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26 octobre 2018

Une thérapie fait appel au rythme pour stimuler la parole chez les enfants autistes

26 oct. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot


L'orthophonie standard peut ne pas être optimale pour les enfants autistes qui parlent peu ou pas du tout. Une nouvelle thérapie AMMT implique que les enfants récitent des mots d'une voix chantante tout en tapotant les syllabes sur des tambours réglés pour produire des sons élevés ou faibles

par Chloe Williams / 24 octobre 2018

Traduction de « Therapy taps rhythm to boost speech in autistic children | Spectrum »

 

Jeune fille avec l'enseignant dans une session d'orthophonie. FatCamera / iStock © FatCamera / iStock
Jeune fille avec l'enseignant dans une session d'orthophonie. FatCamera / iStock © FatCamera / iStock

Selon une nouvelle étude1, un nouveau type d'orthophonie pourrait améliorer les capacités verbales des enfants autistes qui parlent peu ou ne parlent pas. Les enfants présentant les traits les plus légers de l'autisme et ceux qui parlent avec le plus de consonnes et de voyelles en tireront le plus de bénéfices

La thérapie, appelée entraînement auditif-moteur de cartographie (AMMT [auditory-motor mapping training ]), implique que les enfants récitent des mots d'une voix chantante tout en tapotant les syllabes sur des tambours réglés pour produire des sons élevés ou faibles [high or low tones]. Après cinq semaines, la thérapie augmente le nombre de syllabes parlées par les enfants autistes à expression verbale minimale - ceux qui parlent peu ou pas du tout à l’âge de 5 ans - plus que l’orthophonie standard.

«C’est en soi quelque chose d’étonnant et de remarquable à certains égards, car il n’y a pratiquement aucune intervention pour ce sous-groupe particulier d’enfants autistes», déclare le chercheur principal Gottfried Schlaug, professeur agrégé de neurologie à l’Université de Harvard.

Environ 30% des enfants du spectre sont peu verbaux2. Certaines thérapies ciblent les facteurs pouvant contribuer aux difficultés de langage, telles que le manque d'attention conjointe ou le manque de motivation sociale; peu ont exploré le mouvement ou le contrôle moteur.

«Je pense que c’est une approche vraiment intéressante», déclare Connie Kasari, professeur de développement humain et de psychologie à l’Université de Californie à Los Angeles, qui n’a pas participé à la recherche. "Nous n'avons pas vraiment exploité le système moteur comme nous le devrions probablement."

Tapoter en langues

Les chercheurs ont affecté des thérapeutes pour administrer l'AMMT à 27 enfants de 3 à 10 ans, à l'expression verbale minimale, cinq jours par semaine pendant cinq semaines. Au début de l'étude, chacun des enfants parlait moins de 20 mots intelligibles et ne parlait pas en phrases mais était capable de faire au moins deux sons.

Le thérapeute a chanté des mots simples de deux syllabes, tels que «maman», «cookie» ou «bye-bye» à chaque enfant. Elle donnait à chaque syllabe un son faible ou élève et tapait simultanément un pad de batterie électronique avec un ton correspondant, encourageant l'enfant à faire de même. Elle a également montré à l'enfant l'image d'un objet représentant le mot cible et a demandé à l'enfant de dire le mot.

Onze autres enfants ont bénéficié de séances de thérapie au cours desquelles le thérapeute a simplement prononcé les mots sans chanter ni jouer du tambour.

Après cinq semaines, les chercheurs ont demandé aux enfants de dire 30 mots, dont la moitié avaient été pratiqués pendant la thérapie et dont la moitié étaient nouveaux. L'enfant devait essayer de répéter le mot et plus tard essayer de le produire lorsqu'il y était invité par une image.

Un groupe indépendant de chercheurs a également écouté les sons émis par les enfants. Ils ont mesuré la précision de chaque syllabe, en notant sa reconnaissabilité et sa similitude avec les sons qu'un adulte typique produirait.

Les enfants qui ont reçu correctement l'AMMT disaient 18% de plus de syllabes qu'au début de l'étude. En revanche, l’orthophonie standard a fait baisser le nombre de syllabes de moins de 1%. Les enfants qui ont reçu l'AMMT semblaient également parler plus et être plus interactifs qu'auparavant, selon les personnes qui s'en occupent.
Tremplin

Le succès de l’une ou l’autre des thérapies ne dépendait pas de l’âge, du sexe ou du quotient intellectuel non verbal de l’enfant. Quelle que soit la thérapie reçue, les enfants présentant les traits les moins sévères de l'autisme et la plus grande capacité d'imiter les sons de la parole se sont améliorés au maximum. Les chercheurs ont rapporté les résultats en septembre dans Autism Research.

Ces prédicteurs de succès ne sont pas surprenants, déclare Joseph McCleery, directeur académique du Centre Kinney pour l’éducation et le soutien aux personnes autistes à Philadelphie, qui n’a pas participé à la recherche. «Le plus significatif était cette capacité d'imitation parole-son, ce qui est très logique car les deux interventions étaient des interventions parole-son», dit-il.

Produire des syllabes est loin de produire un discours significatif, note McCleery. Néanmoins, l’AMMT peut aider les enfants à élargir leur répertoire de sons de la parole et - avec d’autres thérapies - des mots, des phrases et même des maximes [sentences]. Les chercheurs envisagent de tester la thérapie dans le cadre d’un essai clinique randomisé auprès de 40 enfants peu verbaux.

Références:

  1. Chenausky K. et al. Autism Res. Epub ahead of print (2018) PubMed
  2. Tager-Flusberg H. and C. Kasari Autism Res. 6, 468-478 (2013) PubMed
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26 octobre 2018

Autisme : la stigmatisation sociale contribue à une mauvaise santé mentale

 

Autisme : la stigmatisation sociale contribue à une mauvaise santé mentale

Le stress lié à la stigmatisation sociale peut être la raison pour laquelle les personnes autistes ont plus de problèmes de santé mentale que la population générale, dissipant ainsi les théories du passé selon lesquelles la condition elle-même est à l'origine de cette détresse.

https://blogs.mediapart.fr

 

26 octobre 2018

Façonner la recherche sur l'autisme par une participation significative 1/3

 

Façonner la recherche sur l'autisme par une participation significative 1/3

Les méthodes de recherche participative associent les chercheurs aux communautés concernées afin d'atteindre des objectifs communs. Ces méthodes peuvent donner des résultats significatifs pour la vie des gens et sont donc susceptibles d'avoir un impact positif. Afin de développer un cadre, une série de séminaires a été organisée et co-produite par des personnes autistes et non autistes.

https://blogs.mediapart.fr

 

25 octobre 2018

Déficiences intellectuelles : quand la génétique s’en mêle

article publié dans The Conversation 9 octobre 2018, 18:16 CEST

Objectif : lever la zone d'ombre sur les déficiences intellectuelles. Gift Habeshaw / Unsplash, CC BY-SA

Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la Science 2018 dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez tous les débats et les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.


Les déficiences intellectuelles (DI) représentent un ensemble de pathologies affectant le développement du cerveau et concerneraient 1 à 2 % de la population générale, soit 600 000 à 1,2 million d’individus en France, posant un véritable problème de santé publique.

En 2016, un rapport issu d’une expertise scientifique collective au sein de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) a souligné l’importance des enjeux concernant le dépistage, le diagnostic et l’état des connaissances sur les DI, et propose une série de recommandations et de propositions pour une meilleure prise en charge des patients et pour une organisation des passerelles entre soin et recherche.

Notre équipe de recherche basée à l’Université et au CHRU de Tours (iBrain, Inserm U1253), travaille sur les causes génétiques des DI, depuis le recrutement et l’examen clinique des patients jusqu’à l’analyse des gènes et des conséquences des mutations sur le développement neuronal. Grâce à des projets collaboratifs nationaux via les filières de santé AnDDI-Rares et DéfiScience, ainsi que des réseaux de recherche nationaux (HUGODIMS) et européens (GENCODYS), ces travaux ont permis d’obtenir de nouvelles avancées génétiques et moléculaires permettant de mieux comprendre les causes biologiques des DI.

Une constellation de gènes qui illustre la grande variabilité clinique

Les plus fréquentes et les plus connues des maladies génétiques avec DI sont la trisomie 21 et le syndrome de l’X fragile. Cependant, avec l’avènement des nouvelles technologies de séquençage haut débit de l’ADN qui permettent de décoder nos 20 à 25 000 gènes, l’architecture génétique des DI s’est révélée de plus en plus complexe, avec une grande hétérogénéité car des mutations ont été identifiées dans au moins 700 gènes. En outre, chacun de ces gènes concerne un nombre limité d’individus. L’identification de la cause d’une DI chez un patient est donc difficile mais est primordiale pour le conseil génétique.

Notre équipe a participé à un projet collaboratif international soutenu par l’Europe intitulé GENCODYS (Genetic and epigenetic networks in cognitive disorders). En regroupant l’expertise de cliniciens et chercheurs fondamentaux, ce projet rassemblant 16 équipes a produit des travaux de recherche majeurs et pionniers sur l’identification de nouveaux facteurs génétiques dans les DI (plus de 60 gènes découverts), et sur la caractérisation de mécanismes moléculaires affectant la morphologie et l’activité des synapses, ces sites de communication entre les neurones essentiels pour assurer une activité cérébrale fonctionnelle.


Schéma d’une synapse : lieu de connexion entre deux neurones. Fotolia, CC BY

Certaines de ces anomalies génétiques ou chromosomiques peuvent également causer différents troubles neuro-développementaux comme les troubles du spectre de l’autisme (TSA), la schizophrénie, et les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). On parle alors de comorbidité génétique.

