et de Paris, grâce à un partenariat des deux départements pour financer le centre. L’établissement se base sur trois piliers : maladie, nature et recherche. « Nous sommes à 10 km des plus grands centres de recherches sur le cerveau, tel que Neurospin (NDLR : à Gif-sur-Yvette), rappelle Denis Chastenet. Les résidents sont accompagnés, chaque jour, par une équipe d’une cinquantaine de professionnels et nous souhaitons coordonner ce travail avec des chercheurs. » Ce foyer d’accueil pourrait être alors un pilote dans la recherche et la compréhension de l’autisme.


 

La Lendemaine va bientôt vendre ses légumes bio

A quelques pas du foyer d’accueil médicalisé de la Lendemaine, un nouveau projet est en train de prendre forme. Une serre vient de sortir de terre et un potager bio a été mis en place il y a quelques semaines. « Nous avons comme projet de faire du maraîchage, indique Denis Chastenet, fondateur de La Lendemaine. Nous aimerions réussir à avoir une véritable production d’ici trois ans. »

Denis Chastenet va donc accueillir dès le mois de septembre deux jeunes hommes en BTS maraîchage, qui devront cultiver les 600 m2 de potager, entretenir la serre, et développer la production. « Nous leur laissons le terrain et à eux, ensuite, de s’autofinancer. » Pour cela, les deux agriculteurs pourront également compter sur le coup de main des 24 résidents du foyer d’accueil médicalisé qui ont déjà commencé à apprendre les bases du maraîchage.

13 avril 2019

Autisme - Partage des résultats génétiques : faire progresser la science et les soins

13 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Il y a une explication génétique croissante de l'autisme. Le partage par les personnes concernées des données génétiques peut permettre d'ajuster les soins et de faire progresser la recherche.

 

spectrumnews.org

Traduction de "Sharing genetic results can advance autism science, medical care"

Le partage des résultats génétiques peut faire progresser la science de l'autisme et les soins médicaux.
par Christa Lese Martin, Juliann Savatt / 9 avril 2019

Papier de toilettes © Luna TMG
Papier de toilettes © Luna TMG

Expert : Christa Lese Martin, Professeur, Geisinger
Expert : Juliann Savatt,  Conseiller génétique, Geisinger

Les progrès des technologies de dépistage génétique au cours des dernières années ont permis aux cliniciens de fournir une explication génétique pour près de 25% de l'ensemble des cas d'autisme. Il s'agit d'une augmentation étonnamment importante par rapport à il y a un peu plus d'une décennie, lorsque le taux de diagnostic génétique était inférieur à 3 % 1,2,3.

Pour la plupart des familles, avoir une explication génétique de l'autisme de leur enfant est rassurant. Un diagnostic génétique peut les libérer de l'incertitude diagnostique, entraîner des changements dans leurs soins médicaux et les informer des chances que leurs futurs enfants aient la même condition.

Cependant, nous avons encore beaucoup à apprendre sur les gènes et les changements génétiques (appelés variantes) liés à l'autisme, tant en ce qui concerne leur rôle dans l'autisme que ce qu'ils signifient pour la santé de la personne qui les porte.

En tant que professionnels de la génétique qui s'occupent des personnes autistes, nous utilisons les tests génétiques comme partie intégrante des évaluations cliniques. Nous travaillons à créer une ressource d'information génétique et de santé pour mieux éclairer les soins cliniques, et nous valorisons les partenariats avec les personnes autistes et leurs familles afin d'accroître notre compréhension de cette condition.

L'échange de données est une façon pour les personnes autistes et leurs familles de faire avancer la recherche sur l'autisme. Il enrichit l'ensemble des connaissances sur les gènes, les variantes génétiques et leur relation avec l'autisme. En même temps, le partage des données peut fournir de nouvelles informations sur les résultats des tests génétiques d'une personne. De plus, il peut relier des familles à d'autres familles ayant des résultats de tests génétiques similaires, ce qui leur permet de partager des renseignements médicaux et de s'entraider.

Obtenir des résultats

Les tests génétiques ont souvent un impact évident sur les soins. Par exemple, une personne autiste peut présenter une délétion dans une petite partie du chromosome 17 appelée 17q12. En plus d'expliquer l'autisme de cette personne, cette suppression peut aussi causer une forme de diabète qui apparaît généralement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Une personne présentant cette suppression devrait donc être référée pour un dépistage du diabète.

