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9 juillet 2019

Landes : un père de famille se bat pour la prise en charge de l'AVS de son fils handicapé

Lundi 8 juillet 2019 à 18:25 -
Par , France Bleu Gascogne, France Bleu

Ce père de famille landais est dans le flou. Son fils handicapé de 4 ans, atteint d'autisme, a besoin d'une AVS (auxiliaire de vie scolaire) sur les temps périscolaires. Mais l'Éducation nationale et les mairies se rejettent la responsabilité de payer le salaire de cette dernière.

La question de la prise en charge du salaire de l'AVS se pose concernant les temps périscolaires, comme le moment de la cantineLa question de la prise en charge du salaire de l'AVS se pose concernant les temps périscolaires, comme le moment de la cantine © Maxppp - MAXPPP

Sainte-Marie-de-Gosse, France

Un père de famille landais a écrit à Emmanuel Macron. Il veut savoir qui doit payer l'auxiliaire de vie scolaire de son fils : l'État ou sa commune ?  Ce Landais vit à Sainte-Marie-de-Gosse. Il est père d'un enfant handicapé de 4 ans, atteint d'autisme. Son enfant, scolarisé en maternelle, a besoin d'une AVS (auxiliaire de vie scolaire) sur le temps périscolaire, le midi au moment de la cantine, et sur les temps de garderie. Seulement, il y a un trou dans la loi... Rien ne précise véritablement qui est en charge de payer cette AVS : la commune ou l'État. 

"C'est aux communes de s'en charger" - Serge Tauziet, directeur de cabinet de l'inspection académique des Landes

"En fait, c'est l'État qui se charge du salaire des AVS, mais seulement sur le temps scolaire, qui est un temps obligatoire, explique Serge Tauziet, directeur de cabinet de l'inspection académique des Landes. Concernant le salaire de l'AVS sur les temps périscolaires, c'est aux communes de s'en charger. Mais effectivement, il n'y pas de texte précis du Conseil d'État qui le précise."

Serge Tauziet précise que l'année dernière, la ville de Dax a porté devant le Tribunal administratif de Pau le cas d'une famille. Cette dernière souhaitait que l'État paye le salaire de l'AVS qui s'occupait de leur enfant sur le temps de la cantine. Mais le tribunal de Pau a tranché : c'est à la mairie de payer. "On a aucun texte du Conseil d'État qui précise cela, mais nous on se base sur les décisions des tribunaux."

Des mairies payent quand même le salaire des AVS

Le père de famille de 39 ans a monté une association avec sa femme il y a quelques mois pour mener le combat. Aujourd'hui, ils veulent une réponse claire de la part de l'État : "Si tout le monde se renvoie la balle, on peut arriver à une situation où un enfant se retrouve sans auxiliaire de vie sur les temps périscolaires, ce qui peut empêcher une bonne scolarité. Un enfant autiste a besoin en permanence d'une aide, c'est primordial pour son développement social et scolaire."

Dans le cas de ce père, la commune a fait le choix de prendre en charge le coût de l'AVS. La commune de Sainte-Marie-de-Gosse s'est affilié à la CAF (la Caisse d'allocations familiales) pour pouvoir payer le salaire.

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7 juillet 2019

Handicap. Une colocation inédite à Quévert

article publié dans Le Télégramme

Publié le 01 juillet 2019 à 16h45 Modifié le 01 juillet 2019 à 17h53

Les quatre jeunes colocataires, Baptiste, Kévin, Charlène et Gaël, entourés par leurs accompagnantes et Rozenn Morice (debout, à droite), à l’initiative du projet.
Les quatre jeunes colocataires, Baptiste, Kévin, Charlène et Gaël, entourés par leurs accompagnantes et Rozenn Morice (debout, à droite), à l’initiative du projet. (Le Télégramme/Corentin Le Doujet)

À Quévert, quatre jeunes gens en situation de handicap tentent une aventure pionnière dans le pays de Dinan : quitter le cocon familial pour vivre en colocation, dans une maison « à eux ». Un projet accompagné 24 h/24 et 7 J/7 par une équipe professionnelle, formée au handicap. Lancé en mai, ce projet innovant fait des émules.

« C’est la fin d’un parcours du combattant, le début d’une nouvelle aventure », se félicite Rozenn Morice, maman de Gaël, originaire de Trégon. Depuis début mai, son fils de 23 ans découvre la vie en colocation, à Quévert, avec trois autres jeunes en situation de handicap : Charlène, 22 ans, Kévin, 28 ans, et Baptiste, 23 ans. Un projet inédit dans le pays de Dinan, pour des adultes de faible autonomie. Une véritable alternative à la prise en charge en établissement spécialisé, lorsque les places viennent à manquer.

« Une maison à eux »

« Tout est parti du manque de solutions adaptées pour Gaël, épileptique atteint du syndrome de Dravet. Il refusait de retourner dans les divers établissements vers lesquels il était orienté, où il n’était pas suffisamment stimulé », explique Rozenn, qui décide de quitter son emploi, en juillet 2018, pour se consacrer à la recherche d’un habitat partagé, pour personnes handicapées. « En France, on fonctionne sur le modèle unique du médico-social. Mais de nombreuses familles sont sans solution. J’ai lancé un message sur les réseaux sociaux, pour trouver des gens intéressés par ce projet de colocation, permettant notamment de mutualiser les moyens », relate la maman de Gaël, qui créée l’association Ose ta vie, lauréate de l’appel à projets national lancé par Familles solidaires, en octobre 2018. « On voulait que nos jeunes aient une maison à eux, pour vivre leur vie, ce qui aide à couper le cordon entre parents et enfants. C’est un premier pas, c’est génial. À terme, chaque jeune ne devrait rentrer dans sa famille qu’une seule fois par mois ».

« On a essuyé des refus »

Quatre familles partantes, restait donc à trouver le logement. « On a dû essuyer des refus, notamment d’un propriétaire et d’une agence, mais on a fini par trouver, via le parc locatif classique, dans ce lotissement de Quévert », sourit Rozenn, enfin soulagée que la bonne idée aboutisse, mais consciente que rien n’est gagné pour autant : « On découvre tout, il n’y a pas de projet similaire sur lequel s’appuyer. Parmi les soucis qu’on n’avait pas envisagés : les colères de l’un des colocataires, face auxquelles nous étions démunis. Après un mois de lancement, les choses s’améliorent, le jeune en question intègre la colocation, à son rythme ».

