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"Au bonheur d'Elise"
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diagnostic
5 mars 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 1er mars 2012

Enfant différent, vie différente?

J’ai constaté qu’il n’y a pratiquement que les parents des enfants « différents » qui sachent ce qu’est une CLIS, un SESSAD, un IME, une ULIS… et même la MDPH.

Je ne jette pas la pierre aux personnes non concernées – moi-même avant d’avoir le diagnostic de Léo, je ne savais pas non plus (et d’ailleurs, même le correcteur de Word ne connaît pas ces termes, car il me les souligne tous en rouge!).

En fait, j’ai compris que le monde du handicap est un monde à part. Déjà, quand nous parlons, seuls les parents concernés ou les professionnels peuvent comprendre. Delphine et Béatrice ont fait chacune un article très drôle à ce sujet:

Alors, de là à comprendre ce que nous vivons! Je crois que c’est inimaginable pour ceux qui ne le vivent pas.

Déjà, il y a le handicap à gérer au quotidien, et selon les difficultés de notre enfant cela peut être plus ou moins lourd, mais il y a aussi toutes les décisions à prendre concernant la scolarisation, et là ce sont de longues nuits d’insomnies:

Et puis, il y a tout l’administratif  à gérer:

Depuis le diagnostic de Léo, je suis devenue son assistante personnelle, tant il y a à faire entre l’ALD, les dossiers MDPH, les aides de la villes, les transports, les ESS, les réunions au SESSAD, les rencontres avec les différents intervenants de la prise en charge, etc.

Je hais l’administratif, et je trouve que c’est très rébarbatif de devoir refaire les mêmes dossiers tous les ans, mais c’est indispensable, car les aides que nous avons de la Ville de Paris, et l’allocation de la MDPH, nous permettent d’avoir une vie pas « trop mal ».

Par exemple, avec la carte Paris Famille, nous ne payons pas les piscines municipales, et comme j’ai deux enfants qui ont huit ans d’écart, j’essaie d’y aller assez souvent, car c’est une des seules activités que je peux faire avec les deux enfants sans problème.

Je suis l’accompagnante de Léo, et avec la carte d’invalidité nous ne payons pas la plupart des Musées (par exemple, nous sommes allés l’exposition faite sur Babar au Musée des Arts décoratifs et nous ne payerons pas l’entrée).

Nous payons peu le train (Léo paye son billet au tarif enfant, et moi, je suis son accompagnante, alors je ne paye que la réservation), alors nous essayons de partir le plus souvent possible pour des escapades en France, et nous visitons des villes que nous ne connaissions pas. J’essaie par la même occasion d’éveiller sa curiosité, mais ce n’est pas gagné!

Et puis, le top du top, peut-être le plus jouissif  (clin d’oeil à Jean-Marie de Lacan): aux parcs d’attraction, toujours avec la carte d’invalidité, nous ne faisons pas la queue! (Décidément, j’en fais, des clins d’oeil à JMdL!). Nous avons un pass et nous passons devant tout le monde, de vrais VIP!

Pourquoi cet article?

Certains pourraient penser que je nargue, que je profite des allocations pour partir en vacances aux frais de la princesse…

Non, j’ai seulement décidé de vivre au mieux le handicap de mon enfant, et de faire en sorte que sa vie soit la plus douce et agréable possible (d’où nos départs en vacances dès que nous le pouvons), parce qu’il n’a pas choisi de naître autiste, et que sa vie d’adulte sera peut-être rude, alors autant qu’il ait une enfance heureuse (en tous les cas, la plus heureuse possible, d’autant plus qu’il a déjà un lourd bagage familial).

Je suis formatrice en langue français langue étrangère (j’enseigne le français aux non francophones), j’adore mon job car il est extrêmement riche humainement, mais je n’arrive plus à travailler depuis que je gère la prise en charge et la scolarité de mon fils, car je dois être à la maison quand nous recevons, quatre fois 1h30 par semaine, son enseignante de l’association VECV, plus l’éducatrice spécialisée du SESSAD qui vient deux frois 1h15 par semaine, et Léo ne mange que deux midis par semaine à la cantine. De plus, il va au SESSAD, deux matinées par semaine, et il faut gérer ses allers/retours.

Je n’ai pas choisi de « mettre au point mort » ma carrière professionnelle pour mon enfant, j’ai encore moins choisi d’être cloîtrée chez moi des journées entières à ouvrir et fermer les portes pour les différents intervenants de sa prise en charge, mais entre ça et laisser Léonard huit heures par jour dans un hôpital de jour, où il ferait des colliers de nouilles, des ateliers contes et des séances de pataugeoire, j’ai choisi.

Ce choix me coûte, alors il faut que le reste (notre quotidien, notre vie) soit paisible, serein et agréable, et je pense que profiter de tout ce que nous avons à portée de main comme « petits plaisirs faciles » est une façon de faire, en tous les cas c’est ma façon de faire!

Le handicap de mon fils m’isole, et tous les trois, nous nous retrouvons « dans ce monde à part », mais j’ai la possibilité de faire en sorte que ce monde soit quand même un peu comme je le souhaite, alors je me suis donnée comme mission de créer un environnement « cocon » à mes enfants.

Je ne travaille pas, je suis donc disponible pour m’informer de tous les trucs et astuces qui existent pour que Léonard, Ismaël (quand il est avec nous) et moi ayons un peu de fantaisie, mais aussi de répit dans notre quotidien, qui n’est pas toujours drôle.

http://autismeinfantile.com/temoignages/muriel-et-leonard/enfant-different-vie-differente/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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5 mars 2012

Personnes autistes : les sans-droits de la République ?

Un texte essentiel pour comprendre.

Basé sur un constat, la prise de position de Danièle Langloys, Présidente Autisme France, est remarquable. (jjdupuis)

Extrait :

"Merci à Serge Tisseron d’avoir dit tout haut dans Libération ce que nous disons tout haut depuis plus de 20 ans à Autisme France : ceux qui imposent leur erreur ont le « pouvoir » et entendent bien le garder. La France doit bien être le seul pays au monde où les familles disent massivement non à la psychanalyse et où les psychanalystes leur répondent : eh bien, comme nous avons le pouvoir, vous en aurez quand même. Une assez bonne définition de la dictature."

Lire la publication  http://www.autisme-france.fr/offres/file_inline_src/577/577_A_13207_1.pdf

4 mars 2012

article publié par Nathalie Radosevic le 2 mars 2012

Vous prendrez bien un morceau d'autiste..... ! par Nathalie Radosevic, vendredi 2 mars 2012, 02:10 ·

« Un morceau....non....on veut nos autistes ! »

Depuis plusieurs semaines, voire mois, j'ai du me rendre à l'évidence : Les psychanalystes que nous accusons de maltraitance envers nos enfants ne lâcheront pas nos enfants autistes sans s'assurer qu'ils auront au moins le droit de les approcher d'une manière ou d'une autre, voire, pour les plus gourmands, en avoir une part....

Mais pourquoi ? Que représentent nos enfants pour eux ?

Force est de constater qu'ils ne sont pas pas prêts à être remerciés et invités à quitter définitivement l'institutionnel. Ils s'accrochent, font pression, s'imposent, trépignent, tels des enfants capricieux, pleurnichent, mentent....etc.

Férocement...allant jusque dans les émissions consacrées à l'autisme pour clamer haut et fort qu'ils crachent dans la soupe freudienne et lacanienne (entre autres)...les rats quittent le navire....oui, mais avec la promesse de ramener une bonne tranche d'autiste aux copains souris-sots restés à bord...

« Nous n'accusons plus les parents et en particulier les mères ! » Ah bon, mais s'agit il d'un entracte ou d'un déguisement... ? Moi qui rêvait d'aller à Venise assister à l'un des plus grand bals masqués...reviens Nathalie....on a le bal des hypocrites à la maison !

Entre les Pr Golse, Delion, ou encore Serge Hefez, Alain Braconnier, plus récemment...la bande à Riri, Fifi et Loulou...on a le choix de l'embarras ! Tous, sans exception, assurent qu'aucun d'entre eux (« sérieux collègues » se clament ils entre eux lors des émissions) ne pratiquant plus depuis fort longtemps la culpabilisation !

L'ont ils jamais fait ? Mais alors, nous, parents, nous sommes quoi ?

Question à choix multiple :
a) des couillons
b) des menteurs, voire plus graves....des mythomanes
c) des rêveurs (cauchemardeurs plutôt) éveillés ?
d) et plus si affinités
e) tout à la fois « Mais pourquoi sont ils aussi méchants ?

Parce queuuuuuuuuuu ! » En quittant le centre de soins que fréquentait ma fille depuis environ 5 ans et demi, je me suis longtemps demandée où j'avais pu louper le coche. Pourquoi la psychiatre/psychanalyste (appelés « psykk » pour les initiés) avait autant besoin de casser mon enfant, briser ses rêves, briser mes rêves de parent ?

Pourquoi cette femme s'est elle acharnée à vouloir enfermer ma fille en Institution, alors que tous les professeurs qui gravitent autour de ma fille disent d'elle qu'elle est « le moteur de sa classe » ?

Quel délire malsain l'a poussée à se vautrer avec si peu d'élégance dans la pratique de la méchanceté, du sadisme ?

Pareil pour le centre médico Psychologique, et l'orthophoniste libérale, il y a quelques années, qui disait que ma fille ne pouvait pas parler parce qu'elle vivait dans un environnement intellectuellement pauvre....et j'en passe !

Au delà des délires pervers et morbides des théories psychanalytiques dont se servent ces « professionnels » du soins, aura-t-on un jour la réponse à cette question ? Quel besoin y a t il à être méchant en plus d'être bête et ignorant ?

Mais si seulement la psychanalyse était efficace....mais elle ne l'est pas !

Enfin tout dépend de quel point de vue on se place....du coté destruction elle est très efficace, en effet !

« Je ne suis pas débile, je suis autiste ! » (Océane, ma fille de 14 ans) En écoutant ou en regardant les émissions où sont invitées des personnes avec autisme, j'ai souvent remarqué que ces personnes étaient souvent peu interrogées, elles doivent souvent s'imposer, la plupart du temps les parents sont interrogés à leur place, eux, étant souvent là en qualité de figurants. J'ai discuté dernièrement à ce sujet avec de nombreux parents et personnes autistes qui déploraient qu'en France on ne les considéraient pas avec sérieux. Je me suis souvent rendue compte que lors des émissions, les personnes autistes étaient traitées comme des « bisounours ». Le regard posé souvent compatissant, un regard presque de pitié, ainsi que sur les parents, comme si on venait d'annoncer que notre enfant était en phase terminale cancéreuse. Ou comme si on ne s'attendait tellement pas qu'ils puissent dire des choses sensées. Ils semblent ébahis par ce que nos enfants disent de pertinent !

Je ne supporte pas le regard français sur la personne différente. Pas seulement à l'égard des autistes, d'ailleurs ! Un jour, Océane a sorti à une personne « je suis autiste, je ne suis pas débile ! » c'était un dentiste dans un célèbre hôpital parisien. Il lui parlait comme si elle était neuneu. Pour le coup, c'est lui qui passait pour un imbécile. C'est honteux ! Autant dire que nous n'avons pas terminé la consultation, nous sommes parties.

Nos enfants sont intelligents, brillants, ils ont tellement de choses positives à apporter à ce pays et pourtant, ce pays continue de les traiter comme des poids morts. Combien de fois j'ai entendu « mais pourquoi ne place tu pas ta fille en institution et tu refais ta vie ? » Voilà ce qu'on réserve comme sort à nos enfants ? Belle mentalité ! Bravo ! Non merci...gardez vos places en institution, nous on veut pouvoir choisir les professionnels qui interviennent auprès de nos enfants !

Alors que nous avons déclaré la guerre aux psychanalystes, bien sur, comme les parents défendent les techniques comportementales, elles aussi sont prises dans cette guerre....quiconque ose s'opposer aux psychanalystes est un ennemi juré ! On est Pour eux ou Contre eux....ça ne vous évoque pas un trait psychotique ? Hein ? La paranoïa ? Ouiiiiiiiii ! Nous ne voulons pas laisser nos enfants à des pervers narcissiques qui sont capables de briser des familles, de briser des enfants et des adultes venus consulter avec toute la confiance que nous pouvons attendre d'un professionnel de la santé. Devons nous venir armés lors des consultations ? Devons nous craindre que l'on nous prenne nos enfants à chaque fois que nous nous opposerons ou que nous remettrons en question votre point de vue ? Qui sont ces gens pour que nous leur faisions confiance aveuglément et qu'ils pratiquent sur nos enfants des non méthodes, voire pire, des pratiques humiliantes et blessantes, comme le packing, notamment ?

J'ai le choix de m'endetter pour aider mon enfant à progresser...et choisir les professionnels respectueux et sérieux (pour de vrai) qui graviteront autour d'elle...et l'institution qui ne me permet pas de choisir l'équipe, où j'ai un très petit droit de regard, voire pas du tout (lorsque je m'étais renseignée à une époque sur ce qu'on appelle les hôpitaux de jour, j'ai été vertement remise en place par la directrice d'un de ces établissements parisiens, qui me disait que le parent n'avait pas le droit de savoir ce qui s'y passait et que toute communication avec leur établissement devait passer par l'assistante sociale!)....pas le choix de la méthode ou si je choisis...je ne suis pas sûre que les professionnels n'iront pas à l'encontre de mes demandes.

D'ailleurs, le parent est souvent vu comme un crétin envahissant par les institutions en général...dès qu'il devient un peu trop curieux ou qu'il émet « trop » de désirs concernant son enfant, on lui met un coup de pression pour qu'il abandonne l'idée d'avoir des idées....voire on lève les yeux au ciel, on lui dit que s'il mange bio ou qu'il fait suivre un régime particulier à son enfant c'est une lubie...etc.