Dans d'autres cas, cependant, l'effet d'une variante génétique est moins clair. Nous les appelons des "variantes à signification incertaine". Même pour les gènes connus pour causer l'autisme, nous ne savons pas toujours comment les différentes variantes de ce gène affectent l'organisme.

Au fur et à mesure que nous en apprenons davantage sur des gènes et des variants particuliers, les résultats de tests qui étaient auparavant incertains peuvent devenir plus définitifs. Dans certains cas, des renseignements supplémentaires sur la santé peuvent mener à une mise à jour de l'interprétation clinique du laboratoire de tests génétiques, de incertaine à pathogène.

Par exemple, un enfant que nous avons testé présentait une variante de signification incertaine dans le gène WDR45. Les variantes de ce gène peuvent causer l'autisme, un retard de développement et une accumulation de fer dans le cerveau, entraînant des problèmes moteurs et cognitifs. Mais la variante particulière chez cet enfant n'avait jamais été vue auparavant, de sorte que son interprétation clinique était incertaine. L'imagerie subséquente du cerveau de l'enfant a révélé une accumulation de fer, et nous avons donc mis à jour la variante de l'enfant à pathogène ; elle expliquait l'autisme de l'enfant et d'autres caractéristiques cliniques.

Partage des données

Cependant, les tests cliniques ne révèlent pas toujours la signification d'une variante. Dans ces cas, les gens doivent souvent attendre de nouvelles recherches. L'un de nos principaux objectifs de recherche est de déterminer la fonction des gènes et les conséquences des variantes. Les données provenant de personnes qui ont subi des tests génétiques sont importantes dans ce processus.

Certains fournisseurs de soins de santé et certains laboratoires ajoutent des renseignements génétiques et de santé dépersonnalisés aux bases de données. Cependant, les personnes autistes et leur famille peuvent aussi choisir de partager directement leurs données.

Une façon d'y parvenir est d'utiliser GénomeConnexion. GénomeConnexion fait partie du projet ClinGen (Clinical Genome Resource), qui vise à comprendre la relation entre la génétique et la santé. Il est ouvert à toute personne ayant subi un test génétique 4,5. Les informations saisies par les participants sont sécurisées et dépersonnalisées, ce qui signifie que leur nom, leur date de naissance et d'autres identifiants personnels ont été supprimés.

Ces renseignements anonymes sont ensuite ajoutés à des bases de données accessibles au public, où ils peuvent faire progresser la science. L'une de ces bases de données, ClinVar, travaille avec ClinGen pour recueillir des informations sur les variantes génétiques et leurs conséquences à l'intention des professionnels de la santé, des laboratoires de tests génétiques et des chercheurs.

Le partage de cette information peut également avoir des avantages cliniques pour les participants. Les cliniciens et les laboratoires de tests génétiques doivent réévaluer régulièrement les variantes et établir une façon de fournir des mises à jour aux participants. Ce ne sont pas tous les fournisseurs de soins de santé qui le font bien. Grâce à GénomeConnexion, les participants peuvent choisir de recevoir de nouveaux renseignements sur les résultats de leurs tests génétiques dès qu'ils sont disponibles.

GénomeConnexion offre aux familles la possibilité de recevoir des mises à jour directement, sans l'intermédiaire de professionnels de santé. Si l'équipe GénomeConnexion apprend que le statut de la variante d'un participant au registre a été mis à jour, elle peut alerter la personne et sa famille et les encourager à faire un suivi auprès d'un professionnel de santé.

Seulement une personne autiste sur trois aux États-Unis se voit offrir un test génétique clinique. Nous aimerions voir une augmentation de cette statistique, étant donné l'importance de cette information pour les soins cliniques. Nous espérons que les familles prôneront le dépistage génétique et choisiront ensuite de partager les résultats.

Christa Lese Martin est professeure et directrice du Autism and Developmental Medicine Institute de Geisinger à Lewisburg, en Pennsylvanie. Juliann Savatt est conseillère en génétique et coordonnatrice de la recherche à l'Institut.