Accompagnement 24 h/24 et 7 J/7

Aux côtés des quatre colocataires, une équipe de l’établissement dinannais La résidence du Connétable est aux petits soins quotidiens, spécialement dédiée à ce projet. « C’est une première, pour ce type de handicap, mêlant épilepsie, déficience intellectuelle importante et autonomie restreinte. Il s’agit d’un accompagnement 24 h/24 et 7 J/7, concernant les actes essentiels de la vie courante, mais aussi des sorties en ville et des activités à l’extérieur, pour favoriser la socialisation. Nous sommes cinq dans la boucle, ce qui permet aux jeunes d’avoir des repères, en voyant régulièrement les mêmes intervenants », détaillent Solène, aide médico-psychologique, et Evelyne, aide-soignante. « C’est un autre cadre de travail qu’en établissement, tout est à construire. Là, on a le temps pour un suivi personnalisé. Ce n’est pas de l’assistanat, on accompagne les jeunes, sans faire à leur place », décrivent les professionnelles, visiblement ravies de leur affectation nouvelle.

Une deuxième colocation en projet

Pour donner un coup de pouce financier au quotidien des quatre colocataires, plusieurs événements sont programmés : du théâtre à la ferme, à Taillis (35), le dimanche 7 juillet, et un fest-noz à Bourseul, le samedi 5 octobre. « L’association a pour objectif d’aider au développement de ce type de colocation. Notre projet est pionnier, et intéresse d’autres personnes dans la même situation que nous. Deux familles sont déjà sur liste d’attente », indique Rozenn, qui, après avoir défriché le terrain de l’habitat partagé inclusif, s’active pour implanter une deuxième colocation de ce type, dès 2020, en Ille-et-Vilaine.


Contact
Association Ose ta vie, tél. 06 11 24 86 57 ; osetavie.asso@gmail.com ; www.osetavieasso.com

5 juillet 2019

Près de Montpellier : une maison partagée pour autistes a ouvert

 

Près de Montpellier : une maison partagée pour autistes a ouvert

Ouverte au mois d'avril par Col'Oc Autisme, la maison partagée de Saint-Gély-du-Fesc a besoin de financements pour se développer. Une Maison inclusive pour autistes (Mia), l'une des toutes premières en France, a été aménagée, depuis le mois d'avril, au 464 rue de Valmont, à Saint-Gély-du-Fesc.

https://www.midilibre.fr

 

5 juillet 2019

Handicap: la société inclusive prônée par le gouvernement inquiète les associations

article publié dans Le Nouvel Observateur  

article obs

Une femme en fauteuil roulant est photographiée, le 27 juillet 2012 à l'Institut Montsouris à Paris ((c) Afp)

Paris (AFP) - Le gouvernement le répète à l'envi: il prône l'"inclusion" des personnes handicapées en milieu ordinaire, à l'école, à leur domicile ou au travail. Mais ce "virage inclusif" inquiète de plus en plus les associations, qui craignent une transition "au rabais" ou au détriment des plus fragiles.

La secrétaire d'Etat chargée du dossier, Sophie Cluzel, veut développer une "société inclusive", qui ne cantonne pas les personnes handicapées dans des institutions spécialisées.

Si les associations de personnes handicapées disent globalement partager cet objectif, elles font part de leurs doutes quant au "chemin pour y parvenir".

Dénonçant une "inclusion au rabais" et une "politique du handicap trop souvent déconnectée des réalités", l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), a récemment demandé au gouvernement un "plan d'actions" pour une "transition inclusive effectivement concertée et solidaire", afin de répondre à l'"angoisse croissante" des familles.

"J'ai dit à Mme Cluzel que je ne voulais plus entendre parler de virage inclusif", explique à l'AFP Luc Gateau, son président. "Dans un virage, quand on appuie en même temps sur le frein et sur l'accélérateur, on sort de la route", raille-t-il.

Avec la priorité donnée au "milieu ordinaire", de nombreuses familles craignent que leurs enfants, pour qui les instituts médico-éducatifs restent souvent la seule solution, n'y bénéficient plus d'une scolarisation adaptée. Et ce alors même que "les listes d'attente ne cessent d'augmenter" pour y décrocher une place, souligne M. Gateau.

Le risque, pointe l'Unapei, est qu'au final "ne restent plus dans les institutions que les personnes les plus lourdement handicapées".

Pour Pascale Ribes, de l'association APF France Handicap, "la transition inclusive doit rester l'objectif, mais il ne faut pas la dévoyer pour faire des économies sur les aides à l'autonomie, qui se traduiraient par une moindre qualité de vie".

"On veut mettre tout le monde en milieu ordinaire, mais si c'est pour condamner les gens à rester enfermés chez eux, alors c'est le contraire de l'inclusion!", relève-t-elle.

- "Vision réductrice" -

Interrogée par l'AFP, Mme Cluzel affirme de son côté qu'"on ne va pas du tout vers une inclusion au rabais", et que ces termes "ne sont pas respectueux pour toutes les associations et les professionnels qui accompagnent déjà les personnes handicapées à l'école ou dans l'entreprise".

"Il n'est pas dans mon intention de fermer les établissements, mais de les ouvrir sur la société. Cessons de monter un système contre un autre, c'est angoissant pour les familles", ajoute la secrétaire d'Etat, qui se dit désireuse de travailler avec le monde associatif.

Certaines associations craignent également que les structures oeuvrant à l'insertion professionnelle des personnes handicapées - entreprises adaptées (EA) ou établissements et services d'aide par le travail (Esat) - soient mises en difficulté par les efforts du gouvernement pour que les entreprises ordinaires emploient au moins 6% de personnes handicapées, comme elles en ont l'obligation.

Celles qui n'atteignent pas ce taux doivent s'acquitter d'une pénalité financière, qu'elles peuvent cependant réduire - voire, actuellement, annuler - si elles achètent des biens et services auprès d'EA ou d'Esat. Or, à partir de 2020, cette déduction ne pourra être que partielle.

Pour Didier Rambeaux, le président de l'Association nationale des directeurs d'Esat, cette réforme "traduit une vision réductrice de l'inclusion", d'autant que, selon lui, seule une petite minorité des quelque 120.000 personnes concernées souhaite travailler en milieu ordinaire.

