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19 juin 2019

Création d’équipes mobiles d’appui médico-social pour la scolarisation des enfants en situation de handicap

logo_republique_francaisecirculaire publié sur Légifrance

CIRCULAIRE N° DGCS/SD3B/2019/138 du 14 juin 2019 relative à la création d’équipes mobiles d’appui médico-social pour la scolarisation des enfants en situation de handicap

Consulter (PDF, 63 ko)

  • Domaine(s) : Santé, solidarité
  • Ministère(s) déposant(s) : SSA - Solidarités et santé
  • Autre(s) Ministère(s) concerné(s) :
  • Date de signature : 14/06/2019 | Date de mise en ligne : 18/06/2019

Résumé : l’instruction prévoit les modalités de création à la rentrée scolaire 2019 à titre de préfiguration d’équipes d’appui médico-social, dispositif innovant pour améliorer la scolarisation des enfants en situation de handicap. Ces équipes préfigurent l’appui du secteur médico-social aux équipes éducatives ou pédagogiques des établissements scolaires pour la scolarisation des enfants en situation de handicap. Cette instruction est applicable aux territoires ultramarins du champ ARS.

Nombre d'annexes : 0  

NOR : SSAA1917583C | Numéro interne : 138 | CERFA : | Référence de publication au Journal officiel ou au Bulletin officiel :

  • Auteur :Sophie CLUZEL, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées
  • Destinataire(s) :Mesdames et Messieurs les directeurs généraux des agences régionales de santé
  • Signataire :Sophie CLUZEL, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées
  • Catégorie :
    • - Directives adressées par le ministre aux services chargés de leur application, sous réserve, le cas échéant, de l'examen particulier des situations individuelles. 
  • Type :
    • - Instruction aux service déconcentrés : oui
    • - Instruction du Gouvernement : oui
  • Texte(s) de référence :
  • Circulaires qui ne sont plus applicables :
  • Date de mise en application :
  • Mots clefs : Action sociale, santé, sécurité sociale
  • Autres mots clefs :Handicap - Etablissements et services médico-sociaux – Ecole inclusive

 

 

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18 juin 2019

Misogynie, maternophobie, déni des victimes: LA PSYCHANALYSE, CONTRE- REVOLUTION PATRIARCALE?

article publié sur Révolution féministe

            INTERVIEW DE SOPHIE ROBERT

                    Par Francine Sporenda

Sophie Robert est réalisatrice et productrice (https://www.dragonbleutv.com/). Elle a réalisé (entre autres) « Le mur, ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme », « Quelque chose en plus », également sur l’autisme, et récemment, « Le phallus et le néant » où 18 psychanalystes s’expriment sur la sexualité. Pour voir le film sur Viméo :  https://vimeo.com/ondemand/lephallusetleneant/334279565

 

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FS : Vous semblez dire que la psychanalyse est une théorie datée, marquée d’une conception très victorienne des rapports entre les sexes et de la sexualité. Les féministes radicales vont même un peu plus loin, pour elles, la psychanalyse est essentiellement un backlash patriarcal, une riposte au féminisme Première vague. Pouvez-vous commenter ?

SR : Je suis tout à fait d’accord. Je pense que la psychanalyse est la pierre angulaire du patriarcat, née à cette période où les femmes commençaient à vouloir s’émanciper à la fin du XIXème, avoir des droits élémentaires, comme le droit de sortir seule dans la rue. Il y a certains textes de Freud sur « les émancipées » qui montrent qu’il avait un gros problème avec la sexualité et avec l’émancipation des femmes, et son influence durable sur les sciences humaines empêche la société française de se décoloniser du patriarcat (1). Cette influence introduit un retour en arrière, ou au moins un empêchement d’évolution, un frein à l’évolution dès l’époque de Freud mais pour ce qui nous concerne, en France, c’est surtout Jacques Lacan qui a eu cet impact. L’influence des Lacaniens sur les Freudiens est colossale, les Freudiens sont colonisés par le Lacanisme, ça s’est produit à la fin des années 60 et c’est en effet un grand retour en arrière. Retour en arrière par rapport à l’évolution des mœurs et de la société, et par rapport à la deuxième vague du féminisme qui apparaît à la fin des années 60. C’est un grand retour en arrière, avec des mécanismes pervers de manipulation mentale, et c’est vraiment une logique sectaire.

FS : Il y a aussi une autre discipline qui, à ses origines est aussi une riposte contre le féminisme, c’est la sexologie. Avec Havelock Ellis, il s’agit de recentrer les femmes sur l’importance de la sexualité pénétrative, sur le soi-disant orgasme vaginal…Sur la sexualité, les thèses du Freudisme et de la sexologie sont très proches…

SR : Oui, et il faut resituer ces thèses dans le contexte de l’époque : leurs auteurs sont des hommes, donc ils défendent une vision masculine de la sexualité. Mais il faut souligner l’influence de ces thèses sur les femmes, parce que dès cette époque, il y a beaucoup de femmes psychanalystes, il y a énormément de femmes psychanalysées, il y a une énorme influence sur l’intelligentsia en général et c’est vrai que la sexologie est imprégnée de ces valeurs psychanalytiques. Il y a des sexologues qui remettent en question ces valeurs-là, mais en France, la vaste majorité des sexologues sont imprégnés de Freudisme et de Lacanisme : l’idée que la femme n’a pas une sexualité à part entière, que les rapports sexuels doivent fonctionner comme une hiérarchie, etc.

Et ce que je trouve encore plus grave, c’est l’érotisation du corps des enfants, l’absence de prise en compte de la réalité des violences sexuelles, en particulier celles subies par les enfants. Et c’est concomitant : ce que je montre dans mon film, c’est qu’il y a d’une part toute un argumentaire visant à faire de la femme une mineure du point de vue de la sexualité, à désapproprier la femme de sa sexualité : d’une certaine façon, la sexualité féminine n’existe pas, car la femme n’est pas un sujet de la sexualité. C’est comme si on disait qu’elle n’a pas d’âme, que ce n’est pas un sujet humain, ce sont des thèses contradictoires et complètement délirantes qui visent à minorer la femme, à nier la possibilité d’une harmonie sexuelle entre les femmes, et entre hommes et femmes, à nier l’existence de la sexualité féminine en tant que telle. Et à côté de ça, l’autre mouvement de balancier, c’est l’érotisation du corps des enfants.

FS : Oui, par exemple, certains biographes ont reproché à Alfred Kinsey, le sexologue auteur du fameux rapport Kinsey sur la sexualité des hommes et des femmes paru dans les années 50, de banaliser la pédophilie.

SR : C’est une logique perverse, une logique complètement pédocriminelle ; pour beaucoup de psychanalystes, c’est à leur insu, ils ne s’en rendent pas compte, et ça m’a sidérée et ça me sidère encore tous les jours quand je vois comment réagissent des psychanalystes ou psychothérapeutes imprégnés de psychanalyse lors des débats après la projection du film : ils sont incapables de prendre en compte au premier degré la plainte des personnes victimes de violences sexuelles, en particulier celle des enfants, ils sont tous dans une inversion, ils se sont appropriés un discours complètement pervers, et ça a pour conséquence une impunité quasi-totale des pervers et des pédocriminels.

 

 

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FS : Puisque vous parlez d’inversion justement, ce qui me frappe dans le discours psychanalytique, c’est la présence constante d’une dimension d’inversion projective. Un parfait exemple est la thèse de l’envie du pénis chez les femmes qui suscite habituellement l’hilarité des étudiantes lorsqu’elle est exposée en terminale. Elle renvoie à un culte du pénis qui est quelque chose de typiquement masculin et patriarcal: les sentiments des femmes envers les pénis vont majoritairement de l’indifférence à une vague répulsion (un pénis, ce n’est pas très esthétique). Vu certains mythes et obsessions de procréation masculine depuis l’Antiquité, cette envie du pénis chez les femmes n’est-elle pas l’image inversée d’une envie d’utérus chez les hommes?

SR : C’est frappant. Et il y a des psychanalystes qui s’en sont rendu compte : quand des hommes passent sur le divan, ils disent que c’est douloureux pour un petit garçon de se rendre compte qu’il n’aura jamais de bébé dans son ventre, il y a des hommes qui voudraient avoir des seins, qui trouvent qu’avoir des seins, c’est formidable et ils voudraient en avoir eux aussi. Curieusement des psychanalystes l’observent, mais ça n’a jamais fait l’objet de l’ombre d’une théorie. Il y a quelques psychanalystes pionniers qui ont émis l’idée qu’effectivement, il y avait une surestimation phallique, une jalousie masculine envers les femmes qui s’exprime dans la théorie de Freud mais ils n’ont jamais été suivis par leurs collègues.

Et c’est une inversion des valeurs complète : il y a projection sur les femmes de son propre complexe du vestiaire et on retrouve cette logique dans la manière dont ils vont traduire cette théorie sexuelle dans la clinique psychiatrique avec l’opposition entre la loi de la mère et la loi du père. Des personnes seront vues comme psychiquement malades parce qu’elles sont considérées comme aliénées à une mère toute puissante qu’il faudrait combattre—un peu comme un dragon qu’il faudrait combattre. Instaurer la loi du père, c’est une démarche complètement religieuse, et derrière ça, il y a une envie de la génération, un ressentiment envers la toute-puissance des femmes, qui est la capacité d’enfanter. Un psychanalyste est censé analyser, il est censé réfléchir, se poser des questions en permanence ; sur cette question-là, ils devraient élaborer mais ne le font pas du tout, c’est tabou, et c’est là où c’est complètement une secte, ils sont ancrés à des dogmes et ne pensent plus.

FS : De toute façon, des critiques du freudisme ont reproché à Freud, quand il écoutait ses patientes, de n’en retenir que ce qui confirmait ses propres théories. C’est présent à l’origine de la psychanalyse, ce filtrage de ce qui ne valide pas le dogme…

SR : Le concept freudien de résistance, c’est formidable parce que ça signifie que, si vous n’êtes pas d’accord avec eux, ils ont encore plus raison.

FS : Vous rappelez aussi que c’est une règle psychanalytique de prendre systématiquement le contrepied de tout ce que le patient affirme.

SR : C’est une stratégie auto-immunisante qui fait le lit de la perversion. Même si tous les psychanalystes ne sont pas des pédocriminels évidemment, mais ils sont tous imprégnés d’une vision de la sexualité qui est tellement toxique qu’ils sont incapables de se rendre compte des dérapages complets de beaucoup de leurs collègues et des conséquences de leur absence d’écoute. Je reçois fréquemment des témoignages de personnes qui ont été victimes de violences sexuelles et qui passent dix ans sur le divan sans pouvoir en dire un mot à leur psychanalyste, et s’ils finissent par en parler, leur psychanalyste ne les écoute pas.

FS : Ou ils minimisent ou inversent la responsabilité : « c’est vous qui avez aguiché votre père »…

SR : Oui, parce que les filles sont de dangereuses séductrices.

FS : Il y a un axiome de la psychanalyse qui pose que « pour qu’il y ait acte sexuel, il faut qu’il y ait phallus ». Les lesbiennes ne sont pas de cet avis–avec un taux de satisfaction sexuelle nettement supérieur à celui des femmes hétéros. Qu’en pensez-vous?

