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"Au bonheur d'Elise"
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22 février 2014

ça fait peur

article publié sur Des mots grattent

 vendredi 21 février 2014

Ça fait peur


Les meilleurs mots de la conférence « Qui sont les autistes aujourd’hui ? » à la Maison Communale de Leers-Nord, animée par les psychanalystes du Courtil, Institut médico-pédagogique près de la frontière française en Belgique. (Le 20 février 2014)
 

Salle de réunion du Courtil

« Quel dommage que les autistes soient sortis du champ de la santé mentale pour être dans celui du handicap » (ben tiens, ça vous lève une part de marché, hein ?)

« L’autiste a un double et il faut parler au double si l’autiste veut pas communiquer ça permet de rentrer en contact »

« Un ‘sujet’ a choisi l’électricité comme job pour se connecter aux autres »

 
« On a choisi de pas éduquer l’autiste parce que le faire rentrer dans notre monde c’est une violence terrible »

 
Sans oublier le grand classique : « Il ne parle pas parce qu’il ne VEUT PAS parler » La suite de : "L'autisme, c'est le choix du sujet", dit proféré plus tôt.

Il se regarde dans le miroir sur la porte puis il va voir derrière la porte. (Zut mon chat aussi il est AUTISTE. Je n’avais pas assez avec un mari et un fils.)

L’éducatrice : « On ramassait des orties pour faire du purin d’orties, avec les gants mais ça faisait mal quand même. Je me pique aux orties, je crie. Je ‘théâtralise’ et là Henri parle. Parce qu’à cause des orties, ça lui rappelle son père qui était jardinier et qui est parti de la maison quand il était petit. Plus tard, Henri  est allé à l’école et là il a fait des progrès : les progrès c’est grâce à mon cri qui a provoqué un déclic ».

 
« Mais on fait des tas de choses, on n’a même que 10 minutes pour les repas des enfants car il y a : atelier théâtre, atelier eau, atelier promenades, atelier gares, atelier poterie, etc. Alors hein, avec tout ça le temps d’école il est partiel hein, enfin pour ceux qui vont à l’école ».

Et plusieurs fois dans la soirée (sans parler des tracts distribués à l’entrée) : « Allez voir le film de Mariana Otero « à ciel ouvert » à IMAGIX à Tournai, le film qui montre le Courtil c’est un super film ».
Un peu de promo aussi pour 2 bouquins.

Ne rigolez pas, tout ça c’est avec vos impôts. Le film aussi…
700 000 euros d’Arte (Chaîne publique européenne)
 70 000 euros du ministère de la culture de Wallonie-Bruxelles
 20 000 euros de Tax Shelter
 
(Liste non exhaustive). Combien d’enfants avec autisme aurait-on pu scolariser et éduquer avec cette somme ?
 
Image du Courtil
 
À ciel ouvert, peut-être, mais à la raison fermé.

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20 février 2014

Autistes, handicapés, personnes âgées : un lieu d'accueil fait le pari de la mixité

Accueillir dans un même lieu de jeunes autistes, des handicapés et des personnes âgées dépendantes : c'est le pari d'un nouveau centre médico-social à Paris.

Le centre a pour mission d'accueillir dans un même lieu de jeunes autistes, des adultes handicapés et des personnes âgées dépendantes. PHILIPPE HUGUEN / AFP
Le centre a pour mission d'accueillir dans un même lieu de jeunes autistes, des adultes handicapés et des personnes âgées dépendantes. PHILIPPE HUGUEN / AFP

MIXITÉ. Accueillir dans un même lieu de jeunes autistes, des adultes handicapés et des personnes âgées dépendantes : c'est le pari d'un nouveau centre médico-social à Paris, qui promet aussi de s'ouvrir aux habitants du quartier.

Le centre Robert Doisneau a ouvert ses portes en décembre dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Inauguré mercredi 19 février par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, il entend notamment répondre à des besoins insuffisamment couverts à Paris.

Dans ses 15.000 m2, vont bientôt se côtoyer 240 personnes réparties entre un Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), un institut médico-éducatif pour adolescents souffrant d'autisme et un foyer d'accueil pour handicapés, avec une unité spéciale pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

On a favorisé la mixité des publics et des handicaps ce qui, sur notre territoire, reste extrêmement rare

Quelque 250 salariés (animateurs, aides-soignants assistants sociaux, éducateurs, psychologues...) s'y relaieront. "On a favorisé la mixité des publics et des handicaps ce qui, sur notre territoire, reste extrêmement rare", explique David Viaud, directeur général de la Fondation hospitalière Sainte-Marie, à l'origine du projet.

CLOISONNEMENT. Pour ce professionnel du secteur sanitaire et médico-social, "la France n'est pas habituée culturellement à mélanger les différents publics", contrairement aux pays d'Europe du nord par exemple. "Je me suis rendu compte que, bien souvent, les différents professionnels de santé ne se parlaient pas assez", déplore-t-il également. Symbole de ce cloisonnement, "les établissements sont souvent clos et entourés de hauts murs", regrette-t-il.

Tout l'inverse du centre Robert Doisneau, qui se veut avant tout, un lieu "ouvert" et "accessible" à tous, à l'instar du grand couloir qui traverse le rez-de-chaussée et fait figure de "rue intérieure". Ici, tout a été pensé pour que les résidents "se sentent bien et chez eux", assure David Viaud.

Une façon de mixer les handicaps et les générations

"Ici, je suis sur un petit nuage, c'est le Club Med !", témoigne Doumouia Maury, victime d'un AVC, qui s'estime "très chanceux" d'avoir emménagé ici. Le personnel "fait tout pour qu'on reste autonome", assure-t-il. Et grâce à la mutualisation prévue des espaces, il pourra bientôt partager des activités ou des ateliers avec les autres résidents.

Développer le lien social

Trois directrices travaillent sur cette "transversalité", ou la façon de mixer les handicaps et les générations, explique David Viaud. Mais le centre se veut aussi un lieu d'ouverture sur le quartier, en pleine mutation, afin de "développer le lien social" avec les habitants. Des commerces de proximité, comme une sandwicherie et un coiffeur, seront bientôt installés au rez-de-chaussée du bâtiment, avec une entrée en son sein et une autre à l'extérieur.

Sur la terrasse végétalisée, un potager doit être partagé entre les différentes structures du centre. Les écoliers du quartier seront aussi invités à y jardiner. Outil thérapeutique, ce potager aura ainsi valeur de "lien intergénérationnel". Sont également en projet des rencontres avec les habitants du quartier, autour de journées portes ouvertes et d'expositions temporaires.

18 février 2014

Faculté de médecine Paris Descartes - Que dire de l'autisme ?

Publiée le 14 juin 2013

Conférence prononcée par : Monsieur Josef Schovanec, personne avec autisme, ancien élève de Sciences-Po Paris, docteur en philosophie, auteur de "Je suis à l'Est" (Plon, 2012).

 
Les « Rencontres d'Hippocrate » sont des conférences mensuelles ouvertes au grand public, organisées par le Doyen  Patrick Berche et Christian Hervé (Société Française et Francophone d'Ethique Médicale).
Lors de ces soirées, des personnalités du monde de la politique, de la santé ou des sciences humaines et sociales viennent échanger et débattre avec le public sur des thématiques d'actualité liées à la santé et à l'éthique.
Retrouvez le programme des conférences mensuelles sur notre site : http://www.medecine.parisdescartes.fr/

11 février 2014

Autisme : Madame Carlotti, vous n'avez rien compris à la maladie de nos enfants

article pubié dans le nouvel observateur
Publié le 10-02-2014 à 15h04 - Modifié à 16h33

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes

LE PLUS. Pour la cinquième fois, le Conseil de l'Europe a condamné la France pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes dans les écoles. Le plan autisme de Marie-Arlette Carlotti, présenté en mai dernier, sera-t-il suffisant pour combler ce retard ? Pour Olivia Cattan, présidente de Paroles de femmes et porte-parole de SOS autisme en France, il est à côté de la plaque.

Marie-Arlette Carlotti en visite à l'unité pour enfants autistes de l'hôpital Robert-Debré à Paris, le 5/06/2013 (W.ALIX/SIPA)

Madame, je vous écris aujourd’hui parce que votre invisibilité politique au sein de votre ministère, votre mépris affiché pour les familles françaises ordinaires ayant un enfant autiste comme la mienne, montre à quel point votre action politique n’est dictée que par une ambition personnelle et que vous n’avez pas, semble-t-il, compris le sens de votre haute fonction politique : venir en aide aux familles d’enfants handicapées qui se trouvent dans la détresse, recevoir toutes les associations et pas seulement celles qui vous arrangent ; faire avancer l’autisme en France ; être notre digne représentante au sein des hautes instances.