Sophie Cluzel, de son côté, souligne que la réforme maintient une "incitation" pour les entreprises à acheter auprès des Esat, et donc qu'elle ne "remet pas en cause" ces structures. La secrétaire d'Etat souligne sa volonté de "sécuriser les parcours pour ceux qui voudraient pouvoir passer du monde médico-social au milieu ordinaire".

Le "tout inclusion" inquiète également certains parents d'élèves handicapés, notamment ceux des Instituts nationaux de jeunes sourds et aveugles, qui craignent une possible remise en cause de leurs structures. Mais là encore, répond la secrétaire d'Etat, "il faut sortir d'une vision où on oppose le milieu ordinaire et les instituts", et développer plutôt des "partenariats" entre les deux.

5 juillet 2019

L'école pour les enfants porteurs de handicap est un droit, avec ou sans AVS

04/07/2019 07:00 CEST | Actualisé 04/07/2019 07:00 CEST


L’école est un DROIT, l’AVS un aménagement, une aide, une compensation au handicap. En aucun cas la présence de l’AVS ne peut être une condition pour scolariser l’enfant.


Début juillet. Certains parents rapportent déjà qu’ils entendent, de la bouche de certains responsables d’établissements scolaires, cette phrase : “En revanche, si son AVS n’est pas là à la rentrée, on ne le /la prend pas en classe”. 
Martelons-le: c’est illégal. 

L’école est un DROIT, l’AVS un aménagement, une aide, une compensation au handicap. En aucun cas la présence de l’AVS ne peut être une condition pour scolariser l’enfant.

De même, si votre enfant ne dispose d’une AVS que 6h par semaine, il a le DROIT d’aller à l’école à plein temps. Là encore, vous prétendre le contraire est illégal.

Les enfants avec handicap ne sont pas les variables d’ajustement d’un système qui manque de moyens ou est mal organisé. L’école pour eux n’est pas la charité, elle est un droit inscrit dans la loi depuis 2005. 

Alors oui, certaines écoles ont peur. Oui, ça peut être compliqué pour une équipe d’accueillir votre enfant et son handicap sans AVS. Suggérez-leur une chose se battre avec vous, parents, pour davantage d’aide humaine, plutôt que de renvoyer votre enfant à la maison.

Que faire, concrètement, si dès maintenant on vous sert ce genre de discours? Parlez-en à l’enseignant référent handicap, appelez les fameuses “cellules d’information” mises en place récemment, essayez de discuter au maximum, rappelez avec fermeté les principes de la loi 2005 et rapprochez-vous des assos comme Toupi ou Trisomie 21 France

Et ne vous laissez pas impressionner. Tenez bon. Oui, les classes sont bondées, les enseignants pas bien formés pour le handicap, les AVS mal payé.e.s et il n’y en a pas assez. MAIS ce n’est pas aux enfants avec handicap de payer à eux seuls pour un système qui va mal. On ne demande pas aux élèves valides, par tirage au sort, de rentrer chez eux parce qu’il n’y a pas assez d’effectifs pour gérer des classes. Alors on n’a pas à vous demander de VOUS débrouiller pour pallier aux manques de l’institution.

La loi existe, elle a quatorze ans ( QUATORZE!) et dit ceci: “Le service public de l’éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. (...) L’Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés.” Battons-nous ENSEMBLE, parents, associations, et enseignants, pour que les moyens soient là, enfin.

Nous ne publions pas ce rappel à propos de Louise, pour qui cette transition en deuxième année se passe avec fluidité. Mais on entend trop cette phrase “ils disent qu’ils ne me le prendront pas sans AVS en septembre, j’en suis malade”.

Alors courage, force et patience à tous ceux qui sont concernés pour l’été qui vient. Nous souhaitons à vos enfants la chance de fréquenter l’Ecole de la république dès le 2 septembre. C’est leur droit. 

Merci de partager.

Ce billet est également publié sur la page Facebook Extra Louise.

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4 juillet 2019

Aidants : Buzyn annonce un congé rémunéré dès 2020 !

 

Aidants : Buzyn annonce un congé rémunéré dès 2020 !

C'est l'une des prérogatives majeures des aidants, un congé rémunéré pour pouvoir s'occuper de leur proche malade ou handicapé. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a enfin pris en compte leur SOS et annonce la mise en place de cette mesure en 2020.

https://informations.handicap.fr

 

3 juillet 2019

Aminata Niakaté : - Nous voudrions créer une obligation de formation au handicap des professionnels du droit.

article publié sur Handicap.fr

« Nous proposons, par exemple, la création d’un master dédié au droit du handicap. Parce qu’aujourd’hui, les avocats qui pratiquent le droit de la compensation ou des incapacités sont largement autodidactes. »

La présidente de la commission égalité du Conseil national des barreaux détaille les principales propositions de l’Ordre des avocats pour qu’enfin l’accès au droit des 12 millions de personnes handicapées soit facilité. Au premier rang d’entre elles : des formations encore à imaginer…

Faire-Face.fr : Quelles connaissances, informations, les avocats détiennent-ils en matière de handicap ?

« Nous ferons du lobbying comme nous en faisons déjà pour rendre plus accessible l’accès à notre profession, en aménageant les épreuves d’admission. »

Aminata Niakaté : Jusqu’à il y a deux ou trois ans, ils ont très peu été sensibilisés à la question. Par exemple, lors de notre formation initiale, nous ne recevons aucune information. Plus tard, dans notre carrière, peu d’initiatives sont encore prises par la profession.

Ici, au Conseil national des barreaux, nous nous sommes saisis du sujet lors de la mandature précédente. Nous avons organisé un premier colloque fin 2017 afin d’interpeller la profession et lancer ce Grenelle droit et handicap, qui a eu lieu vendredi 28 juin. Nous faisons de cette journée un marqueur politique de la volonté des avocats de se saisir de la question.

Création d’un master dédié au droit du handicap

F-F.fr : Comment pensez-vous concrétiser cette démarche ?

A.N : Différents ateliers tenus ce jour-là nous ont permis d’émettre des propositions pour, demain, mettre en place des mesures visant à faciliter l’accès aux droits des personnes handicapées. Nous proposons, par exemple, la création d’un master dédié au droit du handicap. Parce qu’aujourd’hui, les avocats qui pratiquent le droit de la compensation ou des incapacités sont largement autodidactes.