Alors oui...c'est sûr....c'est pas cher (c'est gratuit même), mais c'est pas bien ! Alors, pourquoi vous accrochez vous avec autant de désespoir, vous les psykk ? Est ce pour garder vos hôtels particuliers, vos résidences secondaires, vos belles bagnoles et tout le toutim ? Quoi, le train de vie des français « d'en bas » ne vous fait pas rêver ?

C'est sûr, c'est pas l'Amérique...d'ailleurs, beaucoup de troubles, dont le TDAH seraient pour ces professionnels des maux inventés par les américains !!!! Rôooooo les vilains !!!!

Vous ne croyez pas qu'il serait temps de quitter la scène institutionnelle avec le peu de dignité qu'il vous reste ? Vous ne croyez pas que vous vous êtes suffisamment ridiculisés dans les médias.....déjà en traînant en justice Sophie Robert dont je salue le courage ! Et aussi en clamant haut et fort ne rien avoir avec tout le freudisme et le parafreudisme échevelé pratiqué ouvertement lors des consultations psychiatriques dans les services hospitaliers...

Vous êtes ridicules ! Nos enfants ne vous appartiennent pas. Vous n'avez pas à vous cramponner à eux !

https://www.facebook.com/notes/nathalie-radosevic/vous-prendrez-bien-un-morceau-dautiste-/248099915278513

4 mars 2012

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 27 février 2012

Les perles du dossier médical de Mathilde

Mathilde a été diagnostiquée très jeune, pour l’époque, parce que les CRA n’existaient pas – je précise. Mais alors… quel diagnostic! La pédiatre a observé chez Mathilde des troubles autistiques vers 24 mois, et nous a envoyés au CMP avec un courrier pour la pédopsychiatre. Et alors là, passé la porte, j’ai cru arriver dans un autre monde.

Dans la salle d’attente, il y avait des enfants qui faisaient des trucs extrèmement bizarres, qui me posaient des questions mais sans me regarder, et ils me posaient toujours les mêmes questions. Je me suis demandé ce que je faisais là.

Entrés dans le bureau de la pédopsy, presque désenfumé grâce à la fenêtre ouverte avant que les parents n’y pénètrent, nous faisons nos premiers pas dans le monde de l’autisme.

Après avoir lu la lettre de recommandation de notre pédiatre, les dés sont jetés, et ça y est, je suis stygmatisée.

Je vous livre les petites phrases assassines qu’on m’a assénées, et les remarques que j’ai pu lire dans le dossier médical de Mathilde que j’ai récupéré, après avoir claqué la porte du CMP.

« Donc Monsieur, c’est vous qui demandez la confirmation du diagnostic d’autisme. » Allez hop, la mère on s’en tape, elle ne veut rien savoir, bien sûr!

Au bout d’une heure d’entretien, pendant lequel nous racontons la vie de Mathilde en long en large et en travers, et que ma fille nous hurle dans les oreilles tel un petit goret qu’on égorge, le diagnostic tombe. Sans test, ni rien, juste à vue de nez! Je me revois encore, avec ma petite dernière en train de téter, et Mathilde tirant sur ma manche autant qu’elle le pouvait… « Bien sûr, Madame, que votre fille est autiste! » Genre, comment ne t’en es-tu pas rendu compte plus tôt, patate! Là, je m’écroule, je me mets à pleurer, apparemment mon lait n’a pas tourné vu que Juliette tête toujours. « Ne pleurez pas Madame, les enfants autistes ont beaucoup d’humour! » Oh… super, je suis contente de l’apprendre. « Nous allons nous revoir, je vous laisse réfléchir à tout ça ».

Il sera décidé que Mathilde aura une prise en charge deux fois par semaine: par une infirmière psy (écrit tel quel dans le dossier: je ne sais pas si c’est en psychiatrie ou en psychologie), et par une éducatrice spécialisée.

À la première séance, on me montre où ça se passera. Nous descendons un escalier qui se trouve dehors, pour entrer par une porte à l’arrière, nous traversons un couloir tout noir pour arriver dans la pièce des « travaux manuels »: peinture, pâte à modeler, et j’en passe. En fait, nous sommes au sous-sol… mais il y a quand même une fenêtre! J’ai moi-même eu les pétoches en descendant, j’imagine ma fille de trois ans et demi. « Voilà, vous avez vu, vous reviendrez chercher Mathilde dans trois quarts d’heure ». Hein?! Je dois partir comme ça? Là? Tout de suite? Maintenant? Oui, et ma sentence est irrévocable…

Deuxième scéance, je traîne ma fille en pleurs pour qu’elle accepte de partir avec la dame dans une autre salle. Même scenario: « au revoir Madame, revenez dans trois quarts d’heure ».

Fait exprès ou transmission de pensée, dès le début des prises en charge, ma fille s’endort en arrivant au CMP. Prise en charge du matin, ce n’est pas de pot: scéance à 10h, Mathilde n’ayant pas dormi de la nuit -t ellement étrange venant d’un enfant autiste! Scéance suivante à 15h30, j’arrive au CMP, et Mathilde dort – ce n’est pas de pot, une enfant de trois ans et demi qui fait la sieste à cette heure-ci, c’est tellement étrange à cet âge-là…

C’est parti pour six mois, avec des semaines qui s’enchaînent toujours pareilles. J’empêche Mathilde de dormir avant d’arriver au CMP, mais il n’y a rien à faire. Le peu de scéances possibles commencent dans les larmes, ou ne se font pas à cause du sommeil. Personnellement, ça ne me gêne pas, je me dis « bêtement » qu’ils comprendront… Sauf qu’ils ne comprendront pas!

En soutien des scéances de ma fille, nous devons rencontrer la pédopsychiatre une fois par mois. Mon Dieu, plus jamais ça! « Mathilde est encore en train de dormir! » Eh bien écoutez Docteur, si vous pouviez faire en sorte qu’elle dorme la nuit plutôt que le jour, ça m’arrangerait. Je suis épuisée. « Eh bien évidemment, vous êtes en relation fusionnelle avec votre fille, il faut casser tout cela! » Ah ouais, je n’avais pas vu ça comme ça! J’en conclus que nous sommes mutuellement solidaires des insomnies de l’autre!

Je vous passe les réflexions du genre « Le papa n’est pas là? » Non! Voyez-vous, il travaille! C’est bizarre, hein?

Passons maintenant aux vraies annotations du dossier médical, parce que le subjectif peut l’emporter sur l’objectif de ma position de maman, mère croco s’il en est! Donc là, je n’ai rien inventé, ni extrapolé… Ce n’est pas mon coeur qui parle, mais les mots de la pédopsy, retranscrits tels quels.

À chaque entretien parents-pédopsy sont annotés les personnes en présence: si je viens avec le grand frère ou la petite soeur, c’est noté, si son père est absent, c’est noté. La page se présente ainsi: à gauche une colonne « éléments de réalité », à droite « notes ». Je trouve ces mots tellement réducteurs après coup!

Elements de réalité

  • « genre de pictogrammes mis en place par Mme »: euh, de ce que j’en sais, ça s’appelle PECS, mais je ne suis que la mère!
  • « Lien Mathilde à sa mère fusionnel »: ça alors, c’est étrange, vu que c’est moi qui la « gère » principalement.
  • « Mme enceinte du 4ème enfant »: oyez, oyez, elle va nous pondre un quatrième!
  • « Mme veut remettre Mathilde à l’école »: oups, ce n’est pas comme ça qu’on fait avec les enfants ?
  • « Mathilde, absente à l’entretien »: eh oui, Mathilde dort chez ses grands parents, le rendez-vous est à 14h, bizarrement elle fait la sieste (souligné dans le dossier).
  • Deux mois plus tard, « la question d’une psychose symbiotique se pose »: han, ça y est, le mot est lâché!

Notes

  • « Mme souhaite des scéances d’orthophonie pour Mathilde »: eh oui, j’aimerais qu’elle parle, mais au CMP on n’en voit pas l’intérêt pour l’instant, Mathilde n’en est pas là. C’est vrai, après tout, elle n’a que 4 ans… Je me debrouille donc pour trouver une orthophoniste à 20km de chez moi.
  • « L’enfant reste tyrannique mais s’ouvre aux autres »
  • « Mathilde répèterait les mots que sa mère lui demande »: j’aime beaucoup le conditionnel employé.
  • « Mathilde prise en charge en orthophonie: indication non discutée avec moi au préalable (prise en charge sans doute prématurée) »: ho, je crois que je l’ai vexée, là, et le pire c’est qu’on en avait discuté, mais bon, en cas d’échec, il vaut mieux ne pas être responsable et se défausser…
  • Six mois plus tard, « courrier aux parents, absences de Mathilde en consultation et en prise en charge »: je précise que quand j’arrive avec Mathilde qui dort en poussette, c’est une absence…
  • « Il semble que vous éprouviez quelques difficultés à assurer les rendez-vous, tant pour la prise en charge que pour les consultations, je souhaite éclaircir votre souhait quant au suivi. »: attention les yeux, ça va péter!

Ce jour là, à 16h, est noté sur le dossier: parents + Mathilde endormie dans sa poussette (eh oui, on ne change pas une équipe qui gagne!).

Je confirme: Mathilde dort peu la nuit, donc si elle est en voiture à 10h le matin, forcément, elle dort, donc en arrivant au centre, elle dort. Je pourrais peut-être ne pas venir en voiture et faire les 20km à pieds, comme ça elle resterait éveillée.

Je reconfirme: Mathilde fait la sieste, certes un peu tard, mais au moins pendant ce temps-là j’ai un peu de répit, il ne fallait pas lui mettre une prise en charge à 15h30! « Un enfant de 4 ans ne fait plus la sieste »… Ah bon!

Notes:

  • « Impossibilité pour le centre de modifier les horaires des prises en charge deux fois par semaine »
  • « Irrégularité du suivi. »
  • « Les parents ne trouvent pas de solutions. Je leur propose d’arrêter les prises en charge tant que Mathilde fait la sieste à cette heure-là », « Refus des parents », « M. et Mme quittent le bureau furieux ».

Les notes que le « Docteur » a omis d’écrire:

Question de la mère: si vous ne gardez pas Mathilde, pouvez-vous nous conseiller un autre endroit où elle pourraît être prise en charge?

Réponse: Non.

À 30 km à la ronde il y a: un CAMPS et trois SESSAD, dont un spécialisé en autisme.

J’ai demandé le dossier médical de Mathilde à cause de cette réponse, ce non sans explication, sans encouragements, genre « si vous partez d’ici, vous êtes perdus, si vous restez ce sera sous nos conditions ». Ce non s’apparente pour moi à de la non-assistance à personne en danger.

Psychose symbiotique, lien à la mère fusionnel, conditionnel employé pour reporter les dires de la mère, parents ayant des difficultés à assurer le suivi de leur enfant…. Ça ne vous rappelle rien?

http://autismeinfantile.com/temoignages/delphine-et-mathilde/les-perles-du-dossier-medical-de-mathilde/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

3 mars 2012

article publié sur le blog de chronimed le 28 février 2012

Quoi de neuf sur l’autisme ?

coordonné par Yves Tillet et le Comité de rédaction

On parle beaucoup des maladies du vieillissement, mais on parle moins de celles qui surviennent à l'autre bout de la vie, au cours du développement, comme l'autisme. Plusieurs résultats récents apportent des éclairages nouveaux sur cette pathologie et il nous a semblé nécessaire de faire le point sur ce sujet.

INTRODUCTION L'autisme de l'enfant

L'autisme de l'enfant a désormais réintégré la médecine qu'il n'aurait jamais dû quitter. Léo Kanner qui, en 1943, en a individualisé les principaux signes(1), pensait qu'il s'agissait d'une “incapacité innée à établir des contacts avec les personnes, biologiquement prévue...”

Hélas à partir des années 1960, une formidable vague d’obs- curantisme a déferlé sur ce trouble pour l’arracher à la médeci- ne, encore perceptible aujourd’hui. L’épilepsie, mal sacré, a failli connaître le même sort. Mais, il y a près de 2500 ans, Hippocrate a redressé la barre: “La maladie dite sacrée ne paraît rien avoir de plus divin et de plus sacrée que les autres...”.

De la même façon, on a assisté à la sacralisation de l’enfant autiste, tandis que la mère était diabolisée. Marcel Proust, dans “La Recherche”, a bien prévu de telles situa- tions en écrivant: “les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances”.

Ce dossier vient à point pour dresser un état des lieux de la recherche sur l’autisme. On ne peut que remercier le Comité de Rédaction de la Lettre des Neurosciences de contri- buer à privilégier ces faits. Il a fait de bons choix en donnant la parole aux meilleurs spécialistes du domaine. Catherine Barthélémy, physiologiste, psychiatre et pédiatre est le numéro 1 de l’autisme, car elle associe recherche clinique, biologique et thérapeutique(2). Frédérique Bonnet-Brilhaut, également polyvalente, prend le même chemin. Thomas Bourgeron et Richard Delorme sont des spécialistes de la génétique, ils présentent ici la contribution des facteurs génétiques aux troubles du spectre autistique. Deux nou- velles voies de recherches sont également abordées par Nouchine Hadjikhani sur le rôle des neurones miroirs et par Elissar Andari à propos de l’ocytocine. Enfin, Bérengère Guillery-Girard et Francis Eustache présentent l’étonnant fonctionnement mnésique dans l’autisme, sans oublier les travaux de mon ami Y. Ben-Ari réalisés avec E. Lemonnier sur le rôle du GABA.

Bien sûr, ce sont encore de petits pas, mais plusieurs petits pas peuvent aboutir à un grand pas(3). C’est ce qu’espèrent “professionnels”, enfants et parents.