SR : C’est délirant. La psychanalyse a une vision sexuelle délirante, et même pathologique : l’idée que la sexualité est forcément maladive, forcément toxique, que c’est forcément quelque chose qui ne va pas, qui fait souffrir. Il n’y a pas de possibilité de santé sexuelle, et en plus, avec ce phallocentrisme sexuel, ils confondent la sexualité et la reproduction. Parce que la seule chose pour laquelle il faut un pénis, c’est pour faire un enfant, pour le reste, ça n’a rien à voir, la sexualité est beaucoup plus riche. En fait, ils ne font qu’exprimer une forme d’impuissance sexuelle, et leur rigidité mentale exprime cette impuissance. Et au lieu de lever cette impuissance et de permettre à l’énergie sexuelle de se libérer, et à toutes les composantes de la sexualité, qui sont variables d’une personne à l’autre, de s’exprimer, ils vont réifier tous ces blocages. Je vois ça comme un cours d’eau : la sexualité c’est un fleuve, et il y a des gens qui ont des cailloux au milieu du cours d’eau : le job d’un psychanalyste, ça devrait être d’enlever les cailloux pour laisser la sexualité s’exprimer librement. Mais en fait, ces cailloux, ces blocages, ils vont les renforcer, les réifier, en démonisant les femmes, en niant la possibilité d’un épanouissement sexuel, entre hommes et femmes, entre lesbiennes, entre homosexuels. Dès lors qu’on a affaire à deux adultes consentants, épanouis et non apparentés, pour les psychanalystes, ça ne va pas. Ca produit des gens qui sont impuissants, qui sont ancrés dans une vision maladive de la sexualité, ils créent des barrages, des blocages. Et si le courant sexuel n’est pas bloqué, il va s’échapper par capillarité, de tous les côtés, et ça, ça va faire le lit de toutes les perversions. C’est comme ça qu’ils arrivent à justifier la pédocriminalité, ça ne leur pose aucun problème, c’est la même logique qu’on retrouve dans les visions extrémistes des religions : quand vous démonisez la possibilité d’un épanouissement sexuel entre femmes ou entre hommes, ce sont les enfants qui trinquent.

 

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FS : Oui, et il y a toujours une condamnation psychanalytique persistante de l’homosexualité. C’est assez curieux, alors que le patriarcat –basé sur le male bonding–est fondamentalement homosocial et homoérotique. Qu’en pensez-vous?

SR : Il faut apporter une nuance : c’est surtout l’homosexualité entre femmes qui est très violemment condamnée et même démonisée par les psychanalystes : parce que deux femmes entre elles, c’est totalement incompatible avec leur système de valeurs. Freud était embarrassé par rapport à l’homosexualité, parce qu’il reconnaissait qu’il y avait des grands auteurs grecs, latins, au moment de l’invention des patriarcats, qui étaient homosexuels. Donc il prêtait une certaine valeur, au moins purement intellectuelle, à des hommes homosexuels. Après, comme pour la plupart des psychanalystes, un rapport sexuel, ça doit être un pénis dans un vagin, ils sont ancrés dans cette idée qu’un vrai rapport sexuel, ça ne peut être qu’un coït, et tout ce qui déroge à ça, ça ne va pas, c’est forcément dans le registre de la perversion ; ça met en évidence une extrême pauvreté de leur vision de la sexualité. Ils sont dans un système ou le seul organe sexuel qui ait de la valeur, c’est le pénis, les seuls sujets de la sexualité, ce sont les porteurs de pénis. Donc dans la logique des psychanalystes, tous les hommes devraient être homosexuels. Et donc les psychanalystes devraient être très tolérants envers l’homosexualité—mais ils ne sont pas à une contradiction près.

Il faut apporter une autre nuance, c’est qu’à l’époque du combat pour le mariage pour tous et pour l’homoparentalité, il y a beaucoup de psychanalystes qui sont montés au créneau pour parler en censeurs et s’élever contre ces réformes : selon eux, les couples homoparentaux, ça allait créer des psychotiques, et si ce n’était pas immédiatement, ça serait à la troisième génération. C’est allé très loin, et Jacques-Alain Miller, (le dirigeant de l’école de la Cause freudienne, le lobby de psychanalystes le plus puissant en France aujourd’hui, le plus influent) s’est élevé contre ça en disant en gros :  maintenant ça suffit, ça va commencer à se voir qu’on est des gros réacs, donc les psychanalystes ont mis une sourdine mais ils n’en pensent pas moins intérieurement. Il a recadré ses troupes en disant en substance :  maintenant les homosexuels, c’est très bien, circulez, il n’y a rien à voir. Mais ils restent majoritairement homophobes, mêmes s’ils peuvent avoir des amis (ou patients) homosexuels et discuter avec eux, ils ont la conviction intime que les homosexuels sont de grands malades. Il y a eu un mot d’ordre lancé, qu’il fallait désormais se taire sur ce sujet, que c’était un sujet tabou parce que ça leur donnait une image trop réactionnaire. Il faut savoir que les psychanalystes maintiennent leur influence sur la société à travers les canaux de la culture et des médias, où il y a des homosexuels, donc il ne faut pas trop les malmener ouvertement. Officiellement, le discours de certains psychanalystes, ça va être « mais non, l’homosexualité, c’est formidable.» En réalité, il y en très peu pour qui homosexuel n’égale pas malade mental.

FS : Vous venez d’aborder brièvement la façon dont la psychanalyse voit la sexualité féminine, selon eux, le désir des femmes est essentiellement le « désir d’être désirée », le désir d’être objet sexuel. Donc les femmes ne ressentent pas de désir pour les hommes ou pour d’autres femmes, dans cette approche, elles ne peuvent pas être sujets sexuellement désirants. Pourtant les femmes savent bien qu’elles désirent—mais la psychanalyse leur dit que c’est faux. C’est un déni de ce que disent les femmes. Qu’en pensez-vous?

SR : Quand ils tentent d’appréhender ce désir féminin, ils vont considérer que le clitoris est un pénis rabougri, ils vont lui attribuer une fonction masculine, ce qui permet de déposséder complètement les femmes de leur propre corps. Donc si une femme désire, elle se comporte comme un homme, c’est sa part masculine qui s’exprime. S’ils acceptent de reconnaître un peu de positivité chez une femme, c’est forcément sous une forme masculine. Ce sont des propos fascisants, c’est une espèce d’essentialisme négatif asséné sur les femmes, c’est condamnable en tant que tel, mais ça l’est d’autant plus que c’est utilisé en thérapie, c’est-à-dire pour traiter la souffrance psychique, les maladies mentales et les violences sexuelles.

 

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FS : Vous savez que pendant très longtemps, l’impératif de la jouissance vaginale a été un mot d’ordre freudien et cette soi-disant « norme » du plaisir vaginal semble être un des mythes freudiens qui est loin d’avoir été totalement abandonné. Est-ce que le clitoris et la jouissance clitoridienne des femmes font toujours peur aux psychanalystes ? Et pourquoi?

SR : A ma connaissance, oui, complètement. Rien n’a évolué. En fait, la seule chose qui évolue chez les psychanalystes, c’est qu’ils vont masquer leurs dogmes, par des constructions intellectuelles, une manière de s’exprimer avec beaucoup de contradictions, un discours très abscons ; ils font de la mousse en fait, sur le plan intellectuel, mais sur le fond, c’est exactement ça. Une femme qui se masturbe le clitoris, c’est une femme qui exprime sa virilité—et de toute façon, c’est quelque chose d’immature, de pas bien. Et plus généralement, il y a cette démonisation de la jouissance féminine : la femme n’est pas et ne peut pas être le sujet de la jouissance : au lieu de dire ouvertement que la femme est inférieure, ils vont utiliser des formules codées, ils vont dire qu’elle est dans le manque, qu’elle est dans le moins. Ils emploient ce type de jargon pour dire la même chose en étant un peu moins explicite. Il y a toute une rhétorique sur le fait que les femmes aujourd’hui souffriraient de leur libération, souffriraient du féminisme. Elles n’arrivent pas à jouir parce que pour arriver à jouir, il faut accepter de se soumettre à un homme. Quel manque d’imagination ! Ce qu’ils produisent, c’est vraiment de la misère sexuelle.

Ce qui est terrifiant chez les psychanalystes, c’est que ce sont souvent des femmes qui disent ces horreurs sur les femmes. J’ai assisté à des conférences où des femmes psychanalystes parlent des femmes et tiennent des propos négationnistes, disent des horreurs, et dans la salle, il y a des psychanalystes hommes qui les regardent ébahis et pensent « oh lala, moi je ne me permettrais pas de dire ça ! »

FS : Elles en remettent dans la misogynie…Ce qui est intéressant, c’est qu’elles vont plus loin que les hommes.

SR : Complètement, elles sont plus explicites, plus violentes, en tout cas, elles ont moins de barrières que les hommes. Ce qu’elles disent vient de Freud et Lacan, ça vient des hommes mais elles le revendiquent et elles le recyclent. Des psychanalystes hommes diront : « ma femme qui est psychanalyste, c’est ce qu’elle dit, et c’est une femme qui le dit, donc elle a raison ». Le patriarcat ne tiendrait pas sans ces complicités féminines.

FS : Avec éventuellement le zèle excessif et maladroit des séides et des disciples. Comme vous dites, les hommes trouvent quelquefois qu’elles vont trop loin.

SR : Elles ont été manipulées sur le divan, tous ces gens ont été manipulés pendant des années, des décennies sur le divan, c’est un gigantesque travail de lavage de cerveau… C’est important de préciser aussi que les psychanalystes ne sont pas aussi toxiques vis-à-vis des hommes dans la mesure où, symboliquement et schématiquement, ils vont valoriser les hommes—ils valorisent le pénis, ils valorisent le phallus etc. Mais en fait, ils ont une vision de l’homme qui est tout aussi aberrante, sinon aussi toxique. Et même s’ils apparaissent un peu plus protégés, de toute façon, pour les psychanalystes, la sexualité, ça ne marche pas pour les hommes non plus. Les hommes sont forcément des pervers, des impuissants, les hommes qui ont des capacités intellectuelles ou culturelles sont forcément impuissants, ils ont une vision maladive de la sexualité en général.

FS : Il y a quelque chose qui est encore plus grave : certains de ces psychanalystes tiennent des propos qui relèvent de l’incitation aux violences sexuelles envers les femmes et les enfants, c’est-à-dire au crime: excuse de l’inceste, en particulier par Françoise Dolto–à condition qu’il s’agisse de l’inceste père-fille, par contre, l’inceste mère-fils, c’est l’horreur absolue–et le fameux « violez-là! » de Naouri au mari d’une de ses patientes qui ne souhaitait pas avoir de relations sexuelles avec lui. La psychanalyse est-elle dangereuse pour les femmes, les femmes victimes d’agressions sexuelles et d’inceste en particulier?

SR : Je pense que, s’il s’agit de la psychanalyse orthodoxe—les gens qu’on voit dans le film qui représentent 90% des psychanalystes–en fait tout le monde, quel que soit son vécu– est en danger. Je connais des gens qui n’ont pas vécu de traumatismes sexuels, qui n’ont pas de trouble neuro-développemental, pas de maladies cachées, mais qui se fabriquent des pathologies sur le divan. La psychanalyse, c’est quelque chose qui peut abimer des gens qui vont bien, donc par extension ça peut causer des dommages encore plus graves à des gens qui ont vécu des traumas. Ca les amène au minimum à ruminer ces traumas, à se culpabiliser et à entraîner un malaise pendant très longtemps ; il y a des suicides, des dépressions chez des patient-es de psychanalystes, il y a des études qui ont été faites là-dessus, il y a beaucoup de témoignages de gens qui sont complètement déstructurés. Et ça détruit les victimes de violences sexuelles, parce qu’elles ne peuvent pas s’exprimer, elles ne sont pas crues. La première des choses pour une victime de violences sexuelles, c’est d’avoir affaire à une écoute bienveillante. Or là, elles ne sont pas crues, elles sont culpabilisées, face à ces pseudo-thérapeutes imprégnés de culture du viol et d’un discours pervers, ils vont réitérer la victimisation, ils vont plaquer sur leur analysant victime de traumatisme ce discours pervers, ils vont l’enfermer là-dedans. A des victimes d’inceste, après des années sur le divan, ils vont dire que si ça s’est passé, c’est parce qu’elles l’ont cherché, quelque part, elles ont été séductrices.