Références:

  1. Miller D.T. et al. Am. J. Hum. Genet. 86, 749-764 (2010) PubMed
  2. Retterer K. et al. Genet Med. 18, 696-704 (2016) PubMed
  3. Tammimies K. et al. JAMA 314, 895-903 (2015) PubMed
  4. Kirkpatrick B.E. et al. Hum. Mutat. 36, 974-978 (2015) PubMed
  5. Savatt J.M. et al. Hum. Mutat. 39, 1668-1676 (2018) PubMed

Précisions : en France, les tests génétiques sont remboursés s'ils sont prescrits par un neuropédiatre ou un généticien. Les CRA font généralement un test génétique. Ce test n'est pas obligatoire pour le diagnostic.

13 avril 2019

Séquencer son ADN, entre risques et opportunités

 

Séquencer son ADN, entre risques et opportunités - Swiss Digital Health

Le séquençage du génome humain a de plus en plus la cote de nos jours. Il s'agit d'une source importante de données pour offrir une médecine plus préventive et plus personnalisée. Mais, revers de la médaille, c'est également une source de problèmes, notamment du point de vue de la protection des données.

https://swissdigitalhealth.com

 

12 avril 2019

Les tests génétiques de dépistage de l'autisme, expliqués

11 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Des mutations dans plus de 100 gènes sont à l'origine de l'autisme. Il existe quatre types de tests permettant de détecter ces mutations, ainsi que des variations structurelles pouvant mener à l'autisme.

 

spectrumnews.org Traduction de "Genetic testing for autism, explained"

par Jessica Wright / 10 avril 2019

L'autisme est avant tout une maladie génétique : La plus grande partie du risque d'autisme provient des gènes1. On sait que des mutations dans plus de 100 gènes sont à l'origine de cette condition.

Il existe quatre types de tests permettant de détecter ces mutations, ainsi que des variations structurelles pouvant mener à l'autisme. À mesure que les chercheurs en apprennent davantage sur la génétique de l'autisme, les tests sont devenus plus informatifs : Un plus grand nombre des mutations qu'ils découvrent sont liées à l'autisme et à des conséquences connues sur la santé.

Voici un abécédaire sur le fonctionnement des tests génétiques, leur valeur pour l'autisme et à quoi s'attendre avec les résultats.

Frozen © Luna TMG
Frozen © Luna TMG


Existe-t-il un test génétique pour l'autisme ?

Non. Un test génétique ne peut pas diagnostiquer ou détecter l'autisme. C'est parce que des myriades de gènes ainsi que des facteurs environnementaux peuvent être à l'origine de la maladie. Environ 100 gènes ont des liens évidents avec l'autisme, mais aucun gène n'entraîne l'autisme chaque fois qu'il subit une mutation.

Par exemple, seule une personne sur quatre à laquelle manque une partie du chromosome 16 appelée 16p11.2 est autiste. Cette mutation et d'autres mutations sont également associées à d'autres affections, comme l'épilepsie ou la déficience intellectuelle.

Pourquoi une personne autiste subirait-elle un test génétique ?

Si un test révèle une mutation nocive ayant des liens connus avec l'autisme, le résultat pourrait donner à la personne autiste et à sa famille une explication de la condition. Certaines familles trouvent également un soutien émotionnel et pratique auprès d'autres familles aux prises avec la même mutation.

Il n'existe pas de médicaments adaptés aux mutations particulières de l'autisme. Mais les mutations sont souvent liées à d'autres problèmes de santé, comme l'épilepsie, les problèmes rénaux ou l'obésité, de sorte que l'information pourrait aider à prévenir ou traiter ces problèmes.

Quels types de tests génétiques sont disponibles ?

Il existe quatre principaux types de tests. Le plus ancien est le caryotype, l'inspection des chromosomes au microscope. Ce test détecte de manière fiable les changements de segments de plus de 10 000 paires de bases.

Un test appelé analyse des microréseaux chromosomiques identifie les duplications ou les délétions d'ADN trop petites pour apparaître sur un caryotype. Néanmoins, un caryotype est nécessaire pour identifier les cas où les chromosomes échangent de façon égale un morceau de matériel génétique.

Pour détecter des duplications ou des délétions encore plus petites, ainsi que des échanges de paires de bases individuelles, les cliniciens doivent séquencer ou analyser les mutations entre les gènes individuels. Certains cliniciens utilisent des tests d'autisme commercialisés [aux USA] qui séquencent un ensemble prédéterminé de gènes, mais ces panels ne comprennent souvent pas le top des gènes d'autisme 2.