En combinant des approches d’analyse de l’ADN et de mesure de l’activité du cerveau par électroencéphalographie chez des patients porteurs d’une mutation identique mais présentant une DI ou un TSA, nous avons récemment mis en évidence que cette variabilité clinique pouvait être expliquée par la contribution d’autres gènes, et être associée à une activité cérébrale distincte. Cette étude, publiée en 2016 dans Molecular Psychiatry, a permis de proposer un modèle intégré pour étudier les comorbidités génétiques retrouvées dans les DI et les TSA, et a démontré que des réseaux neuronaux distincts peuvent être impactés.

Les synapses glutamatergiques, des acteurs majeurs dans les DI

La formation des synapses et l’activité neuronale représentent des processus fondamentaux pour l’établissement des fonctions cognitives et de communication, ainsi que pour l’apprentissage et la mémoire. L’organisation structurale et la dynamique fonctionnelle des cellules neuronales, impliquant notamment l’activité synaptique, sont particulièrement touchées dans les DI.

Notre équipe étudie notamment les 1 200 gènes qui permettent la production de protéines localisées dans les structures synaptiques des neurones stimulés par le glutamate, neurotransmetteur (molécule chimique libérée par un neurone pour stimuler un autre neurone) majoritaire au sein du cerveau. Ces synapses glutamatergiques sont particulièrement touchées, sur les plans morphologique et fonctionnel, par des mutations situées dans ces gènes et associées à différents troubles neuro-développementaux.

Des analyses fonctionnelles sur des cellules neuronales permettent de modéliser le rôle normal et pathogène des mutations d’un gène candidat pour déchiffrer les mécanismes physiopathologiques perturbant le développement du neurone.

Cette stratégie nous a permis de découvrir la fonction d’un nouveau récepteur dont le gène, PTCHD1 (Patched Homolog Domain 1), est porteur de mutations chez des sujets présentant un trouble neuro-développemental (DI et/ou TSA). Ce travail, publié dans le journal Molecular Psychiatry en collaboration avec l’équipe du docteur Yann Hérault à Strasbourg, a révélé que la protéine PTCHD1 est un nouvel acteur dans les synapses glutamatergiques et a décrit que son inactivation chez la souris entraîne des modifications de la structure et de l’activité de ces synapses au niveau de l’hippocampe, une région du cerveau majeure pour la mémoire et l’apprentissage.

Ces travaux ont défini une nouvelle « maladie » des synapses (ou synaptopathie) causée par la déficience du gène PTCHD1. La compréhension des mécanismes physiopathologiques qui sous-tendent les DI est une étape essentielle pour proposer des stratégies thérapeutiques.

Des progrès essentiels pour des perspectives thérapeutiques

L’intégration des données de séquençage de l’ADN avec une caractérisation exhaustive de l’impact que des mutations découvertes dans les gènes codant les protéines synaptiques ont sur le développement neuronal, est une stratégie pertinente pour envisager le développement de nouvelles approches thérapeutiques.

Dans ce contexte, notre défi actuel consiste à combiner l’identification des défauts dans les protéines synaptiques associées aux DI avec la compréhension des mécanismes moléculaires responsables de leur physiopathologie.

Par ailleurs, la caractérisation de bio-marqueurs spécifiques, génétiques et métaboliques, constitue un enjeu majeur en santé publique et une priorité dans la recherche biomédicale sur les DI. Notre participation dans un projet collaboratif inter-régional soutenu par la Fondation Maladies Rares et le Groupement Interrégional de Recherche Clinique et d’Innovation (GIRCI) Grand-Ouest va prochainement débuter et utilisera des stratégies dites « multi-omiques » visant à améliorer le diagnostic de formes rares de DI.

19 octobre 2018

Mieux intégrer les personnes autistes

article publié sur le portail du Gouvernement Suisse

 

Berne, 17.10.2018 - Les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme doivent pouvoir fréquenter l’école et apprendre un métier. Lors de sa séance du 17 octobre 2018, le Conseil fédéral a adopté un rapport qui prévoit diverses mesures à cette fin. Elles sont axées sur un accompagnement continu et la réalisation rapide d’un diagnostic correct. Un renforcement de la coordination doit en outre permettre une utilisation plus efficace des moyens financiers à disposition.

Le Conseil fédéral entend encourager les personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) de manière à ce qu’elles puissent participer aussi pleinement que possible à la vie sociale. Il a fixé dans ce but trois axes d’intervention prioritaires : le dépistage précoce et la pose de diagnostic, le conseil et la coordination, ainsi que l’intervention précoce.

Un diagnostic précoce et correct posé par des spécialistes permet de prendre des mesures d’encouragement appropriées. En évitant la pose de diagnostics erronés, on prévient aussi des traitements inadéquats. Une fois le diagnostic posé, les familles concernées doivent obtenir conseil et accompagnement. Les divers traitements et les autres offres doivent être coordonnés. Surtout pour les transitions difficiles, par exemple d’un degré scolaire à l’autre, entre l’école et la formation professionnelle ou pour l’entrée dans la vie active, il importe que les personnes présentant un TSA soient soutenues autant que possible par la même personne, afin d’assurer une continuité et d’éviter des échecs dans le monde du travail ou des pertes d’emploi.

Des recherches récentes indiquent qu’un traitement précoce intensif est le plus prometteur dans le cas des enfants en bas âge atteints d’autisme. Des comparaisons avec l’étranger montrent qu’une thérapie intensive à un âge précoce permet non seulement une meilleure intégration, mais réduit aussi les charges pour les pouvoirs publics.

Définir clairement les compétences

Pour atteindre les objectifs visés, il importe de tenir compte des multiples manifestations possibles de la maladie. Il faut aussi prendre en considération la situation que la Suisse connaît actuellement avec de nombreux acteurs différents au niveau des cantons et des communes, une densité médicale variant selon les régions, une diversité de structures et un manque général d’offres appropriées.
Le rapport du Conseil fédéral indique dans quels domaines la Confédération, les cantons et les prestataires sont compétents au premier chef, et quelles mesures ils devraient mettre en œuvre. Il invite les cantons, les communes et tous les acteurs concernés à dresser un inventaire de la situation actuelle et à encourager la mise en œuvre de mesures concrètes sur la base du présent rapport.

Dans le même temps, le Conseil fédéral charge le Département fédéral de l’intérieur (DFI) de prendre contact avec les cantons et d’entamer la mise en œuvre des mesures qui relèvent de la compétence de la Confédération. L’accent est mis, d’une part, sur un financement commun des interventions précoces intensives par les cantons et par l’AI. Le Conseil fédéral s’appuie pour cela sur le rapport de recherche « Evaluation de l’efficacité des méthodes d’intervention précoce intensive pour le traitement de l’autisme infantile », qui est publié en même temps que le présent rapport. Un projet pilote de l’OFAS, « Intervention précoce intensive auprès des enfants atteints d’autisme infantile », devra en outre approfondir les enseignements recueillis dans ce rapport et résoudre les questions en suspens. D’autre part, il faut favoriser la formation professionnelle des personnes concernées et leur intégration sur le marché du travail. Cette approche est également encouragée dans le contexte de la réforme « Développement continu de l’AI ».

Le présent rapport se fonde sur une première étude, « Autisme et trouble envahissant du développement. Vue d’ensemble, bilan et perspectives », réalisée en réponse au postulat 12.3672 du conseiller aux États Claude Hêche, et concrétise les recommandations qui y sont formulées.

Trouble du spectre de l’autisme

Les personnes souffrant d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) perçoivent leur environnement de manière différente que la plupart des gens. Elles ont beaucoup de difficultés à ressentir les émotions d’autres personnes et à entrer en communication de manière adéquate avec elles. Elles ont également du mal à reconnaître l’humeur de leur interlocuteur à partir de l’expression faciale. Elles tendent à éviter les contacts et à se passionner pour un domaine en particulier. C’est pourquoi il leur est très difficile de comprendre leur environnement comme un ensemble doté de sens, de nouer des contacts sociaux et d’apprendre avec succès.
Les TSA sont des troubles envahissants du développement qui se manifestent souvent dès la petite enfance et qui persistent toute la vie (par ex. autisme infantile, syndrome d’Asperger ou autisme atypique). La maladie peut se manifester sous des formes très diverses et à différents degrés. Certains autistes peuvent communiquer verbalement et mener une vie plus ou moins autonome ; pour d’autres, la vie est rendue plus difficile par une arriération mentale, des comportements très stéréotypés ou encore des maladies telles que l’épilepsie, le TDAH ou des troubles du comportement.


Adresse pour l'envoi de questions

Stefan Honegger
Secteur Prestations en nature et en espèces AI
Office fédéral des assurances sociales

Tél. +41 58 462 47 09
stefan.honegger@bsv.admin.ch


 

Auteur

Département fédéral de l'intérieur
http://www.edi.admin.ch

Conseil fédéral
https://www.admin.ch/gov/fr/accueil.html

Office fédéral des assurances sociales
http://www.ofas.admin.ch

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14 octobre 2018

Retour sur la conférence de Laurent Mottron - journée mondiale de la Neurodiversité - La neurodiversité

 

Retour sur la conférence de Laurent Mottron - journée mondiale de la Neurodiversité - La neurodiversité

Le 30 septembre dernier, lors de la journée mondiale de la Neurodiversité, Laurent Mottron donnait une conférence sur les enjeux scientifiques, mais également sociétaux, moraux, légaux qui peuvent découler d'une prise de position en faveur d'une humanité neurodiverse. La neurodiversité est un concept en constante évolution.

http://neurodiversite.com

 

12 octobre 2018

Des capacités de réflexion distinctes sous-tendent autisme et déficit d'attention

12 oct. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Suivant des études de l'équipe du Pr Charman, les adolescents autistes auraient surtout des difficultés dans la théorie de l'esprit, alors que ceux avec TDAH seraient caractérisés par un déficit dans les fonctions exécutives. Tony Charman suggère d'en tenir compte dans les thérapies proposées.