Il faut savoir aussi que ça marche dans l’autre sens, c’est-à-dire que—comble de la perversion—les psychanalystes peuvent créer des faux souvenirs de violences sexuelles chez des gens qui n’ont aucun souvenir traumatique. Et un même psychanalyste peut s’acharner à convaincre une analysante qu’elle a été violée par son père, et à côté de ça, le même psychanalyste va recevoir une patiente qui a un vrai vécu traumatique, qui vient pour ouvrir sa boîte de Pandore, parce qu’il y a des choses dont elle doit parler pour se délivrer, il faut que ça sorte, et là le psychanalyste va lui dire : « non, c’est des faux souvenirs, ce n’est pas vrai ou vous l’avez cherché ».  Donc j’estime qu’on peut être en danger si l’on est entre les mains d’un psychanalyste, il y a parmi eux des charlatans dangereux. Bien sûr, ce n’est pas le cas pour 100% des psychanalystes, certains sont un peu plus à l’écoute, ils ne sont pas 100% frapadingues, de temps en temps, on peut tomber sur des personnes plus bienveillantes qui vont donner des conseils et qui ne sont pas complètement dogmatiques—mais c’est un coup de chance.

 

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FS : Dans votre film, des psychanalystes que vous interviewez parlent de « l’amour des pédophiles pour les enfants ». La psychanalyse est-elle un obstacle majeur à la dénonciation des hommes incestueux et pédophiles?

SR : Complètement. Ils ont une responsabilité active dans la non-dénonciation des atteintes sexuelles et pédocriminelles et ça se retrouve massivement dans le fait que, comme beaucoup de psychanalystes sont experts auprès des tribunaux–ces experts psychiatres et psychologues auprès des tribunaux sont habituellement de formation psychanalytique– il y a face aux enfants victimes une absence d’écoute. Toutes ces idées imprègnent la société française, cette culture qui dit que les petites filles se construisent comme objets sexuels pour leur papa est très présente, cela fait qu’ils fonctionnent comme un bras armé de la pédophilie. Ca a lieu a l’insu d’un certain nombre de psychanalystes mais je pense que beaucoup d’entre eux sont dans la non-assistance à personne en danger, ils sont responsables de ce qui se passe. S’il y a quasi-impunité des auteurs de violences sexuelles, c’est parce que, à chaque fois que des enfants veulent en parler, ils sont pris dans un maillage de professionnels qui sont formés à ne pas les écouter et à inverser les responsabilités. Ils sont formatés à une logique perverse qui fait le lit de la pédocriminalité. Avec l’idée que non seulement l’enfant fantasme mais qu’il a–et même un bébé–des désirs sexuels et qu’à la limite le viol, ça permet d’apprendre à une petite fille à se comporter en femme. Le regard incestueux d’un père,  c’est formateur pour une petite fille, c’est ce que dit Jacques André dans le film.

FS : Dans le fond, c’est vrai : un viol, ça forme une petite fille à se soumettre aux hommes, sexuellement et autrement…

SR : Comme le dit une psychanalyste, au pire, « elle sera un peu débile ». Les gens qui se sont exprimé dans mon film, ce sont des gens assez âgés pour la plupart—sauf deux–, parce que ce sont ceux qui ont de la bouteille qui ont l’autorité pour s’exprimer mais ils imprègnent des tas de jeunes, et je vois qu’au cours des séances de débat du film dans toute la France, je suis constamment en contact avec des psychologues, des psychiatres et parfois des femmes jeunes, des femmes de moins de trente ans, qui justifient ça mordicus : les enfants ont des désirs sexuels pour les adultes, c’est comme ça.

L’autre jour, j’ai échangé avec une jeune femme qui travaille pour l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), elle reçoit des enfants victimes d’inceste. Elle me dit : « je suis capable de reconnaître que ça ne leur a pas fait du bien, c’est vrai, c’est vraiment dommage que ça leur soit arrivé, mais je suis aussi capable d’entendre que quelque part, au fond d’eux-mêmes, c’est quelque chose qu’ils ont pu désirer ». C’est dramatique, elle ne se rend pas compte—et pourtant cette personne exerce dans un établissement pour enfants dans la Creuse depuis des décennies. En plus, le passage sur le divan encourage les pervers, ils arrivent chez le psychanalyste et alors, c’est open bar : « allez-y, écoutez votre désir, ne vous réfrénez pas trop, c’est comme ça que vous allez trouver votre bonheur ». Ce discours reçu par des pervers sexuels peut faire des ravages, Les gens arrivent avec une petite faille, on va légitimer leurs comportements sexuels, et ça va créer de grosses failles derrière. A côté de ça, il y a des gens qui ne vont pas devenir des pervers mais sont tellement imprégnés d’une vision maladive de la sexualité qu’ils sont incapables d’avoir des garde-fous.

FS : Vous observez justement dans le film qu’il n’y a pas d’analyse, pas de théorie concernant la sexualité masculine dans la psychanalyse: le maître reste dans l’ombre, il voit , il juge, il dissèque les femmes  mais il n’est ni vu ni jugé. Autre inversion: Freud a parlé de la sexualité féminine comme d’un « continent noir » inexploré. En fait dans la psychanalyse, c’est la sexualité masculine qui est un « continent noir » Qu’en pensez-vous?

SR : Complètement. Parce que pour eux, c’est limité au complexe de castration. C’est une idéologie où le phallus est triomphant, et le garçon ne devient un homme que parce qu’il a peur que son père lui coupe son pénis. On ne peut pas démoniser l’une sans démoniser l’autre. Dans cette pseudo-valorisation phallique, l’homme est tout aussi castré par la psychanalyse. Le discours psychanalytique coupe les femmes de leur sexualité mais il émascule les hommes. Il n’y a aucune appréhension de la notion de bien-être et de santé sexuelle, donc ça fabrique des pervers d’un côté et ceux qui ne deviennent pas pervers, ils vont rester avec leurs problèmes toute leur vie parce que ce n’est pas la psychanalyse qui va les aider, bien au contraire–ça va les enfoncer dans leur problématique. La sexualité féminine, ils sont obsédés par ça, ils voient ça comme une source de problèmes, il n’y a jamais la possibilité d’une sexualité heureuse.

 

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FS : Vous notez aussi dans « Le phallus et le néant » que la place des psychanalystes dans les médias français est considérable: on leur demande leur avis sur tout. C’est très étonnant, parce qu’aux Etats-Unis, la psychanalyse est largement abandonnée, comme théorie explicative des comportements humains et comme psychothérapie. Comment expliquez-vous cette persistance de l’adhésion culturelle à la psychanalyse en France, pourquoi la France est-elle devenue le « musée archéologique de la psychanalyse »?

SR : Ma théorie est que la France a très longtemps lutté contre l’introduction de la psychanalyse. A l’époque où la psychanalyse s’est répandue aux Etats-Unis et dans les autres pays d’Europe, à l’issue de la Deuxième guerre mondiale, dans les années 50/60, à cette époque en France, il n’y avait qu’un petit groupe de Freudiens autour de Marie Bonaparte, il n’y avait qu’une poignée de Freudiens. Et la France était hostile à la psychanalyse, parce que c’était une invention étrangère etc. Et c’est là que Lacan a vraiment implanté la psychanalyse en France, ce qui fait que nous l’avons eu beaucoup plus tard que les autres, au moment où elle refluait dans le reste du monde. Il y a eu un grand effet de mode avec la psychanalyse aux Etats-Unis, en Angleterre, mais à partir des années 60, les gens ont commencé à se dire : « ok, ça n’a pas d’effet sur les patients, ça ne marche pas, donc on va faire autre chose ». Les Américains sont très souples, ils peuvent se passionner pour certaines choses, puis changer d’avis. En fait, les psychanalystes sont devenus les premiers cognitivistes…

 

 

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FS : C’est le côté pragmatique américain ; si quelque chose ne marche pas, on laisse tomber…

SR : Exactement, et dans les années 90, il y a eu les premières études qui ont été faites, des études comparatives sur l’efficacité de différents types de thérapie, on s’est rendu compte que la psychanalyse, ça ne marchait pas du tout. Du coup, les mutuelles ont refusé de rembourser les séances—pas plus de trois séances– et les gens ont cessé d’aller voir des psychanalystes. Et même quand la psychanalyse était populaire aux Etats-Unis, ils écoutaient ce qu’a dit Freud : la psychanalyse, c’est pour des gens qui vont bien, on ne peut pas soigner avec la psychanalyse. On ne peut pas soigner des psychotiques avec la psychanalyse.

C’est Lacan qui a implanté la psychanalyse en France, nous on l’a eue beaucoup plus tard que les autres, et d’une manière beaucoup plus rigide et dogmatique. Ca a été propagé quasiment comme une religion fondamentaliste, il a imposé un retour à Freud—à l’époque plus personne ne le lisait—et il a innové, il a apporté des innovations personnelles, qui sont plaquées du catholicisme romain. En fait, dans cette direction-là, il est allé plus loin que Freud, il a cristallisé des idées qui étaient déjà présentes chez Freud. L’objectif de l’école de la Cause freudienne, (l’association des Lacaniens légitimes, gérée par le gendre de Lacan, Jacques-Alain Miller), c’est de défendre la pureté de la psychanalyse contre le reste du monde. Dans un interview qui ne figure pas dans le film, Alexandre Stevens s’enorgueillit qu’il y ait une droite ligne entre la Vienne  du XIXème siècle et Paris aujourd’hui ; en fait ils sont des gardiens actifs de la pureté de la psychanalyse contre les déviances, les déviances américaines par exemple, contre l’ego-psychologie, contre les psychanalystes qui ne sont plus vraiment psychanalystes et sont devenus positivistes qui cherchent de vrais résultats, qui cherchent la confrontation de leurs théories avec le réel. C’est une secte. Et l’innovation dans ce que dit Lacan, c’est que seule la perversion permet le rapport sexuel, c’est le cœur de la théorie lacanienne, c’est un jeu de mot : père-version. Les femmes n’ont pas de sexe, donc pour daigner faire l’amour avec ces créatures immondes que sont en gros les femmes, il faut être dans une perversion totale : puisque les mères enferment leurs enfants dans une relation nécessairement incestueuse—les psychanalystes considèrent que l’allaitement maternel, c’est incestuel, la naissance par les voies naturelles, c’est incestuel—donc un homme qui viole et tue une femme ne fait que reproduire la violence incestuelle qu’il a subie de par sa naissance. Et dans cette logique-là, le père a le droit d’être pervers, c’est une manière sophistiquée de légitimer les conduites sexuelles perverses.

 

 

(1) « L’infériorité intellectuelle de tant de femmes, qui est une réalité indiscutable, doit être attribuée à l’inhibition de la pensée, inhibition requise pour la répression sexuelle. » « La Vie Sexuelle », 1907-1931, ed. 1969.

« C’est un fait connu, et qui a donné aux hommes ample matière à récrimination, que souvent le caractère des femmes s’altère singulièrement une fois qu’elles ont renoncé à leur fonction génitale. Elles deviennent querelleuses, tracassières et ergoteuses, mesquines et avares ; elles font ainsi montre de traits d’érotisme sadique anal qu’elles ne possédaient pas auparavant, durant leur féminité.  À toutes les époques, vaudevillistes et satiriques ont dirigés leurs pointes contre, ce « vieux dragon » que devenaient les gracieuses jeunes filles, les caressantes épouses, les mères ». « La Prédisposition à la névrose obsessionnelle », 1913, ed. 1929..

