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"Au bonheur d'Elise"
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20 février 2015

Talange : un enfant autiste privé de centre aéré

Hier à 20:15 par Charline POULLAIN
 
« Ils n’accepteront plus notre enfant au périscolaire et au centre aéré tant qu’il ne sera pas accompagné par une AVS, Mais pour l’instant, il n’y a pas de solution », résume la famille d’Esteban. Photo Marc WIRTZ.

Le petit Esteban, 5 ans, n’est plus accepté au centre aéré ni au périscolaire de Talange. Car il présente des troubles autistiques que la structure estime trop difficiles à gérer. Un cas loin d’être isolé en Moselle.

Esteban, 5 ans, souffre de troubles autistiques. Pour qu’il puisse aller à l’école, une auxiliaire de vie scolaire le suit sur les bancs de la moyenne section, à la maternelle Irène-Curie de Talange. Mais pas au-delà. Pas à la cantine, pas le soir en accueil périscolaire, ni au centre aéré pendant les vacances. Or ses parents travaillent tous deux.
« Avant les vacances, on nous a refusé la cantine et là, il n’est plus admis au centre aéré, explique son père, Anthony Jeitz. Ça fait longtemps qu’ils nous font comprendre qu’ils n’allaient pas le garder, au moins un an et demi ». Son épouse envisage même de quitter son emploi.


Le centre socioculturel de Talange (qui a la délégation de l’accueil périscolaire dans la commune), n’en fait pas mystère : « C’est une situation compliquée. Il s’agit d’un enfant que l’on accueille depuis un certain nombre d’années, mais il est de plus en plus ingérable. Il devient violent envers les autres enfants et les animatrices », explique le directeur, Bernard Vienne.
« Ce n’est pas ingérable », estime pour sa part le père d’Esteban. Reconnaissant que son fils « se braque, s’énerve ». Et d’ajouter : « Le pire, c’est qu’il comprend tout, il se sent rejeté ».


« Au niveau de la réglementation et aussi du budget, on ne peut pas continuer, assure le directeur du centre socioculturel. Il faut un animateur pour dix enfants. Or Esteban nécessite une personne rien que pour lui . C’est d’un accompagnement individuel dont il a besoin. »
Le conseil d’administration du centre socioculturel talangeois a donc décidé de ne plus accueillir l’enfant tant qu’il ne sera pas accompagné. « Ce n’est pas de gaîté de cœur, ça nous a perturbés. Mais c’est mieux pour sa sécurité et celle des autres enfants. »
Le CA a été plus loin, excluant du même coup le petit frère d’Esteban, mais cette fois pour défaut de paiement de la part de la famille.


Un problème bien plus large


« Nous sommes face à une difficulté que rencontrent de nombreux parents en Moselle », assure Sandrine Pellenz, de la Ligue de l’enseignement, à laquelle est affilé l’accueil de loisirs de Talange (dont le petit nom est CLTEP, Centre laïque talangeois d’éducation permanente).


Les limites du transfert du périscolaire aux communes émergent. Car l’enfant n’est plus pris dans sa globalité. Les tutelles diffèrent : Éducation nationale pour l’école et ministère de la Jeunesse et des Sports dans le cas talangeois. Ce qui ne facilite pas la mise à disposition de l’AVS d’une institution à l’autre. Le problème est simple : qui paie ? Il est aussi profondément humain. Les familles concernées sont démunies. Et les animateurs tout autant. « C’est comme pour les enseignants, ils ne sont pas formés à accueillir ces enfants porteurs de handicap », explique Sandrine Pellenz. « Il faut réfléchir à une prise en charge globale, cela renvoie au projet éducatif territorial », poursuit-elle. En Moselle, les différents acteurs pourraient se retrouver prochainement autour d’une table.


In fine, les familles ont la loi pour eux. Il est question de discrimination : impossible de refuser l’accès à un centre de loisirs pour cause de handicap. Mais il revient aux parents de signaler à la Maison départementale des personnes handicapées que leur enfant va à l’école et au périscolaire. La MDPH précisant au passage que c’est aux communes de prendre en charge cet accueil et de payer leur personnel en conséquence.
Le maire de Talange doit recevoir la famille Jeitz dès vendredi matin.

Charline POULLAIN

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19 février 2015

Santé. Une maison douce qui apaise les autistes

A Champcevrais, dans l'Yonne, une maison d'accueil pour autistes propose un cadre de vie unique en France: formes, couleurs, matériaux, environnement ont été étudiés.

Dans sa chambre avec salle de bain en rez-de-jardin, Dominique frétille tout sourire : « Je ne démonte plus rien. C'est un miracle dans ma tête. Je suis apaisé dans mon coeur . » Un soulagement pour cet autiste de 52 ans. Mais aussi pour l'équipe de L'éveil du Scarabée. L'obsession de Dominique - décortiquer tous les mécanismes - avait plusieurs fois failli provoquer des catastrophes dans les anciens locaux de ce centre de vie et de soins pour adultes autistes. Surtout quand il s'en prenait aux prises électriques...

Les matériaux, la lumière, l'environnement sonore: tout doit être apaisant

Il n'est pas le seul à aller mieux. Depuis l'emménagement dans la nouvelle maison, le 20 novembre, Régine n'a plus eu une seule de ses anciennes crises quotidiennes et une autre jeune, parmi les seize habitants du Scarabée (20 places à terme), a, pour la première fois depuis quatorze ans, préféré rester là pour Noël plutôt que d'aller dans sa famille.

Ce bien-être devra être vérifié dans le temps, mais ces premières réactions semblent valider le pari de départ : imaginer un bâtiment qui n'exacerbe pas l'hypersensibilité et les angoisses des résidents. « Chaque autiste est différent, explique l'architecte Emmanuel Negroni. Mais on a voulu qu'en termes de matériaux, de lumière, d'environnement sonore, de couleurs... tout soit apaisant ».

Un fil chauffant traverse les miroirs de la salle de bain pour que l'image ne soit jamais troublante

En pénétrant sous la voûte protectrice du Scarabée, les mots se concrétisent. Au sol, un chemin de vie en bois invite à progresser vers un faux arbre qui, avec son tronc d'olivier, ses branches de charme et ses feuilles de chêne, donne des allures de place du village au coeur de la maison. En dessous de moucharabiehs, de grandes chaises longues invitent à une position foetale. Elles reposent contre une pièce aux rondeurs dignes de Gaudi. Elles contrastent avec les arêtes franches des murs de la partie administrative. « Pour faire facilement la différence. »

De petits réverbères posés sur un toit et des LED diffusent une douce lumière qui évolue au fil de la luminosité extérieure, plus dynamique la journée, plus tamisée le soir. Les tons sont pastel, des pièges à sons sont cachés, il n'y a pas d'étroits couloirs et, comme l'excellence se cache parfois dans les détails, un fil chauffant traverse les miroirs des salles de bain pour que l'image qu'ils renvoient aux habitants ne soit jamais troublante.

« On s'est autorisé à penser différemment »

Bref, cet équipement a dû coûter une fortune... « Absolument pas, conteste Emmanuel Negroni. Davantage qu'au départ mais, finalement, 2 000 € du mètre carré, soit 3 millions d'euros pour 1 500 m2(4,1 millions TTC avec le mobilier des chambres). Les logements sociaux reviennent en moyenne à 1 800 € du m2 en province ».

Ce qui veut dire qu'il a fallu faire preuve de beaucoup d'imagination. Par exemple, les pièces sur mesure, comme les chaises longues en bois massif, ont été réalisées par une machine numérique cinq axes (l'ancêtre de l'imprimante 3D). Ceci dit, le bâtiment tend vers la basse consommation d'énergie. Il est chauffé par géothermie et l'eau est chaude grâce à des panneaux solaires.

Un projet porteur d'emplois

L'ensemble a été financé par le conseil général de l'Yonne (600 000 €), autant de fonds propres de l'EPHAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et un emprunt de près de 3 millions cautionné par le département. Pour être complet, une salle multisensorielle avec baignoire high-tech, diffuseur d'arômes et musique douce a été offerte par les pièces jaunes de la Fondation des hôpitaux de Paris. Et le Rotary a financé le terrain de sport. Le coût par habitant est resté à 205 € par jour.

La naissance de ce Scarabée n'a toutefois pas été un long fleuve tranquille. Il a fallu sept ans (dont huit mois d'arrêt à cause de dissensions politiques au conseil général). Et toute l'énergie d'un duo formé d'un architecte qui s'est passionné pour ce projet et l'engagement du directeur du centre, Jean-Pierre Sanchis : « On s'est autorisé à penser différemment. »

Un troisième homme a accompagné l'aventure, Pierre Denis, président de l'EPHAD et maire du village de 345 habitants. « On a vu partir La Poste, la gendarmerie, la perception. Et là, entre la maison de retraite, la cuisine centrale, l'unité Alzheimer et L'éveil du Scarabée, on a plus de cent emplois ».

