Canalblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
"Au bonheur d'Elise"
Publicité
recherche
7 mars 2019

Une étude sur 650.000 enfants confirme (de nouveau) que le vaccin ROR ne cause pas l'autisme

article publié dans Le Nouvel Observateur  

vaccin contre la rougeole

Vaccin contre la rougeole en Colombie, le 21 mars 2018 (photo d'illustration). (Schneyder Mendoza / AFP)

L'étude a pris en compte les données de l'ensemble des enfants danois nés de 1999 à 2010, suivis jusqu'en 2013.

Une très grande étude portant sur plus de 650.000 enfants danois suivis sur plus d'une décennie est parvenue à la même conclusion que plusieurs études précédentes : le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) n'augmente pas le risque d'autisme.

L'étude a pris en compte les données de l'ensemble des enfants danois nés de 1999 à 2010, suivis jusqu'en 2013. Les chercheurs ont comparé le nombre d'enfants ayant reçu un diagnostic d'autisme parmi les vaccinés et les non-vaccinés, et n'ont trouvé aucune différence.

"L'étude soutient fortement le fait que le vaccin MMR [Measles-Mumps-Rubeolus, le nom utilisé dans les pays anglo-saxons notamment, NDRL] n'augmente pas le risque d'autisme, ne déclenche pas l'autisme chez les enfants susceptibles [ayant des facteurs de risque, NDLR], et n'est pas associé avec un regroupement de cas d'autisme après la vaccination", écrivent les chercheurs, dans l'étude publiée dans les Annales de Médecine interne aux Etats-Unis.

Les auteurs soulignent que leurs travaux renforcent notamment une étude de 2002 portant sur 537.000 enfants danois. Ils citent aussi dix études menées sur les vaccins sur les enfants, dont six spécifiquement sur le vaccin MMR, qui n'ont trouvé aucun lien.

Les centaines de milliers d'enfants ainsi étudiés, sur des années, sont à comparer à la petite étude de 1998 souvent citée par les anti-vaccins comme montrant un lien entre MMR et autisme, et qui ne portait que sur 12 enfants. Cette étude a été rétractée par la revue médicale qui l'avait publiée, l'auteur, qui avait falsifié les résultats, a perdu sa licence médicale, mais elle continue d'être citée par les militants anti-vaccins.

Flambée de rougeoles

Cette étude intervient alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment alerté sur une flambée de rougeole dans le monde en 2018, avec un bond d'environ 50% des cas signalés par rapport à 2017.

La rougeole est une maladie grave et très contagieuse, qui peut être prévenue par deux doses d'un vaccin "sûr et efficace", selon l'OMS, qui déplore la diffusion de fausses informations sur le vaccin, notamment dans les pays riches.

Vendredi dernier, l'Unicef a à son tour tiré la sonnette d'alarme devant la recrudescence de la rougeole dans le monde, avec 98 pays ayant signalé un plus grand nombre de cas en 2018 par rapport à 2017.

Publicité
5 mars 2019

Vitamines pendant la grossesse : risque d'autisme modifié ? Peut-être, peut-être pas

4 mars 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Selon une nouvelle étude, les femmes qui prennent des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse sont deux fois moins susceptibles que celles qui n'ont pas d'enfant autiste d'en avoir un.

 

L'utilisation de vitamines pendant la grossesse modifie-t-elle le risque d'autisme ? Peut-être, peut-être pas


par Nicholette Zeliadt / 4 mars 2019

Traduction de Spectrum News : Does vitamin use in pregnancy alter autism risk? Maybe, maybe not

Sweets © Luna TMG
Sweets © Luna TMG

Selon une nouvelle étude, les femmes qui prennent des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse sont deux fois moins susceptibles que celles qui n'ont pas d'enfant autiste d'en avoir un. Les résultats ont été publiés mercredi dans JAMA Psychiatry et repris rapidement par la presse grand public 1.

Mais la réalité, disent les experts, est plus nuancée : L'étude a trouvé une association entre les suppléments et l'autisme, mais elle est petite et n'a pas été conçue pour rechercher des relations de cause à effet.

Les vitamines prénatales sont importantes pour le développement du cerveau, et certaines études ont révélé une diminution des risques d'autisme chez les enfants nés de mères qui les ont prises en début de grossesse 2. La nouvelle étude a suivi les femmes enceintes qui ont déjà un enfant sur le spectre, de sorte que ses résultats suggèrent que les vitamines diminuent la récurrence de l'autisme dans une famille.

Mais les femmes qui prennent des vitamines prénatales au début de la grossesse peuvent adopter d'autres comportements, comme manger sainement, faire de l'exercice et éviter certaines substances nocives, qui pourraient réduire leurs risques d'avoir un enfant autiste.

Étant donné la petite taille de l'échantillon et les nombreux facteurs confusionnels possibles, " je ne conclurais pas que l'utilisation précoce de vitamines prénatales est susceptible de prévenir la récidive[de l'autisme] ", dit John Constantino, professeur de psychiatrie et de pédiatrie à l'Université Washington à St. Louis, qui n'a pas participé à cette étude. Néanmoins, dit-il, les résultats devraient faire l'objet d'un suivi.

Les organismes de santé recommandent déjà aux femmes enceintes de prendre des vitamines prénatales pour prévenir les anomalies congénitales. Mais les femmes ne devraient pas interpréter ces lignes directrices comme signifiant que prendre plus de vitamines prénatales est mieux, dit la chercheuse principale Rebecca Schmidt, professeure adjointe en sciences de la santé publique à l'Université de Californie, Davis MIND Institute.

"Suivez la recommandation, mais n'allez pas trop loin", dit-elle.

Évaluation d'admission

Schmidt et ses collègues ont analysé les données de l'étude MARBLES, qui suit les femmes enceintes qui ont déjà au moins un enfant autiste. Ces femmes sont jusqu'à 20 fois plus susceptibles que la population générale d'avoir un autre enfant atteint de cette condition. Au cours d'entrevues téléphoniques menées pendant la grossesse, 241 des femmes ont déclaré avoir consommé des vitamines prénatales au cours des six mois précédant la conception et tout au long de la grossesse.

"Il s'agit d'une étude bien conçue, en ce sens que l'information sur l'utilisation des vitamines prénatales a été recueillie de façon prospective ", explique Lonnie Zwaigenbaum, professeur de pédiatrie à l'Université de l'Alberta à Edmonton, Canada.

Seulement 87 des femmes ont déclaré avoir pris des vitamines prénatales avant la conception. Environ la moitié d'entre elles les ont prises au cours du premier mois de grossesse, et presque toutes les ont prises à partir du deuxième mois.

Lorsque les enfants avaient 3 ans, les chercheurs ont diagnostiqué 55 autistes sur 241. L'équipe a classé 60 autres personnes comme ayant un développement atypique, d'après leurs résultats à une évaluation de l'autisme ou à un test cognitif.

Sur les 128 femmes qui ont pris des vitamines prénatales au cours du premier mois de grossesse, 18 ont eu un autre enfant autiste ; en revanche, 37 des 113 femmes qui n'ont pas pris de vitamines prénatales au cours de ce mois ont eu un autre enfant autiste.

Après avoir tenu compte du niveau de scolarité des femmes, les chercheurs ont calculé que celles qui n'avaient pas pris de vitamines pendant cette période étaient deux fois plus susceptibles d'avoir un enfant autiste que celles qui en avaient pris. Ils n'ont trouvé aucun lien entre le risque d'autisme et les vitamines prénatales à d'autres moments, et aucun lien entre le développement atypique et les vitamines prénatales pendant une période donnée.

Des facteurs de confusion

Comme presque toutes les femmes ont pris des vitamines prénatales au deuxième mois, les chercheurs n'ont pas été en mesure de chercher des liens significatifs entre l'autisme et les suppléments après ce mois. Mais d'autres études ont également observé que le lien est plus fort en début de grossesse - une période clé pour le développement du cerveau.

Les chercheurs ont recueilli de l'information sur divers facteurs qui pourraient expliquer l'utilisation des vitamines par les femmes. Celles qui ont pris les vitamines au cours du premier mois de la grossesse avaient tendance à avoir au moins une éducation universitaire, à être propriétaires de leur propre maison, à avoir une assurance maladie privée et à avoir eu une grossesse intentionnelle. L'analyse n'a pas tenu compte de tous ces facteurs, de sorte que certains d'entre eux peuvent avoir contribué à réduire le risque d'autisme.

On ne sait pas exactement comment les vitamines prénatales peuvent influencer le risque d'autisme. Il n'est pas clair non plus quel nutriment contenu dans les suppléments est le plus bénéfique.

Certaines études ont établi un lien entre un manque d'acide folique, de fer ou de vitamine D et l'autisme. Schmidt et ses collègues ont estimé l'apport en acide folique et en fer à partir des marques de suppléments que les femmes ont déclaré prendre, et ils ont constaté que les enfants nés de femmes ayant consommé le plus d'acide folique présentent la plus grande diminution du risque d'autisme.

L'équipe analyse le sang du placenta et du cordon ombilical de chaque grossesse. Ils visent à étudier certains marqueurs chimiques de l'ADN qui influencent l'expression des gènes, car l'acide folique est une riche source des atomes de carbone contenus dans ces marqueurs.

Références:

  1. Schmidt R.J. et al. JAMA Psychiatry Epub ahead of print (2019) PubMed
  2. DeVilbiss E.A. et al. BMJ 359, j4273 (2017) PubMed
2 mars 2019

Expliquer la résilience à l’autisme peut faire naître de nouvelles thérapies

illustration shows woman under umbrella, with genes falling around her
by  /  18 January 2019
guest image

Thomas Bourgeron

Professor, Institut Pasteur

This article is also available in anglais.

Il y a quelques années la mère d’un jeune autiste m’a téléphoné. Elle venait d’apprendre que son fils, qui était dans la vingtaine, avait une délétion de SHANK3, l’un des gènes qui, d’après les découvertes de mon équipe, subit une mutation chez certaines personnes autistes. Cette nouvelle m’a surpris parce que j’avais déjà rencontré son fils et trouvé qu’il était beaucoup moins affecté que la plupart des porteurs de ce type de mutation. Il peut communiquer et fréquente une école ordinaire.

Elle m’a expliqué que depuis qu’il était bébé, elle avait tout essayé pour le stimuler. Mais si elle avait été au courant de cette mutation, m’a-t-elle avoué, « je ne me serais pas battue comme ça. Lutter contre le génome, c’est impossible. »

Ce commentaire m’a fait comprendre à quel point le « déterminisme
génétique » est une idée profondément enracinée. Elle suppose que le résultat d’une mutation délétère ne peut être modifié. En d’autres mots, si vous êtes porteur d’une telle mutation, vous ne pouvez y échapper; votre destin est scellé.

Mais ce n’est pas une bonne façon de penser. J’en ai tiré l’inspiration pour ma recherche sur la résilience, c’est-à-dire la capacité de faire face aux graves conséquences associées à une altération génétique délétère.

Au cours des 50 dernières années, nous avons assisté à un progrès extraordinaire dans l’identification des gènes et des voies biologiques associées à l’autisme. Cependant, nous ne comprenons pas encore comment la même mutation peut avoir des résultats différents. Dans de rares cas, des gens faisant partie de la population générale ou des proches de personnes autistes sont porteurs de mutations de gènes associés à l’autisme, mais ne présentent aucune caractéristique de la pathologie.

Comprendre comment ces personnes résilientes font face aux mutations délétères pourrait fournir des renseignements importants sur la façon dont des patrimoines génétiques et des environnement particuliers contribuent à créer des différences majeures dans les trajectoires développementales et cliniques1.

Caractéristiques diverses:

L’architecture génétique de l’autisme est hétérogène. Chez certaines personnes, une seule mutation peut suffire pour entraîner une condition du spectre autistique. Chez d’autres, l’autisme est plus vraisemblablement dû à l’effet additif de milliers de variants communs, chacun ayant un faible effet.

L’identification des gènes qui induisent un risque d’autisme lorsqu’ils subissent une mutation a fait avancer considérablement notre connaissance des causes possibles de la pathologie. Il s’agit notamment des perturbations dans la production de protéines, du remodelage du complexe protéine-ADN, soit la chromatine, et de la capacité des jonctions neuronales, c’est-à-dire les synapses, à évoluer au cours du temps2.