Vos dix mesures ne changeront rien

Nous passerons rapidement sur votre manque d’humanité pour ces enfants et personnes autistes : un petit garçon de 8 ans qui s’adresse au président aurait ému n’importe quel cœur normalement constitué mais apparemment pas le vôtre.

Il est vrai que ce n’est pas facile de se montrer à l’écoute lorsque le but de cette fonction ministérielle était au départ la victoire de la mairie de Marseille. Mais là aussi, vous avez échoué parce qu’il n’est pas facile de faire campagne trois jours à Marseille et s’occuper de ce vaste ministère deux jours par semaine.

Passons maintenant aux choses sérieuses. Nous possédons aujourd’hui des centaines de dossiers émanant de toute la France, les familles de Bretagne sont en colère, les familles des Dom-Tom sont à bout. Les familles du sud de la France, des Vosges, du Limousin…Que devons-nous répondre à toutes ces familles qui viennent à nous, parce que nous avons décidé de parler de ce scandale sanitaire dans les médias ?

Les dix mesures que vous proposez ne sont que de simples petites mesurettes, du saupoudrage, de la poudre de perlimpinpin pour avoir quelque chose à dire face aux médias. Et nous, parents ou personnes autistes, nous savons que cela ne changera rien.

Elles illustrent votre méconnaissance du sujet

Prenons les une par une : "le dépistage précoce". Le manque de formation des pédiatres et médecins généralistes est un véritable problème, la qualité du dépistage en France est très inégale selon les régions. Et vous ne proposez rien pour répondre à cela.

"Vos unités d’enseignement en maternelle" est l’exemple le plus flagrant de votre méconnaissance du sujet. L’inclusion scolaire dans une école ordinaire parmi d’autres enfants est le modèle qui marche aux Pays-Bas, en Italie, au Canada, en Israël, aux États-Unis. À la place, vous proposez de parquer nos enfants dès leur plus jeune âge dans des classes d’autistes !

Est-ce cela l’école pour tous ? Faire une ségrégation au sein de l’école de la République ? Allons-nous faire des classes d’enfants juifs, d’enfants noirs, d’enfants roms ? D’enfants qui ont 18 de moyenne ? Jusqu’où allez-vous donc aller dans l’exclusion de nos enfants ?

"Des places en Sessad" (Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) : quelle sorte de Sessad ? Un lieu où les enfants pourront bénéficier des méthodes comportementales, d’orthophonie, de psychomotricité ? Y aura-t-il un modèle répliqué dans toutes les Régions ? Avez-vous mis en place un système de contrôle pour ces organismes ?

"La formation de 5000 personnes du médico-social" : Madame Carlotti, il y a 600.000 personnes autistes, ceci est trop peu. De plus, cette formation doit concerner tous les acteurs du médico-social, des pédiatres et généralistes, des dentistes, de l’enseignement, des auxiliaires de vie scolaire, des éducateurs sportifs spécialisés…

Les autistes ne sont pas inaptes au travail, au contraire

Pensez-vous également, Madame Carlotti, que ces enfants autistes restent toujours petits et ne grandissent jamais ?

Où sont vos mesures concernant le suivi de leurs études supérieures ? L’emploi des jeunes autistes ?

Mais peut-être pensez-vous qu’ils n’ont pas de capacités et qu’ils sont inaptes au travail !

Savez-vous qu’il existe des chasseurs de tête au Danemark, des entreprises comme Microsoft qui recrutent spécifiquement des personnes autistes ayant pris conscience de leurs compétences en matière d’informatique ?

Qu’en est-il aussi de la culture et des sports ? Allez-vous remédier à lutter contre la discrimination dont nos enfants sont victimes dans certains clubs sportifs et conservatoires ?

Nous pouvons vous écrire des pages et des pages sur les besoins de nos enfants, petits et grands. Nous avons 20 propositions simples et concrètes rassemblées dans un manifeste qui viennent du terrain et qui permettraient non seulement de changer le quotidien des familles mais aussi de respecter et de donner un avenir à nos enfants en faisant faire des économies à l’État.

Nous sommes prêts à les donner au président de la république afin de faire évoluer les choses.

Un scandale sanitaire qui n'a que trop duré

Le Conseil de l’Europe a condamné la France, fait cinq mises en garde.

Alors nous ferons appel s’il le faut à nos amis européens, à l’ONU pour que l’État français nous entende et mette fin à ce scandale sanitaire qui n’a que trop duré.

Alors oui Madame, je suis journaliste et mon moyen d’expression est l’écriture de livres mais "ma promotion" est au service de la cause, au service des familles avec lesquelles nous partageons notre désespoir sur les réseaux sociaux.

Je n’ai pas de programme politique à vendre comme cela a été votre cas avec votre dernier ouvrage publié, dès votre entrée dans vos fonctions de ministre.

Alors je tenais à terminer cette lettre ouverte sur votre proposition concernant ces "centres de répit pour les parents" : sachez, Madame, que les parents d’enfants autistes n’auront de répit que lorsque le droit de leurs enfants, citoyens français, seront respectés. Et que le président aura choisi un successeur à la hauteur de l’attente des familles.

10 février 2014

Autisme : mais pourquoi la France est-elle aussi mauvaise élève ?

Le Lundi 10 Février 2014 à 06:20

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Pour la cinquième fois, le Conseil de l'Europe condamne la France pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes dans les écoles. Pire l'hexagone accuse un retard de 40 ans sur ses voisins européens et dans le monde. Les raisons d'un blocage à la française. 

D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère © Maxppp

Le constat est accablant pour la France... Elle s'est faite épinglée non pas une fois mais cinq fois pour ne pas avoir respecté ce droit des enfants autistes à recevoir une éducation. Selon les chiffres de l'association " Vaincre l'autisme " : 80% d'entre eux ne sont pas scolarisés. Un non-sens au regard de ce que font nos voisins européens.

Pourquoi un tel retard en France ?

C'est avant tout l'approche qui est remise en question par la plupart des associations qui lutte contre ce handicap. En France, l'autisme relève plus de la  " psychiatrie " que " du trouble du développement ". Pourtant l'OMS (L'Organisation Mondiale de la Santé) préconise que l'autisme doit se guérir par la voie éducative, hors des hôpitaux et sans médicament.

Approche différente à l'étranger

Et pourtant la Haute Autorité de Santé avait bien tenté de changer la donne. C'était en mars 2012. Dans un rapport de 60 pages, elle donnait la priorité aux "  interventions éducatives ". Les experts se sont accordés sur la nécessité d'une prise en charge personnalisée en milieu scolaire. Le Canada, les Etats-Unis, l'Espagne, la Suède, l'Angleterre et l'Italie ont pris ce virage là mais pas la France. C'est ce que déplore Olivia Cattan, porte-parole de " SOS Autisme " et auteure de " D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère"   

D'un Monde à l'autre, Autisme, le combat d'une mère © Maxppp

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7 février 2014

Réponse d'Olivia Zerath-cattan à Marie-Arlette Carlotti

logo sos autisme en france

Réponse à Marie-Arlette Carlotti : Marie-Arlette Carlotti avec laquelle j’ai fait campagne pour le Président et qui me connait personnellement très bien, a semble- t-il perdu son sang-froid en m’attaquant de façon directe et grossière sur le site du Ministère, censé apporter un service aux citoyens.

Régler ses comptes sur un site de l’Etat au lieu de me recevoir avec toutes ces familles en difficulté est indigne d’un Ministre, censé être à l’écoute des Français.

Apparemment, elle n’a pas lu mon ouvrage car lorsque je parle de « système mafieux », je parle de ces associations de faux professionnels qui fleurissent sur le net et qui proposent des formations à des prix exorbitants et d’un système qui plonge les familles dans la précarité. De plus je respecte et travaille avec les associations comme Vaincre l’autisme et plus de 60 associations comme Asperger Amitié, Apte autisme, la Fnaseph (60 associations), Autisme Paca qu’elle n’a d’ailleurs jamais reçues.