Une alternative consiste à séquencer tout l'ADN codant pour les protéines d'une personne, ou l'exome. Les cliniciens peuvent séquencer les exomes des deux parents ainsi que de l'enfant pour trouver les mutations présentes uniquement chez l'enfant. Ces mutations spontanées sont plus susceptibles de contribuer à l'autisme que les mutations héréditaires. Le séquençage de l'exome est coûteux, cependant, et souvent non couvert par l'assurance [privée, USA toujours].

Le séquençage de l'ensemble du génome est la méthode la plus complète. Elle révèle des mutations dans n'importe quelle partie du génome d'une personne, pas seulement le 1 % qui inclut les gènes. Ce n'est encore qu'un outil de recherche, mais à mesure que son prix baisse et qu'il devient plus largement disponible, il pourrait remplacer les autres tests.

Pour l'instant, les académies de médecine américaines ne recommandent que le caryotype ou l'analyse chromosomique par microarray pour l'autisme. Ils conseillent également de rechercher des mutations ponctuelles dans les FMR1, MECP2 ou PTEN, mais seulement lorsqu'un enfant présente d'autres signes des syndromes associés aux mutations dans ces gènes.

Quelle proportion de personnes autistes trouvent des réponses dans les tests génétiques ?

Relativement peu. Le caryotype révèle une mutation pertinente chez 3 % des personnes autistes, et l'analyse des microréseaux chez 10 %3. Le séquençage des trois gènes associés aux syndromes pourrait identifier une mutation de l'autisme chez 14 % des personnes autistes.

La combinaison de ces méthodes avec le séquençage de l'exome pourrait donner des résultats chez jusqu'à 40 % des personnes autistes.

Dans une étude réalisée en 2015, des microréseaux ont révélé des mutations qui pourraient expliquer l'autisme chez 9 % des enfants atteints de cette maladie. Le séquençage des exomes a révélé des mutations dans 8 % des cas4.

La probabilité de trouver une variante génétique connue augmente si la personne autiste a également une déficience intellectuelle, des crises ou des caractéristiques faciales inhabituelles.

Et si un test génétique ne donne rien ?

Un résultat négatif ne signifie pas que la personne n'a pas une mutation qui peut causer l'autisme. Le test en question pourrait ne pas détecter cette mutation particulière, ou peut-être que la mutation n'a pas encore de lien connu avec l'autisme.

Bon nombre des gènes liés à l'autisme aujourd'hui n'étaient pas associés à cette maladie il y a cinq ans. La plupart des centres de tests génétiques réanalysent les résultats une fois par an sur la base des dernières découvertes.

References:

 

  1. Sullivan P.F. and D.H. Geschwind Cell 177, 162-183 (2019) PubMed
  2. Hoang N. et al. NPJ Genom. Med. 3, 27 (2018) PubMed
  3. Schaefer G.B. et al. Genet. Med. 15, 399-407 (2013) PubMed
  4. Tammimies K. et al. JAMA 314, 895-903 (2015) PubMed
8 avril 2019

Dans l'autisme, la dépression prend des formes inhabituelles

8 avr. 2019
Par
La dépression peut se manifester sous forme d'insomnie et d'agitation chez les enfants autistes, plutôt que sous forme de sentiments de tristesse plus courants, selon une nouvelle étude du "Journal of Autism and Developmental Disorders"

 

spectrumnews.org

Traduction de « In autism, depression takes on unusual forms »
par Jessica Wright / 8 avril 2019

La lune rousse - Des nuits blanches : L'insomnie peut être un signe de dépression chez les enfants autistes. © Luna TMG
La lune rousse - Des nuits blanches : L'insomnie peut être un signe de dépression chez les enfants autistes. © Luna TMG


La dépression peut se manifester sous forme d'insomnie et d'agitation chez les enfants autistes, plutôt que sous forme de sentiments de tristesse plus courants, selon une nouvelle étude1.

Les estimations de la prévalence de la dépression chez les autistes varient de 10 à 72 %2,3. Pourtant, une étude réalisée en 2015 a révélé que seulement la moitié environ des personnes autistes qui se sont suicidées avaient reçu un diagnostic de dépression, ce qui donne à penser que leur dépression n'avait pas été détectée.