L’identification de ces gènes a aussi suscité involontairement l’émergence d’une conception simpliste de l’autisme comme étant de nature binaire : soit vous êtes autiste, soit vous ne l’êtes pas. Cette vision simpliste fait l’impasse sur le caractère hétérogène, et les différents degrés de sévérité clinique, de l’autisme.

Qui plus est, les mutations associées à l’autisme ne provoquent pas toujours la pathologie. Certaines mutations ont une pénétrance complète; on peut dire alors que tous ceux qui en sont porteurs sont autistes. Dans d’autres cas, disons que seulement 80 pour cent des gens porteurs de la mutation sont autistes.

Déterminer pourquoi les conséquences d’une mutation varient selon les personnes demeure un défi. Mais le génome peut nous offrir certains indices.

Protection possible:

C’est un fait bien établi que la conséquence d’une mutation peut être supprimée par une autre mutation. Des études sur la levure révèlent que bon nombre de ces interactions inhibitrices se produisent entre gènes appartenant à la même voie biologique3.

Des études génétiques à grande échelle ont permis d’identifier, chez des personnes, des « gènes modificateurs » qui offrent une résilience à l’infection par VIH, à la drépanocytose, aux cardiopathies et au diabète4,5,6,7,8.

Dans le cadre d’une étude pilote, nous avons évalué la proportion de personnes résilientes dans la base de données Simons Simplex Collection, répertoire d’échantillons génétiques provenant de familles dont un enfant est autiste. (La base de données est financée par la Fondation Simons, organisme parrain de Spectrum.) Dans cette analyse, nous avons défini les personnes résilientes comme étant des frères ou des sœurs ou des parents non atteints, porteurs de mutations délétères dans un ensemble de 65 gènes fortement associés à l’autisme9.

Les résultats préliminaires provenant de 1,776 familles révèlent la présence d’une résilience chez 2 à 3 pour cent des membres de la famille de personnes autistes. Le nombre de personnes résilientes est plus élevé pour certains gènes que pour d’autres. Pour un petit nombre de gènes, nous n’avons trouvé aucune personne résiliente. Nous procédons actuellement à la vérification du nombre de personnes résilientes et de personnes atteintes pour chacun des 65 gènes. La prochaine étape consistera à déterminer les facteurs grâce auxquels les personnes résilientes font face à leurs mutations délétères.

Par exemple, des circuits cérébraux sensibles au genre pourraient moduler la fréquence à laquelle les mutations associées à l’autisme et l’autisme sont présents simultanément. Les garçons sont de quatre à huit fois plus susceptibles que les filles de recevoir un diagnostic d’autisme. Il est difficile de comprendre les raisons de cette disparité. Mais une des explications pourrait être que les autres gènes, peut-être même la forme non mutante des gènes modifiés, agissent en tant que modificateurs.

Par exemple, chez les personnes résilientes,certains gènes pourraient être exprimés à des niveaux plus élevés que d’habitude ou être porteurs d’une autre mutation qui atténue les effets de la mutation délétère.

Stimulation de la resilience:

Enfin, l’accès à des traitements de grande qualité pourrait augmenter la résilience. Une étude de 2012 a démontré qu’avec le temps, environ 10 pour cent des enfants atteints d’un autisme grave se sont épanouis et ont fait des progrès considérables10. Un facteur qui distingue ces enfants des autres est que leur famille jouit d’un statut socio-économique plus élevé.

L’accès au traitement a stimulé la résilience chez d’autres pathologies héréditaires. Par exemple, un régime alimentaire sans phénylalanine peut prévenir la déficience intellectuelle associée à la phénylcétonurie, maladie métabolique héréditaire qui peut provoquer une accumulation toxique de phénylalanine dans le cerveau, si ce régime est observé dès les premières semaines de la vie11.

Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Même si cette information devait aboutir à des traitements et à des mesures préventives plus efficaces, elle pourrait aussi être source d’angoisses inutiles chez les personnes porteuses d’une mutation délétère.

Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles pistes pour atténuer des résultats cliniques graves, mais aussi alléger la charge émotionnelle que peut exercer le dépistage génétique. Et comme Louis Pasteur l’a dit un jour : « Le meilleur médecin est la nature : elle guérit les trois quarts des maladies et ne dit jamais de mal de ses confrères. »

Thomas Bourgeron est professeur de génétique à l’Université Paris-Diderot et chercheur à l’Institut Pasteur à Paris.


References:
  1. Szatmari P. Dev. Med. Child Neurol. 60, 225-229 (2018) PubMed
  2. Bourgeron T. Nat. Rev. Neurosci. 16, 551-563 (2015) PubMed
  3. van Leeuwen J. et al. Science 354, 6312 (2016) PubMed
  4. Chen R. et al. Nat. Biotechnol. 34, 531-538 (2016) PubMed
  5. Cohen J. et al. Nat. Genet. 37, 161-165 (2005) PubMed
  6. Flannick J. et al. Nat. Genet. 46, 357-363 (2014) PubMed
  7. Galarneau G. et al. Nat. Genet. 42, 1049-1051 (2010) PubMed
  8. Philpott S. et al. J. Acquir. Immune Defic. Syndr. 21, 189-193 (1999) PubMed
  9. Abrahams B.S. et al. Mol. Autism 4, 36 (2013) PubMed
  10. Fountain C. et al. Pediatrics 129, e1112-1120 (2012) PubMed
  11. Vockley J. et al. Genet. Med. 16, 188-200 (2014) PubMed
2 mars 2019

Site de Phantom : Comprendre l'autisme

27 févr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot


Le site réalisé par une personne autiste, Phantom, est très riche d'informations.
A consulter et à suivre. Quelques exemples récents.

 

 http://comprendrelautisme.com/

Site comprendre l'autisme
Site comprendre l'autisme

 Autisme et expressions faciales

 Les expressions faciales sont des facilitateurs de communication lors des interactions. Par exemple, un sourire peut montrer l’intérêt de la personne pour un sujet de conversation, un froncement de sourcil, de l’empathie. Une méta-analyse de 39 études, publiée en décembre 2018 montre que les personnes autistes ont des difficultés à produire et comprendre les expressions faciales.

http://comprendrelautisme.com/autisme-et-expressions-faciales/

Les compétences cognitives des personnes autistes : difficulté d’évaluation

Les professionnels et les familles constatent souvent qu’il est complexe d’évaluer les compétences cognitives des personnes autistes avec des tests classiques, notamment les tests d’intelligence. Certains enfants ont des compétences et des connaissances mais ils n’arrivent pas à les déployer lors de la passation des exercices formalisés.

http://comprendrelautisme.com/les-competences-cognitives-des-personnes-autistes-difficulte-devaluation/

L’identification de genre chez les femmes autistes

Cet article traite de l’identité de genre dans dans l’autisme, notamment l’identification de genre chez les femmes autistes et les différences par rapport au genre entre les personnes autistes (hommes et femmes) et non autistes.

http://comprendrelautisme.com/identification-de-genre-chez-les-femmes-autistes/

Les recherches scientifiques sur l’autisme : 10 avancées majeures en 2018

Chaque année la revue de vulgarisation Spectrum News opère un classement des articles notables issus  des recherches scientifiques sur l’autisme durant l’année passée.

Cette année encore, ils ont demandé  à des chercheurs d’évaluer les recherches scientifiques sur l’autisme les plus importantes, celles qui ont changé leur point de vue sur l’autisme ou sur la façon de le traiter.

http://comprendrelautisme.com/10-recherches-scientifiques-sur-lautisme-en-2018/

Une analyse massive redéfinie la carte des racines génétiques de l’autisme

Ce texte est une traduction libre d’un article paru dans le magasine Spectrum News :

Massive analysis refines map of autism’s genetic roots de Nicholette Zeliadt  /  December 2018

http://comprendrelautisme.com/la-carte-des-genes-de-lautisme/

L’autisme et le Syndrome de Stress Post-Traumatique

Cet article traite de l’autisme et le Syndrome de Stress Post-Traumatique en détaillant ses manifestations chez les personnes autistes. C’est un résumé de la recherche suivante : Behavioral Symptoms of Reported Abuse in Children and Adolescents with Autism Spectrum Disorder in Inpatient Settings, dont vous trouverez les références complètes en bas de page.

http://comprendrelautisme.com/lautisme-et-le-syndrome-de-stress-post-traumatique/

Utilisation des écrans tactiles chez les personnes autistes

Les écrans tactiles portables ont fait l’objet de beaucoup de recherches durant les dernières années, notamment chez les personnes autistes.

http://comprendrelautisme.com/lutilisation-des-ecrans-tactiles-chez-les-personnes-autistes/

Les facteurs qui augmentent l’utilisation de soins psychiatriques

Aujourd’hui, plusieurs études montrent que les personnes autistes ont davantage recourt aux soins psychiatriques que la population générale. Cependant, on observe aussi des facteurs de risque à l’intérieur de la population des personnes autistes et l’utilisation élevée des soins psychiatriques n’est pas distribuée de la même manière dans le spectre de l’autisme.

http://comprendrelautisme.com/les-facteurs-qui-augmentent-le-risque-dhospitalisation-en-service-psychiatrique/

Les péripéties d’Alice : le monde du travail

http://comprendrelautisme.com/les-peripeties-dalice-le-monde-du-travail/

 © Phantom
© Phantom
2 mars 2019

Sommeil perturbé par un enfant handicapé : comment je fais ?

article publié sur Hizy

Équipe éditoriale

Sommeil perturbé par un enfant handicapé : comment je fais ?
La privation de sommeil quand on élève un enfant handicapé est une torture familière. Pourtant, il est possible de composer avec cette contrainte pour mieux la supporter.

Quand on a fait des efforts toute la journée pour être à l’heure aux rééducations, pour porter, soigner son enfant handicapé, prendre soin de la famille et de la maison, il reste un rêve, le soir venu : s’allonger et dormir. Or, « le temps de travail des parents comprend aussi les nuits ! », rappelle très justement Aliette, maman d’un enfant polyhandicapé. L’apprentissage de la nuit, propre à tous les bébés, dure souvent de longues années avec un petit atteint d’un handicap. Cette difficulté est une composante de certains syndromes (Angelman, Smith-Magenis, Rett) et elle est fréquente chez les enfants souffrant d’épilepsie.

Adieu nuits tranquilles et intimité

Les conséquences de nuits agitées sont énormes dans la vie de l’adulte. Les levers sont douloureux, l’attention, au travail, en pâtit. À tel point, parfois, que des parents sont amenés à faire un choix : « J’ai arrêté de travailler, j’investis mon énergie professionnelle dans l’éducation de mon enfant », indique Aliette. D’autres préfèrent dormir à tour de rôle pour continuer à travailler tous les deux. Les nuits deviennent alors des courses de relais peu conciliables avec le besoin d’intimité d’une vie de couple. Partenaires associés à l’aventure sans avoir rien demandé, les frères et sœurs peuvent eux aussi ressentir le déséquilibre des nuits perturbées. Parfois les cris de l’enfant agité les réveillent. Et s’ils ont le sommeil lourd, ils endurent tout de même au réveil la mauvaise humeur de leurs parents, rendus agressifs par la fatigue.

Le temps peut arranger les choses

Il suffit parfois de tenir, cahin-caha, en attendant que cela s’arrange. L’avancée en âge est la meilleure des médecines : un enfant qui a atteint une certaine maturation neurologique fait ses nuits. « Il a fallu des années avant que notre fils apprenne à se rassurer, à se repérer dans le temps. Peu à peu, il s’est calmé. Le réglage du sommeil demande de la patience. Il ne faut jamais oublier que la bataille n’est pas perdue », commente Aliette.

Être prudent avec les médicaments

Autre mesure le traitement médical, une aventure délicate qui requiert de nombreux ajustements. « Je refuse de le transformer en zombie, précise Catherine, maman de Thibaut, 9 ans. Mais il faut accepter de faire des tests, essayer des décontractants, des combinaisons de remèdes. L’important est de consulter un spécialiste qui prend le problème au sérieux et ose tenter un traitement. Souvent, le généraliste s’est montré trop hésitant. » On peut aussi espérer dénicher, dans la malle aux solutions, le petit miracle inattendu. À 4 ans, Mathilde s’est mise à dormir… entre les pattes du gros chien qu’on venait de lui acheter.