Fiers de leur bébé, les géniteurs pensent déjà aux améliorations. Il s'agirait par exemple de connecter les télés des chambres afin qu'elles permettent aux habitants de communiquer avec leur famille. Mais surtout, ils aimeraient que leur réalisation fasse école. « Pas pour la reproduire, assure l'architecte. Mais pour reprendre la philosophie, critiquer et améliorer. » En attendant, Dominique continue à jouer le guide : « Vous avez vu le plafond de la salle de bain ? On peut avoir un ciel étoilé ».

16 février 2015

Autisme -> actions de la fondation Orange

La Fondation Orange apporte son soutien à 57 projets d’équipements numériques et de loisirs pour les personnes avec autisme

Les 170 dossiers déposés lors de cet appel à projet montrent tout l’intérêt des nouvelles technologies pour les personnes autistes.

Au final,  le comité de sélection de la Fondation a sélectionné 57 projets pour leur qualité pédagogique, la motivation des personnes impliquées, leur pérennité et leur budget. Les projets sont répartis sur toutes les régions de France.

Soutien à l’équipement  numérique

photo tablette 1Les 44 projets d’équipement numérique sonttrès variés, et ciblent aussi bien les enfants, les adolescents et les adultes. Les projets sont axés autour de thématiques récurrentes qui illustrent bien l’usage du numérique : les outils pédagogiques et éducatifs, l’aide à la communication, au langage,  aux apprentissages, aux interactions et relations sociales, l’intégration scolaire, le lien avec les fratries et la famille, l’aide à l’autonomie…

Certains établissement utiliseront les outils numériques pour des séances de Vidéo Modeling, la modélisation par la vidéo forme d’apprentissage par l’observation ; un centre de loisir tout public utilisera les tablettes pour  développer les activités de rencontre entre enfants et les relations sociales dans la fratrie.

En Guyane, en plus d’être utilisées de manière classique, les tablettes seront individualisées et personnalisées avec les informations liées au vécu de la personne et au vécu de la classe. Conserver des photos et vidéos des différentes activités permettra aux enfants de partager ces moments avec son entourage.

Au total, 800 personnes bénéficieront des 500 tablettes déployées dans des établissements en France.

Le numérique au Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes

Cette année, le comité a choisi de soutenir le projet du CRA Rhône-Alpes, qui souhaite sensibiliser et former à l’utilisation des tablettes et des applications numériques. Des tablettes seront mises à disposition au CRA, pour familiariser les aidants, familles et professionnels à leur usage.

Trois activités seront proposées :

  • des temps de formation ouverts aux aidants, familles et professionnels ;
  • l’utilisation des tablettes, avec l’appui du documentaliste ;
  • le prêt des tablettes aux familles et professionnels qui envisageraient un achat.

Il est aussi prévu un accompagnement des établissements désirant s’équiper ou en cours d’équipement. Le CRA bénéficiera également de l’aide d’Orange Solidarité avec une personne en mécénat de compétence pour accompagner le projet.

Loisirs :

En matière de loisirs, le comité a favorisé les projets pérennes, offrant aux personnes avec autisme et à leur famille des temps de détente et d’enrichissement.

Ainsi, le comité soutient l’acquisition d’une yourte pour les résidents de la Maison d’Accueil Spécialisé (MAS) Vie Oxygène.

La yourte sera montée dans le jardin de la MAS et animée par des spectacles vivants ouverts à un public extérieur.

L’IME Saute-Mouton souhaite pérenniser un lieu de loisirs et de vacances adaptés, dans la région de Bordeaux. L’aide de la Fondation Orange permettra de construire un chalet accessible aux familles et fratries à proximité de très beaux sites naturels et de lieux d’activités de plein air.

La Fondation Orange renouvelle son partenariat avec la Fondation Culturespaces pour le projet « Patrimoines en familles ». Ce projet favorise la visite de familles et de fratries d’enfants au sein de 6 sites culturels : la Cité du train, les Arènes de Nîmes, la Villa Ephrussi de Rothschild, le château de Baux de Provence, le Théâtre antique d’Orange et la Cité de l’automobile.

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Colloques

La Fondation Orange continue d’apporter un soutien aux colloques annuels d’Autisme France et de Sésame Autisme.

Les 44 établissements soutenus pour l’équipement numérique :
  • FAM de l’Airial du Nid de l’Agasse
  • FAM La Châtaigneraie
  • IME La Roseraie
  • APEI DE L’AUBE FAM L’ADRET
  • ALEFPA – IMPRO MARIE CAZE
  • Ensemble des IME de l’Association AEIM-ADAPEI 54
  • IME Les Grands Bois
  • IME La Fontinelle
  • IME de DIEUZE
  • AUTISME AVEYRON SAP
  • FAM La Margotière
  • IME de Lézat/Léze (09)
  • IME LUCIEN DESMONTS
  • IMP Espérance
  • IME EXPERIMENTAL MAIA
  • ADAPEI IME VAUROUZE
  • APEI Centre-Manche
  • IME « Le Wenheck »
  • IME de FALAISE
  • IME « Les Oliviers »
  • Centre Arthur Lavy, IME Les Alizés
  • Adapei-Aria de Vendée
  • CRESDA
  • SAAME Thérèse et Charles FORTIER
  • Ime Le Breuil
  • IME Jean-Louis BEAUDOUIN
  • Association des Papillons Blancs de Dunk
  • Centre Expertise Autisme Adultes
  • IME SAUTE MOUTON
  • Association KERVIHAN
  • Pôle Enfance Apei de Lens et environs
  • SESSAD les comètes UE Beuvin
  • Institut Les HAUTS THEBAUDIERES
  • IMP La Maison de l’Enfant
  • Structure ADO SESAME AUTISME GEP
  • CPPC SESAMA AUTISME
  • TED et TSA vont à l’école
  • Foyer de Vie « Les Rosiers »
  • SPMS
  • Pap. Blancs Roubaix-Tourcoing / Educatif
  • IME Les Clapotis
  • Ecole élémentaire Saint André Barnier
  • IME Claude Monet
14 février 2015

Scandale dans les Pyrénées Orientales

logo autisme 66 esperanza

 

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Lettre Ouverte à Ségolène Neuville sur le défaut de financement des méthodes éducatives pour les enfants autistes.

 

Mme Ségolène NEUVILLE, Secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées

Madame la Ministre,

Autisme 66 Esperanza, forte de plus de 300 adhérents, membre de l’Union Régionale Autisme France Languedoc Roussillon, poursuit son engagement pour les enfants autistes du département des Pyrénées Orientales. Elle interpelle notre communauté locale et régionale sur la nécessité d’inclusion en milieu ordinaire, sur l’aide aux familles pour le financement des prises en charge adaptées et recommandées par la Haute Autorité de Santé, sur l’information auprès du public et des professionnels de la santé des besoins spécifiques des enfants autistes et sur la création d’animation et de loisirs adaptés à leur égard.

Suite à vos nombreuses déclarations sur l’affirmation d’appliquer les prises en charge adaptées et recommandées par l’ANESM et la HAS, et le retrait de la psychanalyse dans le champ de l’autisme, nous vous interpellons sur un problème bien précis rencontré par des parents d’enfants autistes dans votre département d’origine.

En effet, le Centre Catalan des Sciences Comportementales (CCSC) a vu le jour en Mars 2014 suite à une forte demande des parents qui se trouvaient dans l’impossibilité d’avoir des prises en charge comportementales et décentes dans les différentes institutions existantes (SESSAD, IME, HDJ, CMP). Le constat était un manque de professionnels formés à ces méthodes dans les PO. Il existe une centaine de personnes formées en France et nous avons la chance d’avoir cinq d’entre eux au Centre Catalan des Sciences Comportementales.

Par manque de financement public, ce centre ne fonctionne qu’avec l’apport financier des parents d’autistes (1600 euros par mois). Souhaitant respecter les prescriptions du CRA Montpellier (méthodes éducatives et comportementales) les parents n’ont pas eu d’autre choix que de s’orienter vers cette structure privée unique dans la région Languedoc Roussillon. De plus les parents qui ont fait appel à la MDPH voient leur dossier gelé depuis plus d’un an.

C’est plus qu’un scandale ! C’est une honte ! La France doit défendre le plus faible, qui de plus faible qu’un enfant handicapé !

