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"Au bonheur d'Elise"
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scolarisation
16 octobre 2016

Intervention de Jean-Claude Ameisen - Comité Consultatif National d'Ethique - toujours d'actualité ...

jean-claude Ameisen

Intervention de Jean-Claude Ameisen (Comité Consultatif National d’Ethique) lors du colloque « Autisme et TED : la scolarisation dans tous ses états… ».


Cet exposé s’exprime à propose de la façon dont le Comité Consultatif National d’Ethique (le CCNE) que Jean-Claude Ameisen représente, a rédigé il y a deux ans (en 2007), l’avis qui concernait la situation des personnes en situation d’autisme et en particulier les problèmes posés par la scolarisation et d’une façon encore plus générale, par l’intégration sociale à la fois des enfants et des personnes adultes.
J.-C. Ameisen insiste sur les droits des personnes handicapées qui ont beaucoup de mal à se concrétiser et du retard de la France dans ce domaine par rapport à d’autres pays, même européens. Il rappelle que le France a été condamnée en 2004 par le Conseil de l’Europe pour un manque d’accès à la scolarisation des enfants autistes et TED. Elle a répondu par la Loi de 2005, ce qui est une bonne chose. Mais il reste désormais à appliquer cette loi. Il rappelle tous les rapports qui ont été rédigés sur ce sujet dans la période récente. Pour lui ces rapports correspondent à une prise de conscience du problème. Néanmoins il fait remarquer que l’on ne s’est pas donné la peine de calculer le nombre de personnes avec autisme et TED en France (tout âge confondu), ce qui signifie que l’on n’a pas mesuré l’ampleur du problème. Si l’on se réfère aux chiffres dans les autres pays, malgré les progrès indéniables dans ce domaine, les moyens mis en œuvre ne sont pas à la hauteur du problème. La situation française reste en décalage avec les besoins réels des enfants mais aussi des adultes, compte tenu de leur nombre. Ce problème rencontré dans le champ de l’autisme traduit un problème plus général de regard porté sur le handicap comme déficit et non comme « différence ».


La situation actuelle de la scolarisation en... par INSHEA

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6 octobre 2016

Autisme - Portrait de Josef Schovanec, philosophe et autiste Asperger

Carenews INFO - diffuse
[AUTISME] Portrait de Josef Schovanec, philosophe et autiste Asperger
Josef Schovanec est un philosophe, écrivain, ancien élève de Sciences Po Paris, amateur de voyage et polyglotte – il parle sept langues, dont l’hébreu, le persan et l’éthiopien. « Personne avec autisme », comme il préfère être nommé, Josef Schovanec milite pour une meilleure considération des personnes autistes en France. Portrait d’un homme franc et empli d’humour.


Né le 2 décembre 1981, « le même jour et la même année que Britney Spears » aime-t-il à plaisanter, Josef Schovanec est sans aucun doute une personne hors norme, mais pas comme nous nous l’imaginions. Considéré comme le porte-parole des personnes avec autisme en France, Josef Schovanec écume les plateaux de télévision et les émissions de radio, notamment sur Europe 1 où il tient une chronique, « Carnets du Monde ».

Il milite pour protéger l’Autistan

Pour Josef Schovanec l’autisme est davantage une manière d’être qu’une maladie qu’il faut guérir avec des médicaments. De ce fait, il traduit le livre de Stephen Shore et de Linda Rastelli, « Comprendre l’autisme pour les Nuls ». Un projet qui lui tenait à cœur et qui tente de combattre les préjugés sur l’autisme. « Quel talent particulier a-t-il ? », « Et vous quel talent particulier avez-vous ? », leur répond Josef. Pour l’auteur, l’autisme est un monde qu’il qualifie lui-même de bizarre, mais où tout semble amusant, contrairement au monde normal, plutôt ennuyeux. L’Autistan, ce pays dans lequel il a grandi, il le raconte dans deux ouvrages : « Je suis à l’Est » et « Éloge du voyage à l’usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez ». Un homme qui ne manque pas d’humour donc, et qui envisage notre environnement différemment, mais toujours avec logique.

... et pour une meilleure prise en charge de ses "habitants"

Au pays des « gens bizarre », il remarque cependant que toutes les personnes avec autisme ne sont pas traitées de la même façon et note des différences de rapport à l’autisme entre la France et les États-Unis. En effet, au pays d’Obama, tous les enfants autistes vont à l’école, contrairement à la France. Que faudrait-il faire alors pour améliorer l’accès à l’éducation des enfants autistes en France ? « Il y a 628 000 élus en France et quasiment aucun n’est porteur de handicap » répondait Josef Schovanec sur le plateau des Maternelles. Ce docteur en philosophie, autiste de haut niveau, captive aujourd’hui le public qu’il rencontre. Entre conférences et interviews, il sensibilise son auditoire au sujet de l’insertion professionnelle des personnes autistes ou encore au système de soins français, entre bonhomie, politesse et sincérité. Josef Schovanec rassure : « Il y a quelques frémissements, quelques bons premiers pas, mais tout reste encore à faire », déclarait-il à Maïtena Biraben sur le plateau de Grand Journal.

Marion Schruoffeneger pour Carenews INFO - diffuse

5 octobre 2016

Lettre sur les aménagements pour un étudiant autiste

4 oct. 2016
Par Jean Vinçot
Blog : Le blog de Jean Vinçot
Les aménagements demandés par Jim Sinclair à l'Université.

Accommodations letter for an autistic student

Ceci est ma lettre sur les aménagements qui est actuellement dans le dossier de mon université. Certains de ceux-ci peuvent être utiles au développement des aménagements pour d'autres personnes autistes. Toutefois, il est important de se rappeler que chaque personne autiste est unique, et ce qui fonctionne pour moi peut ne pas être utile pour quelqu'un d'autre.


17 mai 1995 au 17 Mai 1999


Pour: à toute personne concernée
De: Conseiller, services aux étudiants
Re: Jim Sinclair

À la demande de l'élève ci-dessus mentionné, nous confirmons qu'il a un handicap qui peut avoir besoin d'aménagements spéciaux dans le respect de la section 504 du Rehabilitation Act de 1973 et l'Americans with Disabilities Act de 1990.

Jim Sinclair a de multiples handicaps neurologiques dont les plus évidents relèvent de l’autisme. L'autisme est une affection généralisée qui peut affecter le développement de tout ou partie des fonctions comme la sensation, la perception, le mouvement, l'organisation et l'intégration des compétences, et surtout la compréhension et l'interaction sociales.

Communication / Interaction
Jim a souvent des difficultés à identifier ou à interpréter le sens voulu de mots ou d'expressions, en particulier lorsque le même terme est utilisé différemment dans des contextes variés. Il a de la difficulté à généraliser à travers les contextes. Il a des difficultés pour traiter une entrée qui semble être contradictoire ou incompatible avec l'expérience précédente ou avec d'autres contextes. Il est souvent nécessaire pour lui de demander des éclaircissements, précisions et spécificités supplémentaires. Il peut également avoir besoin d'explorer les paramètres et les implications d’un contexte pour une interprétation spéciale d'un terme qui a plusieurs interprétations possibles. Ces demandes d'éclaircissements ne sont pas provocatrices, elles proviennent des modes de communication qui sont fondamentalement différents pour les individus autistes.

Les barrières dans la communication, la motricité et la vision combinent des paramètres complexes tels que les activités de groupe. Cela conduit à des comportements qui peuvent semblent différents et être incompris, comme la participation avec éloignement du groupe. Pour que Jim fonctionne au mieux dans un environnement d'apprentissage, il aura besoin d’être affecté à un groupe plutôt que de choisir lui-même les membres du groupe. Cela est dû aux difficultés de perception pour reconnaître les gens ou les rapporter ( ?) séparément dans un groupe.

Aménagement recommandé
Il peut être nécessaire d’être clair pour aménager la compréhension du matériel de cours en classe, sa lecture, les éléments d'examen et les devoirs requis. Jim et son enseignant peuvent décider de permettre que ce type de clarifications se fasse par courrier électronique, ou par rendez-vous dans les heures de bureau.

Je suggère aux professeurs d’envisager d'affecter Jim à un groupe. Une alternative peut être de numéroter la classe pour former des groupes. D'autres options peuvent inclure le fait de donner à Jim l'occasion de démontrer sa maîtrise des sujets d’une autre façon. Des discussions préalables entre Jim et ses professeurs sur ce point sont nécessaires car tous les cours ne se prêtent pas aux mêmes solutions. Ces types d'aménagements donneront à Jim l‘occasion d'acquérir le meilleur parti de son expérience universitaire.

Sensoriel
Une sensibilité chimique et des sensibilités sensorielles liées à l'autisme provoquent une gêne à proximité des personnes, en particulier avec les gens qui fument ou qui utilisent des cosmétiques ou des produits de soins personnels.

Aménagement recommandé

Jim voudra généralement choisir de siéger dans une partie de la salle de classe à quelque distance des autres. Par moments, il devra se déplacer dans la classe pour éviter tout contact avec des produits chimiques dans l'air. Il essaye de le faire avant le début du cours et immédiatement après pour éviter toute interruption. C’est utile que le professeur et la classe comprennent ces actions.

Des interactions en petits groupes exigeant une plus grande proximité peuvent être accomplies si les autres membres du groupe sont sélectionnés pour être non-fumeurs qui ne portent pas de produits parfumés. Des périodes prolongées de forte proximité devraient encore être évitées. N'importe qui interagissant dans une proximité étroite avec Jim devrait être conscient qu'il aimerait qu’il évite de le toucher par hasard ou par accident, car un toucher inattendu l’angoisse.