Autre proposition : comme les normes sont éparpillées partout au gré des évolutions législatives, nous estimons que publier un code du contentieux spécifique au handicap serait judicieux. En matière d’accessibilité, nous voudrions que les sites internet de nos confrères s’assurent de l’être. Idem pour leurs locaux.

Et lorsqu’ils ne le sont pas, nous recommandons que toutes les maisons des avocats, qui, elles, globalement, le sont, mettent une salle gratuitement à la disposition de nos confrères pour recevoir leurs clients en situation de handicap.

Nous planchons aussi déjà sur un programme de sensibilisation au handicap avec magistrats, huissiers, greffiers, conciliateurs… Nous voudrions même créer une obligation de formation au handicap des professionnels du droit, pas uniquement des avocats. À l’image de ce qui existe en matière de formation aux violences conjugales à destination des avocats.

Un kit de sensibilisation dans les écoles début 2020

F-F.fr : La prochaine étape consiste à faire adopter ces propositions à votre assemblée générale le week-end du 6 juillet. Comment allez-vous faire avancer le sujet en dehors de vos cercles professionnels ?

A.N : Nous ferons du lobbying. En matière de formation, par exemple, nous avons des entrées au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de l’innovation. Nous allons surveiller le calendrier législatif, tenter de trouver un véhicule législatif [une loi sur un sujet approchant pour faire passer la mesure dans l’un de ses articles, NDLR].

Nous faisons déjà du lobbying pour rendre plus accessible l’accès à notre profession, en aménageant les épreuves d’admission. Notre kit de sensibilisation devrait sortir au plus tard au début 2020, pour sensibiliser dans les écoles. Les personnes handicapées représentent 12 millions de justiciables, il était temps de nous en préoccuper.

2 juillet 2019

A Limoges, une spécialiste mondiale est l'invitée d'un colloque sur les rapports amoureux chez les personnes autistes

Mercredi 26 juin 2019 à 8:55 -
Par , France Bleu Limousin

Isabelle Hénault, psychologue-sexologue québécoise, est venue expliquer à des familles et des professionnels comment aider les personnes atteintes de TSA (troubles du spectre de l'autisme) à éviter les maladresses ou les malentendus dans les relations amoureuses. Un sujet rarement abordé en France.

https://www.francebleu.fr/emissions/trois-questions-a/limousin/isabelle-henault-psychologue-et-sexologue-directrice-de-la-clinique-autisme-et-asperger-de-montreal
https://www.francebleu.fr/emissions/trois-questions-a/limousin/isabelle-henault-psychologue-et-sexologue-directrice-de-la-clinique-autisme-et-asperger-de-montreal
© Radio France - Alain Ginestet

Limoges - France

Comment déclarer sa flamme ou savoir si l'autre est consentant, lorsqu'on est "handicapé de la relation sociale" ? Depuis lundi, conférences et ateliers s'enchaînent à Limoges, autour des relations intimes et de la sexualité chez les personnes atteintes d'autisme, et notamment du syndrome d'Asperger. Invitée de ce colloque, Isabelle Hénault, directrice de la clinique Autisme et Asperger de Montréal, a répondu à 8H15 ce matin aux questions d'Alain Ginestet sur France Bleu Limousin.

Vous êtes psychologue ET sexologue, car l'autisme ou le syndrôme d'Asperger pénalise aussi beaucoup ceux qui en souffre dans leur vie sexuelle et sentimentale...

Tout à fait. L'information sur la sexualité est une des premières demandes des adolescents et des adultes que je rencontre. Ils sont curieux comme tout le monde, mais comme ils ont un écart par rapport aux relations sociales, ils ont moins d'amis et donc moins de chances de discuter avec les copains-copines de la sexualité, des changements à la puberté, des étapes de la relation, du romantisme...

Et ces difficultés dans les interactions sociales, on les retrouve aussi dans la relation amoureuse ?    

Oui, ils peuvent avoir le désir d'entrer en relation, mais ils ont une maladresse sociale et donc ils ont du mal à avoir un amoureux ou une amoureuse. Donc, le but de mon intervention comme sexologue-psychologue, c'est de leur donner des outils pour les guider et un cadre de référence. Il n'y a pas de recette magique ! Mais au fil des années, on a trouvé des pistes intéressantes. On utilise des vidéos, des mises en situation pour leur proposer des modèles positifs. Par exemple comment vérifier le consentement chez l'autre, comment donner son consentement, comment décoder le non-verbal : on a une foule d'activités, qui ont été toutes validées scientifiquement.

Le témoignage de Rémy, 34 ans, atteint du syndrome d'Asperger,sur les difficultés rencontrées dans les relations aux autres.

Lors de ce colloque, Rémy Rouquette, qui a écrit un livre sur sa vie avec le syndrome d'Asperger (De l'ombre à la lumière, éditions Baudelaire), raconte les problèmes qu'il a connus, car il prend trop "les choses au premier degré" dit-il, il dit qu'il a des difficultés avec les nuances... 

Quand on parle des nuances, il y a le verbal et le non-verbal. Et les personnes avec autisme prennent les choses au 1er degré, de manière littérale. Ce qui engendre parfois des malentendus, des maladresses. Et s'il y a un domaine où il faut que les choses soient les plus claires possibles, c'est bien l'intimité et la sexualité !

Est-ce que ça peut s'arranger dans le temps ?  

Oui tout à fait, on peut travailler au niveau des comportements. Si on a des gens qui ont des maladresses, on leur propose des modèles, des histoires sociales, des scénarios. On explique de façon très détaillée et visuelle quels sont les comportements adaptés. Et avec les autistes qui sont de haut-niveau de fonctionnement, type Asperger, on peut aller plus dans les subtilités et favoriser des relations plus enrichissantes. Le fait de rencontrer un amoureux, mais aussi de divulguer son diagnostic : à quel moment on en parle, à qui, est-ce une bonne chose ou pas.

C'est un sujet tabou ? Peut-être moins au Quebec qu'en France ?   

Ils ont un département de sexologie au Quebec depuis 20 à 30 ans, et on en parle beaucoup. En France, je pense que c'est lié à une méconnaissance générale de l'autisme. Et du coup, ça n'est pas le premier sujet qui est traité. Mais je vois qu'on en parle de plus en plus.