Son communiqué montre à quel point elle n’est pas une femme de terrain si elle n’est pas au courant du désespoir de milliers de familles. Nous avons au sein de l’association de nombreux dossiers de famille en détresse que je tiens à disposition du gouvernement. Un désespoir décrit par tant de journalistes qui depuis plusieurs années enchainent les témoignages de parents et de personnes autistes.
Elle semble également oublier grossièrement la condamnation de la France par le Conseil de l’Europe qui lui n’a pas de livre à promouvoir. J’ai tenté de rentrer en contact avec la Ministre afin de l’informer de centaines de dossiers urgents mais elle ne m’a jamais répondue.

Mon ouvrage, dont les fonds sont reversés à une association Apte autisme, est l’histoire de ma galère en tant que maman, non une façon de faire une promotion personnelle. Ce livre existe uniquement pour dénoncer les défaillances et manquements graves de l’Etat sur toutes les questions liées à la prise en charge de l’autisme.

Si j’ai pu sortir mon enfant de son mutisme, je le dois à l’application de méthodes comportementalistes pratiquées par des professionnels d’une grand humanité. Si j’ai réussi à mon échelle à faire avancer mon enfant, pourquoi devrait-on m’empêcher d’en parler et d’en faire profiter d’autres parents ? Visiblement toutes les bonnes volontés pour faire avancer nos enfants et leur offrir un avenir ne sont pas bonnes à prendre pour Mme Carlotti…

Oser attaquer une maman qui a dû se débrouiller toute seule afin de faire face à la prise en charge de l’autisme de son enfant montre le peu d’empathie et le mépris de Mme Carlotti pour les familles françaises ordinaires en difficultés et pour cette noble cause. Car au-delà de mon cas familial, mon histoire ressemble tristement à toutes celles des familles que nos associations représentent.

J’espère que le Président de la République que j’ai eu hier par texto et qui me disait « comprendre » mon désespoir et nous « recevoir » bientôt fera le nécessaire afin de faire respecter la parole d’une maman, d’une militante bénévole de longue date et d’une ancienne journaliste.

Je demande la démission de Mme Carlotti pour son comportement indigne de sa fonction.

Olivia Cattan

6 février 2014

La France serait-elle autismophobe ?

Olivia Cattan

Olivia Cattan

article publié dans le Huffigtonpost

Publication: 06/02/2014 13h59

"Dans une décision rendue publique mercredi 5 février, la France a été épinglée par le Conseil de l'Europe, qui lui reproche de ne pas respecter le droit des enfants et adolescents autistes à être scolarisés dans des établissement ordinaires.", peut-on lire sur LeMonde.fr.

Existe-t-il encore, en 2014, un pays démocratique où certains enfants n'ont pas accès à l'école de façon égalitaire? Existe-t-il encore un République irréprochable où certains enfants sont privés d'Education? Existe-t-il un pays où ces mêmes enfants n'ont pas accès à tous les Centres de loisirs, conservatoires, cours de danse ou de théâtre et à certains clubs de sport?

Existe-t-il un pays moderne où l'on refuse le progrès et les avancées thérapeutiques au prix d'une idéologie obscurantiste? Pourquoi continue-t-on à promouvoir des documentaires accréditant le Packing, alors que cette méthode est un acte de maltraitance? Va-t-on revenir aux Electro-chocs pour soigner nos enfants? Pourquoi certains Médias par ignorance et par goût de l'audience et des larmes, propagent-ils des clichés sur les personnes autistes, qui seraient violents, épileptiques, sans aucune capacités intellectuelles, alors que certaines méthodes comportementalistes ont permis à de nombreuses personnes autistes d'avoir une vie normale?

Existe-t-il un pays où, sans réfléchir aux conséquences, le Ministre de la Santé coupe les crédits de la Recherche sur l'autisme alors que le nombre d'enfants autistes ne cesse d'augmenter, passant d'1 naissance sur 2000 à 1 pour 150 en quelques décennies?

Et bien, j'ai le regret de vous dire qu'il ne s'agit pas d'un pays lointain du tiers monde ni d'un pays sous développé et pauvre mais qu'il s'agit bien de la France, quatrième puissance mondiale.
La France, République chérie qui se targue d'être la Patrie des droits de l'homme, le symbole des Lumières, l'antre de l'égalité, de la justice et de la liberté.

Une France qui sait s'agiter lorsqu'elle revendique ses luttes contre le racisme, l'antisémitisme, le sexisme, l'homophobie mais qui malgré cela, laisse une partie de ses citoyens subir des discriminations dans une indifférence cynique et un silence assourdissant.

Faut-il inventer un nouveau mot comme, "l'autismophobie", pour éclairer de plein feux ces discriminations qui touchent 600 000 personnes autistes et provoquer le réveil des bonnes consciences des puissants pourtant toujours prompts à pourfendre l'injustice?

Patrons de presse, chaînes de télévision, syndicats, élus, ministres, entreprises, personnalités publiques, à quand le réveil? A quand l'indignation générale? A quand la une d'un média pour dénoncer le scandale français d'une prise en charge, restée à l'heure du Minitel alors qu'ailleurs d'autres surfent sur des tablettes numériques?

A quand une autre "Marche de l'égalité" qui réunirait valides, autistes et autres handicaps mélangés, se battant tous avec le même objectif, faire sauter les verrous rouillés d'un système français qui exclut une partie de ses dits «handicapés», auxquels on nie la moindre capacité?

Comme si « l'autiste » ne réfléchissait pas, ne ressentait pas, comme si "l'autiste" n'était pas capable de devenir écolier, étudiant, salarié lambda  ou musicien, peintre, écrivain, danseur, sportif de haut niveau? Comme si "l'autiste" n'avait pas d'avenir possible dans son propre pays. Comme s'il n'était qu'un citoyen invisible et de seconde zone, un exilé dans son propre pays. Comme si on oubliait que derrière son handicap, il y avait une personne, un être humain.

Parce qu'une poignée de dits « spécialistes » a choisi de laisser croupir ces enfants dans des structures aux noms complexes dans lesquelles personne ne sait vraiment ce qui s'y passe et où l'on distribue de façon abstraite un peu de soin par ci, un peu d'éducation par là. Sans oublier plusieurs cas de maltraitance.
Avec un seul mot d'ordre : Ne pas réveiller ces anges au risque de révéler leurs capacités.
Parce qu'il est important pour beaucoup que "le marché de l'autisme" continue de prospérer et de faire prospérer ce business florissant...

Le gâteau est bien trop gros pour que tous ces vautours qui renoncent à se goinfrer.

De toute façon, qu'ils se rassurent, l'Etat a démissionné, l'orgie peut continuer, en toute impunité.
Les parents sont si fragiles qu'il est si simple de les faire taire et cracher au bassinet. Ils sont prêts à tout pour quelques heures d'école avec une AVS privée ou un cours de sport saisonnier en fédération adaptée. Ils sont si occupés avec ces formalités qu'il faut sans cesse renouveler, ces commissions éducatives où "le cas" de leur enfant est examiné et où ils doivent se battre pour que le parcours scolaire de leur enfant ne soit pas arrêté.

Alors bonnes consciences, continuez à taire ces discriminations qui touchent 600.000 personnes et des milliers de familles, continuer à étouffer les voix de toutes ces familles précaires et désespérées, continuer à étouffer ce scandale sanitaire qui ne semble guère vous toucher, jusqu'au jour où peut-être votre enfant sera concerné, et ce jour-là, demandez-vous pourquoi vous n'avez rien fait pour faire éclater la vérité.
Voilà pourquoi nous avons décidé de lancer une campagne nationale afin de lutter contre les discriminations faites aux personnes autistes.

De nombreuses personnalités ont décidé de se joindre à notre mobilisation en portant notre parole dans les médias :
Audrey Dana, Marc Lavoine, Jean Dujardin, Marie-Claude Pietragalla, Bruno Wolkowitch, Thomas Dutronc, Alex Lutz, Bruno Sanches, Camille Cottin, Nelson Montfort, Radu Milhenahu, Bertrand Tavernier, Alice Belaidi, Eric Nauleau, Fanny Cottençon, Déborah Grall, Alain Lanty, Emmanuel Chain, Laurent Savard, Géraldine Nakach, Michaël Jeremiasz.

Nous demandons au Président de la République et aux différents ministres cités de nous recevoir en urgence en Délégation afin que les familles soient enfin écoutées et que les propositions que nous leur ferons soient appliquées.