Traduction de :  Separate thinking skills underlie autism, attention deficit (Spectrum News)

Tony Charman Tony Charman

par Tony Charman,  Chaire de psychologie clinique de l'enfant , King's College London /  2 October 2018

Pendant plus de 30 ans, les scientifiques ont débattu de la question de savoir laquelle des deux capacités cognitives, la théorie de l'esprit et la fonction exécutive, est plus étroitement liée à l'autisme.

La difficulté avec la théorie de l'esprit - la capacité à inférer les états mentaux des autres - peut compliquer le comportement social et la communication 1 .

Des problèmes de flexibilité, de mémoire de travail et de maîtrise de soi - les fonctions exécutives essentielles - peuvent nuire à la capacité de s'adapter à des situations changeantes, de comprendre de nouveaux concepts, de fixer des objectifs et de rester calme 2 .

Jusqu'à présent, les recherches sur les deux capacités relatives aux traits principaux de l'autisme étaient incohérentes. Mon équipe a de nouvelles découvertes suggérant que la théorie de l'esprit est le facteur le plus important de l'autisme et que les problèmes liés aux fonctions exécutives sont plus souvent associés au trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ce dernier accompagne souvent l'autisme .

Comprendre comment ces compétences cognitives fondamentales sont liées au comportement dans des situations sociales réelles a des implications pour les traitements. Améliorer les compétences de la théorie de l'esprit pourrait aider les adolescents autistes à naviguer dans leur monde social complexe, à comprendre le comportement de leurs pairs et à réagir de manière appropriée. Le renforcement du contrôle cognitif peut les aider à se concentrer et à contrôler leurs impulsions, ce qui peut améliorer les relations sociales ainsi que le rendement scolaire.

Ce traitement pourrait être efficace jusqu'à l'adolescence, car nous savons que les capacités cognitives sont liées au succès et à l'indépendance à l'âge adulte.

Astuces statistiques

Il y a dix ans, mes collègues et moi avons confié à 100 adolescents autistes une batterie de tâches cognitives 3 . Celles-ci comprenaient le test de «la lecture de l'esprit dans les yeux» , dans lequel les gens devinent les émotions présentées dans les images des yeux. Nous avons également examiné la fonction exécutive avec une tâche de tri des cartes qui mesure la capacité d'adaptation aux nouvelles règles et un test de la mémoire de travail qui exploite la capacité de rappeler des chaînes de chiffres.

Nous avons caractérisé le comportement des adolescents en utilisant une gamme de mesures des traits de l'autisme, y compris l'échelle de la réactivité sociale [Social Responsiveness Scale ] et le programme d'observation du diagnostic de l'autisme [Autism Diagnostic Observation Schedule], ainsi que deux évaluations des traits du TDAH.

Nous avons examiné l'association entre la théorie de l'esprit et la fonction exécutive et deux caractéristiques fondamentales de l'autisme: la communication sociale et les comportements rigides et répétitifs . Nous avons utilisé une approche statistique qui nous a permis d’examiner la force et l’importance des associations individuelles lorsqu'un grand nombre de variables sont susceptibles d’être interreliées.

Plus les difficultés rencontrées par les adolescents dans notre étude étaient liées aux tâches de théorie de l'esprit, plus nous avons constaté que les comportements répétitifs et les difficultés de communication sociale étaient élevés. Les problèmes liés aux tâches exécutives ne sont toutefois liés à aucun trait.

Nous ne savons pas pourquoi la théorie de l'esprit influence les comportements répétitifs et la pensée rigide. Il est possible que la connexion soit indirecte: le fait d'avoir du mal à déchiffrer le comportement des autres pourrait causer de l'anxiété , ce qui pourrait entraîner un comportement inhabituel et des schémas de pensée 4 .

Concentration de l'attention

L'année dernière, nous avons exploré comment le TDAH entretient des rapports avec les fonctions exécutives et la théorie de l'esprit 5 . Nous avons trouvé la tendance opposée à celle que nous avions trouvée dans l'autisme : les difficultés liées aux fonctions exécutives, mais non la théorie de l'esprit, sont associées aux caractéristiques du TDAH telles que l'inattention et l'impulsivité.

Ce schéma est cohérent avec l'idée que les caractéristiques de l'autisme et du TDAH sont dissociables.

Jusqu'à 40% des jeunes autistes répondent aux critères de diagnostic du TDAH. Et les individus qui ont les deux conditions peuvent avoir des difficultés à la fois avec la théorie de l'esprit et les aspects de la fonction exécutive - un phénomène parfois appelé «double coup». Mais chaque condition a également ses traits caractéristiques.

Parce que nous avons étudié les adolescents, nos résultats n'indiquent pas nécessairement comment l'autisme se déroule pendant le développement. Cependant, les associations que nous avons identifiées ont des implications pour le traitement de l'autisme.

Par exemple, les adolescents qui ont à la fois l'autisme et le TDAH pourraient tirer profit des thérapies qui améliorent à la fois la théorie de l'esprit et le contrôle cognitif. Nos résultats pourraient également aider les cliniciens à faire correspondre les thérapies aux jeunes autistes afin d'améliorer au maximum leur fonctionnement quotidien.

Tony Charman est président de la psychologie clinique de l'enfant à l'Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences du King's College de Londres.

 References:

  1. Baron-Cohen S. et al. Cognition 21, 37-46 (1985) PubMed
  2. Rumsey J.M. J. Autism Dev. Disord. 15, 23-36 (1985) PubMed
  3. Jones C.R.G. et al. Autism Res. 11, 95-109 (2018) PubMed
  4. Brunsdon V.E. and F. Happé Autism 18, 17-30 (2014) PubMed
  5. Lukito S. et al. Mol. Autism 8, 60 (2017) PubMed
11 octobre 2018

Soigner l’autisme grâce à l’intestin ?

10 octobre 2018, 18:25 CEST

Dans l'intestin, les bactéries Lactobacillus reuteri sont influencées par la génétique de l'hôte, et l'influencent en retour. Shutterstock

Comme d’autres maladies neurodéveloppementales, l’autisme a une importante origine génétique : les mutations de certains gènes influent sur la sévérité de l’atteinte. Mais le rôle de ces gènes ne se limite pas à notre seul organisme.

Nos travaux révèlent en effet que certains des micro-organismes qui composent la flore intestinale sont sensibles aux mutations de ces gènes impliqués dans l’autisme. Leur abondance diminue lorsque ces derniers sont inactivés. Or on sait aujourd’hui que notre flore intestinale joue un rôle important non seulement dans la digestion, mais aussi dans d’autres fonctions de notre corps, notamment neurologiques.

En restaurant l’équilibre de la flore intestinale de souris modèles pour l'autisme, nous avons réussi à diminuer leurs symptômes. Ces travaux suggèrent que l’on pourra peut-être, demain, envisager de soulager des patients atteints de certains troubles du spectre autistique grâce à des probiotiques.

Découvrez l’histoire étonnante du dialogue étroit qui se met en place entre les bactéries intestinales et leur hôte autiste.

Des gènes impliqués dans la sévérité de l’atteinte

Selon le DSM-5, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) recouvrent des catégories de troubles neurodéveloppementaux caractérisés par des déficits persistants de la communication et des interactions sociales, des comportements, intérêts et/ou activités restreints et répétitifs, une hyper ou hypoactivité, avec ou sans déficit intellectuel, avec ou sans altération du langage.

Ces troubles, qui apparaissent en règle générale avant 3 ans, sont empreints de la personnalité de chaque individu et dépendent autant du terrain génétique de la personne que de l’environnement dans lequel celle-ci évolue. Il est estimé qu’aujourd’hui 1 personne sur 68 est concernée par ces TSA. Le ratio généralement constaté est de 1 fille pour 4 garçons diagnostiqués, mais celui-ci semble être sous-estimé concernant les filles.


À lire aussi : Ces femmes autistes qui s’ignorent


Une étude de 2014 a établi une corrélation entre les mutations des gènes de la famille SHANK (SHANK1, SHANK2 et SHANK3, qui sont impliqués dans le développement et le fonctionnement des circuits de neurones), le degré de sévérité de l’atteinte et les caractéristiques physiques des patients. Parmi les mutations affectant les trois gènes SHANK, les patients dont le gène SHANK3 est muté ont un quotient intellectuel plus faible que les deux autres sous-groupes.

Le microbiote, acteur du bon fonctionnement de notre corps

Des études récentes ont montré que certaines maladies neurodéveloppementales pourraient être en lien avec des dérèglements du microbiote. Ce terme désigne l’ensemble des micro-organismes non pathogènes (bactéries, virus, parasites et champignons) que l’on trouve sur la peau, dans la bouche, ainsi qu’au sein des appareils respiratoire, uro-génital et digestif.

Dans notre appareil digestif, le microbiote intestinal, ou « flore intestinale », comporte à lui seul jusqu’à 100 000 milliards de micro-organismes, soit environ 2 kg du poids total du corps. On sait aujourd’hui qu’il joue un rôle important non seulement dans les fonctions digestives et métaboliques, mais aussi immunitaires et neurologiques. L’altération de la composition ou du fonctionnement de la flore intestinale (ou « dysbiose ») est impliquée dans un certain nombre de pathologies allant du cancer aux maladies d’Alzheimer ou de Parkinson, en passant par l’addiction, la dépression, la schizophrénie ou l’autisme.