Compréhension visuelle
La compréhension visuelle est une zone de difficulté particulière. Jim peut ne pas voir les objets comme d'autres: bien qu'il puisse voir de façon acceptable, il a souvent une compréhension limitée de ce qui doit être vu quand il se concentre sur un certain genre de tâche. Par exemple, Jim est généralement capable de reconnaître les positions d'objets dans l'espace suffisamment pour ne pas les heurter, mais souvent il ne peut reconnaître l'identité des objets si des repères verbaux ne lui sont pas fournis. Jim peut marcher devant des personnes sans les saluer ni les reconnaître parce qu'ils sont traités visuellement comme des objets dans l'espace mais ne sont pas reconnus en tant que personnes par lui à ce moment. Il peut être surpris par des mouvements inattendus d’objets qu’il n'a pas reconnus comme des personnes. Il peut ne pas utiliser des objets ou des meubles pour leur usage habituel, ou bien les utiliser pour un usage atypiques, parce qu'il ne reconnaît pas l'objet ou des meubles de la même manière que vous et moi. Il ne serait très probablement pas enclin à prendre des mesures pour déplacer des barrières hors du chemin, ou pour réorganiser ou faire fonctionner différemment des objets, ou pour modifier une configuration de l'environnement existant. Ceci est parce que son traitement de l'espace se produit dans un mode très différent de ce qui est considéré comme typique. En général, Jim prévoit qu'il peut rester orienté au sein d’un environnement où il a connaissance ou est mis au courant de l'emplacement d'objets. Ceci est similaire à la nécessité d'un étudiant ayant une déficience visuelle d'être informé sur la localisation ou le déplacement d'objets.

Aménagements recommandés
Jim tirera bénéfice de signaux verbaux ou d’invites à interagir effectivement avec des objets non identifiés ou dans un environnement inconnu. Parfois Jim peut également avoir besoin d'une assistance matérielle à la réalisation d'une tâche motrice pour manier des objets dans l'environnement en raison de ses problèmes de coordination motrice et d'intégration visuelle.

Les habiletés motrices
Le comportement pour s’asseoir et le positionnement peuvent également apparaître inhabituels parfois à cause de difficultés intermittentes de tonus musculaire et de surveillance des mouvements de son propre corps. Il a parfois du mal à tenir la tête ou le corps droit. Ces difficultés comprennent une grande fluctuation dans la planification et la coordination motrices ainsi que dans l'intégration visuelle, et parfois lorsque l'intégration visuelle est particulièrement atteinte, l'intégration motrice est également susceptible d'être compromise à un degré plus élevé que d'habitude.

Jim peut présenter des comportements moteurs inhabituels qui sont caractéristiques des personnes autistes, comme le balancement et les mouvements stéréotypés des doigts ou des mains. Ceux-ci ne reflètent pas un défaut d’attention. Il se peut que ce comportement reflète que Jim est axé sur la compréhension et le traitement de l'information. Pendant qu’il le fait, il peut dépenser moins d'énergie sur le suivi des préoccupations physiques tels que les mouvements du corps, le contact oculaire, et les expressions du visage, et ainsi, il peut donner l’impression de faire la « sourde oreille ». Cela peut être précisément quand il est en train de prêter une attention plus étroite sur ce qui se passe autour de lui.

Aménagement recommandé
Les notes de cours doivent être prises à l'aide d'un ordinateur portable. Son langage corporel atypique, son expression facile et vocale ne sont pas des indicateurs fiables de son état mental, émotionnel ou d'attention. Le meilleur indicateur est de demander à Jim un retour d’information verbal.

Ce schéma fournit des informations générales et des aménagements recommandés pour toute personne en interaction avec Jim dans le milieu académique. Je reconnais que cette base ne couvrira pas toutes les questions ou les évènements ou toutes les solutions et résultats possibles. Je suggère qu’il soit offert la faculté à Jim en cours de décrire ces obstacles perceptifs et autres pour la participation sociale au cours dès le début du semestre ainsi comme une occasion de vous rencontrer dans votre bureau. L'intention des aménagements est de jeter les bases d’une compréhension qui permettra une réussite universitaire.

On pourra aussi observer Jim s'engager dans des comportements autistes typiques, qui ne sont pas mentionnés ici, dans des situations occasionnelles ou informelles en dehors du cadre universitaire. J'ai souligné que les interactions de Jim seront différentes de la dynamique sociale typique et que, du fait de la nature de l'autisme, il ne peut pas fonctionner dans ce que certains appelleraient le paradigme social typique. Jim est un adulte autiste de « haut niveau » [high functioning ] et peut apporter solidement une contribution à l’ambiance de la salle de cours et du campus.

S'il vous plaît n'hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou préoccupations.

Ci-dessous une liste des aménagements supplémentaires qui peuvent être appropriés.

  • Utilisation d’un équipement adapté à la bibliothèque pour les étudiants ayant des besoins particuliers.
  • Copies des frais généraux [overheads ?] et des polycopiés sans ambiguïté en cours.
  • Manuels sur disque ou bande magnétique.
  • Utilisation de l'ordinateur pour prendre des notes et finir les devoirs écrits.
  • Éclaircissements supplémentaires et spécificité pour les devoirs si besoin.
  • Un temps supplémentaire pour les cours et les devoirs peut être nécessaire en raison des matériaux de texte ou de recherche mis sur bande ou sur disque. Il peut également être nécessaire en raison des obstacles que j'ai décrits dans ce mémo.
  • Aménagements d’examen qui peuvent inclure le fait d’écrire des parties sur un ordinateur et du temps supplémentaire aux examens.
  • Quand les devoirs en cours doivent être écrits et remis au cours de ce même cours ,Jim devra composer le sien sur son ordinateur. Des arrangements devraient être faits à l'avance pour savoir si Jim devra apporter une imprimante au cours ce jour-là pour imprimer le devoir, ou apporter un disque supplémentaire pour passer le devoir.
  • Il est recommandé qu’il n’y ait pas d’éclairage fluorescent dans les classes.

C'est de ma responsabilité de tenir à jour quant aux résultats de ces aménagements et d’apporter des modifications si nécessaire. S'il vous plaît, contactez-moi si je peux vous être d'une aide quelconque ou si vous souhaitez discuter de ces aménagements avec moi. Merci.

3 octobre 2016

Inclusion des enfants autistes à l'école

 

La série

L'objectif est de fournir aux professeurs, aux AESH, et plus généralement à toute personne intervenant dans le champ de l'autisme et du handicap au sein de l'Education Nationale, un outil de sensibilisation et de formation à l'inclusion scolaire, qui lui permette d'entrer dans la démarche pour faciliter l'inclusion des enfants autistes.

http://www.enfantsautistesbienvenuealecole.com

 

29 septembre 2016

Les 25 & 26 novembre à Etiolles un programme alléchant !

25 novembre mairie d'ETIOLLES

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27 septembre 2016

AUTISME - Communiqué de presse du député Dino CINIERI

Communiqué de presse du député de Dino Cinieri.

"J'ai décidé, avec le groupe d’étude sur l’autisme de l’Assemblée Nationale présidé par Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, de relancer la question de la prise en charge de l’autisme dans notre pays.

Une proposition de résolution vient d’être déposée en ce sens à l’Assemblée Nationale par notre groupe d’étude.

Celle-ci établie deux priorités.

- Accompagner les familles et les parents ayant fait le choix de ne pas placer leurs enfants autistes dans des institutions spécialisées. Permettre à ces familles de bénéficier de la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées de 2005 sur la scolarisation en milieu ordinaire.

- Bannir définitivement les techniques de prise en charge de l’autisme non reconnues par la Haute Autorité de Santé et les pratiques thérapeutiques inefficaces tel que le packing et se donner les moyens d’une prise en charge effective de l’autisme dans le respect des droits fondamentaux des personnes qui en sont atteintes.

Nous devons poursuivre ce combat afin que la France rattrape le retard pris sur de nombreux partenaires européens sur ce thème spécifique de la prise en charge de l'autisme."

il ne suffit pas autisme dino cinieri

27 septembre 2016

Les processus de parentalité au coeur de l'autisme 1/2

26 sept. 2016
Par Jean VinçotBlog : Le blog de Jean Vinçot

Extraits d'un mémoire de master 2 de Ronan Marteau - Actions Sociales et de Santé - Université de Bretagne Occidentale Troisième chapitre - Autisme et parentalité

Dans cet ultime chapitre, nous allons tenter de rendre compte des difficultés éprouvées par les parents d’enfants souffrant de troubles autistiques. En effet, quand bien même « la blessure qu’inflige à ses parents le handicap de l’enfant est d’ordre symbolique (…) être parent d’un enfant handicapé constitue une épreuve qui désorganise tous les repères sur lesquels on s’appuie habituellement dans le processus de la parentalité.».(Korff-Sausse 2007, p.6-29). Nous prendrons appui conjointement sur la littérature scientifique ainsi que sur des extraits d’entretien afin d’étayer notre argumentaire.

a) Le rôle bénéfique des associations

L’impact considérable, que peut avoir la mobilisation des associations, sur l’inscription des problèmes spécifiques à un handicap sur l’agenda public n’est plus à démontrer. L’association de parents : American Society for Autism (ASA) en est une figure emblématique aux Etats-Unis. Toutefois, à la différence du modèle communautaire américain, « l’approche française, qualifiée de sociale, se caractérise par la « sollicitude sociale » mais ce ne sont pas les populations concernées qui façonnent la politique. » (Brigitte Chamak 2010, p.111). Néanmoins, le poids du réseau associatif en France fut déterminant s’agissant de faire naître une identité collective et d’obtenir la reconnaissance officielle de l’autisme comme handicap auprès des pouvoirs publics, notamment par le biais de l’adoption de la loi Chossy du 11 décembre 1996, devenue l'article L 246-1[1] du CASF. Par conséquent, il est difficile de réfuter que, « la force du groupe, lié par des revendications et des actions communes, s’affermit avec l’augmentation de la visibilité́ et de la diffusion de leurs doléances » (B. Chamak 2013, p.231). Il ressort des entretiens que nous avons pu mener, qu’à l’unisson, les parents tiennent des propos dithyrambiques à propos des associations qu’ils fréquentent et ce, quel que soit le temps depuis lequel ils y adhérent :

« Le docteur du CRA nous dit, venez aux réunions, je fais une réunion une fois par mois avec les parents d’enfants scolarisés, alors on intègre déjà ce groupe là et c’est vrai que ça nous…uffff, ça nous sauve ! Et puis c’est le premier qui me dit vous n’êtes pas responsable ! C’est un trouble neurologique. »

Petite digression, on perçoit là combien le discours déculpabilisant d’un professionnel, bien qu’anecdotique dans le paysage institutionnel, peut être paré de vertus lénifiantes pour les familles :

« Et là quand on me dit, il y a rien de pathologique, tout va bien votre enfant est très bien construit, c’est des choses positives qui font du bien à entendre. ».