La quantité de sommeil ne fait pas tout

Pourtant, « dans la difficulté de la nuit, la question du sommeil lui-même n’est pas la plus importante », affirme Xavier Bied-Charreton, pédiatre et co-auteur d’un délicieux florilège, Les secrets des mots de la nuit. Il ouvre une réflexion plus vaste : la nuit dépend de la journée qu’elle prolonge. « Pour traiter du sommeil, on entre dans l’intimité de la vie familiale. Il faut se demander comment se passe la soirée, quelles sont les relations entre les membres de la famille lors du dîner. Des consultations longues sont indispensables pour aborder ces détails dont on parle rarement à la première rencontre. » Au fil des ans, les parents trouvent les attitudes qui leur conviennent et apprennent à connaître leurs limites. « Je voulais tout assumer, j’ai craqué », admet une maman. S’en sont suivis une dépression, six mois d’arrêt maladie. Aujourd’hui, reposée, elle a repris le métier qu’elle aimait. Son fils est entré en internat cette année.

Apprendre à être patient

« Il nous manque, c’est vrai, dit-elle. Mais j’ai beaucoup plus de patience la nuit du week-end, je sais que le lendemain je vais dormir. » L’internat, séparation difficile, permet en même temps à la fratrie de reprendre sa place. Au cœur de ses nuits perturbées, le papa de Pascale s’est découvert un talent de peintre ! Depuis que Pascale dort bien… son père ne peint plus. D’autres parents se retrouvent au salon à jouer aux cartes ou bien font appel à une baby-sitter : « Il dort bien quand il n’est pas à la maison. Mais, pour nous, quelle angoisse : saura-t-elle faire ce qu’il faut en cas de problème ? » Ne pas pouvoir dormir n’est jamais une affaire secondaire. « Ayez le courage d’aborder le sujet lors d’une consultation et non pas sur le pas de la porte », conseille le docteur Bied-Charreton. Le mal n’est pas inéluctable, même s’il reste lourd et que la demande des parents pour la prise en charge d’une garde de nuit demeure cruellement ignorée.

Gérer son sommeil, comme les navigateurs !

Lancés en solitaire dans de grandes courses autour du monde, les navigateurs s’appuient souvent sur des techniques de gestion du sommeil (issues de la sophrologie ou de la relaxation) qui peuvent être utiles à toute personne contrainte de dormir très peu. Des siestes de vingt minutes, par exemple, suffisent pour bien récupérer, à condition d’intégrer le repos dans les rythmes spontanés de l’organisme : on est du soir ou du matin. On peut aussi apprendre à repérer les portes d’entrée du sommeil, ces instants où l’on s’endormira rapidement et profondément. Moins de sommeil léger, mais du sommeil profond en quantité suffisante, voilà le secret des petits dormeurs et des marins.

L’avis du professionnel

« L’organisme s’adapte »

Éric Mullens, médecin responsable d’un centre du sommeil à Albi.

Les conséquences d’un sommeil perturbé chez un parent réveillé la nuit sont les mêmes que chez un insomniaque. Celui qui sort d’une phase de sommeil profond va se sentir comme abruti. De toute façon, son sommeil va être trop court. Il va souffrir d’endormissement diurne, de somnolence, d’irritabilité et aussi d’hyperactivité. Afin de lutter contre le sommeil, il va chercher à se stimuler, et cette surstimulation entretient elle-même la fatigue. Pour éviter cela, il faut faire la sieste. Mais dans tous les cas, quand la cause des perturbations est supprimée, ces symptômes disparaissent et un sommeil satisfaisant s’installe. L’organisme est très souple, il s’adapte aux exigences extérieures. Si l’adulte ne récupère pas son rythme initial tout de suite, cela peut tenir aux modifications dues à l’âge. Il ne faut pas toujours accuser les années d’insomnie.
Publicité
1 mars 2019

Samedi 30 mars Paris à l'Institut Pasteur -> 13h30-18h Autisme : que nous enseigne la recherche ?

Autisme : que nous enseigne la recherche ?

Samedi 30 mars 2019 - 13h30 - 18h00
Institut Pasteur, Paris, Centre d'information scientifique

Journée de l'autisme 2019 - Institut Pasteur

Cette journée, organisée à l’initiative de Thomas Bourgeron, chef de l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur et de son équipe, sera l’occasion, pour le grand public et notamment pour les patients et leurs familles, de rencontrer des chercheurs et des cliniciens intervenant à différents niveaux dans la compréhension et la lutte contre ce trouble qu’est l’autisme.

Les derniers travaux et découvertes sur l'autisme issus des interactions entre les chercheurs de l’Institut Pasteur, les pédopsychiatres de l’hôpital Robert Debré, et plus largement les partenaires français et européens (Fondation FondaMental, AIMS-2-Trials) seront exposés. 

Ces travaux visent à mieux comprendre les bases génétiques de l’autisme et à identifier des cibles pour de nouveaux traitements. 

A l’issue des présentations, chercheurs et cliniciens seront disponibles pour répondre aux questions des participants à cette journée.

En présence d’Erik Orsenna, ambassadeur de l'Institut Pasteur.

#JournéeAutisme

Programme

12h00 - 13h30 Visite libre du Musée Pasteur

À partir de 13h30 Accueil des participants par les chercheurs et cliniciens du projet

14h00 Mot d'ouverture et introduction

Stewart Cole, directeur général de l'Institut Pasteur,

Hélène Gilardi, directrice générale de l'Hôpital Robert Debré AP-HP

14h15 Comprendre l’autisme

  • 14h15 - 14h30 Pourquoi la génétique est si importante pour comprendre l’autisme ? Quels enjeux ?

Thomas Bourgeron, Professeur à l’université Paris Diderot, chef de l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur 
Richard Delorme, chef du service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré

  • 14h30 - 15h00 Comment y répondre ? De la clinique à la génétique moléculaire.

Claire Leblond, maître de conference à l’université Paris Diderot, chercheuse dans l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur
Freddy Cliquet, ingénieur bioinformaticien dans l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur
Anna Maruani, psychiatre à l’hôpital Robert Debré
Thomas Rolland, chercheur CNRS dans l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur
Frédérique Amsellem, psychologue de l’unité de Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur et à l’hôpital Robert Debré
Anne-Claude Tabet, responsable de l’unité Fonctionnelle de cytogénétique à l’hôpital Robert Debré

  • 15h00 - 15h10 Discussion
  • 15h10 - 15h40 Que faut-il comprendre du fonctionnement du cerveau ?

Roberto Toro, chercheur dans l’unité de Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur et au Centre de Recherche Interdisciplinaire
Anita Beggiato, psychiatre à l’hôpital Robert Debré
Guillaume Dumas, chercheur dans l’unité de Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur et coordinateur scientifique de la plateforme SoNeTAA dans le service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré
Aline Lefebvre, psychiatre à l’hôpital Robert Debré et coordinatrice clinique de la plateforme SoNeTAA dans le service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré

  • 15h40 - 16h00 Pourquoi développer des modèles cellulaires et animaux ?

David Digregorio, chef de l’unité Imagerie dynamique du neurone à l’Institut Pasteur et directeur du département Neurosciences de l’Institut Pasteur
Elodie Ey, chercheuse dans l’unité de Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur

  • 16h00 - 16h10 Discussion

16h10 Visite des stands (clinique, génétique, imagerie, modèles, etc.)

17h00 Intervenir

  • 17h00 - 17h15 Le projet européen AIMS-2-Trials et les essais thérapeutiques

Eva Loth, maître de conference, King’s College, Londres
Richard Delorme, chef du service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert Debré

  • 17h15 - 17h25 Discussion
  • 17h25 - 17h45 Les partenaires

Samuel Le Bihan et Florent Chapel, Autisme Info Service
Marion Leboyer, Fondation FondaMental
Danièle Langloys, Autisme France

17h45 La stratégie nationale autisme et les troubles du neurodéveloppement.

Claire Compagnon, déléguée interministérielle Stratégie nationale pour l’autisme

17h55 Conclusion

Thomas Bourgeron
Erik Orsenna

18h00 Cocktail et visite des stands

Informations pratiques

Inscription obligatoire ici
 
Nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence en vous inscrivant au plus tard le 22 mars 2019 (dans la limite des places disponibles).
Une pièce d’identité ainsi que le justificatif de votre inscription vous seront demandés à l’accueil.
 

Télécharger le programme.

25 février 2019

Assistant projet de vie: nouveau métier dédié au handicap ?

article publié sur Handicap.fr

Testé dans 3 régions, l'Assistance au projet de vie est un dispositif innovant qui renforce le pouvoir d'agir des familles concernées par le handicap. Bientôt un nouveau métier pour les aider à accéder facilement à l'ensemble de leurs droits ?

30 juillet 2018 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

Illustration article

Besoin de l'appui d'un professionnel pour construire un projet de vie choisi et faciliter le parcours des familles et des aidants concernés par le handicap, qui tienne vraiment compte des attentes des bénéficiaires ? Ce dispositif innovant existe ; il s'appelle « assistance au projet de vie ». Depuis deux ans (2016-2017), plus de 300 familles bénéficient d'un APV au sein de cinq associations adhérentes de Nexem, principale organisation professionnelle des employeurs du secteur social, médico-social et sanitaire, en partenariat avec Klesia et l'Ocirp.

Familles face aux difficultés

Sa mise en œuvre a été motivée par le constat suivant : les familles concernées par le handicap rencontrent d'énormes difficultés pour construire le parcours de vie de leur enfant ou proche et trouver les accompagnements adaptés. Même si la loi du 11 février 2005 place au cœur du dispositif de compensation la formulation du projet de vie de la personne handicapée, les familles se retrouvent souvent démunies. Ce nouveau service de proximité propose donc de mobiliser localement tous les accompagnements adaptés dans le droit commun avec le soutien du secteur spécialisé. Il ne se substitue pas pour autant aux bénéficiaires dans les démarches. Son appui correspond à une assistance à la maîtrise d'ouvrage, qui favorise les coopérations avec les acteurs du territoire. « L'APV s'adresse à l'enfant et aux parents en même temps, explique une maman. C'est toute la famille qui est prise en compte. C'est très différent des autres interlocuteurs que l'on peut rencontrer qui sont centrés sur l'enfant. »

Des demandes multiples

Les demandes sont multiples : avoir une information sur une procédure, connaître les ressources disponibles, mieux comprendre un document administratif. D'autres souhaitent être conseillés pour préparer un dossier MDPH en vue d'une ouverture de droit. La majorité des demandes concerne la mobilité, la scolarité, l'insertion professionnelle, les loisirs ou encore l'hébergement. L'appui se fait dans la durée. « Quand on est parent, on souhaite que son enfant puisse choisir et prendre ses décisions, mais on ne sait pas comment s'y prendre, témoigne une autre famille. L'APV a permis à mon fils de choisir une orientation professionnelle. Il a pu visiter plusieurs ateliers dans lesquels il pourrait faire un stage et le fait d'avoir été sur place et d'avoir vu concrètement comment ça se passait, va l'aider à décider. En fait, l'APV accompagne à choisir. »

Un métier à part entière

Complémentaire de l'offre existante, ce dispositif a été testé sur sept territoires dans trois régions, soutenu par trois agences régionales de santé (Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur). Même si 85% des bénéficiaires ont un handicap mental ou cognitif et 57% sont âgés de 7 à 20 ans, il s'adresse à tous. Après deux ans d'observation, les chercheurs du laboratoire ACTé rattaché à l'Université Clermont Auvergne, ont fait le bilan de cette expérience (résultat en lien ci-dessous). Selon eux, l'APV peut être considéré comme un nouveau métier, qui réclame une formation spécifique, la création ou le recyclage d'outils, le développement de savoir-faire adaptés. En 2018-2019, le projet entre dans sa phase d'évaluation finale et de modélisation. À l'issue de l'étude d'impact, une démarche de certification ou de labellisation pourrait être engagée afin d'assurer la reconnaissance de ce dispositif. Son objectif, à terme, étant d'être déployé au niveau national.