5 février 2014

Olivia Cattan dans le Grand Journal du 5 février 2014 sur canal+

3 février 2014

Jean-Marc Généreux, son drame au quotidien avec sa fille handicapée

article publié dans excite

02/02/2014

Le célèbre membre du jury de Danse avec les Stars et coach sur la tournée de la troupe qui se produit partout en France, Jean-Marc Généreux porte bien son nom.

Il a certes déposé son J'achète, devenue une marque déposée, mais Jean-Marc Généreux vit, avec sa femme, un drame au quotidien. Il ne s'en est jamais caché. Il a une fille handicapée, Francesca, 14 ans, atteinte du syndrome de Rett, maladie dégénérative neurologique. Francesca ne peut pas s'exprimer.

C'est devant les caméras de Must Célébrités de M6 que Jean-Marc Généreux et sa femme ont présenté leur fille Francesca. Toujours de bonne humeur face aux caméras, Jean-Marc Généreux montre son vrai visage lorsqu'il est près de sa fille.

Le handicap demande énormément de temps et de moyens. Jean-Marc Généreux et sa femme n'ont pas abandonné leur travail de danseurs professionnels. Ils ont sûrement besoin de cette passion pour pouvoir faire face à ce drame qui bouleverse leur vie au quotidien car ils ne peuvent pas échanger avec Francesca qui ne s'exprime qu'avec les yeux. Ça a quand même changé beaucoup de choses. La carrière 'Jean-Marc et France' devenait secondaire. Très ému, Jean-Marc Généreux a les larmes aux yeux lorsqu'il s'adresse à sa fille, Je sais que tu as plein de choses à dire et que tu le dis avec tes yeux mais ça serait vraiment chouette... Il stimule sans cesse sa fille, tentant de toujours lui parler avec une voix qui ne montre pas sa douleur de père.

Le syndrome de Rett touche 270 000 personnes dans le monde.

Voir aussi => http://www.purepeople.com/article/jean-marc-genereux-emu-aux-larmes-presente-sa-fille-handicapee_a135868/1

31 janvier 2014

Déclaration politique commune Franco-Belge au sujet des handicapés français en Belgique

article publié sur Handimobility

 Télécharger l’audio | Vocalisé parReadSpeake

Suite au débat actuel sur l’hébergement des personnes handicapées françaises au sein des institutions belges, Eliane Tillieux, Ministre wallonne de la santé, de l’action sociale et de l’égalité des chances et Philip Cordery, député des Français du Benelux tiennent à « remettre les pendules à l’heure » et viennent de réaliser à cette intention une déclaration politique commune à destination de la presse. Je vous la livre ci-dessous :

« Dans le cadre du débat actuel sur l’hébergement des personnes handicapées françaises en Wallonie, Eliane Tillieux, Ministre wallonne de la santé, de l’action sociale et de l’égalité des chances, et Philip Cordery, député des Français du Benelux, souhaitent couper court aux généralisations et aux amalgames qui circulent actuellement .

Philip Cordery veut tout d’abord remercier la Belgique d’accueillir ces personnes, ainsi que les accompagnants, éducateurs spécialisés et travailleurs sociaux pleinement investis dans leurs missions et réalisent un travail remarquable au quotidien. Dans la plus grande majorité des établissements, les personnes handicapées françaises reçoivent un accueil de qualité dans des centres chaleureux au personnel compétent.

La presse comme les associations ont signalés dernièrement des dysfonctionnements et des tendances à la dérive commerciale de certains établissements appelés de manière péjorative « usines à Français », accueillant uniquement des personnes handicapées françaises et subventionnés par la Sécurité sociale française et conseils généraux.

Ces centres possèdent un statut particulier, celui de l’autorisation de prise en charge octroyée par l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (AWIPH). Ils doivent respecter des normes de fonctionnement et d’encadrement dont le cahier des charges est moins exigent que celui des centres agréés et conventionnés par l’AWIPH mais revues à la hausse par le Gouvernement wallon. En effet, pour limiter l’attrait financier, éviter des dérives commerciales et surtout veiller à ce que les subsides accordés par les Autorités françaises soient affectés à l’encadrement des bénéficiaires, les normes d’encadrement sont passées de 0,25 ETP par personne handicapée à 0,6 ETP depuis juillet 2010.

Par ailleurs, chaque plainte formulée engendre systématiquement une visite d’inspection dans l’institution concernée. Plusieurs institutions font l’objet d’un suivi pour remédier aux manquements constatés le plus rapidement possible. Jusqu’à présent, seule l’AWIPH était en mesure d’inspecter ces centres situés sur son territoire.

« L’accord-cadre franco-wallon sur l’hébergement des personnes handicapées françaises en Wallonie, ratifié par la Wallonie en mars 2013 et par la France en novembre 2013 va permettre de formaliser la collaboration entres les services d’inspection wallons et français » souligne Eliane Tillieux. « Celui-ci permettra désormais aussi bien aux autorités françaises qu’aux autorités wallonnes de décider d’inspections et de contrôles conjoints de ces centres afin de s’assurer une meilleure qualité de prise en charge et de parer aux dysfonctionnements signalés. »

L’accord-cadre va également revoir et harmoniser le contenu, en le précisant, des conventions de financement conclues entre ces établissements et les départements français.

Cependant, « l’objectif principal de la France est l’augmentation de sa capacité d’accueil sur son sol et l’amélioration de la qualité de cet accueil » rappelle Philip Cordery. Le député des Français du Benelux le souligne, « la mobilité forcée n’est pas un but en soi et nous voulons permettre aux personnes handicapées d’être hébergées au plus près de leurs familles. » Le gouvernement français et la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, sont pleinement mobilisés en ce sens comme le prouvent le 3e plan autisme révélé en avril 2013 et les efforts conséquents du gouvernement en ces temps de restrictions budgétaires ».

Plus d’informations :

Laure Delcroix, collaboratrice de Philip Cordery, député des Français du Benelux, +32 498 564 367 – laure.delcroix@philipcordery.fr

Edwine Bodart, attachée de presse d’Eliane Tillieux, +32 485 468 357 – edwine.bodart@gov.wallonie.be

30 janvier 2014

Florian : un défi contre l'autisme - vendredi 31 janvier à 20h40 sur France 3

article publié sur France 3 Corse ViaStella

Angélina Risterucci et Gérôme Bouda ont suivi Florian, autiste,et le parcours de sa famille pour le maintenir dans un système scolaire classique.

  • Par Laetitia Salis
  • Publié le 09/01/2014 | 16:37 , mis à jour le 30/01/2014 | 11:50
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Ghjenti : "Florian, un défi contre l'autisme"


En 1999, Florian vient au monde mais le regard vide d’expression de l’enfant pousse ses parents à consulter. Le diagnostic tombe comme un couperet : « Florian est autiste ». C’est un choc pour Jean-Christophe Pietri, son père, qui croyait avoir laissé derrière lui les drames de son existence...
Jean-Christophe Pietri est né dans une famille modeste de rapatriés d’Algérie sur laquelle l’autisme s’acharne. La génétique ne l’a également pas épargné. Depuis l’enfance, il se bat contre sa dyslexie, contre un système qui ne sait pas intégrer les enfants différents....
Et voilà que le sort s’acharne encore sur ceux qu’il aime. Son fils, Florian a deux passions : ses pinceaux et sa drôle de collection d’images. Mais les autres apprentissages de la vie lui posent problème. Malgré la loi qui oblige l’Education Nationale à intégrer les personnes handicapées, l’école veut le rejeter. Au nom des 650 000 autistes de France, Jean-Christophe mène un combat, celui de maintenir son fils dans un milieu scolaire normal.
Cette année, Florian a fait sa rentrée en sixième au collège Jeanne d’Arc de Bastia. La caméra d’Angélina Risterucci et Gérôme Bouda a suivi cette victoire sur un système trop fataliste. Pour ses parents, la conclusion sonne comme une évidence : la société ne doit pas seulement admettre les autistes, elle doit les inclure !

Une coproduction France 3 Corse ViaStella / GB Prod
29 janvier 2014

Mon documentaire sur l'autisme - Le Mur - libre de diffusion

Publiée le 29/01/2014 |
Révélée par ROBERT Sophie

Photo de la Vérité

Après deux ans de censure, mon documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est à nouveau autorisé à la diffusion.
Le 16 janvier, la cour d’appel de Douai a de nouveau autorisé la diffusion de mon documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». Cette décision est intervenue après deux ans de censure, conséquence d’un procès intenté par trois psychanalystes qui m’ont accusée d’avoir manipulé leur discours pour rendre leurs propos ridicules et dogmatiques.
 