Ce n’est pas tant les capacités revendicatives associatives qui sont mises en avant lors des entretiens, que l’apport informationnel et le soutènement moral que procurent les moments d’échanges entre parents lors des cafés-rencontres :

 « C’est pour ça je dis il faut aller dans les associations, rencontrer d’autres gens, qui sont passés par où vous êtes passés et vous aurez des infos, y’a que comme ça. C’est important selon vous de s’appuyer sur le tissu associatif ?Ah c’est énorme ! Ouais, parce que y’a qu’eux qui peuvent vraiment nous aider et nous dire…voilà ! » ;

« C’est vrai qu’au fil du temps, les réunions entre parents, ben on a commencé à comprendre, ben même l’autisme de haut niveau je savais pas ce que c’était non plus quoi.» ;

« Et puis quand on allait aux réunions on voyait d’autres parents, on discutait et après ouf quoi ! » ;

« Ben ça apporte du réconfort aussi, un échange énorme, et puis tu partages avec d’autres qui commencent le parcours et ça m’apporte du bien de faire quelque chose pour les autres.» 

« En fait, c’est en entendant d’autres parents, que tout doucement, suivant chaque individu, tu commences à faire le deuil de ton enfant parfait, ça se fait à force d’écouter les autres.» ; 

« En fin de compte dans les réunions au début tu te sens pas concerné, pas trop, et puis t’écoutes les gens et tu te dis tiens, ils vivent des trucs un peu comme nous.(…) Le seul soutien qu’on ait eu, c’est les associations finalement. (…) Là tu comprends qu’il va falloir se battre mais vraiment ! Et que si tu te bats… tu y arrives.»

 Au regard du parcours labyrinthique des familles, il ressort que les bonnes orientations sont principalement le fruit de leur opiniâtreté et de l’ensemble des rencontres faites, notamment au sein du tissu associatif :

« Tout ça il faut dire, c’est une affaire de rencontres hein !», (…) après c’est le contact, c’est un réseau hein (…), comme c’est les associations qui mettaient en place les formations TEACCH, ben on rencontre d’autres associations sur d’autres régions. C’est donc aux parents de s’approprier les méthodes éducatives ? Ben voilà, c’est ça ! Y’a rien, pas de personnel formé, c’est surtout les associations ! » ;

« Le milieu associatif ça fait beaucoup, ça te sert à t’orienter chez les professionnels, ils savent ceux qui sont mauvais et ceux qui sont bons, donc ça sert pour les bonnes adresses.» ; 

« En fin de compte, on se bat pas vraiment contre la différence de notre enfant, on se bat contre un système qui veut nous abandonner. (…) Je me suis rendu compte qu’il faut faire tout soi-même, alors internet t’aide beaucoup, même si y’a plein de bêtises.».

De nombreuses études ont en effet démontré les effets bénéfiques avérés de ces regroupements, qui permettent aux parents de considérer « davantage leur expérience parentale comme un défi ; ils éprouvent aussi moins de culpabilité quant à l’apparition des troubles et ont des pensées plus rationnelles. »(Cappe et al. 2012, p.192).

Les moments conviviaux organisés pour réunir les parents sont avant tout axés sur la parole et la verbalisation du vécu. Les échanges nourris peuvent, de notre point de vue, générer parfois un sentiment d’auto-efficacité lénitif, lorsqu’ils comparent les résultats obtenus avec leur enfant auprès d’autres parents, même si, rappelons-le, la finalité première des rencontres parentales repose sur un partage d’expérience et sur la possibilité d’objectiver les difficultés.  

b) L’effet libérateur de l’annonce du diagnostic

« L’enfant handicapé bouscule l’image idéale de l’enfance, que nous nous plaisons à imaginer » (Korff-Sausse 2011, p.8). Aussi, rien d’étonnant à ce que les parents nous aient exprimé la nécessité de faire le deuil de l’enfant idéalisé. Ce travail d’acceptation rendu nécessaire, généralement facilité par l’annonce du diagnostic, provoque bien souvent un effet de sidération :

« Le mot autisme me dérangeait, tu essayes de te rassurer comme tu peux. » ; 

« Ben, quand on te l’annonce, t’y crois pas. (…) Au départ je le prenais comme si c’était les autres qui avaient raté quelque chose avec mon enfant. En fin de compte, tu essayes de trouver un coupable quand quelque chose ne va pas bien. (…) D’autant plus que dans notre cas, en général, un enfant qui parle, c’est un enfant qui va bien. (…) Ce qu’il faut se dire, c’est que des parents, tu commences à leur dire que leur gamin il a un souci, ils supportent pas d’entendre ça. Ils veulent que leur enfant soit parfait, c’est culturel. » ;

« En plus quand on m’a annoncé que c’était de l’autisme, pfff là je me suis un peu écroulée, ouais ! Parce que j’avais pas compris les troubles du comportement, qu’on m’avait évoqué (…). Et puis c’est vrai que j’avais comme tout un chacun, quand on ne connaît pas, forcément l’autisme ça fait peur. Voilà ! Bon mon mari m’a dit on s’en fout de toute façon, qu’il soit dyspraxique ou autiste, ça reste ton enfant ! Et ça ça m’a fait du bien. C’est vrai que je me suis dit…on s’en fout !  » ;

« Ben au début j’ai pas trop assumé, l’autisme ça a plusieurs niveaux, je crois que je voulais pas y mettre mon enfant, parce que y’en a qui parlent pas ou qui ont un retard mental.».

De toute évidence, c’est « l’envie de reconstruire sa vie, d’aller de l’avant, de s’adapter dans une nouvelle vie dans les conditions créées par de nouvelles organisations matérielles et psychologiques, qui va signer l’avancée dans le travail de deuil, dans le cas d’un enfant déficient, on parlera de chemin d’acceptation.» (Baulinet 2013, p.19). Le diagnostic semble jouer un rôle prépondérant dans le travail de résignation qui s’impose aux parents :

« Tout ça, te permet aussi tout doucement de faire le deuil de ton enfant parfait, on a beau donner un problème à ton enfant, toi, tu le vois encore comme l’enfant parfait. Et puis finalement, avec le temps il faut quand même faire le deuil de l’enfant parfait, dans le sens, que notre système souhaiterait aussi quoi. ». 

 A l’unanimité les parents laissent entendre qu’ils sont soulagés par l’annonce. Le diagnostic, une fois posé de manière définitive, a incontestablement un effet libérateur :

« Ca a été un soulagement ! Parce qu’au moins on pouvait mettre un nom, et puis on a commencé à se renseigner (…) » ;

«  Mais ça a été un soulagement, et puis j’ai senti que ça m’a permis aussi un peu de me reconstruire ». 

On peut en inférer qu’il y a véritablement une « nécessité de nommer le handicap, c’est à dire cette marque qui différencie l’enfant de l’image de l’enfant tel qu’il est souhaité, tel qu’il est prévu dans le modèle du développement somatique et psychique.»(Grim et al. 2001, p.110-111) 

 c) Lorsque le handicap bouscule l’équilibre de la sphère familiale

Etre parent d’un enfant en situation de handicap n’est pas un phénomène isolé ou marginal, notamment dans le cas de l’autisme. Les  troubles du spectre de l’autisme, au même titre que n’importe quel handicap, mettent à mal l’équilibre familial. Aussi ne pouvons-nous nier l’authentique « épreuve affective que constituent les troubles, mais aussi leurs effets sur la vie conjugale, l’économie familiale, la fratrie, la santé physique et psychique de l’entourage.» (Beaud et Quentel 2011b, p.132). Dès lors, les retentissements des troubles autistiques sur le processus de parentalité sont indéniables.

Beaucoup de parents souffrent principalement de l’incompréhension que suscite le handicap de leur enfant et ce, qu’il s’agisse de professionnels ou de la sphère relationnelle :

« Je crois que les autres parents se rendent pas compte, parce que dès qu’on en parle autour de nous… je sais que pour eux c’est pas facile, mais bon. » ;

« On a toujours peur qu’on rejette notre enfant, juste parce qu’on lui colle une étiquette. Par exemple, quand tu téléphones pour faire des soins dentaires chez un dentiste, la réponse que t’as en général, c’est, ah non, ça je fais pas. Rien que le fait de dire, ça verrouille des trucs.» ;

« Le problème, c’est que ça dérange beaucoup de gens, parce que quand tu dis autisme, bon ben voilà, c’est de suite on voit ce qu’il y a de plus mauvais quoi, enfin le côté irrécupérable. (…) Prononcer autisme, je savais que la réaction des gens était pas bonne. » ;

« En fin de compte, y’en a qui comprennent pas trop, des parents avec qui t’es vachement jugé quoi. (…) Les gens qui ne savent pas, ils ne comprennent pas. Dire le handicap, ça peut fermer plein de portes.». 

