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"Au bonheur d'Elise"
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16 juin 2017

Exposition à Noisy le Grand organisée par l'association Les IdéOtistes

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16 juin 2017

Montauban : une mère porte plainte contre une enseignante qui a giflé son fils handicapé

article publié dans Le Parisien

Victor Fortunato (@vfortunato1)|16 juin 2017, 7h06|7

Illustration. L'enfant de 8 ans, sourd et hyperactif, a reçu une gifle de sa maîtresse après qu'il a écrit sur une table.

AFP
Victor Fortunato (@vfortunato1)

Visée par une plainte de la mère d'un garçon de 8 ans, reconnu handicapé, une enseignante d'une école primaire de Montauban va être entendue par le directeur académique.

Une mère a déposé une plainte, mercredi, au commissariat de police de Montauban (Tarn-et-Garonne), contre une enseignante de CE2 qui avait giflé son fils de 8 ans. Cette plainte vise la qualification de «violences sur mineur par personne ayant autorité», indique le journal La dépêche du Midi.

Selon le quotidien régional, les faits se sont produits mardi. Kelyan a reçu une gifle de sa maîtresse après qu'il a écrit sur une table de la salle de classe. Le petit garçon, sourd et hyperactif, est reconnu par la Maison départementale des personnes handicapées et il bénéficie d'une assistante de vie scolaire à mi-temps.

Des faits «avérés» selon le directeur académique

«C'est un des copains de mon fils qui a informé mon mari quand il est venu le chercher à l'école», explique Vanessa, la mère de Kelyan. L'enfant a aussitôt été examiné aux urgences et un médecin a constaté la trace de coup sur sa joue, avant de délivrer un certificat de constatation de blessures. 

«Les faits sont avérés et ne sont pas acceptables. Je comprends la réaction de la famille qui a déposé plainte», a reconnu François-Xavier Pestel, directeur académique de l'Education nationale. Le responsable de l'académie ajoute : «Nous allons recevoir la famille et entendre l'enseignante afin de bien comprendre ce qu'il s'est passé avant de décider quoi que ce soit vis-à-vis de ce professeur des écoles».

Les dates des auditions n'ont pas été communiquées.

  Leparisien.fr avec AFP

16 juin 2017

J’ai 32 ans et je fais encore des crises

article publié dans Maman pour la vie - Le blogue d'une maman autiste

15 juin 2017

Ces crises ou ces accès de colère sont en fait des effondrements autistiques. Ces effondrements sont présents tant chez les enfants que les adultes autistes. Eh oui, je suis une adulte et il m’arrive encore de faire des crises!

Souvent, le tout est déclenché par un élément très banal et mineur comme la faim, la soif, la fatigue, un mal de tête, ne pas trouver mes clés, l’ordinateur qui fonctionne au ralenti, un imprévu, une tâche ardue, l’injustice sous toute forme, le fait de ne pas être comprise et d’avoir à me répéter, faire le ménage et ne pas savoir par où commencer, faire l’épicerie un samedi quand il y a foule, aller chez le dentiste ou le coiffeur, un chien qui aboie et qui me fait sursauter, une confusion, un contact physique inattendu, etc.

Je me retrouve rapidement en surcharge sensorielle et à partir de cet instant, je me sens submergée par un sentiment d’impuissance. Je perds le contrôle de mes paroles et de mes mouvements. La colère semble prendre toute la place de manière démesurée avec l’élément déclencheur. Il n’y a aucun gradateur. L’interrupteur colère est ouvert à puissance maximale.

Prête à exploser

À l’intérieur, une tension extrême me pèse et survient le point de rupture. J’ai la tête qui tourne. Les pensées dans mon cerveau éclatent en petits fragments. J’ai mal au crâne. C’est comme si on venait de donner un coup de massue dans un miroir et qu’il se fractionnait en mille miettes. C’est affolant. L’envie de crier, de hurler, de me cogner la tête sur les murs est plus forte que tout. Il m’est impossible de réfléchir. Je n’ai plus accès à mon disque dur. C’est le flou total. J’ai de la difficulté à respirer. Je ressens une forte pression dans ma poitrine. C’est le chaos interne et je me sens comme une bombe à retardement prête à exploser.

C’est ainsi que sans avertissement préalable, le ton grimpe pouvant aller jusqu’aux cris. Des paroles méprisantes, blessantes et sarcastiques, sans but ni logique peuvent être dites. Ce ne sont que des mots dits sans intention de méchanceté. Comme si ces paroles déplacées se voulaient être un moyen d’extérioriser les mauvaises émotions. Des objets peuvent parfois être lancés sur les murs. On assiste à un déferlement de frustrations et de stimuli accumulés et emmagasinés dans une bouilloire maintenue par une soupape à pression depuis un trop long moment.

Calme et consciente

Une fois la tempête terminée, le calme et la paix interne s’installent. Parfois, j’oublie sitôt tout ce qui vient de se passer. La sérénité et la bonne humeur sont de retour. Parfois, je me sens comme un monstre et honteuse, je voudrais disparaître dans le plancher. Je suis pleinement consciente que mes paroles et gestes étaient totalement hors contexte, désordonnés et exagérés par rapport à l’élément déclencheur en soi.

Les effondrements autistiques ne sont pas liés à des troubles de comportements, à des troubles d’humeur, ni à un déséquilibre chimique. D’un point de vu neurologique, il existe des différences significatives entre le cerveau d’une personne non autiste et le cerveau d’une personne autiste. Les émotions des autistes sont donc souvent vécues à état brute et sans filtre.

Au-delà de l’émotion de colère qui semble envahir la personne autiste, il y a de fortes émotions de peur et de tristesse d’où émergent des sentiments de panique et d’impuissance. Ces émotions incommensurables habitent la personne autiste dans tout son corps et elle ne fait que se débattre dans un environnement souvent non adapté à sa neurologie distincte.

Comment faire?

Il est possible d’apprendre à canaliser et à mieux gérer l’expression de nos émotions envahissantes en évitant préalablement les situations qui nous mettent en surcharges sensorielles et qui risquent inévitablement de nous mener vers l’effondrement autistique. On peut, par exemple, accompagner tôt de manière bienveillante les jeunes enfants lors de crise, mettre des mots sur les émotions, dresser la liste des éléments déclencheurs, éviter les surcharges sensorielles, être à l’écoute de soi et respecter ses limites sociales.

Nous pouvons apprendre à apprivoiser ces émotions sans se sentir submergé et effrayé; ainsi, au fil des années, nous pouvons traverser la tempête en toute confiance et en pleine possession de nos moyens.

Le blogue d’une maman autiste

Fondatrice du mouvement La Neurodiversité – L’autisme et les autres formes d’intelligence et du Salon de la Neurodiversité, Mélanie a reçu son diagnostic d'autisme à l'âge de 30 ans. Elle est la mère de trois enfants, dont les deux plus vieux, âgés de 6 et 4 ans, sont autistes. Elle souhaite sensibiliser la population aux différences cognitives afin qu'elles ne soient plus perçues comme des troubles neurologiques ou des maladies mentales. La neurodiversité, c’est la beauté de la vie! Chaque être vivant est différent, c’est ce qui fait de lui un être unique. Le but de ses écrits? Normaliser ce qui est normal : la différence.

15 juin 2017

Thomas, c’est Thomas

article publié dans ici.radio-canada.ca

La rencontre d'un joueur de ligne au football avec un jeune garçon autiste

Par Luc Brodeur-Jourdain, centre des Alouettes de Montréal

Jusque-là, jamais je n’avais côtoyé ni été en contact avec quiconque atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

Puis, Thomas est entré dans ma vie.

Je connaissais sa mère, Marie-Élaine, depuis le deuxième secondaire. La vie a fait que nous nous sommes recroisés. C’était il y a six ans.

Dès nos premières sorties, elle m’a parlé de son fils autiste, de sa situation particulière, de ce qu’elle vivait. Et dès qu’on a senti que notre relation risquait fort d’évoluer vers la formation d’un couple, elle a été limpide : « Moi, je viens en paquet de deux. »

La deuxième partie du deal, c’était Thomas.

On a commencé à faire des activités à trois, comme des pique-niques, des choses comme ça. Je n’avais jamais eu d’enfant, je n’avais donc aucun point de repère. À mes yeux, Thomas semblait un enfant tout à fait normal.

Je remarquais des retards dans certaines sphères d’apprentissage. Je me disais toutefois, qu’en général, le petit gars fonctionnait bien. Mais rapidement, j’ai constaté sa différence.

Je me souviens de la première nuit que j’ai passée chez Marie-Élaine. Thomas avait été très difficile à mettre au lit. Il se relevait toutes les 10 minutes, un comportement qu’on peut habituellement voir chez les enfants de 2 ans. Il en avait presque 5 et Marie-Élaine me disait que c’était comme ça depuis qu’il savait marcher.

J’ai aussi appris qu’il devait suivre une certaine routine sensorielle chaque soir avant le coucher. Par exemple, on devait frotter l’intérieur de ses mains 10 fois avec une brosse pour aller chercher une certaine sensibilité chez lui.

Il n’était pas encore propre, ni de jour ni de nuit.

Dans nos activités en famille, tout me semblait assez normal, mais je notais surtout des difficultés aux plans de l’élocution et de la communication des idées. Je pouvais demander à Thomas s’il allait bien et il me répondait : « La grue à Guy », en référence à la grue du voisin, qui était grutier.

Il n’y avait aucun rapport entre la question et la réponse : Thomas ne te parlait que de ce qui l’intéressait.

Comme je n’avais jamais côtoyé d’enfant, mon seul point de référence, c’était moi-même. Je savais bien qu’à la maternelle, je ne portais plus de couche. Que j’étais déjà autonome dans plusieurs domaines. Je n’étais pas capable de cuisiner mes propres repas, mais je pouvais manger seul et manipuler sans danger mes ustensiles. J’étais capable de communiquer une idée, de suivre une conversation.

Je constatais que ce n’était pas le cas pour Thomas.

Thomas était complètement différent de ce que j’étais à son âge. De ce que tout enfant conventionnel est à son âge. Mais vous savez quoi? Entre nous, ça a cliqué. Ça a juste cliqué. Des deux bords. Et ça s’est fait dès le début.

Ce lien affectif s’est créé initialement grâce au jeu. On a joué très souvent ensemble. J’ai tout de suite fait beaucoup d’activités avec lui et c’est encore le cas.