Les familles n’en peuvent plus ! Certaines vont rentrer dans la précarité si rien n’est fait immédiatement. Les parents sont prêts à monter au créneau et vont le faire sous peu. Certains prévoient des actions désespérées ou médiatiques. Autisme 66 Esperanza est prêt à diffuser ce scandale dans les médias locaux et nationaux.

En tant que Secrétaire d’État chargée des Personnes Handicapées, c’est pour vous et pour notre département, notre région, une opportunité de faire de ce centre un pilier de la diffusion des bonnes pratiques. Pourquoi ne pas faire du Centre Catalan des Sciences Comportementales un centre pilote avec un financement public ? En regroupant des professionnels reconnus et compétents pouvant former le tissu médico-social existants départemental et régional.

Nous vous demandons un RDV ou des mesures concrètes de toute urgence avant fin février. Les parents ne se bercent plus de promesses et nous ne pourrons plus les retenir très longtemps.

Dans l’attente de votre réponse rapide, veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Association Autisme 66 Esperanza

Cc : Mme le Préfet Chevalier / M. le Sénateur Calvet /Mme la Sénatrice Malherbe/ M. le Député Alyagas / M. le Député Siré/ M. le Député Cresta/ M. le Député Olive/ M. le Député Européen Alliot/ M. le Maire Mach/ M. le Maire Castex/ M. le Maire Pujol/ M. le Maire Villa/ M. le Maire Roque/ à l’assemble des maires du département des PO/ M. Doat, DDCS 66/ M. Herman, ARS 66/ Mme Langloys, Présidente Autisme France

13 février 2015

Fiches pratiques du magazine Déclic - édition avril 2014

édition avril 2014

 

Préparer l’avenir
de son enfant handicapé
en pensant
à ses frères et soeurs
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13 février 2015

MDPH : trop d'administratif, pas assez d'humain

article publié dans La Gazette des communes

Publié le 11/02/2015 • Par Isabelle Raynaud • dans : France

© Fotolia

Les maisons départementales des personnes handicapées ont été créées par la loi Handicap de 2005. Dix ans après, leur action est entravée par des lourdeurs administratives. La secrétaire d’État aux Personnes handicapées a annoncé une simplification.

 

« Tous les aspects nouveaux de la loi doivent maintenant s’appliquer vraiment. » Lors d’un colloque organisé par la Fondation Chirac sur les 10 ans de la loi Handicap, le 5 février, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Ségolène Neuville a reconnu qu’il reste encore beaucoup à faire pour que la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées soit totalement mise en pratique.

Les difficultés sont nombreuses sur l’accessibilité, l’emploi ou la scolarisation des enfants handicapés. Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) n’éxhappent pas aux critiques. Crées par la loi de 2005, elles sont censées exercer une mission d’accueil, d’information, d’accompagnement et de conseil des personnes handicapées et de leur famille.

Des simplification administratives prévues

Un « guichet unique » selon les termes de Ségolène Neuville pour mettre fin au parcours du combattant des personnes handicapées. Mais, « après une forte montée en charge, les MDPH sont aujourd’hui beaucoup trop absorbées par leurs tâches administratives au détriment du suivi individualisé des personnes », a reconnu la secrétaire d’État. Les MDPH doivent donc se recentrer sur leur fonction originelle, « accompagner les personnes vers la réalisation de leur projet final », a-t-elle ajouté.

La secrétaire d’État a ainsi annoncé un amendement gouvernemental au projet de loi de santé qui « prévoira une obligation d’orientation permanente des personnes ».

Suivant le rapport du conseiller d’État Denis Piveteau “Zéro sans solution”, Ségolène Neuville veut que, lorsqu’un placement est nécessaire, les personnes handicapées ne se retrouvent pas avec une seule proposition dans un centre complet. Et donc sans véritable solution. Il faut mettre en regard deux décisions, détaille la ministre : “La première se concentre uniquement sur le projet de la personne, la seconde s’attache à retenir les réponses qui peuvent lui être immédiatement proposées.”

Mais la secrétaire d’État aux Personnes handicapées n’a pas précisé quelles démarches administratives seraient modifiées. “Pour dégager les marges en personnel nécessaire à cette évolution, un plan de simplification des tâches administratives sera mis en œuvre”, a-t-elle seulement indiqué.

Vers un « partage raisonné de l’information »

Il faut arrêter de demander aux personnes de produire des certificats à tout bout de champ », a demandé Patrizia Gubiani-Banholzer, directrice de la MDPH du Haut-Rhin et administratrice de l’association des directeurs de MDPH (ADMDPF). Patrick Gohet, délégué interministériel aux personnes handicapées lors de la rédaction de la loi, a ainsi donné l’exemple de parents à qui on demande régulièrement une attestation pour confirmer que leur enfant est toujours trisomique…

Patrizia Gubiani-Banholzer réclame ainsi un « partage raisonné de l’information » entre les différents acteurs du handicap et notamment la mise en place du dossier médical partagé. Les demandes aux MDPH augmentent chaque année, de 10% en 2013 selon l’administratrice de l’ADMDPH. Les dossiers de carte de stationnement sont particulièrement chronophages, indique-t-elle. L’association a fait des propositions en mai 2014 pour alléger la charge de travail dans les MDPH.

Une chose est sûre, le budget des MDPH n’évoluera pas, Ségolène Neuville l’a bien précisé.

Focus

Mise en place du tiers payant pour les “aides techniques”

Conformément à ce qui avait été annoncé par François Hollande en décembre lors de la Conférence nationale du Handicap, Ségolène Neuville a également annoncé un second amendement au projet de loi de santé qui “permettra aux départements de mettre en place un tiers payant pour les aides techniques”. Ceci évitera aux personnes d’avancer “des sommes parfois importantes”, pour l’achat par exemple d’un fauteuil roulant.

 

12 février 2015

Autisme France -> Bilan de l'année 2014 - publié le 12 févvrier 2015

11 février 2015

Détox : non, la Caf ne vous cache aucune aide

Publié le 10 février 2015

« Nous avons, après enquête, découvert que certaines aides existantes sont soumises à un black-out. Toutes les Caf de France nient leur existence (…) dans un but simple : faire des économies. » Voilà ce qu’il est possible de lire dans un article non signé publié fin janvier sur le site Internet du Collectif citoyen handicap (CCH). Les auteurs assurent faire une « révélation sur une aide qu’on vous cache », à savoir l’aide au projet familial personnalisé (APFP).

Caf : des aides variées dites extralégales

De quoi s’agit-il ? D’une aide financière individuelle, ainsi nommée par la Caf du Nord. Pour rappel, à côté de leurs prestations légales (allocation adulte handicapé, logement, RSA, etc.), toutes les Caf servent des prestations complémentaires d’action sociale, dites extralégales, dans des domaines d’intervention définis par l’arrêté du 3 octobre 2001. Les aides financières individuelles en font partie.

La nature, le montant et les conditions d’octroi de ces aides relèvent de la décision du conseil d’administration de chaque caisse. Résultat, ce que la Caf du Nord nomme APFP – une aide plafonnée à 2 000 € sous forme de prêt ou de subvention pour répondre à une problématique d’insertion, de parentalité ou de logement – s’appellera « aide sur projet » dans la Creuse et sera limitée à 1 500 € en cas, par exemple, de survenue du handicap d’un enfant.

Des aides individuelles mises en avant

Ces aides, dont les modalités et les intitulés varient selon les départements, sont sans doute mal connues des allocataires. Mais ce n’est pas faute, pour les Caf, de communiquer dessus. La caisse de Seine-Saint-Denis y consacre ainsi une page sur son site, tout comme la Caf des Alpes-Maritimes, pour ne citer qu’elles. Et la plupart des caisses mettent en ligne leur règlement intérieur des aides financières individuelles, comme l’ont déjà fait pour 2015 le Finistère, la Seine-Maritime ou encore l’Essonne.

Selon votre situation, si vous pensez pouvoir prétendre à une telle aide et que vous ne vous fiez pas aux réponses de votre Caf, vous pouvez demander à consulter son règlement intérieur des aides financières individuelles. Ou décider de faire confiance aux agents des Caf dont le métier consiste, normalement, à vous aider à faire valoir vos droits. – Aurélia Sevestre – Photo DR.

8 février 2015

Francis Perrin : Son combat contre l'autisme dans un téléfilm

article publié sur la chaîne du coeur

Publié le : 2014-07-15 12:00

Bernard Campan sera Francis Perrin dans un téléfilm sur l’autisme. A l’origine de ce projet, un livre : Louis, pas à pas, écrit par Gersende et Francis Perrin. L’ouvrage, sorti en 2012 et publié chez Jean-Claude Lattès, est autobiographique. Il raconte l’histoire, le combat poignant de leur fils Louis, diagnostiqué autiste 7 ans plus tôt.