 Il leur est notamment difficile de prévoir des sorties extérieures ou des repas en dehors de la sphère familiale, notamment du fait que « les parents sont d'ailleurs dans une double incertitude : ils ne peuvent prévoir le comportement de l'enfant en public et ne peuvent pas non
plus se faire une idée de 1'image que le public aura de 1'enfant handicapé. » (Famille et handicap dans le monde : analyse critique de travaux de la dernière décennie 1982, p.74)

 Il ressort de l’ensemble des témoignages recueillis, que la sphère familiale se trouve irrémédiablement bouleversée, pour ne pas dire lésée, par les logiques organisationnelles qu’exige l’accompagnement au quotidien des enfants atteints du syndrome d’Asperger.

Les troubles autistiques nécessitent notamment que les parents s’entourent d’infinies précautions afin de restreindre la mutabilité de l’environnement, qui peut se révéler particulièrement anxiogène. En effet, il n’est pas chose aisée d’envisager de confronter l’enfant à un univers inconnu déstabilisant (un balisage préalable est souvent requis), du fait que les enfants avec autisme ont un besoin impérieux, voire obsessionnel d’immuabilité :

« Nous on est obligé de prévoir et d’organiser les vacances super à l’avance. (…) Et on a appris à toujours séquencer les choses. Tu peux pas le balancer dans l’inconnu total.» ;

« On est des personnes qui aiment bien rencontrer du monde, par contre avec le handicap, c’est…est-ce que ce qu’on va lui proposer à manger, ça va le faire ? Suivant les endroits où tu vas, t’es obligé de dire mon enfant, il mangera pas ça. ».   

 Parmi les conséquences avérées de cet investissement constant autour du bien-être de l’enfant et de son devenir : l’absence d’intimité, l’affaiblissement du réseau de sociabilités, le sentiment d’aliénation, les rapports conjugaux conflictuels, la vie familiale déstabilisée etc. :

« Ben on vit avec des plannings, notre vie c’est ça, avec les rendez-vous à droite et à gauche, ce qui fait que notre enfant est devenu la priorité première de tout, moi j’ai le sentiment que l’on vit que pour ça quand même.» ; 

« Ben ça peut être assez destructeur, parce que ça crée des tensions en permanence.» ; 
« Bon, ça fait des dégâts au niveau du couple, ça peut être très douloureux.» ;

« Ah ben le handicap, ça a tout bouleversé hein, c’est pas évident, il y a eu des périodes très dur dans le couple, où on était pas forcément d’accord, ça s’est amélioré quand on a eu le diagnostic. Là on a vraiment commencé à poser les choses. » ; 

« Tu te rends compte que c’est à toi de changer et à t’adapter à ton gamin.» ; 

« La vie de couple c’est le néant, tout tourne autour de l’enfant. » ;

« Et il y avait des conflits, parce qu’avec les autistes, il y a des crises et ça peut s’apparenter à des caprices, moi je disais que c’était pas des caprices et le papa avait un regard plus masculin, ben il disait, ben si il faut le punir, ça générait des tensions bien sûr. ».

De notre point de vue, l’épreuve parentale tient à ce que le père et la mère doivent à la fois conjuguer organisation optimale, vie sociale et conjugale. Cela constitue bien souvent une véritable gageure, étant donné les multiples points d’achoppement générés par le handicap au quotidien. Non seulement, la centration permanente sur l’enfant contraint les parents à un surinvestissement, mais elle crée en quelque sorte « une circularisation du temps, source de servitude » (Ebersold, Bazin, et Bouchard 2005, p.23). Le témoignage d’une maman est tout à fait édifiant s’agissant de traduire concrètement cet engagement permanent :

« Ce qui nous bousille la vie c’est le système, c’est qu’il faut se battre pour avoir des bonnes prises en charge, il faut se battre pour que l’école fasse des efforts et mette en place des choses, c’est toujours à nous d’aller nous battre. » ;

« A l’école, je vois par exemple j’avais des petits mots, est-ce que vous pouvez lui apprendre à faire ceci, et moi je refaisais l’école le soir…, je fais mes barrettes de perles, je fais toute la pédagogie Montesori, je lui ai appris les additions, je faisais tout ça. »

Conséquemment, les aménagements continuels phagocytent les activités personnelles ou conjugales car l’enfant fait figure de centre de gravité, autour duquel s’articulent les logiques organisationnelles quotidiennes:

« Ben tout tourne autour de notre enfant. C’est notre préoccupation première, nous on passe au second plan. Vous vous interdisez des choses ? On s’interdit même pas, naturellement, on y pense même pas (…) Et puis j’ai dû réduire mon temps de travail pour m’occuper de mon enfant. » ;

« Tu dois tout le temps t’adapter, notre enfant pour beaucoup de choses de la vie a besoin d’une béquille, même si au bout d’un moment il peut en enlever. ». 

Aussi les processus transactionnels continuels (avec l’entourage, la famille, au sein même du noyau conjugal) sont primordiaux et ne doivent pas être passés sous silence, car ils participent indubitablement au maintien d’un équilibre, face à des repères existentiels plus labiles, lorsque la famille est confrontée au handicap.

d) Parents et institutions, une relation dyadique épineuse

Etre parent d’un enfant en situation de handicap induit une confrontation permanente avec les institutions et les professionnels, qu’il s’agisse des structures médico-sociales, du secteur médical ou infanto-juvénile, des services publics ou de l’école. Les parents nous ont fait part de leur souffrance, car ils se heurtent bien souvent à de l’incompréhension ou un manque de soutien. Au-delà de ces considérations, il s’avère que les dogmes culpabilisants, toujours adoptés par certains professionnels, semblent également très préjudiciables pour les familles :

« Après l’épisode des CMPP, les psychologues, j’avais plus du tout envie de les voir (…) on m’a fait comprendre que j’étais néfaste pour mon enfant. » ;

« C’est simple l’orthophoniste du CMPP, j’ai arrêté parce qu’elle m’accusait de coller des symptômes à mon enfant. On a arrêté, on a fait une pause thérapeutique comme on dit.». 

Les parents que nous avons eu l’opportunité d’interviewer, nous ont aussi relaté les multiples embûches s’agissant d’offrir des réponses adaptées, compte tenu des besoins spécifiques de leurs enfants :

« J’ai essayé un peu la halte-garderie, ça c’est très très mal passé la collectivité, c’était horrible, je l’entendais hurler de l’extérieur, il avait des plaques rouges à force d’hurler.».

Les familles expriment également leur insatisfaction et leur désappointement concernant le peu de considération des professionnels ou des enseignants vis-à-vis de leur investissement en matière d’éducation ou de leur savoir expérientiel parental, souvent sous-estimé :

« Je me suis rendu compte à chaque fois que tu rencontres des bons professionnels, qui sont très rares, c’est ceux qui t’écoutent, et ils te laissent parler. Et du coup, ceux qui sont bons, ils sont débordés. Donc ça manque de compétences. » ; 

« Mais je disais au pédiatre il a pas un problème aux oreilles ? Il nous disait non, non il aura l’oreille musicale » ;

«  Avez vous eu le sentiment qu’on s’appuyait sur votre expertise parentale ? Non, non, on est mis à l’écart, c’est très frustrant, on est pas écouté, notre parole n’a aucune valeur.» ;

« Je me rends compte avec l’orthophoniste. Je lui dis mon enfant fait des progrès et tout, elle est en relation avec une intervenante extérieure que j’emploie, et là la professionnelle nous dit, oui mais elle, elle n’est pas du paramédical. Et là tu te dis là c’est bon quoi, parce qu’il sont du secteur paramédical ils ont la science infuse et ils se remettent pas en question Moi je leur demande juste de travailler en équipe et d’avancer le mieux possible pour le bien être de l’enfant. » ;

« Même si tu as des compétences pour le paramédical, ça n’a aucune valeur.» ; 

« Mais on avait demandé à rencontrer l’AVS pour lui expliquer pour notre enfant, et puis ça n’a pas été possible.».

D’autre part, les parents se trouvent visiblement démunis lorsqu’il s’agit pour eux de trouver des solutions adéquates pour leur enfant ou de recourir à une assistance quelconque de nature à leur permettre de s’acquitter des démarches administratives :

« Il faut dire que y’a des moments où on se sent seuls (…) Même l’assistante sociale, j’avais des questions, je voulais la voir pour m’aider dans les papiers de la MDPH et elle m’a dit vous avez eu votre diagnostic, vous avez déjà eu un rendez-vous, alors voilà. Parce que quand on a le diagnostic, on a un rendez-vous avec l’assistante sociale pour nous expliquer nos droits et tout ça. Après ça c’est fini ! ».

 Parmi les obstacles majeurs qui jalonnent le parcours des parents : les centres de consultation de type CMPP, auxquels ils reprochent unanimement leur inefficience. En témoigne ce florilège de propos recueillis :

« Et puis je suis allé au CMPP et là ça a été l’engrenage, au final ça n’a servi à rien, j’ai rencontré une psychologue, on a fait des bilans, des bilans, des bilans…Et rien, rien du tout, une bilan psy, mais mon enfant était dans un coin et il jouait, et c’était des questions du style : Comment ça se passe à la maison ?, des questions personnelles sur nous, jamais d’échanges, aucun échange avec notre enfant, jamais pris en individuel, au bout d’un moment elle nous a dit, écoutez je peux rien faire pour vous (…)

(…) Puis on a vu un pédopsy, qui le prend en individuel, ça a duré un quart d’heure, puis il nous reçoit et me regarde moi et me dit écoutez Madame, il faudra peut-être relativiser un petit peu, votre gamin parle très bien, tout va bien ! On en attendait beaucoup et rien, et là ça c’est arrêté, plus rien, et les problèmes continuaient à l’école. » ;

« Souvent au CMPP ça dure un an, et puis après on vous dit ça va bien et d’un coup tout s’arrête. Et puis au CMPP rien n’est coordonné il a eu trois psychomot’ différents. (…) On a aucun suivi nous parents, pareil on est là dans le couloir on attend, il vous disent qu’ils ont des réunions d’équipe, mais on n’a jamais de bilan concrets, on a jamais de compte-rendu. Vous n’êtes pas acteurs de la prise en charge ? Non, non !».