La présentation unique de la dépression chez les personnes autistes peut expliquer pourquoi les cliniciens l'oublient parfois, selon George Anderson, chercheur principal au Yale Child Study Center.

Les résultats suggèrent que le soulagement des problèmes de sommeil et de l'agitation pourrait soulager la dépression chez les enfants autistes.

"L'agitation et l'insomnie semblent être plus importantes pour comprendre la dépression chez les enfants autistes que chez les autres enfants ", explique Matti Cervin, psychologue clinicien à l'Université de Lund en Suède.

Caractéristiques centrales

L'équipe d'Anderson a analysé les données de 118 enfants autistes et de 2 016 témoins, âgés de 9 à 13 ans et appariés sur le plan de l'intelligence ; les enfants autistes ont participé à un programme de formation en compétences sociales aux Pays-Bas. Tous les enfants, ainsi que les parents des enfants autistes, ont rempli un questionnaire en 47 points qui évalue la dépression, l'anxiété et le trouble obsessionnel-compulsif.

Les chercheurs ont identifié 34 (29 %) des enfants autistes comme étant dépressifs, comparativement à 267 (13 %) des témoins.

Ils ont ensuite utilisé des techniques statistiques pour chercher des liens entre 10 aspects de la dépression et 4 aspects de l'anxiété. L'analyse fait le lien entre des aspects qui ont tendance à se produire simultanément, comme l'insomnie et l'anxiété de séparation, et montre à quelle fréquence ils apparaissent ensemble. Ceux qui ont le plus de liens sont susceptibles d'être au cœur d'un problème de santé et devraient offrir des cibles de traitement, dit M. Anderson.

Dans l'ensemble, les personnes autistes vivent la dépression différemment de la plupart des gens. La dépression est également plus étroitement liée aux caractéristiques de l'anxiété chez les enfants autistes que chez les témoins. Les chercheurs ont publié les résultats en février dans le Journal of Autism and Developmental Disorders.

Les enfants autistes ont souvent d'autres problèmes qui peuvent être à l'origine de leur dépression, explique Ailsa Russel, lectrice au département de psychologie de l'Université de Bath au Royaume-Uni, qui n'a pas participé à cette étude. Par exemple, ils ont souvent des difficultés d'attention, ce qui peut causer de l'agitation.

"L'analyse fournit la preuve des difficultés supplémentaires auxquelles sont confrontés les enfants autistes ", dit-elle.

Cependant, les résultats ne saisissent que ce que les enfants ont vécu à un moment donné et ne donnent pas d'indices sur leur état mental à d'autres moments, dit Cervin. "Pour trouver une dynamique, il faut suivre[ces traits] au fil du temps et voir comment une chose en affecte une autre » selon lui.

Les chercheurs répètent l'analyse avec les données d'une étude à long terme sur les enfants autistes pour voir quels aspects de la dépression apparaissent en premier.

Références:

  1. Montazeri F. et al. J. Autism Dev. Disord. Epub ahead of print (2019) PubMed
  2. Lainhart J.E. and S.E. Folstein J. Autism Dev. Disord. 24, 587-601 (1994) PubMed
  3. Mayes S.D. et al. J. Dev. Phys. Disabil. 23, 325-337 (2011) Abstract

Une conférence des Lundis de la Santé (Brest) sur le suicide et sa prévention.

Pr Michel Walter, chef du pôle de psychiatrie / CHRU Brest - Présentation du dispositif VigilanS - Par l’équipe VigilanS / CHRU Brest

La Bretagne est en tête des régions métropolitaines pour la mortalité par suicide.

Question sur l'autisme à la fin.

Lundi de la santé : les conduites suicidaires et leur prévention © Brest. fr

Dossier suicide et autisme

Dossier sommeil et autisme

7 avril 2019

Autisme et habiletés motrices : tests quantitatifs amélioreraient les soins

7 avr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

"Mettre au point des évaluations qui permettent de saisir et de caractériser les difficultés motrices. Elles pourraient nous aider à comprendre pourquoi les difficultés motrices surviennent et comment elles affectent les traits fondamentaux. L'amélioration des habiletés motrices est susceptible de modifier la façon dont elles interagissent avec leur environnement."

