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"Au bonheur d'Elise"
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12 août 2018

Hans Asperger, les nazis et l'autisme: une conversation à travers les neurologies

 

Hans Asperger, les nazis et l'autisme: une conversation à travers les neurologies

19 avril par Maxfield Sparrow et Steve Silberman À quel point Hans Asperger était-il complice des politiques eugénistes meurtrières du Troisième Reich dans son rôle de chef de la clinique des enfants de l'Université de Vienne dans les années 1930 et 1940?

https://blogs.mediapart.fr

 

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12 août 2018

L'ingénierie pédagogique boostée par l'apport des neurosciences

 

L'ingénierie pédagogique boostée par l'apport des neurosciences

Tribune de Anne Ambrosini Grâce aux multiples découvertes réalisées dans le champ des neurosciences, ce que nous comprenons des approches et méthodes pédagogiques renforce ou renouvelle notre manière de concevoir et de déployer les dispositifs de formation. Quels sont les piliers de l'ingénierie pédagogique du 21e siècle et comment les intégrer dans nos pratiques ?

https://www-docendi-com.cdn.ampproject.org

 

10 août 2018

La rationalité est-elle à géométrie variable? | Ramus méninges

 

La rationalité est-elle à géométrie variable? | Ramus méninges

Je suis toujours frappé de constater qu'une partie des commentateurs de mes écrits en ont des appréciations très contrastées en fonction du sujet. Certains approuvent ce que j'écris sur la psychanalyse, mais pas sur l'homéopathie ou d'autres pseudo-médecines. Certains approuvent ce que j'écris sur les pseudo-médecines, mais pas sur les différences entre les sexes.

http://www.scilogs.fr

 

7 août 2018

Expliquer la «résilience» de l'autisme peut mener à de nouvelles thérapies

7 août 2018
Par
Blog : Le blog de Jean Vinçot

Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Cela devrait mener à des traitements plus efficaces et à des mesures préventives, mais aussi entraîner une détresse inutile. Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles routes pour maintenir les résultats cliniques sévères à distance.

Explaining ‘resilience’ in autism may seed new therapies (Spectrum News)

par Thomas Bourgeron / 27 mars 2018

Thomas Bourgeron , Professeur , Université Paris DiderotIl y a quelques années, j'ai reçu un appel téléphonique de la mère d'un jeune autiste. Elle venait juste d'apprendre que son fils, âgé d'une vingtaine d'années, avait une mutation du gène SHANK3, l'un des gènes découverts par mon équipe chez certains autistes. J'ai été surpris par cette nouvelle car j'avais rencontré son fils et je l'avais trouvé beaucoup moins sévèrement atteint que la plupart des porteurs de ce type de mutation. Il pouvait communiquer verbalement et il avait fréquenté une école ordinaire.

Elle a expliqué que depuis qu'il était bébé, elle avait tout essayé pour stimuler son fils. Mais que si elle avait su au sujet de la mutation, a--elle avoué, "je ne me serais peut-être pas battu comme cela si j’avais su qu’il était porteur d’une mutation car combattre le génome, c'est impossible. "

Son commentaire m'a fait réaliser à quel point l’idée du «déterminisme génétique» est profondément enracinée. Cette idée implique que le résultat d'une mutation délétère ne peut pas être changé. En d'autres termes, si vous portez une telle mutation, il n'y a pas d'échappatoire ; votre destin est scellé.

Mais cette pensée est fausse. Et cela a inspiré mes recherches sur la résilience - la capacité à résister aux conséquences graves associées à une altération génétique délétère.

Au cours des 50 dernières années, nous avons constaté d'énormes progrès dans l'identification des gènes et des voies biologiques associés à l'autisme. Ce que nous ne comprenons toujours pas, cependant, est comment la même mutation peut avoir des résultats divergents. Dans de rares cas, des personnes de la population générale ou des apparentés de personnes autistes portent des mutations associées à l’autisme sans présenter les symptômes.

Comprendre comment ces individus résilients font face à des mutations délétères pourrait fournir des informations importantes sur la façon dont les antécédents génétiques spécifiques et les environnements contribuent à des différences majeures dans les trajectoires développementales et cliniques 1 .

Caractéristiques variées

L'architecture génétique de l'autisme est hétérogène. Chez certaines personnes, une seule mutation semble suffire à avoir un diagnostic d’autisme. Dans d'autres cas, l'autisme est probablement dû à l'effet additif de milliers de variants génétiques communs retrouvés dans la population générale, chacun ayant un faible effet.

L'identification des gènes associés à l'autisme a considérablement fait progresser notre connaissance des causes possibles de l’autisme. Ces gènes participent à la production des protéines, le remodelage du complexe protéine-ADN connu sous le nom de chromatine, et la capacité des jonctions neuronales, ou synapses, à changer avec l'expérience 2 .

L'identification de ces gènes a également involontairement contribué à l'émergence d'une conception simpliste de l'autisme en tant que trait binaire : soit vous l'avez ou vous ne l'avez pas. Cette simplification néglige l'hétérogénéité - et la gamme de sévérité clinique - de l’autisme.

Qui plus est, les mutations associées à l'autisme ne conduisent pas toujours à la condition. Certaines mutations ont une pénétrance complète ; c'est-à-dire que tous les porteurs ont un autisme. Dans d'autres cas, seulement, disons, 80% des personnes atteintes de la mutation ont un diagnostic d’autisme.

Identifier pourquoi les conséquences d'une mutation varient parmi les personnes reste un défi. Mais le génome peut fournir quelques indices.

sn-tb

Protection possible

Il est bien établi que la conséquence d'une mutation peut être «supprimée» par une autre mutation. Des études sur des levures révèlent que beaucoup de ces interactions suppressives se produisent entre des gènes appartenant à la même voie biologique 3 .

Chez les humains, des études génétiques à grande échelle ont identifié des «gènes modificateurs» qui fournissent une résilience dans l'infection par le VIH, la drépanocytose, les maladies cardiaques et le diabète 4 , 5 , 6 , 7 , 8 .

Dans une étude pilote, nous avons estimé la proportion d'individus résilients dans la Simons Simplex Collection, un groupe de familles dans lesquelles un enfant est autiste. (Cette collection est financée par la Fondation Simons, l'organisation mère de Spectrum .) Dans cette analyse, nous avons défini les «résilients» comme les frères et sœurs non autistes ou parents porteurs de mutations dans un ensemble de 65 gènes fortement liés à l'autisme 9 .

Les résultats préliminaires de 1 776 familles révèlent la présence de la résilience chez 2 à 3% des membres de la famille d'autistes. Le nombre de résilients est plus élevé pour certains gènes que pour d'autres. Pour quelques gènes, nous n'avons trouvé aucun individu résilient. Nous vérifions actuellement le nombre de résilients et d'individus affectés pour chacun des 65 gènes. L'étape suivante consiste à identifier les facteurs qui permettent aux individus résilients de faire face à leurs mutations délétères.

Par exemple, les circuits cérébraux qui sont différents selon le sexe de l’individu pourraient moduler l’impact des mutations. En effet, les garçons sont quatre à huit fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic d'autisme que les filles. Les raisons de cette disparité restent mal comprises. Une autre possibilité est que d'autres gènes - peut-être même la version non-mutée du gène altéré - agissent comme des modificateurs.

Par exemple, chez les personnes résilientes, certains gènes peuvent être exprimés à des niveaux plus élevés que d'habitude ou porter une autre mutation qui amortit les effets de la mutation délétère.

Stimuler la résilience

Enfin, l'accès à des traitements de haute qualité pourrait augmenter la résilience. Une étude de 2012 a montré qu'au fil du temps, environ 10% des enfants atteints d'autisme grave s'épanouissent et progressent significativement 10 . Un facteur qui distinguait ces enfants était le statut socioéconomique plus élevé de leur famille.

L'accès au traitement a augmenté la résilience pour d'autres conditions héréditaires. Par exemple, un régime sans phénylalanine peut prévenir la déficience intellectuelle associée à la phénylcétonurie - une maladie métabolique héréditaire pouvant entraîner une accumulation toxique de phénylalanine dans le cerveau - si le régime commence dans les premières semaines de la vie 11 .

Au fil du temps, de plus en plus de personnes auront accès à leur profil génétique. Bien que cette information devrait mener à des traitements plus efficaces et à des mesures préventives, elle pourrait aussi entraîner une détresse inutile chez les personnes ayant une mutation délétère.

Une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent la résilience pourrait mener à de nouvelles routes pour réduire les symptômes cliniques sévères - et aussi réduire la charge émotionnelle qui pourrait résulter des tests génétiques. Comme l'a dit un jour Louis Pasteur: «Le meilleur docteur est la nature: elle guérit trois maladies sur quatre, et elle ne parle jamais mal de ses collègues ».