Par :

2 juillet 2019

Autisme. Le long combat d’une famille pour obtenir une place dans un établissement adapté

article publié dans Ouest France

Moment de complicité et de tendresse entre Sacha, 13 ans, et son père Romuald.

Moment de complicité et de tendresse entre Sacha, 13 ans, et son père Romuald. | OUEST-FRANCE


 

Depuis un an, Sacha, un adolescent autiste, attend une place dans une structure spécialisée. Grâce à la solidarité de ses collègues cheminots, Romuald, son père, a pu quitter son travail pendant une année pour devenir aidant familial à domicile. Et veiller sur Sacha. Au côté de Nadia, son ex-épouse, il se bat pour que leur enfant ait accès à une prise en charge médico-éducative. « À ce jour, on n’a aucune solution pour la rentrée. »

« Depuis un an, je suis à la fois son orthophoniste, son éducateur, son instit’… Et surtout son papa. » Romuald Tinant est le père de Sacha, un adolescent autiste, qui, « depuis presque trois ans », est sur liste d’attente pour une admission en Institut médico-éducatif (IME). L’année dernière, ce contrôleur SNCF de 42 ans a pu bénéficier d’« une suspension de 12 mois de (son) contrat de travail » pour devenir aidant familial auprès de son fils.

« Je dois reprendre mon activité dans moins d’un mois, poursuit-il. À ce jour, je n’ai aucune solution d’accueil en établissement adapté pour la rentrée de Sacha, en septembre. » Séparés, Romuald Tinant et Nadia, son ex-épouse, ont la garde alternée de Sacha. « En détresse » et avec le sentiment de « ne pas être écoutés », ils mènent, ensemble, « un combat » pour que leur fils ait accès au « droit fondamental à l’éducation ». Ce père considère que « la France est hors-la-loi face à Sacha ».

Un parcours hospitalier de 6 à 12 ans, mais après ?

Dans son appartement du Petit-Fougeray, une commune au sud de Rennes, Romuald Tinant revient sur les premières années de son « Titi », un p’tit nom qui déborde de tendresse. « Nous avons constaté qu’à l’âge de deux ans, Sacha ne s’exprimait pas. Qu’il avait des difficultés à manipuler ses jouets… » Très rapidement, « on a suspecté l’autisme ». Scolarisé en maternelle jusqu’à 6 ans, Sacha n’a « pas acquis le langage oral, ni les bases ordinaires » de la relation aux autres.

À cet âge-là, Sacha est « déscolarisé » ; il est admis dans le service d’« un hôpital de jour », une antenne du centre Guillaume-Régnier, dans une ville de l’est du département. « Un parcours hospitalier »« l’action éducative est vite mise de côté », estime et regrette Romuald Tinant. Un accueil qui n’est possible que « jusqu’à l’âge de 12 ans ».

Au départ, « la prise en charge a été importante », reconnaît le père. Dans les dernières années, en hôpital de jour, « c’était un accueil à mi-temps ». Sa mère a alors « arrêté de travailler », son père a « réduit (son) activité ». Parce qu’il n’existait « pas de dispositif pour prendre le relais à domicile ». En 2016, « on a commencé à rechercher une place en IME », se souvient le père. Des inscriptions dans une demi-douzaine d’établissements. Il y a « partout de longues listes d’attente, une attente qui peut aller jusqu’à cinq ans ».

Un élan impressionnant de solidarité cheminote

L’an passé donc, aux 12 ans de Sacha, il n’y avait « plus qu’une solution : le maintien à domicile ». Touchés par ce que vivait leur collègue, les cheminots lui ont fait don de l’équivalent « d’une année de jours de repos », avec l’accord de la SNCF, son employeur, dans le cadre de la loi Mathys. « Un élan impressionnant de générosité et de solidarité », insiste Romuald Tinant.

Au quotidien, une semaine sur deux, Romuald Tinant veille sur son fils. « Je le lave, je lui coupe sa viande… » Une attention de tous les instants. Jour et nuit. « J’ai le sentiment que l’État considère que c’est une solution… » Que cet adolescent ne soit pas accueilli dans une structure adaptée « ne semble déranger personne », déplore Romuald Tinant.

« Je vais reprendre le travail, dans un mois, dit-il. Une association me promet que quelqu’un viendra assister mon fils pendant mon absence. » Mais l’essentiel n’est pas là, pour Romuald Tinant. « Sacha doit absolument être accueilli dans un établissement spécialisé » pour une prise en charge « médico-éducative ». Qui favorise la « sociabilisation » de ce jeune garçon qui ne communique pas par la parole. « On a déjà perdu un temps phénoménal… »

Pour « faire respecter ce droit fondamental » de l’enfant, Romuald Tinant vient de contacter le représentant départemental du Défenseur des droits. « Qu’a fait Sacha pour que (la société) lui refuse tous les droits de n’importe quel autre enfant ? C’est comme si on demandait la lune… » Il n’exclut pas de mener une action en justice contre l’État. Il a également ouvert une cagnotte sur internet.

29 juin 2019

Demandez à rencontrer l'AESH de votre enfant avant la rentrée ...

29 juin 2019

Stonewall 50 ans - LGBTQI+ et autisme

27 juin 2019
Par Blog : Le blog de Jean Vinçot

Le début il y a 50 ans du mouvement de libération gay est une bonne occasion de lier autisme et LGBTQI+. En mettant en lumière les textes de Jim Sinclair.

 

Il y a 50 ans, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, les gays que la police de New York voulait rafler comme à l'habitude dans ce bar/dancing où il était possible de danser un slow entre personnes du même sexe se sont révoltés et ont enfermés dans le bar la police. Plusieurs nuits d'émeute ont suivi.

Il y a quelques jours, Mediapart a commencé à rappeler l'évènement. Et, "en même temps", sur Facebook, le Collectif intersexes et allié.e.s a diffusé l'information sur la chaîne youtube de mischanomalie : "C'est quoi intersexe ?"

C'est quoi intersexe ? © Mischanomalie

Dans ces circonstances, il était impossible de ne pas parler de JIM SINCLAIR, la première personne autiste qui a pris la parole au nom des personnes autistes ... et qui est intersexe.