 Au regard des propos colligés, on peut aisément mesurer le degré de déconvenue des parents et leur désillusion au sortir des multiples confrontations avec les différents professionnels :

« Je suis beaucoup déçu par les professionnels, avant le médecin, le professionnel de santé, on mettait un peu sur un piédestal, enfin on avait confiance, maintenant, ça n’a plus aucune valeur pour moi. » ;

« Parce que dans le milieu médical, y’a vraiment des charlatans. Qui méconnaissent, et qui ne veulent pas se remettre en question et qui nous font croire des choses. » ;

« Notre enfant il a ramassé aussi, il en a vu des professionnels de santé qui n’ont pas toujours été très sympa avec, qui l’on malmené. L’orthophoniste, tout ce qu’elle m’a vomi comme méchancetés, c’était devant mon enfant, ben oui, il n’est pas con ! Et maintenant il met du temps à accorder sa confiance, c’est difficile.».

 En outre il s’avère, au travers des témoignages, que « la mise en route d’une activité d’évaluation dans le champ de l’autisme ne va pas de soi. » (Assouline 2010, p.647)

 A suivre


[1] Toute personne atteinte du handicap résultant du syndrome autistique et des troubles qui lui sont apparentés bénéficie, quel que soit son âge, d'une prise en charge pluridisciplinaire qui tient compte de ses besoins et difficultés spécifiques.(Code de l’action sociale et des familles - Article L246-1 2016)

conditions d'utilisation conditions d'utilisation
Mémoire de master Ronan Marteau Mémoire de master Ronan Marteau
17 septembre 2016

Alsace : 300 enfants handicapés privés d'auxiliaires de vie scolaire

 

article publié sur le site RTL

INFO RTL - Trois semaines après la rentrée, un bug informatique touche l'affectation de ces aides en milieu scolaire.

Alsace : 300 enfants handicapés sont privés d'AVS à cause d'un bug informatique Crédit Image : Sipa Crédit Média : Yannick Olland / RTL


En Alsace, trois semaines après la rentrée scolaire, quelque 300 enfants handicapés sont privés d'auxiliaires de vie scolaire (AVS). La raison : un bug informatique qui touche le Bas-Rhin. Le nouveau logiciel chargé d'affecter ces AVS à chaque enfant handicapé a planté pendant les vacances scolaires de juillet et août, et personne n'avait réussi à rétablir la situation avant la rentrée. Conséquence : des milliers de dossiers de demandes de la part de parents d'enfants handicapés se sont retrouvés bloqués alors que ces AVS sont disponibles.

L'inspection académique a donc dû les reprendre un par un, avec stylo et papier. Cependant, cela est très chronophage et les élèves handicapés en subissent les conséquences. L'inspection académique a quadruplé ses effectifs afin de gérer au mieux la crise, mais près de trois semaines après la rentrée des classes, il reste encore quelque 300 enfants handicapés dans tout le département qui n'ont pas d'auxiliaire de vie scolaire.

Catherine Leduv, du syndicat enseignant SNUipp, explique : "les collègues nous appellent pour nous dire, ben, que ce n'est plus possible." Et de donner un exemple : "dans une maternelle de Strasbourg, il y a quatre enfants qui n'ont pas d'AVS dont un qui est en fauteuil roulant. Ce sont donc ses petits camarades qui le poussent pour aller à la cantine. C'est totalement scandaleux", se lamente-t-elle. Et ce "à la fois pour les familles, pour les enfants, pour les enseignants, et bien évidemment pour les AVS qui ne seront pas payées pour les 15 jours qu'elles n'ont pas fait".

Le retour à la normale prendra plusieurs semaines. Le logiciel à l'origine du bug devrait cependant être généralisé à toute la France, d'ici quelques années.

17 septembre 2016

Inclusion scolaire en collège et lycée - une vidéo réalisée par Sophie Robert

17 septembre 2016

Inclusion scolaire en maternelle et élémentaire - Vidéo réalisée par Sophie Robert

10 septembre 2016

Autisme : une révolution à accomplir !

article publié sur Médium France

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré à Six-Fours-les-Plages Jean-Marc Bonifay.

Jean-Marc est autiste. Il dirige une association qui accompagne les enfants autistes et leurs parents en PACA. Il remplit sa mission avec autorité et talent. Où est le problème ? Le problème est que nous soyons encore surpris en France qu’un autiste puisse être président d’association. Comme si un enfant autiste ou un adulte autiste étaient condamnés à une vie à part.

La France est une République qui a inscrit dans sa devise le mot de fraternité. Comment pouvons-nous parler de fraternité dans une Nation qui met à part des centaines de milliers de ses enfants ?

Rencontre avec Olivia Cattan vendredi 25 mars 2016

Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai eu un autre échange avec Olivia Cattan, mère d’un enfant autiste de dix ans, Ruben, et de deux filles plus âgées, et présidente de l’association SOS Autisme France. Quand Ruben a été diagnostiqué autiste sévère, à l’âge de quatre ans, des spécialistes lui ont recommandé de le placer dans une unité spécialisée : « Occupez-vous de vos deux filles. » Sous-entendu : « Laissez tomber Ruben, qui est irrécupérable. » Mesure-t-on la violence de cette recommandation, qui valait condamnation pour son fils ? Olivia a décidé de se battre. Elle a offert à Ruben la stimulation éducative et les séances d’orthophonie et d’ergothérapie qui lui ont permis de progresser. Elle s’est battue pour l’inscrire dans une école. Elle n’a rien lâché pour le bien de son fils, qui désormais réussit comme n’importe quel autre enfant dans une école de la République.

Seulement cette prise en charge a un coût : de 2000 à 3000 euros par mois. Quelle famille peut se payer cette dépense ? Quelle femme seule avec son enfant autiste ? Plus grave encore, ce combat est épuisant, surtout quand les institutions publiques, qui devraient vous aide, font peser sur vous la responsabilité des difficultés de votre enfant. Nous ne pouvons pas renvoyer à leur solitude ceux qui auraient besoin du soutien de tous.

Campagne de sensibilisation 2016 de l’association SOS Autisme France

Je ne veux pas de cette République qui est si dure avec les plus faibles.

Je ne veux pas de cette société qui met à part tous ceux qui sont différents, alors que cette différence pourrait être une richesse incomparable.

Il nous reste un chemin considérable à parcourir pour que les enfants autistes soient mieux accueillis dans notre société et les parents mieux entourés.

Nous devons avancer rapidement sur ce chemin.

Les propositions concrètes ne manquent pas :

  • mieux rembourser la prise en charge des enfants suivant les recommandations de la Haute Autorité de Santé,
  • généraliser la scolarisation des enfants autistes en formant les enseignants et les auxiliaires de vie scolaire,
  • créer des filières spécialisées,
  • ouvrir les entreprises pour faciliter le recrutement de personnes autistes…

Toutes ces propositions doivent maintenant être étudiées dans le détail et mises en œuvre.

Une révolution à accomplir.

Le 2 avril est la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. En France, je souhaite que le 2 avril prochain marque le début d’une vraie prise de conscience des retards de notre société dans ce domaine.

Des progrès ont été faits.

Une révolution reste à accomplir : celle qui nous conduira à ouvrir non seulement nos écoles mais surtout nos cœurs à des enfants qui sont des enfants de la République comme les autres.

10 septembre 2016

Pas d'AVS, pas d'école ? Pas d'accord !

article publié dans le magazine Déclic

Tout enfant doit être obligatoirement scolarisé de 6 à 16 ans… en théorie. En pratique, sans la présence d’une AVS, certaines écoles traînent des pieds. Et si on vous disait que c’est illégal ?
Ce que dit la loi

L’école est obligatoire de l’âge de 6 à 16 ans. L’AVS n’est pas une condition à la scolarisation. Pourtant en pratique, sans la présence d’une AVS le jour de la rentrée, de nombreux enfants handicapés sont refusés.

Cas 1 : pas d’AVS

Puis-je me retourner contre l’école ?

Non, le bon interlocuteur est l’inspection académique, qui représente l’État.

Que dois-je faire si l’école refuse mon enfant ?

Faites un recours administratif préalable à l’Inspection académique, par le biais d’un courrier recommandé avec accusé de réception. Vous expliquerez qu’aucune AVS n’a été attribuée pour votre enfant malgré la décision de la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) et que cela est contraire aux textes légaux.

En cas de refus de l’Inspection académique, vous pouvez engager une procédure judiciaire, notamment, pour « manquement à l’obligation prévue à l’article L112-1 du code de l’éducation », par l’objet d’un référé liberté. Par « référé », la loi entend « urgence ». Il s’agit donc d’une procédure rapide (le délai de traitement est de un à deux mois en moyenne), justifiée par une atteinte à une liberté fondamentale.

Et si je ne veux pas engager de procédure administrative ?

Rapprochez-vous d’un avocat. Parfois le simple envoi d’un courrier, avec une ou plusieurs relances peut suffire à débloquer la situation. Si vous êtes membre d’une association de parents, une lettre du directeur peut ouvrir le dialogue. Sinon, faites appel au médiateur de l’Éducation nationale. Vous pouvez également saisir le Défenseur des droits.

Cas 2 : on a attribué à Lulu une AVS. Mais voilà, elle n’est pas disponible le temps nécessaire.

Que dois-je faire ?
La situation est délicate, car l’AVS n’est pas totalement absente. Il semble difficile d’engager une quelconque procédure contentieuse. Il est conseillé de se rapprocher de l’Inspection académique.