Gilbert Lelord

(Faculté de médecine de Tours)

Lire l'article complet (passionnant jjdupuis) :

http://chronimed.over-blog.com/article-neurosciences-quoi-de-neuf-sur-l-autisme-100358291.html

 

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1 mars 2012

article publié dans ouest-france.fr le 27 février2012

Autiste, il apprend à vivre avec son handicap - Lamballe

lundi 27 février 2012


Hyperanxieux, il y a deux ans, Andrew ne parvenait pas à traverser une rue. C'est aujourd'hui acquis. Nouvelle étape vers l'autonomie : il s'entraîne maintenant à prendre le train.

Andrew, Lamballais de 19 ans, veut témoigner, « pour faire connaître l'autisme et apporter de l'espoir à ceux qui en sont atteints et à leur famille ».

Témoignage

Titulaire d'un CAP, Andrew est en seconde bac pro au lycée horticole Saint-Ilan de Langueux. Il est même délégué de classe. Pour en arriver là, il a parcouru un chemin difficile à imaginer lorsqu'on rencontre ce jeune homme souriant. « Les gens ne connaissent pas l'autisme. Ce n'est pas une maladie, mais un handicap », affirme-t-il.

Trop plein d'émotions

Très sensible, Andrew est facilement débordé par ses émotions. Ses réactions et ses Toc (troubles obsessionnels compulsifs) peuvent surprendre. Avec son psychotérapeute, il essaie de les identifier et de les combattre. « Chaque année, j'explique ça à ma classe. » Pour sa recherche de stage professionnel, ses parents comptent ne pas mentionner son autisme. « Sinon, il ne sera jamais pris. »

La bataille de la scolarité

Sa scolarité a nécessité un vrai combat. « Nous avons essuyé beaucoup de refus », raconte sa mère. Le collège de La Croix-de-Pierre à Plénée-Jugon, puis le lycée Saint-Ilan lui ont heureusement ouvert leurs portes. « Malgré les réticences de l'Éducation nationale, nous avons toujours refusé qu'Andrew sorte du milieu scolaire. En IME, les autistes restent entre eux, s'enferment. Il faut nous ouvrir à eux si on veut qu'ils s'ouvrent aux autres. »

L'importance d'un diagnostic précoce

Enfant, Andrew ne parlait pas, criait, se frappait la tête contre les murs, avait chaque nuit des terreurs nocturnes. Pourtant, le pédopsychiatre qui le suivait depuis ses 5 ans ne parlait que de « troubles de la personnalité ». Le diagnostic a été établi en 2009 seulement, Andrew avait plus de 15 ans. Il a alors pu bénéficier d'aides indispensables, telles que l'Allocation d'éducation de l'enfant handicapé, une auxiliaire de vie scolaire, le transport en taxi. « Savoir contre quoi on se bat, ça nous permet d'avancer », explique sa mère.

Les trois clés

Réagissant à un article publié dans « Ouest-France » le 14 février, « Soigner l'autisme : pour ou contre la psychanalyse », Andrew réclame trois choses pour les autistes : une scolarisation en établissement ordinaire (avec des enseignants formés et des auxiliaires de vie scolaire), une prise en charge en milieu adapté (éducateurs, orthophonistes...) et une psychothérapie, afin d'apprendre à gérer ses émotions. Trois clés que ses parents lui ont offertes au prix de doutes et de batailles éreintantes, qui lui permettent aujourd'hui d'envisager autonomie et insertion professionnelle.

Emmanuelle MÉTIVIER.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Autiste-il-apprend-a-vivre-avec-son-handicap-_22093-avd-20120227-62323033_actuLocale.Htm

1 mars 2012

article publié sur le site de la Haute Autorité de Santé

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FOCUS – HAS Actualités & Pratiques – N° 37 – Mars 2012

Autisme et autres troubles envahissants du développement : diagnostic et évaluation chez l’adulte


Dr Muriel Dhénain
Chef de projet – Service des bonnes pratiques professionnelles – HAS 

Dans quelles circonstances le généraliste peut-il être amené à évoquer un trouble envahissant du développement (TED) chez un adulte ? 
Les TED regroupent un ensemble de troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales ; des altérations qualitatives de la communication, et par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif (triade autistique). L’autisme en est l’exemple le plus connu. La question du diagnostic de TED peut se poser à l’âge adulte :
• pour une personne en établissement médico-social ou vivant à domicile qui n’a pas eu un bilan diagnostique par une équipe de spécialistes et qui n’est pas repérée comme personne avec un TED ;
• pour une personne qui a suivi un parcours classique, malgré des difficultés scolaires, et qui se pose la question, ou pour laquelle sa famille ou des professionnels s’inquiètent d’un éventuel autisme de haut niveau ou d’un syndrome d’Asperger1 à son sujet.
Le généraliste peut aussi avoir, dans sa patientèle, des personnes pour lesquelles le diagnostic de TED a été porté dans l’enfance.
Il peut alors envisager une actualisation de ce diagnostic en fonction des événements dans la trajectoire de l’adulte avec un TED et des données de la science.

  schema Autisme AP 37 moyen

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infographie : Pascal Marseaud

Quels sont les signes qui indiquent un TED chez un adulte ?
Chez l’adulte, les signes d’appel des TED ne sont pas spécifiques. Ils diffèrent selon le niveau de développement de la personne, son mode et son lieu de vie. Ils sont dominés par l’aspect inhabituel et bizarre des conduites quotidiennes qui intriguent l’entourage et qui traduisent la triade du fonctionnement autistique, en particulier les troubles des interactions sociales. Ils impliquent pour les médecins de rechercher leur survenue précoce et de les replacer dans l’histoire des personnes.
Les TED sont souvent associés à un retard mental plus ou moins marqué. Le diagnostic de TED est clinique. Il revient aux psychiatres et aux psychologues.
Le médecin généraliste contribue à recueillir les éléments cliniques utiles au diagnostic et intervient dans la recherche d’une pathologie associée au TED.

guillemet_hautLe diagnostic de TED peut être engagé
à tout âge de la vie. Il est effectué dans
trois registres : la triade autistique, le retard
mental associé, les maladies et troubles
associés. Il est complété par des évaluations du fonctionnement permettant d’apprécier
les ressources de la personne pour
l’élaboration du projet personnalisé.


Quels sont les maladies et troubles associés que l’on peut retrouver chez un adulte ayant un tableau clinique de TED ?
Certains troubles sont particulièrement fréquents. C’est le cas de l’épilepsie et des troubles sensoriels. Une majorité d’adultes avec TED présente des particularités sensorielles comme une hypersensibilité ou une hyposensibilité. Ces altérations peuvent concerner le toucher, l’audition et/ou la vision. Elles engendrent des réponses qui paraissent inadaptées.
Par ailleurs, une maladie génétique connue (sclérose tubéreuse ou syndrome de l’X fragile) peut parfois être associée au tableau clinique de TED (5 à 15 % des cas, au dire des experts).
Pour tout adulte atteint d’un TED, il est donc recommandé de réaliser un examen somatique systématique qui orientera vers d’éventuelles explorations dans les domaines sensoriel, neurologique et génétique.

En quoi le suivi médical des adultes avec TED est-il spécifique ?
Étant donné les singularités d’expression des troubles de santé chez l’adulte avec TED, il est recommandé aux médecins généralistes de réaliser un suivi somatique très régulier des adultes concernés. Ce suivi inclura notamment des mesures de prévention primaire : suivi tensionnel, glycémie, bilan lipidique… Il permettra aussi de traiter la douleur liée à une affection somatique, que ces patients ont parfois du mal à exprimer. La pertinence d’un traitement médicamenteux (notamment par psychotropes) sera à réévaluer régulièrement. 
 



1. Syndrome d’Asperger : TED caractérisé par une altération qualitative des interactions sociales, associée à un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif. À la différence de l’autisme, il n’existe pas de retard ou de trouble du langage, et il n’y a pas en général de retard mental associé.

Pour en savoir plus :
Autisme et autres troubles envahissants du développement : diagnostic et évaluation chez l’adulte, recommandation de bonne pratique.
Autisme et autres troubles envahissants du développement. État des connaissances hors mécanismes physiopathologiques, psychopathologiques et recherche fondamentale.

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1218106/autisme-et-autres-troubles-envahissants-du-developpement-diagnostic-et-evaluation-chez-ladulte

1 mars 2012

article publié dans Agora Vox le 1er mars 2012

Réponse ouverte de parents d’enfants autistes aux journalistes, philosophes et psychanalystes

Pour une vraie liberté d’expression et d’opinion, en réponse à :

Eric Favereau (Libération du 13/02 et Libération du 14/02)

Bernard Golse (Magazine de la Santé, France 5, 14/02)

Jean-Claude Maleval (Lacan Quotidien le 15/02)

Jean-François Rey (Le Monde du 22/02)

Le Parti Communiste Français (L’Humanité du 13/02)

Guy Baillon (Huffington Post du 28/02)

Le Collectif des 39 et le Cercle Freudien (communiqué du 22/02)

 

Vous êtes si nombreux et si présents dans les médias que nous ne pouvons répondre à chaque publication ou plutôt à chaque tentative de victimisation de vos pairs par des procédés pour le moins douteux.

Vos démonstrations sont d’une grande malhonnêteté intellectuelle, scientifique tant par les arguments, les auteurs que par les références. Vos arguments sont flous et contradictoires à la fois.

En voici quelques exemples choisis.

Vous dites que l’on empêche une « controverse scientifique argumentée » à la psychanalyse « qui ne s’est jamais dérobée à la critique » quand on peut également lire que le « mythe scientifique […] disqualifie peu à peu les sciences humaines  » ou encore que « le scientisme est à l’œuvre ».

D’un côté, vous demandez un débat scientifique qui n’aurait jamais été proposé à la psychanalyse et d’un autre côté, quand les arguments scientifiques du débat mettent à mal la psychanalyse, vous parlez alors de scientisme.

C’est une magnifique esquive. Les psychanalystes sont alors les victimes de cette « haine » et les parents se feraient manipuler par des lobbies. La théorie du complot n’est pas loin.

Ne vous est-il pourtant pas apparu que pour l’instant, le seul lobby audible dans les médias est celui de la psychanalyse et que le changement demandé est le fait de parents d’enfants autistes, tous individuellement concernés ? Ce changement demandé, et actuellement cautionné par le Politique, vous fait tellement peur que vous parlez alors de « croisade », de « haine », de « dérive dramatique », d’ « offensive » ou encore de « persécution ». A quand le mot « génocide » ?

Vous ne lésinez pas sur les moyens et sur les références qui ne vous font pas honneur.

Vos arguments sont peu respectueux vis-à-vis des familles et des patients quand le passé et l’hypothétique - « ont le sentiment » ou encore « ont pu être malmenés » - sont utilisés pour parler des maltraitances qui ont été commises et qui continuent de l’être par des psychanalystes et des praticiens encore en fonction aujourd’hui et dont vous vous faîtes de parfaits avocats.

C’est bien mal venu quand on sait que pendant 40 ans et encore aujourd’hui, à l’encontre des connaissances scientifiques et de la communauté mondiale de leurs confrères, ce sont ces mêmes praticiens psychanalystes qui ont persécuté les mères, et enseigné des contre-vérités dans les facultés de médecine, entraînant dans leur acharnement l’ensemble des professionnels du monde médical et éducatif. Les vraies victimes, ce sont les enfants innocents qui ont eu la double malchance de naître différents et dans un pays où une corporation toute puissante n’hésite pas à les sacrifier plutôt que reconnaître publiquement son erreur.

Par ailleurs, vouloir tourner définitivement la page de la thérapie dite psychanalytique dans le champ de l’autisme serait, selon vous, une attaque à l’ « inconscient » ou à la « pensée ». C’est à peine vraisemblable mais surtout manifestement prétentieux de se poser en représentants uniques de la pensée et de l’inconscient.

Si nous nous projetons dans le champ historique et philosophique, il apparaît primordial de ne pas oublier Leibniz – même si le terme même d’inconscient n’est pas explicité – mais aussi Schelling, Schopenhauer ou encore Nieztsche.

Freud disait que la découverte de l’inconscient était la troisième blessure narcissique infligée à l’humanité après la découverte de l’héliocentrisme et la théorie de Darwin. Mais il a aussi dit que les "La biologie est vraiment un domaine aux possibilités illimitées : nous devons nous attendre à recevoir d'elle les lumières les plus surprenantes et nous ne pouvons pas deviner quelles réponses elle donnera dans quelques décennies aux questions que nous lui posons. Il s'agira peut-être de réponses telles qu'elles feront s'écrouler tout l'édifice artificiel de nos hypothèses" (Cité par A. Bourguignon. "Avant-propos", in Sulloway F.J. (1979), Freud biologiste de l'esprit, Paris, Fayard, 1992).

Nous y voici donc : la quatrième blessure narcissique de l’humanité est non pas le créationnisme, comme il est parfois évoqué, mais bien la génétique et les neurosciences qui discréditent la psychanalyse, dans le champ de l’autisme du moins.

Il convient donc comme le mentionnent les recommandations de la Haute Autorité de Santé (janvier 2010) de ne plus employer le terme de « psychose » qui montre une fois de plus un manque d’ouverture d’esprit et un négationnisme certain des connaissances actuelles.

Mais, là où la ligne rouge est bien définitivement franchie c’est dans les références à un passé peu glorieux : le « nazisme », le « stalinisme » les « dictatures ».

C’est doublement choquant. Car associer un sain débat scientifique et thérapeutique au nazisme, c'est bien faire preuve du plus pur fascisme intellectuel : vouloir imposer par la force et la violence son idéologie. De plus quand le collectif des 39 indique que « l’exclusion de l’autisme du domaine du soin par la reconnaissance en tant que handicap a provoqué une dérive dramatique […]  », celui-ci fait référence à la loi du 11 décembre 1996 qui découle de la circulaire Veil du 27 avril 1995. Madame Simone Veil appréciera certainement la comparaison au "nazisme" tant évoqué.