La psychanalyse domine encore très largement le champ de la pédopsychiatrie, et particulièrement celui de l’autisme. De nombreux parents d’enfants autistes dénoncent cette situation et privilégient les prises en charge éducatives, comportementales et développementales de l’autisme (ABA).
 
La genèse de mon projet : une enquête sur la psychanalyse
 
Au départ, mon travail n’avait rien à voir avec l’autisme, je me concentrais exclusivement sur la psychanalyse. Je voulais faire un état des lieux de la psychanalyse, de sa théorie, sa pratique et son évolution, par la bouche des psychanalystes, en réalisant un documentaire en trois volets de 90 minutes chacun. Mon approche était très large, je voulais faire un vrai panorama de la discipline en me penchant sur les différents courants, sur le travail à l’hôpital et en cabinet, etc. Pendant quatre ans, j’ai donc rencontré et interrogé 52 psychanalystes ; puis j’en ai filmé 27, pendant une à trois heures chacun. Je dispose aujourd’hui de 60 heures de rushs de ces entretiens. Le but était de leur faire résumer leurs théories, avec leurs mots à eux, mais dans un discours qui soit, pour une fois, accessible au profane.
 
Dès les premières interviews, j’ai été très choquée par ce que j’entendais – je m’attendais à réaliser un documentaire beaucoup plus nuancé ! Je savais qu’il existait des psychanalystes rétrogrades et vieux jeu dans le métier mais je pensais qu’ils étaient minoritaires. Je connaissais leur postulat sexuel de départ mais j’étais convaincue qu’ils avaient évolué par rapport à la théorie freudo-lacanienne. J’ai découvert au cours de mon enquête et au fil des interviews que l’immense majorité des psychanalystes restent très dogmatiques et rigides. Ceux qui ne le sont pas – ils sont rares – se taisent de peur d’être exclus. Paradoxalement, ce sont ces derniers qui ont été les premiers à m’alerter sur les dérives sectaires de leur mouvement, me disant qu’il fallait que leur milieu s’amende mais que le déclic devait venir de l’extérieur car eux-mêmes étaient incapables d’évoluer.
 
L’autisme pour les psychanalystes : la pire des psychoses
 
Ce sont les psychanalystes qui ont les premiers commencé à me parler de l’autisme : pour
eux, il constitue la pire des psychoses. L’autisme résulterait d’un problème relationnel. Dans tous les cas, c’est la mère qui est fautive : soit l’autisme provient d’un vœu de mort envers son enfant, soit elle est trop fusionnante et dans une position incestueuse envers lui (l’inceste fut-il sans passage à l’acte ou inconscient). Interloquée, j’ai commencé à faire des recherches et j’ai rencontré l’association « Autistes sans frontières » qui milite pour la scolarisation des enfants autistes. Ils m’ont appris que dans le secret des cabinets de consultation, les parents d’enfants autistes entendaient des propos extrêmement culpabilisants de la part de psychanalystes dont le discours officiel est complètement différent. C’est la raison pour laquelle ils ont soutenu mon travail. « Vous tombez du ciel » m’a dit Vincent Gerhards, président d’« Autistes Sans Frontières », « cela fait des années qu’on le dit, mais personne ne nous croit ».
 
Officiellement, nous devions mettre le film en ligne sur le site de l’association le 7 septembre 2011, au moment même où il serait projeté en avant-première au cinéma L’Entrepôt, à Paris. A la suite d’un bug informatique, le film a été diffusé dès le 1er septembre sur le site d’« Autistes Sans Frontières ». D’emblée, ce fut l’explosion : le film s’est répandu de blog en site sur tous les réseaux de l’autisme, comme une trainée de poudre. Les parents d’enfants autistes m’ont contactée pour m’exprimer leur soulagement, même si pour eux le film est très difficile à voir, ils allaient enfin être crus. Du matin au soir, week-end compris, j’ai été assaillie de messages et d’appels de gens qui voulaient me remercier et me raconter « la double peine » : avoir un enfant autiste dans un pays où la psychiatrie est dominée par la psychanalyse.
 
Après avoir vu mon film, beaucoup de parents ont pris la décision de retirer leur enfant des institutions psychiatro-psychanalytiques pour se tourner vers une prise en charge éducative, comportementale et développementale, quitte à s’endetter pour des années, lorsqu’ils arrivent à trouver des professionnels qualifiés en libéral, parce que c’est la seule chance pour leur enfant de progresser. En effet, à part 24 établissements en France (pour environ 400 enfants, alors que 8 000 enfants autistes naissent par an), aucun hôpital psychiatrique ne prend en charge cet accompagnement. En revanche la sécurité sociale rembourse au prix fort l’institutionnalisation à vie des autistes qualifiés de « fous ». Dans les institutions, un électrochoc s’est produit. Pendant des mois, dans les hôpitaux de jour et les institutions psychiatriques, les professionnels ont fait des réunions pour parler du Mur.
 
Accusée d’avoir réalisé un « montage tendancieux »
 
Un mois après la diffusion du « Mur », j’ai reçu un post-it jaune dans ma boîte aux lettres qui disait simplement : « Contactez Maître D…. » avec son numéro de téléphone. L’huissier est venu chez moi quelques jours après pour me lire une décision d’un magistrat du Tribunal de Grande Instance de Lille, ordonnant de saisir mes rushs – que j’avais entre temps mis en sécurité chez mon avocat. Trois des psychanalystes apparaissant dans mon documentaire – Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, tous trois membres de l’Ecole de la Cause Freudienne, dirigée par Jacques-Alain Miller – avaient saisi le Tribunal pour préparer la censure de mon film.
 
Ils me reprochaient d’avoir réalisé un montage tendancieux qui, affirmaient-ils, rendait leurs propos ridicules et dogmatiques en escamotant des nuances de leur discours. Comme je ne voulais pas que l’on pense que j’avais quelque chose à cacher, j’ai quand même fourni à la cour les interviews des trois psychanalystes concernés utilisés dans mon film, pris dans leur contexte le plus large, soit six heures de rushs. Je suis convaincue que ces documents n’ont pas été examinés sérieusement en première instance.
 
Poursuivie pour atteinte à la réputation
 
Sur le fond, je trouve tout à fait possible d’attaquer un journaliste pour ce genre de griefs : il y a des coupes au montage qui peuvent réellement déformer les propos d’une personne et être préjudiciables. Mais j’avais les rushs pour me défendre et j’avais confiance en la justice. Il suffisait que les magistrats examinent la matière brute des interviews pour que la procédure tourne court.
 
La procédure s’est tenue en urgence, une assignation à jour fixe, le 8 décembre 2011, soit à peine un mois et demi après la réaction judiciaire des trois psychanalystes. Ce jour-là, je n’étais pas attaquée pour diffamation, mais pour atteinte à la réputation. Les conclusions des avocats des psychanalystes faisaient feu de tout bois : ils me reprochaient de ne pas être journaliste parce que je n’avais pas la carte de presse, ils ont voulu retirer leur droit à l’image et même se faire passer pour co-auteurs du film (et ainsi me reprocher de ne pas leur avoir soumis le documentaire avant sa diffusion, prétendant intervenir au montage, ce dont évidemment il n’avait jamais été question).
 
Le verdict a été rendu le 26 janvier 2012 : mon film a été censuré en l’état et moi et ma société avons été condamnées à payer 25 000 euros de dommages et intérêts aux trois plaignants, plus 9 000 euros de publications judiciaires. Plus 100 euros d’astreinte par jour tant que mon film serait visible, même s’il était diffusé sur un blog chinois ! Or ce film s’était répandu de façon virale sur le net, dans le monde entier ! A titre exceptionnel, le TGI de Lille a considéré que le jugement devait être à exécution immédiate bien que j’aie aussitôt fait appel (normalement un appel est suspensif). Pour les parents d’enfants autistes, ce verdict a été reçu comme un coup de poignard dans le dos, un déni de leur propre souffrance : ces propos stupéfiants tenus par les psychanalystes dans mon film, ils les entendent régulièrement et ceux-ci ont des conséquences très douloureuses dans la vie de plusieurs dizaines de milliers de personnes en France.
 