Au début de l’été, par exemple, je sais qu’en arrivant de l’école, il va vouloir qu’on coupe le gazon ensemble. Parce qu’une tondeuse a un moteur, et qu’il adore tout ce qui a un moteur, la machinerie, tout ce qui fait du bruit.

Marie-Élaine et moi recevons souvent à la maison des gens du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) de la région de Saint-Hyacinthe. On essaie ensemble d’établir des stratégies, pas juste pour nous adapter à Thomas, mais aussi pour favoriser son adaptation aux obligations et aux conventions sociales.

C’est surtout ça, le défi : Thomas montre des résistances aux changements draconiens, aux obligations et à la routine, comme se lever le matin.

Quand j’étais enfant, parfois, je n’avais pas l’envie de me lever. Mais je savais que je devais quand même être prêt pour prendre l’autobus à 7 h 30 ou 8 h. Même enfant, on connaît nos obligations.

Dans le cas d’un enfant ayant un trouble du spectre de l’autisme, tout changement momentané peut apporter une résistance, une crise qui mène à une totale perte de contrôle. Ça peut simplement partir du fait que ses toasts ont été coupées en losanges plutôt qu’en carrés, comme elles le sont habituellement.

Il y a donc des gens qui viennent chez nous de temps en temps pour vivre notre routine matinale et essayer de déterminer des endroits, des moments, où l’on pourra favoriser des attitudes positives.

Nous avons besoin d’aide, et ces gens-là nous aident, justement.

On dit souvent qu’en naissant, un enfant ne vient pas avec un guide qui indique comment l’élever. Eh bien! les guides expliquant comment élever un enfant atteint d’autisme sont encore plus rares.

(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Pourquoi suis-je devenu proche du petit bonhomme? Simplement parce que Thomas est un enfant tellement, tellement attachant. Tout le monde se souvient de Thomas. Vraiment tout le monde, peu importe où l’on va.

Dès que nous nous sommes installés ici, dans notre maison en campagne, il est immédiatement devenu le petit préféré de la chauffeuse d’autobus.

On a tissé des relations privilégiées avec plein de gens grâce à Thomas. Les gens l’aiment juste parce qu’il est ce qu’il est. Je ne pourrais le décrire autrement.

Je fais plein d’activités avec lui. N’importe quoi. Je ne me suis jamais senti limité en ce sens, pour quoi que ce soit. C’est sûr que je dois rester conscient de ses limites, des fois ça va peut-être un peu trop vite pour lui, mais on a du plaisir.

Thomas est capable de tout. C’est juste qu’il faut lui en donner le temps.

Avec les années, on a établi nos rituels. On a fait de la lutte, je pense, à partir du jour 1, sur un lit. Juste de la bataille, du chamaillage. On va à la piscine. On va au parc Les Salines à Saint-Hyacinthe. Je lui ai appris à patiner le deuxième hiver. Maintenant, on vit sur le bord de la rivière, alors l’hiver, on fait de la pêche sur la glace.

Juste dernièrement, il a eu une console Nintendo à Noël. Je me suis donc remis à jouer au Nintendo avec lui. On joue ensemble à Contra, un jeu qui avait sombré dans l’oubli. Ça me permet de revivre une époque que je croyais révolue, et ça fait juste mon bonheur.

Au fil des ans, nous avons aussi bâti des souvenirs ensemble. Des bons, de moins bons. Certains qui me font encore rire aujourd’hui, dont un bien particulier.

Cet été-là, Marie-Élaine et moi ne vivions pas encore ensemble. Elle était venue chez moi avec Thomas et j’avais pensé lui mettre sur l’écran de la télé une vidéo YouTube de feux d’artifice. Quand il a vu les explosions de lumière et entendu les sons, il a capoté. Il en avait déjà vu auparavant et il entretenait une relation amour-haine avec les feux. Ils le fascinaient, mais en même temps, il en avait peur.

Je me suis dit que ce serait une bonne idée d’aller voir des feux en vrai. Nous sommes donc partis de Saint-Hyacinthe pour aller assister aux feux Loto-Québec à Montréal.

En arrivant près du pont Jacques-Cartier, je m’aperçois que toutes les sorties de la route 132 sont bloquées, justement en raison des feux. Je décide donc d’aller prendre le pont Victoria pour aller regarder les feux à partir de l’île de Montréal. Mais une fois rendu, c’est bloqué là aussi. Nous sommes pris dans un bouchon de circulation monstre. Nous entendons les feux, mais nous ne les voyons pas.

Pendant tout ce temps, Thomas répétait le même mot : « Feux! Feux! »

Nous sommes partis de Saint-Hyacinthe à 18 h 30 et sommes rentrés à 1 h 30 du matin. Thomas a répété « Feux! Feux! » sans arrêt. La pire journée de ma vie!

Si vous vous posez la question, non, je ne me suis jamais arrêté pour me demander si je voulais vraiment ça, dans ma vie, un enfant autiste. Pour moi, ça a juste été un choix. Je suis comme ça, fondamentalement : je prends une décision et je vis avec.

Même si je sais que je ne suis pas le père biologique de Thomas ─ ce père est d’ailleurs toujours bien présent dans sa vie ─, je n’ai pas abordé la situation en me disant intérieurement que j’aurais toujours l’option de partir. Ce n’est pas du tout comme ça que je l’ai vu.

(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Je suis simplement entré dans une relation de couple sérieuse tout en étant conscient qu’il y a de très, très, très fortes chances que Thomas demeure avec nous le reste de nos jours.

Cela me va. Je n’y vois pas de côté négatif. Je suis simplement conscient, par exemple, que ça engendrera des coûts, comme ceux de convertir notre maison conventionnelle en résidence bigénérationnelle un de ces jours. Pour que Thomas puisse avoir son coin à lui s’il en ressent le besoin à 25, 30 ou 40 ans.

Je ne lui confierai pas un poêle à gaz, mais il pourra au moins avoir sa douche, son chez lui, ses affaires.

Quand tu deviens parent d’un enfant comme Thomas, tes responsabilités économiques deviennent bien différentes de celles de la plupart des gens. Pour Marie-Élaine et moi, par exemple, le concept de « faire des économies pour nos vieux jours » est totalement différent.

Nous savons déjà qu’à l’âge où nous prendrons notre retraite, nous aurons encore à notre charge un être humain majeur avec ses besoins. La planification prend alors d’autant plus d’importance. Ça vient changer ton modèle de vie.

Oui, Thomas a eu un impact sur ma vie de tous les jours, simplement parce que son arrivée a entraîné pour moi des responsabilités familiales, comme l’aurait fait n’importe quel enfant. Mais là où il a eu le plus gros impact, c’est sur ma façon de penser.

Être en contact avec un être humain en autonomie restreinte, quelqu’un qui n’est pas en mesure de s’occuper de lui-même, ça remet en question toute ta conception de la performance. Cette importance que nous accordons à l’idée de finir premier, d’être le meilleur.

Depuis notre union, Marie-Élaine et moi avons eu deux enfants : Noah, qui a 18 mois, et Adam, qui a 5 mois. Ils sont encore bien jeunes, mais je sais déjà en dedans de moi que je vais toujours mettre l’accent sur deux choses avec eux : es-tu heureux, et es-tu une bonne personne?

Luc Brodeur-Jourdain et sa conjointe Marie-Élaine avec Noah (gauche), Thomas (centre), Adam et leur chien Mira, Luc Brodeur-Jourdain et sa conjointe Marie-Élaine avec Noah (gauche), Thomas (centre), Adam et leur chien Mira,
(Photo : Radio-Canada/Alain Décarie)

Oui, ils auront peut-être envie eux aussi, comme moi, de pratiquer un sport d’élite. Mais s’ils embarquent là-dedans, la performance, l’envie d’être le meilleur, il faut qu’ils comprennent que ce n’est pas grave.

Qu’ils ont un frère qui peut le leur rappeler et leur faire comprendre que tout ça, humainement, n’est pas important.

Quand on regarde aller la société, on voit que les gens veulent réussir, franchir la prochaine étape à leur travail, sont carriéristes, veulent toujours monter.

Moi-même, je joue un sport d’élite, le football dans la Ligue canadienne. Je suis un athlète professionnel. C’est mon métier. Je veux encore performer, j’ai encore ce feu sacré là.

Mais une partie de moi comprend qu’au fond, ultimement, la vie, ce n’est aucunement ça.

Que la performance et la réussite, c’est socialement important. Pas humainement important.

Thomas fréquente une école spécialisée avec plein d’autres jeunes élèves atteints d’une déficience intellectuelle, d’autisme, de trisomie, etc. Il la fréquentera jusqu’à l’âge de 21 ans.

Quand j’y entre, je réalise deux choses. D’abord, que Marie-Élaine et moi ne sommes pas seuls. Aussi, qu’il y a autant de formes d’autisme qu’il y a d’autistes. Ils sont tous différents. Certains ont des caractéristiques similaires, mais leurs façons d’interagir sont différentes.

Nous bénéficions aussi d’un certain répit une fois par semaine grâce à du gardiennage spécialisé. Chaque samedi, de 10 h à 16 h, ils sont plusieurs dizaines à participer à des activités structurées, comme jouer aux quilles, chanter ou danser. Il y a autant des adultes que des enfants qui participent à ces activités.

J’y retrouve des collègues de classe de Thomas, mais aussi des gens de 55 ou de 70 ans qui ont une déficience intellectuelle ou qui sont autistes.

Ça permet à Thomas de s’amuser, et à nous de profiter d’un repos.

À la maison, nous avons aussi un chien Mira spécialement destiné aux personnes autistes. Un chien dressé, calme, prêt à vivre une vie de famille un peu particulière.

C’est le plus récent membre de notre famille.

Thomas, qui aura 11 ans dans quelques jours, c’est ma famille. C’est le grand frère de mes enfants. Tenez, mon petit d’un an et demi, Noah, copie déjà tout ce que fait son grand frère.

Je peux juste dire qu’il est comme mon enfant, même s’il ne l’est pas à part entière. C’est tout comme. Il m’apporte les plus grandes joies et les plus grandes peines.

C’est sûr qu’il exige beaucoup d’énergie de notre part. Ce sera encore plus exigeant pour Marie-Élaine puisque je suis présentement à Sherbrooke pour le camp d’entraînement des Alouettes. Elle doit donc s’occuper seule de la famille pendant une vingtaine de jours.