Sur le site ou le forum d'Asperansa, vous trouverez par exemple des textes de Jim Siclair :

Une première explication du titre à partir d'un article de Libération, site de non-référence sur l'autisme :

  • comme lesbienne. Une femme qui a des relations sexuelles avec une femme. 
  • G comme gay. Un homme qui a des relations sexuelles avec un homme
  • B comme bi. Une personne qui a des relations sexuelles avec un homme ou avec une femme.
  • T comme trans. Une personne née homme ou née femme et qui ne se sent pas appartenir à ce genre. «Le terme transsexuel-le est parfois utilisé pour désigner plus spécifiquement les personnes trans opéré-e-s. Les personnes non-opéré-e-s peuvent être appelé-e-s trangenres. Pour éviter d’instaurer une hiérarchie, on préférera le terme personnes trans, qui permet d’inclure la multiplicité des parcours et des identités», détaille l’AJL, dans son «kit à l’usage des rédactions».
  • Q comme queer. Sa définition est un peu plus floue, mais le terme est finalement très simple à comprendre : une personne se dit queer quand elle ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas appartenir à un genre défini. 
  • I comme intersexe. Les personnes intersexes ne sont nées ni homme ni femme. Il existe plusieurs situations qui peuvent mener à l’intersexuation. Gaëtan Schmitt par exemple, que Libération avait rencontré en 2017, est né avec un micropénis et un vagin rudimentaire. En France, environ 200 enfants seraient concernés sur les 800 000 naissances annuelles. 
  • A comme asexuel. «Les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de s’engager dans des relations sexuelles», explique l’association pour la visibilité asexuelle. Elles peuvent avoir des relations amoureuses mais revendiquent le droit à ne pas ressentir d’attirance physique.  
  • + comme : et tous les autres. 

 Sur ces sujets, j'ai entendu venant des parents de personnes autistes ou de personnes autistes :

  • "il faut les castrer"
  • "tu penses être homo ? Où est le problème ? C'est la mode."
  • "OK, assois-toi" - autrement dit, çà ne suffit pas que tu sois autiste, tu dis que tu as une orientation sexuelle différente de la normalité, est-ce que tu en en sûr, eh bien si c'est le cas, on fera avec, mais ne nous emballons pas (en pensant "comme si l'autisme ne suffisait pas...").

 Faut-il dépsychiatriser l'autisme ?

Pourquoi pas ? L’homosexualité a été retirée du DSM II en 1973, grâce à une coalition des psychiatres non-psychanalystes et des psychiatres gays, par référendum. Il y a eu des manifs avant pour exiger ce retrait.

Voir : Robert Spitzer et le diagnostic homosexualité du DSM-II Michel Minard Dans Sud/Nord 2009/1 (n° 24). A noter qu'il est question du trouble "perturbation de l'orientation sexuelle" et qu'il est quand même question de soigner ceux qui veulent en changer.

Chez nous, il a fallu attendre 1992 pour que l'homosexualité soit retirée de la liste des maladies mentales.

Et 1982 pour que les relations sexuelles entre mineurs ne soient plus punissables pénalement.

Le syndrome de Rett et le trouble désintégratif de l'enfance ont été retirés en 2013 de la catégorie TED/TSA par les psychiatres américains dans le DSM 5.

La situation actuelle des diagnostics n'est donc pas éternelle.

Mais il faut se poser la question de l'objectif. Si le mouvement de la neurodiversité a accepté aux USA la fusion des différents diagnostics dans le trouble du spectre de l'autisme, c'est que cela confortait le droit à un accompagnement pour tout le spectre, alors que, par exemple, certains états ne finançaient aucun soin pour le syndrome d'Asperger.

Quelles modifications de la personne autiste ?

Vous verrez dans les textes de Jim Sinclair par rapport à l'intersexuation des problèmes qui se posent encore aujourd'hui.

Quels sont les médicaments possibles ?

Des manipulations génétiques sont-elles justifiées ?

Qu'est-ce qui est irréversible ?

Qu'est-ce que les parents (et médecins) ont le droit de faire ?


Celebrants outside the Stonewall Inn. From “Art After Stonewall, 1969-1989,” at the Grey Art Gallery. © Fred McDarrah/Getty Images, via Pavel Zoubok Gallery
Celebrants outside the Stonewall Inn. From “Art After Stonewall, 1969-1989,” at the Grey Art Gallery. © Fred McDarrah/Getty Images, via Pavel Zoubok Gallery

Le dossier qui va suivre comportera :
  •  - des traductions des articles de Jim Sinclair sur l'intersexuation;
  •  - un article de Spectrum News sur l'autisme et la "dysphorie de genre":
  •  - les résultats du sondage d'Asperansa sur la question notamment de l'orientation sexuelle.

Pour l'instant, je ne suis pas en mesure d'aller plus loin sur le sujet.

26 juin 2019

Vademecum sur la souffrance psychique des élèves : vers un flicage intégral ?

 

Vademecum sur la souffrance psychique des élèves : vers un flicage intégral ?

Le ministère de l'Education Nationale a publié en mai 2019 un vademecum Repérer et orienter les élèves en situation de souffrance psychique. Au départ à priori une intention louable : repérer les signes de souffrance des élèves (violences sexuelles, harcèlement, problématique d

https://blogs.lexpress.fr

 

26 juin 2019

Roche-la-Molière accueille la première classe de primaire pour enfants autistes dans la Loire

 

Roche-la-Molière accueille la première classe de primaire pour enfants autistes dans la Loire

Éducation Une classe adaptée pour enfants autistes sera créée à la rentrée prochaine dans l'école Jean-Yves-Cousteau de Roche-la-Molière (Loire). Elle permettra à une dizaine d'enfants venus de tout le bassin stéphanois de suivre une scolarité en milieu ordinaire.

https://www.francebleu.fr

 

25 juin 2019

Maison de répit : enfin un lieu pour souffler !

article publié sur Hizy

 

Équipe éditoriale
Maison de répit : enfin un lieu pour souffler !
La première Maison de répit de France est située à Tassin-la-Demi-Lune (69) ©France-repit

Brigitte Macron et Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat chargée de personnes handicapées, ont inauguré le 18 juin dernier la première Maison de répit de France. Un lieu unique pour reprendre des forces, ouvert toute l’année aux enfants et aux adultes malades ou en situation de handicap et à leurs proches.