« Le secret de l’imbécillité physiologique des femmes réside dans le fait qu’elle est une conséquence du refoulement sexuel. Comme on leur interdit de penser à ce qu’il y a de plus valable pour elles, l’activité de la pensée en général n’a plus de valeur du tout. » Rapporté par Otto Rank, 1911.

« Même si la femme « doit être jugée avec indulgence et tolérance dans les domaines où elle est en retard sur l’homme, il est vrai, dit Freud, que la femme ne gagne rien à étudier et que cela n’améliore pas, dans l’ensemble, la condition des femmes. En outre, la femme ne peut égaler l’homme dans la sublimation de la sexualité. » Rapporté par Otto Rank, 1907.

« La femme a le sens de la justice peu développé, ce qui s’explique par la prédominance de l’envie dans sa vie psychique […] Ses intérêts sociaux sont moins développés et ses capacités de sublimer ses passions sont plus faibles que ceux des hommes ». « Neue Folge der Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse », 1933.

« Derrière l’envie de pénis se révèle l’amertume hostile de la femme envers l’homme, amertume dont les productions littéraires des « émancipées » présentent les signes les plus évidents. » « Le Tabou de la Virginité », 1933.

[…] l’enfant ne se comporte pas autrement que la femme moyenne inculte, chez qui subsiste la même disposition perverse polymorphe. Dans les conditions habituelles, celle-ci peut rester à peu près normale sexuellement, mais sous la conduite d’un habile séducteur, elle prendra goût à toutes les perversions et en maintiendra l’usage dans son activité sexuelle. Dans son activité professionnelle, la prostituée met à profit la même disposition polymorphe et, par conséquent, infantile ; et, si l’on considère le nombre immense de femmes prostituées et de celles à qui il faut accorder des aptitudes à la prostitution bien qu’elles aient échappé au métier, il devient en fin de compte impossible de ne pas reconnaître dans l’égale disposition à toutes les perversions un trait universellement humain et originel. » « Trois Essais sur la théorie sexuelle », 1905.

18 juin 2019

Le handicap, infériorité : la définition du dico a changé !

Lorsque le dictionnaire considère le handicap comme une " infériorité ", des associations montent au créneau pour obtenir une définition moins discriminante. Elles ont, en partie, obtenu gain de cause dans l'édition 2020. Les mots ont une valeur !

17 juin 2019 • Par

 

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« Désavantage quelconque qui met en état d'infériorité » (Larousse maxi poche 2018), « Désavantage souvent naturel, infériorité qu'on doit supporter » (Larousse version internet) ou encore « Chose qui diminue les chances de s'épanouir ou de réussir » (Le Robert Junior 2018). Telle était la définition du handicap dans les dictionnaires nationaux français. Mais, çà, c'était avant ? L'édition 2020 du Petit Robert parue en juin 2019 a décidé d'en finir avec ce terme ultra péjoratif et de se mettre en conformité avec la définition donnée par la loi handicap de 2005. Exit la notion d'infériorité !

Une mission d'intérêt général

On doit cette victoire à l'association Droit Pluriel, le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) et le Conseil national des barreaux qui, en mars 2018, interpellaient les deux éditeurs à ce sujet. « Votre mission d'intérêt général étant de participer à la définition des mots selon l'état de la connaissance, de la législation et de leurs usages actuels, nous, acteurs engagés dans l'égalité des droits, nous étonnons de vos dernières propositions sur le terme handicap », écrivaient-ils dans une lettre commune, jugeant que les personnes handicapées et leurs proches se sentaient « rabaissés, humiliés, voir discriminés ». Selon ce collectif, « le handicap décrit une situation d'empêchement et pas un état diminué du corps».

Réaction à 2 vitesses

« Le Robert a très vite répondu et s'est montré intéressé et ouvert à la démarche, comprenant parfaitement l'urgence de modifier la définition », explique Anne-Sarah Kertudo, de Droit pluriel. Elle est désormais fidèle à la loi : « Toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives, psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant ». « En revanche, Larousse n'a jamais réagi », ajoute-t-elle. Sa nouvelle édition est parue le 5 juin mais il n'est pas encore en librairie précise-t-elle, espérant qu'une définition plus adaptée a été choisie…

17 juin 2019

Edouard Philippe face à l'autisme : On ne mollira pas !

 

Edouard Philippe face à l'autisme : 'On ne mollira pas !'

" Pour une rentrée pleinement inclusive en 2019 ", promet le gouvernement le 11 juin 2019 ; " Non à une inclusion au rabais pour les élèves handicapés ", riposte l'Unapei trois jours plus tard. Ce jour-là, le 14 juin, Edouard Philippe, Premier ministre, part à la rencontre des Français dans le Tarn.

https://informations.handicap.fr

 

15 juin 2019

Autisme. Édouard Philippe veut accélérer l’inclusion scolaire

article publié sur Ouest France

Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d'enseignement qui favorise l'inclusion scolaire.
Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d'enseignement qui favorise l'inclusion scolaire. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

 

Édouard Philippe a reconnu vendredi 14 juin la « lenteur » dans le déploiement des unités d’enseignement externalisées (UEE) qui permettent à des enfants accueillis en établissement médico-social, notamment des autistes, de bénéficier de l’inclusion scolaire, tout en mettant en avant le progrès réalisé en quelques années.

Des unités d’enseignement externalisées (UEE), « il y a trois ans il n’y en avait pas, aujourd’hui il y en a quelques-unes, et dans trois ans il y en aura 45 » dans les écoles élémentaires, a affirmé le Premier ministre, en compagnie de la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel, lors de l’inauguration d’une UEE à Albi dans le Tarn, ce vendredi 14 juin. Trente nouvelles unités ouvriront à la rentrée. Ces unités d’enseignement externalisées (UEE) permettent à des enfants accueillis en établissement médico-social, notamment des autistes, de bénéficier de l’inclusion scolaire.

Cette classe accueille actuellement neuf élèves autistes à l’école élémentaire de Rochegude. « Il reste énormément à faire. […] Bien sûr que ça se passe lentement, et que si vous êtes le père ou la mère vous espérez que ça aille plus vite », a-t-il indiqué, assurant toutefois que « le dispositif s’étoffe ».

Une centaine de classes de ce type en maternelle

Dans les écoles maternelles, plus d’une centaine de ces classes existent, tandis qu’il y a 10 ans « il n’y en avait pas du tout », a ajouté Édouard Philippe, en déplacement pour le congrès de Villes de France.

La secrétaire d’État a pour sa part mis en avant sa volonté, et celle du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, de « mettre en place une école inclusive, de qualité », grâce à « une palette de dispositifs ».

« Ça ne se décrète pas, ça se construit, et c’est pour ça que ça peut sembler lent aux yeux des parents », a-t-elle dit, après une rencontre avec des enfants autistes et leurs parents.

Des parents « démunis, fatigués et seuls »

Pour Agnès, la mère de Julia, 7 ans, « les parents sont démunis, fatigués et seuls ». « Ce n’est pas normal qu’il y ait encore des enfants, en âge d’être scolarisés, et qui, par manque de moyens ou de je-ne-sais-quoi, restent chez eux, sans prise en charge », lance-t-elle en colère.

La stratégie gouvernementale sur l’autisme, annoncée en avril 2018, a donné lieu à un « important travail souterrain ces derniers mois, qui ne montre pas de résultats très concrets mais qui était nécessaire », a indiqué, lundi 10 juin, Claire Compagnon, déléguée interministérielle pour l’autisme.

30 nouvelles unités à la rentrée

Sophie Cluzel et Claire Compagnon ont dressé un premier suivi de ce plan doté de 344 millions d’euros sur cinq ans, à la veille de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Il prévoit notamment de renforcer les unités d’enseignement pour autistes à la maternelle (180 unités en plus des 112 existantes, dont 30 à la rentrée prochaine).

À l’école élémentaire, six unités ont ouvert à Albi, Amiens, Dieppe, Sainte-Geneviève-des-Bois, Toulouse et Vaulx-en-Velin. Dix autres ouvriront à la rentrée.

On estime à 600 000 le nombre d’autistes adultes en France, et à 100 000 le nombre d’enfants.

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14 juin 2019

La mère d'un petit garçon autiste a essayé d'interpeller Emmanuel Macron à Ornans

Lundi 10 juin 2019 à 18:23 -
Par , France Bleu Besançon

Charlotte Dodet, mère du petit César 6 ans se bat pour trouver une structure d'accueil adaptée pour son fils autiste. Ce lundi, elle a essayé d'interpeller le président Emmanuel Macron à Ornans.

Le petit César a des difficultés à s'exprimer selon sa mère mais a fait des progrès en structures adaptées. Le petit César a des difficultés à s'exprimer selon sa mère mais a fait des progrès en structures adaptées. -

Besançon, France

Malgré son insistance, les gendarmes n'ont rien voulu savoir.  Charlotte Dodet la mère du petit César, 6 ans et atteint d'autisme, n'a pas pu interpeller le président de la République Emmanuel Macron. "C'est frustrant et épuisant", confie la maman. "Je voulais lui parler de la situation de mon fils autiste", explique-t-elle.

10 familles concernées 

Depuis deux ans, son fils César était en structure adaptée à l'accueil d'enfants autistes, en unité d'enseignement maternelle. Mais à la rentrée prochaine, César n'aura plus de place, l'enfant est actuellement neuvième sur liste d'attente pour intégrer un établissement spécialisé. 

"Concrètement, nous ne savons pas que ce fera César à la rentrée, s'il sera scolarisé, et où. C'est extrêmement pesant comme attente". "Déjà la première fois, nous avons dû nous battre un an pour obtenir une place dans cette structure", abonde la maman de César. 

Porter plainte contre l'Etat

Dans le Doubs, 10 familles seraient concernées selon Charlotte Dodet. "Pour nous c'est un calvaire, nous ne comprenons pas pourquoi des places supplémentaires ne sont pas ouvertes par le gouvernement, les financements sont là", peste Mme Dodet. 

Aujourd'hui pas question de rester sans solution assure la Bisontine, les dix familles concernées par le manque de place pour leurs enfants handicapés envisagent de porter plainte contre l'Etat si aucune solution n'est trouvée d'ici le 15 juin. 

12 juin 2019

Une classe maternelle pour les enfants autistes dès la rentrée prochaine à Draguignan

 

Une classe maternelle pour les enfants autistes dès la rentrée prochaine à Draguignan

"Cette décision, je ne peux que m'en féliciter!" Le maire Richard Strambio s'enthousiasme. A raison. La résolution dont l'édile parle? Dès la rentrée prochaine, sept enfants atteints d'autisme seront scolarisés dans une classe maternelle à l'école Paul-Arène. Âgés de 3 à 6 ans, ils seront inscrits

https://www.varmatin.com

 

12 juin 2019

Projet mondial : le handicap s'expose dans les rues de Lyon

Des centaines de portraits de personnes en situation de handicap psychique ou mental sont exposés en plein cœur de Lyon. En les mettant en lumière, l'artiste contemporain JR entend délivrer un message de tolérance.