© kerkezz/Fotolia

25 février 2019

Centre autisme de Tours : 50 ans au service des enfants

article publié sur la Nouvelle République

Publié le 21/02/2019 à 04:55 | Mis à jour le 21/02/2019 à 15:57

Professeur de pédopsychiatrie et de physiologie, Frédérique Bonnet-Brilhaut dirige le centre de pédopsychiatrie du CHRU de Tours depuis 2011. Elle succède aux Pr Gilbert Lelord, Dominique Sauvage et Catherine Barthélémy.

Professeur de pédopsychiatrie et de physiologie, Frédérique Bonnet-Brilhaut dirige le centre de pédopsychiatrie du CHRU de Tours depuis 2011. Elle succède aux Pr Gilbert Lelord, Dominique Sauvage et Catherine Barthélémy.
© Photo NR

Le centre universitaire de pédopsychiatrie, référence nationale en matière d’autisme, a 50 ans. Retour sur cinq décennies de recherches et de soins.

Retour avec le Pr Frédérique Bonnet-Brilhaut, à la tête du centre de pédopsychiatrie du CHRU de Tours depuis 2011, sur l’histoire du centre tourangeau, qui est intimement liée avec celle de l’autisme.

Le centre universitaire de pédopsychiatrie a 50 ans. Il est devenu centre expert en matière d’autisme. D’où est-on parti ?

« On partait d’un contexte français un peu particulier, d’absence de prise en charge et de recherche dans le domaine. Le professeur Lelord, qui faisait partie des pionniers à l’échelle internationale, a initié des recherches et des prises en charge qui n’existaient absolument pas alors. On partait de cette hypothèse fausse que l’enfant se protégeait de la relation, et le Pr Lelord a été parmi les premiers à montrer que c’était vraiment des particularités dans le développement de l’enfant qui faisait que les systèmes qui nous permettent d’entrer en relation avec les autres ne se développaient pas, indépendamment de la relation maternelle. »

A Tours, recherche et soins ont toujours été liés ?

« C’est l’ADN du centre depuis 50 ans. Les idées de recherche viennent de la clinique, et les avancées liées à la recherche sont immédiatement retransférées à la clinique, avec toujours le souci d’innover. Le centre est unique dans cette configuration de regrouper dans un même bâtiment des unités de diagnostic, d’intervention, et une équipe de recherche labellisée Inserm. C’est incarné physiquement : les structures et les personnes sont mixtes clinique et recherche. C’est l’aspect visionnaire qu’avait le Pr Lelord quand il a pensé ce service. »

Les familles sont aussi au cœur du fonctionnement du centre…

« Le partenariat avec les familles est avant tout dans le soin et les accompagnements. Les parents sont les principaux acteurs des interventions auprès de leur enfant : rien ne se fait sans les familles. Et pour celles et ceux qui sont intéressés, il peut aussi y avoir des partenariats dans une visée de recherche. Tous les ans, on organise une soirée parents-chercheurs où l’équipe Inserm communique sur les résultats de l’année, et on fait dans la même logique une lettre de la recherche. Nous transmettons ces connaissances aux parents pour leur donner des clefs pour faciliter la communication avec leur enfant ; de cela découle la continuité des soins. »
Malgré ces cinq décennies de recherche, l’autisme reste difficile à cerner. « C’est un sujet particulièrement complexe, et qui est profondément d’actualité, puisqu’on estime, pour toutes les formes d’autisme, que cela touche 1 % de la population. Cela recouvre des réalités cliniques extrêmement différentes, y compris des personnes avec des intelligences particulières, des potentialités, des talents, et d’autres formes où le handicap relationnel, les difficultés d’adaptation sont au premier plan. »

Que sait-on aujourd’hui ? Peut-on mieux aider ces enfants ?

« Scientifiquement, on sait qu’il y a à l’origine une composante génétique, probablement en interaction avec des facteurs d’environnement, et que cette interaction va impacter assez précocement le développement de l’enfant. On avance sur la compréhension des aspects très précoces du trouble du développement, et donc sur l’aspect plus précoce des interventions, qui est un facteur pronostic majeur. Actuellement, on décrit pour certains enfants des trajectoires d’évolution très positives, permettant une scolarité en milieu ordinaire, une insertion professionnelle, alors que parfois la sémiologie dans la petite enfance pouvait être assez significative. Cela ne concerne pas tous les enfants, mais on observe aujourd’hui 20 % de trajectoires très positives. »

Dans 50 ans, où en sera-t-on selon vous ?

« Si on se donne cette idée du gradian des connaissances entre d’où on est parti il y a 50 ans et aujourd’hui, je pense vraiment qu’on sera passé à l’étape de la prévention. Si on a vraiment compris très précocement ces éléments de trajectoires développementales, je pense qu’on pourra vraiment guider la trajectoire pour éviter l’apparition de symptômes trop sévères, prévenir l’apparition de ce qui peut générer la difficulté, ou une forme de handicap, tout en préservant ce qui relève de la richesse et la singularité. »


historique

Du préfabriqué au centre expert

> En 1969, les fondations de ce qui deviendra le centre universitaire de pédopsychiatrie sont posées : un préfabriqué matérialise le pavillon dédié aux enfants, jusqu’ici regroupés avec les femmes et les personnes âgées. Le Pr Lelord entame ses recherches sur l’autisme dans un laboratoire équipé d’un électro-encéphalogramme (EEG).
> En 1995, un bâtiment neuf est érigé sur le site de Bretonneau pour accueillir à la fois les activités cliniques (diagnostiques et thérapeutiques) et de recherche (UMR Inserm 1253, iBrain), constituant une plateforme unique en Europe.
> En 2007, le centre se dote d’une classe de primaire dédiée à la scolarisation des jeunes élèves avec trouble du spectre autistique externalisée à l’école George-Sand, et d’une classe interne de soutien à la scolarisation en milieu ordinaire.
> En 2010, une équipe dédiée au diagnostic et aux interventions précoces est formée, qui reçoit les enfants dès l’âge de 18 mois.
> En 2016, un atelier de techniques de remédiation cognitive est ouvert pour les adolescents et jeunes adultes.

17 février 2019

Personnes autistes -> Lancement du programme RAAFIQ à Rabat

Le programme vise à améliorer la qualité de la prise en charge de cette catégorie et à doter le Maroc d'une expertise nationale en matière de formation des formateurs et des professionnels. Ph : DR

Le programme vise à améliorer la qualité de la prise en charge de cette catégorie et à doter le Maroc d'une expertise nationale en matière de formation des formateurs et des professionnels. Ph : DR

Le programme de qualification des professionnels de la prise en charge des personnes autistes vise à assurer un accompagnement adéquat à cette catégorie, tout en assurant la formation du personnel des institutions de l'éducation, de la santé et du social œuvrant dans ce domaine, a indiqué, vendredi à Rabat, la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui.

Intervenant à l’occasion du lancement du programme national de qualification des professionnels de la prise en charge des personnes autistes, baptisé «Ressources et appui en autisme pour des familles et intervenants qualifiés (RAAFIQ)», Bassima Hakkaoui a souligné qu’il s’agit d’un programme de formation à dimension régionale et stratégique, le premier permettant aux différents acteurs concernés de disposer de méthodes et techniques d’intégration des personnes autistes conformément aux normes internationales de qualité, grâce à des encadrants ayant un savoir-faire et des expertises.

De même, elle a noté que son département envisage, à travers ce programme, de contribuer efficacement à l’amélioration de la qualité des services fournis à cette catégorie, par le biais d’une expertise nationale spécialisée en la matière et la formation des encadrants et des praticiens ayant une bonne maîtrise des méthodes et techniques reconnues sur l’échelle nationale dans le domaine d’intégration des personnes autistes, faisant savoir que l’Université internationale de Rabat se chargera de former 180 experts formateurs référents.

Le diagnostic réalisé par le ministère pour l’élaboration de la politique publique intégrée pour la promotion des droits des personnes en situation de handicapa mis la lumière sur les déficits dans les services offerts pour la prise en charge des personnes autistes, a-t-elle poursuivi.

L’enquête nationale sur le handicap 2014 a vivement préconisé l’amélioration de la qualité des prestations de service fournies au profit des personnes autistes, par le renforcement des capacités des professionnels praticiens concernés, a-t-elle indiqué.

Bassima Hakkaoui a, en outre, fait savoir que les travaux du 4e congrès international sur l'autisme, organisé les 29 et 30 avril 2014, ont recommandé d’inscrire la formation dans le domaine de la prise en charge de l’autisme parmi les priorités de la politique publique dans le domaine du handicap.

Dans ce sillage, elle a passé en revue plusieurs réalisations en matière de protection et de promotion des droits des personnes en situation de handicap telles que la mise en place d'une politique publique intégrée pour promouvoir les droits de cette catégorie et son plan d’action exécutif 2017-2021, la mise en place d'une série de services destinés à cette catégorie, dans le cadre du Fonds d'appui à la cohésion sociale, la réalisation de la deuxième enquête nationale sur le handicap (2014) et la promulgation de la loi-cadre 13.97 relative à la protection et la promotion des droits des personnes en situation de handicap.

Étalé sur une durée de trois ans, ce programme a pour objectif de former 180 experts formateurs référents, avec une moyenne de 60 cadres par an et fournir un appui à 3.600 participants locaux, à raison de 1.200 participants par an, répartis sur l’ensemble du territoire national.

Ce programme, le premier du genre au niveau régional, vise à améliorer la qualité de la prise en charge de cette catégorie et à doter le Maroc d'une expertise nationale en matière de formation des formateurs et des professionnels, en leur permettant d'utiliser des méthodes et des moyens modernes pour prendre en charge les personnes autistes.

Il tend également à développer une expertise nationale de haut niveau dans le domaine de l'autisme et la mettre à disposition du pôle social, des organismes de formation et des universités, mettre à niveau la formation du personnel des établissement éducatifs, sanitaires et sociaux œuvrant dans le domaine de la prise en charge de l’autisme, accompagner les familles concernées pour une bonne maîtrise des méthodes et techniques d’intégration de cette catégorie et capitaliser sur les résultats du programme de formation, en incitant les universités et les centres de formation continue à intégrer ce type de formation dans leurs strategies. 

17 février 2019

La course de l'Europe pour mettre en place des tests génétiques de l'autisme

article publié dans Médiapart

15 févr. 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot


De nombreux pays d'Europe tiennent compte de la demande croissante de tests génétiques pour les personnes autistes - et des considérations éthiques et scientifiques qui l'accompagnent.

 

Traduction d'un article de Spectrum News : Europe’s race to ramp up genetic tests for autism par Marta Zaraska 13 février 2019

Sur le même sujet, voir le point de vue de Thomas Bourgeron : Expliquer la «résilience» de l'autisme peut mener à de nouvelles thérapies Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Cela devrait mener à des traitements plus efficaces et à des mesures préventives, mais aussi entraîner une détresse inutile. Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles routes pour maintenir les résultats cliniques sévères à distance.

 © Spectrum News
© Spectrum News


Gabin Savard n'avait pas de mots. L'enfant de 2 ans était plein d'énergie mais ne parlait pas, et ses parents, Marylou et Laurent, devenaient de plus en plus anxieux. Gabin se développait plus lentement que son frère aîné, Sébastien. Les Savard se sont tournés vers les livres sur le rôle parental et les manuels de pédiatrie, mais ce qu'ils ont lu n'a fait qu'aggraver leur inquiétude. Ils ont fait part à plusieurs reprises de leurs préoccupations à leur pédiatre lors des examens réguliers. "Peut-être qu'il n'a rien à dire ?" plaisanta le docteur, insouciant. Laurent Savard, comédien bien connu en France, n'a pas vu l'humour.

Alors que Gabin ne parlait toujours pas à près de 4 ans, ses parents ont décidé de l'emmener voir un pédopsychiatre, qui a conclu que le garçon était autiste. Le diagnostic a contribué à expliquer le silence de Gabin, mais il a aussi soulevé de nouvelles questions : Les parents de Gabin pouvaient-ils ou devaient-ils faire quelque chose ? L'enfant parlerait-il un jour ? À quel genre de progrès ses parents pouvaient-ils s'attendre ?