Thomas Bourgeron est professeur de génétique à l'Université Paris Diderot et chercheur à l'Institut Pasteur de Paris.

Références:

  1. Szatmari P. Dev. Med. Child Neurol. 60, 225-229 (2018) Pubmed
  2. Bourgeron T. Nat. Rev. Neurosci. 16, 551-563 (2015) PubMed
  3. van Leeuwen J. et al. Science 354, 6312 (2016) PubMed
  4. Chen R. et al. Nat. Biotechnol. 34, 531-538 (2016) PubMed
  5. Cohen J. et al. Nat. Genet. 37, 161-165 (2005) PubMed
  6. Flannick J. et al. Nat. Genet. 46, 357-363 (2014) PubMed
  7. Galarneau G. et al. Nat. Genet. 42, 1049-1051 (2010) PubMed
  8. Philpott S. et al. J. Acquir. Immune Defic. Syndr. 21, 189-193 (1999) PubMed
  9. Abrahams B.S. et al. Mol. Autism 4, 36 (2013) PubMed
  10. Fountain C. et al. Pediatrics 129, e1112-1120 (2012) PubMed
  11. Vockley J. et al. Genet. Med. 16, 188-200 (2014) PubMed

Commentaire : lors du congrès d'Autisme France en décembre 2017, Thomas Bourgeron avait fait le point sur les études génétiques en autisme. C'était fascinant, mais ce qu'il avait présenté sur la possibilité de définir un profil d'évolution en fonction des gènes impliqués a fait réagir en fin de congrès Danièle Langloys et Josef Schovanec contre les risques d'eugénisme. C'est pour cela que j'ai trouvé intéressant ce point de vue de Thomas Bourgeron contre le déterminisme génétique.

Traduction relue par Thomas Bourgeron.

6 août 2018

Chlore, Homéopathie, Scientisme et Autisme

 

Chlore, Homéopathie, Scientisme et Autisme

Le spectre des syndromes autistiques est composé de syndromes très différents, ce qui pose souvent des problèmes de diagnostic et explique à la fois notre compréhension très partielle des mécanismes sous-jacents et le fait qu'il n'y ait pour l'instant aucun médicament approuvé par les autorités européennes et américaines.

http://leblogdebenari.com

 

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6 août 2018

Prevalence of Autism Spectrum Disorder in Preterm Infants: A Meta-analysis

 

Prevalence of Autism Spectrum Disorder in Preterm Infants: A Meta-analysis

CONTEXT: Evidence is emerging that preterm infants are at risk for autism spectrum disorder (ASD). OBJECTIVES: To conduct a systematic review and meta-analysis to estimate the prevalence of ASD in preterm infants. DATA SOURCES: Medline (via PubMed and Ovid), Embase, PsycINFO, and relevant conference proceedings were searched in May 2017.

http://pediatrics.aappublications.org

 

5 août 2018

Pégase, télémédecine de demain pour personnes autistes ?

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Pégase, système de télémédecine actif dans l'Indre prouve que, malgré des déserts médicaux, le suivi de patients autistes et épileptiques est toujours possible. Lancée en 2014, l'initiative est récompensée par un prix Ocirp 2018.

Par , le 03-08-2018

 

Face à l'absence de médecins spécialistes et de centres de soins dans le département de l'Indre, la Maison des Oiseaux, accueillant des jeunes adultes atteints d'autisme et d'épilepsie, a conçu un programme de télémédecine du nom de Pégase. « Il permet de relier notre établissement à l'hôpital de Tours », explique Marie-Lucile Calmettes (interview en lien ci-dessous), présidente de l'association À tire d'aile, à l'origine de ce projet.

Un désert médical

« Tours se situe à deux heures et demi de route en voiture de la structure, ce qui mobilise, pour une seule consultation, une journée de notre temps infirmier. Pégase, en s'appuyant sur la télémédecine, nous permet de gagner du temps et de diminuer le stress de nos résidents », explique Véronique Perrier, infirmière au sein de la Maison des Oiseaux. Conçu et pensé en 2012, ce programme expérimental de télémédecine prend forme en 2014 pour les consultations en psychiatrie et neurologie de tous les résidents de l'établissement.

Un premier bilan positif

Quatre ans après, il a conquis les résidents et le personnel. « On fait venir virtuellement le médecin chez eux, ils restent dans leur environnement donc la consultation se déroule de façon tout à fait sereine et positive », poursuit la présidente de l'association. Le programme permet ainsi d'éviter les déplacements coûteux et traumatisants, propose des consultations plus efficientes et répond à la problématique de l'accès aux soins des personnes autistes en institution ou à domicile. Ainsi, les vingt-quatre adultes accueillis bénéficient d'un suivi médical du même niveau que celui existant dans les grandes villes.

Un dispositif récompensé par l'Ocirp

Soutenu par Malakoff Médéric, Pégase est aujourd'hui un exemple en matière de télémédecine en France. À ce titre, il est l'un des lauréats du prix Ocirp 2018 qui récompense les actions des acteurs économiques œuvrant pour l'insertion sociale des personnes en situation de handicap, dans la catégorie « réalisations et partenariat territoriaux ». À long terme, la cheffe du projet régional de télémédecine, Saïda Fkir, désire « que ce soit une expérimentation duplicable dans d'autres structures médico-sociales de la région Centre-Val de Loire. ».

© Pchagnon


 

Handicap.fr vous suggère les liens suivants :

Sur Handicap.fr

Sur le web

 

4 août 2018

Sommeil : une version pédiatrique de la mélatonine en cours d'autorisation

2 août 2018
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) vient de donner une opinion favorable à la mise sur le marché d'une version pédiatrique de la mélatonine. Ce médicament, le Slenyto, est développé par l'entreprise qui produit le Circadin. C'est une première étape vers le remboursement.

Deux nouvelles autorisations de mise en marché d'utilisation pédiatrique recommandées par le CHMP

Kigabeq et Slenyto ont été développés spécifiquement pour les enfants et sont basés sur des médicaments existants

Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé l'octroi de deux nouvelles autorisations de mise sur le marché (PUMA) pour le Kigabeq (vigabatrin) et le Slenyto (mélatonine).

Les PUMA peuvent être accordés pour des médicaments autorisés qui ont été développés spécifiquement pour les enfants et ne sont plus protégés par un brevet. Les PUMA visent à stimuler la recherche de médicaments existants pour de meilleurs traitements pour les enfants en accordant aux médicaments dix ans de protection du marché.

Slenyto doit être utilisé pour le traitement de l'insomnie chez les enfants à partir de 2 ans atteints de troubles du spectre autistique et du syndrome de Smith-Magenis (trouble mental, retard de la parole et du langage, traits distinctifs du visage, difficulté à dormir et problèmes de comportement). Les troubles du sommeil sont courants chez les enfants ayant des troubles du développement et sont souvent difficiles à traiter. Il n'y a actuellement aucun médicament approuvé pour traiter l'insomnie chez les enfants. Cependant, dans la pratique, les médecins prescrivent des médicaments hors AMM, y compris la mélatonine.

Slenyto a été développé spécifiquement pour les enfants et est disponible sous une forme adaptée à l'âge, en petits comprimés. Un essai clinique a fourni des données scientifiques sur son efficacité et son innocuité dans cette population. Sa substance active, la mélatonine, est une hormone naturelle qui est normalement produite par une glande dans le cerveau appelée la glande pinéale et est impliquée dans la coordination du cycle de sommeil du corps. Les données de l'essai clinique et de la littérature scientifique suggèrent que le médicament est associé à une augmentation significative du temps de sommeil total, une latence du sommeil réduite (le temps nécessaire pour s'endormir après l'extinction des lumières) et une durée ininterrompue de sommeil. Les principaux effets secondaires observés lors de l'essai clinique étaient la somnolence (envie de dormir), les céphalées et la fatigue.

Kigabeq, l'autre médicament recommandé par le CHMP lors de cette réunion, est destiné au traitement des spasmes infantiles (syndrome de West), forme rare et sévère d'épilepsie associée à un type de crises très résistantes (spasmes épileptiques) et à une régression psychomotrice rapide et dans l'épilepsie partielle résistante, chez les nourrissons et les enfants de 1 mois à 7 ans.

Le vigabatrin, principe actif de Kigabeq, est un antiépileptique autorisé pour la première fois dans les pays européens il y a près de trente ans. Il est couramment utilisé pour traiter les patients adultes et enfants, notamment les patients atteints de formes d'épilepsie difficiles à gérer. Actuellement, la vigabatrine est disponible dans l'Union européenne (UE) sous la forme de comprimés ou de granules pelliculés à 500 mg pour des sachets de solution buvable, qui doivent être divisés et / ou dilués pour les rendre appropriés pour les enfants.