On n’oubliera jamais sa différence. On ne peut pas l’oublier. On fait avec. Je ne veux pas faire semblant que c’est facile, que Thomas est normal.

Thomas est Thomas. Et ça me va parfaitement comme ça.

Luc Brodeur-Jourdain (à gauche) Luc Brodeur-Jourdain (à gauche)
(Photo : Getty Images/ Minas Panagiotakis)

Photo en couverture : Radio-Canada/Alain Décarie

14 juin 2017

Mes chiens de montagne des Pyrénées aident deux enfants en situation de handicap

article publié dans le Nouvel Observateur
Publié le 13-06-2017 à 11h56 - Modifié à 18h23

LE PLUS. Boulanger en Ariège, Nicolas Colombiès adore ses deux chiens, Beille et Tomy. Des chiens de montagne des Pyrénées, dits "patous" qui ont attiré l'attention de deux frères de 11 et 12 ans respectivement diagnostiqués autiste non verbal et souffrant d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. Nicolas organise promenades, rencontres ou activités avec les enfants. Résultat : des progrès surprenants et une belle histoire.

Édité et parrainé par Jean-Frédéric Tronche

Mathéo avec Beille : une amitié, une révélation. (Nicolas Colombiès)

Je m’appelle Nicolas Colombiès, je travaille dans une boulangerie industrielle et vis seul avec ma maman qui est handicapée visuelle. J’ai 35 ans et ma passion pour mes chiens, des patous, m’a permis de rencontrer deux enfants, des frères, en situation de handicap. Mathéo, 11 ans, est autiste non verbal et Mathis, qui a un an de plus, souffre d’un trouble du déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH). C’est une belle histoire qui a commencé voilà une paire d’années.

J’adore Beille et Tomy, mes grands chiens de montagne des Pyrénées. Je les emmène partout avec moi : dans les Pyrénées, bien sûr, mais aussi récemment en Bretagne et bientôt en Suisse… Je fais beaucoup de photos d’eux que je poste régulièrement sur Facebook.

Premier contact

Un jour, j’ai été contacté par une femme qui regardait souvent mes photos avec ses deux fils. Il se trouve qu’il s’agissait de la maman des deux petits garçons handicapés qui regardait très souvent ces images avec eux. Elle s’est aperçue qu’elles suscitaient chez eux de l’intérêt et des réactions positives.

Il y a deux ans, elle a fini par m’envoyer un message via Messenger afin de me demander s’il était possible de nous rencontrer. Et depuis, on se voit régulièrement. Environ une fois par mois, la petite famille vient me rendre visite à Mazères, en Ariège, où ils peuvent retrouver mes deux chiens. Ou c’est nous qui faisons le voyage jusque chez eux, du côté de Pau, dans le Béarn.

Quand Mathéo a parlé…

Lors de la première rencontre, chez moi, Mathéo est resté pas mal à l’écart. Puis, il s’est rapproché petit à petit et a tout de suite ressenti de l’attachement pour ma chienne, Beille. Il a essayé d‘échanger avec elle, en vocalisant alors que d’habitude, il ne dit aucun mot. Jusqu’alors, il ne communiquait qu’avec l’aide de pictogrammes, méthode qui consiste en un échange d’images.

Je suis allé passer un week-end chez eux et là, miracle, il a dit "Beille". De même, en sa présence, il est beaucoup plus calme, apaisé.

Mathis, de son côté, a aussi du mal à se concentrer, à gérer ses émotions et, s’il parle, a encore besoin de l’aide d’un orthophoniste.

Un antidouleur pour Mathis

En outre, il a le syndrome des "jambes sans repos", un trouble du système nerveux appelé également "maladie de Willis-Ekbom" qui provoque un besoin impérieux de bouger les jambes et s’accompagne de picotements voire de décharges électriques.

Là encore, la présence des chiens a un effet inattendu : Mathis oublie complètement la douleur. Par exemple, en randonnée, quand il commence à avoir mal, parfois il en pleure, je lui confie Beille ainsi que Tomy, le mâle. Une fois qu’il les tient en laisse, il ne se focalise plus sur sa souffrance.

 

Mathis oublie ses douleurs avec les patous. (Nicolas Colombiès)

Au départ, ma motivation était simple : j’aime rencontrer des gens. Et quand ça se passe de façon aussi formidable, comment ne pas avoir envie de continuer ? C’est une façon de s’ouvrir aux autres. Moi aussi, j’apprends. Je ne savais pas grand-chose de l’autisme, donc je me suis beaucoup documenté là-dessus via des colloques et des livres. En effet, lorsqu’on arrive dans cet univers, on est un peu perdu.

Leurs progrès, ma satisfaction

Et puis, il y a des satisfactions lorsque l’on voit d’autres progrès chez ces petits. Par exemple, Mathéo fait de la "sélection alimentaire" et de fait mange vraiment très peu. Quand nous sommes à table ensemble ou lorsqu’on fait un casse-croûte en rando’, il prend de mes mains des choses qu’il n’avait jamais mangées jusque alors. Ses parents sont interloqués de le voir réaliser ce qu’il ne fait pas d’habitude. C’est aussi une récompense pour moi.

Les chiens sont comme un pont entre les garçons et les gens.

Nous voulons donc aller plus loin. Nous avons monté un petit stand de sensibilisation à l’autisme lors de la Fête de la montagne à Saint-Béat, en Haute-Garonne. On y a vendu des petites cartes postales et des autocollants réalisés avec les photos de mes chiens. Il s’agit en effet maintenant d’aider cette famille, les Caubet-Lambert, de façon pratique.

Nicolas Colombiès avec ses chiens : un trio de coeur. (Nicolas Colombiès)

Nous avons lancé une cagnotte

On a lancé un crowfunding intitulé "Pour Mathis et Mathéo" sur le site "Le pot commun". À ce jour, 17 personnes ont participé et nous avons récolté 530 euros. J’y explique :

"Les parents se battent tous les jours pour aider du mieux qu'ils peuvent leurs enfants, pour qu'ils soient le plus autonomes possible grâce à une prise en charge exclusivement comportementale (ABA) le tout en libéral et non remboursés par la sécurité sociale. Après avoir dépensés leurs économies dans les réparations de leur voiture, celle-ci est tombé en panne ! Et sans voiture... pas de prise en charge des gamins... C'est pour cela que j'ai voulu créer cette cagnotte... pour les aider parce que les petits ont besoin de ces rendez-vous chez les pédopsychiatre, éducateurs, et autres spécialistes... pour leur aider à acheter une voiture décente."

Pour l’instant, nous avons levé 900 euros pour cette voiture. Je tiens beaucoup à ce qu’ils règlent ce problème de transport qui est bien sûr très ennuyeux, surtout en province. Quant à mes chiens, ils trouvent aussi leur compte dans cette histoire d’amitié. Vous devriez voir la fête qu’ils réservent à Mathis et Mathéo lorsqu’ils arrivent.

Propos recueillis par Jean-Frédéric Tronche

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13 juin 2017

VIDEO. "13h15". La galère financière de parents d'enfants en handicap mental

article publié sur France tv info

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France 2France Télévisions

Mis à jour le 10/06/2017 | 21:16
publié le 10/06/2017 | 18:14

Les familles ayant la charge d’enfants en situation de handicap mental doivent souvent faire face à de graves difficultés financières. Gwenaelle touche 416 euros par mois, alors qu’elle s’occupe à plein temps de sa fille souffrant du syndrome de Williams-Beuren… Extrait de "13h15 le samedi" du 10 juin.


VIDEO. "13h15". La galère financière de parents d'enfants en handicap mental

Franck s’est installé dans les Pyrénées avec son fils Sacha, 18 ans, né avec une maladie génétique, le syndrome de Williams-Beuren, qui provoque une légère déficience mentale. Il a auparavant rencontré Gwenaelle, une maman de trois enfants dont la fille aînée présente le même syndrome que Sacha. Matériellement pas facile, la vie avec tous ces enfants...

"J’ai arrêté de travailler dès qu’elle est née, il y a quatorze ans. C’est mon travail ça, explique Gwenaelle sans se départir de sa bonne humeur. Il n’y a pas de case pour les parents d’enfants handicapés. On est considéré comme pouvant travailler. Rien ne nous empêche… Y a pas de case !"

"Je suis sa maman sept jours sur sept"

"Puisque ma fille est handicapée et que je ne peux pas travailler, j’ai une partie qui est payée comme salaire, soit 5 euros de l’heure pour m’en occuper", précise la maman. Elle reçoit donc 416 euros par mois.

Le calcul est facile à faire : "Ils estiment que je m’occupe de ma fille seulement soixante-seize heures par mois, alors que je suis sa maman sept jours sur sept. Si je travaillais, on aurait une autre vie. Franck pourrait travailler à plein temps et moi aussi. Le truc, c’est qu’on ne peut pas."

A lire aussi

13 juin 2017

Maxime Gillio, écrivain et papa : l’hommage cinglant à sa fille autiste

Par Morgane Garnier
Publié le 12/06/2017 à 15:57
Maxime Gillio et sa fille Gabrielle

Dans son nouveau livre baptisé "Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres", l’auteur de polars change de registre pour livrer un constat alarmant sur l’autisme en France, à travers un témoignage poignant et sans langue de bois.

Tout est parti d’une page Facebook créée il y a trois ans. Maxime Gillio, romancier dunkerquois, y livrait ses états d’âme et racontait son quotidien avec une enfant autiste d’une façon assez singulière : à la manière d’un journal intime dans lequel il fait part de ses réflexions, de ses doutes et de ses moments de joie, le père s’adresse directement à sa fille, Gabrielle. Un moyen de lui témoigner son amour, mais aussi de tenter de répondre à une question plus profonde : comment gérer la différence de son enfant et la faire comprendre aux autres ? Cette page est devenue un livre le 22 mars dernier.

Handicap invisible, frustration perceptible

Si le livre n’offre pas de véritable réponse à cette interrogation, il “donne des clés” pour nous aider à appréhender la vie d’une famille avec un enfant autiste, un handicap qui touche quelque 650 000 personnes en France. Car l’auteur insiste : “Ce qui a décidé mon éditrice et moi à publier ce livre, c’est l’ampleur qu’a pris cette page. Je me suis rendu compte que ce que je racontais était vécu par des milliers d’autres personnes. Le seul but de ce livre, c’est de faire partager une relation d’un parent avec son enfant, il n’y a pas de démarche militante. C’est un témoignage.