Ce dialogue entre le microbiote intestinal et le cerveau se fait de façon directe : les micro-organismes produisent des composés agissant à plusieurs niveaux. Certaines de ces molécules sont similaires aux molécules utilisées par les neurones pour communiquer entre eux, d’autres peuvent activer le système immunitaire ou intervenir sur la régulation des hormones.

Les gènes associés aux problèmes neurodéveloppementaux, comme l’autisme, peuvent-ils aussi influencer la flore intestinale ? En retour, cette flore perturbée peut-elle aggraver les pathologies ?

Chez les personnes autistes, une flore intestinale différente

Pour le découvrir, notre équipe a tout d’abord analysé le profil du microbiote intestinal chez les souris portant la mutation Shank3, et l’a comparé à celui de souris « normales » (contrôles). Il s’est agi de déterminer quelles espèces de bactéries vivaient dans l’intestin des deux catégories de souris, dans quelles proportions, etc. La composition de notre microbiote dépend, entre autres choses, de la manière dont nous naissons (par césarienne ou voies naturelles), des lieux où nous vivons, de la façon dont nous nous nourrissons, de nos habitudes de vie… Un peu comme les empreintes digitales, c'est une signature qui nous est propre.

Les résultats que nous avons obtenus montrent que le microbiote des souris porteuses d’un gène muté diffère de celui des souris « normales » à la fois dans la composition et dans la diversité des bactéries qui le constituent : certains phylum, genres et espèces de bactéries sont sur ou sous représentés.

Ainsi, si l’on considère les deux sortes de bactéries majoritaires dans la flore intestinale humaine, les Firmicutes et les Bacteroïdetes, le premier groupe est sous exprimé alors que le second est sur exprimé, avec une diminution plus marquée chez les femelles SHANK3 mutés par rapport aux mâles.

Les genres Prevotella, (bactérie orale, vaginale et intestinale, impliquée dans l’obésité, inflammation de l’intestin et des voies respiratoires…) Christensenella (bactérie intestinale, impliquée dans l’obésité, le cholestérol, le diabète…), Streptococcus (naturellement trouvées dans les mucosités, les cavités orales, les voies respiratoires hautes, les voies digestives), Coprococcus (bactéries du microbiote fécal) mais surtout Lactobacillus (bactéries lactiques vaginales, orales, intestinales présentes dans le lait maternel et utilisées dans la production des produits fermentés) sont sous-exprimés chez les souris mutées.

En revanche, Veillonella (bactéries buccales et intestinales, impliquées dans la formation des caries et dans le syndrome de fatigue chronique…) et Akkermansia (bactéries intestinales, impliquées dans l’obésité, le diabète, l’inflammation de l’intestin…) sont sur exprimées.

Nous nous sommes concentrés sur le genre Lactobacillus, et en particulier sur l’espèce Lactobacillus reuteri (L. reuteri). Cette bactérie lactique probiotique est commercialisée en pharmacie afin de lutter contre les coliques du nourrisson. Elle produit de la reuterine, une molécule antibiotique inhibant la croissance de bactéries potentiellement pathogènes telles que Escherichia coli.

Quand les bactéries intestinales modifient l’activité cérébrale

Des études récentes montrent que L. reuteri produit et sécrète du GABA (ou une molécule très similaire), un composé utilisé dans la communication nerveuse. Celui-ci agit directement au niveau du cerveau en se fixant à d’autres molécules (appelées « récepteurs ») situées sur les cellules.

Rappelons que les souris portant la mutation ShanK3 reproduisent deux des traits les plus prédominants de l’autisme : un comportement répétitif compulsif et un évitement des interactions sociales. Chez ces souris, le nombre de récepteurs de plusieurs molécules, dont le GABA, diffère par rapport à ceux des souris normales. Par exemple, dans l’hippocampe (zone du cerveau impliquée dans la mémoire), les récepteurs GABA sont moins nombreux, alors que dans le cortex préfrontal (région jouant un rôle important dans les émotions et les troubles de l’humeur), on en trouve davantage. Des différences existent également pour d’autres récepteurs comme ceux de l’ocytocine (hormone sécrétée par l’hypophyse) et du glutamate (acide aminé impliqué dans la transmission des messages nerveux).

Nous avons aussi découvert que ces différences sont corrélées avec l’abondance et l’expression des bactéries L. reuteri au niveau de l’intestin. Ces corrélations sont soit négatives, soit positives, mais elles sont significatives. L’analyse, enfin, de six cytokines (hormones du système immunitaire) dans le plasma de nos souris mutées et contrôles nous a permis de constater que les expressions de ces dernières ne sont plus régulées chez les souris mutées et qu’il y avait une corrélation significative entre celles-ci et les bactéries L. reuteri.

Toutes ces observations et ces analyses nous ont permis de conclure qu’il y existe une vraie différence entre les souris porteuses de la mutation Shank3 et les souris contrôles, non seulement au niveau cérébral, mais aussi au niveau du système immunitaire.

Ces différences étant corrélées avec des différences au niveau de la composition en bactéries L. reuteri dans l’intestin, nous avons eu l’idée de pousser plus loin nos investigations.

L. reuteri à la rescousse

Vendu en tant que probiotique, L. reuteri a été décrite dans des études récentes comme jouant un rôle dans le comportement social et le stress. Nous avons donc décidé de donner cette bactérie, cultivée par nos soins, en gavage à des souris mutées âgées de quatre semaines. Deux groupes ont été ainsi mis en place : un groupe contrôle, constitué des souris mutées n’ayant pas reçu la bactérie, et un groupe constitué des souris mutées ayant reçu la bactérie. Des tests de comportements sociaux ont été effectués après ce régime à base de L. reuteri, puis nous avons sacrifié les souris pour étudier à nouveau leurs différents récepteurs et hormones.

L’autisme est une pathologie humaine, et tous les traits autistiques ne sont pas étudiés dans cette étude qui recourt à des modèles animaux. Toutefois, les résultats des analyses comportementales que nous avons menées sont intéressants. Tout d’abord, mâles et femelles n’ont pas répondu de la même manière à l’apport de L. reuteri. Les premiers ont vu leurs déficits sociaux et leurs comportements répétitifs s’atténuer. Chez les mâles, L. reuteri stimule l’intérêt pour les souris qu’elles ne connaissent pas. En revanche, leurs comportements anxieux ne sont que très peu affectés.

Les femelles ont réagi différemment à la bactérie L. reuteri. Elles se sont montrées moins attirées par les nouvelles interactions sociales. En outre, leurs comportements répétitifs ont significativement diminué, tout comme leur anxiété, bien que de manière non significative. Des analyses moléculaires ont montré que le gavage avec L. reuteri a eu un effet direct sur les différentes régions cérébrales et la composition en cytokines dans le plasma des souris.

Ces résultats laissent supposer que le microbiote intestinal pourrait avoir joué un rôle durant le développement du cerveau. Étant donné que le gène Shank3 est aussi exprimé dans les neurones de l’intestin, il pourrait être impliqué dans l’altération et la modification du microbiote. Ce qui expliquerait les différences entre la flore intestinale des personnes souffrant de troubles du spectre autistique en raison d’un gène SHANK3 muté et celle des personnes non affectées.

Continuer à décrypter les interactions avec notre microbiote

Cette étude donne un premier aperçu des liens qui existent entre le profil génétique de l’hôte et sa flore intestinale. Il faudra désormais enquêter plus avant sur la façon dont le génome des personnes autistes interagit avec leur microbiote intestinal et le modifie.

Par ailleurs, ces résultats ouvrent une nouvelle piste à explorer dans le traitement de l’autisme : celle des probiotiques. Malgré leur passage temporaire dans l’intestin, ils sont actifs, et les prendre n’est pas sans conséquence.

Le dialogue entre le génome des personnes autistes et leur microbiote est de plus en plus audible. Reste maintenant à le comprendre.

11 octobre 2018

Comorbidité entre Trouble du Spectre Autistique et TDA/H : Quels aménagements pour la Prise en Charge Psychomotrice ?

UNIVERSITE PAUL SABATIER
Faculté de médecine Toulouse
-
Rangueil
INSTITUT DE FORMATION EN PSYCHOMOTRICITE
SCARINGELLA Margot
juin 2012

 

11 octobre 2018

Les enfants autistes et hyperactifs sont plus sujets à l'anxiété et aux troubles de l'humeur

article publié dans Pourquoi docteur ?
Comorbidité entre TSA et TDAH

Par Chloé Savellon

Une nouvelle étude montre que les enfants qui souffrent d'hyperactivité et/ou d'autisme ont 2 fois plus de risques de développer des troubles de l'anxiété et/ou d'humeur. 

Les enfants autistes et hyperactifs sont plus sujets à l'anxiété et aux troubles de l'humeur
JAYKAYL

Publié 01.04.2018 à 12h00


Les enfants atteints du trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et du trouble du spectre autistique (TSA) sont deux fois plus à risque de développer de l'anxiété et des troubles de l'humeur. Voici les conclusions d'une nouvelle étude américaine publiée dans le journal Pediatrics. Réalisée en association avec l'Interactive Autism Network (IAN), cette étude a été menée afin de comparer la comorbidité (lien entre deux maladies) chez les personnes atteintes de TSA et chez celles atteintes de TSA et TDAH. 