La dérive « populiste » et « simpliste » que vous évoquez, nous vous la renvoyons. Nous vous la renvoyons car après les goulags, la shoah, qu’allez vous mentionner ? Les génocides arméniens, rwandais ? Après les chemises brunes, serons nous comparé(e)s aux khmers rouges ? Ces comparaisons peu ragoûtantes et particulièrement ignobles témoignent d’une incapacité de remise en cause d’un système de pensée et d’un système de soins qui d’ailleurs n’en est pas un.

Nous, parents d’enfants autistes, n’avons jamais dit ni même pensé - oui, nous aussi pouvons penser bien que cela puisse surprendre – que la responsable de l’autisme dont sont atteints nos enfants soit la psychanalyse.

D’une part, car nous ne nous abaisserons pas aux mêmes procédés de culpabilisation à outrance dont nous avons été nous mêmes victimes.

D’autre part, nous voulons croire que derrière chaque psychanalyste, chaque praticien, chaque soignant, il existe une personne qui doit ou devra prendre ses responsabilités et reconnaître ses torts. Ce qui apparaît indubitablement difficile à beaucoup aux vues de l’agressivité des missives quasi quotidiennes contre toute personne ayant un avis divergeant.

Nous ne sommes pas en quête de « responsables » mais en quête de soins de qualité pour nos enfants. Des soins qui puissent donner le maximum de chances à nos enfants d’accéder à la communication parfois même au langage, à plus d’autonomie, aux apprentissages, à plus de dignité et donc à plus de liberté. 

Voici notre quête que vous osez comparer à une « croisade » mais que vous confondez avec un combat.

Un combat contre la maltraitance au profit de la bientraitance.

Un combat contre l’attentisme au profit de l’interventionnisme.

Un combat contre l’emprisonnement au profit de la liberté de nos enfants.

Cela ne s’appelle pas du totalitarisme, cela s’appelle le sens du courage et des responsabilités.

Parce que nous ne sommes pas des dictateurs haineux mais des parents soucieux.

Parce que nous sommes mères.

Parce que nous sommes pères.

Parce que ce sont nos enfants.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/reponse-ouverte-de-parents-d-111447

Et n'oubliez pas se signer la pétition par laquelle des professionnels s'engagent. Diffusez-là à vos contacts, motivez-les  etc ... (jjdupuis)

Manifeste pour les bonnes pratiques dans la prise en charge de l'autisme

Nous, psychiatres pour enfants, adolescents et adultes et professionnels associés, souhaitons témoigner de l’existence en France d’une psychiatrie appuyée sur les recommandations de bonnes pratiques médicales fondées sur l’état des connaissances scientifiques.
 
Nous, professionnels de terrain impliqués au quotidien auprès des patients et leurs familles, affirmons que :
  • notre pratique est fondée sur le souci du meilleur service rendu aux patients : elle vise à soulager la souffrance, compenser le handicap et améliorer la qualité de vie dans le respect de la différence ;
  • notre pratique s’efforce d’être argumentée : tout en considérant la spécificité et les besoins individuels de chaque patient, elle se fonde prioritairement sur les recommandations de bonnes pratiques médicales au regard des données scientifiques ; elle rejette les pratiques incompatibles avec l’éthique ou l’état des connaissances ;
  • notre pratique se conçoit comme un partenariat avec le patient et sa famille qui doivent recevoir une information la plus complète possible et être étroitement associés au diagnostic, aux choix des procédures de soin et à leur évaluation ;
  • notre pratique de soignants s’articule de façon coordonnée avec celle d’autres professionnels pour permettre au patient de prendre pleinement sa place dans son environnement social, familial, scolaire et professionnel. 
Concernant l’autisme et les autres troubles envahissants du développement, nous adhérons pleinement aux  Principes de la Déclaration de Venise établie par  L’Association Internationale de Psychiatrie de l’Enfant, de l’Adolescent et des Professions Associées. Cette déclaration soutient le diagnostic et les prises en charges précoces se poursuivant tout au long de la vie si nécessaire, le recours à des traitements individualisés, évalués et sûrs, la collaboration entre professionnels, personnes autistes et familles, la recherche scientifique comme moyen de connaissance, la formation des professionnels et le développement de normes relatives aux soins cliniques. Elle demande aux états une véritable politique en faveur des personnes ayant des troubles du développement. Elle rappelle également les principes actuels d’intervention en autisme (L’ensemble du document est visible en annexe).
Nous sommes actuellement particulièrement attentifs au travail de la Haute Autorité de Santé et demandons que ses futures recommandations garantissent réellement aux personnes autistes en France une prise en charge en accord avec l’éthique et l’état actuel des connaissances scientifiques.

Collectif des Professionnels pour les Bonnes Pratiques en Psychiatrie

 
Dr François BANGE, psychiatre. Paris.
Dr Deborah COHEN, psychiatre.Paris.
Dr Samuele CORTESE, psychiatre. New York.
Mle Claudie DUHAMEL, psychologue clinicienne. Paris.
Dr Baudouin FORGEOT D'ARC, psychiatre. Montréal.
Dr Veronique GAILLAC, psychiatre. Paris.
Dr Linnea HJALMARSSON, psychiatre. Paris.
Mme Séverine LEDUC, psychologue clinicien. Paris.
Dr Olivier PALLANCA, psychiatre. Paris.
Dr François PINABEL, psychiatre. Paris.
Dr Diane PURPER, psychiatre. Montpellier.
Dr Florence PUPIER, psychiatre. Montpellier.
Mr Fabien RICHARD, psychologue clinicien. Paris.
Dr Marie-Claude SAÏAG, psychiatre. Paris.
Dr Mario SPERANZA, psychiatre. Paris.
Dr Louis VERA, psychiatre. Paris.


Soutenez les bonnes pratiques dans la prise en charge de l'autisme en signant la pétition ! Moi c'est fait n° 65 jjdupuis 28/2 19h05
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Labels: AUTISME MANIFESTE AUTISM

29 février 2012

Lettre d'une maman au député Daniel Fasquelle suite à ses actions

psychanalyse autisme

 

Agnès Fonbonne, traductrice, romancière, a 4 enfants, dont un autiste âgé de 24 ans.  

 

Montreuil, le 29 février 2012

 

 

Cher Monsieur Fasquelle,

 

 C’est avec beaucoup d’émotion que je me permets de réagir à la réponse que vous avez rédigée à l’attention de votre collègue, Edwige Antier, ainsi qu’à la proposition de texte de loi que vous envisagez de proposer.

 Je tiens tout d’abord à vous féliciter de votre courage pour cette idée de génie, même si mon objectivité de pauvre mère incestueuse, idiote et pathogène la considère comme furieusement utopiste ! En ces temps de récession, vouloir tout bonnement ôter le gagne-pain d’une corporation entière, aussi bornée que sectaire et malhonnête, me parait de très bon goût, mais je crains que la tâche soit un peu plus rude que vous ne l’envisagez de prime abord. Que vous vous y atteliez avec cette sincérité, cette énergie et ce brin de naïveté qui marquent les plus belles audaces humaines, ne peut que susciter la solidarité de nous tous (surtout toutes !) Respect, donc. Le mien vous est acquis.

  A l’heure actuelle, vous n’êtes pas sans savoir qu’obtenir un diagnostic d’autisme pour son petit enfant tordu relève du miracle, du hasard, ou du coup de pied au cul gagnant, bref du parcours du combattant, pour les raisons mêmes que nous combattons tous : la mainmise du lobby psykk (pardonnez cette triviale expression) sur l’orientation des nouvelles familles, qui ignorent encore tout de la pieuvre maléfique dans les pattes desquelles elles viennent de tomber, parasitée par l’embrigadement analytique de la majorité de la pédiatrie française (quand ce n’est pas déjà celui de la sage-femme) et de l’ignorance des médecins généralistes de « famille », qui, s’ils ne sont pas encore enrôlés, hypo ventilent à l’idée d’annoncer la misère sans nom qui attend, à coup sûr, leurs patients effondrés.

Toutefois, je reste convaincue que la force sera avec vous lorsque il faudra affronter la meute et défendre votre projet, afin que nos chères têtes blondes et mal faites envahissent l’école de la République et bénéficient enfin de prises en charge éducatives adaptées, libérées à jamais du dogme austro-jurassique.

Malgré tout, je sens monter une légère angoisse dès qu’il s’agira de l’avenir de nos vieux Totos. Ils sont légions, ayant traversé l’enfance et l’adolescence comme des zombies, brisés par les errances diagnostiques, le manque de lieux adaptés, élevés comme on a pu, par des parents épuisés et désinformés, qui ont baissé les bras après avoir été ballottés pendant des années. Ces adultes là ne figurent pas dans les rares dispositifs existants. Ils sont confinés dans les établissements psychiatriques, confits dans leur autisme et gavés de neuroleptiques retard tandis que le personnel soignant guette l’émergence du Désir... On en trouve encore beaucoup, restés à la maison, à 30 ans, 40 ans, sans prise en charge adaptée depuis des années. Les parents ont de l’arthrose, des dettes et des cheveux blancs, frisent cent fois par jour le fait divers et assistent, impuissants, à leur lente dégradation. C’est à eux qu’il faut penser aussi.

Comment envisager une réintégration, face à ces carences gravissimes et aux manquements cruels d’un grand état démocratique, face à ses plus faibles? Outre les baffes et les envies de meurtres, il y a tant de procès pour non assistance à personne en danger qui se perdent…

Il y a parfois aussi des parents « chanceux ». Après des années de lutte, d’apprentissage et de nuits blanches, on accepte enfin leur grand nigaud dans une structure pseudo adaptée, parce qu’il n’est pas trop agité et ressemble à s’y méprendre à un rain man des quartiers chics. On rassure et on flatte : « il a des capacités incroyables, vous savez… » C’est pas vrai, mais on est juste fière qu’il sache viser la cuvette des toilettes. Après 17 ans d’apprentissage, pensez donc ! On leur expose des projets mirobolants, on montre des photos de la dernière classe verte, de la balnéo-thérapie, de l’atelier cuisine et on finit par y croire. C’est la fameuse parentectomie si chère à Bruno B.

Au début, tout va bien, puis arrivent les doutes, insidieusement… A chaque week-end le retour à la maison devient pénible, douloureux. La régression s’installe avec sa cohorte de troubles du comportement ; exit la tinette, le papier peint de la chambre est bien plus divertissant et s’il n’y avait que ça... Il faut souvent batailler pour ramener son bébé récalcitrant dans son établissement. Que se passe t’il ? D’où vient ce changement ? C’est quoi ces morsures sur son bras droit ? Le cahier de liaison reste muet…

Là encore, les « vieux » parents encaissent, se taisent, n’osent pas revendiquer ni poser trop de questions. L’éternelle peur du renvoi, du retour à la maison pour cause d’incompatibilité d’humeur… C’est fréquent cette politique institutionnelle du retour à l’expéditeur du colis encombrant, devenu trop lourd et impossible à porter. Et on venait juste de retrouver un job après vingt-deux ans de désert professionnel… C’est bête, hein ?

Alors comment allez-vous faire ? Je ne me permettrai pas de vous rappeler ce que tout député ne doit pas ignorer avant de monter au créneau, mais interdire les thérapies de religion psychanalytique appliquées à l’autisme implique un engagement et des mesures si radicales, qu’ils touchent aux fondements mêmes de la culture et de la société françaises et supposent un redéploiement phénoménal des budgets ministériels éducation/santé jamais vu auparavant, sans parler des missions transversales que cela va engendrer. Je vous souhaite tout le courage du monde, de la persuasion et de la foi.

Pendant que j’y suis, tentez les tueurs boliviens pour flinguer G. Miller et ses potes qui envahissent les campus, et n’oubliez pas non plus de changer du même coup la définition de l’Autisme dans les Petits Roberts et autres grands crétins académiques. C’est presque là que tout commence.

Mille mercis pour votre idée décapante et les rêves que vous apportez et mille pardons pour la cruauté/crudité du ton. Je suis avec vous dans cette action totalement révolutionnaire, même si elle ne changera pas mon bulletin de vote. Dire que je suis impatiente de la suite de votre talent visionnaire est au-delà de la réalité, cela va sans dire.

Sincèrement vôtre

Agnès Fonbonne

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http://autisteenfrance.over-blog.com/m/article-100410533.html

28 février 2012

Pétition en ligne "Manifeste pour les bonnes pratiques dans la prise en charge de l'autisme" 27 février 2012

Manifeste pour les bonnes pratiques dans la prise en charge de l'autisme

 
Nous, psychiatres pour enfants, adolescents et adultes et professionnels associés, souhaitons témoigner de l’existence en France d’une psychiatrie appuyée sur les recommandations de bonnes pratiques médicales fondées sur l’état des connaissances scientifiques.
 
Nous, professionnels de terrain impliqués au quotidien auprès des patients et leurs familles, affirmons que :
  • notre pratique est fondée sur le souci du meilleur service rendu aux patients : elle vise à soulager la souffrance, compenser le handicap et améliorer la qualité de vie dans le respect de la différence ;
  • notre pratique s’efforce d’être argumentée : tout en considérant la spécificité et les besoins individuels de chaque patient, elle se fonde prioritairement sur les recommandations de bonnes pratiques médicales au regard des données scientifiques ; elle rejette les pratiques incompatibles avec l’éthique ou l’état des connaissances ;
  • notre pratique se conçoit comme un partenariat avec le patient et sa famille qui doivent recevoir une information la plus complète possible et être étroitement associés au diagnostic, aux choix des procédures de soin et à leur évaluation ;
  • notre pratique de soignants s’articule de façon coordonnée avec celle d’autres professionnels pour permettre au patient de prendre pleinement sa place dans son environnement social, familial, scolaire et professionnel. 
Concernant l’autisme et les autres troubles envahissants du développement, nous adhérons pleinement aux  Principes de la Déclaration de Venise établie par  L’Association Internationale de Psychiatrie de l’Enfant, de l’Adolescent et des Professions Associées. Cette déclaration soutient le diagnostic et les prises en charges précoces se poursuivant tout au long de la vie si nécessaire, le recours à des traitements individualisés, évalués et sûrs, la collaboration entre professionnels, personnes autistes et familles, la recherche scientifique comme moyen de connaissance, la formation des professionnels et le développement de normes relatives aux soins cliniques. Elle demande aux états une véritable politique en faveur des personnes ayant des troubles du développement. Elle rappelle également les principes actuels d’intervention en autisme (L’ensemble du document est visible en annexe).
Nous sommes actuellement particulièrement attentifs au travail de la Haute Autorité de Santé et demandons que ses futures recommandations garantissent réellement aux personnes autistes en France une prise en charge en accord avec l’éthique et l’état actuel des connaissances scientifiques.