Et ce que l’on apprécie particulièrement dans cet ouvrage qui retrace les grandes étapes de l’évolution de Gabrielle notamment au travers d’anecdotes marquantes, c’est le franc-parler de son père qui n’a pas peur d’avouer ses faiblesses, ses imperfections et son ras-le-bol du handicap : “Je ne pense pas que ce soit un livre dans lequel je manie la langue de bois. Il y a des moments où je suis en colère, je pense que c’est important de les partager.” Un récit réaliste, parfois cynique pour mieux mettre en lumière l’une des choses les plus difficiles à gérer pour les parents d’enfants autistes : le regard des autres. “J’insiste beaucoup là-dessus parce que l’autisme est un handicap dit invisible et à ce titre, on se heurte à l’incompréhension et à la méconnaissance des gens.

couverture livre Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres de Maxime Gillio

Handicap et scolarisation : une prise en charge inadaptée

D’autant plus dans le système éducatif. D’ailleurs, cet ancien professeur de français n’hésite pas à parler de “trahison” de la part du corps enseignant à plusieurs reprises dans son livre : “Il y a un gros problème de méconnaissance complète, d’altération de la vision de l’autisme, explique-t-il. Dans l’éducation nationale, le problème vient du fait que l’on refuse de voir la réalité en face. Face à une situation problématique d’un enfant, au lieu de chercher à la comprendre, la régler, à trouver des solutions, on la rejette. Les personnes avec des responsabilités comme les directeurs, par exemple, achètent la paix sociale dans leur établissement en cloisonnant, cloîtrant. L’éducation nationale ne favorise pas forcément l’intégration des enfants différents.

Et Maxime Gillio sait de quoi il parle. Le papa a bataillé pour scolariser sa fille dans des classes ordinaires – un exploit, quand on sait que 80% des enfants autistes ne sont pas inscrits à l’école. Mais avant ça, Gabrielle est passée par les classes ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire), des dispositifs qui permettent la scolarisation des enfants présentant tous types de troubles dans des classes spéciales en favorisant également des temps d’inclusion au sein des classes ordinaires. A la rentrée 2015, on en comptait 3329 en France. Un système qui n’a fait que renforcer le sentiment d’exclusion de Gabrielle, et qui présente des lacunes selon son père : “Déjà, il devrait y avoir davantage de structures et de places ! Et depuis deux ans, il n’y a plus de spécificités dans les ULIS. Avant, il y avait des ULIS spéciales pour les malvoyants, pour les trisomiques, etc. Maintenant, les enseignants se retrouvent avec des groupes d’une douzaine d’enfants où il y a un dysorthographique, un malentendant et un autiste. On va pouvoir retrouver des profils complètement différents, une hétérogénéité du handicap qui, forcément, nuit à la prise en charge.

Etre exigeant pour l’avenir

Si le sujet de l’école tient tant à cœur à l’écrivain, c’est parce qu’il doit faire face à une difficulté quotidienne que tous les parents d’enfants souffrant d’un handicap connaissent et que l’on retrouve dans chacun des chapitres de son livre : l’angoisse liée au caractère imprévisible de ce dernier et à un futur incertain. Alors le papa lutte pour que sa fille ait le plus de clés en main possible pour assurer son avenir : “Je pense que l’exigence des parents est très importante. Vous pouvez discuter avec des centaines de parents d’enfants handicapés, et il y en aura toujours qui vous diront : ‘Avec notre enfant, on a réussi à aller au-delà de ce que les médecins nous avaient annoncé pour lui’. On n’est pas des super-héros, on est juste exigeants pour le futur. Ce serait tellement facile de se dire : ‘On nous a dit que Gabrielle était handicapée à hauteur de 80%, alors on ne fait pas d’efforts, on s’en contente.’ Mais ce n’est pas du tout ça le but.

Un témoignage humble qui offre une véritable leçon de vie à tous les parents, que leurs enfants soient touchés par le handicap ou non.

10 juin 2017

Le handicap passe en Conseil des ministres

article publié dans Faire Face

Le handicap passe en Conseil des ministres
« Handicap, une priorité du quinquennat » : le titre de la communication présentée par Sophie Cluzel au conseil des ministres, le 7 juin, veut avoir valeur de symbole. © Présidence de la République

Publié le 8 juin 2017

La secrétaire d’État chargée des personnes handicapées a présenté les orientations de sa politique, devant le Conseil des ministres. AAH, scolarisation et aidants au programme… mais pas la compensation.

Emmanuel Macron l’avait promis, devant les caméras. Édouard Philippe s’y était engagé, lors d’un déplacement. Sophie Cluzel l’a répété, devant le Conseil des ministres. La communication qu’a présentée la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, mercredi 7 juin, avait pour titre : “Handicap : une priorité du quinquennat”. « L’action du gouvernement aura une boussole, a-t-elle expliqué : partir des besoins individuels et de l’expertise des personnes en situation de handicap, ainsi que de leurs proches, pour bâtir des solutions collectives, et non l’inverse, en décloisonnant et simplifiant. »

École : « une rentrée fluide » et des activités périscolaires pour tous

Premier chantier : préparer la prochaine année scolaire. « Le gouvernement met tout en œuvre pour apporter des solutions garantissant une rentrée fluide, a assuré Sophie Cluzel. (…) Tous les enfants qui en ont besoin devront avoir accès à l’accompagnement adapté leur permettant une scolarité et un accès aux activités périscolaires ou extrascolaires comme les autres. »

Travail : davantage d’apprentissage et de formation

Et la promesse d’Emmanuel Macron de revaloriser l’allocation adulte handicapé de 100 € par mois ? « Le gouvernement définira rapidement les modalités de mise en œuvre de l’engagement du président de la République », avance Sophie Cluzel.

Pour lutter contre le chômage des personnes en situation de handicap, la secrétaire d’État table sur « deux clés » : l’apprentissage et la formation, que le gouvernement veut développer pour l’ensemble des travailleurs.

Par ailleurs, « des incitations à l’embauche des personnes handicapées seront mises en œuvre afin de favoriser leur emploi effectif ». Lesquelles ? Sophie Cluzel n’a donné qu’un exemple : « Le déploiement effectif des services d’emploi accompagné ».

Accessibilité : priorité aux transports et au logement

L’accessibilité figure également sur l’agenda. « 100 % des trajets accessibles doivent être identifiés et cartographiés ». Et le plan d’investissement transports – 5 milliards annoncés pendant la campagne présidentielle – « pourra être mobilisé en appui de l’amélioration de l’accessibilité ».

Les logements adaptés devront « être systématiquement identifiés et l’accessibilité précisée pour faciliter les recherches ». Au programme aussi : le développement des habitats inclusifs « en levant les obstacles administratifs ».

Aidants familiaux : de nouveaux droits à mettre en œuvre

Enfin, pour les aidants familiaux, les « nouveaux droits annoncés par le président de la République » seront mis en œuvre. Sur le site d’En marche, Emmanuel Macron détaillait ses promesses : prendre en compte leur situation dans le calcul de l’âge de départ à la retraite ; leur attribuer un chèque bilan santé/social pour qu’ils puissent  se former et être accompagnés ; et, plus anecdotique, permettre le don de congés entre collègues.

Compensation : toujours rien

Pour plus de détails, il faudra attendre. Mais un sujet brille par son absence sur la feuille de route de Sophie Cluzel : la compensation du handicap. Et notamment les insuffisances de la prestation de compensation du handicap. Pas une surprise car le programme d’Emmanuel Macron, analysé par Faire-face.fr, était déjà muet sur le sujet. Ceci explique sans doute cela. Franck Seuret

9 juin 2017

Vouneuil-sous-Biard : Thomas, un jeune adulte autiste, a retrouvé le sourire

article publié sur France 3 Nouvelle Aquitaine

Thomas, un jeune homme autiste de 28 ans, réside depuis trois au CAAP de Vouneuil-sous-Biard / © Thomas ChapuzotThomas, un jeune homme autiste de 28 ans, réside depuis trois au CAAP de Vouneuil-sous-Biard / © Thomas Chapuzot

Le Centre pour Adultes avec Autisme en Poitou (CAAP) de Vouneuil-sous-Biard ouvrait ses portes aujourd'hui pour faire la fête et accueillir les familles. Ce centre, ouvert depuis 2005, accueille 24 résidents âgés de 23 à 63 ans. 

Par Christine HinckelPublié le 09/06/2017 à 17:12

Cette structure est l'un des rares centres en France à accueillir des autistes adultes. La prise en charge des enfants autistes a connu de réelles améliorations ces dernières années mais celle des adultes est toujours insatisfaisante. Les malades et les familles sont confrontés au manque de centres pouvant les accueillir et les prendre en charge.
"On a une liste d'accueil de 80 cas qui sont des personnes qui sont dans une situation d'extrême détresse soit parce qu'elles n'ont pas de structures soit parce qu'elles ne peuvent pas rester dans celles où elles sont et environ 200 personnes, au niveau national, qui ont besoin d'avoir une structure" constate Laurent Petit, le directeur du centre pour adultes autistes du Poitou.

Sophie Goux, Thomas Chapuzot et Philippe Ritaine ont rencontré Thomas Charbonnier. Le jeune homme, âgé de 28 ans, réside depuis trois ans au centre de Vouneuil-sous-Biard


Portes ouvertes au centre pour autistes de Vouneuil-sous-Biard

9 juin 2017

Deux députés handicapés entrent au Parlement britannique

article publié sur Vivre FM

Vendredi 09 Juin 2017 - 14h33

Royaume-Uni

Deux candidats en situation de handicap ont été élus lors des élections législatives du 8 juin du Royaume-Uni. Les Britanniques ont voté lors d’élections anticipées voulues par Theresa May, la première ministre conservatrice.

Marsha de Cordova
Marsha de Cordova

C’est une femme, elle est noire et en plus, Marsha de Cordova est aveugle. C’est donc une candidate issue de la diversité qui représentera le Parti travailliste dans le quartier Battersea, situé au sud de la capitale  Avant son élection, cette élue locale  était représentante d’un autre quartier, celui de Lambeth à la mairie de Londres.

Elle a souhaité se présenter pour s’impliquer dans les discussions autour du handicap pour dit-elle faire tomber les barrières et permettre à ceux qui lui succèderont de ne plus connaître les mêmes difficultés qu’elle. C’est son principal objectif. Pour l’atteindre, elle s’appuiera sur son expérience concrète.