12 juin 2019 • Par

 

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288 portraits ornent les murs de la rue Jarente, en plein cœur de Lyon. Leur particularité ? Tous ses visages immortalisés en noir et blanc sont ceux de personnes en situation de handicap mental ou psychique ou du personnel qui les accompagne. A la manœuvre ? L'artiste français JR -connu pour avoir fait disparaître la pyramide du Louvre en 2016, avant de la faire resurgir de ses fondations en mars 2019-, pointure du collage photographique. Grâce à cette technique, il expose ses œuvres librement sur les murs du monde entier pour rendre la culture accessible à tous, y compris à ceux qui ne fréquentent pas les musées. Séduits par sa démarche, les résidents de l'association Adélaïde Perrin, qui accompagne près de 200 personnes handicapées, ont accepté de poser dans le cadre du « Inside out project », un concept participatif qui vise à transformer des messages personnels en œuvres d'art. Une expo en plein air à découvrir jusqu'à la fin de l'année 2019.

Afficher la différence

Avec cette ribambelle de portraits, JR souhaite « transformer le monde ». Rien que ça ? Il espère surtout délivrer un message de tolérance. Selon lui, « la différence ouvre des possibilités ». Au lieu de la cacher, il choisit de la placarder. « Jusque dans les années 60, les personnes qui vivaient dans cette résidence étaient enfermées (…). Les choses ont beaucoup évolué. Aujourd'hui, elles peuvent être à l'extérieur et s'afficher fièrement », explique à France Info Aline Pichon, co-organisatrice du projet et psychologue de l'association. Comme de nombreux participants, Anne-Françoise Berger n'est pas près d'oublier cette expérience, selon elle, source de « bonheur » et de « bonne santé ».

Message de tolérance

L'ambition de JR ne se limite pas au handicap et s'étend à toutes les formes de « différences » : origine, religion, culture, orientation sexuelle... « Nous voulons que les gens apprennent à se voir sans tenir compte des différences. Nous pouvons apprendre les uns des autres et ainsi enrichir nos propres vies, revendique son équipe sur son site web. Nous n'avons pas besoin d'être tous égaux pour vivre ensemble. Et, parfois, nous sommes plus égaux que nous ne voulons l'admettre. » Depuis la création de l'« Inside out » en 2011, 362 000 frimousses ont ainsi été exposées, permettant à des anonymes des quatre coins de la planète d'être mis en lumière dans le cadre d'un projet artistique gigantesque.

12 juin 2019

Élèves handicapés : le gouvernement promet l’inclusion et suscite des interrogations

article publié dans Faire Face

Les mesures annoncées par le gouvernement ne suffisent pas à sortir de la précarité les AESH, chargés d'accompagner les élèves handicapés.

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Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour une « rentrée pleinement inclusive en 2019 ». Dont la généralisation des Pial qui gèreront, à l’échelle d’un ou plusieurs établissements, l’affectation des AESH. Ces pôles sont loin de faire l’unanimité.

« Un grand service public de l’éducation inclusive. » Sur le papier, le projet du gouvernement pour les élèves en situation de handicap a de l’allure. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargé des personnes handicapées, l’ont présenté ce mardi 11 juin.

« Aujourd’hui, nous devons aller plus loin pour offrir à chaque enfant en situation de handicap une rentrée similaire à celle de tous les autres enfants », avancent-ils.

Le nombre d’élèves handicapés scolarisés en école ordinaire, au collège ou au lycée a triplé en douze ans.

Des Pial dans toute la France d’ici 2022

Leur plan repose, en grande partie, sur la création de Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Un Pial couvrira l’ensemble des écoles maternelles et élémentaires de chacune des 1 466 circonscriptions du premier degré.

Un Pial pourra aussi regrouper plusieurs collèges ou lycées. Voire un collège et des écoles de son secteur. À la rentrée 2019, 2,5 des treize millions d’élèves devraient dépendre d’un Pial. Le dispositif sera généralisé progressivement d’ici la rentrée 2022.

Coordonner AESH et professionnels


Les Pial gèreront les AESH. © S. Le Clézio

« Ces pôles seront en charge de gérer, au sein de l’école, la scolarité des enfants en situation de handicap, et notamment de coordonner les accompagnements spécifiques dont ils ont besoin », explique Jean-Michel Blanquer, dans Ouest-France.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) dans un premier temps et, « à terme », les interventions des ergothérapeutes, kinés, etc. Une expérimentation avec ces professionnels du secteur médico-social sera conduite dans chaque académie à partir de la rentrée 2019.

Des pial pour pour estimer les besoins

Le Pial permettra « plus de réactivité et plus de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement humain », assure le gouvernement. Le coordonnateur du Pial recensera, sur son secteur, les besoins en accompagnement notifiés par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Et il estimera les besoins nouveaux. Les AESH seront alors pré-affectés.

Un corps d’AESH


Le nombre d’élèves handicapés accompagnés a été multiplié par six
entre 2006 et 2018.

Ce qui sera plus facile qu’auparavant puisque, c’est le second volet important de la réforme, ces accompagnants ne seront plus recrutés sur des contrats courts, de quelques mois ou d’un an.

Tous les AESH bénéficieront désormais d’un CDD de trois ans, renouvelable une fois avant un contrat à durée indéterminée (CDI). Le ministère de l’Éducation nationale aura donc à sa disposition un corps d’AESH. Il lui sera dès lors plus facile de les suivre, de les former et de les mobiliser pour la rentrée.

Six années avant un CDI


Les AESH revendiquent un vrai statut. © DR

Cette avancée ne marque toutefois pas la fin de la précarité, pour ces accompagnants. Comme c’était le cas jusqu’alors, ils devront en effet patienter six années avant de bénéficier d’un CDI. De plus, beaucoup seront toujours contraints de travailler à temps partiel. Et donc d’avoir un revenu limité.

Un second employeur pour compléter les heures

Le ministre de l’Éducation nationale promet cependant une « augmentation du temps de travail moyen ». Comment ? En leur offrant la possibilité de compléter leur temps partiel à l’école par des heures d’accompagnement sur les temps extra-scolaires (garderie, centre de loisirs, etc.).

Cela impliquerait qu’ils aient un second employeur. Une mairie, par exemple.  « 33 % des AESH devraient être à temps complet » grâce à ce dispositif qui va être expérimenté, promet Jean-Michel Blanquer, toujours dans Ouest-France. 

Vers une « mutualisation forcée » ?

Mais la mise en place des Pial inquiète les collectifs d’AESH et des parents. Ils craignent qu’elle aboutisse à une « mutualisation forcée » des moyens. En clair, un Pial disposerait d’un nombre donné d’AESH qu’il répartirait entre les élèves en fonction du temps de travail global dont il dispose plutôt que des besoins réels des enfants.

La moitié des accompagnements déjà mutualisés


Évolution du nombre des prescriptions d’accompagnements mutualisés et individualisés, de 2012 à 2016

Cette tendance à la mutualisation est à l’œuvre depuis 2012, comme Faire-face.fr l’avait relevé. Aujourd’hui, pour près d’un élève sur deux, la CDAPH notifie un accompagnement mutualisé et non individuel. Dans ces cas, elle ne précise pas le nombre d’heures dont ils doivent bénéficier. Pourtant, elle l’indique (8 heures, 12 heures, temps plein…) dans le cas d’un accompagnement individualisé.

C’est donc aux AESH de répartir leurs heures  hebdomadaires entre les enfants qu’ils doivent épauler. De manière arithmétique, souvent, faute de disposer d’informations précises sur eux. Ce sera désormais l’une des fonctions du Pial.

Le ministère de l’Éducation nationale devient donc, de fait, décisionnaire sur le nombre d’heures nécessaires pour les enfants bénéficiant d’une notification d’accompagnement mutualisé. Avec le risque que son rôle de gestionnaire ne l’emporte sur sa mission de pédagogue.

D’autres mesures

– Les CDAPH pourront attribuer un AESH aux enfants « pour l’ensemble de leur cycle scolaire, de la maternelle au lycée, et non plus année par année », assure Sophie Cluzel dans Ouest-France.

– 200 Ulis (des classes pour élèves handicapés au sein d’établissements ordinaires) vont être créées, à la rentrée 2019, dont 100 en collèges et lycées.

– Une cellule sera mise en place dans chaque département, de juin à octobre, pour répondre, dans les 24 heures, aux questions des parents d’enfants en situation de handicap.

– Davantage de formation continue sur l’éducation inclusive et des ressources en ligne… mais rien concernant la formation initiale.

L’ensemble des mesures est détaillé dans le dossier de presse.

12 juin 2019

Les PIAL : une nouvelle organisation du travail des AESH

En mars dernier, dans un article titré « les PIAL arrivent », nous nous posions des questions à propos de l’évolution du travail des AESH dans le cadre des PIAL (Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés). Le Ministère de l’Education nationale vient d’apporter des réponses. Les PIAL sont arrivés !

Dans le cadre du projet « Ensemble pour une école inclusive », le Ministère marque sa volonté de mieux reconnaître la place des AESH dans le système scolaire et il propose une réorganisation de leur travail. Les services qui, dans les Inspections académiques mettent en œuvre la politique de scolarisation des élèves en situation de handicap, prennent le nom de « service Ecole inclusive ».

Les AESH sont membres à part entière de la communauté éducative

Les AESH appartiennent à la communauté éducative mais ils n’y sont pas toujours suffisamment bien intégrés. Le Ministère insiste donc pour que ce principe général devienne partout réalité. Il rappelle qu’enseignants et AESH sont appelés à travailler ensemble de manière quotidienne. Les AESH sont placés sous la responsabilité éducative et pédagogique des enseignants eux-mêmes, des directeurs d’école et des chefs d’établissement. Les modalités d’accompagnement de l’élève en situation de handicap par les AESH sont élaborées et fixées par les enseignants auprès desquels ils travaillent. Les AESH sont associés aux réunions des équipes de suivi de la scolarisation.

Les directeurs ou les chefs d’établissements doivent veiller, de leur côté, au bon accueil de l’AESH. Il sont invités à lui accorder un entretien d’accueil, à le présenter aux enseignants et aux élèves, puis à organiser un entretien de présentation associant les parents, l’enseignant concerné ou le professeur principal et l’AESH.

Le service Ecole inclusive facilitera l’accès de l’AESH aux outils et documents utiles à l’accompagnement des élèves concernés. Par ailleurs, petite simplification administrative, les six CDD d’AESH seront remplacés par deux CDD de trois ans. La liste des postes vacants sera publiée sur le site Place de l’emploi public. Et enfin, détail sympathique, une adresse fonctionnelle de courrier électronique est attribuée aux AESH.

Le PIAL est une nouvelle forme d’organisation du travail des AESH

Le PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisés) est essentiellement une nouvelle forme d’organisation du travail des AESH qui doit permettre de mieux répartir et coordonner leurs interventions en fonction des besoins et des emplois du temps des élèves concernés.

Il est un regroupement d’écoles et/ou d’établissements, à l’échelle d’une circonscription, d’un EPLE (Etablissement Public Local d’Enseignement) ou d’un territoire déterminé. La mise en place des PIAL se fera progressivement, de manière équilibrée, sur tout le territoire.

Dans le primaire, le PIAL est placé sous la responsabilité de l’IEN, qui peut déléguer, localement, à un directeur d’école, et dans le second degré sous la responsabilité d’un chef d’établissement. Les élèves bénéficiaires d’un AESH restent notifiés par la CDAPH mais c’est le responsable du PIAL qui arrête les emplois du temps des AESH et qui détermine la quotité horaire de leurs interventions auprès des élèves concernés. La circulaire ne le dit pas, mais dans le fonctionnement du PIAL la distinction entre aide individuelle et aide mutualisée n’a plus guère de raison d’être.

Les objectifs du PIAL : souplesse et autonomie

L’Education Nationale prend ainsi quelque distance par rapport à la MDPH. Elle se réserve l’organisation du travail des AESH. Le PIAL a pour objectif d’apporter de la souplesse dans l’organisation de l’accompagnement humain tout en restant, sur le terrain, au plus près des besoins des élèves en situation de handicap.