Cas 3 : l’AVS est malade

La Circulaire du 15 juillet 2004 prévoit cette situation :

– En cas d’absence de courte durée de l’AVS, l’école doit trouver une solution pour assurer la continuité scolaire.

– En cas d’absence prolongée de l’AVS (congé maternité ou congé maladie prolongé) : un remplacement doit être prévu. L’école propose généralement de mutualiser une AVS pour deux élèves sur un temps défini.

Que dois-je faire ?

Il semble difficile d’engager une quelconque procédure contentieuse. Mais là aussi, il suffit parfois qu’un avocat se rapproche de l’Inspection académique, pour que, tout à coup, une solution soit trouvée.

 

Rappel : à quoi s’engage l’Assistante de vie scolaire ?

L’AVS a quatre missions :

  • elle intervient dans la classe, en concertation avec l’enseignant (aide au déplacement, inter-classe, repas…),
  • elle participe aux sorties de classes occasionnelles ou régulières,
  • elle accomplit des gestes techniques qui n’exigent pas de qualification médicale ou paramédicale,
  • elle participe à la mise en œuvre et au suivi du projet personnalisé d’éducation.

Ressources

Droit du handicap et procédures, Alexandra Grévin, éd. Du Puits fleuri, 22€, édition 2013

10 septembre 2016

Manuel d'utilisation du GEVASCO septembre 2016

 

Formulaires Geva-Sco| CNSA

Ces formulaires sont mis à la disposition des équipes éducatives des établissements scolaires et des équipes pluridisciplinaires des MDPH pour évaluer les besoins de l'élève en situation de handicap (besoins en matériel adapté, aménagements pédagogiques, transport...). Ils sont accompagnés du manuel d'utilisation du Geva-Sco.

http://www.cnsa.fr

 

9 septembre 2016

Autisme et école pour tous, au pays de Big Brother

article publié sur Devenir capable autrement
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Nous les mamans d’enfants autistes, nous ne sommes pas des terroristes, juste des mamans d’enfants différents demandant, en ces temps de rentrée scolaire, l’application de la loi de 2005 pour nos enfants extra-ordinaires. En Italie, les enfants autistes vont à l’école comme les autres enfants, intégrés dans une classe normale, avec un enseignant de soutien formé à l’autisme, à plein temps avec eux si besoin. En Suède, les enfants autistes vont à l’école, en Angleterre 80 % des enfants autistes sont scolarisés…. On continue la liste ?

l'Ecole pour tous, Loi 2005En France, 20 % des enfants autistes sont scolarisés et souvent à temps partiel. L’AVS nécessaire à leur scolarisation peut leur être accordée pour quelques heures par semaine seulement, quand ils ne sont pas dirigés vers les IME ou l’hôpital de jour. L’AVS parfois n’arrive qu’en milieu d’année scolaire, et son contrat peut s’arrêter avant la fin de l’année scolaire aussi….

Selon le Dr Mottron, spécialiste de l’autisme au Canada, seuls 15 % des autistes présentent une déficience mentale. Les autres ont une intelligence « normale » et pour un petit nombre d’entre eux supérieure à la moyenne. 85 % des enfants autistes devraient être scolarisés et seulement 15 % dirigés vers des structures spécialisées.

Chaque année, l’Etat Français promet, paroles, paroles….Avec 6000 enfants qui naissent autistes chaque année, il faut plus que des paroles. Pour obtenir l’application du droit, c’est un vrai parcours du combattant et à cette rentrée scolaire cela devient un bras de fer.

Et la moutarde nous monte au nez, quand on entend la Ministre de l’Education affirmer dans les journaux télévisés que tout se passe bien pour la rentrée. Quand la journaliste informée lui présente des cas d’enfants pour qui la rentrée cause problème, elle fait l’étonnée, parle d’un cas isolé, demande les coordonnées de l’enfant et propose de s’en occuper personnellement. Pourquoi s’occuper du cas par cas de ceux qui osent monter au créneau plutôt que de mettre totalement en application une loi, vieille de 11 ans maintenant.

Les mamans se parlent sur le net Cette année la coupe est pleine. Marre d’être usée en luttant contre les services administratifs, contre les chefs d’établissements et les enseignants au mieux réticents pour obtenir ce que le droit donne à notre enfant, l’accès à l’école. Des mamans passent des vidéos sur la toiles pour obtenir l’AVS nécessaire. Et cela marche, au cas par cas. Laura-Julia Fiquet, présidente de l’Union des Mamans d’Enfants Handicapés, (association de 3000 membres) lutait depuis deux ans pour obtenir une AVS. Faut-il faire des coups d’éclat pour obtenir l’application de la loi ?

« Demain c’est la rentrée scolaire, et beaucoup d’enfants de l’association n’ont toujours pas leurs notifications MDPH, les recrutements des AVS par le rectorat n’ont pas été faits. Aujourd’hui je crie au scandale l’administration française laisse nos enfants handicapés ou malades sur le banc de touche. Tout le monde a le droit d’aller à l’école. Des lois sont faites, des choses sont prévues pour nos enfants. Les parents doivent reprendre le chemin du travail, ils attendent la rentrée pour reprendre une vie normale et les enfants n’ont pas d’AVS. Aujourd’hui je suis au bord de l’épuisement psychologique parce que c’est juste pas possible de continuer comme ça… « 

« Peu après la fin de l’interview sur RTL de Madame la Ministre Najat Vallaud-Belkacem ce matin le Rectorat de Caen m’a téléphoné pour la 1ère fois en 2 ans pour m’annoncer officiellement que Johan aura son AVS demain matin a 8h45. Voila ! Notre situation est réglée. Mais des milliers d’enfants n’auront pas leurs AVS et devront rentrer chez eux avec leur mère et attendre… en toute illégalité ! »

Il y avait tempête le 8 septembre 2016 sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook.

Tout a commencé par une manifestation de mamans d’enfants autistes lors de la visite de la Ministre de l’Education Nationale à Toulouse pour l’inauguration des nouveaux locaux du Crous.

Munie d’une banderole rappelant la loi du 11 février 2005 et le principe de l’école pour tous, ces mamans souhaitaient simplement et légitimement échanger quelques mots avec La Ministre sur les difficultés qu’elles rencontrent avec la scolarisation de leurs enfants.

Pour réponse elles ont été priées de quitter les lieux et sommées de replier leur banderole, Madame La Ministre n’a pas daignée leur accorder ne serait-ce qu’une minute de son temps et leur est passée devant sans s’arrêter.

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Dépèche du Midi, première version de l'article sur la manifestation des mamans d'autistes à Toulouse

La première version de la Dépêche du midi

La Dépêche du Midi, présente sur les lieu, a posté sur son site un article dans la catégorie société, article supprimé au bout de quelques heures…. Très vite, à l’initiative d’Estelle Ast Verly, toujours prête à monter au créneau pour défendre la cause de la scolarisation des enfants autistes et handicapés, des dizaines de maman prennent d’assaut le téléphone de la Dépêche du Midi.

bug à la Dépêche du Midi le 8 septembre 2016Il leur est répondu que suite à un bug informatique, de nombreux articles dont celui-ci ont été perdus…. Mais en cliquant sur le site de la Dépêche, fort est de croire qu’en fait, seul l’article sur les mamans d’enfants autistes n’est plus accessible.

Quelques heures plus tard, sous la pression, l’article reparaît, mais modifié. On peut voir les deux versions car certaines maman avaient photographié le premier article.

Les posts fusent sur Facebook mais certains sont censurés et disparaissent des murs.

Voir ses posts disparaître sur un réseau où l’on pense que l’on peut exprimer librement sa pensée, son désarroi ou sa colère a décuplé viralement l’indignation, les maman prenant en photo ou filmant  les messages sur les écrans avant qu’ils ne disparaissent des mursFacebook, contenu non disponibleestelle-ast-a-najat-vallaud-belkcacem

3 septembre 2016

Autisme PACA lance le projet A.S.P.I.

article publié dans Ouest Var info

Autisme PACA lance le projet A.S.P.I

Six-Fours - Société jeudi 1 septembre 2016

Constituée essentiellement de familles, de professionnels et de personnes avec un Trouble du Spectre Autistique (TSA), Autisme PACA est la première association enDSC08920 France à être présidée par un adulte Asperger: "Ce qui apporte un regard et des actions associatives nouvelles dans le champ de l’autisme. Notre association a pour but de favoriser l’intégration scolaire et sociale, de soutenir, d’informer, de former, de rassembler et d’accompagner les personnes étant confrontées aux TSA, et cela par toutes les activités susceptibles d’y contribuer" explique le président Jean-Marc Bonifay. Après avoir lancé le programme "autisme identify" (voir notre article), l'association a mis en place un dispositif d'accompagnement socio-professionnel inclusif pour les autistes de haut niveau, nommé projet A.S.P.I: "Le but est de les accompagner dans leur cursus pour les aider à prendre confiance en eux et surtout pour qu'ils obtiennent un travail" précise Jean-Marc Bonifay: "C'est Magali Amiel-Quercioli qui chapeaute ce programme, en collaboration avec Jennifer Solana (psychologue) et Hélène Rigal (coach, consultante et formatrice).  On a pu monter cette opération grâce à la fondation Orange qui nous a apporté un soutien considérable" ajoute-t-il, citant également le Rotary de la Vallée du Gapeau et le Jardin des Oliviers (Cuers): "Tout nouveau partenaire est le bienvenu pour aider le plus d'autistes possibles, APACA ayant l'agrément pour délivrer des reçus fiscaux mécénat d'entreprise". Les adultes avec Trouble du Spectre Autistique rencontrent de grandes difficultés d'insertion professionnelle dont les raisons n'incombent pas à leurs compétences professionnelles et à leurs qualifications et ce dispositif va leur permettre de les aider dans ce chemin de l'emploi.