L’appel : une victoire partagée
 
Pour l’appel, j’ai changé d’avocat. Maître Stefan Squillaci, avocat au barreau de Lille et Maître Nicolas Benoit, spécialiste parisien du droit de la presse, ont accepté d’assurer ma défense en pro bono, pour la cause de l’autisme. Je leur en serai éternellement reconnaissante. Cette fois, nous avons fait constater les rushs par huissier. La première fois, donner des DVD à la cour avait été une erreur, elle ne les a pas regardés. A la demande de Maître Squillaci, j’ai donc fait une transcription écrite de toutes ces vidéos – au raclement de gorge près – qui a été validée par un huissier. C’est à partir de ces documents écrits que l’appel a été rendu, le 16 janvier, près de deux ans après le premier jugement.
 
Les magistrats de la troisième chambre de la cour d’appel de Douai auraient pu statuer sur la forme, mais ils ont choisi de juger sur le fond en répondant point par point au jugement de première instance et affirmant que je n’avais pas dénaturé ni ridiculisé les propos des trois psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne. Mon film n’est donc plus censuré et je suis réhabilitée en tant que réalisatrice. Les magistrats ont également reconnu que j’avais subi un préjudice qui devait obtenir réparation.
 
Le jour du jugement, ça a été le délire : ce n’était pas seulement mon procès qui était en jeu. D’une certaine façon c’était le procès de tous les parents d’enfants autistes. Cette victoire a été d’autant plus agréable que ma joie a été partagée en direct avec des centaines de familles, associations et professionnels de l’audiovisuels, éducateurs et psys sur les réseaux sociaux.
 
Deux ans et trois mois de procédure
 
Ces procédures ont eu un impact très lourd sur ma vie professionnelle – c’est traditionnellement le cas de tous les lanceurs d’alerte – un phénomène aggravé dans mon cas par le fait que ce procès et ses conséquences ont été extrêmement médiatisés. Une partie de la profession a pris au mot le jugement de première instance comme quoi j’avais triché en manipulant les rushes et m’a tourné le dos.
 
Les trois psychanalystes de l’ECF ne se sont pas cachés d’avoir agit de façon punitive, pour m’ôter l’envie de recommencer, c'est-à-dire la possibilité de poursuivre ma série sur la psychanalyse. Pendant deux ans, je n’ai vécu professionnellement que grâce aux dons de parents d’enfants autistes, d’associations et de chercheurs qui eux-mêmes ont payé très cher dans leur carrière l’hégémonie et le comportement totalitaire du mouvement psychanalytique.
 
De plus, les plaignants ont tout fait pour retarder l’appel au maximum. Au départ, nous pouvions espérer que l’audience ait lieu fin 2012 mais ils ont décidé au dernier moment de poursuivre l’association « Autistes sans frontières » qui avait été relaxée en première instance. Puis ils ont joué la montre pour gagner du temps, de conclusion en conclusion, au fil de longs mois pendant lesquels mon film restait censuré et mon travail dénigré. La procédure totale aura donc duré deux ans et trois mois.
 
Des documentaires en attente
 
Aujourd’hui, mon film « Le mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » est de nouveau en ligne sur ma chaîne Dragon Bleu TV (lien disponible à droite de ce texte), disponible en VOD et en DVD chez AFD Editions. Il va également être diffusé sur Cinaps TV (le canal 31 de la TNT), dans des festivals et des cinémas indépendants (informations sur le site Dragon Bleu TV) dans toute la France. De mon côté, je prépare avec Maître Stefan Squillaci une nouvelle procédure pour obtenir réparation du préjudice subi par moi et par ma société.
 
Je suis en train de terminer un nouveau documentaire, au message positif, sur la prise en charge éducative, comportementale et développementale de l’autisme : « ABA et autisme : quelque chose en plus » dont vous pouvez découvrir le trailer sur mon site Dragon Bleu TV. Ce film, financé grâce aux subventions de particuliers, d’associations et de fondations, sortira le 2 avril, journée mondiale de l’autisme. Il va être diffusé par Vosges Télévisions et Cinaps TV ainsi qu'en salles dans toute la France, à l’initiative des associations dédiées à l’autisme. Mes projets pour 2014 : reprendre mon travail de productrice-réalisatrice dans des conditions enfin normalisées et surtout terminer ma série sur la psychanalyse, « La psychanalyse dévoilée », dont j’espère sortir les deux premiers volets en 2014 et le troisième en 2015, en parallèle à la version longue du « Mur ».
 
A une époque où je travaillais seule à la préparation de cette série et où j’ignorais encore les conséquences sanitaires et sociales des propos édifiants qui étaient tenus devant ma caméra, j’ai pris conscience que ce que je faisais allait bien au-delà d’un documentaire. C’était un travail de portée sociologique, un témoignage essentiel. La suite des événements n’a fait que me donner amplement raison. C’est pourquoi, lorsque ma série aura été réalisée et diffusée, je me suis engagée à mettre à la disposition du public l’intégralité de toutes les interviews brutes sur Internet. Le « Mur » a fait sauter un premier bouchon. Je souhaite que « La psychanalyse dévoilée » ouvre la voie d’un débat national, éclairé, sur les théories et la pratique psychanalytique, par son influence considérable sur la société française.
 
 
Propos recueillis par Marine Périn
27 janvier 2014

Maltraitance, dysfonctionnement, comment en sortir ? - Christel Prado, présidente de l'UNAPEI

Lundi 20 Janvier 2014

Invité : Christel Prado, Présidente de l'UNAPEI.

chrystel prado

01:01

Les documentaires diffusées ces jours ci par la télévision mettent en évidence de graves dysfonctionnement autour du handicap mental. Comment sortir de ces situations ?

24 janvier 2014

Autisme : Ne rien lâcher !

article publié sur le site de Gwendal Rouillard, député du Morbihan

& co-président du groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale

jeudi 23 janvier 2014, par Gwendal Rouillard.

Écœurement, révolte, indignation. Tels ont été les sentiments qui m’ont habité en découvrant les pratiques inacceptables de certains instituts et la maltraitance dont font l’objet certains enfants handicapés, dans l’émission "Zone Interdite" diffusée le 19 janvier dernier. Comment, au 21è siècle, de telles pratiques peuvent-elles encore perdurer ? Comment les structures visées ont pu oser traiter des enfants de la sorte ?

Ce documentaire nous rappelle ainsi, plus que jamais, que les familles, les enfants et toutes les personnes avec Autisme, ont besoin de nous, parlementaires. Ils ont besoin de notre mobilisation pour que ce genre de situations ne se reproduise plus.

C’est pour cela que, lors de la visite de l’IME « Cours de Venise », structure d’excellence située dans le 3e arrondissement de Paris, Marie Arlette Carlotti, Ministre chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, a annoncé différentes mesures d’urgence tendant à éradiquer ces terribles pratiques :

1- L’ensemble des établissements d’accueil doit être évalué d’ici à 2015 – Aujourd’hui, seulement un tiers le serait.
- Aucune dérogation ne sera faite aux établissements.
- Aucun renouvellement d’autorisation ne sera délivré aux établissements qui n’auront pas procédé à cette évaluation au cours de l’année. 100% des établissements devront justifier de leur bon fonctionnement pour pouvoir continuer à exercer.
2- Les ARS devront réaliser des contrôles inopinés des établissements sur leur territoire.
3- Les ARS devront créer en leur sein, des structures d’appui à la qualité des établissements médico-sociaux.
4- Une circulaire sera adressée très prochainement aux ARS pour les rappeler à leurs responsabilités éminentes en termes de contrôle, et les réponses appropriées qu’ils doivent apporter en cas de manquement d’un établissement.
5- L’Etat va proposer à l’ensemble des fédérations gestionnaires (UNAPEI, FEGAPEI, APAJH, FEHAP…) de signer une convention pour que tous les établissements aient l’obligation de faire la publicité des deux numéros d’alertes ( le 3977 - contre la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées adultes, le 119 pour les enfants) par voie d’affichage, dans les projets d’établissement, dans les livrets d’accueil, dans les contrats de séjour.
6- Le Projet de Loi sur l’Autonomie obligera les établissements à faire remonter automatiquement les signalements aux Conseils généraux, aux Présidents des Conseils généraux et aux ARS et les directeurs d’ARS devront en informer directement le cabinet de la ministre en charge.