Un accompagnement ainsi rendu plus efficient n’en atteindra que mieux ses buts essentiels, à savoir développer l’autonomie de l’élève dans ses apprentissages et l’efficacité des enseignements ; sans oublier de veiller, si besoin, à sécuriser l’environnement de l’élève et à lui apporter la protection nécessaire quand la situation ou le contexte l’impose.

Ces deux objectifs, plus de souplesse et accès mieux contrôlé à l’autonomie, ne sont sans doute pas sans lien. Certains craignent en effet que l’accompagnement individuel n’ait tendance à isoler l’élève du reste de la classe et ne favorise pas suffisamment son autonomie (voir : AVSi et AVSm).  Il est peut-être intéressant, en effet, de tendre vers  un travail plus « mutualisé » des AESH.

Le manque de souplesse des AVS individuels était d’ailleurs l’un des arguments qui avaient justifié la création des AVS mutualisés, en 2013. On se plaignait des emplois du temps trop rigides, quand par exemple l’AVS restait une heure sur le banc de touche à assister à la leçon d’EPS…  Concernant l’accent mis aujourd’hui sur l’autonomie, il est vraisemblable que l’on n’a pas fini d’en parler et que ce thème reviendra dans les prochains débats.

Texte de référence : circulaire du 5 juin 2019, préparatoire de la rentrée 2019 – Pour une École inclusive

12 juin 2019

Du nouveau pour l'accueil des élèves en situation de handicap à la rentrée

 

Du nouveau pour l'accueil des élèves en situation de handicap à la rentrée

" Force est de constater que beaucoup d'enfants en situation de handicap ne font pas leur rentrée dans les mêmes conditions et le même temps que leurs camarades. C'est évidemment inacceptable ", a lancé ce mardi Jean-Michel Blanquer. Le ministre de l'Éducation nationale était en visite à l'école Anatole-France de Garges-lès-Gonesse, où il a été accueilli par des manifestants.

http://www.leparisien.fr

 

7 juin 2019

NON à une inclusion au rabais pour les personnes handicapées

NON à une inclusion au rabais pour les personnes handicapées

Le 06/06/2019

Le mardi 4 juin, monsieur Luc Gateau, président de l’Unapei a rencontré la ministre Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, pour lui remettre les conclusions du 59ème Congrès de l’Unapei qui se tenait à Lyon, les 24 et 25 mai. Faisant le constat d’une politique du handicap trop souvent déconnectée des réalités et des besoins des personnes handicapées et de leurs familles, l’Unapei demande, sans attendre, un plan d’actions pour une transition inclusive effectivement concertée et solidaire.

L’Unapei alerte le gouvernement : des milliers de personnes en situation de handicap toujours sans solution

Le président de la République, Emmanuel Macron a formulé, au début de son mandat, une promesse aux personnes en situation de handicap et à leurs familles : « il n’y aura plus de personnes en situation de handicap sans solution ». Emmanuel Macron a fait de cette lutte un des grands chantiers de son quinquennat. Or, depuis deux ans, les associations affiliées au mouvement Unapei font le constat amer que des réponses pragmatiques se font encore attendre.

Pour preuve, aujourd’hui encore, plus de 12 000 enfants[1] en situation de handicap intellectuel et cognitif sont sans solution éducative.

La société inclusive ne doit pas se construire au détriment de la protection sociale des personnes handicapées

Le mouvement Unapei constate que la politique du handicap menée actuellement par le gouvernement induit une inclusion au rabais des personnes handicapées, sans proposition concrète pour les individus les plus vulnérables.

Vigilante, l’Unapei dénonce une politique qui risque de mettre à mal la protection sociale indispensable à la vie de chaque personne :

  • pour transformer durablement l’offre médico-sociale, le gouvernement demande aux associations d’innover. Les territoires 100% inclusifs sont des opportunités pour lever les blocages à l’inclusion des personnes en situation de handicap. Pourtant, les associations se voient opposer les mêmes freins administratifs et règlementaires alors qu’elles proposent des dispositifs innovants favorables à une scolarisation, un logement et un accès à l’emploi aux personnes handicapées.
  • pour favoriser l’emploi direct, le gouvernement a réformé l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) dans un sens qui fragilise les travailleurs handicapés en établissements et services d’aide par le travail (ESAT), sans toutefois envisager l’avenir de l’emploi des travailleurs les plus vulnérables.
  • pour scolariser et éduquer les élèves handicapés, les instituts-médico-éducatifs (IME) sont sommés de transférer 50 % de leur effectif à l’école. Pour y parvenir, l’école doit se transformer pour devenir inclusive. A ce jour, les moyens mis à disposition ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées par les pouvoirs publics. Les familles attendent des solutions concrètes pour la rentrée scolaire.

Pour construire une société inclusive solide, l’Unapei appelle le gouvernement à engager une transition inclusive effectivement concertée et solidaire. Notre objectif commun doit être d’offrir à chaque personne handicapée l’accompagnement adapté dont elle a besoin.

 

Le gouvernement doit dès à présent prévoir un plan d’actions pour une transition inclusive, partagée avec les acteurs concernés, stipulant clairement les objectifs à atteindre, l’évaluation qualitative et quantitative des besoins des personnes handicapées et de leurs familles, les moyens à mettre en œuvre, les financements alloués pour chaque action et le calendrier des réalisations

 

Les associations de l’Unapei doivent être parties prenantes

Le mouvement Unapei est un acteur majeur du changement, un partenaire essentiel pour les décideurs, un témoin des réalités vécues, un garant de l’innovation. Le travail quotidien de l’Unapei a comme finalité l’émancipation de chaque personne handicapée, à la hauteur de ses attentes et de ses besoins.

À ce titre, l’Unapei propose d’ores-et-déjà 5 solutions-clés pour illustrer le chemin de la transition inclusive, pour aller vers une société solidaire et équitable à tous les niveaux :

  1. Construire une société accessible pour les personnes handicapées 
  • Changer le regard de la société sur les personnes handicapées intellectuelles et cognitives, utiliser le FALC (Facile à lire et à comprendre), déployer une signalétique adaptée, promouvoir le pictogramme S3A qui permet de repérer les lieux et services adaptés.
  1. Ouvrir l’école à tous les élèves en adaptant les méthodes pédagogiques et d’animation, les lieux et les supports 
  • Faire appel aux compétences multidisciplinaires des associations pour accompagner les élèves handicapés, former la communauté éducative, sensibiliser l’ensemble des élèves aux réalités du handicap et au vivre ensemble. 
  1. Proposer un travail aux personnes handicapées, y compris celles les plus éloignées de l’emploi, en fonction de leurs compétences et de leur singularité 
  • Créer des formations qualifiantes sur-mesure adaptées aux capacités intellectuelles et cognitives, consolider les ESAT dans leurs missions et développer des dispositifs alternatifs, proposer des stages et de l’apprentissage aux jeunes travailleurs handicapés.
  1. Investir dans l’innovation et les nouvelles technologies pour développer des services adaptés aux personnes handicapées 
  • Faciliter la recherche, développer des outils de communication alternatifs et mettre en place des supports pédagogiques adaptés.
  1. Développer des services de proximité pour accompagner les personnes handicapées 
  • Recenser les besoins et les attentes en services des personnes handicapées et de leurs familles, financer un plan d’urgence pour proposer à toute personne des solutions d’accompagnement de proximité et adaptées à leurs besoins, co-construire de nouvelles formes d’habitat.

Toutes ces solutions et de nombreux exemples sont développés dans le Guide « Choisir sa voie et vivre sa vie ».

Les associations à but non lucratif affiliées à l’Unapei présentes sur tout le territoire national, métropole et Outre-mer, sont et resteront de véritables moteurs pour entreprendre, pour accompagner, pour développer de nouvelles solutions, en adéquation avec les besoins et les attentes des personnes handicapées et de leurs familles.

[1] Chiffre du rapport de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des personnes handicapées en France

7 juin 2019

Pas de place pour un enfant handicapé ? L’État devra indemniser les parents

article publié dans Faire-Face

L'État a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ne pas avoir correctement pris en charge des enfants handicapés. Faute de place en établissement ou en service, très souvent.

Pendant près de deux ans, un enfant autiste n’a été accueilli qu’à temps très partiel dans un institut spécialisé alors que la MDPH avait notifié une prise en charge à temps plein. Un tribunal a condamné l’État à verser 35 000 € à sa famille.

C’est en passe de devenir un classique. L’État vient une nouvelle fois d’être condamné pour « carence dans la prise en charge » d’un enfant en situation de handicap. Le jeune Ludovic, en l’occurrence, atteint de troubles résultant du syndrome autistique.

Le tribunal administratif de Toulouse a basé son jugement, rendu en avril 2019, sur le droit à l’éducation garanti à chaque enfant (articles L. 111-1 et L. 111-2 du code de l’éducation). Ainsi que sur le droit à une prise en charge pluridisciplinaire pour les personnes autistes (article L. 246-1 du code de l’action sociale et des familles). Mais il distingue différentes périodes dans la vie du jeune enfant. En fonction, notamment, des raisons qui ont conduit à l’absence de prise en charge.

« Prise en charge nettement insuffisante.»

En mai 2015, sa famille déménage en Aveyron. Quelques mois plus tôt, en décembre 2014, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) l’avait orienté, vers un institut médico-éducatif (IME) en semi-internat, implanté dans ce département. Mais, faute de place, l’Institut du château de la Roquette ne l’accueille qu’une demi-journée par semaine.

« Cette prise en charge était nettement insuffisante au regard des troubles dont souffre le jeune Ludovic », note le tribunal. La carence de l’État ne fait donc pas de doute, de mai à début novembre 2015.

Lire aussi

Pas d’internat pour allergie alimentaire

Le 6 novembre 2015, la CDAPH a en effet prononcé une nouvelle orientation. Vers une maison d’accueil temporaire, en internat. Mais l’admission de Ludovic se révèle impossible en raison des allergies alimentaires dont il souffre. La responsabilité de l’État ne saurait donc être engagée, souligne le tribunal, pour la période s’étendant du 6 novembre 2015 au 22 janvier 2016, date d’une troisième décision d’orientation de la CDAPH.

«La responsabilité de l’État engagée. »

Cette dernière prononce alors l’orientation du jeune Ludovic vers tout établissement de type IME. Sous le régime du semi-internat, de l’internat aménagé ou de l’internat. Par manque de place, une nouvelle fois, l’Institut du château de la Roquette ne l’accueille que deux demi-journées par semaine. « Dès lors, la responsabilité de l’État doit être regardée comme engagée », soulignent les magistrats. 

Les parents de Ludovic ont saisi le tribunal en avril 2017. Le préjudice moral est donc établi pour six mois en 2015, puis seize mois en 2016 et 2017. À ce titre, l’État doit verser 20 000 € à Ludovic et 15 000 € à sa mère. Soit 35 000 € au total. Pas cher payé. VDC

D’autres condamnations

Les tribunaux ont condamné l’État à plusieurs reprises pour ne pas avoir correctement pris en charge des enfants handicapés. Faire-face.fr tient le compte de celles dont il a connaissance  :

En novembre 2017, le Tribunal administratif de Versailles a condamné l’État à indemniser le préjudice moral d’un enfant resté cinq mois sans AVS. Et à rembourser les frais que ses parents avaient engagé.

En octobre 2017, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à verser une indemnisation de plus de 30 000 € à la famille d’un enfant autiste. Il n’avait pas bénéficié pendant quinze mois d’un accompagnement adapté par un Sessad.

En octobre 2017, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise à condamné l’État à verser 100 000 € d’indemnisation à un enfant autiste et à sa mère. Il était resté cinq années sans prise en charge.