La Maison de répit située à Tassin-la-Demi-Lune (69), accueille des enfants et des adultes malades ou en situation de handicap de moins de 60 ans et leurs proches aidants pour des séjours de répit tout au long de l’année. Quand on sait que l'accompagnement d'un proche dépendant en raison de sa maladie ou de son handicap concerne plus de 8 millions de personnes, des lieux comme celui-là, il en faudrait un peu partout en France. En attendant, c’est dans la Métropole de Lyon que le concept est testé depuis cet automne.

Un lieu apaisant, au cœur d’un grand parc

« Ce n'est pas du tout un fonctionnement hospitalier, a déclaré Brigitte Macron lors de l’inauguration le 18 juin 2019. On est presque dans une maison de vacances. Il y a un spa, les lits, vous ne voyez pas qu’ils sont médicalisés. La maladie n'est pas gommée, elle est là mais on peut l'oublier et vivre normalement. »

Situé dans un parc boisé d’un hectare, cet établissement est destiné à prévenir les situations d’épuisement des aidants. Il est ouvert aux habitants de la Métropole de Lyon et a déjà permis 450 séjours de personnes malades ou en situation de handicap pour quelques jours, une semaine ou plus.

Des médecins et des psychologues  

Médecins, infirmiers, assistants sociaux, psychologues interviennent à la demande des résidents pour parler de problèmes de santé, mais aussi d’organisation, de fatigue, d’épuisement. Une équipe mobile est aussi prévue pour des interventions gratuites à domicile.

La Maison de répit est un projet soutenu par l’Agence régionale de santé et financé grâce au mécénat, à des subventions de la Métropole de Lyon et de la Région pour un montant total de 5,5 millions d’euros. Il est porté par la Fondation France Répit en lien avec la fondation OVE.

Plus d’info sur www.maison-repit.fr

22 juin 2019

Trophées Lumière : ces entreprises inspirées par l'inclusion

 

Trophées Lumière : ces entreprises inspirées par l'inclusion

Les entreprises inclusives étaient à l'honneur dans le majestueux amphithéâtre de l'université Lumière, à Lyon, le 18 juin 2019. Des trophées ont récompensé les plus militantes, 9 au total dans 8 catégories (dont deux ex-aequo), primées pour leurs actions inspirantes en faveur de l'emploi des personnes handicapées, avec une dimension européenne.

https://emploi.handicap.fr

 

21 juin 2019

Charente : l'Education nationale condamnée à verser 370 000 euros à 22 auxiliaires de vie scolaire

article publié sur France 3 Nouvelle Aquitaine

© Christophe Guinot - France 3 Poitou-Charentes© Christophe Guinot - France 3 Poitou-Charentes

Le Conseil des prud'hommes d'Angoulême a condamné l'Education nationale à verser 370 000 euros de dommages et intérêts à 22 auxiliaires de vie scolaire charentais. Une victoire pour les plaignants et l'aboutissement d'une procédure entamée au printemps 2017. 
 

Par Christina ChironPublié le 19/06/2019 à 18:49

Le Conseil des prud'hommes d'Angoulême a tranché en faveur de 22 auxiliaires de vie scolaire charentais.

Condamnée pour défaut de formation, annualisation du temps de travail et discrimination syndicale, l'Education nationale doit leur verser 370 000 euros de dommages et intérêts

Trois ans de procédure

Cette condamnation signe la fin d'une longue procédure entamée au printemps 2017

A l'époque, 22 auxiliaires de vie scolaire charentais attaquent l'Education nationale, notamment pour annualisation des temps de travail, synonyme d'heures supplémentaires non payées.

L'audience avait eu lieu en septembre 2018 et la décision, mise en délibéré, reportée deux fois. Les juges ont finalement donné raison aux plaignantes. 

"Il y a eu reconnaissance par le tribunal d'Angoulême de l'absence de formation véritable, condamnation d'une annualisation du temps de travail, requalification des contrats en CDI et reconnaissance de licenciement abusif"
Jean-Pierre Bellefaye, Représentant SUD Éducation 16


Après avoir engagé cette action, quatre AVS avaient vu leur contrat non renouvellé. Une discrimination elle aussi reconnu par le Conseil des prud'hommes. 

Des emplois précaires 

Ces personnes étaient employées dans des établissements sous contrat unique d'insertion, un dispositif qui vise à faciliter l'embauche des personnes ayant des difficultés à trouver un emploi. 

Leur contrat prévoyait 20 heures par semaine, mais en réalité, les AVS travaillaient entre 24 et 26 heures. Des heures en plus non payées.


"Ces collègues vivaient dans la précarité, gagnaient moins de 700 euros net par mois, soumis au bon vouloir du renouvellement du contrat d'année en année. Pour beaucoup, ça voulait dire qu'au bout de deux ans, le contrat n'était pas renouvelé."
Jean-Pierre Bellefaye, Représentant SUD Éducation 16

Aujourd'hui, Jean-Pierre Bellefaye lance un appel au recteur de l'académie de Poitiers afin que les AVS non renouvelés réintègrent l'administration.

20 juin 2019

Les jeunes adultes relevant de l'amendement Creton

 

Les jeunes adultes relevant de l'amendement Creton

L'amendement " Creton ", du nom du comédien Michel Creton qui l'avait défendu, permet depuis 1989 le main-tien dans un établissement pour enfants handicapés de jeunes adultes ayant atteint l'âge limite pour lequel leur établissement est autorisé, en attente d'une place en structure pour adultes.

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr

 

20 juin 2019

Saint-Étienne : quand handicapés et non-handicapés partagent une même colocation

Dimanche 16 juin 2019 à 20:44 -
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Une colocation inédite à Saint-Étienne est inauguré ce lundi. Depuis six mois, des jeunes adultes trisomiques cohabitent dans une "Maison de Vie et de Partage". Il y en a seulement deux en France et c'est l'association Parm qui est à l'origine de ce beau projet.

Une maison de vie et de partage est ouverte depuis janvier 2019 à Saint-Etienne
Une maison de vie et de partage est ouverte depuis janvier 2019 à Saint-Etienne
© Radio France - Nérissa Hémani

Saint-Étienne, France

En plein cœur de Saint-Étienne, rendez-vous dans le quartier de l'Hôtel de ville dans un immeuble refait à neuf par la Fondation Pour le Logement Social. Cuisine à l'américaine, salon aux multiples canapés, télé, salle de jeux. Dans ce foyer collectif, huit jeunes adultes trisomiques cohabitent. 