Des chercheurs de l'Institut Kennedy Krieger ont examiné les données d'un sondage transversal en réseau auprès des enfants de 6 à 17 ans atteints de TSA, tous inscrits au réseau interactif de l'autisme entre 2006 et 2013. Les travaux de ces chercheurs montrent que les enfants présentant à la fois un trouble du spectre autistique et un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité courent un risque accru d'être diagnostiqués ou traités pour des problèmes d'anxiété et/ou des troubles de l'humeur. 

2 fois plus de risques de développer des troubles de l'humeur

Sur les 3 319 enfants étudiés, 1 503 (45,3%) avaient un TDAH. Les données de l'enquête ont été analysées pour le diagnostic et/ou le traitement du TDAH, des troubles anxieux et des troubles de l'humeur rapportés par les parents. Les recherches ont démontré que les enfants atteints de TSA et de TDAH avaient deux fois plus de risques de développer des troubles anxieux et 2,7 fois plus de risques d'être sujets aux troubles de l'humeur. Les chercheurs ont également constaté que ces troubles psychiatriques étaient plus fréquents chez les enfants plus âgés.

"Nous savons que l'anxiété et les troubles de l'humeur sont très répandus chez les personnes atteintes de TSA", explique Eliza Gordon-Lipkin, professeure agrégée au Kennedy Krieger Institute et principale auteure de l'étude. "Cette étude va cependant encore plus loin, car elle fournit des informations sur les différences entre les enfants atteints uniquement de TSA et ceux qui souffrent à la fois de TSA et de TDAH. Ce qui se passe exactement dans le cerveau des enfants atteints de TSA et/ou de TDAH n'est pas entièrement compris, mais nous espérons que cette étude incite d'autres chercheurs à travailler dessus pour trouver la réponse à cette question", estiment les chercheurs.

10 octobre 2018

Autisme : Interventions précoces, explications

10 oct. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Une revue des principales interventions précoces dans l'autisme, du temps nécessaire, des preuves existantes, du début du traitement, de l'évolution de ces programmes, des recherches en cours.
Par Jean Monnier / 4 octobre 2018

Traduction de Early interventions, explained | Spectrum News

 © Laurène Boglio - Spectrum News
© Laurène Boglio - Spectrum News

En 1987, le psychologue Ole Ivar Lovaas a annoncé qu'il avait créé une thérapie qui rendrait le comportement de certains enfants autistes impossible à distinguer de celui des enfants typiques à 7 ans 1 . Son approche, l’analyse comportementale appliquée (ABA), consiste en des exercices quotidiens, au cours desquels les enfants sont récompensés pour certains comportements et découragés pour d'autres.

Mais Lovaas avait exagéré sa cause: sur les 19 enfants traités dans son étude, 9 seulement ont atteint des étapes importantes du développement typique.

Néanmoins, étant donné le manque de traitements pour l'autisme, l'ABA est rapidement devenue populaire et constitue désormais la thérapie comportementale la plus courante pour l'autisme - mais cela ne va pas sans controverse . L'ABA constitue également la base de la plupart des interventions effectuées tôt dans l'enfance. La prudence admise dans la recherche sur l'autisme soutient que l'intervention précoce offre la meilleure promesse pour le bien-être d'un enfant autiste. Mais quelle est l'efficacité de ces thérapies?

Voici ce que les chercheurs savent sur l'intervention précoce.

Quels sont les principaux types d'intervention précoce?

L'ABA est la plus populaire des thérapies proposées dans l'enfance. ABA fait maintenant référence à un large groupe de thérapies qui utilisent la récompense pour encourager et renforcer un ensemble de compétences.

L'un de ces traitements, le modèle de Denver (Early Start Denver Model ESDM), applique les techniques de l'ABA pendant le jeu pour aider un enfant à exprimer ses sentiments, à nouer des relations et à parler. En facilitant les interactions positives, la thérapie est conçue pour aider l'enfant à développer des compétences socio-émotionnelles aux côtés de la cognition et du langage.

Une autre intervention majeure basée sur l'ABA, appelée « traitement de réponse pivot » (ivotal response treatment PRP), est également appliquée pendant le jeu. Elle cible des domaines de développement essentiels, tels que la motivation et l'autogestion, plutôt que des compétences spécifiques. Cette approche enseigne à un enfant comment réagir aux signaux verbaux. Par exemple, lorsqu'un enfant demande un jouet, le thérapeute ou un parent lui demande de nommer le jouet ; l'enfant obtient le jouet une fois qu'il s'y conforme.

D'autres traitements basés sur l'ABA ciblent des compétences spécifiques. Par exemple, une thérapie appelée Attention Conjointe, Jeu symbolique, Engagement et Régulation [Joint Attention, Symbolic Play, Engagement, and Regulation (JASPER) ] se concentre sur les compétences de communication sociale; dans l’entraînement par essais discrets (Discrete Trial Training - DTT) , les thérapeutes décomposent les compétences cibles en étapes plus petites. Une autre approche, appelée Stratégies pour l’enseignement basée sur la recherche en autisme [Strategies for Teaching based on Autism Research - STAR], applique le PRT et le DTT aux classes.

Combien de temps faut-il pour qu'une intervention précoce soit efficace ?

Les enfants bénéficient d'une intervention précoce pouvant aller jusqu'à 40 heures par semaine. Les thérapies peuvent durer plusieurs années, devenant plus courtes et moins fréquentes vers l'âge de 5 ans.

À la lumière de cet engagement de temps, les parents sont souvent tentés d'essayer des thérapies moins établies, considérées comme des solutions miracles ou des remèdes miracles , explique Stephen Camarata , professeur de sciences de l'audition et de la parole et de psychiatrie et sciences du comportement à l'Université Vanderbilt de Nashville, au Tennessee. Aider les enfants à acquérir des compétences peut toutefois prendre beaucoup de temps. «Ce n'est pas un processus rapide et ce n'est pas un processus magique», dit-il.

Existe-t-il des preuves de l'efficacité de ces thérapies ?

Étonnamment peu. La plupart des interventions précoces n'ont pas fait l'objet d'essais contrôlés randomisés, explique Tony Charman , directeur de psychologie clinique au King's College de Londres. Par exemple, une seule des cinq études incluses dans une revue de l'année dernière a été randomisée. cette étude a suggéré que les enfants autistes qui reçoivent un traitement sont plus susceptibles que les enfants non traités d'être placés dans des classes ordinaires 2 .

Même lorsqu'il existe des essais contrôlés - comme c'est le cas pour JASPER et ESDM -, ils ont souvent trop peu de participants pour aboutir à des conclusions définitives quant à l'efficacité, dit Charman. Dans une vaste analyse publiée plus tôt cette année, des essais montrant des effets positifs ont eu des échantillons de petite taille et des tailles d'effet réduites 3 .

Et, comme dans d'autres domaines de la recherche sur l'autisme, les études d'intervention précoce posent un problème de diversité . De nombreuses études incluent principalement des enfants blancs, de sorte que les résultats peuvent ne pas s'appliquer à d'autres enfants autistes. Peu d'études comparent les traitements entre eux ou ne permettent pas de savoir si leurs effets durent.

«Nous n'avons pas beaucoup de preuves sur ce que font ces interventions après 20 ans», explique Sally Rogers , professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université de Californie à Davis.

Quand faut-il commencer le traitement ?

L'intervention précoce suit généralement un diagnostic d'autisme. Son début dépend donc de l'âge du diagnostic. Aux États-Unis, la plupart des enfants sont diagnostiqués après l'âge de 4 ans.

Il peut être possible et préférable de commencer le traitement encore plus tôt dans certains cas. Ceux qu'on appelle les « bébés frères », ou les enfants qui ont un frère aîné avec autisme , courent un risque plus élevé de développer cette condition. Une étude réalisée l'année dernière a montré qu'après cinq mois de thérapie par vidéo visant à améliorer la communication entre parents et enfants, les bébés frères ont présenté une amélioration de leurs compétences 4 .

Une étude menée en 2014 sur 11 nourrissons a montré que ceux qui avaient reçu une adaptation de l'ESDM entre 7 et 15 mois présentaient moins de caractéristiques de l'autisme à 3 ans que ceux qui n'avaient pas reçu de thérapie. L'année suivante, un examen de neuf études a révélé que les traitements comportementaux améliorent la communication sociale lorsqu'ils sont appliqués chez les enfants de moins de 2 ans 5 .

Comment les traitements comportementaux pour l'autisme ont-ils changé au fil du temps ?

Dans le passé, les thérapies comportementales impliquaient de placer un enfant à une table pendant des heures et de lui demander de nommer des objets représentés sur des cartes. Des exercices rigides comme celui-ci peuvent améliorer le langage, par exemple, ou atténuer les comportements répétitifs 6 .

Mais au cours des 20 dernières années, les thérapies ont évolué vers des environnements plus familiers, tels que la chambre à coucher ou la salle de jeux. Souvent, un enfant choisit l’activité - colorier à table ou jouer avec des camions, par exemple. L'intervention est souvent intégrée à d'autres aspects de la journée, les parents étant devenus des partenaires de plus en plus importants pour renforcer les comportements.

De nombreux chercheurs soulignent que les interventions les plus efficaces sont celles qui peuvent être adaptées à un enfant individuellement. Les enfants ont des objectifs de développement spécifiques - liés au langage, par exemple, ou aux compétences sociales - et commencent à différents niveaux de développement.

«Les interventions ne conviennent pas à tous», déclare Lynn Koegel , professeure clinicienne de psychiatrie et de sciences du comportement à l'Université Stanford en Californie, qui est l'un des créateurs de la PRT.