Le CHMP a recommandé un PUMA pour une formulation du médicament adaptée aux enfants, beaucoup plus facile à administrer et réduisant ainsi le risque d'erreurs médicamenteuses. Kigabeq a été développé sous la forme de comprimés solubles de 100 mg et de 500 mg, avec des doses unitaires incrémentielles de 50 mg, pour permettre un meilleur ajustement de la dose au poids corporel du patient. Le médicament doit être administré par voie orale et peut également être administré par sonde nasogastrique. Le profil de sécurité du médicament est bien connu. Les effets indésirables liés au traitement les plus fréquents ont été des anomalies du champ visuel, une sédation marquée, ainsi qu'une agitation et une excitation.

Le comité d'experts en médicaments pédiatriques de l'EMA, le Comité pédiatrique (PDCO), a identifié le besoin de formulations pédiatriques spécifiques de vigabatrine et de mélatonine dans son inventaire des besoins en médicaments pédiatriques , qui vise à aider les développeurs de médicaments à identifier les opportunités. Les médicaments ont été développés selon un plan d'investigation pédiatrique (PIP) approuvé par le PDCO.

L'avis adopté par le CHMP constitue une étape intermédiaire sur la voie vers l'accès des patients pour Slenyto et Kigabeq . Les avis du CHMP seront désormais transmis à la Commission européenne pour l'adoption de décisions sur les autorisations de mise sur le marché à l'échelle de l'UE. Une fois les autorisations de mise sur le marché accordées, les décisions concernant les prix et les remboursements seront prises au niveau de chaque État membre, en tenant compte du rôle / usage potentiel des médicaments dans le contexte du système national de santé de ce pays.

Remarques:

  • Le demandeur de Slenyto est RAD Neurim Pharmaceuticals EEC Ltd

  • Le demandeur de Kigabeq est Orphelia Pharma SAS

  • Un médicament contenant de la mélatonine, Circadin , est approuvé au niveau central dans l'UE. Il est utilisé pour le traitement à court terme de l'insomnie primaire (mauvaise qualité du sommeil) chez les patients âgés de 55 ans ou plus

Traduction d'un communiqué de presse de l'agence Européenne du Médicament (27 juillet 2018)


Opinion du comité (traduction)


Le 26 juillet 2018, le comité des médicaments à usage humain (CHMP) a adopté un avis favorable recommandant l'octroi d'une autorisation de mise sur le marché du médicament Slenyto, destiné au traitement de l'insomnie chez les enfants et adolescents atteints de troubles du spectre autistique ) ou le syndrome de Smith-Magenis. Le demandeur de ce médicament est RAD Neurim Pharmaceuticals EEC Ltd.

Slenyto sera disponible sous forme de comprimés à libération prolongée de 1 mg et de 5 mg. La substance active de Slenyto est la mélatonine (code ATC: N05CH01), qui favorise le sommeil par activation des récepteurs de la mélatonine.

Les avantages de Slenyto sont sa capacité à augmenter la durée du sommeil. Les effets secondaires les plus fréquents sont la somnolence, la fatigue et les sautes d'humeur.

L'indication complète est: «Slenyto est indiqué pour le traitement de l'insomnie chez les enfants et adolescents âgés de 2 à 18 ans atteints de troubles du spectre autistique (TSA) et / ou du syndrome de Smith-Magenis, où les mesures d'hygiène du sommeil ont été insuffisantes.

Des recommandations détaillées pour l'utilisation de ce produit seront décrites dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP), qui sera publié dans le rapport européen public d'évaluation (EPAR) et disponible dans toutes les langues officielles de l'Union européenne après octroi de l'autorisation de mise sur le marché par la Commission européenne


Sur le même sujet : Mélatonine - Remboursement ou non pour les personnes autistes

Le monde de l’autisme, divisé, s’accorde sur la nécessité d’études sur le sommeil

1 août 2018

Sensibilisation aux violences sexuelles et à leurs conséquences psycho-traumatiques

Conférence de Marie Rabatel, présidente de l’Association Francophone des Femmes Autistes, lors de la journée "Prévention Sexualité" d'Asperansa (30 juin 2018)

Marie Rabatel est intervenue dans cette conférence. Voir son intervention (une heure 21 mn):

Sensibilisation aux violences sexuelles et à leurs conséquences psycho-traumatiques © Asperansa autisme Asperger

La conférence a été annoncée par un reportage de France 3 le 28 juin, avec Virginie et William.

Journée Prévention Sexualité - Jean, Véronique, Marie, Virginie, Thierry, William
Journée Prévention Sexualité - Jean, Véronique, Marie, Virginie, Thierry, William

 

L'AFFA publie beaucoup de documents sur la question des violences faites aux femmes et sur les abus sexuels. Par exemple :

AFFA AFFA

Les violences infligées par des proches à des adultes autistes, une réalité méconnue

Trois recommandations :

  1. En tant qu’individus et en tant que société, il nous faut apprendre à écouter plus attentivement les personnes autistes et à développer de l’empathie face aux souffrances liées à l’autisme.
  2. Les personnes influentes doivent financer et/ou mener des recherches afin d’identifier et de prévenir de telles violences. Il nous faut des données fiables afin de développer notre connaissance des problèmes évoqués dans cet article
  3. Il nous faut ensuite investir les instances compétentes - y compris la police et les services sociaux - du pouvoir de mettre en œuvre une politique et une éducation basées sur les conclusions de ces recherches.

 Dans le 4ème plan (page 47) :

" La prévention des agressions et des violences comprendra notamment les questions d’éducation à la vie affective et sexuelle, en lien avec les initiatives prises par le secrétariat d’Etat à l’égalité femme/homme. Il s’agit de donner les moyens aux personnes de se protéger contre les violences, soit directement ou par la formation des professionnels en charge de les accompagner. Il s’agit aussi de sensibiliser les professionnels en charge du recueil de la parole des victimes, aux spécificités du handicap."

Les hommes aussi

Les témoignages concernant les violences sexuelles envers des garçons ou hommes autistes sont moins fréquents. Le problème existe cependant, comme "Asriel" l'explique :

Asriel Asriel

"Il n’y a pas la même liberté, à parler d’homme, quand on imagine son agresseur de quarante ans, nous forcer à faire certaines choses. Il n’y a pas la même liberté, à parler de sexualité, quand on imagine ces agressions, et qu’elles nous rendent la vie impossible. En fait, il n’y a plus rien à faire, qu’oublier, que rationaliser.
Pourtant, je déteste le mot homme, alors que j’en suis un, et je ne parviens pas à en dissocier l’image. Est-ce pour la même raison que le viol masculin est tellement passé sous silence ?"

https://asriel.atlanti.se/untitled/

"En novembre 2015, j’ai posé par écrit tout ce que je ressentais. J’étais une source de rage alimentée par le chagrin, je ne pensais que du mal de moi. Je pensais être devenu un monstre, parce qu’on m’avait fait quelque chose de monstrueux.

5b178cccde9c2a73d3ac70ddacf4f

Comme sur bien d’autres choses, je me suis trompé."

https://asriel.atlanti.se/2-557-jours-plus-tard/

 

 

30 juillet 2018

Pourquoi la définition de l'autisme doit être affinée

 

Pourquoi la définition de l'autisme doit être affinée

Why the definition of autism needs to be refined par Lina Zeldovich - Spectrum News - 9 mai 2018 Depuis environ six mois, à partir de la fin de l'année 2012, Valérie Gaus s'est trouvée beaucoup plus occupée que d'habitude.

https://blogs.mediapart.fr

 

27 juillet 2018

Santé: plus vous surestimez votre savoir, plus vous êtes à risque

 

Santé: plus vous surestimez votre savoir, plus vous êtes à risque

Plus de 33% des Américain (ou un sur trois) croient en savoir plus sur la santé que les médecins. Ce sont aussi ceux qui sont les plus susceptibles d'être anti-vaccins. Incidemment, ce sont peut-être aussi ceux qui sont les plus à risque de croire les conseils médicaux de leur artiste préféré.

http://www.sciencepresse.qc.ca

 

25 juillet 2018

Autisme : attention aux pseudo-thérapies dangereuses

article publié dans Le Figaro

Par  Marine Van Der Kluft Mis à jour le 25/07/2018 à 17:47
Publié le 25/07/2018 à 16:50

Chélation des métaux lourds, huile de cannabis, médicaments détournés...Par désespoir, certains parents se tournent vers des méthodes dangereuses pour tenter de venir en aide à leur enfant autiste.