Le téléfilm sera réalisé par Renaud Bertrand (Nous Trois, Les Irréductibles). Il dirigera Bernard Campan (ex-Inconnus) dans le rôle principal. Il sera Francis Perrin, et donnera la réplique à Julie-Marie Parmentier (Gersende) et à Marie-Anne Chazel (Splendid).

L'adaptation télévisée de 90 minutes sera tournée du 6 octobre au 4 novembre 2014 à Bruxelles, et sera diffusée en février 2015 sur France 2.

Depuis la parution du livre, l'acteur Francis Perrin, a mis à contribution sa célébrité et sa médiatisation au service d'une lutte de tous les instants contre l'autisme. Il défend notamment un programme intitulé "Applied Behaviour Analysis". Ce programme est né aux États-Unis, et a fait ses preuves dans les pays anglo-saxons. Avant Louis en 2005, le programme n'avait jamais été testé en France. Et celui-ci a grandement aidé son fils à se sociabiliser.

"Louis évolue dès les premiers jours du traitement. Il communique peu à peu avec ses frères, ses sœurs, ses amis et commence à acquérir une véritable autonomie. Ses progrès sont spectaculaires : il devient pas à pas 'un enfant presque comme les autres'", raconte Francis Perrin.

L'objectif de Louis, pas à pas était de "porter la voix des parents brisés, comme nous-mêmes l'avons été" comme l'indiquait en préambule Francis Perrin. L'acteur et le metteur en scène de théâtre avait également la volonté de sensibiliser les lecteurs, et leur montrer que l'autisme est un combat de tout les jours. Mais qu'il y a un espoir après le drame.

L'autisme touche environ une naissance sur 110. En France 80% des enfants avec autisme ne sont pas scolarisés et la plupart d'entre eux n'ont pas accès à une prise en charge adaptée.

Fondée en 2008, l'association Sur les bancs de l'école a pour mission de mettre en place les conditions optimales d'accès au soin et à l'éducation des enfants avec autisme et de soutenir les familles face aux difficultés sociales, financières, psychologiques qu'elles rencontrent dans leurs parcours.

Sur les bancs de l'école a créé à Paris un lieu d'accueil des familles, La Maison de TED, au sein de laquelle les familles sont aidées dans toutes les étapes du processus d'accompagnement de leur(s) enfant(s). L'ouverture d'un second lieu d'accueil est en projet actuellement.

Plus d'informations sur www.surlesbancsdelecole.org

31 janvier 2015

Lot-etGaronne : Le jour où j'ai décidé de me battre pour mon fils autiste

article publié dans Sud Ouest

Publié le 31/01/2015 à 06h00 , modifié le 31/01/2015 à 13h54 par

Nathalie Bongibault-Julien est vice-présidente de Planète Autisme 47, une association qui fête ses cinq ans d'existance. Elle raconte son combat, celui du suivi pyschoéducatif de son fils

Lot-et-Garonne : le jour où « j’ai décidé de me battre pour mon fils autiste »

Nathalie Bongibault se souvient du jour où elle a décidé de se lancer dans un combat : celui de trouver un suivi psychoéducatif pour son fils, Jean. © Photo

photo thierry suire

« Je suis arrivée d'Angers à Agen, avec mon époux et mes deux enfants en 2003. Mon benjamin, Jean, avait vingt-deux mois. À Angers, j'avais consulté un pédopsychiatre… en vain. J'avais pourtant l'intuition que Jean présentait des comportements autistes. À Agen, j'ai reçu un très bon accueil, mais au regard du handicap de mon enfant, l'accueil n'a pas été celui escompté.

Il aura fallu plus de deux ans pour qu'il soit enfin diagnostiqué

On m'a orientée vers un psychanalyste qui s'est intéressé plus à moi qu'à lui. C'est via Internet et, notamment, le site d'Autisme France et les témoignages de parents que j'ai eu la confirmation que mon petit garçon entrait dans le spectre des comportements liés à l'autisme.

Il aura fallu plus de deux ans pour qu'il soit enfin diagnostiqué et ce, grâce au Ceresa (Centre régional d'éducation et de services pour l'autisme) de Midi-Pyrénées. Pendant un an, j'allais une fois par semaine à Toulouse pour accompagner Jean dans un suivi psycho- éducatif. Au bout de quelques semaines, il avait fait des progrès vertigineux.

La rencontre avec Laurence

Et puis il y a eu ce jour, en 2005 ou 2006, je ne sais plus, où à l'occasion du Grand Pruneau Show, j'ai découvert parmi les associations présentes sur la place de la Cathédrale, Sésame Autisme et sa formidable présidente, Vianneyte de Sinety. Et ce jour-là, en voyant des adultes autistes qui n'avaient pas été pris en charge dans leur enfance, j'ai pris peur. Je me suis dit que j'allais me battre pour Jean, pour qu'il ait le droit d'avancer. Avec Vianneyte de Sinety, nous avons organisé une conférence et j'ai fait la connaissance de Laurence Franzoni (actuelle présidente de Planète Autisme).

Notre rencontre a sonné le début d'une véritable amitié et d'une dynamique. En janvier 2010, nous avons créé Planète Autisme, nous voulions avoir les coudées franches. Nous avons été aidées par la mairie d'Agen, qui nous a proposé un local dans une maison près de l'école Herriot. Aujourd'hui, nous occupons toute la maison. De suite, nous avons pris une psychologue et dès la première année, nous avions 15 enfants en suivi psycho-éducatif, dans nos murs…

Aujourd'hui, nous en avons 37, nous avons trois psychologues formées selon les recommandations de la haute autorité de santé en matière de prise en charge de l'autisme et un éducateur spécialisé. Des professionnels qu'il nous faut payer… 70 à 80 % du financement viennent des actions et spectacles que nous montons, des gadgets que nous vendons. Le reste est payé par les parents.

Mon rêve pour les dix ans ? Que Planète Autisme soit intégrée dans une structure officielle avec un vrai financement. Et nous les parents, nous pourrions profiter de nos enfants au lieu de passer tout notre temps libre sans eux à se démener pour trouver des fonds et faire vivre l'association… »

28 janvier 2015

Des psychomotriciens dans le packing et la pataugeoire-thérapie

article publié dans Science & Pseudo-Sciences

par James Rivière - SPS n°300, avril 2012

Actuellement, nous assistons à une vive dénonciation, de la part des associations de parents d’enfants autistes, de l’implication des psychomotriciens dans des pseudo-thérapies très controversées que sont le packing et la pataugeoire1. Mais que sont ces méthodes et qui sont les psychomotriciens ?

Les psychomotriciens sont des paramédicaux et bénéficient d’un statut d’auxiliaires de médecine. Ils prennent en charge les troubles psychomoteurs, c’est-à-dire des troubles neurodéveloppementaux affectant l’adaptation du sujet dans sa dimension perceptivo-motrice tels que le Trouble de l’Acquisition de la Coordination (TAC) ou le Trouble Déficitaire de l’Attention associée ou non à l’Hyperactivité (TDA/H).

Le packing une thérapie ?

En psychomotricité, de surprenantes « thérapies » peuvent parfois être proposées aux enfants atteints de troubles du spectre autistique. Il en est ainsi du packing, également dénommé « enveloppement humide thérapeutique ». Basée sur des concepts psychanalytiques tels que le « Moi-peau »2, cette « thérapie » consiste à envelopper des enfants autistes dans des linges humides et froids (à 10°C) au prétexte de renforcer la conscience des limites de leur corps. Les partisans de cette méthode considèrent en effet que les enfants autistes présentent un vécu corporel fragmenté et des angoisses de morcellement. Leur objectif affiché est de lutter contre ces angoisses archaïques en permettant, via le packing, la constitution chez ces enfants d’une enveloppe psychique sécurisante. La constitution de cette « peau psychique » restaurerait un sentiment de continuité d’existence, et par là-même, une identité psychique.

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L’ange blessé. Hugo Smberg (1873-1917)

Dans une lettre ouverte publiée en février 2011 dans la prestigieuse revue Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry3, 18 scientifiques, dont l’autorité dans le domaine de l’autisme est internationalement reconnue, condamnent avec force le packing. Voici la traduction de la conclusion de cette lettre : « Nous sommes parvenus au consensus que les praticiens et les familles du monde entier doivent considérer cette approche comme contraire à l’éthique. En outre, cette "thérapie" ignore les connaissances actuelles concernant les troubles du spectre autistique ; va à l’encontre des paramètres de la pratique basée sur les preuves et les directives de traitement publiés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, en Hongrie et en Australie ; et, selon notre perspective, présente un risque d’empêcher ces enfants et adolescents d’accéder à leurs droits humains fondamentaux de santé et d’éducation ».