Quoi de neuf dans le domaine ?

Lorsqu'une intervention s'avère efficace, les chercheurs ignorent souvent quelles composantes de celle-ci ont conduit à l'amélioration, ce qui rend difficile son intégration dans de nouvelles thérapies. Certaines équipes essaient de déterminer les «ingrédients actifs» de traitements réussis.

En 2015, une équipe de recherche a testé trois composantes de la méthode STAR auprès de 119 écoliers 7 . Une composante, PRT, est associée à des améliorations dans les capacités cognitives des étudiants, a constaté l'équipe; les autres composants, le DTT et une méthode appelée «Enseignement en routines fonctionnelles» [‘teaching in functional routines’] ne le sont pas.

Une meilleure compréhension des composantes les plus importantes d'une thérapie peut fournir des indices sur la manière de l'améliorer. Cela aiderait également les cliniciens à personnaliser le traitement sans omettre par inadvertance l'ingrédient essentiel.

References:

  1. Lovaas O.I. J. Consult. Clin. Psychol. 55, 3-9 (1987) PubMed
  2. Reichow B. et al. Cochrane Database Syst. Rev. 5, CD009260 (2018) PubMed
  3. French L. and E.M.M. Kennedy J. Child Psychol. Psychiatry 59, 444-456 (2018) PubMed
  4. Green J. et al. J. Child Psychol. Psychiatry 58, 1330-1340 (2017) PubMed
  5. Bradshaw J. et al. J. Autism Dev. Disord. 45, 778-794 (2015) PubMed
  6. Lovaas O.I. et al. J. Appl. Behav. Anal. 6, 131-165 (1973) PubMed
  7. Pellecchia M. et al. J. Autism Dev. Disord. 45, 2917-2927 (2015) PubMed

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9 octobre 2018

Définition de l'autisme - Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine - Version 2018

Extrait du dictionnaire médical de l'Académie de Médecine - Version 2018

autisme n.m.logo académie de médecine

 

autism

L'autisme et les troubles apparentés constituent un ensemble de syndromes actuellement regroupés dans les classifications internationales des maladies sous les termes «troubles envahissants du développement» (CIM 10) et plus récemment « troubles du spectre de l’autisme » (DSM 5), caractérisés par des fonctionnements particuliers qui altèrent dès les premières années de vie, avant 3 ans, la socialisation, la communication et l'adaptation.
Dans le domaine de la socialisation et de la communication, l'enfant semble seul dans son monde et pourrait faire penser qu'il est sourd. Il réagit avec les personnes comme si elles étaient des objets. Son contact oculaire est atypique. Sa mimique est pauvre. Le partage émotionnel lui est difficile. Il ne parle pas, ou, si son langage existe, il ne s'inscrit pas dans un échange, un dialogue avec autrui.

En ce qui concerne les facultés d’adaptation : le moindre changement dans son environnement peut provoquer chez lui angoisse et agressivité ; l'enfant est attaché à «l'immuabilité». Le répertoire de ses activités est réduit, répétitif. Il est parfois animé de mouvements stéréotypés, battements, rotations ou balancements d'une partie ou de l'ensemble du corps. Des réactions témoignant d’hyper ou hypo-réactivité sensorielle sont également très caractéristiques
Tous ces traits persistent à l'âge adulte. La variabilité de l'expression clinique résulte non seulement du degré d'autisme mais aussi de son association à d'autres troubles (retard mental, troubles moteurs, sensoriels et perceptifs, épilepsie...).
La prévalence de ce syndrome est l’objet de discussion ; le chiffre désormais admis est de 1 pour 150 avec classiquement 4 garçons pour une fille.
L'identification des signes précoces est un enjeu majeur de santé publique. Les symptômes peuvent être discrets ou méconnus. Vers trois ans, le tableau d'autisme peut être confirmé, défini par les altérations qualitatives du comportement qui constituent les critères de diagnostic des classifications internationales. La CIM10 doit être obligatoirement appliquée en France selon les recommandations de la Haute autorité de santé. Le diagnostic est clinique. Il n'existe aucun marqueur biologique validé à ce jour.
L’autisme touchant différents domaine du développement, il est essentiel de favoriser une prise en charge globale qui aura pour objectif l'acquisition de compétences sociales, du langage ou de moyens alternatifs de communication, d'autonomie…
Chaque individu avec autisme a son propre profil qui peut varier au cours de sa vie. Aucun protocole standard n'existe, toutefois plusieurs principes fondamentaux guident les stratégies éducatives, rééducatives, les pratiques de soins et d'intégration sociale :
- précocité de l'intervention,
- accessibilité des services éducatifs et de soins,
- diversité des méthodes et moyens mis en œuvre,
- évaluation des besoins tout au long de la vie,
- l'implication de la famille partenaire et continuité du suivi garanti par un dossier personnalisé régulièrement mis à jour.
Le Comité consultatif national d’éthique a souligné, en 2007, la nécessité d’appuyer les pratiques sur un socle de connaissances issues de la recherche.

L. Kanner, pédopsychiatre américain d’origine allemande (1943) ; H. Asperger, pédopsychiatre autrichien (1938 et 1944)

Étym. gr. autos : soi-même

Syn. troubles envahissants du développement, troubles du spectre de l’autisme

 

29 septembre 2018

La France se penche sur la possibilité de légaliser le cannabis thérapeutique

 

La France se penche sur la possibilité de légaliser le cannabis thérapeutique

La ministre de la Santé n'exclut pas d'autoriser le cannabis thérapeutique en France. Pendant un an, un groupe de spécialistes, médecins comme patients vont étudier la littérature scientifique et les conditions dans lesquelles cette autorisation pourrait se faire. A quoi peut servir ce cannabis thérapeutique, à différencier du cannabis récréatif?

https://www.20minutes.fr

 

25 septembre 2018

Les mutations du dépistage prénatal

 

Les mutations du dépistage prénatal

L'analyse de l'ADN circulant dans le sang de la femme enceinte permet de détecter de plus en plus d'anomalies chez l'enfant à naître. Le Comité consultatif national d'éthique, qui salue ce progrès, notamment dans le cas de la trisomie 21, souligne la nécessaire réflexion éthique avant l'élargissement de ce dépistage non invasif à d'autres affections génétiques.

https://www.lemonde.fr

 

20 septembre 2018

"But des études génétiques : aider les personnes autistes et non les éliminer"

19 sept. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot
Il y a des craintes que la recherche génétique sur l'autisme conduise à l'eugénisme et à l'éradication de la maladie. Cela ne doit jamais arriver, dit Simon Baron-Cohen. es études génétiques impliquant des dizaines de milliers de personnes pourraient élargir nos connaissances sur de nombreuses conditions.

Par Simon Baron-Cohen

neurones et synapses ? © Luna TMG neurones et synapses ? © Luna TMG

Traduction de Genetic studies intend to help people with autism, not wipe them out

New Scientist 10 septembre 2018

La génétique joue un rôle important comme cause de l'autisme. Connaître davantage les gènes qui influent sur l'autisme permettrait de mieux comprendre la condition.

C'est un domaine de recherche qui évolue rapidement, mais il y a un problème. En tant que directeur du Centre de recherche sur l'autisme de l'Université de Cambridge, je suis de plus en plus conscient que de plus en plus d'autistes ne veulent pas participer à des études génétiques.

Cela semble se produire en raison de la crainte que l’ordre du jour soit eugénique - trouver les gènes pour identifier les bébés potentiellement autistes pendant la grossesse et mettre fin à ces grossesses. Ces craintes sont compréhensibles si nous observons comment cela s'est produit dans le cas du syndrome de Down .

Certaines personnes craignent également que la recherche en génétique ne mène au génie génétique pour «normaliser» les personnes autistes. Encore une fois, je serais horrifié par cette application de la science, car elle ne respecte pas le fait que les personnes autistes sont neurologiquement différentes et, comme pour toute autre diversité (comme la couleur des cheveux, de la peau ou des yeux) devraient être acceptées pour ce qu'elles sont.

Opposés à l'eugénisme

Mes collègues et moi sommes opposés à toute forme d'eugénisme. Cependant, l'inquiétude est que si les gens assimilent la génétique de l'autisme à un programme d'eugénisme, des progrès importants sur la génétique de l'autisme pourraient être ralentis.

Aujourd'hui, on sait que l'autisme est fortement génétique et que l'héritabilité est estimée entre 60 et 90%. L'autisme n'est pas à 100% génétique - si un jumeau identique [ou monozygote] est atteint d'autisme, son co-jumeau ne l'est pas toujours. La conclusion évidente est qu’une prédisposition génétique interagit avec des facteurs environnementaux.

Depuis le début de ce siècle - il y a seulement 18 ans - 100 gènes «de haute confiance» ont été associés à l'autisme . Ils sont appelés de «confiance élevée» car ils ont été identifiés dans plusieurs laboratoires. Ceux-ci incluent des mutations de gènes rares et uniques qui sont suffisants pour causer l'autisme, mais se retrouvent chez moins de 5% des personnes autistes.

Nous estimons maintenant que les 100 découvertes ne sont que la pointe de l'iceberg et qu'entre 400 et 1000 gènes peuvent être impliqués dans l'autisme.

De plus, nous pensons maintenant qu'au moins 50% de l'héritabilité de l'autisme peut être du non pas à des mutations rares mais à des variantes génétiques communes que nous portons tous, certaines versions se produisant à des fréquences différentes chez les personnes autistes.