Personne ne semblait avoir de réponses pour eux. Environ un an plus tard, toujours à la recherche d'aide, les Savard ont emmené Gabin pour une évaluation à l'hôpital universitaire Robert-Debré à Paris, spécialisé dans les maladies infantiles rares. Peu de temps après, ils ont reçu un appel : participeraient-ils à l'étude Paris Autism Research International Sibpair (PARIS), un projet international qui recrute des familles pour des tests génétiques ? Les Savard se sont inscrits à l'étude et ont fourni de nombreux tubes de salive et de sang. Et puis ils ont attendu - un an, deux, cinq. "Nous avions presque oublié que Gabin avait participé à cette étude, se rappelle Laurent Savard.

En 2012, les Savard ont finalement entendu le psychiatre Richard Delorme, qui supervise le projet avec le généticien Thomas Bourgeron. Delorme et ses collègues ont séquencé et analysé chaque partie de l'ADN de la famille et ont découvert que Gabin porte une mutation dans SHANK3 (SHANK3 est nécessaire pour que les neurones se connectent correctement, et Bourgeron l'a étudié en profondeur).

"Je me suis assis sur le lit, me demandant comment écrire "shank". Je pensais que c'était "rétréci", avec un "r" comme dans "Shrek", dit Laurent. "C'était un tsunami émotionnel. J'étais à la fois soulagé et, en même temps, j'ai reçu un coup à la tête quand le professeur Delorme m'a dit que cela signifiait un autisme très sévère."

Les mutations de SHANK3 sont présentes chez environ 0,7 % de toutes les personnes atteintes d'autisme et chez environ 2 % des personnes autistes et ayant une déficience intellectuelle. Mais aucun des parents de Gabin n'est porteur de la mutation, ce qui signifie qu'elle est survenue spontanément. Les mutations spontanées ont tendance à avoir des effets graves, et Gabin restera très probablement très peu verbal ; à 16 ans, il ne parle encore que quelques mots et ne sait ni écrire ni compter. Il est aussi souvent hyperactif et souffre de tics moteurs. D'un autre côté, il est un maître en patinage à roulettes, dit son père.

Laurent Savard a utilisé sa célébrité pour parler publiquement de l'autisme de son fils. Il dit que d'autres parents d'enfants autistes lui demandent souvent conseil : par exemple, comment a-t-il réussi à obtenir un séquençage du génome entier pour son fils ? "C'était vraiment de la chance", dit-il. Gabin était au bon endroit au bon moment : par hasard, il a visité l'hôpital universitaire Robert-Debré au moment du recrutement de l'étude PARIS.

En France, environ deux tiers des enfants autistes subissent un test génétique, pris en charge par la sécurité sociale. C'est deux fois plus que ce qui se fait aux États-Unis, où les compagnies d'assurance ne couvrent généralement pas le coût des tests. La plupart des enfants français atteints d'autisme font l'objet d'un dépistage du syndrome de l'X fragile ou d'une " analyse chromosomique par microréseau ". Ce dernier test détecte les délétions ou duplications importantes d'ADN associées à l'autisme. Certains hôpitaux utilisent également des panels de gènes, en particulier pour les enfants présentant des caractéristiques graves, pour examiner un petit sous-ensemble des 99 gènes fortement liés à la condition. Mais ces tests ciblés donnent des résultats moins de 30 % du temps. Et en dehors d'une recherche, peu d'enfants autistes reçoivent quelque chose de plus complet.

Pour améliorer cette situation, quelques gouvernements européens canalisent des fonds vers l'augmentation du nombre de tests génétiques que leurs cliniques offrent régulièrement. Si Gabin était né aux Pays-Bas, par exemple, ses médecins auraient pu choisir de séquencer son exome, la partie codante des protéines de son génome. "Nous sommes vraiment dans une phase de transition. Plutôt que de tester un, deux, trois, trois, quatre gènes, tout le monde passe maintenant au séquençage de l'ensemble de l'exome ", explique Ype Elgersma, professeur de neuroscience moléculaire à l'Université Erasmus à Rotterdam.

Patinage à Roulettes dans le parc des Buttes-Chaumont © Spectrum News
Patinage à Roulettes dans le parc des Buttes-Chaumont © Spectrum News

Maîtrise en patinage : Gabin Savard a participé à une étude génétique environ un an après avoir reçu un diagnostic d'autisme à l'âge de 4 ans.

De même, la France et le Royaume-Uni ont lancé des plans ambitieux pour construire des installations de séquençage, créer des bases de données et intégrer les résultats des tests génétiques dans les soins de santé standard. En octobre, le Royaume-Uni a annoncé son intention de séquencer 5 millions de génomes au cours des cinq prochaines années. Le champ d'application du Plan 2025 pour la médecine génomique en France est plus restreint, mais M. Bourgeron affirme qu'il aidera à établir le bien-fondé d'un séquençage régulier de l'ensemble des génomes de l'homme. Les deux projets peuvent offrir aux personnes autistes plus d'occasions de se faire dépister. En janvier, par exemple, 13 centres au Royaume-Uni ont commencé à offrir le séquençage du génome entier aux personnes atteintes de cancer et de maladies inexpliquées, dont l'autisme.

Cette évolution vers le dépistage génétique s'inscrit dans le cadre d'un changement d'attitude à l'égard de l'autisme en Europe. Il y a une dizaine d'années, le continent se concentrait principalement sur les questions sociétales liées à l'autisme, telles que les droits et l'accès, explique Zsuzsanna Szilvasy, présidente d'Autisme-Europe, un groupe de défense de l'autisme qui regroupe 38 pays. "Entre les États-Unis et l'Europe, il y avait une énorme, énorme différence." Aujourd'hui, cependant, l'Europe met l'accent sur les services génétiques - en partie en réponse aux demandes des parents.

Au fur et à mesure que ces pays développent le dépistage génétique de l'autisme, leurs efforts pourraient offrir des leçons pratiques à d'autres régions. Les tonnes de données qu'ils recueillent pourraient également aider les scientifiques à établir un lien entre un plus grand nombre de variantes génétiques et l'autisme, ce qui rendrait le dépistage génétique plus utile pour tous.

Difficultés de croissance

D'une certaine manière, l'Europe a été le leader dans le domaine des tests génétiques de dépistage de l'autisme. L'Union européenne, de concert avec des partenaires industriels et institutionnels, a investi massivement dans une collaboration appelée EU-AIMS, la plus importante subvention unique au monde pour la recherche sur l'autisme. La première phase du projet, qui s'est déroulée d'avril 2012 à mars 2018, visait entre autres à identifier les biomarqueurs de l'autisme ; la phase suivante, AIMS-2-TRIALS, lancée en juin, est axée sur le développement et l'essai de thérapies. "Dans un an ou deux, nous aurons un site Web avec accès à toute l'information génétique de ce projet ", dit M. Bourgeron, qui supervise la recherche génétique de l'initiative.

Le Conseil de l'Europe, organisation de défense des droits de l'homme comptant 47 États membres, a été le premier au monde à rédiger des lois sur les tests génétiques. Ce document, la Convention sur les droits de l'homme et la biomédecine, ou Convention d'Oviedo en abrégé, a vu le jour en 1997 - plusieurs années avant que les États-Unis ne rédigent une loi semblable. Le document reconnaît le droit d'une personne de connaître ses antécédents génétiques, interdit la discrimination fondée sur ces motifs et introduit le droit au conseil génétique.

Un traité de suivi de 2008 a fait plusieurs ajouts, dont l'interdiction des tests génétiques destinés directement aux consommateurs pour les variantes associées à des problèmes de santé. Au cours de la dernière décennie, 29 pays européens ont ratifié la convention en droit national et 5 ont ratifié le traité de suivi. L'an dernier, 19 États membres de l'Union européenne ont signé une déclaration pour partager les données génomiques sur la santé au-delà des frontières internationales, dans le but de séquencer 1 million de génomes d'ici 2022.

En dépit de ces engagements, il n'existe cependant pas de lois valables dans toute l'Europe. Ce manque d'uniformité dans la réglementation a laissé les professionnels de la santé dans l'incertitude quant à la façon d'accélérer le dépistage génétique de l'autisme ou d'autres troubles. En Suède - qui a signé la Convention d'Oviedo mais ne l'a pas ratifiée - les médecins de certaines régions ordonnent des tests complets et ceux d'autres, aucun. "La situation est très différente d'un bout à l'autre du pays ", explique Kristiina Tammimies, professeure adjointe de neuropsychiatrie à l'Institut Karolinska à Stockholm.

Gabin et son père Laurent dans le parc près de leur maison à Paris. © Spectrum News
Gabin et son père Laurent dans le parc près de leur maison à Paris. © Spectrum News

Demande d'urgence : Laurent Savard, le père de Gabin et comédien bien connu en France, dit que beaucoup d'autres parents veulent que les génomes de leurs enfants soient séquencés.


En Allemagne aussi, les tests peuvent varier selon le laboratoire qui effectue l'analyse. Le service de santé allemand paie pour séquencer jusqu'à 25 kilobases, ou cinq à sept gènes, pour toute condition, y compris l'autisme. Les généticiens cliniciens envoient souvent des échantillons de sang aux laboratoires sans préciser quels gènes devraient être testés. Les laboratoires examinent des milliers de gènes et suggèrent ensuite des gènes pertinents aux médecins, qui ne facturent le gouvernement ou l'assurance maladie que pour cet ensemble. "Chaque laboratoire de diagnostic prépare sa propre soupe ", déclare Johannes Lemke, directeur de l'Institut de génétique humaine de l'hôpital universitaire de Leipzig. Tout clinicien souhaitant avoir plus de séquençage, comme l'exome ou le génome entier, doit faire une demande d'accord préalable, qui est accordée dans moins de 10 % des cas. "Ça ne vaut presque pas la peine de postuler", dit Lemke.

En Autriche, le gouvernement ne paie pas pour les tests génétiques de dépistage de l'autisme. "Je suis contacté par de nombreux parents frustrés. Ils m'appellent ; ils m'écrivent ; ils me disent : " Vous savez, nous avons entendu parler des tests génétiques ; nous voulons le faire - si vous pouvez le faire, nous pouvons payer ". « Mais je dois toujours décliner ", dit Gaia Novarino, chef de groupe à l'Institut autrichien des sciences et de la technologie. Novarino et ses collègues essaient d'obtenir le financement du gouvernement ou des compagnies d'assurance pour commencer à offrir des tests génétiques à Vienne. "Le meilleur scénario serait que tout enfant qui entre à la clinique pour un diagnostic d'autisme ou au service de neuropsychiatrie pédiatrique soit soumis presque automatiquement à un test génétique ", dit-elle. "Ce serait mon rêve."

Mais la situation en Espagne suggère que le financement n'est qu'un obstacle parmi d'autres. Bien que le gouvernement espagnol prenne en charge le coût des tests génétiques de dépistage de l'autisme, seule la moitié environ des enfants autistes se voient offrir un test, selon une étude réalisée en 2017. De cette moitié, seulement 25 %environ choisissent l'analyse par microréseaux. Cela peut s'expliquer par le fait que peu de cliniciens et de familles en Espagne sont au courant des avantages des tests. Une autre analyse effectuée en 2017 a montré que seulement 2,5 % des neuropédiatres espagnols ont commandé le séquençage du génome entier d'un enfant dont ils ont la charge et dont ils soupçonnent une maladie génétique.

"Le meilleur scénario serait que tout enfant qui entre à la clinique pour un diagnostic d'autisme soit soumis presque automatiquement à un test génétique." Gaia Novarino

Préoccupations relatives à la protection de la vie privée

Même lorsque les cliniciens et les familles sont au courant des tests disponibles et que les coûts sont couverts, ils peuvent tout de même éviter les tests parce qu'il y a confusion quant à ce qu'il faut faire avec les résultats. L'équilibre entre le droit à la vie privée d'un individu et l'incitation à divulguer les résultats génétiques varie énormément d'un pays à l'autre, en partie grâce aux différences culturelles. Des positions extrêmes de part et d'autre ont des conséquences dramatiques sur la façon dont les médecins et les familles abordent le dépistage génétique.