Infos
0637809210 et Détail du programme:http://autisme-paca.e-monsite.com/medias/files/aspi.pdf

3 septembre 2016

Une classe pilote pour enfants autistes à la maternelle Scaliger

article publié dans LA DEPECHE

Publié le 03/09/2016 à 03:55, Mis à jour le 03/09/2016 à 09:35

Éducation

Visite du recteur d'académie auprès de l'équipe encadrante de la future classe de maternelle pour jeunes autistes./Ph J.-M.Mazet

Visite du recteur d'académie auprès de l'équipe encadrante de la future classe de maternelle pour jeunes autistes./Ph J.-M.Mazet

Une classe de maternelle destinée à accueillir les jeunes autistes dans un cursus scolaire vient d'ouvrir à l'école Scaliger d'Agen. C'est la seule en Lot-et-Garonne et de fait elle en devient pilote. Elle représente un réel espoir pour les parents.

Depuis le temps qu'elles demandaient une vraie chance pour leurs enfants ! Les familles d'enfants autistes commencent à voir leurs espoirs pris en considération par l'Éducation nationale qui a décidé d'ouvrir des classes en maternelle afin de les accueillir dans les meilleures conditions.

Hier matin, le recteur d'académie, Olivier Dugrip, accompagné des élues agenaises à la vie scolaire, visitait l'école Scaliger et saluait l'équipe encadrante de la future classe UME, Unité d'enseignement en maternelle, spécialement dédiée à de jeunes enfants présentant des troubles envahissants du développement dont l'autisme.

C'est l'IME Les Rives du Lot à Casseneuil (gérée par l'Algeei), spécialisée dans l'autisme, qui supervise la classe. Et c'est elle qui en a la direction, même si la classe est située physiquement au sein de l'école Scaliger.

«Afin de favoriser la scolarisation des enfants avec autisme, le troisième plan autisme a prévu l'ouverture d'unités d'enseignements en écoles maternelles. Ceci sous-tend l'implantation de dispositifs médico-sociaux dans certaines écoles maternelles à même d'accompagner et d'étayer cette scolarisation en milieu scolaire» explique Stéphanie Pradier, directrice de l'IME Les Rives du Lot.

«Quand j'ai appelé les familles pour leur annoncer, elles étaient vraiment émues» précise-t-elle. Il reste difficile d'établir les besoins en accueil spécifique dès la maternelle car l'autisme est un trouble souvent diagnostiqué tardivement. «Ou mal diagnostiqué. Des auxiliaires de vie scolaire leur sont parfois attribuées mais elles ne sont pas formées pour répondre aux attentes spécifiques des enfants autistes.»

La classe agenaise accueillera sept enfants à partir du mois d'octobre. Durant le mois de septembre, les professionnels de l'IME et ceux de l'école apprendront à œuvrer ensemble.

C.D.V.

2 septembre 2016

La Flèche. Auxiliaire de vie scolaire, elle se retrouve sur le carreau

article publié dans ma ville Le Mans

Vendredi 02 septembre 2016 07:23 - (La) Flèche

 

photo aurélie brédart n'attend qu'une chose : retrouver un enfant en situation de handicap et l'aider. © photo « le maine libre »

Aurélie Brédart n'attend qu'une chose : retrouver un enfant en situation de handicap et l'aider.© Photo « Le Maine Libre »

Aurélie Brédard est auxiliaire de vie scolaire depuis 13 ans. Elle aide et soutient des enfants en situation de handicap en classe.

Ce métier qui la passionne, elle l'a exercé d'abord à Rennes, puis à Grenoble. Arrivé en avril dernier dans la Sarthe, suite à une mutation de son mari à La Flèche, elle espérait retrouver rapidement un emploi auprès de l'inspection académique.

« Il y a des besoins » selon elle. Elle en a eu un exemple concret le jour de la rentrée, dans un collège fléchois, où il manquerait des heures d'auxiliaire de vie scolaire.

Mais la réponse à ses multiples demandes auprès de l'inspection est restée négative jusqu'alors. « Je ne suis plus prioritaire par rapport aux personnes en contrat aidé CUI-CAE. Je n'ai rien contre elles, bien sûr. Mais c'est dommage. J'ai 13 ans d'expérience, des formations payées par l'Education nationale, et aujourd'hui, je me retrouve sur le carreau et mon indemnité chômage est payée par le Rectorat... ». Un paradoxe qu'Aurélie ne s'explique toujours pas.

1 septembre 2016

Saint-Lô. Une classe pour les enfants autistes ouvrira à la Toussaint

François Brière a annoncé ce jeudi 1er septembre l'ouverture d'une nouvelle classe réservée à des enfants autistes à Saint-Lô.

François Brière a annoncé ce jeudi 1er septembre l'ouverture d'une nouvelle classe réservée à des enfants autistes à Saint-Lô. | Ouest-France

Une nouvelle classe réservée à des enfants autistes ouvrira à la rentrée scolaire de la Toussaint à Saint-Lô. Elle pourrait accueillir six à sept enfants. Une telle structure existe déjà à Cherbourg depuis 2014.

Une nouvelle classe réservée à des enfants autistes ouvrira à la rentrée scolaire de la Toussaint à Saint-Lô, a annoncé le maire François Brière, ce jeudi 1er septembre au matin, lors d'une visite des écoles. « L'école Raymond Brûlé est ciblée pour devenir la structure d'accueil de cette nouvelle classe. »

Celle-ci pourrait accueillir « six à sept » enfants et autant d'accompagnants. « C'est une première pour la ville », se réjouit François Brière.

La première classe autiste maternelle de la région avait ouvert en novembre 2014 à l'école Robert Doisneau, à Cherbourg, dans le cadre du 3e plan autisme.

Cette section spécifique vise à prendre en charge les enfants le plus précocement possible pour qu'ils puissent être scolarisés en milieu ordinaire par la suite.

1 septembre 2016

Jugement du TCI Saint Brieuc le 17 juin 2016 - Orientation ULIS & attribution de matériel pédagogique adapté

information publiée sur le forum ASPERANSA

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
TRIBUNAL DU CONTENTIEUX DE l'INCAPCITE
3 place du Général Giraud
35000 RENNES

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Audience VL° 532016000071 du vendredi 17 juin 2016
Recours n° 532016000364HM
Affaire Monsieur et Madame L, agissant en qualité de tuteurs
c/
MAISON DÉPARTEMENTALE DES PERSONNES HANDICAPÉES DES CÔTES D'ARMOR
Bénéficiaire : Enfant Cassandra L
PARTIES EN CAUSE

Demandeur,
Monsieur et Madame Sébastien L, comparants
22220

Défendeur,
MAISON DÉPARTEMENTALE DES PERSONNES HANDICAPEES DES CÔTES D'ARMOR, non comparante
3 RUE VILLIERS DE L'ISLE ADAM cs 50401
22194 PLERIN CEDEX

Composition du Tribunal
Siégeant en audience foraine à SAINT-BRIEUC
Lors des débats et du délibéré,
Monsieur Patrick LEROY, Président de la fomaation de jugement
Monsieur André MARTIN, assesseur représentant les salariés
Monsieur Alain LAUDREN, assesseurreprésentant les employeurs
Assistés de la secrétaire d'audience
Madame Viviane SERRANO

FAITS. PROCÉDURE. PRÉTENTIONS DES PARTIES

Monsieur et Madame L , ès qualité de représentants légaux de leur fille Cassandra L , ont présenté une demande d'orientation en milieu scolaire ordinaire (ULIS) et de mise à disposition de matériel pédagogique adapté le 1er décembre 2015. Par décision en date du 23 février 2016, la C.D.A.P.H. des Côtes d'Armor n'a pas fait droit :

- à la demande d'orientation en milieu scolaire ordinaire (ULIS) au motif suivant : « Les résultats de l'enfant aux évaluations pédagogiques ne sont pas suffisants pour une entrée en ULIS. L'orientation en I.M.E. correspond mieux aux besoins de Cassandra ».
- à la demande de mise à disposition de matériel pédagogique adapté au motif suivant: «Le matériel pédagogique adapté n'est pas la réponse aux difficultés de l'enfant. La gestion en classe représenterait une difficulté supplémentaire. »

Monsieur et Madame L sollicitent la révision des décisions de la C.D.A.P.H.

A l'appui de la demande, ils font valoir que,leur fille Cassandra se trouve déjà dans une école ordinaire, en C.P. avec un E.V.S. (18 heures par semaine).

Ils indiquent que toute l'équipe enseignante et l'équipe de professionnels du SESSAD (éducatrice, orthophoniste, psychomotricienne, chef de service) et enseignant référént de la M.D.P.H. sont d'accord, selon GEVASCO.

Les parents expliquent que leur fille souffre du syndrome de Williams (manque du gène de l'élastine) ce qui l'empêche de tenir son crayon plus de 15 minutes alors qu'elle rentre dans l'apprentissage de l'écriture et de la lecture (d'où la demande d'un ordinateur).

Us demandent un nouvel examen du dossier de leur fille Cassandra afin d'obtenir son orientation en ULIS.

A l'audience. Monsieur et Madame L maintiennent leur demande.

Ils précisent souhaiter pour leur fille Cassandra une orientation en ULIS et non en I.M.E. Ils demandent également un ordinateur pour permettre à leur fille d'écrire car elle ne peut pas tenir un crayon.

Les parents indiquent que Cassandra bénéficie actuellement d'une auxiliaire de vie scolaire en scolarité normale.

A l'audience, la M.D.P.H. des Côtes d'Armor, régulièrement convoquée ne comparaît pas ce jour.

L'avis du médecin expert, le Docteur LEPITRE, désigné en application de l'article R. 143-13 du code de la sécurité sociale, a été rendu en audience.