Pour autant, nous devons éviter de faire de ces terribles situations, une généralité. Les professionnels médicaux, paramédicaux, sociaux, compétents sont la norme et les structures adaptées, dans lesquelles le bien-être et la dignité des enfants, adolescents ou adultes avec autisme existent. Notre rôle est de faire en sorte qu’elles s’universalisent. C’est pourquoi, nous continuons quotidiennement le combat afin de faire appliquer le 3e Plan Autisme sur tout le territoire

C’est également en ce sens que le groupe d’Etudes sur l’Autisme à l’Assemblée nationale recevra dès le début du mois de février, la Haute autorité de Santé afin qu’elle présente ses recommandations en matière de prise en charge de l’Autisme. En parallèle, nous axerons nos travaux du premier semestre sur l’Enseignement supérieur et plus précisément sur l’enseignement de l’Autisme dans les Universités françaises. Aujourd’hui encore, 121 sur 123 universités présentent l’Autisme comme un handicap mental alors qu’il s’agit d’un handicap cognitif. ça suffit, il faut que cela cesse.

Les personnes avec Autisme attendent de nous tous, que nous prenions nos responsabilités. Elles peuvent compter sur moi.

PDF - 3.1 Mo
Présentation de l’IME "Cours de Venise" - Paris 3ème arrondissement
PDF - 201.6 ko
Discours Mme la Ministre CARLOTTI - IME "Cours de Venise" 22.01.14
22 janvier 2014

L'autorité des psychanalystes à l'épreuve de l'autisme

article publié sur france tv info

Cea

Avez-vous déjà entendu parlé du film « Le mur, la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » ?

Pour celles et ceux qui n’en ont pas encore eu d’échos, il s’agit d’un documentaire réalisé en 2011 par Sophie Robert. Le film présente le point de vue de plusieurs psychanalystes à propos de l’autisme. Ce documentaire a beaucoup fait parlé de lui car il est sorti au moment du débat sur la prise en charge des personnes avec autisme opposant les théories psychanalytiques et comportementales.

Suite à la diffusion du documentaire, trois des psychanalystes qui y sont interviewés ont décidé de poursuivre la réalisatrice, la production du film et leur partenaire Autistes sans Frontières car ils ont estimé que leur propos avaient été déformés.

Depuis deux ans, cette affaire a connu de nombreux rebondissements juridiques. Et en ce début d’année, il y a encore du nouveau. Retour sur les grandes lignes de cette affaire :

 - En septembre 2011, le film est diffusé pour la première fois sur le site de la fédération Autistes sans Frontières.

 - Trois psychanalystes apparaissant dans le film poursuivent la réalisatrice pour atteinte à leur réputation.

 - Un premier procès se déroule en décembre 2011.

 - Le verdict est rendu en janvier 2012 : le tribunal de grande instance de Lille interdit la diffusion du film et la réalisatrice est condamnée à verser des dommages et intérêts.

 - Sophie Robert fait appel.

 - Second procès en novembre 2013.

 - Le 16 janvier dernier, la cour d’appel de Douai infirme de jugement du tribunal de Lille et reconnaît que les propos des psychanalystes plaignants n’avaient pas été dénaturés. La diffusion du documentaire est à nouveau autorisée.

La victoire de Sophie Robert est plus qu’une victoire juridique, c’est aussi une victoire sociale face à « l’autorité des psychanalystes »1. Comme le dit Samuel Lézé, on peut se demander pourquoi les acteurs de ces pratiques (psychanalytiques) ne finissent pas par se rendre compte de leur inefficacité. Pourquoi la magie se maintient-elle sans preuve et n’aboutit pas à sa critique ? Le « combat » de la réalisatrice Sophie Robert soulève donc une question d’ordre sociologique : comment la psychanalyse peut-elle encore se maintenir en France ?

1. Lézé, S. (2010). L'autorité des psychanalystes. Paris : PUF.

Après deux ans de combat juridique, vous pouvez donc maintenant voir le film de Sophie Robert dont voici un extrait :

 

Pour avoir des informations fiables et actuelles sur l’autisme :


Les Troubles du spectre autistique - Dr Monica... par dragonbleutv

22 janvier 2014

Eglantine Emeyé raconte son combat pour son fils handicapé

Le Point.fr - Publié le 20/01/2014 à 19:49 - Modifié le 21/01/2014 à 06:29

"Il m'est arrivé de le frapper." France 5 diffuse mardi "Mon fils, un si long combat". Dans ce documentaire, l'animatrice raconte sans détours la difficulté de vivre au quotidien avec Samy, 8 ans, autiste.

L'animatrice Églantine Emeyé L'animatrice Églantine Emeyé © Benaroch / SIPA


La première scène montre un petit garçon qui crie et se débat chez le coiffeur. Ils sont quatre à tenter de lui couper les cheveux. "Lui, c'est Samy, mon fils", commente en voix off l'animatrice Églantine Emeyé, "j'aurais aimé qu'il s'agisse du caprice d'un enfant mal élevé. Mais mon Samy est bien différent." Cette différence qu'elle va montrer au quotidien, c'est l'autisme et le plurihandicap de son fils de huit ans. Le documentaire "Mon fils, un si long combat" sera diffusé mardi à 20 h 35, sur France 5.

"Chaque geste quotidien, que ce soit lui couper les ongles, sortir faire une course, tout ce que vous vous faites assez normalement, pour nous, c'est grimper l'Himalaya à chaque fois", explique-t-elle dans une interview sur LCI.

Empêcher son fils de se faire mal

Mais le plus douloureux, explique l'animatrice, c'est de voir son fils s'automutiler. Toutes les nuits, Samy crie et se cogne contre les murs, les vitres. Il a "besoin de sentir son corps, besoin de se frapper. Est-ce qu'il a mal, est-ce qu'il a faim, est-ce qu'il se sent seul ? Je n'ai jamais su ", relate Églantine Emeyé. Alors, il y a deux ans, elle a fait fabriquer un lit sur mesure, molletonné, avec une porte fermée à clé, afin d'empêcher son fils de se faire mal.

L'ancienne mannequin et miss météo de Nulle Part Ailleurs sur Canal+, a fini par mettre son fils dans un institut spécialisé, à 800 kilomètres de chez elle, à Hyères. Une décision qu'elle ne regrette pas : "Ça lui convient mieux, il est plus apaisé et, dès la Toussaint, j'ai vu mon fils souriant comme jamais, un vrai bonheur", explique-t-elle au Parisien.

Pourquoi un tel documentaire ? Églantine Eméyé veut dénoncer "la solitude que l'on vit en tant que famille avec handicap parce qu'on est vraiment très très peu aidé", explique-t-elle sur LCI. Les interlocuteurs qu'elle a rencontrés semblaient découvrir le handicap, raconte-t-elle, et les solutions qu'ils apportent sont inadaptées. "Je voulais leur montrer la vie que nous vivons", explique-t-elle.

22 janvier 2014

Le cap des 300 000 visiteurs de ce blog est franchi ...

Ce blog créé le 2 février 2006 est une aventure très intéressante qui m'a permis de me cultiver sur le handicap qui touche ma fille ... il faut bien avouer qu'au départ je ne connaissais pas grand chose à l'autisme ...

D'une part je me laissais porter par le système et Elise a donc emprunté la voie royale de l'époque et passé 10 années en hôpital de jour ...

D'autre part aucun diagnostic n'avait été porté ...!!!??? jusqu'au jour où voir

Le diagnostic officiel, effectué à la Salpêtrière au Centre Diagnostic et d’Evaluation Autisme Adulte (Dr Krieger), est lui beaucoup plus récent puisqu'il date d'octobre 2013 ->  pour clarifier très clairement les choses face à certaines difficultés ...

Très centré au départ sur Elise, ce blog est maintenant plus largement orienté vers le partage de l'information et vous êtes chaque jour plus nombreux à vous connecter ... c'est donc un encouragement clair pour poursuivre ... tant il est vrai que nous nous devons de mettre à jour nos connaissances et accompagner les personnes avec handicap dans un esprit d'ouverture.

La connaissance s'élabore contre une connaissance antérieure. [Gaston Bachelard]

Jean-Jacques Dupuis

21 janvier 2014

Reportage de zone interdite accessible depuis l'étranger - partie 1

Report showing the horrific living conditions of disabled children in institutions (part 1)

A report showing the horrific living conditions of disabled children and adults in institutions, as well as the well-organized system that prevails in these administrations to make the 'trafficking' of these human beings as efficient and profitable as possible for those who take advantage of it, all at the expense of the tax-payer. http://www.m6.fr/emission-zone_interdite/19-01-2014-enfants_handicapes_revelations_sur_les_centres_qui_les_maltraitent-2147538035.html

21 janvier 2014

Tuer mon enfant : la France ne me laissera-t-elle que cette solution ?