Au Royaume-Uni, le Joint Committee on Genomics in Medicine recommande que les personnes recevant les résultats de tests génétiques les partagent avec les parents qui pourraient tirer un bénéfice de leur connassance - y compris, par exemple, des membres de la famille ayant une propension aux maladies cardiaques ou à un cancer particulier. Si les receveurs choisissent de ne pas divulguer leurs résultats, le comité encourage les médecins à communiquer eux-mêmes avec les membres de leur famille, même sans le consentement explicite de leur patient. De nombreux professionnels de la santé britanniques affirment qu'ils préféreraient préserver le caractère confidentiel des résultats d'un patient, mais qu'ils craignent également d'être tenus responsables de négligence s'ils ne révèlent pas les risques potentiels aux membres de leur famille.

La France va encore plus loin dans cette voie : selon une loi de 2011, les citoyens français ont l'obligation légale de divulguer à leurs proches toute "anomalie génétique grave" associée à une maladie grave, à condition que des mesures préventives ou thérapeutiques soient possibles. Mais les chercheurs se demandent encore quelles sont les mutations qui devraient relever de cette loi.

Les résultats des tests génétiques sont encore moins privés en Suisse et aux Pays-Bas, ce qui permet aux assureurs de tenir compte de ces informations lors de l'élaboration de polices d'assurance-vie. En Norvège, les personnes atteintes de certaines mutations génétiques, dont certaines associées à l'autisme, peuvent avoir à payer davantage pour une assurance maladie privée. Bien que seulement 9 % des parents d'enfants autistes dans ce pays se disent opposés au dépistage génétique, 67 % d'entre eux craignent que leurs enfants soient victimes de discrimination en matière d'assurance.

En revanche, l'Allemagne prend la confidentialité tellement au sérieux que les médecins ne peuvent pas discuter des résultats d'un enfant, même avec ses autres médecins, sans le consentement écrit de ses parents. "Parfois, c'est vraiment trop restrictif pour la journée de travail pratique et la routine ", dit Lemke. Lemke attribue à l'histoire - et aux puissants souvenirs de l'eugénisme nazi pendant la Seconde Guerre mondiale - les lois strictes de l'Allemagne. "Nous voulons vraiment nous assurer que c'est vraiment strictement réglementé et que rien ne peut aller de travers ", dit-il.

Suite à la Convention d'Oviedo, la plupart des nations européennes ont adopté des lois pour protéger leurs citoyens de la discrimination génétique. La Grèce est même allée jusqu'à amender sa constitution pour y inclure des protections claires. Certains pays, comme la France et le Portugal, interdisent aux compagnies d'assurance d'utiliser les résultats génétiques pour fixer les primes. D'autres, comme le Royaume-Uni, ont une " loi non contraignante " : Depuis 2001, le gouvernement britannique a rédigé des lignes directrices périodiques sur les renseignements génétiques que les compagnies d'assurance peuvent demander aux consommateurs.

"Nous sommes vraiment dans une phase de transition. Tout le monde passe maintenant au séquençage complet." Ype Elgersma

Il y a place à l'amélioration

Pour tirer pleinement parti des avantages des tests génétiques, il faut, selon les experts, davantage de lignes directrices, une normalisation entre les pays, plus de financement et une plus grande sensibilisation des professionnels de santé. Il existe plusieurs nouvelles initiatives en Europe qui pourraient rendre le dépistage des personnes autistes plus cohérent sur l'ensemble du continent.

Par exemple, en 2013, le Conseil européen de génétique médicale a lancé un système d'enregistrement des conseillers en génétique à l'échelle du continent et a commencé à offrir des directives professionnelles à ses membres inscrits. Seuls quelques pays, comme la France et la Norvège, disposent déjà de lois réglementant ce type de travail, bien qu'en Allemagne et en France, le conseil génétique soit une pratique courante pour tous ceux qui subissent un test. (À titre de comparaison, aux États-Unis, seulement 24 % des enfants diagnostiqués autistes consultent un conseiller en génétique.)

De nombreux centres de génétique empruntent également les lignes directrices publiées par l'American College of Medical Genetics and Genomics dans des situations pour lesquelles ils n'en ont pas. Par exemple, l'institution de Lemke s'appuie sur ces recommandations pour décider quoi faire des résultats " fortuits " d'un test - qui peuvent prédire d'autres problèmes médicaux ou indiquer une paternité. "Nous avons quelque chose sur quoi nous pouvons nous appuyer", dit Lemke.

En outre, le réseau européen de référence Ithaca, financé par l'UE - un groupe de 38 laboratoires et centres médicaux accrédités spécialisés dans la déficience intellectuelle et les malformations congénitales - tente de diffuser des lignes directrices et autres ressources aux cliniciens et aux familles. Des experts sont disponibles pour des consultations par le biais des systèmes de télésanté. Le réseau tente également d'ouvrir l'accès au séquençage du génome entier et du génome entier à travers le continent. Selon Elgersma, le réseau est censé uniformiser les règles du jeu, en assurant que "si vous avez une maladie rare aux Pays-Bas, vous n'avez pas beaucoup plus d'avantages que si vous avez cela en Roumanie".

Gabin à la maison avec son père Laurent à Paris. © Spectrum News
Gabin à la maison avec son père Laurent à Paris. © Spectrum News

Trouver des réponses : Le séquençage du génome a révélé que Gabin a une mutation dans SHANK3, ce qui explique son autisme.

Tous ces pays sont contraints de tenir compte de la demande croissante de tests génétiques, en grande partie de la part des parents d'enfants atteints de maladies rares. Pour Gabin, les résultats de la séquence de l'ensemble de son génome ont complètement changé la vision de sa famille sur son autisme. Laurent Savard dit qu'il a pleuré après avoir appris la mutation de son fils, mais cela l'a aussi rendu optimiste quant aux progrès scientifiques. "Immédiatement après, j'ai lu sur Internet que les souris présentant des mutations dans SHANK3 étaient devenues typiques après un traitement moléculaire ", dit-il. "J'imaginais alors que Gabin deviendrait un jour typique, parlant, me racontant ce qu'il vivait à l'intérieur."

Savard sait qu'il y a un énorme fossé entre les études sur les animaux et les thérapies pour les humains, mais il est toujours optimiste. Dans son livre "Gabin Sans Limites" de 2017, Savard écrit : "Peut-être que Gabin rattrapera le temps perdu... Il nous noyera dans un flot de mots. Nous le réveillerons même au milieu de la nuit pour le seul plaisir de l'entendre parler."

Pour l'instant, M. Savard présente une comédie humoristique pour sensibiliser les gens à l'autisme et au potentiel de la recherche génétique. Le spectacle s'intitule "Le Bal des Pompiers" d'après les danses des casernes de pompiers qui se déroulent dans toute la France le 13 juillet - la veille du jour de la Bastille et, par coïncidence, de l'anniversaire de Gabin. Pour défendre les droits de Gabin, il dit : "L'humour est la meilleure arme."

Traduction par Deeple revue

Cet article fait partie d'une série de 3 sur Spectrum News (le 3ème à paraître le 17 avril)

15 février 2019

Troubles du spectre de l'autisme: déploiement d’un nouveau programme de soutien

article publié dans Le Soleil


déploiement nouveau programme québec

De gauche à droite, Jacynthe Bourassa, du CIUSSS-MCQ, coauteure de la seconde édition, Marie-Claude Hardy, psychoéducatrice et coauteure de la seconde édition, Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux et Lyne Girard, directrice générale adjointe au CIUSSS-MCQ.


Bécancour — Myriam Laurin est la fière maman d’une fillette de quatre ans. Quand la petite était bébé, les inquiétudes à son sujet ont commencé à se multiplier. Elle ne pleurait pas en recevant un vaccin, ne réagissait jamais à la douleur et ne regardait jamais ses parents. À mesure qu’elle avançait en âge, aucun livre ne l’intéressait. Au fil de consultations médicales, les mots «troubles du spectre de l’autisme» ont fini par faire surface.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a été très interpellé par l’histoire de Mme Laurin et de sa fillette parce que cette jeune maman a eu recours à un nouveau programme pilote très prometteur mis de l’avant par le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec. Les interventions, sur cette enfant et ses proches, ont débuté dès l’âge de deux ans. «C’est franchement exemplaire. C’est un modèle pour le reste de la province», a-t-il mentionné à l’occasion d’une conférence de presse annonçant le déploiement du programme Au-delà du TSA: des compétences parentales à ma portée qui se déroulait à Bécancour jeudi après-midi. Ce programme est en effet prêt à être déployé dans tous les régions du Québec. Le ministre Carmant indique que 200 000 $ seront dépensés annuellement à cet effet.

Après avoir suivi la partie pilote de ce programme, Mme Laurin s’avoue enchantée. «On trouvait qu’on apprenait beaucoup de choses et qu’on apprenait à mieux nous connaître nous-mêmes et à mieux connaître notre fille aussi», dit-elle.

Le programme se présente sous forme de cinq ateliers de groupes entrecoupés de rencontres individuelles. Ces ateliers, a constaté Mme Laurin, «ont suscité beaucoup de discussions, autant avec les intervenantes qui étaient avec nous qu’avec les autres parents. On pouvait voir leur réalité, notre réalité et comparer. On nous a donné de très bons trucs», dit-elle.

Le ministre Carmant rappelle qu’un enfant sur 68, au Québec, recevra un diagnostic de TSA. Le programme, dit-il, devrait donc toucher beaucoup de personnes. «Le but, c’est de mieux intégrer nos enfants et nos familles, intégrer les enfants qui n’ont pas un parcours neurotypique», dit-il.

Le programme vise à faire de la détection précoce et de l’intervention précoce, indique le ministre. «Et c’est pourquoi qu’avec le programme Agir tôt, on veut ajouter des professionnels pour que le programme soit déployé dans la province», dit-il.

La première version de ce programme est issue d’un projet de maîtrise de Marie-Claude Hardy, psychoéducatrice et première auteure et s’est amorcée en 2004. Il a été accompagné de recherches et d’expérimentations par l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et en TSA.

«Ma maîtrise correspond au moment où les centres de réadaptation ont eu le mandat de desservir la clientèle TSA. «J’ai pris conscience qu’il n’existait aucun programme, à ce moment-là, qui était offert de façon spécifique pour les parents d’enfants TSA. J’ai fait un sondage et développé les cinq ateliers», raconte-t-elle.

«C’est à la suite de la recherche qu’on a bonifié le programme. Puis on a fait une nouvelle édition qui, elle, est disponible pour tous les établissements», indique Jacynthe Bourassa, coauteure de la seconde édition. Les autres établissements du Québec sont invités à profiter de l’offre de formation de l’Institut universitaire en déficience intellectuelle et en TSA afin de déployer ce nouveau programme. Les CISSS et CIUSSS du Québec doivent identifier au moins deux intervenants ayant une expertise en TSA et les inscrire à cette offre de formation.

«Je tiens particulièrement à souligner l’apport des parents pour leur contribution inestimable», a tenu à souligner Mme Hardy.

14 février 2019

Europe's race to ramp up genetic tests for autism

 

Europe's race to ramp up genetic tests for autism

Gabin Savard had no words. The 2-year-old was full of energy but didn't speak, and his parents, Marylou and Laurent, were becoming increasingly anxious. Gabin was developing more slowly than his older brother, Sébastien, had. The Savards reached for parenting books and pediatrics textbooks, but what they read only deepened their worry.

https://www.spectrumnews.org

 

9 février 2019

La perception sensorielle chez les personnes autistes

 


La perception sensorielle chez les personnes autistes

La perception sensorielle est restée un champ où peu d'investigations ont eu lieux, bien que les modalités de fonctionnement des personnes autistes soient étudiées depuis le milieu des années 1940. Les premières études argumentées voient le jour au début des années 2000 et s'appuient sur les premiers témoignages de personnes autistes qui rendent compte de leur manière si particulière d'expérimenter le monde au travers d'une autre sensorialité.

http://comprendrelautisme.com

 

6 février 2019

Les enfants autistes sévères et leur place dans la recherche scientifique

 

Les enfants autistes sévères et leur place dans la recherche scientifique

Les problématiques des enfants autistes sévères sont peu abordées dans la recherche scientifique. Cela nuit à une meilleure compréhension de leurs comportements qui se manifestent souvent par de la violence à leur encontre ou envers autrui, réduisant leur qualité de vie quotidienne et de leur famille.

http://comprendrelautisme.com

 

5 février 2019

De nouvelles pistes pour expliquer l'autisme

Yann Verdo / JournalisteLe 02/02 à 14:00Mis à jour à 14:06
A l'Autism Behavorial Center, en Floride, un enfant de trois ans, atteint du syndrome d'Asperger, joue dans une piscine à balles. Un moment de détente faisant partie de sa thérapie pour l'aider à surmonter son trouble neurodéveloppemental. - Tampa Bay Times/ZUMA/REA

SCIENCES - Une étude française vient remettre en cause le modèle théorique dominant concernant les anomalies cérébrales à l'origine du fonctionnement mental atypique des personnes avec autisme. Mais la recherche n'en continue pas moins d'avancer…

Les progrès des neurosciences en général, et de l'imagerie cérébrale en particulier, permettront-ils un jour aux chercheurs de percer le mystère de l'autisme ? Bien malin qui pourra le dire. Le fait est que, à mesure que la prévalence de ce trouble neurodéveloppemental augmente inexorablement dans la plupart des pays développés (lire ci-dessous), les études se multiplient. Découvertes et hypothèses se succèdent à un rythme accru, ouvrant tantôt de nouvelles pistes, en fermant tantôt d'autres, remettant parfois en cause le peu que l'on croyait savoir...