SUR LA FORME

Aucune discussion n'a été soulevée sur la recevabilité du recours.

Les formalités prévues à l'article R. 143-8 ont bien été accomplies, les parties ne soulèvent aucune contestation sur ce point. La procédure d'instruction est régulière en la forme.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience de ce jour.

SUR LE FOND

Le médecin expert désigné par le tribunal a présenté son rapport oral dont il a dressé, ce jour, les observations annexées au présent jugement.

Il conclut :

"Compte tenu du handicap, l'enfant justifiait d'une orientation en ULIS + auxiliaire de vie scolaire".

"La demande de matériel pédagogique adapté est justifiée, ordinateur pertinent".


Après cet exposé. Monsieur et Madame L maintiennent la demande initiale.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur l'irrecevabilité des pièces produites par la Maison départementale des personnes handicapées des Côtes-d'Armor

L'article 16 du Code de procédure civile précise que le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-même le principe du contradictoire. Il ne peut retenir, dais sa décision, les moyens, les explications et les documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été à même d'en débattre contradictoirement.

L'article 446-1 du même code précise que les parties peuvent être autorisées à formuler leurs prétentions et leurs moyens par écrit sans se présenter à l'audience. Le jugement rendu est alors contradictoire.

La Maison départementale des personnes handicapées des Côtes-d'Armor absente et non représentée produit des pièces transmises par courrier. La procédure étant orale, la comparution des parties obligatoire et n'ayant pas sollicité une dispense de comparution, les pièces produits par la Maison départementale des personnes handicapées des Côtes-d'Armor sont déclarées irrecevables.

Sur l'orientation an sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire

L'article 3 de la Convention de New York relative aux droits de l'enfant précise que dans toutes les décisions qui concernent le enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.

L'article 371-1 du Code civil précise que l'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant.

Les unités localisées pour l'inclusion scolaire accueillent des enfants handicapés qui nécessitent un enseignement adapté dans le cadre de regroupement et qui ont besoin en inclusion, des apprentissages adaptés à leurs potentialités et à leurs besoins et d'acquérir des compétences sociales et scolaires, même
lorsque leurs acquis sont très réduits.

En l'espèce, il ressort des conclusions claires, précises et non ambiguës déposées par le médecin-expert et des pièces versées aux débats que l'enfant Cassandra L souffre d'une maladie génétique qui exige une surveillance et un accompagnement dans les apprentissages scolaires qui peuvent être parfaitement assurés au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire. Elle ne souffre ni de déficience mentale, ni de troubles de développement qui relèveraient d'une orientation au sein l'un institut médico-éducatif.

Surabondamment, il ressort des pièces versées aux débats, confirmées par le médecin-expert le jour de l'audience, que l'équipe pédagogique est unanime pour admettre que l'orientation sollicitée correspond aux besoins de l'enfant.

En conséquence, sans qu'il soit besoin d'exiger des pièces complémentaires, le tribunal dispose d'éléments suffisants pour considérer que l’enfant Cassandra L a besoin d'être orientée au sein d'une unité localisée pour l'inclusion scolaire, à compter de la prochain: rentrée scolaire, pour une durée d'un an.

Sur le matériel adapté

Il ressort des conclusions déposées par le médecin-expert que l'enfant Cassandra L ne peut tenir un crayon de manière correcte et appropriée. Cette restriction fonctionnelle handicape l'enfant dans ses apprentissages et un ordinateur apparaît de manière incontestable totalement adapté au handicap
fonctionnel de l'enfant pour lui permettre de corriger sa déficience.

En conséquence, il convient de faire droit à la demande des parents de l'enfant et d'ordonner la prise en charge d'un ordinateur portable, adapté et limité aux apprentissages scolaires d'un enfant âgé de 9 ans.

L'urgence de la situation commande d'ordonner l'exécution provisoire de la présente décision.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, après en avoir délibéré conformément à la loi, déclare recevable en la forme le recours de Monsieur et Madame L,

infirme les décisions de la C.D.A.P.H. des Côtes d'Armor (Pôle Enfance),

dit que, suite à la demande en date du 1er décembre 2015, l'enfant Cassandra L justifie d'une orientation en. ULIS, pour une durée d'un an, à compter de la rentrée scolaire 2016/2017,

et dit que, suite à la demande en date du 1er décembre 2015, l'enfant Cassandra L doit bénéficier de la prise en charge, au titre du matériel pédagogique adapté, d'un ordinateur portable,

ordonne l'exécution provisoire du présent jugement.

Jugement prononcé en audience publique le vendredi 17 juin 2016 par Monsieur Patrick LEROY, Président qui a signé la minute avec Madame Viviane SERRANO, secrétaire d'audience.

La Secrétaire le Président,

NOTIFIÉ LE 30 JUIN

_________________
parent d'une fille SA de 33 ans
1 septembre 2016

Rentrée scolaire : le pari gagné de la maman de Johan, autiste

article publié dans Le Figaro

Par
Mis à jour le 31/08/2016 à 21:21
Publié le 31/08/2016 à 20:23
Capture-écran de la vidéo de Laura-Julia Fiquet, une mère qui dénonce «l'exclusion sociale» de son fils handicapé.

Pour dénoncer le manque d'organisation et de moyens déployés par l'Education nationale pour scolariser les enfants handicapés, Laura-Julia Fiquet avait lancé un appel à la ministre de l'Education sur les réseaux sociaux. Najat Vallaud-Belkacem accompagnera son fils pour sa rentrée des classes.

Johan a 5 ans, il est autiste. Pour sa rentrée des classes, le 1er septembre, à 8h45, c'est Najat Vallaud-Belkacem qui l'accompagnera à l'école. Un déplacement de la ministre de l'Éducation Nationale qui fait suite à l'appel lancé par la maman du petit garçon. Dans une vidéo postée sur Youtube la semaine dernière, Laura-Julia Fiquet dénonce «l'exclusion sociale» de son fils par le système éducatif. «L'ennemi numéro 1, quand on a un enfant handicapé, n'est pas le handicap en lui-même, mais l'Éducation Nationale», dit-elle. Depuis deux ans, la mère de famille se bat pour que son fils ait pleinement droit à un Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS), un assistant d'éducation chargé de suppléer l'enseignant et d'accompagner l'enfant en situation de handicap.

Elle explique les longues démarches auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapés (MDPH) du Calvados, l'absence d'AVS à la rentrée, l'obtention tardive en 2015 d'un assistant d'éducation pendant «seulement une heure par jour», ou encore l'exclusion de son fils lors d'une sortie de fin d'année, en juin dernier. Au terme de son récit, la jeune maman interpelle trois membres du gouvernement, dont Najat Vallaud-Belkacem, qu'elle invite à accompagner son enfant pour sa rentrée des classes, à l'école de Louvigny, près de Caen. Un rendez-vous qui a été pris, donc.

La mère de famille se réjouit de cette visite. Depuis deux ans, elle est présidente de l'Union des Mamans d'Enfants Handicapés (UMEH), une association qui permet aux parents d'enfants handicapés, «de communiquer, de s'informer de leurs droits et de ceux de leurs enfants». Sur le groupe Facebook qui lui est dédié, de nombreuses mères de famille témoignent. «Depuis 4 ans déjà et cette année encore, rien n'est mis en place pour la rentrée. Le dossier de mon fils, déposé en avril, n'est toujours pas passé en commission», se désole Vanessa. Même chose pour Ouarda: «On ne sait toujours pas si l'Éducation nationale a recruté un AVS ni quel sera son planning pour mon fils qui rentrera en petite section de maternelle. Impossible pour nous de s'organiser. Où ira mon fils s'il n'est pas accepté à l'école? Qui le gardera?».

«Effectivement, il arrive que certains élèves soient sans AVS à la rentrée, cela fait suite à des procédures longues et des réajustements», admet-on au ministère de l'Education nationale, qui assure par ailleurs que la durée hebdomadaire de prise en charge d'un enfant handicapé par un Auxiliaire de Vie Scolaire est toujours établie selon les besoins de l'enfant, en conformité avec la prescription de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), chargée de l'étude des dossiers. Cette prise en charge est d'ailleurs passée de 12h à 15h hebdomadaires maximum en 2016. «Les enfants handicapés ont des besoins particuliers, il est donc normal que leur temps scolaire soit aménagé. Souvent, leur journée est divisée entre scolarité le matin, et accompagnement dans une structure médicale», précise le ministère. Quant à Johan, le fils de Laura-Julia Fiquet, le directeur de cabinet du recteur de Normandie a assuré que l'enfant serait scolarisé tous les matins avec un accompagnant pour cette rentrée.

37 % des enfants handicapés scolarisés «seulement à temps partiel»

Le ministère de l'Education nationale a consacré en 2013 le «principe d'inclusion scolaire» dans sa loi sur la Refondation de l'école, estimant que «le droit à l'éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit fondamental». Environ 280 000 élèves ont ainsi été scolarisés en «milieu ordinaire» pour l'année 2015-2016, contre 226 000 en 2012-2013. Pour autant, en 2015, le rapport du Commissaire aux droits de l'homme indiquait que 20 000 enfants handicapés se trouvaient sans solution de scolarisation en France. Nils Muižnieks s'inquiétait d'une «qualité de la scolarisation en milieu ordinaire» laissant à désirer. 37 % des enfants handicapés scolarisés le seraient «seulement à temps partiel» et 65 % d'entre eux n'auraient «pas accès aux activités périscolaires».

En mai dernier, François Hollande a annoncé lors de la quatrième Conférence nationale du handicap la création de 32 000 postes d'accompagnants supplémentaires sur les cinq prochaines années, dont plus de 6 000 dès la rentrée 2016. Aujourd'hui, ces accompagnants sont près de 90 000 en France (AVS et Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap (AESH) confondus).

*Chiffres issus de la Conférence nationale du Handicap 2016

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