Ce projet est né en janvier 2019 grâce à l'association Parm et sur la demande des parents de ces adultes autonomes. Il y a en a deux en France, dont une à Versailles. "Le but c'est qu'il se sentent comme à la maison, ils font leur vaisselle, préparent leurs plats, ce n'est plus comme chez papa, maman !", précise la directrice de la maison Anne Berger. 

Les activités sont nombreuses et permises par des bénévoles, des retraités, des étudiants qui se relaient au quotidien. Il y a aussi, deux salariés présents de 6h à 22h tous les jours pour aider aux tâches quotidiennes. 

Autonomie renforcée, solitude oubliée 

Au-delà du foyer collectif,  il y a aussi des studios individuels où vivent des étudiants valides mais aussi des adultes handicapés. Ombeline, jeune femme trisomique de 28 ans, a choisi de quitter son appartement en centre-ville pour ne pas être seule. "Je sors voir mes amis, je vais à la médiathèque, je fais pleins d'activités et surtout, ici, je rencontre beaucoup de monde et ça me fait plaisir", se réjouit-elle. 

Ombeline vit dans un appartement individuel au sein de la maison de vie et de partage. - Radio France
Ombeline vit dans un appartement individuel au sein de la maison de vie et de partage.
© Radio France - Nérissa Hémani

Créer du lien social, avoir une vie "comme tout le monde", c'est ce que souhaitent les parents de ces jeunes handicapés. Alain et Christine sont les parents d'un jeune trisomique de 21 ans. "_C'est important de savoir qu'il aura son centre de vie à lui où il se sent bien et qu'_il peut continuer à évoluer dans ce qu'on lui a appris".

"L'objectif c'est de les ouvrir sur la vie extérieure" - une maman d'un jeune trisomique

Cela marche plutôt bien. Pour Anne Berger, les progrès sont notables :" ils sont capables d'acheter le pain tout seul, faire leur courses, l'objectif c'est de les ouvrir sur la vie extérieure", ajoute-t-elle.

À Saint-Étienne, cette maison de vie et de partage concerne des adultes handicapés, mais d'autres projets sont en cours ailleurs en France, par exemple pour reloger des familles de réfugiés.

20 juin 2019

Autisme et emploi : les besoins et les atouts des personnes autistes

 

Autisme et emploi : les besoins et les atouts des personnes autistes

Avant la période estivale des mois de juillet et août, j'ai dédié ce mois de juin à la thématique de l'autisme et l'emploi. Je vous ai proposé un article qui permettait de faire un état de la recherche dans ce domaine, ainsi qu'une petite Bande-Dessinée pour illustrer en partie les difficultés d'intégration que peuvent rencontrer les personnes autistes en entreprise.

https://comprendrelautisme.com

 

19 juin 2019

À la rentrée prochaine, tous les enfants de l'IME de Vincelles seront accueillis en milieu ordinaire

À la rentrée prochaine, tous les enfants de l'IME de Vincelles seront accueillis en milieu "ordinaire" 
En septembre, le château vincellois se videra de la plupart de ses élèves, mais il reste pour l’heure le cœur de son Institut médico-éducatif. © Jérémie FULLERINGER


Le dernier groupe de jeunes fréquentant quotidiennement l’IME de Vincelles va rejoindre l’école de Vermenton. Ce qui ne veut pas dire que cet institut médico-éducatif, parmi les plus précurseurs de l’Yonne, ferme ou déménage, expliquent ses services.

Depuis les années 2000, le centre mène une politique visant à intégrer ses protégés dans le milieu dit "ordinaire". La grande majorité d’entre eux fréquente désormais le groupe scolaire de la commune à proximité ainsi que le collège de Vermenton. La même commune qui ouvre donc son école aux derniers enfants restés à plein-temps à l’IME de Vincelles.

"Ce mouvement peut créer des inquiétudes chez les parents, reconnaît Carole Le Bianic, accompagnante éducatif et social pour la structure. Mais la plupart d’entre eux se montrent content de l’inclusion."




"Ce n'est pas parce qu'on est différent, qu'on doit grandir et apprendre entre les murs d'un château, et rester sous cloche. Quand on parle d'externalisation, il y a des questions, et elles sont légitimes. Notamment en raison d'une grande méconnaissance du handicap. Vivre avec les autres, c'est s'intégrer, acquérir les limites sociales, les codes."

Géraldine Lacan Chef de service à l'IME de Vincelles

"Le regard est plutôt positif", confirme la chef de service, Géraldine Lacan. "Les parents ne sont pas contre l'accompagnement spécialisé, mais bien souvent, contre cette idée "d'exclusion" du droit commun. Dans les années 50, la prise en charge des enfants en situation de handicap se faisait plutôt dans le sens de l'éloignement. Aujourd'hui, on détricote tout ça pour leur permettre de ne pas grandir dans un univers clos, de vivre avec les autres."

Dans l'Yonne, plus de 600 enfants en situation de handicap bénéficient d'un accompagnement en classe

Une "passerelle" toujours en place au château

Côté transport, rien ne doit changer pour les familles de ces enfants et adolescents atteints de handicap mental. Le point de ralliement se fera au château, d’où "nous nous occuperons du transport vers l’école", poursuit la responsable. À l’image de ce qui se pratique déjà pour les membres du centre fréquentant des établissements scolaires.

À l’avenir, il restera une poignée de jeunes à Vincelles. "Ceux qui ne sont pas encore prêts pour rejoindre une école et qui doivent être intégrés progressivement", explique Carole Le Bianic. Un éducateur continuera de les accompagner sur place. "Il ne faut jamais perdre de vue que pour les enfants, il est nécessaire d'avoir des espaces de repli si à un moment donné, la présence en "milieu ordinaire" est trop difficile", confirme Géraldine Lacan. 

Le château reste la "base arrière" de cet IME, pour reprendre les termes de la responsable : l’internat et les services administratifs ne doivent pas se délocaliser. Même si, à l’avenir, pourrait se poser la question de la pertinence de conserver l’édifice du XVIIIe siècle, coûteux à entretenir.

En situation de handicap, leur enfant est accompagné à l'école au quotidien : « Sans ça, il n'en serait pas là aujourd'hui »

Julien Pépinot et Caroline Girard
reporters.yr@centrefrance.com

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