L’implication des psychomotriciens dans le packing est actuellement dénoncée par des associations de parents d’enfants autistes4.

Elle n’est guère étonnante lorsqu’on connaît l’emprise de la psychanalyse sur l’enseignement de la psychomotricité dans la plupart des instituts de formation. Ainsi, sur le site des étudiants d’un centre de formation en psychomotricité, 90 % des auteurs cités dans la liste des ouvrages proposés pour le contrôle continu sont des psychanalystes5.

La pataugeoire-thérapie...

D’autres « thérapies » étranges peuvent être proposées dans le cadre de la prise en charge en psychomotricité des enfants autistes. Il en est ainsi de la pataugeoire-thérapie qui consiste en des jeux d’eau dans un bassin peu profond et contenant divers objets tels que des récipients et des balles. Certains dispositifs comprennent un tuyau d’arrosage et un miroir au mur.

Là encore, il s’agirait de construire une peau psychique chez l’enfant autiste mais cette fois-ci par la médiation de l’eau.

La psychomotricienne Anne-Marie Latour fait l’apologie de cette prétendue thérapie dans un ouvrage intitulé La pataugeoire : contenir et transformer les processus autistiques paru aux éditions Eres en 2007. Il est conseillé aux étudiants en psychomotricité dans de nombreux instituts de formation et la pataugeoire-thérapie est présentée dans des journées d’étude organisées par des associations de psychomotriciens. Ce livre a fait l’objet d’une critique détaillée d’une mère d’un enfant porteur d’autisme6

Cette pratique est proposée en 2012 en stage de formation continue par le Syndicat National d’Union des Psychomotriciens7 au même titre que le packing8.

Il serait temps d’évoluer...

L’évolution des connaissances scientifiques dans le domaine des troubles neurodéveloppementaux doit conduire les psychomotriciens à en tirer les conséquences pour optimiser leurs interventions thérapeutiques et abandonner les pseudo-thérapies fondées sur des conceptions psychanalytiques obsolètes.

À l’heure de la rationalisation de notre système de santé et du souci d’une bonne utilisation des financements publics, il est demandé aux acteurs de soins de s’engager dans un processus intitulé « Pratiques cliniques basées sur les preuves ». Les psychomotriciens ne peuvent déroger à cette règle. Ils doivent prouver l’efficacité thérapeutique de leurs pratiques professionnelles s’ils souhaitent être recrutés en tant que paramédicaux experts de la prise en charge des troubles psychomoteurs.

25 janvier 2015

Mise en place du comité de pilotage pour la réforme de la tarification des structures pour handicapés

article publié sur Localtis.info

Handicap Publié le lundi 1 décembre 2014

Le 26 novembre, Ségolène Neuville, la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, a installé le comité stratégique sur la réforme de la tarification des établissements et services médicosociaux accueillant et accompagnant les personnes handicapées. Cette installation marque le coup d'envoi d'un chantier de longue haleine. L'objectif affiché est en effet de "conduire une réforme en profondeur de la tarification de ces établissements" et, plus précisément, de mettre en œuvre un nouveau dispositif d'allocation de ressources aux établissements et services.

Un chantier copiloté par l'Etat et la CNSA, avec les départements

Le comité installé le 26 novembre est copiloté par l'Etat (direction générale de l'action sociale) et par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Il comprend des représentants de la CNSA, des opérateurs de l'Etat, de l'Assemblée des départements de France (ADF), de l'assurance maladie, des organismes gestionnaires d'établissements et services, des associations représentant les personnes handicapées...
Pour mener à bien ses travaux, le comité stratégique s'appuiera sur les conclusions du rapport d'octobre 2012 de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF) sur la question (voir notre article ci-contre du 3 décembre 2012). Celui-ci préconisait notamment la création d'un outil partagé d'évaluation des lourdeurs des prises en charge, afin de mieux adapter l'offre aux besoins des personnes handicapées. Il formulait également des propositions de méthode pour conduire une réforme du financement des établissements et services.
Selon le communiqué du ministère, ce travail contribuera aussi "pour partie à la mise en œuvre du rapport 'Zéro sans solution' remis par Denis Piveteau en juin 2014 et dont la mise en œuvre progressive a été confiée à Madame Marie-Sophie Desaulle" (voir nos articles ci-contre du 25 juin et du 28 octobre 2014).

Objectif... 2018

Ce "chantier ambitieux" est prévu pour durer trois ans, ce qui renvoie la mise en œuvre éventuelle d'une nouvelle tarification à l'exercice 2018. La méthode retenue pour son déroulement prévoit néanmoins "des avancées progressives tout au long de la démarche".
En attendant, la DGCS et la CNSA ont découpé la démarche en trois phases successives, qu'elles ont présentées aux membres du comité stratégique, le 26 novembre. La première consistera à construire les outils qui permettront une allocation de ressources rénovée. La seconde portera sur le choix d'un modèle de tarification et sur la simulation de ses impacts. Enfin, la troisième phase verra le déploiement national du modèle retenu.
En 2015, il est déjà prévu que la CNSA et la DGCS travailleront à l'élaboration de deux référentiels. Le premier portera sur les besoins des personnes accueillies, afin de bien identifier les situations auxquelles répondent les établissements et services. Le second référentiel portera sur les prestations délivrées dans ces structures. Ce double travail permettra ensuite d'engager une enquête en vue de l'élaboration d'un référentiel de coûts.

Jean-Noël Escudié / PCA

23 janvier 2015

TOURS : Classe autisme à l'école, premier bilan

7 enfants y sont scolarisés depuis le 15 septembre dernier.

Rectrice de l'académie Orléans-Tours, inspecteur d'académie, présidente de l'ADAPEI37, professionnels issus de l'IME des Tilleuls, directrice de l'école, adjointe à l'éducation de Tours... Ce mercredi matin, tout le monde s'est assis autour de la table de la grande salle habituellement réservée aux enfants au premier étage de l'école Alfred De Vigny, située au bord du Cher à Tours. Il ne manquait en fait que l'enseignante de la classe qui accueille 7 enfants autistes depuis le 15 septembre dernier dans cet établissement, mais il parait qu'elle vient d'accoucher de jumeaux alors elle semble avoir une bonne excuse.

Ca fait donc 4 mois que les élèves - âgés de 3 à 5 ans - ont fait leur rentrée mais c'est la première fois que les médias et tout le gratin institutionnel sont conviés en même temps pour évoquer cette première en région Centre, qui se prépare à être dupliquée à la rentrée 2015 à Blois et Orléans. L'idée était notamment d'expliquer ce que font les enfants au quotidien : un peu de classe, des jeux, des soins... Le tout dans plusieurs salles ce qui a nécessité pas mal d'organisation pour que tout fonctionne bien selon la directrice de l'établissement.

Interrogées, 3 mamans venues avec leurs enfants ce matin étaient carrément conquises par le dispositif : leurs enfants ont fait des progrès, l'un d'eux qui ne parlait pas commence par exemple à répéter des mots. Ils sont aussi plus sociables et se mélangent manifestement assez bien avec les autres élèves pendant les récréations. Certains sont aussi intégrés périodiquement dans les classes "classiques" pour des cours d'une heure. En fait, le seul "souci" avec cette classe spécialisée c'est qu'elle est unique alors que les besoins sont importants...

TEMOIGNAGES

Sarah, maman d'un élève de 5 ans : "mon fils a fait beaucoup de progrès. Dans son ancienne école normale, il était angoissé, il tremblait. Maintenant, il est heureux d'aller à l'école, il est calme et écoute, ne s'agite pas. Même quand il est en vacances il réclame l'école ! Cette classe tombait vraiment très bien, il y a des résultats, et moi ça m'a aussi aidé à mieux comprendre l'autisme".

Aline Lachaise, directrice : "il s'agit avant tout d'un accueil pédagogique avec une enseignante spécialisée et une équipe de professionnels. Il a fallu organiser les locaux pour leur laisser un espace suffisamment grand pour les soins, la classe, le repos ou la cantine. On voit une évolution sur ces enfants, sur leur capacité à s'assagir, reconnaître les locaux, les adultes ou encore à bouger et accepter des activités qui leur plaisent. C'est aussi important de leur créer des rituels, de suivre un emploi du temps. Ils font des progrès !"