En septembre 2017, le Tribunal administratif de Melun a enjoint à la rectrice de l’Académie de Créteil d’affecter un jeune autiste, en Ulis. Conformément à la décison de la MDPH.

En juin 2016, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à indemniser une jeune fille autiste et ses parents pour n’avoir pas mis en œuvre les décisions de la MDPH : pas d’auxiliaire de vie scolaire ni de place en Sessad.

En avril 2015, le Tribunal administratif de Poitiers a condamné l’État à indemniser une jeune fille handicapée et ses parents. Parce qu’il ne lui avait pas octroyé une place en Sessad.

Le 15 juillet 2015, le Tribunal administratif de Paris a statué en faveur de sept familles d’enfants en situation de handicap. Pour deux d’entre elles, en raison de l’éloignement de leur enfant accueilli en Belgique. Pour les autres, en raison d’une « absence » ou d’une « insuffisance de prise en charge », en France.

4 juin 2019

Lettre d'information du Département du Val-de-Marne - juin 2019

 

valdemarne juin 2019
autonomieautonomie

Lettre d’information Handicap - Seniors - Aidants

A la Une
Handicap : venez au Forum MDPH !

Handicap : venez au Forum MDPH !

C'est le rendez-vous 100% utile pour tout savoir sur ses droits en matière de handicap. Au programme du vendredi 7 juin : stands, ateliers et spectacles autour du handicap.

Vous pourrez poser toutes vos questions aux professionnels de la MDPH, rencontrer des associations, des institutions et des services spécialisés dans le domaine du handicap. Une trentaine de stands seront accessibles toute la journée : CAF, APF France handicap, Education Nationale, Autisme 3D, CAP Emploi, UEROS Ladapt Essonne, UNAFAM, centre de ressources CEAPSY… Aide aux mineurs et aux adultes en situation de handicap, processus de décision à la MDPH... Plusieurs ateliers thématiques sur inscription vous permettront aussi d'obtenir des réponses. Nouveau cette année : une pause artistique autour du handicap (danse, musique, poésie de 12h30 à 13h30).

Inscription rapide en ligne !

Accès facile avec la navette gratuite !
Toute la journée au départ de la MDPH (libre sans réservation)

Pas de place à l’atelier de votre choix au moment de votre inscription ? Venez quand même, il y aura toujours quelqu’un pour répondre à vos questions sur le stand de le MDPH ou du Département !

Vendredi 7 juin
Maison des syndicats à Créteil – 9h-17h
11-13 rue des Archives
M° Créteil-Préfecture-Ligne 8

A votre service

Les nouveaux projets soutenus par la conférence des financeurs

Transition vers la retraite, accès aux droits, fracture numérique, lien social, nutrition, activité physique, logement, santé, bien-être, mobilité, culture… Le 17 mai, le Département a réuni des porteurs de projets dans le domaine de la prévention de la perte d’autonomie des seniors. Les projets retenus reçoivent un financement de la Conférence des Financeurs du Val-de-Marne. Ils sont mis en place par le Département, des Communes, CCAS, centres sociaux, associations, mutuelles,services à domicile, SPASAD, etc.

Aide aux aidants

La Roseraie : une sortie 100% accessible !

C’est un jardin extraordinaire ! Et c’est maintenant qu’il faut aller le voir car les roses sont en pleine floraison. Et le moment est aussi magique que fugace. Ce qui vous attend : 11000 rosiers et près de 3 000 variétés de roses. La plus ancienne des roseraies est inscrite à l’inventaire des monuments historiques et labellisé, depuis 2011, "Jardin remarquable". Les grandes allées de la Roseraie sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Et un fauteuil roulant non motorisé est disponible sur demande à l’accueil. La Roseraie est ouverte de mai à octobre.

Zoom sur
Gratuit l'été : Val’Ecoute

Gratuit l'été : Val’Ecoute

Bientôt l’été et ses vagues de chaleur ! Pour votre tranquillité et celle de vos proches âgés ou en situation de handicap, pensez Val’Ecoute. En cas d’alerte canicule, la téléassistance contacte par téléphone l’ensemble des abonnés et s’assure de leur bonne santé. C’est gratuit en juillet et août pour les personnes bénéficiaires de l'APA, de la PCH ou de l’aide-ménagère. Remplissez le formulaire en ligne ou rendez-vous dans votre CCAS. Profitez-en !

Chiffre clé

25 €

Le pass Navigo est à 25 € au lieu de 860 € pour les personnes handicapées de plus de 20 ans allocataires de l'AAH : c'est le forfait Améthyste du Département, valable pour des déplacements dans toute l'Ile-de-France.

Agenda

Vendredi 7 juin

Forum MDPH à la Maison des syndicats de Créteil
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Les Vendredis 7 et 14 juin

Les bouchées doubles : ateliers gourmands Silver Fourchette à Santeny
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Les Mercredis 12 ,19 et 26 juin

Les bouchées doubles : ateliers gourmands Silver Fourchette à Villecresnes
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Jeudi 13 juin

Conseil local Autonomie du secteur 1 (réunion inter-partenariale)

Lundi 17 juin

Conseil local autonomie du secteur 2 (réunion inter-partenariale)

Mardi 2 juillet

Séminaire de restitution du projet européen ABOVE

Nous contacter



Conseil départemental du Val de Marne
Hôtel du Département - 94054 Créteil Cedex
Tél : 39 94

4 juin 2019

L’AAH dans le revenu universel d’activité ? Réponse après la concertation

article publié dans Faire Face

L'AAH dans le RUA ou pas ? Le gouvernement assure que toutes les options seront envisagées dans le cadre de la concertation.

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Le gouvernement lance aujourd’hui une concertation sur le futur revenu universel d’activité (RUA). Et, notamment, sur l’intégration de l’AAH au sein de cette prestation sociale unique. Les grandes associations de solidarité s’y opposent.

« Le revenu universel d’activité ne doit pas intégrer l’allocation pour adultes handicapés. » Dans une tribune parue ce lundi 3 juin, sur lemonde.fr, les présidents de neuf grandes associations de solidarité déclinent leur vision du futur RUA (Fondation Abbé Pierre, Collectif Alerte, APF France handicap, Emmaüs France…).

Et pour eux, ni l’AAH, ni l’allocation de solidarité aux personnes âgées ne doivent être fusionnées au sein de cette future allocation unique. Parce qu’elles « ont une vocation spécifique visant à prendre en compte l’inégalité de destin des personnes en situation de handicap et âgées ».

Simplifier « le maquis » des prestations

Pour le gouvernement, la question n’est pas tranchée. Elle fera partie des sujets traités lors de la concertation qu’il a lancée ce même jour. Emmanuel Macron en a fixé le cadre. « Je souhaite que nous créions, par une loi en 2020, un revenu universel d’activité, qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations » a-t-il expliqué. Pour simplifier « le maquis opaque » existant.

Un des objectifs de ces travaux, qui devraient se terminer en janvier 2020, est donc de délimiter le périmètre du RUA. Avec, entre autres, l’intégration, ou pas, de l’AAH.

Un budget handicap constant…

Toutes les options sont sur la table, assurait, en avril, à Faire-face.fr, le cabinet de Christelle Dubos. La secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités préside en effet le comité national du RUA qui pilote la concertation. Seule certitude, « l’ensemble des montants dédiés aujourd’hui aux personnes en situation de handicap doit continuer à bénéficier au secteur du handicap », assure le ministère des Solidarités.

 

 

 

Christelle Dubos pilote le dossier RUA.

… mais réparti différemment

Autrement dit, le but de la réforme n’est pas de faire des économies sur le dos des citoyens handicapés. Mais, au sein de cette enveloppe globale, le gouvernement ne s’interdit pas de modifier la ventilation des dépenses.

Ce que confirme Christelle Dubos, dans Le Monde. « Le budget de l’État actuellement consacré à l’AAH restera fléché sur la question du handicap. » Mais une réforme à budget constant, fera forcément des gagnants… et des perdants.

Un groupe de travail sur le handicap

Les associations de personnes en situation de handicap seront parties prenantes de la concertation. Le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) est membre du comité national du RUA. Et un sous-collège sera exclusivement consacré au handicap. Deux autres, aux jeunes et au logement. La discussion risque d’être conflictuelle.

Et les allocations logement ?

Pour le gouvernement, l’affaire est entendue : le RUA englobera les allocations logement. Ce à quoi s’opposent les associations de solidarité signataires de la tribune parue sur lemonde.fr. En effet, ces allocations bénéficient aujourd’hui également à des ménages modestes non allocataires de minima sociaux. « Autant de citoyens qui pourraient perdre leurs allocations logement si elles étaient fusionnées dans un revenu universel d’activité aligné sur le RSA actuel », précisent-elles.

3 juin 2019

Handicap : Cluzel lance une large consultation pour trouver des solutions concrètes

22h33, le 28 mai 2019

Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative.
Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative. © JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Les Français ont jusqu'au 31 août pour proposer des "solutions concrètes" afin d'améliorer la vie des personnes en situation de handicap.

"Comment la société peut-elle garantir une vraie place aux personnes handicapées ?" : des millions de Français sont invités à répondre à cette question et à proposer des "solutions concrètes", dans le cadre d'une "grande consultation nationale" lancée mardi par la secrétaire d'État Sophie Cluzel.

"Le handicap, c'est l'affaire de tous"

Emploi, mobilité, accès aux transports ou au logement, lutte contre les préjugés : les Français ont jusqu'au 31 août pour proposer leurs idées sur le site handicap.make.org, a précisé Sophie Cluzel, qui s'exprimait lors d'un point presse depuis le Salon "Handicap, emploi et achats responsables" au Palais des Congrès à Paris.

"Le handicap, c'est l'affaire de tous. Il faut sortir de l'entre-soi du handicap, faire comprendre que tous les Françaises et Français sont impliqués, qu'ils peuvent changer la donne", a résumé la secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. Les résultats de cette consultation nourriront la réflexion dans la perspective de la Conférence nationale sur le Handicap (CNH), prévue au second semestre 2019, a-t-elle encore précisé.

Objectif 500.000 participants

Les organisateurs se sont fixé comme objectif de convaincre 500.000 personnes de prendre part à l'initiative, soit en formulant directement une proposition, soit en donnant leur avis sur les idées des autres, a expliqué de son côté Axel Dauchez, le président de Make.org. "Ensuite, nous allons peut-être obtenir 10 ou 20.000 propositions, que nous allons trier, décrypter, regrouper, puis soumettre à des ateliers, partout en régions, pour pouvoir proposer dans un an un plan d'action de la société civile", a ajouté Axel Dauchez.

L'idée n'est pas forcément de mettre au point un plan d'action gouvernemental, mais bien de déterminer des actions qui pourraient être mises en oeuvre par la société civile, a-t-il précisé.

Par avec AFP
2 juin 2019

Bussy-Saint-Georges -> SAM., 15 JUIN À 09:30 Journée de Sensibilisation à L'autisme et à L'Inclusion

1 juin 2019

Chez Naturalia, une tisane pour sensibiliser au handicap

Antoine Favier Le 27/05 à 06:00

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Dans l'Essonne, près de 80 travailleurs en situation de handicap produisent toute unne gamme de tisanes biologiques vendues ensuite par Naturalia. - DR

Business case En matière de handicap, l'enseigne bio joue sur deux tableaux. L'entreprise cherche à augmenter l'emploi direct de personnes en situation de handicap, tout en ayant recours à des achats responsables par le biais d'une sous-traitance auprès du secteur du travail protégé et adapté (STPA).