 

Traduction de Quantitative tests of motor skills could improve autism care - Spectrum News
par Rujuta Bhatt Wilson / 2 avril 2019
Professeur adjoint, Université de Californie, Los Angeles

 © Rune Fisker - Spectrum News
© Rune Fisker - Spectrum News


Chaque semaine, je vois des enfants autistes dans ma clinique de neurologie comportementale, et je suis frappée par la grande variété de difficultés motrices qu'ils ont. Une mauvaise coordination ou une marche maladroite, entre autres problèmes, apparaissent souvent tôt dans la vie, persistent toute la vie et peuvent même annoncer les traits fondamentaux de l'autisme.

Neurologue de formation, j'ai rapidement appris que l'approche diagnostique habituelle - un examen neurologique approfondi jumelé à l'imagerie cérébrale - ne fonctionne souvent pas chez les personnes autistes. Les problèmes moteurs observés chez les autistes sont complexes et diffus. L'imagerie clinique du cerveau ne les révèle pas toujours. Des termes tels que spasticité, ataxie et dysmétrie couramment utilisés dans les examens neurologiques ne s'appliquent souvent pas. Au lieu de cela, je me suis retrouvé à utiliser des expressions descriptives générales, telles que " non coordonné ", " maladroit " et " postures bizarres ". À partir de ces observations cliniques, j'ai été amené à mieux comprendre ces difficultés motrices.

Les problèmes moteurs de l'autisme peuvent comprendre des difficultés à pointer, à saisir, à courir, à équilibrer et à suivre ses pairs pendant une activité physique organisée. Ces difficultés affectent la façon dont les enfants s'engagent dans leur environnement, ce qui à son tour affecte leur communication sociale, leur langage, leurs capacités cognitives et leurs relations avec leurs pairs.

Les troubles moteurs ne sont pas un critère diagnostique de l'autisme, mais ils sont fréquents. Toutefois, les méthodes normalisées d'évaluation des habiletés motrices ne tiennent pas compte de ces anomalies motrices générales. Ces évaluations mettent souvent l'accent sur l'acquisition des habiletés motrices ou sur les jalons moteurs - par exemple, si un enfant marche - plutôt que sur une analyse descriptive des habiletés motrices. De plus, les évaluations qui reposent sur le fait qu'un enfant suit des instructions verbales ou des commandes complexes peuvent confondre des problèmes cognitifs ou langagiers avec des problèmes moteurs.

Nous devons mettre au point des évaluations qui permettent de saisir et de caractériser les difficultés motrices chez les personnes atteintes d'autisme qui ont des capacités cognitives variables. De telles évaluations pourraient nous aider à comprendre pourquoi les difficultés motrices surviennent dans l'autisme et comment elles affectent les traits fondamentaux de l'autisme, ce qui pourrait avoir un impact énorme sur la recherche et le traitement de l'autisme. L'amélioration des habiletés motrices chez les personnes autistes est susceptible de modifier la façon dont elles interagissent avec leur environnement et de cibler de multiples domaines de développement.

Liste de souhaits

Pour mieux comprendre les problèmes moteurs de l'autisme, j'ai intégré les évaluations motrices dans les études de mon équipe. Nous avons choisi une évaluation standardisée qui semblait prometteuse et l'avons utilisée pour évaluer les personnes autistes de 3 à 18 ans ayant des fonctions intellectuelles et comportementales variées.

Après des mois de collecte de données, nous avons constaté que presque tous ces enfants avaient obtenu la note la plus faible possible à ce test ; 60 % avaient obtenu une note faible en raison de leur incapacité à comprendre une tâche, à effectuer de nombreux essais d'une tâche ou à accomplir les tâches. Les faibles scores indiquent que ces enfants sont différents des enfants typiques, mais ils ne révèlent rien sur leurs capacités motrices ou leurs difficultés.

J'ai été surprise des limites de l'évaluation. En parcourant la documentation à la recherche de solutions de rechange, j'ai constaté que la plupart des mesures standard de la motricité présentent des lacunes semblables. Ils ne tiennent pas compte des difficultés communes non motrices, cognitives ou de communication dans l'autisme, et ils ne saisissent pas l'hétérogénéité des problèmes moteurs dans l'autisme1. Ces tests sont particulièrement limités pour l'évaluation des personnes ayant une déficience intellectuelle. Bien qu'il existe une riche histoire de recherche axée sur la fonction motrice de l'autisme, nous avons besoin de meilleures façons de caractériser les habiletés motrices chez les personnes atteintes d'autisme et de conditions semblables.