«En tant que mamans d’enfants autistes, nous avons été alertées par des parents sur des dérives qui nous inquiètent au plus haut point», écrivent Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme, et Estelle Ast, dans leur tribune publiée le 23 juillet dans le Huffington Post . Les deux femmes y dénoncent les «pratiques alternatives», qui «aimeraient nous faire croire qu’il existe un remède miracle qui aiderait nos enfants». Le «désert médical en matière d’autisme» et l’absence de traitement poussent les familles au désespoir, expliquent-elles, et certaines recherchent de l’aide dans ces médecines alternatives dont l’efficacité n’a pas été prouvée, voire, qui peuvent être dangereuses.

La recherche offre des pistes

Il faut d’abord distinguer les pistes thérapeutiques qui font l’objet de véritables recherches scientifiques des médecines dites «alternatives» qui, elles, ne reposent sur aucune base médicale. Mais, comme le rappelle le Pr Marion Leboyer, responsable du pôle de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Henri Mondor (Créteil) et directrice de la fondation FondaMental, «il n’existe aucun traitement curatif pour guérir l’autisme». En revanche, poursuit-elle, «certains symptômes associés à l’autisme peuvent être soulagés et les recherches dans ce sens doivent se poursuivre».

«Les parents sont impatients et n’ont pas envie d’attendre la fin des essais cliniques. Ils lisent une étude et se disent ’on va essayer’»

Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme

Quelques études encourageantes ont été publiées ces dernières années, notamment sur l’ocytocine, une hormone impliquée dans la construction de nos relations sociales. En 2012, une équipe de chercheurs du CNRS et de l’INSERM a obtenu des résultats préliminaires prometteurs avec un spray nasal d’ocytocine qui avait alors permis d’améliorer transitoirement les capacités d’interactions sociales d’une poignée d’adultes autistes. Même chose pour le bumétanide. Cela fait plusieurs années que les équipes du Pr Yehezkel Ben-Ari et du Dr Eric Lemonnier utilisent cette molécule pour tenter de faire diminuer la sévérité des troubles autistiques. Des résultats prometteurs ont été publiés en mai 2017 dans la revue Translational Pyschiatry .

«Ce sont des études très sérieuses et je ne le conteste pas», reprend Olivia Cattan. En revanche, la présidente de SOS Autisme dénonce «le grand n’importe quoi» de l’automédication dans l’autisme. «Les parents sont impatients et n’ont pas envie d’attendre la fin des essais cliniques. Ils lisent une étude et se disent «on va essayer», constate-t-elle. De plus, certains médecins «prescrivent le Burinex (nom commercial du bumétanide, NDLR) sans suivi, sans savoir si cela fonctionne», poursuit-elle.

» LIRE AUSSI - De nouvelles pistes prometteuses pour diagnostiquer l’autisme

«Des parents passent des heures et des heures à lire des choses sur internet, et certaines personnes ont bien compris que, compte tenu de leur désespoir, il existe un marché économique»

Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme

«Je ne sais pas si les parents mesurent les risques qu’ils peuvent faire courir à leur enfant», regrette Olivia Cattan. Cette dernière a dans son entourage pas moins d’une vingtaine de familles qui ont recours à de l’huile de CBD, une molécule issue du cannabis à la mode sur les réseaux sociaux. «Une maman m’a appelée paniquée car elle emmenait son fils à l’hôpital et elle avait peur qu’ils découvrent le cannabis dans ses analyses!», raconte-t-elle. Or non seulement ce produit est illégal, mais surtout «le niveau scientifique des études sur le cannabis dans l’autisme est très faible», complète le Pr Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert Debré. «Il y a un essai en cours en Israël pour évaluer les effets indésirables, mais pour l’instant, les informations dont nous disposons sont insuffisantes pour pouvoir conclure».

Un marché du désespoir

Mais, en l’absence de traitement efficace, des personnes peu scrupuleuses ont senti que l’autisme pouvait être une manne financière. «Des parents passent des heures et des heures à lire des choses sur internet, et certaines personnes ont bien compris que, compte tenu de leur désespoir, il existe un marché économique», explique Olivia Cattan. Certains parents se réfugient par exemple dans l’idée qu’en débarrassant l’enfant de ses toxines, une guérison serait possible. Ils ont donc recours à la thérapie dite de «chélation des métaux lourds» (une sorte de purge). Ces produits, qui existent sous diverses formes (sprays, suppositoires, capsules...), affirment nettoyer le corps des produits chimiques toxiques et des métaux lourds.

En 2005, un enfant autiste âgé de 5 ans est décédé des suites d’une chélation, en raison d’un taux de calcium trop faible dans le sang, comme le rapporte la revue Clinical Toxicology . En effet, cette technique de chélation peut drainer «des minéraux nécessaires au corps, ce qui peut entrainer de sérieuses conséquences, possiblement mortelles», alerte l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). «C’est interdit dans l’autisme, rappelle pour sa part le Pr Richard Delorme. Il n’y a aucun niveau de preuves et plein d’effets indésirables comme des hépatites médicamenteuses». Pourtant, certains médecins peu scrupuleux recommandent encore cette pratique. «L’une d’entre eux a été radiée par l’Ordre des médecins et pourtant, elle pratique encore depuis l’étranger», alerte Olivia Cattan.

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Le MMS, un dérivé de l’eau de Javel

«On pathologise une population qui est différente. C’est ce qui génère toutes les fausses croyances, c’est un terreau fertile pour que prolifère le charlatanisme»

Hugo Horiot, comédien atteint de troubles du spectre autistique

Les deux signataires de la tribune mettent également en garde contre un nouveau traitement: le MMS. Le MMS, pour Miracle Mineral Solution («solution minérale miracle» en français), est une solution à 28% de chlorite de sodium, une molécule toxique de la même famille que celles utilisées dans l’eau de Javel. Ingérée par un être vivant, elle peut être fatale. Déjà, en 2010, l’Agence française de sécurité du médicament mettait en garde contre son utilisation. Le produit ne semble heureusement pas faire l’objet d’un engouement en France, mais des sites internet en font la promotion, le qualifiant de «solution au SIDA-VIH, aux hépatites A B et C, au paludisme et autres parasites, aux herpès, acné, tuberculose et pneumonie, à la plupart des cancers».

Pourquoi de tels traitements séduisent-ils? Pour Hugo Horiot, un comédien atteint de troubles du spectre autistique, cela vient du fait que les autistes sont considérés comme des personnes malades. «On pathologise une population qui est différente, regrette-t-il. C’est ce qui génère toutes les fausses croyances, c’est un terreau fertile pour que prolifère le charlatanisme». En tout cas, il est absolument nécessaire de s’interroger avant de donner tout traitement à son enfant, conseille le Pr Richard Delorme, et surtout de s’appuyer sur l’expertise de professionnels de santé.

» L’autisme, qu’est-ce que c’est? Quels symptômes, quels traitement? Consultez nos fiches santé

24 juillet 2018

Traitements alternatifs dans l'autisme : briser l'omerta !

Résumé : Des mamans dénoncent l'usage de traitements alternatifs qui mettent les enfants autistes en danger. Proposés sous le manteau, sans suivi ni protocole, ces remèdes miracles alimentent un marché du désespoir.

Par , le 24-07-2018

Certains médecins joueraient-ils aux apprentis sorciers avec les enfants autistes ? L'association SOS autisme France lance l'alerte et dénonce dans une tribune le 24 juillet 2018, relayée, notamment, dans le Huffington Post, « une dérive médicale inacceptable qui met en danger la santé des enfants autistes ainsi que leurs droits ».

Des remèdes pas si miracles

Olivia Cattan, sa présidente, a été alertée sur l'existence d'un marché parallèle de vente de médicaments non autorisés ou non prescrits pour l'autisme. Selon elle, « certains parents se mettent parfois hors la loi pensant pouvoir guérir leurs enfants avec ces remèdes miracles ». Elle a répertorié tout ce qui se prescrit dans différents groupes Facebook : des diurétiques qui ont été donnés au départ sans protocole, des antibiotiques, des pulvérisations nasales d'ocytocine, du cannabis, des piqûres de magnésium et de B6... Mais aussi la thérapie de chélation des métaux lourds (pour enlever les agents toxiques comme le mercure) qui est aussi utilisée afin de « détoxifier » l'organisme. Un nouveau traitement, jugé « dangereux » déjà proposé en Amérique latine, arrive en France : le MMS (dioxyde de chlore). Enfin, le paracétamol à haute dose aurait le pouvoir de « calmer les crises ». Aux Etats-Unis, une maman a tué son enfant autiste en lui donnant de l'eau de javel parce qu'elle l'avait lu sur Facebook. Une maman, Estelle Ast, qui est passée par ce réseau et a tenté des essais, a décidé de témoigner ouvertement, d'autres de façon anonyme. Certaines familles mentionnent des effets secondaires importants : diarrhées, nausées, vomissements, fièvre, anorexie.