Jared O'Mara souhaite défendre le service public de la santé

Un autre député fraîchement élu est en situation de handicap, Jared O’Mara est un représentant du monde associatif, il a remporté l’élection à Sheffield, dans le quartier de Hallam, sous la bannière du Parti travailliste. Ce diplômé en journalisme de 35 ans travaille dans l’événementiel. Jusque là il était chargé des relations avec la presse pour une association de défense des droits des personnes handicapées.

Jared O'Mara, au centre de la photo

Il a aussi était directeur d’un lieu d’accueil et d’information à destination des personnes en situation de handicap, basé à Sheffiled.

Jared O’Mara souhaite profiter de son mandat pour défendre le service public de santé gravement touché par la crise économique. Il a réalisé la performance de battre Nick Clegg, chef du parti liberal democrate.

Louis Leroy

9 juin 2017

Un enfant autiste visé par des insultes sur la vitrine d'une boutique à Dole

8 juin 2017

Le handicap fragilise le couple. Cliché ou réalité ?

Photo

canapé déclic : couple et handicap

Il paraît que les parents d’enfants handicapés se séparent plus que les autres. Il paraît aussi que l’arrivée d’un enfant est une épreuve pour le couple. Mais on entend aussi que la difficulté fortifie, rapproche. Et si la vérité était ailleurs ? Et s’il n’y avait que des histoires singulières ? Trois profils, trois histoires qui se sont croisés un jour d’octobre dans les locaux de Handicap International à Paris.

La probabilité d’avoir un enfant handicapé, vous en avez parlé entre conjoints ?

Dominique — J’avais 40 ans lorsque je suis tombée enceinte, j’encourrais donc des risques. Les médecins ont d’abord détecté une trisomie. J’ai pensé avorter, puis on m’a dit que tout allait bien. Mettre un terme à la grossesse n’était plus à l’ordre du jour pour moi. Le hic était que mon mari, lui, n’en voulait plus…

Rémy — Nous n’avons pas imaginé une seule seconde que ça puisse nous arriver. C’est comme anticiper le fait que son enfant puisse être victime d’un accident de voiture à 17 ans !

La naissance de votre enfant a-t-elle fragilisé votre couple ?

Dominique — C’est plutôt le contraire. Notre couple était déjà fragile lorsque Gabriel était « normal », qu’aucun diagnostic n’avait encore été établi. Sans lui, mon mari et moi nous serions séparés depuis bien longtemps. Le handicap nous a renforcés un temps. Pour Gabriel on avait  besoin l’un de l’autre.

Caroline — L’arrivée d’un enfant, en général, bouscule un couple. Le handicap a accentué le tout, rien de plus. Il nous a donné plus d’occasions de nous disputer. Mais il nous a aussi obligés à communiquer. C’est indispensable pour survivre.

Rémy — Je crois que c’est un cliché. Beaucoup de couples se séparent de toute façon. Le handicap ne fait que rajouter une couche.

 Le handicap d’un enfant peut-il pousser un couple à se séparer ?

Caroline — Notre capacité à accepter le handicap est un facteur de rupture. Comment faire quand l’un est encore dans une phase de colère et de désespoir, alors que l’autre a déjà accepté le handicap comme une composante de sa vie ? Les incompréhensions peuvent se multiplier. Le déséquilibre y est aussi pour quelque chose. En congé maternité, j’étais 24 heures sur 24 avec Louise. Je me suis occupée de tout : des dossiers, de la paperasse… Un véritable sujet de tension entre mon conjoint et moi ! Rééquilibrer la situation était devenu primordial. Sans ce réajustement, on aurait fini par tomber dans le reproche à l’autre.

Le déséquilibre entre l’investissement du père et de la mère est facteur de crise ?

Caroline — Oui, et l’instinct maternel est une escroquerie intellectuelle ! Il y a cette logique du « puisque tu ne travailles pas, tu as plus de temps, donc tu t’occupes de tout ». C’est ce qui nous perd, couplé au manque de reconnaissance intime de la part de celui qui travaille. Car il faut bien l’avouer, le père reconnaît difficilement le travail accompli par sa femme, puisque les tâches semblent naturellement réparties. Si le mari n’en prend pas conscience, ça s’installe insidieusement.

Dominique — C’est toujours le même schéma : la mère perd son emploi, son mari l’aide financièrement. Lui a un travail et une vie sociale, elle non. Ils deviennent alors un couple triste. Sans oublier l’enfer invisible : le regard des autres, pour qui le handicap s’impose au détriment de ceux qui le portent.

Continuer à travailler pour les mères, est-ce une clé ?

Caroline — La première chose que je me suis dite lorsque j’ai su que Louise était trisomique a été : surtout ne pas m’arrêter de travailler ! Il était hors de question que mon équilibre explose, que mon conjoint en pâtisse et que notre couple se brise. Je voyais très bien ce schéma !

Dominique — J’étais contente de pouvoir m’occuper de Gabriel lorsque j’ai arrêté de travailler. Avec le temps, ma vie professionnelle, et donc sociale, m’a manqué. Comédienne, j’ai voulu retourner sur les planches, mais entre les rendez-vous médicaux, les problèmes administratifs, la fatigue et le stress, j’ai raté de multiples opportunités. Au lieu d’apprécier ces moments avec mon enfant, je me suis sentie pénalisée. Le plus difficile a été ce sentiment d’exclusion. L’arrivée d’un enfant handicapé contraint à faire le ménage dans sa vie sociale. Ces seize années ont été pour moi un enfer d’emploi du temps. Des sorties entre amis ? Oui, mais quand ? Il faut avoir de l’argent pour pouvoir sortir, il faut pouvoir faire garder son enfant lorsqu’on n’a pas de famille. Quand on part en voyage, il est tout seul, et si on l’inscrit à un séjour adapté, une semaine coûte 1 800 €.

Et l’entourage, comment réagit-il par rapport au handicap de votre enfant ?

Dominique — Les autres c’est l’enfer ! Au début, on nous considère comme des super-héros, puis avec le temps cette image s’estompe. J’ai affronté les médecins, les administrations pour Gabriel. J’ai hurlé, menacé pour qu’il soit pris en charge. On m’a prise pour une folle. Mon couple en est sorti plus fragile. Si c’était à refaire, je serais plus égoïste, sinon on est perdu. J’ai perdu ma qualité de femme, je suis devenue la mère courage. C’est très insidieux.

Caroline — Père ou mère courage ce n’est pas très sexy…

Rémy — C’est valable pour tous les couples, pas seulement les parents d’enfants handicapés. Le milieu médical et les médecins misogynes qui font peser toutes les responsabilités sur la mère ont une grande responsabilité.

Caroline — C’est moi qui me suis tapée les 25 pages du dossier à remplir pour Louise. Et lorsque le dossier nous est revenu signé, dans la case du parent n° 1, le nom de Rémy était indiqué, dans celle de la personne à contacter, le mien. Ces petits trucs que nous inflige la société ont un côté agaçant.

Dominique — Le milieu médical ou éducatif cultive les stéréotypes.

Rémy — La mère n’est pas la seule à subir les stéréotypes. En tant que papa, j’ai aussi ressenti très fort qu’il fallait assurer financièrement. Je dois être à la fois le papa, l’amant, l’ami, le fondateur d’une entreprise familiale. C’est très difficile à gérer dans l’agenda.

Avez-vous déjà pensé à fuir de votre vie de couple ?

Dominique — Mon couple ? Je ne pouvais même pas divorcer, car dans ce cas, je perdais tout. On m’a dit :« vous n’avez pas le droit de tout quitter », à moi. Pas à mon mari.

Caroline — Un couple, quel qu’il soit, est en réajustement permanent. Plusieurs fois, j’ai fantasmé de tout plaquer et partir loin. Je me disais qu’alors mes problèmes s’évaporeraient.

Dominique — Il m’est arrivé de partir trois jours toute seule. À l’époque, ça a sauvé mon couple.

Caroline — Pour sauver son couple de la crise, il faut penser à s’extraire de l’étiquette de parents. Ne pas oublier d’être des amants.

Rémy — Il ne faut pas tout mettre sur le dos des enfants et de leur handicap. C’est aussi la faute des parents qui attendent beau beaucoup de leur progéniture, qui les imaginent comme ci ou comme ça. Oui, c’est difficile, oui, on est fatigués. Oui, on est parfois moins patients, moins disponibles, mais n’est-ce pas le cas de tous les couples ?

 

Propos recueillis par Vanessa Cornier

7 juin 2017

Handicap : une priorité du quinquennat

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a présenté une communication intitulée « Handicap : une priorité du quinquennat ».
 
Le handicap est d’abord une histoire individuelle qui bouleverse le cours d’une vie, d’une fratrie, d’une famille. 12 millions de Français sur 65 millions sont touchés par le handicap.
 
Nous devons changer le regard de la société sur le handicap, vaincre les appréhensions et lever les obstacles. Nous devons relever le défi d’une société accessible, fraternelle et solidaire, qui facilite la vie au quotidien au lieu de segmenter, et qui rend possible au lieu de contraindre.
 
C’est cet objectif qui a guidé la décision de placer le secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées auprès du Premier ministre. Cette décision est le gage de la priorité que le Gouvernement entend donner à la réponse effective aux besoins des personnes en situation de handicap, quel que soit leur handicap et leur l’âge, dans l’ensemble des réformes qu’il mettra en œuvre.
 
Si le cadre législatif et réglementaire français est posé, il est complexe et génère trop de fonctionnement en silo. L’action du Gouvernement aura une boussole : partir des besoins individuels et de l’expertise des personnes en situation de handicap, ainsi que de leurs proches, pour bâtir des solutions collectives, et non l’inverse, en décloisonnant et simplifiant.
 
Elle se construira dans la concertation avec l'ensemble des acteurs et partenaires de cette politique, en particulier les collectivités territoriales, avec pour fil rouge la simplification de l'accès aux droits et l'amélioration de la qualité de service.
 
D’ores et déjà, le Gouvernement met tout en œuvre pour apporter des solutions garantissant une rentrée scolaire fluide pour les enfants concernés en septembre 2017. Parallèlement un chantier de rénovation de l’accompagnement sera lancé pour apporter des réponses aux ruptures de parcours : tous les enfants qui en ont besoin devront avoir accès à l’accompagnement adapté leur permettant une scolarité et un accès aux activités périscolaires ou extrascolaires comme les autres.
 