À propos du reportage du 19 janvier sur Zone Interdite…

Ce documentaire révèle l’horreur des conditions de vie des enfants et adultes handicapés en institutions et les magouilles bien rodées qui règnent pour que la « traite » de ces êtres humains soit la plus efficace et rentable possible pour ceux qui en profitent, le tout aux frais de la sécu…

Je sais bien que ce scandale ne sera sans doute pas du tout relayé par les médias, pourtant parfaitement au courant, mais « le handicap ça fait pas vendre »… Ou alors ils ont probablement reçu des pressions de réseaux qui ont un intérêt économique et financier dans la traite des personnes handicapées.

D'ailleurs aujourd’hui qui en parle, à part les personnes concernées sur cette page facebook ?

 

Des médias qui encouragent à la politique de l’autruche

Bravo à l’équipe de production de cette émission mais, « grâce » aux journalistes qui ne relayent pas l’indignation des français ayant regardé l’horreur en face, les politiques, qui n’ont même pas pris la peine de prendre la parole après le documentaire, ne se sentiront pas concernés et pourront continuer d’ignorer tranquillement, leur électorat n’étant nullement menacé.

 

La ségrégation et la maltraitance, couverte par les supérieurs hiérarchiques, a de beaux jours devant elle…

 

Quelles solutions pour mon fils quand il sera adulte ?

Dans cette émission on apprend qu’une maman a tué sa fille pour lui éviter un pareil futur, et c’est ce que je ferai moi, quand ce pays ne proposera plus que ce choix à mon fils.

Il a 8 ans, allez il nous reste quoi, 10-12 ans à vivre ? Merci la France.

21 janvier 2014

La victoire de Sophie Robert : Une défaite cinglante pour la psychanalyse !

article publié dans Médiapart

 

Le jugement rendu le 16 janvier dernier par la cour d'appel de Douai infirme totalement celui de première instance et met fin à deux ans de censure du documentaire « Le Mur : la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme ».

DES PSYCHANALYSTES QUI NE SUPPORTENT PAS QU'ON PUISSE ENTENDRE... LEURS PROPRES PROPOS !

L'article
Autisme : « Le Mur », docu qui dérange des psys françaisparu dans Rue89 résuma assez bien en son temps (04/11/2011) les événements qui avaient mené à la censure du documentaire : en particulier, ces trois psychanalystes de la très lacanienne École de la Cause Freudienne (ECF) assumant le côté « politiquement incorrect » de leur discours face à une caméra qu'ils croient favorable à leurs thèses. Mais qui, une fois qu’ils voient le film, s’étranglent de voir celles-ci étalées au grand jour et croient trouver une issue en criant à la « dénaturation » de leurs propos.

S'il s'est trouvé voici deux ans une juge [1] pour leur donner raison en première instance [2], la cour d'appel de Douai a complètement infirmé ce jugement, réhabilitant totalement le travail de Sophie Robert.

La liberté d'informer a gagné. Le documentaire va pouvoir être de nouveau utilisé pour montrer ce que sont véritablement la pratique et le discours des psychanalystes en matière d'autisme et ainsi aider à faire avancer la prise en charge de ce trouble dans un pays que l'on sait sinistré [
3] dans ce domaine.

PSYCHANALYSTES : UNE DÉFAITE SUR LE FOND

 On trouvera l'intégralité de l'arrêt ici.

Plusieurs questions peuvent se poser après ce verdict :

-
la cour d'appel s'est elle prononcée sur le fond (les propos ont-ils été dénaturés ?)

ou

- sans se prononcer sur ce point, n'a-t-elle fait valoir « que » le droit à la liberté d'expression et de création de la réalisatrice ?

Les juges indiquent dans leur arrêt que : 

« Les psychanalystes ont cependant, comme démontré ci-dessus, librement accepté que leur image et leur voix soient reproduites par extraits et sans contrôle sur l’œuvre finale et ne peuvent donc reprocher à un réalisateur d’exprimer son opinion personnelle, même s’ils n’ont pas eu connaissance dès l’origine de cette intention, qui a d’ailleurs pu naître en cours de réalisation. Il s’agit là du principe fondamental de respect de la liberté d’expression des auteurs notamment cinématographiques, comme des journalistes d’investigation.

Dès lors, seule la preuve d’une faute au sens de l’article 1382 du code civil pourrait constituer un abus de ce droit si était rapportée la preuve de la volonté délibérée de la réalisatrice de nuire aux personnes filmées, par une dénaturation manifeste de leurs propos et/ou une présentation tendant à les ridiculiser. (page 12) »

D'autres extraits indiquent ensuite qu'aucune faute de cette nature (volonté de nuire, dénaturation des propos) n'a pu être retenue contre la réalisatrice.

C'est donc sur le fond que les trois psychanalystes ont perdu et se retrouvent condamnés à leur tour. Dès lors, ils risquent gros à se pourvoir en cassation puisque celle-ci n'est juge que du droit et non pas du fait.

Ils ne leur reste plus qu'à assumer leurs propos...

POUR INFORMER SUR L'ARRÊT RENDU : UNE PRESSE... PAS PRESSÉE 

Si beaucoup de journaux avaient informé leurs lecteurs du jugement de 2012, peu ont rendu compte de l'arrêt d'appel... malgré une dépêche AFP qui en faisait état.

La Voix du Nord avait ouvert la voix : Sophie Robert est lilloise.

Rue89 a souligné la portée du jugement. 

Mais Mediapart, ses « invités », sa « rédaction », Sophie Dufau, etc. pourtant si prolixes pour vanter les prétendus mérites de la psychanalyse, ont été aux abonnés absents. Comme Libération, où Éric Favereau doit être en RTT depuis le 16 janvier...

Dans Le Monde, Catherine Vincent a produit un article ambigu qui essaie de limiter la portée de l'arrêt. 

Elle souligne que « la liberté d'expression a gagné », comme si le jugement n'avait pas statué sur le fond (voir paragraphe précédent), pour mieux prendre le parti des psychanalystes condamnés (elle les estime « piégés ») et continuer ainsi d'affirmer que l'autisme a des causes bien plus « complexes » que ce qu'en disent les connaissances scientifiques les plus récentes.
Après quelques développement où prévaut la grille de lecture des psychanalystes (« guerre des psys »...), elle conclut : « Seule certitude : les rushs versés au débat durant ces deux procès successifs montrent que les propos de « psys » recueillis par la réalisatrice, bien que parfois fort abscons, sont beaucoup plus nuancés que son énoncé introductif, en voix off, qui s'achève par cette affirmation : Pour les psychanalystes, l'autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur résultant d'une mauvaise relation maternelle. »
Sans doute Catherine Vincent n'a-t-elle pas vu la vidéo tournée en « off » de Mme Solano (l'une des trois plaignants) : ce n'est pas grâce à Catherine Vincent que les lecteurs pourront savoir que les propos de cette dernière, s'ils sont certes un peu abscons, sont tout sauf nuancés... Une information de qualité sur l'autisme se fait ainsi toujours attendre dans le « journal de référence » [4].

Signalons enfin que le Nouvel Observateur signale « indirectement » la nouvelle dans un article dont on peut seulement regretter que le titre utilise l'imparfait : Autisme: quand la psychanalyse racontait n'importe quoi

[1] la même qui avait annulé un mariage au motif que la femme avait menti sur sa virginité ! Voir ici. On notera que ce jugement fut (lui aussi !) cassé par la cour d'appel de Douai...

[2] le 26 janvier 2012 : le film avait été interdit en l’état et la réalisatrice condamnée à en retirer les interviews des trois psychanalystes plaignants. Sophie Robert et sa société de production avaient été condamnées à payer 25 000 euros de dommages et intérêts plus 9000 euros de publications du jugement.

[3] Voir par exemple ici

[
4] D'après des sources bien informées, les parents de Catherine Vincent seraient tous deux psychanalystes... Le journal Le Monde, toujours prompt à évoquer les conflits d'intérêts dans le domaine des OGM, des médicaments, etc., ne trouve curieusement rien à redire à cette situation...

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