Un marché bien orchestré

Certaines molécules encore expérimentales seraient vendues lors de consultations collectives. Sans aucun protocole ou suivi des enfants, sans tenir compte du métabolisme ou des allergies éventuelles, ces substances leur sont administrées par les parents. D'autres familles passent par les réseaux sociaux pour s'approvisionner. Olivia et Estelle affirment que les parents y sont « poussés par des médecins appartenant à des groupes de recherche et encouragés par des responsables du milieu de l'autisme ». Elles appellent « à la plus grande vigilance ». Ce marché du désespoir -l'autisme concernerait 600 000 personnes en France- est également lourd de conséquences sur la situation financière des familles puisque ces traitements sont souvent extrêmement chers.

Tout tenter ?

Estelle et Olivia disent, elles aussi, avoir « connu des moments de doute et d'hésitation », consulté de nombreux médecins ou psychiatres d'hôpitaux, fait de multiples tentatives : des régimes sans caséine, sans lactose, des probiotiques, du magnésium, ou encore des antidépresseurs et des anxiolytiques. Estelle a opté pour le régime sans gluten ; il a soulagé son fils qui était intolérant mais ne l'a pas fait « guérir de l'autisme » parce que c'est un syndrome neurodéveloppemental. A l'inverse, les antibiotiques n'ont pas donné les résultats escomptés, accentuant ses troubles du comportement.

Le chant des sirènes

En France, on recense un nombre important d'associations parentales dans le champ de l'autisme, qui tentent d'apporter une aide ponctuelle et des réponses aux familles. Mais peuvent-elles trouver une solution pour chacun ? Le manque de médecins, l'absence de parcours de soins, le manque de formation des personnels concernés, le manque de lieux de vie pour adolescents ou adultes, le coût exorbitant de la prise en charge, ne leur permettent pas de répondre à toutes les demandes. Elles colmatent souvent les brèches pour se concentrer sur les cas les plus urgents. Face au flot de désespoir qui submerge les familles, parce qu'elles sont à bout, certaines n'hésitent donc pas à céder au chant des sirènes, à tenter le tout pour le tout. Quel risque pour quel bénéfice ? Peu importe, il faut trouver une solution, un remède, un apaisement. L'autisme, ce sont parfois des crises d'épilepsie, de violence et de tocs. Comment aider son enfant et rendre la vie familiale plus supportable ? Pourquoi ne pas essayer… Même si c'est illégal, parfois dangereux.

Cobayes des groupes de recherche

« Nos enfants ne doivent pas devenir les cobayes de groupes de recherche, et les réseaux sociaux les nouveaux prescripteurs médicaux. Il est donc temps de briser l'omerta qui règne dans le milieu de l'autisme et de mettre en lumière cette dérive afin de protéger la santé de nos enfants et de garantir leurs droits », poursuit Olivia Cattan. « Dans cette histoire, ceux à blâmer ne sont certainement pas les familles isolées et désespérées, explique-t-elle. Elles ne sont que les victimes d'un système de santé défaillant, et les proies d'un marché parallèle qui rapporte beaucoup d'argent à ceux qui l'initient ou y participent. » Jusqu'au jour où un enfant paiera de sa vie le prix fort de cette indifférence… SOS autisme France entend donc « alerter les pouvoirs publics sur ces dérives ».

RV avec la ministre

A l'heure où un rapport parlementaire sur l'autisme propose de diriger les financements publics vers les établissements et professionnels appliquant bien les recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de santé (HAS), encore trop souvent ignorées (article en lien ci-dessous), l'association réclame un rendez-vous avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dans les plus brefs délais, afin de mettre en place davantage de protocoles et de sanctionner officiellement et plus sévèrement cette « médecine sauvage ». L'Ordre des médecins et Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat en charge du Handicap, ont été alertés. Affaire à suivre... SOS autisme encourage les personnes qui auraient été confrontées à des situations similaires à se rapprocher de l'association pour témoigner…

© sangriana/Fotolia
 

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Sur Handicap.fr

23 juillet 2018

Intoxiqué aux métaux lourds... ah vraiment ? - Le Pharmachien

 

Intoxiqué aux métaux lourds... ah vraiment ? - Le Pharmachien

Une chélation des métaux lourds pour " guérir " l'autisme de son enfant ? Ou pour soigner l'arthrite, le cancer, le mal de dos ? Pour n'importe quoi ? Sur le Web, tout le monde semble avoir peur des métaux lourds, comme le plomb, le cadmium, l'arsenic et le mercure.

http://lepharmachien.com

 

23 juillet 2018

Autisme et vieillissement

 

Autisme et vieillissement

Beaucoup de personne avec des diagnostics tardifs vieillissent, et aujourd'hui quelques personnes autistes franchissent les 60 ans. Dans les plus célèbres, on peut penser à Temple Grandin ou à Donald Tripplet. Toutefois, écrire un sujet sur le vieillissement dans l'autisme est un peu comme partir vers une " terra incognita " avec peu d'études et des témoignages divergents....

http://aspieconseil.com

 

23 juillet 2018

Mamans d'enfants autistes, nous mettons en garde contre ces traitements alternatifs qui mettent les enfants en danger

article publié sur le Huffingtonpost

Nous voulons alerter les familles qui viennent de recevoir le diagnostic de leur enfant, et qui sont parfois tellement désespérées qu’elles sont tentées de croire en tout et en n’importe quoi face à ce grand marché du désespoir.

Par Olivia Cattan
Estelle Ast

Mamans d'enfants autistes, nous mettons en garde contre ces traitements alternatifs qui mettent les enfants en danger.
KatarzynaBialasiewicz via Getty Images
Mamans d'enfants autistes, nous mettons en garde contre ces traitements alternatifs qui mettent les enfants en danger.

En tant que mamans d'enfants autistes, nous avons été alertées par des parents sur des dérives qui nous inquiètent au plus haut point. Alors nous avons décidé d'unir nos voix et nos paroles pour alerter le milieu de l'autisme dans son ensemble. Il y a un désert médical en matière d'autisme en France, un désert en ce qui concerne la recherche. Il y a de la colère de la part des familles, de l'isolement, et du désespoir.

Nous sommes mères d'enfants autistes et avons connu aussi des moments de doute et d'hésitation pour aider nos enfants. Le choix des méthodes éducatives a été fait, mais ces thérapies connaissent parfois leurs limites.

Alors chacune est allée voir différents médecins, psychiatres d'hôpitaux afin de trouver de l'aide au quotidien. Ces médecins nous ont, soit prescrit des régimes sans gluten et sans caséine, des probiotiques, du magnésium, soit des antidépresseurs et des anxiolytiques. Le choix d'Estelle a été d'opter pour une médecine alternative: elle a essayé le régime sans gluten. Cela a fait du bien à son fils qui était intolérant. Cela lui a fait du bien, mais ne l'a pas fait "guérir de l'autisme" parce que l'autisme est un syndrome neuro-développemental. Par contre, les antibiotiques n'ont pas du tout donné les résultats escomptés, accentuant ses troubles du comportement.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffingtonpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés.

De mon côté, j'ai misé sur les méthodes éducatives, tout en donnant du magnésium et en refusant le traitement médicamenteux proposé par les différents psychiatres. Mais aujourd'hui, de plus en plus d'études et de médecins qui proposent ces pratiques alternatives aimeraient nous faire croire qu'il existe un remède miracle qui aiderait nos enfants.

Estelle et moi avons répertorié, sans aucun jugement de notre part, tout ce qui se prescrit dans les différents groupes Facebook: des diurétiques qui ont été donnés au départ sans protocole comme le Burinex, des antibiotiques, des pulvérisations nasales d'ocytocine, du cannabis, des piqûres de magnésium et de B6, le Romidepsine. Mais aussi la thérapie de chélation des métaux lourds (pour enlever les agents toxiques comme le mercure) qui est aussi utilisée afin de "détoxifier" l'organisme. Il y a également un nouveau traitement très dangereux qui arrive en France, mais déjà pratiqué en Amérique Latine: le MMS (dioxyde de chlore). Il y a aussi des choses moins graves comme les probiotiques, les régimes sans gluten ni caséine. Enfin, le paracétamol à haute dose qui aurait le pouvoir de "calmer les crises".