Constance de Sinety, présidente de l'ADAPEI37 : "C'est un pas de plus vers le projet que l'on porte depuis des années. C'est important d'intervenir au plus vite auprès des enfants, de pouvoir les accompagner dans un environnement qui leur convient mais extrêmement particulier, adapté par exemple au niveau acoustique pour que les enfants ne soient pas perturbés. Ca n'empêche pas de travailler à l'inclusion des enfants en milieu normal. Le retour positif des parents est la meilleure récompense pour nous ! Les professionnels nous parlent aussi de bonnes conditions même si on sait que ce n'est qu'un accompagnement des enfants, qu'il n'y a pas de guérison. C'est sûr qu'il y a des listes d'attente pour ce type d'équipement, il reste à se battre pour l'ouverture d'autres places. Le problème c'est le financement".

O.C.

8 janvier 2015

Seine-Saint-Denis : huit fonctionnaires détournaient l'allocation des handicapés

Stéphane Sellami | 06 Janv. 2015, 23h20 | MAJ : 06 Janv. 2015, 23h23
ARCHIVES. Un audit interne du conseil général de Seine-Saint-Denis a mis en lumière un système de détournement de prestations sociales qui s’élèverait à près de 5 M€.
LP / Alain Auboiroux

Le coup de filet a été déclenché dans la plus grande discrétion… Mardi matin, les enquêteurs du service départemental de police judiciaire (SDPJ) de Seine-Saint-Denis ont investi les domiciles de huit personnes, employées par le conseil général (CG) du 93. Huit autres personnes, présentées comme des proches de ces fonctionnaires, ont également été arrêtées.

Une vague d’interpellations déclenchée après deux plaintes déposées par le président socialiste du conseil général Stéphane Troussel, aux mois d’avril et mai 2014. A l’époque, un audit interne avait mis en lumière une série de dysfonctionnements et d’incohérences quant à l’attribution d’allocations destinées à des handicapés et des personnes dépendantes domiciliées en Seine-Saint-Denis. Selon nos informations, le préjudice de cette fraude aux prestations sociales s’élèverait à près de 5 M€.

Saisi de cette délicate affaire, le parquet de Bobigny a rapidement ouvert une enquête pour des faits d’escroqueries, d’abus de confiance et d’accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données. Mardi soir, les auditions des suspects étaient toujours en cours.

«Une petite combine» au sein d'un service depuis 2002

Par ailleurs, co-saisis dans ce dossier, les enquêteurs du groupe d’intervention régional (GIR) de Seine-Saint-Denis, spécialisés dans les investigations financières, sont en train d’évaluer le patrimoine et les avoirs des fonctionnaires mis en cause. L’argent ainsi détourné aurait notamment pu servir à des acquisitions immobilières ainsi qu’à des achats de produits de luxe.

« Ce qui est frappant dans cette affaire, c'est que nous sommes face à des fonctionnaires, en poste pour certains d’entre eux depuis plus de dix ans, qui semblent avoir agi en toute concertation, souligne une source proche de l’affaire. Les plus anciens ont pu initier les nouveaux arrivants sur leur petite combine qui remonte, selon les premières investigations, à l’année 2002. »

Les fonctionnaires soupçonnés de ces détournements auraient ainsi créé près de 80 dossiers fictifs de bénéficiaires avant de leur verser l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), destinée aux personnes âgées et dépendantes, et la prestation compensatoire du handicap (PCH), normalement réservée aux personnes handicapées. L’ensemble des suspects était employé au sein de la direction des personnes âgées et de personnes handicapées (DPAPH) du conseil général.

Pas de préjudice pour les vrais bénéficiaires des allocations

Après la découverte des faits lors de l'audit interne du conseil général, les huit fonctionnaires ont été suspendus, entre les mois de mai et d’octobre 2014, « à titre conservatoire ».

« L’argent détourné n’a pas manqué aux vrais bénéficiaires de ces allocations, a précisé, mardi, Stéphane Troussel. Ce qui est insupportable dans cette affaire est que des fonctionnaires en charge d’un service public ont profité de leur position pour se livrer à de tels actes. »

« La présomption d’innocence doit être préservée, a-t-il ajouté. Mais si les faits sont avérés, j’attends que la justice passe avec la plus grande sévérité dans ce dossier. Cette affaire ne doit pas venir entacher la réputation de tous les autres fonctionnaires du conseil général de Seine-Saint-Denis qui font preuve de dévouement et du plus grand sérieux au quotidien. »

5 janvier 2015

Périscolaire pour les élèves handicapés : l'Etat s'engage !

article publié sur Handicap.fr

Résumé : Depuis le 1er janvier 2015, l'État officialise son engagement aux côtés des communes pour développer des activités périscolaires. 400 millions d'euros par an. Et entend les rendre accessibles aux élèves handicapés.

Par , le 05-01-2015

C'était une promesse de François Hollande lors de la CNH (Conférence nationale du handicap) le 11 décembre 2014 : mettre en place une aide aux communes pour l'accessibilité des accueils périscolaires déclarés aux enfants en situation de handicap. Elle s'inscrit dans une circulaire émanant des ministères de l'Education nationale et des Sports publiée le 1er janvier 2015 au Bulletin officiel de l'Éducation nationale qui assure « la promotion de la généralisation des projets éducatifs territoriaux sur l'ensemble du territoire ».

Une aide renforcée de l'Etat

Selon le communiqué, « Dans le prolongement des efforts accomplis depuis la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, l'année 2015 ouvre une période de soutien prolongé et renforcé de l'État aux communes pour qu'elles puissent proposer, sur l'ensemble du territoire, à chaque enfant un parcours éducatif cohérent et de qualité avant, pendant et après l'école, organisant ainsi, dans le respect des compétences de chacun, la complémentarité des temps éducatifs. »

400 millions pour soutenir les communes

Avec l'entrée en vigueur, le 1er janvier 2015, de la loi de finances pour 2015, le Fonds d'amorçage pour la réforme des rythmes scolaires devient un véritable fonds pérenne de soutien aux communes et aux établissements de coopération intercommunale (EPCI) pour l'organisation des activités périscolaires. C'était l'un des engagements du Premier ministre, Manuel Valls, en clôture du 97ème congrès des maires de France (en décembre 2014). A compter de l'année scolaire 2015-2016, l'accompagnement financier de l'État, d'environ 400 millions d'euros par an, sera donc assuré pour toutes les communes ou EPCI, à condition qu'elles aient établi, sur leur territoire, un Projet éducatif territorial (PEDT).

Pour les élèves handicapés ?

De son côté, la CNAF (Caisse nationale d'allocations familiales) s'engage à soutenir les communes pour organiser l'accueil des enfants porteurs de handicap dans les activités périscolaires. Les collectivités peuvent solliciter dans ce sens le fonds « publics et territoires ». La CNAF précisera, courant janvier, quels sont les critères d'éligibilité à ce fonds. Nadjat Vallaud-Belkacem (ministre de l'Education nationale) s'est engagée, de son côté, à faciliter l'emploi des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH, ex AVS) pendant les temps périscolaires.

2 janvier 2015

Le bilan de l'année 2014 pour Laurence Franzoni, présidente de Planète Autisme

article publié dans La Dépêche

Une année 2014 qui n'a pas été simple»

Publié le 01/01/2015 à 03:49, Mis à jour le 01/01/2015 à 09:21

Politique - Nérac (47) - 2/ Le bilan de… Laurence Franzoni

Laurence Franzoni a repris le rôle de Bernard Dalies./ Photo DDM, M.D.
Laurence Franzoni a repris le rôle de Bernard Dalies./ Photo DDM, M.D.

Une campagne municipale perdue, une succession inattendue, un budget associatif difficile à tenir… L'année de Laurence Franzoni a été bien remplie.

Quel est le bilan 2014 ?

C'est une année qui n'a pas été simple. Les trois premiers mois étaient des mois de campagne, d'investissement, avec une défaite à la fin. Mais un échec c'est avant tout un enseignement à tirer. Il y a eu ensuite le départ complètement légitime de Bernard Dalies, après tant d'années d'engagement politique, puis des derniers mois pas très simples pour moi.

Quels enseignements avez-vous tiré des élections ?

La première leçon dans la défaite c'est qu'on n'a justement pas su bien tirer celle de 2008. L'histoire se répétera tant qu'on n'aura pas mis à plat tout cela. Je pense que la droite sur Nérac n'a pas su embarquer des nouvelles générations. C'est ce qu'il faut retenir, on n'a pas su créer cette dynamique-là. Ce n'est pas facile non plus de déloger un maire après son premier mandat, d'autant que Nicolas Lacombe a une bonne aura sur Nérac. Je crois que les Néracais veulent un nouveau souffle et c'est à nous de le créer, il nous reste 5 ans pour le faire.