Collectif des Professionnels pour les Bonnes Pratiques en Psychiatrie



 
Dr François BANGE, psychiatre. Paris.
Dr Deborah COHEN, psychiatre.Paris.
Dr Samuele CORTESE, psychiatre. New York.
Mle Claudie DUHAMEL, psychologue clinicienne. Paris.
Dr Baudouin FORGEOT D'ARC, psychiatre. Montréal.
Dr Veronique GAILLAC, psychiatre. Paris.
Dr Linnea HJALMARSSON, psychiatre. Paris.
Mme Séverine LEDUC, psychologue clinicien. Paris.
Dr Olivier PALLANCA, psychiatre. Paris.
Dr François PINABEL, psychiatre. Paris.
Dr Diane PURPER, psychiatre. Montpellier.
Dr Florence PUPIER, psychiatre. Montpellier.
Mr Fabien RICHARD, psychologue clinicien. Paris.
Dr Marie-Claude SAÏAG, psychiatre. Paris.
Dr Mario SPERANZA, psychiatre. Paris.
Dr Louis VERA, psychiatre. Paris.


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28 février 2012

article publié dans Le Point.fr le 22 février 2012

Rien à voir avec l'autisme ? Pas si sûr ... je vous propose d'y réfléchir (jjdupuis)

"Le deuil n'est pas une maladie !"

Levée de boucliers des spécialistes devant le fait que la tristesse consécutive au décès d'un proche puisse être assimilée à une dépression.

La solitude rend le deuil encore plus douloureux et difficile à surmonter.

La solitude rend le deuil encore plus douloureux et difficile à surmonter. © GIRAULT MATHILDE / SIPA

 

Dans l'éditorial accompagnant son dernier numéro, la revue scientifique The Lancet soulève un lièvre de taille : le futur DSM-V (Diagnostic & Statistical Manual of Mental Disorders, la "bible" élaborée par l'American Psychiatric Association et utilisée dans de nombreux pays) considérerait que le chagrin après un deuil est une forme de dépression. Bref que le sentiment de tristesse, de perte, le manque de sommeil, les pleurs, l'incapacité à se concentrer, la fatigue et le manque d'appétit souvent observés en pareilles circonstances mériteraient bien un traitement médicamenteux...

Interrogée à ce sujet, la psychiatre parisienne Sylvie Angel est formelle : "Le deuil n'est pas une maladie.Cette spécialiste rappelle qu'il dure en moyenne trois mois, avec des fluctuations en fonction de l'âge du défunt ainsi que des circonstances de son décès, et que, enfin, il ne peut être considéré comme une pathologie qu'au-delà de six mois. "Auparavant, et dans un passé encore récent, le deuil était accompagné", remarque-t-elle. "Et le partage de la souffrance avec la famille, les amis, les voisins permettait de verbaliser sa souffrance et de mieux la supporter. Certains rituels religieux existent encore pour accompagner le deuil. Mais le pire, c'est la solitude.

Individualisme de nos sociétés

Faut-il donc prescrire des médicaments pour compenser les effets de l'individualisme caractéristique de nos sociétés ? "On peut proposer une aide médicamenteuse brève, ponctuelle, par exemple donner un anxiolytique pour aider quelqu'un à supporter la cérémonie des obsèques, répond le Dr Angel. En revanche, il n'est pas question de prescrire des antidépresseurs, sauf évidemment en cas de deuil pathologique.Et elle insiste sur l'intérêt des groupes de partage de deuil et des ritualisations religieuses pour aider ceux qui souffrent.

Les auteurs de l'édito du Lancet ne préconisent pas autre chose : "Médicaliser le chagrin, de façon à légitimer l'administration régulière d'un traitement antidépresseur par exemple, est non seulement dangereusement simpliste, mais aussi faux", écrivent-ils. Selon eux, il n'existe aucune preuve d'effets bénéfiques des traitements antidépresseurs chez les individus ayant récemment subi le décès d'un proche. De plus, "chez de nombreuses personnes, le chagrin peut constituer une réponse nécessaire au deuil qui ne devrait pas être supprimée ou éliminée".

Intérêts économiques

Et pourtant, en pratique, il n'est pas rare que le deuil soit médicalisé. "Ce ne sont pas les psychiatres qui donnent le plus d'antidépresseurs aux personnes victimes d'un aléa de la vie, mais les médecins généralistes, remarque Sylvie Angel. Ils n'ont pas le temps d'écouter longuement leurs patients, ils ne sont pas formés pour cela et ils estiment que les médicaments vont aider ceux qui vont mal." Or les psychiatres insistent sur la nécessité de proposer un accompagnement psychologique, en même temps que tout traitement antidépresseur.

La prochaine édition du DSM est prévue en mai 2013. Et, compte tenu des réactions des spécialistes, rien ne dit que le chagrin lié au deuil sera alors présenté comme une forme de dépression. Mais, pour Antoine Vial, membre du collectif Europe et Médicaments, cette tentative de modification montre, une fois de plus, "le poids de l'industrie pharmaceutique, qui cherche à créer des maladies pour recycler ses médicaments". Comme il l'avait déjà fait dans le documentaire Maladies à vendre, diffusé en novembre dernier sur Arte, il espère que les intérêts économiques ne primeront pas sur ceux des patients.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/le-deuil-n-est-pas-une-maladie-22-02-2012-1434096_57.php

28 février 2012

article publié sur le site Santé Log le 28 février 2012

AUTISME: La formation des parents indispensable dans la prise en charge


Actualité publiée hier

Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry

Cette étude de la Yale montre toute l’importance de la formation des parents dans la prise en charge des troubles du spectre autistique chez l’enfant. Car ces enfants, mieux accompagnés, montrent un meilleur développement et une plus grande capacité d’adaptation au quotidien. Des conclusions redonnant, en cette période d’urgence pour des prises en charges adaptées, toute son importance à une parentalité experte- publiées dans l’édition de février du Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry-.

Les enfants souffrant de troubles du spectre autistique et qui ont de graves problèmes de comportement ont mieux répondu à une combinaison médicament plus formation des parents qu’au traitement seul, explique Laurent Scahill, professeur à la Yale University. « La diminution des problèmes de comportement graves chez ces enfants atteints d’autisme permet une meilleure qualité de vie quotidienne, pour les enfants et pour leurs familles ».

L’étude a été menée auprès de 124 enfants âgés de 4 à 13 ans avec diagnostic de troubles du spectre autistique dans 3 sites des États-Unis Yale, l'Ohio State University, et l'Université d'Indiana. En plus de troubles du spectre autistique, les enfants de l'étude présentaient de graves problèmes du comportement, avec des crises multiples et prolongées et de l’agressivité.

Les enfants de l'étude ont reçu un médicament, la rispéridone, durant 6 mois, et pour certains d’entre eux les parents ont suivi un programme de formation adapté durant également 6 mois. La formation des parents comprenait des visites régulières à la clinique pour apprendre à réagir face aux problèmes de comportement des enfants et apprendre à s'adapter aux situations de la vie quotidienne.

 

Une plus grande faculté d’adaptation pour les enfants atteints de TSA : "Dans un précédent rapport, nous avions montré que la combinaison traitement de l’enfant et formation des parents était supérieure au traitement seul dans la réduction des troubles du comportement», explique le Dr Scahill. « Dans cette étude, nous montrons que la combinaison est plus efficace sur le comportement adaptatif de l’enfant au quotidien ». Le Dr Scahill et son équipe ont mis en place, dans leur exercice quotidien et pour la prise en charge de leurs petits patients, la formation des parents en tant que stratégie autonome dans le traitement de ces jeunes enfants présentant des TSA. Ils prévoient aujourd’hui de publier des manuels de formation pour les parents.

Source: Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry Pages 136-146, February 2012

http://www.santelog.com/news/neurologie-psychologie/autisme-la-formation-des-parents-indispensable-dans-la-prise-en-charge_7720_lirelasuite.htm

Mon point de vue

Cela vient compléter un article publié dans le monde du 22 février 2012 dont je partage la conclusion tout du moins à court terme :

"Cessons de promettre la guérison miraculeuse à partir d'un gène ou d'une molécule qui effacera les séquelles des malformations développementales. C'est en bloquant ces activités aberrantes avec des outils pharmacologiques que les promesses les plus sérieuses sont en cours de développement. En attendant, une approche à la carte sans menu fixe et sans hégémonie s'impose, mais elle doit être basée sur des méthodes qui ont fait leurs preuves."

L'étude américaine vient tout simplement confirmer une mesure de bon sens qu'il est souhaitable de généraliser : donner aux parents les outils, les règles à appliquer avec leur enfant ... plus ou moins particulier.

Il me revient en mémoire la déclaration de cette Mère : "on nous l'a livré sans mode d'emploi" ...

Il en va de même que pour l'enfant "classique" où les publications abondent type "comment élever son enfant" ... Il convient d'aider les parents et cela passe par l'information & la formation.

Tous les intervenants autour de l'enfant handicapé doivent collaborer pour lui permettre de progresser. Et la communication dans l'accompagnement de la personne autiste est primordiale puisque ce handicap touche précisemment cette faculté.

Là encore c'est du bon sens ... Mais bien souvent le bon sens est diversement partagé.

Jean-Jacques Dupuis

28 février 2012

article publié dans le journal Sud Ouest le 28 février 2012

Autisme : le témoignage d'une mère

Isabelle Rusterholtz, mère de Sacha, parle de ses doutes, joies, combats et galères. Elle témoigne

AGEN JEUDI 23 FEVRIER 2012
AUTISME/ SACHA RUSTERHOLTZ ET SA MAMAN 20120223_photo__JLB8392

AGEN JEUDI 23 FEVRIER 2012 AUTISME/ SACHA RUSTERHOLTZ ET SA MAMAN 20120223_photo__JLB8392 (Borderie Jean Louis)

«Je n'ai plus de projet, sinon ça me déprime ! » Sans agressivité aucune, souriante même, Isabelle Rusterholtz vous regarde droit dans les yeux. Isabelle est la maman de Sacha. Âgé de 4 ans, cet adorable garçonnet est autiste. Comprend-il que ses parents se battent à l'épuisement comme tant d'autres familles qui se sentent tout autant démunies ? « J'ai eu de la chance de rencontrer Planète Autisme au bon moment. Cette structure est exemplaire. Il n'y en a pas assez pour répondre à tous les besoins. »

La chance d'Isabelle ? Depuis les 15 mois de Sacha, la professeur de mathématiques n'enseigne plus. Elle consacre tout son temps au bien-être de son enfant. Elle multiplie les rôles : infirmière, maman, nounou, éducatrice, gestionnaire d'argent et de temps… « Et moi ça va encore, Sacha fait ses nuits. »

Et son temps libre ? « J'en ai quand mon mari est là. Je peux alors m'occuper de Lisa, 11 ans et demi, et Juan, 10 ans. Ça se passe bien avec leur petit frère. Je ne dis pas qu'ils n'en souffrent pas. Ils sont très protecteurs. Ils pourraient faire de bons infirmiers. Certes, Juan préférerait avoir un copain pour jouer. »

« Je ne vois rien d'anormal »

« Avant ses 15 mois, Sacha n'a montré aucun symptôme de son autisme. C'est un jour d'été à la plage. Il a agité ses mains dans tous les sens et porté du sable à sa bouche. Puis, au fil des jours, il est devenu passif. Un mois plus tard, à la crèche, il n'a plus répondu à son prénom. » Le diagnostic de l'ORL ? « Non, je ne vois rien d'anormal. Sacha est simplement un bébé qui ne veut pas grandir, voilà pourquoi il ne répond pas », raconte Isabelle.

La famille Rusterholtz vient de poser le premier pas dans le milieu médical, un monde dont elle a encore du mal à comprendre tous les arcanes. Elle ne juge pas. Elle constate. Et sa conclusion : « Pour qu'un enfant autiste puisse évoluer, pour que ça marche, il faudrait que ce soit le système médical qui vienne à l'école et ce à l'initiative du milieu éducatif. Les bonnes volontés ne manquent pas et encore moins l'argent. Mais là, il est gaspillé par un effet inutile de saupoudrage. Il y a des enjeux. Un système très lourd est en place. Et pour le casser… »

« On a cru s'être trompés quand un pédiatre nous a dit que l'autisme régressif n'existe pas. Mais au fond de nous-mêmes, on savait ! », poursuit Isabelle. Souffrant aussi de problème de transit, Sacha bénéfice d'une batterie de tests génétiques. Les spécialistes détectent le syndrome de Rett, maladie génétique neurologique atteignant les petites filles. « Notre crainte : perdre notre enfant du jour au lendemain. » Plus tard, le diagnostic se révèlera faux…

Installés à la frontière du Lot-et-Garonne, à Castelnau-d'Auzan, dans le Gers, les parents de Sacha multiplient les allers-retours au Ceresa de Toulouse. Ils découvrent, voire subissent les entretiens avec les psys. « Beaucoup de médecins n'ont rien à proposer. Alors ils se taisent. Et nous, on se sent seuls. »

Le temps des pourquoi

Isabelle lève les yeux au ciel. Déjà victime, elle se sent responsable. « Avec mon mari, nous culpabilisons. Quelle faute avons-nous commise ? Pourquoi nous ? Comment ça va se débloquer ? Pourquoi Sacha est-il comme ça ? » Entre deux rendez-vous chez un spécialiste, elle a le temps de cogiter plus que de raison. « L'idéal serait que chaque enfant bénéficie d'une prise en charge individuelle à l'école, à l'hôpital ou ailleurs. Il faut des gens formés. » Rêve pieux.