Il y a deux ans, une étude parue  dans « Nature » et conduite par l'Américaine Heather Hazlett, du département de psychiatrie de l'université de Caroline du Nord, avait établi que les enfants dont le cerveau grossissait plus vite que la moyenne au cours de leur première année de vie avaient davantage de risques d'être diagnostiqués comme autistes à l'âge de deux ans.

Le fait que les enfants autistes aient souvent un cerveau plus volumineux que la moyenne avait déjà été décrit par le passé. Mais la cause de cette croissance cérébrale atypique, qui s'arrête brutalement au bout de quelques années, demeurait jusqu'ici une énigme. Celle-ci vient peut-être de trouver un début d'explication avec une nouvelle étude parue le 7 janvier dernier  dans « Nature Neuroscience » .

Leurs auteurs, dirigés par Simon Schafer du Salk Institute (La Jolla, Californie), se sont intéressés à la croissance des cellules nerveuses elles-mêmes. Pour ce faire, ils ont prélevé à des personnes autistes et non autistes des cellules de peau, avant de les transformer in vitro en cellules souches neurales - le « moule » dont sortiront, ensuite, tous les types de cellules nerveuses : neurones, cellules gliales (assurant la nutrition et l'entretien des neurones), etc. Ils ont constaté que les cellules nerveuses provenant de personnes souffrant d'autisme se développaient plus rapidement que celles des non-autistes, devenaient plus grosses, se dotaient d'excroissances plus élaborées.

Phénomène sous-jacent également mis en lumière par les chercheurs américains dans la même étude, les gènes responsables de cette neurogenèse s'expriment plus vite et plus tôt dans les cellules provenant de personnes autistes. La raison en serait liée à une différence au niveau de la chromatine, cette structure au sein de laquelle l'ADN se trouve empaqueté et compacté. Cette chromatine serait plus ouverte et plus facilement dépliable chez les autistes, accélérant d'autant le processus génétique responsable de la neurogenèse.

Connectivité

L'enquête progresse, donc... Mais il arrive aussi que les nouvelles études remettent en cause certaines théories laborieusement construites. C'est le cas de celle réalisée par une équipe de chercheurs français dans le cadre d'une collaboration entre la Fondation FondaMental, l'Inserm, l'institut NeuroSpin du CEA et l'hôpital Henri-Mondor, et dont les résultats remarqués ont été publiés en novembre dernier  dans la revue « Brain » .

Pour cette étude, les chercheurs ont pu bénéficier des données exceptionnellement complètes et détaillées de la cohorte InFoR-Autism, elle-même fruit d'une collaboration entre la Fondation FondaMental, l'Inserm et l'Institut Roche. Un autre atout décisif a été la récente mise au point, à NeuroSpin, d'un atlas modélisant très précisément, chez les non-autistes, les connexions dites à courte distance, reliant les neurones de zones adjacentes du cerveau.

Dans le cerveau, la couche de matière grise, constituée des neurones, surmonte une couche de matière blanche, formée par les faisceaux d'axones permettant aux neurones, proches ou distants, de communiquer entre eux. Les neuroscientifiques savent depuis quelque temps déjà que ce trouble neurodéveloppemental qu'est l'autisme est, essentiellement, un trouble de la connectivité.

Sur la foi de précédentes analyses d'imagerie, un modèle théorique s'était peu à peu imposé pour expliquer la spécificité du fonctionnement mental des autistes, et notamment leur moindre « cognition sociale », terme sous lequel les spécialistes regroupent des facultés telles que notre capacité à nouer et entretenir des relations sociales harmonieuses mais aussi à reconnaître et comprendre les sentiments et émotions de l'autre, c'est-à-dire notre empathie. Les faibles scores généralement obtenus par les autistes aux tests de cognition sociale auraient pour base anatomique, disait ce modèle théorique, un déficit de connexions longue distance, reliant deux à deux des zones éloignées du cerveau, déficit associé à un excès de connexions courte distance. En particulier, expliquait-on, la difficulté des autistes à appréhender une situation dans son ensemble et leur tendance à se focaliser sur des détails proviendrait d'une saturation d'informations traitées par leur cerveau, elle-même liée à cet excès de connexions courte distance.

Oui, mais voilà. Ce modèle explicatif ne résiste pas à une analyse plus poussée de la connectivité cérébrale des autistes. Pour l'étude parue dans « Brain », les chercheurs ont utilisé une méthode d'imagerie plus adéquate que celles précédemment employées : l'IRM de diffusion (IRMd), permettant de visualiser le déplacement des molécules d'eau le long de la gaine de myéline enveloppant les axones. « Il est alors possible, par un procédé mathématique appelé 'tractographie', de reconstituer très finement les trajets des faisceaux de matière blanche », explique Marc-Antoine d'Albis, psychiatre à Henri-Mondor et principal auteur de l'étude.

Un déficit à explorer

Or, si le déficit de connexions longue distance paraît acquis - il a été confirmé par une précédente étude de la même équipe -, il n'en va pas de même de l'excès supposé de connexions courte distance. En comparant leurs tractogrammes à l'atlas établi par les chercheurs de NeuroSpin, les auteurs de l'étude ont au contraire constaté un... déficit de connexions courte distance. Du moins s'agissant de 13 des 63 faisceaux répertoriés et modélisés dans l'atlas.

« La force de notre étude, c'est qu'elle montre une corrélation entre, d'une part, ce déficit de connexions courte distante et, de l'autre, le déficit de cognition sociale que l'on observe chez la plupart des personnes avec autisme », commente Marc-Antoine d'Albis. Reste que, comme il le dit lui-même, ce résultat n'est, à l'heure actuelle, nullement généralisable à tous les autistes, l'étude de « Brain » n'ayant porté que sur des adultes de sexe masculin et dits « autistes de haut niveau » parce que maîtrisant le langage. D'autres investigations seront à conduire, notamment sur les enfants, pour savoir si cette anomalie de la connectivité à courte distance est bien un trait spécifique de l'autisme, et non un simple effet de l'âge ne se rencontrant que chez les adultes.

5 février 2019

Autisme : un traitement précoce améliore nettement le langage et les fonctions cognitives

Les enfants autistes peuvent nettement améliorer leurs compétences linguistiques, cognitives et sociales grâce à une intervention précoce de qualité, dès l'âge de 18 mois. C’est ce que démontre une étude contrôlée réalisée sur plusieurs centres.

Autisme : un traitement précoce améliore nettement le langage et les fonctions cognitives
KatarzynaBialasiewicz/istock


Publié 04.02.2019 à 16h37

Le modèle Early Start Denver (ESDM) est devenu une méthode de référence, utilisée aux États-Unis et dans le monde entier, pour corriger les troubles de l’autisme. Mais jusqu'à présent, l'ESDM n'avait pas été testé en dehors d’un seul centre et la méthode n’avait pas été restée dans un essai contrôlé impliquant plusieurs sites et comparant l'approche à des interventions classique sur l'autisme.

L'étude, publiée aujourd'hui dans le Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, démontre qu’il est possible d’appliquer la méthode ESDM en vie réelle et d’obtenir un bénéfice significatif sur le langage et les fonctions cognitives à condition de les appliquer dès l’âge de 18 mois.

Une reproduction des résultats antérieurs

La nouvelle étude révèle que les enfants bénéficiant d’une méthode ESDM intensive, 15 heures en moyenne par semaine, ont des gains linguistiques beaucoup plus importants que les enfants participant aux interventions classique en communauté, et cela est vrai à la fois chez les enfants qui ont des retards importants et à la fois chez ceux dont le retard est moins important.

En plus de valider l'efficacité de l'ESDM pour le développement du langage, l'étude révèle également que les enfants bénéficiant des techniques classiques en milieu communautaire ont des gains importants dans plusieurs domaines si ils sont appliqués dès l’âge de 18 mois.

Le traitement précoce de l'autisme est une nouvelle idée

La différence entre l’ESDM et les interventions comportementales plus traditionnelles utilisées chez les enfants autistes est qu’elle combine des approches développementales et comportementales et qu’elle s’effectue au quotidien. L’ESDM est construite sur des interactions instantanées que les jeunes enfants ont généralement avec d’autres personnes, en particulier leurs parents, et utilise les intérêts et les activités préférées des enfants pour assurer des interactions sociales intéressantes et amusantes.

« Contrairement aux autres approches populaires au moment du lancement du modèle de Denver, nous avons utilisé un environnement typique des enfants d'âge préscolaire et mis l'accent sur les possibilités d'apprentissage offertes par les interactions sociales entre enfants et adultes pour accélérer le développement des enfants », a déclaré le Professeur Dally Rogers, du MIND Institute à Denver.

Une étude qui valide la technique dans plusieurs centres

L’étude a inclut 118 enfants autistes, âgés de 14 mois à deux ans, qui ont été tirés au sort entre, soit des interventions de type ESDM, soit des interventions classiques communautaires, pendant 27 mois. Les enfants assignés à l’intervention de type ESDM ont bénéficié d'un accompagnement hebdomadaire de trois mois suivi d'un traitement individuel d'une durée de 24 mois, environ 15 heures par semaine, dispensés par des assistants de thérapie supervisés dans des foyers ou des structures de garde. Les parents recevaient un coaching quatre heures par mois d'un thérapeute certifié ESDM. En milieu communautaire, les heures de traitement variaient selon les sites.

Les chercheurs ont montré que sur deux des trois sites, les enfants bénéficiant de l’ESDM étaient nettement plus performants que les enfants participant aux interventions classiques communautaires, même si le gain de langage sur le troisième site (qui était important) ne différait pas significativement entre les deux modalités. Lorsque les résultats des trois sites ont été regroupés, il y avait un avantage significatif pour les enfants du groupe ESDM.

Importance de l’intervention précoce sur le langage

« Le langage est la passerelle vers l'apprentissage », a déclaré Sally Rogers. « Le langage est la porte qui ouvre la communication sociale, l'éducation et les interactions avec les gens de votre communauté. C’est comme ça que vous partagez avec les gens. C’est le principal vecteur d’interaction sociale une fois que vous avez passé l’enfance ».
L'étude a également révélé, qu'en termes de cognition et d'aptitudes sociales, les groupes de traitement ESDM et de traitement en communauté ont réalisé des gains importants quand ils sont délivrés précocement. L’enjeu est donc d’aider les familles à bénéficier très tôt de ces techniques pour de jeunes enfants atteints d'autisme.

Un changement des pratiques

L'idée est donc que les enfants autistes qui reçoivent un traitement précoce de qualité puissent obtenir autant de gain de langage et de développement cognitif que dans cette étude sur plusieurs centres. « Ces résultats devraient susciter beaucoup d'espoir pour les familles » a déclaré Sally Rogers.
En 2012, le magazine TIME a classé l'ESDM parmi les 10 percées médicales majeures, car ses travaux ont démontré que la fonction cérébrale chez les jeunes enfants autistes, beaucoup plus plastique qu’on ne le pense, peut se normaliser de manière durable et profonde avec une intervention précoce efficace.