Pour mieux accompagner les personnes avec autisme, la concertation du 4ème plan « autisme » sera lancée le mois prochain.
 
Le Gouvernement définira rapidement les modalités de mise en œuvre de l’engagement du Président de la République de revaloriser l’allocation adulte handicapé de 100 euros par mois.

L’effort qui sera fait en faveur de l’apprentissage, ainsi que celui pour la formation des demandeurs d'emploi devront pleinement bénéficier aux personnes en situation de handicap. Il s’agit de deux clés pour favoriser leur accès à l’emploi, alors que leur taux de chômage reste plus du double de celui de la population active.
 
Cet effort devra être couplé avec une mobilisation accrue des différents acteurs des services publics de l’emploi et des employeurs. Des incitations à l’embauche des personnes handicapées, parmi lesquelles le déploiement effectif des services d'emploi accompagné, seront mises en œuvre afin de favoriser leur emploi effectif. L’embauche des personnes en situation de handicap ne doit plus être perçue comme une contrainte, mais comme une opportunité pour faire vivre la société du travail pour tous, voulue par le président de la République.
 
En matière de transports comme en matière de logement, c’est l’amélioration de la vie quotidienne de chacun qui doit être poursuivie. Ainsi, pour renforcer la mobilité, 100 % des trajets accessibles doivent être identifiés et cartographiés. Le plan d'investissement transports pourra être mobilisé en appui de l'amélioration de l'accessibilité.
 
De même, dans le champ du logement et de la construction, l’objectif d’accessibilité fixé par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées doit être réaffirmé. En outre, les logements adaptés doivent être systématiquement identifiés et l’accessibilité précisée pour faciliter les recherches. Le développement des habitats inclusifs doit être favorisé en levant les obstacles administratifs. Les bailleurs sociaux devront identifier les logements adaptés, et rendre cette liste transparente pour favoriser le logement des demandeurs en situation de handicap.
 
Le Gouvernement s’engage également pour l’accessibilité des services publics numériques pour tous. Il soutiendra également l’innovation technologique pour les personnes en situation de handicap.
 
Enfin, pour lutter contre l’usure sociale et la détresse des familles, il faut être particulièrement attentif aux conditions de travail des accompagnants et à la qualité de vie des aidants familiaux. Le Gouvernement s’attachera à mettre en œuvre les nouveaux droits annoncés par le Président de la République.
 
Le regard sur la personne handicapée, la reconnaissance de ses compétences, ne changera que si nous donnons toute sa place à la personne handicapée, et favorisons sa visibilité dans les médias. Les Jeux olympiques et paralympiques 2024 seront l'occasion de valoriser à leur juste niveau les compétences de nos athlètes paralympiques.
 
La politique du handicap du Gouvernement repose sur une responsabilité collective qui nous engage tous. Nous devons entrer dans une culture de l’efficacité et du résultat. Une société qui prend en compte les besoins des plus vulnérables se grandit.
7 juin 2017

La théorie de l'esprit autistique

(Cet article n'est que le fruit d'une réflexion commune et le but n'est pas de généraliser ni de nous exprimer à ce sujet au nom de toute la communauté autiste.)

En psychologie cognitive, l'on définit la théorie de l'esprit par la faculté d'attribuer à autrui un état mental. Par exemple : déduire ses intentions, ce qu'il peut penser ou non, ce qu'il est susceptible de savoir ou non.

Derrière les mots « théories de l’esprit » ou « empathie», simples en apparences, nous mettons des notions en réalités plus complexes et pluriels. La théorie de l’esprit est une notion initialement issue de la primatologie (Premack et Woodruff, 1978), mais son intérêt dans la compréhension des TSA a été rapidement perçu par Simon Baron-Cohen (1985) lequel a conçu de nombreux tests basés sur cette théorie, servant à détecter l'autisme (l'AQ, l'EQ, le Test des Faux Pas, le tests des émotions faciales, c'est lui ^^).

Pour information, il existe à ce jour deux hypothèses subdivisées en deux sous- hypothèses décrivant la formation et le fonctionnement de la théorie de l'esprit. On distingue :

A) La théorie de la théorie (la théorie de l'esprit est le fruit d'apprentissage et d’expérience empiriques.)

  1. Modèle de l’apprentissage (essai/erreur dans un processus expérimental proto- scientifique)
  2. Modèle de la théorie modulable (théories formulées et modulées pour extraire des « lois » de fonctionnements sociaux)

B) La théorie de la simulation (système de correction mutuel des émotions)

  1.  Modèle analogique (analogie instinctive avec ses propres expériences)
  2. Modèle de l’imitation (imitation des réactions des autres)

N'oublions pas également de mentionner que l'empathie est une notion double constituée de l'empathie affective (ressentir l'émotion de l'autre de façon primaire par « contagion ». Par exemple : se sentir triste/bouleversé intérieurement lorsque l'on voit quelqu'un pleurer ou avoir mal) et de l'empathie cognitive (attribuer un état à autrui, se projeter à sa place, interpréter les expressions faciales...) C'est cette dernière, et seulement cette dernière, qui n'est autre qu'un synonyme de la théorie de l'esprit, qui serait déficitaire chez nous, les autistes.

A l’évidence, ces processus potentiels ne s’excluent pas les uns les autres, mais peuvent fonctionner, et interagir. Nous évoquerons plus tard les zones du cerveau qui les sous-tendent, mais il faut se souvenir que les liens de causalité ne sont pas facilement identifiables : en effet, a-t-on un bon odorat parce qu’on a une zone olfactive très développée ou un zone olfactive très développée parce qu’on a un bon odorat ?

Au sujet de la théorie de l'esprit, nous avons longuement réfléchi à ce sujet, et en sommes arrivés à ce questionnement :

«Comment peut on deviner l'état mental d'une personne dont le fonctionnement, l'agencement neuronal est qualitativement radicalement différent ? »

Et de ce fait : « Les neurotypiques ne manqueraient-ils pas de « théorie de l'esprit autistique » lorsqu'ils sont incapables de comprendre les réactions des personnes autistes, prenant pour base leurs propres réactions, leur propre ressenti ? »

Propulsés à notre place tels quels, selon leurs références, en tant qu'être de spécificité sociale, peut-être se sentiraient-ils dans un état de grande détresse, prisonniers de l'autisme. Or, nous sentons-nous TOUS ainsi en tant qu'autistes ? Pas nécessairement. En fait, nous fonctionnons ainsi, tout simplement. Différemment. Parce que, tout comme ils ignorent "ce que cela fait d'être autiste", nous ignorons majoritairement "ce que ça fait d'être neurotypique".

Nous pensons que la théorie de l'esprit dépend de la structure mentale de la personne à qui l'on s'adresse. Les autistes, entre eux, bien souvent, se comprennent, se retrouvent, voire... se reconnaissent. "Oh je compatis, tu dois te sentir complètement épuisé ! Courage !" ai-je souvent entendu de la part d'individus supposés manquer et d'empathie cognitive, l'autre nom de la théorie de l'esprit, de par leur condition d'autiste. Or, n'est-ce pas là un manifeste de la théorie de l'esprit, selon sa définition ?

Les neurotypiques qui cernent le mieux les autistes, sont ceux qui évoluent à leurs côtés. Dans leur métier, dans leur famille. Ils se rapprochent de leur vision des choses, ils ont appris à leurs côtés. Cela ne signifie pas que c'est naturel pour eux de "penser autiste". L'on pourrait dire que leur acquisition de la "théorie de l'esprit autistique" est qualitativement différente et sans doute régie par une intellectualisation permanente. Ils ont peut être appris lors de séminaires par exemple que la personne autiste avait des particularités sensorielles. Mais comme ils n'en feront jamais l'expérience, ils n'auront qu'une notion théorique de ce phénomène.

Il en va de même pour les autistes dans une société régie par des non-autistes. Beaucoup d'entre nous avons appris à l'usage, de façon consciente, que telle réaction signifiait ceci, que tel événement engendrait telle réaction. Sans doute parce que nous mêmes, ne manifestons pas nos émotions de la même manière, n'avons pas le même cheminement de pensée à la base. Sans doute parce que nos codes sont différents aussi. En effet, il nous est souvent dit: "Tu dis que tu n'es pas <tel caractère/telle émotion> pourtant, c'est ce que tu renvoies, alors change d'attitude !". Il n'y a rien de plus frustrant et de plus incompréhensible, voire blessant que cette phrase pour une personne autiste.

Nous nous sommes donc rendu compte que notre base, notre répertoire de réactions, d'intentionnalités, ne s'appliquait pas aux personnes non-autistes. Et que l'inverse était vrai aussi.

Les neurotypiques ne parlent-ils pas du "monde de l'autisme", pour le différencier du leur ?

L'on attribue souvent à la personne autiste des émotions, des intentions, des réactions qui ne sont pas les siennes. A titre d'exemple :

  • –  L'on attribue à notre mutisme et à notre fuite du regard de l'indifférence. Pourquoi ? Parce qu'un neurotypique qui réagirait ainsi ferait, LUI, montre d'indifférence. Sommes-nous pour autant indifférents ? 

  • –  L'on attribue aucun sens, aucune motivation ni aucun but à nos stéréotypies gestuelles. Pourquoi ? Parce que ces gestes n'ont pas de sens, qu'il soit social, langagier etc. d'un point de vue neurotypique... A quoi nous servent nos stéréotypies gestuelles ? Bien souvent à nous canaliser.