Et comment avez-vous vécu la succession de Bernard Dalies, lorsqu'il vous a fallu devenir leader de l'opposition ?

Je comprends son départ, même si je ne m'y attendais pas si tôt. Mais je sais qu'il l'a fait car il a confiance en son équipe, même si je vous avoue que ce n'est pas très facile d'être leader ni d'être dans l'opposition. Je le prends comme une responsabilité. Je n'ai aucune ambition politique. Jusqu'à il y a deux mois je pensais que c'était un défaut mais maintenant je m'en sers à mon avantage. Je peux dire ce que je veux. Par contre on va rester jusqu'en 2020, cela ne veut pas dire que je serai sur une liste en 2020 mais je vais essayer de remplir mon rôle en restant franche.

Au niveau de l'association que vous présidez, Planète Autisme, comment s'est passée l'année ?

Toujours pareil, c'est une année difficile sur le plan budgétaire parce qu'on a une vraie reconnaissance des instances départementales et régionales mais pas d'aides publiques. En sachant que l'on accueille 39 enfants, et que nous avons 4 salariés — 3 psychologues et 1 moniteur-éducateur. On pourrait embaucher d'autres personnes si on en avait les moyens car il y a beaucoup de demande sur le département qui est vraiment très en retard au niveau de la prise en charge.

On a donc passé une période difficile en été, mais on a eu la chance d'être aidée par notre députée, Lucette Lousteau.

Vous ne serez pas candidate aux élections cantonales cette année, donc vous n'espérez pas de victoire personnelle, mais vous attendez quoi de cette année ?

Sur le plan associatif je ne peux qu'espérer une dotation publique et arrêter de courir après les budgets. J'ai de l'espoir parce qu'il y a des plans nationaux en place et qu'on y correspond.

Sur le plan politique j'ai bien peur que la montée du FN soit importante. Nous en sommes tous responsables, à gauche comme à droite et même ceux qui ne votent pas du tout. Si j'ai un conseil, cette année, c'est d'aller voter.

21 décembre 2014

Etats d'âme CNH : Aux marches du Palais ... j'ai rêvé !

Résumé : Commentée de façon très sceptique par les associations, que retirer de la 3ème Conférence nationale du handicap ? États d'âme de Jean-Luc Simon, président du GFPH*. Encore bien des clichés à bannir...

Par , le 19-12-2014

Reçus par l'entrée principale, les représentants « voiturés » ont pu rouler sur les gravillons de la cour d'honneur sans trop d'encombre grâce à un tapis gris, le rouge étant réservé à de plus honorifiques occasions ou personnages, puis ils ont gravi les marches du Palais grâce à l'un de ces exécrables monte-escaliers à la technicité désuète, « aide » technique qu'on trouve souvent en panne et qui, quand elle fonctionne, est plus compliquée à manipuler qu'un ascenseur ordinaire, avec une manette ou un gros bouton qu'il faut maintenir appuyé jusqu'à ce que la plateforme ait effectué sa « leeeente montééééeeee ». Au moins celui-là ne couine pas !

Si j'étais ministre…

Mon élévation me laisse le temps d'un rêve, celui de tous les ministres empruntant cette horrible solution technique à l'occasion d'un Conseil, les uns derrière les autres, attentant que le précédent soit arrivé et la plateforme revenue. Dans ce rêve, le Conseil des Ministres décide immédiatement et à l'unanimité un plan d'investissement pour accélérer la mise au point et la production de solutions intégrées et utilisables par tous pour surmonter les obstacles architecturaux. Ce plan est adossé à une loi qui permet enfin de réconcilier les lieux de leur Histoire avec les Français d'aujourd'hui, et le Palais de l'Élysée sera le premier à faire inscrire la modernité dans la plus médiatique des façades de la République… « Attention, Monsieur ! » Zziiing… Chalc ! Aïe, l'alerte des Huissiers et les bruits de « la machine qui monte » me ramènent à la réalité après quelques derniers soubresauts. Me voilà arrivé ! Après avoir laissé pelisse au vestiaire, je suis donc invité à rejoindre l'écrin doré du salon où se tient la 3e Conférence nationale du handicap, un sujet de société élevé au rang des plus importants. Mais, là aussi, la montée est lente.

Des décisions « raisonnables »

Le relevé des conclusions de cette Conférence nationale du handicap (en lien ci-dessous) est à l'image de ce Gouvernement, raisonnable, très raisonnable. Et si, derrière le pragmatisme affiché, se révèlent quelques initiatives stimulantes et sainement simplificatrices, le ton de l'ensemble est loin des attentes et des promesses ressassées depuis plus de 40 ans. Pour les bonnes annonces, ce qui est fait pour l'éducation va dans le bon sens, une mesure pour l'entreprenariat est encourageante, quelques mesurettes apportent d'opportunes simplifications qui coûtent peu, ce qui est le ton de l'ensemble, et deux ou trois initiatives ouvrent le droit à un public élargit mais n'auront pour autre conséquence que de saturer les MDPH et les administrations préfectorales et donc d'allonger des délais de traitement déjà dissuasifs pour beaucoup.

La messe est dite sur l'accessibilité

Rien n'est dit ou, plutôt, « la messe est dite » sur l'accessibilité, et la question du logement est éludée avec un crédit d'impôt qui soutient malaisément ceux qui n'en paient pas. Malgré sa place centrale dans le titre de la loi de 2005, la participation des personnes concernées, a été anecdotique, voire caricaturale. Tout d'abord, l'avis du CNCPH sur le projet d'ordonnance sur l'accessibilité a été foulé du pied et l'institution décrédibilisée. Que veut dire cette morgue ? Il convient de rappeler que si « ce qui est bon pour nous est bon pour tous » il est en de même pour l'inverse, et que le Président de la République valide ici l'affaiblissement d'une Institution… dont il est le garant.

Une population qui demande des « efforts » ?

Ensuite, le Président, comme ses prédécesseurs, continue à vouloir isoler le coût du handicap, il est même fier de le chiffrer à « 40 milliards d'euros » pour dire tout de suite que « cet effort témoigne de l'engagement de la Nation ». Cette comptabilité isole pour mieux discriminer, elle exprime le souhait d'inclure tout en affirmant que la vie d'une partie de la population a un coût qui demande des « efforts ». Affirmer cela c'est dire implicitement que « faire accessible » demande des efforts et entraîne des coûts supplémentaires ; ce qui est de plus en plus faux et le sera totalement sous peu à la vue des évolutions tant du profil des populations, que des sciences et des technologies.

Une vraie ressource collective

Le dérapage est là, isoler le coût du handicap. Comme si c'était une condition de vie particulière ! Alors que c'est une des conditions de la vie, que de plus en plus d'humains connaissent, ce dont il faut se réjouir car c'est l'une des conséquences des prouesses de la médecine et de l'allongement de la vie. Faire porter les dépenses de l'accessibilité sur les seules épaules des prétendus « 12% » de la population identifiés comme « handicapés » est injuste et stigmatisant, et ne pas citer les milliers d'emplois générés par les rénovations nécessaires, les innovations technologiques, l'économie du secteur médico-social et des services à la personne est malhonnête.

Des représentations à bannir

Monsieur le Président, vous faites appel au pragmatisme et vous avez en cela tout à fait raison mais en annonçant crânement que la France fait un effort important, que vous saluez, vous replongez la Nation tout entière dans les représentations qu'il faudrait quitter. Le résultat est ce que l'on découvre sur le blog RMC/BFM, sous la forme d'une question posée aux lecteurs : « L'État doit-il consacrer plus de fonds publics pour adapter les infrastructures ? ». Comme si l'accessibilité ne concernait que quelques-uns alors que, de toute évidence, elle sert le plus grand nombre, prévient les accidents et facilite les évacuations d'urgence.

Le droit à participer

Laissez-moi rêver encore une fois, Monsieur le Président, croire en un État qui déciderait de financer la recherche pour surseoir aux collectes charitables, un État qui interrogerait le droit au regard de l'expérience et des avis des citoyens concernés, comme celles et ceux que vous désignez fort justement comme « dits handicapés » à propos des droits liés à la fin de vie. Tout en prévenant des ruptures déjà exprimées, s'appuyer sur leurs expériences aurait été phase avec la Convention, tout en donnant du sens et un centre au titre de la loi de 2005 pour « l'égalité des chances, la participation et la citoyenneté ».