Isabelle déroule le ruban de ses journées interminables vouées à Sacha. Grâce à Planète Autisme, l'enfant bénéficie de deux séances hebdomadaires de psychomotricité. « Je fais 280 kilomètres par semaine. Non, c'est pas remboursé. Je pourrais aller à Toulouse. C'est plus loin. J'ai de la chance. Certains n'ont rien ! »

Un message ? « Il faut inciter les parents à se bouger. À se battre ! »

http://www.sudouest.fr/2012/02/27/c-est-un-j-our-d-ete-a-la-plage-644427-2337.php

26 février 2012

article publié dans le blog Les pseudos-sciences

Dimanche 26 février 2012

Autisme et psychanalyse : une rhétorique d’esquive et de contradiction

 Un article de Nicolas Gauvrit

Depuis quelques mois, l’autisme et son traitement psychanalytique sont au cœur d’une polémique médiatique vive. Plusieurs événements, regroupant le procès puis la censure du film Le Mur de Sophie Robert, l’inauguration de l’année 2012 comme « année de l’autisme », les recommandations de la HAS (Haute Autorité de la Santé) qui préconiseraient l’abandon de l’approche psychanalytique, et l’implication du député Daniel Fasquelle, qui adopte une position similaire, ont participé à l’émergence de cette polémique.

Le philosophe Jean-François Rey publiait ainsi le 22 février 2012 dans les colonnes du Mondeun plaidoyer touchant (« Autisme : c'est la psychiatrie qu'on attaque ») pour le maintien dans la psychiatrie d’une approche psychanalytique. Cet article est très représentatif de ceux qui circulent en ce moment, et illustre les lignes de défense prises par les psychanalystes et les artifices rhétoriques utilisés dans le débat en cours, dont quelques-uns nous semblent récurrents et contre lesquels il faut mettre en garde le lecteur. Si les tenants de la psychanalyse ont évidemment le droit d’exprimer et défendre leur point de vue, cela devrait se faire dans le respect de la rigueur et de la logique.

La victimisation apparaît d’abord sous des formes variées avec parfois des accents enfantins provoquant la pitié du lecteur. Ainsi, J.F. Rey écrit-il par exemple que Pierre Delion « dont on ne dira jamais assez la gentillesse et l'esprit d'ouverture, est la victime d'une véritable persécution ». On se souvient également des titres d’Elisabeth Roudinesco dénonçant la « haine » de la psychanalyse. Il ne s’agit pas ici de prétendre que la psychanalyse n’est pas victime d’attaques, mais de rappeler que la remise en question académique est normale et fait partie du processus scientifique. Il n’y a pas lieu de s’en formaliser : Nous devons, pour le bien des enfants avec autisme et de leurs parents, déterminer quelle méthode est la meilleure pour chacun. Le fait que les porteurs d’une méthode soient critiqués ne valide en rien leur théorie.

La psychanalyse a, de fait, largement reculé dans les universités françaises – mais beaucoup moins chez les praticiens. Elle a été la cible de critiques scientifiques importantes. La faiblesse de ses bases théoriques, l’absence de preuves d’efficacité, et désormais son incapacité à répondre à ces critiques, ont rendu intenable – et spécialement dans le cadre de l’autisme – la position purement psychanalytique. Aussi, les tenants de cette « cure » ont-ils adopté une position intermédiaire, et promeuvent désormais une approche intégrative, macédoine de thérapies baignant dans la sauce psychanalytique. Or, pas plus que la psychanalyse seule, cette intégration n’a fait la preuve d’une efficacité supérieure aux autres méthodes actuellement disponibles. Si cette position convainc, c’est uniquement parce que nous sommes tous sensibles à ce qu’on pourrait appeler le « sophisme du juste milieu » selon lequel la vérité est toujours à chercher à mi-chemin entre les opinions contradictoires, ce qui est souvent faux.

Les promoteurs d’une approche psychanalytique ont également recours, ces derniers temps, à l’esquive. Cette feinte consiste à détourner l’interlocuteur de la question primordiale – celle de l’efficacité des méthodes et du bien de l’enfant – en déplaçant le discours dans le champ affectif, celui de la culpabilité ou de « l’éthique ». Pour cela, ils s’appuient sur une représentation sociale caricaturale de la psychologie, qui oppose des psychanalystes profondément humains, et des cognitivistes prônant une approche chimique. La réalité est bien différente, et de nombreux « cognitivistes » voient dans les approches thérapeutique fondées sur la science une alternative non seulement à la psychanalyse, mais aussi et surtout aux traitements par psychotropes. Pourtant, J.F. Rey ressasse dans son article que l’abandon de la psychanalyse « assèche », déshumanise, et détruit l’éthique de la profession de psychothérapeute, allant jusqu’à prétendre que les méthodes éducatives, cognitives ou comportementales de l’autisme consistent à traiter tous les enfants de la même manière, selon un protocole indépendant de la singularité de la personne… oubliant ce que le code de déontologie des psychologues prévoit (on lit dans le préambule de la version de février 2012 : « La complexité des situations psychologiques s'oppose à l’application automatique de règles ».)

Pour faire bonne figure, les défenseurs de la psychanalyse réclament souvent un débat centré sur les aspects scientifiques, déplorant qu’il devienne une guerre d’opinions au lieu d’une controverse plus rationnelle. Mais ces appels à un débat scientifique sont contredits par le déplacement du discours dans le champ émotionnel et l’attachement à l’idée que la psychanalyse est par essence non testable. C’est ainsi que dans son article J.F. Rey réclame un retour au cadre scientifique, mais rappelle que le psychanalyste lacanien ne se réclame que de lui-même (et donc pas de la science). En maudissant le « scientisme » qu’il ne définit pas, il arrive en fait dans un seul mouvement à réclamer ce qu’il refuse.

Après un siècle d’utilisation, on attend toujours des éléments tangibles, des expériences reproductibles en faveur des théories et pratiques psychanalytiques. Au lieu de travailler à les produire, les tenants de cette approche dépensent beaucoup d’énergie pour esquiver une réflexion sur cette absence de validation, en postulant  que la psychanalyse est inaccessible à l’investigation scientifique(une pure profession de foi). Si tel était le cas pourtant, la psychanalyse serait une philosophie, un récit. Le code de déontologie des psychologues, qui rappelle dans l’article 14 notamment que le psychologue doit utiliser des méthodes scientifiquement éprouvées, impose donc l’abandon de la psychanalyse, au moins dans tous les cas où une alternative efficace existe, et jusqu’à ce que la psychanalyse ait pu fournir des arguments solides en sa faveur.

 

Nicolas Gauvrit

Mathématicien et cognitiviste

Université d’Artois & Université Paris-VII-Denis-Diderot

http://www.pseudo-medecines.org/article-vous-plaisantez-m-rey-100145901.html

26 février 2012

article publié dans Agora Vox le 20 janvier 2012

Le point sur le Risperdal

Parmi les grands scandales sanitaires d’actualité dont on parle à peine en France, figure celui du Risperdal. Les témoignages à charge sont accablants, et je pense qu’il serait dommage de ne pas en faire un petit résumé ici. Manipulation, passage en force, fraude, mensonges, corruption, menaces, tout était bon pour vendre du Risperdal.

Les faits

Le Risperdal (Rispéridone) est un antipsychotique, prescrit aux patients schizophrènes ou bipolaires, ainsi que pour calmer des patients souffrant d’agressivité excessive.

A partir de 2004, des rumeurs commencent à inquiéter le gouvernement américain : le laboratoire qui fabrique le Risperdal, Johnson & Johnson (ou J&J) ne respecterait pas la loi. Il essaierait de convaincre médecins et pharmaciens que le produit est efficace pour d’autres maladies, et pour des populations de patients (les enfants) qui n’étaient pas concernées jusqu’alors. Pour note, en France, le produit est vendu par Janssen Cilag, une filiale. (1)

En 1994, 1999 et 2004, la FDA avait déjà tapé sur les doigts de J&J, ordonnant à l’entreprise de mettre fin à ces pratiques. Las.

Des enquêtes sont lancées, mais le laboratoire ne veut pas de mauvaise publicité. Début janvier, Johnson & Johnson fait un gros chèque, d’un milliard de dollars, pour que l’affaire soit abandonnée. (2)

Ce milliard de dollars sera partagé entre les différents Etats américains qui se sont constitués victimes et qui acceptent le règlement. Ce n’est justement pas le cas du Texas, où la procédure judiciaire a suivit son cours.

Le procès

Le procès opposant l’Etat du Texas à J&J a débuté le 9 Janvier. Le procureur réclamait un milliard de dollars. A titre d’exemple, le laboratoire avait été condamné pour la même affaire à payer 258 millions de dollars à l’Etat de Louisiane, et 327 millions à celui de Caroline du Sud.

Le laboratoire clame son innocence, ou plutôt qu’il n’a rien fait de mal. Pour subtile qu’elle soit, la différence a son importance. On peut respecter la loi à la lettre tout en en violant l’esprit, en profitant d’un vide juridique par exemple.

Polluer la littérature scientifique

Le procès de Louisiane a déjà mis en lumière que J&J avait envoyé ses représentants dans les cabinets médicaux, les maisons de retraite, dans les centres médicaux pour anciens combattants, dans les prisons, etc., où ils ont donné aux médecins des études scientifiques douteuses portant sur des utilisations non-autorisées du Risperdal (c’est à dire pour soigner des maladies sur lesquelles il est inefficace). (2)

Je m’explique. Le représentant arrive chez le docteur Foxberg. Il lui parle du Risperdal, comme c’est merveilleux pour les patients schizophrènes, tellement mieux que les produits concurrents, et beaucoup moins dangereux. Puis, il glisse discrètement que le produit marcherait peut-être même pour soigner le fait de courir après sa queue. Ca tombe bien, se trouve dans la mallette un article imprimé en papier glacé qui montre que ça marche sur les bergères allemandes. Puis, notre représentant s’en va. Docteur Foxberg, qui a déjà du se retenir de ne pas filer une paire de taloches à son patient diabétique qui s’est plaint d’avoir mal au ventre après une soirée Nutello, n’a pas envie de lire. Il parcours l’introduction, la conclusion, voit que ca marche très bien, et oublie de se demander si l’on parlait de chiens gardant les ovins, de fauteuils à accoudoirs ou de teutonnes vous envoyant siffler sur la colline. Demain, promis, il prescrira ce médicament miracle à Mme Sinclair, qui souffre peu ou prou de la même chose.

Ce nouveau procès apporte lui aussi son lot de révélations. J&J est notamment accusée d’avoir, sans preuve, incité à prescrire le Risperdal aux patients pédiatriques. Un expert s’est penché sur la littérature scientifique : sur 600 publications vantant l’administration de Risperdal aux enfants, seules 161 sont complètes, avec des données. Seules 3 comparent le produit à un placebo (et ne sont pas favorables). C’est extrêmement disproportionné. Ce que cela révèle, c’est que J&J s’est débrouillée pour inonder les journaux d’articles ni très indépendants ni fiables, pour créer l’impression que, oui, le Risperdal est bon pour les enfants, on peut même en mettre dans le biberon. (3)

Mensonges

J&J a prétendu que le Risperdal étaient moins dangereux que ses concurrents, en particulier que le produit est moins susceptible de provoquer du diabète. (4) Pourtant, dès 1999, J&J savait que le Risperdal provoque en effet du diabète, mais le laboratoire a préféré cacher les preuves. (5) Les torts de J&J dépassent la seule concurrence déloyale et la publicité mensongère : si le produit avait en fait été plus dangereux que ses concurrents, J&J aurait véritablement empoisonné les patients. A ce niveau-là, l’entreprise a eu relativement de la chance. Pour la petite histoire, le Zyprexa et le Clozaril, sont effectivement plus dangereux vis-à-vis du risque de diabète, mais ce n’est pas le cas du Seroquel ou du Geodon. Cela dit, on l’ignorait encore à l’époque des faits.

Toujours est-il qu’en 2003, la FDA (encore eux, ces empêcheurs d’enterrer en rond), envoie un avertissement à J&J : « envoyez tout de suite aux médecins une lettre dans laquelle vous leur dites que vous les avez pris pour des billes ». J&J s’exécute… à sa manière. Le laboratoire envoie à 700 000 médecins une lettre où ils disent que tous les antipsychotiques atypiques comportent un risque de diabète, bien que des études suggèrent que ce n’est pas le cas du Risperdal. (6) J&J s’enfonce dans son mensonge, probablement davantage pour ne pas perdre les faveurs des médecins que par intérêt commercial direct.

La défense est intervenue pour dire, mémo du directeur de l’époque à l’appui, que la politique éthique de J&J interdisait le recours aux publications bidons et le marketing hors-indication, au motif que de telles pratiques sont illégales et entacheraient l’image et la réputation de l’entreprise. Mais un autre document interne dit exactement le contraire dans le cas du Risperdal :

« Ensemencer la littérature, et, si approprié, modifier l’étiquetage pour y faire figurer la vente du produit aux enfant ». (6)

Passage en force

Comme toute entreprise criminelle, J&J a naturellement essayé de rendre légal ce qui ne l’était pas. En effet, le laboratoire a bel et bien demandé en 1996 l’autorisation pour promouvoir le Risperdal à destination des enfants. La réponse de la FDA fut cinglante : aucune étude n’appuyait cette requête, qui n’était basé que sur le fait que les médecins prescrivaient déjà (à tort) le médicament aux enfants.