Certains parents ont tout essayé afin d'aider leur enfant, mais dépassent parfois la durée de traitement ou le dosage, espérant plus d'efficacité. Ils se mettent parfois en danger et hors la loi pour se procurer des huiles à base de cannabis. De plus, ces médecins alternatifs ne leur prescrivent pas obligatoirement des analyses préalables et postérieures au traitement. Ils ne prennent pas non plus en compte le métabolisme de chaque enfant et les allergies éventuelles. Cette absence de protocole et d'encadrement, ce manque de suivi peuvent s'avérer dangereux pour la santé de l'enfant. A minima, cette médication sauvage n'est pas sans effet sur l'organisme de l'enfant.

Les réseaux sociaux, faits d'études et de témoignages en tous genres, ne peuvent pas remplacer les médecins et devenir notre prescripteur médical référent.

Alors cette tribune n'est pas faite pour juger les uns ou les autres, mais pour briser l'omerta qui règne dans le milieu de l'autisme, puisque des médecins et autres responsables encouragent et organisent ces pratiques.

Nous voulons alerter les familles qui viennent de recevoir le diagnostic de leur enfant, et qui sont parfois tellement désespérées qu'elles sont tentées de croire en tout et en n'importe quoi.

Enfin, notre objectif est d'alerter les pouvoirs publics sur ces dérives résultant du désert médical et scientifique en matière d'autisme. Il serait temps d'ouvrir de nouveaux protocoles qui permettraient de vérifier l'efficacité des différents traitements, et d'être plus vigilant afin que nos enfants ne deviennent pas des cobayes pour servir les intérêts de grands groupes de recherche.

Ne laissons pas les familles, guidées par l'envie de voir progresser leur enfant, jouer aux apprentis sorciers. Les conséquences peuvent être graves. Certaines familles qui ont accepté de témoigner nous ont parlé d'effets secondaires importants: diarrhées, nausées, vomissements, fièvre, anorexie.

Vous aussi, apportez-nous vos témoignages afin de pousser le gouvernement à agir plus efficacement en matière de recherche et de spécialisation des médecins.

En tant que Présidente de SOS autisme France et Estelle, maman d'un enfant autiste, nous voulions terminer cette tribune en rappelant aux familles que le cannabis est toujours interdit par la loi. Et qu'ils encourent des amendes et des peines de prison.

Enfin, nous demandons à être reçues par la Ministre de la Santé en présence de personnes autistes concernées, afin d'évoquer cette absence de prise en charge globale de nos enfants, qui conduit aujourd'hui à cette situation mettant en danger la santé et le droit de nos enfants autistes.

 

21 juillet 2018

Fin de partie pour le packing dans l’autisme

 

Le 29 juin 2018 a été publié dans la revue PLOS One un article très attendu de Pierre Delion et collaborateurs rapportant les résultats de l’essai clinique visant à tester l’efficacité du packing pour les troubles sévères du comportement dans l’autisme. Avant d’analyser les résultats de l’article, resituons le contexte de l’étude.

Un essai clinique controversé

Le packing est la pratique consistant à envelopper un patient dans des draps humides froids. Nous ne reviendrons pas sur la polémique déclenchée par les associations de familles, qui considéraient une telle pratique comme barbare et qui ont essayé par de nombreux moyens de la faire interdire, et même d’empêcher l’essai clinique.

Démarré en janvier 2008, cet essai clinique a duré un temps exceptionnellement long, ne s’étant officiellement terminé qu’en janvier 2015, et la publication des résultats prenant encore 3 ans et demi de plus. Pendant ces 10 ans, les résultats ont été très attendus, et parfois réclamés publiquement. Bien qu’aucune communication publique ne fut faite concernant les résultats, Pierre Delion, lorsqu’il s’exprimait devant un auditoire acquis à sa cause, revendiquait des résultats très positifs.

Ainsi, le 5 juin 2014 à Rennes, lors d’une formation de la Fédération des Orthophonistes de France (à tendance psychanalytique), à une personne qui le questionnait sur les résultats de l’essai sur le packing, Pierre Delion fit la réponse suivante :

« Donc la recherche se termine à la fin de l’année on a plus de 40 enfants. C’est la seule recherche sur les enveloppements en pédopsychiatrie en essai randomisé c’est-à-dire avec un niveau de preuve A au-dessus d’ABA etc. La revanche sera à la hauteur de ce que j’ai vécu précédemment (rires généralisés). Et les résultats sont très, très évidemment en faveur du fait que c’est efficace, comme le savaient déjà tous les gens qui ont pratiqué les enveloppements avec des enfants dans les bonnes indications… et que contrairement à ce qui s’est dit ça n’a aucun caractère de sadisme ou de barbarie, c’est un truc hyper hyper humain, donc ça de ce côté-là on est tranquille.»

Alors, quels sont donc les résultats de cet essai clinique ?

Analyse de l’article

L’article est publié dans la revue PLOS One, une revue scientifique multidisciplinaire qui a pour principe de n’appliquer que des critères de qualité minimaux, et qui publie donc des études de qualité très hétérogène, certaines très bonnes, et d’autres à la limite de la pseudoscience[1]. On ne peut donc en soi rien en déduire sur la qualité de l’étude de Delion et coll., si ce n’est que si celle-ci apportait véritablement une contribution significative à la connaissance médicale, les auteurs l’auraient vraisemblablement publiée dans une revue scientifique plus exigeante.

Parmi les points positifs, notons que l’essai clinique a été pré-enregistré, en conformité avec les bonnes pratiques de recherche, et que l’analyse statistique est conduite conformément à ce pré-enregistrement. Par ailleurs, l’article donne en supplément dans PLOS One accès à tous les documents relatifs à l’étude, manifestant un effort louable de transparence. Enfin, il s’agit d’une étude randomisée contrôlée, donc un bon standard méthodologique, même si elle n’a pu être conduite en double aveugle pour des raisons expliquées ci-dessous.

Concernant la méthodologie, l’étude compare deux groupes de patients avec trouble du spectre de l’autisme manifestant des troubles sévères du comportement (hétéro- et auto-agression), l’un faisant l’objet d’un traitement de type packing classique (enveloppement humide froid), l’autre faisant l’objet d’un traitement contrôle (enveloppement sec), à raison de 2 séances hebdomadaires de 45 minutes (en moyenne) pendant 3 mois. Ce protocole était assez astucieux, puisqu’il maximisait la similarité entre le traitement présumé actif et le contrôle, réduisant ainsi le risque que des différences d’efficacité entre les deux traitements, si elles étaient observées, puissent être dues à des différences superficielles sans rapport avec les mécanismes d’action putatifs du packing. Comme je l’avais précédemment souligné, le principal problème de ce protocole était l’impossibilité de mener l’étude en double aveugle, du fait que les soignants savaient nécessairement quand ils pratiquaient un enveloppement sec ou humide, et savaient donc dans quel cas ils pratiquaient la condition contrôle.[2]

Cela aurait posé un problème d’interprétation, si une différence d’efficacité était apparue entre les deux conditions. Mais ce n’est pas le cas. L’étude montre que les résultats sur 3 mois sont strictement équivalents entre les deux conditions, ainsi que l’illustre la Figure 2 de l’article reproduite ci-dessous, montrant l’évolution des symptômes d’irritabilité. L’absence regrettable de barres d’erreur sur la figure pourrait laisser croire que l’enveloppement humide (ligne rouge) fait diminuer les symptômes plus rapidement que l’enveloppement sec, mais l’analyse statistique montre que cette différence n’est pas significative.

Figure 1. Evolution des symptômes d'irritabilité sur 3 mois, dans le groupe soumis au packing (enveloppement humide, ligne rouge) et dans le groupe soumis à l'enveloppement sec (ligne bleue). Source : Delion et coll. (2018).

 

Mais, me direz-vous, les symptômes diminuent ! N’est-ce pas la preuve que non seulement le packing marche, mais que l’enveloppement sec, contre toute attente, marche aussi ? Eh non, cela ne prouve rien du tout. L’importance d’avoir un groupe contrôle dans tout essai clinique tient au fait qu’il est impossible d’interpréter l’évolution de symptômes dans l’absolu. Certes, les symptômes diminuent. Mais pourquoi ? Quelle aurait été l’évolution des symptômes si ces enfants n’avaient pas été soumis à un enveloppement sec ou humide ? Impossible de le savoir, sans référence à un autre groupe n’ayant pas subi ces enveloppements. En effet, sur la même période de 3 mois, ces enfants ont grandi, et ont eu de multiples expériences, qui peuvent avoir eu un effet sur leurs symptômes. Impossible de savoir si la diminution de leurs symptômes est due aux enveloppements, à l’évolution spontanée de leur comportement, à tout autre facteur concomitant, ou tout simplement au phénomène de régression vers la moyenne (le packing étant vraisemblablement initié à une période de troubles extrêmes, ne pouvant que régresser). En outre, la moitié des patients inclus dans cet essai clinique recevaient des médicaments, principalement des antipsychotiques (cf. Tableau 1), destinés précisément à réduire leurs troubles du comportement. Par conséquent, peut-être la diminution des symptômes observée dans les deux groupes est-elle entièrement ou partiellement due aux traitements médicamenteux. Les auteurs auraient pu tester cette hypothèse en incluant le dosage d’antipsychotiques dans l’analyse statistique. Mais une telle analyse n’est pas rapportée dans l’article.