* GFPH : Groupement français des personnes handicapées

18 décembre 2014

Isabelle se bat pour les enfants autistes à la Louvière : Des mamans se prostituent pour payer les séances de logopédie

article publié dans La Meuse.be

Non contente de se dévouer jour et nuit pour faire sortir sa petite fille Hetaher de la bulle de l’autisme, la Louviéroise Isabelle Garnier tisse des liens de solidarité avec d’autres parents. Et prend même en charge financièrement deux autres petits garçons autistes… mais elle vient de recevoir de très mauvaises nouvelles alors que les mères d’enfants autistes en arrivent à des actes extrêmes face à leurs difficultés financières...

Heather a 5 ans. Elle est autiste. Mais grâce à Isa, sa maman, ses progrès sont fulgurants. Une mère qui se bat pour tous les enfants et leurs familles plongés dans le même cas.

En avril dernier, avec d’autres associations, la Louviéroise avait obtenu, entre autres avancées, l’engagement de la ministre Onkelinx dans un Plan Autisme avec une dotation de 300.000 euros. Suite au changement gouvernemental, ce long cheminement a été effacé. Ce plan et les moyens qui vont avec n’existent tout simplement plus à ce jour.

Mardi, Isa Garnier a rencontré le bras droit de la ministre de la Santé, Maggie De Block. Cette collaboratrice de la ministre lui a appris que l’enveloppe avait disparu et que rien n’est prévu pour l’instant en 2015 pour les autistes. Un terrible coup de bambou pour Isa Garnier. Qui apprend en même temps de l’ONEm qu’elle sera rayée du chômage ce 31 décembre.

Or, financièrement, c’est la galère :

«  C’est le mot, témoigne-t-elle. Impossible de travailler lorsque l’on s’implique dans une telle (ré)éducation. Ce 31 décembre, je serai rayée du chômage sans avoir vu évoluer le statut de l’aidant proche. Heather va mieux, donc… ses allocations sont rabotées de 30 %. Notre combat portait aussi sur le remboursement de l’indispensable logopédie (47 euros/séance). Je connais des mamans qui se prostituent pour les financer. Je l’ai dit à la représentante de la ministre. Les parents perdent espoir. Les suicides ne sont pas rares. Une Française, amie de mon association, a donné des somnifères à son enfant autiste. Puis, elle l’a étouffé avant de se tuer. ».

16 décembre 2014

AAH attribuée pour 5 ans : simplification promise !

Résumé : AAH attribuée pour 5 ans, accélération de la RQTH, tiers-payant pour l'acquisition d'aides techniques... Le Gouvernement promet que le choc de simplification concerne aussi le parcours des personnes handicapées.

Par , le 15-12-2014

Le choc de simplification qui mobilise le Gouvernement pourrait-il concerner aussi les personnes handicapées dont le parcours administratif ressemble plus souvent à un parcours du combattant qu'à un long fleuve tranquille ? C'est en tout cas ce qui a été annoncé par le Président François Hollande lors de la Conférence Nationale du Handicap qui s'est tenue le 11 décembre 2014 à l'Elysée : « des mesures concrètes de simplification pour améliorer le quotidien des plus fragiles. » Pour ce faire, le Gouvernement s'engage à « faciliter l'accès aux droits en évitant les procédures répétitives et en accélérant les délais de réponse de l'administration ».

L'AAH attribuée pour 5 ans

A ce titre, il a promis, « à partir de l'année prochaine », une extension « possible » jusqu'à 5 ans, sur décision motivée, de la durée d'attribution de l'Allocation pour adultes handicapés (AAH) lorsque le taux d'invalidité est compris entre 50 et 80%. Jusqu'à maintenant, la durée maximale d'attribution de 5 ans était réservée aux personnes ayant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 80%, contre 2 ans pour un taux compris entre 50% et 79%. Certains veulent aller plus loin et continuent de demander, pour les personnes les plus lourdement handicapées (taux d'incapacité d'au moins 80%), la possibilité de leur accorder cette allocation sur des périodes plus longues encore… Une option pour désengorger des MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) surbookées !

Des échanges dématérialisés entre MDPH et CAF

François Hollande a également promis la dématérialisation des échanges entre MDPH et caisses d'allocations familiales afin d'accélérer le traitement des demandes d'AAH et de prestation compensatrice du handicap (PCH).  La durée de validité du certificat médical servant de justificatif aux demandes d'AAH (sauf pour les pathologies évolutives spécifiques) devrait passer de trois à six mois. Pour rappel, en 2013, 236 000 demandes de PCH ont été déposées dans les MDPH, et 1 million, c'est le nombre de bénéficiaires de l'AAH au 31 décembre 2013.

Des PCH mutualisées

Les modalités d'utilisation de la PCH versée par les Conseils généraux pourraient être ajustées pour permettre notamment sa mutualisation entre plusieurs personnes souhaitant financer ensemble une aide à domicile dans un logement partagé autonome. Toujours du côté des Conseils généraux, un dispositif de tiers-payant serait mis en place par l'acquisition d'aides et équipements techniques par les personnes handicapées, par exemple l'achat d'un fauteuil roulant.

Une RQTH simplifiée

Dans un autre domaine, lui aussi particulièrement affecté par les lourdeurs administratives, le Gouvernement envisage la « simplification et l'accélération de la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et des procédures d'évaluation de la lourdeur du handicap. » Également évoqué, la création d'une « carte mobilité inclusion », personnelle et sécurisée, pour remplacer à terme les deux cartes dites « de stationnement » et « de priorité ». Dans l'immédiat, la durée de validité des cartes sera prolongée pour éviter les ruptures de droits.

Des décisions en « facile à lire et à comprendre »

Et afin de rapprocher les services publics et les usagers, une version en « Français facile à lire et à comprendre », destinée aux personnes ayant a priori des difficultés de compréhension mais en réalité bien utile pour tous, des avis et décisions rendus par les MDPH et les CAF pourrait être mise en place d'ici fin 2015. Enfin, le Gouvernement envisage un « remboursement simplifié, sur la base d'un forfait, des petits travaux d'aménagements du logement et du véhicule ».

© auremar/Fotolia

14 décembre 2014

François Hollande : On essaie de revaloriser l'allocation en fonction de nos contraintes de finances publiques

article publié sur VIVRE FM

Jeudi 11 Décembre 2014 - 14h01

CNH

Exclusif. François Hollande a réagit à l'issue de la Conférence Nationale du Handicap au micro de Vivre fm

Interview de François Hollande au micro de Vivre fm à l'issue de la CNH (c)Présidence de la République
Interview de François Hollande au micro de Vivre fm à l'issue de la CNH (c)Présidence de la République

 

Camille Gousset : Bonjour Monsieur le Président de la République Camille Gousset journaliste pour la radio Vivre fm ?

François Hollande : " Bonjour, on m'avait dit qu'il n'y avait pas de journalistes en situation de handicap, pas assez "

C.G : Quelques mots pour notre Radio sur cette conférence, vos grands points d'actions pour la suite ?

F.H " Changer le regard parce que ça c'est la condition permettre l'accès de toutes les personnes à tous les services et puis avoir une conception du parcours de la personne en situation de handicap sur toute la vie  pas seulement à certains moments. Bien sur l'école c'est très important mais il y a aussi la vie au travail, il y a la vie sans le travail, il y a la vie qui doit être facilitée pour l'accès aux soins et puis après il y a la retraite aussi donc imaginer le handicap non pas comme une situation mais comme une vie et une vie qui est une chance pour toute la société."

C.G Mais il y a beaucoup de personnes handicapées qui ont des dificultés notamment financières, je vous entendais parler tout à l'heure de l'allocation adulte handicapée, certes l'a mettre sur cinq ans mais est-ce qu'il va y avoir de nouvelles augmentations parce que huit cent euros, on est toujours sous le seuil de pauvreté...

F.H: " On est toujours sous le seuil, il y a eu une augmentation significative ces dernières années maintenant on essaie de revaloriser l'allocation en fonction aussi de nos engagements vis à vis des personnes handicapées et aussi en fonction de nos contraintes de finances publiques. Alors ce que j'ai annoncé là c'est de dire il faut donner de la visibilité. Rien n'est pire que de se dire je vais perdre mon allocation dans un ann, dans deux ans, donc là le faire sur une durée longue."

C.G Et surtout si on se marie également...

F.H: " Exactement tenir compte des situations familiales, marié ou pas d'ailleurs quand on vit ensemble que l'on puisse avoir une meilleure....

C.G Que chacun puisse garder son allocation ?

F.H : "Voilà..."

C.G : " C'est un de vos engagement ?

F.H "Voilà absolument !"

C.G "Merci beaucoup Monsieur le Président"

Camille Gousset

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