De nouveau, la défense a appelé à la barre deux anciens représentants médicaux de Johnson & Johnson, où ceux-ci affirmaient, documents à l’appui, n’avoir jamais promu le Risperdal pour les enfants, n’avoir jamais organisé d’événement auxquels étaient invités les médecins, n’avoir pas prétendu que le produit réduisait les risques de diabète. Ces témoignages ont été battus en brèche par des notes prouvant le contraire. (3)

Corruption (7)

Steven Shon, médecin salarié de l’Etat, a accepté de l’argent de J&J pour mettre en avant le produit auprès de ses confrères en Arizona, en Floride et au New Jersey. En effet, le docteur Shon se déplaçait pour vanter les recommandations médicales adoptées par le Texas, notamment celle de considérer le Risperdal en première intention pour le traitement de la schizophrénie.

Interrogé, Steven Shon dit avoir reçu 3.000 dollars pour ce travail. Pourtant, un enquêteur public révèle que les sommes reçues se chiffreraient à près de 50.000 dollars sur plusieurs années. Shon a alors dit que toutes les sommes reçues avaient été reversées à l’Etat, et qu’un procureur lui avait dit que c’était « propre ».

Derrière l’individu, c’est tout un système qui est mis en lumière par l’accusation. En effet, J&J aurait volontairement ciblé son lobbying sur le Texas, pour bénéficier par la suite d’un effet domino. S’inspirant du Texas, les autres Etats auraient adopté les mêmes mesures, les mêmes recommandations.

Menaces et pression (8)

Le lanceur d’alerte à l’origine de toute l’affaire s’appelle Allen Jones. En 2002, il était enquêteur à l’inspection générale de Pennsylvanie. Il découvre alors un compte bancaire caché au nom d’un officiel de la santé, Steven Fiorello. Ce dernier recevait sur ce compte de l’argent des différents laboratoires pour mettre leurs produits en avant. C’est en enquêtant sur un chèque de J&J qu’Allen Jones a découvert ce qui se passait au Texas.

Il a alors fait l’objet de pressions de son supérieur qui lui demandait de ne pas mettre le nez dans les magouilles de l’industrie pharmaceutiques. Jones s’est accroché. Il a finalement été licencié sous le prétexte fallacieux d’avoir parlé à des journalistes, suite à quoi il a porté plainte au nom de la loi qui protège les lanceurs d’alerte (un lanceur d’alerte sur lequel on exerce des menaces pour le faire taire peut porter plainte, surtout si ces menaces sont mises à exécutions).

Sauver l’honneur (9)

Le procès texan est un véritable festival en terme pratiques scandaleuses. Préférant arrêter les frais avant que les choses n’empirent, Johnson & Johnson a une nouvelle fois choisi l’échappatoire du gros chèque. Un accord entre le laboratoire et l’Etat a été trouvé, pour un montant de 158 millions de dollars, que se partageront Allen Jones, l’Etat du Texas et le gouvernement américain.

 

1. Risperdal, Doctissimo

2. J&J Said to Agree to Pay $1 Billion in Risperdal Marketing Probe, Margareth Cronin Fisk, Jef Feeley et David Voreacos, Bloomberg, 6 Janvier 2012

3. All too real…, 1 Boring Old Man, 18 Janvier 2012

 4. J&J Marketed Rispersal for Children After FDA Warnings, Texas Jury Told, Margareth Cronin Fisk, Jef Feeley et David Voreacos, Bloomberg, 14 Janvier 2012

5. J&J Hid 3 Risperdal Diabetes Studies From FDA, Texas Jury Told, Margareth Cronin Fisk, Jef Feeley et David Voreacos, Bloomberg, 19 Janvier 2012

6. Are you kidding ?..., 1 Boring Old Man, 15 Janvier 2012

7. State attorney general sues drug company, Tim Eaton, The Statesman, 8 Janvier 2012

 8. J&J Whistle-Blower Jones Says He Was Fired After Payment Probe, Margareth Cronin Fisk, Jef Feeley et David Voreacos, Bloomberg, 13 Janvier 2012

9. J&J to Settle Texas Risperdal Suit For $158 Million, Katherine Hobson, Wall Street Journal Health Blog, 20 Janvier 2012

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/le-point-sur-le-risperdal-108787

25 février 2012

article publié sur le blog autisme en France

Témoignages de parents

Recueil de témoignages de parents ( anonymes ou non ) qui estiment que la prise en charge de leur enfant a empêché ou retardé l'accès un traitement adapté à son syndrome.

En voici quelques exemples

  • refus de diagnostic
  • mauvais diagnostic
  • culpabilisation des parents 
  • pressions pour une déscolarisation
  • conseils  ayant conduit à une perte de temps de la part de professionnels, abus de pouvoir
  • prise en charge inadaptée
  • pas de possibilité de choisir le type de prise en charge etc...

Si vous pensez être dans l'un de ces cas de figure, n'hésitez pas à écrire votre témoignage - anonyme ou non, de préférence synthétique - à mon adresse mail     mpignard@yahoo.fr  .

Pourquoi ces témoignages

Une étude sur une eventuelle action judicaire avait été commencé en Septembre, puis mis en veille. L'idée fait à nouveau son chemin, avec des avocats prets à étudier et conseiller....

Rappel des devoirs d'un medecin

    « dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science, en faisant appel, s’il y a lieu, à l’aide de tiers compétents ».      

    Un médecin « doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s’aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s’il y a lieu, de concours appropriés ».

    Un médecin ne peut proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé

Les différentes procédures judicaires

Trois façons de porter plainte :

  • Porter plainte devant le conseil de l'Ordre des Medecins
  • Porter plainte au Pénal
  • Engager la responsabilité civile

 Ces trois procédures sont détaillées dans cet article

Témoignages  

http://autisteenfrance.over-blog.com/pages/temoignages-de-parents-6735545.html

25 février 2012

article publié dans RUE89 le 25 février 2012

Tribune 25/02/2012 à 16h55

Autisme : ce que je retiens de la théorie sur le « dragon maternel »


Sophie Robert | Réalisatrice et productrice
La réalisatrice du film « Le Mur », condamnée par le tribunal de grande instance de Lille pour « atteinte à l'image et à la réputation » de trois psychanalystes interviewés dans son documentaire, revient pour Rue89 sur les racines de cette théorie qu'elle juge si nocive pour les autistes.

Au cours de mes quatre ans d'enquête (45 interviews dont 27 filmées), j'ai découvert que la majorité des psychanalystes français se référaient aujourd'hui encore à un schéma de pensée pour lequel la toxicité maternelle reste l'explication-phare de l'autisme, comme de toutes les pathologies du développement.

Parmi les analystes, cette théorie fondamentale ne fait pas débat. Mon travail de réalisatrice a pour but de permettre à tout un chacun de décoder la théorie analytique, par la bouche des psychanalystes eux-mêmes, invités à expliquer leurs propres théories, sans les dénaturer, c'est-à-dire en assumant devant ma caméra la dimension politiquement incorrecte de leur discours.

Un débat de fond sur le contenu des théories psychanalytiques est pourtant plus que jamais nécessaire. Or, face aux rares bilingues psychanalyse-français qui s'évertuent à mettre en évidence leurs partis-pris idéologiques, les psychanalystes adoptent une stratégie de victimisation, accusant le fauteur de trouble de fascisme, d'antisémitisme, voire de scientologie, pour se parer des vertus de l'humanisme outragé.

La « fusion incestueuse » avec la mère

Malgré près de trente ans de recherches en génétique et neurobiologie, les psychanalystes persistent à considérer l'autisme comme une psychose.

La sollicitude d'une mère à l'égard d'un enfant qui ne se développe pas normalement est interprétée soit comme mensongère (un désir de mort masqué) soit comme la cause directe du retard de développement. La thérapeutique consiste à séparer l'enfant de la mère en le plaçant dans une institution chargée de couper le lien.

L'autisme est interprété comme une dépendance excessive de l'enfant à sa mère. Les psychanalystes parlent de grossesse externe, de mère fusionnante, d'étouffement maternel. Pendant la maternité, les femmes traverseraient un état de folie transitoire qui plonge le bébé dans un état de psychose généralisée, prototype de tous les troubles psychiques à venir.

Tant que le bébé ne parle pas il est supposé être incapable de se différencier de sa mère, et donc psychotique (fou). Sous prétexte que sa mère engage avec lui une relation organique et non verbale, elle est supposée folle.

Les psychanalystes parlent de « folie à deux ». Cette relation primordiale, parfois appelée fusion incestueuse, sous-tend l'idée d'une animalité en opposition à l'humain, une relation hors normes, dans laquelle le père doit venir mettre de l'ordre, afin que conscience et langage puissent advenir.

Lacan et l'aliénation maternelle

La maternité n'aurait d'intérêt pour une femme que dans la mesure où l'enfant représente le substitut du phallus. Le bébé est en effet un objet de valeur, valorisant la mère, c'est donc un substitut du pénis (même si c'est une fille ! ) parce qu'analytiquement parlant tout ce qui est valable est forcément phallique.

Jacques Lacan, le plus célèbre des psychanalystes français, a été le promoteur de l'idée de mère psychogène avec le concept d'aliénation maternelle : une personne psychotique – un aliéné – est supposé avoir été aliéné à une mère fusionnante, incapable de le laisser s'autonomiser pour ne pas se séparer de son phallus providentiel.

Le sexe féminin est supposé absent dans l'inconscient où ne règnerait que du phallus. Il y aurait donc une contradiction insoluble entre le sexe anatomique de la femme et son inconscient phallique, qui pousserait la mère psychogène à s'amarrer à son enfant-substitut du phallus, et l'empêcher de se différencier d'elle, au point de le rendre fou.

Mère frigidaire ou fusionnante, même résultat

Ce mécanisme s'appelle la forclusion, autrement dit le gommage, du nom du père. Une mère est dite psychogène lorsqu'elle fait barrage au travail de séparation-individuation du père à l'égard de l'enfant. Ce concept suppose que c'est le père qui permet à l'enfant de s'individualiser et d'accéder au langage, phénomènes qui résulteraient simplement d'un travail de séparation de la mère et de l'enfant.

Mais l'enfant qui va mal est également supposé avoir été abîmé par un vœu de mort maternel, et victime d'une pensée destructrice, fût-elle inconsciente et passagère.

Simultanément à ses désirs d'inceste, une jalousie haineuse pousserait la femme à détruire les substituts du phallus manquant, à savoir l'enfant-phallus et le mari déchu de sa toute puissance. Parce qu'elle dit une chose et son contraire, cette théorie est irréfutable : que la mère soit trop froide, « kapo frigidaire » selon Bettelheim, ou dépressive, ou bien qu'elle soit trop chaude et fusionnante, peu importe, le résultat est identique forclore, gommer l'influence du père et l'empêcher d'exercer sur l'enfant son œuvre civilisatrice.

La dépression maternelle, si souvent invoquée dans l'autisme, est supposée liée à ce vœu de mort exprimé par la mère ; ou bien refléter la crainte d'une perte de l'enfant-phallus. Le sous-entendu est permanent : un enfant livré à sa mère c'est la catastrophe. La mère serait « dragonne » par essence, de par son sexe manqué, absent, et un penchant féminin naturel à l'absence de limites, tandis qu'il n'y aurait de loi et d'ordre que phalliques.

L'inceste paternel ne ferait pas tellement de dégât, tandis que l'inceste maternel serait effroyablement destructeur même s'il ne s'agit que d'un inceste inconscient, sans passage à l'acte. D'un point de vue psychanalytique, la folie même est synonyme d'inceste maternel.

Un débat qui s'est tenu partout dans le monde, sauf en France

Si les psychanalystes se contentaient de recevoir en cabinet une clientèle privée de névrosés adultes, ces croyances, aussi sexistes soient-elles, n'auraient pas de conséquences aussi graves. Mais ils exercent en tant que psychiatres et psychologues dans des institutions psychiatriques où ce qui doit primer c'est le soin apporté au patient au meilleur d'une connaissance scientifique actualisée.

La foi en la psychanalyse fait barrage à cette mission ainsi qu'à l'examen objectif du contenu de théories qui ont des conséquences sanitaires et sociales énormes dans l'existence de centaines de milliers de familles. Ces débats ont eu lieu dans le reste du monde depuis plus de trente ans.

Pourquoi, en France, est-il impossible de débattre simplement, objectivement, du contenu des thèses psychanalytiques ?

http://www.rue89.com/2012/02/25/relu-autisme-ce-que-je-retiens-de-la-theorie-sur-le-dragon-maternel-229569

25 février 2012

article publié dans destinationsanté.com le 24 février 2012

Autisme, l’hypothèse neurobiologique renforcée

[24 février 2012 - 11h14]
[mis à jour le 24 février 2012 à 16h37]

 

Grande cause nationale 2012, l’autisme reste très mal connu. S’agit-il d’une maladie, d’un handicap ? Les avis divergent. Une étude collaborative internationale confirmerait toutefois l’origine neurobiologique de l’autisme, que certains chercheurs englobent sous l’appellation générique de « trouble du spectre autistique » (TSA). Celle-ci se retrouverait dans une diminution des capacités de communication entre les neurones, ou synapses neuronales…

Une protéine située au niveau des zones où surviennent ces échanges est indispensable à cette communication. Or elle est produite sous l’action d’un gène particulier, le gène SHANK 2 dont il est dit qu’il « code » pour cette protéine. Dans le cas de l’autisme, ce gène porterait une mutation réduisant le nombre de synapses actives (en jaune sur notre photo), d’où une altération de la communication entre les neurones.