Par conséquent, il est strictement impossible d’interpréter l’évolution des symptômes rapportée sur 3 mois, et d’en conclure que les deux types d’enveloppement ont un effet thérapeutique. Si l’on voulait répondre à la question « les enveloppements (secs ou humides) ont-ils un effet positif sur les symptômes d’irritabilité ? », il faudrait comparer ces deux conditions à une troisième, contrôle (avec placebo), ne comportant aucun enveloppement. En l’absence d’une telle condition contrôle, rien ne peut être affirmé sur l’efficacité des enveloppements. Dans cette étude, la condition contrôle, c’était l’enveloppement sec, et il n’y a aucune différence d’effet entre le packing et cette condition contrôle.

Le seul bémol qui pourrait être apporté à cette conclusion est le fait que, à cause des difficultés de recrutement, l’effectif de l’étude est plus faible que prévu, et fournit donc une puissance statistique ne permettant de détecter que des effets thérapeutiques importants, ce qui est peu plausible dans une telle comparaison. D’aucuns pourraient donc être tentés de supposer que si l’effectif avait été plus important, il aurait été possible de détecter une différence entre les conditions. Ce serait ignorer qu’il n’y a dans les résultats aucune tendance à la supériorité du packing sur l’enveloppement sec (taille d’effet : d=0.03), aucune différence dont on puisse espérer qu’elle devienne statistiquement significative à la faveur d’une augmentation de l’effectif.

Notons d’ailleurs que dans l’article (qu’ils présentent modestement comme une simple étude de faisabilité, contrairement au protocole qui indiquait bien une évaluation de l’efficacité), les auteurs s’abstiennent de revendiquer un effet thérapeutique des enveloppements. Ils admettent explicitement que les résultats n’ont pas confirmé leur hypothèse. Ce point me parait important à souligner car il est à craindre que, dans leurs communications publiques (ou dans leurs formations professionnelles, ou dans le secret des cabinets ministériels), les auteurs de l’étude ne soient tentés (à l’instar des auteurs de la précédente étude censée évaluer l’efficacité de la psychanalyse pour l’autisme) de prétendre avoir démontré l’efficacité des enveloppements, quand bien même leur étude ne permet en aucun cas d’affirmer cela.

L’absence d’effet du packing est-il un échec pour la psychanalyse de l’autisme ?

Dans l’esprit des opposants au packing, celui-ci est indissociable de certaines approches psychanalytiques de l’autisme, représentées notamment par Pierre Delion et Geneviève Haag. Pourtant, dans l’article de PLOS One, aucune référence n’est faite à la psychanalyse ni au moindre concept psychanalytique. L’étude est motivée en référence à la « théorie de l’intégration sensorielle », une théorie très générale qui n’est pas une théorie de l’autisme, et dont l’auteure n’a jamais recommandé le packing. Le protocole lui-même de l’étude reste très pudique sur le sujet de la psychanalyse (le mot n’est pas mentionné du tout dans le document) et sur le rationnel du packing, s’autorisant tout juste à parler de « contenance psychique » avant d’embrayer sur des considérations sensorielles et neurophysiologiques. Encore plus étonnant, l’avis du Haut conseil de la santé publique (HCSP), rédigé après avoir consulté les promoteurs du packing, écrivait explicitement « Il ne s’agit pas d’un traitement psychanalytique ». Dans un éditorial, l’un des co-auteurs de l’étude, David Cohen, assimilait même le packing à de la thalassothérapie (voir ma réponse).

Alors, le packing est-il un mauvais procès fait à la psychanalyse ?

Figure 2. Extrait de Delion, P. (2011). Coudre doucement sujet, corps, groupe, institution : réflexions à partir des pratiques du packing jusqu’à une psychothérapie institutionnelle. Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, 2, 47 54.

 

Il suffit de remonter aux sources pour constater que la pratique du packing pour l’autisme relève totalement et sans aucune ambiguïté d’une école de pensée psychanalytique. Le livre dirigé par Delion (2009) sur le packing est tout à fait explicite à ce sujet. Dans ce livre, aucune mention de la théorie de l’intégration sensorielle. Les principales références sont les psychanalystes Freud, Lacan, Françoise Dolto, Donald Winnicott, Didier Anzieu et son fameux concept de « moi-peau », Frances Tustin, Esther Bick, Donald Meltzer, Geneviève Haag, Didier Houzel, et bien d’autres. Il ne s’agit là que d’un exemple, on peut retrouver des contenus similaires dans les écrits de ces auteurs (notamment Geneviève Haag), ainsi que dans les multiples conférences et formations qu’ils ont données et donnent encore auprès de leurs disciples. Nous reproduisons ici quelques extraits révélateurs ainsi qu'en Annexe.

Figure 3. Extrait de l’article de Haag (2012) : Justification de la technique du packing à partir des démonstrations d'enfants autistes concernant la construction de l'image du corps au cours des traitements psychothérapiques psychanalytiques.

 

On voit dans ces extraits sans le moindre doute possible que la pratique du packing pour l’autisme est entièrement justifiée par des considérations psychanalytiques plus abracadabrantes les unes que les autres. Les tentatives de faire passer le packing pour autre chose que ce qu’il est auprès du grand public (par exemple dans la lettre ouverte de David Cohen au Président de la République), des scientifiques internationaux (dans l’article de PLOS One), ou encore des autorités françaises (cf. le protocole de l’étude et l’avis du HCSP) relève de l’enfumage, pour ne pas dire du mensonge.

En revanche, la psychanalyse étant divisée en multiples courants contradictoires et antagonistes, il faut reconnaître que l’échec du packing n’enterre pas nécessairement toute conception psychanalytique de l’autisme. Rappelons que certains psychanalystes s’étaient positionnés contre le packing pour l’autisme (par exemple Patrick Juignet), et d’autres s’étaient même exprimés contre l’idée que la psychanalyse ait quoi que ce soit à dire sur l’autisme. C’est une école de pensée particulière de la psychanalyse qui se retrouve ainsi mise en échec.

Fallait-il autoriser et financer un essai sur le packing ?

Rappelons que cet essai clinique a reçu toutes les autorisations légales nécessaires, de la part du Comité de protection des personnes (comité d’éthique) Nord Ouest IV, du CHRU de Lille, et de la Direction Générale de la Santé. Il a été financé par le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), pour un budget conséquent, si l’on en croit le protocole de l’étude qui mentionne 5 personnels à temps plein, pour une durée non précisée. A son démarrage, puis à l’issue de la recommandation de bonne pratique de la HAS en 2012, de nombreuses personnes et associations avaient contesté le bien-fondé de cet essai clinique. Pour ma part, j’avais estimé que l’on ne pouvait à la fois déplorer l’absence de preuves d’efficacité et empêcher la recherche, et donc qu’il était normal de laisser cette étude aller jusqu’à son terme.

Maintenant que cet essai est terminé, que les résultats en sont connus, et qu’ils sont conformes à ce que toute personne raisonnable pouvait en attendre (c’est-à-dire, nuls), il y a lieu de se reposer la question : était-il légitime d’autoriser et de financer un essai clinique pour un traitement ayant un rationnel scientifique[3] aussi faible que le packing[4] ? C’est la même question qu’il est légitime de poser pour toutes les médecines alternatives, qui prétendent soigner mais qui n’ont aucune preuve d’efficacité, et qui ne reposent sur aucun rationnel scientifique intelligible au regard des connaissances actuelles : combien d’argent est-il raisonnable de dépenser pour tester des traitements dont l’efficacité n’a aucune plausibilité ?

L’exemple du Centre national pour la médecine complémentaire et alternative (NCCAM) américain est sur ce point édifiant. Créée en 1991, cette branche du NIH (institut national de la santé) était « dédiée à l’exploration des pratiques de guérison alternatives et complémentaires dans un cadre scientifique rigoureux ». En 17 ans, elle a englouti 2,5 milliards de dollars dans des essais cliniques des différentes médecines alternatives, dont 374000$ pour tester l’effet de l’inhalation de parfums de lavande et de citron sur la cicatrisation des plaies, 390000$ pour tester l’effet des remèdes indiens traditionnels sur le diabète de type 2, 446000$ pour l’effet des matelas magnétiques sur l’arthrite, 283000$ pour l’effet des aimants sur les migraines, 406000$ pour l’effet des lavements au café sur le cancer du pancréas, ou encore 1,8 millions de dollars pour l’effet de la prière sur le SIDA ou les tumeurs au cerveau[5]. Le packing pour l’autisme aurait certainement trouvé sa place dans cet inventaire à la Prévert, s’il était resté aux USA le moindre promoteur de cette pratique.