Savourez cette tisane, vous soutiendrez l'insertion dans la vie professionnelle de Sébastien et de ses collègues », peuvent lire les clients de Naturalia au dos d'un paquet de tisane. Ces herbes aromatiques, distribuées dans les rayons du distributeur bio, sont le fruit d'un partenariat de plus de vingt ans entre l'enseigne et La Vie en Herbes, un établissement et service d'aide par le travail (Esat). « C'est en partie grâce à lui que l'on peut exister », confie Philippe Ferrer à la direction de l'Esat. Herbe sacrée protégeant la vie chez les Romains, la sauge - entre autres plantes - permet ainsi d'infuser de la diversité chez Naturalia. Et  les prestations de l'Esat de répondre aux besoins de l'enseigne en matière d'achats responsables . Les valeurs de Naturalia s'articulent autour de quatre points cardinaux : l'audace, la responsabilité, la transparence et la diversité. « Elles guident toutes nos décisions à court, moyen et long terme, avec la volonté d'intégrer toutes les parties prenantes de l'entreprise », défend Chistophe Vengeon, directeur des ressources humaines de l'enseigne. « Nous sommes engagés de façon historique en faveur de la diversité sous toutes ses formes », ajoute le DRH avant de reconnaître qu'il n'est pas toujours aisé d' accueillir des personnes en situation de handicap dans le commerce de détail. « Ce n'est pas toujours aussi simple qu'il n'y paraît », explique le DRH, « certains travailleurs en situation de handicap doivent faire face à un important stress lorsqu'ils sortent d'un milieu protégé ».

Une politique d'achats responsables

Avec ses 1.400 collaborateurs, dont une trentaine déclarés handicapés, Naturalia _ dans le giron du groupe Casino, dont la maison mère vient d'être placée en procédure de sauvegarde pour six mois _n'atteint pas les obligations légales de 6 % de représentativité. Loin d'être découragé, Christophe Vengeon espère changer la donne et augmenter ce pourcentage. « Nous accueillons des stagiaires en situation de handicap, ce qui peut aboutir à des embauches en CDI », appuie-t-il pour affirmer sa volonté d'augmenter le nombre de recrutements. Le 16 mai dernier, à l'occasion de la journée nationale DuoDay et sur la base du volontariat, des collaborateurs de Naturalia ont accueilli des travailleurs en situation de handicap dans leurs magasins. A l'inverse, lors du Duo2 organisé par la Fondation des Amis de l'Atelier, des volontaires de l'enseigne ont été invités à partager la journée d'un travailleur en situation de handicap en Esat. « Nous essayons de faire changer les représentations dans l'entreprise, et sur ce sujet, nous avons eu d'excellents retours de la part des volontaires », relate le DRH qui entend mobiliser encore plus largement pour l'année à venir. Naturalia mène aussi une politique de sous-traitance auprès du secteur du travail protégé et adapté (STPA). Cela permet de remplir, en partie, son obligation d'emploi de travailleurs en situation de handicap, et de réduire sa contribution handicap. Avec, comme fournisseur, l'Esat La Vie en Herbes, l'enseigne réalise ainsi des achats responsables. « Ce genre d'initiative fédère et donne du sens à ce que l'on fait au quotidien », s'enthousiasme Christophe Vengeon, satisfait de ce « partenariat historique ». L'année dernière, il a fait visiter l'Esat à une dizaine de collaborateurs de Naturalia. Une telle visite s'inscrit bien entendu dans la volonté du groupe de sensibiliser et former ses collaborateurs aux enjeux du handicap. De son côté, le directeur de l'Esat se félicite, lui aussi, de cette collaboration qui « permet de développer un accompagnement très professionnalisant pour répondre à des exigences en termes à la fois de qualité et de rentabilité ». C'est dans la zone périurbaine de la commune de Marcoussis, dans l'Essonne, que près de 80 travailleurs en situation de handicap produisent, transforment et conditionnent toute une gamme de tisanes biologiques. « Ce partenariat offre les moyens de leur redonner confiance, car ils confectionnent des produits à succès », conclut fièrement Philippe Ferrer.

31 mai 2019

L'école ne veut pas de mes enfants autistes. Un système qui va droit dans le mur

article publié dans Le Nouvel Observateur

Publié le 22-05-2015 à 09h36 - Modifié à 12h41
Temps de lecture Temps de lecture : 5 minutes

LE PLUS. Jean-Luc Duval est le père de Yanis et Samy, de jumeaux de 7 ans, qui sont tous les deux autistes. Il est aussi le président du Collectif Citoyen Handicap, qui se bat pour l'intégration des enfants handicapés dans les écoles. Il dénonce le système scolaire qui refuse pour le moment de donner à ses enfants l'accès à des classes classiques. 

Édité par henrirouillier  Auteur parrainé par Rozenn

 

Une école primaire parisienne, le 13 octobre 2014 (T. SAMSON/AFP).

 

Les écoles françaises sont un sanctuaire. Voilà la jolie phrase que chacun a pu entendre une fois dans sa vie. Un "sanctuaire", c'est le bon terme : tout s'y passe en catimini, les parents sont exclus et personne ne sait vraiment ce qui s'y passe.

 

C'est encore plus vrai pour les parents d'enfants handicapés – c'est mon cas, je suis père de deux jeunes enfants, jumeaux, tous les deux autistes – qui sont mis à l'écart, exclus, victimes de tous les coups bas. 

 

Une exclusion organisée

C'est la colère qui me pousse aujourd'hui à écrire ces mots que certains trouveront durs, mais peu importe, c'est ma réalité. Mon quotidien depuis trois ans. Trois années pendant lesquelles l'école m'a plus appris à moi qu'à mes deux enfants. Elle m'a appris que cette vocation dont parle certains enseignants n'existe que tant que les pressions de leurs hiérarchies n'existent pas. Lorsque celles-ci apparaissent, les vocations se cantonnent aux fonds de tiroirs, et on contribue tranquillement à la destruction de ces enfants sans aucun état d'âme.

Le droit français et international rappelle les principes fondamentaux de l'éducation mais nous sommes bien loin du compte, que ce soit pour nos enfants différents, les enfants issues de milieux défavorisés ou des milieux ruraux car les moyens sont dérisoires. Le sacrifice de ces enfants de la République est une priorité pour le gouvernement qui, sous couvert d'économie, de réformes bidons, continue la lente destruction entamée déjà par ces prédécesseurs. 

Mes enfants portent la responsabilité d'un échec qui n'est pas la leur

Ce vendredi 15 mai encore, lors de la réunion de mes enfants, j'ai pu constater le mépris de tout un système, les mensonges ou encore l'hypocrisie des acteurs d'un système dans lequel on n'épargne rien à ceux qui sortent du moule, ou qui dérangent. L'Education nationale, ce gros dinosaure, semble indéfiniment incapable de s'adapter. Personne en son sein ne le veut vraiment.

Ces gamins n'ont rien demandé. Les exclure et les stigmatiser, c'est les condamner à porter la responsabilité d'un échec qui n'est pas le leur.

Ces enfants dont personne ne se soucient ont des compétences certaines, on vous rebattra les oreilles avec cette affirmation. Cependant, personne ne voudra les exploiter. Sacrifiés qu'ils seront pour le bénéfice et le soit-disant équilibre d'un système qui ne profite qu'aux autres. Ce droit fondamental à l'éducation ne s'appliquerait donc pas pour eux. De mon point de vue, l'école est devenue le premier tortionnaire de ces enfants différents.

Virés après 8 heures en petite section

J'ai le cœur qui saigne lorsque je regarde mes jumeaux Yanis et Samy, âgés aujourd'hui de presque 7 ans. Heureux combattants qui aiment cette école, qui pourtant les rejette depuis le début. Virés en petite section après 8 heures à peine de scolarisation, maltraités dans une seconde école par une directrice intouchable, achevés cette année par une direction académique qui entend faire le ménage en liquidant au plus vite l'avenir de nos enfants.

La connerie n'a plus de limite. Samy aurait un niveau de toute petite section selon son institutrice, qui n'a même pas pris la peine de remplir les documents d'observation. Niveau petite section pour le second, selon la directrice qui n'a pas non plus eu le courage de remplir un document de 3 pages, trop occupée sans doute à se lover dans la nostalgie de son séjour découverte, dont mes enfants ont été exclus, coupable d'être différents.

Ces mêmes personnes écrivaient encore il y a 5 mois, que ces mêmes enfants avaient leurs places à l'école, me faisaient part en off des difficultés rencontrées à obtenir le moindre aménagement par un recteur réfractaire, qui se contente de remplir ce qui ressemble à une mission de ségrégation massive. Que dire alors de la revalorisation de 10.000 euros de leur prime, attribuée sur les résultats de cette politique ?

Mes enfants ne sont pas malades. Ils sont différents

Yanis et Samy ne connaîtront jamais le CP, m'ont-ils dit en cœur, car l'Éducation nationale n'a pas mis en œuvre les moyens nécessaire à la réalisation de cet objectif. Deux solutions me sont proposées, deux solutions qui ne sont pas dans le giron de l'Éducation nationale, mais des institutions médico-sociales. Deux options de ségrégations qui consistent en un placement dans un institut médico-éducatif ou une nouvelle Clis (Classes pour l'inclusion scolaire) gérée elle aussi par le secteur médico-social.

Mes enfants ne sont pas malades, ils sont juste différents. Mais peu importe, il est nécessaire de les virer au plus vite pour ne pas déranger le train-train quotidien d'un système éducatif en lambeaux. Ils ne sont plus des enfants, mais des semeurs de trouble aux yeux de ces gens sans conscience, sans cœurs, sans idéaux.

J'espère que le combat n'est pas perdu d'avance

Beaucoup de parents d'enfants handicapés m'ont dit que le combat était perdu par avance, qu'il valait mieux prendre les choses en main, et faire l'école à la maison. Beaucoup m'ont dit que trop d’enseignants ou d'auxiliaires de vie scolaire pratiquaient le double discours qui consiste à dire qu'ils sont de notre coté, mais refusent en même temps le combat en acceptant de participer à cette mascarade.

Depuis deux ans que nous avons créé le Collectif Citoyen Handicap avec une poignée de parents, nous nous battons contre un système. Nous avions l'espoir de changer les choses, de faire prendre conscience à chacun que nos enfants sont aussi des citoyens, qu'ils doivent pouvoir obtenir une chance d'étudier, un avenir... Mais en retour, nous recevons du mépris de la part de ceux qui perçoivent des millions d’euros de subventions en échange de leur immobilisme, qui collaborent à la purge activement alors que leur but premier est la défense et l'accueil convenable de cette population.

Venez nous rencontrer

La loi de 2005 est une fierté selon trop de gens, elle entérine à mon sens le fait que la population composée par les personnes handicapées est à part, que la loi ne s'applique pas à eux. Nous ne serions pas des citoyens mais une population à part avec nos propres lois. La réalité est qu'on a voulu régler un problème par la publication d'une loi, comme si cela suffisait pour qu'enfin les choses changent.

Au delà de ce constat, j'appelle tous ceux et celles qui n'acceptent pas cet état de fait, qui croient encore que la différence est une richesse, que nous pouvons tous vivre ensemble, à nous rejoindre dans ce combat et à se rassembler massivement devant tous les rectorats de France le 17 Juin, Venez nous rencontrer, échanger, exprimer notre attachement à ces principes que nous chérissons : "Liberté, égalité, fraternité".

31 mai 2019

Le handicap à l'école, il y a urgence à sensibiliser !!

 

Le handicap à l'école, il y a urgence à sensibiliser !!

Le handicap est un sujet sociétal de grande envergure. La sensibilisation est indispensable dès le plus jeune âge. Libérer la parole s...

https://monhandicapamoinesevoitpas.blogspot.com

 

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