Pour identifier des variantes génétiques communes, plusieurs dizaines de milliers de personnes doivent participer à des études. Par exemple, nous avons récemment collaboré avec la société 23andMe de tests ADN grand public et découvert plusieurs variantes génétiques courantes en demandant à 80 000 personnes qui avaient envoyé des échantillons à l'entreprise de passer un test en ligne. Il faudra des années de collaboration pour recueillir ces «big data» afin de découvrir tous les gènes pertinents pour l'autisme.

Une grande partie de cette collaboration concerne la communauté de l'autisme. Si cette communauté perd confiance dans cette recherche, alors les progrès ralentiront. Et les laboratoires scientifiques ne seront pas les seuls concernés.

En tant que scientifiques, notre objectif est simplement de comprendre les causes de l'autisme. Cela a une valeur intrinsèque, car elle contribue à la connaissance humaine et, espérons-le, approfondira la compréhension des personnes autistes de leur propre identité.

Aide où c'est désiré

Les connaissances génétiques pourraient aussi changer des vies pour le mieux. Par exemple, une utilisation clinique de la découverte de gènes que nous pensons éthique serait la détection précoce de l'autisme, en vue d'une intervention précoce, si les parents optent pour cela.

Cela n'est pas en contradiction avec le point de vue de la « neurodiversité », car, dans un monde idéal, les interventions précoces ne cibleraient que les symptômes provoquant une invalidité ou une détresse, pas l'autisme lui-même. Des exemples de symptômes indésirables peuvent être un retard de langage, une épilepsie, des difficultés d'apprentissage ou un trouble gastro-intestinal.

Un autre avantage de la détection précoce pourrait être un meilleur soutien précoce pour les enfants qui risquent de devenir des adolescents ayant une mauvaise santé mentale. Si vous laissez un enfant autiste sans le soutien approprié et que l'on s'attend à ce qu'il soit confronté à un système éducatif qui ne correspond pas à son style d'apprentissage, ou s'il est victime de harcèlement, vous vous retrouvez avec un enfant qui a l'impression d'échouer. Ou un enfant qui perd confiance en lui parce qu’il est maltraité et manipulé par d’autres avec plus d’intelligence.

Au Centre de recherche sur l'autisme [Autism Research Centre], nous n'avons aucun désir de guérir, de prévenir ou d'éradiquer l'autisme. J'espère que la communauté de l'autisme sera prête à faire confiance aux chercheurs qui mettent leurs couleurs au service de cette manière.

Les personnes autistes ont un mélange particulier de forces et de défis. Les points forts incluent une attention particulière aux détails, la mémoire pour les détails, la reconnaissance des formes et l’honnêteté. Notre objectif, en tant que cliniciens et scientifiques, est de rendre le monde plus confortable pour les personnes autistes (et tous).

Simon Baron-Cohen est professeur de neuroscience cognitive développementale à l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni. Lui et son équipe invitent actuellement les participants à se joindre à leur étude sur les liens génétiques possibles entre l'aptitude mathématique et l'autisme (http://dna.autismresearchcentre.net), financée par la Templeton World Charity Foundation et l'Autism Research Trust.


Voir également le point de vue de Thomas Bourgeron :

Expliquer la «résilience» de l'autisme peut mener à de nouvelles thérapies

Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Cela devrait mener à des traitements plus efficaces et à des mesures préventives, mais aussi entraîner une détresse inutile. Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles routes pour maintenir les résultats cliniques sévères à distance.

Traduction de Explaining ‘resilience’ in autism may seed new therapies (Spectrum News) par Thomas Bourgeron / 27 mars 2018

19 septembre 2018

Projets Autisme & Nouvelles Technologies | Ecole | Brugelette | Sainte-Gertrude fondamental

 

Projets Autisme & Nouvelles Technologies | Ecole | Brugelette | Sainte-Gertrude fondamental

Publication des projets soutenus par la Fondation internationale de recherche appliquée sur le handicap (FIRAH) : Autisme & Nouvelles technologies. Vo

https://www.saintegertrude.com

 

15 septembre 2018

L'erreur est la condition même de l'apprentissage

 

"L'erreur est la condition même de l'apprentissage"

Dès la naissance, notre cerveau est capable d'apprendre plus vite et plus profondément que la plus puissante des machines. Le jeu, la concentration ou le sommeil peuvent augmenter nos capacités d'apprentissage, selon Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive, dont le dernier ouvrage vient de paraître

https://www.letemps.ch

 

14 septembre 2018

Les hallucinations sont anormalement courantes chez les adultes avec autisme

14 sept. 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Une majorité des adultes autistes auraient des sensations hallucinatoires. Parmi les facteurs envisagés, le harcèlement et l'isolement social.

Hallucinations unusually common in adults with autism

par Elizabeth Milne, The Conversation

le 24 mai 2017

traduction py

The invisible tribe XV © Luna TMG
The invisible tribe XV © Luna TMG

Avez-vous jamais entendu un son quand rien dans votre environnement ne l’explique ? Ou peut-être avez-vous ressenti la proximité d’une personne quand vous êtes seul ? Certaines personnes ont connu ces perceptions de nombreuses fois. D’autres, quasiment jamais. Quelques troubles mentaux, comme la schizophrénie, peuvent les provoquer. Mais les perceptions inhabituelles se manifestent aussi chez des personnes sans trouble mental. Une nouvelle observation de mon groupe de recherche suggère que les adultes avec autisme sont particulièrement propices à ces sortes d’expériences.

Dans notre étude, nous avons présenté à des adultes avec ou sans autisme une liste de perceptions inhabituelles et leur avons demandé d’indiquer celles qu’ils avaient rencontrées. Les adultes avec autisme ont signalé trois fois plus d’occurrences que les personnes typiques. Par exemple, nous avons constaté que 63% des adultes avec autisme ont répondu oui à cette question : «  Avez-vous jamais ressenti que quelqu’un vous touchait, quand en vous retournant vous ne voyiez personne ?  », contre seulement 7% des adultes typiques. De la même façon, 47% des adultes dans le spectre ont répondu oui à la question : «  Avez-vous jamais vu des formes, des lumières ou des couleurs quand manifestement rien n’est présent ?  », contre 14% des adultes typiques.

Jusqu’à ce jour, les scientifiques ne savaient pas que les expériences de type hallucinatoire se présentent dans l’autisme, bien que nous sachions depuis longtemps que l’autisme est associé à une ouïe et une vue plus sensibles.

Toutefois, une perception hallucinatoire inhabituelle est différente d’une sensibilité à des stimuli particuliers. Quelques items de notre questionnaire concernaient les changements d’intensité de stimulation, que nous aurions pu présumer plus présents dans l’autisme. Mais d’autres questions concernaient des perceptions étranges ou déformées. Par exemple : «  Avez-vous jamais ressenti des sensations inhabituelles de brûlure ou d’autres sensations étranges dans ou sur votre corps ?  » ou «  Avez-vous jamais entendu vos propres pensées dîtes à voix haute, de telle façon qu’une personne proche aurait pu les entendre ?  » Trois fois plus d’adultes avec autisme ont répondu oui à ces deux questions, indiquant que nos résultats ne reflètent pas uniquement une perception sensorielle plus sensible.

Des niveaux différents de certains éléments chimiques dans le cerveau (les neuro-transmetteurs) pourraient expliquer ces perceptions inhabituelles plus fréquentes. Les migraines, par exemple, sont souvent précédées par des hallucinations, comme voir des lumières ou des formes non présentes. De la même façon, l’épilepsie peut être associée à des perceptions étranges.

La migraine et l’épilepsie ont été reliées à des modifications dans les niveaux du neuro-transmetteur GABA. Dans le cerveau, quelques neuro-transmetteurs ont un rôle excitant et stimulent l’activité neuronale, alors que d’autres ont un rôle inhibiteur et réduisent cette activité. GABA est un neuro-transmetteur inhibiteur. Des niveaux de GABA moins élevés peuvent en conséquence mener à une hyperactivité du cerveau, provoquant à la fois des perturbations visuelles et des crises. Des niveaux modifiés de GABA ont aussi été impliqués dans l’autisme.

Pas de responsable unique

Toutefois, le lien entre une perception inhabituelle et l’autisme pourrait ne pas provenir uniquement de différences innées dans la chimie du cerveau. Des travaux récents suggèrent que les expériences négatives, comme d’avoir été harcelé ou isolé socialement, peuvent mener à des hallucinations.

Malheureusement, de nombreuses personnes dans le spectre souffrent d’isolement social et de harcèlement. Ces événements négatifs peuvent contribuer au développement de perceptions inhabituelles. Un article récent de The Conversation a décrit la façon dont les personnes exposées à la discrimination, comme les immigrés, connaissent aussi plus de sentiments hallucinatoires et paranoïaques que les personnes non discriminées. Des processus similaires pourraient être impliqués dans l’autisme.

Outre l’observation que les expériences de perception inhabituelles sont plus fréquentes dans l’autisme, nous avons constaté que ces expériences sont bien plus douloureuses. Il est important de prendre en considération ce qui peut être fait pour soulager cette souffrance. À commencer par la compréhension et l’acceptation.

Si une personne avec autisme connait ces situations, savoir qu’elles sont assez courantes chez les autres personnes avec autisme peut aider à réduire leurs inquiétudes à ce sujet. Les médecins pourraient ne pas toujours penser à poser des questions sur des perceptions inhabituelles aux personnes avec autisme, mais notre recherche suggère que cela peut être un domaine important à aborder dans la clinique, de façon à ce que des méthodes puissent être établies pour une assistance quand cela arrive.