Le versant théorique de la théorie de l'esprit semble facilement transposable dans une pensée autistique : en effet, la plupart d’entre nous analysons et observons attentivement le comportement des autres afin d'en tirer des "règles", des "lois" des schémas de comportement. En revanche, cela relève d’un processus conscient et volontaire, intellectualisé, alors que cela nous semble être un processus inconscient et instinctif chez les neurotypiques, une capacité immédiate et spontanée à se projeter en lieu et place de la personne pour adopter, "imiter mentalement" ce qui semble être son point de vue. D'ailleurs, les psychanalystes appellent la théorie de l'esprit "mentalisation". Cette faculté se développe très tôt chez les neurotypiques (dès l'âge de 18 mois!!!) et se poursuit jusqu'à l'acquisition de l'aspect pragmatique du langage (les sous-entendus, l'implicite, le second degré...) normalement aux alentours de l'âge de... 7 ans (mais son acquisition débute bien plus précocement). À 7 ans, un enfant neurotypique est parfaitement conscient de la portée de ses paroles et maîtrise quasiment l'implicite, là ou l'enfant autiste n'a pas de filtre, du fait d'une différence qualitative de théorie de l'esprit, affectant la pragmatique du langage. Par exemple, il n'imagine pas que certaines de ses paroles puissent blesser l'autre. Non pas parce qu'il ne ressent rien à l'égard d'autrui, mais parce que d'une part, il a des difficultés à adopter son point de vue, qui est celui d'un neurotypique, d'autre part, pour lui, en toute logique, ses paroles n'étant pas blessantes, il ne voit pas pourquoi elles le seraient pour les autres. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas d'intention de blesser autrui, car lorsqu'il sait que telle chose peut faire du mal, par essai/erreur, il ne le refait plus (voire, s'en veut énormément...) Ergo, il ne s'agit pas d'une absence d'empathie, mais d'un comportement « mal ajusté » par « erreur de mentalisation », liée à un mode de pensée différent, erreur interprétée par les NT comme une absence d'empathie, eux pour qui la mentalisation est devenue un réflexe, du « bon sens ».

Illustration : un enfant autiste va spontanément passer dans les rangs de la classe et corriger ses camarades en insistant lourdement et (en apparence) froidement sur les erreurs effectuées.

Pour l'enfant : c'est un simple fait, la vérité, et il n'y a rien de mal à le mentionner, surtout qu'il souligne et corrige les erreurs, donc de son point de vue, il se sert de ses capacités pour aider ses camarades....

Pour les camarades NT : « pour qui il se prend, lui ? », « ça ne se fait pas », c'est blessant et humiliant, d'autant plus que l'enfant est dans leur classe, donc un élève, tout comme eux. C'est pas à un élève de faire ça, c'est à l'instituteur. Ça ne viendrait à l'idée de personne parce que c'est « mal élevé ».

De façon générale, nous avons toujours été surpris du manque de recul de la plupart des gens quand ils sont confrontés à une autre personne qui fait ou dit quelque chose qui les dérange, s’énervant spontanément dans des certitudes sans s’interroger sur les raisons possibles de cet acte...

On constate une différence qualitative (mais non quantitative comme chez les personnes souffrants de TOC et de schizophrénie) dans le fonctionnement du cortex cingulaire antérieur, dont la zone dorsale est associée au fait de détecter les erreurs de prédictions et les conflits dans les réponses comportementales). Nous avons généralement du mal à prêter à l’autre des intentions ou des émotions précises, dès lors ce processus fonctionne de façon plus efficace entre autistes qu’avec des neurotypiques, qui eux sont, de plus, incapables de concevoir spontanément l’incompréhension des messages tacites chez l’autre. Les erreurs, en particulier, seront bien souvent considérées par eux comme délibérées et interprétées comme un comportement de provocation. Le fameux « tu le fais exprès ou quoi ? » ou encore, le « pour qui il se prend, lui ? » de l'exemple ci-dessus...

La théorie de l'esprit fonctionnerait donc mieux chez les autistes entre personnes autistes, car il est plus facile d'imaginer des expériences mentales lorsqu'elles sont proches des nôtres (ce qui est également valable pour les NT). Or les expériences mentales des autistes sont quelque peu différentes de celles des neurotypiques. En effet, ces particularités s’accompagnent souvent de co-morbidités comme les troubles anxieux, ou d’expériences sensitives particulières. Parmi ces différences de fonctionnement, l'on retrouve :

Sur le plan sensoriel :

- l'Hyper/hyposensibilité

Des différences significatives sont détectées dans le cortex pariétal inférieur des autistes (qui permet l’intégration des modalités sensorielles). En effet, nous pouvons présenter des hyper ou hyposensibilités, selon les cas, touchant un ou plusieurs sens.

Par exemple, en passant du temps ensemble, nous avons remarqué que nous réagissions souvent de concert aux mêmes stimuli sonores (mobylette sur-aiguë, nourrissons hurlant, tout cela saturant notre cerveau qui frise ou « coupe tout contact » avec l’extérieur). Nous n'avons pas eu besoin de verbaliser pour comprendre que nous avons tous deux été gênés par le même stimulus. Il semblerait que les neurotypiques, mêmes professionnels dans le domaine, n'en tiennent pas suffisamment compte dans l'aménagement des structures accueillant des personnes autistes et dans leur manière de concevoir l'autisme tout court, bien que cela tende à changer.

- La synesthésie

Cette expérience de « confusion » dans l’intégration des sens est peu connue des neurotypiques, mais semble plus fréquente chez les autistes, qui peuvent en avoir une vision commune et partager leurs expériences. (voir article à ce sujet) La synesthésie peut aussi expliquer une forme de sensibilité artistique et des liens entre objets qu'un NT qualifierait d'atypiques, d'inédits, d'originaux.

Sur les plans cognitif, émotionnel :


- La pensée en images et en schémas

Comme beaucoup d’autistes, nous pensons davantage en images et en systèmes qu’en mots, ce qui peut rendre les explications et les formulations que nous pouvons faire plus difficiles lorsqu'elles sont destinées à ceux qui ont une pensée plus sémantique. Cela peut parfois engendrer des quiproquo ou de notre part une insatisfaction de la façon dont on a verbalisé notre pensée. « Non, ce n'est pas exactement ce que je voulais dire... » est une réaction que nous avons souvent et qui est relativement frustrante.

- L'interprétation des expressions faciales

Le visage des neurotypiques est très mobile, exprimant un grand nombre d’émotions dans un temps réduit, toutes complexes et longues à analyser pour nous.

La persistance et le nombre d’informations exprimées par le visage d’un autiste est plus raisonnable, donc plus « lisible » entre nous.

D’autre part, Le lobe temporal inférieur, moins actif chez les autistes, permet l’interprétation des regards. Chez nous, l’information ne passe donc pas nécessairement par le regard mais par d’autres voies.

- l'imitation, la motricité et les fameux neurones miroirs

Le cortex pré-moteur abrite des neurones miroir, surnommés abusivement « neurones de l’empathie », qui permettent de s’identifier aux autres (« system of the same »). Si des différences dans l’activité de cette zone entre autistes et neurotypiques ont été observées, les neurones miroirs en tant que « neurones de l'empathie » ont été exclus de l’étiologie de l’autisme (arrêtez donc de nous dire que nous n’avons pas d’empathie ^^). Ces différences s’expliquent sans doute parce que cette zone est aussi associée à la planification et à l’organisation des mouvements. Or la psychomotricité fine est souvent moins performante chez les autistes. C’est peut-être lié à une moindre capacité dans le domaine de l'imitation et du traitement des gestes, ce qui expliquerait que beaucoup d'Asperger aient des traits dyspraxiques et que l'évaluation motrice soit un critère additionnel de diagnostic.

L’imitation motrice n’est effectivement pas très marquée chez nous. Par exemple, nous nous sommes toujours sentis ridicules, voire carrément bloqués en essayant d’imiter les gestes en cours de sport.

Tout ceci suggère la construction d’une théorie de l'esprit qualitativement différente chez les autistes plutôt qu’un déficit quantitatif. C'est ce qui nous emmène à parler de « théorie de l’esprit autistique ».

Et plus encore, tout ceci suggère qu'autistes et neurotypiques DOIVENT se fréquenter et s'inclure mutuellement au quotidien, afin d'apprendre à se connaître et de développer leurs « théories de l'esprit » respectives ;)

 

4 juin 2017

Vidéo -> Sophie Cluzel, Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, lors du 57ème Congrès de l'UNAPEI

logo unapei

Ajoutée le 2 juin 2017

Intervention de Sophie Cluzel, Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées à l'attention de Luc Gateau, Président de l'Unapei.

 

 

3 juin 2017

Des patous des Pyrénées viennent en aide à deux frères handicapés

Publié le 02/06/2017 à 14:58, Mis à jour le 02/06/2017 à 17:27

 

C’est par un pur hasard que Tomy et Beille, deux patous des Pyrénées, qui vivent en Ariège avec leur maître Nicolas, ont rencontré Mathis et Mathéo, deux enfants béarnais handicapés.

Rien ne les prédestinaient à se rencontrer. D’un côté, il y a Nicolas Colombiès, boulanger de profession, amoureux des montagnes des Pyrénées et propriétaire de deux chiens de cette race. De l’autre, il y a la famille Cauber, et leurs deux enfants handicapés, Mathis et Mathéo. Mathis, 12 ans, est diagnostiqué TDAH (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) et Mathéo, 11 ans, est autiste non verbal. Les premiers vivent à Mazères, en Ariège, les seconds près de Pau, dans le Béarn. Nicolas partage sa passion sur Facebook et poste de nombreuses photos et vidéos des balades qu’il fait avec ses fidèles compagnons. C’est de cette manière que Christelle, la maman des deux jeunes garçons découvre Tomy, Beille et leur maître.

L’histoire débute ainsi, il y a deux ans. Christelle prend alors l’habitude de montrer la page Facebook des deux compères à ses enfants, qui s’intéressent très vite à leurs tribulations. Face à cet intérêt inattendu, Christelle contacte Nicolas pour organiser une rencontre. Nicolas accepte immédiatement et une balade est planifiée au lac des Gaves, à Argelès.

« Pour le plus grand, quand il a vu les chiens pour de vrai, c’était comme un rêve » explique Christelle. « Pour le plus petit, il a eu besoin d’un peu plus de temps. Il a eu un peu peur, je crois, car les patous sont vraiment imposants », se rappelle la maman. « Mais peu à peu, il s’est habitué, et maintenant il est vraiment très proche de Beille ». Et Nicolas d’ajouter : « le contact avec les chiens a vraiment permis aux enfants de s’apaiser ».

Une rencontre qui a changé leurs vies

Mathéo, qui ne parle pas et communique avec ses parents à l’aide d’images, « essaye vraiment de communiquer depuis qu’il a rencontré Tomy et Beille », explique Nicolas. « Beille c’est même le seul mot qu’il réussit à dire », remarque-t-il. Le contact des chiens avec les enfants a un effet bénéfique sur le comportement des deux enfants, « qui sont plus calmes et stimulés », détaille Nicolas. Un avis partagé par Christelle.

« Cette rencontre a vraiment changé notre vie », se félicite la famille Caubet. Nicolas, quant à lui, avoue aussi avoir « trouvé de nouveaux amis ». « Nous avons créé des liens et je me suis très attaché à eux, souligne-t-il. Les chiens eux-mêmes se sont pris d’affection pour les deux petits, avec qui ils se montrent très protecteurs.  Par exemple quand nous croisons des randonneurs, ils se mettent toujours devant les enfants, comme pour les protéger ».