Réalisé par des chercheurs français en collaboration avec des confrères suédois et allemands, le travail publié dans la revue spécialisée Public Library of Science-Genetics éclaire ainsi d’un jour nouveau ce trouble complexe. « Ces résultats soulignent l’importance cruciale des gènes synaptiques dans les troubles du spectre autistique » nous explique le Pr Thomas Bourgeron, chef de l’unité Institut Pasteur-CNRS Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Université Paris-Diderot.

Un diagnostic difficile

L’autisme est un trouble sévère et précoce du développement, qui se manifeste généralement avant l’âge de trois ans. Il consiste en un isolement et une perturbation des interactions sociales, associés à des difficultés de communication et d’expression verbale. Selon l’association Autisme France, la prévalence de l’autisme serait en forte augmentation aujourd’hui. Elle serait en effet passée de 1 cas pour 2000 naissances à 1 pour 50 en dix ans.

Cependant, en l’absence de marqueur biologique, son diagnostic est très difficile. L’autisme est généralement identifié autour de l’âge de six ans, ce qui d’après l’association « compromet sérieusement les chances d’une prise en charge efficace ».

Vers la fin de la psychanalyse ?

Concernant cette prise en charge justement, notre confrère Libération crée la polémique. Ce 13 février en effet, ce quotidien a publié des extraits du rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) portant sur les recommandations de bonnes pratiques dans la prise en charge de l’autisme. Un rapport non officiel, puisque sa version finale ne sera présentée que… le 6 mars prochain.

D’après notre confrère cependant, les experts de la HAS auraient écrit que « l’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur des approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle ».

Dans un communiqué publié dans les heures suivant la parution du quotidien, la HAS « regrette que les phrases citées se révèlent hors contexte ou inexactes au regard de la version actuelle du document ».

Source : Institut Pasteur – site de l’association Autisme France – Haute Autorité Santé ; interview du Pr Thomas Bourgeron, chef de l’unité Institut Pasteur-CNRS Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Université Paris-Diderot, 13 février 2012

 

http://www.destinationsante.com/Autisme-l-hypothese-neurobiologique-renforcee.html

25 février 2012

article publié dans lamontagne.fr le 23 février 2012

Rencontre avec Annick Jean, fondatrice de l’association Educautisme et maman de Louison

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Un mercredi sur deux, un atelier ouvert à tous les enfants, à l’école Notre-Dame-des-Oliviers à Murat, permet cette évolution en milieu ordinaire, souhaitée par nombre de parents. Lesquels attendent également beaucoup de cette année 2012 pour laquelle l’autisme est décrété grande cause nationale.</br>Credit : Centre France

Un mercredi sur deux, un atelier ouvert à tous les enfants, à l’école Notre-Dame-des-Oliviers à Murat, permet cette évolution en milieu ordinaire, souhaitée par nombre de parents. Lesquels attendent également beaucoup de cette année 2012 pour laquelle l’autisme est décrété grande cause nationale.
Credit : Centre France

Louison a 4 ans et demi. Diagnostiqué autiste à 2 ans. Sa maman témoigne d’un parcours jalonné d’obstacles pour qu‘il ait droit à une vie simplement ordinaire.

«Le jour où Louison a enfin pu partir à l'école avec son grand frère, Maël, celui-ci a dit : "c'est bon, maintenant, il n'est plus autiste". »

Lousion est toujours autiste, on ne guérit pas de l'autisme. Mais son parcours, à seulement 4 ans et demi, sa maman aimerait juste qu'il puisse servir. De motivation. Pour tous les parents dépassés. Pour bousculer les préjugés. « On avait remarqué que Louison avait des difficultés de communication. Il n'avait pas le même comportement que son frère aîné. Un jour, j'ai vu qu'il faisait comme un parcours rituel à la maison : là, on s'est dit qu'il y avait vraiment un problème… On a vu un pédopsychiatre mais, comme Louison avait passé les huit premiers mois de sa vie à l'hôpital, il a mis ça sur le compte de sa santé. Il nous a dit d'attendre. Mais plus le temps passait, plus son comportement devenait étrange… » Commence alors le parcours du combattant. Pour Louison. Pour ses parents. Car en France, l'autisme reste encore très méconnu. Diagnostiqué toujours trop tard : l'âge moyen du diagnostic est de 6 ans, alors que tout se joue entre 18 mois et cinq ans. Expliqué encore par les pédopsychiatres comme « un trouble relationnel avec la maman ».

« Une amie médecin m'a orientée sur cette piste. Elle nous a incités à aller voir un certain nombre de sites liés à l'autisme… De là, on a décidé de regarder les possibilités de prise en charge et on a vu que c'était le gros néant. On a contacté Autisme France mais tout de suite, on s'est rendu compte que ce serait difficile de trouver une place. On s'est tourné vers la Belgique puis la Suisse. »

 

Et c'est en Suisse que la famille va prendre la décision de déménager. « Notre priorité, c'était Louison. On est allé voir l'école, qui a vingt ans d'expérience dans ce domaine. Une école très cosmopolite, où il y a beaucoup de professionnalisme. Ils ont posé un diagnostic d'autisme profond. »

Annick était en congé parental, son mari kiné : la mobilité n'était pas un problème. La prise en charge financière, le non conventionnement entre les Sécus, ils sont également passés outre. Une telle école coûte 10.000 € par an, certes, mais les progrès de Louison n'ont pas de prix.

« Il est sorti de son petit monde à lui »

« Il a énormément progressé. Le verbal est venu très vite, le reste a suivi. On s'est dit qu'on avait fait le bon choix. Il est sorti de son petit monde à lui. Quand Louison a dit son premier mot, son frère, qui avait eu beaucoup de mal à cause du déménagement, a dit : "bon, ben c'est bon maintenant, il parle, on peut rentrer". On était parti pour deux, trois ans. On est revenu en France au bout d'un an, par rapport au projet de structure sur Saint-Flour (*). On s'était battu pour, avec Educautisme. »

De retour dans le Cantal, Annick et son mari doivent alors se battre pour que Louison ne perde rien de ce qu'il a acquis. Grâce au soutien d'une psychologue, ils ont pris eux-mêmes le relais. « On devait être à la hauteur de la structure qu'il quittait. » Soudés comme toujours autour de Louison. « À deux, c'est plus facile. Quand on a un enfant autiste, on fait le tri autour de soi. Certains en ont peur. D'autres nous disent "mais vous ne faîtes plus rien à deux". Mais si : nous, notre projet de vie à deux, c'est Louison. Il nous apporte tellement au quotidien. Chaque journée a son petit truc. Oui, vous avez un enfant différent mais c'est tellement enrichissant. » (*) Le pôle autisme à l'école Hugo-Vialatte.

La Traversée blanche. Les bénéfices de la 6 e édition, qui partira dimanche de Tiviers entre 13 h 15 et 14 h 30, seront reversés à Educautisme.

Séverine Perrier

http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/cantal/saint-flour/2012/02/23/rencontre-avec-annick-jean-fondatrice-de-lassociation-educautisme-et-maman-de-louison-189723.html

24 février 2012

article publié dans PSY COMPORTEMENTALISTE : Psychothérapeute TCC (Paris)

Psychanalystes, au Tribunal !

Pourquoi le psychanalyste doit-il répondre de ses actes ?

Parce qu’il est un être humain et que tout être humain doit répondre de ses actes. Mais aussi et surtout quand il est médecin, parce qu’un médecin a des obligations particulières envers ses patients.  Notamment, « dès lors qu’il a accepté de répondre à une demande, le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science, en faisant appel, s’il y a lieu, à l’aide de tiers compétents ». Parce qu’un médecin « doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire, en s’aidant dans toute la mesure du possible des méthodes scientifiques les mieux adaptées et, s’il y a lieu, de concours appropriés ». Parce qu’un médecin ne peut proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé (articles  33 du code de déontologie médicale,  R. 4127-32, R. 4127-33 et R. 4727-39 du code de la santé publique). Or, les études scientifiques (Schopler, 1971 ; Lovaas et Simmons, 1969) les plus abouties démontrent clairement la non-pertinence de l’approche psychanalytique dans le traitement de l’autisme (et c’est notamment le cas du rapport qui sera rendu public par la Haute Autorité de Santé le 6 mars prochain).

Ne pas tenir compte de ces preuves scientifiques, c’est très clairement ne pas assurer des soins fondés sur les données acquises de la science ni tenir compte des méthodes scientifiques les mieux adaptées. Proposer un traitement psychanalytique de l’autisme c’est proposer au patient un procédé illusoire. Ce sont des fautes déontologiques. Ce sont également des fautes tout court, au sens civil et pénal.

Comment le psychanalyste doit-il répondre de ses actes ?

Votre enfant a été diagnostiqué autiste mais l’explication qui vous a été donnée repose sur un fondement psychanalytique ? Vous souffrez de toute la culpabilité qui vous a été infligée ? Votre enfant a été orienté vers une structure de soins où il  a subi des traitements d’approche psychanalytique type  « packing » ? Il n’a fait aucun progrès, ne parle pas ?

Vous n’avez pas à supporter la fatalité au nom d’une prétendue science omnipotente. Trois solutions s’offrent à vous :

-        Aller devant le Conseil de l’ordre,

-        Aller devant les juridictions pénales,

-        Aller devant les juridictions civiles.

Porter plainte devant le Conseil de l’ordre des médecins c’est attaquer la qualité de la pratique du médecin psychanalyste qui ne respecte pas ses obligations déontologiques. Il s’agit d’une action utile pour faire avancer la pratique médicale et mettre un terme à des agissements peu scrupuleux. Les instances disciplinaires pourront sanctionner d’un blâme, un avertissement, une interdiction temporaire ou permanente d’exercer voire une  radiation du praticien. En outre, lorsque les faits révèlent une incompétence professionnelle, une injonction de formation pourra assortir la décision !

Porter plainte au pénal, c’est poursuivre le psychanalyste qui a commis une infraction pénale. C’est une action grave mais qui parfois ne laisse pas le choix. En effet,  le droit pénal est édicté au nom de la Société tout entière. C’est parce que certaines valeurs sont socialement protégées (par exemple l’intégrité du corps humain) que certains comportements sont prohibés et érigés en infractions (les violences dans notre exemple). Et c’est au nom de la Société que des peines viennent sanctionner ceux qui violent la loi pénale, ceux qui ne respectent pas les valeurs de la Société. Autrement dit, la responsabilité pénale d’un individu est, de prime abord, totalement indifférente au préjudice qui pourrait être subi par un autre individu : c’est avant tout la Société qui est atteinte par le comportement déviant et c’est pour cela que le contrevenant (délinquant ou criminel) sera poursuivi et jugé, indépendamment d’un éventuel préjudice subi par un tiers. L’action pénale est avant tout publique et elle suppose avant tout la commission d’une infraction pénale. S’agissant du traitement des autistes en institution la Cour de cassation (dans un arrêt déjà ancien du 2 décembre 1998 a ainsi été amenée à juger s’agissant de sanctions infligées à de jeunes pensionnaires autistes par le personnel éducatif d’une institution spécialisée, notamment l’administration de douches froides que  « ne peuvent constituer des mesures éducatives des traitements dégradants imposés à des êtres humains ». La Cour a ainsi considéré que des pratiques assimilables au « packing » constituaient des traitements inhumains et dégradants et sanctionné leurs auteurs pour violences sur mineurs (articles 222-13 et 222-14 du Code pénal). D’autres pistes pourraient être explorées, selon les traitements effectivement subis, que l’on songe aux actes de torture ou de barbarie (articles 222-1 et suivants du code pénal), risques causés à autrui (articles 223-1 s.), omission de porter secours (article 223-6), abus de l’état d’ignorance ou de faiblesse (article 223-15-2)… Tout est donc affaire de circonstances… Il est tout à fait possible pour la victime de demander réparation du préjudice personnel et direct subi du fait de l’infraction.

Engager la responsabilité civile du psychanalyste est une autre piste à explorer qui pourrait peut être davantage prospérer car comme en dispose l’article 1382 du code civil : « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer ». Ici nul besoin de démontrer l’existence d’une infraction, la seule faute suffit (la violation d’un devoir ou plus globalement du devoir général de ne pas nuire à autrui). Ainsi, le simple diagnostic erroné pourrait être considéré comme une faute. Les mauvais soins médicaux aussi. Resterait à déterminer le préjudice et le lien de causalité entre les deux. Ce préjudice, qui peut être matériel ou moral, pourrait même consister en une simple perte de chance, comme l’admet la jurisprudence (V. notamment, Civ. 1re, 21 nov. 2006, n°05-15.674 : constitue une perte de chance réparable la disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable). Il a ainsi été jugé qu’en raison de leur persistance dans un diagnostic erroné, des médecins sont responsables de la perte d’une chance, pour le patient, de subir des séquelles moindres (V. en ce sens : Civ. 1re, 8 juill. 1997, n°95-18.113) ou encore que la perte d’une chance d’être «soigné efficacement» subie par un malade décédé au cours d’un accident postopératoire ne constitue pas seulement un préjudice moral, cette perte étant celle d’une chance d’éviter la mort et les divers préjudices en résultant directement (V. Civ. 1re, 10 janv. 1990, n°87-17.091). Quid du jeune autiste qui faute d’avoir pu bénéficier d’un diagnostic et d’un traitement adéquats, fondés sur les données acquises de la science, aurait définitivement perdu la possibilité de pouvoir s’intégrer à la société ? Quid de la mère éplorée à qui le psychanalyste a fait comprendre que c’était de sa faute et qui s’est en outre vue privée de son enfant des années durant ? Quid de ces parents qui récupère un adulte dans un état végétatif après des années d’errance dans des institutions d’orientation psychanalytique ?

Maintenant, les psychanalystes doivent répondre de leurs actes !

http://www.psy-comportementaliste.fr/2012/02/22/tribunal-responsabilite-penale-civile-autisme-psychanalyste/

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