L’importance du développement d’une meilleure compréhension de l’autisme par le grand public est peut-être plus importante encore. De plus en plus de personnes sont diagnostiquées d’un autisme, dont un nombre croissant de personnes n’ayant pas reçu de diagnostic avant l’âge adulte. Souvent, il suffit de petites modifications pour aider les personnes avec autisme à s’insérer dans la société. Ces petits pas peuvent être importants pour réduire l’isolement social.

Si l’isolement et le harcèlement contribuent au développement de perceptions inhabituelles dans l’autisme, la réduction de la souffrance causée par ces perceptions est un des nombreux avantages qu’apporterait une société dans laquelle l’autisme serait mieux reconnu et compris.

Elizabeth Milne est chargée d’enseignement en neurosciences cognitives et directrice du Sheffield Autism Research Lab de l’université de Sheffield, au Royaume Uni.

Cet article a été initialement publié par The Conversation. Il a été légèrement modifié pour être adapté au style de Spectrum.

11 septembre 2018

Les mutations liées à l’autisme modifient l’équilibre des bactéries intestinales

Par dans Eclairage scientifique

Ce texte est la traduction d’un article paru dans Spectrum News « Autism mutation alters balance of gut bacteria in mice », Jessica Wright, juin 2018

Une nouvelle étude (1) montre que les souris avec une mutation dans un gène de l’autisme supérieur appelé SHANK 3 ont un niveau élevé d’altération de certaines bactéries intestinales.

 

 

Nourrir les souris avec Lactobacillus reuteri, un microbe trouvé dans le yaourt et les probiotiques (note personnelle extraite de wikipédia : les probiotiques sont des micro-organismes vivants, bactéries ou levures, qui, ajoutés comme compléments à certains produits alimentaires comme les yaourts ou les céréales, et ingérés en quantité adéquate, sont censés conférer un bénéfice en matière de santé à l’hôte sain) soulage certains de leurs problèmes.

Les premières preuves suggèrent que les personnes autistes ont aussi un microbiote intestinal modifié – la collection de bactéries dans leurs intestins. Une petite étude publiée l’année dernière fait allusion au fait que l’utilisation d’une transplantation de bactérie chez les enfants autistes peut soulager leurs malaises digestifs  et même leurs difficultés sociales.

Les nouveaux résultats offrent des preuves toutes fraiches pour soutenir cette idée. Ils révèlent aussi une connexion entre les gènes de l’autisme et la flore intestinale.

"Je pense que c’est important de prendre du recul et de regarder comment la génétique de l’autisme elle-même pourrait peut-être changer le microbiote"

 

dit le chercheur en chef Evan Elliott, professeur assistant en neurosciences comportementales et moléculaires à l’université de Bar-Ilan en Israël.

Le travail fait aussi allusion à une explication de la manière dont les bactéries affectent le comportement : au travers d’un message chimique appelé acide gamma-aminobutyric (GABA)

L’étude est remarquable, car elle lie les facteurs génétiques et environnementaux de l’autisme, dit Sarkis Mazmanian, professeur de microbiologie à l’Institut Californien de Technologie à Pasadena, qui n’était pas impliqué dans l’étude.

 

Le repas microbien

La mutation SHANK3 est présente chez environ 2 % des personnes autistes. Elliott et ses collègues ont observé les échantillons de selles de 31 souris avec une mutation SHANK3 et 27 souris contrôles.

Les chercheurs ont découvert que les souris mutantes avaient une diversité moins importante dans leur microbiote que celles de l’échantillon contrôle.

Certaines souris avaient une absence complète de certaines espèces de bactéries, et un niveau plus faible d’autres bactéries, incluant L. reuteri.  Les niveaux de deux espèces de bactéries, provenant du gène Veillonella, sont aussi anormalement bas chez les femelles mutantes, et une d’elles est anormalement abondante chez les mâles mutants.

Une étude de 2016 a trouvé que L. reuteri restaure le comportement social chez les souris nées avec un microbiote déséquilibré.

Dans la nouvelle étude, L. reuteri stimule également l’intérêt des souris mâles – mais pas l’intérêt des femelles, auprès des autres souris

Nourrir les souris mutantes avec la bactérie diminue aussi le nombre de billes qu’elles enterrent – un test des comportements répétitifs et restreints des souris.

Pour autant, la pertinence de ces résultats pour les personnes autistes n’est pas claire, dit Jil Silverman, professeure associée de psychiatrie et de sciences du comportement à l’université de Californie, au David MIND Institute, qui n’était pas impliquée dans la recherche. Les mutants sont généralement lents, ce qui peut fausser les résultats des tests, dit-elle.

La recherche est parue le 19 mai dans Brain Behavior and Immunity.

 

Une connexion chimique

Les chercheurs ont aussi enquêté sur la manière dont la bactérie pourrait affecter le comportement. Une étude de 2011 a signalé que nourrir les souris avec une autre espèce de Lactobacillus modifie dans le cerveau l’expression du récepteur pour GABA2 (2). La bactérie sécrète des molécules grasses avec une structure chimique similaire à celle de GABA, et cela peut modifier l’expression des récepteurs au travers une boucle de retour, dit Elliott.

L’équipe d’Elliott a exploré plus loin les connexions GABA, mesurant les niveaux de L. reuteri et l’expression des récepteurs GABA du cerveau chez les mutants.

Ils ont découvert que les niveaux de bactéries intestinales suivaient ceux de trois types de récepteurs GABA dans le cerveau. Nourrir les souris avec L. reuteri augmente l’expression de l’ensemble des trois types de récepteurs.

SHANK3 est exprimé dans les neurones de l’intestin et pourrait altérer le microbiome au travers de ces neurones, dit Elliott. Alternativement, cela peut modifier les niveaux de certaines hormones qui affectent l’intestin.

Elliott et ses collègues évaluent la diversité microbienne dans les intestins des personnes autistes qui portaient certaines mutations.

 

REFERENCES:

  1. Tabouy L. et al. Brain Behav. Immun. Epub ahead of print (2018) PubMed
  2. Bravo J.A. et al. Proc. Natl. Acad. Sci. USA 108, 16050-16055 (2011) PubMed
11 septembre 2018

Affaires sensibles sur France inter -> La bataille de l'autisme – L’histoire d’un mal français

AFFAIRES SENSIBLES

Fabrice Drouelle

mardi 11 septembre 2018

par Fabrice Drouelle

54 minutes

À chaque président sa grande cause. Après le « plan cancer » de Jacques Chirac en 2003, le « plan Alzheimer » de Nicolas Sarkozy en 2008 – Emmanuel Macron annonce en avril dernier son « plan autisme », le quatrième du nom. Invitée Julie Bertuccelli auteure d'un documentaire sur le quotidien d'un écrivain autiste.

C'est un immense défi dans un pays qui a accumulé un profond retard dans le diagnostic précoce et la prise en charge des personnes autistes. Ils seraient 700 000 dans notre pays et concernerait 1 naissance sur 160. Il était temps de se pencher sur le problème…

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’autisme est un trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales. Apparaissant avant l’âge de 3 ans, ces anomalies sont en partie génétiques, mais on soupçonne des facteurs environnementaux comme certains perturbateurs endocriniens. Il existe différentes formes et différents degrés d’autisme – le terme utilisé aujourd’hui est d’ailleurs « troubles du spectre de l’autisme » – qui se caractérisent par un isolement, une difficulté au langage et à la relation à autrui, ainsi que des comportements stéréotypés et répétitifs.

Pourtant cette définition n’a pas toujours fait consensus – loin s’en faut, et la France fait figure d’exception. Pendant des décennies, elle s’est obstinée à considérer l’autisme comme un problème psychologique, dus à une relation maternelle contrariée… Psychanalystes versus scientifiques : récit d’une bataille française aux conséquences désastreuses. 

Invitée Julie Bertuccelli 

La cinéaste Julie Bertuccelli a réalisé en 2016 Dernières nouvelles du cosmos : une immersion bouleversante dans le quotidien de Babouillec, écrivain autiste sans parole.

Reportage

A quoi ressemble le quotidien des parents d’enfants autistes aujourd’hui ?

Notre reporter Anaëlle Verzaux a passé une journée avec Noa un enfant autiste de 8 ans, et ses parents. Noa est le dernier d’une fratrie de trois enfants. Ils habitent une maison à Courtry, en Seine et Marne. Depuis la naissance de Noa, ses parents ont changé de ville, de maison, et la mère a dû arrêter de travailler.

Ressources

Biblio : 

- La cause des autistes, de Sophie Janois (éditions Payot en 2018)
- L'empereur, c'est moi, de Hugo Horiot (éditions de l'Iconoclaste en 2013, puis livre de Poche en 2015)
- Le petit prince cannibale, de Françoise Lefèvre,(éditions Actes Sud en 1990)
- Algorithme éponymeet autres textes de Babouillec, chez Rivages-Payot , 2018
- Rouge de soi,Babouillec, Rivages-Payot, 2018

Documentaires :

- Le cerveau d'Hugo, de Sophie Révil, (2012) produit par Elzévir Films et Escazal Films.
- Un autre regard sur la folie, Daniel Karlin (1975)

Programmation musicale:

SOKO : I thought I was an alien
THE BEATLES : The fool on the hill
DOMINIQUE A : Enfants de la plage

Les invités
Julie Bertuccelli

Réalisatrice, scénariste, présidente de la Scam

L'équipe
Fabrice DrouelleJournaliste
Christophe BarreyreKhoi NguyenMargaux OpinelAnaëlle VerzauxReporter
Valérie PrioletAttachée de production
Murielle PerezProgrammatrice musicale
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