Depuis, cette première rencontre, Nicolas et Christelle organisent des balades et des vacances régulièrement. Tantôt chez l’un, tantôt chez les autres. Nicolas, a vraiment pris à cœur d’aider cette famille, et a même pris l’initiative de mener plusieurs opérations afin d’accentuer son soutien.

 


Un soutien financier

Nicolas a souhaité poursuivre son aide et apportant un soutien financier à la famille Caubet. Pour ce faire, le boulanger a mis en place une cagnotte sur un site participatif. Près de 500 euros ont ainsi été récoltés. De même, il a fait éditer des cartes postales de ses chiens, dont le montant de la vente sera intégralement reversé sur la cagnotte. 

Tomy, Beille et Nicolas assisteront dimanche 4 juin à la Fête de la montagne, à Saint-Béat (31). Ils tiendront dans ce cadre un stand, où seront bien sûr à disposition les cartes postales des deux compères. L’occasion aussi pour les amoureux de ces chiens-là de prendre des photos avec eux !

Plus d’informations sur la page Facebook des patous ou sur le site de crowdfunding.

EMILIE LAURIA

3 juin 2017

Handicap. "Un moment fort" : la visite d'Emmanuel Macron au petit Pablo à Vannes

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, Emmanuel Macron s’est rendu au domicile d’un enfant handicapé pour un tête à tête, à l’abri des regards.

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, Emmanuel Macron s’est rendu au domicile d’un enfant handicapé pour un tête à tête, à l’abri des regards. | Cabioch Lione

Lionel Cabioch

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, Emmanuel Macron s’est rendu au domicile d’un enfant handicapé pour un tête à tête, à l’abri des regards.

Le président de la République a tenu sa promesse. Mercredi soir, en arrivant au dîner républicain organisé à la préfecture de Vannes, Emmanuel Macron a croisé par hasard lors d’un bain de foule le père de Pablo, 7 ans et demi, atteint du Syndrome du X fragile, à l’origine de retards intellectuels et physiques.


« Demain, j’irai vous voir chez vous », lui a alors promis spontanément le président. C’est ce qu’il a fait jeudi matin, avant de prendre la direction de Lorient, pour visiter le port de pêche.

"Un tête à tête sincère, fort et simple"

« C’est Pablo qui lui a ouvert la porte, les médias sont restés dehors et la garde rapprochée du président Macron sur le palier, témoigne Emmanuel Paugam, le papa de l’enfant. C’était un entretien en tête à tête. Ça a été un moment sincère, fort et simple au cours duquel Pablo lui a parlé directement. On a pu lui raconter notre histoire et exposer nos difficultés. »

Quinze minutes ont suffi au président, « visiblement très au fait de la problématique du handicap », pour s’imprégner du quotidien de la famille.

Une visibilité à six mois de l'avenir de Pablo

« On a une visibilité à six mois seulement de l’avenir de notre fils, déplore le père. Pour l’instant, il est scolarisé en Ulis, à l’école Saint-Guen à Vannes. Tous les ans, pour bénéficier du suivi scolaire, on doit justifier de sa production, de ses progrès. A chaque fois, c’est l’angoisse. Des murs, on s’en prend tous les jours ou presque. Pas plus tard que ce matin ! On vient d’apprendre que l’assistante de vie scolaire de Pablo ne sera pas la même l’an prochain car son contrat de deux ans arrive à échéance. Or notre enfant a besoin de repères stables. »

L'inclusion, un véritable combat !

Les parents ont fait de l’inclusion de leur fils un véritable combat. « Pablo est inscrit au Rugby-Club de Vannes. Avant, il n’était pas capable de courir. Désormais, il parcourt le terrain dans tous les sens. On a aussi la chance qu’il soit accepté en centre de loisirs, ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de villes. »

La ministre en charge du handicap reprendra contact

Et pourtant, ça n’a pas été toujours simple. « Le pédopsychiatre voulait mettre Pablo en hôpital de jour. Ça revenait à faire le deuil de notre enfant. On a refusé et préféré suivre les conseils d’un généticien. Aujourd’hui, en France, l’approche psychanalytique est remboursée (alors qu’elle est interdite partout ailleurs aux moins de 12 ans) mais pas la méthode comportementale, pourtant efficace, qui se base sur la psychomotricité. »

Le président Macron a écouté Pablo et ses parents. « Il s’est engagé à ce que la ministre en charge du handicap reprenne contact avec nous. » Le couple entend saisir ce coup de projecteur inespéré pour faire avancer la cause des enfants handicapés.

2 juin 2017

Patrick Cohen et son épouse Alexandra, couple soudé face à Tonya Kinzinger


Exclusif - Patrick Cohen et sa femme Alexan­dra - Dîner de gala caritatif pour l'association Autistes Sans Frontières à l'hôtel Marcel Dassault à Paris, France, le 1er juin 2017. © Rachid Bellak/Bestimage
Réunis pour la bonne cause.

Jeudi 1er juin à Paris, l'association Autistes sans Frontières organisait un important dîner de gala à l'hôtel Marcel Dassault. Donné pour la cinquième année consécutive, l'événement caritatif a pour mission de récolter des fonds afin de favoriser la scolarisation d'enfants atteints d'un trouble du spectre de l'autisme.

Plusieurs personnalités avaient donc répondu à l'invitation de la présidente de la fondation, Estelle Malherbe. Depuis des années, Autistes sans Frontières oeuvre pour la promotion de la scolarisation en milieu ordinaire des enfants autistes, mais a également pour mission de financer des dispositifs d'accompagnements spécialisés, de mobiliser les pouvoirs publics, de sensibiliser et d'informer l'opinion publique.

Repéré par les photographes, l'animateur Patrick Cohen a pris la pose au côté de son épouse, la journaliste Alexandra Cooren. Souriant et complice, le discret couple parent de trois enfants était assorti de la tête au pied pour se plier au traditionnel photocall. Sur place, Tonya Kinzinger a également pris la pose devant les caméras. Vêtue d'une robe bustier, l'actrice de 48 ans (qui a déjà participé aux deux précédentes éditions du gala, en 2015 et 2016) était absolument ravissante.

Roselyne Bachelot a quant à elle été vue en train de prendre la pose au côté du chef Alain Passard. Élu meilleur chef au monde en novembre 2016, ce dernier a généreusement orchestré le menu de la soirée. Enfin, le sportif Jean-Marc Mormeck et Harry Roselmack (qui a également pris l'habitude de soutenir le réseau Autistes sans Frontières) étaient également présents.

Le 02 Juin 2017 - 11h38
2 juin 2017

Autisme et handicap : démarche et droits

logo canal autisme

article publié sur Canal Autisme

L'objectif de cette formation : permettre aux familles de mieux comprendre le fonctionnement des institutions (MDPH, système scolaire) de connaître leurs droits et les faire respecter. Cette formation s'articule en 4 parties et dure environ 3 heures :

1. La MDPH
2. Autres aides financières et mesures de protection
3. La scolarité
4. Les prises en charge

     
Odile DE VISMES
Présidente de l’association TouPI (Tous Pour l’Inclusion) depuis juin 2013 : association de familles d’enfants ayant un handicap cognitif (autisme, handicap mental, troubles des apprentissages, TDAH, etc). Elle accompagne des familles dans leurs démarches (dossier MDPH, démarches scolaires, etc) et dans leurs recours. Ancienne administratrice de la FCPE 75, elle a été membre de la CDAPH de la MDPH 75 pendant deux ans, ainsi que de la CDOEA de l'académie de Paris.
Le site de l'Association TouPI : http://toupi.fr
   
  • Pré-requis
Aucune connaissance spécifique n'est nécessaire pour suivre cette formation. Elle s'adresse principalement aux familles.

  • Plusieurs thématiques seront abordées pendant cette formation
- La MDPH
- Pourquoi la MDPH ?
- Processus
- Dossier enfant
- Passage à l’âge adulte
- L’organisation académique
- Les types de scolarité
- Les AVS
- ESS et équipe éducative
- Maintiens
- 1er degré : périscolaire, extrascolaire
- 2nd degré : examens, orientation
- Transports
- Aides et recours
- Les prises en charge
- Prise en charge institutionnelle
- Prise en charge en libéral
- Double prise en charge
- Transport


  • Les outils & moyens pédagogiques
Une formation 100% en ligne disponible 24h/24, 7j/7, composée de modules vidéo courts avec :
- un support de formation à télécharger
- des échanges avec les membres de la communauté Canal Autisme sur la Page Facebook

  • Durée
Cette formation dure environ 3 heures


1 juin 2017

Vannes. Au réveil, le Président Macron s’invite chez un article publié dans Ouest France

article publié dans Ouest France

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, le président Macron s'est rendu au domicile de Pablo, un enfant handicapé.

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, le président Macron s'est rendu au domicile de Pablo, un enfant handicapé. | Maël FABRE

Maël FABRE

Ce jeudi matin, après avoir passé la nuit à la préfecture du Morbihan à Vannes, le président Macron s’est rendu au domicile de Pablo, un enfant handicapé.

Hier soir, à son arrivée à la préfecture, Emmanuel Macron s’est entretenu quelques minutes avec le papa de Pablo, jeune enfant handicapé.

Emmanuel Macron a écouté et tranché en quelques secondes. « J’irai vous voir » a-t-il annoncé tout de go. Et a adressé d’un de ses collaborateurs : « Vous prenez les coordonnées. Ce monsieur habite juste à côté de la préfecture je veux le voir demain avant de partir. »

Très ému, le père a souligné : « C’est peut-être un changement dont le handicap a besoin en France. C’est un concours de circonstances, je suis sorti de chez moi au bon moment, j’habite à 20 m. Maintenant, si le sujet intéresse le Président, ce dossier est important pour mon enfant, pour la France, pour la société. »

Le Président Macron a tenu sa promesse puisqu’il s’est rendu, peu après 8 h 30, au domicile de Pablo. Il a emprunté une grille dérobée sur le côté de la préfecture pour s’y rendre à pied. Après 10 minutes d’entretien, le président est ressorti et est allé saluer les badauds massés sur le trottoir d’en face avant de remonter dans sa voiture direction Lorient, son port de pêche, ses commandos et ses sauveteurs de la SNSM.

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