30 janvier 2019

Enfants autistes : la professeure Claudine Jacques contribue à une découverte importante

article publié sur uqo.ca

La professeure Claudine Jacques, du Département de psychoéducation et de psychologie, collabore avec une équipe de chercheurs qui ont fait une découverte importante qui pourra orienter les pratiques éducatives.

 

Madame Jacques en collaboration avec l’équipe du projet Une autre intelligence ont mené une étude auprès de jeunes enfants autistes dont les résultats ont une grande importance.

Cette étude a en effet démontré que les comportements répétitifs des enfants autistes ne nuisent pas à l’exploration d’objets. La réalisation de cette recherche, qui vient d’être publiée dans la revue académique spécialisée PLoS one, n’aurait pas été possible sans le soutien financier accordé par l’Institut de recherche canadien en santé et la Chaire de recherche Marcel et Rolande Gosselin en neurosciences cognitives fondamentales et appliquées du spectre autistique de l'Université de Montréal à l'Hôpital Rivière-des-Prairies et à l'Hôpital Sainte-Justine, du professeur Laurent Mottron.

C’est en partant d’observations menées dans son rôle de psychoéducatrice que la professeure Jacques a constaté que les comportements répétitifs des jeunes enfants autistes semblaient avoir une valeur adaptative - un point de vue encore marginal dans ce secteur de recherche, il y a de cela une décennie.

Elle a donc eu l’idée d’élaborer une situation de jeu riche et novatrice qui, tout en laissant le jeune enfant autiste manifester des comportements répétitifs, permettait d’observer l’exploration qu’il faisait de son environnement. D’abord, il était nécessaire d’identifier les objets d’intérêts des enfants autistes qui composeraient cette nouvelle situation et les comportements répétitifs qui seraient documentés, ce qui s’est effectué en sondant un large groupe de professionnels experts en autisme. Ensuite, il fallait déterminer le type de jeu permettant à l’enfant autiste d’explorer une multitude d’objets d’intérêts présentant des propriétés perceptives et informatives sans contraintes et sans que les comportements répétitifs soient interrompus.

La professeure Claudine Jacques, du Département de psychoéducation et de psychologie


C’est ainsi qu’a vu le jour la Situation de stimulation de Montréal d’une durée de 30 minutes, composée de 40 objets d’intérêts des jeunes enfants autistes (p.ex. lettres et chiffres magnétiques, livres, objets avec du mouvement) et de périodes de jeu avec différents niveaux de directivité (libre, semi-libre et semi-structurée). Une grille de cotation comprenant une liste de 48 comportements répétitifs (p ex. courir de long en large, crispation des doigts, sautillement) a également été élaborée. La phase d’expérimentation est passée par l’exposition à cette situation de 49 enfants autistes qui étaient comparés à 43 enfants typiques, tous âgés entre 20 et 69 mois. Chaque situation était filmée et ensuite cotée par deux assistantes de recherche à l’aide d’un logiciel d’observation.

Sans surprise, cette étude a montré une fréquence et une durée plus élevées de comportements répétitifs chez le groupe d’enfants autistes, plus particulièrement pour les maniérismes des mains, les explorations visuelles et les mouvements des mains, un résultat maintes fois répliqué dans la littérature. Toutefois, le résultat majeur est que les enfants autistes ne se différenciaient pas des enfants typiques dans la fréquence et la durée d’exploration des objets de la situation. De plus, les enfants autistes avaient un intérêt plus marqué pour certains objets associés à la littératie (dictionnaire imagé, livres, lettres et chiffres magnétiques).

Cette étude démontre que lorsque les enfants autistes sont exposés à un contexte stimulant et intéressant pour eux, qui offre la possibilité d’explorer du matériel varié et complexe, l’adoption de comportements répétitifs ne se fait pas au détriment de l’exploration de leur environnement. Il n’y a donc pas lieu de les supprimer tant qu’ils n’ont pas un effet délétère.

 

Le 25 janvier 2019

21 janvier 2019

Des cellules souches pour comprendre le développement de l’autisme

article publié sur le site de Radio Canada

Publié le vendredi 18 janvier 2019 à 20 h 55
Mis à jour le 20 janvier 2019 à 3 h 12

Le système neuronal des personnes atteintes du spectre de l'autisme se développerait à un rythme plus rapide, selon une étude. Photo: iStock
Renaud Manuguerra-Gagné

En utilisant un type bien spécial de cellules souches, des chercheurs ont réussi à observer que, dans certains cas, des neurones provenant de personnes atteintes d'autisme se développent et croissent à un rythme accéléré. Cette avancée pourrait fournir de nouveaux outils diagnostiques et de nouvelles cibles thérapeutiques.

L’autisme est un trouble neuro-développemental particulièrement difficile à étudier. Il en existe plusieurs formes et les personnes atteintes ne seront pas toutes affectées de la même manière.

De plus, même si certains travaux ont suggéré qu’un surplus de connexions entre les neurones ou certains gènes pourrait avoir un rôle à jouer, on ne sait pas à quel moment du développement se déroulent certaines des étapes cruciales menant à l’autisme.

Certains symptômes peuvent commencer à se manifester dès l’âge d’un ou deux ans, donc toute étude humaine pour déterminer les causes doit se faire de façon rétrospective, ce qui complique beaucoup la tâche des chercheurs.

Des scientifiques en recherche biomédicale ont réussi à voir que certaines différences apparaissaient dans les premiers stades du développement du cerveau, lors de la formation des neurones.

En recréant certaines étapes clés de la formation des neurones en laboratoire, ces chercheurs ont pu suivre en temps réel le développement neuronal et ainsi remarquer des détails qui étaient restés inaccessibles jusqu’à maintenant.

Grandir sous microscope

La technique utilisée par les chercheurs pour faire leurs observations nécessite ce qu’on appelle des cellules souches pluripotentes induites (CSPi).

Cette technique, mise au point pour la première fois en 2006, permet de transformer n’importe quelle cellule du corps en cellule souche, le matériau de base pour fabriquer tous les tissus et organes.

En réactivant certains gènes liés au développement embryonnaire dans une cellule de peau, cette dernière va alors redevenir immature et retrouver la possibilité de se différencier de n’importe quel type de tissu du corps.

Il ne reste ensuite aux chercheurs qu’à guider ces CSPi pour qu’elles deviennent des neurones qui s’interconnecteront les uns aux autres dans une structure tridimensionnelle miniature. Il est ainsi possible d’assister à toutes les étapes de leur développement en direct.

Suivre les différences à la trace

Les chercheurs ont récupéré des cellules de peau provenant de huit personnes autistes et de cinq personnes non atteintes. Ils les ont ensuite ramenées à l’état de cellules souches avant de stimuler le développement neuronal.

Ces derniers ont aussi récupéré les informations génétiques de ces cellules à cinq moments clés de leur développement, pour voir s’il y avait des différences entre les deux groupes.

L’équipe a alors remarqué que certains gènes nécessaires pour la formation des premiers neurones, des gènes qui avaient déjà été liés à l’autisme dans d’autres études, s’activaient plus tôt chez les personnes atteintes que chez les personnes du groupe de contrôle.

Cette activation précoce a poussé les neurones à se développer plus rapidement, à devenir plus gros et à former plus de connexions les uns avec les autres.

Étonnamment, lorsque les chercheurs contournaient ces premières étapes du développement et produisaient des neurones directement à partir de cellules de peau sans avoir recours au passage par la cellule souche, ces différences génétiques et physiques entre les deux groupes cessaient d’être détectables.

Cette découverte signifie que, dans certains cas du moins, les bases de l’autisme pourraient se mettre en place dès les premiers mois du développement embryonnaire.

Bien que la découverte ne puisse pas être appliquée à toutes les variantes du spectre de l’autisme, elle pourrait toutefois mener à une meilleure compréhension de certaines causes et permettre de développer de nouvelles approches diagnostiques ou d’éventuelles cibles de traitement pour les cas plus graves.

10 janvier 2019

Les recherches scientifiques sur l'autisme : 10 avancées majeures en 2018

 

Les recherches scientifiques sur l'autisme : 10 avancées majeures en 2018

Chaque année la revue de vulgarisation Spectrum News opère un classement des articles notables issus des recherches scientifiques sur l'autisme durant l'année passée. Cette année encore, ils ont demandé à des chercheurs d'évaluer les recherches scientifiques sur l'autisme les plus importantes, celles qui ont changé leur point de vue sur l'autisme ou sur la façon de le traiter.

http://comprendrelautisme.com

 

10 janvier 2019

Le lithium potentiellement efficace dans l'autisme

article publié dans Le quotidien du médecin

Betty Mamane

08.06.2016

 

Crédit Photo : PHANIE Zoom

Une équipe française a mis en évidence le potentiel thérapeutique du lithium chez une patiente atteinte d’un trouble autistique rare associé au gène SHANK3. Cette molécule, habituellement utilisée pour traiter les troubles bipolaires, a pu être identifiée grâce au criblage à haut débit de composés chimiques sur des neurones humains obtenus à partir de cellules-souches pluripotentes dont celles de la patiente traitée.

Ces travaux, publiés dans la revue « EBioMedicine », constituent une première étape vers une approche médicale plus personnalisée des personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Ils ont été menés sous la direction d'Alexandra Benchoua et Marc Peschanski au sein du laboratoire I-STEM (CECS/AFMTéléthon/INSERM), en collaboration avec les Pr Thomas Bourgeron (Institut Pasteur/Université Paris Diderot/CNRS) et Richard Delorme (hôpital Robert-Debré/AP-HP)*.

Une production de neurones humains in vitro

On estime qu’environ 1 à 2 % des enfants avec autisme et retard mental présentent une déficience du gène SHANK3, celle-ci étant responsable du syndrome de Phelan-McDermid (la très grande majorité des patients atteints de ce syndrome ont perdu un fragment du chromosome 22 portant une copie de SHANK3). La perte d’une des deux copies de SHANK3 cause une diminution de la quantité de la protéine SHANK3 et entraîne des atteintes principalement au niveau des synapses. Ces recherches visaient à identifier les médicaments susceptibles d’accroître l’expression du gène en activant la seconde copie toujours fonctionnelle. Toutefois, SHANK3 n’étant exprimé que dans les neurones, il a donc fallu, pour mener cette approche, produire in vitro des neurones humains portant les mutations des patients à traiter.

Les chercheurs ont ainsi développé un modèle de production de neurones humains à partir de cellules-souches pluripotentes. Celui-ci a permis de réaliser un criblage à haut débit de composés pharmacologiques afin de choisir ceux augmentant l’expression de SHANK3 dans les neurones et donc ayant le plus de chance d’être efficaces. Les composés identifiés ont ensuite été testés sur des neurones de patients porteurs de mutations SHANK3.

Une diminution encourageante du degré de sévérité de l'autisme

Parmi les 202 composés testés, le lithium et l'acide valproïque ont montré la meilleure efficacité en permettant de rétablir des niveaux corrects de SHANK3 et donc d’améliorer le fonctionnement des cellules neuronales. Une pharmacothérapie au lithium a ensuite été proposée à une des patientes pour laquelle le lithium avait prouvé son efficacité lors des tests in vitro pratiqués sur ses propres neurones. Après un an de traitement, cette étude pilote a permis de mettre en évidence chez la patiente une diminution encourageante du degré de sévérité de l’autisme.

Les chercheurs envisagent aujourd’hui la mise en place d’un essai randomisé en double aveugle pour confirmer ces résultats chez un plus grand nombre de patients atteints de ce trouble autistique lié aux mutations de SHANK3. Plus largement, la méthodologie utilisée pourrait ainsi ouvrir la voie à une médecine de précision pour des maladies psychiatriques ou neurologiques.

* Ces travaux ont été soutenus par le programme Investissements d’avenir, de l’Agence nationale pour la recherche, de la Fondation Bettencourt-Schueller, de la Fondation Conny-Maeva, de la Fondation Cognacq Jay, de la Fondation Orange, de la Fondation Fondamental, des laboratoires Servier ainsi que par l’AFM-Téléthon grâce aux dons du Téléthon.

En complément de l’article

Publicité
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Visiteurs
Depuis la création 2 429 148
Newsletter
Publicité
"Au bonheur d'Elise"
Archives
Publicité