Le NCCAM a finalement livré sa réponse à 2,5 milliards de dollars : aucune médecine alternative n’a fait la preuve d’une efficacité supérieure au placebo. De nombreux chercheurs et médecins américains ont donc posé la question : au vu du rationnel scientifique inexistant de toutes ces médecines alternatives, était-il bien légitime de dépenser autant d’argent pour aboutir à un résultat aussi trivial ? N'aurait-on pas pu utiliser ces moyens considérables d'une manière plus utile à la santé de tous? C’est exactement la même question qui se pose pour le packing.

Il faut être conscient qu’au final ce genre de décisions ne repose pas que sur des éléments scientifiques, mais également sur des considérations pragmatiques et politiques. Le NCCAM lui-même avait été créé sous la pression intense de promoteurs des médecines alternatives (dont certains sénateurs). En France, les promoteurs de la psychanalyse restent nombreux et puissants, bien relayés dans les médias et dans le monde politique, et leur pouvoir de nuisance est considérable, comme le rappelait en 2012 le KOllectif du 7 janvier, ou comme permettent encore de le constater certaines pétitions très suivies (pétition pour le packing, pétition contre le TDAH).

Dans la mesure où 1) l’absence d’évaluation de ses pratiques était reprochée à la psychanalyse, 2) il n’existait auparavant aucune étude de l’efficacité du packing, 3) les auteurs de l’étude étaient a priori crédibles, ayant une formation médicale poussée et des positions institutionnelles importantes, et où 4) ils revendiquaient un certain rationnel scientifique, on peut comprendre qu’il eut été difficile pour les autorités sanitaires et le PHRC de refuser d’autoriser et de financer une telle demande d’essai clinique. La seule chose que l’on peut regretter, c’est que ces autorités aient été trompées, soit à leur insu, soit de leur plein gré, dans la mesure où le protocole avait occulté la motivation véritable du traitement, troquant le charabia psychanalytique au profit de considérations sensorielles et neurophysiologiques. En particulier, lorsque le HCSP (saisi à propos de la sécurité du traitement pour les patients) écrit en toutes lettres « Il ne s’agit pas d’un traitement psychanalytique », il est impossible de ne pas conclure que soit ses membres ont été trompés, soit ils ont choisi de tromper leurs lecteurs.

En tout état de cause, cet essai clinique a eu lieu, ses résultats sont négatifs, il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Conclusions

En dépit des grandes phrases alambiquées sur les angoisses archaïques démantelantes des autistes, et leur besoin de contenance de leurs enveloppes corporelles et psychiques, l’étude de Delion et coll. (2018) montre que le packing, ou enveloppement humide froid, n’a pas plus d’effet sur l’état des patients qu’un enveloppement sec qui, lui, n’a pas d’autre rationnel que celui de la contention.

Compte tenu de l’absence de taille d’effet suggestive de la moindre tendance, il n’y a pas lieu de mener de nouveaux essais cliniques sur le packing avec un effectif plus important (qui serait de toute façon encore plus difficile à réunir).

La pratique du packing pour l’autisme doit donc maintenant cesser, ainsi que le recommandait la HAS en 2012 et que l’impose la circulaire du 22 avril 2016 sur le financement des établissements médico-sociaux.

Il n’y a donc plus aucune justification à la persistance de formations au packing pour les psychiatres, les psychologues, les psychomotriciens ou les infirmiers, qui soient financées sur fonds publics (dans les instituts de formation ou via le DPC).

Annexe

Figure 4. Extrait du livre de Delion, P. (2009). La pratique du packing: avec les enfants autistes et psychotiques en pédopsychiatrie. Eres.

 

Figure 5. Extrait du livre de Delion, P. (2009). La pratique du packing: avec les enfants autistes et psychotiques en pédopsychiatrie. Eres.

 

Figure 6. Extrait du livre de Delion, P. (2009). La pratique du packing: avec les enfants autistes et psychotiques en pédopsychiatrie. Eres.


[1] Voir par exemple https://www.soundofscience.fr/459 ou https://sciencebasedmedicine.org/plos-one-peer-review-and-a-crappy-acupuncture-study/.

[2] Par ailleurs, il aurait pu être utile de comparer le packing avec le meilleur traitement existant pour les troubles du comportement, à savoir une approche comportementale, afin de savoir si le packing faisait au moins aussi bien. A défaut de cela, le protocole original incluait un groupe recevant de la risperidone (un antipsychotique couramment utilisé pour de tels troubles du comportement), mais cette condition a été supprimée suite au changement d’indication du médicament, privant l’étude d’une comparaison avec un traitement ayant au moins une certaine efficacité.

[3] Le rationnel scientifique d’un traitement médical est l’ensemble des connaissances et arguments scientifiques plausibles qui peuvent laisser espérer une certaine efficacité. Un rationnel scientifique solide n’est ni nécessaire, ni suffisant pour qu’un traitement soit efficace. Dans bien des cas, il existe un rationnel scientifique plausible pour un traitement, mais l’efficacité n’est pas pour autant au rendez-vous. Dans bien d’autres cas, l’effet d’un médicament est découvert par hasard, bien avant que son mécanisme d’action ne soit compris. Néanmoins, même dans ces cas, l’action d’une molécule sur les cellules ou sur les organes humains, si elle n’est pas encore comprise, n’est pas invraisemblable ni incompatible avec les connaissances scientifiques. Il en est tout autrement pour toutes les pseudomédecines dont le mécanisme putatif d’action est totalement inimaginable sur la base des connaissances actuelles. Par exemple, dans le cas de l’homéopathie, la dilution extrême des produits d’origine est telle qu’il ne reste plus une seule molécule active dans le produit final. Par conséquent, le fait qu’un produit homéopathique puisse avoir un effet biologique est incompatible avec la compréhension actuelle que nous avons de la biologie et de la chimie. C’est donc sans grande surprise que les essais cliniques indiquent une efficacité égale au placebo.

Ainsi, le rationnel scientifique d’un traitement fournit une estimation a priori de la plausibilité de son efficacité, et donc de l’opportunité d’investir du temps et de l’argent dans son évaluation, dans un contexte où les budgets de la recherche médicale ne sont pas infinis, alors que l’imagination des inventeurs de pseudo-médecines est, elle, sans limite.

[4] Et qui a tout de même engendré un certain nombre d’évènements indésirables graves : 2 crises sévères, 1 chute avec traumatisme crânien, 1 crise d’asthme, et 1 chute accidentelle ayant occasionné plusieurs fractures.

[5] Paul A. Offit (2013), Do You Believe in Magic?, cité sur Wikipedia. Voir aussi les articles de Jean Brissonnet dans Science et pseudosciences en 2013 et 2017.

14 juillet 2018

Découverte israélienne du neurotransmetteur qui régule les perceptions sensorielles

 

Découverte israélienne du neurotransmetteur qui régule les perceptions sensorielles

Selon une étude menée par le Dr Hagar Gelbard-Sagiv et Efrat Magidov de l'équipe du laboratoire de neurosciences du Dr. Yuval Nir à l'Université de Tel-Aviv, notre capacité à interpréter le flux d'informations sur notre environnement transmis par nos sens dépend de notre niveau de noradrénaline, un neurotransmetteur responsable de l'éveil dans le cerveau.

http://siliconwadi.fr

 

8 juillet 2018

Écrans et autisme : l'alerte virale et sans fondement scientifique

 

Écrans et autisme : l'alerte virale et sans fondement scientifique

Depuis plus d'un an, Anne-Lise Ducanda, médecin dans une PMI (protection maternelle infantile) de l'Essonne, répand partout où cela est possible une alerte devenue virale sur les troubles liés à la surexposition aux écrans chez le petit enfant et cela a pris des proportions démesurées. E

https://psychologiescientifique.org

 

1 juillet 2018

Abstract Pierre Delion sur le Packing - 29.6.2018

 

Therapeutic body wraps (TBW) for treatment of severe injurious behaviour in children with autism spectrum disorder (ASD): A 3-month randomized controlled feasibility study

Introduction The use of therapeutic body wraps (TBW) has been reported in small series or case reports, but has become controversial. Objectives This is a feasibility, multicentre, randomized, controlled, open-label trial with blinded outcome assessment (PROBE design). Setting Children with autism and severe-injurious behaviours (SIB) were enrolled from 13 specialized clinics.

http://journals.plos.org

 

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