Ma liste de souhaits comprend des méthodes qui permettent de dépister et d'évaluer les nourrissons, les enfants et les adultes avec un large éventail de capacités intellectuelles et de développement, et des méthodes qui peuvent mesurer les différences qualitatives subtiles et spécifiques que je vois chaque jour.

Dans un premier temps, mon équipe et moi avons adapté une méthode quantitative pour analyser l'équilibre et la démarche des enfants autistes avec et sans syndromes génétiques. La méthode consiste en un tapis avec des capteurs de pression intégrés qui détectent la pression des pas lorsque les gens marchent dessus. Mon équipe a également élaboré un protocole qui nous permet d'évaluer la démarche de tous les participants à l'étude. Le système n'exige pas qu'une personne suive des instructions compliquées. Par conséquent, nous pouvons l'utiliser, ainsi que d'autres méthodes quantitatives, pour évaluer les personnes ayant une déficience intellectuelle profonde et des troubles graves du comportement.

La méthode permet également de saisir les différences qualitatives spécifiques chez ces enfants. Par exemple, nous avons constaté que la démarche des enfants atteints de syndromes génétiques spécifiques et d'autisme est plus lente, comporte des étapes plus larges et est plus variable que celle des enfants types ou d'autres enfants autistes.

Nous commençons à mettre en évidence l'hétérogénéité des habiletés motrices chez les personnes autistes. Nous espérons mieux comprendre comment des difficultés motrices distinctes peuvent se manifester sous différentes formes de la condition et comment elles sont liées à ses caractéristiques fondamentales et à d'autres aspects du développement.

Des traitements sur mesure

J'aimerais que les évaluations quantitatives et objectives de la motricité deviennent la norme dans les évaluations de l'autisme. Idéalement, ces évaluations devraient caractériser finement les problèmes moteurs chez un éventail de personnes atteintes de troubles neurodéveloppementaux2. Les travaux en cours dans le domaine de l'analyse quantitative devraient ouvrir la voie à l'élaboration d'évaluations motrices et d'outils de dépistage pour l'utilisation clinique chez les personnes autistes ou à risque de l'être.

De meilleures mesures nous apprendront beaucoup sur l'autisme. Ils peuvent révéler les premières différences motrices de l'autisme, les problèmes moteurs propres à l'autisme, la façon dont ces problèmes sont liés aux traits fondamentaux et la relation entre les problèmes moteurs spécifiques et les différences cérébrales.

Une image claire des différences motrices de l'autisme ainsi qu'un dépistage systématique de ces différences au cours de la petite enfance, de la petite enfance et tout au long de la vie devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes cérébraux liés à ces différences motrices et conduire à un meilleur pronostic et aux traitements.

Avec de bonnes mesures cliniques, nous pouvons adapter les traitements à l'individu, en adaptant les problèmes moteurs spécifiques d'un enfant à un plan thérapeutique. Le plan peut inclure la physiothérapie et l'ergothérapie. Cependant, j'espère aussi que de nouvelles thérapies cibleront les déficiences motrices spécifiques à l'autisme. De plus, la participation à des programmes sportifs adaptés et à l'activité physique peut aider à améliorer les habiletés motrices, à établir des relations et de la confiance et à réduire le comportement sédentaire chez les personnes autistes3.

De meilleures évaluations de la motricité peuvent également mener à un dépistage plus précis et aider à la détection précoce. Il est impératif que les diagnosticiens procèdent régulièrement à un dépistage des différences motrices, afin de pouvoir traiter rapidement tout ce qui est découvert. Étant donné que les habiletés motrices favorisent l'engagement dans le monde, le traitement des problèmes moteurs aura probablement des répercussions sur les habiletés sociales, intellectuelles et autres habiletés importantes de la vie quotidienne.

Rujuta Bhatt Wilson est professeure adjointe de pédiatrie et de psychiatrie au Semel Institute of Neuroscience and Human Behavior de l'University of California, Los Angeles.

Références:

  1. Wilson R.B. et al. J. Neurodev. Disord. 10, 33 (2018) PubMed
  2. Wilson R.B. et al. Curr. Opin. Neurol. 31, 134-139 (2018) PubMed
  3. Rinehart N.J. et al. Dev. Med. Child Neurol. 60, 856-857 (2018) PubMed
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